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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ L’universitaire turc analyse les raisons de la victoire du parti islamo-conservateur AKP, champion d’une Turquie nationaliste et pieuse, en rappelant les limites politiques et économiques de l’« hyperprésident ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
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Soli Ozel : « Les Turcs aiment en Erdogan ce que les étrangers détestent en lui »

L’universitaire turc analyse les raisons de la victoire du parti islamo-conservateur AKP, champion d’une Turquie nationaliste et pieuse, en rappelant les limites politiques et économiques de l’« hyperprésident ».



Le Monde
 |    29.06.2018 à 15h31
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 16h03
    |

            Marc Semo et 
Sylvie Kauffmann








                        



                                


                            
Après les élections en Turquie qui, le 24 juin, ont donné une nouvelle victoire au président Recep Tayyip Erdogan avec 53 % des suffrages et la majorité à son parti, l’AKP (Parti de la justice et du développement) et à ses alliés du MHP (Parti d’action nationale) au Parlement, l’universitaire turc Soli Özel, chercheur invité auprès de l’Institut Montaigne, à Paris, analyse l’impact de ce scrutin.

La démocratie est-elle morte en Turquie ?
Elle est en panne, blessée, mais elle n’est pas morte. Pas plus que dans d’autres parties du monde, où des leaders populistes sont confortés par le suffrage universel, scrutin après scrutin. Les résultats de l’élection sont ce qu’ils sont, mais il faut aussi reconnaître l’immense énergie déployée par l’opposition, même si cela n’a pas été suffisant pour ébranler les partisans de Recep Tayyip Erdogan et de l’AKP.
Ce n’était pas une élection à la russe. Le peuple s’est mobilisé avec un taux de participation de 87 % et, pour autant que l’on sache, il n’y a pas eu de fraude majeure, même si les observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont critiqué l’iniquité de la campagne, notamment dans l’accès aux médias. Les scores élevés recueillis par le MHP dans certaines zones du Sud-Est à majorité kurde n’en suscitent pas moins la perplexité.
De facto, Recep Tayyip Erdogan avait déjà tous les pouvoirs. Qu’est-ce qui change, avec ce scrutin ?
La concentration du pouvoir sera immense, plus encore qu’elle ne l’est, car elle est désormais institutionnalisée par la nouvelle constitution, approuvée d’une très courte majorité lors du référendum d’avril 2017. On ne sait pas encore exactement comment va être réorganisée l’administration, ni quelles seront précisément les fonctions des ministres choisis par le président et qui travailleront directement sous ses ordres. Mais l’on sait déjà que le cabinet sera réduit à seize ou dix-huit...




                        

                        


<article-nb="2018/06/29/19-2">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ La nature et l’ampleur des enjeux auxquels l’Europe est confrontée appellent des solutions paneuropéennes que notre système politique communautaire fragmenté est incapable d’aborder et de mettre en place, estime Alberto Alemanno, professeur de droit à HEC, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
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« Les partis transnationaux sont l’engrais d’une politique véritablement européenne »

La nature et l’ampleur des enjeux auxquels l’Europe est confrontée appellent des solutions paneuropéennes que notre système politique communautaire fragmenté est incapable d’aborder et de mettre en place, estime Alberto Alemanno, professeur de droit à HEC, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    29.06.2018 à 15h19
    |

Alberto Alemanno (Professeur de droit à HEC et à la New York University School of Law à Paris, fondateur de The Good Lobby)







                        



                                


                            

Tribune. A moins d’un an des élections européennes, la dimension politique de l’Union européenne est en train de dévoiler ses limites. Le dernier sommet européen en apporte la confirmation [Conseil européen des 28-29 juin]. Bien que l’intégration européenne influence de plus en plus la vie des citoyens, le système politique européen, et en particulier sa capacité de représentation politique, n’a toujours pas rattrapé son retard.
Même s’ils votent directement pour leurs représentants au Parlement européen depuis 1979, les citoyens de l’Union européenne le font à des dates différentes, selon différentes lois électorales, et pour soutenir des candidats sélectionnés par des partis nationaux sur la base de programmes nationaux. Si les partis politiques paneuropéens ont bien reçu une reconnaissance institutionnelle et des ressources financières au fil du temps, ils sont toujours constitués de fédérations extra-parlementaires des partis nationaux.

En conséquence, après plus de soixante ans d’existence, l’Union européenne manque de partis politiques capables de promouvoir un véritable espace transnational de débat politique et de dialogue, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des institutions. Malgré l’interdépendance croissante des Etats en matière de politiques publiques – allant des politiques économiques et environnementales aux règlements de protection des données –, les citoyens semblent condamnés à être exposés exclusivement à des débats nationaux sur la direction que l’Union européenne doit prendre.
Tentatives pour européaniser le jeu électoral
Cette compétition nationale s’illustre d’ailleurs dans le traitement médiatique de l’Union européenne : en regardant l’Europe à travers le prisme de l’Etat-nation, les journalistes comme les hommes politiques n’envisagent les politiques européennes que sous l’angle des avantages et des inconvénients pour chaque pays membre. L’éternel absent ? L’intérêt supérieur de l’Union...




                        

                        


<article-nb="2018/06/29/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Trois députés européens, Pervenche Berès, Udo Bullmann et Roberto Gualtieri, plaident dans une tribune au « Monde » pour un renforcement de la capacité budgétaire de la zone euro et expriment la nécessité d’approfondir l’union économique et monétaire.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
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Il faut « améliorer la capacité de la zone euro à résister aux chocs et aux crises à venir »

Trois députés européens, Pervenche Berès, Udo Bullmann et Roberto Gualtieri, plaident dans une tribune au « Monde » pour un renforcement de la capacité budgétaire de la zone euro et expriment la nécessité d’approfondir l’union économique et monétaire.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 14h11
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Faisant suite aux propositions de réforme de la zone euro présentées par le Parlement européen, les gouvernements français et allemand ont exprimé mardi 19 juin dans la déclaration de Meseberg leur engagement commun, tant attendu, d’approfondir l’union économique et monétaire, ainsi que leur soutien à la mise en place d’une capacité budgétaire de la zone euro pour absorber les chocs macroéconomiques, favoriser la convergence et la croissance.
Ces propositions sont un pas dans la bonne direction. Il est de la plus haute importance d’y donner suite et d’améliorer la capacité de la zone euro à résister aux chocs et aux crises à venir.
Une feuille de route claire
C’est désormais au conseil européen des 28 et 29 juin de définir une feuille de route claire, détaillée et cohérente pour l’achèvement de l’union économique et monétaire et nous sommes prêts, au Parlement européen, à nous engager sur les aspects concrets de ses piliers.
Nous insistons en particulier sur les points suivants : la fonction de stabilisation macroéconomique de la zone euro devrait être établie dans le cadre du budget de l’Union européenne et elle devrait être financée de manière appropriée par les Etats membres participants, et ce sans redéploiement des fonds structurels. Tout en visant un objectif de neutralité budgétaire à moyen terme, elle comporterait un volet subvention et soutiendrait à la fois les investissements et les prestations de chômage dans les pays qui subissent un choc asymétrique.

La convergence économique et les réformes, y compris celles qui visent à renforcer la cohésion sociale, devraient être encouragées sur le modèle de la proposition de la Commission sur les instruments d’accompagnement des réformes.
Transformation du MES en FES
Les capacités de l’Union européenne en matière de gestion des crises devraient être renforcées par la transformation du Mécanisme européen de stabilité (MES) en un Fonds européen...




                        

                        


<article-nb="2018/06/29/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ L’étendue croissante des réseaux sociaux facilite les changements soudains dans le consensus social. Il est donc essentiel de prendre conscience qu’une norme sociale partagée par une majorité d’individus ne signifie pas qu’elle a été choisie par cette majorité, explique le chercheur en sciences sociales Andrea Baronchelli dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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« Des groupes minoritaires engagés peuvent faire basculer l’opinion publique et bouleverser des conventions sociales »

L’étendue croissante des réseaux sociaux facilite les changements soudains dans le consensus social. Il est donc essentiel de prendre conscience qu’une norme sociale partagée par une majorité d’individus ne signifie pas qu’elle a été choisie par cette majorité, explique le chercheur en sciences sociales Andrea Baronchelli dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    29.06.2018 à 13h34
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 13h36
    |

Andrea Baronchelli (Chercheur en systèmes complexes et en sciences sociales computationnelles, maître de conférences à la City University of London)







                        



                                


                            

Tribune. De l’égalité des sexes au mariage homosexuel en passant par l’acceptation de l’usage du tabac ou du cannabis, la théorie de la « masse critique » a souvent été utilisée pour expliquer les nombreuses évolutions de nos conventions sociales.
Selon cette théorie, des groupes minoritaires peuvent être à l’origine de changements dans les conventions partagées par une majorité de la population à partir du moment où ils atteignent une certaine taille ou « masse » critique. Lorsque cela se produit, une situation considérée jusqu’alors comme normale peut devenir inacceptable. Et vice versa.
Des décennies de travaux en sociologie, en physique ou dans d’autres disciplines ont appuyé cette idée, sans qu’aucune preuve empirique n’ait permis de confirmer ce qui n’était, en réalité, qu’une hypothèse. Les bouleversements de nos conventions sociales sont généralement analysés a posteriori. Par conséquent, il est difficile de savoir ce qui se serait produit si une minorité en faveur du changement avait été un peu plus petite ou, inversement, si une minorité ayant échoué à engendrer une révolution avait été plus grande.
Le monde connecté dans lequel nous vivons, peuplé de robots automatisés et d’extrémistes organisés qui essaient de promouvoir de nouveaux comportements ou opinions, nous incite plus que jamais à comprendre ces dynamiques. C’est ce qui nous a conduits à mener, avec les sociologues Damon Centola, Joshua Becker et Devon Brackbill de l’université de Pennsylvanie, une expérience inédite mettant à l’épreuve la théorie de la masse critique.
Un consensus lié à l’étendue du réseau
Nous avons pu ainsi valider ses hypothèses et obtenir pour la première fois des preuves empiriques. Notre expérience s’appuie sur des années de travaux théoriques et expérimentaux ayant porté sur deux questions indissociables : Comment les conventions sociales naissent-elles ? Et pourquoi évoluent-elles ?
Commençons...




                        

                        


<article-nb="2018/06/29/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Rapport d’étonnement. En réduisant de 80 % en 2019 le financement des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), le gouvernement américain met à mal une aide décisive pour la prévention des maladies infectieuses à travers le monde.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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Donald Trump menace la santé mondiale

Rapport d’étonnement. En réduisant de 80 % en 2019 le financement des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), le gouvernement américain met à mal une aide décisive pour la prévention des maladies infectieuses à travers le monde.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 14h23
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
La nouvelle est inquiétante pour l’avenir de la santé mondiale. En 2019, le financement des programmes des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) américains sera réduit de 80 %. Ainsi l’a décidé la généreuse administration Trump. Elle ne reconduira pas sa participation de 582 millions de dollars à l’initiative mondiale de sécurité sanitaire décidée en 2014, avec 200 autres organisations médicales internationales, lors de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest – plus de 11 000 morts.
Détecter les épidémies à la source
Cette aide, approuvée à l’époque par le Congrès, s’avère pourtant décisive pour la prévention des maladies ­infectieuses à travers le monde. Elle contribue à former des travailleurs médicaux de terrain capables de détecter les épidémies à la source, comme à renforcer les labo­ratoires d’analyse et d’intervention d’urgence – ces ­institutions qui ont tant fait défaut quand l’épidémie d’Ebola s’est déclarée en Guinée, avant de gagner le Liberia et la Sierra Leone puis de créer une psychose en Occident quand, en octobre 2014, plusieurs cas se sont déclarés en Europe et aux Etats-Unis.
Le Wall Street Journal a révélé le premier, le 19 janvier, l’abandon de ces programmes en publiant un mail des CDC informant son personnel qu’il devait réduire ­drastiquement ses aides dans 39 pays sur 49, notamment ceux considérés par ­l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme des ­zones sensibles aux maladies ­infectieuses émergentes : ­République démocratique du Congo, Ethiopie, Haïti, ­Pakistan, Rwanda – on retrouve là les « pays de merde » évoqués par Donald Trump en ­janvier, mais est-ce un ­hasard ?
Des professionnels formés par les CDC ont pu endiguer une épidémie d’anthrax au Kenya, de fièvre jaune en Ouganda, et identifier 4 000 cas de rougeole au Sierra Leone. Ce sera désormais, sans ­l’appui américain, beaucoup plus difficile
Cette suppression est dramatique. Elle a été dénoncée dans une lettre ouverte...




                        

                        


<article-nb="2018/06/29/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Les nouveaux textes amplifient le processus amorcé par les lois Auroux, en 1982, et développé continûment ensuite, qui permet, dans certaines limites, à un accord collectif de substituer des normes à celles élaborées au niveau supérieur, explique l’économiste Gilbert Cette dans sa chronique.
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« Branches et entreprises » : les nouvelles règles du jeu

Les nouveaux textes amplifient le processus amorcé par les lois Auroux, en 1982, et développé continûment ensuite, qui permet, dans certaines limites, à un accord collectif de substituer des normes à celles élaborées au niveau supérieur, explique l’économiste Gilbert Cette dans sa chronique.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 12h00
    |

                            Gilbert Cette (Professeur d’économie associé à l’université d’Aix-Marseille)








                        



                                


                            

Entreprises. Les ordonnances travail du 22 septembre 2017 et la loi Pénicaud du 29 mars qui les a ratifiées ont transformé les rôles respectifs des branches et des entreprises dans l’élaboration d’un droit conventionnel vis-à-vis duquel les dispositions du code du travail deviennent supplétives, dans certaines limites.
Cette question faisait l’objet du 24e Séminaire emploi, coorganisé par les ministères de l’économie et du travail, qui s’est déroulé vendredi 15 juin (« Quel rôle pour la branche et l’entreprise après les récentes réformes? »). Le juriste allemand Achim Seifert, l’économiste Virgile Chassagnon, l’ex-DRH de grandes entreprises et président du pôle social du Medef, Jean-François Pilliard, et Charlotte Carsin, de la direction générale du travail, y ont analysé la situation et offert une comparaison avec l’Allemagne.
Le gouvernement a désormais toutes les cartes en main pour redessiner les rôles respectifs des branches et entreprises. Pour toute nouvelle convention de branche élaborée par les partenaires sociaux, la ministre a la possibilité de saisir un groupe d’experts qui vient d’être constitué pour la conseiller sur l’opportunité d’une extension à toute la branche.

Jusqu’ici, cette extension était quasi automatique, ce qui suscitait de nombreuses critiques : les négociateurs de branches, souvent issus des plus grandes entreprises, pouvaient élaborer des normes étouffant les PME et bridant l’entrée de nouvelles firmes. L’extension pourrait maintenant devenir moins systématique, ce qui renforcerait de fait le rôle de la négociation d’entreprise.
Les prochains mois diront avec quelle ambition cette possibilité sera utilisée. Cela dans un contexte rendu mouvant par le processus en cours de réduction du nombre de branches professionnelles, qui devrait passer de près de 700, fin 2015, à environ 200, fin 2019.
L’accord collectif avant le salarié
Les nouveaux textes ont largement...




                        

                        


<article-nb="2018/06/29/19-7">
<filnamedate="20180629"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180629"><AAMMJJHH="2018062919">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Les commémorations de Mai 68 ont célébré le mythe, oubliant la révolte sociale. L’historienne Michèle Riot-Sarcey le regrette : pour elle, les expériences du passé, restituées par les chercheurs, suggèrent bien des pistes aux acteurs du présent.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Comment l’histoire peut changer le monde

Les commémorations de Mai 68 ont célébré le mythe, oubliant la révolte sociale. L’historienne Michèle Riot-Sarcey le regrette : pour elle, les expériences du passé, restituées par les chercheurs, suggèrent bien des pistes aux acteurs du présent.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 12h00
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            
Michèle Riot-Sarcey est professeure émérite d’histoire contemporaine de l’université Paris-VIII. Elle a écrit de nombreux ouvrages, notamment Le Réel de l’utopie (Albin Michel, 1998) et Le Procès de la liberté (La Découverte, 2016). Elle vient de diriger, avec Claudia Moatti, un ouvrage collectif intitulé Pourquoi se référer au passé ? (L’Atelier, 268 p., 25 €).
Sur la statue de la République, à Paris, était écrit il y a ­quelques semaines : « Mai 68, ils commémorent, on recommence ». Le passé est-il toujours pris entre ces deux pôles ?
Un slogan ne dit qu’un fragment de la réalité de ce qui émerge ou surgit dans une situation très particulière, où les conflits ­sociaux en cours furent et sont masqués par une série d’initia­tives commémoratives. En effet, les autorités du moment, ­toutes tendances confondues, ont davantage commémoré 1968 qu’envisagé une relecture critique de ce qui fut appelé, par incapacité de penser la spécificité des formes de révoltes plurielles, « les événements de 1968 ».
Pour saisir ce qui n’est pas advenu en 1968, les possibles, les espoirs inaccomplis, encore faut-il se débarrasser du mythe. Tandis que la commémoration en cours n’a cessé de l’entretenir, à travers le culte à peine renouvelé de la libération sexuelle, à titre d’exemple. Les ouvrages importants ou les films documentaires, comme celui d’Hervé Leroux (Reprise, 1996), lequel pointait l’essentiel de la révolte sociale inachevée, n’ont pas été véritablement questionnés. Quelques discussions, débats, interventions sont passés inaperçus dans cette cacophonie bien utile au pouvoir pendant la grève, déterminante, des cheminots, concomitante aux occupations d’universités hostiles à la réforme en cours.
L’actualité de 1968 pouvait avoir un effet de renouveau qui n’a pas eu lieu, tant le mythe de 1968 a recouvert la réflexion critique. On ne recommence pas les événements du passé, on actualise, spontanément....




                        

                        


<article-nb="2018/06/29/19-8">
<filnamedate="20180629"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180629"><AAMMJJHH="2018062919">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Le sociologue Eric Fassin estime, dans une tribune au « Monde », que l’on retrouve aujourd’hui des traits du fascisme historique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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« Le moment néofasciste du néolibéralisme »

Le sociologue Eric Fassin estime, dans une tribune au « Monde », que l’on retrouve aujourd’hui des traits du fascisme historique.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 11h37
    |

                            Eric Fassin (Professeur de sociologie à l’université Paris-VIII-Vincennes-Saint-Denis)








                        



                                


                            

Tribune. « Hello, dictator ! » Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, accueillait ainsi le hongrois Viktor Orban au sommet de Riga en 2015 – dans la bonne humeur, avec une tape affectueuse sur la joue. Le contraste avec les diktats imposés au même moment à la Grèce par l’Eurogroupe était saisissant.
C’est qu’on ne plaisante pas avec le néolibéralisme : l’économie est une chose trop grave pour la confier aux peuples. En revanche, la démocratie, on a bien le droit d’en rire. La farce de Lettonie rappelle d’ailleurs Le Dictateur, de Charlie Chaplin, quand Mussolini salue Hitler d’une grande bourrade : « Mon frère dictateur ! »
Les « délinquants solidaires » persécutés
Comment penser ensemble la montée des extrêmes droites et la dérive autoritaire du néolibéralisme ?
D’un côté, il y a le suprémacisme blanc avec Donald Trump, et en Europe, la xénophobie politique d’un Viktor Orbán ou d’un Matteo Salvini.
De l’autre, il y a des coups d’Etat démocratiques : il n’est pas besoin d’envoyer l’armée contre la Grèce (« des banques, pas des tanks »), pas plus qu’au Brésil (des votes au lieu des bottes) – même si, comme en France, les champions du néolibéralisme ne reculent pas devant les violences policières pour réprimer les mouvements sociaux. D’un côté comme de l’autre, les libertés publiques reculent.
Et les deux n’ont rien d’incompatible : l’Europe s’accommode de l’extrême droite au pouvoir, et l’Union sous-traite la gestion des migrants à la Turquie ou à la Libye. Avec l’arrivée de la Lega (la « Ligue ») au pouvoir, Emmanuel Macron peut bien dénoncer la « lèpre qui monte » ; mais à la frontière franco-italienne comme en Méditerranée, les milices de Génération identitaire agissent illégalement sans être inquiétées par les autorités. En revanche, la justice française persécute les « délinquants solidaires », tel Cédric Herrou ; et déjà en 2017, l’Italie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Editorial. Sous la pression du gouvernement, les banques proposent de plafonner les frais d’incidents bancaires pour les clients les plus fragiles.
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Les banques font un pas dans la bonne direction, mais un pas trop modeste

Editorial. Sous la pression du gouvernement, les banques proposent de plafonner les frais d’incidents bancaires pour les clients les plus fragiles.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 11h09
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 16h56
   





                        


Editorial du « Monde ». C’est vrai dans la vie en général et, plus encore, quand on va voir son banquier : mieux vaut être riche et bien portant que pauvre et malade ! C’est ce que démontrait crûment, en octobre 2017, une enquête menée par l’Union nationale des associations familiales (UNAF) et 60 millions de consommateurs : les 3,6 millions de clients en situation de fragilité financière se font prélever, en moyenne, 296 euros par an pour incidents de paiement. Un consommateur en difficulté sur cinq se voit même prélever plus de 500 euros de pénalités, ce qui dégrade un peu plus sa situation, déjà précaire.

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                Les personnes en difficulté financière victimes de frais bancaires disproportionnés



Les banquiers ne manquent pas de plaider que ces lourdes facturations couvrent les frais occasionnés par les incidents de paiement de ces comptes fragiles. Elles se gardent bien, en revanche, d’admettre que le montant de ces pénalités dépasse largement les coûts de gestion. Et pour cause : ­elles peuvent représenter jusqu’à un tiers des revenus des grandes banques de détail, soit plus de 6 milliards d’euros par an, selon l’enquête de l’UNAF.
Depuis des années, les pouvoirs publics ont tenté de corriger cette situation. Ainsi, toute personne résidant en France, si ­modeste soit-elle, a droit à l’ouverture d’un compte bancaire. En cas de refus, elle peut faire appel à la Banque de France, qui désignera un établissement et l’obligera à ouvrir ledit compte. Toutefois, cette démarche, souvent perçue comme humiliante par les particuliers, est de moins en moins utilisée.

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                En France, l’insertion bancaire des clients les moins favorisés est loin d’être acquise



Quant à la difficulté à laquelle sont ­confrontés les ménages modestes concernant les pénalités en cas de défaut de provision, deux dispositifs ont été mis en place pour la corriger. Depuis 2008, la tarification du rejet de chèque a été réglementée et plafonnée. Et, en 2013, la loi de séparation des banques a introduit la notion de « population en situation de fragilité financière » et prévu, à son intention,l’accès à une ­« offre spécifique » pour limiter certains frais d’incident. Cette offre basique et bon marché plafonne pour ses bénéficiaires les commissions dites « d’intervention » (lors d’un paiement sans provision) à 20 euros par mois.
Au bon vouloir de chaque établissement
En dépit de ces règles, le problème reste entier. Et massif, comme l’a démontré l’enquête de l’UNAF. Sous la pression du ministère de l’économie, les banques sont désormais prêtes à faire un geste. Pour les clients les plus fragiles, qui peuvent bénéficier de l’offre spécifique créée par la loi de 2013, ­elles vont proposer de mettre en place un plafond global pour l’ensemble des frais d’incidents bancaires.

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                Le petit geste des banques aux clients fragiles



C’est un pas dans la bonne direction. Mais un pas trop modeste. En effet, ce plafond ne sera pas contraignant, relèvera du bon vouloir de chaque établissement et risque, dans l’état actuel des discussions, de rester trop élevé. En outre, seuls 10 % des personnes en difficulté éligibles à l’offre spécifique en bénéficient aujourd’hui. Rétives à accueillir les clients impécunieux, les banques sont très loin d’en faire la publicité. Et elles y seront d’autant moins enclines si elles ne peuvent plus facturer comme elles l’entendent le traitement des incidents de paiement.
Les banques, si peu populaires dans l’opinion publique, auraient pourtant tout intérêt à redorer leur blason en ne tirant pas bénéfice de leurs clients les plus fragiles. Elles gagneraient plus vertueusement leur vie en facturant au juste prix d’autres services bancaires dont bénéficient les personnes plus aisées, comme les prêts immobiliers.

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                Combien vous coûte votre banque selon votre profil






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Pour Alain Dinin, en 2019, il se construira moins de 400 000 logements en France. Dans un entretien au « Monde », il pronostique une flambée des prix à Paris.
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Logement : « Il n’y aura pas de choc d’offre », juge le PDG de Nexity

Pour Alain Dinin, en 2019, il se construira moins de 400 000 logements en France. Dans un entretien au « Monde », il pronostique une flambée des prix à Paris.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 11h03
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 13h13
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        



                                


                            

De mois en mois, la construction de logements s’érode. Les chiffres du mois de mai montrent que 491 400 permis de construire ont été accordés sur les douze mois écoulés, en repli, sur trois mois, de 3,9 % et, pour les mises en chantier, de 6,9 %, soit une production annuelle de 422 200 lots. Le « choc de l’offre » voulu par le président Emmanuel Macron semble s’éloigner. Dans un entretien au « Monde », Alain Dinin, PDG de Nexity, premier promoteur immobilier de France, se fait critique sur la politique du logement du gouvernement.

Comment analysez-vous la conjoncture ?
Je l’avais anticipée et annoncée au président de la République : il n’y aura pas de choc d’offre. Au contraire ! Je confirme mon pronostic : en 2019, on va passer sous la barre des 400 000 logements construits et perdre 40 000 logements à cause des restrictions au prêt à taux zéro et de la baisse des commandes HLM. Le gouvernement sera conduit à prendre des mesures de soutien.
Pour sa part, Nexity, qui produit 11 % des logements de France, n’est pas impacté et renforce plutôt sa part de marché. Nous engrangeons des commandes de logements intermédiaires et nous nous sommes ainsi engagés à en livrer 5 000, entre 2018 et 2022, à CDC Habitat et à la filiale d’Action Logement, In’li.

Le projet de loi portant évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (ELAN), en cours d’examen, veut débloquer la construction. Quel est votre point de vue ?
Il y a de bonnes mesures visant à réduire les coûts, comme l’allégement des normes handicapés ou les dispositions anti-recours, mais transformer des bureaux en logements est une fausse bonne idée. Les seuls immeubles vides situés en centre-ville sont des bâtiments des années 1970, techniquement impossibles à convertir, et qu’il faut démolir. La loi ELAN s’intéresse à l’offre avec une logique productiviste, ne répond pas à la demande de la société et passe à côté de vraies...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Tourné dans le musée le plus visité du monde, le clip « APES**T » met en scène le triomphe de la culture afro-américaine – et montre toute la puissance de ce médium vidéo.
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Beyoncé et Jay-Z, la fierté noire au Louvre

Tourné dans le musée le plus visité du monde, le clip « APES**T » met en scène le triomphe de la culture afro-américaine – et montre toute la puissance de ce médium vidéo.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 06h30
    |

                            Marion Dupont








                        



                                


                            

Beyoncé et Jay-Z s’interrogent devant la ­Vénus de Milo, la Victoire de Samothrace ou La Joconde : « Have you ever seen the crowd goin’ apeshit ? » (« As-tu déjà vu la foule partir en couilles ? ») Le clip de leur nouveau titre, APES**T, tourné au Louvre, cumule près de 43 millions de vues sur YouTube dix jours après son lancement. Un chiffre cinq fois supérieur à celui de la fréquentation annuelle du musée le plus visité du monde…
Affirmation de la réussite
Le duo est familier des superproductions multimédias, et l’on pouvait s’attendre à une nouvelle démonstration visuelle magistrale. C’est chose faite, avec le choix d’un lieu si chargé de symboles et de valeurs. Mais que peut le clip musical de deux stars afro-américaines face aux icônes multiséculaires de l’art classique occidental ?
La vidéo de six minutes, remarque Antoine Gaudin, auteur de l’ouvrage Le Vidéoclip musical. Approches théoriques et critiques d’un art pop (Presses universitaires du Septentrion, à paraître en 2019), est d’abord un portrait en majesté – en écho aux chefs-d’œuvre du Louvre comme à l’histoire du clip musical. « Cela rejoint un cliché-situation très présent dans la culture hip-hop états-unienne : l’affirmation de la réussite économique et artistique des artistes noirs, sous la forme d’un ego trip revanchard qui prend possession des symboles de la domination matérielle et culturelle de la bourgeoisie blanche. » 
Mais APES**T dépasse le simple triomphe matérialiste : « L’enjeu de cette démesure est surtout d’ordre culturel et racial. Ce qui frappe d’emblée, c’est la manifestation d’une présence : Beyoncé et Jay-Z ne visitent pas le Louvre, ils s’y installent, rejouent les icônes, se “patrimonialisent” eux-mêmes », poursuit Antoine Gaudin. Face caméra, sourires goguenards, le couple Carter affirme son pouvoir et le triomphe de la culture afro-américaine et populaire dont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ L’avocate Manon Laporte explique, dans une tribune au « Monde », que taxer le chiffre d’affaires des Google, Apple, Facebook, Amazon, etc. est juridiquement impossible. Il faudra en passer par une redéfinition des bénéfices taxables des entreprises du numérique.
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« Comment taxer le secteur numérique à l’échelle mondiale »

L’avocate Manon Laporte explique, dans une tribune au « Monde », que taxer le chiffre d’affaires des Google, Apple, Facebook, Amazon, etc. est juridiquement impossible. Il faudra en passer par une redéfinition des bénéfices taxables des entreprises du numérique.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 11h22
    |

Manon Laporte (Avocate fiscaliste)







                        



                                


                            

Tribune. La France, suivie par la Commission européenne, propose de taxer le chiffre d’affaires des grandes entreprises du numérique à hauteur de 3 %. La faisabilité de cette solution, présentée par Paris et Bruxelles comme « intermédiaire », dans l’attente de la négociation d’une taxation du secteur numérique à l’échelle mondiale, risque de mener à une nouvelle impasse.
D’un point de vue purement légal, une telle taxe sur le chiffre d’affaires – qui n’est qu’une indication du volume d’affaires généré par l’activité de l’entreprise – pourrait être qualifiée de dispositif de fiscalité indirecte, comme la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Depuis la directive du Conseil de l’Union 77/388 (article 33 § 1), il est interdit aux Etats de percevoir d’autres impôts nationaux que la TVA ayant un caractère de taxe sur le chiffre d’affaires.
D’ailleurs, comme pour la TVA, les entreprises risquent de répercuter le montant de cette taxe sur les prix qu’elles pratiquent auprès de leurs clients et des consommateurs, comme l’ont fait les restaurateurs en France lorsqu’ils ont été confrontés à la hausse de leur taux réduit de TVA.
Principe d’égalité fiscale
De plus, telle qu’elle a été présentée, la taxe de 3 % ne s’appliquerait qu’aux entreprises du secteur numérique réalisant un chiffre d’affaires annuel de plus de 750 millions d’euros au niveau mondial et déclarant un revenu imposable annuel de plus de 50 millions d’euros dans l’Union européenne (UE). Or, pour être conforme au principe d’égalité fiscale consacré par les articles 1 et 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, cette taxe devrait être étendue à toutes les sociétés européennes du numérique.
Le droit de l’UE protège l’égalité de traitement de tous les citoyens de l’Union, notamment par le respect de la liberté de circulation, qui interdit, en principe, les restrictions fiscales à l’entrée et à la sortie des personnes, des services ou des capitaux. N’importe...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Nommée par le gouvernement « grand témoin » à quatre sessions des Etats généraux de la bioéthique, Geneviève Delaisi de Parseval, chercheuse en sciences sociale, relève, dans une tribune au « Monde », des failles importantes dans cet exercice démocratique.
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Les ratés du débat public sur la bioéthique

Nommée par le gouvernement « grand témoin » à quatre sessions des Etats généraux de la bioéthique, Geneviève Delaisi de Parseval, chercheuse en sciences sociale, relève, dans une tribune au « Monde », des failles importantes dans cet exercice démocratique.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 09h38
    |

Geneviève Delaisi de Parseval (Psychanalyste)







                        



                                


                            
Tribune. Les Etats généraux de la bioéthique ont occupé le devant de la scène médiatique française au cours des six derniers mois, et la synthèse des contributions est dorénavant publique. A y regarder de près, que penser de cet exercice démocratique ?
En qualité d’« intellectuelle spécifique » (qui remplit une fonction politique, selon l’expression de Michel Foucault), psychanalyste et spécialiste des questions bioéthiques relatives à la PMA en France et dans différents centres de bioéthique à l’étranger depuis plusieurs décennies, j’ai participé à certains de ces débats. Comme je l’avais fait lors du précédent exercice, celui de 2009, qui avait préparé la mouture de la loi de bioéthique votée en 2011.
Juges et parties
J’avais alors été nommée « grand témoin » par le gouvernement à l’une des quatre sessions en vigueur, celle de Rennes, qui portait sur la question de l’anonymat des dons de gamètes. A plusieurs reprises par la suite – espérant un changement lors de la future révision de la loi –, j’avais contesté, auprès de politiques et de collègues, l’organisation de ces débats au motif que les experts qui avaient formé les citoyens étaient en réalité juges et parties en la matière.
Je m’en étais personnellement rendu compte en découvrant fortuitement que les jurés de la session de Rennes avaient été formés par le directeur des Centres d’études et de conservation des œufs et du sperme (Cecos) de l’époque. Sans surprise, le jury s’était prononcé à l’unanimité en faveur du maintien de l’anonymat des dons…
J’avais également regretté que, sur des sujets aussi complexes et peu connus du grand public, il n’y ait pas eu de véritable formation, à charge et à décharge. Comme l’a maintes fois expliqué Jacques Testart, fervent défenseur de la démocratie participative, cela se fait pourtant depuis longtemps à l’étranger, dans les « jurys citoyens » ou « conférences de consensus » qui s’adressent à un public sélectionné.
Depuis...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », soulève la question des cachets versés par trois des plus importantes manifestations culturelles de l’été.
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/06/2018
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« Pour les festivals, l’équation est complexe : il faut payer les artistes sans casser la tirelire »

Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », soulève la question des cachets versés par trois des plus importantes manifestations culturelles de l’été.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 06h29
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 07h31
    |

            Michel Guerrin (rédacteur en chef au « Monde »)








                        



                                


                            
Chronique. L’été surgit, les festivals avec, dont trois parmi les plus fameux qui démarrent début juillet dans des cités magiques : Avignon pour le théâtre, Aix-en-Provence pour la musique et l’opéra, Arles pour la photographie. Le public y applaudira ou y sifflera des œuvres et des artistes. Mais ces musiciens, comédiens, photographes, comment sont-ils rémunérés ? Se produire dans un cadre prestigieux et éphémère constitue un coup de pouce pour une carrière ; les cachets sont-ils pour autant plus bas qu’ailleurs ?
Ces trois rendez-vous du Sud doivent résoudre une équation complexe : découvrir des artistes, les payer, mais sans faire exploser leur tirelire, ni le prix du ticket, afin de diversifier le public et de justifier une solide subvention publique.
Partons d’Aix, qui dispose du plus gros budget des trois festivals, autour de 23 millions d’euros, dont la moitié couvre les dépenses artistiques. Car l’opéra coûte cher, qui nécessite des plateaux riches et six semaines de répétitions. Au total, 400 artistes doivent être rémunérés – chanteurs, musiciens, chefs, metteurs en scène, chœurs – sans compter les orchestres payés en bloc.
Les tarifs sont liés à la philosophie d’Aix, qui se veut plus une manifestation de révélation ou de confirmation de talents que de stars consacrées comme Jonas Kaufmann ou Anna Netrebko. Aussi, un cachet de soliste se situe entre 2 000 et 10 000 euros pour un chanteur, 20 000 euros pour un chef, 80 000 euros à 200 000 euros pour un orchestre.
Eviter les folies
Aix puise également dans le vivier de son académie de jeunes chanteurs et musiciens, dont certains sont mensualisés autour de 3 500 euros, et d’autres payés 500 à 1 200 euros la prestation. Mais le patron du Festival d’Aix, Bernard Foccroulle, jure que ces tarifs sont dans la norme d’une maison d’opéra de niveau international, avec parfois des économies de 20 %, portées par sa politique de découvertes et des contraintes financières croissantes.
Avignon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Selon le biologiste Christophe Robaglia, l’argument principal des antispécistes est d’éviter la souffrance animale, ce qui établit une hiérarchie dans le monde vivant où les plus dignes d’attention sont évolutivement proches de l’homme.
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« L’argumentation biologique soutenant l’antispécisme est erronée »

Selon le biologiste Christophe Robaglia, l’argument principal des antispécistes est d’éviter la souffrance animale, ce qui établit une hiérarchie dans le monde vivant où les plus dignes d’attention sont évolutivement proches de l’homme.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 16h46
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 17h29
    |

Christophe Robaglia (Professeur, département de biologie, université d'Aix-Marseille, CEA, CNRS)







                        



                                


                            

Tribune. L’antispécisme soutient que l’espèce à laquelle appartient un animal n’est pas un critère pertinent pour décider de la manière dont on doit le traiter, et de la considération morale qu’on doit lui accorder. Ses dérives les plus récentes, probablement inspirées par de bons sentiments, mènent au refus de l’élevage et de l’abattage des animaux à des fins de consommation humaine.
Quelle sont l’origine et la cohérence profonde de cette idéologie ? L’argument principal est celui d’éviter la souffrance animale. La souffrance est un mécanisme de maintien de l’intégrité de l’organisme, probablement apparu il y a quelques millions d’années, lié à l’évolution d’un système nerveux centralisé, il s’agit donc d’un argument inspiré par la biologie et il est légitime de l’évaluer par ce que dit la biologie.

Selon cet argument, plus les organismes sont proches de l’homme, plus ils sont susceptibles d’éprouver une souffrance similaire à la sienne, qu’il faut éviter de leur infliger. Tous les êtres vivants, de la bactérie à l’éléphant, partagent une origine évolutive commune et hébergent des mécanismes complexes permettant à l’organisme de percevoir les atteintes à son intégrité, de s’y adapter ou d’y échapper pour optimiser sa survie.
Vision anthropocentrique
La logique biologique, si on devait l’appliquer strictement, voudrait donc que l’on s’inquiète de façon égale des réactions du poireau arraché vivant, de l’arbre dont on prélève les organes sexuels (rappelons que le fruit est l’organe sexuel des plantes) ou de l’empoisonnement des moustiques, cafards et autres insectes par les insecticides.
L’argumentation biologique soutenant l’antispécisme est donc erronée car elle établit une hiérarchie dans le monde vivant où les plus dignes d’attention sont évolutivement proches de l’homme, plaçant implicitement celui-ci au sommet de l’arbre du vivant. Cette vision anthropocentrique du monde vivant est ancienne et culmine...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Axelle Davezac, directrice générale de la Fondation de France, plaide dans une tribune au « Monde » pour la mise en place d’un modèle qui ne fasse pas de distinction entre les causes « rentables » et les autres.
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« Mécénat et responsabilité sociétale sont distincts mais complémentaires »

Axelle Davezac, directrice générale de la Fondation de France, plaide dans une tribune au « Monde » pour la mise en place d’un modèle qui ne fasse pas de distinction entre les causes « rentables » et les autres.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 16h13
    |

Axelle Davezac (Directrice générale de la Fondation de France)







                        



                                


                            

Tribune. Autrefois considérées comme des contraintes, les actions menées au titre de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) se multiplient et concourent aux intérêts économiques des entreprises. Parallèlement, le mécénat, volontaire, poursuit sa croissance avec 14 % d’entreprises mécènes, comme le rappelle le récent Panorama national des générosités.
A l’heure où le projet de loi Pacte [Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises] prévoit de renforcer le « rôle social » de l’entreprise, il est essentiel de souligner qu’au-delà de leurs ressemblances, RSE et mécénat ne doivent pas être confondus. Car leurs contributions restent complémentaires, au service de l’intérêt général.
Les dirigeants d’entreprise sont unanimes : pour eux, la RSE n’est plus une contrainte légale ou seulement un moyen d’entretenir leur image. Elle est devenue, en quelques années, l’objet d’une attention et d’un engagement bien plus profonds. C’est l’un des enseignements de la récente étude de la Fondation de France sur l’engagement de l’entreprise : pour la majorité des répondants, la RSE est devenue un élément fondamental de leur stratégie et représente une opportunité économique.
Lorsqu’elle est menée de manière efficace et cohérente avec l’identité et les enjeux de l’entreprise, elle permet d’adresser un message fort à la fois aux clients, aux collaborateurs et à l’ensemble des parties prenantes. Voire de constituer un argument marketing auquel les consommateurs sont de plus en plus sensibles, notamment lorsqu’elle permet d’obtenir des labels environnementaux. Selon une étude de France Stratégie, les entreprises menant des politiques RSE génèrent même un gain de performance de 13 % en moyenne par rapport aux autres.
Vigilance
De son côté, le mécénat continue de progresser tout en évoluant : il devient de plus en plus professionnel, maîtrisé, et piloté en cohérence avec la stratégie de l’entreprise. Il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ L’auteure Velina Minkoff raconte le voyage d’une adolescente en République populaire démocratique de Corée (RPDC) à la fin des années 1980 dans son ouvrage « Le Grand Leader doit venir nous voir ».
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Itinéraire d’une jeune communiste bulgare en Corée du Nord

L’auteure Velina Minkoff raconte le voyage d’une adolescente en République populaire démocratique de Corée (RPDC) à la fin des années 1980 dans son ouvrage « Le Grand Leader doit venir nous voir ».



Le Monde
 |    28.06.2018 à 15h53
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 09h30
    |

            Philippe Pons (Tokyo, correspondant)








                        



                                


                            

Livre. Etre Bulgare, avoir treize ans et débarquer en République populaire démocratique de Corée (RPDC) à la fin des années 1980. Un choc, même pour une petite communiste comme Alexandra envoyée dans un camp international d’été de pionniers pendant une dizaine de jours. Elle tient un journal en vue d’un rapport sur son voyage. Ce que fit effectivement l’auteure, née à Sofia en 1974, qui raconte son équipée sous forme de roman.
Dans une langue d’adolescente dont la naïveté désopilante fait tout le sel, Alexandra décrit ce qu’elle voit, entend, ressent sans se poser de questions sur la réalité qui se cache derrière la propagande ou derrière ce qui lui est donné à voir. Et se dessine en creux cet étrange pays qu’était – et est encore – la RPDC.
A l’époque, le pays de Kim Il-sung vivait les derniers feux de son âge d’or : il passait, même aux yeux de la CIA, pour une réussite du monde socialiste qui à l’Ouest commençait à chanceler. Le Festival de la jeunesse de l’été 1989, pendant nord-coréen aux Jeux olympiques de Séoul d’un an auparavant, allait clore cette période « faste ». Au milieu de la décennie suivante, la RPDC entrait dans la période la plus dramatique de son existence depuis la guerre de Corée (1950-1953) : une famine qui fit, au bas mot, un million de morts sur une population de 24 millions de personnes.
Myopie d’adolescente
Il existe certes des livres académiques sur la RPDC des années 1970-1980, mais rares sont les récits sur ce pays vu par une adolescente, drôle à force d’être dupe. Alexandra arrive dans une contrée qui la fascine par son exotisme et par sa « prospérité ». Elle écarquille les yeux. Pyongyang et ses hôtels aux bars « avec toutes sortes de boissons », ses grandes avenues quasiment vides avec leur voie médiane réservée aux voitures officielles, ses innombrables statues à la gloire du « Dirigeant » tutélaire – que finalement elle ne verra pas –, ses grands magasins, son métro aux stations...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ L’économiste Pierre Khalfa explique, dans une tribune au « Monde », que le remède apporté par l’Europe à la crise financière grecque condamne le pays au mieux à péricliter, au pire à continuer à s’enfoncer dans la pauvreté et le dénuement.
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Grèce : « Le risque d’un nouveau scénario catastrophe ne peut être exclu »

L’économiste Pierre Khalfa explique, dans une tribune au « Monde », que le remède apporté par l’Europe à la crise financière grecque condamne le pays au mieux à péricliter, au pire à continuer à s’enfoncer dans la pauvreté et le dénuement.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 15h44
    |

                            Pierre Khalfa (Economiste, coprésident de la Fondation Copernic)








                        



                                


                            

Tribune. « Grèce : un accord historique pour tourner la page », titrait Le Monde du 23 juin. La lecture de l’article indique pourtant que, loin d’être tournée, cette page, parmi les plus noires de ce pays qui en a pourtant connu un certain nombre, va continuer à être écrite par les mêmes protagonistes. La Grèce a été quasiment détruite par les plans d’austérité successifs que les institutions et les gouvernements européens lui ont imposés.

Cette saignée censée guérir le malade a abouti à une catastrophe économique et sociale. Depuis 2010, le PIB du pays a diminué d’un tiers, 35 % de sa population vit aujourd’hui sous le seuil de pauvreté et la baisse massive du niveau de vie s’est accompagnée d’un désastre sanitaire qui voit des pans entiers de la population privés de tout soin médical.
Condamnée à être asphyxiée
Non seulement l’accord conclu le 21 juin ne permettra pas de sortir de cette situation, mais il risque fort de l’aggraver. Tout d’abord, remarquons qu’à la différence des autres plans imposés à la Grèce, qui étaient limités dans le temps, celui-ci court jusqu’en 2069, puisque les remboursements auprès du Mécanisme européen de stabilité (MES) ne seront théoriquement terminés qu’à cette échéance.

Pire, le pays doit dégager un surplus primaire (excédent budgétaire avant paiement des intérêts de la dette) de 3,5 % du PIB jusqu’en 2022 et de 2,2 % pendant les trente-sept années suivantes. S’il a été un peu repoussé dans le temps, le remboursement de la dette grecque reste le seul objectif des institutions européennes. Pour tenir ces engagements, la Grèce s’est condamnée à être asphyxiée par une austérité permanente qui ne peut que l’enfoncer encore plus dans un marasme économique dont la population continuera à payer le prix fort.
Va-t-elle au moins récupérer à ce prix son indépendance politique ? Pas immédiatement en tout cas, car jusqu’en 2022 la Grèce devra subir un audit...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Les mesures prises collectivement par l’Union européenne ont permis de renforcer l’euro et de soutenir la croissance, affirme dans une tribune au « Monde » le président de l’Eurogroupe au moment où se tient un conseil européen, les 28 et 29 juin.
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Mario Centeno : « L’euro est sorti plus fort encore de la crise »

Les mesures prises collectivement par l’Union européenne ont permis de renforcer l’euro et de soutenir la croissance, affirme dans une tribune au « Monde » le président de l’Eurogroupe au moment où se tient un conseil européen, les 28 et 29 juin.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 15h25
    |

Mario Centeno (Président de l’Eurogroupe)







                        



                                


                            

Tribune. Peu importe le scepticisme. L’Europe est en train de gagner. La crise a mis l’euro à l’épreuve, mais l’euro en est sorti plus fort. Alors que nous discutons des mesures pour renforcer davantage la monnaie unique, nous sommes sur le point d’aboutir à une même vieille question. Serons-nous en mesure d’être leaders dans les bons moments, ou allons-nous attendre une autre crise pour nous forcer la main ?
Au plus fort de la crise, il n’était pas évident que l’euro s’en sorte indemne. La grande dépression a causé des difficultés à beaucoup de nos citoyens, le soutien à l’euro a enregistré les plus bas niveaux de son histoire et les Etats membres ont été forcés de mettre leurs ressources en commun.
Nous avons été pris au dépourvu, mais, face à un réel danger, les dirigeants européens sont sortis de leur zone de confort pour défendre notre monnaie. La garantie souveraine de 500 milliards d’euros – le Mécanisme européen de stabilité (MES) – est peut-être l’exemple le plus clair de cet effort. Détrompez-vous : l’expansion économique d’aujourd’hui est notre retour sur cet investissement.
Toutes les économies de l’euro connaissent en ce moment une croissance solide. Les héritages de la crise, tels que la dette publique, les déficits et le chômage, diminuent de façon constante et sans précédent. Le cas de la Grèce est une preuve de notre détermination. Après huit années d’ajustement, soutenues par 256 milliards d’euros de prêts, la Grèce sort de son programme d’aide financière cet été.
Union monétaire et bancaire
La résolution politique et la patience sont ici essentielles. La patience est le meilleur antidote à la croissance des populismes et des extrêmes en politique. Défendre l’euro avec des institutions réformées demeure la meilleure solution pour assurer la croissance et le développement économique dans un monde en changement permanent. Nous avons essayé d’autres solutions dans le passé, et celles-ci se sont révélées...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ A 56,5 % du PIB, notre niveau de dépense publique est sans égal parmi les économies avancées. L’argent public est trop rare pour qu’on continue à s’en servir comme d’un pansement sur des plaies mal soignées, explique l’économiste Jean Pisani-Ferry dans sa chronique.
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« La stratégie de la dépense palliative a atteint ses limites »

A 56,5 % du PIB, notre niveau de dépense publique est sans égal parmi les économies avancées. L’argent public est trop rare pour qu’on continue à s’en servir comme d’un pansement sur des plaies mal soignées, explique l’économiste Jean Pisani-Ferry dans sa chronique.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 15h01
    |

                            Jean Pisani-Ferry (Professeur d’économie à Sciences Po, ­à la Hertie School de Berlin et à l’Institut universitaire européen de Florence)








                        



                                


                            

Tendances France. « Pognon de dingue » : avec cette expression triviale, Emmanuel Macron a voulu faire écho au sentiment que l’argent public est mal employé. Est-ce vrai et si oui, où faut-il couper ? Ce sera le débat économique du prochain semestre. Il n’a pas eu lieu en 2017. En 2019, il sera déjà bien tard. C’est cet automne que va se jouer la politique des finances publiques du quinquennat.
A 56,5 % du PIB, notre niveau de dépense publique est sans égal parmi les économies avancées. Il excède de dix points la moyenne de la zone euro. D’autres, comme la Suède dans les années 1990, ont atteint ce niveau, mais cela n’a pas duré.
Rien n’oblige les pays européens à faire les mêmes choix. Si les Français veulent de meilleurs services publics et des assurances sociales qui les couvrent mieux, s’ils sont prêts à payer pour cela, très bien. Il n’y a problème que si la dépense n’est pas maîtrisée, ne répond pas aux préférences collectives, ou est inefficace.
Or, le constat est brutal : depuis 2000, rappelle France Stratégie, notre dépense structurelle primaire (c’est-à-dire corrigée de la conjoncture et hors paiements d’intérêts) a progressé de cinq points de PIB. Une dérive d’un tiers de point par an, ce n’est pas durablement soutenable.
Bonnes et mauvaises raisons
Deuxième travers : le financement. Depuis vingt ans, à chaque embellie de la conjoncture – en 2000-2001, 2007 et 2017 – nous abaissons les prélèvements plutôt que de résorber le déficit. Notre consentement collectif à l’impôt n’est pas à la hauteur de notre appétence pour la dépense. Cette contradiction a jusqu’ici été résolue par la dette. Ce n’est plus possible.
Enfin, nous dépensons pour de bonnes, mais aussi de mauvaises raisons.
Les bonnes, ce sont l’enseignement gratuit, des assurances sociales collectives, un Etat redistributif, un réseau étendu de services publics, une capacité autonome de défense.
Les mauvaises, ce sont l’empilement...




                        

                        

