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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Face à l’absence de réponse juridique, la pratique commence à faire scandale.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Les résultats du baccalauréat seront connus vendredi, mais des sites ont déjà entrepris de compiler des extraits des copies et propos des candidats, pour en rire ou en souligner les traits de génie.
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Bac 2018 : les meilleures perles et anti-perles des candidats

Les résultats du baccalauréat seront connus vendredi, mais des sites ont déjà entrepris de compiler des extraits des copies et propos des candidats, pour en rire ou en souligner les traits de génie.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 17h45
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 18h08
    |

                            Service Campus








                        



   


« Désirer, c’est vouloir. Et vouloir, c’est pouvoir, car quand on veut on peut », « La vérité, c’est ce qui est écrit par les vainqueurs. Il faut arrêter de raconter des carabistouilles » ou encore « Le Japon n’a aucune chance de concurrencer la Chine à l’avenir, car les Japonais sont trop petits ». Voici quelques exemples de « perles » du bac 2018, recensées par le site Sujetdebac. Pour la deuxième année, des « anti-perles du bac » sont aussi publiées sur certains sites.

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                Résultats du bac 2018 : suivez leur publication dans les académies en direct, vendredi 6 juillet



D’où viennent les « réponses farfelues d’élèves » mises en lumière sur Sujetdebac ? « Les correcteurs nous envoient leurs perles et nous les sélectionnons, en supprimant celles qui nous semblent moins drôles ou déplacées », expliquait en 2017 au Monde l’administrateur de ce site Internet. Il ne pouvait attester qu’elles émanent toutes de professeurs chargés de la correction des épreuves, la collecte se faisant via un formulaire d’envoi en ligne. Mais l’adresse mail laissée (surtout s’il s’agissait de leur adresse professionnelle), le fait que l’envoi concerne une seule discipline et que la « perle » concerne bien un sujet tombé à l’examen lui permettent, selon lui, de présumer de leur véracité.

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                Les perles du bac, une appellation d’origine non contrôlée



Meghan Markle, Johnny et Mbappe
A quoi ressemble le cru 2018 ? Il est marqué par l’actualité récente. Sur le sujet de philosophie du bac S « Le désir est-il la marque de notre imperfection ? », une copie indique : « Moi par exemple, je désire le même mariage que la princesse Meghan Markle, mais je sais que cela ne sera pas facile à obtenir. » En philosophie toujours, à la question « Peut-on être insensible à l’art ? » posée aux candidats de la série ES, l’un d’eux répond : « La mort de Johnny nous a bien montré que même le président de la République n’est pas insensible à l’art. » Sur Twitter, une enseignante de philosophie a également noté une référence à l’actualité sportive, sur un des sujets de dissertation du bac technologique :

"L'expérience peut-elle être trompeuse ?" #Mbappe, pas d'expérience mais il joue trop bien donc l'expérience est tr… https://t.co/kZrMMNn6ZU— tamerlipopette (@Tamerlipopette)


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Parfois, les références tombent à côté. En histoire-géographie, sur le sujet du bac ES et L « Japon-Chine : concurrences régionales, ambitions mondiales », un candidat a quelque peu confondu dirigeants et expressions : « Le dictateur du Japon du Sud a rencontré le président Trump. Ce qui montre bien la volonté de la région à se mettre sous le parapluie des Etats-Unis. »
Enfin, certains candidats tentent des traits d’esprit, comme lors de l’épreuve d’histoire-géographie, à propos de l’intégration des territoires dans un contexte de mondialisation : « La mondialisation, ça permet d’organiser une compétition sportive où les peuples s’émerveillent devant des millionnaires en short qui courent après un ballon », ou en philosophie : « la vérité, c’est ce qui est écrit par les vainqueurs. Il faut arrêter de raconter des carabistouilles ». 
Deux saisons d’« anti-perles »
Beaucoup n’hésitent pas à évoquer leur vécu ou sentiments : « La vérité, cela fait bien longtemps que je n’y crois plus. Le monde entier est corrompu et on ne peut rien y faire », lance l’un, quelque peu défaitiste ; « Le renoncement est un acte de bonheur individuel. Personnellement, quand j’ai pris la décision d’arrêter mes révisions pour le bac, j’ai ressenti un immense bonheur intérieur. Et cela malgré la peur de me retrouver tout seul dans la salle d’examen ! », témoigne un autre. « Quand j’étais petit, ma grand-mère m’avait interdit de Xbox parce que ma sœur lui avait fait croire que je lui avais lancé une chaussette à la figure. C’était bien entendu faux, et cette injustice m’a poursuivi toute ma vie », raconte un autre.
Ces florilèges de perles du bac, parfois déclinés en livres, ne sont pas toujours du goût des enseignants. A l’issue du bac 2017, une professeure de lettres du Val-de-Marne, Françoise Cahen, avait ainsi lancé un site participatif, « Les Anti-perles du bac », avec ce sous-titre : « Non, le lycéen d’aujourd’hui n’a pas le QI d’une huître, et nous allons noter ici les éclairs de génie des candidats au bac 2017 ! » 

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                Bac 2017 : plutôt que de moquer les « perles » des candidats, une enseignante recense leurs traits de génie



Elle a lancé la « saison 2 » de cette initiative à l’occasion du bac 2018, avec déjà quelques pépites, tel cette phrase entendue lors de l’oral du bac de français : « Le livre nous libère de la prison du non-savoir », ou ces extraits de copie de philosophie et de français :

   



   


Pour l’instant, ces anti-perles sont encore peu nombreuses Mais peut-être d’autres professeurs souhaiteront-ils y joindre les leurs, afin de relever le défi que propose Françoise Cahen, en conclusion : « les publier et reverser les éventuels bénéfices à des associations de lutte contre le décrochage scolaire ». 

Bac 2018 : suivez les résultats sur « Le Monde Campus », vendredi 6 juillet
Le Monde Campus organise une journée de direct pour suivre la publication des résultats du bac dans chaque académie, vendredi 6 juillet, avec également deux tchats avec des spécialistes, sur le niveau de l’examen et l’évaluation des élèves à 10h30, sur l’orientation post-bac et Parcoursup à midi.
Retrouvez tous nos articles sur www.lemonde.fr/bac, la page Facebook Le Monde Campus et le compte Twitter @lemonde_campus, et une sélection ci-dessous :

– Résultats bac 2018 : où les trouver au plus tôt, faut-il se déplacer ?
– Résultats bac de français 2018 : dates et horaires de publication, académie par académie

– Une pétition dénonce le sujet de maths « trop difficile » du bac S
– Corrigés de maths (S, ES et L) - Corrigés de SES - Corrigés de physique-chimie
– De bons résultats au bac, « coupe-file » pour obtenir une place sur Parcoursup





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Un homme de 22 ans est mort à Nantes, mardi, après avoir été touché par balle par un policier lors d’un contrôle auquel la victime a refusé d’obtempérer.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Quand et comment les policiers peuvent-ils faire usage de leurs armes à feu ?

Un homme de 22 ans est mort à Nantes, mardi, après avoir été touché par balle par un policier lors d’un contrôle auquel la victime a refusé d’obtempérer.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 17h19
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 17h47
    |

                            Thibaut Faussabry








                        



   


Dans la soirée du mardi 4 juillet, un jeune conducteur de 22 ans est mort après avoir été touché par le tir d’un policier lors d’un contrôle dans le quartier de Breil, à Nantes. Les circonstances exactes de ce drame ne sont pas encore établies et plusieurs versions des faits se confrontent.
Selon des sources policières, lors de ce contrôle du véhicule effectué par une patrouille de CRS, le conducteur a tenté de prendre la fuite en marche arrière, roulant sur le pied d’un policier. Un de ses collègues a ensuite ouvert le feu sur l’individu, dans un état de légitime défense, d’après la police. Certains témoignages d’habitants remettent en question cette version, assurant que le conducteur n’a écrasé personne.
Dans quels cas les policiers peuvent-ils faire usage de leur arme à feu ?

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                A Nantes, vague de violences après la mort d’un jeune homme, tué par un policier



Que dit la loi ?
Légitime défense, absolue nécessité et usage proportionnel à la menace
La législation applicable à l’usage des armes à feu par les forces de l’ordre a été modifiée par la loi du 28 février 2017 relative à la sécurité nationale afin de répondre aux manifestations de policiers, consécutives à l’attaque contre une patrouille à Viry-Châtillon (Essonne), en octobre 2016. Cette modification a permis l’harmonisation des règles s’appliquant aux agents de la police nationale et aux militaires de la gendarmerie, concernant l’usage de leur arme à feu dans le cadre de la légitime défense.
D’après l’article L. 435-1 du code de la sécurité intérieure, les agents de la police nationale et les militaires de la gendarmerie nationale peuvent, outre certains cas visant à disperser un attroupement, faire usage de leurs armes en cas d’absolue nécessité et de manière strictement proportionnée à la menace, seulement dans l’exercice de leurs fonctions et revêtus de leur uniforme ou des insignes extérieurs et apparents de leur qualité.
Dans quel cas précis de légitime défense peuvent-ils ouvrir le feu ?
Toujours d’après l’article L. 435-1 du code de la sécurité intérieure, l’usage d’une arme à feu par des policiers et des gendarmes est possible seulement dans cinq situations bien distinctes et très clairement décrites :
Lorsque des atteintes à la vie ou à l’intégrité physique sont portées contre eux ou contre autrui ou lorsque des personnes armées menacent leur vie, leur intégrité physique ou celles d’autrui.Lorsque, après deux sommations faites à haute voix, ils ne peuvent défendre autrement les lieux qu’ils occupent ou les personnes qui leur sont confiées (un privilège réservé aux seuls gendarmes avant 2017).Lorsque, immédiatement après deux sommations adressées à haute voix, ils ne peuvent contraindre à s’arrêter, autrement que par l’usage des armes, des personnes qui cherchent à échapper à leur garde ou à leurs investigations et qui sont susceptibles de perpétrer, dans leur fuite, des atteintes à leur vie, à leur intégrité physique ou à celles d’autrui.Lorsqu’ils ne peuvent immobiliser, autrement que par l’usage des armes, des véhicules, embarcations ou autres moyens de transport, dont les conducteurs n’obtempèrent pas à l’ordre d’arrêt et dont les occupants sont susceptibles de perpétrer, dans leur fuite, des atteintes à leur vie, à leur intégrité physique ou à celles d’autrui.Dans le but exclusif d’empêcher la réitération, dans un temps rapproché, d’un ou de plusieurs meurtres ou tentatives de meurtre venant d’être commis, lorsqu’ils ont des raisons réelles et objectives d’estimer que cette réitération est probable au regard des informations dont ils disposent au moment où ils font usage de leurs armes.
Certaines zones du corps doivent-elles être évitées ?
Un policier amené à utiliser son arme à feu dans le cadre de la légitime défense n’est pas dans l’obligation de viser certaines parties précises du corps, précise Thierry Launois, délégué national formation au sein du syndicat UNSA-Police. « Il n’y a pas de consignes particulières données. L’usage de l’arme à feu a pour but de neutraliser la menace le plus rapidement possible. »
Denis Jacob, secrétaire général du syndicat Alternative police-CFDT explique, de son côté, que les policiers au cours de leur formation et de leurs entraînements « visent une cible, appelée schématiquement “la bouteille”, qui comprend à la fois le ventre, le torse et la tête ».
Contrairement à nombre d’autres pays, la France ne fait que très peu de transparence sur les cas d’usage des armes par les forces de l’ordre et sur leurs effets. L’inspection générale de la police nationale (IGPN) a révélé, le 26 juin, que le recours aux armes à feu par les policiers a augmenté de 54 % entre 2016 et 2017, portant à 394 le nombre d’utilisations. Cependant, l’IGPN, par la voie de sa directrice, Marie-France Monéger Guyomarc’h, n’établit pas de lien entre cette augmentation et l’entrée en vigueur de la loi du 28 février 2017.

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                Le recours aux armes à feu par les policiers a fortement augmenté en France en 2017




> Retrouvez tous les articles explicatifs des Décodeurs




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif d’universitaires dénonce, avec la fin du travail obligatoire en prison, l’indignité des conditions de travail imposées aux détenus.
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édition abonné


« Le droit du travail doit s’appliquer aux détenus. A quand la parole en actes ? », Monsieur Macron

Dans une tribune au « Monde », un collectif d’universitaires dénonce, avec la fin du travail obligatoire en prison, l’indignité des conditions de travail imposées aux détenus.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 17h00
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Voilà plus de trente ans maintenant que la loi du 22 juin 1987 relative au service public pénitentiaire a mis fin au travail obligatoire en prison, rompant définitivement le lien, de sinistre mémoire, entre travail et peine. Depuis lors, le temps de la tâche laborieuse comme élément de la peine est théoriquement révolu. Le travail en prison s’est vu conférer les mêmes finalités qu’à l’extérieur : émancipation, acquisition de compétences, autonomie, insertion.
En ce sens, le code de procédure pénale affirme que le travail en prison (organisation, méthodes, rémunérations) doit « se rapprocher autant que possible des activités professionnelles extérieures afin notamment de préparer les détenus aux conditions normales du travail libre ».

Toutefois, en dépit de la suppression du travail obligatoire, le législateur est demeuré au milieu du gué. Le travail est devenu un droit, mais ceux qui y accèdent n’ont aucun statut. Et la loi pénitentiaire de 2009 n’a pas comblé ce vide, refusant de doter les détenus d’un véritable contrat assorti des garanties normalement liées au travail subordonné.
Des abus de toute sorte
Cette absence de cadre contribue, en termes d’horaires, de rémunération, d’hygiène et de sécurité, à toute sorte d’abus, maintes fois déplorés par le contrôleur des lieux de privation de liberté, les conditions de travail s’apparentant « davantage à celles du premier âge industriel qu’à celles de la France de ce jour ».
Comment prétendre alors que le travail en détention puisse constituer « un important levier de réinsertion » ? Une commission d’enquête de l’Assemblée nationale soulignait, déjà en 2000, que « l’absence de respect du droit du travail ruine la conception même du travail pénal comme outil d’insertion ».

Depuis de nombreuses voix se sont élevées. De multiples rapports ont été déposés. Des associations, des organes de contrôles nationaux et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Le ministère public avait formulé cette demande après le rejet par la justice du plan de sauvegarde des sociétés de Bernard Tapie. Celui-ci prévoyait d’étaler sur six ans le remboursement des 404 millions d’euros auxquels l’homme d’affaires avait été condamné.
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Affaire du Crédit lyonnais : la justice rejette la demande de liquidation judiciaire des sociétés de Tapie

Le ministère public avait formulé cette demande après le rejet par la justice du plan de sauvegarde des sociétés de Bernard Tapie. Celui-ci prévoyait d’étaler sur six ans le remboursement des 404 millions d’euros auxquels l’homme d’affaires avait été condamné.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 16h50
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 17h45
   





                        



   


Le tribunal de commerce de Paris a rejeté jeudi la demande de liquidation judiciaire des sociétés de Bernard Tapie, condamné à rembourser 404 millions d’euros perçus en 2008 dans le cadre de son litige avec le Crédit lyonnais.
Le tribunal se prononçait sur la requête du parquet de Paris, qui réclamait la liquidation judiciaire des holdings GBT (Groupe Bernard Tapie), propriétaire du groupe de médias La Provence, et de FIBT (Financière immobilière Bernard Tapie). Le ministère public avait formulé cette demande après le rejet en avril par la justice du plan de sauvegarde qui étalait ce remboursement sur six ans.
Jeudi, le tribunal ne s’est pas prononcé sur le nouveau plan de remboursement présenté par Bernard Tapie, mais s’est limité à constater « que l’état de cessation des paiements n’est pas démontré » pour les sociétés de l’ancien patron de l’Olympique de Marseille, affaibli à 75 ans par un cancer de l’estomac.
Le tribunal retient en effet que le rejet du plan initial, qu’il avait lui-même approuvé en juin 2017, « ne met pas fin à la procédure de sauvegarde et, qu’en conséquence les dettes nées antérieurement à l’ouverture de la procédure sont gelées tant que la procédure perdure ». « En conséquence, le tribunal rejettera la requête en conversion directe de la procédure de sauvegarde en procédure de liquidation », affirme la décision.

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                Affaire Tapie : si vous avez raté un épisode



Tapie « extrêmement heureux » de la décision de justice
L’ex-homme d’affaires et ancien ministre s’est déclaré jeudi « extrêmement heureux » du rejet de la demande de liquidation judiciaire de ses sociétés, y voyant « une bonne nouvelle pour toutes les parties », ceci « pour au moins trois raisons » : « La première, c’est que, même lorsque la situation incite la justice à vous être défavorable, vous tombez toujours, à un moment ou à un autre, sur des magistrats qui n’ont à cœur que de respecter le droit, rien que le droit. C’est aussi une bonne nouvelle pour tout le monde, pour toutes les parties. Quelle que soit la somme au final à rembourser, j’ai mis en place des garanties incontestables, qui permettent d’aller au bout de ce remboursement. »
« Et surtout, je suis tellement heureux par rapport à La Provence », le quotidien régional de Marseille dont il est propriétaire via GBT, qui « fait un travail incroyable et qui va pouvoir continuer à travailler dans la sérénité », s’est-il encore réjoui.

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                Bernard Tapie, grande gueule cassée






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Journaliste depuis près de quarante ans, l’Italien Paolo Ruffini a travaillé la moitié de sa carrière dans la presse écrite, puis a bifurqué vers la radio et la télévision.
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Un laïc pour la première fois à la tête de la communication du Vatican

Journaliste depuis près de quarante ans, l’Italien Paolo Ruffini a travaillé la moitié de sa carrière dans la presse écrite, puis a bifurqué vers la radio et la télévision.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 16h28
   





                        



   


C’est la première fois qu’un laïc va diriger un « ministère » au Vatican. Le pape François a nommé, jeudi 5 juillet, un professionnel de la télévision italienne, Paolo Ruffini, à la tête du dicastère (équivalent d’un ministère) pour la communication. M. Ruffini, 61 ans, marié, est depuis quatre ans le directeur de la chaîne de télévision de la conférence épiscopale italienne (TV2000), a précisé le Saint-Siège dans un communiqué.
Originaire de Palerme, journaliste depuis près de quarante ans, Paolo Ruffini a travaillé la moitié de sa carrière dans la presse écrite, puis a bifurqué vers la radio et la télévision (chaînes RAI 3 et La 7). Le Saint-Siège précise que M. Ruffini a reçu des prix de journalisme et a participé à des conférences sur le rôle des chrétiens dans l’information et « l’éthique de la communication ».
Le précédent « ministre » de la communication du Vatican, monseigneur Dario Edoardo Vigano, avait démissionné fin mars après avoir maladroitement publié la photo tronquée d’une lettre du pape émérite Benoît XVI.

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                Le pape François contraint de démettre son ministre de la communication



Réforme houleuse du système de communication du Vatican
La polémique s’inscrivait aussi dans le contexte de la réforme houleuse de Radio Vatican et de tout le système de communication du Vatican menée par Mgr Vigano. Ancien directeur de la télévision du Vatican, Dario Vigano avait été nommé en juin 2015 préfet du tout nouveau « secrétariat pour la communication » avec pour mission de faire entrer la révolution numérique au Vatican mais aussi de réduire les effectifs et les coûts des nombreux services.
Le volet le plus visible de cette réforme a été le lancement en décembre dernier d’un portail unique en six langues (www.vaticannews.va) regroupant Radio Vatican, la télévision vaticane, le quotidien Osservatore Romano, les réseaux sociaux du pape ou encore la maison d’édition, chapeautés par une seule direction rédactionnelle. Le secrétariat pour la communication avait été élevé au rang de « dicastère pour la communication » en février dernier. Le bureau de presse du Vatican en fait partie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Alors qu’il est question de supprimer le mot « race » de la Constitution française, le haut fonctionnaire Jean-François de Montgolfier explique en quoi il est indissociable, selon lui, des termes « origine » et « religion ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Interdire les distinctions de race ne présuppose pas l’existence des races mais seulement du racisme »

Alors qu’il est question de supprimer le mot « race » de la Constitution française, le haut fonctionnaire Jean-François de Montgolfier explique en quoi il est indissociable, selon lui, des termes « origine » et « religion ».



Le Monde
 |    05.07.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 17h43
    |

Jean-François de Montgolfier (Haut fonctionnaire et expert en droit constitutionnel)







                        



                                


                            
Comme toutes les réformes ou tentatives de réforme constitutionnelle depuis au moins vingt ans, celle qui sera discutée à partir du 10 juillet donne lieu à un débat autour du mot « race ». Faut-il supprimer ce terme qui figure à l’article premier de la Constitution de 1958 ? Le 27 juin, des amendements en ce sens ont été adoptés par la Commission des lois de l’Assemblée nationale : les uns arguent que les races n’ont pas d’existence scientifique, les autres que cette mention est aujourd’hui « mal comprise, à ­rebours de l’intention initiale ».
On peut objecter, comme cela a été fait par le passé, qu’il est un peu vain de supprimer le mot « race » de la Constitution de 1958 car il ­figure également dans le Préambule de la Constitution de 1946.
On peut aussi ajouter que ce mot est employé dans toutes les conventions internationales sur les droits de l’homme, qu’il s’agisse de la Déclaration universelle de 1948, de la Convention européenne de 1950, de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne de 2000 ou de la Convention relative au statut des réfugiés (dite « Convention de Genève ») de 1951.
On peut enfin souligner que l’inexistence scientifique des races n’est, au fond, pas la question car le mot ne présuppose pas l’existence de la chose : interdire les distinctions de race (au singulier !) ne présuppose pas l’existence des races mais seulement du racisme.
Un sens historique et juridique
Par le passé, ces arguments avaient suffi à ­convaincre le Parlement de ne pas adopter les amendements visant à supprimer le mot « race », mais ce n’est plus le cas. Dans la controverse qui s’est engagée sur cette ­réforme, il est utile d’expliquer le sens historique et juridique du mot « race » tel qu’il figure dans la Constitution de 1958.
Toute révolution constitutionnelle est faite à la fois d’un rejet et d’un projet : le rejet des régimes et des temps passés, le projet de droits et de valeurs nouvelles. N’échappant pas à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Des syndicats rejettent le principe de conditionner au bon fonctionnement des établissements le versement d’une part des 3 000 euros promis aux personnels de l’éducation prioritaire.
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Education : pourquoi la prime dans les zones prioritaires fait tiquer les enseignants

Des syndicats rejettent le principe de conditionner au bon fonctionnement des établissements le versement d’une part des 3 000 euros promis aux personnels de l’éducation prioritaire.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 14h56
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 15h04
    |

                            Mattea Battaglia








                        



   


Dans son programme de candidat d’En marche ! à l’élection présidentielle, Emmanuel Macron avait expliqué qu’« il n’est plus acceptable que les territoires où la difficulté sociale et scolaire se concentre soient confrontés, chaque année, à l’impossibilité de recruter des enseignants ». Dans ce document, toujours consultable sur Internet, il ajoutait : « Parce qu’il faut reconnaître cette difficulté et y répondre, les enseignants, du premier et du second degré, qui exercent en REP+ [réseaux d’éducation prioritaires renforcés, là où ont aussi commencé les dédoublements des CP] seront mieux accompagnés et recevront une prime annuelle supplémentaire de 3 000 euros net. »
L’objectif assigné était donc de reconnaître la contribution de ces professeurs, dans le sillage de l’indemnité de 2 315 euros déjà créée à leur intention par la gauche, en 2015, tout en tentant d’apporter une réponse à une difficulté majeure à laquelle l’éducation prioritaire est confrontée : le turnover des équipes, comme disent les professeurs, avec l’affectation dans ces zones difficiles de jeunes professeurs qui, dès qu’ils ont cumulé les « points » nécessaires pour pouvoir « prétendre au mouvement », demandent à enseigner ailleurs.
Un versement progressif
Lundi 2 juillet, la communauté éducative a appris qu’un premier tiers de cette prime serait versé au cours de l’année scolaire 2018-2019 : 1 000 euros net, soit environ 80 euros par mois sur douze mois. Sont concernés, outre les 41 000 professeurs du premier et du second degré exerçant dans les écoles et les collèges concernés, quelque 900 personnels d’encadrement et 3 800 personnels administratifs, techniques ou médicaux.
Bonne nouvelle ? Pas tant que ça, ont réagi bon nombre de syndicats, pour qui une « nouveauté » introduite dans les éléments de communication du ministère de l’éducation ne passe pas : sur les 2 000 euros restants de la prime, dont le versement doit être effectué en deux temps – année 2019-2020 puis année 2020-2021 –, il n’est pas exclu qu’une « partie soit adossée aux progrès des élèves et à l’accomplissement du projet d’école et d’établissement ».
Cette partie sera « marginale », tient-on à souligner à la direction des ressources humaines du ministère de l’éducation : « Rien n’est tranché, cela sera discuté dans le cadre de l’agenda social et des rencontres avec les organisations syndicales qui ont débuté, en bilatérale, la semaine passée », défendait, le 2 juillet au soir, Edouard Geffray, le directeur général des ressources humaines du ministère.
De vives réactions
Sur le terrain, si le principe de la « progressivité » est accepté (ou presque), celui d’un versement « au mérite » ne passe pas. « Comment évaluer ce mérite ?, se demandent tous les syndicats. Qui s’en chargera ? Et sur quelles bases ? » « On est en droit de s’interroger sur les critères objectifs qui présideraient à l’attribution de cette part variable de la prime à tel enseignant, telle équipe d’école et pas à telle autre », a réagi le SNUipp-FSU, majoritaire dans l’enseignement élémentaire, en dénonçant une « embrouille ».
« On est dans le grand flou, affirme-t-on aussi au SE-UNSA. Les projets d’école et d’établissement existent déjà. S’il existe des endroits où les équipes jouent pleinement le collectif, c’est bien en éducation prioritaire », peut-on lire dans un communiqué du 2 juillet, dans lequel ce syndicat réformiste réclame « 3 000 euros pour tous », y compris pour les assistants d’éducation (AED) et les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), pour l’instant écartés, semble-t-il, du projet.
Dans les établissements, des pétitions, souvent lancées par le SNES-FSU, syndicat majoritaire dans le second degré, ont commencé à circuler. SUD-Education dénonce, lui, la « mise en concurrence » des personnels : « La rémunération au mérite fait partie du vaste projet managérial promu par le ministre Blanquer. Elle entre en cohérence avec d’autres annonces, comme le recours accru à la contractualisation ou la suppression du paritarisme, a-t-il écrit le 4 juillet. Il s’agit d’une mise en concurrence des personnels dans l’objectif supposé d’améliorer les résultats. »
L’efficacité en question
Si la prime vaut reconnaissance des conditions, difficiles, d’exercice du métier, garantit-elle une stabilisation des équipes pour autant ? Selon le rapport parlementaire sur la Seine-Saint-Denis (mai 2018), cité par l’Observatoire des zones prioritaires (OZP, association spécialiste du sujet), l’octroi de primes spécifiques ne garantit pas une attractivité et une fidélisation des postes dans ces territoires : le nombre des demandes de mutation dans les différents services déconcentrés de Seine-Saint-Denis, l’obligation de recruter des néotitulaires à défaut de personnels expérimentés démontrent, pour lui, qu’une compensation financière proposée aux personnels ne suffit pas.
La démarche n’est pas sans rappeler le programme Ecoles, collèges et lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite (Eclair) expérimenté au début des années 2010, du temps où Luc Chatel était ministre de l’éducation et Jean-Michel Blanquer son directeur général de l’enseignement scolaire : les enseignants, recrutés sur des « postes à profil » par leur chef d’établissement, avaient droit à une indemnité pouvant dépasser les 3 000 euros annuels, soumise à leur « participation » et à leur « engagement ».
Les travaux de synthèse du Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) sur l’attractivité du métier ont montré l’importance, surtout dans ces zones relevant de l’éducation prioritaire, des incitations financières, certes, mais aussi des incitations matérielles (politique de logement), le rôle de l’accompagnement et de la formation tout au long de la carrière, ainsi que l’intérêt des dispositifs de mobilité et de reconversion. Un investissement global dépassant la seule bonification.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Au moins Onze personnes ont été interpellées à Nantes après une nouvelle nuit de violences consécutive à la mort mardi soir lors d’un contrôle policier d’un jeune homme de 22 ans.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Le jeune homme avait été éborgné par un tir de policier lors d’une manifestation lycéenne en 2007 devant le rectorat de la ville. L’Etat devra verser 86 400 euros d’indemnisation.
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Lycéen blessé par un tir de Flash-Ball : la condamnation de l’Etat majorée en appel

Le jeune homme avait été éborgné par un tir de policier lors d’une manifestation lycéenne en 2007 devant le rectorat de la ville. L’Etat devra verser 86 400 euros d’indemnisation.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 14h12
   





                        



   


La cour administrative d’appel de Nantes a condamné jeudi 5 juillet l’Etat à indemniser un jeune homme blessé à l’œil par un tir de lanceur de balle de défense (LBD), communément appelé Flash-Ball, tirée par un policier lors d’une manifestation lycéenne en 2007 devant le rectorat de la ville, a annoncé l’avocat de la victime.
« Le recours du ministère de l’intérieur est rejeté. L’Etat est condamné à indemniser mon client à hauteur de 86 400 euros », a déclaré Me Etienne Noël, qui n’avait pas encore eu connaissance de la motivation précise de l’arrêt rendu par les juges administratifs.
« J’ai un peu le sentiment qu’on est quasiment à 100 % d’une responsabilité pour l’Etat », a estimé l’avocat de Pierre Douillard, le lycéen blessé aujourd’hui âgé de 27 ans, se disant « très content ».

Lire : Un lycéen blessé par un tir de Flash-Ball attend réparation

En première instance, le tribunal administratif de Nantes avait déjà condamné l’Etat, considérant qu’une « faute » avait été commise dans l’organisation du service de police, mais que cette faute était partagée à 50 % par la victime du tir, celle-ci ne s’étant pas « désolidarisée » de la manifestation lycéenne. Le tribunal avait condamné en novembre 2016 l’Etat à verser 48 000 euros au jeune homme, une décision pour laquelle le ministère de l’intérieur avait interjeté appel.
Lors de l’audience en appel, le rapporteur public avait préconisé de fixer la part de responsabilité de l’Etat à 75 %, jugeant que le tribunal administratif avait eu « la main lourde ». Il avait suggéré à la cour de le condamner à verser 72 000 euros à Pierre Douillard.
Arme « exceptionnellement dangereuse »
Ce dernier avait quasiment perdu l’usage de son œil droit après avoir été touché par un tir de lanceur de balles en caoutchouc de défense 40 × 46 mm (LBD40), lors d’une manifestation contre la loi sur l’autonomie des universités, le 27 novembre 2007.
Cette arme « exceptionnellement dangereuse », qui était alors en cours d’expérimentation, avait été utilisée par un policier insuffisamment formé et de façon « disproportionnée », sa sécurité n’étant pas menacée quand il a tiré, avait relevé le rapporteur public lors de l’audience le 5 juin.
Au pénal, le tribunal correctionnel de Nantes avait relaxé le policier auteur du tir en avril 2012, considérant qu’il avait exécuté un ordre qui n’était pas manifestement illégal. La cour d’appel de Rennes avait confirmé ce jugement en octobre 2013.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Agnès Audier, du cabinet de conseil Boston Consulting Group, et Axel Dauchez, du site Make.org, analysent dans une tribune au « Monde » les résultats d’un sondage participatif mené auprès de 12 000 jeunes de 18 à 25 ans à l’occasion des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence.
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« Une jeunesse engagée, mais pragmatique »

Agnès Audier, du cabinet de conseil Boston Consulting Group, et Axel Dauchez, du site Make.org, analysent dans une tribune au « Monde » les résultats d’un sondage participatif mené auprès de 12 000 jeunes de 18 à 25 ans à l’occasion des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 13h18
    |

Agnès Audier (Directrice associée du Boston Consulting Group) et Axel Dauchez (Fondateur de make.org)







                        



                                


                            

Tribune. Dans le cadre des 18e Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, les 6,7 et 8 juillet, Le Cercle des économistes a fait appel à la plate-forme de réseau de « civic tech » Make.org pour consulter les 18-28 ans et mieux connaître leur rapport au monde et à l’action, afin d’alimenter de manière inédite les débats consacrés aux « Métamorphoses du monde », thème des Rencontres en 2018.
Que nous apprend cette consultation ?
Sans surprise, la jeunesse n’est pas un bloc monolithique traversé par les mêmes idées. Elle est animée par de puissants débats qui la divisent : plus de 50 % des propositions émises et soumises au jugement des 12 000 répondants ont suscité un débat, 13 % ont été rejetées en bloc, 37 % ont été plébiscitées par la majorité des votants. Les échanges sont décomplexés et portent sur une très grande variété de sujets, certains d’actualité (par exemple : autoriser la GPA), d’autres qu’on pourrait penser être “derrière nous” (par exemple le rétablissement de la peine de mort).
Ce qui frappe d’abord, c’est l’hyper réalisme des jeunes. Quasi aucune proposition pour éradiquer la faim dans le monde, ou atteindre une espérance de vie en bonne santé à 120 ans… ! Bref, rien de ce à quoi rêvent les gourous de la Silicon Valley. Au contraire, la jeunesse semble réclamer qu’on résolve les sujets clés hérités des générations précédentes : développer les aides aux étudiants, améliorer la prise en charge des sans-abri, comptabiliser le vote blanc dans les élections, instaurer le travail en prison…
Confiance des jeunes Français
Cette jeunesse hyperconnectée avec le monde qui l’entoure demande des actions et résultats concrets. Deux des dix propositions les plus plébiscitées l’illustrent clairement : Comas propose que « les tampons et les serviettes hygiéniques deviennent des produits de première nécessité pour qu’ils soient moins taxés », quand Mourad suggère de « créer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Les copropriétaires ont donné mandat au syndic pour agir devant le tribunal et demandé la résolution judiciaire du bail pour violation des dispositions du règlement de copropriété et cessation des troubles de voisinage.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Sur les réseaux sociaux, des arnaqueurs endossent l’identité des stars préférées des adolescents pour leur demander d’appeler des numéros surtaxés.
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Numéros surtaxés : la nouvelle combine des arnaqueurs pour viser les ados

Sur les réseaux sociaux, des arnaqueurs endossent l’identité des stars préférées des adolescents pour leur demander d’appeler des numéros surtaxés.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 12h09
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 17h18
    |

            Laura Motet








                        



   


C’est un jour de chance qui a coûté très cher à ses parents. Ce 24 avril, Marie*, 15 ans, voit passer sur son fil d’actualité Facebook un jeu concours proposé par la page « Disneylandparis.offre ». Pour gagner des places pour le célèbre parc d’attraction, rien de plus simple : il suffit qu’elle aime la publication, puis qu’elle envoie, par message privé, son nom et son adresse. Marie se précipite. « Félicitations, vous êtes parmi les 400 gagnants ! », lui répond-on dans les minutes qui suivent. L’adolescente exulte.
Reste une dernière « petite » étape pour recevoir les billets. Téléphoner plusieurs fois à un numéro surtaxé, noter le code qui sera délivré pendant l’appel et l’envoyer sur la conversation privée. L’interlocuteur, très réactif, se montre rassurant : « Ne vous inquiétez pas, c’est gratuit, car ce numéro, il nous appartient, le répondeur dit 2,99 €, c’est juste un prix (…) contre les arnaques ! » (sic). Marie se laisse convaincre, elle qui rêve d’inviter ses meilleures amies à Disney. Elle appelle et envoie les codes au fur et à mesure. Mais ce n’est jamais assez pour le destinataire, qui prétexte des dysfonctionnements ou le besoin de payer pour la livraison, et en réclame de nouveaux.
Las, elle finit par abandonner. Terminées alors, les réponses sucrées de son interlocuteur, dont le ton devient menaçant :
« Quand tu participes et tu réserves les billets C obligé que tu continues [parce que] personne peut gagner ce Disneyland sauf toi. [Si] tu le termines pas tu vas payer plus que 800 € à la police [emoji policier]. » (sic)
Terrorisée, Marie appelle son père, formateur aux outils numériques, qui ira porter plainte. Quelques jours plus tard, la « note » tombe : 194 euros. Un petit commerce qui peut s’avérer juteux pour les éditeurs de numéros surtaxés frauduleux. Le 31 mai, quatre personnes gérant l’un d’entre eux, Viva Multimedia, ont été mises en examen. En trois ans, ils avaient amassé 38 millions d’euros, révèle Le Parisien, jeudi 5 juillet.
Une fraude à onze milliards d’euros en UE
Aucun adolescent n’est à l’abri. Parmi les victimes, on trouve aussi bien la fille de onze ans de Martine, modeste aide à domicile (660 euros de facture) que le fils de douze ans d’un député suppléant (185 euros). Tous ont été hameçonnés sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Snapchat, Musical.ly), par un faux compte de leur star préférée se proposant de leur offrir des places de parc d’attraction, un ordinateur ou le dernier iPhone. Ils constituent des victimes faciles, grâce aux solutions de « micropaiement » proposées par les éditeurs de numéros surtaxés, qui permettent de leur soutirer des centaines d’euros en une petite journée, sans avoir à demander d’autorisation à un adulte.

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Face au raz-de-marée de faux comptes, les célébrités sont d’ailleurs, elles aussi, désemparées. « Régulièrement, on publie sur les réseaux sociaux les comptes fakes trouvés, et on met en garde contre tous ces escrocs… D’autant que les fans d’Esteban [ancien membre du groupe d’enfants Kids United] et de Diego sont très jeunes », explique Nathalie, la mère de Diego et manageuse officieuse du duo de cousins. Et de poursuivre : « Il est arrivé que des fans les insultent. Mais ils n’ont jamais [été mêlés à une affaire judiciaire]. »
Et pour cause : sur la trentaine de victimes contactées par Le Monde, seules cinq ont porté plainte. Les autres évoquent leur culpabilité, le sentiment que cela ne servira à rien, le préjudice financier relativement faible, l’absence de temps pour se rendre en gendarmerie… ou encore le refus par l’autorité publique de prendre leur plainte, sous prétexte que leur enfant n’a pas été forcé d’attraper le combiné.
Reste que la fraude aux numéros surtaxés a bel et bien été repérée par le ministère de l’intérieur, qui note dans son dernier rapport sur « la menace liée au numérique » :
« Ce type de cybercriminalité pourrait encore connaître un accroissement rapide. Selon une étude d’Europol, le préjudice de cette fraude dans l’Union européenne serait passé de moins de deux milliards d’euros en 2013 à onze milliards en 2017. »

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Cinq à dix appels pour un code
Le principe de cette arnaque est simple : tous ceux qui tentent leur chance au jeu concours proposé par l’escroc gagnent. Pour finaliser l’envoi de leur prix, ils doivent « seulement » appeler un serveur vocal, qui leur délivrera des codes. L’argumentaire est bancal, mais l’enthousiasme des adolescents les aveugle souvent. Au fur et à mesure de leurs appels, ils découvrent qu’ils doivent appeler entre cinq et dix fois pour obtenir un seul code. Ils se mettent donc à appeler trente ou cinquante fois le numéro, pour donner à leur interlocuteur la demi-douzaine de codes exigée. Si l’escroc est si pressé de recevoir ces suites de caractères alphanumériques, c’est qu’elles lui sont nécessaires pour récupérer le fruit de son larcin.
Le type de numéro surtaxé qu’il donne à ses victimes est, en fait, une solution de micropaiement tout à fait légale, proposée à tout un chacun, par des éditeurs de numéros surtaxés comme YouPass.

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A l’origine, cette entreprise niçoise, née en 2011 sous le nom « Remboursez votre forfait », proposait aux personnes ayant un forfait bloqué de « vider » le reliquat de leur forfait en appelant un numéro surtaxé et de récupérer ce reliquat (moins une commission) sur leur compte Paypal ou sous forme de bons d’achat. Pour cela, rien de plus simple, il suffisait donner le code délivré par le serveur vocal et de l’entrer sur le site de l’entreprise. Cette solution était alors déjà très populaire chez les adolescents, qui y voyaient une manière de se faire de l’argent de poche tout en échappant à la vigilance de leurs parents.
Des escrocs à la petite semaine
Depuis, les forfaits illimités ont remplacé les forfaits bloqués dans les smartphones des jeunes. Et « Remboursez votre forfait », devenu MegaTransfert puis YouPass en 2014, s’est mis à proposer des solutions de micropaiement, toujours à destination des ados, mais aussi des millenials et des gamers. Ces solutions permettent, par exemple, aux joueurs d’acheter des accessoires ou des vies supplémentaires pour leur personnage de jeu vidéo. Dans les deux cas, le « client » appelle le numéro surtaxé, récupère un code et le remet au « vendeur » pour qu’il puisse récupérer auprès de l’éditeur du numéro surtaxé la somme générée par l’appel, moins la commission de l’opérateur téléphonique et de l’éditeur de numéros.
Nul besoin de connaissances techniques pour monter ce type d’arnaque, donc : il suffit d’une connexion Internet, d’ouvrir des comptes sur les réseaux sociaux et de détourner un système de micropaiement légal déjà en place.
L’arnaque est tellement simple qu’à ses débuts, des escrocs à la petite semaine l’ont utilisée sans vraiment se protéger. D’autant que les policiers, faute de temps, de formation et de moyens, ne se bousculaient pas toujours pour retrouver les auteurs de préjudice qui leur paraissaient modestes. Une attitude choquante pour Francis, le beau-père de Jason, 15 ans, qui a perdu 78 euros en tentant de gagner un iPhone 7 :
« A notre sortie de la brigade, le gendarme a bien précisé qu’on ne devait rien attendre de notre plainte, que ce serait de toute façon classé sans suite. […] Nous voulions lui donner les informations sur YouPass [qui propose aux victimes de donner aux autorités judiciaires le nom des bénéficiaires de l’arnaque si elles portent plainte], mais il n’a rien noté ! »
Malgré l’inertie de certains services, d’autres plaintes ont abouti, arrêtant les auteurs, souvent déjà connus pour des faits mineurs.

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Des adolescents comme prête-noms
Certains ont donc trouvé une nouvelle parade : utiliser, de nouveau, des adolescents, mais cette fois comme prête-noms. C’est la mésaventure qui est arrivée à Léo, 18 ans au moment des faits. Depuis plusieurs années, ce dernier utilisait YouPass pour vider son forfait bloqué. En avril 2016, il est contacté par un individu lui demandant s’il peut valider pour lui des codes sur YouPass, contre une « généreuse » commission. « Il disait que ça venait d’un petit commerce vidéoludique […] et qu’il ne pouvait pas avoir accès à YouPass, étant au Maroc, explique Léo. J’ai accepté, j’avais besoin de la thune. »
Chaque jour, l’inconnu lui envoie de codes à valider. Plus de 3 000 euros transitent par son compte YouPass en trois semaines, jusqu’à ce que son compte de micropaiement soit bloqué. Peu de temps après, il est convoqué devant la justice. Une victime de l’arnaqueur a porté plainte pour un préjudice de 300 euros. Léo est finalement relaxé, tandis que l’arnaqueur, est, lui, démasqué. Il s’agissait d’un jeune homme résidant en Belgique, opérant seul, et se cachant derrière une adresse IP (qui permet d’identifier la localisation d’un appareil connecté à Internet) au Kazakhstan.
De son côté, YouPass a remboursé la victime ayant porté plainte, tandis que le reste de l’argent accumulé sur le compte de Léo a été reversé dans les comptes de l’entreprise, dans une catégorie comptable au nom évocateur (« soldes utilisateurs dormants ou frauduleux, autres produits divers de gestion et avantages en nature »), qui rassemblait en 2016 la somme de 519 266 euros. A titre de comparaison, cette même année, la catégorie « remboursement utilisateurs » (aux victimes ayant fait des réclamations) s’élevait à 5 562 euros. L’entreprise niçoise n’a pas, pour l’heure, répondu à nos questions.
Multiplication des intermédiaires
L’escroquerie aux numéros surtaxés est si lucrative qu’elle n’a pas tardé à attirer des professionnels de l’arnaque. Ceux-là voient plus grand. Ils décident de créer leur propre société éditrice de numéros surtaxés et de vendre ces numéros à des clients, escrocs comme eux. Ce sont ces clients-amis qui se chargeront de monter de fausses pages sur les réseaux sociaux et de pousser leurs cibles à appeler les numéros.
« C’est vraiment un petit milieu où tout le monde se connaît », explique le commissaire divisionnaire François-Xavier Masson, chef de l’office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC).
Pour détourner l’attention des enquêteurs, ces éditeurs de numéros surtaxés peu scrupuleux multiplient les intermédiaires, achetant parfois des numéros à d’autres éditeurs, pas toujours, eux, dans la confidence.
Youpass, l’éditeur niçois, en a d’ailleurs fait les frais : d’après ses comptes en 2016, un tiers des créances détenues par l’entreprise provenaient de « clients douteux » (532 000 euros, contre 1 018 000 pour les clients « normaux »). Il s’agit concrètement d’autres éditeurs de numéros surtaxés, qui ne paieront sans doute jamais leurs achats de numéros à Youpass, puisqu’ils sont suspectés de faits d’escroquerie.
Mais ce genre de tour de passe-passe ne dure qu’un temps. Le 31 mai, l’OCLCTIC a procédé à la mise en examen de quatre personnes pour « escroquerie en bande organisée » et « blanchiment ». Ils géraient l’un de ces éditeurs de numéros surtaxés peu scrupuleux, Viva Multimedia, dont les profits frauduleusement acquis s’élèvent à 38 millions d’euros en trois ans. Cette fois, le plaignant n’était pas l’une des jeunes victimes directes d’une escroquerie, mais un groupe de médias particulièrement apprécié des jeunes, dont la marque avait été usurpée par les arnaqueurs sur les réseaux sociaux.
Le ministère de l’intérieur prévoit de mettre en place, d’ici la fin de l’année, un système de plainte en ligne, appelé Thesee (traitement harmonisé des enquêtes et signalements pour les e-escroqueries). Auparavant éparpillées sur tout le territoire, ces plaintes seront désormais directement analysées par un service de police spécialisé, au sein même de l’OCLCTIC. Une première piste pour ralentir le boom des arnaques aux numéros surtaxés.
*Tous les prénoms des victimes ont été modifiés.



                            


                        

                        


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Consultation à tous les étages sur les aspirations des musulmans

Plusieurs initiatives sont annoncées ou en cours alors que l’Elysée prépare les axes d’action que retiendra Emmanuel Macron pour réguler le culte musulman.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 11h44
    |

            Cécile Chambraud








                        



                                


                            
Que souhaitent les musulmans s’agissant de l’organisation de leur culte ? Tandis que l’Elysée prépare les axes d’action que retiendra Emmanuel Macron, plusieurs initiatives visant à demander leur avis aux principaux intéressés sont annoncées ou en cours. En mai, Ahmet Ogras, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), l’institution chargée de représenter ce culte auprès des pouvoirs publics, avait le premier dit vouloir une telle consultation.
Les dirigeants du CFCM sont face à un calendrier serré. Au printemps 2019, leur mandat arrive à échéance, et de nouvelles élections doivent être organisées. Mais chacun est conscient que l’institution est à bout de souffle et qu’elle ne survivra que si elle réforme son mode d’organisation. D’où l’idée lancée par M. Ogras de cette consultation, qui semble cependant au point mort. Le CFCM souffre d’un manque structurel de moyens et de la rivalité entre les fédérations de mosquées qui y participent.

La seconde consultation a été entreprise par des militants associatifs à l’initiative de Marwan Muhammad, l’ancien directeur exécutif du Collectif contre l’islamophobie en France. Les musulmans qui le souhaitaient ont pu répondre en ligne à une série de questions plus ou moins ouvertes sur leurs attentes et sur ce qu’ils pensaient de la situation actuelle. Ce questionnaire a été doublé par des réunions dans les mosquées pendant le mois de ramadan.
Un comité doit faire cet été la synthèse des propositions et présenter, début septembre, des propositions. « Le hadj [pèlerinage], le halal, le fonctionnement des mosquées, la collecte transparente des dons et la traçabilité de l’argent » devraient figurer au menu, indique son promoteur.
Même aporie
La dernière initiative, enfin, vient des pouvoirs publics. Comme il l’avait annoncé, le 12 juin, devant les dirigeants du CFCM, le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a demandé à chaque préfet d’organiser...




                        

                        


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Jeune homme tué à Nantes : Edouard Philippe exige que « toute la lumière soit faite »

En déplacement à Nantes jeudi matin, le premier ministre a rencontré la maire (PS) Johanna Rolland avant de s’exprimer lors d’un point presse.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 11h42
    |

            Louise Couvelaire








                        


C’est dans un contexte très tendu que le premier ministre s’est rendu à Nantes jeudi matin 5 juillet. Lors d’un point presse, Edouard Philippe a indiqué que dix-neuf personnes ont été interpellées dont 11 placées en garde à vue. Hasard du calendrier, cette visite était prévue dans l’agenda du chef du gouvernement : il devait s’entretenir avec des élus sur le thème de l’après Notre-Dame-des-Landes et le développement de la métropole nantaise. Au terme d’une rencontre avec la maire (PS) de la ville, Johanna Rolland, le chef du gouvernement a « condamné » fermement « cette violence » avant d’affirmer que « nous serons évidemment très exigeants pour que toute la lumière soit faite sur les circonstances dans lesquelles l’individu est décédé » et d’exprimer son « soutien le plus ferme aux forces de l’ordre ».
Malgré les multiples appels au calme lancés, mercredi, par les pouvoirs publics et la famille du jeune homme tué par un policier, les échauffourées opposant les jeunes aux forces de l’ordre, mobilisés en nombre, n’ont pas seulement secoué le quartier du Breil, où Aboubakar F. est mort, mais aussi ceux de Bellevue, des Dervallières et de Malakoff. La préfète de Loire-Atlantique, Nicole Klein, a également mentionné sur Europe 1 jeudi matin des tensions dans les communes voisines de Saint-Herblain et de Rezé, faisant craindre un risque de « contagion ».
« Besoin d’effectifs »
A Garges-Lès-Gonesse (Val-d’Oise), d’où le jeune homme était originaire, plusieurs incidents ont également eu lieu. En fin de journée mercredi, quelque 200 personnes s’étaient rassemblées spontanément dans une ambiance électrique. Dans la nuit, plusieurs poubelles ont été incendiées et des policiers ont été la cible de jets de projectiles et de cocktails molotov.
« Nous avons toujours besoin d’effectifs et de moyens supplémentaires, commente Frédéric Lagache, secrétaire général du syndicat Alliance police nationale. Mais surtout, l’ensemble des policiers devraient être formés aux nouvelles règles concernant l’usage d’arme dans les cas de légitime défense édictées dans la loi de sécurité intérieure de 2017. Or, ce n’est pas le cas. Beaucoup font de l’autoformation et c’est inacceptable ! Ce qui ne veut pas dire que le CRS qui a tiré sur le jeune homme à Nantes a mal fait. » Jeudi matin, le premier ministre, M. Philippe, a conclu son intervention en assurant que le gouvernement continuerait à renforcer la présence policière dans la métropole de Nantes.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Après la mort d’un jeune homme de 22 ans, abattu lors d’un contrôle policier, les violences ont encore secoué plusieurs quartiers de Nantes mercredi soir.
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Jeune tué à Nantes : le policier auteur du tir mortel placé en garde à vue

Après la mort d’un jeune homme de 22 ans, abattu lors d’un contrôle policier, les violences ont encore secoué plusieurs quartiers de Nantes mercredi soir.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 17h36
    |

                            Anne-Hélène Dorison (Nantes (correspondance)








                        


Après la mort d’un jeune homme de 22 ans tué par un policier, à Nantes, mardi 3 juillet au soir, l’enquête se poursuit. Le procureur de la République de Nantes Pierre Sennès a annoncé, jeudi 5 juillet, que « le fonctionnaire de police qui a fait usage de son arme de service et causé le décès de la victime a[vait] été placé en garde à vue ce jour à 12 h 40 par l’IGPN du chef de violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entrainé la mort sans intention de la donner ».
L’enquête, menée dans un contexte hautement sensible, prend des airs de course contre la montre. De nouvelles tensions ont violemment secoué plusieurs quartiers nantais dans la nuit de mercredi à jeudi, donnant lieu à 19 interpellations – dont 11 ont abouti à des gardes à vue –, essentiellement dans le quartier du Breil, parmi lesquelles celles de quatre mineurs. Deux jours après la mort d’Aboubakar F., deux versions s’affrontent toujours sur le déroulé des faits.
Il est 20 h 30, mardi, quand un équipage de six CRS de la compagnie 17 de Bergerac croise la route de la Nissan de location que conduit d’Aboubakar F. et lui demande de s’arrêter. Le conducteur coupe le moteur et tend des papiers aux fonctionnaires. Il ne dispose pas de document d’identité et se présente sous un faux nom. Un CRS appelle le commissariat pour vérifications. Il est alors décidé de l’y conduire. C’est à cet instant que « le conducteur, semble-t-il, a cherché à se soustraire de ce contrôle en opérant à vive allure une marche arrière », a indiqué Pierre Sennès, mercredi.
« Tir à bout portant »
Dans la manœuvre, la Nissan percute une Renault Mégane stationnée à proximité. Un des CRS a suivi sa progression. Son Sig Sauer à la main, il se « positionne à proximité de la place du conducteur » et fait feu « à une seule reprise », selon le procureur de la République. Aboubakar F. est touché au niveau du cou. Le tir provoque sa « mort dans un bref délai ».
Le déroulé de la scène qui précède le drame ne semble pas souffrir de contestation. Mais les circonstances entourant le tir mortel, elles, posent question. Mardi soir, des sources policières ont fait état d’un CRS blessé aux genoux par le véhicule et ont évoqué la présence d’enfants, qui se seraient trouvés « en danger », derrière la Nissan. Le policier aurait donc tiré alors qu’il se trouvait en état de « légitime défense », selon les syndicats.

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Dans la cité, où le mot « bavure » a rapidement noirci certains murs, des habitants témoins de la scène affirment le contraire. Selon eux, en effet, personne ne se trouvait derrière la voiture au moment où elle a reculé. « C’était un tir à bout portant », répète Jordan, un ami d’Aboubakar F. « Il est mort gratuitement. Comme un chien. On en veut beaucoup à la police. » « Il n’était ni armé ni violent. Pourquoi a-t-il été tué ? On veut la vérité, et vite ! », lance un autre jeune homme, qui cherche, comme d’autres dans la cité, à collecter le maximum de témoignages dans le quartier pour « contredire la version livrée par la police ».
Des vidéos filmées par des habitants ont ainsi été rapidement diffusées, sur les réseaux sociaux notamment. Sur les images, on peut voir le début du contrôle, qui semble se dérouler dans le calme. Mais le film est interrompu avant la scène, cruciale, du coup de feu.
De leur côté, les enquêteurs couraient, eux aussi, après les témoignages mercredi. Le service régional de police judiciaire et l’inspection générale de la police nationale (IGPN) ont notamment lancé un appel à témoins, invitant « toute personne susceptible de fournir des informations » à les contacter au plus vite. Les nombreuses auditions menées et les investigations effectuées visent notamment à déterminer dans « quelles circonstances le policier a été amené à faire usage de son arme de service » et à établir si cet usage est « conforme aux dispositions légales », selon les mots du procureur. Tous ont été entendus mercredi par l’IGPN. Un témoin, dont le récit serait très éclairant, s’est également présenté, en fin d’après-midi, au commissariat central de Nantes.
« On ne tue pas pour un contrôle »
Mercredi dans la journée, tandis que les autorités rappellent qu’Aboubakar F., originaire de Garge-lès-Gonesse dans le Val-d’Oise, faisait l’objet d’un mandat d’arrêt délivré en juin 2017 par un juge d’instruction de Créteil, des chefs de vol en bande organisée, recel et association de malfaiteurs, de nombreux amis du défunt brossent le portrait d’un jeune homme « souriant et intelligent », « qui ne cherchait pas les problèmes ». Ici, beaucoup connaissaient « le Loup », son surnom.
Dans le quartier, la colère le dispute au chagrin. « Quoi qu’il se soit passé, la mort de ce jeune homme est inacceptable. On ne tue pas pour un contrôle », souffle une mère de famille, en séchant ses larmes. Un peu plus loin, des grands frères cherchent à convaincre les plus jeunes de « stopper la casse ». « Tout cela ne nous ramènera pas Abou, répète l’un d’eux. Il faut nous montrer intelligents et réfléchir. Bien sûr qu’on ira jusqu’au bout. Mais on doit s’organiser. »

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Leurs efforts et l’appel au calme, lancé par la famille de la victime, par la voix de son avocat, Me Antonin Péchard, ne semblent pas avoir été entendus par tous. De nouvelles tensions ont éclaté dans le quartier du Breil, dans la soirée de mercredi. Autour des lieux du drame, où des bouquets de fleurs ont été déposés, les tirs de gaz lacrymogène répondent alors aux insultes et aux jets de projectiles. Un tir de 22 long rifle aurait également visé un policier, et atteint son casque, sans le blesser. Sous les regards inquiets de nombreux habitants penchés aux fenêtres des immeubles, plusieurs groupes de jeunes gens font alors face aux forces de l’ordre, venues en nombre sécuriser les lieux.
Plus tard dans la nuit, de nombreux autres incidents se sont produits dans différents quartiers nantais, où les forces de l’ordre étaient très mobilisées. A Malakoff, à Bellevue et aux Dervallières, des jeunes gens ont positionné des voitures en travers de la route, avant de les incendier. Plusieurs bâtiments ont également été visés. « Ce spectacle est désolant », soupire un habitant, qui n’a toujours pas trouvé le sommeil, à 2 heures du matin. « Et je crains que ce ne soit pas terminé… »
Les pompiers comptabilisent déjà plus d’une centaine d’interventions. Alors que la ville connaissait un réveil difficile, jeudi, des habitants et proches du défunt invitent à une marche blanche, au Breil, à 18 heures, « en mémoire d’Aboubakar ».

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Les annonces successives de la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, visent à accueillir des bacheliers toujours plus nombreux, notamment en raison du « baby-boom » de l’an 2000.
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Parcoursup 2018 : la création de 10 000 places suffira-t-elle à répondre aux demandes ?

Les annonces successives de la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, visent à accueillir des bacheliers toujours plus nombreux, notamment en raison du « baby-boom » de l’an 2000.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 11h22
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 18h43
    |

            Adrien de Tricornot








                        



   


La ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a annoncé mercredi 4 juillet la création de 10 000 nouvelles places dans l’enseignement supérieur public, notamment dans des instituts universitaires de technologie (IUT), pour la rentrée 2018. Ces places seront « prochainement » disponibles sur Parcoursup, la plate-forme qui permet de postuler en première année d’études supérieures.

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Elles s’ajoutent aux 21 000 futures places supplémentaires déjà annoncées et ajoutées sur Parcoursup : 17 000 dans les universités et 4 000 dans les sections de technicien supérieur, qui préparent au brevet de technicien supérieur (BTS). Le ministère, qui évoque un « investissement inédit », a aussi publié une carte précisant la répartition géographique de ces 21 000 places, montrant par exemple que l’académie de Versailles en a gagné 1 368, et celle de Corse, 20 :

   


Ces créations successives de places suffiront-elles à répondre à la demande, quand on sait que, l’an dernier, 3 729 bacheliers étaient restés sans solution à l’issue de la procédure d’Admission post-bac (APB), et que le nombre d’étudiants devrait considérablement augmenter à la rentrée ? Compte tenu du « baby-boom » de l’an 2000, une note des services statistiques du ministère de l’éducation publiée en avril estimait que « les flux d’entrée en première année » dans les quatre principales filières publiques (université, instituts universitaires de technologie, sections de techniciens supérieurs et classes préparatoires aux grandes écoles) devaient « augmenter de 28 000 environ ».

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Sur le papier, les quelque 31 000 places dont la création a été annoncée ou réalisée ces derniers mois semblent donc correspondre à la demande supplémentaire des nouveaux bacheliers prévue à la prochaine rentrée. Mais l’équation est évidemment plus complexe : « Les 28 000 nouveaux entrants estimés ne veulent pas tous aller dans les mêmes filières ni au même endroit. Dire que créer 28 000 places revient à absorber le flux entrant n’a pas de sens, surtout au regard des 130 000 places restées vacantes cette année », rappelle le ministère.
Mesures insuffisantes
En prévoyant 31 000 places « pour la rentrée, mais de façon pérenne », le gouvernement affirme plus largement son intention, assure-t-il, de « faire coïncider l’offre avec la demande de façon durable, en anticipation des prochaines années ». Ces mesures ne seront toutefois pas suffisantes si elles ne sont pas complétées par d’autres, permettant de rattraper le retard pris : le nombre d’étudiants a fortement augmenté ces cinq dernières années (225 000, dont 160 000 à l’université) sans que les moyens suivent dans les mêmes proportions. Et chaque hausse à l’entrée en première année se répercute sur les années suivantes, la plupart des étudiants poursuivant leur cursus. A la rentrée 2018, la hausse devrait ainsi atteindre, toutes années confondues, 65 000 étudiants.

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                Les effectifs étudiants pourraient croître de 65 000 à la prochaine rentrée



Le ministère affirme relever le défi : « Bien sûr qu’en créant des places en première année, il faut créer les places correspondantes dans les années suivantes. C’est ce qui est prévu par le plan “étudiants”, c’est aussi ce qui explique l’augmentation cumulative des financements de 1 milliard d’euros au total sur le quinquennat. » Une prévision qui restera à vérifier lors des prochaines rentrées.
Bac : suivez les résultats de l’examen sur « Le Monde Campus »
Le Monde Campus organise une journée de direct pour annoncer la publication des résultats du bac dans chaque académie, vendredi 6 juillet à partir de 8 heures. Sont également prévus des tchats avec des spécialistes, sur le niveau de l’examen et l’évaluation des élèves à 10h30, sur l’orientation post-bac et Parcoursup à 12 heures.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Des migrants secourus par l’ONG allemande en Méditerranée sont arrivés mercredi à l’aéroport Roissy – Charles-de-Gaulle. Ils racontent leur histoire et l’espoir que constitue l’arrivée en France.
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Dans l’avion pour Paris avec les réfugiés du « Lifeline »

Des migrants secourus par l’ONG allemande en Méditerranée sont arrivés mercredi à l’aéroport Roissy – Charles-de-Gaulle. Ils racontent leur histoire et l’espoir que constitue l’arrivée en France.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 11h33
    |

            Julia Pascual (La Valette - envoyée spéciale)








                        



   


D’ordinaire, ce sont les groupes de touristes qui se font remarquer. Avec leurs tee-shirts aux couleurs criardes, ils dénotent dans les allées de l’aéroport international de Malte. Ce jeudi 5 juillet, peu après 5 heures du matin, entre les boutiques de duty free et les comptoirs d’embarquement, ce sont des voyageurs d’un autre genre qui ont attiré les regards. Cinquante-deux migrants africains, tous vêtus du même tee-shirt orange, en shorts et en tongs, ont pris place dans la file du vol La Valette-Paris d’Air Malta. A l’issue de ce voyage commencé pour certains il y a plusieurs années, l’asile.
Depuis que l’Italie a refusé en juin l’accès à ses ports au bateau Aquarius et à ses 629 passagers, l’Europe se déchire autour de l’accueil des migrants. A Malte, 234 personnes ont été débarquées le 27 juin après que l’Italie a de nouveau refusé l’accès à ses ports. Elles avaient été secourues par le bateau Lifeline de l’ONG éponyme tandis qu’elles dérivaient dans deux embarcations de fortune, dans les eaux internationales.
La France a décidé d’offrir sa protection à 52 de ces rescapés, participant d’une forme de solidarité européenne, aux côtés de plusieurs autres Etats-membres. Alors que l’avion entamait sa descente vers l’aéroport de Roissy – Charles-de-Gaulle, jeudi, Moubarak, un Soudanais de 28 ans, confiait tout ignorer de la France. « Mais je vais beaucoup mieux depuis que je réalise que je vais retrouver un endroit où on considère l’être humain », assure-t-il.
« C’est une belle opération »
Les migrants accueillis à Paris jeudi ont déjà passé à Malte des entretiens avec des personnels de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) ainsi que des « entretiens de sécurité » avec des fonctionnaires du ministère de l’intérieur. Ils devaient rejoindre des centres d’accueil à Toulouse et Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis) où ils seront hébergés avant d’obtenir officiellement l’asile.
« C’est une belle opération », souligne Samia Khelifi, directrice adjointe de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, qui a accompagné le voyage depuis Malte avec la Direction générale des étrangers en France. Une majorité de ces migrants sont originaires du Soudan. Mais le groupe compte aussi trois Erythréens, une Somalienne, une Togolaise, trois Ivoiriens et un Tchadien. La plupart sont des hommes de moins de 30 ans, à l’exception de quatre femmes dont une mère et sa fille de 3 ans.
Pendant le vol, ils ont accepté de raconter leur histoire et leur traversée de la Méditerranée. Aïcha a laissé ses quatre enfants au Togo. Elle n’a pas eu de nouvelles d’eux depuis qu’elle a quitté son pays, il y a sept mois. Elle en pleure. Cette femme de 39 ans est passée par le Niger puis la Libye avant de tenter la traversée de la mer Méditerranée. Comme beaucoup, elle garde un souvenir très dur de son parcours migratoire, et notamment des geôles libyennes. Mohamed Idriss, un Soudanais de 24 ans, y a passé quarante-cinq jours.
« En ­Libye, je travaillais dans des champs et, un jour, on m’a attrapé et jeté en prison, sans que je sache pourquoi, dit-il. C’était horrible. J’ai été torturé. En ne nous laissait pas dormir et je n’avais presque rien à manger. » 
Un jour, alors qu’il faisait des travaux forcés dans un champ de pommes de terre, il a réussi à s’échapper. Il a alors tenté la traversée. « On sait que c’est très dangereux mais, s’il y a un infime espoir d’y arriver, on prend le risque », explique-t-il. Partis de Libye en pleine nuit, Mohamed Idriss et les autres réfugiés du Lifeline ont failli ne jamais voir l’Europe.
« On a découvert deux bateaux en détresse assez tôt le matin du 21 juin, se souvient Aline Watermann, chargée de communication de Lifeline. On a essayé de venir en aide aux gens en leur envoyant des gilets de sauvetage. Et puis, assez rapidement, on les a pris à bord. » 
Les garde-côtes libyens seraient arrivés après ces opérations de transbordement. « Le MRCC [Centre de coordination et de sauvetage maritime de Rome] nous a dit que les garde-côtes libyens arrivaient mais le débarquement avait déjà eu lieu, poursuit Mme Watermann. Les Libyens ont exigé de pouvoir reprendre les personnes mais notre réponse a été claire. On ne peut pas accepter ce qui est contraire au principe de non-refoulement [des demandeurs d’asile] et au droit international maritime qui veut que les personnes sauvées soient amenées vers le port sûr le plus proche. »
« Prêt à tout faire »
Après cet épisode, il aura fallu plusieurs jours pour que le Lifeline soit autorisé à accoster dans un port européen. Tous les migrants se souviennent de moments éprouvants. Aboubacar, un Ivoirien de 20 ans, évoque « une semaine de calvaire » : « L’équipage faisait des efforts mais il n’y avait pas de place sur le bateau, pas assez de nourriture et la mer était agitée. Les gens étaient tendus et il y a eu des échauffourées. » « Beaucoup étaient malades et vomissaient », ajoute Ange-Gabriel, un Camerounais de 19 ans.

   


Aujourd’hui, le jeune homme se dit « fier » d’être « sorti de la souffrance en Libye » où il est resté plus d’un an. Maintenant, il voudrait faire une formation en soudure et reprendre la boxe thaïe. Aïcha souhaiterait, elle, garder des enfants ou faire des ménages. Moubarak n’a pas de qualifications mais est « prêt à tout faire ». Qu’attendent-ils de la France ? « Je veux qu’on me donne la liberté de circuler et de participer à la vie de citoyen de tous les jours », espère Mohamed Idriss.
A l’atterrissage à Paris, jeudi vers 9 h 30, une véritable délégation attendait ces 52 réfugiés. Le directeur de l’Ofpra, Pascal Brice, distribuait des « salam » chaleureux à chacun d’eux, tandis que des journalistes avançaient avec micros et caméras. Sans même le savoir, les réfugiés du Lifeline participaient d’une mise en scène de l’accueil français, et écrivaient à leur tour une page de la crise européenne autour des migrants.
Pendant ce temps, le navire était toujours placé sous séquestre à Malte, empêché de repartir.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Le toxicologue André Cicolella montre que des polluants jouent un rôle dans la « pandémie » de cancers de la prostate.
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La prostate chimiquement perturbée

Le toxicologue André Cicolella montre que des polluants jouent un rôle dans la « pandémie » de cancers de la prostate.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 12h57
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
Le livre. Le cancer de la prostate pose une épineuse question aux épidémiologistes : la forte augmentation, ces dernières ­décennies, de l’incidence de ce cancer masculin – le plus fréquent – n’est-elle le fait que de l’allongement de l’espérance de vie et du surdiagnostic ? Ou bien y a-t-il aussi des causes qui demeurent sous le radar de la conversation publique et des politiques de prévention ?
Dans Cancer de la prostate et reproduction masculine, le chimiste et toxicologue André Cicolella, président du Réseau environnement santé (RES), rassemble les données les plus ­récentes et les dernières grandes publications scientifiques sur le cancer de la prostate et montre, de manière convaincante, que l’exposition à bas bruit de la population générale aux perturbateurs endocriniens (pesticides, plastifiants, cosmétiques, solvants, retardateurs de flammes, etc.) joue manifestement un rôle ­important dans ce que l’Organisation mondiale de la santé qualifie de pandémie.
Une progression fulgurante
Et pour cause : la progression de ce cancer a été fulgurante. D’un demi-million de cas diagnostiqués en 1990 dans le monde, on est passé à 1,6 million de cas en 2015. Soit un triplement en un quart de siècle. Les pays riches sont les plus touchés, où l’incidence a doublé durant cette période. Mais les pays les plus pauvres voient, eux aussi, s’alourdir le fardeau sanitaire du cancer de la prostate. « Le dépistage n’est donc pas la seule explication, car il est très peu développé dans les pays du Sud », écrit André ­Cicolella.
Et bien qu’il soit réputé moins dangereux que la plupart des autres cancers, « il est devenu la cinquième cause de mortalité masculine par cancer, avec 366 000 décès en 2015, et la première dans 29 pays », écrit M. Cicolella, qui étend son analyse à l’ensemble des troubles de l’appareil reproducteur masculin.
Pourquoi la question reste-t-elle aussi obstinément ignorée des pouvoirs publics ?...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ La mesure prise par la ville de Strasbourg est une première en France, mais déjà initiée à l’étranger, notamment à New York depuis février 2011.
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La ville de Strasbourg interdit le tabac dans les parcs et jardins publics

La mesure prise par la ville de Strasbourg est une première en France, mais déjà initiée à l’étranger, notamment à New York depuis février 2011.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 09h52
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 12h31
    |

                            Aline Nippert








                        



                                


                            
Des pancartes, discrètes, fleurissent ça et là aux abords des parcs et jardins de Strasbourg depuis dimanche 1er juillet : « Parcs sans tabac », peut-on y lire. Ils informent les promeneurs de l’interdiction de fumer et de vapoter au sein de ces espaces publics.

La mesure, qui a valeur d’arrêté municipal, a été adoptée par le conseil municipal – à l’unanimité et sans abstention –, le 25 juin dernier. Elle élargit l’interdiction nationale de fumer dans les aires de jeux pour enfants, en vigueur depuis 2015. Une proscription dont Strasbourg avait déjà été précurseuse, ayant expérimenté les premières aires de jeux sans tabac dès février 2014.
L’initiative s’inscrit pleinement dans la politique, « volontariste » de la mairie socialiste en matière de santé publique, selon ses propres termes, et dans le cadre d’une réflexion commune avec la Ligue contre le cancer. Le médecin généraliste et adjoint au maire Alexandre Feltz souhaite que « la santé publique [devienne] un objet politique ».
En bon médecin, Dr Feltz commence par établir le diagnostic : « Alors que la toxicité du tabac est avérée scientifiquement depuis de longues années déjà, la France reste très, très moyenne si on compare ses résultats avec ceux de ses voisins européens. » En France en 2016, Santé publique France indique que 34,5 % des 15-75 ans fumaient du tabac, dont 28,7 % quotidiennement. Selon l’OMS, le tabac est responsable de près de six millions de décès par an et dans le monde. Or, Alexandre Feltz en est convaincu : « la restriction du tabac dans les espaces publics est l’un des éléments nécessaires pour lutter contre le fléau. »

La préservation de l’environnement est la seconde raison invoquée par la ville pour justifier l’interdiction. « Un seul mégot peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau potable », rappelle la mairie. Sont en cause les milliers de substances...




                        

                        

