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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-1"> ¤ Taxée d’opportunisme et de plagiat à ses débuts, l’esthétique du cinéaste italien a progressivement séduit l’establishment critique.
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Dario Argento ou la reconnaissance tardive d’un cinéma cérébral et tripal

Taxée d’opportunisme et de plagiat à ses débuts, l’esthétique du cinéaste italien a progressivement séduit l’establishment critique.



Le Monde
 |    02.07.2018 à 08h21
    |

                            Jean-François Rauger








                        



                                


                            

La ressortie d’un film en salle plusieurs années, voire plusieurs décennies, après sa distribution commerciale constitue le signe que son auteur est parvenu à un statut particulier, qu’il a fait l’objet d’une forme d’ennoblissement artistique. Le marché des salles dites de répertoire ne forme-t-il pas une sorte de panthéon pour des cinéastes que la postérité désignerait (enfin !) comme artistes ? Une œuvre, aussi commerciale que soit sa raison d’être d’origine, qui connaît in fine le destin d’être montrée au spectateur minoritaire mais « cultivé » des cinémas d’art et d’essai, aura, dans certains cas, changé de nature.

Il serait aisé de comprendre ce qui se passe avec le cinéma de Dario Argento (dont six titres ressortent dans les salles de répertoire) comme le résultat d’une reconnaissance tardive, certes entamée il y a plusieurs années par diverses instances de légitimation (la critique, l’université, etc.). Le « mauvais objet » d’hier serait-il devenu un « bon objet » d’aujourd’hui grâce aux vertus du passage du temps ? Après tout, ce ne serait pas la première fois dans l’histoire du cinéma.
Comparé à Sergio Leone
Certes, le cinéma d’Argento, au moment où celui-ci réalisait ses premiers films, fut, au mieux, considéré comme commercialement opportuniste, plagiaire, creux. Ecrivant sur Quatre mouches de velours gris dans Le Nouvel Observateur, Jean-Louis Bory désigna le film comme du « Hitchcock minestrone assaisonné de freudisme parmesan ». Une manière (un poil xénophobe, certes) de résumer l’opinion plus que réservée d’une partie de la critique en France devant les premiers thrillers du cinéaste transalpin. Certains, pourtant, et sans que cela soit forcément un compliment sous leur plume, avaient comparé Argento à Sergio Leone, et L’Oiseau au plumage de cristal à Pour une poignée de dollars.
Beaucoup ne virent dans les premiers titres du cinéaste que recyclage cynique, trivialité vulgaire,...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-2"> ¤ Six films-clés du réalisateur italien, maître du raffinement pervers et fétichiste, ressortent en salle.
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Rétrospective : les fantaisies macabres de Dario Argento

Six films-clés du réalisateur italien, maître du raffinement pervers et fétichiste, ressortent en salle.



Le Monde
 |    02.07.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 08h22
    |

                            Mathieu Macheret








                        



                                


                            

Six films de Dario Argento ressortent sur grand écran en copies restaurées, rendant justice à la maestria plastique de ce grand styliste qui, dans les années 1970-1980, électrisa le cinéma populaire italien avec ses polars psycho-macabres (L’Oiseau au plumage de cristal, 1970) et ses contes d’horreur hallucinatoires (Suspiria, 1977). Son nom est indéfectiblement lié au « giallo », récit d’investigation marqué par des poussées horrifiques et irrationnelles, qui fit florès dans l’Italie des années 1970, et dont il contribua largement, dans la foulée de Mario Bava (Six femmes pour l’assassin, 1964), à façonner la forme définitive et les exubérances visuelles.

Kaléidoscopiques, torves et visionnaires, ses films s’embarrassent moins de vraisemblance qu’ils n’orchestrent de somptueuses cérémonies funèbres, des plongées dans la psyché troublée et déliquescente de ses personnages. On s’y glisse comme à l’intérieur de grandes cages de reflets ou de palais de sensations, qui ne tiennent debout que par l’impétuosité de la mise en scène.

Les six films réunis ici, sans grand souci de cohérence, ont l’avantage d’offrir un précipité des moments-clés de l’œuvre d’Argento. L’Oiseau au plumage de cristal et Le Chat à neuf queues (1971), ses premier et deuxième films, participent d’une trilogie dite « animalière » (avec 4 mouches de velours gris, non présenté). Ayant posé les bases et lancé la mode du giallo, ils pourraient passer pour de simples polars à énigmes d’inspiration hitchcockienne (il s’agit d’y reconstituer une scène de crime lacunaire pour arrêter un tueur sadique), s’ils ne se distinguaient par leur raffinement pervers et fétichiste. Chose remarquable : l’angoisse transite ici par l’instabilité des espaces, se distordant soudainement ou se refermant comme des pièges – voir l’ouverture de L’Oiseau… où le héros assiste à une agression, piégé dans le vestibule transparent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-3"> ¤ Projections et rencontres sont organisées pour l’anniversaire du « quartier général » des cinéastes et cinéphiles, à Paris.
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Jours de fête pour les 80 ans du cinéma Le Champo

Projections et rencontres sont organisées pour l’anniversaire du « quartier général » des cinéastes et cinéphiles, à Paris.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 18h53
    |

            Véronique Cauhapé








                        



                                


                            

Il existe des lieux dont l’atmosphère tient à une poussière d’étoiles. Le Champo, par exemple. Habité par l’esprit des êtres qui l’ont animé et fréquenté, René Clair, François Truffaut, Louis Malle, Claude Chabrol, Jacques Tati, les étudiants et les cinéphiles de la première heure ; mais aussi Roger Joly, industriel de l’éclairage, qui, au printemps 1939, achète ce cinéma parisien qu’il cédera, quarante ans plus tard, à sa fille – elle-même espérant que son fils, reporter-photographe, prendra la succession. L’héritage familial n’est sans doute pas étranger au fait qu’au Champo plusieurs générations de cinéastes et d’anonymes se soient senties comme à la maison.
Christiane Renavand, la fille donc, est toujours là, dynamique, espiègle, la mémoire intacte sur l’histoire de son père, de son cinéma et du 7e art en général. « Nous avons beaucoup de fautes sur la conscience », dit-elle à propos des jeunes qui, dès l’ouverture, ont préféré les fauteuils de sa salle du Champo aux bancs des amphithéâtres universitaires. La phrase, prononcée avec ironie, s’accompagne d’un petit rire. Au fond, Christiane Renavand tire de la fierté de cette inconduite. Elle sait que cet attachement des étudiants a construit la légende du lieu. Au même titre que celui de François Truffaut, devenu étonnamment infidèle à sa chère rive pour Le Champo, son « quartier général », selon ses propres termes (dans la préface du livre Le Cinéma et moi, de Sacha Guitry, Ramsay, 1977). Ou encore, celui de Claude Chabrol, qui considérait l’endroit comme sa « seconde université ».
Un public à contre-courant
Un repère aussi. Comme l’est sa façade, à l’angle de la rue Champollion (d’où son nom) et de la rue des Ecoles, dans le 5e arrondissement de Paris. Elle est d’origine, restaurée mais inchangée depuis 1938, date à laquelle le cinéma a pris ses quartiers sur l’emplacement d’une librairie. En plein cœur du quartier latin,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-4"> ¤ Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. Dans les faubourgs de Londres, l’ardente rousse a bu une blonde tiède avant de monter sur les planches pour jouer dans « Tartuffe ».
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Un apéro avec Audrey Fleurot : « Ma référence, c’est Mata Hari, j’en mets un peu partout »


                      Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. Dans les faubourgs de Londres, l’ardente rousse a bu une blonde tiède avant de monter sur les planches pour jouer dans « Tartuffe ».



Le Monde
 |    29.06.2018 à 14h55
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 06h34
    |

            Laurent Carpentier








                              

                        

Qu’est-ce qui fait que l’on est ce que l’on est ? Que la fille d’un pompier élevée dans une caserne de Mantes-la-Jolie (Yvelines) devient une actrice flamboyante, décidée, qui, dans Les Trois Mousquetaires, serait sans hésitation Milady plutôt que Constance Bonacieux, qui rêve d’avoir mille vies et une mille et unième pour raconter toutes les autres, et qui, le jour où son psy lui parle de « rebirth », prend ses jambes à son cou, parce que renaître, elle fait ça tous les jours. C’est même son métier : une catharsis qui est aussi un jeu. Car la vie ne saurait pas être autrement que jouée, sinon on s’ennuierait.
Force de caractère
On retrouve Audrey Fleurot, ses cheveux brûlants et sa voix caverneuse qui vous avale, dans un pub de Camden, The Colonel Fawcett, au nord du canal, derrière la voie ferrée que, de temps en temps, un train fait trembler. C’est dans ce faubourg londonien – celui de Dylan Thomas et d’Amy Winehouse, où elle venait adolescente, tignasse punk rasée sur le côté, acheter ses Doc Martens – qu’elle habite depuis quelques mois, jonglant entre les baby-sitters et son compagnon, le réalisateur Djibril Glissant, resté à Paris, pour s’occuper de Lou, leur fils de 2 ans et demi, alors qu’elle joue dans Tartuffe au Théâtre Royal Haymarket et tourne en France la septième saison d’Engrenages.
« Les cheveux attirent l’embrouille. On a l’air de découvrir le harcèlement, mais, quand vous êtes une fille, c’est un truc que vous vivez tous les jours. »
« Je n’aurais pas pu me contenter d’une seule vie, assure-t-elle. Je fais ce métier pour être quelqu’un d’autre. » Ah oui ? Qui ? Joséphine Karlsson, l’avocate écorchée d’Engrenages ? Hortense Larcher, qui couche avec le patron de la Gestapo dans Un village français ? La Dame du lac dans Kaamelott ? D’Intouchables, en 2011, à La Fête des mères, sorti en mai, sa filmographie présente une...




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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-5"> ¤ Le Festival international du film consacre une rétrospective au cinéaste qui n’a eu de cesse de casser les codes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 30/06/2018
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Cinéma : La Rochelle célèbre Bresson, chercheur acharné

Le Festival international du film consacre une rétrospective au cinéaste qui n’a eu de cesse de casser les codes.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 14h46
 • Mis à jour le
01.07.2018 à 19h12
    |

                            Mathieu Macheret (La Rochelle, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Le Festival international du film de La Rochelle tient son rang parmi les plus courues des villégiatures cinéphiliques, grâce à sa ­programmation éclectique dont la particularité est de faire se ­côtoyer toutes les époques et ­contrées du cinéma. Rien que pour cette 46e édition, on pourra se promener entre les rivages lointains du cinéma muet, dont les « grandes dames » sont mises à l’honneur (Gloria Swanson, Clara Bow, Marion Davies…), la jeune scène émergente de Bulgarie, en passant par la Suède existentialiste d’Ingmar Bergman (1918-2007) ou l’Argentine déliquescente de Lucrecia Martel.
Mais le clou de La Rochelle, c’est surtout sa rétrospective intégrale, consacrée cette année à Robert Bresson (1901-1999), l’un des grands solitaires du cinéma français, autant adulé que honni pour sa quête d’une écriture spécifique par les images et les sons. Œuvre fascinante et cruciale, que l’on pourra revisiter également à la ­Cinémathèque française, du 4 au 29 juillet, mais aussi en salle, à la faveur de trois restaurations échelonnées au fil de l’été (Journal d’un curé de campagne, en juillet, Les Dames du bois de Boulogne, en août, et Un condamné à mort s’est échappé, en septembre). Et, en DVD et Blu-ray, avec les rééditions par Potemkine de Pickpocket et de L’Argent.
Dureté et intemporalité
Un tel faisceau d’actualités donne l’occasion d’explorer cette œuvre si intimidante qu’elle s’est laissé recouvrir par nombre de malentendus. Désincarné et ­rétrograde pour les uns, austère et intransigeant pour d’autres, le ­cinéma de Bresson se distingue surtout par sa recherche acharnée : évacuer tout ce que le cinéma traditionnel devait encore au théâtre et à la psychologie, qu’il s’agisse des conventions de jeu ou de mise en scène. Bresson visait une expression purement cinématographique, l’ayant conduit à se débarrasser progressivement des comédiens professionnels pour leur privilégier des amateurs, qu’il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-6"> ¤ En France, le nombre de fraudeurs a baissé de 8 % l’an dernier, pour atteindre 10,6 millions.
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La piraterie audiovisuelle a coûté plus de 1 milliard d’euros en  2017

En France, le nombre de fraudeurs a baissé de 8 % l’an dernier, pour atteindre 10,6 millions.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 11h40
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

Une bonne nouvelle. Selon le rapport d’EY réalisé avec le soutien de l’Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (ALPA) et publié jeudi 28 juin, le nombre de personnes qui ont piraté des films et des programmes audiovisuels en France a baissé de 8 % en 2017, pour atteindre 10,6 millions. En moyenne, elles consomment moins de contenus illégaux (– 4 %).
Les purs et durs qui ne dépensent jamais le moindre centime pour un produit légal constituent 2 % de la population. Mais, aujourd’hui, pratiques légales et illégales tendent à se mélanger, puisqu’un pirate sur trois est abonné à Netflix.
Une moins bonne nouvelle. Le piratage reste à un niveau très élevé dans l’Hexagone et a concerné 2,13 milliards de films, séries et documentaires en 2017. Même si le manque à gagner a diminué d’environ 10 % par rapport à 2016, il représente encore 1,18 milliard d’euros. L’étude précise que l’Etat reste le plus gros perdant de l’affaire, avec 408 millions de recettes fiscales évanouies.
Le streaming reste, de loin, le moyen de consommation de contenus illégaux le plus utilisé, à 35 %. Le film constitue également le premier secteur piraté (à 94 %, devant les séries, à 87 %). Les longs-métrages américains sont les plus prisés. Pour les films français, Ma famille t’adore déjà (Jérôme Commandeur, Alan Corno, 2016), Papa ou maman 2 (Martin Bourboulon, 2016), Raid dingue (Dany Boon, 2016) et Valérian (Luc Besson, 2017) sont arrivés en tête des plus copiés illégalement.
« Le Royaume-Uni et l’Allemagne » meilleurs que la France
Dans les séries, les pratiques illicites sont directement corrélées à la sortie des nouveaux épisodes sur les chaînes ou les plates-formes étrangères. Dès sa diffusion aux Etats-Unis, la 7e saison de Game of Thrones est devenue l’œuvre la plus piratée en France, en 2017.
La lutte contre le piratage n’est efficace que sur certains protocoles. D’importants sites...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-7"> ¤ Depuis « C’est arrivé près de chez vous », en 1992, l’acteur belge remplit l’espace et les écrans, avec démesure. Et enchaîne les films commerciaux, d’auteurs ou déjantés comme « Au Poste ! », de Quentin Dupieux.
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/06/2018
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Benoît Poelvoorde, à souffrir de rire


                      Depuis « C’est arrivé près de chez vous », en 1992, l’acteur belge remplit l’espace et les écrans, avec démesure. Et enchaîne les films commerciaux, d’auteurs ou déjantés comme « Au Poste ! », de Quentin Dupieux.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
01.07.2018 à 16h46
    |

                            Laurent Telo








                              

                        

Dix-huit heures à la brasserie François, une institution namuroise où on peut descendre autant de Duvel qu’on veut, une bière belge et vicieuse à 8,5°, mais Benoît Poelvoorde est passé au whisky. Au bout du troisième, il a saisi notre cahier pour inscrire le nom de code de son grand projet. Un projet qui a de l’avenir et aucun rapport avec le cinéma. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir bientôt quatre films à l’affiche dont Au Poste !, de Quentin Dupieux – en salle le 4 juillet –, et Le Grand Bain, de Gilles Lellouche, présenté à Cannes et attendu pour le 24 octobre…
Très bien, mais, là, on n’était pas à Cannes, on était chez François et il fallait rester concentré. Il a tenu à écrire le nom dudit projet en phonétique, comme au début des définitions dans le dictionnaire. Avec le whisky, tout ça a pris un certain temps et nécessité quelques tentatives, mais Benoît Poelvoorde est scrupuleux. « Ceè[t]ner[z]ess », c’est le nom de son nouveau rêve depuis qu’il a renoncé à acquérir une bretelle d’autoroute. « Avec une petite station-service. Mais c’est trop cher. Dix millions d’euros. Et tu vas jouer deux fois avec et puis quoi… »
Donc, avec Michaël, un de ses meilleurs potes, concessionnaire de bolides de luxe à la sortie de Namur qui lui a vendu quinze voitures en vingt ans, dont une Ford Mustang qu’il n’a conduite qu’une fois, il entend déposer le concept avant de se le faire piquer : « C’est le nom d’un bistrot qu’on va appeler le CNRS. Comme ça, quand ma femme me dira : “Ben, t’étais où aujourd’hui ?” Je lui répondrai d’un air grave : “J’étais au CNRS ! Comme d’habitude !” »
C’est arrivé près de chez lui
A la sortie de l’établissement, on s’est retrouvés sur la place Saint-Aubin. Et tout le quartier a été au courant. « Je ne parle pas, je braille, comme dit ma femme. » Il a distribué des blagues, des enthousiasmes et des selfies à des Namurois qui passaient par là et qui étaient aux anges. Un homme...




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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-8"> ¤ Il Cinema ritrovato met en lumière le cheminement des Africains devant et derrière la caméra.
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Patrimoine cinématographique : fantômes coloniaux à Bologne

Il Cinema ritrovato met en lumière le cheminement des Africains devant et derrière la caméra.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 09h17
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 09h33
    |

                            Thomas Sotinel (Bologne (Italie)








                        



                                


                            

Aussi rigoureusement que soit composé le programme d’un festival – et celui d’Il Cinema ritrovato, la manifestation bolognaise consacrée au patrimoine cinématographique, qui se termine dimanche 1er juillet, est limpide et géométrique –, il est toujours possible de prendre des chemins de traverse. En sautant entre les différentes propositions du festival, de « l’avènement du ­cinéma d’aventure », en 1918, au « cinemalibero », le « cinélibre » d’après 1968, ce moment où d’autres voix que celles du Nord se firent entendre, avec un détour par les studios français et américains des années 1930, on pouvait aussi, cette année à Bologne, contempler le cheminement des Africains et de leurs descendants à l’écran, de leur statut de foules esclaves dans les documentaires coloniaux au moment où ils purent enfin s’emparer de la caméra.
Chronologiquement, ce chemin commençait donc il y a juste un siècle. Kitega, capitale de l’Urundi, bobine de propagande colonialiste belge – les soldats congolais venaient de conquérir ce territoire allemand pour le compte du royaume –, a été tourné il y a cent ans, la même année que Tarzan chez les singes, première adaptation du roman d’Edgar Rice Burroughs. Pendant que l’opérateur royal capture à son corps défendant un geste de rébellion – le roi de l’Urundi a 7 ans, le gouverneur qui représente Albert Ier lui tapote la tête, l’enfant se rebiffe –, l’industrie américaine naissante décide de filmer les aventures de l’homme-singe en Louisiane. Les bayous sont presque équatoriaux, et puis, pour figurer les tribus de la forêt, les descendants des esclaves déportés d’Afrique, soumis au régime de la ségrégation, sont nombreux et bon marché.
« Daïnah la métisse », second long-métrage sonore de Jean Grémillon, brille d’une lumière mystérieuse
Ce Tarzan-là, réalisé par Scott Sidney, interprété par un hercule peu gracieux nommé Elmo Lincoln, est d’une naïveté parfois charmante, qui n’efface...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-9"> ¤ Dans « Un couteau dans le cœur », de Yann Gonzalez, Vanessa Paradis prête ses traits à cette pionnière du porno gay à la française.
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Anne-Marie Tensi, le fantôme du cinéma pornographique gay

Dans « Un couteau dans le cœur », de Yann Gonzalez, Vanessa Paradis prête ses traits à cette pionnière du porno gay à la française.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 07h23
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


Dans son dernier long-métrage, Un couteau dans le cœur, Yann Gonzalez invoque les fantômes de sa cinéphilie au milieu desquels une figure règne, celle d’Anne-Marie Tensi. Vanessa Paradis prête ses traits à cette pionnière du cinéma pornographique gay français qui, dans le film, traverse une douloureuse rupture amoureuse avec sa monteuse et voit les acteurs de sa nouvelle production se faire assassiner un par un. Nous sommes à Paris, en 1979, en plein cœur de ce que certains appellent l’âge d’or du porno français.

        Lire la critique d’« Un couteau dans le cœur » :
         

          L’assassin au godemiché qui tue



Tenter de faire le portrait d’Anne-Marie Tensi, c’est suivre la trace d’un fantôme mais aussi s’engouffrer dans une histoire orale, celle que nous racontent les érudits et passionnés du cinéma porno, qui dessinent en creux les mœurs d’une époque.
« Un ghetto dans un ghetto »
L’émergence du cinéma pornographique gay s’explique par un besoin d’alimenter les quelques salles spécialisées, principalement à Paris et à Marseille. « Dans les années 1970, il n’y avait du porno gay qu’en France et aux Etats-Unis, c’est venu plus tard dans le reste des pays européens. Il fallait donc alimenter les programmations, acheter des films et en produire », explique Hervé Joseph Lebrun, ancien délégué général du Festival du film gay et lesbien de Paris, réalisateur d’un documentaire sur le sujet (Mondo Porno : A Study of French Gay Porn in the 70’s, 2014) et conseiller historique sur le film de Gonzalez.
Comme le précise Christophe Bier, critique et historien qui a dirigé le Dictionnaire des films français pornographiques et érotiques (Editions Serious Publishing, 2011), le cinéma porno gay « était un ghetto dans un ghetto : les cinéastes allaient beaucoup plus loin dans la captation d’un désir que les pornos hétéros avec ces grandes bourgeoises en porte-jarretelles qui veulent vivre une escapade avant de retourner avec leur mari. [...] A l’époque, les homosexuels revendiquaient des droits mais pas le mariage pour tous. »
Sur une centaine de films qu’elle aurait réalisés, dont plusieurs sous pseudo, il n’en resterait qu’une dizaine
Anne-Marie Tensi possédait quelques salles à Paris dont La Marotte et le TCB42 ainsi que sa propre société de production, AMT Productions. Sur une centaine de films qu’elle aurait réalisés, dont plusieurs sous pseudo (Antony Smalto, Job Blough), il n’en resterait qu’une dizaine. « C’est toute une mémoire de l’homosexualité clandestine qui disparaît avec ces films », regrette Yann Gonzalez. Imprécises sont ses dates de naissance et de décès : « 1942-1994, mais elles sont à prendre avec précaution », explique Joseph Lebrun, qui cherche encore des copies égarées et serait en possession de l’unique photo connue de Tensi. Christophe Bier évoque une projection à la Cinémathèque française d’un film produit par Tensi. Une femme entre dans le champ, jette un regard caméra avant de disparaître, « on était plusieurs à se dire que c’était elle ».
« Une renégate dans un milieu de renégats »
Ce film, c’est Maléfice Pornos (1978) d’Eric de Winter, l’histoire d’un mari impuissant qui, stimulé par une lecture, rêve le temps d’une nuit qu’il inflige dans une caverne des supplices à un homme et trois femmes. Il passera trois fois en commission avant de recevoir un visa. Les comptes-rendus évoquent un film qui « pose un problème d’une gravité hors du commun », des scènes marquées par la cruauté, le sadisme et même le racisme, « une longue scène où un homme noir est complaisamment réduit à l’état d’objet sexuel ». Yann Gonzalez le découvre ce soir-là à la Cinémathèque, il en fantasme les conditions de tournage dans Un couteau dans le cœur: « On est parti de son rapport à l’alcool, de la relation avec sa monteuse [Loïs Koenigswerther], le lien entre les affects et le cinéma ; tout le reste est de la fiction pure. »
Un fantasmagorie pleinement assumée, car tous évoquent une femme vénale sans aucune velléité artistique, alcoolique, infecte sur les castings et qui tardait à payer, « une renégate dans un milieu de renégats ». Lebrun recontextualise : « C’était une époque de producteurs peu scrupuleux par rapport aux œuvres. Tensi était capable d’utiliser un numéro de visa qu’elle avait demandé pour un précédent film ! »
Un antidote
L’arrivée de la VHS et l’épidémie de sida apportent le coup de grâce au cinéma porno produit dans un système de fabrication traditionnel. En 1983, Mon ami, mon amour, de Benoît Archenoul, produit par Tensi, est le dernier porno gay à obtenir un visa. Diabétique, Tensi est amputée d’une jambe à la fin de sa vie
Le cinéaste Serge Bozon évoque cette période comme un antidote face à un cinéma devenu de plus en plus culturel. « Il est décapant de se rendre compte d’une loi méconnue : plus le cinéma était populaire, c’est-à-dire fait pour un peuple non cultivé, plus il était déviant. Plus on se rapproche du cinéma pour les salles de quartier et des productions AMT, plus c’est hors norme. »
Bier avance une belle hypothèse pour expliquer l’engouement suscité par le cinéma pornographique chez des cinéastes tels que Bertrand Mandico ou Yann Gonzalez : « Le porno est l’inverse de notre époque où les cinéastes passent leur temps à dire ce qu’ils font. Les cinéastes fascinés par la pornographie le sont par quelque chose qui n’est pas de l’ordre du discours. Elle a cette qualité incroyable qu’à un moment, le discours doit s’arrêter, sinon on ne baise pas. Le scénario se délite complètement pour quelque chose de plus important et d’impalpable, voire de terrifiant. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-10"> ¤ Disney devra céder 22 chaînes sportives appartenant au groupe Fox, de façon à préserver la concurrence et éviter une hausse des tarifs, ce qu’elle a accepté.
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La justice donne son accord, sous condition, à la fusion Disney-Fox

Disney devra céder 22 chaînes sportives appartenant au groupe Fox, de façon à préserver la concurrence et éviter une hausse des tarifs, ce qu’elle a accepté.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 21h42
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 15h16
   





                        



   


La justice américaine a demandé au groupe Disney de vendre des chaînes sportives pour donner son feu vert au rachat du groupe de médias 21st Century Fox, a annoncé la division anti-monopole du ministère de la justice mercredi 27 juin. Cette décision ouvre la voie à la création d’un mastodonte dans un secteur des médias en plein bouleversement.
Selon le communiqué des autorités, Disney devra céder 22 chaînes sportives appartenant au groupe Fox, de façon à préserver la concurrence et éviter une hausse des tarifs. Dans un autre communiqué diffusé dans la foulée, Disney a dit avoir accepté et précise qu’il devra vendre ces chaînes dans les trois mois suivant le rachat.
« Nous sommes satisfaits », s’est réjoui pour sa part The Walt Disney Company. Juridiquement, l’accord entre Disney et les autorités de la concurrence doit encore être validé par un juge, ont précisé les deux parties, tandis que la fusion elle-même doit encore recevoir l’aval, notamment, de régulateurs d’autres pays et des actionnaires.
Un paysage des médias en pleine recompostion
Disney doit payer 71,3 milliards de dollars pour mettre la main sur l’essentiel des actifs du groupe Fox, dont les studios de cinéma. Le groupe avait déposé une offre initiale inférieure en décembre mais avait dû la relever il y a quelques jours pour l’emporter face au cablô-opérateur Comcast, dans un paysage des médias en pleine recomposition, sous la pression de la Silicon Valley.

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                Comcast tente de ravir à Disney la 21st Century Fox



Les actifs convoités par Disney sont les studios de cinéma 21st Century Fox, la chaîne de télévision National Geographic et ses déclinaisons, Star India, la participation de Fox dans le service de streaming Hulu, Sky et Tata Sky entre autres. La chaîne de télévision câblée américaine Fox News, le Wall Street Journal et l’agence d’informations DowJones, autres propriétés de la famille Murdoch, ne font pas partie des actifs à vendre.
Ce rachat symbolise le bouleversement en cours des secteurs des médias et des télécoms, les groupes traditionnels cherchant à grossir en taille pour rivaliser avec les géants technologiques Google, Netflix ou Amazon, à la fois plateformes de diffusion et producteurs de contenus.
Contrer la Silicon Valley
La Silicon Valley dispose d’un avantage certain : grâce aux données personnelles des utilisateurs stockées sur ses plateformes, elle est en contact direct avec le public et en sait long sur ses goûts et ses habitudes, ce qui lui permet par exemple d’adapter les contenus qu’elles proposent.
Google et Facebook ont également la particularité de capter une part substantielle des recettes publicitaires, au détriment des acteurs traditionnels des médias. D’où l’idée pour les acteurs des télécoms et des médias de se marier pour soit combiner canaux de distribution et contenus, soit étoffer leur offre de programmes.
Le feu vert accordé le 12 juin par un juge de Washington à la fusion entre le géant des télécoms AT&T et le groupe de médias Time Warner, contre l’avis des autorités de la concurrence, avait levé les incertitudes sur nombre de grosses fusions en cours ou à venir. C’est précisément cet aval qui avait décidé Comcast à surenchérir sur Fox.

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                Disney-Fox, un casse-tête pour les autorités de la concurrence américaines






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-11"> ¤ Si le biopic d’Edir Macedo, fondateur de l’Eglise universelle du royaume de Dieu, a fait plus de 10 millions d’entrées, il a été mal reçu par la critique qui y voit une publicité pour la tentaculaire Eglise néopentecôtiste.
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Au Brésil, « Nada a perder », film de propagande évangélique à succès


                      Si le biopic d’Edir Macedo, fondateur de l’Eglise universelle du royaume de Dieu, a fait plus de 10 millions d’entrées, il a été mal reçu par la critique qui y voit une publicité pour la tentaculaire Eglise néopentecôtiste.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 08h15
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








   


On avait hâte de découvrir « Nada a Perder », cet ovni cinématographique, ce biopic évangélique qui, avec plus de 10,5 millions de spectateurs en salle, bat tous les records du box-office brésilien depuis sa sortie, fin mars. Le film, signé Alexandre Avancini, décrit la vie du pasteur Edir Macedo, 73 ans, fondateur et évêque autoproclamé de l’Eglise universelle du royaume de Dieu, mouvement fédérant plusieurs millions de membres au Brésil et dans le monde.
« Une image parfaite »
Reçu froidement par la critique, le long-métrage est jugé « techniquement correct » sur le plan des acteurs, du scénario ou des décors. Mais, comme le souligne André Miranda dans le quotidien O Globo : « Edir Macedo est rasoir. Son image est si parfaite que Nada a Perder se rapproche davantage d’une vidéo de campagne politique que d’un film. […] Plutôt que de faire de l’art, le film cherche à sanctifier son protagoniste et à glorifier sa religion. » Un « péché mortel » au cinéma, selon le critique. Plus sévère, le quotidien Folha de S.Paulo ne voit qu’un outil permettant à l’Eglise universelle d’étendre son emprise culturelle.
Déjà propriétaire de la chaîne de télévision TV Record, l’Eglise s’attaque au cinéma, un champ culturel jusqu’ici plutôt catholique. Encore plus tranchant, le site El País Brasil décrit un film « condescendant et fatigant […] comme on pouvait s’y attendre avec un biopic ultra-autorisé ».
Une armée de pasteurs aurait déboursé des milliers de reais pour mettre la main sur des tickets et les offrir gracieusement lors de l’office. De quoi expliquer le miracle de « Nada a Perder » au box-office.
Alors ? Alors rien. En arrivant ce mercredi 23 mai au cinéma du centre commercial Central Plaza de São Paulo, la réponse fuse : « La séance de 13 heures est complète. » Celle de 16 heures ? Idem. « Depuis quinze jours, les billets sont intégralement achetés par le pasteur », explique l’employée, levant les yeux au ciel. Le pasteur ? « Edir Macedo. » Interrogée, l’Eglise nie. « L’Eglise universelle du royaume de Dieu ne produit pas Nada a Perder, ne possède pas de salle et n’a jamais acheté de billets pour ce film et aucun autre. » « Mais, ajoute le porte-parole de la puissante institution, les fidèles […] se sont mobilisés pour que le plus grand nombre de personnes puissent le voir. »

Péché véniel sans doute, une armée de pasteurs soucieux d’éclairer leurs ouailles indigentes aurait déboursé des milliers de reais pour mettre la main sur des tickets et les offrir gracieusement lors de l’office. De quoi expliquer le miracle de Nada a Perder au box-office. « Une partie de la presse brésilienne est mal à l’aise avec le succès de ce film et avec l’opportunité qu’il représente : montrer au peuple la véritable histoire du pasteur Edir Macedo », répond l’Eglise universelle, accusant les médias d’être bourrés de préjugés et de vouloir « dénigrer la foi évangélique ».
Le boom des cultes évangéliques
Il est clair qu’entre l’Eglise néopentecôtiste et la presse les versions divergent. Pour la première, Edir Macedo, né en 1945, est un messie incompris. Un demi-dieu n’ayant qu’une obsession : sauver les âmes. Pour la presse, Edir Macedo est un milliardaire (en dollars), dénoncé en 2009, 2011 et 2013 pour blanchiment d’argent, organisation criminelle, évasion de devises et fraudes.
Lire aussi : Le règne universel des escrocs de dieu
Navet pour les cinéphiles, chef-d’œuvre pour les croyants, lessiveuse d’argent sale pour les plus suspicieux… En tout cas, Nada a Perder est une illustration du pouvoir grandissant des cultes évangéliques au Brésil – 5 % des habitants s’en réclamaient en 1970, 22 % aujourd’hui. Surtout, le film témoigne des efforts déployés par l’Eglise universelle du royaume de Dieu, déjà dotée d’une télé, de novelas, d’un maire (à Rio de Janeiro), pour faire sa promotion, elle qui promet à ses ouailles qu’ils pourront s’enrichir par la seule grâce du Saint-Esprit.

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                Un évangélique prend la mairie de Rio






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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-12"> ¤ Le cinéaste américain explique le regard qu’il a porté sur la cellule familiale et la maternité.
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édition abonné


Jason Reitman : « “Tully” est un tour de magie »

Le cinéaste américain explique le regard qu’il a porté sur la cellule familiale et la maternité.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 07h28
    |

            Clarisse Fabre








                        



                                


                            

Ses « douze ans de mariage » avec la scénariste Diablo Cody, une union intel­lectuelle, liée à l’écriture de films, rendent visiblement heureux ­Jason Reitman. Dans la suite de l’hôtel parisien où il donne ses ­interviews, le cinéaste américain a l’air détendu, presque comblé. A l’image de l’affiche de son dernier film, Tully, posée à deux mètres des fauteuils en cuir, où Charlize Theron nous couve du regard telle une maman gâteau.

Le fils d’Ivan Reitman, réalisateur de SOS fantômes (1984), se réjouit à l’idée de faire des films « toute sa vie avec Diablo ». L’ancienne ­blogueuse, repérée par le producteur Mason Novick, a déjà écrit deux de ses précédents longs-métrages : Juno (2007), sur une adolescente enceinte (Ellen Page), puis Young Adult (2011), avec Charlize Theron dans le rôle d’une jeune femme sans ver­gogne qui tente de reconquérir son amour de jeunesse. On ­retrouve l’actrice sud-africaine dans Tully, enrobée dans ses douze nouveaux kilos : la quarantaine passée, Marlo vit mal la naissance de son troisième enfant et l’arrivée d’une baby-sitter de nuit, Tully (Mackenzie ­Davis), va ­bousculer sa vie.
Vous aimez mettre en scène des parcours de femmes. Pour quelles raisons ?
C’est normal, les femmes sont la moitié de l’humanité ! Pourquoi toujours chroniquer la crise de la quarantaine chez les hommes ? Tully est une histoire très per­sonnelle de Cody, qui reflète son ­ressenti. Elle dit les choses comme je les vois, nos cerveaux sont ­connectés… Aux Etats-Unis, le film a fait débat. On m’a opposé le fait qu’un tel récit aurait dû être réalisé par une femme. On a posé la question du réalisateur masculin parlant au nom des femmes. Cela se discute, je ne sais pas…
Ce rôle de mère en souffrance après son accouchement ­allait-il de soi pour Charlize Theron ?
Charlize aime justement montrer ce qui est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-13"> ¤ Stefano Sollima donne une suite pleine de brutalité au film de Denis Villeneuve , avec Josh Brolin et Benicio Del Toro.
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« Sicario… » : Etats-Unis – Mexique, frontière mortelle

Stefano Sollima donne une suite pleine de brutalité au film de Denis Villeneuve , avec Josh Brolin et Benicio Del Toro.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 07h27
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 07h35
    |

                            Jean-François Rauger








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
Le succès de Sicario, réalisé par le Canadien Denis Villeneuve, a engendré ce projet de suite qui reprend une partie des personnages du premier volet tout en proposant de radicaux changements formels. La réalisation en a été confiée à l’Italien Stefano Sollima, dont c’est le troisième long-métrage pour le cinéma et qui s’est fait un nom (ou plutôt un prénom, son père fut un grand metteur en scène du cinéma populaire transalpin) en signant les épisodes de séries télévisées comme Romanzo criminale ou Gomorra. Sicario, la guerre des cartels, retrouve l’univers du film de Villeneuve, désormais sans la présence d’une femme qui s’y serait égarée. Un univers hanté par des figures masculines, icônes d’une virilité conquérante et brutale, un monde de prédateurs évoluant au-delà des lois.

        Lire la critique de « Sicario » :
         

          Le grand spectacle de la guerre contre la drogue



Nul doute que celui qui fut l’auteur d’ACAB, sorti en 2012, portrait d’une brigade de celeri (l’équivalent des CRS en Italie) en mâles moralement ambigus et pathétiques, aidé ici du scénariste Taylor Sheridan, déjà auteur du script de Sicario, devait retrouver, dans la peinture de ces agents spéciaux en guerre contre les trafiquants de drogue mexicains, une manière de ranimer des figures familières.

        Lire le récit :
         

          La colère d’une ville mexicaine contre le thriller « Sicario »



Le tueur et l’enfant
Josh Brolin incarne un policier de la brigade anti-drogue qui refait appel à Alejandro, un mystérieux mercenaire (Benicio Del Toro), venu lui-même de la criminalité et guidé par la vengeance depuis l’assassinat des membres de sa famille. Il s’agit d’abattre un dangereux cartel en déclenchant une guerre des gangs. Alejandro, qui ne s’embarrasse pas de la légalité, enlève la fille d’un puissant baron de la drogue avant d’être l’objet d’une traque orchestrée par une police mexicaine corrompue et par différents groupes criminels désireux de mettre la main sur l’enfant.
Ce récit semble donc promettre, un moment, la description d’un rapport particulier entre l’homme et une gamine farouche et rebelle, entre le tueur et l’enfant, le temps d’un bien attendu trajet initiatique. Le film ne tiendra pas cette promesse (ce qui se passe entre les deux personnages est peu exprimé), mais en proposera une autre. Et c’est sans doute dans la façon même dont il contourne ce qui aurait pu être une prescription particulière, celle de la psychologie, que Sicario, la guerre des cartels signale sa singularité.
Sans états d’âme
Tout, ici, repose sur le mouvement, un mouvement qui décrit une ligne droite, géométrique, quasi abstraite, faite d’embuscades sur les routes désertiques du Mexique, de fusillades, d’exécutions sommaires. La violence, souvent extrême, y est réduite à une péripétie banale et dédramatisée, fatale et ordinaire à la fois. Les personnages ont ici oublié tout affect pour accomplir aveuglément et sans états d’âme une tâche particulière. On peut noter que ce sont des hommes dont le sort repose entre les mains d’une femme, le personnage incarné par Catherine Keener, mère symbolique et abjecte chargée de la supervision des opérations et dotée d’un pouvoir de vie et de mort au nom d’une politique aveugle.
La mise en scène de Sollima est tout entière au service de cette brutalité taiseuse et infernale. Ce qui s’apparenterait à un portrait de l’homme d’action contient, dans l’épure du trait, dans le silence des sentiments, une manière de regard moral. La solitude et l’expertise létale d’Alejandro constituent sans doute la marque d’un homme qui a perdu son âme il y a longtemps. L’action n’est plus rédemptrice. Elle semble n’être, désormais, que l’expression d’une malédiction. L’émotion affleure d’autant plus que tout a été fait pour la maintenir à distance.

« Sicario, la guerre des cartels ». Film américain de Stefano Sollima. Avec Josh Brolin, Benicio Del Toro, Isabela Moner (2 h 05). Sur le Web : www.metrofilms.com/films/sicario-day-of-the-soldado



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-14"> ¤ Le film d’animation de Nora Twoney mêle les péripéties d’une fillette pour nourrir sa famille et l’histoire récente de l’Afghanistan.
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« Parvana… » : faire entendre aux enfants les voix de la guerre

Le film d’animation de Nora Twoney mêle les péripéties d’une fillette pour nourrir sa famille et l’histoire récente de l’Afghanistan.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 07h26
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 07h46
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Coréalisatrice avec Tomm Moore de Brendan et le secret de Kells (2009), dessin animé inspiré d’une légende celtique, Nora Twomey se tourne aujourd’hui vers une réalité contemporaine douloureuse et complexe. Récit de quelques mois d’enfance vécus à Kaboul, en 2001, dans la période qui a précédé la chute du régime taliban en Afghanistan, Parvana… tente de rendre compte à des enfants d’une situation violente et cruelle.
Le talent de la cinéaste – qui sait puiser dans le patrimoine graphique et plastique de l’univers de ses personnages – et la rigueur du scénario, inspiré d’un roman de la Canadienne Deborah Ellis, œuvrent à la réussite du projet. Ce qui ne suffit pas à la garantir tout à fait : les nécessités du cinéma pour enfants – fussent-ils grands – conduisent à des simplifications, historiques et dramatiques, au recours à des procédés qui font parfois ressortir l’artifice qui est au cœur de Parvana…
L’héroïne éponyme est une petite fille de 11 ans, qui survit dans la capitale afghane en accompagnant son père sur les marchés pendant que sa sœur aînée et sa mère restent cloîtrées à la maison, frappées par l’interdiction de paraître en public édictée à l’encontre des femmes par les talibans. Quand son père est arrêté et emprisonné, Parvana se travestit en garçon pour nourrir sa famille.
Le récit d’une légende ancestrale
Le scénario entrelace les épisodes de cette quête de travail et d’argent, ainsi que d’informations au sujet du père détenu, et le récit que fait Parvana à son petit frère d’une légende ancestrale. Le premier fil narratif est traité sobrement, dans un style qui avoisine (sans y succomber) le réalisme dans une animation fluide, de grande qualité (l’usage des images numériques reste accessoire), le second s’inspire des miniatures persanes et indiennes, mêlant ombres et papiers découpés.
Le scénario et la matière dramatique du film ne sont pas tout à fait à la hauteur de ce contraste formel évocateur. Nora Twomey se débat entre sa volonté de tenir en haleine son jeune public et la nécessité de rendre compte de faits historiques, comme la débâcle sanglante des talibans après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Les péripéties de la recherche de travail, d’argent, d’informations sur le père emprisonné prennent parfois le tour d’une quête picaresque qui fait surgir des personnages ambigus (entrepreneur avide, marchand compatissant…), incarnations de la réaction du genre masculin aux privilèges supplémentaires conférés par les nouveaux maîtres. Ces rebondissements prennent aussi le tour du récit enfantin avec leurs simplifications extrêmes qui jurent avec la complexité de l’histoire de l’Afghanistan. Par nature, les séquences consacrées au conte échappent à cette difficulté.
Enfin, les voix ont été enregistrées en anglais par des comédiens qui indiquent l’origine des personnages par leur accent (une remarque qui ne s’applique pas à la version française). Ce procédé n’est pas réservé aux films pour enfants (il était récemment risible dans Red Sparrow, de l’Américain Francis Lawrence, sorti en avril). Là comme ailleurs, il apparaît de plus en plus désuet, masquant les voix, précisément, que voudrait faire entendre Parvana…

« Parvana, une enfance en Afghanistan ». Film d’animation canadien, irlandais et luxembourgeois de Nora Twomey (1 h 34). Sur le Web : www.le-pacte.com/france/prochainement/detail/parvana



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-15"> ¤ Le deuxième long-métrage de Laura Bispuri, avec Alba Rohrwacher et Valeria Golino, est un western sur la maternité.
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« Ma fille » : un fougueux trio féminin

Le deuxième long-métrage de Laura Bispuri, avec Alba Rohrwacher et Valeria Golino, est un western sur la maternité.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 07h25
    |

            Clarisse Fabre








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
Jamais la blondeur et la flamme de l’Italienne Alba Rohrwacher ne se sont si bien accordées avec un paysage, au cinéma. Celui de la Sardaigne, rocailleux et brûlant comme ­Angelica, l’un des trois personnages du film de Laura Bispuri. Femme vivant dans la marge, sur le point de perdre sa maison, son unique bien, Angelica devrait quitter sa terre. Mais c’est à ce moment précis qu’elle prend conscience de son attachement à Vittoria, sage fillette d’une dizaine d’années (Sara Casu). Cette dernière a été élevée par Tina (Valeria Golino), remplie d’amour et d’attention. Mais la préadolescente éprouve le besoin de s’éloigner.
Au-delà du court suspense qu’elle installe sur l’identité de la mère biologique, la réalisatrice s’emploie à dissoudre la famille et ses normes dans un nuage de poussière. Le trio de femmes sans jules (et Jim) se déplace, géographiquement et mentalement, sur ce coin isolé de Sardaigne qui­devient « terrain de jeu » au sens cinématographique du terme.
Rite initiatique
Le deuxième long-métrage de Laura Bispuri, sélectionné en compé­tition officielle à Berlin, tout comme son premier, Vierge sous serment (2015) – avec la même Alba Rohrwacher, méconnaissable en homme –, n’a que l’esthétique du western : sous l’écrasante chaleur et le poids des traditions masculines (les femmes, c’est comme le rodéo ou presque), il n’y a pas de mise à mort, ni ­vainqueure ni perdante. Les personnages prennent leurs distances, se mesurent, se déchirent et réajustent leurs points de vue pour tenter de se retrouver.
Dans cette rencontre avec Angelica, la fillette traverse comme un rite initiatique qui la fait grandir sous nos yeux. Et l’on est au bord du trou avec Valeria Golino, lorsque celle-ci cherche l’enfant, quittant sa maison où sa vie semblait si bien réglée. Génie de la métamorphose, Alba Rohrwacher apparaît sous un jour qu’on ne lui connaissait pas : celui d’une icône underground. D’une beauté sauvage, un rien l’habille et la fait tomber, toute déglinguée qu’elle est. Mais il suffit qu’elle déploie ses bras infinis, en haut d’une falaise, pour que l’on comprenne le sel de sa vie, entre mise en danger et liberté. C’est elle, la prétendue paumée, qui va redonner de l’air au sein de ce fougueux trio.

Film italien, suisse et allemand de Laura Bispuri. Avec Alba Rohrwacher, Valeria Golino et Sara Casu (1 h 27). Sur le Web : www.ufo-distribution.com/movie/ma-fille-figlia-mia et www.realfictionfilme.de/filme/figlia-mia/index.php?id=124



                            


                        

                        


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édition abonné


Festival du film de fesses : l’aube du cinéma érotique japonais

La manifestation, organisée à Paris du 28 juin au 1er juillet, met en lumière l’œuvre de Tatsumi Kumashiro.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 07h23
    |

                            Mathieu Macheret








                        



                                


                            

Cela fait maintenant cinq ans qu’une manifestation, lestement intitulée « Festival du film de fesses », inaugure à Paris la saison estivale d’une ardeur toute licencieuse. Lancé en 2014 par deux amatrices d’art érotique (Anastasia Rachman et Maud Bambou), l’événement se déroule sur quatre jours, du 28 juin au 1er juillet, dans trois cinémas du Quartier latin (le Reflet Médicis, la Filmothèque et les 3 Luxembourg).
Sous son appellation grivoise, on déniche surtout une plantureuse programmation de films rares ou inédits, célébrant les dévoilements anatomiques et la sexualité sous toutes ses formes. Et si les fesses, au même titre que le visage, étaient un autre miroir de l’âme, un accès privilégié au feu dont elle brûle ? C’est en tout cas l’hypothèse dont s’empare joyeusement le festival.
Le festival consacre une mini-rétrospective à un cinéaste à redécouvrir d’urgence : Tatsumi Kumashiro (1927-1995)
L’édition de cette année se penche judicieusement sur le Japon, où l’érotisme compte au rang des beaux-arts et dont le cinéma, des années 1960 à nos jours, fut incroyablement prodigue en la matière. Entre une nuit autour d’Eiichi Yamamoto, animateur érotomane et auteur de l’extraordinaire Belladonna (1973), d’après La Sorcière, de Jules Michelet, et la projection d’une poignée d’œuvres-cultes et exubérantes (dont Inflatable Sex Doll of the Wastelands, d’Atsushi Yamatoya) surnage le nom d’un cinéaste à redécouvrir d’urgence : Tatsumi Kumashiro (1927-1995), auquel le festival consacre une mini-rétrospective. Montrée en France par bribes et à de rares occasions, l’œuvre de Kumashiro, riche de 35 titres, reste encore méconnue. Les six films présentés au cours du festival séduisent par leur fièvre libertaire et iconoclaste, leur spontanéité et leur questionnement réflexif sur le sexe.
C’est l’un des paradoxes de l’histoire du cinéma japonais, que la modernité la plus bouillonnante se soit exprimée au cœur même...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-17"> ¤ Réalisé en 2000 mais resté inédit en France, le troisième long-métrage de Park Chan-wook porte en lui nombre de motifs de son œuvre ultérieure.
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« JSA » : une poignante tragédie humaine entre les deux Corées

Réalisé en 2000 mais resté inédit en France, le troisième long-métrage de Park Chan-wook porte en lui nombre de motifs de son œuvre ultérieure.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 07h21
    |

                            Jean-François Rauger








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
Pour qui est familier de la filmographie de Park Chan-wook, JSA (Joint Security Area), le troisième long-métrage du cinéaste coréen (réalisé en 2000 et resté inédit en salle en France jusqu’à ce jour), apparaîtra comme l’embryon d’une œuvre à venir toute personnelle, la genèse d’un certain nombre de motifs qui bénéficieraient déjà ici d’une solide incarnation cinématographique.
Le film prend, après une ouverture mystérieuse et violente (un homme enlevé en pleine forêt par deux militaires, un échange confus de coups de feu dont les causes et les effets restent obscurs), la forme d’une enquête policière, celle de la quête d’une vérité qui aurait dû être cachée, jusqu’à l’épilogue, par une forêt de mensonges.
Retours en arrière
Le point de départ du récit est un incident de frontière survenu entre les deux Corées. Deux militaires nord-coréens ont été tués. Agression provoquée par un soldat sud-coréen ? Tentative d’enlèvement de celui-ci suivie d’une évasion soldée par la mort de deux des kidnappeurs ? Une jeune officier suisse d’origine coréenne, mandatée par une commission d’enquête internationale vouée à désamorcer les risques d’un conflit armé que cet incident a réveillés – menace omniprésente dans cette partie du monde –, procède à l’audition des différents protagonistes survivants. Alors que chacun semble se murer dans le silence ou bien dans une version officielle, un retour en arrière prend à rebours celle-ci, tout en démentant les images du début, désormais comprises comme fallacieuses.
« Ce qui compte, c’est le processus », est-il déclaré à un moment du film pour décrire l’objectif de l’enquêtrice, profession de foi du cinéaste lui-même peut-être. Les autorités nord-coréennes et sud-coréennes ont mis en place un certain nombre de rituels dans ce que l’on appelle, sans doute par antiphrase, la zone démilitarisée (DMZ). Marquer à la fois la singularité de « l’autre » Corée, figurer l’interdiction d’un passage de l’une à l’autre, sont les raisons d’être d’un formalisme militaire que Park Chan-wook détaille de façon subtilement didactique.
Mais la mise en scène de cette injonction radicale est en fait concrètement, et régulièrement, niée par des tentatives d’infiltration parfois délibérées, très souvent maladroites et inconscientes, de militaires de part et d’autre. Les retours en arrière dévoilent la naissance et l’existence, à la suite d’une rencontre de hasard, d’une amitié entre deux soldats du Nord et deux autres du Sud. Ainsi JSA (Joint Security Area) apparaît comme le dérèglement d’un mécanisme pourtant programmé, un dérèglement actualisé par un événement qui n’aurait jamais dû avoir lieu.
Une amitié insolite
On voit bien ce qui, chez l’auteur d’Old Boy, récit d’une vengeance programmée, a pu fasciner dans cette description d’un double détraquement, cette rupture dans un univers entièrement déterminé. Tout comme l’on peut voir, dans la façon dont les récits virtuels et trompeurs s’enchevêtrent, un goût qui s’incarnera encore plus tard dans un film comme Mademoiselle, tourné en 2016.
Le sergent Lee et le soldat Nam passent les longues heures de leur garde de nuit dans la casemate de leurs homologues, le sergent Oh et le soldat Jeong, de l’autre côté de la frontière, au Nord. Park Chan-wook, derrière le principe conceptuel, souligné par la virtuosité de sa mise en scène, qui régit la narration de cet étrange incident, raconte la naissance et l’expansion d’une amitié insolite. C’est sans doute l’aspect le plus émouvant d’une œuvre qui détaille le tissage d’un lien unissant des personnages que l’idéologie sépare mais que rapproche aussi une expérience similaire, celle de la promiscuité virile que construit la vie militaire, mais aussi celle de la résurgence des jeux de l’enfance.
L’histoire s’interrompt ainsi, le temps de l’expérience partagée, de la solidarité masculine, d’un retour des jeux de l’enfance. Le sergent Oh est magistralement et subtilement incarné par Song Kang-ho, future vedette du cinéma sud-coréen et acteur phare des films de Bong Joon-ho (Memories of Murder, The Host, Snowpiercer). On imagine le défi qu’il a dû relever et qui a consisté à incarner celui censé être l’autre absolu, le négatif construit par une idéologie féroce et une propagande tenace. C’est au prix de cette qualité d’interprétation que ce qui n’aurait pu être qu’une expérience formelle et abstraite devient aussi une poignante tragédie humaine.

Film coréen de Park Chan-wook. Avec Song Kang-ho, Lee Young-ae, Kim Tae-woo (1 h 50). Sur le Web : www.larabbia.com/films/jsa-joint-security-area et www.les-bookmakers.com/films/jsa-joint-security-area



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-18"> ¤ La comédie pour adolescents de Greg Berlanti a pour protagoniste un garçon gay et pour tonalité le plus grand conformisme.
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« Love, Simon » : un lycéen comme les autres, à si peu de choses près

La comédie pour adolescents de Greg Berlanti a pour protagoniste un garçon gay et pour tonalité le plus grand conformisme.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 07h19
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Le film de Greg Berlanti, réalisateur et producteur de séries télévisées hyperactif, restera dans la chronique du cinéma. Pour la première fois, le personnage principal d’une production destinée aux adolescents par une major américaine – la Fox de Rupert Murdoch, qui plus est –, est gay. Ce trait distinctif a bien sûr des conséquences sur le film, mais, une fois arrivée la fin (qui est aussi heureuse que dans la plupart des comédies pour teenagers), force est de convenir que la caractéristique principale de cette douceur aux parfums synthétiques reste son conformisme.
Simon (Nick Robinson) vit dans une famille prospère et aimante. Ses parents sont bien jolis (Josh Duhamel et Jennifer Garner) et assez prospères pour lui offrir une voiture (une Subaru, certes) pour son dix-huitième anniversaire. Comme il l’explique en une de ces séquences en voix off qui règlent si commodément les problèmes d’exposition, Simon mène une vie sans défaut à ceci près que personne ne sait qu’il est gay, même pas ses amis d’enfance dont Leah (Katherine Langford) qui l’aime en un secret su de tout le monde sauf de l’intéressé.
Flirt numérique poussé
Simon vit les dernières semaines de sa vie de lycéen dans un établissement cossu de la banlieue d’Atlanta lorsque l’un de ses condisciples fait un semi « coming out » (il dit son homosexualité et son appartenance au corps étudiant mais tait son nom) sur les réseaux sociaux. Notre héros entame alors un flirt numérique poussé qui attire l’attention d’un autre lycéen. Menacé de se voir démasqué, Simon enchaîne alors les supercheries avec une absence d’éthique amicale et amoureuse qui restera le seul élément un tant soit peu dérangeant du film.
On comprend bien que Greg Berlanti a voulu tenir cette histoire à l’écart de la tragédie ou même des petites misères quotidiennes. Il lui a manqué le courage, l’inclination ou la capacité de les remplacer par autre chose que des édulcorants qui déguisent le goût parfois amer des amours et des rivalités adolescentes.

Film américain de Greg Berlanti. Avec Nick Robinson, Jennifer Garner, Josh Duhamel, Katherine Langford, Alexandra Shipp (1 h 49). Sur le Web : www.foxfrance.com/love-simon, www.foxmovies.com/movies/love-simon et www.facebook.com/LoveSimonMovie



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-19"> ¤ Le réalisateur Jason Reitman met en scène une jeune fille qui transforme une maternité compliquée en conte de fées.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/06/2018
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« Tully » : la nounou au chevet de Charlize Theron

Le réalisateur Jason Reitman met en scène une jeune fille qui transforme une maternité compliquée en conte de fées.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 07h55
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
Quand les acteurs se transforment, il est d’usage que ce soit pour une cause sortant de l’ordinaire. Gary Oldman s’est vieilli, rapetissé, pour célébrer Winston Churchill dans Les Heures sombres (2018). Charlize Theron s’est enlaidie pour toucher à la réalité d’Aileen Wuornos, la meurtrière de Monster (2003).
Quinze ans plus tard, la même Charlize Theron mue à nouveau ; cette fois pour être une femme comme on en croise chaque jour, une mère de famille qui perd pied. Ce n’est pas une petite affaire pour un mannequin qui n’a pas tout à fait abandonné sa profession d’origine, et l’actrice s’y consacre avec l’énergie et l’abnégation farouche qu’on lui a connues aussi bien dans les bas-fonds de Floride (Monster) que dans le désert apocalyptique (Mad Max : Fury Road, 2015).
Si bien que Marlo, la jeune femme épaissie par la grossesse dans Tully, prendra place aux côtés de ces rôles spectaculaires, hissée à ce rang par son interprète, mais aussi par le travail délicat et énergique du duo Jason Reitman (réalisation) – Diablo Cody (scénario).

        Lire l’entretien avec Jason Reitman :
         

          « “Tully” est un tour de magie »



Soutien paternel limité
On découvre Marlo comme à travers une eau trouble dans laquelle elle se débat sans jamais arriver à remonter à la surface. Mère de Sarah, petite fille sérieuse, et de Jonah, un enfant aux « besoins spéciaux », selon l’expression en usage aux Etats-Unis, dont le trouble reste hors d’atteinte des médecins, Marlo est enceinte d’un troisième enfant.
Le secours que lui apporte son compagnon Drew (Ron Livingston) est limité à un pourcentage soigneusement calculé des tâches ménagères et parentales, qui, une fois atteint, autorise le patriarche à se réfugier dans la chambre conjugale, où il se consacre à l’extermination de ses adversaires dans un jeu vidéo.

   


Aussi sympathique que soit la physionomie de Ron Livingston, cette figure paternelle tiendra le rôle du méchant dans cette histoire qui ne va pas rester banale. Plus que par la directrice d’école compréhensive, mais impitoyable, plus que par la belle-sœur aussi gourde que cruelle, c’est par le mâle du foyer qu’arrive le malheur.
Tully, c’est une Mary Poppins alternative, l’irruption des charmes et des sortilèges dans le quotidien le plus pesant
Après la naissance de Mia, Marlo finit par accepter la proposition, initialement refusée, que lui avait faite son frère, un parvenu sympathique (Mark Duplass, bénéficiaire de la générosité hors du commun de Diablo Cody à l’égard de certains de ses personnages secondaires) : il s’est engagé à payer les services d’une nounou de nuit, qui viendra chaque soir s’assurer que Marlo et Mia parviennent jusqu’au matin fraîches et reposées. C’est ainsi qu’un soir Tully (Mackenzie Davis) apparaît sur le seuil de la maison de Marlo.
A partir de ce moment, la chronique quotidienne de la maternité, teintée de sarcasmes et de colère (une autre recette de la maison Cody), devient une espèce de conte de fées. Tully prend en main non seulement l’intendance mais aussi la psyché fêlée de son aînée. Jason Reitman prend un plaisir évident à arranger le duo entre les deux actrices, la star qui s’est délibérément ternie, l’étoile ascendante qui brille de sensualité et d’amour. Tully, c’est une Mary Poppins alternative, l’irruption des charmes et des sortilèges dans le quotidien le plus pesant.

   


Retournement final
Son pouvoir curatif impressionne d’autant que Reitman a donné jusque-là libre cours à ses propres penchants les plus négatifs, ceux qui agaçaient les hygiénistes dans Thank You for Smoking (2005), les féministes dans Juno (2007) ou les syndicalistes dans In the Air (2009). Le réalisateur embrasse la magie avec tant d’enthousiasme qu’on en reste déconcerté, et ravi.
Restait à faire tenir dans le même espace imaginaire ces deux dimensions a priori incompatibles. Le retournement final imaginé par Diablo Cody, et la façon dont Jason Reitman le met en scène, propose un modèle en matière de sidération douce.
Il ne s’agit pas de mettre à l’envers l’esprit du spectateur, comme le faisait M. Night Shyamalan dans Sixième sens (1999), mais de l’accompagner dans sa rêverie, dans ses pensées, autour d’un sujet si banal qu’on n’y accorderait guère d’attention si une star n’avait pas pris une douzaine de kilos pour le porter à l’écran.

Film américain de Jason Reitman. Avec Charlize Theron, Mackenzie Davis, Ron Livingston, Mark Duplass (1 h 35). Sur le Web : www.marsfilms.com/film/tully, focusfeatures.com/tully et www.facebook.com/tullymovie

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 27 juin)
JSA (Joint Security Area), film coréen de Park Chan-wook (à ne pas manquer)Ma fille, film allemand, italien et suisse de Laura Bispuri (à ne pas manquer)Sicario, la guerre des cartels, film américain de Stefano Sollima (à ne pas manquer)Tully, film américain de Jason Reitman (à ne pas manquer)Un couteau dans le cœur, film français de Yann Gonzalez (à ne pas manquer)Parvana, une enfance en Afghanistan, film d’animation canadien, irlandais et luxembourgeois de Nora Twomey (à voir)Love, Simon, film américain de Greg Berlanti (pourquoi pas)Budapest, film français de Xavier Gens (on peut éviter)
A l’affiche également :
A 2 heures de Paris, film français de Virginie VerrierLes Affamés, film français de Léa FrédevalPur-sang, film américain de Cory Finley





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-20"> ¤ Chaque mercredi, « La Matinale du Monde » propose un choix de longs-métrages à voir sur grand écran.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/06/2018
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Soleil de Sardaigne, maternité et porno gay : notre sélection cinéma

Chaque mercredi, « La Matinale du Monde » propose un choix de longs-métrages à voir sur grand écran.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 07h42
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Cette semaine, La Matinale est tiraillée entre deux pôles. Celui de la famille, vue au travers d’une mère dépassée par la naissance de son troisième enfant (Tully), et des relations mères-fille entre trois femmes en Sardaigne (Ma fille). Et celui des plaisirs de la chair, grâce à Vanessa Paradis, qui revient dans un rôle de productrice de films pornos gays (Un couteau dans le cœur).
NOUVEAU RÉCIT SUR LA MATERNITÉ : « Tully », de Jason Reitman

Quand les acteurs se transforment, il est d’usage que ce soit pour une cause sortant de l’ordinaire. Gary Oldman s’est vieilli, rapetissé, pour célébrer Winston Churchill dans Les Heures sombres (2018). Charlize Theron s’est enlaidie pour toucher à la réalité d’Aileen Wuornos, la meurtrière de Monster (2003).
Quinze ans plus tard, la même Charlize Theron mue à nouveau ; cette fois pour être une femme comme on en croise chaque jour, une mère de famille qui perd pied. On découvre Marlo comme à travers une eau trouble dans laquelle elle se débat sans jamais arriver à remonter à la surface : Marlo est enceinte d’un troisième enfant.
Après la naissance de Mia, Marlo finit par accepter la proposition, initialement refusée, que lui avait faite son frère, un parvenu sympathique : il s’est engagé à payer les services d’une nounou de nuit, qui viendra chaque soir s’assurer que Marlo et Mia parviennent jusqu’au matin fraîches et reposées. C’est ainsi qu’un soir Tully (Mackenzie Davis) apparaît sur le seuil de la maison de Marlo. A partir de ce moment, la chronique quotidienne de la maternité, teintée de sarcasmes et de colère, devient une espèce de conte de fées. Le réalisateur embrasse la magie avec tant d’enthousiasme qu’on en reste déconcerté, et ravi. Thomas Sotinel
Film américain de Jason Reitman. Avec Charlize Theron, Mackenzie Davis, Ron Livingston, Mark Duplass (1 h 35).
PARADIS PRODUCTRICE DE PORNOS GAY : « Un couteau dans le cœur », de Yann Gonzalez

D’où vient Un couteau dans le cœur, le deuxième long-métrage de Yann Gonzalez ? De loin, d’un inframonde social et cinématographique, ancien et peut-être oublié, d’un monde qui ne se souciait pas d’appartenir à la culture et même à la société, mais qui aura peut-être incarné le cœur saignant de son époque. C’est un film nourri du passé mais qui ne pouvait pourtant se concevoir qu’aujourd’hui.
A travers ce récit ponctué de meurtres ritualisés (l’assassin est masqué et son arme est un ­ godemiché doté d’une lame rétractable) dans le milieu du cinéma porno gay de la fin des années 1970, Yann Gonzalez invite le spectateur à participer à un très singulier trip. Les victimes de l’assassin à la cagoule de latex sont des comédiens de films pornographiques homosexuels produits par Anne Pareze (Vanessa Paradis). Un couteau dans le cœur est une déclaration d’amour tout autant qu’une déconstruction des thrillers italiens de série des années 1970, du cinéma pornographique, mais aussi de l’abstraction plastique. Jean-François Rauger
Film français de Yann Gonzalez. Avec Vanessa Paradis, Kate Moran, Nicolas Maury (1 h 42).
TRIO FÉMININ : « Ma fille », de Laura Bispuri

Jamais la blondeur et la flamme de l’Italienne Alba Rohrwacher ne se sont si bien accordées avec un paysage, au cinéma. Celui de la Sardaigne, rocailleux et brûlant comme ­Angelica, l’un des trois personnages du film de Laura Bispuri. Femme vivant dans la marge, sur le point de perdre sa maison, Angelica devrait quitter sa terre. Mais c’est à ce moment précis qu’elle prend conscience de son attachement à Vittoria, sage fillette (Sara Casu). Cette dernière a été élevée avec amour par Tina (Valeria Golino). Mais la préadolescente éprouve le besoin de s’éloigner.
Au-delà du court suspense qu’elle installe sur l’identité de la mère biologique, la réalisatrice s’emploie à dissoudre la famille et ses normes dans un nuage de poussière. Le trio de femmes sans jules (et Jim) se déplace, géographiquement et mentalement, sur ce coin isolé de Sardaigne qui­ devient « terrain de jeu » au sens cinématographique du terme.
Le deuxième long-métrage de Laura Bispuri, sélectionné en compé­tition officielle à Berlin, tout comme son premier, Vierge sous serment (2015), n’a que l’esthétique du western : sous l’écrasante chaleur et le poids des traditions masculines (les femmes, c’est comme le rodéo ou presque), il n’y a pas de mise à mort, ni ­vainqueure ni perdante. Clarisse Fabre
Film italien, suisse et allemand de Laura Bispuri. Avec Alba Rohrwacher, Valeria Golino et Sara Casu (1 h 27).
ÉROTISME JAPONAIS : Festival du film de fesses, à Paris (du 28 juin au 1er juillet)

   


Cela fait maintenant cinq ans qu’une manifestation, lestement intitulée « Festival du film de fesses », inaugure à Paris la saison estivale d’une ardeur toute licencieuse. Lancé en 2014 par deux amatrices d’art érotique (Anastasia Rachman et Maud Bambou), l’événement se déroule sur quatre jours, du 28 juin au 1er juillet, dans trois cinémas du Quartier latin (le Reflet Médicis, la Filmothèque et les 3 Luxembourg).
Sous son appellation grivoise, on déniche surtout une plantureuse programmation de films rares ou inédits, célébrant les dévoilements anatomiques et la sexualité sous toutes ses formes. L’édition de cette année se penche judicieusement sur le Japon, où l’érotisme compte au rang des beaux-arts et dont le cinéma, des années 1960 à nos jours, fut incroyablement prodigue en la matière. Entre une nuit autour d’Eiichi Yamamoto, animateur érotomane et auteur de l’extraordinaire Belladonna (1973), d’après La Sorcière, de Jules Michelet, et la projection d’une poignée d’œuvres-cultes et exubérantes (dont Inflatable Sex Doll of the Wastelands, d’Atsushi Yamatoya) surnage le nom d’un cinéaste à redécouvrir d’urgence : Tatsumi Kumashiro (1927-1995), auquel le festival consacre une mini-rétrospective. Mathieu Macheret
www.lefff.fr

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 27 juin)
JSA (Joint Security Area), film coréen de Park Chan-wook (à ne pas manquer)Ma fille, film allemand, italien et suisse de Laura Bispuri (à ne pas manquer)Sicario, la guerre des cartels, film américain de Stefano Sollima (à ne pas manquer)Tully, film américain de Jason Reitman (à ne pas manquer)Un couteau dans le cœur, film français de Yann Gonzalez (à ne pas manquer)Parvana, une enfance en Afghanistan, film d’animation canadien, irlandais et luxembourgeois de Nora Twomey (à voir)Love, Simon, film américain de Greg Berlanti (pourquoi pas)Budapest, film français de Xavier Gens (on peut éviter)
A l’affiche également :
A 2 heures de Paris, film français de Virginie VerrierLes Affamés, film français de Léa FrédevalPur-sang, film américain de Cory Finley





                            


                        

                        

