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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ L’Insee publie la photographie du marché de l’emploi en France en 2017. Et pour la première fois depuis longtemps, l’industrie a recréé des postes en France.
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2017 : année record pour l’emploi

L’Insee publie la photographie du marché de l’emploi en France en 2017. Et pour la première fois depuis longtemps, l’industrie a recréé des postes en France.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 18h13
    |

            Elise Barthet








                        



   


A quoi ressemble le marché du travail en France en 2017 ? C’est pour répondre à cette question – et à bien d’autres – que l’Insee publie mardi 3 juillet le document Insee Références « Emploi, chômage, revenus du travail » qui présente un ensemble d’indicateurs et d’analyses. Et le premier enseignement de cette publication c’est d’insister sur le fait que l’exercice écoulé est un millésime exceptionnel, avec un record à la clé. L’an passé, il s’est créé en net près de 341 000 emplois par rapport à l’année précédente. C’est la plus forte progression depuis 2007. Un sommet qui ne sera certainement pas atteint à nouveau en 2018, les prévisionnistes tablant sur une progression deux fois moindre cette année, de l’ordre de 183 000 créations nettes d’emplois.
Si le taux de chômage en moyenne annuelle est resté haut, à 9,4 %, il a toutefois diminué pour la deuxième année consécutive, de 0,7 point après – 0,3 point en 2016, malgré la réduction drastique des contrats aidés. Et, selon l’Insee, les femmes seraient un tout petit peu moins touchées que les hommes. Résultat : 27,8 millions de personnes étaient en emploi en France fin 2017, dont 25 millions de salariés.
L’industrie et la construction ont recréé des emplois
C’est le secteur privé, et notamment le tertiaire marchand, qui tire cette croissance. Il a créé 355 000 emplois salariés en 2017, après 205 000 en 2016. Même l’industrie, à la peine ces dernières années, est repassé dans le vert avec 3 000 nouveaux postes. 46 000 en comptant les intérimaires. Une trajectoire que l’on retrouve aussi dans la construction : + 31 000 postes (59 000 en incluant le travail temporaire).
Les statistiques sont moins roses dans la fonction publique, qui a perdu l’an passé 7 000 emplois, alors que le nombre d’emplois avait augmenté de 24 000 en 2016.
Forte hausse de l’intérim
Même si la part des CDI n’a pas baissé (84,5 % des actifs en emploi salarié), la hausse a davantage concerné les contrats à durée déterminée et les missions ponctuelles. Ces dernières ont gonflé de 814 000 personnes les rangs des intérimaires. Une hausse massive de 17,9 %. A l’inverse, l’emploi à temps partiel, qui concerne toujours un petit cinquième des actifs, a légèrement diminué.
Augmentation de l’activité des seniors
« La population active se recompose » en fonction des générations, note l’Insee : le taux d’activité des jeunes de 15-24 ans, qui était, il y a dix ans, sensiblement le même que celui des 55-64 ans, ne cesse de diminuer. Réformes des retraites obligent, celui des plus âgés progresse.
Une progression modérée des salaires
Dans le privé, les salariés ont bénéficié en moyenne d’1,7 % d’augmentation. Une hausse qui taquine les 2,2 % dans les administrations, mais qui est en partie grignotée par le regain d’inflation.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Si une trentaine de sans-abri ont bien été expulsés en faveur de migrants en 2015, leur nationalité n’était pas précisée.
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L’histoire manipulée des SDF français renvoyés pour accueillir 89 migrants

Si une trentaine de sans-abri ont bien été expulsés en faveur de migrants en 2015, leur nationalité n’était pas précisée.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 17h53
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 18h06
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


C’est un fait divers vieux de trois ans qui refleurit actuellement sur les réseaux sociaux : « Nanterre : des SDF français renvoyés d’un centre d’accueil pour accueillir 89 migrants » titrait, le 18 juin 2015, le site La Gauche m’a tuer, que nous jugeons peu fiable dans le Décodex après diffusion de multiples fausses informations. Très partagé à la fin du mois de juin 2018, l’article connaît une nouvelle jeunesse et traîne dans son sillon de nombreux commentaires xénophobes, accusant les migrants de « voler les places des Français » — une idée reçue que nous avions démentie en 2016.

   


Comme le rapporte un communiqué de la ville de Nanterre (Hauts-de-Seine) daté du 12 juin 2015, une trentaine de personnes sans abri, habituellement hébergées au centre d’accueil et de soins hospitaliers (CASH), ont été renvoyées pour que les migrants expulsés de Paris puissent y être accueillis. « Nous nous désolons de constater qu’une fois encore Nanterre, qui compte 60 % des places d’hébergement des Hauts-de-Seine, est mise à contribution dans des proportions considérables (89 personnes sur près de 300), sans aucune concertation préalable et dans une impréparation totale », précise le communiqué.

   


Comme le rapporte Franceinfo, certains migrants ont protesté contre les conditions de logement du centre d’hébergement de Nanterre, décrivant un endroit dans « un état déplorable, très sale », « dégueulasse ». L’endroit a, pourtant, été rénové en janvier 2015.
Toutefois, il serait faux d’affirmer que les 89 migrants accueillis ont délogé des SDF français. En effet, la nationalité des personnes expulsées du CASH en juin 2015 n’est pas établie. D’autre part, l’Insee, dans une étude datée de 2016, rapporte que 56 % des adultes sans domicile vivant en France sont nés à l’étranger. Les conclusions présentées par le site La Gauche m’a tuer sont donc erronées.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ La cour d’appel de Paris a confirmé le jugement de première instance concernant cette femme de 52 ans, mère d’un djihadiste français, ayant soutenu son fils dans ses velléités combattantes.
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Christine Rivière, mère et soutien du djihadiste Tyler Vilus, condamnée à dix ans de prison en appel

La cour d’appel de Paris a confirmé le jugement de première instance concernant cette femme de 52 ans, mère d’un djihadiste français, ayant soutenu son fils dans ses velléités combattantes.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 17h38
   





                        



   


Christine Rivière, mère d’un djihadiste français devenu « émir » en Syrie, a été condamnée mardi à dix ans de prison par la cour d’appel de Paris, pour association de malfaiteurs à visée terroriste mais aussi financement du terrorisme. La cour a ainsi confirmé la peine maximale prononcée en octobre 2017 à l’encontre de cette femme de 52 ans, qui en a pris connaissance par visioconférence : dix ans de prison assortis d’une période de sûreté des deux tiers.
Conformément aux réquisitions du parquet général, les juges d’appel l’ont cette fois condamnée également pour financement du terrorisme, pour avoir « transféré ou fait transférer des fonds ou des biens à destination de combattants en Syrie ».

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« J’ai fait l’erreur de l’encourager »
Christine Rivière est la mère de Tyler Vilus, un combattant français rapidement monté en grade dans la hiérarchie djihadiste. Convertie par son fils, presque immédiatement radicalisée, elle avait été interpellée le 2 juillet 2014, au domicile de son aîné, Leroy (30 ans), alors qu’elle s’apprêtait à repartir en Syrie après trois précédents voyages.
« Elle n’a jamais dissuadé son fils (Tyler Vilus) mais au contraire l’a encouragé et félicité », avait souligné l’avocate générale. « Elle ne va pas en Syrie pour son fils, elle y va pour elle », avait-elle ajouté. « Elle se délecte les armes à la main ». « Je suis utile en France », disait-elle à Tyler Vilus en décembre 2013, et « le dossier démontre cette utilité », avait déclaré la représentante de l’accusation : « Elle était utile pour recruter des candidates au djihad, utile pour marier son fils avec des "vraies sœurs", utile pour fournir de la logistique à un certain nombre de djihadistes, utile pour collecter des fonds ».
Tyler, « j’ai fait l’erreur de l’encourager », avait lâché Christine Rivière au premier jour de son procès en appel, début juin. « Il y a plein de choses que je n’aurais pas dû faire, je m’en rends compte maintenant », avait-elle affirmé, visiblement agacée. Son avocat, Thomas Klotz, avait estimé que se trouvait au cœur du dossier « une relation fusionnelle et nocive » entre mère et fils. « Il y avait une dimension psychiatrique et psychologique qu’on aurait voulu faire entendre, mais ces arguments ont été balayés », a déploré l’avocat à la sortie de l’audience.
Tyler Vilus a été interpellé en Turquie et extradé vers la France en 2015, où il a été placé en détention provisoire.

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                Christine Rivière, au nom du fils et du djihad






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Les acquis dans cette discipline se sont améliorés en cinq ans, selon la division statistique du ministère de l’éducation. Les résultats restent très corrélés à l’origine sociale.
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Histoire-géographie : le niveau des collégiens ne « plonge » pas

Les acquis dans cette discipline se sont améliorés en cinq ans, selon la division statistique du ministère de l’éducation. Les résultats restent très corrélés à l’origine sociale.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 17h33
    |

                            Mattea Battaglia








                        


A ceux qui aiment rappeler que les élèves d’aujourd’hui en savent moins que ceux d’hier, la lecture de la note d’information du service statistique du ministère de l’éducation publiée le 29 juin, et consacrée au niveau des collégiens en histoire-géographie et en enseignement moral et civique, apporte un peu de nuance.
Car les scores des 5 000 élèves de 3e testés dans 195 établissements ne « plongent » pas – une expression qui s’est installée dans la plupart des débats sur l’école. Au contraire : l’étude, réalisée dans le cadre du cycle des évaluations disciplinaires réalisées sur échantillon (Cedre), montre une augmentation de leur score moyen de 5 points entre 2012 et 2017 (pour atteindre 245 points), sans atteindre, toutefois, les résultats mesurés en 2006 (250 points).
Lire notre article sur la même enquête, menée en 2012
Le « rattrapage » des filles
La bonne nouvelle, c’est que la part des collégiens les plus en difficulté est tombée sous la barre du cinquième des jeunes évalués (17,3 %, contre 20,9 % en 2012). Ceux davantage en réussite voient leurs rangs se renforcer (46,9 % contre 42,3 %). Sur cette période de cinq ans, les filles ont plus progressé que les garçons : l’écart de performance n’est plus que de 2 points (en faveur des garçons), contre 4 en 2012 et 6 en 2006. Le groupe des collégiens les plus performants, lui, stagne à 7 % entre les deux dates – il représentait 10 % si l’on remonte à 2006.
La tendance haussière est donc à relativiser : les performances enregistrées demeurent très inégales selon le milieu social d’origine. Dans un contexte d’amélioration globale des résultats, « l’écart du score moyen entre les élèves des collèges défavorisés et ceux des collèges les plus favorisés apparaît toujours aussi important », écrivent les statisticiens du ministère. Voire un peu plus important : la note du ministère le chiffre à 36 points en 2017, contre 34 en 2012.
Temps de travail personnel
Du point de vue de la méthodologie, la cohorte d’élèves a été testée sur 195 items ou exercices, dont 108 dits « d’ancrage », c’est-à-dire repris à l’identique (ou presque) en 2017, 2012 et pour partie en 2006. Ils font une large place aux questionnaires à choix multiples (ou « QCM »), sans exclure des questions plus ouvertes appelant une rédaction, à partir d’autres textes, de cartes ou de documents.
Certaines des interrogations posées aux jeunes apportent des éléments de réponse à une question essentielle que la note n’aborde pas : « Pourquoi ces résultats ? » Interrogés sur leur rapport à l’histoire, à la géographie et à l’EMC, les collégiens ont déclaré un temps de travail personnel en augmentation. Mais l’on n’en saura guère plus, alors que ces disciplines sont promptes, en France, à déchaîner les passions – comme en attestent les débats, récurrents, sur la « disparition » de la chronologie ou sur les programmes, réécrits en 2016.

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Influencer les pratiques culturelles
Il faut reconnaître à la DEPP, le service statistique du ministère de l’éducation, d’avoir livré aux lecteurs des pistes d’analyse robustes en 2012 – année du constat d’un « glissement général des performances vers le bas ». Le dossier de 82 pages qu’elle consacrait, alors, à ce cycle d’évaluation insistait, entre autres causes, sur l’« insuffisante maîtrise de la langue » pénalisant les élèves les plus faibles. Le lien était également fait entre ces disciplines, la culture générale et les pratiques culturelles des élèves – se jouant, pour partie, en dehors des situations d’apprentissage scolaire.
« Réussir en histoire-géographie nécessite l’assimilation d’une culture historique, géographique et/ou civique en classe et hors de la classe, peut-on lire dans ce dossier. Cela pose en retour la question de la capacité du collège à influencer les pratiques culturelles des élèves, dans le sens d’une plus forte appropriation des contenus fondamentaux des trois disciplines, essentiels à leur entrée dans l’exercice d’une citoyenneté éclairée ». Un constat qui reste d’actualité.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Les débuts de la Coupe du Monde de football ont été marqués par des initiatives douteuses, sur la pelouse comme dans les tribunes. Sexisme, racisme, homophobie… Florilège de dérapages.
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Mondial 2018 : l’anti-jeu se pratique hors des terrains


                      Les débuts de la Coupe du Monde de football ont été marqués par des initiatives douteuses, sur la pelouse comme dans les tribunes. Sexisme, racisme, homophobie… Florilège de dérapages.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 17h00
    |

                            Alice Madar







Homophobie, racisme, vulgarité et sexisme : un cocktail détonant de comportements.
20 juin, Tweet raciste envers les lions sénégalais

   


Un photomontage de l’équipe du Sénégal, derrière des lunettes de soleil et des sacs de contrefaçon posés sur la pelouse, accompagné d’un texte expliquant que les joueurs ressemblent à des vendeurs à la sauvette des plages de Marbella… Ce Tweet raciste aurait pu passer inaperçu s’il n’avait été envoyé par Alan Sugar, présentateur de la BBC. Qui s’en est tiré avec des excuses.
19 juin, invitation sexiste au restaurant

   


C’est une campagne de publicité qui a viré au fiasco. En Russie, la chaîne Burger King a promis aux femmes russes 3 millions de roubles (40 000 euros) et un approvisionnement en burgers à vie pour celles qui arriveraient à tomber enceinte d’un joueur étranger. Face à l’indignation, la campagne a été retirée, et la chaîne a exprimé ses regrets.
17 juin, fausses notes des supporteurs mexicains

   


Les Mexicains ont commencé leur Mondial par une belle victoire face à l’Allemagne (1-0), mais leurs supporteurs l’ont ternie avec une mauvaise habitude : des chants homophobes. Ils crient « puto » (insulte qui désigne les homosexuels) à chaque dégagement du gardien adverse. La Fédération internationale de foot (FIFA) a engagé une procédure contre la Fédération du Mexique.

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                Coupe du monde 2018 : le Mexique et le chant homophobe de ses supporteurs



14 juin, geste déplacé devant les caméras

   


Choisi pour chanter lors de la cérémonie d’ouverture, le Britannique Robbie Williams, dont le single Party Like a Russian (2016) critiquait naguère l’oligarchie russe et Poutine, a fait un doigt d’honneur aux caméras. Sans que l’on ne sache bien s’il était adressé aux Russes, aux Anglais qui l’ont accusé de vendre son âme ou à la terre entière…
15 mai, petit manuel de culture misogyne

   


Un mois avant le début du Mondial, la Fédération argentine de football s’était déjà distinguée. Dans un petit manuel de culture russe à destination des journalistes, les intéressés ont eu la surprise de découvrir des conseils pour « parvenir à amener une Russe dans son lit ». Le guide misogyne précise que les jeunes femmes sont attirées par les « choses matérielles comme l’argent ou le physique ».



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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ La question dite des « prisonniers politiques », une expression employée par les nationalistes, est une pierre d’achoppement entre le gouvernement et ces derniers, qui réclament de longue date leur rapprochement et leur amnistie.
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Corse : Jacqueline Gourault évoque des « prisonniers politiques », avant de rectifier

La question dite des « prisonniers politiques », une expression employée par les nationalistes, est une pierre d’achoppement entre le gouvernement et ces derniers, qui réclament de longue date leur rapprochement et leur amnistie.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 16h34
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 16h37
   





                        



   


La « Madame Corse » du gouvernement Jacqueline Gourault a évoqué, mardi 3 juillet, le rapprochement récent en Corse de « prisonniers politiques », un terme cher aux nationalistes, s’attirant avec ce lapsus, malgré un rapide rétropédalage sur Twitter, des critiques et des commentaires ironiques.
« Il y a eu récemment des prisonniers politiques qui ont été rapprochés en Corse », a répondu la ministre auprès du ministre de l’intérieur sur France Inter à une question évoquant les critiques adressées au gouvernement par le président de l’exécutif corse Gilles Simeoni, au lendemain d’une rencontre de ce dernier avec le premier ministre, Edouard Philippe.
Un peu plus tard, sur son compte Twitter, la ministre a fait une mise au point : « Evidemment, je ne m’approprie pas l’expression “prisonniers politiques” ! Il s’agit de détenus de droit commun. Les rapprochements se font au cas par cas, la chancellerie examine un par un chacun des dossiers. »

Evidemment, je ne m'approprie pas l'expression  "prisonniers politiques" ! Il s'agit de detenus de droit commun. Le… https://t.co/8ZvPMR4bnb— j_gourault (@Jacqueline Gourault)


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Dans l’entourage de Mme Gourault, on explique qu’elle « a commis une petite erreur de langage en reprenant l’expression “prisonniers politiques”, terme d’abord utilisé dans la question qui lui était posée à l’antenne ». « Cela ne modifie, bien sûr, en rien sa position et celle du gouvernement sur le sujet, connues de longue date et répétées à nouveau à l’issue de l’émission », a-t-on souligné.
Interrogée sur le nombre de détenus corses qui ont bénéficié de ces mesures de « rapprochement », la ministre a répondu qu’« il y en a eu trois récemment ». La question dite des « prisonniers politiques », une expression employée par les nationalistes, est une pierre d’achoppement entre le gouvernement et ces derniers, qui réclament de longue date leur rapprochement et leur amnistie.
« Pour une fois que nous étions d’accord »
Malgré sa rapide correction, le lapsus de Mme Gourault n’est pas passé inaperçu et a suscité de nombreuses réactions, notamment sur Twitter. Gilles Simeoni lui-même, interpellé par un journaliste sur le réseau social, a répondu sur un ton ironique : « la reconnaissance par Mme Gourault de la notion de “prisonniers politiques”, à mi-chemin entre le lapsus freudien et le coup de chapeau involontaire à Gramsci (“il faut remporter la bataille des idées”). »

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                Qui est Gilles Simeoni, le nouveau président de la collectivité territoriale unique de Corse ?



Le président de l’assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni, qui, contrairement à M. Simeoni, avait refusé de se rendre à Paris lundi pour rencontrer Edouard Philippe, a, quant à lui, profité du message de Mme Gourault amendant ses propos pour adresser une nouvelle pique au gouvernement : « Dommage. Pour une fois que nous étions d’accord. Décidément… »
L’ex-premier ministre Manuel Valls a, de son côté, assuré, toujours sur Twitter, qu’il n’y avait « aucun prisonnier politique en France », appelant la ministre à « corriger vite » ses propos. Sur Franceinfo, l’eurodéputé du Rassemblement national (ex-FN) Nicolas Bay a, de son côté, fustigé une « grave faute politique » et accusé la ministre de « fissure [r] l’unité nationale en disant cela ». Le président des Patriotes, Florian Philippot, a, lui, dénoncé des « propos honteux », appelant à une « condamnation rapide du premier ministre ».
Lundi, le président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, a déploré « une situation de crise et de blocage », à l’issue d’un entretien avec Edouard Philippe qui a, cependant, permis d’acter la création d’un nouveau « statut fiscal et social » pour l’île. Sur France Inter, Mme Gourault a assuré, mardi, qu’il n’y avait « pas de crise corse », évoquant une rencontre « courtoise et républicaine ». « Gilles Simeoni dit qu’il faut des signes (…). Je crois que le fait d’inscrire la Corse dans la Constitution est un signe politique réel », a-t-elle dit en défendant le projet d’article dédié à l’île dans la future réforme constitutionnelle.

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                Relation grippée entre la Corse et Matignon






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Les deux membres du forum « 18-25 » de jeuxvideo.com qui avaient participé à une campagne de cyberharcèlement contre la journaliste devront payer 2 000 euros de dommages et intérêts.
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Deux hommes condamnés à de la prison avec sursis pour avoir menacé la journaliste Nadia Daam

Les deux membres du forum « 18-25 » de jeuxvideo.com qui avaient participé à une campagne de cyberharcèlement contre la journaliste devront payer 2 000 euros de dommages et intérêts.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 16h28
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 16h57
    |

            Pascale Robert-Diard








                        


Deux « trolls » en chair et en os à la barre du tribunal correctionnel de Paris. Même rudimentaire, on n’allait pas rater cet échantillon des pollueurs du web qui, sous les pseudonymes les plus poétiques, « putefeministe » ou « monfoutredejuif », inondent les réseaux sociaux de leurs aigreurs. L’un et l’autre ont comparu, mardi 3 juillet, pour avoir menacé la journaliste d’Europe 1, Nadia Daam qui, dans une chronique, avait osé s’en prendre à leur forum familier, « Blabla 18-25 » sur le site Jeuxvideo.com pour en dénoncer les dérives misogynes.
A la suite d’une plainte de la chroniqueuse, les enquêteurs qui ont fouillé les entrailles du Web à la recherche des auteurs des milliers de messages injurieux et menaçants déversés pendant des semaines, en ont identifié sept. Trois à Paris, dont un mineur qui a fait l’objet d’une procédure distincte et quatre en province, qui sont eux aussi poursuivis. Le premier, renvoyé pour « menaces de mort », s’abrite sous le nom de « Tintindealer » – numéroté de 1 à 50, selon ses comptes – il a 21 ans, il est technicien chez Orange. Le second, qui doit répondre de « menaces de crime », sévit notamment sous les identités de « Quatrecenttrois », « Spermsurclavier » ou « salairedeprolo ». Il a 35 ans, il est administrateur de base de données. Tous deux portent des lunettes sages, le plus jeune est nettement plus honteux que son aîné.

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Un matin d’octobre 2017, alors qu’il était sur son lieu de travail, il a allumé son téléphone pour « discuter normalement avec [ses] amis virtuels sur Twitter » très remontés contre les propos de la journaliste sur le forum 18-25. Voulant aussitôt prendre sa part de l’indignation, sans même se donner le temps d’écouter la chronique en cause, il a tapé « Daesh montage » et « NadiaDaam » sur Google, trouvé les photos qu’il cherchait et posté sur son compte une image de la journaliste sous les traits d’un otage de l’organisation Etat islamique sur le point de se faire exécuter. Il trouvait ça « humoristique », avait-il expliqué aux policiers sur procès-verbal et précisé que « personnellement », il « n’aimait pas trop les féministes ».
« J’suis pas Guillaume Apollinaire non plus ! »
A la présidente qui lui répète ses propos, il répond, gêné : « C’est vrai, c’est pas vraiment humoristique. Et aussi, je n’ai pas de problème avec le féminisme. Avec le recul, je m’aperçois que c’est grave et je présente mes excuses. » Sur le ton de l’absolue contrition, il répète que ce qu’il a fait est « inacceptable », présente ses excuses à la chroniqueuse et assure que la leçon a été retenue. « J’ai fermé mes comptes depuis », dit-il.

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« Quatrecenttrois » ou « Spermsurclavier » n’a pas même l’excuse de la jeunesse. On se demande d’ailleurs ce qu’il fiche à 35 ans, sur un forum 18-25. A moins que pour cela justement, il ne soit représentatif de la bulle des « forumers » et de leurs frustrations. Ce jour-là, il était « comme d’habitude » à la fois devant un jeu vidéo en ligne et sur le forum, quand il a posté : « En tout cas, la MILF [pour Mum I’d like to fuck] brunette, je lui remplis sa petite bouche de mon foutre. » « Ça m’a pris trois secondes, j’y ai même pas pensé. C’était juste pour troller. » Il admet : « C’était une image, comme “je vais te couper les oreilles en pointe” ou “je vais te décrocher la lune”. Bon, j’étais pas très inspiré, voilà. J’suis pas Guillaume Apollinaire non plus ! » 
« Quatrecenttrois » est aujourd’hui très ennuyé parce que, explique-t-il, le retentissement de cette histoire a eu des répercussions sur sa vie : « J’ai été mis à pied par mon employeur. » Il aurait d’ailleurs volontiers continué à se plaindre de son sort si son avocat ne lui avait sèchement demandé de se taire.
Nadia Daam, elle, raconte à la barre des mois de harcèlement, la photo de sa fille mise en ligne accompagnée de menaces de viols, le piratage de tous ses comptes sur les réseaux sociaux, les coups de pied frappés sur sa porte de nuit jusqu’à une intrusion à son domicile où seuls les ordinateurs ont été dérobés. « C’est compliqué d’expliquer à sa fille de douze ans qu’elle est menacée de viol, comme sa mère et de l’emmener dormir par sécurité à l’hôtel », raconte-t-elle.
L’enjeu de la plainte de la journaliste, explique son avocat, Me Eric Morain, vise à « faire savoir que ce type de menaces virtuelles ne reste pas impuni », même s’il n’est pas question de faire porter sur les seules épaules de « Tintindealer » et de « Quatrecentrois » la violence et le déferlement de haine qu’elle a subie. Les deux trolls ont été condamnés à six mois d’emprisonnement avec sursis et 2 000 euros de dommages et intérêts. Retour au monde réel.
A ce stade, le lecteur se demande peut-être pourquoi ces deux hommes ne sont pas désignés ici sous leur véritable identité. La question s’est posée. On a d’abord pensé spontanément, que ce ne serait que revanche bien sentie à l’égard de ceux qui se permettent tout sous anonymat. Après réflexion - car dans le monde réel, on réfléchit avant d’écrire - on se dit que c’est inutile.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Cette expérimentation s’inspire de l’interdiction mise en place depuis le 1er juillet à Strasbourg dans tous les parcs et jardins publics de la ville.
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Paris va expérimenter les parcs sans tabac

Cette expérimentation s’inspire de l’interdiction mise en place depuis le 1er juillet à Strasbourg dans tous les parcs et jardins publics de la ville.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 16h14
   





                        


Après la ville de Strasbourg qui a interdit le tabac dans ses parcs, la Ville de Paris va expérimenter une mesure semblable.
Le Conseil de Paris a adopté mardi 3 juillet un vœu, déposé par le groupe radical de gauche, centre et indépendants (RGCI), visant à expérimenter l’interdiction pendant quatre mois de la cigarette dans quatre parcs et jardins de la capitale. « L’exécutif propose un amendement à notre vœu pour expérimenter une interdiction de fumer dans quatre jardins à Paris et nous acceptons ! Vœu amendé et voté », écrit le groupe sur son compte Twitter.
Interdiction mise en place depuis le 1er juillet à Strasbourg
Cette expérimentation s’inspire de l’interdiction mise en place depuis le 1er juillet à Strasbourg dans tous les parcs et jardins publics de la ville. Elle fait suite à celle instaurée en France dans les lieux de travail et les lieux publics (centres commerciaux, aéroports, gares, hôpitaux et écoles) en février 2007, étendue en 2008 aux cafés, bars, restaurants, hôtels et discothèques.
La cigarette est déjà interdite dans les 500 aires de jeux des parcs parisiens depuis 2015. L’interdiction de la cigarette dans les parcs publics est en vigueur dans plusieurs pays, comme la Finlande, l’Islande, le Royaume-Uni ou dans certaines villes des Etats-Unis.
Selon l’Institut national du cancer, le tabac provoque 73 000 morts dont 45 000 par cancer chaque année en France. En 2017, un peu plus d’un quart des Français (26,9 %) fumaient quotidiennement, contre 29,4 % un an plus tôt, soit une baisse de 2,5 points.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Selon le ministère de l’intérieur, 123 femmes ont été tuées par leur compagnon, ex-compagnon ou amant en France, en 2016.
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Un homme, déjà condamné pour violences conjugales, abat son ex-compagne et se suicide

Selon le ministère de l’intérieur, 123 femmes ont été tuées par leur compagnon, ex-compagnon ou amant en France, en 2016.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 15h22
   





                        


Une femme a été tuée par balle en pleine rue mardi 3 juillet au matin sur le boulevard Saint-Loup, à Marseille, par son ex-conjoint, déjà connu pour des faits de violences conjugales. La victime, âgée de 54 ans, circulait à scooter lorsqu’elle a eu une brève discussion avec son ex-conjoint, qui lui a tiré dessus à quatre reprises avec un pistolet 9 mm, a précisé le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux.
La victime a d’abord été prise en charge par les marins-pompiers avant de mourir de ses blessures. L’ex-conjoint a ensuite retourné l’arme contre lui et est mort en fin de matinée, selon la police. Il avait été condamné début avril à dix-huit mois de prison dont neuf avec sursis pour des faits de violence conjugale déjà commis sur sa conjointe. Il avait fait une demande d’aménagement de peine pour éviter l’incarcération, demande qui était en cours d’examen selon M. Tarabeux.

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« Sa conjointe avait reçu un “téléphone grand danger” [TGD] le 21 juin mais ne l’avait pas activé, donc la police n’a reçu aucune alerte ce matin », a ajouté le procureur. Le TGD est un dispositif d’alerte confié aux femmes victimes de violences conjugales, qui existe depuis 2014.
Une femme tuée tous les trois jours
Le 25 juin, à Schweighouse-sur-Moder, à une trentaine de kilomètres au nord de Strasbourg, dans le Bas-Rhin, une mère de famille détentrice elle aussi d’un « téléphone grand danger », avait également été tuée par son ex-compagnon. La victime avait bien utilisé son téléphone dès qu’elle avait vu son ex-compagnon, mais l’intervention des secours n’avait toutefois pas permis de la sauver.
L’homme, un trentenaire qui vivait dans le sud de la France, avait été condamné pour des violences sur son ex-compagne en mars à un an de prison avec sursis avec interdiction de prendre attache avec elle et de se présenter à son domicile. Il a été découvert mort, percuté par un train dans la nuit de mercredi à jeudi à Ebersheim, dans le sud du département. « C’est manifestement un suicide », a commenté le procureur adjoint.
Le TGD dispose « d’une touche dédiée à l’arrière de l’appareil, permettant à la victime de joindre, en cas de grave danger, le service de télé-assistance accessible 7j/7 et 24h/24 », avait détaillé fin juin Youssef Badr, porte-parole du ministère de la justice. L’opérateur, selon la situation, peut demander immédiatement l’intervention des forces de l’ordre grâce à un canal spécial. « Ce dispositif permet également la géolocalisation du bénéficiaire », avait précisé M. Badr.
Les femmes sont en France les premières victimes des violences conjugales : selon le ministère de l’intérieur, 123 ont été tuées par leur compagnon, ex-compagnon ou amant en 2016, soit une tous les trois jours.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Un site peu fiable réutilise un article paru il y a quatre ans dans « Ouest-France » sur un chauffeur de l’ancien ministre de l’économie flashé dans la Manche.
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L’info réchauffée du chauffeur d’Emmanuel Macron flashé à plus de 200 km/h

Un site peu fiable réutilise un article paru il y a quatre ans dans « Ouest-France » sur un chauffeur de l’ancien ministre de l’économie flashé dans la Manche.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 14h25
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 14h46
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


Dans un article très partagé sur les réseaux sociaux, le site « Le Top de l’humour », que nous jugeons peu fiable dans le Décodex en raison de fausses nouvelles diffusées à plusieurs reprises, déterre une information vieille de quatre ans pour discréditer la décision gouvernementale de limiter la vitesse à 80 km/h sur les routes départementales.

   


« Un employé du service des chauffeurs de Bercy s’est vu retirer son permis, mardi 2 septembre. Il a été contrôlé à plus de 200 km/h sur l’autoroute, en direction de Saint-Lô », lit-on dans l’article – copie conforme d’un texte de Ouest-France publié le 7 septembre 2014.
Si les faits sont avérés, ils sont anciens. Comme le rapporte le quotidien régional, l’employé du service des chauffeurs de Bercy s’est vu retirer son permis le mardi 2 septembre 2014, alors qu’Emmanuel Macron était ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique et n’était pas encore candidat à l’élection présidentielle.
Ce qui n’a pas empêché plus de 10 000 internautes de partager l’information en s’insurgeant, pêle-mêle, contre le laxisme du gouvernement, l’hypocrisie présumée d’Emmanuel Macron ou encore la limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes départementales, entrée en vigueur le 1er juillet.

Décodex : nos outils contre les fausses informations
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ La réforme de 1993 qui a créé les séries L, ES et S au baccalauréat a renforcé la hiérarchie qu’elle entendait casser entre disciplines. Retour sur un échec, auquel le bac Blanquer, annoncé pour 2021, prévoit de mettre un terme.
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Bac 2018 : « Je ne verserai pas une larme sur la mort des séries S, ES et L »

La réforme de 1993 qui a créé les séries L, ES et S au baccalauréat a renforcé la hiérarchie qu’elle entendait casser entre disciplines. Retour sur un échec, auquel le bac Blanquer, annoncé pour 2021, prévoit de mettre un terme.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 14h00
    |

            Soazig Le Nevé








                        



   


A l’aube de leur 26e anniversaire, en juin 2021, les trois séries du bac général (L, ES et S) tireront leur révérence. On assistera alors à la première session d’un « nouveau bac », une quasi-révolution à l’éducation nationale.
Le 14 février, Jean-Michel Blanquer a porté l’estocade à l’examen tel qu’imaginé par trois de ses prédécesseurs qui se sont succédé à grande vitesse entre 1992 et 1995 : Lionel Jospin, Jack Lang, François Bayrou.

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          Quatre épreuves écrites et un grand oral : la réforme du bac présentée aujourd’hui



Le début des années 1990, c’est l’époque où l’on se penche sur le « monument national » – la formule est de Jack Lang – immuable depuis 1968, avec sa ribambelle de séries (soyons exhaustifs : A, B, C, D, E, D’, A1, A2, A3, A4, A5, A6, A7, F1, F2, F3, F4, F5, F6, F7, F7’, F8, F9, F10.A, F10.B, F11, F11’, F12, G1, G2, G3, H).
Trois ambitions sont affichées par Lionel Jospin dès 1989 : déhiérarchiser, rééquilibrer et diminuer le nombre de séries. Ces mots d’ordre feront consensus à l’occasion de l’alternance qui voit succéder François Bayrou à Jack Lang en 1993.
La culture littéraire s’effondre
« Quand il arrive, Bayrou joue la carte de la continuité avec les réflexions Jospin-Lang qui avaient lancé “la rénovation pédagogique des lycées” », se souvient Alain Boissinot, nommé inspecteur général de l’éducation nationale en 1993, avant de rejoindre le cabinet du nouveau ministre de l’éducation du gouvernement Balladur.
Alors que le nombre de candidats passe de 150 000 en 1973 à 250 000 en 1985, le bac version 1968 a pris la poussière. « On s’aperçoit que le lycée traditionnel ne fonctionne plus et qu’il alimente un fort déséquilibre entre les filières et une hégémonie des séries à caractère scientifique qui écrasent toutes les autres », décrit Alain Boissinot. Les « formations nobles » changent définitivement de camp aux yeux des Français : la culture littéraire s’effondre (les séries A) à mesure que les cursus scientifiques (C, D, E et même B) prennent de la valeur.
Favoriser une orientation progressive des élèves
L’idée des trois ministres successifs est aussi de favoriser une orientation progressive des élèves en faisant de la 2de une classe de détermination au spectre large, de la 1re, une classe où l’on choisit sa voie, et de la terminale, la classe où l’on se spécialise (en prenant un enseignement de spécialité).
Côté syndicats, c’est à souligner, ces principes sont partagés et la réforme instaurant trois séries générales (L, ES, S) et six séries technologiques regroupées en deux blocs (STI et STT) passe sans trop de difficulté. « Même si, avec les associations disciplinaires, chacun a veillé à préserver ses horaires et ses coefficients au bac. Car ces discussions-là sont éternelles ! », ironise Alain Boissinot.
Aussitôt après la session 1995, première du bac rénové, la série L connaît un petit sursaut, mais ce n’est qu’un feu de paille. La série ES se développe mais, plus encore, les voies technologique et professionnelle : celles qui n’accueillent respectivement en 1994 que 16 % et 7 % des lycéens vont prendre leur envol au point de représenter près de 50 % des bacheliers en 2018.
Inflexion du nombre de candidats
Directeur des collèges et lycées au ministère entre 1992 et 1995, Christian Forestier ne s’aperçoit pas immédiatement que « la réforme du bac est en train de passer à côté du cheval ». Au lieu de rééquilibrer les filières, elle signera même « l’arrêt brutal de la croissance du taux d’accès au baccalauréat pour une classe d’âges, un constat qui apparaît vraiment en juin 1996 quand les entrants en 2de de 1993 ont passé le bac », analyse celui qui deviendra directeur de cabinet de Jack Lang lors de son retour Rue de Grenelle, en 2000.
Ainsi, à partir de 1993, le taux de passage en classe de 2de va baisser pendant cinq ans. Lors de la session du bac 1996, « on s’est retrouvé avec trois séries générales et moins de candidats qu’avec les anciennes séries », rapporte Christian Forestier. Parmi les manquants à l’appel, des jeunes socialement défavorisés, qui n’accèdent plus au bac général. « C’est le grand paradoxe de cette réforme qui était censée mettre en œuvre l’objectif fixé par Jean-Pierre Chevènement d’amener 80 % d’une classe d’âges au bac. En réalité, elle a bloqué le processus ! », souligne, amer, le haut fonctionnaire.
Entre 1995 et 2008, « en contraste avec la longue période de croissance qui a précédé, la proportion de bacheliers dans une génération atteint un palier et oscille autour de 62 % », notaient les « Repères et références statistiques » du ministère de l’éducation nationale en 2016. Elle augmentera ensuite de 3 points, en 2009, grâce à l’instauration des rattrapages pour le baccalauréat professionnel.
La série S, élitiste et peu scientifique
Quant à la volonté de casser la hiérarchie des filières, elle a fait flop. « L’ambition de revaloriser la voie L n’a pas marché du tout [son effectif a presque diminué de moitié depuis 1995] et le poids de la série S est resté incontesté », observe Alain Boissinot.
« ES est la grande gagnante de l’affaire », analyse pour sa part Christian Forestier :
« Cette série collait à l’air du temps, à savoir la désaffection de la jeunesse pour les sciences dures et son engouement pour les sciences économiques et sociales. C’est d’ailleurs dans les années 1990 que les grandes écoles de gestion et les prépas commerciales ont pris leur essor. » 
« Nous voulions créer une filière pour de futurs étudiants en sciences, et nous en avons fait un modèle de bac attrape-tout »
Bilan : la volonté de rééquilibrage est un échec sur toute la ligne. La série S ressort plus inégalitaire que ne l’étaient, avant elle, les séries C, D, D’ ou E. « Nous voulions créer une filière pour de futurs étudiants en sciences et nous en avons fait un modèle de bac attrape-tout, une voie socialement élitiste, résultat de la collusion entre enseignants et bourgeoisie qui ont noué une entente objective sur le dos des élèves de milieu modeste », juge, sévère, l’ancien directeur des collèges et lycées.
« Nous nous sommes heurtés à des tendances lourdes de la société. Le déclin de la culture littéraire traditionnelle et le fait que la hiérarchie des séries corresponde à des réflexes sociaux très profonds », complète l’ancien conseiller de François Bayrou, Alain Boissinot :
« Contre la stratification sociale, le système éducatif a du mal à lutter, c’est toujours vrai aujourd’hui. »
« Je ne verserai pas une larme sur la mort des séries L, ES et S !, conclut Christian Forestier. D’autant qu’il n’est pas sûr qu’elles aient vraiment rendu l’âme… Il ne faut pas s’attendre à un Tchernobyl des séries uniquement parce que le ministre les a supprimées », prévient-il. Et Alain Boissinot d’acquiescer : « Jean-Michel Blanquer a raison de tenter une nouvelle logique, mais il est trop tôt pour savoir s’il réussira à casser la hiérarchie sans qu’elle se reconstitue de façon subreptice, par le jeu du choix des disciplines de spécialité. » 

        Voir les témoignages :
         

          « Fainéants » contre « grosses têtes » : les lycéens racontent les filières du bac




        Lire (en édition abonnés) :
         

          « Dire que le bac S, c’est l’élite, ce n’est pas un peu vieille France ? »




Bac 2018 : suivez les résultats de l’examen sur « Le Monde Campus »
Le Monde Campus organise une journée de direct pour suivre la publication des résultats du bac dans chaque académie, vendredi 6 juillet, avec également deux tchats avec des spécialistes, sur le niveau de l’examen et l’évaluation des élèves d’une part, sur l’orientation post-bac et Parcoursup d’autre part.
Retrouvez tous nos articles sur www.lemonde.fr/bac, la page Facebook Le Monde Campus et le compte Twitter @lemonde_campus, et une sélection ci-dessous :
– Résultats bac 2018 : à quelle date, heure et lieu est prévue leur publication ?
– Résultats bac de français 2018 : dates et horaires de publication, académie par académie
– Une pétition dénonce le sujet de maths « trop difficile » du bac S
– Corrigés de maths (S, ES et L) - Corrigés de SES - Corrigés de physique-chimie
– De bons résultats au bac, « coupe-file » pour obtenir une place sur Parcoursup





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Le ministère public avait pris, en vain, de lourdes réquisitions, en première instance comme en appel, en particulier contre le doyen de la famille, Guy Wildenstein, 72 ans.
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Fraude fiscale : pourvoi du parquet général contre la relaxe des Wildenstein

Le ministère public avait pris, en vain, de lourdes réquisitions, en première instance comme en appel, en particulier contre le doyen de la famille, Guy Wildenstein, 72 ans.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 12h24
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 13h50
   





                        


Le parquet général a annoncé, mardi 3 juillet, un pourvoi en cassation contre la relaxe générale prononcée en appel en faveur des héritiers de la famille de marchands d’art Wildenstein et leurs conseillers, poursuivis pour une fraude fiscale de plusieurs centaines de millions d’euros.
Dans son arrêt rendu vendredi, la cour d’appel de Paris a constaté « la prescription du délit de fraude fiscale » concernant le principal prévenu, le doyen de la famille Guy Wildenstein, 72 ans, et estimé pour son neveu Alec qu’elle manquait d’éléments matériels pour le condamner. « Le parquet général près la cour d’appel de Paris forme un pourvoi en cassation contre cet arrêt », a-t-il indiqué dans un communiqué.
Un entrelacs de « trusts »
L’arrêt de vendredi entérine un échec cuisant pour le ministère public qui avait pris, en vain, de lourdes réquisitions, en première instance comme en appel, en particulier contre le doyen de la famille. En mars, le parquet général avait requis quatre ans de prison dont deux avec sursis et 250 millions d’euros d’amende contre Guy Wildenstein, 72 ans, présenté comme le « patriarche » d’un clan qui a « sciemment dissimulé » des milliards au fisc pendant des années.
Il était reproché aux Wildenstein d’avoir caché, lors des morts en 2001 et 2008 du patriarche Daniel et de son fils aîné Alec, la plus grande partie de leur fortune, dont une petite partie a été révélée lors de violentes querelles de succession. La propriété de leurs biens – tableaux de maître, chevaux de course, somptueux ranch kényan et immeubles de prestige – se perd depuis trois générations dans un entrelacs de trusts, ces sociétés fiduciaires anglo-saxonnes logées aux Bahamas ou à Guernesey, accusées par le ministère public d’avoir servi de « vecteur de la fraude fiscale ».

        Lire aussi :
         

                Procès Guy Wildenstein : le crépuscule d’une dynastie ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Dans une vidéo, cet ancien international de judo a réagi à la Marche des fiertés du 30 juin en enchaînant les pires clichés homophobes.
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Mourad Ghazli, conseiller municipal de Thiais, étale son homophobie sur Facebook

Dans une vidéo, cet ancien international de judo a réagi à la Marche des fiertés du 30 juin en enchaînant les pires clichés homophobes.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 12h08
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 17h32
   





                        



   


Dans une vidéo de près de quatre minutes postée du Facebook en réaction à la Marche des fiertés du 30 juin, Mourad Ghazli, conseiller municipal de Thiais, donne libre cours à sa haine envers la communauté homosexuelle. Dans cette vidéo enregistrée depuis une piscine, « tellement il est chaud », l’ancien international de judo et membre de l’équipe de rugby du Stade français enchaîne les pires clichés homophobes, s’enorgueillissant de son absence de filtres. Ancien membre de l’UDI, M. Ghazli en a été exclu en 2016.

@AmicaleRefuge Vous avez que ça dans la bouche l’homophobie mais quand je regarde vos propos vous m’encouragez. Rha… https://t.co/NOK194K86L— ghazlimourad (@ghazlimourad)


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En réponse à l’interpellation faite par l’association L’Amicale des jeunes du Refuge (AJR) sur Twitter, l’élu assène : « Vous avez que ça dans la bouche, l’homophobie, mais quand je regarde vos propos, vous m’encouragez. Rhabillez-vous, manifestez comme tous le monde habillés, arrêtez de nous saouler avec votre sexualité. Ce qui me rassure, ce sont les milliers de soutiens. Fier d’être hétérosexuel. »
Démission demandée en 2016
L’homophobie, c’est-à-dire la publication de propos injurieux, diffamatoire ou caractérisant une provocation à la discrimination ou à la violence envers des personnes homosexuelles (Articles 24, 32 et 33 de la loi du 29 juillet 1881), est condamnée par la loi. Selon l’article 132-77 du code pénal, « les peines encourues pour un crime ou un délit sont aggravées lorsque l’infraction est commise à raison de l’orientation sexuelle de la victime ».
Un temps candidat à la primaire de la droite (sa candidature avait été jugée irrecevable), l’homme n’en est pas à sa première provocation. En juillet 2016, le maire (LR) de Thiais, Richard Dell’Agnola, avait demandé sa démission. Mourad Ghazli était alors l’un de ses adjoints. Le maire désavouait « avec la plus grande fermeté [s]es propos tenus sur les réseaux sociaux (…) faisant une comparaison entre les “extrémistes laïcards” et Daech [l’organisation Etat islamique] ».

        Lire aussi :
         

                Homophobie : un constat alarmant



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Mise à jour du 3 juillet à 14h30 : M. Ghazli n’est plus membre de l’UDI depuis qu’il en a été exclu en 2016.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Huguette X répond à un courriel prétendument expédié par SFR, qui lui demande de payer une facture par carte bancaire, alors qu’elle a opté pour le prélèvement, et qui mentionne un mauvais numéro de contrat. Elle a le malheur de s’exécuter…
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Le ministère de l’éducation nationale a conclu un accord avec la fédération des entreprises sociales de l’habitat, qui possède 17 000 espaces.
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CP à 12 élèves : pour pallier le manque de places, les HLM proposent des locaux

Le ministère de l’éducation nationale a conclu un accord avec la fédération des entreprises sociales de l’habitat, qui possède 17 000 espaces.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 12h00
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre et 
                                Mattea Battaglia








                        



                                


                            
Les organismes HLM disposent de locaux vides, notamment dans les zones d’éducation prioritaire. Pourquoi ne pas les mettre à la disposition des écoles qui ont besoin d’espaces pour dédoubler des classes de CP et de CE1 ? C’est l’objet de l’accord conclu le 21 juin par Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’é ducation nationale, avec la fédération des entreprises sociales de l’habitat (ESH), qui fédère 230 organismes HLM. « Nous avons en effet 17 000 locaux destinés aux activités associatives ou commerciales en pied d’immeubles qui ne sont pas pleinement occupés, c’est le cas de 30 % des surfaces disponibles, soit 300 000 mètres carrés », précise Didier Poussou, le directeur général de la fédération des ESH. « On peut imaginer héberger la bibliothèque ou une salle d’activité pour libérer des espaces au sein de l’enceinte scolaire », poursuit-il.
Le manque de locaux nécessaires aux dédoublements des classes de CP – et bientôt, aussi, des CE1 – est unanimement dénoncé par les syndicats d’enseignants : plus du tiers (34 %) des professeurs ayant expérimenté cette année des « CP à 12 » ont fait état de difficultés sur ce plan, selon une enquête rendue publique par le SNUipp-FSU, syndicat majoritaire, lundi 25 juin. Parmi eux, quasiment le tiers déplore la disparition de leur bibliothèque pour permettre ces dédoublements et, dans des proportions moindres, le réaménagement des salles des maîtres, de celles consacrées aux enfants handicapés ou allophones, des salles d’informatique ou des salles d’arts.

Mais, dans les faits, le filon des HLM est cependant difficile à exploiter : la configuration des lieux, les normes de sécurité et d’évacuation pour accueillir de jeunes enfants font obstacle à ces mises à disposition gratuites ou non. Immobilière 3F, l’un des plus gros bailleurs de France, a identifié une trentaine de locaux de plus de 70 mètres carrés situés en zone REP, et le dialogue avec les écoles et le rectorat commence à peine....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Des familles arrivées du Kurdistan irakien occupent un campement de fortune, où femmes et enfants vivent dans des conditions d’hygiène quasi inexistantes. L’ONG Gynécologie sans frontières tente de les suivre et les encadrer.
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A Grande-Synthe, auprès de femmes migrantes

Des familles arrivées du Kurdistan irakien occupent un campement de fortune, où femmes et enfants vivent dans des conditions d’hygiène quasi inexistantes. L’ONG Gynécologie sans frontières tente de les suivre et les encadrer.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 15h01
    |

            Anne Guillard








                        



                                


                            

En cette fin juin, des dizaines de tentes sont alignées sous la ligne à haute tension, qui surplombe le campement sauvage de migrants, installé depuis quelques semaines tout près de la gare de fret à Grande-Synthe (Hauts-de-France). Des hommes seuls mais aussi des familles vivent dans ce lieu sans sanitaires ni douches, uniquement équipé d’un point d’eau à l’entrée.
Ici, les arrivées se font plus nombreuses et le camp grossit à vue d’œil, observe l’ONG Gynécologie sans frontières (GSF) venue effectuer une maraude ce mardi après-midi. C’est l’objectif de la mission Caminor : prendre en charge les femmes réfugiées dans les camps du Nord, ainsi que leurs enfants, tant au niveau médical que psycho-social.
Les personnes ici présentes sont pour la plupart des Kurdes irakiens qui veulent rejoindre la Grande-Bretagne. Certains ont passé des semaines, des mois sur la route, dépensé des milliers de dollars, risqué leur vie pour atteindre la terre promise, fuyant la guerre et la crise économique qui frappent leur territoire.
De jeunes enfants courent un peu partout. Manon, Sylvie, sages-femmes, et Alice, étudiante sage-femme, extirpent de la camionnette qui fait office de dispensaire mobile de gynécologie-obstétrique une poussette qu’elles destinent à une famille. Dans le regard de la mère des deux fillettes âgées de 4 mois et 2 ans se lit une extrême lassitude.
« Souffler, dormir, faire la cuisine »
« Les femmes s’épuisent à essayer de passer en Grande-Bretagne pendant une partie de la nuit. Elles reviennent avec les enfants le lendemain matin, déprimées, épuisées », raconte l’équipe mobile, qui lui fournit une boîte de lait pour bébé et deux bouteilles d’eau d’1,5 l, précieux sésame. Elle lui confie également quelques échantillons de crème solaire – « des dons » –, « les enfants ont la peau qui brûle au soleil » à cette saison.

Les problèmes d’hygiène sont prégnants. « Un bébé de 4 mois présentait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Le parquet de Nanterre a demandé la levée de l’immunité parlementaire du député LRM soupçonné de fraude fiscale afin de l’entendre en garde à vue.
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Pourquoi la justice veut entendre Thierry Solère

Le parquet de Nanterre a demandé la levée de l’immunité parlementaire du député LRM soupçonné de fraude fiscale afin de l’entendre en garde à vue.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 11h31
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 15h13
    |

            Simon Piel








                        



                                


                            

Visé par une enquête judiciaire ouverte en septembre 2016 sur des soupçons de fraude fiscale, le député La République en marche des Hauts-de-Seine, Thierry Solère, ancien cadre du parti Les Républicains, aujourd’hui macroniste et proche du premier ministre, Edouard Philippe, pourrait prochainement avoir à répondre des accusations qui pèsent sur lui.
Le parquet de Nanterre, qui dirige l’enquête, élargie depuis aux chefs de trafic d’influence, de corruption, d’abus de bien sociaux, de financement illicite de dépenses électorales et de manquements aux obligations déclaratives auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) a en effet demandé officiellement à l’Assemblée nationale de lever son immunité parlementaire afin de l’entendre dans le cadre d’une garde à vue. Une mesure coercitive dont chaque député est protégé par ladite immunité.
Selon les éléments dont Le Monde a pris connaissance, le parquet a motivé sa demande en précisant les charges qui pèsent sur M. Solère et la nature des relations qu’il a entretenues avec plusieurs sociétés pour lesquelles il a travaillé directement ou indirectement. L’ancien porte-parole de la campagne de François Fillon est soupçonné, selon les termes d’un document synthétisant la position du parquet, « de s’être servi de son influence en tant qu’élu local et national pour aider ses sociétés clientes à obtenir des contrats publics ou un agrément des pouvoirs publics ».
Il y a notamment LNA, un prestataire informatique, Aliapur, une société de recyclage de pneus, ou encore Chimirec, un groupe spécialisé dans le recyclage de déchets chimiques. Selon les déclarations faites par M. Solère à la HATVP en août 2017, l’ensemble de ses activités de consultant lui rapportait autour de 250 000 euros par an, soit un peu moins de 21 000 euros par mois.
Embauche fictive
La société LNA aurait ainsi, selon l’accusation, obtenu plusieurs marchés publics dans le département...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Une commission d’enquête menée par les sénateurs Michel Boutant (socialiste) et François Grosdidier (LR) plaide pour des réformes profondes. La principale inquiétude concerne la question des suicides.
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Temps de travail, menace terroriste… le mal-être des policiers et des gendarmes

Une commission d’enquête menée par les sénateurs Michel Boutant (socialiste) et François Grosdidier (LR) plaide pour des réformes profondes. La principale inquiétude concerne la question des suicides.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 13h57
    |

            Elise Vincent








                        


C’est un état des lieux inquiet qu’a rendu, mardi 3 juillet, la commission d’enquête parlementaire sur l’état des forces de l’ordre. Le constat dressé par les sénateurs Michel Boutant (groupe socialiste) et François Grosdidier (LR), à l’issue de six mois d’auditions, est en effet relativement alarmant sur le moral des policiers et des gendarmes, leurs moyens et leur organisation. Un malaise sous-estimé par leurs dirigeants. « Seule une remise en cause énergique et des réformes profondes [permettront] de remettre l’institution sur de bons rails », plaident les deux sénateurs en dressant une liste de 32 propositions.
L’un des principaux sujets sur lesquels s’est penchée la commission concerne les suicides. La question était à l’origine de la création de l’enquête parlementaire. Le fait que le taux de suicide chez les gendarmes (25 pour mille) et les policiers (29 pour mille) demeure plus élevé que la moyenne nationale (14 pour mille, soit 36 % plus élevé) est un indicateur de ce mal-être aux yeux des parlementaires. Et ce, au-delà même des difficultés intrinsèques du métier. Les différents plans de prévention du suicide pour la profession (en 2015 et mai 2018) ne pourront avoir d’impact que si « les conditions de travail » s’améliorent, estime le rapport.
Ce constat de la pente descendante empruntée par les forces de sécurité intérieure concerne particulièrement la police nationale, selon MM. Boutant et Grosdidier. Les gendarmes sont, eux, relativement protégés par le statut militaire des personnels et les réformes mises en place par le passé, estiment-ils. Les problèmes pointés par le rapport ne sont pas nouveaux : temps de travail, surcharge liée à la menace terroriste et à la gestion de la crise migratoire, turnover des effectifs en région parisienne, difficultés de logement, etc. Mais, aux yeux des parlementaires, la situation a atteint un seuil problématique.
Pénurie de munitions
Cette démonstration s’appuie sur un certain nombre de chiffres. Les heures supplémentaires travaillées sont passées de 7 % à 19 % depuis 2015. Le budget de la police nationale est consacré à hauteur de 90 % à la masse salariale pour seulement 10 % aux investissements, alors qu’il « faudrait un ratio de 70 %-30 % (…) pour que des effets se fassent sentir et que l’on commence à rattraper un retard de vingt ou trente ans ». Le rapport en appelle à ce titre à une idée de plus en plus partagée chez certains fonctionnaires : « l’adoption d’une véritable loi de programmation de la sécurité intérieure », comme peut en avoir la défense.
Malgré les importants crédits accordés par les différents plans de lutte contre le terrorisme depuis 2015, les sénateurs constatent que cet argent n’a pas été suffisant – ou du moins pas assez orienté – pour la rénovation du parc automobile et immobilier, ou encore l’achat de munitions. Au point que cette « pénurie (…) empêche de nombreux agents de faire le nombre minimal de tirs d’entraînement demandé ». Une situation connue, mais sur laquelle les parlementaires souhaitent à nouveau alerter.
Le rapport de la commission d’enquête s’inquiète aussi de l’organisation « en tuyaux d’orgue » de la police. Une organisation considérée de longue date comme nuisible à la gestion des ressources humaines, que ce soit en matière de management ou de gestion des trois corps de l’institution (gardien de la paix, officiers et commissaires). Les sénateurs n’hésitent pas en ce sens à dénoncer la trop forte « cogestion » à leurs yeux avec les syndicats et en appellent à une vieille idée, jugée trop coûteuse par le passé mais qui pourrait trouver une nouvelle traduction : la création d’une « académie de police ».
Désaffection inquiétante
MM. Boutant et Grosdidier n’ont pas pu mettre de côté le sujet devenu hypersensible chez les fonctionnaires de la réforme de la procédure pénale. Une procédure aujourd’hui unanimement perçue par les policiers et gendarmes de tous rangs comme un frein au bon déroulement des enquêtes. Une « simplification » pilotée par le ministère de la justice est en cours. Mais le texte est d’ores et déjà considéré comme « insuffisant », et l’effet repoussoir de la situation actuelle est devenu tel, selon le rapport, qu’il se traduit par une désaffection inquiétante des postes d’officiers de police judiciaire.
La sécurité publique est l’autre grand domaine où le malaise va croissant, d’après le rapport. Les sénateurs valident en ce sens le déploiement de la police de sécurité du quotidien lancée par le ministère de l’intérieur en février, tout en restant prudents sur ses éventuels effets. La difficulté à obtenir des « résultats » judiciaires, les mauvaises relations avec la population – malgré des efforts – et la politique du chiffre, qui n’a pas disparu, demeurent des points de préoccupation majeurs des troupes, selon eux. Les sénateurs en appellent notamment à poursuivre les réflexions sur la coordination avec les polices municipales quand elle est possible, et à continuer le déploiement des caméras-piétons.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Selon un sondage du sundicat SNUipp-FSU, les enseignants plébiscitent le dispositif, qui va concerner quelque 5 400 classes de CP et CE1 à la rentrée de septembre.
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Le CP dédoublé à 12 élèves, référence de la politique d’égalité des chances

Selon un sondage du sundicat SNUipp-FSU, les enseignants plébiscitent le dispositif, qui va concerner quelque 5 400 classes de CP et CE1 à la rentrée de septembre.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 14h57
    |

                            Mattea Battaglia








                        



                                


                            

Difficile de retracer l’émergence du « CP à 12 », slogan de campagne d’Emmanuel Macron qui résonne, aujourd’hui, comme la mesure sociale de ce début de quinquennat. « C’est la première chose dont nous avons parlé avec Emmanuel Macron lorsqu’il préparait sa campagne », écrit Jean-Michel Blanquer dans son dernier livre, Construisons ensemble l’école de la confiance (Odile Jacob, 240 pages, 17,90 €). Dans L’Ecole de demain (Odile Jacob, 2016), celui qui était encore directeur de l’Essec plaidait déjà pour une division par deux de la taille des classes, mais plutôt à l’école maternelle.

Depuis la rentrée 2017, les « CP12 » – comme les surnomme le ministre de l’éducation –, inspirés du projet américain STAR (pour Student-Teacher Achievement Ratio) mené dans le Tennessee il y a trente ans, sont devenus la référence en matière de politique d’égalité des chances. Un mantra politique résonnant bien au-delà du périmètre de l’école. Les dédoublements sont aussi au cœur du « plan pauvreté » qui devrait être présenté en juillet. Dans le champ des solidarités et de la santé, à la cohésion des territoires, dans les ministères, dans les cabinets et dans les assemblées, l’expression est dans toutes les bouches. Une illustration de l’idée, partagée en Macronie, que « faire du préventif vaut mieux que du curatif ».
Dans les classes, en revanche, le dispositif est encore circonscrit. Même si les dédoublements montent en puissance en septembre 2018 – pour concerner quelque 5 400 classes de CP et désormais aussi de CE1 –, la division des effectifs ne concerne, jusqu’à présent, que 2 200 classes dans les réseaux d’éducation prioritaire renforcés – les REP+. Et encore : si, pour les quatre cinquièmes d’entre elles, un enseignant fait classe à une douzaine d’élèves, dans le cinquième restant, à défaut de pouvoir « pousser les murs », comme disent les professeurs, ils sont deux à se partager une classe...




                        

                        


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Les surveillants de la prison de Réau assurent avoir prévenu des risques d’évasion de Redoine Faïd

La prison de haute sécurité, pointée du doigt par le passé pour le laxisme de son personnel, se défend et accuse l’administration centrale de négligence.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 11h13
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 12h17
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            Cécile Bouanchaud








                        



   


Alors que mardi 3 juillet au matin, Redoine Faïd était toujours en fuite, dans le huis clos de la prison de Réau (Seine-et-Marne), son évasion, certes hors norme, laisse un goût amer aux surveillants pénitentiaires, « tous choqués, mais pas surpris », fait savoir Régis Grava, secrétaire général UFAP-UNSA en Ile-de-France. Le centre pénitentiaire sud francilien (CPSF), qui accueille notamment des détenus lourdement condamnés, avait « fait remonter à l’administration centrale les risques d’une évasion imminente concernant Redoine Faïd », rapporte le syndicaliste, qui regrette de « ne pas avoir été pris au sérieux ».
M. Grava, qui a eu accès à des extraits de courriels échangés sur ce sujet entre la Direction interrégionale d’Ile-de-France et la Direction de l’administration pénitentiaire (DAP), et dont une partie a été diffusée par plusieurs médias, évoque aussi « un dossier d’une vingtaine de pages, constitué depuis plusieurs mois, dans lequel les agents de la prison donnent l’alerte sur le changement de comportement de Redoine Faïd, son attitude après son procès en février, ses visites suspectes… » 

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Alors que la ministre de la justice, Nicole Belloubet, a suggéré une éventuelle « défaillance » à la prison de Réau, une mission d’inspection a débuté lundi dans l’établissement, l’un des plus sécurisés de France, inauguré en 2011 par Nicolas Sarkozy. « Cette enquête administrative, qui sera rendue dans le mois qui vient, permettra d’apporter un éclairage sur ce point », rapporte au Monde une source au sein de la DAP.
Le syndicaliste tient d’ores et déjà à faire sa mise au point : « Nous avons fait notre partie, en observant correctement le détenu, et en réclamant son transfert. » Faisant l’objet de transfert régulier pour prévenir les risques d’évasion, Redoine Faïd, qui s’était déjà échappé il y a cinq ans d’une prison du nord de la France, avait intégré en avril le quartier d’isolement de la prison de Réau, après y avoir déjà séjourné entre novembre et février. Condamné à une peine de vingt-cinq ans de prison pour un braquage qui avait entraîné la mort en 2010 de la jeune policière Aurélie Fouquet, le braqueur multirécidiviste était palpé puis escorté par un gradé et deux agents, lorsqu’il sortait de sa cellule, pour les promenades et les parloirs.
Manque d’effectifs
« Comme tous les grands braqueurs », Redoine Faïd était « très rusé », se montrant « cordial », voire « séducteur » avec les personnels pénitentiaires, font savoir plusieurs surveillants. A la lumière de l’évasion survenue dimanche, le secrétaire général UFAP-UNSA voit dans ce comportement affable une stratégie pour « obtenir des informations » et « évaluer la moindre faille », afin d’organiser au mieux son exfiltration. Une attitude qui n’avait pas échappé aux personnels, qui ont donc alerté l’administration centrale, évoquant dans le même temps la présence de drones autour du site, sans pouvoir empêcher les faits.
La suite, extrêmement bien préparée, est désormais connue de tous : dimanche matin, un hélicoptère, dont le pilote avait été pris en otage, s’est posé avec un « commando armé » de trois complices dans la cour d’honneur de la prison de Réau, auquel les détenus n’ont pas accès. L’opération, qui a duré dix minutes, a permis d’extraire Redoine Faïd, faisant du quadragénaire le premier détenu à s’évader de cette prison.
Une évasion éclair qui pose la question de la sécurisation de la cour d’honneur, le seul lieu de la prison à ne pas être équipé d’un filet antiaérien, et à être invisible depuis les miradors, où les agents sont les seuls à être armés mais ne sont pas autorisés à tirer sur un hélicoptère. Encore une fois, les syndicats de l’établissement assurent avoir alerté la direction sur cette défaillance, regrettant que leurs remarques n’aient pas été prises en « considération ». « Il n’y avait pas de raisons pour qu’il y ait des filins sur ce lieu-là », a rétorqué Nicole Belloubet, lundi, pour mettre fin à la polémique.

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En mars 2013, cet établissement présenté comme l’un des plus sûrs du pays avait été la scène d’une tentative d’évasion de Smaïn Ait Ali Belkacem, l’artificier des attentats de 1995 dans le RER C à Paris, qui s’était retrouvé piégé dans la cour, prouvant, cette fois, l’efficacité du système de sécurité. Le rapport commandé à l’époque par la DAP avait mis au jour des dysfonctionnements, principalement liés au laxisme de l’encadrement dans la section dédiée aux détenus les plus dangereux.
Aujourd’hui, M. Grava assure que « les préconisations consécutives à ce rapport ont été respectées ». Il réclame un suivi « plus serré » des détenus, qui, selon lui, ne peut se faire dans de grandes structures comme celle de Réau, qui compte plus de 600 prisonniers pour près de 250 surveillants, « alors qu’il en faudrait au moins 290 ». Martial Delabroye, secrétaire FO du centre pénitentiaire de Réau, déplore, lui aussi, un « manque d’effectifs au sein de l’établissement », regrettant notamment « les suppressions de postes au sein des brigades chargées de surveiller les parloirs ». Il rappelle que le personnel s’était fortement mobilisé, en janvier, lors d’un mouvement national de gardiens de prison. Là encore, les revendications étaient restées lettre morte.



                            


                        

                        

