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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Alors que se tient un sommet européen, le chef de la division des migrations internationales à l’OCDE, Jean-Christophe Dumont, rappelle que le renforcement des contrôles aux frontières ne peut pas résoudre la crise actuelle.
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« Il faut créer des voies légales d’immigration »

Alors que se tient un sommet européen, le chef de la division des migrations internationales à l’OCDE, Jean-Christophe Dumont, rappelle que le renforcement des contrôles aux frontières ne peut pas résoudre la crise actuelle.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 18h18
    |

            Maryline Baumard et 
Julia Pascual








                        


Responsable de la division migrations de l’OCDE, Jean-Christophe Dumont regrette que l’Europe se focalise sur les contrôles aux frontières, sans développer des voies d’immigration légale et lutter contre le travail au noir.
Les Etats de l’Union européenne se réunissent pour trouver des solutions communes face à des arrivées de migrants en forte diminution, mais devenues problématiques. Que vous évoquent les pistes de travail ? 
Une première analyse des pistes constituant le menu du sommet européen montre que les chefs d’Etat se focalisent sur un point : le contrôle des frontières. Il est évidemment essentiel de contrôler les frontières extérieures de l’Union européenne, mais à moyen terme, si on se cantonne à cette unique approche, on risque de ne parvenir à endiguer ni les migrations irrégulières ni l’industrie du passage.
Nos études montrent que si l’on veut, sur le long terme, limiter les départs de manière substantielle et durable, il faut travailler sur deux autres leviers : adapter les voies légales d’arrivée en Europe en fonction des besoins et assécher la demande d’emplois illégaux d’étrangers.
Comment assèche-t-on ce besoin en emplois au noir, alors que les patrons européens ne se privent guère de cette main-d’œuvre « docile » qui fait tourner des secteurs entiers de l’économie ? 
L’emploi illégal revêt une diversité de situations selon les pays de l’OCDE, de l’immigré régulier qui contrevient aux conditions d’octroi de son permis de résidence, par exemple en travaillant plus qu’il n’est autorisé, au sans-papiers qui travaille sous une autre identité parfois dans des emplois formels et déclarés (aux Etats-Unis, plus des deux tiers des migrants en situation irrégulière sont dans ce cas), en passant par ceux qui étaient autorisés à occuper un emploi mais ne le sont plus…
En Lombardie (Italie) par exemple, 82 % des immigrés ont un permis en bonne et due forme et travaillent dans des emplois formels, 9 % sont légaux mais travaillent dans le secteur informel, et 9 % sont en situation irrégulière mais la moitié d’entre eux travaille dans des emplois formels.
En se focalisant sur les passages illicites aux frontières, on regarde du mauvais côté. Face à la complexité des situations, c’est en réalité une palette d’instruments qu’il faut mettre en œuvre, au cœur de laquelle on trouve la lutte contre l’emploi non déclaré.
Vous faites donc le pari qu’on limitera l’immigration si les patrons n’ont plus que des employés légaux. Mais que propose l’OCDE pour parvenir à cet assainissement des marchés de l’emploi ?
Evidemment, il faut renforcer le contrôle aux frontières extérieures, mais aussi renforcer les contrôles sur les lieux de travail et sanctionner les employeurs malveillants. Cet argument est d’ailleurs inscrit dans l’agenda européen pour les migrations de la Commission européenne. Ce texte reconnaît que « le travail de migrants en situation irrégulière crée un effet d’attraction… » et qu’il faut « augmenter le nombre des inspections du travail dans les secteurs économiques à haut risque ».
Mais ce débat n’est malheureusement pas au menu des chefs de gouvernements. Dans le cadre des discussions ces derniers mois sur les travailleurs détachés, il a été décidé, en mars, de créer une autorité européenne du travail dont une des missions sera de coordonner les efforts pour lutter contre l’emploi non déclaré. Cette autorité serait mise en place en 2019 et à pleine capacité en 2023.
Pourquoi ne pas accélérer ce processus ? Par ailleurs, pour que cet effort soit crédible et juste, les travaux de l’OCDE montrent qu’il est essentiel, en parallèle de ces mesures, de créer des canaux légaux d’entrée pour répondre aux besoins de certaines branches professionnelles.

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Des pays ont-ils déjà expérimenté cette approche ?
L’Allemagne l’a fait récemment avec pour objectif de réduire la demande d’asile en provenance des Balkans. On a déjà oublié, mais les arrivées en 2015 de demandeurs d’asile en Allemagne étaient composées de flux mixtes en termes de nationalités : 35 % de Syriens, 12 % de Kosovars et 12 % d’Albanais.
Aujourd’hui, les demandes albanaise et kosovare ont disparu parce que les Allemands ont mis en place une politique globale avec ces pays qui inclut une part d’immigration légale. En 2017, 75 000 autorisations de travail ont été octroyées aux ressortissants des Balkans dans le cadre d’un nouveau programme destiné à maîtriser l’immigration irrégulière. La plupart travaillent dans le sud de l’Allemagne, en particulier dans la construction.
Les procédures d’asile ont certes été accélérées et les retours accentués mais la création de ce canal d’immigration de travail, conséquent, explique pour partie le tarissement de la demande d’asile des Balkans en Allemagne.
Le développement des voies légales d’immigration fait partie des débats sur le pacte mondial des migrations aux Nations Unies (sous la forme de partenariats pour la mobilité des compétences notamment) et se trouve même dans l’agenda européen pour les migrations avec des projets pilotes sur la migration légale, mais là encore ces discussions sont occultées au niveau européen.

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Au regard de vos travaux, le sommet des 28 et 29 juin ne semble donc pas prendre le sujet migratoire par la bonne entrée ? 
Si ce sommet est une étape et si les étapes suivantes ne sont plus seulement sécuritaires, cela peut être très productif. Mais, pour que les avancées soient pérennes, il faut que les pays assainissent leur marché du travail et ouvrent des voies légales d’entrée en fonction des besoins. C’est à cette condition seulement que la politique de lutte contre l’immigration irrégulière sera efficace et remarchera sur ses deux jambes.
Pour aller plus loin, consulter le rapport de l’OCDE sur les migrations : http://www.oecd.org/fr/migrations/perspectives-des-migrations-internationales-19991258.htm



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Une période de maintenance dans les usines d’Europe du Nord a coïncidé avec une baisse de la demande d’ammoniac, dont est majoritairement tiré le gaz carbonique industriel.
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La production ralentie de gaz carbonique fait craindre une pénurie de bulles dans les boissons

Une période de maintenance dans les usines d’Europe du Nord a coïncidé avec une baisse de la demande d’ammoniac, dont est majoritairement tiré le gaz carbonique industriel.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 18h15
   





                        



   


La revue spécialisée Gas World a été la première à rapporter la pénurie de gaz carbonique, le 19 juin, évoquant « la situation la plus difficile d’approvisionnement à toucher le marché européen du dioxyde de carbone depuis plusieurs décennies ».
Elle a expliqué le phénomène par une coïncidence entre l’entretien programmé des usines en Europe du Nord et une tendance à la baisse du marché de production de l’ammoniac, composant majeur des engrais – le dioxyde de carbone industriel (CO2) est produit en grande quantité lors de la transformation de méthane et de vapeur d’eau en ammoniac liquide, puis revendu notamment à l’industrie agroalimentaire.
Les usines ont profité du fait que les agriculteurs avaient déjà planté leurs cultures au printemps dernier et d’une faible demande en engrais pour réaliser leurs travaux d’entretien. Mais ces derniers ont coïncidé avec des températures inhabituellement chaudes pour un mois de mai en Europe qui ont provoqué une hausse de la demande en boissons gazeuses.
Au même moment, d’après Gas World, l’approvisionnement moins cher en ammoniac en dehors de l’Europe a encouragé les industriels à garder leurs usines hors-service plus longtemps.
La glace pourrait aussi venir à manquer
La filiale britannique de Coca-Cola a annoncé de son côté qu’elle « répondait actuellement à un problème industriel qui affecte l’approvisionnement en CO2 en Grande-Bretagne » en suspendant temporairement une partie de sa chaîne de production de boissons. Elle a toutefois assuré qu’il n’y aurait pas d’impact sur l’approvisionnement.
Le groupe néerlandais Heineken dit travailler « vingt-quatre heures sur vingt-quatre » pour répondre à une hausse de la demande, étant donné les températures chaudes et la compétition de football, en s’approvisionnant en gaz dans tout son réseau européen.
Une pénurie de dioxyde de carbone industriel affecte également les producteurs de viande et les entreprises de l’agroalimentaire, dont le réfrigérant est composé de glace carbonique. La glace est un autre produit qui pourrait donc venir à manquer, alors que les températures ont atteint les 30 °C dans certaines régions d’Europe du Nord.
Tandis que les industriels privilégient l’approvisionnement en ammoniac depuis l’Europe du Sud et au-delà, la Grande-Bretagne a été particulièrement touchée en raison des routes de transbordement plus longues et de la fermeture de toutes ses usines de transformation d’ammoniac, à l’exception d’une.
Dans les abattoirs, le CO2 est utilisé pour étourdir les animaux avant qu’ils ne soient tués pour leur viande. La pénurie a ainsi contraint la plus importante usine de transformation de viande de porc d’Ecosse à suspendre les abattages cette semaine.
Si cette semaine est une « semaine critique » pour l’industrie, la situation devrait s’arranger dès que les usines d’ammoniac seront relancées, a rapporté Gas World.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Selon l’Organisation internationale pour les migrations, l’Algérie a abandonné plus de 11 000 personnes dans le désert au cours des quatorze derniers mois.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Le premier ministre israélien profite de la Coupe du monde pour envoyer un message très politique à l’Iran.
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<article-nb="2018/06/28/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Yves Pascouau, chercheur à l’université de Nantes, a répondu à vos questions sur la nouvelle donne politique en Europe face à la question migratoire.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

« L’UE n’a jamais abordé la question de l’asile et de l’immigration dans sa globalité »

Yves Pascouau, chercheur à l’université de Nantes, a répondu à vos questions sur la nouvelle donne politique en Europe face à la question migratoire.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 17h29
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 18h25
   





                        



   


Au cours d’un tchat, jeudi 28 juin, Yves Pascouau, chercheur à l’université de Nantes et titulaire de la chaire Schengen-Alliance Europa, a répondu aux questions d’internautes du Monde à propos des réponses politiques à la crise migratoire en Europe.
Nicolas : les navires des ONG, en allant directement secourir les migrants dès leur entrée dans les eaux internationales (à 15 km des côtes libyennes), ne contribuent-ils pas à provoquer un appel d’air, jouant le jeu des passeurs et des migrants, puisque au final, 95 % du trajet en Méditerranée vers l’Europe est fait par les migrants sur ces navires ?
Yves Pascouau : Une étude d’une université britannique se base sur une analyse de la situation entre 2015 et 2016 et indique qu’il n’est pas possible de conclure à la théorie de l’appel d’air, car les traversées sont aussi motivées par d’autres facteurs, tels que l’augmentation des flux, ou les éléments saisonniers. Par ailleurs, de nombreux sauvetages sont effectués par d’autres types de navires. Dans un document publié en vue du sommet européen, la Commission européenne indique que les opérations de l’Union européenne en mer ont permis de sauver 634 751 vies entre 2015 et 2017.
Gil : Angela Merkel peut-elle encore sauver sa place de chancelière ? Et pourquoi des pays tels que la Grèce, le Portugal, la Pologne ou la Hongrie lui feraient ce « cadeau » ?
Yves Pascouau : Il est encore possible que la chancelière « sauve sa place ». Cela dépendra de l’issue des discussions du Conseil européen et de la satisfaction ou pas de l’Union chrétienne-sociale (la CSU, les conservateurs bavarois). Reste qu’il est désormais difficile de savoir ce qui satisfera la CSU. Tout dépendra aussi de la volonté de la CSU de maintenir le gouvernement actuel ou de précipiter sa chute.
Rien compris : est-il possible que Merkel rompe sa coalition actuelle avec la CSU pour s’allier aux Verts, et ainsi sauver sa place – et accessoirement peut-être sauver l’Europe ?
Yves Pascouau : Il est très difficile de répondre à cette question. La situation politique en Allemagne est désormais très instable. Par ailleurs, il y a de nombreux dossiers sur lesquels l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et les Verts sont encore très éloignés. Réaliser un accord de coalition est dans ces conditions très compliqué.
Jean-Ed : les ports tunisiens ne sont-ils pas plus proches que les ports européens ? La Tunisie n’étant pas en guerre, l’application du droit maritime n’implique-elle pas de devoir les débarquer dans ce pays ?
Yves Pascouau : Ils sont géographiquement plus proches, mais ces ports sont-ils pour autant sûrs ? C’est toute la question. Par « sûr », on entend des ports dans lesquels les personnes débarquées pourront notamment déposer une demande d’asile (selon les standards du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés) et dans lesquels elles ne risquent pas d’être refoulées vers un autre pays tiers où elles pourraient être persécutées.
En ce qui concerne la Tunisie : d’une part, il faut qu’elle les accepte. D’autre part, le capitaine d’un navire peut juger que le port le plus proche ne permettra pas aux personnes de voir leur demande d’asile traitée selon des standards de la convention de Genève sur le statut des réfugiés.
Habsb : pourquoi le délit de solidarité s’applique pour les migrants sans-papiers en difficulté sur les Alpes, mais non pas pour les migrants secourus en mer Méditerranée ?
Yves Pascouau : Pour les personnes secourues en Méditerranée, c’est le droit de la mer qui oblige de porter assistance aux personnes en détresse. Pour les personnes qui aident les migrants dans les Alpes, c’est le droit de chaque Etat qui décide si cette aide est punissable ou pas. Il faut noter que le « délit de solidarité » est prévu dans une directive européenne. Si cette directive prévoit que les personnes qui portent assistance dans un but lucratif – les passeurs) doivent être punies, ce n’est pas le cas des personnes qui portent assistance. Chaque Etat peut décider de poursuivre les personnes qui portent assistance ou pas.
Vincent : comment fait-on la distinction entre migrant économique et réfugié ? Et comment cela change-t-il le traitement qui est réservé à ces personnes ?
Yves Pascouau : C’est une distinction juridique. Le statut de réfugié est prévu dans la convention de Genève de 1951 qui protège les personnes qui craignent, avec raison, d’être persécutées en raison de leur « race », religion, nationalité, appartenance à un certain groupe social ou opinions politiques. Les « migrants économiques » ne sont pas protégés à l’instar des réfugiés.
Par ailleurs, la notion de « migrant économique » est trompeuse. Dans le discours, il s’agit du migrant subsaharien qui est entré irrégulièrement sur le territoire des Etats européens. Or, un migrant économique, c’est aussi l’ingénieur informatique indien qui est embauché par une grande entreprise du secteur.
Louiza : la fin du règlement de Dublin est-elle inéluctable ?
Yves Pascouau : S’il n’y a certainement pas d’accord aujourd’hui sur un règlement Dublin IV, le règlement Dublin III continuera à s’appliquer. Juridiquement, le règlement Dublin va survivre, dans l’immédiat. La difficulté repose davantage sur sa survie en pratique. On peut imaginer que si l’Italie n’obtient pas satisfaction pour une plus grande solidarité, alors elle cessera d’appliquer le règlement Dublin de facto. A ce moment-là, on pourra alors douter de la survie du texte.
Curieux : bonjour, je souhaiterais savoir si le phénomène migratoire actuel se traduira en une hausse de la démographie européenne, ou bien sans répercussion significative.
Yves Pascouau : L’édition du journal Le Monde datée d’aujourd’hui donne quelques éléments de réponse. Selon l’OCDE, les 4 millions de demandeurs d’asile arrivés entre 2014 et 2017 devraient déclencher un accroissement d’à peine 0,3 % de la population européenne en âge de travailler à l’horizon 2020.

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Jeanne : y a-t-il des chevauchements ou articulations entre les points discutés aujourd’hui au Conseil européen et certaines dispositions du projet de loi français « asile et immigration » ?
Yves Pascouau : Les questions discutées ce jour par les chefs d’Etat et de gouvernement concernent les orientations politiques nouvelles que doit prendre la politique européenne. La loi asile et immigration discutée devant les Assemblées a pour objectif d’adapter le droit français et notamment au sujet des procédures d’asile et du retour des personnes en situation irrégulière. Une discussion porte sur des orientations politiques, l’autre sur des adaptations législatives.
Blandine : comment se fait-il que certains pays, comme l’Allemagne, arrivent à accueillir un grand nombre de migrants et que la France semble incapable de mettre en place une politique d’intégration d’un nombre de migrants infiniment plus petit ?
Yves Pascouau : L’Allemagne a une grande tradition d’accueil des réfugiés dans les faits et dans la Loi fondamentale (Constitution). Lors du conflit yougoslave, elle avait déjà accueilli plusieurs centaines de milliers de personnes déplacées. Par ailleurs, et à la différence de la France, en 2015, l’Allemagne n’était pas en prise avec le phénomène de l’extrême droite. Ce dernier joue un rôle très grand dans la manière dont les gouvernements français successifs abordent la question de l’asile et de l’immigration.
LMn : réfugiés politiques, économiques, climatiques… Nous allons tous être confrontés à de forts mouvements migratoires. Nous entendons souvent la fameuse phrase : « nous ne pouvons pas accueillir tout le monde ». Mais pouvons-nous vraiment refuser le droit à la vie ? Quelles sont les options possibles en Europe, pour accueillir autant de personnes ? Comment pouvons-nous répondre positivement à ce besoin ?
Yves Pascouau : Jusqu’à présent, l’UE et ses Etats membres n’ont pas abordé la question de l’asile et de l’immigration dans sa globalité. Depuis 1999, les Etats membres de l’UE construisent une politique migratoire commune essentiellement « intérieure », c’est-à-dire la gestion des frontières et le sort des demandeurs d’asile qui sont arrivés sur le territoire européen. C’est une vision de type « affaires intérieures » ou plus simplement « ministère de l’intérieur ». L’UE et ses Etats membres n’ont en réalité plus d’option. Ils doivent désormais construire une politique migratoire qui prenne en considération les aspects extérieurs du phénomène migratoire, c’est-à-dire de lui adjoindre une dimension « politique étrangère ». Ils commencent à le faire, mais c’est insuffisant.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Avocats, blogueurs et défenseurs des droits humains s’inquiètent pour la liberté d’expression et pointent les « dérives » du gouvernement.
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Décryptage

Un internaute jugé pour une publication sur Facebook au Burkina Faso

Avocats, blogueurs et défenseurs des droits humains s’inquiètent pour la liberté d’expression et pointent les « dérives » du gouvernement.

Par                Sophie Douce (contributrice Le Monde Afrique, Ouagadougou)



LE MONDE
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        Le 28.06.2018 à 17h19

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        Mis à jour le 28.06.2018 à 17h19






    
Le président burkinabé, Roch Marc Christian Kaboré, à Zaktubi, en novembre 2017.
Crédits : LUDOVIC MARIN / AFP


« Appel à former un complot contre la sûreté de l’Etat », « participation à une entreprise de démoralisation des forces de défense et de sécurité » et « incitation de troubles à l’ordre public » : les charges retenues contre Naïm Touré sont lourdes. Le militant burkinabé de 35 ans, arrêté et placé en détention à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou, le 14 juin, suite à une publication sur Facebook, a comparu, mercredi 27 juin, devant le tribunal de grande instance de la capitale.

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Dans le post en question, publié le 13 juin, il s’indignait du sort d’un gendarme blessé et en attente d’une évacuation sanitaire après une opération anti-terroriste menée il y a un mois à Ouagadougou. « Donc je dis et le répète que le politicien de la majorité actuelle MPP [Mouvement du peuple pour le progrès] n’a rien rien à foutre de vos putaines de vie [sic]. De nos putaines de vie à nous simples civils aussi d’ailleurs », critiquait l’internaute, avant de conclure, en lettres majuscules : « Tous ensemble recadrons ces vauriens. A défaut boutons les papou- (nis) [« papou » fait ici référence au président Roch Marc Christian Kaboré] hors de nos vues. Trop, c’est quand même trop. »
« Tentative de musellement »
« J’étais de bonne foi quand je faisais ce post. Mon intention était d’informer, d’interpeller, mais aussi de critiquer les autorités face à la lenteur de la situation. On peut critiquer en étant dans la légalité », s’est défendu Naïm Touré lors de l’audience. Après quatre heures de débats mouvementés, le parquet a requis douze mois de prison ferme contre l’accusé. Le tribunal rendra sa décision le 3 juillet.

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« Le procès de ce jour n’est pas seulement celui de Naïm Touré, mais aussi celui de la liberté d’expression au Burkina Faso », affirme l’un de ses avocats, Me Ambroise Farama. « Quand on regarde le contenu de la publication, les infractions qui lui sont reprochées sont largement disproportionnées. C’est une tentative de musellement des réseaux sociaux. Après plus de vingt ans sous le régime de Blaise Compaoré, le régime du MPP nous inquiète aujourd’hui. C’est un bond en arrière pour les libertés », déplore à son tour Me Prosper Farama.
L’arrestation de Naïm Touré a eu lieu quelques jours avant le sommet Africtivistes, une conférence réunissant blogueurs et cyber-militants, les 22 et 23 juin, où il devait animer un panel sur les lanceurs d’alerte. Dès l’ouverture du sommet, le président des Africtivistes et militant sénégalais Cheikh Fall a plaidé pour sa libération auprès du président burkinabé, présent ce jour-là. « Facebook et Twitter ne peuvent être considérés comme des espaces de non-droit ou comme des instruments de subversion et de nuisance à la disposition d’acteurs mal intentionnés », a répliqué Roch Marc Christian Kaboré.
« On sent une main politique »
Pour Amélie Gué, journaliste et membre de l’Association des blogueurs du Burkina, « le cas Naïm Touré est une première » : « On sent une main politique dans cette affaire, c’est inquiétant pour la liberté d’expression. Depuis l’insurrection de 2014 [qui conduisit à la chute du président Compaoré], les militants burkinabés sont de plus en plus nombreux sur Internet. Les réseaux sociaux commencent à occuper une place importante dans le pays, les politiques cherchent donc le moyen de les contrôler. » 
Plusieurs organisations de la société civile ont également exprimé leurs inquiétudes. Chrysogone Zougmoré, le président du Mouvement burkinabé des droits de l’homme et des peuples, pointe des « dérives » du gouvernement : « Nous observons ces derniers temps une offensive contre les libertés de manifestation, d’expression et d’opinion. » Du côté de l’Union pour le progrès et le changement (UPC, opposition), on dénonce : « Les motifs et les chefs d’accusation justifiant l’arrestation de Naïm Touré sont une insulte et une humiliation. »

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C’est la troisième fois que le militant est interpellé pour ses publications. En 2017, il avait été condamné pour « injures publiques » contre le conseiller spécial de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Salif Diallo. Un an plus tôt, il avait été placé en garde à vue, avant d’être relâché, pour avoir révélé, toujours sur Facebook, les soucis de santé de l’adjudant-chef Moussa Nébié, dit « Rambo », incarcéré à la Maison d’arrêt et de correction des armées pour avoir participé à une tentative de putsch en 2015.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ De l’« Aquarius » à Matteo Salvini, en passant par Emmanuel Macron, nous avons imaginé un dialogue, parfois fictif mais fidèle aux positions de chacun, pour comprendre les enjeux de cette crise européenne.
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La crise des politiques migratoires en Europe résumée en conversation WhatsApp

De l’« Aquarius » à Matteo Salvini, en passant par Emmanuel Macron, nous avons imaginé un dialogue, parfois fictif mais fidèle aux positions de chacun, pour comprendre les enjeux de cette crise européenne.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 16h34
    |

                            Rédaction Snapchat - Le Monde








                        



   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ L’auteure Velina Minkoff raconte le voyage d’une adolescente en République populaire démocratique de Corée (RPDC) à la fin des années 1980 dans son ouvrage « Le Grand Leader doit venir nous voir ».
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Itinéraire d’une jeune communiste bulgare en Corée du Nord

L’auteure Velina Minkoff raconte le voyage d’une adolescente en République populaire démocratique de Corée (RPDC) à la fin des années 1980 dans son ouvrage « Le Grand Leader doit venir nous voir ».



Le Monde
 |    28.06.2018 à 15h53
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 16h51
    |

            Philippe Pons (Tokyo, correspondant)








                        



                                


                            

Livre. Etre Bulgare, avoir treize ans et débarquer en République populaire démocratique de Corée (RPDC) à la fin des années 1980. Un choc, même pour une petite communiste comme Alexandra envoyée dans un camp international d’été de pionniers pendant une dizaine de jours. Elle tient un journal en vue d’un rapport sur son voyage. Ce que fit effectivement l’auteure, née à Sofia en 1974, qui raconte son équipée sous forme de roman.
Dans une langue d’adolescente dont la naïveté désopilante fait tout le sel, Alexandra décrit ce qu’elle voit, entend, ressent sans se poser de questions sur la réalité qui se cache derrière la propagande ou derrière ce qui lui est donné à voir. Et se dessine en creux cet étrange pays qu’était – et est encore – la RPDC.
A l’époque, le pays de Kim Il-sung vivait les derniers feux de son âge d’or : il passait, même aux yeux de la CIA, pour une réussite du monde socialiste qui à l’Ouest commençait à chanceler. Le Festival de la jeunesse de l’été 1989, pendant nord-coréen aux Jeux olympiques de Séoul d’un an auparavant, allait clore cette période « faste ». Au milieu de la décennie suivante, la RPDC entrait dans la période la plus dramatique de son existence depuis la guerre de Corée (1950-1953) : une famine qui fit, au bas mot, un million de morts sur une population de 24 millions de personnes.
Myopie d’adolescente
Il existe certes des livres académiques sur la RPDC des années 1970-1980, mais rares sont les récits sur ce pays vu par une adolescente, drôle à force d’être dupe. Alexandra arrive dans une contrée qui la fascine par son exotisme et par sa « prospérité ». Elle écarquille les yeux. Pyongyang et ses hôtels aux bars « avec toutes sortes de boissons », ses grandes avenues quasiment vides avec leur voie médiane réservée aux voitures officielles, ses innombrables statues à la gloire du « Dirigeant » tutélaire – que finalement elle ne verra pas –, ses grands magasins, son métro aux stations...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Fabienne Lassalle, directrice adjointe de l’ONG SOS-Méditerranée, dit attendre du Conseil européen, jeudi, « un dispositif qui permette de sauver des vies ».
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Migrants : « Les passeurs se désintéressent complètement de la survie des personnes »

Fabienne Lassalle, directrice adjointe de l’ONG SOS-Méditerranée, dit attendre du Conseil européen, jeudi, « un dispositif qui permette de sauver des vies ».



Le Monde
 |    28.06.2018 à 14h42
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 17h27
   





                        



   


La question migratoire provoque de nombreux remous au sein de l’Union européenne. Le sujet sera au cœur des débats du Conseil européen qui s’ouvre jeudi 28 juin, à partir de 16 heures, à Bruxelles. Fabienne Lassalle, directrice adjointe de l’ONG SOS-Méditerranée, et Laura Garel, chargée de communication au sein de l’ONG, ont répondu à vos questions sur le rôle des ONG dans cette crise migratoire.

        Lire les échanges entre nos lecteurs,
         

          nos journalistes et les acteurs de la crise migratoire



Delphine : Comment réagissez-vous aux dernières déclarations de M. Macron sur les ONG qui viennent en aide aux migrants en Méditerranée les accusant, peu ou prou, de faire le jeu des passeurs ?
Fabienne Lassalle et Laura Garel : Il faut rappeler que, sur la zone, en Méditerranée, de nombreux acteurs mènent des opérations de sauvetage dans les eaux internationales : des navires des garde-côtes italiens, des navires militaires, de marine marchande et des opérations Frontex (force européenne), et enfin les navires humanitaires. Tous répondent au droit maritime international de porter secours aux migrants. C’est une obligation et un devoir. Pourquoi dans ce cas stigmatiser le travail des ONG qui, en 2017, ont assuré 40 % des opérations de sauvetage ?

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C’est face à l’insuffisance des moyens en mer, après l’arrêt de l’opération « Mare Nostrum » en 2014 (opération de la marine italienne de sauvetage en mer ayant permis de secourir 150 000 personnes entre 2012 et 2014), que les ONG humanitaires ont décidé d’intervenir.
Malgré nos interventions, les moyens sont largement insuffisants et le nombre de morts en mer ne cesse d’augmenter. Sur l’axe de la Méditerranée centrale (entre la Libye et l’Italie), il y a au moins 1 000 morts depuis janvier 2018 selon le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’Organisation des Nations unies. Au cours de ces quatre dernières années, il y a eu plus de 14 000 morts selon l’Organisation internationale pour les migrations.


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Près d’un millier de migrants morts en Méditerranée depuis le début de 2018
Estimation au 27 juin 2018, réalisée par l’Office internationale des migrants, les autorités nationales et les médias. 

Source : Missing Migrants



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Fred10 : Les organisations type SOS-Méditerranée ne peuvent-elles pas agir plus en amont du problème, à savoir dissuader les migrants de prendre les navires, payer leur voyage, et organiser leur protection ?
Les opérations de sauvetage sont extrêmement complexes et onéreuses. SOS-Méditerranée est une association de sauvetage en mer, c’est notre mandat et notre compétence. Et nous témoignons de ce qu’ont vécu et de qui sont les rescapés. Notre protection vis-à-vis d’eux est limitée à la partie maritime pendant leur séjour sur le navire.
Camille : Le droit international précise-t-il vraiment que l’Aquarius doit se diriger vers le port le plus proche, comme le proclame le gouvernement ?
Le droit maritime international prévoit en effet que l’Aquarius, comme tout navire qui a effectué une opération maritime de sauvetage, doit pouvoir débarquer les rescapés dans un port sûr : là où les droits essentiels et les besoins fondamentaux des rescapés sont respectés (besoins médicaux, protection des personnes). Cela doit se faire le plus efficacement et le plus rapidement possible, d’où la recherche pour le navire du port sûr le plus proche.

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Ce sont les centres de coordination des secours maritimes qui organisent les opérations de sauvetage et indiquent le port de débarquement. Un sauvetage est considéré comme terminé lorsqu’un port sûr a été désigné. Depuis le début de ces opérations, l’Aquarius a toujours répondu aux instructions du centre de coordination de sauvetage de Rome, qui est historiquement le plus compétent dans cette zone.
Roudoudou : Dans le cadre de vos interventions, avez-vous des contacts avec les réseaux de passeurs libyens ou autres, qui sont à l’origine des départs de migrants sur mer ? Par exemple, êtes-vous informés des lieux de départ des embarcations ?
SOS-Méditérranée n’a jamais eu aucun contact avec les réseaux de passeurs libyens. Les opérations de sauvetage sont toujours supervisées par le centre de coordination de Rome. Soit ce centre reçoit directement un appel de détresse, contacte les bateaux les plus proches dans la zone, et donne instruction à ceux-ci de se rendre sur place et de réaliser l’opération. C’est la majorité des cas.
Il se peut aussi que les équipes de l’Aquarius repèrent à la jumelle ou au radar une embarcation en détresse. Dans ce cas, sa première action va être d’en informer le centre de coordination de sauvetage, qui donnera l’instruction d’opérer. C’est donc toujours ce centre qui garde la main et indiquera le port de débarquement.
Au sujet des passeurs, ils font bien peu de cas des navires de sauvetage, car ils se désintéressent complètement de la survie des personnes à qui ils ont extorqué l’argent de leur passage. Comme en témoignent les rescapés à bord de l’Aquarius, les passeurs n’ont pas pour objectif que les migrants arrivent en Europe.

        Lire le compte rendu du tchat sur la situation des migrants en Libye,
         

          avec notre correspondant en Tunisie Frédéric Bobin



Rachel : Je tiens d’abord à vous remercier et à vous féliciter pour le travail que vous réalisez. En même temps que les migrants, vous sauvez l’image de l’Europe. Pourriez-vous revenir sur la situation en Libye ?
SOS-Méditerranée n’est pas présente en Libye. Ce que nous en savons, nous l’apprenons de personnes que nous recueillons à bord de l’Aquarius. Tous, sans exception, font état de ce qui est devenu « un enfer libyen » : violences sexuelles sur les femmes et les hommes, tortures, extorsion, travail forcé… Notre équipe médicale constate d’ailleurs ces sévices au moment des soins (blessures par balles, cicatrices sur le corps et l’âme, membres fracturés).

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L’Union européenne a entrepris depuis près de deux ans de financer et de former des garde-côtes libyens pour intervenir. Mais on ne sait pas toujours à qui on a à faire. Récemment l’un d’eux, de Sabratha, a été sanctionné par l’ONU pour son implication dans un réseau de passeurs. Les garde-côtes libyens sont de plus en plus présents dans la zone mais lorsqu’ils interceptent les embarcations en détresse, ils les ramènent sur les côtes libyennes, ce qui les remet dans le circuit des passeurs. Depuis plusieurs mois, le centre de coordination maritime de Rome leur délègue de plus en plus souvent la responsabilité des sauvetages.

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Nos équipes, sur l’Aquarius, ont été témoins à de nombreuses reprises d’interceptions dans les eaux internationales, le centre de Rome leur ayant donné l’instruction de ne pas intervenir. Dans ces situations, nos offres d’assistance sont rejetées par les garde-côtes libyens présents. Ce qui provoque des scènes de panique et de chaos, les personnes préférant se jeter à la mer plutôt que d’être ramenés en Libye.
Lire la série d’articles de Maryline Baumard, montée à bord de l’Aquarius en 2016.
Ambre : Qu’attendez-vous du Conseil européen qui s’est ouvert aujourd’hui ?
Nous attendons un renforcement des moyens de sauvetage en mer pour mettre fin à cette tragédie (plus de 14 000 morts sur ces quatre dernières années). Nous souhaitons un dispositif européen, clair et efficace, qui permette de sauver des vies et de ramener les rescapés dans des ports sûrs. Comme le prévoit le droit maritime international.

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Nous attendons également que la sauvegarde des vies humaines soit priorisée avant tout autre considération politique. Les atermoiements de ces dernières semaines – qui ont conduit l’Aquarius à s’éloigner de la zone de sauvetage pour finalement accoster à Valence, à plus de 1 500 kilomètres – puis le refus de Malte d’accueillir l’Aquarius pour son escale technique, sont autant d’événements qui pénalisent l’efficacité de nos interventions et qui se traduisent par des drames. Pendant ce temps, plus de deux cents personnes sont mortes en deux jours au large de la Libye la semaine dernière.
Nous attendons des Etats européens qu’ils trouvent un accord pour que de telles situations ne se reproduisent plus.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ EN UN GRAPHIQUE. Le nombre de « non-admissions » d’étrangers a explosé en trois ans, en particulier à la frontière italienne. Un zèle dénoncé par la Cimade.
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Carte : les Alpes-Maritimes ont refoulé plus de 44 000 migrants en un an, dont 13 500 mineurs

EN UN GRAPHIQUE. Le nombre de « non-admissions » d’étrangers a explosé en trois ans, en particulier à la frontière italienne. Un zèle dénoncé par la Cimade.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 14h35
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 14h48
    |

            Anne-Aël Durand








                        


Le rétablissement du contrôle aux frontières, dans le cadre de la lutte antiterroriste, a fait exploser le nombre d’étrangers refoulés du territoire français, qui est passé de 15 849 en 2015 à 85 408 en 2017, selon la Cimade, association d’aide aux migrants, qui s’est procuré des chiffres auprès du ministère de l’intérieur.
Le recueil par département des « non-admissions » dessine une géographie des migrations et des contrôles réalisés par la police aux frontières. En trois ans, le département des Alpes-Maritimes est devenu le principal point d’entrée des routes migratoires, passant de 1 193 non-admissions en 2015 à 44 433 en 2017. C’est à la frontière entre la ville italienne de Vintimille et la ville française de Menton que se concentrent la plupart des arrivées de migrants en provenance d’Italie, mais une seconde route prend de l’ampleur : le passage par les cols alpins, à Briançon, dans les Hautes-Alpes, ou en Savoie.
Les contrôles se sont aussi renforcés à la frontière avec l’Espagne (4 764 non-admissions dans les Pyrénées-Atlantiques, 4 411 dans les Pyrénées-Orientales), alors que le nombre d’étrangers refoulés reste toujours à un très haut niveau en Seine-Saint-Denis, où sont régulièrement démantelés des camps de migrants.

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Plus de 85 000 migrants refoulés en 2017, dont la moitié dans les Alpes-Maritimes
Nombre de non-admissions par la police aux frontières en 2017. Le nombre de mineurs apparaît au survol de la souris (données récupérées par la Cimade auprès du ministère de l'intérieur)



Source : PAFISA/Cimade




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        Lire aussi :
         

                A la frontière franco-italienne : « Il est illusoire de penser qu’on peut les empêcher de passer »



La Cimade, qui publie ces données issues du ministère de l’intérieur, dénonce en particulier l’explosion du nombre d’enfants ou adolescents refoulés à la frontière, multipliée par dix-sept en trois ans. Pourtant, selon la loi, une obligation de quitter le territoire français (OQTF) ne peut être notifiée à un mineur isolé. Seuls les mineurs accompagnés de leurs parents peuvent être refoulés à la frontière.


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Explosion du nombre d'étrangers refoulés à la frontière 
Nombre de non-admissions d'étrangers en situation irrégulières, y compris des mineurs, entre 2015 et 2017  (données récupérées par la Cimade auprès du ministère de l'intérieur).

Source : Pafisa/Cimade



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A l’issue d’une mission d’observation à la frontière près de Vintimille, six organisations non gouvernementales ont dénoncé mercredi 27 juin des « pratiques illégales généralisées ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ La Chine ne cédera « pas un centimètre carré » de son territoire, a affirmé mercredi 27 juin le président chinois Xi Jinping à James Mattis, alors que les prétentions de Pékin en mer de Chine du sud avivent les tensions avec Washington.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le secrétaire à la défense américain à Pékin pour « écouter » les Chinois

La Chine ne cédera « pas un centimètre carré » de son territoire, a affirmé mercredi 27 juin le président chinois Xi Jinping à James Mattis, alors que les prétentions de Pékin en mer de Chine du sud avivent les tensions avec Washington.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 14h34
    |

            Brice Pedroletti (Pékin, correspondant)








                        



                                


                            

En Chine pour une visite de deux jours avant de s’envoler jeudi 28 juin pour Séoul puis Tokyo, le secrétaire à la défense américain, James Mattis, s’est vu expliquer par le président chinois Xi Jinping mercredi que Pékin était conscient des intérêts communs entre les deux pays mais « n’éluderait pas les différends » : « Notre attitude est ferme et claire sur les questions de la souveraineté de la Chine et de son intégrité territoriale : nous ne céderons pas un centimètre carré du territoire que nous ont laissé nos ancêtres », a déclaré le président chinois, selon le communiqué publié après leur rencontre, désignant, sans les nommer, la défense par la Chine de ses « intérêts fondamentaux » que constituent les mers de Chine et Taïwan.
M. Mattis s’est également entretenu avec son homologue, Wei Fenghe, qu’il a invité au Pentagone, ainsi qu’avec l’ancien conseiller diplomatique chinois Yang Jiechi, aujourd’hui membre du Bureau politique du parti. Le dernier déplacement d’un chef du Pentagone en Chine remonte à 2014.
Cette mise au point formelle du président chinois, fidèle à la rhétorique de Pékin, était pour ainsi dire de rigueur après les déclarations du général américain à Singapour, début juin, au forum de Shangri-La, le grand rendez-vous annuel sur la sécurité en Asie. Le « chien enragé » – surnom de Mattis – avait fustigé dans son discours du 2 juin « la militarisation » par la Chine de structures artificielles dans l’archipel des Spratleys, en mer de Chine du Sud. Les systèmes de combat qui y ont été déployés « sont indissociables d’une utilisation militaire dans un objectif d’intimidation et de coercition », avait-il déclaré, reprenant deux catégorisations déjà utilisées avant son voyage en Chine par le secrétaire à la défense de Barack Obama, Chuck Hagel, en 2014.
Soutien stratégique de Washington à Taïwan
A Singapour, M. Mattis avait ensuite estimé que cette militarisation était en « contradiction...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ En 2016, le pays a accepté de trier les migrants sur son sol au nom de la lutte contre le trafic d’êtres humains, divisant par cinq le flux de candidats au départ.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤         

Décryptage

Le Niger, sous-traitant africain de la politique migratoire de l’Europe

En 2016, le pays a accepté de trier les migrants sur son sol au nom de la lutte contre le trafic d’êtres humains, divisant par cinq le flux de candidats au départ.

Christophe Châtelot
    



LE MONDE
              datetime="2018-06-28T14:22:31+02:00"

        Le 28.06.2018 à 14h22






    
Des migrants reviennent au Niger après avoir fui la Libye à cause de groupes armés, et arrivent à Agadez, dans le nord du Niger, en mars 2017, suite à leur tentative ratée d’atteindre l’Europe en traversant la Méditerranée.
Crédits : ISSOUF SANOGO/AFP


Si les vingt-huit chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne (UE) décident, lors du Conseil européen de jeudi 28 et vendredi 29 juin, de créer à l’extérieur de leurs frontières des « hot spots » destinés à trier les demandeurs d’asile, ils pourront au moins compter sur le soutien d’un pays africain, à plus de 6 000 km de Bruxelles, le Niger. Depuis plusieurs mois, ce pays de transit de migrants expérimente en effet déjà ce système que la plupart de ses voisins se refusent à mettre en place.

        Lire aussi :
         

                Les autorités algériennes continuent d’expulser les migrants en plein désert



Lors du sommet Europe-Afrique consacré, à l’automne 2015 à La Valette, aux questions migratoires, le Niger avait déjà fait cavalier seul sur ce sujet, au risque d’apparaître dans la presse nigérienne comme le « gendarme africain des Européens ». Niamey s’était alors désolidarisé de ses partenaires de l’Union africaine (UA) en soutenant la proposition européenne de créer des centres d’enregistrement des demandeurs d’asile sur le continent. Ce que l’association française d’aide aux migrants, la Cimade, dénonce et qualifie de « politique d’externalisation de l’asile et du contrôle des frontières ».
« Chute spectaculaire »
Il y a encore peu de temps, le Niger était le principal pays de transit des migrants subsahariens en route vers l’Europe. La ville d’Agadez constituait alors la dernière étape, un point de concentration et d’équipement logistique, avant d’attaquer l’enfer du Sahara jusqu’aux côtes méditerranéennes de Libye ou d’Algérie, puis l’Europe pour les plus chanceux. « En 2015 et 2016, 100 000 migrants arrivaient chaque année à Agadez », rappelle Hassoumi Massaoudou, actuel ministre des finances qui détenait alors le portefeuille de l’intérieur. « En 2017, il n’y en avait plus que 20 000 », se félicite-t-il. Les chiffres de l’Office international des migrations (OIM) sur la même période sont presque trois fois plus élevés, mais ils affichent la même tendance : un trafic divisé par cinq.

        Lire aussi :
         

                Crise des migrants : à Bruxelles, un mini-sommet pour apaiser le débat



Au ministère de l’intérieur, Hassoumi Massaoudou fut le grand artisan de l’application fin 2016 d’une loi datant de 2015, restée jusqu’alors lettre morte, punissant de manière drastique le trafic de migrants. L’Europe a applaudi, en premier lieu la France, qui a fait du Niger l’un de ses meilleurs alliés dans la région sur le front de la lutte contre le terrorisme et du contrôle des candidats au départ originaires pour beaucoup de pays voisins, membres comme lui de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao). L’OIM a aussi salué cette « chute spectaculaire » obtenue grâce à des « mesures énergiques ».
La population nigérienne est moins enthousiaste. Une centaine de véhicules servant à convoyer les candidats au départ ont en effet été saisis par la police, des passeurs ont été arrêtés, jugés et condamnés. Toute une économie florissante et officielle – transporteurs, commerçants, logeurs, rabatteurs… – a été anéantie dans ce pays qui pointe parmi les plus pauvres du monde. Et plus particulièrement la région d’Agadez qui fut jadis un prospère carrefour de caravanes, puis une destination touristique avant d’être ruinée par les rébellions touarègues des années 1990 puis par l’activité de groupes djihadistes.

    
Une carcasse de voiture abandonnée dans le désert du Ténéré, au Niger, le 3 juin 2018.
Crédits : Jerome Delay/AP


« La situation est extrêmement complexe », reconnaissait le Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Filippo Grandi, lors d’une visite à Agadez, le 21 juin. « Je demande instamment qu’une aide au développement soit apportée à la communauté locale. Que cela nous plaise ou non, la cessation de la traite d’êtres humains a eu pour conséquence que des milliers de familles ont perdu leur moyen de subsistance. Si la communauté internationale ne soutient pas le Niger, ces familles pourraient se retourner contre les étrangers bloqués ici », a averti le chef du HCR.
Le cul-de-sac d’Agadez
L’UE, par l’entremise du Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique, ainsi que les partenaires bilatéraux ont certes promis des centaines de millions d’euros pour aider la population locale, offrir une alternative professionnelle aux anciens trafiquants, développer et sécuriser la région. Mais les effets tardent à se faire sentir.
Parallèlement, la situation a changé de nature et comporte des risques. D’une part, les réseaux de transporteurs choisissent dorénavant d’autres voies transsahariennes plus dangereuses que celles utilisées auparavant mais désormais surveillées par les autorités. D’autre part, Agadez est devenu un cul-de-sac pour les candidats à la migration qui ont vu les routes se fermer.

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Enfin, les « hot spots » ont attiré une clientèle nouvelle. La ville a ainsi vu arriver plusieurs milliers de Soudanais, souvent réfugiés du Darfour, en quête du statut de réfugiés politiques que peuvent théoriquement leur accorder les fonctionnaires français de l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra), envoyés ponctuellement au Niger pour trier les dossiers en collaboration avec l’OIM et le HCR.
La France s’est engagée à aller chercher 3 000 réfugiés au Tchad et au Niger. A ce jour, seulement quelques dizaines ont été accueillies en France. Mais cet afflux de demandeurs d’asile a provoqué des tensions avec la population locale. C’est pour cette même raison que le Tchad, voisin du Niger, s’oppose à l’idée de ces centres de tri et d’enregistrement. « Cela risque de créer un appel d’air, a expliqué récemment le ministre tchadien des affaires étrangères, Hissein Brahim Taha. Des milliers de candidats à l’immigration viendront chez nous. » « L’essentiel est que les gens aient le choix. Celui de rester chez eux ou celui de continuer leur route », ajoute Patrick Youssef, directeur régional adjoint pour l’Afrique au Comité international de la Croix-Rouge (CICR). « Tout le monde a le droit de partir chercher une vie meilleure s’il en ressent le besoin », rappelle-t-il.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ La « route occidentale » de la Méditerranée est beaucoup moins empruntée que celle de l’Italie, en raison d’un travail de longue haleine entrepris par les gouvernements espagnols.
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Les arrivées de migrants restent sous contrôle en Espagne

La « route occidentale » de la Méditerranée est beaucoup moins empruntée que celle de l’Italie, en raison d’un travail de longue haleine entrepris par les gouvernements espagnols.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 13h47
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 13h54
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


En accueillant l’Aquarius, le tout nouveau premier ministre espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, a voulu rappeler les valeurs de solidarité de l’Union européenne. Un message consensuel en Espagne, où l’extrême droite et les discours xénophobes sont insignifiants et marginaux. Le pays n’en reste pas moins en première ligne sur les questions migratoires, même si les arrivées par la « route occidentale » de la Méditerranée restent modestes en comparaison des records enregistrés en 2015 en Grèce et en 2017 en Italie.
Près de 22 000 migrants ont franchi le détroit de Gibraltar, la mer d’Alboran ou les grillages installés à Ceuta et à Melilla pour passer du Maroc en Espagne en 2017, soit trois fois plus qu’en 2016 (8 200 migrants). Cette tendance à la hausse s’est maintenue entre le 1er janvier et le 20 juin, avec plus de 12 000 entrées illégales sur les côtes espagnoles, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), soit une hausse de près de 60 % par rapport à 2017. Et plus de trois cents personnes sont mortes durant la traversée à bord d’embarcations de fortune.
Alors que les arrivées de migrants ont très considérablement baissé ces dernières années dans l’ensemble de l’Europe, l’Espagne fait figure d’exception : ses installations d’hébergement sont saturées, ses capacités d’accueil débordées. Ces chiffres, même en forte hausse, demeurent cependant sans commune mesure avec le boom connu en Italie ou en Grèce au plus fort de la crise migratoire. Après des années d’accalmie, ils se rapprochent davantage des records de l’année 2006, quand 39 000 personnes avaient débarqué sur les côtes espagnoles, dont 31 000 aux îles Canaries.

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Surveillance, dissuasion et aide au développement
A l’époque, endiguer les flux migratoires en provenance de l’Afrique avait été une des principales tâches que s’était fixé le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero (2004-2011), après l’« appel d’air » suscité par l’annonce en 2005 de la régularisation de près de 400 000 sans-papiers. Pour cela, il avait déployé son action sur trois fronts : la surveillance, la dissuasion et l’aide au développement.
Dans ce cadre, le gouvernement avait développé des programmes de coopération en Afrique visant à générer des activités économiques sur place, agricoles essentiellement. Parallèlement, en 2007, le royaume a participé à la création du réseau européen de patrouilles maritimes dans le cadre de l’agence européenne de contrôle des frontières, Frontex.
Les ministères des affaires étrangères et de l’intérieur ont également travaillé en commun et multiplié les voyages en Afrique afin d’intensifier la collaboration avec le Maroc ou la Mauritanie, et signer, entre 2006 et 2008, des accords de réadmission avec de nombreux pays d’Afrique, comme le Sénégal, la Gambie, la Guinée, le Nigeria, le Ghana ou le Mali. Objectif : faire passer le message que le voyage était non seulement dangereux mais aussi stérile.
Près de 40 % des migrants en centre de rétention, les centres d’internement des étrangers (CIE) – dans lesquels ils sont détenus durant un maximum de soixante jours –, sont ainsi expulsés grâce aux accords de « rapatriement » avec des pays d’Afrique. Et l’an dernier, moins de cinq cents migrants sont arrivés aux Canaries.

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Syrie : l’entreprise Lafarge mise en examen pour « complicité de crimes contre l’humanité »

La filiale du cimentier franco-suisse LafargeHolcim a été mise en examen jeudi dans l’enquête visant des soupçons de financement du terrorisme.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 13h40
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 16h38
    |

            Soren Seelow








                        


Il s’agit d’un coup de semonce dans le monde préservé des multinationales. La société Lafarge SA, filiale du cimentier franco-suisse LafargeHolcim, a été mise en examen, jeudi 28 juin, en tant que personne morale, des chefs de « violation d’un embargo », « mise en danger de la vie d’autrui », « financement d’une entreprise terroriste » et « complicité de crimes contre l’humanité ». La personne morale a été placée sous contrôle judiciaire avec une obligation de cautionnement de 30 millions d’euros, selon une source judiciaire.
Ce développement semblait inéluctable après que huit anciens cadres du groupe ont été mis en examen ces derniers mois pour « financement du terrorisme » et « mise en danger de la vie d’autrui » dans l’enquête visant des soupçons de financement de groupes terroristes en Syrie. La surprise est venue du quatrième chef d’inculpation retenu par les juges d’instruction : celui de « complicité de crimes contre l’humanité ». LafargeHolcim a annoncé jeudi par communiqué que le groupe ferait appel des infractions reprochées, « qui ne reflètent pas équitablement les responsabilités de Lafarge SA ».
En visant la « complicité de crimes contre l’humanité », les magistrats ont suivi la logique développée par l’organisation non gouvernementale de lutte contre les crimes économiques Sherpa et le Centre européen pour les droits constitutionnels et humains (ECCHR), dont la plainte avait déclenché l’ouverture de cette information judiciaire en juin 2017. Dans un communiqué, les deux associations se sont félicitées de cette mise en examen, qualifiée d’« historique ».
« C’est la première fois qu’une entreprise est mise en examen pour complicité de crimes contre l’humanité dans le monde, ce qui marque un pas décisif dans la lutte contre l’impunité des multinationales opérant dans des zones de conflits armés », déclarent Sherpa et l’ECCHR, qui appellent Lafarge « à prendre ses responsabilités » en ouvrant un fonds d’indemnisation pour les anciens employés de sa filiale syrienne, « afin que les victimes voient leurs préjudices rapidement réparés ».
Une note, un argumentaire
Dans une note datée du 9 mai, dont Le Monde a pris connaissance, les deux associations avaient présenté aux juges d’instruction les arguments permettant, selon elles, de poursuivre Lafarge en vertu de l’article 212-1 du code pénal relatif aux crimes contre l’humanité.
En préambule, elles rappelaient que de tels crimes sont imputables à l’organisation Etat islamique (EI), comme en atteste une résolution du Parlement européen de mars 2016 : « L’EI et les autres mouvements djihadistes commettent des atrocités et de graves violations du droit international [qui] constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. »
Des « atrocités » auxquelles Lafarge est soupçonné d’avoir indirectement contribué en versant plusieurs millions de dollars entre 2012 et 2014 à plusieurs groupes armés pour maintenir ses activités en Syrie. Le cimentier est notamment accusé de s’être acquitté d’une taxe à l’EI afin de faciliter la circulation de ses employés, mais aussi d’avoir acheté des matières premières provenant de carrières contrôlées par le groupe et d’avoir vendu du ciment à des distributeurs en lien avec les djihadistes.

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La question de l’intentionnalité
Ces flux d’argent – motivés par un calcul financier et non par une adhésion idéologique – suffisent-ils à faire du cimentier un complice de l’EI ? En droit français, la complicité suppose un élément matériel et un élément intentionnel.
L’élément matériel – en l’occurrence ici le financement – a été établi par l’enquête. « La vente de ressources naturelles constitue 82 % des ressources de l’EI », notent Sherpa et l’ECCHR, et « les diverses sources de financement de l’EI ont largement contribué au renforcement de ses capacités humaines, matérielles et opérationnelles et, par voie de conséquence, à la commission des crimes contre l’humanité ».
Le groupe Lafarge peut-il pour autant être accusé d’avoir intentionnellement financé ces crimes ? « La Cour de cassation n’exige pas du complice de crimes contre l’humanité qu’il “adhère à la politique d’hégémonie idéologique des auteurs principaux”, poursuit la note. Il n’est pas non plus nécessaire que le complice “connaisse le crime précis qui est projeté”. » 
L’élément intentionnel « se limite » donc à la connaissance que pouvait avoir Lafarge des crimes perpétrés par le groupe EI, et du fait que « son comportement contribuerait » à leur commission. En suivant ce raisonnement, les juges d’instruction ont estimé que Lafarge n’avait pu ignorer la réalité des exactions commises par l’EI et les avait donc facilitées en connaissance de cause.
Les actionnaires dans la ligne de mire
Avec cette mise en examen, l’étau se ressert un peu plus sur le cimentier. En octobre 2017, la justice belge s’était déjà associée à l’information judiciaire ouverte en France pour s’intéresser au rôle du Groupe Bruxelles Lambert (GBL), qui détenait 20 % des actions de Lafarge à l’époque des faits.
A la fin de 2017, la police belge a perquisitionné le siège de la holding et entendu quatre de ses responsables : Gérald Frère, président du conseil d’administration de GBL, Ian Gallienne, administrateur délégué, ainsi que Gérard Lamarche et Paul Desmarais, les deux représentants de GBL au conseil d’administration de Lafarge.

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Les enquêteurs belges ont justifié sur procès-verbal cet intérêt pour GBL par « l’importance de l’investissement » de l’usine syrienne de Jalabiya (680 millions d’euros), dont la construction avait été achevée à la fin de 2010, quelques mois avant le début des troubles syriens.
Ils soulignent surtout le contexte dans lequel s’inscrit cette affaire, celui de la fusion en cours entre Lafarge et Holcim, qui sera finalisée en juillet 2015 : « La question du maintien de l’activité de l’usine syrienne constituait un enjeu majeur dans un contexte de rapprochement boursier [puisque] l’arrêt de l’activité de l’usine aurait nécessité la comptabilisation d’une dépréciation de cet actif. »
Le spectre d’une enquête américaine
La justice américaine s’intéresse également aux déboires de Lafarge et de son actionnaire. Selon le quotidien belge L’Echo, le FBI et le ministère de la justice états-unien ont demandé à la justice belge « l’accès à toutes les pièces des dossiers syriens Lafarge/GBL ».
Selon les informations du Monde, une requête similaire a été adressée à la justice française, laissant augurer l’ouverture d’une enquête outre-Atlantique, dont les conséquences pourraient se révéler plus lourdes pour LafargeHolcim.
S’il est encore trop tôt pour anticiper toutes les répercussions de cette affaire sur le géant franco-suisse, le dossier syrien a déjà contribué à accentuer la perte d’influence des dirigeants français du groupe et sa reprise en main par les cadres issus du suisse Holcim.
Deux anciens responsables de Lafarge, mis en examen dans ce dossier, ont dû abandonner leurs fonctions au sein de la nouvelle entité en 2017 : Bruno Lafont, ancien PDG de Lafarge, a renoncé à la vice-présidence de LafargeHolcim puis quitté le groupe, tandis qu’Eric Olsen, ancien directeur des ressources humaines de Lafarge, a été contraint de quitter son poste de numéro un opérationnel. Le dernier épisode en date de cette prise de pouvoir a été l’annonce, très symbolique, de la fermeture du siège parisien du groupe le 25 mai.
« Nous regrettons profondément ce qui s’est passé dans notre filiale syrienne et, dès que nous en avons été informés, nous avons immédiatement pris des mesures fermes, s’est défendu Beat Hess, le président du conseil d’administration de LafargeHolcim, dans le communiqué diffusé jeudi. Aucune des personnes mises en examen n’est aujourd’hui dans l’entreprise. »

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Douze adolescents et leur entraîneur de football sont pris au piège depuis samedi dans une grotte inondée du nord de la Thaïlande.
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Opération internationale pour secourir des adolescents bloqués dans une grotte en Thaïlande

Douze adolescents et leur entraîneur de football sont pris au piège depuis samedi dans une grotte inondée du nord de la Thaïlande.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 13h30
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 14h14
   





                        



   


Des militaires américains et des plongeurs britanniques prêtent main-forte, jeudi 28 juin, aux sauveteurs thaïlandais qui tentent de retrouver douze enfants et leur entraîneur de football, bloqués depuis cinq jours dans la grotte de Tham Luang, située près de la frontière avec la Birmanie et le Laos.
Avec la pluie de mousson incessante dans la province de Chiang Rai, le niveau de l’eau ne cesse de monter dans la cavité, où les enfants âgés de 11 à 16 ans et leur entraîneur de 25 ans sont pris au piège depuis samedi.
Les plongeurs britanniques, qui avaient dû rebrousser chemin une première fois à cause de la montée des eaux, ont tenté jeudi une nouvelle expédition à travers des puits naturels à la verticale de la grotte. Mais ils ont dû une nouvelle fois faire marche arrière. Des soldats américains, dont des spécialistes en sauvetage et survie, sont également arrivés pour prêter eux aussi main-forte.
Attente d’une amélioration de la météo
En parallèle, des garde-frontières et des policiers accompagnés de chiens parcouraient la montagne, à la recherche de possibles puits naturels conduisant à la verticale de la grotte. Les familles ont apporté des vêtements des enfants pour aider les chiens à éventuellement repérer leur trace. Des drones ont aussi été acheminés, pour être envoyés en repérage dans les galeries, dès que les conditions météorologiques le permettront. Vendredi, espèrent les sauveteurs.
Les disparus étaient entrés samedi soir dans la grotte mais les pluies de mousson ont bloqué l’entrée principale de ce réseau souterrain complexe et long de plus de dix kilomètres. Il est apprécié des spéléologues confirmés en raison de cette complexité et le réseau est réputé l’un des plus grands de Thaïlande. A l’entrée de la grotte, un panneau prévient les visiteurs de ne pas y entrer durant la saison des pluies, entre juillet et novembre. Les sauveteurs espèrent que les enfants et leur entraîneur ont pu trouver une poche d’air, dans le milieu du réseau.
Ce drame suscite une grande émotion à travers le pays, avec des appels à la prière du vendredi au sein de la minorité musulmane de ce pays bouddhiste en passant par des écoles formant des chaînes humaines sur les stades en forme de « 13 », en hommage aux 13 disparus.
L’entraîneur et les enfants de l’équipe des « sangliers » connaissent bien le site, soulignent les autorités thaïlandaises. Des photos sur la page Facebook d’Ekkapol Janthawong le montrent dans la cave en 2016, avec de jeunes footballeurs.
En 2007, six touristes étrangers et leurs deux guides thaïlandais avaient péri après avoir été emportés par des inondations éclair dans une grotte du parc national de Khao Sok, dans le sud de la Thaïlande.



                            


                        

                        


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La Hongrie « viole le droit européen et international » sur les réfugiés

Selon Marta Pardavi, la présidente de l’ONG Helsinki Committee, en criminalisant l’aide aux demandeurs d’asile, le premier ministre Viktor Orban ne respecte pas les traités.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 11h59
    |

            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

En trois ans, la Hongrie a modifié comme aucun autre pays européen sa législation afin de décourager les migrants voulant déposer une demande de protection sur son sol. Avec un succès certain : saisie de plus de 192 000 dossiers en 2015, elle n’a accordé l’asile qu’à une poignée de personnes depuis le 1er janvier. Le 20 juin, le premier ministre souverainiste Viktor Orban est allé jusqu’à criminaliser l’aide accordée aux migrants, en modifiant une nouvelle fois le code pénal. Ce dernier prévoit désormais des peines de prison ferme pour toute personne offrant une assistance à des demandeurs d’asile. Il s’agit d’une violation flagrante du droit communautaire et des obligations internationales de ce pays d’Europe centrale, selon Marta Pardavi, la coprésidente de l’ONG Helsinki Committee, l’une des principales associations de défense des droits de l’homme dans le pays. Elle invite Bruxelles à réagir.
Pourquoi, selon vous, cette loi n’est-elle pas conforme au droit international ?
Deux jours après son adoption, les experts juridiques de la Commission de Venise [un organe consultatif du Conseil de l’Europe composé de juristes indépendants] ont déclaré qu’elle devait être abrogée, car elle nuit gravement au travail légitime des ONG et va au-delà de ce qui est autorisé par l’article 11 de la Convention européenne des droits de l’homme, concernant la liberté de réunion. La nouvelle disposition criminalise la distribution de matériel d’information, ce qui restreint les libertés des ONG. Or ces libertés sont garanties par le droit international. Par ailleurs, la nouvelle loi érige en infraction la défense des droits. C’est une ingérence illégitime dans la liberté d’expression. Cette dernière est garantie par l’article 10 de la CEDH. Le texte de loi est très vague et nous expose à l’arbitraire. Nous ne savons pas à quoi nous attendre. Nous devons nous préparer à des poursuites pénales sur instruction politique, et je...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ « Entre 700 000 et un million de migrants et réfugiés seraient présents en Libye », a expliqué, dans un tchat jeudi, Frédéric Bobin, correspondant du « Monde ».
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Compte rendu

Migrants : en Libye, « la difficulté de contrôler les réseaux de passeurs tient au chaos »

« Entre 700 000 et un million de migrants et réfugiés seraient présents en Libye », a expliqué, dans un tchat jeudi, Frédéric Bobin, correspondant du « Monde ».


LE MONDE
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        Le 28.06.2018 à 11h57

     •
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        Mis à jour le 28.06.2018 à 17h40






    
Un centre de migrants à Tripoli, le 22 février.
Crédits : MAHMUD TURKIA / AFP


La question migratoire provoque de nombreux remous au sein de l’Union européenne. Le sujet sera au cœur des débats du Conseil européen qui s’ouvre jeudi 28 juin, à partir de 16 heures, à Bruxelles. Parmi les sujets en discussion, le projet de création de « plateformes » où seraient débarqués les migrants récupérés en Méditerranée, probablement sur les côtes d’Afrique du Nord. Frédéric Bobin, correspondant du Monde en Tunisie, a répondu à vos questions sur la situation des migrants en Libye.

        Lire les échanges entre nos lecteurs,
         

          nos journalistes et les acteurs de la crise migratoire



Paul : Quelle est la situation en Libye aujourd’hui ? Les gouvernements arrivent-ils à contrôler les passeurs ?
Le flux de départs vers l’Italie concerne surtout la région occidentale de la Libye, la Tripolitaine, la plus proche de l’île italienne de Lampedusa. Il s’est globalement tari depuis près d’un an, depuis juillet précisément, en raison d’une meilleure coopération entre l’Union européenne et le gouvernement d’« accord national » de Faïez Sarraj installé à Tripoli, notamment dans la formation et l’équipement des garde-côtes libyens.
Il y a eu aussi des accords occultes entre Rome et certaines milices de passeurs, notamment à Sabratha, l’ex- « capitale des passeurs ». Du coup, la courbe s’est retournée, la baisse est de l’ordre de 75 % par rapport à l’année précédente.
La difficulté de contrôler les réseaux de passeurs sur la longue durée tient au chaos qui règne en Libye, l’absence d’Etat central, la fragmentation du pays en milices rivales et quasi autonomes sur le terrain.

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Henri : D’où viennent les migrants qui arrivent en Libye ?
Il faut distinguer la migration de transit vers l’Europe de la migration de travail composée de gens désireux de rester en Libye. La première, la migration de transit, touchait historiquement plutôt des ressortissants de la Corne de l’Afrique (Ethiopie, Erythrée, Somalie), fuyant guerres civiles et famines. Ils ont été rejoints plus récemment par des ressortissants d’Afrique centrale (Nigeria) et d’Afrique de l’Ouest (Mali, Côte d’Ivoire, Sénégal, Gambie, etc.).
Quant à la migration de travail, elle persiste car dans cet ancien eldorado pétrolier, et malgré les chaos ambiants, il y a toujours de petits boulots disponibles. Elle concerne surtout les pays voisins de la Libye (Egypte, Soudan, Tchad, Niger et, dans une moindre mesure, Tunisie). Et au-delà de l’Afrique, il avait aussi beaucoup de Bangladais, Philippins, etc.
Cette typologie n’est pas si claire dans les faits. Car des migrants peuvent passer de l’une à l’autre en fonction des vicissitudes de leur traversée et de leur séjour en Libye. Il n’y a pas de chiffres officiels.
Mais toutes catégories confondues, on estime qu’entre 700 000 et 1 million de migrants et réfugiés sont présents en Libye. Telle était du moins la situation en 2017.

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                Intégrer, expulser : les deux pôles de la politique migratoire européenne



Caroline : Pourriez-vous nous en dire plus sur la situation politique en Libye ? Est-elle toujours aussi chaotique ? Les Etats européens antimigrants peuvent-ils en profiter pour asseoir leur volonté d’empêcher les exilés de traverser la Méditerranée ?
La situation politique en Libye demeure marquée par l’instabilité et la fragmentation politique et tribale. Il y a actuellement deux gouvernements rivaux qui se disputent la légitimité du pouvoir, l’un basé à l’Est autour du maréchal Khalifa Haftar et l’autre établi à Tripoli (Ouest) autour du gouvernement d’« accord national » de Faïez Sarraj, soutenu par la communauté internationale. C’est cette division qui favorise les flux migratoires.
Les Etats « antimigrants », comme vous dites, cherchent plutôt à réunifier la Libye afin de disposer d’un interlocuteur solide, sous la forme d’un Etat fonctionnel, afin de maîtriser les flux.
Cela étant dit, ces Etats européens ne tirent pas forcément dans le même sens : on le voit avec l’Italie, qui a des relations privilégiées avec la Tripolitaine, et donc le gouvernement de Sarraj, et la France qui a noué des relations étroites avec Haftar dans l’Est tout en soutenant officiellement Sarraj.
Dune : Savez-vous s’il y a toujours des accords « secrets » entre l’Italie et les milices libyennes ?
C’est la grande question qui a agité les médias et les observateurs en 2017, quand le flux de départs a commencé à se retourner à la mi-juillet. Subitement, Sabratha, jusqu’alors la principale plateforme de départs vers l’Italie, a enregistré un quasi-arrêt des départs sur ses plages.
La rumeur a couru qu’il y avait eu un accord secret entre Rome et le « parrain » du lieu, un certain Ahmed Al-Dabbashi, surnommé « Al-Ammu » (l’Oncle). Evidemment, les Italiens ont démenti. Mais l’arrêt soudain de l’activité migratoire de Sabratha n’en demeure pas moins troublant. Il est difficile de prouver qu’il a pu y avoir le versement de sommes d’argent.
Mais ce qui est incontestable, c’est qu’une brigade fraîchement formée, le Bataillon 48, vitrine respectable de l’Oncle, a subitement été reconnue et légitimée par les autorités de Tripoli. Il est fort probable que le soutien des Italiens à l’Oncle a transité par ce processus de légitimation validé par Tripoli.
Il est vrai que l’expérience n’a pas été très concluante car cette affaire a précipité des affrontements fratricides à Sabratha qui ont forcé l’Oncle au départ. Il s’est réfugié dans la ville voisine de Zaouïa.
Ses rivaux vainqueurs n’ont toutefois pas repris leurs activités de passeurs à Sabratha, qui a perdu son statut de « capitale des départs ». La pression internationale a d’une certaine manière porté ses fruits. Mais les départs se font désormais ailleurs.

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Rosy : Parmi les projets évoqués par les Européens, figure la mise en place de « plateformes » où seraient débarqués les migrants récupérés en Méditerranée, probablement sur les côtes d’Afrique du Nord. Quels pays seraient prêts à accepter de mettre en place de tels camps ? La Tunisie a été citée. La Libye aussi. Réaliste ?
La Tunisie clairement dit non. En Libye, l’affaire demeure pratiquement difficile et éminemment controversée au regard du contexte ambiant de violence.
Pour l’instant, le Niger apparaît comme une option aux yeux de certains gouvernements européens, notamment la France. Le HCR en envoyé à Niamey autour de 900 candidats à l’asile – pour Europe – qui se trouvaient jusque-là piégés en Libye.
Les dossiers de demande d’asile seront traités sur place avant un éventuel départ en Europe. Mais le rythme de traitement de ces dossiers est très lent et le gouvernement du Niger s’impatiente apparemment.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ L’organisation de désarmement pourra désormais nommer les auteurs d’attaques chimiques. Une décision adoptée le 27 juin, au terme de deux jours de vifs débats.
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Attaques chimiques : l’OIAC élargit ses pouvoirs

L’organisation de désarmement pourra désormais nommer les auteurs d’attaques chimiques. Une décision adoptée le 27 juin, au terme de deux jours de vifs débats.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 11h57
    |

            Stéphanie Maupas (La Haye, correspondance)








                        



                                


                            

L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) est désormais habilitée à identifier « les auteurs, organisateurs, commanditaires » d’attaques commises sur le territoire de l’un de ses 193 membres, et non pas seulement les substances utilisées. Au terme de deux jours de débats tendus, 82 Etats présents à La Haye ont adopté une décision, portée par le Royaume-Uni, renforçant les pouvoirs de cette organisation œuvrant au désarmement. Vingt-quatre autres Etats s’y sont opposés, menés par Moscou et Damas.
Le ministre des affaires étrangères britannique, Boris Johnson, qui avait fait une courte apparition à La Haye, mardi, a estimé que « l’OIAC dispose désormais d’un pouvoir supplémentaire crucial, non seulement pour déceler l’utilisation d’armes chimiques, mais aussi pour pointer du doigt l’organisation ou l’Etat » auteur de ces attaques.
Depuis quatre ans, les enquêteurs de l’OIAC se sont régulièrement rendus en Syrie pour confirmer la réalité de telles attaques et déterminer les produits employés, mais ils n’étaient pas mandatés pour en désigner les auteurs. Une mission conjointe de l’ONU et de l’OIAC avait pu, pendant un an et demi, assurer cette tâche, attribuant trois attaques à l’armée syrienne, une quatrième au gouvernement de Damas et les deux dernières à l’organisation Etat islamique (EI). Mais, en novembre 2017, la Russie et la Chine opposaient leur veto à toute prolongation du mandat de cette mission. Et, hormis lors de cette courte période, aucun mécanisme d’enquête n’a pu identifier les auteurs d’attaques chimiques en Syrie.

« Nous étions confrontés à des blocages répétés à New York, là où certains levaient leur panneau en disant “veto”. Cette décision sauve l’OIAC de la paralysie qui la menaçait aussi », a commenté l’ambassadeur de France aux Pays-Bas, Philippe Lalliot, peu après le vote, mercredi après-midi.
Revanche diplomatique
Au cours des dernières années, Moscou, Téhéran...




                        

                        


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Compte rendu

Génocide des Tutsi : non-lieu confirmé pour le prêtre rwandais Wencesclas Munyeshyaka

Le père devait répondre devant la justice française de son implication présumée dans les massacres de 1994. Les parties civiles ont annoncé un pourvoi en cassation.

Pierre Lepidi
    



LE MONDE
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        Le 28.06.2018 à 11h22

     •
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        Mis à jour le 28.06.2018 à 11h44






    
Le prêtre rwandais Wenceslas Munyeshyaka (au centre), à Evreux, en 2006.
Crédits : ROBERT FRANÇOIS / AFP


La justice a pris son temps. En 1995, le père Wenceslas Munyeshyaka était le premier Rwandais résidant en France contre lequel une plainte était déposée pour son implication présumée dans le génocide des Tutsi, qui fit, entre avril et juillet 1994, près de 800 000 morts au Rwanda. Jeudi 21 juin, soit vingt-quatre ans après les faits incriminés, la cour d’appel de Paris a confirmé le non-lieu, prononcé en 2015, dont a bénéficié l’ancien curé de l’église de la Sainte-Famille de Kigali.
Les juges d’instruction du département « crimes contre l’humanité » ont confirmé l’ordonnance estimant que sa passivité face aux massacres ne pouvait suffire à le faire comparaître devant la cour d’assises de Paris, tout en reconnaissant le rôle « trouble » du prêtre. Le parquet avait requis un non-lieu faute de charges suffisantes, au terme d’une enquête alimentée par des centaines de témoignages et de plusieurs déplacements des juges et des gendarmes spécialisés au « pays des milles collines ».
« Au-delà de l’acquittement, cela signifie qu’il n’y a pas de charges, s’est félicité auprès de l’AFP Me Jean-Yves Dupeux, avocat du père Munyeshyaka. Voilà un homme qui a été mis en cause pour des faits gravissimes, qui s’est défendu pied à pied et qui a réussi à démontrer qu’il s’agissait d’accusations mensongères. Cette procédure a été mise en œuvre par des associations proches du pouvoir rwandais. »
« Des témoins sont morts »
« Nous ressentons de la frustration plus que de la déception, déplore Oliver Kameya, partie civile au procès. Le système judiciaire a fait traîner la procédure, ce qui est pire que le déni de justice. » Le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR), une association qui poursuit de possibles génocidaires réfugiés en France, a annoncé son pourvoi en cassation.
Ce nouvel épisode judiciaire s’annonce comme la continuation d’un long marathon judiciaire. Dans l’Hexagone et bien qu’il ait été incarcéré à deux courtes reprises, en 1995 et en 2007, Wenceslas Munyeshyaka, âgé aujourd’hui de 59 ans, a été à l’origine en 2004 d’une condamnation de la France par la Cour européenne des droits de l’homme pour « méconnaissance du principe du délai raisonnable », l’instruction de l’affaire ayant été estimée trop lente.

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                Rwanda : nouveau témoignage d’un ex-militaire contestant le caractère purement humanitaire de « Turquoise »



En 2006, le curé, installé aujourd’hui en Normandie, a été condamné par contumace à la prison à perpétuité par les autorités rwandaises. L’année suivante enfin, un mandat d’arrêt a été lancé par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) contre celui que l’on pouvait voir dans son église de Kigali portant un pistolet et un gilet pare-balles.
« La durée exceptionnellement longue de l’instruction de ce dossier peut expliquer en partie la décision qui a été rendue par les juges d’instruction, explique Me Richard Gisagara, dont le cabinet assistait des parties civiles. En plus de vingt années, des témoins importants sont morts et n’ont pas pu être entendus par la justice. Il y a, parmi eux, Rose Rwanga, morte en 2009, qui accusait le père Munyeshyaka du rôle qu’il a eu dans l’assassinat des membres de sa famille, notamment sa fille tuée alors qu’elle s’était réfugiée dans l’église. »
Archives
Le 4 juillet 1994, veille de la libération de Kigali par le Front patriotique rwandais mené par Paul Kagame, réélu à la tête de l’Etat en 2017, Wenceslas Munyeshyaka était parvenu à rejoindre le nord de son pays. A-t-il ensuite été exfiltré par les militaires français de l’opération militaro-humanitaire « Turquoise », comme cela a parfois été avancé par ses accusateurs ? Ce qui est certain, c’est qu’il a passé la frontière et s’est retrouvé à Goma dans l’ex-Zaïre où il a retrouvé plus d’une trentaine de prêtres.

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                Au Rwanda, découverte de quatre charniers datant du génocide de 1994



Le déclassement des archives militaires concernant le génocide des Tutsi, que soutient l’amiral Jacques Lanxade, chargé de la mise en œuvre de l’opération « Turquoise », pourrait-elle permettre de retracer le parcours exact de l’ancien curé de Kigali ? « Les archives nous renseigneront d’abord sur le rôle de la France en 1994 », répond Alain Gauthier, président du CPCR.
Vendredi 29 juin, aux assises de Paris, auront lieu les plaidoiries en appel de deux bourgmestres rwandais, dont la justice doit déterminer le niveau de responsabilité qu’ils ont eu lors du massacre de plus de 2 000 Tutsi au cours d’une même journée de 1994, dans l’église du petit village de Kabarando. Octavien Ngenzi et Tito Barahira ont été condamnés en 2016 par la justice française à la prison à perpétuité. Verdict est attendu la semaine prochaine.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Le premier ministre populiste désigné Andrej Babis veut former une coalition avec les sociaux-démocrates, mais dépendra au Parlement de l’ex-Parti communiste tchécoslovaque.
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Le prochain gouvernement tchèque entre les mains des communistes

Le premier ministre populiste désigné Andrej Babis veut former une coalition avec les sociaux-démocrates, mais dépendra au Parlement de l’ex-Parti communiste tchécoslovaque.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 10h58
    |

            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

Certains y verront une énième provocation de la part du président tchèque. Mercredi 27 juin, l’irascible Milos Zeman n’a pas trouvé déplacé de nommer le nouveau gouvernement à l’occasion de la Journée du souvenir, dédiée aux victimes du régime communiste. Or, ce dernier devrait être soutenu au Parlement, pour la première fois depuis 1989, par le très nostalgique Parti communiste de Bohême et de Moravie (KSCM), le successeur direct du peu riant PC de l’ex-Tchécoslovaquie. Et cette formation n’a rien renié de ce passé lourd à porter, ni fait son mea culpa, selon Vit Havelka, un chercheur du think tank Europeum.
Alors que dans les autres démocraties européennes issues de l’ancien bloc soviétique, ceux qui se réclament d’un tel héritage marxiste sont marginalisés, à Prague, ils jouissent donc désormais de la position enviable des faiseurs de rois. Car huit mois après les élections législatives des 20 et 21 octobre 2017, le milliardaire populiste Andrej Babis, qui était arrivé en tête du scrutin, avec 29,7 % des voix, a passé un pacte inédit avec eux.
Désirant à tout prix éviter des élections anticipées après des négociations longues et laborieuses pour trouver une majorité, il va accéder à plusieurs des requêtes du KSCM, qui n’a obtenu que 8,51 % des voix lors du scrutin, nommer aussi des communistes à des postes importants dans de grandes entreprises publiques. En échange, la poignée de députés que compte cette formation lui promet une bienveillance sans faille à l’égard de la coalition minoritaire que son parti, ANO, Action des citoyens mécontents, entend mener avec la formation sociale-démocrate CSSD.
« Et ce compromis indigne les cercles intellectuels de Prague », selon Muriel Blaive, historienne à l’Institut pour l’étude des régimes totalitaires, à Prague. Des manifestations rassemblant plusieurs milliers de personnes ont eu lieu au début du mois de juin pour protester contre l’accord. Plus de 250 000 personnes ont aussi signé...




                        

                        

