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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ « Tout pays a le droit d’élaborer son système judiciaire selon ses propres traditions », a lancé Mateusz Morawiecki aux eurodéputés, alors que Bruxelles et Varsovie s’affrontent sur la réforme controversée de la justice.
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A Strasbourg, le premier ministre polonais réfute toute dérive antidémocratique

« Tout pays a le droit d’élaborer son système judiciaire selon ses propres traditions », a lancé Mateusz Morawiecki aux eurodéputés, alors que Bruxelles et Varsovie s’affrontent sur la réforme controversée de la justice.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 15h19
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 17h04
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Un dialogue de sourds, très animé, qui, semble-t-il, ne fera pas dévier d’un pouce l’intéressé : à l’issue de près de trois heures de débat avec le Parlement européen, mercredi 4 juillet, à Strasbourg, le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a lancé un « merci » un peu froid aux eurodéputés, dont la plupart ne l’avaient pas ménagé.
Impassible face à un déluge de critiques, il a indiqué, dans la foulée, qu’il comptait bien poursuivre son programme de réformes – notamment de la justice – même si son pays est dans le collimateur de la Commission de Bruxelles. Celle-ci a lancé des procédures d’infraction et suggéré d’activer « l’article 7 », qui peut en théorie – après un vote à l’unanimité – priver un pays membre de ses droits de vote, pour cause de violation de l’Etat de droit.
Service minimum
Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, que l’on dit soucieux de ménager la relation avec la Pologne, n’était pas présent dans l’hémicycle, contrairement à ce qui avait été annoncé. Pas plus que le premier vice-président, Frans Timmermans, très en pointe dans le dossier du respect de l’Etat de droit et devenu la bête noire du PiS, le parti ultraconservateur au pouvoir. C’est le vice-président letton Valdis Dombrovskis qui jouait les suppléants. Il n’a rien dit de ce qui se déroulait au même moment à Varsovie, où la présidente de la Cour suprême confirmait son refus d’accepter une réforme qui la force à partir à la retraite.
M. Dombrovskis a évoqué ses origines polonaises et a dit son « admiration » pour un pays qui a « beaucoup offert » à l’Europe. Un pays, ajoutait-il cependant, qui a triplé ses exportations en quinze ans grâce à celle-ci et bénéficie de 86 milliards de fonds structurels entre 2014 et 2020, ce qui en fait le premier bénéficiaire de ces aides destinées au développement économique.
Le commissaire n’aura pas déclaré, comme d’autres responsables des institutions, qu’il fallait peut-être conditionner ces fonds au respect de l’Etat de droit ou à l’acceptation du principe de solidarité pour l’accueil des demandeurs d’asile. Il a glissé qu’une menace contre l’indépendance des juges était « une menace contre nous tous » et estimé « non souhaitable » le replacement de 40 % des membres de la Cour suprême. A l’issue de ce qui est apparu comme un service minimum, en retrait par rapport à des interventions antérieures de la Commission, le responsable letton, a prôné la poursuite du dialogue même s’il n’a « pas suffi » jusqu’ici.
« Etat fondateur »
M. Marowiecki a, dans un premier temps, présenté les réalisations récentes de la Pologne qui, dit-il, « aurait été un Etat fondateur de l’Union si le rideau de fer n’avait pas existé ». Son pays, souligne-t-il, a réduit le chômage, la dette publique et les déficits tout en luttant efficacement contre la pauvreté. Son gouvernement aurait aussi mené une lutte efficace contre la fraude à la TVA, l’évasion fiscale et la lutte contre les mafias, dont les milliards auraient été affectés aux dépenses sociales.
C’est cette préoccupation pour « les citoyens », que le premier ministre juge utile d’inculquer à une Europe appelée à être « plus juste ». Une Europe qui doit aussi assurer la sécurité, sans concurrencer l’OTAN, en se souciant principalement de protéger ses frontières. Une Europe « 4.0 » qui devrait, par ailleurs, renforcer sa compétitivité, se soucier de la transformation énergétique et réviser sa directive sur les services.
Une Europe, surtout, qui devrait redéfinir l’équilibre entre elle et les Etats-nations et respecter les identités nationales en ne songeant pas à d’autres transferts de compétence. C’est à cette condition, estime M. Morawiecki, qu’elle sortira de « sa crise existentielle ».
« Ne détruisez pas les valeurs »
L’immigration ? La Pologne a joué son rôle, assure-t-il, en accueillant 1,5 million d’Ukrainiens. Et elle est prête à doubler les montants affectés à l’Afrique… si les autres pays font de même. Les critiques sur les réformes contestées de son gouvernement ? « On ne peut pas dicter les valeurs à un Etat membre quand cela concerne des compétences nationales. Tout pays a le droit d’élaborer son système judiciaire selon ses propres traditions. »
Ces propos n’ont été applaudis que par les europhobes, les partisans du Brexit et l’extrême droite. Manfred Weber, chef de groupe du Parti populaire européen, s’est inquiété du respect des libertés à la télévision publique, à l’égard des pacifistes ou des ONG et a appelé le pouvoir polonais à cesser ses diatribes anti-allemandes. De quoi faire taire les rumeurs sur un possible ralliement du PiS à son groupe après les européennes de 2019 ? M. Morawiecki, lui, se dit pro-européen et paraît ne pas exclure cette option.
« Revenez au cœur de l’Europe, ne détruisez pas les valeurs au sein de votre propre pays », enchaînait Udo Bullmann, chef des sociaux-démocrates. Guy Verhofstadt, chef de file du groupe libéral et démocrate, soulignait que la Commission de Venise, organe consultatif du Conseil de l’Europe, comparait les réformes en cours à « celles de l’ex-URSS et de ses pays satellites ».
Les critiques des députés sur la censure des médias, le projet de loi sur l’avortement ou l’incarcération sans motif n’ont pas davantage démonté l’argumentaire du premier ministre. Il reproche à ses interlocuteurs de ne rien connaître de son pays, assure que la transparence et l’indépendance de la justice polonaise sont renforcées et que sa démocratie n’a « jamais été aussi vivante » chez lui. Et, « très optimiste », il tourne les talons en assurant que, non, son pays n’entend pas « faire tanguer la barque européenne ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ L’agence sanitaire a rendu, mercredi, un avis sur les produits présents dans les vêtements neufs pouvant déclencher allergies et irritations cutanées.
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Une étude de l’Anses confirme la nécessité de laver ses vêtements neufs

L’agence sanitaire a rendu, mercredi, un avis sur les produits présents dans les vêtements neufs pouvant déclencher allergies et irritations cutanées.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 12h23
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 17h45
   





                        


Il faut laver avant de le porter pour la première fois tout vêtement susceptible d’être en contact avec la peau, souligne un avis publié par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), mercredi 4 juillet, sur les risques d’allergies et d’irritations cutanées dus au textile.
Un passage en machine permet de réduire l’exposition à des substances chimiques comme les nonylphénols, « qui sont à la fois des substances irritantes cutanées, toxiques pour la reproduction et des perturbateurs endocriniens », dit à l’AFP Christophe Rousselle de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).

        Lire aussi :
         

                Les perturbateurs endocriniens, qu’est-ce que c’est ?



Celle-ci publie, mercredi, un rapport d’expertise assorti d’une série de recommandations pour « mieux protéger les consommateurs du risque d’allergie et d’irritations cutanées », régulièrement rapportées aux autorités sanitaires.
S’il apparaît une réaction d’irritation ou d’allergie après l’achat de chaussures ou de vêtements, il faut penser à consulter un médecin ou un dermato-allergologue pour identifier l’éventuelle substance responsable, ajoute le chef du pôle dangers des substances à l’Anses.
L’Agence poursuit une étude jusqu’en octobre avec des médecins (dermato-allergologues, toxicologues) et des patients, destinée à l’identification des substances irritantes en cause. La première phase de cette étude « pionnière » s’est déroulée entre janvier et septembre 2017 auprès d’une trentaine de patients adultes.
Elle a permis dans certains cas d’identifier des substances chimiques présentes dans des articles portés à l’origine de symptômes, comme par exemple la benzidine, le chrome 6, du nickel, note l’Anses. En outre, une vingtaine de familles de substances chimiques ont été recherchées dans des vêtements et une cinquantaine dans des chaussures.
Baisse des maximums de chrome 6 et de nickel
Des analyses sur une quarantaine d’articles neufs ont permis d’affiner les familles de substances chimiques à rechercher et de confirmer, entre autres, la présence de nonylphénols ou encore de formaldéhyde. Elles ont également permis d’identifier des substances qui ne sont pas systématiquement recherchées en routine, alors qu’elles peuvent entraîner des dermatites de contact, comme la PPD (paraphénylène diamine).
L’Anses recommande notamment aux autorités d’abaisser le maximum réglementaire du chrome 6 dans les articles en cuir. Elle a, en effet, observé des réactions allergiques en dessous du « seuil réglementaire ».
Elle préconise également de fixer un maximum pour le nickel dans les textiles. Pour ce métal, il n’y a pas de réglementation propre aux textiles, alors qu’il y en a dans les jouets, cosmétiques ou bijoux, explique M. Rousselle.
Sur les contrôles, l’agence sanitaire préconise de maintenir la pression pour éviter de retrouver sur le marché des articles non conformes à la réglementation.
Par ailleurs, elle recommande aux responsables de la commercialisation de chaussures et d’habillement de « s’assurer auprès de leurs fournisseurs de l’absence de substances CMR [cancérogènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction] ou sensibilisantes ou irritantes cutanées dans les articles ».
Elle souhaite aussi que l’évolution des connaissances soit utilisée pour mettre à jour la classification européenne des substances responsables d’allergies cutanées et prône l’information du consommateur (étiquetage, emballage) pour signaler leur présence potentielle.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ La police a tiré sur Aboubakar F., 22 ans, après que le jeune homme a refusé d’obtempérer à un contrôle mardi. La maire, Johanna Rolland, appelle au calme.
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Article sélectionné dans La Matinale du 03/07/2018
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A Nantes, vague de violences après la mort d’un jeune homme, tué par un policier

La police a tiré sur Aboubakar F., 22 ans, après que le jeune homme a refusé d’obtempérer à un contrôle mardi. La maire, Johanna Rolland, appelle au calme.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 01h08
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 16h37
    |

            Soren Seelow








                        



Un jeune homme de 22 ans, Aboubakar F., est mort, mardi 3 juillet dans la soirée, dans le quartier du Breil à Nantes, après qu’un policier a ouvert le feu lors d’un contrôle qui a dégénéré. L’annonce de son décès a provoqué des scènes de violences urbaines durant une partie de la nuit dans trois quartiers sensibles de la ville, plusieurs véhicules et quelques bâtiments étant incendiés.
Les faits se sont déroulés vers 20 h 30. Une patrouille de CRS procède alors au contrôle d’un véhicule, dont le conducteur ne porte ni ceinture ni papiers d’identité, explique, mercredi 4 juillet, au Monde une source au ministère de l’intérieur. Les policiers s’aperçoivent alors que le véhicule est mis sous surveillance par la police judiciaire de Nantes dans le cadre d’un trafic de stupéfiants : « Le conducteur tente de prendre la fuite en reculant sur un fonctionnaire de police », « légèrement blessé à la jambe ». Un de ses collègues « ouvre alors le feu, le conducteur est touché, est transporté à l’hôpital de Nantes où il décède », poursuit cette source.
« C’est des Robocop ! »
Un témoin de la scène a livré à une journaliste locale un témoignage filmé qui soulève de nombreuses questions sur la proportionnalité de la riposte du collègue : « Il a essayé de faire une marche arrière, la voiture s’est explosée contre le mur. Il était déjà immobile, il ne pouvait rien faire d’autre. Le policier est arrivé, il lui a tiré dessus à bout portant, il lui a mis une balle sur le cou, directement. » Cet habitant dit avoir lui-même tenté de réanimer la victime. « Il n’y avait aucun CRS de blessé », assure-t-il, interrompu par un autre habitant qui lance : « C’est des Robocop ! »
Touché à la carotide, il serait mort à son arrivée à l’hôpital vers 23 h 30, précise une source policière. Une enquête visant à éclaircir « les faits » et à déterminer les « circonstances » dans lesquelles le policier a fait usage de son arme a été confiée au service régional de police judiciaire (SRPJ) de Nantes et à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), a précisé le procureur de la République de Nantes, Pierre Sennès.
Selon les informations du Monde, la victime, Aboubakar F., était originaire de Garges-lès-Gonesse (Val-d’Oise). Connu des services de police, notamment pour des faits de vols, le jeune homme faisait l’objet d’une fiche de recherche en date du 15 juin 2017 pour l’exécution d’un mandat d’arrêt dans le cadre d’une procédure pour vol en bande organisée et recel, avec instruction de procéder à l’interpellation de l’intéressé, précise une source policière. Selon des habitants du Breil, il se serait installé depuis quelque temps dans le quartier, où il aurait eu de la famille.
Ce drame s’inscrit dans un contexte tendu depuis plusieurs semaines dans le quartier du Breil. En mai, plusieurs coups de feu ont été tirés dans la cité, et le soir du 28 juin, des tirs ont visé la façade d’un immeuble, blessant légèrement une adolescente qui se trouvait à sa fenêtre, touchée à la main par des éclats de verre. A la suite de cet incident, le quartier avait été placé sous surveillance policière renforcée, et des CRS avaient été dépêchés sur place depuis une semaine.
Deux cents membres des forces de l’ordre mobilisés
Sitôt la nouvelle de la mort du jeune homme annoncée, des violences urbaines se sont déclarées dans trois quartiers – Breil, Malakoff et Dervallières – impliquant une centaine d’individus. Selon un bilan établi mercredi matin par le ministère de l’intérieur, huit bâtiments ont été visés par des incendies, dont un centre commercial, ainsi que de nombreux véhicules, tandis que les forces de l’ordre ont essuyé des jets de projectiles et de cocktails Molotov.
Selon un autre habitant du quartier, cité par Ouest-France, des mères de familles sont sorties pour tenter de ramener le calme, en vain : « Toutes les mamans sont dehors. Les jeunes sont cagoulés, ils ne veulent pas en démordre. » Près de deux cents membres des forces de l’ordre ont été mobilisés, dont 56 CRS et 55 gendarmes mobiles, avec des renforts venus de Rennes, Saint-Nazaire, Angers.
La ministre de la justice, Nicole Belloubet, a appelé « au calme », mercredi matin sur RTL, rappelant qu’une enquête était en cours « pour que toute la lumière soit faite dans la plus totale transparence » sur la mort du jeune homme. Le ministère de l’intérieur a dit mercredi dénoncer les violences et enjoint également à la « responsabilité » et au « calme ». Un calme qui semblait, du moins temporairement, revenu dans ces trois quartiers aux alentours de 3 heures du matin.
Johanna Rolland, maire (Parti socialiste) de Nantes, est arrivée peu avant 2 h 30 aux Dervallières, dont la mairie annexe et la maison de la justice et du droit, situées dans le même bâtiment, ont été touchées par des départs de feu. « Mes premières pensées vont à ce jeune homme mort, à sa famille, à tous les habitants de ce quartier, de nos quartiers, a-t-elle déclaré. La police et la justice dans son indépendance devront faire la clarté et la plus totale des transparences sur ce qui s’est passé ce soir. » « Mais l’urgence ce soir, c’est l’appel au calme dans nos quartiers », a-t-elle martelé.
Sur Twitter, François de Rugy, président de l’Assemblée nationale et député de la première circonscription de Loire-Atlantique, a été l’un des premiers responsables politiques à réagir mardi soir : « L’enquête indépendante de la justice devra établir les faits quant à la mort d’un jeune conducteur ayant refusé de se soumettre à un contrôle de police au Breil, à Nantes. Rien ne justifie de faire subir maintenant aux habitants, policiers et pompiers des incendies et violences. » Mercredi matin, il a posté un nouveau tweet, légèrement modifié, ajoutant : « On ne peut que regretter la mort d’un jeune homme. »

        Lire aussi :
         

                Le recours aux armes à feu par les policiers a fortement augmenté en France en 2017



Selon les chiffres publiés le 26 juin par l’IGPN, le recours aux armes à feu chez les policiers a bondi de 54 % entre 2016 et 2017. A cette occasion, la « police des polices » a rendu public, pour la première fois, le nombre de personnes tuées ou blessées par les policiers. Entre juillet 2017 et mai 2018, elle recense 14 morts et une centaine de blessés. Des chiffres révélateurs d’un climat tendu sur le terrain. Au total, 394 coups de feu ont été tirés par les policiers en 2017, notamment lors de refus d’obtempérer de véhicules en mouvement. Tous ces coups de feu ont été considérés comme de la légitime défense. Du côté de la gendarmerie, la progression de l’usage des armes aurait été de 15 % entre 2016 et 2017.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ De France-Argentine à Colombie-Angleterre, les huit rencontres disputées ont plutôt donné raison aux équipes défensives jouant la contre-attaque. Mais il y a aussi eu des buts et des roulades.
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Coupe du monde 2018 : les qualifiés, les stats, le plus beau but… Le bilan des huitièmes de finale

De France-Argentine à Colombie-Angleterre, les huit rencontres disputées ont plutôt donné raison aux équipes défensives jouant la contre-attaque. Mais il y a aussi eu des buts et des roulades.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 14h22
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 18h00
    |

            William Audureau








                        



   


Les scores
France-Argentine : 4-3 Uruguay-Portugal : 2-1 Espagne-Russie : 1-1, 3-4 aux tirs aux buts Croatie-Danemark : 1-1, 3-2 t.a.b. Brésil-Mexique : 2-0 Belgique-Japon : 3-2 Suède-Suisse : 1-0 Colombie-Angleterre : 1-1, 3-4 t.a.b.
Le plus beau but

#CM2018 #FRAARG 57è, 2-2 
⚽⚽ BUT FRANCAIS 🇫🇷
😱😱 CHEF D'OEUVRE DE PAVARD 

— telefoot_TF1 (@Téléfoot)


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Une égalisation inespérée, par un buteur inattendu, d’une frappe inoubliable. Le jeune latéral droit des Bleus, Benjamin Pavard, s’est rattrapé de ses quelques erreurs de placement (il est notamment fautif sur le second but argentin) avec un missile brossé de l’extérieur du pied, corps à l’horizontale, depuis l’extérieur de la surface. La trajectoire est tellement liftée que sans les filets argentins, le ballon serait encore en train de tourner sur lui-même.
Le flop
L’Espagne

   


Championne du monde 2010, invaincue depuis deux ans, l’Espagne faisait figure de candidate légitime au sacre final pour la dernière grande compétition de son chef d’orchestre, Andrés Iniesta. Raté : la Roja a été piteusement éliminée par la sélection russe, que pas grand monde ne voyait atteindre les huitièmes de finale.
L’invitée surprise
La Suède

   


La Blagult, qui n’arrête plus de surprendre depuis le début des éliminatoires de la zone Euro (elle a rencontré sur sa route la France, les Pays-Bas et l’Italie), confirme en Russie sa baraka : après être sortie première du groupe de l’Allemagne, elle a sorti la sélection helvétique, pourtant 6e au classement FIFA. Le tout avec un plan de jeu simple et carré : défendre en équipe, bas et solidaire, et marquer sur un malentendu en contre. Attention, il y a de la Grèce 2004 dans cette équipe-là.
Le chiffre à retenir
42,3 %
Soit la possession de balle moyenne des huit équipes qualifiées en quarts de finale. Après l’élimination surprise de l’Allemagne en phase de groupe, le football de possession confirme sa mauvaise passe. Seules trois nations (Belgique, Croatie et Angleterre) ont eu plus le ballon que leur adversaire. Mais la bonne recette était surtout de laisser son opposant faire joujou avec la balle pour opérer en contre, comme la France (39,8 %), l’Uruguay et la Suède (32,7 % toutes les deux). La Russie est même passée avec 21,1 % de possession, du jamais vu, et une claque pour le tiki taka espagnol.
Le joueur vedette
Harry Kane

   


Le buteur de Sa Majesté a marqué son sixième but en trois matchs seulement, également le record de Gary Lineker sur une compétition entière. C’est le meilleur réalisateur du tournoi, devant le Belge Romelu Lukaku (4) et le Portugais Cristiano Ronaldo (4, mais éliminé).
La comparaison
8 contre 1
Le nombre de victoires cumulées en Coupe du monde des deux côtés du tableau final. Uruguay (2), France (1), Brésil (5) et Belgique (0) sont dans la partie la plus relevée de ce dernier. A l’inverse, l’autre moitié du tableau final est essentiellement constituée d’équipes au palmarès vierge, comme la Russie, la Croatie et la Suède. Seule l’Angleterre (une victoire en 1966) fait exception.
La finale qui est toujours possible
Belgique-Croatie
Les deux meilleures équipes de la phase de groupe sont, avec la Russie, les seules à n’avoir jamais atteint une finale de Coupe du monde dans leur histoire, mais elles peuvent toujours y croire. Ce sera a priori plus compliqué pour les Diables rouges d’Eden Hazard, opposés au Brésil en quarts, puis au vainqueur de France-Uruguay en demies.
Le mème
Neymar qui roule

   


Buteur et quasi-passeur décisif contre le Mexique, la star du Paris-Saint-Germain fait lever les foules. Mais surtout pour railler sa faculté à en rajouter à chaque (fréquente) faute qu’il subit, en se roulant par terre de longues secondes, voire minutes. A défaut d’être le meilleur buteur, il est d’ores et déjà le meilleur « rouleur » du tournoi.

On a retrouvé le chien de #Neymar 😂 https://t.co/ZxC480DGCI— sashaelbaz (@Sasha Elbaz)


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Le programme
Vendredi 16 heures : Uruguay-France Vendredi 20 heures : Brésil-Belgique Samedi 16 heures : Russie-Croatie Samedi 20 heures : Suède-Angleterre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ A l’occasion des Rencontres de Pétrarque, du 9 au 13 juillet à Montpellier, la militante féministe revient sur l’impact du mouvement #metoo sur le monde arabe et la place de la femme dans ces sociétés traditionnelles.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Wassyla Tamzali : « L’homme arabe est un homme humilié »

A l’occasion des Rencontres de Pétrarque, du 9 au 13 juillet à Montpellier, la militante féministe revient sur l’impact du mouvement #metoo sur le monde arabe et la place de la femme dans ces sociétés traditionnelles.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 23h00
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 17h06
    |

            Jean Birnbaum








                        



                                


                            

Avocate et ancienne directrice des droits des femmes à l’Unesco, née en Algérie, Wassyla Tamzali prononcera, lundi 9 juillet, à Montpellier, la leçon inaugurale des Rencontres de Pétrarque, organisées par France Culture et Le Monde, dans le cadre du Festival de Radio France, sur le thème « #hommes-femmes : des lendemains qui changent ? ».
Cela fait plusieurs décennies que vous travaillez sur les droits des femmes. Avec cette mémoire et cette pratique qui sont les vôtres, quel regard avez-vous porté sur le surgissement du mouvement #metoo ?
Ce qui a été très frappant, c’est le raz-de-marée des révélations. C’est la question même du surgissement qui mérite d’être posée. Car les obsessions et les violences des maîtres prédateurs étaient plus ou moins connues. Inutile de rappeler ici le travail d’analyse effectué par les féministes sur le harcèlement sexuel, la place centrale qu’occupe ce problème, depuis des années, dans le débat militant et intellectuel, sans beaucoup de résultat. Alors, pourquoi maintenant, et pourquoi à partir de l’affaire Weinstein ? Cela tient sans doute à la qualité de ces actrices mondialement connues qui renvoyaient une image de femmes libres et maîtrisant leur destin.
Le choc des révélations a été à la mesure de cette image brisée. S’en est suivie une avalanche de « sorties du placard », comme on dit à propos du coming out, car c’est bien de cela qu’il s’agit : le dévoilement public d’une « orientation sexuelle » dont on avait honte. Ces femmes qui incarnaient « un destin pris en main par une liberté », comme dit Simone de Beauvoir, n’étaient finalement que des femelles au sens le plus archaïque, soumises à la souveraineté sexuelle masculine ! Nous ne sommes peut-être pas au début de la « révolution copernicienne » appelée de tous ses vœux par l’anthropologue Françoise Héritier, mais rien ne sera plus comme avant.
Pourquoi maintenant ? Vous...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Les mots « populiste » et « populisme » sont-ils toujours utilisés à bon escient ? Franck Nouchi, médiateur du « Monde », se penche sur cette question d’autant plus complexe que les définitions sont floues.
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Du bon usage du mot « populiste » dans « Le Monde »

Les mots « populiste » et « populisme » sont-ils toujours utilisés à bon escient ? Franck Nouchi, médiateur du « Monde », se penche sur cette question d’autant plus complexe que les définitions sont floues.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 11h43
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 18h37
    |

                            Franck Nouchi (Médiateur du "Monde")








                        



   


Les demandes les plus simplement énoncées sont parfois celles qui requièrent les réponses les plus longues. Il y a trois semaines, voici ce que m’écrivait un lecteur, Solal Azoulay : « Très intéressé par le journalisme et l’actualité, j’ai remarqué l’emploi fréquent du terme “populiste” dans les colonnes des quotidiens français, en particulier Le Monde. Dans un souci de respect du droit à l’information, pourriez-vous expliciter ce concept, lui donner une définition claire et définitive ? »
Depuis quelques mois, la lecture du Monde peut en effet parfois donner le tournis. Pas un jour sans que des personnalités aussi différentes que Recep Tayyip Erdogan, Donald Trump, Sebastian Kurz, Viktor Orban, Jaroslaw Kaczynski, Giuseppe Conte, Milos Zeman, Andrej Babis, Andrés Manuel Lopez Obrador, Nicolas Maduro, Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon, la liste est loin d’être exhaustive, se voient qualifiés de « populistes » dans des articles ou dans des titres.
« La question est de savoir si la notion de populisme subsume ou non d’autres notions comme celle d’extrême gauche et d’extrême droite. » Thomas Wieder, correspondant du « Monde » à Berlin
Vous êtes évidemment nombreux à réagir à cette vague « populiste » planétaire. A vous lire, Le Monde ne serait pas exempt de reproches. Deux exemples. A peine notre éditorialiste, Gérard Courtois, eut-il défendu le principe de la limitation de vitesse à 80 km/h dans une chronique titrée « Jacquerie automobile » (Le Monde du 23 mai), Jean-Pierre Rieupeyrout dégainait : « Il est triste de voir comme la “gauche” ne comprend plus les “jacqueries”. Le vilain mot et les vilains populistes… Heureusement les hommes d’Etat et les technocrates veillent (…). Vous déplorerez ensuite le vote populiste, mais vous êtes incapables de prendre en compte la vie des gens. »
Un autre lecteur, Guillaume Simier, nous annonce qu’il mettra fin à son abonnement en mars 2019. La raison ? Notre traitement des informations économiques qui, dit-il, « fait le jeu des populistes, de La France insoumise et du FN ». « Ceci est tout simplement indigne du quotidien de référence de centre gauche. L’explication centrale de la montée du populisme ne vient pas d’un racisme primaire, d’une conviction idéologique, mais de la peur du déclassement et de son corollaire, le sentiment d’injustice qu’un autre nous vole ce que l’on nous doit. »
« Le Monde, ajoute ce lecteur, contribue à créer ce faux-semblant d’injustice avec des données tronquées, fallacieuses, voire fausses. » Faisant référence à notre titre de « une » du 15 mai 2018 « CAC 40 : les grands profits des actionnaires » et à la « puce » qui l’explicitait – « Les actionnaires ont reçu l’équivalent de 67,5 % des bénéfices (depuis 2009), contre 5 % pour les salariés » –, il nous tance vertement : « Un petit peu de connaissance économique et comptable vous éviterait peut-être de raconter cela. Il est tout à fait logique que les employés ne touchent qu’une part minime des profits : c’est de la pure mécanique comptable ! (…) Vos articles renforcent le sentiment d’injustice dans le pays, votre statut de journal de référence leur donne une visibilité certaine et pousse les gens à regarder les extrêmes. »

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                « Le vaste peuple des automobilistes a brandi le volant comme autrefois les fourches pour une de ces étranges jacqueries qui enflamment le pays »



Je pourrais évidemment répondre point par point à ces lecteurs. Le Monde consacre une place importante, par le biais d’enquêtes et de reportages, à raconter la « vie des gens ». Ne le faisons-nous pas suffisamment ? La question vaut d’être posée, mais à mon avis en des termes autrement plus mesurés. Quant à notre prétendu manque de « connaissance économique », permettez-moi de ne pas être d’accord. Rien n’est plus faux s’agissant des journalistes du service « Economie ». J’ajoute que je suis profondément convaincu que, en ces temps troublés, l’une des missions du Monde est de mettre en lumière les mécanismes d’accroissement des inégalités.
Revenons-en maintenant à la question posée par M. Azoulay. Quelle est la définition du populisme ? Emploie-t-on ce mot toujours à bon escient dans les colonnes du Monde ?
Pour commencer, permettez-moi de vous conseiller la lecture de deux ouvrages:  Qu’est-ce que le populisme? de Jan-Werner Müller (Folio essais, 208 pages, 6,60 €) et Les Populismes (Perrin, 2007), dirigé par Jean-Pierre Rioux et auquel ont participé des historiens aussi éminents que Pierre-André Taguieff, Michel Winock, Pierre Milza, Marc Lazar, ou encore Nicolas Werth.
Outre de nombreux éclairages passionnants, vous trouverez dans ce dernier livre une citation extraite d’un article du théoricien politique argentin Ernesto Laclau : « Populisme est un concept insaisissable autant que récurrent. Peu de termes ont été aussi largement employés dans l’analyse politique contemporaine, bien que peu aient été définis avec une précision moindre. Nous savons intuitivement à quoi nous nous référons lorsque nous appelons populiste un mouvement ou une idéologie, mais nous éprouvons la plus grande difficulté à traduire cette intuition en concepts. C’est ce qui a conduit à une sorte de pratique ad hoc : le terme continue d’être employé d’une façon purement allusive, et toute tentative de vérifier sa teneur est abandonnée. » 
Une histoire qu’il ne faut pas oublier
Et les journalistes du Monde, du moins ceux qui sont chaque jour confrontés à cette question, qu’en pensent-ils ? Ancien chef du service politique, actuellement correspondant du Monde à Berlin, Thomas Wieder rappelle tout d’abord que le mot populisme a une histoire qu’il ne faut pas oublier : « Quand on parle du populisme aujourd’hui, il faut bien garder à l’esprit qu’on utilise un mot qui a lui-même une généalogie. Je dirai qu’on est aujourd’hui dans le troisième âge du populisme après :
a/ Le premier  “populisme”, celui de la Russie du XIXe siècle, le populisme des fameux narodniks, ces intellectuels de la classe moyenne opposés au tsarisme, influencés par le socialisme et préoccupés par le sort de la paysannerie. 
b/ Le deuxième “populisme”, celui de l’Amérique latine des années 1940, incarné par le péronisme, qui est souvent considéré par les spécialistes de la question comme l’exemple abouti du populisme arrivé au pouvoir. »
« Je travaille dans un pays où toutes les forces politiques pourraient, peu ou prou, se voir attribuer le qualificatif de populiste. » Jérôme Gautheret, correspondant du « Monde » à Rome
« La difficulté, ajoute Thomas Wieder, c’est que, selon les auteurs, le populisme n’a pas exactement la même définition. Quand on parle de populisme, parle-t-on du populisme tel que l’entendaient un Alexandre Herzen (1812-1870) ou un Nikolaï Tchernychevski (1828-1889) au XIXe ? Ou se réfère-t-on plutôt à la définition qu’en a donnée plus récemment quelqu’un comme le politiste argentin Ernesto Laclau (1935-2014) dans La Raison populiste (Seuil, 2008) ? 
Si l’on s’en tient à une définition contemporaine, on peut peut-être dire que le populisme “chimiquement pur ” serait une pensée politique qui repose à la fois sur la vision d’un peuple qui fait bloc face aux élites et sur une promotion du nationalisme. Si l’on s’en tient à une telle définition, le modèle populiste décrit donc à la fois un ordre social et politique – la démocratie directe plutôt que la démocratie représentative, la valorisation des “petits” contre les “gros”, avec toutes les ambivalences d’un tel schéma qui débouche inévitablement sur la désignation de boucs émissaires, et enfin un ordre géopolitique (le protectionnisme plutôt que le libre-échange, l’unilatéralisme plutôt que le multilatéralisme). » 
Cela posé, précise encore Thomas Wieder, « la question est de savoir si la notion de populisme subsume ou non d’autres notions comme celle d’extrême gauche et d’extrême droite ». « Là-dessus, l’enjeu n’est pas seulement philosophique, il est aussi politique car on voit bien l’intérêt qu’il y a, de la part de certains, à procéder à une telle subsumption, en mettant par exemple dans le même sac (à des fins de délégitimation) un Mélenchon et une Le Pen. 
C’est là, à mon avis, qu’il faut être vigilant. A titre personnel (mais je rejoins ici des analyses comme celle de Pierre Rosanvallon, par exemple), la notion de populisme est opérante, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a qu’un populisme. Je pense au contraire qu’il y a un populisme d’extrême gauche qui n’est pas le même que le populisme d’extrême droite dans la mesure où leur rapport à la nation n’est pas le même et où les boucs émissaires qu’ils ciblent ne sont pas les mêmes non plus. 
De la même façon, je dirai que d’autres partis du spectre politique n’échappent pas forcément au populisme. A ce titre, je fais partie de ceux qui estiment que le macronisme a une composante populiste, dans sa façon de dénigrer les corps intermédiaires, de s’en prendre à la presse, dans son rapport compliqué, aussi, au parlementarisme. A certains égards, le macronisme est un libéral populisme, ou, pour le dire autrement, un libéralisme qui se sert de certaines armes du populisme pour mieux combattre d’autres populismes comme ceux de La France insoumise ou du FN. »
« Pour tout dire, conclut Thomas Wieder, je suis assez réticent sur cette “labellisation” dans nos colonnes. A titre personnel, par exemple, je ne qualifie jamais dans mes papiers Alternative pour l’Allemagne (AfD) de “parti populiste” mais de “parti d’extrême droite”. »
« Le terme véhicule aujourd’hui une connotation “morale” et un sens à la fois trop large et trop flou » Solenn de Royer, chef du service politique du « Monde »
Correspondant du Monde à Rome, Jérôme Gautheret partage les réserves exprimées par Thomas Wieder : « Je travaille dans un pays où toutes les forces politiques pourraient, peu ou prou, se voir attribuer le qualificatif de populiste. Les 5 Etoiles sont ils “plus” populistes que l’a été Berlusconi ? Et Renzi l’a-t-il été moins qu’eux dans sa pratique ? Je ne sais pas, je n’en suis pas sûr. Et ce simple doute me dissuade d’employer ce mot. » 
« Pourtant, ajoute Jérôme Gautheret, s’il y a en Europe un mouvement qui possède des traits communs avec la définition “péroniste” du populisme, c’est bien les 5 Etoiles des origines, nées d’une protestation très italienne contre des élites locales corrompues, et d’une faillite des corps intermédiaires à laquelle les partis traditionnels n’ont jamais su apporter de réponse. Mais voilà, l’emploi un peu trop généreux de ce terme me retient de qualifier les 5 Etoiles de “populistes”, parce qu’il crée des analogies qui, au bout du compte, obscurcissent les particularités de ce mouvement. Pourquoi chercher à tout prix à qualifier les 5 Etoiles de la même manière que Podemos ou Le Pen ? Je pense que cela ne sert pas à grand-chose.
Au fond, c’est cela qui me retient le plus d’écrire “populisme” : ça complique les choses sans être pour autant précis. Par ailleurs, on peut toujours qualifier les formations politiques autrement et de façon plus neutre. Car, et c’est mon dernier point, le mot “populisme”, tel que nous l’employons, me semble plus relever du jugement moral que de la qualification politique. En l’utilisant de la même manière qu’on employait “démagogue” il y a une génération, je suis persuadé qu’on parle plus de nous que de l’objet qu’on cherche à décrire. C’est ça, me semble-t-il, qui irrite le plus les lecteurs – du moins d’après les mails que je reçois régulièrement à ce sujet. »
Les mêmes problèmes avec Trump
Chef du service politique, Solenn de Royer approuve ses deux confrères : « Même si le terme a des racines historiques précises, il véhicule aujourd’hui à la fois une connotation “morale” et un sens à la fois trop large et trop flou. Elu sur une vague dégagiste, Emmanuel Macron, qui s’oppose au “système”, et qui contourne les corps intermédiaires, est porteur lui aussi d’une forme de populisme. Il pousse le paradoxe jusqu’à jouer sur des ressorts “populistes” pour échapper à la vague “populiste”. Et pourtant, ça n’aurait aucun sens de le rapprocher d’un Mélenchon qui défend une vision populaire de la nation, à la Jaurès, ou d’une Marine Le Pen, qui s’adresse à la sensibilité identitaire du peuple. Ce mot-valise est ambigu et peu pertinent pour décrire la pluralité et la richesse des cas. »
Ces soucis d’ordre typologique ne sont pas l’apanage des Européens. Correspondant du Monde à Washington, Gilles Paris rencontre les mêmes problèmes avec Trump. L’actuel locataire de la Maison Blanche renvoie, dit-il, « à d’autres inspirations historiques, l’anti-élitisme de combat d’Andrew Jackson (président des Etats-Unis de 1829 à 1837), en réaction à la méfiance des Pères fondateurs pour le “peuple” ; Huey Pierce Long (1893-1935), ou Charles Lindbergh (1902-1974), pour la politique étrangère. La difficulté vient de sa pratique qui repose sur des instincts politiques parfois en contradiction avec ce qui reste de la doctrine du Parti républicain (notamment la tentation de sabrer dans les filets sociaux pour contenir [un peu] l’explosion du déficit, et qui serait mortifère pour la base trumpiste). Il rajoute des éléments de “culture war” pour conserver dans sa coalition les évangéliques, ce qui complique encore la situation. On retrouve bien sûr des éléments populistes à profusion dans ses discours, mais ils ne résument pas tout Trump. »
Cette difficulté à définir le populisme, ajoute Sylvie Kauffmann, directrice éditoriale du Monde, « répond à notre difficulté à définir, avec nos propres critères, ces régimes d’apparence démocratique, mais avec des tendances autocratiques, qui émergent un peu partout, y compris en Europe. Nous ne disposons pas toujours des bons instruments pour définir ces nouveaux phénomènes ».
La conclusion s’impose d’elle-même : n’utilisons les mots « populiste » et « populisme » qu’avec parcimonie !



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ La chancelière allemande a cédé progressivement à ses détracteurs depuis 2015.
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édition abonné


De l’accueil au refoulement des migrants, la mue contrainte d’Angela Merkel

La chancelière allemande a cédé progressivement à ses détracteurs depuis 2015.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 11h05
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Pour une fois, les conservateurs bavarois de l’Union chrétienne-sociale (CSU) sont satisfaits. « Nous nous sentons renforcés », s’est félicité Alexander Dobrindt, le chef de file des députés CSU au Bundestag, mardi 3 juillet, au lendemain de l’accord arraché par son parti à l’Union chrétienne-démocrate (CDU) d’Angela Merkel. Après trois semaines d’un bras de fer sans précédent entre les deux « partis frères » de la droite allemande, le ministre de l’intérieur et président de la CSU, Horst Seehofer, a obtenu de la chancelière ce qu’il voulait : le refoulement des demandeurs d’asile arrivant en Allemagne et déjà enregistrés dans un autre pays européen. En attendant d’être expulsés, ceux-ci seront transférés dans des « centres de transit » près de la frontière autrichienne. Un accord dont le Parti social-démocrate (SPD) doit dire, jeudi soir, s’il peut l’accepter, mais dont le secrétaire général de la CSU, Markus Blume, a déjà affirmé qu’il marquait « un tournant dans la politique d’asile » de l’Allemagne.
Un tournant ? La réalité est plus compliquée. La période pendant laquelle l’Allemagne a été pleinement ouverte aux demandeurs d’asile n’a en fait duré que deux mois. Elle a commencé le 5 septembre 2015, quand Mme Merkel a décidé de laisser entrer les milliers de réfugiés arrivant d’Autriche après avoir été bloqués en Hongrie. Elle s’est achevée le 13 novembre 2015, quand la chancelière a annoncé que l’Allemagne allait de nouveau appliquer les accords de Dublin, qui obligent les migrants à déposer leur demande d’asile dans le pays de l’Union européenne (UE) où ils sont arrivés en premier.
Toujours plus de fermeté
Cette décision a d’emblée été perçue comme une rupture. En promettant d’appliquer les accords de Dublin, qu’elle n’avait cessé de qualifier d’« obsolètes » au cours des semaines précédentes, la chancelière cherchait à dissuader les réfugiés passés par un autre pays européen – la majorité d’entre eux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Le Belgo-Tunisien comparait depuis mercredi à Paris pour avoir animé le site Ansar Al-Haqq, référence du Web djihadiste dans les années 2000.
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Qui est Farouk Ben Abbes, dont le nom figure dans plusieurs dossiers terroristes ?

Le Belgo-Tunisien comparait depuis mercredi à Paris pour avoir animé le site Ansar Al-Haqq, référence du Web djihadiste dans les années 2000.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 17h10
   





                        



   


Souvent soupçonné mais, jusqu’ici, jamais condamné, Farouk Ben Abbes, dont le nom est revenu régulièrement ces dernières années dans plusieurs dossiers terroristes, comparaît mercredi 4 juillet devant le tribunal correctionnel de Paris, pour avoir animé le site Ansar Al-Haqq, référence du Web djihadiste dans les années 2000.
Lui et trois autres hommes – dont l’un se trouve en Syrie – sont accusés d’avoir « endoctriné », « incité », voire « recruté » pour le combat armé et « [soutenu] ouvertement les combattants djihadistes et les organisations terroristes », dans une stratégie de « djihad médiatique » prôné notamment par Al-Qaida.
Farouk Ben Abbes, qui se présente libre devant le tribunal, nie toute incitation au djihad. Il affirme n’avoir fait que diffuser des informations sur le site Ansar Al-Haqq (les partisans de la vérité).
S’il comparaît pour la première fois dans une affaire de ce type, Farouk Ben Abbes est présenté comme une figure de la mouvance islamiste radicale. Proche du vétéran français du djihad Fabien Clain, il a notamment été interpellé après l’attentat du Caire de février 2009 – qui coûta la vie à une lycéenne française, Cécile Vannier –, puis mis en examen en 2010 dans le cadre du projet d’attaque visant le Bataclan, à Paris.

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                « Djihad médiatique » : le site Ansar Al-Haqq au cœur d’un procès à Paris



Des djihadistes francophones au Caire
Son parcours dessine celui du djihadisme franco-belge. Au milieu des années 2000, le djihadiste toulousain Fabien Clain, qui deviendra la « voix » des attentats du 13 novembre 2015 – il a été identifié, avec son frère cadet, dans le message de revendication de l’organisation Etat islamique – s’installe en Belgique. Il fait alors la connaissance de Farouk Ben Abbes, Belgo-Tunisien, et de Farid Benladghem, un ancien légionnaire français d’origine algérienne qui sera tué des années plus tard par la police belge, le 26 mars 2013.
Les trois hommes se retrouvent au Caire en 2007 au sein d’une petite communauté de djihadistes francophones. En février 2008, Farouk Ben Abbes et Farid Benladghem rejoignent la bande de Gaza.
Après plus d’un an passé dans les rangs de l’Armée de l’islam, un groupe terroriste palestinien proche d’Al-Qaida, Farouk Ben Abbes est interpellé à son retour en Egypte, le 3 avril 2009. Les services de sécurité égyptiens le soupçonnent d’être impliqué dans l’attentat qui a visé un mois et demi plus tôt une classe de lycéens français en visite d’agrément au Caire.
Le 23 mai 2009, le ministère de l’intérieur égyptien transmet aux services français une note selon laquelle il aurait avoué en détention avoir été missionné pour commettre des attaques en France. Des informations font alors état d’un projet contre des intérêts juifs à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) et la salle de spectacle du Bataclan, qui a accueilli plusieurs galas de soutien à l’armée israélienne.

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                Le spectre de l’attentat du Caire plane sur les attentats de Paris



Non-lieu pour le projet d’attentat contre le Bataclan
Farouk Ben Abbes est expulsé vers la Belgique le 8 mars 2010. Placé sous surveillance, il sera interpellé quelques semaines plus tard à la frontière franco-luxembourgeoise en compagnie de Farid Benladghem. Mis en examen en 20 juillet 2010, il affirme avoir été torturé par les services égyptiens et nie toute velléité terroriste.
Après deux ans d’instruction, le juge Christophe Tessier, estimant ne pas disposer d’éléments suffisants pour asseoir l’existence d’un projet d’attentat visant le Bataclan, prononce un non-lieu le 14 septembre 2012. Farouk Ben Abbes est libre. Il reste cependant mis en examen dans un autre dossier : celui du site djihadiste Ansar Al-Haqq.
Installé depuis sa libération à Toulouse, fief des frères Clain, il a été assigné à résidence le 17 novembre 2015, quatre jours seulement après les attentats de Paris, dans le cadre de l’état d’urgence. Une assignation qu’il violera à plusieurs reprises, ce qui lui vaudra d’être condamné, en mars 2016, à trois mois de prison.
A la fin de l’état d’urgence, en novembre 2017, après l’adoption d’une nouvelle loi antiterroriste, le Belgo-Tunisien fait l’objet d’une mesure de contrôle administratif et de surveillance. Il doit alors pointer trois fois par jour au commissariat de Toulouse.
Dans le cadre du procès qui s’est ouvert mercredi, Farouk Ben Abbes est notamment accusé d’avoir diffusé sur Ansar Al-Haqq l’ouvrage 39 Moyens pour servir le djihad et y participer, qu’il avait traduit, le 34e moyen étant le « djihad électronique ». Sur le forum, il signait chacun de ses messages de la formule : « Le djihad médiatique est la moitié du combat ».
Pour ses avocats, William Bourdon et Vincent Brengarth, Farouk Ben Abbes, « cristallise autour de lui depuis des années une fièvre médiatique et ce qui l’accompagne : un acharnement administratif ». Farouk Ben Abbes encourt dans ce dossier dix ans d’emprisonnement.

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Après le Mexique et le Maroc, Safran poursuit son développement international en Pologne

Inaugurée mercredi 4 juillet, l’usine de Rzeszow produit des aubes de turbines basse pression. Une des pièces majeures du nouveau moteur Leap de CFM International, la société commune de Safran et de l’Américain G.E.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 15h56
    |

            Guy Dutheil








                        



   


Safran étend son empreinte à l’international. Depuis trois ans que Philippe Petitcolin est aux commandes, le motoriste se développe à vive allure hors de France. Après le Mexique et le Maroc, Safran a choisi de grandir en Pologne. Le patron du motoriste a inauguré, mercredi 4 juillet, une nouvelle usine à Rzeszow, dans le sud-est de la Pologne. Une implantation industrielle supplémentaire destinée à la production d’aubes de turbines basse pression. Une des pièces majeures du nouveau moteur Leap de CFM International, la société commune de Safran et de l’Américain G.E. Le Leap qui doit équiper les nouveaux moyens courriers d’Airbus et de Boeing, l’A320 Neo et le 737 Max, mais aussi le C919 chinois, est le second blockbuster de Safran. « A peine lancé, le Leap a déjà été commandé à plus de 15 000 exemplaires, soit dix années de travail garanti », s’enorgueillit le motoriste. Evalué au tarif catalogue, c’est une manne de 210 milliards de dollars (environ 180 milliards d’euros) qui devrait rentrer dans les caisses des deux partenaires français et américain. Un véritable pactole pour G.E. et Safran qui ont déjà investi un milliard de dollars pour le développement du Leap.
A l’examen, le choix de Rzeszow ne doit rien au hasard. « Pourquoi la Pologne ? », s’interroge un cadre dirigeant du motoriste : « 100 % de pièces bonnes, livrées à l’heure, jamais de problème », répond-il. Safran est présent dans le sud-est de la Pologne depuis 2001. Une région désormais dénommée « la vallée de l’aviation ». Outre Safran, le motoriste britannique Rolls-Royce et d’autres équipementiers internationaux sont aussi installés dans les environs. Un renouveau pour cette zone qui avant la seconde guerre mondiale rassemblait déjà les sites industriels aéronautiques de la Pologne.
Une main-d’œuvre bon marché
Cet historique a permis à Safran de développer ce qu’il nomme un « éco-système industriel ». Un savant cocktail qui assemble une main-d’œuvre bon marché, une formation technologique et universitaire de qualité et la proximité d’une zone de chalandise. Toutefois, M. Petitcolin reconnaît volontiers que le principal ingrédient de ce mélange à succès c’est la modicité des rémunérations des personnels embauchés sur place. « En moyenne, les salaires des techniciens et ingénieurs en Pologne sont moitié moindre qu’en France », admet le directeur général. Le différentiel est encore plus important pour les ouvriers polonais qui gagnent trois fois moins que leurs homologues français.
Safran Aircraft Engines Poland (SAEP), la division polonaise du motoriste monte rapidement en puissance. En 2017, elle employait 16 000 salariés répartis sur 35 sites et son chiffre d’affaires a atteint neuf milliards d’euros. A l’avenir, le rythme ne risque pas de ralentir. La nouvelle usine de Rzeszow a été construite « pour sécuriser la production du Leap », indique M. Petitcolin. En clair, Safran va devoir accompagner sans faiblir la montée en cadence des productions des moyen-courriers d’Airbus et de Boeing. L’avionneur européen a, officiellement, pour objectif de sortir de ses chaînes d’assemblage 60 exemplaires d’A320 Neo à la mi 2019 et 63 à la fin de l’année prochaine. Dès que ce seuil sera atteint, Airbus aurait pour but de pousser encore son tempo pour produire jusqu’à 75 exemplaires chaque mois. Un rythme endiablé également tenu par Boeing pour son 737 Max. Grâce à la Pologne, Safran ne devrait pas ralentir les deux avionneurs. Dès 2018, SAEP prévoit de produire 180 000 aubes basse pression puis 800 000 en 2022 avec pour objectif d’atteindre le million.
Après le Mexique, le Maroc et la Pologne c’est en Inde que Safran veut trouver un nouvel éco-systeme à succès. Le motoriste a déjà posé le pied à Hyderabad, au sud de l’Inde. Une usine de câblage dont la production « devrait parvenir à sa vitesse de croisière en 2019 ». A en croire Philippe Petitcolin, « l’Inde possède un potentiel énorme d’ici 15 ou 20 ans ». Elle devrait constituer pour Safran, « un nouvel outil de compétitivité », précise le directeur général. Notamment pour alimenter les marchés asiatiques. Toutefois, le principal atout de l’Inde réside, comme le reconnaît M. Petitcolin, dans « son potentiel de low cost ». Les rémunérations très faibles des futurs salariés indiens. Un critère déterminant pour le motoriste qui devrait arbitrer prochainement la localisation de certaines de ses productions entre l’Inde et la Chine. « C’est une question qu’il va falloir se poser », signale-t-il. Toutefois, à l’en croire, ses développements internationaux ne pèsent pas sur l’activité du groupe en France. Notamment grâce à la croissance continue du secteur aéronautique dans le monde.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Hier adversaires au sein de la droite, le premier ministre et l’ancien président de la République se sont vus, vendredi 29 juin, en compagnie du ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin.
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Edouard Philippe a reçu Nicolas Sarkozy à Matignon pour le déjeuner

Hier adversaires au sein de la droite, le premier ministre et l’ancien président de la République se sont vus, vendredi 29 juin, en compagnie du ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 17h09
    |

            Alexandre Lemarié et 
Olivier Faye








                        



                                


                            

La rencontre a eu lieu le temps d’un déjeuner, vendredi 29 juin, à Matignon, selon les informations du Monde. Adversaires féroces au sein de la droite pendant des années, le premier ministre Edouard Philippe, soutien historique d’Alain Juppé, et l’ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, se sont retrouvés pour un rendez-vous « très amical », qui s’est déroulé dans « une atmosphère chaleureuse », selon les termes de proches de l’ex-chef de l’Etat.
« Un déjeuner de courtoisie, qui s’est passé très cordialement », confirme-t-on dans l’entourage de M. Philippe. Le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, ancien directeur de campagne de M. Sarkozy lors de la primaire de la droite en 2016, était également présent.
« La même famille politique »
« Il n’y avait pas d’ordre du jour. Les responsables politiques se rencontrent, même s’ils ne sont pas d’accord sur tout », plaide-t-on dans le camp sarkozyste. « C’est dans la logique des choses, ils font partie de la même famille politique », ajoute un proche de M. Sarkozy. Qui rappelle que le jeune retraité de la politique, 63 ans, a déjà dîné à l’Elysée avec son épouse Carla Bruni, en juillet 2017, en compagnie d’Emmanuel et de Brigitte Macron. Ou encore qu’il a été reçu pour un autre dîner, à Bercy, par M. Darmanin, en janvier.
En octobre 2017, le parti Les Républicains (LR) a « acté » le départ d’Edouard Philippe de ses rangs. L’ancien maire du Havre n’a pas adhéré pour autant à La République en marche. De son côté, M. Sarkozy assure officiellement en avoir « fini » avec la politique électorale. Mais il continue néanmoins à rencontrer nombre d’élus, entretenant chez certains des doutes sur une éventuelle volonté de revenir dans le jeu politique. Cette entrevue tombe en tout cas mal pour Laurent Wauquiez, alors que le président de LR tente de resserrer des liens distendus avec M. Sarkozy. Le président...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ L’atteinte sexuelle avec pénétration, qui aurait été passible de dix ans de prison, est retirée du projet de loi sous la pression d’associations qui craignaient que les viols soient minimisés.
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Le gouvernement renonce à une mesure contestée de la loi sur les violences sexuelles

L’atteinte sexuelle avec pénétration, qui aurait été passible de dix ans de prison, est retirée du projet de loi sous la pression d’associations qui craignaient que les viols soient minimisés.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 16h37
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 17h35
   





                        



   


La secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a annoncé mercredi 4 juillet que le gouvernement renonçait à une mesure controversée de la loi de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, examinée jusqu’à jeudi au Sénat.

Avec @NBelloubet nous avons décidé de supprimer "l'atteinte sexuelle avec pénétration" qui ne fait pas assez consen… https://t.co/t0tvFB0isz— MarleneSchiappa (@MarleneSchiappa)


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L’atteinte sexuelle, aujourd’hui passible de cinq ans de prison, anciennement appelée attentat à la pudeur, sanctionne tout acte de nature sexuelle entre un majeur et un mineur de moins de 15 ans, même consenti (c’est-à-dire sans violence, menace, contrainte ou surprise, qui sont les éléments constitutifs du viol) et même s’il n’y a pas eu pénétration (visionnage d’une vidéo pornographique, par exemple). Le gouvernement souhaitait créer une circonstance aggravante de ce délit, en portant la peine à dix ans de prison en cas de pénétration.
Difficile à prouver
L’objectif affiché était de renforcer l’interdit pesant sur les relations sexuelles entre majeurs et mineurs de moins de 15 ans, et d’alourdir la peine au cas où le viol dénoncé par une jeune victime n’aurait pas pu être prouvé. De nombreuses associations féministes ou de protection de l’enfance ont cependant mis en garde contre un risque accru de renvoi de viols en correctionnelle, un phénomène déjà courant. Une pétition avait même été lancée.

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                Comprendre la polémique autour de l’article 2 du projet de loi sur les violences sexuelles et sexistes



Selon cette interprétation, la contrainte ou la surprise étant dans les affaires de viols sur mineurs difficiles à mettre en évidence, du fait de la sidération des victimes et de l’emprise des agresseurs, ou pour éviter de confronter des enfants à une cour d’assises, les magistrats auraient été davantage enclins à qualifier les actes commis sur les mineurs de moins de 15 ans de simple atteinte sexuelle, un délit jugé en correctionnelle. Ils auraient ainsi été assurés d’obtenir une condamnation pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison au lieu de cinq aujourd’hui. Mais cette peine reste moins lourde que si le crime est jugé et sanctionné comme tel : le viol sur mineur est passible de vingt ans de prison.
Après un examen houleux à l’Assemblée nationale en mai, le gouvernement a préféré reculer sur cette disposition au début de la lecture au Sénat. D’autres éléments du texte restent contestés par ses opposants, qui le jugent pas suffisamment protecteur pour les mineurs. Certains réclament la création d’une « présomption de contrainte », également souhaitée par le Sénat, en cas de relation sexuelle entre un majeur et un mineur de moins de 15 ans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Le texte passera de nouveau à l’Assemblée le 25 juillet, pour une lecture définitive prévue en septembre.
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Loi asile-immigration : pas d’accord entre Assemblée et Sénat en commission mixte paritaire

Le texte passera de nouveau à l’Assemblée le 25 juillet, pour une lecture définitive prévue en septembre.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 13h40
   





                        



   


Députés et sénateurs ne sont pas parvenus, mercredi, à surmonter leurs désaccords en commission mixte paritaire sur le projet de loi asile-immigration, selon plusieurs parlementaires.
En conséquence, le projet de loi « pour une immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie » repassera en nouvelle lecture à l’Assemblée à partir du 25 juillet, puis au Sénat, avant sa lecture définitive, probablement en septembre, par les députés qui auront le dernier mot.
Le texte vise notamment à réduire à six mois, contre onze aujourd’hui, l’instruction de la demande d’asile. Objectif affiché : faciliter à la fois l’expulsion des déboutés et l’accueil des acceptés.
Le Sénat, à majorité de droite, avait réécrit le projet de loi en le durcissant sur plusieurs points qui étaient jugés inacceptables par la majorité LRM-MoDem.

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Les sénateurs avaient notamment restreint l’aide médicale d’Etat (AME), permettant l’accès aux soins des étrangers sans papiers. Dans ce contre-projet, ils étaient également opposés au droit à la réunification familiale pour les mineurs ayant obtenu l’asile, au droit au travail au bout de six mois pour les demandeurs d’asile et aux aménagements du délit de solidarité.
Un « dialogue constructif »
Néanmoins, le chef de file LRM Florent Boudié a fait savoir que les rapporteurs et présidents de commissions des lois des deux chambres avaient été proches d’un accord, mardi, lors d’une réunion préparatoire à la CMP de plus de trois heures.
Mais « la logique d’affichage politique l’a emporté », a-t-il déploré auprès de l’AFP, s’interrogeant sur une « droite sénatoriale caporalisée par Laurent Wauquiez » et « sa ligne qui va sur les plates-bandes de l’extrême droite ».
De son côté, le président de la commission des lois du Sénat, Philippe Bas (LR), tout en reconnaissant « le dialogue constructif » avec l’Assemblée, a estimé que « le Sénat ne pouvait laisser dénaturer son travail, ni accepter un compromis abandonnant la politique migratoire dans un entre-deux » alors que « les Français attendent des mesures de fermeté ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Editorial. Les trois grandes associations représentatives des élus locaux ont annoncé mardi qu’elles boycotteront la conférence nationale des territoires du 12 juillet.
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Crise de nerfs entre l’Etat et les collectivités territoriales

Editorial. Les trois grandes associations représentatives des élus locaux ont annoncé mardi qu’elles boycotteront la conférence nationale des territoires du 12 juillet.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 11h33
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Entre l’Etat et les collectivités territoriales, le divorce est impossible. Trop d’intérêts réciproques, à commencer par l’intérêt national, trop d’actions complémentaires entre Paris et les territoires, trop de liens et de dépendances financières l’interdisent. Mais cela n’empêche pas, bien au contraire, les scènes de ménage.
Les trois grandes associations représentatives des élus locaux – l’Association des maires de France (AMF), l’Association des départements de France (ADF) et Régions de France – viennent d’en faire une nouvelle démonstration. Elles ont annoncé, mardi 3 juillet, qu’elles boycotteront la conférence nationale des territoires, prévue le 12, et la réunion préparatoire organisée ce mercredi avec le premier ministre à Matignon.
Leurs griefs se sont accumulés ces derniers mois : contrats de maîtrise de la dépense que 70 % des collectivités concernées ont fini par signer mais avec le sentiment, pour beaucoup, d’y être contraintes et forcées ; recentralisation de l’apprentissage et de la formation professionnelle au grand dam des régions ; abondement insuffisant des allocations individuelles de solidarité dont les départements ont la charge ; fermeture de services de proximité, après la réduction brutale du nombre d’emplois aidés par le budget 2018. La suppression annoncée de la taxe d’habitation et la réforme de la fiscalité locale qu’elle entraînera avivent plus encore les inquiétudes des élus.
« Simulacre de dialogue »
Au-delà de ces dossiers techniques, mais très sensibles, c’est la méthode du gouvernement que récusent les grands élus. Le président de la République avait proposé en juillet 2017 aux « territoires » de conclure avec l’Etat de « vrais pactes girondins fondés sur la confiance et la responsabilité ». Les conférences nationales des territoires, semestrielles, devaient être l’instrument de ce dialogue. Un an plus tard, les représentants des communes, des départements et des régions n’ont pas de mots assez durs pour dénoncer un « simulacre de dialogue », une « mise sous tutelle » humiliante et une « recentralisation » sans précédent depuis trente ans.
Jeux de postures d’élus locaux qui défendent leurs prés carrés, déplore le premier ministre, droit dans ses bottes. Ce n’est pas faux. Mais cela n’efface pas le revers politique que constitue, pour le gouvernement, le boycottage de la conférence du 12 juillet. Le pacte de confiance proposé par le chef de l’Etat est ébranlé, voire rompu. La défiance qui prévaut désormais entre Etat et collectivités territoriales va rendre plus épineuse encore la réforme programmée de la fiscalité locale. L’on imagine mal un tel chantier engagé sans la coopération active des principales associations d’élus.

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                La chaise vide des associations d’élus à la Conférence des territoires voulue par Macron



Enfin, à vouloir imposer ses vues de façon trop impérieuse, le gouvernement prend un sérieux risque politique. En braquant les présidents de l’AMF, de l’ADF et de Régions de France, trois barons de la droite, il donne imprudemment crédit aux critiques des Républicains et de leur président, Laurent Wauquiez, sur l’ignorance, voire le mépris du pouvoir exécutif à l’encontre des territoires. A la veille du débat sur la révision constitutionnelle, dont l’adoption nécessitera in fine l’assentiment des sénateurs, l’attitude du gouvernement est pour le moins imprudente. Pour l’instant, c’est un avertissement sans frais que viennent de lui adresser les élus locaux. Il ne serait pas malhabile d’en tenir compte.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Le syndicat apicole de l’Aisne a porté plainte contre Bayer le 6 juin dernier, après que l’un de ses membres eut découvert dans des doses inférieures au seuil réglementaire ce pesticide classé « cancérogène probable » par l’OMS.
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La justice ouvre une enquête après la découverte de glyphosate dans du miel

Le syndicat apicole de l’Aisne a porté plainte contre Bayer le 6 juin dernier, après que l’un de ses membres eut découvert dans des doses inférieures au seuil réglementaire ce pesticide classé « cancérogène probable » par l’OMS.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 17h46
   





                        


Après la découverte de glyphosate dans du miel, le parquet de Lyon a ouvert une enquête préliminaire pour « administration de substances nuisibles », une « première » saluée par les apiculteurs.
Sylvère Obry est apiculteur amateur dans l’Aisne. Cet ex-ouvrier agricole de 78 ans a 90 ruches et a l’habitude de vendre ses excédents au groupe Famille Michaud Apiculteurs, le plus gros acteur du miel en France (marque Lune de Miel). Mais en février, le groupe lui refuse trois fûts de miel toutes fleurs, soit 900 kilos, en raison de la présence de glyphosate. Le syndicat apicole de l’Aisne, qui réunit 200 apiculteurs pour la plupart amateurs, décide début juin de porter plainte contre Bayer, auprès du parquet de Lyon, où se trouve le siège français du géant allemand de l’agrochimie.
A la suite de cette plainte, le parquet a décidé d’ouvrir une enquête préliminaire pour « administration de substances nuisibles » sans viser spécifiquement Bayer, a-t-on appris mercredi de source proche du dossier. Le parquet est par ailleurs en lien avec le pôle de santé publique du tribunal de grande instance de Marseille sur ce dossier, selon cette source.

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« Il faut faire quelque chose, beaucoup de ruches crèvent »
« C’est une bonne chose, pour moi mais aussi pour tous les autres apiculteurs qui vivent de ça. Il faut faire quelque chose, beaucoup de ruches crèvent », a réagi M. Obry. Et si nécessaire pour l’enquête, ses trois fûts de miel sont toujours stockés « dans la grange ». « Je suis ravi qu’on prenne cette affaire très au sérieux et qu’on s’attaque au problème du miel en France (…). A ma connaissance, c’est une première », a estimé pour sa part l’avocat du syndicat apicole, Emmanuel Ludot. L’Union nationale des apiculteurs de France (UNAF) confirme. « Ça prouve que malheureusement, il y a du glyphosate partout dans la nature. On n’y échappe pas, ni les abeilles », poursuit Gilles Lanio, président de l’UNAF et apiculteur dans le Morbihan.
Bayer, de son côté, déclare simplement avoir appris « par voie de presse » l’enquête et précise n’avoir toujours pas été informé d’un dépôt de plainte. Il s’agit en tout cas de la première plainte déposée contre un produit Monsanto depuis que Bayer a racheté le géant de l’agrochimie américain, toujours en attente de l’approbation définitive des autorités de la concurrence américaines.

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L’herbicide le plus utilisé en France
Le glyphosate, qualifié de « cancérogène probable » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), est l’herbicide le plus utilisé en France. Mis au point par Monsanto, qui l’a commercialisé sous la marque Roundup, il est désormais produit et vendu sous bien d’autres marques. Sa licence a été renouvelée dans l’Union européenne pour cinq ans en novembre. Pour la France, le glyphosate sera interdit « dans ses principaux usages » d’ici 2021, et « pour tous les usages » d’ici cinq ans, a promis le gouvernement.
Interrogé début juin, Famille Michaud Apiculteurs avait indiqué que des « substances exogènes dont le glyphosate » étaient régulièrement détectées dans le miel. Sur la dernière récolte par exemple : 12 % des lots fournis en France au groupe présentaient du glyphosate au-dessus du seuil de 10 ppb (parties par milliard) et sept apiculteurs avaient dû reprendre leurs livraisons. Les miels refusés de M. Obry présentaient eux une contamination à hauteur de 16 ppb, ajoutait le groupe, un niveau toutefois inférieur au seuil maximal de 50 ppb autorisé par la réglementation européenne.
« Aujourd’hui il y a beaucoup de non-dits. Le miel est un cas particulier (…) car il est le seul produit alimentaire fait par un animal qui échappe à tout contrôle : l’abeille butine dans un rayon de 3,5 km autour de la ruche », expliquait alors Vincent Michaud, PDG du groupe.
En 2015, une enquête pénale sur la commercialisation par le groupe Bayer du Gaucho et ses conséquences pour les abeilles s’était soldée par un non-lieu. L’UNAF avait alors dénoncé « l’impuissance totale des juridictions pénales françaises à apporter une réponse efficace aux infractions environnementales ».

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                Premier procès du glyphosate aux Etats-Unis






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Des pêcheurs comparaissent à Marseille pour braconnage au cœur de la réserve. Reportage avec les inspecteurs en charge de faire respecter la réglementation.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Trafic d’oursins, de poulpe et de poissons dans le parc naturel des Calanques

Des pêcheurs comparaissent à Marseille pour braconnage au cœur de la réserve. Reportage avec les inspecteurs en charge de faire respecter la réglementation.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 12h09
    |

                            Luc Leroux (Marseille, correspondant)








                        



                                


                            

Le Soubeyran, Zodiac du parc national des Calanques, dans les Bouches-du-Rhône, patrouille à la sortie de la calanque de Port-Miou, à Cassis, où Mathieu Imbert, inspecteur de l’environnement, soupçonne la présence d’un pêcheur à la ligne. Ces lieux situés en plein cœur marin du parc naturel sont strictement interdits à toute forme de pêche. Il ne s’agit en fait que d’un baigneur.
Un salut de la main, et direction les majestueuses falaises brunes Soubeyranes du bec de l’Aigle, à La Ciotat. Un Zodiac blanc mouille à la lisière d’une des sept zones de non-pêche. A la jumelle, Mathieu Imbert n’aperçoit personne à bord. Une situation « typique d’un chasseur sous-marin qui braconne en zone interdite », selon le « policier de l’environnement ». Là encore, fausse alerte : le propriétaire, avec masque et tuba, tourne dans l’eau, armé d’une brosse pour nettoyer la coque de son bateau.
La création du parc, en 2012, a imposé réglementations et restrictions afin de protéger une ressource halieutique soumise à de fortes tensions, bousculant des habitudes qui existaient depuis des décennies. Du coup, après l’hostilité du début, ses gestionnaires se sont transformés en arbitres entre la soixantaine de pêcheurs artisanaux installés de Marseille à La Ciotat, les pêcheurs de loisirs, une activité qui prélève autant de poisson que les professionnels, les chasseurs sous-marins. Les conflits d’usage sont multiples.
75 kilos de poulpe
Cet après-midi de fin juin, où les calanques d’En-Vau et l’archipel Riou commencent à connaître une affluence estivale au son des premières cigales, aucune infraction ne sera relevée, pas le moindre braconnier verbalisé. « Le plus important pour lutter contre toutes les formes illicites de pêche, c’est d’être suffisamment présents sur l’eau pour s’assurer que “l’effet réserve” fonctionne bien, estime Mathieu Imbert. Les braconniers doivent savoir qu’on peut être là même la nuit, même le week-end,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Il s’agit pour Nordahl Lelandais d’une troisième mise en examen : il est déjà soupçonné du meurtre de Maëlys et de l’assassinat du caporal Noyer.
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Nordahl Lelandais mis en examen pour agression sexuelle sur mineure

Il s’agit pour Nordahl Lelandais d’une troisième mise en examen : il est déjà soupçonné du meurtre de Maëlys et de l’assassinat du caporal Noyer.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 10h01
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 11h33
   





                        


Nordahl Lelandais a été mis en examen pour agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans, apprend-on, mercredi 4 juillet, de sources proches du dossier, confirmant une information de BFMTV.
Il était entendu mardi matin au tribunal de Grenoble, soupçonné d’agression sexuelle à l’encontre de sa jeune cousine lors d’une visite familiale au domicile de ses parents à Domessin (Savoie), une semaine avant la soirée de mariage fatale à Maëlys de Araujo, jeune fille de 8 ans enlevée et tuée dans la nuit du 26 au 27 août 2017.
Il s’agit pour Nordahl Lelandais d’une troisième mise en examen : il est déjà soupçonné du meurtre de Maëlys et de l’assassinat du caporal Noyer.
L’interrogatoire de mardi avait également pour but d’éclaircir les conditions de la mort de Maëlys, que Nordahl Lelandais affirme avoir tué accidentellement. Mais aucune information n’a filtré de l’audition à ce sujet.

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Aucun commentaire sur l’audition
Nordahl Lelandais, dont on ignore s’il a parlé ou s’il a gardé le silence, a réintégré sa cellule peu avant 14 heures, selon une source proche du dossier. Alain Jakubowicz, son avocat, a quitté les lieux sans faire de commentaire, le parquet de Grenoble indiquant qu’il ne communiquerait pas sur le dossier. Et Fabien Rajon, l’avocat des parents de la fillette disparue, a déclaré à la presse que, dans ces conditions, il ne dirait rien non plus « conformément au principe du secret de l’instruction ».
Cette audition intervient trois mois après la dernière, début avril, au cours de laquelle Nordahl Lelandais avait expliqué la mort de l’enfant de huit ans par un coup porté au visage, alors qu’elle paniquait dans sa voiture. Selon Nordahl Lelandais, elle y était montée dans la nuit du 26 au 27 août pour aller voir ses chiens.
Depuis, « toutes les expertises » sur les restes de la victime et ses vêtements retrouvés dans un endroit escarpé du massif de la Chartreuse en février, sur les indications de Nordahl Lelandais passé aux aveux, ont été versées au dossier.
La dépouille de l’enfant a été rendue à ses parents fin mai et les obsèques ont été célébrées début juin, neuf mois après sa mort.

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Autopartage, Renault et PSA dans les starting-blocks pour remplacer Bolloré à Paris

PSA a annoncé, mardi, sa volonté de mettre en place d’ici à fin 2018 un service sous sa marque Free2Move. Renault doit présenter son offre à la Mairie de Paris mercredi.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 09h08
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 11h46
    |

            Philippe Jacqué








                        



   


Le groupe Bolloré n’a pas encore retiré toutes ses Bluecar de Paris que les constructeurs automobiles français se ruent déjà pour proposer leur offre d’autopartage électrique. Premier à dégainer, PSA a annoncé, mardi 3 juillet, sa volonté de mettre en place d’ici au dernier trimestre 2018 un service sous sa marque Free2Move. « La flotte mise en place comptera dans un premier temps 500 véhicules électriques des marques Peugeot et Citroën », a indiqué le constructeur.
Mercredi matin, c’était au tour de Thierry Bolloré, le numéro deux de Renault, de présenter son offre à la Mairie de Paris. Le groupe au losange entend proposer trois solutions distinctes. Tout d’abord, il va pousser sa solution de VTC Marcel, en la dotant de véhicules électriques, ensuite il se propose d’offrir son service d’autopartage Renault Mobility.
A partir de la rentrée, une flotte de quelques centaines de véhicules électriques, sans doute des Zoé, sera proposée en autopartage, puis plus de 2 000 véhicules devraient être mis à disposition courant 2019. « Nous proposerons deux formules, indique-t-on du côté du Losange. Il y aura une offre de free floating, c’est-à-dire que les utilisateurs pourront prendre une voiture et la garer là où ils le souhaitent dans la ville, ainsi qu’une offre d’autopartage en boucle où il faut remettre son véhicule là où on l’a pris. » 
Les modalités des offres de PSA ou de Renault ne sont pas encore connues dans le détail, mais une chose est certaine, la Ville de Paris a décidé de rompre avec le régime précédent de délégation de service public, qui avait cours pour Autolib’. Pour offrir leur service d’autopartage, PSA, Renault, mais également d’autres acteurs comme BMW ou Zipcar, devront s’acquitter d’une contribution de 300 euros par an pour chaque véhicule mis à disposition à sa clientèle.

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L’ambition est forte
Cette licence, dénommée « carte autopartage », votée mardi par le conseil de la Ville de Paris, permettra le stationnement des voitures électriques en autopartage. Les usagers n’auront pas à s’acquitter du paiement quotidien du stationnement chaque fois qu’ils abandonnent leur véhicule. Reste que, jusqu’à présent, le stationnement à Paris d’une voiture zéro émission est gratuit pour six heures pour les détenteurs de la carte véhicule basse émission, bref pour tous les propriétaires d’un véhicule électrique.
Avec ce nouveau régime, la municipalité compte disposer à terme d’un parc en autopartage de plus de 20 000 véhicules sans émission, selon Les Echos, contre 4 000 Bluecar déployées par le groupe Bolloré et 600 pour d’autres acteurs (Zipcar, Citiz, Communauto, …). Si l’ambition est forte, il faudra voir comment chaque société est capable d’équilibrer financièrement son activité.
En effet, rares sont les systèmes d’autopartage aujourd’hui bénéficiaires. Malgré une utilisation intensive, Autolib’ n’était pas entré dans ses frais. A Madrid, PSA n’est toujours pas profitable avec 180 000 usagers inscrits à son service, tandis que d’autres services comme Citiz ou Zipcar peinent toujours à rentabiliser une grande partie de leur flotte. Selon BMW, il faut deux à trois ans pour trouver un équilibre financier, mais cela n’est pas systématique. Une chose reste sûre, les futurs opérateurs pourront bénéficier dans la capitale des 3 244 bornes (à recharge lente) laissées libres par les Bluecar, ainsi que du parc de 400 bornes de recharge rapide de la ville.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Aussi infatigable que discret, le milieu de poche s’impose, à 27 ans, comme un pilier des Bleus lors du Mondial, après sa nouvelle performance de l’ombre face à l’Argentine.
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Coupe du monde 2018 : N’Golo Kanté, 1,68 m, « quinze poumons »

Aussi infatigable que discret, le milieu de poche s’impose, à 27 ans, comme un pilier des Bleus lors du Mondial, après sa nouvelle performance de l’ombre face à l’Argentine.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 09h02
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 12h42
    |

            Rémi Dupré (Istra (envoyé spécial)








                        



                                


                            

Les coups d’éclat du jeune prodige Kylian Mbappé (19 ans), auteur d’un doublé lors de la victoire (4-3) contre l’Argentine, éclipseraient presque celui qui, dans l’ombre, porte sur ses frêles épaules l’équipe de France en Russie. Cet affable soutier se nomme N’Golo Kanté. Il a 27 ans et traverse la Coupe du monde avec une gloutonnerie ogresque. Affamé sur chaque ballon, au sommet de son art, le petit (1,68 m) milieu défensif a joué l’intégralité des quatre rencontres disputées par les Bleus avant le quart de finale contre l’Uruguay, programmé vendredi 6 juillet à Nijni Novgorod. Ils ne sont que deux dans ce cas : lui et le défenseur Raphaël Varane.
C’est dire le rôle prééminent attribué par Didier Deschamps à son infatigable sentinelle. Le sélectionneur a les yeux de Chimène pour le joueur du club londonien de Chelsea, dont l’endurance, le don d’ubiquité et la capacité à avaler les kilomètres amusent ses coéquipiers. « Il court partout, il a quinze poumons ! », pouffe le fantasque Paul Pogba, son complice dans l’entrejeu. « Tu le vois partout, abonde l’arrière gauche Lucas Hernandez. D’un seul coup, il sort de terre ! » « Avec lui, c’est comme si on jouait à douze », renchérit l’attaquant Olivier Giroud, son partenaire à Chelsea.

En Russie, le volume de jeu et la constance de l’insatiable Kanté, désigné meilleur milieu récupérateur lors du premier tour, estomaquent les observateurs. Même le phénomène argentin Lionel Messi n’est pas près d’oublier le numéro 13 des Bleus (28 sélections, 1 but depuis 2016). En huitièmes de finale, la « Pulga » (la « puce ») a été complètement muselée par le milieu de poche, si prompt à lui mordre les mollets.
Déjà sa chanson sur Internet
Principal instrument du plan « anti-Messi » échafaudé par Deschamps, Kanté a vu sa cote de popularité grimper en flèche dans l’Hexagone. On chante désormais, sur l’air des Champs-Elysées, de Joe Dassin, ses louanges sur les réseaux...




                        

                        


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Lobbying des associations religieuses : le tour de passe-passe de Gérald Darmanin

La question de les exclure ou non de l’obligation d’inscription dans un registre des lobbys a donné lieu à des débats passionnés, mardi, à l’Assemblée nationale, jusque tard dans la nuit.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 13h40
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 17h36
    |

            Laura Motet








                        


Faut-il, ou non, exclure les associations cultuelles de l’obligation d’inscription dans un registre des lobbys ? La question a donné lieu à des débats passionnés à l’Assemblée nationale jusque tard dans la nuit du mardi 26 juin.
Ce jour-là, les députés examinaient le projet de loi « pour un Etat au service d’une société de confiance » — texte qui cherche à simplifier et à rendre plus transparente l’activité des administrations. Et c’est sur l’article 38 qu’ils se sont longuement attardés, des élus de La République en marche, de la Nouvelle Gauche et de la Gauche démocrate et républicaine contestant cet article et conduisant Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics, à induire en erreur les députés.
Ce qu’il a dit
« Il est fort à parier que si votre Assemblée adoptait l’un des amendements proposés, (…) le Conseil constitutionnel, (…) censurerait cette disposition. »
Et le ministre d’ajouter que l’article qui a créé le registre des lobbys, introduit par la loi Sapin II en 2016, « n’a pas été examiné » par le Conseil constitutionnel et « n’a pas été déclaré conforme à la Constitution ».
Pourquoi c’est faux
Il faut tout d’abord revenir sur ce que propose le gouvernement aujourd’hui.
Que dit cet article 38 sur les associations religieuses ?
Déposé à l’initiative du gouvernement, cet article vise à élargir l’exclusion des associations religieuses du registre des lobbys.
En 2016, la loi Sapin II avait en effet créé un registre des lobbys, afin de publier tous les noms des acteurs ayant « pour activité principale ou régulière d’influer sur la décision publique » et souhaitant entrer en contact avec certains élus ou leurs collaborateurs.
Pour protéger la liberté de culte, le dispositif prévoyait de dispenser de déclaration les associations religieuses, uniquement dans le cas où elles entraient en contact avec le ministère de l’intérieur. 
« On peut considérer qu’implicitement mais nécessairement, si ces associations s’adressent à d’autres entités, comme Bercy pour demander des subventions ou aux parlementaires pour assouplir la réglementation les concernant, elles auraient dû se déclarer » à partir du 1er juillet, date d’entrée en vigueur prévue de la mesure de 2016, explique Vincent Couronne, chercheur en droit public et directeur de publication du collectif Les Surligneurs.
L’article 38 de l’actuel projet de loi prévoit d’étendre cette exception de manière générale, c’est-à-dire de dispenser les associations religieuses de toute déclaration au registre des lobbys, même lorsqu’elles traitent avec les parlementaires ou le ministère de l’économie.
Pour s’opposer à ce que l’ONG Transparency International a appelé un « détricotage » de la loi Sapin II, certains députés de La République en marche, de la Nouvelle Gauche et de la Gauche démocrate et républicaine, ont donc déposé des amendements visant à maintenir l’obligation de déclaration introduite par la loi Sapin II de 2016 dans la loi relative à la transparence de la vie publique de 2013.
Quels sont les arguments invoqués par M. Darmanin ?
A ces députés, le ministre de l’action et des comptes publics a mis en garde contre le risque d’inconstitutionnalité : « Il est fort à parier que si votre Assemblée adoptait l’un des amendements proposés, (…) le Conseil constitutionnel (…) censurerait cette disposition. »
Puis, face aux protestations des députés de l’opposition, qui estimaient cette censure impossible, puisque la loi Sapin II a été validée par le Conseil constitutionnel en 2016, il a poursuivi :
« Nous devons partir de la réalité. (…) Je vous invite (…) à le vérifier sur le site du Conseil constitutionnel : cet article (…) n’ayant pas été examiné par ses soins, il n’a pas été déclaré conforme à la Constitution. »
Sur quoi s’est prononcé le Conseil constitutionnel ?
Par « cet article », Gérald Darmanin désigne l’article 18 (section 3 bis), qui définit le périmètre du registre des représentants d’intérêt. Cet article, absent lors de la promulgation en 2013 de la loi relative à la transparence de la vie publique, a été introduit dans cette même loi en 2016, par l’article 25 de la loi Sapin II. Or, en 2016, le Conseil constitutionnel avait bien été saisi par des parlementaires au sujet de l’introduction par l’article 25 du registre des lobbys dans la loi de 2013… et avait déclaré ce registre conforme, le 8 décembre 2016.
En jouant sur la confusion entre les numéros des articles de loi, mardi 26 juin, Gérald Darmanin a tenté de faire croire que les amendements à son projet de loi pourraient être jugés inconstitutionnels. Or, comme ces amendements visent à maintenir un article de loi ayant été validé par le Conseil constitutionnel en 2016, ils ne pourraient pas être censurés par ce même Conseil.
L’article 38 pourrait, lui, faire l’objet d’une décision du Conseil constitutionnel
L’article 38 du projet de loi « pour un Etat au service d’une société de confiance », examiné en ce moment, n’a lui, en revanche, pas encore étér évalué par le Conseil constitutionnel. Si le projet de loi est adopté en l’état, cet article pourrait l’être, si soixante députés ou soixante sénateurs saisissent le Conseil.
Un autre recours contre cet article serait théoriquement possible : la question prioritaire de constitutionnalité (QPC). Mais Vincent Couronne ne croît pas trop à cette option : « Cela me parait compliqué. Il faudrait qu’il y ait un procès, un renvoi par le Conseil d’Etat ou la Cour de cassation. Je vois mal comment il pourrait y avoir un procès précis sur cet article. »
Si l’article du gouvernement est voté comme tel et validé par le Conseil constitutionnel, il restera possible d’entrevoir les actions de lobbying menées par les associations religieuses auprès de l’Assemblée nationale, en consultant la liste des personnes auditionnées, toujours présente à la fin des rapports.
Reste que cette option est loin d’être aussi ambitieuse que le répertoire géré par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), qui permet d’avoir une vue d’ensemble sur les actions des lobbys, quel que soit leur interlocuteur public et quel que soit le rapport pour lequel ils sont entendus.

A quoi sert le registre des représentants d’intérêt ?
Créée fin 2013, quelques mois après l’affaire Cahuzac et la mise en examen de l’ancien ministre du budget pour « blanchiment de fraude fiscale », la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) a, depuis la loi Sapin II de 2016, reçu une nouvelle mission : s’occuper du registre des représentants d’intérêt à partir du 1er juillet 2017.
Un an plus tard, plus de 1 600 d’entre eux se sont inscrits. Qui sont-ils ? Il s’agit de personnes morales de droit privé ayant pour activité principale ou régulière d’influencer la législation ou de récolter des fonds publics.
Cette obligation concerne donc bien les associations cultuelles, si elles réclament régulièrement des fonds ou un assouplissement de la législation à toute autre entité que le ministère de l’intérieur, qui gère les cultes.
« En effet, ces associations, telles qu’elles sont définies par la loi de 1905, ont pour objet exclusif de ramasser des fonds pour leur paroisse, pour leur mosquée, leur temple, leur synagogue, etc. », explique Vincent Couronne, chercheur en droit public et directeur de publication du collectif Les Surligneurs, tout en tempérant :
« Même si, évidemment, ce registre ne concerne que les personnes qui ont fait du lobbying une activité régulière. Si une association de défense des cloches du Morbihan va voir une fois son député pour demander un peu d’argent public pour rénover une église, elle n’aura pas pour autant à se déclarer. »
Hasard du calendrier ou non, dans le projet de loi qui contient l’article en cause, on trouve aussi un article visant à autoriser les associations cultuelles à collecter des dons par SMS. Un exemple parfait des intérêts financiers qui peuvent animer ces associations.

Mise à jour : changement de l’interprétation du périmètre du registre des lobbys





                            


                        

                        


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« Fausses informations » : l’Assemblée vote les propositions de loi

Les deux propositions visent à faire cesser la diffusion de fausses informations durant les trois mois précédant un scrutin national.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 08h49
 • Mis à jour le
04.07.2018 à 08h54
   





                        



   


L’Assemblée nationale a voté, dans la nuit de mardi 3 à mercredi 4 juillet, deux propositions de loi controversées contre « la manipulation de l’information » en période électorale, dont l’examen avait été suspendu au début de juin, après des heures d’un débat plusieurs fois tendu autour des « fausses nouvelles ».
Ces deux propositions de loi – l’une ordinaire, l’autre organique pour légiférer sur l’élection présidentielle – visent à permettre à un candidat ou un parti de saisir le juge des référés pour faire cesser la diffusion de « fausses informations » durant les trois mois précédant un scrutin national.
Elles imposent aux plates-formes numériques comme Facebook et Twitter des obligations de transparence lorsqu’elles diffusent des contenus contre rémunération.
La première a été adoptée par 52 voix contre 22, la seconde par 54 contre 21, soutenues par La République en marche (LRM) et une majorité des députés du Mouvement démocrate (Modem), malgré des réserves sur ce « premier pas ».

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La définition de « fausse information » fait débat
Toujours « hostiles », droite et gauche ont regretté un texte, au mieux « inapplicable » et « inefficace » vu la rapidité de propagation sur les réseaux sociaux par des sites souvent installés « à l’étranger », au pire « dangereux pour la liberté d’opinion ».
Le Rassemblement national a critiqué « une sorte de totalitarisme glamour » des « censeurs de l’information » ; Nicolas Dupont-Aignan, une initiative du « roi de la fausse information élu président de la République ».
Moteurs des textes, annoncés par Emmanuel Macron au début de janvier, « les tentatives de déstabilisation, notamment de l’extérieur » par « la diffusion virale de fausses informations », selon la rapporteuse LRM Naïma Moutchou. Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) a dénoncé « une loi de circonstance faite pour interdire Russia Today et Sputnik », chaînes russes accusées de relayer l’ingérence du Kremlin dans les présidentielles américaine et française.
Cœur de la polémique : la volonté de définir une « fausse information ». Au début de juin, la rapporteuse avait fait voter tardivement une nouvelle formulation : « Toute allégation ou imputation d’un fait, inexacte ou trompeuse, constitue une fausse information. »
« Droit de censure »
Mardi, les députés ont, par amendement gouvernemental, stipulé que la procédure en référé concernait les diffusions d’une fausse information de « manière délibérée », pas seulement « de mauvaise foi ». Droite et gauche ont ironisé sur plusieurs « tergiversations ».
L’objectif est de faire cesser « un trouble objectif » en période électorale, a plaidé la ministre, répétant qu’« on ne vise en aucun cas les auteurs de fausses nouvelles, mais leur diffusion » par les plates-formes.
Avant des mesures « proportionnées et nécessaires », comme le blocage du site, le juge des référés devra apprécier, sous quarante-huit heures, si ces fausses informations sont diffusées « de manière artificielle ou automatisée » et « massive ».

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                L’Assemblée commence l’examen de la loi sur les « fausses informations »



Des syndicats de journalistes et des médias ont dénoncé le risque de légitimer une fausse information si le juge n’a pas les éléments pour l’interdire.
Les plates-formes devront notamment révéler la somme versée, instaurer un système permettant aux utilisateurs de signaler de fausses informations, être plus transparentes sur leur algorithme, sous l’œil du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).
Celles qui dépassent un certain volume de connexions par jour devront avoir un représentant légal en France, stipule un amendement LRM voté mardi soir. Un autre amendement LRM, soutenu par le gouvernement, entend obliger les opérateurs de plates-formes à rendre publics leurs algorithmes.
Le CSA pourra aussi empêcher, suspendre ou interrompre la diffusion de services de télévision contrôlés « par un Etat étranger ou sous l’influence de cet Etat », et portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation, « dont le fonctionnement régulier de ses institutions ».
Le renforcement de l’éducation aux médias, soutenu même par le Parti socialiste et La France insoumise, a déclenché des échanges vifs, notamment entre Marine Le Pen et la majorité, et entre Mme Le Pen et M. Mélenchon.
Dans une série d’amendements, rejetés, les « insoumis » ont défendu la création d’un « Conseil national de la déontologie journalistique ». Sans « opposition de principe », Mme Nyssen, la ministre de la culture, s’est dite « pas favorable à une instance créée unilatéralement par la loi » et a insisté sur « une large consultation » à venir.
Soutenus par le Rassemblement national et Nicolas Dupont-Aignan, ils ont aussi échoué à inscrire dans la loi la neutralité du Net.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ L’homme a été placé en garde à vue le 30 juin pour sa participation présumée à la tentative d’attentat qui a visé, samedi, un rassemblement de l’opposition iranienne en France.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤                     
                                                

La Belgique demande à la France un suspect d’origine iranienne

L’homme a été placé en garde à vue le 30 juin pour sa participation présumée à la tentative d’attentat qui a visé, samedi, un rassemblement de l’opposition iranienne en France.



Le Monde
 |    04.07.2018 à 13h20
   





                        



   


La Belgique a émis un mandat d’arrêt européen à l’encontre d’un homme interpellé ce week-end en France dans le cadre de l’enquête sur une présumée tentative d’attentat contre l’opposition iranienne, a-t-on appris mercredi 4 juillet de source judiciaire.
Ce projet présumé d’attaque contre un meeting des Moudjahidin du peuple à Villepinte, près de Paris, a été déjoué grâce à l’arrestation à Bruxelles d’un couple d’origine iranienne en contact avec un diplomate iranien, lui-même interpellé en Allemagne.
Trois personnes d’origine iranienne avaient également été arrêtées en France et placées en garde à vue samedi.
Le parquet de Paris avait ouvert le 28 juin une enquête préliminaire pour association de malfaiteurs terroriste criminelle « visant un projet de passage à l’acte violent ».
Téhéran dément toute implication
Deux des personnes interpellées en France ont été relâchées lundi en l’absence d’éléments incriminants.
La garde à vue de la troisième a été levée mercredi, mais « un mandat d’arrêt européen a été décerné à son encontre par les autorités judiciaires belges », précise-t-on de même source.
Les modalités de sa remise aux autorités belges en exécution de ce mandat d’arrêt sont maintenant entre les mains du parquet général de la cour d’appel de Paris. Il s’agit d’une « remise » quasi automatique et non d’une procédure d’extradition.
Les Belges avaient déjà demandé la remise du diplomate iranien basé à Vienne qui avait été arrêté en Allemagne.
L’Iran a démenti mardi toute implication dans ce projet présumé d’attentat à la bombe et a dénoncé une machination.



                            


                        

                        

