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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Dix personnes avaient été tuées dans un raid de l’armée ivoirienne. Mediapart a révélé les conclusions du parquet qui pointent les entraves de Paris dans l’enquête.
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Compte rendu

Bombardement de Bouaké en 2004 : vers l’ouverture d’un procès en France

Dix personnes avaient été tuées dans un raid de l’armée ivoirienne. Mediapart a révélé les conclusions du parquet qui pointent les entraves de Paris dans l’enquête.

Charlotte Bozonnet et 
Pierre Lepidi
    



LE MONDE
              datetime="2018-07-03T18:08:28+02:00"

        Le 03.07.2018 à 18h08






    
Un avion de chasse de l’armée de l’air ivoirienne détruit sur ordre du président Jacques Chirac, à Yamoussoukro le 8 novembre 2004.
Crédits : Luc Gnago / Reuters


Quatorze ans après les faits, le bombardement d’une base militaire française à Bouaké, la deuxième ville de Côte d’Ivoire, devrait bien donner lieu à un procès. L’information, révélée par Mediapart mardi 3 juillet, représente un coup de théâtre spectaculaire dans cette affaire nimbée du secret d’Etat. « Quatorze ans après la mort de neuf soldats français et d’un humanitaire américain […], le parquet de Paris a sollicité, le 25 juin 2018, le renvoi devant la cour d’assises de trois pilotes accusés d’avoir participé à ce raid meurtrier », écrit le site d’information qui a pu consulter le réquisitoire de 140 pages.
Il s’agit de deux lieutenants de l’armée ivoirienne, Patrice Ouei et Ange Gnanduillet, et d’un mercenaire biélorusse, Yury Sushkin, dont l’implication ne fait « aucun doute » aux yeux du parquet, lequel requiert leur renvoi aux assises pour « assassinats, tentatives d’assassinats et destruction des biens d’autrui aggravée par deux circonstances (en réunion et au préjudice d’une personne dépositaire de l’autorité publique) ».

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Selon Mediapart, la juge d’instruction Sabine Kheris, chargée du dossier depuis 2012, pourrait signer l’ordonnance de renvoi des pilotes devant une cour d’assises spécialisée en matière militaire dans les prochaines semaines.
Panier de roquettes
A l’époque des faits, la Côte d’Ivoire était coupée en deux : le Sud, contrôlé par le président Laurent Gbagbo, et le Nord, aux mains des rebelles des Forces nouvelles. Les forces françaises de l’opération « Licorne », étaient alors déployées entre les deux parties avec les casques bleus de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) pour établir une zone de confiance. L’un de leurs camps était ainsi installé dans l’ancien lycée français de Bouaké, au centre du pays.

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Ce 6 novembre 2004, à 13 h 15, deux Sukhoï, des chasseurs de l’aviation ivoirienne, sont apparus dans le ciel au-dessus du camp. Alors que le foyer venait de fermer après le déjeuner, les soldats se trouvaient à l’extérieur, attablés autour d’un café. Après un premier passage à basse altitude, un Sukhoï s’est placé dans l’alignement du bâtiment où vivaient les troupes françaises, et a largué un ou plusieurs paniers de roquettes. « En sortant, j’ai eu un choc. Il y avait tous ces hommes couchés par terre, comme si on les avait fauchés. On entendait des gémissements, des cris. Il y en avait qui râlaient. Des hommes avaient des blessures horribles, des casques arrachés, des gilets pare-balles troués, une vision d’horreur », racontait au Monde un civil miraculé, quelques semaines après l’attaque dont le bilan fut de neuf morts et 33 blessés parmi les soldats français, en plus du décès d’un civil américain.
Moins d’une heure après avoir frappé le camp français, les Sukhoï avaient été détruits à leur retour à Yamoussoukro par des militaires français. Puis l’ensemble des moyens aériens ivoiriens avaient été neutralisés sur ordre de Jacques Chirac. L’enquête, elle, avait très vite piétiné.

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En effet, depuis 2004, les entraves à la vérité et à la justice se sont succédé au plus haut niveau de l’Etat français. « Quatorze années d’instruction, ainsi que le travail minutieux et opiniâtre de certains magistrats instructeurs et conseils de parties civiles ont permis de reconstituer certains rouages, sans toujours bénéficier de la célérité et de la spontanéité (…) que les victimes, au service de leur patrie, auraient pu légitimement espérer des institutions nationales », a ainsi martelé Michel Guedes, le vice-procureur du Tribunal de grande instance (TGI) de Paris, au terme d’un réquisitoire cinglant pour les autorités françaises, rappelle Médiapart.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Les politistes Fatih Tombuloglu et Gulcan Kolay estiment, dans une tribune au « Monde », que la réélection de Recep Tayyip Erdogan à la tête de l’Etat renforce sa mainmise sur les institutions.
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Erdogan va poursuivre « la désinstitutionalisation » de la Turquie

Les politistes Fatih Tombuloglu et Gulcan Kolay estiment, dans une tribune au « Monde », que la réélection de Recep Tayyip Erdogan à la tête de l’Etat renforce sa mainmise sur les institutions.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 17h38
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 17h38
    |

Fatih Tombuloglu (Docteur en études politiques à l'EHESS) et Gulcan Kolay (Docteur en sciences politiques à Aix-en-Provence)







                        



                                


                            

Tribune. Le 24 juin, la Turquie a décidé du nom du treizième président de la République de son histoire, premier de son régime présidentiel. Au Parlement, son parti ravit la première place, mais nécessite une coalition avec les Loups gris, députés d’extrême droite pour avoir la majorité.
Quelles sont les caractéristiques inhérentes à la victoire d’Erdogan ? Tout d’abord, il faut se remémorer qu’au moment des élections la Turquie se trouvait dans une situation particulière qu’était l’Etat d’exception, en place depuis deux ans. Cette conformation de l’Etat turc a été des plus indésirables pour l’opposition plongeant celle-ci dans une situation intolérable. En revanche, elle a constitué un terreau des plus favorables pour Erdogan.
De plus, au cours de ces deux années, Erdogan et son allié Devlet Bahçeli [le dirigeant du Parti d’action nationaliste, MHP], chef des Loups gris, ont fait campagne contre le parti pro-kurde, le HDP (Parti démocratique des peuples), au point d’en faire son ennemi public numéro un. D’après leur discours, la Turquie était sous la menace d’être disloquée. Ce discours sécuritaire défendait que le HDP était le prolongement du parti des travailleurs kurde (PKK).
Culte de la personnalité
En réalité, ce discours cachait une chose simple : dans cette région du sud-est de la Turquie à majorité kurde, seuls le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) et le HDP se partageaient la rivalité. Si le HDP n’obtenait pas les 10 % de votes à l’échelle nationale, ses 60 à 70 députés estimés perdraient leur siège – faute d’alternative – au profit du parti d’Erdogan. Le plan de l’actuel président n’a échoué que de peu car le HDP a obtenu près de 12 % de vote et, ainsi, 67 sièges au Parlement.
Enfin, les élections se sont déroulées dans une Turquie qui, permettant l’installation d’un culte de la personnalité autour d’Erdogan, se trouvait en phase de désinstitutionalisation. La raison n’en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ M. Pruitt, un défenseur des industries fossiles, est chargé d’une des missions prioritaires de la présidence Trump : démanteler le bilan environnemental de Barack Obama. Il a aussi été plusieurs fois critiqué pour des dépenses jugées excessives.
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Scott Pruitt, ministre de l’environnement de Donald Trump, pris à partie dans un restaurant

M. Pruitt, un défenseur des industries fossiles, est chargé d’une des missions prioritaires de la présidence Trump : démanteler le bilan environnemental de Barack Obama. Il a aussi été plusieurs fois critiqué pour des dépenses jugées excessives.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 16h30
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 17h18
   





                        


Scott Pruitt, le patron de l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA), a été pris à partie dans un restaurant de Washington par Kristin Mink, se présentant sur sa page Facebook comme une enseignante, qui lui a demandé de démissionner. Il est le dernier responsable en date du gouvernement Trump à être visé par ce type d’incident.
Dans la vidéo, elle va voir M. Pruitt, son enfant au bras, et lui dit : « Je voulais juste vous exhorter à démissionner à cause de ce que vous êtes en train de faire à l’environnement et à notre pays ». « Nous méritons d’avoir quelqu’un à l’EPA qui protège vraiment notre environnement, quelqu’un qui croie au dérèglement climatique et le prenne au sérieux », a-t-elle calmement affirmé.
Kristin Mink a publié lundi une vidéo de son action avec le patron de l’EPA, précisant qu’il se trouvait « trois tables plus loin alors que je déjeunais avec mon enfant. Je devais dire quelque chose ». « Cet homme est en train de nuire, de manière directe et significative, à la santé et à l’avenir de mon enfant – et de tout enfant – avec ses décisions de revenir en arrière sur les réglementations environnementales au profit des grandes corporations, tout en utilisant l’argent du contribuable pour financer un train de vie de luxe », a écrit Kristin Mink sur Facebook.
M. Pruitt, un défenseur des industries fossiles, est chargé d’une des missions prioritaires de la présidence Trump : démanteler le bilan environnemental de Barack Obama. Il a aussi été plusieurs fois critiqué pour des dépenses jugées excessives.
M. Pruitt n’a pas répondu à Mme Mink sur la vidéo. Le texte accompagnant les images affirme qu’il « a fui le restaurant » avant que Kristin Mink ne regagne son siège.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Les douze enfants et leur entraîneur de football ont été retrouvés vivants lundi. Ils doivent désormais être préparés avant de pouvoir être évacués de la grotte.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Sujet très clivant dans le pays, le gouvernement a approuvé, mardi, un plan de relance du nucléaire, sept ans après la catastrophe. La compagnie Tepco plaide, elle, pour de nouvelles centrales.
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Sept ans après Fukushima, le Japon reprend le chemin du nucléaire

Sujet très clivant dans le pays, le gouvernement a approuvé, mardi, un plan de relance du nucléaire, sept ans après la catastrophe. La compagnie Tepco plaide, elle, pour de nouvelles centrales.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 14h41
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 15h12
    |

                            Nabil Wakim








                        



   


A la « une » des journaux japonais, la spectaculaire défaite dans le mondial de football de l’équipe nationale contre la Belgique, lundi 2 juillet, à Rostov-sur-le-Don, en Russie, a quelque peu masqué la nouvelle, mais elle n’en représente pas moins un virage important : sept ans après la catastrophe de Fukushima, le Japon s’apprête à reprendre vigoureusement le chemin du nucléaire.
Mardi, le gouvernement de Shinzo Abe a approuvé un plan énergétique visant à atteindre une proportion de 20 % à 22 % dans d’électricité d’origine nucléaire à l’horizon 2030. Elle était d’environ 30 % avant Fukushima, et de 2 % à fin 2017. Sur les cinquante-quatre réacteurs du pays, seuls neuf produisent actuellement de l’électricité.
Dans le même cadre, le pays s’engage à augmenter significativement le poids des énergies renouvelables, qui devront atteindre 22 % à 24 % du mix électrique dans la même temporalité – contre 15 % aujourd’hui. Le charbon, le pétrole et le gaz resteront toutefois majoritaires dans la production d’électricité, à 56 %.
Mauvais élèves des pays développés
Depuis Fukushima et la mise à l’arrêt du parc nucléaire japonais, le pays avait fait exploser ses émissions de gaz à effet de serre, en produisant massivement son électricité à partir de charbon et de gaz. Le Japon est ainsi le premier importateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL), notamment depuis le Qatar.
Alors qu’au moment des accords de Kyoto, en 1990, le Japon était en pointe dans la lutte contre le réchauffement climatique, il est aujourd’hui l’un des plus mauvais élèves parmi les pays développés.
Dans ce nouveau plan, le pays s’engage à réduire de 80 % ses émissions de gaz à effet de serre entre 2013 et 2050, ce qui nécessite des efforts massifs. Et le gouvernement considère que le nucléaire, qui n’émet pas de CO2, est « une ressource indispensable » aux côtés des énergies renouvelables.
Ce plan est un virage important par rapport à la politique mise en œuvre ces dernières années dans le pays. Le précédent gouvernement avait pris l’engagement de mettre à l’arrêt l’ensemble des centrales du pays d’ici à 2039. Mais le premier ministre, Shinzo Abe, partisan de longue date de l’énergie nucléaire, avait affiché sa volonté de remettre sur pied la filière japonaise.

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Casus belli pour les antinucléaires
Le sujet reste très controversé dans le pays, y compris au sein du parti au pouvoir. La sortie du nucléaire est défendue par plusieurs anciens premiers ministres, Junichiro Koizumi – mentor de Shinzo Abe, l’actuel premier ministre –, Morihiro Hosokawa ou encore Naoto Kan, qui dirigeait le gouvernement au moment de la catastrophe.
Si le plan énergétique ne mentionne pas directement la construction de nouvelles centrales, plusieurs experts estiment que cela sera indispensable pour atteindre l’objectif des 20 % à 22 % en 2030. Il faudra non seulement relancer plus de réacteurs qu’actuellement, mais également en construire de nouveaux. Plusieurs des centrales actuelles auront atteint leur limite d’âge avant cette date.
Pour autant, le redémarrage des centrales s’annonce complexe. Depuis Fukushima, l’autorité de sûreté a considérablement durci les règles. Ce qui a conduit à la mise en œuvre de travaux importants – et coûteux. Sans compter la très forte réticence des habitants et des élus locaux lors des redémarrages de réacteurs.

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Les conséquences toujours en cours de Fukushima
Malgré ces difficultés, la filière nucléaire japonaise entend saisir l’opportunité. Tomoaki Kobayakawa, le patron de Tokyo Electric Power Company (Tepco), géant nucléaire de l’île, très décrié pour sa gestion de la crise de Fukushima, a annoncé mardi « lancer l’étude géologique pour la construction d’une nouvelle unité à Higashidori », dans le nord de l’archipel. Ce projet était déjà à l’étude avant la catastrophe de Fukushima, mais avait été interrompu en 2011.
Cette annonce est un casus belli pour les antinucléaires japonais, qui estiment que relancer une nouvelle centrale, alors que les conséquences de l’accident de Fukushima sont toujours en cours, est une grave erreur.
Cette catastrophe, conséquence d’un tsunami, avait provoqué la fusion du cœur du réacteur de la centrale et forcé des dizaines de milliers de personnes à quitter leur domicile et rendu inhabitable une partie de la région.
Dans un éditorial très dur, en mai, le grand quotidien japonais Asahi Shimbun avait condamné la volonté du gouvernement de prendre cette direction. « L’administration Abe devrait faire face à la dure réalité concernant le nucléaire, notamment le fait que la majorité des Japonais est opposée au redémarrage des réacteurs », estimait le quotidien, qui pressait le gouvernement « d’abandonner totalement ses efforts pour maintenir la dépendance du Japon au nucléaire ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Les réfugiés concernés sont essentiellement érythréens et soudanais. Ils devraient arriver « rapidement » en France, selon le directeur de l’Ofpra, Pascal Brice.
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Migrants : la France va accueillir 132 réfugiés de l’« Aquarius » et du « Lifeline »

Les réfugiés concernés sont essentiellement érythréens et soudanais. Ils devraient arriver « rapidement » en France, selon le directeur de l’Ofpra, Pascal Brice.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 13h21
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 14h45
    |

            Julia Pascual








                        



   


La France va accorder le statut de réfugié à 132 personnes, parmi celles secourues par les navires d’ONG Aquarius et Lifeline, a appris Le Monde auprès de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).
A Valence, l’Aquarius avait accosté le 11 juin avec à son bord 629 personnes. Parmi les nationalités les plus représentées, notamment, 184 Soudanais, 144 Nigérians, 52 Erythréens ou encore 41 Algériens.
La France, qui n’avait pas proposé d’accueillir l’Aquarius dans ses ports, avait souhaité témoigner sa solidarité à l’Espagne, et l’Ofpra s’était déplacé à Valence pour identifier des personnes pouvant relever de l’asile. Quelque 215 personnes s’étaient manifestées pour déposer une demande de protection auprès de la France. Parmi elles, d’après nos informations, 121 Soudanais, 39 Erythréens et 37 Algériens. A l’arrivée, seulement 135 personnes se sont présentées aux entretiens. Cette différence peut s’expliquer par le fait que certaines nationalités savent qu’elles ont peu de chance d’obtenir l’asile en France. Le taux de protection des demandeurs d’asile algériens était par exemple de 5,9 % en 2017. De fait, ce sont essentiellement des personnes originaires du Maghreb qui ne se sont pas présentées aux officiers de protection français à Valence.
In fine, l’Ofpra va accorder le statut de réfugié à environ 80 personnes, « très largement des Soudanais et des Erythréens », précise M. Brice, le directeur de l’office. En 2017, ces nationalités ont bénéficié en France d’un taux de protection de respectivement 59,5 % et 73 %.

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« Les personnes secourues en mer relèvent bien du droit d’asile »
Alors que l’Italie a continué de refuser d’accueillir dans ses ports les bateaux d’ONG, c’est à Malte qu’un autre navire, le Lifeline, a accosté le 27 juin avec à son bord plus de 234 migrants. Cette fois, outre l’Ofpra, plusieurs offices de protection européens ont proposé d’étudier les demandes d’asile des migrants secourus, dont ceux du Portugal, de Belgique, du Luxembourg, des Pays-Bas ou encore d’Irlande. L’Ofpra a d’ores et déjà terminé sa mission et identifié 52 personnes, essentiellement des Soudanais et des Erythréens, qui pourront bénéficier de l’asile en France.

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« Même si ces chiffres sont symboliques, la preuve est faite que les personnes secourues en mer relèvent bien du droit d’asile, estime M. Brice. Cela illustre également qu’on est capable de faire fonctionner des lieux d’instruction de la demande d’asile en Europe. »
Au sortir du Conseil européen des 28 et 29 juin, l’Union européenne s’est engagée à explorer la mise en place de « plateformes régionales de débarquement » et de « centres contrôlés » pour étudier au cas par cas les demandes d’asile. Mais depuis, l’Italie et la France ont notamment exclu l’idée d’accueillir de tels dispositifs. Par ailleurs, l’Italie et Malte ont encore refusé d’accueillir un navire humanitaire, géré par l’association espagnole Proactiva Open Arms et transportant 59 migrants secourus au large de la Libye. Il faisait route dimanche vers Barcelone. Depuis le début de l’année, plus d’un millier de personnes sont mortes en tentant de traverser la Méditerranée depuis la Libye pour rejoindre l’Europe.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ La spécialiste des politiques monétaires, Hélène Rey plaide pour une régulation tout au long des cycles financiers, plutôt que dans les seules périodes de crise.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Régulation de la finance mondiale : « L’Union européenne reste une réussite incroyable »

La spécialiste des politiques monétaires, Hélène Rey plaide pour une régulation tout au long des cycles financiers, plutôt que dans les seules périodes de crise.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 12h41
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 13h44
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Spécialiste des politiques monétaires, Hélène Rey est professeure à la London Business School. Le 8 mai 2018, Hélène Rey donnait une conférence lors d’un séminaire sur « Les défis des cycles financiers mondiaux pour la politique monétaire » à la Banque nationale de Suisse, à Zurich, assise à la gauche de Jay Powell, le gouverneur de la Réserve fédérale américaine, devant un aréopage de banquiers centraux et de responsables d’institutions financières, dont Christine Lagarde, la directrice du Fonds monétaire international (FMI), et François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la banque de France.
Selon Hélène Rey, les cycles financiers, toujours plus importants, réduisent l’autonomie des banques centrales et des gouvernements. Pour en limiter l’impact, elle plaide, en particulier dans la zone euro, pour une politique « contracyclique » resserrant les règles financières en période de croissance pour les desserrer en cas de crise. Exactement le contraire de ce que fait Donald Trump, dont elle qualifie la politique économique de « stupide ».
Votre thèse est que les cycles financiers sont devenus tellement puissants que les banques centrales ont perdu le pouvoir…
Je ne suis pas aussi excessive que cela. Mais il est vrai qu’il y a un cycle financier international, qu’on voit les flots financiers – bancaires, dettes, investissements… – qui se déplacent ensemble. Les prix des actifs risqués fluctuent violemment. Au cœur de ce phénomène, on retrouve un facteur qui les explique largement : la Fed, avec sa politique monétaire.
La Fed serait devenue presque toute-puissante ?
Oui, sa politique a un impact sur l’ensemble des marchés financiers internationaux, y compris pour les pays qui ont un taux de change flexible. C’est une idée nouvelle. Jusqu’à récemment, les économistes pensaient que l’influence de la Fed se transmettait d’un pays à un autre uniquement si le taux de change était fixe. C’était logique :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ La volatilité des indices est accentuée par les incertitudes qui pèsent sur la conjoncture.
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Guerre commerciale : la répétition des escarmouches rend les marchés nerveux

La volatilité des indices est accentuée par les incertitudes qui pèsent sur la conjoncture.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 12h02
    |

                            Véronique Chocron et 
Elise Barthet








                        



                                


                            

L’été s’annonce agité sur les principales Bourses mondiales, dont les indices font du yoyo. Celle de Hongkong a ouvert mardi 3 juillet la séance sur une baisse de plus de 3 %. En Europe, lundi soir, les principales places ont fini dans le rouge et la tendance aux Etats-Unis était mal orientée, jusqu’à ce que Donald Trump se montre rassurant quant au maintien du pays au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

C’est bien l’avenir des échanges mondiaux qui préoccupe les investisseurs, inquiets des prémices d’une guerre commerciale qui opposerait les Etats-Unis à l’Union européenne, à la Chine et au Canada. Pour l’heure, les nouveaux droits de douane décidés ne représenteraient qu’une perte de 0,1 point du PIB mondial, selon Patrick Artus, directeur de la recherche et des études de Natixis. « On assiste donc à une énorme surréaction des marchés, compte tenu de l’effet réel de ces mesures protectionnistes, estime l’économiste. L’incertitude pèse beaucoup plus que les mesures annoncées, car personne ne sait où Donald Trump s’arrêtera et les marchés valorisent le pire. »
Les investisseurs réagissent d’autant plus vivement que ces tensions commerciales ne surviennent pas « comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu, note Didier Saint-Georges, membre du comité d’investissement de Carmignac, spécialiste de la gestion d’actifs. La toile de fond a changé en un an, avec le resserrement des politiques monétaires des banques centrales. La Fed a déjà commencé à retirer des liquidités au système financier, alors que ces mannes formaient un véritable filet de sécurité pour les marchés. »
La dynamique tend à s’essouffler
Non seulement les investisseurs doivent réapprendre à fonctionner sans que les banques centrales interviennent à la moindre escarmouche, mais tous les signaux avancés indiquent que la dynamique économique de 2016 et de 2017 tend à s’essouffler et que le cycle économique, selon les régions...




                        

                        


<article-nb="2018/07/03/19-9">
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ A une semaine du sommet de l’OTAN, les 11 et 12 juillet, à Bruxelles, le conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique, redoute, dans une tribune au « Monde », les effets sur l’Union européenne des attaques de Donald Trump contre le multilatéralisme.
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François Heisbourg : « Le dépeçage stratégique, économique et social guette l’Europe »

A une semaine du sommet de l’OTAN, les 11 et 12 juillet, à Bruxelles, le conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique, redoute, dans une tribune au « Monde », les effets sur l’Union européenne des attaques de Donald Trump contre le multilatéralisme.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 11h58
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 12h48
    |

                            François Heisbourg (Conseiller spécial à la Fondation pour la recherche stratégique)








                        



                                


                            
Tribune. Les historiens du futur écriront peut-être que le XXe siècle a pris fin le 8 novembre 2016 avec l’élection de Donald Trump. L’on hésitera certes à conférer à cet homme grotesque et grossier une importance aussi singulière.
Cependant, contrairement à l’image qui en est souvent donnée, le président Trump n’est pas simplement un égotique dysfonctionnel et capricieux ou un mauvais moment à passer avant le retour à la normale. En politique extérieure, l’homme a une vision clairement exprimée au fil des décennies, qui est celle d’une Amérique traitant de façon bilatérale et purement transactionnelle avec les Etats étrangers.
Pour lui, l’Amérique doit donc s’affranchir des normes internationales et des organisations multilatérales, en jouant des seuls rapports de force au détriment de toute forme d’alliance pérenne. Cette Amérique-là tourne désormais le dos au système d’alliances bâti il y a soixante-dix ans, au lendemain de la seconde guerre mondiale.
Trump a déclaré qu’il a trois adversaires : l’Organisation mondiale du commerce, l’Union européenne et l’OTAN
Cette volonté a été exprimée de façon humiliante mais limpide lors de la récente réunion du G7 au Canada. La règle de confidentialité inhérente à ce type de conclave n’empêche pas des fuites qui décrivent des scènes ahurissantes et citent des propos extravagants. C’est Donald Trump qui jette deux bonbons « Starburst » à Angela Merkel en lui disant « comme ça, tu ne pourras pas dire que je ne t’ai jamais rien donné ».
Ou encore : « L’OTAN, c’est pire que l’Alena », l’accord de libre-échange entre le Canada, le Mexique et les Etats-Unis. C’est peut-être surtout Trump déclarant à un haut responsable qu’il a trois adversaires : l’Organisation mondiale du commerce (dont les Etats-Unis pourraient se retirer par un acte du Congrès), l’Union européenne et l’OTAN.
Le président américain liera directement sa guerre commerciale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Un projet de loi réglementant l’exemption dont bénéficient les jeunes hommes étudiant la Torah a été adopté en première lecture à la Knesset.
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Israël : le service militaire des ultraorthodoxes menace la coalition au pouvoir

Un projet de loi réglementant l’exemption dont bénéficient les jeunes hommes étudiant la Torah a été adopté en première lecture à la Knesset.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 11h53
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



                                


                            

Peu de sujets en Israël suscitent autant de passions que l’inégalité devant le service militaire. Les ultraorthodoxes bénéficient historiquement d’une exemption, permettant aux jeunes hommes étudiant la Torah dans les yeshivas (écoles religieuses) d’échapper à cette obligation. Lundi 2 juillet, par 63 voix contre 37, la Knesset a adopté en première lecture une nouvelle tentative de règlement de cette question, par la loi et les quotas. Mais le projet, au lieu de susciter un consensus, menace la coalition au pouvoir.
Le texte a été préparé par un comité d’experts au sein du ministère de la défense. Pour Avigdor Lieberman, le titulaire du portefeuille, il était hors de question de se soumettre aux positions maximalistes des rabbins ultraorthodoxes. Le gouvernement doit trouver une issue d’ici à septembre, date butoir fixée par la Haute Cour de justice en septembre 2017, lorsque cette dernière avait considéré illégal et illégitime le système d’exemption pour les haredim. Au nom d’un principe : la rupture d’égalité entre citoyens.
Le ministre de la santé, qui dirige le JUT, a prévenu que le parti quitterait la coalition au pouvoir si le texte passait
Le conseil des sages de la Torah, la faction hassidique de Judaïsme unifié de la Torah (JUT), l’un des deux partis ultraorthodoxes à la Knesset, refuse tout compromis. Il estime que les étudiants haredi, qui consacrent leur vie à Dieu et aux textes sacrés, ne peuvent dévier de cette mission. Le ministre de la santé, Yaakov Litzman, qui dirige le parti, a prévenu lundi que le JUT quitterait la coalition au pouvoir si le texte passait, au bout des trois lectures.
Les deux formations ultraorthodoxes ont été choyées par le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, depuis leur retour au gouvernement, au printemps 2015. Elles savent qu’une alliance aussi favorable ne se représentera peut-être pas. Mais la conscription est un sujet identitaire fondamental. Les deux partis espèrent que des amendements au...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Des familles arrivées du Kurdistan irakien occupent un campement de fortune, où femmes et enfants vivent dans des conditions d’hygiène quasi inexistantes. L’ONG Gynécologie sans frontières tente de les suivre et les encadrer.
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A Grande-Synthe, auprès de femmes migrantes

Des familles arrivées du Kurdistan irakien occupent un campement de fortune, où femmes et enfants vivent dans des conditions d’hygiène quasi inexistantes. L’ONG Gynécologie sans frontières tente de les suivre et les encadrer.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 15h01
    |

            Anne Guillard








                        



                                


                            

En cette fin juin, des dizaines de tentes sont alignées sous la ligne à haute tension, qui surplombe le campement sauvage de migrants, installé depuis quelques semaines tout près de la gare de fret à Grande-Synthe (Hauts-de-France). Des hommes seuls mais aussi des familles vivent dans ce lieu sans sanitaires ni douches, uniquement équipé d’un point d’eau à l’entrée.
Ici, les arrivées se font plus nombreuses et le camp grossit à vue d’œil, observe l’ONG Gynécologie sans frontières (GSF) venue effectuer une maraude ce mardi après-midi. C’est l’objectif de la mission Caminor : prendre en charge les femmes réfugiées dans les camps du Nord, ainsi que leurs enfants, tant au niveau médical que psycho-social.
Les personnes ici présentes sont pour la plupart des Kurdes irakiens qui veulent rejoindre la Grande-Bretagne. Certains ont passé des semaines, des mois sur la route, dépensé des milliers de dollars, risqué leur vie pour atteindre la terre promise, fuyant la guerre et la crise économique qui frappent leur territoire.
De jeunes enfants courent un peu partout. Manon, Sylvie, sages-femmes, et Alice, étudiante sage-femme, extirpent de la camionnette qui fait office de dispensaire mobile de gynécologie-obstétrique une poussette qu’elles destinent à une famille. Dans le regard de la mère des deux fillettes âgées de 4 mois et 2 ans se lit une extrême lassitude.
« Souffler, dormir, faire la cuisine »
« Les femmes s’épuisent à essayer de passer en Grande-Bretagne pendant une partie de la nuit. Elles reviennent avec les enfants le lendemain matin, déprimées, épuisées », raconte l’équipe mobile, qui lui fournit une boîte de lait pour bébé et deux bouteilles d’eau d’1,5 l, précieux sésame. Elle lui confie également quelques échantillons de crème solaire – « des dons » –, « les enfants ont la peau qui brûle au soleil » à cette saison.

Les problèmes d’hygiène sont prégnants. « Un bébé de 4 mois présentait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ L’irruption des technologies dans l’industrie des cosmétiques génère quelque 440 milliards de dollars (378 milliards d’euros) de chiffre d’affaires par an, constate la correspondante du « Monde » à San Francisco, Corine Lesnes.
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« La beauty-tech tendance, dans la Silicon Valley »

L’irruption des technologies dans l’industrie des cosmétiques génère quelque 440 milliards de dollars (378 milliards d’euros) de chiffre d’affaires par an, constate la correspondante du « Monde » à San Francisco, Corine Lesnes.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 11h51
    |

            Corine Lesnes (San Francisco, correspondante)








                        



                                


                            

Transformations. Oubliez la clean-tech, la fin-tech ou l’agri-tech. La tendance du moment, dans la Silicon Valley, c’est la beauty-tech. Ou l’irruption des technologies dans l’industrie des cosmétiques, un mammouth mondial qui génère quelque 440 milliards de dollars (378 milliards d’euros) de chiffre d’affaires par an.
Quelles technologies ? « Toutes, répond Odile Roujol, l’ancienne PDG de Lancôme, qui organisait le 25 juin le troisième meet up de la beauty-tech à San Francisco : big data, vision par ordinateur, réalité augmentée, intelligence artificielle. »
« Personnalité authentique »
La beauty-tech intéresse les investisseurs. Le secteur (cosmétiques, maquillage, produits pour les cheveux et le corps) a un fort potentiel d’expansion : seules 6,9 % des ventes de produits de beauté s’effectuent en ligne (chiffre de 2016). Reste à éduquer les capital-risqueurs, un milieu réputé rétif à la diversité. Pas facile de convaincre des « hommes blancs d’un certain âge » que les femmes s’informent avant de « se mettre des produits chimiques sur le visage », explique Jay Hack, l’un des rares créateurs d’entreprise masculins du secteur.
Diplômé de Stanford, le jeune ingénieur vient de lancer Mira, une start-up qui utilise le machine learning pour suggérer lectures et informations personnalisées sur la beauté. Non seulement les clientes s’informent, mais elles n’acceptent plus n’importe quelle alchimie.
Elles veulent savoir comment sont faites leurs crèmes et leurs huiles sèches. Quels sont les ingrédients, où sont fabriqués les produits, et par qui ? Les millenials aiment les marques qui manifestent une « personnalité authentique », note Odile Roujol. Ils achètent en ligne, sur le conseil de leurs pairs ou de microcélébrités sur Instagram, loin des magasins traditionnels.
Une peau artificielle
Résultat : les fabricants essaient de plus en plus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Les partenaires commerciaux des Etats-Unis, dont l’Europe, envisagent de taxer 294 milliards de dollars d’exportations américaines annuelles.
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Taxes américaines sur les voitures : l’Europe menace Donald Trump de représailles

Les partenaires commerciaux des Etats-Unis, dont l’Europe, envisagent de taxer 294 milliards de dollars d’exportations américaines annuelles.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 11h50
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Ils ont à peine réussi à réduire les tensions politiques autour des questions migratoires que les dirigeants de l’Union européenne (UE) redoutent déjà la prochaine crise. Après avoir une première fois maltraité les Européens en taxant le 1er juin à 25 % leurs exportations d’acier et à 10 % celles d’aluminium, Washington a lancé une autre enquête au nom de la sécurité nationale des Etats-Unis et menace de s’en prendre à leurs exportations de voitures outre-Atlantique.
Une décision d’une tout autre ampleur : ces taxes toucheraient très durement l’Allemagne, première puissance exportatrice de l’UE avec plus de 600 000 voitures exportées et 50 milliards d’euros d’excédents commerciaux, tous secteurs confondus, avec les Etats-Unis. Cela obligerait probablement les Européens à réagir (comme ils l’ont fait avec l’acier et l’aluminium), avec le risque, cette fois très sérieux, d’une véritable guerre commerciale entre deux alliés historiques.
Les Européens tentent d’y échapper par tous les moyens, même s’ils ne se font guère d’illusions : ils ont appris à prendre Donald Trump au mot. Or le président américain est obsédé depuis le début de son mandat par l’excès, selon lui, de grosses cylindrées allemandes circulant dans les rues de New York.
La Commission européenne a lancé un avertissement fort, lundi 2 juillet, en rendant public un document destiné au département du commerce américain où elle évalue le préjudice que pourraient subir les Etats-Unis, si Washington mettait ses menaces à exécution au nom d’un impératif de sécurité nationale qui, estime Bruxelles, « viole le droit international ».
La Commission souligne que les constructeurs européens, par le biais de leurs usines américaines, ont engendré « 120 000 emplois directs et indirects » outre-Atlantique
Les « rétorsions » des partenaires des Américains pourraient porter sur la somme colossale de 294 milliards de dollars (252 milliards d’euros), soit 19 % du total...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Selon le Conseil d’analyse économique, dans le pire des scénarios, l’Europe subirait une perte permanente de 4 % du produit intérieur brut.
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L’impact d’une guerre commerciale serait « comparable à celui de la grande récession de 2008 »

Selon le Conseil d’analyse économique, dans le pire des scénarios, l’Europe subirait une perte permanente de 4 % du produit intérieur brut.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 11h36
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 11h40
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Pour une guerre commerciale, combien de dégâts ? L’escalade des tensions entre les Etats-Unis et leurs partenaires rend la question chaque jour moins théorique. « Ce scénario reste relativement peu probable, mais il n’est plus impossible », souligne Philippe Martin, président délégué du Conseil d’analyse économique (CAE).
Dans une note publiée mardi 3 juillet, le CAE, cercle de réflexion placé auprès du premier ministre, tente donc d’estimer les conséquences économiques d’une déflagration commerciale mondiale. L’impact, concluent ses auteurs, « serait comparable à celui de la grande récession de 2008-2009 ». L’hypothèse ici retenue est celle d’une guerre « totale ». Autrement dit, une hausse de 60 points de pourcentage des tarifs douaniers sur les biens échangés entre les grands pays. Ceux-là sont actuellement de 3 % en moyenne aux Etats-Unis et en Europe.
Même si le marché unique européen restait intact, avec des droits de douane toujours nuls en son sein, l’Union européenne (UE) accuserait une perte « permanente » de 4 % du produit intérieur brut (PIB) et la France de plus de 3 %. Dans l’Hexagone, il en coûterait annuellement 1 125 euros par habitant. Les autres grandes puissances seraient aussi pénalisées. Pour la Chine, la chute du PIB est estimée à 3 %. Tout comme aux Etats-Unis, quoi qu’en dise le président Donald Trump, prompt à affirmer que l’économie américaine est capable de résister à un choc commercial d’ampleur.
Effets délétères
Les auteurs – Philippe Martin, et les économistes Sébastien Jean et André Sapir – énumèrent les effets délétères provoqués par une avalanche de surtaxes. A court terme, elles font grimper le prix des produits importés. Les répercussions sont immédiates sur le pouvoir d’achat des ménages. Mais également sur la compétitivité des entreprises, dans un monde où les chaînes de production sont de plus en plus morcelées à travers le globe. En grippant les rouages du commerce mondial,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Editorial. La volonté d’Andres Manuel Lopez Obrador de réformer un système gangrené par la corruption et le clientélisme doit être encouragée, même si sa méthode et ses financements restent flous.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Mexique : l’espoir d’un changement

Editorial. La volonté d’Andres Manuel Lopez Obrador de réformer un système gangrené par la corruption et le clientélisme doit être encouragée, même si sa méthode et ses financements restent flous.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 17h08
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Le Mexique expérimente à son tour le « dégagisme ». L’élection, dimanche 1er juillet, d’Andres Manuel Lopez Obrador (« AMLO ») à la tête du pays a fait voler en éclats le système politique traditionnel, dont le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) a été la clé de voûte depuis 1929.

        Lire aussi :
         

                Au Mexique, la gauche d’AMLO triomphe



La victoire du candidat de la coalition Ensemble, nous ferons l’histoire, qui disposera également d’une confortable majorité au Congrès, a réussi à faire vaciller ce que Mario Vargas Llosa appelait la « dictature parfaite ». En dotant AMLO de pouvoirs étendus, les Mexicains ont donné un signal clair de leur volonté de tourner la page avec un système gangrené par la corruption, le clientélisme et la connivence entre les élites politiques et économiques.
Le Mexique prend clairement ses distances avec la droite. Les orientations d’AMLO restent toutefois assez éloignées des gauches latino-américaines populistes vénézuélienne ou bolivienne, même si ses détracteurs ont tout fait pour l’associer au chavisme. Maire de Mexico (de 2000 à 2005), il avait d’ailleurs largement et efficacement collaboré avec le secteur privé local, tout en instaurant un système de pensions pour les personnes âgées et en développant les transports publics. Son futur ministre de l’économie, Carlos Manuel Urzua, s’est efforcé, pendant la campagne, de rassurer les marchés, assurant vouloir faire du Mexique « un pays social-démocrate, dans le sens nordique du terme ».
Des alliances hétéroclites
Le nouveau président, qui prendra ses fonctions en décembre, avait échoué à deux reprises à la présidentielle, en 2006 et en 2012. Cette fois, il a arpenté le pays, créant une relation de proximité presque magnétique avec le peuple mexicain. Pourtant, la question continue de se poser : qui est-il vraiment ? Et, surtout, sera-t-il capable de tenir ses promesses ?

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Les alliances qu’AMLO a tissées sont si hétéroclites qu’il est difficile de prédire ce que sera réellement sa présidence. D’un côté, la présence d’un ex-industriel millionnaire, Alfonso Romo, comme directeur de cabinet est de nature à rassurer les milieux d’affaires, tandis qu’elle fait grincer des dents à gauche. De l’autre, il a formé sa coalition avec le Parti du travail (PT, gauche), qui veut une meilleure répartition des richesses, dans un pays où la pauvreté touche 43 % de la population, mais aussi avec le Parti rencontre sociale (PES, évangélique), qui met pourtant homosexualité, avortement, insécurité et trafic de drogue sur le même plan.
La volonté réformiste d’AMLO doit être encouragée. Mais, à ce stade, la méthode pour y parvenir et les financements nécessaires restent flous. Il affirme qu’il va « pacifier le pays » en trois ans, un délai bien court pour démanteler un véritable narco-Etat, qui s’est infiltré dans la plupart des institutions publiques locales. Il prétend vouloir engager un programme de redistribution des richesses grâce à l’argent qui sera récupéré en mettant fin à la corruption. Mais, là encore, il s’agit d’une œuvre de longue haleine, qui nécessitera un changement profond des habitudes, où corrupteurs et corrompus sont les rouages d’un même mécanisme.
AMLO affirme qu’il suffit d’appliquer les lois et de donner l’exemple pour créer l’effet d’entraînement qui mettra fin à la violence et aux inégalités. Il faudra cependant plus que des mots et des discours ambigus pour incarner le changement voulu par les Mexicains. Sinon, la déception pourrait être inversement proportionnelle à la hauteur des espoirs suscités.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ L’élection présidentielle est prévue en principe en octobre, mais elle n’a pas encore été convoquée par les autorités.
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Compte rendu

Les législatives camerounaises reportées d’un an

L’élection présidentielle est prévue en principe en octobre, mais elle n’a pas encore été convoquée par les autorités.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-07-03T11:21:53+02:00"

        Le 03.07.2018 à 11h21






    
L’extension d’un an du mandat des députés a été sollicitée par le président camerounais Paul Biya.
Crédits : LUDOVIC MARIN / AFP


Les députés camerounais ont adopté lundi 2 juillet la prorogation d’un an de leur mandat, demandée par le président Paul Biya. Ils reportent les législatives à 2019, après les élections générales, dont la présidentielle, prévues cette année.
« Le projet de loi portant prorogation du mandat des députés a été adopté ce jour lors d’une séance plénière à l’Assemblée nationale », a affirmé à l’AFP un responsable du Parlement.
« Le mandat des députés est prorogé pour une durée de douze mois, à compter du 29 octobre 2018 », peut-on lire dans le projet de loi adopté lundi.

        Lire la chronique
         

          « Au Cameroun, le fédéralisme comme la décentralisation sont de mauvaises solutions »



« La tenue au cours de l’année 2018 des élections présidentielle, législatives et municipales sensiblement aux mêmes périodes rend difficile leur organisation matérielle, à cause du chevauchement des opérations électorales », a expliqué Paul Biya, 85 ans dont 35 au pouvoir, dans une correspondance au Parlement.
Grave crise socio-politique
L’élection présidentielle est prévue en principe en octobre, mais elle n’a pas encore été convoquée par les autorités camerounaises.
Elle se tiendra dans un contexte difficile alors que le groupe djihadiste Boko Haram sévit toujours dans l’Extrême-Nord du pays et que les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont confrontées à une grave crise socio-politique depuis fin 2016.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Le prochain responsable de l’Organisation internationale de la Francophonie sera désigné lors d’un sommet en octobre.
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Compte rendu

L’Union africaine soutient la candidature rwandaise à la Francophonie

Le prochain responsable de l’Organisation internationale de la Francophonie sera désigné lors d’un sommet en octobre.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-07-03T11:19:02+02:00"

        Le 03.07.2018 à 11h19






    
La ministre rwandaise des affaires étrangères Louise Mushikiwabo, candidate à la direction de l’OIF, le 1er juillet 2018 à Nouakchott.
Crédits : AHMED OULD MOHAMED OULD ELHADJ / AFP


La Francophonie s’est invitée, lundi 2 juillet, au sommet de l’Union africaine (UA) avec la candidature du Rwanda pour diriger l’institution, après quatre ans de mandat de la Canadienne Michaëlle Jean, candidate à sa propre succession en octobre.
« L’Union africaine a demandé à tous les membres de la Francophonie de soutenir la candidature du Rwanda » en la personne de la cheffe de la diplomatie rwandaise, Louise Mushikiwabo, à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), a déclaré à l’AFP un responsable d’un pays francophone présent au sommet de Nouakchott.
« Une décision d’un soutien collectif » en faveur de la candidature rwandaise a été prise lors du sommet de Nouakchott, a confirmé à l’AFP le chef de la diplomatie d’un autre pays membre de l’OIF.
Avant l’ouverture du sommet de l’UA à Nouakchott dimanche, le président du Rwanda, Paul Kagame, qui exerce la présidence tournante de l’UA, avait fait savoir qu’il tenterait de s’assurer du soutien de ses pairs à la candidature de Mme Mushikiwabo.
Paris appuie cette démarche, qui permettrait de ramener la direction de l’OIF en Afrique.
Critiquée au Québec
Le prochain sommet de la Francophonie, devant désigner le futur chef de l’organisation, doit se réunir les 11 et 12 octobre en Arménie.
Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, avait déclaré en mai son soutien à un deuxième mandat de Michaëlle Jean à la tête de l’OIF, expliquant qu’elle allait présenter un « plan précis » pour faire taire les critiques à son encontre.
Le dirigeant libéral réagissait au soutien de la France, exprimé par le président Emmanuel Macron, à la candidature rwandaise.

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                A la tête de la francophonie, Michaëlle Jean sur la sellette pour des dépenses somptuaires



Le Québec, qui est avec le Canada le deuxième contributeur de l’OIF, derrière Paris, avait exprimé ces derniers mois des réserves à l’égard de la gestion et du train de vie de Mme Jean.
Ex-gouverneure générale du Canada (représentante de la reine Elizabeth II, chef d’Etat en titre), et ancienne journaliste née en Haïti, elle a fait carrière au Canada.
Les médias québécois ont pointé ces derniers mois les dépenses, qualifiées de somptuaires, de la Francophonie pour Michaëlle Jean et sa famille. La résidence officielle de la secrétaire générale de l’OIF a été rénovée pour 500 000 dollars canadiens (plus de 330 000 euros) et quatre chauffeurs sont mis à sa disposition, a rapporté notamment en mars le Journal de Montréal.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ La région de Deraa était l’une des premières à se rebeller contre le régime Assad. Assiégés par les forces russo- syriennes, les rebelles négocient leur capitulation.
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La fin programmée de la rébellion du Sud syrien

La région de Deraa était l’une des premières à se rebeller contre le régime Assad. Assiégés par les forces russo- syriennes, les rebelles négocient leur capitulation.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 11h09
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 12h12
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            

A la fin du mois de juin, peu après le début de l’offensive des forces loyalistes contre la région de Deraa, à la pointe sud de la Syrie, un pilote de chasse syrien s’était photographié dans son cockpit, alors qu’il survolait ce fief rebelle, en brandissant une note où il était écrit : « C’est ici que la sédition est née et c’est ici qu’elle sera écrasée. »
Cette prédiction macabre, relayée sur des comptes Twitter prorégime, est en passe de se réaliser. A la manière de dominos, les villages qui parsèment cette plaine agricole en lisière de la Jordanie et d’Israël, nommée le Hauran, qui fut le théâtre des prémices du soulèvement anti-Assad en 2011, retombent l’un après l’autre sous la coupe du gouvernement syrien.
En usant de la puissance de feu dévastatrice de son allié russe et de la terreur qu’elle inspire, l’armée régulière a déjà récupéré près de la moitié du territoire rebelle. Amorcée le 26 juin par la prise de Busr Al-Harir, un bourg que ses défenseurs ont abandonné en quelques heures, l’offensive terrestre s’est rapidement déployée vers le sud, en direction de la frontière jordanienne. Un objectif qui ne se trouve plus qu’à 7 km des troupes gouvernementales.

En plus des villages qu’elles ont regagnés par la force, causant la mort de 130 civils, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), près d’une quinzaine de localités se sont rendues sans combattre, au terme de négociations menées avec l’armée russe. Un accord global que Damas qualifie de « réconciliation », mais qui s’apparente à une capitulation forcée, est en cours d’élaboration entre la Russie et la Jordanie, le tuteur des groupes armés du sud.
Censés être amnistiés

Au cœur des tractations figurent la remise par les rebelles de leurs armes moyennes et lourdes, le déploiement des forces du régime au poste frontalier de Nassib, un sas commercial majeur entre la Syrie et la Jordanie, le retour des institutions étatiques...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ La coalition d’Andres Manuel Lopez Obrador remporte largement élections législatives, sénatoriales et locales.
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Au Mexique, l’« insurrection électorale » d’AMLO

La coalition d’Andres Manuel Lopez Obrador remporte largement élections législatives, sénatoriales et locales.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 11h05
    |

            Frédéric Saliba (Mexico, correspondance)








                        



                                


                            

Grand chelem électoral pour Andres Manuel Lopez Obrador qui a conquis haut la main, dimanche 1er juillet, la présidence au Mexique. La coalition menée par son parti de gauche a raflé la plupart des autres mandats législatifs, régionaux et municipaux aussi en jeu. Un tsunami qui lui donnera les coudées franches pour honorer ses promesses de « transformation profonde du pays ». Ces pleins pouvoirs suscitent autant l’espoir que les craintes dans un pays divisé.
Le président élu, surnommé par ses initiales « AMLO », a battu plusieurs records électoraux. Il a décroché 53 % des suffrages. Du jamais-vu depuis l’époque de l’hégémonie du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) durant soixante et onze ans jusqu’en 2000, avant son retour au pouvoir en 2012. La fin du décompte préliminaire est prévue, jeudi 5 juillet, en regard de l’ampleur du scrutin (18 000 mandats).
Mais, lundi, les résultats partiels laissaient présager une majorité absolue à la Chambre des députés, et relative au Sénat pour son Mouvement de régénération nationale (Morena, gauche) et ses alliés du Parti des travailleurs (PT) et du Parti rencontre sociale (PES, évangélique). Un raz-de-marée inédit depuis 1997. A l’époque, le PRI avait perdu pour la première fois sa majorité au Congrès, ouvrant la voie au processus de démocratisation de l’Etat.

Baptisée « Ensemble, nous ferons l’histoire », la coalition d’AMLO a aussi remporté au moins quatre des huit postes de gouverneur en compétition, dont celui de Morelos gagné par l’ancien footballeur, Cuauhtémoc Blanco. Sans compter l’Etat de Tabasco, terre natale d’AMLO, où son candidat, Adan Augusto Lopez, est crédité de 64 % des suffrages. Même succès annoncé aux municipales, mais on ne connaît pas encore son ampleur.
Le programme d’AMLO prévoit notamment d’augmenter le salaire minimum journalier, de bloquer la hausse des prix de l’essence ou de réduire de moitié les revenus des hauts fonctionnaires, dont...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ La chancelière a cédé aux conservateurs bavarois sur l’immigration, au risque de froisser les sociaux-démocrates.
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En Allemagne, fragile accord entre Angela Merkel et la CSU

La chancelière a cédé aux conservateurs bavarois sur l’immigration, au risque de froisser les sociaux-démocrates.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 11h00
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Finalement, il ne partira pas. Vingt-quatre heures après avoir menacé de démissionner, le ministre allemand de l’intérieur, Horst Seehofer, a obtenu ce qu’il voulait de la chancelière, Angela Merkel, pour rester au gouvernement. « Nous avons trouvé un accord qui nous permettra, à l’avenir, d’empêcher toute forme de migration illégale à la frontière entre l’Allemagne et l’Autriche. (…) Cet arrangement me permet de continuer à diriger le ministère de l’intérieur, de la construction et de la patrie », a déclaré, lundi 2 juillet au soir, le président de l’Union chrétienne-sociale (CSU), l’alliée bavaroise de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de Mme Merkel.
Plus de quatre heures de pourparlers auront été nécessaires, lundi, pour parvenir à cet accord qui permet à la chancelière allemande d’éviter ce qu’elle redoutait le plus : une rupture entre la CDU et la CSU, et, par conséquent, la fin programmée de la « grande coalition » qu’elle a péniblement mise en place, mi-mars, après six mois d’interminables tractations. Quelques minutes après le départ de M. Seehofer du siège de la CDU, à Berlin, Mme Merkel s’est exprimée à son tour devant les journalistes pour se féliciter, elle aussi, d’un accord qu’elle a qualifié d’« avancée décisive pour pouvoir contrôler et organiser les migrations secondaires », autrement dit les mouvements de migrants à l’intérieur de l’Union européenne (UE).

Concrètement, l’accord scellé, lundi soir, prévoit que les demandeurs d’asile arrivant en Allemagne mais déjà enregistrés dans un autre pays de l’UE soient placés dans des « zones de transit » situées près de la frontière avec l’Autriche, en attendant d’être expulsés. En principe, les renvois doivent se faire dans les pays où ces demandeurs d’asile sont arrivés en premier, ce qui suppose que ces pays donnent leur feu vert pour les accueillir. En cas de refus de leur part, les demandeurs d’asile seront « refoulés à la frontière...




                        

                        

