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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Dans un pays échaudé par l’expérience du coton génétiquement modifié, l’expérience est diversement accueillie par la population.
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Reportage

Des moustiques OGM contre le paludisme : le projet qui fait débat au Burkina

Dans un pays échaudé par l’expérience du coton génétiquement modifié, l’expérience est diversement accueillie par la population.

Par                Sophie Douce (contributrice Le Monde Afrique, Bobo-Dioulasso)



LE MONDE
              datetime="2018-06-29T17:56:04+02:00"

        Le 29.06.2018 à 17h56






    
Collecte entomologique dans le village de Bana, au Burkina Faso, par les chercheurs de Target Malaria, en janvier 2017.
Crédits : Sophie Garcia/HansLucas


La route qui mène au village de Sourkoudiguin est une longue piste en terre rouge d’où s’échappe, aux rares passages de véhicules, un épais nuage de poussière safrané. Ces derniers mois, le va-et-vient des pick-up de scientifiques s’est accéléré dans cette bourgade située à une vingtaine de kilomètres de Bobo-Dioulasso, deuxième ville du Burkina Faso. Sourkoudiguin, un village de plusieurs centaines d’habitants, est devenu en 2012 le lieu d’expérimentation du projet Target Malaria. L’objectif : lâcher 10 000 moustiques génétiquement modifiés dans plusieurs villages de la région pour lutter contre le paludisme, première cause de mortalité dans le pays.

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                Un moustique génétiquement modifié contre le paludisme



L’étude, menée par un consortium de chercheurs africains et européens, est financée par la Fondation Bill & Melinda Gates (partenaire du Monde Afrique) à hauteur de 70 millions de dollars (environ 60 millions d’euros). Le docteur Abdoulaye Diabaté, porteur principal du projet, explique : « Ces moustiques génétiquement modifiés sont des mâles stériles. Lorsqu’ils s’accoupleront avec les femelles sauvages, les œufs n’arriveront pas à maturité, donc il n’y aura pas de progéniture. »
Le lâcher de ces Anopheles gambiae, une des espèces responsables du paludisme en Afrique, devrait être la première étape de l’étude, avant le test d’une technologie plus complexe, le forçage génétique, mise au point au début des années 2000 par l’Imperial College à Londres. L’idée est de forcer les lois de l’hérédité, de sorte que l’accouplement des moustiques génétiquement modifiés avec les femelles sauvages ne produise que des mâles. « Le gène masculin modifié se transmettra de génération en génération », poursuit Abdoulaye Diabaté, qui estime qu’il faudra « environ 20 descendances d’insectes, soit moins de deux ans », pour avoir un impact massif et « sauver des millions de vies ».
Formulaire de « consentement éclairé »
La lutte contre le paludisme, Abdoulaye Diabaté en a fait un combat personnel. « Je viens de la province de Kénédougou, où les moustiques sévissent. Toute ma famille a été touchée par la maladie, mes enfants aussi », confie l’entomologiste médical derrière son bureau de l’Institut de recherche en sciences de la santé (IRSS) de Bobo-Dioulasso, qui pilote le projet.
Chaque année, le paludisme continue de faire près de 440 000 victimes dans le monde. Au Burkina Faso, 9,8 millions de cas ont été enregistrés en 2016, entraînant 4 000 décès. Si les moustiquaires imprégnées, les antipaludiques et les insecticides restent les seuls moyens de prévention, ces outils trouvent aujourd’hui leurs limites. « Les méthodes conventionnelles ne parviennent plus à tuer les moustiques, qui deviennent de plus en plus résistants à ces traitements. La maladie stagne en Afrique de l’Ouest et progresse même dans certaines zones. Il fallait trouver des outils alternatifs », souligne M. Diabaté, qui a travaillé sur la question des résistances comme chercheur associé à l’Institut national de la santé américain (NIH).

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                Les moustiques OGM ne sont « pas une solution miracle »



Mais dans les villages, faire comprendre le concept de ces moustiques OGM aux habitants, dont certains sont analphabètes ou ne parlent pas français, reste un exercice difficile. « L’engagement des communautés est un aspect très important pour Target Malaria. Nous sommes conscients qu’il est difficile de leur expliquer notre étude, nous leur avons présenté toutes les étapes du projet avec un traducteur et nous travaillons dans la transparence avec eux », assure Léa Paré, responsable de « l’engagement avec les parties prenantes » au sein du projet.
Avant de commencer les collectes entomologiques, les villageois ont ainsi rempli un formulaire de « consentement éclairé ». Certains ont également pu visiter le laboratoire où sont secrètement gardés les moustiques génétiquement modifiés importés d’Italie, dans le centre-ville de Bobo-Dioulasso. Une volonté de dialogue et de transparence revendiquée, qui contraste pourtant avec la réalité sur le terrain.
« Comment traduit-on OGM en dioula ? »
A Pala, l’un des trois villages d’expérimentation, les populations préfèrent rester discrètes lorsqu’on aborde le sujet Target Malaria. « Les chercheurs sont venus nous expliquer leur projet, ils nous ont montré des images. On a pu poser toutes les questions qu’on voulait mais après leur départ, de nouvelles interrogations sont venues », confie en langue dioula une habitante, qui préfère rester anonyme, avant d’ajouter : « Si j’avais su, je leur aurais demandé : “Et au cas où ça ne marcherait pas, quels sont les risques pour notre village ?” »
A ses côtés, une autre femme lâche : « J’ai quelques inquiétudes, oui. On se demande comment ils pourront capturer les moustiques modifiés une fois lâchés s’il y a un problème. Mais ils nous ont assuré qu’ils pourront les reconnaître. De toute façon, on n’a pas notre mot à dire, ce sont les hommes qui prennent les décisions ici. »

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« Comment voulez-vous traduire OGM en dioula ? », pointe de son côté Omar Karambiri, enseignant à l’école primaire de Sourkoudiguin : « La manière dont ils sont venus nous expliquer l’étude m’a laissé perplexe. C’est un sujet que nous ne maîtrisons pas, je pense que les habitants ne comprennent pas tout, on leur a dit que c’est pour éradiquer le paludisme, alors ils se sont jetés la tête la première dans le projet. »
A Sourkoudiguin, assis à côté de son champ de gombo, Soungalo Traoré, le président du conseil des villageois pour le développement, préfère rester optimiste : « J’étais inquiet au début, mais j’ai confiance maintenant. Ils m’ont montré leur laboratoire. Je crois que le plus important est de chercher des moyens pour lutter contre le paludisme, car nos maisons sont très touchées ici. S’ils trouvent une solution contre la maladie, notre village sera un exemple pour le monde », estime l’agriculteur, soucieux pour la santé de ses six enfants.
Plus d’un millier de manifestants
« Moustiques génétiquement modifiés », « forçage génétique », « insectes auto-limitatifs »… Certains termes ressemblent à des appels à la mobilisation pour des militants écologistes. Le 2 juin, le Collectif citoyen pour l’agroécologie a ainsi organisé une marche à Ouagadougou pour dénoncer le projet Target Malaria. Plus d’un millier de personnes ont défilé dans les rues, paniers de fruits et légumes sur la tête pour certains, banderoles « Non aux OGM » pour d’autres.
Le porte-parole du collectif, Ali Tapsoba, qui a remis un mémorandum au ministère de l’agriculture ce jour-là, s’interroge : « Qu’est-ce qui prouve qu’en modifiant le gène de l’insecte, on ne va pas créer des mutants qui transmettront d’autres maladies ? Ensuite il y a la question écologique : en réduisant cette espèce, on risque de créer un vide écologique et déséquilibrer la chaîne alimentaire. Il y a beaucoup de doutes, nous ne pouvons pas accepter d’être utilisés comme des cobayes. »

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Blandine Sankara, coordinatrice de la manifestation et figure de la lutte anti-OGM dans un pays qui a déjà connu l’expérience ratée du coton génétiquement modifié de Monsanto, abonde : « Nous allons vers l’inconnu. Les Burkinabés sont mal informés, ils sont surpris quand on leur parle de ces moustiques modifiés. Il n’y a pas eu assez de vulgarisation ni de sensibilisation autour du projet. » Du côté de Target Malaria, on dit « entendre les préoccupations des opposants » : « S’ils demandent à nous rencontrer, nous sommes ouverts à la discussion », indique Léa Paré.
Il s’agira également de convaincre l’Agence nationale de biosécurité (ANB), qui doit décider « dans les semaines à venir » si elle donne son autorisation pour le lâcher de moustiques génétiquement modifiés. « Nous évaluons les menaces potentielles pour l’environnement et la santé humaine et animale. Il n’existe pas de risque zéro, il faut qu’il y ait des moyens de gestion prévus en cas de problème. Dans le cas contraire, nous ne donnerons pas l’autorisation », explique Oumar Traoré, le directeur du laboratoire de l’ANB. Dernière condition : il faudra consulter les habitants des villages, qui devront donner un avis « éclairé » sur le projet de dissémination des insectes. La tâche s’annonce ardue.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ L’équilibre entre renouvelables et nucléaire est au cœur du projet que le gouvernement doit présenter courant juillet.
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Programmation de l’énergie : un débat public pour la forme ?

L’équilibre entre renouvelables et nucléaire est au cœur du projet que le gouvernement doit présenter courant juillet.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 16h57
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 18h21
    |

            Pierre Le Hir








                        



                                


                            

Que retiendra le gouvernement du débat national organisé pendant un peu plus de trois mois, de mi-mars à fin juin, sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) ? Cette consultation pèsera-t-elle vraiment sur les arbitrages de l’exécutif ?
Le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a promis « écoute et dialogue », vendredi 29 juin, à l’occasion de la présentation des premières conclusions de ces travaux. Un engagement faisant écho à l’exhortation de la présidente de la Commission nationale du débat public, Chantal Jouanno : « Quel serait le sens de la démocratie participative si elle n’influence pas les décisions prises ensuite ? Prenons le temps d’écouter et de respecter la parole citoyenne. »
On peut néanmoins se demander si cet exercice de démocratie directe n’a pas été que de pure forme. Cela, en dépit de 92 réunions ayant rassemblé 8 000 participants dans toute la France, de 44 000 visites du site internet du débat, de 11 000 réponses à un questionnaire en ligne ou encore de l’implication d’un panel de 400 habitants tirés au sort.
Neutralité carbone au milieu du siècle
Instaurée par la loi de transition énergétique d’août 2015, la PPE est la feuille de route qui doit permettre à la France d’atteindre ses objectifs à long terme : neutralité carbone au milieu du siècle, diminution de 50 % de la consommation d’énergie à la même échéance, baisse de 30 % du recours aux fossiles d’ici à 2030, hausse des renouvelables à hauteur de 32 % des besoins énergétiques à la même date, enfin, réduction à 50 % de la part de l’électricité d’origine nucléaire. La PPE en cours d’élaboration doit couvrir deux périodes de cinq ans : 2019-2023, avec un cadrage précis, et 2024-2028, avec des lignes directrices.
Lors de l’ouverture du débat national, Nicolas Hulot avait souhaité « une co-construction » de cette planification, expliquant : « Compte tenu de l’ambition de cette transformation,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Exposées pendant un an à des doses réalistes d’un cocktail de pesticides, des souris deviennent diabétiques. Des données cohérentes avec des études épidémiologiques menées sur les humains.
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Diabète et obésité : les pesticides pourraient augmenter le risque pour la population

Exposées pendant un an à des doses réalistes d’un cocktail de pesticides, des souris deviennent diabétiques. Des données cohérentes avec des études épidémiologiques menées sur les humains.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 12h41
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 17h51
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Il devient de plus en plus compliqué de contester l’existence d’effets sanitaires des pesticides sur les humains, par voie alimentaire. En témoignent de nouveaux travaux, rendus publics mercredi 27 juin, et publiés dans la revue Environmental Health Perspectives (EHP). Conduits par des chercheurs de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), ceux-ci montrent que des rongeurs mâles chroniquement exposés par leur alimentation à un cocktail de six pesticides courants, à des niveaux réputés sans risque, enregistrent une forte prise de poids, une augmentation du taux de masse grasse et un diabète.
Les femelles sont, elles, sujettes à d’autres effets, plus subtils. C’est la première fois que les effets obésogènes et diabétogènes d’un cocktail de produits phytosanitaires actuellement en usage sont ainsi mis en évidence. Ces résultats, notent les auteurs, sont d’autant plus importants qu’ils sont cohérents avec d’autres données, issues de la cohorte NutriNet.
L’étude de cette cohorte, qui suit les habitudes alimentaires de plus de 50 000 personnes, a montré, en 2013 puis en 2017, que les plus gros consommateurs d’aliments bio ont moins de risque de souffrir d’un surpoids ou d’une obésité et de développer un syndrome métabolique (précurseur du diabète de type 2), par rapport aux non-consommateurs de ces aliments produits sans pesticides de synthèse.
« Nos résultats sont importants pour l’interprétation des données de NutriNet », explique Laurence Payrastre, chercheuse au laboratoire de toxicologique alimentaire de l’INRA (Toxalim), à Toulouse, et coauteure de ces travaux. « Ils permettent de renforcer la présomption d’un lien de causalité entre l’exposition de la population à des pesticides et le risque de troubles métaboliques. »
Exposés à la dose journalière admissible
Pendant cinquante-deux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ L’usage des pesticides en agriculture est souvent considéré comme sans danger pour les consommateurs dès lors que les normes sanitaires en vigueur sont respectées. Or, une étude de l’INRA montre que cette certitude doit être contestée.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ « Tara » et « Le Monde » mettent le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique Nord.
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Goélette scientifique « Tara », journal du bord nº 4 : dans l’œil du vortex de déchets du Pacifique Nord

« Tara » et « Le Monde » mettent le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique Nord.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 11h54
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 12h10
    |

            Patricia Jolly








                        





#PlastiquePacifique. Le Monde met le cap sur le vortex de déchets du Pacifique Nord, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique nord. Embarqués sur la goélette scientifique Tara pour un périple de trois semaines entre Honolulu (Hawaï) et Portland (Oregon), notre journaliste Patricia Jolly et le photographe Samuel Bollendorff vous emmènent au cœur de cette mixture mitonnée par l’homme, qui rejette chaque année 8 millions de tonnes de plastiques en mer.

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Huitième jour de mer… Tara navigue désormais au cœur de le vortex de déchets du Pacifique Nord (Great Pacific Garbage Patch, GPGP), le gyre de microplastiques du Pacifique Nord. A chaque changement de régime des deux moteurs de 350 chevaux qui nous propulsent depuis le départ, faute de vent favorable, tout le monde se rue sur le pont pour mettre la main à la pâte. La goélette est attendue le 8 juillet à Portland, dans l’Oregon, et il faut mettre les bouchées doubles pour que la science ne soit pas sacrifiée sur l’autel de la ponctualité.

   


Quatre fois par jour, contre deux la première semaine du voyage, on réduit donc la vitesse du bateau à 3 nœuds (un peu plus de 5 km/h) pour mettre à l’eau le Manta. Avec sa mâchoire de 60 cm par 20, il est le filet le plus approprié pour la pêche aux microplastiques. D’autant que la mer hachée qui le faisait rebondir en surface ces derniers jours s’est calmée.
L’ingéniosité du capitaine Yohann Mucherie et de Maria Luiza Pedrotti, chercheuse en biologie marine au Laboratoire océanographique de Villefranche-sur-Mer (Alpes-Maritimes) et cheffe de mission scientifique, a également payé. Pour entrer de plain-pied dans la « grande poubelle du Pacifique », le tandem ne pouvait se fier seulement à ses coordonnées géographiques les plus récentes. Livrées en mars dans le cadre d’une étude publiée par Scientific Reports, elles reposaient en effet sur des données déjà anciennes, remontant à 2015 et 2016.

   


« Tara » sur la bonne voie
La patronne des scientifiques et le maître du bord ont donc creusé la question de sa localisation et décidé de superposer à la carte existant un algorithme de prévisions océanographiques. A l’aide d’informations recueillies par l’intermédiaire de différents satellites et bouées in situ qu’il agrège quotidiennement à celles partagées par les expéditions antérieures, « Mercator Océan » modélise les courants marins, la température, la salinité et la hauteur de l’eau, ainsi que les variables biochimiques de l’océan. Grâce à cette opération, Tara semble être sur la bonne voie
Structure permanente mais mouvante, formée par les courants de surface de l’océan sous l’effet du vent, le gyre piège les plastiques mais n’est pas pour autant une zone homogène. Sa surface équivalente à au moins six fois la France présente des zones plus concentrées en plastiques que d’autres. « Afin d’en couvrir le plus d’espace possible et d’y collecter un maximum de microplastiques, nous avons opté pour une route en zigzag avant de remettre le cap au Nord pour rallier Portland », explique Maria Luiza Pedrotti. 

   


Ses troupes ont récolté ces deux derniers jours un joli butin. Assise en tailleur sur le pont, armée d’une pince souple, Mélanie Billaud, 21 ans, l’a trié avec l’application d’un orpailleur. Tout d’abord, rejeter à la mer les splendides vélelles bleu roi, sorte de colonies de polypes en forme de petits bateaux que les béotiens du bord confondent avec d’esthétiques plastiques… Puis, placer dans un récipient de verre transparent chaque minuscule pièce à côté d’une échelle, pour la mesurer. Avant de mettre en culture les espèces qui les ont colonisées.

   


« Il s’agit de déterminer un potentiel de préférence des organismes marins pour tel ou tel polymère de plastiques », explique la benjamine du bord, étudiante en master 1 des sciences de la vie, en stage au laboratoire océanographique de Villefranche-sur-Mer, sous la houlette de Mme Pedrotti.
Plus de plastiques que de plancton
Aucun des microdéchets de toutes les couleurs coincés dans le tamis en inox au vide de maille de 2 mm de la jeune femme ne devrait s’y trouver. « Ce sont en majorité des plastiques durs issus de la fragmentation de bouteilles, constate sa référente. Et l’on trouve également des fibres, des filaments, du film, et du polystyrène… Mais le plus surprenant, c’est la présence de granulés qui constituent la matière première à la fabrication de tout objet en plastique, et ne devraient donc jamais sortir des usines ».
Dans les collecteurs aux fonds des filets, la chercheuse observe clairement davantage de plastiques que de plancton. Suffisamment pour mettre en œuvre toutes les étapes du projet qu’elle mène… « Il va de l’étude de la génomique de la faune et de la flore présentes sur les plastiques aux polluants qui leur sont associés, en passant par la diversité des cyanobactéries et des champignons qui s’y trouvent », détaille-t-elle. Un travail dont les résultats ne seront pas connus avant plusieurs années.

« Tara », une série en plusieurs épisodes
Cap sur la « soupe » de plastiquesLes défis d’une navigation scientifique « propre »Veillée d’armes aux abords du vortex de déchets du Pacifique NordDans l’œil du vortex de déchets du Pacifique Nord





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ A partir du 1er  septembre, les 200 000 habitants des 17 villes de la communauté urbaine dunkerquoise circuleront sans ticket.
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Dunkerque parie sur la gratuité des transports

A partir du 1er  septembre, les 200 000 habitants des 17 villes de la communauté urbaine dunkerquoise circuleront sans ticket.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 17h10
    |

                            Laurie Moniez (Lille, correspondance)








                        



                                


                            
Lâcheront-ils leur voiture ? Le 1er septembre, les 200 000 habitants des 17 villes de la communauté urbaine dunkerquoise vont bénéficier des transports en commun gratuits. Terminé le ticket à 1,40 euro. Si une trentaine de communes françaises ont déjà fait ce choix (Niort, Compiègne, Gap, Porto-Vecchio…), Dunkerque devient la plus grande agglomération française à franchir le cap. En offrant la gratuité pour tous, résidents et extérieurs, la ville du Nord dépasse même à l’échelle européenne Tallinn, capitale de l’Estonie et ses 420 000 habitants, qui réserve cette gratuité à ses seuls résidents.
Dans le Dunkerquois, territoire profondément lié à l’industrie, la qualité de l’air est un enjeu majeur. Près du port de Dunkerque, ArcelorMittal, considéré comme le plus gros pollueur industriel des Hauts-de-France, a rejeté pas moins de 2 930 tonnes de poussières en 2016, selon la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement). Un chiffre auquel il faut ajouter les 13,5 millions de tonnes de CO2 émises par le groupe sidérurgique dans le ciel dunkerquois, un triste record national.
La Communauté urbaine de Dunkerque (CUD) a donc fait le choix politique d’un grand projet d’aménagement urbain destiné à favoriser les circulations douces et les transports en commun : le plan DK’Plus. Depuis les années 1970, le réseau actuel avait peu changé et dans le Dunkerquois moins de 5 % des déplacements se font aujourd’hui en bus, contre 66 % pour la voiture, selon une étude publiée en 2015. Avec une nouvelle flotte de bus aux couleurs vives, équipés progressivement du Wi-Fi, aux sièges rénovés, et aux horaires élargis en soirée chaque week-end, la CUD espère convaincre les Dunkerquois de laisser leur voiture au garage.
Baisse des incivilités
En attendant, les habitants ont subi pendant vingt-deux mois « l’un des plus gros chantiers des cinquante dernières années », explique Damien Carême, vice-président de la CUD...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Quelque 446 vols touristiques ont été annulés vendredi et plusieurs centaines d’habitants ont été évacués à cause de l’éruption du mont Agung.
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Eruption volcanique à Bali : l’aéroport international rouvre après une brève fermeture

Quelque 446 vols touristiques ont été annulés vendredi et plusieurs centaines d’habitants ont été évacués à cause de l’éruption du mont Agung.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 09h05
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 10h33
   





                        



   


L’aéroport international de Bali a rouvert, vendredi 29 juin, après avoir été fermé plus tôt dans la journée en raison d’une éruption volcanique sur l’île la plus touristique d’Indonésie, entraînant l’annulation de centaines de vols et bloquant de nombreux touristes.
L’éruption du mont Agung, culminant à un peu plus de 3 000 mètres et situé à environ 75 km des principales destinations touristiques de Kuta et Seminyak, a entraîné l’annulation de 446 vols domestiques et internationaux au départ et à destination de Bali. Quelque 75 000 passagers ont été affectés. Quelque 400 habitants vivant à proximité du volcan ont dû être évacués.
L’éruption du volcan avait déjà entraîné la fermeture de l’aéroport à la fin de 2017.
Dernière éruption en 1963
Le volcan entre régulièrement en éruption depuis qu’il s’est réveillé l’an passé. La menace d’une éruption majeure avait conduit à la fermeture de l’aéroport pendant trois jours en novembre dernier. L’annulation de centaines de vols avait bloqué des milliers de touristes qui viennent du monde entier sur cette île aux plages paradisiaques.
Des dizaines de milliers d’habitants vivant dans un périmètre proche du volcan avaient alors fui leurs maisons et d’autres avaient été évacués sur instruction des autorités. Cette situation avait eu d’importantes répercussions sur l’économie locale, en particulier le très lucratif secteur du tourisme.
La dernière éruption majeure du mont Agung avait fait quelque 1 600 morts en 1963. Environ un milliard de tonnes de débris avaient été rejetés dans l’atmosphère jusqu’à Jakarta, à un millier de kilomètres, provoquant une obscurité qui avait fait baisser la température du globe de 0,3 degré pendant un an.
L’Indonésie, qui compte le plus grand nombre de volcans actifs dans le monde, est située sur la « ceinture de feu du Pacifique », zone de collision de plaques tectoniques théâtre de nombreux séismes et éruptions volcaniques.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ L’association guadeloupéenne EnVie-Santé doit, selon nos informations, déposer un recours au tribunal administratif de Paris contre ce pesticide ultratoxique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/06/2018
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Chlordécone : les limites autorisées dans les aliments attaquées devant la justice

L’association guadeloupéenne EnVie-Santé doit, selon nos informations, déposer un recours au tribunal administratif de Paris contre ce pesticide ultratoxique.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 18h02
    |

            Stéphane Mandard








                        



                                


                            

« Nous sommes considérés comme des sous-hommes, comme une sous-population donc on peut nous faire subir n’importe quoi. » Philippe Verdol, le président de l’association guadeloupéenne EnVie-Santé, a encore en travers de la gorge le rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) sur le chlordécone.
En décembre 2017, l’Anses a publié un avis très attendu sur les risques liés à l’exposition des Antillais à ce pesticide ultratoxique et ultrapersistant utilisé pendant plus de vingt ans dans les bananeraies et qui contamine aujourd’hui la quasi-totalité des Guadeloupéens et Martiniquais. Elle provoque l’incompréhension en concluant que les limites maximales de résidus (LMR) de chlordécone autorisés dans les aliments d’origine animale sont « suffisamment protectrices » pour la population et ne nécessitent donc pas d’être abaissées. Des recommandations à rebours de la politique de prévention affichée par les autorités publiques visant à réduire l’exposition au pesticide.
« Notre dernier espoir, c’est la justice », dit Philippe Verdol, maître de conférence en sciences économiques à l’université des Antilles et de la Guyane et dont le titre du dernier ouvrage – il a été publié en 2014, aux éditions de L’Harmattan – résume l’engagement : Du chlordécone comme arme chimique française en Guadeloupe et en Martinique et de ses effets en Europe et dans le monde.
EnVie-Santé, qui s’appuie sur un solide réseau de médecins, est partie civile dans l’instruction pour « mise en danger d’autrui » confiée au pôle santé du tribunal de grande instance de Paris. Alors que l’enquête piétine, l’association a décidé d’ouvrir un nouveau front judiciaire. Selon nos informations, elle doit déposer un recours vendredi 29 juin devant le tribunal administratif de Paris pour demander l’abrogation de l’arrêté de 2008 sur les LMR de chlordécone dans les aliments d’origine...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ L’armée, la SNCF et la grande distribution prennent des engagements pour accompagner le développement du photovoltaïque en France.
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Le gouvernement annonce un plan timide pour l’énergie solaire

L’armée, la SNCF et la grande distribution prennent des engagements pour accompagner le développement du photovoltaïque en France.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 18h46
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 06h32
    |

                            Nabil Wakim








                        


Le gouvernement a annoncé, jeudi 28 juin, une série de mesures pour faciliter le développement de l’énergie solaire en France. La France a le cinquième potentiel d’ensoleillement en Europe, mais seulement 1,6 % de notre production électrique vient du solaire, contre 6 % pour l’Allemagne et 3,5 % pour le Royaume-Uni. Pourtant, les coûts en la matière ont spectaculairement diminué ces dernières années, baissant encore de 11 % en 2017.

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                Solaire: un essor conforté par des progrès techniques continus



Sous la houlette du secrétaire d’Etat à la transition écologique et solidaire, Sébastien Lecornu, un groupe de travail a réfléchi aux simplifications possibles de la législation et aux outils pour accompagner le développement du solaire. Le plan « Place au soleil » comporte ainsi une myriade de propositions pour encourager l’autoconsommation et mobiliser du foncier.
Mesurer la portée réelle de ces engagements
C’est de la part de l’armée, de la grande distribution et de la SNCF que sont venus un certain nombre d’engagements. La première, souvent accusée d’entraver l’installation d’éoliennes en interdisant l’accès à certains terrains, promet de mettre à disposition 2 000 hectares d’ici à 2025 pour développer des projets photovoltaïques.
Les principales enseignes de la grande distribution s’engagent, elles, à installer des panneaux sur les toits des grandes surfaces et sur les parkings. « [C’est] une activité faite pour l’autoconsommation : elle consomme l’essentiel de son électricité quand le soleil est haut », note le gouvernement.
Les enseignes Leclerc, Système U, Carrefour, Les Mousquetaires et Auchan prennent une série de mesures visant à développer de manière volontariste le photovoltaïque. « Ces résultats sont le fruit de rencontres répétées avec les acteurs qu’il a fallu convaincre de s’engager volontairement plutôt que d’attendre des normes obligatoires », a ainsi expliqué M. Lecornu au Parisien. Il est toutefois difficile de mesurer la portée réelle de ces engagements en termes de production électrique.
De son côté, la SNCF, qui a déjà inauguré une centrale solaire en Normandie fin 2017, prend aussi l’engagement de développer des projets solaires sur ses friches disponibles et d’installer des panneaux solaires sur certains bâtiments.
Création de labels pour les collectivités
Le gouvernement propose également une série de dispositifs fiscaux et réglementaires pour encourager l’autoconsommation par les particuliers et les collectivités, et l’installation de petites fermes solaires par les agriculteurs.
Il prévoit également d’augmenter la prime à l’achat des chauffages et chauffe-eau solaires à partir de 2019. Et de créer des labels « Ville solaire » et « Département solaire », pour les collectivités qui s’engageront sur une surface minimale de solaire par habitant.
Présents aux côtés de M. Lecornu lors de la présentation du plan, les dirigeants d’EDF, Engie et Total ont annoncé souscrire aux orientations du gouvernement. « Les mesures annoncées ce soir marquent un vrai tournant », a ainsi estimé Jean-Bernard Lévy, le PDG d’EDF. L’électricien français s’est engagé, à la fin de 2017, à installer 30 gigawatts (GW) de capacités solaires d’ici à 2030 – la France en compte actuellement huit. Patrick Pouyanné, le PDG de Total, a annoncé que son groupe avait déjà commencé à « solariser » ses stations-service et qu’il aurait installé 10 GW de capacités de production d’ici à dix ans.
« Le diable sera dans les détails »
« Ces mesures vont dans la bonne direction », note Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER), qui regrette néanmoins l’absence de mesures phares qui pourraient « révolutionner le marché ». « L’intention est bonne, mais le diable sera dans les détails. C’est l’application des mesures, notamment de simplification, qui feront que ce plan sera un succès ou non », a estimé auprès de l’AFP Daniel Bour, président d’Enerplan, la fédération des entreprises du solaire.
Les professionnels du secteur espéraient notamment que le gouvernement lance des appels d’offres d’envergure pour permettre l’installation de grandes centrales solaires, ce qui n’est pas le cas dans ce plan.
Ce plan devrait aider la France à se rapprocher de ses objectifs dans le domaine : le pays doit installer 18 GW et 20 GW de capacités solaires d’ici à 2023 – contre 8 GW aujourd’hui. En 2017, un peu moins de 1 GW a été installé et un total de 1,2 à 1,5 GW pourraient l’être cette année, selon le ministère. « Il sera difficile d’atteindre nos objectifs uniquement avec cela », estimait un bon connaisseur de la filière après l’annonce du plan.
Pour le gouvernement, la baisse des coûts du solaire et la concurrence vont permettre d’adopter un rythme d’installation de plus en plus important dans les années à venir.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Jugés pour une intrusion dans la centrale nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche) en 2017, 22 militants ont été condamnés à quatre mois de prison avec sursis.
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Les militants de Greenpeace évitent la prison ferme

Jugés pour une intrusion dans la centrale nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche) en 2017, 22 militants ont été condamnés à quatre mois de prison avec sursis.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 18h11
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 18h21
    |

            Rémi Barroux








                        



   


La sanction aurait pu être beaucoup plus sévère. Le tribunal de grande instance de Privas (Ardèche) a condamné, jeudi 28 juin, 19 des 22 militants poursuivis pour une intrusion, le 27 novembre 2017, dans la centrale nucléaire de Cruas-Meysse, à quatre mois de prison avec sursis. Trois des militants, qui avaient déjà été condamnés avec du sursis lors d’autres opérations de Greenpeace, ont aussi obtenu une peine de quatre mois avec sursis, assortie de dix-huit mois de mise à l’épreuve ainsi que d’une amende de 500 euros. Le « salarié » de Greenpeace, aussi poursuivi « pour complicité », Yannick Rousselet, directeur de la campagne nucléaire, a été relaxé.
Quant à l’organisation Greenpeace France, représentée lors du procès par son directeur général Jean-François Julliard, elle devra s’acquitter d’une amende de 25 000 euros, plus 50 000 euros au profit d’EDF pour préjudice moral. L’avocat d’EDF, Thibault de Montbrial, avait demandé lors de l’audience du 17 mai, que l’association soit condamnée à verser à son client la somme de 1,2 million d’euros, soit 500 000 euros pour le préjudice moral et 700 000 pour le préjudice matériel. Le préjudice matériel sera lui, évalué, par un expert et décidé lors d’une audience en décembre.
Le procureur avait, lui, requis 30 000 euros d’amende, six mois de prison avec sursis pour vingt des vingt-trois prévenus et quatre mois ferme pour les trois prévenus déjà sous le coup de peines avec sursis.
Satisfaction de Greenpeace… et d’EDF
En ne suivant pas les réquisitions du parquet, le tribunal de Privas allège donc l’addition pour les militants et l’organisation Greenpeace. Ce que ne manque pas de relever Jean-François Julliard : « On aurait préféré que nos militants soient relaxés, mais on est soulagés de ne pas avoir de prison ferme et que Yannick soit, lui, relaxé ». Quant aux amendes auxquelles son organisation a été condamnée, le directeur tente un trait d’humour : « Si au moins, cet argent était investi pour renforcer la sécurité des centrales… »
De son côté, EDF a réagi par l’intermédiaire de son avocat, exprimant sa satisfaction de voir l’ONG condamnée à 50 000 euros au profit de son client. « C’est un début de reconnaissance du préjudice qui découle des intrusions dans les centrales. Ces initiatives ont vocation à faire croire que la sécurité n’est pas suffisante, mais c’est une escroquerie intellectuelle, car c’est justement parce qu’il s’agit de Greenpeace que la réponse est graduée. Cette organisation dispose d’un budget annuel de 20 millions d’euros, recueillis par des donateurs privés qui sont, notamment, séduits par ce type d’opération », juge Thibault de Montbrial.
Si le jugement de Privas se montre plus clément que les réquisitions, il n’en a pas été de même quatre mois plus tôt. Le 27 février, le tribunal correctionnel de Thionville (Moselle) condamnait huit militants de l’organisation à des peines allant de cinq mois de prison avec sursis à deux mois de prison ferme pour une intrusion dans la centrale de Cattenom, le 12 octobre 2017. Yannick Rousselet, était condamné, lui, à cinq mois avec sursis tandis que le directeur général de Greenpeace France, Jean-François Julliard, se voyait infliger pour sa part une amende de 20 000 euros. L’organisation a fait appel.
Durcissement de la confrontation judiciaire
Ce durcissement des peines a été rendu possible par le changement du cadre législatif. « Avant, les actions dans une centrale nucléaire se terminaient devant des tribunaux à compétence militaire, parce que l’accusation portait sur une intrusion dans un site intéressant la défense nationale, et la peine encourue était de six mois de prison, soit les militants étaient poursuivis pour violation de domicile, et risquaient un an », rappelle l’avocat Alexandre Faro. Mais le contexte sécuritaire qui succéda aux attentats, dont celui de Charlie Hebdo en janvier 2015, a changé la donne.
La loi 2 juin 2015 relative au renforcement de la protection des installations civiles abritant des matières nucléaires prévoit de punir d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende toute personne s’introduisant sans autorisation dans l’enceinte d’une centrale. Mais un article de cette loi alourdit à cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende l’addition, si l’intrusion est « commise en réunion » et qu’elle est « précédée, accompagnée ou suivie d’un acte de destruction, de dégradation ou de détérioration ». « Ce sont clairement les actions de Greenpeace qui sont visées par ce texte », estime l’avocat Alexandre Faro.
Pour autant, ce nouveau contexte judiciaire et la première condamnation à de la prison ferme, à Thionville, ne semblent pas de nature à faire reculer les militants antinucléaires. « Avec de la prison ferme, EDF et la justice sont complètement hors sujet. Cela ne règle en rien le problème de la dangerosité des centrales, on casse juste le thermomètre », estime ainsi Titouan Billon, jeune activiste montpelliérain, de 27 ans, l’un des prévenus de Privas. Si EDF vise Greenpeace aussi durement, c’est bien qu’on les menace, qu’en ciblant la vulnérabilité des piscines de combustibles usagés, qui ne sont pas suffisamment protégées – si tu fais un trou dans les 30 cm de béton qui les entoure, c’est le drame –, on a touché un problème très sensible. » La France compte 63 piscines de stockage du combustible usé, dont 58 pour les réacteurs en activité. En octobre 2017, Greenpeace publiait un rapport établi sur la base d’une étude menée par sept experts internationaux indépendants, concluant à la vulnérabilité de ces piscines. « Si le bâtiment réacteur est lui protégé par une enceinte de confinement renforcée, les piscines de combustible usé, elles, ne sont pas protégées », dénonce l’organisation.
Des militants toujours volontaires
Pour Yannick Rousselet, il ne fait aucun doute qu’EDF, atteint par la campagne de Greenpeace sur les piscines de stockage, veut qu’elle cesse : « C’est un point qui leur fait mal dans le contexte actuel. Ils sont en difficulté financière, et le renforcement de la sécurité de ces piscines, indispensable vu la situation de menace terroriste maintenue, coûte très cher : entre 700 millions d’euros et 1,4 milliard par piscine, selon l’agence WISE [World Information Service on Energy, une agence qui a réalisé des rapports sur l’énergie nucléaire pour l’Unesco, le Parlement européen, le CNRS…]. »
Le directeur de Greenpeace France ne doute pas non plus qu’EDF veuille durcir le ton. « Ils ont changé de stratégie juridique, ils veulent par tous les moyens nous dissuader de continuer l’action, avec des peines de prison ferme pour les militants et des sommes astronomiques à payer pour l’organisation », dénonce Jean-François Julliard.

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                Les militants de Greenpeace qui s’introduisent dans des centrales nucléaires sont-ils des « lanceurs d’alerte » ?



Pas sûr pour autant que la gravité des peines réduise les velléités des militants antinucléaires qui, chaque fois, prennent le risque de ces intrusions dans des enceintes, censées être hautement surveillées. « Mais, c’est sûr qu’avec une famille, des enfants, on se posera la question différemment, ajoute le chanteur occitan Titouan Billon. La loi prévoit cinq ans d’emprisonnement, alors, au pire, dans cinq ans, ce sera un mauvais souvenir, mais une catastrophe nucléaire serait bien plus grave qu’un mauvais souvenir. »

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                Nucléaire : pourquoi Nicolas Hulot met la pression sur EDF



Même constat pour Lina Nekipelov, autre militante s’étant introduite dans l’enceinte de la centrale de Cruas. « Si on prend des peines de prison, c’est sûr que l’on réfléchira individuellement avant de faire des actions. On n’exposera pas quelqu’un déjà condamné, mais d’autres militants prendront le relais pour soulager ceux qui ont du sursis », avance cette militante de Chambéry, architecte de 46 ans, qui a découvert, avec l’action de Cruas, les joies de la garde à vue.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Selon le biologiste Christophe Robaglia, l’argument principal des antispécistes est d’éviter la souffrance animale, ce qui établit une hiérarchie dans le monde vivant où les plus dignes d’attention sont évolutivement proches de l’homme.
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« L’argumentation biologique soutenant l’antispécisme est erronée »

Selon le biologiste Christophe Robaglia, l’argument principal des antispécistes est d’éviter la souffrance animale, ce qui établit une hiérarchie dans le monde vivant où les plus dignes d’attention sont évolutivement proches de l’homme.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 16h46
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 17h29
    |

Christophe Robaglia (Professeur, département de biologie, université d'Aix-Marseille, CEA, CNRS)







                        



                                


                            

Tribune. L’antispécisme soutient que l’espèce à laquelle appartient un animal n’est pas un critère pertinent pour décider de la manière dont on doit le traiter, et de la considération morale qu’on doit lui accorder. Ses dérives les plus récentes, probablement inspirées par de bons sentiments, mènent au refus de l’élevage et de l’abattage des animaux à des fins de consommation humaine.
Quelle sont l’origine et la cohérence profonde de cette idéologie ? L’argument principal est celui d’éviter la souffrance animale. La souffrance est un mécanisme de maintien de l’intégrité de l’organisme, probablement apparu il y a quelques millions d’années, lié à l’évolution d’un système nerveux centralisé, il s’agit donc d’un argument inspiré par la biologie et il est légitime de l’évaluer par ce que dit la biologie.

Selon cet argument, plus les organismes sont proches de l’homme, plus ils sont susceptibles d’éprouver une souffrance similaire à la sienne, qu’il faut éviter de leur infliger. Tous les êtres vivants, de la bactérie à l’éléphant, partagent une origine évolutive commune et hébergent des mécanismes complexes permettant à l’organisme de percevoir les atteintes à son intégrité, de s’y adapter ou d’y échapper pour optimiser sa survie.
Vision anthropocentrique
La logique biologique, si on devait l’appliquer strictement, voudrait donc que l’on s’inquiète de façon égale des réactions du poireau arraché vivant, de l’arbre dont on prélève les organes sexuels (rappelons que le fruit est l’organe sexuel des plantes) ou de l’empoisonnement des moustiques, cafards et autres insectes par les insecticides.
L’argumentation biologique soutenant l’antispécisme est donc erronée car elle établit une hiérarchie dans le monde vivant où les plus dignes d’attention sont évolutivement proches de l’homme, plaçant implicitement celui-ci au sommet de l’arbre du vivant. Cette vision anthropocentrique du monde vivant est ancienne et culmine...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ En Belgique, Waterlink teste la décentralisation du traitement des eaux en installant une machine compacte en bas d’un hôtel afin de limiter le recours aux grandes canalisations.
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A Anvers, un projet pilote pour recycler l’eau en bas de chez soi

En Belgique, Waterlink teste la décentralisation du traitement des eaux en installant une machine compacte en bas d’un hôtel afin de limiter le recours aux grandes canalisations.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 12h39
    |

            Jessica Gourdon (Anvers, Belgique, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

C’est une eau grisâtre où flottent quelques particules suspectes. Elle arrive tout droit des salles de bains, cuisines ou de la blanchisserie de l’hôtel Crowne Plaza d’Anvers. Habituellement, cette eau des égouts est aiguillée vers une station d’épuration, où elle est nettoyée puis rejetée dans la Meuse. Mais, depuis quelques semaines, elle est récupérée par Waterlink, l’un des principaux fournisseurs d’eau en Belgique, pour alimenter un projet pilote de recyclage des eaux ultra-décentralisé.
L’entreprise teste une installation compacte – elle tient dans une petite caravane – qui peut rendre « propres » des eaux utilisées par un immeuble d’une centaine d’habitants, grâce à des membranes en céramique et un système de purification par osmose. Aucune solution chimique n’est utilisée. Une heure plus tard, l’eau sort d’un tuyau, transparente, sans odeur. Et « avec la même qualité que l’eau potable, c’est-à-dire qu’elle répond aux normes de l’Union européenne », affirme Emmanuel Trouvé, patron de Nereus, l’entreprise qui commercialise cet équipement. « Elle n’a aucun goût », commente, en avalant quelques gorgées, cet ancien de Veolia, qui emploie 28 personnes dans sa start-up basée près de Montpellier.
A-t-on vraiment besoin de recycler l’eau en Belgique ? Steven De Schrijver, l’un des directeurs de Waterlink, n’en doute pas : « On a certes beaucoup de pluie fine, mais nous subissons de longues périodes de stress hydrique. » Cet enjeu écologique a poussé l’entreprise à changer de stratégie, et à miser sur le recyclage de l’eau. « Les systèmes actuels de production d’eau potable sont très lourds, très consommateurs d’énergie, et ont un coût pour l’environnement. Il est possible de réduire l’impact de ce mode de production en utilisant davantage les eaux usées. Aujourd’hui, nous sommes capables de faire une eau potable de bonne qualité à partir des eaux grises » – celles issues des salles de bains ou des cuisines,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ L’amendement, adopté en commission des lois, sera soumis à l’Assemblée à partir du 10 juillet.
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Les députés inscrivent climat et biodiversité à l’article  1 de la Constitution

L’amendement, adopté en commission des lois, sera soumis à l’Assemblée à partir du 10 juillet.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 12h35
    |

            Simon Roger et 
Alexandre Lemarié








                        



   


Cet objectif semblait hors d’atteinte il y a encore quelques semaines. Les députés ont pourtant inscrit, mercredi 27 juin, la préservation de l’environnement, dont la protection de la biodiversité et l’action contre le réchauffement climatique, dans l’article premier de la Constitution. Ils ont pris cette décision lors de l’examen du projet de loi constitutionnelle en commission des lois à l’Assemblée nationale, en adoptant un amendement du rapporteur général et chef de file des élus La République en marche (LRM), Richard Ferrand.
La France « agit pour la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et contre les changements climatiques ». Ainsi s’écrira l’article 1 de la Loi fondamentale si l’amendement est revoté lors de son examen dans l’Hémicycle à partir du 10 juillet, et si la révision constitutionnelle voulue par le chef de l’Etat parvient à son terme.
Cette reconnaissance de l’enjeu environnemental est une victoire politique pour Nicolas Hulot, après plusieurs arbitrages perdus. Le 20 juin, le ministre de la transition écologique et solidaire s’était félicité de la volonté de l’exécutif de faire figurer « environnement, climat et biodiversité » dans l’article premier de la Constitution, et non dans l’article 34, comme l’avait proposé le premier ministre en avril.

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                Le gouvernement veut inscrire la protection de l’environnement dans la Constitution



Seuls quelques élus LR opposés
Le député (Maine-et-Loire, LRM) Matthieu Orphelin, proche de M. Hulot, a salué mercredi soir « une véritable avancée (…) qui va donner à ces enjeux la place majeure et impérative qu’ils méritent dans notre République ». Plusieurs ONG se sont félicitées, elles aussi, du vote de la commission des lois. « Cette décision permettra à l’environnement, au climat et à la biodiversité de peser davantage dans la balance qu’opère le juge constitutionnel entre les différents principes inscrits dans la Constitution, tels que la liberté d’entreprendre ou le droit de propriété », a réagi le WWF dans un communiqué de presse. 

        Entretien :
         

          Inscrire le climat dans la Constitution « aura un impact réel »



Seuls quelques élus LR se sont opposés à cette mesure. Des députés de gauche auraient souhaité, pour leur part, aller plus loin. L’ex-ministre de l’écologie Delphine Batho (Deux-Sèvres, non-inscrite) a estimé que le verbe « assure » aurait été préférable à « agit », au motif que le premier aurait une portée juridique plus forte.
Elle a plaidé aussi pour que soit inscrit dans l’article 1 le principe de « non-régression », comme le suggère la formulation préconisée par Nicolas Hulot. Jeudi 21 juin, le no 3 du gouvernement avait détaillé sur France Info le texte qu’il espérait voir rédigé à l’article premier, qui démarrait par ces mots : « La République assure un niveau de protection élevé de l’environnement et en constante progression. »
« Cette constitutionnalisation du principe de non-régression n’apparaît pas dans l’amendement voté mercredi », observe le juriste Laurent Neyret. Son ajout aurait pourtant été judicieux puisque ce principe, assez récent dans le droit de l’environnement ne figure pas dans la Charte de l’environnement, promulguée en 2005.
Pour autant, le texte du 27 juin « permet d’avoir confiance dans l’ambition du gouvernement d’inscrire le devoir de protection de l’environnement à l’article 1 de la Constitution, estime le professeur de droit à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, même si les détails de la formulation donneront certainement lieu à des ajustements ».

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                L’inscription dans la Constitution, une proposition régulièrement dégainée par les politiques






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Dans le noir absolu, ces animaux survivent avec un régime alimentaire particulier, sans poissons ni crustacés. Ils se nourrissent de chauves-souris, de criquets ou de grillons.
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Au Gabon, des crocodiles orange vivent dans des grottes depuis trois mille ans

Dans le noir absolu, ces animaux survivent avec un régime alimentaire particulier, sans poissons ni crustacés. Ils se nourrissent de chauves-souris, de criquets ou de grillons.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 09h56
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 11h01
   





                        



   


Au Gabon, connu pour sa diversité géologique et sa faune, des scientifiques ont eu la surprise de découvrir des crocodiles de couleur orange, uniques au monde, vivant au milieu d’excréments de chauves-souris dans des grottes obscures.
« Quand je me suis approché avec la lampe torche dans la grotte, j’ai vu des yeux rouges... de crocodiles ! C’était en 2008. Deux ans plus tard, nous avons sorti un premier spécimen de la grotte et nous avons remarqué qu’il était orange », se souvient le géoarchéologue (spécialiste des sédiments archéologiques) Richard Oslisly.
Cette double découverte a été faite alors qu’avec une équipe de chercheurs, il essayait de trouver des traces humaines, dans les grottes d’Abanda, dans le sud du pays.
Ce « crocodile orange cavernicole », qui peut atteindre 1,70 m, est unique au monde et n’a été observé que dans ces grottes du Gabon, selon M. Oslisly. « Au début, nous avions pensé que la couleur pouvait venir de leur alimentation, car nous avons remarqué que ces reptiles mangent des chauves-souris orange », explique le chercheur français.

   


L’urine des chauves-souris
Mais, après des études plus poussées, les chercheurs ont avancé d’autres hypothèses : une « dépigmentation » due au manque de lumière dans ces grottes ou encore la nocivité du « guano », une substance faite d’excréments de chauves-souris dans laquelle ces animaux marinent tout au long de leur vie souterraine. « L’urine des chauves-souris a commencé à attaquer leur peau et transformé leur couleur », explique Olivier Testa, spéléologue et membre de l’équipe scientifique.
Depuis 2010, Richard Oslisly, Olivier Testa et le chercheur américain Matthew Shirley ont multiplié les expéditions scientifiques pour en savoir plus sur ces crocodiles hors du commun. En cartographiant les grottes, ils ont à ce jour recensé quatre crocodiles orange sur une quarantaine de cette espèce « cavernicole ».
Des dizaines de crocodiles avec une coloration « normale » vivent dans des grottes voisines connectées à la surface, explique M. Testa, alors que les crocodiles orange croupissent dans des grottes accessibles uniquement par des puits verticaux.
« On pense que ces dizaines de crocodiles se seraient installés dans les grottes d’Abanda il y a environ 3 000 ans, ce qui correspond relativement bien avec une période où le niveau de la mer avait baissé et où cette zone côtière est redevenue terrestre », explique M. Shirley.
Les crocodiles orange, bloqués dans la grotte, se seraient « retrouvés piégés après être entrés par des couloirs quand ils étaient petits, puis ils ont grossi », selon Richard Oslisly.
Plusieurs couloirs plus ou moins étroits et interconnectés forment un réseau de grottes à Abanda où ils se bouchent parfois avec la montée de la nappe phréatique.
Crocodiles nains Osteolaemus tetraspis « en mutation »
Selon Matthew Shirley, les crocodiles se sont installés dans leur grotte parce qu’ils y trouvent leur compte et ils n’y sont peut-être pas tous bloqués depuis trois mille ans.
Dans le noir absolu, ces animaux survivent avec un régime alimentaire particulier. Dans les grottes, pas de poissons ni de crustacés. Ils se nourrissent de chauves-souris, de criquets, de grillons. « C’est un environnement particulièrement exigeant », indique M. Shirley.
Selon les chercheurs, cette population cavernicole – animaux orange et de couleur normale – appartient au groupe des crocodiles nains Osteolaemus tetraspis et est « en mutation ».
L’ADN de cette population cavernicole n’est pas assez différent de son cousin nain de la surface pour en faire une nouvelle espèce, explique Matthew Shirley, mais ces animaux ont développé leur propre « signature génétique ».
Les crocodiles des grottes sont en effet dotés d’un groupe de gènes unique transmis de génération en génération, ont constaté les chercheurs, après comparaison de leur ADN avec celui de leurs cousins nains vivant exclusivement en surface au Gabon.
Bien que le crocodile soit déjà une espèce protégée au Gabon, Richard Oslisly plaide pour que le site des grottes d’Abanda devienne un « sanctuaire », « intégralement protégé ». « Il reste encore beaucoup à découvrir dans les grottes d’Abanda », estime le géoarchéologue, qui espère y développer le « tourisme scientifique ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de « L’animalisme est un anti-humanisme », de Jean-Pierre Digard.
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Figures libres. A la mi-temps, animaux : 1, humains : 0

La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de « L’animalisme est un anti-humanisme », de Jean-Pierre Digard.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 09h11
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
L’animalisme est un anti-humanisme, de Jean-Pierre Digard, CNRS Editions, 126 p., 14 €.

Quelques nouvelles évidences sont en passe de s’imposer. Elles sont bien connues : les humains maltraitent les animaux, les exploitent, les asservissent, les font souffrir et les massacrent. Donc, il faut non seulement les protéger, mais les libérer, les reconnaître comme personnes et sujets de droit. Et ne pas hésiter à condamner, par tous les moyens disponibles, l’illusoire et criminelle arrogance de la sale espèce qui se juge supérieure, se croit tout permis et n’est que nuisible.
L’air du temps bruisse des actions militantes pour la cause animale, des discours antispécistes, des justifications philosophiques de la destitution de l’homme-roi. Si c’était un match de foot, le score ne serait pas en faveur de l’équipe humaine. Mais le match est loin d’être terminé…
« Nouvel obscurantisme »
Car rien n’est si simple qu’on le croit. Il convient en effet d’interroger cette marée montante, de scruter ses causes, ses arrière-plans, ses éventuels faux-semblants. Avant de prendre trop vite pour argent comptant bons sentiments animalistes et mauvais ressentiment anti-humaniste, il convient de chercher comment et pourquoi nos représentations sont en train d’évoluer.
C’est ce que s’efforce de faire Jean-Pierre Digard, directeur de recherche émérite au CNRS, spécialiste de l’anthropologie de la domestication animale. Son récent essai, L’animalisme est un anti-humanisme, devrait faire grincer pas mal de dents, car il ne s’embarrasse pas de précautions pour dénoncer ce qu’il considère comme abus, dérives, aberrations et bêtises produisant « les germes d’un nouvel obscurantisme ».

Sa démarche mérite attention, pour d’autres raisons que le goût de la polémique. Car ce qu’interroge l’anthropologue, ce sont d’abord les causes sociales et historiques qui engendrent cette mutation des sensibilités....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Production d’énergie, recyclage, récupération de l’azote ou de métaux : les collectivités locales cherchent à valoriser leurs eaux usées et à faire baisser la facture des usagers.
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Article sélectionné dans La Matinale du 27/06/2018
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L’eau des égouts, ressource d’avenir pour les territoires

Production d’énergie, recyclage, récupération de l’azote ou de métaux : les collectivités locales cherchent à valoriser leurs eaux usées et à faire baisser la facture des usagers.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 12h42
    |

            Jessica Gourdon (Belleville-sur-Saône, Rhône, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

A l’entrée de la ville, on l’aperçoit à peine. Dissimulée derrière des arbres, couverte par un toit végétalisé, la station d’épuration Citeau de Belleville-sur-Saône (Rhône) se fait discrète. C’est ici que l’eau des égouts de trois communes – 26 000 habitants – arrive par de gros tuyaux, qu’elle est filtrée, nettoyée, purifiée… Avant d’être rejetée dans la Saône.
Une station d’épuration classique ? Pas exactement. Depuis trois ans, la chaleur de ses effluents, dont la température oscille entre 15 et 20 degrés, est récupérée pour chauffer un ensemble de cinquante-cinq logements neufs, situés à une centaine de mètres. A l’aide d’un échangeur et d’une pompe à chaleur, le dispositif capte les calories des eaux usées, et transfère cette énergie vers les appartements.
Johan Révillon, le promoteur immobilier, se dit « ravi » d’avoir servi de cobaye à ce système, qui lui permet de chauffer intégralement sa résidence « grâce aux égouts ». « Pour les habitants, c’est 7 % d’économies sur leurs factures, c’est écolo, et l’été, on peut aussi faire du rafraîchissement », résume l’entrepreneur, qui avait d’abord regardé d’un mauvais œil la construction de cette station si proche de ses futurs logements.
« Technologies vite rentables »
Générer de la chaleur et la vendre : une nouvelle source de revenus se dessine pour les collectivités. « Et on a encore de la marge. Les études ont montré qu’on pourrait chauffer deux fois plus de logements avec notre station », affirme Frédéric Pronchéry, l’élu de Belleville qui préside le syndicat d’exploitation de la station d’épuration. Grâce aux diverses aides publiques dont le projet a bénéficié, cet équipement devrait être rentabilisé en huit ans.
Dans le sillage de Belleville, d’autres initiatives similaires ont vu le jour : à Arras ou à Aix-les-Bains (Savoie), des piscines municipales sont chauffées grâce à la chaleur récupérée dans les eaux usées.
Ce n’est pas...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Parmi les substances prioritaires identifiées par l’Anses figurent le 1,3-butadiène, les particules ultrafines et le carbone suie. Elles ne sont pas réglementées aujourd’hui.
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Article sélectionné dans La Matinale du 27/06/2018
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L’agence sanitaire française recommande de surveiller treize nouveaux polluants dans l’air

Parmi les substances prioritaires identifiées par l’Anses figurent le 1,3-butadiène, les particules ultrafines et le carbone suie. Elles ne sont pas réglementées aujourd’hui.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 08h50
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


Après les particules fines ou le dioxyde d’azote, qui n’ont désormais quasiment plus de secrets pour eux, les Français vont devoir se familiariser avec le 1,3-butadiène, et surtout s’en méfier. Contrairement aux deux premiers polluants, cette substance au nom barbare ne fait en effet pas l’objet d’une surveillance réglementée dans l’air et n’est pas soumise à des valeurs limites d’exposition.
Le 1,3-butadiène est pourtant classé cancérogène certain pour l’homme depuis 2012 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). « Il est particulièrement problématique car il attaque plusieurs sites de l’organisme : poumons, moelle osseuse, système lymphatique… », détaille Valérie Pernelet-Joly, cheffe de l’unité d’évaluation des risques liés à l’air à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).
Issu d’une combustion incomplète, ce gaz très toxique est émis par des sources très diverses : fumée de cigarette, échappements des moteurs automobiles, chauffage ou encore par les activités industrielles spécialisées dans la fabrication du plastique et du caoutchouc.
« Suivi renforcé »
Plusieurs campagnes de mesures ponctuelles en France ont montré des dépassements fréquents de sa valeur toxique de référence (VTR). Aussi, dans un avis rendu jeudi 28 juin, l’Anses recommande-t-elle une « surveillance nationale » du 1,3-butadiène. Un premier pas vers son rajout à la liste des treize substances (comme les particules fines, le dioxyde d’azote, l’ozone, le plomb ou le dioxyde de soufre) aujourd’hui réglementées en France. C’est déjà le cas au Royaume-Uni et en Hongrie, deux pays où il existe des valeurs repères de concentration dans l’air.
« Ce sera désormais au gouvernement de porter cette position au niveau européen », explique Valérie Pernelet-Joly. La Commission européenne a en effet engagé il y a un an la révision de la directive de 2008 sur la surveillance de la qualité de l’air. Elle devrait aboutir fin 2019.
L’évolution des connaissances sur la toxicité des substances et de leurs émissions dans l’atmosphère révèle en effet que certains polluants pouvant avoir un impact potentiel sur la santé ne sont aujourd’hui pas pris en compte dans les normes de qualité de l’air.
C’est dans ce contexte que l’Anses avait été saisie par les ministères de l’écologie et de la santé afin de proposer une liste de nouveaux polluants prioritaires. Au total, l’Agence en a identifié treize. Outre la surveillance du 1,3-butadiène, le rapport préconise un « suivi renforcé » des particules ultrafines (PUF) et du carbone suie, « compte tenu de leurs enjeux potentiels en termes d’impacts sanitaires ».
Polluants « émergents »
A la différence des particules fines inférieures à 10 micromètres (µm) de diamètre (PM10) et inférieures à 2,5 µm (PM 2,5), les PUF (inférieures à 0,1 µm) ne sont pas réglementées. Ce sont pourtant les plus dangereuses car elles pénètrent dans le sang et peuvent atteindre le cerveau ou traverser le placenta des femmes enceintes et menacer le fœtus.
Emises par les moteurs diesel principalement ou par le chauffage résidentiel, les particules de carbone suie inquiètent aussi les experts de l’Anses. « [Il] a des effets très toxiques, alerte Valérie Pernelet-Joly. Il se comporte comme un aimant autour duquel vont s’accumuler les métaux et les HAP [hydrocarbures aromatiques polycycliques] qu’il va emmener jusqu’aux cellules pulmonaires. »
Contrairement au 1,3-butadiène, il n’existe pas de valeur toxique de référence pour les particules ultrafines et le carbone suie. « Mais il existe des signaux suffisamment importants dans la littérature scientifique pour qu’on les inscrive à la liste des substances réglementées », précise la cheffe de l’unité des risques liés à l’air de l’Anses.
Les dix autres polluants « émergents » jugés prioritaires sont, par ordre de « risque », le manganèse, le sulfure d’hydrogène, l’acrylonitrile, le 1,1,2-trichloroéthane, le cuivre, le trichloroéthylène, le vanadium, le cobalt, l’antimoine et le naphtalène.
Créer une banque nationale de données
Dans leur cas, le rapport de l’Agence souligne que des dépassements de VTR peuvent être observés dans des contextes particuliers (industriels notamment) et recommande de conduire des campagnes de mesures complémentaires afin d’étudier l’exposition des populations à proximité des sources d’émission.
A l’instar du 1,3-butadiène, le trichloroéthylène, l’acrylonitrile ou le sulfure d’hydrogène font déjà partie des polluants placés en tête de liste par l’Organisation mondiale de la santé pour une mise à jour de ses valeurs guides de l’air ambiant.
Pour établir cette liste de treize substances prioritaires, les experts de l’Anses ont passé au tamis 557 polluants selon deux critères : leur occurrence dans l’atmosphère et leur dangerosité intrinsèque. Pour l’ensemble de ces polluants actuellement non réglementés, l’agence préconise la création d’une banque nationale de données des mesures existantes.
Dans le cas particulier des pesticides, l’Anses vient de lancer une première campagne nationale de mesures dans l’air : près de 90 substances seront recherchées pendant un an parmi lesquelles les très toxiques chlordécone et glyphosate.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Après la mise en liquidation de la SNEM, les riverains et parents d’élèves ont remporté une victoire. Ils demandent désormais à Airbus et Safran de payer la dépollution.
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A Montreuil, « l’usine toxique » ne menacera plus les écoles

Après la mise en liquidation de la SNEM, les riverains et parents d’élèves ont remporté une victoire. Ils demandent désormais à Airbus et Safran de payer la dépollution.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 23h48
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 08h45
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


Après un an de mobilisation pour réclamer sa fermeture, les riverains de l’usine SNEM, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), ont remporté une première victoire. Elle est à l’arrêt depuis que le tribunal de commerce de Versailles a confirmé mercredi 27 juin sa mise en liquidation judiciaire.
Implantée en pleine zone résidentielle, à quelques dizaines de mètres de plusieurs groupes scolaires, cette installation vétuste classée pour la protection de l’environnement (ICPE) suscitait une vive inquiétude depuis qu’un nouveau cas de leucémie (le troisième en quinze ans) avait été identifié chez un enfant, comme Le Monde l’avait révélé dans son édition du lundi 3 juillet 2017. Après l’avoir longtemps appelée « l’ usine verte » en référence à la couleur de la tôle de ses murs, les habitants de ce quartier de l’Est parisien l’avaient rebaptisée « l’usine toxique ».

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Pour le compte des groupes aéronautiques Airbus et Safran, la SNEM a pendant des années traité des pièces métalliques d’A380, A350 ou A320 avec des procédés hautement toxiques. Tétrachloroéthylène, acide nitrique, acide sulfurique, acide fluorhydrique… selon les dernières données disponibles sur le Registre des émissions polluantes. La SNEM déclarait produire en 2015 plus de 37 tonnes de « déchets dangereux ».
L’enquête du Monde a montré que les salariés continuaient à manipuler une substance particulièrement nocive : le chrome 6. Classé cancérogène, reprotoxique et mutagène, le règlement Reach en interdit définitivement l’usage dans l’Union européenne depuis septembre 2017 mais Safran et Airbus avaient obtenu une dérogation pour prolonger son utilisation.
« On ne les lâchera pas »
Le collectif des parents d’élèves et des riverains se félicite de la fermeture de la SNEM. Il regrette cependant qu’elle n’ait pas été décidée pour « faire prévaloir le principe de précaution et le respect de l’environnement sur les intérêts industriels et financiers » mais « pour des raisons commerciales : l’abandon de la SNEM par ses donneurs d’ordre [Airbus et Safran] qui ont cessé de lui passer commande ». Un « abandon » que le collectif associe à la divulgation dans Le Monde de pratiques frauduleuses dans le processus de contrôle des pièces traitées par la SNEM (Le Monde du 8 novembre 2017).

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Les licenciements de la douzaine de salariés qui travaillaient encore sur place interviendront dans les prochains jours. Les habitants et la mairie de Montreuil demandent leur reclassement ainsi que la dépollution du site. En début d’année, le maire (PC), Patrice Bessac, avait écrit à Airbus et Safran pour les « interpeller » sur la situation de l’usine. « Les deux groupes, en réponse à cette double interpellation, ont adressé une fin de non-recevoir sans assumer leurs responsabilités sociales et environnementales », déplore aujourd’hui l’équipe municipale.
« C’est à Airbus et à Safran de payer les coûts de la dépollution, estime Antoine Peugeot, du collectif des riverains et responsable local de la FCPE. On ne les lâchera pas. » Contactés, les deux groupes aéronautiques n’ont pas souhaité faire de commentaires. Les dirigeants de la SNEM restaient injoignables.
Les élus de Montreuil en appellent « à la responsabilité de l’Etat quant à la dépollution de ce site classé ICPE et donc placé sous sa compétence directe ». Premier effet de « l’affaire SNEM », le conseil municipal a inscrit fin 2017 dans le plan local d’urbanisme l’interdiction définitive d’installation de toute nouvelle ICPE sur le territoire de la commune.
La préfecture de Seine-Saint-Denis précise pour sa part que si les terrains étaient rachetés en vue d’une utilisation autre qu’industrielle, « il appartiendrait à l’aménageur de faire les éventuels travaux de dépollution supplémentaires permettant ce changement d’usage ». Elle précise qu’un diagnostic des sols réalisé par l’exploitant en janvier avait certes mis en évidence une pollution par des solvants chlorés et des métaux mais que le site était « compatible avec son usage actuel ».
La crainte du scénario Wipelec
La préfecture s’est toujours voulue rassurante dans ce dossier. Elle assure que sur la base d’une inspection effectuée le 26 juin, « le site ne présente pas de risque particulier ». Ce n’est pas l’avis des riverains. Une étude commandée par la municipalité a montré un niveau élevé de contamination des sols, notamment au chrome 6 et étendue hors du site. Les habitants du quartier craignent désormais de vivre le même scénario que leurs voisins de Romainville où la société Wipelec a laissé derrière elle un site complètement souillé après la cessation de ses activités en 2003.
Une crainte d’autant plus forte que Wipelec était également spécialisée dans les traitements de surfaces des métaux pour l’industrie aéronautique et avait le même donneur d’ordre, Safran. Les associations de riverains de Romainville ont décompté 23 cancers dont 21 décès depuis 1990. Elles déplorent que les travaux de dépollution n’aient commencé qu’en mai 2017. Et s’inquiètent aujourd’hui qu’ils génèrent un regain de pollution dans le quartier. Des niveaux de trichloroéthylène 140 fois supérieurs aux normes ont été mesurés dans certains logements.
A Montreuil, les parents d’élèves restent mobilisés pour la rentrée. Un nouveau collège doit ouvrir ses portes en septembre. Des études ont relevé la présence de solvants chlorés et de métaux lourds dans les sols. Des travaux de dépollution sont en cours. Le collège se situe à 150 mètres de « l’usine toxique ».

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EDF et Veolia s’associent pour démanteler les centrales nucléaires

Les deux groupes ont signé un partenariat portant notamment sur la vitrification des déchets peu radioactifs.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 15h30
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Les numéros un mondiaux de l’énergie nucléaire et des services à l’environnement s’associent dans la gestion et le traitement des déchets et des éléments radioactifs des centrales. EDF et Veolia ont signé, mardi 26 juin, lors du Salon mondial du nucléaire réuni à Villepinte (Seine-Saint-Denis), un accord portant sur deux grands partenariats.
Le premier prévoit le développement conjoint de solutions de télé-opération (robots) pour démanteler les six réacteurs de la filière Uranium Naturel Graphite Gaz (UNGG) de Bugey (Ain), Chinon (Indre-et-Loire) et Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher), la technologie développée dans les années 1950-1960 avant que la France ne rachète la licence des réacteurs à eau pressurisée (REP) de l’américain Westinghouse en 1970.
Technologies d’intervention à distance
Des étapes ont déjà été franchies sur ces installations complexes et EDF confirme son objectif de les démanteler « dans des délais aussi courts que possible ». Veolia va mettre à la disposition du groupe nucléaire son expérience des technologies d’interventions à distance (robotique) pour concevoir et réaliser des solutions permettant d’accéder au cœur des six réacteurs, de découper la cuve et d’extraire les composants « dans des conditions de sûreté et de sécurité optimales », assure-t-il.

Le second volet de l’accord est plus large. Veolia va mettre à disposition d’EDF une technique baptisée GeoMelt qui permet de piéger les déchets de très faible, faible et moyenne activité dans du verre afin de pouvoir les stocker et les transporter de façon plus sûre. Il pourra s’agir, par exemple, des morceaux de la cuve du premier REP démantelé par EDF sur le site de Chooz (Ardennes). Ces déchets représentent 0,1 % de la radioactivité… mais 98 % des volumes à traiter.
Les deux groupes travailleront sur cette technologie pour l’exploitation et le démantèlement futur des 58 réacteurs en service en France et les autres tranches exploitées...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Cent députés de la République en marche, parmi lesquels Jean-Charles Colas-Roy, Anthony Cellier, Barbara Pompili et Roland Lescure, estiment que la programmation pluriannuelle de l’énergie doit faire l’objet d’un rendez-vous législatif régulier et non d’un décret gouvernemental.
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« Le Parlement doit être en première ligne pour définir la politique énergétique »

Cent députés de la République en marche, parmi lesquels Jean-Charles Colas-Roy, Anthony Cellier, Barbara Pompili et Roland Lescure, estiment que la programmation pluriannuelle de l’énergie doit faire l’objet d’un rendez-vous législatif régulier et non d’un décret gouvernemental.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 12h58
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 13h05
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. L’année 2018 constitue un tournant pour la politique énergétique de la France : c’est l’année de la révision de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Il s’agit de définir notre feuille de route de la transition énergétique pour l’avenir. Cependant, la PPE est l’objet d’un décret : elle relève donc du pouvoir réglementaire, et plus particulièrement de celui du ministère de la transition écologique et solidaire.

Nous regrettons que la représentation nationale, le Parlement, ne soit pas réellement saisie sur le fond, à travers la rédaction d’une loi, face à des enjeux aussi stratégiques que ceux que pose la PPE pour l’avenir énergétique de notre pays. Les commissions développement durable et affaires économiques de l’Assemblée nationale ont choisi de mener des auditions communes, mercredi 13 juin, afin d’écouter les ONG, les syndicats, les associations de professionnels, les industriels du gaz, ceux de l’électricité et les représentants des énergies renouvelables. Ce n’est pas suffisant !
Nous, parlementaires, souhaitons nous engager au-delà. Le Parlement dans son ensemble, et la majorité présidentielle en particulier, doivent être en première ligne dans la définition du cap énergétique à tenir. La PPE doit être à la hauteur du « plan climat » ; elle doit refléter les engagements pris par la loi mettant fin à l’exploitation des hydrocarbures en France à l’horizon 2040, elle doit être en phase avec le plan de rénovation énergétique des bâtiments et elle doit inspirer la prochaine loi d’orientation des mobilités (LOM) afin d’assurer la réussite de la transition énergétique dans l’ensemble des secteurs énergivores.
Place de l’environnement dans la Constitution
Pour réussir à tenir ces objectifs forts pour notre avenir énergétique et démontrer notre détermination collective à agir en faveur du climat, nous proposons une loi et non un simple décret pour la PPE. Tous les cinq ans, le Parlement devrait...




                        

                        

