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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Menés 2-1 en deuxième mi-temps, les Français se sont finalement imposés 4 à 3 en huitièmes de finale à Kazan, grâce notamment à un doublé de Mbappé.
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Coupe du monde 2018 : les Bleus effacent l’Argentine et poursuivent leur route en quarts

Menés 2-1 en deuxième mi-temps, les Français se sont finalement imposés 4 à 3 en huitièmes de finale à Kazan, grâce notamment à un doublé de Mbappé.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 18h06
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 18h34
    |

                            Grégor Brandy








                        



   


A l’issue d’un match complètement fou, l’équipe de France s’est qualifiée pour les quarts de finale de la Coupe du monde 2018, samedi 30 juin. Les Français se sont imposés 4 à 3 contre l’Argentine, grâce notamment à un doublé de Kylian Mbappé, mais se sont fait peur en début de seconde période, et en toute fin de rencontre. Les hommes de Didier Deschamps connaîtront leur adversaire ce soir, à l’issue du huitième de finale entre le Portugal et l’Uruguay. Ils joueront leur quart de finale vendredi 6 juillet, à Novgorod.
Malgré un gros pressing argentin, la France a parfaitement débuté son match. Après un coup-franc obtenu à l’entrée de la surface sur une première accélération de Kylian Mbappé, Antoine Griezmann a trouvé la barre de Franco Armani. Cinq minutes plus tard, le Parisien a récupéré le ballon dans son camp et déposé le milieu argentin sur une formidable accélération. Battu, Rojo a préféré concéder un penalty qu’a tranquillement transformé Antoine Griezmann (1-0, 12e).

#CM2018 #FRAARG 13è, 1-0 
🇫🇷🇫🇷 PENALTY FRANCAIS 
⚽⚽ BUT DE GRIEZMANN !

— telefoot_TF1 (@Téléfoot)


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Dans la foulée, les Français ont eu plusieurs occasions. Les Argentins ont d’ailleurs frôlé la correctionnelle sur une ouverture de 60 mètres de Paul Pogba vers Kylian Mbappé, mais la faute de Nicolas Tagliafico était bien en dehors de la surface (19e). Les Français ont fini par baisser le pied, malgré plusieurs incursions dans la défense sud-américaine.
La France se fait peur
Alors qu’on se dirigeait vers la mi-temps, et sur l’un des rares dézonages de l’attaque argentine, les Sud-Américains ont trouvé Angel Di Maria plein axe. Seul à 25 mètres, le Parisien n’a pas laissé passer sa chance et a envoyé une superbe frappe dans la lucarne droite d’Hugo Lloris (1-1, 41e).

#CM2018 #FRAARG 41è, 1-1 
⚽ BUT ARGENTIN 🇦🇷
😯 DI MARIA DE LOIN 

— telefoot_TF1 (@Téléfoot)


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De retour des vestiaires, le même Di Maria a amusé trois défenseurs français avant d’obtenir un bon coup-franc sur le côté gauche. Repoussé dans un premier temps, le ballon a fini dans les pieds de Lionel Messi, dont la frappe légèrement déviée du bout du pied par Gabriel Mercado, couvert par Benjamin Pavard, a laissé Hugo Lloris sans réaction (1-2, 48e).

#CM2018 #FRAARG 48è, 1-2
🇦🇷 BUT ARGENTIN 
⚽ MERCADO DEVIE UNE FRAPPE DE MESSI 

— telefoot_TF1 (@Téléfoot)


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Pavard et Mbappé à la rescousse
Les Français auraient pu revenir sur une mésentente entre Fazio et son gardien (56e), mais les hommes de Didier Deschamps s’en sont finalement remis à leurs deux latéraux. Lancé en profondeur, Lucas Hernandez a adressé un centre que Benjamin Pavard a repris d’une magnifique demi-volée qui a fini dans la lucarne droite d’Armani (2-2, 58e).

#CM2018 #FRAARG 57è, 2-2 
⚽⚽ BUT FRANCAIS 🇫🇷
😱😱 CHEF D'OEUVRE DE PAVARD 

— telefoot_TF1 (@Téléfoot)


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A peine cinq minutes plus tard, Mbappé négociait à merveille un ballon récupéré dans la surface argentine. Après avoir éliminé deux défenseurs sur un crochet, Mbappé a trompé le portier de l’Albiceleste d’une manière similaire à celle de Sylvain Wiltord en finale de l’Euro 2000, pour redonner l’avantage aux Français (3-2, 64e).

#CM2018 #FRAARG 3-2 
⚽⚽⚽ 3è BUT POUR LA FRANCE 🇫🇷 
💪💪💪 MBAPPE DONNE L'AVANTAGE AUX BLEUS 🇫🇷

— telefoot_TF1 (@Téléfoot)


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Et dans la foulée, sur une superbe remontée de terrain, Matuidi trouvait Giroud plein axe, qui en une touche décalait Mbappé. Seul face à Armani, le Parisien a fait le break (4-2, 68e) et inscrit son troisième but dans la compétition.

#CM2018 #FRAARG 68e, 4-2 
⚽⚽⚽⚽ BUT N°4 POUR LA FRANCE 🇫🇷
💪💪😎😎 DOUBLÉ DE MBAPPÉ 

— telefoot_TF1 (@Téléfoot)


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L’Argentine se rappelle au souvenir des Français
Les Bleus ont eu les occasions pour alourdir le score : Giroud aurait pu tuer le match sur un décalage de Pogba, mais la frappe de l’attaquant français n’a trouvé que le petit filet d’Armani. Et sur un superbe contre à 3 contre 1, Kanté et Mbappé ont manqué l’occasion de marquer (73e).
Défaits, les Argentins ont semblé épuisés et sans réponse dans cette fin de rencontre. Lionel Messi a bien eu l’occasion de ramener les siens à 4-3, sur un ballon perdu par Nabil Fekir, mais sa frappe n’était pas suffisamment appuyée ou placée pour tromper Hugo Lloris (85e). C’est finalement Kun Aguero, qui a inscrit un dernier but dans les arrêts de jeu. Servi par Messi, le Citizen a placé une belle tête au fond des filets français (4-3, 93e).

#CM2018 #FRAARG 90+3, 4-3 
🇦🇷 BUT ARGENTIN
⚽  AGUERO DE LA TÊTE 

— telefoot_TF1 (@Téléfoot)


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Les Argentins ont eu une dernière occasion pour arracher la prolongation, mais le centre-tir d’Aguero a été dévié par un de ses coéquipiers au-dessus du but de Lloris. Les Bleus pouvaient souffler et fêter leur seconde qualification consécutive pour les quarts de finale de Coupe du monde. Seule ombre au tableau, l’avertissement un peu bête de Blaise Matuidi pour contestation, qui le privera du quart de finale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Emmanuel Macron honore, dimanche, la mémoire de l’ancienne ministre de la santé, mère de la loi sur l’IVG et rescapée d’Auschwitz.
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De l’usage politique du Panthéon, avant l’hommage à Simone Veil

Emmanuel Macron honore, dimanche, la mémoire de l’ancienne ministre de la santé, mère de la loi sur l’IVG et rescapée d’Auschwitz.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 17h17
    |

            Virginie Malingre








                        



   


En décidant de faire entrer au Panthéon, dimanche 1er juillet, Simone Veil et son époux, Antoine, Emmanuel Macron a fait un choix très macronien, qui met en scène les valeurs politiques et morales dont le chef de l’Etat se veut porteur. Esprit de résistance, engagement européen, modernité, tout dans le parcours de cette femme hors du commun épouse les grands principes qu’il revendique. « Pour le président, c’est un marqueur de la ligne politique et historique dans laquelle il s’inscrit », commente le porte-parole de l’Elysée, Bruno Roger-Petit.
Rescapée de la Shoah, ancienne présidente du Parlement européen, Simone Veil a aussi, à sa manière, su transcender les partis traditionnels et le clivage droite-gauche : la loi sur la légalisation de l’avortement, qu’elle a portée comme ministre de la santé de Valéry Giscard d’Estaing, a été adoptée en 1974 à l’Assemblée grâce aux voix de la gauche.
« Notre mère courage », comme l’a qualifiée Robert Badinter, sera la cinquième femme inhumée dans ce temple de la mémoire républicaine. Quant à Antoine Veil, avec lequel elle a partagé sa vie, il sera le premier homme à y entrer en tant qu’époux. Un symbole, là aussi. « Les combats de Simone Veil s’enracinent dans sa déportation à Auschwitz », précise Sylvain Fort, la plume d’Emmanuel Macron. Ce que le philosophe Paul Ricœur, l’un des maîtres à penser du président de la République, appelait « un événement fondateur en négatif ».
Ce ne sera pas la première fois, dimanche, que le chef de l’Etat se rendra au Panthéon. Il avait tenu à ce que le 170e anniversaire de l’abolition de l’esclavage y soit célébré le 27 avril, plutôt qu’au jardin du Luxembourg, où se trouve une stèle commémorative. Ce jour-là, Emmanuel Macron en avait gravi seul les marches, dans une mise en scène qui rappelait l’investiture de François Mitterrand, le 21 mai 1981. Et le 28 mars, c’est de la place des Grands-Hommes qu’était parti le cortège, vers les Invalides, d’Arnaud Beltrame, ce gendarme assassiné lors de l’attentat de Trèbes pour s’être substitué à un otage.
« Rite d’incarnation »
« Depuis Mitterrand, la panthéonisation est devenue un rite d’incarnation du président », explique Patrick Garcia, maître de conférences à l’université de Cergy-Pontoise, chercheur à l’Institut d’histoire du temps présent. Georges Pompidou n’y a jamais eu recours. Pas plus que Valéry Giscard d’Estaing, qui, lors de ses vœux de 1977, invitait les Français à « ne pas se laisser accabler par les rhumatismes de l’histoire ». « Pompidou comme Giscard achevaient un processus mémoriel pour sortir de la guerre, quitte à gommer les parties peu glorieuses de cette histoire. Je vous rappelle que Giscard a supprimé les commémorations du 8-Mai », explique Bruno Roger-Petit.
Avant eux, Charles de Gaulle avait fait entrer Jean Moulin au Panthéon, en 1964, mais il n’honorera pas d’autre « grand homme ». L’ancien fondateur de la France libre y voyait alors une manière de se réapproprier une initiative dont l’opposition de gauche, à l’époque, avait la paternité : c’est un député socialiste de l’Hérault, qui, se faisant le porte-parole des résistants de son département, d’où Moulin était originaire, avait demandé le transfert de ses cendres. C’était aussi une manière pour de Gaulle d’inscrire dans la symbolique son pouvoir présidentiel. « Sous les IIIe et IVe Républiques, les panthéonisations étaient votées par les députés. Sous la Ve, c’est devenu une prérogative du chef de l’Etat », rappelle Patrick Garcia.
C’est François Mitterrand qui signera le retour du Panthéon comme lieu symbolique de la nation. Le 21 mai 1981, le premier président socialiste de la Ve République y pénètre, seul, et disparaît dans la nef avant d’aller déposer une rose rouge sur les tombes de Jean Moulin, Jean Jaurès et Victor Schœlcher. « Contrairement à ses prédécesseurs, Mitterrand a voulu revisiter l’histoire », poursuit M. Roger-Petit. Mais il faudra attendre la première cohabitation pour que Mitterrand apporte directement sa pierre à l’édifice, en décidant la panthéonisation de René Cassin, en 1987, puis de Jean Monnet en 1988, deux des Pères fondateurs de l’Europe. En organisant ces cérémonies quelques mois avant la présidentielle de 1988, décrypte Patrick Garcia, « le président écrase symboliquement son premier ministre et futur rival ».

        Lire aussi :
         

                Simone Veil au Panthéon : la construction européenne comme fil rouge de la cérémonie



De l’usage politique du Panthéon… Jacques Chirac retiendra la leçon. En 2002, six mois après sa réélection, il y fait entrer Alexandre Dumas, fils d’un général révolutionnaire de Saint-Domingue, une façon de célébrer le métissage dans cette France qui l’a élu à 82 % contre Jean-Marie Le Pen. En 2007, il revient au Panthéon pour un hommage aux Justes de France. Douze ans après avoir reconnu la responsabilité de la France dans la rafle du Vél’ d’Hiv, Jacques Chirac honore ainsi ceux qui sont restés fidèles aux valeurs de la République.
La panthéonisation par François Hollande, en mai 2015, de quatre résistants – Geneviève de Gaulle, Pierre Brossolette, Germaine Tillion et Jean Zay – participe de cette opération de rééquilibrage de la mémoire nationale. Tout comme celle aujourd’hui de Simone Veil. A l’Elysée, on réfléchit déjà à la suite. A l’occasion du centenaire de la première guerre mondiale, le président envisage une nouvelle entrée : ce pourrait être l’écrivain Maurice Genevoix, blessé en avril 1915 et qui s’est attaché, dans son grand œuvre, Ceux de 14, à témoigner de la vie des poilus dans les tranchées avec un réalisme qui lui vaudra la censure.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Dans la foulée de la Journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, la capitale a vu fleurir dix œuvres du street-artist britannique. Certaines ont été détériorées, d’autres protégées.
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Article sélectionné dans La Matinale du 29/06/2018
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Que faire des pochoirs de Banksy à Paris ?

Dans la foulée de la Journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, la capitale a vu fleurir dix œuvres du street-artist britannique. Certaines ont été détériorées, d’autres protégées.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 06h51
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 18h27
    |

            Emmanuelle Jardonnet








                        



                                


                            

Le compteur s’est arrêté à dix. Du premier pochoir découvert, dans la foulée de la Journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, d’une fresque à la porte de La Chapelle, jusqu’à la revendication officielle, six jours plus tard, il s’est écoulé moins d’une semaine.
Dix œuvres non signées, repérées dans plusieurs arrondissements de Paris et sur des lieux symboliques, comme la porte arrière du Bataclan. Certaines, publiées mercredi 26 juin sur le compte Instagram du street-artist britannique Banksy, après quelques jours d’un faux suspense tant le style, les allusions à la question des migrants, l’humour grinçant, la veine contestataire et les clins d’œil plus légers, tout comme le modus operandi, ne laissaient guère de doutes sur l’auteur. La dernière pièce à être apparue, un couple de rats en habits XIXe, ombrelle, chapeau melon et canne en main, en pleine contemplation de la tour Eiffel depuis un pont du 16e arrondissement, a été révélée par une de ses photos.

« Une immense valeur à protéger »
Maintenant que la chasse aux pochoirs du célèbre graffeur semble avoir livré tous ses secrets, la question se pose de la conservation d’œuvres par nature fragiles. Deux ont d’ailleurs été détériorées très rapidement après leur découverte : la fresque de la porte de La Chapelle a été recouverte de peinture bleue, et l’un des rats peints par l’artiste – l’un des deux jaillissant d’une bouteille de champagne – a été arraché de son mur dans le 5e arrondissement.
Lorsqu’on lui demande si la porte du Bataclan va rester en place, Jules Frutos, cogestionnaire de la salle de concerts, répond : « C’est l’artiste qui a choisi la fragilité, et donc la force de son expression. C’est une immense valeur à protéger des méfaits des hommes, de leurs dollars, de leurs excès, de leurs religions, d’eux-mêmes. On verra comment elle résiste. » Même point de vue du côté de Lagardère Unlimited Live Entertainment, actionnaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Cette année, quatre-vingt-sept chars représentant autant d’organisations différentes ont pris le départ de la marche.
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A Paris, une marche des fiertés pour lutter contre « l’homophobie banalisée »

Cette année, quatre-vingt-sept chars représentant autant d’organisations différentes ont pris le départ de la marche.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 13h24
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 17h44
   





                        



   


Plusieurs centaines de milliers de personnes défilent, samedi 30 juin, dans les rues de la capitale pour l’égalité des droits et contre les discriminations dans une ambiance festive. L’édition 2018 de cette marche des fiertés, organisée depuis plus de dix ans par l’Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans (Inter-LGBT) grâce à 300 bénévoles. « Vous n’avez pas le monopole de la famille », « Fermez le Vatican, Guantanamo mental », « Ni la Terre ni les femmes ne sont des conquêtes », « A genoux jamais plus! » : les pancartes multipliaient les slogans, tandis que les chars remontaient la rue de Rivoli.
Le cortège est parti de la place de la Concorde, face à l’Assemblée nationale, lieu symbolique, à 14 heures et devrait arriver sur la place de la République vers 17 heures. Là, aura lieu le grand podium de fin de marche, de 17 heures à 22 heures, pendant lequel se produiront de nombreux artistes, comme Rebeka Warrior, le collectif gay-queer Gang Bambi, Arnaud Rebotini ou encore Kiddy Smile.

   


Quatre-vingt-sept chars représentant autant d’organisations différentes ont pris le départ de la Marche. Pour la première fois dans l’histoire de l’événement, la Mairie de Paris aura son propre char. L’Inter-LGBT a également décidé, en partenariat avec HandiQueer, d’organiser un char pour les personnes à mobilité réduite. Autre première, un char « gouine/trans », destiné à mieux promouvoir la visibilité des lesbiennes et des transsexuels, défile dans le cortège.
Suivez le défilé avec notre journaliste sur place, Pierre Bouvier :

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Beaucoup de participants au défilé arborent les couleurs arc-en-ciel : petit drapeau accroché à un sac, dessin sur les joues, couronnes de fleurs, bretelles, jupe de tulle ou vaste morceau d’étoffe dans laquelle les manifestants étaient drapés. « On est ici pour nous amuser, mais il ne faut pas oublier la base : continuer à combattre pour nos droits », déclare David, 20 ans, venu de Toulouse avec deux amis pour le défilé, qui déplore « l’homophobie banalisée ».
Quatre jeunes filles de 15 ans sont venues, pour la première fois, afin de soutenir « une cause qui nous tient à coeur », explique Audrey, qui a aussi déploré les inégalités au sein des homosexuels, entre gays et lesbiennes par exemple. « On parle beaucoup moins des femmes » homosexuelles, selon elle. « Le mariage pour tous, c’était énorme, mais il faut continuer », martèle la jeune fille.
L’édition 2018 sous le signe des discriminations dans le sport
« Les discriminations au tapis, dans le sport comme dans nos vies ! », c’est le slogan de l’édition 2018 de la Marche des fiertés voulu par l’Inter-LGBT, qui regroupe environ 60 associations.
Dans un communiqué, l’association, pour qui « le sport est révélateur de l’état d’esprit de notre société », dit se mobiliser « contre les discriminations et les violences subies par les personnes LGBTQI +, dans les milieux sportifs comme dans le reste de leurs vies ». « Si certains événements sportifs, à l’image des Gay Games qui se tiendront à Paris du 4 au 12 août, s’efforcent de promouvoir la diversité et l’inclusion, force est de constater que beaucoup d’autres se tiennent au mépris des droits humains, à commencer par la Coupe du monde de football en Russie cette année puis au Qatar en 2022 », a-t-elle ajouté.
Par ce slogan, les militants souhaitent dénoncer « les chants homophobes dans les stades », « les traitements et mutilations subis par les athlètes féminines » et « l’impossibilité d’évoquer son homosexualité dans le sport pour ne pas perdre des sponsors », a détaillé la porte-parole de l’Inter-LGBT, Clémence Zamora-Cruz, lors d’une conférence de presse.

        Lire l’entretien :
         

          « Les lesbiennes ne se retrouvent pas nécessairement dans les discours de nombreuses associations LGBT »



L’arc-en-ciel de l’Assemblée nationale dégradé
Alors que l’Assemblée nationale s’était pour la première fois revêtue des couleurs de l’arc-en-ciel à l’occasion de la Marche des fiertés, un individu, se réclamant « militant d’extrême droite et anti-LGBT » a déchiré à mi-hauteur un des deux drapeaux posés sur le palais Bourbon en fin de soirée vendredi. L’auteur a été arrêté rapidement par la garde républicaine assurant la sécurité du Palais-Bourbon, selon la présidence de l’Assemblée nationale.
A la demande du président de l’Assemblée François de Rugy (La République en marche), qui était à l’origine de l’initiative, une plainte va être déposée. Le drapeau arc-en-ciel « est le symbole en général de la lutte contre l’homophobie, de l’égalité des droits », avait-il souligné jeudi, relevant que « c’est un combat qui est souvent passé par l’Assemblée nationale, qui [y] a parfois été d’ailleurs assez agité (…), mais aujourd’hui on voit que ce sont plutôt des sujets qui rassemblent ».
M. de Rugy, issu des rangs écologistes, ainsi que plusieurs députés ont prévu de participer à la Marche des fiertés.

Je l’avais annoncé : l’Assemblée nationale est pavoisée du drapeau arc-en-ciel 🏳️‍🌈, en symbole de notre engagement… https://t.co/ErMUD80Q43— FdeRugy (@François de Rugy)


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Mardi 26 juin, une autre dégradation homophobe a eu lieu dans le 4e arrondissement de Paris, dans le quartier du Marais. Un tag « LGBT hors de France » est apparu rue des Archives, au milieu d’un croisement où les passages piétons aux couleurs arc-en-ciel ont été repeints en blanc. La Mairie de Paris, qui a saisi le procureur de la République, a immédiatement rétabli les passages piétons, et a annoncé qu’ils seraient pérennisés.

        Lire aussi :
         

                Une Marche des fiertés LGBT pour réclamer la PMA pour toutes






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Ce week-end, la Lune et Mars se croisent dans le Capricorne, l’occasion de préparer leur prochain rendez-vous : le 27 juillet. La Lune sera alors totalement éclipsée.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Valérie Pécresse s’est dite « extrêmement satisfaite » de l’évolution du discours européen de LR. Laurent Wauquiez, lui, a concentré l’essentiel de son propos à « la vague migratoire qui pourrait cacher un tsunami à venir »
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

À Menton, Les Républicains aperçoivent l’horizon d’un possible consensus sur l’Europe

Valérie Pécresse s’est dite « extrêmement satisfaite » de l’évolution du discours européen de LR. Laurent Wauquiez, lui, a concentré l’essentiel de son propos à « la vague migratoire qui pourrait cacher un tsunami à venir »



Le Monde
 |    30.06.2018 à 16h03
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 16h15
    |

            Olivier Faye








                        



   


Certes, les huées se sont mêlées aux applaudissements pour saluer l’arrivée de Valérie Pécresse dans la grande salle du palais de l’Europe, à Menton (Alpes-Maritimes), où le parti Les Républicains (LR) organisait, samedi 30 juin, son conseil national consacré à l’Europe. Certes, d’autres huées, franches, elles aussi, ont accompagné le passage éclair de dix minutes de Christian Estrosi à l’heure du déjeuner – le maire de Nice s’est contenté de saluer les personnes présentes, et n’a pas pris la parole.
Les anciens premiers ministres Alain Juppé ou Jean-Pierre Raffarin, deux europhiles revendiqués, n’avaient quant à eux carrément pas fait le déplacement. Mais, fait suffisamment rare pour être noté, la droite a aperçu lors de ce rendez-vous l’horizon d’un possible consensus sur un sujet qui alimente d’ordinaire les divisions. Première lueur d’espoir à un peu moins d’un an des élections européennes de mai 2019. « Forcément, comme on a moins de monde… », grince un député présent, soulignant un resserrement sur le noyau dur du parti.
Accord sur une poignée d’engagements consensuels
En quittant les lieux, néanmoins, en fin de matinée, Mme Pécresse s’est félicitée : « Je vois que l’euroscepticisme recule et le discours pro-européen avance, ça me rend extrêmement satisfaite. » La présidente de la région Ile-de-France n’a pas manqué de remarquer que son rival, Laurent Wauquiez, a renoncé dans un entretien aux Échos, vendredi 28 juin, à son projet de refonte des traités européens. Tout en tempérant son souhait d’imposer à l’Union européenne des « cercles concentriques » qui resserraient l’intégration autour de quelques États membres.
« On est pour sauver l’Europe à 27, c’est une bonne chose, s’est réjouie la fondatrice de Libres !. J’ai l’impression que le message que nous avons tous porté a été entendu. »

   


Intervenant lors d’une table ronde, un peu plus tôt, Mme Pécresse s’est contentée d’apporter une nuance au discours porté par M. Wauquiez sur la nécessité de défendre une « Europe protectrice ». « L’Europe qui protège, on est d’accord, maintenant il faut aussi qu’on soit conquérants », a-t-elle estimé.
« Il faut une Europe de l’adhésion, l’Europe des cercles ce n’est pas un sujet de campagne, abonde Eric Woerth, député de l’Oise. Les Républicains ont besoin que Laurent Wauquiez réussisse, et pour qu’il réussisse il faut élargir, débattre. C’est bien si on ne vend pas l’idée d’une Europe qui se rabougrit, c’est positif tout ça. » L’ancien ministre du budget ne manque pas de rappeler, dans le même temps, que le parti n’est qu’au « début d’une démarche ».

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Pour l’heure, les dirigeants de LR se sont simplement mis d’accord sur une poignée d’engagements consensuels. Le conseil national du parti a entériné une liste de sept « piliers » devant représenter une base de travail pour les mois à venir, parmi lesquels dominent la notion de « frontière » et la lutte contre l’immigration. « La vague migratoire actuelle pourrait bien cacher un tsunami à venir », a estimé M. Wauquiez dans son discours de clôture.
Wauquiez n’a pas cherché à gommer les accents eurosceptiques de son discours
« Le sujet numéro un, aujourd’hui, c’est les migrants », convient le député de Vaucluse, Julien Aubert, qui compte parmi les plus souverainistes de son camp. « Tout est dans l’interprétation de nos sept piliers de la sagesse, souligne l’élu. Nous disons dans ce texte ne pas vouloir sortir de l’euro et de l’Europe, mais il faudrait écrire aussi que nous sommes contre le fédéralisme. Nous sommes favorables à la libre entreprise et contre la concurrence déloyale, mais il faudrait aller au bout de la logique et dire aussi que nous refusons les traités commerciaux. »
Malgré le climat de consensus, Laurent Wauquiez n’a pas cherché à gommer les accents eurosceptiques de son discours. « Nous avons tellement peur d’affaiblir l’Europe que nous nous sommes enfermés dans l’aveuglement », a-t-il estimé, assumant son livre brûlot - Europe, il faut tout changer (Odile Jacob) – publié en 2014. L’Union européenne actuelle, à ses yeux, serait « trop pesante, trop normative, trop doctrinaire, trop élargie », et aurait gâché « le plus beau projet politique de l’après-seconde guerre mondiale ».

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« Je suis un européen convaincu, mais je ne suis pas un européen convaincu des institutions, je ne suis pas un européen convaincu des normes, je suis un européen convaincu de manière plus charnelle », a-t-il ajouté, célébrant « les racines judéo-chrétiennes » de l’Europe et paraphrasant le sociologue québécois Mathieu Bock-Côté : « L’homme occidental doit cesser de se mépriser. »
Un peu plus tôt, l’ancien filloniste Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, avait adopté de semblables accents identitaires. « Le projet européen est avant tout un projet de civilisation et pas un Meccano institutionnel fédéral », postulait l’ancien villiériste, pour qui « l’Europe doit défendre pied à pied notre identité, son identité, assumer son histoire ». Remiser au placard les questions institutionnelles et se concentrer sur l’identité et l’immigration : c’est le meilleur moyen, au fond, de mettre d’accord le plus grand nombre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ A la frontière entre le Mexique et le Texas, rencontre avec des familles qui ont quitté leur pays avec l’espoir de vivre le rêve américain.
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Les migrants défient la « tolérance zéro » de Donald Trump

A la frontière entre le Mexique et le Texas, rencontre avec des familles qui ont quitté leur pays avec l’espoir de vivre le rêve américain.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 17h14
    |

            Gilles Paris (McAllen, Brownsville (Texas) envoyé spécial)








                        



                                


                            

Des ombres sont entrées en fin de journée dans la gare routière de McAllen, cette ville frontière du Texas que le Rio Grande, parfois doublé d’une haute barrière métallique, sépare du Mexique. Il s’agit d’un cortège d’une demi-douzaine de familles, souvent très jeunes, partagées entre la fatigue d’un interminable voyage et l’espoir d’une liberté précaire. Puis elles se sont dirigées vers les comptoirs des compagnies de bus qui tissent leur toile à travers le pays.
Quelques heures plus tôt, mardi 26 juin, elles ont pu quitter un centre de rétention de la police des frontières en échange d’une convocation chez un juge dans la ville vers laquelle elles s’apprêtent à partir pour retrouver des familles et des proches déjà installés aux Etats-Unis, certains légalement, mais pas tous. Ces familles ont pour bagage un statut incertain de sans-papiers et une libération provisoire. Les bracelets électroniques noirs que portent certains adultes à leur cheville sont là pour le rappeler.
Maria veut pourtant se satisfaire de cette délivrance qui ne tient qu’à un fil. « On est en Amérique », répète-t-elle. La jeune femme a quitté son pays, le Honduras, en compagnie de sa petite fille et d’un neveu. Interrogée sur les raisons de son départ, elle cherche ses mots, puis ses traits se décomposent. Elle n’en dira pas plus.

A côté, une autre mère, qui refuse de donner son nom, patiente avec ses trois filles. Lorsqu’elles décrivent leurs espérances, les deux femmes renouent avec des mots tout simples, avec les racines puissantes du rêve américain, l’espoir d’une vie meilleure, en sécurité, sur lequel la politique anti-immigration du président Donald Trump semble avoir peu de prise.
« Je ne pensais pas que cela durerait »
Leur groupe de migrants, composé principalement de Honduriens, de deux Guatémaltèques et de deux Salvadoriens, a mis près d’un mois pour parvenir à la frontière. Une fois arrivées côté américain, le 19 juin, Maria...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Avant Uruguay-Portugal, retour sur les excès en tout genre de l’attaquant de la Celeste Dario Silva, grand buteur et fêtard des années 2000.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Comment et pourquoi se marie-t-on en France en 2018 ? La cérémonie républicaine est un miroir de la diversité de la société. Premier épisode de notre série « Mariez-les ! ».
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Mariez-les ! A Aix-en-Provence, sept couples pour un samedi « plutôt calme »

Comment et pourquoi se marie-t-on en France en 2018 ? La cérémonie républicaine est un miroir de la diversité de la société. Premier épisode de notre série « Mariez-les ! ».



Le Monde
 |    30.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 15h40
    |

            Léa Iribarnegaray








                        



   


« Bon, c’est du “off”, hein. Mais je suis un peu le poinçonneur des Lilas ! » Bon, on se permet, parce que ça n’a rien de « off » dans la bouche de Jules Susini, volubile adjoint au maire d’Aix-en-Provence. D’astreinte en ce premier pont du mois de mai, il s’apprête à célébrer sept mariages, à la chaîne et chronométrés. 11 heures, 11 h 20, 11 h 40. Pause déjeuner. 14 h 20, 14 h 40, 15 heures, 15 h 20. « Et aujourd’hui c’est plutôt calme », précise-t-il. Bien loin de son record d’un lointain samedi de juillet : dix-sept mariages en une journée.

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En fin de matinée, on délaisse l’unique banc à l’ombre de la jolie cour carrée de l’hôtel de ville pour grimper à l’étage « Pavillon » — la salle officielle des mariages étant fermée pour travaux. L’élu se prépare dans l’antichambre, porte close, tandis que les premiers invités s’installent. « Monsieur Susini, vous êtes prêt ? » s’enquiert Laurence, l’une des deux fonctionnaires d’état civil réquisitionnées pour la journée. Il enfile fissa l’écharpe tricolore avec glands à franges d’argent : puisqu’il fait oui de la tête, elle l’annonce solennellement à l’assemblée endimanchée, comme on annonce la cour lors d’une audience au tribunal. Le cérémonial peut commencer : entrée de l’adjoint au maire, mots d’accueil et vœux de bonheur, lecture des articles 212 et 213 du code civil, relatifs aux devoirs des époux, échange des consentements. Le tout renouvelé toutes les vingt minutes. Réglé comme du papier à musique.
Jean, baskets, kimono
Et pourtant, si tout se répète, rien ne se ressemble. En cette journée prise au hasard dans le calendrier, le mariage républicain prend des allures de caméléon. A Aix-en-Provence, petite ville du Sud aux allures bourgeoises, on se dit oui pour mille et une raisons et de multiples façons. Florian et Natsumi ouvrent le bal. Le couple mixte — lui est français, elle, japonaise — s’est rencontré en Polynésie française en juin 2015 et commence une course contre la montre pour que Natsumi obtienne son visa avant un départ imminent pour la Nouvelle-Calédonie, seul moyen pour elle de rester en France en ayant la possibilité de travailler. Il porte un jean, des baskets « et une chemise pour la deuxième fois de sa vie ». Elle a choisi une tenue traditionnelle japonaise : un léger kimono d’été et une ceinture rouge vif nouée dans le dos, des tongs à larges semelles de bois, quelques fleurs dans les cheveux. On compte dix personnes tout rond dans la salle. C’est simple et joyeux.
Ici, les tomettes en terre cuite cohabitent avec le buste de Marianne. Là, une frise d’arabesques effleure le portrait du président Macron. Sorphorn, 37 ans, et Olivier, 59 ans, prennent le relais en salle Pavillon. Cambodgienne, elle s’aide de Google Traduction pour communiquer avec son mari : « Cela permet de dire ce que l’on ne peut pas transmettre par le regard », dit Olivier, divorcé depuis huit ans. « On a pris très vite la décision de se marier. C’était le parcours du combattant, mais sans cela on n’aurait jamais pu vivre ensemble. » Pour l’occasion, un témoin joue l’interprète des textes officiels.

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Entre deux unions, Jules Susini retourne se cacher dans son antre, se hasarde à quelques commentaires sur l’exotisme de la matinée, prend rendez-vous avec sa fille pour le déjeuner. « Moi, vous savez, je ne fais pas de cinéma, dit-il. Célébrer les mariages, c’est une obligation pour les seize adjoints au maire d’Aix-en-Provence. Alors chacun prend son tour, trois ou quatre week-ends dans l’année. » A 75 ans, avec quatre mandats à son actif, l’élu a exercé dans de multiples délégations de la Ville, de la sécurité à l’espace public. « Franchement, je ne ressens pas d’émotion particulière à marier des inconnus. Pour les jeunes époux, il s’agit d’une journée extraordinaire. L’officier d’état civil, lui, il fait son boulot. » 
« Rien de ringard à mes yeux »
Bernard et Elisabeth, eux, ont fait appel à une amie pour procéder à leur union tardive : dans la même salle, l’adjointe au maire Marie-Pierre Sicard-Desnuelle remplace ainsi Jules Susini. « C’est flatteur, donc j’ai accepté ! » déclare l’élue. Chef de service à l’hôpital de la Timone, à Marseille, elle travaille avec Bernard, lui aussi médecin, depuis quarante ans. Veste à la Jackie Kennedy, robe courte blanc cassé, Elisabeth, la future mariée, infirmière à Aix, rayonne : « A 59 ans, je n’allais pas porter une vraie robe de mariée, je trouverais ça pathétique ! » 
Le couple vit une première histoire au début des années 1980 et se sépare au bout de six mois : elle a des envies de fonder une famille, pas lui. Vingt ans plus tard, divorcés tous les deux, ils se croisent un 24 décembre, pendant une longue nuit de garde aux urgences. Elle a trois enfants, il en a un aussi. « Comme dans un conte de fées, nous nous sommes retrouvés, raconte Elisabeth. C’était en 2002, j’avais très envie que l’on régularise enfin notre situation. Le mariage n’a rien de ringard à mes yeux, au contraire. Cela me comble de bonheur qu’il ait dit oui ! Et puis on vieillit, on doit penser à se protéger l’un l’autre… » En cachette, elle a fait venir tous leurs amis. Elle est aux anges : « Il ne s’y attendait pas. Vous voyez, je sais encore le surprendre ! »

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En début d’après-midi, sur la place de la mairie, les maraîchers remballent les fleurs coupées. Devant la façade provençale résonne une musique berbère d’Algérie. Sabrina et Karim ont engagé un groupe de percussionnistes, en costumes bleu roi. « Nous sommes de confession musulmane, dit la jeune femme. Ce soir, juste après le passage devant le maire, nous emménageons ensemble. C’est un moment très important pour nous. » Le père de Karim est libanais, sa mère, tunisienne. Du côté de Sabrina, le papa est tunisien, la maman, algérienne. « Un bon milk-shake ! » résume-t-elle. Pour trois journées et soirées de festivités, le mariage a coûté 30 000 euros. « On suit toutes les traditions pour faire plaisir à nos familles. Si cela ne tenait qu’à moi, j’aurais fait plus simple », explique Sabrina. Lui, aixois, elle, marseillaise, le couple a préféré l’hôtel de ville d’Aix-en-Provence, « parce que c’est plus joli ». Pour la lune de miel, ils iront à Bora-Bora.

Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival, qui se tiendra du vendredi 5 au dimanche 7 octobre 2018 à l’Opéra Bastille, au Palais Garnier, au théâtre des Bouffes du Nord et au cinéma Gaumont Opéra.
Un verbe qui résonne comme un appel pour ce rendez-vous de la rentrée désormais incontournable, porté par les journalistes du Monde, qui propose au public des rencontres rares, une quarantaine de débats d’actualité, des projections de films inédits, des spectacles.
Aimer, c’est prendre position, défendre, partager un projet, un coup de cœur, une passion. C’est aussi explorer le champ de l’intime, du désir, des liens personnels qui fondent nos sociétés.
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Plusieurs centaines de personnes ont protesté à la veille de l’entrée en vigueur de la mesure voulue par le gouvernement.
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Limitation de vitesse à 80 km/h : des motards manifestent leur colère à Paris

Plusieurs centaines de personnes ont protesté à la veille de l’entrée en vigueur de la mesure voulue par le gouvernement.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 17h09
   





                        



   


Quelques centaines de motards ont manifesté leur « colère » à Paris samedi 30 juin dans l’après-midi, à la veille de l’entrée en vigueur de la limitation à 80 km/h sur les routes secondaires.
Réunis devant le château de Vincennes, ils sont partis en cortège un peu après 15 heures, pour une « traversée de Paris », en direction de la tour Eiffel, a indiqué la fédération française des motards en colère (FFMC), l’une des organisations qui avaient appelé à manifester.
« Non à la sécurité rentière », « État bandit », « Halte au racket Manu », « Édouard aux besoins d’argent », pouvait-on lire sur des pancartes accrochées aux motos. Des messages adressés au président Emmanuel Macron et au premier ministre Édouard Philippe alors que la limitation de vitesse passera dimanche de 90 km/h à 80 km/h sur 400 000 kilomètres de routes à double sens sans séparateur central.

        Lire le reportage :
         

          Limitation de vitesse à 80 km/h : « De toute façon, ici, tout le monde roule à 100 »



Ils étaient nombreux samedi à être venus de régions rurales où se situent la plupart des routes concernées. « En campagne, on a beaucoup de lignes droites, on ne peut pas faire du 80 km/h », a estimé Isabelle, 55 ans, qui assure avoir déjà fait « toutes les manifs en Bretagne » avec son mari pour protester. « C’est un réel danger de rouler à la même vitesse que les poids lourds », a ajouté Philippe, un autre Breton.
« Un racket monstrueux »
« C’est juste un racket monstrueux, ils ne savent plus quoi faire pour trouver du fric. Ca va faire chier le monde, ça va créer des embouteillages et des accidents. C’est complète absurde », a protesté Gilles, 59 ans.
« Ces mesures visent à trouver de l’argent, pas à assurer la sécurité des usagers de la route », a dénoncé pour sa part Alain Quemener, l’un des responsables de la FFMC, qui demande comme beaucoup de motards présents, que l’État investisse plutôt dans l’installation de doubles glissières le long des routes, pour éviter que les motards ne soient « décapités, amputés », ou dans la réparation des voies abîmées.
La mesure n’a pas pour objectif « d’emmerder le monde » avait rappelé vendredi Édouard Philippe, en reconnaissant son impopularité. Les autorités estiment qu’elle pourrait sauver jusqu’à 400 vies par an, et permettre d’inverser la courbe de la mortalité routière qui, après avoir atteint un plus bas historique en 2013 (3 427 morts, métropole et Outre-mer confondus), est repartie à la hausse les trois années suivantes. En 2017, 3 684 personnes ont perdu la vie sur les routes.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Le député des Bouches-du-Rhône a invité l’ancien socialiste au « dialogue ». Les proches de M. Hamon déclinent.
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Jean-Luc Mélenchon tend la main à Benoît Hamon

Le député des Bouches-du-Rhône a invité l’ancien socialiste au « dialogue ». Les proches de M. Hamon déclinent.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 16h25
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 16h42
    |

            Abel Mestre (Grenoble, envoyé spécial)








                        


C’est ce qu’on appelle une main tendue. Dans deux tweets publiés samedi 30 juin après-midi, le leader de La France insoumise a invité Génération.s au dialogue alors que le mouvement de Benoît Hamon tient sa convention à Grenoble, où 1 500 militants sont réunis pour le premier anniversaire de la formation.
« Je fais une offre à Benoît Hamon et à son parti : renoncez aux agressions inutiles et parlons tranquillement. Faisons un pacte de non-agression et respect mutuel. » Puis : « Ayons un dialogue ambitieux pour établir bilan et perspectives. Le groupe France insoumise à l’Assemblée est prêt à accueillir le député Régis Juanico. »

1/2 - Je fais une offre à @benoithamon et son parti : renoncez aux agressions inutiles et parlons tranquillement. F… https://t.co/oCqgH3xQ8p— JLMelenchon (@Jean-Luc Mélenchon)


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@benoithamon 2/2 - Ayons un dialogue ambitieux pour établir bilan et perspectives. Le groupe FI à l’Assemblée est p… https://t.co/6Hyxm7GSh1— JLMelenchon (@Jean-Luc Mélenchon)


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« Sur l’Europe, les différences ne sont pas accessoires »
Une offre restée lettre morte. Guillaume Balas, bras droit de M. Hamon, a ainsi estimé devant quelques journalistes qu’il ne s’agit pas « de s’envoyer des noms d’oiseaux. Le sujet est d’indiquer les convergences et divergences. On n’a jamais rechigné à considérer La France insoumise comme partenaire contre les politiques libérales. Mais sur l’Europe, les différences ne sont pas accessoires. » L’eurodéputé ajoute : « Il ne faut pas d’ambiguïté avec la régression nationaliste. Nous n’avons aucune complaisance. » Pascal Cherki, autre proche de M. Hamon, lui, est plus lapidaire : « On ne répond pas au nationalisme de droite par un nationalisme de gauche. »

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Régis Juanico, député de la Loire, qui a rejoint Génération.s il y a une semaine, décline également la proposition de M. Mélenchon : « Mon souhait est de rester au groupe Nouvelle gauche en tant que membre de Génération.s. Ce vœu a été exaucé mardi puisque le groupe a voté à l’unanimité mon maintien. » Il précise à l’égard des « insoumis » : « Le fait de ne pas être dans le même groupe n’empêche pas le respect mutuel et le dialogue ambitieux ! »
Ce regain d’intérêt tombe à pic pour le mouvement empêtré depuis plusieurs semaines dans des négociations tendues avec Europe-Ecologie-Les Verts en vue des élections européennes de mai 2019. Ces sorties ont donc ravi certains cadres hamonistes comme le Basque Mehdi Ouraoui : « Cela prouve que nous sommes au centre de ce qui se passe à gauche », affirme-t-il.

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Jean-Luc Romero-Michel : « Ma séropositivité m’a rendu meilleur »

Je ne serais pas arrivé là si… « La Matinale du Monde » interroge une personnalité sur un moment décisif de son existence. Le militant évoque l’origine de ses engagements contre le sida et pour le droit de mourir dans la dignité.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 14h06
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

Président de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) et d’Elus locaux contre le sida (ELCS), conseiller régional d’Ile-de-France et adjoint au maire du 12e arrondissement de Paris, Jean-Luc Romero-Michel vient de publier Lettre ouverte à Brigitte Macron - #MaMortMAppartient et devait participer, samedi 30 juin, comme chaque année, à la Gay Pride.
Je ne serais pas arrivé là si…
… Si je n’avais pas appris, à 28 ans, que j’étais séropositif. Ce virus a changé toute ma vie. Et si je n’avais pas eu la chance d’avoir deux grandes histoires d’amour qui m’ont fait avancer : la première, foudroyante, avec Hubert, et la seconde avec Christophe, qui vient de mourir brutalement.
Quelle fut votre jeunesse à Béthune ?
Je suis fils unique, issu d’une famille – surtout du côté de mon père – de communistes républicains qui ont fui l’Espagne. Ils sont partis dans le Pas-de-Calais, travailler comme ouvriers dans les mines et la sidérurgie. Je suis né et j’ai passé toute ma jeunesse dans les corons à Béthune, où vit toujours ma mère. J’y ai vécu quelque chose de très douloureux. J’ai été victime d’un pédophile à l’âge de 8 ans. C’était un collègue de ma mère. Quand je l’ai raconté à ma tatie – qui était la patronne du café où travaillait ma mère mais qui était un peu comme ma grand-mère –, personne ne m’a cru car cet homme a assuré que j’affabulais.
Les années ont passé, il a arrêté. Mais quand je suis devenu plus grand, il a recommencé. J’ai fini par accepter, car, il faut être honnête, je le vivais avec des sentiments mélangés. Mais il m’a présenté à des hommes âgés, obèses, qui m’achetaient un gâteau ou un petit cadeau et m’emmenaient chez eux. C’était insupportable, d’une violence terrible.
Un jour, n’en pouvant plus, je l’ai dit à ma mère. Mais c’était au moment où mon père était en train de mourir. Elle est allée le voir et lui a dit : « Ne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Le constructeur américain souligne qu’ériger des barrières commerciales pourrait accroître les coûts de l’entreprise et l’amener à supprimer des emplois.
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Tarifs douaniers : plusieurs industriels américains, dont General Motors, mettent en garde Trump

Le constructeur américain souligne qu’ériger des barrières commerciales pourrait accroître les coûts de l’entreprise et l’amener à supprimer des emplois.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 13h31
   





                        


Des emplois supprimés, des investissements amoindris, et des voitures plus chères. La réponse du constructeur General Motors (GM) à l’égard des taxes douanières sur le secteur automobile que la Maison Blanche envisage de mettre en œuvre sonne comme un avertissement adressé à Donald Trump.
« Augmenter les tarifs douaniers pourrait réduire la taille de GM, réduire la présence sur le plan national et à l’étranger de cette entreprise américaine emblématique et risque de réduire les emplois plutôt que de les augmenter », écrit GM dans des commentaires transmis vendredi au département du commerce dans le cadre d’une période de consultations.

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Le plus grand constructeur, qui emploie 110 000 personnes, souligne qu’ériger des barrières commerciales pourrait accroître les coûts de l’entreprise, la rendre moins compétitive car cette politique « promeut un environnement commercial dans lequel nous pourrions faire l’objet de représailles sur d’autres marchés ». La Maison Blanche n’a pas souhaité réagir après ces déclarations.
Trump veut des taxes punitives pour « protéger » l’industrie automobile américaine
Donald Trump avait déclaré le 23 mai qu’il souhaitait imposer de nouvelles taxes douanières sur les importations de véhicules aux Etats-Unis. Le président américain avait mandaté le mois dernier le secrétaire au commerce Wilbur Ross « d’envisager d’initier une enquête sous la Section 232 sur les importations de véhicules, y compris les camions et les pièces détachées, pour déterminer leur impact sur la sécurité nationale américaine ».
Donald Trump a déjà maintes fois évoqué des taxes punitives pour protéger l’industrie automobile américaine qui viseraient notamment l’Allemagne, dont les excédents commerciaux exaspèrent le président américain. Selon lui, les voitures américaines sont frappées de taxes supérieures à celles imposées sur les automobiles européennes.
Si Donald Trump a justifié ces taxes par une volonté de protéger la sécurité nationale et de dynamiser ces secteurs, quelque 21 000 entreprises ont requis une exemption au motif que ces tarifs douaniers pénalisent au contraire leur activité dépendante des importations d’acier et d’aluminium.

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Les taxes européennes sur les importations de voitures en provenance des Etats-Unis et des pays hors UE s’élèvent en effet à 10 %, quand les droits de douane américains sur celles en provenance de l’Union européenne ne s’élèvent qu’à 2,5 %. Toutefois, au sein du secteur automobile, les Etats-Unis taxent les importations de camions et de pick-up à hauteur de 25 %, alors que les importations de ces mêmes produits au sein de l’Union européenne sont taxées dans une bien moindre mesure, à 14 % en moyenne.
La période de commentaires pour les entreprises doit s’achever le 6 juillet avant une période d’auditions. Le département du Commerce devra ensuite rédiger son rapport avec des recommandations pour la Maison Blanche.
Egalement victime de la guerre commerciale lancée par Donald Trump, le constructeur de motos américaines Harley-Davidson avait annoncé mardi 26 juin vouloir délocaliser une partie de sa production pour échapper aux tarifs douaniers instaurés par Bruxelles en représailles à ceux de Washington. La marque de motos, née il y a cent dix-sept ans, a déploré que les taxes douanières européennes soient passées de 6 % à 31 % sur ses produits entrant sur le marché européen, ce qui renchérit le prix au détail de chaque véhicule de 2 200 dollars (soit 1 880 euros).

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Editorial. L’accord conclu à Bruxelles, le 29 juin, par les vingt-huit dirigeants de l’UE marque un tournant dans l’approche européenne de la gestion des flux migratoires.
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Immigration : le nouveau consensus européen

Editorial. L’accord conclu à Bruxelles, le 29 juin, par les vingt-huit dirigeants de l’UE marque un tournant dans l’approche européenne de la gestion des flux migratoires.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 10h36
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Si les modalités sont floues, la philosophie, elle, est claire. L’accord auquel sont parvenus les Vingt-Huit, vendredi 29 juin à Bruxelles, consacre un tournant dans l’approche européenne de la gestion des flux migratoires : trois ans après la grande crise des réfugiés, qui avait suscité un élan de générosité en Europe du Nord et que les pays de première arrivée, riverains de la Méditerranée, avaient affrontée courageusement, l’Union européenne s’organise pour fermer ses portes et dissuader les candidats à l’émigration clandestine.

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Si chacun des dirigeants est rentré chez lui, à l’issue de ce sommet de deux jours, en se déclarant satisfait malgré les failles évidentes d’un dispositif encore balbutiant, c’est parce qu’un consensus a été établi sur ce principe de base : l’Europe ne peut plus se permettre d’être grande ouverte, pas plus que ne se le permettent les Etats-Unis, le Canada, l’Australie ou la Russie. Elle doit continuer à accueillir des réfugiés, comme l’exige le droit international, mais ne veut plus accepter une immigration clandestine incontrôlée.
Tous les Etats membres n’ont pas la même motivation dans cette approche ; leurs divergences peuvent même être fondamentales. Les pays d’Europe centrale, emmenés par la Hongrie et la Pologne, refusent l’idée même d’une immigration susceptible de modifier la composition ethnique, culturelle ou religieuse de leur société. D’autres gouvernements, comme ceux de l’Italie et de l’Autriche, ont été récemment portés au pouvoir sur la promesse de ne plus laisser entrer un seul migrant. D’autres, enfin, comme ceux de l’Allemagne, de la France et de plusieurs pays du Nord, restent partisans de sociétés ouvertes, mais tentent désespérément d’endiguer la montée des partis populistes et de la droite radicale anti-immigration, à moins d’un an des élections européennes.
Le soldat Merkel est sauvé
La tension sur la gestion des flux migratoires menaçait l’unité de l’Europe. Elle menaçait aussi la chancelière Angela Merkel, ouvertement mise en demeure par ses partenaires de la CSU de durcir sa politique sur l’immigration. Un compromis a donc été trouvé pour repousser ces deux dangers : il repose sur le renforcement des frontières extérieures de l’Union et sur l’ouverture d’hypothétiques centres de regroupement des migrants, à l’intérieur de l’UE pour ceux qui sont déjà arrivés, à l’extérieur pour les candidats au départ, où le tri serait fait entre demandeurs d’asile et migrants économiques. Le soldat Merkel est sauvé – au moins pour l’immédiat, et avec le concours précieux de l’Espagne et de la Grèce, ce qui ne manque pas d’ironie –, l’unité de l’UE est préservée, et les pays d’Europe centrale peuvent crier victoire, débarrassés de l’idée des quotas de répartition des réfugiés.

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Est-ce à dire que la question est résolue ? Evidemment non. Donald Tusk, le président du Conseil européen, a reconnu que la mise en œuvre de l’accord serait « difficile » et qu’il était « bien trop tôt pour parler d’un succès ». Pour Emmanuel Macron, qui a été à la manœuvre pour dégager un compromis, le texte « ne règle en rien, à lui seul, la crise que nous vivons, qui est largement politique ».
Car cette crise n’en est qu’à ses débuts : la fermeture des portes peut rassurer les électorats européens, elle n’empêchera pas les candidats au départ de prendre la route. L’urgence immédiate passée, c’est un phénomène de fond que les Etats membres doivent à présent intégrer, quelles que soient leurs motivations, dignes et moins dignes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ La nationalité française pourrait être demandée uniquement si l’un des deux parents réside sur le territoire depuis trois mois au jour de la naissance de l’enfant.
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Trois questions autour du projet de limitation du droit du sol à Mayotte

La nationalité française pourrait être demandée uniquement si l’un des deux parents réside sur le territoire depuis trois mois au jour de la naissance de l’enfant.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 18h12
    |

                            Simon Auffret








                        



   


A l’initiative du sénateur (La République en marche) de Mayotte, Thani Mohamed Soilihi, le Sénat a adopté en première lecture le 26 juin deux amendements à la loi asile et immigration qui conduisent à réformer le droit du sol sur le 101e département français.
Le texte instaure en l’occurrence une nouvelle condition pour être naturalisé : que l’un au moins des deux parents d’un enfant né sur l’île réside de manière régulière sur le territoire depuis plus de trois mois au jour de la naissance. Pour Thani Mohamed Soilihi, il s’agit là d’une modification « à portée limitée ». Est-ce vraiment le cas ?

   


Qu’est-ce qui a motivé le vote de cette mesure ?
Le sénateur dit vouloir parer à l’« insoutenabilité de la pression migratoire pour les Mahorais ». Il espère ainsi décourager les « milliers de femmes enceintes qui, souvent au péril de leur vie, abordent sur les rivages de Mayotte avec l’espoir de donner naissance à un enfant né sur le territoire national afin qu’il puisse y être élevé et ainsi bénéficier d’une naturalisation par “le droit du sol”. »
Devenue une région ultrapériphérique de l’Union européenne en 2014, l’île de Mayotte, située entre Madagascar et l’archipel des Comores, est le lieu d’importantes arrivées de personnes souhaitant demander l’asile en France : selon l’Insee, 41 % des 200 000 résidents de l’île sont de nationalité étrangère, dont la moitié serait en situation irrégulière.
La pression démographique y est aussi importante : le taux de natalité y est de quarante pour mille, contre douze pour mille pour la France entière. En 2016, 74 % des enfants y sont nés de mères étrangères, phénomène visé par la proposition du sénateur mahorais.

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Un régime différent de la métropole s’applique à la politique migratoire de l’île, pour faire face à cette forte augmentation de la population – Mayotte ne comptait que 26 000 habitants en 1960.
Comme dans les autres territoires d’outre-mer, le recours dans le cas d’une demande d’asile rejetée n’est pas suspensif, accélérant les éloignements du territoire – environ 30 000 chaque année, selon la Ligue des droits de l’homme.
La situation est aussi particulière pour les migrants mineurs, arrivés seuls sur l’île : 4 285 enfants y ont été retenus dans des centres de rétention administrative en 2016 selon le Défenseur des droits – une disposition illégale en métropole.
Comment fonctionne le droit du sol aujourd’hui ?
Pour les enfants nés sur le territoire français de parents étrangers vivant à l’étranger, concernés par la mesure votée par les Sénateurs, la nationalité française n’est pas attribuée dès la naissance – ce n’est le cas que pour les enfants de parents français.
Elle peut être obtenue par l’enfant lui-même à sa majorité, sous réserve de résider en France au moment de la demande, de posséder un certificat de naissance et d’y avoir vécu au moins cinq ans depuis l’âge de 11 ans. Avant d’être majeur, la demande est possible à l’initiative des parents (si l’enfant à entre 13 ans et 16 ans) ou par l’enfant lui-même (entre 16 ans et 18 ans), avec des conditions de résidence plus importantes.
La mesure est-elle constitutionnelle ?
Le Conseil d’Etat a donné un avis favorable au projet de M. Mohamed Soilihi. Les juges se sont notamment référés à l’article 73 de la Constitution, qui laisse une marge de manœuvre aux législations des collectivités locales d’outre-mer.
Néanmoins, de précédentes tentatives de limitation du droit du sol avaient été abandonnées devant la possibilité d’un refus du Conseil constitutionnel : en 2005, François Barouin, alors ministre de l’outre-mer, avait envisagé une remise en question du droit du sol « pour certaines collectivités », avant qu’une mission d’information parlementaire ne mette de côté la proposition, qui comportait de « forts risques constitutionnels ». En 2008, une proposition similaire de Christian Estrosi, alors secrétaire d’état chargé de l’outre-mer avait provoqué les mêmes réactions.
L’un des obstacles majeurs est l’indivisibilité de la loi française en matière de nationalité : Mayotte étant un département à part entière, les conditions d’attribution doivent y être identiques à ce qu’elles sont dans le reste du pays. « Si cette mesure est votée, qu’est ce qui empêcherait les Alpes-Maritimes de demander des dispositifs similaires, ou la Corse ? », souligne Patrick Weil, directeur de recherche au CNRS.

        Lire la tribune de Patrick Weil :
         

          « La situation mahoraise ne doit pas servir de prétexte pour porter atteinte à l’indivisibilité de la République »



Pour le professeur à l’université Paris-I, la jurisprudence du Conseil constitutionnel, qui avait rappelé le principe d’indivisibilité dans un avis de 1993 pour les personnes nées en Algérie – jurisprudence absente de l’avis du Conseil d’état – pourrait également motiver le refus d’une limitation du droit du sol à Mayotte. Les sages y affirmaient que toute restriction au droit du sol ne pouvait concerner qu’un territoire anciennement français, devenu indépendant.
La commission mixte paritaire parlementaire (composée de députés et de sénateurs) a commencé à travailler sur une version définitive du texte, dès le mercredi 27 juin. Le projet a reçu un soutien de poids, jeudi 28 juin, à l’occasion des conclusions des assises des outre-mer à l’Elysée : « J’ai noté que l’évolution proposée par le sénateur Soilihi faisait consensus. Je veux donc dire ici que je soutiens cette démarche », a déclaré le président de la république Emmanuel Macron.

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                Macron apporte son soutien à un projet de limitation du droit du sol à Mayotte






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Dans un geste inédit, 187 députés, soit les deux tiers du Parlement, lui ont demandé de remanier son équipe économique.
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En Iran, le président Rohani de plus en plus critiqué pour sa gestion économique

Dans un geste inédit, 187 députés, soit les deux tiers du Parlement, lui ont demandé de remanier son équipe économique.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 10h29
    |

            Ghazal Golshiri (Téhéran, correspondance)








                        



   


Alors que, en Iran, des commerçants manifestent contre la dévaluation drastique de la monnaie nationale et que les pressions américaines s’accentuent, des voix s’élèvent contre la politique économique du président modéré Hassan Rohani. Dans un geste inédit, 187 députés, soit les deux tiers du Parlement, lui ont demandé de remanier son équipe économique, qui, selon les signataires, « n’a pas la capacité de gérer la situation actuelle du pays ».

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                Grève au grand bazar de Téhéran



Des parlementaires, certains appartenant au camp du président, demandent le départ des ministres de l’économie, de l’agriculture, du travail et du gouverneur de la banque centrale.
Quelques heures après leur appel, le président Rohani a annoncé, lors d’une intervention retransmise à la télévision nationale, qu’il ne quitterait pas le pouvoir. « Nous ne céderons pas face aux Etats-Unis. Nous préserverons notre fierté nationale et historique et ferons plier l’Amérique », a annoncé le président Rohani, qui appelait à l’unité nationale.
Manifestants menacés de mort
Alors que, début mai, Washington est sorti, unilatéralement, de l’accord sur le dossier nucléaire de Téhéran – signé avec les grandes puissances, en juillet 2015 –, l’instauration à venir de nouvelles sanctions américaines déstabilise encore plus l’économie iranienne. Mardi 26 juin, en effet, les Etats-Unis ont demandé à tous les pays d’arrêter d’ici au 4 novembre leurs achats de pétrole iranien, première source de revenus pour le pays.

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Entre le 24 et le 26 juin, des commerçants du Grand Bazar de Téhéran ont fait grève contre la hausse vertigineuse des prix des devises étrangères. Le centre de la capitale a parfois été le théâtre d’affrontements avec les forces de l’ordre. Certains manifestants ont été arrêtés et dans le but de couper court à toute autre protestation, la justice iranienne a menacé de « mort » tous ceux qui « sèment le trouble dans l’économie du pays ».
Mercredi dernier, sur le marché non officiel, le dollar s’échangeait à 80 000 rials, contre 45 000 en février, soit une hausse de 77 %. Sur le marché officiel, le taux fixé par le gouvernement était de 42 540 rials pour un billet vert, mais seuls ceux qui ont la permission de l’Etat peuvent en bénéficier. Les Iraniens voyageant à l’étranger, eux, ne peuvent acheter qu’une fois par an entre 500 et 1 000 euros au taux officiel. Selon la banque centrale, entre le 22 mai et le 21 juin, les prix à la consommation ont connu leur plus faute hausse en trois ans : + 13,7 % en rythme annualisé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ « Tara » et « Le Monde » mettent le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique Nord.
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Goélette scientifique « Tara », journal de bord n° 5 : on a plongé dans la grande poubelle du Pacifique, deux fois…

« Tara » et « Le Monde » mettent le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique Nord.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 12h01
    |

            Patricia Jolly








                        




Jour 8 : Au milieu du Great Pacifique Garbage Patch, les concentrations de plastiques sont jusqu'à dix fois plus importantes que dans les endroits les plus contaminés de Méditerranée, une des mers les plus sales du Monde.

   
Jour 8 : Au milieu du Great Pacifique Garbage Patch, les concentrations de plastiques sont jusqu'à dix fois plus importantes que dans les endroits les plus contaminés de Méditerranée, une des mers les plus sales du Monde.







#PlastiquePacifique. Le Monde met le cap sur le vortex de déchets du Pacifique Nord, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique nord. Embarqués sur la goélette scientifique Tara pour un périple de trois semaines entre Honolulu (Hawaï) et Portland (Oregon), notre journaliste Patricia Jolly et le photographe Samuel Bollendorff vous emmènent au cœur de cette mixture mitonnée par l’homme, qui rejette chaque année 8 millions de tonnes de plastiques en mer.

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Dixième jour de la navigation… L’océan, sans ride, et le vent, parti voir ailleurs si nous y étions, invitaient à se jeter à l’eau. Les macro-déchets -morceaux de cagette, bouées, pansements, gobelets ou sections de tuyaux- désormais croisés au rythme d’un ou deux toutes les 10 à 15 minutes, et les micro-plastiques qui se bousculent par centaines dans les filets collecteurs du bord insistaient.
A la latitude de San Francisco, à 930 milles des côtes (plus de 1 700 km), nous avons donc plongé à deux reprises ces dernières 48 heures dans le Great Pacific Garbage Patch, la « grande poubelle du pacifique », « la soupe », le « gyre », le « vortex » de plastique.


Jour 8 : Au milieu du Great Pacifique Garbage Patch, les concentrations de plastiques sont jusqu'à dix fois plus importantes que dans les endroits les plus contaminés de Méditerranée, une des mers les plus sales du Monde.

Maria Luiza Pedrotti, spécialiste du plastique à l'Observatoire Océanologique de Villefranche-sur-Mer, cheffe scientifique pour le leg Hawaii - Portland, et deux membres de son équipe,  de différentes universités: Melanie Billaud et Justine Jacquin regardent les microplastiques, de la taille d'un grain de riz défiler à la surface de l'eau.
   
Jour 8 : Au milieu du Great Pacifique Garbage Patch, les concentrations de plastiques sont jusqu'à dix fois plus importantes que dans les endroits les plus contaminés de Méditerranée, une des mers les plus sales du Monde.

Maria Luiza Pedrotti, spécialiste du plastique à l'Observatoire Océanologique de Villefranche-sur-Mer, cheffe scientifique pour le leg Hawaii - Portland, et deux membres de son équipe,  de différentes universités: Melanie Billaud et Justine Jacquin regardent les microplastiques, de la taille d'un grain de riz défiler à la surface de l'eau.



Avec cinq mille mètres de fond sous les palmes, le nez dans l’eau, nous avons méthodiquement quadrillé les abords de Tara qui dérivait doucement sur la mer d’huile. Mais user nos yeux et nos masques à ausculter les premiers mètres sous la surface d’une eau entre 22 et 19 degrés n’a été que frustration. Même immergés, nous n’en distinguions pas davantage que depuis le bastingage…
majorité de micro-plastiques
« Une bouteille en plastique vide de 20 grammes fragmentée représente 20 000 morceaux de micro-plastiques d’un millimètre, nous a rappelé, pour exemple, Maria Luiza Pedrotti, chercheuse en biologie marine au Laboratoire océanographique de Villefranche-sur-mer (Alpes-maritimes) et cheffe de mission scientifique sur Tara. Contrairement aux agglomérats de plastiques qu’on trouve aux embouchures des rivières ou sur les plages, le Great Pacific Garbage Patch contient une immense majorité de micro-plastiques principalement issus de la fragmentation de macro-déchets par le brassage de l’eau, l’action des rayons du soleil, etc., et ils sont distribués très inégalement sur cette zone qui représente six fois la surface de la France ».


Jour 8 : Au milieu du Great Pacifique Garbage Patch, les concentrations de plastiques sont jusqu'à dix fois plus importantes que dans les endroits les plus contaminés de Méditerranée, une des mers les plus sales du Monde.

   
Jour 8 : Au milieu du Great Pacifique Garbage Patch, les concentrations de plastiques sont jusqu'à dix fois plus importantes que dans les endroits les plus contaminés de Méditerranée, une des mers les plus sales du Monde.




Après avoir délesté un des safrans (partie du gouvernail) de Tara d’un morceau de filet de pêche, Jonathan Lancelot, « chef plongée » du bord a fini par trouver un de ces « points chauds » en arrière du bateau. Armé de son boîtier étanche, il a pu immortaliser un mélange de petits organismes vivants frayant avec du plastique. Comme ce crabe miniature cramponné à un morceau de plastique rigide de plusieurs cm de long rongé, tel un naufragé sur son radeau…

   


La déprime suscitée par cette triste vision était sur le point d’envahir la coursive lorsque la remontée des profondeurs du spécialiste de l’optique océanographique, Nils Haëntjens, et du photographe Samuel Bollendorff, respectivement affublés d’un Marcel noir en néoprène et d’un improbable caleçon marine en lycra détendu, a inspiré une idée de génie aux femmes du bord. Celle d’ériger ces messieurs en égéries de calendriers, afin de soutenir la science en cruel et récurrent manque de fonds… Las l’arithmétique a fait capoter le projet puisque notre contingent masculin se limite à 8 spécimens.
L’un d’eux, Stéphane Mazevet fêtait avant-hier ses 50 ans. Astrophysicien, directeur de laboratoire à l’Observatoire de Paris et ex-vice doyen de la recherche en charge des sciences fondamentales à l’université Paris Sciences et Lettres (PSL) – partenaire scientifique majeur de l’expédition Tara Pacific -, l’homme est l’invité du bord.


Jour 8 : Au milieu du Great Pacifique Garbage Patch, les concentrations de plastiques sont jusqu'à dix fois plus importantes que dans les endroits les plus contaminés de Méditerranée, une des mers les plus sales du Monde.

   
Jour 8 : Au milieu du Great Pacifique Garbage Patch, les concentrations de plastiques sont jusqu'à dix fois plus importantes que dans les endroits les plus contaminés de Méditerranée, une des mers les plus sales du Monde.




Dauphins, tortue et thon
En son honneur et pour la circonstance, le capitaine, Yohann Mucherie, arborait sur son bermuda une chemise blanche et une veste noire à col Mao. Il avait en outre convié la faune sous marine pour animer la soirée. A l’heure des agapes organisées sur le pont, un banc de dauphins a surgi pour régaler Tara de ses cabrioles pendant plusieurs dizaines de milles, tandis qu’une tortue d’une vingtaine de centimètres de diamètre barbotait plus modestement autour de la carène du voilier.
Stéphane Mazevet -qui s’évertue depuis le départ à convaincre un auditoire tête en l’air que l’astrophysique n’a rien à voir avec les thèmes astraux et les horoscopes – ouvrait des yeux comme des soucoupes, quasi convaincu du parfait alignement des planètes en hommage à son demi-siècle.
C’est alors qu’un thon albacore de sept kilos a ramené chacun à la réalité en mordant à la ligne de pêche tribord. L’animal a fini en steaks dans nos assiettes non sans nous infliger une piqûre de rappel sur le fonctionnement de la chaîne alimentaire. Son estomac recelait un calamar et des granulés plastiques… 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ De Fos-sur-mer à Paris, le « groupe des cobayes » a alerté sur les risques sanitaires de la pollution. Ils arrivent samedi 30 juin à Paris après un périple de deux mois et 1 100 kilomètres de marche.
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Ils marchent pour la santé et l’environnement

De Fos-sur-mer à Paris, le « groupe des cobayes » a alerté sur les risques sanitaires de la pollution. Ils arrivent samedi 30 juin à Paris après un périple de deux mois et 1 100 kilomètres de marche.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 13h04
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 15h51
    |

            Rémi Barroux








                        



   


Partie de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) le 1er mai, la petite troupe de la Marche des cobayes arrive à Paris samedi 30 juin. Pendant les deux mois de leur périple, qu’ils aient arpenté des terres agricoles polluées ou discuté dans un local associatif, les marcheurs se sont montrés à l’écoute des problèmes sanitaires et environnementaux locaux et toujours prompts à dénoncer les risques que courent les populations.
Chaussures de randonnée gris et mauve bien entamées par 1 100 kilomètres de marche, Marie Ebermeyer, présente depuis le début de l’action, est une victime des effets secondaires de la nouvelle formule du Levothyrox, un médicament destiné à réguler la thyroïde. « J’ai pris du poids, j’étais épuisée et les autorités, la ministre de la santé en tête, nous disaient que c’était un effet psychologique, un effet “nocebo”, témoigne cette jeune retraitée, qui a travaillé quarante ans comme infirmière à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). Le ministère, comme les agences régionales de santé [ARS] ne jouent pas le rôle d’alerte, c’est scandaleux. » Pour elle, il faut faire du préventif, pas seulement du curatif, et créer des pôles de santé environnementale dans les ARS.
Chaque étape de leur longue marche fut l’occasion pour les « cobayes » de dénoncer divers scandales sanitaires : terres agricoles polluées par les pesticides dont le glyphosate, écoles mises en danger par une industrie voisine, diesel, amiante, rejets des incinérateurs, champs électromagnétiques, chlordécone, aluminium dans les vaccins… « Sept millions de personnes meurent chaque année dans le monde à cause de la pollution, 2,5 millions de salariés français sont exposés à des produits cancérogènes, sans compter la malbouffe, le tabac… Nous avons tous les éléments pour vivre dans un environnement sain, nous avons les moyens d’évaluation, de contrôle, des outils réglementaires, mais tout est gangrené par les conflits d’intérêts, les lobbies et le mépris des institutions », dénonce Michèle Rivasi, députée européenne écologiste en grande partie à l’origine de la marche. Mercredi, la députée accompagnait une petite délégation des marcheurs devant le ministère de la santé, à Paris, pour y déposer des dizaines de croix portant les noms de ces scandales sanitaires.

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Refus de « mourir empoisonné »
Naggia (le nom a été modifié) a vu passer la marche à Fos-sur-Mer, et a décidé de la rejoindre. Adepte du shiatsu, elle veut que le bien-être et la santé deviennent des priorités pour les autorités. Comme elle, Patrick Bourque, membre de Stop nucléaire Besançon, marche pour dire son refus d’être un « cobaye des multinationales » et de « mourir empoisonné ».
« Nous voulons un inversement de la charge de la preuve, insiste Michèle Rivasi. Les victimes sont non seulement malades, mais elles font aussi face au déni des autorités. C’est aux industriels, aux laboratoires de démontrer que leurs produits ne causent pas d’effets secondaires, qu’ils ne sont pas dangereux pour la santé. » Après Paris, la troupe se rendra, mardi 3 et mercredi 4 juillet, à la rencontre des institutions et des députés européens à Bruxelles, puis à Strasbourg.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Le royaume hachémite et l’Etat hébreu refusent d’ouvrir leur frontière aux dizaines de milliers de civils qui fuient les bombardements de Damas et Moscou.
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édition abonné


L’offensive contre les rebelles du sud de la Syrie place la Jordanie et Israël sous pression

Le royaume hachémite et l’Etat hébreu refusent d’ouvrir leur frontière aux dizaines de milliers de civils qui fuient les bombardements de Damas et Moscou.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 10h35
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant) et 
Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            

En voiture, en camion, à moto, en tracteur ou même à pied : qu’importe le moyen. Pour les habitants de la région rebelle de Deraa, dans le sud-ouest de la Syrie, soumise à une violente offensive des forces progouvernementales, l’urgence est de fuir. Les bombardements, qui, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, ont causé une centaine de morts en dix jours, ont jeté sur les routes des dizaines de milliers de personnes.

Le régime syrien est déterminé, avec l’aide de son allié russe, à reprendre le contrôle de la zone de Deraa, qui forme avec la poche d’Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, les deux derniers bastions de l’insurrection anti-Assad. La majorité des déplacés se massent à proximité de la frontière jordanienne ou du plateau du Golan, dont une partie est annexée par Israël, dans l’espoir d’échapper aux violences. Cet exode met sous pression ces deux pays voisins de la Syrie, qui refusent d’ouvrir leur frontière, au risque de déclencher une nouvelle catastrophe humanitaire.
« J’ai traversé la campagne au nord-est de Deraa et je n’ai vu que des villages fantômes, marqués de destructions, raconte Mahmoud, ingénieur pour une ONG humanitaire. L’attaque du régime a été d’une magnitude jamais vue jusque-là dans le sud de la Syrie. Il y a eu des centaines de frappes en quelques jours. Les villageois et les combattants ont souvent fui en même temps. »
Peur d’une nouvelle hécatombe
Comme à Alep et dans la Ghouta orientale (banlieue de Damas), deux autres places fortes de la rébellion, reconquises respectivement en décembre 2016 et en avril de cette année, Damas et Moscou concentrent leurs coups sur les infrastructures civiles. Selon le bureau humanitaire des Nations unies, la plupart des établissements médicaux ont cessé de fonctionner, soit parce qu’ils ont été bombardés, soit parce qu’ils redoutent de l’être. A Kerak et Maliha, deux bourgades agricoles des environs de Deraa, près de la moitié des habitations...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Cinq salariés du « Capital Gazette » sont morts sous les balles d’un tireur qui avait menacé le rédacteur en chef et l’auteur d’un article de 2012 qu’il jugeait diffamatoire.
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Etats-Unis : Annapolis sous le choc après la fusillade dans un journal local

Cinq salariés du « Capital Gazette » sont morts sous les balles d’un tireur qui avait menacé le rédacteur en chef et l’auteur d’un article de 2012 qu’il jugeait diffamatoire.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 01h03
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 10h22
    |

            Stéphanie Le Bars (Annapolis (Maryland), envoyée spéciale)








                        



   


Des ballons de baudruche aux couleurs des Etats-Unis, des drapeaux américains plantés dans le gazon, un ours en peluche, quelques bouquets de fleurs et une lettre jurant « de faire en sorte que les choses changent ». Comme souvent après une tuerie, un mémorial a été dressé à la hâte devant le cordon de police installé à quelques centaines de mètres des locaux du Capital Gazette, le journal d’Annapolis (Maryland) où jeudi 28 juin, un homme de 38 ans, armé d’un fusil à pompe, a tué cinq personnes : Gerald Fischman, le responsable des éditoriaux, 61 ans ; Robert Hiaasen, le rédacteur en chef adjoint, 59 ans ; John McNamara, 56 ans et Wendi Winters, 65 ans, deux journalistes ; et Rebecca Smith, 34 ans, assistante marketing.
Sur le trottoir de ce carrefour sans âme, où s’alignent des bâtiments de briques abritant indifféremment banques, salons de beauté ou agences immobilières, les habitants passent déposer un bouquet ou se recueillir, à genoux, en prières. Pour Olivia Fox, venue en voisine, ce nouveau drame est « désolant ». « Il n’y a plus de respect pour la vie. Et surtout, il y a trop de colère : les gens ne savent plus gérer leurs émotions. Et si vous ajoutez des armes à feu là-dessus, vous obtenez ce genre de drame. »

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Nouvelle norme
Enchaînant les interviews devant les caméras de télévision installées sur place depuis la veille, le maire d’Annapolis, Gavin Buckley, ne dit pas autre chose. « Ce type de tuerie ne peut pas devenir la nouvelle norme dans notre société. Il faut cesser d’être en colère et haineux dès que l’on n’est pas d’accord les uns avec les autres », insiste l’édile démocrate de cette petite ville portuaire plutôt chic, réputée pour sa base navale. « Je ne comprends pas ce qui arrive à cette société où des journalistes et des enseignants doivent s’inquiéter de voir entrer un tueur dans leurs locaux. » Près de 24 heures après le drame, Donald Trump, familier des violentes diatribes contre la presse, a aussi jugé « horrible » l’assassinat des quatre journalistes et de la responsable des ventes. « Les journalistes, comme tous les Américains, devraient pouvoir exercer leur métier sans la peur d’être victimes de violentes attaques », a-t-il déclaré.
Le meurtrier, Jarrod Ramos, entretenait une histoire tumultueuse avec ce petit journal, apprécié pour les résultats sportifs, les photos des événements de la région et son suivi de la politique locale. En 2012, il avait, sans succès, attaqué en diffamation la publication à la suite d’un article affirmant qu’il avait harcelé une femme sur Facebook. Il avait été débouté trois ans plus tard. Dans un tweet datant de cette époque, il avait proféré des menaces. « Je serai content de voir le Capital Gazette cesser de paraître mais ce serait mieux de voir Hartley et Marquardt [le journaliste auteur de l’article et le rédacteur en chef] arrêter de respirer. » Déterminé à clore cette affaire le rédacteur en chef ne l’avait pas poursuivi et, par la suite, le journal n’avait plus entendu parler de Jarrod Ramos. Jusqu’à jeudi, dans l’après-midi, lorsqu’il a fait feu dans les locaux non sécurisés du journal. Quelques minutes avant, son compte Twitter, inactif depuis deux ans, avait de nouveau été le réceptacle de sa haine : « Allez tous vous faire f…, laissez-moi tranquille. »
Echo prémonitoire
Fondé en 1727, le Capital Gazette fait partie de ses milliers de petites publications qui survivent tant bien que mal à travers les Etats-Unis ; il employait six reporters, deux photographes et cinq secrétaires de rédaction. Le maire a rappelé que ce journal n’était « ni de droite ni de gauche », juste un journal local avec des professionnels essayant de faire leur travail au mieux. A l’heure de la dénonciation systématique des « fake news » par une partie de l’opinion publique américaine, président des Etats-Unis en tête, les survivants de la tuerie, aidés par les journalistes du Baltimore Sun, membre du même groupe que le Capital Gazette, ont rendu compte du drame dans leur édition de vendredi matin et sur leur site internet durant toute la journée, promettant dans leur page réservée aux éditoriaux des « opinions informées ».

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Comme un écho prémonitoire à ce drame, le journal a republié sur son site, l’éditorial de Gerald Fischman, l’une des victimes, rédigé après la fusillade dans un lycée de Parkland en février. Dans l’article intitulé « Réveillons-nous de ce cauchemar national », il déplorait la répétition de ces tueries et les réactions qu’elles suscitent : « Horreur, deuil, veillées aux chandelles, articles sur les victimes, articles sur les signaux ratés concernant le meurtrier, débats enflammés sur les armes qui ne mènent à rien et puis, attente du prochain bain de sang. » Une veillée devait avoir lieu vendredi soir au centre-ville.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Si Paris a réussi à inscrire cette idée à l’agenda européen, le président Emmanuel Macron n’a pas obtenu d’engagements de ses partenaires vendredi au sommet de Bruxelles.
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Budget de la zone euro : les Européens font de la résistance

Si Paris a réussi à inscrire cette idée à l’agenda européen, le président Emmanuel Macron n’a pas obtenu d’engagements de ses partenaires vendredi au sommet de Bruxelles.



Le Monde
 |    30.06.2018 à 10h21
 • Mis à jour le
30.06.2018 à 10h24
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Le sujet migratoire a occulté tous les autres à Bruxelles, vendredi 29 juin, mais les dirigeants européens s’y retrouvaient aussi pour un sommet spécial sur l’eurozone. Prévu de longue date, ce rendez-vous expédié en deux petites heures devait pourtant être le moment pour le président Emmanuel Macron de faire endosser par ses partenaires son projet de budget de la zone euro. Après la déclaration de Meseberg le 19 juin avec l’Allemagne, détaillant une vision franco-allemande pour une zone euro plus intégrée, la France espérait voir figurer des engagements ambitieux des 27 pays membres de l’Union européenne (UE) – sans le Royaume-Uni – dans les conclusions du sommet.
Las ! La déclaration commune à 27 s’est contentée de souligner qu’elle accueille « favorablement les contributions nationales, y compris celle présentée par la France et l’Allemagne ». Le texte note aussi que « l’Eurogroupe [qui réunit les ministres des finances de la zone euro] examinera de manière plus approfondie toutes les questions mentionnées dans la lettre » de son président Mario Centeno, qui signale le lancement d’une réflexion sur un budget commun.
« Avancer par temps calme »
« Il y a trois mois, tout le monde disait : jamais vous n’aurez un accord, ne serait-ce qu’avec les Allemands, sur un budget de la zone euro, a déclaré M. Macron vendredi. Je ne suis pas un fétichiste. Mais cette séance n’était pas une séance d’écriture, et nous allons maintenant travailler pour construire sur cette base un accord européen à 19 [les membres de la zone euro]. » 
« Je veux que nous puissions avancer par temps calme », a ajouté le chef d’Etat français, faisant allusion à tous ceux, très nombreux dans l’UE, y compris dans le parti de la chancelière allemande Angela Merkel, l’Union chrétienne-démocrate (CDU), qui estiment qu’en ces temps de croissance retrouvée, la zone euro n’a pas besoin de réformes, juste de stabilité. 

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Même s’il est parvenu à inscrire le « budget de l’eurozone » à l’agenda européen – c’est une performance pour un sujet aussi controversé –, le président français fait face à une forte hostilité sur ce sujet. De nombreux dirigeants européens continuent à refuser tout concept de pot commun. Pas question, résument-ils, de payer pour la mauvaise gestion des autres capitales.
Rappel des « nonistes »
Trois jours à peine après la déclaration de Meseberg, le ministre des finances néerlandais, Wopke Hoekstra, battait déjà le rappel des « nonistes », avec un courriel au président de l’Eurogroupe pointant « les larges divergences existant sur la nécessité d’un budget de l’eurozone ».
« Il n’y a clairement pas de consensus sur le fait de commencer à y travailler » ni sur la possibilité d’utiliser une future taxe sur les transactions financières (TTF) pour financer ce budget commun, ajoutait ce ministre conservateur du gouvernement du libéral Mark Rutte. Dans son message, M. Hoekstra cite d’autres collègues (letton, luxembourgeois, belge, autrichien, estonien, suédois, finlandais…) censés partager ses réticences.

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Depuis, les ministres luxembourgeois et irlandais se sont légèrement désolidarisés. Et de fait, ce sont davantage les ambitions en matière d’harmonisation de l’impôt sur les sociétés qui leur posent problème. Mais les Néerlandais restent intransigeants : « Nous disposons déjà d’un budget de la zone euro : les 200 milliards d’euros dépensés dans les fonds structurels, les fonds de cohésion ou la politique agricole » au sein du budget de l’UE, a déclaré M. Rutte vendredi.



                            


                        

                        

