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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Jugés pour une intrusion dans la centrale nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche) en 2017, 22 militants ont été condamnés à quatre mois de prison avec sursis.
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Les militants de Greenpeace évitent la prison ferme

Jugés pour une intrusion dans la centrale nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche) en 2017, 22 militants ont été condamnés à quatre mois de prison avec sursis.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 18h11
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 18h21
    |

            Rémi Barroux








                        



   


La sanction aurait pu être beaucoup plus sévère. Le tribunal de grande instance de Privas (Ardèche) a condamné, jeudi 28 juin, 19 des 22 militants poursuivis pour une intrusion, le 27 novembre 2017, dans la centrale nucléaire de Cruas-Meysse, à quatre mois de prison avec sursis. Trois des militants, qui avaient déjà été condamnés avec du sursis lors d’autres opérations de Greenpeace, ont aussi obtenu une peine de quatre mois avec sursis, assortie de dix-huit mois de mise à l’épreuve ainsi que d’une amende de 500 euros. Le « salarié » de Greenpeace, aussi poursuivi « pour complicité », Yannick Rousselet, directeur de la campagne nucléaire, a été relaxé.
Quant à l’organisation Greenpeace France, représentée lors du procès par son directeur général Jean-François Julliard, elle devra s’acquitter d’une amende de 25 000 euros, plus 50 000 euros au profit d’EDF pour préjudice moral. L’avocat d’EDF, Thibault de Montbrial, avait demandé lors de l’audience du 17 mai, que l’association soit condamnée à verser à son client la somme de 1,2 million d’euros, soit 500 000 euros pour le préjudice moral et 700 000 pour le préjudice matériel. Le préjudice matériel sera lui, évalué, par un expert et décidé lors d’une audience en décembre.
Le procureur avait, lui, requis 30 000 euros d’amende, six mois de prison avec sursis pour vingt des vingt-trois prévenus et quatre mois ferme pour les trois prévenus déjà sous le coup de peines avec sursis.
Satisfaction de Greenpeace… et d’EDF
En ne suivant pas les réquisitions du parquet, le tribunal de Privas allège donc l’addition pour les militants et l’organisation Greenpeace. Ce que ne manque pas de relever Jean-François Julliard : « On aurait préféré que nos militants soient relaxés, mais on est soulagés de ne pas avoir de prison ferme et que Yannick soit, lui, relaxé ». Quant aux amendes auxquelles son organisation a été condamnée, le directeur tente un trait d’humour : « Si au moins, cet argent était investi pour renforcer la sécurité des centrales… »
De son côté, EDF a réagi par l’intermédiaire de son avocat, exprimant sa satisfaction de voir l’ONG condamnée à 50 000 euros au profit de son client. « C’est un début de reconnaissance du préjudice qui découle des intrusions dans les centrales. Ces initiatives ont vocation à faire croire que la sécurité n’est pas suffisante, mais c’est une escroquerie intellectuelle, car c’est justement parce qu’il s’agit de Greenpeace que la réponse est graduée. Cette organisation dispose d’un budget annuel de 20 millions d’euros, recueillis par des donateurs privés qui sont, notamment, séduits par ce type d’opération », juge Thibault de Montbrial.
Si le jugement de Privas se montre plus clément que les réquisitions, il n’en a pas été de même quatre mois plus tôt. Le 27 février, le tribunal correctionnel de Thionville (Moselle) condamnait huit militants de l’organisation à des peines allant de cinq mois de prison avec sursis à deux mois de prison ferme pour une intrusion dans la centrale de Cattenom, le 12 octobre 2017. Yannick Rousselet, était condamné, lui, à cinq mois avec sursis tandis que le directeur général de Greenpeace France, Jean-François Julliard, se voyait infliger pour sa part une amende de 20 000 euros. L’organisation a fait appel.
Durcissement de la confrontation judiciaire
Ce durcissement des peines a été rendu possible par le changement du cadre législatif. « Avant, les actions dans une centrale nucléaire se terminaient devant des tribunaux à compétence militaire, parce que l’accusation portait sur une intrusion dans un site intéressant la défense nationale, et la peine encourue était de six mois de prison, soit les militants étaient poursuivis pour violation de domicile, et risquaient un an », rappelle l’avocat Alexandre Faro. Mais le contexte sécuritaire qui succéda aux attentats, dont celui de Charlie Hebdo en janvier 2015, a changé la donne.
La loi 2 juin 2015 relative au renforcement de la protection des installations civiles abritant des matières nucléaires prévoit de punir d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende toute personne s’introduisant sans autorisation dans l’enceinte d’une centrale. Mais un article de cette loi alourdit à cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende l’addition, si l’intrusion est « commise en réunion » et qu’elle est « précédée, accompagnée ou suivie d’un acte de destruction, de dégradation ou de détérioration ». « Ce sont clairement les actions de Greenpeace qui sont visées par ce texte », estime l’avocat Alexandre Faro.
Pour autant, ce nouveau contexte judiciaire et la première condamnation à de la prison ferme, à Thionville, ne semblent pas de nature à faire reculer les militants antinucléaires. « Avec de la prison ferme, EDF et la justice sont complètement hors sujet. Cela ne règle en rien le problème de la dangerosité des centrales, on casse juste le thermomètre », estime ainsi Titouan Billon, jeune activiste montpelliérain, de 27 ans, l’un des prévenus de Privas. Si EDF vise Greenpeace aussi durement, c’est bien qu’on les menace, qu’en ciblant la vulnérabilité des piscines de combustibles usagés, qui ne sont pas suffisamment protégées – si tu fais un trou dans les 30 cm de béton qui les entoure, c’est le drame –, on a touché un problème très sensible. » La France compte 63 piscines de stockage du combustible usé, dont 58 pour les réacteurs en activité. En octobre 2017, Greenpeace publiait un rapport établi sur la base d’une étude menée par sept experts internationaux indépendants, concluant à la vulnérabilité de ces piscines. « Si le bâtiment réacteur est lui protégé par une enceinte de confinement renforcée, les piscines de combustible usé, elles, ne sont pas protégées », dénonce l’organisation.
Des militants toujours volontaires
Pour Yannick Rousselet, il ne fait aucun doute qu’EDF, atteint par la campagne de Greenpeace sur les piscines de stockage, veut qu’elle cesse : « C’est un point qui leur fait mal dans le contexte actuel. Ils sont en difficulté financière, et le renforcement de la sécurité de ces piscines, indispensable vu la situation de menace terroriste maintenue, coûte très cher : entre 700 millions d’euros et 1,4 milliard par piscine, selon l’agence WISE [World Information Service on Energy, une agence qui a réalisé des rapports sur l’énergie nucléaire pour l’Unesco, le Parlement européen, le CNRS…]. »
Le directeur de Greenpeace France ne doute pas non plus qu’EDF veuille durcir le ton. « Ils ont changé de stratégie juridique, ils veulent par tous les moyens nous dissuader de continuer l’action, avec des peines de prison ferme pour les militants et des sommes astronomiques à payer pour l’organisation », dénonce Jean-François Julliard.

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Pas sûr pour autant que la gravité des peines réduise les velléités des militants antinucléaires qui, chaque fois, prennent le risque de ces intrusions dans des enceintes, censées être hautement surveillées. « Mais, c’est sûr qu’avec une famille, des enfants, on se posera la question différemment, ajoute le chanteur occitan Titouan Billon. La loi prévoit cinq ans d’emprisonnement, alors, au pire, dans cinq ans, ce sera un mauvais souvenir, mais une catastrophe nucléaire serait bien plus grave qu’un mauvais souvenir. »

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Même constat pour Lina Nekipelov, autre militante s’étant introduite dans l’enceinte de la centrale de Cruas. « Si on prend des peines de prison, c’est sûr que l’on réfléchira individuellement avant de faire des actions. On n’exposera pas quelqu’un déjà condamné, mais d’autres militants prendront le relais pour soulager ceux qui ont du sursis », avance cette militante de Chambéry, architecte de 46 ans, qui a découvert, avec l’action de Cruas, les joies de la garde à vue.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Selon le biologiste Christophe Robaglia, l’argument principal des antispécistes est d’éviter la souffrance animale, ce qui établit une hiérarchie dans le monde vivant où les plus dignes d’attention sont évolutivement proches de l’homme.
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« L’argumentation biologique soutenant l’antispécisme est erronée »

Selon le biologiste Christophe Robaglia, l’argument principal des antispécistes est d’éviter la souffrance animale, ce qui établit une hiérarchie dans le monde vivant où les plus dignes d’attention sont évolutivement proches de l’homme.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 16h46
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 17h29
    |

Christophe Robaglia (Professeur, département de biologie, université d'Aix-Marseille, CEA, CNRS)







                        



                                


                            

Tribune. L’antispécisme soutient que l’espèce à laquelle appartient un animal n’est pas un critère pertinent pour décider de la manière dont on doit le traiter, et de la considération morale qu’on doit lui accorder. Ses dérives les plus récentes, probablement inspirées par de bons sentiments, mènent au refus de l’élevage et de l’abattage des animaux à des fins de consommation humaine.
Quelle sont l’origine et la cohérence profonde de cette idéologie ? L’argument principal est celui d’éviter la souffrance animale. La souffrance est un mécanisme de maintien de l’intégrité de l’organisme, probablement apparu il y a quelques millions d’années, lié à l’évolution d’un système nerveux centralisé, il s’agit donc d’un argument inspiré par la biologie et il est légitime de l’évaluer par ce que dit la biologie.

Selon cet argument, plus les organismes sont proches de l’homme, plus ils sont susceptibles d’éprouver une souffrance similaire à la sienne, qu’il faut éviter de leur infliger. Tous les êtres vivants, de la bactérie à l’éléphant, partagent une origine évolutive commune et hébergent des mécanismes complexes permettant à l’organisme de percevoir les atteintes à son intégrité, de s’y adapter ou d’y échapper pour optimiser sa survie.
Vision anthropocentrique
La logique biologique, si on devait l’appliquer strictement, voudrait donc que l’on s’inquiète de façon égale des réactions du poireau arraché vivant, de l’arbre dont on prélève les organes sexuels (rappelons que le fruit est l’organe sexuel des plantes) ou de l’empoisonnement des moustiques, cafards et autres insectes par les insecticides.
L’argumentation biologique soutenant l’antispécisme est donc erronée car elle établit une hiérarchie dans le monde vivant où les plus dignes d’attention sont évolutivement proches de l’homme, plaçant implicitement celui-ci au sommet de l’arbre du vivant. Cette vision anthropocentrique du monde vivant est ancienne et culmine...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ En Belgique, Waterlink teste la décentralisation du traitement des eaux en installant une machine compacte en bas d’un hôtel afin de limiter le recours aux grandes canalisations.
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A Anvers, un projet pilote pour recycler l’eau en bas de chez soi

En Belgique, Waterlink teste la décentralisation du traitement des eaux en installant une machine compacte en bas d’un hôtel afin de limiter le recours aux grandes canalisations.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 12h39
    |

            Jessica Gourdon (Anvers, Belgique, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

C’est une eau grisâtre où flottent quelques particules suspectes. Elle arrive tout droit des salles de bains, cuisines ou de la blanchisserie de l’hôtel Crowne Plaza d’Anvers. Habituellement, cette eau des égouts est aiguillée vers une station d’épuration, où elle est nettoyée puis rejetée dans la Meuse. Mais, depuis quelques semaines, elle est récupérée par Waterlink, l’un des principaux fournisseurs d’eau en Belgique, pour alimenter un projet pilote de recyclage des eaux ultra-décentralisé.
L’entreprise teste une installation compacte – elle tient dans une petite caravane – qui peut rendre « propres » des eaux utilisées par un immeuble d’une centaine d’habitants, grâce à des membranes en céramique et un système de purification par osmose. Aucune solution chimique n’est utilisée. Une heure plus tard, l’eau sort d’un tuyau, transparente, sans odeur. Et « avec la même qualité que l’eau potable, c’est-à-dire qu’elle répond aux normes de l’Union européenne », affirme Emmanuel Trouvé, patron de Nereus, l’entreprise qui commercialise cet équipement. « Elle n’a aucun goût », commente, en avalant quelques gorgées, cet ancien de Veolia, qui emploie 28 personnes dans sa start-up basée près de Montpellier.
A-t-on vraiment besoin de recycler l’eau en Belgique ? Steven De Schrijver, l’un des directeurs de Waterlink, n’en doute pas : « On a certes beaucoup de pluie fine, mais nous subissons de longues périodes de stress hydrique. » Cet enjeu écologique a poussé l’entreprise à changer de stratégie, et à miser sur le recyclage de l’eau. « Les systèmes actuels de production d’eau potable sont très lourds, très consommateurs d’énergie, et ont un coût pour l’environnement. Il est possible de réduire l’impact de ce mode de production en utilisant davantage les eaux usées. Aujourd’hui, nous sommes capables de faire une eau potable de bonne qualité à partir des eaux grises » – celles issues des salles de bains ou des cuisines,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ L’amendement, adopté en commission des lois, sera soumis à l’Assemblée à partir du 10 juillet.
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Les députés inscrivent climat et biodiversité à l’article  1 de la Constitution

L’amendement, adopté en commission des lois, sera soumis à l’Assemblée à partir du 10 juillet.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 12h35
    |

            Simon Roger et 
Alexandre Lemarié








                        



   


Cet objectif semblait hors d’atteinte il y a encore quelques semaines. Les députés ont pourtant inscrit, mercredi 27 juin, la préservation de l’environnement, dont la protection de la biodiversité et l’action contre le réchauffement climatique, dans l’article premier de la Constitution. Ils ont pris cette décision lors de l’examen du projet de loi constitutionnelle en commission des lois à l’Assemblée nationale, en adoptant un amendement du rapporteur général et chef de file des élus La République en marche (LRM), Richard Ferrand.
La France « agit pour la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et contre les changements climatiques ». Ainsi s’écrira l’article 1 de la Loi fondamentale si l’amendement est revoté lors de son examen dans l’Hémicycle à partir du 10 juillet, et si la révision constitutionnelle voulue par le chef de l’Etat parvient à son terme.
Cette reconnaissance de l’enjeu environnemental est une victoire politique pour Nicolas Hulot, après plusieurs arbitrages perdus. Le 20 juin, le ministre de la transition écologique et solidaire s’était félicité de la volonté de l’exécutif de faire figurer « environnement, climat et biodiversité » dans l’article premier de la Constitution, et non dans l’article 34, comme l’avait proposé le premier ministre en avril.

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Seuls quelques élus LR opposés
Le député (Maine-et-Loire, LRM) Matthieu Orphelin, proche de M. Hulot, a salué mercredi soir « une véritable avancée (…) qui va donner à ces enjeux la place majeure et impérative qu’ils méritent dans notre République ». Plusieurs ONG se sont félicitées, elles aussi, du vote de la commission des lois. « Cette décision permettra à l’environnement, au climat et à la biodiversité de peser davantage dans la balance qu’opère le juge constitutionnel entre les différents principes inscrits dans la Constitution, tels que la liberté d’entreprendre ou le droit de propriété », a réagi le WWF dans un communiqué de presse. 

        Entretien :
         

          Inscrire le climat dans la Constitution « aura un impact réel »



Seuls quelques élus LR se sont opposés à cette mesure. Des députés de gauche auraient souhaité, pour leur part, aller plus loin. L’ex-ministre de l’écologie Delphine Batho (Deux-Sèvres, non-inscrite) a estimé que le verbe « assure » aurait été préférable à « agit », au motif que le premier aurait une portée juridique plus forte.
Elle a plaidé aussi pour que soit inscrit dans l’article 1 le principe de « non-régression », comme le suggère la formulation préconisée par Nicolas Hulot. Jeudi 21 juin, le no 3 du gouvernement avait détaillé sur France Info le texte qu’il espérait voir rédigé à l’article premier, qui démarrait par ces mots : « La République assure un niveau de protection élevé de l’environnement et en constante progression. »
« Cette constitutionnalisation du principe de non-régression n’apparaît pas dans l’amendement voté mercredi », observe le juriste Laurent Neyret. Son ajout aurait pourtant été judicieux puisque ce principe, assez récent dans le droit de l’environnement ne figure pas dans la Charte de l’environnement, promulguée en 2005.
Pour autant, le texte du 27 juin « permet d’avoir confiance dans l’ambition du gouvernement d’inscrire le devoir de protection de l’environnement à l’article 1 de la Constitution, estime le professeur de droit à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, même si les détails de la formulation donneront certainement lieu à des ajustements ».

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Dans le noir absolu, ces animaux survivent avec un régime alimentaire particulier, sans poissons ni crustacés. Ils se nourrissent de chauves-souris, de criquets ou de grillons.
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Au Gabon, des crocodiles orange vivent dans des grottes depuis trois mille ans

Dans le noir absolu, ces animaux survivent avec un régime alimentaire particulier, sans poissons ni crustacés. Ils se nourrissent de chauves-souris, de criquets ou de grillons.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 09h56
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 11h01
   





                        



   


Au Gabon, connu pour sa diversité géologique et sa faune, des scientifiques ont eu la surprise de découvrir des crocodiles de couleur orange, uniques au monde, vivant au milieu d’excréments de chauves-souris dans des grottes obscures.
« Quand je me suis approché avec la lampe torche dans la grotte, j’ai vu des yeux rouges... de crocodiles ! C’était en 2008. Deux ans plus tard, nous avons sorti un premier spécimen de la grotte et nous avons remarqué qu’il était orange », se souvient le géoarchéologue (spécialiste des sédiments archéologiques) Richard Oslisly.
Cette double découverte a été faite alors qu’avec une équipe de chercheurs, il essayait de trouver des traces humaines, dans les grottes d’Abanda, dans le sud du pays.
Ce « crocodile orange cavernicole », qui peut atteindre 1,70 m, est unique au monde et n’a été observé que dans ces grottes du Gabon, selon M. Oslisly. « Au début, nous avions pensé que la couleur pouvait venir de leur alimentation, car nous avons remarqué que ces reptiles mangent des chauves-souris orange », explique le chercheur français.

   


L’urine des chauves-souris
Mais, après des études plus poussées, les chercheurs ont avancé d’autres hypothèses : une « dépigmentation » due au manque de lumière dans ces grottes ou encore la nocivité du « guano », une substance faite d’excréments de chauves-souris dans laquelle ces animaux marinent tout au long de leur vie souterraine. « L’urine des chauves-souris a commencé à attaquer leur peau et transformé leur couleur », explique Olivier Testa, spéléologue et membre de l’équipe scientifique.
Depuis 2010, Richard Oslisly, Olivier Testa et le chercheur américain Matthew Shirley ont multiplié les expéditions scientifiques pour en savoir plus sur ces crocodiles hors du commun. En cartographiant les grottes, ils ont à ce jour recensé quatre crocodiles orange sur une quarantaine de cette espèce « cavernicole ».
Des dizaines de crocodiles avec une coloration « normale » vivent dans des grottes voisines connectées à la surface, explique M. Testa, alors que les crocodiles orange croupissent dans des grottes accessibles uniquement par des puits verticaux.
« On pense que ces dizaines de crocodiles se seraient installés dans les grottes d’Abanda il y a environ 3 000 ans, ce qui correspond relativement bien avec une période où le niveau de la mer avait baissé et où cette zone côtière est redevenue terrestre », explique M. Shirley.
Les crocodiles orange, bloqués dans la grotte, se seraient « retrouvés piégés après être entrés par des couloirs quand ils étaient petits, puis ils ont grossi », selon Richard Oslisly.
Plusieurs couloirs plus ou moins étroits et interconnectés forment un réseau de grottes à Abanda où ils se bouchent parfois avec la montée de la nappe phréatique.
Crocodiles nains Osteolaemus tetraspis « en mutation »
Selon Matthew Shirley, les crocodiles se sont installés dans leur grotte parce qu’ils y trouvent leur compte et ils n’y sont peut-être pas tous bloqués depuis trois mille ans.
Dans le noir absolu, ces animaux survivent avec un régime alimentaire particulier. Dans les grottes, pas de poissons ni de crustacés. Ils se nourrissent de chauves-souris, de criquets, de grillons. « C’est un environnement particulièrement exigeant », indique M. Shirley.
Selon les chercheurs, cette population cavernicole – animaux orange et de couleur normale – appartient au groupe des crocodiles nains Osteolaemus tetraspis et est « en mutation ».
L’ADN de cette population cavernicole n’est pas assez différent de son cousin nain de la surface pour en faire une nouvelle espèce, explique Matthew Shirley, mais ces animaux ont développé leur propre « signature génétique ».
Les crocodiles des grottes sont en effet dotés d’un groupe de gènes unique transmis de génération en génération, ont constaté les chercheurs, après comparaison de leur ADN avec celui de leurs cousins nains vivant exclusivement en surface au Gabon.
Bien que le crocodile soit déjà une espèce protégée au Gabon, Richard Oslisly plaide pour que le site des grottes d’Abanda devienne un « sanctuaire », « intégralement protégé ». « Il reste encore beaucoup à découvrir dans les grottes d’Abanda », estime le géoarchéologue, qui espère y développer le « tourisme scientifique ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de « L’animalisme est un anti-humanisme », de Jean-Pierre Digard.
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Figures libres. A la mi-temps, animaux : 1, humains : 0

La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de « L’animalisme est un anti-humanisme », de Jean-Pierre Digard.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 09h11
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
L’animalisme est un anti-humanisme, de Jean-Pierre Digard, CNRS Editions, 126 p., 14 €.

Quelques nouvelles évidences sont en passe de s’imposer. Elles sont bien connues : les humains maltraitent les animaux, les exploitent, les asservissent, les font souffrir et les massacrent. Donc, il faut non seulement les protéger, mais les libérer, les reconnaître comme personnes et sujets de droit. Et ne pas hésiter à condamner, par tous les moyens disponibles, l’illusoire et criminelle arrogance de la sale espèce qui se juge supérieure, se croit tout permis et n’est que nuisible.
L’air du temps bruisse des actions militantes pour la cause animale, des discours antispécistes, des justifications philosophiques de la destitution de l’homme-roi. Si c’était un match de foot, le score ne serait pas en faveur de l’équipe humaine. Mais le match est loin d’être terminé…
« Nouvel obscurantisme »
Car rien n’est si simple qu’on le croit. Il convient en effet d’interroger cette marée montante, de scruter ses causes, ses arrière-plans, ses éventuels faux-semblants. Avant de prendre trop vite pour argent comptant bons sentiments animalistes et mauvais ressentiment anti-humaniste, il convient de chercher comment et pourquoi nos représentations sont en train d’évoluer.
C’est ce que s’efforce de faire Jean-Pierre Digard, directeur de recherche émérite au CNRS, spécialiste de l’anthropologie de la domestication animale. Son récent essai, L’animalisme est un anti-humanisme, devrait faire grincer pas mal de dents, car il ne s’embarrasse pas de précautions pour dénoncer ce qu’il considère comme abus, dérives, aberrations et bêtises produisant « les germes d’un nouvel obscurantisme ».

Sa démarche mérite attention, pour d’autres raisons que le goût de la polémique. Car ce qu’interroge l’anthropologue, ce sont d’abord les causes sociales et historiques qui engendrent cette mutation des sensibilités....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Production d’énergie, recyclage, récupération de l’azote ou de métaux : les collectivités locales cherchent à valoriser leurs eaux usées et à faire baisser la facture des usagers.
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L’eau des égouts, ressource d’avenir pour les territoires

Production d’énergie, recyclage, récupération de l’azote ou de métaux : les collectivités locales cherchent à valoriser leurs eaux usées et à faire baisser la facture des usagers.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 12h42
    |

            Jessica Gourdon (Belleville-sur-Saône, Rhône, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

A l’entrée de la ville, on l’aperçoit à peine. Dissimulée derrière des arbres, couverte par un toit végétalisé, la station d’épuration Citeau de Belleville-sur-Saône (Rhône) se fait discrète. C’est ici que l’eau des égouts de trois communes – 26 000 habitants – arrive par de gros tuyaux, qu’elle est filtrée, nettoyée, purifiée… Avant d’être rejetée dans la Saône.
Une station d’épuration classique ? Pas exactement. Depuis trois ans, la chaleur de ses effluents, dont la température oscille entre 15 et 20 degrés, est récupérée pour chauffer un ensemble de cinquante-cinq logements neufs, situés à une centaine de mètres. A l’aide d’un échangeur et d’une pompe à chaleur, le dispositif capte les calories des eaux usées, et transfère cette énergie vers les appartements.
Johan Révillon, le promoteur immobilier, se dit « ravi » d’avoir servi de cobaye à ce système, qui lui permet de chauffer intégralement sa résidence « grâce aux égouts ». « Pour les habitants, c’est 7 % d’économies sur leurs factures, c’est écolo, et l’été, on peut aussi faire du rafraîchissement », résume l’entrepreneur, qui avait d’abord regardé d’un mauvais œil la construction de cette station si proche de ses futurs logements.
« Technologies vite rentables »
Générer de la chaleur et la vendre : une nouvelle source de revenus se dessine pour les collectivités. « Et on a encore de la marge. Les études ont montré qu’on pourrait chauffer deux fois plus de logements avec notre station », affirme Frédéric Pronchéry, l’élu de Belleville qui préside le syndicat d’exploitation de la station d’épuration. Grâce aux diverses aides publiques dont le projet a bénéficié, cet équipement devrait être rentabilisé en huit ans.
Dans le sillage de Belleville, d’autres initiatives similaires ont vu le jour : à Arras ou à Aix-les-Bains (Savoie), des piscines municipales sont chauffées grâce à la chaleur récupérée dans les eaux usées.
Ce n’est pas...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Parmi les substances prioritaires identifiées par l’Anses figurent le 1,3-butadiène, les particules ultrafines et le carbone suie. Elles ne sont pas réglementées aujourd’hui.
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L’agence sanitaire française recommande de surveiller treize nouveaux polluants dans l’air

Parmi les substances prioritaires identifiées par l’Anses figurent le 1,3-butadiène, les particules ultrafines et le carbone suie. Elles ne sont pas réglementées aujourd’hui.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 08h50
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


Après les particules fines ou le dioxyde d’azote, qui n’ont désormais quasiment plus de secrets pour eux, les Français vont devoir se familiariser avec le 1,3-butadiène, et surtout s’en méfier. Contrairement aux deux premiers polluants, cette substance au nom barbare ne fait en effet pas l’objet d’une surveillance réglementée dans l’air et n’est pas soumise à des valeurs limites d’exposition.
Le 1,3-butadiène est pourtant classé cancérogène certain pour l’homme depuis 2012 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). « Il est particulièrement problématique car il attaque plusieurs sites de l’organisme : poumons, moelle osseuse, système lymphatique… », détaille Valérie Pernelet-Joly, cheffe de l’unité d’évaluation des risques liés à l’air à l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).
Issu d’une combustion incomplète, ce gaz très toxique est émis par des sources très diverses : fumée de cigarette, échappements des moteurs automobiles, chauffage ou encore par les activités industrielles spécialisées dans la fabrication du plastique et du caoutchouc.
« Suivi renforcé »
Plusieurs campagnes de mesures ponctuelles en France ont montré des dépassements fréquents de sa valeur toxique de référence (VTR). Aussi, dans un avis rendu jeudi 28 juin, l’Anses recommande-t-elle une « surveillance nationale » du 1,3-butadiène. Un premier pas vers son rajout à la liste des treize substances (comme les particules fines, le dioxyde d’azote, l’ozone, le plomb ou le dioxyde de soufre) aujourd’hui réglementées en France. C’est déjà le cas au Royaume-Uni et en Hongrie, deux pays où il existe des valeurs repères de concentration dans l’air.
« Ce sera désormais au gouvernement de porter cette position au niveau européen », explique Valérie Pernelet-Joly. La Commission européenne a en effet engagé il y a un an la révision de la directive de 2008 sur la surveillance de la qualité de l’air. Elle devrait aboutir fin 2019.
L’évolution des connaissances sur la toxicité des substances et de leurs émissions dans l’atmosphère révèle en effet que certains polluants pouvant avoir un impact potentiel sur la santé ne sont aujourd’hui pas pris en compte dans les normes de qualité de l’air.
C’est dans ce contexte que l’Anses avait été saisie par les ministères de l’écologie et de la santé afin de proposer une liste de nouveaux polluants prioritaires. Au total, l’Agence en a identifié treize. Outre la surveillance du 1,3-butadiène, le rapport préconise un « suivi renforcé » des particules ultrafines (PUF) et du carbone suie, « compte tenu de leurs enjeux potentiels en termes d’impacts sanitaires ».
Polluants « émergents »
A la différence des particules fines inférieures à 10 micromètres (µm) de diamètre (PM10) et inférieures à 2,5 µm (PM 2,5), les PUF (inférieures à 0,1 µm) ne sont pas réglementées. Ce sont pourtant les plus dangereuses car elles pénètrent dans le sang et peuvent atteindre le cerveau ou traverser le placenta des femmes enceintes et menacer le fœtus.
Emises par les moteurs diesel principalement ou par le chauffage résidentiel, les particules de carbone suie inquiètent aussi les experts de l’Anses. « [Il] a des effets très toxiques, alerte Valérie Pernelet-Joly. Il se comporte comme un aimant autour duquel vont s’accumuler les métaux et les HAP [hydrocarbures aromatiques polycycliques] qu’il va emmener jusqu’aux cellules pulmonaires. »
Contrairement au 1,3-butadiène, il n’existe pas de valeur toxique de référence pour les particules ultrafines et le carbone suie. « Mais il existe des signaux suffisamment importants dans la littérature scientifique pour qu’on les inscrive à la liste des substances réglementées », précise la cheffe de l’unité des risques liés à l’air de l’Anses.
Les dix autres polluants « émergents » jugés prioritaires sont, par ordre de « risque », le manganèse, le sulfure d’hydrogène, l’acrylonitrile, le 1,1,2-trichloroéthane, le cuivre, le trichloroéthylène, le vanadium, le cobalt, l’antimoine et le naphtalène.
Créer une banque nationale de données
Dans leur cas, le rapport de l’Agence souligne que des dépassements de VTR peuvent être observés dans des contextes particuliers (industriels notamment) et recommande de conduire des campagnes de mesures complémentaires afin d’étudier l’exposition des populations à proximité des sources d’émission.
A l’instar du 1,3-butadiène, le trichloroéthylène, l’acrylonitrile ou le sulfure d’hydrogène font déjà partie des polluants placés en tête de liste par l’Organisation mondiale de la santé pour une mise à jour de ses valeurs guides de l’air ambiant.
Pour établir cette liste de treize substances prioritaires, les experts de l’Anses ont passé au tamis 557 polluants selon deux critères : leur occurrence dans l’atmosphère et leur dangerosité intrinsèque. Pour l’ensemble de ces polluants actuellement non réglementés, l’agence préconise la création d’une banque nationale de données des mesures existantes.
Dans le cas particulier des pesticides, l’Anses vient de lancer une première campagne nationale de mesures dans l’air : près de 90 substances seront recherchées pendant un an parmi lesquelles les très toxiques chlordécone et glyphosate.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Après la mise en liquidation de la SNEM, les riverains et parents d’élèves ont remporté une victoire. Ils demandent désormais à Airbus et Safran de payer la dépollution.
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A Montreuil, « l’usine toxique » ne menacera plus les écoles

Après la mise en liquidation de la SNEM, les riverains et parents d’élèves ont remporté une victoire. Ils demandent désormais à Airbus et Safran de payer la dépollution.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 23h48
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 08h45
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


Après un an de mobilisation pour réclamer sa fermeture, les riverains de l’usine SNEM, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), ont remporté une première victoire. Elle est à l’arrêt depuis que le tribunal de commerce de Versailles a confirmé mercredi 27 juin sa mise en liquidation judiciaire.
Implantée en pleine zone résidentielle, à quelques dizaines de mètres de plusieurs groupes scolaires, cette installation vétuste classée pour la protection de l’environnement (ICPE) suscitait une vive inquiétude depuis qu’un nouveau cas de leucémie (le troisième en quinze ans) avait été identifié chez un enfant, comme Le Monde l’avait révélé dans son édition du lundi 3 juillet 2017. Après l’avoir longtemps appelée « l’ usine verte » en référence à la couleur de la tôle de ses murs, les habitants de ce quartier de l’Est parisien l’avaient rebaptisée « l’usine toxique ».

        Lire aussi :
         

                A Montreuil, voisinage toxique d’une usine et d’une école



Pour le compte des groupes aéronautiques Airbus et Safran, la SNEM a pendant des années traité des pièces métalliques d’A380, A350 ou A320 avec des procédés hautement toxiques. Tétrachloroéthylène, acide nitrique, acide sulfurique, acide fluorhydrique… selon les dernières données disponibles sur le Registre des émissions polluantes. La SNEM déclarait produire en 2015 plus de 37 tonnes de « déchets dangereux ».
L’enquête du Monde a montré que les salariés continuaient à manipuler une substance particulièrement nocive : le chrome 6. Classé cancérogène, reprotoxique et mutagène, le règlement Reach en interdit définitivement l’usage dans l’Union européenne depuis septembre 2017 mais Safran et Airbus avaient obtenu une dérogation pour prolonger son utilisation.
« On ne les lâchera pas »
Le collectif des parents d’élèves et des riverains se félicite de la fermeture de la SNEM. Il regrette cependant qu’elle n’ait pas été décidée pour « faire prévaloir le principe de précaution et le respect de l’environnement sur les intérêts industriels et financiers » mais « pour des raisons commerciales : l’abandon de la SNEM par ses donneurs d’ordre [Airbus et Safran] qui ont cessé de lui passer commande ». Un « abandon » que le collectif associe à la divulgation dans Le Monde de pratiques frauduleuses dans le processus de contrôle des pièces traitées par la SNEM (Le Monde du 8 novembre 2017).

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                Un sous-traitant d’Airbus accusé de fraude sur le contrôle de pièces mécaniques



Les licenciements de la douzaine de salariés qui travaillaient encore sur place interviendront dans les prochains jours. Les habitants et la mairie de Montreuil demandent leur reclassement ainsi que la dépollution du site. En début d’année, le maire (PC), Patrice Bessac, avait écrit à Airbus et Safran pour les « interpeller » sur la situation de l’usine. « Les deux groupes, en réponse à cette double interpellation, ont adressé une fin de non-recevoir sans assumer leurs responsabilités sociales et environnementales », déplore aujourd’hui l’équipe municipale.
« C’est à Airbus et à Safran de payer les coûts de la dépollution, estime Antoine Peugeot, du collectif des riverains et responsable local de la FCPE. On ne les lâchera pas. » Contactés, les deux groupes aéronautiques n’ont pas souhaité faire de commentaires. Les dirigeants de la SNEM restaient injoignables.
Les élus de Montreuil en appellent « à la responsabilité de l’Etat quant à la dépollution de ce site classé ICPE et donc placé sous sa compétence directe ». Premier effet de « l’affaire SNEM », le conseil municipal a inscrit fin 2017 dans le plan local d’urbanisme l’interdiction définitive d’installation de toute nouvelle ICPE sur le territoire de la commune.
La préfecture de Seine-Saint-Denis précise pour sa part que si les terrains étaient rachetés en vue d’une utilisation autre qu’industrielle, « il appartiendrait à l’aménageur de faire les éventuels travaux de dépollution supplémentaires permettant ce changement d’usage ». Elle précise qu’un diagnostic des sols réalisé par l’exploitant en janvier avait certes mis en évidence une pollution par des solvants chlorés et des métaux mais que le site était « compatible avec son usage actuel ».
La crainte du scénario Wipelec
La préfecture s’est toujours voulue rassurante dans ce dossier. Elle assure que sur la base d’une inspection effectuée le 26 juin, « le site ne présente pas de risque particulier ». Ce n’est pas l’avis des riverains. Une étude commandée par la municipalité a montré un niveau élevé de contamination des sols, notamment au chrome 6 et étendue hors du site. Les habitants du quartier craignent désormais de vivre le même scénario que leurs voisins de Romainville où la société Wipelec a laissé derrière elle un site complètement souillé après la cessation de ses activités en 2003.
Une crainte d’autant plus forte que Wipelec était également spécialisée dans les traitements de surfaces des métaux pour l’industrie aéronautique et avait le même donneur d’ordre, Safran. Les associations de riverains de Romainville ont décompté 23 cancers dont 21 décès depuis 1990. Elles déplorent que les travaux de dépollution n’aient commencé qu’en mai 2017. Et s’inquiètent aujourd’hui qu’ils génèrent un regain de pollution dans le quartier. Des niveaux de trichloroéthylène 140 fois supérieurs aux normes ont été mesurés dans certains logements.
A Montreuil, les parents d’élèves restent mobilisés pour la rentrée. Un nouveau collège doit ouvrir ses portes en septembre. Des études ont relevé la présence de solvants chlorés et de métaux lourds dans les sols. Des travaux de dépollution sont en cours. Le collège se situe à 150 mètres de « l’usine toxique ».

        Lire aussi :
         

                Pollution : des habitants de Romainville dénoncent le « désastre écologique » du site Wipelec






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Les deux groupes ont signé un partenariat portant notamment sur la vitrification des déchets peu radioactifs.
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EDF et Veolia s’associent pour démanteler les centrales nucléaires

Les deux groupes ont signé un partenariat portant notamment sur la vitrification des déchets peu radioactifs.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 15h30
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Les numéros un mondiaux de l’énergie nucléaire et des services à l’environnement s’associent dans la gestion et le traitement des déchets et des éléments radioactifs des centrales. EDF et Veolia ont signé, mardi 26 juin, lors du Salon mondial du nucléaire réuni à Villepinte (Seine-Saint-Denis), un accord portant sur deux grands partenariats.
Le premier prévoit le développement conjoint de solutions de télé-opération (robots) pour démanteler les six réacteurs de la filière Uranium Naturel Graphite Gaz (UNGG) de Bugey (Ain), Chinon (Indre-et-Loire) et Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher), la technologie développée dans les années 1950-1960 avant que la France ne rachète la licence des réacteurs à eau pressurisée (REP) de l’américain Westinghouse en 1970.
Technologies d’intervention à distance
Des étapes ont déjà été franchies sur ces installations complexes et EDF confirme son objectif de les démanteler « dans des délais aussi courts que possible ». Veolia va mettre à la disposition du groupe nucléaire son expérience des technologies d’interventions à distance (robotique) pour concevoir et réaliser des solutions permettant d’accéder au cœur des six réacteurs, de découper la cuve et d’extraire les composants « dans des conditions de sûreté et de sécurité optimales », assure-t-il.

Le second volet de l’accord est plus large. Veolia va mettre à disposition d’EDF une technique baptisée GeoMelt qui permet de piéger les déchets de très faible, faible et moyenne activité dans du verre afin de pouvoir les stocker et les transporter de façon plus sûre. Il pourra s’agir, par exemple, des morceaux de la cuve du premier REP démantelé par EDF sur le site de Chooz (Ardennes). Ces déchets représentent 0,1 % de la radioactivité… mais 98 % des volumes à traiter.
Les deux groupes travailleront sur cette technologie pour l’exploitation et le démantèlement futur des 58 réacteurs en service en France et les autres tranches exploitées...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Cent députés de la République en marche, parmi lesquels Jean-Charles Colas-Roy, Anthony Cellier, Barbara Pompili et Roland Lescure, estiment que la programmation pluriannuelle de l’énergie doit faire l’objet d’un rendez-vous législatif régulier et non d’un décret gouvernemental.
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« Le Parlement doit être en première ligne pour définir la politique énergétique »

Cent députés de la République en marche, parmi lesquels Jean-Charles Colas-Roy, Anthony Cellier, Barbara Pompili et Roland Lescure, estiment que la programmation pluriannuelle de l’énergie doit faire l’objet d’un rendez-vous législatif régulier et non d’un décret gouvernemental.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 12h58
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 13h05
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. L’année 2018 constitue un tournant pour la politique énergétique de la France : c’est l’année de la révision de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Il s’agit de définir notre feuille de route de la transition énergétique pour l’avenir. Cependant, la PPE est l’objet d’un décret : elle relève donc du pouvoir réglementaire, et plus particulièrement de celui du ministère de la transition écologique et solidaire.

Nous regrettons que la représentation nationale, le Parlement, ne soit pas réellement saisie sur le fond, à travers la rédaction d’une loi, face à des enjeux aussi stratégiques que ceux que pose la PPE pour l’avenir énergétique de notre pays. Les commissions développement durable et affaires économiques de l’Assemblée nationale ont choisi de mener des auditions communes, mercredi 13 juin, afin d’écouter les ONG, les syndicats, les associations de professionnels, les industriels du gaz, ceux de l’électricité et les représentants des énergies renouvelables. Ce n’est pas suffisant !
Nous, parlementaires, souhaitons nous engager au-delà. Le Parlement dans son ensemble, et la majorité présidentielle en particulier, doivent être en première ligne dans la définition du cap énergétique à tenir. La PPE doit être à la hauteur du « plan climat » ; elle doit refléter les engagements pris par la loi mettant fin à l’exploitation des hydrocarbures en France à l’horizon 2040, elle doit être en phase avec le plan de rénovation énergétique des bâtiments et elle doit inspirer la prochaine loi d’orientation des mobilités (LOM) afin d’assurer la réussite de la transition énergétique dans l’ensemble des secteurs énergivores.
Place de l’environnement dans la Constitution
Pour réussir à tenir ces objectifs forts pour notre avenir énergétique et démontrer notre détermination collective à agir en faveur du climat, nous proposons une loi et non un simple décret pour la PPE. Tous les cinq ans, le Parlement devrait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Peut-on se passer d’investir dans une nouvelle usine pour brûler les ordures d’Ile-de-France ? La question est posée alors que la commission d’enquête publique s’apprête à rendre son avis.
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La reconstruction de l’incinérateur de déchets d’Ivry fait polémique

Peut-on se passer d’investir dans une nouvelle usine pour brûler les ordures d’Ile-de-France ? La question est posée alors que la commission d’enquête publique s’apprête à rendre son avis.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 12h10
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 12h19
    |

                            Alexandre-Reza Kokabi








                        



   


La reconstruction de l’usine d’incinération d’Ivry-Paris 13e, dans le Val-de-Marne, va-t-elle rejoindre la liste des « grands chantiers inutiles » voués à la contestation ? Alors que les premières consultations sur le devenir du site remontent au début des années 2000, l’échéance se rapproche pour ce futur équipement à plus d’un milliard d’euros. L’enquête publique vient de prendre fin, lundi 25 juin. C’est la dernière étape avant d’éventuelles autorisations préfectorales.
Dans la banlieue sud-est de Paris, l’actuel centre de traitement d’Ivry-sur-Seine, construit en 1969, crache sans discontinuer des nuées d’ordures brûlées : près de 700 000 tonnes de déchets ménagers sont consumées dans ses fourneaux chaque année, en provenance de 15 communes dont Paris. Il s’agit du plus grand incinérateur d’Europe. L’une de ses deux cheminées qui surplombent le boulevard périphérique dégage une traînée blanchâtre dans le ciel, l’autre non. Elle est momentanément à l’arrêt pour cause de maintenance : les périodes de contrôle de l’installation s’accroissent, à l’aube de son demi-siècle d’existence.
Le jeudi 14 juin, une réunion publique a rassemblé à l’Espace Robespierre d’Ivry, habitants, élus, associations et représentants du Syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères (Syctom), maître d’ouvrage de la future installation. « Nous avons plus que jamais besoin d’une nouvelle usine pour garantir la continuité du service public de traitement des déchets », glisse, dans son micro, Jacques Gautier (LR), maire de Garches et président du Syctom. Ce syndicat regroupe 84 communes d’Ile-de-France, il gère les déchets de 5,7 millions d’habitants – soit la moitié de la population francilienne, et 10 % des déchets ménagers du pays.
« L’impertinence d’un projet coûteux »
Une unité de valorisation énergétique (UVE) pourrait ainsi voir le jour à l’horizon 2023. Dans cette optique, le Syctom a conclu un marché avec le groupement d’entreprises IP13, composé de Suez Environnement, Vinci et Hitachi Zosen Inova. Le coût d’investissement et d’exploitation jusqu’en 2037 s’élève à 1,152 milliard d’euros, taxes comprises, d’après le Syctom. Elle permettrait d’incinérer 350 000 tonnes de déchets par an, moitié moins que l’unité actuelle, car nos habitudes dans ce domaine sont appelées à changer. « Nous nous inscrivons ainsi dans des perspectives d’évolution de tonnage volontaristes », estime Jacques Gautier.
Volontaristes ? Flore Berlingen, directrice de l’association Zero Waste France, dénonce au contraire « l’impertinence d’un projet coûteux ». Son association est loin de partager la vision de la gestion des ordures portée par le Syctom. « Nous devons réduire drastiquement la quantité de déchets incinérés en région parisienne, assure-t-elle. Actuellement, 75 % du contenu d’une poubelle envoyé à l’incinérateur est recyclable ou compostable. La marge de manœuvre est importante. Si nous accompagnons la réduction et le tri des déchets, nous n’aurons pas besoin de cette usine. » La militante rappelle en outre qu’une autre unité de tri et de préparation des déchets avant l’incinération est encore à l’étude et pourrait venir compléter le site à partir de 2027. Les deux usines pèseraient alors deux milliards d’euros de deniers publics.
Zero Waste France et le Collectif 3R, soutenus par des associations locales et nationales, proposent une voie alternative : le plan « Baisse des ordures ménagères » (B’OM), qui repose sur les principes de l’économie circulaire. L’idée ? Diminuer suffisamment la quantité d’ordures ménagères à brûler en Ile-de-France, pour qu’elles puissent être entièrement prises en charge par les deux autres usines du Syctom, en service à Issy-les-Moulineaux et à Saint-Ouen.
328 kg par habitant
« C’est certainement plus simple de construire une usine que de dépenser de l’énergie et du courage politique pour bousculer les habitudes, souffle Flore Berlingen. Mais contrairement aux apparences, l’usine n’apporte pas de solution clés en main. L’incinération n’est pas très pourvoyeuse d’emplois. » Selon les prévisions des associations, comparé à la reconstruction d’un tel équipement, le plan B’OM permettrait de créer 23 % d’emplois en plus en 2023 et 61 % en 2030.
« Grâce à cela, nous serions en phase avec les objectifs légaux de recyclage et de tri, explique Flore Berlingen. C’est loin d’être le cas pour le moment. Les actuelles prévisions de collecte sont en contradiction avec la loi de transition énergétique pour la croissance verte [LTECV], qui demande 10 % des déchets ménagers en moins d’ici 2020 et 65 % de recyclage d’ici 2025. » Actuellement sur le territoire du Syctom, la quantité de déchets non triés s’élève à 328 kg par habitant, alors que la moyenne nationale est de 261 kg.
Le syndicat envisage pour sa part un taux de recyclage avoisinant les 30 % en 2025. « Ces objectifs concernent le territoire national alors que nous nous inscrivons, nous, dans un tissu urbain particulièrement dense, soutient le directeur général des services du Syctom, Martial Lorenzo. Par ailleurs, nous n’avons que très peu recours à l’enfouissement des déchets, comme le demande la LTECV, et nous valorisons l’énergie produite dans nos usines. » 
Réseau de chaleur
La chaleur produite par l’UVE devrait en effet alimenter le réseau de chauffage urbain et d’électricité. L’usine actuelle d’Ivry-Paris 13e dessert l’équivalent de 100 000 logements, via le réseau de chaleur de la Compagnie parisienne de chauffage urbain. « Cette énergie renouvelable de récupération est préférable à l’emploi d’énergies fossiles », avance le Syctom. La directrice de Zero Waste s’oppose à « ce glissement sémantique destiné à rendre plus acceptable l’incinération. Le rôle premier du Syctom n’est pas de produire de l’énergie avec nos déchets, poursuit Flore Berlingen. Et cet argument ne justifie en rien la construction d’une nouvelle usine. »
Le 14 juin au soir, des habitants d’ivry ne cachent pas leur inquiétude quant à la nature des pollutions engendrées par l’incinérateur. « Nous ne pouvons pas accepter la présence d’une usine dont nous ne connaissons pas tous les dangers et qui risque de déglinguer la santé de la population, des enfants », s’exclame ainsi une riveraine. Les fumées contiennent-elles des microparticules potentiellement cancérigènes, des dioxines et furanes bromés et autres polluants nocifs ? « Le public manque d’information sur les pollutions », observe pour sa part Anne Connan, du Collectif 3R.
« Nos trois installations sont les plus contrôlées de France, rétorque Martial Lorenzo. Nous sommes passés au crible ! » Le syndicat tente d’apaiser les craintes en soulignant les performances technologiques de son futur incinérateur et ses capacités de captage des polluants avant rejet dans l’atmosphère. Son « look » et son intégration architecturale, vantés dans une vidéo de présentation diffusée à l’Espace Robespierre, sont accueillis avec une pointe d’ironie par l’assistance.
Au terme de la consultation, la commission d’enquête rendra son avis au préfet de Val-de-Marne, qui délivrera, ou non, l’autorisation d’exploiter l’unité de valorisation énergétique. La demande de permis de construire l’usine vaudrait alors permis de démolir l’unité d’incinération existante. Les travaux pourraient démarrer dès la fin de l’année.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ En additionnant le nucléaire, les énergies renouvelables et la biomasse, la France a produit une électricité décarbonée à 97 %.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Au cours des dernières années, une partie des salins ont été rendus à la nature, qui s’empresse de les reconquérir.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ L’Europe doit se prononcer sur la classification de cette substance comme cancérogène possible par inhalation.
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Bataille sur les nanoparticules de dioxyde de titane

L’Europe doit se prononcer sur la classification de cette substance comme cancérogène possible par inhalation.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 12h52
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

La France suivra-t-elle les avis de ses propres experts ? Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a rendu, lundi 25 juin, une série de recommandations destinées à « protéger les travailleurs et les personnes au voisinage de sites de production ou de manipulation de nanoparticules de dioxyde de titane [TiO2] ».
Le rapport du HCSP s’inscrit dans la continuité de plusieurs expertises officielles suggérant le caractère cancérogène du TiO2 – notamment celle de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) ou encore celle, dès 2006, du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Mais cette fois, le rapport du HCSP survient au milieu d’un bras de fer réglementaire sur la classification de cette substance comme cancérogène possible (catégorie 2), par inhalation, au niveau européen.
Une telle mesure entraînerait, en Europe, des restrictions importantes et des obligations d’étiquetage pour de nombreux produits contenant du TiO2 (peintures, matériaux de construction, cosmétiques, médicaments, aliments transformés, etc.). Les enjeux économiques et industriels sont considérables. Les Etats membres de l’Union doivent arrêter leur position d’ici au 13 juillet et dire à la Commission européenne s’ils sont favorables, ou non, à la classification du produit. Bruxelles espère pouvoir mettre au vote la décision à la rentrée.
En France, le dossier oppose le ministère de la transition écologique à ceux de l’économie et du travail
La position de Paris pourrait être déterminante. En France, le dossier oppose d’une part le ministère de la transition écologique et solidaire et, d’autre part, les ministères de l’économie et du travail. Selon nos informations, le ministère de Nicolas Hulot appuie une classification du produit sous toutes ses formes, de liquide et de poudre, tandis que Bercy et la rue de Grenelle sont plus attentifs à l’impact industriel et économique d’une mesure...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Cultivés en hydroponie, sur de vastes étagères dans des univers aseptisés, ils trouvent leur place sur les étals des supermarchés et dans les assiettes de restaurants étoilés.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/06/2018
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La culture verticale de légumes, en plein développement au Japon

Cultivés en hydroponie, sur de vastes étagères dans des univers aseptisés, ils trouvent leur place sur les étals des supermarchés et dans les assiettes de restaurants étoilés.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 08h00
    |

            Philippe Mesmer (Kameoka, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Prix stables, hygiène garantie, production à l’année sans pesticides et soutien gouvernemental. La culture verticale de légumes en usine connaît un véritable boom au Japon. « J’aime bien car il n’y a pas de risque de trouver des insectes », observe une femme d’une quarantaine d’années dans un supermarché de Tokyo, même si une personne âgée lui fait remarquer que « s’il y a des insectes, c’est que c’est bon ».
Un argument vite balayé, tant les légumes cultivés dans des univers clos et aseptisés seduisent. Dans son usine de Kameoka, à une trentaine de kilomètres de Kyoto (Ouest du Japon), la société Spread produit en hydroponie (hors-sol) sur 2 900 m² quatre variétés de salades, de la plus tendre à la plus croquante, disposées en rangs serrés sur de vastes étagères, dans un environnement à 25 degrés et à 60 % d’humidité, sous la lumière de simples néons et avec les racines trempant dans une solution riche en nutriments comme le potassium.
Pionnière dans ce secteur au Japon, Spread a tâtonné avant de trouver la bonne formule. « L’idée est née en 2006 mais nous n’avions aucune expérience, rappelle Yoshifumi Okai, des relations publiques de l’entreprise. Il a fallu faire des recherches pour trouver la bonne recette. »
Des débuts difficiles
Un pari tenté par Shinji Inada, le dirigeant de Trade, maison mère de Spread spécialisée dans le négoce des légumes, qui a constaté l’impact des changements climatiques sur l’activité maraîchère. Il a également observé l’inquiétude grandissante des consommateurs face à l’usage des pesticides et le vieillissement de la population, particulièrement sensible dans les zones rurales, qui soulève des interrogations sur l’avenir de l’agriculture. « Pour nous, la culture verticale peut jouer un rôle déterminant pour résoudre les problèmes d’accès à l’alimentation », estime M. Inada.
Les débuts furent difficiles car, explique M. Okai, « les gens, surtout les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Trottinette, gyroroue, eskate ou hoverboard ne sont pas pris en compte par le code de la route. Leur développement impose une réflexion sur la répartition de l’espace public.
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L’essor des trottinettes électriques oblige à repenser le partage de l’espace public en ville

Trottinette, gyroroue, eskate ou hoverboard ne sont pas pris en compte par le code de la route. Leur développement impose une réflexion sur la répartition de l’espace public.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 15h05
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 15h25
    |

                            Maud Obels








                        



   


Pouvoir se déplacer librement, rapidement et sans effort… la proposition est séduisante et l’offre est désormais bien réelle, entre les trottinettes électriques, disponibles depuis peu en libre-service dans deux arrondissements parisiens et à Bruxelles, la gyroroue (monocycle électrique), l’eskate, l’hoverboard ou encore le gyropode (comme le Segway).
Ces mobilités sont regroupées sous le terme d’engins de déplacement personnel (EDP) par les pouvoirs publics ; une catégorie hybride, puisqu’elle comprend aussi bien les engins électriques que les rollers ou les trottinettes classiques. C’est la raison pour laquelle beaucoup d’acteurs du secteur préfèrent le terme de nouveaux véhicules électriques individuels (NVEI).
Trottinettes, une offre « de plus en plus large »
Encore confidentiels il y a quelques années, ces modes de déplacement se développent rapidement. « Surtout les trottinettes électriques, confirme Mathieu Lavergne, d’Eroue, boutique installée dans le 5e arrondissement de Paris depuis quatre ans. Le secteur des trottinettes évolue beaucoup, aussi bien côté ventes que côté technologies, l’offre est de plus en plus large. »
Difficile d’avoir des chiffres concernant le nombre d’utilisateurs, aucune étude sérieuse n’ayant été réalisée et les professionnels du secteur commençant tout juste à s’organiser en réseau. Sur la base d’un sondage réalisé en mars, l’assureur Aviva estime que 3 % des Français utilisent déjà des NVEI, soit 1,5 million de personnes, et que 17 % ont l’intention de les utiliser prochainement, soit 8,5 millions d’utilisateurs potentiels.
Un chiffre d’utilisateurs très largement surestimé, selon Christophe Bayart, dirigeant de Mobility Urban, enseigne de distribution de NVEI, qui, lui, estime entre 400 000 et 500 000 le nombre d’usagers. « En 2017, les ventes, en quantité, ont considérablement augmenté, précise-t-il. En valeur, la progression est de 30 %, mais des produits à bas prix et de mauvaise qualité sont arrivés sur le marché. »

        Lire :
         

          Les trottinettes électriques arrivent à Paris après avoir conquis les Etats-Unis



Cet essor ne va pas sans poser quelques questions quant au cadre réglementaire dans lequel ces nouveaux engins, et leurs propriétaires, peuvent évoluer. Situés dans un « angle mort » du code de la route, les NVEI sont dans un flou juridique : comment ces véhicules peuvent-ils circuler, sur quelles voies, à quelle vitesse et soumis à quelles règles ?
Les utilisateurs – et celles et ceux qu’ils côtoient – roulent encore à vue. Pour le moment, ils sont considérés comme des piétons. Ils sont donc supposés rouler sur les trottoirs à l’« allure du pas », soit environ 6 km/h. Ils sont tolérés sur les pistes cyclables à maximum 25 km/h, sans y être vraiment autorisés.
Ces limites de vitesse paraissent en décalage avec les technologies disponibles, puisque les magasins spécialisés vendent des trottinettes électriques pouvant atteindre 85 km/h, sans aucune obligation de port d’un casque, de présence de lumières ou encore d’immatriculation.
« Même si rien n’est obligatoire, nous donnons des consignes de sécurité, nuance Mathieu Lavergne. Nous expliquons à nos clients que le port d’un équipement de protection, d’un casque et de gants est très vivement conseillé. » 
Ces vitesses potentielles démesurées devraient par ailleurs bientôt disparaître, puisqu’une norme est en cours d’élaboration, qui bridera la capacité de ces engins. « Sans doute à 25 km/h maximum, comme les vélos à assistance électrique », selon Christophe Bayart.

   


Les pouvoirs publics vont bientôt légiférer, dans le cadre du projet de loi orientation sur les mobilités, qui devrait être votée à l’automne, après avoir été plusieurs fois retardé. Cette nouvelle législation sera issue de la réflexion menée lors des Assises de la mobilité, qui se sont déroulées d’octobre à décembre 2017.
Elle ne prend toutefois pas la mesure du bouleversement en cours dans les mobilités, estime Jérôme Monnet, chercheur au laboratoire Ville mobilité transport : « Cela fait des décennies que l’on sépare clairement les piétons, les automobiles, les transports en commun. Ces nouveaux engins viennent brouiller ces catégories. L’utilisateur est-il un piéton ou un véhicule ? Il faut observer la transformation des pratiques, car la grande différence, c’est que l’usager peut désormais transporter son véhicule. »
Selon lui, les NVEI ont le potentiel d’une profonde transformation de la manière de se déplacer en ville et dans les zones périurbaines, mais « il peut toujours y avoir un retour en arrière, avec des crispations liées au cadre réglementaire ».

        Lire :
         

          San Francisco se rebelle contre les trottinettes électriques en libre-service



Pour préciser ce cadre, un comité d’experts du Conseil national de sécurité routière a suggéré, à l’issue de ses assises, d’assimiler « les engins de déplacement à des cycles quant à l’usage des espaces publics et aux règles d’usages relativement au partage de la voirie », tandis que la Direction générale des entreprises souhaite pérenniser la circulation sur les trottoirs.
La première solution semble convenir à toutes les parties. Selon un sondage réalisé par Mobilty Urban auprès d’usagers, en janvier : 65 % d’entre eux souhaitent être assimilés aux cycles.
Pierre Hémon (EELV), conseiller délégué aux mobilités actives à la Métropole de Lyon, estime également que les NVEI « s’insèrent bien sur les pistes cyclables » : « Je suis pour sanctuariser les trottoirs, c’est le dernier espace où les piétons peuvent être tranquilles », ajoute-t-il.
Combinaison de modes de déplacement
Attention à la surchauffe, nuance Jérôme Monnet : « Les pistes cyclables, conçues pour l’ergonomie du vélo, vont très vite exploser si tous ces utilisateurs doivent les partager. » Lui prône une solution bien plus radicale : « Tous les engins roulants devraient se partager la chaussée. Evidemment, cela signe un peu la fin de la circulation automobile. »
Ce qui n’est, selon lui, pas un problème, grâce à la combinaison des trois modes de déplacement de la ville du futur : la marche, les transports en commun et les microvéhicules portables. « Je sais que ce n’est pas une recommandation de politique publique réaliste, mais je rêverais que ces nouvelles mobilités soient l’occasion d’une véritable discussion politique. Profitons-en pour innover ! »
Si les métropoles n’en sont effectivement pas encore là, elles accueillent avec bienveillance ces nouveaux usages. « Tout ce qui peut éviter de prendre la voiture, c’est très bien, estime Pierre Hémon. J’ai déjà repéré des endroits où un système de location de trottinettes électriques, mais plutôt avec des bornes, serait à sa place dans la métropole lyonnaise, pour combler les derniers mètres entre les transports publics et les lieux de travail. »
Quant à l’entreprise Lime, qui propose les trottinettes en libre-service dans la capitale, elle signera, mercredi 27 juin, ainsi que tous les acteurs des deux-roues, une charte de bonne conduite avec la Ville de Paris.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ « Tara » et « Le Monde » mettent le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique Nord.
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Goélette scientifique « Tara », journal de bord nº 3 : veillée d’armes aux abords du Great Pacific Garbage Patch

« Tara » et « Le Monde » mettent le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique Nord.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 14h27
    |

            Patricia Jolly








                        



   





#PlastiquePacifique. Le Monde met le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique nord. Embarqués sur la goélette scientifique Tara pour un périple de trois semaines entre Honolulu (Hawaï) et Portland (Oregon), notre journaliste Patricia Jolly et le photographe Samuel Bollendorff vous emmènent au cœur de cette mixture mitonnée par l’homme, qui rejette chaque année 8 millions de tonnes de plastiques en mer.

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Sixième jour de mer… Tara navigue au moteur par 46 degrés nord et 130 degrés ouest dans une mer agitée et un vent d’est-nord-est de force 5 de face qui fait valdinguer tout ce qui n’est pas arrimé. Y compris nos corps las qui collectionnent les bleus. Nous sommes théoriquement entrés dans le Great Pacific Garbage Patch, figuré par une tache orange sur l’ordinateur de la passerelle. Théoriquement… Car nous n’avons aucune certitude sur la position exacte de cette zone dont on estime qu’elle représente six fois la superficie de la France.
Tara a déterminé sa route pour la rallier à partir de l’étude scientifique la plus complète et la plus récente, publiée le 22 mars par l’océanographe Laurent Lebreton et son équipe dans Scientific Reports sous l’intitulé « Evidence that the Great Pacific Garbage Patch is rapidly accumulating plastic ». Mais les données sur lesquelles se fonde ce travail remontent à 2015, année où la « poubelle de plastiques » a été quadrillée par une vingtaine de bateaux et un avion. Il n’est donc pas exclu qu’elle ait vagabondé un peu depuis.

   


Chercheur français, Laurent Lebreton est affilié à The Ocean Cleanup, organisation néerlandaise à but non lucratif fondée en 2013, qui s’est donné la colossale mission de développer « des technologies avancées pour débarrasser les océans du plastique ». Selon son modèle, Tara devrait parvenir au cœur de la « soupe de plastiques » d’ici deux jours.
Chemin faisant, la goélette s’offre des vols planés et des atterrissages qui ne parviennent pas à assombrir la belle humeur du capitaine, Yohann Mucherie, ravi d’entretenir naturellement son « gainage ». Les mouvements brutaux du bateau ne sont pas non plus de nature à couper l’appétit de Loïc Caudan, le chef mécanicien. Chaque matin au petit déjeuner, il engloutit sans ciller les reliefs du dîner de la veille.

        Lire aussi :
         

                Goélette scientifique Tara, journal de bord n° 1 : cap sur la « soupe » de plastiques



Vent et vagues
Les scientifiques, eux, sont un peu moins placides. Ces dernières quarante-huit heures, ils ont enregistré une concentration de plastiques… plus faible que celles observées depuis le départ. Une aberration à la lisière du Great Pacific Garbage Patch qu’expliquent les conditions météo adverses. Impossible, en effet, de mouiller le délicat filet Manta avec un vent de face désormais établi à plus de 20 nœuds (environ 40 km/h).

   


Ses armatures d’acier ricochent sur la mer creusée, empêchant sa chaussette de soie de tamiser la surface. Seuls le High Speed Net (HSN) et le Dolphin, plus robustes et destinés aux collectes à vitesse de croisière (environ 7 nœuds, soit environ 13 km/h), ont pu être déployés.
« Le Manta est conçu pour échantillonner à allure lente [entre 2 et 3 nœuds, environ 4 km/h] la microcouche, très riche en plancton et en microplastiques, qui se trouve à la surface de l’eau. Or celle-ci est actuellement diluée par le vent et les vagues », explique Nils Haëntjens, spécialiste de l’optique océanographique à bord et doctorant à l’université du Maine, derrière ses lunettes à la Harry Potter embuées par les embruns.
Sans une météo plus calme autorisant le lancement de l’arsenal complet des filets, le risque d’une sous-estimation des quantités de microplastiques présentes dans le Great Pacific Garbage Patch est réel.

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A l’instar des chercheurs, Jonathan Lancelot, le « chef plongée » de Tara, guette un apaisement du vent et de la houle, et fourbit son équipement sous-marin. Il rêve de s’immerger avec son boîtier étanche pour réaliser des clichés juste au-dessous de la surface de la soupe de plastiques. Objectif ? Tordre le cou aux idées reçues. « Il faut offrir au public une image plus précise et réaliste des composantes de cette concentration de microdéchets qui suscite tant de fantasmes et d’interrogations », estime-t-il.

   





                            


                        

                        


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Veolia se lance dans le recyclage des panneaux photovoltaïques

Le groupe va inaugurer le 5 juillet, à Rousset, une unité pour traiter des équipements solaires. Ce marché est appelé à un fort développement dans les décennies à venir.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 12h54
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



   


Ce n’est qu’un atelier avec une poignée d’ouvriers s’affairant aux derniers réglages avant son inauguration, le 5 juillet, au sein du site de Rousset (Bouches-du-Rhône). Des membres du gouvernement ont été invités, y compris le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot. Mais pour Veolia, cette ligne consacrée au recyclage des panneaux photovoltaïques est la promesse d’une activité appelée à un fort développement dans les prochaines décennies, à mesure que les fermes solaires devront changer des équipements arrivés en fin de vie.
Ce nouveau « business » est développé par Triade Electronique, la filiale de recyclage et de valorisation des équipements électriques et électroniques (D3E) de Veolia lancée en 2006 lors de l’entrée en vigueur de la directive européenne de 2002 obligeant les fabriquants à recycler ce type de produits.
En 2017, la filiale de Veolia a passé un contrat de quatre ans avec PV Cycle, l’éco-organisme à but non lucratif créé par l’industrie photovoltaïque pour collecter et recycler les panneaux de tous types (silicium, couches minces...). Objectif de ce partenariat : traiter ces équipements selon un procédé différent des modes actuels (thermique et chimique).
Une montée en puissance progressive
« C’est une technologie unique, développée durant trois ans par une entreprise européenne » , explique Gilles Carsuzaa, directeur général France de Triade, qui se refuse à donner le nom de la société dépositaire du brevet. Elle permet de retirer le cadre en aluminium avant de cisailler, broyer et cribler leurs différents éléments.
La chaine sépare plusieurs composants, envoyés à des filières spécifiques : le verre transféré chez Saint-Gobain pour en refabriquer ou finir comme abrasif ; l’aluminium, le cuivre et les résidus d’argent de la connectique recyclés par divers professionnels des métaux ; le silicium réutilisé, le plastique, jusqu’à présent envoyé en cimenterie pour y être brûlé.
La première année, 1 000 tonnes devraient être ainsi traitées. C’est une infime quantité rapportée au volume des panneaux mis en service en France (190 000 tonnes en 2016-2017) et plus encore au niveau mondial. Le tonnage traité par le site du Rousset devrait progresser de 30 % à 40 % par an pour atteindre un total de 8 000 tonnes, selon M. Carsuzaa. Un approvisionnement provenant d’un grand quart sud-est de la France, où furent installés les premiers panneaux dans les années 1990.

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La durée de vie des panneaux installés étant de l’ordre de vingt-cinq ans, la montée en puissance de l’activité sera progressive. « Mais ce marché est vraiment à très fort potentiel et le taux de valorisation des matières atteindra 95 % », poursuit le patron de Triade Electronique. L’investissement de départ est modeste pour le géant Veolia : 1 million d’euros et une aide de la région de 100 000 euros dans le cadre de son appel à projets d’économie circulaire qui travaille en outre à l’insertion de travailleurs éloignés de l’emploi.
Une activité qui se veut « verte »
L’investissement devrait être rentabilisé sur quatre ans et permettre à Veolia de « capitaliser sur ce premier retour d’expérience », avant de dupliquer le process industriel dans ses filiales étrangères. La Chine, le Japon et les Etats-Unis ont des parcs géants. Le Moyen-Orient s’équipe aussi rapidement, comme l’Europe. Il faudra traiter des dizaines de millions de tonnes à l’horizon 2050, et au moins 60 000 tonnes en France.
Le taux de recyclage des panneaux est particulièrement important pour l’image de cette activité qui se veut « verte ». Il faut quatre ans pour que l’énergie nécessaire à leur fabrication soit récupérée par la production d’électricité du panneau lui-même; et autant pour que son bilan carbone soit neutre. Avec une durée de vie au moins cinq fois supérieure, le bilan du « PV » reste largement positif.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Mesurer les émissions de dioxyde de carbone, suivre la déforestation, développer l’agriculture de précision… les images prises du ciel ou de l’espace ouvrent de nouvelles possibilités pour maîtriser le réchauffement climatique.
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Images satellitaires et drones, de nouveaux alliés contre le réchauffement climatique

Mesurer les émissions de dioxyde de carbone, suivre la déforestation, développer l’agriculture de précision… les images prises du ciel ou de l’espace ouvrent de nouvelles possibilités pour maîtriser le réchauffement climatique.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 11h04
    |

                            Julia Zimmerlich








                        



   


C’est une révolution qui se prépare au-dessus de nos têtes. En décembre, à l’occasion du One Planet Summit, Jean-Yves Le Gall, le président du Centre national d’études spatiales (CNES), annonçait la création d’un observatoire spatial du climat, regroupant une vingtaine d’agences. Objectif : mutualiser et harmoniser les données climatiques obtenues depuis l’espace.
Une preuve de plus que la bataille pour le climat se joue aussi dans le ciel et dans l’espace. Le CNES multiplie les projets dans cette direction. Le centre vient par exemple de lancer le nanosatellite Venus, qui doit suivre l’évolution de la végétation sur plus de cent sites, avec une résolution des images à 5 mètres. De nombreuses applications sont envisagées : construire des modèles de gestion de l’eau dans les zones sèches, prévenir les incendies de forêts… En octobre 2018, le CNES mettra sur orbite le satellite CFOSat, qui permettra d’étudier le vent et les vagues à la surface de l’océan. « C’est un indicateur qui traduit l’état d’un écosystème », explique Jean-Yves Le Gall.
Mesurer les émissions anthropiques de gaz à effet de serre, c’est l’un des plus gros enjeux de la donnée satellitaire dans les cinq prochaines années. « Aujourd’hui, les émissions de CO2 sont quantifiées par les industriels eux-mêmes, selon des réglementations nationales, explique Pascal Prunet, fondateur de Spascia, une jeune entreprise installée près de Toulouse. C’est pour l’instant la donnée la plus précise dont nous disposons. » Ce travail de collecte se révèle imparfait, avec des disparités selon les régions du monde, et l’impossibilité d’avoir une cartographie précise de la distribution des émissions de CO2 liées à l’activité de l’homme.
« L’avantage des images satellitaires, c’est que nous aurons une information indépendante, globale et répétitive, poursuit Pascal Prunet. Pour l’heure, personne n’a encore démontré que l’on est capable de mesurer les émissions de CO2 à l’échelle d’un pays ou d’une ville. Demain, en combinant les données relevées sur terre et celles obtenues depuis l’espace, on pourra produire une carte mondiale des émissions de CO2 tous les mois. » Une donnée hautement stratégique, qui pourrait à terme permettre aux Etats de définir des politiques réellement contraignantes pour limiter les émissions de CO2. Le Japon et les Etats-Unis sont déjà engagés dans la course avec des satellites spécifiques, et le CNES prévoit de mettre sur orbite en 2020 le satellite Microcarb, pour lequel Spascia développe des algorithmes d’analyse des données.

   


A partir de ces images, les scientifiques espèrent aussi une meilleure compréhension du cycle du carbone, des phénomènes d’émissions et d’absorptions par les puits de carbone – les sols, la végétation et les océans. En 2021, le CNES prévoit également de mettre sur orbite le satellite franco-allemand Merlin, pour mesurer la concentration en méthane atmosphérique.
Se préparer aux « guerres de l’eau »
L’autre rupture technologique des prochaines années se situe dans l’observation des eaux de surface : c’est la mission du satellite franco-américain SWOT (Surface Water and Ocean Topography), qui sera lancé en avril 2021. « Ce satellite va révolutionner l’hydrologie, et produira des images d’une précision chirurgicale, assure Fabien Lefèvre, ingénieur chez CLS (Collecte Localisation Satellites), une filiale du CNES, de l’Ifremer et d’Ardian. Sur un 1 km de rivière, nous serons capables de détecter 1 cm de pente, ce que l’on est incapable d’observer à l’œil nu. A partir de ces données, nos algorithmes pourront en déduire le débit par exemple. »
Ces informations sont fondamentales « pour faire face aux guerres de l’eau et gérer les stocks disponibles », poursuit cet expert. Un domaine que CLS connaît déjà bien : depuis dix ans, cette entreprise est capable, grâce à des données spatiales et des balises embarquées sur des bateaux de pêche, de fournir un état des lieux de la pêche illégale, et de suivre les stocks de poissons sur une zone donnée. « Nous déduisons ces informations à partir de la température de l’eau, du niveau de salinité et de ses caractéristiques de surface », précise Fabien Lefèvre.
Parallèlement, de nouveaux acteurs font leur entrée sur le marché de la donnée spatiale. « Il y a tout un écosystème de start-up qui est en train de se développer autour du climat et de l’intelligence artificielle, qui développent des applications concrètes à partir des besoins des utilisateurs », poursuit Jean-Yves Le Gall. En tête de file, la start-up américaine Planet – qui compte désormais 500 salariés –, installée dans la Silicon Valley et à Berlin, détient sa propre constellation de nanosatellites (200 en tout, de la taille d’une boîte à chaussures). Ses satellites volent à 500 mètres d’altitude et peuvent « fournir des images du globe à une précision de 3 à 4 mètres tous les jours », affirme Massimiliano Vitale, directeur des opérations de Planet. Leurs missions : suivre, par exemple, l’évolution de phénomènes de déforestation ou « soutenir les efforts des équipes de sauvetage en cas de catastrophe naturelle ».
L’avènement de l’agriculture augmentée
L’un des secteurs les plus prometteurs pour ces nouveaux acteurs est l’agriculture de précision. « Les images satellitaires permettent de suivre la santé des cultures et grâce au “machine learning”, de dresser des recommandations de traitement pour chaque zone. Ces données peuvent être directement téléchargées par le tracteur, qui pourra par exemple adapter la qualité de pesticides », poursuit le directeur des opérations de Planet, qui compte parmi ses clients la multinationale Bayer.
Près de Bordeaux, la start-up Telespazio a lancé en 2013 l’Earthlab, qui exploite des données des satellites, des avions et des drones pour des usages agricoles ou forestiers. Depuis 2016, l’entreprise développe par exemple pour Bonduelle une solution pour identifier la présence d’une mauvaise herbe dans ses champs de maïs et de haricots. « A J – 8 de la récolte, nos algorithmes sont capables d’identifier, à partir des images acquises par drone, les zones où cette plante indésirable est présente », détaille Lilian Valette, de Telespazio. L’Earthlab va aussi aider des vignerons à optimiser leur utilisation de pesticides et d’engrais. Les premiers tests doivent être réalisés cet été.

   


Jean-Yves Le Gall (CNES), Massimiliano Vitale (Planet) et Jean-Marc Gardin (Telespazio) interviendront lors du Festival de l’innovation Novaq.
Les 13 et 14 septembre, la région Nouvelle Aquitaine, en partenariat avec « Le Monde », organise deux jours de débats, conférences, pitchs et ateliers au H14, à Bordeaux.
Scientifiques, experts, entrepreneurs échangeront autour de trois grands thèmes : le cerveau, l’espace et l’océan. Fil rouge de cette édition : l’innovation au service de l’humain.
Programme et inscriptions ici.



                            


                        

                        

