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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Au Musée des beaux-arts de Rennes, les œuvres de la plasticienne déroutent le regard.
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Exposition : Tatiana Trouvé mêle hasard et méthode

Au Musée des beaux-arts de Rennes, les œuvres de la plasticienne déroutent le regard.



Le Monde
 |    02.07.2018 à 08h52
    |

                            Philippe Dagen (Rennes, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Le patio du Musée des beaux-arts de Rennes est une cour carrée couverte, encaissée entre de hauts murs. Tatiana Trouvé y a tendu un réseau de tiges métalliques qui se coupent à angle droit, structure appuyée sur des sortes de cales. Elle porte, dos à dos, de grands dessins sur des papiers verts, roses ou gris, tous tachés ou délavés. L’œil y pénètre dans des espaces – intérieurs ou extérieurs, on ne sait – bordés par des parois obliques, ou par des arbres et des taillis. Une tornade semble se déplacer dans une salle – de musée sans doute – où se trouvent la Rotative plaques verre de Duchamp et des photographies ou dessins – on ne sait pas – de sculptures et de ruines.
Dans une autre de ces visions, les menhirs de Carnac pénètrent en cortège dans une salle ou un atelier où se trouvent des sculptures de Tatiana Trouvé, dont une en forme de souche qui est un projet de fontaine. Le réalisme méticuleux du graphisme est déstabilisé par ces proximités anormales. Complications supplémentaires : comme les dessins sont adossés par paires, il est impossible d’embrasser du regard l’ensemble, et les tiges de la structure obligent à des détours zigzagants.
Ce ne sont pas des « ready-made », mais des pièces où le bronze, le cuivre ou le marbre imitent des matériaux plus ordinaires
Dans les couloirs autour du patio, elle a posé aussi quelques sculptures qui sont, de loin, très identifiables : une chaise de bureau, un écran de projection pliable – et plié –, un sac-poubelle, un petit paquet ficelé ou une lampe dessinée par un décorateur qui aurait abusé des psychotropes. De près, il apparaît que ce ne sont pas des ready-made, mais des pièces où le bronze, le cuivre ou le marbre imitent des matériaux plus ordinaires.
Depuis ses premières expositions au début des années 2000, Tatiana Trouvé, qui est née en 1968 en Italie, est fidèle à ce principe : ­dérouter le regard, l’attirer par des représentations immédiatement identifiables pour mieux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Taxée d’opportunisme et de plagiat à ses débuts, l’esthétique du cinéaste italien a progressivement séduit l’establishment critique.
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Dario Argento ou la reconnaissance tardive d’un cinéma cérébral et tripal

Taxée d’opportunisme et de plagiat à ses débuts, l’esthétique du cinéaste italien a progressivement séduit l’establishment critique.



Le Monde
 |    02.07.2018 à 08h21
    |

                            Jean-François Rauger








                        



                                


                            

La ressortie d’un film en salle plusieurs années, voire plusieurs décennies, après sa distribution commerciale constitue le signe que son auteur est parvenu à un statut particulier, qu’il a fait l’objet d’une forme d’ennoblissement artistique. Le marché des salles dites de répertoire ne forme-t-il pas une sorte de panthéon pour des cinéastes que la postérité désignerait (enfin !) comme artistes ? Une œuvre, aussi commerciale que soit sa raison d’être d’origine, qui connaît in fine le destin d’être montrée au spectateur minoritaire mais « cultivé » des cinémas d’art et d’essai, aura, dans certains cas, changé de nature.

Il serait aisé de comprendre ce qui se passe avec le cinéma de Dario Argento (dont six titres ressortent dans les salles de répertoire) comme le résultat d’une reconnaissance tardive, certes entamée il y a plusieurs années par diverses instances de légitimation (la critique, l’université, etc.). Le « mauvais objet » d’hier serait-il devenu un « bon objet » d’aujourd’hui grâce aux vertus du passage du temps ? Après tout, ce ne serait pas la première fois dans l’histoire du cinéma.
Comparé à Sergio Leone
Certes, le cinéma d’Argento, au moment où celui-ci réalisait ses premiers films, fut, au mieux, considéré comme commercialement opportuniste, plagiaire, creux. Ecrivant sur Quatre mouches de velours gris dans Le Nouvel Observateur, Jean-Louis Bory désigna le film comme du « Hitchcock minestrone assaisonné de freudisme parmesan ». Une manière (un poil xénophobe, certes) de résumer l’opinion plus que réservée d’une partie de la critique en France devant les premiers thrillers du cinéaste transalpin. Certains, pourtant, et sans que cela soit forcément un compliment sous leur plume, avaient comparé Argento à Sergio Leone, et L’Oiseau au plumage de cristal à Pour une poignée de dollars.
Beaucoup ne virent dans les premiers titres du cinéaste que recyclage cynique, trivialité vulgaire,...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Elle inspire par ses paysages, ses artistes et son modèle démocratique. Mais l’Islande rêvée correspond-elle à la réalité ? Entretien avec Michel Sallé, auteur d’une « Histoire de l’Islande, des origines à nos jours ».
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                Des sagas médiévales à Björk, pourquoi l’Islande fascine


Elle inspire par ses paysages, ses artistes et son modèle démocratique. Mais l’Islande rêvée correspond-elle à la réalité ? Entretien avec Michel Sallé, auteur d’une « Histoire de l’Islande, des origines à nos jours ».

Le Monde
                 |                 02.07.2018 à 08h00
                 |

            Marie Charrel

















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Son modèle démocratique et paritaire est une source d’inspiration. Ses paysages et ses artistes fascinent. Pourquoi l’Islande fait-elle rêver ? Quelle est son histoire ? Comment sa littérature s’est-elle développée ? Pour Michel Sallé, docteur en sciences politiques et fin connaisseur du pays, la spécificité de l’île tient à la fois à sa résilience et à son ouverture. Il publie l’ouvrage « Histoire de l’Islande, des origines à nos jours » aux éditions Tallandier (paru le 14 juin 2018), coécrit avec Æsa Sigurjonsdottir, professeure d’histoire de l’art à l’université d’Islande.

        Rendez-vous au Monde Festival 2018 :
         

          Islande, une passion française



Pourquoi l’Islande passionne-t-elle autant les Français ?
Cette fascination n’est pas spécifiquement tricolore. Elle s’inscrit dans un mouvement général d’intérêt pour l’île : depuis quelques années, tout le monde redécouvre l’Islande. Le nombre de touristes a considérablement augmenté. Cet attrait tient autant à la beauté de ses paysages qu’à sa littérature et sa musique, incarnée par Björk, mais pas seulement : de plus en plus de groupes de Reykjavík tournent désormais à l’étranger.
Au regard de la petite taille de sa population (un peu moins de 350 000 habitants), l’île compte un nombre important d’artistes. Comment l’expliquer ?
La culture a toujours tenu une place de premier plan en Islande. Cela a commencé, bien sûr, avec les fameuses sagas médiévales. Au XIXe siècle, les poètes romantiques ont contribué à forger les valeurs islandaises, autour de la nature, et l’identité de l’île, dans le cadre du mouvement d’indépendance face au Danemark.
De plus, les Islandais ont eu très tôt accès à la lecture, notamment sous l’impulsion de l’Eglise protestante : le pasteur désirait que le plus grand nombre puisse lire la bible !
Aujourd’hui encore, les arts tiennent une grande place dans l’éducation scolaire, et la création artistique est très valorisée : cela contribue probablement à expliquer pourquoi le pays compte de nombreux écrivains et musiciens.
L’Islande, dont le Parlement fut fondé en 930 (l’Althing, ou Alþingi en islandais), est souvent citée comme un modèle démocratique. A juste titre ?
Oui, mais ses institutions ont malgré tout des hauts et des bas. Après la crise financière de 2008, un mouvement pour la réécriture de la Constitution par la société civile est né, suscitant l’admiration à l’étranger, qui voyait là une révolution démocratique audacieuse. Il est vrai que cette Constitution est un texte ancien, calqué sur le modèle danois lors de l’indépendance du pays, en 1944. Sa première version date de 1874 ! Hélas, la réécriture de la Constitution, si prometteuse, a fini par échouer dans l’indifférence générale.
Ajoutons qu’en 2016, le premier ministre Sigmundur David Gunnlaugsson fut rattrapé par les Panama Papers, le scandale des sociétés dissimulées dans les paradis fiscaux. Si elle inspire, la démocratie islandaise est donc loin d’être parfaite.
En matière d’égalité hommes-femmes et de parité, l’île est en avance au regard du reste de l’Europe, à l’exemple de l’ensemble des pays nordiques.
C’est vrai, même si là aussi, tout n’est pas parfait. Une anecdote à cet égard : le nouveau conseil municipal de Reykjavík, issu des élections de mai dernier, recense quinze femmes et huit hommes ; il est plus que paritaire !
Si l’on remonte l’histoire, les sagas contenaient déjà des figures féminines puissantes. Au XIXe siècle, la suffragette Briet Bjarnhéðinsdóttir (1856-1940) s’est vaillamment battue pour le droit des femmes. Celles-ci votèrent pour la première fois en 1908, d’abord pour les municipales. En 1975, elles se mirent en grève pour obtenir l’égalité des salaires.
Aujourd’hui, les Islandaises n’ont aucun mal à décrocher des postes élevés dans les entreprises ou conseils d’administration. Cela semble naturel. Le plafond de verre y est beaucoup moins fort qu’en France.
L’ouvrage que vous avez coécrit retrace l’histoire de l’île depuis ses origines. Comment la caractériseriez-vous ?
Deux traits permettent de comprendre les Islandais. Le premier est leur grande résilience. Il ne faut pas oublier que l’île a été pauvre jusqu’au sortir de la Seconde Guerre mondiale, où elle était encore peuplée de pêcheurs et paysans. Son histoire est rythmée par les épidémies, les hivers rigoureux et les éruptions destructrices, mais son peuple s’est toujours relevé.
Le second trait des Islandais est leur grande ouverture. Ils ont toujours été curieux et ouverts au monde, ce qui se traduit notamment par leur appétit pour la culture. A l’époque des sagas, déjà, les échanges entre l’Islande, l’Irlande, les îles Hébrides et le Danemark étaient intenses. Et l’information circulait très vite : presque tout le monde était rapidement au courant des nouvelles sur l’île, notamment grâce aux troubadours.
A quels défis l’île est-elle aujourd’hui confrontée ?
Ces prochaines années, elle va devoir gérer le flux considérable de touristes, qui explose depuis cinq ans. Comment concilier cela avec la protection de la nature ? Une réflexion de long terme sur le sujet est indispensable. D’autant que beaucoup d’Islandais ont investi pour profiter de la hausse du nombre de visiteurs, en achetant des appartements pour les louer sur la plate-forme Airbnb. Pour l’instant, l’économie va bien, mais cette frénésie immobilière peut laisser craindre une surchauffe.
La bonne santé de l’économie a par ailleurs attiré beaucoup de travailleurs étrangers. A cet égard, 2017 a été une année exceptionnelle, tant par les arrivées d’étrangers que par le retour de citoyens islandais. La population frôle désormais les 350 000 personnes, si bien que le pays approche une taille critique, au sens où il ne lui est plus possible de fonctionner comme une grosse communauté, où tout le monde se connaît.
A cette croissance démographique s’ajoute la concentration des habitants dans la capitale, tandis que les campagnes se vident. Que faire ensemble, quel projet commun ? L’Islande est aujourd’hui à un croisement de son histoire.
Le Monde organise dans le cadre du Monde festival une rencontre avec les romanciers islandais Audur Ava Ólafsdottir et Arni Thorarinsson, le traducteur littéraire Eric Boury, et Mathias Malzieu, auteur-compositeur et chanteur du groupe de rock français Dionysos. L’événement se tiendra samedi 6 octobre 2018 de 14h00 à 15h30 à l’Opéra Bastille (studio).

Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra.
Un verbe qui résonne comme un appel pour ce rendez-vous de la rentrée désormais incontournable, porté par les journalistes du Monde, qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles.
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Marie Charrel
    













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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ L’exposition rend compte des premières années de la carrière de cet artiste, surnommé « le peintre voluptueux » par Apollinaire.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Six films-clés du réalisateur italien, maître du raffinement pervers et fétichiste, ressortent en salle.
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Article sélectionné dans La Matinale du 01/07/2018
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Rétrospective : les fantaisies macabres de Dario Argento

Six films-clés du réalisateur italien, maître du raffinement pervers et fétichiste, ressortent en salle.



Le Monde
 |    02.07.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 08h22
    |

                            Mathieu Macheret








                        



                                


                            

Six films de Dario Argento ressortent sur grand écran en copies restaurées, rendant justice à la maestria plastique de ce grand styliste qui, dans les années 1970-1980, électrisa le cinéma populaire italien avec ses polars psycho-macabres (L’Oiseau au plumage de cristal, 1970) et ses contes d’horreur hallucinatoires (Suspiria, 1977). Son nom est indéfectiblement lié au « giallo », récit d’investigation marqué par des poussées horrifiques et irrationnelles, qui fit florès dans l’Italie des années 1970, et dont il contribua largement, dans la foulée de Mario Bava (Six femmes pour l’assassin, 1964), à façonner la forme définitive et les exubérances visuelles.

Kaléidoscopiques, torves et visionnaires, ses films s’embarrassent moins de vraisemblance qu’ils n’orchestrent de somptueuses cérémonies funèbres, des plongées dans la psyché troublée et déliquescente de ses personnages. On s’y glisse comme à l’intérieur de grandes cages de reflets ou de palais de sensations, qui ne tiennent debout que par l’impétuosité de la mise en scène.

Les six films réunis ici, sans grand souci de cohérence, ont l’avantage d’offrir un précipité des moments-clés de l’œuvre d’Argento. L’Oiseau au plumage de cristal et Le Chat à neuf queues (1971), ses premier et deuxième films, participent d’une trilogie dite « animalière » (avec 4 mouches de velours gris, non présenté). Ayant posé les bases et lancé la mode du giallo, ils pourraient passer pour de simples polars à énigmes d’inspiration hitchcockienne (il s’agit d’y reconstituer une scène de crime lacunaire pour arrêter un tueur sadique), s’ils ne se distinguaient par leur raffinement pervers et fétichiste. Chose remarquable : l’angoisse transite ici par l’instabilité des espaces, se distordant soudainement ou se refermant comme des pièges – voir l’ouverture de L’Oiseau… où le héros assiste à une agression, piégé dans le vestibule transparent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Notre choix du soir. Francis Gillery revient sur le sort des juifs étrangers exploités par les nazis sur les terres agricoles des Ardennes pendant la guerre (sur Histoire à 20 h 40).
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TV – « Les Juifs de la zone interdite »

Notre choix du soir. Francis Gillery revient sur le sort des juifs étrangers exploités par les nazis sur les terres agricoles des Ardennes pendant la guerre (sur Histoire à 20 h 40).



Le Monde
 |    01.07.2018 à 18h00
    |

            Christine Rousseau








                        


Documentaire sur Histoire à 20 h 40



En ces temps sombres et ­menaçants, la promesse d’un travail, d’un salaire, d’un toit ainsi que de la protection des familles, était belle. Aussi certains fourreurs, gantiers ou tailleurs, originaires d’Europe de l’Est, exilés à Paris, décidèrent-ils de se convertir aux travaux des champs. Et, malgré eux, de devenir les esclaves d’un régime abject qui finira par les tuer.
Dans les brumes du passé, longtemps ces hommes n’auront été que des silhouettes fantomatiques traversant les forêts et les champs ardennais. Comme le rappelle à sa manière, grave et mélancolique, le documentaire de Francis Gillery, dont un des premiers mérites est de mettre en lumière un épisode méconnu et tragique de la seconde guerre mondiale.
Tout débute à l’heure de l’exode, lorsque, en mai 1940, les troupes allemandes envahissent le nord de France, puis placent sous un statut proche de l’annexion les départements allant de la Somme au Jura, dont les Ardennes. Outre des conditions d’accès très strictes, les terres agricoles sont confisquées et administrées par la Wirtschaft Oberleitung (Woll), un organisme chargé d’exploiter – sinon piller – les territoires occupés.

   


Malgré le recours aux prisonniers de guerre notamment, les bras manquent. Les autorités allemandes se tournent alors vers l’Union générale des israélites de France (UGIF) afin de leur fournir une main-d’œuvre bon marché et fragilisée par son statut : les juifs étrangers. Créé par ­Vichy, sur injonction allemande, cet organisme va servir de relais, et tenter d’améliorer leurs conditions de vie proches du servage. En vain.
Pour autant, les recrutements se poursuivront – sans atteindre les 6 000 hommes escomptés – à mesure que la répression augmente. Les Ardennes apparaissant pour beaucoup comme un « îlot de protection ». Et ce jusqu’au 4 janvier 1944, quand les Allemands vont opérer des rafles.
Sur les 330 juifs présents dans le département, seul un tiers parviendra à s’échapper, aidé par la population. S’appuyant sur les témoignages des rescapés ou de leurs descendants, et sur les recherches minutieuses entreprises par Maurice Rajsfus, Christine Dollard-Leplomb ou les analyses de Michel Laffitte sur le rôle « malsain » de l’UGIF, Francis Gillery restitue avec clarté une histoire aussi sensible et complexe que terrible dans son dénouement.
Les Juifs de la zone interdite, de Francis Gillery (Fr., 2017, 55 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ La deuxième saison de la série créée par Jonathan Nolan et Lisa Joy tire ad nauseam une trame dont la complexité confine à la complication (sur OCS à la demande).
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TV – « Westworld » se noie dans la prétention et l’ennui

La deuxième saison de la série créée par Jonathan Nolan et Lisa Joy tire ad nauseam une trame dont la complexité confine à la complication (sur OCS à la demande).



Le Monde
 |    01.07.2018 à 17h00
    |

            Renaud Machart








                        


Série sur OCS à la demande

Le Far West d’anticipation qu’est Westworld, la série créée, en 2016, par Jonathan Nolan et Lisa Joy, n’est pas d’un récit limpide et linéaire. Comme le savent les fans de cette série, dont la diffusion du long (1 h 16) dernier épisode de la saison 2, en simultanéité avec les Etats-Unis, dans la nuit du 24 au 25 juin, était très attendue. A tel point que des sites Internet se sont évertués, depuis que culs-de-sac, fausses pistes et doubles jeux ont brouillé les ressorts narratifs de la série, à décrypter ses chicanes et rhizomes, ses temporalités mêlées, etc. Voire à les mettre à plat, dans le bon sens, en une version contractée de quelque quatre-vingt-dix minutes proposée par Out West.
La chose est d’autant plus facile que Westworld ne manque pas de longueurs et de béances. Quand il fut connu que le succès rapide de la série allait garantir une deuxième, puis une troisième saison, le tempo s’est mis à ralentir notablement, le propos à se délayer – jusqu’à l’absurde.
Vain labyrinthe
La première saison nous avait intéressés, captivés même, à l’occasion, par ses thématiques assez osées à propos de la manipulation des androïdes, de leur sujétion programmée aux désirs sexuels et létaux des humains, dans un parc à thèmes à la technologie hypersophistiquée, et par l’inévitable retournement des créatures contre leurs créateurs.
On aura regardé tous les épisodes de la deuxième saison (même après la fin du générique du dernier, qui réserve une surprise). On s’y sera considérablement ennuyé (particulièrement au huitième, conçu comme une parenthèse en séquence onirique) et l’on aura ri de la prétention insondable des auteurs de ce vain labyrinthe et de leurs grandes interrogations pseudo-éthiques.
La thématique n’est pas nouvelle – on se souvient de la série suédoise Real Humans : 100 % humain, créée par Lars Lundström, diffusée par Arte en 2013 et 2014. On se souvient surtout du film original Mondwest (1973), de Michael Crichton (auteur du livre dont son film et la série Westworld se sont inspirés), formidable concentré de départ à ces interminables et vaines variations.
Westworld, saison 2, série créée par Lisa Joy et Jonathan Nolan, adaptée du film Mondwest, de Michael Crichton. Avec Evan Rachel Wood, Thandie Newton, Jeffrey Wright, Ed Harris, Anthony Hopkins (EU, 2018, 10 x 55-86 min.)



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le chanteur et comédien, célèbre pour avoir été le « chansonnier pour enfants » de « Récré A2 » puis du « Club Dorothée » pendant quinze ans, est mort à l’âge de 73 ans.
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Article sélectionné dans La Matinale du 01/07/2018
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François Corbier, ancien animateur du « Club Dorothée », est mort

Le chanteur et comédien, célèbre pour avoir été le « chansonnier pour enfants » de « Récré A2 » puis du « Club Dorothée » pendant quinze ans, est mort à l’âge de 73 ans.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 13h05
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 09h46
   





                        



   


Vedette de la télé dans les années 1990, le chansonnier François Corbier, un des animateurs du « Club Dorothée », est mort à l’âge de 73 ans des suites d’un cancer, a-t-on appris dimanche 1er juillet auprès du producteur de cette émission pour enfants, Jean-Luc Azoulay.
« François Corbier est mort dans la nuit de samedi à dimanche à l’hôpital d’Evreux », a précisé le producteur à l’Agence France-Presse.

Corbier nous a quittés cette nuit. Qu’il repose en paix au Paradis des Poètes. Pensées à Doune et à Willy.— JLA777 (@JEAN LUC AZOULAY)


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D’Antenne 2 à TF1
« Corbier était un poète, un chansonnier. Il a apporté au “Club Dorothée” la maturité. Il était différent des autres animateurs aux côtés de Dorothée. Il était un vrai personnage de ce programme, très aimé de tous », a-t-il rappelé. « Nous nous sommes appelés ce matin avec Dorothée et toute l’équipe du “Club Dorothée”. Nous sommes très tristes », a-t-il ajouté.
Recruté par Jacqueline Joubert dans un cabaret de chansonniers, François Corbier (de son vrai nom Alain Roux) avait commencé sa carrière à la télévision en 1982 dans « Récré A2 » sur Antenne 2 (ex-France 2) aux côtés de Dorothée, avant de suivre cette dernière sur TF1 jusqu’en 1997 dans le « Club Dorothée ».
Ce barbu toujours accompagné de sa guitare était devenu un des personnages incontournables de cette émission avec notamment le dessinateur Cabu. Il s’était éloigné de la télévision ces dernières années préférant se consacrer à la musique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Il est l’un des fondateurs de la géopolitique moderne. A 88 ans, il publie ses Mémoires, « Aventures d’un géographe ». Points cardinaux.
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Les territoires d’Yves Lacoste, géopolitologue

Il est l’un des fondateurs de la géopolitique moderne. A 88 ans, il publie ses Mémoires, « Aventures d’un géographe ». Points cardinaux.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 08h49
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

Yves Lacoste montre à son interlocuteur, par une fenêtre, le paysage qui s’étend au pied de son immeuble de Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine), les pavillons, les pelouses, les arbres, quelques immeubles épars et, plus loin, les cités de Bagneux, la colline qui bouche la vue sur Paris, niché juste derrière. Il avait 10 ans en 1939 quand sa famille, quittant le Maroc, où il est né, s’est installée dans cet appartement, qu’il n’a plus quitté depuis. Près de quatre-vingts ans ont passé. « C’étaient des jardins ici, explique-t-il. Et, au fond, à part ce grand immeuble sur la colline, il n’y avait que des vignes. Au-dessous, c’étaient des carrières, on ne pouvait pas construire. » Huit décennies se bousculent en contrebas. Le paysage remue. Des villes poussent à toute vitesse. L’observateur reste à sa fenêtre, raconte les métamorphoses.
Mais, à force d’observer, il arrive qu’on descende, qu’on aille voir de plus près, qu’on se mêle à la vie, au « drame », comme il aime dire. Reçu premier, au début des années 1950, à l’agrégation de géographie, il a vite eu peur de s’ennuyer. « J’ai choisi la géographie par défaut, s’amuse-t-il. J’avais trop négligé les maths pour faire de la géologie, qui m’intéressait plus. C’était le métier de mon père, il m’y avait initié. »
Surtout, la géographie est alors « une science de perroquet », figée dans l’héritage de Paul ­Vidal de la Blache (1845-1918), bornée par la sentence du vieux maître : « La géographie est science des lieux, et non des hommes. » Il s’agit de la « bousculer », de l’entraîner dans le flux du contemporain. C’est cet affrontement avec les pesanteurs du passé, ce long chemin vers le monde réel, que raconte Aventures d’un géographe, ses Mémoires, qui viennent de paraître.
Guerre
1976 restera, dans l’aventure d’Yves Lacoste, comme l’année décisive. Deux événements se produisent, dont les conséquences durent encore :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Avec la pièce « Arctique », un thriller donné en juillet à Avignon, la comédienne et metteuse en scène belge s’empare des enjeux géopolitiques, économiques et écologiques actuels. Son prochain projet ? Une pièce « gore » sur la question de la migration.
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Anne-Cécile Vandalem joue des genres pour dire le monde

Avec la pièce « Arctique », un thriller donné en juillet à Avignon, la comédienne et metteuse en scène belge s’empare des enjeux géopolitiques, économiques et écologiques actuels. Son prochain projet ? Une pièce « gore » sur la question de la migration.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 06h30
    |

                            Fabienne Darge








                        



                                


                            

C’est devenu un cliché, mais tant pis : impossible de penser à Anne-Cécile Vandalem autrement que comme une « femme puissante ». Avec elle, l’expression, qui fait florès depuis la parution d’un des grands romans de Marie NDiaye, en 2009, prend tout son sens. Et pas seulement au vu de ce que l’autrice (terme qu’elle revendique), metteuse en scène et comédienne belge dégage de force, de désir de créer, de s’emparer du monde à travers les histoires qu’elle raconte.
Fil rouge
Anne-Cécile Vandalem créait ses propres spectacles depuis une bonne dizaine d’années quand elle a été invitée au Festival d’Avignon, en 2016, pour y présenter Tristesses, une pièce qui a fait sensation et qui ne cesse de tourner depuis, notamment en France, où des représentations sont prévues jusqu’en mai 2019. A l’été 2018, elle revient dans la Cité des papes, avec une création intitulée Arctique. Après le polar danois sur la montée de l’extrême droite, elle a eu l’envie d’écrire un thriller groenlandais sur les ravages du réchauffement climatique. Avec un même fil rouge, qui court dans tout son travail : la misère sociale et économique comme nœud central des dérives politiques et écologiques actuelles.
Quand on la rencontre chez elle, perchée au dernier étage de sa maison de Bruxelles comme dans la cabine d’un phare, c’est d’abord sa force tranquille qui frappe. Pourtant, Anne-Cécile Vandalem, 39 ans, dit écrire  « à partir de [ses] peurs, de [ses] angoisses, qui tournent toujours autour de la même obsession : qu’est-ce que l’humanité est en train de devenir ». Elle qui, enfant, rêvait de devenir curé(e), est venue au théâtre par le cinéma. Elle voulait être réalisatrice, elle s’est retrouvée au Conservatoire de Liège pour apprendre le métier de comédienne. Et dès sa sortie de l’école, en 2003, elle a écrit, mis en scène et joué ses pièces.
Elle passe en moyenne un an et demi sur chaque projet, à travailler en chercheuse, en...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Notre choix du soir. L’adaptation par Mike Nichols de la pièce de Tony Kushner, sur les années sida sous l’ère Reagan, n’a pas pris une ride, quinze ans après sa sortie (sur OCS à la demande).
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TV – « Angels in America », chef-d’œuvre flamboyant

Notre choix du soir. L’adaptation par Mike Nichols de la pièce de Tony Kushner, sur les années sida sous l’ère Reagan, n’a pas pris une ride, quinze ans après sa sortie (sur OCS à la demande).



Le Monde
 |    30.06.2018 à 18h00
    |

            Renaud Machart








                        


Minisérie sur OCS à la demande

OCS a eu la formidable idée de mettre à la disposition de ses abonnés Angels in America (2003), de Mike Nichols, d’après la pièce de théâtre fleuve en deux parties du dramaturge américain Tony Kushner : la première, Le millénaire approche, fut créée en 1991, la seconde, Perestroïka, en 1993.
Depuis, cette pièce récompensée du prix Pulitzer a fait le tour du monde. Et a été également l’objet d’une adaptation lyrique par le compositeur hongrois Peter Eötvös, créée, en 2004, au Théâtre du Châtelet, à Paris.
De cette « fantaisie gay sur des thèmes nationaux », dont l’action se situe en 1986, au moment des premiers ravages du sida, sous la présidence (sourde à ces derniers) de Ronald Reagan, le cinéaste a tiré une adaptation télévisée en six « chapitres ». Le tout dure à peu près autant que les sept heures de la pièce.
Mike Nichols (1931-2014) était non seulement un habitué du théâtre en tant que metteur en scène et producteur, mais aussi de la transposition de certaines pièces au grand écran. Son premier film n’est rien moins que Qui a peur de Virginia Woolf ? (1966), d’après Edward Albee, avec Elizabeth Taylor et Richard Burton.
La pièce Angels in America déborde le cadre de la scène en faisant, littéralement, exploser ses limites physiques (un ange, de sexe féminin, traverse, en le brisant, le plafond de la chambre d’un malade du sida en qui il reconnaît un prophète) et temporelles (avec l’évocation d’Ethel Rosenberg, dont le fantôme vient hanter l’avocat Roy Cohn sur son lit d’hôpital).

   


Celui-ci était le jeune collabo­rateur de sinistre mémoire de Joseph McCarthy, et le procureur sans merci du procès des époux Rosenberg, condamnés à mort, en 1951, pour espionnage au profit des Soviétiques et trahison. Avant d’être radié du barreau, l’homme sera aussi l’avocat de représentants de la Mafia new-yorkaise et celui des Trump père et fils.
Homophobe déclaré, Cohn cachera autant qu’il le put ses relations homosexuelles et tentera de faire passer le sida, dont il périt en 1986, à 59 ans, pour un cancer du foie. Angels in America évoque ses intrigues pour obtenir le rare AZT, qui passait alors pour le médicament expérimental miracle.
Al Pacino incarne un Cohn plus vrai que nature. Son jeu très Actors Studio s’accorde pleinement au ton flamboyant de la réalisation, qui a su préserver le registre de drame sociopolitique onirique à l’humour très noir de la pièce.
Génie caméléonesque
Meryl Streep, sosie parfait d’Ethel Rosenberg, joue d’autres rôles où son génie caméléonesque la fait incarner tantôt la mère mormone d’un jeune et séduisant collaborateur de Cohn, tantôt un vieux rabbin. Emma Thompson, ange inséminateur et rugissant, se mue à l’occasion en un inquiétant clochard…
Le reste de la distribution est composé de jeunes acteurs promis à un bel avenir : Marie-Louise Parker, Patrick Wilson, Justin Kirk. Jeffrey Wright, révélé, en 1996, par le film Basquiat, de Julian Schnabel, et connu pour sa récente incarnation de Bernard, dans la série Westworld, avait interprété sur scène le rôle de Belize. Il le reprend de manière extra­ordinaire dans la minisérie.
Angels in America, créée par Mike Nichols. Avec Al Pacino, Meryl Streep, Emma Thompson, Patrick Wilson, Mary-Louise Parker, Justin Kirk, Jeffrey Wright, (EU, 2003, 6 × 48-73 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Le metteur en scène polonais revient sur le contexte politique d’« On s’en va », sa nouvelle création.
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Krzysztof Warlikowski : « Cette histoire, c’est celle d’une communauté qui rapetisse »

Le metteur en scène polonais revient sur le contexte politique d’« On s’en va », sa nouvelle création.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 12h01
 • Mis à jour le
01.07.2018 à 19h57
    |

                            Fabienne Darge








                        



                                


                            

Krzysztof Warlikowski a été l’élève de Krystian Lupa et de Peter Brook, avant de signer, dès la fin des années 1990, des spectacles remarqués, souvent présentés au Festival d’Avignon : Hamlet, Kroum l’ectoplasme, Angels in America, (A)pollonia… Retour avec lui sur le contexte de création d’On s’en va.

Votre spectacle s’intitule On s’en va. Est-ce un message adressé au gouvernement de votre pays, issu du parti Droit et justice (PiS, nationaliste) ?
C’est une manière de dire que l’on pourrait s’en aller, oui. A Varsovie, la municipalité est encore du côté du parti Plate-forme civique [PO, centre droit]. Mais si cela devait changer aux prochaines élections de l’automne, avec une arrivée du PiS à la tête de la ville, je ne sais pas ce qu’il adviendrait de ce théâtre, le Nowy Teatr, que nous avons créé dans la capitale il y a deux ans. Le PiS s’intéresse beaucoup à la culture, qu’il souhaite réorganiser et contrôler, comme il a déjà largement réussi à le faire à Cracovie et à Wroclaw.
Cette nouvelle création ne peut donc pas être dissociée du contexte politique polonais ?
Non, mais en même temps, je n’ai pas eu envie de faire un spectacle directement politique : beaucoup le font en ce moment, et je m’interroge sur l’utilité de cette démarche. J’ai moi-même multiplié les prises de parole dans mes derniers spectacles, et là, j’ai eu envie de revenir au théâtre, à quelque chose de plus indirect, qui passe par l’intime. L’histoire que raconte Hanokh Levin, c’est d’abord celle d’une communauté qui rapetisse.
Vous revenez à cette occasion à Hanokh Levin, dont vous aviez adapté, en 2005, la pièce Kroum l’ectoplasme. Est-ce un geste en soi que de monter un auteur israélien aujourd’hui en Pologne ?
C’est surtout que les êtres observés par Levin ont beaucoup en commun avec ceux que l’on peut croiser en Pologne… Mais il est vrai...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Le chorégraphe offre une rétrospective participative et reprend « Tragédie », la pièce qui a imposé sa signature.
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Danse : le solo sablé au champagne d’Olivier Dubois

Le chorégraphe offre une rétrospective participative et reprend « Tragédie », la pièce qui a imposé sa signature.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
01.07.2018 à 19h13
    |

                            Rosita Boisseau (Marseille)








                        



                                


                            

« Quelqu’un veut boire un coup ? » Allez hop, une coupe de champagne ! Directement à la bouteille ? Pas de souci ! Sur le plateau du KLAP, Maison pour la danse, le chorégraphe Olivier Dubois, cigarette au bec, lève le coude comme la jambe et tchatche avec la verve qu’on lui connaît. Il sait papoter pour ne rien dire mais juste se sentir bien en tapant la discute avec ses voisins.
Olivier Dubois est à la fête cet été. Invité du Festival de Marseille, festival pluridisciplinaire, dimanche 24 juin, il y lançait son nouveau paquebot baptisé Pour sortir un jour, solo participatif dans lequel cet interprète affolant liquide au sens propre et figuré « des milliers de mouvements, des litres de sueur, des centaines de blessures, une bonne dose de joies et de peines… ». Il rapplique ensuite au Festival Paris l’été, du 19 au 21 juillet, avec sa pièce signature, Tragédie, succès d’Avignon 2012, pour dix-huit hommes et femmes nus comme la main, emportés dans une rave frénétique et sublime.
Enorme une fois encore, comme quasiment tous les spectacles de Dubois, même s’il s’agit ici d’un faux solo très accompagné par le public, Pour sortir un jour souligne le parti pris créatif affirmé de la manifestation marseillaise qui veut échapper à la seule diffusion. « Je veux renforcer le rôle du festival sur le terrain des créations, insiste Jan Goossens, son directeur depuis 2016. Il y a une dizaine de premières cette année et nous collaborons avec dix-sept lieux en nous impliquant de plus en plus tout au long de l’année sur le territoire. Nous voulons montrer des aventures artistiques mais nous avons aussi l’ambition de jouer un rôle sociétal. »
Strip-tease et confidences
Parmi les événements chorégraphiques attendus, Kirina, de Serge Aimé Coulibaly et Rokia Traoré, Le Cercle, de Nacera Belaza, et Requiem pour L., d’Alain Platel et Fabrizio Cassol. Avec...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Le metteur en scène a présenté « On s’en va » à Montpellier.
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Théâtre : Krzysztof Warlikowski fait d’une névrose israélienne une tragédie polonaise

Le metteur en scène a présenté « On s’en va » à Montpellier.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h35
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 09h01
    |

                            Fabienne Darge (Montpellier, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

D’un maître polonais à l’autre : l’aîné, Krystian Lupa, 74 ans, a ouvert le Printemps des comédiens de Montpellier, le 1er juin, avec son adaptation du Procès de Kafka. Le cadet, Krzysztof Warlikowski, 56 ans, le clôt, samedi 30 juin, avec On s’en va, variation sur une pièce de l’auteur israélien Hanokh Levin. Entre ces deux pôles, il y aura eu un beau et même un très beau Printemps, et l’affirmation que la manifestation montpelliéraine est en train de prendre une place prépondérante sur la carte des festivals français.

Comment deux metteurs en scène aussi considérables, liés par un rapport de maître à élève, pourraient-ils faire autrement que d’affronter par leur théâtre la situation de leur pays, qui, sous les coups du parti Droit et justice (PiS, nationaliste), semble renouer de plus en plus avec ses vieux démons ? Là où le grand Lupa s’enfonce avec Kafka dans une profondeur métaphysique, Krzysztof Warlikowski, avec ce spectacle présenté en première française vendredi 29 juin, choisit en apparence une forme plus légère.
En apparence seulement. Car en renouant avec l’auteur Hanokh Levin, dont il avait monté en 2005 un Kroum l’ectoplasme de belle mémoire, en retrouvant sa troupe de – grands – acteurs, désormais attachés au Nowy Teatr de Varsovie, Warlikowski signe son meilleur spectacle depuis un bon moment, après quelques années où il avait parfois semblé succomber à un certain « bling-bling » contemporain, tout en étant supposé le dénoncer.
Humour macabre
Ce On s’en va est de toute évidence porté par une nécessité humaine beaucoup plus fondamentale, tout en offrant le déploiement formel et le niveau de direction d’acteurs dont est capable le metteur en scène. Les « petites » histoires d’Hanokh Levin – un auteur qui est mort jeune, à 55 ans, en 1999, après avoir écrit un nombre considérable de textes – n’ont l’air de rien. Mais elles n’ont pas leur pareil, sous leurs dehors satiriques, leur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Auteure, éditrice, musicienne, elle abordait son histoire familiale en 2011, avec « Emportée », sur sa mère, Tina Jolas. Aujourd’hui, « Debout sur le ciel » raconte son père, le poète André du Bouchet.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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Paule du Bouchet sur les traces des siens

Auteure, éditrice, musicienne, elle abordait son histoire familiale en 2011, avec « Emportée », sur sa mère, Tina Jolas. Aujourd’hui, « Debout sur le ciel » raconte son père, le poète André du Bouchet.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 09h00
    |

                            Xavier Houssin (Collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            

Elle garde derrière son sourire comme une inquiétude qui ne se dissipe pas complètement. Un peu à l’image de cette journée de fin de printemps à Paris où le ciel bleu se fonce par moments de nuages lourds, mais que le vent emporte. Il fait chaud. Paule du Bouchet a ouvert en grand les fenêtres de son appartement. Dans leurs jardinières, sur le balconnet, les buis frémissent. « Sur une déchirure des airs/ qui transhument – comme, dehors, la porte rouverte/ aussitôt./ Le souffle. Tant que j’ai souffle », écrivait, dans L’Ajour (Gallimard, 1998), son père, le poète André du Bouchet (1924-2001).
Elle vient de lui consacrer un récit d’une grande intimité. Loin du propos biographique, ou de l’exercice de piété filiale, Debout sur le ciel natte doucement les impressions, les mots, les paysages, les visages. C’est un livre des liens. Ils s’enchevêtrent, se détendent, se resserrent encore. Un livre avancé dans le « chemin faisant » de longues promenades vives, de traversées en plein champ. La mémoire y fait d’étranges allers-retours. « J’ai été étonnée, en écrivant, explique Paule du Bouchet, de rencontrer mon père sans presque le chercher. Alors que tant de fois, en parlant de lui, j’avais eu le sentiment de m’en éloigner. » Elle porte ce texte en elle depuis très longtemps. « Mon père est mort le 19 avril 2001, le jour de mon anniversaire. Celui de mes 50 ans. Passé le saisissement de ce rapprochement, j’ai compris qu’il s’agissait d’un don qu’il m’avait fait et que, au fond, cela racontait très particulièrement mon histoire. Ma relation avec lui. Et qu’il allait être nécessaire, à un moment, de mettre cela en mots. »
Des souvenirs douloureux
Elle avait commencé d’en tracer les premiers en 2007 dans la revue de Pierre-Yves Soucy, L’Etrangère, dont deux volumes étaient consacrés à André du Bouchet (n° 14-15 et n° 16-17-18, La Lettre volée). « L’évocation du souvenir, y écrivait-elle,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Dans la foulée de la Journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, la capitale a vu fleurir dix œuvres du street-artist britannique. Certaines ont été détériorées, d’autres protégées.
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Que faire des pochoirs de Banksy à Paris ?

Dans la foulée de la Journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, la capitale a vu fleurir dix œuvres du street-artist britannique. Certaines ont été détériorées, d’autres protégées.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 06h51
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 18h27
    |

            Emmanuelle Jardonnet








                        



                                


                            

Le compteur s’est arrêté à dix. Du premier pochoir découvert, dans la foulée de la Journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, d’une fresque à la porte de La Chapelle, jusqu’à la revendication officielle, six jours plus tard, il s’est écoulé moins d’une semaine.
Dix œuvres non signées, repérées dans plusieurs arrondissements de Paris et sur des lieux symboliques, comme la porte arrière du Bataclan. Certaines, publiées mercredi 26 juin sur le compte Instagram du street-artist britannique Banksy, après quelques jours d’un faux suspense tant le style, les allusions à la question des migrants, l’humour grinçant, la veine contestataire et les clins d’œil plus légers, tout comme le modus operandi, ne laissaient guère de doutes sur l’auteur. La dernière pièce à être apparue, un couple de rats en habits XIXe, ombrelle, chapeau melon et canne en main, en pleine contemplation de la tour Eiffel depuis un pont du 16e arrondissement, a été révélée par une de ses photos.

« Une immense valeur à protéger »
Maintenant que la chasse aux pochoirs du célèbre graffeur semble avoir livré tous ses secrets, la question se pose de la conservation d’œuvres par nature fragiles. Deux ont d’ailleurs été détériorées très rapidement après leur découverte : la fresque de la porte de La Chapelle a été recouverte de peinture bleue, et l’un des rats peints par l’artiste – l’un des deux jaillissant d’une bouteille de champagne – a été arraché de son mur dans le 5e arrondissement.
Lorsqu’on lui demande si la porte du Bataclan va rester en place, Jules Frutos, cogestionnaire de la salle de concerts, répond : « C’est l’artiste qui a choisi la fragilité, et donc la force de son expression. C’est une immense valeur à protéger des méfaits des hommes, de leurs dollars, de leurs excès, de leurs religions, d’eux-mêmes. On verra comment elle résiste. » Même point de vue du côté de Lagardère Unlimited Live Entertainment, actionnaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » propose une liste de programmes à voir ou à écouter en différé.
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Quatre beaux documentaires à découvrir en replay

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » propose une liste de programmes à voir ou à écouter en différé.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
01.07.2018 à 19h16
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Simone Veil racontée par sa famille, le parcours d’un Hercule naïf et les souvenirs émouvants de deux anciennes « marginales » : voici notre sélection de replays du samedi.
Simone Veil, en famille

Ce n’est pas la première fois que la télévision diffuse un documentaire consacré à Simone Veil (1927-2017), qui reposera le 1er juillet au Panthéon. Mais si ce film d’Hughes Nancy se révèle aussi passionnant, c’est parce qu’elle y est racontée à travers ses proches, enfants et petits-enfants. A travers les souvenirs familiaux, tout s’éclaire : la manière dont cette jeune fille de bonne famille à la beauté lumineuse s’est forgé un tel caractère ; les rapports fusionnels avec sa mère qui ont marqué sa vie ; l’enfer absolu du camp de Birkenau dans lequel la déportée a réussi à survivre.
Le subtil équilibre trouvé par le réalisateur se situe entre la puissance des documents photographiques, les films de famille et les extraits bien choisis d’un entretien télévisé, diffusé en septembre 1976, signé Jean-Emile Jeannesson, où Simone Veil parle sans filtre tout en gardant cette attitude de grande bourgeoise un peu froide qui sait se tenir à distance avec élégance. Au-delà d’une carrière exceptionnelle et de combats, notamment, pour les droits des femmes, la force de ce film tient au regard intimiste porté sur une personne puissante et complexe. Alain Constant
« Simone Veil, album de famille », d’Hughes Nancy (France, 2018, 115 min). Sur France.tv jusqu’au 3 juillet.
Des aviateurs pas comme les autres

De la cordillère des Andes à l’Altiplano jusqu’au beau milieu de l’Amazonie, Ivo Daniel Velasquez sillonne les airs boliviens depuis l’âge de 16 ans. A bord de son petit avion, ce père de famille vient en aide aux populations les plus isolées du pays, là où les routes font défaut ou sont impraticables.
Ainsi, tous les jours, ou presque, il accomplit des livraisons à destination de communautés excentrées et vulnérables, sur des pistes d’atterrissage souvent accidentées et non répertoriées par les GPS. Tous ces trajets aériens restent contrôlés par les autorités.
Car si Ivo transporte principalement du matériel médical, d’autres pilotes profitent des airs pour faire passer de la drogue. Bolivie, le pilote de l’espoir constitue le premier épisode d’une série documentaire partie à la rencontre de celles et ceux qui se rendent tous les jours dans des « bouts du monde » inaccessibles en volant. Camille Langlade
« Les Avions du bout du monde » : « Bolivie, le pilote de l’espoir », de Pascal Vasselin (France, 2017, 52 min). Sur France.tv jusqu’au jeudi 5 juillet.
Primo Carnera, puncheur naïf
A sa naissance, en 1906, dans le village italien de Sequals (Frioul), Primo Carnera pesait 7 kg. Un sacré bébé qui deviendra un colosse mesurant près de 2 mètres (1,97 m) et pesant ­ entre 122 kg et 127 kg. Hercule de foire transformé en boxeur médiocre avant de devenir champion du monde le 29 juin 1933, catcheur maladroit mais adulé, mauvais acteur dans des navets mais courtisé, alternant les allers-retours entre l’Italie et les Etats-Unis, ce géant aura vécu des aventures hors du commun.
Sa naïveté légendaire lui jouera de mauvais tours : plumé par la pègre new-yorkaise et les producteurs véreux d’Hollywood, instrumentalisé par Benito Mussolini, Carnera en a bavé. Mais jusqu’à la fin de sa vie en 1967, entouré de Pina, son épouse, et de ses deux enfants, il ne regrettera rien. Ce documentaire, commenté par Marc Lavoine, riche en images d’archives et en anecdotes, vaut le détour. A. Ct
« Primo Carnera, le colosse aux pieds d’argile », de Jean-Christophe Rosé (France, 2017, 81 min). Sur Arte.tv jusqu’au 2 juillet.
Souvenirs de marginales

   


Ce samedi-là, deux vieilles copines se souviennent, autour d’un thé, de leurs 20 ans avec une immense nostalgie. Elles se rappellent des robes griffées et des bijoux qu’elles portaient lors de soirées déjantées. Et aussi les belles voitures que leurs mecs, de vrais voyous, conduisaient. Soraya, 56 ans, et Mélissa, 47 ans, ont aimé leur jeunesse et leur passé de « marginales ». A les écouter, ce fut même les meilleures années de leur vie.
Soraya est une ancienne cambrioleuse qui « aimait voler », comme elle dit de sa voix totalement éraillée. Entrer en douce chez des inconnus pour dérober de l’argent et des bijoux lui procurait des « palpitations ». Mais elle assure avoir eu, tout de même, de « l’empathie » pour ces gens qu’elle braquait. Quant à Mélissa, ex-prostituée, elle a mis tout ce qu’elle gagnait dans la cocaïne. Dans ce reportage sonore, ces deux femmes se racontent sans filtre et nous plongent avec humour et sensibilité dans leur univers : celui des larcins à l’ancienne, de la nuit et des galettes de drogue. Mustapha Kessous
« La Galette des reines », de Géraldine Gacon (France, 2018, 34 min). Sur Arte radio.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Projections et rencontres sont organisées pour l’anniversaire du « quartier général » des cinéastes et cinéphiles, à Paris.
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Jours de fête pour les 80 ans du cinéma Le Champo

Projections et rencontres sont organisées pour l’anniversaire du « quartier général » des cinéastes et cinéphiles, à Paris.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 18h53
    |

            Véronique Cauhapé








                        



                                


                            

Il existe des lieux dont l’atmosphère tient à une poussière d’étoiles. Le Champo, par exemple. Habité par l’esprit des êtres qui l’ont animé et fréquenté, René Clair, François Truffaut, Louis Malle, Claude Chabrol, Jacques Tati, les étudiants et les cinéphiles de la première heure ; mais aussi Roger Joly, industriel de l’éclairage, qui, au printemps 1939, achète ce cinéma parisien qu’il cédera, quarante ans plus tard, à sa fille – elle-même espérant que son fils, reporter-photographe, prendra la succession. L’héritage familial n’est sans doute pas étranger au fait qu’au Champo plusieurs générations de cinéastes et d’anonymes se soient senties comme à la maison.
Christiane Renavand, la fille donc, est toujours là, dynamique, espiègle, la mémoire intacte sur l’histoire de son père, de son cinéma et du 7e art en général. « Nous avons beaucoup de fautes sur la conscience », dit-elle à propos des jeunes qui, dès l’ouverture, ont préféré les fauteuils de sa salle du Champo aux bancs des amphithéâtres universitaires. La phrase, prononcée avec ironie, s’accompagne d’un petit rire. Au fond, Christiane Renavand tire de la fierté de cette inconduite. Elle sait que cet attachement des étudiants a construit la légende du lieu. Au même titre que celui de François Truffaut, devenu étonnamment infidèle à sa chère rive pour Le Champo, son « quartier général », selon ses propres termes (dans la préface du livre Le Cinéma et moi, de Sacha Guitry, Ramsay, 1977). Ou encore, celui de Claude Chabrol, qui considérait l’endroit comme sa « seconde université ».
Un public à contre-courant
Un repère aussi. Comme l’est sa façade, à l’angle de la rue Champollion (d’où son nom) et de la rue des Ecoles, dans le 5e arrondissement de Paris. Elle est d’origine, restaurée mais inchangée depuis 1938, date à laquelle le cinéma a pris ses quartiers sur l’emplacement d’une librairie. En plein cœur du quartier latin,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Les musiciens Kamaal Williams et Joe Armon-Jones s’inspirent de ce courant musical ressurgi des années 1990.
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L’acid jazz deuxième génération sur la scène londonienne

Les musiciens Kamaal Williams et Joe Armon-Jones s’inspirent de ce courant musical ressurgi des années 1990.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 18h26
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 18h36
    |

                            Stéphanie Binet








                        



                                


                            

Il y a des courants musicaux que l’on croyait disparus et qui finissent par ressurgir, plus aboutis, plus maîtrisés. C’est le cas aujourd’hui de l’acid jazz, qui fait un retour remarqué sur une scène anglaise entièrement nouvelle. Ce genre mêlant funk, disco, soul et… jazz, mis au point par le DJ londonien Gilles Peterson – qui installe jusqu’au 7 juillet à Sète Worldwide Festival – a connu son moment de gloire au début des années 1990 avec des groupes multiculturels et multi-instrumentistes tels que Brand New Heavies, Galliano, ­Jamiroquai ou le musicien soliste Omar. « A l’époque, se souvient Gilles Peterson, dans les années 1988-1990, j’étais bien incapable d’illustrer par un seul groupe ce que j’avais essayé de définir par ce mot. Je répétais que c’était un état d’esprit, une attitude face à la ­musique, mais je n’avais pas vraiment de groupe dans mon catalogue qui pouvait exactement l’expliquer. Maintenant, c’est le cas. Pour moi, Joe Armon-Jones, Kamaal Williams, Nubya Garcia sont les enfants de l’acid jazz. »

Ces musiciens étaient à peine nés quand le mouvement a ­ranimé le groove britannique, et ils ont d’ailleurs bien du mal à s’en souvenir. « C’est de la fusion ?, demande la saxophoniste Nubya Garcia. Je n’ai jamais vraiment compris ce que c’était. » Pendant les étés de 1988 à 1991, alors que les rave parties de Londres jouent de l’acid house (musique électronique au rythme minimal), des musiciens et des danseurs, fans de jazz-rock ou de jazz-funk, se ­retrouvent tous les dimanches après-midi dans un petit club du quartier de Camden Town, le ­Dingwalls. Gilles Peterson y fait danser les futurs représentants de l’acid jazz, qui naît de ce ­mélange entre la culture des DJ (house et hip-hop) et l’instrumentation du jazz.

Un quart de siècle plus tard, ce n’est pas un DJ qui réunit les membres de cette scène dans les clubs ou les pubs de Londres, mais les musiciens eux-mêmes....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ La Poste vient de mettre en vente des timbres durant une période et en quantités limitées… La spéculation pousse les prix à la hausse.
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Les philatélistes s’arrachent les timbres vedettes

La Poste vient de mettre en vente des timbres durant une période et en quantités limitées… La spéculation pousse les prix à la hausse.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 17h58
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 18h32
    |

            Pierre Jullien








                        



   


Paris-Philex 2018 organisé à Paris Expo, à la Porte de Versailles, a fermé ses portes le dimanche 10 juin après avoir enregistré une affluence de près de 20 000 visiteurs.
Les timbres vedettes mis en vente par La Poste sur place, pendant la seule durée du salon, ont confirmé les espoirs que les spéculateurs mettaient en eux et provoqué les protestations des collectionneurs dans l’impossibilité de se déplacer !
Il s’agit de deux feuilles de cent timbres d’usage courant Marianne (qui ne pouvaient pas être vendus séparéments) – « Lettre verte » et à 0,10 euro – surchargés de la mention « 2013-2018 » dans le coin gauche de chaque timbre et dans les marges des feuilles... Une mention symbolique puisque ce timbre, lancé en 2013, devrait être remplacé courant juillet par un nouveau timbre d’usage courant choisi par le président de la République, comme il est coutume dans la foulée de chaque élection présidentielle...

   


La feuille « Lettre verte » vendue 80 euros a été tirée à 2 500 exemplaires, la feuille du 0,10 euro, vendue 10 euros, étant imprimée à 12 500 exemplaires.
La Marianne verte surchargée 2013-2018 était épuisée dès le vendredi 9 juin au soir, le jour même de sa mise en vente.

   


Pour le timbre Marianne à 0,10 euro, le tirage de 12 500 feuilles a été suffisant pour fournir les acheteurs durant les quatre jours de la manifestation.
Sur place, les négociants proposaient à la vente, le samedi 9 juin, un exemplaire des deux Marianne au prix de 5 euros, – pour une valeur faciale de 0,95 euro -, tandis que l’on pouvait trouver deux blocs de quatre de chacun des timbres à 18 euros (pour 3,80 euros de faciale).

   


Les sites de vente sur Internet confirment le succès de ces timbres, avec des prix plus raisonnables que ceux proposés dans le feu de l’action.
Sur eBay, en « achat immédiat », – c’est à dire à prix nets –, les deux feuilles couplées sont proposées entre 250 et 400 euros. Aux enchères, la feuille verte est déjà partie entre 131 et 219 euros. La feuille de cent du 0,10 euro enregistre des enchères comprises entre 14,50 et 34,90 euros. La peur de manquer a même vu une feuille atteindre 49,99 euros, ce qui paraît excessif, près de cinq fois son prix d’achat !
La paire de timbres « lettre verte » et à 0,10 euro oscille entre 2,40 et 3,22 euros (5 euros en bord de feuille).
Deux blocs de quatre (bord de feuille) ony été vus à 11,50 euros, et à 25,60 dans la version coin daté.
Un haut de feuille de huit exemplaires du timbre vert (0,80 euro l’unité soit 6,40 euros de faciale totale) a été adjugé 25 euros.
Un bas de feuille de trente exemplaires du timbre à 0,10 euro, avec coin daté, pointe à 30,50 euros, pour une valeur faciale de 3 euros.
Sur Delcampe, les deux timbres (un exemplaire de chaque) sont proposés entre 1,50 euro et 2,40 euros. La feuille verte est à un prix fixe entre 180 et 200 euros, celle de cent unités à 0,10 euro, à 20 euros. Les deux planches atteignent aux enchères jusqu’à 156 euros, celle à 0,10 euro jusqu’à 16,35 euros.

   


Deux blocs de quatre, en coins de feuilles, ont atteint 8,10 euros (pour 3,60 euros de valeur faciale) et 19,50 euros dans une version avec coin daté.
On trouve les deux timbres en paires à partir de 3,90 euros, jusqu’à 4,50 euros.
Sur le site Mascoo, une paire s’affiche à 1,35 euro, et à 3,50 euros avec bord de feuille.
Sur Leboncoin, qui n’est pas le site le plus performant pour la philatélie, une paire – « lettre verte » et 0,10 euro – a été vue entre 2 et 3 euros, un bloc de neuf avec coin daté du 0,10 euro à 11 euros, un bloc de quatre de chaque valeur de 6 à 10 euros
Sur Philastamp, le dernier-né des sites de vente de timbres en ligne, une émanation de l’éditeur Timbropresse, on trouvait les deux timbres offerts pour 4 euros.
Du côté des enchères, les deux feuilles sont proposées à un prix de départ de 190 euros.

   


Un mot enfin pour le carnet « collector » tiré à 1 500 exemplaires de quatre timbres à la gloire du savoir-faire de l’Imprimerie des timbres-poste de Boulazac (Dordogne) : vendu à La Poste au prix de 9 euros, il est négocié sur les différents sites de vente en ligne entre 15,50 et 29,50 euros.

   


La Poste s’était déjà essayée, récemment, le 13 septembre 2017, à la mise en vente contingentée, pendant quinze jours, d’un timbre en feuilles, une feuille de vingt-quatre timbres à 0,73 euro surchargés à l’occasion de l’attribution des Jeux olympiques de 2024 à Paris (tirage 10 000 planches).
Vendue à l’époque 17 euros, elle est négociée aujourd’hui sur les sites spécialisés entre 31,90 et 59 euros, le timbre à 0,73 étant quant à lui offert à l’unité entre 2 et 4 euros et jusqu’à 5,98 euros la paire se tenant. Une valeur a priori destinée à progresser, les thématiques des Jeux olympiques, de Paris, de la tour Eiffel étant « porteuses »…



                            


                        

                        

