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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ L’ancien socialiste a délivré un discours très offensif en clôture de la convention de son mouvement Génération.s, qui fête son premier anniversaire dimanche.
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A la convention de Génération.s, Benoît Hamon veut être l’anti-Macron

L’ancien socialiste a délivré un discours très offensif en clôture de la convention de son mouvement Génération.s, qui fête son premier anniversaire dimanche.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 14h39
 • Mis à jour le
01.07.2018 à 17h25
    |

            Abel Mestre (Grenoble, envoyé spécial)








                        


A gauche toute. Dans un discours d’environ une heure, Benoît Hamon a éclairci le positionnement de son mouvement, Génération.s, qui fête son premier anniversaire dimanche 1er juillet. « Si l’on vous demande comment résumer Génération.s, vous pouvez répondre trois jolis mots trop souvent malmenés : “Génération. s, c’est l’écologie, l’Europe, l’égalité” », a ainsi lancé l’ancien candidat à la présidentielle devant environ 1 500 militants qui avaient fait le déplacement à Grenoble. Durant tout le week-end, l’ambiance a été studieuse, les statuts ont été adoptés et les deux coordinateurs, Guillaume Balas, député européen et Claire Monod, conseillère régionale d’Ile-de-France, qui vient d’Europe-Ecologie Les Verts (EELV), ont été élus.

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                Génération.s cherche un nouveau souffle « humaniste »



L’essentiel de ses attaques ont été réservées au gouvernement et à Emmanuel Macron. M. Hamon a renvoyé, à plusieurs reprises, dos à dos, « ultra libéralisme » et l’extrême droite, comme deux faces d’une même médaille, notamment à propos de la politique vis-à-vis des migrants. Ce sujet a d’ailleurs occupé une bonne partie du discours, l’ancien socialiste faisant respecter une minute de silence après avoir rappelé le nombre des 34 361 migrants morts en tentant de rejoindre l’Europe, publié le 20 juin dans le quotidien britannique The Guardian. « La question des migrants est un révélateur de l’époque et de nous-même, a estimé l’ancien frondeur. C’est un révélateur de cette Europe qui n’a plus d’Union que le nom, où le fasciste Salvini et l’ultralibéral Macron se rejettent les 600 passagers de l’Aquarius comme de sinistres négociants rejetteraient une marchandise avariée. »
Disputer le statut de premier opposant à Mélenchon
Benoît Hamon met ce sujet au cœur de sa réflexion sur ce que doit être une « nouvelle gauche écologique et humaniste ». « Je veux m’adresser à toutes celles et ceux qui se sentent orphelins de la gauche et de l’écologie politique, qui s’étaient égarés et se réveillent groggy », a-t-il expliqué.
La stratégie est claire : M. Hamon veut apparaître comme « l’anti-Macron », celui dont le mouvement sera « l’antidote à la peste néolibérale et à la lèpre nationaliste à la fois ». Pour cela, il doit disputer le statut de premier opposant à Jean-Luc Mélenchon. Benoît Hamon doit donc devenir hégémonique dans la gauche social-démocrate et écologiste, et faire « l’unité » autour de lui. Chose difficile puisque EELV ferme la porte − pour l’instant − à toute liste commune avec Génération. s pour les élections européennes de mai 2019.
Si M. Hamon a plutôt épargné Jean-Luc Mélenchon et La France insoumise, il ne s’est donc pas privé d’attaquer EELV et surtout Yannick Jadot. Sans nommer celui qui s’était désisté pour lui à l’élection présidentielle de 2017, Benoît Hamon a raillé ceux qui prononcent « des excommunications, des fins de non-recevoir, des déclarations d’incompatibilité en tous genres (…) les stratégies inavouables d’acteurs minuscules. » Et d’ajouter : « Le repli identitaire est le danger de notre époque. Un danger mortel pour la gauche et l’écologie politique. »
Un discours très à gauche
Si EELV et Génération.s sont en froid, Benoît Hamon a voulu montrer sa capacité à attirer de nouvelles figures autour de lui, comme Aymeric Caron. Le journaliste antispéciste avait fait le déplacement à Grenoble et s’est dit prêt à discuter avec lui pour les élections européennes.

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                Jean-Luc Mélenchon tend la main à Benoît Hamon



Surtout, il faut noter la tonalité très à gauche du discours de l’ancien rocardien. Il a ainsi cité Guy Debord, s’est réclamé à la fois entre autres d’Occupy Wall Street et de Jaurès, du mouvement Balance ton porc, du Front populaire, de Nuit Debout ou encore de Black Lives Matter. « Vous êtes les 99 %, vous pouvez être fiers, vous pouvez redresser la tête ! », a-t-il lancé.
Revenant à Emmanuel Macron « et sa caste », Benoît Hamon a pris des accents très offensifs : « Et j’ai bien peur que, si à l’Elysée on est très fier de communiquer sur le chien Nemo, M. Trump lui, ait choisi d’appeler son animal de compagnie Jupiter. » Puis rappelant la dénonciation de « l’assistanat » par le gouvernement : « C’est leur mot préféré, ce sale mot d’assistanat. Mais est-ce que quand le patron de Carrefour part avec des millions, en supprimant des milliers de postes et en se gavant de CICE [Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi], nous parlons, nous de “parasitanat” ? Est-ce que nous parlons de super-profitanat ? De fraude fiscalanat ? ». Avant de conclure : « Tout ça rime quand même terriblement bien avec patronat, n’est-ce pas ? ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ En 1999, « Le Monde » revenait sur l’adoption, vingt-cinq ans plus tôt, de la loi autorisant les avortements. Et sur le combat de Simone Veil, ministre de la santé qui, des jours durant, résista à ceux qui affirmaient : « L’avortement, c’est la mort. » Nous republions cet article à l’occasion de son entrée au Panthéon, dimanche 1er juillet.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤                     
                                                   
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Loi sur l’interruption volontaire de grossesse : la solitude de Simone Veil

En 1999, « Le Monde » revenait sur l’adoption, vingt-cinq ans plus tôt, de la loi autorisant les avortements. Et sur le combat de Simone Veil, ministre de la santé qui, des jours durant, résista à ceux qui affirmaient : « L’avortement, c’est la mort. » Nous republions cet article à l’occasion de son entrée au Panthéon, dimanche 1er juillet.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 11h54
    |

Jean-Yves Nau







                        



                                


                            

En se dirigeant, le mardi 26 novembre 1974, vers l’Assemblée nationale, mesure-t-elle l’ampleur de la tâche qui l’attend, la portée de la décision qu’elle va défendre ? Sait-elle que dans quelques jours son nom sera associé à l’une des lois qui auront le plus contribué à l’évolution de la société française au XXe siècle ? Simone Veil n’est ministre de la santé que depuis un semestre et les hasards de la politique et des choix gouvernementaux l’ont placée en première ligne pour défendre le projet de loi sur l’interruption volontaire de grossesse auquel on dit le président de la République, Valéry Giscard d’Estaing, extrêmement attaché, alors même que Jacques Chirac, le premier ministre, ne cache ni ses inquiétudes ni ses réticences.

La femme qui monte ce jour-là à la tribune du Palais-Bourbon n’est encore guère connue du grand public. Seules les lectrices de Marie Claire ont appris à la connaître lorsque, en février 1973, le magazine a rendu hommage à son travail de secrétaire du Conseil supérieur de la magistrature, la désignant comme le premier ministre idéal dans le gouvernement entièrement féminin auquel il arrive aux femmes de rêver. Depuis peu, toutefois, les concurrents de Marie Claire commencent à s’intéresser à elle, multipliant entretiens et portraits. Et, il y a quelques jours, consciente de l’épreuve qui l’attendait, elle a accepté une première intervention télévisée.
« Un débat serein » devant les journalistes
Devant les caméras d’« Actuel 2 », l’émission-débat de la deuxième chaîne animée par Jean-Pierre Elkabbach, où la règle du jeu veut que les invités fassent face en direct à un groupe de journalistes, la ministre de la santé impose sa présence, réussissant sans mal son examen de passage. « Un débat serein », résumeront le lendemain plusieurs observateurs. Dans L’Express, Michèle Cotta et Catherine Nay révèlent que celle qui est apparue « vêtue de rouge, calme et convaincue,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Plusieurs centaines de personnes ont dénoncé, samedi, le racisme dont sont victimes les LGBT issus des minorités, la dépolitisation de la Gay Pride ou la présence de marques voulant améliorer leur image.
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Article sélectionné dans La Matinale du 30/06/2018
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A Paris, un cortège de tête animé veut repolitiser la Marche des fiertés

Plusieurs centaines de personnes ont dénoncé, samedi, le racisme dont sont victimes les LGBT issus des minorités, la dépolitisation de la Gay Pride ou la présence de marques voulant améliorer leur image.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 22h34
 • Mis à jour le
01.07.2018 à 15h43
    |

            Pierre Bouvier








                        



   


Ils étaient plusieurs centaines, membres de plusieurs associations, à s’être placés devant le défilé officiel de la Marche des fiertés 2018 (Gay Pride), entre la place de la Concorde et celle de la République, samedi 30 juin. Line, Florence ou Olivia, Jonas ou Camille, tous participaient cortège de tête à l’appel d’un collectif rassemblé autour du mot d’ordre « Stop au Pink Washing ». Bien décidés à faire entendre une autre musique que celle proposée par les organisateurs : « Les discriminations au tapis, dans le sport comme dans nos vies ! »

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                A Paris, une marche des fiertés contre « l’homophobie banalisée »



Comme lors de la manifestation du 1er mai, où un cortège ne se reconnaissant pas dans les slogans officiels des syndicats s’était formé, les participants dénonçaient l’organisation de la Pride 2018. Dans son appel à manifester, le collectif rappelait ses buts : « Lutter contre les multiples politiques homonationalistes et racistes, dont le discours officiel de la Marche des fiertés se fait le relais. »
« Ah, donc vous voyez les couleurs ? »
Un groupe de quelques dizaines de personnes « queer et trans racisées [personnes victimes du racisme systémique] et en non-mixité » ouvrait ce cortège. « Notre initiative est venue du fait que le racisme n’est pas abordé, la Pride porte un message raciste », explique Jonas. Tous brandissent des panneaux sur lesquels sont écrits : « Passages piétons aux couleurs arc-en-ciel. Ah, donc vous voyez les couleurs ? » ou « Drapeaux arc-en-ciel dans vos rues, profilage racial dans nos rues ». Jonas en veut pour preuve la présence du Flag [l’association de policiers et gendarmes LGBT]. Et il assène : « On est la partie précarisée de la communauté LGBT. »
Florence (le prénom a été changé à sa demande), du collectif Irrécupérables, affirme que « l’action d’aujourd’hui est historique : à Paris comme en province, on a pris la tête de cortège. On refuse le discours de la ville qui se dit progressiste et récupère nos luttes ». Elle dénonce le mot d’ordre de l’interLGBT : les Gay Games et au-delà, les Jeux olympiques de 2024. Pour elle, « l’homophobie dans le sport n’est pas une question vitale ».

        Lire l’entretien :
         

          « Les lesbiennes ne se retrouvent pas nécessairement dans les discours de nombreuses associations LGBT »



Camille L., membre du CLAQ (Comité de libération et d’autonomie queer, collectif féministe trans-pédé-bi-gouine insurrectionnel qui a pour objectif de combattre toutes les oppressions) explique la présence de son groupe par le besoin de prendre position contre le rétrécissement des politiques, pour dénoncer, comme en 2017, la présence de La République en marche dans le défilé. « On parle de PMA [procréation médicale assistée], de droits des trans mais les organisateurs de la Pride ne veulent pas rentrer dans un rapport de force contre le gouvernement ». Il dénonce la tentative de récupération du mouvement par la majorité, avec l’Assemblée nationale pavoisée aux couleurs arc-en-ciel.
« Les lesbiennes qui portent le foulard : qui en parle ? »
A propos du cortège mené par les « LGBT racisé.e.s », Florence (Les Irrécupérables) affirme que ce sont eux qui sont invisibles : « Elles et ils ont pris la tête de cortège parce que personne ne leur donne la parole : ils l’ont prise et on les soutient. » Elle affirme que la forme absolue de l’homophobie consiste à dire qu’il n’y a pas de LGBT noirs, musulmans ou arabes :
« Elles et eux subissent l’homophobie et le racisme, vivent deux discriminations. Moi, lesbienne, et blanche, je peux trouver un travail. C’est plus dur quand on vit le racisme systémique et qu’en plus on est lesbienne. Les lesbiennes musulmanes : qui en parle ? On ne veut pas les voir, pourtant, elles existent et subissent de nombreuses discriminations. »
Olivia, de l’association FièrEs revient sur les raisons de cette action destinée à dénoncer la dépolitisation de la Marche des fiertés, la présence de marques comme Tinder ou Mastercard, et le « pinkwashing dont se rend complice l’interLGBT », dénonçant elle aussi le mot d’ordre des Gay Games, sans revendiquer la PMA, sans slogans contre le sida. On veut rendre « la Pride antiraciste, anticapitaliste, féministe, on veut lui rendre sa dimension politique ».

Le cortège de tête dénonce le pinkwashing : « On veut rendre la pride antiracsite/anticapitaliste/ féministe/ on ve… https://t.co/IDnLLzmcqn— pibzedog (@Pierre Bouvier)


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Au niveau de la statue de Jeanne d’Arc, place des Pyramides, le cortège de tête s’est arrêté et a fait face au cortège officiel, lui lançant des slogans tels que « Pas de pinkwashing dans nos fiertés », provoquant une certaine incompréhension des participants venus pour l’ambiance festive du reste de la Marche de fiertés. La halte s’est prolongée quelques instants : un incident s’est produit lorsqu’un participant a collé un autocollant sur la statue et a été brièvement interpellé.
Quelques minutes plus tard, une partie du cortège s’est éclipsée pour aller assister aux débuts du match entre les Bleus et l’équipe d’Argentine. Pendant ce temps, le défilé continuait, rejoignant la place de la République, en remontant la rue de Rivoli, le boulevard de Sébastopol puis le boulevard Saint-Martin.
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            data-slide-description="Les participantes et les participants au cortège de tête de la marche des fierté répondaient à l’appel « Stop au Pinkwashing » lancé sur Facebook. Rendez-vous était donné rue St Florentin, à proximité du la place de la Concorde."
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            data-slide-description="Un groupe de quelques dizaines de personnes « queer et trans racisées [personnes victimes du racisme systémique] et en non-mixité » ouvrait ce cortège. Ils ont refusé d’être photographiés, pour ne pas être « outé » contre leur gré. « On est la partie précarisée de la communauté LGBT », rappelle un de leurs porte-parole."
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            data-slide-description="Des participantes au cortèges de tête porteuses du drapeau arc-en-ciel."
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            data-slide-description="Camille L., membre du CLAQ dénonce la tentative de récupération du mouvement LGBT par la majorité, avec l’Assemblée nationale pavoisée aux couleurs arc-en-ciel."
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            data-slide-description="Les membres du cortège de tête entendaient dénoncer le racisme et refusaient la présence « d’initiateurs de la loi Asile/Immigration qui met notamment en danger  Moussa Camara, militant à AIDES, menacé d’être expulsé vers la Guinée »."
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            data-slide-description="Les participants dénoncent la présence de grandes entreprises alors qu’AIDES ou Act Up Paris, associations historiques dans la lutte contre le sida, sont aux dernières places de la marche des fiertés."
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            data-slide-description="Aux abords du cortèges du tête, un participant aux couleurs de la gay pride."
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            data-slide-description="Les organisateurs du cortège de tête veulent rendre à la pride son côté politique, revendiquer la PMA, plus importante à leurs yeux que les Gay Games."
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            data-slide-description="Place des Pyramides, le cortège de tête s’est arrêté, et a fait face au cortège officiel, lui lançant des slogans tels que « Pas de pinkwashing dans nos fiertés »."
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            data-slide-description="Pour Florence, du collectif des Irrécupérables, la prise de la tête de cortège à Paris et en province est historique : « On refuse le discours de la ville de Paris qui se dit progressiste et récupère nos luttes. »"
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            data-slide-description="Lorsque le match entre l’équipe de France et celles d’Argentine commença, une partie du public s’eclipsa dans les rues adjancentes, pour se coller devant les écrans des bars."
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Les participantes et les participants au cortège de tête de la marche des fierté répondaient à l’appel « Stop au Pinkwashing » lancé sur Facebook. Rendez-vous était donné rue St Florentin, à proximité du la place de la Concorde.

Pierre Bouvier - Le Monde
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Le député des Bouches-du-Rhône a invité l’ancien socialiste au « dialogue ». Les proches de M. Hamon déclinent.
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Jean-Luc Mélenchon tend la main à Benoît Hamon

Le député des Bouches-du-Rhône a invité l’ancien socialiste au « dialogue ». Les proches de M. Hamon déclinent.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 16h25
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 16h42
    |

            Abel Mestre (Grenoble, envoyé spécial)








                        


C’est ce qu’on appelle une main tendue. Dans deux tweets publiés samedi 30 juin après-midi, le leader de La France insoumise a invité Génération.s au dialogue alors que le mouvement de Benoît Hamon tient sa convention à Grenoble, où 1 500 militants sont réunis pour le premier anniversaire de la formation.
« Je fais une offre à Benoît Hamon et à son parti : renoncez aux agressions inutiles et parlons tranquillement. Faisons un pacte de non-agression et respect mutuel. » Puis : « Ayons un dialogue ambitieux pour établir bilan et perspectives. Le groupe France insoumise à l’Assemblée est prêt à accueillir le député Régis Juanico. »

1/2 - Je fais une offre à @benoithamon et son parti : renoncez aux agressions inutiles et parlons tranquillement. F… https://t.co/oCqgH3xQ8p— JLMelenchon (@Jean-Luc Mélenchon)


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@benoithamon 2/2 - Ayons un dialogue ambitieux pour établir bilan et perspectives. Le groupe FI à l’Assemblée est p… https://t.co/6Hyxm7GSh1— JLMelenchon (@Jean-Luc Mélenchon)


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« Sur l’Europe, les différences ne sont pas accessoires »
Une offre restée lettre morte. Guillaume Balas, bras droit de M. Hamon, a ainsi estimé devant quelques journalistes qu’il ne s’agit pas « de s’envoyer des noms d’oiseaux. Le sujet est d’indiquer les convergences et divergences. On n’a jamais rechigné à considérer La France insoumise comme partenaire contre les politiques libérales. Mais sur l’Europe, les différences ne sont pas accessoires. » L’eurodéputé ajoute : « Il ne faut pas d’ambiguïté avec la régression nationaliste. Nous n’avons aucune complaisance. » Pascal Cherki, autre proche de M. Hamon, lui, est plus lapidaire : « On ne répond pas au nationalisme de droite par un nationalisme de gauche. »

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                Après un an d’existence, Génération.s cherche sa place à gauche



Régis Juanico, député de la Loire, qui a rejoint Génération.s il y a une semaine, décline également la proposition de M. Mélenchon : « Mon souhait est de rester au groupe Nouvelle gauche en tant que membre de Génération.s. Ce vœu a été exaucé mardi puisque le groupe a voté à l’unanimité mon maintien. » Il précise à l’égard des « insoumis » : « Le fait de ne pas être dans le même groupe n’empêche pas le respect mutuel et le dialogue ambitieux ! »
Ce regain d’intérêt tombe à pic pour le mouvement empêtré depuis plusieurs semaines dans des négociations tendues avec Europe-Ecologie-Les Verts en vue des élections européennes de mai 2019. Ces sorties ont donc ravi certains cadres hamonistes comme le Basque Mehdi Ouraoui : « Cela prouve que nous sommes au centre de ce qui se passe à gauche », affirme-t-il.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Valérie Pécresse s’est dite « extrêmement satisfaite » de l’évolution du discours européen de LR. Laurent Wauquiez, lui, a concentré l’essentiel de son propos à « la vague migratoire qui pourrait cacher un tsunami à venir »
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤                     
                                                

A Menton, Les Républicains atténuent leurs divisions sur l’Europe

Valérie Pécresse s’est dite « extrêmement satisfaite » de l’évolution du discours européen de LR. Laurent Wauquiez, lui, a concentré l’essentiel de son propos à « la vague migratoire qui pourrait cacher un tsunami à venir »



Le Monde
 |    30.06.2018 à 16h03
 • Mis à jour le
01.07.2018 à 06h32
    |

            Olivier Faye








                        



   


Certes, les huées se sont mêlées aux applaudissements pour saluer l’arrivée de la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse dans la grande salle du palais de l’Europe, à Menton (Alpes-Maritimes), où le parti Les Républicains (LR) organisait, samedi 30 juin, son conseil national consacré à l’Europe. Certes, d’autres huées, franches elles aussi, ont accompagné le passage éclair de dix minutes de Christian Estrosi à l’heure du déjeuner – le maire de Nice s’est contenté de saluer les personnes présentes, et n’a pas pris la parole.
Les anciens premiers ministres Alain Juppé ou Jean-Pierre Raffarin, deux europhiles revendiqués, n’avaient quant à eux carrément pas fait le déplacement. Mais, fait suffisamment rare pour être noté, la droite a aperçu lors de ce rendez-vous l’horizon d’un possible consensus sur un sujet qui alimente d’ordinaire les divisions.
Première lueur d’espoir à un peu moins d’un an des élections européennes de mai 2019. « Forcément, comme on a moins de monde… », grince un député présent, soulignant un resserrement sur le noyau dur du parti.
Accord sur une poignée d’engagements consensuels
En quittant les lieux, néanmoins, en fin de matinée, Mme Pécresse s’est félicitée : « Je vois que l’euroscepticisme recule et le discours pro-européen avance, ça me rend extrêmement satisfaite. » Elle n’a pas manqué de remarquer que son rival, le président du parti Laurent Wauquiez, a renoncé dans un entretien aux Echos, vendredi 28 juin, à son projet de refonte des traités européens. Tout en tempérant son souhait d’imposer à l’Union européenne (UE) des « cercles concentriques » qui resserraient l’intégration autour de quelques Etats membres.
« On est pour sauver l’Europe à Vingt-Sept, c’est une bonne chose, s’est réjouie la fondatrice de Libres ! J’ai l’impression que le message que nous avons tous porté a été entendu. »

   


Intervenant lors d’une table ronde, un peu plus tôt, Mme Pécresse s’est contentée d’apporter une nuance au discours porté par M. Wauquiez sur la nécessité de défendre une « Europe protectrice ». « L’Europe qui protège, on est d’accord, maintenant il faut aussi qu’on soit conquérants », a-t-elle estimé.
« Il faut une Europe de l’adhésion, l’Europe des cercles ce n’est pas un sujet de campagne, abonde Eric Woerth, député de l’Oise. Les Républicains ont besoin que Laurent Wauquiez réussisse, et pour qu’il réussisse il faut élargir, débattre. C’est bien si on ne vend pas l’idée d’une Europe qui se rabougrit, c’est positif tout ça. » L’ancien ministre du budget ne manque pas de rappeler, dans le même temps, que le parti n’est qu’au « début d’une démarche ».

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                L’Europe, l’autre ligne de fracture de LR



Pour l’heure, les dirigeants de LR se sont mis d’accord sur une poignée d’engagements consensuels. Le conseil national du parti a entériné une liste de sept « piliers » devant représenter une base de travail pour les mois à venir, parmi lesquels dominent la notion de « frontière » et la lutte contre l’immigration. « La vague migratoire actuelle pourrait cacher un tsunami à venir », a jugé M. Wauquiez dans son discours de clôture.
Accents identitaires
« Le sujet numéro un, aujourd’hui, c’est les migrants », convient le député de Vaucluse, Julien Aubert, qui compte parmi les plus souverainistes de son camp. « Tout est dans l’interprétation de nos sept piliers de la sagesse, souligne l’élu. Nous disons dans ce texte ne pas vouloir sortir de l’euro et de l’Europe, mais il faudrait écrire aussi que nous sommes contre le fédéralisme. Nous sommes favorables à la libre entreprise et contre la concurrence déloyale, mais il faudrait aller au bout de la logique et dire aussi que nous refusons les traités commerciaux. »

   


Malgré le climat de consensus, M. Wauquiez n’a pas cherché à gommer les accents eurosceptiques de son discours. « Nous avons tellement peur d’affaiblir l’Europe que nous nous sommes enfermés dans l’aveuglement », a-t-il estimé, assumant son livre brûlot – Europe, il faut tout changer (Odile Jacob) – publié en 2014. L’UE actuelle, à ses yeux, serait « trop pesante, trop normative, trop doctrinaire, trop élargie », et aurait gâché « le plus beau projet politique de l’après-seconde guerre mondiale ».

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                LR et le PS toujours dans le brouillard un an après la présidentielle



« Je suis un européen convaincu, mais je ne suis pas un européen convaincu des institutions, je ne suis pas un européen convaincu des normes, je suis un européen convaincu de manière plus charnelle », a-t-il ajouté, célébrant « les racines judéo-chrétiennes » de l’Europe et paraphrasant le sociologue québécois Mathieu Bock-Côté : « L’homme occidental doit cesser de se mépriser. »
Un peu plus tôt, l’ancien filloniste Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, avait adopté de semblables accents identitaires. « Le projet européen est avant tout un projet de civilisation et pas un Meccano institutionnel fédéral », postulait l’ancien villiériste, pour qui « l’Europe doit défendre pied à pied notre identité, son identité, assumer son histoire ».
Remiser au placard les questions institutionnelles et se concentrer sur l’identité et l’immigration : c’est le meilleur moyen, au fond, de mettre d’accord le plus grand nombre.



                            


                        

                        


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Quand l’Etat lit dans la boule de cristal technologique

Peut-on évaluer l’impact réel des industries qui paraissent si cruciales à un moment donné qu’un gouvernement estime nécessaire d’aider leur développement, s’interroge dans sa chronique l’historien Pierre-Cyrille Hautcœur.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h37
    |

                            Pierre-Cyrille Hautcoeur (Directeur d'études à l'EHESS)








                        



                                


                            

Recherches. Le plan hydrogène présenté le 1er juin par le ministre de la transition écologique et solidaire affirme que « l’hydrogène est une “révolution potentielle” pour notre modèle énergétique » et vise à « faire de notre pays un leader mondial de cette technologie ». Trois mois plus tôt, le député Cédric Villani présentait un plan très complet visant à « éviter que la France rate le train de l’intelligence artificielle » et à « faire émerger des champions français » dans ce domaine (« Donner un sens à l’intelligence artificielle »).
Le gouvernement reprend ainsi une tradition d’appui de l’Etat à certaines industries qui, remontant à Colbert, s’enorgueillit de quelques succès, de Saint-Gobain à Airbus. Mais peut-on évaluer l’impact réel de ces activités qui paraissent si cruciales à un moment donné qu’un gouvernement estime nécessaire d’aider leur développement ?
Les économistes américains Paul David et Robert J. Gordon ont montré dans les années 1990 que certaines industries tirent la croissance globale grâce à des externalités sur l’ensemble des autres secteurs. Paul David a en particulier affirmé que l’électricité avait, parmi ces « technologies multi-usages », révolutionné entre 1900 et 1950 l’organisation de la production dans tous les secteurs, tout en faisant apparaître des activités nouvelles (électrométallurgie, électrochimie, appareils domestiques, machines électriques professionnelles).
Mise en question du progrès technique
Les travaux plus récents de Gerben Bakker, Nicholas Crafts et Pieter Woltjer ont cependant revu à la baisse ces conclusions (« The Sources of Growth in a Technologically Progressive Economy : The United States, 1899-1941 », Economic History Working Papers, n° 269, The London School of Economics and Political Science, 2017).
Ils utilisent à cet effet une méthode éprouvée, qui sert de base à toute la comptabilité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Flora Bolter, de l’Observatoire LGBT + de la Fondation Jean-Jaurès, revient sur les raisons de la faible visibilité des lesbiennes lors des Gay Pride.
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Marche des fiertés : « Les lesbiennes ne se retrouvent pas nécessairement dans les discours de nombreuses associations LGBT »

Flora Bolter, de l’Observatoire LGBT + de la Fondation Jean-Jaurès, revient sur les raisons de la faible visibilité des lesbiennes lors des Gay Pride.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 22h32
    |

            Pierre Bouvier








                        



   


« Les discriminations au tapis, dans le sport comme dans nos vies ! » Tel est le mot d’ordre de la Marche des fiertés (Gay Pride), qui doit défiler, samedi 30 juin dans l’après-midi à Paris, entre la place de la Concorde et la place de la République. Alors que l’équipe de France affrontera au même moment l’équipe d’Argentine lors de la Coupe du monde de football, les organisateurs ont mis en avant les discriminations homophobes dans le sport.
Certains collectifs, comme SOS-Homophobie, ont toutefois annoncé qu’ils marcheraient derrière le slogan « PMA, l’égalité n’attend pas ! » pour « demander au gouvernement et à la majorité d’ouvrir au plus vite le débat au Parlement ».
Dans le cortège, les chars d’associations lesbiennes seront peu nombreux. Pour Flora Bolter, co-animatrice de l’Observatoire LGBT + de la Fondation Jean-Jaurès, différents facteurs expliquent la plus faible visibilité des lesbiennes lors des Gay Prides.

        Lire notre enquête :
         

          Les lesbiennes peinent à faire entendre leur voix



On a l’impression que les lesbiennes sont peu visibles dans un défilé comme celui de la Marche des fiertés, mais aussi dans le débat public sur les questions LGBT. Comment l’expliquez-vous ?
D’abord, il y a moins d’établissements et d’associations lesbiennes que d’établissements et d’associations orientés sur un public gay, donc cette différence se retrouve au niveau du nombre de chars et de flyers. Cela s’explique en partie par le fait que de nombreuses associations et initiatives LGBT ont été créées en réponse à l’épidémie de VIH-sida et se concentrent donc davantage sur les relations et le public HSH [les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes].
Un deuxième facteur important est le fait que les lesbiennes et femmes bi ne se retrouvent pas nécessairement dans les discours et pratiques de nombreuses associations LGBT. Il y a eu de multiples clivages au fil des ans entre les associations lesbiennes et les interassociatives LGBT, qui se sont soldées notamment par le départ de la Coordination lesbienne en France de l’Inter-LGBT en 2014, ou par celui de FièrEs en 2015. De nombreux collectifs lesbiens et féministes ne participent pas, ou du moins pas en tant que tels, à la Marche des fiertés et préfèrent être actifs et visibles sur des événements lesbiens et féministes plus que sur des événements LGBT généralistes.
Enfin, une dernière explication est à chercher du côté de la sociologie de la réception. La présomption d’hétérosexualité, c’est-à-dire cette idée que, par défaut, toute personne que l’on rencontre est hétérosexuelle, est me semble-t-il plus forte pour les femmes que pour les hommes : un homme qui défile lors de la Marche des fiertés sera perçu comme nécessairement gay, alors qu’une femme, pas forcément. Du coup, alors qu’il y a beaucoup de femmes à la Marche des fiertés, beaucoup de gens ne vont pas se figurer pour autant y avoir vu des lesbiennes. Cet élément est bien sûr lié à la manière dont se construisent les représentations sociales différenciées entre hommes et femmes.

   


Pensez-vous qu’il y a une lesbophobie distincte de l’homophobie gay ?
Il y a très clairement une différence de mécanismes entre la gayphobie et la lesbophobie, et cela se traduit par des types d’agressions différentes. Là où l’imaginaire collectif sursexualise les hommes gay et exerce une violence verbale et physique forte envers les garçons et les hommes qui ne sont pas jugés « suffisamment » masculins/hétérosexuels ; pour les femmes en revanche, l’affirmation de leur identité lesbienne sera davantage disqualifiée, minimisée, réduite à une lubie, voire sexualisée comme un prélude à l’hétérosexualité. Il suffit de voir la représentation des lesbiennes dans les films pornos « classiques » pour s’en convaincre.
Il y a là l’idée qu’une femme n’existe que par rapport à un homme et que son identité, ses désirs n’ont pas d’importance. Dans le meilleur des cas, cela aboutit à une invisibilisation totale des couples de femmes ; dans le pire des cas, cela se traduit par les viols dits « correctifs » qui se pratiquent encore dans de nombreux pays.
Un des éléments que révèle l’enquête de l’IFOP, présentée à la demande de la Fondation Jean-Jaurès et de la DILCRAH [délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT], c’est la prévalence plus forte des agressions LGBT-phobes pour les personnes jugées « androgynes » ou pour les femmes aux cheveux courts. Cette plus grande victimation est la traduction concrète du « rappel à l’ordre » hétéronormatif, qui vise en priorité les personnes qui remettent en question la division traditionnelle des sexes.

        Sur le rapport de l’IFOP :
         

          Homophobie : un constat alarmant



Certaines associations reprochent à la Marche des fiertés de ne pas mettre en avant des sujets comme la PMA. Qu’en pensez-vous ?
Il y a au gouvernement et au Parlement des personnes convaincues sur l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA), et motivées pour faire avancer les choses. Je sais aussi qu’il y a des voix contre [son ouverture aux femmes célibataires et aux couples de femmes], qui s’expriment avec leur vigueur habituelle, et qu’il y a des élu·e·s qui se pensent fin·e·s stratèges en reportant la discussion aux calendes grecques.
J’espère que le calendrier proposé sera tenu et que le vote pourra se faire début 2019 car le perpétuel report de cette décision est un scandale. Les projets de vie et de parentalité des femmes célibataires ou en couple ne sont pas des jouets. Pour l’instant, les débats parlementaires n’ont pas vraiment commencé et le corps politique reste un peu dans l’expectative. Beaucoup d’entre nous attendent une parole forte et explicite.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Qu’ils soient contestataires ou réformistes, les syndicats se voient contestés par le gouvernement leur rôle d’acteurs de la démocratie sociale, note l’universitaire Sophie Béroud, dans une tribune au « Monde ».
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Macron et les syndicats : « Il y a une volonté de réduire les bastions syndicaux »

Qu’ils soient contestataires ou réformistes, les syndicats se voient contestés par le gouvernement leur rôle d’acteurs de la démocratie sociale, note l’universitaire Sophie Béroud, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 22h08
    |

Sophie Béroud (Enseignante-chercheuse à l’université Lyon-II)







                        



                                


                            

Tribune. Des spécialistes du syndicalisme au Royaume-Uni estiment que l’accélération des réformes néolibérales dans ce pays dans les années 1980-1990 et l’affaiblissement des liens entre les travaillistes du New Labour et les TUC, les syndicats traditionnels, ont créé un espace plus important pour les courants syndicaux contestataires (radical unionism). On peut s’interroger par contraste sur la situation française, alors que l’élection d’Emmanuel Macron a ouvert une période difficile pour tous les syndicats et que les espaces laissés à un « syndicalisme de lutte » comme à un syndicalisme à prétention « réformiste » semblent se restreindre de façon parallèle.

Il ne s’agit pas de figer des catégories et d’y enfermer les organisations : cela a d’autant moins de sens que ces dernières évoluent et qu’elles sont à comprendre de façon relationnelle. Cependant, l’évocation du Royaume-Uni n’a rien d’anodin : sommes-nous en train d’assister à l’équivalent de la grande offensive thatchérienne contre les syndicats britanniques et, en particulier, à sa bataille contre les mineurs ?
La volonté du gouvernement Philippe d’avancer très vite, avec tout d’abord l’achèvement de la profonde transformation du droit du travail et des institutions représentatives du personnel au travers des ordonnances, puis avec la réforme de la SNCF, semble aller dans ce sens. L’objectif d’affaiblir les syndicats engagés dans la contestation de ces mesures, en fermant toute possibilité de négociation, est manifeste : non seulement la mobilisation ne doit pas payer, mais les syndicats dits « contestataires » doivent en sortir affaiblis, y compris dans leurs derniers « bastions ».
Alliances à reconstruire
Cette configuration politique crée des conditions nouvelles pour toutes les organisations syndicales. Du côté de la CGT comme de Solidaires – et par intermittence de FO –, acteurs centraux des résistances contre le démantèlement des acquis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Pour assurer la transformation sociale de ses structures, l’Etat est passé en trente ans de la concertation à la fermeté face aux syndicats, analyse le sociologue Guy Groux dans une tribune au « Monde ».
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Macron et les syndicats : « Le gouvernement bouleverse les rapports entre l’Etat et les partenaires sociaux »

Pour assurer la transformation sociale de ses structures, l’Etat est passé en trente ans de la concertation à la fermeté face aux syndicats, analyse le sociologue Guy Groux dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 11h40
    |

Guy Groux (Sociologue)







                        



                                


                            

Tribune. L’exécutif consulte mais ne négocie pas. De Laurent Berger (CFDT) à Pascal Pavageau (FO) en passant par Philippe Martinez (CGT), c’est l’avis unanime des principaux dirigeants syndicaux quant au pilotage par l’Etat de la réforme de la SNCF. Il est vrai qu’en l’occurrence, la détermination du pouvoir fut sans failles. Dès février, Elisabeth Borne, la ministre des transports, affirmait son refus total du statu quo et dénonçait les carences des réponses apportées jusqu’alors par le politique dans la mise en place d’une réforme du ferroviaire. Pour elle, « on s’est occupé tantôt de gouvernance, tantôt des commandes de TGV, de la dette, de la structure du groupe, sans jamais avoir une vision globale ».
Evoquant les délais d’ouverture du secteur à la concurrence européenne et l’endettement de la SNCF, l’exécutif décide alors d’agir par la voie des ordonnances et non par la négociation et l’accord collectif. Dans les semaines qui suivent, l’Etat affiche d’autant plus son autorité que face aux syndicats, il s’appuie sur une opinion toujours plus favorable.

2018 révèle ainsi un contexte qui tranche avec des projets politiques de réformes conçus dans un passé plus ou moins récent. C’est le cas de la réforme Juppé de 1995 ou de celle du CPE (contrat première embauche) en 2006 qui furent annulées ou ajournées sous la pression des mobilisations syndicales. Comme c’est le cas de certaines réformes couronnées de succès découlant d’un dialogue bien réel entre l’Etat et les syndicats. Pour illustrer ceci de façon significative, on peut rappeler la réforme des PTT voulue par le gouvernement Rocard en 1988. Entre celle-ci et la réforme de la SNCF, existent en effet des points communs comme les contraintes européennes qui pèsent sur les entreprises publiques ou la mise en cause du statut pour les nouveaux embauchés. Mais sur le plan des rapports entre le pouvoir, les syndicats et les salariés concernés, la « méthode...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde » le politologue Jean-Marie Pernot estime que les confédérations doivent apprendre à gérer autrement le pluralisme et à retrouver les lieux où les salariés travaillent.
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Macron et les syndicats : « Les confédérations doivent recomposer des logiques inclusives du salariat »

Dans une tribune au « Monde » le politologue Jean-Marie Pernot estime que les confédérations doivent apprendre à gérer autrement le pluralisme et à retrouver les lieux où les salariés travaillent.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 11h46
    |

Jean-Marie Pernot (Chercheur en science politique associé à l’IRES et au Centre d’histoire sociale du XXe siècle)







                        



                                


                            

Tribune. Etre puissant, c’est se rendre incontournable. Que ce soit par la lutte ou par la coopération, les syndicats français se sont jusque-là montrés impuissants à s’opposer à la vague Macron et, surtout, à mobiliser ceux qui, dans un passé encore récent, manifestaient à leur appel. Mais, au-delà de ce moment où l’arrogance des gouvernants ne laisse pas beaucoup d’espace à l’objection, les questions posées au syndicalisme en France s’inscrivent dans une perspective plus longue et plus large.
Plus large, en effet, car, comme pour beaucoup de sujets économiques et sociaux, il convient de situer le syndicalisme en France dans son environnement européen. De manière différente selon les pays, l’affaiblissement des syndicats est général et, parfois, considérable sur les quinze ou vingt dernières années.
Le syndicalisme français n’est donc pas l’homme malade d’une Europe syndicale où tout irait bien, il est à l’unisson d’une tendance, il l’amplifie parfois avec ses caractères propres bien connus : nombre d’adhérents stable, mais à un niveau très faible, une forte intégration institutionnelle, un manque d’indépendance financière, etc.
Enfin, sa capacité à peser dans le débat national en faisant vivre les références au service public, aux inégalités et aux politiques sociales en général, est en très net recul ces dernières années.
Il convient cependant de se départir d’un certain catastrophisme, car, sur d’autres plans, le syndicalisme n’enregistre pas que des échecs. Les syndicats sont, malgré tout, présents dans beaucoup d’entreprises, ils y mènent des luttes légitimes et ils signent nombre d’accords locaux qui ne semblent pas pénaliser exagérément la compétitivité, le tout, dans un contexte dont le moins qu’on puisse dire est qu’il ne leur est pas favorable.
Si les pressions du contexte sont nombreuses, il ne faut pas négliger la contribution que les syndicats français apportent eux-mêmes à leur affaiblissement....




                        

                        


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<filnamedate="20180701"><AAMM="201807"><AAMMJJ="20180701"><AAMMJJHH="2018070119">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Les routes sans séparateur central, sur lesquelles la vitesse est diminuée de 10 km/h le 1er juillet, représentent 90 % du réseau français.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤                     
                                                

Abaissement de la vitesse : à quoi ressemble la France des 80 km/h ?

Les routes sans séparateur central, sur lesquelles la vitesse est diminuée de 10 km/h le 1er juillet, représentent 90 % du réseau français.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 10h55
    |

                            Audrey Lagadec et 
Sylvie Gittus








                        



   



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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Les directions des deux centrales syndicales doivent se rencontrer lundi 2 juillet. Un événement inédit depuis la scission de 1948.
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Retrouvailles historiques au sommet pour FO et la CGT

Les directions des deux centrales syndicales doivent se rencontrer lundi 2 juillet. Un événement inédit depuis la scission de 1948.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 10h42
    |

            Raphaëlle Besse Desmoulières et 
Michel Noblecourt








                        



                                


                            
Le symbole est fort et l’événement totalement inédit. Selon nos informations, le bureau confédéral de Force ouvrière – sa direction – tiendra une réunion commune, lundi 2 juillet, avec celui de la CGT, emmené par son secrétaire général, Philippe Martinez. L’initiative de la rencontre, qui se tiendra au siège de FO, revient à Pascal Pavageau, arrivé en avril à la tête de la centrale de l’avenue du Maine, à Paris. Elle intervient quatre jours après une journée d’action des deux organisations syndicales, le 28 juin, qui s’est soldée par un flop.
« Quand j’ai fait ma tournée des secrétaires généraux [de la CGT, CFDT, CFTC et CFE-CGC] après mon élection, je leur ai, à chaque fois, proposé qu’on se fasse une petite réunion d’échanges avec nos bureaux respectifs, explique M. Pavageau. Tous ont accepté. Martinez m’a relancé assez vite et on devrait voir la CFDT en septembre. »
Reste que la rencontre sous cette forme avec la CGT a une saveur particulière. Les deux sœurs longtemps ennemies du syndicalisme vont ainsi se retrouver à quelques semaines près, soixante-dix ans après la création de FO, les 12 et 13 avril 1948. Cette fondation faisait suite à une scission d’avec la CGT décidée par les « groupes Force ouvrière », le 19 décembre 1947, qui dénonçaient la mainmise du Parti communiste sur la confédération. Jusqu’au bout, Léon Jouhaux, qui était encore cosecrétaire général de la CGT avec le communiste Benoît Frachon, avait tenté, faisant état de son « amertume », d’éviter la rupture.
« L’idée est de se rencontrer et se connaître »
Pendant les décennies qui ont suivi, FO, très anticommuniste, et la CGT se sont livré une guerre sans merci. En 1995, Marc Blondel, secrétaire général de FO, avait amorcé un rapprochement lors du mouvement social contre le plan Juppé, scellé par une spectaculaire poignée de main avec Louis Viannet, son homologue cégétiste. Il espérait manger la laine sur le dos de la CGT en récupérant une partie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Loué par le candidat à l’élection présidentielle en 2017 durant moins de trois mois, le local situé dans le 10e arrondissement de Paris a été facturé plus de 500 000 euros.
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Comptes de campagne de Hamon : un « QG » tout neuf et « all inclusive »

Loué par le candidat à l’élection présidentielle en 2017 durant moins de trois mois, le local situé dans le 10e arrondissement de Paris a été facturé plus de 500 000 euros.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 10h40
    |

            Bastien Bonnefous et 
Yann Bouchez








                        



                                


                            
Le slogan de la jeune entreprise, spécialisée dans la location d’espaces de coworking, était prometteur. « Deskopolitan, ce ne sont pas des espaces pour travailler mais des espaces pour réussir ! », vante le site Internet de la start-up. Las, les bureaux occupés par Benoît Hamon et son équipe de campagne, dans une ancienne manufacture de 1 450 m² jouxtant la mairie du 10e arrondissement de Paris, n’ont pas vraiment porté chance au candidat socialiste, cinquième de l’élection présidentielle de 2017.
Dans la lignée d’une campagne onéreuse, Benoît Hamon n’a pas lésiné sur les moyens pour s’offrir un QG tout neuf et « all inclusive », comme le montrent les documents reçus par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), que Le Monde a pu consulter. Adieu les 120 m² au onzième étage de la tour Montparnasse, occupés durant la campagne de la primaire à gauche, le candidat a investi, début février 2017, un bâtiment de trois étages, type loft new-yorkais. De quoi accueillir dans des conditions confortables plusieurs centaines de personnes, salariés, journalistes, militants ou simples visiteurs. Le tout rue du Château-d’Eau, dans un quartier à la fois populaire et branché, gagné par les épiceries bio et les boutiques de créateurs.

A l’arrivée, l’addition s’est révélée salée pour l’ancien socialiste. Pour une location de début février à fin avril, Benoît Hamon a ainsi déboursé 500 000 euros. A ce prix, de nombreux services sont inclus : la société Deskopolitan fournit « 3 hôte(sse)s/baristas (…) assurant l’exploitation de l’espace café » en semaine, « un manageur sur le site à temps plein du lundi au vendredi pour assurer l’intendance », mais aussi le ménage quotidien et la fourniture de trois imprimantes, 7 lignes téléphoniques, « 4 pieuvres d’audioconférence » et « 6 écrans ».
Plusieurs coûts sont venus s’ajouter à la facture...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ La diminution de la vitesse, qui entre en vigueur dimanche, a été repoussée pendant cinq ans, notamment en raison des élections municipales, européennes et présidentielle.
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Article sélectionné dans La Matinale du 30/06/2018
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80 km/h sur les routes à double sens, histoire d’une décision impopulaire

La diminution de la vitesse, qui entre en vigueur dimanche, a été repoussée pendant cinq ans, notamment en raison des élections municipales, européennes et présidentielle.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 10h10
 • Mis à jour le
01.07.2018 à 14h58
    |

            Rafaële Rivais








                        



                                


                            

Dimanche 1er juillet, la vitesse maximale autorisée diminue sur environ 400 000 kilomètres de routes départementales et nationales à double sens, particulièrement meurtrières, en raison des chocs frontaux qui s’y produisent.
Sur ces chaussées à fort trafic, dépourvues de séparateur central (muret ou glissière de sécurité), la vitesse passera de 90 km/h à 80 km/h comme le signaleront quelque 11 000 panneaux débâchés dans la nuit.
Les automobilistes qui s’agaceront de devoir lever le pied seront invités à comprendre, grâce à un film, 13 mètres, diffusé par la délégation à la sécurité routière, que ce ralentissement sauvera des vies. En cas de freinage d’urgence, celui qui roule à 80 km/h parcourt treize mètres de moins que celui qui roule à 90 km/h.

Ce sera la marque d’un changement de politique lié à l’élection présidentielle de 2017 : le principe de l’« acceptabilité » (une mesure n’est prise et appliquée que si elle est acceptable), défendu par Bernard Cazeneuve sous le quinquennat de François Hollande, a fait place à une forme de fermeté politique. Son successeur à Matignon, Edouard Philippe, s’est dit prêt à « assumer l’impopularité pour sauver des vies ».
L’affaire n’a pas été sans peine, tant cette décision, vite critiquée dans les campagnes et par les élus locaux, y compris ceux de La République en marche, a été discutée, jusqu’au sein du gouvernement et même de l’Elysée. Vendredi 29 juin, le premier ministre, en visite dans un centre de formation des pompiers, expliquait encore que « l’objectif, ça n’est pas d’emmerder le monde » mais « de faire en sorte qu’il y ait moins de morts et moins de blessés graves ».
Grande cause nationale
Il aura donc fallu près de cinq ans, et quelques échéances électorales, pour en arriver là. C’est en septembre 2013 que des experts en sécurité routière proposent cette mesure, alors que la France est en retard...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Le parti de Laurent Wauquiez devait tenir son conseil national sur l’Europe, samedi dans les Alpes-Maritimes.
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En vue des européennes, LR mise tout sur la lutte contre l’immigration

Le parti de Laurent Wauquiez devait tenir son conseil national sur l’Europe, samedi dans les Alpes-Maritimes.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 09h47
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 10h14
    |

            Olivier Faye (Menton (Alpes-Maritimes), envoyé spécial)








                        



   


Nadine Morano patiente sous un soleil de plomb devant le commissariat du poste frontière de Menton, point de séparation entre la France et l’Italie. Laurent Wauquiez est en retard, bloqué dans les embouteillages. Le président du parti Les Républicains (LR) doit visiter les lieux avec elle et son collègue député européen, Franck Proust, vendredi 29 juin. A la veille du conseil national de LR sur l’Europe, qui a été délocalisé dans la cité des Alpes-Maritimes.
La rescapée du sarkozysme, devenue figure de proue du wauquiézisme au fil des semaines, passe le temps en donnant son avis sur l’accord signé à Bruxelles, quelques heures plus tôt, qui prévoit que les Etats membres de l’Union européenne (UE) créent sur la base du volontariat des centres d’accueil pour les réfugiés. « C’est un accord pour rien, comme d’habitude. On verra quels pays seront candidats pour mettre un hotspot chez eux », grince l’ancienne ministre.
« Folie »
Laurent Wauquiez arrive, la gratifie d’une bise et d’une tape dans le dos, puis s’engouffre dans le commissariat. Il ne la désavouera pas, loin de là. « Il ne faut pas de centres de réfugiés sur le territoire européen », assure peu après à la presse le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qualifiant cette perspective de « danger fondamental » et de « folie » qui « va encourager l’appel d’air pour les migrants ». « L’approche » d’Emmanuel Macron, selon lui, « c’est comment répartir les migrants sur le territoire européen », alors qu’il se fixe de son côté un objectif : « reconduire à la frontière ».
Ainsi va la précampagne de LR en vue des élections européennes de mai 2019. L’immigration ébranle les institutions européennes, pousse au pouvoir dans certains pays – Italie, Autriche, Hongrie – les populistes et l’extrême droite, fragilise l’assise plus que décennale d’Angela Merkel en Allemagne… Laurent Wauquiez, lui, s’engouffre tête baissée dans cette brèche qui se mue peu à peu en trou béant. Il s’affiche tout sourire en photo sur Twitter avec Viktor Orban, le premier ministre hongrois, champion du camp populiste et anti-immigration, ou avec le chancelier autrichien Sebastian Kurz, ce conservateur qui gouverne en coalition avec l’extrême droite.
Le président de LR présente les sept « piliers » du futur projet européen de son parti, relativement consensuels mais qui dénotent d’une idée fixe. « Pilier » numéro 2 : « des frontières sûres » face « à l’immigration de masse incontrôlée et à la menace du terrorisme islamiste ». « Pilier » numéro 3 : « des frontières stables », sans élargissement de l’UE ou de l’espace Schengen.
« Pilier » numéro 7 (dérivé indirect des deux points cités précédemment) : « l’Europe est une civilisation commune, dont nous voulons transmettre l’identité, la culture, les racines et les valeurs ». Le nombre d’arrivées de réfugiés s’est amenuisé par rapport au sommet atteint lors de la crise migratoire de 2015, mais les sondages le disent : « Sécurité et immigration sont les deux thématiques prioritaires dans les 27 pays de l’UE. Il faut changer cette Europe qui ne correspond pas aux attentes du XXIe siècle », considère Franck Proust. « Ceux qui écoutent le peuple, c’est des populistes ? Je veux bien qu’on m’appelle populiste ! », s’enhardit Nadine Morano.
La tombe ne répond pas
Une heure de route plus loin, la petite troupe, à laquelle s’est joint Jean Leonetti, nouveau vice-président délégué de LR, se retrouve à Grasse devant la tombe de Charles Pasqua. Eric Ciotti a publié le matin même une tribune dans Nice-Matin en hommage à l’ancien ministre de l’intérieur, mort le 29 juin 2015, cet « homme dont la droite doit s’inspirer aujourd’hui ». « Face aux bateaux de migrants qui déferlent sur les côtes européennes, Charles Pasqua ne se serait certainement pas tu », écrit le député des Alpes-Maritimes. La tombe ne répond pas et les derniers militants du RPF, le parti gaulliste que Pasqua avait ressuscité pour mener ses croisades souverainistes, observent la scène avec une forme de dédain. La « cérémonie officielle » en mémoire du défunt Charles, comme dit leur porte-parole, a eu lieu un peu plus tôt, le matin.

   


Direction Nice, maintenant, et le bureau du maire de la ville, Christian Estrosi. Il fut un temps où l’ancien lieutenant de Nicolas Sarkozy aurait accompagné de bon cœur le concert de critiques sur la politique migratoire du gouvernement, mais il s’est rapproché d’Emmanuel Macron depuis plus d’un an et déplore le fait que « la droite n’est jamais allée aussi loin » que le président de la République en la matière.
Toujours adhérent de LR et président de la fédération des Alpes-Maritimes – poste qu’il ne se refuse pas de briguer à nouveau lors d’élections internes, en octobre – il vise, avec son entrevue avec Laurent Wauquiez, à donner une image d’apaisement après des mois de relations tumultueuses. « J’ai un petit cadeau pour le président », glisse-t-il même, sortant d’un paquet la reproduction en maquette du nouveau tramway de Nice, qu’il devait inaugurer samedi. Soit le même jour que le conseil national de Menton, où il essaiera néanmoins de passer une tête. Il ne sera pas dit que l’édile peut être refoulé d’une réunion de sa propre famille politique. Même par les temps qui courent.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ Le parti présidentiel veut « former des candidats crédibles » pour le scrutin de 2020, avec l’espoir de combler son manque d’implantation locale.
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La République en marche lance son institut de formation dans la perspective des municipales

Le parti présidentiel veut « former des candidats crédibles » pour le scrutin de 2020, avec l’espoir de combler son manque d’implantation locale.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 09h07
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 09h32
    |

            Alexandre Lemarié








                        


« Faire émerger une génération progressiste. » La République en marche (LRM) a lancé, vendredi 29 juin, son institut de formation afin de préparer ses futurs cadres et surtout ses futurs candidats, notamment dans la perspective des élections municipales de 2020.
« Nous sommes là pour identifier des femmes et des hommes qui voudront s’engager dans la gestion municipale », a déclaré le délégué général du mouvement, Christophe Castaner, lors d’une conférence de presse. Baptisée « Tous politiques ! », cette opération vise à accompagner des citoyens désireux de s’engager en politique, et à identifier des talents, dans l’espoir de combler le principal handicap du jeune parti présidentiel : son manque d’implantation territoriale.
Le dispositif se veut ouvert « le plus largement possible » à la société civile. L’adhésion à LRM n’est pas requise pour accéder à la formation, qui peut concerner aussi bien des élus que de simples citoyens. D’après M. Castaner, l’idée est d’apporter un soutien à des personnes estimant que la politique leur est « inaccessible ». « Notre mission est de lever les freins à l’engagement », a résumé le maire de Besançon, Jean-Louis Fousseret, ex-élu socialiste converti au macronisme, qui préside cet institut.
Avec l’ambition affichée de renouveler le profil des futurs élus, M. Castaner a insisté sur sa volonté de faire une large place aux femmes, ainsi qu’aux personnes issues « des cités », comme à celles venant de « la ruralité ». Pas question de n’avoir que « des hommes, blancs, de 55-60 ans, qui s’accaparent toutes les responsabilités », comme dans les partis traditionnels, a-t-il tranché. « Avec les législatives, on a fait souffler un vent d’air frais sur l’Assemblée nationale en y faisant entrer la société civile. L’enjeu, c’est de poursuivre et d’amplifier, partout dans les territoires », observe le député (LRM) des Hauts-de-Seine et porte-parole du mouvement, Gabriel Attal, voulant croire que « l’institut de formation sera un formidable moteur en formant nos futurs élus locaux ».
Compétences multiples
Cet institut, qui sera doté d’un budget de 2,5 millions d’euros par an, abondé pour moitié par le parti, proposera des formations sous la forme de cours en ligne ou d’ateliers. Celles-ci pourront être gratuites ou payantes en fonction des destinataires, et initieront les futurs cadres ou candidats du mouvement à la communication dans les médias ou à l’évaluation des politiques locales.
L’objectif ? Que les troupes soient prêtes à gérer une municipalité à l’horizon 2020. « Nous voulons former des dizaines de candidats crédibles pour les municipales et, surtout, ne pas donner corps au procès en amateurisme qu’on a déjà connu avec nos députés », explique un membre du bureau exécutif de LRM.
Sauf que l’échelle n’est plus la même… A la différence des législatives où il fallait disposer de près de 500 candidats, il s’agira cette fois d’en avoir des milliers en mesure de s’implanter dans tout le pays. « Cette fois, on parle d’une élection, qui a lieu dans près de 36 000 communes », souligne un député LRM expérimenté, en rappelant que la gestion d’une municipalité requiert des compétences multiples. « Quand on dirige une mairie, il faut connaître différents sujets aussi pointus que concrets, allant des cantines scolaires aux nids-de-poule, en passant par le plan d’urbanisme… »
Autre différence de taille avec les législatives, de portée nationale : les municipales se jouent davantage sur des enjeux locaux. Surtout, les candidats LRM ne pourront plus profiter cette fois de la dynamique suscitée par l’élection d’Emmanuel Macron en 2017. « On ne pourra pas mettre la photo de Macron partout pour faire élire nos candidats, anticipe un dirigeant du mouvement macroniste. Ce sera une élection beaucoup plus personnalisée. » 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Le mouvement de Benoît Hamon tient sa première convention samedi et dimanche à Grenoble. Retour sur cette première année.
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Après un an d’existence, Génération.s cherche sa place à gauche

Le mouvement de Benoît Hamon tient sa première convention samedi et dimanche à Grenoble. Retour sur cette première année.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 08h00
    |

                            Astrid de Villaines








                        


Il y a un an, le 1er juillet 2017, deux mois après son cinglant échec à la présidentielle où il est éliminé dès le premier tour avec 6,36 % des voix, et quelques jours après sa défaite au premier tour des élections législatives, Benoît Hamon remonte sur scène. En ce dimanche après-midi, une éclaircie s’invite après une matinée pluvieuse. Sur la pelouse de Reuilly, à Paris 12e, plusieurs milliers de militants ou curieux, élus ou battus, se pressent pour écouter l’ancien président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) qui conclut la journée de son nouveau mouvement, M1717, en référence à sa date de création.
L’ancien ministre de l’éducation salue « les dirigeants de grand talent » qu’il a côtoyés : « Michel Rocard, Lionel Jospin, Martine Aubry et Henri Emmanuelli ». Et annonce, après trente-deux ans de militantisme, le ton grave et à la surprise générale : « J’ai décidé de quitter le Parti socialiste. » Certains applaudissent, d’autres sont bouche bée. Les socialistes de l’aile gauche sont abasourdis.
Quelques jours plus tôt, leur candidat avait évoqué la création d’un mouvement avec les écologistes, mais toujours rattaché au PS. « J’en veux à Benoît de nous avoir lâchés », exprime Marie-Noëlle Lienemann, un an plus tard. « Moi, j’aurais été au congrès. Il fallait qu’il s’explique pour assumer la défaite, quitte à critiquer vigoureusement le parti », déplore la sénatrice PS de Paris. « Hamon comme Montebourg ou Valls sont des loups solitaires. Ils oublient le b.a.-ba : savoir agréger autour de soi », analyse Jérôme Guedj, ex-porte-parole du candidat lors de la campagne présidentielle, qui apprend la nouvelle « à la télévision ».
« On ne pouvait pas rester là »
Des accusations battues en brèche par les quelques socialistes qui ont suivi l’ancien ministre de l’économie sociale et solidaire, comme le député européen Guillaume Balas, qui avait été mis dans la confidence : « On voulait éviter les fuites dans la presse. Comment vouliez-vous qu’on reste au PS après tous les coups de couteau qu’on s’est pris ? Ils ont mis le pied à l’étrier à Macron, ce n’était pas sain. On ne pouvait pas rester là. »
En octobre, le jeune mouvement lance un questionnaire auprès des 30 000 militants revendiqués pour définir son nom et son fonctionnement. Deux mois plus tard, lors du congrès fondateur du 2 décembre, au Mans, le M1717 devient Génération.s.
Avec les deux eurodéputés Guillaume Balas et Isabelle Thomas, le député Régis Juanico, qui vient de rejoindre le mouvement, et une vingtaine d’élus locaux, Génération.s peine à se faire entendre dans le débat public. Début mars, une première grande campagne nationale est lancée pour promouvoir l’accueil des réfugiés et demander le retrait de la loi asile et immigration, mais elle n’est pas visible. Lors de « L’Emission politique », sur France 2, qui réunit cinq chefs de parti, Benoît Hamon n’est pas invité, contrairement à son ancien colocataire Olivier Faure, nouveau premier secrétaire du PS.
« Décisions à contretemps »
Fin mars, Benoît Hamon reprend la main. Une semaine avant le 78e congrès du PS, il récupère une grande partie du MJS, dont la direction claque la porte de la Rue de Solférino. Il s’impose ensuite dans le mouvement social et propose à l’ensemble des formations politiques des déplacements en train pour soutenir les cheminots. Jean-Luc Mélenchon moque « la gauche selfie », mais Benoît Hamon, accompagné de Pierre Laurent (PCF), Olivier Besancenot (NPA) et de députés La France insoumise (LFI), poursuit ses appels, sans jamais réussir à réitérer la « photo de famille » de la manifestation du 23 septembre 2017 où tous les chefs de file de gauche ont défilé côte à côte.
Vient ensuite le printemps des négociations pour la constitution de listes aux élections européennes de mai 2019. Le mouvement a un accord avec Yanis Varoufakis, l’ancien ministre des finances grec, et son mouvement DIEM25, ainsi que d’autres forces « altereuropéennnes ». En France, les discussions patinent avec Europe Ecologie-Les Verts (EELV), comme une redite de la campagne présidentielle, où le candidat Hamon avait passé plusieurs semaines à nouer un accord avec Yannick Jadot et à tenter de convaincre Jean-Luc Mélenchon, sans succès.
« Durant la présidentielle 2017, il avait une vision dépassée des appareils, se souvient Alexis Corbière, alors porte-parole du candidat LFI, aujourd’hui député. Pour les législatives, il voulait qu’on fasse un accord ensemble, mais sans quitter le PS. On ne comprenait rien ! Finalement, il lance le Mouvement du 1er juillet, on ne sait pas pourquoi à cette date… Il prend souvent des décisions à contretemps. Le timing, c’est important en politique ! »
« Il a fait une connerie en partant »
« J’ai parfois un peu de mal à comprendre l’espace politique qu’ils essaient de définir », commente David Cormand, secrétaire national d’EELV. « L’espace, ça se construit », répond Pascal Cherki, qui n’est « ni pressé ni angoissé » et revendique « une nouvelle façon de faire de la politique, contrairement aux partis traditionnels ».
Fort de 60 000 militants et d’un millier de comités locaux ou thématiques, le mouvement doit se structurer, samedi 30 juin et dimanche 1er juillet, à Grenoble, en proposant une cotisation progressive aux adhérents. « On s’est transformé d’un mouvement de réflexion sur la société à un mouvement politique », se félicite Guillaume Balas, coordinateur de Génération.s.
Un enthousiasme qui ne convainc guère leurs anciens camarades du PS. « Son truc, ça ne marche pas, c’est le désert, relève un cadre du bureau national. Il ne s’est toujours pas rendu compte que 6 % à la présidentielle, ça reste. » « Je pense qu’il faut qu’il revienne. Il a fait une connerie en partant, et il reviendra », espère Marylise Lebranchu, ancienne ministre de François Hollande et proche de Benoît Hamon quand il était au gouvernement.
En vue des européennes, le jeune mouvement, qui tente de s’imposer dans le paysage, aura du mal à se passer d’un accord avec d’autres partis de gauche. Régis Juanico, qui reste au sein du groupe Nouvelle Gauche à l’Assemblée nationale pour « créer des ponts », est formel : « Il faut des contacts avec toute la gauche, sans exclusive. Il ne faut pas marginaliser le PS sous prétexte qu’il serait impossible d’évoluer. » Et de conclure, comme pour se rassurer : « Oui, ça balbutie, mais ça balbutie pour tout le monde. »

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ L’ancien dirigeant du PS, sèchement battu au premier tour de la présidentielle en avril 2017, a été le deuxième candidat le plus dépensier, derrière Emmanuel Macron
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Présidentielle : la campagne à grands frais de Benoît Hamon

L’ancien dirigeant du PS, sèchement battu au premier tour de la présidentielle en avril 2017, a été le deuxième candidat le plus dépensier, derrière Emmanuel Macron



Le Monde
 |    30.06.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 10h41
    |

            Bastien Bonnefous et 
Yann Bouchez








                        



                                


                            
Mener une campagne dans l’urgence peut nuire aux finances. Voilà l’une des leçons de la course présidentielle de Benoît Hamon, désigné candidat sur le tard, le 29 janvier 2017, à l’issue de la primaire à gauche.
Son sprint électoral s’est accompagné d’une débauche de moyens pas vraiment proportionnels aux résultats finaux obtenus : l’ancien socialiste est arrivé en cinquième position, au soir du premier tour, le 23 avril 2017, avec 6,36 % des voix. Une déception amère à la vue des plus de 15 millions d’euros dépensés, le deuxième total le plus élevé derrière Emmanuel Macron, légèrement en deçà du plafond de 16,8 millions d’euros autorisé pour les prétendants du premier tour.
L’immense majorité de cette somme a été déboursée entre janvier et avril 2017, comme l’illustrent les comptes déposés par l’équipe Hamon à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), que Le Monde a consultés.
Parmi les postes de dépenses les plus importants, le « personnel salarié recruté spécifiquement pour la campagne » a représenté 1,198 million d’euros, sans compter le personnel « mis à disposition » (470 898 euros). Ce qui en fait l’un des candidats les plus dispendieux en la matière, loin toutefois derrière Marine Le Pen, particulièrement généreuse avec ses troupes (2,408 millions).

Même si M. Hamon s’est défendu d’avoir constitué une « armée mexicaine », son équipe était richement fournie, à l’image de ses deux directeurs de campagne et de ses sept porte-parole. Au total, 72 personnes ont été salariées par l’association de financement du candidat.
Un choix quasi politique, à écouter les anciens de la campagne. « Nous avons limité le recours aux prestations extérieures par volonté de salarier les membres de l’équipe, alors que d’autres équipes ont eu un recours massif à la rémunération d’autoentrepreneurs, d’entreprises ou d’associations “amies” »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Un livre de photos, « Simone Veil et les siens », sortira le 17 octobre chez Grasset. La préface, que nous publions en avant-première à l’occasion de l’entrée au Panthéon de l’ancienne ministre, sera signée d’Annick Cojean, grand reporter au « Monde », qui l’avait rencontrée à plusieurs reprises.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤                     
                                                   
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Souvenirs de Simone Veil

Un livre de photos, « Simone Veil et les siens », sortira le 17 octobre chez Grasset. La préface, que nous publions en avant-première à l’occasion de l’entrée au Panthéon de l’ancienne ministre, sera signée d’Annick Cojean, grand reporter au « Monde », qui l’avait rencontrée à plusieurs reprises.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 04h45
    |

            Annick Cojean








                        



                                


                            

C’est de ces yeux d’un vert transparent et liquide que je croyais avant tout me souvenir. De ses yeux si clairs, si vifs, si francs, qui perçaient jusqu’à l’âme et dissuadaient de feindre, de mentir, de se dérober ou même de prendre la pose. De ses yeux exigeants et lucides, qui avaient vu tant de choses, et dans lesquels passaient parfois des nuages et des ombres qu’elle chassait rapidement. De ses yeux comme un lac, capables de tempêtes et de quiétude glacée. De ses yeux qui, forcément, troublaient.
Pourtant, à feuilleter les albums de famille qu’elle composait méthodiquement, à scruter son visage au fil des pages, au fil des âges, au fil d’une vie, c’est son sourire qui m’interpelle, me subjugue, me retient. Un sourire de Joconde, nimbé d’un grand mystère. Un sourire triste et doux, arrêté à mi-chemin. Un sourire qui est très loin du rire et semble une politesse. Un sourire qui est une concession, à la vie, aux usages, aux êtres aimés qui braquent vers elle la caméra et veulent la voir heureuse. Un sourire qui garde son quant-à-soi et camoufle, avec grâce, impatiences et fêlures, tumultes intérieurs et souvenirs douloureux. Un sourire ineffable.
Il n’est pas enjôleur. Elle ne voulait pas séduire. L’idée lui faisait horreur. Elle n’a jamais joué de ce registre-là. On pourrait dire que sa beauté naturelle la dispensait de recourir à ce qui peut être un jeu, une arme, un procédé. Mais elle était à mille lieues de cet état d’esprit. Elle avançait bien droite, front haut, regard limpide et mine bravache. Bien moins sûre d’elle qu’on a pu croire. Directe. Sans minauderie ni fioriture. Forte de son honnêteté. De ses convictions. Et d’un discernement acquis par l’expérience. La certitude de savoir, mieux que quiconque, de quoi est fait l’être humain. Sans aucune illusion.

Je ne me lasse pas d’explorer ce visage et de l’interroger. D’y projeter une histoire que l’on connaît dans ses grandes lignes. D’y chercher des ressorts pour vivre,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de médecins et de juristes parmi lesquels Boris Cyrulnik et Jean-Pierre Rosenczveig, dénonce le recul du gouvernement sur les violences sexuelles sur mineurs.
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« Jamais un enfant ne peut donner un consentement éclairé à des relations sexuelles avec un adulte »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de médecins et de juristes parmi lesquels Boris Cyrulnik et Jean-Pierre Rosenczveig, dénonce le recul du gouvernement sur les violences sexuelles sur mineurs.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 04h45
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 09h47
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Comme beaucoup, nous avons été profondément heurtés par de récentes décisions judiciaires selon lesquelles des enfants de 11 ans pourraient avoir eu des relations sexuelles librement consenties avec des hommes majeurs.
C’est en effet ce qui s’est passé en février à Pontoise où le parquet s’est contenté de poursuivre devant le tribunal correctionnel pour « atteintes sexuelles » un homme de 28 ans, père de deux jeunes enfants, qui avait eu des relations sexuelles « complètes » avec une enfant de 11 ans. A Meaux, quelques semaines plus tard, et malgré l’émoi public suscité par la première affaire, la cour d’assises, non convaincue de l’existence d’une violence exercée sur la victime, également âgée de 11 ans, a acquitté un homme de 22 ans pourtant poursuivi pour « viol ».
Traumatisme
Comme beaucoup, nous jugeons essentiel que la loi rende impossibles de telles décisions de justice. Nous proposons ici une modification du texte soumis en ce moment même aux parlementaires français, de telle sorte qu’il prévoie expressément, à travers une nouvelle infraction, que jamais un enfant ne peut donner un consentement éclairé à des relations sexuelles avec un adulte. C’est le cas dans de nombreux pays européens, qui fixent la présomption de non-consentement de 12 ans en Espagne à 16 ans en Suisse.
Pour quiconque connaît la psychologie de l’enfant, un tel consentement n’a en effet aucun sens ; en revanche, le traumatisme, lui, peut être irrémédiable, à moins que la victime ne reçoive une aide telle qu’elle lui permette de reprendre son développement. Nous affirmons plus que jamais qu’un enfant ne peut pas donner un consentement éclairé à des relations sexuelles avec un adulte.

Faut-il rappeler que notre pays a ratifié la Convention internationale des droits de l’enfant de 1989, qui précise très clairement que les Etats doivent « protéger l’enfant contre toute forme de violence, (…)...




                        

                        

