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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Elle inspire par ses paysages, ses artistes et son modèle démocratique. Mais l’Islande rêvée correspond-elle à la réalité ? Entretien avec Michel Sallé, auteur d’une « Histoire de l’Islande, des origines à nos jours ».
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                Des sagas médiévales à Björk, pourquoi l’Islande fascine


Elle inspire par ses paysages, ses artistes et son modèle démocratique. Mais l’Islande rêvée correspond-elle à la réalité ? Entretien avec Michel Sallé, auteur d’une « Histoire de l’Islande, des origines à nos jours ».

Le Monde
                 |                 02.07.2018 à 08h00
                 |

            Marie Charrel

















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Son modèle démocratique et paritaire est une source d’inspiration. Ses paysages et ses artistes fascinent. Pourquoi l’Islande fait-elle rêver ? Quelle est son histoire ? Comment sa littérature s’est-elle développée ? Pour Michel Sallé, docteur en sciences politiques et fin connaisseur du pays, la spécificité de l’île tient à la fois à sa résilience et à son ouverture. Il publie l’ouvrage « Histoire de l’Islande, des origines à nos jours » aux éditions Tallandier (paru le 14 juin 2018), coécrit avec Æsa Sigurjonsdottir, professeure d’histoire de l’art à l’université d’Islande.

        Rendez-vous au Monde Festival 2018 :
         

          Islande, une passion française



Pourquoi l’Islande passionne-t-elle autant les Français ?
Cette fascination n’est pas spécifiquement tricolore. Elle s’inscrit dans un mouvement général d’intérêt pour l’île : depuis quelques années, tout le monde redécouvre l’Islande. Le nombre de touristes a considérablement augmenté. Cet attrait tient autant à la beauté de ses paysages qu’à sa littérature et sa musique, incarnée par Björk, mais pas seulement : de plus en plus de groupes de Reykjavík tournent désormais à l’étranger.
Au regard de la petite taille de sa population (un peu moins de 350 000 habitants), l’île compte un nombre important d’artistes. Comment l’expliquer ?
La culture a toujours tenu une place de premier plan en Islande. Cela a commencé, bien sûr, avec les fameuses sagas médiévales. Au XIXe siècle, les poètes romantiques ont contribué à forger les valeurs islandaises, autour de la nature, et l’identité de l’île, dans le cadre du mouvement d’indépendance face au Danemark.
De plus, les Islandais ont eu très tôt accès à la lecture, notamment sous l’impulsion de l’Eglise protestante : le pasteur désirait que le plus grand nombre puisse lire la bible !
Aujourd’hui encore, les arts tiennent une grande place dans l’éducation scolaire, et la création artistique est très valorisée : cela contribue probablement à expliquer pourquoi le pays compte de nombreux écrivains et musiciens.
L’Islande, dont le Parlement fut fondé en 930 (l’Althing, ou Alþingi en islandais), est souvent citée comme un modèle démocratique. A juste titre ?
Oui, mais ses institutions ont malgré tout des hauts et des bas. Après la crise financière de 2008, un mouvement pour la réécriture de la Constitution par la société civile est né, suscitant l’admiration à l’étranger, qui voyait là une révolution démocratique audacieuse. Il est vrai que cette Constitution est un texte ancien, calqué sur le modèle danois lors de l’indépendance du pays, en 1944. Sa première version date de 1874 ! Hélas, la réécriture de la Constitution, si prometteuse, a fini par échouer dans l’indifférence générale.
Ajoutons qu’en 2016, le premier ministre Sigmundur David Gunnlaugsson fut rattrapé par les Panama Papers, le scandale des sociétés dissimulées dans les paradis fiscaux. Si elle inspire, la démocratie islandaise est donc loin d’être parfaite.
En matière d’égalité hommes-femmes et de parité, l’île est en avance au regard du reste de l’Europe, à l’exemple de l’ensemble des pays nordiques.
C’est vrai, même si là aussi, tout n’est pas parfait. Une anecdote à cet égard : le nouveau conseil municipal de Reykjavík, issu des élections de mai dernier, recense quinze femmes et huit hommes ; il est plus que paritaire !
Si l’on remonte l’histoire, les sagas contenaient déjà des figures féminines puissantes. Au XIXe siècle, la suffragette Briet Bjarnhéðinsdóttir (1856-1940) s’est vaillamment battue pour le droit des femmes. Celles-ci votèrent pour la première fois en 1908, d’abord pour les municipales. En 1975, elles se mirent en grève pour obtenir l’égalité des salaires.
Aujourd’hui, les Islandaises n’ont aucun mal à décrocher des postes élevés dans les entreprises ou conseils d’administration. Cela semble naturel. Le plafond de verre y est beaucoup moins fort qu’en France.
L’ouvrage que vous avez coécrit retrace l’histoire de l’île depuis ses origines. Comment la caractériseriez-vous ?
Deux traits permettent de comprendre les Islandais. Le premier est leur grande résilience. Il ne faut pas oublier que l’île a été pauvre jusqu’au sortir de la Seconde Guerre mondiale, où elle était encore peuplée de pêcheurs et paysans. Son histoire est rythmée par les épidémies, les hivers rigoureux et les éruptions destructrices, mais son peuple s’est toujours relevé.
Le second trait des Islandais est leur grande ouverture. Ils ont toujours été curieux et ouverts au monde, ce qui se traduit notamment par leur appétit pour la culture. A l’époque des sagas, déjà, les échanges entre l’Islande, l’Irlande, les îles Hébrides et le Danemark étaient intenses. Et l’information circulait très vite : presque tout le monde était rapidement au courant des nouvelles sur l’île, notamment grâce aux troubadours.
A quels défis l’île est-elle aujourd’hui confrontée ?
Ces prochaines années, elle va devoir gérer le flux considérable de touristes, qui explose depuis cinq ans. Comment concilier cela avec la protection de la nature ? Une réflexion de long terme sur le sujet est indispensable. D’autant que beaucoup d’Islandais ont investi pour profiter de la hausse du nombre de visiteurs, en achetant des appartements pour les louer sur la plate-forme Airbnb. Pour l’instant, l’économie va bien, mais cette frénésie immobilière peut laisser craindre une surchauffe.
La bonne santé de l’économie a par ailleurs attiré beaucoup de travailleurs étrangers. A cet égard, 2017 a été une année exceptionnelle, tant par les arrivées d’étrangers que par le retour de citoyens islandais. La population frôle désormais les 350 000 personnes, si bien que le pays approche une taille critique, au sens où il ne lui est plus possible de fonctionner comme une grosse communauté, où tout le monde se connaît.
A cette croissance démographique s’ajoute la concentration des habitants dans la capitale, tandis que les campagnes se vident. Que faire ensemble, quel projet commun ? L’Islande est aujourd’hui à un croisement de son histoire.
Le Monde organise dans le cadre du Monde festival une rencontre avec les romanciers islandais Audur Ava Ólafsdottir et Arni Thorarinsson, le traducteur littéraire Eric Boury, et Mathias Malzieu, auteur-compositeur et chanteur du groupe de rock français Dionysos. L’événement se tiendra samedi 6 octobre 2018 de 14h00 à 15h30 à l’Opéra Bastille (studio).

Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra.
Un verbe qui résonne comme un appel pour ce rendez-vous de la rentrée désormais incontournable, porté par les journalistes du Monde, qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles.
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Marie Charrel
    













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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la géographe estime que le ministre se heurte au principe de réalité. A chaque fois qu’il s’est indigné de la situation écologique, les deux têtes de l’exécutif le lui ont rappelé en privé.
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Sylvie Brunel : « Nicolas Hulot n’a pas cessé de se renier »

Dans une tribune au « Monde », la géographe estime que le ministre se heurte au principe de réalité. A chaque fois qu’il s’est indigné de la situation écologique, les deux têtes de l’exécutif le lui ont rappelé en privé.



Le Monde
 |    02.07.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 09h46
    |

                            Sylvie Brunel (Géographe et écrivain, professeur à Paris-La Sorbonne)








                        



                                


                            

Tribune. Affirmer que M. Hulot prend des vacances au gouvernement serait tomber dans le jeu de mots facile, d’autant que l’exercice du pouvoir, surtout quand on est ministre d’Etat, numéro trois dans l’ordre protocolaire, suppose de ne pas ménager sa peine. Mais justement, quel est l’exercice du pouvoir de notre ministre de la « transition écologique et solidaire » ?
L’intitulé officiel de sa charge reprend deux concepts essentiels pour cet Occident du XXIe siècle confronté à la finitude trop souvent annoncée de l’humanité sur la planète et à la montée des inégalités. Les enjeux de la transition énergétique, de la biodiversité, de l’adaptation au changement climatique, de l’intégration sociale, des choix d’aménagement du territoire supposent une pensée apte à saisir la complexité de cette alchimie complexe que l’on appelle le développement durable.
Une petite visite sur le site du ministère montre que la question n’a pas été tranchée par son titulaire ou, si elle l’a été, le résultat demeure confidentiel. Deux mots le résument : ego et silos. Ego, il est indéniable que M. Hulot en possède. Il aime pousser des cris d’orfraie à intervalles réguliers. Exhorter par exemple à placer la protection de l’environnement au premier rang de la Constitution, en oubliant qu’une charte à ce sujet a déjà été intégrée dans son préambule il y a plus de dix ans. Incompétence ? Prédilection pour l’agitation médiatique au détriment du travail de fond ?
On ne se renie pas. Silos, parce que l’action du ministère est tout simplement déclinée par ordre alphabétique, de A pour accessibilité à T pour transport routier. Vingt-sept entrées au total, plus que les lettres de l’alphabet, confirmant s’il en était nécessaire que le développement durable reste encore en 2018 un fourre-tout conceptuel. On en sera quitte pour la vision d’ensemble.
« Et en même temps »
Pourtant, quel titulaire, aussi brillant soit-il, pourrait maîtriser...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Emploi, travail, activité : les frontières sont parfois floues. Justin Wong porte le propos en bande dessinée et avec humour.
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Fais ce qu’il te plaît !

Emploi, travail, activité : les frontières sont parfois floues. Justin Wong porte le propos en bande dessinée et avec humour.



Le Monde
 |    02.07.2018 à 06h45
    |

            Pierre Jullien








                        



   


Livre. Dans un style original, moitié BD moitié graphisme numérique, Je Préférerais ne pas, de Justin Wong, auteur de bande dessinée de Hongkong né en 1974, raconte avec humour, à la façon d’un journal de bord, l’histoire de Butt, trentenaire célibataire, « congédié » par son entreprise à Hongkong et confronté à sa nouvelle vie. Difficile avec ce titre de ne pas penser au personnage de Bartleby créé par Herman Melville, en 1853, et qui fuit le travail.
Jusque-là, « un machin qu’on appelle emploi du temps » avait assuré la soumission de Butt au quotidien. Il va enfin pouvoir, sans « l’ombre d’un regret », « faire la grasse mat’ », « jouer à la console comme un ouf », bouquiner, aller au théâtre, faire du sport, créer un groupe d’inactifs sur Facebook, passer une bonne partie de son temps dans son lit, mais certainement pas chercher un job ! L’occasion pour l’auteur de jeter un regard ironique sur son CV (« Et vous, à ma place, dans un CV, vous mettriez quoi ? »), qui fait l’impasse sur ses défauts : double jeu avec ses collègues, cupidité, refus « de finir essoré »…

    Cet article est extrait du semestriel Le Monde Campus Avril 2018 by Anne Rodier on Scribd

Dans une ultime pirouette, Butt raconte sa visite du « fameux rocher historique sur lequel Napoléon s’était soulagé la vessie », le conservateur du lieu lui expliquant que depuis trente ans, son « boulot, c’est de pisser sur ce rocher » pour s’assurer « que cette urine soit la plus fraîche possible »… Tout un symbole pour Butt – dont le « fais ce qu’il te plaît » interpelle sur notre relation au travail – et le déclic pour lui donner envie de retourner au boulot… « tout en demeurant inactif ».
« Je Préférerais ne pas », de Justin Wong (traduit du chinois par Bertrand Speller). Editions Rue de l’échiquier, 144 pages, 19,90 euros.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Lucile Schmid, coprésidente de la Fondation verte européenne, estime que le ministère de l’écologie sous la Ve République a toujours œuvré loin des priorités du gouvernement. Il est temps  de mettre fin à cette conception pour répondre aux nombreuses urgences environnementales.
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Article sélectionné dans La Matinale du 01/07/2018
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« Nicolas Hulot doit devenir le ministre du changement de cap »

Dans une tribune au « Monde », Lucile Schmid, coprésidente de la Fondation verte européenne, estime que le ministère de l’écologie sous la Ve République a toujours œuvré loin des priorités du gouvernement. Il est temps  de mettre fin à cette conception pour répondre aux nombreuses urgences environnementales.



Le Monde
 |    02.07.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 09h41
    |

Lucile Schmid (Co-présidente de la Fondation verte européenne)







                        



                                


                            

Tribune. Quitte ou double. C’est ainsi que se résume la situation de Nicolas Hulot aujourd’hui. Nul ne lui dénie sa légitimité d’acteur engagé sur l’écologie. Mais pour cette raison même, comme ministre, il déçoit. Comment celui qui a porté le pacte écologique, impulsé le Grenelle de l’environnement, préparé la COP21 et surtout rendu la cause écologique accessible au plus grand nombre, peut-il être à ce point discret au gouvernement ?

Nicolas Hulot ne découvre pas les responsabilités officielles. Il a été l’envoyé spécial de François Hollande sur le climat, et il a toujours été proche du pouvoir depuis une dizaine d’années, jouant un vrai rôle d’agent d’influence sur l’écologie, à droite comme à gauche.
Le paradoxe est qu’en devenant ministre, il a perdu en pouvoir ce qu’il a gagné en légitimité institutionnelle. Bien sûr, il y a eu l’abandon de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), mais que dire du déroulement des Etats généraux de l’alimentation et de la loi qui en découle, où son collègue de l’agriculture, Stéphane Travert, a fait avec constance prévaloir les intérêts de la FNSEA sur l’objectif d’une alimentation saine ? Que dire de l’état de la transition énergétique ? Que penser de son silence sur le dossier de la SNCF ? L’argument principal pour justifier la présence de Nicolas Hulot au gouvernement finit par être qu’il est un rempart, et que sans lui les choses seraient pires.
Car au fil des mois, il est devenu clair que ce gouvernement ne place pas l’écologie au centre de ses préoccupations. Que devrait faire Nicolas Hulot pour provoquer un changement de cap ? C’est la seule question qui vaille.
Au bout d’un an, alors que les urgences écologiques s’accumulent, il est temps de mettre fin à cette période en demi-teinte où une avancée sur un dossier anticipe souvent sur un recul ensuite. L’écologie vaut mieux qu’un marchandage quotidien.
Ministère de l’impossible
Il n’y aura pas de miracle....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Un départ serait « la reconnaissance du fait qu’il n’y aura pas d’homme ou de femme providentielle qui nous propulsera sur le bon chemin », écrivent Amélie Canonne et Nicolas Haeringer, deux chargés de mission pour l’ONG 350.org.
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Article sélectionné dans La Matinale du 01/07/2018
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« Une démission de Hulot provoquerait un sursaut »

Un départ serait « la reconnaissance du fait qu’il n’y aura pas d’homme ou de femme providentielle qui nous propulsera sur le bon chemin », écrivent Amélie Canonne et Nicolas Haeringer, deux chargés de mission pour l’ONG 350.org.



Le Monde
 |    02.07.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 09h04
    |

                            Nicolas Haeringer (Chargé de mission pour 350.org) et 
                            Amélie Canonne (Chargée de mission pour 350.org)








                        



                                


                            

Tribune. La nomination de Nicolas Hulot au ministère de la transition écologique et solidaire s’est accompagnée, pour beaucoup d’observateurs, de la certitude de son départ prochain.
La question de sa démission n’a cessé de revenir dans les débats et les interviews, de sorte que le numéro trois du gouvernement a fini par concéder une échéance, celle de l’été 2018. Aucun des autres ministres d’Edouard Philippe, y compris parmi ceux et celles qui n’étaient pas des professionnels de la politique, n’a eu à justifier, quasi continuellement, sa présence au gouvernement. Comme si seule la question du départ de l’occupant de l’hôtel de Roquelaure (siège de son ministère) se posait au début de chaque journée et qu’il devait, à l’issue de chacune d’entre elles, avoir fait la démonstration de son utilité.
Ceci est, bien sûr, dû à l’histoire des relations entre Nicolas Hulot et le monde politique : proche conseiller de plusieurs présidents, il avait jusqu’à présent refusé toute responsabilité politique et n’avait jamais été candidat à autre chose qu’une primaire. Son parcours complexe, d’homme de télévision spécialisé dans la vente de produits dérivés à héraut d’une écologie récemment radicale, alimente la critique de ses détracteurs les plus virulents.
Bilan consternant
Pourtant, la surpersonnalisation du débat sur les politiques publiques de l’écologie occulte la question centrale qu’il conviendrait de mettre en discussion – celle de l’utilité du ministère plus que celle de l’utilité du ministre : la justice environnementale et climatique peut-elle advenir d’un quelconque ministère de l’écologie ? Ou dit autrement : l’existence d’un ministère de l’écologie peut-elle répondre à la crise écologique ?

Le bilan du gouvernement Philippe en la matière est bien entendu consternant : la loi « Hulot » introduisant un moratoire sur les nouveaux permis d’exploration et d’exploitation d’énergies fossiles n’a qu’une portée symbolique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Alors que le Medef choisit son nouveau président, au-delà du rabâchage sur la baisse des charges, on attend toujours des prises de position courageuses sur les mutations en cours, explique, dans sa chronique, Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde »
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Article sélectionné dans La Matinale du 01/07/2018
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Le Medef peut-il faire pschitt ?

Alors que le Medef choisit son nouveau président, au-delà du rabâchage sur la baisse des charges, on attend toujours des prises de position courageuses sur les mutations en cours, explique, dans sa chronique, Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde »



Le Monde
 |    02.07.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 07h04
    |

            Stéphane Lauer








                        



                                


                            

Chronique. « Le Medefff ? Quand on prononce le mot, on dirait un pneu qui se dégonfle. » Cette amabilité avait été lâchée par François Michelin, qui s’exprimait en connaisseur, quelques mois à peine après la création, en 1998, de l’organisation patronale. Vingt ans plus tard, alors que le Medef s’apprête à élire, mardi 3 juillet, son nouveau président, le mouvement n’a jamais semblé autant à bout de souffle.
« Certains disent que le Medef est mort, et je ne suis pas loin de le penser », avoue Alexandre Saubot, l’un des deux candidats en lice. « C’est une organisation datée qui doit évoluer », renchérit avec euphémisme Denis Kessler, le patron du réassureur Scor, ex-numéro deux sous la présidence d’Ernest-Antoine Seillière. Une campagne sous anxiolytiques ? On a connu mieux pour galvaniser des troupes pas réputées pour leur enthousiasme échevelé.

Bonnet blanc contre blanc bonnet
Alexandre Saubot ou Geoffroy Roux de Bézieux, Geoffroy Roux de Bézieux ou Alexandre Saubot ? Le suspense est à son comble chez les adhérents.
En revanche, pour les Français, ce combat des chefs n’évoque pas grand-chose si ce n’est un exercice de démocratie suranné. La ringardisation n’est pas l’apanage des confédérations syndicales. Après le « dégagisme » en politique, voici l’obsolescence programmée du paritarisme social dans lequel le patronat a sa part.

Alors cette élection, c’est bonnet blanc contre blanc bonnet ? Les optimistes tenteront de se rassurer en soulignant que M. Roux de Bézieux est un peu plus médiatique que son adversaire. Et après ? Comme le reconnaît l’actuel titulaire du poste, Pierre Gattaz, « 90 % de leurs idées sont communes ». Ce qui en dit long sur la vivacité du débat.
Pourtant, les sujets de clivage ne manquent pas au moment où le monde issu de l’après-guerre connaît une mutation profonde. Remise en cause du multilatéralisme, attaque en règle contre la construction...




                        

                        


<article-nb="2018/07/02/10-7">
<filnamedate="20180702"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180702"><AAMMJJHH="2018070210">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Un collectif d’universitaires considère, dans une tribune au « Monde », que la proposition du ministre d’inscrire la protection de l’environnement dans la Constitution marquerait « un progrès politique et juridique considérable ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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« Il faut défendre l’initiative de Nicolas Hulot ! »

Un collectif d’universitaires considère, dans une tribune au « Monde », que la proposition du ministre d’inscrire la protection de l’environnement dans la Constitution marquerait « un progrès politique et juridique considérable ».



Le Monde
 |    02.07.2018 à 04h45
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                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Depuis que Nicolas Hulot a obtenu le soutien du président de la République pour que figure à l’article 1er de la Constitution un nouvel alinéa, selon lequel « la République assure un niveau de protection de l’environnement élevé et en constante progression, notamment pour la protection de la biodiversité et l’action contre le changement climatique », des critiques se sont élevées contre le projet. Elles mobilisent le plus souvent les arguments de ce que l’économiste américain Albert Hirschman (1915-2012) a appelé la « rhétorique réactionnaire », un mode de critique qui peut venir de tous les bords politiques et qui a accompagné les grandes périodes de réformes politiques et sociales, de la conquête des droits civils au XVIIIe siècle à celle des droits politiques au XIXe siècle jusqu’à la mise en place des droits sociaux de l’Etat-providence au XXe siècle. La rhétorique réactionnaire ne défend rien, pas même le retour à un état antérieur de la société. Elle se contente de mélanger, à des doses différentes, trois types d’arguments : l’effet pervers (tout changement produit des effets contraires au but recherché), l’inanité (le changement ne changera rien) et la mise en péril (tout changement risque de mettre en danger les acquis des précédentes réformes).
Ainsi, dans cet ensemble hétéroclite de critiques, peut-on lire pêle-mêle que l’inscription du climat dans la Constitution serait en réalité un cheval de Troie du lobby de l’atome pour favoriser l’électricité nucléaire sous prétexte d’énergie décarbonée, qu’une telle réforme ne changerait rien puisque tout est déjà présent dans la Charte de l’environnement – certains ne voyant, dès lors, dans la proposition de Hulot qu’une forme de greenwashing constitutionnel à visée communicationnelle – ou, à l’inverse, qu’elle risquerait de bloquer l’ensemble de l’économie dès lors étouffée par les nouvelles contraintes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Le mieux est d’effectuer les demandes de retraite au moins 4 à 6 mois avant la date souhaitée, sans oublier d’avertir son employeur.
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Salariés du privé : quelles sont les conditions à respecter pour partir à la retraite ?

Le mieux est d’effectuer les demandes de retraite au moins 4 à 6 mois avant la date souhaitée, sans oublier d’avertir son employeur.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 13h28
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 08h35
    |

                            Marc Darnault (Associé chez Optimaretraite)








                        



   


Pour pouvoir obtenir sa retraite, un salarié doit atteindre l’âge minimum de 62 ans (l’âge légal) et avoir validé au moins un trimestre. Des dispositifs permettent sous conditions d’anticiper cet âge, à 60 ans, voire plus tôt, pour les carrières longues, à partir de 55 ans pour les assurés handicapés, à 60 ans dans le cadre de la pénibilité…
Répondre à ces premières conditions ne suffit pas pour partir à la retraite. Il faut également avoir cessé toute activité professionnelle, salariée et/ou non salariée, mis à part quelques exceptions comme dans le cas d’un cumul emploi-retraite au sein d’un régime non salarié.

        Lire aussi :
         

                Prélèvement à la source : comment les réductions d’impôt sont-elles prises en compte ?



Une rupture du contrat de travail se révèle donc en principe nécessaire. Ensuite, il faut effectuer ses demandes de retraite. Elles doivent parvenir à la caisse avant la date d’effet souhaitée sinon la date sera repoussée au premier jour du mois suivant la réception de la demande.
Dans le cas particulier où la demande de retraite Arrco-Agirc est reçue au plus tard trois mois après la notification de la pension de la Sécurité sociale, la date d’effet de la pension de ces régimes pourra être rétroactive en s’alignant sur celle de la retraite de base.

        Lire aussi :
         

                Faut-il avancer ou retarder son départ à la retraite à cause du nouveau malus Agirc-Arrco ?



Le mieux est d’effectuer les demandes au moins 4 à 6 mois avant la date souhaitée. Il ne faut pas oublier d’avertir son employeur. Un préavis est à respecter. Ce dernier pouvant varier selon l’ancienneté ou la convention collective, il est préférable de se renseigner avant de faire sa demande de retraite.
A contrario, il ne faut pas signifier son départ à la retraite à son employeur tant que la date et les conditions de départ ne sont pas certaines. Ce sera compliqué de faire marche arrière !



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Le rôle des Lituaniens dans le génocide des juifs, nié sous l’ère soviétique, a depuis été étudié par des historiens locaux. Mais le sujet reste sensible dans l’opinion, et un projet de loi prévoit d’interdire la vente de contenus « déformant la vérité historique ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
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La Lituanie troublée par la mémoire de la Shoah

Le rôle des Lituaniens dans le génocide des juifs, nié sous l’ère soviétique, a depuis été étudié par des historiens locaux. Mais le sujet reste sensible dans l’opinion, et un projet de loi prévoit d’interdire la vente de contenus « déformant la vérité historique ».



Le Monde
 |    01.07.2018 à 12h00
    |

                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Etape touristique incontournable à Vilnius, le Musée des victimes du génocide est situé dans les anciens locaux de la Gestapo, qui devinrent plus tard ceux du KGB. Il propose une terrifiante plongée dans les pratiques tortionnaires. De l’autre côté de la ­Neris, les férus d’architecture contemplent le Palais des sports et des concerts, avec ses courbes en béton armé.
Si les guides font la part belle à ces constructions, ils omettent souvent d’en raconter l’histoire dans toute sa brutalité. Malgré son nom, le Musée du génocide ne consacre qu’une salle aux victimes juives – l’essentiel étant réservé aux crimes commis par les Soviétiques contre la population lituanienne, ainsi assimilés à un « génocide ». Quant au Palais des sports, il est construit sur un ancien cimetière juif où est enterré Eliyahou ben Shlomo Zalman – le Gaon de Vilna –, grande figure du monde juif ashkénaze.
Entre 1941 et 1944, près de 195 000 juifs de Lituanie ont été tués par les nazis allemands et leurs collaborateurs locaux
Tout autour, les chantiers se multiplient, rien n’est fait pour restaurer le Palais des sports, en mauvais état. Il est tentant d’en faire le symbole d’un pays qui ne sait que faire de son passé, et notamment de cette page que l’historien Saulius Suziedelis décrit comme « la plus sanglante de l’histoire lituanienne ». Le pays natal du philosophe Emmanuel Levinas et de l’écrivain Romain Gary comptait près de 200 000 juifs en 1940, et Vilnius était surnommée la « Jérusalem du Nord ». Entre 1941 et 1944, près de 195 000 juifs ont été tués par les nazis allemands et leurs collaborateurs locaux.
Héros national et collabo
Le rôle des Lituaniens dans le massacre des juifs a été rappelé par des historiens aussi sérieux que Liuda Truska ou Arunas Bubnys. Mais ont-ils vraiment été entendus ? « Des milliers de Lituaniens ont été complices des massacres en creusant les fosses communes et en redistribuant les biens, rappelle l’écrivaine Ruta...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Il est l’un des fondateurs de la géopolitique moderne. A 88 ans, il publie ses Mémoires, « Aventures d’un géographe ». Points cardinaux.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
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Les territoires d’Yves Lacoste, géopolitologue

Il est l’un des fondateurs de la géopolitique moderne. A 88 ans, il publie ses Mémoires, « Aventures d’un géographe ». Points cardinaux.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 08h49
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            

Yves Lacoste montre à son interlocuteur, par une fenêtre, le paysage qui s’étend au pied de son immeuble de Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine), les pavillons, les pelouses, les arbres, quelques immeubles épars et, plus loin, les cités de Bagneux, la colline qui bouche la vue sur Paris, niché juste derrière. Il avait 10 ans en 1939 quand sa famille, quittant le Maroc, où il est né, s’est installée dans cet appartement, qu’il n’a plus quitté depuis. Près de quatre-vingts ans ont passé. « C’étaient des jardins ici, explique-t-il. Et, au fond, à part ce grand immeuble sur la colline, il n’y avait que des vignes. Au-dessous, c’étaient des carrières, on ne pouvait pas construire. » Huit décennies se bousculent en contrebas. Le paysage remue. Des villes poussent à toute vitesse. L’observateur reste à sa fenêtre, raconte les métamorphoses.
Mais, à force d’observer, il arrive qu’on descende, qu’on aille voir de plus près, qu’on se mêle à la vie, au « drame », comme il aime dire. Reçu premier, au début des années 1950, à l’agrégation de géographie, il a vite eu peur de s’ennuyer. « J’ai choisi la géographie par défaut, s’amuse-t-il. J’avais trop négligé les maths pour faire de la géologie, qui m’intéressait plus. C’était le métier de mon père, il m’y avait initié. »
Surtout, la géographie est alors « une science de perroquet », figée dans l’héritage de Paul ­Vidal de la Blache (1845-1918), bornée par la sentence du vieux maître : « La géographie est science des lieux, et non des hommes. » Il s’agit de la « bousculer », de l’entraîner dans le flux du contemporain. C’est cet affrontement avec les pesanteurs du passé, ce long chemin vers le monde réel, que raconte Aventures d’un géographe, ses Mémoires, qui viennent de paraître.
Guerre
1976 restera, dans l’aventure d’Yves Lacoste, comme l’année décisive. Deux événements se produisent, dont les conséquences durent encore :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Femme politique au parcours hors du commun, l’ancienne ministre de la santé a maintes fois joué un rôle de pionnière. L’historienne Michelle Perrot souligne à quel point son entrée au Panthéon, exactement un an et un jour après sa mort, met en évidence une évolution de la société.
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                « La panthéonisation de Simone Veil est, à tous points de vue, une exception »


Femme politique au parcours hors du commun, l’ancienne ministre de la santé a maintes fois joué un rôle de pionnière. L’historienne Michelle Perrot souligne à quel point son entrée au Panthéon, exactement un an et un jour après sa mort, met en évidence une évolution de la société.

Le Monde
                 |                 01.07.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
01.07.2018 à 10h53
                 |

            Anne Chemin

















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Le 5 juillet 2017, lors de l’hommage national à Simone Veil aux Invalides, le président de la République, Emmanuel Macron, annonçait que l’ancienne ministre de la santé reposerait au Panthéon avec son époux. Ce sera chose faite dimanche 1er juillet : Simone Veil sera la cinquième femme à être inhumée dans ce temple républicain, après Sophie Berthelot en 1907, Marie Curie en 1995, Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz en 2015.
L’historienne Michelle Perrot, à laquelle la revue Critique a consacré un numéro en septembre 2017 (n° 843-844, « Michelle Perrot : l’histoire ouverte », Minuit), analyse la portée de cette panthéonisation. Professeure émérite à l’université Paris-VII-Denis-Diderot, cette spécialiste de l’histoire des femmes a coordonné, avec Georges Duby, Histoire des femmes en Occident (Plon, 1990-1991).
Que vous inspire l’entrée au Panthéon, dimanche 1er juillet, de Simone Veil ?
Cette panthéonisation est, à tous points de vue, une exception. D’abord en raison de la rapidité de la décision, qui contraste avec la longue attente imposée à Marie Curie : malgré deux prix Nobel, la chimiste, morte en 1934, n’a été inhumée au Panthéon que soixante et un ans plus tard, en 1995.
« Simone Veil “coche toutes les cases”, pourrait-on dire en souriant : elle est à la fois un “grand homme” et une “grande femme” ».
Ensuite parce que Simone Veil « coche toutes les cases », pourrait-on dire en souriant : elle est à la fois un « grand homme » et une « grande femme ». Un grand homme parce qu’elle incarne les principaux combats du XXe siècle – l’égalité entre hommes et femmes, l’espérance européenne et la mémoire de la Shoah – et parce qu’elle possède une qualité, la renommée, que les révolutionnaires jugeaient indispensable à la panthéonisation. Une grande femme parce qu’elle a, tout au long de sa vie, été une pionnière.

A la fin de la seconde guerre...


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Anne Chemin
    













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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Avec la pièce « Arctique », un thriller donné en juillet à Avignon, la comédienne et metteuse en scène belge s’empare des enjeux géopolitiques, économiques et écologiques actuels. Son prochain projet ? Une pièce « gore » sur la question de la migration.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
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Anne-Cécile Vandalem joue des genres pour dire le monde

Avec la pièce « Arctique », un thriller donné en juillet à Avignon, la comédienne et metteuse en scène belge s’empare des enjeux géopolitiques, économiques et écologiques actuels. Son prochain projet ? Une pièce « gore » sur la question de la migration.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 06h30
    |

                            Fabienne Darge








                        



                                


                            

C’est devenu un cliché, mais tant pis : impossible de penser à Anne-Cécile Vandalem autrement que comme une « femme puissante ». Avec elle, l’expression, qui fait florès depuis la parution d’un des grands romans de Marie NDiaye, en 2009, prend tout son sens. Et pas seulement au vu de ce que l’autrice (terme qu’elle revendique), metteuse en scène et comédienne belge dégage de force, de désir de créer, de s’emparer du monde à travers les histoires qu’elle raconte.
Fil rouge
Anne-Cécile Vandalem créait ses propres spectacles depuis une bonne dizaine d’années quand elle a été invitée au Festival d’Avignon, en 2016, pour y présenter Tristesses, une pièce qui a fait sensation et qui ne cesse de tourner depuis, notamment en France, où des représentations sont prévues jusqu’en mai 2019. A l’été 2018, elle revient dans la Cité des papes, avec une création intitulée Arctique. Après le polar danois sur la montée de l’extrême droite, elle a eu l’envie d’écrire un thriller groenlandais sur les ravages du réchauffement climatique. Avec un même fil rouge, qui court dans tout son travail : la misère sociale et économique comme nœud central des dérives politiques et écologiques actuelles.
Quand on la rencontre chez elle, perchée au dernier étage de sa maison de Bruxelles comme dans la cabine d’un phare, c’est d’abord sa force tranquille qui frappe. Pourtant, Anne-Cécile Vandalem, 39 ans, dit écrire  « à partir de [ses] peurs, de [ses] angoisses, qui tournent toujours autour de la même obsession : qu’est-ce que l’humanité est en train de devenir ». Elle qui, enfant, rêvait de devenir curé(e), est venue au théâtre par le cinéma. Elle voulait être réalisatrice, elle s’est retrouvée au Conservatoire de Liège pour apprendre le métier de comédienne. Et dès sa sortie de l’école, en 2003, elle a écrit, mis en scène et joué ses pièces.
Elle passe en moyenne un an et demi sur chaque projet, à travailler en chercheuse, en...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Outre son combat pour l’IVG, l’ancienne ministre de la santé, qui entre au Panthéon dimanche 1er juillet, a porté la cause des femmes tout au long de sa carrière. Mais dans les années 1970, le féminisme était assimilé au MLF, et donc à l’extrême gauche.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
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Œuvrant pour l’égalité, Simone Veil refusait l’étiquette féministe

Outre son combat pour l’IVG, l’ancienne ministre de la santé, qui entre au Panthéon dimanche 1er juillet, a porté la cause des femmes tout au long de sa carrière. Mais dans les années 1970, le féminisme était assimilé au MLF, et donc à l’extrême gauche.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
01.07.2018 à 10h54
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            

En 1992, Simone Veil demande que soient honorées par une entrée au Panthéon des femmes qui, « par leurs actions, leur talent ou leurs découvertes, ont servi la démocratie, le progrès ou les arts ». Elle cosigne cette lettre, adressée au président de la République, avec Françoise Gaspard et Hélène Carrère d’Encausse. Aucune femme ne repose alors sur la montagne Sainte-Geneviève, sinon au titre d’épouse – avant l’entrée de Marie Curie (en 1995) et celles de Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz (en 2015). « Nous vivons dans un monde de symboles, dit-elle à cette occasion à la télévision, ce serait le symbole de la reconnaissance de la réalité des femmes, de leur rôle et de leur existence. »
De l’égalité juridique à la parité
Plus d’un quart de siècle plus tard, dimanche 1er juillet, c’est le rôle et l’existence de Simone Veil qui vont être honorés par une entrée dans le temple républicain. La boucle est bouclée. Ses combats pour l’égalité entre hommes et femmes, associés à la mémoire de la Shoah à laquelle elle a réchappé, l’auront conduite au faîte des honneurs.

Si son image reste associée à la loi sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG) que, ministre de la santé, elle porte devant l’Assemblée en 1974, son engagement pour la cause des femmes ne commence ni ne finit avec cette bataille. Dès le milieu des années 1960, affectée comme magistrate à la direction des affaires civiles du ministère de la justice, elle travaille déjà à une plus grande égalité juridique entre les hommes et les femmes. Et jusque dans les années 1990, elle poursuit son combat en prenant fait et cause pour la parité. « Avec l’âge, je suis devenue de plus en plus militante de la cause des femmes », écrit-elle dans son autobiographie (Une vie, Stock, 2007).
« L’autre icône du féminisme, Simone de Beauvoir, ne se disait pas non plus féministe quand elle a écrit “Le Deuxième Sexe” », rappelle...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Peut-on évaluer l’impact réel des industries qui paraissent si cruciales à un moment donné qu’un gouvernement estime nécessaire d’aider leur développement, s’interroge dans sa chronique l’historien Pierre-Cyrille Hautcœur.
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Quand l’Etat lit dans la boule de cristal technologique

Peut-on évaluer l’impact réel des industries qui paraissent si cruciales à un moment donné qu’un gouvernement estime nécessaire d’aider leur développement, s’interroge dans sa chronique l’historien Pierre-Cyrille Hautcœur.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h37
    |

                            Pierre-Cyrille Hautcoeur (Directeur d'études à l'EHESS)








                        



                                


                            

Recherches. Le plan hydrogène présenté le 1er juin par le ministre de la transition écologique et solidaire affirme que « l’hydrogène est une “révolution potentielle” pour notre modèle énergétique » et vise à « faire de notre pays un leader mondial de cette technologie ». Trois mois plus tôt, le député Cédric Villani présentait un plan très complet visant à « éviter que la France rate le train de l’intelligence artificielle » et à « faire émerger des champions français » dans ce domaine (« Donner un sens à l’intelligence artificielle »).
Le gouvernement reprend ainsi une tradition d’appui de l’Etat à certaines industries qui, remontant à Colbert, s’enorgueillit de quelques succès, de Saint-Gobain à Airbus. Mais peut-on évaluer l’impact réel de ces activités qui paraissent si cruciales à un moment donné qu’un gouvernement estime nécessaire d’aider leur développement ?
Les économistes américains Paul David et Robert J. Gordon ont montré dans les années 1990 que certaines industries tirent la croissance globale grâce à des externalités sur l’ensemble des autres secteurs. Paul David a en particulier affirmé que l’électricité avait, parmi ces « technologies multi-usages », révolutionné entre 1900 et 1950 l’organisation de la production dans tous les secteurs, tout en faisant apparaître des activités nouvelles (électrométallurgie, électrochimie, appareils domestiques, machines électriques professionnelles).
Mise en question du progrès technique
Les travaux plus récents de Gerben Bakker, Nicholas Crafts et Pieter Woltjer ont cependant revu à la baisse ces conclusions (« The Sources of Growth in a Technologically Progressive Economy : The United States, 1899-1941 », Economic History Working Papers, n° 269, The London School of Economics and Political Science, 2017).
Ils utilisent à cet effet une méthode éprouvée, qui sert de base à toute la comptabilité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Qu’ils soient contestataires ou réformistes, les syndicats se voient contestés par le gouvernement leur rôle d’acteurs de la démocratie sociale, note l’universitaire Sophie Béroud, dans une tribune au « Monde ».
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Macron et les syndicats : « Il y a une volonté de réduire les bastions syndicaux »

Qu’ils soient contestataires ou réformistes, les syndicats se voient contestés par le gouvernement leur rôle d’acteurs de la démocratie sociale, note l’universitaire Sophie Béroud, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 22h08
    |

Sophie Béroud (Enseignante-chercheuse à l’université Lyon-II)







                        



                                


                            

Tribune. Des spécialistes du syndicalisme au Royaume-Uni estiment que l’accélération des réformes néolibérales dans ce pays dans les années 1980-1990 et l’affaiblissement des liens entre les travaillistes du New Labour et les TUC, les syndicats traditionnels, ont créé un espace plus important pour les courants syndicaux contestataires (radical unionism). On peut s’interroger par contraste sur la situation française, alors que l’élection d’Emmanuel Macron a ouvert une période difficile pour tous les syndicats et que les espaces laissés à un « syndicalisme de lutte » comme à un syndicalisme à prétention « réformiste » semblent se restreindre de façon parallèle.

Il ne s’agit pas de figer des catégories et d’y enfermer les organisations : cela a d’autant moins de sens que ces dernières évoluent et qu’elles sont à comprendre de façon relationnelle. Cependant, l’évocation du Royaume-Uni n’a rien d’anodin : sommes-nous en train d’assister à l’équivalent de la grande offensive thatchérienne contre les syndicats britanniques et, en particulier, à sa bataille contre les mineurs ?
La volonté du gouvernement Philippe d’avancer très vite, avec tout d’abord l’achèvement de la profonde transformation du droit du travail et des institutions représentatives du personnel au travers des ordonnances, puis avec la réforme de la SNCF, semble aller dans ce sens. L’objectif d’affaiblir les syndicats engagés dans la contestation de ces mesures, en fermant toute possibilité de négociation, est manifeste : non seulement la mobilisation ne doit pas payer, mais les syndicats dits « contestataires » doivent en sortir affaiblis, y compris dans leurs derniers « bastions ».
Alliances à reconstruire
Cette configuration politique crée des conditions nouvelles pour toutes les organisations syndicales. Du côté de la CGT comme de Solidaires – et par intermittence de FO –, acteurs centraux des résistances contre le démantèlement des acquis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans les entreprises, tous les syndicats sont des partenaires actifs qui signent de nombreux accords sur une large palette de sujets, rappelle Fabrice Romans, spécialiste du temps de travail, dans une tribune au « Monde ».
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Macron et les syndicats : « Le dialogue social dans les entreprises peine à impliquer les salariés »

Dans les entreprises, tous les syndicats sont des partenaires actifs qui signent de nombreux accords sur une large palette de sujets, rappelle Fabrice Romans, spécialiste du temps de travail, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 11h49
    |

Fabrice Romans (Adjoint au chef du département relations professionnelles et temps de travail à la Dares)







                        



                                


                            

Tribune. Trains à l’arrêt, quais bondés, pneus brûlés, chemise arrachée : les images spectaculaires véhiculées ces dernières années sont loin de refléter les relations entre employeurs et syndicats dans toute leur diversité.
Qui prend la peine de se pencher sur les chiffres de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) – le service statistique du ministère du travail – découvre que, chaque année, dans le secteur privé, ce sont 50 000 accords qui sont signés entre les directions des entreprises et les représentants de leurs salariés.
En 2016, la CGT a signé 84 % des accords conclus dans les entreprises où elle est représentée par un délégué syndical, la CFDT 94 %. Et, même si c’est difficile à concevoir pour un usager de trains de banlieue, les derniers chiffres (2017) de l’enquête Reponse (Relations professionnelles et négociations d’entreprise) de la Dares montrent une tendance à la baisse de l’ensemble des formes de conflits collectifs sur le lieu de travail.

Pour questionner la légitimité des syndicats, certains mettent en avant la faiblesse du taux de syndicalisation – 11 % de salariés français adhéraient à un syndicat en 2013, soit tout de même environ 2,5 millions de personnes, public et privé confondus – mais omettent parfois d’indiquer que la légitimité des syndicats n’est pas fondée en droit sur le nombre de leurs militants, mais bien sur leurs résultats aux élections professionnelles. Ainsi, de 2014 à 2016, dans les établissements de plus de 10 salariés du secteur marchand et associatif, plus de 6 salariés sur 10 ont voté à au moins une élection de représentants du personnel.
Syndiqués ou non, plus de 600 000 représentants du personnel, dont près de 40 % de femmes, légitimés par un vote, ont pour engagement de porter les aspirations et les revendications de leurs collègues.
De nettes marges de progrès
Au niveau des branches professionnelles, les syndicats...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Pour assurer la transformation sociale de ses structures, l’Etat est passé en trente ans de la concertation à la fermeté face aux syndicats, analyse le sociologue Guy Groux dans une tribune au « Monde ».
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Macron et les syndicats : « Le gouvernement bouleverse les rapports entre l’Etat et les partenaires sociaux »

Pour assurer la transformation sociale de ses structures, l’Etat est passé en trente ans de la concertation à la fermeté face aux syndicats, analyse le sociologue Guy Groux dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 11h40
    |

Guy Groux (Sociologue)







                        



                                


                            

Tribune. L’exécutif consulte mais ne négocie pas. De Laurent Berger (CFDT) à Pascal Pavageau (FO) en passant par Philippe Martinez (CGT), c’est l’avis unanime des principaux dirigeants syndicaux quant au pilotage par l’Etat de la réforme de la SNCF. Il est vrai qu’en l’occurrence, la détermination du pouvoir fut sans failles. Dès février, Elisabeth Borne, la ministre des transports, affirmait son refus total du statu quo et dénonçait les carences des réponses apportées jusqu’alors par le politique dans la mise en place d’une réforme du ferroviaire. Pour elle, « on s’est occupé tantôt de gouvernance, tantôt des commandes de TGV, de la dette, de la structure du groupe, sans jamais avoir une vision globale ».
Evoquant les délais d’ouverture du secteur à la concurrence européenne et l’endettement de la SNCF, l’exécutif décide alors d’agir par la voie des ordonnances et non par la négociation et l’accord collectif. Dans les semaines qui suivent, l’Etat affiche d’autant plus son autorité que face aux syndicats, il s’appuie sur une opinion toujours plus favorable.

2018 révèle ainsi un contexte qui tranche avec des projets politiques de réformes conçus dans un passé plus ou moins récent. C’est le cas de la réforme Juppé de 1995 ou de celle du CPE (contrat première embauche) en 2006 qui furent annulées ou ajournées sous la pression des mobilisations syndicales. Comme c’est le cas de certaines réformes couronnées de succès découlant d’un dialogue bien réel entre l’Etat et les syndicats. Pour illustrer ceci de façon significative, on peut rappeler la réforme des PTT voulue par le gouvernement Rocard en 1988. Entre celle-ci et la réforme de la SNCF, existent en effet des points communs comme les contraintes européennes qui pèsent sur les entreprises publiques ou la mise en cause du statut pour les nouveaux embauchés. Mais sur le plan des rapports entre le pouvoir, les syndicats et les salariés concernés, la « méthode...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans une tribune au « Monde » le politologue Jean-Marie Pernot estime que les confédérations doivent apprendre à gérer autrement le pluralisme et à retrouver les lieux où les salariés travaillent.
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Macron et les syndicats : « Les confédérations doivent recomposer des logiques inclusives du salariat »

Dans une tribune au « Monde » le politologue Jean-Marie Pernot estime que les confédérations doivent apprendre à gérer autrement le pluralisme et à retrouver les lieux où les salariés travaillent.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 11h46
    |

Jean-Marie Pernot (Chercheur en science politique associé à l’IRES et au Centre d’histoire sociale du XXe siècle)







                        



                                


                            

Tribune. Etre puissant, c’est se rendre incontournable. Que ce soit par la lutte ou par la coopération, les syndicats français se sont jusque-là montrés impuissants à s’opposer à la vague Macron et, surtout, à mobiliser ceux qui, dans un passé encore récent, manifestaient à leur appel. Mais, au-delà de ce moment où l’arrogance des gouvernants ne laisse pas beaucoup d’espace à l’objection, les questions posées au syndicalisme en France s’inscrivent dans une perspective plus longue et plus large.
Plus large, en effet, car, comme pour beaucoup de sujets économiques et sociaux, il convient de situer le syndicalisme en France dans son environnement européen. De manière différente selon les pays, l’affaiblissement des syndicats est général et, parfois, considérable sur les quinze ou vingt dernières années.
Le syndicalisme français n’est donc pas l’homme malade d’une Europe syndicale où tout irait bien, il est à l’unisson d’une tendance, il l’amplifie parfois avec ses caractères propres bien connus : nombre d’adhérents stable, mais à un niveau très faible, une forte intégration institutionnelle, un manque d’indépendance financière, etc.
Enfin, sa capacité à peser dans le débat national en faisant vivre les références au service public, aux inégalités et aux politiques sociales en général, est en très net recul ces dernières années.
Il convient cependant de se départir d’un certain catastrophisme, car, sur d’autres plans, le syndicalisme n’enregistre pas que des échecs. Les syndicats sont, malgré tout, présents dans beaucoup d’entreprises, ils y mènent des luttes légitimes et ils signent nombre d’accords locaux qui ne semblent pas pénaliser exagérément la compétitivité, le tout, dans un contexte dont le moins qu’on puisse dire est qu’il ne leur est pas favorable.
Si les pressions du contexte sont nombreuses, il ne faut pas négliger la contribution que les syndicats français apportent eux-mêmes à leur affaiblissement....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Analyse. Même si M. Macron a pu, ces dernières semaines, apparaître comme un protecteur des valeurs de l’Union, il reste fidèle à l’idée d’un renforcement des contrôles aux frontières extérieures, explique la journaliste du « Monde » Julia Pascual.
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Flux migratoires : la constante prudence de la France

Analyse. Même si M. Macron a pu, ces dernières semaines, apparaître comme un protecteur des valeurs de l’Union, il reste fidèle à l’idée d’un renforcement des contrôles aux frontières extérieures, explique la journaliste du « Monde » Julia Pascual.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 10h57
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 11h11
    |

            Julia Pascual








                        



                                


                            
Analyse. La crise de l’Aquarius a dessiné ces dernières semaines des lignes de fracture entre les Etats membres de l’Union européenne (UE). A côté des postures de refus de l’Italie et du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie), ou des ultimatums du ministre de l’intérieur allemand à la chancelière Angela Merkel sur la gestion des frontières, la France a pu apparaître comme portant une voix protectrice des valeurs de l’Union.
Emmanuel Macron a ainsi fustigé la « lèpre » nationaliste, dénoncé l’« irresponsabilité » du gouvernement italien ou encore rejeté la proposition d’externaliser l’examen de la demande d’asile dans des plateformes de débarquement hors UE.
« Ce n’est pas parce que l’environnement s’affaisse que la position de la France prend de la hauteur »
« Mais ce n’est pas parce que l’environnement s’affaisse que la position de la France prend de la hauteur, met en garde Jean-François Dubost, responsable du programme protection des populations d’Amnesty International. Elle est plutôt d’une certaine constance ces dernières années. » Dans les faits, M. Macron ne se départit pas de la ligne qui prévaut depuis 2014. « Face à des pays de droite et d’extrême droite, la France peut plaider le respect des règles de l’UE, mais c’est la politique du même : on est toujours sur l’idée d’un contrôle fort des frontières », observe de son côté Emmanuel Blanchard, président du réseau d’associations Migreurop.
Au sortir des discussions à Bruxelles, dans la nuit du 28 au 29 juin, le chef de l’Etat a salué sur Twitter un « accord trouvé » sur la base de « propositions françaises adoptées ». L’objectif qui, aujourd’hui, fait consensus en Europe, et auquel la France adhère, est bien celui de tarir les flux migratoires en amont de l’espace européen.
Ainsi, la ligne française se retrouve dans les conclusions du sommet, qui prévoient en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Editorial. L’accord conclu à Bruxelles, le 29 juin, par les vingt-huit dirigeants de l’UE marque un tournant dans l’approche européenne de la gestion des flux migratoires.
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Immigration : le nouveau consensus européen

Editorial. L’accord conclu à Bruxelles, le 29 juin, par les vingt-huit dirigeants de l’UE marque un tournant dans l’approche européenne de la gestion des flux migratoires.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 10h36
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Si les modalités sont floues, la philosophie, elle, est claire. L’accord auquel sont parvenus les Vingt-Huit, vendredi 29 juin à Bruxelles, consacre un tournant dans l’approche européenne de la gestion des flux migratoires : trois ans après la grande crise des réfugiés, qui avait suscité un élan de générosité en Europe du Nord et que les pays de première arrivée, riverains de la Méditerranée, avaient affrontée courageusement, l’Union européenne s’organise pour fermer ses portes et dissuader les candidats à l’émigration clandestine.

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                Migrants : récit d’une nuit de négociations qui a abouti à un accord fragile entre Européens



Si chacun des dirigeants est rentré chez lui, à l’issue de ce sommet de deux jours, en se déclarant satisfait malgré les failles évidentes d’un dispositif encore balbutiant, c’est parce qu’un consensus a été établi sur ce principe de base : l’Europe ne peut plus se permettre d’être grande ouverte, pas plus que ne se le permettent les Etats-Unis, le Canada, l’Australie ou la Russie. Elle doit continuer à accueillir des réfugiés, comme l’exige le droit international, mais ne veut plus accepter une immigration clandestine incontrôlée.
Tous les Etats membres n’ont pas la même motivation dans cette approche ; leurs divergences peuvent même être fondamentales. Les pays d’Europe centrale, emmenés par la Hongrie et la Pologne, refusent l’idée même d’une immigration susceptible de modifier la composition ethnique, culturelle ou religieuse de leur société. D’autres gouvernements, comme ceux de l’Italie et de l’Autriche, ont été récemment portés au pouvoir sur la promesse de ne plus laisser entrer un seul migrant. D’autres, enfin, comme ceux de l’Allemagne, de la France et de plusieurs pays du Nord, restent partisans de sociétés ouvertes, mais tentent désespérément d’endiguer la montée des partis populistes et de la droite radicale anti-immigration, à moins d’un an des élections européennes.
Le soldat Merkel est sauvé
La tension sur la gestion des flux migratoires menaçait l’unité de l’Europe. Elle menaçait aussi la chancelière Angela Merkel, ouvertement mise en demeure par ses partenaires de la CSU de durcir sa politique sur l’immigration. Un compromis a donc été trouvé pour repousser ces deux dangers : il repose sur le renforcement des frontières extérieures de l’Union et sur l’ouverture d’hypothétiques centres de regroupement des migrants, à l’intérieur de l’UE pour ceux qui sont déjà arrivés, à l’extérieur pour les candidats au départ, où le tri serait fait entre demandeurs d’asile et migrants économiques. Le soldat Merkel est sauvé – au moins pour l’immédiat, et avec le concours précieux de l’Espagne et de la Grèce, ce qui ne manque pas d’ironie –, l’unité de l’UE est préservée, et les pays d’Europe centrale peuvent crier victoire, débarrassés de l’idée des quotas de répartition des réfugiés.

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                Allemagne : après l’accord européen sur l’asile, la CSU calme le jeu



Est-ce à dire que la question est résolue ? Evidemment non. Donald Tusk, le président du Conseil européen, a reconnu que la mise en œuvre de l’accord serait « difficile » et qu’il était « bien trop tôt pour parler d’un succès ». Pour Emmanuel Macron, qui a été à la manœuvre pour dégager un compromis, le texte « ne règle en rien, à lui seul, la crise que nous vivons, qui est largement politique ».
Car cette crise n’en est qu’à ses débuts : la fermeture des portes peut rassurer les électorats européens, elle n’empêchera pas les candidats au départ de prendre la route. L’urgence immédiate passée, c’est un phénomène de fond que les Etats membres doivent à présent intégrer, quelles que soient leurs motivations, dignes et moins dignes.



                            


                        

                        

