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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Au lendemain d’un nouvelle attaque contre la force conjointe du G5 Sahel à Gao, le chef de l’Etat français se rend en Mauritanie.
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Mini-tournée africaine pour Emmanuel Macron, consacrée au G5 Sahel et à la sécurité

Au lendemain d’un nouvelle attaque contre la force conjointe du G5 Sahel à Gao, le chef de l’Etat français se rend en Mauritanie.



Le Monde
 |    02.07.2018 à 09h01
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 09h45
   





                        


Emmanuel Macron était attendu, lundi 2 juillet, à Nouakchott, la capitale de la Mauritanie, pour un déjeuner avec les chefs d’Etat de l’Union africaine (UA), suivi d’une rencontre avec ses homologues du G5 Sahel, un double échange consacré à la sécurité en Afrique sur fond de « failles » persistantes et d’un durcissement de la ligne américaine.
Pour la première étape de sa mini-tournée africaine avant Lagos et Abuja, au Nigeria, le chef de l’Etat français doit participer à un déjeuner à huis clos au palais des congrès de la capitale mauritanienne qui accueille le 31e sommet de l’UA. Il devrait renouveler à cette occasion « son soutien à l’initiative de l’Union africaine en vue d’assurer un financement autonome et prévisible des opérations africaines de paix », selon l’Elysée . Un enjeu de taille se heurtant aux réticences de Washington, qui privilégie l’aide bilatérale à l’aide multilatérale et souhaite couper dans le budget onusien.
Sommet de l’Union africaine
« Cette attitude américaine justifie a fortiori la volonté des Africains, soutenus par la France, de prendre en charge leur sécurité », relève-t-on à Paris. « Les Africains font un vrai effort politique, financier et logistique pour ce faire, ce serait paradoxal que les Etats-Unis nous disent “on ne va pas les aider” au moment où les Africains font eux-mêmes l’effort. »
« Cet effort de l’UA et extrêmement important et nous ferons tout en tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU pour nous assurer que les Nations unies répondent à cet appel », ajoute-t-on, d’autant qu’« avec l’effort financier militaire de l’UA, les contributeurs aux Nations unies en sortiront gagnants, nous allons donc tout faire pour convaincre nos partenaires américains ».

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La marge de manœuvre s’annonce étroite. Un « financement autonome et prévisible » des opérations africaines de paix, également prôné par l’Organisation des Nations unies (ONU) afin de réduire l’écart entre les objectifs et les ressources, suggère une hausse, ou du moins un maintien des contributions des Etats membres. Or, les Etats-Unis, premiers contributeurs individuels au budget de maintien de la paix, ont décidé sous l’administration Trump de réduire leur part à 25 % du total contre 28,5 % actuellement.
Rencontre avec les Etats membres du G5 Sahel
Même problématique concernant la force régionale du G5 Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad, Mauritanie) composée de 5 000 hommes et lancée en 2017 avec le soutien de la France pour lutter contre les groupes djihadistes dans la bande sahélo-saharienne.
La lente montée en puissance de cette force, théoriquement appelée à prendre le relais de la force française « Barkhane » déployée dans la région, fera l’objet d’une rencontre entre Emmanuel Macron et ses homologues du G5 lundi, après le déjeuner avec les pays membre de l’UA. « Ce sera notamment l’occasion de constater les progrès opérationnels de la force conjointe qui réalise actuellement sa quatrième opération et qui en prévoit d’autres dans les semaines à venir sur l’ensemble des fuseaux », explique-t-on à Paris.

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                Mali : cinq morts dans une attaque contre le QG de la force militaire G5 Sahel



Sur le plan du financement, « on peut constater qu’il y a un début de mise en œuvre concret ». « Dans tous les états-majors du G5 Sahel, des primes ont été versées avec un effet rétroactif (…) et il y a des équipements qui sont attendus, de protection individuelle, qui devraient être livrés à la fin de l’été, d’autres équipements d’ici la fin de l’année. » « C’est un processus complexe, mais les tuyaux sont branchés et ça commence à donner des résultats concrets », assure-t-on à l’Elysée.
Une première
Cependant la question du financement reste entière. Lors d’une visite à Paris au début de juin, le président du Niger, Mahamadou Issoufou, dont le pays préside le G5 Sahel, avait appelé à « chercher des sources de financement pour les autres années ».
Très symbolique, la visite du collège de défense du G5 Sahel, école régionale de guerre qui accueillera ses premiers stagiaires en octobre, a lieu après un attentat-suicide commis vendredi contre le QG de la force régionale à Sévaré, à l’est de Mopti, dans le centre du Mali. Cette attaque sans précédent a fait six morts, dont deux militaires de la force conjointe et a été revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) d’Iyad Ag-Ghali. « Si l’état-major a été attaqué, c’est qu’il y a énormément de failles que nous nous devons de corriger si nous voulons stabiliser la région du Sahel », a reconnu le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, dans une interview à France 24 diffusée dimanche.
Le matin même, ce sont les soldats français de l’opération « Barkhane » qui ont été visés à Gao, la ville qui abrite la base principale de la force. L’attaque-suicide s’est produite à 10 h 50 heure locale, contre une patrouille dans le quartier d’Aljabandia. « Le bilan est de quatre morts et vingt-quatre blessés parmi les civils, de quatre blessés sérieux chez “Barkhane” », a déclaré l’état-major français, pour qui il s’agit d’une « attaque délibérée visant “Barkhane” sans souci de la population ». C’est une première : jusqu’alors les attentats n’avaient visé que des emprises militaires.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la géographe estime que le ministre se heurte au principe de réalité. A chaque fois qu’il s’est indigné de la situation écologique, les deux têtes de l’exécutif le lui ont rappelé en privé.
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Sylvie Brunel : « Nicolas Hulot n’a pas cessé de se renier »

Dans une tribune au « Monde », la géographe estime que le ministre se heurte au principe de réalité. A chaque fois qu’il s’est indigné de la situation écologique, les deux têtes de l’exécutif le lui ont rappelé en privé.



Le Monde
 |    02.07.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 09h46
    |

                            Sylvie Brunel (Géographe et écrivain, professeur à Paris-La Sorbonne)








                        



                                


                            

Tribune. Affirmer que M. Hulot prend des vacances au gouvernement serait tomber dans le jeu de mots facile, d’autant que l’exercice du pouvoir, surtout quand on est ministre d’Etat, numéro trois dans l’ordre protocolaire, suppose de ne pas ménager sa peine. Mais justement, quel est l’exercice du pouvoir de notre ministre de la « transition écologique et solidaire » ?
L’intitulé officiel de sa charge reprend deux concepts essentiels pour cet Occident du XXIe siècle confronté à la finitude trop souvent annoncée de l’humanité sur la planète et à la montée des inégalités. Les enjeux de la transition énergétique, de la biodiversité, de l’adaptation au changement climatique, de l’intégration sociale, des choix d’aménagement du territoire supposent une pensée apte à saisir la complexité de cette alchimie complexe que l’on appelle le développement durable.
Une petite visite sur le site du ministère montre que la question n’a pas été tranchée par son titulaire ou, si elle l’a été, le résultat demeure confidentiel. Deux mots le résument : ego et silos. Ego, il est indéniable que M. Hulot en possède. Il aime pousser des cris d’orfraie à intervalles réguliers. Exhorter par exemple à placer la protection de l’environnement au premier rang de la Constitution, en oubliant qu’une charte à ce sujet a déjà été intégrée dans son préambule il y a plus de dix ans. Incompétence ? Prédilection pour l’agitation médiatique au détriment du travail de fond ?
On ne se renie pas. Silos, parce que l’action du ministère est tout simplement déclinée par ordre alphabétique, de A pour accessibilité à T pour transport routier. Vingt-sept entrées au total, plus que les lettres de l’alphabet, confirmant s’il en était nécessaire que le développement durable reste encore en 2018 un fourre-tout conceptuel. On en sera quitte pour la vision d’ensemble.
« Et en même temps »
Pourtant, quel titulaire, aussi brillant soit-il, pourrait maîtriser...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Plusieurs gros dossiers, à l’agenda des prochaines semaines, seront autant de tests pour le numéro trois du gouvernement.
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Biodiversité, climat, énergie : pas de vacances pour monsieur Hulot

Plusieurs gros dossiers, à l’agenda des prochaines semaines, seront autant de tests pour le numéro trois du gouvernement.



Le Monde
 |    02.07.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 06h46
    |

            Pierre Le Hir








                        



                                


                            

Vendredi 29 juin, au Conseil économique, social et environnemental où il assistait à la synthèse du débat public sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), Nicolas Hulot affichait une sérénité peu coutumière chez cet intranquille, taraudé par son propre questionnement sur son utilité au sein du gouvernement. « C’est mon jour », a lancé à la cantonade le ministre de la transition écologique et solidaire, sans expliquer vraiment la source de cette « zénitude ».
Peut-être est-ce la satisfaction d’avoir mené à bien plusieurs chantiers de promotion des renouvelables, qui sont à ses yeux la clé de la transformation du modèle énergétique français. Plan de « libération » de l’éolien terrestre en janvier, plan méthanisation en mars, plan hydrogène début juin, plan solaire voici quelques jours… Sans oublier le récent accord, arraché au terme d’une âpre négociation avec les industriels, sur le coût – revu à la baisse – des six premiers parcs éoliens en mer… Des chantiers surtout conduits par son secrétaire d’Etat, Sébastien Lecornu, mais qui s’inscrivent aujourd’hui au crédit de son ministère.
M. Hulot n’ignore pourtant pas que, même si, comme il le dit volontiers, l’atome n’est pas « l’alpha et l’oméga » du système énergétique, il est très attendu sur la question du nucléaire. Il était apparu à contre-emploi, en novembre 2017, lorsqu’il avait lui-même annoncé l’abandon de l’échéance de 2025 – inscrite dans la loi de transition énergétique – pour la réduction à 50 %, contre environ 75 % aujourd’hui, de la part de l’électricité d’origine nucléaire. Une décision « difficile », reconnaît-il, mais nécessaire pour donner de « la crédibilité » à son action, l’objectif de 2025 étant tout simplement « intenable ».
Initiative pour la biodiversité
La PPE, dont une version provisoire devrait être présentée mi-juillet, ne pourra éluder le sujet. Vendredi, le président de la commission particulière du débat...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Lucile Schmid, coprésidente de la Fondation verte européenne, estime que le ministère de l’écologie sous la Ve République a toujours œuvré loin des priorités du gouvernement. Il est temps  de mettre fin à cette conception pour répondre aux nombreuses urgences environnementales.
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« Nicolas Hulot doit devenir le ministre du changement de cap »

Dans une tribune au « Monde », Lucile Schmid, coprésidente de la Fondation verte européenne, estime que le ministère de l’écologie sous la Ve République a toujours œuvré loin des priorités du gouvernement. Il est temps  de mettre fin à cette conception pour répondre aux nombreuses urgences environnementales.



Le Monde
 |    02.07.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 09h41
    |

Lucile Schmid (Co-présidente de la Fondation verte européenne)







                        



                                


                            

Tribune. Quitte ou double. C’est ainsi que se résume la situation de Nicolas Hulot aujourd’hui. Nul ne lui dénie sa légitimité d’acteur engagé sur l’écologie. Mais pour cette raison même, comme ministre, il déçoit. Comment celui qui a porté le pacte écologique, impulsé le Grenelle de l’environnement, préparé la COP21 et surtout rendu la cause écologique accessible au plus grand nombre, peut-il être à ce point discret au gouvernement ?

Nicolas Hulot ne découvre pas les responsabilités officielles. Il a été l’envoyé spécial de François Hollande sur le climat, et il a toujours été proche du pouvoir depuis une dizaine d’années, jouant un vrai rôle d’agent d’influence sur l’écologie, à droite comme à gauche.
Le paradoxe est qu’en devenant ministre, il a perdu en pouvoir ce qu’il a gagné en légitimité institutionnelle. Bien sûr, il y a eu l’abandon de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), mais que dire du déroulement des Etats généraux de l’alimentation et de la loi qui en découle, où son collègue de l’agriculture, Stéphane Travert, a fait avec constance prévaloir les intérêts de la FNSEA sur l’objectif d’une alimentation saine ? Que dire de l’état de la transition énergétique ? Que penser de son silence sur le dossier de la SNCF ? L’argument principal pour justifier la présence de Nicolas Hulot au gouvernement finit par être qu’il est un rempart, et que sans lui les choses seraient pires.
Car au fil des mois, il est devenu clair que ce gouvernement ne place pas l’écologie au centre de ses préoccupations. Que devrait faire Nicolas Hulot pour provoquer un changement de cap ? C’est la seule question qui vaille.
Au bout d’un an, alors que les urgences écologiques s’accumulent, il est temps de mettre fin à cette période en demi-teinte où une avancée sur un dossier anticipe souvent sur un recul ensuite. L’écologie vaut mieux qu’un marchandage quotidien.
Ministère de l’impossible
Il n’y aura pas de miracle....




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Un départ serait « la reconnaissance du fait qu’il n’y aura pas d’homme ou de femme providentielle qui nous propulsera sur le bon chemin », écrivent Amélie Canonne et Nicolas Haeringer, deux chargés de mission pour l’ONG 350.org.
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« Une démission de Hulot provoquerait un sursaut »

Un départ serait « la reconnaissance du fait qu’il n’y aura pas d’homme ou de femme providentielle qui nous propulsera sur le bon chemin », écrivent Amélie Canonne et Nicolas Haeringer, deux chargés de mission pour l’ONG 350.org.



Le Monde
 |    02.07.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 09h04
    |

                            Nicolas Haeringer (Chargé de mission pour 350.org) et 
                            Amélie Canonne (Chargée de mission pour 350.org)








                        



                                


                            

Tribune. La nomination de Nicolas Hulot au ministère de la transition écologique et solidaire s’est accompagnée, pour beaucoup d’observateurs, de la certitude de son départ prochain.
La question de sa démission n’a cessé de revenir dans les débats et les interviews, de sorte que le numéro trois du gouvernement a fini par concéder une échéance, celle de l’été 2018. Aucun des autres ministres d’Edouard Philippe, y compris parmi ceux et celles qui n’étaient pas des professionnels de la politique, n’a eu à justifier, quasi continuellement, sa présence au gouvernement. Comme si seule la question du départ de l’occupant de l’hôtel de Roquelaure (siège de son ministère) se posait au début de chaque journée et qu’il devait, à l’issue de chacune d’entre elles, avoir fait la démonstration de son utilité.
Ceci est, bien sûr, dû à l’histoire des relations entre Nicolas Hulot et le monde politique : proche conseiller de plusieurs présidents, il avait jusqu’à présent refusé toute responsabilité politique et n’avait jamais été candidat à autre chose qu’une primaire. Son parcours complexe, d’homme de télévision spécialisé dans la vente de produits dérivés à héraut d’une écologie récemment radicale, alimente la critique de ses détracteurs les plus virulents.
Bilan consternant
Pourtant, la surpersonnalisation du débat sur les politiques publiques de l’écologie occulte la question centrale qu’il conviendrait de mettre en discussion – celle de l’utilité du ministère plus que celle de l’utilité du ministre : la justice environnementale et climatique peut-elle advenir d’un quelconque ministère de l’écologie ? Ou dit autrement : l’existence d’un ministère de l’écologie peut-elle répondre à la crise écologique ?

Le bilan du gouvernement Philippe en la matière est bien entendu consternant : la loi « Hulot » introduisant un moratoire sur les nouveaux permis d’exploration et d’exploitation d’énergies fossiles n’a qu’une portée symbolique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Alors que le Medef choisit son nouveau président, au-delà du rabâchage sur la baisse des charges, on attend toujours des prises de position courageuses sur les mutations en cours, explique, dans sa chronique, Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde »
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Le Medef peut-il faire pschitt ?

Alors que le Medef choisit son nouveau président, au-delà du rabâchage sur la baisse des charges, on attend toujours des prises de position courageuses sur les mutations en cours, explique, dans sa chronique, Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde »



Le Monde
 |    02.07.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 07h04
    |

            Stéphane Lauer








                        



                                


                            

Chronique. « Le Medefff ? Quand on prononce le mot, on dirait un pneu qui se dégonfle. » Cette amabilité avait été lâchée par François Michelin, qui s’exprimait en connaisseur, quelques mois à peine après la création, en 1998, de l’organisation patronale. Vingt ans plus tard, alors que le Medef s’apprête à élire, mardi 3 juillet, son nouveau président, le mouvement n’a jamais semblé autant à bout de souffle.
« Certains disent que le Medef est mort, et je ne suis pas loin de le penser », avoue Alexandre Saubot, l’un des deux candidats en lice. « C’est une organisation datée qui doit évoluer », renchérit avec euphémisme Denis Kessler, le patron du réassureur Scor, ex-numéro deux sous la présidence d’Ernest-Antoine Seillière. Une campagne sous anxiolytiques ? On a connu mieux pour galvaniser des troupes pas réputées pour leur enthousiasme échevelé.

Bonnet blanc contre blanc bonnet
Alexandre Saubot ou Geoffroy Roux de Bézieux, Geoffroy Roux de Bézieux ou Alexandre Saubot ? Le suspense est à son comble chez les adhérents.
En revanche, pour les Français, ce combat des chefs n’évoque pas grand-chose si ce n’est un exercice de démocratie suranné. La ringardisation n’est pas l’apanage des confédérations syndicales. Après le « dégagisme » en politique, voici l’obsolescence programmée du paritarisme social dans lequel le patronat a sa part.

Alors cette élection, c’est bonnet blanc contre blanc bonnet ? Les optimistes tenteront de se rassurer en soulignant que M. Roux de Bézieux est un peu plus médiatique que son adversaire. Et après ? Comme le reconnaît l’actuel titulaire du poste, Pierre Gattaz, « 90 % de leurs idées sont communes ». Ce qui en dit long sur la vivacité du débat.
Pourtant, les sujets de clivage ne manquent pas au moment où le monde issu de l’après-guerre connaît une mutation profonde. Remise en cause du multilatéralisme, attaque en règle contre la construction...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Un collectif d’universitaires considère, dans une tribune au « Monde », que la proposition du ministre d’inscrire la protection de l’environnement dans la Constitution marquerait « un progrès politique et juridique considérable ».
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« Il faut défendre l’initiative de Nicolas Hulot ! »

Un collectif d’universitaires considère, dans une tribune au « Monde », que la proposition du ministre d’inscrire la protection de l’environnement dans la Constitution marquerait « un progrès politique et juridique considérable ».



Le Monde
 |    02.07.2018 à 04h45
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Depuis que Nicolas Hulot a obtenu le soutien du président de la République pour que figure à l’article 1er de la Constitution un nouvel alinéa, selon lequel « la République assure un niveau de protection de l’environnement élevé et en constante progression, notamment pour la protection de la biodiversité et l’action contre le changement climatique », des critiques se sont élevées contre le projet. Elles mobilisent le plus souvent les arguments de ce que l’économiste américain Albert Hirschman (1915-2012) a appelé la « rhétorique réactionnaire », un mode de critique qui peut venir de tous les bords politiques et qui a accompagné les grandes périodes de réformes politiques et sociales, de la conquête des droits civils au XVIIIe siècle à celle des droits politiques au XIXe siècle jusqu’à la mise en place des droits sociaux de l’Etat-providence au XXe siècle. La rhétorique réactionnaire ne défend rien, pas même le retour à un état antérieur de la société. Elle se contente de mélanger, à des doses différentes, trois types d’arguments : l’effet pervers (tout changement produit des effets contraires au but recherché), l’inanité (le changement ne changera rien) et la mise en péril (tout changement risque de mettre en danger les acquis des précédentes réformes).
Ainsi, dans cet ensemble hétéroclite de critiques, peut-on lire pêle-mêle que l’inscription du climat dans la Constitution serait en réalité un cheval de Troie du lobby de l’atome pour favoriser l’électricité nucléaire sous prétexte d’énergie décarbonée, qu’une telle réforme ne changerait rien puisque tout est déjà présent dans la Charte de l’environnement – certains ne voyant, dès lors, dans la proposition de Hulot qu’une forme de greenwashing constitutionnel à visée communicationnelle – ou, à l’inverse, qu’elle risquerait de bloquer l’ensemble de l’économie dès lors étouffée par les nouvelles contraintes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ L’ancien socialiste a délivré un discours très offensif en clôture de la convention de son mouvement Génération.s, qui fêtait son premier anniversaire dimanche.
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A la convention de Génération.s, Benoît Hamon veut être l’anti-Macron

L’ancien socialiste a délivré un discours très offensif en clôture de la convention de son mouvement Génération.s, qui fêtait son premier anniversaire dimanche.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 14h39
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 06h31
    |

            Abel Mestre (Grenoble, envoyé spécial)








                        



   


A gauche toute. Dans un discours d’environ une heure, Benoît Hamon a éclairci le positionnement de son mouvement, Génération.s, qui fêtait son premier anniversaire dimanche 1er juillet.
« Si l’on vous demande comment résumer Génération.s, vous pouvez répondre trois jolis mots trop souvent malmenés : “Génération.s, c’est l’écologie, l’Europe, l’égalité” », a lancé l’ancien candidat à la présidentielle devant environ 1 500 militants qui avaient fait le déplacement à Grenoble. Durant tout le week-end, l’ambiance a été studieuse, les statuts ont été adoptés et les deux coordinateurs, Guillaume Balas, député européen et Claire Monod, conseillère régionale d’Ile-de-France, qui vient d’Europe-Ecologie Les Verts (EELV), ont été élus.

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                Génération.s cherche un nouveau souffle « humaniste »



L’essentiel des attaques de M. Hamon a été réservé au gouvernement et au président Emmanuel Macron. Il a renvoyé, à plusieurs reprises, dos à dos, l’« ultralibéralisme » et l’extrême droite, comme deux faces d’une même médaille, notamment à propos de la politique vis-à-vis des migrants.
Ce sujet a d’ailleurs occupé une bonne partie du discours, l’ancien socialiste faisant respecter une minute de silence après avoir rappelé le nombre des 34 361 personnes mortes en tentant de rejoindre l’Europe, publié le 20 juin dans le quotidien britannique The Guardian.
Disputer le statut de premier opposant à Mélenchon
« La question des migrants est un révélateur de l’époque et de nous-même, a estimé l’ancien frondeur. C’est un révélateur de cette Europe qui n’a plus d’Union que le nom, où le fasciste Salvini et l’ultralibéral Macron se rejettent les 600 passagers de l’Aquarius comme de sinistres négociants rejetteraient une marchandise avariée. »
M. Hamon met ce sujet au cœur de sa réflexion sur ce que doit être une « nouvelle gauche écologique et humaniste ». « Je veux m’adresser à ceux qui se sentent orphelins de la gauche et de l’écologie politique, qui s’étaient égarés et se réveillent groggy », a-t-il expliqué.
La stratégie est claire : l’ancien député des Yvelines veut apparaître comme « l’anti-Macron », celui dont le mouvement sera « l’antidote à la peste néolibérale et à la lèpre nationaliste à la fois ». Pour cela, il doit disputer le statut de premier opposant au chef de file de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon quitte à venir sur le terrain même du député des Bouches-du-Rhône en prenant des accents « mélenchoniens ».
M. Hamon doit donc devenir hégémonique dans la gauche social-démocrate et écologiste, et faire « l’unité » autour de lui. Chose difficile puisque EELV ferme la porte − pour l’instant − à toute liste commune avec Génération.s pour les élections européennes de mai 2019.
Si l’ancien ministre de François Hollande a plutôt épargné M. Mélenchon et LFI, il ne s’est pas privé d’attaquer EELV et surtout Yannick Jadot. Sans nommer celui qui s’était désisté pour lui à la présidentielle de 2017, M. Hamon a raillé ceux qui prononcent « des excommunications, des fins de non-recevoir, des déclarations d’incompatibilité en tous genres (…) les stratégies inavouables d’acteurs minuscules. » Et d’ajouter : « Le repli identitaire est le danger de notre époque. Un danger mortel pour la gauche et l’écologie politique. »
Un discours très à gauche
Si EELV et Génération.s sont en froid, M. Hamon a voulu montrer sa capacité à attirer de nouvelles figures autour de lui, comme Aymeric Caron. Le journaliste antispéciste avait fait le déplacement à Grenoble et s’est dit prêt à discuter avec lui pour les élections européennes.

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                Jean-Luc Mélenchon tend la main à Benoît Hamon



Surtout, il faut noter la tonalité très à gauche du discours de l’ancien rocardien. Il a ainsi cité Guy Debord, s’est réclamé à la fois, entre autres, du mouvement américain « Occupy Wall Street » et de Jean Jaurès, de Balance ton porc, du Front populaire, de Nuit Debout ou encore de « Black Lives Matter ». « Vous êtes les 99 %, vous pouvez être fiers, vous pouvez redresser la tête ! », a-t-il encore lancé.
Revenant à M. Macron « et sa caste », M. Hamon a pris des accents très offensifs : « Et j’ai bien peur que, si à l’Elysée on est très fier de communiquer sur le chien Nemo, M. Trump lui, ait choisi d’appeler son animal de compagnie Jupiter. »
Puis rappelant la dénonciation de « l’assistanat » par le gouvernement : « C’est leur mot préféré, ce sale mot d’assistanat. Mais est-ce que quand le patron de Carrefour part avec des millions, en supprimant des milliers de postes et en se gavant de CICE [Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi], nous parlons, nous de “parasitanat” ? Est-ce que nous parlons de super-profitanat ? De fraude fiscalanat ? » Avant de conclure : « Tout ça rime quand même terriblement bien avec patronat, n’est-ce pas ? »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ En 1999, « Le Monde » revenait sur l’adoption, vingt-cinq ans plus tôt, de la loi autorisant les avortements. Et sur le combat de Simone Veil, ministre de la santé qui, des jours durant, résista à ceux qui affirmaient : « L’avortement, c’est la mort. » Nous republions cet article à l’occasion de son entrée au Panthéon, dimanche 1er juillet.
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Loi sur l’interruption volontaire de grossesse : la solitude de Simone Veil

En 1999, « Le Monde » revenait sur l’adoption, vingt-cinq ans plus tôt, de la loi autorisant les avortements. Et sur le combat de Simone Veil, ministre de la santé qui, des jours durant, résista à ceux qui affirmaient : « L’avortement, c’est la mort. » Nous republions cet article à l’occasion de son entrée au Panthéon, dimanche 1er juillet.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 11h54
    |

Jean-Yves Nau







                        



                                


                            

En se dirigeant, le mardi 26 novembre 1974, vers l’Assemblée nationale, mesure-t-elle l’ampleur de la tâche qui l’attend, la portée de la décision qu’elle va défendre ? Sait-elle que dans quelques jours son nom sera associé à l’une des lois qui auront le plus contribué à l’évolution de la société française au XXe siècle ? Simone Veil n’est ministre de la santé que depuis un semestre et les hasards de la politique et des choix gouvernementaux l’ont placée en première ligne pour défendre le projet de loi sur l’interruption volontaire de grossesse auquel on dit le président de la République, Valéry Giscard d’Estaing, extrêmement attaché, alors même que Jacques Chirac, le premier ministre, ne cache ni ses inquiétudes ni ses réticences.

La femme qui monte ce jour-là à la tribune du Palais-Bourbon n’est encore guère connue du grand public. Seules les lectrices de Marie Claire ont appris à la connaître lorsque, en février 1973, le magazine a rendu hommage à son travail de secrétaire du Conseil supérieur de la magistrature, la désignant comme le premier ministre idéal dans le gouvernement entièrement féminin auquel il arrive aux femmes de rêver. Depuis peu, toutefois, les concurrents de Marie Claire commencent à s’intéresser à elle, multipliant entretiens et portraits. Et, il y a quelques jours, consciente de l’épreuve qui l’attendait, elle a accepté une première intervention télévisée.
« Un débat serein » devant les journalistes
Devant les caméras d’« Actuel 2 », l’émission-débat de la deuxième chaîne animée par Jean-Pierre Elkabbach, où la règle du jeu veut que les invités fassent face en direct à un groupe de journalistes, la ministre de la santé impose sa présence, réussissant sans mal son examen de passage. « Un débat serein », résumeront le lendemain plusieurs observateurs. Dans L’Express, Michèle Cotta et Catherine Nay révèlent que celle qui est apparue « vêtue de rouge, calme et convaincue,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Plusieurs centaines de personnes ont dénoncé, samedi, le racisme dont sont victimes les LGBT issus des minorités, la dépolitisation de la Gay Pride ou la présence de marques voulant améliorer leur image.
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Article sélectionné dans La Matinale du 30/06/2018
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A Paris, un cortège de tête animé veut repolitiser la Marche des fiertés

Plusieurs centaines de personnes ont dénoncé, samedi, le racisme dont sont victimes les LGBT issus des minorités, la dépolitisation de la Gay Pride ou la présence de marques voulant améliorer leur image.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 22h34
 • Mis à jour le
01.07.2018 à 15h43
    |

            Pierre Bouvier








                        



   


Ils étaient plusieurs centaines, membres de plusieurs associations, à s’être placés devant le défilé officiel de la Marche des fiertés 2018 (Gay Pride), entre la place de la Concorde et celle de la République, samedi 30 juin. Line, Florence ou Olivia, Jonas ou Camille, tous participaient cortège de tête à l’appel d’un collectif rassemblé autour du mot d’ordre « Stop au Pink Washing ». Bien décidés à faire entendre une autre musique que celle proposée par les organisateurs : « Les discriminations au tapis, dans le sport comme dans nos vies ! »

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                A Paris, une marche des fiertés contre « l’homophobie banalisée »



Comme lors de la manifestation du 1er mai, où un cortège ne se reconnaissant pas dans les slogans officiels des syndicats s’était formé, les participants dénonçaient l’organisation de la Pride 2018. Dans son appel à manifester, le collectif rappelait ses buts : « Lutter contre les multiples politiques homonationalistes et racistes, dont le discours officiel de la Marche des fiertés se fait le relais. »
« Ah, donc vous voyez les couleurs ? »
Un groupe de quelques dizaines de personnes « queer et trans racisées [personnes victimes du racisme systémique] et en non-mixité » ouvrait ce cortège. « Notre initiative est venue du fait que le racisme n’est pas abordé, la Pride porte un message raciste », explique Jonas. Tous brandissent des panneaux sur lesquels sont écrits : « Passages piétons aux couleurs arc-en-ciel. Ah, donc vous voyez les couleurs ? » ou « Drapeaux arc-en-ciel dans vos rues, profilage racial dans nos rues ». Jonas en veut pour preuve la présence du Flag [l’association de policiers et gendarmes LGBT]. Et il assène : « On est la partie précarisée de la communauté LGBT. »
Florence (le prénom a été changé à sa demande), du collectif Irrécupérables, affirme que « l’action d’aujourd’hui est historique : à Paris comme en province, on a pris la tête de cortège. On refuse le discours de la ville qui se dit progressiste et récupère nos luttes ». Elle dénonce le mot d’ordre de l’interLGBT : les Gay Games et au-delà, les Jeux olympiques de 2024. Pour elle, « l’homophobie dans le sport n’est pas une question vitale ».

        Lire l’entretien :
         

          « Les lesbiennes ne se retrouvent pas nécessairement dans les discours de nombreuses associations LGBT »



Camille L., membre du CLAQ (Comité de libération et d’autonomie queer, collectif féministe trans-pédé-bi-gouine insurrectionnel qui a pour objectif de combattre toutes les oppressions) explique la présence de son groupe par le besoin de prendre position contre le rétrécissement des politiques, pour dénoncer, comme en 2017, la présence de La République en marche dans le défilé. « On parle de PMA [procréation médicale assistée], de droits des trans mais les organisateurs de la Pride ne veulent pas rentrer dans un rapport de force contre le gouvernement ». Il dénonce la tentative de récupération du mouvement par la majorité, avec l’Assemblée nationale pavoisée aux couleurs arc-en-ciel.
« Les lesbiennes qui portent le foulard : qui en parle ? »
A propos du cortège mené par les « LGBT racisé.e.s », Florence (Les Irrécupérables) affirme que ce sont eux qui sont invisibles : « Elles et ils ont pris la tête de cortège parce que personne ne leur donne la parole : ils l’ont prise et on les soutient. » Elle affirme que la forme absolue de l’homophobie consiste à dire qu’il n’y a pas de LGBT noirs, musulmans ou arabes :
« Elles et eux subissent l’homophobie et le racisme, vivent deux discriminations. Moi, lesbienne, et blanche, je peux trouver un travail. C’est plus dur quand on vit le racisme systémique et qu’en plus on est lesbienne. Les lesbiennes musulmanes : qui en parle ? On ne veut pas les voir, pourtant, elles existent et subissent de nombreuses discriminations. »
Olivia, de l’association FièrEs revient sur les raisons de cette action destinée à dénoncer la dépolitisation de la Marche des fiertés, la présence de marques comme Tinder ou Mastercard, et le « pinkwashing dont se rend complice l’interLGBT », dénonçant elle aussi le mot d’ordre des Gay Games, sans revendiquer la PMA, sans slogans contre le sida. On veut rendre « la Pride antiraciste, anticapitaliste, féministe, on veut lui rendre sa dimension politique ».

Le cortège de tête dénonce le pinkwashing : « On veut rendre la pride antiracsite/anticapitaliste/ féministe/ on ve… https://t.co/IDnLLzmcqn— pibzedog (@Pierre Bouvier)


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Au niveau de la statue de Jeanne d’Arc, place des Pyramides, le cortège de tête s’est arrêté et a fait face au cortège officiel, lui lançant des slogans tels que « Pas de pinkwashing dans nos fiertés », provoquant une certaine incompréhension des participants venus pour l’ambiance festive du reste de la Marche de fiertés. La halte s’est prolongée quelques instants : un incident s’est produit lorsqu’un participant a collé un autocollant sur la statue et a été brièvement interpellé.
Quelques minutes plus tard, une partie du cortège s’est éclipsée pour aller assister aux débuts du match entre les Bleus et l’équipe d’Argentine. Pendant ce temps, le défilé continuait, rejoignant la place de la République, en remontant la rue de Rivoli, le boulevard de Sébastopol puis le boulevard Saint-Martin.
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            data-slide-description="Les participantes et les participants au cortège de tête de la marche des fierté répondaient à l’appel « Stop au Pinkwashing » lancé sur Facebook. Rendez-vous était donné rue St Florentin, à proximité du la place de la Concorde."
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            data-slide-description="Un groupe de quelques dizaines de personnes « queer et trans racisées [personnes victimes du racisme systémique] et en non-mixité » ouvrait ce cortège. Ils ont refusé d’être photographiés, pour ne pas être « outé » contre leur gré. « On est la partie précarisée de la communauté LGBT », rappelle un de leurs porte-parole."
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            data-slide-description="Des participantes au cortèges de tête porteuses du drapeau arc-en-ciel."
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            data-slide-description="Camille L., membre du CLAQ dénonce la tentative de récupération du mouvement LGBT par la majorité, avec l’Assemblée nationale pavoisée aux couleurs arc-en-ciel."
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            data-slide-description="Les membres du cortège de tête entendaient dénoncer le racisme et refusaient la présence « d’initiateurs de la loi Asile/Immigration qui met notamment en danger  Moussa Camara, militant à AIDES, menacé d’être expulsé vers la Guinée »."
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            data-slide-description="Les participants dénoncent la présence de grandes entreprises alors qu’AIDES ou Act Up Paris, associations historiques dans la lutte contre le sida, sont aux dernières places de la marche des fiertés."
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            data-slide-description="Aux abords du cortèges du tête, un participant aux couleurs de la gay pride."
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            data-slide-description="Les organisateurs du cortège de tête veulent rendre à la pride son côté politique, revendiquer la PMA, plus importante à leurs yeux que les Gay Games."
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            data-slide-description="Place des Pyramides, le cortège de tête s’est arrêté, et a fait face au cortège officiel, lui lançant des slogans tels que « Pas de pinkwashing dans nos fiertés »."
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            data-slide-description="Pour Florence, du collectif des Irrécupérables, la prise de la tête de cortège à Paris et en province est historique : « On refuse le discours de la ville de Paris qui se dit progressiste et récupère nos luttes. »"
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            data-slide-description="Lorsque le match entre l’équipe de France et celles d’Argentine commença, une partie du public s’eclipsa dans les rues adjancentes, pour se coller devant les écrans des bars."
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Les participantes et les participants au cortège de tête de la marche des fierté répondaient à l’appel « Stop au Pinkwashing » lancé sur Facebook. Rendez-vous était donné rue St Florentin, à proximité du la place de la Concorde.

Pierre Bouvier - Le Monde
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Le député des Bouches-du-Rhône a invité l’ancien socialiste au « dialogue ». Les proches de M. Hamon déclinent.
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Jean-Luc Mélenchon tend la main à Benoît Hamon

Le député des Bouches-du-Rhône a invité l’ancien socialiste au « dialogue ». Les proches de M. Hamon déclinent.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 16h25
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 16h42
    |

            Abel Mestre (Grenoble, envoyé spécial)








                        


C’est ce qu’on appelle une main tendue. Dans deux tweets publiés samedi 30 juin après-midi, le leader de La France insoumise a invité Génération.s au dialogue alors que le mouvement de Benoît Hamon tient sa convention à Grenoble, où 1 500 militants sont réunis pour le premier anniversaire de la formation.
« Je fais une offre à Benoît Hamon et à son parti : renoncez aux agressions inutiles et parlons tranquillement. Faisons un pacte de non-agression et respect mutuel. » Puis : « Ayons un dialogue ambitieux pour établir bilan et perspectives. Le groupe France insoumise à l’Assemblée est prêt à accueillir le député Régis Juanico. »

1/2 - Je fais une offre à @benoithamon et son parti : renoncez aux agressions inutiles et parlons tranquillement. F… https://t.co/oCqgH3xQ8p— JLMelenchon (@Jean-Luc Mélenchon)


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@benoithamon 2/2 - Ayons un dialogue ambitieux pour établir bilan et perspectives. Le groupe FI à l’Assemblée est p… https://t.co/6Hyxm7GSh1— JLMelenchon (@Jean-Luc Mélenchon)


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« Sur l’Europe, les différences ne sont pas accessoires »
Une offre restée lettre morte. Guillaume Balas, bras droit de M. Hamon, a ainsi estimé devant quelques journalistes qu’il ne s’agit pas « de s’envoyer des noms d’oiseaux. Le sujet est d’indiquer les convergences et divergences. On n’a jamais rechigné à considérer La France insoumise comme partenaire contre les politiques libérales. Mais sur l’Europe, les différences ne sont pas accessoires. » L’eurodéputé ajoute : « Il ne faut pas d’ambiguïté avec la régression nationaliste. Nous n’avons aucune complaisance. » Pascal Cherki, autre proche de M. Hamon, lui, est plus lapidaire : « On ne répond pas au nationalisme de droite par un nationalisme de gauche. »

        Lire aussi :
         

                Après un an d’existence, Génération.s cherche sa place à gauche



Régis Juanico, député de la Loire, qui a rejoint Génération.s il y a une semaine, décline également la proposition de M. Mélenchon : « Mon souhait est de rester au groupe Nouvelle gauche en tant que membre de Génération.s. Ce vœu a été exaucé mardi puisque le groupe a voté à l’unanimité mon maintien. » Il précise à l’égard des « insoumis » : « Le fait de ne pas être dans le même groupe n’empêche pas le respect mutuel et le dialogue ambitieux ! »
Ce regain d’intérêt tombe à pic pour le mouvement empêtré depuis plusieurs semaines dans des négociations tendues avec Europe-Ecologie-Les Verts en vue des élections européennes de mai 2019. Ces sorties ont donc ravi certains cadres hamonistes comme le Basque Mehdi Ouraoui : « Cela prouve que nous sommes au centre de ce qui se passe à gauche », affirme-t-il.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Valérie Pécresse s’est dite « extrêmement satisfaite » de l’évolution du discours européen de LR. Laurent Wauquiez, lui, a concentré l’essentiel de son propos à « la vague migratoire qui pourrait cacher un tsunami à venir »
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤                     
                                                

A Menton, Les Républicains atténuent leurs divisions sur l’Europe

Valérie Pécresse s’est dite « extrêmement satisfaite » de l’évolution du discours européen de LR. Laurent Wauquiez, lui, a concentré l’essentiel de son propos à « la vague migratoire qui pourrait cacher un tsunami à venir »



Le Monde
 |    30.06.2018 à 16h03
 • Mis à jour le
01.07.2018 à 06h32
    |

            Olivier Faye








                        



   


Certes, les huées se sont mêlées aux applaudissements pour saluer l’arrivée de la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse dans la grande salle du palais de l’Europe, à Menton (Alpes-Maritimes), où le parti Les Républicains (LR) organisait, samedi 30 juin, son conseil national consacré à l’Europe. Certes, d’autres huées, franches elles aussi, ont accompagné le passage éclair de dix minutes de Christian Estrosi à l’heure du déjeuner – le maire de Nice s’est contenté de saluer les personnes présentes, et n’a pas pris la parole.
Les anciens premiers ministres Alain Juppé ou Jean-Pierre Raffarin, deux europhiles revendiqués, n’avaient quant à eux carrément pas fait le déplacement. Mais, fait suffisamment rare pour être noté, la droite a aperçu lors de ce rendez-vous l’horizon d’un possible consensus sur un sujet qui alimente d’ordinaire les divisions.
Première lueur d’espoir à un peu moins d’un an des élections européennes de mai 2019. « Forcément, comme on a moins de monde… », grince un député présent, soulignant un resserrement sur le noyau dur du parti.
Accord sur une poignée d’engagements consensuels
En quittant les lieux, néanmoins, en fin de matinée, Mme Pécresse s’est félicitée : « Je vois que l’euroscepticisme recule et le discours pro-européen avance, ça me rend extrêmement satisfaite. » Elle n’a pas manqué de remarquer que son rival, le président du parti Laurent Wauquiez, a renoncé dans un entretien aux Echos, vendredi 28 juin, à son projet de refonte des traités européens. Tout en tempérant son souhait d’imposer à l’Union européenne (UE) des « cercles concentriques » qui resserraient l’intégration autour de quelques Etats membres.
« On est pour sauver l’Europe à Vingt-Sept, c’est une bonne chose, s’est réjouie la fondatrice de Libres ! J’ai l’impression que le message que nous avons tous porté a été entendu. »

   


Intervenant lors d’une table ronde, un peu plus tôt, Mme Pécresse s’est contentée d’apporter une nuance au discours porté par M. Wauquiez sur la nécessité de défendre une « Europe protectrice ». « L’Europe qui protège, on est d’accord, maintenant il faut aussi qu’on soit conquérants », a-t-elle estimé.
« Il faut une Europe de l’adhésion, l’Europe des cercles ce n’est pas un sujet de campagne, abonde Eric Woerth, député de l’Oise. Les Républicains ont besoin que Laurent Wauquiez réussisse, et pour qu’il réussisse il faut élargir, débattre. C’est bien si on ne vend pas l’idée d’une Europe qui se rabougrit, c’est positif tout ça. » L’ancien ministre du budget ne manque pas de rappeler, dans le même temps, que le parti n’est qu’au « début d’une démarche ».

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                L’Europe, l’autre ligne de fracture de LR



Pour l’heure, les dirigeants de LR se sont mis d’accord sur une poignée d’engagements consensuels. Le conseil national du parti a entériné une liste de sept « piliers » devant représenter une base de travail pour les mois à venir, parmi lesquels dominent la notion de « frontière » et la lutte contre l’immigration. « La vague migratoire actuelle pourrait cacher un tsunami à venir », a jugé M. Wauquiez dans son discours de clôture.
Accents identitaires
« Le sujet numéro un, aujourd’hui, c’est les migrants », convient le député de Vaucluse, Julien Aubert, qui compte parmi les plus souverainistes de son camp. « Tout est dans l’interprétation de nos sept piliers de la sagesse, souligne l’élu. Nous disons dans ce texte ne pas vouloir sortir de l’euro et de l’Europe, mais il faudrait écrire aussi que nous sommes contre le fédéralisme. Nous sommes favorables à la libre entreprise et contre la concurrence déloyale, mais il faudrait aller au bout de la logique et dire aussi que nous refusons les traités commerciaux. »

   


Malgré le climat de consensus, M. Wauquiez n’a pas cherché à gommer les accents eurosceptiques de son discours. « Nous avons tellement peur d’affaiblir l’Europe que nous nous sommes enfermés dans l’aveuglement », a-t-il estimé, assumant son livre brûlot – Europe, il faut tout changer (Odile Jacob) – publié en 2014. L’UE actuelle, à ses yeux, serait « trop pesante, trop normative, trop doctrinaire, trop élargie », et aurait gâché « le plus beau projet politique de l’après-seconde guerre mondiale ».

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                LR et le PS toujours dans le brouillard un an après la présidentielle



« Je suis un européen convaincu, mais je ne suis pas un européen convaincu des institutions, je ne suis pas un européen convaincu des normes, je suis un européen convaincu de manière plus charnelle », a-t-il ajouté, célébrant « les racines judéo-chrétiennes » de l’Europe et paraphrasant le sociologue québécois Mathieu Bock-Côté : « L’homme occidental doit cesser de se mépriser. »
Un peu plus tôt, l’ancien filloniste Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, avait adopté de semblables accents identitaires. « Le projet européen est avant tout un projet de civilisation et pas un Meccano institutionnel fédéral », postulait l’ancien villiériste, pour qui « l’Europe doit défendre pied à pied notre identité, son identité, assumer son histoire ».
Remiser au placard les questions institutionnelles et se concentrer sur l’identité et l’immigration : c’est le meilleur moyen, au fond, de mettre d’accord le plus grand nombre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Peut-on évaluer l’impact réel des industries qui paraissent si cruciales à un moment donné qu’un gouvernement estime nécessaire d’aider leur développement, s’interroge dans sa chronique l’historien Pierre-Cyrille Hautcœur.
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Quand l’Etat lit dans la boule de cristal technologique

Peut-on évaluer l’impact réel des industries qui paraissent si cruciales à un moment donné qu’un gouvernement estime nécessaire d’aider leur développement, s’interroge dans sa chronique l’historien Pierre-Cyrille Hautcœur.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h37
    |

                            Pierre-Cyrille Hautcoeur (Directeur d'études à l'EHESS)








                        



                                


                            

Recherches. Le plan hydrogène présenté le 1er juin par le ministre de la transition écologique et solidaire affirme que « l’hydrogène est une “révolution potentielle” pour notre modèle énergétique » et vise à « faire de notre pays un leader mondial de cette technologie ». Trois mois plus tôt, le député Cédric Villani présentait un plan très complet visant à « éviter que la France rate le train de l’intelligence artificielle » et à « faire émerger des champions français » dans ce domaine (« Donner un sens à l’intelligence artificielle »).
Le gouvernement reprend ainsi une tradition d’appui de l’Etat à certaines industries qui, remontant à Colbert, s’enorgueillit de quelques succès, de Saint-Gobain à Airbus. Mais peut-on évaluer l’impact réel de ces activités qui paraissent si cruciales à un moment donné qu’un gouvernement estime nécessaire d’aider leur développement ?
Les économistes américains Paul David et Robert J. Gordon ont montré dans les années 1990 que certaines industries tirent la croissance globale grâce à des externalités sur l’ensemble des autres secteurs. Paul David a en particulier affirmé que l’électricité avait, parmi ces « technologies multi-usages », révolutionné entre 1900 et 1950 l’organisation de la production dans tous les secteurs, tout en faisant apparaître des activités nouvelles (électrométallurgie, électrochimie, appareils domestiques, machines électriques professionnelles).
Mise en question du progrès technique
Les travaux plus récents de Gerben Bakker, Nicholas Crafts et Pieter Woltjer ont cependant revu à la baisse ces conclusions (« The Sources of Growth in a Technologically Progressive Economy : The United States, 1899-1941 », Economic History Working Papers, n° 269, The London School of Economics and Political Science, 2017).
Ils utilisent à cet effet une méthode éprouvée, qui sert de base à toute la comptabilité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Flora Bolter, de l’Observatoire LGBT + de la Fondation Jean-Jaurès, revient sur les raisons de la faible visibilité des lesbiennes lors des Gay Pride.
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Marche des fiertés : « Les lesbiennes ne se retrouvent pas nécessairement dans les discours de nombreuses associations LGBT »

Flora Bolter, de l’Observatoire LGBT + de la Fondation Jean-Jaurès, revient sur les raisons de la faible visibilité des lesbiennes lors des Gay Pride.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 22h32
    |

            Pierre Bouvier








                        



   


« Les discriminations au tapis, dans le sport comme dans nos vies ! » Tel est le mot d’ordre de la Marche des fiertés (Gay Pride), qui doit défiler, samedi 30 juin dans l’après-midi à Paris, entre la place de la Concorde et la place de la République. Alors que l’équipe de France affrontera au même moment l’équipe d’Argentine lors de la Coupe du monde de football, les organisateurs ont mis en avant les discriminations homophobes dans le sport.
Certains collectifs, comme SOS-Homophobie, ont toutefois annoncé qu’ils marcheraient derrière le slogan « PMA, l’égalité n’attend pas ! » pour « demander au gouvernement et à la majorité d’ouvrir au plus vite le débat au Parlement ».
Dans le cortège, les chars d’associations lesbiennes seront peu nombreux. Pour Flora Bolter, co-animatrice de l’Observatoire LGBT + de la Fondation Jean-Jaurès, différents facteurs expliquent la plus faible visibilité des lesbiennes lors des Gay Prides.

        Lire notre enquête :
         

          Les lesbiennes peinent à faire entendre leur voix



On a l’impression que les lesbiennes sont peu visibles dans un défilé comme celui de la Marche des fiertés, mais aussi dans le débat public sur les questions LGBT. Comment l’expliquez-vous ?
D’abord, il y a moins d’établissements et d’associations lesbiennes que d’établissements et d’associations orientés sur un public gay, donc cette différence se retrouve au niveau du nombre de chars et de flyers. Cela s’explique en partie par le fait que de nombreuses associations et initiatives LGBT ont été créées en réponse à l’épidémie de VIH-sida et se concentrent donc davantage sur les relations et le public HSH [les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes].
Un deuxième facteur important est le fait que les lesbiennes et femmes bi ne se retrouvent pas nécessairement dans les discours et pratiques de nombreuses associations LGBT. Il y a eu de multiples clivages au fil des ans entre les associations lesbiennes et les interassociatives LGBT, qui se sont soldées notamment par le départ de la Coordination lesbienne en France de l’Inter-LGBT en 2014, ou par celui de FièrEs en 2015. De nombreux collectifs lesbiens et féministes ne participent pas, ou du moins pas en tant que tels, à la Marche des fiertés et préfèrent être actifs et visibles sur des événements lesbiens et féministes plus que sur des événements LGBT généralistes.
Enfin, une dernière explication est à chercher du côté de la sociologie de la réception. La présomption d’hétérosexualité, c’est-à-dire cette idée que, par défaut, toute personne que l’on rencontre est hétérosexuelle, est me semble-t-il plus forte pour les femmes que pour les hommes : un homme qui défile lors de la Marche des fiertés sera perçu comme nécessairement gay, alors qu’une femme, pas forcément. Du coup, alors qu’il y a beaucoup de femmes à la Marche des fiertés, beaucoup de gens ne vont pas se figurer pour autant y avoir vu des lesbiennes. Cet élément est bien sûr lié à la manière dont se construisent les représentations sociales différenciées entre hommes et femmes.

   


Pensez-vous qu’il y a une lesbophobie distincte de l’homophobie gay ?
Il y a très clairement une différence de mécanismes entre la gayphobie et la lesbophobie, et cela se traduit par des types d’agressions différentes. Là où l’imaginaire collectif sursexualise les hommes gay et exerce une violence verbale et physique forte envers les garçons et les hommes qui ne sont pas jugés « suffisamment » masculins/hétérosexuels ; pour les femmes en revanche, l’affirmation de leur identité lesbienne sera davantage disqualifiée, minimisée, réduite à une lubie, voire sexualisée comme un prélude à l’hétérosexualité. Il suffit de voir la représentation des lesbiennes dans les films pornos « classiques » pour s’en convaincre.
Il y a là l’idée qu’une femme n’existe que par rapport à un homme et que son identité, ses désirs n’ont pas d’importance. Dans le meilleur des cas, cela aboutit à une invisibilisation totale des couples de femmes ; dans le pire des cas, cela se traduit par les viols dits « correctifs » qui se pratiquent encore dans de nombreux pays.
Un des éléments que révèle l’enquête de l’IFOP, présentée à la demande de la Fondation Jean-Jaurès et de la DILCRAH [délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT], c’est la prévalence plus forte des agressions LGBT-phobes pour les personnes jugées « androgynes » ou pour les femmes aux cheveux courts. Cette plus grande victimation est la traduction concrète du « rappel à l’ordre » hétéronormatif, qui vise en priorité les personnes qui remettent en question la division traditionnelle des sexes.

        Sur le rapport de l’IFOP :
         

          Homophobie : un constat alarmant



Certaines associations reprochent à la Marche des fiertés de ne pas mettre en avant des sujets comme la PMA. Qu’en pensez-vous ?
Il y a au gouvernement et au Parlement des personnes convaincues sur l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA), et motivées pour faire avancer les choses. Je sais aussi qu’il y a des voix contre [son ouverture aux femmes célibataires et aux couples de femmes], qui s’expriment avec leur vigueur habituelle, et qu’il y a des élu·e·s qui se pensent fin·e·s stratèges en reportant la discussion aux calendes grecques.
J’espère que le calendrier proposé sera tenu et que le vote pourra se faire début 2019 car le perpétuel report de cette décision est un scandale. Les projets de vie et de parentalité des femmes célibataires ou en couple ne sont pas des jouets. Pour l’instant, les débats parlementaires n’ont pas vraiment commencé et le corps politique reste un peu dans l’expectative. Beaucoup d’entre nous attendent une parole forte et explicite.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Qu’ils soient contestataires ou réformistes, les syndicats se voient contestés par le gouvernement leur rôle d’acteurs de la démocratie sociale, note l’universitaire Sophie Béroud, dans une tribune au « Monde ».
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Macron et les syndicats : « Il y a une volonté de réduire les bastions syndicaux »

Qu’ils soient contestataires ou réformistes, les syndicats se voient contestés par le gouvernement leur rôle d’acteurs de la démocratie sociale, note l’universitaire Sophie Béroud, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 22h08
    |

Sophie Béroud (Enseignante-chercheuse à l’université Lyon-II)







                        



                                


                            

Tribune. Des spécialistes du syndicalisme au Royaume-Uni estiment que l’accélération des réformes néolibérales dans ce pays dans les années 1980-1990 et l’affaiblissement des liens entre les travaillistes du New Labour et les TUC, les syndicats traditionnels, ont créé un espace plus important pour les courants syndicaux contestataires (radical unionism). On peut s’interroger par contraste sur la situation française, alors que l’élection d’Emmanuel Macron a ouvert une période difficile pour tous les syndicats et que les espaces laissés à un « syndicalisme de lutte » comme à un syndicalisme à prétention « réformiste » semblent se restreindre de façon parallèle.

Il ne s’agit pas de figer des catégories et d’y enfermer les organisations : cela a d’autant moins de sens que ces dernières évoluent et qu’elles sont à comprendre de façon relationnelle. Cependant, l’évocation du Royaume-Uni n’a rien d’anodin : sommes-nous en train d’assister à l’équivalent de la grande offensive thatchérienne contre les syndicats britanniques et, en particulier, à sa bataille contre les mineurs ?
La volonté du gouvernement Philippe d’avancer très vite, avec tout d’abord l’achèvement de la profonde transformation du droit du travail et des institutions représentatives du personnel au travers des ordonnances, puis avec la réforme de la SNCF, semble aller dans ce sens. L’objectif d’affaiblir les syndicats engagés dans la contestation de ces mesures, en fermant toute possibilité de négociation, est manifeste : non seulement la mobilisation ne doit pas payer, mais les syndicats dits « contestataires » doivent en sortir affaiblis, y compris dans leurs derniers « bastions ».
Alliances à reconstruire
Cette configuration politique crée des conditions nouvelles pour toutes les organisations syndicales. Du côté de la CGT comme de Solidaires – et par intermittence de FO –, acteurs centraux des résistances contre le démantèlement des acquis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Pour assurer la transformation sociale de ses structures, l’Etat est passé en trente ans de la concertation à la fermeté face aux syndicats, analyse le sociologue Guy Groux dans une tribune au « Monde ».
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Macron et les syndicats : « Le gouvernement bouleverse les rapports entre l’Etat et les partenaires sociaux »

Pour assurer la transformation sociale de ses structures, l’Etat est passé en trente ans de la concertation à la fermeté face aux syndicats, analyse le sociologue Guy Groux dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 11h40
    |

Guy Groux (Sociologue)







                        



                                


                            

Tribune. L’exécutif consulte mais ne négocie pas. De Laurent Berger (CFDT) à Pascal Pavageau (FO) en passant par Philippe Martinez (CGT), c’est l’avis unanime des principaux dirigeants syndicaux quant au pilotage par l’Etat de la réforme de la SNCF. Il est vrai qu’en l’occurrence, la détermination du pouvoir fut sans failles. Dès février, Elisabeth Borne, la ministre des transports, affirmait son refus total du statu quo et dénonçait les carences des réponses apportées jusqu’alors par le politique dans la mise en place d’une réforme du ferroviaire. Pour elle, « on s’est occupé tantôt de gouvernance, tantôt des commandes de TGV, de la dette, de la structure du groupe, sans jamais avoir une vision globale ».
Evoquant les délais d’ouverture du secteur à la concurrence européenne et l’endettement de la SNCF, l’exécutif décide alors d’agir par la voie des ordonnances et non par la négociation et l’accord collectif. Dans les semaines qui suivent, l’Etat affiche d’autant plus son autorité que face aux syndicats, il s’appuie sur une opinion toujours plus favorable.

2018 révèle ainsi un contexte qui tranche avec des projets politiques de réformes conçus dans un passé plus ou moins récent. C’est le cas de la réforme Juppé de 1995 ou de celle du CPE (contrat première embauche) en 2006 qui furent annulées ou ajournées sous la pression des mobilisations syndicales. Comme c’est le cas de certaines réformes couronnées de succès découlant d’un dialogue bien réel entre l’Etat et les syndicats. Pour illustrer ceci de façon significative, on peut rappeler la réforme des PTT voulue par le gouvernement Rocard en 1988. Entre celle-ci et la réforme de la SNCF, existent en effet des points communs comme les contraintes européennes qui pèsent sur les entreprises publiques ou la mise en cause du statut pour les nouveaux embauchés. Mais sur le plan des rapports entre le pouvoir, les syndicats et les salariés concernés, la « méthode...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Dans une tribune au « Monde » le politologue Jean-Marie Pernot estime que les confédérations doivent apprendre à gérer autrement le pluralisme et à retrouver les lieux où les salariés travaillent.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤                     
                                                   
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Macron et les syndicats : « Les confédérations doivent recomposer des logiques inclusives du salariat »

Dans une tribune au « Monde » le politologue Jean-Marie Pernot estime que les confédérations doivent apprendre à gérer autrement le pluralisme et à retrouver les lieux où les salariés travaillent.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 11h46
    |

Jean-Marie Pernot (Chercheur en science politique associé à l’IRES et au Centre d’histoire sociale du XXe siècle)







                        



                                


                            

Tribune. Etre puissant, c’est se rendre incontournable. Que ce soit par la lutte ou par la coopération, les syndicats français se sont jusque-là montrés impuissants à s’opposer à la vague Macron et, surtout, à mobiliser ceux qui, dans un passé encore récent, manifestaient à leur appel. Mais, au-delà de ce moment où l’arrogance des gouvernants ne laisse pas beaucoup d’espace à l’objection, les questions posées au syndicalisme en France s’inscrivent dans une perspective plus longue et plus large.
Plus large, en effet, car, comme pour beaucoup de sujets économiques et sociaux, il convient de situer le syndicalisme en France dans son environnement européen. De manière différente selon les pays, l’affaiblissement des syndicats est général et, parfois, considérable sur les quinze ou vingt dernières années.
Le syndicalisme français n’est donc pas l’homme malade d’une Europe syndicale où tout irait bien, il est à l’unisson d’une tendance, il l’amplifie parfois avec ses caractères propres bien connus : nombre d’adhérents stable, mais à un niveau très faible, une forte intégration institutionnelle, un manque d’indépendance financière, etc.
Enfin, sa capacité à peser dans le débat national en faisant vivre les références au service public, aux inégalités et aux politiques sociales en général, est en très net recul ces dernières années.
Il convient cependant de se départir d’un certain catastrophisme, car, sur d’autres plans, le syndicalisme n’enregistre pas que des échecs. Les syndicats sont, malgré tout, présents dans beaucoup d’entreprises, ils y mènent des luttes légitimes et ils signent nombre d’accords locaux qui ne semblent pas pénaliser exagérément la compétitivité, le tout, dans un contexte dont le moins qu’on puisse dire est qu’il ne leur est pas favorable.
Si les pressions du contexte sont nombreuses, il ne faut pas négliger la contribution que les syndicats français apportent eux-mêmes à leur affaiblissement....




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Les routes sans séparateur central, sur lesquelles la vitesse est diminuée de 10 km/h le 1er juillet, représentent 90 % du réseau français.
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Abaissement de la vitesse : à quoi ressemble la France des 80 km/h ?

Les routes sans séparateur central, sur lesquelles la vitesse est diminuée de 10 km/h le 1er juillet, représentent 90 % du réseau français.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 10h55
    |

                            Audrey Lagadec et 
Sylvie Gittus








                        



   



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                80 km/h sur les routes à double sens, histoire d’une décision impopulaire






                            


                        

                        


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Retrouvailles historiques au sommet pour FO et la CGT

Les directions des deux centrales syndicales doivent se rencontrer lundi 2 juillet. Un événement inédit depuis la scission de 1948.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 10h42
    |

            Raphaëlle Besse Desmoulières et 
Michel Noblecourt








                        



                                


                            
Le symbole est fort et l’événement totalement inédit. Selon nos informations, le bureau confédéral de Force ouvrière – sa direction – tiendra une réunion commune, lundi 2 juillet, avec celui de la CGT, emmené par son secrétaire général, Philippe Martinez. L’initiative de la rencontre, qui se tiendra au siège de FO, revient à Pascal Pavageau, arrivé en avril à la tête de la centrale de l’avenue du Maine, à Paris. Elle intervient quatre jours après une journée d’action des deux organisations syndicales, le 28 juin, qui s’est soldée par un flop.
« Quand j’ai fait ma tournée des secrétaires généraux [de la CGT, CFDT, CFTC et CFE-CGC] après mon élection, je leur ai, à chaque fois, proposé qu’on se fasse une petite réunion d’échanges avec nos bureaux respectifs, explique M. Pavageau. Tous ont accepté. Martinez m’a relancé assez vite et on devrait voir la CFDT en septembre. »
Reste que la rencontre sous cette forme avec la CGT a une saveur particulière. Les deux sœurs longtemps ennemies du syndicalisme vont ainsi se retrouver à quelques semaines près, soixante-dix ans après la création de FO, les 12 et 13 avril 1948. Cette fondation faisait suite à une scission d’avec la CGT décidée par les « groupes Force ouvrière », le 19 décembre 1947, qui dénonçaient la mainmise du Parti communiste sur la confédération. Jusqu’au bout, Léon Jouhaux, qui était encore cosecrétaire général de la CGT avec le communiste Benoît Frachon, avait tenté, faisant état de son « amertume », d’éviter la rupture.
« L’idée est de se rencontrer et se connaître »
Pendant les décennies qui ont suivi, FO, très anticommuniste, et la CGT se sont livré une guerre sans merci. En 1995, Marc Blondel, secrétaire général de FO, avait amorcé un rapprochement lors du mouvement social contre le plan Juppé, scellé par une spectaculaire poignée de main avec Louis Viannet, son homologue cégétiste. Il espérait manger la laine sur le dos de la CGT en récupérant une partie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Loué par le candidat à l’élection présidentielle en 2017 durant moins de trois mois, le local situé dans le 10e arrondissement de Paris a été facturé plus de 500 000 euros.
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Comptes de campagne de Hamon : un « QG » tout neuf et « all inclusive »

Loué par le candidat à l’élection présidentielle en 2017 durant moins de trois mois, le local situé dans le 10e arrondissement de Paris a été facturé plus de 500 000 euros.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 10h40
    |

            Bastien Bonnefous et 
Yann Bouchez








                        



                                


                            
Le slogan de la jeune entreprise, spécialisée dans la location d’espaces de coworking, était prometteur. « Deskopolitan, ce ne sont pas des espaces pour travailler mais des espaces pour réussir ! », vante le site Internet de la start-up. Las, les bureaux occupés par Benoît Hamon et son équipe de campagne, dans une ancienne manufacture de 1 450 m² jouxtant la mairie du 10e arrondissement de Paris, n’ont pas vraiment porté chance au candidat socialiste, cinquième de l’élection présidentielle de 2017.
Dans la lignée d’une campagne onéreuse, Benoît Hamon n’a pas lésiné sur les moyens pour s’offrir un QG tout neuf et « all inclusive », comme le montrent les documents reçus par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), que Le Monde a pu consulter. Adieu les 120 m² au onzième étage de la tour Montparnasse, occupés durant la campagne de la primaire à gauche, le candidat a investi, début février 2017, un bâtiment de trois étages, type loft new-yorkais. De quoi accueillir dans des conditions confortables plusieurs centaines de personnes, salariés, journalistes, militants ou simples visiteurs. Le tout rue du Château-d’Eau, dans un quartier à la fois populaire et branché, gagné par les épiceries bio et les boutiques de créateurs.

A l’arrivée, l’addition s’est révélée salée pour l’ancien socialiste. Pour une location de début février à fin avril, Benoît Hamon a ainsi déboursé 500 000 euros. A ce prix, de nombreux services sont inclus : la société Deskopolitan fournit « 3 hôte(sse)s/baristas (…) assurant l’exploitation de l’espace café » en semaine, « un manageur sur le site à temps plein du lundi au vendredi pour assurer l’intendance », mais aussi le ménage quotidien et la fourniture de trois imprimantes, 7 lignes téléphoniques, « 4 pieuvres d’audioconférence » et « 6 écrans ».
Plusieurs coûts sont venus s’ajouter à la facture...




                        

                        

