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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Certes, les nouvelles technologies créent des emplois, notamment à destination des moins qualifiés. Mais la disparition des professions intermédiaires, remplacées par des robots ou des algorithmes, en supprime aussi, bouleversant les structures sociales et renforçant les inégalités.
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Numérique, la nouvelle fracture sociale

Certes, les nouvelles technologies créent des emplois, notamment à destination des moins qualifiés. Mais la disparition des professions intermédiaires, remplacées par des robots ou des algorithmes, en supprime aussi, bouleversant les structures sociales et renforçant les inégalités.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 17h00
    |

                            Béatrice Madeline








                        



                                


                            

Tatiane Venâncio, 22 ans, a grandi à Rio de Janeiro, dans un quartier miné par la pauvreté et le trafic de drogue. Après ses études secondaires, elle s’est inscrite à une formation gratuite au numérique proposée par une ONG locale, Recode. Elle y a développé, en compagnie d’autres élèves, une technologie permettant de résoudre certains problèmes de santé publique grâce à la réalité augmentée. Sur la base de cette expérience, elle a pu être recrutée dans une entreprise ; elle suit aujourd’hui en parallèle un cycle préparatoire à des études de biomédecine.
A Gasovu, un village dans le sud du Rwanda, on assiste à un curieux spectacle. Les fermiers qui travaillent dans les champs de maïs s’assoient régulièrement en cercle, smartphone en main. Grâce à une plate-forme numérique (créée dans le cadre d’un projet des Nations unies), ils peuvent se tenir informés de l’évolution des marchés et de la météo, et, ainsi, mieux anticiper leur production et fixer les prix de vente en fonction de la demande.
Effet pernicieux
En France, mais aussi en Espagne, en Pologne, en Jordanie, en Egypte ou au Maroc, des dizaines de femmes se réunissent régulièrement à la « maison digitale » soutenue par la Fondation Orange. Elles y apprennent à utiliser un ordinateur, une tablette, à naviguer sur le Web et à utiliser les emails. Elles se familiarisent parfois avec des outils de gestion simples. « Quand je suis allée à la remise des certificats qui marquent la fin de leur formation, sur les dix femmes concernées, cinq n’étaient pas là car elles avaient trouvé un emploi », se félicite Mary Lisa Durban, responsable du programme maisons digitales à la Fondation Orange.

Les exemples de ce type sont légion. Partout dans le monde, les technologies numériques facilitent l’accès à l’emploi, aident les personnes les plus fragiles à monétiser leur travail ou à améliorer leurs revenus, en vendant, par exemple, des productions artisanales ou en tirant meilleur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Des écoles accueillent décrocheurs scolaires, personnes peu formées, demandeurs d’emploi et réfugiés, pour leur apprendre en quelques mois les bases du code et du développement : il y avait en France en 2017 80 000 postes à pourvoir dans les métiers du numérique, entre 500 000 et 700 000 en Europe.
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Des formations pour les décrocheurs scolaires

Des écoles accueillent décrocheurs scolaires, personnes peu formées, demandeurs d’emploi et réfugiés, pour leur apprendre en quelques mois les bases du code et du développement : il y avait en France en 2017 80 000 postes à pourvoir dans les métiers du numérique, entre 500 000 et 700 000 en Europe.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 17h00
    |

                            Béatrice Madeline








                        



                                


                            

« Quand on n’a aucun diplôme comme moi, c’est difficile de trouver du travail, même pour un poste d’agent d’accueil. » A 32 ans, Zofira a en a eu assez de galérer, entre une licence jamais validée et divers boulots alimentaires. « Après trois ans comme secrétaire d’admission dans une clinique, j’ai émis l’idée de reprendre des études. Mais quoi ? Je me suis décidée pour le numérique. » Elle est aujourd’hui en formation dans l’une des antennes de l’école Simplon pour apprendre à coder et espère « voir s’ouvrir des portes auxquelles [elle] n’aurait jamais eu accès ».
Faire des métiers du digital un nouvel « ascenseur social », c’est l’un des mantras de Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat chargé du numérique, qui s’appuie sur une conviction : « C’est un secteur où il n’y a pas d’insiders, ou très peu, et qui est en très grande expansion. Les gens peuvent saisir leur chance », assure-t-il. Et ce d’autant plus que les entreprises manquent actuellement cruellement de compétences dans ce domaine. Selon les estimations du Conseil d’orientation pour l’emploi, il y avait en France en 2017 environ 80 000 postes à pourvoir dans les métiers du numérique, et entre 500 000 et 700 000 en Europe.

C’est pour répondre à cette demande que se sont créées des formations comme Simplon, qui accueillent des décrocheurs scolaires, des personnes peu formées (niveau infrabac), des demandeurs d’emploi et même, aujourd’hui, des réfugiés, pour leur apprendre en quelques mois les bases du code et du développement.
400 formations labellisées en France
Plus de 400 formations de ce type ont fleuri un peu partout en France, labellisées « grande école du numérique » (GEN). « Nous avons déjà formé plus de 11 000 personnes, dont 65 % qui étaient sans emploi ou sans formation, 55 % de niveau bac ou inférieur, 24 % de femmes et 17 % issues des quartiers “politique de la ville”, énumère Samia Ghozlane, directrice de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Aujourd’hui, ne pas savoir se servir d’un ordinateur pour chercher un emploi ou même remplir un formulaire pour accéder aux aides sociales est une véritable barrière.
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L’accès aux technologies et leur maîtrise, facteur d’exclusion

Aujourd’hui, ne pas savoir se servir d’un ordinateur pour chercher un emploi ou même remplir un formulaire pour accéder aux aides sociales est une véritable barrière.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 17h00
    |

                            Béatrice Madeline








                        



                                


                            

Si le numérique peut aider à accéder à l’emploi, ne pas en maîtriser les bases peut aussi être lourdement pénalisant dans le monde du travail. En la matière, la première des inégalités créée par l’ordinateur, le smartphone et Internet est celle qui sépare les « initiés » des autres.
Aujourd’hui, ne pas savoir se servir d’un ordinateur pour chercher un emploi ou même remplir un formulaire pour accéder aux aides sociales est une véritable barrière. Or, on estime qu’en France 12 % de la population ne se connecte jamais à Internet. Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), parmi la population adulte des pays membres, une personne sur deux est incapable de mener à bien une tâche aussi simple que de surfer sur le Web (« Policy Brief on the Future of Work. Skills for a Digital World », 2016).
« Peur de casser l’ordinateur »
Jen Schradie, chercheuse à l’Institut d’études avancées (IEA) de Toulouse, travaille depuis une dizaine d’années sur le sujet. « Utiliser les technologies numériques apparaît compliqué parce qu’il y a sans cesse de nouvelles applications, de nouveaux appareils, de nouveaux logiciels, et que c’est intimidant pour beaucoup de personnes, souligne-t-elle. Beaucoup de gens issus de milieux populaires, au cours de mes enquêtes, disent que le digital, ce n’est pas eux. Une personne m’a dit un jour qu’elle n’osait pas utiliser son ordinateur de peur de le casser. »
Ce à quoi il faut ajouter un aspect financier, rappelle la chercheuse : « Certains ont un ordinateur pour toute la famille, et ils ne peuvent avoir accès à Internet que rarement. S’il faut se serrer la ceinture financièrement, on peut aussi renoncer à payer un accès à Internet. Et si l’ordinateur tombe en panne, il ne sera pas réparé. »
Enfin, le facteur temps pèse dans la balance. Difficile de pianoter sur son smartphone lorsque l’on est ouvrier, cuisinier ou posté derrière une caisse toute la journée....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Le mieux est d’effectuer les demandes de retraite au moins 4 à 6 mois avant la date souhaitée, sans oublier d’avertir son employeur.
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Salariés du privé : quelles sont les conditions à respecter pour partir à la retraite ?

Le mieux est d’effectuer les demandes de retraite au moins 4 à 6 mois avant la date souhaitée, sans oublier d’avertir son employeur.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 13h28
 • Mis à jour le
01.07.2018 à 16h35
    |

                            Marc Darnault (Associé chez Optimaretraite)








                        



   


Pour pouvoir obtenir sa retraite, un salarié doit atteindre l’âge minimum de 62 ans (l’âge légal) et avoir validé au moins un trimestre. Des dispositifs permettent sous conditions d’anticiper cet âge, à 60 ans, voire plus tôt, pour les carrières longues, à partir de 55 ans pour les assurés handicapés, à 60 ans dans le cadre de la pénibilité…
Répondre à ces premières conditions ne suffit pas pour partir à la retraite. Il faut également avoir cessé toute activité professionnelle, salariée et/ou non salariée, mis à part quelques exceptions comme dans le cas d’un cumul emploi-retraite au sein d’un régime non salarié.

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                Prélèvement à la source : comment les réductions d’impôt sont-elles prises en compte ?



Une rupture du contrat de travail se révèle donc en principe nécessaire. Ensuite, il faut effectuer ses demandes de retraite. Elles doivent parvenir à la caisse avant la date d’effet souhaitée sinon la date sera repoussée au premier jour du mois suivant la réception de la demande.
Dans le cas particulier où la demande de retraite Arrco-Agirc est reçue au plus tard trois mois après la notification de la pension de la Sécurité sociale, la date d’effet de la pension de ces régimes pourra être rétroactive en s’alignant sur celle de la retraite de base.

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                Faut-il avancer ou retarder son départ à la retraite à cause du nouveau malus Agirc-Arrco ?



Le mieux est d’effectuer les demandes au moins 4 à 6 mois avant la date souhaitée. Il ne faut pas oublier d’avertir son employeur. Un préavis est à respecter. Ce dernier pouvant varier selon l’ancienneté ou la convention collective, il est préférable de se renseigner avant de faire sa demande de retraite.
A contrario, il ne faut pas signifier son départ à la retraite à son employeur tant que la date et les conditions de départ ne sont pas certaines. Ce sera compliqué de faire marche arrière !



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Le cours du poisson gras n’a cessé de grimper au printemps, au point d’atteindre la cote d’alerte. Mais depuis le début de juin, il plonge.
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Matières premières : le saumon défraye la chronique

Le cours du poisson gras n’a cessé de grimper au printemps, au point d’atteindre la cote d’alerte. Mais depuis le début de juin, il plonge.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 12h00
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

Chronique Matières premières. L’acheteur de saumon vit dangereusement. Comme emporté dans le rythme effréné de montagnes russes. En effet, le cours de ce poisson gras ne cesse de traverser des eaux tumultueuses. Au printemps, il n’a cessé de monter. Au point d’atteindre la cote d’alerte. Sur le marché à terme Fish Pool de Bergen (Norvège), son prix avait dépassé les 80 couronnes, soit plus de 8 euros le kilo. Renouant ainsi avec ses plus hauts historiques. De quoi défrayer la chronique.
Le chiffon rouge vient d’ailleurs d’être à nouveau agité par les industriels du poisson fumé. N’hésitant pas à évoquer le spectre d’une pénurie de leur précieuse matière première. En particulier pour les pièces les plus recherchées par les consommateurs, les produits bio ou Label rouge. Le sort du saumon effraie. Un cri d’alarme poussé à un moment qui ne doit rien au hasard. Les fabricants commencent à discuter le bout de gras avec la distribution pour les fêtes de fin d’année. Une période cruciale pour eux.

Or, en 2017, ils ont subi une décrue de 11 % de leurs ventes en volume, à 33 000 tonnes, selon les chiffres publiés, mardi 26 juin, par les Entreprises du traiteur frais (ETF). Une baisse correspondant quasi symétriquement à la hausse des prix en rayon. Les Français ont chipoté sur la portion de saumon dans leur assiette plutôt que de desserrer encore les cordons de la bourse. Les industriels, eux, avaient obtenu une augmentation de leur tarif pour éponger les pertes de 2016 quand le cours du saumon avait bondi après la période des négociations. Laissant les fumeurs de poisson asphyxiés financièrement.
Glissade des prix
Difficile donc de naviguer dans ces eaux agitées. D’autant que depuis début juin, le cours du poisson plonge. Il a perdu près d’un quart de sa valeur en un mois… Au risque de doucher quelque peu les espoirs des industriels lors de leurs discussions avec la distribution. Ces fortes vagues sont liées à la densité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ La start-up française Ekim va ouvrir, début 2019 au plus tard, un établissement pilote où la préparation de la pizza sera totalement automatisée.
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Quand un « pizzarobot » remplace le pizzaiolo

La start-up française Ekim va ouvrir, début 2019 au plus tard, un établissement pilote où la préparation de la pizza sera totalement automatisée.



Le Monde
 |    01.07.2018 à 11h00
    |

            Vincent Fagot








                        



                                


                            

Derrière le four à pizza, un étrange employé s’affaire. Trois bras articulés font franchir au rond de pâte toutes les étapes de la recette : quand l’un étale la sauce tomate, le second rentre déjà une pizza garnie dans le four. Le dernier s’appliquera à verser un filet d’huile, à la découper et à refermer la boîte dans laquelle le client viendra la récupérer, à l’intérieur d’un casier voisin.

Après six ans de travail, Ekim, une start-up installée à Montévrain (Seine-et-Marne), s’apprête à lancer en France son robot pizzaiolo, qui consiste en fait en une cuisine d’une quarantaine de mètres carrés, totalement automatisée, de la prise de commande – sur une borne tactile ou via une application – à la livraison du produit. La seule intervention humaine nécessaire consiste à l’approvisionner régulièrement en produits frais.
Un premier établissement pilote doit ouvrir au plus tard début 2019, à Paris ou en proche banlieue parisienne, avec des tables pour consommer son plat sur place. A l’avenir, le service pourrait aussi se décliner sous forme de distributeurs de repas à emporter (pizza, dessert, boisson), 24 heures sur 24.
Une pizza toutes les 30 secondes
Volontairement, les fondateurs ont souhaité jouer sur l’aspect spectaculaire de ce ballet de bras mécaniques, capables de gérer dix commandes simultanément et de livrer une pizza toutes les trente secondes. Mais avant le lancement, les concepteurs peaufinent de derniers détails pour que les clients acceptent plus facilement cet interlocuteur d’un nouveau genre. Une école de design a été mobilisée pour finaliser l’aspect de la machine, qu’ils souhaitent le plus rassurant possible, sans avoir voulu pour autant lui donner l’aspect d’un humanoïde. Une réflexion est également menée sur la gestuelle du robot quand il n’est pas en train de jongler avec les pâtes.
Pour le dirigeant de l’entreprise, Philippe Goldman, le recours à un robot offre de nombreux avantages : la capacité à maintenir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ La hausse du pétrole, du billet vert et des taux d’intérêt américains risquent d’affecter les économies de certains pays émergents.
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Marchés émergents : l’horizon des gérants s’assombrit

La hausse du pétrole, du billet vert et des taux d’intérêt américains risquent d’affecter les économies de certains pays émergents.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 13h45
    |

                            Laurence Boccara








                        



                                


                            

A mi-parcours de cette année 2018, les performances boursières des marchés émergents ne font pas d’étincelles. Depuis le début du mois de janvier, l’indice de référence MSCI des pays émergents, exprimé en dollars, affiche un repli de 1,6 %. Comment expliquer cette tendance quasi stable après une année 2017 haute en couleurs ?
« Nous sommes dans une phase de consolidation qui succède à une année 2017 exceptionnelle en termes de progression où les pays émergents ont profité d’un alignement des planètes. Pour mémoire, l’an passé, l’indice de référence a terminé en hausse de 34,3 % avec une évolution linéaire et peu de volatilité », souligne Stéphane Déo, stratégiste à la direction de la gestion de La Banque postale Asset Management.

Autre élément de réponse : l’environnement actuel est moins porteur que l’an passé. Ces dernières semaines, quelques nuages sont venus assombrir l’horizon des gérants à court terme : la hausse des taux d’intérêt américains, l’appréciation du dollar et le renchérissement du prix du pétrole. Trois paramètres susceptibles de venir perturber l’économie de certains de ces pays parfois (très) endettés en dollars et/ou exportateurs d’or noir.
Dans ce contexte, les perspectives des fonds spécialisés dans les pays émergents deviennent beaucoup plus incertaines. Faut-il pour autant faire l’impasse sur des marchés qui comprennent l’Asie (Chine, Corée du Sud, Taïwan…), l’Amérique latine (Brésil, Mexique, Chili…), l’Europe de l’Est (Pologne, Hongrie, République tchèque…), mais aussi la Russie, l’Inde ou la Turquie ? Difficile pour l’investisseur qui veut parier sur la vigueur de la croissance mondiale.
Quel type de produit faut-il privilégier ? « Dans ces fonds axés pays émergents, il y a ceux qui ne jouent que les actions ou se concentrent uniquement sur la dette, d’autres, moins nombreux combinent ces deux classes d’actifs », précise Georg Schuh, directeur des investissements pour l’Europe...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Le constructeur de Detroit souligne qu’ériger des barrières commerciales pourrait accroître ses coûts et l’amener à supprimer des emplois.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Tarifs douaniers : plusieurs industriels américains, dont General Motors, mettent en garde Trump

Le constructeur de Detroit souligne qu’ériger des barrières commerciales pourrait accroître ses coûts et l’amener à supprimer des emplois.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 13h31
 • Mis à jour le
01.07.2018 à 06h31
   





                        



   


Des emplois supprimés, des investissements amoindris, et des voitures plus chères. La réponse du constructeur General Motors (GM) à l’égard des taxes douanières sur le secteur automobile que la Maison Blanche envisage de mettre en place sonne comme un avertissement adressé à Donald Trump.
« Augmenter les tarifs douaniers pourrait réduire la taille de GM, réduire la présence sur le plan national et à l’étranger de cette entreprise américaine emblématique et risque de réduire les emplois plutôt que de les augmenter », écrit l’entreprise automobile dans des « commentaires » transmis vendredi au département américain du commerce dans le cadre d’une période de consultations.

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Le plus grand constructeur des Etats-Unis, qui emploie 110 000 personnes, souligne qu’ériger des barrières douanières pourrait accroître ses coûts, le rendre moins compétitif car cette politique « promeut un environnement commercial dans lequel nous pourrions faire l’objet de représailles sur d’autres marchés ». La Maison Blanche n’a pas souhaité réagir après ces déclarations.
Trump veut des taxes punitives
Donald Trump avait déclaré le 23 mai qu’il souhaitait imposer de nouvelles taxes douanières sur les importations de véhicules aux Etats-Unis. Le président américain avait mandaté le secrétaire au commerce Wilbur Ross « d’envisager d’initier une enquête sous la Section 232 sur les importations de véhicules, y compris les camions et les pièces détachées, pour déterminer leur impact sur la sécurité nationale américaine ».
Le locataire de la Maison Blanche a déjà maintes fois évoqué des taxes punitives pour protéger l’industrie automobile des Etats-Unis. Elles viseraient notamment l’Allemagne, dont les excédents commerciaux l’exaspèrent. Selon lui, les voitures américaines sont frappées de taxes supérieures à celles imposées sur les automobiles européennes.
Si Donald Trump a justifié ces taxes par une volonté de protéger la sécurité nationale et de dynamiser ce secteur, quelque 21 000 entreprises ont requis une exemption au motif que ces tarifs douaniers pénalisent au contraire leur activité dépendante des importations d’acier et d’aluminium.

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Harley-Davidson, victime de la guerre commerciale
Les taxes de l’Union européenne (UE) sur les importations de voitures en provenance des Etats-Unis et des pays hors UE s’élèvent en effet à 10 %, quand les droits de douane américains sur celles en provenance de l’UE ne s’élèvent qu’à 2,5 %. Toutefois, au sein du secteur automobile, les Etats-Unis taxent les importations de camions et de pick-up à hauteur de 25 %, alors que les importations de ces mêmes produits au sein de l’UE sont taxées à 14 % en moyenne.
La « période de commentaires » pour les entreprises doit s’achever le 6 juillet avant une « période d’auditions ». Le département américain du commerce devra ensuite rédiger son rapport avec des recommandations pour la Maison Blanche.
Egalement victime de la guerre commerciale lancée par Donald Trump, le constructeur de motos américaines Harley-Davidson avait annoncé, le 26 juin, vouloir délocaliser une partie de sa production pour échapper aux tarifs douaniers instaurés par Bruxelles en représailles à ceux de Washington. La marque de motos, née il y a cent dix-sept ans, a déploré que les taxes de l’UE soient passées de 6 % à 31 % sur ses produits entrant sur le marché européen, ce qui renchérit le prix au détail de chaque véhicule de 2 200 dollars (soit 1 880 euros).

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Arrivé de Pologne avec sa famille quand il était adolescent, ce jeune quadragénaire reste fidèle au nord de la France où il a fondé il y a 20 ans son entreprise, devenue le numéro un européen du cloud.
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OVH : Octave Klaba, le grand patron de « Roubaix Valley »

Arrivé de Pologne avec sa famille quand il était adolescent, ce jeune quadragénaire reste fidèle au nord de la France où il a fondé il y a 20 ans son entreprise, devenue le numéro un européen du cloud.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 12h18
    |

                            Laurie Moniez (Lille, correspondance)








                        



                                


                            

A 43 ans, Octave Klaba ne doit rien à personne. « Tout ce qu’on a accompli, on l’a fait à la sueur et aux biceps », confie le jeune patron d’OVH, numéro un européen du cloud – informatique dématérialisée en nuage –, élu entrepreneur de l’année 2017 en France. Parti de rien, le fondateur de l’une des licornes européennes (sa valorisation est supérieure à 1 milliard de dollars, 857 millions d’euros) les plus prometteuses est aujourd’hui classé 51e plus grande fortune de France par le magazine Challenges. Et pour le fondateur de Free, Xavier Niel (actionnaire à titre individuel du Monde), « c’est un des grands patrons français, même s’il n’est pas vu comme tel, parce qu’il ne correspond pas au modèle habituel ».
Pas de costard-cravate, mais des tee-shirts et des baskets orange fluo. Pas de grosse berline, mais une Tesla. Pas de grand bureau en haut d’une tour, mais une petite table à l’entrée d’un open space partagé avec ses collaborateurs au siège de Roubaix (Nord). Octave Klaba, guitariste à ses heures, fan de Led Zeppelin et The Animals, détonne. « Ma vie n’est pas incroyable, elle est comme toutes les autres vies, sourit-il, avec un léger accent. Je suis né avec les ordinateurs dans les mains. J’aime ce que je fais et je me sens au bon endroit dans ma vie. »
Sa trajectoire n’a pourtant rien de banal. Il a grandi dans une ferme collective en Pologne, avant de quitter le pays avec son frère et ses parents à l’âge de 16 ans, après la chute du mur de Berlin en 1989. Il arrive dans le nord de la France où son grand-père était mineur. Fils d’ingénieurs, il ne parle pas un mot de français, mais il est travailleur.
« Je suis un geek »
Lui qui a appris à coder à 9 ans, devient étudiant à l’ICAM, école d’ingénieurs à Lille, à l’heure des débuts de l’Internet. « Je suis un geek, résume-t-il. Le mieux, c’est quand je regarde un grand écran. »  Dès la fin de ses études,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Peut-on évaluer l’impact réel des industries qui paraissent si cruciales à un moment donné qu’un gouvernement estime nécessaire d’aider leur développement, s’interroge dans sa chronique l’historien Pierre-Cyrille Hautcœur.
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Quand l’Etat lit dans la boule de cristal technologique

Peut-on évaluer l’impact réel des industries qui paraissent si cruciales à un moment donné qu’un gouvernement estime nécessaire d’aider leur développement, s’interroge dans sa chronique l’historien Pierre-Cyrille Hautcœur.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h37
    |

                            Pierre-Cyrille Hautcoeur (Directeur d'études à l'EHESS)








                        



                                


                            

Recherches. Le plan hydrogène présenté le 1er juin par le ministre de la transition écologique et solidaire affirme que « l’hydrogène est une “révolution potentielle” pour notre modèle énergétique » et vise à « faire de notre pays un leader mondial de cette technologie ». Trois mois plus tôt, le député Cédric Villani présentait un plan très complet visant à « éviter que la France rate le train de l’intelligence artificielle » et à « faire émerger des champions français » dans ce domaine (« Donner un sens à l’intelligence artificielle »).
Le gouvernement reprend ainsi une tradition d’appui de l’Etat à certaines industries qui, remontant à Colbert, s’enorgueillit de quelques succès, de Saint-Gobain à Airbus. Mais peut-on évaluer l’impact réel de ces activités qui paraissent si cruciales à un moment donné qu’un gouvernement estime nécessaire d’aider leur développement ?
Les économistes américains Paul David et Robert J. Gordon ont montré dans les années 1990 que certaines industries tirent la croissance globale grâce à des externalités sur l’ensemble des autres secteurs. Paul David a en particulier affirmé que l’électricité avait, parmi ces « technologies multi-usages », révolutionné entre 1900 et 1950 l’organisation de la production dans tous les secteurs, tout en faisant apparaître des activités nouvelles (électrométallurgie, électrochimie, appareils domestiques, machines électriques professionnelles).
Mise en question du progrès technique
Les travaux plus récents de Gerben Bakker, Nicholas Crafts et Pieter Woltjer ont cependant revu à la baisse ces conclusions (« The Sources of Growth in a Technologically Progressive Economy : The United States, 1899-1941 », Economic History Working Papers, n° 269, The London School of Economics and Political Science, 2017).
Ils utilisent à cet effet une méthode éprouvée, qui sert de base à toute la comptabilité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Les compagnies aériennes ont trouvé la parade pour ne pas verser d’indemnisation aux passagers en cas de retard.
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SOS Conso : comment prouver que l’on a bien embarqué dans l’avion

Les compagnies aériennes ont trouvé la parade pour ne pas verser d’indemnisation aux passagers en cas de retard.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 11h56
    |

            Rafaële Rivais








                        



                                


                            

Chronique. Les voyageurs qui subiront des retards de vol cet été et qui réclameront l’indemnisation à laquelle ils ont droit risquent de subir des déconvenues. Les compagnies aériennes ont en effet trouvé une parade pour ne pas la verser : elles demandent aux passagers de prouver qu’ils étaient bien à bord de l’avion.
C’est ce qui s’est passé pour Antoine, Diana et Henri M., arrivés de Miami, en Floride, à Paris avec plus de cinq heures de retard, le 26 juillet 2014. Ils réclament à la compagnie française XL Airways une indemnisation de 600 euros par personne en vertu du règlement européen no 261/2004 du 11 février 2004, mais ne l’obtiennent pas.
Ils saisissent alors le tribunal de proximité d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), proche de l’aéroport de Roissy (Val-d’Oise). Ils produisent leurs réservations électroniques ainsi que l’attestation de retard, non nominative, que la compagnie leur a fournie. XL Airways réplique que ces documents ne prouvent pas leur présence dans l’avion et leur réclame leurs cartes d’embarquement. Or ils ne les ont plus. Le tribunal les déboute, le 26 février 2016.
Les M. se pourvoient en cassation. Ils soutiennent que la juridiction de proximité a, non seulement, « inversé la charge de la preuve » en leur demandant de démontrer qu’ils étaient dans l’avion, mais, en outre, exigé « une preuve impossible » puisque « seul le transporteur aérien détient le listing informatique » confirmant l’embarquement du passager. La cour de cassation rejette leur pourvoi, le 14 février, à la surprise générale.
Colère des transporteurs
« Depuis, de nombreuses compagnies nous opposent la même demande », constate Me Benjamin Mairesse, avocat spécialiste du contentieux aérien. Or les cartes d’embarquement papier peuvent être perdues et les cartes électroniques, sur smartphone, s’autodétruisent après le vol. « Nous leur répondons que le règlement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ La ville de Mbandaka, dans le nord-est du pays, cristallise les craintes des spécialistes de la fièvre hémorragique, qui tentent de soigner les patients en testant de nouveaux traitements.
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En République démocratique du Congo, des laboratoires éphémères contre le virus Ebola

La ville de Mbandaka, dans le nord-est du pays, cristallise les craintes des spécialistes de la fièvre hémorragique, qui tentent de soigner les patients en testant de nouveaux traitements.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h26
    |

            Chloé Hecketsweiler et 
Joan Tilouine (Mbandaka, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Dans la grosse bourgade de Mbandaka, encerclée par le fleuve Congo et la forêt équatoriale, le spectre du virus Ebola plane toujours, même s’il n’a pas vraiment bouleversé les modes de vie du 1,2 million d’habitants. Les bars ne désemplissent pas, les marchés continuent de vendre de la viande de brousse et les thermomètres laser restent une denrée rare. Depuis le début de la neuvième épidémie, en mai, quatre cas positifs et trois décès ont été recensés, mais cela a suffi pour que la capitale de la province de l’Equateur, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), cristallise les craintes des spécialistes de la fièvre hémorragique.
Avec son unique route défoncée qui mène aux territoires de Bikoro – l’épicentre de l’épidémie – et sa myriade de petits ports sur le fleuve Congo, Mbandaka est un carrefour pour les voyageurs et les commerçants. On y fait halte pour rejoindre la Centrafrique et le Congo-Brazzaville, sur l’autre rive, ainsi que la capitale de la RDC, Kinshasa, à 700 km. Dans cette région délaissée par le pouvoir central, l’économie, tout comme le système de santé, est exsangue ou presque. On se rend à l’hôpital pour mourir, comme disent les habitants. Traiter des patients mais aussi tester de nouveaux traitements dans un tel contexte constitue un vrai défi.
« Donner aux malades une chance de guérir »
« Dans l’urgence d’une épidémie, il s’agit de donner aux malades une chance de guérir, tout en améliorant la recherche, en respectant des règles éthiques très strictes. Un comité scientifique international a retenu cinq traitements susceptibles d’être proposés », souligne le ministre de la santé, Oly Ilunga. Parmi les médicaments testés figure le mAb114, le « bébé » du professeur congolais Jean-Jacques Muyembé, codécouvreur du virus, qui dirige l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), à Kinshasa. « Le protocole d’administration doit encore être perfectionné. Compte tenu de l’évolution de la courbe...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Qu’ils soient contestataires ou réformistes, les syndicats se voient contestés par le gouvernement leur rôle d’acteurs de la démocratie sociale, note l’universitaire Sophie Béroud, dans une tribune au « Monde ».
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Macron et les syndicats : « Il y a une volonté de réduire les bastions syndicaux »

Qu’ils soient contestataires ou réformistes, les syndicats se voient contestés par le gouvernement leur rôle d’acteurs de la démocratie sociale, note l’universitaire Sophie Béroud, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 22h08
    |

Sophie Béroud (Enseignante-chercheuse à l’université Lyon-II)







                        



                                


                            

Tribune. Des spécialistes du syndicalisme au Royaume-Uni estiment que l’accélération des réformes néolibérales dans ce pays dans les années 1980-1990 et l’affaiblissement des liens entre les travaillistes du New Labour et les TUC, les syndicats traditionnels, ont créé un espace plus important pour les courants syndicaux contestataires (radical unionism). On peut s’interroger par contraste sur la situation française, alors que l’élection d’Emmanuel Macron a ouvert une période difficile pour tous les syndicats et que les espaces laissés à un « syndicalisme de lutte » comme à un syndicalisme à prétention « réformiste » semblent se restreindre de façon parallèle.

Il ne s’agit pas de figer des catégories et d’y enfermer les organisations : cela a d’autant moins de sens que ces dernières évoluent et qu’elles sont à comprendre de façon relationnelle. Cependant, l’évocation du Royaume-Uni n’a rien d’anodin : sommes-nous en train d’assister à l’équivalent de la grande offensive thatchérienne contre les syndicats britanniques et, en particulier, à sa bataille contre les mineurs ?
La volonté du gouvernement Philippe d’avancer très vite, avec tout d’abord l’achèvement de la profonde transformation du droit du travail et des institutions représentatives du personnel au travers des ordonnances, puis avec la réforme de la SNCF, semble aller dans ce sens. L’objectif d’affaiblir les syndicats engagés dans la contestation de ces mesures, en fermant toute possibilité de négociation, est manifeste : non seulement la mobilisation ne doit pas payer, mais les syndicats dits « contestataires » doivent en sortir affaiblis, y compris dans leurs derniers « bastions ».
Alliances à reconstruire
Cette configuration politique crée des conditions nouvelles pour toutes les organisations syndicales. Du côté de la CGT comme de Solidaires – et par intermittence de FO –, acteurs centraux des résistances contre le démantèlement des acquis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Dans les entreprises, tous les syndicats sont des partenaires actifs qui signent de nombreux accords sur une large palette de sujets, rappelle Fabrice Romans, spécialiste du temps de travail, dans une tribune au « Monde ».
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Macron et les syndicats : « Le dialogue social dans les entreprises peine à impliquer les salariés »

Dans les entreprises, tous les syndicats sont des partenaires actifs qui signent de nombreux accords sur une large palette de sujets, rappelle Fabrice Romans, spécialiste du temps de travail, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 11h49
    |

Fabrice Romans (Adjoint au chef du département relations professionnelles et temps de travail à la Dares)







                        



                                


                            

Tribune. Trains à l’arrêt, quais bondés, pneus brûlés, chemise arrachée : les images spectaculaires véhiculées ces dernières années sont loin de refléter les relations entre employeurs et syndicats dans toute leur diversité.
Qui prend la peine de se pencher sur les chiffres de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) – le service statistique du ministère du travail – découvre que, chaque année, dans le secteur privé, ce sont 50 000 accords qui sont signés entre les directions des entreprises et les représentants de leurs salariés.
En 2016, la CGT a signé 84 % des accords conclus dans les entreprises où elle est représentée par un délégué syndical, la CFDT 94 %. Et, même si c’est difficile à concevoir pour un usager de trains de banlieue, les derniers chiffres (2017) de l’enquête Reponse (Relations professionnelles et négociations d’entreprise) de la Dares montrent une tendance à la baisse de l’ensemble des formes de conflits collectifs sur le lieu de travail.

Pour questionner la légitimité des syndicats, certains mettent en avant la faiblesse du taux de syndicalisation – 11 % de salariés français adhéraient à un syndicat en 2013, soit tout de même environ 2,5 millions de personnes, public et privé confondus – mais omettent parfois d’indiquer que la légitimité des syndicats n’est pas fondée en droit sur le nombre de leurs militants, mais bien sur leurs résultats aux élections professionnelles. Ainsi, de 2014 à 2016, dans les établissements de plus de 10 salariés du secteur marchand et associatif, plus de 6 salariés sur 10 ont voté à au moins une élection de représentants du personnel.
Syndiqués ou non, plus de 600 000 représentants du personnel, dont près de 40 % de femmes, légitimés par un vote, ont pour engagement de porter les aspirations et les revendications de leurs collègues.
De nettes marges de progrès
Au niveau des branches professionnelles, les syndicats...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Pour assurer la transformation sociale de ses structures, l’Etat est passé en trente ans de la concertation à la fermeté face aux syndicats, analyse le sociologue Guy Groux dans une tribune au « Monde ».
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Macron et les syndicats : « Le gouvernement bouleverse les rapports entre l’Etat et les partenaires sociaux »

Pour assurer la transformation sociale de ses structures, l’Etat est passé en trente ans de la concertation à la fermeté face aux syndicats, analyse le sociologue Guy Groux dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 11h40
    |

Guy Groux (Sociologue)







                        



                                


                            

Tribune. L’exécutif consulte mais ne négocie pas. De Laurent Berger (CFDT) à Pascal Pavageau (FO) en passant par Philippe Martinez (CGT), c’est l’avis unanime des principaux dirigeants syndicaux quant au pilotage par l’Etat de la réforme de la SNCF. Il est vrai qu’en l’occurrence, la détermination du pouvoir fut sans failles. Dès février, Elisabeth Borne, la ministre des transports, affirmait son refus total du statu quo et dénonçait les carences des réponses apportées jusqu’alors par le politique dans la mise en place d’une réforme du ferroviaire. Pour elle, « on s’est occupé tantôt de gouvernance, tantôt des commandes de TGV, de la dette, de la structure du groupe, sans jamais avoir une vision globale ».
Evoquant les délais d’ouverture du secteur à la concurrence européenne et l’endettement de la SNCF, l’exécutif décide alors d’agir par la voie des ordonnances et non par la négociation et l’accord collectif. Dans les semaines qui suivent, l’Etat affiche d’autant plus son autorité que face aux syndicats, il s’appuie sur une opinion toujours plus favorable.

2018 révèle ainsi un contexte qui tranche avec des projets politiques de réformes conçus dans un passé plus ou moins récent. C’est le cas de la réforme Juppé de 1995 ou de celle du CPE (contrat première embauche) en 2006 qui furent annulées ou ajournées sous la pression des mobilisations syndicales. Comme c’est le cas de certaines réformes couronnées de succès découlant d’un dialogue bien réel entre l’Etat et les syndicats. Pour illustrer ceci de façon significative, on peut rappeler la réforme des PTT voulue par le gouvernement Rocard en 1988. Entre celle-ci et la réforme de la SNCF, existent en effet des points communs comme les contraintes européennes qui pèsent sur les entreprises publiques ou la mise en cause du statut pour les nouveaux embauchés. Mais sur le plan des rapports entre le pouvoir, les syndicats et les salariés concernés, la « méthode...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde » le politologue Jean-Marie Pernot estime que les confédérations doivent apprendre à gérer autrement le pluralisme et à retrouver les lieux où les salariés travaillent.
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Macron et les syndicats : « Les confédérations doivent recomposer des logiques inclusives du salariat »

Dans une tribune au « Monde » le politologue Jean-Marie Pernot estime que les confédérations doivent apprendre à gérer autrement le pluralisme et à retrouver les lieux où les salariés travaillent.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 11h46
    |

Jean-Marie Pernot (Chercheur en science politique associé à l’IRES et au Centre d’histoire sociale du XXe siècle)







                        



                                


                            

Tribune. Etre puissant, c’est se rendre incontournable. Que ce soit par la lutte ou par la coopération, les syndicats français se sont jusque-là montrés impuissants à s’opposer à la vague Macron et, surtout, à mobiliser ceux qui, dans un passé encore récent, manifestaient à leur appel. Mais, au-delà de ce moment où l’arrogance des gouvernants ne laisse pas beaucoup d’espace à l’objection, les questions posées au syndicalisme en France s’inscrivent dans une perspective plus longue et plus large.
Plus large, en effet, car, comme pour beaucoup de sujets économiques et sociaux, il convient de situer le syndicalisme en France dans son environnement européen. De manière différente selon les pays, l’affaiblissement des syndicats est général et, parfois, considérable sur les quinze ou vingt dernières années.
Le syndicalisme français n’est donc pas l’homme malade d’une Europe syndicale où tout irait bien, il est à l’unisson d’une tendance, il l’amplifie parfois avec ses caractères propres bien connus : nombre d’adhérents stable, mais à un niveau très faible, une forte intégration institutionnelle, un manque d’indépendance financière, etc.
Enfin, sa capacité à peser dans le débat national en faisant vivre les références au service public, aux inégalités et aux politiques sociales en général, est en très net recul ces dernières années.
Il convient cependant de se départir d’un certain catastrophisme, car, sur d’autres plans, le syndicalisme n’enregistre pas que des échecs. Les syndicats sont, malgré tout, présents dans beaucoup d’entreprises, ils y mènent des luttes légitimes et ils signent nombre d’accords locaux qui ne semblent pas pénaliser exagérément la compétitivité, le tout, dans un contexte dont le moins qu’on puisse dire est qu’il ne leur est pas favorable.
Si les pressions du contexte sont nombreuses, il ne faut pas négliger la contribution que les syndicats français apportent eux-mêmes à leur affaiblissement....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Chez Microsoft, Google ou encore Amazon, des salariés de la tech interpellent leurs dirigeants sur des pratiques qu’ils jugent contraires à l’éthique de leur firme.
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Aux Etats-Unis, la révolte des employés des GAFA, mauvaise conscience de leurs entreprises

Chez Microsoft, Google ou encore Amazon, des salariés de la tech interpellent leurs dirigeants sur des pratiques qu’ils jugent contraires à l’éthique de leur firme.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 10h59
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                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



                                


                            

« Nous sommes fiers d’aider » l’ICE (Immigration and Customs Enforcement, la police aux frontières américaine). Mi-juin, en pleine polémique sur la séparation des familles traversant illégalement la frontière mexicaine pour entrer aux Etats-Unis, cette petite phrase publiée en janvier 2018 sur l’un des blogs de Microsoft a refait surface. Et suscité la colère d’une partie des employés de l’éditeur de Windows. Plus de 400 d’entre eux ont adressé une lettre ouverte à Satya Nadella, le directeur général, pour demander l’annulation du contrat avec l’ICE. D’autres ont menacé de démissionner.
La révolte qui gagne les rangs de Microsoft n’est pas un cas isolé. Chez Google, Amazon ou encore Salesforce, les salariés réclament également des comptes à leur direction. Ils dénoncent la fourniture de services à des agences fédérales chargées d’appliquer des politiques qu’ils jugent contraires aux principes éthiques et moraux défendus par leurs employeurs. Ou s’inquiètent de l’utilisation de leurs technologies à des fins militaires ou policières.
« Faire le bien »
« Nous refusons d’aider à concevoir des produits qui permettent de séparer les familles à la frontière ou qui profitent aux intérêts militaires », explique un représentant de la Tech Workers Coalition, un mouvement de salariés qui se réunit chaque mois dans la Silicon Valley, en Californie et à Seattle (Etat de Washington). Dans leur message à M. Nadella, les employés de Microsoft expliquent qu’ils refusent « d’être complices », évoquant la « responsabilité » de bâtir des technologies « utilisées pour faire le bien et non pour blesser ».

La contestation des employés de la tech a été exacerbée par l’arrivée au pouvoir de Donald Trump. Début 2017, une pétition avait circulé chez IBM pour s’opposer à la participation de la PDG Ginni Rometty au « forum stratégique » chargé de conseiller le nouveau président américain...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Les deux personnes arrêtées mardi et suspectées d’avoir appartenu au groupe ayant menacé de poser des bombes sur le réseau ferré en 2003-2004 ont été mises en examen pour, entre autres, « association de malfaiteurs terroristes ».
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Deux suspects du groupe AZF mis en examen

Les deux personnes arrêtées mardi et suspectées d’avoir appartenu au groupe ayant menacé de poser des bombes sur le réseau ferré en 2003-2004 ont été mises en examen pour, entre autres, « association de malfaiteurs terroristes ».



Le Monde
 |    30.06.2018 à 10h47
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 11h31
   





                        



   


L’homme et la femme arrêtés mardi 26 juin au matin dans l’affaire des menaces proférées en 2003-2004 contre le réseau ferré français au nom d’un groupe « AZF » ont été mis en examen à l’issue de leur présentation à un juge d’instruction, vendredi.
Ce chef d’entreprise, né en 1947, et cette femme, née en 1962, sont mis en examen pour « association de malfaiteurs terroristes », ainsi que pour « infraction à la législation sur les explosifs » et « menace de destruction par un moyen dangereux », chaque fois en relation avec une entreprise terroriste, a précisé cette source. L’homme a été placé sous mandat de dépôt et la femme sous contrôle judiciaire, conformément aux réquisitions du parquet. Le troisième suspect interpellé mardi 26 juin a déjà été relâché, sans faire l’objet de poursuites à ce stade.
Cette affaire, tombée aux oubliettes depuis quatorze ans, avait connu une avancée inattendue avec ces trois arrestations menées par la sous-direction antiterroriste (SDAT) de la police judiciaire, dans l’Yonne, le Loiret et la Seine-et-Marne. Ce sont « des signalements remontant à quelques mois » qui ont permis de faire rebondir l’enquête, selon une source proche du dossier, alors que les personnes interpellées s’étaient connues en travaillant dans la même entreprise.
Les enquêteurs ont également pu faire un lien entre l’ADN d’un des suspects et celui retrouvé sur le carton contenant la bombe artisanale découverte il y a quatorze ans, avait fait savoir jeudi une autre source proche du dossier.
Des menaces et une rançon
Le groupe AZF s’était fait connaître lorsqu’il avait affirmé avoir posé une « série de bombes » sur des voies ferrées et menacé de les faire exploser s’il n’obtenait pas une forte rançon, de 4 millions de dollars et 1 million d’euros. Sur ses indications, les autorités avaient retrouvé en février 2004 un engin explosif. Une vaste inspection des voies ferrées françaises avait alors été ordonnée, sans que soit détectée la moindre anomalie.
L’affaire avait également été marquée par la rocambolesque correspondance, via la rubrique « Messages personnels » du quotidien Libération, entre « Mon gros loup » (AZF) et « Suzy » (police) afin d’organiser la remise d’une rançon.
Le 1er mars, une femme avait indiqué par téléphone un emplacement aux environs de l’aéroport de Montargis (Loiret) où celle-ci devait être larguée par hélicoptère, mais la transaction avait échoué. Après l’échec de cette remise et la découverte d’une autre bombe sur la ligne Paris-Troyes-Bâle qui, selon le ministère de l’intérieur, ne correspondait pas aux engins du groupe AZF, celui-ci avait annoncé le 25 mars 2004 la suspension de ses actions.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Dans un geste inédit, 187 députés, soit les deux tiers du Parlement, lui ont demandé de remanier son équipe économique.
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En Iran, le président Rohani de plus en plus critiqué pour sa gestion économique

Dans un geste inédit, 187 députés, soit les deux tiers du Parlement, lui ont demandé de remanier son équipe économique.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 10h29
    |

            Ghazal Golshiri (Téhéran, correspondance)








                        



   


Alors que, en Iran, des commerçants manifestent contre la dévaluation drastique de la monnaie nationale et que les pressions américaines s’accentuent, des voix s’élèvent contre la politique économique du président modéré Hassan Rohani. Dans un geste inédit, 187 députés, soit les deux tiers du Parlement, lui ont demandé de remanier son équipe économique, qui, selon les signataires, « n’a pas la capacité de gérer la situation actuelle du pays ».

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Des parlementaires, certains appartenant au camp du président, demandent le départ des ministres de l’économie, de l’agriculture, du travail et du gouverneur de la banque centrale.
Quelques heures après leur appel, le président Rohani a annoncé, lors d’une intervention retransmise à la télévision nationale, qu’il ne quitterait pas le pouvoir. « Nous ne céderons pas face aux Etats-Unis. Nous préserverons notre fierté nationale et historique et ferons plier l’Amérique », a annoncé le président Rohani, qui appelait à l’unité nationale.
Manifestants menacés de mort
Alors que, début mai, Washington est sorti, unilatéralement, de l’accord sur le dossier nucléaire de Téhéran – signé avec les grandes puissances, en juillet 2015 –, l’instauration à venir de nouvelles sanctions américaines déstabilise encore plus l’économie iranienne. Mardi 26 juin, en effet, les Etats-Unis ont demandé à tous les pays d’arrêter d’ici au 4 novembre leurs achats de pétrole iranien, première source de revenus pour le pays.

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Entre le 24 et le 26 juin, des commerçants du Grand Bazar de Téhéran ont fait grève contre la hausse vertigineuse des prix des devises étrangères. Le centre de la capitale a parfois été le théâtre d’affrontements avec les forces de l’ordre. Certains manifestants ont été arrêtés et dans le but de couper court à toute autre protestation, la justice iranienne a menacé de « mort » tous ceux qui « sèment le trouble dans l’économie du pays ».
Mercredi dernier, sur le marché non officiel, le dollar s’échangeait à 80 000 rials, contre 45 000 en février, soit une hausse de 77 %. Sur le marché officiel, le taux fixé par le gouvernement était de 42 540 rials pour un billet vert, mais seuls ceux qui ont la permission de l’Etat peuvent en bénéficier. Les Iraniens voyageant à l’étranger, eux, ne peuvent acheter qu’une fois par an entre 500 et 1 000 euros au taux officiel. Selon la banque centrale, entre le 22 mai et le 21 juin, les prix à la consommation ont connu leur plus faute hausse en trois ans : + 13,7 % en rythme annualisé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Si Paris a réussi à inscrire cette idée à l’agenda européen, le président Emmanuel Macron n’a pas obtenu d’engagements de ses partenaires vendredi au sommet de Bruxelles.
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Budget de la zone euro : les Européens font de la résistance

Si Paris a réussi à inscrire cette idée à l’agenda européen, le président Emmanuel Macron n’a pas obtenu d’engagements de ses partenaires vendredi au sommet de Bruxelles.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 10h21
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 10h24
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Le sujet migratoire a occulté tous les autres à Bruxelles, vendredi 29 juin, mais les dirigeants européens s’y retrouvaient aussi pour un sommet spécial sur l’eurozone. Prévu de longue date, ce rendez-vous expédié en deux petites heures devait pourtant être le moment pour le président Emmanuel Macron de faire endosser par ses partenaires son projet de budget de la zone euro. Après la déclaration de Meseberg le 19 juin avec l’Allemagne, détaillant une vision franco-allemande pour une zone euro plus intégrée, la France espérait voir figurer des engagements ambitieux des 27 pays membres de l’Union européenne (UE) – sans le Royaume-Uni – dans les conclusions du sommet.
Las ! La déclaration commune à 27 s’est contentée de souligner qu’elle accueille « favorablement les contributions nationales, y compris celle présentée par la France et l’Allemagne ». Le texte note aussi que « l’Eurogroupe [qui réunit les ministres des finances de la zone euro] examinera de manière plus approfondie toutes les questions mentionnées dans la lettre » de son président Mario Centeno, qui signale le lancement d’une réflexion sur un budget commun.
« Avancer par temps calme »
« Il y a trois mois, tout le monde disait : jamais vous n’aurez un accord, ne serait-ce qu’avec les Allemands, sur un budget de la zone euro, a déclaré M. Macron vendredi. Je ne suis pas un fétichiste. Mais cette séance n’était pas une séance d’écriture, et nous allons maintenant travailler pour construire sur cette base un accord européen à 19 [les membres de la zone euro]. » 
« Je veux que nous puissions avancer par temps calme », a ajouté le chef d’Etat français, faisant allusion à tous ceux, très nombreux dans l’UE, y compris dans le parti de la chancelière allemande Angela Merkel, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), qui estiment qu’en ces temps de croissance retrouvée, la zone euro n’a pas besoin de réformes, juste de stabilité. 

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Même s’il est parvenu à inscrire le « budget de l’eurozone » à l’agenda européen – c’est une performance pour un sujet aussi controversé –, le président français fait face à une forte hostilité sur ce sujet. De nombreux dirigeants européens continuent à refuser tout concept de pot commun. Pas question, résument-ils, de payer pour la mauvaise gestion des autres capitales.
Rappel des « nonistes »
Trois jours à peine après la déclaration de Meseberg, le ministre des finances néerlandais, Wopke Hoekstra, battait déjà le rappel des « nonistes », avec un courriel au président de l’Eurogroupe pointant « les larges divergences existant sur la nécessité d’un budget de l’eurozone ».
« Il n’y a clairement pas de consensus sur le fait de commencer à y travailler » ni sur la possibilité d’utiliser une future taxe sur les transactions financières (TTF) pour financer ce budget commun, ajoutait ce ministre conservateur du gouvernement du libéral Mark Rutte. Dans son message, M. Hoekstra cite d’autres collègues (letton, luxembourgeois, belge, autrichien, estonien, suédois, finlandais…) censés partager ses réticences.

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Depuis, les ministres luxembourgeois et irlandais se sont légèrement désolidarisés. Et de fait, ce sont davantage les ambitions en matière d’harmonisation de l’impôt sur les sociétés qui leur posent problème. Mais les Néerlandais restent intransigeants : « Nous disposons déjà d’un budget de la zone euro : les 200 milliards d’euros dépensés dans les fonds structurels, les fonds de cohésion ou la politique agricole » au sein du budget de l’UE, a déclaré M. Rutte vendredi.



                            


                        

                        

