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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Outre son combat pour l’IVG, l’ancienne ministre de la santé, qui entre au Panthéon dimanche 1er juillet, a porté la cause des femmes tout au long de sa carrière. Mais dans les années 1970, le féminisme était assimilé au MLF, et donc à l’extrême gauche.
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Œuvrant pour l’égalité, Simone Veil refusait l’étiquette féministe

Outre son combat pour l’IVG, l’ancienne ministre de la santé, qui entre au Panthéon dimanche 1er juillet, a porté la cause des femmes tout au long de sa carrière. Mais dans les années 1970, le féminisme était assimilé au MLF, et donc à l’extrême gauche.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 12h00
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            

En 1992, Simone Veil demande que soient honorées par une entrée au Panthéon des femmes qui, « par leurs actions, leur talent ou leurs découvertes, ont servi la démocratie, le progrès ou les arts ». Elle cosigne cette lettre, adressée au président de la République, avec Françoise Gaspard et Hélène Carrère d’Encausse. Aucune femme ne repose alors sur la montagne Sainte-Geneviève, sinon au titre d’épouse – avant l’entrée de Marie Curie (en 1995) et celles de Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz (en 2015). « Nous vivons dans un monde de symboles, dit-elle à cette occasion à la télévision, ce serait le symbole de la reconnaissance de la réalité des femmes, de leur rôle et de leur existence. »
De l’égalité juridique à la parité
Plus d’un quart de siècle plus tard, dimanche 1er juillet, c’est le rôle et l’existence de Simone Veil qui vont être honorés par une entrée dans le temple républicain. La boucle est bouclée. Ses combats pour l’égalité entre hommes et femmes, associés à la mémoire de la Shoah à laquelle elle a réchappé, l’auront conduite au faîte des honneurs.
Si son image reste associée à la loi sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG) que, ministre de la santé, elle porte devant l’Assemblée en 1974, son engagement pour la cause des femmes ne commence ni ne finit avec cette bataille. Dès le milieu des années 1960, affectée comme magistrate à la direction des affaires civiles du ministère de la justice, elle travaille déjà à une plus grande égalité juridique entre les hommes et les femmes. Et jusque dans les années 1990, elle poursuit son combat en prenant fait et cause pour la parité. « Avec l’âge, je suis devenue de plus en plus militante de la cause des femmes », écrit-elle dans son autobiographie (Une vie, Stock, 2007).
« L’autre icône du féminisme, Simone de Beauvoir, ne se disait pas non plus féministe quand elle a écrit “Le Deuxième Sexe” », rappelle l’historienne...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Peut-on évaluer l’impact réel des industries qui paraissent si cruciales à un moment donné qu’un gouvernement estime nécessaire d’aider leur développement, s’interroge dans sa chronique l’historien Pierre-Cyrille Hautcœur.
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Quand l’Etat lit dans la boule de cristal technologique

Peut-on évaluer l’impact réel des industries qui paraissent si cruciales à un moment donné qu’un gouvernement estime nécessaire d’aider leur développement, s’interroge dans sa chronique l’historien Pierre-Cyrille Hautcœur.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h37
    |

                            Pierre-Cyrille Hautcoeur (Directeur d'études à l'EHESS)








                        



                                


                            

Recherches. Le plan hydrogène présenté le 1er juin par le ministre de la transition écologique et solidaire affirme que « l’hydrogène est une “révolution potentielle” pour notre modèle énergétique » et vise à « faire de notre pays un leader mondial de cette technologie ». Trois mois plus tôt, le député Cédric Villani présentait un plan très complet visant à « éviter que la France rate le train de l’intelligence artificielle » et à « faire émerger des champions français » dans ce domaine (« Donner un sens à l’intelligence artificielle »).
Le gouvernement reprend ainsi une tradition d’appui de l’Etat à certaines industries qui, remontant à Colbert, s’enorgueillit de quelques succès, de Saint-Gobain à Airbus. Mais peut-on évaluer l’impact réel de ces activités qui paraissent si cruciales à un moment donné qu’un gouvernement estime nécessaire d’aider leur développement ?
Les économistes américains Paul David et Robert J. Gordon ont montré dans les années 1990 que certaines industries tirent la croissance globale grâce à des externalités sur l’ensemble des autres secteurs. Paul David a en particulier affirmé que l’électricité avait, parmi ces « technologies multi-usages », révolutionné entre 1900 et 1950 l’organisation de la production dans tous les secteurs, tout en faisant apparaître des activités nouvelles (électrométallurgie, électrochimie, appareils domestiques, machines électriques professionnelles).
Mise en question du progrès technique
Les travaux plus récents de Gerben Bakker, Nicholas Crafts et Pieter Woltjer ont cependant revu à la baisse ces conclusions (« The Sources of Growth in a Technologically Progressive Economy : The United States, 1899-1941 », Economic History Working Papers, n° 269, The London School of Economics and Political Science, 2017).
Ils utilisent à cet effet une méthode éprouvée, qui sert de base à toute la comptabilité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Qu’ils soient contestataires ou réformistes, les syndicats se voient contestés par le gouvernement leur rôle d’acteurs de la démocratie sociale, note l’universitaire Sophie Béroud, dans une tribune au « Monde ».
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Macron et les syndicats : « Il ya une volonté de réduire les bastions syndicaux »

Qu’ils soient contestataires ou réformistes, les syndicats se voient contestés par le gouvernement leur rôle d’acteurs de la démocratie sociale, note l’universitaire Sophie Béroud, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 11h43
    |

Sophie Béroud (Enseignante-chercheuse à l’université Lyon-II)







                        



                                


                            

Tribune. Des spécialistes du syndicalisme au Royaume-Uni estiment que l’accélération des réformes néolibérales dans ce pays dans les années 1980-1990 et l’affaiblissement des liens entre les travaillistes du New Labour et les TUC, les syndicats traditionnels, ont créé un espace plus important pour les courants syndicaux contestataires (radical unionism). On peut s’interroger par contraste sur la situation française, alors que l’élection d’Emmanuel Macron a ouvert une période difficile pour tous les syndicats et que les espaces laissés à un « syndicalisme de lutte » comme à un syndicalisme à prétention « réformiste » semblent se restreindre de façon parallèle.

Il ne s’agit pas de figer des catégories et d’y enfermer les organisations : cela a d’autant moins de sens que ces dernières évoluent et qu’elles sont à comprendre de façon relationnelle. Cependant, l’évocation du Royaume-Uni n’a rien d’anodin : sommes-nous en train d’assister à l’équivalent de la grande offensive thatchérienne contre les syndicats britanniques et, en particulier, à sa bataille contre les mineurs ?
La volonté du gouvernement Philippe d’avancer très vite, avec tout d’abord l’achèvement de la profonde transformation du droit du travail et des institutions représentatives du personnel au travers des ordonnances, puis avec la réforme de la SNCF, semble aller dans ce sens. L’objectif d’affaiblir les syndicats engagés dans la contestation de ces mesures, en fermant toute possibilité de négociation, est manifeste : non seulement la mobilisation ne doit pas payer, mais les syndicats dits « contestataires » doivent en sortir affaiblis, y compris dans leurs derniers « bastions ».
Alliances à reconstruire
Cette configuration politique crée des conditions nouvelles pour toutes les organisations syndicales. Du côté de la CGT comme de Solidaires – et par intermittence de FO –, acteurs centraux des résistances contre le démantèlement des acquis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Dans les entreprises, tous les syndicats sont des partenaires actifs qui signent de nombreux accords sur une large palette de sujets, rappelle Fabrice Romans, spécialiste du temps de travail, dans une tribune au « Monde ».
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Macron et les syndicats : « Le dialogue social dans les entreprises peine à impliquer les salariés »

Dans les entreprises, tous les syndicats sont des partenaires actifs qui signent de nombreux accords sur une large palette de sujets, rappelle Fabrice Romans, spécialiste du temps de travail, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 11h49
    |

Fabrice Romans (Adjoint au chef du département relations professionnelles et temps de travail à la Dares)







                        



                                


                            

Tribune. Trains à l’arrêt, quais bondés, pneus brûlés, chemise arrachée : les images spectaculaires véhiculées ces dernières années sont loin de refléter les relations entre employeurs et syndicats dans toute leur diversité.
Qui prend la peine de se pencher sur les chiffres de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) – le service statistique du ministère du travail – découvre que, chaque année, dans le secteur privé, ce sont 50 000 accords qui sont signés entre les directions des entreprises et les représentants de leurs salariés.
En 2016, la CGT a signé 84 % des accords conclus dans les entreprises où elle est représentée par un délégué syndical, la CFDT 94 %. Et, même si c’est difficile à concevoir pour un usager de trains de banlieue, les derniers chiffres (2017) de l’enquête Reponse (Relations professionnelles et négociations d’entreprise) de la Dares montrent une tendance à la baisse de l’ensemble des formes de conflits collectifs sur le lieu de travail.

Pour questionner la légitimité des syndicats, certains mettent en avant la faiblesse du taux de syndicalisation – 11 % de salariés français adhéraient à un syndicat en 2013, soit tout de même environ 2,5 millions de personnes, public et privé confondus – mais omettent parfois d’indiquer que la légitimité des syndicats n’est pas fondée en droit sur le nombre de leurs militants, mais bien sur leurs résultats aux élections professionnelles. Ainsi, de 2014 à 2016, dans les établissements de plus de 10 salariés du secteur marchand et associatif, plus de 6 salariés sur 10 ont voté à au moins une élection de représentants du personnel.
Syndiqués ou non, plus de 600 000 représentants du personnel, dont près de 40 % de femmes, légitimés par un vote, ont pour engagement de porter les aspirations et les revendications de leurs collègues.
De nettes marges de progrès
Au niveau des branches professionnelles, les syndicats...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Pour assurer la transformation sociale de ses structures, l’Etat est passé en trente ans de la concertation à la fermeté face aux syndicats, analyse le sociologue Guy Groux dans une tribune au « Monde ».
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Macron et les syndicats : « Le gouvernement bouleverse les rapports entre l’Etat et les partenaires sociaux »

Pour assurer la transformation sociale de ses structures, l’Etat est passé en trente ans de la concertation à la fermeté face aux syndicats, analyse le sociologue Guy Groux dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 11h40
    |

Guy Groux (Sociologue)







                        



                                


                            

Tribune. L’exécutif consulte mais ne négocie pas. De Laurent Berger (CFDT) à Pascal Pavageau (FO) en passant par Philippe Martinez (CGT), c’est l’avis unanime des principaux dirigeants syndicaux quant au pilotage par l’Etat de la réforme de la SNCF. Il est vrai qu’en l’occurrence, la détermination du pouvoir fut sans failles. Dès février, Elisabeth Borne, la ministre des transports, affirmait son refus total du statu quo et dénonçait les carences des réponses apportées jusqu’alors par le politique dans la mise en place d’une réforme du ferroviaire. Pour elle, « on s’est occupé tantôt de gouvernance, tantôt des commandes de TGV, de la dette, de la structure du groupe, sans jamais avoir une vision globale ».
Evoquant les délais d’ouverture du secteur à la concurrence européenne et l’endettement de la SNCF, l’exécutif décide alors d’agir par la voie des ordonnances et non par la négociation et l’accord collectif. Dans les semaines qui suivent, l’Etat affiche d’autant plus son autorité que face aux syndicats, il s’appuie sur une opinion toujours plus favorable.

2018 révèle ainsi un contexte qui tranche avec des projets politiques de réformes conçus dans un passé plus ou moins récent. C’est le cas de la réforme Juppé de 1995 ou de celle du CPE (contrat première embauche) en 2006 qui furent annulées ou ajournées sous la pression des mobilisations syndicales. Comme c’est le cas de certaines réformes couronnées de succès découlant d’un dialogue bien réel entre l’Etat et les syndicats. Pour illustrer ceci de façon significative, on peut rappeler la réforme des PTT voulue par le gouvernement Rocard en 1988. Entre celle-ci et la réforme de la SNCF, existent en effet des points communs comme les contraintes européennes qui pèsent sur les entreprises publiques ou la mise en cause du statut pour les nouveaux embauchés. Mais sur le plan des rapports entre le pouvoir, les syndicats et les salariés concernés, la « méthode...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Dans une tribune au « Monde » le politologue Jean-Marie Pernot estime que les confédérations doivent apprendre à gérer autrement le pluralisme et à retrouver les lieux où les salariés travaillent.
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Macron et les syndicats : « Les confédérations doivent recomposer des logiques inclusives du salariat »

Dans une tribune au « Monde » le politologue Jean-Marie Pernot estime que les confédérations doivent apprendre à gérer autrement le pluralisme et à retrouver les lieux où les salariés travaillent.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 11h46
    |

Jean-Marie Pernot (Chercheur en science politique associé à l’IRES et au Centre d’histoire sociale du XXe siècle)







                        



                                


                            

Tribune. Etre puissant, c’est se rendre incontournable. Que ce soit par la lutte ou par la coopération, les syndicats français se sont jusque-là montrés impuissants à s’opposer à la vague Macron et, surtout, à mobiliser ceux qui, dans un passé encore récent, manifestaient à leur appel. Mais, au-delà de ce moment où l’arrogance des gouvernants ne laisse pas beaucoup d’espace à l’objection, les questions posées au syndicalisme en France s’inscrivent dans une perspective plus longue et plus large.
Plus large, en effet, car, comme pour beaucoup de sujets économiques et sociaux, il convient de situer le syndicalisme en France dans son environnement européen. De manière différente selon les pays, l’affaiblissement des syndicats est général et, parfois, considérable sur les quinze ou vingt dernières années.
Le syndicalisme français n’est donc pas l’homme malade d’une Europe syndicale où tout irait bien, il est à l’unisson d’une tendance, il l’amplifie parfois avec ses caractères propres bien connus : nombre d’adhérents stable, mais à un niveau très faible, une forte intégration institutionnelle, un manque d’indépendance financière, etc.
Enfin, sa capacité à peser dans le débat national en faisant vivre les références au service public, aux inégalités et aux politiques sociales en général, est en très net recul ces dernières années.
Il convient cependant de se départir d’un certain catastrophisme, car, sur d’autres plans, le syndicalisme n’enregistre pas que des échecs. Les syndicats sont, malgré tout, présents dans beaucoup d’entreprises, ils y mènent des luttes légitimes et ils signent nombre d’accords locaux qui ne semblent pas pénaliser exagérément la compétitivité, le tout, dans un contexte dont le moins qu’on puisse dire est qu’il ne leur est pas favorable.
Si les pressions du contexte sont nombreuses, il ne faut pas négliger la contribution que les syndicats français apportent eux-mêmes à leur affaiblissement....




                        

                        


<article-nb="2018/06/30/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Analyse. Même si M. Macron a pu, ces dernières semaines, apparaître comme un protecteur des valeurs de l’Union, il reste fidèle à l’idée d’un renforcement des contrôles aux frontières extérieures, explique la journaliste du « Monde » Julia Pascual.
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Flux migratoires : la constante prudence de la France

Analyse. Même si M. Macron a pu, ces dernières semaines, apparaître comme un protecteur des valeurs de l’Union, il reste fidèle à l’idée d’un renforcement des contrôles aux frontières extérieures, explique la journaliste du « Monde » Julia Pascual.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 10h57
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 11h11
    |

            Julia Pascual








                        



                                


                            
Analyse. La crise de l’Aquarius a dessiné ces dernières semaines des lignes de fracture entre les Etats membres de l’Union européenne (UE). A côté des postures de refus de l’Italie et du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie), ou des ultimatums du ministre de l’intérieur allemand à la chancelière Angela Merkel sur la gestion des frontières, la France a pu apparaître comme portant une voix protectrice des valeurs de l’Union.
Emmanuel Macron a ainsi fustigé la « lèpre » nationaliste, dénoncé l’« irresponsabilité » du gouvernement italien ou encore rejeté la proposition d’externaliser l’examen de la demande d’asile dans des plateformes de débarquement hors UE.
« Ce n’est pas parce que l’environnement s’affaisse que la position de la France prend de la hauteur »
« Mais ce n’est pas parce que l’environnement s’affaisse que la position de la France prend de la hauteur, met en garde Jean-François Dubost, responsable du programme protection des populations d’Amnesty International. Elle est plutôt d’une certaine constance ces dernières années. » Dans les faits, M. Macron ne se départit pas de la ligne qui prévaut depuis 2014. « Face à des pays de droite et d’extrême droite, la France peut plaider le respect des règles de l’UE, mais c’est la politique du même : on est toujours sur l’idée d’un contrôle fort des frontières », observe de son côté Emmanuel Blanchard, président du réseau d’associations Migreurop.
Au sortir des discussions à Bruxelles, dans la nuit du 28 au 29 juin, le chef de l’Etat a salué sur Twitter un « accord trouvé » sur la base de « propositions françaises adoptées ». L’objectif qui, aujourd’hui, fait consensus en Europe, et auquel la France adhère, est bien celui de tarir les flux migratoires en amont de l’espace européen.
Ainsi, la ligne française se retrouve dans les conclusions du sommet, qui prévoient en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Editorial. L’accord conclu à Bruxelles, le 29 juin, par les vingt-huit dirigeants de l’UE marque un tournant dans l’approche européenne de la gestion des flux migratoires.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Immigration : le nouveau consensus européen

Editorial. L’accord conclu à Bruxelles, le 29 juin, par les vingt-huit dirigeants de l’UE marque un tournant dans l’approche européenne de la gestion des flux migratoires.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 10h36
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Si les modalités sont floues, la philosophie, elle, est claire. L’accord auquel sont parvenus les Vingt-Huit, vendredi 29 juin à Bruxelles, consacre un tournant dans l’approche européenne de la gestion des flux migratoires : trois ans après la grande crise des réfugiés, qui avait suscité un élan de générosité en Europe du Nord et que les pays de première arrivée, riverains de la Méditerranée, avaient affrontée courageusement, l’Union européenne s’organise pour fermer ses portes et dissuader les candidats à l’émigration clandestine.

        Lire aussi :
         

                Migrants : récit d’une nuit de négociations qui a abouti à un accord fragile entre Européens



Si chacun des dirigeants est rentré chez lui, à l’issue de ce sommet de deux jours, en se déclarant satisfait malgré les failles évidentes d’un dispositif encore balbutiant, c’est parce qu’un consensus a été établi sur ce principe de base : l’Europe ne peut plus se permettre d’être grande ouverte, pas plus que ne se le permettent les Etats-Unis, le Canada, l’Australie ou la Russie. Elle doit continuer à accueillir des réfugiés, comme l’exige le droit international, mais ne veut plus accepter une immigration clandestine incontrôlée.
Tous les Etats membres n’ont pas la même motivation dans cette approche ; leurs divergences peuvent même être fondamentales. Les pays d’Europe centrale, emmenés par la Hongrie et la Pologne, refusent l’idée même d’une immigration susceptible de modifier la composition ethnique, culturelle ou religieuse de leur société. D’autres gouvernements, comme ceux de l’Italie et de l’Autriche, ont été récemment portés au pouvoir sur la promesse de ne plus laisser entrer un seul migrant. D’autres, enfin, comme ceux de l’Allemagne, de la France et de plusieurs pays du Nord, restent partisans de sociétés ouvertes, mais tentent désespérément d’endiguer la montée des partis populistes et de la droite radicale anti-immigration, à moins d’un an des élections européennes.
Le soldat Merkel est sauvé
La tension sur la gestion des flux migratoires menaçait l’unité de l’Europe. Elle menaçait aussi la chancelière Angela Merkel, ouvertement mise en demeure par ses partenaires de la CSU de durcir sa politique sur l’immigration. Un compromis a donc été trouvé pour repousser ces deux dangers : il repose sur le renforcement des frontières extérieures de l’Union et sur l’ouverture d’hypothétiques centres de regroupement des migrants, à l’intérieur de l’UE pour ceux qui sont déjà arrivés, à l’extérieur pour les candidats au départ, où le tri serait fait entre demandeurs d’asile et migrants économiques. Le soldat Merkel est sauvé – au moins pour l’immédiat, et avec le concours précieux de l’Espagne et de la Grèce, ce qui ne manque pas d’ironie –, l’unité de l’UE est préservée, et les pays d’Europe centrale peuvent crier victoire, débarrassés de l’idée des quotas de répartition des réfugiés.

        Lire aussi :
         

                Allemagne : après l’accord européen sur l’asile, la CSU calme le jeu



Est-ce à dire que la question est résolue ? Evidemment non. Donald Tusk, le président du Conseil européen, a reconnu que la mise en œuvre de l’accord serait « difficile » et qu’il était « bien trop tôt pour parler d’un succès ». Pour Emmanuel Macron, qui a été à la manœuvre pour dégager un compromis, le texte « ne règle en rien, à lui seul, la crise que nous vivons, qui est largement politique ».
Car cette crise n’en est qu’à ses débuts : la fermeture des portes peut rassurer les électorats européens, elle n’empêchera pas les candidats au départ de prendre la route. L’urgence immédiate passée, c’est un phénomène de fond que les Etats membres doivent à présent intégrer, quelles que soient leurs motivations, dignes et moins dignes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans sa chronique, notre journaliste Frédéric Potet revient sur l’obligation faite à la maternité de la ville du Blanc, dans l’Indre, de fermer l’été, obligeant les parturientes à aller accoucher à plus d’une heure de chez elles.
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Au Blanc, dans l’Indre, maternité en sursis

Dans sa chronique, notre journaliste Frédéric Potet revient sur l’obligation faite à la maternité de la ville du Blanc, dans l’Indre, de fermer l’été, obligeant les parturientes à aller accoucher à plus d’une heure de chez elles.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 10h15
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            

Chronique. Le glas a sonné, mercredi 27 juin, à 18 heures précises, au clocher de l’église Saint-Génitour, au Blanc, dans l’Indre. Au même moment, la sirène de la mairie retentissait à l’unisson, cependant que les compagnies d’ambulance jouaient du klaxon de leur côté. Pareil tintamarre n’est pas habituel dans cette petite cité de 6 500 habitants, située loin de tout centre urbain. Mais il fallait cela pour protester devant l’obligation, pour le moins insolite, faite à la maternité de la ville : suspendre toute activité pendant juillet et août.
Un peu plus tôt dans la journée, un enfant naissait au Blanc : Ryan, 3,570 kg. La population redoute que celui-ci soit le dernier à voir le jour en ville ; que la maternité, en clair, ne rouvre jamais. A 18 h 30, une chaîne et un cadenas étaient posés par la direction de l’hôpital sur la porte de la salle d’accouchement. La photo de ce verrouillage symboliquement mis en scène n’allait pas tarder à enflammer les réseaux sociaux.

Si elle n’est pas une première en France, cette fermeture estivale est l’ultime épisode d’un feuilleton qui agite, depuis sept ans, ce coin reculé du Berry. La décision a été prise par l’hôpital de Châteauroux – qui gère celui du Blanc depuis la fusion des deux établissements en 2017 –, au regard des plannings des praticiens. Une modification du système de gardes a fait apparaître des trous dans les tableaux du personnel, composé en partie d’intérimaires. Estimant que la sécurité n’était pas suffisamment assurée, la direction a décrété une suspension temporaire, en accord avec l’Agence régionale de santé (ARS).
Si l’inquiétude est grande, parmi les habitants, de voir l’interruption se prolonger après l’été, toute aussi vive est la colère provoquée par la méthode mise en œuvre : « Une stratégie fallacieuse de démolition, dénonce la maire de la commune, Annick Gombert (PS). Les autorités de tutelle ne cessent de laisser entendre, depuis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Les liens entre les cartels de la drogue et les responsables politiques mexicains sont tels que le président élu le 2 juillet n’aura peut-être pas les coudées franches pour combattre les trafics juge, dans une tribune au « Monde », le sociologue Jean Rivelois.
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« Au Mexique, une guerre contre la drogue sélective »

Les liens entre les cartels de la drogue et les responsables politiques mexicains sont tels que le président élu le 2 juillet n’aura peut-être pas les coudées franches pour combattre les trafics juge, dans une tribune au « Monde », le sociologue Jean Rivelois.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 07h01
    |

Jean Rivelois (Sociologue, Institut de recherche pour le développement)







                        



                                


                            

Tribune. Au Mexique, la guerre contre la drogue a commencé en 1989 avec la dissolution du cartel de Guadalajara. Il s’agit d’une guerre sélective (on favorise un cartel ou plusieurs et on réprime les autres), la répression s’exerçant différemment selon que l’on se situe au niveau fédéral ou fédéré.
Il y a une continuité entre la décision du président Calderon, en 2007, de déclencher la guerre contre la drogue, ce qui s’est passé avant lui, et ce qui s’est passé après lui. Cette continuité, c’est le système politique lui-même, le mode de gouvernement (autoritaire), ses pratiques (corruption, clientélisme) et ses normes (la loi du plus fort et la violence légitime illégale contre l’égalité de droit).
La guerre de M. Calderon, c’est la constatation que le pouvoir politique est devenu dominé et qu’il ne régule plus la violence aux niveaux fédéral, régional et municipal ; d’où l’accroissement du nombre de morts, provoqué, pour la plupart, par une guerre entre les cartels impliquant les polices locales et la police fédérale compromises et corrompues.
Les cartels considérés comme des entrepreneurs
De plus, en 2010, ce sont les cartels qui ont eux-mêmes déclaré la guerre à l’Etat fédéral en s’attaquant directement aux membres de la société civile et en rompant ainsi le pacte politique établi depuis la création du cartel de Guadalajara, en 1978, et dont les termes peuvent se résumer ainsi : les cartels sont considérés comme des entrepreneurs qui versent un impôt informel à l’Etat en échange de la protection des autorités institutionnelles, à condition qu’ils respectent un pouvoir politique disposant des monopoles de la redistribution clientéliste et de la violence légitime, ce qui sous-entend que la violence entre les « narcos » ne doit pas déborder sur la société civile.
Mais le Mexique est un Etat fédéral. De 1978 à 1994, c’est le niveau fédéral qui gérait les affaires avec les narcos. A partir de 1991, les gouverneurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ La femme qui entrera au Panthéon dimanche 1er juillet s’est aussi battue pour abolir toute distinction entre les déportées résistantes et celles qui étaient déportées parce que juives, rappelle l’historienne Anne Sebba dans une tribune au « Monde ».
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« N’oublions pas certains combats de Simone Veil »

La femme qui entrera au Panthéon dimanche 1er juillet s’est aussi battue pour abolir toute distinction entre les déportées résistantes et celles qui étaient déportées parce que juives, rappelle l’historienne Anne Sebba dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    30.06.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 09h33
    |

Anne Sebba (Journaliste et historienne britannique)







                        



                                


                            

Tribune. Quand la dépouille de Simone Veil entrera au Panthéon, dimanche 1er juillet, elle sera la cinquième femme à reposer dans le mausolée de la République, la quatrième pour ses mérites propres, et, fait significatif à la lumière des tensions qui traversent nos sociétés, la première juive à être honorée de la sorte.
Au moment de son décès, à l’âge de 89 ans, en juin 2017, Simone Veil était devenue l’une des figures féminines les plus révérées. On se souvient d’elle aujourd’hui comme d’une icône du féminisme, une défenseuse des droits des femmes dont l’entrée en politique, lors des débats parlementaires sur la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse, à l’automne 1974, a marqué les esprits. Que certains se fussent alors permis de faire un parallèle entre l’IVG et la machine de mort nazie devant cette rescapée des camps est aujourd’hui encore profondément choquant.

Pour toutes celles et tous ceux qui ont vécu ces moments, sa détermination inébranlable, tout en dignité, face à la violence de ses adversaires, est impossible à oublier. Pourtant, près de quarante-cinq ans plus tard, l’accès à l’IVG est toujours un sujet d’actualité, en Irlande (que ce soit au Nord ou au Sud) comme aux Etats-Unis, où les opposants au droit des femmes à disposer de leur propre corps remportent victoire sur victoire. L’idée même que l’œuvre des pionnières des droits des femmes puisse être réduite à néant est inacceptable pour beaucoup.
Simone Veil n’obtint la Légion d’honneur qu’en… 2012
Pourtant, aussi important que soient ces questions, elles ne devraient pas faire oublier l’autre grande bataille que Simone Veil a menée toute sa vie durant. Cette femme, dont le nom est devenu un symbole de courage et de rectitude morale, s’est aussi battue plus discrètement mais non sans relâche pour que fût abolie la distinction entre les déportées pour fait de Résistance, dont l’engagement leur valut d’être décorées à la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Résonances. Les historiens ont contribué à décrire la diversité des paysages sonores, mais aussi les formes variées de l’audible et de l’inaudible, la construction sociale des seuils de tolérance au « bruit », détaille l’historienne Emmanuelle Loyer.
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Vacarmes d’hier et d’aujourd’hui

Résonances. Les historiens ont contribué à décrire la diversité des paysages sonores, mais aussi les formes variées de l’audible et de l’inaudible, la construction sociale des seuils de tolérance au « bruit », détaille l’historienne Emmanuelle Loyer.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 09h26
    |

                            Emmanuelle Loyer (Historienne)








                        



                                


                            
Savez-vous que la boule Quies, gardienne de nos nuits (et désormais de nos jours), a 100 ans tout juste ? Elle devrait logiquement figurer dans le Livre des commémorations nationales qu’édite chaque année le Haut Comité des commémorations nationales, entre Mai 68, Charles Maurras, le centenaire de la mort du géographe Vidal de La Blache et celui de la fin de la guerre de 1914-1918…
Le silence, denrée rare
Le premier conflit mondial, qui a transformé le champ de bataille en une torture auditive pour les poilus, assaillis par les détonations des nouvelles armes explosives, fut d’abord commémoré au son des cloches et du canon. Puis fut instauré un nouveau rituel : la minute de silence. La petite boule de cire longtemps roulée à la main et délicatement entourée de coton, c’est aussi cela : le présage que le silence serait désormais une denrée rare, un luxe, et qu’avec la fin du bruit des armes naissait un nouvel intolérable, le vacarme des existences modernes jetées dans des univers sonores bouleversés.
Bien sûr, chaque société a ses techniques : Ulysse se fait attacher pour résister au chant des sirènes. Astérix, ses amis gaulois et ses ennemis romains utilisent le persil pour ne pas succomber à celui du barde Assurance­tourix ! Les historiens ont contribué à décrire la diversité des paysages sonores, mais aussi les formes variées de l’audible et de l’inaudible, la construction sociale des seuils de tolérance au « bruit ». En 1912, le sociologue allemand Georg Simmel montre la sollicitation nouvelle de l’ouïe dans la vie urbaine.
Dès lors, la modernité se caractériserait par une anxiété auditive puissante et une condamnation sociale et médicale du bruit, comme si, après l’odorat, dont Alain Corbin a mis en exergue l’importance au XIXe siècle (Le Miasme et la jonquille, Flammarion, 1982), c’était l’ouïe qui, au XXe, devenait le critère puissant de catégorisation sociale. Si nos concitoyens, il y a une cinquantaine...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Un livre de photos, « Simone Veil et les siens », sortira le 17 octobre chez Grasset. La préface, que nous publions en avant-première à l’occasion de l’entrée au Panthéon de l’ancienne ministre, sera signée d’Annick Cojean, grand reporter au « Monde », qui l’avait rencontrée à plusieurs reprises.
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Souvenirs de Simone Veil

Un livre de photos, « Simone Veil et les siens », sortira le 17 octobre chez Grasset. La préface, que nous publions en avant-première à l’occasion de l’entrée au Panthéon de l’ancienne ministre, sera signée d’Annick Cojean, grand reporter au « Monde », qui l’avait rencontrée à plusieurs reprises.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 04h45
    |

            Annick Cojean








                        



                                


                            

C’est de ces yeux d’un vert transparent et liquide que je croyais avant tout me souvenir. De ses yeux si clairs, si vifs, si francs, qui perçaient jusqu’à l’âme et dissuadaient de feindre, de mentir, de se dérober ou même de prendre la pose. De ses yeux exigeants et lucides, qui avaient vu tant de choses, et dans lesquels passaient parfois des nuages et des ombres qu’elle chassait rapidement. De ses yeux comme un lac, capables de tempêtes et de quiétude glacée. De ses yeux qui, forcément, troublaient.
Pourtant, à feuilleter les albums de famille qu’elle composait méthodiquement, à scruter son visage au fil des pages, au fil des âges, au fil d’une vie, c’est son sourire qui m’interpelle, me subjugue, me retient. Un sourire de Joconde, nimbé d’un grand mystère. Un sourire triste et doux, arrêté à mi-chemin. Un sourire qui est très loin du rire et semble une politesse. Un sourire qui est une concession, à la vie, aux usages, aux êtres aimés qui braquent vers elle la caméra et veulent la voir heureuse. Un sourire qui garde son quant-à-soi et camoufle, avec grâce, impatiences et fêlures, tumultes intérieurs et souvenirs douloureux. Un sourire ineffable.
Il n’est pas enjôleur. Elle ne voulait pas séduire. L’idée lui faisait horreur. Elle n’a jamais joué de ce registre-là. On pourrait dire que sa beauté naturelle la dispensait de recourir à ce qui peut être un jeu, une arme, un procédé. Mais elle était à mille lieues de cet état d’esprit. Elle avançait bien droite, front haut, regard limpide et mine bravache. Bien moins sûre d’elle qu’on a pu croire. Directe. Sans minauderie ni fioriture. Forte de son honnêteté. De ses convictions. Et d’un discernement acquis par l’expérience. La certitude de savoir, mieux que quiconque, de quoi est fait l’être humain. Sans aucune illusion.

Je ne me lasse pas d’explorer ce visage et de l’interroger. D’y projeter une histoire que l’on connaît dans ses grandes lignes. D’y chercher des ressorts pour vivre,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans une tribune au « Monde », un collectif de médecins et de juristes parmi lesquels Boris Cyrulnik et Jean-Pierre Rosenczveig, dénonce le recul du gouvernement sur les violences sexuelles sur mineurs.
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Article sélectionné dans La Matinale du 29/06/2018
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« Jamais un enfant ne peut donner un consentement éclairé à des relations sexuelles avec un adulte »

Dans une tribune au « Monde », un collectif de médecins et de juristes parmi lesquels Boris Cyrulnik et Jean-Pierre Rosenczveig, dénonce le recul du gouvernement sur les violences sexuelles sur mineurs.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 04h45
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 09h47
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Comme beaucoup, nous avons été profondément heurtés par de récentes décisions judiciaires selon lesquelles des enfants de 11 ans pourraient avoir eu des relations sexuelles librement consenties avec des hommes majeurs.
C’est en effet ce qui s’est passé en février à Pontoise où le parquet s’est contenté de poursuivre devant le tribunal correctionnel pour « atteintes sexuelles » un homme de 28 ans, père de deux jeunes enfants, qui avait eu des relations sexuelles « complètes » avec une enfant de 11 ans. A Meaux, quelques semaines plus tard, et malgré l’émoi public suscité par la première affaire, la cour d’assises, non convaincue de l’existence d’une violence exercée sur la victime, également âgée de 11 ans, a acquitté un homme de 22 ans pourtant poursuivi pour « viol ».
Traumatisme
Comme beaucoup, nous jugeons essentiel que la loi rende impossibles de telles décisions de justice. Nous proposons ici une modification du texte soumis en ce moment même aux parlementaires français, de telle sorte qu’il prévoie expressément, à travers une nouvelle infraction, que jamais un enfant ne peut donner un consentement éclairé à des relations sexuelles avec un adulte. C’est le cas dans de nombreux pays européens, qui fixent la présomption de non-consentement de 12 ans en Espagne à 16 ans en Suisse.
Pour quiconque connaît la psychologie de l’enfant, un tel consentement n’a en effet aucun sens ; en revanche, le traumatisme, lui, peut être irrémédiable, à moins que la victime ne reçoive une aide telle qu’elle lui permette de reprendre son développement. Nous affirmons plus que jamais qu’un enfant ne peut pas donner un consentement éclairé à des relations sexuelles avec un adulte.

Faut-il rappeler que notre pays a ratifié la Convention internationale des droits de l’enfant de 1989, qui précise très clairement que les Etats doivent « protéger l’enfant contre toute forme de violence, (…)...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ L’universitaire turc analyse les raisons de la victoire du parti islamo-conservateur AKP, champion d’une Turquie nationaliste et pieuse, en rappelant les limites politiques et économiques de l’« hyperprésident ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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Soli Ozel : « Les Turcs aiment en Erdogan ce que les étrangers détestent en lui »

L’universitaire turc analyse les raisons de la victoire du parti islamo-conservateur AKP, champion d’une Turquie nationaliste et pieuse, en rappelant les limites politiques et économiques de l’« hyperprésident ».



Le Monde
 |    29.06.2018 à 15h31
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 16h03
    |

            Marc Semo et 
Sylvie Kauffmann








                        



                                


                            
Après les élections en Turquie qui, le 24 juin, ont donné une nouvelle victoire au président Recep Tayyip Erdogan avec 53 % des suffrages et la majorité à son parti, l’AKP (Parti de la justice et du développement) et à ses alliés du MHP (Parti d’action nationale) au Parlement, l’universitaire turc Soli Özel, chercheur invité auprès de l’Institut Montaigne, à Paris, analyse l’impact de ce scrutin.

La démocratie est-elle morte en Turquie ?
Elle est en panne, blessée, mais elle n’est pas morte. Pas plus que dans d’autres parties du monde, où des leaders populistes sont confortés par le suffrage universel, scrutin après scrutin. Les résultats de l’élection sont ce qu’ils sont, mais il faut aussi reconnaître l’immense énergie déployée par l’opposition, même si cela n’a pas été suffisant pour ébranler les partisans de Recep Tayyip Erdogan et de l’AKP.
Ce n’était pas une élection à la russe. Le peuple s’est mobilisé avec un taux de participation de 87 % et, pour autant que l’on sache, il n’y a pas eu de fraude majeure, même si les observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont critiqué l’iniquité de la campagne, notamment dans l’accès aux médias. Les scores élevés recueillis par le MHP dans certaines zones du Sud-Est à majorité kurde n’en suscitent pas moins la perplexité.
De facto, Recep Tayyip Erdogan avait déjà tous les pouvoirs. Qu’est-ce qui change, avec ce scrutin ?
La concentration du pouvoir sera immense, plus encore qu’elle ne l’est, car elle est désormais institutionnalisée par la nouvelle constitution, approuvée d’une très courte majorité lors du référendum d’avril 2017. On ne sait pas encore exactement comment va être réorganisée l’administration, ni quelles seront précisément les fonctions des ministres choisis par le président et qui travailleront directement sous ses ordres. Mais l’on sait déjà que le cabinet sera réduit à seize ou dix-huit...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ La nature et l’ampleur des enjeux auxquels l’Europe est confrontée appellent des solutions paneuropéennes que notre système politique communautaire fragmenté est incapable d’aborder et de mettre en place, estime Alberto Alemanno, professeur de droit à HEC, dans une tribune au « Monde ».
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« Les partis transnationaux sont l’engrais d’une politique véritablement européenne »

La nature et l’ampleur des enjeux auxquels l’Europe est confrontée appellent des solutions paneuropéennes que notre système politique communautaire fragmenté est incapable d’aborder et de mettre en place, estime Alberto Alemanno, professeur de droit à HEC, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    29.06.2018 à 15h19
    |

Alberto Alemanno (Professeur de droit à HEC et à la New York University School of Law à Paris, fondateur de The Good Lobby)







                        



                                


                            

Tribune. A moins d’un an des élections européennes, la dimension politique de l’Union européenne est en train de dévoiler ses limites. Le dernier sommet européen en apporte la confirmation [Conseil européen des 28-29 juin]. Bien que l’intégration européenne influence de plus en plus la vie des citoyens, le système politique européen, et en particulier sa capacité de représentation politique, n’a toujours pas rattrapé son retard.
Même s’ils votent directement pour leurs représentants au Parlement européen depuis 1979, les citoyens de l’Union européenne le font à des dates différentes, selon différentes lois électorales, et pour soutenir des candidats sélectionnés par des partis nationaux sur la base de programmes nationaux. Si les partis politiques paneuropéens ont bien reçu une reconnaissance institutionnelle et des ressources financières au fil du temps, ils sont toujours constitués de fédérations extra-parlementaires des partis nationaux.

En conséquence, après plus de soixante ans d’existence, l’Union européenne manque de partis politiques capables de promouvoir un véritable espace transnational de débat politique et de dialogue, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des institutions. Malgré l’interdépendance croissante des Etats en matière de politiques publiques – allant des politiques économiques et environnementales aux règlements de protection des données –, les citoyens semblent condamnés à être exposés exclusivement à des débats nationaux sur la direction que l’Union européenne doit prendre.
Tentatives pour européaniser le jeu électoral
Cette compétition nationale s’illustre d’ailleurs dans le traitement médiatique de l’Union européenne : en regardant l’Europe à travers le prisme de l’Etat-nation, les journalistes comme les hommes politiques n’envisagent les politiques européennes que sous l’angle des avantages et des inconvénients pour chaque pays membre. L’éternel absent ? L’intérêt supérieur de l’Union...




                        

                        


<article-nb="2018/06/30/19-17">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Trois députés européens, Pervenche Berès, Udo Bullmann et Roberto Gualtieri, plaident dans une tribune au « Monde » pour un renforcement de la capacité budgétaire de la zone euro et expriment la nécessité d’approfondir l’union économique et monétaire.
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Il faut « améliorer la capacité de la zone euro à résister aux chocs et aux crises à venir »

Trois députés européens, Pervenche Berès, Udo Bullmann et Roberto Gualtieri, plaident dans une tribune au « Monde » pour un renforcement de la capacité budgétaire de la zone euro et expriment la nécessité d’approfondir l’union économique et monétaire.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 14h11
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Faisant suite aux propositions de réforme de la zone euro présentées par le Parlement européen, les gouvernements français et allemand ont exprimé mardi 19 juin dans la déclaration de Meseberg leur engagement commun, tant attendu, d’approfondir l’union économique et monétaire, ainsi que leur soutien à la mise en place d’une capacité budgétaire de la zone euro pour absorber les chocs macroéconomiques, favoriser la convergence et la croissance.
Ces propositions sont un pas dans la bonne direction. Il est de la plus haute importance d’y donner suite et d’améliorer la capacité de la zone euro à résister aux chocs et aux crises à venir.
Une feuille de route claire
C’est désormais au conseil européen des 28 et 29 juin de définir une feuille de route claire, détaillée et cohérente pour l’achèvement de l’union économique et monétaire et nous sommes prêts, au Parlement européen, à nous engager sur les aspects concrets de ses piliers.
Nous insistons en particulier sur les points suivants : la fonction de stabilisation macroéconomique de la zone euro devrait être établie dans le cadre du budget de l’Union européenne et elle devrait être financée de manière appropriée par les Etats membres participants, et ce sans redéploiement des fonds structurels. Tout en visant un objectif de neutralité budgétaire à moyen terme, elle comporterait un volet subvention et soutiendrait à la fois les investissements et les prestations de chômage dans les pays qui subissent un choc asymétrique.

La convergence économique et les réformes, y compris celles qui visent à renforcer la cohésion sociale, devraient être encouragées sur le modèle de la proposition de la Commission sur les instruments d’accompagnement des réformes.
Transformation du MES en FES
Les capacités de l’Union européenne en matière de gestion des crises devraient être renforcées par la transformation du Mécanisme européen de stabilité (MES) en un Fonds européen...




                        

                        


<article-nb="2018/06/30/19-18">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ L’étendue croissante des réseaux sociaux facilite les changements soudains dans le consensus social. Il est donc essentiel de prendre conscience qu’une norme sociale partagée par une majorité d’individus ne signifie pas qu’elle a été choisie par cette majorité, explique le chercheur en sciences sociales Andrea Baronchelli dans une tribune au « Monde ».
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« Des groupes minoritaires engagés peuvent faire basculer l’opinion publique et bouleverser des conventions sociales »

L’étendue croissante des réseaux sociaux facilite les changements soudains dans le consensus social. Il est donc essentiel de prendre conscience qu’une norme sociale partagée par une majorité d’individus ne signifie pas qu’elle a été choisie par cette majorité, explique le chercheur en sciences sociales Andrea Baronchelli dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    29.06.2018 à 13h34
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 13h36
    |

Andrea Baronchelli (Chercheur en systèmes complexes et en sciences sociales computationnelles, maître de conférences à la City University of London)







                        



                                


                            

Tribune. De l’égalité des sexes au mariage homosexuel en passant par l’acceptation de l’usage du tabac ou du cannabis, la théorie de la « masse critique » a souvent été utilisée pour expliquer les nombreuses évolutions de nos conventions sociales.
Selon cette théorie, des groupes minoritaires peuvent être à l’origine de changements dans les conventions partagées par une majorité de la population à partir du moment où ils atteignent une certaine taille ou « masse » critique. Lorsque cela se produit, une situation considérée jusqu’alors comme normale peut devenir inacceptable. Et vice versa.
Des décennies de travaux en sociologie, en physique ou dans d’autres disciplines ont appuyé cette idée, sans qu’aucune preuve empirique n’ait permis de confirmer ce qui n’était, en réalité, qu’une hypothèse. Les bouleversements de nos conventions sociales sont généralement analysés a posteriori. Par conséquent, il est difficile de savoir ce qui se serait produit si une minorité en faveur du changement avait été un peu plus petite ou, inversement, si une minorité ayant échoué à engendrer une révolution avait été plus grande.
Le monde connecté dans lequel nous vivons, peuplé de robots automatisés et d’extrémistes organisés qui essaient de promouvoir de nouveaux comportements ou opinions, nous incite plus que jamais à comprendre ces dynamiques. C’est ce qui nous a conduits à mener, avec les sociologues Damon Centola, Joshua Becker et Devon Brackbill de l’université de Pennsylvanie, une expérience inédite mettant à l’épreuve la théorie de la masse critique.
Un consensus lié à l’étendue du réseau
Nous avons pu ainsi valider ses hypothèses et obtenir pour la première fois des preuves empiriques. Notre expérience s’appuie sur des années de travaux théoriques et expérimentaux ayant porté sur deux questions indissociables : Comment les conventions sociales naissent-elles ? Et pourquoi évoluent-elles ?
Commençons...




                        

                        


<article-nb="2018/06/30/19-19">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Rapport d’étonnement. En réduisant de 80 % en 2019 le financement des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), le gouvernement américain met à mal une aide décisive pour la prévention des maladies infectieuses à travers le monde.
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Donald Trump menace la santé mondiale

Rapport d’étonnement. En réduisant de 80 % en 2019 le financement des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), le gouvernement américain met à mal une aide décisive pour la prévention des maladies infectieuses à travers le monde.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 14h23
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
La nouvelle est inquiétante pour l’avenir de la santé mondiale. En 2019, le financement des programmes des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) américains sera réduit de 80 %. Ainsi l’a décidé la généreuse administration Trump. Elle ne reconduira pas sa participation de 582 millions de dollars à l’initiative mondiale de sécurité sanitaire décidée en 2014, avec 200 autres organisations médicales internationales, lors de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest – plus de 11 000 morts.
Détecter les épidémies à la source
Cette aide, approuvée à l’époque par le Congrès, s’avère pourtant décisive pour la prévention des maladies ­infectieuses à travers le monde. Elle contribue à former des travailleurs médicaux de terrain capables de détecter les épidémies à la source, comme à renforcer les labo­ratoires d’analyse et d’intervention d’urgence – ces ­institutions qui ont tant fait défaut quand l’épidémie d’Ebola s’est déclarée en Guinée, avant de gagner le Liberia et la Sierra Leone puis de créer une psychose en Occident quand, en octobre 2014, plusieurs cas se sont déclarés en Europe et aux Etats-Unis.
Le Wall Street Journal a révélé le premier, le 19 janvier, l’abandon de ces programmes en publiant un mail des CDC informant son personnel qu’il devait réduire ­drastiquement ses aides dans 39 pays sur 49, notamment ceux considérés par ­l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme des ­zones sensibles aux maladies ­infectieuses émergentes : ­République démocratique du Congo, Ethiopie, Haïti, ­Pakistan, Rwanda – on retrouve là les « pays de merde » évoqués par Donald Trump en ­janvier, mais est-ce un ­hasard ?
Des professionnels formés par les CDC ont pu endiguer une épidémie d’anthrax au Kenya, de fièvre jaune en Ouganda, et identifier 4 000 cas de rougeole au Sierra Leone. Ce sera désormais, sans ­l’appui américain, beaucoup plus difficile
Cette suppression est dramatique. Elle a été dénoncée dans une lettre ouverte...




                        

                        


<article-nb="2018/06/30/19-20">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Les nouveaux textes amplifient le processus amorcé par les lois Auroux, en 1982, et développé continûment ensuite, qui permet, dans certaines limites, à un accord collectif de substituer des normes à celles élaborées au niveau supérieur, explique l’économiste Gilbert Cette dans sa chronique.
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« Branches et entreprises » : les nouvelles règles du jeu

Les nouveaux textes amplifient le processus amorcé par les lois Auroux, en 1982, et développé continûment ensuite, qui permet, dans certaines limites, à un accord collectif de substituer des normes à celles élaborées au niveau supérieur, explique l’économiste Gilbert Cette dans sa chronique.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 12h00
    |

                            Gilbert Cette (Professeur d’économie associé à l’université d’Aix-Marseille)








                        



                                


                            

Entreprises. Les ordonnances travail du 22 septembre 2017 et la loi Pénicaud du 29 mars qui les a ratifiées ont transformé les rôles respectifs des branches et des entreprises dans l’élaboration d’un droit conventionnel vis-à-vis duquel les dispositions du code du travail deviennent supplétives, dans certaines limites.
Cette question faisait l’objet du 24e Séminaire emploi, coorganisé par les ministères de l’économie et du travail, qui s’est déroulé vendredi 15 juin (« Quel rôle pour la branche et l’entreprise après les récentes réformes? »). Le juriste allemand Achim Seifert, l’économiste Virgile Chassagnon, l’ex-DRH de grandes entreprises et président du pôle social du Medef, Jean-François Pilliard, et Charlotte Carsin, de la direction générale du travail, y ont analysé la situation et offert une comparaison avec l’Allemagne.
Le gouvernement a désormais toutes les cartes en main pour redessiner les rôles respectifs des branches et entreprises. Pour toute nouvelle convention de branche élaborée par les partenaires sociaux, la ministre a la possibilité de saisir un groupe d’experts qui vient d’être constitué pour la conseiller sur l’opportunité d’une extension à toute la branche.

Jusqu’ici, cette extension était quasi automatique, ce qui suscitait de nombreuses critiques : les négociateurs de branches, souvent issus des plus grandes entreprises, pouvaient élaborer des normes étouffant les PME et bridant l’entrée de nouvelles firmes. L’extension pourrait maintenant devenir moins systématique, ce qui renforcerait de fait le rôle de la négociation d’entreprise.
Les prochains mois diront avec quelle ambition cette possibilité sera utilisée. Cela dans un contexte rendu mouvant par le processus en cours de réduction du nombre de branches professionnelles, qui devrait passer de près de 700, fin 2015, à environ 200, fin 2019.
L’accord collectif avant le salarié
Les nouveaux textes ont largement...




                        

                        

