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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-1"> ¤ La préparation physique de l’équipe de France a été pensée pour que les joueurs soient au sommet de leur forme à partir des matchs à élimination directe.
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Coupe du monde 2018 : comment la machine tricolore est montée en puissance

La préparation physique de l’équipe de France a été pensée pour que les joueurs soient au sommet de leur forme à partir des matchs à élimination directe.



Le Monde
 |    02.07.2018 à 09h37
    |

            Rémi Dupré (Istra, envoyé spécial)








                        



                                


                            

La victoire du brio, mais aussi celle de la sueur. Percussion, impact physique, courses à haute intensité, endurance et vitesse ont été les ingrédients de la victoire de l’équipe de France face à l’Argentine (4-3), samedi 30 juin, à Kazan, en huitièmes de finale. Après un premier tour poussif, les joueurs sont pleinement entrés dans leur Coupe du monde.
Au ralenti contre l’Australie (2-1), mieux huilée face au Pérou (1-0) et au Danemark (0-0), la machine tricolore est en train de monter en régime. En attestent le volume de jeu des milieux N’Golo Kanté et Blaise Matuidi, capables de museler Lionel Messi, ainsi que les sprints et les appels répétés des attaquants Antoine Griezmann et Kylian Mbappé, désormais surnommé « 37 » par ses partenaires – il a atteint 37 km/h lors de sa course folle face à l’Argentine.
« L’Argentine était beaucoup plus forte dans l’impact. Mais elle n’a pas “duré”. Elle était moins bien préparée que les Bleus qui, eux, ont su durer, analyse Robert Duverne, ancien préparateur physique de l’équipe de France (2006-2010) et de l’Olympique lyonnais, aujourd’hui en poste au club canadien de l’Impact Montréal. Tous les joueurs français étaient très en forme pour réciter leur partition. Sur le plan athlétique, il y a des qualités naturelles exceptionnelles dans ce groupe. Mais, au vu de l’intensité d’un Mondial, on ne va pas loin sans travail et efforts. »
Approche scientifique
C’est pour permettre aux Tricolores de répéter ces efforts au fil des matchs que leur préparateur physique, Grégory Dupont, leur a imposé, avant le départ pour la Russie, une intense préparation physique (gainage, endurance, musculation, aérobie), dans leur camp de base de Clairefontaine (Yvelines). A 45 ans, ce spécialiste de la performance a rejoint la direction technique nationale de la Fédération française de football en décembre 2017. Auparavant, il avait travaillé pendant une décennie au Lille olympique sporting club et au club...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-2"> ¤ L’enquête déterminera le degré de responsabilité dans la mort d’un piéton à Marrakech du joueur de l’équipe nationale de retour du mondial 2018.
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Compte rendu

Le joueur franco-marocain Amine Harit impliqué dans un accident mortel au Maroc

L’enquête déterminera le degré de responsabilité dans la mort d’un piéton à Marrakech du joueur de l’équipe nationale de retour du mondial 2018.


LE MONDE
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        Le 02.07.2018 à 09h21

     •
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        Mis à jour le 02.07.2018 à 09h49






    
Amine Harit lors du match opposant le Maroc à l’Iran pour le Mondial 2018, le 15 juin 2018
Crédits : PAUL ELLIS/AFP


Le footballeur franco-marocain Amine Harit a été impliqué, durant le week-end du 30 juin, dans un accident de la route qui a entraîné la mort d’un piéton à Marrakech, a indiqué à l’AFP une source au sein de la Fédération marocaine de Football (FRMF).
La victime, un homme de 30 ans, est décédée dans l’accident survenu peu après minuit sur une avenue de Marrakech alors que le joueur conduisait une Mercedes immatriculée en France, a précisé à l’AFP un porte-parole de la police.
L’international qui vient de fêter ses 21 ans doit être présenté au procureur lundi « en état de liberté et avec retrait de son passeport », selon le porte-parole.
Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes de l’accident.
Son jeune frère de 14 ans était présent dans la voiture au moment de l’accident.
Meilleur jeune joueur de la Bundesliga
« Il s’agit d’un accident qui n’a rien à voir avec les terrains de foot, quelque chose qui peut arriver à n’importe qui », a commenté la source FRMF jointe par l’AFP.
Amine Harit est arrivé au Maroc après la Coupe du monde où il jouait avec l’équipe nationale des Lions de l’Atlas.
Il a été désigné homme du match de la rencontre Maroc-Iran malgré la défaite de son équipe.
Le Franco-Marocain a fait ses débuts au FC Nantes en 2012, avant de rejoindre à l’été 2017 le club allemand de Schalke 04. En mai, il a été élu meilleur jeune de la Bundesliga.
Harit a évolué avec les différentes sélections de jeunes de l’équipe de France et a remporté l’Euro 2016 des moins de 19 ans avec notamment Kylian MBappé. Il a ensuite choisi de jouer pour le Maroc.


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-3"> ¤ La « Sbornaya » a éliminé l’Espagne. Mais le Mondial c’est aussi une compétition de gardiens et une légende devenue poète.
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La Gazette de la Coupe du monde : gants, malédiction et septième art

La « Sbornaya » a éliminé l’Espagne. Mais le Mondial c’est aussi une compétition de gardiens et une légende devenue poète.



Le Monde
 |    02.07.2018 à 07h01
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 07h57
    |

                            Corentin Lesueur








                        


LE TSAR DU JOUR
Quel plus bel hommage à Lev Yachine (1929-1990) que cette double séance de tirs au but ? Sur les terres du seul gardien Ballon d’or de l’histoire (en 1963), trois remparts ont marqué de leur empreinte les deux huitièmes de finale disputés dimanche 1er juillet.
Le premier d’entre eux, Igor Akinfeev, n’a pas attendu la 120e minute pour s’illustrer. Le Russe a été l’un des principaux responsables de la déroute de l’Espagne, incapable de forcer le verrou de la sélection hôte, malgré une possession jamais vue à ce niveau (79 % et plus de mille passes réussies). Rassurant sur sa ligne face aux assauts de la Roja (24 tirs dont 9 cadrés), le gardien historique du CSKA Moscou a ensuite qualifié les siens pour leur premier quart de finale en arrêtant les tentatives de Koke et Iago Aspas.

   


Cette prestation de soliste a laissé place dans la soirée à un duel dans les cages, entre Kasper Schmeichel (Danemark) et Danijel Subasic (Croatie). Le premier a fait montre de son sang froid à cinq minutes du gong. Brillant depuis le début du tournoi, Ante Rebic pensait avoir fait le plus dur après s’être ouvert le but d’un crochet sur le gardien danois. C’était compter sans le tacle désespéré de Mathias Joergensen. Un coup de génie : sur le penalty, Luka Modric frappait sans conviction et permettait à Kasper Schmeichel d’offrir aux siens une séance de tirs au but.
A ce petit jeu, le fils de l’ancien champion d’Europe a trouvé meilleur que lui. Coupable sur l’ouverture du score Danoise, Subasic s’est amplement rattrapé en stoppant trois des cinq tentatives adverses.
LA MÈRE PARTIE
Il est des mauvaises séries dont on n’attend plus la fin. Les huitièmes de finale de Coupe de monde sont de celles-ci pour les Mexicains. Pour la septième fois d’affilée, El Tri a passé le premier tour de la compétition. Lors des six éditions précédentes, le pays ne s’est pas qualifié pour les quarts. Au Mexique, cette marche infranchissable a même un nom : « La maldicion del quinto partido ».

   


Ce cinquième match, Chicharito et ses coéquipiers le disputeront mardi, à Samara, face au Brésil. Pas l’adversaire privilégié quand il s’agit de briser une malédiction vieille de vingt-quatre ans. Pour ne pas perdre espoir, les Mexicains peuvent toujours miser sur la force du syllogisme. Pour son entrée dans le tournoi, la Verde s’est imposée contre l’Allemagne. Soit l’équipe qui a désossé les quintuples champions du monde il y a quatre ans (7-1). Il sera dit que c’était écrit.
DU CÔTÉ DE CHEZ VLAD
Battre l’Espagne en huitièmes de finale d’une Coupe du monde, ce n’est pas fréquent. Surtout pour une Russie qui n’avait plus vu les quarts du tournoi depuis 1970. Une époque où les couleurs de l’Union soviétique s’affichaient en quatre grosses majuscules (CCCP) blanches sur fond rouge.

   


Promise à l’élimination dès le premier tour, la Sbornaya n’en finit pas de surprendre un pays qui croit désormais en ses chances de titre. Un coach haï à la veille d’un Mondial domestique, avant de faire progressivement l’unanimité, ça ne vous rappelle rien ? Un raccourci qui n’effraie en tout cas pas les Russes.
De la salle de presse, où les journalistes locaux y sont allés de leur petite larme, aux fontaines publiques, prises d’assaut au coup de sifflet final, la victoire face à la Roja a enflammé tout un pays, qui ne rêve plus que d’une nouvelle communion au stade Loujniki.
L’ŒIL DE MOSCOU
« On venait plus au cinéma qu’au match, parce qu’on venait voir la chronique d’une mort annoncée. »
Au lendemain de la défaite des siens contre la France (4-3), Diego Maradona convoquait les belles lettres sud-américaines pour décrire sa déception. Très critique depuis le début du tournoi, El Pibe de Oro réclame désormais une révolution, à tous les étages.

   


Les responsables ? « Par où commencer ? Par en haut : l’AFA [Fédération argentine]. De ridicule en ridicule. (…) Il n’y a rien à sauver. Encore une Coupe du monde qui passe. On la regarde passer et il n’en reste rien. »
KOMINTERN
La Coupe du monde est surtout l’occasion pour les journalistes de recevoir une flopée de communiqués sans intérêt. Mais ce serait bête qu’ils meurent oubliés dans nos spams.
« Y a pas que la Coupe du monde, y a le squash féminin aussi ! » Voilà une attaque que le comité de rédaction de la Gazette a bien peu goûtée. La compétition, disputée cette semaine dans la charmante bourgade du Port-Marly (Yvelines), ne manque pourtant pas d’attrait.
Le squash ? « Ludique, très formateur, peu traumatisant, et énergivore, bénéfique pour la santé. » Rien à envier à notre ballon rond, donc. Mais encore ? « Sport prestigieux, pratiqué dans les meilleures écoles et universités. » Une attaque en bonne et due forme adressée à nos jeunes pousses bleues souvent tancées pour leur dilettantisme scolaire. #JeSuisKylian
POUCHKINE BALL
La Gazette est toujours poète. Aujourd’hui, Maradona jette quelques vers d’Alexandre Pouchkine à la figure de Jorge Sampaoli.
« Vieillard, arrête tes bavardages !
Aujourd’hui c’est ton jour dernier,
Il est temps de tourner la page,
Ce n’est pas l’heure de plaisanter. »
Alexandre Pouchkine, Poltava
RUSSIA TODAY

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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-4"> ¤ Le meilleur joueur de la NBA, revenu dans son club d’origine en 2014 et sacré champion en 2016, rejoint la mythique franchise californienne pour quatre ans.
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NBA : la superstar LeBron James quitte Cleveland et signe aux Los Angeles Lakers

Le meilleur joueur de la NBA, revenu dans son club d’origine en 2014 et sacré champion en 2016, rejoint la mythique franchise californienne pour quatre ans.



Le Monde
 |    02.07.2018 à 04h39
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 08h21
    |

            Clément Martel








                        



   


En 2014, c’est par une lettre, publiée dans le magazine Sport Illustrated qu’il avait annoncé « revenir à la maison », à Cleveland. Avec les Cleveland Cavaliers, lui le gamin de la ville voisine d’Akron, LeBron James a disputé quatre finales NBA d’affilée. Et apporté, en 2016, le premier titre jamais décroché par la franchise de l’Ohio. Sèchement battu début juin par les Golden State Warriors en finale (victoire en coup de balai, 4-0, des coéquipiers de Stephen Curry), le « King » semblait décidé à changer d’air. Et au premier jour de la « free agency » (la période des transferts), les agents du joueur ont annoncé sa signature dans la franchise historique des Los Angeles Lakers.
« LeBron James, quatre fois MVP [« most valuable player », meilleur joueur] de la NBA, trois fois MVP des Finals, et deux fois champion olympique, a accepté un contrat de 154 millions de dollars sur quatre ans avec les Los Angeles Lakers », avise Klutch Sports Group dans un communiqué. Une annonce toute en sobriété loin du show télévisé « The Decision » – dont s’est récemment inspiré Antoine Griezmann – qui avait défrayé la chronique en 2010 et vu des fans de Cleveland brûler le maillot de leur idole par dépit devant son départ à Miami.
Assagi et désormais trentenaire, le joueur, libre de tout contrat depuis quelques jours, avait annoncé vouloir prendre sa décision seul, en compagnie de sa famille et de ses agents.
A 33 ans, celui qui est considéré comme le meilleur joueur de la planète rejoint le troisième club de sa carrière. Après Cleveland, par deux fois (de 2003 à 2010 et de 2014 à 2018) et Miami (entre 2010 et 2014), l’« Elu » (c’est son surnom) entame un nouveau parcours. Loin de la terre brûlée à laquelle commençait à ressembler la franchise de l’Ohio, qu’il avait hissé une nouvelle fois en finale NBA cette saison en dépit du départ de son lieutenant Kyrie Irving l’été dernier, d’un effectif instable et vieillissant, et de conflits récurrents avec Dan Gilbert, le propriétaire des Cavs.
Dans les pas de glorieux aînés
Pour la première fois de sa carrière, le quadruple MVP quitte la Conférence Est pour rejoindre l’Ouest, et la Californie. C’est désormais sur les terres du double champion en titre, les Warriors, qu’il a affronté lors des quatre dernières finales NBA (pour un seul sacre), que l’ailier poursuivra sa carrière.
Pour la mythique franchise angeleno, qui arbore au plafond de son Staples Center seize bannières de champion NBA, cette signature est un coup d’éclat. Notamment pour son président des opérations basket, Earvin « Magic » Johnson. Superstar des « pourpres et or » dans les années 1980 et début des années 1990, l’ancien meneur de la Dream Team aux Jeux olympiques de 1992 a d’ores et déjà réussi son pari. Lors de sa nomination, en février 2017, « Magic » avait promis aux fans de la franchise de ramener une star, afin de « travailler sans relâche pour ramener les Lakers vers le titre de champion ».
Depuis la retraite de Kobe Bryant – cinq titres avec les Lakers – en 2016, la franchise de Los Angeles avait entamé une patiente reconstruction. Dans les tréfonds du championnat, l’équipe misait sur sa jeune garde – symbolisée par l’ailier Brandon Ingram et le meneur Lonzo Ball –, son entraîneur Luke Walton (assistant chez les Warriors lors de leur saison record de 73 victoires en 82 rencontres) et son attractivité historique pour attirer des gros poissons sur le marché des joueurs.
La signature de LeBron James vient valider cette stratégie, et elle pourrait entraîner un effet domino dans toute la NBA. En conflit avec son club de San Antonio, l’ancien MVP des finales 2014 (face au Miami Heat de LeBron James) Kawhi Leonard ne cache pas ses envies de rejoindre les Lakers. Un retour aux sources pour le natif de Riverside, dans la banlieue de Los Angeles, qui pourrait intervenir par le truchement d’un transfert.
A Los Angeles, LeBron James inscrira ses pas dans ceux de glorieux aînés. Outre Magic Johnson, « âme » du club et inspirateur de l’esprit « showtime » qui a déferlé sur la NBA dans les années 1980, les légendes Wilt Chamberlain, Kareem Abdul-Jabbar – meilleur marqueur de l’histoire de la ligue –, Shaquille O’Neal et Kobe Bryant ont revêtu le maillot pourpre et or frappé du mot « Lakers ».
Accumulant années après années les records personnels, le joueur aspire à décrocher un nouveau titre. Car en dépit d’une série – en cours – de huit finales NBA d’affilée (et neuf en tout), « King James » n’a décroché que trois couronnes dans sa carrière (en 2012 et 2013 avec le Heat et en 2016 avec les Cavaliers). La faute notamment à l’émergence à l’Ouest des Golden State Warriors, une équipe aux allures de dynastie menée par Stephen Curry et Kevin Durant.
Adieux en noir et blanc à Cleveland
Si l’on ne sait pas encore quels autres joueurs suivront la trace de James dans la cité des Anges, l’effectif angeleno devra à coup sûr être renforcé au cours de l’été pour espérer rivaliser avec l’invincible armada de la baie de San Francisco. Mais l’histoire va dans le sens du gamin d’Akron. En 2010, lors de sa signature à Miami, LeBron James avait formé avec Dwayne James et Chris Bosh un triumvirat d’amis réunis pour décrocher des bagues (de champion NBA). Et à son retour dans l’Ohio quatre ans plus tard, lui et Irving avaient été rejoints par la star des Minnesota Timberwolves Kevin Love.
Deux ans après avoir tenu sa promesse de briser la malédiction de « Miserable city » – le surnom de Cleveland – en apportant à la ville son premier titre majeur en sport depuis 52 ans, LeBron James quitte son cocon de l’Ohio. Fortement investi dans l’aide aux communautés locales et de plus en plus engagé dans la défense des noirs américains – il a notamment pris à partie le président Donald Trump entré en guerre contre les footballeurs américains s’agenouillant pendant l’hymne américain –, il laissera une trace indélébile dans la ville de l’Ohio.

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Ses adieux à l’Ohio, où il avait annoncé en 2014 vouloir achever sa carrière, LeBron James les a fait à travers une sobre « story » Instagram en noir et blanc le représentant au cœur de la foule clevelandaise, au lendemain de la tant attendue victoire des Cavaliers en finale NBA. « Merci le nord-est de l’Ohio pour ces quatre incroyables saisons. J’y serai toujours à la maison », écrit James. Avant de conclure : « A bientôt ». Qui sait, un jour peut-être, au terme de son aventure angeleno, le « kid d’Akron » rentrera à nouveau au bercail.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-5"> ¤ La Croatie s’est imposée à l’issue d’une folle séance de tirs au but (1-1, 3-2). Elle file en quarts de finale, où elle affrontera la Russie.
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Coupe du monde 2018 : Croatie-Danemark, quinze minutes pour un miracle

La Croatie s’est imposée à l’issue d’une folle séance de tirs au but (1-1, 3-2). Elle file en quarts de finale, où elle affrontera la Russie.



Le Monde
 |    02.07.2018 à 02h19
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 08h05
   





                        



   


Patrick Bruel, ou un autre grand joueur de poker, eut un jour cette phrase : « L’émotion procurée par la victoire n’est rien comparée à celle provoquée par le frisson de la défaite. » Au football, la maxime s’applique différemment : un seul instant de folie, une seule seconde tragique suffisent à racheter de longues minutes d’ennui. La rencontre de huitièmes de finale entre le Danemark et la Croatie, dimanche 1er juillet à Nijni-Novgorod, en Russie, a offert tout cela : de l’ennui, de la tragédie, de la folie.

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Face-à-face, deux équipes prudentes, avides de contrôle plus que de possession, et avant tout soucieuses de ne pas se découvrir. Elles ont livré une partie qui, sans être indigne, fut morne et sans relief. Etaient-ce les coachs ou les joueurs ? Chaque fois que les choses paraissaient près de s’emballer, priorité allait au repli défensif, au pied sur le ballon.
Il y eut des occasions, des frappes cadrées, des frappes ratées, et même une entame de match exubérante, avec deux buts marqués en quatre minutes (Mathias Jorgensen puis Mario Mandzukic). Mais le rythme était désespérément lent et les héros n’étaient pas de sortie : ni Luka Modric ni Christian Eriksen, très attendus pour ce duel de numéros 10 surdoués, ne parvenaient à briller.
Final en apothéose
Et puis il y eut les quinze dernières minutes pour lesquelles tout le reste ne semblait avoir été qu’une mise en bouche. Il y eut Luka Modric. Le prodige et capitaine croate, habitué à porter sa sélection sur ses épaules, a manqué l’immanquable : un penalty à la 116e minute, obtenu contre le cours du jeu dans une prolongation globalement dominée par le Danemark.
Il y eut, quelques minutes après, une séance de tirs au but parmi les plus folles que la Coupe du monde ait jamais offertes. L’échec d’Eriksen ; la réussite de Modric, qui s’avançait à nouveau, quelques instants après son tir malheureux, sans trembler ; et, en tout, pas moins de cinq tentatives manquées, toutes détournées par les gardiens de but Danijel Subasic et Kasper Schmeichel.
Après ce final en apothéose, cet instant de grâce comme seul le sport sait en offrir, les larmes des vaincus semblaient se confondre avec celles des vainqueurs, chacun conscient qu’il aurait pu se retrouver à la place de l’autre. « Dieu a été avec nous », a résumé à sa façon, en conférence de presse, le sélectionneur croate, Zlatko Dalic. Kasper Schmeichel, élu homme du match malgré la défaite des siens, disait d’une autre manière la beauté de ces minutes où tout bascule dans un sens ou dans un autre : « Un tel match, c’est une immense déception et une immense fierté à la fois. »
Génération exceptionnelle
Paradoxalement, cette victoire dans la douleur pourrait placer la Croatie dans une dynamique très favorable. Sa solidité dans l’adversité en fait même une candidate toute désignée pour figurer dans une autre maxime, chère à Gary Lineker, celle-là, et orpheline depuis l’élimination précoce de l’Allemagne : et si, à la fin, c’était la Croatie qui gagnait ?
Dans le sillage des Modric, Rakitic, Mandzukic ou encore Perisic, la sélection au damier dispose d’une génération exceptionnelle, qui rêve depuis longtemps de placer ses pas dans ceux des Boban, Suker et Prosinecki, qui avaient fini troisièmes du Mondial 1998. Aussi brillante lors du premier tour de l’Euro 2016 qu’elle l’a été en ce début de Mondial russe, la sélection croate s’était ensuite écroulée dès le premier match couperet. Pour progresser, il lui fallait peut-être côtoyer le précipice, frôler le chaos.
Cette étape est franchie. Le prochain obstacle se présentera le 7 juillet à Sotchi. Il s’agira de renverser le pays hôte, vainqueur de l’Espagne. Une autre nation miraculée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-6"> ¤ Opéré de la hanche en janvier, l’Ecossais avait repris la raquette en compétition le 19 juin. Il ne s’estime « pas assez en forme » pour le tournoi, qui débute lundi.
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Tennis : Andy Murray forfait pour Wimbledon

Opéré de la hanche en janvier, l’Ecossais avait repris la raquette en compétition le 19 juin. Il ne s’estime « pas assez en forme » pour le tournoi, qui débute lundi.



Le Monde
 |    02.07.2018 à 01h32
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 08h49
   





                        



   


Après plusieurs jours d’hésitation, l’Ecossais Andy Murray a renoncé dimanche 1er juillet à effectuer son retour en Grand Chelem à Wimbledon, qui débute lundi, se jugeant « pas assez en forme », lui qui a remporté deux fois le tournoi.
Le chouchou du public britannique avait repris la raquette en compétition le 19 juin au Queen’s après quasi un an d’absence pour récupérer d’une hanche droite récalcitrante, opérée en janvier.
Battu par le jeune talent australien Nick Kyrgios, malgré une prestation convaincante, il avait voulu se tester encore sur le gazon d’Eastbourne. Résultat : une victoire face à un ancien grand blessé Stan Wawrinka, qui peine à retrouver son meilleur niveau lui aussi, après deux opérations du genou gauche l’an passé, puis une défaite face à l’Anglais Kyle Edmund.
Incertain pour Wimbledon, l’ancien numéro un mondial, tombé au 156e rang, s’était voulu plutôt rassurant samedi lors d’une conférence de presse, avec toutefois des mots très prudents, affirmant qu’il devait « prendre les choses au jour le jour ». Interrogé sur sa participation, le lauréat des éditions 2013 et 2016, âgé de 31 ans, avait répondu : « Oui, sauf si dans les jours à venir je me réveille et je ne me sens pas bien. »

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« Le cœur lourd »
Finalement, c’était un peu court pour être compétitif en Grand Chelem, où les matchs se jouent en trois sets gagnants. « J’ai fait des progrès significatifs à l’entraînement et en compétition ces dix derniers jours, mais après de longues discussions avec mon équipe, nous avons convenu qu’il était encore trop tôt pour disputer des matchs au meilleur des cinq manches », a expliqué l’Ecossais, « le cœur lourd », sur sa page Facebook.
C’est la deuxième fois seulement qu’il rate son tournoi préféré depuis ses débuts à Londres il y a treize ans. En 2007, c’est une blessure au poignet droit qui avait contraint le double champion olympique (2012 et 2016) à annuler sa participation.
« Je vais commencer les entraînements sur dur dès demain [lundi] et poursuivre mon travail de récupération. Il me tarde de participer à la saison américaine », a précisé Murray qui avait remporté le premier de ses trois trophées majeurs lors de l’US Open (2012).
Son forfait fait les affaires de Benoît Paire, son adversaire au premier tour. A la place du Britannique, le Français affrontera le lucky loser (« chanceux perdant ») taïwanais Jason Jung, 154e mondial, qui effectuera à 29 ans ses débuts en Grand Chelem. En cas de succès, l’Avignonnais, qui s’était procuré deux balles de match face à Roger Federer à Halle (2e tour), sans conclure, croiserait la route de son compatriote Jérémy Chardy ou du jeune talent canadien Denis Shapovalov.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-7"> ¤ Parmi les favoris de la compétition, la « Roja » s’est inclinée aux tirs au but face à la Russie, dimanche 1er juillet, à Moscou.
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Coupe du monde 2018 : engluée dans le piège russe, l’Espagne quitte le Mondial

Parmi les favoris de la compétition, la « Roja » s’est inclinée aux tirs au but face à la Russie, dimanche 1er juillet, à Moscou.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 19h56
 • Mis à jour le
01.07.2018 à 22h36
    |

                            Corentin Lesueur








                        



   


Il est des verrous plus solides que d’autres. Quand les forces de l’ordre françaises se lançaient dans une chasse à l’homme pour retrouver Redoine Faïd, auteur d’une évasion par hélicoptère, la Sbornaya contenait les assauts de l’armada espagnole deux heures durant pour rallier les quarts de finale de leur Mondial. Une première pour la Russie depuis 1970. A l’époque, la sélection comptait encore Lev Yachine dans ses rangs et sa tunique arborait les quatre majuscules (CCCP) blanches sur fond rouge de l’Union soviétique.
Symbole de l’impuissance de la Roja, dimanche 1er juillet : Sergio Ramos. D’ordinaire si prompt à mener la fronde, le capitaine espagnol s’est effondré sur la pelouse du stade Loujniki, en ébullition après le deuxième arrêt d’Igor Akinfeev, au terme d’une séance de tirs au but parfaitement maîtrisée par les locaux. Sergio Ramos en pleurs : une image que ne manqueront pas de se repasser les détracteurs du défenseur du Real Madrid, haï par une bonne partie des amateurs de football pour ses mauvais coups distillés hors les radars arbitraux.

[🎞️VIDEO] 🏆 #ESPRUS 🇪🇸🇷🇺
⚡️ La Russie élimine l'Espagne aux tirs au but ! 👊💥
— beinsports_FR (@beIN SPORTS)


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Dès la douzième minute, le trentenaire pensait pourtant lancer les siens vers une victoire tranquille. À la lutte avec Sergei Ignashevich sur un coup franc excentré de Marco Ascensio, il emmenait dans sa chute le défenseur russe, auteur d’une malheureuse déviation du mollet. Une ouverture du score logique tant l’Espagne a pris les commandes de la rencontre dès le coup d’envoi.
La suite ne sera qu’une longue séquence de passe à dix. Et même à mille : jamais une sélection n’a réalisé autant de transmissions en Coupe du monde (1 006 passes réalisées contre 191 pour les Russes). Une nouvelle ligne dans les annales que les hommes de Fernando Hierro auraient volontiers échangée contre quelques occasions de buts. Pendant plus de cent minutes, les Espagnols ont tourné autour de la surface adverse à l’instar d’une équipe de handball, sans jamais trouver la solution.
Deux ans d’invincibilité
Les Russes, eux, faisaient montre d’une efficacité létale. À la conclusion d’une de leurs rares incursions dans le camp espagnol (21 % de possession), ils obtenaient un penalty, converti par Artem Dzyuba. Le seul tir cadré de la sélection hôte. Sereine et organisée, l’équipe de Stanislav Cherchesov laissait les minutes s’écouler jusqu’à la fatidique séance.
Une « loterie » pour Fernando Hierro, qui préférait retenir la « belle mentalité » de ses joueurs et son « plaisir » de les avoir dirigés pendant quatre rencontres : « On savait que ce match nécessiterait du caractère, une approche mature, et c’est ce qu’on a fait. On a fait tout ce qu’on pouvait pour gagner ce match mais c’est dur de jouer face à onze joueurs qui jouent très bas. »
Installé à la tête de la « Roja » à deux jours de son entrée dans la compétition, après le licenciement de Julen Lopotegui, coupable d’avoir négocié son arrivée au Real Madrid dans le dos de sa fédération, l’ancien défenseur ne résistera sans doute pas à la sortie prématurée d’un des favoris au titre suprême.
Invaincue depuis près de deux ans, l’Espagne n’aura jamais véritablement lancé sa compétition. Si beaucoup pointeront l’éviction brutale d’un coach, soutenu par son vestiaire, qui avait su réunir Madrilènes et Barcelonais dans un projet résolument offensif, difficile de ne pas y voir aussi la fin inéluctable d’une génération dorée.
Chef d’orchestre d’une sélection qui a régné en maître entre 2008 et 2012 (deux Euros et une Coupe du monde), Andrés Iniesta n’a jamais trouvé l’ouverture face au double rideau défensif tendu par les Russes. Entré en jeu à la 67e minute à Moscou, l’ancien Barcelonais a d’ailleurs annoncé sa retraite internationale après la rencontre.
« Ce n’était pas le plus bel adieu, mais le football et la vie sont comme ça, regrettait celui qui portera désormais les couleurs du Vissel Kobe (Japon). Je pars avec un goût mauvais et dur. Nous n’avons pas été à la hauteur des circonstances. »
De la moisson de titres débutée il y a dix ans, ne reste plus que cinq joueurs : Pepe Reina, Sergio Ramos, Gerard Piqué, David Silva et Sergio Busquets. Plusieurs se porteront volontaires pour écrire la nouvelle page du football espagnol. Sans doute sous les ordres d’un nouveau sélectionneur. Réclamant « plusieurs semaines de réflexion », après une élimination « en ayant été largement supérieurs », le président de la fédération nationale, Luis Rubiales, a déjà pris soin de remercier Fernando Hierro pour son « comportement exemplaire » : « [Ce dimanche] n’est pas le jour [pour parler de son avenir]. C’est un jour difficile parce que notre rêve s’est brisé. »

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                Coupe du monde 2018 : du départ de Zidane à celui de Lopetegui, l’effet papillon qui bouleverse l’Espagne






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-8"> ¤ Les coéquipiers de Subasic, héroïque lors des tirs au but, sont venus à bout du Danemark, dimanche (1-1, 3-2). Ils affronteront la Russie en quarts de finale.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-9"> ¤ Si le coureur britannique était privé de Tour, la meilleure équipe du monde pourrait repenser sa stratégie autour de Geraint Thomas. Mais le risque d’une guerre de succession est réel.
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Tour de France : en cas de retrait de Froome, le Team Sky a des plans B

Si le coureur britannique était privé de Tour, la meilleure équipe du monde pourrait repenser sa stratégie autour de Geraint Thomas. Mais le risque d’une guerre de succession est réel.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 16h06
    |

            Clément Guillou








                        



                                


                            

A une semaine du départ du Tour de France, toutes les équipes ont présenté leurs huit coureurs, à l’exception de trois formations françaises dans l’attente du championnat national, dimanche 1er juillet, et d’une autre équipe : le Team Sky. Et pour cause : comme l’a révélé Le Monde, la formation britannique est encore dans l’attente de savoir si son leader, Christopher Froome, quadruple vainqueur de la course et lauréat du Tour d’Italie en mai, pourra prendre le départ.

Si l’appel du Team Sky est rejeté mercredi 4 juillet, à trois jours du départ du Tour à Noirmoutier en Vendée, la formation britannique perdra évidemment sa meilleure chance de victoire. Mais parce qu’elle est l’équipe la plus riche du peloton, elle a plusieurs leaders de rechange.
Le premier s’appelle Geraint Thomas. Le Gallois de 32 ans a remporté en juin le Critérium du Dauphiné, l’une des deux principales courses préparatoires au Tour de France, en devançant l’Anglais Adam Yates et le Français Romain Bardet. Double champion olympique sur piste, il s’est transformé depuis en excellent grimpeur et brigue un vrai rôle de leader sur un Grand tour. En Grande-Bretagne, ses succès sur piste, son bagout et son rôle auprès de Bradley Wiggins puis Chris Froome – il disputera son neuvième Tour – lui confèrent un statut de petite vedette.
Poels plus fatigué, Kwiatkowski moins fiable
Sur les courses d’une semaine, son excellence contre-la-montre et sa résistance en montagne font merveille. Paris-Nice et le Dauphiné sont déjà dans son escarcelle. Sa saison a été impressionnante. Mais sur trois semaines, il n’a jamais rien prouvé. La seule fois où le Team Sky a relâché sa bride, sur le Tour d’Italie 2017, Thomas a été handicapé par un accident après huit jours de course. Faudrait-il alors lui refaire confiance et le désigner seul leader ?
Une inconnue s’ajoute à l’équation : Thomas est en fin de contrat et est quasiment fixé sur le nom de l’équipe...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-10"> ¤ Après l’Allemagne, l’Argentine et le Portugal, les champions du monde 2010 quittent le Mondial, éliminés dimanche par les hôtes de la compétition (1-1, 4-3)
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-11"> ¤ « Arbitrage vidéo », épisode 4. Notre chroniqueur Etienne Labrunie raconte comment la victoire face à l’Argentine a ravivé la flamme entre les Bleus et les médias.
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France-Argentine : la télé fait son mea culpa

« Arbitrage vidéo », épisode 4. Notre chroniqueur Etienne Labrunie raconte comment la victoire face à l’Argentine a ravivé la flamme entre les Bleus et les médias.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 13h37
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 08h14
    |

                            Etienne Labrunie








                        



   


Chronique. Le match est terminé depuis quelques minutes. Frédéric Calenge, journaliste au bord du terrain pour TF1, interroge Didier Deschamps : « Didier, c’est aussi une revanche face à toutes les critiques reçues ? » Le sélectionneur, dans l’émotion comme rarement, répond, presque gêné : « Des critiques, il y en a, il y en aura toujours… Fallait répondre, on a bien répondu ! »
Quelques instants plus tard, le héros du jour, Kylian Mbappé, se présente à son tour devant le plexiglas couvert de sponsors : « On a dit que je boudais la presse, c’était pas vrai du tout, je ne voulais juste pas être le porte-parole des Bleus. » Sur le plateau de TF1, la journaliste Nathalie Iannetta lance en écho : « C’est vrai, foutons-lui la paix. » Après tout, lui a bien foutu la paix aux médias quelques jours.
Foutons-leur la paix. Plutôt, louons-les d’avoir (enfin) fait vibrer le pays. « Une équipe est née » (TF1), « Match de fou des Bleus qui terrassent l’Argentine », titre LCI. « Les Bleus en quarts, la France en folie », s’enflamme carrément CNews. « Des Bleus renversants » (LCI). « Les Bleus enfin » (BFM-TV), etc. La bascule est évidente. Les Bleus viennent de lancer leur Mondial. L’emballement est là, comme la critique hier. Peu importe si elle était justifiée, le succès face à l’Argentine doit solder quelques comptes envers la presse. Un ressort classique.
« L’heure est à la rédemption »
« On va être gentils et ne pas réécouter quelques “spécialistes” », ironise sur Twitter Michel Denisot. Sur les plateaux télé, on assiste à des scènes étonnantes, entre repentir et chasse aux sorcières. On frise même parfois le ridicule.
A ce jeu-là, Gilles Verdez est un capitaine d’équipe. Après avoir expliqué qu’il vient d’assister « au plus beau match de la France dans l’histoire de la Coupe du monde », il appelle sur CNews à la mobilisation générale « derrière notre équipe de France » et lance les hostilités : « L’heure est à la rédemption pour tous ceux qui salissent cette équipe de France. »

@gillesverdez @JPasquet @CNEWS Bravo à Gilles d'avoir toujours cru à cette équipe de France malgré les réticences d… https://t.co/JNldd2Rc3k— PascalPraud (@Pascal Praud)


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Ce qui ne devrait rester qu’un mauvais et pathétique sketch va devenir un sujet de débat après l’intervention d’Eric Besnard, le présentateur : « Justement, les journalistes doivent-ils être plus derrière cette équipe de France ? » « Mais ce n’est pas notre rôle », répond du tac au tac Pierre Ménès, dont on ne saurait définir le sien, de rôle.
Depuis le début de ce Mondial, cette question surprenante du journaliste supporteur revient régulièrement. Elle fait donc même débat en direct à la télévision. Ces mêmes plateaux où il peut être de bon ton d’afficher ses couleurs (maillot ou maquillage) et d’affirmer haut et fort son soutien à « notre » équipe de France au nom du symbole national. Et on ne parle pas uniquement des ayants droit comme TF1 ou BeIN Sports, producteurs du spectacle et liés par un accord commercial avec l’équipe de France.
La jurisprudence Aimé Jacquet
En réalité, la question de la relation entre les Bleus et la presse est un marronnier depuis 1998 et la jurisprudence Aimé Jacquet. A BFM-TV, où l’on débriefe trois à quatre fois par jour, on a pu avoir la dent dure contre ces joueurs tricolores. Après le triomphe contre l’Argentine, l’ancien footballeur et chroniqueur sportif Eric Di Meco assume : « On les a beaucoup critiqués, mais à juste titre parce qu’on espérait autre chose, et là ils viennent de prouver enfin qu’on pouvait s’éclater en regardant un match de foot et qu’il existe bien plusieurs façons de gagner. » 
Amusant de voir ces consultants, tous d’anciens joueurs, expliquer que la critique fait partie du jeu, eux qui pour certains la dénonçaient à l’époque. Sur L’Equipe 21, le journaliste Sébastien Tarrago interroge : « Est ce qu’on peut raison garder ? Les critiques étaient justifiées après le premier tour. Qui peut dire que le premier tour était annonciateur de ce nous allions voir contre l’Argentine ? »

INCROYABLE MOMENT 💥💥

— telefoot_TF1 (@Téléfoot)


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Désormais, on efface tout et on recommence. Une analyse peut en cacher une autre. D’ailleurs, la victoire contre les vice-champions du monde et leur Messi ouvre de nouvelles perspectives. « Les Bleus inarrêtables ? » (CNews), « Peuvent-ils aller au bout ? », s’interroge LCI. Sur TF1, partenaire des Bleus, on respire et on se laisse envahir par une douce euphorie, renforcée par un record d’audience (12,5 millions de téléspectateurs, un pic à 15 millions).
Allez les Bleus ! Bixente Lizarazu, en vieux sage, s’en amuse en direct, reprenant un peu tout le monde de volée : « On est passés d’un truc totalement pessimiste, où tout le monde disait qu’on n’avait pas le niveau, à quelque chose de complètement irrationnel, où on va gagner la Coupe du monde. Tranquille, tranquille… » Il plombe un peu l’ambiance.

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                Coupe du monde sur les chaînes info : « Je vous propose de revoir le but pour la 647e fois »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-12"> ¤ « Roulette russe », épisode 18. Aujourd’hui, l’auteur Maxime Mianat explique comment l’émotion gâche le football : elle empêche de se concentrer sur les « datas ». Retrouvez aussi le programme du jour.
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Coupe du monde 2018 : pourquoi les statistiques sont indispensables au football

« Roulette russe », épisode 18. Aujourd’hui, l’auteur Maxime Mianat explique comment l’émotion gâche le football : elle empêche de se concentrer sur les « datas ». Retrouvez aussi le programme du jour.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 13h35
 • Mis à jour le
01.07.2018 à 14h14
   





                        


Chaque jour durant la Coupe du monde, Eddy Fleck et Maxime Mianat analysent la compétition à leur façon. Attention : cette chronique peut contenir du second degré.

   


Chronique. L’Espagne a battu la Russie lors de 63 % de leurs onze dernières rencontres disputées un dimanche par temps nuageux : une statistique intéressante pour tous ceux qui s’intéressent énormément aux statistiques. Les véritables passionnés ont besoin des outils les plus pointus pour décrypter le football moderne : Whoscored.com, Footballdatabase.com, Celibatairesendurcis.fr, autant de sites dont l’analyse me prend des heures entières.
De ce fait, je regarde très peu de matchs, sinon jamais. Mon savoir risquerait d’être contredit par un ressenti personnel ou, pire encore, une émotion non programmable. Dans un futur proche, les diffuseurs afficheront en temps réel des informations aussi indispensables que les pulsations cardiaques et le taux de cholestérol de chaque joueur, à l’aide de fenêtres multiples, en laissant seulement une petite lucarne ouverte sur le match à destination des arriérés hermétiques aux « datas ».
Aujourd’hui, un sportif de haut niveau est jugé sur deux critères individuels : sa note FIFA et son nombre de buts par saison. Un être humain l’est par sa note Uber et son nombre d’abonnés sur les réseaux sociaux. Moi-même, j’utilise les statistiques au quotidien afin d’agir le plus rationnellement possible.
55 % des diplômés d’école de journalisme âgés de 34 ans sont au chômage ? J’ai démissionné hier. Un fumeur français grille en moyenne 356 cigarettes par an ? J’ai commencé à fumer la semaine dernière, j’en suis déjà à 276. Mon médecin me donne encore un mois. Je n’arrêterai pas : les statistiques sont aussi faites pour être contredites et interprétées en fonction de ce qui nous arrange. Je lui ai dit : « Docteur, après sa victoire 4-0 contre Barcelone, le PSG avait 100 % de chances de se qualifier. »
Temps de lecture estimé de cette chronique : 1 minute 28. Caractères : 1 897. Taille : 12,3 Ko. Enregistré le 30 juin 2018 à 22 h 52 par Maxime Mianat. 1m83. 79 kg.
Maxime Mianat

Coupe du monde : le programme du dimanche 1er juillet
Les matchs du jour (à suivre en direct sur Le Monde.fr)
Espagne - Russie à 16 heures
Croatie - Danemark à 20 heures
A lire sur le web
L’analyse du match France-Argentine : les Bleus et l’espace vital
La gazette de la Coupe du monde : bébé Pelé, grande classe et prévention
Tombeurs de l’Argentine, les Bleus savourent leur mue
Le jour de gloire de Kylian Mbappé
L’Uruguay, suspendu au mollet de Cavani, attend la France
Lionel Messi ou l’histoire d’un rendez-vous manqué avec la Coupe du monde
« Laissons l’arbitre décider quand c’est une question d’interprétation »
Pour les abonnés
La VAR prend le pouvoir
Luka Modric, grand joueur et petit parjure



Les épisodes précédents de « Roulette russe »
Episode 1 : comment concilier Coupe du monde et vie de famille
Episode 2 : pourquoi il ne faut pas critiquer l’équipe de France
Episode 3 : pourquoi on ne sait pas encore si Griezmann pourra jouer contre l’Australie
Episode 4 : pourquoi le drapeau du Brésil n’est pas ce que vous croyez
Episode 5 : pourquoi les Anglais n’ont en réalité pas inventé le football
Episode 6 : pourquoi Pologne-Sénégal est un authentique derby
Episode 7 : pourquoi la Coupe du monde est un cauchemar pour les autres sportifs
Episode 8: pourquoi France-Pérou n’aura pas lieu
Episode 9 : pourquoi il y a toujours un drapeau algérien dans un stade
Episode 10 : pourquoi l’Antarctique est le grand absent du tournoi
Episode 11 : pourquoi il n’est pas raisonnable d’aimer à la fois Lionel Messi et Cristiano Ronaldo
Episode 12 : pourquoi on peut suivre la Coupe du monde sans aimer le foot 
Episode 13 : pourquoi le dopage n’existe pas dans le football
Episode 14 : pourquoi 0-0 est le score parfait
Episode 15 : pourquoi le match Panama-Tunisie sera l’événement du soir
Episode 16 : pourquoi j’ai renoncé à la nationalité française durant la Coupe du monde
Episode 17 : comment échapper à un mariage le jour de France-Argentine ?





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-13"> ¤ « Le Monde » has learnt that the race’s owner has forbiddden the four-time winner to take part in this year’s competition because of his pending doping case. Team Sky’s appeal will be examined on Tuesday.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Organisers want Chris Froome out of the Tour de France, Team Sky appeals

« Le Monde » has learnt that the race’s owner has forbiddden the four-time winner to take part in this year’s competition because of his pending doping case. Team Sky’s appeal will be examined on Tuesday.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 11h31
 • Mis à jour le
01.07.2018 à 12h10
    |

            Clément Guillou et 
Rémi Dupré








                        



   


Christopher Froome, a four-time winner of the Tour de France, might not be able to compete for a fifth title this year. The organisers do not want him to be part of the race due to depart on July 7.
Le Monde has learnt that the race’s owner, Amaury Sport Organisation (ASO), is trying to prevent Froome from taking part in the Tour. They have forbidden Team Sky to sign Froome in, in an attempt to protect their own image, as his doping procedure is still pending.
« We are confident that Chris will be riding the Tour as we know he has done nothing wrong », Team Sky told Le Monde. ASO were not immediately available for comment.
Christopher Froome is still allowed to race as long as the case regarding his abnormal salbutamol doping control has not been settled. But the Tour does not want to find itself in the same situation that the Giro was in, earlier this year. Froome won the Giro, but one has yet to know what will become of his victory.
ASO’s case is based on article 29 of its own rules (in compliance with UCI’s rules), which states that « ASO expressly reserves the right to refuse the participation in – or disqualify from – the event, a team or one of its members whose presence is liable to damage the image or reputation of ASO or those of the event ».
Team Sky has already appealed this decision to the court of arbitration of the French olympic committee (CNOSF), and will fight the case on July 3rd. The decision should be known the following day. It could be appealed to the Court of Arbitration for Sport (CAS), but they will probably not have a chance to rule the case before the beginning of the Tour.

        Lire aussi :
         

          Our story in French



English translation by Gregor Brandy



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-14"> ¤ Selon les informations du « Monde », Amaury Sport Organisation, propriétaire du Tour, a interdit au coureur de se présenter au départ, du fait de sa procédure pour dopage.
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édition abonné


Christopher Froome écarté du Tour de France par les organisateurs, l’équipe Sky fait appel

Selon les informations du « Monde », Amaury Sport Organisation, propriétaire du Tour, a interdit au coureur de se présenter au départ, du fait de sa procédure pour dopage.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 06h28
    |

            Clément Guillou et 
Rémi Dupré








                        



                                


                            

Le quadruple vainqueur du Tour de France pourra-t-il briguer, à partir du samedi 7 juillet, un cinquième maillot jaune qui le ferait entrer dans l’histoire ? Ce n’est pas, en tout cas, le souhait des organisateurs de l’épreuve.
Amaury Sport Organisation (ASO), propriétaire du Tour de France, tente d’empêcher Christopher Froome de prendre le départ de la course, a appris Le Monde de source proche de l’affaire. Par courrier, les organisateurs ont interdit à l’équipe Sky d’aligner le coureur sur l’épreuve, pour protéger l’image de cette dernière, en raison de la procédure pour dopage ouverte à son encontre. La formation britannique a immédiatement fait appel et dit sa certitude d’une issue favorable.
« Nous sommes confiants dans le fait que Chris disputera le Tour de France, puisque nous savons qu’il n’a rien fait de mal », a dit un porte-parole de la Sky au Monde. ASO n’a pas souhaité commenter l’information.

Contrôle anormal au salbutamol
Christopher Froome est autorisé à courir tant que son cas de contrôle anormal au salbutamol, ouvert en septembre 2017, n’est pas tranché. Mais le Tour de France veut à tout prix éviter de se trouver dans la même situation que le récent Tour d’Italie (Giro), où la victoire finale de Froome est désormais assortie d’un astérisque.

ASO s’appuie sur l’article 29.1 de son règlement qui, conformément à celui de l’Union cycliste internationale (UCI), stipule que l’organisateur « se réserve expressément la faculté de refuser la participation à – ou d’exclure de – l’épreuve, une équipe ou l’un de ses membres, dont la présence serait de nature à porter atteinte à l’image ou à la réputation d’ASO ou de l’épreuve ».
L’équipe Sky défendra son cas mardi 3 juillet, à partir de 9 heures, devant la chambre arbitrale du Comité national olympique du sport français (CNOSF). La décision devrait être communiquée le lendemain.
Elle peut faire l’objet d’un...




                        

                        


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Analyse du match France-Argentine : les Bleus et l’espace vital

La France a su bloquer Messi et profiter de la lenteur de la défense argentine pour se qualifier pour les quarts de finale samedi. L’analyse tactique des « Cahiers du football ».



Le Monde
 |    01.07.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
01.07.2018 à 14h21
   





                        



   


Casting de stars, scénario prévisible aux rebondissements parfois improbables mais qui tient en haleine jusqu’au bout : ce France-Argentine, à la mise en scène dynamique mais inégale, fut digne d’un blockbuster. Un spectacle permanent, achevé par la victoire 4-3 de Français qui se sont compliqués tout seuls une tâche abordable. Mais qui, en plus d’éliminer des Argentins endossant le costume de méchants à coups de tacles durs, promet un succès populaire pour la suite. Elle sera en salles dès vendredi 6 juillet, face au voisin uruguayen, équipe qui a l’engagement physique dans son ADN.
Le passage sans transition de l’Albiceleste à la Celeste nécessitera de changer les armes. Car c’est d’abord grâce à la vitesse de Kylian Mbappé, le « Flash » tricolore, que les Bleus ont fait la différence samedi. Comme à son habitude, l’Argentine avait entamé la rencontre en jouant très haut dans le camp adverse, tentant de faire la différence en plaçant de nombreux joueurs en zone offensive. L’objectif : avoir la balle pour dicter le tempo de la rencontre mais aussi libérer Lionel Messi. Théoriquement, si ce dernier a six partenaires à ses côtés, l’adversaire doit se disperser à essayer de les suivre et laisser un peu d’espace au génie argentin. En revanche, si la balle est perdue, il n’y a alors plus grand-monde en couverture…
Comme l’Espagne et l’Allemagne, autres équipes qui veulent créer le déséquilibre mais en perdent leur propre équilibre, l’Argentine se savait sous la menace, surtout face à une attaque aussi rapide que sa défense est lente. Alors, quand Ever Banega rata son contrôle à une vingtaine de mètres du but tricolore, la suite pouvait difficilement bien tourner. Trop lents pour arrêter Mbappé – même illicitement via les fameuses « fautes tactiques » –, les Argentins ne le revoyaient que dans la surface, mais Marcos Rojo, probablement plus très lucide, l’envoyait au sol.
Messi déplacé par Kanté, bloqué par Matuidi
Le penalty d’Antoine Griezmann transformé, la France était alors dans son schéma préférentiel : elle était désormais sûre que les hommes de Jorge Sampaoli se livreraient. En quaterback, Paul Pogba servait un Mbappé toujours aussi rapide mais, cette fois, la faute était devant la surface. « Cette équipe d’Argentine n’aime pas défendre, elle est en difficulté dès qu’on met de la vitesse », confirmera Didier Deschamps au micro de BeIN Sports après la partie.

   


Et Messi, pendant ce temps ? Pris en défense quasi-individuelle par N’Golo Kanté, il s’exilait côté droit pour toucher des ballons (plus de 50 % des attaques argentines se déroulèrent dans ce couloir) mais y trouvait alors Blaise Matuidi. Bloqué par deux joueurs, il se coupait naturellement du jeu. D’autant que les rampes de lancement étaient en panne : Javier Mascherano gêné par Griezmann et, surtout, Ever Banega bougé par Pogba, c’est tout le circuit préférentiel qui se retrouvait grippé.
Les chiffres à la fin du match font mal : 30 % de duels gagnés par Banega et 19 balles perdues pour seulement 3 récupérées. Pogba, parfois nonchalant dans l’engagement sur ses prises à deux mais discipliné tactiquement, affiche lui 10 récupérations, soit autant que Kanté et Matuidi réunis. Après tout, pas besoin de ratisser quand on envoie l’ennemi dans une impasse…
Erreurs minimes
Dans ces conditions, difficile de reprocher à des Bleus déjà très solides derrière en poules d’avoir attendu à 1-0. Après tout, c’est en laissant beaucoup plus la balle qu’à l’accoutumée que l’Espagne avait infligé une claque 6-1 à ces mêmes Argentins en mars. Et les situations nettes continuaient à arriver à intervalles réguliers, même si un peu de pressing sur une arrière-garde fébrile aurait probablement pu en offrir d’autres. « On a besoin d’espaces pour montrer nos qualités et on l’a très bien fait », jugea Pogba au micro de TF1.
Sauf que, dans le football, les erreurs minimes qui parsèment les matches peuvent avoir de dures conséquences quand l’adversaire a de la réussite à la finition. Un oubli de sortir sur Angel Di Maria, puis une faute de Benjamin Pavard – un travers déjà vu sans conséquence contre l’Australie – suivie d’un mauvais alignement et d’un rebond défavorable plaçaient pour la première fois la France dans la position du chasseur, à 1-2.
Les limites du plan de jeu ? Facile à dire a posteriori. Même les équipes les plus dominatrices concèdent des coups francs et peuvent encaisser des frappes lointaines. Si le travail de l’entraîneur est d’optimiser le ratio occasions créées/concédées, alors Didier Deschamps, dont l’animation offensive sur attaque placée est, à l’inverse, tout à fait critiquable, était bien en train de gagner la bataille.
Une inspiration collective, enfin
Au moins, ce double rebondissement obligeait alors la France à attaquer sans attendre, elle qui le fit sans grande conviction face à l’Australie et au Danemark. Et c’est là que la stratégie argentine depuis le début de la partie, payante au score malgré un quitte ou double presque permanent en possession du ballon, devenait évidente. Cet adversaire prestigieux mais aux joueurs moyens (combien de membres du onze seraient dans la liste des 23 de Deschamps ?) n’attaque pas par panache mais parce qu’il ne sait pas défendre.
Et le bloc, qui s’installait naturellement pour conserver l’avantage, explosait tout seul, sans qu’il n’y ait besoin de beaucoup le bouger. Deux oublis de l’ailier Cristian Pavon, qui laissait Lucas Hernandez partir dans le couloir, permettaient au latéral de centrer sans opposition, ballons dont profitaient Benjamin Pavard puis Kylian Mbappé.
De ce match, que le score reflète bien mal et qui aurait pu être gagné de plein de façons différentes, il reste un moment. Cette passe verticale au cœur du jeu de Kanté, placé entre deux défenseurs centraux écartés (« salida lavolpiana » pour les puristes), de celles que les Bleus ne tentent jamais de peur de se rater. Griezmann à la déviation, Matuidi puis Giroud à la transmission et Mbappé à la finition. Rapide et imparable.
Un quatrième but superbe dans son exécution mais qui importe surtout par ce qu’il dit du potentiel de Bleus alliant, l’espace d’un instant, la vitesse de leur jeu avec la précision du jeu de position espagnol. Pas sûr qu’il y ait une redite, surtout pas contre des Uruguayens qui dressent les barbelés dans l’axe, dans un 4-4-2 losange qui le surcharge. Pas sûr non plus qu’elle soit nécessaire pour gagner la compétition. Mais cette inspiration collective rappelle qu’au-delà du talent de ses joueurs, la France peut marier beauté et efficacité quand elle prend le risque de jouer.
Christophe Kuchly, journaliste pour les Cahiers du football



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-16"> ¤ La Golden Globe Race, qui s’élance ce dimanche, est un tour du monde sans escale, sans assistance et à l’ancienne. Ni GPS, ni électronique, ni pilote automatique
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Golden Globe Race : un tour du monde pour un retour en 1968

La Golden Globe Race, qui s’élance ce dimanche, est un tour du monde sans escale, sans assistance et à l’ancienne. Ni GPS, ni électronique, ni pilote automatique



Le Monde
 |    01.07.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
01.07.2018 à 13h20
    |

            Véronique Malécot








                        



   


« Venez, la démonstration de sextant va commencer », annonce Jean-Luc. La poignée de journalistes entoure aussitôt le marin, intrigués par cet objet qui semble sorti tout droit du musée de la Marine. « Cet appareil sert à mesurer des angles », nous explique notre professeur du jour. « Le principe est le suivant. Je mets mon sextant sur zéro et je vise le soleil. Je le vois dans la partie droite du miroir et, en faisant coulisser cette pièce, je le fais descendre doucement sur l’horizon... sans le perdre ».
Quelques secondes plus tard, par le jeu des miroirs de l’instrument, Jean-Luc voit le soleil presque sur l’horizon. « Maintenant, pour être sûr d’avoir placé le soleil au plus bas, je balance doucement mon sextant de droite à gauche. Ca y est ! Je regarde rapidement ma montre : 17 heures 10 minutes et 10 secondes, puis l’angle qu’indique mon sextant : 37 degrés et cinq minutes. Avec ces deux mesures, je vais pouvoir trouver la perpendiculaire sur laquelle je me trouve pas rapport au soleil ». Rapide consultation des éphémérides nautiques, un ouvrage qui indique pour chaque jour la position des astres, Jean-Luc calcule, à partir de sa position estimée, la hauteur à laquelle il devrait voir le soleil. « Par exemple je devrais le voir à 37 degrés et 30 minutes. Il y a une différence de 25 minutes, soit 25 milles nautiques et je vais pouvoir corriger ma position et, à partir de là, ma route ». 
Cette opération, le skippeur français Jean-Luc Van den Heede la répétera presque tous les jours dans les prochains mois, pour peu que le temps ne soit pas couvert. Le 1er juillet, le marin aux cinq tours du monde, dont un contre vents-et-courants, s’élancera à l’assaut d’un nouveau défi, la Golden Globe Race. Un tour du monde sans escale, sans assistance et à l’ancienne. Ni GPS, ni électronique, ni pilote automatique ! Seulement un sextant, des cartes papier, un chronomètre et un poste radio pour tenter de capter de rares bulletins météo, l’heure exacte et, parfois, se repérer.

   


Un tour du monde sans les moyens modernes de navigation, telle est l’aventure proposée par l’Australien Don McIntyre, fondateur et président de l’épreuve. Une nouvelle course à la voile pour en célébrer une autre, le Golden Globe, la légende de la course au large. Il y a cinquante ans, durant l’été 1968, neuf marins quittaient les côtes anglaises pour le premier tour du monde en solitaire et sans escale, sponsorisé par le journal anglais Sunday Times. Un seul marin, le britannique Sir Robin-Knox Johnston, franchira la ligne d’arrivée après 313 jours en mer à bord de Suhaili. Abandons, naufrage, suicide marquèrent ce Golden Globe, comme l’abandon du Français Bernard Moitessier qui, longtemps en tête, fera demi-tour après le Cap Horn pour gagner Tahiti et « sauver son âme ». Le mythe de la course autour du monde en solitaire était né. Le Golden Globe inspirera le BOC Challenge en 1982 puis le Vendée Globe en 1989.
Le 1er juillet, dix-huit skippeurs du monde entier, âgés de 28 à 73 ans s’élanceronr au départ des Sables d’Olonne (Vendée) pour ce tour du monde rétro. Treize nationalités, dont les Français Antoine Cousot, Loïc Lepage, Philippe Péché et J.-L. Van den Heede, le doyen. Une seule femme, la Britannique Susie Goodall, également la benjamine. Au minimum 200 à 250 jours en mer, pour les plus rapides, à bord de voiliers traditionnels de onze mètres, conçus avant 1988. « Un navire de croisière », plaisante Jean-Luc Van den Heede, « enfin une croisière où je vais essayer d’être devant les autres ».
Comme en 1968. Outre l’aspect navigation sans équipements modernes, les marins devront vivre avec les moyens de l’époque. Exit ordinateur, lecteur MP3, lecteur DVD et tout autre appareil moderne pouvant occuper ces mois de solitude en mer. Retour aux cassettes audio, aux films Super 8, aux photos argentiques 35 millimètres et au carnet de bord écrit à la main. « Je suis en train d’enregistrer des heures de musique sur cassettes pour Jean-Luc », commente un des préparateurs du marin. Et retrouver lecteur cassettes et caméra Super-8 en parfait état de fonctionnement, ainsi que les fournitures n’est pas une mince à faire. A tel point, que l’organisation a signé avec Kodak un accord pour l’achat en gros de films Super 8 et 35 millimètres.

PHOTO CREDIT: Barry Pickthall/PPL/GGR
***2018 Golden Globe Race. Traditional navigation equipment to be used by skippers in the GGR: Wind-up chronometer, sextant, paper charts, parallel ruler, protractor and trailing log, just as it was 50 years before for Robin Knox-Johnston and Bernard Moitessier. Electronics are banned including GPS, digital watches, iPods,  electronic autopilots and digital cameras.
   PHOTO CREDIT: Barry Pickthall/PPL/GGR
***2018 Golden Globe Race. Traditional navigation equipment to be used by skippers in the GGR: Wind-up chronometer, sextant, paper charts, parallel ruler, protractor and trailing log, just as it was 50 years before for Robin Knox-Johnston and Bernard Moitessier. Electronics are banned including GPS, digital watches, iPods,  electronic autopilots and digital cameras.



Pourtant, l’organisation de la course a dû faire des concessions à cette année 1968. A commencer par la sécurité. Les dix-huit engagés largueront les amarres avec un équipement de sécurité bien plus moderne qu’en 1968 et plus formés aux secours. Chaque marin aura à son bord un pack de sécurité scellé avec deux téléphones satellites, balise AIS, et moyens de sauvetage et de repérage les plus récents. De plus, outre le suivi obligatoire de formations médicales de premiers secours, les marins ont dû prouver leur capacité à naviguer sous gréement de fortune, comme s’ils avaient subi une grosse avarie de mâture les contraignant à regagner la terre par leurs propres moyens.
Et contrairement à 1968, le public pourra suivre la course et les concurrents 24h/24 grâce à un tracking GPS, comme sur le Vendée Globe ou la Route du Rhum. Car, du point de vue médiatique, la Golden Globe Race est bien une course des années 2000. Les concurrents sont aussi « encouragés » à transmettre à l’organisation des films ou autres documents en trois points précis du globe, retraçant leur épopée autour du globe.
Sextant, radio-gonio, émetteur-récepteur radio BLU...Malgré ses quinze années de skippeur professionnel, François Cousot le reconnaît. Comme les autres, il a dû tout réapprendre pour naviguer à l’ancienne. « Je connaissais le principe du sextant mais j’ai suivi une formation de deux jours », confiait le navigateur. « Je m’entraîne à faire le point sur une carte papier, à prévoir ma météo grâce au baromètre et aux nuages ». Et finalement, la navigation comme en 1968 sera bien leur plus grand défi. Car comme le reconnaît Jean-Luc Van den Heede, certains moyens de l’époque n’existent plus comme le réseau public de radio pour établir des communications téléphoniques avec la terre, les gardiens de phare qui assuraient une présence au quatre coins du globe et permettaient de savoir où on se trouvait.
En revanche pas de regrets coté cambuse, la cuisine des marins. Cette année, si l’Australien Kevin Farbrother a fait surélever les planchers de son bateau, ce n’est pas pour emporter comme Robin-Knox Johnston un an de boîtes de corned-beef, mais, outre des quelques conserves, des plats sous vides ou lyophilisés, moins lourds à transporter et plus variés. Quand on connaît l’importance de la nourriture sur le moral de l’équipage...



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-17"> ¤ Comment expliquer le contraste entre l’élimination avec conviction de l’Argentine en huitièmes de finale, samedi, et la laborieuse victoire contre l’Australie, le 16 juin ?
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Coupe du monde 2018 : tombeurs de l’Argentine, les Bleus savourent leur mue

Comment expliquer le contraste entre l’élimination avec conviction de l’Argentine en huitièmes de finale, samedi, et la laborieuse victoire contre l’Australie, le 16 juin ?



Le Monde
 |    01.07.2018 à 07h14
 • Mis à jour le
01.07.2018 à 09h50
    |

            Adrien Pécout (Kazan, envoyé spécial)








                        



   


Ici se dresse toujours, comme au premier jour, le palais de la République du Tatarstan. Juste à côté, la somptueuse mosquée aussi, l’une des plus grandes d’Europe. Mais, en deux semaines à peine, quelque chose a changé dans le ciel de Kazan et de la Coupe du monde de football.
Comment expliquer le contraste entre cette équipe de France qui a éliminé l’Argentine avec conviction (4-3) en huitièmes de finale, samedi 30 juin, et celle, autrement plus laborieuse, qui battait difficilement l’Australie en cette même ville, lors de son premier match de poule, le 16 juin ?
Autant, au premier tour, les Bleus ahanaient contre l’Australie (2-1), donc, le Pérou (1-0) et le Danemark (0-0) ; autant ils ont soudain retrouvé de l’allant, comme une envie de jouer au football, à la vue de l’Argentine et de son quintuple ballon d’or, Lionel Messi.
« Plus on avance dans la compétition, plus le niveau monte et moins on a de marge, on se doit de jouer à notre meilleur niveau », estime Hugo Lloris, gardien et capitaine heureux. De bon augure, si l’on s’en tient à ce raisonnement, avant le quart de finale du 6 juillet : à Nijni Novgorod, les Français affronteront alors les Uruguayens, vainqueurs du Portugal.
« Tu joues contre une équipe qui joue »
Sac au dos, Paul Pogba savoure déjà l’adrénaline de ces matchs à élimination directe. Pas la même tension, pas le même enjeu, ni les mêmes adversaires : « En poule, on a joué contre des équipes qui nous attendaient, qui défendaient, rappelle le milieu de terrain. Là [contre l’Argentine], tu joues contre une équipe qui joue. » Sous-entendu : qui permet aussi aux Bleus d’en faire de même.
Par la nature de leur jeu, par leur possession du ballon, les Argentins ont prêté le flanc aux contre-attaques. Même lorsqu’ils menaient 2-1, peu après la pause, grâce une frappe merveilleuse d’Angel Di Maria, « ils ont laissé beaucoup d’espaces », reconnaît un Antoine Griezmann encore en rodage. D’où ce paradoxe : l’avant-centre estime « plus facile » de jouer face à une telle équipe que face aux monolithes, pourtant moins cotés, de l’Australie, du Pérou et du Danemark.
La victoire a un autre mérite : elle conforte le groupe tricolore dans son credo collectif, malgré les critiques des derniers matchs. « On avait mis un plan en place, on l’a respecté. On a réussi à faire ce qu’on voulait », se félicite Florian Thauvin, entré en cours de route, sans plus de détails. Enthousiaste, le Marseillais parle d’« une victoire qui restera dans nos têtes, au-delà de la qualification », de celles qui se fêtent dans le vestiaire : « On a tous chanté, dansé. Quelque chose de beau, de fort. Aujourd’hui, l’équipe de France a répondu présent. »
Sans jouer les tristes sires, quelques ajouts s’imposent. « Il faut toujours rester lucide sur l’analyse du match, on doit aussi s’appuyer sur les points négatifs pour s’améliorer », convient le gardien Hugo Lloris, très bien placé pour savoir que, si la France a marqué quatre buts, elle en a aussi encaissé trois. Trois en à peine plus d’occasions, dont un dans le temps additionnel, c’est beaucoup. Surtout face à un adversaire fatigué et vieillissant qui avait déjà failli quitter le Mondial dès le premier tour, quatre ans après sa finale.
« Un peu de patience »
Leo Messi compris, les Argentins ont eu le ballon sans réellement l’apprivoiser, restant trop souvent cantonnés dans leur partie de terrain. Voire dans le rond central, après l’ultime coup de sifflet, sans doute réfractaires à l’idée de quitter déjà le Mondial et leurs supporteurs, autrement plus nombreux, plus puissants que le petit contingent français en tribunes.
Parce qu’il veut y voir avant tout « un match fédérateur », et parce qu’une élimination française l’aurait exposé en première ligne, Didier Deschamps a eu le sourire en conférence de presse. Le sélectionneur apprécie évidemment la progression de ses jeunes internationaux, encore novices, pour beaucoup, en Coupe du monde : « Il faut un peu de patience, même si au haut niveau il n’y a pas de patience… ». 
On l’a déjà dit et redit, le talent de Kylian Mbappé a 19 ans à peine. C’est bien assez pour avoir marqué un doublé et provoqué en début de match le penalty du 1-0, inscrit par Antoine Griezmann. S’il avait déçu jusque-là, l’avant-centre du Paris-Saint-Germain a cette fois fait parler sa pointe de vitesse, transformant les défenseurs adverses en piquets de ski. Même aisance souriante, après le match, lorsqu’il s’est agi de passer sans s’arrêter devant les journalistes.
Benjamin Pavard aussi a marqué les esprits... et un but. Celui de l’égalisation, et pas le moins joli pour ce défenseur aux bouclettes encore inconnues du grand public il y a un an : une superbe reprise de volée sur un centre d’un autre défenseur latéral, Lucas Hernandez. « On n’a pas tout bien fait, concède Deschamps, mais il y a de la folie dans cette équipe, et on en a besoin. » Une histoire de fougue qui lui donne pour l’instant raison.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-18"> ¤ Le match de l’attaquant français de 19 ans face à l’Argentine a stupéfié les médias internationaux, qui le voient déjà entrer dans l’histoire de la Coupe du monde. Revue de presse de « Courrier international ».
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Mbappé consacré nouveau roi du football par la presse étrangère

Le match de l’attaquant français de 19 ans face à l’Argentine a stupéfié les médias internationaux, qui le voient déjà entrer dans l’histoire de la Coupe du monde. Revue de presse de « Courrier international ».



Le Monde
 |    01.07.2018 à 07h01
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 09h38
    |

                            Corentin Pennarguear (Courrier international)








                        





Coupe du monde 2018 vue d’ailleurs


Une revue de presse de





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« Mbappé a mangé l’Argentine. » Si le quotidien espagnol La Vanguardia a choisi la métaphore culinaire pour juger le match du numéro 10 français après la victoire des Bleus contre l’Albiceleste (4-3), samedi 30 juin, il est évident que sa prestation a ébloui l’ensemble de la presse internationale. Le journal El Mundo avance que Kylian Mbappé « a illuminé le monde et bouté Messi hors du Mondial », quand la Süddeutsche Zeitung (SZ), en Allemagne, titre, en français : « Liberté, égalité, Mbappé ».
« L’ailier français n’est en vie que depuis à peine dix-neuf ans, mais ces 19 années ont été suffisantes pour éblouir la Russie avec l’un des plus grands spectacles de football dont on puisse se souvenir », assure La Vanguardia depuis Barcelone, qui a surnommé Mbappé « l’étoile de Kazan ». Après cette prestation, la SZ estime que « les 180 millions d’euros payés par le Paris-Saint-Germain à Monaco pour acquérir [le joueur] l’été dernier semblent désormais être une affaire ».
Comme Ronaldo, le Brésilien
Auteur d’un doublé qui qualifie l’équipe de France, l’attaquant parisien a également réussi une course de 60 mètres provoquant le penalty transformé par Antoine Griezmann. Un moment qui a rappelé le grand Ronaldo, le Brésilien, au quotidien espagnol El Mundo :
En 1996, en Liga espagnole, [Ronaldo] avait montré un mélange de puissance, de vitesse et de technique comme jamais aucun attaquant auparavant. Vingt-deux ans plus tard, à Kazan, cette immensité se retrouve dans le corps d’un jeune homme qui n’a pas encore atteint la vingtaine. Ce gamin est l’auteur d’un des grands moments de l’histoire de la Coupe du monde. »

   


La presse argentine est la première à s’incliner face au talent de Mbappé. Le journal Clarín évoque « ce cauchemar de l’Argentine qui a écrit un morceau d’histoire pour la France ». « Il avait réussi de bonnes choses pendant la phase de poules, constate le quotidien de Buenos Aires. Mais face à l’Argentine il a enclenché la machine de manière extraordinaire. »
Selon Clarín, « le crack du PSG a été un problème insoluble pour la défense argentine du début à la fin, celle-ci a souffert devant sa vitesse endiablée à droite comme à gauche ». Le journal se satisfait même que le score final n’ait pas été encore plus catastrophique pour l’Albicelste : « Un ange planait au-dessus de cette sélection pour que le résultat ne soit pas pire. »
« Longue vie au nouveau roi ! »
De l’autre côté de l’Atlantique, cette élimination signifie avant tout la fin d’un rêve : voir Lionel Messi, 31 ans, soulever la Coupe du monde. Le joueur, s’il est à l’origine de deux des trois buts de son équipe, n’a pas brillé contre la France. « Le football ne reste pas en pause très longtemps, note The Daily Telegraph outre-Manche. Si le roi est mort, longue vie au nouveau roi ! » Dans un style très britannique, le quotidien conservateur écrit que « si la plupart d’entre nous, à 19 ans, étions sans doute en train de nous remettre d’une cuite après avoir trop dépensé au bar étudiant, Kylian Mbappé vient juste de produire, au même âge, la performance individuelle la plus incroyable de ce tournoi ».
Toujours chez nos confrères britanniques, The Times a vu dans ce match « un passage de témoin » :
« Tous ceux qui regardaient le match dans l’espoir de voir Lionel Messi auront, à la place, été captivés par ce jeune homme de 19 ans dont le sourire est aussi brillant que sa finition devant le but et ses courses endiablées. »
Peu avant le 8e de finale contre l’Argentine, la presse étrangère avait également salué le geste de Kylian Mbappé, qui a assuré qu’il allait reverser ses primes du Mondial à des associations. Ainsi, le journal allemand Die Welt souligne qu’il y a « quelque chose de vraiment différent avec ce buteur exceptionnel. Lui qui a été nommé deux fois d’affilée meilleur jeune du championnat de France et qui gagne 18 millions d’euros par an au PSG, pense que vous ne devriez pas être rémunéré pour jouer en équipe nationale. »
Dans la foulée de la prestation de Kylian Mbappé, c’est toute l’équipe de France qui a brillé samedi. Plutôt habituée à la critiquer, la presse étrangère, cette fois, ne tarit pas d’éloges. The Daily Telegraph pense ainsi « avoir retrouvé l’équipe de France que l’on espérait depuis si longtemps : la France de la jeunesse, de l’énergie et de l’aventure ; la France qui a 5 ans de moyenne d’âge de moins que ses adversaires ; la France de Kylian Mbappé. »


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La gazette de la Coupe du monde : bébé Pelé, grande classe et prévention

La France a éliminé l’Argentine, et l’Uruguay le Portugal. Mais la Coupe du monde 2018, c’est aussi les exploits de Mbappé, le beau geste de Ronaldo et une première attendue.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 10h04
    |

                            Grégor Brandy








                        


LE TSAR DU JOUR

   


19 ans, toutes ses dents, et un titre d’homme-du-match-sponsorisé-par-une-marque-de-bière à l’issue du huitième de finale entre la France et l’Argentine (4-3). Kylian Mbappé est clairement entré dans son tournoi, samedi 30 juin. Le Parisien a inscrit un doublé et provoqué un penalty à l’issue d’une accélération folle et d’une course de près de 60 mètres.

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Le dernier joueur à avoir inscrit deux buts à pas encore 20 ans dans un match à élimination directe en Coupe du monde s’appelait Pelé. Au total, ils sont seulement trois à avoir réussi cet exploit dans toute l’histoire de la compétition.

Youngest Players with a Multi-Goal Game at the #WorldCup
— ESPNStatsInfo (@ESPN Stats & Info)


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« Je suis très content, c’est flatteur d’être le deuxième joueur après Pelé, mais on va remettre les choses dans leur contexte : Pelé, c’est une autre catégorie », a réagi le jeune Français à l’issue de la rencontre. « C’est bien de pouvoir entrer dans cette sphère des joueurs qui marquent dans des matchs à élimination directe. A la Coupe du monde il y a tous les meilleurs joueurs du monde, tous les grands joueurs sont là, c’est l’opportunité de montrer ce qu’on sait faire, ses capacités, et il n’y a pas de meilleur endroit que la Coupe du monde pour cela. »
En tout cas, Pelé (ou plus vraisemblablement son équipe de communication) l’a publiquement adoubé sur Twitter.

Congratulations, @KMbappe. 2 goals in a World Cup so young puts you in great company! Good luck for your other game… https://t.co/UC0ttIBFFl— Pele (@Pelé)


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LA MÈRE PARTIE
Et si c’était eux la grosse surprise de cette Coupe du monde ? Lourdement battus par l’Uruguay (3-0) lors du dernier match de la phase de poules, les hôtes russes affrontent l’Espagne ce dimanche à 16 heures. L’occasion pour la Sbornaya, soutenue par tout un pays, de se qualifier pour les quarts de finale pour la première fois depuis la fin de l’URSS. En face, après une édition 2014 ratée et malgré un premier tour décevant, les Espagnols ont une nouvelle fois les yeux rivés sur leur trophée. D’autant que les joueurs de Fernando Hierro sont placés dans ce qui semble être la partie la plus faible du tableau.
Pourtant, ils vont devoir réussir quelque chose qu’ils n’ont encore jamais réalisé dans leur histoire : renverser le pays hôte. En 1934, 1950 et 2002, les Espagnols étaient tombés sur l’Italie (après un match d’appui), le Brésil (lors du tour final), et la Corée du Sud (en huitièmes de finale), dans un match où deux buts (dont un but en or) pourtant valides avaient été annulés par l’arbitre de la rencontre, l’Egyptien Gamal Al-Ghandour, qui ne regrette visiblement rien.
DU CÔTÉ DE CHEZ DE VLAD

   


Cela devait être l’une des plus belles soirées de sa vie. Auteur d’un doublé en huitièmes de finale, Edinson Cavani a finalement dû quitter le terrain un peu plus tôt que prévu. Touché à un mollet, l’attaquant uruguayen a été aidé par son adversaire Cristiano Ronaldo, très classe, pour sortir. Ce qui n’a pas empêché sa Celeste de s’agripper au résultat et d’éliminer Ronaldo et consorts du Mondial. A la fin du match, il a dit avoir ressenti « une petite pointe ». De quoi hypothéquer sa présence face aux Bleus, vendredi, en quarts de finale.
L’ŒIL DE MOSCOU
« On connaît tous Neymar. Maintenant, ils ont la VAR [l’assistance vidéo à l’arbitrage], et l’arbitre va devoir faire attention parce qu’on sait tous qu’il aime exagérer les fautes. Il aime beaucoup tomber au sol. »

Mexico captain Andres Guardado has a message for VAR officials ahead of Brazil clash. https://t.co/DopzXudaJO— ESPNFC (@ESPN FC)


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Le capitaine d’« El Tri » mexicain, Andres Guardado, a tenu à faire passer un petit message à trois jours du huitième de finale qui opposera le Mexique au Brésil. Sans doute s’est-il inspiré dans son intervention de ce bar brésilien offrant des shots à ses clients à chaque fois que la star de la Seleçao se retrouve au sol. Ou alors préfère-t-il anticiper et un tantinet mettre la pression sur l’arbitre de la rencontre. Après tout, mieux vaut prévenir que guérir.
KOMINTERN
La Coupe du monde est surtout l’occasion pour les journalistes de recevoir une flopée de communiqués sans intérêt. Mais ce serait bête qu’ils meurent oubliés dans nos spams.
Parce qu’aller dénicher des supporteurs en train de célébrer la victoire de l’Argentine est vraisemblablement trop compliqué pour nous, journalistes, certains communicants décident de nous prendre par la main. Et nous proposent « un nouvel endroit pour filmer les supporteurs du match Equipe 1 - Equipe 2 » dans la capitale, dans le très bien « namé » Marque-de-boisson-sucrée-pétillante corner du Grand-magazin-pour-hipsters-dont-on-ne-dévoilera-pas-le-nom. Une « mini fan-zone » installée pour la beauté et le geste, et n’ayant (vraiment) aucun rapport avec l’envie de faire de la publicité pour ladite marque-de-boissons-sucrée-pétillante. Promis.
POUCHKINE BALL
La Gazette est toujours poète. Aujourd’hui, des mots d’Alexandre Pouchkine pour Kylian Mbappé.
« Je ne crains rien auprès de toi. Tu es si fort, je le sais, moi : Le trône t’attend… »
Alexandre Pouchkine – Le cavalier de bronze
RUSSIA TODAY

Coupe du monde : le programme du dimanche 1er juillet
Les matchs du jour (à suivre en direct sur Le Monde.fr)
Espagne - Russie à 16 heures
Croatie - Danemark à 20 heures
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Coupe du monde 2018 : l’Uruguay, suspendu au mollet de Cavani, attend la France

Sorti sur blessure après son doublé face au Portugal, l’attaquant uruguayen espère tenir son rang contre les Bleus vendredi prochain en quarts de finale.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 02h10
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 09h21
    |

            Anthony Hernandez (Sotchi, Russie, envoyé spécial)








                        



   


Après l’épaule de Mohamed Salah, le mollet gauche d’Edinson Cavani risque d’occuper l’actualité footballistique des prochains jours de Coupe du monde. Les bilans de santé du staff médical de l’équipe d’Uruguay vont être scrutés comme ceux des présidents en exercice. Après son doublé victorieux face au Portugal (2-1), l’homme de la qualification uruguayenne boîtait bas, au moment de sortir du terrain, soutenu par son adversaire Cristiano Ronaldo en personne.
Samedi 30 juin, le buteur du PSG s’est rappelé au bon souvenir des Bleus, qui retrouveront peut-être sur leur chemin en quarts de finale le Matador, souvent déprécié en France. Sorti à vingt minutes de la fin sur cette blessure qui n’a pas été communiquée en détail, peut-être une élongation ou pire une déchirure, nul doute que le peuple uruguayen, si fanatique de football, va guetter son rétablissement. Et nul doute que les défenseurs tricolores et le staff de Didier Deschamps vont eux aussi suivre la question attentivement.

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A la limite des larmes de joie après son premier but, une curieuse reprise de la… joue sur un centre parfait de son compère Suarez, Cavani était aussi au bord des larmes lorsqu’il a répondu à la télévision au coup de sifflet final, en recevant son trophée de meilleur joueur du match. Le précieux muscle enroulé dans du film cellophane et alors que ses coéquipiers couraient comme des lapins de garenne devant la tribune de leurs supporteurs, il s’est laissé déborder par l’émotion.
Pointe au mollet
« J’ai ressenti une petite pointe au mollet. J’espère que ce n’est pas grave, ce que j’ai. Je suis très heureux pour les supporteurs. C’est très émouvant. Heureux, heureux, heureux, a-t-il lâché en faisant un geste vers la liesse qui se déroulait de l’autre côté du terrain. Faut continuer. On va voir, étudier toutes les situations. J’espère pouvoir jouer avec mes coéquipiers. » En conférence de presse, son sélectionneur Oscar Tabarez s’est montré prudent en reconnaissant que le temps de récupération entre les deux matchs était réduit : « Nous sommes seulement inquiets mais nous ne pouvons pas dire à quel point cette blessure est sérieuse. »
Avant le Mondial, le coach uruguayen avait prévenu les observateurs : « Nous avons toujours été une équipe forte défensivement et cela, nous n’allons pas le perdre. » La question est désormais : l’équipe d’Uruguay peut-elle marquer sans Cavani ? Affronter la sélection orpheline de son buteur, avec le seul Luis Suarez pour vous tourmenter, ne relève pas du même degré de difficulté. Transfiguré par rapport à son entame de compétition, où il est apparu emprunté et balourd contre l’Egypte, Suarez devra faire deux fois plus si le forfait de Cavani se confirme.

   


Car défendre, la Celeste sait assurément le faire mais marquer des buts sans son duo d’attaquants, c’est nettement plus compliqué. Les deux hommes pèsent 98 buts en sélection à eux deux : 45 pour Cavani et 53 pour Suarez. En six matchs en 2018, les Uruguayens n’ont encaissé qu’un seul but, celui du défenseur portugais Pepe lors de ce huitième de finale. Au premier tour, ni les Egyptiens, ni les Saoudiens, ni les Russes n’ont réussi à percer le coffre-fort sud-américain.
Lorsque l’on aligne Diego Godin et José Maria Gimenez, la paire de défenseurs centraux de l’Atlético Madrid, quasiment ce qui se fait de mieux en matière d’organisation défensive en Europe, on a moins de risques de prendre des buts. Lorsqu’on peut s’appuyer sur la science tactique du plus vieux sélectionneur de la compétition (71 ans), qui, malgré la douleur due à une neuropathie, tient sa place en béquilles ou en fauteuil électrique au bord du terrain, on a moins de risques de se désorganiser.
« Si on laisse des espaces à la France, c’est difficile »
A ce tableau déjà plus que solide, il faut ajouter des révélations, emblématiques de l’état d’esprit sacrificiel de cette sélection, par exemple le latéral aux dreadlocks Diego Laxalt, hyperactif dans son couloir gauche et aux faux airs de chien fou. L’Uruguay excelle également dans sa propension à flirter avec les limites de la régularité, à l’image de Godin, un vrai défenseur vicieux comme l’équipe de France n’en a peut-être pas. Le capitaine de la Celeste est le spécialiste des fautes invisibles ou tellement minimes qu’elles ne se sifflent pas. Il fallait aussi assister au numéro de Godin avec son gardien Muslera, qui se sont relayés pour gagner de précieuses secondes en tirant les six-mètres.
Tout cela a de quoi effrayer plus d’une attaque. Mais Kylian Mbappé est-il un attaquant ordinaire ? Au-dessus du lot face à l’Argentine, le jeune Français aura l’occasion de se frotter à une autre opposition vendredi 6 juillet à Nijni-Novgorod, sur les bords de la Volga. Loin des plots défensifs argentins, grâce à ses courses folles, l’adolescent de 19 ans est de taille à déstabiliser la rugueuse Celeste.

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« Je crois que le point fort de la France, ce sont ses deux attaquants Griezmann et Mbappé, qui ont une vitesse extraordinaire et essaient d’en profiter par ces courses qui sont les leurs. Si on laisse des espaces à la France, c’est difficile », a prévenu Oscar Tabarez. L’équipe d’Uruguay n’est pas prête à se transformer en Brésil. « Nous avons bien fait les choses, en donnant tout ce que nous avions au fond de nous. Voilà l’identité de notre sélection », a conclu Cavani. Avec ou sans le héros malheureux du soir, les Bleus sont avertis du guêpier qui les attend.



                            


                        

                        

