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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ La coalition au pouvoir, qui regroupe le parti du président Ouattara et celui de son allié Henri Konan Bédié, traverse une crise depuis quelques semaines.
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Compte rendu

Remaniement ministériel sur fond de tensions politiques en Côte d’Ivoire

La coalition au pouvoir, qui regroupe le parti du président Ouattara et celui de son allié Henri Konan Bédié, traverse une crise depuis quelques semaines.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-07-04T18:10:46+02:00"

        Le 04.07.2018 à 18h10






    
Le président ivoirien Alassane Ouattara, à Abidjan le 7 août 2017.
Crédits : Luc Gnago / REUTERS


La présidence ivoirienne a annoncé, mercredi 4 juillet, un remaniement du gouvernement, sur fond de crise politique dans la coalition au pouvoir, deux ans avant l’élection présidentielle.
Le président Alassane Ouattara a « mis fin » aux fonctions du gouvernement et reconduit le premier ministre Amadou Gon Coulibaly pour former une nouvelle équipe, selon le communiqué lu à la presse par le secrétaire général de la présidence, Patrick Achi.

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La coalition au pouvoir, qui regroupe le Rassemblement des Républicains (RDR) du président Ouattara et le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de l’ancien président Henri Konan Bédié traverse une crise, le PDCI ayant de facto refusé de constituer avec le RDR un parti unifié avant le prochain scrutin présidentiel.

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Le président a chargé le premier ministre « de lui proposer une équipe gouvernementale constituée du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix [RHDP] et de la société civile », selon le communiqué.
Le RHDP désigne à la fois la coalition électorale RDR-PDCI au pouvoir et le futur parti unifié voulu par le président Ouattara. Ce projet de parti unifié suscite des divisions au sein de son propre camp et au PDCI.
Ouverture aux petits partis
Le parti d’Henri Konan Bédié, qui a soutenu deux fois la candidature victorieuse d’Alassane Ouattara en 2010 et 2015, réclame la réciprocité pour 2020, soit un candidat issu du PDCI soutenu par le RDR – ce que le parti présidentiel ne semble pas vouloir lui accorder.
Le nouveau gouvernement devrait voir reconduits les ministres PDCI – ils étaient douze avant le remaniement – favorables au parti unifié, et devrait s’ouvrir aux petits partis qui ont décidé de le rejoindre, a commenté une source proche de la présidence.

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Mardi, le ministre des ressources animales et halieutiques, Kobenan Kouassi Adjoumani, a annoncé le lancement d’un mouvement dissident à l’intérieur du PDCI, se déclarant favorable au parti unifié. Une demi-douzaine d’autres ministres et quelques députés et sénateurs PDCI étaient présents lors de cette annonce publique.
Parmi les petits partis, l’UDPCI, dirigée par l’ancien ministre des affaires étrangères Toikeusse Mabri et qui compte six députés à l’Assemblée, a décidé de rejoindre le RHDP. Le Mouvement des forces d’avenir (MFA) et le Parti ivoirien des travailleurs (PIT) sont divisés sur la question. En revanche, l’Union pour la Côte d’Ivoire (UPCI, 3 députés), a refusé de rejoindre le parti unifié à l’issue d’un vote de ses militants.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Le grand message de prospérité de Pékin au sujet de ses nouvelles routes de la soie et des mégaprojets en chantier sur leur tracé est parasité par des affaires de corruption, explique le correspondant du « Monde » à Pékin, Brice Pedroletti.
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édition abonné


Le Sri Lanka et le « piège chinois de la dette » plombe les nouvelles routes de la soie

Le grand message de prospérité de Pékin au sujet de ses nouvelles routes de la soie et des mégaprojets en chantier sur leur tracé est parasité par des affaires de corruption, explique le correspondant du « Monde » à Pékin, Brice Pedroletti.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 18h09
    |

            Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)








                        



                                


                            

Vue d’ailleurs. La concession de 99 ans accordée fin 2017 à la société d’Etat chinoise China Merchants Port Holdings sur le port de Hambantota, au Sri Lanka, en échange de l’effacement d’un peu plus de 1 milliard de dollars d’emprunt chinois, empoisonne l’image de la Chine. Hambantota est un fiasco : le terminal portuaire est une aberration économique, qui n’a jamais attiré de navires.
La société chinoise qui l’a construit, China Harbour, imposée par Pékin, a largement financé la campagne politique du président du Sri Lanka d’alors, Mahinda Rajapakse. Les soupçons de collusion avec la Chine ont d’ailleurs contribué à sa défaite en 2015. Malgré la conversion de ses créances en actifs, le Sri Lanka reste lourdement endetté, notamment vis-à-vis de la Chine : il serait tombé dans le China’s debt trap, comme l’a détaillé le New York Times dans une enquête publiée le 25 juin, ou « piège de la dette chinois ». Et celui-ci parasite le grand message de prospérité de Pékin au sujet de ses nouvelles routes de la soie et des mégaprojets en chantier sur leur tracé.
En Malaisie, la chute du premier ministre Najib Razak, soupçonné de corruption à une échelle monumentale, et le retour au pouvoir de Mahathir Mohamad, ont entraîné le réexamen des ambitieux projets d’infrastructures consentis avec la Chine, en particulier la ligne de chemin de fer East Coast Rail Link, de la frontière thaïlandaise jusqu’à Port Klang, non loin de Kuala Lumpur, sur le détroit de Malacca.
L’exemple des « traités inégaux »
Son budget est estimé à 15 milliards de dollars (12,8 milliards d’euros). Le Dr Mahathir veut renégocier les contrats avec la Chine – il a même évoqué l’exemple des « traités inégaux » que la Chine s’était vu imposer par les puissances occidentales à la fin du XIXe siècle. Le projet chinois est soupçonné par les enquêteurs d’avoir été gonflé pour masquer les détournements au...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Le fils de l’ex-président sénégalais n’est pas autorisé à concourir pour la présidentielle de 2019. Son parti conteste ce rejet et en appelle à une manifestation le 13 juillet.
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Décryptage

L’horizon électoral de Karim Wade au Sénégal s’obscurcit

Le fils de l’ex-président sénégalais n’est pas autorisé à concourir pour la présidentielle de 2019. Son parti conteste ce rejet et en appelle à une manifestation le 13 juillet.

Par                                            Salma Niasse et 
                            Matteo Maillard (Dakar, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-07-04T17:28:32+02:00"

        Le 04.07.2018 à 17h28






    
Karim Wade à Mboro, au nord de Dakar, en avril 2008.
Crédits : GEORGES GOBET/AFP


Le retour de Karim Wade au Sénégal comme sa candidature à la présidentielle, prévue en février 2019, semblent plus que jamais compromis. Lundi 2 juillet, le fils de l’ancien chef de l’Etat Abdoulaye Wade (2000-2012) a vu sa demande d’inscription sur les listes électorales rejetée par la Direction générale des élections. L’instance justifie sa décision par l’application d’un article du Code électoral soutenant qu’un individu condamné à une peine de prison de cinq ans ou plus ne peut devenir électeur. Ce qui éliminerait de facto Karim Wade, condamné en 2015 à six ans de prison et plus de 210 millions d’euros d’amendes par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI).

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Au siège du Parti démocratique sénégalais (PDS), qui a convoqué mardi une conférence de presse pour défendre son candidat, l’heure est à la dénonciation d’une décision que chacun considère comme téléguidée par la présidence. S’appuyant sur un arrêt de la CREI, les responsables du parti soutiennent que Karim Wade jouit encore de tous ses droits civiques.
Peu loquace
« Il a été désigné par un congrès et est le seul candidat légitime du PDS. Nous n’avons pas d’autre plan », clame Madické Niang, actuel numéro deux du parti. « Si Karim Wade n’est pas candidat, Macky Sall ne le sera pas non plus. Ils nous ont déclaré la guerre, ils l’auront ! », surenchérit Me Amadou Sall, l’un des avocats de Karim Wade. Mais sur son plan d’action, le parti, qui a appelé à manifester le 13 juillet, reste vague. Il s’accroche à la possibilité de déposer un recours dans les quinze jours. « Nous allons recourir à tout ce qui est possible pour que l’élection ne se tienne pas sans notre candidat », lance Doudou Wade, l’un des cadres du PDS.
A sept mois de la présidentielle, virtuellement sans candidat, le parti est désormais dans un dilemme : persévérer avec la candidature du fils quitte à ne pas participer à l’élection présidentielle, ou préserver ses chances en changeant de candidat au risque de se mettre à dos « Gorgui », « le vieux », surnom d’Abdoulaye Wade. Dans cette atmosphère, la discrétion de Karim Wade n’aide pas. Ce dernier s’est montré peu loquace depuis la grâce présidentielle qui lui a permis de recouvrer la liberté à la moitié de sa peine et de s’envoler pour le Qatar, le 24 juin 2016. L’opposant a rompu ce silence pour la première fois, le 11 janvier 2018, à la mort du calife général des mourides, pour affirmer avoir été empêché de se rendre au chevet de ce dignitaire d’une très puissante confrérie religieuse car « expulsé » injustement de son pays et conduit à un « exil forcé » dans la péninsule Arabique.

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L’ancien « ministre du ciel et de la terre », comme le surnommaient ironiquement les Sénégalais lorsque, sous son père, il occupait la fonction de ministre des infrastructures, du transport aérien, de la coopération internationale et de l’aménagement du territoire, a repris brutalement la parole le 16 juin dans son message de Korité, à l’occasion de la fin du ramadan. Un texte long de trois pages aux allures de tract électoral dans lequel il s’attaque au président, rebondissant sur l’actualité, comme les retards de paiement des bourses étudiantes ayant conduit à la mort du jeune Fallou Sène ou une possible crise alimentaire au nord.
Une arlésienne
« Macky Sall a érigé le mensonge, la manipulation et le complot en mode de gouvernance », dénonce-t-il alors, invitant ses sympathisants à se tenir « prêts à [l]’accueillir très prochainement ». Ambition qu’il avait déjà concrétisée deux mois plus tôt en s’inscrivant le 16 avril sur les listes électorales depuis l’ambassade au Sénégal au Koweït. Elle a été déboutée lundi. Annoncé régulièrement par les cadres du PDS, le retour de Karim Wade est une arlésienne qui bute sur ses devoirs judiciaires. Car s’il a été gracié par le président Sall, il n’a pas été amnistié et doit toujours s’acquitter auprès de l’Etat sénégalais des 210 millions d’euros qu’il a été condamné à lui verser.

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La CREI, qui avait ordonné la saisie de tous les biens de Karim Wade, s’est heurtée à la justice française quant aux deux appartements situés dans le 16e arrondissement de Paris et le compte bancaire qu’il détient en France. Le tribunal de grande instance de Paris avait refusé, le 26 septembre 2016 la demande de l’Etat sénégalais et la cour d’appel avait confirmé ce jugement le 14 mars 2018.
Mais cela ne change rien au cas de Karim Wade au Sénégal : le 25 mai, un huissier de justice s’est présenté au domicile dakarois d’Abdoulaye Wade, qui est également le dernier connu de son fils, afin d’y déposer un recours du procureur de la CREI. Ce commandement de payer la colossale amende est un rappel on ne peut plus clair. Si le présidentiable du PDS remet les pieds sur le territoire sénégalais sans s’être acquitté de cette dette, il ira droit en prison.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Le précédent accord n’avait pas été renouvelé en raison du refus de la partie sénégalaise d’observer l’obligation de débarquement des prises en Mauritanie.
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Compte rendu

Le Sénégal et la Mauritanie signent un nouvel accord de pêche

Le précédent accord n’avait pas été renouvelé en raison du refus de la partie sénégalaise d’observer l’obligation de débarquement des prises en Mauritanie.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-07-04T17:18:29+02:00"

        Le 04.07.2018 à 17h18






    
Des pirogues de pêche sénégalaises à Yoff, une commune de Dakar, en mars 2018.
Crédits : Zohra Bensemra / REUTERS


Deux ans et demi après la fin de leur dernier accord de pêche, Dakar et Nouakchott ont conclu cette semaine une nouvelle convention permettant aux pêcheurs sénégalais de travailler en Mauritanie, a-t-on appris mercredi 4 juillet auprès des autorités sénégalaises. Le nouvel accord de pêche a été signé lundi soir à Nouakchott, en marge du sommet de l’Union africaine (1er et 2 juillet), entre les ministres sénégalais et mauritanien de la pêche, Oumar Guèye et Nani Ould Chrouga, a affirmé à l’AFP Mamadou Goudiaby, responsable de la pêche au ministère sénégalais.
Avec ce nouvel accord d’une durée d’un an renouvelable, les pêcheurs sénégalais sont bénéficiaires de 400 licences pour capturer 50 000 tonnes de poissons pélagiques (en haute mer) avec 400 pirogues, a précisé M. Goudiaby. Le débarquement des captures des pêcheurs sénégalais dans les eaux mauritaniennes se fera d’abord en territoire mauritanien pour permettre aux autorités locales de procéder à des contrôles avant leur acheminement au Sénégal, a indiqué M. Goudiaby.
Raréfaction de la ressource halieutique
Le Sénégal versera à la Mauritanie 15 euros pour chaque tonne de poisson pêchée, dont 10 euros dus par les pêcheurs et 5 euros par l’Etat du Sénégal, selon le nouvel accord. Ce dernier a été conclu après la mort, le 29 janvier, d’un jeune pêcheur sénégalais tué par des garde-côtes mauritaniens dans leurs eaux territoriales.

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Des manifestations avaient éclaté à Saint-Louis (nord du Sénégal), près de la frontière avec la Mauritanie, pour réclamer notamment des licences de pêche à Nouakchott.
Le précédent accord de pêche qui liait Dakar à Nouakchott n’avait pas été renouvelé depuis janvier 2016 en raison du refus de la partie sénégalaise d’observer l’obligation de débarquement des prises en Mauritanie, prévue par une nouvelle réglementation mauritanienne. Les pêcheurs sénégalais sont confrontés à une raréfaction de la ressource halieutique dans leur pays, due notamment à une surexploitation. Ils dépendent en partie des eaux poissonneuses de leur voisin mauritanien, selon des professionnels de la pêche.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Inaugurée mercredi 4 juillet, l’usine de Rzeszow produit des aubes de turbines basse pression. Une des pièces majeures du nouveau moteur Leap de CFM International, la société commune de Safran et de l’Américain G.E.
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Après le Mexique et le Maroc, Safran poursuit son développement international en Pologne

Inaugurée mercredi 4 juillet, l’usine de Rzeszow produit des aubes de turbines basse pression. Une des pièces majeures du nouveau moteur Leap de CFM International, la société commune de Safran et de l’Américain G.E.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 15h56
    |

            Guy Dutheil








                        



   


Safran étend son empreinte à l’international. Depuis trois ans que Philippe Petitcolin est aux commandes, le motoriste se développe à vive allure hors de France. Après le Mexique et le Maroc, Safran a choisi de grandir en Pologne. Le patron du motoriste a inauguré, mercredi 4 juillet, une nouvelle usine à Rzeszow, dans le sud-est de la Pologne. Une implantation industrielle supplémentaire destinée à la production d’aubes de turbines basse pression. Une des pièces majeures du nouveau moteur Leap de CFM International, la société commune de Safran et de l’Américain G.E. Le Leap qui doit équiper les nouveaux moyens courriers d’Airbus et de Boeing, l’A320 Neo et le 737 Max, mais aussi le C919 chinois, est le second blockbuster de Safran. « A peine lancé, le Leap a déjà été commandé à plus de 15 000 exemplaires, soit dix années de travail garanti », s’enorgueillit le motoriste. Evalué au tarif catalogue, c’est une manne de 210 milliards de dollars (environ 180 milliards d’euros) qui devrait rentrer dans les caisses des deux partenaires français et américain. Un véritable pactole pour G.E. et Safran qui ont déjà investi un milliard de dollars pour le développement du Leap.
A l’examen, le choix de Rzeszow ne doit rien au hasard. « Pourquoi la Pologne ? », s’interroge un cadre dirigeant du motoriste : « 100 % de pièces bonnes, livrées à l’heure, jamais de problème », répond-il. Safran est présent dans le sud-est de la Pologne depuis 2001. Une région désormais dénommée « la vallée de l’aviation ». Outre Safran, le motoriste britannique Rolls-Royce et d’autres équipementiers internationaux sont aussi installés dans les environs. Un renouveau pour cette zone qui avant la seconde guerre mondiale rassemblait déjà les sites industriels aéronautiques de la Pologne.
Une main-d’œuvre bon marché
Cet historique a permis à Safran de développer ce qu’il nomme un « éco-système industriel ». Un savant cocktail qui assemble une main-d’œuvre bon marché, une formation technologique et universitaire de qualité et la proximité d’une zone de chalandise. Toutefois, M. Petitcolin reconnaît volontiers que le principal ingrédient de ce mélange à succès c’est la modicité des rémunérations des personnels embauchés sur place. « En moyenne, les salaires des techniciens et ingénieurs en Pologne sont moitié moindre qu’en France », admet le directeur général. Le différentiel est encore plus important pour les ouvriers polonais qui gagnent trois fois moins que leurs homologues français.
Safran Aircraft Engines Poland (SAEP), la division polonaise du motoriste monte rapidement en puissance. En 2017, elle employait 16 000 salariés répartis sur 35 sites et son chiffre d’affaires a atteint neuf milliards d’euros. A l’avenir, le rythme ne risque pas de ralentir. La nouvelle usine de Rzeszow a été construite « pour sécuriser la production du Leap », indique M. Petitcolin. En clair, Safran va devoir accompagner sans faiblir la montée en cadence des productions des moyen-courriers d’Airbus et de Boeing. L’avionneur européen a, officiellement, pour objectif de sortir de ses chaînes d’assemblage 60 exemplaires d’A320 Neo à la mi 2019 et 63 à la fin de l’année prochaine. Dès que ce seuil sera atteint, Airbus aurait pour but de pousser encore son tempo pour produire jusqu’à 75 exemplaires chaque mois. Un rythme endiablé également tenu par Boeing pour son 737 Max. Grâce à la Pologne, Safran ne devrait pas ralentir les deux avionneurs. Dès 2018, SAEP prévoit de produire 180 000 aubes basse pression puis 800 000 en 2022 avec pour objectif d’atteindre le million.
Après le Mexique, le Maroc et la Pologne c’est en Inde que Safran veut trouver un nouvel éco-systeme à succès. Le motoriste a déjà posé le pied à Hyderabad, au sud de l’Inde. Une usine de câblage dont la production « devrait parvenir à sa vitesse de croisière en 2019 ». A en croire Philippe Petitcolin, « l’Inde possède un potentiel énorme d’ici 15 ou 20 ans ». Elle devrait constituer pour Safran, « un nouvel outil de compétitivité », précise le directeur général. Notamment pour alimenter les marchés asiatiques. Toutefois, le principal atout de l’Inde réside, comme le reconnaît M. Petitcolin, dans « son potentiel de low cost ». Les rémunérations très faibles des futurs salariés indiens. Un critère déterminant pour le motoriste qui devrait arbitrer prochainement la localisation de certaines de ses productions entre l’Inde et la Chine. « C’est une question qu’il va falloir se poser », signale-t-il. Toutefois, à l’en croire, ses développements internationaux ne pèsent pas sur l’activité du groupe en France. Notamment grâce à la croissance continue du secteur aéronautique dans le monde.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ « Tout pays a le droit d’élaborer son système judiciaire selon ses propres traditions », a lancé Mateusz Morawiecki aux eurodéputés, alors que Bruxelles et Varsovie s’affrontent sur la réforme controversée de la justice.
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A Strasbourg, le premier ministre polonais réfute toute dérive antidémocratique

« Tout pays a le droit d’élaborer son système judiciaire selon ses propres traditions », a lancé Mateusz Morawiecki aux eurodéputés, alors que Bruxelles et Varsovie s’affrontent sur la réforme controversée de la justice.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 15h19
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 17h04
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Un dialogue de sourds, très animé, qui, semble-t-il, ne fera pas dévier d’un pouce l’intéressé : à l’issue de près de trois heures de débat avec le Parlement européen, mercredi 4 juillet, à Strasbourg, le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a lancé un « merci » un peu froid aux eurodéputés, dont la plupart ne l’avaient pas ménagé.
Impassible face à un déluge de critiques, il a indiqué, dans la foulée, qu’il comptait bien poursuivre son programme de réformes – notamment de la justice – même si son pays est dans le collimateur de la Commission de Bruxelles. Celle-ci a lancé des procédures d’infraction et suggéré d’activer « l’article 7 », qui peut en théorie – après un vote à l’unanimité – priver un pays membre de ses droits de vote, pour cause de violation de l’Etat de droit.
Service minimum
Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, que l’on dit soucieux de ménager la relation avec la Pologne, n’était pas présent dans l’hémicycle, contrairement à ce qui avait été annoncé. Pas plus que le premier vice-président, Frans Timmermans, très en pointe dans le dossier du respect de l’Etat de droit et devenu la bête noire du PiS, le parti ultraconservateur au pouvoir. C’est le vice-président letton Valdis Dombrovskis qui jouait les suppléants. Il n’a rien dit de ce qui se déroulait au même moment à Varsovie, où la présidente de la Cour suprême confirmait son refus d’accepter une réforme qui la force à partir à la retraite.
M. Dombrovskis a évoqué ses origines polonaises et a dit son « admiration » pour un pays qui a « beaucoup offert » à l’Europe. Un pays, ajoutait-il cependant, qui a triplé ses exportations en quinze ans grâce à celle-ci et bénéficie de 86 milliards de fonds structurels entre 2014 et 2020, ce qui en fait le premier bénéficiaire de ces aides destinées au développement économique.
Le commissaire n’aura pas déclaré, comme d’autres responsables des institutions, qu’il fallait peut-être conditionner ces fonds au respect de l’Etat de droit ou à l’acceptation du principe de solidarité pour l’accueil des demandeurs d’asile. Il a glissé qu’une menace contre l’indépendance des juges était « une menace contre nous tous » et estimé « non souhaitable » le replacement de 40 % des membres de la Cour suprême. A l’issue de ce qui est apparu comme un service minimum, en retrait par rapport à des interventions antérieures de la Commission, le responsable letton, a prôné la poursuite du dialogue même s’il n’a « pas suffi » jusqu’ici.
« Etat fondateur »
M. Marowiecki a, dans un premier temps, présenté les réalisations récentes de la Pologne qui, dit-il, « aurait été un Etat fondateur de l’Union si le rideau de fer n’avait pas existé ». Son pays, souligne-t-il, a réduit le chômage, la dette publique et les déficits tout en luttant efficacement contre la pauvreté. Son gouvernement aurait aussi mené une lutte efficace contre la fraude à la TVA, l’évasion fiscale et la lutte contre les mafias, dont les milliards auraient été affectés aux dépenses sociales.
C’est cette préoccupation pour « les citoyens », que le premier ministre juge utile d’inculquer à une Europe appelée à être « plus juste ». Une Europe qui doit aussi assurer la sécurité, sans concurrencer l’OTAN, en se souciant principalement de protéger ses frontières. Une Europe « 4.0 » qui devrait, par ailleurs, renforcer sa compétitivité, se soucier de la transformation énergétique et réviser sa directive sur les services.
Une Europe, surtout, qui devrait redéfinir l’équilibre entre elle et les Etats-nations et respecter les identités nationales en ne songeant pas à d’autres transferts de compétence. C’est à cette condition, estime M. Morawiecki, qu’elle sortira de « sa crise existentielle ».
« Ne détruisez pas les valeurs »
L’immigration ? La Pologne a joué son rôle, assure-t-il, en accueillant 1,5 million d’Ukrainiens. Et elle est prête à doubler les montants affectés à l’Afrique… si les autres pays font de même. Les critiques sur les réformes contestées de son gouvernement ? « On ne peut pas dicter les valeurs à un Etat membre quand cela concerne des compétences nationales. Tout pays a le droit d’élaborer son système judiciaire selon ses propres traditions. »
Ces propos n’ont été applaudis que par les europhobes, les partisans du Brexit et l’extrême droite. Manfred Weber, chef de groupe du Parti populaire européen, s’est inquiété du respect des libertés à la télévision publique, à l’égard des pacifistes ou des ONG et a appelé le pouvoir polonais à cesser ses diatribes anti-allemandes. De quoi faire taire les rumeurs sur un possible ralliement du PiS à son groupe après les européennes de 2019 ? M. Morawiecki, lui, se dit pro-européen et paraît ne pas exclure cette option.
« Revenez au cœur de l’Europe, ne détruisez pas les valeurs au sein de votre propre pays », enchaînait Udo Bullmann, chef des sociaux-démocrates. Guy Verhofstadt, chef de file du groupe libéral et démocrate, soulignait que la Commission de Venise, organe consultatif du Conseil de l’Europe, comparait les réformes en cours à « celles de l’ex-URSS et de ses pays satellites ».
Les critiques des députés sur la censure des médias, le projet de loi sur l’avortement ou l’incarcération sans motif n’ont pas davantage démonté l’argumentaire du premier ministre. Il reproche à ses interlocuteurs de ne rien connaître de son pays, assure que la transparence et l’indépendance de la justice polonaise sont renforcées et que sa démocratie n’a « jamais été aussi vivante » chez lui. Et, « très optimiste », il tourne les talons en assurant que, non, son pays n’entend pas « faire tanguer la barque européenne ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ L’homme a été placé en garde à vue le 30 juin pour sa participation présumée à la tentative d’attentat qui a visé, samedi, un rassemblement de l’opposition iranienne en France.
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La Belgique demande à la France un suspect d’origine iranienne

L’homme a été placé en garde à vue le 30 juin pour sa participation présumée à la tentative d’attentat qui a visé, samedi, un rassemblement de l’opposition iranienne en France.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 13h20
   





                        



   


La Belgique a émis un mandat d’arrêt européen à l’encontre d’un homme interpellé ce week-end en France dans le cadre de l’enquête sur une présumée tentative d’attentat contre l’opposition iranienne, a-t-on appris mercredi 4 juillet de source judiciaire.
Ce projet présumé d’attaque contre un meeting des Moudjahidin du peuple à Villepinte, près de Paris, a été déjoué grâce à l’arrestation à Bruxelles d’un couple d’origine iranienne en contact avec un diplomate iranien, lui-même interpellé en Allemagne.
Trois personnes d’origine iranienne avaient également été arrêtées en France et placées en garde à vue samedi.
Le parquet de Paris avait ouvert le 28 juin une enquête préliminaire pour association de malfaiteurs terroriste criminelle « visant un projet de passage à l’acte violent ».
Téhéran dément toute implication
Deux des personnes interpellées en France ont été relâchées lundi en l’absence d’éléments incriminants.
La garde à vue de la troisième a été levée mercredi, mais « un mandat d’arrêt européen a été décerné à son encontre par les autorités judiciaires belges », précise-t-on de même source.
Les modalités de sa remise aux autorités belges en exécution de ce mandat d’arrêt sont maintenant entre les mains du parquet général de la cour d’appel de Paris. Il s’agit d’une « remise » quasi automatique et non d’une procédure d’extradition.
Les Belges avaient déjà demandé la remise du diplomate iranien basé à Vienne qui avait été arrêté en Allemagne.
L’Iran a démenti mardi toute implication dans ce projet présumé d’attentat à la bombe et a dénoncé une machination.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ L’avortement, dont un projet de légalisation doit être examiné par le Sénat argentin le 8 août, est encore illégal dans la plupart des pays d’Amérique latine et des Caraïbes.
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La lutte des Argentines pour l’IVG encourage les féministes d’Amérique latine

L’avortement, dont un projet de légalisation doit être examiné par le Sénat argentin le 8 août, est encore illégal dans la plupart des pays d’Amérique latine et des Caraïbes.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 11h50
    |

            Christine Legrand (Buenos Aires, correspondante)








                        



                                


                            

C’est le compte à rebours pour les féministes argentines et les femmes qui attendent ce moment depuis des décennies. Le 8 août, le Sénat devra se prononcer sur le projet de loi de dépénalisation et de légalisation de l’interruption volontaire de grossesse (IVG), déjà approuvé, le 14 juin, par la Chambre des députés.
Historique, ce vote a été accueilli par une explosion de joie, aux portes du Congrès, par des centaines de milliers d’Argentines. Beaucoup d’émotion à Buenos Aires, mais aussi dans le reste du continent, où les féministes ont fait retentir les réseaux sociaux de messages de félicitations et de solidarité.

« Si l’Argentine peut, le Venezuela aussi »
Cette première victoire à la Chambre des députés est en effet un vigoureux encouragement pour les féministes des autres pays d’Amérique latine, qui ont multiplié leurs mobilisations depuis le 14 juin, comme l’avait été, en Argentine, le référendum en Irlande le 25 mai.
Elles reprennent à leur compte l’exemple argentin avec des slogans qui se sont répandus comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux : « Aujourd’hui l’Argentine, demain le Pérou », « Si l’Argentine peut, le Venezuela aussi » ou encore « Se Argentina pode, Brasil também », le slogan des féministes brésiliennes accompagnée du dessin d’une femme au large sourire, coiffée d’un foulard vert.
Ces foulards verts, emblèmes, en Argentine, de la « Campagne nationale pour le droit à l’avortement légal, sans risque et gratuit », un collectif de quelque cinq cents ONG créé en 2005 qui a rédigé le projet de loi en discussion aujourd’hui, ont été repris dans les pays voisins, changeant seulement de couleur : bordeaux au Chili, blanc et frappé au centre d’un dahlia au Mexique, saumon au Pérou, jaune en Colombie, lilas en Equateur ou violet au Salvador.
C’est un même combat, difficile sur un continent profondément machiste où l’Eglise catholique est très puissante. Jusqu’à présent, seuls...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ L’arrivée de l’extrême droite au pouvoir en Autriche et en Italie modifie les rapports de force au sein des Vingt-Huit.
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La droite dure européenne impose sa ligne contre les migrants

L’arrivée de l’extrême droite au pouvoir en Autriche et en Italie modifie les rapports de force au sein des Vingt-Huit.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 11h42
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

A Strasbourg, où les eurodéputés débattaient, mardi 3 juillet, des résultats du récent sommet européen sur la migration, la droite europhobe et l’extrême droite nationaliste ont rivalisé d’enthousiasme. Pour ces élus, ce conseil a été celui du basculement, marquant la victoire d’une nouvelle alliance populiste, celle des gouvernements italien, autrichien et hongrois – et quelques autres plus discrets – contre « l’axe Paris-Berlin-Bruxelles et ses commissaires », comme l’a dit le Français Nicolas Bay (Rassemblement national, ex-FN). « C’est la renaissance de l’Etat-nation ! », exultait le Britannique Nigel Farage, ancien héraut du Brexit.
Pour des observateurs plus neutres, la tonalité de ce sommet, censé traiter d’une question pourtant moins prégnante qu’il y a quelques années, car le nombre des arrivées dans l’UE a reculé depuis le pic de 2015, a de fait été déterminée par les courants très conservateurs.
Le nouveau gouvernement italien voulait afficher le changement de régime à Rome, et obtenir un geste de ses partenaires à Bruxelles. Pari réussi, même si l’accord conclu laisse bien des questions sans réponse et si la création de « centres contrôlés » où seraient regroupés les migrants avant leur refoulement (pour les migrants « économiques ») ou leur éventuelle répartition dans l’Union (pour les demandeurs d’asile) indispose.
« Visage d’ange »
Une majorité d’Etats membres rechigne par ailleurs à réformer et à uniformiser les règles du droit d’asile – pour assurer une répartition plus juste des candidats au sein de l’UE – et le règlement de Dublin – afin d’éviter que la charge pèse surtout sur les pays du Sud –, ou encore à alimenter les fonds pour l’aide à l’Afrique.
« La situation est délétère », n’hésite pas à dire Jean-Claude Juncker, le président de la Commission. Sur ces différents points, les Etats ont en tout cas bloqué, depuis 2015, des textes qui auraient évité la crise politique actuelle....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ L’alliance de l’omnipotent président turc avec les ultranationalistes présage une reprise des méthodes dures contre la société civile.
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En Turquie, les Kurdes craignent le retour aux années noires

L’alliance de l’omnipotent président turc avec les ultranationalistes présage une reprise des méthodes dures contre la société civile.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 11h20
    |

                            Allan Kaval (Diyarbakir, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Alors que Recep Tayyip Erdogan et son entourage se préparent à entamer un nouveau mandat, à Diyarbakir et ailleurs en pays kurde de la Turquie, on se prépare à un avenir lourd de périls. Pour beaucoup, la réélection de M. Erdogan à la tête d’un système présidentiel qui organise sa domination personnelle sur l’appareil d’Etat, mais aussi son alliance reconduite avec les ultranationalistes du Parti de l’action nationale (MHP), va confirmer une vision exclusivement sécuritaire de l’action de l’Etat dans le Sud-Est, censée aboutir à l’écrasement du mouvement kurde.
Malgré le relatif succès de son émanation légale, le Parti démocratique des peuples (HDP), qui entre au Parlement en obtenant 11,62 % des voix et la majorité dans onze départements situés en pays kurde, on se prépare déjà à des heures sombres. « Ces résultats rendent la paix inimaginable à ce stade », confiait un responsable du HDP le soir des élections.
Deux ans après la défaite des insurrections urbaines lancées par le PKK à la suite de l’effondrement du processus de paix, l’idée d’une poursuite des méthodes dures domine dans les conversations et les commentaires politiques de la région. En plus de l’alliance avec les nationalistes, elle s’est trouvée encore renforcée par l’apparition, lors de la campagne de Recep Tayyip Erdogan, de figures incarnant le traitement brutal de la question kurde par Ankara dans les années 1990.
Les pires abus
Le 17 juin, la présence de Tansu Çiller au dernier meeting de campagne à Istanbul du président Erdogan a été particulièrement mal vécue par beaucoup de Kurdes de Turquie. Son mandat de première ministre (1993-1996) fut marqué par les pires abus de forces paramilitaires dans la région, lors de la période dite de la « sale guerre ». Mehmet Agar, son ancien ministre de l’intérieur, dont le fils a été élu député AKP dimanche 24 juin, est également revenu en grâce dans l’entourage du chef d’Etat turc.
Souleyman Soylu, ministre sortant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », estime que Donald Trump ferait bien de s’inspirer de la rencontre Reagan-Gorbatchev de 1986 pour celle qu’il doit avoir avec Vladimir Poutine à Helsinki, le 16 juillet.
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« Trump est-il capable de retenir la leçon du sommet de Reykjavik ? »

Dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », estime que Donald Trump ferait bien de s’inspirer de la rencontre Reagan-Gorbatchev de 1986 pour celle qu’il doit avoir avec Vladimir Poutine à Helsinki, le 16 juillet.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 11h19
    |

            Sylvie Kauffmann (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            

Il y a dans le nord de Reykjavik, face à la mer, une jolie maison blanche au toit d’ardoise. Construite en 1909 pour le consul de France, elle a ensuite été achetée par un grand poète islandais, puis a abrité l’ambassade du Royaume-Uni. Une plaque en granit explique pourquoi, en 1986, cette jolie demeure a accédé à la notoriété planétaire : c’est là que se sont rencontrés, les 11 et 12 octobre, le 40e président des Etats-Unis, Ronald Reagan, et le leader de l’Union soviétique, Mikhaïl Gorbatchev. « Ce sommet, précise l’inscription gravée sur la plaque, est considéré comme annonciateur du début de la fin de la guerre froide. »
Trente-deux ans plus tard, c’est une autre capitale du nord de l’Europe, Helsinki, que Donald Trump et Vladimir Poutine, successeurs de ces deux dirigeants, ont choisie pour leur premier sommet bilatéral, le 16 juillet. Helsinki, dans la grande tradition des sommets Est-Ouest du XXe siècle : Gerald Ford et Leonid Brejnev en 1975, George Bush père et Gorbatchev, de nouveau, en 1990. La capitale finlandaise accueillit encore, en 1997, Bill Clinton et Boris Eltsine, président d’une Russie affaiblie, que l’on croyait sur le chemin de la démocratie. L’annonce de la rencontre Trump-Poutine a surpris : il y a encore deux mois, personne n’aurait parié un kopeck sur la tenue de ce sommet.
L’ivresse de Singapour
A Washington, tout ce qui touche à la Russie est empoisonné. Au Congrès, un fort courant anti-Poutine, réunissant démocrates et républicains, a permis l’adoption de sanctions contre la Russie il y a un an, en riposte à des interférences imputées à Moscou dans la campagne présidentielle de 2016. Et surtout, un procureur spécial enquête avec zèle sur les éventuels liens de l’entourage du candidat Trump avec ces intrusions. Dans une atmosphère aussi chargée, le Kremlin ne se faisait guère d’illusions sur la reprise d’un dialogue au plus haut niveau entre Washington et Moscou.
Ce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Emmanuel Macron a dû désavouer l’ex-diplomate en chef français à Budapest, prompt à tresser des louanges au dirigeant hongrois.
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Eric Fournier, l’ambassadeur de France qui admirait trop Orban

Emmanuel Macron a dû désavouer l’ex-diplomate en chef français à Budapest, prompt à tresser des louanges au dirigeant hongrois.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 11h12
    |

            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant) et 
Marc Semo








                        



                                


                            

Son franc-parler et un certain goût pour la provocation font de longue date d’Eric Fournier, 59 ans, une figure pour le moins discutée de la diplomatie française. Ce passionné de saxo se retrouve de nouveau au centre d’une polémique : le représentant de la France en Hongrie peut-il paraître reprendre à son compte les positions du très autoritaire et xénophobe homme fort du pays, Viktor Orban ?
L’affaire a éclaté avec la publication par Mediapart du contenu d’une note diplomatique, rédigée le 18 juin, par cet ambassadeur en poste à Budapest depuis trois ans. Dans cette analyse, il lave le dirigeant hongrois de toute accusation d’antisémitisme, fustigeant en revanche la « presse française et anglo-saxonne », soupçonnée de vouloir détourner l’attention du « véritable antisémitisme moderne », celui des « musulmans de France et d’Allemagne ». Cet antisémitisme d’Orban ne serait à l’en croire qu’un « fantasme de journalistes étrangers » qui devraient, au contraire, saluer, selon lui, un « modèle » à suivre pour sa « gestion des mouvements migratoires illégaux ».
Interrogé sur l’argument lors d’une conférence de presse au sommet européen des 28 et 29 juin à Bruxelles, Emmanuel Macron a eu une réaction très dure, clamant que ces propos « ne correspondent en rien à la position française ». « Il s’agit d’une note dont la nature est confidentielle », a précisé le chef de l’Etat, soulignant que l’on ne peut sanctionner un diplomate parce qu’il écrit ce qu’il pense au risque « de créer un délit d’opinion au sein de la fonction publique ». Mais de préciser, dans la foulée, que « si la preuve m’est donnée que cette parole a été tenue publiquement, cet ambassadeur sera révoqué ».
« Même les choses qui fâchent »
Depuis déjà des mois, les prises de position d’Eric Fournier suscitaient un certain malaise au ministère des affaires étrangères. Son départ était...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ La chancelière allemande a cédé progressivement à ses détracteurs depuis 2015.
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De l’accueil au refoulement des migrants, la mue contrainte d’Angela Merkel

La chancelière allemande a cédé progressivement à ses détracteurs depuis 2015.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 11h05
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Pour une fois, les conservateurs bavarois de l’Union chrétienne-sociale (CSU) sont satisfaits. « Nous nous sentons renforcés », s’est félicité Alexander Dobrindt, le chef de file des députés CSU au Bundestag, mardi 3 juillet, au lendemain de l’accord arraché par son parti à l’Union chrétienne-démocrate (CDU) d’Angela Merkel. Après trois semaines d’un bras de fer sans précédent entre les deux « partis frères » de la droite allemande, le ministre de l’intérieur et président de la CSU, Horst Seehofer, a obtenu de la chancelière ce qu’il voulait : le refoulement des demandeurs d’asile arrivant en Allemagne et déjà enregistrés dans un autre pays européen. En attendant d’être expulsés, ceux-ci seront transférés dans des « centres de transit » près de la frontière autrichienne. Un accord dont le Parti social-démocrate (SPD) doit dire, jeudi soir, s’il peut l’accepter, mais dont le secrétaire général de la CSU, Markus Blume, a déjà affirmé qu’il marquait « un tournant dans la politique d’asile » de l’Allemagne.
Un tournant ? La réalité est plus compliquée. La période pendant laquelle l’Allemagne a été pleinement ouverte aux demandeurs d’asile n’a en fait duré que deux mois. Elle a commencé le 5 septembre 2015, quand Mme Merkel a décidé de laisser entrer les milliers de réfugiés arrivant d’Autriche après avoir été bloqués en Hongrie. Elle s’est achevée le 13 novembre 2015, quand la chancelière a annoncé que l’Allemagne allait de nouveau appliquer les accords de Dublin, qui obligent les migrants à déposer leur demande d’asile dans le pays de l’Union européenne (UE) où ils sont arrivés en premier.
Toujours plus de fermeté
Cette décision a d’emblée été perçue comme une rupture. En promettant d’appliquer les accords de Dublin, qu’elle n’avait cessé de qualifier d’« obsolètes » au cours des semaines précédentes, la chancelière cherchait à dissuader les réfugiés passés par un autre pays européen – la majorité d’entre eux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Mahinda Rajapakse, défait en 2015, a permis à Pékin de construire un port stratégique sur l’île.
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La Chine soupçonnée d’avoir financé la campagne de l’ex-président sri-lankais

Mahinda Rajapakse, défait en 2015, a permis à Pékin de construire un port stratégique sur l’île.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 10h58
    |

                            Guillaume Delacroix (Bombay, correspondance)








                        



                                


                            

La présence chinoise au Sri Lanka place de nouveau sous les projecteurs l’ancien président Mahinda Rajapakse, vaincu dans les urnes en janvier 2015 après dix années au pouvoir. Celui-ci est soupçonné d’avoir fait financer sa campagne électorale pour la dernière élection présidentielle par Pékin, en échange de contrats de travaux publics faramineux qui pèsent aujourd’hui de manière préoccupante sur les finances publiques de la petite île de l’océan Indien.
Dans son édition du 25 juin, le New York Times avait affirmé avoir eu accès à des documents en possession du gouvernement sri-lankais qui montrent qu’à la fin de l’année 2014, « au moins 7,6 millions de dollars » (6,5 millions d’euros) ont été virés par l’entreprise China Harbour Engineering Company (CHEC) vers des comptes bancaires alors utilisés par l’équipe de campagne de M. Rajapakse. Le journal américain précisait que « dix jours avant le scrutin, des chèques ont été distribués pour un montant avoisinant les 3,7 millions de dollars » aux partisans du président sortant.

L’intéressé est sorti de son silence dimanche 1er juillet pour rejeter ces accusations qui relèvent, selon lui, d’une « campagne de diffamation ». Elles sont « volontairement floues » et la société CHEC « n’a pas contribué à ma campagne présidentielle en 2015 », a-t-il assuré. Entre-temps, la presse locale avait indiqué que le ministre des finances, Eran Wickramaratne, avait saisi les services d’enquête financère de l’administration afin de vérifier les informations du New York Times. « La population s’interroge depuis bien longtemps sur les contreparties que la Chine a pu consentir en échange des marchés qui lui étaient dévolus », observe Raisa Wickrematunge, rédactrice en chef de Groundviews, le site d’information du think tank Centre for Policy Alternatives.
Projets pharaoniques
A l’époque où M. Rajapakse et sa famille...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Le conglomérat HNA, notamment propriétaire des hôtels Radisson, a annoncé le décès de son président lors d’un voyage d’affaires en France.
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Le milliardaire chinois Wang Jian meurt d’une chute dans le sud de la France

Le conglomérat HNA, notamment propriétaire des hôtels Radisson, a annoncé le décès de son président lors d’un voyage d’affaires en France.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 10h57
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 11h25
   





                        



   


Wang Jian, cofondateur et président du groupe chinois HNA, est mort accidentellement mardi 3 juillet en France à la suite d’une chute, a annoncé le conglomérat, actionnaire entre autres de Pierre et Vacances dans le pays.
« Nous pleurons la perte d’un dirigeant exceptionnellement doué et d’un modèle, dont la vision et les valeurs continueront à servir de guide pour tous ceux qui ont eu la chance de le connaître », a déclaré HNA dans son communiqué.
Wang Jian, 57 ans, a fait une chute accidentelle alors qu’il se trouvait en voyage d’affaires en Provence et il n’a pas pu être réanimé, a précisé le groupe, qui n’a pas donné d’autres explications sur le contexte de sa mort. Il possédait près de 15 % du conglomérat d’affaires, qui emploie plus de 30 000 personnes dans le monde.
Quatrième compagnie aérienne chinoise
Le président de HNA était diplômé de l’Université de l’aviation civile de Chine, et a participé à la création de la compagnie aérienne chinoise Hainan dans les années 1990, avant d’être à l’origine du conglomérat HNA.
Lancé en 1993, le groupe est devenu avec Hainan la quatrième compagnie aérienne chinoise, avant de diversifier ses actifs dans la finance, l’hôtellerie et la logistique. Les autorités chinoises ont exigé du conglomérat, au début de 2018, une revente de certains actifs étrangers pour réduire l’endettement important de HNA.
HNA a dépensé au moins 50 milliards de dollars ces deux dernières années dans des investissements et des prises de participations, non sans de vives controverses sur l’opacité de ses complexes structures d’actionnariat. A la fin de 2017, HNA a annoncé que son endettement total s’élevait à environ 638 milliards de yuans (81,5 milliards d’euros), en hausse de 36 % par rapport à la fin de 2016.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Plusieurs sites de la « fachosphère » ont repris une « étude » issue d’un tabloïd danois, en en faisant une interprétation trompeuse.
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Les chiffres des agressions sexuelles au Danemark manipulés par des sites d’extrême droite

Plusieurs sites de la « fachosphère » ont repris une « étude » issue d’un tabloïd danois, en en faisant une interprétation trompeuse.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 10h57
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 11h28
    |

                            Les Décodeurs








                        


« Danemark : une étude montre que dix violeurs de rue sur douze sont des étrangers ou leurs descendants », le titre de cet article du site d’extrême droite identitaire Fdesouche a de quoi inquiéter. Il ressort pourtant très largement d’une manipulation.

   


L’information a été reprise par de nombreux autres sites de ce qu’on nomme souvent la « fachosphère », cet ensemble de plates-formes d’extrême droite, à l’instar de Contre info ou Les Observateurs. Sur ces deux sites, on peut lire : « Un examen de toutes les condamnations pour viol au Danemark depuis un an et demi montre que dix des douze personnes reconnues coupables de violence armée sont des étrangers, des immigrés ou des descendants. » 

   


Pourquoi c’est trompeur
L’étude qu’évoquent ces sites n’en est pas vraiment une. Il s’agit, en réalité, d’un comptage manuel effectué par le tabloïd danois BT pour un article publié le 30 juin.
Ce journal populaire s’est intéressé à un cas spécifique, celui des agressions sexuelles où la victime ne connaissait pas son agresseur, sur une période de plus d’un an, entre janvier 2016 et mai 2017. Soit précisément douze cas. Les journalistes de BT ont consulté les dossiers pour avoir l’origine des mis en cause et estiment que dix sur douze sont « immigrés ou descendants d’immigrés ». L’article ne va pas plus loin dans la description de ces origines, se bornant d’évoquer deux cas d’immigrés en séjour irrégulier.
Mais le journal, pas plus que les articles des sites français qui ont repris ce comptage, ne précisent pas un point essentiel : ces douze cas représentent une infime minorité des viols commis dans le pays. Selon les statistiques officielles, on comptait en 2016 un total de 744 viols et agressions sexuelles ayant donné lieu à une plainte. Et on estime, comme ailleurs, que ces plaintes représentent une minorité du total des agressions sexuelles.
Les douze cas évoqués par BT représentent donc 1,5 % environ des agressions sexuelles commises dans ce pays de 5,73 millions d’habitants. Et si le site Fdesouche a apporté un discret correctif à son article, ce n’est pas le cas de nombreux autres qui continuent de parler de « toutes les condamnations pour viol ».

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édition abonné


La Malaisie purge l’ère Najib Razak

L’ex-premier ministre a été arrêté pour corruption, tandis que l’étau sur les médias se desserre.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 10h45
    |

            Florence de Changy (Kuala Lumpur, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

L’ancien premier ministre de Malaisie, Najib Razak, qui dirigea le pays pendant dix ans (2008-2018), a été arrêté mardi 2 juillet après-midi à son domicile. Il a été emmené au siège de l’Agence malaisienne anticorruption (MACC) dans une voiture banalisée. Un tribunal lui a signifié le lendemain quatre chefs d’inculpation : trois pour abus de confiance et le quatrième pour avoir accepté un pot-de-vin équivalent à 8,9 millions d’euros. Il encourt jusqu’à vingt ans de prison pour chaque chef d’inculpation.
Ces accusations sont liées à la société SRC International, qui était à l’origine une filiale énergétique de 1MDB, le fonds souverain créé par M. Najib à son arrivée au pouvoir en 2009, aujourd’hui endetté à hauteur de 10 milliards d’euros, et dont plus de trois milliards auraient été détournés, selon la justice américaine, qui enquête également sur le dossier.
« Les choses bougent à un rythme effréné », constate Cynthia Gabriel, pilier de la lutte pour les droits de l’homme en Malaisie et directrice du Centre C4 contre la corruption et le népotisme. « Tous les jours, il y a de nouveaux développements. L’impression d’euphorie est encore très forte, mais il est trop tôt pour dire jusqu’où cela va aller », indique cette femme qui a enquêté sur 1MDB. Elle se retrouve aujourd’hui à siéger au « comité 1MDB », dont la mission est « d’établir les faits, de conseiller le gouvernement et de formuler les accusations ». Jamais elle n’avait imaginé un tel retournement de situation.
Depuis la transition historique des élections du 9 mai, qui a chassé du pouvoir l’Organisation nationale unifiée malaise (UMNO), en place depuis l’indépendance, la nouvelle équipe, menée par le premier ministre revenant – Mahathir Mohamad, 92 ans, a déjà dirigé la Malaisie de 1981 à 2003 –, a multiplié les décisions et promesses de réformes pour faire table rase de l’époque Najib. Celle-ci fut marquée par un musellement de la presse et...




                        

                        


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Compte rendu

A la mairie de Tunis, le nouveau visage du parti islamiste Ennahda

La nouvelle maire de Tunis Souad Abderrahim incarne le recentrage du parti en quête de respectabilité qui se qualifie désormais de « démocrate-musulman ».

Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
              datetime="2018-07-04T10:40:55+02:00"

        Le 04.07.2018 à 10h40

     •
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        Mis à jour le 04.07.2018 à 12h53






                        

Crédits : ZOUBEIR SOUISSI / REUTERS


                    

Le symbole est puissant : la mairie de Tunis va être dirigée par une femme – une grande première – de surcroît affiliée à un parti issu de la matrice islamiste, autre événement sans précédent. L’élection, mardi 3 juillet, à la tête du conseil municipal de la capitale, de Souad Abderrahim, membre du bureau politique d’Ennahda, va lourdement peser sur l’évolution de la scène politique de la Tunisie.
Elle sanctionne le succès du repositionnement d’un parti qui, très affaibli en 2014 en raison de ses accointances passées avec la mouvance salafiste radicale, a débuté une quête de respectabilité au point de récuser l’étiquette d’« islamiste » pour celle de « démocrate-musulman ».
Mme Abderrahim est l’un des visages – pas le seul – de cette mue visant à dédiaboliser Ennahda auprès d’un électorat tunisien globalement réfractaire à l’islam politique, surtout après l’expérience extrêmement controversée du parti à la tête de la première coalition gouvernementale post-révolution (2011-2014). Agée de 53 ans, gérante d’une entreprise pharmaceutique, Mme Abderrahim, femme non voilée, incarne une ouverture vers les classes moyennes, voire supérieures, du littoral urbanisé à rebours d’un ancrage historique plus centré sur la Tunisie intérieure et populaire. Cette stratégie a aussi permis à Ennahda de porter un autre de ses candidats, Mounir Elloumi, architecte, à la tête de la municipalité de Sfax, deuxième ville du pays et métropole portuaire.
Désenchantement de l’opinion
Les élections municipales du 6 mai, premier scrutin local réellement libre depuis l’indépendance (1956), avaient consacré un reflux des partis établis, notamment Ennahda et Nidaa Tounès, au profit de listes indépendantes arrivées en tête. Les résultats illustraient un désenchantement général de l’opinion, sept ans après la révolution. Ennahda avait perdu un tiers de ses électeurs par rapport à son score aux élections législatives de 2014. Nidaa...



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Quatre hommes soupçonnés d’avoir animé le site Internet, référence du Web djihadiste à la fin des années 2000, sont jugés à partir de mercredi.
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« Djihad médiatique » : le site Ansar Al-Haqq au cœur d’un procès à Paris

Quatre hommes soupçonnés d’avoir animé le site Internet, référence du Web djihadiste à la fin des années 2000, sont jugés à partir de mercredi.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 10h06
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 10h42
   





                        



   


A la fin des années 2000, dès avant la guerre en Syrie, le site Ansar Al-Haqq était une référence du Web djihadiste en français. Quatre hommes soupçonnés de l’avoir animé, dont Farouk Ben Abbes, présenté comme une figure de l’islamisme radical, sont jugés à partir de mercredi 4 juillet à Paris.
Trois comparaîtront jusqu’à vendredi pour association de malfaiteurs à visée terroriste, pour avoir administré ou animé entre 2006 et 2010 ce forum désormais fermé, dont le nom signifie « Les partisans de la vérité ». Le quatrième, parti en Irak et en Syrie en 2015, manque à l’appel.
Tous sont accusés d’avoir « endoctriné », « incité », voire « recruté » pour le combat armé par diverses publications sur ce forum qui « soutenait ouvertement les combattants djihadistes et les organisations terroristes », dans un « djihad médiatique » prôné notamment par Al-Qaida.
Sur Ansar Al-Haqq, créé en 2006 par une femme condamnée par ailleurs, étaient publiés des revendications d’attentats par divers groupes djihadistes, des appels à combattre les « mécréants », la propagande des Chabab somaliens ou de l’Etat islamique d’Irak, les numéros de téléphone de talibans afghans ou encore des appels aux dons pour des « frères » incarcérés.
En 2010, au moment de la mise en examen des quatre hommes, le site comptait 2 000 membres, dont près de 500 actifs, et quelque 39 000 messages. Décrit par les juges comme le « site francophone djihadiste de référence », il continuera à fonctionner encore plusieurs années.
Parmi les prévenus, sous contrôle judiciaire, figure Farouk Ben Abbes, 32 ans. Cet homme présenté comme une figure de la mouvance islamiste radicale, dont le nom est apparu à plusieurs reprises dans des dossiers antiterroristes récents, sera jugé pour la première fois dans une affaire de ce type.
Le Belgo-Tunisien était jusque récemment l’un des plus anciens assignés à résidence de France : il était soumis à cette mesure, levée en mai, depuis les lendemains des attentats du 13 novembre 2015. C’est par la voix d’un de ses proches, Fabien Clain, que les attaques avaient été revendiquées pour le compte de l’organisation Etat islamique.
« La moitié du combat »
Jamais condamné, sauf pour des manquements à cette assignation à résidence, il a bénéficié d’un non-lieu dans une enquête sur des projets d’attentats signalés en 2009 par les autorités égyptiennes, où la salle de spectacles du Bataclan apparaissait parmi les cibles, six ans avant l’attaque du 13 novembre qui y fit 90 morts.
Entre autres publications, Farouk Ben Abbes est accusé d’avoir diffusé sur Ansar Al-Haqq l’ouvrage 39 Moyens pour servir le djihad et y participer, qu’il avait traduit lors d’un séjour clandestin à Gaza, le 34e moyen étant le « djihad électronique ».
« Le djihad médiatique est la moitié du combat » : la formule accompagnait chacun de ses messages sur le forum.
« Très fréquemment consulté par la plupart des islamistes radicaux français » poursuivis pour association de malfaiteurs terroriste, selon les juges, le site mettait aussi le logiciel de cryptage Mujahideen Secret à disposition de ses membres.
Farouk Ben Abbes, qui nie toute incitation au djihad, « cristallise autour de lui depuis des années une fièvre médiatique et ce qui l’accompagne : un acharnement administratif », ont déploré ses avocats, William Bourdon et Vincent Brengarth.
Ils ont dénoncé une « distorsion flagrante entre l’image qui est ainsi véhiculée complaisamment » de leur client « et la vérité du dossier ».
A son retour de Gaza, Ben Abbes avait été arrêté en avril 2009 en Egypte puis remis à la Belgique en 2010, et interpellé en France la même année dans l’enquête sur les projets d’attentats.
Les investigations franco-belges avaient confirmé l’ancrage de M. Ben Abbes dans la mouvance islamiste radicale, notamment sa proximité avec les frères Clain et avec Thomas Barnouin, vétéran du djihad aujourd’hui détenu en Syrie par les forces kurdes.
Mais un non-lieu avait été prononcé en 2012 par les juges parisiens, faute d’avoir pu recueillir des charges suffisantes auprès des autorités égyptiennes.

        Lire aussi :
         

                Ansar Al-Haqq, site préféré des djihadistes






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ La Cour suprême polonaise est entrée en résistance mercredi, en refusant d’appliquer la réforme controversée de l’institution soutenue par le président Andrzej Duda.
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En Pologne, manifestation matinale en défense de la Constitution

La Cour suprême polonaise est entrée en résistance mercredi, en refusant d’appliquer la réforme controversée de l’institution soutenue par le président Andrzej Duda.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 09h51
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 15h02
    |

                            Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance)








                        



   


Varsovie, 8 heures du matin. Une foule dense de plusieurs milliers de personnes est venue encercler l’entrée de la Cour suprême polonaise. Les représentants des syndicats de juges, d’avocats, de magistrats sont aux premières loges, ainsi que des personnalités comme Andrzej Rzeplinski, ancien président du Tribunal constitutionnel et longtemps ennemi public numéro un du pouvoir ultraconservateur.
Tout le monde attend celle qui est devenue, malgré elle, le dernier symbole de la justice indépendante en Pologne : Malgorzata Gersdorf, première présidente de la Cour suprême. En vertu d’une loi rentrée en application la veille, qui abaisse l’âge de départ à la retraite des juges, Mme Gersdorf, ainsi qu’un tiers des juges de l’institution, sont démis de leurs fonctions. Mais la durée du mandat de la magistrate est inscrite noir sur blanc dans la Constitution polonaise et prend fin en avril 2020. Cette dernière a donc déclaré qu’elle se rendra au travail comme à son habitude, et tout le monde s’interroge si les quelques policiers présents la laisseront rentrer.

   


La foule est électrisée, derrière des roulements de tambour, la tension est palpable. On déploie drapeau polonais d’une dizaine de mètres de large. Les citoyens rassemblés crient « merci » aux juges, pour leur persévérance. « Nous sommes avec vous », « les juges sont inamovibles et les tribunaux sont libres », « Bruxelles, Varsovie, même combat », « liberté, égalité, Constitution », scande la foule.
« Je suis venu parce que les principes de base de l’Etat de droit sont violés. La Pologne cesse d’être un Etat démocratique, et c’est quelque chose que j’ai beaucoup de mal à accepter, nous confie Robert Konon. Cet ingénieur de 62 ans a pris un jour de congés pour pouvoir assister à la manifestation. Pendant vingt ans, je me suis senti citoyen européen. Maintenant, ce gouvernement nous éloigne des standards européens. Il me sera difficile de croire dans la légalité des prochaines élections, si toutes les institutions clés sont politisées. » La Cour suprême a, entre autres prérogatives, la validation des résultats des élections.

        Lire aussi :
         

                Union européenne : procédure d’infraction contre la Pologne pour sa réforme de la Cour suprême



« Pas de liberté sans respect de la Constitution »
Pour Anna Buk, mère au foyer, « il n’y a pas de liberté sans respect de la Constitution ». « Dans les manuels scolaires, on apprend aux enfants le principe de séparation des pouvoirs et l’importance de la Constitution du 3 mai [1791, considérée comme la première en Europe]. Je ne veux pas faire de lavage de cerveau à mes enfants. » 
Quand Mme Gersdorf apparaît enfin, elle récolte un tonnerre d’applaudissements. Cette professeure de droit de 66 ans avait, pourtant, il y a un an encore une image controversée. Elle avait notamment déclaré qu’avec un salaire de 10 000 zlotys par mois (2 500 euros) « on ne peut bien vivre qu’en province ». Le parti au pouvoir en avait fait un symbole de « l’arrogance des élites », car la somme en question représente en Pologne l’équivalent de cinq smic. Mme Gersdorf avait avoué un « manque de tact ».
Mais, ce jour-là, elle est devenue un symbole, victime objective de la dérive autoritaire du pouvoir conservateur. Mme Gersdorf parvient à rentrer sans problème dans l’institution, puis ressort quelques minutes plus tard. « Je suis venue en défense de l’ordre juridique de l’Etat et je voudrais témoigner du fait qu’il existe une frontière entre la constitution et son non-respect, déclare-t-elle. J’espère que l’ordre juridique sera rétabli. »
Puis elle cite un document signé en 2007 par Lech et Jaroslaw Kaczynski, alors respectivement président et premier ministre polonais, où ils déclarent leur « fidélité aux traditions juridiques et à l’Etat de droit démocratique » qu’ils ont juré de « préserver avec détermination ». Un message au chef du parti au pouvoir, Jaroslaw Kaczynski, et véritable homme fort du pays. « Les changements actuels témoignent d’un rejet de cette tradition, et je vous invite tous à défendre les valeurs inscrites dans la Constitution », conclut-elle. Sous les applaudissements toujours, elle passe la porte de la Cour suprême. Solennellement et de vive voix, la foule chante l’hymne national polonais.
La Cour suprême entre en résistance
« Le fait que Mme la présidente soit rentrée aujourd’hui dans la Cour signifie que la Constitution est toujours en vigueur, souligne Krystian Markiewicz, président de l’Association des juges polonais Iustitia. La Constitution dit que son mandat dure six ans, et ni le président ni le Parlement sans majorité constitutionnelle ne peuvent rien y faire. Aucune loi ne peut le changer. Mme Gersdorf restera présidente jusqu’en 2020. »
Selon M. Markiewicz, « le chaos juridique en Pologne est de plus en plus important ». « On le voit dans les tribunaux de droit commun. Ce qui s’y passe est inquiétant. Les juges font preuve d’une grande persévérance et d’opposition face au pouvoir, mais les garanties institutionnelles d’indépendance, elles, ont disparu. » D’après lui, les jugements émis à travers le pays montrent qu’à « 95 %, les juges s’opposent à l’actuel pouvoir ».
La manifestation se déplace progressivement devant le palais présidentiel. Quelques figures de l’opposition parlementaire s’affichent dans un semblant d’unité, de la gauche au centre droit. On fait des selfies transpartisans. Certains regretteront qu’une dizaine de poids lourds politiques seulement aient fait le déplacement, car chacun sait que la journée fera date.
« Le Tribunal constitutionnel a été écrasé, le Conseil national de la magistrature politisé, les tribunaux de droit commun subissent les purges du ministre de la justice, liste Borys Budka, député de la Plateforme civique (PO – centre droit) et ancien ministre de la justice. La Cour suprême fait office de dernier bastion d’indépendance. » Selon lui, « il est très important que la Cour de justice de l’Union européenne se prononce au plus vite sur le cas polonais. Il en va de la crédibilité du système judiciaire polonais en Europe. »
A 13 heures, à l’issue d’une réunion collégiale, le vice-président de la Cour suprême, Jozef Iwulski, désigné la veille par le président Andrzej Duda comme le successeur de Mme Gersdorf, déclare que cette dernière « est et restera présidente de la Cour ». L’institution entre officiellement en résistance.



                            


                        

                        

