<FILE-date="2018/06/28/19">

<article-nb="2018/06/28/19-1">
<filnamedate="20180628"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180628"><AAMMJJHH="2018062819">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Selon le biologiste Christophe Robaglia, l’argument principal des antispécistes est d’éviter la souffrance animale, ce qui établit une hiérarchie dans le monde vivant où les plus dignes d’attention sont évolutivement proches de l’homme.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« L’argumentation biologique soutenant l’antispécisme est erronée »

Selon le biologiste Christophe Robaglia, l’argument principal des antispécistes est d’éviter la souffrance animale, ce qui établit une hiérarchie dans le monde vivant où les plus dignes d’attention sont évolutivement proches de l’homme.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 16h46
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 17h29
    |

Christophe Robaglia (Professeur, département de biologie, université d'Aix-Marseille, CEA, CNRS)







                        



                                


                            

Tribune. L’antispécisme soutient que l’espèce à laquelle appartient un animal n’est pas un critère pertinent pour décider de la manière dont on doit le traiter, et de la considération morale qu’on doit lui accorder. Ses dérives les plus récentes, probablement inspirées par de bons sentiments, mènent au refus de l’élevage et de l’abattage des animaux à des fins de consommation humaine.
Quelle sont l’origine et la cohérence profonde de cette idéologie ? L’argument principal est celui d’éviter la souffrance animale. La souffrance est un mécanisme de maintien de l’intégrité de l’organisme, probablement apparu il y a quelques millions d’années, lié à l’évolution d’un système nerveux centralisé, il s’agit donc d’un argument inspiré par la biologie et il est légitime de l’évaluer par ce que dit la biologie.

Selon cet argument, plus les organismes sont proches de l’homme, plus ils sont susceptibles d’éprouver une souffrance similaire à la sienne, qu’il faut éviter de leur infliger. Tous les êtres vivants, de la bactérie à l’éléphant, partagent une origine évolutive commune et hébergent des mécanismes complexes permettant à l’organisme de percevoir les atteintes à son intégrité, de s’y adapter ou d’y échapper pour optimiser sa survie.
Vision anthropocentrique
La logique biologique, si on devait l’appliquer strictement, voudrait donc que l’on s’inquiète de façon égale des réactions du poireau arraché vivant, de l’arbre dont on prélève les organes sexuels (rappelons que le fruit est l’organe sexuel des plantes) ou de l’empoisonnement des moustiques, cafards et autres insectes par les insecticides.
L’argumentation biologique soutenant l’antispécisme est donc erronée car elle établit une hiérarchie dans le monde vivant où les plus dignes d’attention sont évolutivement proches de l’homme, plaçant implicitement celui-ci au sommet de l’arbre du vivant. Cette vision anthropocentrique du monde vivant est ancienne et culmine...




                        

                        


<article-nb="2018/06/28/19-2">
<filnamedate="20180628"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180628"><AAMMJJHH="2018062819">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Axelle Davezac, directrice générale de la Fondation de France, plaide dans une tribune au « Monde » pour la mise en place d’un modèle qui ne fasse pas de distinction entre les causes « rentables » et les autres.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Mécénat et responsabilité sociétale sont distincts mais complémentaires »

Axelle Davezac, directrice générale de la Fondation de France, plaide dans une tribune au « Monde » pour la mise en place d’un modèle qui ne fasse pas de distinction entre les causes « rentables » et les autres.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 16h13
    |

Axelle Davezac (Directrice générale de la Fondation de France)







                        



                                


                            

Tribune. Autrefois considérées comme des contraintes, les actions menées au titre de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) se multiplient et concourent aux intérêts économiques des entreprises. Parallèlement, le mécénat, volontaire, poursuit sa croissance avec 14 % d’entreprises mécènes, comme le rappelle le récent Panorama national des générosités.
A l’heure où le projet de loi Pacte [Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises] prévoit de renforcer le « rôle social » de l’entreprise, il est essentiel de souligner qu’au-delà de leurs ressemblances, RSE et mécénat ne doivent pas être confondus. Car leurs contributions restent complémentaires, au service de l’intérêt général.
Les dirigeants d’entreprise sont unanimes : pour eux, la RSE n’est plus une contrainte légale ou seulement un moyen d’entretenir leur image. Elle est devenue, en quelques années, l’objet d’une attention et d’un engagement bien plus profonds. C’est l’un des enseignements de la récente étude de la Fondation de France sur l’engagement de l’entreprise : pour la majorité des répondants, la RSE est devenue un élément fondamental de leur stratégie et représente une opportunité économique.
Lorsqu’elle est menée de manière efficace et cohérente avec l’identité et les enjeux de l’entreprise, elle permet d’adresser un message fort à la fois aux clients, aux collaborateurs et à l’ensemble des parties prenantes. Voire de constituer un argument marketing auquel les consommateurs sont de plus en plus sensibles, notamment lorsqu’elle permet d’obtenir des labels environnementaux. Selon une étude de France Stratégie, les entreprises menant des politiques RSE génèrent même un gain de performance de 13 % en moyenne par rapport aux autres.
Vigilance
De son côté, le mécénat continue de progresser tout en évoluant : il devient de plus en plus professionnel, maîtrisé, et piloté en cohérence avec la stratégie de l’entreprise. Il...




                        

                        


<article-nb="2018/06/28/19-3">
<filnamedate="20180628"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180628"><AAMMJJHH="2018062819">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ L’auteure Velina Minkoff raconte le voyage d’une adolescente en République populaire démocratique de Corée (RPDC) à la fin des années 1980 dans son ouvrage « Le Grand Leader doit venir nous voir ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Itinéraire d’une jeune communiste bulgare en Corée du Nord

L’auteure Velina Minkoff raconte le voyage d’une adolescente en République populaire démocratique de Corée (RPDC) à la fin des années 1980 dans son ouvrage « Le Grand Leader doit venir nous voir ».



Le Monde
 |    28.06.2018 à 15h53
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 16h51
    |

            Philippe Pons (Tokyo, correspondant)








                        



                                


                            

Livre. Etre Bulgare, avoir treize ans et débarquer en République populaire démocratique de Corée (RPDC) à la fin des années 1980. Un choc, même pour une petite communiste comme Alexandra envoyée dans un camp international d’été de pionniers pendant une dizaine de jours. Elle tient un journal en vue d’un rapport sur son voyage. Ce que fit effectivement l’auteure, née à Sofia en 1974, qui raconte son équipée sous forme de roman.
Dans une langue d’adolescente dont la naïveté désopilante fait tout le sel, Alexandra décrit ce qu’elle voit, entend, ressent sans se poser de questions sur la réalité qui se cache derrière la propagande ou derrière ce qui lui est donné à voir. Et se dessine en creux cet étrange pays qu’était – et est encore – la RPDC.
A l’époque, le pays de Kim Il-sung vivait les derniers feux de son âge d’or : il passait, même aux yeux de la CIA, pour une réussite du monde socialiste qui à l’Ouest commençait à chanceler. Le Festival de la jeunesse de l’été 1989, pendant nord-coréen aux Jeux olympiques de Séoul d’un an auparavant, allait clore cette période « faste ». Au milieu de la décennie suivante, la RPDC entrait dans la période la plus dramatique de son existence depuis la guerre de Corée (1950-1953) : une famine qui fit, au bas mot, un million de morts sur une population de 24 millions de personnes.
Myopie d’adolescente
Il existe certes des livres académiques sur la RPDC des années 1970-1980, mais rares sont les récits sur ce pays vu par une adolescente, drôle à force d’être dupe. Alexandra arrive dans une contrée qui la fascine par son exotisme et par sa « prospérité ». Elle écarquille les yeux. Pyongyang et ses hôtels aux bars « avec toutes sortes de boissons », ses grandes avenues quasiment vides avec leur voie médiane réservée aux voitures officielles, ses innombrables statues à la gloire du « Dirigeant » tutélaire – que finalement elle ne verra pas –, ses grands magasins, son métro aux stations...




                        

                        


<article-nb="2018/06/28/19-4">
<filnamedate="20180628"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180628"><AAMMJJHH="2018062819">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ L’économiste Pierre Khalfa explique, dans une tribune au « Monde », que le remède apporté par l’Europe à la crise financière grecque condamne le pays au mieux à péricliter, au pire à continuer à s’enfoncer dans la pauvreté et le dénuement.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Grèce : « Le risque d’un nouveau scénario catastrophe ne peut être exclu »

L’économiste Pierre Khalfa explique, dans une tribune au « Monde », que le remède apporté par l’Europe à la crise financière grecque condamne le pays au mieux à péricliter, au pire à continuer à s’enfoncer dans la pauvreté et le dénuement.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 15h44
    |

                            Pierre Khalfa (Economiste, coprésident de la Fondation Copernic)








                        



                                


                            

Tribune. « Grèce : un accord historique pour tourner la page », titrait Le Monde du 23 juin. La lecture de l’article indique pourtant que, loin d’être tournée, cette page, parmi les plus noires de ce pays qui en a pourtant connu un certain nombre, va continuer à être écrite par les mêmes protagonistes. La Grèce a été quasiment détruite par les plans d’austérité successifs que les institutions et les gouvernements européens lui ont imposés.

Cette saignée censée guérir le malade a abouti à une catastrophe économique et sociale. Depuis 2010, le PIB du pays a diminué d’un tiers, 35 % de sa population vit aujourd’hui sous le seuil de pauvreté et la baisse massive du niveau de vie s’est accompagnée d’un désastre sanitaire qui voit des pans entiers de la population privés de tout soin médical.
Condamnée à être asphyxiée
Non seulement l’accord conclu le 21 juin ne permettra pas de sortir de cette situation, mais il risque fort de l’aggraver. Tout d’abord, remarquons qu’à la différence des autres plans imposés à la Grèce, qui étaient limités dans le temps, celui-ci court jusqu’en 2069, puisque les remboursements auprès du Mécanisme européen de stabilité (MES) ne seront théoriquement terminés qu’à cette échéance.

Pire, le pays doit dégager un surplus primaire (excédent budgétaire avant paiement des intérêts de la dette) de 3,5 % du PIB jusqu’en 2022 et de 2,2 % pendant les trente-sept années suivantes. S’il a été un peu repoussé dans le temps, le remboursement de la dette grecque reste le seul objectif des institutions européennes. Pour tenir ces engagements, la Grèce s’est condamnée à être asphyxiée par une austérité permanente qui ne peut que l’enfoncer encore plus dans un marasme économique dont la population continuera à payer le prix fort.
Va-t-elle au moins récupérer à ce prix son indépendance politique ? Pas immédiatement en tout cas, car jusqu’en 2022 la Grèce devra subir un audit...




                        

                        


<article-nb="2018/06/28/19-5">
<filnamedate="20180628"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180628"><AAMMJJHH="2018062819">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Les mesures prises collectivement par l’Union européenne ont permis de renforcer l’euro et de soutenir la croissance, affirme dans une tribune au « Monde » le président de l’Eurogroupe au moment où se tient un conseil européen, les 28 et 29 juin.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Mario Centeno : « L’euro est sorti plus fort encore de la crise »

Les mesures prises collectivement par l’Union européenne ont permis de renforcer l’euro et de soutenir la croissance, affirme dans une tribune au « Monde » le président de l’Eurogroupe au moment où se tient un conseil européen, les 28 et 29 juin.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 15h25
    |

Mario Centeno (Président de l’Eurogroupe)







                        



                                


                            

Tribune. Peu importe le scepticisme. L’Europe est en train de gagner. La crise a mis l’euro à l’épreuve, mais l’euro en est sorti plus fort. Alors que nous discutons des mesures pour renforcer davantage la monnaie unique, nous sommes sur le point d’aboutir à une même vieille question. Serons-nous en mesure d’être leaders dans les bons moments, ou allons-nous attendre une autre crise pour nous forcer la main ?
Au plus fort de la crise, il n’était pas évident que l’euro s’en sorte indemne. La grande dépression a causé des difficultés à beaucoup de nos citoyens, le soutien à l’euro a enregistré les plus bas niveaux de son histoire et les Etats membres ont été forcés de mettre leurs ressources en commun.
Nous avons été pris au dépourvu, mais, face à un réel danger, les dirigeants européens sont sortis de leur zone de confort pour défendre notre monnaie. La garantie souveraine de 500 milliards d’euros – le Mécanisme européen de stabilité (MES) – est peut-être l’exemple le plus clair de cet effort. Détrompez-vous : l’expansion économique d’aujourd’hui est notre retour sur cet investissement.
Toutes les économies de l’euro connaissent en ce moment une croissance solide. Les héritages de la crise, tels que la dette publique, les déficits et le chômage, diminuent de façon constante et sans précédent. Le cas de la Grèce est une preuve de notre détermination. Après huit années d’ajustement, soutenues par 256 milliards d’euros de prêts, la Grèce sort de son programme d’aide financière cet été.
Union monétaire et bancaire
La résolution politique et la patience sont ici essentielles. La patience est le meilleur antidote à la croissance des populismes et des extrêmes en politique. Défendre l’euro avec des institutions réformées demeure la meilleure solution pour assurer la croissance et le développement économique dans un monde en changement permanent. Nous avons essayé d’autres solutions dans le passé, et celles-ci se sont révélées...




                        

                        


<article-nb="2018/06/28/19-6">
<filnamedate="20180628"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180628"><AAMMJJHH="2018062819">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ A 56,5 % du PIB, notre niveau de dépense publique est sans égal parmi les économies avancées. L’argent public est trop rare pour qu’on continue à s’en servir comme d’un pansement sur des plaies mal soignées, explique l’économiste Jean Pisani-Ferry dans sa chronique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« La stratégie de la dépense palliative a atteint ses limites »

A 56,5 % du PIB, notre niveau de dépense publique est sans égal parmi les économies avancées. L’argent public est trop rare pour qu’on continue à s’en servir comme d’un pansement sur des plaies mal soignées, explique l’économiste Jean Pisani-Ferry dans sa chronique.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 15h01
    |

                            Jean Pisani-Ferry (Professeur d’économie à Sciences Po, ­à la Hertie School de Berlin et à l’Institut universitaire européen de Florence)








                        



                                


                            

Tendances France. « Pognon de dingue » : avec cette expression triviale, Emmanuel Macron a voulu faire écho au sentiment que l’argent public est mal employé. Est-ce vrai et si oui, où faut-il couper ? Ce sera le débat économique du prochain semestre. Il n’a pas eu lieu en 2017. En 2019, il sera déjà bien tard. C’est cet automne que va se jouer la politique des finances publiques du quinquennat.
A 56,5 % du PIB, notre niveau de dépense publique est sans égal parmi les économies avancées. Il excède de dix points la moyenne de la zone euro. D’autres, comme la Suède dans les années 1990, ont atteint ce niveau, mais cela n’a pas duré.
Rien n’oblige les pays européens à faire les mêmes choix. Si les Français veulent de meilleurs services publics et des assurances sociales qui les couvrent mieux, s’ils sont prêts à payer pour cela, très bien. Il n’y a problème que si la dépense n’est pas maîtrisée, ne répond pas aux préférences collectives, ou est inefficace.
Or, le constat est brutal : depuis 2000, rappelle France Stratégie, notre dépense structurelle primaire (c’est-à-dire corrigée de la conjoncture et hors paiements d’intérêts) a progressé de cinq points de PIB. Une dérive d’un tiers de point par an, ce n’est pas durablement soutenable.
Bonnes et mauvaises raisons
Deuxième travers : le financement. Depuis vingt ans, à chaque embellie de la conjoncture – en 2000-2001, 2007 et 2017 – nous abaissons les prélèvements plutôt que de résorber le déficit. Notre consentement collectif à l’impôt n’est pas à la hauteur de notre appétence pour la dépense. Cette contradiction a jusqu’ici été résolue par la dette. Ce n’est plus possible.
Enfin, nous dépensons pour de bonnes, mais aussi de mauvaises raisons.
Les bonnes, ce sont l’enseignement gratuit, des assurances sociales collectives, un Etat redistributif, un réseau étendu de services publics, une capacité autonome de défense.
Les mauvaises, ce sont l’empilement...




                        

                        


<article-nb="2018/06/28/19-7">
<filnamedate="20180628"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180628"><AAMMJJHH="2018062819">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Bien sûr, la science démontre qu’il n’existe pas de races humaines. Mais le racisme, lui, est une réalité : supprimer ce mot, n’est-ce pas se priver d’une arme juridique ?
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Et si le mot « race » était utile dans la Constitution ?

Bien sûr, la science démontre qu’il n’existe pas de races humaines. Mais le racisme, lui, est une réalité : supprimer ce mot, n’est-ce pas se priver d’une arme juridique ?



Le Monde
 |    28.06.2018 à 12h00
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
C’est un détail perdu dans un marathon législatif, celui de la révision constitutionnelle dont l’examen par la commission des lois a démarré cette semaine à l’Assemblée nationale. Mais le diable, on le sait, se cache dans les détails. Faut-il, donc, supprimer le mot « race » de la Constitution ? En mars 2012, le candidat socialiste François Hollande s’y était engagé. Restée lettre morte faute de majorité au Congrès, la suppression vient d’être votée à l’unanimité par les députés, mercredi 27 juin, en commission, avant d’être débattue en séance à partir du 10 juillet. Le mot « race » serait ainsi ôté de l’article 1 de la Constitution, qui dispose que la France « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ». « Laisser “sans distinction de race”, ça signifierait qu’il y en a plusieurs », avait justifié la veille, sur Europe 1, le patron des députés LRM Richard Ferrand.
Initiative heureuse ? Fausse bonne idée ? La question divise de longue date les militants de la lutte antiraciste, les historiens et les sociologues. Sur le plan biologique, la cause est entendue : instaurée en 1758 par le naturaliste Carl von Linné pour catégoriser les individus selon la couleur de leur peau, la notion de races humaines a été balayée, tant par la théorie darwinienne que par la biologie moléculaire. Nous avons tous en commun 99,9 % de notre patrimoine génétique, l’espèce humaine est unique et indivisible. Mais réduire le terme à la biologie, ce serait oublier la dimension sociale de la race et ses redoutables corollaires : « inférieure » et « supérieure ». L’esclavage, le colonialisme, l’eugénisme et l’extermination des juifs. Comment, dès lors, s’étonner que le mot soit devenu tabou ?
Bonne conscience
Tabou, mais essentiel. Car c’est précisément pour condamner de façon universelle les théories raciales qui fondaient le nazisme que ce terme a été introduit dans de nombreux textes européens, parmi...




                        

                        


<article-nb="2018/06/28/19-8">
<filnamedate="20180628"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180628"><AAMMJJHH="2018062819">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Le premier ministre israélien s’appuie de plus en plus sur les fondamentalistes chrétiens dans le monde entier, malgré le malaise à ce sujet au sein de la diaspora juive, explique, dans un post de blog, le professeur des universités.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ 
<article-nb="2018/06/28/19-9">
<filnamedate="20180628"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180628"><AAMMJJHH="2018062819">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Editorial. Le départ à la retraite du conservateur modéré Anthony Kennedy, juge à la cour suprême, permet à Donald Trump de renforcer l’aile conservatrice de la plus haute juridiction américaine.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

La justice américaine en voie de « trumpisation »

Editorial. Le départ à la retraite du conservateur modéré Anthony Kennedy, juge à la cour suprême, permet à Donald Trump de renforcer l’aile conservatrice de la plus haute juridiction américaine.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 10h35
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 12h36
   





                        



   


Editorial du « Monde ». La chance n’est pas à bouder en politique. La décision du juge Anthony Kennedy, nommé à vie à la Cour suprême par le président républicain Ronald Reagan, de prendre sa retraite cet été offre la possibilité à Donald Trump d’ancrer la plus haute juridiction américaine dans sa propre version du conservatisme pour au moins une décennie.
Considéré comme centriste, le juge Kennedy, Californien de 81 ans, joue un rôle pivot dans cette Cour de neuf juges nommés par les présidents successifs des Etats-Unis, confirmés par le Sénat, et dont les décisions façonnent la société américaine. Il a souvent, lorsque la Cour était partagée à quatre voix contre quatre entre opinions libérales et conservatrices, été celui qui la faisait basculer dans le sens décisif : sa voix, par exemple, a été déterminante dans la légalisation du mariage homosexuel.

        Lire aussi :
         

                Etats-Unis : la retraite d’un juge de la Cour suprême, bonne nouvelle pour Trump



Le choix de son successeur va permettre de retremper l’alliance initialement improbable entre Donald Trump, New-Yorkais jouisseur, deux fois divorcé, et le puissant courant évangélique qui pèse sur le Parti républicain. L’éventualité d’une bascule libérale de la Cour suprême, en cas d’élection d’Hillary Clinton en 2016, avait conduit cet électorat à se mobiliser et à voter en se bouchant le nez pour le roi de l’immobilier. La nomination du très conservateur juge Neil Gorsuch à la Cour suprême dès le début du mandat du nouveau président a permis à cet électorat évangélique de s’accommoder des frasques d’une présidence chaotique. Le départ d’un juge qui n’hésitait pas à voter avec ceux de l’autre rive ne sera pas regretté à droite.
Vaste mouvement de nominations
L’âge avancé de la doyenne de la Cour suprême, Ruth Bader Ginsburg, 85 ans, icône libérale, et de Stephen Breyer, 79 ans, également nommé par un président démocrate, permet même aux conservateurs de rêver d’une réorientation à droite, encore plus profonde, de la plus haute instance judiciaire. Depuis deux ans, le Parti républicain a prouvé que la fin justifiait les moyens en la matière. Après avoir bloqué en 2016 la confirmation d’un juge modéré nommé par Barack Obama au nom de la proximité des élections générales, le Grand Old Party (GOP) se prépare désormais à remplacer Anthony Kennedy à un train d’enfer, pour éviter toute mauvaise surprise aux élections de mi-mandat, prévues en novembre. Le GOP a ensuite rompu avec la règle qui imposait un consensus minimal pour une nomination de cette importance (un seuil de 60 voix sur 100), pour propulser Neil Gorsuch à la Cour suprême.
Ce sentiment de puissance peut alimenter l’hubris. Le camp conservateur ne fait pas mystère de sa volonté de revenir sur l’arrêt historique, Roe v. Wade, qui protège le droit à l’avortement. Le mariage homosexuel, reconnu en 2015, peut également devenir une cible, et bien d’autres mesures progressistes.

        Lire aussi :
         

                Aux Etats-Unis, Donald Trump passe à l’offensive contre l’avortement



Le Parti républicain n’a pas limité ses ardeurs à la Cour suprême. En systématisant les manœuvres d’obstruction contre les juges fédéraux choisis par Barack Obama, puis en les bloquant, ce parti a permis à Donald Trump de procéder à un vaste mouvement de nominations qui devrait modeler durablement le système judiciaire américain. L’efficacité de cette offensive conservatrice doit rappeler aux démocrates que l’équilibre des institutions n’est acquis en soi que sur le papier. A terme, c’est toute la fabrique sociétale américaine qui peut se trouver attaquée.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/28/19-10">
<filnamedate="20180628"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180628"><AAMMJJHH="2018062819">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ L’indignation des uns nourrit la démagogie de ceux qui manipulent et hystérisent le débat sur l’immigration à des fins électorales, explique, dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Immigration : « L’indignation a ses limites et ses effets pervers »

L’indignation des uns nourrit la démagogie de ceux qui manipulent et hystérisent le débat sur l’immigration à des fins électorales, explique, dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    28.06.2018 à 09h50
   





                        



                                


                            

Chronique. En Europe, le débat sur l’immigration est victime d’un double mal – indignation et hystérisation – qui agit comme une double peine. Au lieu de prendre des voix aux « populismes », il les nourrit et, in fine, assurera leur victoire aux élections européennes de 2019. Ajoutez à ce triste tableau que ­Donald Trump milite ouvertement pour les partis protestataires de l’ultradroite européenne, et vous avez une situation qui recèle un potentiel de désastres inédit.
Oui, le fait de séparer des enfants de leurs parents, au seul motif que ceux-ci tentent d’entrer illégalement aux Etats-Unis, est révoltant. Oui, le fait de refouler de port en port un navire qui a secouru des réfugiés en Méditerranée est indigne. Oui, reconduire en Libye des migrants d’Afrique subsaharienne sans qu’on sache quel sera leur sort dans ce pays est ignoble. Oui, le comportement de certains membres de l’Union européenne (UE), qui jugent n’avoir aucune obligation de solidarité dans l’affaire des flux migratoires, est lamentable.
Et oui, sans doute était-il nécessaire que ces choses-là soient dites. Après tout, c’est un vaste mouvement d’indignation qui a fait reculer Donald Trump dans l’affaire des enfants. Mais la seule expression de cette juste réaction ne tient pas lieu de politique. Elle ne réglera pas la question de fond – qui risque d’être durable – pas plus qu’elle n’arrêtera la vague d’« insurrections électorales », comme dit Hubert Védrine, qui menace de submerger l’Europe.

Bien au contraire, taxée d’angélisme ou d’élitisme, l’indignation des uns nourrit la démagogie des autres, ceux qui manipulent et hystérisent le débat sur l’immigration à des fins électorales. Ils peaufinent leur profil « populaire » sur le bon vieux thème du monopole du cœur – qui ne saurait appartenir aux seuls « bien-pensants » de l’élite « bobo ». L’indignation a ses limites et ses effets pervers.
La montée du néonationalisme
Elle...




                        

                        


<article-nb="2018/06/28/19-11">
<filnamedate="20180628"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180628"><AAMMJJHH="2018062819">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’ONG Sos Méditerranée et deux experts du Conseil économique, social et environnemental (CESE) prônent une refondation de ce règlement pour que les Etats membres de l’UE se réengagent dans l’accueil des migrants et dans les opérations de sauvetage.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Il faut trouver une solution alternative au règlement de Dublin »

Dans une tribune au « Monde », l’ONG Sos Méditerranée et deux experts du Conseil économique, social et environnemental (CESE) prônent une refondation de ce règlement pour que les Etats membres de l’UE se réengagent dans l’accueil des migrants et dans les opérations de sauvetage.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 10h06
    |

SOS Méditerranée (ONG opératrice de l’Aquarius), Emelyn Weber et Paul Fourier (Rapporteurs de l'avis du CESE "Parcours et politiques d'accueil des ...







                        



                                


                            

Tribune. Alors qu’a lieu le Conseil européen des 28 et 29 juin, l’affaire de l’Aquarius a eu le mérite de mettre sur la scène publique le débat qui oppose les chefs d’Etat et de gouvernement. Elle a clairement opposé une logique de gestion solidaire à une volonté de renationalisation de la gestion des frontières extérieures de l’UE lorsqu’il s’agit pour un Etat d’accepter ou non, dans ses eaux territoriales, des migrants secourus en mer. Or, tout se passe comme si le Conseil européen excluait toute voie commune pour traiter d’une question avant tout humanitaire.
Face à la paralysie du Conseil européen, le sort de milliers de vies humaines est engagé. Or, contrairement au postulat d’une « opinion publique » rétive à toute aide humanitaire, des initiatives concrètes et nombreuses en provenance de la société civile démontrent la capacité de celle-ci à s’engager en faveur des migrants auxquels il est impératif de porter secours. Aujourd’hui, c’est parce que les Etats membres de l’UE ne veulent pas assumer leur responsabilité internationale que des ONG comme SOS Méditerranée viennent en aide aux migrants qui dérivent sur des navires de fortune vers les côtes européennes.
Il n’est pas inutile dans le contexte de l’affaire de l’Aquarius de faire un bref historique de ces opérations de sauvetage. C’est à la suite de l’abandon de l’opération Mare nostrum, conduite par la marine italienne dans un but humanitaire pour faire face à de nombreuses opérations de sauvetage de migrants, qu’une association émanant de la société civile a décidé d’affréter un bateau dans les eaux internationales.
Mare nostrum a en effet fonctionné jusqu’en novembre 2014, date à laquelle l’Italie y a mis un terme. Depuis cette date, plus aucune opération de secours n’est armée par le moindre Etat pour organiser le sauvetage en mer des migrants, mais les gardes-côtes italiens, comme les navires de la marine marchande...




                        

                        


<article-nb="2018/06/28/19-12">
<filnamedate="20180628"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180628"><AAMMJJHH="2018062819">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Nouvelle traduction de l’ouvrage fondateur de la phénoménologie, texte majeur de la pensée du XXe siècle et toujours influent.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Une révolution philosophique signée Husserl

Nouvelle traduction de l’ouvrage fondateur de la phénoménologie, texte majeur de la pensée du XXe siècle et toujours influent.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 07h30
    |

            Nicolas Weill








                        



                                


                            
Idées directrices pour une phénoménologie pure et une philosophie phénoménologique (Ideen zu einer reinen Phänomenologie und phänomenologischen Philosophie), d’Edmund Husserl, traduit de l’allemand par Jean-François Lavigne, Gallimard, « Bibliothèque de philosophie », 716 p., 35 €.

Proposer une traduction nouvelle des Idées directrices pour une phénoménologie pure, du philosophe allemand Edmund Husserl (1859-1938), l’un des textes majeurs de la philosophie du XXe siècle, est un projet audacieux, quand on sait que le traducteur précédent avait pour nom Paul Ricœur, et que son travail pionnier de 1950 guida les pas de générations entières de phénoménologues français. Tout en rendant hommage à ce dernier (non sans contester certains de ses choix), Jean-François Lavigne, spécialiste de Husserl et professeur de philosophie à l’université de Nice, justifie cette nouvelle version par le progrès de la recherche, qui a exhumé des archives husserliennes, riches en inédits, de nombreux textes préparatoires ou complémentaires, reproduits en annexe, ainsi que les multiples notes marginales dont l’auteur ornait ses exemplaires.
Une méthode
Car la rédaction de ce texte essentiel s’est poursuivie bien après sa première publication dans les Annales de philosophie et de recherches phénoménologiques en 1913 ; il a d’ailleurs été réédité en 1928, grandement modifié. Dans cet ouvrage, qui devait former un triptyque mais dont seule la première partie est parue de son vivant, Husserl élabore le trait distinctif de sa pensée : prodiguer à la philosophie une méthode propre à lui assurer le statut de « science rigoureuse ». A cette fin, il convient de dépasser, selon lui, non seulement le positivisme triomphant du XIXe siècle, qui limite notre connaissance aux faits d’expérience, mais également la psychologie de la connaissance, qui réduit l’étendue du savoir à ce que perçoit...




                        

                        


<article-nb="2018/06/28/19-13">
<filnamedate="20180628"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180628"><AAMMJJHH="2018062819">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de « L’animalisme est un anti-humanisme », de Jean-Pierre Digard.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Figures libres. A la mi-temps, animaux : 1, humains : 0

La chronique de Roger-Pol Droit, à propos de « L’animalisme est un anti-humanisme », de Jean-Pierre Digard.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 09h11
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
L’animalisme est un anti-humanisme, de Jean-Pierre Digard, CNRS Editions, 126 p., 14 €.

Quelques nouvelles évidences sont en passe de s’imposer. Elles sont bien connues : les humains maltraitent les animaux, les exploitent, les asservissent, les font souffrir et les massacrent. Donc, il faut non seulement les protéger, mais les libérer, les reconnaître comme personnes et sujets de droit. Et ne pas hésiter à condamner, par tous les moyens disponibles, l’illusoire et criminelle arrogance de la sale espèce qui se juge supérieure, se croit tout permis et n’est que nuisible.
L’air du temps bruisse des actions militantes pour la cause animale, des discours antispécistes, des justifications philosophiques de la destitution de l’homme-roi. Si c’était un match de foot, le score ne serait pas en faveur de l’équipe humaine. Mais le match est loin d’être terminé…
« Nouvel obscurantisme »
Car rien n’est si simple qu’on le croit. Il convient en effet d’interroger cette marée montante, de scruter ses causes, ses arrière-plans, ses éventuels faux-semblants. Avant de prendre trop vite pour argent comptant bons sentiments animalistes et mauvais ressentiment anti-humaniste, il convient de chercher comment et pourquoi nos représentations sont en train d’évoluer.
C’est ce que s’efforce de faire Jean-Pierre Digard, directeur de recherche émérite au CNRS, spécialiste de l’anthropologie de la domestication animale. Son récent essai, L’animalisme est un anti-humanisme, devrait faire grincer pas mal de dents, car il ne s’embarrasse pas de précautions pour dénoncer ce qu’il considère comme abus, dérives, aberrations et bêtises produisant « les germes d’un nouvel obscurantisme ».

Sa démarche mérite attention, pour d’autres raisons que le goût de la polémique. Car ce qu’interroge l’anthropologue, ce sont d’abord les causes sociales et historiques qui engendrent cette mutation des sensibilités....




                        

                        


<article-nb="2018/06/28/19-14">
<filnamedate="20180628"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180628"><AAMMJJHH="2018062819">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Stanis Perez et Marie-Claude Canova-Green prolongent, chacun, les travaux classiques sur le corps naturel, politique et glorieux du roi de France.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Histoire. Toucher du doigt les trois corps du roi

Stanis Perez et Marie-Claude Canova-Green prolongent, chacun, les travaux classiques sur le corps naturel, politique et glorieux du roi de France.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 09h19
   





                        



                                


                            
Le Corps du roi. Incarner l’Etat, de Philippe Auguste à Louis-Philippe, de Stanis Perez, Perrin, 480 p., 25 €.
Faire le roi. L’autre corps de Louis XIII, de Marie-Claude Canova-Green, Fayard, 362 p., 23 €.

Commentant l’enterrement de François Ier, l’historiographe Pierre Matthieu (1563-1621) écrit : « L’effigie était posée à côté du cercueil pour émouvoir le peuple à honorer le corps qui était dedans, et pour montrer que le Roi ne meurt point, et que l’administration de la Justice, le premier et principal office du Roi, ne cesse point, la Cour de Parlement l’a toujours environné. » Ce mannequin de cire couché ayant les traits du défunt roi de France est un accessoire dont le rôle est à la fois spectaculaire – il émeut le peuple en donnant à imaginer le corps mort du roi – et substitutif – il prend la place du corps qu’il masque et remplace, signifiant symboliquement que le roi remplit un office qui ne meurt pas, contrairement à l’être de chair et de sang qu’il demeure malgré tout.
D’où la phrase rituelle de la monarchie française : « Le roi est mort ! Vive le roi ! » – dont une variante, courante aux XVIe et XVIIe siècles, était « Le mort saisit le vif » –, expression même de la continuité royale, selon les travaux fameux d’Ernst Kantorowicz (1895-1963), auteur des Deux Corps du roi (1957 ; Gallimard, 1989), et de Ralph Giesey (1923-2011), sur le cérémonial funèbre des rois valois puis bourbons.
Les deux historiens ont montré comment la mort du corps réel du monarque entraînait l’apparition de son effigie symbolique, son second corps, qui figurait le roi disparu lors de rites où le mannequin était honoré, entouré, servi, « nourri », placé au centre de cérémonies religieuses et profanes, jusqu’à l’intronisation de son successeur par la puissance initiatrice...




                        

                        


<article-nb="2018/06/28/19-15">
<filnamedate="20180628"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180628"><AAMMJJHH="2018062819">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ L’auteure de la « Décla­ration des droits de la femme et de la citoyenne », en (1791), le mérite, comme l’explique Michel Faucheux.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Biographie. Olympe de Gouges au Panthéon !

L’auteure de la « Décla­ration des droits de la femme et de la citoyenne », en (1791), le mérite, comme l’explique Michel Faucheux.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 08h39
    |

                            Macha Séry








                        



                                


                            
Olympe de Gouges, de Michel Faucheux, Folio, « Biographies », inédit, 278 p., 8,90 €.

Elle soutint l’abolition de l’esclavage, lutta pour l’égalité entre hommes et femmes, milita pour le droit au divorce et à l’union libre, défendit la démocratie menacée par la Terreur. Guillotinée à 45 ans pour fédéralisme et ­anti-robespierrisme, Olympe de Gouges (1748-1793) jugeait que si la femme avait le droit de monter à l’échafaud, elle devait aussi posséder celui de « monter à la tribune ». La littérature (romans, pièces de théâtre) et les journaux furent la sienne, de tribune. Elle se l’octroya à une époque où les femmes, même influentes, demeuraient dans l’ombre. Et le fait est que, hormis Louis-Sébastien Mercier (1740-1814), peu d’écrivains affichèrent leur solidarité avec cette femme de lettres intransigeante, qui n’abdiqua jamais malgré les menaces d’arrestation.
Courageuse et obstinée
Restif de la Bretonne (1734-1806) la considérait comme une prostituée, et l’historien Jules Michelet, au XIXe siècle, comme une hystérique. Pour La Feuille du salut public, « il [semblait] que la loi ait puni cette conspiratrice d’avoir oublié les vertus qui conviennent à son sexe ». Pendant deux siècles, la messe fut dite, et l’auteure de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791) quelque peu oubliée.
Cette figure féministe, à laquelle se sont notamment attachés Benoîte Groult (Ainsi soit Olympe de Gouges, Grasset, 2013) et l’historien Olivier Blanc (Marie-Olympe de Gouges, Tallandier, 2014), a passionné à son tour l’universitaire Michel Faucheux. Dans cette nouvelle biographie, il rend un juste tribut à l’écrivaine courageuse et obstinée et se montre favorable à son entrée au Panthéon, « car ce serait la marque normale et méritée de la reconnaissance d’une nation. Ce serait aussi la marque d’un approfondissement de...




                        

                        


<article-nb="2018/06/28/19-16">
<filnamedate="20180628"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180628"><AAMMJJHH="2018062819">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Olivier Poncet signe une nouvelle biographie, sous l’angle italien, de cet homme d’Etat souvent peu apprécié des Français.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
      

Biographie. Mazarin, ­Italien malheureux

Olivier Poncet signe une nouvelle biographie, sous l’angle italien, de cet homme d’Etat souvent peu apprécié des Français.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 07h30
    |

            Marc Semo








                        


Mazarin l’Italien, d’Olivier Poncet, Tallandier, « Lectures méditerranéennes », 288 p., 21 €.

   


Raconter Mazarin (1602-1661) au miroir de son rapport à son Italie natale, c’est voir l’autre face du grand homme d’Etat, du politicien habile voire cynique, du mécène généreux et du collectionneur averti. Professeur à l’Ecole nationale des chartes, Olivier Poncet a voulu « éclairer un homme entouré d’une légende noire et d’une légende rose, deux points de vue qui semblent trop exclusifs l’un de l’autre ». Peu aimé dans le récit national, ce cardinal a en revanche fasciné nombre d’hommes politiques, à commencer par François Mitterrand.
Le petit Giulio Mazzarino fut d’abord tenté par la carrière des armes, avant de comprendre qu’il ne pourrait jamais avoir un poste à la hauteur de ses ambitions. Dès lors, il reprit ses études de droit et entra au service du pape. Il choisit le parti français, rival du parti espagnol, au point d’en devenir suspect et de devoir fuir en 1639. C’est un proscrit qui arrive à Paris. Peu après, il est le bras droit de ­Richelieu et un conseiller écouté de Louis XIII. A la mort du cardinal-duc, en 1642, il lui succédera comme ministre d’Etat, avant de devenir premier ministre de Louis XIV enfant.
Lire également : « Mazarin, le point cardinal » 
Pendant dix-huit ans, il gouverne le pays et laisse au jeune roi, qu’il a formé, une France agrandie qui deviendra la première puissance d’Europe. Mais il garde l’Italie au cœur. Pendant toutes ses années de pouvoir, la politique italienne est en quelque sorte son domaine réservé et, note Olivier Poncet, « il donne à la politique italienne de la France une intensité qu’elle n’avait plus connue depuis le XVIe siècle ». Il y intrigue. Il y lance des guerres. Mais ce grand politique, volontiers accusé de machiavélisme à Paris, accumule dans la Péninsule, champ clos du grand jeu entre les puissances de l’époque, les maladresses, voire les fiascos.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/28/19-17">
<filnamedate="20180628"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180628"><AAMMJJHH="2018062819">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Les 2es Etats généraux de l’Antiquité, qui témoignent de l’actualité permanente de la période, se sont tenus les 8 et 9 juin à la Sorbonne. Compte rendu.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Ces Anciens qui ne cessent de nous parler

Les 2es Etats généraux de l’Antiquité, qui témoignent de l’actualité permanente de la période, se sont tenus les 8 et 9 juin à la Sorbonne. Compte rendu.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 09h17
    |

                            Agathe Moissenet








                        



                                


                            
L’Antiquité gréco-romaine aurait un message à porter, peut-être même des modèles à fournir à notre modernité. Tel était en tout cas le sujet des deuxièmes Etats généraux de l’Antiquité, organisés, trois ans après leur première édition, les 8 et 9 juin à la Sorbonne, qui s’interrogeaient : « Pourquoi transmettre l’Antiquité à l’heure de la mondialisation ? »

Empruntant aux thèmes de l’ouvrage dirigé par Antiquité-Avenir, le réseau d’associations organisateur de l’événement, L’avenir se prépare de loin (Les ­Belles Lettres, 2018), le colloque s’est proposé, en ouverture, de « (Re) penser le politique » à partir de « l’Antiquité citoyenne ».
Le modérateur de cette première table ronde, Emmanuel Laurentin, producteur de « La Fabrique de l’histoire », sur France Culture, a défini d’emblée l’un des enjeux principaux de ces états généraux : « Cette Antiquité, toute citoyenne qu’elle soit, est d’abord le miroir de nos désirs, de nos fantasmes, c’est une grande toile tendue sur laquelle chacun peut projeter ses références. »
Cette invitation à faire ce que bon nous semble de l’héritage antique a été bien reçue par les intervenants, qui ont articulé leur réflexion autour de l’idée de responsabilité : celle qui innerve la citoyenneté gréco-romaine, et celle que nous devrions assumer à son égard.
Ainsi la philosophe Myriam Revault d’Allonnes est-elle revenue sur le modèle antique de la citoyenneté. Alors que la nôtre serait « civile » et ne ferait qu’accorder des droits et des devoirs, celle des Romains et des Grecs aurait été « politique », les conduisant à construire eux-mêmes la politique collectivement mise en place, ce qui les en aurait rendus directement responsables.
« Cette notion de responsabilité, c’est ce qu’on étudie désormais [pour tenter de l’imiter] dans le passé grec ou romain », a renchéri Patrice Brun, historien de la Grèce antique, en...




                        

                        


<article-nb="2018/06/28/19-18">
<filnamedate="20180628"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180628"><AAMMJJHH="2018062819">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Pour aider les enseignants confrontés aux objections en classe de science, Guillaume Lecointre rappelle la spécificité de la démarche scientifique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La science, laïque par essence

Pour aider les enseignants confrontés aux objections en classe de science, Guillaume Lecointre rappelle la spécificité de la démarche scientifique.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 10h19
    |

            Hervé Morin








                        



                                


                            

Livre. Le phénomène est mal mesuré, mais il semble que certains enseignements – théorie de l’évolution, origine de l’homme, épisodes historiques – fassent parfois en classe l’objet de contestations.
Le vade-mecum « La Laïcité à l’école », diffusé fin mai par le ministère de l’éducation nationale ­évoque le sujet : « En sciences de la vie et de la Terre, il est opportun d’expliciter la nature ­propre du savoir scientifique. L’enseignement transmet un savoir scientifique incontestable, des connaissances argumentées, démontrées, vérifiées. Les croyances, elles, font l’objet d’un sentiment de vérité, mais ne sont pas démontrables », peut-on y lire. Les savoirs historiques sont aussi défendus : « Il s’agira également de distinguer histoire et mémoire auprès des élèves », suggère le livret.
Guillaume Lecointre, professeur au ­Muséum national d’histoire naturelle, veut lui aussi proposer « une réponse laïque et ­didactique aux contestations de la science en classe », comme l’indique le sous-titre de son ouvrage Savoirs, opinions, croyances. Cette ­démarche s’inscrit dans un effort de longue date de sa part pour réfuter les arguments des créationnistes. Qu’il s’agisse de raisonnements contournés des tenants américains du « dessein intelligent » ou de leurs épigones français, voyant dans la complexité du vivant la main d’un « grand horloger », ou des montages plus grossiers de l’« Atlas de la création » du Turc Harun Yahya.
Distinguer les registres des savoirs, des opinions et des croyances
Dans ce nouvel ouvrage, Guillaume Lecointre n’entre pas dans les détails de ces rhétoriques trompeuses. Il s’attache plutôt à éclairer la spécificité de la démarche scientifique. Sa motivation est politique : la connaissance scientifique a l’immense mérite de proposer « une représentation partagée du monde réel », un bien public à partir duquel fonder « des droits et devoirs pour toutes et tous »...




                        

                        


<article-nb="2018/06/28/19-19">
<filnamedate="20180628"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180628"><AAMMJJHH="2018062819">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Les démocraties doivent adapter leurs législations aux médias sociaux, sinon la parole des femmes pourrait souffrir d’avoir parfois été trop débridée, estime Farid Belacel, lauréat du prix Guy Carcassonne.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

#MeToo : « C’est en protégeant les droits des “cochons” que l’on préservera la liberté des femmes de les accuser »

Les démocraties doivent adapter leurs législations aux médias sociaux, sinon la parole des femmes pourrait souffrir d’avoir parfois été trop débridée, estime Farid Belacel, lauréat du prix Guy Carcassonne.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 08h29
    |

Farid Belacel (Chargé d’enseignement à l’université de Perpignan-Via-Domitia)







                        



   


[Professeur de droit public et constitutionnel, Guy Carcassonne est décédé en 2013. En sa mémoire, la revue ­Pouvoirs, Le Club des juristes et Le Monde ont créé un prix portant son nom, destiné à récompenser un ou plusieurs auteurs, de moins de 40 ans, d’un ­article portant sur une question ­juridique liée à l’actualité française ou internationale. La 5e remise de ce prix s’est tenue, mercredi 27 juin, au Conseil constitutionnel. L’auteur de cette tribune en est le lauréat. Farid Belacel est actuellement directeur du pôle juridique de la ville de Port-Barcarès (Pyrénées-Orientales) et chargé d’enseignement à l’université de Perpignan-Via-Domitia]
Tribune. « Personne de l’année 2017 » pour le magazine Time, #MeToo a connu un succès fulgurant, en incitant les victimes de violences sexuelles ou sexistes à les dénoncer sur les réseaux sociaux. De la retentissante « affaire » Weinstein au report du Nobel de littérature, cette démarche très vite devenue virale a prouvé toute son efficacité. Briser la loi du silence ! Voilà ce à quoi le mouvement féministe est parvenu en faisant en sorte, comme le veut son slogan, « que la peur change de camp ».
Rien qu’en France, où il s’est développé sous ses déclinaisons #BalanceTonPorc et #MoiAussi, le mouvement rassemble plus d’un million de membres et autant de récits. L’Observatoire national de la délinquance lui attribue pas moins de 37 % d’augmentation des plaintes déposées en 2017 pour agressions sexuelles.
Jurys populaires
Reflet d’une parole réellement libérée, ces chiffres et l’effet bombe des affaires révélées occultent toutefois les dangers auxquels #MeToo expose tant les « porcs » balancés que les victimes qui les accusent.
Sur les hashtags, on lit des histoires d’agressions en tout genre, qui vont de la grossière interpellation de rue à des cas de viols sordides. Des récits choquants, mais qui ne conservent pas toujours l’anonymat et où le conditionnel est rarement employé.
« Balancer un porc » peut donc donner aux réseaux sociaux des allures de jurys populaires, jugeant sans chercher à comprendre et qui condamnent de façon systématique car, à la dénonciation des actes relatés, parfois de façon équivoque, s’ajoute toujours la série de commentaires qui lapident l’accusé et lui souhaitent le retour de la guillotine, des supplices corporels et de toutes sortes de peines bannies des démocraties.
Dans ces vindictes 2.0, on oublie que, même condamné dans le monde virtuel, un « porc » reste, dans la vie réelle, un citoyen présumé innocent et titulaire de droits dont la violation est sévèrement sanctionnée.
Cet oubli risque de coûter cher et de donner un coup d’arrêt à l’élan de libération initié par #MeToo.
Accusations finalement démenties
Prévisible au regard des préjudices causés, l’indemnisation des personnes balancées à tort jouera les épouvantails en dissuadant les femmes qui ont toutes les bonnes raisons de le faire, de parler. Le jour où des « balances » seront condamnées pour avoir maladroitement ou mal intentionnellement accusé quelqu’un, les peines prononcées auront un effet dissuasif certain et les victimes d’abus sexuels pourraient, hélas, à nouveau préférer se taire.
C’est du moins ce qu’il faut craindre du retour de manivelle annoncé dans des affaires en cours.
Sous la pression d’accusations finalement démenties, Benny Fredriksson a démissionné de son poste de directeur du Théâtre de Stockholm avant de se suicider le 17 mars 2018. Accusé par son ancienne attachée parlementaire, le député Christophe Arend a été pris dans la tourmente d’une enquête qui s’est soldée par un classement sans suite. Le 16 mai, le parquet de Paris a annoncé qu’il avait une nouvelle fois classé sans suite l’enquête visant le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin. Récemment, ce sont les analyses toxicologiques ordonnées dans l’enquête visant Luc Besson qui sont venues contredire la version de celle qui l’accuse de l’avoir droguée puis violée.

        Lire aussi :
         

                La contestation écologiste crée de nouveaux Robespierre



Ces retournements de situation ouvrent la voie à des actions en diffamation publique d’ores et déjà annoncées, et dont les succès risquent d’inciter les victimes à ne plus rien dénoncer par peur d’être punies. Après avoir mis longtemps à se libérer, la parole des femmes pourrait donc paradoxalement souffrir d’avoir été parfois trop débridée et souvent mal relayée.
Dans ses Mémoires d’outre-tombe, Chateaubriand écrit que « le péril s’évanouit quand on ose le regarder ». Et effectivement, oser le voir permet ici de discerner le moyen de sécuriser un mode d’expression utile mais pas sans risque.
Fixer un cadre à la parole
L’article 4 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 proclame que « la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ». Tel est bien ce que la loi doit garantir sur #MeToo par un dispositif adapté aux nouvelles technologies et à la démarche initiée par ce mouvement.
Pour mettre les victimes d’agressions sexuelles à l’abri du risque d’être un jour accusées à leur tour, il faut s’assurer qu’elles puissent continuer à « balancer des porcs » sans les injurier, les diffamer ou les calomnier.

        Lire aussi :
         

                Il faut adapter le droit pour punir la « vengeance pornographique »



Oui ! C’est en protégeant les droits des « cochons » que l’on préservera la liberté des femmes de les accuser. Loin d’être la morale d’une fable, fixer un cadre à la parole des dénonciatrices reste le meilleur moyen de la garantir.
Comme pour les « fake news », le cyber-harcèlement ou les dérives de la fachosphère, les démocraties doivent donc adapter leurs législations aux médias sociaux et à ce mode de dénonciation encore trop « hors-sol ». Sinon, il y a fort à parier que la peur finira par changer à nouveau de camp. Femme ou homme, nul doute qu’elle retournerait alors du mauvais côté… les vrais « porcs » mis à part !



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/28/19-20">
<filnamedate="20180628"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180628"><AAMMJJHH="2018062819">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’ancien ministre des affaires étrangères (1997-2002) explique qu’il faut instaurer des quotas d’immigration légale par pays.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 27/06/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Hubert Védrine : « Contrôler davantage les flux migratoires »

Dans une tribune au « Monde », l’ancien ministre des affaires étrangères (1997-2002) explique qu’il faut instaurer des quotas d’immigration légale par pays.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 10h05
    |

                            Hubert Védrine (Ancien ministre des affaires étrangères, 1997-2002)








                        



                                


                            
Tribune. Pour éviter d’autres Aquarius, la désagrégation des relations coopératives entre Européens, mettre fin à cette infernale partie de mistigri et réduire la pression sur nos sociétés fragiles, il faut prendre le problème à la racine et adopter un plan d’ensemble et des mesures d’urgence.
Le sentiment que l’Europe est une passoire, alors même que l’islamisme progresse partout chez les musulmans sunnites et que le terrorisme islamiste sévit sur plusieurs continents, y compris en Europe, est peut-être exagéré ou injuste mais il est obsédant. Il nourrit le « populisme » et alimente les insurrections électorales. Les efforts réels accomplis ces dernières années ou en cours à l’initiative du président français sont occultés par des événements scandaleux ou tragiques et par les pugilats européens.
Le sentiment que l’Europe est une passoire (…) nourrit le « populisme » et alimente les insurrections électorales
Ceux qui espéraient paralyser les réactions de rejet des migrations de masse à coup d’eau bénite ou de condamnations morales ont dû déchanter. Ceux qui n’ont vu dans l’immigration qu’une nécessité économique (importer de la main-d’œuvre) ou une opportunité démographique (combler des déficits) ont nourri les angoisses des populations européennes. L’état des opinions est maintenant si grave qu’aucun progrès européen dans d’autres domaines, comme les annonces obtenues par la France au château de Meseberg, près de Berlin, sur l’euro, ne suffira à inverser ce mouvement.
Casser l’engrenage dévastateur
Croire que le plus dur est passé parce que les flux ont diminué depuis le pic de 2015 est illusoire quand on connaît les prévisions démographiques africaines ; 1,2 milliard d’êtres humains aujourd’hui, 2,5 milliards en 2050 sauf si le planning familial était mis en œuvre partout. Et comment être sûr que d’autres drames atroces ne jetteront pas à nouveau demain sur les routes des familles entières à la recherche d’asiles ?...




                        

                        

