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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ « Tout pays a le droit d’élaborer son système judiciaire selon ses propres traditions », a lancé Mateusz Morawiecki aux eurodéputés, alors que Bruxelles et Varsovie s’affrontent sur la réforme controversée de la justice.
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A Strasbourg, le premier ministre polonais réfute toute dérive antidémocratique

« Tout pays a le droit d’élaborer son système judiciaire selon ses propres traditions », a lancé Mateusz Morawiecki aux eurodéputés, alors que Bruxelles et Varsovie s’affrontent sur la réforme controversée de la justice.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 15h19
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 17h04
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Un dialogue de sourds, très animé, qui, semble-t-il, ne fera pas dévier d’un pouce l’intéressé : à l’issue de près de trois heures de débat avec le Parlement européen, mercredi 4 juillet, à Strasbourg, le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a lancé un « merci » un peu froid aux eurodéputés, dont la plupart ne l’avaient pas ménagé.
Impassible face à un déluge de critiques, il a indiqué, dans la foulée, qu’il comptait bien poursuivre son programme de réformes – notamment de la justice – même si son pays est dans le collimateur de la Commission de Bruxelles. Celle-ci a lancé des procédures d’infraction et suggéré d’activer « l’article 7 », qui peut en théorie – après un vote à l’unanimité – priver un pays membre de ses droits de vote, pour cause de violation de l’Etat de droit.
Service minimum
Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, que l’on dit soucieux de ménager la relation avec la Pologne, n’était pas présent dans l’hémicycle, contrairement à ce qui avait été annoncé. Pas plus que le premier vice-président, Frans Timmermans, très en pointe dans le dossier du respect de l’Etat de droit et devenu la bête noire du PiS, le parti ultraconservateur au pouvoir. C’est le vice-président letton Valdis Dombrovskis qui jouait les suppléants. Il n’a rien dit de ce qui se déroulait au même moment à Varsovie, où la présidente de la Cour suprême confirmait son refus d’accepter une réforme qui la force à partir à la retraite.
M. Dombrovskis a évoqué ses origines polonaises et a dit son « admiration » pour un pays qui a « beaucoup offert » à l’Europe. Un pays, ajoutait-il cependant, qui a triplé ses exportations en quinze ans grâce à celle-ci et bénéficie de 86 milliards de fonds structurels entre 2014 et 2020, ce qui en fait le premier bénéficiaire de ces aides destinées au développement économique.
Le commissaire n’aura pas déclaré, comme d’autres responsables des institutions, qu’il fallait peut-être conditionner ces fonds au respect de l’Etat de droit ou à l’acceptation du principe de solidarité pour l’accueil des demandeurs d’asile. Il a glissé qu’une menace contre l’indépendance des juges était « une menace contre nous tous » et estimé « non souhaitable » le replacement de 40 % des membres de la Cour suprême. A l’issue de ce qui est apparu comme un service minimum, en retrait par rapport à des interventions antérieures de la Commission, le responsable letton, a prôné la poursuite du dialogue même s’il n’a « pas suffi » jusqu’ici.
« Etat fondateur »
M. Marowiecki a, dans un premier temps, présenté les réalisations récentes de la Pologne qui, dit-il, « aurait été un Etat fondateur de l’Union si le rideau de fer n’avait pas existé ». Son pays, souligne-t-il, a réduit le chômage, la dette publique et les déficits tout en luttant efficacement contre la pauvreté. Son gouvernement aurait aussi mené une lutte efficace contre la fraude à la TVA, l’évasion fiscale et la lutte contre les mafias, dont les milliards auraient été affectés aux dépenses sociales.
C’est cette préoccupation pour « les citoyens », que le premier ministre juge utile d’inculquer à une Europe appelée à être « plus juste ». Une Europe qui doit aussi assurer la sécurité, sans concurrencer l’OTAN, en se souciant principalement de protéger ses frontières. Une Europe « 4.0 » qui devrait, par ailleurs, renforcer sa compétitivité, se soucier de la transformation énergétique et réviser sa directive sur les services.
Une Europe, surtout, qui devrait redéfinir l’équilibre entre elle et les Etats-nations et respecter les identités nationales en ne songeant pas à d’autres transferts de compétence. C’est à cette condition, estime M. Morawiecki, qu’elle sortira de « sa crise existentielle ».
« Ne détruisez pas les valeurs »
L’immigration ? La Pologne a joué son rôle, assure-t-il, en accueillant 1,5 million d’Ukrainiens. Et elle est prête à doubler les montants affectés à l’Afrique… si les autres pays font de même. Les critiques sur les réformes contestées de son gouvernement ? « On ne peut pas dicter les valeurs à un Etat membre quand cela concerne des compétences nationales. Tout pays a le droit d’élaborer son système judiciaire selon ses propres traditions. »
Ces propos n’ont été applaudis que par les europhobes, les partisans du Brexit et l’extrême droite. Manfred Weber, chef de groupe du Parti populaire européen, s’est inquiété du respect des libertés à la télévision publique, à l’égard des pacifistes ou des ONG et a appelé le pouvoir polonais à cesser ses diatribes anti-allemandes. De quoi faire taire les rumeurs sur un possible ralliement du PiS à son groupe après les européennes de 2019 ? M. Morawiecki, lui, se dit pro-européen et paraît ne pas exclure cette option.
« Revenez au cœur de l’Europe, ne détruisez pas les valeurs au sein de votre propre pays », enchaînait Udo Bullmann, chef des sociaux-démocrates. Guy Verhofstadt, chef de file du groupe libéral et démocrate, soulignait que la Commission de Venise, organe consultatif du Conseil de l’Europe, comparait les réformes en cours à « celles de l’ex-URSS et de ses pays satellites ».
Les critiques des députés sur la censure des médias, le projet de loi sur l’avortement ou l’incarcération sans motif n’ont pas davantage démonté l’argumentaire du premier ministre. Il reproche à ses interlocuteurs de ne rien connaître de son pays, assure que la transparence et l’indépendance de la justice polonaise sont renforcées et que sa démocratie n’a « jamais été aussi vivante » chez lui. Et, « très optimiste », il tourne les talons en assurant que, non, son pays n’entend pas « faire tanguer la barque européenne ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Le texte passera de nouveau à l’Assemblée le 25 juillet, pour une lecture définitive prévue en septembre.
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Loi asile-immigration : pas d’accord entre Assemblée et Sénat en commission mixte paritaire

Le texte passera de nouveau à l’Assemblée le 25 juillet, pour une lecture définitive prévue en septembre.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 13h40
   





                        



   


Députés et sénateurs ne sont pas parvenus, mercredi, à surmonter leurs désaccords en commission mixte paritaire sur le projet de loi asile-immigration, selon plusieurs parlementaires.
En conséquence, le projet de loi « pour une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie » repassera en nouvelle lecture à l’Assemblée à partir du 25 juillet, puis au Sénat, avant sa lecture définitive, probablement en septembre, par les députés qui auront le dernier mot.
Le texte vise notamment à réduire à six mois, contre onze aujourd’hui, l’instruction de la demande d’asile. Objectif affiché : faciliter à la fois l’expulsion des déboutés et l’accueil des acceptés.
Le Sénat, à majorité de droite, avait réécrit le projet de loi en le durcissant sur plusieurs points qui étaient jugés inacceptables par la majorité LRM-MoDem.

        Lire aussi :
         

                Loi asile-immigration : en durcissant le texte, le Sénat permet aux députés de jouer la carte de l’humanisme



Les sénateurs avaient notamment restreint l’aide médicale d’Etat (AME), permettant l’accès aux soins des étrangers sans papiers. Dans ce contre-projet, ils étaient également opposés au droit à la réunification familiale pour les mineurs ayant obtenu l’asile, au droit au travail au bout de six mois pour les demandeurs d’asile et aux aménagements du délit de solidarité.
Un « dialogue constructif »
Néanmoins, le chef de file LRM Florent Boudié a fait savoir que les rapporteurs et présidents de commissions des lois des deux chambres avaient été proches d’un accord, mardi, lors d’une réunion préparatoire à la CMP de plus de trois heures.
Mais « la logique d’affichage politique l’a emporté », a-t-il déploré auprès de l’AFP, s’interrogeant sur une « droite sénatoriale caporalisée par Laurent Wauquiez » et « sa ligne qui va sur les plates-bandes de l’extrême droite ».
De son côté, le président de la commission des lois du Sénat, Philippe Bas (LR), tout en reconnaissant « le dialogue constructif » avec l’Assemblée, a estimé que « le Sénat ne pouvait laisser dénaturer son travail, ni accepter un compromis abandonnant la politique migratoire dans un entre-deux » alors que « les Français attendent des mesures de fermeté ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ L’arrivée de l’extrême droite au pouvoir en Autriche et en Italie modifie les rapports de force au sein des Vingt-Huit.
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La droite dure européenne impose sa ligne contre les migrants

L’arrivée de l’extrême droite au pouvoir en Autriche et en Italie modifie les rapports de force au sein des Vingt-Huit.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 11h42
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

A Strasbourg, où les eurodéputés débattaient, mardi 3 juillet, des résultats du récent sommet européen sur la migration, la droite europhobe et l’extrême droite nationaliste ont rivalisé d’enthousiasme. Pour ces élus, ce conseil a été celui du basculement, marquant la victoire d’une nouvelle alliance populiste, celle des gouvernements italien, autrichien et hongrois – et quelques autres plus discrets – contre « l’axe Paris-Berlin-Bruxelles et ses commissaires », comme l’a dit le Français Nicolas Bay (Rassemblement national, ex-FN). « C’est la renaissance de l’Etat-nation ! », exultait le Britannique Nigel Farage, ancien héraut du Brexit.
Pour des observateurs plus neutres, la tonalité de ce sommet, censé traiter d’une question pourtant moins prégnante qu’il y a quelques années, car le nombre des arrivées dans l’UE a reculé depuis le pic de 2015, a de fait été déterminée par les courants très conservateurs.
Le nouveau gouvernement italien voulait afficher le changement de régime à Rome, et obtenir un geste de ses partenaires à Bruxelles. Pari réussi, même si l’accord conclu laisse bien des questions sans réponse et si la création de « centres contrôlés » où seraient regroupés les migrants avant leur refoulement (pour les migrants « économiques ») ou leur éventuelle répartition dans l’Union (pour les demandeurs d’asile) indispose.
« Visage d’ange »
Une majorité d’Etats membres rechigne par ailleurs à réformer et à uniformiser les règles du droit d’asile – pour assurer une répartition plus juste des candidats au sein de l’UE – et le règlement de Dublin – afin d’éviter que la charge pèse surtout sur les pays du Sud –, ou encore à alimenter les fonds pour l’aide à l’Afrique.
« La situation est délétère », n’hésite pas à dire Jean-Claude Juncker, le président de la Commission. Sur ces différents points, les Etats ont en tout cas bloqué, depuis 2015, des textes qui auraient évité la crise politique actuelle....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ L’alliance de l’omnipotent président turc avec les ultranationalistes présage une reprise des méthodes dures contre la société civile.
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En Turquie, les Kurdes craignent le retour aux années noires

L’alliance de l’omnipotent président turc avec les ultranationalistes présage une reprise des méthodes dures contre la société civile.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 11h20
    |

                            Allan Kaval (Diyarbakir, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Alors que Recep Tayyip Erdogan et son entourage se préparent à entamer un nouveau mandat, à Diyarbakir et ailleurs en pays kurde de la Turquie, on se prépare à un avenir lourd de périls. Pour beaucoup, la réélection de M. Erdogan à la tête d’un système présidentiel qui organise sa domination personnelle sur l’appareil d’Etat, mais aussi son alliance reconduite avec les ultranationalistes du Parti de l’action nationale (MHP), va confirmer une vision exclusivement sécuritaire de l’action de l’Etat dans le Sud-Est, censée aboutir à l’écrasement du mouvement kurde.
Malgré le relatif succès de son émanation légale, le Parti démocratique des peuples (HDP), qui entre au Parlement en obtenant 11,62 % des voix et la majorité dans onze départements situés en pays kurde, on se prépare déjà à des heures sombres. « Ces résultats rendent la paix inimaginable à ce stade », confiait un responsable du HDP le soir des élections.
Deux ans après la défaite des insurrections urbaines lancées par le PKK à la suite de l’effondrement du processus de paix, l’idée d’une poursuite des méthodes dures domine dans les conversations et les commentaires politiques de la région. En plus de l’alliance avec les nationalistes, elle s’est trouvée encore renforcée par l’apparition, lors de la campagne de Recep Tayyip Erdogan, de figures incarnant le traitement brutal de la question kurde par Ankara dans les années 1990.
Les pires abus
Le 17 juin, la présence de Tansu Çiller au dernier meeting de campagne à Istanbul du président Erdogan a été particulièrement mal vécue par beaucoup de Kurdes de Turquie. Son mandat de première ministre (1993-1996) fut marqué par les pires abus de forces paramilitaires dans la région, lors de la période dite de la « sale guerre ». Mehmet Agar, son ancien ministre de l’intérieur, dont le fils a été élu député AKP dimanche 24 juin, est également revenu en grâce dans l’entourage du chef d’Etat turc.
Souleyman Soylu, ministre sortant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », estime que Donald Trump ferait bien de s’inspirer de la rencontre Reagan-Gorbatchev de 1986 pour celle qu’il doit avoir avec Vladimir Poutine à Helsinki, le 16 juillet.
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« Trump est-il capable de retenir la leçon du sommet de Reykjavik ? »

Dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », estime que Donald Trump ferait bien de s’inspirer de la rencontre Reagan-Gorbatchev de 1986 pour celle qu’il doit avoir avec Vladimir Poutine à Helsinki, le 16 juillet.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 11h19
    |

            Sylvie Kauffmann (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            

Il y a dans le nord de Reykjavik, face à la mer, une jolie maison blanche au toit d’ardoise. Construite en 1909 pour le consul de France, elle a ensuite été achetée par un grand poète islandais, puis a abrité l’ambassade du Royaume-Uni. Une plaque en granit explique pourquoi, en 1986, cette jolie demeure a accédé à la notoriété planétaire : c’est là que se sont rencontrés, les 11 et 12 octobre, le 40e président des Etats-Unis, Ronald Reagan, et le leader de l’Union soviétique, Mikhaïl Gorbatchev. « Ce sommet, précise l’inscription gravée sur la plaque, est considéré comme annonciateur du début de la fin de la guerre froide. »
Trente-deux ans plus tard, c’est une autre capitale du nord de l’Europe, Helsinki, que Donald Trump et Vladimir Poutine, successeurs de ces deux dirigeants, ont choisie pour leur premier sommet bilatéral, le 16 juillet. Helsinki, dans la grande tradition des sommets Est-Ouest du XXe siècle : Gerald Ford et Leonid Brejnev en 1975, George Bush père et Gorbatchev, de nouveau, en 1990. La capitale finlandaise accueillit encore, en 1997, Bill Clinton et Boris Eltsine, président d’une Russie affaiblie, que l’on croyait sur le chemin de la démocratie. L’annonce de la rencontre Trump-Poutine a surpris : il y a encore deux mois, personne n’aurait parié un kopeck sur la tenue de ce sommet.
L’ivresse de Singapour
A Washington, tout ce qui touche à la Russie est empoisonné. Au Congrès, un fort courant anti-Poutine, réunissant démocrates et républicains, a permis l’adoption de sanctions contre la Russie il y a un an, en riposte à des interférences imputées à Moscou dans la campagne présidentielle de 2016. Et surtout, un procureur spécial enquête avec zèle sur les éventuels liens de l’entourage du candidat Trump avec ces intrusions. Dans une atmosphère aussi chargée, le Kremlin ne se faisait guère d’illusions sur la reprise d’un dialogue au plus haut niveau entre Washington et Moscou.
Ce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Emmanuel Macron a dû désavouer l’ex-diplomate en chef français à Budapest, prompt à tresser des louanges au dirigeant hongrois.
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Eric Fournier, l’ambassadeur de France qui admirait trop Orban

Emmanuel Macron a dû désavouer l’ex-diplomate en chef français à Budapest, prompt à tresser des louanges au dirigeant hongrois.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 11h12
    |

            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant) et 
Marc Semo








                        



                                


                            

Son franc-parler et un certain goût pour la provocation font de longue date d’Eric Fournier, 59 ans, une figure pour le moins discutée de la diplomatie française. Ce passionné de saxo se retrouve de nouveau au centre d’une polémique : le représentant de la France en Hongrie peut-il paraître reprendre à son compte les positions du très autoritaire et xénophobe homme fort du pays, Viktor Orban ?
L’affaire a éclaté avec la publication par Mediapart du contenu d’une note diplomatique, rédigée le 18 juin, par cet ambassadeur en poste à Budapest depuis trois ans. Dans cette analyse, il lave le dirigeant hongrois de toute accusation d’antisémitisme, fustigeant en revanche la « presse française et anglo-saxonne », soupçonnée de vouloir détourner l’attention du « véritable antisémitisme moderne », celui des « musulmans de France et d’Allemagne ». Cet antisémitisme d’Orban ne serait à l’en croire qu’un « fantasme de journalistes étrangers » qui devraient, au contraire, saluer, selon lui, un « modèle » à suivre pour sa « gestion des mouvements migratoires illégaux ».
Interrogé sur l’argument lors d’une conférence de presse au sommet européen des 28 et 29 juin à Bruxelles, Emmanuel Macron a eu une réaction très dure, clamant que ces propos « ne correspondent en rien à la position française ». « Il s’agit d’une note dont la nature est confidentielle », a précisé le chef de l’Etat, soulignant que l’on ne peut sanctionner un diplomate parce qu’il écrit ce qu’il pense au risque « de créer un délit d’opinion au sein de la fonction publique ». Mais de préciser, dans la foulée, que « si la preuve m’est donnée que cette parole a été tenue publiquement, cet ambassadeur sera révoqué ».
« Même les choses qui fâchent »
Depuis déjà des mois, les prises de position d’Eric Fournier suscitaient un certain malaise au ministère des affaires étrangères. Son départ était...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ La chancelière allemande a cédé progressivement à ses détracteurs depuis 2015.
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De l’accueil au refoulement des migrants, la mue contrainte d’Angela Merkel

La chancelière allemande a cédé progressivement à ses détracteurs depuis 2015.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 11h05
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Pour une fois, les conservateurs bavarois de l’Union chrétienne-sociale (CSU) sont satisfaits. « Nous nous sentons renforcés », s’est félicité Alexander Dobrindt, le chef de file des députés CSU au Bundestag, mardi 3 juillet, au lendemain de l’accord arraché par son parti à l’Union chrétienne-démocrate (CDU) d’Angela Merkel. Après trois semaines d’un bras de fer sans précédent entre les deux « partis frères » de la droite allemande, le ministre de l’intérieur et président de la CSU, Horst Seehofer, a obtenu de la chancelière ce qu’il voulait : le refoulement des demandeurs d’asile arrivant en Allemagne et déjà enregistrés dans un autre pays européen. En attendant d’être expulsés, ceux-ci seront transférés dans des « centres de transit » près de la frontière autrichienne. Un accord dont le Parti social-démocrate (SPD) doit dire, jeudi soir, s’il peut l’accepter, mais dont le secrétaire général de la CSU, Markus Blume, a déjà affirmé qu’il marquait « un tournant dans la politique d’asile » de l’Allemagne.
Un tournant ? La réalité est plus compliquée. La période pendant laquelle l’Allemagne a été pleinement ouverte aux demandeurs d’asile n’a en fait duré que deux mois. Elle a commencé le 5 septembre 2015, quand Mme Merkel a décidé de laisser entrer les milliers de réfugiés arrivant d’Autriche après avoir été bloqués en Hongrie. Elle s’est achevée le 13 novembre 2015, quand la chancelière a annoncé que l’Allemagne allait de nouveau appliquer les accords de Dublin, qui obligent les migrants à déposer leur demande d’asile dans le pays de l’Union européenne (UE) où ils sont arrivés en premier.
Toujours plus de fermeté
Cette décision a d’emblée été perçue comme une rupture. En promettant d’appliquer les accords de Dublin, qu’elle n’avait cessé de qualifier d’« obsolètes » au cours des semaines précédentes, la chancelière cherchait à dissuader les réfugiés passés par un autre pays européen – la majorité d’entre eux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Plusieurs sites de la « fachosphère » ont repris une « étude » issue d’un tabloïd danois, en en faisant une interprétation trompeuse.
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Les chiffres des agressions sexuelles au Danemark manipulés par des sites d’extrême droite

Plusieurs sites de la « fachosphère » ont repris une « étude » issue d’un tabloïd danois, en en faisant une interprétation trompeuse.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 10h57
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 11h28
    |

                            Les Décodeurs








                        


« Danemark : une étude montre que dix violeurs de rue sur douze sont des étrangers ou leurs descendants », le titre de cet article du site d’extrême droite identitaire Fdesouche a de quoi inquiéter. Il ressort pourtant très largement d’une manipulation.

   


L’information a été reprise par de nombreux autres sites de ce qu’on nomme souvent la « fachosphère », cet ensemble de plates-formes d’extrême droite, à l’instar de Contre info ou Les Observateurs. Sur ces deux sites, on peut lire : « Un examen de toutes les condamnations pour viol au Danemark depuis un an et demi montre que dix des douze personnes reconnues coupables de violence armée sont des étrangers, des immigrés ou des descendants. » 

   


Pourquoi c’est trompeur
L’étude qu’évoquent ces sites n’en est pas vraiment une. Il s’agit, en réalité, d’un comptage manuel effectué par le tabloïd danois BT pour un article publié le 30 juin.
Ce journal populaire s’est intéressé à un cas spécifique, celui des agressions sexuelles où la victime ne connaissait pas son agresseur, sur une période de plus d’un an, entre janvier 2016 et mai 2017. Soit précisément douze cas. Les journalistes de BT ont consulté les dossiers pour avoir l’origine des mis en cause et estiment que dix sur douze sont « immigrés ou descendants d’immigrés ». L’article ne va pas plus loin dans la description de ces origines, se bornant d’évoquer deux cas d’immigrés en séjour irrégulier.
Mais le journal, pas plus que les articles des sites français qui ont repris ce comptage, ne précisent pas un point essentiel : ces douze cas représentent une infime minorité des viols commis dans le pays. Selon les statistiques officielles, on comptait en 2016 un total de 744 viols et agressions sexuelles ayant donné lieu à une plainte. Et on estime, comme ailleurs, que ces plaintes représentent une minorité du total des agressions sexuelles.
Les douze cas évoqués par BT représentent donc 1,5 % environ des agressions sexuelles commises dans ce pays de 5,73 millions d’habitants. Et si le site Fdesouche a apporté un discret correctif à son article, ce n’est pas le cas de nombreux autres qui continuent de parler de « toutes les condamnations pour viol ».

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ La Cour suprême polonaise est entrée en résistance mercredi, en refusant d’appliquer la réforme controversée de l’institution soutenue par le président Andrzej Duda.
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En Pologne, manifestation matinale en défense de la Constitution

La Cour suprême polonaise est entrée en résistance mercredi, en refusant d’appliquer la réforme controversée de l’institution soutenue par le président Andrzej Duda.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 09h51
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 15h02
    |

                            Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance)








                        



   


Varsovie, 8 heures du matin. Une foule dense de plusieurs milliers de personnes est venue encercler l’entrée de la Cour suprême polonaise. Les représentants des syndicats de juges, d’avocats, de magistrats sont aux premières loges, ainsi que des personnalités comme Andrzej Rzeplinski, ancien président du Tribunal constitutionnel et longtemps ennemi public numéro un du pouvoir ultraconservateur.
Tout le monde attend celle qui est devenue, malgré elle, le dernier symbole de la justice indépendante en Pologne : Malgorzata Gersdorf, première présidente de la Cour suprême. En vertu d’une loi rentrée en application la veille, qui abaisse l’âge de départ à la retraite des juges, Mme Gersdorf, ainsi qu’un tiers des juges de l’institution, sont démis de leurs fonctions. Mais la durée du mandat de la magistrate est inscrite noir sur blanc dans la Constitution polonaise et prend fin en avril 2020. Cette dernière a donc déclaré qu’elle se rendra au travail comme à son habitude, et tout le monde s’interroge si les quelques policiers présents la laisseront rentrer.

   


La foule est électrisée, derrière des roulements de tambour, la tension est palpable. On déploie drapeau polonais d’une dizaine de mètres de large. Les citoyens rassemblés crient « merci » aux juges, pour leur persévérance. « Nous sommes avec vous », « les juges sont inamovibles et les tribunaux sont libres », « Bruxelles, Varsovie, même combat », « liberté, égalité, Constitution », scande la foule.
« Je suis venu parce que les principes de base de l’Etat de droit sont violés. La Pologne cesse d’être un Etat démocratique, et c’est quelque chose que j’ai beaucoup de mal à accepter, nous confie Robert Konon. Cet ingénieur de 62 ans a pris un jour de congés pour pouvoir assister à la manifestation. Pendant vingt ans, je me suis senti citoyen européen. Maintenant, ce gouvernement nous éloigne des standards européens. Il me sera difficile de croire dans la légalité des prochaines élections, si toutes les institutions clés sont politisées. » La Cour suprême a, entre autres prérogatives, la validation des résultats des élections.

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                Union européenne : procédure d’infraction contre la Pologne pour sa réforme de la Cour suprême



« Pas de liberté sans respect de la Constitution »
Pour Anna Buk, mère au foyer, « il n’y a pas de liberté sans respect de la Constitution ». « Dans les manuels scolaires, on apprend aux enfants le principe de séparation des pouvoirs et l’importance de la Constitution du 3 mai [1791, considérée comme la première en Europe]. Je ne veux pas faire de lavage de cerveau à mes enfants. » 
Quand Mme Gersdorf apparaît enfin, elle récolte un tonnerre d’applaudissements. Cette professeure de droit de 66 ans avait, pourtant, il y a un an encore une image controversée. Elle avait notamment déclaré qu’avec un salaire de 10 000 zlotys par mois (2 500 euros) « on ne peut bien vivre qu’en province ». Le parti au pouvoir en avait fait un symbole de « l’arrogance des élites », car la somme en question représente en Pologne l’équivalent de cinq smic. Mme Gersdorf avait avoué un « manque de tact ».
Mais, ce jour-là, elle est devenue un symbole, victime objective de la dérive autoritaire du pouvoir conservateur. Mme Gersdorf parvient à rentrer sans problème dans l’institution, puis ressort quelques minutes plus tard. « Je suis venue en défense de l’ordre juridique de l’Etat et je voudrais témoigner du fait qu’il existe une frontière entre la constitution et son non-respect, déclare-t-elle. J’espère que l’ordre juridique sera rétabli. »
Puis elle cite un document signé en 2007 par Lech et Jaroslaw Kaczynski, alors respectivement président et premier ministre polonais, où ils déclarent leur « fidélité aux traditions juridiques et à l’Etat de droit démocratique » qu’ils ont juré de « préserver avec détermination ». Un message au chef du parti au pouvoir, Jaroslaw Kaczynski, et véritable homme fort du pays. « Les changements actuels témoignent d’un rejet de cette tradition, et je vous invite tous à défendre les valeurs inscrites dans la Constitution », conclut-elle. Sous les applaudissements toujours, elle passe la porte de la Cour suprême. Solennellement et de vive voix, la foule chante l’hymne national polonais.
La Cour suprême entre en résistance
« Le fait que Mme la présidente soit rentrée aujourd’hui dans la Cour signifie que la Constitution est toujours en vigueur, souligne Krystian Markiewicz, président de l’Association des juges polonais Iustitia. La Constitution dit que son mandat dure six ans, et ni le président ni le Parlement sans majorité constitutionnelle ne peuvent rien y faire. Aucune loi ne peut le changer. Mme Gersdorf restera présidente jusqu’en 2020. »
Selon M. Markiewicz, « le chaos juridique en Pologne est de plus en plus important ». « On le voit dans les tribunaux de droit commun. Ce qui s’y passe est inquiétant. Les juges font preuve d’une grande persévérance et d’opposition face au pouvoir, mais les garanties institutionnelles d’indépendance, elles, ont disparu. » D’après lui, les jugements émis à travers le pays montrent qu’à « 95 %, les juges s’opposent à l’actuel pouvoir ».
La manifestation se déplace progressivement devant le palais présidentiel. Quelques figures de l’opposition parlementaire s’affichent dans un semblant d’unité, de la gauche au centre droit. On fait des selfies transpartisans. Certains regretteront qu’une dizaine de poids lourds politiques seulement aient fait le déplacement, car chacun sait que la journée fera date.
« Le Tribunal constitutionnel a été écrasé, le Conseil national de la magistrature politisé, les tribunaux de droit commun subissent les purges du ministre de la justice, liste Borys Budka, député de la Plateforme civique (PO – centre droit) et ancien ministre de la justice. La Cour suprême fait office de dernier bastion d’indépendance. » Selon lui, « il est très important que la Cour de justice de l’Union européenne se prononce au plus vite sur le cas polonais. Il en va de la crédibilité du système judiciaire polonais en Europe. »
A 13 heures, à l’issue d’une réunion collégiale, le vice-président de la Cour suprême, Jozef Iwulski, désigné la veille par le président Andrzej Duda comme le successeur de Mme Gersdorf, déclare que cette dernière « est et restera présidente de la Cour ». L’institution entre officiellement en résistance.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Cette contamination rappelle l’affaire de l’ex-espion russe Sergueï Skripal, qui avait été victime d’une tentative d’empoisonnement en mars.
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Royaume-Uni : deux personnes exposées à une « substance inconnue » ont été hospitalisées

Cette contamination rappelle l’affaire de l’ex-espion russe Sergueï Skripal, qui avait été victime d’une tentative d’empoisonnement en mars.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 06h51
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 07h41
   





                        


Deux personnes ont été hospitalisées dans un état critique à l’hôpital de Salisbury, après avoir été exposées à une « substance inconnue » à Amesbury, dans le sud de l’Angleterre. Les deux patients « reçoivent un traitement pour une exposition présumée à une substance inconnue à l’hôpital de Salisbury », a précisé mercredi 4  dans un communiqué la police du comté de Wiltshire, qui dit considérer l’événement comme un « incident majeur ».
Les deux personnes, un homme et une femme, toutes deux quadragénaires, ont été retrouvées inconscientes samedi 30 juin dans une habitation de la ville d’Amesbury, située à une dizaine de kilomètres de Salisbury, où Sergueï Skripal et sa fille Ioulia avaient été victimes d’une tentative d’empoisonnement avec un agent innervant le 4 mars. Les deux patients « sont dans un état critique », a affirmé la police.
Elle avait initialement émis l’hypothèse d’une contamination liée à l’absorption d’héroïne ou de crack, mais elle a précisé que des tests complémentaires avaient désormais lieu « pour établir la nature de la substance qui a conduit ces patients à tomber malades ». « Nous gardons un esprit ouvert quand aux circonstances de l’incident », a-t-elle ajouté.
Le déploiement policier renforcé
Plusieurs cordons de sécurité ont été mis en place dans des endroits où auraient pu se rendre les deux quadragénaires auparavant. Le déploiement policier a également été renforcé dans les villes d’Amesbury et de Salisbury.
L’agence de santé publique Public Health England (PHE) a estimé que cet événement ne posait « pas de risque sanitaire significatif pour le grand public ». Cet avis sera « continuellement réévalué, en fonction des informations connues », a prévenu un porte-parole de PHE cité par l’agence de presse Press Association.

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                L’ex-espion russe Sergeï Skripal est sorti de l’hôpital



Le 4 mars, Sergueï et Ioulia Skripal avaient été retrouvés inconscients et hospitalisés dans un état critique à Salisbury. Ils avaient tous deux été victimes d’une tentative d’empoisonnement avec un agent innervant. Ils avaient été soignés plusieurs semaines avant de pouvoir quitter l’hôpital. Londres a dénoncé la responsabilité de Moscou dans cette tentative d’empoisonnement, qui de son côté a nié toute implication.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Les politistes Fatih Tombuloglu et Gulcan Kolay estiment, dans une tribune au « Monde », que la réélection de Recep Tayyip Erdogan à la tête de l’Etat renforce sa mainmise sur les institutions.
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Erdogan va poursuivre « la désinstitutionalisation » de la Turquie

Les politistes Fatih Tombuloglu et Gulcan Kolay estiment, dans une tribune au « Monde », que la réélection de Recep Tayyip Erdogan à la tête de l’Etat renforce sa mainmise sur les institutions.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 17h38
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 20h47
    |

Fatih Tombuloglu (Docteur en études politiques à l'EHESS) et Gulcan Kolay (Docteur en sciences politiques à Aix-en-Provence)







                        



                                


                            

Tribune. Le 24 juin, la Turquie a décidé du nom du treizième président de la République de son histoire, premier de son régime présidentiel. Au Parlement, son parti ravit la première place, mais nécessite une coalition avec les Loups gris, députés d’extrême droite pour avoir la majorité.
Quelles sont les caractéristiques inhérentes à la victoire d’Erdogan ? Tout d’abord, il faut se remémorer qu’au moment des élections la Turquie se trouvait dans une situation particulière qu’était l’Etat d’exception, en place depuis deux ans. Cette conformation de l’Etat turc a été des plus indésirables pour l’opposition plongeant celle-ci dans une situation intolérable. En revanche, elle a constitué un terreau des plus favorables pour Erdogan.
De plus, au cours de ces deux années, Erdogan et son allié Devlet Bahçeli [le dirigeant du Parti d’action nationaliste, MHP], chef des Loups gris, ont fait campagne contre le parti pro-kurde, le HDP (Parti démocratique des peuples), au point d’en faire son ennemi public numéro un. D’après leur discours, la Turquie était sous la menace d’être disloquée. Ce discours sécuritaire défendait que le HDP était le prolongement du parti des travailleurs kurde (PKK).
Culte de la personnalité
En réalité, ce discours cachait une chose simple : dans cette région du sud-est de la Turquie à majorité kurde, seuls le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) et le HDP se partageaient la rivalité. Si le HDP n’obtenait pas les 10 % de votes à l’échelle nationale, ses 60 à 70 députés estimés perdraient leur siège – faute d’alternative – au profit du parti d’Erdogan. Le plan de l’actuel président n’a échoué que de peu car le HDP a obtenu près de 12 % de vote et, ainsi, 67 sièges au Parlement.
Enfin, les élections se sont déroulées dans une Turquie qui, permettant l’installation d’un culte de la personnalité autour d’Erdogan, se trouvait en phase de désinstitutionalisation. La raison n’en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », plus de 70 artistes demandent la juste rémunération des œuvres diffusées sur Internet, avant le vote, jeudi, d’une directive européenne.
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Article sélectionné dans La Matinale du 03/07/2018
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« Si on ne peut pas vivre de nos œuvres, nous, créateurs, sommes condamnés à disparaître »

Dans une tribune au « Monde », plus de 70 artistes demandent la juste rémunération des œuvres diffusées sur Internet, avant le vote, jeudi, d’une directive européenne.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 17h30
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 07h46
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. La création ne devrait pas être un sujet d’opposition, elle est au contraire un trait d’union, un synonyme d’aspirations et d’opportunités pour tous les citoyens.
En tant qu’artistes, nous sommes très choqués de voir aujourd’hui qu’un texte sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique en Europe, qui prévoit notamment une plus grande protection des créateurs sur Internet, fasse l’objet d’une campagne de désinformation au service des grandes puissances du numérique. Une campagne qui répand l’idée que ce texte met en péril l’exercice des libertés fondamentales sur Internet.

Evidemment, tout cela est faux ! L’objectif de cette nouvelle directive n’est pas d’imposer un filtrage ou une quelconque censure sur Internet, mais au contraire de permettre de mieux identifier les œuvres diffusées sur les plates-formes numériques et de rémunérer leurs auteurs. Ces puissants acteurs économiques du numérique sont aujourd’hui des diffuseurs comme les autres, des partenaires essentiels comme les autres et, à ce titre, doivent être responsables comme les autres.

Définir un cadre juridique pour trouver un meilleur équilibre entre nous n’est donc pas un acte liberticide, bien au contraire. Nous sommes les petits du numérique, ils sont les géants ! La régulation ne restreint ni l’innovation ni la liberté, mais c’est une nécessité pour s’assurer que les entreprises se comportent correctement.
Un impact direct et dangereux
Stigmatiser et caricaturer le droit de propriété intellectuelle, présenté comme le privilège de quelques-uns venant museler la liberté d’expression, sert en réalité les intérêts économiques de ces grands acteurs, les GAFA [Google, Apple, Facebook, Amazon].
Nous, créateurs, demandons seulement que soit trouvé un point d’équilibre entre ces libertés qui, si elles sont reconnues comme fondamentales, sont parfaitement conciliables.

Tout recul...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Les réfugiés concernés sont essentiellement érythréens et soudanais. Ils devraient arriver « rapidement » en France, selon le directeur de l’Ofpra, Pascal Brice.
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Article sélectionné dans La Matinale du 03/07/2018
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Migrants : la France va accueillir 132 réfugiés de l’« Aquarius » et du « Lifeline »

Les réfugiés concernés sont essentiellement érythréens et soudanais. Ils devraient arriver « rapidement » en France, selon le directeur de l’Ofpra, Pascal Brice.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 13h21
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 07h58
    |

            Julia Pascual








                        



   


La France va accorder le statut de réfugié à 132 personnes, parmi celles secourues par les navires d’ONG Aquarius et Lifeline, a appris Le Monde auprès de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).
A Valence, l’Aquarius avait accosté le 11 juin avec à son bord 629 personnes. Parmi les nationalités les plus représentées, notamment, 184 Soudanais, 144 Nigérians, 52 Erythréens ou encore 41 Algériens.
La France, qui n’avait pas proposé d’accueillir l’Aquarius dans ses ports, avait souhaité témoigner sa solidarité à l’Espagne, et l’Ofpra s’était déplacé à Valence pour identifier des personnes pouvant relever de l’asile. Quelque 215 personnes s’étaient manifestées pour déposer une demande de protection auprès de la France. Parmi elles, d’après nos informations, 121 Soudanais, 39 Erythréens et 37 Algériens. A l’arrivée, seulement 135 personnes se sont présentées aux entretiens. Cette différence peut s’expliquer par le fait que certaines nationalités savent qu’elles ont peu de chance d’obtenir l’asile en France. Le taux de protection des demandeurs d’asile algériens était par exemple de 5,9 % en 2017. De fait, ce sont essentiellement des personnes originaires du Maghreb qui ne se sont pas présentées aux officiers de protection français à Valence.

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                En Méditerranée, les opérations de sauvetage des ONG de plus en plus compliquées



In fine, l’Ofpra va accorder le statut de réfugié à environ 80 personnes, « très largement des Soudanais et des Erythréens », précise M. Brice, le directeur de l’office. En 2017, ces nationalités ont bénéficié en France d’un taux de protection de respectivement 59,5 % et 73 %.
« Les personnes secourues en mer relèvent bien du droit d’asile »
Alors que l’Italie a continué de refuser d’accueillir dans ses ports les bateaux d’ONG, c’est à Malte qu’un autre navire, le Lifeline, a accosté le 27 juin avec à son bord plus de 234 migrants. Cette fois, outre l’Ofpra, plusieurs offices de protection européens ont proposé d’étudier les demandes d’asile des migrants secourus, dont ceux du Portugal, de Belgique, du Luxembourg, des Pays-Bas ou encore d’Irlande. L’Ofpra a d’ores et déjà terminé sa mission et identifié 52 personnes, essentiellement des Soudanais et des Erythréens, qui pourront bénéficier de l’asile en France.

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                « Aquarius », « Lifeline », « Maersk », « Open-Arms », « Seefuchs » : où en sont les navires qui secourent les migrants ?



« Même si ces chiffres sont symboliques, la preuve est faite que les personnes secourues en mer relèvent bien du droit d’asile, estime M. Brice. Cela illustre également qu’on est capable de faire fonctionner des lieux d’instruction de la demande d’asile en Europe. »
Au sortir du Conseil européen des 28 et 29 juin, l’Union européenne s’est engagée à explorer la mise en place de « plateformes régionales de débarquement » et de « centres contrôlés » pour étudier au cas par cas les demandes d’asile. Mais depuis, l’Italie et la France ont notamment exclu l’idée d’accueillir de tels dispositifs. Par ailleurs, l’Italie et Malte ont encore refusé d’accueillir un navire humanitaire, géré par l’association espagnole Proactiva Open Arms et transportant 59 migrants secourus au large de la Libye. Il faisait route dimanche vers Barcelone. Depuis le début de l’année, plus d’un millier de personnes sont mortes en tentant de traverser la Méditerranée depuis la Libye pour rejoindre l’Europe.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ La spécialiste des politiques monétaires, Hélène Rey plaide pour une régulation tout au long des cycles financiers, plutôt que dans les seules périodes de crise.
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Régulation de la finance mondiale : « L’Union européenne reste une réussite incroyable »

La spécialiste des politiques monétaires, Hélène Rey plaide pour une régulation tout au long des cycles financiers, plutôt que dans les seules périodes de crise.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 12h41
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 13h44
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Spécialiste des politiques monétaires, Hélène Rey est professeure à la London Business School. Le 8 mai 2018, Hélène Rey donnait une conférence lors d’un séminaire sur « Les défis des cycles financiers mondiaux pour la politique monétaire » à la Banque nationale de Suisse, à Zurich, assise à la gauche de Jay Powell, le gouverneur de la Réserve fédérale américaine, devant un aréopage de banquiers centraux et de responsables d’institutions financières, dont Christine Lagarde, la directrice du Fonds monétaire international (FMI), et François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la banque de France.
Selon Hélène Rey, les cycles financiers, toujours plus importants, réduisent l’autonomie des banques centrales et des gouvernements. Pour en limiter l’impact, elle plaide, en particulier dans la zone euro, pour une politique « contracyclique » resserrant les règles financières en période de croissance pour les desserrer en cas de crise. Exactement le contraire de ce que fait Donald Trump, dont elle qualifie la politique économique de « stupide ».
Votre thèse est que les cycles financiers sont devenus tellement puissants que les banques centrales ont perdu le pouvoir…
Je ne suis pas aussi excessive que cela. Mais il est vrai qu’il y a un cycle financier international, qu’on voit les flots financiers – bancaires, dettes, investissements… – qui se déplacent ensemble. Les prix des actifs risqués fluctuent violemment. Au cœur de ce phénomène, on retrouve un facteur qui les explique largement : la Fed, avec sa politique monétaire.
La Fed serait devenue presque toute-puissante ?
Oui, sa politique a un impact sur l’ensemble des marchés financiers internationaux, y compris pour les pays qui ont un taux de change flexible. C’est une idée nouvelle. Jusqu’à récemment, les économistes pensaient que l’influence de la Fed se transmettait d’un pays à un autre uniquement si le taux de change était fixe. C’était logique :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ La volatilité des indices est accentuée par les incertitudes qui pèsent sur la conjoncture.
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Guerre commerciale : la répétition des escarmouches rend les marchés nerveux

La volatilité des indices est accentuée par les incertitudes qui pèsent sur la conjoncture.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 12h02
    |

                            Véronique Chocron et 
Elise Barthet








                        



                                


                            

L’été s’annonce agité sur les principales Bourses mondiales, dont les indices font du yoyo. Celle de Hongkong a ouvert mardi 3 juillet la séance sur une baisse de plus de 3 %. En Europe, lundi soir, les principales places ont fini dans le rouge et la tendance aux Etats-Unis était mal orientée, jusqu’à ce que Donald Trump se montre rassurant quant au maintien du pays au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

C’est bien l’avenir des échanges mondiaux qui préoccupe les investisseurs, inquiets des prémices d’une guerre commerciale qui opposerait les Etats-Unis à l’Union européenne, à la Chine et au Canada. Pour l’heure, les nouveaux droits de douane décidés ne représenteraient qu’une perte de 0,1 point du PIB mondial, selon Patrick Artus, directeur de la recherche et des études de Natixis. « On assiste donc à une énorme surréaction des marchés, compte tenu de l’effet réel de ces mesures protectionnistes, estime l’économiste. L’incertitude pèse beaucoup plus que les mesures annoncées, car personne ne sait où Donald Trump s’arrêtera et les marchés valorisent le pire. »
Les investisseurs réagissent d’autant plus vivement que ces tensions commerciales ne surviennent pas « comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu, note Didier Saint-Georges, membre du comité d’investissement de Carmignac, spécialiste de la gestion d’actifs. La toile de fond a changé en un an, avec le resserrement des politiques monétaires des banques centrales. La Fed a déjà commencé à retirer des liquidités au système financier, alors que ces mannes formaient un véritable filet de sécurité pour les marchés. »
La dynamique tend à s’essouffler
Non seulement les investisseurs doivent réapprendre à fonctionner sans que les banques centrales interviennent à la moindre escarmouche, mais tous les signaux avancés indiquent que la dynamique économique de 2016 et de 2017 tend à s’essouffler et que le cycle économique, selon les régions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ A une semaine du sommet de l’OTAN, les 11 et 12 juillet, à Bruxelles, le conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique, redoute, dans une tribune au « Monde », les effets sur l’Union européenne des attaques de Donald Trump contre le multilatéralisme.
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François Heisbourg : « Le dépeçage stratégique, économique et social guette l’Europe »

A une semaine du sommet de l’OTAN, les 11 et 12 juillet, à Bruxelles, le conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique, redoute, dans une tribune au « Monde », les effets sur l’Union européenne des attaques de Donald Trump contre le multilatéralisme.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 11h58
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 12h48
    |

                            François Heisbourg (Conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique)








                        



                                


                            
Tribune. Les historiens du futur écriront peut-être que le XXe siècle a pris fin le 8 novembre 2016 avec l’élection de Donald Trump. L’on hésitera certes à conférer à cet homme grotesque et grossier une importance aussi singulière.
Cependant, contrairement à l’image qui en est souvent donnée, le président Trump n’est pas simplement un égotique dysfonctionnel et capricieux ou un mauvais moment à passer avant le retour à la normale. En politique extérieure, l’homme a une vision clairement exprimée au fil des décennies, qui est celle d’une Amérique traitant de façon bilatérale et purement transactionnelle avec les Etats étrangers.
Pour lui, l’Amérique doit donc s’affranchir des normes internationales et des organisations multilatérales, en jouant des seuls rapports de force au détriment de toute forme d’alliance pérenne. Cette Amérique-là tourne désormais le dos au système d’alliances bâti il y a soixante-dix ans, au lendemain de la seconde guerre mondiale.
Trump a déclaré qu’il a trois adversaires : l’Organisation mondiale du commerce, l’Union européenne et l’OTAN
Cette volonté a été exprimée de façon humiliante mais limpide lors de la récente réunion du G7 au Canada. La règle de confidentialité inhérente à ce type de conclave n’empêche pas des fuites qui décrivent des scènes ahurissantes et citent des propos extravagants. C’est Donald Trump qui jette deux bonbons « Starburst » à Angela Merkel en lui disant « comme ça, tu ne pourras pas dire que je ne t’ai jamais rien donné ».
Ou encore : « L’OTAN, c’est pire que l’Alena », l’accord de libre-échange entre le Canada, le Mexique et les Etats-Unis. C’est peut-être surtout Trump déclarant à un haut responsable qu’il a trois adversaires : l’Organisation mondiale du commerce (dont les Etats-Unis pourraient se retirer par un acte du Congrès), l’Union européenne et l’OTAN.
Le président américain liera directement sa guerre commerciale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Des familles arrivées du Kurdistan irakien occupent un campement de fortune, où femmes et enfants vivent dans des conditions d’hygiène quasi inexistantes. L’ONG Gynécologie sans frontières tente de les suivre et les encadrer.
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A Grande-Synthe, auprès de femmes migrantes

Des familles arrivées du Kurdistan irakien occupent un campement de fortune, où femmes et enfants vivent dans des conditions d’hygiène quasi inexistantes. L’ONG Gynécologie sans frontières tente de les suivre et les encadrer.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 15h01
    |

            Anne Guillard








                        



                                


                            

En cette fin juin, des dizaines de tentes sont alignées sous la ligne à haute tension, qui surplombe le campement sauvage de migrants, installé depuis quelques semaines tout près de la gare de fret à Grande-Synthe (Hauts-de-France). Des hommes seuls mais aussi des familles vivent dans ce lieu sans sanitaires ni douches, uniquement équipé d’un point d’eau à l’entrée.
Ici, les arrivées se font plus nombreuses et le camp grossit à vue d’œil, observe l’ONG Gynécologie sans frontières (GSF) venue effectuer une maraude ce mardi après-midi. C’est l’objectif de la mission Caminor : prendre en charge les femmes réfugiées dans les camps du Nord, ainsi que leurs enfants, tant au niveau médical que psycho-social.
Les personnes ici présentes sont pour la plupart des Kurdes irakiens qui veulent rejoindre la Grande-Bretagne. Certains ont passé des semaines, des mois sur la route, dépensé des milliers de dollars, risqué leur vie pour atteindre la terre promise, fuyant la guerre et la crise économique qui frappent leur territoire.
De jeunes enfants courent un peu partout. Manon, Sylvie, sages-femmes, et Alice, étudiante sage-femme, extirpent de la camionnette qui fait office de dispensaire mobile de gynécologie-obstétrique une poussette qu’elles destinent à une famille. Dans le regard de la mère des deux fillettes âgées de 4 mois et 2 ans se lit une extrême lassitude.
« Souffler, dormir, faire la cuisine »
« Les femmes s’épuisent à essayer de passer en Grande-Bretagne pendant une partie de la nuit. Elles reviennent avec les enfants le lendemain matin, déprimées, épuisées », raconte l’équipe mobile, qui lui fournit une boîte de lait pour bébé et deux bouteilles d’eau d’1,5 l, précieux sésame. Elle lui confie également quelques échantillons de crème solaire – « des dons » –, « les enfants ont la peau qui brûle au soleil » à cette saison.

Les problèmes d’hygiène sont prégnants. « Un bébé de 4 mois présentait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Les partenaires commerciaux des Etats-Unis, dont l’Europe, envisagent de taxer 294 milliards de dollars d’exportations américaines annuelles.
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Taxes américaines sur les voitures : l’Europe menace Donald Trump de représailles

Les partenaires commerciaux des Etats-Unis, dont l’Europe, envisagent de taxer 294 milliards de dollars d’exportations américaines annuelles.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 11h50
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Ils ont à peine réussi à réduire les tensions politiques autour des questions migratoires que les dirigeants de l’Union européenne (UE) redoutent déjà la prochaine crise. Après avoir une première fois maltraité les Européens en taxant le 1er juin à 25 % leurs exportations d’acier et à 10 % celles d’aluminium, Washington a lancé une autre enquête au nom de la sécurité nationale des Etats-Unis et menace de s’en prendre à leurs exportations de voitures outre-Atlantique.
Une décision d’une tout autre ampleur : ces taxes toucheraient très durement l’Allemagne, première puissance exportatrice de l’UE avec plus de 600 000 voitures exportées et 50 milliards d’euros d’excédents commerciaux, tous secteurs confondus, avec les Etats-Unis. Cela obligerait probablement les Européens à réagir (comme ils l’ont fait avec l’acier et l’aluminium), avec le risque, cette fois très sérieux, d’une véritable guerre commerciale entre deux alliés historiques.
Les Européens tentent d’y échapper par tous les moyens, même s’ils ne se font guère d’illusions : ils ont appris à prendre Donald Trump au mot. Or le président américain est obsédé depuis le début de son mandat par l’excès, selon lui, de grosses cylindrées allemandes circulant dans les rues de New York.
La Commission européenne a lancé un avertissement fort, lundi 2 juillet, en rendant public un document destiné au département du commerce américain où elle évalue le préjudice que pourraient subir les Etats-Unis, si Washington mettait ses menaces à exécution au nom d’un impératif de sécurité nationale qui, estime Bruxelles, « viole le droit international ».
La Commission souligne que les constructeurs européens, par le biais de leurs usines américaines, ont engendré « 120 000 emplois directs et indirects » outre-Atlantique
Les « rétorsions » des partenaires des Américains pourraient porter sur la somme colossale de 294 milliards de dollars (252 milliards d’euros), soit 19 % du total...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Selon le Conseil d’analyse économique, dans le pire des scénarios, l’Europe subirait une perte permanente de 4 % du produit intérieur brut.
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L’impact d’une guerre commerciale serait « comparable à celui de la grande récession de 2008 »

Selon le Conseil d’analyse économique, dans le pire des scénarios, l’Europe subirait une perte permanente de 4 % du produit intérieur brut.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 06h43
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Pour une guerre commerciale, combien de dégâts ? L’escalade des tensions entre les Etats-Unis et leurs partenaires rend la question chaque jour moins théorique. « Ce scénario reste relativement peu probable, mais il n’est plus impossible », souligne Philippe Martin, président délégué du Conseil d’analyse économique (CAE).

Dans une note publiée mardi 3 juillet, le CAE, cercle de réflexion placé auprès du premier ministre, tente donc d’estimer les conséquences économiques d’une déflagration commerciale mondiale. L’impact, concluent ses auteurs, « serait comparable à celui de la grande récession de 2008-2009 ». L’hypothèse ici retenue est celle d’une guerre « totale ». Autrement dit, une hausse de 60 points de pourcentage des tarifs douaniers sur les biens échangés entre les grands pays. Ceux-là sont actuellement de 3 % en moyenne aux Etats-Unis et en Europe.
Même si le marché unique européen restait intact, avec des droits de douane toujours nuls en son sein, l’Union européenne (UE) accuserait une perte « permanente » de 4 % du produit intérieur brut (PIB) et la France de plus de 3 %. Dans l’Hexagone, il en coûterait annuellement 1 125 euros par habitant. Les autres grandes puissances seraient aussi pénalisées. Pour la Chine, la chute du PIB est estimée à 3 %. Tout comme aux Etats-Unis, quoi qu’en dise le président Donald Trump, prompt à affirmer que l’économie américaine est capable de résister à un choc commercial d’ampleur.
Effets délétères
Les auteurs – Philippe Martin, et les économistes Sébastien Jean et André Sapir – énumèrent les effets délétères provoqués par une avalanche de surtaxes. A court terme, elles font grimper le prix des produits importés. Les répercussions sont immédiates sur le pouvoir d’achat des ménages. Mais également sur la compétitivité des entreprises, dans un monde où les chaînes de production sont de plus en plus morcelées à travers le globe. En grippant les rouages du commerce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ La chancelière a cédé aux conservateurs bavarois sur l’immigration, au risque de froisser les sociaux-démocrates.
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En Allemagne, fragile accord entre Angela Merkel et la CSU

La chancelière a cédé aux conservateurs bavarois sur l’immigration, au risque de froisser les sociaux-démocrates.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 11h00
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Finalement, il ne partira pas. Vingt-quatre heures après avoir menacé de démissionner, le ministre allemand de l’intérieur, Horst Seehofer, a obtenu ce qu’il voulait de la chancelière, Angela Merkel, pour rester au gouvernement. « Nous avons trouvé un accord qui nous permettra, à l’avenir, d’empêcher toute forme de migration illégale à la frontière entre l’Allemagne et l’Autriche. (…) Cet arrangement me permet de continuer à diriger le ministère de l’intérieur, de la construction et de la patrie », a déclaré, lundi 2 juillet au soir, le président de l’Union chrétienne-sociale (CSU), l’alliée bavaroise de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de Mme Merkel.
Plus de quatre heures de pourparlers auront été nécessaires, lundi, pour parvenir à cet accord qui permet à la chancelière allemande d’éviter ce qu’elle redoutait le plus : une rupture entre la CDU et la CSU, et, par conséquent, la fin programmée de la « grande coalition » qu’elle a péniblement mise en place, mi-mars, après six mois d’interminables tractations. Quelques minutes après le départ de M. Seehofer du siège de la CDU, à Berlin, Mme Merkel s’est exprimée à son tour devant les journalistes pour se féliciter, elle aussi, d’un accord qu’elle a qualifié d’« avancée décisive pour pouvoir contrôler et organiser les migrations secondaires », autrement dit les mouvements de migrants à l’intérieur de l’Union européenne (UE).

Concrètement, l’accord scellé, lundi soir, prévoit que les demandeurs d’asile arrivant en Allemagne mais déjà enregistrés dans un autre pays de l’UE soient placés dans des « zones de transit » situées près de la frontière avec l’Autriche, en attendant d’être expulsés. En principe, les renvois doivent se faire dans les pays où ces demandeurs d’asile sont arrivés en premier, ce qui suppose que ces pays donnent leur feu vert pour les accueillir. En cas de refus de leur part, les demandeurs d’asile seront « refoulés à la frontière...




                        

                        

