<FILE-date="2018/07/02/10">

<article-nb="2018/07/02/10-1">
<filnamedate="20180702"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180702"><AAMMJJHH="2018070210">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ La garde des sceaux a demandé qu’une mission d’inspection générale de la justice se rende, lundi, à la prison de Réau (Seine-et-Marne) afin de faire un état des lieux des mesures de sécurité.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Evasion de Redoine Faïd : il y a « peut-être » eu une défaillance, selon la ministre de la justice

La garde des sceaux a demandé qu’une mission d’inspection générale de la justice se rende, lundi, à la prison de Réau (Seine-et-Marne) afin de faire un état des lieux des mesures de sécurité.



Le Monde
 |    02.07.2018 à 08h42
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 09h44
   





                        


Redoine Faïd était toujours en fuite lundi 2 juillet au matin après son évasion spectaculaire la veille par hélicoptère de la prison de Réau, en Seine-et-Marne. Il y a « peut-être » eu une défaillance au sein de ce centre, a déclaré, lundi matin, la ministre de la justice, Nicole Belloubet.
« J’ai demandé à ce qu’une mission d’inspection générale de la justice se rende sur place dès aujourd’hui et puisse voir comment les mesures de sécurité auraient été le cas échéant défaillantes pour que nous puissions y remédier », a expliqué la garde des sceaux sur Europe 1. « Je ne prétends pas qu’il n’y a pas ici de défaillance. Il y en a peut-être une », a-t-elle ajouté.
Quelque 2 900 policiers et gendarmes sont mobilisés depuis dimanche sur le territoire national pour tenter de rattraper celui qui s’était déjà évadé il y a cinq ans de sa prison de Lille-Sequedin.
Tirer les conséquences de cette évasion
Sur RTL, le premier ministre, Edouard Philippe, a déclaré qu’il tirerait les conséquences de cette évasion spectaculaire : « Ce que je souhaite c’est qu’on puisse le retrouver le plus rapidement possible car, évidemment, une évasion de ce type n’est pas acceptable », a dit le premier ministre sur RTL. « Ça pose beaucoup de questions. »
Edouard Philippe a souhaité que l’enquête de l’inspection générale du ministère de la justice soit « sérieuse » et « dise clairement, après une analyse fine et poussée, un, ce qu’il s’est passé et, deux, ce qu’il faudrait faire pour que ça ne se passe plus ». « S’il y a des responsabilités qui sont identifiées, j’en tirerai les conséquences », a-t-il également dit.
Hélicoptère en vol stationnaire au-dessus de la cour
Dimanche matin, trois hommes lourdement armés sont parvenus à voler un petit hélicoptère de type Alouette dans un aérodrome de Seine-et-Marne et à prendre en otage son pilote instructeur afin qu’il les dépose dans la cour d’honneur de la prison de Réau.
Une fois l’engin introduit dans l’établissement, en vol stationnaire au-dessus de la cour, le commando a lancé des gaz lacrymogènes, contraignant les surveillants, non armés, à se réfugier dans l’enceinte du bâtiment.
Deux hommes armés ont sauté de l’hélicoptère et emprunté un chemin d’intervention réservé aux surveillants pour accéder aux parloirs, où Redoine Faïd recevait la visite de son frère.
Le commando a ensuite abandonné l’hélicoptère, partiellement incendié, à Gonesse, dans le Val-d’Oise, à une soixantaine de kilomètres de la prison. Son pilote, retrouvé en état de choc, a été transporté à l’hôpital.

        Lire le
         

          récit de la nouvelle évasion spectaculaire du braqueur Redoine Faïd



Le parquet de Paris a ouvert une enquête en flagrance des chefs d’évasion en bande organisée et d’association de malfaiteurs confiée à la direction centrale de la police judiciaire.
Redoine Faïd avait été condamné en appel en avril à vingt-cinq ans de réclusion pour un braquage raté dans le Val-de-Marne, en 2010, qui avait coûté la vie à la policière municipale Aurélie Fouquet, mitraillée à l’issue d’une course-poursuite sur l’autoroute.
Il a été condamné deux fois aux assises en 2017 : à dix ans de réclusion pour son évasion de la prison de Lille-Sequedin en 2013 et à dix-huit ans de prison pour l’attaque d’un fourgon blindé dans le Pas-de-Calais en 2011.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/02/10-2">
<filnamedate="20180702"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180702"><AAMMJJHH="2018070210">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Les plus de 50 ans redoutent de ne pas réussir à boucler les fins de mois une fois à la retraite, souligne une étude.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Les futurs retraités s’inquiètent davantage pour leurs finances que pour leur santé

Les plus de 50 ans redoutent de ne pas réussir à boucler les fins de mois une fois à la retraite, souligne une étude.



Le Monde
 |    02.07.2018 à 07h05
    |

                            Aurélie Blondel








                        



   


Quand ils pensent à leur retraite, 62 % des séniors encore actifs sont inquiets. Ce qu’ils craignent en premier lieu ? Rencontrer des problèmes d’argent. C’est ce qui ressort d’une étude Audencia-Humanis sur la vulnérabilité financière face à la retraite, publiée mi-juin.
A la question « De quoi avez-vous peur ? », 73 % des plus de 50 ans non retraités répondent d’abord « d’avoir des difficultés financières ». « Rencontrer des problèmes de santé » est l’autre raison la plus fréquemment citée en premier, mais par seulement 11 % des sondés, devant « être dépendant » (5 %) et « ne plus être utile socialement » (3 %).
Poursuite d’activité envisagée
Parmi les séniors anticipant des soucis financiers, près d’un sur deux affirme avoir des difficultés à évaluer le montant de sa future retraite. Un sur cinq dit devoir aider financièrement sa famille (parents, enfants, etc.).
Ces plus de 50 ans ont-ils commencé à préparer leur retraite ? Seuls 66 % déclarent épargner à cet effet : 33 % chaque mois et 33 % de façon irrégulière. Pour disposer d’un niveau de vie suffisant à l’avenir, en sus des pensions versées par les régimes, 29 % envisagent en premier lieu de poursuivre une activité rémunérée, 28 % comptent avant tout sur leur épargne, 17 % citent d’abord l’acquisition d’un bien immobilier (pour y vivre ou le louer).
« Certains biais cognitifs peuvent expliquer cette difficulté à épargner tôt », souligne Mickaël Mangot, spécialiste de l’économie comportementale. « Un mécanisme psychologique connu intervient notamment, la préférence pour le présent, qui fait privilégier les plaisirs immédiats au détriment des objectifs lointains. »

        Lire aussi :
         

                Bien négocier la dernière étape avant la retraite



Comment contrer ce biais ? En s’auto-contraignant, répond M. Mangot. « Comme l’ont montré les travaux du dernier Nobel d’économie, Richard Thaler, mettre en place des versements automatiques mensuels sur un compte ou limiter la liquidité de son capital sont de bonnes options - l’épargnant se lie les mains pour le futur, afin de se protéger de sa préférence permanente pour le présent. »
Un autre mécanisme entre en jeu, poursuit-il : « la sous-estimation du pouvoir des intérêts composés ». Les intérêts engrangés chaque année sur les placements s’ajoutent au capital initial et produisent à leur tour des intérêts - un effet boule de neige. Dans cette optique, la durée d’investissement est clé. « Les épargnants ne se rendent généralement pas compte que placer 100 euros par mois de 35 à 65 ans génère un capital bien supérieur à 200 euros par mois de 50 à 65 ans », déplore l’économiste. « Attendre pour épargner est souvent un mauvais calcul. »
Parmi les séniors déjà retraités, 66 % estiment d’ailleurs qu’ils auraient dû se préparer autrement, indique l’étude Audencia-Humanis. Ils sont ainsi 33% à regretter de ne pas avoir commencé à épargner plus tôt, 12 % à expliquer ne pas avoir anticipé les coûts liés à la santé, et 13 % à penser qu’ils auraient dû soit se renseigner auprès d’un professionnel de la finance, soit suivre un stage de préparation à la retraite.

        Lire aussi :
         

                Faut-il avancer ou retarder son départ à la retraite à cause du nouveau malus Agirc-Arrco ?



« Parmi les retraités que nous avons interrogés, ceux qui ont participé à un stage d’un ou deux jours sont en général très satisfaits, même s’ils estiment souvent qu’il était trop court », note Nils Poussielgues, responsable du programme « Comportements et vulnérabilité financière » d’Audencia Business School.
Proposés par certaines grandes entreprises (et dans la Fonction publique), ces stages abordent les questions financières, psychologiques, administratives. « Outre ce qu’ils ont appris durant ces journées, ils ont le sentiment d’avoir été mieux considérés par leur employeur, c’est important pour l’image qu’ils ont d’eux-mêmes et du passage à la retraite. »
Et préparer sa retraite, ce n’est pas seulement épargner, ajoute de son côté Frédéric Roullier, directeur retraite au sein du groupe de protection sociale Humanis. « Peu d’actifs ont conscience de l’impact sur leurs pensions des décisions professionnelles et personnelles prises au fil de leur vie, même jeunes », regrette-t-il.

        Lire aussi :
         

                Dix chiffres à connaître sur la retraite



Passer à temps partiel, s’expatrier, faire une pause, plus ou moins longue, devenir auto-entrepreneur, choisir un statut de dirigeant d’entreprise permettant de payer moins de charges, etc. : autant de décisions qui influeront sur ce que vous percevrez à la retraite. « Ce qui prime, c’est d’en être conscient et de prendre ses décisions en toute connaissance de cause », insiste M. Roullier. « Dommage que parmi les plus jeunes, beaucoup préfèrent éluder le sujet en se disant, à tort, que de toutes façons ils n’auront pas de retraite », conclut-il.
Enfin, une bonne nouvelle : le niveau de vie des retraités dépasse celui de l’ensemble de la population d’environ 6 %. Le ratio est toutefois amené à se dégrader progressivement dans les décennies à venir, rappelle le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR), publié le 14 juin. Selon les projections, le niveau de vie des retraités (calculé en divisant le revenu disponible d’un ménage, prestations sociales et revenus du patrimoine compris, par le nombre d’unités de consommation du foyer) devrait être en 2040 de 5 % à 11 % inférieur à celui de la population.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/02/10-3">
<filnamedate="20180702"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180702"><AAMMJJHH="2018070210">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ En septembre 2015, un incendie fait huit morts dans le 18e, à Paris. Un SDF du quartier est envoyé en prison. Un an plus tard, un autre homme passe aux aveux. Depuis, le sans-abri, toujours mis en examen, se bat pour que la justice reconnaisse son erreur.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Trois ans après, l’innocent de la rue Myrha attend son non-lieu

En septembre 2015, un incendie fait huit morts dans le 18e, à Paris. Un SDF du quartier est envoyé en prison. Un an plus tard, un autre homme passe aux aveux. Depuis, le sans-abri, toujours mis en examen, se bat pour que la justice reconnaisse son erreur.



Le Monde
 |    02.07.2018 à 04h42
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 06h33
    |

            Soren Seelow








                        



                                


                            

Son regard ne se pose jamais tout à fait, ses phrases restent en suspens. Attablé au fond d’un café parisien, une casquette enfoncée à mi-front, Mourad Sadi a l’œil incertain des hommes qui errent depuis trop longtemps, la voix pâle de ceux qui ne demandent plus rien.
Il y aurait beaucoup à dire, pourtant… Un sourire fragile aux lèvres, il se contente de répondre poliment aux questions, comme il l’avait fait, il y a bientôt trois ans, avant d’être conduit en prison.
Au milieu d’une phrase sans élan, il pose sa cuillère et prend un stylo. Il s’applique à dessiner un rectangle, comme il l’avait fait, à l’été 2015, dans les locaux de la brigade criminelle de Paris. Rue Léon, rue Stephenson, rue Cave… Il écrit le nom des voies arpentées cette fameuse nuit, comme tant de nuits avant. Il n’écrit pas « rue Myrha » : « Je n’y vais jamais, je n’aime pas cette rue. J’avais raison de ne pas l’aimer, dit-il, elle m’a envoyé en prison. » Bipolaire et sans abri, Mourad Sadi a 38 ans et des phrases d’enfant.

Ce 2 septembre 2015, vers 1 h 30, il a quitté la laverie de la rue Doudeauville, où il avait trouvé refuge quelques semaines plus tôt avec d’autres naufragés de la ville. Il est parti en « balade », chercher des « trucs » pour survivre, en suivant son parcours habituel. Rue Stephenson, rue Cave, rue Léon… La vidéosurveillance indique qu’il est rentré à la laverie à 4 h 17. Dans ce laps de temps, deux incendies se sont déclarés au 4, rue Myrha, au cœur du quartier populaire de la Goutte d’or.
« Comportement suspect »
Lorsqu’ils se présentent pour la première fois à cette adresse, à 2 h 30 du matin, les pompiers ne s’attardent pas. Un bout de papier a bien pris feu dans une boîte aux lettres, mais il s’est éteint de lui-même. C’est son propriétaire, Thibaut Garagnon, qui les a appelés, disant avoir senti une odeur de brûlé depuis son appartement du deuxième étage. En quittant cet immeuble d’une quinzaine...




                        

                        


<article-nb="2018/07/02/10-4">
<filnamedate="20180702"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180702"><AAMMJJHH="2018070210">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Plusieurs milliers de personnes se sont déplacées pour lui rendre un dernier hommage, dimanche, et écouter le discours du président Macron.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ 
<article-nb="2018/07/02/10-5">
<filnamedate="20180702"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180702"><AAMMJJHH="2018070210">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Le mieux est d’effectuer les demandes de retraite au moins 4 à 6 mois avant la date souhaitée, sans oublier d’avertir son employeur.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Salariés du privé : quelles sont les conditions à respecter pour partir à la retraite ?

Le mieux est d’effectuer les demandes de retraite au moins 4 à 6 mois avant la date souhaitée, sans oublier d’avertir son employeur.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 13h28
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 08h35
    |

                            Marc Darnault (Associé chez Optimaretraite)








                        



   


Pour pouvoir obtenir sa retraite, un salarié doit atteindre l’âge minimum de 62 ans (l’âge légal) et avoir validé au moins un trimestre. Des dispositifs permettent sous conditions d’anticiper cet âge, à 60 ans, voire plus tôt, pour les carrières longues, à partir de 55 ans pour les assurés handicapés, à 60 ans dans le cadre de la pénibilité…
Répondre à ces premières conditions ne suffit pas pour partir à la retraite. Il faut également avoir cessé toute activité professionnelle, salariée et/ou non salariée, mis à part quelques exceptions comme dans le cas d’un cumul emploi-retraite au sein d’un régime non salarié.

        Lire aussi :
         

                Prélèvement à la source : comment les réductions d’impôt sont-elles prises en compte ?



Une rupture du contrat de travail se révèle donc en principe nécessaire. Ensuite, il faut effectuer ses demandes de retraite. Elles doivent parvenir à la caisse avant la date d’effet souhaitée sinon la date sera repoussée au premier jour du mois suivant la réception de la demande.
Dans le cas particulier où la demande de retraite Arrco-Agirc est reçue au plus tard trois mois après la notification de la pension de la Sécurité sociale, la date d’effet de la pension de ces régimes pourra être rétroactive en s’alignant sur celle de la retraite de base.

        Lire aussi :
         

                Faut-il avancer ou retarder son départ à la retraite à cause du nouveau malus Agirc-Arrco ?



Le mieux est d’effectuer les demandes au moins 4 à 6 mois avant la date souhaitée. Il ne faut pas oublier d’avertir son employeur. Un préavis est à respecter. Ce dernier pouvant varier selon l’ancienneté ou la convention collective, il est préférable de se renseigner avant de faire sa demande de retraite.
A contrario, il ne faut pas signifier son départ à la retraite à son employeur tant que la date et les conditions de départ ne sont pas certaines. Ce sera compliqué de faire marche arrière !



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/02/10-6">
<filnamedate="20180702"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180702"><AAMMJJHH="2018070210">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Le braqueur s’est évadé dimanche matin en hélicoptère de la prison de Réau, en Seine-et-Marne. Les forces de police sont mobilisées pour retrouver l’homme en cavale.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 01/07/2018
Découvrir l’application


                        

Récit d’une nouvelle évasion spectaculaire du braqueur Redoine Faïd

Le braqueur s’est évadé dimanche matin en hélicoptère de la prison de Réau, en Seine-et-Marne. Les forces de police sont mobilisées pour retrouver l’homme en cavale.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 13h05
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 09h07
    |

            Soren Seelow et 
Simon Piel








                        



   


Ses envies d’évasion étaient connues des services spécialisés. Cela n’a pas empêché le braqueur multirécidiviste Redoine Faïd, 46 ans, de se faire la belle, dimanche 1er juillet, du centre pénitentiaire de Réau (Seine-et-Marne), lors d’une spectaculaire exfiltration à bord d’un hélicoptère. Rodé aux cavales, il purgeait une peine de vingt-cinq ans de prison pour un braquage qui avait mal tourné et entraîné la mort d’une jeune policière, Aurélie Fouquet, ainsi qu’une peine de dix ans de réclusion pour une précédente évasion.

        Lire le compte rendu d’audience :
         

          Au procès Fouquet, « vous n’aurez aucun mal à condamner ces trois-là »



Dimanche matin, trois hommes lourdement armés sont parvenus à voler un petit hélicoptère de type Alouette sur un aérodrome de Seine-et-Marne et à prendre en otage son pilote instructeur afin qu’il les dépose dans la cour d’honneur de la prison de Réau. Réservé aux visiteurs, cet endroit n’est jamais emprunté par les détenus, sauf lorsqu’ils quittent l’établissement. Il est le seul lieu de la prison à ne pas être équipé d’un filet antiaérien et à être invisible depuis les miradors.
Une fois l’engin introduit dans l’établissement, en vol stationnaire au-dessus du sol de la cour, le commando lance des gaz lacrymogènes, contraignant les surveillants, qui ne sont pas armés, à se réfugier dans l’enceinte du bâtiment. Deux hommes armés, « habillés de noir, portant des cagoules et des brassards de police au bras », sautent alors de l’hélicoptère et empruntent un chemin d’intervention réservé aux surveillants pour accéder aux parloirs, a expliqué à l’Agence France-Presse Martial Delabroye, secrétaire (Force ouvrière) du centre pénitentiaire de Réau.
Pas de blessé
Depuis novembre 2017, Redoine Faïd était à l’isolement à la prison de Réau mais il a, dimanche matin, une visite opportune d’un de ses frères. A la différence de son quartier de détention, les parloirs se trouvent près du quartier « maison centrale », moins sécurisé, et sont surtout accessibles depuis la cour d’honneur. Armé de fusils d’assaut et équipé de disqueuses, le commando parvient à en extraire Redoine Faïd pendant la visite de son frère, qui a été placé en garde à vue dimanche. Extrêmement bien préparée, l’opération aura duré moins de dix minutes, sans faire de blessé.

Lire le portrait : Redoine Faid, ennemi public

Le commando a ensuite abandonné l’hélicoptère, partiellement incendié, à Gonesse, dans le Val-d’Oise, à une soixantaine de kilomètres de la prison. Son pilote, retrouvé en état de choc, a été transporté à l’hôpital. Selon une source policière, Redoine Faïd a ensuite pris place à bord d’une Renault noire, qui a été découverte à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), où il a embarqué à bord d’un deuxième véhicule avant de disparaître.
Un important dispositif policier a été mis en place pour le localiser en Ile-de-France et dans les Hauts-de-France. Le parquet de Paris a ouvert une enquête en flagrance des chefs d’« évasion en bande organisée » et d’« association de malfaiteurs » confiée à la direction centrale de la police judiciaire. La police judiciaire de Versailles et l’office central de lutte contre la criminalité organisée ont été saisis. La sécurité publique, les compagnies de CRS et de gendarmerie, la police aux frontières et les aéroports sont également en alerte.
Lors d’un point presse à la prison de Réau, dimanche, en fin de journée, la ministre de la justice, Nicole Belloubet, a expliqué que les services de l’établissement avaient aperçu « il y a quelques mois » des drones survolant la prison, ce qui aurait pu permettre de préparer cette opération. « C’était une évasion hors normes qui a nécessité un commando bien préparé, a-t-elle déclaré. C’est indiscutablement quelque chose d’extraordinaire. » La ministre a cependant annoncé qu’une mission d’inspection avait été diligentée sur d’éventuelles défaillances des procédures de sécurité.
Absence de filet antiaérien dans une cour
La sécurisation de la cour d’honneur de la prison était-elle suffisante ? Le secrétaire FO de l’établissement affirme que son syndicat « avait déjà dénoncé le fait qu’il n’y ait pas de filet antiaérien à cet endroit-là », mais que la direction n’avait pas pris ces remarques « en considération ».
Ouverte en octobre 2011, la prison de Réau, qui compte plus de 600 détenus pour près de 250 surveillants, a déjà fait dans sa courte histoire l’objet d’une mission d’inspection. C’était en 2013, après une tentative d’évasion de Smaïn Aït Ali Belkacem, l’artificier de la vague des attentats de 1995 à Paris. Avec un codétenu, il avait tenté de faire exploser une porte de la cour de sport de la prison, en vain. Piégés dans la cour, les deux hommes avaient dû se résoudre à attendre l’arrivée des forces d’intervention.
L’administration pénitentiaire avait aussitôt diligenté un rapport d’inspection qui avait décrit le laxisme qui régnait alors dans l’établissement. Il concluait notamment à « de nombreux manquements professionnels » et à une « mise en œuvre défaillante des règles élémentaires de sécurité ». Une série de recommandations avaient été faites, portant par exemple sur une réorganisation du fonctionnement du quartier dit « maison centrale », qui jouxte les parloirs. Celles-ci ont-elles été prises en compte ? Sollicitée par Le Monde, l’administration pénitentiaire n’était pas en mesure de répondre à cette question, dimanche soir.
Une précédente évasion en 2013
Si des failles de sécurité sont détectées à l’issue de ce nouveau rapport, la question se posera de savoir pourquoi Redoine Faïd était incarcéré dans cet établissement. Le braqueur n’en est en effet pas à sa première évasion. En avril 2013, il s’était enfui de la prison de Lille-Sequedin (Nord) en profitant, déjà, d’une visite au parloir d’un de ses frères. En arrivant à la salle de fouille, il avait sorti un pistolet et lancé aux gardiens : « Vous n’allez pas vous faire tuer pour 1 500 euros par mois ! » Avant de faire sauter plusieurs portes de l’établissement à l’explosif… Arrêté après un mois et demi de cavale, il a été condamné en mars 2017 pour cette évasion à dix ans de réclusion criminelle.
Plus récemment, un autre projet d’évasion de Redoine Faïd a été mis au jour dans le cadre d’une enquête sur la criminalité organisée corse. Comme l’avait révélé L’Obs, un homme qui gravitait dans l’entourage de Jacques Mariani, fils de l’un des membres fondateurs du gang de la Brise de mer, a précisé aux policiers les tractations autour d’un possible retour à la liberté du braqueur.
Cet homme qui, comme l’avait révélé Le Monde, dispose du statut de repenti, a expliqué que l’un des frères de Redoine Faïd serait entré en contact avec Jacques Mariani afin de mettre sur pied l’évasion. Alors incarcéré à Fresnes, Redoine Faïd avait émis le souhait de se procurer des armes et des explosifs. En échange, il aurait promis à Jacques Mariani de l’aider dans la lutte sanglante qui l’oppose à un autre clan corse. Ce projet, envisagé au printemps 2017, ne s’était toutefois pas concrétisé.

        Lire aussi :
         

                Un nouveau repenti témoigne sur la mafia corse



« L’écrivain »
Redoine Faïd est une figure très médiatique du banditisme. Fils d’un ouvrier d’origine algérienne, il a débuté sa carrière à l’adolescence dans la cité du Plateau de Creil, dans l’Oise, avant de se spécialiser dans les braquages de fourgons transporteurs de fonds. Influencé, de son propre aveu, par des films comme Heat, de Michael Mann, il a peu à peu gravi les échelons du grand banditisme pour finir par conter ses exploits dans un livre en 2010, Braqueur. Des cités au grand banditisme (éditions La Manufacture de livres).
Surnommé « l’écrivain » dans les rangs de la police, Redoine Faïd fait alors la tournée des plateaux de télévision en chemise blanche, assurant à son auditoire sous le charme avoir « tourné la page ». Il sera rapidement rattrapé par son premier métier. La justice le considère comme le « cerveau » du braquage avorté qui a entraîné la mort d’Aurélie Fouquet, une policière municipale de 26 ans, mitraillée à l’issue d’une course folle sur l’autoroute le 20 mai 2010 dans le Val-de-Marne. Il a été condamné en appel en avril à vingt-cinq ans de réclusion pour avoir organisé ce braquage meurtrier.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/02/10-7">
<filnamedate="20180702"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180702"><AAMMJJHH="2018070210">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Simone Veil et son mari, Antoine, sont entrés au Panthéon, dimanche, au terme d’une émouvante cérémonie.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

L’hommage de la nation à Simone Veil, cinquième femme à entrer au Panthéon

Simone Veil et son mari, Antoine, sont entrés au Panthéon, dimanche, au terme d’une émouvante cérémonie.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 12h49
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 08h49
    |

                            Simon Auffret








                        



A trois reprises, le cortège s’est arrêté, avant de reprendre sa route. Portés par des membres de la garde républicaine, les cercueils de Simone et Antoine Veil ont remonté, sous un soleil de plomb, la rue Soufflot en direction du Panthéon, où le couple est entré, dimanche 1er juillet.
Trois arrêts pour rendre hommage aux trois grands combats menés par Simone Veil, cinquième femme à figurer sur la liste des grands hommes : celui pour les droits des femmes, marqué par l’adoption de la loi autorisant l’interruption volontaire de grossesse, en 1974 ; celui pour l’Europe, dont elle a été la première femme à prendre la présidence du Parlement, en 1979 ; celui pour la mémoire de la déportation, dont elle est rescapée – elle a toujours refusé, jusqu’à sa mort, le 5 juillet 2017, d’être uniquement présentée comme telle.

   


Le convoi est parti à 10 h 30 dimanche du mémorial de la Shoah, avant de s’arrêter sur la place Edmond-Rostand, au pied de la rue Soufflot, recouverte d’un tapis bleu, couleur de la paix et de l’Europe, voulu par Emmanuel Macron. Les cercueils ont ensuite remonté la rue, sous les applaudissements nourris d’une foule diverse, constituée de familles, de personnes âgées mais surtout de spectateurs plus jeunes, venus nombreux dès 9 heures dimanche matin.
A l’arrivée sur la place du Panthéon, autour de 11 h 30, 92 choristes ont entonné Le Chant des marais », avant de laisser place au président de la République. « La décision de faire entrer Simone Veil au Panthéon ne fut pas seulement la mienne ni celle de sa famille, mais celle de tous les Français », lance Emmanuel Macron dès le début de son allocution.
« Elle qui avait vécu l’indicible expérience de la sauvagerie et de l’arbitraire savait que seuls le dialogue et la concorde entre les peuples empêcheraient qu’Auschwitz ne renaisse sur les cendres froides de ses victimes, a déclaré le président devant 1 000 personnalités ou proches du couple invités, et plusieurs centaines d’anonymes, appuyées le long des barrières de la rue Soufflot et devant des écrans géants disposés dans les jardins du Luxembourg. Lorsqu’elle décide de témoigner, c’est d’abord pour rendre hommage aux justes de France. Pour rappeler le courage inouï des familles françaises qui, au péril de leur vie, avaient caché des enfants juifs », ajoute-t-il.

Recouverts du drapeau français, les cercueils sont ensuite entrés par le portail monumental du Panthéon en présence du président de la République et de son épouse Brigitte, des deux fils encore vivants du couple Veil et de leurs descendants.

Jean Veil, l'aîné des trois fils de Simone qui porte le prénom du jeune frère de Simone, déporté avec son pere dans… https://t.co/MuqwJjK2RI— AnnickCojean (@cojean annick)


require(["twitter/widgets"]);

Dans la foule, un grand silence a laissé place au solo de la violoncelliste Sonia Wieder-Atherton, interprétant la suite numéro 5 de Jean Sébastien Bach.
« Je suis très touchée »
Malgré la chaleur – pompiers et policiers ont évacué plusieurs personnes, victimes de malaises pendant la cérémonie – les Parisiens sont venus nombreux pour rendre un dernier hommage à l’une des personnalités préférées des Français.
« La loi sur l’IVG, son engagement européen, sa capacité à transformer le drame de la seconde guerre mondiale en courage politique », retient notamment Jack, retraité, des engagements de l’ancienne ministre de la santé. Il ira voir « sans faute » le cercueil de Simone Veil dans la nef du Panthéon, ouverte au public jusqu’au lundi 2 juillet. « Mes arrière-grands-parents ne sont pas revenus de la déportation, comme plusieurs de mes cousins. Mais, comme Simone Veil, les membres de ma famille qui ont survécu ont œuvré à la réconciliation avec l’Allemagne », ajoute-t-il.
Venue seule rendre hommage à « une femme courageuse, droite et forte », Françoise ne voulait pas « voir tout à la télé mais le partager avec tout le monde. Elle le mérite tellement », ajoute-t-elle, émue. « Je retiens surtout de Simone Veil son engagement pour les femmes. L’IVG oui, mais plus particulièrement son exemple, qui montre que les femmes peuvent travailler et devenir indépendantes », affirme cette quadragénaire, qui s’est « levée tôt » dimanche matin pour venir à l’hommage depuis la banlieue parisienne.
Josette, entrée au ministère de la santé en 1978 sous la direction de Simone Veil, se souvient surtout d’une femme « profondément humaine » : « Il y en a eu, des bons ministres, mais je suis partie il y a deux ans et son passage laisse encore quelque chose de très particulier. » Au premier rang pendant toute la cérémonie, elle, qui est née après la guerre, salue aussi le courage de la mémoire symbolisé par Simone Veil : « Je suis très touchée. J’ai milité pour la reconstruction européenne qu’elle a engagée. C’était très important pour moi d’être là aujourd’hui », raconte-t-elle.
Les corps d’Antoine et Simone Veil seront inhumés dans le sixième caveau du Panthéon, lundi 2 juillet, lors d’une cérémonie privée. Ils reposeront aux côtés de Jean Moulin, André Malraux, René Cassin et Jean Monnet.

Simone Veil au Panthéon : notre sélection d’articles
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr sur l’entrée au Panthéon de Simone Veil :
Le déroulé de la cérémonie officielle, remplie de références à la construction européenne.Analyse : pourquoi cette cérémonie, voulue par Emmanuel Macron, est une mise en scène des engagements dont le chef de l’Etat se veut un porteurAnalyse : « la panthéonisation de Simone Veil est une exception »Témoignages : « Maman ne nous appartiendra plus », constatent ses filsDans les rues, les affiches « Merci Simone » fleurissent depuis quelques mois, « parce qu’on doit tous beaucoup » à Simone VeilArchives : « Un peuple, pour vivre, doit toujours pouvoir connaître son passé, le juger, l’assumer », confiait Simon Veil au Monde dans un entretien de 1983 que nous republionsMême si elle œuvrait pour l’égalité homme-femme, Simone Veil refusait l’étiquette féministe, assimilé dans les années 70 au MLF et à l’extrême-gaucheTribune : « N’oublions pas certains combats de Simone Veil »Quand Simone Veil raconte la loi sur l’avortement





                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/02/10-8">
<filnamedate="20180702"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180702"><AAMMJJHH="2018070210">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ En 1999, « Le Monde » revenait sur l’adoption, vingt-cinq ans plus tôt, de la loi autorisant les avortements. Et sur le combat de Simone Veil, ministre de la santé qui, des jours durant, résista à ceux qui affirmaient : « L’avortement, c’est la mort. » Nous republions cet article à l’occasion de son entrée au Panthéon, dimanche 1er juillet.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Loi sur l’interruption volontaire de grossesse : la solitude de Simone Veil

En 1999, « Le Monde » revenait sur l’adoption, vingt-cinq ans plus tôt, de la loi autorisant les avortements. Et sur le combat de Simone Veil, ministre de la santé qui, des jours durant, résista à ceux qui affirmaient : « L’avortement, c’est la mort. » Nous republions cet article à l’occasion de son entrée au Panthéon, dimanche 1er juillet.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 11h54
    |

Jean-Yves Nau







                        



                                


                            

En se dirigeant, le mardi 26 novembre 1974, vers l’Assemblée nationale, mesure-t-elle l’ampleur de la tâche qui l’attend, la portée de la décision qu’elle va défendre ? Sait-elle que dans quelques jours son nom sera associé à l’une des lois qui auront le plus contribué à l’évolution de la société française au XXe siècle ? Simone Veil n’est ministre de la santé que depuis un semestre et les hasards de la politique et des choix gouvernementaux l’ont placée en première ligne pour défendre le projet de loi sur l’interruption volontaire de grossesse auquel on dit le président de la République, Valéry Giscard d’Estaing, extrêmement attaché, alors même que Jacques Chirac, le premier ministre, ne cache ni ses inquiétudes ni ses réticences.

La femme qui monte ce jour-là à la tribune du Palais-Bourbon n’est encore guère connue du grand public. Seules les lectrices de Marie Claire ont appris à la connaître lorsque, en février 1973, le magazine a rendu hommage à son travail de secrétaire du Conseil supérieur de la magistrature, la désignant comme le premier ministre idéal dans le gouvernement entièrement féminin auquel il arrive aux femmes de rêver. Depuis peu, toutefois, les concurrents de Marie Claire commencent à s’intéresser à elle, multipliant entretiens et portraits. Et, il y a quelques jours, consciente de l’épreuve qui l’attendait, elle a accepté une première intervention télévisée.
« Un débat serein » devant les journalistes
Devant les caméras d’« Actuel 2 », l’émission-débat de la deuxième chaîne animée par Jean-Pierre Elkabbach, où la règle du jeu veut que les invités fassent face en direct à un groupe de journalistes, la ministre de la santé impose sa présence, réussissant sans mal son examen de passage. « Un débat serein », résumeront le lendemain plusieurs observateurs. Dans L’Express, Michèle Cotta et Catherine Nay révèlent que celle qui est apparue « vêtue de rouge, calme et convaincue,...




                        

                        


<article-nb="2018/07/02/10-9">
<filnamedate="20180702"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180702"><AAMMJJHH="2018070210">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ L’ancienne ministre morte en 2017, déportée pendant la guerre, fait son entrée au Panthéon dimanche 1er juillet. A cette occasion, « Le Monde » republie un entretien qu’elle nous avait accordé en janvier 1983.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Simone Veil : « Un peuple, pour vivre, doit toujours pouvoir connaître son passé, le juger, l’assumer »

L’ancienne ministre morte en 2017, déportée pendant la guerre, fait son entrée au Panthéon dimanche 1er juillet. A cette occasion, « Le Monde » republie un entretien qu’elle nous avait accordé en janvier 1983.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
01.07.2018 à 10h58
    |

                            Laurent Greilsamer (Propos recueillis par)








                        



                                


                            
En janvier 1983 en France, des associations et des avocats s’intéressent à plusieurs anciens hauts fonctionnaires compromis dans la Collaboration et la déportation de juifs. Le 19 janvier l’ancien préfet de Paris Maurice Papon est inculpé de « crimes contre l’humanité » pour la déportation de juifs entre 1942 et 1944. Quelques jours plus tard, Le Monde (du 23-24 janvier) interroge Simone Veil, ancienne ministre et députée européenne, ancienne déportée dont la famille est morte dans les camps nazis, sur sa position sur les inculpations. A l’occasion de son entrée au Panthéon, dimanche 1er juillet, nous republions l’intégralité de cet entretien.
On assiste actuellement à une sorte de « retour en arrière ». Il y a une vogue des années 1940 : films, documentaires, fac-similés de journaux de l’époque, livres, etc. Comment interprétez-vous ce phénomène ?
Je dirais qu’il est très difficile d’interpréter un phénomène de ce genre car il y a un certain nombre d’éléments mélangés et complexes. Selon les cas, cet intérêt ou cette curiosité sont totalement différents.
Pour certains, c’est au fond un phénomène de mémorisation, d’intérêt pour tout ce qui a constitué une partie de la vie, même si c’est un intérêt pour une période particulièrement sombre. On s’aperçoit que, même quand les gens ont vécu des périodes difficiles, ils n’éprouvent pas toujours des sentiments désagréables à les évoquer. Au contraire. Il y a une espèce de distance qui a été prise, et on est soulagé. Je le constate, par exemple, par rapport à la déportation : les déportés qui se retrouvent ne parlent que de ça, et ils en parlent sur un ton insupportable pour les autres car il est fait d’humour grinçant, même de plaisanteries, que les gens n’arrivent pas à comprendre. Regarder un passé difficile, ce n’est pas forcément pour se replonger dans la mélancolie mais essayer de retrouver une ambiance et de voir ce qui s’est passé depuis.

La seconde raison,...




                        

                        


<article-nb="2018/07/02/10-10">
<filnamedate="20180702"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180702"><AAMMJJHH="2018070210">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ A partir de dimanche, la vitesse est limitée à 80 km/h sur les routes sans séparateur central. Dans le département, 8 561 km de voies sont concernés.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Limitation à 80 km/h : en Ille-et-Vilaine, une transition sans accroc

A partir de dimanche, la vitesse est limitée à 80 km/h sur les routes sans séparateur central. Dans le département, 8 561 km de voies sont concernés.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 09h14
 • Mis à jour le
01.07.2018 à 13h15
    |

                            Nicolas Legendre (Rennes, correspondance)








                        



   


Il a suffi de quelques tours de clé pour entériner un changement d’époque. En une poignée de secondes, jeudi 29 juin, au bord de la départementale 62, entre Montfort-sur-Meu et Bréal-sous-Montfort, un agent du conseil départemental d’Ille-et-Vilaine a désolidarisé un panneau « 90 » du poteau qui le soutenait, puis l’a remplacé par un équivalent orné du chiffre « 80 ». Sur le moment, la simplicité de l’opération contrastait singulièrement avec l’intensité des débats soulevés, depuis janvier, par la décision gouvernementale d’abaisser la vitesse maximale autorisée de 90 km/h à 80 km/h sur certains axes. Elle témoignait d’une tendance nationale : jusqu’à présent, la transition, pour les services de l’Etat, s’est effectuée sans accroc majeur.
« Quand on a fait le recensement, on s’est aperçus qu’il y avait très peu de panneaux à changer, confie Agnès Chavanon, directrice de cabinet du préfet de Bretagne. Nous-mêmes, on a été surpris. » L’Ille-et-Vilaine ne totalise ainsi « que » 80 unités à remplacer, alors que le département figure parmi les cinq territoires français comptant le plus de kilomètres de voies bidirectionnelles sans séparateur central – les routes concernées par le décret publié mi-juin au Journal officiel. Soit 8 561 km de voies désormais limitées à 80 km/h, contre 10 971 km en Dordogne (département le plus concerné) et zéro à Paris (secteur le moins affecté). La relative faiblesse du nombre de panneaux à remplacer – 20 000 à l’échelle nationale – s’explique simplement : « Comme le 90 était la règle, il n’y avait pas systématiquement, sur chaque route concernée, de panneaux rappelant cette règle », détaille Mme Chavanon.

        Lire :
         

          A quoi ressemble la France des 80 km/h ?



Supervisée localement par la préfecture d’Ille-et-Vilaine, la transition a incombé, dans les faits, au conseil départemental, gestionnaire de la majorité des axes en question. Ce dernier était chargé de commander les nouveaux équipements, puis d’organiser leur installation, prévue en deux temps. Après leur mise en place jeudi 28 et vendredi 29 juin, les panneaux ont été temporairement bâchés. Ils doivent être découverts, lundi 2 juillet, lendemain de l’entrée en vigueur de la mesure, par les agents du conseil départemental. Coût total des opérations : « 11 000 € », matériel et main-d’œuvre compris, selon André Lefeuvre, vice-président (PRG) du conseil départemental d’Ille-et-Vilaine. L’intégralité de la somme doit être remboursée par l’Etat « dans les prochains mois ».

   


« On ne peut pas être insensibles à l’appel du gouvernement. »
Jeudi 28 juin, peu avant la pose, devant les journalistes, du panneau « 80 » sur la départementale 62, M. Lefeuvre confiait son assentiment à propos de la mesure gouvernementale. A l’image de la majorité de gauche dont il fait partie, et contrairement à certains de ses homologues de l’Hexagone, il n’a jamais exprimé de désaccord public à ce sujet, ni menacé de ne pas appliquer le décret. Il reconnaît qu’il aurait « aimé que la limitation soit adaptée en fonction de la configuration des routes, plutôt que généralisée », mais ajoute : « On a, en Ille-et-Vilaine, le souci de la sécurité routière. On ne peut pas être insensibles à l’appel du gouvernement. » L’élu fait référence à la possibilité (contestée par les détracteurs de la nouvelle réglementation) de sauver « entre 300 et 400 vies par an » grâce à l’abaissement de la vitesse. Or, le département connaît, à l’instar du pays dans son ensemble, un certain relâchement de la vigilance des automobilistes. Entre 2014 et 2017, le nombre annuel de tués sur les routes d’Ille-et-Vilaine a presque doublé, passant de 28 à 54. La vitesse était en cause dans environ 25 % des cas. « On sait que, quand on baisse la limitation de vitesse, on baisse le nombre de tués », estime M. Lefeuvre.
Mikaël Chouih ne partage pas ce point de vue. Membre du conseil d’administration de l’antenne locale de la Fédération française des motards en colère, il considère que la mesure du gouvernement « détourne l’attention des vraies causes » de l’insécurité routière. « On n’est pas dupes, ajoute-t-il. Tout le monde sait que l’abaissement de la vitesse est un moyen pour l’Etat de se faire de l’argent ! » Avec les membres de son association (entre 100 et 150 personnes en Ille-et-Vilaine), M. Chouih a mené plusieurs actions « anti-80 km/h » depuis le début de l’année. Il devait se rendre, samedi 30 juin, au rassemblement national prévu devant le château de Vincennes (Val-de-Marne), organisé par des associations d’automobilistes.

        Sur la manifestation de samedi :
         

          Limitation de vitesse à 80 km/h : des motards manifestent leur colère à Paris



« On n’est pas résignés », assure le motard, même s’il reconnaît que les usagers de la route ne se sont, jusqu’à présent, « pas mobilisés plus que ça » contre l’abaissement de la limitation. « La meilleure chose à faire, c’est de laisser les amendes pleuvoir et faire leur effet », conclut-il.

   


Radars programmés
La « pluie » pourrait commencer à tomber très prochainement. En Ille-et-Vilaine, les 25 radars fixes disposés sur les routes concernées par le décret doivent être paramétrés automatiquement pour flasher, dès le 1er juillet, les automobilistes roulant à plus de 80 km/h. Les forces de l’ordre, quant à elles, ne verbaliseront pas avant septembre. « En juillet et août, pour les dépassements de moins de 20 km/h, il y aura des alternatives aux poursuites, explique Hubert Courville, commandant de l’escadron départemental de sécurité routière d’Ille-et-Vilaine. Les automobilistes interceptés auront droit à des explications sur la réglementation. Nous leur remettrons un flyer et les laisserons repartir. » Une première opération de ce genre doit avoir lieu, dès dimanche 1er juillet, dans la campagne haute-bretonne.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/02/10-11">
<filnamedate="20180702"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180702"><AAMMJJHH="2018070210">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Votée fin mai par le Parlement suédois, cette loi requiert que le consentement entre adulte soit explicite afin de lutter contre les agressions sexuelles et les viols.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Suède : la loi renforçant le rôle du consentement dans les rapports sexuels entre en vigueur

Votée fin mai par le Parlement suédois, cette loi requiert que le consentement entre adulte soit explicite afin de lutter contre les agressions sexuelles et les viols.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 07h47
 • Mis à jour le
01.07.2018 à 08h53
   





                        


Une loi sur le consentement sexuel, qui considère comme viol tout acte sexuel sans accord explicite, même en l’absence de menace ou de violence, entre en vigueur dimanche en Suède après que le pays a été bouleversé par la campagne #MeToo. Le texte, voté fin mai par le Parlement, prévoit désormais qu’une personne est coupable de viol dès qu’elle a accompli un acte sexuel avec une autre qui n’y a pas participé « librement ».
Auparavant, on ne parlait juridiquement de viol que si l’acte sexuel était accompagné de violence ou était accompli sous la menace. « Il n’y a absolument aucune exigence de dire oui formellement, de cliquer sur un bouton dans une appli ou quoique ce soit de cet acabit. Simplement participer physiquement est un signe de consentement », rappelle à l’agence locale TT Anna Hannell, juge qui a participé à l’élaboration de la loi.
Les tribunaux devront être particulièrement attentifs à ce que « le consentement se soit exprimé par les mots, les gestes ou d’une autre manière », autant d’éléments sur lesquels les juges devront statuer.

        Lire aussi :
         

                La Suède veut renforcer la législation contre le viol « par négligence »



Les avocats critiquent une mise en pratique difficile
Portée par la majorité sociale-démocrate et verte, la loi adoptée fin mai est très critiquée par l’ordre des avocats et le Conseil des lois qui s’interrogent sur sa mise en pratique. Pour cet organe qui émet un avis sur la régularité juridique des propositions de loi, la nouvelle législation va obliger à une évaluation arbitraire par la cour de l’existence ou non d’un consentement.
L’objectif du législateur est de changer les comportements dans un pays où l’égalité hommes-femmes est considérée comme parmi les plus abouties dans le monde. La campagne #MeToo visant à dénoncer des agressions sexuelles, déclenchée par une succession d’accusations contre le magnat de Hollywood Harvey Weinstein, a bouleversé toutes les strates de la société suédoise.
« #MeToo change les comportements et les gens comprennent à quel point la violence sexuelle est répandue », assure Ida Östensson, qui a créé la fondation Make Equal qui milite pour cette nouvelle loi depuis 2013. Selon elle, les mentalités ont déjà commencé à évoluer mais il est nécessaire d’avoir « enfin une législation qui protège l’intégrité physique et sexuelle ».
A l’automne, en Suède, plus de 10 000 femmes de tous milieux professionnels - notamment dans le bâtiment, la culture, les médias et la justice - ont pris la parole et fait campagne contre le harcèlement. « A mon avis, c’est important que la société énonce clairement ce qui est ok ou pas », estime Erik Moberg, un trentenaire suédois. « Ça donne à réfléchir sur son propre comportement et celui des autres ».
Les statistiques les plus récentes montrent qu’en 2017, plus de 7 000 plaintes pour viol ont été déposées en Suède, une hausse de 10 % par rapport à l’année précédente. Un viol est passible de six ans de prison. La peine maximale est de dix ans d’emprisonnement si la victime est mineure.

        Lire aussi :
         

                Violences sexuelles : pourquoi un tel décalage entre nombre de victimes et condamnations ?






                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/02/10-12">
<filnamedate="20180702"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180702"><AAMMJJHH="2018070210">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Comme lors de la manifestation du 1er mai, où des manifestants ne se reconnaissant pas dans les syndicats s’étaient regroupés à part, les participants du cortège de tête dénonçaient l’organisation de la gay pride 2018.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ 
<article-nb="2018/07/02/10-13">
<filnamedate="20180702"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180702"><AAMMJJHH="2018070210">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Plusieurs centaines de personnes ont dénoncé, samedi, le racisme dont sont victimes les LGBT issus des minorités, la dépolitisation de la Gay Pride ou la présence de marques voulant améliorer leur image.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 30/06/2018
Découvrir l’application


                        

A Paris, un cortège de tête animé veut repolitiser la Marche des fiertés

Plusieurs centaines de personnes ont dénoncé, samedi, le racisme dont sont victimes les LGBT issus des minorités, la dépolitisation de la Gay Pride ou la présence de marques voulant améliorer leur image.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 22h34
 • Mis à jour le
01.07.2018 à 15h43
    |

            Pierre Bouvier








                        



   


Ils étaient plusieurs centaines, membres de plusieurs associations, à s’être placés devant le défilé officiel de la Marche des fiertés 2018 (Gay Pride), entre la place de la Concorde et celle de la République, samedi 30 juin. Line, Florence ou Olivia, Jonas ou Camille, tous participaient cortège de tête à l’appel d’un collectif rassemblé autour du mot d’ordre « Stop au Pink Washing ». Bien décidés à faire entendre une autre musique que celle proposée par les organisateurs : « Les discriminations au tapis, dans le sport comme dans nos vies ! »

        Lire aussi :
         

                A Paris, une marche des fiertés contre « l’homophobie banalisée »



Comme lors de la manifestation du 1er mai, où un cortège ne se reconnaissant pas dans les slogans officiels des syndicats s’était formé, les participants dénonçaient l’organisation de la Pride 2018. Dans son appel à manifester, le collectif rappelait ses buts : « Lutter contre les multiples politiques homonationalistes et racistes, dont le discours officiel de la Marche des fiertés se fait le relais. »
« Ah, donc vous voyez les couleurs ? »
Un groupe de quelques dizaines de personnes « queer et trans racisées [personnes victimes du racisme systémique] et en non-mixité » ouvrait ce cortège. « Notre initiative est venue du fait que le racisme n’est pas abordé, la Pride porte un message raciste », explique Jonas. Tous brandissent des panneaux sur lesquels sont écrits : « Passages piétons aux couleurs arc-en-ciel. Ah, donc vous voyez les couleurs ? » ou « Drapeaux arc-en-ciel dans vos rues, profilage racial dans nos rues ». Jonas en veut pour preuve la présence du Flag [l’association de policiers et gendarmes LGBT]. Et il assène : « On est la partie précarisée de la communauté LGBT. »
Florence (le prénom a été changé à sa demande), du collectif Irrécupérables, affirme que « l’action d’aujourd’hui est historique : à Paris comme en province, on a pris la tête de cortège. On refuse le discours de la ville qui se dit progressiste et récupère nos luttes ». Elle dénonce le mot d’ordre de l’interLGBT : les Gay Games et au-delà, les Jeux olympiques de 2024. Pour elle, « l’homophobie dans le sport n’est pas une question vitale ».

        Lire l’entretien :
         

          « Les lesbiennes ne se retrouvent pas nécessairement dans les discours de nombreuses associations LGBT »



Camille L., membre du CLAQ (Comité de libération et d’autonomie queer, collectif féministe trans-pédé-bi-gouine insurrectionnel qui a pour objectif de combattre toutes les oppressions) explique la présence de son groupe par le besoin de prendre position contre le rétrécissement des politiques, pour dénoncer, comme en 2017, la présence de La République en marche dans le défilé. « On parle de PMA [procréation médicale assistée], de droits des trans mais les organisateurs de la Pride ne veulent pas rentrer dans un rapport de force contre le gouvernement ». Il dénonce la tentative de récupération du mouvement par la majorité, avec l’Assemblée nationale pavoisée aux couleurs arc-en-ciel.
« Les lesbiennes qui portent le foulard : qui en parle ? »
A propos du cortège mené par les « LGBT racisé.e.s », Florence (Les Irrécupérables) affirme que ce sont eux qui sont invisibles : « Elles et ils ont pris la tête de cortège parce que personne ne leur donne la parole : ils l’ont prise et on les soutient. » Elle affirme que la forme absolue de l’homophobie consiste à dire qu’il n’y a pas de LGBT noirs, musulmans ou arabes :
« Elles et eux subissent l’homophobie et le racisme, vivent deux discriminations. Moi, lesbienne, et blanche, je peux trouver un travail. C’est plus dur quand on vit le racisme systémique et qu’en plus on est lesbienne. Les lesbiennes musulmanes : qui en parle ? On ne veut pas les voir, pourtant, elles existent et subissent de nombreuses discriminations. »
Olivia, de l’association FièrEs revient sur les raisons de cette action destinée à dénoncer la dépolitisation de la Marche des fiertés, la présence de marques comme Tinder ou Mastercard, et le « pinkwashing dont se rend complice l’interLGBT », dénonçant elle aussi le mot d’ordre des Gay Games, sans revendiquer la PMA, sans slogans contre le sida. On veut rendre « la Pride antiraciste, anticapitaliste, féministe, on veut lui rendre sa dimension politique ».

Le cortège de tête dénonce le pinkwashing : « On veut rendre la pride antiracsite/anticapitaliste/ féministe/ on ve… https://t.co/IDnLLzmcqn— pibzedog (@Pierre Bouvier)


require(["twitter/widgets"]);

Au niveau de la statue de Jeanne d’Arc, place des Pyramides, le cortège de tête s’est arrêté et a fait face au cortège officiel, lui lançant des slogans tels que « Pas de pinkwashing dans nos fiertés », provoquant une certaine incompréhension des participants venus pour l’ambiance festive du reste de la Marche de fiertés. La halte s’est prolongée quelques instants : un incident s’est produit lorsqu’un participant a collé un autocollant sur la statue et a été brièvement interpellé.
Quelques minutes plus tard, une partie du cortège s’est éclipsée pour aller assister aux débuts du match entre les Bleus et l’équipe d’Argentine. Pendant ce temps, le défilé continuait, rejoignant la place de la République, en remontant la rue de Rivoli, le boulevard de Sébastopol puis le boulevard Saint-Martin.
         data-ui="carousel"
         data-module="portfolio"
         data-wrapper=".gallery"
         data-interval="false"
         data-is-atom
         tabindex="10"
>


                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Les participantes et les participants au cortège de tête de la marche des fierté répondaient à l’appel « Stop au Pinkwashing » lancé sur Facebook. Rendez-vous était donné rue St Florentin, à proximité du la place de la Concorde."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Un groupe de quelques dizaines de personnes « queer et trans racisées [personnes victimes du racisme systémique] et en non-mixité » ouvrait ce cortège. Ils ont refusé d’être photographiés, pour ne pas être « outé » contre leur gré. « On est la partie précarisée de la communauté LGBT », rappelle un de leurs porte-parole."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Des participantes au cortèges de tête porteuses du drapeau arc-en-ciel."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Camille L., membre du CLAQ dénonce la tentative de récupération du mouvement LGBT par la majorité, avec l’Assemblée nationale pavoisée aux couleurs arc-en-ciel."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Les membres du cortège de tête entendaient dénoncer le racisme et refusaient la présence « d’initiateurs de la loi Asile/Immigration qui met notamment en danger  Moussa Camara, militant à AIDES, menacé d’être expulsé vers la Guinée »."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Les participants dénoncent la présence de grandes entreprises alors qu’AIDES ou Act Up Paris, associations historiques dans la lutte contre le sida, sont aux dernières places de la marche des fiertés."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Aux abords du cortèges du tête, un participant aux couleurs de la gay pride."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Les organisateurs du cortège de tête veulent rendre à la pride son côté politique, revendiquer la PMA, plus importante à leurs yeux que les Gay Games."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Place des Pyramides, le cortège de tête s’est arrêté, et a fait face au cortège officiel, lui lançant des slogans tels que « Pas de pinkwashing dans nos fiertés »."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Pour Florence, du collectif des Irrécupérables, la prise de la tête de cortège à Paris et en province est historique : « On refuse le discours de la ville de Paris qui se dit progressiste et récupère nos luttes. »"
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Lorsque le match entre l’équipe de France et celles d’Argentine commença, une partie du public s’eclipsa dans les rues adjancentes, pour se coller devant les écrans des bars."
            data-slide-item-lie=""

        


Précedent

1/11

Suivant







Les participantes et les participants au cortège de tête de la marche des fierté répondaient à l’appel « Stop au Pinkwashing » lancé sur Facebook. Rendez-vous était donné rue St Florentin, à proximité du la place de la Concorde.

Pierre Bouvier - Le Monde
› Accéder au portfolio



require(['lmd/ui/carousel', 'lmd/module/portfolio']);





                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/02/10-14">
<filnamedate="20180702"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180702"><AAMMJJHH="2018070210">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Plusieurs centaines de personnes ont protesté à la veille de l’entrée en vigueur de la mesure voulue par le gouvernement.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Limitation de vitesse à 80 km/h : des motards manifestent leur colère à Paris

Plusieurs centaines de personnes ont protesté à la veille de l’entrée en vigueur de la mesure voulue par le gouvernement.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 17h09
 • Mis à jour le
02.07.2018 à 07h03
   





                        



   


Quelques centaines de motards ont manifesté leur « colère » à Paris samedi 30 juin dans l’après-midi, à la veille de l’entrée en vigueur de la limitation à 80 km/h sur les routes secondaires.
Réunis devant le château de Vincennes, ils sont partis en cortège un peu après 15 heures, pour une « traversée de Paris », en direction de la tour Eiffel, a indiqué la Fédération française des motards en colère (FFMC), l’une des organisations qui avaient appelé à manifester.
« Non à la sécurité rentière », « Etat bandit », « Halte au racket Manu », « Edouard aux besoins d’argent », pouvait-on lire sur des pancartes accrochées aux motos. Des messages adressés au président Emmanuel Macron et au premier ministre Edouard Philippe alors que la limitation de vitesse passera dimanche de 90 km/h à 80 km/h sur 400 000 kilomètres de routes à double sens sans séparateur central.

        Lire le reportage :
         

          Limitation de vitesse à 80 km/h : « De toute façon, ici, tout le monde roule à 100 »



Ils étaient nombreux samedi à être venus de régions rurales où se situent la plupart des routes concernées. « En campagne, on a beaucoup de lignes droites, on ne peut pas faire du 80 km/h », a estimé Isabelle, 55 ans, qui assure avoir déjà fait « toutes les manifs en Bretagne » avec son mari pour protester. « C’est un réel danger de rouler à la même vitesse que les poids lourds », a ajouté Philippe, un autre Breton.
« Un racket monstrueux »
« C’est juste un racket monstrueux, ils ne savent plus quoi faire pour trouver du fric. Ça va faire chier le monde, ça va créer des embouteillages et des accidents. C’est complètement absurde », a protesté Gilles, 59 ans.
« Ces mesures visent à trouver de l’argent, pas à assurer la sécurité des usagers de la route », a dénoncé pour sa part Alain Quemener, l’un des responsables de la FFMC, qui demande, comme beaucoup de motards présents, que l’Etat investisse plutôt dans l’installation de doubles glissières le long des routes, pour éviter que les motards ne soient « décapités, amputés », ou dans la réparation des voies abîmées.
La mesure n’a pas pour objectif d’« emmerder le monde » avait rappelé vendredi Edouard Philippe, en reconnaissant son impopularité. Les autorités estiment qu’elle pourrait sauver jusqu’à 400 vies par an, et permettre d’inverser la courbe de la mortalité routière qui, après avoir atteint un plus bas historique en 2013 (3 427 morts, métropole et outre-mer confondus), est repartie à la hausse les trois années suivantes. En 2017, 3 684 personnes ont perdu la vie sur les routes.

        Lire aussi :
         

                80 km/h sur les routes à double sens, histoire d’une décision impopulaire






                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/02/10-15">
<filnamedate="20180702"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180702"><AAMMJJHH="2018070210">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Cette année, quatre-vingt-sept chars représentant autant d’organisations différentes ont pris le départ de la marche.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

A Paris, une marche des fiertés contre « l’homophobie banalisée »

Cette année, quatre-vingt-sept chars représentant autant d’organisations différentes ont pris le départ de la marche.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 13h24
 • Mis à jour le
01.07.2018 à 00h02
   





                        



   


Plusieurs centaines de milliers de personnes défilent, samedi 30 juin, dans les rues de la capitale pour l’égalité des droits et contre les discriminations dans une ambiance festive. L’édition 2018 de cette marche des fiertés, organisée depuis plus de dix ans par l’Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans (Inter-LGBT) grâce à 300 bénévoles. « Vous n’avez pas le monopole de la famille », « Fermez le Vatican, Guantanamo mental », « Ni la Terre ni les femmes ne sont des conquêtes », « A genoux jamais plus! » : les pancartes multipliaient les slogans, tandis que les chars remontaient la rue de Rivoli.
Le cortège est parti de la place de la Concorde, face à l’Assemblée nationale, lieu symbolique, à 14 heures et devrait arriver sur la place de la République vers 17 heures. Là, aura lieu le grand podium de fin de marche, de 17 heures à 22 heures, pendant lequel se produiront de nombreux artistes, comme Rebeka Warrior, le collectif gay-queer Gang Bambi, Arnaud Rebotini ou encore Kiddy Smile.

   


Quatre-vingt-sept chars représentant autant d’organisations différentes ont pris le départ de la Marche. Pour la première fois dans l’histoire de l’événement, la Mairie de Paris aura son propre char. L’Inter-LGBT a également décidé, en partenariat avec HandiQueer, d’organiser un char pour les personnes à mobilité réduite. Autre première, un char « gouine/trans », destiné à mieux promouvoir la visibilité des lesbiennes et des transsexuels, défile dans le cortège.
Beaucoup de participants au défilé arborent les couleurs arc-en-ciel : petit drapeau accroché à un sac, dessin sur les joues, couronnes de fleurs, bretelles, jupe de tulle ou vaste morceau d’étoffe dans laquelle les manifestants étaient drapés. « On est ici pour nous amuser, mais il ne faut pas oublier la base : continuer à combattre pour nos droits », déclare David, 20 ans, venu de Toulouse avec deux amis pour le défilé, qui déplore « l’homophobie banalisée ».
Quatre jeunes filles de 15 ans sont venues, pour la première fois, afin de soutenir « une cause qui nous tient à coeur », explique Audrey, qui a aussi déploré les inégalités au sein des homosexuels, entre gays et lesbiennes par exemple. « On parle beaucoup moins des femmes » homosexuelles, selon elle. « Le mariage pour tous, c’était énorme, mais il faut continuer », martèle la jeune fille.
L’édition 2018 sous le signe des discriminations dans le sport
« Les discriminations au tapis, dans le sport comme dans nos vies ! », c’est le slogan de l’édition 2018 de la Marche des fiertés voulu par l’Inter-LGBT, qui regroupe environ 60 associations.
Dans un communiqué, l’association, pour qui « le sport est révélateur de l’état d’esprit de notre société », dit se mobiliser « contre les discriminations et les violences subies par les personnes LGBTQI +, dans les milieux sportifs comme dans le reste de leurs vies ». « Si certains événements sportifs, à l’image des Gay Games qui se tiendront à Paris du 4 au 12 août, s’efforcent de promouvoir la diversité et l’inclusion, force est de constater que beaucoup d’autres se tiennent au mépris des droits humains, à commencer par la Coupe du monde de football en Russie cette année puis au Qatar en 2022 », a-t-elle ajouté.
Par ce slogan, les militants souhaitent dénoncer « les chants homophobes dans les stades », « les traitements et mutilations subis par les athlètes féminines » et « l’impossibilité d’évoquer son homosexualité dans le sport pour ne pas perdre des sponsors », a détaillé la porte-parole de l’Inter-LGBT, Clémence Zamora-Cruz, lors d’une conférence de presse.

        Lire l’entretien :
         

          « Les lesbiennes ne se retrouvent pas nécessairement dans les discours de nombreuses associations LGBT »



L’arc-en-ciel de l’Assemblée nationale dégradé
Alors que l’Assemblée nationale s’était pour la première fois revêtue des couleurs de l’arc-en-ciel à l’occasion de la Marche des fiertés, un individu, se réclamant « militant d’extrême droite et anti-LGBT » a déchiré à mi-hauteur un des deux drapeaux posés sur le palais Bourbon en fin de soirée vendredi. L’auteur a été arrêté rapidement par la garde républicaine assurant la sécurité du Palais-Bourbon, selon la présidence de l’Assemblée nationale.
A la demande du président de l’Assemblée François de Rugy (La République en marche), qui était à l’origine de l’initiative, une plainte va être déposée. Le drapeau arc-en-ciel « est le symbole en général de la lutte contre l’homophobie, de l’égalité des droits », avait-il souligné jeudi, relevant que « c’est un combat qui est souvent passé par l’Assemblée nationale, qui [y] a parfois été d’ailleurs assez agité (…), mais aujourd’hui on voit que ce sont plutôt des sujets qui rassemblent ».
M. de Rugy, issu des rangs écologistes, ainsi que plusieurs députés ont prévu de participer à la Marche des fiertés.

Je l’avais annoncé : l’Assemblée nationale est pavoisée du drapeau arc-en-ciel 🏳️‍🌈, en symbole de notre engagement… https://t.co/ErMUD80Q43— FdeRugy (@François de Rugy)


require(["twitter/widgets"]);

Mardi 26 juin, une autre dégradation homophobe a eu lieu dans le 4e arrondissement de Paris, dans le quartier du Marais. Un tag « LGBT hors de France » est apparu rue des Archives, au milieu d’un croisement où les passages piétons aux couleurs arc-en-ciel ont été repeints en blanc. La Mairie de Paris, qui a saisi le procureur de la République, a immédiatement rétabli les passages piétons, et a annoncé qu’ils seraient pérennisés.

        Lire aussi :
         

                Une Marche des fiertés LGBT pour réclamer la PMA pour toutes






                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/02/10-16">
<filnamedate="20180702"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180702"><AAMMJJHH="2018070210">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ De Fos-sur-mer à Paris, le « groupe des cobayes » a alerté sur les risques sanitaires de la pollution. Ils arrivent samedi 30 juin à Paris après un périple de deux mois et 1 100 kilomètres de marche.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Ils marchent pour la santé et l’environnement

De Fos-sur-mer à Paris, le « groupe des cobayes » a alerté sur les risques sanitaires de la pollution. Ils arrivent samedi 30 juin à Paris après un périple de deux mois et 1 100 kilomètres de marche.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 13h04
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 15h51
    |

            Rémi Barroux








                        



   


Partie de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) le 1er mai, la petite troupe de la Marche des cobayes arrive à Paris samedi 30 juin. Pendant les deux mois de leur périple, qu’ils aient arpenté des terres agricoles polluées ou discuté dans un local associatif, les marcheurs se sont montrés à l’écoute des problèmes sanitaires et environnementaux locaux et toujours prompts à dénoncer les risques que courent les populations.
Chaussures de randonnée gris et mauve bien entamées par 1 100 kilomètres de marche, Marie Ebermeyer, présente depuis le début de l’action, est une victime des effets secondaires de la nouvelle formule du Levothyrox, un médicament destiné à réguler la thyroïde. « J’ai pris du poids, j’étais épuisée et les autorités, la ministre de la santé en tête, nous disaient que c’était un effet psychologique, un effet “nocebo”, témoigne cette jeune retraitée, qui a travaillé quarante ans comme infirmière à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). Le ministère, comme les agences régionales de santé [ARS] ne jouent pas le rôle d’alerte, c’est scandaleux. » Pour elle, il faut faire du préventif, pas seulement du curatif, et créer des pôles de santé environnementale dans les ARS.
Chaque étape de leur longue marche fut l’occasion pour les « cobayes » de dénoncer divers scandales sanitaires : terres agricoles polluées par les pesticides dont le glyphosate, écoles mises en danger par une industrie voisine, diesel, amiante, rejets des incinérateurs, champs électromagnétiques, chlordécone, aluminium dans les vaccins… « Sept millions de personnes meurent chaque année dans le monde à cause de la pollution, 2,5 millions de salariés français sont exposés à des produits cancérogènes, sans compter la malbouffe, le tabac… Nous avons tous les éléments pour vivre dans un environnement sain, nous avons les moyens d’évaluation, de contrôle, des outils réglementaires, mais tout est gangrené par les conflits d’intérêts, les lobbies et le mépris des institutions », dénonce Michèle Rivasi, députée européenne écologiste en grande partie à l’origine de la marche. Mercredi, la députée accompagnait une petite délégation des marcheurs devant le ministère de la santé, à Paris, pour y déposer des dizaines de croix portant les noms de ces scandales sanitaires.

        Lire aussi :
         

                La première campagne de mesure des pesticides dans l’air démarre en France



Refus de « mourir empoisonné »
Naggia (le nom a été modifié) a vu passer la marche à Fos-sur-Mer, et a décidé de la rejoindre. Adepte du shiatsu, elle veut que le bien-être et la santé deviennent des priorités pour les autorités. Comme elle, Patrick Bourque, membre de Stop nucléaire Besançon, marche pour dire son refus d’être un « cobaye des multinationales » et de « mourir empoisonné ».
« Nous voulons un inversement de la charge de la preuve, insiste Michèle Rivasi. Les victimes sont non seulement malades, mais elles font aussi face au déni des autorités. C’est aux industriels, aux laboratoires de démontrer que leurs produits ne causent pas d’effets secondaires, qu’ils ne sont pas dangereux pour la santé. » Après Paris, la troupe se rendra, mardi 3 et mercredi 4 juillet, à la rencontre des institutions et des députés européens à Bruxelles, puis à Strasbourg.

        Lire aussi :
         

                Diabète et obésité : les pesticides pourraient augmenter le risque pour la population






                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/02/10-17">
<filnamedate="20180702"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180702"><AAMMJJHH="2018070210">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Les compagnies aériennes ont trouvé la parade pour ne pas verser d’indemnisation aux passagers en cas de retard.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


SOS Conso : comment prouver que l’on a bien embarqué dans l’avion

Les compagnies aériennes ont trouvé la parade pour ne pas verser d’indemnisation aux passagers en cas de retard.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 11h56
    |

            Rafaële Rivais








                        



                                


                            

Chronique. Les voyageurs qui subiront des retards de vol cet été et qui réclameront l’indemnisation à laquelle ils ont droit risquent de subir des déconvenues. Les compagnies aériennes ont en effet trouvé une parade pour ne pas la verser : elles demandent aux passagers de prouver qu’ils étaient bien à bord de l’avion.
C’est ce qui s’est passé pour Antoine, Diana et Henri M., arrivés de Miami, en Floride, à Paris avec plus de cinq heures de retard, le 26 juillet 2014. Ils réclament à la compagnie française XL Airways une indemnisation de 600 euros par personne en vertu du règlement européen no 261/2004 du 11 février 2004, mais ne l’obtiennent pas.
Ils saisissent alors le tribunal de proximité d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), proche de l’aéroport de Roissy (Val-d’Oise). Ils produisent leurs réservations électroniques ainsi que l’attestation de retard, non nominative, que la compagnie leur a fournie. XL Airways réplique que ces documents ne prouvent pas leur présence dans l’avion et leur réclame leurs cartes d’embarquement. Or ils ne les ont plus. Le tribunal les déboute, le 26 février 2016.
Les M. se pourvoient en cassation. Ils soutiennent que la juridiction de proximité a, non seulement, « inversé la charge de la preuve » en leur demandant de démontrer qu’ils étaient dans l’avion, mais, en outre, exigé « une preuve impossible » puisque « seul le transporteur aérien détient le listing informatique » confirmant l’embarquement du passager. La cour de cassation rejette leur pourvoi, le 14 février, à la surprise générale.
Colère des transporteurs
« Depuis, de nombreuses compagnies nous opposent la même demande », constate Me Benjamin Mairesse, avocat spécialiste du contentieux aérien. Or les cartes d’embarquement papier peuvent être perdues et les cartes électroniques, sur smartphone, s’autodétruisent après le vol. « Nous leur répondons que le règlement...




                        

                        


<article-nb="2018/07/02/10-18">
<filnamedate="20180702"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180702"><AAMMJJHH="2018070210">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Flora Bolter, de l’Observatoire LGBT + de la Fondation Jean-Jaurès, revient sur les raisons de la faible visibilité des lesbiennes lors des Gay Pride.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Marche des fiertés : « Les lesbiennes ne se retrouvent pas nécessairement dans les discours de nombreuses associations LGBT »

Flora Bolter, de l’Observatoire LGBT + de la Fondation Jean-Jaurès, revient sur les raisons de la faible visibilité des lesbiennes lors des Gay Pride.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 22h32
    |

            Pierre Bouvier








                        



   


« Les discriminations au tapis, dans le sport comme dans nos vies ! » Tel est le mot d’ordre de la Marche des fiertés (Gay Pride), qui doit défiler, samedi 30 juin dans l’après-midi à Paris, entre la place de la Concorde et la place de la République. Alors que l’équipe de France affrontera au même moment l’équipe d’Argentine lors de la Coupe du monde de football, les organisateurs ont mis en avant les discriminations homophobes dans le sport.
Certains collectifs, comme SOS-Homophobie, ont toutefois annoncé qu’ils marcheraient derrière le slogan « PMA, l’égalité n’attend pas ! » pour « demander au gouvernement et à la majorité d’ouvrir au plus vite le débat au Parlement ».
Dans le cortège, les chars d’associations lesbiennes seront peu nombreux. Pour Flora Bolter, co-animatrice de l’Observatoire LGBT + de la Fondation Jean-Jaurès, différents facteurs expliquent la plus faible visibilité des lesbiennes lors des Gay Prides.

        Lire notre enquête :
         

          Les lesbiennes peinent à faire entendre leur voix



On a l’impression que les lesbiennes sont peu visibles dans un défilé comme celui de la Marche des fiertés, mais aussi dans le débat public sur les questions LGBT. Comment l’expliquez-vous ?
D’abord, il y a moins d’établissements et d’associations lesbiennes que d’établissements et d’associations orientés sur un public gay, donc cette différence se retrouve au niveau du nombre de chars et de flyers. Cela s’explique en partie par le fait que de nombreuses associations et initiatives LGBT ont été créées en réponse à l’épidémie de VIH-sida et se concentrent donc davantage sur les relations et le public HSH [les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes].
Un deuxième facteur important est le fait que les lesbiennes et femmes bi ne se retrouvent pas nécessairement dans les discours et pratiques de nombreuses associations LGBT. Il y a eu de multiples clivages au fil des ans entre les associations lesbiennes et les interassociatives LGBT, qui se sont soldées notamment par le départ de la Coordination lesbienne en France de l’Inter-LGBT en 2014, ou par celui de FièrEs en 2015. De nombreux collectifs lesbiens et féministes ne participent pas, ou du moins pas en tant que tels, à la Marche des fiertés et préfèrent être actifs et visibles sur des événements lesbiens et féministes plus que sur des événements LGBT généralistes.
Enfin, une dernière explication est à chercher du côté de la sociologie de la réception. La présomption d’hétérosexualité, c’est-à-dire cette idée que, par défaut, toute personne que l’on rencontre est hétérosexuelle, est me semble-t-il plus forte pour les femmes que pour les hommes : un homme qui défile lors de la Marche des fiertés sera perçu comme nécessairement gay, alors qu’une femme, pas forcément. Du coup, alors qu’il y a beaucoup de femmes à la Marche des fiertés, beaucoup de gens ne vont pas se figurer pour autant y avoir vu des lesbiennes. Cet élément est bien sûr lié à la manière dont se construisent les représentations sociales différenciées entre hommes et femmes.

   


Pensez-vous qu’il y a une lesbophobie distincte de l’homophobie gay ?
Il y a très clairement une différence de mécanismes entre la gayphobie et la lesbophobie, et cela se traduit par des types d’agressions différentes. Là où l’imaginaire collectif sursexualise les hommes gay et exerce une violence verbale et physique forte envers les garçons et les hommes qui ne sont pas jugés « suffisamment » masculins/hétérosexuels ; pour les femmes en revanche, l’affirmation de leur identité lesbienne sera davantage disqualifiée, minimisée, réduite à une lubie, voire sexualisée comme un prélude à l’hétérosexualité. Il suffit de voir la représentation des lesbiennes dans les films pornos « classiques » pour s’en convaincre.
Il y a là l’idée qu’une femme n’existe que par rapport à un homme et que son identité, ses désirs n’ont pas d’importance. Dans le meilleur des cas, cela aboutit à une invisibilisation totale des couples de femmes ; dans le pire des cas, cela se traduit par les viols dits « correctifs » qui se pratiquent encore dans de nombreux pays.
Un des éléments que révèle l’enquête de l’IFOP, présentée à la demande de la Fondation Jean-Jaurès et de la DILCRAH [délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT], c’est la prévalence plus forte des agressions LGBT-phobes pour les personnes jugées « androgynes » ou pour les femmes aux cheveux courts. Cette plus grande victimation est la traduction concrète du « rappel à l’ordre » hétéronormatif, qui vise en priorité les personnes qui remettent en question la division traditionnelle des sexes.

        Sur le rapport de l’IFOP :
         

          Homophobie : un constat alarmant



Certaines associations reprochent à la Marche des fiertés de ne pas mettre en avant des sujets comme la PMA. Qu’en pensez-vous ?
Il y a au gouvernement et au Parlement des personnes convaincues sur l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA), et motivées pour faire avancer les choses. Je sais aussi qu’il y a des voix contre [son ouverture aux femmes célibataires et aux couples de femmes], qui s’expriment avec leur vigueur habituelle, et qu’il y a des élu·e·s qui se pensent fin·e·s stratèges en reportant la discussion aux calendes grecques.
J’espère que le calendrier proposé sera tenu et que le vote pourra se faire début 2019 car le perpétuel report de cette décision est un scandale. Les projets de vie et de parentalité des femmes célibataires ou en couple ne sont pas des jouets. Pour l’instant, les débats parlementaires n’ont pas vraiment commencé et le corps politique reste un peu dans l’expectative. Beaucoup d’entre nous attendent une parole forte et explicite.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/02/10-19">
<filnamedate="20180702"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180702"><AAMMJJHH="2018070210">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Comment et pourquoi se marie-t-on en France en 2018 ? La cérémonie républicaine est un miroir de la diversité de la société. Premier épisode de notre série « Mariez-les ! ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Mariez-les ! A Aix-en-Provence, sept couples pour un samedi « plutôt calme »

Comment et pourquoi se marie-t-on en France en 2018 ? La cérémonie républicaine est un miroir de la diversité de la société. Premier épisode de notre série « Mariez-les ! ».



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 15h40
    |

            Léa Iribarnegaray








                        



   


« Bon, c’est du “off”, hein. Mais je suis un peu le poinçonneur des Lilas ! » Bon, on se permet, parce que ça n’a rien de « off » dans la bouche de Jules Susini, volubile adjoint au maire d’Aix-en-Provence. D’astreinte en ce premier pont du mois de mai, il s’apprête à célébrer sept mariages, à la chaîne et chronométrés. 11 heures, 11 h 20, 11 h 40. Pause déjeuner. 14 h 20, 14 h 40, 15 heures, 15 h 20. « Et aujourd’hui c’est plutôt calme », précise-t-il. Bien loin de son record d’un lointain samedi de juillet : dix-sept mariages en une journée.

        Lire aussi :
         

                Saint-Valentin : treize preuves que le couple a changé depuis la génération de vos parents



En fin de matinée, on délaisse l’unique banc à l’ombre de la jolie cour carrée de l’hôtel de ville pour grimper à l’étage « Pavillon » — la salle officielle des mariages étant fermée pour travaux. L’élu se prépare dans l’antichambre, porte close, tandis que les premiers invités s’installent. « Monsieur Susini, vous êtes prêt ? » s’enquiert Laurence, l’une des deux fonctionnaires d’état civil réquisitionnées pour la journée. Il enfile fissa l’écharpe tricolore avec glands à franges d’argent : puisqu’il fait oui de la tête, elle l’annonce solennellement à l’assemblée endimanchée, comme on annonce la cour lors d’une audience au tribunal. Le cérémonial peut commencer : entrée de l’adjoint au maire, mots d’accueil et vœux de bonheur, lecture des articles 212 et 213 du code civil, relatifs aux devoirs des époux, échange des consentements. Le tout renouvelé toutes les vingt minutes. Réglé comme du papier à musique.
Jean, baskets, kimono
Et pourtant, si tout se répète, rien ne se ressemble. En cette journée prise au hasard dans le calendrier, le mariage républicain prend des allures de caméléon. A Aix-en-Provence, petite ville du Sud aux allures bourgeoises, on se dit oui pour mille et une raisons et de multiples façons. Florian et Natsumi ouvrent le bal. Le couple mixte — lui est français, elle, japonaise — s’est rencontré en Polynésie française en juin 2015 et commence une course contre la montre pour que Natsumi obtienne son visa avant un départ imminent pour la Nouvelle-Calédonie, seul moyen pour elle de rester en France en ayant la possibilité de travailler. Il porte un jean, des baskets « et une chemise pour la deuxième fois de sa vie ». Elle a choisi une tenue traditionnelle japonaise : un léger kimono d’été et une ceinture rouge vif nouée dans le dos, des tongs à larges semelles de bois, quelques fleurs dans les cheveux. On compte dix personnes tout rond dans la salle. C’est simple et joyeux.
Ici, les tomettes en terre cuite cohabitent avec le buste de Marianne. Là, une frise d’arabesques effleure le portrait du président Macron. Sorphorn, 37 ans, et Olivier, 59 ans, prennent le relais en salle Pavillon. Cambodgienne, elle s’aide de Google Traduction pour communiquer avec son mari : « Cela permet de dire ce que l’on ne peut pas transmettre par le regard », dit Olivier, divorcé depuis huit ans. « On a pris très vite la décision de se marier. C’était le parcours du combattant, mais sans cela on n’aurait jamais pu vivre ensemble. » Pour l’occasion, un témoin joue l’interprète des textes officiels.

        Lire aussi :
         

                Cinq ans après le « mariage pour tous », le bilan au goût doux-amer des personnes LGBT



Entre deux unions, Jules Susini retourne se cacher dans son antre, se hasarde à quelques commentaires sur l’exotisme de la matinée, prend rendez-vous avec sa fille pour le déjeuner. « Moi, vous savez, je ne fais pas de cinéma, dit-il. Célébrer les mariages, c’est une obligation pour les seize adjoints au maire d’Aix-en-Provence. Alors chacun prend son tour, trois ou quatre week-ends dans l’année. » A 75 ans, avec quatre mandats à son actif, l’élu a exercé dans de multiples délégations de la Ville, de la sécurité à l’espace public. « Franchement, je ne ressens pas d’émotion particulière à marier des inconnus. Pour les jeunes époux, il s’agit d’une journée extraordinaire. L’officier d’état civil, lui, il fait son boulot. » 
« Rien de ringard à mes yeux »
Bernard et Elisabeth, eux, ont fait appel à une amie pour procéder à leur union tardive : dans la même salle, l’adjointe au maire Marie-Pierre Sicard-Desnuelle remplace ainsi Jules Susini. « C’est flatteur, donc j’ai accepté ! » déclare l’élue. Chef de service à l’hôpital de la Timone, à Marseille, elle travaille avec Bernard, lui aussi médecin, depuis quarante ans. Veste à la Jackie Kennedy, robe courte blanc cassé, Elisabeth, la future mariée, infirmière à Aix, rayonne : « A 59 ans, je n’allais pas porter une vraie robe de mariée, je trouverais ça pathétique ! » 
Le couple vit une première histoire au début des années 1980 et se sépare au bout de six mois : elle a des envies de fonder une famille, pas lui. Vingt ans plus tard, divorcés tous les deux, ils se croisent un 24 décembre, pendant une longue nuit de garde aux urgences. Elle a trois enfants, il en a un aussi. « Comme dans un conte de fées, nous nous sommes retrouvés, raconte Elisabeth. C’était en 2002, j’avais très envie que l’on régularise enfin notre situation. Le mariage n’a rien de ringard à mes yeux, au contraire. Cela me comble de bonheur qu’il ait dit oui ! Et puis on vieillit, on doit penser à se protéger l’un l’autre… » En cachette, elle a fait venir tous leurs amis. Elle est aux anges : « Il ne s’y attendait pas. Vous voyez, je sais encore le surprendre ! »

        Lire aussi :
         

                Les couples en union libre plus jeunes, moins riches mais plus égalitaires que les couples mariés



En début d’après-midi, sur la place de la mairie, les maraîchers remballent les fleurs coupées. Devant la façade provençale résonne une musique berbère d’Algérie. Sabrina et Karim ont engagé un groupe de percussionnistes, en costumes bleu roi. « Nous sommes de confession musulmane, dit la jeune femme. Ce soir, juste après le passage devant le maire, nous emménageons ensemble. C’est un moment très important pour nous. » Le père de Karim est libanais, sa mère, tunisienne. Du côté de Sabrina, le papa est tunisien, la maman, algérienne. « Un bon milk-shake ! » résume-t-elle. Pour trois journées et soirées de festivités, le mariage a coûté 30 000 euros. « On suit toutes les traditions pour faire plaisir à nos familles. Si cela ne tenait qu’à moi, j’aurais fait plus simple », explique Sabrina. Lui, aixois, elle, marseillaise, le couple a préféré l’hôtel de ville d’Aix-en-Provence, « parce que c’est plus joli ». Pour la lune de miel, ils iront à Bora-Bora.

Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra.
Un verbe qui résonne comme un appel pour ce rendez-vous de la rentrée désormais incontournable, porté par les journalistes du Monde, qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles.
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.





                            


                        

                        


<article-nb="2018/07/02/10-20">
<filnamedate="20180702"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180702"><AAMMJJHH="2018070210">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Les routes sans séparateur central, sur lesquelles la vitesse est diminuée de 10 km/h le 1er juillet, représentent 90 % du réseau français.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Abaissement de la vitesse : à quoi ressemble la France des 80 km/h ?

Les routes sans séparateur central, sur lesquelles la vitesse est diminuée de 10 km/h le 1er juillet, représentent 90 % du réseau français.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 10h55
    |

                            Audrey Lagadec et 
Sylvie Gittus








                        



   



        Lire aussi :
         

                80 km/h sur les routes à double sens, histoire d’une décision impopulaire






                            


                        

                        

