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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Alors que se tient un sommet européen, le chef de la division des migrations internationales à l’OCDE, Jean-Christophe Dumont, rappelle que le renforcement des contrôles aux frontières ne peut pas résoudre la crise actuelle.
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« Il faut créer des voies légales d’immigration »

Alors que se tient un sommet européen, le chef de la division des migrations internationales à l’OCDE, Jean-Christophe Dumont, rappelle que le renforcement des contrôles aux frontières ne peut pas résoudre la crise actuelle.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 18h18
    |

            Maryline Baumard et 
Julia Pascual








                        


Responsable de la division migrations de l’OCDE, Jean-Christophe Dumont regrette que l’Europe se focalise sur les contrôles aux frontières, sans développer des voies d’immigration légale et lutter contre le travail au noir.
Les Etats de l’Union européenne se réunissent pour trouver des solutions communes face à des arrivées de migrants en forte diminution, mais devenues problématiques. Que vous évoquent les pistes de travail ? 
Une première analyse des pistes constituant le menu du sommet européen montre que les chefs d’Etat se focalisent sur un point : le contrôle des frontières. Il est évidemment essentiel de contrôler les frontières extérieures de l’Union européenne, mais à moyen terme, si on se cantonne à cette unique approche, on risque de ne parvenir à endiguer ni les migrations irrégulières ni l’industrie du passage.
Nos études montrent que si l’on veut, sur le long terme, limiter les départs de manière substantielle et durable, il faut travailler sur deux autres leviers : adapter les voies légales d’arrivée en Europe en fonction des besoins et assécher la demande d’emplois illégaux d’étrangers.
Comment assèche-t-on ce besoin en emplois au noir, alors que les patrons européens ne se privent guère de cette main-d’œuvre « docile » qui fait tourner des secteurs entiers de l’économie ? 
L’emploi illégal revêt une diversité de situations selon les pays de l’OCDE, de l’immigré régulier qui contrevient aux conditions d’octroi de son permis de résidence, par exemple en travaillant plus qu’il n’est autorisé, au sans-papiers qui travaille sous une autre identité parfois dans des emplois formels et déclarés (aux Etats-Unis, plus des deux tiers des migrants en situation irrégulière sont dans ce cas), en passant par ceux qui étaient autorisés à occuper un emploi mais ne le sont plus…
En Lombardie (Italie) par exemple, 82 % des immigrés ont un permis en bonne et due forme et travaillent dans des emplois formels, 9 % sont légaux mais travaillent dans le secteur informel, et 9 % sont en situation irrégulière mais la moitié d’entre eux travaille dans des emplois formels.
En se focalisant sur les passages illicites aux frontières, on regarde du mauvais côté. Face à la complexité des situations, c’est en réalité une palette d’instruments qu’il faut mettre en œuvre, au cœur de laquelle on trouve la lutte contre l’emploi non déclaré.
Vous faites donc le pari qu’on limitera l’immigration si les patrons n’ont plus que des employés légaux. Mais que propose l’OCDE pour parvenir à cet assainissement des marchés de l’emploi ?
Evidemment, il faut renforcer le contrôle aux frontières extérieures, mais aussi renforcer les contrôles sur les lieux de travail et sanctionner les employeurs malveillants. Cet argument est d’ailleurs inscrit dans l’agenda européen pour les migrations de la Commission européenne. Ce texte reconnaît que « le travail de migrants en situation irrégulière crée un effet d’attraction… » et qu’il faut « augmenter le nombre des inspections du travail dans les secteurs économiques à haut risque ».
Mais ce débat n’est malheureusement pas au menu des chefs de gouvernements. Dans le cadre des discussions ces derniers mois sur les travailleurs détachés, il a été décidé, en mars, de créer une autorité européenne du travail dont une des missions sera de coordonner les efforts pour lutter contre l’emploi non déclaré. Cette autorité serait mise en place en 2019 et à pleine capacité en 2023.
Pourquoi ne pas accélérer ce processus ? Par ailleurs, pour que cet effort soit crédible et juste, les travaux de l’OCDE montrent qu’il est essentiel, en parallèle de ces mesures, de créer des canaux légaux d’entrée pour répondre aux besoins de certaines branches professionnelles.

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Des pays ont-ils déjà expérimenté cette approche ?
L’Allemagne l’a fait récemment avec pour objectif de réduire la demande d’asile en provenance des Balkans. On a déjà oublié, mais les arrivées en 2015 de demandeurs d’asile en Allemagne étaient composées de flux mixtes en termes de nationalités : 35 % de Syriens, 12 % de Kosovars et 12 % d’Albanais.
Aujourd’hui, les demandes albanaise et kosovare ont disparu parce que les Allemands ont mis en place une politique globale avec ces pays qui inclut une part d’immigration légale. En 2017, 75 000 autorisations de travail ont été octroyées aux ressortissants des Balkans dans le cadre d’un nouveau programme destiné à maîtriser l’immigration irrégulière. La plupart travaillent dans le sud de l’Allemagne, en particulier dans la construction.
Les procédures d’asile ont certes été accélérées et les retours accentués mais la création de ce canal d’immigration de travail, conséquent, explique pour partie le tarissement de la demande d’asile des Balkans en Allemagne.
Le développement des voies légales d’immigration fait partie des débats sur le pacte mondial des migrations aux Nations Unies (sous la forme de partenariats pour la mobilité des compétences notamment) et se trouve même dans l’agenda européen pour les migrations avec des projets pilotes sur la migration légale, mais là encore ces discussions sont occultées au niveau européen.

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Au regard de vos travaux, le sommet des 28 et 29 juin ne semble donc pas prendre le sujet migratoire par la bonne entrée ? 
Si ce sommet est une étape et si les étapes suivantes ne sont plus seulement sécuritaires, cela peut être très productif. Mais, pour que les avancées soient pérennes, il faut que les pays assainissent leur marché du travail et ouvrent des voies légales d’entrée en fonction des besoins. C’est à cette condition seulement que la politique de lutte contre l’immigration irrégulière sera efficace et remarchera sur ses deux jambes.
Pour aller plus loin, consulter le rapport de l’OCDE sur les migrations : http://www.oecd.org/fr/migrations/perspectives-des-migrations-internationales-19991258.htm



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Yves Pascouau, chercheur à l’université de Nantes, a répondu à vos questions sur la nouvelle donne politique en Europe face à la question migratoire.
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« L’UE n’a jamais abordé la question de l’asile et de l’immigration dans sa globalité »

Yves Pascouau, chercheur à l’université de Nantes, a répondu à vos questions sur la nouvelle donne politique en Europe face à la question migratoire.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 17h29
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 18h25
   





                        



   


Au cours d’un tchat, jeudi 28 juin, Yves Pascouau, chercheur à l’université de Nantes et titulaire de la chaire Schengen-Alliance Europa, a répondu aux questions d’internautes du Monde à propos des réponses politiques à la crise migratoire en Europe.
Nicolas : les navires des ONG, en allant directement secourir les migrants dès leur entrée dans les eaux internationales (à 15 km des côtes libyennes), ne contribuent-ils pas à provoquer un appel d’air, jouant le jeu des passeurs et des migrants, puisque au final, 95 % du trajet en Méditerranée vers l’Europe est fait par les migrants sur ces navires ?
Yves Pascouau : Une étude d’une université britannique se base sur une analyse de la situation entre 2015 et 2016 et indique qu’il n’est pas possible de conclure à la théorie de l’appel d’air, car les traversées sont aussi motivées par d’autres facteurs, tels que l’augmentation des flux, ou les éléments saisonniers. Par ailleurs, de nombreux sauvetages sont effectués par d’autres types de navires. Dans un document publié en vue du sommet européen, la Commission européenne indique que les opérations de l’Union européenne en mer ont permis de sauver 634 751 vies entre 2015 et 2017.
Gil : Angela Merkel peut-elle encore sauver sa place de chancelière ? Et pourquoi des pays tels que la Grèce, le Portugal, la Pologne ou la Hongrie lui feraient ce « cadeau » ?
Yves Pascouau : Il est encore possible que la chancelière « sauve sa place ». Cela dépendra de l’issue des discussions du Conseil européen et de la satisfaction ou pas de l’Union chrétienne-sociale (la CSU, les conservateurs bavarois). Reste qu’il est désormais difficile de savoir ce qui satisfera la CSU. Tout dépendra aussi de la volonté de la CSU de maintenir le gouvernement actuel ou de précipiter sa chute.
Rien compris : est-il possible que Merkel rompe sa coalition actuelle avec la CSU pour s’allier aux Verts, et ainsi sauver sa place – et accessoirement peut-être sauver l’Europe ?
Yves Pascouau : Il est très difficile de répondre à cette question. La situation politique en Allemagne est désormais très instable. Par ailleurs, il y a de nombreux dossiers sur lesquels l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et les Verts sont encore très éloignés. Réaliser un accord de coalition est dans ces conditions très compliqué.
Jean-Ed : les ports tunisiens ne sont-ils pas plus proches que les ports européens ? La Tunisie n’étant pas en guerre, l’application du droit maritime n’implique-elle pas de devoir les débarquer dans ce pays ?
Yves Pascouau : Ils sont géographiquement plus proches, mais ces ports sont-ils pour autant sûrs ? C’est toute la question. Par « sûr », on entend des ports dans lesquels les personnes débarquées pourront notamment déposer une demande d’asile (selon les standards du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés) et dans lesquels elles ne risquent pas d’être refoulées vers un autre pays tiers où elles pourraient être persécutées.
En ce qui concerne la Tunisie : d’une part, il faut qu’elle les accepte. D’autre part, le capitaine d’un navire peut juger que le port le plus proche ne permettra pas aux personnes de voir leur demande d’asile traitée selon des standards de la convention de Genève sur le statut des réfugiés.
Habsb : pourquoi le délit de solidarité s’applique pour les migrants sans-papiers en difficulté sur les Alpes, mais non pas pour les migrants secourus en mer Méditerranée ?
Yves Pascouau : Pour les personnes secourues en Méditerranée, c’est le droit de la mer qui oblige de porter assistance aux personnes en détresse. Pour les personnes qui aident les migrants dans les Alpes, c’est le droit de chaque Etat qui décide si cette aide est punissable ou pas. Il faut noter que le « délit de solidarité » est prévu dans une directive européenne. Si cette directive prévoit que les personnes qui portent assistance dans un but lucratif – les passeurs) doivent être punies, ce n’est pas le cas des personnes qui portent assistance. Chaque Etat peut décider de poursuivre les personnes qui portent assistance ou pas.
Vincent : comment fait-on la distinction entre migrant économique et réfugié ? Et comment cela change-t-il le traitement qui est réservé à ces personnes ?
Yves Pascouau : C’est une distinction juridique. Le statut de réfugié est prévu dans la convention de Genève de 1951 qui protège les personnes qui craignent, avec raison, d’être persécutées en raison de leur « race », religion, nationalité, appartenance à un certain groupe social ou opinions politiques. Les « migrants économiques » ne sont pas protégés à l’instar des réfugiés.
Par ailleurs, la notion de « migrant économique » est trompeuse. Dans le discours, il s’agit du migrant subsaharien qui est entré irrégulièrement sur le territoire des Etats européens. Or, un migrant économique, c’est aussi l’ingénieur informatique indien qui est embauché par une grande entreprise du secteur.
Louiza : la fin du règlement de Dublin est-elle inéluctable ?
Yves Pascouau : S’il n’y a certainement pas d’accord aujourd’hui sur un règlement Dublin IV, le règlement Dublin III continuera à s’appliquer. Juridiquement, le règlement Dublin va survivre, dans l’immédiat. La difficulté repose davantage sur sa survie en pratique. On peut imaginer que si l’Italie n’obtient pas satisfaction pour une plus grande solidarité, alors elle cessera d’appliquer le règlement Dublin de facto. A ce moment-là, on pourra alors douter de la survie du texte.
Curieux : bonjour, je souhaiterais savoir si le phénomène migratoire actuel se traduira en une hausse de la démographie européenne, ou bien sans répercussion significative.
Yves Pascouau : L’édition du journal Le Monde datée d’aujourd’hui donne quelques éléments de réponse. Selon l’OCDE, les 4 millions de demandeurs d’asile arrivés entre 2014 et 2017 devraient déclencher un accroissement d’à peine 0,3 % de la population européenne en âge de travailler à l’horizon 2020.

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Jeanne : y a-t-il des chevauchements ou articulations entre les points discutés aujourd’hui au Conseil européen et certaines dispositions du projet de loi français « asile et immigration » ?
Yves Pascouau : Les questions discutées ce jour par les chefs d’Etat et de gouvernement concernent les orientations politiques nouvelles que doit prendre la politique européenne. La loi asile et immigration discutée devant les Assemblées a pour objectif d’adapter le droit français et notamment au sujet des procédures d’asile et du retour des personnes en situation irrégulière. Une discussion porte sur des orientations politiques, l’autre sur des adaptations législatives.
Blandine : comment se fait-il que certains pays, comme l’Allemagne, arrivent à accueillir un grand nombre de migrants et que la France semble incapable de mettre en place une politique d’intégration d’un nombre de migrants infiniment plus petit ?
Yves Pascouau : L’Allemagne a une grande tradition d’accueil des réfugiés dans les faits et dans la Loi fondamentale (Constitution). Lors du conflit yougoslave, elle avait déjà accueilli plusieurs centaines de milliers de personnes déplacées. Par ailleurs, et à la différence de la France, en 2015, l’Allemagne n’était pas en prise avec le phénomène de l’extrême droite. Ce dernier joue un rôle très grand dans la manière dont les gouvernements français successifs abordent la question de l’asile et de l’immigration.
LMn : réfugiés politiques, économiques, climatiques… Nous allons tous être confrontés à de forts mouvements migratoires. Nous entendons souvent la fameuse phrase : « nous ne pouvons pas accueillir tout le monde ». Mais pouvons-nous vraiment refuser le droit à la vie ? Quelles sont les options possibles en Europe, pour accueillir autant de personnes ? Comment pouvons-nous répondre positivement à ce besoin ?
Yves Pascouau : Jusqu’à présent, l’UE et ses Etats membres n’ont pas abordé la question de l’asile et de l’immigration dans sa globalité. Depuis 1999, les Etats membres de l’UE construisent une politique migratoire commune essentiellement « intérieure », c’est-à-dire la gestion des frontières et le sort des demandeurs d’asile qui sont arrivés sur le territoire européen. C’est une vision de type « affaires intérieures » ou plus simplement « ministère de l’intérieur ». L’UE et ses Etats membres n’ont en réalité plus d’option. Ils doivent désormais construire une politique migratoire qui prenne en considération les aspects extérieurs du phénomène migratoire, c’est-à-dire de lui adjoindre une dimension « politique étrangère ». Ils commencent à le faire, mais c’est insuffisant.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ De l’« Aquarius » à Matteo Salvini, en passant par Emmanuel Macron, nous avons imaginé un dialogue, parfois fictif mais fidèle aux positions de chacun, pour comprendre les enjeux de cette crise européenne.
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La crise des politiques migratoires en Europe résumée en conversation WhatsApp

De l’« Aquarius » à Matteo Salvini, en passant par Emmanuel Macron, nous avons imaginé un dialogue, parfois fictif mais fidèle aux positions de chacun, pour comprendre les enjeux de cette crise européenne.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 16h34
    |

                            Rédaction Snapchat - Le Monde








                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ L’économiste Pierre Khalfa explique, dans une tribune au « Monde », que le remède apporté par l’Europe à la crise financière grecque condamne le pays au mieux à péricliter, au pire à continuer à s’enfoncer dans la pauvreté et le dénuement.
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Grèce : « Le risque d’un nouveau scénario catastrophe ne peut être exclu »

L’économiste Pierre Khalfa explique, dans une tribune au « Monde », que le remède apporté par l’Europe à la crise financière grecque condamne le pays au mieux à péricliter, au pire à continuer à s’enfoncer dans la pauvreté et le dénuement.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 15h44
    |

                            Pierre Khalfa (Economiste, coprésident de la Fondation Copernic)








                        



                                


                            

Tribune. « Grèce : un accord historique pour tourner la page », titrait Le Monde du 23 juin. La lecture de l’article indique pourtant que, loin d’être tournée, cette page, parmi les plus noires de ce pays qui en a pourtant connu un certain nombre, va continuer à être écrite par les mêmes protagonistes. La Grèce a été quasiment détruite par les plans d’austérité successifs que les institutions et les gouvernements européens lui ont imposés.

Cette saignée censée guérir le malade a abouti à une catastrophe économique et sociale. Depuis 2010, le PIB du pays a diminué d’un tiers, 35 % de sa population vit aujourd’hui sous le seuil de pauvreté et la baisse massive du niveau de vie s’est accompagnée d’un désastre sanitaire qui voit des pans entiers de la population privés de tout soin médical.
Condamnée à être asphyxiée
Non seulement l’accord conclu le 21 juin ne permettra pas de sortir de cette situation, mais il risque fort de l’aggraver. Tout d’abord, remarquons qu’à la différence des autres plans imposés à la Grèce, qui étaient limités dans le temps, celui-ci court jusqu’en 2069, puisque les remboursements auprès du Mécanisme européen de stabilité (MES) ne seront théoriquement terminés qu’à cette échéance.

Pire, le pays doit dégager un surplus primaire (excédent budgétaire avant paiement des intérêts de la dette) de 3,5 % du PIB jusqu’en 2022 et de 2,2 % pendant les trente-sept années suivantes. S’il a été un peu repoussé dans le temps, le remboursement de la dette grecque reste le seul objectif des institutions européennes. Pour tenir ces engagements, la Grèce s’est condamnée à être asphyxiée par une austérité permanente qui ne peut que l’enfoncer encore plus dans un marasme économique dont la population continuera à payer le prix fort.
Va-t-elle au moins récupérer à ce prix son indépendance politique ? Pas immédiatement en tout cas, car jusqu’en 2022 la Grèce devra subir un audit...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Les mesures prises collectivement par l’Union européenne ont permis de renforcer l’euro et de soutenir la croissance, affirme dans une tribune au « Monde » le président de l’Eurogroupe au moment où se tient un conseil européen, les 28 et 29 juin.
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Mario Centeno : « L’euro est sorti plus fort encore de la crise »

Les mesures prises collectivement par l’Union européenne ont permis de renforcer l’euro et de soutenir la croissance, affirme dans une tribune au « Monde » le président de l’Eurogroupe au moment où se tient un conseil européen, les 28 et 29 juin.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 15h25
    |

Mario Centeno (Président de l’Eurogroupe)







                        



                                


                            

Tribune. Peu importe le scepticisme. L’Europe est en train de gagner. La crise a mis l’euro à l’épreuve, mais l’euro en est sorti plus fort. Alors que nous discutons des mesures pour renforcer davantage la monnaie unique, nous sommes sur le point d’aboutir à une même vieille question. Serons-nous en mesure d’être leaders dans les bons moments, ou allons-nous attendre une autre crise pour nous forcer la main ?
Au plus fort de la crise, il n’était pas évident que l’euro s’en sorte indemne. La grande dépression a causé des difficultés à beaucoup de nos citoyens, le soutien à l’euro a enregistré les plus bas niveaux de son histoire et les Etats membres ont été forcés de mettre leurs ressources en commun.
Nous avons été pris au dépourvu, mais, face à un réel danger, les dirigeants européens sont sortis de leur zone de confort pour défendre notre monnaie. La garantie souveraine de 500 milliards d’euros – le Mécanisme européen de stabilité (MES) – est peut-être l’exemple le plus clair de cet effort. Détrompez-vous : l’expansion économique d’aujourd’hui est notre retour sur cet investissement.
Toutes les économies de l’euro connaissent en ce moment une croissance solide. Les héritages de la crise, tels que la dette publique, les déficits et le chômage, diminuent de façon constante et sans précédent. Le cas de la Grèce est une preuve de notre détermination. Après huit années d’ajustement, soutenues par 256 milliards d’euros de prêts, la Grèce sort de son programme d’aide financière cet été.
Union monétaire et bancaire
La résolution politique et la patience sont ici essentielles. La patience est le meilleur antidote à la croissance des populismes et des extrêmes en politique. Défendre l’euro avec des institutions réformées demeure la meilleure solution pour assurer la croissance et le développement économique dans un monde en changement permanent. Nous avons essayé d’autres solutions dans le passé, et celles-ci se sont révélées...




                        

                        


<article-nb="2018/06/28/19-6">
<filnamedate="20180628"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180628"><AAMMJJHH="2018062819">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Fabienne Lassalle, directrice adjointe de l’ONG SOS-Méditerranée, dit attendre du Conseil européen, jeudi, « un dispositif qui permette de sauver des vies ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Migrants : « Les passeurs se désintéressent complètement de la survie des personnes »

Fabienne Lassalle, directrice adjointe de l’ONG SOS-Méditerranée, dit attendre du Conseil européen, jeudi, « un dispositif qui permette de sauver des vies ».



Le Monde
 |    28.06.2018 à 14h42
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 17h27
   





                        



   


La question migratoire provoque de nombreux remous au sein de l’Union européenne. Le sujet sera au cœur des débats du Conseil européen qui s’ouvre jeudi 28 juin, à partir de 16 heures, à Bruxelles. Fabienne Lassalle, directrice adjointe de l’ONG SOS-Méditerranée, et Laura Garel, chargée de communication au sein de l’ONG, ont répondu à vos questions sur le rôle des ONG dans cette crise migratoire.

        Lire les échanges entre nos lecteurs,
         

          nos journalistes et les acteurs de la crise migratoire



Delphine : Comment réagissez-vous aux dernières déclarations de M. Macron sur les ONG qui viennent en aide aux migrants en Méditerranée les accusant, peu ou prou, de faire le jeu des passeurs ?
Fabienne Lassalle et Laura Garel : Il faut rappeler que, sur la zone, en Méditerranée, de nombreux acteurs mènent des opérations de sauvetage dans les eaux internationales : des navires des garde-côtes italiens, des navires militaires, de marine marchande et des opérations Frontex (force européenne), et enfin les navires humanitaires. Tous répondent au droit maritime international de porter secours aux migrants. C’est une obligation et un devoir. Pourquoi dans ce cas stigmatiser le travail des ONG qui, en 2017, ont assuré 40 % des opérations de sauvetage ?

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C’est face à l’insuffisance des moyens en mer, après l’arrêt de l’opération « Mare Nostrum » en 2014 (opération de la marine italienne de sauvetage en mer ayant permis de secourir 150 000 personnes entre 2012 et 2014), que les ONG humanitaires ont décidé d’intervenir.
Malgré nos interventions, les moyens sont largement insuffisants et le nombre de morts en mer ne cesse d’augmenter. Sur l’axe de la Méditerranée centrale (entre la Libye et l’Italie), il y a au moins 1 000 morts depuis janvier 2018 selon le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’Organisation des Nations unies. Au cours de ces quatre dernières années, il y a eu plus de 14 000 morts selon l’Organisation internationale pour les migrations.


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Près d’un millier de migrants morts en Méditerranée depuis le début de 2018
Estimation au 27 juin 2018, réalisée par l’Office internationale des migrants, les autorités nationales et les médias. 

Source : Missing Migrants



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Fred10 : Les organisations type SOS-Méditerranée ne peuvent-elles pas agir plus en amont du problème, à savoir dissuader les migrants de prendre les navires, payer leur voyage, et organiser leur protection ?
Les opérations de sauvetage sont extrêmement complexes et onéreuses. SOS-Méditerranée est une association de sauvetage en mer, c’est notre mandat et notre compétence. Et nous témoignons de ce qu’ont vécu et de qui sont les rescapés. Notre protection vis-à-vis d’eux est limitée à la partie maritime pendant leur séjour sur le navire.
Camille : Le droit international précise-t-il vraiment que l’Aquarius doit se diriger vers le port le plus proche, comme le proclame le gouvernement ?
Le droit maritime international prévoit en effet que l’Aquarius, comme tout navire qui a effectué une opération maritime de sauvetage, doit pouvoir débarquer les rescapés dans un port sûr : là où les droits essentiels et les besoins fondamentaux des rescapés sont respectés (besoins médicaux, protection des personnes). Cela doit se faire le plus efficacement et le plus rapidement possible, d’où la recherche pour le navire du port sûr le plus proche.

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                « Aquarius » : non, le port espagnol de Valence n’était pas « le plus proche »



Ce sont les centres de coordination des secours maritimes qui organisent les opérations de sauvetage et indiquent le port de débarquement. Un sauvetage est considéré comme terminé lorsqu’un port sûr a été désigné. Depuis le début de ces opérations, l’Aquarius a toujours répondu aux instructions du centre de coordination de sauvetage de Rome, qui est historiquement le plus compétent dans cette zone.
Roudoudou : Dans le cadre de vos interventions, avez-vous des contacts avec les réseaux de passeurs libyens ou autres, qui sont à l’origine des départs de migrants sur mer ? Par exemple, êtes-vous informés des lieux de départ des embarcations ?
SOS-Méditérranée n’a jamais eu aucun contact avec les réseaux de passeurs libyens. Les opérations de sauvetage sont toujours supervisées par le centre de coordination de Rome. Soit ce centre reçoit directement un appel de détresse, contacte les bateaux les plus proches dans la zone, et donne instruction à ceux-ci de se rendre sur place et de réaliser l’opération. C’est la majorité des cas.
Il se peut aussi que les équipes de l’Aquarius repèrent à la jumelle ou au radar une embarcation en détresse. Dans ce cas, sa première action va être d’en informer le centre de coordination de sauvetage, qui donnera l’instruction d’opérer. C’est donc toujours ce centre qui garde la main et indiquera le port de débarquement.
Au sujet des passeurs, ils font bien peu de cas des navires de sauvetage, car ils se désintéressent complètement de la survie des personnes à qui ils ont extorqué l’argent de leur passage. Comme en témoignent les rescapés à bord de l’Aquarius, les passeurs n’ont pas pour objectif que les migrants arrivent en Europe.

        Lire le compte rendu du tchat sur la situation des migrants en Libye,
         

          avec notre correspondant en Tunisie Frédéric Bobin



Rachel : Je tiens d’abord à vous remercier et à vous féliciter pour le travail que vous réalisez. En même temps que les migrants, vous sauvez l’image de l’Europe. Pourriez-vous revenir sur la situation en Libye ?
SOS-Méditerranée n’est pas présente en Libye. Ce que nous en savons, nous l’apprenons de personnes que nous recueillons à bord de l’Aquarius. Tous, sans exception, font état de ce qui est devenu « un enfer libyen » : violences sexuelles sur les femmes et les hommes, tortures, extorsion, travail forcé… Notre équipe médicale constate d’ailleurs ces sévices au moment des soins (blessures par balles, cicatrices sur le corps et l’âme, membres fracturés).

        Lire aussi :
         

                Migrants sur la route de l’Europe : « En Libye, nous ne sommes que des esclaves »



L’Union européenne a entrepris depuis près de deux ans de financer et de former des garde-côtes libyens pour intervenir. Mais on ne sait pas toujours à qui on a à faire. Récemment l’un d’eux, de Sabratha, a été sanctionné par l’ONU pour son implication dans un réseau de passeurs. Les garde-côtes libyens sont de plus en plus présents dans la zone mais lorsqu’ils interceptent les embarcations en détresse, ils les ramènent sur les côtes libyennes, ce qui les remet dans le circuit des passeurs. Depuis plusieurs mois, le centre de coordination maritime de Rome leur délègue de plus en plus souvent la responsabilité des sauvetages.

        Lire aussi :
         

                Un pays a-t-il le droit de fermer ses ports aux bateaux secourant les migrants ?



Nos équipes, sur l’Aquarius, ont été témoins à de nombreuses reprises d’interceptions dans les eaux internationales, le centre de Rome leur ayant donné l’instruction de ne pas intervenir. Dans ces situations, nos offres d’assistance sont rejetées par les garde-côtes libyens présents. Ce qui provoque des scènes de panique et de chaos, les personnes préférant se jeter à la mer plutôt que d’être ramenés en Libye.
Lire la série d’articles de Maryline Baumard, montée à bord de l’Aquarius en 2016.
Ambre : Qu’attendez-vous du Conseil européen qui s’est ouvert aujourd’hui ?
Nous attendons un renforcement des moyens de sauvetage en mer pour mettre fin à cette tragédie (plus de 14 000 morts sur ces quatre dernières années). Nous souhaitons un dispositif européen, clair et efficace, qui permette de sauver des vies et de ramener les rescapés dans des ports sûrs. Comme le prévoit le droit maritime international.

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Nous attendons également que la sauvegarde des vies humaines soit priorisée avant tout autre considération politique. Les atermoiements de ces dernières semaines – qui ont conduit l’Aquarius à s’éloigner de la zone de sauvetage pour finalement accoster à Valence, à plus de 1 500 kilomètres – puis le refus de Malte d’accueillir l’Aquarius pour son escale technique, sont autant d’événements qui pénalisent l’efficacité de nos interventions et qui se traduisent par des drames. Pendant ce temps, plus de deux cents personnes sont mortes en deux jours au large de la Libye la semaine dernière.
Nous attendons des Etats européens qu’ils trouvent un accord pour que de telles situations ne se reproduisent plus.

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                « Aquarius », « Lifeline », « Maersk », « Open-Arms », « Seefuchs » : où en sont les navires qui secourent les migrants ?






                            


                        

                        


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<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Carte : les Alpes-Maritimes ont refoulé plus de 44 000 migrants en un an, dont 13 500 mineurs

EN UN GRAPHIQUE. Le nombre de « non-admissions » d’étrangers a explosé en trois ans, en particulier à la frontière italienne. Un zèle dénoncé par la Cimade.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 14h35
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 14h48
    |

            Anne-Aël Durand








                        


Le rétablissement du contrôle aux frontières, dans le cadre de la lutte antiterroriste, a fait exploser le nombre d’étrangers refoulés du territoire français, qui est passé de 15 849 en 2015 à 85 408 en 2017, selon la Cimade, association d’aide aux migrants, qui s’est procuré des chiffres auprès du ministère de l’intérieur.
Le recueil par département des « non-admissions » dessine une géographie des migrations et des contrôles réalisés par la police aux frontières. En trois ans, le département des Alpes-Maritimes est devenu le principal point d’entrée des routes migratoires, passant de 1 193 non-admissions en 2015 à 44 433 en 2017. C’est à la frontière entre la ville italienne de Vintimille et la ville française de Menton que se concentrent la plupart des arrivées de migrants en provenance d’Italie, mais une seconde route prend de l’ampleur : le passage par les cols alpins, à Briançon, dans les Hautes-Alpes, ou en Savoie.
Les contrôles se sont aussi renforcés à la frontière avec l’Espagne (4 764 non-admissions dans les Pyrénées-Atlantiques, 4 411 dans les Pyrénées-Orientales), alors que le nombre d’étrangers refoulés reste toujours à un très haut niveau en Seine-Saint-Denis, où sont régulièrement démantelés des camps de migrants.

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Plus de 85 000 migrants refoulés en 2017, dont la moitié dans les Alpes-Maritimes
Nombre de non-admissions par la police aux frontières en 2017. Le nombre de mineurs apparaît au survol de la souris (données récupérées par la Cimade auprès du ministère de l'intérieur)



Source : PAFISA/Cimade




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                A la frontière franco-italienne : « Il est illusoire de penser qu’on peut les empêcher de passer »



La Cimade, qui publie ces données issues du ministère de l’intérieur, dénonce en particulier l’explosion du nombre d’enfants ou adolescents refoulés à la frontière, multipliée par dix-sept en trois ans. Pourtant, selon la loi, une obligation de quitter le territoire français (OQTF) ne peut être notifiée à un mineur isolé. Seuls les mineurs accompagnés de leurs parents peuvent être refoulés à la frontière.


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Explosion du nombre d'étrangers refoulés à la frontière 
Nombre de non-admissions d'étrangers en situation irrégulières, y compris des mineurs, entre 2015 et 2017  (données récupérées par la Cimade auprès du ministère de l'intérieur).

Source : Pafisa/Cimade



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A l’issue d’une mission d’observation à la frontière près de Vintimille, six organisations non gouvernementales ont dénoncé mercredi 27 juin des « pratiques illégales généralisées ».



                            


                        

                        


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<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤         

Décryptage

Le Niger, sous-traitant africain de la politique migratoire de l’Europe

En 2016, le pays a accepté de trier les migrants sur son sol au nom de la lutte contre le trafic d’êtres humains, divisant par cinq le flux de candidats au départ.

Christophe Châtelot
    



LE MONDE
              datetime="2018-06-28T14:22:31+02:00"

        Le 28.06.2018 à 14h22






    
Des migrants reviennent au Niger après avoir fui la Libye à cause de groupes armés, et arrivent à Agadez, dans le nord du Niger, en mars 2017, suite à leur tentative ratée d’atteindre l’Europe en traversant la Méditerranée.
Crédits : ISSOUF SANOGO/AFP


Si les vingt-huit chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne (UE) décident, lors du Conseil européen de jeudi 28 et vendredi 29 juin, de créer à l’extérieur de leurs frontières des « hot spots » destinés à trier les demandeurs d’asile, ils pourront au moins compter sur le soutien d’un pays africain, à plus de 6 000 km de Bruxelles, le Niger. Depuis plusieurs mois, ce pays de transit de migrants expérimente en effet déjà ce système que la plupart de ses voisins se refusent à mettre en place.

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Lors du sommet Europe-Afrique consacré, à l’automne 2015 à La Valette, aux questions migratoires, le Niger avait déjà fait cavalier seul sur ce sujet, au risque d’apparaître dans la presse nigérienne comme le « gendarme africain des Européens ». Niamey s’était alors désolidarisé de ses partenaires de l’Union africaine (UA) en soutenant la proposition européenne de créer des centres d’enregistrement des demandeurs d’asile sur le continent. Ce que l’association française d’aide aux migrants, la Cimade, dénonce et qualifie de « politique d’externalisation de l’asile et du contrôle des frontières ».
« Chute spectaculaire »
Il y a encore peu de temps, le Niger était le principal pays de transit des migrants subsahariens en route vers l’Europe. La ville d’Agadez constituait alors la dernière étape, un point de concentration et d’équipement logistique, avant d’attaquer l’enfer du Sahara jusqu’aux côtes méditerranéennes de Libye ou d’Algérie, puis l’Europe pour les plus chanceux. « En 2015 et 2016, 100 000 migrants arrivaient chaque année à Agadez », rappelle Hassoumi Massaoudou, actuel ministre des finances qui détenait alors le portefeuille de l’intérieur. « En 2017, il n’y en avait plus que 20 000 », se félicite-t-il. Les chiffres de l’Office international des migrations (OIM) sur la même période sont presque trois fois plus élevés, mais ils affichent la même tendance : un trafic divisé par cinq.

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Au ministère de l’intérieur, Hassoumi Massaoudou fut le grand artisan de l’application fin 2016 d’une loi datant de 2015, restée jusqu’alors lettre morte, punissant de manière drastique le trafic de migrants. L’Europe a applaudi, en premier lieu la France, qui a fait du Niger l’un de ses meilleurs alliés dans la région sur le front de la lutte contre le terrorisme et du contrôle des candidats au départ originaires pour beaucoup de pays voisins, membres comme lui de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao). L’OIM a aussi salué cette « chute spectaculaire » obtenue grâce à des « mesures énergiques ».
La population nigérienne est moins enthousiaste. Une centaine de véhicules servant à convoyer les candidats au départ ont en effet été saisis par la police, des passeurs ont été arrêtés, jugés et condamnés. Toute une économie florissante et officielle – transporteurs, commerçants, logeurs, rabatteurs… – a été anéantie dans ce pays qui pointe parmi les plus pauvres du monde. Et plus particulièrement la région d’Agadez qui fut jadis un prospère carrefour de caravanes, puis une destination touristique avant d’être ruinée par les rébellions touarègues des années 1990 puis par l’activité de groupes djihadistes.

    
Une carcasse de voiture abandonnée dans le désert du Ténéré, au Niger, le 3 juin 2018.
Crédits : Jerome Delay/AP


« La situation est extrêmement complexe », reconnaissait le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Filippo Grandi, lors d’une visite à Agadez, le 21 juin. « Je demande instamment qu’une aide au développement soit apportée à la communauté locale. Que cela nous plaise ou non, la cessation de la traite d’êtres humains a eu pour conséquence que des milliers de familles ont perdu leur moyen de subsistance. Si la communauté internationale ne soutient pas le Niger, ces familles pourraient se retourner contre les étrangers bloqués ici », a averti le chef du HCR.
Le cul-de-sac d’Agadez
L’UE, par l’entremise du Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique, ainsi que les partenaires bilatéraux ont certes promis des centaines de millions d’euros pour aider la population locale, offrir une alternative professionnelle aux anciens trafiquants, développer et sécuriser la région. Mais les effets tardent à se faire sentir.
Parallèlement, la situation a changé de nature et comporte des risques. D’une part, les réseaux de transporteurs choisissent dorénavant d’autres voies transsahariennes plus dangereuses que celles utilisées auparavant mais désormais surveillées par les autorités. D’autre part, Agadez est devenu un cul-de-sac pour les candidats à la migration qui ont vu les routes se fermer.

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Enfin, les « hot spots » ont attiré une clientèle nouvelle. La ville a ainsi vu arriver plusieurs milliers de Soudanais, souvent réfugiés du Darfour, en quête du statut de réfugiés politiques que peuvent théoriquement leur accorder les fonctionnaires français de l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra), envoyés ponctuellement au Niger pour trier les dossiers en collaboration avec l’OIM et le HCR.
La France s’est engagée à aller chercher 3 000 réfugiés au Tchad et au Niger. A ce jour, seulement quelques dizaines ont été accueillies en France. Mais cet afflux de demandeurs d’asile a provoqué des tensions avec la population locale. C’est pour cette même raison que le Tchad, voisin du Niger, s’oppose à l’idée de ces centres de tri et d’enregistrement. « Cela risque de créer un appel d’air, a expliqué récemment le ministre tchadien des affaires étrangères, Hissein Brahim Taha. Des milliers de candidats à l’immigration viendront chez nous. » « L’essentiel est que les gens aient le choix. Celui de rester chez eux ou celui de continuer leur route », ajoute Patrick Youssef, directeur régional adjoint pour l’Afrique au Comité international de la Croix-Rouge (CICR). « Tout le monde a le droit de partir chercher une vie meilleure s’il en ressent le besoin », rappelle-t-il.


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ La « route occidentale » de la Méditerranée est beaucoup moins empruntée que celle de l’Italie, en raison d’un travail de longue haleine entrepris par les gouvernements espagnols.
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Les arrivées de migrants restent sous contrôle en Espagne

La « route occidentale » de la Méditerranée est beaucoup moins empruntée que celle de l’Italie, en raison d’un travail de longue haleine entrepris par les gouvernements espagnols.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 13h47
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 13h54
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


En accueillant l’Aquarius, le tout nouveau premier ministre espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, a voulu rappeler les valeurs de solidarité de l’Union européenne. Un message consensuel en Espagne, où l’extrême droite et les discours xénophobes sont insignifiants et marginaux. Le pays n’en reste pas moins en première ligne sur les questions migratoires, même si les arrivées par la « route occidentale » de la Méditerranée restent modestes en comparaison des records enregistrés en 2015 en Grèce et en 2017 en Italie.
Près de 22 000 migrants ont franchi le détroit de Gibraltar, la mer d’Alboran ou les grillages installés à Ceuta et à Melilla pour passer du Maroc en Espagne en 2017, soit trois fois plus qu’en 2016 (8 200 migrants). Cette tendance à la hausse s’est maintenue entre le 1er janvier et le 20 juin, avec plus de 12 000 entrées illégales sur les côtes espagnoles, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), soit une hausse de près de 60 % par rapport à 2017. Et plus de trois cents personnes sont mortes durant la traversée à bord d’embarcations de fortune.
Alors que les arrivées de migrants ont très considérablement baissé ces dernières années dans l’ensemble de l’Europe, l’Espagne fait figure d’exception : ses installations d’hébergement sont saturées, ses capacités d’accueil débordées. Ces chiffres, même en forte hausse, demeurent cependant sans commune mesure avec le boom connu en Italie ou en Grèce au plus fort de la crise migratoire. Après des années d’accalmie, ils se rapprochent davantage des records de l’année 2006, quand 39 000 personnes avaient débarqué sur les côtes espagnoles, dont 31 000 aux îles Canaries.

        Lire :
         

          Des centaines de migrants sauvés au large de l’Espagne, à la veille du mini-sommet de crise à Bruxelles



Surveillance, dissuasion et aide au développement
A l’époque, endiguer les flux migratoires en provenance de l’Afrique avait été une des principales tâches que s’était fixé le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero (2004-2011), après l’« appel d’air » suscité par l’annonce en 2005 de la régularisation de près de 400 000 sans-papiers. Pour cela, il avait déployé son action sur trois fronts : la surveillance, la dissuasion et l’aide au développement.
Dans ce cadre, le gouvernement avait développé des programmes de coopération en Afrique visant à générer des activités économiques sur place, agricoles essentiellement. Parallèlement, en 2007, le royaume a participé à la création du réseau européen de patrouilles maritimes dans le cadre de l’agence européenne de contrôle des frontières, Frontex.
Les ministères des affaires étrangères et de l’intérieur ont également travaillé en commun et multiplié les voyages en Afrique afin d’intensifier la collaboration avec le Maroc ou la Mauritanie, et signer, entre 2006 et 2008, des accords de réadmission avec de nombreux pays d’Afrique, comme le Sénégal, la Gambie, la Guinée, le Nigeria, le Ghana ou le Mali. Objectif : faire passer le message que le voyage était non seulement dangereux mais aussi stérile.
Près de 40 % des migrants en centre de rétention, les centres d’internement des étrangers (CIE) – dans lesquels ils sont détenus durant un maximum de soixante jours –, sont ainsi expulsés grâce aux accords de « rapatriement » avec des pays d’Afrique. Et l’an dernier, moins de cinq cents migrants sont arrivés aux Canaries.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Nouvel afflux de migrants vers l’Espagne






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Selon Marta Pardavi, la présidente de l’ONG Helsinki Committee, en criminalisant l’aide aux demandeurs d’asile, le premier ministre Viktor Orban ne respecte pas les traités.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La Hongrie « viole le droit européen et international » sur les réfugiés

Selon Marta Pardavi, la présidente de l’ONG Helsinki Committee, en criminalisant l’aide aux demandeurs d’asile, le premier ministre Viktor Orban ne respecte pas les traités.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 11h59
    |

            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

En trois ans, la Hongrie a modifié comme aucun autre pays européen sa législation afin de décourager les migrants voulant déposer une demande de protection sur son sol. Avec un succès certain : saisie de plus de 192 000 dossiers en 2015, elle n’a accordé l’asile qu’à une poignée de personnes depuis le 1er janvier. Le 20 juin, le premier ministre souverainiste Viktor Orban est allé jusqu’à criminaliser l’aide accordée aux migrants, en modifiant une nouvelle fois le code pénal. Ce dernier prévoit désormais des peines de prison ferme pour toute personne offrant une assistance à des demandeurs d’asile. Il s’agit d’une violation flagrante du droit communautaire et des obligations internationales de ce pays d’Europe centrale, selon Marta Pardavi, la coprésidente de l’ONG Helsinki Committee, l’une des principales associations de défense des droits de l’homme dans le pays. Elle invite Bruxelles à réagir.
Pourquoi, selon vous, cette loi n’est-elle pas conforme au droit international ?
Deux jours après son adoption, les experts juridiques de la Commission de Venise [un organe consultatif du Conseil de l’Europe composé de juristes indépendants] ont déclaré qu’elle devait être abrogée, car elle nuit gravement au travail légitime des ONG et va au-delà de ce qui est autorisé par l’article 11 de la Convention européenne des droits de l’homme, concernant la liberté de réunion. La nouvelle disposition criminalise la distribution de matériel d’information, ce qui restreint les libertés des ONG. Or ces libertés sont garanties par le droit international. Par ailleurs, la nouvelle loi érige en infraction la défense des droits. C’est une ingérence illégitime dans la liberté d’expression. Cette dernière est garantie par l’article 10 de la CEDH. Le texte de loi est très vague et nous expose à l’arbitraire. Nous ne savons pas à quoi nous attendre. Nous devons nous préparer à des poursuites pénales sur instruction politique, et je...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ « Entre 700 000 et un million de migrants et réfugiés seraient présents en Libye », a expliqué, dans un tchat jeudi, Frédéric Bobin, correspondant du « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤         

Compte rendu

Migrants : en Libye, « la difficulté de contrôler les réseaux de passeurs tient au chaos »

« Entre 700 000 et un million de migrants et réfugiés seraient présents en Libye », a expliqué, dans un tchat jeudi, Frédéric Bobin, correspondant du « Monde ».


LE MONDE
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        Le 28.06.2018 à 11h57

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        Mis à jour le 28.06.2018 à 17h40






    
Un centre de migrants à Tripoli, le 22 février.
Crédits : MAHMUD TURKIA / AFP


La question migratoire provoque de nombreux remous au sein de l’Union européenne. Le sujet sera au cœur des débats du Conseil européen qui s’ouvre jeudi 28 juin, à partir de 16 heures, à Bruxelles. Parmi les sujets en discussion, le projet de création de « plateformes » où seraient débarqués les migrants récupérés en Méditerranée, probablement sur les côtes d’Afrique du Nord. Frédéric Bobin, correspondant du Monde en Tunisie, a répondu à vos questions sur la situation des migrants en Libye.

        Lire les échanges entre nos lecteurs,
         

          nos journalistes et les acteurs de la crise migratoire



Paul : Quelle est la situation en Libye aujourd’hui ? Les gouvernements arrivent-ils à contrôler les passeurs ?
Le flux de départs vers l’Italie concerne surtout la région occidentale de la Libye, la Tripolitaine, la plus proche de l’île italienne de Lampedusa. Il s’est globalement tari depuis près d’un an, depuis juillet précisément, en raison d’une meilleure coopération entre l’Union européenne et le gouvernement d’« accord national » de Faïez Sarraj installé à Tripoli, notamment dans la formation et l’équipement des garde-côtes libyens.
Il y a eu aussi des accords occultes entre Rome et certaines milices de passeurs, notamment à Sabratha, l’ex- « capitale des passeurs ». Du coup, la courbe s’est retournée, la baisse est de l’ordre de 75 % par rapport à l’année précédente.
La difficulté de contrôler les réseaux de passeurs sur la longue durée tient au chaos qui règne en Libye, l’absence d’Etat central, la fragmentation du pays en milices rivales et quasi autonomes sur le terrain.

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Henri : D’où viennent les migrants qui arrivent en Libye ?
Il faut distinguer la migration de transit vers l’Europe de la migration de travail composée de gens désireux de rester en Libye. La première, la migration de transit, touchait historiquement plutôt des ressortissants de la Corne de l’Afrique (Ethiopie, Erythrée, Somalie), fuyant guerres civiles et famines. Ils ont été rejoints plus récemment par des ressortissants d’Afrique centrale (Nigeria) et d’Afrique de l’Ouest (Mali, Côte d’Ivoire, Sénégal, Gambie, etc.).
Quant à la migration de travail, elle persiste car dans cet ancien eldorado pétrolier, et malgré les chaos ambiants, il y a toujours de petits boulots disponibles. Elle concerne surtout les pays voisins de la Libye (Egypte, Soudan, Tchad, Niger et, dans une moindre mesure, Tunisie). Et au-delà de l’Afrique, il avait aussi beaucoup de Bangladais, Philippins, etc.
Cette typologie n’est pas si claire dans les faits. Car des migrants peuvent passer de l’une à l’autre en fonction des vicissitudes de leur traversée et de leur séjour en Libye. Il n’y a pas de chiffres officiels.
Mais toutes catégories confondues, on estime qu’entre 700 000 et 1 million de migrants et réfugiés sont présents en Libye. Telle était du moins la situation en 2017.

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Caroline : Pourriez-vous nous en dire plus sur la situation politique en Libye ? Est-elle toujours aussi chaotique ? Les Etats européens antimigrants peuvent-ils en profiter pour asseoir leur volonté d’empêcher les exilés de traverser la Méditerranée ?
La situation politique en Libye demeure marquée par l’instabilité et la fragmentation politique et tribale. Il y a actuellement deux gouvernements rivaux qui se disputent la légitimité du pouvoir, l’un basé à l’Est autour du maréchal Khalifa Haftar et l’autre établi à Tripoli (Ouest) autour du gouvernement d’« accord national » de Faïez Sarraj, soutenu par la communauté internationale. C’est cette division qui favorise les flux migratoires.
Les Etats « antimigrants », comme vous dites, cherchent plutôt à réunifier la Libye afin de disposer d’un interlocuteur solide, sous la forme d’un Etat fonctionnel, afin de maîtriser les flux.
Cela étant dit, ces Etats européens ne tirent pas forcément dans le même sens : on le voit avec l’Italie, qui a des relations privilégiées avec la Tripolitaine, et donc le gouvernement de Sarraj, et la France qui a noué des relations étroites avec Haftar dans l’Est tout en soutenant officiellement Sarraj.
Dune : Savez-vous s’il y a toujours des accords « secrets » entre l’Italie et les milices libyennes ?
C’est la grande question qui a agité les médias et les observateurs en 2017, quand le flux de départs a commencé à se retourner à la mi-juillet. Subitement, Sabratha, jusqu’alors la principale plateforme de départs vers l’Italie, a enregistré un quasi-arrêt des départs sur ses plages.
La rumeur a couru qu’il y avait eu un accord secret entre Rome et le « parrain » du lieu, un certain Ahmed Al-Dabbashi, surnommé « Al-Ammu » (l’Oncle). Evidemment, les Italiens ont démenti. Mais l’arrêt soudain de l’activité migratoire de Sabratha n’en demeure pas moins troublant. Il est difficile de prouver qu’il a pu y avoir le versement de sommes d’argent.
Mais ce qui est incontestable, c’est qu’une brigade fraîchement formée, le Bataillon 48, vitrine respectable de l’Oncle, a subitement été reconnue et légitimée par les autorités de Tripoli. Il est fort probable que le soutien des Italiens à l’Oncle a transité par ce processus de légitimation validé par Tripoli.
Il est vrai que l’expérience n’a pas été très concluante car cette affaire a précipité des affrontements fratricides à Sabratha qui ont forcé l’Oncle au départ. Il s’est réfugié dans la ville voisine de Zaouïa.
Ses rivaux vainqueurs n’ont toutefois pas repris leurs activités de passeurs à Sabratha, qui a perdu son statut de « capitale des départs ». La pression internationale a d’une certaine manière porté ses fruits. Mais les départs se font désormais ailleurs.

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Rosy : Parmi les projets évoqués par les Européens, figure la mise en place de « plateformes » où seraient débarqués les migrants récupérés en Méditerranée, probablement sur les côtes d’Afrique du Nord. Quels pays seraient prêts à accepter de mettre en place de tels camps ? La Tunisie a été citée. La Libye aussi. Réaliste ?
La Tunisie clairement dit non. En Libye, l’affaire demeure pratiquement difficile et éminemment controversée au regard du contexte ambiant de violence.
Pour l’instant, le Niger apparaît comme une option aux yeux de certains gouvernements européens, notamment la France. Le HCR en envoyé à Niamey autour de 900 candidats à l’asile – pour Europe – qui se trouvaient jusque-là piégés en Libye.
Les dossiers de demande d’asile seront traités sur place avant un éventuel départ en Europe. Mais le rythme de traitement de ces dossiers est très lent et le gouvernement du Niger s’impatiente apparemment.


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Le premier ministre populiste désigné Andrej Babis veut former une coalition avec les sociaux-démocrates, mais dépendra au Parlement de l’ex-Parti communiste tchécoslovaque.
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Le prochain gouvernement tchèque entre les mains des communistes

Le premier ministre populiste désigné Andrej Babis veut former une coalition avec les sociaux-démocrates, mais dépendra au Parlement de l’ex-Parti communiste tchécoslovaque.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 10h58
    |

            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

Certains y verront une énième provocation de la part du président tchèque. Mercredi 27 juin, l’irascible Milos Zeman n’a pas trouvé déplacé de nommer le nouveau gouvernement à l’occasion de la Journée du souvenir, dédiée aux victimes du régime communiste. Or, ce dernier devrait être soutenu au Parlement, pour la première fois depuis 1989, par le très nostalgique Parti communiste de Bohême et de Moravie (KSCM), le successeur direct du peu riant PC de l’ex-Tchécoslovaquie. Et cette formation n’a rien renié de ce passé lourd à porter, ni fait son mea culpa, selon Vit Havelka, un chercheur du think tank Europeum.
Alors que dans les autres démocraties européennes issues de l’ancien bloc soviétique, ceux qui se réclament d’un tel héritage marxiste sont marginalisés, à Prague, ils jouissent donc désormais de la position enviable des faiseurs de rois. Car huit mois après les élections législatives des 20 et 21 octobre 2017, le milliardaire populiste Andrej Babis, qui était arrivé en tête du scrutin, avec 29,7 % des voix, a passé un pacte inédit avec eux.
Désirant à tout prix éviter des élections anticipées après des négociations longues et laborieuses pour trouver une majorité, il va accéder à plusieurs des requêtes du KSCM, qui n’a obtenu que 8,51 % des voix lors du scrutin, nommer aussi des communistes à des postes importants dans de grandes entreprises publiques. En échange, la poignée de députés que compte cette formation lui promet une bienveillance sans faille à l’égard de la coalition minoritaire que son parti, ANO, Action des citoyens mécontents, entend mener avec la formation sociale-démocrate CSSD.
« Et ce compromis indigne les cercles intellectuels de Prague », selon Muriel Blaive, historienne à l’Institut pour l’étude des régimes totalitaires, à Prague. Des manifestations rassemblant plusieurs milliers de personnes ont eu lieu au début du mois de juin pour protester contre l’accord. Plus de 250 000 personnes ont aussi signé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Les gouvernements de l’UE, soucieux de protéger leurs frontières, prônent une refonte des règles d’asile, mais s’opposent sur ses modalités.
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Les accords de Dublin sur les réfugiés, une aberration européenne

Les gouvernements de l’UE, soucieux de protéger leurs frontières, prônent une refonte des règles d’asile, mais s’opposent sur ses modalités.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 10h57
    |

            Maryline Baumard








                        



                                


                            

Ils sont soudanais ou afghans, sont arrivés en Europe à l’été 2016, mais n’ont toujours pas le statut de réfugiés. Ceux qu’on appelle les « dublinés » (du nom des accords de Dublin) peuvent attendre jusqu’à dix-huit mois que l’Etat où ils ont posé leur sac se penche enfin sur leur dossier. Avant, c’est le pays par lequel ils sont entrés en Europe qui est chargé de leur demande d’asile. En 2017, forte de ce règlement, la France a renvoyé 982 « dublinés » vers l’Italie et 869 vers l’Allemagne. Un faible pourcentage des 41 420 « dublinés » de France, en dépit de la volonté affichée du ministre de l’intérieur, Gérard Collomb.
La maîtrise de ces « mouvements secondaires » qui quadrillent l’Europe en tous sens est au menu du Conseil européen du 28 et du vendredi 29 juin à Bruxelles, et la France n’est pas la dernière à réclamer une nouvelle révision du règlement de Dublin. Elle qui n’avait pas connu de crise migratoire depuis 2015 a vu ses demandes d’asile passer le cap des 100 000 en 2017 alors qu’elles ont largement diminué en Allemagne ou en Italie. Mais la réforme de la convention, qui en est à sa troisième version, a été reportée sine die à Bruxelles.
Paris craint d’être la destination des déçus d’Allemagne ou de Suède. En effet, aux Africains, dont les empreintes ont été enregistrées contre leur gré en traversant l’Italie, sont venus s’ajouter les Afghans déboutés de l’asile en Allemagne, conscients que la France protège mieux leur nationalité.
Fiasco
Signée le 15 juin 1990 par onze Etats rejoints par le Danemark, la convention de Dublin se veut un premier pas vers une harmonisation de la politique d’asile des Etats membres. Le texte a vocation à garantir que toute demande d’asile présentée soit examinée, et à fixer des règles de désignation de l’Etat responsable du dossier. Il veut aussi responsabiliser les pays aux frontières extérieures de Schengen en les obligeant à prendre en charge ceux qu’ils laissent entrer.
La situation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Selon l’Organisation mondiale pour les migrations, plus de 11 000 Subsahariens ont été conduits à la frontière avec le Niger depuis septembre 2017.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤         

Décryptage

Les autorités algériennes continuent d’expulser les migrants en plein désert

Selon l’Organisation mondiale pour les migrations, plus de 11 000 Subsahariens ont été conduits à la frontière avec le Niger depuis septembre 2017.

Par                                            Zahra Chenaoui (Alger, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-06-28T10:38:25+02:00"

        Le 28.06.2018 à 10h38






    
Dans le désert près de Tamanrasset, en Algérie, en 2008.
Crédits : AFP


Elle était sur la route du marché, accompagnée de deux voisines et de son bébé, âgé de quelques mois. Sylvie*, Ivoirienne, a été arrêtée par la police dans la banlieue d’Alger le 3 juin. « On a été embarquées à 16 heures et quelques heures plus tard, on était dans des bus pour Tamanrasset. »
Depuis août 2017, les autorités algériennes arrêtent régulièrement les migrants subsahariens et les expulsent à la frontière avec le Niger. Officiellement, il s’agit de rapatrier, à la demande de Niamey, des Nigériens exploités par une filière criminelle de mendicité. Mais si un accord entre les deux pays a bien été conclu fin 2014, des centaines de migrants non nigériens ont été également interpellés et expulsés depuis l’été dernier.

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Marie*, une Camerounaise, raconte avoir été interpellée alors qu’elle était dans un taxi, en mars : « Les policiers ont arrêté le véhicule, m’ont fait descendre et m’ont emmenée au commissariat, où ils ont pris mes empreintes avant de m’envoyer à Zeralda. » Dans cette ville en bordure d’Alger, les migrants arrêtés dans la capitale sont regroupés au sein d’un camp qui servait pour les colonies de vacances. De là, ils sont ensuite envoyés en bus jusqu’à Tamanrasset, à 1 800 km au sud de la capitale.
« Le soleil et le vent étaient brûlants »
« Dans le bus, les gens du Croissant-Rouge m’ont donné de l’eau et des couches pour mon bébé, raconte Sylvie. Une fois à Tamanrasset, on m’a autorisée à aller acheter de l’eau et de la nourriture. Heureusement parce qu’une fois arrivés à la frontière, on ne nous a pas donné d’eau. » Là, les gendarmes algériens ont attendu que la mission de secours nigérienne, prévenue de l’arrivée des migrants, arrive. Dans des gros camions, les expulsés d’Algérie ont alors été acheminés jusqu’à Agadez, où ils ont été pris en charge dans le camp de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). 

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                Au Mali, le blues des refoulés d’Algérie



« On a eu de la chance, nous n’avons pas été obligés de marcher dans le désert. Mais le soleil et le vent étaient brûlants, ma fille allait très mal pendant tout le trajet », raconte Sylvie. Son mari a vécu les choses différemment. Arrêté quelques semaines plus tôt alors qu’il travaillait sur un chantier de construction, retenu deux jours au camp de Zeralda puis encore vingt-quatre heures au camp de Tamanrasset, Kader* a été laissé à la frontière par les gendarmes. « Ils nous ont montré la direction à prendre et ils sont partis. Nous avons marché », raconte-t-il.
Sur les réseaux sociaux, les vidéos tournées par plusieurs migrants depuis le mois d’août 2017 montrent un scénario similaire : des dizaines de personnes, y compris des femmes et des enfants, transportées dans des bus jusqu’à Tamanrasset, puis dans de gros camions jusqu’à la frontière, puis à pied, sur le sable.
Durcissement de la politique migratoire
En mars, les arrestations se sont étendues à la ville d’Oran et un groupe de migrants a été expulsé à la frontière avec le Mali, signe d’un durcissement de la politique migratoire. Des personnes en situation régulière ainsi que des demandeurs d’asile ont également été interpellés. Selon des témoignages d’associations et de diplomates, au moins quatre étudiants subsahariens ont été arrêtés dans la capitale et envoyés à Tamanrasset, bien qu’ils soient en possession de cartes de séjour. Ils ont pu être relâchés lorsque leurs représentants diplomatiques sont entrés en contact avec les autorités algériennes.
Selon l’OIM, plus de 4 100 personnes ont été expulsées d’Algérie en mai. Et plus de 11 276 au total depuis septembre 2017. Les autorités algériennes, qui reconnaissent officiellement avoir expulsé plus de 10 000 personnes, affirment que ces expulsions se font en concertation avec les pays d’origine des migrants, « dans le respect de la loi et de la dignité », et dénoncent une « campagne de dénigrement contre l’Algérie ».

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Certains estiment que ces expulsions sont la conséquence de la pression de l’Europe pour externaliser le contrôle de ses frontières. « C’est faux. Les Algériens refusent de discuter de la question migratoire avec nous », affirme un diplomate européen. Les organisations internationales qui ont demandé audience au ministère des affaires étrangères à propos de la politique migratoire n’ont obtenu aucun commentaire sur la question des expulsions. Pour la première fois, fin mai, des associations algériennes et des militants ont demandé la fin des arrestations et des expulsions dans une pétition qui a recueilli plusieurs centaines de signatures. Mercredi 27 juin, un nouveau convoi de presque 200 migrants expulsés d’Algérie est arrivé à Agadez.
*Les prénoms ont été changés.


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ L’UE coopère avec la Libye pour réduire les flux migratoires malgré les conditions dans les centres de détention. Des « prisons sauvages » tenues par des gangs criminels ont proliféré le long des routes migratoires.
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En Libye, les migrants sont exposés à la violence du racket

L’UE coopère avec la Libye pour réduire les flux migratoires malgré les conditions dans les centres de détention. Des « prisons sauvages » tenues par des gangs criminels ont proliféré le long des routes migratoires.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 09h51
    |

            Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)








                        



                                


                            

Ils sont arrivés en fin d’après-midi, blessés, épuisés, à bout. Ce 23 mai, près de 117 Soudanais, Ethiopiens et Erythréens se sont présentés devant la mosquée de Beni Oualid, une localité située à 120 km au sud-ouest de Misrata, la métropole portuaire de la Tripolitaine (Libye occidentale). Ils y passeront la nuit, protégés par des clercs religieux et des résidents.
Ces nouveaux venus sont en fait des fugitifs. Ils se sont échappés d’une « prison sauvage », l’un de ces centres carcéraux illégaux qui ont proliféré autour de Beni Oualid depuis que s’est intensifié, ces dernières années, le flux de migrants et de réfugiés débarquant du Sahara vers le littoral libyen dans l’espoir de traverser la Méditerranée.
Ces migrants d’Afrique subsaharienne – mineurs pour beaucoup – portent dans leur chair les traces de violences extrêmes subies aux mains de leurs geôliers : corps blessés par balles, brûlés ou lacérés de coups. Selon leurs témoignages, quinze de leurs camarades d’évasion ont péri durant leur fuite.
Cris de douleur
A Beni Oualid, un refuge héberge nombre de ces migrants en détresse. Des blocs de ciment nu cernés d’une terre ocre : l’abri, géré par une ONG locale – Assalam – avec l’assistance médicale de Médecins sans frontières (MSF), est un havre rustique mais dont la réputation grandit. Des migrants y échouent régulièrement dans un piètre état. « Beaucoup souffrent de fractures aux membres inférieurs, de fractures ouvertes infectées, de coups sur le dos laissant la chair à vif, d’électrocution sur les parties génitales », rapporte Christophe Biteau, le chef de la mission MSF pour la Libye, rencontré à Tunis.
Leurs tortionnaires les ont kidnappés sur les routes migratoires. Les migrants et réfugiés seront détenus et suppliciés aussi longtemps qu’ils n’auront pas payé une rançon, à travers les familles restées au pays ou des amis ayant déjà atteint Tripoli. Technique usuelle pour forcer les résistances, les détenus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ L’indignation des uns nourrit la démagogie de ceux qui manipulent et hystérisent le débat sur l’immigration à des fins électorales, explique, dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde ».
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Immigration : « L’indignation a ses limites et ses effets pervers »

L’indignation des uns nourrit la démagogie de ceux qui manipulent et hystérisent le débat sur l’immigration à des fins électorales, explique, dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    28.06.2018 à 09h50
   





                        



                                


                            

Chronique. En Europe, le débat sur l’immigration est victime d’un double mal – indignation et hystérisation – qui agit comme une double peine. Au lieu de prendre des voix aux « populismes », il les nourrit et, in fine, assurera leur victoire aux élections européennes de 2019. Ajoutez à ce triste tableau que ­Donald Trump milite ouvertement pour les partis protestataires de l’ultradroite européenne, et vous avez une situation qui recèle un potentiel de désastres inédit.
Oui, le fait de séparer des enfants de leurs parents, au seul motif que ceux-ci tentent d’entrer illégalement aux Etats-Unis, est révoltant. Oui, le fait de refouler de port en port un navire qui a secouru des réfugiés en Méditerranée est indigne. Oui, reconduire en Libye des migrants d’Afrique subsaharienne sans qu’on sache quel sera leur sort dans ce pays est ignoble. Oui, le comportement de certains membres de l’Union européenne (UE), qui jugent n’avoir aucune obligation de solidarité dans l’affaire des flux migratoires, est lamentable.
Et oui, sans doute était-il nécessaire que ces choses-là soient dites. Après tout, c’est un vaste mouvement d’indignation qui a fait reculer Donald Trump dans l’affaire des enfants. Mais la seule expression de cette juste réaction ne tient pas lieu de politique. Elle ne réglera pas la question de fond – qui risque d’être durable – pas plus qu’elle n’arrêtera la vague d’« insurrections électorales », comme dit Hubert Védrine, qui menace de submerger l’Europe.

Bien au contraire, taxée d’angélisme ou d’élitisme, l’indignation des uns nourrit la démagogie des autres, ceux qui manipulent et hystérisent le débat sur l’immigration à des fins électorales. Ils peaufinent leur profil « populaire » sur le bon vieux thème du monopole du cœur – qui ne saurait appartenir aux seuls « bien-pensants » de l’élite « bobo ». L’indignation a ses limites et ses effets pervers.
La montée du néonationalisme
Elle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Il Cinema ritrovato met en lumière le cheminement des Africains devant et derrière la caméra.
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Patrimoine cinématographique : fantômes coloniaux à Bologne

Il Cinema ritrovato met en lumière le cheminement des Africains devant et derrière la caméra.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 09h17
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 09h33
    |

                            Thomas Sotinel (Bologne (Italie)








                        



                                


                            

Aussi rigoureusement que soit composé le programme d’un festival – et celui d’Il Cinema ritrovato, la manifestation bolognaise consacrée au patrimoine cinématographique, qui se termine dimanche 1er juillet, est limpide et géométrique –, il est toujours possible de prendre des chemins de traverse. En sautant entre les différentes propositions du festival, de « l’avènement du ­cinéma d’aventure », en 1918, au « cinemalibero », le « cinélibre » d’après 1968, ce moment où d’autres voix que celles du Nord se firent entendre, avec un détour par les studios français et américains des années 1930, on pouvait aussi, cette année à Bologne, contempler le cheminement des Africains et de leurs descendants à l’écran, de leur statut de foules esclaves dans les documentaires coloniaux au moment où ils purent enfin s’emparer de la caméra.
Chronologiquement, ce chemin commençait donc il y a juste un siècle. Kitega, capitale de l’Urundi, bobine de propagande colonialiste belge – les soldats congolais venaient de conquérir ce territoire allemand pour le compte du royaume –, a été tourné il y a cent ans, la même année que Tarzan chez les singes, première adaptation du roman d’Edgar Rice Burroughs. Pendant que l’opérateur royal capture à son corps défendant un geste de rébellion – le roi de l’Urundi a 7 ans, le gouverneur qui représente Albert Ier lui tapote la tête, l’enfant se rebiffe –, l’industrie américaine naissante décide de filmer les aventures de l’homme-singe en Louisiane. Les bayous sont presque équatoriaux, et puis, pour figurer les tribus de la forêt, les descendants des esclaves déportés d’Afrique, soumis au régime de la ségrégation, sont nombreux et bon marché.
« Daïnah la métisse », second long-métrage sonore de Jean Grémillon, brille d’une lumière mystérieuse
Ce Tarzan-là, réalisé par Scott Sidney, interprété par un hercule peu gracieux nommé Elmo Lincoln, est d’une naïveté parfois charmante, qui n’efface...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ A l’occasion du Conseil européen sur les migrations et l’asile du 28 et 29 juin, tour d’horizons en cartes et infographies des points d’achoppement des négociations entre les Etats membres.
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Migrations, les quatre sujets de division de l’UE

A l’occasion du Conseil européen sur les migrations et l’asile du 28 et 29 juin, tour d’horizons en cartes et infographies des points d’achoppement des négociations entre les Etats membres.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 08h54
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 09h02
   





                        


Les Etats membres de l’Union européenne (UE) vont essayer jeudi 28 et vendredi 29 juin de trouver des solutions communes à la crise politique provoquée par le refus du gouvernement italien d’ouvrir encore les ports de son pays aux bateaux des ONG venant en aide aux naufragés en Méditerranée.
Pour comprendre la situation, nous vous proposons un tour d’horizon en cartes et infographies des points d’achoppement des négociations entre les Etats membres :
Externaliser les frontièresExpulser davantage les étrangers en situation irrégulièreRépartir les demandeurs d’asileRéformer Dublin



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Les membres de l’UE se réunissaient jeudi à Bruxelles à l’occasion d’un sommet européen.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ A l’occasion du Conseil européen sur les migrations et l’asile du 28 et 29 juin, tour d’horizon en cartes et infographies des points d’achoppement des négociations entre les Etats membres.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Migrations, les quatre sujets de division de l’UE : externaliser les frontières (1/4)

A l’occasion du Conseil européen sur les migrations et l’asile du 28 et 29 juin, tour d’horizon en cartes et infographies des points d’achoppement des négociations entre les Etats membres.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 08h42
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 10h25
    |

                            Mathilde Costil, 
Véronique Malécot et 
Francesca Fattori








                        



   



Migrations, les quatre sujets de division de l’UE
Les Etats membres de l’Union européenne (UE) vont essayer jeudi 28 et vendredi 29 juin de trouver des solutions communes à la crise politique provoquée par le refus du gouvernement italien d’ouvrir encore les ports de son pays aux bateaux des ONG venant en aide aux naufragés en Méditerranée.
Pour comprendre la situation, nous vous proposons un tour d’horizon en cartes et infographies des points d’achoppement des négociations entre les Etats membres :
Externaliser les frontièresExpulser davantage les étrangers en situation irrégulièreRépartir les demandeurs d’asileRéformer Dublin





                            


                        

                        

