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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Après l’accord entre les Vingt-Huit sur la question migratoire, Jean-Pierre Stroobants, correspondant au bureau européen du « Monde », à Bruxelles, a répondu à vos questions.
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« L’Italie a obtenu, de fait, un enterrement du règlement de Dublin sur les migrants »

Après l’accord entre les Vingt-Huit sur la question migratoire, Jean-Pierre Stroobants, correspondant au bureau européen du « Monde », à Bruxelles, a répondu à vos questions.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 17h34
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 17h53
   





                        



   


Au cours d’un tchat, vendredi 29 juin, Jean-Pierre Stroobants, correspondant au bureau européen du « Monde », à Bruxelles, a répondu aux questions d’internautes du Monde à propos des réponses politiques à la crise migratoire en Europe.
Marc B : Est-ce vraiment une victoire pour le gouvernement populiste italien ? Si oui, est-ce que ça veut dire qu’il suffira désormais aux gouvernements de menacer et d’exiger pour obtenir ce qu’ils veulent ?
Jean-Pierre Stroobants : Le débat engagé résulte clairement de la pression de ce nouveau gouvernement, et singulièrement du ministre de l’intérieur, Matteo Salvini. Mais la présidence autrichienne de l’Union européenne — qui démarre le 1er juillet — aussi : le chancelier Kurz est, comme on le sait, associé au Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ), parti xénophobe. Avec le Danemark, l’Autriche a proposé l’installation de camps de rétention dans les Balkans, idée abandonnée. Il y a donc la pression des populistes, oui, mais aussi la sanction de la trop longue inaction des partenaires de l’Italie quand la crise migratoire était à son comble. C’est elle qui a aussi favorisé, entre autres facteurs, l’arrivée d’un gouvernement de populistes antisystème au pouvoir à Rome. On peut ajouter que le discours récurrent des pays de l’Est, Hongrie en tête, a aussi entraîné une focalisation sur ce sujet qui, en réalité, est beaucoup moins prégnant aujourd’hui compte tenu de la diminution du nombre des arrivées de migrants.
Chabi : Alors que le gouvernement dit chercher un équilibre entre fermeté et humanité, le mouvement Génération. s ne voit que « marasme et inhumanité » dans les « solutions » du Conseil européen. Est-ce qu’il y a des aspects visant l’amélioration de l’accueil des réfugiés dans le texte adopté hier ?
J.-P. S. : La thèse des dirigeants « humanistes » européens est qu’éviter les traversées de la Méditerranée est une bonne chose – 1 000 personnes sont mortes ainsi depuis le début de l’année, sans doute près de 40 000 en tout. D’où les tentatives de négocier avec les pays de transit et de départ. On ignore tout, pour le reste, des conditions qui prévaudront dans les « centres de contrôle » prévus pour l’accueil sur le pourtour méditerranéen. On ignore d’ailleurs où, quand et même s’ils verront jamais le jour. Les dirigeants affirment, en tout cas, que les demandes d’asile seront examinées plus rapidement. A ce stade, il n’y a pas d’autre garantie.
Savoyard : Les règlements de Dublin sont manifestement un facteur aggravant de la crise plutôt qu’une solution, faisant porter un poids excessif sur les pays de première ligne, tels que la Grèce et l’Italie, et expliquant les rejets des pays des Balkans. Ne pourrait-on pas envisager un « titre de circulation européen » à durée limitée, comparable au « passeport Nansen » de l’entre-deux-guerres, permettant aux migrants de demander ensuite le statut de réfugié dans le pays leur paraissant le plus adapté ?
J.-P. S. : Le règlement « Dublin III » reste en vigueur et, promettent les membres du Conseil européen, il peut et doit encore être réformé. Ils feront le point en octobre. En réalité, le processus est bloqué et l’Italie a obtenu hier une sorte d’enterrement de fait de ce texte. Le titre de circulation ? Personne ne l’évoque et ne semble prêt, dans le contexte de crispation actuelle, à l’envisager. Surtout les pays qui sont clairement les destinations favorites des demandeurs : Allemagne, Suède, France, Belgique, etc.
Sylvain : Qu’est-ce qu’un système « volontaire » de centres dits « contrôlés » ?
J.-P. S. : Les centres « contrôlés » seront, en quelque sorte, des postes d’accueil (« hot spots » antérieurement) où les arrivants seront confinés (sans que les modalités soient précisées) en attendant une réponse quant à leur demande d’asile. Ils devraient ensuite être répartis dans l’Union – si leur demande est acceptée – ou renvoyés vers leur pays d’origine. Ce qui pose d’autres questions, non résolues, sur les réadmissions. Le système est « volontaire » parce que les pays ne seront pas obligés d’établir de tels centres sur leur territoire.
Glen Campbell : Ne serait-il pas plus simple pour tout le monde de réviser le droit maritime, afin de permettre aux navires portant secours de débarquer les migrants secourus en Afrique ? Cela porterait un coup au business des passeurs, sauverait des vies et enrayerait la vague populiste en Europe…
J.-P. S. : Je ne suis pas un spécialiste du droit maritime et de ses possibles réformes. Le droit humanitaire s’impose également aux Européens. Et je ne pense pas que débarquer les migrants en Libye ou dans certains autres pays africains en garantirait le respect. Vous avez lu, comme moi, les nombreuses dénonciations de la situation des migrants en Libye – sur laquelle l’Europe préfère d’ailleurs largement fermer les yeux. On nous redit, certes, vieux refrain, qu’il s’agit d’aider davantage ces pays et leurs communautés pour éviter les départs. M. Conte a au moins raison de demander à ses partenaires d’alimenter d’abord, comme ils l’avaient promis, le Fonds pour l’Afrique prévu à cette fin.
Alex : Les journaux italiens ont commencé par se réjouir de l’accord, à la suite des déclarations du président du conseil italien. Depuis, c’est la stupéfaction chez les mêmes journaux, une fois qu’ils ont analysé les conclusions du Conseil. Qu’en est-il au final ? N’y a-t-il eu que des concessions symboliques à l’Italie ?
J.-P. S. : M. Conte, comme indiqué plus haut, a surjoué la communication sur le thème « Nous avons gagné, l’Italie n’est plus seule ». Il y a eu une réelle prise en compte des difficultés de l’Italie, qui souligne à juste titre qu’elle a accueilli de 700 000 à 800 000 personnes en quelques années sans bénéficier du soutien nécessaire (outre financier) de ses partenaires. M. Conte a obtenu l’inscription dans les conclusions que tous les navires opérant en Méditerranée ne pouvaient pas faire obstacle aux opérations des gardes-côtes libyens. Au-delà ? Tout dépendra de la traduction en actes des promesses formulées hier : création « volontaire » de centres contrôlés le long de la Méditerranée, répartition « volontaire » des réfugiés… La presse italienne a donc raison, même si elle réagit un peu tard, de douter du bilan.
Citoyen européen : Quand je regarde cet accord avec maintien de Dublin et la création, sur une base volontaire, de centres gérés par l’UE, mais sur les pays d’arrivée – donc toujours la Grèce et l’Italie – je ne vois pas ce qui change par rapport à la veille de cette réunion…
J.-P. S. : On ne parle pas d’une gestion des éventuels centres par l’UE mais d’un « soutien » de celle-ci… On évoque aussi une gestion par le HCR, mais pour appuyer les Etats. Les questions que vous posez sont aussi celles que se posent beaucoup de ceux qui ont assisté à ce sommet… La communication a été bien menée, surtout par M. Macron et, dans son genre, par M. Conte. La réalité, une fois encore, est qu’il y a moins d’arrivées aujourd’hui, compte tenu notamment des effets de décisions antérieures (renforcement de la garde côtière libyenne, accord avec la Turquie, etc.) Donc la crise n’est pas « migratoire », mais « politique ». Ce qui renvoie aux considérations évoquées ci-dessus sur les situations nationales (Italie, Allemagne, Autriche, pays de Visegrad…) et la réelle portée des conclusions adoptées cette nuit.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Depuis sa création, en 1951, cette organisation défendant l’apport des migrations avait quasiment toujours été dirigée par un Américain. Le Portugais Antonio Vitorino a été désigné au quatrième tour du scrutin.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Un Européen élu à la tête de l’agence de l’ONU pour les migrations

Depuis sa création, en 1951, cette organisation défendant l’apport des migrations avait quasiment toujours été dirigée par un Américain. Le Portugais Antonio Vitorino a été désigné au quatrième tour du scrutin.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 17h01
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 17h05
   





                        



   


Pour la première fois depuis les années 1960, le prochain directeur général de l’agence de l’ONU pour les migrations ne sera pas américain. Ken Isaacs, candidat de Donald Trump, a été recalé vendredi 29 juin de l’élection du dirigeant de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) au profit d’Antonio Vitorino, le candidat portugais.
L’OIM, qui compte 172 Etats membres, ne cesse de défendre l’apport que représentent les migrations pour les différents pays du monde. Depuis sa création, en 1951, elle avait toujours été dirigée par un Américain, hormis entre 1961 et 1969, quand le Néerlandais Bastiaan Haveman avait été désigné à sa tête.
Des propos antimusulmans sur les réseaux sociaux
Ken Isaacs a sans doute payé la politique de « tolérance zéro » du président Trump, mais également ses propres déclarations, notamment sur les réseaux sociaux. Cet ancien vice-président de l’ONG humanitaire chrétienne Samaritan’s Purse avait par exemple affirmé, dans des tweets désormais effacés, que le Coran « ordonne » aux musulmans de commettre des actes de violence et suggéré que les réfugiés chrétiens devraient avoir la priorité sur eux. Il avait exprimé ses « regrets » pour ces commentaires « imprudents » et le département d’Etat avait jugé « approprié » qu’il présente ses excuses.

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                Donald Trump pris au piège de sa rhétorique anti-immigration



Antonio Vitorino a occupé les fonctions de ministre de la présidence et ministre de la défense (1995-1997), lorsque l’actuel secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres était premier ministre du Portugal. Auparavant, il avait été élu député au Portugal en 1980.
Il a également été commissaire européen à la justice et aux affaires intérieures (1999-2004). Depuis son départ de la politique en 2005, M. Vitorino a notamment travaillé comme associé au sein du cabinet Cuatrecasas, Gonçalves Pereira & Associados, selon l’OIM.
Elu au quatrième tour de scrutin d’une élection qui a duré cinq heures, il succède à l’Américain William Lacy Swing, qui a effectué deux mandats de cinq ans à la tête de l’OIM après avoir été le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en République démocratique du Congo (RDC) de mai 2003 à janvier 2008. Le nouveau directeur général est désigné au moment où les 28 dirigeants de l’Union européenne, réunis en sommet à Bruxelles, sont parvenus à un accord sur le dossier migratoire.

        Lire aussi :
         

                Un accord sur les migrations trouvé lors du sommet de l’Union européenne






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ L’universitaire turc analyse les raisons de la victoire du parti islamo-conservateur AKP, champion d’une Turquie nationaliste et pieuse, en rappelant les limites politiques et économiques de l’« hyperprésident ».
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Soli Ozel : « Les Turcs aiment en Erdogan ce que les étrangers détestent en lui »

L’universitaire turc analyse les raisons de la victoire du parti islamo-conservateur AKP, champion d’une Turquie nationaliste et pieuse, en rappelant les limites politiques et économiques de l’« hyperprésident ».



Le Monde
 |    29.06.2018 à 15h31
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 16h03
    |

            Marc Semo et 
Sylvie Kauffmann








                        



                                


                            
Après les élections en Turquie qui, le 24 juin, ont donné une nouvelle victoire au président Recep Tayyip Erdogan avec 53 % des suffrages et la majorité à son parti, l’AKP (Parti de la justice et du développement) et à ses alliés du MHP (Parti d’action nationale) au Parlement, l’universitaire turc Soli Özel, chercheur invité auprès de l’Institut Montaigne, à Paris, analyse l’impact de ce scrutin.

La démocratie est-elle morte en Turquie ?
Elle est en panne, blessée, mais elle n’est pas morte. Pas plus que dans d’autres parties du monde, où des leaders populistes sont confortés par le suffrage universel, scrutin après scrutin. Les résultats de l’élection sont ce qu’ils sont, mais il faut aussi reconnaître l’immense énergie déployée par l’opposition, même si cela n’a pas été suffisant pour ébranler les partisans de Recep Tayyip Erdogan et de l’AKP.
Ce n’était pas une élection à la russe. Le peuple s’est mobilisé avec un taux de participation de 87 % et, pour autant que l’on sache, il n’y a pas eu de fraude majeure, même si les observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont critiqué l’iniquité de la campagne, notamment dans l’accès aux médias. Les scores élevés recueillis par le MHP dans certaines zones du Sud-Est à majorité kurde n’en suscitent pas moins la perplexité.
De facto, Recep Tayyip Erdogan avait déjà tous les pouvoirs. Qu’est-ce qui change, avec ce scrutin ?
La concentration du pouvoir sera immense, plus encore qu’elle ne l’est, car elle est désormais institutionnalisée par la nouvelle constitution, approuvée d’une très courte majorité lors du référendum d’avril 2017. On ne sait pas encore exactement comment va être réorganisée l’administration, ni quelles seront précisément les fonctions des ministres choisis par le président et qui travailleront directement sous ses ordres. Mais l’on sait déjà que le cabinet sera réduit à seize ou dix-huit...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ La nature et l’ampleur des enjeux auxquels l’Europe est confrontée appellent des solutions paneuropéennes que notre système politique communautaire fragmenté est incapable d’aborder et de mettre en place, estime Alberto Alemanno, professeur de droit à HEC, dans une tribune au « Monde ».
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« Les partis transnationaux sont l’engrais d’une politique véritablement européenne »

La nature et l’ampleur des enjeux auxquels l’Europe est confrontée appellent des solutions paneuropéennes que notre système politique communautaire fragmenté est incapable d’aborder et de mettre en place, estime Alberto Alemanno, professeur de droit à HEC, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    29.06.2018 à 15h19
    |

Alberto Alemanno (Professeur de droit à HEC et à la New York University School of Law à Paris, fondateur de The Good Lobby)







                        



                                


                            

Tribune. A moins d’un an des élections européennes, la dimension politique de l’Union européenne est en train de dévoiler ses limites. Le dernier sommet européen en apporte la confirmation [Conseil européen des 28-29 juin]. Bien que l’intégration européenne influence de plus en plus la vie des citoyens, le système politique européen, et en particulier sa capacité de représentation politique, n’a toujours pas rattrapé son retard.
Même s’ils votent directement pour leurs représentants au Parlement européen depuis 1979, les citoyens de l’Union européenne le font à des dates différentes, selon différentes lois électorales, et pour soutenir des candidats sélectionnés par des partis nationaux sur la base de programmes nationaux. Si les partis politiques paneuropéens ont bien reçu une reconnaissance institutionnelle et des ressources financières au fil du temps, ils sont toujours constitués de fédérations extra-parlementaires des partis nationaux.

En conséquence, après plus de soixante ans d’existence, l’Union européenne manque de partis politiques capables de promouvoir un véritable espace transnational de débat politique et de dialogue, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des institutions. Malgré l’interdépendance croissante des Etats en matière de politiques publiques – allant des politiques économiques et environnementales aux règlements de protection des données –, les citoyens semblent condamnés à être exposés exclusivement à des débats nationaux sur la direction que l’Union européenne doit prendre.
Tentatives pour européaniser le jeu électoral
Cette compétition nationale s’illustre d’ailleurs dans le traitement médiatique de l’Union européenne : en regardant l’Europe à travers le prisme de l’Etat-nation, les journalistes comme les hommes politiques n’envisagent les politiques européennes que sous l’angle des avantages et des inconvénients pour chaque pays membre. L’éternel absent ? L’intérêt supérieur de l’Union...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Jean-Pierre Stroobants, correspondant du « Monde » au bureau européen, à Bruxelles, a répondu à vos questions sur le sommet européen.
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<filnamedate="20180629"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180629"><AAMMJJHH="2018062919">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ L’interdiction concernera l’accès aux ports mais aussi les activités de fourniture de carburants aux ONG, a déclaré le ministre de l’intérieur et chef de la Ligue, parti d’extrême droite.
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Migrants : les ports italiens seront fermés « tout l’été » aux ONG, annonce Matteo Salvini

L’interdiction concernera l’accès aux ports mais aussi les activités de fourniture de carburants aux ONG, a déclaré le ministre de l’intérieur et chef de la Ligue, parti d’extrême droite.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 14h24
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 17h08
   





                        



   


Le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, a annoncé vendredi 29 juin que les ports italiens seraient fermés « tout l’été » aux ONG qui secourent des migrants en Méditerranée. « Les ONG verront l’Italie seulement en carte postale », a déclaré au micro d’une radio M. Salvini, qui est aussi vice-premier ministre et chef de file la Ligue, parti d’extrême droite.
« Les ports seront fermés tout l’été », a affirmé M. Salvini. Il a ajouté que l’interdiction concernait non seulement l’accès aux ports mais aussi « les activités de fourniture de carburant aux ONG ». « Comme me disent les militaires italiens et même les Libyens, les ONG aident les passeurs, consciemment ou pas », a-t-il poursuivi, en assurant que l’Italie « continuerait à sauver tous ceux qui doivent être sauvés, avec les Etats qui sont des Etats ».
Salvini « satisfait » de l’accord signé à Bruxelles
Le ministre s’est aussi dit « satisfait et fier pour les résultats du gouvernement à Bruxelles », lors du Conseil européen consacré à la question des migrants.
« Finalement l’Europe a été obligée d’accepter la discussion sur une proposition italienne. Par rapport au néant des gouvernements Letta, Renzi et Gentiloni, nos nombreuses requêtes ont été acceptées. L’Italie est sortie de son isolement et joue à nouveau un rôle. »
Les dirigeants des pays de l’UE ont bouclé un accord vendredi au petit matin sur les migrations, salué par l’Italie, qui avait menacé de faire capoter le sommet à Bruxelles s’il ne lui était pas manifesté plus de solidarité face aux arrivées de migrants.

        Lire aussi :
         

                Migrants : récit d’une nuit de négociations qui a abouti à un accord fragile entre Européens



Nouveau naufrage au large de la Libye
Par ailleurs, les corps de trois bébés ont été repêchés et une centaine de personnes sont toujours portées disparues après le naufrage, vendredi, d’une embarcation de migrants au large de la Libye.
Près de 120 personnes avaient pris la mer à bord d’un canot pneumatique, avant que celui-ci coule, à 6 km des côtes libyennes, ont fait savoir à l’Agence France-Presse des rescapés conduits dans la région d’Al-Hmidya. Seulement seize migrants ont pu être secourus. Ce sont tous de jeunes hommes, venus notamment du Yémen, de Gambie, de Zambie et du Soudan.
Une explosion s’est produite à bord du canot quelques heures après son départ des côtes libyennes, et le moteur a pris feu. L’embarcation a commencé à prendre l’eau. Les migrants ont tenté de s’agripper à une partie du canot ou à des bidons de carburant tombés à l’eau. Selon les gardes-côtes, ils ont été aperçus par des pêcheurs, qui ont alerté la marine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Trois députés européens, Pervenche Berès, Udo Bullmann et Roberto Gualtieri, plaident dans une tribune au « Monde » pour un renforcement de la capacité budgétaire de la zone euro et expriment la nécessité d’approfondir l’union économique et monétaire.
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Il faut « améliorer la capacité de la zone euro à résister aux chocs et aux crises à venir »

Trois députés européens, Pervenche Berès, Udo Bullmann et Roberto Gualtieri, plaident dans une tribune au « Monde » pour un renforcement de la capacité budgétaire de la zone euro et expriment la nécessité d’approfondir l’union économique et monétaire.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 14h11
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Faisant suite aux propositions de réforme de la zone euro présentées par le Parlement européen, les gouvernements français et allemand ont exprimé mardi 19 juin dans la déclaration de Meseberg leur engagement commun, tant attendu, d’approfondir l’union économique et monétaire, ainsi que leur soutien à la mise en place d’une capacité budgétaire de la zone euro pour absorber les chocs macroéconomiques, favoriser la convergence et la croissance.
Ces propositions sont un pas dans la bonne direction. Il est de la plus haute importance d’y donner suite et d’améliorer la capacité de la zone euro à résister aux chocs et aux crises à venir.
Une feuille de route claire
C’est désormais au conseil européen des 28 et 29 juin de définir une feuille de route claire, détaillée et cohérente pour l’achèvement de l’union économique et monétaire et nous sommes prêts, au Parlement européen, à nous engager sur les aspects concrets de ses piliers.
Nous insistons en particulier sur les points suivants : la fonction de stabilisation macroéconomique de la zone euro devrait être établie dans le cadre du budget de l’Union européenne et elle devrait être financée de manière appropriée par les Etats membres participants, et ce sans redéploiement des fonds structurels. Tout en visant un objectif de neutralité budgétaire à moyen terme, elle comporterait un volet subvention et soutiendrait à la fois les investissements et les prestations de chômage dans les pays qui subissent un choc asymétrique.

La convergence économique et les réformes, y compris celles qui visent à renforcer la cohésion sociale, devraient être encouragées sur le modèle de la proposition de la Commission sur les instruments d’accompagnement des réformes.
Transformation du MES en FES
Les capacités de l’Union européenne en matière de gestion des crises devraient être renforcées par la transformation du Mécanisme européen de stabilité (MES) en un Fonds européen...




                        

                        


<article-nb="2018/06/29/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Plusieurs responsables du parti conservateur bavarois ont salué l’accord, éloignant le risque d’une scission avec Angela Merkel.
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Allemagne : après l’accord européen sur l’asile, la CSU calme le jeu

Plusieurs responsables du parti conservateur bavarois ont salué l’accord, éloignant le risque d’une scission avec Angela Merkel.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 12h32
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 16h44
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



   


L’accord européen obtenu dans la nuit de jeudi 28 au vendredi 29 juin suffira-t-il à calmer la crise entre les deux partis conservateurs allemands, l’Union chrétienne-sociale (CSU) et l’Union chrétienne-démocrate (CDU), en lutte frontale depuis deux semaines sur la question migratoire ? A la CSU, le parti bavarois à l’origine de la fronde contre la chancelière Angela Merkel et son parti, la CDU, les responsables ont apparemment choisi de calmer la fronde.
Horst Seehofer, ministre de l’intérieur et de la patrie, en première ligne dans la fronde contre Angela Merkel sur la question migratoire, ne s’est pas exprimé vendredi sur l’issue du sommet. Mais il a laissé parler à la télévision un de ses lieutenants, Hans Michelbach, membre du directoire de la CSU, qui a qualifié de « signal positif » l’accord obtenu par les pays européens. « On peut se réjouir de constater que c’est une voie commune européenne en matière de politique d’asile qui va dans le bon sens », a-t-il déclaré au micro du « Morgenmagazin », l’émission matinale de la chaîne publique ARD, vendredi matin.

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« La question est de savoir ce que cela implique pour les frontières nationales et l’accueil (des migrants) actuellement et dans les prochains mois », a-t-il déclaré, sans préciser la position de Horst Seehofer. Le ministre de l’intérieur avait menacé de renvoyer aux frontières allemandes tout demandeur d’asile déjà enregistré dans un autre pays. Autrement dit, une option nationale et non européenne sur la question – une extrémité qu’Angela Merkel voulait à tout prix éviter, et qui aurait signifié une rupture majeure au sein de la coalition au pouvoir à Berlin. Il a précisé que les deux dirigeants devaient se rencontrer dans les deux jours.
Quelques heures après l’annonce de l’accord européen, l’Espagne et la Grèce ont donné leur accord pour reprendre les migrants arrivant en Allemagne mais déjà enregistrés dans les deux pays. « La Grèce et l’Espagne sont prêtes à reprendre les demandeurs d’asile qui seront interpellés à l’avenir à la frontière germano-autrichienne par les autorités allemandes dans la mesure où ils disposent d’une entrée Eurodac [fichier européen des demandeurs d’asile] de l’un de ces deux pays », a annoncé dans un communiqué le gouvernement de la chancelière Angela Merkel, qui avait promis des accords de ce type pour convaincre son ministre de l’intérieur de renoncer à de mesures anti-immigration unilatérales.
« Un grand pas en avant »
Un autre signe d’apaisement de la part de la CSU est venu de Manfred Weber, président du groupe parlementaire du Parti populaire européen à Strasbourg et vice-président de la CSU. « Le sommet européen a permis de faire un grand pas en avant dans l’amélioration de la politique migratoire. L’UE montre sa capacité d’action, y compris parce que la CDU et la CSU ont fait pression ensemble sur ce dossier », a-t-il déclaré.
A la CSU, plusieurs responsables ont plaidé ces derniers jours pour la fin des hostilités entre les deux partis. « Nous ne voulons pas de scission entre la CDU et la CSU. Nous sommes convaincus du bien-fondé de la bonne et étroite collaboration avec notre formation sœur, que nous voulons poursuivre dans l’avenir, et nous ne souhaitons pas la fin du gouvernement », a déclaré mardi Joachim Herrmann, ministre de l’intérieur de la région Bavière.
Ce ton modéré est à mettre en perspective avec un sondage récent qui tend à montrer que la ligne dure adoptée par la CSU n’est pas payante électoralement, alors qu’un scrutin régional doit avoir lieu en Bavière le 14 octobre. Cette enquête, menée par l’institut Forsa et publiée lundi 25 juin, montre que la population bavaroise accorde à Angela Merkel un crédit plus important (43 %) qu’au ministre-président de Bavière, Markus Söder, qui n’arrive qu’à 38 % d’opinions positives. Selon ce sondage, la CSU n’obtiendrait que 40 % si les élections avaient lieu dimanche. Ce serait 7,7 % de moins qu’aux élections de 2013, et pire qu’en 2008, où la CSU avait essuyé une débâcle, à 43,4 % des voix. Selon la chaîne régionale Bayerische Rundfunk, cette enquête d’opinion a eu sur les responsables de la CSU l’effet d’une douche froide. « Il faut évidemment prendre ces chiffres au sérieux », a déclaré Ilse Aigner, une des responsables de la CSU.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Le premier ministre néerlandais veut supprimer l’impôt sur les dividendes. Un projet très contesté.
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Aux Pays-Bas, le débat sur les cadeaux fiscaux aux multinationales embarrasse Mark Rutte

Le premier ministre néerlandais veut supprimer l’impôt sur les dividendes. Un projet très contesté.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 12h31
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



   


Engagé dans ce qui commence à ressembler à une course vers une haute fonction européenne – on parle de lui comme possible successeur de Donald Tusk à la présidence du Conseil –, le premier ministre néerlandais Mark Rutte se serait bien passé de cette affaire embarrassante. Le dirigeant libéral défend un projet, très contesté, de suppression de l’impôt sur les dividendes que les sociétés versent à leurs actionnaires.
A l’occasion de ce débat qui lui a déjà valu une motion de défiance, finalement rejetée, M. Rutte a surtout été invité à s’expliquer sur un « ruling » fiscal secret conclu en 2005 avec le géant Shell, au moment où la multinationale pétrolière fusionnait ses branches néerlandaise et britannique.

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Selon le quotidien Trouw, qui a révélé cette affaire il y a deux semaines, cette technique, dite de « décision anticipée », qui détermine préalablement le traitement fiscal appliqué à une entreprise et lui offre une sécurité juridique, aurait permis à la société pétrolière d’épargner 7 milliards d’euros. En échange de l’implantation du siège principal de Shell à La Haye, un mécanisme permettait le versement de dividendes aux actionnaires via un trust à Jersey. Ce qui dispensait Shell d’acquitter la taxe de 15 % aux Pays-Bas et offrait aux actionnaires un bénéfice net.
Des détails « explosifs » selon l’opposition
Marjan van Loon, PDG de Shell Nederland, a vivement réagi contre ce qu’elle estime être des accusations de pratiques illégales et de duperie pour le pays. « Les deux sont faux », a-t-elle déclaré. L’opposition de gauche, requinquée par cette affaire qui lui donne prise sur un premier ministre réputé inoxydable, est d’un autre avis. Lilian Marijnissen, dirigeante de la gauche radicale, accuse Shell d’avoir « volé des milliards en pleine période de crise » et décrit M. Rutte comme « le coursier du grand capital ». Jesse Klaver, populaire dirigeant du parti écologiste GroenLinks, évoque « un copinage de la pire espèce ».

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M. Rutte n’était pas aux affaires à l’époque où l’arrangement a été conclu. Il s’est toutefois refusé, malgré la pression de ses opposants, à en dévoiler le contenu lors d’une séance de la chambre des députés, mardi 26 juin. Il n’aurait livré que quelques détails à huis clos. « Explosifs », selon Mme Marijnissen qui réclame, avec d’autres responsables politiques, un débat public. Démocrates 66, l’un des membres de la coalition au pouvoir, y semble favorable, d’autant que cette formation centriste est réticente à l’idée de la suppression complète de l’impôt sur les dividendes, uniquement défendue par M. Rutte et son parti. « Nous ne sommes pas pour cette réforme, mais nous soutenons l’accord de coalition », a expliqué le député D66, Steven van Weyenberg.
L’embarras du premier ministre est aggravé par d’autres éléments. Remarquant que le projet d’une suppression de la taxe n’avait jamais été évoqué dans la négociation gouvernementale, ou même dans le programme du parti de M. Rutte, les journalistes se sont demandé si ce dernier n’avait pas cédé au lobbying très intense du patronat et des multinationales Shell, Philips, Akzo Nobel et Unilever – le premier ministre fut un cadre de cette dernière. M. Rutte a nié, jusqu’à ce que des médias révèlent que ces sociétés avaient bel et bien rédigé un texte réclamant, pendant la négociation, la suppression de la taxation. Le chef du gouvernement a affirmé, jusqu’aux révélations de la presse, ne pas être au courant du ruling fiscal conclu avec Shell.
Pieux mensonges
Ces pieux mensonges ne le font toutefois pas dévier de sa ligne. Il estime que la suppression de l’impôt peut prévenir d’éventuelles délocalisations, attirer des investisseurs étrangers et protéger l’emploi. Il est clair aussi qu’il prend en compte les conséquences du Brexit : les entreprises qui songent à quitter Londres – où l’impôt sur les dividendes n’existe pas – s’installeront plus volontiers, estime le premier ministre, dans un pays au climat fiscal clément.

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L’impôt sur les dividendes est de 26 % en Allemagne, 28 % au Danemark, 30 % en Belgique. Il culmine à 35 % en Suisse, tandis que la France a ramené ce prélèvement à la source de 30 à 12,8 % en janvier.
Le rendement net de la taxe est estimé, aux Pays-Bas, à 1,5 milliard d’euros. Un montant trop faible, aux yeux de M. Rutte, pour remettre en question son projet. Il reste à savoir si ses partenaires le suivront dans la défense d’une mesure devenue, pour beaucoup de Néerlandais, le symbole d’une politique d’un autre temps. « L’injustice du deal conclu avec Shell déplaît même aux électeurs de droite, juge, dans De Volkskrant, l’eurodéputé socialiste Paul Tang. Cela fâche tout le monde. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ La France insoumise et le Rassemblement national ont critiqué l’accord signé à Bruxelles par les vingt-huit Etats membres. De son côté, l’ONG Médecins sans Frontières a dénoncé un texte qui entraîne un « blocage » des migrants aux portes de l’UE.
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Macron annonce que la France « n’ouvrira pas de centres » d’accueil pour les migrants

La France insoumise et le Rassemblement national ont critiqué l’accord signé à Bruxelles par les vingt-huit Etats membres. De son côté, l’ONG Médecins sans Frontières a dénoncé un texte qui entraîne un « blocage » des migrants aux portes de l’UE.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 12h10
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 17h27
   





                        



   


En France, venant de droite comme de gauche, les critiques n’ont pas tardé après l’annonce d’un accord conclu à Bruxelles sur le dossier migratoire, vendredi 29 juin au petit matin. Après de longues heures de négociations, les vingt-huit dirigeants de l’Union européenne sont parvenus à s’entendre sur plusieurs mesures de principe, dont la mise en application demeure cependant floue.
Le compromis propose la création de « centres contrôlés » dans l’UE, que les Etats membres mettraient en place « sur une base volontaire », et d’où une distinction serait faite « rapidement » entre migrants irréguliers à expulser et demandeurs d’asile légitimes, qui pourraient être répartis dans l’UE, là aussi « sur une base volontaire ». Il invite aussi à examiner la possibilité de créer des « plateformes de débarquements » de migrants hors de l’UE pour dissuader les traversées de la Méditerranée.
Le détail des conclusions du Conseil européen est à lire ici.
Les réactions politiques en France
« La coopération européenne l’a emporté (…). La solidarité que nous devons aux premiers pays d’entrée a été actée lors de ce sommet », a déclaré le président français, Emmanuel Macron. Le chef de l’Etat a précisé vendredi après-midi que « la France n’ouvrira pas de centres » d’accueil pour les migrants car elle « n’est pas un pays de première arrivée ».

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A gauche, La France insoumise (LFI) et le Parti communiste français (PCF) ont déploré que le Conseil européen se focalise sur la sécurisation des frontières et n’affiche que des « vœux pieux » en matière d’accueil.
C’est « un accord qui, exactement comme la loi asile et immigration en France, ne résoudra rien », a réagi le député LFI Eric Coquerel sur LCI. Il y a « d’un côté des vœux pieux : sur tout ce qui est tentative de répartir les migrants, de gérer l’accueil, c’est que du volontariat. Donc autant dire que ça ne se fera pas (…) De l’autre côté par contre, il y a des mesures concrètes où on va encore plus sécuriser les frontières, être toujours plus durs envers les migrants ».
« On aura beaucoup de mal à nous expliquer qu’avec cet accord l’Europe est sauvée. Au contraire, elle se déshonore », a réagi de son côté l’élu PCF Ian Brossat dans un tweet.
« Nos dirigeants européens sont arrivés à la seule conclusion qu’il faut mieux protéger nos frontières. Autrement dit, dissuader les demandeurs d’asile de venir. Rien sur l’accueil digne. Pitoyable. »
A droite, le président des Républicains (LR), Laurent Wauquiez, a dit craindre « un accord de façade, destiné à faire semblant qu’on est d’accord alors qu’en réalité on ne s’est entendu sur rien [sic] ». Il a souligné le « danger fondamental » que constitue selon lui la création de centres européens pour les migrants sur le territoire européen.
La présidente du Rassemblement national (RN, ex-FN), Marine Le Pen, a affirmé que « cet accord ne règle pas du tout le problème de la submersion migratoire ». « Mais il a un avantage, a-t-elle ajouté, les pays ayant maintenant le droit de dire non », Emmanuel Macron « sera exclusivement responsable de l’immigration de masse en France ».
L’ancien bras droit de Marine Le Pen, Florian Philippot, président du parti Les Patriotes, a considéré que l’accord trouvé à Bruxelles est « l’un des pires que l’Union européenne ait jamais accouché », parce qu’il « renforce toutes les politiques existantes (…), à commencer par la répartition des migrants entre les Etats au nom de la solidarité européenne et par la libre circulation inhérente à l’espace Schengen ».
Les réactions des dirigeants européens
« L’Italie n’est plus seule. » Le président du conseil italien, Giuseppe Conte, s’est dit « satisfait » à l’issue des négociations vendredi matin. Pour le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, Rome a obtenu « 70 % de ce qu’elle voulait ».
La réaction de la chancelière allemande, Angela Merkel, était plus nuancée. « Nous aurons encore beaucoup à faire pour rapprocher les différents points de vue », a-t-elle déclaré, concédant « un bon signal ».

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Le chancelier autrichien, Sébastien Kurz, a, lui, considéré que l’accord permettra de « détruire le modèle économique des passeurs ». Et d’ajouter :
« Nous serons en mesure de réduire le nombre de personnes arrivant en Europe seulement lorsque nous ferons en sorte que les personnes secourues en mer ne soient pas amenées dans l’Union européenne. Il faut que ces idées soient mises en pratique rapidement, elles ne valent rien si elles ne sont pas mises en œuvre. »
Les autres réactions
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM), du ressort des Nations unies, a estimé que les centres de gestion des demandeurs d’asile convenus par les dirigeants des Vingt-Huit devaient être situés en Europe, et pas à l’étranger. L’organisation a évoqué une inquiétude « insurmontable » sur l’ouverture de « plates-formes de débarquement » en Libye du fait de l’insécurité qui y règne.
L’ONG Médecins sans Frontières a dénoncé un accord qui entraîne un « blocage » des migrants aux portes de l’Union européenne.
« Les seuls composantes sur lesquelles les Etats européens semblent s’être mis d’accord sont, d’une part, le blocage des personnes aux portes de l’Europe, quelle que soit leur vulnérabilité et les horreurs qu’ils fuient, et d’autre part, la diabolisation des opérations non gouvernementales de recherche et de sauvetage ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Le président américain, qui ne cesse de répéter qu’il veut « s’entendre avec la Russie » malgré la défiance du Congrès, rencontrera Vladimir Poutine le 16  juillet à Helsinki, quatre jours après un sommet à risque de l’OTAN.
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Donald Trump tente d’imposer sa ligne sur la Russie

Le président américain, qui ne cesse de répéter qu’il veut « s’entendre avec la Russie » malgré la défiance du Congrès, rencontrera Vladimir Poutine le 16  juillet à Helsinki, quatre jours après un sommet à risque de l’OTAN.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 11h02
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

Vladimir Poutine s’est donné le beau rôle, mercredi 27 juin, à Moscou, en recevant le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, John Bolton, pour fixer la date du premier sommet entre les deux pays, qui aura lieu le 16 juillet, à Helsinki. Déplorant l’état dégradé de la relation bilatérale, le président russe a assuré y voir le résultat d’« une lutte interne acharnée aux Etats-Unis », passant sous silence ses propres responsabilités. Une vision partiale qui vise cependant juste lorsqu’elle évoque les positions antagonistes qui s’expriment à Washington dès lors qu’il s’agit de la Russie.
Le Congrès entièrement contrôlé par le Parti républicain campe en effet depuis longtemps dans une défiance, alimentée par des élus démocrates comme républicains, comme l’a montré l’adoption de sanctions, en juillet 2017, à une écrasante majorité (419 voix contre 3 à la Chambre, 98 voix contre deux au Sénat), en riposte à des interférences imputées à Moscou lors de la campagne présidentielle. Donald Trump n’a pourtant cessé de les contester, jugeant crédibles, comme jeudi matin sur son compte Twitter, les dénégations russes et dénonçant au contraire une « chasse aux sorcières ».
Cette défiance a longtemps été épousée par une partie de l’administration. En a attesté la vision stratégique rédigée par le deuxième conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, H.R. McMaster. Présentée en décembre, elle mettait en évidence la politique de la Chine et de la Russie, qualifiées de « puissances révisionnistes », accusées de vouloir remettre en cause « la puissance, l’influence et les intérêts américains », au risque de menacer « la sécurité et la prospérité américaines ».
Autant de mises en garde balayées par la volonté de Donald Trump de « s’entendre avec la Russie » de Vladimir Poutine, un objectif avancé dès 2015. Encadré à son arrivée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Réunis en sommet à Bruxelles, les dirigeants sont parvenus à s’entendre pour créer des « centres contrôlés » dans l’UE, sur une base volontaire.
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/06/2018
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Migrants : récit d’une nuit de négociations qui a abouti à un accord fragile entre Européens

Réunis en sommet à Bruxelles, les dirigeants sont parvenus à s’entendre pour créer des « centres contrôlés » dans l’UE, sur une base volontaire.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 10h15
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 18h01
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen), 
Cédric Pietralunga et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

4 h 30 du matin, vendredi 29 juin, à Bruxelles. La fatigue se fait sentir dans les travées désertées du Conseil européen quand Donald Tusk, son président, tweete sobrement qu’un accord vient enfin d’être trouvé entre les vingt-huit dirigeants des pays de l’Union européenne (UE).
« Beaucoup prédisaient le triomphe de solutions nationales, mais ce soir c’est la coopération européenne qui l’a emporté », affirme un peu plus tard le président français Emmanuel Macron, qui quitte les lieux à pied. « L’Italie n’est plus seule, l’Europe sera plus solidaire », se félicite de son côté le président du Conseil Giuseppe Conte, qui vient de vivre sa première nuit blanche bruxelloise. « Nous aurons encore beaucoup à faire pour rapprocher les différents points de vue », a nuancé la chancelière allemande, Angela Merkel.
Volontiers présenté comme « historique », ce rendez-vous décisif ne s’est pas achevé en pugilat et n’a pas donné l’image délétère d’une Europe divisée, au bord de l’explosion, comme le craignaient nombre de dirigeants.
Mais sur le fond, ce texte de conclusions, qui a nécessité neuf heures de rédaction, résoudra-t-il durablement la crise migratoire ? Permettra-t-il d’en finir, au moins pour cet été, avec les images de bateaux d’ONG errant sur les eaux de la Méditerranée centrale ? Suffira-t-il à la chancelière allemande Angela Merkel pour calmer, outre-Rhin, son partenaire de coalition, la CSU bavaroise, qui la sommait de trouver une solution « européenne » avant la fin juin ? Et recevra-t-il le feu vert de Matteo Salvini, le ministre italien de l’intérieur, l’homme fort de la coalition au pouvoir à Rome, qui a allumé la mèche de toute la crise politique au début de ce mois ?
« Plates-formes de débarquement »
Rien n’était moins sûr, vendredi matin, tant le compromis sur la table ressemblait à un patchwork de desiderata nationaux. Et pour cause : depuis trois ans, les Européens s’opposent frontalement, sans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Face à l’absence de progrès dans la mise en œuvre par Moscou des accords pour faire cesser les combats dans l’est de l’Ukraine, les Vingt-Huit ont prolongé vendredi les sanctions pour six mois.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Ukraine : l’UE reconduit les sanctions économiques contre Moscou

Face à l’absence de progrès dans la mise en œuvre par Moscou des accords pour faire cesser les combats dans l’est de l’Ukraine, les Vingt-Huit ont prolongé vendredi les sanctions pour six mois.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 07h20
   





                        


Les 28 dirigeants de l’UE ont officiellement décidé, vendredi 29 juin, de prolonger pendant six mois les sanctions économiques contre la Russie face à l’absence de progrès dans la mise en œuvre par Moscou des accords pour faire cesser les combats dans l’est de l’Ukraine.
« Les leaders de l’UE sont convenus de prolonger les sanctions économiques contre la Russie de six mois », a indiqué le Conseil européen, qui représente les Etats membres sur son compte Twitter.
La discussion sur les Accords de Minsk s’est déroulée après des négociations marathon sur les questions migratoires à la fin de la première journée du sommet de l’UE à Bruxelles.
Crise ukrainienne
Ces sanctions ont été décidées à l’été 2014, au plus fort de la crise ukrainienne, quelques mois après l’annexion de la Crimée par la Russie, suivie par l’offensive de rebelles pro-russes dans l’est de l’Ukraine. Kiev et les Occidentaux accusent la Russie de soutenir les rebelles séparatistes, notamment en leur fournissant des armes, ce que Moscou dément catégoriquement.
L’UE a par ailleurs imposé des sanctions à près de 150 personnalités, dont des proches du président russe Vladimir Poutine, inscrits sur sa « liste noire ». Leurs avoirs détenus par des banques européennes sont par conséquent gelés et elles sont privées de visas pour l’UE.
Dans leurs conclusions, les 28 ont également à nouveau exhorté la Russie à « reconnaître sa responsabilité » dans la catastrophe du vol MH17 abattu par un missile au-dessus de l’Ukraine en 2014.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Le président du Conseil européen Donald Tusk a estimé vendredi qu’il était « beaucoup trop tôt pour parler d’un succès » après l’accord signé par les Vingt-Huit à Bruxelles.
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Un accord sur les migrations trouvé lors du sommet de l’Union européenne

Le président du Conseil européen Donald Tusk a estimé vendredi qu’il était « beaucoup trop tôt pour parler d’un succès » après l’accord signé par les Vingt-Huit à Bruxelles.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 05h00
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 16h40
   





                        



   


Neuf heures de négociations et un accord au petit matin. Les vingt-huit dirigeants de l’Union européenne (UE), réunis en sommet à Bruxelles, sont parvenus à s’entendre sur le dossier migratoire au bout de la nuit, vendredi 29 juin vers 4 h 30, a annoncé le président du Conseil européen, Donald Tusk.
L’objectif affiché est de mieux protéger les frontières du bloc et de renforcer les règles d’accueil, a expliqué, vendredi, le président français, Emmanuel Macron : « La coopération européenne l’a emporté (…). La solidarité que nous devons aux premiers pays d’entrée a été actée lors de ce sommet. »
Les Vingt-Huit se sont mis d’accord sur la création de centres d’accueil sur le sol européen, sur la base du volontariat et pour se pencher sur l’instauration de dispositifs d’accueil situés en dehors de l’UE, montrent les conclusions publiées vendredi. Mais M. Tusk a tenu à nuancer vendredi la signature de cet accord. Pour le président du Conseil européen, il est « beaucoup trop tôt pour parler d’un succès ».
« Nous avons réussi à obtenir un accord (au sommet) mais c’est en fait la partie la plus facile de la tâche qui nous attend sur le terrain, quand nous commencerons à le mettre en oeuvre. »
» Le détail des conclusions du Conseil européen est à lire ici.
Accord sur l’ouverture de centres « contrôlés » en Europe
Les dirigeants se sont entendus pour instaurer un système « volontaire » de centres dits « contrôlés », en Europe, avec l’objectif de tenter de gérer de manière moins chaotique les futurs bateaux arrivant de Libye et entrant dans les eaux internationales et que, dans le respect du droit de la mer, les Européens se doivent de secourir.
Dans ces centres, une distinction serait faite « rapidement » entre migrants irréguliers à expulser et demandeurs d’asile légitimes, qui pourraient être répartis dans l’UE, là aussi « sur une base volontaire ». C’est cette esquisse de « hot spots » de nouvelle génération, sur laquelle les Vingt-Huit ont buté pendant des heures.
« Les centres en Europe se feront sur une base volontaire dans les pays de premier accueil. Ils doivent dire s’ils sont candidats. Certains l’ont exprimé autour de la table. Ils leur appartient de le faire publiquement », a expliqué Emmanuel Macron, vendredi à mi-journée. Quelques heures plus tard, le président français a annoncé que la France « n’ouvrira pas de centres » fermés. L’Autriche, par la voix du chancelier Sebastian Kurz a également écarté l’idée d’accueillir un tel centre. « On n’est pas un pays de première arrivée, sauf si les gens sautent en parachute », a-t-il déclaré.
C’est aussi ce que M. Macron a fait valoir pour expliquer qu’il avait refusé l’ouverture d’un centre d’accueil en France.
« La France n’est pas un pays de première arrivée. Certains voulaient nous pousser à cela, c’est un peu ce que les polémiques récentes ont conduit certains à nous pousser à faire. Je l’ai refusé ».
Examiner l’idée de « plates-formes de débarquement » hors de l’UE
Autre point d’accord trouvé : l’idée de « plates-formes de débarquement » hors de l’UE. Ce concept est emprunté au Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Il est toutefois encore vague. Ces centres pourraient se situer dans des pays d’Afrique du Nord. On ignore si ces derniers accepteront. Le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, a déclaré, jeudi, que son pays rejetait l’idée de tels centres. Le président albanais s’y est également opposé. La Tunisie n’est pas non plus favorable.

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« Toute solution doit être une solution européenne », a réagi, vendredi matin, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), estimant que les centres de gestion des demandeurs d’asile devaient être situés en Europe et non à l’étranger. Les Européens ont également décidé de renforcer leurs frontières extérieures, notamment en augmentant les aides à destination de la Turquie et de l’Afrique du Nord, afin d’éviter de renouer avec des flux comparables à ceux que l’Europe avait enregistrés en 2015.
Continuer à travailler sur la réforme de la convention de Dublin
L’accord appelle aussi les Etats membres à « prendre toutes les mesures » internes nécessaires pour éviter les déplacements de migrants entre pays de l’UE, ces « mouvements secondaires » convergeant souvent vers l’Allemagne, où ils sont au cœur du débat politique qui fragilise Angela Merkel.

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Les Vingt-Huit vont continuer à travailler sur une réforme de la convention de Dublin, censée instaurer un partage plus équitable des réfugiés, mais sa conclusion n’est pas fixée. « Un consensus doit être trouvé au sujet du règlement de Dublin afin de le réformer sur la base d’un équilibre entre responsabilité et solidarité, prenant en compte les personnes débarquées à la suite d’opérations de recherche et de sauvetage », souligne le communiqué publié vendredi matin.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Cette agence des Nations unies a été la première à suggérer, au printemps, la mise en place de « plates-formes de débarquement » en Méditerranée
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Migrants : le rôle-clé du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés

Cette agence des Nations unies a été la première à suggérer, au printemps, la mise en place de « plates-formes de débarquement » en Méditerranée



Le Monde
 |    28.06.2018 à 22h19
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 10h40
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Pour justifier les différentes idées qui ont circulé ces derniers jours entre Bruxelles et les autres capitales de l’Union européenne (UE), à propos de la gestion de la migration (et qui se sont en partie retrouvées dans les conclusions du conseil, le 29 juin au petit matin), beaucoup de dirigeants et de diplomates se réfugient derrière le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
Et, de fait, cette agence des Nations unies a été la première à suggérer, au printemps, la mise en place de « plates-formes de débarquement » en Méditerranée. Afin d’éviter que des cas comme celui de l’Aquarius, ce bateau auquel l’Italie a refusé l’accostage, ne se reproduise trop souvent. « Nous avons enregistré mille décès depuis le début de l’année, il est temps d’établir un mécanisme à l’échelle régionale », souligne Ralf Gruenert, représentant du Haut-Commissariat en France.
Consciente que la crise politique que traverse actuellement l’Union menace jusqu’au principe du droit d’asile, le HCR va désormais plus loin, détaillant son schéma de « plates-formes de débarquement » sur le pourtour mediterranéen. Sans aucune référence au règlement européen de Dublin stipulant que c’est au pays de première entrée qu’il appartient d’accueillir les migrants et d’examiner leur demande d’asile.

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Dans une lettre conjointe, datée du 27 juin et adressée à la haute représentante, Federica Mogherini, au président de la Commission, Jean-Claude Juncker, et à celui du Conseil européen, Donald Tusk, le HCR et l’Office international pour les migrations (OIM), proposent une approche complètement renouvelée et appellent « tous les pays de la région méditerranéenne à se réunir pour mettre en place un mécanisme prévisible et responsable de débarquement, avec, pour priorité, le respect des droits humains et la sécurité » des naufragés.
Considérant que la situation nécessite désormais une « responsabilité partagée autour du bassin méditerranéen », le HCR et l’OIM recommandent d’abord d’augmenter significativement le nombre de réfugiés accueillis directement depuis les pays d’origine et de transit, et suggèrent la mise en place de filières de migration légale, et de visas pour les migrants les plus « fragiles ».
Intransigeance de la Hongrie
Les plates-formes devraient aussi procéder « rapidement » au traitement des dossiers et « réduire les mouvements » des migrants. Les deux agences ne précisent pas si ces centres doivent être, ou non, fermés. Le HCR est, en principe, opposé à la rétention administrative, en particulier à celle des personnes vulnérables et des enfants. Il affirme toutefois la nécessité de protéger certains migrants, des réseaux de trafiquants.
Pas de précision non plus sur la localisation des plates-formes, hormis qu’elles peuvent se situer « dans l’UE », mais aussi « potentiellement ailleurs » et devraient être distribuées « de manière géographique ». Une réserve cependant : certains pays ne disposent pas de centres de sauvetage en mer, ce qui réduit leur rôle potentiel.
Après une nuit de négociations, les Européens ont endossé le principe de plates-formes situées dans des ports européens, vendredi, à Bruxelles. Ils ont aussi validé le principe de centres externes à l’UE, sur les rives africaines. Budapest ou Varsovie ne veulent, en effet, pas entendre parler de centres européens qui, de leur point de vue, continueraient d’être des pôles d’attraction pour les migrants et les passeurs.

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Le HCR et l’OIM soulignent aussi – mais seront-ils entendus ? – la nécessité de mettre au point, parallèlement, des mécanismes de répartition équitables des demandeurs d’asile. Un projet qui bute sur l’intransigeance de la Hongrie et de ses alliés.
Il restera enfin à régler la question de la gestion des « plates-formes », ces « hot spots » d’un nouveau type. Des dirigeants européens affirment que le HCR peut jouer ce rôle. M. Gruenert paraît plus nuancé : « La gestion de telles structures ressortirait des Etats, le HCR est disponible pour les aider, sur la base de son expérience. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Alors que se tient un sommet européen, le chef de la division des migrations internationales à l’OCDE, Jean-Christophe Dumont, rappelle que le renforcement des contrôles aux frontières ne peut pas résoudre la crise actuelle.
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« Il faut créer des voies légales d’immigration »

Alors que se tient un sommet européen, le chef de la division des migrations internationales à l’OCDE, Jean-Christophe Dumont, rappelle que le renforcement des contrôles aux frontières ne peut pas résoudre la crise actuelle.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 18h18
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 09h14
    |

            Maryline Baumard et 
Julia Pascual








                        


Responsable de la division migrations de l’OCDE, Jean-Christophe Dumont regrette que l’Europe se focalise sur les contrôles aux frontières, sans développer des voies d’immigration légale et lutter contre le travail au noir.
Les Etats de l’Union européenne se réunissent pour trouver des solutions communes face à des arrivées de migrants en forte diminution, mais devenues problématiques. Que vous évoquent les pistes de travail ? 
Jean-Christophe Dumont : Une première analyse des pistes constituant le menu du sommet européen montre que les chefs d’Etat se focalisent sur un point : le contrôle des frontières. Il est évidemment essentiel de contrôler les frontières extérieures de l’Union européenne, mais à moyen terme, si on se cantonne à cette unique approche, on risque de ne parvenir à endiguer ni les migrations irrégulières ni l’industrie du passage.
Nos études montrent que si l’on veut, sur le long terme, limiter les départs de manière substantielle et durable, il faut travailler sur deux autres leviers : adapter les voies légales d’arrivée en Europe en fonction des besoins et assécher la demande d’emplois illégaux d’étrangers.
Comment assèche-t-on ce besoin en emplois au noir, alors que les patrons européens ne se privent guère de cette main-d’œuvre « docile » qui fait tourner des secteurs entiers de l’économie ? 
L’emploi illégal revêt une diversité de situations selon les pays de l’OCDE, de l’immigré régulier qui contrevient aux conditions d’octroi de son permis de résidence, par exemple en travaillant plus qu’il n’est autorisé, au sans-papiers qui travaille sous une autre identité parfois dans des emplois formels et déclarés (aux Etats-Unis, plus des deux tiers des migrants en situation irrégulière sont dans ce cas), en passant par ceux qui étaient autorisés à occuper un emploi mais ne le sont plus…
En Lombardie (Italie) par exemple, 82 % des immigrés ont un permis en bonne et due forme et travaillent dans des emplois formels, 9 % sont légaux mais travaillent dans le secteur informel, et 9 % sont en situation irrégulière mais la moitié d’entre eux travaille dans des emplois formels.
En se focalisant sur les passages illicites aux frontières, on regarde du mauvais côté. Face à la complexité des situations, c’est en réalité une palette d’instruments qu’il faut mettre en œuvre, au cœur de laquelle on trouve la lutte contre l’emploi non déclaré.
Vous faites donc le pari qu’on limitera l’immigration si les patrons n’ont plus que des employés légaux. Mais que propose l’OCDE pour parvenir à cet assainissement des marchés de l’emploi ?
Evidemment, il faut renforcer le contrôle aux frontières extérieures, mais aussi renforcer les contrôles sur les lieux de travail et sanctionner les employeurs malveillants. Cet argument est d’ailleurs inscrit dans l’agenda européen pour les migrations de la Commission européenne. Ce texte reconnaît que « le travail de migrants en situation irrégulière crée un effet d’attraction… » et qu’il faut « augmenter le nombre des inspections du travail dans les secteurs économiques à haut risque ».
Mais ce débat n’est malheureusement pas au menu des chefs de gouvernements. Dans le cadre des discussions ces derniers mois sur les travailleurs détachés, il a été décidé, en mars, de créer une autorité européenne du travail dont une des missions sera de coordonner les efforts pour lutter contre l’emploi non déclaré. Cette autorité serait mise en place en 2019 et à pleine capacité en 2023.
Pourquoi ne pas accélérer ce processus ? Par ailleurs, pour que cet effort soit crédible et juste, les travaux de l’OCDE montrent qu’il est essentiel, en parallèle de ces mesures, de créer des canaux légaux d’entrée pour répondre aux besoins de certaines branches professionnelles.

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Des pays ont-ils déjà expérimenté cette approche ?
L’Allemagne l’a fait récemment avec pour objectif de réduire la demande d’asile en provenance des Balkans. On a déjà oublié, mais les arrivées en 2015 de demandeurs d’asile en Allemagne étaient composées de flux mixtes en termes de nationalités : 35 % de Syriens, 12 % de Kosovars et 12 % d’Albanais.
Aujourd’hui, les demandes albanaise et kosovare ont disparu parce que les Allemands ont mis en place une politique globale avec ces pays qui inclut une part d’immigration légale. En 2017, 75 000 autorisations de travail ont été octroyées aux ressortissants des Balkans dans le cadre d’un nouveau programme destiné à maîtriser l’immigration irrégulière. La plupart travaillent dans le sud de l’Allemagne, en particulier dans la construction.
Les procédures d’asile ont certes été accélérées et les retours accentués mais la création de ce canal d’immigration de travail, conséquent, explique pour partie le tarissement de la demande d’asile des Balkans en Allemagne.
Le développement des voies légales d’immigration fait partie des débats sur le pacte mondial des migrations aux Nations Unies (sous la forme de partenariats pour la mobilité des compétences notamment) et se trouve même dans l’agenda européen pour les migrations avec des projets pilotes sur la migration légale, mais là encore ces discussions sont occultées au niveau européen.

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Au regard de vos travaux, le sommet des 28 et 29 juin ne semble donc pas prendre le sujet migratoire par la bonne entrée ? 
Si ce sommet est une étape et si les étapes suivantes ne sont plus seulement sécuritaires, cela peut être très productif. Mais, pour que les avancées soient pérennes, il faut que les pays assainissent leur marché du travail et ouvrent des voies légales d’entrée en fonction des besoins. C’est à cette condition seulement que la politique de lutte contre l’immigration irrégulière sera efficace et remarchera sur ses deux jambes.
Pour aller plus loin, consulter le rapport de l’OCDE sur les migrations : http://www.oecd.org/fr/migrations/perspectives-des-migrations-internationales-19991258.htm



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Yves Pascouau, chercheur à l’université de Nantes, a répondu à vos questions sur la nouvelle donne politique en Europe face à la question migratoire.
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« L’UE n’a jamais abordé la question de l’asile et de l’immigration dans sa globalité »

Yves Pascouau, chercheur à l’université de Nantes, a répondu à vos questions sur la nouvelle donne politique en Europe face à la question migratoire.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 17h29
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 18h25
   





                        



   


Au cours d’un tchat, jeudi 28 juin, Yves Pascouau, chercheur à l’université de Nantes et titulaire de la chaire Schengen-Alliance Europa, a répondu aux questions d’internautes du Monde à propos des réponses politiques à la crise migratoire en Europe.
Nicolas : les navires des ONG, en allant directement secourir les migrants dès leur entrée dans les eaux internationales (à 15 km des côtes libyennes), ne contribuent-ils pas à provoquer un appel d’air, jouant le jeu des passeurs et des migrants, puisque au final, 95 % du trajet en Méditerranée vers l’Europe est fait par les migrants sur ces navires ?
Yves Pascouau : Une étude d’une université britannique se base sur une analyse de la situation entre 2015 et 2016 et indique qu’il n’est pas possible de conclure à la théorie de l’appel d’air, car les traversées sont aussi motivées par d’autres facteurs, tels que l’augmentation des flux, ou les éléments saisonniers. Par ailleurs, de nombreux sauvetages sont effectués par d’autres types de navires. Dans un document publié en vue du sommet européen, la Commission européenne indique que les opérations de l’Union européenne en mer ont permis de sauver 634 751 vies entre 2015 et 2017.
Gil : Angela Merkel peut-elle encore sauver sa place de chancelière ? Et pourquoi des pays tels que la Grèce, le Portugal, la Pologne ou la Hongrie lui feraient ce « cadeau » ?
Yves Pascouau : Il est encore possible que la chancelière « sauve sa place ». Cela dépendra de l’issue des discussions du Conseil européen et de la satisfaction ou pas de l’Union chrétienne-sociale (la CSU, les conservateurs bavarois). Reste qu’il est désormais difficile de savoir ce qui satisfera la CSU. Tout dépendra aussi de la volonté de la CSU de maintenir le gouvernement actuel ou de précipiter sa chute.
Rien compris : est-il possible que Merkel rompe sa coalition actuelle avec la CSU pour s’allier aux Verts, et ainsi sauver sa place – et accessoirement peut-être sauver l’Europe ?
Yves Pascouau : Il est très difficile de répondre à cette question. La situation politique en Allemagne est désormais très instable. Par ailleurs, il y a de nombreux dossiers sur lesquels l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et les Verts sont encore très éloignés. Réaliser un accord de coalition est dans ces conditions très compliqué.
Jean-Ed : les ports tunisiens ne sont-ils pas plus proches que les ports européens ? La Tunisie n’étant pas en guerre, l’application du droit maritime n’implique-elle pas de devoir les débarquer dans ce pays ?
Yves Pascouau : Ils sont géographiquement plus proches, mais ces ports sont-ils pour autant sûrs ? C’est toute la question. Par « sûr », on entend des ports dans lesquels les personnes débarquées pourront notamment déposer une demande d’asile (selon les standards du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés) et dans lesquels elles ne risquent pas d’être refoulées vers un autre pays tiers où elles pourraient être persécutées.
En ce qui concerne la Tunisie : d’une part, il faut qu’elle les accepte. D’autre part, le capitaine d’un navire peut juger que le port le plus proche ne permettra pas aux personnes de voir leur demande d’asile traitée selon des standards de la convention de Genève sur le statut des réfugiés.
Habsb : pourquoi le délit de solidarité s’applique pour les migrants sans-papiers en difficulté sur les Alpes, mais non pas pour les migrants secourus en mer Méditerranée ?
Yves Pascouau : Pour les personnes secourues en Méditerranée, c’est le droit de la mer qui oblige de porter assistance aux personnes en détresse. Pour les personnes qui aident les migrants dans les Alpes, c’est le droit de chaque Etat qui décide si cette aide est punissable ou pas. Il faut noter que le « délit de solidarité » est prévu dans une directive européenne. Si cette directive prévoit que les personnes qui portent assistance dans un but lucratif – les passeurs) doivent être punies, ce n’est pas le cas des personnes qui portent assistance. Chaque Etat peut décider de poursuivre les personnes qui portent assistance ou pas.
Vincent : comment fait-on la distinction entre migrant économique et réfugié ? Et comment cela change-t-il le traitement qui est réservé à ces personnes ?
Yves Pascouau : C’est une distinction juridique. Le statut de réfugié est prévu dans la convention de Genève de 1951 qui protège les personnes qui craignent, avec raison, d’être persécutées en raison de leur « race », religion, nationalité, appartenance à un certain groupe social ou opinions politiques. Les « migrants économiques » ne sont pas protégés à l’instar des réfugiés.
Par ailleurs, la notion de « migrant économique » est trompeuse. Dans le discours, il s’agit du migrant subsaharien qui est entré irrégulièrement sur le territoire des Etats européens. Or, un migrant économique, c’est aussi l’ingénieur informatique indien qui est embauché par une grande entreprise du secteur.
Louiza : la fin du règlement de Dublin est-elle inéluctable ?
Yves Pascouau : S’il n’y a certainement pas d’accord aujourd’hui sur un règlement Dublin IV, le règlement Dublin III continuera à s’appliquer. Juridiquement, le règlement Dublin va survivre, dans l’immédiat. La difficulté repose davantage sur sa survie en pratique. On peut imaginer que si l’Italie n’obtient pas satisfaction pour une plus grande solidarité, alors elle cessera d’appliquer le règlement Dublin de facto. A ce moment-là, on pourra alors douter de la survie du texte.
Curieux : bonjour, je souhaiterais savoir si le phénomène migratoire actuel se traduira en une hausse de la démographie européenne, ou bien sans répercussion significative.
Yves Pascouau : L’édition du journal Le Monde datée d’aujourd’hui donne quelques éléments de réponse. Selon l’OCDE, les 4 millions de demandeurs d’asile arrivés entre 2014 et 2017 devraient déclencher un accroissement d’à peine 0,3 % de la population européenne en âge de travailler à l’horizon 2020.

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Jeanne : y a-t-il des chevauchements ou articulations entre les points discutés aujourd’hui au Conseil européen et certaines dispositions du projet de loi français « asile et immigration » ?
Yves Pascouau : Les questions discutées ce jour par les chefs d’Etat et de gouvernement concernent les orientations politiques nouvelles que doit prendre la politique européenne. La loi asile et immigration discutée devant les Assemblées a pour objectif d’adapter le droit français et notamment au sujet des procédures d’asile et du retour des personnes en situation irrégulière. Une discussion porte sur des orientations politiques, l’autre sur des adaptations législatives.
Blandine : comment se fait-il que certains pays, comme l’Allemagne, arrivent à accueillir un grand nombre de migrants et que la France semble incapable de mettre en place une politique d’intégration d’un nombre de migrants infiniment plus petit ?
Yves Pascouau : L’Allemagne a une grande tradition d’accueil des réfugiés dans les faits et dans la Loi fondamentale (Constitution). Lors du conflit yougoslave, elle avait déjà accueilli plusieurs centaines de milliers de personnes déplacées. Par ailleurs, et à la différence de la France, en 2015, l’Allemagne n’était pas en prise avec le phénomène de l’extrême droite. Ce dernier joue un rôle très grand dans la manière dont les gouvernements français successifs abordent la question de l’asile et de l’immigration.
LMn : réfugiés politiques, économiques, climatiques… Nous allons tous être confrontés à de forts mouvements migratoires. Nous entendons souvent la fameuse phrase : « nous ne pouvons pas accueillir tout le monde ». Mais pouvons-nous vraiment refuser le droit à la vie ? Quelles sont les options possibles en Europe, pour accueillir autant de personnes ? Comment pouvons-nous répondre positivement à ce besoin ?
Yves Pascouau : Jusqu’à présent, l’UE et ses Etats membres n’ont pas abordé la question de l’asile et de l’immigration dans sa globalité. Depuis 1999, les Etats membres de l’UE construisent une politique migratoire commune essentiellement « intérieure », c’est-à-dire la gestion des frontières et le sort des demandeurs d’asile qui sont arrivés sur le territoire européen. C’est une vision de type « affaires intérieures » ou plus simplement « ministère de l’intérieur ». L’UE et ses Etats membres n’ont en réalité plus d’option. Ils doivent désormais construire une politique migratoire qui prenne en considération les aspects extérieurs du phénomène migratoire, c’est-à-dire de lui adjoindre une dimension « politique étrangère ». Ils commencent à le faire, mais c’est insuffisant.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ De l’« Aquarius » à Matteo Salvini, en passant par Emmanuel Macron, nous avons imaginé un dialogue, parfois fictif mais fidèle aux positions de chacun, pour comprendre les enjeux de cette crise européenne.
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La crise des politiques migratoires en Europe résumée en conversation WhatsApp

De l’« Aquarius » à Matteo Salvini, en passant par Emmanuel Macron, nous avons imaginé un dialogue, parfois fictif mais fidèle aux positions de chacun, pour comprendre les enjeux de cette crise européenne.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 16h34
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 12h14
    |

                            Rédaction Snapchat - Le Monde








                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ L’économiste Pierre Khalfa explique, dans une tribune au « Monde », que le remède apporté par l’Europe à la crise financière grecque condamne le pays au mieux à péricliter, au pire à continuer à s’enfoncer dans la pauvreté et le dénuement.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
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Grèce : « Le risque d’un nouveau scénario catastrophe ne peut être exclu »

L’économiste Pierre Khalfa explique, dans une tribune au « Monde », que le remède apporté par l’Europe à la crise financière grecque condamne le pays au mieux à péricliter, au pire à continuer à s’enfoncer dans la pauvreté et le dénuement.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 15h44
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                            Pierre Khalfa (Economiste, coprésident de la Fondation Copernic)








                        



                                


                            

Tribune. « Grèce : un accord historique pour tourner la page », titrait Le Monde du 23 juin. La lecture de l’article indique pourtant que, loin d’être tournée, cette page, parmi les plus noires de ce pays qui en a pourtant connu un certain nombre, va continuer à être écrite par les mêmes protagonistes. La Grèce a été quasiment détruite par les plans d’austérité successifs que les institutions et les gouvernements européens lui ont imposés.

Cette saignée censée guérir le malade a abouti à une catastrophe économique et sociale. Depuis 2010, le PIB du pays a diminué d’un tiers, 35 % de sa population vit aujourd’hui sous le seuil de pauvreté et la baisse massive du niveau de vie s’est accompagnée d’un désastre sanitaire qui voit des pans entiers de la population privés de tout soin médical.
Condamnée à être asphyxiée
Non seulement l’accord conclu le 21 juin ne permettra pas de sortir de cette situation, mais il risque fort de l’aggraver. Tout d’abord, remarquons qu’à la différence des autres plans imposés à la Grèce, qui étaient limités dans le temps, celui-ci court jusqu’en 2069, puisque les remboursements auprès du Mécanisme européen de stabilité (MES) ne seront théoriquement terminés qu’à cette échéance.

Pire, le pays doit dégager un surplus primaire (excédent budgétaire avant paiement des intérêts de la dette) de 3,5 % du PIB jusqu’en 2022 et de 2,2 % pendant les trente-sept années suivantes. S’il a été un peu repoussé dans le temps, le remboursement de la dette grecque reste le seul objectif des institutions européennes. Pour tenir ces engagements, la Grèce s’est condamnée à être asphyxiée par une austérité permanente qui ne peut que l’enfoncer encore plus dans un marasme économique dont la population continuera à payer le prix fort.
Va-t-elle au moins récupérer à ce prix son indépendance politique ? Pas immédiatement en tout cas, car jusqu’en 2022 la Grèce devra subir un audit...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Les mesures prises collectivement par l’Union européenne ont permis de renforcer l’euro et de soutenir la croissance, affirme dans une tribune au « Monde » le président de l’Eurogroupe au moment où se tient un conseil européen, les 28 et 29 juin.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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Mario Centeno : « L’euro est sorti plus fort encore de la crise »

Les mesures prises collectivement par l’Union européenne ont permis de renforcer l’euro et de soutenir la croissance, affirme dans une tribune au « Monde » le président de l’Eurogroupe au moment où se tient un conseil européen, les 28 et 29 juin.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 15h25
    |

Mario Centeno (Président de l’Eurogroupe)







                        



                                


                            

Tribune. Peu importe le scepticisme. L’Europe est en train de gagner. La crise a mis l’euro à l’épreuve, mais l’euro en est sorti plus fort. Alors que nous discutons des mesures pour renforcer davantage la monnaie unique, nous sommes sur le point d’aboutir à une même vieille question. Serons-nous en mesure d’être leaders dans les bons moments, ou allons-nous attendre une autre crise pour nous forcer la main ?
Au plus fort de la crise, il n’était pas évident que l’euro s’en sorte indemne. La grande dépression a causé des difficultés à beaucoup de nos citoyens, le soutien à l’euro a enregistré les plus bas niveaux de son histoire et les Etats membres ont été forcés de mettre leurs ressources en commun.
Nous avons été pris au dépourvu, mais, face à un réel danger, les dirigeants européens sont sortis de leur zone de confort pour défendre notre monnaie. La garantie souveraine de 500 milliards d’euros – le Mécanisme européen de stabilité (MES) – est peut-être l’exemple le plus clair de cet effort. Détrompez-vous : l’expansion économique d’aujourd’hui est notre retour sur cet investissement.
Toutes les économies de l’euro connaissent en ce moment une croissance solide. Les héritages de la crise, tels que la dette publique, les déficits et le chômage, diminuent de façon constante et sans précédent. Le cas de la Grèce est une preuve de notre détermination. Après huit années d’ajustement, soutenues par 256 milliards d’euros de prêts, la Grèce sort de son programme d’aide financière cet été.
Union monétaire et bancaire
La résolution politique et la patience sont ici essentielles. La patience est le meilleur antidote à la croissance des populismes et des extrêmes en politique. Défendre l’euro avec des institutions réformées demeure la meilleure solution pour assurer la croissance et le développement économique dans un monde en changement permanent. Nous avons essayé d’autres solutions dans le passé, et celles-ci se sont révélées...




                        

                        

