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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Plus d’une vingtaine de personnes ont été tuées ces deux derniers mois en Inde. Des rumeurs virtuelles au danger réel, décryptage d’un phénomène nourri par les peurs locales.
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Inde : comment les « fake news » deviennent source de lynchages

Plus d’une vingtaine de personnes ont été tuées ces deux derniers mois en Inde. Des rumeurs virtuelles au danger réel, décryptage d’un phénomène nourri par les peurs locales.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 19h43
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 20h22
    |

                            Nina Jackowski








                        



   


Dimanche 1er juillet, jour de marché à Rainpada, petit village dans le district de Dhule, au nord-est de Bombay, en Inde. Huit hommes descendent d’un bus, l’un d’entre eux s’adresse à un enfant, et crée la panique. Pris à partis par les habitants, ils sont traînés jusqu’au siège du conseil du village. Trois parviennent à s’échapper. Cinq sont battus à mort. A l’origine de cette violence, de fausses rumeurs circulant sur le réseau de messagerie WhatsApp, qui désignent la présence d’un gang ravisseurs d’enfants dans le village.
Enfants enlevés et peur des étrangers
Il s’agit du dernier épisode en date d’une série d’agressions survenues dans le pays, à l’origine de plus d’une vingtaine de victimes depuis le 10 mai. En cause, des vidéos devenues virales sur des groupes WhatsApp, mettant en scène des enlèvements d’enfants, sujet particulièrement sensible en Inde, où près de 50 000 mineurs disparaissent chaque année. Sur les écrans, les films au succès international Slumdog Millionaire (de Danny Boyle, 2009) et Lion (de Garth Davis, 2016) sont particulièrement révélateurs de ce phénomène ; dans les deux, l’acteur Dev Patel incarne des personnages confrontés, enfants, à du trafic de mineurs.
Si ces « fake news » propagées sur les réseaux sociaux ont autant de retentissement, c’est en raison des craintes qu’elles attisent, propices à créer ces phénomènes de folie meurtrière collective. Les fondements de ces rumeurs sont toujours les mêmes, « des enfants enlevés et la peur des étrangers », résume le docteur Shiv Visvanathan, socio-anthropologue indien. « Exilés dans leur propre pays, les travailleurs pauvres sont systématiquement ciblés », les rumeurs se nourrissant des préjugés. « L’inconscient est piégé par les fake news propagées par les technologies. Et le plus effrayant, c’est qu’on ne sait pas comment les contrer », souligne le Dr Shiv Visvanathan. Dans ce pays de fortes migrations internes, il en déduit que les attaques seront amenées à se multiplier.

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          Narendra Modi, nationaliste hindou et maître des trolls



« En Inde, technologie et barbarisme s’associent »
« Les lynchages envers des minorités ne sont pas exceptionnels en Inde », affirme le socio-anthropologue, mais leur fréquence a atteint une dimension inédite, une quinzaine sont désormais recensés dans près dix d’Etats du pays, avec l’utilisation massive des réseaux sociaux. Très populaire en Inde, WhatsApp a attiré plus de 200 millions d’utilisateurs (soit 15 % de la population), son plus grand marché au monde. Les épisodes de violence atteignent même les villages les plus reculés, où les rumeurs circulent sur des smartphones à bas coût. Avertis du soi-disant « danger », de nombreux internautes se sentent investis d’une mission et souhaitent à leur tour le partager à leur communauté. Cette information en cascades devient dès lors un mécanisme impossible à enrayer.
« En Inde, technologie et barbarisme s’associent, c’est ce que j’appelle le “techno-barbarisme” », précise le Dr Shiv Visvanathan. Il inscrit ce phénomène dans un contexte plus large de normalisation de la violence, devenue « l’une des plus grandes formes de divertissement » de la population indienne. Il dénonce le partage quotidien de selfies, vidéos et tweets haineux, légitimant la violence gratifiée par les « like » des réseaux. Le lynchage d’un homme issu de la minorité autochtone Adivasi dans l’Etat du Kerala, le 22 février, a ainsi été photographié, filmé, et largement diffusé. Cela contribue à alimenter les tensions entre communautés, problème endémique de la société indienne.

        Notre reportage :
         

          L’Inde sous le choc après le viol et l’assassinat d’une fillette musulmane



C’est également en raison du manque de confiance envers les forces de l’ordre, que la population a tendance à assurer sa propre défense, affirme le socio-anthropologue. En témoigne l’affaire d’Asifa Bano, fillette musulmane âgée de 8 ans, brutalisée en raison de sa religion. Enlevée le 10 janvier, elle a été battue et violée à de nombreuses reprises dans un temple hindou. A la suite des manifestations à Delhi en avril dénonçant une enquête bâclée, Le Monde s’était procuré l’acte d’accusation de la police qui révélait la complicité de la police locale. Contre rémunération, deux policiers ont fait disparaître des indices et ont lavé la tunique de la fillette pour faire disparaître son sang, avant de la confier à la police scientifique. Le chef de file de l’opposition, Rahul Gandhi, a dénoncé, le 13 avril, l’augmentation des violences à l’encontre des femmes, tout en condamnant un gouvernement qui « protège les violeurs ».

Mr Prime Minister, your silence is unacceptable. 

— RahulGandhi (@Rahul Gandhi)


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Quelle réponse apporter ?
En réaction, les autorités se sont lancées dans la chasse aux fausses informations. Le gouvernement de Narenda Modi exige, dans un communiqué directement adressé à WhatsApp le 3 juillet, la prise urgente de mesures pour empêcher la diffusion de ces « messages irresponsables et explosifs ». En attendant, l’Etat de Tripura, à l’est du pays, a été jusqu’à suspendre SMS et Internet de jeudi à dimanche à la suite du lynchage de Zahid Khan, marchand de vêtements accusé de rapt d’enfants.
Pour le Dr Shiv Visvanathan, ces mesures répressives n’ont aucune chance de mettre un terme aux rumeurs meurtrières, qui constituent « la force des temps modernes, alimentée par l’expansion des nouvelles technologies ». Selon lui, l’unique solution réside dans l’éducation, la sensibilisation, étendues aux régions les plus isolées. « C’est un processus lent qui nécessite des études sur le sujet, car notre compréhension de l’impact psychologique des technologies demeure limitée. »

        Ce qui se passe en France :
         

          Loi sur les « fake news » : les députés sur la corde raide






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Le président américain a promis d’annoncer, le 9 juillet – si ce n’est plus tôt –, le nom du successeur du juge Anthony Kennedy, parti à la retraite.
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Les trois candidats de Trump pour la Cour suprême

Le président américain a promis d’annoncer, le 9 juillet – si ce n’est plus tôt –, le nom du successeur du juge Anthony Kennedy, parti à la retraite.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 18h42
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 19h24
    |

            Pierre Bouvier








                        



   


Après l’annonce du départ à la retraite d’Anthony Kennedy, l’un des juges de la Cour suprême des Etats-Unis, le président Donald Trump s’apprête à désigner son successeur. Le processus d’audition est mené par Don McGahn, le conseiller juridique de la Maison Blanche, depuis le 20 janvier 2017. Donald Trump a promis d’annoncer son choix le 9 juillet, si ce n’est plus tôt.

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Pour remplacer le juge Kennedy, catholique d’origine irlandaise, la Maison Blanche dispose d’une liste de candidats potentiels. Selon le Wall Street Journal, le président, qui compte opter pour une personnalité issue du courant « originaliste » (soutenant que la Constitution doit s’interpréter en s’en tenant à la signification qu’elle avait en 1787), aurait réduit sa sélection à trois candidats catholiques : Brett Kavanaugh, Amy Coney Barrett et Raymond Kethledge.
L’enjeu de cette nomination est important : elle peut transformer le visage des Etats-Unis pour des dizaines d’années, notamment sur des sujets aussi importants que l’avortement, la santé, le mariage homosexuel ou la limitation des pouvoirs de l’exécutif.

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Brett Kavanaugh, le favori
Depuis douze ans, Brett Kavanaugh est juge à la cour d’appel fédérale de la ville de Washington. Catholique, âgé de 53 ans, diplômé de l’école de droit de Yale (1990), il a fait partie de l’équipe du procureur indépendant Kenneth Starr qui a poursuivi Bill Clinton lors de l’affaire Monica Lewinsky, en 1998.
Après ce premier fait d’arme, il a travaillé comme assistant auprès du juge Anthony Kennedy à la Cour suprême et auprès de deux juges de cours d’appel fédérales. Il a ensuite rejoint l’équipe juridique de George W. Bush pendant l’imbroglio du recomptage des voix en Floride lors de l’élection présidentielle du 7 novembre 2000, avant d’entrer à la Maison Blanche, dans les équipes juridiques.
En 2003, le président Bush l’a nommé à la cour d’appel fédérale de Washington, à laquelle il a été confirmé par le Sénat, en mai 2006. Si son CV et son expérience font de lui le candidat le plus en vue, il a contre lui d’avoir commencé sa carrière aux côtés du juge Kennedy, qui a déçu les conservateurs sur les questions liées à l’avortement ou aux droits des homosexuel·le·s.
Pis, il a servi George W. Bush et compte parmi ses soutiens Karl Rove (ancien conseiller du 43e président des Etats-Unis), qui a déclaré pendant la campagne présidentielle de 2016 que Donald Trump était un « idiot complet ». Compte tenu de l’inimitié entre le clan Bush et la présidence Trump, sa désignation n’est pas assurée. Ann Coulter, une éditorialiste conservatrice qui a l’oreille du président, a tweeté : « Kavanaugh est clairement le meilleur choix. Mais [Amy Coney] Barrett serait la plus drôle. »
Amy Coney Barrett, la « rookie »
A 46 ans, Amy Coney Barrett est la favorite des électeurs chrétiens, qui prennent volontiers la plume dans Bloomberg ou The Week pour défendre sa candidature. Comme Brett Kavanaugh, elle a travaillé comme assistante à la Cour suprême, pour le juge conservateur Antonin Scalia (1998-1999), avant d’intégrer un cabinet juridique de Washington (1999-2002). Mais c’est à l’université qu’elle a passé l’essentiel de sa carrière, enseignant le droit à l’université de Notre-Dame (2002-2017), dans l’Indiana, dont elle est diplômée.
Elle est mère de sept enfants – dont deux adoptions – et sa foi catholique a fait l’objet de débats lors de sa confirmation à la cour d’appel fédérale de Chicago, en 2017 : la sénatrice démocrate Diane Feinstein l’a accusée de mettre trop en avant sa foi dans ses décisions.
La choisir serait pour Donald Trump une manière de provoquer les libéraux, écrit un chroniqueur du New York Times, ajoutant que les partisans de Mme Barrett se réjouissent à l’idée qu’une femme à la Cour suprême puisse mener le combat de l’abolition de l’arrêt Roe v. Wade (1973), qui a reconnu l’avortement comme un droit constitutionnel. Si elle entrait à la Cour suprême, elle en deviendrait la quatrième femme.
Dans une série de tweets, lundi 2 juillet, Chuck Schumer, le leader des sénateurs démocrates, a tiré le signal d’alarme concernant cette candidature, rappelant ses principales prises de position sur des sujets-clés comme l’avortement et l’Obamacare.
Le New York Times spécule, de son côté, sur son âge : trop jeune, elle pourrait être gardée en réserve par la Maison Blanche, notamment pour remplacer la juge Ruth Bader Ginsburg, âgée de 85 ans.
Raymond Kethledge, l’outsider
Le Washington Post écrit que, dans son processus de sélection, la Maison Blanche cherche un « deuxième juge Gorsuch », un conservateur nommé au début de l’année 2017 à la Cour suprême par Donald Trump pour remplacer Antonin Scalia, mort en février 2016.
Ce pourrait être Raymond Kethledge, catholique, âgé de 51 ans, juge à la cour d’appel fédérale de Cincinnati (Ohio). Même s’il ne fait pas figure de favori, comparé à Brett Kavanaugh. Comme Amy Coney Barrett, il n’est pas un pur produit de l’« Ivy League », les huit meilleures universités américaines. Diplômé de l’école de droit de l’université du Michigan (1993), M. Kethledge a commencé sa carrière juridique comme assistant d’un juge de la Cour d’appel fédérale de Cincinnati, puis conseiller juridique d’un sénateur républicain du Michigan (1995-1997), avant de devenir assistant pour le juge Kennedy (1997-1998).
Entre 1998 et 2006, il a multiplié les expériences, travaillant pour des cabinets d’avocats, comme juriste d’entreprise pour Ford et professeur de droit.
En 2006, il a été nommé à la cour d’appel fédérale de Cincinnati par George W. Bush, mais n’a été confirmé qu’en 2008. En 2016, le président Trump l’a inscrit sur sa liste de candidats potentiels à la Cour suprême.
En 2017, il a coécrit avec Michael S. Erwin, ancien officier passé par West Point, un livre intitulé Lead Yourself First : Inspiring Leadership Through Solitude (dirigez-vous d’abord : inspirer le leadership par la solitude).
Le Washington Post rappelle que ne pas appartenir à l’élite, pratiquer la chasse et la pêche à la ligne et venir du Midwest, qui a élu le président, pourraient au contraire constituer de sérieux atouts aux yeux de Donald Trump et de son électorat.
Les élections de mi-mandat comme toile de fond
Richard Friedman, un spécialiste de l’histoire de la Cour suprême, qui enseigne le droit constitutionnel à l’université du Michigan, résume dans The Detroit News la problématique du choix que doit opérer le président, à la lumière des élections de mi-mandat : « [Donald] Trump a besoin d’un candidat qui peut emporter l’adhésion de républicains modérés comme les sénatrices Susan Collins du Maine et Lisa Murkowski, de l’Alaska, toutes deux favorables à l’avortement [et à l’Obamacare], ou gagner le soutien d’élus démocrates menacés. »
Les démocrates sont justement en embuscade. Le président bénéficiant d’une courte majorité (51-50) au Sénat, ils comptent faire campagne auprès de Lisa Murkowski et Susan Collins pour qu’elles rejettent un candidat trop conservateur, rapporte le Washington Post. Ils comptent aussi faire campagne auprès de trois sénateurs démocrates (Heidi Heitkamp, Joe Manchin et Joe Donnelly) qui ont voté la confirmation de Neil Gorsuch.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Membre du comité politique d’Ennahda, la première femme à diriger la capitale tunisienne revendique son indépendance vis-à-vis du parti islamiste.
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Portrait

Qui est Souad Abderrahim, la nouvelle maire de Tunis ?

Membre du comité politique d’Ennahda, la première femme à diriger la capitale tunisienne revendique son indépendance vis-à-vis du parti islamiste.

Par                                            Mohamed Haddad (Tunis)




LE MONDE
              datetime="2018-07-05T18:19:30+02:00"

        Le 05.07.2018 à 18h19






    
Souad Abderrahim après la victoire d’Ennahda aux municipales à Tunis, le 6 mai 2018.
Crédits : SOFIENNE HAMDAOUI / AFP


Souad Abderrahim cultive son élégance, toujours en tenue de ville, cheveux soignés, légèrement maquillée et non voilée. Ce mercredi 4 juillet, elle ne déroge pas à la règle. Au balcon de la mairie de Tunis, vêtue d’un élégant chemisier crème, elle salue la foule sobrement, retenant son émotion. Et pour cause : Souad Abderrahim vient d’être élue maire de Tunis. C’est la première femme à occuper ce poste depuis la création de la municipalité en 1858. Première personnalité, aussi, qui n’est pas issue de l’aristocratie tunisoise, traditionnellement pourvoyeuse d’édiles pour la mairie. Enfin, c’est la première fois que le parti islamiste Ennahda est à la tête de la capitale tunisienne.

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La nouvelle « cheikha » de la ville est née il y a cinquante-trois ans à Sfax (est) dans une famille de la classe moyenne. Deuxième d’une fratrie de sept, elle est la fille d’un fonctionnaire actuellement à la retraite et d’une mère au foyer, tous deux originaires de la région de Métouia, dans le sud. Pharmacienne, mère de deux enfants, elle vit aujourd’hui dans un quartier résidentiel de Tunis.
Indépendance ambiguë
Si la figure de Souad Abderrahim devait présenter une image moderne du parti Ennahdha, rassurer les franges les moins conservatrices de la capitale et les partenaires occidentaux, elle n’est pas une simple vitrine déployée pour la circonstance. Souad Abderrahim est active dans la sphère de cette tendance politique depuis plus de trente ans, tout en revendiquant jalousement son « indépendance » : « Je n’ai jamais été encartée à aucun parti, ni au Mouvement de la tendance islamique, ni à Ennahda », insiste-t-elle au lendemain de sa victoire. Une indépendance ambiguë. Elle fait partie du bureau politique d’Ennahdha depuis 2016, date du dixième congrès qui a décidé de l’accès de « non encartés » à cette instance consultative.

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          Tunisie, où vas-tu ?



La politique, elle l’a découverte avant la révolution de 2011. « Ce n’est pas au sein de ma famille que je me suis politisée », confie-t-elle. C’est au lycée, au début des années 1980, qu’elle assiste aux affrontements sanglants entre les islamistes et la gauche dans l’université de la Manouba, dans la banlieue de Tunis. « Je n’ai jamais accepté cette opposition au sein du mouvement syndical dont l’ennemi principal était la dictature », se souvient-elle. Quelques années plus tard, élue au conseil scientifique de la faculté de pharmacie, alors que le syndicat étudiant mené par la gauche est en crise, mis au pas par le régime, elle assiste en tant que représentante des étudiants, en 1985, à la création de l’Union générale tunisienne des étudiants (UGTE), dominée par les islamistes. Elle y adhère tout en regrettant la scission du mouvement syndical.
Après l’interdiction de l’UGTE par Ben Ali en 1991, elle fonde l’Association des anciens du syndicat. Elle obtient son diplôme de pharmacie l’année suivante et intègre une société de vente de médicaments en gros, avant de fonder la sienne, en 2002. Activité que la loi lui impose de quitter pour pouvoir présider la municipalité.
Traversée du désert
Après la chute de Ben Ali en janvier 2011, elle devient députée affiliée à Ennahda pour former l’Assemblée constituante d’octobre, dans laquelle elle préside la commission des droits et libertés en se fondant dans la ligne du parti. Après 2014, le parti la snobe pour les législatives de 2014 au profit du vice-président d’Ennahda, Abdelfattah Mourou. Débute alors pour elle une traversée du désert qui la fera hésiter à prendre sa carte dans un parti ou même à en lancer un.
Lire aussi : Abdelfattah Mourou, éternel second d’Ennahda, en cavalier seul
A nouveau sollicitée en 2018 par Ennahda pour être tête de liste aux municipales, c’est une femme aguerrie aux techniques de communication qui se présente à la mairie de Tunis. Pendant la campagne, elle s’applique à montrer des rapports chaleureux avec son principal concurrent, Kamel Idir, tête de liste de Nidaa Tounès. Kamel Idir, 66 ans, pharmacien lui aussi, rappelle au détour d’une conversation qu’il « connaît bien Souad depuis longtemps » pour avoir été « son professeur à la faculté ». Il ne dit jamais du mal d’elle, se montre bienveillant à son égard, mais critique volontiers « le modèle de société islamiste » qu’elle représente.

    
Souad Abderrahim célèbre son élection à la mairie de Tunis, le 3 juillet 2018.
Crédits : Zoubeir Souissi / REUTERS


Mardi matin, peu après avoir enfilé l’écharpe rouge et blanche d’édile aux couleurs du drapeau tunisien, elle a appelé au consensus et à la collaboration de tous. Sa victoire, qu’elle a dédiée « à toutes les femmes de mon pays, à toute la jeunesse et à la Tunisie », pourrait à première vue être considérée comme une avancée pour l’égalité homme-femme. Mais ses opposants la considèrent comme un risque, rappelant ses propos de novembre 2011 lors d’une interview à Monte Carlo Doualiya, radio arabophone de France Médias Monde, où elle avait déclaré que « les mères célibataires sont une infamie ». Elle s’en était excusée quelques jours plus tard, mais cette sortie ressurgit dès qu’elle apparaît sur la scène publique.
« Un événement important qui brise les tabous »
Depuis la publication du rapport de la Commission des libertés et de l’égalité (Colibe) en juin, la Tunisie est traversée par un débat déchaîné sur l’égalité de l’héritage, la dépénalisation de l’homosexualité et l’abandon du statut de chef de famille attribué à l’homme. Des questions de société qui opposent conservateurs et progressistes, qui prônent une évolution législative.
La nouvelle maire estime qu’en terme d’héritage, « le choix doit être laissé aux citoyens, comme c’est le cas pour la séparation ou la communauté de biens pour un mariage ». Une position conforme à celle du parti Ennahda. Tout comme celle sur l’avortement, même si le président du parti islamiste Rached Ghannouchi s’est montré ambigu en jugeant que l’IVG relève d’« une agression contre la vie » tout en estimant qu’il est possible « avant la formation du fœtus ». Souad Abderrahim, elle, dit clairement que cette question relève « de la liberté de chacune ». Ce qui fait dire à Bochra Belhaj Hamida, la présidente de la Colibe, que son élection est « un événement important qui brise les tabous », même si elle aurait préféré que ce soit une femme ou un homme « féministe » qui accède à la mairie de Tunis.

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Au lendemain de sa victoire, Souad Abderrahim a tenu à réaffirmer son attachement à l’art du compromis : « Depuis l’université, je suis pour le rassemblement des forces en présence. Je resterai indépendante et je ferai participer toutes les tendances politiques présentes au conseil municipal de Tunis. » Même son de cloche au parti islamiste : Abdelhamid Jellassi, un cadre d’Ennahda, affirme que « c’est une indépendante qui restera autonome par rapport au parti dans sa gestion de la municipalité ». Interrogée sur les raisons de son « non-encartement », Souad Abderrahim esquive généralement la question. Sa mission à la municipalité est une affaire « locale » et « de terrain », dit-elle. Une indépendance qui sera mise à l’épreuve des rapports de forces au sein du conseil municipal.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Plusieurs films courts montrant des mineurs seuls devant des juges américains circulent sur les réseaux sociaux. Mais combien de ceux qui les regardent ont compris qu’il s’agissait d’acteurs ?
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Vidéos-chocs de jugements d’enfants migrants… journalisme ou communication ?

Plusieurs films courts montrant des mineurs seuls devant des juges américains circulent sur les réseaux sociaux. Mais combien de ceux qui les regardent ont compris qu’il s’agissait d’acteurs ?



Le Monde
 |    05.07.2018 à 16h47
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 16h57
    |

            Samuel Laurent








                        



   


« Vidéo : seuls et sans avocat, des enfants migrants passent devant un juge de l’immigration » : le titre est fort. L’image qui l’accompagne l’est tout autant : une petite fille, de 4 ans peut-être, seule à la barre d’un tribunal américain, l’air désemparé avec des écouteurs trop grand pour elle sur les oreilles.
Publiée en France par le site Konbini News, après l’avoir été outre-Atlantique, par Now This, un site américain spécialisé en vidéo, ce reportage d’une minute trente est effectivement saisissant ; on y voit un juge, William Snouffer, qui pose des séries de questions à des enfants migrants, seuls à la barre : « As-tu un avocat ? » « Sais-tu ce qu’est un avocat ? »…
Le montage est serré, les plans sur de petites mains enfantines accrochées à la barre de bois d’un tribunal, aussi glaçants que de voir une fillette répondre timidement « no se » au juge qui lui parle en anglais. Les sous-titres rajoutés par Konbini expliquent que la loi américaine n’offre pas d’avocat commis d’office à ces enfants, qui comparaissent seuls face à un juge.
Des acteurs jouent le rôle des enfants ou du juge
Sans surprise, cette vidéo poignante a connu un succès viral impressionnant : près de 10 000 partages sur Twitter et un demi-million de vues sur Facebook pour la version de Konbini, par exemple. Mais parmi ces centaines de milliers de personnes qui ont visionné ce clip, combien ont compris que ce qu’ils voyaient étaient des mises en scène avec des acteurs interprétant un rôle ?
Une rapide consultation sur Twitter permet de se faire une idée : près des deux tiers des 700 personnes ayant répondu à un petit questionnaire n’avaient pas compris qu’ils visionnaient un film mis en scène et non un reportage figurant la réalité.

On va faire un petit test : vous avez sans doute vu ces vidéos d'enfants migrants comparaissant seuls face à un jug… https://t.co/peGW54hBYr— samuellaurent (@Samuel Laurent)


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L’information est, il est vrai, peu claire : dans la version originale, elle n’est présente qu’à la toute fin de la vidéo, sous forme d’un banc-titre parlant de « reenactment » (reconstitution).

   


Dans la version française de Konbini, il faut aller aux deux tiers de la vidéo pour que les sous-titres indiquent : « Dans cette vidéo, la réalisatrice Linda Freedman a voulu montrer à quoi ressemblent ces audiences », puis « dans son film elle décrit des situations réelles auxquelles certains enfants font face ».

   


Deux phrases, qui ne sont pas des plus explicites. Le site précise dans un article que « Linda Freedman a fait appel à des acteurs pour alerter sur cette situation », mais encore faut-il avoir la curiosité de chercher à comprendre.
Communication pour une organisation d’aide aux migrants
Le film décrit une situation réelle, et exacte, et a été construit à partir de comptes rendus de véritables audiences. Mais il s’agit bien d’une fiction. La réalisatrice de ce clip, Linda Freedman, explique avoir eu l’intention de faire un reportage, mais s’être heurtée à l’interdiction de filmer des mineurs objet de procédures judiciaires. Elle a alors choisi de « jouer » la scène, à partir de réels extraits d’auditions. Le juge qu’on voit dans la vidéo a réellement exercé ce métier, mais est aujourd’hui à la retraite. Quant aux enfants, ce sont ceux d’amis de la réalisatrice.
La vidéo a été produite à des fins de communication par Immigration Counseling Services (ICS), une organisation caritative qui vient en aide aux migrants sur le sol américain. Sur la page de l’opération, baptisée Unaccompanied Children (« enfants non accompagnés »), on trouve d’ailleurs un bouton pour faire un don à ICS.
S’il n’y a pas d’intention de tromper, et si les images cherchent à montrer la réalité de la situation des enfants migrants aux Etats-Unis, on peut tout de même s’interroger sur le fait que des médias d’information reprennent ce type de contenus sans préciser explicitement qu’il ne s’agit pas de la réalité mais d’une reconstitution de celle-ci. Et ce particulièrement dans un contexte où l’extrême droite américaine nourrit une théorie du complot autour des « acteurs de crise » (crisis actors), qui « joueraient » les victimes de fusillades.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/05/21-5">
<filnamedate="20180705"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180705"><AAMMJJHH="2018070521">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ If you don’t want to miss any important climb of the Tour de France, but still need to take a nap when it’s boring, we made a comprehensive guide for you to know when you should be watching and when you should definitely be sleeping.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Don’t get bored watching the 2018 Tour de France with our “when to take a nap?” stage-by-stage guide

If you don’t want to miss any important climb of the Tour de France, but still need to take a nap when it’s boring, we made a comprehensive guide for you to know when you should be watching and when you should definitely be sleeping.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 16h41
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 18h00
    |

            Pierre Breteau








                        


The first stages of the Tour de France aren’t usually the most exciting ones. Actually, they are very flat for the most part: the hardest climb is a 300 meters-high (980 ft) hill in Vix or Pouzauges (Vendée) and the most exciting thing to see is a massive bicycle made of haystack, and eventually the sprint at the end of the stage.
“It’s all part of racing for three weeks in a grand tour”, said Mathew Hayman (Mitchelton-Scott) during the 2017 Tour, “these days are long for everyone”.

        En français :
         

          À quel moment faire la sieste lors de chaque étape du Tour 2018 ?



Though you can predict that, at some point of the stage, Chris Froome is going to attack – looking only at his power meter screen –, you know that the Tour is full of surprises. You can never tell neither if the TV is going to show you a bicycle-shaped human pyramid, nor if an asthmatic cyclist will be chased by people dressed as surgeons carrying a giant inhaler while trying to hold off his opponents , nor if some leader will finish the Mont Ventoux stage running up the mountain.
Like last year, we offer you a guide to optimally follow the Tour:

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When should you take a nap on The 2018 Tour?
Each stage is divided in slices depending on if there’s something to watch, or if it’s the right time to nap. Click Tap  the blue bars to show what is scheduled: nap or climb/sprint/etc.
Hours are given in local time in Paris (London or Lisbon are -1 hour, for instance).





            Possible nap





            Intermediate sprint





            No nap





            Climb

























Source: Tour de France


require(["jquery", "jquery-ui/core", "jquery-ui/tooltip", "d3/4.2.2", "//s1.lemde.fr/assets-redaction/js/moment.js"], function($, jqueryUICore, tooltip, d3, moment) {


e passage sur les Champs-Élysées","km":"96","debut":"18:41","fin":"19:01","horaire":4}, {"etape":21,"quoi":"arrivée","nom":"Arrivée sur les Champs-Élysées","km":"116","debut":"19:01","fin":"19:19","horaire":5}];

    var etapes = { "1": { "nom": "Noirmoutier-en-L'Île–Fontenay-le-Comte", "date": "07/07/2018", "distance": 201, "depart": "11:00", "arrivee": "16:04" }, "2": { "nom": "Mouilleron-Saint-Germain–La Roche-sur-Yon", "date": "08/07/2018", "distance": 182.5, "depart": "13:20", "arrivee": "17:47" }, "3": { "nom": "Team Time Trial in Cholet", "date": "09/07/2018", "distance": 35.5, "depart": "15:10", "arrivee": "17:34" }, "4": { "nom": "La Baule–Sarzeau", "date": "10/07/2018", "distance": 195, "depart": "13:25", "arrivee": "18:00" }, "5": { "nom": "Lorient–Quimper", "date": "11/07/2018", "distance": 204.5, "depart": "12:40", "arrivee": "17:47" }, "6": { "nom": "Brest–Mûr-de-Bretagne Guerlédan", "date": "12/07/2018", "distance": 181, "depart": "13:25", "arrivee": "17:43" }, "7": { "nom": "Fougères–Chartres", "date": "13/07/2018", "distance": 231, "depart": "12:20", "arrivee": "17:49" }, "8": { "nom": "Dreux–Amiens", "date": "14/07/2018", "distance": 181, "depart": "11:50", "arrivee": "15:57" }, "9": { "nom": "Arras–Roubaix", "date": "15/07/2018", "distance": 156.5, "depart": "12:50", "arrivee": "16:28" }, "10": { "nom": "Annecy–Le Grand-Bornand", "date": "17/07/2018", "distance": 158.5, "depart": "13:35", "arrivee": "18:15" }, "11": { "nom": "Albertville–La Rosière", "date": "18/07/2018", "distance": 108.5, "depart": "14:05", "arrivee": "17:37" }, "12": { "nom": "Bourg-Saint-Maurice–L'Alpe-d'Huez", "date": "19/07/2018", "distance": 175.5, "depart": "12:25", "arrivee": "18:19" }, "13": { "nom": "Bourg-d'Oisans–Valence", "date": "20/07/2018", "distance": 169.5, "depart": "13:45", "arrivee": "17:41" }, "14": { "nom": "Saint-Paul-Trois-Châteaux–Mende", "date": "21/07/2018", "distance": 188, "depart": "13:10", "arrivee": "17:40" }, "15": { "nom": "Millau–Carcassonne", "date": "22/07/2018", "distance": 181.5, "depart": "13:20", "arrivee": "18:00" }, "16": { "nom": "Carcassonne–Bagnères-de-Luchon", "date": "24/07/2018", "distance": 218, "depart": "11:40", "arrivee": "17:40" }, "17": { "nom": "Bagnères-de-Luchon–Saint-Lary-Soulan", "date": "25/07/2018", "distance": 65, "depart": "15:15", "arrivee": "17:44" }, "18": { "nom": "Trie-sur-Baïse–Pau", "date": "26/07/2018", "distance": 171, "depart": "14:00", "arrivee": "17:58" }, "19": { "nom": "Lourdes–Laruns", "date": "27/07/2018", "distance": 200.5, "depart": "12:15", "arrivee": "18:11" }, "20": { "nom": "Time Trial Saint-Pée-sur-Nivelle–Espelette", "date": "28/07/2018", "distance": 31, "depart": "12:00", "arrivee": "17:13" }, "21": { "nom": "Houilles–Paris Champs-Élysées", "date": "29/07/2018", "distance": 116, "depart": "16:20", "arrivee": "19:19" } };

    var dico = { "sieste": { "trad": "Nap", "couleur": "#cecece" }, "h": { "trad": "category H climb", "couleur": "#a50f15", "picto": "h", "taille": "5" }, "cat1": { "trad": "category 1 climb", "couleur": "#ef3b2c", "picto": "1", "taille": "4" }, "cat2": { "trad": "category 2 climb", "couleur": "#fb6a4a", "picto": "2", "taille": "3" }, "cat3": { "trad": "category 3 climb", "couleur": "#fc9272", "picto": "3", "taille": "2" }, "cat4": { "trad": "category 4 climb", "couleur": "#fcbba1", "picto": "4", "taille": "1" }, "sprint": { "trad": "intermediate sprint", "couleur": "#5DB142", "picto": "S" }, "20km": { "trad": "last 20 kilometers", "couleur": "#a1a8ad" }, "arrivée": { "trad": "End of the stage ", "couleur": "#788289" },"pave": { "trad": "cobble sector", "taille": 0 },
            "gravel": { "trad": "gravel sector", "taille": 0 },
            "suivre": {  "trad": "this part has to be watched" }, "départ": { "trad": "Stage start", "couleur": "#788289" } },
        cols = ["cat1", "cat2", "cat3", "cat4", "h"],
        plat = [1, 2, 3, 4, 5, 7, 8, 9, 18, 20, 21];

    var combien = Object.keys(etapes).length,
        largeur = document.getElementById("nap2018").offsetWidth,
        hauteur = largeur / 6,
        hauteurbarre = hauteur / 7,
        hauteurgraphe = hauteur / 1.8,
        tps = d3.timeParse("%H:%M"),
        radius = 6,
        petitradius = 2.5,
        margin = {
            top: hauteur / 10,
            right: largeur / 12,
            bottom: hauteur / 3,
            left: largeur / 12
        };

    /* en mobile */

    if (largeur         margin = {
            top: hauteur / 10,
            right: largeur / 10,
            bottom: hauteur / 3,
            left: largeur / 10
        }
    }

    /* la boucle qui génère les 21 graphiques */

    for (i = 1; i 
        /* les variables */
        var dateetape = moment(etapes[i].date, "DD/MM/YYYY").format('dddd D MMMM');
        var dateetapemob = moment(etapes[i].date, "DD/MM/YYYY").format('ddd D MMM');
        var deb = tps(etapes[i].depart)
        var arr = tps(etapes[i].arrivee)
        var x = d3.scaleTime()
            .range([0, largeur])
            .domain([deb, arr]),
            y = d3.scaleLinear()
            .range([hauteurgraphe, 0])
            .domain([0, 5]);
        var tailleTriangle = largeur / 6,
            triangle = d3.symbol()
            .type(d3.symbolTriangle)
            .size(tailleTriangle);
        /* la titraille */
Stage " + i + " – " + String(etapes[i].distance) + " km"
        if (largeur " + etapes[i].nom.replace("–", " – ").replace("Time Triam", "TT") + " – " + dateetapemob + ""
        } else {
" + etapes[i].nom.replace("–", " – ") + " – " + dateetape + ""
        }
        $("#etape" + i).html(contenu)

        /* le svg */
        var svg = d3.select("#etape" + i).append("svg")
            .attr("width", "100%")
            .attr("viewBox", function(d) {
                if (plat.indexOf(i) != -1) return "0 " + hauteur / 2 + " " + (largeur + margin.left + margin.right) + " " + (hauteur * .5 + margin.top + margin.bottom)
                else return "0 0 " + (largeur + margin.left + margin.right) + " " + (hauteur + margin.top + margin.bottom)
            });

        var graphe = svg.append("g")
            .attr("class", "graphe")
            .attr("transform", "translate(" + margin.left + "," + hauteur / 2.6 + ")");

        var barre = svg.append("g")
            .attr("class", "groupebarre")
            .attr("transform", "translate(" + margin.left + "," + hauteur + ")");

        /* les données de la courbe */
        var dataligne = [{ debut: etapes[i].depart, fin: etapes[i].depart, val: 0 }];
        $.each(data, function(j, e) {
            if (e.etape == i) {
                valeur = 0
= 0) {
                    valeur = dico[e.quoi].taille
                }
                /* bricolage pour la courbe, quand les durées sont supérieures à 40 minutes, soit 2400000 millisecondes */
= 2400000) {
                    tdeb = moment(e.debut, "HH:mm")
                    tfin = moment(e.fin, "HH:mm")
                    milieu = (tfin.diff(tdeb) / 60000) / 2
                    nouveaumilieu = moment(e.debut, "HH:mm").add(milieu, "minutes")
                    /* on pousse*/
                    dataligne.push({ debut: e.debut, fin: nouveaumilieu.format("HH:mm"), val: +valeur })
                    dataligne.push({ debut: nouveaumilieu.format("HH:mm"), fin: e.fin, val: +valeur })

                } else {
                    dataligne.push({ debut: e.debut, fin: e.fin, val: +valeur })
                }
            }
        })
        dataligne.push({ debut: etapes[i].arrivee, fin: etapes[i].arrivee, val: dataligne[dataligne.length - 1].val })

        /* la courbe */
        var ligne = d3.line()
            /*   .curve(d3.curveMonotoneX)*/
            .curve(d3.curveStep)
 (x(tps(d.debut)) + x(tps(d.fin))) / 2)
 y(d.val));

        graphe.append("path")
            .data([null])
            .attr("class", "line")
            .attr("d", function(d) { return ligne(dataligne) });

        /* les petits cercles du début et de la fin les textes */
        graphe.selectAll("circle")
            .data([etapes[i].depart, etapes[i].arrivee])
            .enter()
            .append("circle")
            .attr("class", "petitpoint")
            .attr("cx", function(d, j) {
                if (j == 0) return x(tps(d)) + petitradius
                else return x(tps(d)) - petitradius
            })
            .attr("cy", function(d, j) {
                alt = 0
                if (j == 1) {
                    if (i == 11) alt = 4
                    if (i == 12 || i == 17) alt = 5
                }
                return y(alt)
            })
            .attr("r", petitradius)

        graphe.selectAll("text")
            .data([etapes[i].depart, etapes[i].arrivee])
            .enter()
            .append("text")
            .attr("class", function(d, j) {
                if (j == 0) return "texte depart passelect"
                else return "texte arrivee passelect"
            })
d)
            .attr("x", function(d, j) {
                if (j == 0) return x(tps(d)) - (petitradius * 2)
                else return x(tps(d)) + (petitradius * 2)
            })
            .attr("y", function(d, j) {
                alt = 0
                if (j == 1) {
                    if (i == 11) alt = 4
                    if (i == 12 || i == 17) alt = 5
                }
                return y(alt) + (petitradius * 1.5)
            })


        /* les cercles  */
        graphe.selectAll("circle")
            .data(data)
            .enter()
 d.etape == i && cols.indexOf(d.quoi) != -1)
            .append("circle")
            .attr("class", "cote")
 (x(tps(d.debut)) + x(tps(d.fin))) / 2)
 y(dico[d.quoi].taille))
            .attr("r", 6)
            .attr("title", function(d) {
                d.km = +d.km
" + d.nom + ""
KM " + String(etapes[i].distance - d.km) + " – " + dico[d.quoi].trad + ""
"
Time schedule: between " + d.debut + " and " + d.fin + ""
                return html
            })

        /* le texte des ascensions  */
        graphe.selectAll("text")
            .data(data)
            .enter()
 d.etape == i && cols.indexOf(d.quoi) != -1)
            .append("text")
            .attr("class", "textecote passelect")
 (x(tps(d.debut)) + x(tps(d.fin))) / 2)
 +(y(dico[d.quoi].taille) - radius * 1.6))
 d.quoi.replace("cat", ""))

        /* la barre */
        barre.selectAll(".barre")
            .data(data)
            .enter()
 d.etape == i)
            .append("rect")
            .attr("class", function(d) {
                classe = "barre"
                if (d.quoi == "sieste") classe += " " + d.quoi
                return classe
            })
 x(tps(d.debut)))
 x(tps(d.fin)) - x(tps(d.debut)))
 0)
 hauteurbarre)
            .attr("title", function(d) {
                if (d.quoi != "sieste") {
" + d.nom + ""
KM " + String(etapes[i].distance - d.km) + " – "
"
"
Time schedule: between " + d.debut + " and " + d.fin + ""
                } else {
No climb or sprint scheduled"
"
You can nap until " + d.fin + ""
                }
                return html
            })

        barre.selectAll(".triangle")
            .data(data)
            .enter()
 d.etape == i && d.quoi == "sprint")
            .append("path")
            .attr("class", "triangle")
            .attr("d", triangle)
            .attr("transform", function(d) { return "translate(" + (x(tps(d.debut)) + x(tps(d.fin))) / 2 + "," + hauteurbarre + ")"; });

        barre.selectAll("text")
            .data(data)
            .enter()
 d.etape == i && d.quoi == "sprint")
            .append("text")
            .attr("class", "sprint passelect")
            .text("intermediate sprint ")
            .attr("transform", function(d) { return "translate(" + (x(tps(d.debut)) + x(tps(d.fin))) / 2 + "," + hauteurbarre * 2.6 + ")"; });;
    };


    /* le tooltip*/
    var dec_device = "aec";
    try {
 -1) {
            dec_device = "noaec";
        }
    } catch (err) {
        dec_device = "aec";
    }

    $("#nap2018").tooltip({
        show: { effect: "slideDown", duration: 100 },
        hide: { effect: "slideUp", duration: 100 },
        items: "rect.barre, circle",
        track: true,
        tooltipClass: "multimedia-embed tooltipdecodeurs " + dec_device,
        position: {
            my: "left+50 top-50",
            at: "right top"
        },
        content: function() {
            return $(this).attr("title")
        },
        open: function(event, ui) {
            /* permet de fermer le tooltip en tapant sur lui-même en mobile*/
            var elem = $(event.target);
            ui.tooltip.click(function() {
                elem.tooltip('close');
            });
        }
    });
    $("#nap2018 a").click(function(event) {
        event.stopImmediatePropagation()
    });

});





                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/05/21-6">
<filnamedate="20180705"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180705"><AAMMJJHH="2018070521">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Selon notre chroniqueur, le continent doit investir massivement dans un système éducatif accessible de qualité pour s’adapter aux enjeux du marché du travail.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤         

Chronique

« L’Afrique ne doit pas s’industrialiser sur le modèle des dragons asiatiques »

Selon notre chroniqueur, le continent doit investir massivement dans un système éducatif accessible de qualité pour s’adapter aux enjeux du marché du travail.

Par                                            Yann Gwet (chroniqueur Le Monde Afrique)




LE MONDE
              datetime="2018-07-05T15:39:06+02:00"

        Le 05.07.2018 à 15h39

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-07-05T15:41:17+02:00"

        Mis à jour le 05.07.2018 à 15h41






    
Un employé dans l’usine Volvo de Durban, en Afrique du Sud, le 19 mai 2018.
Crédits : RAJESH JANTILAL / AFP


Chronique. L’industrialisation du continent est la priorité des institutions de développement et des gouvernements africains. Le thème des Assemblées générales de la Banque africaine de développement (BAD), qui se sont tenues du 21 au 25 juin 2018 à Busan (Corée du Sud), était ainsi « Accélérer l’industrialisation de l’Afrique ». Adesina Akinwumi, le président de la BAD, qui prend souvent l’exemple du pays hôte, y a martelé l’impératif d’industrialisation du continent. Le mot d’ordre était clair : le continent doit s’inspirer des succès asiatiques.

        Lire aussi :
         

                « En Afrique, un aveuglement collectif face à une réalité terrifiante »



L’idée est séduisante. Le développement des « dragons » d’Extrême-Orient est en effet spectaculaire. Pour rester sur l’exemple sud-coréen, d’après la Banque mondiale, en 1962 ce pays sorti sept ans plus tôt d’une guerre effroyable, affichait un RNB par habitant d’à peine 120 dollars (contre 160 pour le Liberia). En 2016, celui-ci était de 27 690 dollars et le taux de chômage avoisinait les 4,5 %. L’extrême pauvreté a été totalement éradiquée. Ce miracle économique a été rendu possible, en partie, par une politique industrielle vigoureuse. Entre 1962 et 1994, toujours selon la Banque mondiale, les exportations du pays ont connu une croissance d’environ 20 % par an, tandis que l’épargne et l’investissement dépassaient la barre des 30 % du PIB.
Stratégie vouée à l’échec
Pour autant, il est peu probable que les pays africains puissent emprunter la voie sud-coréenne. L’industrialisation de cette dernière a reposé sur la mobilisation d’une main-d’œuvre abondante et peu chère. Mais le monde qui vient devrait bouleverser ce paradigme. Dans un rapport récent consacré aux transformations du travail induites par l’intelligence artificielle et les progrès de l’automatisation, le cabinet de conseil McKinsey a analysé plus de 2 000 fonctions couvrant environ 800 métiers. Sans surprise, les activités les plus susceptibles d’être automatisées sont les « activités physiques dans des environnements hautement hiérarchisés et prévisibles, mais aussi la collecte et le traitement de l’information ».

        Lire aussi :
         

                « L’Afrique n’a pas besoin d’aide, un système financier moins cynique lui suffirait »



Si « presque tous les métiers seront impactés par l’automatisation », ces « activités physiques » font partie des métiers qui « pourraient être totalement automatisés sur la base des technologies existantes ». Dans ce nouveau monde, les compétences physiques et manuelles devraient être dévaluées. En revanche, toujours selon McKinsey, les « compétences sociales, émotionnelles, les aptitudes cognitives comme la créativité, la réflexion critique, le traitement d’informations complexes », seront fortement valorisées.
En clair, si les prévisions de McKinsey se vérifient, la stratégie d’industrialisation de l’Afrique par l’exploitation de sa jeune et abondante main-d’œuvre échouera. D’ores et déjà des machines fabriquent vêtements et chaussures ; des robots plantent, arrosent, et récoltent des produits agricoles. Demain que restera-t-il à faire pour les ouvriers africains ?
Défis considérables dans l’éducation
Dans cette ère de bouleversements constants, l’Afrique devrait investir massivement dans l’éducation. L’objectif doit être de construire un système éducatif de grande qualité accessible au plus grand nombre ; de concevoir une éducation qui procure des savoirs fondamentaux de haut niveau, mais qui soit aussi capable de répondre aux besoins d’un marché du travail en constante mutation. Par exemple, combien d’Africains formés localement Google embauchera-t-il dans le centre de recherches en Intelligence Artificielle dont l’entreprise américaine vient d’annoncer l’ouverture au Ghana ?

        Lire notre série
         

          La créativité africaine dopée par l’intelligence artificielle



Sur ce plan comme sur d’autres, les défis sont considérables : un rapport de l’Institut des statistiques de l’Unesco publié en 2018 rappelle qu’en 2017, en Afrique subsaharienne, un cinquième des enfants de 6 à 11 ans n’allaient pas à l’école, contre un tiers des enfants de la tranche 12-14 ans, et 60 % des jeunes âgés de 15 à 17 ans. Dans un rapport publié cette année par la Banque Mondiale et intitulé « Apprendre à réaliser la promesse de l’éducation », on apprend qu’en Afrique subsaharienne moins de 7 % des étudiants en fin de primaire lisent couramment (le niveau en mathématiques est à peine meilleur).
Les partisans africains du modèle asiatique ne devraient pas s’offusquer d’une telle option. Un coup d’œil aux classements PISA, qui évalue le niveau des élèves de 15 ans dans les pays de l’OCDE, révèle que la stratégie du développement par l’éducation n’est en rien originale et n’est pas incompatible avec une stratégie d’industrialisation. En 2016, Singapour était classé premier dans le domaine de la science, devant le Japon (deuxième), Taïwan (quatrième), la Chine (dixième), et la Corée du Sud (onzième). Sachons tirer les bonnes leçons de nos « modèles ».
Yann Gwet est un essayiste camerounais.


<article-nb="2018/07/05/21-7">
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Face à l’inefficacité des politiques d’asile européennes, Thierry Pech, directeur général de Terra Nova, Jean-François Rial et Jean-Paul Tran Thiet, membres de l’Institut Montaigne, dans une tribune au « Monde », en appellent à la responsabilité des pays membres de l’Union.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Politique européenne du droit d’asile : « Au défaut de solidarité s’ajoute un défaut d’efficacité »

Face à l’inefficacité des politiques d’asile européennes, Thierry Pech, directeur général de Terra Nova, Jean-François Rial et Jean-Paul Tran Thiet, membres de l’Institut Montaigne, dans une tribune au « Monde », en appellent à la responsabilité des pays membres de l’Union.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 15h10
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 17h41
    |

Thierry Pech (Directeur général de Terra Nova), Jean-François Rial et Jean-Paul Tran Thiet (Membres de l'Institut Montaigne)







                        



                                


                            

Tribune. La politique européenne du droit d’asile a révélé, ces dernières années, un grave défaut de solidarité et d’efficacité. Le système de Dublin a montré ses insuffisances : laisser au pays de première entrée dans l’Union européenne (UE) la charge d’examiner les demandes d’asile, c’est abandonner aux seuls « Etats frontières » de l’UE la responsabilité politique, administrative et opérationnelle de flux croissants de demandeurs.
A ce défaut de solidarité s’ajoute un défaut d’efficacité : les demandeurs qui auraient dû être reconduits dans le pays de leur première entrée ne l’ont été que très rarement. Ce système a aussi créé une inadmissible loterie : une même demande a des chances très variables d’aboutir selon l’Etat dans lequel elle est formulée, l’origine du demandeur, voire la date à laquelle elle est déposée. Au sein de l’Union européenne, la convention de Genève donne lieu à 27 interprétations différentes et fluctuantes !
Face à ce chaos, l’Union européenne a mis en place en 2015 un mécanisme de relocalisation des demandeurs d’asile entre Etats membres afin de soulager temporairement les plus sollicités. Dans le même temps, elle a conclu avec la Turquie un accord pour contenir les migrants qui y transitent.

L’Italie a aussi négocié avec la Libye des mesures de réduction des flux. Mais l’imposition de « quotas » a rencontré de fortes résistances au sein de l’UE, et les accords de « stockage » des demandeurs, s’ils ont permis de réduire les flux, nous ont mis en situation de dépendance face à Ankara et en délicatesse avec les obligations de la convention de Genève, puisque nous demandons à d’autres pays de bloquer sur leur territoire des demandeurs d’asile.
Aucune exception
L’Europe s’est donc à la fois désunie et dramatiquement éloignée des valeurs qui fondent son projet. L’accord de façade passé lors du Conseil européen des 28 et 29 juin n’a rien résolu sur le fond et il reste urgent...




                        

                        


<article-nb="2018/07/05/21-8">
<filnamedate="20180705"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180705"><AAMMJJHH="2018070521">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Les eurodéputés vont devoir travailler à une nouvelle version de ce texte destiné à réformer le droit d’auteur pour l’adapter au numérique.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Le Parlement européen écarte la directive controversée sur le droit d’auteur

Les eurodéputés vont devoir travailler à une nouvelle version de ce texte destiné à réformer le droit d’auteur pour l’adapter au numérique.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 12h27
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 13h09
    |

            Martin Untersinger








                        


Les divisions internes des groupes politiques du Parlement européen auront eu raison, du moins pour le moment, de la directive sur le droit d’auteur. Les eurodéputés ont refusé, jeudi 5 juillet par 318 voix contre 278, de valider la directive proposée par la commission des affaires juridiques de l’instance strasbourgeoise.
Ils vont donc devoir travailler, en septembre, à une nouvelle version de ce texte, destiné à réformer le droit d’auteur pour l’adapter au numérique avant de négocier avec les Etats membres et la Commission européenne.

        Lire aussi :
         

                Qu’est-ce que la directive sur le droit d’auteur ?



Ce texte a fait l’objet d’une opposition intense et d’un vaste effort de lobbying.
D’un côté, les artistes, leurs représentants et les éditeurs de presse, qui voient d’un bon œil un texte qui obligera les grandes plates-formes numériques à nouer des accords de rémunération ou de filtrer les contenus soumis au droit d’auteur postés sur leurs réseaux. Le projet de directive, proposé par la Commission européenne en 2016, était vu comme un moyen de compenser ce qu’ils perçoivent comme une asymétrie avec les grandes plates-formes numériques, qui profitent de contenus parfois soumis au droit d’auteur et postés sans autorisation par leurs utilisateurs.
De l’autre, les grands groupes de la Silicon Valley, les défenseurs des libertés numériques et le milieu des start-up. Ces derniers craignent que la directive n’instaure un système de filtrage généralisé des contenus, rendu obligatoire dans le cas où les plates-formes n’auraient pas trouvé d’accord avec les ayants droit. Ils soupçonnaient aussi la directive, qui prévoit une rémunération pour les éditeurs de presse lorsque leurs contenus sont analysés et référencés par les grandes plates-formes, ne mette à mal le mécanisme du lien, consubstantiel au fonctionnement du Web.
« Félicitations aux GAFA »
« Je vais faire mon possible pour aider les eurodéputés à trouver un compromis autour des objectifs initiaux de la réforme : une rémunération juste des artistes, le soutien au secteur culturel, la protection du débat et de la création en ligne et l’innovation dans l’économique numérique », a réagi Andrus Ansip, vice-président de la Commission européenne, chargé du marché unique du numérique.
Le rejet de cette directive constitue un revers cinglant pour les éditeurs et une victoire retentissante, en particulier pour le lobby des industries numériques. « Félicitations aux Gafa [acronyme de Google, Amazon, Facebook et Apple] », a posté sur Twitter Pascal Rogard, directeur général de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD). « L’Europe de la culture recule, mais le combat continue. Rendez-vous en septembre. »
« La campagne de désinformation orchestrée par les porte-voix des GAFA constitue un problème démocratique » soutenait, avant le vote, David El-Sayegh, le secrétaire général de la Sacem. « Google, Apple, Facebook, Microsoft et Amazon font du lobbying via des ONG bidons. Il est impossible d’avoir un débat à ciel ouvert avec l’un des responsables des GAFA, ils n’apparaissent jamais directement. »
L’Edima, un groupe de pression qui rassemble, entre autres, les « GAFA » a vu dans ce vote « une victoire pour la démocratie ». « Nous avons désormais une chance de lever les inquiétudes sur ce texte et créer des règles sur les droits d’auteur adaptées à notre société numérique » s’est, quant à elle, réjouie l’eurodéputée néerlandaise libérale Marietje Schaake, opposée à la directive et en pointe sur les questions numériques.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Dans le cadre du concours « La parole aux étudiants », organisé à l’occasion des Rencontres économiques d’Aix­-en-­Provence, « Le Monde » publie un texte choisi par le Cercle des économistes. Elias Orphelin propose la création d’une monnaie mondiale cohabitant avec des monnaies locales aux fiscalités différenciées, afin de faciliter les circuits courts sans recourir au protectionnisme.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
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Pour « la création d’un système bi-monétaire mondial »

Dans le cadre du concours « La parole aux étudiants », organisé à l’occasion des Rencontres économiques d’Aix­-en-­Provence, « Le Monde » publie un texte choisi par le Cercle des économistes. Elias Orphelin propose la création d’une monnaie mondiale cohabitant avec des monnaies locales aux fiscalités différenciées, afin de faciliter les circuits courts sans recourir au protectionnisme.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 12h25
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 13h19
    |

Elias Orphelin (Elève en classe préparatoire économique et commerciale, option économie, au lycée Nelson-Mandela, à Nantes)







                        



                                


                            

Tribune. « Il n’y a pas de gagnants dans une guerre commerciale » rappelait la commissaire européenne au commerce Cecilia Malmström le 7 mars 2018, après que Donald Trump eut annoncé la mise en place de taxes sur les importations américaines.
De fait, depuis la Révolution industrielle, l’ouverture des économies a permis une accélération du développement économique, social et politique des différents pays du globe. Le libre-échange est aujourd’hui nécessaire dans un monde dont les pays sont interdépendants. Une résurgence du protectionnisme est à combattre, car il menace la cohésion internationale.
Mais le libre-échange a aussi des tares indéniables, notamment en ce qui concerne la dégradation de l’environnement. Selon le Forum international des transports, le fret international de marchandises est à l’origine de 7 % des émissions mondiales de CO2 – une proportion qui ne devrait qu’augmenter dans les prochaines années : le volume du transport de marchandises pourrait être multiplié par quatre d’ici à 2050.
Posture protectionniste
Ces chiffres sont vertigineux au regard des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre que proposent les accords de Paris, qui pourtant ne sont pas suffisants pour limiter à 2°C la hausse des températures.
C’est l’une des raisons pour lesquelles se développent de plus en plus de mouvements visant à mettre en avant les productions locales et à favoriser les circuits courts pour réduire au maximum les trajets de marchandises. Mais cette démarche a une limite : comment convaincre le plus grand nombre de choisir des productions qui, certes, ont un bilan carbone moindre, mais dont le prix est égal, voire supérieur, à celui de marchandises exportées depuis l’autre côté du monde ?
Une idée consisterait à créer une taxe à l’importation de produits étrangers, afin de faire augmenter leur prix relatif. Cette solution permet de favoriser la production nationale, mais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Pour tenter d’assurer la survie de cette sous-espèce de pachydermes, une équipe de chercheurs au Kenya ont fécondé en laboratoire des ovules avec une autre espèce.
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Reportage

L’éprouvette, dernier espoir des rhinocéros blancs du Nord

Pour tenter d’assurer la survie de cette sous-espèce de pachydermes, une équipe de chercheurs au Kenya ont fécondé en laboratoire des ovules avec une autre espèce.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 05.07.2018 à 12h20

     •
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        Mis à jour le 05.07.2018 à 12h21






    
Sudan, dernier rhinocéros mâle blanc du Nord, est mort en mars 2018 à l’âge de 45 ans dans la réserve kényane d’Ol Pejeta.
Crédits : TONY KARUMBA / AFP


Un bébé-éprouvette rhinocéros blanc du Nord d’ici à trois ans ? C’est l’espoir de chercheurs ayant réussi à créer les premiers embryons in vitro de rhinocéros, une « étape essentielle » pour la survie de cette sous-espèce quasi éteinte du pachyderme. Sudan, dernier rhinocéros mâle blanc du Nord, est mort en mars à l’âge de 45 ans dans la réserve kényane d’Ol Pejeta, laissant derrière lui sa fille et sa petite-fille, Najin et Fatu, dernières représentantes sur la planète de cette sous-espèce africaine décimée par le braconnage.

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Avec cette disparition, beaucoup comptaient sur la science pour assurer la perpétuation de ces pachydermes, dont les derniers individus sauvages ont été tués il y a plus de dix ans. Grâce à des procédures de procréation assistée inédites chez des rhinocéros, la « première étape essentielle pour sauver cette sous-espèce quasi éteinte » a été franchie, avec la création d’embryons hybrides in vitro, explique une équipe internationale de chercheurs dans la revue Nature Communications.
Sept embryons
Ils ont prélevé dans des zoos européens plus de 80 ovocytes sur des femelles rhinocéros blancs du Sud, sous-espèce dont il reste quelque 20 000 individus sauvages dans le sud de l’Afrique. Les ovules ont ensuite été fécondés en laboratoire, certaines par du sperme congelé de rhinocéros blancs du Nord et d’autres par celui de son cousin du Sud, grâce au laboratoire italien Avantea, spécialiste de la reproduction des chevaux et des bovins.
Résultat : sept embryons, dont trois ont été congelés. « Notre but est d’avoir d’ici à trois ans la naissance du premier petit rhinocéros blanc du Nord », assure Thomas Hildebrandt, de l’Institut Leibniz de recherche zoologique et animale de Berlin.

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                « La mort de Sudan nous rappelle que ces animaux peuvent disparaître à l’échelle d’une vie humaine »



« En prenant en compte les seize mois de grossesse, nous avons un peu plus d’un an pour réussir une implantation » sur une mère porteuse rhinocéros blanc du Sud, Najin et Fatu n’étant pas en mesure de mener une grossesse, poursuit-il.
Et le temps est compté. Les descendantes de Sudan sont les seules à « pouvoir apprendre la vie sociale à un rhinocéros blanc du Nord », souligne l’expert en reproduction animale. Mais pour l’instant, les embryons créés permettraient au mieux la naissance d’un hybride. Alors pour faire naître un petit rhinocéros blanc du Nord « pur », les chercheurs souhaitent recueillir les ovocytes des deux femelles du Kenya.
« Nous espérons pouvoir le faire d’ici à la fin de l’année », indique Jan Stejskal, du zoo tchèque de Dvur Kralove. Najin et Fatu sont nées en 1989 et 2000 dans ce parc qui avait tenté en vain des inséminations artificielles, avant de les envoyer au Kenya dans l’espoir, déçu, d’une reproduction naturelle.
Tenter de produire des gamètes
Pourquoi n’ont-ils pas prélevé plus tôt leurs ovocytes pour créer directement un embryon de rhinocéros blanc du Nord ? Ils attendent une autorisation des autorités kényanes pour cette intervention délicate. Ils ont également dû inventer et développer ces deux dernières années une technique et un ustensile de deux mètres de long pour prélever des ovocytes de rhinocéros blancs à l’anatomie particulière, explique Thomas Hildebrandt.
En parallèle, au cas où les ovocytes de Najin et Fatu ne puissent être prélevés, et pour assurer une diversité génétique des futurs petits, d’autres expériences sont en cours pour tenter de produire des gamètes (ovocytes et sperme) de rhinocéros blancs du Nord grâce à des cellules-souches pluripotentes induites, qui ont le potentiel de se transformer en n’importe quelle cellule.

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                Il faut sauver les rhinocéros africains



Mais « il reste improbable qu’une population viable de rhinocéros blancs du Nord soit restaurée », tempèrent Terri Roth et William Swanson, du centre de recherche du zoo de Cincinnati, qui n’ont pas participé à l’étude. « Des résultats impressionnants dans une boîte de Pétri ne se traduisent pas facilement en un troupeau de petits en bonne santé », ajoutent-ils.
Les auteurs de l’étude répondent déjà aux voix qui s’élèveront contre les sommes dépensées dans ces biotechnologies. Pour Jan Stejskal, le combat doit se mener sur tous les fronts : « Conservation sur le terrain, lutte contre la demande [de cornes] en Asie et soutien à la science ». Avec l’espoir, un jour, de voir les rhinocéros blancs du Nord « de nouveau à l’état sauvage ».


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Deux citoyens britanniques ont été exposés à cette substance, près de la ville où quatre mois auparavant l’ancien agent russe Sergueï Skripal avait été empoisonné.
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Qu’est-ce que le Novitchok, poison neurotoxique d’origine soviétique ?

Deux citoyens britanniques ont été exposés à cette substance, près de la ville où quatre mois auparavant l’ancien agent russe Sergueï Skripal avait été empoisonné.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 11h52
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 12h06
    |

            Maxime Vaudano








                        



   


Deux citoyens britanniques ont été retrouvés dans un état critique, à Amesbury (Wiltshire, Royaume-Uni), après avoir été exposés au Novitchok, le même poison qui avait été utilisé quatre mois auparavant contre un ancien espion russe, Sergueï Skripal, et sa fille, dans la ville voisine de Salisbury.
Comment fonctionne cette substance ?
Le Novitchok correspond à une famille d’agents innervants extrêmement dangereux. Il « provoque un ralentissement du rythme cardiaque et l’obstruction des voies respiratoires jusqu’à la mort par asphyxie », explique à l’agence de presse Reuters le professeur Gary Stephens, expert en pharmacologie à l’université de Reading (Berkshire).
Concrètement, ce poison inhibe la cholinestérase, une enzyme qui permet au système nerveux de communiquer avec les muscles ; du fait de ce défaut de « transmission », la victime se trouve dans l’impossibilité de respirer.
Les spécialistes ont connaissance de versions liquides (un fluide incolore qui peut être mélangé à de la nourriture ou jeté sur la peau) et solides (de la poudre ultrafine inhalée par le nez, ou des patchs collés sur la peau) du Novitchok.
Quel est le danger ?
Selon la forme sous laquelle le poison est administré, les premiers symptômes peuvent apparaître entre trente secondes et deux minutes, selon le manuel Responding to Terrorism : A Medical Handbook.
Si un traitement d’urgence peut permettre de sauver la personne avant que le cœur ne s’arrête, le manque d’oxygène peut provoquer des dégâts irréversibles dans le cerveau.
Le Novitchok est considéré comme cinq à dix fois plus létal que les deux autres agents innervants les plus connus : le gaz sarin (utilisé par le régime de Bachar Al-Assad contre ses adversaires en Syrie) et le VX (responsable de la mort du demi-frère du leadeur nord-coréen Kim Jong-un, selon la diplomatie américaine).
D’où vient ce poison ?
Le Novitchok, dont le nom signifie « petit nouveau », fut mis au point par des chercheurs de l’Union soviétique (URSS) dans les années 1970 et 1980, dans le cadre du programme « Foliant ». Son développement répondait à un enjeu stratégique majeur pour Moscou : jouer aux bons élèves dans les discussions internationales sur l’interdiction des armes chimiques, tout en fabriquant secrètement de nouveaux agents innervants surpuissants, résistant aux antidotes traditionnels.
Les agents de la famille Novitchok étaient composés d’ingrédients autorisés individuellement, qui ne révélaient leur toxicité qu’une fois combinés. Cette caractéristique présentait un double avantage : les ingrédients pouvaient être transportés individuellement en toute sécurité vers le lieu où ils devaient être utilisés, et ils étaient quasi indétectables par les enquêteurs internationaux en cas de contrôle.
Le développement du Novitchok a continué malgré les engagements de l’URSS à mettre fin à son programme chimique, et son existence a, finalement, été découverte par la communauté internationale grâce à des transfuges soviétiques au début des années 1990.
Après la guerre froide, la Russie a montré patte blanche en réclamant l’aide des Etats-Unis pour démanteler son arsenal d’armes chimiques, comme le raconte l’organisation américaine Nuclear Threat Initiative. Un partenariat que Moscou a choisi de rompre en 2012, aiguisant les doutes quant à la sincérité de son engagement à tirer un trait sur son armement chimique. Officiellement, la Russie est censée achever par elle-même la destruction totale de son arsenal d’ici à décembre 2020.
Quelles répercussions à ces empoisonnements ?
Le gouvernement britannique prend « très au sérieux » la nouvelle affaire d’empoisonnement d’Amesbury. Une réunion d’urgence a été convoquée, jeudi 5 juillet, par le cabinet, et la police antiterroriste poursuit son enquête.
L’affaire Skripal avait provoqué une crise diplomatique majeure. Le Royaume-Uni et ses alliés occidentaux ont, en effet, attribué la tentative d’assassinat à la Russie, qui a nié. La montée de tensions a engendré la plus grande vague d’expulsions croisées de diplomates russes et occidentaux.

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                Affaire Skripal : le front uni des Occidentaux face à la Russie






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Estimant qu’il a gagné la bataille de la démocratie illibérale et celle de l’immigration, le premier ministre hongrois propose de changer le logiciel de la droite européenne, explique, dans sa chronique, Alain Salles, chef du service international du « Monde ».
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« Le putsch démocrate-chrétien d’Orban »

Estimant qu’il a gagné la bataille de la démocratie illibérale et celle de l’immigration, le premier ministre hongrois propose de changer le logiciel de la droite européenne, explique, dans sa chronique, Alain Salles, chef du service international du « Monde ».



Le Monde
 |    05.07.2018 à 11h47
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 11h49
    |

            Alain Salles








                        



                                


                            

Chronique. Avant l’enterrement européen d’Helmut Kohl, mort le 16 juin 2017, la veuve de l’ancien chancelier allemand avait créé la polémique en laissant entendre qu’elle préférait un discours du premier ministre hongrois Viktor Orban plutôt que d’Angela Merkel. En vain. Un an plus tard, le 15 juin, Viktor Orban a célébré la mémoire de Kohl. La scène se passe à l’antenne hongroise de la Fondation Konrad Adenauer, un think-tank de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), le parti de la chancelière allemande, d’Helmut Kohl et de Konrad Adenauer. Le lieu idéal pour lancer le putsch démocrate-chrétien de Viktor Orban.
Fini l’illibéralisme et ses modèles encombrants (Poutine, Erdogan), le premier ministre hongrois se place désormais sous l’aile tutélaire des deux plus importants chanceliers allemands du XXe siècle : Adenauer, l’homme de la reconstruction, et Kohl, celui de la réunification. Et c’est sous ce double patronnage qu’il poursuit son attaque contre sa principale cible depuis 2015 : leur successeure, Angela Merkel, une chancelière affaiblie qui ploie sous les coups de son parti-frère bavarois, la CSU, en guerre contre sa politique migratoire.
La hantise des capitales européennes
Le président du parti, Horst Seehofer, n’a jamais caché ses liens avec Viktor Orban qu’il préférait inviter à ses congrès plutôt que la chancelière du « Wir schaffen das » (« Nous y arriverons »). Cette formule, employée alors qu’un million de migrants avaient pris la route des Balkans, en 2015, la poursuit. Barricadant son pays derrière des clôtures, Viktor Orban a incarné l’opposition européenne à cette politique d’accueil de la chancelière. Tous deux sont pourtant membres du Parti populaire européen (PPE), la première force politique au Parlement de Strasbourg.
Le 15 juin, sous les auspices d’Adenauer et de Kohl, il commence par une menace voilée : « En ce qui concerne les élections au Parlement européen de 2019,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Une partie des fonds européens d’aide publique au développement sert en réalité à aider les pays de transit à bloquer les réfugiés, et non à lutter contre la pauvreté explique dans sa chronique l’économiste Thibault Gajdos.
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« Le nombre de réfugiés quittant un pays n’a aucun lien avec l’ampleur de l’aide qu’il reçoit »

Une partie des fonds européens d’aide publique au développement sert en réalité à aider les pays de transit à bloquer les réfugiés, et non à lutter contre la pauvreté explique dans sa chronique l’économiste Thibault Gajdos.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 11h37
    |

                            Thibault Gajdos (Chercheur au CNRS)








                        



                                


                            

Tendances France. Depuis quelques mois, une petite musique persistante se fait entendre : il faut être implacable, mais généreux ; refouler impitoyablement les personnes qui tentent de venir en Europe, mais aider davantage les pays les plus pauvres. C’est Emmanuel Macron promettant devant l’ONU en 2017 de porter à 0,55 % du PIB l’aide publique au développement, mais condamnant il y a quelques jours les ONG portant secours aux naufragés en Méditerranée. C’est Laurent Wauquiez, déclarant le 28 juin : « Il faut que les navires ramènent les migrants sur les côtes dont ils sont originaires et il faut une aide au développement du côté africain. » Ce discours repose sur le raisonnement suivant : si les conditions de vie dans les pays les plus pauvres s’améliorent, leurs habitants auront moins de raisons de les quitter.
Raisonnement apparemment imparable… mais faux. Car on sait, depuis le début des années 1970 et les travaux du géographe américain Wilbur Zelinsky (1921-2013), qu’il existe une relation « en U inversé » entre migration et développement. Jusqu’à un certain stade, le taux d’émigration augmente avec le niveau de développement d’un pays ; puis cette relation se stabilise avant de s’inverser.
Processus d’accumulation de l’émigration
L’économiste Thu Hien Dao et ses collègues ont analysé les flux migratoires vers les pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) entre 2000 et 2010 (« Migration and Development : Dissecting the Anatomy of the Mobility Transition », Journal of Development Economics, n° 132, mai 2018).
Ils ont mis en évidence trois explications principales à cette relation à première vue paradoxale entre développement et migrations.
Tout d’abord, le niveau de qualification de la population augmente à mesure qu’un pays se développe. Or, les personnes qualifiées sont celles qui ont la plus forte propension à émigrer. Cela explique entre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Comment nommer l’innommable ? Le cinéaste expliquait, en 2005 au « Monde », comment il avait finalement choisi d’utiliser ce mot de Shoah pour son film qui retrace les horreurs nazies.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Claude Lanzmann, à propos de « Shoah », en 2005 : « Si j’avais pu ne pas nommer mon film, je l’aurais fait »

Comment nommer l’innommable ? Le cinéaste expliquait, en 2005 au « Monde », comment il avait finalement choisi d’utiliser ce mot de Shoah pour son film qui retrace les horreurs nazies.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 13h05
   





                        


VERBATIM. A l’occasion de la mort de Claude Lanzmann, nous republions un extrait de Ce mot de « Shoah », écrit par le cinéaste, paru dans Le Monde du 26 février 2005.
« (...) Au cours des onze années durant lesquelles j’ai travaillé à sa réalisation, je n’ai donc pas eu de nom pour le film. “Holocauste”, par sa connotation sacrificielle et religieuse, était irrecevable ; il avait en outre déjà été utilisé. Mais un film, pour des raisons administratives, doit avoir un titre. J’en ai tenté plusieurs, tous insatisfaisants.
La vérité est qu’il n’y avait pas de nom pour ce que je n’osais même pas alors appeler “l’événement”. Par-devers moi et comme en secret, je disais “la Chose”. C’était une façon de nommer l’innommable. Comment aurait-il pu y avoir un nom pour ce qui était absolument sans précédent dans l’histoire des hommes ? Si j’avais pu ne pas nommer mon film, je l’aurais fait.
Le mot “Shoah” s’est imposé à moi tout à la fin parce que, n’entendant pas l’hébreu, je n’en comprenais pas le sens
Le mot “Shoah” s’est imposé à moi tout à la fin parce que, n’entendant pas l’hébreu, je n’en comprenais pas le sens, ce qui était encore une façon de ne pas nommer. Mais, pour ceux qui parlent l’hébreu, “Shoah” est tout aussi inadéquat. Le terme apparaît dans la Bible à plusieurs reprises. Il signifie “catastrophe”, “destruction”, “anéantissement”, il peut s’agir d’un tremblement de terre ou d’un déluge.
Des rabbins ont arbitrairement décidé après la guerre qu’il désignerait “la Chose”. Pour moi, “Shoah” était un signifiant sans signifié, une profération brève, opaque, un mot impénétrable, infracassable, comme un noyau atomique.

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Quand Georges Cravenne, qui avait pris sur lui l’organisation de la première du film au Théâtre de l’Empire, m’a demandé quel était son titre, j’ai répondu : “Shoah. – Qu’est-ce que cela veut dire ? – Je ne sais pas, cela veut dire ‘Shoah’. – Mais il faut traduire, personne ne comprendra. – C’est précisément ce que je veux, que personne ne comprenne.”
Je me suis battu pour imposer “Shoah” sans savoir que je procédais ainsi à un acte radical de nomination, puisque presque aussitôt le titre du film est devenu, en de nombreuses langues, le nom même de l’événement dans son absolue singularité. Le film a été d’emblée éponyme, on s’est mis partout à dire “la Shoah”. L’identification entre le film et ce qu’il représente va si loin que des téméraires parlent de moi comme de “l’auteur de la Shoah”, ce à quoi je ne puis que répondre : “Non, moi, c’est ‘Shoah’, la Shoah, c’est Hitler.” »

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Pas d’images d’archives, aucune reconstitution, axé sur la parole des témoins directs, rescapés des camps ou nazis, et sur les paysages du crime : avec « Shoah », film titanesque, Claude Lanzmann a bouleversé son époque.
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« Shoah », « Sobibor », les « Quatre sœurs » : une œuvre au service de la mémoire

Pas d’images d’archives, aucune reconstitution, axé sur la parole des témoins directs, rescapés des camps ou nazis, et sur les paysages du crime : avec « Shoah », film titanesque, Claude Lanzmann a bouleversé son époque.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 11h59
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

Avec Shoah, documentaire sorti en 1985 et consacré à l’extermination des juifs durant la seconde guerre mondiale, Claude Lanzmann fut et restera l’auteur d’un film d’une envergure exceptionnelle dans l’histoire du cinéma comme dans celle des idées et des mentalités. Ce monument, d’emblée reconnu comme tel, a bouleversé son époque et il faut aujourd’hui rassembler ses souvenirs pour comprendre l’onde de choc qu’il a suscitée.

Premier choc : la portée historique du film, qui révèle par le détail au grand public l’existence et le processus d’un génocide partiellement occulté de la mémoire collective depuis l’après-guerre. Un lent travail de réappropriation de cette mémoire avait de fait commencé dès le début des années 1960, qu’il s’agisse de la tenue du procès Eichmann en Israël ou de la publication aux Etats-Unis de la somme de l’historien Raul Hilberg, La Destruction des Juifs d’Europe.
Insoutenable réalité
Deuxième choc : la manière dont le film fait soudain advenir cet événement dans sa plus insoutenable réalité, contre la dissimulation des nazis qui en ont effacé les traces, contre le pieux oubli des nations qui l’ont laissé commettre et contre la banalisation des fictions qui le remettent au goût du jour, à l’instar du célèbre feuilleton américain Holocauste (1978). Shoah, de la même manière qu’il le configure, nomme d’ailleurs l’événement, comme pour la première fois.
Troisième choc, sans lequel tout cela serait sans doute resté nul et non avenu : la radicalité esthétique du film. C’est d’abord sa dimension titanesque. Onze années de préparation, trois cents heures de pellicule tournées, neuf heures trente de projection. Un projet littéralement fou, tenu par la volonté d’un homme seul qui consacre dix années de sa vie à parcourir le monde et les archives, à rencontrer des survivants, pour tenter de donner forme à une chose qui en est, a priori, totalement dépourvue : l’annihilation industrielle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Des centaines de milliers de supporteurs étrangers ont découvert la Russie grâce au football. Quid de leurs hôtes ? Petit tour d’horizon non exhaustif et forcément subjectif.
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Coupe du monde 2018 : et si les Russes avaient eux aussi appris de leurs visiteurs ?

Des centaines de milliers de supporteurs étrangers ont découvert la Russie grâce au football. Quid de leurs hôtes ? Petit tour d’horizon non exhaustif et forcément subjectif.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 11h06
    |

            Benoît Vitkine








                        



   


C’est un fait incontestable : le Mondial organisé cette année en Russie laissera une empreinte profonde chez les supporteurs venus de la planète entière y soutenir leur équipe. La Russie est un pays propice aux clichés – nombre d’entre eux ont été battus en brèche par l’organisation sans anicroche et la fête joyeuse que le pays a su offrir au monde.
Il faut dire que les Russes – mis à part ceux, nombreux, à ignorer totalement l’événement – se sont joyeusement joints au carnaval bigarré qui a déferlé sur les onze villes-hôtes, ou ont simplement mis un point d’honneur à accueillir au mieux leurs hôtes d’un mois. Les télévisions locales ne se sont pas privées d’insister avec avidité sur le contraste entre la joie des fans et « les horreurs que l’on raconte sur nous dans les médias étrangers ». A l’aéroport de Volgograd, des bénévoles distribuaient aux supporteurs anglais des brochures, prévenant : « Nous sommes des gens tout comme vous ; et non, les Russes ne boivent pas de la vodka à longueur de journée ! »
Des centaines de milliers de visiteurs, venant parfois de régions aux allures de terra incognita pour la Russie – Amérique latine, Afrique… – ont bel et bien découvert la Russie grâce au football. Et les Russes ? Qu’ont-ils découvert à la faveur de ce grand brassage planétaire ? Petit tour d’horizon non exhaustif et forcément subjectif.
De vrais chants de supporteurs
Pour les commentateurs de la télévision russe, ce fut un éternel sujet d’extase : ébahis, d’abord, par le nombre de supporteurs venus soutenir leur équipe match après match – avec un sérieux avantage pour les Sud-Américains –, mais surtout par la qualité et la diversité de leurs chansons. Au niveau du volume sonore, les Russes se sont bien défendus, durant les matchs de leur équipe, mais leur sempiternel « Ro-ssi-a ! Ro-ssi-a ! » apparaît un peu terne face à la profondeur des répertoires brésilien ou anglais.
Il faut dire que la Russie n’est qu’à moitié une terre de football, celui-ci se voyant concurrencé par le hockey. Et que jusqu’à la chute de l’Union soviétique, si crier pour encourager son équipe était permis, toute organisation structurée était regardée avec méfiance.

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Les petits gestes civiques du quotidien
La Russie n’est pas précisément le pays du tri sélectif. A vrai dire, elle n’est pas même le pays où l’on a le réflexe de débarrasser son plateau de fast-food. Alors, quand dès les premiers matchs, sont apparues des images montrant des supporteurs nettoyant les travées du stade à l’issue des rencontres, elles ont fait fureur. Pour ne pas tomber dans l’angélisme, signalons que la rue Nikolskaïa au petit matin a rarement la propreté d’une gare suisse.
Payer 5 000 roubles un taxi de l’aéroport et dire merci
Petit intermède mauvais esprit, puisqu’il en va ici des quelques escroqueries dont ont été victimes les visiteurs étrangers. On ignore leur ampleur, mais dès le début de la compétition, des différences de prix « significatives » ont été remarquées dans des restaurants entre les menus en russe et en anglais, une pratique inhabituelle en Russie. Plus courant en revanche durant ce genre d’événements, de nombreuses surfacturations ont été observées dans des taxis, la palme revenant à des Saoudiens qui ont payé 30 000 roubles (400 euros) au lieu de 3 000 le trajet entre l’aéroport et leur hôtel. A Samara, un chauffeur de taxi nous a donné le fin mot : « Tout le monde augmente ses prix, les hôtels en premier lieu, et nous on devrait continuer à gagner des misères ? A quoi il nous sert, ce Mondial ? »

   


Parler les langues étrangères…
La pratique de l’anglais progresse à grande vitesse en Russie. Et des efforts ont été faits pour ne pas laisser les supporteurs étrangers face à un mur linguistique. Des volontaires jeunes et anglophones sont venus de toute la Russie, et pas seulement des villes hôtes, pour aider les visiteurs aux abords des stades, dans les transports… On a même vu à Moscou des policiers affublés de brassards « Tourist police »… et on a été vite rassurés de constater que leur lexique allait rarement au-delà de « hello ».
Dans la catégorie choc linguistique, on signalera cette très belle rencontre entre l’envoyé spécial du Temps Lionel Pittet et Nikita, son « ami Google Translate ».
… et tout simplement, parler !
Dans les premiers jours, les policiers regardaient avec des yeux ronds les hordes de barbares peinturlurés déferlant sur leurs villes. Question d’habitude : en Russie, les rassemblements impromptus sont interdits, puisqu’ils peuvent s’assimiler à une manifestation non autorisée. Puis, leur visage s’est déridé, avant que le miracle ne se produise : des sourires, et parfois un « bonjour » glissé timidement.

Sweetest scene came when I saw two Russian police officers having a conversation in English (!!!) with two foreign… https://t.co/MomwTVm2b2— yaffaesque (@Joshua Yaffa)


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Dans un autre Tweet, le même Joshua Yaffa, correspondant du New Yorker, reconnaissait, comme nombre de Russes et d’étrangers, n’avoir jamais vu Moscou aussi ouverte, vivante, authentique, amicale… Et de s’interroger avec une pointe de scepticisme : « Espérons que ça continue après le mois de juillet. »
Les Russes de la rue, eux, ont attendu moins longtemps pour briser la glace. Les scènes de fraternisation entre supporteurs d’équipes rivales les ont rapidement séduits et ils se sont joints avec ferveur au carnaval bariolé qui a fait chavirer les onze villes-hôtes nuit et jour.
Au rayon des scènes improbables, citons celle-ci, rapportée par le journaliste britannique Oliver Caroll, correspondant de The Independent et de l’Evening Standard, à qui un fan anglais dit : « Je ne comprends pas. Les Russes sont TROP amicaux, c’est presque inquiétant. Je parlais avec un ultra qui avait “Marseille 2016” tatoué sur la jambe, et tout ce qu’il voulait faire c’est me prendre dans ses bras. » Pour mémoire, « Marseille 2016 » correspond à ce jour de l’Euro 2016 où des hooligans russes ont sévèrement corrigé des centaines de supporteurs anglais…

An English fan in Volgograd: “I don’t understand. The Russians are being TOO friendly. It’s almost worrying. I was… https://t.co/Nutf96Ppas— olliecarroll (@Oliver Carroll)


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Sans excès toutefois…
Fraternisation, chaleur, alcool… C’est un point sur lequel les Russes eux-mêmes ne se sont pas encore mis d’accord. Faut-il se réjouir ou condamner des rencontres, éphémères ou non, entre jeunes femmes russes et supporteurs étrangers ? La question a fait l’objet d’étranges débats, jusqu’au Kremlin.
Le début du tournoi a ainsi été marqué par la mise en garde de la députée Tamara Pletneva, présidente du comité de la Douma (le Parlement) à la famille, aux femmes et aux enfants, qui a averti les jeunes Russes des conséquences d’idylles avec des étrangers : larmes, séparation, grossesses, enfants enlevés… le tout aggravé si les parents sont « de race différente ». Face au tollé suscité, le porte-parole du Kremlin a dû rappeler que les femmes russes font bien ce qu’elles veulent.
On ignore si, comme après les Jeux olympiques de Moscou en 1980, le Mondial sera à l’origine d’un (modeste) boom démographique, mais on a effectivement vu des idylles se nouer dans un climat tout à fait joyeux. Cela n’a pas empêché le chroniqueur du Moskovski Komsomolets de remettre une pièce dans la machine en écrivant, le 27 juin, un long article intitulé : « Une génération de putains : les Russes au Mondial se déshonorent et déshonorent leur pays ».
La géographie et la tolérance
Entendu par une consœur de France 24 après le match Russie-Uruguay joué dans une chaleur étouffante :
- Ah ça les Uruguayens ils ont bien joué ! - C’est normal, là-bas en Afrique ils sont habitués à la chaleur.
Tout comme les amateurs de ballon rond apprennent dès leur plus tendre enfance la localisation des villes de Brno ou de Cluj, gageons que la Coupe du monde élargira l’horizon de nombreux Russes.

   


Signalons surtout que jusqu’à présent, la compétition n’a pas été marquée par de quelconques incidents racistes, à l’exception de chants nazis entendus à Volgograd, et dont la responsabilité revient, ex aequo, à des supporteurs russes et britanniques. Effet des avertissements très clairs du pouvoir qu’il ne tolérerait aucun incident ou changement en profondeur de la société russe ?
Et les droits de l’homme dans tout ça ?
Il fallait sans doute être naïf pour en attendre autre chose, mais on a du mal à imaginer que le Mondial change quoi que ce soit. Du côté des visiteurs, Mohamed Salah, et à travers lui une partie de l’Egypte, auront sans doute découvert certains aspects troubles de la Tchétchénie, où était hébergée la sélection égyptienne, mais pour le reste, les supporteurs étrangers en goguette sont rarement friands de découvrir les subtilités de la politique locale.
Un sondage – peu représentatif – mené sur quatre groupes de supporteurs étrangers nous l’a confirmé : tous ignoraient par exemple qui peut bien être Oleg Sentsov, prisonnier politique ukrainien détenu en Russie. La question des droits de l’homme en Russie ne se résume pas au cas Sentsov, mais celui-ci est d’autant plus emblématique que Sentsov tente, avec une grève de la faim débutée le 14 mai, d’utiliser l’aura de la compétition pour défendre la cause des quelque 70 prisonniers ukrainiens en Russie.
Dans l’autre sens, à moins que dans le secret des alcôves se déroulent des discussions passionnées sur la séparation des pouvoirs et le droit international, les questions politiques sensibles ne sont guère plus visibles aux yeux des Russes que d’ordinaire. Les quelques tentatives timides d’activistes LGBT d’évoquer le sujet de l’homophobie ou les appels d’ONG à la libération de défenseurs des droits de l’homme emprisonnés n’ont eu aucun écho dans le pays. Pour reprendre l’exemple d’Oleg Sentsov, son sort est très largement passé sous silence dans les médias russes. Et quand les officiels sont sommés de s’exprimer dessus, c’est pour assurer… que l’homme « a gagné des kilos ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Ouverte aux réformes de société, la future numéro 2 de l’exécutif est à l’origine de la libération de la Française Florence Cassez, en 2013.
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Olga Sanchez, la juge qui doit aider AMLO à changer le Mexique

Ouverte aux réformes de société, la future numéro 2 de l’exécutif est à l’origine de la libération de la Française Florence Cassez, en 2013.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 11h03
    |

            Frédéric Saliba (Mexico, correspondance)








                        



                                


                            

« Pas de temps à perdre ! », confie Olga Sanchez, future ministre de l’intérieur d’Andres Manuel Lopez Obrador (« AMLO »), élu à la présidentielle du 1er juillet au Mexique. Cette ancienne juge de la Cour suprême mexicaine n’entrera en fonctions que le 1er décembre, aux côtés du nouveau président. Mais la féministe de 70 ans planche déjà sur la « transformation profonde du pays » promise par M. Lopez Obrador pour éradiquer la corruption, la violence et les inégalités. La réussite de cet ambitieux programme reposera sur les épaules de la première femme à occuper le poste de numéro deux de l’exécutif.
Ambiance studieuse, mercredi 4 juillet, dans l’étude notariale de Mme Sanchez, plantée dans un quartier chic de l’ouest de Mexico. Cette femme élégante et sympathique aux cheveux platine suspend une réunion avec des représentants d’organisations de défense des droits de l’homme pour consacrer quelques minutes au Monde. « A moi d’instaurer sur le terrain un Etat de droit, explique cette icône de la légalité, un foulard chatoyant autour du cou. Pour relever ce défi titanesque, la légitimité électorale d’Andres Manuel [53 % des suffrages] sera un sacré atout. »
AMLO n’a pas triomphé qu’à la présidentielle. La coalition menée par son Mouvement de régénération nationale (Morena, gauche) a aussi raflé la mise, le 1er juillet, aux législatives, aux régionales et aux municipales. Mme Sanchez a d’ailleurs été élue sénatrice. Dans cinq mois, cette juriste de haut vol troquera son siège parlementaire pour celui de ministre, aux pouvoirs élargis. « Je serai alors chargée de la gouvernabilité du pays, sorte de pont entre le gouvernement fédéral et les entités locales, le Congrès et le pouvoir judiciaire », explique la notaire francophile. Cette admiratrice de Simone de Beauvoir a joué un rôle-clé dans la composition paritaire du prochain gouvernement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Lors de sa visite à Nouakchott et à Lagos, le président français a alterné annonces culturelles et économiques et discussions sur la sécurité.
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Compte rendu

Le Nigeria, laboratoire de la nouvelle politique africaine d’Emmanuel Macron

Lors de sa visite à Nouakchott et à Lagos, le président français a alterné annonces culturelles et économiques et discussions sur la sécurité.

Christophe Châtelot (Envoyé spécial à Nouakchott, Abuja et Lagos)
    



LE MONDE
              datetime="2018-07-05T10:46:37+02:00"

        Le 05.07.2018 à 10h46






                        

Crédits : AKINTUNDE AKINLEYE / REUTERS


                    

Il y eut le discours de la méthode, délivré en novembre 2017 à Ouagadougou, dans lequel Emmanuel Macron avait dressé les grandes lignes de l’action de la France en Afrique. Lors d’un voyage express effectué du lundi 2 au mercredi 4 juillet en Mauritanie puis au Nigeria, il a tenté de démontrer que le temps de la mise en pratique avait commencé. Il s’agissait tout d’abord d’illustrer la réalité du nouveau soft power français destiné à montrer aux sociétés civiles et aux dirigeants africains que la France a changé en promouvant de nouveaux partenariats au travers de la culture, du sport et du développement. Et puis, il y eut les volets plus classiques mais construits avec des outils nouveaux concernant l’économie et bien évidemment la sécurité au Sahel.
Dans la forme, le président français imprime sa marque, jeune et décomplexée. Quel meilleur exemple que sa soirée de mardi au New Afrika Shrine, la mythique salle de concerts de Lagos ? Emmanuel Macron telle une rock-star, en bras de chemise et main levée est arrivé au son des tam-tams, entouré par une nuée de caméras. La salle était debout emplie de quelque 1 200 VIP – artistes, femmes et hommes d’affaires nigérians, Français installés là. « Tout le monde parle de ça au Nigeria, un président au Shrine ! C’est un sacré coup médiatique pour l’image de la France, surtout dans un pays anglophone », s’émerveillait Georgina Duke, une Franco-Nigériane à la tête d’une petite maison d’édition de livres pour enfants à Lagos.
Un coup marketing qui a germé dans la tête des dirigeants du groupe de communication et médias Trace. Au-delà de l’anecdote, la raison de cette soirée était de confirmer la tenue en 2020 de la Saison africaine en France. « Une saison organisée pour l’Afrique, par des Africains », a insisté le président qui entend déployer « une stratégie culturelle et artistique qui remette l’Afrique au centre ». « On parle toujours de l’Afrique d’avant, mais trop...



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Des images satellites diffusées le 1er juillet semblent montrer la construction de nouveaux bâtiments sur des sites balistiques en Corée du Nord.
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<filnamedate="20180705"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180705"><AAMMJJHH="2018070521">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Pour Canberra, les institutions chargées de l’enfance ont gravement failli à leurs devoirs.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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L’Australie lance l’indemnisation des victimes de pédophilie

Pour Canberra, les institutions chargées de l’enfance ont gravement failli à leurs devoirs.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 10h34
    |

                            Isabelle Dellerba (Sydney, correspondance)








                        



                                


                            

A l’ouverture de la page Internet, un message de mise en garde barre l’écran. « Revisiter les événements du passé peut être douloureux (…). N’oubliez pas que des services d’aide et de soutien sont disponibles. » Ces mots s’adressent aux dizaines de milliers d’Australiens qui, enfants, ont été victimes d’agressions sexuelles dans différentes institutions du pays. Depuis le 1er juillet, ils peuvent télécharger, en ligne, un formulaire pour demander une indemnisation financière. Le 21 juin, le Parlement fédéral a adopté une loi mettant en place un « dispositif national de dédommagement ». Jusqu’à 60 000 personnes pourraient en bénéficier.
Ce mécanisme est la mise en application de l’une des principales recommandations de la Commission d’enquête royale qui, durant cinq ans, a auditionné près de 8 000 victimes d’actes pédophiles impliquant l’Eglise, des écoles, des orphelinats, des clubs de sport et autres organisations de jeunesse. En décembre 2017, elle a conclu que l’Australie avait « gravement manqué à ses devoirs » de protection des enfants, soulignant que les responsables des agressions sexuelles n’étaient pas « juste quelques pommes pourries » mais avaient sévi dans 3 489 institutions causant « une tragédie nationale ».
« Nous devons affronter la vérité qui a été révélée, aussi difficile soit-elle », a déclaré, le 31 mai, le premier ministre conservateur, Malcolm Turnbull. « Le dispositif national de dédommagement fait parti du processus de guérison. » Piloté par les autorités fédérales, il implique toutes les grandes institutions gouvernementales et non gouvernementales du pays, au premier rang desquelles l’Eglise catholique. A l’invitation de Canberra, elles se sont toutes engagées à cotiser à une caisse nationale destinée à indemniser les victimes.
Briser le secret de la confession
Celles-ci pourront également recevoir un soutien psychologique et les excuses...




                        

                        

