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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Des personnalités du monde de la culture, de la classe politique ou de la communauté juive ont rendu hommage au cinéaste et écrivain Claude Lanzmann, mort jeudi.
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Mort de Lanzmann : pluie d’hommages à l’« infatigable passeur de mémoire », au « cinéaste immense »

Des personnalités du monde de la culture, de la classe politique ou de la communauté juive ont rendu hommage au cinéaste et écrivain Claude Lanzmann, mort jeudi.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 16h15
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 18h15
   





                        



   


De nombreuses personnalités du monde de la culture, de la classe politique ou de la communauté juive ont rendu hommage au cinéaste et écrivain Claude Lanzmann, réalisateur de Shoah – qui sera diffusé samedi à 20 h 50 par Arte – et combattant de la mémoire du génocide des juifs, mort jeudi 5 juillet à 92 ans.

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Le réseau social Twitter bruissait de toutes parts. Françoise Nyssen, ministre de la culture, y évoque celui qui « a imposé les images contre l’oubli, l’Art contre les négationnistes. Il était ce Grand Homme qui, avec Shoah, a contribué à construire avec justesse notre mémoire collective. »
« C’est une de ces œuvres qui vous marquent à vie. C’est l’un des plus grands films relatant l’horreur de la Shoah. Avec toute son humanité, Claude Lanzmann était parvenu à représenter l’inhumanité », a estimé de son côté Christophe Castaner, secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement.
Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, a qualifié le cinéaste d’« infatigable passeur de mémoire ». 

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« Le devoir de mémoire demeure »
« Claude Lanzmann nous a quittés mais son œuvre et le devoir de mémoire demeurent. Il y a trente-trois ans, son film Shoah nous a ouvert les yeux. Le meilleur hommage qu’on puisse lui rendre est de les garder ouverts », a jugé pour sa part Laurent Wauquiez, président des Républicains.
Anne Hidalgo, maire de Paris, salue un « homme courageux, exigeant et déterminé, véritable conscience qui a levé le voile qui occultait ce qu’il a contribué à nommer Shoah ».
« Il y a vingt-cinq ans, avec Claude Lanzmann », se remémore François Bayrou, le président du Modem, « premier voyage à Auschwitz comme ministre de l’éducation. Nous ne nous sommes jamais rencontrés depuis sans évoquer cette émotion. Il vivait pour nous l’histoire de la Shoah. Que la terre lui soit légère ! »
« Claude Lanzmann restera éternellement dans nos esprits. Sa fougue, son enthousiasme permanent, sa puissance pour bousculer les conservatismes, balayer les scepticismes étaient tels que comme un roc, il tenait, haut et fort, ses convictions et savait les faire partager. Sa parole et ses combats inspireront encore longtemps », a déclaré dans un communiqué Jack Lang, ancien ministre socialiste de la culture et de l’éducation nationale.
Sur Twitter, Manuel Valls, ancien premier ministre socialiste se dit « si triste d’apprendre la mort de Claude Lanzmann, un ami cher, une personnalité unique, une vie incroyable ».

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« Un grand bonhomme, un vrai Mensch »
« C’était un valeureux. Un cinéaste immense. Et un homme bon. Je ne me pardonne pas nos brouilles. Je chéris, comme un trésor, les beaux moments vécus ensemble », écrit Bernard-Henri Lévy, écrivain et philosophe avec lequel Claude Lanzmann s’était fâché au moment de l’épisode libyen.
« Je le croyais immortel, écrit le réalisateur Serge Moati. Son œuvre l’est. (…) Il avait su regarder en premier, ce combattant à la caméra, la mort en face. Un monument. Un terrible chef d’œuvre. Adieu au héros. »
Antoine Gallimard, patron des éditions Gallimard, a rendu hommange à un « homme remarquable, au grand tempérament, engagé pleinement dans les luttes sociales et politiques de son temps ».

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Haïm Korsia, grand rabbin de France, rend « hommage à (…) cet homme incroyable qui a offert au monde le mot Shoah pour dire l’indicible. »
Ariel Goldmann, président de la Fondation du judaïsme français, salue « un grand bonhomme, un vrai Mensch (homme) qui ne transigeait pas avec la Vérité ! » « Un géant nous quitte », qui « a marqué les siècles et l’Histoire du peuple juif avec ses œuvres Shoah et Tsahal. »
Dans un communiqué, l’Union des étudiants juifs de France a estimé qu’« au cours de sa vie, Claude Lanzmann a inspiré des générations de militants par des combats d’une actualité brûlante. Son œuvre Shoah a inscrit la mémoire de la déportation et de l’extermination de six millions de juifs d’Europe dans l’histoire européenne ».




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ La directive européenne veut imposer à toutes les plates-formes des systèmes de reconnaissance automatique lorsqu’un internaute met en ligne une vidéo ou une chanson.
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Sur YouTube, la détection automatique des contenus soumis à droit d’auteur ne satisfait personne

La directive européenne veut imposer à toutes les plates-formes des systèmes de reconnaissance automatique lorsqu’un internaute met en ligne une vidéo ou une chanson.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 19h11
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 20h24
    |

                            Perrine Signoret








                        



   


Le Parlement européen a rejeté en l’état, jeudi 5 juillet, un important projet de directive européenne sur le droit d’auteur. Le texte sera à nouveau débattu en septembre, notamment l’un de ses articles les plus polémiques : l’article 13.
Visant à protéger les auteurs face à la réutilisation de leurs œuvres sur des plates-formes numériques, il impose aux plates-formes, faute d’accord avec les ayants droit, de mettre en place des outils automatisés efficaces de reconnaissance de contenu. Ces logiciels doivent permettre de détecter la mise en ligne par un internaute d’une vidéo ou d’une chanson protégée par le droit d’auteur, pour en bloquer la diffusion.
YouTube dispose, depuis 2007, d’un outil de ce type, appelé Content ID. Il compare les vidéos postées chaque jour sur la plate-forme de partage à des « empreintes » numériques de musiques ou films fournies par les ayants droit. Si des correspondances sont décelées, une partie des revenus générés par la vidéo revient automatiquement aux auteurs de l’œuvre identifiée, qui peuvent aussi exiger le blocage du contenu.
Simple en théorie, Content ID rencontre en pratique de nombreux dysfonctionnements. Vidéastes, musiciens, syndicats, sociétés de gestion des droits d’auteur : personne ne semble vraiment satisfait de l’outil, qui illustre à lui seul la difficulté de concrétiser l’article 13 de la directive sur les droits d’auteur.
Des chats accusés de violation de droits d’auteur
En France, les auteurs sont protégés par la loi. Ils peuvent revendiquer des droits sur les réutilisations de leurs œuvres. Sauf dans certains cas, comme les analyses ou courtes citations « justifiées par [un] caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d’information » – et à condition que le nom de l’auteur soit signalé –, ou les parodies, pastiches et caricatures.
Ces exceptions s’accommodent mal d’un outil automatique, pour qui détecter ce qui relève de la parodie ou d’une « courte citation justifiée » est particulièrement difficile. Sur les réseaux sociaux, de nombreux vidéastes estiment avoir été touchés abusivement par des suppressions ou démonétisations de leurs vidéos, à cause de soupçons de violation des droits d’auteur.
Parmi les cas les plus fréquents, des critiques d’œuvres, des vidéos humoristiques ou des parodies, pourtant autorisées par la loi. Même les producteurs qui postent des clips officiels pour le compte d’un groupe peuvent être visés. En 2015, un cas particulièrement surréaliste était devenu le symbole du zèle de Content ID : l’algorithme avait bloqué une vidéo de chat qui ronronnait, parce qu’il avait cru reconnaître dans la voix de l’animal des œuvres appartenant à EMI Publishing et à l’entreprise de guitares PRS.
Content ID est aussi accusé de censurer de manière indiscriminée des vidéos qui sont effectivement protégées par le droit d’auteur, mais dont les ayants droit tolèrent certaines réutilisations. C’est le cas de certains remix musicaux, mais aussi de commentaires de parties de jeux vidéo. A intervalles réguliers, des vidéos pourtant libres de droit — comme récemment, des cours mis en ligne par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) — sont aussi bloquées par le filtre automatique.
Les vidéastes peuvent contester les décisions qui leur semblent injustifiées, mais uniquement après coup. Dès lors qu’un ayant droit demande un partage de monétisation ou le blocage d’une vidéo, ceux-ci sont effectués par la plate-forme. En d’autres termes, les youtubeurs doivent agir non pas pour qu’un contenu ne soit pas supprimé, mais pour qu’il soit remis en ligne.
Des stratégies de contournement à l’autocensure
Le système Content ID est d’autant plus vécu comme injuste qu’il ne s’applique pas à tous les youtubeurs de la même manière. Les « gros » youtubeurs, qui vivent généralement de leurs vidéos et qui ont rejoint un groupement de vidéastes, appelés « networks », bénéficient d’un régime beaucoup plus clément. Mais qui devrait lui aussi disparaître à moyen terme.
D’autres tentent de déjouer la surveillance de l’outil. Eloïse Wagner est avocate spécialisée en propriété intellectuelle, et coauteure de la chaîne YouTube de vulgarisation juridique 911 Avocat. Elle raconte que, pour éviter d’être automatiquement bloqués par l’outil, des youtubeurs souhaitant utiliser des extraits d’œuvres appliquent des « recettes » dont personne ne sait si elles sont réellement efficaces. Certains « mettent des extraits musicaux de moins de trente secondes, ils modifient le volume, l’image, la réduisent, l’altèrent, par exemple en l’entourant de cadres ».
« Ces techniques sont utilisées par des vidéastes qui craignent de voir leurs vidéos supprimées, mais ironiquement, quelques-uns pensent aussi que cela leur donne une immunité juridique », explique-t-elle, faisant remarquer que des utilisateurs postent en toute illégalité des émissions de télévision, vues des dizaines, voire des centaines de milliers de fois, sans que Content ID les repère. Le fonctionnement détaillé de Content ID n’est pas public, et de nombreux vidéastes s’agacent de voir des vidéos clairement illégales rester accessibles, tandis que des vidéos se contentant de citer un extrait sont bloquées ou démonétisées. 

   


« Il y a aussi des vidéastes qui s’autocensurent, parfois », regrette Mme Wagner. Dans le milieu du jeu vidéo, la pratique est courante. Des éditeurs comme Nintendo, en effet, sont réputés être particulièrement tatillons sur les droits d’auteur. Pour ne prendre aucun risque, ils préfèrent ne pas tester certains jeux.
« Le problème, estime la créatrice de 911 Avocat, c’est qu’on a donné des pleins pouvoirs aux ayants droit. Ils imposent leurs droits : il y a un vrai déséquilibre entre eux et les vidéastes. »
Un processus « d’une totale opacité »
De leur côté, les syndicats ou représentants d’artistes nient toute utilisation excessive de Content ID. Malgré un nouveau durcissement en leur faveur des règles liées aux droits d’auteur annoncé en mai, ils jugent YouTube encore trop laxiste.
La Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem), qui a signé un accord de licence avec YouTube (elle autorise l’entreprise et ses créateurs à utiliser ses chansons, contre rémunération), reproche notamment à la plate-forme de distinguer les musiques originales des reprises.
« Ils distinguent ce qu’ils appellent les contenus musicaux et non musicaux. Ils rangent dans la seconde catégorie les reprises. Cela ne signifie pas qu’on ne perçoit pas de droits d’auteur dessus, mais on en perçoit beaucoup moins », explique David El Sayegh, le secrétaire général de la Sacem, avant d’ajouter : « C’est un processus assez complexe, et surtout, d’une totale opacité. Disons que ça dépend du bon vouloir de YouTube. »
« Dix fois plus » d’argent sur Spotify
De manière générale, la Sacem estime que YouTube ne reverse pas suffisamment d’argent aux auteurs — ce qui est aussi lié au modèle financier de YouTube, basé sur la publicité, moins rémunératrice que l’abonnement :
« Une musique vue un million de fois sur YouTube rapporte entre 80 et 100 euros à un auteur. Sur Spotify, c’est dix fois plus. »
Ce même discours est tenu par d’autres représentants d’auteurs. La Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs (Cisac), dans son rapport annuel publié en 2018, parlait des « sommes ridicules » que lui versait YouTube. En 2017, le Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP) expliquait, lui, que YouTube, « malgré ses milliards d’écoutes », ne représentait « que 2,7 % des revenus du streaming ».
« Ce n’est pas acceptable que des services comme YouTube n’aient rien ou très peu à payer aux créateurs, dont ils réutilisent et monétisent le travail pour créer leur propre business », accuse le directeur général de la Cisac, Gadi Oron.
YouTube, de son côté, se félicite d’avoir, entre 2007 et 2016, reversé 2 milliards de dollars aux ayants droit, notamment grâce à Content ID. Plus de neuf mille partenaires (diffuseurs, labels, studios de cinéma) utilisent, selon Google, cet outil pour gérer leurs contenus. Car s’ils s’en plaignent, les vidéastes comme les représentants des auteurs n’ont finalement guère le choix. La plate-forme de partage de vidéos n’a, pour le moment, pas de concurrent à sa taille et tous reconnaissent, parfois à demi-mot, avoir « besoin de YouTube », avec ou sans un système automatique qui satisfasse tout le monde.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Editorial. Le relèvement des taxes sur les exportations vers les Etats-Unis et les mesures de rétorsion des autres acteurs de l’économie mondiale risquent d’avoir de lourdes conséquences.
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La guerre commerciale est une folie

Editorial. Le relèvement des taxes sur les exportations vers les Etats-Unis et les mesures de rétorsion des autres acteurs de l’économie mondiale risquent d’avoir de lourdes conséquences.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 19h00
   





                        



   


Editorial du « Monde ». L’engrenage infernal de la guerre commerciale peut-il encore être stoppé ? Depuis que Donald Trump s’est lancé dans sa croisade pour réduire le déficit des échanges extérieurs américains, on assiste, impuissant, à un scénario aussi prévisible que dommageable pour l’économie mondiale.
Les menaces de relèvement des taxes sur les exportations vers les Etats-Unis proférées depuis des mois ont commencé à être mises à exécution, entraînant à leur tour des mesures de rétorsion, qui elles-mêmes sont sur le point de provoquer une nouvelle surenchère de la part de Washington, au mépris du droit international. Ainsi, de nouvelles sanctions sur des produits chinois pourraient être mises en œuvre dès le 6 juillet, tandis que les voitures européennes risquent prochainement de subir des taxes de 25 %.
« Les gouvernements étrangers ne peuvent pas réellement donner à Trump ce qu’il veut, parce qu’il leur demande d’arrêter de faire des choses qu’ils ne font pas vraiment. » Paul Krugman, Prix Nobel d’économie
Ce qui paraissait improbable il y a encore quelques mois est en train de se concrétiser, sans qu’on puisse à ce stade identifier ce qui pourrait ramener M. Trump à la raison. Pourtant, toute une série de voyants commence à clignoter. Les marchés financiers sont de plus en plus nerveux. Il y a quelques jours, le président de la banque centrale américaine, Jerome Powell, a alerté sur le fait que les entreprises envisagent de reporter investissements et embauches. Alors qu’un tiers des terres cultivées aux Etats-Unis sont destinées à produire pour l’exportation, les agriculteurs américains, qui ont pourtant voté en masse pour M. Trump, craignent de devenir les victimes collatérales de ses foucades protectionnistes.
Contrairement à ce que le président américain affirme, il n’y aura pas de vainqueur dans cet affrontement, comme l’anticipe la note publiée le 3 juillet par le Conseil d’analyse économique, qui parle d’« avis de tempête sur le commerce international ». Plusieurs scénarios sont envisagés, dont celui d’une « guerre commerciale totale », qui entraînerait pour les Etats-Unis, la Chine et l’UE un recul de 3 à 4 points de leur PIB. Les échanges entre la France et le reste du monde, hors UE, s’effondreraient de 42 %, avec un impact qui serait comparable à celui de la crise de 2008.

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La situation est d’autant plus grave qu’elle échappe à toute rationalité. Comme le résume le Prix Nobel d’économie, l’Américain Paul Krugman, « les gouvernements étrangers ne peuvent pas réellement donner à Trump ce qu’il veut, parce qu‘il leur demande d’arrêter de faire des choses qu’ils ne font pas vraiment ». En fait, le constat du président américain, basé sur des calculs de politique intérieure, est erroné. Si les Etats-Unis accusent un déficit avec la plupart de leurs partenaires commerciaux, c’est parce que les Américains n’épargnent pas assez et vivent au-dessus de leurs moyens. De ce point de vue, la réforme fiscale récemment adoptée par le Congrès, en creusant dangereusement le déficit budgétaire, ne peut qu’amplifier le phénomène.
Dresser des herses aux frontières n’améliorera rien et risque au contraire de provoquer une réaction en chaîne inéluctable. L’augmentation des droits de douane va nourrir l’inflation, que la Réserve fédérale sera obligée de juguler en accélérant le relèvement de ses taux d’intérêt, ce qui aboutira à faire chuter l’investissement et la ­consommation. De façon irresponsable, Washington met en danger l’économie mondiale. Si le point de non-retour n’est pas encore atteint, il n’a jamais été aussi proche. La mauvaise nouvelle est que le seul qui puisse arrêter cette folie est le ­président des Etats-Unis le plus imprévi­sible de l’Histoire.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ La Seleçao affronte la Belgique vendredi à 20 heures pour une place en demi-finale sans son précieux milieu de terrain, suspendu pour l’occasion.
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Coupe du monde 2018 : l’absence de l’indispensable Casemiro inquiète le Brésil

La Seleçao affronte la Belgique vendredi à 20 heures pour une place en demi-finale sans son précieux milieu de terrain, suspendu pour l’occasion.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 17h56
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 20h33
    |

            Luc Vinogradoff








                        



   


Heureusement qu’il y a eu certains footballeurs pour occuper l’espace médiatique dans les jours précédant les quarts de finale de cette Coupe du monde, que ce soit par leur propension à tomber par terre (Neymar), leur blessure et possible forfait pour un des matchs le plus important de leur vie (Cavani) ou leur possible absence à cause d’une naissance imminente (le Suédois Granqvist).
Un autre joueur, bien plus discret dans les médias, sera absent pour cause d’accumulation de cartons jaunes. Un événement banal dans le football qui attire forcément moins l’attention, mais qui pourrait bien être un des tournants à ce stade de la compétition, tant Carlos Henrique Casimiro, dit « Casemiro », est un rouage essentiel de la sélection brésilienne.
Le milieu défensif du Real Madrid appartient à cette catégorie de joueurs que l’on remarque surtout quand ils sont absents. Et cela sera le cas, ce samedi 6 juillet, à 20 heures, face à la Belgique en quart de finale du Mondial. Même si Casemiro est remplacé numériquement par Fernandinho – titulaire avec les champions d’Angleterre de Manchester City, quand même – les Brésiliens risquent de passer par une période de dérèglement en l’absence de leur sentinelle. En effet, Casemiro est la clé de voûte de l’architecture tactique du Brésil, telle que l’a imaginée Tite, le sélectionneur qui reprit en mains les décombres de la Seleçao après l’humiliation contre l’Allemagne en 2014.
Zinédine Zidane : « Ça ne devrait plus surprendre personne »

   


La régénération de la sélection est passée par un meilleur « équilibre », un mot qui revient sans cesse dans les réponses du sélectionneur brésilien devant la presse. Le mot pourrait désigner une meilleure répartition de l’effort entre attaquants et défenseurs, un sacrifice individuel sur l’autel du collectif. En réalité, « équilibre » est presque un synonyme pour Casemiro dans la bouche de Tite. « Son travail est fondamental dans l’aspect défensif, mais aussi pour sortir la balle. Il domine toutes les facettes du jeu. (…) Même dans le vestiaire, il a une vision périphérique », a dit de lui son entraîneur.
C’est lui qui assure sans cesse la stabilité entre les lignes arrière et celles de l’attaque, qui organise les sorties de balle, crée furtivement des espaces et rehausse non seulement les qualités de l’équipe, mais également le rendement offensif de ses coéquipiers. Il réalise pour Neymar et Coutinho ce qu’il fait pour Cristiano Ronaldo et Isco avec le Real Madrid depuis 2016, quand l’entraîneur encore néophyte Zinédine Zidane l’a immédiatement placé devant la défense. Là aussi, le mot qui revient dans la bouche du Français quand il parle de Casemiro est « équilibre » : « Il assure cet équilibre entre la défense et l’attaque. Ça ne devrait plus surprendre personne. »
« Il m’a fait comprendre la fonction d’un milieu défensif », dit de lui le Brésilien, après trois Ligue des champions consécutives et une métamorphose quasi achevée en un Sergio Busquets brésilien, avec des qualités physiques supérieures mais sans (encore) la roublardise de la légende de l’Espagnol.
Invaincu sur ses derniers matchs avec le Brésil

   


Le milieu défensif est le garant de « la sortie de balle soutenue », un des préceptes tactiques de Tite. Il consiste à avoir au moins trois défenseurs derrière la balle dans les phases offensives : les deux défenseurs centraux et Casemiro, ce qui permet aux sept autres joueurs, dont les deux latéraux, d’être plus offensifs. A charge pour les trois derrière, et surtout à Casemiro, d’empêcher les contre-attaques et de proposer des solutions de passe en arrière.
Le magazine brésilien Epoca a calculé que Casemiro a été le joueur brésilien à avoir parcouru le plus de terrain (10,4 km) et le quatrième avoir le plus couru balle au pied (3,4 km) contre le Mexique. « Voilà l’importance de Casemiro dans le schéma tactique, résume Epoca. C’est l’athlète qui court le plus quand l’équipe n’a pas le ballon. »
Depuis le début du Mondial, le Brésil n’a encaissé qu’un seul but, sur cinq tirs cadrés, en quatre matchs. Il serait injuste de mettre cette statistique impressionnante uniquement à l’actif de Casemiro, et il serait tout aussi absurde de ne pas y voir son rôle prédominant.
Cette solidité défensive est née juste après le fiasco de Belo Horizonte, précisément quand la défense brésilienne avait atteint son nadir. Pour son premier match depuis l’élimination face à l’Allemagne, en novembre 2014, le Brésil battait la Turquie (4-0) en amical. Pour sa sixième sélection, Casemiro débutait devant la défense. Il ne quittera plus le poste, et pour ses vingt-deux prochains matchs, il ne perdra jamais (17 victoires et 5 nuls). Contre la Belgique, son pays devra s’en passer, en espérant que l’équilibre qu’il incarne a imprégné le collectif.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Leur souffrance augmente à mesure que le territoire français est de mieux en mieux couvert en réseau téléphonique. Ils demandent l’instauration d’une « zone blanche » où vivre à l’abri des ondes.
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édition abonné


Le calvaire de l’électrohypersensibilité

Leur souffrance augmente à mesure que le territoire français est de mieux en mieux couvert en réseau téléphonique. Ils demandent l’instauration d’une « zone blanche » où vivre à l’abri des ondes.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 08h33
    |

                            Hubert Prolongeau








                        



                                


                            

Chez les époux Hulmel, c’est presque un rituel. Tous les matins, Jacques, le mari, sort de la ferme où il habite seul à Chollet, un lieu-dit de Charente-Maritime, et marche à travers le pré vers la caravane de sa femme, Odile. Il lui détaille les infos du jour, évoque la grève de la SNCF ou la Corée du Nord… « Y a rien d’autre ? » demande-t-elle, malicieuse. Alors, il lui donne des nouvelles du « royal baby », et elle sourit. « J’ai besoin de futile… »
Depuis deux ans et demi, cette femme de 59 ans doit vivre à distance de sa maison, cette grosse bâtisse qu’elle aperçoit au loin, en levant les yeux. Considérée comme une électrohypersensible (EHS), elle ne supporte plus la moindre onde électromagnétique. Portable, Wi-Fi, pile de montre… Tout provoque en elle d’insupportables maux de têtes, nausées, chutes de tension. Impossible, également, d’écouter la radio. Le parc à vaches dans lequel son voisin lui a permis de s’installer – après avoir remplacé la clôture électrifiée par de bons vieux barbelés – est devenu son « chez elle » et sa prison.
Son intolérance s’est révélée progressivement à partir de 2012. Il y a d’abord eu ce voyage en train, un Paris-Poitiers au cours duquel elle a été prise de nausées ; puis un parcours en voiture où elle a cru que sa tête explosait quand trois passagers ont sorti leurs portables en même temps… Depuis, cela n’a fait que s’aggraver. Odile se dit même allergique au simple courant électrique de 50 hertz.
Qui les écoute, tous ceux qui, victimes de la folie technologique, se trouvent ainsi condamnés à la réclusion ?
Elle n’est pas la seule ? Non. Mais qui l’écoute ? Qui les écoute, tous ceux qui, victimes de la folie technologique, se trouvent ainsi condamnés à la réclusion ? Des histoires comme la sienne, il y en a des dizaines, et beaucoup ont déjà été médiatisées : ces deux femmes contraintes de vivre pendant trois ans dans une grotte du Vercors ; Philippe Tribaudeau, président...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Après la mort d’un jeune homme de 22 ans, abattu lors d’un contrôle policier, les violences ont encore secoué plusieurs quartiers de Nantes mercredi soir.
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Jeune tué à Nantes : le policier auteur du tir mortel placé en garde à vue

Après la mort d’un jeune homme de 22 ans, abattu lors d’un contrôle policier, les violences ont encore secoué plusieurs quartiers de Nantes mercredi soir.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 17h36
    |

                            Anne-Hélène Dorison (Nantes (correspondance)








                        


Après la mort d’un jeune homme de 22 ans tué par un policier, à Nantes, mardi 3 juillet au soir, l’enquête se poursuit. Le procureur de la République de Nantes Pierre Sennès a annoncé, jeudi 5 juillet, que « le fonctionnaire de police qui a fait usage de son arme de service et causé le décès de la victime a[vait] été placé en garde à vue ce jour à 12 h 40 par l’IGPN du chef de violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entrainé la mort sans intention de la donner ».
L’enquête, menée dans un contexte hautement sensible, prend des airs de course contre la montre. De nouvelles tensions ont violemment secoué plusieurs quartiers nantais dans la nuit de mercredi à jeudi, donnant lieu à 19 interpellations – dont 11 ont abouti à des gardes à vue –, essentiellement dans le quartier du Breil, parmi lesquelles celles de quatre mineurs. Deux jours après la mort d’Aboubakar F., deux versions s’affrontent toujours sur le déroulé des faits.
Il est 20 h 30, mardi, quand un équipage de six CRS de la compagnie 17 de Bergerac croise la route de la Nissan de location que conduit d’Aboubakar F. et lui demande de s’arrêter. Le conducteur coupe le moteur et tend des papiers aux fonctionnaires. Il ne dispose pas de document d’identité et se présente sous un faux nom. Un CRS appelle le commissariat pour vérifications. Il est alors décidé de l’y conduire. C’est à cet instant que « le conducteur, semble-t-il, a cherché à se soustraire de ce contrôle en opérant à vive allure une marche arrière », a indiqué Pierre Sennès, mercredi.
« Tir à bout portant »
Dans la manœuvre, la Nissan percute une Renault Mégane stationnée à proximité. Un des CRS a suivi sa progression. Son Sig Sauer à la main, il se « positionne à proximité de la place du conducteur » et fait feu « à une seule reprise », selon le procureur de la République. Aboubakar F. est touché au niveau du cou. Le tir provoque sa « mort dans un bref délai ».
Le déroulé de la scène qui précède le drame ne semble pas souffrir de contestation. Mais les circonstances entourant le tir mortel, elles, posent question. Mardi soir, des sources policières ont fait état d’un CRS blessé aux genoux par le véhicule et ont évoqué la présence d’enfants, qui se seraient trouvés « en danger », derrière la Nissan. Le policier aurait donc tiré alors qu’il se trouvait en état de « légitime défense », selon les syndicats.

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Dans la cité, où le mot « bavure » a rapidement noirci certains murs, des habitants témoins de la scène affirment le contraire. Selon eux, en effet, personne ne se trouvait derrière la voiture au moment où elle a reculé. « C’était un tir à bout portant », répète Jordan, un ami d’Aboubakar F. « Il est mort gratuitement. Comme un chien. On en veut beaucoup à la police. » « Il n’était ni armé ni violent. Pourquoi a-t-il été tué ? On veut la vérité, et vite ! », lance un autre jeune homme, qui cherche, comme d’autres dans la cité, à collecter le maximum de témoignages dans le quartier pour « contredire la version livrée par la police ».
Des vidéos filmées par des habitants ont ainsi été rapidement diffusées, sur les réseaux sociaux notamment. Sur les images, on peut voir le début du contrôle, qui semble se dérouler dans le calme. Mais le film est interrompu avant la scène, cruciale, du coup de feu.
De leur côté, les enquêteurs couraient, eux aussi, après les témoignages mercredi. Le service régional de police judiciaire et l’inspection générale de la police nationale (IGPN) ont notamment lancé un appel à témoins, invitant « toute personne susceptible de fournir des informations » à les contacter au plus vite. Les nombreuses auditions menées et les investigations effectuées visent notamment à déterminer dans « quelles circonstances le policier a été amené à faire usage de son arme de service » et à établir si cet usage est « conforme aux dispositions légales », selon les mots du procureur. Tous ont été entendus mercredi par l’IGPN. Un témoin, dont le récit serait très éclairant, s’est également présenté, en fin d’après-midi, au commissariat central de Nantes.
« On ne tue pas pour un contrôle »
Mercredi dans la journée, tandis que les autorités rappellent qu’Aboubakar F., originaire de Garge-lès-Gonesse dans le Val-d’Oise, faisait l’objet d’un mandat d’arrêt délivré en juin 2017 par un juge d’instruction de Créteil, des chefs de vol en bande organisée, recel et association de malfaiteurs, de nombreux amis du défunt brossent le portrait d’un jeune homme « souriant et intelligent », « qui ne cherchait pas les problèmes ». Ici, beaucoup connaissaient « le Loup », son surnom.
Dans le quartier, la colère le dispute au chagrin. « Quoi qu’il se soit passé, la mort de ce jeune homme est inacceptable. On ne tue pas pour un contrôle », souffle une mère de famille, en séchant ses larmes. Un peu plus loin, des grands frères cherchent à convaincre les plus jeunes de « stopper la casse ». « Tout cela ne nous ramènera pas Abou, répète l’un d’eux. Il faut nous montrer intelligents et réfléchir. Bien sûr qu’on ira jusqu’au bout. Mais on doit s’organiser. »

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Leurs efforts et l’appel au calme, lancé par la famille de la victime, par la voix de son avocat, Me Antonin Péchard, ne semblent pas avoir été entendus par tous. De nouvelles tensions ont éclaté dans le quartier du Breil, dans la soirée de mercredi. Autour des lieux du drame, où des bouquets de fleurs ont été déposés, les tirs de gaz lacrymogène répondent alors aux insultes et aux jets de projectiles. Un tir de 22 long rifle aurait également visé un policier, et atteint son casque, sans le blesser. Sous les regards inquiets de nombreux habitants penchés aux fenêtres des immeubles, plusieurs groupes de jeunes gens font alors face aux forces de l’ordre, venues en nombre sécuriser les lieux.
Plus tard dans la nuit, de nombreux autres incidents se sont produits dans différents quartiers nantais, où les forces de l’ordre étaient très mobilisées. A Malakoff, à Bellevue et aux Dervallières, des jeunes gens ont positionné des voitures en travers de la route, avant de les incendier. Plusieurs bâtiments ont également été visés. « Ce spectacle est désolant », soupire un habitant, qui n’a toujours pas trouvé le sommeil, à 2 heures du matin. « Et je crains que ce ne soit pas terminé… »
Les pompiers comptabilisent déjà plus d’une centaine d’interventions. Alors que la ville connaissait un réveil difficile, jeudi, des habitants et proches du défunt invitent à une marche blanche, au Breil, à 18 heures, « en mémoire d’Aboubakar ».

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Emmanuel Macron et sa majorité s’attendent à être attaqués sur la question migratoire par tous les autres partis. Sans éluder le sujet, LRM ne veut pas se laisser enfermer.
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Les migrants, thème déjà central des élections européennes

Emmanuel Macron et sa majorité s’attendent à être attaqués sur la question migratoire par tous les autres partis. Sans éluder le sujet, LRM ne veut pas se laisser enfermer.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 19h04
    |

            Cédric Pietralunga et 
Alexandre Lemarié








                        



                                


                            
Début juin, la Macronie bombait le torse en se projetant vers les élections européennes. A entendre les dirigeants de La République en marche (LRM), la campagne du scrutin de mai 2019 allait inévitablement leur être favorable. Face à une majorité unie derrière le discours pro-européen d’Emmanuel Macron, les partis traditionnels comme Les Républicains (LR) et le Parti socialiste allaient afficher leurs divergences internes.
Las ! Un mois plus tard, le paysage s’est brusquement assombri pour LRM. L’émergence, voire l’arrivée au pouvoir, de mouvements populistes en Europe (en Italie, en Allemagne…) et la crise au sein de l’Union européenne autour du dossier des migrants a installé cette thématique au cœur de l’actualité. Au point d’en faire, à coup sûr, l’un des sujets majeurs – si ce n’est la problématique centrale – de la prochaine campagne des européennes.
De quoi fournir au Rassemblement national (ex-Front national) et à LR un axe de campagne tout trouvé. Alors que les formations d’extrême droite et de droite ont déjà prévu d’afficher leur fermeté sur la question migratoire, LRM, elle, risque de se retrouver sur la défensive. Comment tenir un discours pro-européen, global, sur plusieurs thématiques, sans tomber dans le piège de ses adversaires qui vont tenter de réduire la campagne à ce seul sujet, dans l’espoir de tirer profit du rejet de l’immigration dans une partie de l’opinion ?
Il faut se préparer, quoi qu’il arrive d’ici au scrutin
« La campagne européenne est toujours une campagne difficile. Il est plus facile de porter un discours antimigrants, antieuropéen, que de défendre le projet européen dans sa globalité », observe le délégué général de LRM, Christophe Castaner, convaincu que cette élection se jouera « non pas entre la droite et la gauche » mais entre « les populistes, les démagogues et les progressistes ». 
Dans l’entourage d’Emmanuel Macron, on veut croire que les choses ne sont pas encore figées....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Le champion olympique de Rio, devenu professionnel, a vu sa suspension d’un an avec sursis alourdie jeudi par l’Agence française de lutte contre le dopage.
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Boxe : Tony Yoka suspendu un an ferme pour ses infractions aux règles antidopage

Le champion olympique de Rio, devenu professionnel, a vu sa suspension d’un an avec sursis alourdie jeudi par l’Agence française de lutte contre le dopage.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 17h41
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 18h39
    |

            Clément Guillou








                        



   


Un an ferme. L’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) a imposé une lourde sanction au champion olympique de boxe Tony Yoka, coupable de trois absences à des contrôles inopinés en moins d’un an, a annoncé l’avocat du boxeur, jeudi 5 juillet, à l’Agence France-Presse.
L’AFLD a logiquement réformé la décision de la commission antidopage de la Fédération française de boxe, qui n’avait infligé qu’un an de suspension avec sursis à son champion. Le sursis n’existe pas dans le code mondial antidopage hormis dans un cas rare d’aide à l’enquête.
L’AFLD « sanctionne sévèrement ce qu’elle reconnaît elle-même n’être qu’une négligence administrative », a regretté l’avocat Arnaud Péricard, précisant qu’il demanderait en urgence la suspension de la peine devant le Conseil d’Etat, qui se prononcera aussi sur le fond de l’affaire. « C’est une décision décevante au regard des circonstances particulières de l’affaire, des remords exprimés par Tony et de sa bonne foi, a poursuivi l’avocat. Elle oublie deux principes fondamentaux du droit français, la non-automaticité des sanctions et le respect du principe de proportionnalité. »
Coup d’arrêt dans la carrière de Yoka
Cette suspension constitue un grand coup d’arrêt dans la carrière professionnelle de Tony Yoka, qui avait signé avec Vivendi un contrat mirifique sur quatre ans en capitalisant sur son titre olympique des super-lourds obtenu à Rio en 2016. A la clé, selon nos informations : 1 million d’euros à la signature et près de 250 000 euros par combat sur quatre ans. L’objectif était de devenir le premier Français champion du monde professionnel des poids lourds.
Suspendu, Yoka, 25 ans, ne pourra plus boxer sous l’égide de la Fédération française mais pourrait boxer à l’étranger, avec une fédération professionnelle ne reconnaissant pas la législation mondiale antidopage.
« On me parle de boxer à l’étranger, mais moi, ça ne m’intéresse pas », avait balayé Tony Yoka le 29 mars sur Infosport +, lors de sa première interview suivant l’annonce de ses trois no-shows (non-présentations). « J’ai toujours dit que je voulais boxer dans mon pays, apporter la première ceinture de champion du monde poids lourds ici. »
Tony Yoka a remporté ses cinq premiers combats professionnels contre des adversaires sans référence au niveau international. Le dernier était l’Anglais David Allen, à la fin de juin, par arrêt de l’arbitre à la 10e reprise.
Le boxeur plaide la négligence
Depuis le début de l’affaire, le Français plaide la négligence. En juillet 2016, septembre 2016 et mars 2017, il n’était pas à l’endroit qu’il avait indiqué et où se sont rendus des contrôleurs antidopage.
Après sa victoire aux Jeux avec sa compagne, Estelle Mossely, elle aussi championne olympique, « on était sur notre nuage, a-t-il raconté. On a pris six mois de vacances sans entraînement, on n’a pas pensé à faire la localisation antidopage ». Le no-show de juillet 2016, juste avant les Jeux olympiques, correspondrait quant à lui à un jour où Yoka était dans un avion de retour des Etats-Unis avec l’équipe de France.
« Il y a eu de la négligence de ma part, surtout après les JO, a dit Yoka, reconnaissant une faute professionnelle. Mais il ne s’agit pas d’une affaire de dopage. Il n’y a jamais eu un quelconque médicament de pris. »
Dans l’univers français de la boxe, on souligne que son entourage a davantage été soucieux de négocier un bon contrat et de faire de Tony Yoka un objet marketing, que de surveiller sa rigueur dans la localisation, alors qu’il était sous la menace d’un troisième no-show.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Membre historique du Front national, Sophie Montel avait quitté le parti de Marine Le Pen en septembre 2017 avec Florian Philippot, devenant la numéro deux de son nouveau parti politique.
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Sophie Montel claque la porte des Patriotes de Florian Philippot

Membre historique du Front national, Sophie Montel avait quitté le parti de Marine Le Pen en septembre 2017 avec Florian Philippot, devenant la numéro deux de son nouveau parti politique.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 19h02
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 20h44
   





                        



   


Le vaudeville philippotiste entame son deuxième acte. Les trois coups théâtraux ont été frappés avec entrain par une très proche de Florian Philippot, Sophie Montel, jeudi 5 juillet. Après avoir quitté le Front national avec semonce et fracas en septembre 2017, l’eurodéputée claque cette fois la porte des Patriotes, la formation lancée par l’ancien bras droit de Marine Le Pen, qu’elle avait suivi. Sophie Montel, proche de l’ancien numéro deux du Front national devenu Rassemblement national, fait sécession dans la scission.

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Avec le « franc-parler » qui la caractérise, celle qui faisait office de numéro deux des Patriotes a annoncé son départ dans un communiqué assassin publié jeudi. « Je refuse de cautionner les mêmes dérives au sein de ma nouvelle formation » écrit-elle. A savoir : « La gouvernance des Patriotes qui fait que tout est décidé à trois ou quatre. Peut-être a-t-il calqué ça du Front, confie au Monde cette fidèle historique de Jean-Marie Le Pen, qui a passé plus de trente ans au FN. Florian fait fausse route, il part en torche et tout le monde le maintient dans sa bulle. Quel gâchis. » 
Dans son communiqué, elle malmène celui qu’elle qualifiait naguère d’« espoir politique », lui reprochant sa « divine solitude » et taclant son entourage, quatre noms à l’appui – son frère Damien Philippot, son directeur de cabinet Joffrey Bollée, son attachée de presse Ferial Mostefai et l’acteur Franck de Lapersonne. Au cours d’un déjeuner partagé avec Florian Philippot mercredi, elle affirme même lui avoir demandé la tête du comédien : « Il m’a dit qu’il apportait plus aux Patriotes que Sophie Montel », à la troisième personne. Même causes, mêmes effets, poursuit la députée européenne : la rupture… et les mots durs.
Depuis son départ du parti d’extrême droite, Sophie Montel ne ratait pas une occasion d’écorner l’image de Marine Le Pen. En février à Arras (Pas-de-Calais), lors du congrès de lancement des Patriotes, elle avait notamment parodié son ancienne patronne sous les vivats de l’assistance, l’affublant du sobriquet « Miss 3 mai » 2017, date du désastreux débat d’entre-deux-tours.
L’isolement de Florian Philippot s’accentue donc avec son départ, mais avait déjà été lourdement sanctionné dans les urnes en janvier. Aux législatives de Belfort, ses Patriotes avaient récolté à peine 2 % des voix, avec pourtant en tête d’affiche Sophie Montel, encore elle, et alors vice-présidente du mouvement. L’ancien numéro deux du FN est également isolé sur sa position en faveur du « Frexit ». Une « obsession », selon les responsables du désormais Rassemblement national, qui l’avait amené jusqu’au divorce – d’un commun accord – avec son parti d’alors.

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Evoquant « Frexit », « reprise de la souveraineté » et « continuité historique de notre peuple » dans son communiqué, Sophie Montel ne part une nouvelle fois pas par conviction, mais pour la « méthode » Philippot, après avoir dénoncé celle du clan Le Pen.
« La France n’a besoin ni de fête foraine avec Franck de Lapersonne, ni de Geneviève de Fontenay », ajoute-t-elle au Monde. Référence à une conférence de presse de Florian Philippot avec l’ex-madame Miss France… dont Geneviève de Fontenay s’était elle-même désolidarisée, s’affirmant « choquée » d’être associée à l’extrême droite dans les médias et sur les réseaux sociaux pour s’être affichée avec l’ancien conseiller de Marine Le Pen.
Mme Montel conclut par un nouveau débinage : « J’ai d’autres occupations dans la vie que des barbecues avec Franck de Lapersonne. » Un mandat au Parlement européen et, surtout, un livre en préparation sur Marine Le Pen, auquel elle pourra donc ajouter un chapitre.
Les Patriotes ont répliqué par un communiqué prenant acte de son départ. « Sans grande surprise, Les Patriotes ont reçu la démission de Sophie Montel qui s’était, il est vrai, largement désinvestie ces derniers temps des instances du mouvement et des activités militantes. » Sans emphase, mais avec le coup de patte désormais réglementaire. Le téléphone de Florian Philippot, lui, sonnait dans le vide.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ A la recherche d’économies, Matignon a commencé à négocier avec les ministères. Un exercice périlleux.
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Budget 2019  : l’été brûlant de l’exécutif

A la recherche d’économies, Matignon a commencé à négocier avec les ministères. Un exercice périlleux.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 11h50
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 06h38
    |

            Sarah Belouezzane et 
Audrey Tonnelier








                        



                                


                            

Il y a un an, l’accouchement avait eu lieu dans le bruit et la fureur. Cette année, tout se fait en catimini et en chuchotements dans les coursives des ministères. Ce calme apparent cache toutefois un travail effectué dans la douleur pour élaborer un budget 2019 en phase avec la politique d’Emmanuel Macron, an II.
Traditionnels à cette période de l’année, les entretiens de cadrage budgétaire, objets de négociations tendues entre le premier ministre, Edouard Philippe, et chacun des membres du gouvernement, ont traîné en longueur. Au point de décaler de quelques jours les entretiens d’évaluations des ministres, autre priorité pour Matignon, qui ont débuté seulement mardi 3 juillet.

Les arbitrages litigieux de crédits seront-ils tous réglés au moment du débat d’orientation des finances publiques, prévu à partir du 10 juillet à l’Assemblée nationale, et prélude à l’envoi des lettres-plafonds dans chaque ministère ? Rien n’est moins sûr. « Quinze jours, trois semaines, quelle importance ? », s’agace-t-on à Matignon. « On se donne le temps, il n’y a pas le feu au lac », philosophe une source au sein de l’exécutif.
Exercice nettement plus périlleux
Vraiment ? En 2017, le premier projet de loi de finances (PLF) du quinquennat avait été dessiné en contrepoint de celui de la précédente majorité. Matignon avait demandé à la Cour des comptes un grand audit des finances publiques. Celle-ci avait conclu à un budget « manifestement entaché d’insincérité » et comportant des « sous-budgétisations » notoires.
De quoi ouvrir la voie à une reprise en main, parfois brutale, des finances publiques par le nouvel exécutif : baisse de 5 euros des APL, coupe de 850 millions d’euros dans le budget de la défense. Devant le tollé provoqué par ces décisions, les membres du gouvernement l’avaient juré : il n’y aurait plus de coups de rabot, la politique budgétaire du quinquennat serait à la fois cohérente et lisible.
Une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Après l’économiste Liêm Hoang Ngoc, Sarah Soilihi, l’une des responsables marseillaises du parti, se retire de la liste pour le scrutin de mai 2019.
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Européennes : premières dissensions à La France insoumise

Après l’économiste Liêm Hoang Ngoc, Sarah Soilihi, l’une des responsables marseillaises du parti, se retire de la liste pour le scrutin de mai 2019.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 16h51
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 17h15
    |

            Abel Mestre








                        



   


Ce sont les premières lézardes qui apparaissent à La France insoumise (LFI). La publication, mercredi 4 juillet, de la liste ordonnancée de 66 noms − une liste de 33 noms de femmes, une autre d’autant d’hommes et treize places réservées pour des « candidatures d’ouverture » − en vue des élections européennes de mai 2019 suscite plusieurs contestations.
Dès lundi, les « socialistes insoumis », emmenés par l’économiste et ancien du PS Liêm Hoang Ngoc, ont décidé de « suspendre » leur participation au mouvement populiste de gauche. En cause : « La mise à l’écart de Liêm Hoang Ngoc, rapporteur sur la “troïka” au Parlement européen en 2014, dont chacun s’accorde à dire qu’il est la plus forte voix de La France insoumise pour porter ces propositions. » Un choix qualifié de « grossière erreur politique ».

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Le lendemain, un ancien membre du comité électoral, Lilian Guelfi, dénonçait dans un entretien à Libération « un travail malsain », une « suspicion » généralisée. Le jeune militant évoquait aussi « une manipulation sciemment orchestrée ». « J’ai très vite déchanté en voyant que tout était en réalité déjà verrouillé par la direction au profit de petits arrangements entre amis et partis qui disposaient à l’avance de positions éligibles. Une liste de noms de membres du Parti de gauche à défendre nous a été transmise par une membre de la direction », a-t-il expliqué.
Les accusations visent nommément Manuel Bompard, chef d’orchestre de La France insoumise : « Je déplore que Manuel Bompard, le “chef” du mouvement, soit membre du comité électoral et en tienne la barre. Etant lui-même candidat, il est à la fois juge et partie. Cela pose un vrai problème d’indépendance du comité », assénait M. Guelfi.
« Quand on sort 66 noms sur 650 proposés, forcément cela génère des déceptions », estime Manuel Bompard
Le même jour, la Marseillaise Sarah Soilihi, l’une des « oratrices nationales » (équivalent de porte-parole), annonçait dans un message Facebook qu’elle retirait sa candidature. « Je regrette les polémiques qui se font autour du comité électoral de désignation de notre liste pour les élections européennes. En ce qui me concerne, au vu de la situation actuelle, je préfère retirer ma candidature tout en restant fidèle à mes valeurs, à La France insoumise et à ses militants en particulier marseillais (es) », écrit, sur le réseau social, la doctorante en droit et championne de kickboxing, qui avait été candidate de LFI aux législatives de juin 2017 dans la 3e circonscription des Bouches-du-Rhône, à Marseille. Occupant la neuvième place de la liste des femmes pour les européennes, elle aurait été au mieux en dix-huitième position dans la liste définitive, ce qui rendait difficile son élection au Parlement de Strasbourg.

   


« Quand on sort 66 noms sur 650 proposés, forcément cela génère des déceptions, estime Manuel Bompard, qui écarte tout favoritisme ou verrouillage. Lilian Guelfi a refusé de signer le rapport du comité, mais à aucun moment, il n’a émis une opposition pendant les discussions. » M. Bompard insiste également sur la « diversité sociale » de la liste LFI en prenant comme exemple Anne-Sophie Pelletier, 42 ans, aide médico-psychologique auprès de personnes âgées et syndicaliste, et Bernard Borgialli, 46 ans, cheminot, syndicaliste, un des leaders de la grève des cheminots à Marseille. Tous deux en position éligible.
Des tensions qui tombent mal
« On a eu près de 700 candidatures, c’est énorme, abonde Adrien Quatennens, député du Nord. On fait voter des militants tirés au sort, certains veulent se valoriser, c’est normal que cela arrive puisqu’on a pris du poids. » Mathilde Panot, députée du Val-de-Marne, relativise également : « Ce sont des problèmes d’ego. Deux personnes sont déçues, elles font une sorte de chantage… »
Si ces dissensions ne semblent pas à même de perturber durablement la campagne européenne des « insoumis », elles tombent cependant au plus mal. LFI voulait être en ordre de bataille dès l’été pour occuper le terrain, alors que ses adversaires sont loin d’être au même stade de préparation : les socialistes cherchent toujours une tête de liste, Génération. s et Europe Ecologie-Les Verts n’en finissent pas de se quereller pour savoir qui incarne l’écologie politique. De son côté, Jean-Luc Mélenchon travaille à élargir et à consolider son alliance avec d’autres mouvements européens dans le cadre du manifeste « Maintenant le peuple ».
Surtout, LFI était très fière de son processus de désignation. Le comité électoral qui décide de la liste est, pour 60 % de ses membres, tiré au sort. Et ce sont les militants qui ont le dernier mot puisqu’ils votent sur la proposition du comité. « Notre processus est transparent et innovant. Il n’y a pas beaucoup d’organisations qui ont un fonctionnement équivalent », souligne M. Bompard, qui l’assure : la démocratie sera respectée. Et si le vote des militants s’avérait négatif (les « insoumis » ont jusqu’au 20 juillet pour se prononcer), le comité électoral reverrait sa copie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Quel est le jour et l’heure de la publication des résultats du bac S, ES, L, techno et pro dans les académies de Versailles, Reims, Montpellier, Guyane, etc. ? Voici tout ce qu’il faut savoir.
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Résultats bac 2018 : dates et horaires de publication, académie par académie

Quel est le jour et l’heure de la publication des résultats du bac S, ES, L, techno et pro dans les académies de Versailles, Reims, Montpellier, Guyane, etc. ? Voici tout ce qu’il faut savoir.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 12h10
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 12h12
   





                        



   


Les résultats du bac 2018 seront, dans presque toutes les académies, publiés vendredi 6 juillet dans la matinée, mais à des horaires différents. Certaines prévoient également de les afficher dans les lycées avant qu’ils soient consultables sur leur site Internet, ou à des heures qui varient selon la filière du baccalauréat (bac général S, ES ou L, bac technologique et bac professionnel). Nous publions les horaires détaillés par académie, classées par ordre alphabétique, ci-dessous.
A savoir : Le Monde Campus organise une journée de direct pour suivre la publication des résultats du bac dans chaque académie, vendredi, avec également deux tchats, sur le niveau de l’examen et sur Parcoursup et l’orientation postbac. A retrouver sur www.lemonde.fr/bac.
Obtiendra-t-on plus tôt les résultats sur place ou sur Internet ? Les résultats de tous les candidats apparaissent-ils en ligne ? Est-il nécessaire que le candidat se rende dans son centre de délibération vendredi 6 juillet ? Les réponses à ces questions sont à retrouver dans cet article :

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                Résultats bac 2018 : à quelle date, heure et lieu est prévue leur publication ?



Quant aux élèves de première qui ont passé les épreuves anticipées du bac (travaux pratiques encadrés, écrit et oral du bac français, et pour les ES et L, l’épreuve de sciences, ils trouveront le jour et l’heure de publication de leurs notes ici :

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Voici les jours et les heures de publication des résultats du bac 2018 dans chaque académie :
Académie d’Aix-Marseille : affichage des résultats le 6 juillet à partir de 8 heures (horaires définis par les établissements). Publication en ligne à partir de 10 heures.
Académie d’Amiens : le 6 juillet à 10 heures.
Académie de Besançon : le 6 juillet, à 9 heures pour le baccalauréat professionnel, 10 heures pour le baccalauréat général et 11 heures pour le baccalauréat technologique.
Académie de Bordeaux : le 6 juillet à partir de 10 heures pour toutes les filières.
Académie de Caen : le 6 juillet à partir de 10 heures pour toutes les filières.
Académie de Créteil : le 6 juillet à 10 heures pour toutes les filières.
Académie de Dijon : le 6 juillet à 9 heures pour toutes les filières.
Académie de Grenoble : le 6 juillet à 9 heures pour toutes les filières.
Académie de Guadeloupe : le 6 juillet à 8 h 30 pour toutes les filières.
Académie de Guyane : les résultats pour les filières générale et technologique ont été publiés le 29 juin : retrouvez-les sur le site de l’académie de Guyane. Ceux du bac professionnel étaient prévus jeudi 5 juillet à 14 heures.
Académie de La Réunion : le 6 juillet à 8 heures pour le baccalauréat général et technologique, 9 heures pour le baccalauréat professionnel.
Académie de Lille : le 6 juillet à 10 heures pour toutes les filières.
Académie de Limoges : le 6 juillet à 9 heures pour le bac général et technologique, 10 heures pour le bac professionnel.
Académie de Lyon : le 6 juillet à 8 h 30 pour toutes les filières.
Académie de Martinique : le 6 juillet à 12 heures pour toutes les filières.
Académie de Mayotte : les résultats ont été affichés le 30 juin pour le bac professionnel et le 2 juillet dans l’après-midi pour le bac général et technologique. Ils sont publiés sur le site de l’académie de Mayotte, ainsi que les notes obtenues, consultables par chaque candidat avec ses identifiants.
Académie de Montpellier : le 6 juillet à 10 heures pour toutes les filières.
Académie de Nancy-Metz : Affichage le 6 juillet à 10 heures pour toutes les filières. En ligne à 9 heures sur le site de l’académie.
Académie de Nantes : le 6 juillet à 9 heures pour toutes les filières.
Académie de Nice : le 6 juillet à 10 heures pour toutes les filières.
Académie d’Orléans : le 6 juillet à 8 h 30 pour le bac général et technologique, à 10 h 30 pour le bac professionnel.
Académie de Paris : le 6 juillet à 10 heures pour toutes les filières.
Académie de Poitiers : le 6 juillet à 9 heures pour toutes les filières.
Académie de Reims : le 6 juillet à 8 h 30 pour le bac technologique, à 10 heures pour le bac général, à 13 heures pour le bac professionnel.
Académie de Rennes : le 6 juillet à 9 heures pour le bac professionnel, à 10 heures pour le bac général et technologique
Académie de Rouen : le 6 juillet à 18 h 30 pour le bac général et technologique, à 10 heures pour le bac professionnel.*
Académie de Strasbourg : le 6 juillet à 10 heures pour le bac général et technologique, à 11 heures pour le bac professionnel.
Académie de Toulouse : le 6 juillet à 10 heures pour toutes les filières.
Académie de Versailles : le 6 juillet à 10 heures pour toutes les filières.
*Le ministère de l’éducation nationale nous a signalé ce rendu tardif des résultats, qui est du ressort du rectorat.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Après quarante-huit heures de polémique, la majorité a finalement décidé de retirer un amendement adopté en commission et qui prévoyait de renommer la « sécurité sociale » en « protection sociale » dans la Constitution.
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Réforme des institutions : la majorité renonce à ôter le terme « sécurité sociale » de la Constitution

Après quarante-huit heures de polémique, la majorité a finalement décidé de retirer un amendement adopté en commission et qui prévoyait de renommer la « sécurité sociale » en « protection sociale » dans la Constitution.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 20h50
   





                        



   


Il a fallu que le premier ministre, Edouard Philippe, s’en explique publiquement devant les sénateurs, jeudi 5 juillet, lors de la séance de questions au gouvernement, pour que la polémique s’éteigne enfin. « En aucune façon, il ne s’agit de mettre en cause la sécurité sociale », a assuré le premier ministre, en référence à un amendement de sa majorité adopté mardi en commission des lois lors de l’examen du projet de loi constitutionnel.
Déposé par le député de La République en marche Olivier Véran, celui-ci proposait que le texte fondamental ne mentionne plus « les lois de financement de la sécurité sociale » mais de la « protection » sociale. L’objectif affiché était d’« étendre le champ de la loi de financement en l’étendant à la protection sociale ».
Immédiatement, la CFDT et Force ouvrière ont fait connaître leur opposition à cet amendement, évoquant « une faute historique » qui « constitutionnaliserait la mort de la Sécu ». « Un texte constitutionnel ne doit pas laisser la moindre ambiguïté sur le sens des modifications apportées et ce n’est pas du tout le cas des évolutions envisagées », a réagi Jocelyne Cabanal, membre de la direction de la CFDT.

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« L’interprétation faite ne correspond pas à l’intention du législateur »
A l’Assemblée, les élus communistes et insoumis se sont également alarmés de cette suppression tout au long des journées de mardi et mercredi, y voyant une confirmation de la volonté d’en finir avec « l’universalité de la protection sociale à la française », et estimant qu’il serait « dangereux de minorer l’importance de ce changement sémantique, véritable changement de paradigme social ».
Face à la contestation grandissante, le député Véran a tenté de rassurer, arguant qu’il est « totalement faux de dire qu’on supprime la Sécurité sociale de la Constitution ». « La Sécu fait partie de la Constitution, elle y reste », a-t-il insisté. « La modification ne concerne pas la Sécu mais la loi de financement de la sécurité sociale », a-t-il affirmé, soulignant que la partie de l’article 34 de la loi fondamentale qui inscrit la sécurité sociale est inchangée et ajoutant que l’idée est d’autoriser le Parlement à « se saisir de l’ensemble des questions qui traitent de la protection sociale », notamment la dépendance.

        Lire la chronique de Gérard Courtois :
         

          « Le projet de réforme constitutionnelle ressemble plutôt à un fourre-tout de mesures disparates »



Malgré cela, le président du groupe de la majorité, Richard Ferrand, a dû à son tour intervenir, jeudi, lors d’un point presse à l’Assemblée nationale, pour assurer qu’il n’était pas question de « supprimer la notion de “sécurité sociale” de la Constitution ». « Nous ferons en sorte que le terme “protection sociale” figure cependant », a ajouté le député du Finistère, également rapporteur général du texte. Il s’agit de « refaire la copie afin que ne subsiste pas de malentendu » alors que « l’interprétation faite ne correspond pas à l’intention du législateur » ; l’amendement polémique a été retiré par la majorité.
Dans un communiqué, les députés du PCF se sont félicités jeudi de l’annonce de Richard Ferrand mais restent « vigilants ». Selon eux, « les attaques envers la Sécurité sociale se sont multipliées depuis un an et il y a tout à craindre pour son avenir au regard de ce qui a été dit sur les aides sociales ou de ce qui est annoncé sur les retraites ».

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Sur les réseaux sociaux, des arnaqueurs endossent l’identité des stars préférées des adolescents pour leur demander d’appeler des numéros surtaxés.
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Numéros surtaxés : la nouvelle combine des arnaqueurs pour viser les ados

Sur les réseaux sociaux, des arnaqueurs endossent l’identité des stars préférées des adolescents pour leur demander d’appeler des numéros surtaxés.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 12h09
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 17h18
    |

            Laura Motet








                        



   


C’est un jour de chance qui a coûté très cher à ses parents. Ce 24 avril, Marie*, 15 ans, voit passer sur son fil d’actualité Facebook un jeu concours proposé par la page « Disneylandparis.offre ». Pour gagner des places pour le célèbre parc d’attraction, rien de plus simple : il suffit qu’elle aime la publication, puis qu’elle envoie, par message privé, son nom et son adresse. Marie se précipite. « Félicitations, vous êtes parmi les 400 gagnants ! », lui répond-on dans les minutes qui suivent. L’adolescente exulte.
Reste une dernière « petite » étape pour recevoir les billets. Téléphoner plusieurs fois à un numéro surtaxé, noter le code qui sera délivré pendant l’appel et l’envoyer sur la conversation privée. L’interlocuteur, très réactif, se montre rassurant : « Ne vous inquiétez pas, c’est gratuit, car ce numéro, il nous appartient, le répondeur dit 2,99 €, c’est juste un prix (…) contre les arnaques ! » (sic). Marie se laisse convaincre, elle qui rêve d’inviter ses meilleures amies à Disney. Elle appelle et envoie les codes au fur et à mesure. Mais ce n’est jamais assez pour le destinataire, qui prétexte des dysfonctionnements ou le besoin de payer pour la livraison, et en réclame de nouveaux.
Las, elle finit par abandonner. Terminées alors, les réponses sucrées de son interlocuteur, dont le ton devient menaçant :
« Quand tu participes et tu réserves les billets C obligé que tu continues [parce que] personne peut gagner ce Disneyland sauf toi. [Si] tu le termines pas tu vas payer plus que 800 € à la police [emoji policier]. » (sic)
Terrorisée, Marie appelle son père, formateur aux outils numériques, qui ira porter plainte. Quelques jours plus tard, la « note » tombe : 194 euros. Un petit commerce qui peut s’avérer juteux pour les éditeurs de numéros surtaxés frauduleux. Le 31 mai, quatre personnes gérant l’un d’entre eux, Viva Multimedia, ont été mises en examen. En trois ans, ils avaient amassé 38 millions d’euros, révèle Le Parisien, jeudi 5 juillet.
Une fraude à onze milliards d’euros en UE
Aucun adolescent n’est à l’abri. Parmi les victimes, on trouve aussi bien la fille de onze ans de Martine, modeste aide à domicile (660 euros de facture) que le fils de douze ans d’un député suppléant (185 euros). Tous ont été hameçonnés sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, Snapchat, Musical.ly), par un faux compte de leur star préférée se proposant de leur offrir des places de parc d’attraction, un ordinateur ou le dernier iPhone. Ils constituent des victimes faciles, grâce aux solutions de « micropaiement » proposées par les éditeurs de numéros surtaxés, qui permettent de leur soutirer des centaines d’euros en une petite journée, sans avoir à demander d’autorisation à un adulte.

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Face au raz-de-marée de faux comptes, les célébrités sont d’ailleurs, elles aussi, désemparées. « Régulièrement, on publie sur les réseaux sociaux les comptes fakes trouvés, et on met en garde contre tous ces escrocs… D’autant que les fans d’Esteban [ancien membre du groupe d’enfants Kids United] et de Diego sont très jeunes », explique Nathalie, la mère de Diego et manageuse officieuse du duo de cousins. Et de poursuivre : « Il est arrivé que des fans les insultent. Mais ils n’ont jamais [été mêlés à une affaire judiciaire]. »
Et pour cause : sur la trentaine de victimes contactées par Le Monde, seules cinq ont porté plainte. Les autres évoquent leur culpabilité, le sentiment que cela ne servira à rien, le préjudice financier relativement faible, l’absence de temps pour se rendre en gendarmerie… ou encore le refus par l’autorité publique de prendre leur plainte, sous prétexte que leur enfant n’a pas été forcé d’attraper le combiné.
Reste que la fraude aux numéros surtaxés a bel et bien été repérée par le ministère de l’intérieur, qui note dans son dernier rapport sur « la menace liée au numérique » :
« Ce type de cybercriminalité pourrait encore connaître un accroissement rapide. Selon une étude d’Europol, le préjudice de cette fraude dans l’Union européenne serait passé de moins de deux milliards d’euros en 2013 à onze milliards en 2017. »

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Cinq à dix appels pour un code
Le principe de cette arnaque est simple : tous ceux qui tentent leur chance au jeu concours proposé par l’escroc gagnent. Pour finaliser l’envoi de leur prix, ils doivent « seulement » appeler un serveur vocal, qui leur délivrera des codes. L’argumentaire est bancal, mais l’enthousiasme des adolescents les aveugle souvent. Au fur et à mesure de leurs appels, ils découvrent qu’ils doivent appeler entre cinq et dix fois pour obtenir un seul code. Ils se mettent donc à appeler trente ou cinquante fois le numéro, pour donner à leur interlocuteur la demi-douzaine de codes exigée. Si l’escroc est si pressé de recevoir ces suites de caractères alphanumériques, c’est qu’elles lui sont nécessaires pour récupérer le fruit de son larcin.
Le type de numéro surtaxé qu’il donne à ses victimes est, en fait, une solution de micropaiement tout à fait légale, proposée à tout un chacun, par des éditeurs de numéros surtaxés comme YouPass.

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A l’origine, cette entreprise niçoise, née en 2011 sous le nom « Remboursez votre forfait », proposait aux personnes ayant un forfait bloqué de « vider » le reliquat de leur forfait en appelant un numéro surtaxé et de récupérer ce reliquat (moins une commission) sur leur compte Paypal ou sous forme de bons d’achat. Pour cela, rien de plus simple, il suffisait donner le code délivré par le serveur vocal et de l’entrer sur le site de l’entreprise. Cette solution était alors déjà très populaire chez les adolescents, qui y voyaient une manière de se faire de l’argent de poche tout en échappant à la vigilance de leurs parents.
Des escrocs à la petite semaine
Depuis, les forfaits illimités ont remplacé les forfaits bloqués dans les smartphones des jeunes. Et « Remboursez votre forfait », devenu MegaTransfert puis YouPass en 2014, s’est mis à proposer des solutions de micropaiement, toujours à destination des ados, mais aussi des millenials et des gamers. Ces solutions permettent, par exemple, aux joueurs d’acheter des accessoires ou des vies supplémentaires pour leur personnage de jeu vidéo. Dans les deux cas, le « client » appelle le numéro surtaxé, récupère un code et le remet au « vendeur » pour qu’il puisse récupérer auprès de l’éditeur du numéro surtaxé la somme générée par l’appel, moins la commission de l’opérateur téléphonique et de l’éditeur de numéros.
Nul besoin de connaissances techniques pour monter ce type d’arnaque, donc : il suffit d’une connexion Internet, d’ouvrir des comptes sur les réseaux sociaux et de détourner un système de micropaiement légal déjà en place.
L’arnaque est tellement simple qu’à ses débuts, des escrocs à la petite semaine l’ont utilisée sans vraiment se protéger. D’autant que les policiers, faute de temps, de formation et de moyens, ne se bousculaient pas toujours pour retrouver les auteurs de préjudice qui leur paraissaient modestes. Une attitude choquante pour Francis, le beau-père de Jason, 15 ans, qui a perdu 78 euros en tentant de gagner un iPhone 7 :
« A notre sortie de la brigade, le gendarme a bien précisé qu’on ne devait rien attendre de notre plainte, que ce serait de toute façon classé sans suite. […] Nous voulions lui donner les informations sur YouPass [qui propose aux victimes de donner aux autorités judiciaires le nom des bénéficiaires de l’arnaque si elles portent plainte], mais il n’a rien noté ! »
Malgré l’inertie de certains services, d’autres plaintes ont abouti, arrêtant les auteurs, souvent déjà connus pour des faits mineurs.

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Des adolescents comme prête-noms
Certains ont donc trouvé une nouvelle parade : utiliser, de nouveau, des adolescents, mais cette fois comme prête-noms. C’est la mésaventure qui est arrivée à Léo, 18 ans au moment des faits. Depuis plusieurs années, ce dernier utilisait YouPass pour vider son forfait bloqué. En avril 2016, il est contacté par un individu lui demandant s’il peut valider pour lui des codes sur YouPass, contre une « généreuse » commission. « Il disait que ça venait d’un petit commerce vidéoludique […] et qu’il ne pouvait pas avoir accès à YouPass, étant au Maroc, explique Léo. J’ai accepté, j’avais besoin de la thune. »
Chaque jour, l’inconnu lui envoie de codes à valider. Plus de 3 000 euros transitent par son compte YouPass en trois semaines, jusqu’à ce que son compte de micropaiement soit bloqué. Peu de temps après, il est convoqué devant la justice. Une victime de l’arnaqueur a porté plainte pour un préjudice de 300 euros. Léo est finalement relaxé, tandis que l’arnaqueur, est, lui, démasqué. Il s’agissait d’un jeune homme résidant en Belgique, opérant seul, et se cachant derrière une adresse IP (qui permet d’identifier la localisation d’un appareil connecté à Internet) au Kazakhstan.
De son côté, YouPass a remboursé la victime ayant porté plainte, tandis que le reste de l’argent accumulé sur le compte de Léo a été reversé dans les comptes de l’entreprise, dans une catégorie comptable au nom évocateur (« soldes utilisateurs dormants ou frauduleux, autres produits divers de gestion et avantages en nature »), qui rassemblait en 2016 la somme de 519 266 euros. A titre de comparaison, cette même année, la catégorie « remboursement utilisateurs » (aux victimes ayant fait des réclamations) s’élevait à 5 562 euros. L’entreprise niçoise n’a pas, pour l’heure, répondu à nos questions.
Multiplication des intermédiaires
L’escroquerie aux numéros surtaxés est si lucrative qu’elle n’a pas tardé à attirer des professionnels de l’arnaque. Ceux-là voient plus grand. Ils décident de créer leur propre société éditrice de numéros surtaxés et de vendre ces numéros à des clients, escrocs comme eux. Ce sont ces clients-amis qui se chargeront de monter de fausses pages sur les réseaux sociaux et de pousser leurs cibles à appeler les numéros.
« C’est vraiment un petit milieu où tout le monde se connaît », explique le commissaire divisionnaire François-Xavier Masson, chef de l’office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC).
Pour détourner l’attention des enquêteurs, ces éditeurs de numéros surtaxés peu scrupuleux multiplient les intermédiaires, achetant parfois des numéros à d’autres éditeurs, pas toujours, eux, dans la confidence.
Youpass, l’éditeur niçois, en a d’ailleurs fait les frais : d’après ses comptes en 2016, un tiers des créances détenues par l’entreprise provenaient de « clients douteux » (532 000 euros, contre 1 018 000 pour les clients « normaux »). Il s’agit concrètement d’autres éditeurs de numéros surtaxés, qui ne paieront sans doute jamais leurs achats de numéros à Youpass, puisqu’ils sont suspectés de faits d’escroquerie.
Mais ce genre de tour de passe-passe ne dure qu’un temps. Le 31 mai, l’OCLCTIC a procédé à la mise en examen de quatre personnes pour « escroquerie en bande organisée » et « blanchiment ». Ils géraient l’un de ces éditeurs de numéros surtaxés peu scrupuleux, Viva Multimedia, dont les profits frauduleusement acquis s’élèvent à 38 millions d’euros en trois ans. Cette fois, le plaignant n’était pas l’une des jeunes victimes directes d’une escroquerie, mais un groupe de médias particulièrement apprécié des jeunes, dont la marque avait été usurpée par les arnaqueurs sur les réseaux sociaux.
Le ministère de l’intérieur prévoit de mettre en place, d’ici la fin de l’année, un système de plainte en ligne, appelé Thesee (traitement harmonisé des enquêtes et signalements pour les e-escroqueries). Auparavant éparpillées sur tout le territoire, ces plaintes seront désormais directement analysées par un service de police spécialisé, au sein même de l’OCLCTIC. Une première piste pour ralentir le boom des arnaques aux numéros surtaxés.
*Tous les prénoms des victimes ont été modifiés.



                            


                        

                        


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Coupe du monde 2018 : les demi-finales, service minimum pour Didier Deschamps

Le président de la Fédération française de football, Noël Le Graët, a fixé comme objectif à son sélectionneur de faire un tour de plus qu’à la Coupe du monde 2014, au Brésil.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 10h35
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 17h41
    |

            Rémi Dupré (Istra (envoyé spécial)








                        



                                


                            

Vu l’adversaire, la marche semble haute pour l’équipe de France. « Cela va être très dur, on s’attend à souffrir », ne cessent de répéter avec gravité les Bleus, avant d’affronter l’Uruguay en quarts de finale de la Coupe du monde, vendredi 6 juillet, à Nijni Novgorod. L’euphorie née de la victoire (4-3) contre l’Argentine, en huitièmes, est retombée, et la tension est très vite montée d’un cran à Istra, le camp de base des Tricolores.
Le sélectionneur, Didier Deschamps, le sait : le contrat ne sera rempli qu’en cas de succès face à la Celeste, invaincue contre la France en trois matchs de Coupe du monde (en 1966, 2002 et 2010). L’objectif minimal qui lui a été fixé en Russie est d’atteindre les demi-finales du tournoi. Ainsi en a décidé Noël Le Graët, le président de la Fédération française de football (FFF).
« Je souhaite que les Bleus continuent de progresser, confie au Monde le patron du foot français. Au Brésil, on a été éliminés [1-0] par l’Allemagne [lauréate du tournoi] en quarts. A l’Euro 2016, on a perdu en finale [contre le Portugal]. L’équipe de France avait perdu un rang qu’elle n’aurait jamais dû quitter. On n’est pas les meilleurs du monde, tant s’en faut. Mais, aujourd’hui, nous sommes plus compétitifs qu’en 2014. On n’est pas très loin des grandes nations. Je souhaite donc qu’on soit encore un petit plus haut : la feuille de route, en Russie, c’est donc le dernier carré. »
« Une autre compétition »
Pour M. Le Graët, « il y a deux compétitions ». « Le fait de sortir des poules, de passer les huitièmes et les quarts constitue une première étape, considère le dirigeant, en poste depuis 2011. Le dernier carré, c’est déjà une autre compétition. Donc, la première réussite, c’est d’atteindre les demies. » 
Ambitieux, le président de la FFF indique toutefois que l’issue du parcours des Bleus n’aura aucune incidence sur le sort de Didier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ La CGT-Cheminots et SUD-Rail, toujours mobilisés contre la réforme ferroviaire, ont également appelé à faire grève samedi.
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Grève à la SNCF : les prévisions pour vendredi

La CGT-Cheminots et SUD-Rail, toujours mobilisés contre la réforme ferroviaire, ont également appelé à faire grève samedi.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 16h08
   





                        



   


Le trafic du premier jour de grands départs en vacances sera perturbé. Quatre TGV et TER sur cinq, deux trains Intercités sur trois et trois trains Transilien sur quatre circuleront en moyenne vendredi, en raison d’une grève à l’appel de la CGT et de SUD, a fait savoir jeudi 5 juillet la direction de la SNCF.
Le trafic des trains internationaux sera « normal » pour les Eurostar, Thalys et la liaison France-Espagne, « quasi normal » pour la liaison France-Allemagne, selon les prévisions de la direction. Côté Lyria, il y aura un train sur deux, tandis que deux trains sur trois sont prévus pour la liaison France-Italie.
La CGT-Cheminots et SUD-Rail, toujours mobilisés contre la réforme ferroviaire, ont également appelé à faire grève samedi. Selon les prévisions publiées, le trafic sera un peu moins perturbé vendredi par cette grève à deux syndicats que lors de la dernière journée de la grève unitaire à quatre organisations, le 28 juin.

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« Près de 100 % de trains garantis pour les destinations touristiques »
« Plus de 600 TGV circuleront chaque jour, vendredi et samedi, avec près de 100 % de trains garantis pour les destinations touristiques telles que Paris-Marseille, Paris-Nice, Paris-Montpellier, Paris-Perpignan, Paris-Bordeaux, Paris-Rennes », expose la direction de la SNCF dans un communiqué.
Tous les voyageurs qui avaient effectué une réservation « ont été recontactés ces derniers jours par SMS ou e-mail » et « les billets restent remboursables et échangeables sans surcoût », ajoute le groupe ferroviaire.
L’UNSA et la CFDT, les deux autres syndicats représentatifs à la SNCF, ont décidé de ne pas faire grève pendant la période des congés d’été. Le trafic SNCF a été perturbé pendant trois mois, du 3 avril au 28 juin, par un mouvement unitaire contre la réforme ferroviaire organisé en 18 épisodes de deux jours de grève sur cinq jours.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Les annonces successives de la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, visent à accueillir des bacheliers toujours plus nombreux, notamment en raison du « baby-boom » de l’an 2000.
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Parcoursup 2018 : la création de 10 000 places suffira-t-elle à répondre aux demandes ?

Les annonces successives de la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, visent à accueillir des bacheliers toujours plus nombreux, notamment en raison du « baby-boom » de l’an 2000.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 11h22
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 18h43
    |

            Adrien de Tricornot








                        



   


La ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a annoncé mercredi 4 juillet la création de 10 000 nouvelles places dans l’enseignement supérieur public, notamment dans des instituts universitaires de technologie (IUT), pour la rentrée 2018. Ces places seront « prochainement » disponibles sur Parcoursup, la plate-forme qui permet de postuler en première année d’études supérieures.

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Elles s’ajoutent aux 21 000 futures places supplémentaires déjà annoncées et ajoutées sur Parcoursup : 17 000 dans les universités et 4 000 dans les sections de technicien supérieur, qui préparent au brevet de technicien supérieur (BTS). Le ministère, qui évoque un « investissement inédit », a aussi publié une carte précisant la répartition géographique de ces 21 000 places, montrant par exemple que l’académie de Versailles en a gagné 1 368, et celle de Corse, 20 :

   


Ces créations successives de places suffiront-elles à répondre à la demande, quand on sait que, l’an dernier, 3 729 bacheliers étaient restés sans solution à l’issue de la procédure d’Admission post-bac (APB), et que le nombre d’étudiants devrait considérablement augmenter à la rentrée ? Compte tenu du « baby-boom » de l’an 2000, une note des services statistiques du ministère de l’éducation publiée en avril estimait que « les flux d’entrée en première année » dans les quatre principales filières publiques (université, instituts universitaires de technologie, sections de techniciens supérieurs et classes préparatoires aux grandes écoles) devaient « augmenter de 28 000 environ ».

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                APB : à l’issue de la procédure, 3 729 bacheliers demeurent sans place dans l’enseignement supérieur



Sur le papier, les quelque 31 000 places dont la création a été annoncée ou réalisée ces derniers mois semblent donc correspondre à la demande supplémentaire des nouveaux bacheliers prévue à la prochaine rentrée. Mais l’équation est évidemment plus complexe : « Les 28 000 nouveaux entrants estimés ne veulent pas tous aller dans les mêmes filières ni au même endroit. Dire que créer 28 000 places revient à absorber le flux entrant n’a pas de sens, surtout au regard des 130 000 places restées vacantes cette année », rappelle le ministère.
Mesures insuffisantes
En prévoyant 31 000 places « pour la rentrée, mais de façon pérenne », le gouvernement affirme plus largement son intention, assure-t-il, de « faire coïncider l’offre avec la demande de façon durable, en anticipation des prochaines années ». Ces mesures ne seront toutefois pas suffisantes si elles ne sont pas complétées par d’autres, permettant de rattraper le retard pris : le nombre d’étudiants a fortement augmenté ces cinq dernières années (225 000, dont 160 000 à l’université) sans que les moyens suivent dans les mêmes proportions. Et chaque hausse à l’entrée en première année se répercute sur les années suivantes, la plupart des étudiants poursuivant leur cursus. A la rentrée 2018, la hausse devrait ainsi atteindre, toutes années confondues, 65 000 étudiants.

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                Les effectifs étudiants pourraient croître de 65 000 à la prochaine rentrée



Le ministère affirme relever le défi : « Bien sûr qu’en créant des places en première année, il faut créer les places correspondantes dans les années suivantes. C’est ce qui est prévu par le plan “étudiants”, c’est aussi ce qui explique l’augmentation cumulative des financements de 1 milliard d’euros au total sur le quinquennat. » Une prévision qui restera à vérifier lors des prochaines rentrées.
Bac : suivez les résultats de l’examen sur « Le Monde Campus »
Le Monde Campus organise une journée de direct pour annoncer la publication des résultats du bac dans chaque académie, vendredi 6 juillet à partir de 8 heures. Sont également prévus des tchats avec des spécialistes, sur le niveau de l’examen et l’évaluation des élèves à 10h30, sur l’orientation post-bac et Parcoursup à 12 heures.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ L’avortement, dont un projet de légalisation doit être examiné par le Sénat argentin le 8 août, est encore illégal dans la plupart des pays d’Amérique latine et des Caraïbes.
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La lutte des Argentines pour l’IVG encourage les féministes d’Amérique latine

L’avortement, dont un projet de légalisation doit être examiné par le Sénat argentin le 8 août, est encore illégal dans la plupart des pays d’Amérique latine et des Caraïbes.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 11h50
    |

            Christine Legrand (Buenos Aires, correspondante)








                        



                                


                            

C’est le compte à rebours pour les féministes argentines et les femmes qui attendent ce moment depuis des décennies. Le 8 août, le Sénat devra se prononcer sur le projet de loi de dépénalisation et de légalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG), déjà approuvé, le 14 juin, par la Chambre des députés.
Historique, ce vote a été accueilli par une explosion de joie, aux portes du Congrès, par des centaines de milliers d’Argentines. Beaucoup d’émotion à Buenos Aires, mais aussi dans le reste du continent, où les féministes ont fait retentir les réseaux sociaux de messages de félicitations et de solidarité.

« Si l’Argentine peut, le Venezuela aussi »
Cette première victoire à la Chambre des députés est en effet un vigoureux encouragement pour les féministes des autres pays d’Amérique latine, qui ont multiplié leurs mobilisations depuis le 14 juin, comme l’avait été, en Argentine, le référendum en Irlande le 25 mai.
Elles reprennent à leur compte l’exemple argentin avec des slogans qui se sont répandus comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux : « Aujourd’hui l’Argentine, demain le Pérou », « Si l’Argentine peut, le Venezuela aussi » ou encore « Se Argentina pode, Brasil também », le slogan des féministes brésiliennes accompagnée du dessin d’une femme au large sourire, coiffée d’un foulard vert.
Ces foulards verts, emblèmes, en Argentine, de la « Campagne nationale pour le droit à l’avortement légal, sans risque et gratuit », un collectif de quelque cinq cents ONG créé en 2005 qui a rédigé le projet de loi en discussion aujourd’hui, ont été repris dans les pays voisins, changeant seulement de couleur : bordeaux au Chili, blanc et frappé au centre d’un dahlia au Mexique, saumon au Pérou, jaune en Colombie, lilas en Equateur ou violet au Salvador.
C’est un même combat, difficile sur un continent profondément machiste où l’Eglise catholique est très puissante. Jusqu’à présent, seuls...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Un homme et une femme ont été hospitalisés dans un état critique à Salisbury, le 30 juin, après avoir été exposés à une « substance inconnue », aux similitudes troublantes avec l’agent innervant utilisé contre l’agent Skripal.
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/07/2018
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Novitchok : le ministre de l’intérieur britannique enjoint Moscou de « s’expliquer »

Un homme et une femme ont été hospitalisés dans un état critique à Salisbury, le 30 juin, après avoir été exposés à une « substance inconnue », aux similitudes troublantes avec l’agent innervant utilisé contre l’agent Skripal.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 23h47
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 15h00
   





                        



   


Les similitudes se multiplient entre le cas de deux Britanniques retrouvés mardi dans un état critique à Amesbury, dans le sud de l’Angleterre, et l’empoisonnement, en mars, de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille Youlia à Salisbury, une ville proche, et dont la Russie a été jugée responsable par les Occidentaux. En effet, ils ont été exposés au même agent innervant, le Novitchok, a annoncé, mercredi 4 juillet au soir, la police britannique.
Le ministre de l’intérieur britannique, Sajid Javid, a enjoint les Russes de « s’expliquer » répétant les accusations portées par Londres contre Moscou.
Le Kremlin a assuré jeudi ne pas disposer d’informations « sur la substance en réalité utilisée, la façon dont elle a été utilisée », a déclaré lors d’un point-presse le porte-parole du Kremlin, se disant « très préoccupés » de « l’utilisation répétée de telles substances en Europe ». Moscou a accusé Londres de n’avoir jamais voulu d’enquête commune, alors que Londres a demandé à Moscou de s’expliquer après un nouvel empoisonnement de deux Britanniques. « La Russie a proposé dès le début à la Grande-Bretagne une enquête en commun et cette proposition est restée sans quelque réponse que ce soit », a déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin, reprochant à Londres de ne montrer « aucun intérêt » pour de telles démarches.
« Extrêmement inquiétant »
La première ministre britannique, Theresa May, a assuré que la police allait « remuer ciel et terre pour déterminer ce qjui s’est passé ». « De voir que deux nouvelles personnes ont été exposées au Novitchok au Royaume-Uni est à l’évidence extrêmement inquiétant », a-t-elle déclaré jeudi lors d’une visite à Berlin.

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                Royaume-Uni : deux personnes exposées à une « substance inconnue » ont été hospitalisées



Les services antiterroristes du Royaume-Uni ont repris les rênes de l’enquête après l’identification par un laboratoire militaire de la nature de la substance, un agent neurotoxique de conception soviétique. Le Novitchok rompt la connexion entre le système nerveux et les muscles, empêchant progressivement la victime de respirer.
« C’est le même agent innervant [que celui décelé dans le cas de l’ex-agent double Sergueï Skripal et de sa fille Youlia]. Ce sera aux scientifiques de déterminer s’il vient du même lot », a déclaré à la presse Neil Basu, chef du contre-terrorisme britannique, lors d’un point de presse. La police n’a, à ce stade, pas été en mesure d’établir le mécanisme de transmission du poison, a-t-il poursuivi.
« Aucune preuve » de tentative de meurtre
Selon M. Basu, il n’y a « aucune preuve » suggérant que l’homme et la femme « étaient visés d’une quelconque manière ». La police s’est toutefois voulue rassurante en affirmant que le risque pour le public restait « faible ».

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                Novitchok : un poison soviétique à l’histoire sulfureuse utilisé contre l’agent double russe



« La première priorité du gouvernement est la sûreté des habitants de la zone, mais comme l’a clairement dit [l’agence de santé publique] Public Health England, le risque pour le grand public est faible », a déclaré le ministre britannique de l’intérieur Sajid Javid. Ce dernier a précisé qu’il présiderait une réunion d’urgence jeudi.
Les deux victimes, un couple, avaient été retrouvées samedi dans une habitation de Muggleton Road, dans un quartier résidentiel d’Amesbury. La police avait initialement émis l’hypothèse d’un incident lié à l’absorption de drogue. Selon M. Basu, « rien n’indique » qu’ils « se soient récemment rendus sur un des sites décontaminés après les tentatives de meurtre ayant visé Sergueï et Youlia Skripal ».
Plusieurs cordons de sécurité ont été mis en place dans des endroits où auraient pu se rendre les deux quadragénaires, et la présence policière y a été renforcée, notamment leur logement d’Amesbury, l’église baptiste de la ville et le parc Queen Elizabeth Gardens, à Salisbury.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Face à l’absence de réponse juridique, la pratique commence à faire scandale.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Le ministère public avait formulé cette demande après le rejet par la justice du plan de sauvegarde des sociétés de Bernard Tapie. Celui-ci prévoyait d’étaler sur six ans le remboursement des 404 millions d’euros auxquels l’homme d’affaires avait été condamné.
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Affaire du Crédit lyonnais : la justice rejette la demande de liquidation judiciaire des sociétés de Tapie

Le ministère public avait formulé cette demande après le rejet par la justice du plan de sauvegarde des sociétés de Bernard Tapie. Celui-ci prévoyait d’étaler sur six ans le remboursement des 404 millions d’euros auxquels l’homme d’affaires avait été condamné.



Le Monde
 |    05.07.2018 à 16h50
 • Mis à jour le
05.07.2018 à 17h45
   





                        



   


Le tribunal de commerce de Paris a rejeté jeudi la demande de liquidation judiciaire des sociétés de Bernard Tapie, condamné à rembourser 404 millions d’euros perçus en 2008 dans le cadre de son litige avec le Crédit lyonnais.
Le tribunal se prononçait sur la requête du parquet de Paris, qui réclamait la liquidation judiciaire des holdings GBT (Groupe Bernard Tapie), propriétaire du groupe de médias La Provence, et de FIBT (Financière immobilière Bernard Tapie). Le ministère public avait formulé cette demande après le rejet en avril par la justice du plan de sauvegarde qui étalait ce remboursement sur six ans.
Jeudi, le tribunal ne s’est pas prononcé sur le nouveau plan de remboursement présenté par Bernard Tapie, mais s’est limité à constater « que l’état de cessation des paiements n’est pas démontré » pour les sociétés de l’ancien patron de l’Olympique de Marseille, affaibli à 75 ans par un cancer de l’estomac.
Le tribunal retient en effet que le rejet du plan initial, qu’il avait lui-même approuvé en juin 2017, « ne met pas fin à la procédure de sauvegarde et, qu’en conséquence les dettes nées antérieurement à l’ouverture de la procédure sont gelées tant que la procédure perdure ». « En conséquence, le tribunal rejettera la requête en conversion directe de la procédure de sauvegarde en procédure de liquidation », affirme la décision.

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Tapie « extrêmement heureux » de la décision de justice
L’ex-homme d’affaires et ancien ministre s’est déclaré jeudi « extrêmement heureux » du rejet de la demande de liquidation judiciaire de ses sociétés, y voyant « une bonne nouvelle pour toutes les parties », ceci « pour au moins trois raisons » : « La première, c’est que, même lorsque la situation incite la justice à vous être défavorable, vous tombez toujours, à un moment ou à un autre, sur des magistrats qui n’ont à cœur que de respecter le droit, rien que le droit. C’est aussi une bonne nouvelle pour tout le monde, pour toutes les parties. Quelle que soit la somme au final à rembourser, j’ai mis en place des garanties incontestables, qui permettent d’aller au bout de ce remboursement. »
« Et surtout, je suis tellement heureux par rapport à La Provence », le quotidien régional de Marseille dont il est propriétaire via GBT, qui « fait un travail incroyable et qui va pouvoir continuer à travailler dans la sérénité », s’est-il encore réjoui.

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