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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ La nationalité française pourrait être demandée uniquement si l’un des deux parents réside sur le territoire depuis trois mois au jour de la naissance de l’enfant.
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Trois questions autour du projet de limitation du droit du sol à Mayotte

La nationalité française pourrait être demandée uniquement si l’un des deux parents réside sur le territoire depuis trois mois au jour de la naissance de l’enfant.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 18h12
    |

                            Simon Auffret








                        



   


A l’initiative du sénateur (La République en marche) de Mayotte, Thani Mohamed Soilihi, le Sénat a adopté en première lecture le 26 juin deux amendements à la loi asile et immigration qui conduisent à réformer le droit du sol sur le 101e département français.
Le texte instaure en l’occurrence une nouvelle condition pour être naturalisé : que l’un au moins des deux parents d’un enfant né sur l’île réside de manière régulière sur le territoire depuis plus de trois mois au jour de la naissance. Pour Thani Mohamed Soilihi, il s’agit là d’une modification « à portée limitée ». Est-ce vraiment le cas ?

   


Qu’est-ce qui a motivé le vote de cette mesure ?
Le sénateur dit vouloir parer à l’« insoutenabilité de la pression migratoire pour les Mahorais ». Il espère ainsi décourager les « milliers de femmes enceintes qui, souvent au péril de leur vie, abordent sur les rivages de Mayotte avec l’espoir de donner naissance à un enfant né sur le territoire national afin qu’il puisse y être élevé et ainsi bénéficier d’une naturalisation par “le droit du sol”. »
Devenue une région ultrapériphérique de l’Union européenne en 2014, l’île de Mayotte, située entre Madagascar et l’archipel des Comores, est le lieu d’importantes arrivées de personnes souhaitant demander l’asile en France : selon l’Insee, 41 % des 200 000 résidents de l’île sont de nationalité étrangère, dont la moitié serait en situation irrégulière.
La pression démographique y est aussi importante : le taux de natalité y est de quarante pour mille, contre douze pour mille pour la France entière. En 2016, 74 % des enfants y sont nés de mères étrangères, phénomène visé par la proposition du sénateur mahorais.

        Lire aussi :
         

                L’immigration, un facteur important de la démographie à Mayotte



Un régime différent de la métropole s’applique à la politique migratoire de l’île, pour faire face à cette forte augmentation de la population – Mayotte ne comptait que 26 000 habitants en 1960.
Comme dans les autres territoires d’outre-mer, le recours dans le cas d’une demande d’asile rejetée n’est pas suspensif, accélérant les éloignements du territoire – environ 30 000 chaque année, selon la Ligue des droits de l’homme.
La situation est aussi particulière pour les migrants mineurs, arrivés seuls sur l’île : 4 285 enfants y ont été retenus dans des centres de rétention administrative en 2016 selon le Défenseur des droits – une disposition illégale en métropole.
Comment fonctionne le droit du sol aujourd’hui ?
Pour les enfants nés sur le territoire français de parents étrangers vivant à l’étranger, concernés par la mesure votée par les Sénateurs, la nationalité française n’est pas attribuée dès la naissance – ce n’est le cas que pour les enfants de parents français.
Elle peut être obtenue par l’enfant lui-même à sa majorité, sous réserve de résider en France au moment de la demande, de posséder un certificat de naissance et d’y avoir vécu au moins cinq ans depuis l’âge de 11 ans. Avant d’être majeur, la demande est possible à l’initiative des parents (si l’enfant à entre 13 ans et 16 ans) ou par l’enfant lui-même (entre 16 ans et 18 ans), avec des conditions de résidence plus importantes.
La mesure est-elle constitutionnelle ?
Le Conseil d’Etat a donné un avis favorable au projet de M. Mohamed Soilihi. Les juges se sont notamment référés à l’article 73 de la Constitution, qui laisse une marge de manœuvre aux législations des collectivités locales d’outre-mer.
Néanmoins, de précédentes tentatives de limitation du droit du sol avaient été abandonnées devant la possibilité d’un refus du Conseil constitutionnel : en 2005, François Barouin, alors ministre de l’outre-mer, avait envisagé une remise en question du droit du sol « pour certaines collectivités », avant qu’une mission d’information parlementaire ne mette de côté la proposition, qui comportait de « forts risques constitutionnels ». En 2008, une proposition similaire de Christian Estrosi, alors secrétaire d’état chargé de l’outre-mer avait provoqué les mêmes réactions.
L’un des obstacles majeurs est l’indivisibilité de la loi française en matière de nationalité : Mayotte étant un département à part entière, les conditions d’attribution doivent y être identiques à ce qu’elles sont dans le reste du pays. « Si cette mesure est votée, qu’est ce qui empêcherait les Alpes-Maritimes de demander des dispositifs similaires, ou la Corse ? », souligne Patrick Weil, directeur de recherche au CNRS.

        Lire la tribune de Patrick Weil :
         

          « La situation mahoraise ne doit pas servir de prétexte pour porter atteinte à l’indivisibilité de la République »



Pour le professeur à l’université Paris-I, la jurisprudence du Conseil constitutionnel, qui avait rappelé le principe d’indivisibilité dans un avis de 1993 pour les personnes nées en Algérie – jurisprudence absente de l’avis du Conseil d’état – pourrait également motiver le refus d’une limitation du droit du sol à Mayotte. Les sages y affirmaient que toute restriction au droit du sol ne pouvait concerner qu’un territoire anciennement français, devenu indépendant.
La commission mixte paritaire parlementaire (composée de députés et de sénateurs) a commencé à travailler sur une version définitive du texte, dès le mercredi 27 juin. Le projet a reçu un soutien de poids, jeudi 28 juin, à l’occasion des conclusions des assises des outre-mer à l’Elysée : « J’ai noté que l’évolution proposée par le sénateur Soilihi faisait consensus. Je veux donc dire ici que je soutiens cette démarche », a déclaré le président de la république Emmanuel Macron.

        Lire aussi :
         

                Macron apporte son soutien à un projet de limitation du droit du sol à Mayotte






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Le message d’une bénévole imaginaire, partagé sur les réseaux sociaux depuis près de sept ans, stigmatise les populations bénéficiaires des Restos du cœur.
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Les Restos du cœur victimes d’une intox raciste

Le message d’une bénévole imaginaire, partagé sur les réseaux sociaux depuis près de sept ans, stigmatise les populations bénéficiaires des Restos du cœur.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 16h34
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 16h58
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


C’est un hoax (canular) vieux de plus de six ans, qui refleurit ces derniers jours sur les réseaux sociaux. « Scandale – je suis écœurée après 2 semaines de bénévolat aux Restos du cœur… », lit-on dans une capture d’écran partagée par divers comptes affiliés à l’extrême droite.
L’auteure de ce texte dit être une personne ayant fait deux semaines de bénévolat dans l’association reconnue d’utilité publique en 2015. Une longue logorrhée raciste s’ensuit :
« Je suis dégoûtée de voir la manière dont se conduisent les noirs, les nord-africains, les armadas de kosovars, tchéchènes, turcs et autres migrants venus de l’Est ! (…) J’ai aussi passé du temps au rayon “bébés “et distribué entre autres des petits pots à des femmes, pour la plupart noires, engrossées à longueur d’années avec 4 enfants en bas âge dans les pattes et braillant, elles-mêmes gueulent : “Mais ce n’est pas de la Marque !!!” et rejettant des petits pots… » (sic).

   


Le compte Twitter l’ayant diffusé invite les internautes à « partager absolument » ce témoignage présenté comme véridique. Sur Facebook, où le message a également beaucoup circulé, des personnes réagissent avec des tombereaux d’injures racistes ou se félicitent de ne plus donner de nourriture à l’association fondée par Coluche. D’autres appellent à ne donner « que du porc, du lard ou du cochon » aux Restos du cœur.
Pourquoi c’est faux
Las, ce message n’est qu’un hoax circulant depuis de nombreuses années. On en retrouve trace sur divers forums depuis 2011. La première mouture du texte n’est pas écrite à la première personne, et a été mise en ligne en décembre 2011 sur un blog francophone israélien.

   


Dans les versions successives du texte, apparues dans le courant de l’année 2012, le message est réécrit à la première personne, par une certaine Catherine Tendance. Comme le rapporte Rue89 Lyon, le gérant de Tendance+, une petite boutique de vêtements féminins, a été victime d’une usurpation d’identité : l’adresse ainsi que le numéro de téléphone de sa boutique figurent dans un mail viral reprenant mot pour mot le message raciste du blog francophone israélien.
Interrogé par Rue89 Lyon, le gérant de la boutique raconte avoir reçu des centaines d’appels, d’e-mails ou de cartes postales venues du monde entier. Certaines d’entre elles le félicitent pour son « analyse ». Désemparé, le commerçant a changé de numéro de téléphone.
L’association a publié un communiqué sur son site internet, rappelant que les propos de « Catherine » étaient « fantaisistes et totalement contraires à l’éthique des Restos du cœur ».

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Pour les étudiants admissibles aux oraux des écoles de commerce, l’objectif est de marquer les esprits pour être retenu. Mais quelles sont les exigences du jury, que recherche-t-il, comment juge-t-il ? Reportage à la Toulouse Business School.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Oraux d’admission : « On teste un peu la culture générale, mais surtout l’envie de découvrir, d’apprendre »

Pour les étudiants admissibles aux oraux des écoles de commerce, l’objectif est de marquer les esprits pour être retenu. Mais quelles sont les exigences du jury, que recherche-t-il, comment juge-t-il ? Reportage à la Toulouse Business School.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 17h16
    |

                            Caroline Pain








                        



   


« Vous indiquez sur votre C.V. que vous faites de la course à pied, à quelle fréquence, quel genre ? », demande le jury. La jeune femme répond en souriant : « Oui, en fait, je fais de la course d’orientation. Ça veut dire qu’on doit retrouver notre chemin dans une forêt, grâce à ça j’ai développé des qualités d’endurance, de réflexion. Dans votre école, j’aimerais bien d’ailleurs monter une association pour organiser une course d’orientation. »
Clara* fait partie du millier de candidats convoqués aux oraux d’admission parallèles. Ce concours s’adresse aux étudiants détenteurs d’un DUT ou d’une licence. Si les élèves de classe préparatoire sont la plupart du temps majoritaires au sein des grandes écoles de commerce, depuis quelques années, ces dernières ouvrent leurs portes à d’autres profils.
Le but de ces oraux est justement de découvrir le candidat. Cerner sa personnalité et approfondir son idée de projet professionnel, voilà en général ce qui préoccupe les jurys des oraux d’admission aux grandes écoles de commerce. Le projet en question n’a pas nécessairement besoin d’être abouti. Ce qui importe, ce sont surtout « les réflexions autour de leur parcours, ce qu’ils en retirent, et également, ce qui les amène ici », explique Gaël Gueguen, enseignant en stratégie d’entreprenariat à la Toulouse Business School (TBS).
A ses côtés, Sami Ben Amor, directeur marketing Thalès Alenia Space France, a été contacté par l’école de commerce toulousaine en tant que représentant du monde du travail. Selon les deux jurés, deux critères sont importants : « la capacité à apparaître comme quelqu’un avec qui on a envie de travailler », dit l’enseignant, et pour Sami Ben Amor, « ce qui compte c’est qu’il soit lui-même, peu importe la personnalité d’un candidat, l’important c’est qu’il ne joue pas un rôle, qu’il sache qui il est et où il veut aller ».
Avec les autres professionnels invités à être membres du jury, il a reçu quelques lignes directrices de la part de l’école pour les guider dans cet exercice. « Vous allez évaluer chaque candidat avec une lettre, de A pour les meilleurs à E pour les moins satisfaisants, et à l’issue de la demi-journée d’oraux, vous uniformiserez les notes pour en mettre une définitive », détaille Pierre-Yves Empis, responsable projets de développement partenariats à TBS. « Ce n’est pas un entretien de recrutement, recadre-t-il. Rappelez-vous qu’il y a deux ans, pour la plupart, ils étaient encore au lycée. Vous incarnez TBS, donc faites preuve d’exigence, donnez le sentiment qu’il s’agit d’un oral sélectif, sans pour autant être agressif. L’objectif est de savoir si cette personne serait un candidat idéal selon vous. »
Selon Gaël Gueguen, l’exercice ne relève pas d’une science exacte. « C’est effectivement assez complexe d’évaluer quelqu’un, c’est un sentiment qu’on a eu et, à partir de ça, on essaie de rationaliser ces éléments, explique l’enseignant. On remarque en général que des certitudes communes émergent et justifient tel ou tel choix. »
« On n’attend pas d’eux qu’ils connaissent déjà tout »
Comme les autres duos ou trios de jury, Gaël Gueguen et Sami Ben Amor évaluent les candidats lors d’un oral d’une vingtaine de minutes, à l’aide d’un court questionnaire que les étudiants remplissent en arrivant et, bien entendu, sur leur C.V. « Celui-ci était vraiment trop chargé et trop coloré », commente Sami Ben Amor en montrant un C.V. Gaël Gueguen, lui, au contraire, apprécie son originalité. Au-delà des goûts et des couleurs, ce que tous deux soulignent c’est l’importance de la clarté du C.V.
Sur celui de Noémie*, ils passent du temps à comprendre une formulation, « projet de » : l’a-t-elle fait ? Est-ce toujours au stade de projet ? Mais cela amène, finalement, à une discussion intéressante sur les envies de la jeune femme. Par contre, après le passage d’une autre candidate, qui avait veillé à amener plusieurs exemplaires de son C.V., le jury se rend compte que ceux-ci sont, en fait, différents : les noms d’entreprise ne sont pas exactement les mêmes, les dates ne sont pas dans le même ordre… Une confusion peu appréciée du jury qui tranchera en défaveur de la jeune femme, en partie à cause de cela.

        Lire aussi :
         

                Les oraux des concours, entre exercice de style et test de personnalité



Au-delà du parcours, le jury cherche à évaluer les connaissances et les idées du candidat : dans les domaines directement liés à l’école de commerce, comme le management, Brice* impressionne les deux membres du jury avec ses connaissances dans le service client, où il a déjà travaillé. Mais au-delà, le jury souhaite mesurer la curiosité, les appétences des candidats. « On teste un peu la culture générale, mais surtout leur envie de découvrir, d’apprendre, comme la candidate qui vient de passer, qui connaissait tout l’historique de son entreprise », observe Gaël Gueguen.
Noémie intrigue le jury quand elle raconte comment elle s’est battue, outrepassant l’opposition de ses enseignants pour, malgré tout, partir faire une année d’études à l’étranger. « Elle a eu un peu de culot, mais en même temps son travail a payé, elle a réussi à avoir la certification dont elle avait besoin pour partir », apprécie Sami Ben Amor. D’autres questions plus anodines peuvent aussi intervenir dans la conversation, les pôles d’« intérêt » ou les « hobbys » sont souvent l’objet de questions.
Ce qui importe également c’est la forme de l’entretien. Les deux membres du jury ont, par exemple, tranché en défaveur d’un candidat parce qu’il avait eu plus de mal à gérer son stress. « Le problème de la nervosité des candidats, c’est que cela nous gêne pour les cerner, on ne sait pas si c’est le stress qui, sur le moment, les empêche d’apparaître sous leur meilleur jour, ou s’ils sont de fait timides… », dit Gaël Gueguen. Le jury souligne l’importance évidente de la tenue choisie par les candidats. Si elle doit être formelle, elle peut aussi laisser transparaître une facette de leur personnalité.
En somme, il ne suffit pas simplement d’être sympathique. Si l’échange se passe bien, que le candidat est poli, c’est évidemment une bonne chose. Mais, comme le souligne Sami Ben Amor après le passage d’une étudiante – qui ne l’a pas convaincu –, « je n’ai pas eu envie de lui poser une seule question, ça prouve sans doute que je n’avais pas vraiment envie d’en savoir plus sur elle ».
* Les prénoms ont été modifiés.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Comme les Macron et leur rêve de piscine à Brégançon, les Français n’ont jamais autant aimé mouiller le maillot (de bain). Nouveaux complexes, investissements pharaoniques, la balnéothérapie s’est offert une cure de jouvence.
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Spa, thalasso, thermes... Les Français adorent l’eau


                      Comme les Macron et leur rêve de piscine à Brégançon, les Français n’ont jamais autant aimé mouiller le maillot (de bain). Nouveaux complexes, investissements pharaoniques, la balnéothérapie s’est offert une cure de jouvence.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 14h57
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 15h13
    |

            Catherine Rollot et 
Pascale Krémer








                              

                        

Ce sont des préfixes magiques. Aqua-bidule, hydro-truc… et le chiffre d’affaires suit. L’esperluette fonctionne bien elle aussi : Machin-chose & spa. A coup sûr, les plaisirs et soins d’eau font recette, ces temps-ci. Toutes les occasions sont bonnes : la France nage, glisse, plonge, patauge, flotte, barbote, s’hydrate, se rafraîchit, ramollit, se dissout… De tous côtés, elle prend l’eau. Aux premières chaleurs, que promet la maire de Paris ? Une baignade dans la Seine, d’ici à 2024. Qu’exige le président de la République ? Une piscine, en son fort varois de Brégançon ! Ministres et conseillers, eux, tenteront d’estomper leurs cernes au spa ou d’éloigner le burn-out en thalassothérapie.
Thalassothérapie et thermalisme
Cette dernière « se porte bien », admet le docteur Marie Perez-Siscar, qui en préside le syndicat officiel, France Thalasso. Ces soins par la mer, les boues, algues et oligoéléments, invention française du XIXe siècle, côté Atlantique, sont désormais dispensés dans 51 centres littoraux. Avec l’offre croît la fréquentation : de 7 % en moyenne entre 2010 et 2016, et encore de 4 % l’an dernier, pour un chiffre d’affaires annuel de 350 millions d’euros.
Au milieu des années 2000, menacé de déremboursement, le thermalisme pâtissait d’une image vieillotte.
Certes, la perspective de passer six jours en peignoir éponge, hébergé dans un hôtel qui vend la nuit au prix de la semaine en all inclusive tunisien, ne réjouit plus forcément. En revanche, on s’offre volontiers un week-end, une journée. Et même une petite après-midi, dos massé par l’eau de mer qui tombe du col-de-cygne, puis par des mains expertes, pour une cinquantaine d’euros. « On cherche à proposer des nouveautés, assure le docteur Perez-Siscar, mais les clients reviennent toujours à l’eau. Ce qui est le plus prisé, c’est être seul dans son bain bouillonnant, à se recentrer. La thalasso est le lieu où l’on se met en mode pause dans sa...




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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Mektoube, Christian Mingle, JDream… Les applis de rencontres communautaires se multiplient. Signe de repli ou simple recherche par affinités ? Le reflet surtout, d’une société où ne pas être blanc réduit nettement les possibilités sur Tinder ou Meetic.
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Le Monde
 |
                  29.06.2018 à 14h53
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 15h12


Mektoube, Christian Mingle, JDream… Les applis de rencontres communautaires se multiplient. Signe de repli ou simple recherche par affinités ? Le reflet surtout, d’une société où ne pas être blanc réduit nettement les possibilités sur Tinder ou Meetic.

Par                             Sofia Fischer





                     

Il est un peu plus de 20 heures, les fenêtres des tours HLM de ce quartier nord toulousain s’allument une par une. Dans son T2 tout neuf, Boujemaa ­Boutlalak, un Marocain de 31 ans, se recoiffe sous la lumière blanche de la salle de bains. Il se fait un café, installe son trépied, branche son iPhone, vérifie une dernière fois son reflet et appuie sur l’écran pour lancer son live : une émission retransmise en direct sur sa chaîne Facebook (plus de 120 000 abonnés) baptisée « Marie-moi, Bob ».
Des dizaines de milliers de personnes en quête du grand amour, pour la plupart des habitués de ce rendez-vous donné trois fois par semaine, se connectent depuis leur téléphone devant leur plat de pâtes ou depuis leur canapé et demandent à passer en direct à coups de « ana-ana ! » (moi, moi !) laissés dans les commentaires. Ceux qui sont sélectionnés par Boujemaa Boutlalak pourront se présenter ce soir gratuitement en direct et en vidéo sur sa chaîne.
« On est en 2018, on vit greffés à nos téléphones. On n’est pas obligés de se rencontrer à la mosquée ! » Boujemaa Boutlalak, créateur de la chaîne Facebook « Marie-moi, Bob »
Chahdid, un jeune homme aux cheveux gominés très sûr de lui, recherche « une femme de n’importe quel âge » en banlieue parisienne. Assis sur un sofa un peu défoncé, il parle fort pour dominer la musique qu’il a laissée allumée dans le salon. Zina, jeans taille haute et rouge à lèvres bordeaux, voix fluette et rires gênés, veut « un homme, un vrai », n’importe où en Europe – elle sait que Boujemaa Boutlalak a des fans bien au-delà des frontières françaises. Jalila, grands yeux, traits fins et très intimidée, cherche ses mots : elle espère trouver un mari en région marseillaise.
D’autres, qui appellent depuis l’étranger, ont la voix hachée et la silhouette pixellisée : ils n’auront pas le temps de finir leurs phrases avant d’être zappés par l’animateur, faute d’une connexion acceptable. Tous précisent leur pseudo...





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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Jean-Pierre Stroobants, correspondant du « Monde » au bureau européen, à Bruxelles, a répondu à vos questions sur le sommet européen.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ L’étendue croissante des réseaux sociaux facilite les changements soudains dans le consensus social. Il est donc essentiel de prendre conscience qu’une norme sociale partagée par une majorité d’individus ne signifie pas qu’elle a été choisie par cette majorité, explique le chercheur en sciences sociales Andrea Baronchelli dans une tribune au « Monde ».
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« Des groupes minoritaires engagés peuvent faire basculer l’opinion publique et bouleverser des conventions sociales »

L’étendue croissante des réseaux sociaux facilite les changements soudains dans le consensus social. Il est donc essentiel de prendre conscience qu’une norme sociale partagée par une majorité d’individus ne signifie pas qu’elle a été choisie par cette majorité, explique le chercheur en sciences sociales Andrea Baronchelli dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    29.06.2018 à 13h34
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 13h36
    |

Andrea Baronchelli (Chercheur en systèmes complexes et en sciences sociales computationnelles, maître de conférences à la City University of London)







                        



                                


                            

Tribune. De l’égalité des sexes au mariage homosexuel en passant par l’acceptation de l’usage du tabac ou du cannabis, la théorie de la « masse critique » a souvent été utilisée pour expliquer les nombreuses évolutions de nos conventions sociales.
Selon cette théorie, des groupes minoritaires peuvent être à l’origine de changements dans les conventions partagées par une majorité de la population à partir du moment où ils atteignent une certaine taille ou « masse » critique. Lorsque cela se produit, une situation considérée jusqu’alors comme normale peut devenir inacceptable. Et vice versa.
Des décennies de travaux en sociologie, en physique ou dans d’autres disciplines ont appuyé cette idée, sans qu’aucune preuve empirique n’ait permis de confirmer ce qui n’était, en réalité, qu’une hypothèse. Les bouleversements de nos conventions sociales sont généralement analysés a posteriori. Par conséquent, il est difficile de savoir ce qui se serait produit si une minorité en faveur du changement avait été un peu plus petite ou, inversement, si une minorité ayant échoué à engendrer une révolution avait été plus grande.
Le monde connecté dans lequel nous vivons, peuplé de robots automatisés et d’extrémistes organisés qui essaient de promouvoir de nouveaux comportements ou opinions, nous incite plus que jamais à comprendre ces dynamiques. C’est ce qui nous a conduits à mener, avec les sociologues Damon Centola, Joshua Becker et Devon Brackbill de l’université de Pennsylvanie, une expérience inédite mettant à l’épreuve la théorie de la masse critique.
Un consensus lié à l’étendue du réseau
Nous avons pu ainsi valider ses hypothèses et obtenir pour la première fois des preuves empiriques. Notre expérience s’appuie sur des années de travaux théoriques et expérimentaux ayant porté sur deux questions indissociables : Comment les conventions sociales naissent-elles ? Et pourquoi évoluent-elles ?
Commençons...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Les associations LGBT qui participeront au défilé de samedi, à Paris, auront pour première revendication une évolution de la loi.
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La Marche des fiertés dans l’attente de la PMA pour toutes

Les associations LGBT qui participeront au défilé de samedi, à Paris, auront pour première revendication une évolution de la loi.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 12h00
    |

            Gaëlle Dupont








                        


Les mots ont été tracés sur le sol à la peinture blanche, en lettres capitales, à quelques jours de la Marche des fiertés du samedi 30 juin : « LGBT hors de France ». Dans la nuit du 25 au 26 juin, les drapeaux arc-en-ciel peints sur la chaussée d’un carrefour du quartier du Marais, à Paris, ont également été recouverts de blanc. Les traces du vandalisme ont disparu dans la journée, et les couleurs repeintes seront désormais permanentes.
Une étude publiée le 27 juin par l’IFOP est venue confirmer l’ampleur des discriminations subies par les homosexuels, bisexuels ou transgenres : plus de la moitié ont déjà été victimes d’une agression (insultes, attouchements ou gestes à caractère sexuel, menaces de révéler l’orientation sexuelle, viol…).

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                Contre l’homophobie, Paris va pérenniser les passages piétons aux couleurs de l’arc-en-ciel



De quoi mobiliser les participants à la marche, rassemblés autour du mot d’ordre : les discriminations au tapis, dans le sport comme dans nos vies. La mise en avant du sport, qui vise à lutter contre la « loi du silence » dans ce milieu, est contestée par une minorité d’association comme Act Up-Paris. Selon l’Inter-LGBT (Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans), organisatrice, l’actualité le justifie.
La Coupe du monde de football se déroule en Russie, un pays où les homosexuels sont contraints de vivre cachés. De nombreuses associations, parmi les quatre-vingt-sept présentes, continueront cependant à réclamer en premier lieu l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes célibataires.
« Tous les voyants sont au vert »
« Notre mot d’ordre c’est : PMA, l’égalité n’attend pas », souligne Joël Deumier, président de SOS homophobie. Pour les associations, qui pensaient la mesure acquise après les promesses de campagne de François Hollande en 2012, l’attente a déjà trop duré.
« C’est une urgence sanitaire et une mesure de justice sociale, plaide Clémence Zamora Cruz, porte-parole de l’Inter-LGBT. Il y a aujourd’hui une différence entre celles qui peuvent partir le faire à l’étranger et celles qui n’ont pas les moyens. »
L’optimisme est aujourd’hui de mise chez les partisans de la mesure. « Tous les voyants sont au vert, affirme M. Deumier. L’ouverture de la PMA est un engagement de campagne d’Emmanuel Macron. Plusieurs instances se sont prononcées pour : le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, le Défenseur des droits. On attend désormais l’avis final du comité d’éthique à la rentrée, sachant qu’il s’est déjà dit favorable en juin 2017. » 
Malgré la forte mobilisation des opposants, en particulier de La Manif pour tous, pendant les états généraux de la bioéthique qui se sont achevés en juin, les sondages montrent de leur côté une opinion favorable à environ 60 %.

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                Comité d’éthique : « Il n’y a pas de consensus sur la procréation médicalement assistée »



« En 2013, lors du débat sur le mariage pour tous les Français étaient très divisés à ce sujet, poursuit M. Deumier. Ce n’est plus le cas. » Signal jugé positif, la garde des sceaux, Nicole Belloubet, s’est déclarée pour l’ouverture de la PMA « à titre personnel », le 6 juin, sur RMC, tandis que la ministre de la santé, Agnès Buzyn, ne s’est, jusqu’à présent, pas prononcée.
« Des oppositions dures »
L’attitude d’Emmanuel Macron, lors d’un dîner à l’Elysée consacré aux sujets de bioéthique, le 23 mai, a calmé les inquiétudes. « Il ne donne pas le sentiment de vouloir rester dans le statu quo », résume Alexandre Urwicz, président de l’Association des familles homoparentales.
Egalement présente, la sociologue Irène Théry se dit « optimiste » sur l’ouverture de la PMA, mais également sur l’accès aux origines des enfants conçus par don de gamètes, l’autoconservation des ovocytes, et la reconnaissance des enfants nés par gestation pour autrui à l’étranger, des revendications qu’elle soutient. « Mais je sais bien qu’il y aura des oppositions dures, dit-elle. Et la double filiation dès avant la naissance pour les couples de femmes n’est pas acquise. »
Les associations commencent, elles aussi, à mettre en avant cette question de la filiation.
« Elle doit être établie sur la base d’une déclaration commune anticipée, soutient M. Urwicz. Sinon, celle qui aura porté l’enfant sera considérée comme la seule mère, et l’autre n’aura aucun droit. »
A moins de se marier et d’adopter l’enfant de sa conjointe, comme le font aujourd’hui les couples qui réalisent des PMA à l’étranger. D’autres questions se posent : la disponibilité des gamètes, le remboursement…
« Entendre la diversité des points de vue »
Autre bon signe avancé, l’Assemblée nationale s’est déjà mise au travail, alors que le projet de loi du gouvernement sur la bioéthique n’est attendu qu’à l’automne. Des députés des commissions des affaires sociales et des lois ont commencé à mener des auditions. Une mission d’information de trente-six députés fera de même, en juillet et septembre, avant de rendre un rapport. Elle sera présidée par le député (LR) Xavier Breton, hostile aux changements de la législation, tandis que son rapporteur (LRM), Jean-Louis Touraine, leur est favorable. « Aujourd’hui, la plupart des députés ne connaissent pas bien ces sujets et se fondent sur leur conscience et leurs a priori, analyse ce dernier. L’objectif est d’entendre la diversité des points de vue afin de les amener à se faire un jugement rationnel. »
En raison du nombre important de sujets qui pourraient être traités dans la loi de bioéthique (PMA, mais aussi recherche sur l’embryon, don d’organes, données de santé), certains élus, comme Jean-François Eliaou (LRM), rapporteur de l’Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques, ont commencé à plaider en faveur d’un projet de loi spécifique pour la PMA, examiné dans la foulée de la bioéthique. Les pros-PMA pour toutes redoutent qu’une telle mesure ne renvoie – une nouvelle fois – le sujet aux calendes grecques.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Six académies scientifiques, dont celles de médecine et des sciences, rappelant leur « devoir de protection de la santé des populations », ont dénoncé, vendredi, les positions « scandaleuses » contre les vaccins du médecin controversé Henri Joyeux.
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Vaccins : six académies scientifiques dénoncent les propos du professeur Henri Joyeux

Six académies scientifiques, dont celles de médecine et des sciences, rappelant leur « devoir de protection de la santé des populations », ont dénoncé, vendredi, les positions « scandaleuses » contre les vaccins du médecin controversé Henri Joyeux.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 11h53
   





                        



   


Six académies scientifiques, dont celles de médecine et des sciences, ont dénoncé, vendredi, les propos du médecin controversé Henri Joyeux à la suite de l’annulation de sa radiation de l’ordre des médecins, mardi 26 juin.
« Les six académies, dans leur devoir de protection de la santé des populations, déclarent solennellement que la liberté d’expression a des limites et qu’elle n’excuse en rien les allégations irresponsables de certains professionnels de santé », ont écrit ces académies dans un communiqué commun. Elles s’insurgent contre les propos d’Henri Joyeux qui, « se prévalant de la levée de sa radiation du Conseil national de l’Ordre des médecins, prétend qu’il a raison concernant ses positions sur la vaccination ».
La déclaration est signée de l’Académie des sciences, l’Académie d’agriculture de France, l’Académie vétérinaire de France et trois Académies nationales : de chirurgie dentaire, de médecine, et de pharmacie.
Des propos controversés
La chambre disciplinaire nationale de l’Ordre des médecins a annulé, mardi, la radiation du professeur Henri Joyeux, prononcée en première instance en 2016. Celui-ci s’était empressé de crier victoire. « Je ne suis pas du tout radié, je n’ai pas de blâme. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que j’ai raison ! », avait-il déclaré.
Le Conseil de l’ordre lui reprochait deux pétitions lancées sur Internet en 2014 et 2015 contre une préconisation et une décision du gouvernement pour étendre la vaccination. La seconde dénonçait la présence d’aluminium comme adjuvant dans le vaccin « hexavalent » en estimant que cela représentait un danger, un sujet encore âprement débattu.
« Ces positions sont d’autant plus scandaleuses que les couvertures vaccinales restent insuffisantes en France. (…) L’actualité rappelle que la rougeole peut tuer », selon les académies.
La procédure doit maintenant se poursuivre devant le Conseil d’Etat, l’Ordre des médecins ayant annoncé, jeudi, qu’il se pourvoyait en cassation.

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                Le professeur Joyeux, médecin à effets indésirables






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Vendredi et samedi, le lieu de mémoire du génocide des juifs, à Paris, permet au public de se recueillir devant le cercueil de Simone Veil et son époux.
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Simone Veil : hommage au Mémorial de la Shoah avant l’entrée au Panthéon

Vendredi et samedi, le lieu de mémoire du génocide des juifs, à Paris, permet au public de se recueillir devant le cercueil de Simone Veil et son époux.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 11h22
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 14h50
   





                        



   


Un an, presque jour pour jour, après sa mort, Simone Veil deviendra, dimanche 1er juillet, la cinquième femme à faire son entrée au Panthéon, aux côtés de son mari, Antoine. Mais, avant cette cérémonie organisée par l’Elysée, un dernier hommage lui est rendu, vendredi 29 et samedi 30 juin, au Mémorial de la Shoah, dans le 4e arrondissement de Paris.
Pendant deux jours, celles et ceux qui le souhaitent vont pouvoir descendre dans la crypte de ce lieu de mémoire du génocide des juifs pour se recueillir devant le cercueil de Simone Veil, survivante des camps nazis, et de son époux (mort en 2013). Peu après 10 heures vendredi matin, plusieurs dizaines de personnes étaient déjà présentes devant le bâtiment dans une atmosphère de recueillement, comme Marguerite Poirier, 80 ans, venue parce qu’« après tout ce qu’elle a fait pour les femmes, c’était la moindre chose que de la remercier ».
Marie Rochet, 17 ans, est là avec sa grand-mère, Marie Lachambre, 67 ans. Pour l’adolescente, Simone Veil « continue à vivre, elle restera longtemps ». Certains étaient émus aux larmes.
« On permet aux Français de venir individuellement, presque en tête à tête, rendre un hommage à M. et Mme Veil », a expliqué Jacques Fredj, directeur du Mémorial, avec « l’idée aussi que Simone Veil a toujours été accessible toute sa vie, elle a été populaire toute sa vie et on veut qu’elle continue à être accessible jusqu’à la veille de sa “panthéonisation” ».
Les deux cercueils des époux Veil partiront dimanche matin jusqu’à la place Edmond-Rostand, sur l’autre rive de la Seine, au pied de la rue Soufflot qui mène jusqu’au Panthéon, où ils seront recouverts du drapeau français.
Un parcours rempli de symboles
La cérémonie sera truffée de symboles et de références à la construction européenne, dont elle était une inlassable promotrice, et à la Shoah, dont elle était l’une des rescapées.
Le cortège remontera à partir de 10 h 45 la rue Soufflot sur un tapis de moquette bleue, couleur choisie par l’Elysée parce qu’elle représente « la paix, l’entente entre les peuples et l’Europe » et au rythme de Nuit et brouillard, de Jean Ferrat, chanson en référence à la persécution des opposants au régime nazi et plus généralement à la Shoah. Chacun des cercueils sera porté par huit membres de la garde républicaine.
Cinq écrans seront mis à disposition du public pour suivre la cérémonie : quatre sur le parcours et un cinquième dans le jardin du Luxembourg voisin. Deux tribunes de 500 places seront disposées de part et d’autres du Panthéon, où viendront s’asseoir 1 000 invités triés sur le volet, parmi lesquels les deux anciens présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande.
Le cortège devrait s’arrêter trois fois au cours de sa remontée, trois pauses pendant lesquels des chants seront interprétés par des choristes, et des films sur l’Europe et la Shoah diffusés sur les écrans géants.
Le président, Emmanuel Macron, devrait ensuite prononcer un discours vers 11 h 30 sur le parvis du Panthéon, suivi d’une minute de silence, puis de l’interprétation de La Marseillaise par la cantatrice Barbara Hendricks et le chœur de l’armée française.
Les deux cercueils seront enfin acheminés jusque dans la nef du Panthéon, accompagnés de la famille Veil et du couple Macron, où le public pourra venir rendre un hommage au couple Veil à partir de 16 heures. Simone et Antoine Veil seront descendus lundi matin, en présence uniquement de la famille, dans le caveau VI, où reposent déjà Jean Moulin et André Malraux, deux grands résistants, Jean Monnet, l’un des fondateurs de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) – qui constitua après l’unification de ses institutions avec celles de la Communauté économique européenne (CEE) l’une des composantes de l’Union européenne –, et René Cassin, Prix Nobel de la paix en 1968.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ C’est la première fois qu’un procureur général près la Cour de cassation n’est pas nommé directement en conseil des ministres. Trois autres candidats sont en lice.
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La chancellerie propose François Molins au poste de procureur général près la Cour de cassation

C’est la première fois qu’un procureur général près la Cour de cassation n’est pas nommé directement en conseil des ministres. Trois autres candidats sont en lice.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 11h18
   





                        



   


Le ministère de la justice a proposé, vendredi 29 juin, que François Molins, connu du grand public pour avoir incarné la justice face au terrorisme, succède à Jean-Claude Marin au poste de procureur général près la Cour de cassation. M. Molins, âgé de 64 ans, doit quitter, en septembre, son poste de procureur de la République à Paris qu’il occupe depuis novembre 2011.

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Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), institution garante de l’indépendance des magistrats, doit maintenant auditionner le candidat et donner un avis sur le choix du ministère, sans toutefois pouvoir légalement s’y opposer.
C’est la première fois qu’un procureur général près la Cour de cassation n’est pas nommé directement en conseil des ministres. Conformément à la loi organique du 8 août 2016, le poste a, en effet, été ouvert à candidatures selon la procédure dite de « transparence » portant sur les mouvements des magistrats.

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Quatre candidats
Alors que M. Marin doit quitter ses fonctions le 30 juin, son poste est donc ouvert à candidatures. Outre M. Molins, trois autres candidats se sont manifestés : Philippe Ingall-Montagnier, premier avocat général près la Cour de cassation, Robert Gelli, procureur général de la cour d’appel d’Aix-en-Provence, et Pierre Valleix, procureur général à Montpellier.
Le procureur général près de la Cour de cassation est le plus haut magistrat du parquet en France. Son rôle consiste notamment à éclairer en droit et en opportunité les juges de plus haute formation de l’ordre judiciaire. Il préside également la formation du CSM chargée de donner son avis sur les nominations de la chancellerie des procureurs de la République, des procureurs généraux qui sont en première ligne dans les procédures judiciaires.
Alors qu’un débat doit s’ouvrir en juillet au Parlement sur une réforme de la Constitution qui donnera notamment au CSM le dernier mot dans le choix des hauts magistrats du parquet, l’institution a confirmé, jeudi, son intention d’auditionner François Molins mais aussi les trois autres candidats, une manière de s’affirmer face à la chancellerie en anticipant ses futures prérogatives.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Le chef de l’Etat a tracé, jeudi, la feuille de route globale du gouvernement pour les territoires ultramarins, après avoir égrené, au fil de ses déplacements, une partie de ces axes stratégiques.
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Outre-mer : la stratégie de Macron pour l’« archipel France »

Le chef de l’Etat a tracé, jeudi, la feuille de route globale du gouvernement pour les territoires ultramarins, après avoir égrené, au fil de ses déplacements, une partie de ces axes stratégiques.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 11h14
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 11h36
    |

            Patrick Roger








                        



   


S’exprimant en clôture des assises des outre-mer, jeudi 28 juin, à l’Elysée, Emmanuel Macron a exposé sa « stratégie » pour les territoires ultramarins, et fixé la « feuille de route » du gouvernement sur la durée du quinquennat. Le chef de l’Etat, qui, depuis un an, s’est rendu à trois reprises outre-mer (à Saint-Martin, en Guyane et en Nouvelle-Calédonie) et s’est engagé à aller dans chacun des dix territoires, avait déjà égrené, au fil de ses déplacements, une partie de ces axes stratégiques. Mais c’est la première fois qu’il livre une vision globale pour ce qu’il appelle l’« archipel France ». « Nous sommes un pays un peu particulier. Ce terme d’outre-mer, qui voudrait dire qu’il y a un centre et des territoires d’une périphérie lointaine, est toujours impur à décrire ce que nous sommes. Il y a un archipel de France, a rappelé le chef de l’Etat. La nation française ne se limite pas à un Hexagone et à des confettis d’empire. » 

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Les assises des outre-mer, lancées à l’été 2017, qui ont mobilisé plus de 26 000 participants, se veulent l’illustration d’une nouvelle démarche où, assure M. Macron, il ne s’agit pas de « penser depuis ici les projets pour l’ensemble des territoires, mais de les responsabiliser ». Une ligne bien dans la logique macronienne du « aidez-vous vous-mêmes », et, en même temps, l’Etat vous accompagnera.
Dérives des comptes publics
Ainsi, s’adressant depuis l’Elysée à un parterre de plusieurs centaines d’élus ultramarins, a-t-il souligné qu’« il faut des collectivités publiques dont la gestion soit saine », ce qui a dû faire grincer les dents de quelques-uns. Les étagères des chambres régionales des comptes regorgent en effet de rapports étrillant les dérives des comptes publics dans certaines collectivités, quand le président de la République a dit vouloir « créer un mécanisme de donnant-donnant avec les collectivités volontaires pour la contractualisation qui s’engageraient dans une démarche de redressement ».
M. Macron a particulièrement insisté sur la « bataille pour les créations d’emplois et le développement économique » dans les outre-mer, où le taux de chômage excède bien souvent les 25 %. Ce qui, pour lui, passe prioritairement par le soutien aux entreprises privées. « L’emploi public représente déjà un emploi sur deux », a-t-il rappelé. Les dispositifs d’aides économiques en faveur de l’emploi dans les outre-mer, qui avoisinent les 2,5 milliards d’euros, vont être « sanctuarisés » mais réformés en profondeur pour cesser d’abonder des secteurs non soumis à la concurrence.
Un fonds exceptionnel d’investissement de près de 500 millions d’euros sur le quinquennat va être également enrichi pour accompagner les projets locaux, et un nouveau dispositif d’intervention, doté de 400 millions d’euros, va être créé pour soutenir les initiatives privées. Parallèlement, dans le cadre du plan d’investissement dans les compétences, 700 millions d’euros vont être engagés dans les outre-mer pour la formation des jeunes dans des filières d’avenir.

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Au passage, le chef de l’Etat a évoqué quelques sujets sensibles comme, notamment, la surrémunération des fonctionnaires qui, selon lui, contribue à la vie chère locale. « Ayons cette lucidité collective de dire que nous avons organisé la vie chère par une politique de surrémunération, a souligné M. Macron. Je ne propose pas, à ce stade, d’y revenir, mais, à un moment donné, nous devrons collectivement, et ça devra venir de vous, proposer d’en sortir. Parce que c’est la surrémunération des uns qui crée la pauvreté des autres. » De même a-t-il annoncé une réforme des congés bonifiés pour les fonctionnaires, qui deviendra effective à partir de 2020, avec des congés moins longs, mais tous les deux ans au lieu de trois actuellement.
« Stratégie de biodiversité »
Il a également appelé au développement et à la structuration des filières économiques, notamment dans les domaines de la pêche et de l’agriculture, du bois ou de l’or, comme en Guyane. Concernant le projet controversé de mine d’or industrielle à ciel ouvert dit « Montagne d’or », une décision sera prise à l’automne, au vu du résultat du débat public. « Seules des exploitations exemplaires en termes environnemental et socio-économique pourront être créées », a néanmoins glissé le chef de l’Etat. De même a-t-il annoncé un projet de loi pour la prévention des risques naturels « d’ici à l’été 2019 ».

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Autre axe stratégique développé par M. Macron : la « croissance verte et bleue ». « Nous sommes un pays de biodiversité unique » grâce aux outre-mer, a-t-il souligné, affirmant notamment souhaiter que la Guyane soit « au cœur d’une stratégie de biodiversité ». Rappelant que « nous sommes la deuxième puissance maritime du monde et nous ne le valorisons que trop peu », il a affirmé vouloir déployer « une stratégie maritime de recherche et d’innovation ». Le chef de l’Etat a l’intention d’accueillir, en 2020, « un sommet des îles du monde, pas forcément dans l’Hexagone ».
Comme il l’avait exposé lors de son déplacement, début mai, en Nouvelle-Calédonie, le président de la République a insisté sur la nécessité de « réancrer nos territoires dans leur environnement régional » en développant, notamment, les échanges et les mobilités. « Nous devons construire une stratégie dans chacun des bassins », a-t-il plaidé. Enfin, il s’est dit persuadé que la modification de l’article 73 de la Constitution prévue dans le projet de révision constitutionnelle transmis au Parlement permettra, par la différenciation et l’adaptation des normes aux besoins des territoires, d’accélérer le développement.

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« J’ai entendu des rumeurs disant que tout ça ne donnera rien. Il ne tient qu’à nous que cela donne quelque chose », a lâché M. Macron, allusion discrète aux Etats généraux de l’outre-mer organisés, en 2009, par Nicolas Sarkozy, qui n’avaient guère été suivis d’effets. Un nouveau rendez-vous a été fixé dans dix-huit mois pour faire « un bilan précis » de la mise en œuvre de ces engagements.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Sous pression du gouvernement, les établissements bancaires vont proposer de plafonner les frais.
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Le petit geste des banques aux clients fragiles

Sous pression du gouvernement, les établissements bancaires vont proposer de plafonner les frais.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 11h07
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 13h15
    |

                            Véronique Chocron








                        



                                


                            

En octobre 2017, l’Union nationale des associations familiales (UNAF) et 60 Millions de consommateurs jetaient un pavé dans la mare en révélant qu’un client en difficulté sur cinq se voyait prélever chaque année par sa banque plus de 500 euros de frais pour incidents de paiement. L’enquête, inédite, indiquait aussi que ces incidents de fonctionnement des comptes représentaient jusqu’à un tiers des revenus des grandes banques de détail, soit quelque 6,5 milliards d’euros.

Interpellé par ces chiffres, le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, avait demandé à ces dernières « de résoudre le problème », explique-t-on à Bercy. « C’est une question de justice. Il ne faut pas que les établissements bancaires appuient sur la tête des clients qui sont en train de perdre pied. »
Après plusieurs mois de concertation, ceux-ci feront, selon nos informations, une proposition au ministre le 9 juillet. « Nous allons nous engager collectivement à traiter le problème des frais bancaires pour les clients bénéficiant de l’offre spécifique », a indiqué un banquier au Monde. La loi de séparation des banques de juillet 2013 a institué cette offre « spécifique » consacrée aux clients fragiles, afin de leur assurer un service basique et bon marché.
Le gouvernement entend avoir son mot à dire
Les banques sont donc tombées d’accord pour que, dans le cadre de ce forfait, « les frais occasionnés par un incident de paiement ne puissent pas dépasser un plafond mensuel », poursuit ce banquier. Ce plafond « pour solde de tout compte » intégrera non seulement les commissions dites « d’intervention » facturées par les banques lorsqu’un paiement se présente mais que la provision sur le compte n’est pas suffisante (elles sont déjà plafonnées à 20 euros par mois), mais aussi le coût des lettres d’information envoyées lorsque les comptes sont débiteurs, les frais de rejet de prélèvement ou...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Les héritiers du marchand d’art Daniel Wildenstein étaient poursuivis pour fraude fiscale et blanchiment. La cour d’appel de Paris a confirmé vendredi que les faits étaient prescrits.
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Procès Wildenstein : la cour d’appel confirme la relaxe générale

Les héritiers du marchand d’art Daniel Wildenstein étaient poursuivis pour fraude fiscale et blanchiment. La cour d’appel de Paris a confirmé vendredi que les faits étaient prescrits.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 10h36
   





                        



   


La justice française a confirmé vendredi 29 juin la relaxe générale prononcée en 2017 pour les héritiers de la famille de marchands d’art Wildenstein et leurs conseillers, qui étaient poursuivis pour une fraude fiscale de plusieurs centaines de millions d’euros. La cour « constate que le délit de fraude fiscale est prescrit (…) et confirme le jugement » de première instance, a déclaré la présidente de la cour, sans livrer d’autre explication.
La décision a été rendue en moins de cinq minutes, dans une salle pleine de robes noires d’avocats et de journalistes mais en l’absence des trois héritiers relaxés : le chef de la famille, Guy Wildenstein, son neveu, Alec Junior, et son ex-belle sœur Liouba Stoupakova. Sont aussi relaxés deux avocats, un notaire, et deux gestionnaires de trusts, ces sociétés fiduciaires anglo-saxonnes accusées par le ministère public d’avoir servi de « vecteur de la fraude fiscale ». L’avocat de Guy Wildenstein, Hervé Temime, a salué « la seule décision possible » face à une « fiction pénale ».

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Un revers pour les pouvoirs publics
Cette décision entérine un échec cuisant pour le ministère public, le parquet national financier puis le parquet général ayant pris de lourdes réquisitions, en particulier contre Guy Wildenstein. En mars, les avocats généraux avaient requis quatre ans de prison dont deux avec sursis et 250 millions d’euros d’amende contre Guy Wildenstein, 72 ans, présenté comme le « patriarche » d’un clan qui a « sciemment dissimulé » des milliards au fisc pendant des années.

        Lire le récit du procès :
         

          Guy Wildenstein : le crépuscule d’une dynastie ?



Il était reproché aux Wildenstein d’avoir dissimulé, lors des décès en 2001 puis 2008 du patriarche Daniel puis de son fils aîné, Alec, la plus grande partie de leur fortune, dont une petite partie avait été révélée lors de violentes querelles de succession.
« La cour a constaté la prescription de l’action publique à l’égard de Guy Wildenstein, en prenant en compte la première déclaration de succession, datant de 2002, et non celle, complémentaire, de 2008 », a expliqué Me Temime. A l’époque, la prescription pour le délit de fraude fiscale était de trois ans.
Pour la succession d’Alec, a-t-il expliqué, la cour d’appel a confirmé le premier jugement, estimant qu’il n’y avait pas assez de preuves et d’outils législatifs pour condamner les héritiers. Le fisc français réclame toujours par ailleurs aux Wildenstein, dans un contentieux parallèle au procès pénal, plus d’un demi-milliard d’euros. Daniel et Alec, très malades, avaient fini leurs jours dans des immeubles luxueux à Paris, où ils avaient leur résidence fiscale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Les parents d’un lycéen de 17 ans, arrêté le 22 mai, ont porté plainte contre X, jeudi 28 juin, pour « violences volontaires » et « détention arbitraire ».
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Affaire des interpellés du lycée Arago : dépôt de plainte des parents d’un mineur

Les parents d’un lycéen de 17 ans, arrêté le 22 mai, ont porté plainte contre X, jeudi 28 juin, pour « violences volontaires » et « détention arbitraire ».



Le Monde
 |    29.06.2018 à 08h27
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 11h26
   





                        


Les parents d’un lycéen de 17 ans, arrêté le 22 mai au cours de l’occupation du lycée Arago, dans le 12e arrondissement de Paris, ont porté plainte contre X, jeudi 28 juin, pour « violences volontaires » et « détention arbitraire ».
La tentative d’occupation du lycée Arago le 22 mai, en marge d’une manifestation des fonctionnaires, avait donné lieu à une centaine d’interpellations, dont celle de 27 mineurs. Des parents, des professeurs et des lycéens avaient fait état de pratiques dignes d’un « Etat policier » et des mesures de garde à vue disproportionnées. Du côté de la direction du lycée et du rectorat de Paris, le récit fait de l’occupation était différent, ceux-ci centrant leur discours sur l’intrusion dans l’établissement de personnes extérieures, sur les dégradations commises et le vol dénoncé de tablettes numériques.
« Nous avons le sentiment qu’il a été abusé parce qu’il était mineur »
L’adolescent, dont les parents ont porté plainte, est en classe de première dans un autre établissement parisien (pas à Arago). Devant le tribunal, il a fait l’objet d’un rappel à la loi. Sa famille dénonce aujourd’hui, entre autres, ses conditions d’attente dans un bus des forces de l’ordre entre le moment de l’interpellation, peu après 20 heures le 22 mai, et la notification du placement en garde à vue, vers quatre heures du matin.
Lui affirme s’être rendu pour une assemblée générale au lycée Arago et s’être réfugié, avec d’autres lycéens, dans une salle de classe alors qu’un départ de feu avait lieu non loin, place de la Nation. Les élèves se sont, selon lui, barricadés dans cette salle à l’aide de chaises et de tables, avant l’intervention des forces de l’ordre pour les en déloger, selon la plainte communiquée à l’AFP par l’avocate des plaignants, Me Jade Dousselin.
« L’année se termine pour notre fils ; en classe de première, il a encore l’oral anticipé de français à passer lundi 2 juillet, raconte Christophe, son père. Il nous dit parfois qu’il souhaiterait qu’on arrête d’en parler, on sent chez lui l’envie de passer à autre chose. Ce qui l’a poussé à déposer plainte, c’est le sentiment de s’être fait manipuler, de ne pas avoir su comment réagir ni quoi faire pendant la garde à vue. Et nous, ses parents, nous avons le sentiment qu’il a, de fait, été abusé parce qu’il était mineur : il a, par exemple, parlé en dehors de la présence d’un avocat ; il n’a pas été soutenu. »
Procès renvoyé
Quatorze prévenus qui ont comparu le 15 juin devant la 23e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour « participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations » et « intrusion non autorisée » dans le lycée Arago, n’ont pas été jugés. Leur procès a été renvoyé au mois de décembre.
D’ici là, la cour d’appel de Paris va devoir se prononcer sur une question de droit soulevée à l’audience par les avocats des prévenus. La défense soutient, en effet, que les prévenus – majoritairement des étudiants âgés de 18 à 24 ans – agissaient, au moment de leur interpellation, dans le « contexte politique » de l’opposition à Parcoursup. Elle estime que le délit de « participation à un groupement » qui leur est reproché doit être considéré comme un « délit politique », au même titre que l’infraction de « participation à un attroupement », et qu’il ne peut, à ce titre, être jugé selon la procédure urgente de la comparution immédiate.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes remet, vendredi, un rapport à Marlène Schiappa sur les « actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical ».
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Douze articles du « Monde » pour comprendre le débat sur les violences gynécologiques et obstétricales

Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes remet, vendredi, un rapport à Marlène Schiappa sur les « actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical ».



Le Monde
 |    29.06.2018 à 08h03
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 11h27
    |

                            Les Décodeurs








                        


Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) a rendu publiques, vendredi 29 juin, vingt-six recommandations pour lutter contre les violences durant le suivi gynécologique et obstétrical dénoncées par les femmes.
C’est Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les hommes et les femmes, qui avait commandé ce rapport. Elle avait déclaré vouloir « objectiver le phénomène, le quantifier et identifier les problématiques » après avoir suscité, en juillet 2017, un tollé chez les gynécologues en dénonçant les « violences obstétricales », dont certaines femmes se disent victimes.
Entre-temps, ce rapport a changé d’intitulé, passant de l’étude des violences obstétricales aux « actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical » des femmes.
Pour comprendre les enjeux et le contexte, retrouvez ci-dessous une sélection d’articles publiés sur Le Monde.fr.
Sur le suivi gynécologique
Dès 2014, des femmes racontent leur expérience lors des consultations gynécologiques, sur les réseaux sociaux pour dénoncer les remarques sexistes, le manque de consentement ou les propos moralisateurs, sous le mot-clé #payetonuterus.
Les témoignages : #PayeTonUtérus, contre les gynécologues irrespectueux
Au-delà de ces témoignages, de nombreuses femmes se plaignent simplement de la difficulté à obtenir un rendez-vous chez un gynécologue, faute de praticiens en nombre suffisant. Le Monde a révélé fin 2017 que le nombre de spécialistes avait chuté de 41,6 % en dix ans et engendre de fortes disparités entre les territoires.
L’enquête (en éditions abonnés) : Consulter un gynécologue, la grande galère
Les gynécologues médicaux ne sont pas les seuls à pouvoir assurer le suivi et la prévention pour les femmes en bonne santé, qui peuvent aussi être réalisés par les médecins généralistes et les sages-femmes, habilitées à prescrire des contraceptifs depuis 2009.
Les explications chiffrées : Gynécologie, qui fait quoi ? 

Sur les « violences » perçues et la médicalisation de l’accouchement
Le moment très particulier de l’accouchement figure sans surprise au premier plan des témoignages de traumatismes gynécologiques. Des récits de femmes partagés sur Internet et publiés dans les médias décrivent des pratiques considérées comme intrusives, ou l’impression de « n’être plus qu’un utérus ».
Les témoignages recueillis par « Le Monde » (en édition Abonnés) : Accouchement, la parole des femmes se libère
Paradoxalement, ces récits de souffrance émergent alors que la naissance est de plus en plus maîtrisée, avec une gestion de la douleur par l’usage quasi généralisé de la péridurale. Cette médicalisation, observée depuis trente ans, n’a été que timidement remise en cause durant les dernières années.
Le récit : Comment la naissance est devenue un acte médicalisé
Sur l’épisiotomie
Parmi les « violences obstétricales » revient régulièrement la question de l’épisiotomie, incision réalisée au cours de l’accouchement pour faciliter le passage de la tête du bébé, dont la réalisation systématique est désormais contestée. Marlène Schiappa en avait d’ailleurs fait le point de départ de sa demande de rapport au HCE. Au risque d’avancer des chiffres très supérieurs à la réalité.
La vérification : un taux d’épisiotomie bien inférieur à 75 % mais de vraies questions
Ce sujet très intime a fait l’objet de multiples rumeurs, comme celle du « point du mari », selon laquelle l’obstétricien profiterait de la suture post-accouchement pour resserrer le vagin de la femme pour augmenter le plaisir sexuel de son conjoint.
L’analyse : Derrière le point du mari, le traumatisme de l’épisiotomie
Pour mieux appréhender la réalité de cet acte, Le Monde a recueilli les données des épisiotomies réalisées en 2016 dans l’ensemble des maternités de France. Résultat : ce taux est très disparate, passant, selon les profils des établissements, de 0,3 % à 45 % des accouchements pour une moyenne nationale de 20 %.
L’enquête (en édition abonnés) : Episiotomie, pourquoi de tels écarts entre les maternités ?
Sur les maternités
Ce questionnement sur l’épisiotomie s’inscrivait dans une recherche plus vaste sur la diversité des pratiques selon les maternités et sur la médicalisation de l’accouchement.
Le moteur de recherche : Césarienne, épisiotomie, comparez les maternités près de chez vous
La concentration des maternités, décidée par les pouvoirs publics pour accroître la sécurité des accouchements, a aussi pu être dénoncée par certaines femmes, qui recherchent des structures « à taille humaine », et par des professionnels de santé qui déplorent le manque de moyens.
Les données : deux tiers des maternités ont fermé en quarante ans

> Retrouvez tous les articles explicatifs des Décodeurs




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Seth Stephens-Davidowitz a étudié toutes sortes de questions que posent les gens à Google, dont celles concernant leur sexualité.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Acheter un bien occupé permet d’obtenir une décote significative, mais il existe une inconnue de taille : la date de jouissance du bien.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 28/06/2018
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Les habits neufs du viager immobilier

Acheter un bien occupé permet d’obtenir une décote significative, mais il existe une inconnue de taille : la date de jouissance du bien.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 09h42
    |

                            Laurence Boccara








                        



                                


                            

Longtemps ignoré, voire snobé par les investisseurs pour cause de réputation de placement risqué et passé de mode, le viager immobilier connaît une cure de jeunesse. Témoin de ce regain d’intérêt ? Les dernières initiatives de professionnels dans un secteur jusqu’alors figé.
Ainsi, en mai, la banque Crédit mutuel Nord Europe (CMNE) a lancé dans ses 250 agences des Hauts-de-France une offre de viager immobilier destinée à ses clients seniors soucieux de compléter leurs revenus.

A cette occasion, un partenariat a été scellé avec Renée Costes Viager, un acteur historique du secteur qui se chargera d’estimer et de commercialiser ces biens. « Dans un second temps, une offre sera proposée à nos clients investisseurs en quête d’un viager », indique Philippe Degomme, responsable de direction de l’animation commerciale.
« Une solution financière pour bien vieillir »
Autre initiative récente : la levée en mai, par une plate-forme de financement participatif, de 1 million d’euros par Virage-Viager, société spécialiste du viager mutualisé pour le compte d’investisseurs institutionnels qui achètent plusieurs biens en viager auprès de particuliers.
Cette somme permettra à cette entreprise de financer son développement commercial en ouvrant des bureaux dans différentes villes françaises et européennes (Barcelone, Milan, Bruxelles) tout en menant sa transformation digitale. « Face aux enjeux du vieillissement de la population, au déficit structurel des régimes de retraite et à la baisse du pouvoir d’achat des seniors, le viager est une solution financière pour bien vieillir », affirme Virage-Viager.

Enfin, on relève l’arrivée récente d’un nouvel acteur du viager, baptisé, Viagimmo. Développé depuis les Sables-d’Olonne (Vendée) par sa fondatrice Sophie Richard, ce réseau compte à ce jour quatre agences (l’agence pilote des Sables-d’Olonne, Bordeaux, Marseille, Nantes) en France. « Six professionnels sont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes rend publiques vendredi vingt-six recommandations pour lutter contre les violences dénoncées par les femmes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/06/2018
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Comment lutter contre le sexisme en gynécologie et en obstétrique

Le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes rend publiques vendredi vingt-six recommandations pour lutter contre les violences dénoncées par les femmes.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 08h14
    |

            Gaëlle Dupont








                        



   


« Mon gynéco m’a dit une fois : “votre col de l’utérus doit être parfait pour la levrette” » ; « Le médecin qui t’accueille avec un “Alors c’est pour quand BB2 ?”, pour un rendez-vous post fausse couche » ; « Quand on s’entend dire : “mais pourquoi vous ne voulez pas le garder ?” » ; « Quand la gynéco refuse de me prescrire ma pilule habituelle : “non on nous a dit de tester les nouvelles, donc vous allez tester” »…
Ces phrases, accolées au hashtag #payetonuterus, sont reproduites dans le rapport du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) consacré aux actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical, qui paraît le 29 juin. Si elles y figurent, c’est parce que la parole des femmes dénonçant de tels actes, au cours de leurs consultations en gynécologie ou lors de leur accouchement, a émergé depuis quelques années d’abord sur les réseaux sociaux, avant d’être reprise plus largement.
Pour la première fois, un organisme officiel s’en saisit. C’est la secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa qui a demandé au HCE de « mesurer et d’objectiver » le phénomène et de formuler des propositions, après avoir dénoncé les violences obstétricales lors d’une audition au Sénat en juillet 2017 – en se trompant au passage sur la proportion d’épisiotomies pratiquées en France (moins de 30 %, et non pas 75 %). La phrase avait valu à Marlène Schiappa la vindicte des représentants des gynécologues, mais avait suscité une vague de témoignages de femmes ayant mal, voire très mal vécu leur accouchement.
Enquête de santé publique sur le suivi gynéco
Le HCE ne quantifie pas le phénomène. « Les chiffres manquent encore, reconnaît Danielle Bousquet, la présidente du HCE. Tous les professionnels de santé ne sont pas auteurs d’actes sexistes, mais ce n’est pas un phénomène isolé. Le nombre important de témoignages peut aussi s’expliquer par le fait que ce sont des rendez-vous très particuliers, liés à l’intime. Quant à l’accouchement mal vécu, il peut entraîner un traumatisme qui dure dans une vie affective et sexuelle. »
Or une femme va en moyenne dans sa vie consulter cinquante fois en gynécologie ou en obstétrique, selon le HCE. L’organisme rappelle en outre les chiffres déjà connus : 6 % des femmes se déclarent « pas du tout » ou « plutôt pas » satisfaites du suivi de leur grossesse et de leur accouchement, soit 50 000 chaque année, une femme sur deux sur laquelle une épisiotomie a été réalisée déplore un manque ou une absence d’information à ce sujet. Il ajoute ceux de l’enquête des Décodeurs du Monde, qui a mis en évidence en février les très fortes disparités entre maternités (de 0,3 % à 45 % d’épisiotomie).

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La première recommandation de l’instance est de compléter ce tableau, en réalisant la première enquête de santé publique sur le suivi gynécologique des femmes, et en déployant une nouvelle enquête de satisfaction sur leur suivi obstétrical, en incluant le suivi de grossesse, mais aussi l’interruption volontaire ou médicale de grossesse, l’aide médicale à la procréation… Le HCE demande ensuite la publication, pour chaque maternité, et selon sa typologie (1, 2 ou 3 en fonction des caractéristiques des grossesses suivies), d’une série d’indicateurs : césarienne, déclenchement, rupture de la poche des eaux, épisiotomie, voie basse instrumentale…
« Volonté de contrôler le corps des femmes »
L’autre grand volet de préconisation concerne la lutte contre le sexisme au sein de la profession médicale. Le rapport relève que 86 % des internes déclarent avoir été exposés à du sexisme. « Certains gynécologues ont joué un rôle en faveur des droits des femmes, notamment sur l’interruption volontaire de grossesse, relève Mme Bousquet. Mais c’est aussi une spécialité traversée de manière historique par une volonté de contrôler le corps des femmes. Aujourd’hui encore certains gynécologues imposent leur point de vue, par exemple le fait de ne mettre un stérilet qu’aux femmes ayant déjà eu en enfant. »
Le HCE plaide pour intégrer la bientraitance, le respect du consentement, et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans la formation initiale et continue des médecins. « Beaucoup de gynécologues sont en route pour améliorer les choses », relève M. Bousquet.

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Le HCE recommande également que soit intégré au Code de déontologie médicale, qui s’impose à tous les médecins, que ces derniers soignent avec la même conscience « toutes les personnes, quel que soit leur sexe, leur orientation sexuelle, ou leur identité de genre ». Le texte mentionne déjà l’origine, la situation de famille, le handicap, etc. Les infractions au code sont passibles de sanctions disciplinaires.
Enfin, les femmes devraient être mieux informées de leurs droits. « Leur consentement doit être sollicité, poursuit Mme Bousquet. Un toucher vaginal sans consentement, c’est un viol. Peu de gens le savent, mais c’est la réalité juridique. » L’instance indépendante suggère donc aux pouvoirs publics de lancer une campagne d’information à destination du grand public.
Les femmes devraient également être mieux informées sur la première consultation gynécologique, et sur la possibilité, quand elles sont enceintes, d’élaborer un projet de naissance, afin d’être plus impliquée dans le déroulement de l’accouchement.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Nommée par le gouvernement « grand témoin » à quatre sessions des Etats généraux de la bioéthique, Geneviève Delaisi de Parseval, chercheuse en sciences sociale, relève, dans une tribune au « Monde », des failles importantes dans cet exercice démocratique.
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Les ratés du débat public sur la bioéthique

Nommée par le gouvernement « grand témoin » à quatre sessions des Etats généraux de la bioéthique, Geneviève Delaisi de Parseval, chercheuse en sciences sociale, relève, dans une tribune au « Monde », des failles importantes dans cet exercice démocratique.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 09h38
    |

Geneviève Delaisi de Parseval (Psychanalyste)







                        



                                


                            
Tribune. Les Etats généraux de la bioéthique ont occupé le devant de la scène médiatique française au cours des six derniers mois, et la synthèse des contributions est dorénavant publique. A y regarder de près, que penser de cet exercice démocratique ?
En qualité d’« intellectuelle spécifique » (qui remplit une fonction politique, selon l’expression de Michel Foucault), psychanalyste et spécialiste des questions bioéthiques relatives à la PMA en France et dans différents centres de bioéthique à l’étranger depuis plusieurs décennies, j’ai participé à certains de ces débats. Comme je l’avais fait lors du précédent exercice, celui de 2009, qui avait préparé la mouture de la loi de bioéthique votée en 2011.
Juges et parties
J’avais alors été nommée « grand témoin » par le gouvernement à l’une des quatre sessions en vigueur, celle de Rennes, qui portait sur la question de l’anonymat des dons de gamètes. A plusieurs reprises par la suite – espérant un changement lors de la future révision de la loi –, j’avais contesté, auprès de politiques et de collègues, l’organisation de ces débats au motif que les experts qui avaient formé les citoyens étaient en réalité juges et parties en la matière.
Je m’en étais personnellement rendu compte en découvrant fortuitement que les jurés de la session de Rennes avaient été formés par le directeur des Centres d’études et de conservation des œufs et du sperme (Cecos) de l’époque. Sans surprise, le jury s’était prononcé à l’unanimité en faveur du maintien de l’anonymat des dons…
J’avais également regretté que, sur des sujets aussi complexes et peu connus du grand public, il n’y ait pas eu de véritable formation, à charge et à décharge. Comme l’a maintes fois expliqué Jacques Testart, fervent défenseur de la démocratie participative, cela se fait pourtant depuis longtemps à l’étranger, dans les « jurys citoyens » ou « conférences de consensus » qui s’adressent à un public sélectionné.
Depuis...




                        

                        

