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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Analyse. Même si M. Macron a pu, ces dernières semaines, apparaître comme un protecteur des valeurs de l’Union, il reste fidèle à l’idée d’un renforcement des contrôles aux frontières extérieures, explique la journaliste du « Monde » Julia Pascual.
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Flux migratoires : la constante prudence de la France

Analyse. Même si M. Macron a pu, ces dernières semaines, apparaître comme un protecteur des valeurs de l’Union, il reste fidèle à l’idée d’un renforcement des contrôles aux frontières extérieures, explique la journaliste du « Monde » Julia Pascual.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 10h57
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 11h11
    |

            Julia Pascual








                        



                                


                            
Analyse. La crise de l’Aquarius a dessiné ces dernières semaines des lignes de fracture entre les Etats membres de l’Union européenne (UE). A côté des postures de refus de l’Italie et du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie), ou des ultimatums du ministre de l’intérieur allemand à la chancelière Angela Merkel sur la gestion des frontières, la France a pu apparaître comme portant une voix protectrice des valeurs de l’Union.
Emmanuel Macron a ainsi fustigé la « lèpre » nationaliste, dénoncé l’« irresponsabilité » du gouvernement italien ou encore rejeté la proposition d’externaliser l’examen de la demande d’asile dans des plateformes de débarquement hors UE.
« Ce n’est pas parce que l’environnement s’affaisse que la position de la France prend de la hauteur »
« Mais ce n’est pas parce que l’environnement s’affaisse que la position de la France prend de la hauteur, met en garde Jean-François Dubost, responsable du programme protection des populations d’Amnesty International. Elle est plutôt d’une certaine constance ces dernières années. » Dans les faits, M. Macron ne se départit pas de la ligne qui prévaut depuis 2014. « Face à des pays de droite et d’extrême droite, la France peut plaider le respect des règles de l’UE, mais c’est la politique du même : on est toujours sur l’idée d’un contrôle fort des frontières », observe de son côté Emmanuel Blanchard, président du réseau d’associations Migreurop.
Au sortir des discussions à Bruxelles, dans la nuit du 28 au 29 juin, le chef de l’Etat a salué sur Twitter un « accord trouvé » sur la base de « propositions françaises adoptées ». L’objectif qui, aujourd’hui, fait consensus en Europe, et auquel la France adhère, est bien celui de tarir les flux migratoires en amont de l’espace européen.
Ainsi, la ligne française se retrouve dans les conclusions du sommet, qui prévoient en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ La décision de la Cour suprême russe devrait faire jurisprudence, et les Syriens sont désormais passibles d’expulsion.
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La Russie refuse l’asile à dix Syriens car « il n’y a pas de guerre en Syrie »

La décision de la Cour suprême russe devrait faire jurisprudence, et les Syriens sont désormais passibles d’expulsion.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 10h23
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 18h21
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


La Cour suprême de Russie a débouté dix ressortissants syriens de leur demande d’asile, même temporaire, au motif qu’il n’y a « pas de guerre en Syrie » mais une « opération antiterroriste ». Un onzième dossier est encore en cours d’instruction. Sa conclusion, toutefois, ne devrait pas être différente. Malgré les estimations qui font état de plus de 350 000 morts depuis le début du conflit en 2011, 5,4 millions de réfugiés à travers le monde et 6,5 millions de déplacés à l’intérieur du pays, malgré l’intervention militaire russe lancée en septembre 2015 par Vladimir Poutine pour soutenir sur le terrain son allié Bachar Al-Assad, les juges de la plus haute autorité judiciaire russe sont restés inébranlables.
La décision de la Cour suprême, révélée mercredi 27 juin par le journal Kommersant, intervient alors que l’aviation russe a repris ses bombardements, en renfort de l’offensive déclenchée par le régime contre des rebelles dans le sud de la Syrie. Mais pour les juges, « les événements qui se déroulent sur son territoire présentent les caractéristiques spécifiques d’une opération antiterroriste et non d’une confrontation classique militaire avec une ligne de front bien définie ».

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                L’offensive contre les rebelles du sud de la Syrie place la Jordanie et Israël sous pression



« Il n’y a pas de raison d’accorder à Zakria T. un asile temporaire », précise la notification adressée à l’un des civils syriens concernés dont Le Monde a obtenu copie, car « il n’existe pas d’éléments [prouvant] que le plaignant peut être personnellement poursuivi et faire l’objet d’un traitement inhumain en Syrie ». « Une grande partie des lieux habités en Syrie ont adhéré au régime de cessez-le-feu sur le territoire de la République arabe syrienne, des actions humanitaires s’y déroulent, et une aide médicale est fournie », peut-on encore lire.
Passibles d’expulsions
Un détail est relevé : « Il existe une liaison aérienne avec la Syrie », sans que l’on sache s’il s’agit d’accréditer l’idée qu’il n’y a « pas de guerre », ou s’il prend une connotation lourde de sens sur les retours. En tout état de cause, les onze personnes qui avaient entrepris cette ultime démarche sont désormais passibles d’être expulsées du territoire russe. « Depuis 2012, date à laquelle j’ai commencé à travailler avec des réfugiés syriens, c’est la première fois que j’entends cet argument comme quoi il n’y a pas de guerre là-bas », déplore leur avocate, Irina Sokolova, membre du réseau Migration et droit, lié à l’organisation des droits de l’homme Memorial.
Arrivés pour la plupart en 2013, les plaignants, qui souhaitent préserver leur anonymat, se sont établis à Ivanovo, une ville située à 250 kilomètres au nord-est de Moscou, attirés par des entreprises de textile en quête de main-d’œuvre. Ni pro ni anti-Bachar, ils sont ouvriers ou chauffeurs de taxi. « Certains pouvant être appelés par l’armée en Syrie, leurs familles s’étaient réunies pour rassembler de l’argent et leur payer un billet », rapporte leur avocate.
Jusqu’ici, ces migrants avaient pu obtenir l’asile temporaire, renouvelable d’année en année. Mais en janvier 2017, le ministère de l’intérieur leur a fermé la porte. Une première requête déposée au tribunal d’Ivanovo en mars 2017 s’est soldée par un échec, tout comme l’appel intenté trois mois plus tard. « Nous avons épuisé tous les recours », s’inquiète Me Sokolova.

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                L’aviation russe bombarde des zones rebelles du sud de la Syrie



« Il n’y a pas de guerre en Syrie, nos militaires s’y relaxent sans doute ! Tout est calme malgré le retour de quelques cercueils », s’offusque Svetlana Gannouchkina, présidente de l’association Assistance civile spécialisée dans l’aide aux réfugiés. « Les Syriens, ajoute-t-elle, viennent là où ils peuvent fuir et notamment en Russie parce qu’ils arrivent avec des visas en bonne et due forme, de tourisme, étudiant ou pour affaire, délivrés contre de l’argent. Cette décision de la Cour suprême, la première du genre, et qui devrait faire jurisprudence, vient sans doute d’en haut, et elle est très inquiétante. »
En 2015, selon l’association, 12 000 Syriens se trouvaient sur le territoire de la Russie, mais seulement un millier d’entre eux bénéficiait d’un statut temporaire d’asile. Selon les chiffres officiels, leur nombre n’a pas progressé : en avril, ils étaient 1 047 à avoir obtenu ce fragile sésame et seulement deux ressortissants syriens ont reçu un vrai statut de réfugié.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Si Paris a réussi à inscrire cette idée à l’agenda européen, le président Emmanuel Macron n’a pas obtenu d’engagements de ses partenaires vendredi au sommet de Bruxelles.
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Budget de la zone euro : les Européens font de la résistance

Si Paris a réussi à inscrire cette idée à l’agenda européen, le président Emmanuel Macron n’a pas obtenu d’engagements de ses partenaires vendredi au sommet de Bruxelles.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 10h21
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 10h24
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Le sujet migratoire a occulté tous les autres à Bruxelles, vendredi 29 juin, mais les dirigeants européens s’y retrouvaient aussi pour un sommet spécial sur l’eurozone. Prévu de longue date, ce rendez-vous expédié en deux petites heures devait pourtant être le moment pour le président Emmanuel Macron de faire endosser par ses partenaires son projet de budget de la zone euro. Après la déclaration de Meseberg le 19 juin avec l’Allemagne, détaillant une vision franco-allemande pour une zone euro plus intégrée, la France espérait voir figurer des engagements ambitieux des 27 pays membres de l’Union européenne (UE) – sans le Royaume-Uni – dans les conclusions du sommet.
Las ! La déclaration commune à 27 s’est contentée de souligner qu’elle accueille « favorablement les contributions nationales, y compris celle présentée par la France et l’Allemagne ». Le texte note aussi que « l’Eurogroupe [qui réunit les ministres des finances de la zone euro] examinera de manière plus approfondie toutes les questions mentionnées dans la lettre » de son président Mario Centeno, qui signale le lancement d’une réflexion sur un budget commun.
« Avancer par temps calme »
« Il y a trois mois, tout le monde disait : jamais vous n’aurez un accord, ne serait-ce qu’avec les Allemands, sur un budget de la zone euro, a déclaré M. Macron vendredi. Je ne suis pas un fétichiste. Mais cette séance n’était pas une séance d’écriture, et nous allons maintenant travailler pour construire sur cette base un accord européen à 19 [les membres de la zone euro]. » 
« Je veux que nous puissions avancer par temps calme », a ajouté le chef d’Etat français, faisant allusion à tous ceux, très nombreux dans l’UE, y compris dans le parti de la chancelière allemande Angela Merkel, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), qui estiment qu’en ces temps de croissance retrouvée, la zone euro n’a pas besoin de réformes, juste de stabilité. 

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                Budget de l’eurozone : première levée de boucliers contre Paris et Berlin



Même s’il est parvenu à inscrire le « budget de l’eurozone » à l’agenda européen – c’est une performance pour un sujet aussi controversé –, le président français fait face à une forte hostilité sur ce sujet. De nombreux dirigeants européens continuent à refuser tout concept de pot commun. Pas question, résument-ils, de payer pour la mauvaise gestion des autres capitales.
Rappel des « nonistes »
Trois jours à peine après la déclaration de Meseberg, le ministre des finances néerlandais, Wopke Hoekstra, battait déjà le rappel des « nonistes », avec un courriel au président de l’Eurogroupe pointant « les larges divergences existant sur la nécessité d’un budget de l’eurozone ».
« Il n’y a clairement pas de consensus sur le fait de commencer à y travailler » ni sur la possibilité d’utiliser une future taxe sur les transactions financières (TTF) pour financer ce budget commun, ajoutait ce ministre conservateur du gouvernement du libéral Mark Rutte. Dans son message, M. Hoekstra cite d’autres collègues (letton, luxembourgeois, belge, autrichien, estonien, suédois, finlandais…) censés partager ses réticences.

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                Mario Centeno : « L’euro est sorti plus fort encore de la crise »



Depuis, les ministres luxembourgeois et irlandais se sont légèrement désolidarisés. Et de fait, ce sont davantage les ambitions en matière d’harmonisation de l’impôt sur les sociétés qui leur posent problème. Mais les Néerlandais restent intransigeants : « Nous disposons déjà d’un budget de la zone euro : les 200 milliards d’euros dépensés dans les fonds structurels, les fonds de cohésion ou la politique agricole » au sein du budget de l’UE, a déclaré M. Rutte vendredi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Pour la première fois, un des tradeurs français accusés dans le dossier de la manipulation du taux interbancaire européen, s’exprime publiquement. Il vient d’être jugé coupable « in absentia » à Londres.
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Procès des taux d’intérêt Euribor : des coupables trop parfaits

Pour la première fois, un des tradeurs français accusés dans le dossier de la manipulation du taux interbancaire européen, s’exprime publiquement. Il vient d’être jugé coupable « in absentia » à Londres.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 08h10
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 16h26
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Le premier est réservé, prudent, un peu avare de ses mots. C’est aussi un tradeur-né, prêt à tout miser ou tout abandonner d’un coup, selon l’opportunité. C’est ce qu’il a fait en mars, en décidant de plaider coupable à la surprise générale. Désormais en prison, il attend de connaître sa peine, qui devrait s’élever au minimum à quatre ou cinq ans de prison ferme.
Le second est plus extraverti, plus nerveux aussi. Il a choisi au contraire de fuir la justice britannique, préférant être jugé in absentia que de comparaître à un procès qu’il estime biaisé. Vendredi 29 juin, le verdict est tombé : il a été reconnu coupable de « complicité de fraude ».
A en croire le Serious Fraud Office (SFO), l’équivalent britannique du Parquet national financier, Christian Bittar et Philippe Moryoussef, deux Français, ont été les architectes d’une des plus grandes fraudes financières de l’histoire récente. Pendant les années folles menant à la crise, de 2005 à 2009, ils ont manipulé à grande échelle l’Euribor, un taux servant de référence à 180 000 milliards de dollars (154 500 milliards d’euros) de produits financiers. Plusieurs dizaines d’autres courtiers étaient impliqués, dont quatre autres sont jugés dans le même procès. Achim Kraemer, de Deutsche Bank, a été jugé non coupable. Carlo Palombo, Colin Bermingham et Sisse Bohart, de Barclays, attendent leur verdict. Les peines de prison seront prononcées dans les prochains jours.

Ces anciens tradeurs incarnent des coupables parfaits. De 2005 à 2009, M. Bittar, qui était à la Deutsche Bank, était un des mieux payés au monde : il a touché 57,8 millions de livres (65,2 millions d’euros). M. Moryoussef, qui travaillait chez Barclays sur la période jugée (2005-2007 dans son cas), était un petit joueur en comparaison : 1,2 million de livres.
Anomalies de traduction
Depuis deux ans et demi, Le Monde est en contact régulier avec les deux hommes. Nous avons suivi leur combat judiciaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Le texte conclu dans la nuit de jeudi à vendredi par les Vingt-Huit réunis en sommet à Bruxelles n’apporte pas de réponses opérationnelles très concrètes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 29/06/2018
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Après les satisfecit, premiers doutes sur l’« accord » migration européen

Le texte conclu dans la nuit de jeudi à vendredi par les Vingt-Huit réunis en sommet à Bruxelles n’apporte pas de réponses opérationnelles très concrètes.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 10h41
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant), 
Cédric Pietralunga, 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen) et 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Les autocongratulations et les satisfecit ont vite laissé place aux premiers doutes, vendredi 29 juin, suite à l’accord sur les migrations négocié durant la nuit précédente lors du sommet à Vingt-Huit de Bruxelles. Un accord, oui, mais qui n’apporte pas de réponses opérationnelles très concrètes et suscite déjà maintes critiques.

A-t-il durablement apaisé les tensions entre les pays européens, ceux du bassin méditerranéen, qui réclament davantage de solidarité, et ceux de l’Est qui continuent obstinément à la leur refuser ? Permettra t-il d’éviter d’autres images désastreuses après les errances des bateaux Aquarius et Lifeline ? Calmera-t-il Matteo Salvini, le ministre italien de l’intérieur, qui a déclenché la crise politique actuelle en fermant les ports de son pays aux migrants récupérés par les ONG ?
A écouter le président du Conseil italien Giuseppe Conte, quelques heures après la conclusion de l’accord, la voix de Rome, qui menaçait de bloquer l’ensemble du Conseil européen, avait enfin été entendue. « Je suis satisfait. Bien sûr, si j’avais eu à écrire le texte, je l’aurais fait différemment, mais nous étions Vingt-Huit », a-t-il confié, vendredi matin, avant de lancer, en montant dans sa voiture : « Maintenant, je pars continuer le combat. »
« Ce qui m’intéresse ce sont les actes »
Mais dès le milieu de matinée, les messages plus négatifs ont afflué : « Aucun engagement contraignant et seulement des choix volontaires pour les demandes italiennes. Un résultat faible. L’Italie affaiblie. Les pays de l’Est crient victoire », analysait le secrétaire par intérim du Parti démocrate (PD, centre gauche), Maurizio Martina.
A la mi-journée, M. Salvini lui-même déclarait : « Je ne me fie pas aux paroles, ce qui m’intéresse ce sont les actes. » « Pour une fois, Matteo Salvini a raison. La mission de Conte au Conseil européen a été un véritable flop », répliquait, dans un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Emmanuel Macron a dénoncé la position du diplomate, qui se félicite de la « gestion des mouvements migratoires » de Viktor Orban.
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Pour l’ambassadeur de France à Budapest, la Hongrie est un « modèle »

Emmanuel Macron a dénoncé la position du diplomate, qui se félicite de la « gestion des mouvements migratoires » de Viktor Orban.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 00h24
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 06h39
    |

            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



   


Peut-on représenter la France en Hongrie et parler comme le premier ministre du pays, Viktor Orban ? C’est en substance la question qui a été posée au président de la République Emmanuel Macron, lors de la conférence de presse ayant suivi, vendredi 29 juin, la dernière réunion du Conseil européen.
Auparavant, Mediapart avait révélé le contenu d’une note diplomatique, rédigée le 18 juin par Eric Fournier, l’ambassadeur de France à Budapest, entré au Quai d’Orsay en 1987.
Ce dernier, nommé à ce poste en 2015, y fustigeait la « presse française et anglo-saxonne », soupçonnée de vouloir détourner l’attention du « véritable antisémitisme moderne », celui des « musulmans de France et d’Allemagne », en continuant d’accuser la Hongrie d’antisémitisme, ce qui ne serait qu’un « fantasme de journalistes étrangers ». Ces derniers devraient, au contraire, saluer selon lui un « modèle » à suivre pour sa « gestion des mouvements migratoires illégaux ».
« Magyarophobie »
Le président français s’est vu obligé de rappeler que la note rédigée par M. Fournier ne correspondait « en rien à la position officielle française ». « Si une preuve m’était apportée que de tels propos aient été tenus publiquement, alors cet ambassadeur serait révoqué. » Selon nos informations, Eric Fournier devait de toute façon quitter ses fonctions à la mi-juillet.
Le Monde et d’autres médias sont régulièrement accusés de « magyarophobie » par des relais d’opinions, proches du gouvernement de Viktor Orban, un dirigeant épinglé par l’Union européenne (UE), l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et les Nations unies (ONU) pour ses entorses à l’Etat de droit. Ces relais sont parfois rejoints par certains élus français, dans les rangs des Républicains (LR) ou du Rassemblement national (RN, ex-Front national).
Alors que d’autres ambassadeurs en poste à Budapest, comme ceux du Canada ou de la Suède, prennent le risque de dénoncer publiquement les atteintes aux libertés en Hongrie, le représentant officiel de l’Etat français reprend à son tour, dans cette note, les éléments de langages conspirationnistes, traditionnellement véhiculés par M. Orban. Il dénigre le travail de la presse de son propre pays et s’en prend à des compatriotes de confession musulmane.
Attaques sur les rédactions
En cela, il épouse les méthodes du pays où il réside, car Reporters sans frontières (RSF) dénonce régulièrement les attaques subies par les rédactions à Budapest. « Depuis son retour au pouvoir en 2010, le gouvernement hongrois a considérablement changé les règles du jeu médiatique et contribué à l’érosion du pluralisme en soumettant le service public à un contrôle éditorial étroit et en favorisant l’achat de médias indépendants par des hommes d’affaire alliés du pouvoir », explique Pauline Adès-Mével, la responsable du bureau UE/Balkans à RSF.
En poste en Géorgie entre 2007 et 2011, Eric Fournier s’était déjà illustré par un caractère impétueux. « Ambassadeur le plus fou à Tbilissi », comme l’avait qualifié un jour en plaisantant le président de l’époque, Mikheïl Saakachvili, il entretenait des liens d’amitié très décriés par ses collègues avec le milliardaire Bidzina Ivanichvili. Il avait aidé ce dernier à obtenir la nationalité française. L’oligarque était devenu ensuite premier ministre de Géorgie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Les élus de l’île ont voté à l’unanimité, vendredi 29 juin, une motion demandant la création d’une commission pour « trouver des solutions pour un accueil efficace des migrants ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

L’Assemblée corse vote une motion pour l’accueil des migrants

Les élus de l’île ont voté à l’unanimité, vendredi 29 juin, une motion demandant la création d’une commission pour « trouver des solutions pour un accueil efficace des migrants ».



Le Monde
 |    29.06.2018 à 21h35
   





                        



   


L’Assemblée corse a réaffirmé vendredi 29 juin sa volonté d’accueillir des migrants en votant à l’unanimité une motion en ce sens, déposée par Jean-Charles Orsucci, maire de Bonifacio et leader du groupe La République en marche à l’Assemblée corse.
Dans cette motion, les élus corses affirment être « favorable[s] à l’accueil des migrants », et demandent « la création d’une commission ad hoc composée de membres de l’Assemblée de Corse, de présidents d’intercommunalités, de maires et des services de l’Etat chargée de trouver des solutions pour un accueil efficace des migrants ».

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Recadrage de la préfète
Lundi, le président nationaliste de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, s’était dit « disposé à porter secours » aux migrants recueillis sur le navire humanitaire Lifeline, que l’Italie refusait de laisser accoster. Il avait été aussitôt recadré par la préfète de Corse, Josiane Chevalier, qui affirmait qu’une telle décision « appartient à l’Etat français » et non à une collectivité territoriale.
« La position de la majorité de notre collectivité n’a pas vocation à changer », avait précisé lundi Jean-Guy Talamoni estimant que « tous les pays de la Méditerranée » devaient être prêts à porter secours aux migrants dès l’instant où il y a un navire avec des personnes à bord en situation d’urgence.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Après l’accord entre les Vingt-Huit sur la question migratoire, Jean-Pierre Stroobants, correspondant au bureau européen du « Monde », à Bruxelles, a répondu à vos questions.
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« L’Italie a obtenu, de fait, un enterrement du règlement de Dublin sur les migrants »

Après l’accord entre les Vingt-Huit sur la question migratoire, Jean-Pierre Stroobants, correspondant au bureau européen du « Monde », à Bruxelles, a répondu à vos questions.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 17h34
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 19h12
   





                        



   


Malgré l’accord conclu dans la douleur vendredi 29 juin à Bruxelles, les Européens sont loin d’avoir mis fin aux querelles sur les migrations. Le texte des Vingt-Huit, qui propose notamment la création de « plateformes de débarquements » de migrants en dehors de l’Union européenne, soulève d’ores et déjà de nombreuses questions sur sa mise en pratique ainsi que de sévères critiques de la part d’ONG.
Jean-Pierre Stroobants, correspondant au bureau européen du Monde à Bruxelles, a répondu aux questions des internautes sur les réponses politiques à la crise migratoire en Europe.

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Marc B : Est-ce vraiment une victoire pour le gouvernement populiste italien ? Si oui, est-ce que ça veut dire qu’il suffira désormais aux gouvernements de menacer et d’exiger pour obtenir ce qu’ils veulent ?
Jean-Pierre Stroobants : Le débat engagé résulte clairement de la pression de ce nouveau gouvernement, et singulièrement du ministre de l’intérieur, Matteo Salvini. Mais la présidence autrichienne de l’Union européenne — qui démarre le 1er juillet — aussi : le chancelier Kurz est, comme on le sait, associé au Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ), parti xénophobe. Avec le Danemark, l’Autriche a proposé l’installation de camps de rétention dans les Balkans, idée abandonnée. Il y a donc la pression des populistes, oui, mais aussi la sanction de la trop longue inaction des partenaires de l’Italie quand la crise migratoire était à son comble. C’est elle qui a aussi favorisé, entre autres facteurs, l’arrivée d’un gouvernement de populistes antisystème au pouvoir à Rome. On peut ajouter que le discours récurrent des pays de l’Est, Hongrie en tête, a aussi entraîné une focalisation sur ce sujet qui, en réalité, est beaucoup moins prégnant aujourd’hui compte tenu de la diminution du nombre des arrivées de migrants.
Chabi : Alors que le gouvernement dit chercher un équilibre entre fermeté et humanité, le mouvement Génération. s ne voit que « marasme et inhumanité » dans les « solutions » du Conseil européen. Est-ce qu’il y a des aspects visant l’amélioration de l’accueil des réfugiés dans le texte adopté hier ?
J.-P. S. : La thèse des dirigeants « humanistes » européens est qu’éviter les traversées de la Méditerranée est une bonne chose – 1 000 personnes sont mortes ainsi depuis le début de l’année, sans doute près de 40 000 en tout. D’où les tentatives de négocier avec les pays de transit et de départ. On ignore tout, pour le reste, des conditions qui prévaudront dans les « centres de contrôle » prévus pour l’accueil sur le pourtour méditerranéen. On ignore d’ailleurs où, quand et même s’ils verront jamais le jour. Les dirigeants affirment, en tout cas, que les demandes d’asile seront examinées plus rapidement. A ce stade, il n’y a pas d’autre garantie.
Savoyard : Les règlements de Dublin sont manifestement un facteur aggravant de la crise plutôt qu’une solution, faisant porter un poids excessif sur les pays de première ligne, tels que la Grèce et l’Italie, et expliquant les rejets des pays des Balkans. Ne pourrait-on pas envisager un « titre de circulation européen » à durée limitée, comparable au « passeport Nansen » de l’entre-deux-guerres, permettant aux migrants de demander ensuite le statut de réfugié dans le pays leur paraissant le plus adapté ?
J.-P. S. : Le règlement « Dublin III » reste en vigueur et, promettent les membres du Conseil européen, il peut et doit encore être réformé. Ils feront le point en octobre. En réalité, le processus est bloqué et l’Italie a obtenu hier une sorte d’enterrement de fait de ce texte. Le titre de circulation ? Personne ne l’évoque et ne semble prêt, dans le contexte de crispation actuelle, à l’envisager. Surtout les pays qui sont clairement les destinations favorites des demandeurs : Allemagne, Suède, France, Belgique, etc.
Sylvain : Qu’est-ce qu’un système « volontaire » de centres dits « contrôlés » ?
J.-P. S. : Les centres « contrôlés » seront, en quelque sorte, des postes d’accueil (« hot spots » antérieurement) où les arrivants seront confinés (sans que les modalités soient précisées) en attendant une réponse quant à leur demande d’asile. Ils devraient ensuite être répartis dans l’Union – si leur demande est acceptée – ou renvoyés vers leur pays d’origine. Ce qui pose d’autres questions, non résolues, sur les réadmissions. Le système est « volontaire » parce que les pays ne seront pas obligés d’établir de tels centres sur leur territoire.

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Glen Campbell : Ne serait-il pas plus simple pour tout le monde de réviser le droit maritime, afin de permettre aux navires portant secours de débarquer les migrants secourus en Afrique ? Cela porterait un coup au business des passeurs, sauverait des vies et enrayerait la vague populiste en Europe…
J.-P. S. : Je ne suis pas un spécialiste du droit maritime et de ses possibles réformes. Le droit humanitaire s’impose également aux Européens. Et je ne pense pas que débarquer les migrants en Libye ou dans certains autres pays africains en garantirait le respect. Vous avez lu, comme moi, les nombreuses dénonciations de la situation des migrants en Libye – sur laquelle l’Europe préfère d’ailleurs largement fermer les yeux. On nous redit, certes, vieux refrain, qu’il s’agit d’aider davantage ces pays et leurs communautés pour éviter les départs. M. Conte a au moins raison de demander à ses partenaires d’alimenter d’abord, comme ils l’avaient promis, le Fonds pour l’Afrique prévu à cette fin.
Alex : Les journaux italiens ont commencé par se réjouir de l’accord, à la suite des déclarations du président du conseil italien. Depuis, c’est la stupéfaction chez les mêmes journaux, une fois qu’ils ont analysé les conclusions du Conseil. Qu’en est-il au final ? N’y a-t-il eu que des concessions symboliques à l’Italie ?
J.-P. S. : M. Conte, comme indiqué plus haut, a surjoué la communication sur le thème « Nous avons gagné, l’Italie n’est plus seule ». Il y a eu une réelle prise en compte des difficultés de l’Italie, qui souligne à juste titre qu’elle a accueilli de 700 000 à 800 000 personnes en quelques années sans bénéficier du soutien nécessaire (outre financier) de ses partenaires. M. Conte a obtenu l’inscription dans les conclusions que tous les navires opérant en Méditerranée ne pouvaient pas faire obstacle aux opérations des gardes-côtes libyens. Au-delà ? Tout dépendra de la traduction en actes des promesses formulées hier : création « volontaire » de centres contrôlés le long de la Méditerranée, répartition « volontaire » des réfugiés… La presse italienne a donc raison, même si elle réagit un peu tard, de douter du bilan.
Citoyen européen : Quand je regarde cet accord avec maintien de Dublin et la création, sur une base volontaire, de centres gérés par l’UE, mais sur les pays d’arrivée – donc toujours la Grèce et l’Italie – je ne vois pas ce qui change par rapport à la veille de cette réunion…
J.-P. S. : On ne parle pas d’une gestion des éventuels centres par l’UE mais d’un « soutien » de celle-ci… On évoque aussi une gestion par le HCR, mais pour appuyer les Etats. Les questions que vous posez sont aussi celles que se posent beaucoup de ceux qui ont assisté à ce sommet… La communication a été bien menée, surtout par M. Macron et, dans son genre, par M. Conte. La réalité, une fois encore, est qu’il y a moins d’arrivées aujourd’hui, compte tenu notamment des effets de décisions antérieures (renforcement de la garde côtière libyenne, accord avec la Turquie, etc.) Donc la crise n’est pas « migratoire », mais « politique ». Ce qui renvoie aux considérations évoquées ci-dessus sur les situations nationales (Italie, Allemagne, Autriche, pays de Visegrad…) et la réelle portée des conclusions adoptées cette nuit.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Depuis sa création, en 1951, cette organisation défendant l’apport des migrations avait quasiment toujours été dirigée par un Américain. Le Portugais Antonio Vitorino a été désigné au quatrième tour du scrutin.
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Un Européen élu à la tête de l’agence de l’ONU pour les migrations

Depuis sa création, en 1951, cette organisation défendant l’apport des migrations avait quasiment toujours été dirigée par un Américain. Le Portugais Antonio Vitorino a été désigné au quatrième tour du scrutin.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 17h01
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 17h05
   





                        



   


Pour la première fois depuis les années 1960, le prochain directeur général de l’agence de l’ONU pour les migrations ne sera pas américain. Ken Isaacs, candidat de Donald Trump, a été recalé vendredi 29 juin de l’élection du dirigeant de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) au profit d’Antonio Vitorino, le candidat portugais.
L’OIM, qui compte 172 Etats membres, ne cesse de défendre l’apport que représentent les migrations pour les différents pays du monde. Depuis sa création, en 1951, elle avait toujours été dirigée par un Américain, hormis entre 1961 et 1969, quand le Néerlandais Bastiaan Haveman avait été désigné à sa tête.
Des propos antimusulmans sur les réseaux sociaux
Ken Isaacs a sans doute payé la politique de « tolérance zéro » du président Trump, mais également ses propres déclarations, notamment sur les réseaux sociaux. Cet ancien vice-président de l’ONG humanitaire chrétienne Samaritan’s Purse avait par exemple affirmé, dans des tweets désormais effacés, que le Coran « ordonne » aux musulmans de commettre des actes de violence et suggéré que les réfugiés chrétiens devraient avoir la priorité sur eux. Il avait exprimé ses « regrets » pour ces commentaires « imprudents » et le département d’Etat avait jugé « approprié » qu’il présente ses excuses.

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Antonio Vitorino a occupé les fonctions de ministre de la présidence et ministre de la défense (1995-1997), lorsque l’actuel secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres était premier ministre du Portugal. Auparavant, il avait été élu député au Portugal en 1980.
Il a également été commissaire européen à la justice et aux affaires intérieures (1999-2004). Depuis son départ de la politique en 2005, M. Vitorino a notamment travaillé comme associé au sein du cabinet Cuatrecasas, Gonçalves Pereira & Associados, selon l’OIM.
Elu au quatrième tour de scrutin d’une élection qui a duré cinq heures, il succède à l’Américain William Lacy Swing, qui a effectué deux mandats de cinq ans à la tête de l’OIM après avoir été le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en République démocratique du Congo (RDC) de mai 2003 à janvier 2008. Le nouveau directeur général est désigné au moment où les 28 dirigeants de l’Union européenne, réunis en sommet à Bruxelles, sont parvenus à un accord sur le dossier migratoire.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ L’universitaire turc analyse les raisons de la victoire du parti islamo-conservateur AKP, champion d’une Turquie nationaliste et pieuse, en rappelant les limites politiques et économiques de l’« hyperprésident ».
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Soli Ozel : « Les Turcs aiment en Erdogan ce que les étrangers détestent en lui »

L’universitaire turc analyse les raisons de la victoire du parti islamo-conservateur AKP, champion d’une Turquie nationaliste et pieuse, en rappelant les limites politiques et économiques de l’« hyperprésident ».



Le Monde
 |    29.06.2018 à 15h31
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 16h03
    |

            Marc Semo et 
Sylvie Kauffmann








                        



                                


                            
Après les élections en Turquie qui, le 24 juin, ont donné une nouvelle victoire au président Recep Tayyip Erdogan avec 53 % des suffrages et la majorité à son parti, l’AKP (Parti de la justice et du développement) et à ses alliés du MHP (Parti d’action nationale) au Parlement, l’universitaire turc Soli Özel, chercheur invité auprès de l’Institut Montaigne, à Paris, analyse l’impact de ce scrutin.

La démocratie est-elle morte en Turquie ?
Elle est en panne, blessée, mais elle n’est pas morte. Pas plus que dans d’autres parties du monde, où des leaders populistes sont confortés par le suffrage universel, scrutin après scrutin. Les résultats de l’élection sont ce qu’ils sont, mais il faut aussi reconnaître l’immense énergie déployée par l’opposition, même si cela n’a pas été suffisant pour ébranler les partisans de Recep Tayyip Erdogan et de l’AKP.
Ce n’était pas une élection à la russe. Le peuple s’est mobilisé avec un taux de participation de 87 % et, pour autant que l’on sache, il n’y a pas eu de fraude majeure, même si les observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont critiqué l’iniquité de la campagne, notamment dans l’accès aux médias. Les scores élevés recueillis par le MHP dans certaines zones du Sud-Est à majorité kurde n’en suscitent pas moins la perplexité.
De facto, Recep Tayyip Erdogan avait déjà tous les pouvoirs. Qu’est-ce qui change, avec ce scrutin ?
La concentration du pouvoir sera immense, plus encore qu’elle ne l’est, car elle est désormais institutionnalisée par la nouvelle constitution, approuvée d’une très courte majorité lors du référendum d’avril 2017. On ne sait pas encore exactement comment va être réorganisée l’administration, ni quelles seront précisément les fonctions des ministres choisis par le président et qui travailleront directement sous ses ordres. Mais l’on sait déjà que le cabinet sera réduit à seize ou dix-huit...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ La nature et l’ampleur des enjeux auxquels l’Europe est confrontée appellent des solutions paneuropéennes que notre système politique communautaire fragmenté est incapable d’aborder et de mettre en place, estime Alberto Alemanno, professeur de droit à HEC, dans une tribune au « Monde ».
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« Les partis transnationaux sont l’engrais d’une politique véritablement européenne »

La nature et l’ampleur des enjeux auxquels l’Europe est confrontée appellent des solutions paneuropéennes que notre système politique communautaire fragmenté est incapable d’aborder et de mettre en place, estime Alberto Alemanno, professeur de droit à HEC, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    29.06.2018 à 15h19
    |

Alberto Alemanno (Professeur de droit à HEC et à la New York University School of Law à Paris, fondateur de The Good Lobby)







                        



                                


                            

Tribune. A moins d’un an des élections européennes, la dimension politique de l’Union européenne est en train de dévoiler ses limites. Le dernier sommet européen en apporte la confirmation [Conseil européen des 28-29 juin]. Bien que l’intégration européenne influence de plus en plus la vie des citoyens, le système politique européen, et en particulier sa capacité de représentation politique, n’a toujours pas rattrapé son retard.
Même s’ils votent directement pour leurs représentants au Parlement européen depuis 1979, les citoyens de l’Union européenne le font à des dates différentes, selon différentes lois électorales, et pour soutenir des candidats sélectionnés par des partis nationaux sur la base de programmes nationaux. Si les partis politiques paneuropéens ont bien reçu une reconnaissance institutionnelle et des ressources financières au fil du temps, ils sont toujours constitués de fédérations extra-parlementaires des partis nationaux.

En conséquence, après plus de soixante ans d’existence, l’Union européenne manque de partis politiques capables de promouvoir un véritable espace transnational de débat politique et de dialogue, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des institutions. Malgré l’interdépendance croissante des Etats en matière de politiques publiques – allant des politiques économiques et environnementales aux règlements de protection des données –, les citoyens semblent condamnés à être exposés exclusivement à des débats nationaux sur la direction que l’Union européenne doit prendre.
Tentatives pour européaniser le jeu électoral
Cette compétition nationale s’illustre d’ailleurs dans le traitement médiatique de l’Union européenne : en regardant l’Europe à travers le prisme de l’Etat-nation, les journalistes comme les hommes politiques n’envisagent les politiques européennes que sous l’angle des avantages et des inconvénients pour chaque pays membre. L’éternel absent ? L’intérêt supérieur de l’Union...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Jean-Pierre Stroobants, correspondant du « Monde » au bureau européen, à Bruxelles, a répondu à vos questions sur le sommet européen.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ L’interdiction concernera l’accès aux ports mais aussi les activités de fourniture de carburants aux ONG, a déclaré le ministre de l’intérieur et chef de la Ligue, parti d’extrême droite.
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Migrants : les ports italiens seront fermés « tout l’été » aux ONG, annonce Matteo Salvini

L’interdiction concernera l’accès aux ports mais aussi les activités de fourniture de carburants aux ONG, a déclaré le ministre de l’intérieur et chef de la Ligue, parti d’extrême droite.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 14h24
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 17h08
   





                        



   


Le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, a annoncé vendredi 29 juin que les ports italiens seraient fermés « tout l’été » aux ONG qui secourent des migrants en Méditerranée. « Les ONG verront l’Italie seulement en carte postale », a déclaré au micro d’une radio M. Salvini, qui est aussi vice-premier ministre et chef de file la Ligue, parti d’extrême droite.
« Les ports seront fermés tout l’été », a affirmé M. Salvini. Il a ajouté que l’interdiction concernait non seulement l’accès aux ports mais aussi « les activités de fourniture de carburant aux ONG ». « Comme me disent les militaires italiens et même les Libyens, les ONG aident les passeurs, consciemment ou pas », a-t-il poursuivi, en assurant que l’Italie « continuerait à sauver tous ceux qui doivent être sauvés, avec les Etats qui sont des Etats ».
Salvini « satisfait » de l’accord signé à Bruxelles
Le ministre s’est aussi dit « satisfait et fier pour les résultats du gouvernement à Bruxelles », lors du Conseil européen consacré à la question des migrants.
« Finalement l’Europe a été obligée d’accepter la discussion sur une proposition italienne. Par rapport au néant des gouvernements Letta, Renzi et Gentiloni, nos nombreuses requêtes ont été acceptées. L’Italie est sortie de son isolement et joue à nouveau un rôle. »
Les dirigeants des pays de l’UE ont bouclé un accord vendredi au petit matin sur les migrations, salué par l’Italie, qui avait menacé de faire capoter le sommet à Bruxelles s’il ne lui était pas manifesté plus de solidarité face aux arrivées de migrants.

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Nouveau naufrage au large de la Libye
Par ailleurs, les corps de trois bébés ont été repêchés et une centaine de personnes sont toujours portées disparues après le naufrage, vendredi, d’une embarcation de migrants au large de la Libye.
Près de 120 personnes avaient pris la mer à bord d’un canot pneumatique, avant que celui-ci coule, à 6 km des côtes libyennes, ont fait savoir à l’Agence France-Presse des rescapés conduits dans la région d’Al-Hmidya. Seulement seize migrants ont pu être secourus. Ce sont tous de jeunes hommes, venus notamment du Yémen, de Gambie, de Zambie et du Soudan.
Une explosion s’est produite à bord du canot quelques heures après son départ des côtes libyennes, et le moteur a pris feu. L’embarcation a commencé à prendre l’eau. Les migrants ont tenté de s’agripper à une partie du canot ou à des bidons de carburant tombés à l’eau. Selon les gardes-côtes, ils ont été aperçus par des pêcheurs, qui ont alerté la marine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Trois députés européens, Pervenche Berès, Udo Bullmann et Roberto Gualtieri, plaident dans une tribune au « Monde » pour un renforcement de la capacité budgétaire de la zone euro et expriment la nécessité d’approfondir l’union économique et monétaire.
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Il faut « améliorer la capacité de la zone euro à résister aux chocs et aux crises à venir »

Trois députés européens, Pervenche Berès, Udo Bullmann et Roberto Gualtieri, plaident dans une tribune au « Monde » pour un renforcement de la capacité budgétaire de la zone euro et expriment la nécessité d’approfondir l’union économique et monétaire.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 14h11
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                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Faisant suite aux propositions de réforme de la zone euro présentées par le Parlement européen, les gouvernements français et allemand ont exprimé mardi 19 juin dans la déclaration de Meseberg leur engagement commun, tant attendu, d’approfondir l’union économique et monétaire, ainsi que leur soutien à la mise en place d’une capacité budgétaire de la zone euro pour absorber les chocs macroéconomiques, favoriser la convergence et la croissance.
Ces propositions sont un pas dans la bonne direction. Il est de la plus haute importance d’y donner suite et d’améliorer la capacité de la zone euro à résister aux chocs et aux crises à venir.
Une feuille de route claire
C’est désormais au conseil européen des 28 et 29 juin de définir une feuille de route claire, détaillée et cohérente pour l’achèvement de l’union économique et monétaire et nous sommes prêts, au Parlement européen, à nous engager sur les aspects concrets de ses piliers.
Nous insistons en particulier sur les points suivants : la fonction de stabilisation macroéconomique de la zone euro devrait être établie dans le cadre du budget de l’Union européenne et elle devrait être financée de manière appropriée par les Etats membres participants, et ce sans redéploiement des fonds structurels. Tout en visant un objectif de neutralité budgétaire à moyen terme, elle comporterait un volet subvention et soutiendrait à la fois les investissements et les prestations de chômage dans les pays qui subissent un choc asymétrique.

La convergence économique et les réformes, y compris celles qui visent à renforcer la cohésion sociale, devraient être encouragées sur le modèle de la proposition de la Commission sur les instruments d’accompagnement des réformes.
Transformation du MES en FES
Les capacités de l’Union européenne en matière de gestion des crises devraient être renforcées par la transformation du Mécanisme européen de stabilité (MES) en un Fonds européen...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Plusieurs responsables du parti conservateur bavarois ont salué l’accord, éloignant le risque d’une scission avec Angela Merkel.
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Allemagne : après l’accord européen sur l’asile, la CSU calme le jeu

Plusieurs responsables du parti conservateur bavarois ont salué l’accord, éloignant le risque d’une scission avec Angela Merkel.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 12h32
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 16h44
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



   


L’accord européen obtenu dans la nuit de jeudi 28 au vendredi 29 juin suffira-t-il à calmer la crise entre les deux partis conservateurs allemands, l’Union chrétienne-sociale (CSU) et l’Union chrétienne-démocrate (CDU), en lutte frontale depuis deux semaines sur la question migratoire ? A la CSU, le parti bavarois à l’origine de la fronde contre la chancelière Angela Merkel et son parti, la CDU, les responsables ont apparemment choisi de calmer la fronde.
Horst Seehofer, ministre de l’intérieur et de la patrie, en première ligne dans la fronde contre Angela Merkel sur la question migratoire, ne s’est pas exprimé vendredi sur l’issue du sommet. Mais il a laissé parler à la télévision un de ses lieutenants, Hans Michelbach, membre du directoire de la CSU, qui a qualifié de « signal positif » l’accord obtenu par les pays européens. « On peut se réjouir de constater que c’est une voie commune européenne en matière de politique d’asile qui va dans le bon sens », a-t-il déclaré au micro du « Morgenmagazin », l’émission matinale de la chaîne publique ARD, vendredi matin.

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« La question est de savoir ce que cela implique pour les frontières nationales et l’accueil (des migrants) actuellement et dans les prochains mois », a-t-il déclaré, sans préciser la position de Horst Seehofer. Le ministre de l’intérieur avait menacé de renvoyer aux frontières allemandes tout demandeur d’asile déjà enregistré dans un autre pays. Autrement dit, une option nationale et non européenne sur la question – une extrémité qu’Angela Merkel voulait à tout prix éviter, et qui aurait signifié une rupture majeure au sein de la coalition au pouvoir à Berlin. Il a précisé que les deux dirigeants devaient se rencontrer dans les deux jours.
Quelques heures après l’annonce de l’accord européen, l’Espagne et la Grèce ont donné leur accord pour reprendre les migrants arrivant en Allemagne mais déjà enregistrés dans les deux pays. « La Grèce et l’Espagne sont prêtes à reprendre les demandeurs d’asile qui seront interpellés à l’avenir à la frontière germano-autrichienne par les autorités allemandes dans la mesure où ils disposent d’une entrée Eurodac [fichier européen des demandeurs d’asile] de l’un de ces deux pays », a annoncé dans un communiqué le gouvernement de la chancelière Angela Merkel, qui avait promis des accords de ce type pour convaincre son ministre de l’intérieur de renoncer à de mesures anti-immigration unilatérales.
« Un grand pas en avant »
Un autre signe d’apaisement de la part de la CSU est venu de Manfred Weber, président du groupe parlementaire du Parti populaire européen à Strasbourg et vice-président de la CSU. « Le sommet européen a permis de faire un grand pas en avant dans l’amélioration de la politique migratoire. L’UE montre sa capacité d’action, y compris parce que la CDU et la CSU ont fait pression ensemble sur ce dossier », a-t-il déclaré.
A la CSU, plusieurs responsables ont plaidé ces derniers jours pour la fin des hostilités entre les deux partis. « Nous ne voulons pas de scission entre la CDU et la CSU. Nous sommes convaincus du bien-fondé de la bonne et étroite collaboration avec notre formation sœur, que nous voulons poursuivre dans l’avenir, et nous ne souhaitons pas la fin du gouvernement », a déclaré mardi Joachim Herrmann, ministre de l’intérieur de la région Bavière.
Ce ton modéré est à mettre en perspective avec un sondage récent qui tend à montrer que la ligne dure adoptée par la CSU n’est pas payante électoralement, alors qu’un scrutin régional doit avoir lieu en Bavière le 14 octobre. Cette enquête, menée par l’institut Forsa et publiée lundi 25 juin, montre que la population bavaroise accorde à Angela Merkel un crédit plus important (43 %) qu’au ministre-président de Bavière, Markus Söder, qui n’arrive qu’à 38 % d’opinions positives. Selon ce sondage, la CSU n’obtiendrait que 40 % si les élections avaient lieu dimanche. Ce serait 7,7 % de moins qu’aux élections de 2013, et pire qu’en 2008, où la CSU avait essuyé une débâcle, à 43,4 % des voix. Selon la chaîne régionale Bayerische Rundfunk, cette enquête d’opinion a eu sur les responsables de la CSU l’effet d’une douche froide. « Il faut évidemment prendre ces chiffres au sérieux », a déclaré Ilse Aigner, une des responsables de la CSU.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Le premier ministre néerlandais veut supprimer l’impôt sur les dividendes. Un projet très contesté.
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Aux Pays-Bas, le débat sur les cadeaux fiscaux aux multinationales embarrasse Mark Rutte

Le premier ministre néerlandais veut supprimer l’impôt sur les dividendes. Un projet très contesté.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 12h31
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



   


Engagé dans ce qui commence à ressembler à une course vers une haute fonction européenne – on parle de lui comme possible successeur de Donald Tusk à la présidence du Conseil –, le premier ministre néerlandais Mark Rutte se serait bien passé de cette affaire embarrassante. Le dirigeant libéral défend un projet, très contesté, de suppression de l’impôt sur les dividendes que les sociétés versent à leurs actionnaires.
A l’occasion de ce débat qui lui a déjà valu une motion de défiance, finalement rejetée, M. Rutte a surtout été invité à s’expliquer sur un « ruling » fiscal secret conclu en 2005 avec le géant Shell, au moment où la multinationale pétrolière fusionnait ses branches néerlandaise et britannique.

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Selon le quotidien Trouw, qui a révélé cette affaire il y a deux semaines, cette technique, dite de « décision anticipée », qui détermine préalablement le traitement fiscal appliqué à une entreprise et lui offre une sécurité juridique, aurait permis à la société pétrolière d’épargner 7 milliards d’euros. En échange de l’implantation du siège principal de Shell à La Haye, un mécanisme permettait le versement de dividendes aux actionnaires via un trust à Jersey. Ce qui dispensait Shell d’acquitter la taxe de 15 % aux Pays-Bas et offrait aux actionnaires un bénéfice net.
Des détails « explosifs » selon l’opposition
Marjan van Loon, PDG de Shell Nederland, a vivement réagi contre ce qu’elle estime être des accusations de pratiques illégales et de duperie pour le pays. « Les deux sont faux », a-t-elle déclaré. L’opposition de gauche, requinquée par cette affaire qui lui donne prise sur un premier ministre réputé inoxydable, est d’un autre avis. Lilian Marijnissen, dirigeante de la gauche radicale, accuse Shell d’avoir « volé des milliards en pleine période de crise » et décrit M. Rutte comme « le coursier du grand capital ». Jesse Klaver, populaire dirigeant du parti écologiste GroenLinks, évoque « un copinage de la pire espèce ».

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M. Rutte n’était pas aux affaires à l’époque où l’arrangement a été conclu. Il s’est toutefois refusé, malgré la pression de ses opposants, à en dévoiler le contenu lors d’une séance de la chambre des députés, mardi 26 juin. Il n’aurait livré que quelques détails à huis clos. « Explosifs », selon Mme Marijnissen qui réclame, avec d’autres responsables politiques, un débat public. Démocrates 66, l’un des membres de la coalition au pouvoir, y semble favorable, d’autant que cette formation centriste est réticente à l’idée de la suppression complète de l’impôt sur les dividendes, uniquement défendue par M. Rutte et son parti. « Nous ne sommes pas pour cette réforme, mais nous soutenons l’accord de coalition », a expliqué le député D66, Steven van Weyenberg.
L’embarras du premier ministre est aggravé par d’autres éléments. Remarquant que le projet d’une suppression de la taxe n’avait jamais été évoqué dans la négociation gouvernementale, ou même dans le programme du parti de M. Rutte, les journalistes se sont demandé si ce dernier n’avait pas cédé au lobbying très intense du patronat et des multinationales Shell, Philips, Akzo Nobel et Unilever – le premier ministre fut un cadre de cette dernière. M. Rutte a nié, jusqu’à ce que des médias révèlent que ces sociétés avaient bel et bien rédigé un texte réclamant, pendant la négociation, la suppression de la taxation. Le chef du gouvernement a affirmé, jusqu’aux révélations de la presse, ne pas être au courant du ruling fiscal conclu avec Shell.
Pieux mensonges
Ces pieux mensonges ne le font toutefois pas dévier de sa ligne. Il estime que la suppression de l’impôt peut prévenir d’éventuelles délocalisations, attirer des investisseurs étrangers et protéger l’emploi. Il est clair aussi qu’il prend en compte les conséquences du Brexit : les entreprises qui songent à quitter Londres – où l’impôt sur les dividendes n’existe pas – s’installeront plus volontiers, estime le premier ministre, dans un pays au climat fiscal clément.

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L’impôt sur les dividendes est de 26 % en Allemagne, 28 % au Danemark, 30 % en Belgique. Il culmine à 35 % en Suisse, tandis que la France a ramené ce prélèvement à la source de 30 à 12,8 % en janvier.
Le rendement net de la taxe est estimé, aux Pays-Bas, à 1,5 milliard d’euros. Un montant trop faible, aux yeux de M. Rutte, pour remettre en question son projet. Il reste à savoir si ses partenaires le suivront dans la défense d’une mesure devenue, pour beaucoup de Néerlandais, le symbole d’une politique d’un autre temps. « L’injustice du deal conclu avec Shell déplaît même aux électeurs de droite, juge, dans De Volkskrant, l’eurodéputé socialiste Paul Tang. Cela fâche tout le monde. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ La France insoumise et le Rassemblement national ont critiqué l’accord signé à Bruxelles par les vingt-huit Etats membres. De son côté, l’ONG Médecins sans Frontières a dénoncé un texte qui entraîne un « blocage » des migrants aux portes de l’UE.
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Macron annonce que la France « n’ouvrira pas de centres » d’accueil pour les migrants

La France insoumise et le Rassemblement national ont critiqué l’accord signé à Bruxelles par les vingt-huit Etats membres. De son côté, l’ONG Médecins sans Frontières a dénoncé un texte qui entraîne un « blocage » des migrants aux portes de l’UE.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 12h10
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 17h27
   





                        



   


En France, venant de droite comme de gauche, les critiques n’ont pas tardé après l’annonce d’un accord conclu à Bruxelles sur le dossier migratoire, vendredi 29 juin au petit matin. Après de longues heures de négociations, les vingt-huit dirigeants de l’Union européenne sont parvenus à s’entendre sur plusieurs mesures de principe, dont la mise en application demeure cependant floue.
Le compromis propose la création de « centres contrôlés » dans l’UE, que les Etats membres mettraient en place « sur une base volontaire », et d’où une distinction serait faite « rapidement » entre migrants irréguliers à expulser et demandeurs d’asile légitimes, qui pourraient être répartis dans l’UE, là aussi « sur une base volontaire ». Il invite aussi à examiner la possibilité de créer des « plateformes de débarquements » de migrants hors de l’UE pour dissuader les traversées de la Méditerranée.
Le détail des conclusions du Conseil européen est à lire ici.
Les réactions politiques en France
« La coopération européenne l’a emporté (…). La solidarité que nous devons aux premiers pays d’entrée a été actée lors de ce sommet », a déclaré le président français, Emmanuel Macron. Le chef de l’Etat a précisé vendredi après-midi que « la France n’ouvrira pas de centres » d’accueil pour les migrants car elle « n’est pas un pays de première arrivée ».

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A gauche, La France insoumise (LFI) et le Parti communiste français (PCF) ont déploré que le Conseil européen se focalise sur la sécurisation des frontières et n’affiche que des « vœux pieux » en matière d’accueil.
C’est « un accord qui, exactement comme la loi asile et immigration en France, ne résoudra rien », a réagi le député LFI Eric Coquerel sur LCI. Il y a « d’un côté des vœux pieux : sur tout ce qui est tentative de répartir les migrants, de gérer l’accueil, c’est que du volontariat. Donc autant dire que ça ne se fera pas (…) De l’autre côté par contre, il y a des mesures concrètes où on va encore plus sécuriser les frontières, être toujours plus durs envers les migrants ».
« On aura beaucoup de mal à nous expliquer qu’avec cet accord l’Europe est sauvée. Au contraire, elle se déshonore », a réagi de son côté l’élu PCF Ian Brossat dans un tweet.
« Nos dirigeants européens sont arrivés à la seule conclusion qu’il faut mieux protéger nos frontières. Autrement dit, dissuader les demandeurs d’asile de venir. Rien sur l’accueil digne. Pitoyable. »
A droite, le président des Républicains (LR), Laurent Wauquiez, a dit craindre « un accord de façade, destiné à faire semblant qu’on est d’accord alors qu’en réalité on ne s’est entendu sur rien [sic] ». Il a souligné le « danger fondamental » que constitue selon lui la création de centres européens pour les migrants sur le territoire européen.
La présidente du Rassemblement national (RN, ex-FN), Marine Le Pen, a affirmé que « cet accord ne règle pas du tout le problème de la submersion migratoire ». « Mais il a un avantage, a-t-elle ajouté, les pays ayant maintenant le droit de dire non », Emmanuel Macron « sera exclusivement responsable de l’immigration de masse en France ».
L’ancien bras droit de Marine Le Pen, Florian Philippot, président du parti Les Patriotes, a considéré que l’accord trouvé à Bruxelles est « l’un des pires que l’Union européenne ait jamais accouché », parce qu’il « renforce toutes les politiques existantes (…), à commencer par la répartition des migrants entre les Etats au nom de la solidarité européenne et par la libre circulation inhérente à l’espace Schengen ».
Les réactions des dirigeants européens
« L’Italie n’est plus seule. » Le président du conseil italien, Giuseppe Conte, s’est dit « satisfait » à l’issue des négociations vendredi matin. Pour le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, Rome a obtenu « 70 % de ce qu’elle voulait ».
La réaction de la chancelière allemande, Angela Merkel, était plus nuancée. « Nous aurons encore beaucoup à faire pour rapprocher les différents points de vue », a-t-elle déclaré, concédant « un bon signal ».

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Le chancelier autrichien, Sébastien Kurz, a, lui, considéré que l’accord permettra de « détruire le modèle économique des passeurs ». Et d’ajouter :
« Nous serons en mesure de réduire le nombre de personnes arrivant en Europe seulement lorsque nous ferons en sorte que les personnes secourues en mer ne soient pas amenées dans l’Union européenne. Il faut que ces idées soient mises en pratique rapidement, elles ne valent rien si elles ne sont pas mises en œuvre. »
Les autres réactions
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM), du ressort des Nations unies, a estimé que les centres de gestion des demandeurs d’asile convenus par les dirigeants des Vingt-Huit devaient être situés en Europe, et pas à l’étranger. L’organisation a évoqué une inquiétude « insurmontable » sur l’ouverture de « plates-formes de débarquement » en Libye du fait de l’insécurité qui y règne.
L’ONG Médecins sans Frontières a dénoncé un accord qui entraîne un « blocage » des migrants aux portes de l’Union européenne.
« Les seuls composantes sur lesquelles les Etats européens semblent s’être mis d’accord sont, d’une part, le blocage des personnes aux portes de l’Europe, quelle que soit leur vulnérabilité et les horreurs qu’ils fuient, et d’autre part, la diabolisation des opérations non gouvernementales de recherche et de sauvetage ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Le président américain, qui ne cesse de répéter qu’il veut « s’entendre avec la Russie » malgré la défiance du Congrès, rencontrera Vladimir Poutine le 16  juillet à Helsinki, quatre jours après un sommet à risque de l’OTAN.
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Donald Trump tente d’imposer sa ligne sur la Russie

Le président américain, qui ne cesse de répéter qu’il veut « s’entendre avec la Russie » malgré la défiance du Congrès, rencontrera Vladimir Poutine le 16  juillet à Helsinki, quatre jours après un sommet à risque de l’OTAN.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 11h02
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

Vladimir Poutine s’est donné le beau rôle, mercredi 27 juin, à Moscou, en recevant le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, John Bolton, pour fixer la date du premier sommet entre les deux pays, qui aura lieu le 16 juillet, à Helsinki. Déplorant l’état dégradé de la relation bilatérale, le président russe a assuré y voir le résultat d’« une lutte interne acharnée aux Etats-Unis », passant sous silence ses propres responsabilités. Une vision partiale qui vise cependant juste lorsqu’elle évoque les positions antagonistes qui s’expriment à Washington dès lors qu’il s’agit de la Russie.
Le Congrès entièrement contrôlé par le Parti républicain campe en effet depuis longtemps dans une défiance, alimentée par des élus démocrates comme républicains, comme l’a montré l’adoption de sanctions, en juillet 2017, à une écrasante majorité (419 voix contre 3 à la Chambre, 98 voix contre deux au Sénat), en riposte à des interférences imputées à Moscou lors de la campagne présidentielle. Donald Trump n’a pourtant cessé de les contester, jugeant crédibles, comme jeudi matin sur son compte Twitter, les dénégations russes et dénonçant au contraire une « chasse aux sorcières ».
Cette défiance a longtemps été épousée par une partie de l’administration. En a attesté la vision stratégique rédigée par le deuxième conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, H.R. McMaster. Présentée en décembre, elle mettait en évidence la politique de la Chine et de la Russie, qualifiées de « puissances révisionnistes », accusées de vouloir remettre en cause « la puissance, l’influence et les intérêts américains », au risque de menacer « la sécurité et la prospérité américaines ».
Autant de mises en garde balayées par la volonté de Donald Trump de « s’entendre avec la Russie » de Vladimir Poutine, un objectif avancé dès 2015. Encadré à son arrivée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Réunis en sommet à Bruxelles, les dirigeants sont parvenus à s’entendre pour créer des « centres contrôlés » dans l’UE, sur une base volontaire.
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/06/2018
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Migrants : récit d’une nuit de négociations qui a abouti à un accord fragile entre Européens

Réunis en sommet à Bruxelles, les dirigeants sont parvenus à s’entendre pour créer des « centres contrôlés » dans l’UE, sur une base volontaire.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 10h15
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 18h01
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen), 
Cédric Pietralunga et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

4 h 30 du matin, vendredi 29 juin, à Bruxelles. La fatigue se fait sentir dans les travées désertées du Conseil européen quand Donald Tusk, son président, tweete sobrement qu’un accord vient enfin d’être trouvé entre les vingt-huit dirigeants des pays de l’Union européenne (UE).
« Beaucoup prédisaient le triomphe de solutions nationales, mais ce soir c’est la coopération européenne qui l’a emporté », affirme un peu plus tard le président français Emmanuel Macron, qui quitte les lieux à pied. « L’Italie n’est plus seule, l’Europe sera plus solidaire », se félicite de son côté le président du Conseil Giuseppe Conte, qui vient de vivre sa première nuit blanche bruxelloise. « Nous aurons encore beaucoup à faire pour rapprocher les différents points de vue », a nuancé la chancelière allemande, Angela Merkel.
Volontiers présenté comme « historique », ce rendez-vous décisif ne s’est pas achevé en pugilat et n’a pas donné l’image délétère d’une Europe divisée, au bord de l’explosion, comme le craignaient nombre de dirigeants.
Mais sur le fond, ce texte de conclusions, qui a nécessité neuf heures de rédaction, résoudra-t-il durablement la crise migratoire ? Permettra-t-il d’en finir, au moins pour cet été, avec les images de bateaux d’ONG errant sur les eaux de la Méditerranée centrale ? Suffira-t-il à la chancelière allemande Angela Merkel pour calmer, outre-Rhin, son partenaire de coalition, la CSU bavaroise, qui la sommait de trouver une solution « européenne » avant la fin juin ? Et recevra-t-il le feu vert de Matteo Salvini, le ministre italien de l’intérieur, l’homme fort de la coalition au pouvoir à Rome, qui a allumé la mèche de toute la crise politique au début de ce mois ?
« Plates-formes de débarquement »
Rien n’était moins sûr, vendredi matin, tant le compromis sur la table ressemblait à un patchwork de desiderata nationaux. Et pour cause : depuis trois ans, les Européens s’opposent frontalement, sans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Face à l’absence de progrès dans la mise en œuvre par Moscou des accords pour faire cesser les combats dans l’est de l’Ukraine, les Vingt-Huit ont prolongé vendredi les sanctions pour six mois.
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Ukraine : l’UE reconduit les sanctions économiques contre Moscou

Face à l’absence de progrès dans la mise en œuvre par Moscou des accords pour faire cesser les combats dans l’est de l’Ukraine, les Vingt-Huit ont prolongé vendredi les sanctions pour six mois.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 07h20
   





                        


Les 28 dirigeants de l’UE ont officiellement décidé, vendredi 29 juin, de prolonger pendant six mois les sanctions économiques contre la Russie face à l’absence de progrès dans la mise en œuvre par Moscou des accords pour faire cesser les combats dans l’est de l’Ukraine.
« Les leaders de l’UE sont convenus de prolonger les sanctions économiques contre la Russie de six mois », a indiqué le Conseil européen, qui représente les Etats membres sur son compte Twitter.
La discussion sur les Accords de Minsk s’est déroulée après des négociations marathon sur les questions migratoires à la fin de la première journée du sommet de l’UE à Bruxelles.
Crise ukrainienne
Ces sanctions ont été décidées à l’été 2014, au plus fort de la crise ukrainienne, quelques mois après l’annexion de la Crimée par la Russie, suivie par l’offensive de rebelles pro-russes dans l’est de l’Ukraine. Kiev et les Occidentaux accusent la Russie de soutenir les rebelles séparatistes, notamment en leur fournissant des armes, ce que Moscou dément catégoriquement.
L’UE a par ailleurs imposé des sanctions à près de 150 personnalités, dont des proches du président russe Vladimir Poutine, inscrits sur sa « liste noire ». Leurs avoirs détenus par des banques européennes sont par conséquent gelés et elles sont privées de visas pour l’UE.
Dans leurs conclusions, les 28 ont également à nouveau exhorté la Russie à « reconnaître sa responsabilité » dans la catastrophe du vol MH17 abattu par un missile au-dessus de l’Ukraine en 2014.



                            


                        

                        

