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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Les réfugiés concernés sont essentiellement érythréens et soudanais. Ils devraient arriver « rapidement » en France, selon le directeur de l’Ofpra, Pascal Brice.
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Migrants : la France va accueillir 132 réfugiés de l’« Aquarius » et du « Lifeline »

Les réfugiés concernés sont essentiellement érythréens et soudanais. Ils devraient arriver « rapidement » en France, selon le directeur de l’Ofpra, Pascal Brice.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 13h21
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 14h45
    |

            Julia Pascual








                        



   


La France va accorder le statut de réfugié à 132 personnes, parmi celles secourues par les navires d’ONG Aquarius et Lifeline, a appris Le Monde auprès de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra).
A Valence, l’Aquarius avait accosté le 11 juin avec à son bord 629 personnes. Parmi les nationalités les plus représentées, notamment, 184 Soudanais, 144 Nigérians, 52 Erythréens ou encore 41 Algériens.
La France, qui n’avait pas proposé d’accueillir l’Aquarius dans ses ports, avait souhaité témoigner sa solidarité à l’Espagne, et l’Ofpra s’était déplacé à Valence pour identifier des personnes pouvant relever de l’asile. Quelque 215 personnes s’étaient manifestées pour déposer une demande de protection auprès de la France. Parmi elles, d’après nos informations, 121 Soudanais, 39 Erythréens et 37 Algériens. A l’arrivée, seulement 135 personnes se sont présentées aux entretiens. Cette différence peut s’expliquer par le fait que certaines nationalités savent qu’elles ont peu de chance d’obtenir l’asile en France. Le taux de protection des demandeurs d’asile algériens était par exemple de 5,9 % en 2017. De fait, ce sont essentiellement des personnes originaires du Maghreb qui ne se sont pas présentées aux officiers de protection français à Valence.
In fine, l’Ofpra va accorder le statut de réfugié à environ 80 personnes, « très largement des Soudanais et des Erythréens », précise M. Brice, le directeur de l’office. En 2017, ces nationalités ont bénéficié en France d’un taux de protection de respectivement 59,5 % et 73 %.

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« Les personnes secourues en mer relèvent bien du droit d’asile »
Alors que l’Italie a continué de refuser d’accueillir dans ses ports les bateaux d’ONG, c’est à Malte qu’un autre navire, le Lifeline, a accosté le 27 juin avec à son bord plus de 234 migrants. Cette fois, outre l’Ofpra, plusieurs offices de protection européens ont proposé d’étudier les demandes d’asile des migrants secourus, dont ceux du Portugal, de Belgique, du Luxembourg, des Pays-Bas ou encore d’Irlande. L’Ofpra a d’ores et déjà terminé sa mission et identifié 52 personnes, essentiellement des Soudanais et des Erythréens, qui pourront bénéficier de l’asile en France.

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« Même si ces chiffres sont symboliques, la preuve est faite que les personnes secourues en mer relèvent bien du droit d’asile, estime M. Brice. Cela illustre également qu’on est capable de faire fonctionner des lieux d’instruction de la demande d’asile en Europe. »
Au sortir du Conseil européen des 28 et 29 juin, l’Union européenne s’est engagée à explorer la mise en place de « plateformes régionales de débarquement » et de « centres contrôlés » pour étudier au cas par cas les demandes d’asile. Mais depuis, l’Italie et la France ont notamment exclu l’idée d’accueillir de tels dispositifs. Par ailleurs, l’Italie et Malte ont encore refusé d’accueillir un navire humanitaire, géré par l’association espagnole Proactiva Open Arms et transportant 59 migrants secourus au large de la Libye. Il faisait route dimanche vers Barcelone. Depuis le début de l’année, plus d’un millier de personnes sont mortes en tentant de traverser la Méditerranée depuis la Libye pour rejoindre l’Europe.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Les deux membres du forum « 18-25 » de jeuxvideo.com qui avaient participé à une campagne de cyberharcèlement contre la journaliste devront payer 2 000 euros de dommages et intérêts.
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Deux hommes condamnés à de la prison avec sursis pour avoir menacé la journaliste Nadia Daam

Les deux membres du forum « 18-25 » de jeuxvideo.com qui avaient participé à une campagne de cyberharcèlement contre la journaliste devront payer 2 000 euros de dommages et intérêts.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 16h28
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 16h57
    |

            Pascale Robert-Diard








                        


Deux « trolls » en chair et en os à la barre du tribunal correctionnel de Paris. Même rudimentaire, on n’allait pas rater cet échantillon des pollueurs du web qui, sous les pseudonymes les plus poétiques, « putefeministe » ou « monfoutredejuif », inondent les réseaux sociaux de leurs aigreurs. L’un et l’autre ont comparu, mardi 3 juillet, pour avoir menacé la journaliste d’Europe 1, Nadia Daam qui, dans une chronique, avait osé s’en prendre à leur forum familier, « Blabla 18-25 » sur le site Jeuxvideo.com pour en dénoncer les dérives misogynes.
A la suite d’une plainte de la chroniqueuse, les enquêteurs qui ont fouillé les entrailles du Web à la recherche des auteurs des milliers de messages injurieux et menaçants déversés pendant des semaines, en ont identifié sept. Trois à Paris, dont un mineur qui a fait l’objet d’une procédure distincte et quatre en province, qui sont eux aussi poursuivis. Le premier, renvoyé pour « menaces de mort », s’abrite sous le nom de « Tintindealer » – numéroté de 1 à 50, selon ses comptes – il a 21 ans, il est technicien chez Orange. Le second, qui doit répondre de « menaces de crime », sévit notamment sous les identités de « Quatrecenttrois », « Spermsurclavier » ou « salairedeprolo ». Il a 35 ans, il est administrateur de base de données. Tous deux portent des lunettes sages, le plus jeune est nettement plus honteux que son aîné.

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Un matin d’octobre 2017, alors qu’il était sur son lieu de travail, il a allumé son téléphone pour « discuter normalement avec [ses] amis virtuels sur Twitter » très remontés contre les propos de la journaliste sur le forum 18-25. Voulant aussitôt prendre sa part de l’indignation, sans même se donner le temps d’écouter la chronique en cause, il a tapé « Daesh montage » et « NadiaDaam » sur Google, trouvé les photos qu’il cherchait et posté sur son compte une image de la journaliste sous les traits d’un otage de l’organisation Etat islamique sur le point de se faire exécuter. Il trouvait ça « humoristique », avait-il expliqué aux policiers sur procès-verbal et précisé que « personnellement », il « n’aimait pas trop les féministes ».
« J’suis pas Guillaume Apollinaire non plus ! »
A la présidente qui lui répète ses propos, il répond, gêné : « C’est vrai, c’est pas vraiment humoristique. Et aussi, je n’ai pas de problème avec le féminisme. Avec le recul, je m’aperçois que c’est grave et je présente mes excuses. » Sur le ton de l’absolue contrition, il répète que ce qu’il a fait est « inacceptable », présente ses excuses à la chroniqueuse et assure que la leçon a été retenue. « J’ai fermé mes comptes depuis », dit-il.

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« Quatrecenttrois » ou « Spermsurclavier » n’a pas même l’excuse de la jeunesse. On se demande d’ailleurs ce qu’il fiche à 35 ans, sur un forum 18-25. A moins que pour cela justement, il ne soit représentatif de la bulle des « forumers » et de leurs frustrations. Ce jour-là, il était « comme d’habitude » à la fois devant un jeu vidéo en ligne et sur le forum, quand il a posté : « En tout cas, la MILF [pour Mum I’d like to fuck] brunette, je lui remplis sa petite bouche de mon foutre. » « Ça m’a pris trois secondes, j’y ai même pas pensé. C’était juste pour troller. » Il admet : « C’était une image, comme “je vais te couper les oreilles en pointe” ou “je vais te décrocher la lune”. Bon, j’étais pas très inspiré, voilà. J’suis pas Guillaume Apollinaire non plus ! » 
« Quatrecenttrois » est aujourd’hui très ennuyé parce que, explique-t-il, le retentissement de cette histoire a eu des répercussions sur sa vie : « J’ai été mis à pied par mon employeur. » Il aurait d’ailleurs volontiers continué à se plaindre de son sort si son avocat ne lui avait sèchement demandé de se taire.
Nadia Daam, elle, raconte à la barre des mois de harcèlement, la photo de sa fille mise en ligne accompagnée de menaces de viols, le piratage de tous ses comptes sur les réseaux sociaux, les coups de pied frappés sur sa porte de nuit jusqu’à une intrusion à son domicile où seuls les ordinateurs ont été dérobés. « C’est compliqué d’expliquer à sa fille de douze ans qu’elle est menacée de viol, comme sa mère et de l’emmener dormir par sécurité à l’hôtel », raconte-t-elle.
L’enjeu de la plainte de la journaliste, explique son avocat, Me Eric Morain, vise à « faire savoir que ce type de menaces virtuelles ne reste pas impuni », même s’il n’est pas question de faire porter sur les seules épaules de « Tintindealer » et de « Quatrecentrois » la violence et le déferlement de haine qu’elle a subie. Les deux trolls ont été condamnés à six mois d’emprisonnement avec sursis et 2 000 euros de dommages et intérêts. Retour au monde réel.
A ce stade, le lecteur se demande peut-être pourquoi ces deux hommes ne sont pas désignés ici sous leur véritable identité. La question s’est posée. On a d’abord pensé spontanément, que ce ne serait que revanche bien sentie à l’égard de ceux qui se permettent tout sous anonymat. Après réflexion - car dans le monde réel, on réfléchit avant d’écrire - on se dit que c’est inutile.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Plus de 70 artistes, dont Abd Al Malik, Goldman ou Jain, demandent la juste rémunération des œuvres diffusées sur Internet, avant le vote, jeudi, d’une directive européenne.
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« Si on ne peut pas vivre de nos œuvres, nous, créateurs, sommes condamnés à disparaître »

Plus de 70 artistes, dont Abd Al Malik, Goldman ou Jain, demandent la juste rémunération des œuvres diffusées sur Internet, avant le vote, jeudi, d’une directive européenne.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 17h30
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 18h04
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. La création ne devrait pas être un sujet d’opposition, elle est au contraire un trait d’union, un synonyme d’aspirations et d’opportunités pour tous les citoyens.
En tant qu’artistes, nous sommes très choqués de voir aujourd’hui qu’un texte sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique en Europe, qui prévoit notamment une plus grande protection des créateurs sur Internet, fasse l’objet d’une campagne de désinformation au service des grandes puissances du numérique. Une campagne qui répand l’idée que ce texte met en péril l’exercice des libertés fondamentales sur Internet.

Evidemment, tout cela est faux ! L’objectif de cette nouvelle directive n’est pas d’imposer un filtrage ou une quelconque censure sur Internet, mais au contraire de permettre de mieux identifier les œuvres diffusées sur les plates-formes numériques et de rémunérer leurs auteurs. Ces puissants acteurs économiques du numérique sont aujourd’hui des diffuseurs comme les autres, des partenaires essentiels comme les autres et, à ce titre, doivent être responsables comme les autres.

Définir un cadre juridique pour trouver un meilleur équilibre entre nous n’est donc pas un acte liberticide, bien au contraire. Nous sommes les petits du numérique, ils sont les géants ! La régulation ne restreint ni l’innovation, ni la liberté, mais c’est une nécessité pour s’assurer que les entreprises se comportent correctement.
Un impact direct et dangereux
Stigmatiser et caricaturer le droit de propriété intellectuelle, présenté comme le privilège de quelques-uns venant museler la liberté d’expression, sert en réalité les intérêts économiques de ces grands acteurs, les GAFA [Google, Apple, Facebook, Amazon].
Nous, créateurs, demandons seulement que soit trouvé un point d’équilibre entre ces libertés qui, si elles sont reconnues comme fondamentales, sont parfaitement conciliables.

Tout recul...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Sujet très clivant dans le pays, le gouvernement a approuvé, mardi, un plan de relance du nucléaire, sept ans après la catastrophe. La compagnie Tepco plaide, elle, pour de nouvelles centrales.
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Sept ans après Fukushima, le Japon reprend le chemin du nucléaire

Sujet très clivant dans le pays, le gouvernement a approuvé, mardi, un plan de relance du nucléaire, sept ans après la catastrophe. La compagnie Tepco plaide, elle, pour de nouvelles centrales.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 14h41
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 15h12
    |

                            Nabil Wakim








                        



   


A la « une » des journaux japonais, la spectaculaire défaite dans le mondial de football de l’équipe nationale contre la Belgique, lundi 2 juillet, à Rostov-sur-le-Don, en Russie, a quelque peu masqué la nouvelle, mais elle n’en représente pas moins un virage important : sept ans après la catastrophe de Fukushima, le Japon s’apprête à reprendre vigoureusement le chemin du nucléaire.
Mardi, le gouvernement de Shinzo Abe a approuvé un plan énergétique visant à atteindre une proportion de 20 % à 22 % dans d’électricité d’origine nucléaire à l’horizon 2030. Elle était d’environ 30 % avant Fukushima, et de 2 % à fin 2017. Sur les cinquante-quatre réacteurs du pays, seuls neuf produisent actuellement de l’électricité.
Dans le même cadre, le pays s’engage à augmenter significativement le poids des énergies renouvelables, qui devront atteindre 22 % à 24 % du mix électrique dans la même temporalité – contre 15 % aujourd’hui. Le charbon, le pétrole et le gaz resteront toutefois majoritaires dans la production d’électricité, à 56 %.
Mauvais élèves des pays développés
Depuis Fukushima et la mise à l’arrêt du parc nucléaire japonais, le pays avait fait exploser ses émissions de gaz à effet de serre, en produisant massivement son électricité à partir de charbon et de gaz. Le Japon est ainsi le premier importateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL), notamment depuis le Qatar.
Alors qu’au moment des accords de Kyoto, en 1990, le Japon était en pointe dans la lutte contre le réchauffement climatique, il est aujourd’hui l’un des plus mauvais élèves parmi les pays développés.
Dans ce nouveau plan, le pays s’engage à réduire de 80 % ses émissions de gaz à effet de serre entre 2013 et 2050, ce qui nécessite des efforts massifs. Et le gouvernement considère que le nucléaire, qui n’émet pas de CO2, est « une ressource indispensable » aux côtés des énergies renouvelables.
Ce plan est un virage important par rapport à la politique mise en œuvre ces dernières années dans le pays. Le précédent gouvernement avait pris l’engagement de mettre à l’arrêt l’ensemble des centrales du pays d’ici à 2039. Mais le premier ministre, Shinzo Abe, partisan de longue date de l’énergie nucléaire, avait affiché sa volonté de remettre sur pied la filière japonaise.

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Casus belli pour les antinucléaires
Le sujet reste très controversé dans le pays, y compris au sein du parti au pouvoir. La sortie du nucléaire est défendue par plusieurs anciens premiers ministres, Junichiro Koizumi – mentor de Shinzo Abe, l’actuel premier ministre –, Morihiro Hosokawa ou encore Naoto Kan, qui dirigeait le gouvernement au moment de la catastrophe.
Si le plan énergétique ne mentionne pas directement la construction de nouvelles centrales, plusieurs experts estiment que cela sera indispensable pour atteindre l’objectif des 20 % à 22 % en 2030. Il faudra non seulement relancer plus de réacteurs qu’actuellement, mais également en construire de nouveaux. Plusieurs des centrales actuelles auront atteint leur limite d’âge avant cette date.
Pour autant, le redémarrage des centrales s’annonce complexe. Depuis Fukushima, l’autorité de sûreté a considérablement durci les règles. Ce qui a conduit à la mise en œuvre de travaux importants – et coûteux. Sans compter la très forte réticence des habitants et des élus locaux lors des redémarrages de réacteurs.

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Les conséquences toujours en cours de Fukushima
Malgré ces difficultés, la filière nucléaire japonaise entend saisir l’opportunité. Tomoaki Kobayakawa, le patron de Tokyo Electric Power Company (Tepco), géant nucléaire de l’île, très décrié pour sa gestion de la crise de Fukushima, a annoncé mardi « lancer l’étude géologique pour la construction d’une nouvelle unité à Higashidori », dans le nord de l’archipel. Ce projet était déjà à l’étude avant la catastrophe de Fukushima, mais avait été interrompu en 2011.
Cette annonce est un casus belli pour les antinucléaires japonais, qui estiment que relancer une nouvelle centrale, alors que les conséquences de l’accident de Fukushima sont toujours en cours, est une grave erreur.
Cette catastrophe, conséquence d’un tsunami, avait provoqué la fusion du cœur du réacteur de la centrale et forcé des dizaines de milliers de personnes à quitter leur domicile et rendu inhabitable une partie de la région.
Dans un éditorial très dur, en mai, le grand quotidien japonais Asahi Shimbun avait condamné la volonté du gouvernement de prendre cette direction. « L’administration Abe devrait faire face à la dure réalité concernant le nucléaire, notamment le fait que la majorité des Japonais est opposée au redémarrage des réacteurs », estimait le quotidien, qui pressait le gouvernement « d’abandonner totalement ses efforts pour maintenir la dépendance du Japon au nucléaire ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Vainqueurs des Helvètes (1-0), les Suédois se qualifient pour les quarts de finale du Mondial pour la première fois depuis 1994.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Dix personnes avaient été tuées dans un raid de l’armée ivoirienne. Mediapart a révélé les conclusions du parquet qui pointent les entraves de Paris dans l’enquête.
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Compte rendu

Bombardement de Bouaké en 2004 : vers l’ouverture d’un procès en France

Dix personnes avaient été tuées dans un raid de l’armée ivoirienne. Mediapart a révélé les conclusions du parquet qui pointent les entraves de Paris dans l’enquête.

Charlotte Bozonnet et 
Pierre Lepidi
    



LE MONDE
              datetime="2018-07-03T18:08:28+02:00"

        Le 03.07.2018 à 18h08






    
Un avion de chasse de l’armée de l’air ivoirienne détruit sur ordre du président Jacques Chirac, à Yamoussoukro le 8 novembre 2004.
Crédits : Luc Gnago / Reuters


Quatorze ans après les faits, le bombardement d’une base militaire française à Bouaké, la deuxième ville de Côte d’Ivoire, devrait bien donner lieu à un procès. L’information, révélée par Mediapart mardi 3 juillet, représente un coup de théâtre spectaculaire dans cette affaire nimbée du secret d’Etat. « Quatorze ans après la mort de neuf soldats français et d’un humanitaire américain […], le parquet de Paris a sollicité, le 25 juin 2018, le renvoi devant la cour d’assises de trois pilotes accusés d’avoir participé à ce raid meurtrier », écrit le site d’information qui a pu consulter le réquisitoire de 140 pages.
Il s’agit de deux lieutenants de l’armée ivoirienne, Patrice Ouei et Ange Gnanduillet, et d’un mercenaire biélorusse, Yury Sushkin, dont l’implication ne fait « aucun doute » aux yeux du parquet, lequel requiert leur renvoi aux assises pour « assassinats, tentatives d’assassinats et destruction des biens d’autrui aggravée par deux circonstances (en réunion et au préjudice d’une personne dépositaire de l’autorité publique) ».

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Selon Mediapart, la juge d’instruction Sabine Kheris, chargée du dossier depuis 2012, pourrait signer l’ordonnance de renvoi des pilotes devant une cour d’assises spécialisée en matière militaire dans les prochaines semaines.
Panier de roquettes
A l’époque des faits, la Côte d’Ivoire était coupée en deux : le Sud, contrôlé par le président Laurent Gbagbo, et le Nord, aux mains des rebelles des Forces nouvelles. Les forces françaises de l’opération « Licorne », étaient alors déployées entre les deux parties avec les casques bleus de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) pour établir une zone de confiance. L’un de leurs camps était ainsi installé dans l’ancien lycée français de Bouaké, au centre du pays.

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Ce 6 novembre 2004, à 13 h 15, deux Sukhoï, des chasseurs de l’aviation ivoirienne, sont apparus dans le ciel au-dessus du camp. Alors que le foyer venait de fermer après le déjeuner, les soldats se trouvaient à l’extérieur, attablés autour d’un café. Après un premier passage à basse altitude, un Sukhoï s’est placé dans l’alignement du bâtiment où vivaient les troupes françaises, et a largué un ou plusieurs paniers de roquettes. « En sortant, j’ai eu un choc. Il y avait tous ces hommes couchés par terre, comme si on les avait fauchés. On entendait des gémissements, des cris. Il y en avait qui râlaient. Des hommes avaient des blessures horribles, des casques arrachés, des gilets pare-balles troués, une vision d’horreur », racontait au Monde un civil miraculé, quelques semaines après l’attaque dont le bilan fut de neuf morts et 33 blessés parmi les soldats français, en plus du décès d’un civil américain.
Moins d’une heure après avoir frappé le camp français, les Sukhoï avaient été détruits à leur retour à Yamoussoukro par des militaires français. Puis l’ensemble des moyens aériens ivoiriens avaient été neutralisés sur ordre de Jacques Chirac. L’enquête, elle, avait très vite piétiné.

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En effet, depuis 2004, les entraves à la vérité et à la justice se sont succédé au plus haut niveau de l’Etat français. « Quatorze années d’instruction, ainsi que le travail minutieux et opiniâtre de certains magistrats instructeurs et conseils de parties civiles ont permis de reconstituer certains rouages, sans toujours bénéficier de la célérité et de la spontanéité (…) que les victimes, au service de leur patrie, auraient pu légitimement espérer des institutions nationales », a ainsi martelé Michel Guedes, le vice-procureur du Tribunal de grande instance (TGI) de Paris, au terme d’un réquisitoire cinglant pour les autorités françaises, rappelle Médiapart.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Les partenaires commerciaux des Etats-Unis, dont l’Europe, envisagent de taxer 294 milliards de dollars d’exportations américaines annuelles.
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Taxes américaines sur les voitures : l’Europe menace Donald Trump de représailles

Les partenaires commerciaux des Etats-Unis, dont l’Europe, envisagent de taxer 294 milliards de dollars d’exportations américaines annuelles.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 11h50
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Ils ont à peine réussi à réduire les tensions politiques autour des questions migratoires que les dirigeants de l’Union européenne (UE) redoutent déjà la prochaine crise. Après avoir une première fois maltraité les Européens en taxant le 1er juin à 25 % leurs exportations d’acier et à 10 % celles d’aluminium, Washington a lancé une autre enquête au nom de la sécurité nationale des Etats-Unis et menace de s’en prendre à leurs exportations de voitures outre-Atlantique.
Une décision d’une tout autre ampleur : ces taxes toucheraient très durement l’Allemagne, première puissance exportatrice de l’UE avec plus de 600 000 voitures exportées et 50 milliards d’euros d’excédents commerciaux, tous secteurs confondus, avec les Etats-Unis. Cela obligerait probablement les Européens à réagir (comme ils l’ont fait avec l’acier et l’aluminium), avec le risque, cette fois très sérieux, d’une véritable guerre commerciale entre deux alliés historiques.
Les Européens tentent d’y échapper par tous les moyens, même s’ils ne se font guère d’illusions : ils ont appris à prendre Donald Trump au mot. Or le président américain est obsédé depuis le début de son mandat par l’excès, selon lui, de grosses cylindrées allemandes circulant dans les rues de New York.
La Commission européenne a lancé un avertissement fort, lundi 2 juillet, en rendant public un document destiné au département du commerce américain où elle évalue le préjudice que pourraient subir les Etats-Unis, si Washington mettait ses menaces à exécution au nom d’un impératif de sécurité nationale qui, estime Bruxelles, « viole le droit international ».
La Commission souligne que les constructeurs européens, par le biais de leurs usines américaines, ont engendré « 120 000 emplois directs et indirects » outre-Atlantique
Les « rétorsions » des partenaires des Américains pourraient porter sur la somme colossale de 294 milliards de dollars (252 milliards d’euros), soit 19 % du total...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ L’Insee publie la photographie du marché de l’emploi en France en 2017. Et pour la première fois depuis longtemps, l’industrie a recréé des postes en France.
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2017 : année record pour l’emploi

L’Insee publie la photographie du marché de l’emploi en France en 2017. Et pour la première fois depuis longtemps, l’industrie a recréé des postes en France.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 18h13
    |

            Elise Barthet








                        



   


A quoi ressemble le marché du travail en France en 2017 ? C’est pour répondre à cette question – et à bien d’autres – que l’Insee publie mardi 3 juillet le document Insee Références « Emploi, chômage, revenus du travail » qui présente un ensemble d’indicateurs et d’analyses. Et le premier enseignement de cette publication c’est d’insister sur le fait que l’exercice écoulé est un millésime exceptionnel, avec un record à la clé. L’an passé, il s’est créé en net près de 341 000 emplois par rapport à l’année précédente. C’est la plus forte progression depuis 2007. Un sommet qui ne sera certainement pas atteint à nouveau en 2018, les prévisionnistes tablant sur une progression deux fois moindre cette année, de l’ordre de 183 000 créations nettes d’emplois.
Si le taux de chômage en moyenne annuelle est resté haut, à 9,4 %, il a toutefois diminué pour la deuxième année consécutive, de 0,7 point après – 0,3 point en 2016, malgré la réduction drastique des contrats aidés. Et, selon l’Insee, les femmes seraient un tout petit peu moins touchées que les hommes. Résultat : 27,8 millions de personnes étaient en emploi en France fin 2017, dont 25 millions de salariés.
L’industrie et la construction ont recréé des emplois
C’est le secteur privé, et notamment le tertiaire marchand, qui tire cette croissance. Il a créé 355 000 emplois salariés en 2017, après 205 000 en 2016. Même l’industrie, à la peine ces dernières années, est repassé dans le vert avec 3 000 nouveaux postes. 46 000 en comptant les intérimaires. Une trajectoire que l’on retrouve aussi dans la construction : + 31 000 postes (59 000 en incluant le travail temporaire).
Les statistiques sont moins roses dans la fonction publique, qui a perdu l’an passé 7 000 emplois, alors que le nombre d’emplois avait augmenté de 24 000 en 2016.
Forte hausse de l’intérim
Même si la part des CDI n’a pas baissé (84,5 % des actifs en emploi salarié), la hausse a davantage concerné les contrats à durée déterminée et les missions ponctuelles. Ces dernières ont gonflé de 814 000 personnes les rangs des intérimaires. Une hausse massive de 17,9 %. A l’inverse, l’emploi à temps partiel, qui concerne toujours un petit cinquième des actifs, a légèrement diminué.
Augmentation de l’activité des seniors
« La population active se recompose » en fonction des générations, note l’Insee : le taux d’activité des jeunes de 15-24 ans, qui était, il y a dix ans, sensiblement le même que celui des 55-64 ans, ne cesse de diminuer. Réformes des retraites obligent, celui des plus âgés progresse.
Une progression modérée des salaires
Dans le privé, les salariés ont bénéficié en moyenne d’1,7 % d’augmentation. Une hausse qui taquine les 2,2 % dans les administrations, mais qui est en partie grignotée par le regain d’inflation.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Les députés du groupe dirigé par Jean-Luc Mélenchon dénoncent cette initiative du président de la République et critiquent un discours « de monarque présidentiel ».
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Les députés de La France insoumise boycotteront le discours de Macron devant le Congrès

Les députés du groupe dirigé par Jean-Luc Mélenchon dénoncent cette initiative du président de la République et critiquent un discours « de monarque présidentiel ».



Le Monde
 |    03.07.2018 à 18h30
   





                        



   


Pour la deuxième année consécutive, il n’y aura pas de député de La France insoumise à Versailles pour écouter le discours d’Emmanuel Macron devant le Congrès, prévu pour le 9 juillet. Le groupe parlementaire l’a décidé mardi 3 juillet, a annoncé Eric Coquerel sur son compte Twitter :
« Le monarque Emmanuel Macron recevra de nouveau les représentants du peuple à Versailles. Ils auront le droit d’écouter sa majesté et de lui répondre une fois qu’il sera parti. Ce nouveau monde a tout de l’ancien régime et rien de la République. Ce sera sans nous »

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Alexis Corbière avait déjà laissé entendre lundi qu’une telle décision serait prise, dénonçant l’exercice du discours du « monarque présidentiel » devant le Congrès, sans interpellation possible des parlementaires. Il avait remis fortement en question sa présence pour ne pas « être un pot de fleurs de la communication présidentielle ». Les 17 députés, dont le groupe est présidé par Jean-Luc Mélenchon, avaient déjà refusé de se rendre au Congrès l’année dernière pour écouter le discours de M. Macron.
Les communistes seront présents
Depuis la révision constitutionnelle de 2008, le chef de l’Etat peut prendre la parole devant les deux chambres du Parlement réunies, et « sa déclaration peut donner lieu, hors sa présence, à un débat qui ne fait l’objet d’aucun vote ».
De leur côté, les parlementaires communistes, qui avaient aussi boycotté la rencontre en 2017, ont, en revanche, confirmé leur présence cette année mais ils prêteront auparavant « le serment de défendre une République démocratique », devant la salle du Jeu de paume, et appelleront à « un référendum » sur la réforme des institutions.
Que le chef de l’Etat s’exprime devant le Congrès « une fois par an, ça n’est pas un abus », a estimé le président des députés MoDem, Marc Fesneau, interrogé par la presse.
« C’est constitutionnel, issu de la réforme de Nicolas Sarkozy de 2008 » et « c’est très bien que l’on puisse faire un point d’étape » avec Emmanuel Macron, que ces discours ne soient « pas réservés aux moments de crise », a ajouté M. Fesneau, allié de la majorité, en référence à l’allocution de François Hollande après les attentats de novembre 2015.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Elle devient la première « cheikh de la médina », titre masculin traditionnel donné au maire de la capitale car il occupe une fonction particulière lors de certaines fêtes religieuses.
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Compte rendu

Souad Abderrahim, première femme à accéder au poste de maire de Tunis

Elle devient la première « cheikh de la médina », titre masculin traditionnel donné au maire de la capitale car il occupe une fonction particulière lors de certaines fêtes religieuses.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-07-03T16:00:08+02:00"

        Le 03.07.2018 à 16h00






    
« J’offre cette victoire à toutes les femmes de mon pays, à toute la jeunesse et à la Tunisie », a lancé Souad Abderrahim, le 3 juillet après sa victoire.
Crédits : ZOUBEIR SOUISSI / REUTERS


Souad Abderrahim, tête de liste du parti islamiste Ennahdha lors des élections municipales du 6 mai, a été élue maire de Tunis, mardi 3 juillet. « J’offre cette victoire à toutes les femmes de mon pays, à toute la jeunesse et à la Tunisie », a lancé, visiblement émue, la nouvelle élue, âgée de 53 ans et jusque-là gérante d’une entreprise pharmaceutique.
Mme Abderrahim, qui devra quitter son entreprise en vertu de la loi, devient la première « cheikh de la médina », le titre masculin traditionnel donné au maire de la capitale car il occupe une fonction particulière lors de certaines fêtes religieuses.
Elue à l’issue d’un deuxième tour
Membre du bureau politique d’Ennahdha mais se définissant comme indépendante, elle a été élue par les nouveaux conseillers municipaux, avec 26 voix contre 22 pour son principal adversaire, Kamel Idir. M. Idir, ancien responsable local sous le régime de Zine El-Abidine Ben Ali, était la tête de liste du parti Nidaa Tounès, fondé par l’actuel président Béji Caïd Essebsi. Souad Abderrahim a été élue lors d’un deuxième tour boycotté par certains élus de gauche et du centre, se refusant de voter pour l’un ou l’autre des deux partis hégémoniques, Ennahdha et Nidaa.
Parti d’inspiration islamiste et actuel allié de Nidaa Tounès au niveau national, Ennahdha était arrivé en tête dans nombre de localités lors des municipales du 6 mai, les premières depuis la révolution de 2011. Dans la capitale, Ennahdha était arrivé en tête mais sans majorité absolue, avec 21 sièges sur 60, lors d’un scrutin marqué par une forte abstention alimentée par les difficultés économiques persistantes et la défiance vis-à-vis des élites. A l’échelle du pays, ce sont les listes indépendantes qui ont remporté le plus grand nombre de sièges, avec 2 367 élus dans les 350 municipalités, soit 32,9 %.

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Compagne de route d’Ennahdha
Appréciée de la base d’Ennahdha, Mme Abderrahim est une compagne de route de longue date du parti, mais le mouvement a été accusé durant la campagne de l’utiliser afin de moderniser son image. Militante durant ses années universitaires, elle avait siégé au sein du bloc Ennahdha à l’Assemblée constituante de 2011 à 2014, où elle s’était taillée une réputation de moralisatrice, avant de disparaître quasiment du paysage politique, jusqu’aux municipales.
La nouvelle maire de Tunis rejette l’étiquette « d’islamiste », à l’image du parti lui-même, qui reste soucieux de ne pas braquer ses opposants et s’est transformé mi-2016 en parti « civil à référent islamique », actant une séparation entre politique et religieux. Il se définit désormais comme « musulman démocrate ». « Le premier dossier, ça sera l’amélioration de l’esthétique de Tunis », a déclaré Mme Abderrahim. La capitale tunisienne est notamment confrontée à un problème de gestion des déchets, qui s’est empiré après 2011.

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Féminisation des pouvoirs locaux
Comme Mme Abderrahim, de nombreuses femmes viennent d’accéder au pouvoir local à la faveur d’une loi très stricte sur la parité. Selon l’Instance indépendante électorale, 47 % des élus sont des femmes, dont 573 sont têtes de liste (29,5 % du total).
Les conseils municipaux sont encore en train de se constituer, mais la proportion du nombre de femmes maires en Tunisie pourrait être relativement élevée, ont souligné des observateurs. Le journal arabophone Al-Maghreb faisait état mardi matin de 52 femmes élues maires sur un total de 269 communes où l’élection a déjà eu lieu.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ L’ancien vice-président du Medef prend la tête de l’organisation patronale pour les cinq prochaines années. Il a battu Alexandre Saubot en rassemblant 55,8 % des voix.
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Geoffroy Roux de Bézieux élu à la tête du Medef

L’ancien vice-président du Medef prend la tête de l’organisation patronale pour les cinq prochaines années. Il a battu Alexandre Saubot en rassemblant 55,8 % des voix.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 11h09
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 13h41
    |

            Sarah Belouezzane et 
Raphaëlle Besse Desmoulières








                        



   


C’est une véritable course de fond que vient de terminer Geoffroy Roux de Bézieux. Mardi 3 juillet, l’ancien vice-président délégué du Medef a été élu pour cinq ans à la tête de l’organisation patronale avec 55,8 % des voix. Il a été élu avec 284 voix sur 555 inscrits par les fédérations professionnelles et les Medef territoriaux qui siègent à l’Assemblée générale de l’organisation patronale. Son opposant, Alexandre Saubot, ancien président de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), a obtenu 224 voix.
En décrochant l’or, cet adepte du triathlon, peu connu du grand public, aura presque fait oublier qu’il est en campagne depuis plus de cinq ans. Il y a encore quelques années, qui aurait parié sur celui que certains décrivaient comme un dilettante ? Surtout face au « M. Social » du Medef… L’ancien rugbyman, dont le nez cassé rappelle aussi sa passion pour la boxe, avait pourtant déjà marqué des points en 2013 face à Pierre Gattaz avant de rallier in extremis le patron de Radiall.

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Cinq ans plus tard, Geoffroy Roux de Bézieux, qui vient de fêter ses 56 ans, tient enfin sa revanche. Pour l’emporter, le fondateur du groupe Notus Technologies, actionnaire entre autres d’Oliviers & Co, n’aura pas ménagé ses efforts. « La dernière fois, j’étais arrivé en outsider, raconte-t-il. J’avais une notoriété extérieure, mais pas du tout au Medef. J’ai appris sur le fonctionnement de l’organisation. » Nommé vice-président délégué en 2013, chargé de l’économie, « GRB », comme il est surnommé, profite de ses nouvelles fonctions pour travailler son image, en bossant ses dossiers et en labourant le terrain. « Les mauvaises langues disent que le seul dossier qu’il ait eu à gérer, c’est le prélèvement à la source », plaisante à moitié un soutien d’Alexandre Saubot. « Il a mûri, il a pris du poids politique, tempère un haut gradé du Medef. Il a intégré des préoccupations qui ne pesaient pas forcément dans son esprit. Il connaît le Medef et s’est chargé de sujets pas faciles. Il y a cinq ans, je n’avais pas voté pour lui. »
« Un style plus flamboyant, plus moderne »
Lors de cette campagne 2018, Geoffroy Roux de Bézieux s’est présenté comme le « candidat de la transformation numérique ». Et mis en avant son expérience dans les nouvelles technologies. Après un diplôme de l’Essec et un job chez L’Oréal, le trentenaire, qui a effectué son service militaire dans les commandos de marine, crée en 1996 The Phone House qu’il revend huit ans plus tard. Autre succès dans la téléphonie mobile : Virgin Mobile, cédé depuis au milliardaire Patrick Drahi. De quoi lui assurer une jolie petite fortune qui lui permet de lancer, en 2014, Notus Technologies, un « groupe 100 % patrimonial ».
Toutes ces années, Geoffroy Roux de Bézieux, qui se vante d’être un « serial entrepreneur », a aussi travaillé ses réseaux. L’ex-président de l’association patronale CroissancePlus a également siégé à la fin des années 2000 à la commission Attali pour la libération de la croissance où il a rencontré un certain… Emmanuel Macron. Catholique pratiquant et père de quatre enfants, Geoffroy Roux de Bézieux est dépeint par ses soutiens comme « à l’écoute et respectueux » avec « un petit côté chef de bande ». « J’étais inquiet pour la période de campagne, car il était cash et n’était pas prêt à tout pour gagner, confie Jacques Chanut, président de la Fédération française du bâtiment. Mais il est déterminé, constant, il avance, et globalement, il fait le job lors de cette période compliquée humainement. »

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Réputé très libéral en économie, ce fils de banquier a mis (un peu) d’eau dans son vin pendant la campagne, mais pas au point de se renier sur le social dont il n’est pas le plus fervent défenseur. « Roux de Bézieux n’est pas vraiment dans le dialogue social, notait récemment un DRH de grand groupe. En mettant en avant la nouvelle économie, ça lui donne un style plus flamboyant, plus moderne. Mais c’est un coup de com’, la nouvelle économie dans le Medef, ça ne pèse rien. » 
« Son défaut, c’est le social »
Durant sa campagne, Geoffroy Roux de Bézieux a surjoué le côté collectif en s’affichant systématiquement vers la fin avec Patrick Martin, président du Medef Auvergne Rhône-Alpes et ex-prétendant rallié à sa candidature. Une façon aussi de séduire les territoires pour ne pas apparaître uniquement comme le candidat des start-up. « On a besoin d’unité dans cette maison et Geoffroy a cette capacité à nous fédérer », estimait, avant l’élection, M. Martin. « Roux de Bézieux, c’est un consensuel, et c’est nécessaire aujourd’hui d’avoir quelqu’un de consensuel à la tête du Medef, même s’il va toujours chercher à noyer le poisson pour avoir le moins de conflits possible, ajoute un autre de ses soutiens. Son défaut, c’est le social, mais on veillera à ce qu’il ait aussi cette dimension. »
Quelques fiches ne seront pas de trop. Interrogé le 30 juin sur le montant du smic sur RTL, l’ancien président de l’Unédic a répondu « en mensuel, 1 280 net, quelque chose comme ça ». Soit 110 euros de plus que le montant réel du salaire minimal, montrant par là qu’il avait encore du chemin à faire en matière de connaissance des dossiers.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Le parquet de Nanterre a demandé la levée de l’immunité parlementaire du député LRM soupçonné de fraude fiscale afin de l’entendre en garde à vue.
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Pourquoi la justice veut entendre Thierry Solère

Le parquet de Nanterre a demandé la levée de l’immunité parlementaire du député LRM soupçonné de fraude fiscale afin de l’entendre en garde à vue.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 11h31
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 15h13
    |

            Simon Piel








                        



                                


                            

Visé par une enquête judiciaire ouverte en septembre 2016 sur des soupçons de fraude fiscale, le député La République en marche des Hauts-de-Seine, Thierry Solère, ancien cadre du parti Les Républicains, aujourd’hui macroniste et proche du premier ministre, Edouard Philippe, pourrait prochainement avoir à répondre des accusations qui pèsent sur lui.
Le parquet de Nanterre, qui dirige l’enquête, élargie depuis aux chefs de trafic d’influence, de corruption, d’abus de bien sociaux, de financement illicite de dépenses électorales et de manquements aux obligations déclaratives auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) a en effet demandé officiellement à l’Assemblée nationale de lever son immunité parlementaire afin de l’entendre dans le cadre d’une garde à vue. Une mesure coercitive dont chaque député est protégé par ladite immunité.
Selon les éléments dont Le Monde a pris connaissance, le parquet a motivé sa demande en précisant les charges qui pèsent sur M. Solère et la nature des relations qu’il a entretenues avec plusieurs sociétés pour lesquelles il a travaillé directement ou indirectement. L’ancien porte-parole de la campagne de François Fillon est soupçonné, selon les termes d’un document synthétisant la position du parquet, « de s’être servi de son influence en tant qu’élu local et national pour aider ses sociétés clientes à obtenir des contrats publics ou un agrément des pouvoirs publics ».
Il y a notamment LNA, un prestataire informatique, Aliapur, une société de recyclage de pneus, ou encore Chimirec, un groupe spécialisé dans le recyclage de déchets chimiques. Selon les déclarations faites par M. Solère à la HATVP en août 2017, l’ensemble de ses activités de consultant lui rapportait autour de 250 000 euros par an, soit un peu moins de 21 000 euros par mois.
Embauche fictive
La société LNA aurait ainsi, selon l’accusation, obtenu plusieurs marchés publics dans le département...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ La cour d’appel de Paris a confirmé le jugement de première instance concernant cette femme de 52 ans, mère d’un djihadiste français, ayant soutenu son fils dans ses velléités combattantes.
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Christine Rivière, mère et soutien du djihadiste Tyler Vilus, condamnée à dix ans de prison en appel

La cour d’appel de Paris a confirmé le jugement de première instance concernant cette femme de 52 ans, mère d’un djihadiste français, ayant soutenu son fils dans ses velléités combattantes.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 17h38
   





                        



   


Christine Rivière, mère d’un djihadiste français devenu « émir » en Syrie, a été condamnée mardi à dix ans de prison par la cour d’appel de Paris, pour association de malfaiteurs à visée terroriste mais aussi financement du terrorisme. La cour a ainsi confirmé la peine maximale prononcée en octobre 2017 à l’encontre de cette femme de 52 ans, qui en a pris connaissance par visioconférence : dix ans de prison assortis d’une période de sûreté des deux tiers.
Conformément aux réquisitions du parquet général, les juges d’appel l’ont cette fois condamnée également pour financement du terrorisme, pour avoir « transféré ou fait transférer des fonds ou des biens à destination de combattants en Syrie ».

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« J’ai fait l’erreur de l’encourager »
Christine Rivière est la mère de Tyler Vilus, un combattant français rapidement monté en grade dans la hiérarchie djihadiste. Convertie par son fils, presque immédiatement radicalisée, elle avait été interpellée le 2 juillet 2014, au domicile de son aîné, Leroy (30 ans), alors qu’elle s’apprêtait à repartir en Syrie après trois précédents voyages.
« Elle n’a jamais dissuadé son fils (Tyler Vilus) mais au contraire l’a encouragé et félicité », avait souligné l’avocate générale. « Elle ne va pas en Syrie pour son fils, elle y va pour elle », avait-elle ajouté. « Elle se délecte les armes à la main ». « Je suis utile en France », disait-elle à Tyler Vilus en décembre 2013, et « le dossier démontre cette utilité », avait déclaré la représentante de l’accusation : « Elle était utile pour recruter des candidates au djihad, utile pour marier son fils avec des "vraies sœurs", utile pour fournir de la logistique à un certain nombre de djihadistes, utile pour collecter des fonds ».
Tyler, « j’ai fait l’erreur de l’encourager », avait lâché Christine Rivière au premier jour de son procès en appel, début juin. « Il y a plein de choses que je n’aurais pas dû faire, je m’en rends compte maintenant », avait-elle affirmé, visiblement agacée. Son avocat, Thomas Klotz, avait estimé que se trouvait au cœur du dossier « une relation fusionnelle et nocive » entre mère et fils. « Il y avait une dimension psychiatrique et psychologique qu’on aurait voulu faire entendre, mais ces arguments ont été balayés », a déploré l’avocat à la sortie de l’audience.
Tyler Vilus a été interpellé en Turquie et extradé vers la France en 2015, où il a été placé en détention provisoire.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Les irrégularités commises par l’ex-FN, relevées par deux audits externes et validés à la baisse par la commission du contrôle budgétaire du Parlement, concernent pour l’essentiel 2016 et marginalement 2017.
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Le Rassemblement national doit rembourser plus de 500 000 euros au Parlement européen

Les irrégularités commises par l’ex-FN, relevées par deux audits externes et validés à la baisse par la commission du contrôle budgétaire du Parlement, concernent pour l’essentiel 2016 et marginalement 2017.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 11h45
   





                        


Le groupe Europe des nations et des libertés (ENL), dont le Rassemblement national, ex-FN, constitue la force dominante, devra rembourser un peu plus de 544 000 euros au Parlement européen pour des dépenses injustifiées, a décidé lundi le bureau de l’institution.
L’essentiel de ces dépenses indues – que l’ENL n’ait pas fourni de justificatifs ou qu’elles ne correspondent pas à la finalité des financements accordés aux groupes politiques, telles que caisses de bouteilles de champagne ou repas dans des restaurants très haut de gamme – sont imputables au parti de Marine Le Pen.

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« Première fois que le chiffre est aussi important »
Les irrégularités, qui ont été relevées par deux audits externes validés ensuite, avec quelques corrections à la baisse, par la commission du contrôle budgétaire du Parlement, concernent pour l’essentiel 2016 et marginalement 2017. « Il y a toujours eu des groupes dont certaines petites dépenses n’étaient pas acceptées, mais c’est peut-être la première fois que le chiffre est aussi important et que l’argent a été utilisé à des fins très éloignées de ce qu’on peut imaginer pour un groupe politique », a dit un porte-parole du Parlement.
Le Rassemblement national n’aura cependant pas besoin de sortir l’argent de sa poche. Dans l’attente de sa décision, le Parlement avait provisionné 600 000 euros sur les 3,25 millions d’euros auxquels le groupe ENL a droit pour 2018.

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Histoire-géographie : le niveau des collégiens ne « plonge » pas

Les acquis dans cette discipline se sont améliorés en cinq ans, selon la division statistique du ministère de l’éducation. Les résultats restent très corrélés à l’origine sociale.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 17h33
    |

                            Mattea Battaglia








                        


A ceux qui aiment rappeler que les élèves d’aujourd’hui en savent moins que ceux d’hier, la lecture de la note d’information du service statistique du ministère de l’éducation publiée le 29 juin, et consacrée au niveau des collégiens en histoire-géographie et en enseignement moral et civique, apporte un peu de nuance.
Car les scores des 5 000 élèves de 3e testés dans 195 établissements ne « plongent » pas – une expression qui s’est installée dans la plupart des débats sur l’école. Au contraire : l’étude, réalisée dans le cadre du cycle des évaluations disciplinaires réalisées sur échantillon (Cedre), montre une augmentation de leur score moyen de 5 points entre 2012 et 2017 (pour atteindre 245 points), sans atteindre, toutefois, les résultats mesurés en 2006 (250 points).
Lire notre article sur la même enquête, menée en 2012
Le « rattrapage » des filles
La bonne nouvelle, c’est que la part des collégiens les plus en difficulté est tombée sous la barre du cinquième des jeunes évalués (17,3 %, contre 20,9 % en 2012). Ceux davantage en réussite voient leurs rangs se renforcer (46,9 % contre 42,3 %). Sur cette période de cinq ans, les filles ont plus progressé que les garçons : l’écart de performance n’est plus que de 2 points (en faveur des garçons), contre 4 en 2012 et 6 en 2006. Le groupe des collégiens les plus performants, lui, stagne à 7 % entre les deux dates – il représentait 10 % si l’on remonte à 2006.
La tendance haussière est donc à relativiser : les performances enregistrées demeurent très inégales selon le milieu social d’origine. Dans un contexte d’amélioration globale des résultats, « l’écart du score moyen entre les élèves des collèges défavorisés et ceux des collèges les plus favorisés apparaît toujours aussi important », écrivent les statisticiens du ministère. Voire un peu plus important : la note du ministère le chiffre à 36 points en 2017, contre 34 en 2012.
Temps de travail personnel
Du point de vue de la méthodologie, la cohorte d’élèves a été testée sur 195 items ou exercices, dont 108 dits « d’ancrage », c’est-à-dire repris à l’identique (ou presque) en 2017, 2012 et pour partie en 2006. Ils font une large place aux questionnaires à choix multiples (ou « QCM »), sans exclure des questions plus ouvertes appelant une rédaction, à partir d’autres textes, de cartes ou de documents.
Certaines des interrogations posées aux jeunes apportent des éléments de réponse à une question essentielle que la note n’aborde pas : « Pourquoi ces résultats ? » Interrogés sur leur rapport à l’histoire, à la géographie et à l’EMC, les collégiens ont déclaré un temps de travail personnel en augmentation. Mais l’on n’en saura guère plus, alors que ces disciplines sont promptes, en France, à déchaîner les passions – comme en attestent les débats, récurrents, sur la « disparition » de la chronologie ou sur les programmes, réécrits en 2016.

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Influencer les pratiques culturelles
Il faut reconnaître à la DEPP, le service statistique du ministère de l’éducation, d’avoir livré aux lecteurs des pistes d’analyse robustes en 2012 – année du constat d’un « glissement général des performances vers le bas ». Le dossier de 82 pages qu’elle consacrait, alors, à ce cycle d’évaluation insistait, entre autres causes, sur l’« insuffisante maîtrise de la langue » pénalisant les élèves les plus faibles. Le lien était également fait entre ces disciplines, la culture générale et les pratiques culturelles des élèves – se jouant, pour partie, en dehors des situations d’apprentissage scolaire.
« Réussir en histoire-géographie nécessite l’assimilation d’une culture historique, géographique et/ou civique en classe et hors de la classe, peut-on lire dans ce dossier. Cela pose en retour la question de la capacité du collège à influencer les pratiques culturelles des élèves, dans le sens d’une plus forte appropriation des contenus fondamentaux des trois disciplines, essentiels à leur entrée dans l’exercice d’une citoyenneté éclairée ». Un constat qui reste d’actualité.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ La prison de haute sécurité, pointée du doigt par le passé pour le laxisme de son personnel, se défend et accuse l’administration centrale de négligence.
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Les surveillants de la prison de Réau assurent avoir prévenu des risques d’évasion de Redoine Faïd

La prison de haute sécurité, pointée du doigt par le passé pour le laxisme de son personnel, se défend et accuse l’administration centrale de négligence.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 11h13
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 12h17
    |

            Cécile Bouanchaud








                        



   


Alors que mardi 3 juillet au matin, Redoine Faïd était toujours en fuite, dans le huis clos de la prison de Réau (Seine-et-Marne), son évasion, certes hors norme, laisse un goût amer aux surveillants pénitentiaires, « tous choqués, mais pas surpris », fait savoir Régis Grava, secrétaire général UFAP-UNSA en Ile-de-France. Le centre pénitentiaire sud francilien (CPSF), qui accueille notamment des détenus lourdement condamnés, avait « fait remonter à l’administration centrale les risques d’une évasion imminente concernant Redoine Faïd », rapporte le syndicaliste, qui regrette de « ne pas avoir été pris au sérieux ».
M. Grava, qui a eu accès à des extraits de courriels échangés sur ce sujet entre la Direction interrégionale d’Ile-de-France et la Direction de l’administration pénitentiaire (DAP), et dont une partie a été diffusée par plusieurs médias, évoque aussi « un dossier d’une vingtaine de pages, constitué depuis plusieurs mois, dans lequel les agents de la prison donnent l’alerte sur le changement de comportement de Redoine Faïd, son attitude après son procès en février, ses visites suspectes… » 

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Alors que la ministre de la justice, Nicole Belloubet, a suggéré une éventuelle « défaillance » à la prison de Réau, une mission d’inspection a débuté lundi dans l’établissement, l’un des plus sécurisés de France, inauguré en 2011 par Nicolas Sarkozy. « Cette enquête administrative, qui sera rendue dans le mois qui vient, permettra d’apporter un éclairage sur ce point », rapporte au Monde une source au sein de la DAP.
Le syndicaliste tient d’ores et déjà à faire sa mise au point : « Nous avons fait notre partie, en observant correctement le détenu, et en réclamant son transfert. » Faisant l’objet de transfert régulier pour prévenir les risques d’évasion, Redoine Faïd, qui s’était déjà échappé il y a cinq ans d’une prison du nord de la France, avait intégré en avril le quartier d’isolement de la prison de Réau, après y avoir déjà séjourné entre novembre et février. Condamné à une peine de vingt-cinq ans de prison pour un braquage qui avait entraîné la mort en 2010 de la jeune policière Aurélie Fouquet, le braqueur multirécidiviste était palpé puis escorté par un gradé et deux agents, lorsqu’il sortait de sa cellule, pour les promenades et les parloirs.
Manque d’effectifs
« Comme tous les grands braqueurs », Redoine Faïd était « très rusé », se montrant « cordial », voire « séducteur » avec les personnels pénitentiaires, font savoir plusieurs surveillants. A la lumière de l’évasion survenue dimanche, le secrétaire général UFAP-UNSA voit dans ce comportement affable une stratégie pour « obtenir des informations » et « évaluer la moindre faille », afin d’organiser au mieux son exfiltration. Une attitude qui n’avait pas échappé aux personnels, qui ont donc alerté l’administration centrale, évoquant dans le même temps la présence de drones autour du site, sans pouvoir empêcher les faits.
La suite, extrêmement bien préparée, est désormais connue de tous : dimanche matin, un hélicoptère, dont le pilote avait été pris en otage, s’est posé avec un « commando armé » de trois complices dans la cour d’honneur de la prison de Réau, auquel les détenus n’ont pas accès. L’opération, qui a duré dix minutes, a permis d’extraire Redoine Faïd, faisant du quadragénaire le premier détenu à s’évader de cette prison.
Une évasion éclair qui pose la question de la sécurisation de la cour d’honneur, le seul lieu de la prison à ne pas être équipé d’un filet antiaérien, et à être invisible depuis les miradors, où les agents sont les seuls à être armés mais ne sont pas autorisés à tirer sur un hélicoptère. Encore une fois, les syndicats de l’établissement assurent avoir alerté la direction sur cette défaillance, regrettant que leurs remarques n’aient pas été prises en « considération ». « Il n’y avait pas de raisons pour qu’il y ait des filins sur ce lieu-là », a rétorqué Nicole Belloubet, lundi, pour mettre fin à la polémique.

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En mars 2013, cet établissement présenté comme l’un des plus sûrs du pays avait été la scène d’une tentative d’évasion de Smaïn Ait Ali Belkacem, l’artificier des attentats de 1995 dans le RER C à Paris, qui s’était retrouvé piégé dans la cour, prouvant, cette fois, l’efficacité du système de sécurité. Le rapport commandé à l’époque par la DAP avait mis au jour des dysfonctionnements, principalement liés au laxisme de l’encadrement dans la section dédiée aux détenus les plus dangereux.
Aujourd’hui, M. Grava assure que « les préconisations consécutives à ce rapport ont été respectées ». Il réclame un suivi « plus serré » des détenus, qui, selon lui, ne peut se faire dans de grandes structures comme celle de Réau, qui compte plus de 600 prisonniers pour près de 250 surveillants, « alors qu’il en faudrait au moins 290 ». Martial Delabroye, secrétaire FO du centre pénitentiaire de Réau, déplore, lui aussi, un « manque d’effectifs au sein de l’établissement », regrettant notamment « les suppressions de postes au sein des brigades chargées de surveiller les parloirs ». Il rappelle que le personnel s’était fortement mobilisé, en janvier, lors d’un mouvement national de gardiens de prison. Là encore, les revendications étaient restées lettre morte.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Le vaccin d’une société franco-autrichienne contre diverses souches bactériennes responsables de la maladie de Lyme est en cours d’évaluation.
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Maladie de Lyme : un vaccin possible, mais pas avant cinq ans

Le vaccin d’une société franco-autrichienne contre diverses souches bactériennes responsables de la maladie de Lyme est en cours d’évaluation.



Le Monde
 |    02.07.2018 à 17h32
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 11h51
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
S’il existe aujourd’hui un vaccin pour protéger les chiens contre la maladie de Lyme, il n’en est rien pour l’homme. Un seul est à ce jour en développement clinique, mené par la société de biotechnologie franco-autrichienne Valneva. Elle attend le feu vert de la FDA (Food and Drug Administration) américaine pour lancer l’étude de phase 2 de VLA15, vaccin pour la prévention de la maladie de Lyme. Environ 300 0000 cas aux Etats-Unis sont recensés chaque année, et 200 000 cas estimés en Europe.

« La maladie de Lyme est devenue un gros problème en France et dans l’hémisphère Nord. La population de tiques augmente avec le réchauffement climatique », nous explique Thomas Lingelbach, président du directoire de Valneva. Le vaccin VLA15, qui cible la surface externe de la protéine de la Borrelia, la bactérie transmise par la tique, vise les six sérotypes de la borréliose de Lyme les plus courants dans le monde. « Les données précliniques ont révélé que ce candidat vaccin avait le potentiel pour offrir une protection contre la majorité des souches de Borrelia pathogènes pour l’homme », souligne Valvena.
Procédure d’autorisation accélérée
Le vaccin pourrait être administré dès l’âge de 2 ans, mais le schéma de vaccination n’est pas encore arrêté à ce stade. Il a obtenu le « fast track » (procédure d’autorisation accélérée) de la FDA en juillet 2017 et « les résultats initiaux ­positifs de phase 1 publiés en mars ont ­démontré un profil d’innocuité favorable et une immunogénicité [capacité qu’a un antigène de provoquer une ­réponse immunitaire bien spécifique] encourageante », souligne Thomas Lingelbach. Les 180 volontaires sains de l’étude ont été vaccinés à trois reprises à un mois d’intervalle.

Un vaccin contre la maladie de Lyme avait déjà été commercialisé aux Etats-Unis en 1998, le Lymerix, avec un mode d’action identique à celui du vaccin de Valneva : les anticorps ciblent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ La question dite des « prisonniers politiques », une expression employée par les nationalistes, est une pierre d’achoppement entre le gouvernement et ces derniers, qui réclament de longue date leur rapprochement et leur amnistie.
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Corse : Jacqueline Gourault évoque des « prisonniers politiques », avant de rectifier

La question dite des « prisonniers politiques », une expression employée par les nationalistes, est une pierre d’achoppement entre le gouvernement et ces derniers, qui réclament de longue date leur rapprochement et leur amnistie.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 16h34
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 16h37
   





                        



   


La « Madame Corse » du gouvernement Jacqueline Gourault a évoqué, mardi 3 juillet, le rapprochement récent en Corse de « prisonniers politiques », un terme cher aux nationalistes, s’attirant avec ce lapsus, malgré un rapide rétropédalage sur Twitter, des critiques et des commentaires ironiques.
« Il y a eu récemment des prisonniers politiques qui ont été rapprochés en Corse », a répondu la ministre auprès du ministre de l’intérieur sur France Inter à une question évoquant les critiques adressées au gouvernement par le président de l’exécutif corse Gilles Simeoni, au lendemain d’une rencontre de ce dernier avec le premier ministre, Edouard Philippe.
Un peu plus tard, sur son compte Twitter, la ministre a fait une mise au point : « Evidemment, je ne m’approprie pas l’expression “prisonniers politiques” ! Il s’agit de détenus de droit commun. Les rapprochements se font au cas par cas, la chancellerie examine un par un chacun des dossiers. »

Evidemment, je ne m'approprie pas l'expression  "prisonniers politiques" ! Il s'agit de detenus de droit commun. Le… https://t.co/8ZvPMR4bnb— j_gourault (@Jacqueline Gourault)


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Dans l’entourage de Mme Gourault, on explique qu’elle « a commis une petite erreur de langage en reprenant l’expression “prisonniers politiques”, terme d’abord utilisé dans la question qui lui était posée à l’antenne ». « Cela ne modifie, bien sûr, en rien sa position et celle du gouvernement sur le sujet, connues de longue date et répétées à nouveau à l’issue de l’émission », a-t-on souligné.
Interrogée sur le nombre de détenus corses qui ont bénéficié de ces mesures de « rapprochement », la ministre a répondu qu’« il y en a eu trois récemment ». La question dite des « prisonniers politiques », une expression employée par les nationalistes, est une pierre d’achoppement entre le gouvernement et ces derniers, qui réclament de longue date leur rapprochement et leur amnistie.
« Pour une fois que nous étions d’accord »
Malgré sa rapide correction, le lapsus de Mme Gourault n’est pas passé inaperçu et a suscité de nombreuses réactions, notamment sur Twitter. Gilles Simeoni lui-même, interpellé par un journaliste sur le réseau social, a répondu sur un ton ironique : « la reconnaissance par Mme Gourault de la notion de “prisonniers politiques”, à mi-chemin entre le lapsus freudien et le coup de chapeau involontaire à Gramsci (“il faut remporter la bataille des idées”). »

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Le président de l’assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni, qui, contrairement à M. Simeoni, avait refusé de se rendre à Paris lundi pour rencontrer Edouard Philippe, a, quant à lui, profité du message de Mme Gourault amendant ses propos pour adresser une nouvelle pique au gouvernement : « Dommage. Pour une fois que nous étions d’accord. Décidément… »
L’ex-premier ministre Manuel Valls a, de son côté, assuré, toujours sur Twitter, qu’il n’y avait « aucun prisonnier politique en France », appelant la ministre à « corriger vite » ses propos. Sur Franceinfo, l’eurodéputé du Rassemblement national (ex-FN) Nicolas Bay a, de son côté, fustigé une « grave faute politique » et accusé la ministre de « fissure [r] l’unité nationale en disant cela ». Le président des Patriotes, Florian Philippot, a, lui, dénoncé des « propos honteux », appelant à une « condamnation rapide du premier ministre ».
Lundi, le président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, a déploré « une situation de crise et de blocage », à l’issue d’un entretien avec Edouard Philippe qui a, cependant, permis d’acter la création d’un nouveau « statut fiscal et social » pour l’île. Sur France Inter, Mme Gourault a assuré, mardi, qu’il n’y avait « pas de crise corse », évoquant une rencontre « courtoise et républicaine ». « Gilles Simeoni dit qu’il faut des signes (…). Je crois que le fait d’inscrire la Corse dans la Constitution est un signe politique réel », a-t-elle dit en défendant le projet d’article dédié à l’île dans la future réforme constitutionnelle.

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Les dessous de la victoire de Christopher Froome contre l’antidopage

Grâce à un bataillon d’avocats et d’experts, le Britannique a été blanchi après son contrôle anormal lors de la Vuelta 2017. La lutte antidopage en paye le prix fort.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 10h24
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 11h05
    |

            Yann Bouchez et 
Clément Guillou








                        



   


Bientôt dix mois que la course durait : il ne fallait pas manquer de souffle. Et le verdict a fini par tomber. Le Tour de France n’a pas encore commencé que l’on connaît déjà l’un de ses vainqueurs : Christopher Froome, quadruple vainqueur de l’épreuve, pourra s’élancer de Noirmoutier, en Vendée, samedi 7 juillet.
Ce fut sans doute le plus compliqué de ses succès. Le leader de la formation Sky, toujours bien épaulé par ses coéquipiers, le doit cette fois-ci à un bataillon d’avocats et d’experts scientifiques. Lundi 2 juillet, au terme d’une longue procédure commencée en septembre 2017, à la suite d’un contrôle lors du Tour d’Espagne révélant un taux excessif de salbutamol, l’Union cycliste internationale (UCI) a décidé de ne pas sanctionner le coureur, sur recommandation de l’Agence mondiale antidopage (AMA).

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Pour obtenir cette décision favorable, l’équipe de défense de Christopher Froome, emmenée par l’avocat Mike Morgan, un éminent spécialiste des questions de dopage, a fait appel aux meilleurs experts. A l’UCI, il a été demandé un maximum d’informations, afin de plaider au mieux le cas du coureur. La procédure s’est étirée, à l’abri du regard des journalistes, au gré de multiples allers-retours entre les conseils juridiques du coureur et de la fédération internationale. Pendant ce temps, Christopher Froome courait – et gagnait – le Tour d’Italie. Le Tour de France s’affolait de le voir prendre le départ avec une épée de Damoclès au-dessus de sa tête.
« Ils n’avaient jamais vu ça à l’UCI »
Le 1er juin, dans Le Parisien, le président de l’UCI, David Lappartient, s’inquiétait : « Je crois que ce ne sera pas réglé avant le Tour. » Mais, trois jours plus tard, un dossier monumental parvenait au siège de la fédération, à Aigle (Suisse), contenant les arguments du camp Froome. De l’aveu d’un expert de la communauté antidopage : « C’était de la folie, ils n’avaient jamais vu ça à l’UCI, un dossier aussi épais, avec autant d’avis d’experts. » Une dizaine de scientifiques sont cités dans ces pages, sans compter ceux ayant collaboré de manière anonyme. Au printemps, une source proche de la procédure confiait que tous les spécialistes du métabolisme du salbutamol étaient contactés par Mike Morgan, pour aider Christopher Froome mais surtout pour ne pas aider l’UCI. A la réception du dossier, l’UCI s’est tournée vers l’AMA : comme attendu, le Britannique remettait en question le test de détection du salbutamol.
« Le 28 juin, l’AMA a informé l’UCI qu’elle acceptait, sur la base de son analyse des faits spécifiques de l’affaire, que les résultats de l’échantillon de M. Froome ne constituent pas un RAA [résultat d’analyse anormal] », écrit l’UCI dans son communiqué du 2 juillet. Le doute, sans s’être dissipé totalement, a bénéficié au coureur.
Les experts de l’UCI avaient pourtant écarté une à une les explications avancées par les conseils de Froome : la chaleur le jour du contrôle, une déshydratation, son alimentation particulière, l’interaction avec d’autres médicaments…
Car, depuis l’automne, la question se posait. Comment Froome pouvait-il présenter, le 7 septembre 2017, lors de la 18e étape de la Vuelta, un taux de 2 000 nanogrammes (ng) de salbutamol par millilitre de sang, soit le double de la limite autorisée – le seuil pour l’ouverture d’une procédure étant de 1 200 ng/ml ? Avait-il consommé ce broncho-dilatateur à des doses supérieures à celles tolérées par le code mondial antidopage pour soigner son asthme ? « Le niveau de salbutamol relevé dans un échantillon urinaire unique n’est pas un indicateur fiable de la quantité inhalée », a assuré la Sky, lundi.
Quelques heures après le communiqué de l’UCI, l’Agence mondiale antidopage a « reconnu que, dans de rares cas, les athlètes peuvent dépasser le seuil limite de concentration sans avoir inhalé plus que la dose maximale autorisée ». Faut-il donc revoir les règles encadrant l’usage de ce broncho-dilatateur, qui figure sur la liste des produits interdits de l’AMA mais dont l’usage, sous certaines conditions, n’est pas prohibé ?
« Pour le moment, il n’y a aucune remise en cause de la réglementation », assure au Monde Olivier Rabin, directeur scientifique de l’Agence. Il y a trois mois, il se disait absolument certain que la limite de concentration du salbutamol était d’une solidité scientifique absolue, attestée par de nombreuses études, et rappelait qu’elle avait déjà été défendue avec succès devant le Tribunal arbitral du sport.
L’Agence mondiale antidopage réfute tout rétropédalage concernant cette substance et son autorisation encadrée. Le cas de Froome risque tout de même d’affaiblir encore plus des règles déjà très critiquées. « La limite autorisée par l’AMA a été fixée au doigt mouillé », persifle un expert antidopage, sous couvert d’anonymat. Comment expliquer que certains cyclistes aient écopé de suspensions de plusieurs mois, alors qu’ils affichaient des taux de salbutamol plus faibles ? La probabilité d’être blanchi va-t-elle être indexée sur la qualité des défenseurs du sportif ? « Je ne pense pas qu’on puisse nous taxer d’un antidopage à deux vitesses ou d’avoir reculé parce que M. Froome avait de très bons avocats, avance Olivier Rabin. Les discussions ont eu lieu autour de son cas spécifique. »
Crainte d’un procès onéreux
D’autres experts de la communauté antidopage sont formels : l’AMA a eu peur d’un procès coûteux et la décision de classer l’affaire n’est pas venue du directeur scientifique, mais de la direction de l’Agence, dont le budget est inférieur à celui de la seule équipe Sky.
Depuis dix-huit mois, l’AMA a subi deux autres revers de taille, avec deux substances complexes : le meldonium, pour lequel des centaines de cas positifs ont été détectés avant que l’agence ne rétropédale – elle avait mal évalué le temps d’excrétion de la substance – et l’higénamine, un brûleur de graisse pour lequel le footballeur international Mamadou Sakho avait été contrôlé positif avant d’être blanchi.
Cette décision favorable à Froome annule évidemment l’interdiction de départ formulée mi-juin par les organisateurs du Tour de France, dans le plus grand secret. Amaury Sport Organisation souhaitait ainsi protéger l’image de son épreuve, mais le Britannique avait immédiatement fait appel. Il devait être étudié ce mardi 3 juillet devant la chambre arbitrale du Comité national olympique et sportif français. Ce ne sera pas nécessaire.
Ces derniers mois, dans l’attente de la sentence, le coureur de la Sky a su montrer que l’incertitude qui planait au-dessus de son casque ne nuisait pas vraiment à ses résultats. Il n’a pas été mal reçu sur les routes italiennes, malgré le doute, à l’époque, sur l’homologation future de ses résultats. Mais qu’en sera-t-il sur le Tour ?
Christian Prudhomme, le directeur de l’épreuve, espère un public « bienveillant ». Cela n’a pas toujours été le cas. Déjà hué par le passé sur les routes de France en raison des soupçons de dopage, le cycliste s’était plaint, lors de l’édition 2015, d’avoir reçu de l’urine jetée par un spectateur. Des chaînes de télévision avaient capté des insultes visant le sportif. Et le peloton ne sera pas unanimement convaincu de la bonne foi du Britannique. Lundi, quelques minutes après l’annonce de la décision de l’UCI, un directeur sportif d’une équipe du Tour avait ce commentaire lapidaire : « C’est à gerber. »



                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 02/07/2018
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En Allemagne, Merkel sauve son gouvernement mais reste en sursis

La chancelière a finalement renoncé à sa politique migratoire d’accueil, mais reste une cible privilégiée pour les courants conservateurs les plus durs.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 09h16
   





                        



   


La chancelière allemande, Angela Merkel, a réussi à sauver son gouvernement en acceptant de renoncer définitivement à sa politique migratoire généreuse, mais ce répit pourrait n’être que de courte durée. « Le climat dans une coalition gouvernementale n’a probablement jamais été aussi empoisonné que dans celle-ci », commente mardi 3 juillet le quotidien Bild, le plus lu outre-Rhin, après l’accord aux forceps obtenu la veille entre la chancelière et son ministre de l’intérieur rebelle, qui réclamait de réduire fortement le nombre de demandeurs d’asile arrivant dans le pays.

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La dirigeante conservatrice a fait l’objet d’une remise en cause sans précédent de l’intérieur même son équipe. Elle va devoir, après presque treize années au pouvoir, redoubler d’efforts afin de restaurer son autorité et consolider la fragile coalition gouvernementale, difficilement mise en place en mars, entre son parti de centre droit, la CDU, la droite bavaroise de la CSU et les sociaux-démocrates du SPD.
Alors que la présidente de ces derniers, Andrea Nahles, a salué la fin des hostilités dans le camp conservateur, l’un des spécialistes des questions migratoires au sein de sa formation, Aziz Bozkurt, a fustigé des restrictions migratoires qui vont « totalement dans le sens » de l’extrême droite.
Si le SPD devait rejeter ce compromis, tous les efforts d’Angela Merkel pour sauver son gouvernement seraient remis en cause. Une réunion au sommet des trois partis de la coalition est prévue mardi à 16 heures.
Une cible privilégiée
Mme Merkel reste une cible privilégiée pour les courants conservateurs les plus durs, y compris donc au sein de sa propre famille politique. En cause, sa décision en 2015 d’ouvrir l’Allemagne à des centaines de milliers de candidats à l’asile.
A la tête des frondeurs : le président de la CSU, Horst Seehofer, que la chancelière espérait pouvoir garder sous contrôle en le nommant ministre de l’intérieur. Mais celui-ci s’inquiète pour son parti, qui risque de perdre sa majorité absolue lors d’élections régionales en automne en raison de la percée attendue de l’extrême droite.
Si tel est le cas, les hostilités contre Angela Merkel, accusée de mener une politique trop centriste, repartiront de plus belle. Car la fronde de la CSU la visait aussi personnellement, de nombreux médias y voyant une tentative de « putsch » de son aile droite.
« Camps d’internement »
Lundi soir, la chancelière a dû céder beaucoup de terrain en acceptant de fortes restrictions à l’immigration. L’un des proches du ministre de l’intérieur, Markus Blume, a d’ailleurs parlé d’un « tournant de la politique d’asile » allemande.
Concrètement, les demandeurs d’asile arrivant en Allemagne mais déjà enregistrés dans un autre pays de l’UE – c’est-à-dire la grande majorité d’entre eux – seront placés dans des « centres de transit » à la frontière avec l’Autriche en attendant leur renvoi vers le pays d’entrée.
Bernd Riexinger, un dirigeant de la gauche radicale, a parlé de « camps d’internement de masse », dans une référence au passé nazi de l’Allemagne. Il a demandé au SPD de refuser ce compromis.
En principe, les renvois de migrants doivent se faire en accord avec les pays d’entrée et non de manière unilatérale. Si des accords ne peuvent toutefois être trouvés, il est prévu de refouler les migrants vers l’Autriche. Reste à savoir ce qu’en pensera Vienne.

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Le gouvernement autrichien, associant extrême droite et conservateurs, qui vient de prendre la présidence tournante de l’UE, a déjà prévenu qu’en pareil cas il prendrait des mesures identiques à ses propres frontières. Avec le risque d’un effet domino en Europe.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ L’Assemblée des départements, l’Association des maires de France et Régions de France ont annoncé qu’ils boycotteront la rencontre le 12 juillet.
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La chaise vide des associations d’élus à la Conférence des territoires voulue par Macron

L’Assemblée des départements, l’Association des maires de France et Régions de France ont annoncé qu’ils boycotteront la rencontre le 12 juillet.



Le Monde
 |    03.07.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
03.07.2018 à 15h07
    |

            Patrick Roger








                        



   


La menace planait depuis la décision annoncée, le 26 juin, par l’Assemblée des départements de France (ADF) de ne pas participer à la prochaine Conférence nationale des territoires (CNT) qui doit avoir lieu le 12 juillet. Lors d’une conférence de presse commune, mardi 3 juillet, dans les locaux de l’ADF, les deux autres grandes associations d’élus locaux, l’Association des maires de France (AMF) et Régions de France, se sont jointes à cette décision de boycotter la prochaine CNT, ainsi que la réunion de l’instance de dialogue chargée de la préparer qui doit se tenir mercredi à Matignon.
« Nous n’irons pas demain à l’instance de dialogue et le 12 juillet à la Conférence des territoires, a confirmé Dominique Bussereau, le président de l’ADF, en introduction de la conférence de presse. Pour les départements, ce qui a fait déborder le vase, c’est la décision autoritaire de Matignon de ne pas remonter les droits de mutation pour les punir de ne pas signer les contrats financiers. On se paye notre tête. On ne peut pas à la fois nous mettre deux claques dans le visage et nous demander de collaborer au quotidien de façon amicale. » M. Bussereau a déclaré que le dialogue ne pouvait reprendre que si le gouvernement remettait des propositions sur la table.
« Les relations entre l’Etat et les représentants des collectivités ne marchent pas depuis un an. Le gouvernement a tout fait pour se mettre dans l’impasse, a estimé François Baroin, le président de l’AMF. Nous étions très favorables à la CNT, puisque nous l’avions demandé. Mais l’idée de la CNT, c’est de faire un pas l’un vers l’autre. Or depuis un an, les décisions sont prises de manière unilatérale. Naturellement, les maires de France sont solidaires des départements. Nous quittons collectivement la table des discussions. » 
M. Baroin a déploré que les amendements au projet de loi constitutionnelle visant à garantir l’autonomie financière et fiscale des communes aient été « shootés » en commission.
Une forme de « mise sous tutelle »
Pour le président de Régions de France, Hervé Morin, « cette Conférence des territoires s’apparente à un simulacre de dialogue ». La décision d’en sortir a été prise, a-t-il assuré, « à l’unanimité » des régions. Selon M. Morin, « le comportement politique du chef de l’Etat relève du paléolithique ». Il a dénoncé le non-respect par le gouvernement de ses engagements dans la mise en œuvre des contrats de plan Etat-régions.
Cette décision collective intervient au lendemain de la publication par Matignon des résultats de la contractualisation prévue dans la loi de programmation des finances publiques afin de freiner la progression des dépenses locales. Sur les 322 collectivités territoriales entrant dans le champ de la loi (régions, départements, communes, métropoles et intercommunalités dont les dépenses de fonctionnement excèdent 60 millions d’euros par an), 228, soit 70 % d’entre elles, ont passé contrat avec l’Etat. Les trois grandes associations d’élus, pourtant, pour des raisons diverses, avaient appelé à refuser cette contractualisation, y voyant une forme de « mise sous tutelle ».
Le ton monte donc, une nouvelle fois, entre les représentants des élus locaux – du moins une partie de leurs organisations – et le gouvernement. Dans une tribune publiée mardi dans Le Figaro, les trois présidents de l’AMF, de l’ADF et de Régions de France estiment que « jamais depuis 1982 la décentralisation n’a été autant en danger ». « Nous n’avons plus confiance, déclarent-ils. Nous voyons de plus en plus clairement réapparaître un pouvoir technocratique et centralisateur. »
Le délicat équilibre de la fiscalité locale
Cette rupture, même si elle n’est peut-être pas définitive, n’en constitue pas moins un revers pour l’exécutif. La CNT avait été installée en grande pompe par Emmanuel Macron le 17 juillet 2017. Cette conférence, qui se réunit deux fois par an sous la houlette du premier ministre, doit être le creuset d’une nouvelle méthode entre l’Etat et les collectivités territoriales et du « pacte girondin » dont le président de la République se veut le défenseur. La méthode, de toute évidence, a du mal à prendre.
La décision annoncée mardi pourrait être d’autant plus préjudiciable qu’au menu de la prochaine CNT figure le dossier extrêmement délicat de la refonte de la fiscalité locale. Il s’agit en effet de dégager les pistes pour compenser la suppression totale de la taxe d’habitation à l’horizon 2020, en s’appuyant sur les préconisations du rapport remis le 9 mai au premier ministre par le sénateur (LRM) Alain Richard et l’ancien préfet Dominique Bur.
Le gouvernement devrait, lors de la réunion préparatoire du 4 juillet, dévoiler partiellement ses hypothèses de travail. Selon Les Echos du 3 juillet, il pencherait pour « un fléchage des parts départementales et intercommunales de la taxe sur le foncier bâti vers les communes », ce qui dégagerait un produit de 15 milliards d’euros suffisant pour compenser la perte de la taxe d’habitation. L’exécutif conteste toutefois ce scénario. « Nous n’allons pas prendre la part de la taxe sur le foncier bâti des intercommunalités pour les communes, seulement celle des départements », assure une source au cœur du dossier.
Ce transfert de la taxe foncière nécessite cependant une compensation de recettes fiscales équivalente pour les départements. « Les départements auraient une fraction d’impôt national, indique la même source. Il n’a pas été décidé lequel mais ce serait plutôt la TVA à ce stade de nos réflexions. » Depuis le début de l’année 2018, les régions bénéficient déjà d’une part de TVA en remplacement de la dotation globale de fonctionnement qui leur était auparavant attribuée.
La fiscalité locale, compte tenu de ses multiples implications, qui concernent directement les citoyens, est un délicat équilibre qui peut rapidement virer au casse-tête. Il est totalement improbable d’en faire évoluer les composantes sans que les principaux intéressés soient partie prenante. Aussi la décision prise par l’AMF, l’ADF et Régions de France de ne pas se rendre mercredi à Matignon et de boycotter la CNT du 12 juillet prend-elle tout son poids. Elle s’apparente bel et bien à une mise en demeure.



                            


                        

                        

