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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Après l’accord entre les Vingt-Huit sur la question migratoire, Jean-Pierre Stroobants, correspondant au bureau européen du « Monde », à Bruxelles, a répondu à vos questions.
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« L’Italie a obtenu, de fait, un enterrement du règlement de Dublin sur les migrants »

Après l’accord entre les Vingt-Huit sur la question migratoire, Jean-Pierre Stroobants, correspondant au bureau européen du « Monde », à Bruxelles, a répondu à vos questions.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 17h34
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 17h53
   





                        



   


Au cours d’un tchat, vendredi 29 juin, Jean-Pierre Stroobants, correspondant au bureau européen du « Monde », à Bruxelles, a répondu aux questions d’internautes du Monde à propos des réponses politiques à la crise migratoire en Europe.
Marc B : Est-ce vraiment une victoire pour le gouvernement populiste italien ? Si oui, est-ce que ça veut dire qu’il suffira désormais aux gouvernements de menacer et d’exiger pour obtenir ce qu’ils veulent ?
Jean-Pierre Stroobants : Le débat engagé résulte clairement de la pression de ce nouveau gouvernement, et singulièrement du ministre de l’intérieur, Matteo Salvini. Mais la présidence autrichienne de l’Union européenne — qui démarre le 1er juillet — aussi : le chancelier Kurz est, comme on le sait, associé au Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ), parti xénophobe. Avec le Danemark, l’Autriche a proposé l’installation de camps de rétention dans les Balkans, idée abandonnée. Il y a donc la pression des populistes, oui, mais aussi la sanction de la trop longue inaction des partenaires de l’Italie quand la crise migratoire était à son comble. C’est elle qui a aussi favorisé, entre autres facteurs, l’arrivée d’un gouvernement de populistes antisystème au pouvoir à Rome. On peut ajouter que le discours récurrent des pays de l’Est, Hongrie en tête, a aussi entraîné une focalisation sur ce sujet qui, en réalité, est beaucoup moins prégnant aujourd’hui compte tenu de la diminution du nombre des arrivées de migrants.
Chabi : Alors que le gouvernement dit chercher un équilibre entre fermeté et humanité, le mouvement Génération. s ne voit que « marasme et inhumanité » dans les « solutions » du Conseil européen. Est-ce qu’il y a des aspects visant l’amélioration de l’accueil des réfugiés dans le texte adopté hier ?
J.-P. S. : La thèse des dirigeants « humanistes » européens est qu’éviter les traversées de la Méditerranée est une bonne chose – 1 000 personnes sont mortes ainsi depuis le début de l’année, sans doute près de 40 000 en tout. D’où les tentatives de négocier avec les pays de transit et de départ. On ignore tout, pour le reste, des conditions qui prévaudront dans les « centres de contrôle » prévus pour l’accueil sur le pourtour méditerranéen. On ignore d’ailleurs où, quand et même s’ils verront jamais le jour. Les dirigeants affirment, en tout cas, que les demandes d’asile seront examinées plus rapidement. A ce stade, il n’y a pas d’autre garantie.
Savoyard : Les règlements de Dublin sont manifestement un facteur aggravant de la crise plutôt qu’une solution, faisant porter un poids excessif sur les pays de première ligne, tels que la Grèce et l’Italie, et expliquant les rejets des pays des Balkans. Ne pourrait-on pas envisager un « titre de circulation européen » à durée limitée, comparable au « passeport Nansen » de l’entre-deux-guerres, permettant aux migrants de demander ensuite le statut de réfugié dans le pays leur paraissant le plus adapté ?
J.-P. S. : Le règlement « Dublin III » reste en vigueur et, promettent les membres du Conseil européen, il peut et doit encore être réformé. Ils feront le point en octobre. En réalité, le processus est bloqué et l’Italie a obtenu hier une sorte d’enterrement de fait de ce texte. Le titre de circulation ? Personne ne l’évoque et ne semble prêt, dans le contexte de crispation actuelle, à l’envisager. Surtout les pays qui sont clairement les destinations favorites des demandeurs : Allemagne, Suède, France, Belgique, etc.
Sylvain : Qu’est-ce qu’un système « volontaire » de centres dits « contrôlés » ?
J.-P. S. : Les centres « contrôlés » seront, en quelque sorte, des postes d’accueil (« hot spots » antérieurement) où les arrivants seront confinés (sans que les modalités soient précisées) en attendant une réponse quant à leur demande d’asile. Ils devraient ensuite être répartis dans l’Union – si leur demande est acceptée – ou renvoyés vers leur pays d’origine. Ce qui pose d’autres questions, non résolues, sur les réadmissions. Le système est « volontaire » parce que les pays ne seront pas obligés d’établir de tels centres sur leur territoire.
Glen Campbell : Ne serait-il pas plus simple pour tout le monde de réviser le droit maritime, afin de permettre aux navires portant secours de débarquer les migrants secourus en Afrique ? Cela porterait un coup au business des passeurs, sauverait des vies et enrayerait la vague populiste en Europe…
J.-P. S. : Je ne suis pas un spécialiste du droit maritime et de ses possibles réformes. Le droit humanitaire s’impose également aux Européens. Et je ne pense pas que débarquer les migrants en Libye ou dans certains autres pays africains en garantirait le respect. Vous avez lu, comme moi, les nombreuses dénonciations de la situation des migrants en Libye – sur laquelle l’Europe préfère d’ailleurs largement fermer les yeux. On nous redit, certes, vieux refrain, qu’il s’agit d’aider davantage ces pays et leurs communautés pour éviter les départs. M. Conte a au moins raison de demander à ses partenaires d’alimenter d’abord, comme ils l’avaient promis, le Fonds pour l’Afrique prévu à cette fin.
Alex : Les journaux italiens ont commencé par se réjouir de l’accord, à la suite des déclarations du président du conseil italien. Depuis, c’est la stupéfaction chez les mêmes journaux, une fois qu’ils ont analysé les conclusions du Conseil. Qu’en est-il au final ? N’y a-t-il eu que des concessions symboliques à l’Italie ?
J.-P. S. : M. Conte, comme indiqué plus haut, a surjoué la communication sur le thème « Nous avons gagné, l’Italie n’est plus seule ». Il y a eu une réelle prise en compte des difficultés de l’Italie, qui souligne à juste titre qu’elle a accueilli de 700 000 à 800 000 personnes en quelques années sans bénéficier du soutien nécessaire (outre financier) de ses partenaires. M. Conte a obtenu l’inscription dans les conclusions que tous les navires opérant en Méditerranée ne pouvaient pas faire obstacle aux opérations des gardes-côtes libyens. Au-delà ? Tout dépendra de la traduction en actes des promesses formulées hier : création « volontaire » de centres contrôlés le long de la Méditerranée, répartition « volontaire » des réfugiés… La presse italienne a donc raison, même si elle réagit un peu tard, de douter du bilan.
Citoyen européen : Quand je regarde cet accord avec maintien de Dublin et la création, sur une base volontaire, de centres gérés par l’UE, mais sur les pays d’arrivée – donc toujours la Grèce et l’Italie – je ne vois pas ce qui change par rapport à la veille de cette réunion…
J.-P. S. : On ne parle pas d’une gestion des éventuels centres par l’UE mais d’un « soutien » de celle-ci… On évoque aussi une gestion par le HCR, mais pour appuyer les Etats. Les questions que vous posez sont aussi celles que se posent beaucoup de ceux qui ont assisté à ce sommet… La communication a été bien menée, surtout par M. Macron et, dans son genre, par M. Conte. La réalité, une fois encore, est qu’il y a moins d’arrivées aujourd’hui, compte tenu notamment des effets de décisions antérieures (renforcement de la garde côtière libyenne, accord avec la Turquie, etc.) Donc la crise n’est pas « migratoire », mais « politique ». Ce qui renvoie aux considérations évoquées ci-dessus sur les situations nationales (Italie, Allemagne, Autriche, pays de Visegrad…) et la réelle portée des conclusions adoptées cette nuit.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Depuis sa création, en 1951, cette organisation défendant l’apport des migrations avait quasiment toujours été dirigée par un Américain. Le Portugais Antonio Vitorino a été désigné au quatrième tour du scrutin.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Un Européen élu à la tête de l’agence de l’ONU pour les migrations

Depuis sa création, en 1951, cette organisation défendant l’apport des migrations avait quasiment toujours été dirigée par un Américain. Le Portugais Antonio Vitorino a été désigné au quatrième tour du scrutin.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 17h01
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 17h05
   





                        



   


Pour la première fois depuis les années 1960, le prochain directeur général de l’agence de l’ONU pour les migrations ne sera pas américain. Ken Isaacs, candidat de Donald Trump, a été recalé vendredi 29 juin de l’élection du dirigeant de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) au profit d’Antonio Vitorino, le candidat portugais.
L’OIM, qui compte 172 Etats membres, ne cesse de défendre l’apport que représentent les migrations pour les différents pays du monde. Depuis sa création, en 1951, elle avait toujours été dirigée par un Américain, hormis entre 1961 et 1969, quand le Néerlandais Bastiaan Haveman avait été désigné à sa tête.
Des propos antimusulmans sur les réseaux sociaux
Ken Isaacs a sans doute payé la politique de « tolérance zéro » du président Trump, mais également ses propres déclarations, notamment sur les réseaux sociaux. Cet ancien vice-président de l’ONG humanitaire chrétienne Samaritan’s Purse avait par exemple affirmé, dans des tweets désormais effacés, que le Coran « ordonne » aux musulmans de commettre des actes de violence et suggéré que les réfugiés chrétiens devraient avoir la priorité sur eux. Il avait exprimé ses « regrets » pour ces commentaires « imprudents » et le département d’Etat avait jugé « approprié » qu’il présente ses excuses.

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Antonio Vitorino a occupé les fonctions de ministre de la présidence et ministre de la défense (1995-1997), lorsque l’actuel secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres était premier ministre du Portugal. Auparavant, il avait été élu député au Portugal en 1980.
Il a également été commissaire européen à la justice et aux affaires intérieures (1999-2004). Depuis son départ de la politique en 2005, M. Vitorino a notamment travaillé comme associé au sein du cabinet Cuatrecasas, Gonçalves Pereira & Associados, selon l’OIM.
Elu au quatrième tour de scrutin d’une élection qui a duré cinq heures, il succède à l’Américain William Lacy Swing, qui a effectué deux mandats de cinq ans à la tête de l’OIM après avoir été le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en République démocratique du Congo (RDC) de mai 2003 à janvier 2008. Le nouveau directeur général est désigné au moment où les 28 dirigeants de l’Union européenne, réunis en sommet à Bruxelles, sont parvenus à un accord sur le dossier migratoire.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Cette rencontre s’inscrit dans un contexte tendu entre l’Union européenne et les Etats-Unis après la décision de Donald Trump d’augmenter les taxes sur l’acier et l’aluminium européens.
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Conflit commercial : Juncker annonce qu’il rencontrera Trump à Washington en juillet

Cette rencontre s’inscrit dans un contexte tendu entre l’Union européenne et les Etats-Unis après la décision de Donald Trump d’augmenter les taxes sur l’acier et l’aluminium européens.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 16h41
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 16h51
   





                        



   


Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a annoncé vendredi 29 juin qu’il allait se rendre en juillet à Washington pour discuter avec Donald Trump du conflit commercial qui oppose les deux parties.
« Je vais aller à Washington et présenter le point de vue des Européens », a confirmé M. Juncker à l’issue d’un sommet de l’Union européenne (UE) à Bruxelles, alors que les relations commerciales entre Bruxelles et Washington sont très tendues depuis l’imposition par l’administration Trump de taxes sur l’acier et l’aluminium européens au début du mois de juin.
« Nous devrions dédramatiser ces relations. Nous avons besoin de ces relations. Les Etats-Unis ont besoin de ces relations. (…) Je ne suis pas sûr que nous allons parvenir à un accord mais nous allons essayer. »

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Taxes européennes sur le bourbon, les motos
En réponse à cette décision, l’Union européenne a imposé des droits de douane additionnels sur des dizaines de produits américains, comme les jeans, le bourbon ou encore les motos. « La décision unilatérale et injustifiée des Etats-Unis » d’imposer ces droits de douane « ne nous laisse pas d’autre choix », avait insisté cette semaine la commissaire européenne au commerce, Cecilia Malmström.
« Les règles du commerce international ne peuvent être violées sans réaction de notre part », a précisé Mme Malmström, ajoutant que « si les Etats-Unis supprimaient leurs tarifs douaniers », les mesures européennes seraient « également supprimées ». Face à ces mesures européennes, le constructeur de motos américaines Harley-Davidson a annoncé mardi qu’il allait délocaliser une partie de sa production pour échapper aux tarifs douaniers imposés par Bruxelles. En réponse à ces mesures européennes, Donald Trump a menacé d’imposer une taxe douanière de 20 % sur les voitures de l’UE importées aux Etats-Unis.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Des centaines de personnes ont manifesté vendredi dans le centre de l’Inde pour la troisième journée de suite. La jeune victime se trouve, elle, dans un état critique.
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En Inde, le viol d’une fillette de 8 ans provoque un émoi national

Des centaines de personnes ont manifesté vendredi dans le centre de l’Inde pour la troisième journée de suite. La jeune victime se trouve, elle, dans un état critique.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 15h49
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 16h05
   





                        


Plusieurs centaines de personnes ont manifesté vendredi 29 juin dans le centre de l’Inde pour la troisième journée de suite après le viol brutal d’une fillette de 8 ans. La jeune victime se trouve dans un état critique. Une foule portant des pancartes et chantant « Mort au violeur » s’est rassemblée en plusieurs lieux du district de Mandsaur, dans l’Etat du Madhya Pradesh, pour réclamer la pendaison du suspect de l’agression sexuelle d’une écolière de la zone.
Ces rassemblements rappellent, dans une moindre mesure, l’émoi populaire qu’avait provoqué un viol collectif à New Delhi en 2012 qui avait choqué la planète et jeté une lumière crue sur les violences sexuelles en Inde.

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Un suspect arrêté
Dans cette nouvelle affaire, un homme est accusé d’avoir mardi enlevé une fille de 8 ans à la sortie de l’école alors qu’elle attendait son père, en lui assurant qu’il la ramenait chez elle, a expliqué la police locale.
A la place, il l’aurait conduite dans un endroit isolé où il l’aurait brutalement violée et lui aurait tranché la gorge, la laissant agoniser. Elle a été découverte par des habitants. La victime « reste dans un état critique dans l’unité de soins intensifs. Elle est dans l’incapacité de parler car ses cordes vocales ont été endommagées par une coupure profonde à la gorge », a déclaré un médecin qui a requis l’anonymat.
Interpellé, un suspect est actuellement interrogé par les forces de l’ordre et risque des poursuites pour viol et tentative de meurtre, a annoncé le vice-directeur de la police du district de Mandsaur, S. S. Kanesh.
Nombre de commerces et d’écoles sont restés fermés dans le district. Des étudiants ont manifesté en portant des brassards noirs. Des policiers antiémeute ont été déployés préventivement, à la suite de heurts avec les protestataires jeudi soir. « Il y a eu plusieurs manifestations mais la situation reste sous contrôle », a assuré M. Kanesh.
Quelque 40 000 viols ont été signalés en Inde en 2016, selon des statistiques du gouvernement. Les experts estiment toutefois que ce chiffre ne représente que la partie émergée de l’iceberg, en raison de la culture du silence qui prévaut dans cette société très patriarcale. A tel point qu’avec une population presque vingt fois inférieure (66,9 millions d’habitants alors que l’Inde en compte 1,32 milliard), il y a chaque année plus de viols ou tentatives de viol déclarés en France (environ 65 000) qu’en Inde.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Une attaque à l’arme à feu dans la rédaction de ce journal du Maryland a fait cinq morts, jeudi. La rédaction a tenu à publier une édition vendredi.
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Etats-Unis : le « Capital Gazette », victime d’une fusillade, publie une édition en hommage aux victimes

Une attaque à l’arme à feu dans la rédaction de ce journal du Maryland a fait cinq morts, jeudi. La rédaction a tenu à publier une édition vendredi.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 15h33
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 17h41
   





                        


« Nous n’avons pas les mots. » Le Capital Gazette, journal américain du Maryland cible d’une attaque à l’arme à feu qui a fait cinq morts, jeudi 28 juin, a tenu à publier son édition de vendredi pour rendre hommage aux journalistes tués. Sa « une » est simple, factuelle et glaçante, sans adjectif. « Cinq personnes abattues au Capital », est-elle titrée.

https://t.co/dEiIgEd15K— capgaznews (@Capital Gazette)


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A l’arrière de camionnettes, dans un parking situé à quelques centaines de mètres de leur salle de rédaction bouclée par la police, les journalistes ont recréé des bureaux de fortune pour raconter la tragédie dont ils ont été les victimes. « Je ne sais pas quoi faire d’autre à part ça », a expliqué un journaliste, Chase Cook, jeudi. « Je ne peux pas dormir, donc la seule chose que je puisse faire c’est rendre compte des faits », a écrit sur Twitter pendant la nuit un autre journaliste, Phil Davis.
Ce dernier a fait savoir que le suspect, Jarrod Ramos, avait été mis en examen notamment pour meurtre avec préméditation. Le tireur a fait irruption jeudi après-midi dans la salle de rédaction, armé d’un fusil. Une fois ses crimes commis, il s’est laissé arrêter sans difficulté. C’est un homme de 38 ans qui entretenait une relation conflictuelle avec le journal qu’il avait, sans succès, attaqué en diffamation.
Quatre journalistes et une assistante marketing tués
Quatre des victimes de la fusillade de jeudi sont mortes sur le coup, la cinquième a succombé à l’hôpital. L’attaque a également fait deux blessés légers. Les noms des victimes sont imprimés à la page habituellement réservée aux éditoriaux, laissée vide.
Gerald Fischman, le responsable des éditoriaux, fait partie des personnes tuées. Agé de 61 ans, il travaillait au journal depuis vingt-six ans. Robert Hiaasen, le rédacteur en chef adjoint du journal, a également été fauché par les balles du tireur, à 59 ans. Père de trois enfants et venant de fêter ses trente-trois ans de mariage, il travaillait dans ce quotidien depuis 2010, après avoir passé dix-sept ans au Baltimore Sun.
John McNamara, 56 ans, couvrait l’actualité sportive et celle des lycées et université. Il avait passé plusieurs années dans un journal concurrent d’Annapolis en tant que journaliste sportif. Wendi Winters, également victime de l’attaque, avait 65 ans et était responsable des éditions spéciales. Mère de quatre enfants, elle avait commencé sa carrière à New York, dans la mode et les relations publiques, avant de s’installer dans le Maryland il y a une vingtaine d’années. Elle avait intégré le Capital Gazette en 2013. Rebecca Smith, assistante marketing de 34 ans, décrite comme gaie et dynamique, fait également partie des victimes.
« Demain, cette page reviendra à son but originel, qui est de proposer à nos lecteurs des opinions informées », est-il précisé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ L’universitaire turc analyse les raisons de la victoire du parti islamo-conservateur AKP, champion d’une Turquie nationaliste et pieuse, en rappelant les limites politiques et économiques de l’« hyperprésident ».
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édition abonné


Soli Ozel : « Les Turcs aiment en Erdogan ce que les étrangers détestent en lui »

L’universitaire turc analyse les raisons de la victoire du parti islamo-conservateur AKP, champion d’une Turquie nationaliste et pieuse, en rappelant les limites politiques et économiques de l’« hyperprésident ».



Le Monde
 |    29.06.2018 à 15h31
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 16h03
    |

            Marc Semo et 
Sylvie Kauffmann








                        



                                


                            
Après les élections en Turquie qui, le 24 juin, ont donné une nouvelle victoire au président Recep Tayyip Erdogan avec 53 % des suffrages et la majorité à son parti, l’AKP (Parti de la justice et du développement) et à ses alliés du MHP (Parti d’action nationale) au Parlement, l’universitaire turc Soli Özel, chercheur invité auprès de l’Institut Montaigne, à Paris, analyse l’impact de ce scrutin.

La démocratie est-elle morte en Turquie ?
Elle est en panne, blessée, mais elle n’est pas morte. Pas plus que dans d’autres parties du monde, où des leaders populistes sont confortés par le suffrage universel, scrutin après scrutin. Les résultats de l’élection sont ce qu’ils sont, mais il faut aussi reconnaître l’immense énergie déployée par l’opposition, même si cela n’a pas été suffisant pour ébranler les partisans de Recep Tayyip Erdogan et de l’AKP.
Ce n’était pas une élection à la russe. Le peuple s’est mobilisé avec un taux de participation de 87 % et, pour autant que l’on sache, il n’y a pas eu de fraude majeure, même si les observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont critiqué l’iniquité de la campagne, notamment dans l’accès aux médias. Les scores élevés recueillis par le MHP dans certaines zones du Sud-Est à majorité kurde n’en suscitent pas moins la perplexité.
De facto, Recep Tayyip Erdogan avait déjà tous les pouvoirs. Qu’est-ce qui change, avec ce scrutin ?
La concentration du pouvoir sera immense, plus encore qu’elle ne l’est, car elle est désormais institutionnalisée par la nouvelle constitution, approuvée d’une très courte majorité lors du référendum d’avril 2017. On ne sait pas encore exactement comment va être réorganisée l’administration, ni quelles seront précisément les fonctions des ministres choisis par le président et qui travailleront directement sous ses ordres. Mais l’on sait déjà que le cabinet sera réduit à seize ou dix-huit...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ La nature et l’ampleur des enjeux auxquels l’Europe est confrontée appellent des solutions paneuropéennes que notre système politique communautaire fragmenté est incapable d’aborder et de mettre en place, estime Alberto Alemanno, professeur de droit à HEC, dans une tribune au « Monde ».
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« Les partis transnationaux sont l’engrais d’une politique véritablement européenne »

La nature et l’ampleur des enjeux auxquels l’Europe est confrontée appellent des solutions paneuropéennes que notre système politique communautaire fragmenté est incapable d’aborder et de mettre en place, estime Alberto Alemanno, professeur de droit à HEC, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    29.06.2018 à 15h19
    |

Alberto Alemanno (Professeur de droit à HEC et à la New York University School of Law à Paris, fondateur de The Good Lobby)







                        



                                


                            

Tribune. A moins d’un an des élections européennes, la dimension politique de l’Union européenne est en train de dévoiler ses limites. Le dernier sommet européen en apporte la confirmation [Conseil européen des 28-29 juin]. Bien que l’intégration européenne influence de plus en plus la vie des citoyens, le système politique européen, et en particulier sa capacité de représentation politique, n’a toujours pas rattrapé son retard.
Même s’ils votent directement pour leurs représentants au Parlement européen depuis 1979, les citoyens de l’Union européenne le font à des dates différentes, selon différentes lois électorales, et pour soutenir des candidats sélectionnés par des partis nationaux sur la base de programmes nationaux. Si les partis politiques paneuropéens ont bien reçu une reconnaissance institutionnelle et des ressources financières au fil du temps, ils sont toujours constitués de fédérations extra-parlementaires des partis nationaux.

En conséquence, après plus de soixante ans d’existence, l’Union européenne manque de partis politiques capables de promouvoir un véritable espace transnational de débat politique et de dialogue, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des institutions. Malgré l’interdépendance croissante des Etats en matière de politiques publiques – allant des politiques économiques et environnementales aux règlements de protection des données –, les citoyens semblent condamnés à être exposés exclusivement à des débats nationaux sur la direction que l’Union européenne doit prendre.
Tentatives pour européaniser le jeu électoral
Cette compétition nationale s’illustre d’ailleurs dans le traitement médiatique de l’Union européenne : en regardant l’Europe à travers le prisme de l’Etat-nation, les journalistes comme les hommes politiques n’envisagent les politiques européennes que sous l’angle des avantages et des inconvénients pour chaque pays membre. L’éternel absent ? L’intérêt supérieur de l’Union...




                        

                        


<article-nb="2018/06/29/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Fondateur de l’ONG Border Angels, le Californien d’origine mexicaine vient en aide aux Latino-Américains qui tentent de passer la frontière. Il prépare la manifestation nationale contre la politique migratoire de Donald Trump, prévue le 30 juin.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤                
                                       
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Aux Etats-Unis, Enrique Morones, le « Bad Hombre » au secours des migrants


                      Fondateur de l’ONG Border Angels, le Californien d’origine mexicaine vient en aide aux Latino-Américains qui tentent de passer la frontière. Il prépare la manifestation nationale contre la politique migratoire de Donald Trump, prévue le 30 juin.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 14h54
    |

            Corine Lesnes (San Francisco, correspondante)








                              

                        

Quand Fox News, la chaîne préférée de Donald Trump, veut inviter un Latino défenseur des immigrants, c’est à lui qu’elle fait appel. Avec son côté baroudeur et sa stature athlétique, Enrique Morones, 53 ans, n’a pas peur d’affronter ceux qui agitent des thèses xénophobes. Quand un intervenant, à l’écran, répète que les Mexicains doivent faire la queue comme tout le monde s’ils veulent entrer aux Etats-Unis, au lieu de court-circuiter les processus d’immigration légale, Enrique interrompt sèchement : « C’est un mythe. Il n’y a pas de file d’attente. » Car les visas, ajoute-t-il, sont généralement rejetés, même pour les visites familiales de courte durée. L’homme est charismatique, pressé.
Lorsque les nativistes, anti-immigration, assènent que les candidats à l’asile, comme les quelque 150 migrants d’Amérique centrale arrivés fin avril à Tijuana, doivent être interdits d’entrée, il s’étrangle. En vertu du droit international, les Etats-Unis « n’ont pas le choix », rappelle-t-il : c’est d’ailleurs la position qu’ont adoptée les services de l’immigration de San Diego, dans le sud de la Californie, où a été créée son ONG, Border Angels (« les anges de la frontière »).
 Enrique Morones, Border Angels
Mais il arrive aussi à Enrique de rester sans voix. Comme le 19 juin, quand la chaîne MSNBC lui demande ce qu’il pense des propos de Laura Ingraham, l’égérie des ultraconservateurs qui officie sur Fox News. L’animatrice ironisait sur le tollé provoqué par la nouvelle politique de séparation des familles annoncée un peu plus tôt par l’administration Trump. Pratique qui a conduit à ce que plus de 2 300 enfants soient enlevés à leurs parents et placés dans des centres grillagés. « Des camps de vacances », selon elle. Enrique a eu l’air abattu. « J’ai honte, a-t-il confié. Aucun pays...




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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Jean-Pierre Stroobants, correspondant du « Monde » au bureau européen, à Bruxelles, a répondu à vos questions sur le sommet européen.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ L’interdiction concernera l’accès aux ports mais aussi les activités de fourniture de carburants aux ONG, a déclaré le ministre de l’intérieur et chef de la Ligue, parti d’extrême droite.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Migrants : les ports italiens seront fermés « tout l’été » aux ONG, annonce Matteo Salvini

L’interdiction concernera l’accès aux ports mais aussi les activités de fourniture de carburants aux ONG, a déclaré le ministre de l’intérieur et chef de la Ligue, parti d’extrême droite.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 14h24
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 17h08
   





                        



   


Le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, a annoncé vendredi 29 juin que les ports italiens seraient fermés « tout l’été » aux ONG qui secourent des migrants en Méditerranée. « Les ONG verront l’Italie seulement en carte postale », a déclaré au micro d’une radio M. Salvini, qui est aussi vice-premier ministre et chef de file la Ligue, parti d’extrême droite.
« Les ports seront fermés tout l’été », a affirmé M. Salvini. Il a ajouté que l’interdiction concernait non seulement l’accès aux ports mais aussi « les activités de fourniture de carburant aux ONG ». « Comme me disent les militaires italiens et même les Libyens, les ONG aident les passeurs, consciemment ou pas », a-t-il poursuivi, en assurant que l’Italie « continuerait à sauver tous ceux qui doivent être sauvés, avec les Etats qui sont des Etats ».
Salvini « satisfait » de l’accord signé à Bruxelles
Le ministre s’est aussi dit « satisfait et fier pour les résultats du gouvernement à Bruxelles », lors du Conseil européen consacré à la question des migrants.
« Finalement l’Europe a été obligée d’accepter la discussion sur une proposition italienne. Par rapport au néant des gouvernements Letta, Renzi et Gentiloni, nos nombreuses requêtes ont été acceptées. L’Italie est sortie de son isolement et joue à nouveau un rôle. »
Les dirigeants des pays de l’UE ont bouclé un accord vendredi au petit matin sur les migrations, salué par l’Italie, qui avait menacé de faire capoter le sommet à Bruxelles s’il ne lui était pas manifesté plus de solidarité face aux arrivées de migrants.

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Nouveau naufrage au large de la Libye
Par ailleurs, les corps de trois bébés ont été repêchés et une centaine de personnes sont toujours portées disparues après le naufrage, vendredi, d’une embarcation de migrants au large de la Libye.
Près de 120 personnes avaient pris la mer à bord d’un canot pneumatique, avant que celui-ci coule, à 6 km des côtes libyennes, ont fait savoir à l’Agence France-Presse des rescapés conduits dans la région d’Al-Hmidya. Seulement seize migrants ont pu être secourus. Ce sont tous de jeunes hommes, venus notamment du Yémen, de Gambie, de Zambie et du Soudan.
Une explosion s’est produite à bord du canot quelques heures après son départ des côtes libyennes, et le moteur a pris feu. L’embarcation a commencé à prendre l’eau. Les migrants ont tenté de s’agripper à une partie du canot ou à des bidons de carburant tombés à l’eau. Selon les gardes-côtes, ils ont été aperçus par des pêcheurs, qui ont alerté la marine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Trois députés européens, Pervenche Berès, Udo Bullmann et Roberto Gualtieri, plaident dans une tribune au « Monde » pour un renforcement de la capacité budgétaire de la zone euro et expriment la nécessité d’approfondir l’union économique et monétaire.
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Il faut « améliorer la capacité de la zone euro à résister aux chocs et aux crises à venir »

Trois députés européens, Pervenche Berès, Udo Bullmann et Roberto Gualtieri, plaident dans une tribune au « Monde » pour un renforcement de la capacité budgétaire de la zone euro et expriment la nécessité d’approfondir l’union économique et monétaire.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 14h11
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Faisant suite aux propositions de réforme de la zone euro présentées par le Parlement européen, les gouvernements français et allemand ont exprimé mardi 19 juin dans la déclaration de Meseberg leur engagement commun, tant attendu, d’approfondir l’union économique et monétaire, ainsi que leur soutien à la mise en place d’une capacité budgétaire de la zone euro pour absorber les chocs macroéconomiques, favoriser la convergence et la croissance.
Ces propositions sont un pas dans la bonne direction. Il est de la plus haute importance d’y donner suite et d’améliorer la capacité de la zone euro à résister aux chocs et aux crises à venir.
Une feuille de route claire
C’est désormais au conseil européen des 28 et 29 juin de définir une feuille de route claire, détaillée et cohérente pour l’achèvement de l’union économique et monétaire et nous sommes prêts, au Parlement européen, à nous engager sur les aspects concrets de ses piliers.
Nous insistons en particulier sur les points suivants : la fonction de stabilisation macroéconomique de la zone euro devrait être établie dans le cadre du budget de l’Union européenne et elle devrait être financée de manière appropriée par les Etats membres participants, et ce sans redéploiement des fonds structurels. Tout en visant un objectif de neutralité budgétaire à moyen terme, elle comporterait un volet subvention et soutiendrait à la fois les investissements et les prestations de chômage dans les pays qui subissent un choc asymétrique.

La convergence économique et les réformes, y compris celles qui visent à renforcer la cohésion sociale, devraient être encouragées sur le modèle de la proposition de la Commission sur les instruments d’accompagnement des réformes.
Transformation du MES en FES
Les capacités de l’Union européenne en matière de gestion des crises devraient être renforcées par la transformation du Mécanisme européen de stabilité (MES) en un Fonds européen...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Le premier tour du scrutin aura lieu le 7 novembre, après le délai fixé par la Haute Cour constitutionnelle.
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Compte rendu

Après deux mois de crise, le premier ministre malgache annonce la date de la présidentielle

Le premier tour du scrutin aura lieu le 7 novembre, après le délai fixé par la Haute Cour constitutionnelle.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 29.06.2018 à 14h01

     •
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          datetime="2018-06-29T15:59:04+02:00"

        Mis à jour le 29.06.2018 à 15h59






    
Le premier ministre malgache, Christian Ntsay, lors de sa prise de fonction, à Antananarivo, le 6 juin 2018.
Crédits : MAMYRAEL / AFP


Le premier ministre malgache, Christian Ntsay, a mis fin au suspense, vendredi 29 juin, en annonçant les dates, très attendues, de l’élection présidentielle : ce sera les 7 novembre et 19 décembre. Ce scrutin doit permettre au pays de « s’acheminer vers la paix sociale » après deux mois de crise politique.
« La décision prise par le gouvernement est de tenir le premier tour de l’élection présidentielle le 7 novembre », a déclaré M. Ntsay, nommé en juin avec la mission de conduire le pays en douceur vers des élections. Si aucun candidat n’obtient la majorité absolue au premier tour de la présidentielle, un second tour sera organisé le 19 décembre, a ajouté le premier ministre devant la presse à Antananarivo.

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« J’espère que la sortie de ces dates sera un moyen pour renforcer l’apaisement politique et nous mener vers une vraie élection qui va résoudre le problème de Madagascar », a-t-il insisté.
Impasse politique
Madagascar est secouée depuis fin avril par une crise ouverte entre le président Hery Rajaonarimampianina et l’opposition. La situation s’est apaisée avec la nomination en juin d’un premier ministre de consensus, Christian Ntsay, et l’entrée de l’opposition dans le gouvernement.
Les dates de la présidentielle annoncées vendredi ne sont pas toutefois conformes à une récente décision de la Haute Cour constitutionnelle (HCC) destinée à sortir le pays de l’impasse politique. La plus haute instance juridique de Madagascar avait décidé d’accélérer le calendrier électoral et exigé que l’élection présidentielle soit organisée d’ici à la fin de la saison sèche, c’est-à-dire d’ici septembre-octobre, et non plus fin 2018.

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L’opposition n’était pas immédiatement disponible vendredi pour commenter les dates annoncées. Mais le parti présidentiel, le HVM, a fait part de sa satisfaction. « Ces dates sont bien cadrées dans la légalité et nous respectons tout ce qui est légal. Personne ne nous a contactés pour la définition de ces dates », a réagi le patron du HVM, Rivo Rakotovao.
Le premier ministre a tenu immédiatement à se défendre, anticipant d’éventuelles critiques de l’opposition. Les dates ont été arrêtées « après avoir examiné la proposition » de la Commission électorale indépendante et après « avoir pris en compte la position des uns et des autres », a assuré M. Ntsay.
Histoire mouvementée
Le président Rajaonarimampianina, élu en 2013, n’a pas encore annoncé s’il briguerait ou non un second mandat. En revanche, les deux principaux chefs de l’opposition – Marc Ravalomanana, président de 2002 à 2009, et Andry Rajoelina, au pouvoir de 2009 à 2014 –, fers de lance de la fronde cette année, ont déjà laissé entendre qu’ils étaient prêts à se lancer dans la bataille.
L’histoire politique contemporaine de Madagascar est très mouvementée. L’opposition est descendue cette année dans la rue pour dénoncer, selon elle, une tentative de muselage par le président Rajaonarimampianina à l’approche des élections. Au premier jour des manifestations, le 21 avril, deux partisans de l’opposition avaient été tués.

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Les dates de la présidentielle désormais arrêtées, le premier ministre a souhaité que le pays puisse désormais « s’acheminer progressivement vers la paix sociale ». L’annonce des dates de l’élection est « un des éléments nous permettant de mettre tout le monde dans une position d’apaisement », a-t-il estimé vendredi.
M. Ntsay, un haut fonctionnaire international, a été nommé en juin par le président, qui s’est conformé à une décision de la HCC lui enjoignant de désigner un premier ministre de consensus pour calmer l’opposition. Lors de sa prise de fonction, M. Ntsay s’était fixé comme priorité de « préparer une élection présidentielle inclusive » pour sortir le pays de la crise politique.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Confronté à une augmentation de la culture de la coca, le gouvernement colombien a lancé l’épandage par drone de glyphosate, un herbicide considéré comme potentiellement cancérigène par l’OMS.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Dans le Guerrero, Etat du sud du pays, cinq religieux ont été tués au cours du premier semestre.
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<article-nb="2018/06/29/19-15">
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Plusieurs responsables du parti conservateur bavarois ont salué l’accord, éloignant le risque d’une scission avec Angela Merkel.
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Allemagne : après l’accord européen sur l’asile, la CSU calme le jeu

Plusieurs responsables du parti conservateur bavarois ont salué l’accord, éloignant le risque d’une scission avec Angela Merkel.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 12h32
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 16h44
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



   


L’accord européen obtenu dans la nuit de jeudi 28 au vendredi 29 juin suffira-t-il à calmer la crise entre les deux partis conservateurs allemands, l’Union chrétienne-sociale (CSU) et l’Union chrétienne-démocrate (CDU), en lutte frontale depuis deux semaines sur la question migratoire ? A la CSU, le parti bavarois à l’origine de la fronde contre la chancelière Angela Merkel et son parti, la CDU, les responsables ont apparemment choisi de calmer la fronde.
Horst Seehofer, ministre de l’intérieur et de la patrie, en première ligne dans la fronde contre Angela Merkel sur la question migratoire, ne s’est pas exprimé vendredi sur l’issue du sommet. Mais il a laissé parler à la télévision un de ses lieutenants, Hans Michelbach, membre du directoire de la CSU, qui a qualifié de « signal positif » l’accord obtenu par les pays européens. « On peut se réjouir de constater que c’est une voie commune européenne en matière de politique d’asile qui va dans le bon sens », a-t-il déclaré au micro du « Morgenmagazin », l’émission matinale de la chaîne publique ARD, vendredi matin.

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« La question est de savoir ce que cela implique pour les frontières nationales et l’accueil (des migrants) actuellement et dans les prochains mois », a-t-il déclaré, sans préciser la position de Horst Seehofer. Le ministre de l’intérieur avait menacé de renvoyer aux frontières allemandes tout demandeur d’asile déjà enregistré dans un autre pays. Autrement dit, une option nationale et non européenne sur la question – une extrémité qu’Angela Merkel voulait à tout prix éviter, et qui aurait signifié une rupture majeure au sein de la coalition au pouvoir à Berlin. Il a précisé que les deux dirigeants devaient se rencontrer dans les deux jours.
Quelques heures après l’annonce de l’accord européen, l’Espagne et la Grèce ont donné leur accord pour reprendre les migrants arrivant en Allemagne mais déjà enregistrés dans les deux pays. « La Grèce et l’Espagne sont prêtes à reprendre les demandeurs d’asile qui seront interpellés à l’avenir à la frontière germano-autrichienne par les autorités allemandes dans la mesure où ils disposent d’une entrée Eurodac [fichier européen des demandeurs d’asile] de l’un de ces deux pays », a annoncé dans un communiqué le gouvernement de la chancelière Angela Merkel, qui avait promis des accords de ce type pour convaincre son ministre de l’intérieur de renoncer à de mesures anti-immigration unilatérales.
« Un grand pas en avant »
Un autre signe d’apaisement de la part de la CSU est venu de Manfred Weber, président du groupe parlementaire du Parti populaire européen à Strasbourg et vice-président de la CSU. « Le sommet européen a permis de faire un grand pas en avant dans l’amélioration de la politique migratoire. L’UE montre sa capacité d’action, y compris parce que la CDU et la CSU ont fait pression ensemble sur ce dossier », a-t-il déclaré.
A la CSU, plusieurs responsables ont plaidé ces derniers jours pour la fin des hostilités entre les deux partis. « Nous ne voulons pas de scission entre la CDU et la CSU. Nous sommes convaincus du bien-fondé de la bonne et étroite collaboration avec notre formation sœur, que nous voulons poursuivre dans l’avenir, et nous ne souhaitons pas la fin du gouvernement », a déclaré mardi Joachim Herrmann, ministre de l’intérieur de la région Bavière.
Ce ton modéré est à mettre en perspective avec un sondage récent qui tend à montrer que la ligne dure adoptée par la CSU n’est pas payante électoralement, alors qu’un scrutin régional doit avoir lieu en Bavière le 14 octobre. Cette enquête, menée par l’institut Forsa et publiée lundi 25 juin, montre que la population bavaroise accorde à Angela Merkel un crédit plus important (43 %) qu’au ministre-président de Bavière, Markus Söder, qui n’arrive qu’à 38 % d’opinions positives. Selon ce sondage, la CSU n’obtiendrait que 40 % si les élections avaient lieu dimanche. Ce serait 7,7 % de moins qu’aux élections de 2013, et pire qu’en 2008, où la CSU avait essuyé une débâcle, à 43,4 % des voix. Selon la chaîne régionale Bayerische Rundfunk, cette enquête d’opinion a eu sur les responsables de la CSU l’effet d’une douche froide. « Il faut évidemment prendre ces chiffres au sérieux », a déclaré Ilse Aigner, une des responsables de la CSU.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Le premier ministre néerlandais veut supprimer l’impôt sur les dividendes. Un projet très contesté.
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Aux Pays-Bas, le débat sur les cadeaux fiscaux aux multinationales embarrasse Mark Rutte

Le premier ministre néerlandais veut supprimer l’impôt sur les dividendes. Un projet très contesté.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 12h31
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            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



   


Engagé dans ce qui commence à ressembler à une course vers une haute fonction européenne – on parle de lui comme possible successeur de Donald Tusk à la présidence du Conseil –, le premier ministre néerlandais Mark Rutte se serait bien passé de cette affaire embarrassante. Le dirigeant libéral défend un projet, très contesté, de suppression de l’impôt sur les dividendes que les sociétés versent à leurs actionnaires.
A l’occasion de ce débat qui lui a déjà valu une motion de défiance, finalement rejetée, M. Rutte a surtout été invité à s’expliquer sur un « ruling » fiscal secret conclu en 2005 avec le géant Shell, au moment où la multinationale pétrolière fusionnait ses branches néerlandaise et britannique.

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Selon le quotidien Trouw, qui a révélé cette affaire il y a deux semaines, cette technique, dite de « décision anticipée », qui détermine préalablement le traitement fiscal appliqué à une entreprise et lui offre une sécurité juridique, aurait permis à la société pétrolière d’épargner 7 milliards d’euros. En échange de l’implantation du siège principal de Shell à La Haye, un mécanisme permettait le versement de dividendes aux actionnaires via un trust à Jersey. Ce qui dispensait Shell d’acquitter la taxe de 15 % aux Pays-Bas et offrait aux actionnaires un bénéfice net.
Des détails « explosifs » selon l’opposition
Marjan van Loon, PDG de Shell Nederland, a vivement réagi contre ce qu’elle estime être des accusations de pratiques illégales et de duperie pour le pays. « Les deux sont faux », a-t-elle déclaré. L’opposition de gauche, requinquée par cette affaire qui lui donne prise sur un premier ministre réputé inoxydable, est d’un autre avis. Lilian Marijnissen, dirigeante de la gauche radicale, accuse Shell d’avoir « volé des milliards en pleine période de crise » et décrit M. Rutte comme « le coursier du grand capital ». Jesse Klaver, populaire dirigeant du parti écologiste GroenLinks, évoque « un copinage de la pire espèce ».

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M. Rutte n’était pas aux affaires à l’époque où l’arrangement a été conclu. Il s’est toutefois refusé, malgré la pression de ses opposants, à en dévoiler le contenu lors d’une séance de la chambre des députés, mardi 26 juin. Il n’aurait livré que quelques détails à huis clos. « Explosifs », selon Mme Marijnissen qui réclame, avec d’autres responsables politiques, un débat public. Démocrates 66, l’un des membres de la coalition au pouvoir, y semble favorable, d’autant que cette formation centriste est réticente à l’idée de la suppression complète de l’impôt sur les dividendes, uniquement défendue par M. Rutte et son parti. « Nous ne sommes pas pour cette réforme, mais nous soutenons l’accord de coalition », a expliqué le député D66, Steven van Weyenberg.
L’embarras du premier ministre est aggravé par d’autres éléments. Remarquant que le projet d’une suppression de la taxe n’avait jamais été évoqué dans la négociation gouvernementale, ou même dans le programme du parti de M. Rutte, les journalistes se sont demandé si ce dernier n’avait pas cédé au lobbying très intense du patronat et des multinationales Shell, Philips, Akzo Nobel et Unilever – le premier ministre fut un cadre de cette dernière. M. Rutte a nié, jusqu’à ce que des médias révèlent que ces sociétés avaient bel et bien rédigé un texte réclamant, pendant la négociation, la suppression de la taxation. Le chef du gouvernement a affirmé, jusqu’aux révélations de la presse, ne pas être au courant du ruling fiscal conclu avec Shell.
Pieux mensonges
Ces pieux mensonges ne le font toutefois pas dévier de sa ligne. Il estime que la suppression de l’impôt peut prévenir d’éventuelles délocalisations, attirer des investisseurs étrangers et protéger l’emploi. Il est clair aussi qu’il prend en compte les conséquences du Brexit : les entreprises qui songent à quitter Londres – où l’impôt sur les dividendes n’existe pas – s’installeront plus volontiers, estime le premier ministre, dans un pays au climat fiscal clément.

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L’impôt sur les dividendes est de 26 % en Allemagne, 28 % au Danemark, 30 % en Belgique. Il culmine à 35 % en Suisse, tandis que la France a ramené ce prélèvement à la source de 30 à 12,8 % en janvier.
Le rendement net de la taxe est estimé, aux Pays-Bas, à 1,5 milliard d’euros. Un montant trop faible, aux yeux de M. Rutte, pour remettre en question son projet. Il reste à savoir si ses partenaires le suivront dans la défense d’une mesure devenue, pour beaucoup de Néerlandais, le symbole d’une politique d’un autre temps. « L’injustice du deal conclu avec Shell déplaît même aux électeurs de droite, juge, dans De Volkskrant, l’eurodéputé socialiste Paul Tang. Cela fâche tout le monde. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Dans l’Etat de Guerrero, le plus touché par la violence, les religieux sont en première ligne face aux trafiquants de drogue. L’insécurité reste la première préoccupation des Mexicains, appelés à voter aux élections générales, dimanche 1er juillet.
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Au Mexique, l’Eglise face aux narcos

Dans l’Etat de Guerrero, le plus touché par la violence, les religieux sont en première ligne face aux trafiquants de drogue. L’insécurité reste la première préoccupation des Mexicains, appelés à voter aux élections générales, dimanche 1er juillet.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 12h22
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 12h41
    |

            Frédéric Saliba (Mexico, correspondance)








                        



                                


                            

Le père Thomas Gonzalez en est conscient : son sacerdoce peut lui coûter la vie. La tombe en granit située à l’entrée de son église le lui rappelle chaque jour. « On s’habitue à tout, même à la peur », soupire ce curé de 50 ans, un brin fataliste, devant la sépulture d’un de ses prédécesseurs, un missionnaire ougandais assassiné en 2014. Lorsqu’il a débarqué, en début d’année, à Nejapa, bourg pittoresque de l’Etat de Guerrero (sud-ouest du Mexique), le père Thomas a vite compris où il mettait les pieds. Sa paroisse est au cœur de la rivalité entre le cartel local, los Rojos (« les rouges »), et son voisin, los Ardillos, un nom dérivé du mot « ardilla » (« écureuil »). « J’avais des sueurs froides à l’idée d’aller dire la messe dans les petites communautés alentour, confie-t-il. Notre discours moral, contre la violence et la corruption, peut vite déranger. »
Le parvis de l’église offre une vue imprenable sur cette région considérée comme la plus violente du pays. Au-delà des toits de tôle des maisons environnantes se dessinent les flancs escarpés et boisés de la sierra Madre occidentale, une chaîne montagneuse où les conditions climatiques sont idéales pour la culture de la marijuana et du pavot, la base de l’héroïne. Alors que le Mexique est le troisième producteur mondial de pavot, après l’Afghanistan et la Birmanie, le Guerrero assure à lui seul plus de la moitié de la production nationale de gomme d’opium, le précieux latex extrait de la plante. « C’est l’économie locale », résume le père Thomas.

Lui-même est originaire des environs, et connaît donc les usages locaux. Quand il évoque les barons de la drogue, il ne donne pas de nom, se contentant de dire « ellos » (« eux »). Quant à ses homélies, elles sont pesées au mot près. Mais cela ne l’empêche pas de célébrer la mémoire du père ougandais John Ssenyondo. Le « Pa John », comme on l’appelait dans cette...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ La France insoumise et le Rassemblement national ont critiqué l’accord signé à Bruxelles par les vingt-huit Etats membres. De son côté, l’ONG Médecins sans Frontières a dénoncé un texte qui entraîne un « blocage » des migrants aux portes de l’UE.
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Macron annonce que la France « n’ouvrira pas de centres » d’accueil pour les migrants

La France insoumise et le Rassemblement national ont critiqué l’accord signé à Bruxelles par les vingt-huit Etats membres. De son côté, l’ONG Médecins sans Frontières a dénoncé un texte qui entraîne un « blocage » des migrants aux portes de l’UE.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 12h10
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 17h27
   





                        



   


En France, venant de droite comme de gauche, les critiques n’ont pas tardé après l’annonce d’un accord conclu à Bruxelles sur le dossier migratoire, vendredi 29 juin au petit matin. Après de longues heures de négociations, les vingt-huit dirigeants de l’Union européenne sont parvenus à s’entendre sur plusieurs mesures de principe, dont la mise en application demeure cependant floue.
Le compromis propose la création de « centres contrôlés » dans l’UE, que les Etats membres mettraient en place « sur une base volontaire », et d’où une distinction serait faite « rapidement » entre migrants irréguliers à expulser et demandeurs d’asile légitimes, qui pourraient être répartis dans l’UE, là aussi « sur une base volontaire ». Il invite aussi à examiner la possibilité de créer des « plateformes de débarquements » de migrants hors de l’UE pour dissuader les traversées de la Méditerranée.
Le détail des conclusions du Conseil européen est à lire ici.
Les réactions politiques en France
« La coopération européenne l’a emporté (…). La solidarité que nous devons aux premiers pays d’entrée a été actée lors de ce sommet », a déclaré le président français, Emmanuel Macron. Le chef de l’Etat a précisé vendredi après-midi que « la France n’ouvrira pas de centres » d’accueil pour les migrants car elle « n’est pas un pays de première arrivée ».

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A gauche, La France insoumise (LFI) et le Parti communiste français (PCF) ont déploré que le Conseil européen se focalise sur la sécurisation des frontières et n’affiche que des « vœux pieux » en matière d’accueil.
C’est « un accord qui, exactement comme la loi asile et immigration en France, ne résoudra rien », a réagi le député LFI Eric Coquerel sur LCI. Il y a « d’un côté des vœux pieux : sur tout ce qui est tentative de répartir les migrants, de gérer l’accueil, c’est que du volontariat. Donc autant dire que ça ne se fera pas (…) De l’autre côté par contre, il y a des mesures concrètes où on va encore plus sécuriser les frontières, être toujours plus durs envers les migrants ».
« On aura beaucoup de mal à nous expliquer qu’avec cet accord l’Europe est sauvée. Au contraire, elle se déshonore », a réagi de son côté l’élu PCF Ian Brossat dans un tweet.
« Nos dirigeants européens sont arrivés à la seule conclusion qu’il faut mieux protéger nos frontières. Autrement dit, dissuader les demandeurs d’asile de venir. Rien sur l’accueil digne. Pitoyable. »
A droite, le président des Républicains (LR), Laurent Wauquiez, a dit craindre « un accord de façade, destiné à faire semblant qu’on est d’accord alors qu’en réalité on ne s’est entendu sur rien [sic] ». Il a souligné le « danger fondamental » que constitue selon lui la création de centres européens pour les migrants sur le territoire européen.
La présidente du Rassemblement national (RN, ex-FN), Marine Le Pen, a affirmé que « cet accord ne règle pas du tout le problème de la submersion migratoire ». « Mais il a un avantage, a-t-elle ajouté, les pays ayant maintenant le droit de dire non », Emmanuel Macron « sera exclusivement responsable de l’immigration de masse en France ».
L’ancien bras droit de Marine Le Pen, Florian Philippot, président du parti Les Patriotes, a considéré que l’accord trouvé à Bruxelles est « l’un des pires que l’Union européenne ait jamais accouché », parce qu’il « renforce toutes les politiques existantes (…), à commencer par la répartition des migrants entre les Etats au nom de la solidarité européenne et par la libre circulation inhérente à l’espace Schengen ».
Les réactions des dirigeants européens
« L’Italie n’est plus seule. » Le président du conseil italien, Giuseppe Conte, s’est dit « satisfait » à l’issue des négociations vendredi matin. Pour le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, Rome a obtenu « 70 % de ce qu’elle voulait ».
La réaction de la chancelière allemande, Angela Merkel, était plus nuancée. « Nous aurons encore beaucoup à faire pour rapprocher les différents points de vue », a-t-elle déclaré, concédant « un bon signal ».

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Le chancelier autrichien, Sébastien Kurz, a, lui, considéré que l’accord permettra de « détruire le modèle économique des passeurs ». Et d’ajouter :
« Nous serons en mesure de réduire le nombre de personnes arrivant en Europe seulement lorsque nous ferons en sorte que les personnes secourues en mer ne soient pas amenées dans l’Union européenne. Il faut que ces idées soient mises en pratique rapidement, elles ne valent rien si elles ne sont pas mises en œuvre. »
Les autres réactions
L’Organisation internationale pour les migrations (OIM), du ressort des Nations unies, a estimé que les centres de gestion des demandeurs d’asile convenus par les dirigeants des Vingt-Huit devaient être situés en Europe, et pas à l’étranger. L’organisation a évoqué une inquiétude « insurmontable » sur l’ouverture de « plates-formes de débarquement » en Libye du fait de l’insécurité qui y règne.
L’ONG Médecins sans Frontières a dénoncé un accord qui entraîne un « blocage » des migrants aux portes de l’Union européenne.
« Les seuls composantes sur lesquelles les Etats européens semblent s’être mis d’accord sont, d’une part, le blocage des personnes aux portes de l’Europe, quelle que soit leur vulnérabilité et les horreurs qu’ils fuient, et d’autre part, la diabolisation des opérations non gouvernementales de recherche et de sauvetage ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Trois avions dont un Boeing, trente véhicules dont des Rolls-Royce et quatre terrains ayant appartenu à l’ancien dictateur sont mis en vente aux plus offrants.
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Compte rendu

Voitures de luxe, avions, terrains : la Gambie vend les biens de son ex-président Yahya Jammeh

Trois avions dont un Boeing, trente véhicules dont des Rolls-Royce et quatre terrains ayant appartenu à l’ancien dictateur sont mis en vente aux plus offrants.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 29.06.2018 à 12h06

     •
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        Mis à jour le 29.06.2018 à 12h15






    
L’un des trois avions de ligne de l’ancien dictateur Yahya Jammeh sur le tarmac de l’aéroport de Banjul, en mai 2018.
Crédits : CLAIRE BARGELES / AFP


A vendre : trois avions présidentiels, trente voitures de luxe, quatre terrains en zone touristique. Plus d’un an après le départ de l’ex-président Yahya Jammeh, la Gambie propose aux plus offrants les biens qu’il n’a pas pu emporter en exil. Immobilisés sur le tarmac de l’aéroport de Banjul, trois avions de ligne – un Boeing 727, un Bombardier Challenger 601 et un Iliouchine Il-62 M soviétique – frappés des mots « Republic of The Gambia » – se couvrent peu à peu d’une fine couche de sable.
Un peu plus loin, deux petits avions épandeurs ayant appartenu à Yahya Jammeh voient également leur peinture verte disparaître sous la poussière. Les cinq aéronefs sont visibles depuis le restaurant de l’aéroport de ce petit pays anglophone d’Afrique de l’Ouest totalement enclavé dans le Sénégal, à l’exception de son étroite façade côtière prisée des touristes.
Une valeur de 8,5 millions d’euros
Ils sont mis en vente en même temps que quatre terrains non bâtis de M. Jammeh situés dans le secteur le plus coté du pays. Au total, les autorités gambiennes espèrent récolter quelque 10 millions de dollars (8,5 millions d’euros), avait expliqué en 2017 au Parlement le ministre des finances, Amadou Sanneh.
Il faudra encore y ajouter les fruits de la cession d’une trentaine de véhicules luxueux que l’ancien dirigeant n’a pas pu emporter lorsqu’il s’est finalement résolu, après vingt-deux ans d’un règne sans partage, à céder le pouvoir le 21 janvier 2017 à son opposant Adama Barrow, vainqueur de l’élection présidentielle.

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Dans le garage de la présidence, deux énormes Hummer blindés prennent depuis lors la poussière aux côtés de cinq Rolls-Royce, d’une Bentley, d’une Mini Cooper immatriculée « MYJ » – pour Mariam Yahya Jammeh, la fille de l’ex-président –, de pick-up et de BMW et Mercedes, ont constaté des journalistes de l’AFP.
« Nous travaillons à la création d’un site Internet », a expliqué le secrétaire permanent du ministère des finances, Lamin Camara. « Si des acheteurs sont intéressés, ce sera sans doute à eux de faire une offre, ou bien le gouvernement donnera un prix. » Dans un pays où une grande partie de la population vit avec moins de deux dollars par jour, l’argent récolté doit servir à financer des programmes d’éducation, de santé et de développement agricole, selon des responsables gouvernementaux.
Un détournement de plus de 40 millions d’euros
Lors d’une conférence internationale sur la Gambie en mai à Bruxelles, Adama Barrow a dit avoir trouvé « une économie sinistrée », dénonçant le « pillage des maigres ressources étatiques » par son prédécesseur. Quelques mois plus tard après le départ de M. Jammeh, le gouvernement décidait de geler les comptes de l’ex-président, soupçonné d’avoir détourné plus de 50 millions de dollars (environ 42 millions d’euros), puis de vendre ses principaux actifs laissés au pays. Du bétail qui se trouvait sur les fermes de Yahya Jammeh a déjà été vendu en début d’année.
« De notre point de vue, ces voitures, ces propriétés ont été acquises avec de l’argent public et appartiennent de droit à l’Etat », a déclaré à l’AFP le ministre de la justice, Abubacarr Tambadou, mettant au défi l’ancien président d’en contester la vente en justice.

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M. Jammeh avait acheté les avions grâce à des prêts consentis par la Social Security and Housing Finance Corporation, une institution publique en principe chargée d’administrer des fonds destinés au financement de la sécurité sociale, des maladies professionnelles et à la construction de logements, a expliqué son directeur financier, Abdoulie Cham.
A l’époque, « si vous ne suiviez pas les instructions, il risquait de vous arriver quelque chose. Ce n’était pas le genre d’instructions que vous pouviez remettre en cause », a déclaré M. Cham, devant une commission d’enquête, en soulignant que les prêts n’avaient jamais été remboursés.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Rapport d’étonnement. En réduisant de 80 % en 2019 le financement des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), le gouvernement américain met à mal une aide décisive pour la prévention des maladies infectieuses à travers le monde.
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Donald Trump menace la santé mondiale

Rapport d’étonnement. En réduisant de 80 % en 2019 le financement des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), le gouvernement américain met à mal une aide décisive pour la prévention des maladies infectieuses à travers le monde.



Le Monde
 |    29.06.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
29.06.2018 à 14h23
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
La nouvelle est inquiétante pour l’avenir de la santé mondiale. En 2019, le financement des programmes des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) américains sera réduit de 80 %. Ainsi l’a décidé la généreuse administration Trump. Elle ne reconduira pas sa participation de 582 millions de dollars à l’initiative mondiale de sécurité sanitaire décidée en 2014, avec 200 autres organisations médicales internationales, lors de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest – plus de 11 000 morts.
Détecter les épidémies à la source
Cette aide, approuvée à l’époque par le Congrès, s’avère pourtant décisive pour la prévention des maladies ­infectieuses à travers le monde. Elle contribue à former des travailleurs médicaux de terrain capables de détecter les épidémies à la source, comme à renforcer les labo­ratoires d’analyse et d’intervention d’urgence – ces ­institutions qui ont tant fait défaut quand l’épidémie d’Ebola s’est déclarée en Guinée, avant de gagner le Liberia et la Sierra Leone puis de créer une psychose en Occident quand, en octobre 2014, plusieurs cas se sont déclarés en Europe et aux Etats-Unis.
Le Wall Street Journal a révélé le premier, le 19 janvier, l’abandon de ces programmes en publiant un mail des CDC informant son personnel qu’il devait réduire ­drastiquement ses aides dans 39 pays sur 49, notamment ceux considérés par ­l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme des ­zones sensibles aux maladies ­infectieuses émergentes : ­République démocratique du Congo, Ethiopie, Haïti, ­Pakistan, Rwanda – on retrouve là les « pays de merde » évoqués par Donald Trump en ­janvier, mais est-ce un ­hasard ?
Des professionnels formés par les CDC ont pu endiguer une épidémie d’anthrax au Kenya, de fièvre jaune en Ouganda, et identifier 4 000 cas de rougeole au Sierra Leone. Ce sera désormais, sans ­l’appui américain, beaucoup plus difficile
Cette suppression est dramatique. Elle a été dénoncée dans une lettre ouverte...




                        

                        

