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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Yves Pascouau, chercheur à l’université de Nantes, a répondu à vos questions sur la nouvelle donne politique en Europe face à la question migratoire.
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« L’UE n’a jamais abordé la question de l’asile et de l’immigration dans sa globalité »

Yves Pascouau, chercheur à l’université de Nantes, a répondu à vos questions sur la nouvelle donne politique en Europe face à la question migratoire.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 17h29
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 18h25
   





                        



   


Au cours d’un tchat, jeudi 28 juin, Yves Pascouau, chercheur à l’université de Nantes et titulaire de la chaire Schengen-Alliance Europa, a répondu aux questions d’internautes du Monde à propos des réponses politiques à la crise migratoire en Europe.
Nicolas : les navires des ONG, en allant directement secourir les migrants dès leur entrée dans les eaux internationales (à 15 km des côtes libyennes), ne contribuent-ils pas à provoquer un appel d’air, jouant le jeu des passeurs et des migrants, puisque au final, 95 % du trajet en Méditerranée vers l’Europe est fait par les migrants sur ces navires ?
Yves Pascouau : Une étude d’une université britannique se base sur une analyse de la situation entre 2015 et 2016 et indique qu’il n’est pas possible de conclure à la théorie de l’appel d’air, car les traversées sont aussi motivées par d’autres facteurs, tels que l’augmentation des flux, ou les éléments saisonniers. Par ailleurs, de nombreux sauvetages sont effectués par d’autres types de navires. Dans un document publié en vue du sommet européen, la Commission européenne indique que les opérations de l’Union européenne en mer ont permis de sauver 634 751 vies entre 2015 et 2017.
Gil : Angela Merkel peut-elle encore sauver sa place de chancelière ? Et pourquoi des pays tels que la Grèce, le Portugal, la Pologne ou la Hongrie lui feraient ce « cadeau » ?
Yves Pascouau : Il est encore possible que la chancelière « sauve sa place ». Cela dépendra de l’issue des discussions du Conseil européen et de la satisfaction ou pas de l’Union chrétienne-sociale (la CSU, les conservateurs bavarois). Reste qu’il est désormais difficile de savoir ce qui satisfera la CSU. Tout dépendra aussi de la volonté de la CSU de maintenir le gouvernement actuel ou de précipiter sa chute.
Rien compris : est-il possible que Merkel rompe sa coalition actuelle avec la CSU pour s’allier aux Verts, et ainsi sauver sa place – et accessoirement peut-être sauver l’Europe ?
Yves Pascouau : Il est très difficile de répondre à cette question. La situation politique en Allemagne est désormais très instable. Par ailleurs, il y a de nombreux dossiers sur lesquels l’Union chrétienne-démocrate (CDU) et les Verts sont encore très éloignés. Réaliser un accord de coalition est dans ces conditions très compliqué.
Jean-Ed : les ports tunisiens ne sont-ils pas plus proches que les ports européens ? La Tunisie n’étant pas en guerre, l’application du droit maritime n’implique-elle pas de devoir les débarquer dans ce pays ?
Yves Pascouau : Ils sont géographiquement plus proches, mais ces ports sont-ils pour autant sûrs ? C’est toute la question. Par « sûr », on entend des ports dans lesquels les personnes débarquées pourront notamment déposer une demande d’asile (selon les standards du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés) et dans lesquels elles ne risquent pas d’être refoulées vers un autre pays tiers où elles pourraient être persécutées.
En ce qui concerne la Tunisie : d’une part, il faut qu’elle les accepte. D’autre part, le capitaine d’un navire peut juger que le port le plus proche ne permettra pas aux personnes de voir leur demande d’asile traitée selon des standards de la convention de Genève sur le statut des réfugiés.
Habsb : pourquoi le délit de solidarité s’applique pour les migrants sans-papiers en difficulté sur les Alpes, mais non pas pour les migrants secourus en mer Méditerranée ?
Yves Pascouau : Pour les personnes secourues en Méditerranée, c’est le droit de la mer qui oblige de porter assistance aux personnes en détresse. Pour les personnes qui aident les migrants dans les Alpes, c’est le droit de chaque Etat qui décide si cette aide est punissable ou pas. Il faut noter que le « délit de solidarité » est prévu dans une directive européenne. Si cette directive prévoit que les personnes qui portent assistance dans un but lucratif – les passeurs) doivent être punies, ce n’est pas le cas des personnes qui portent assistance. Chaque Etat peut décider de poursuivre les personnes qui portent assistance ou pas.
Vincent : comment fait-on la distinction entre migrant économique et réfugié ? Et comment cela change-t-il le traitement qui est réservé à ces personnes ?
Yves Pascouau : C’est une distinction juridique. Le statut de réfugié est prévu dans la convention de Genève de 1951 qui protège les personnes qui craignent, avec raison, d’être persécutées en raison de leur « race », religion, nationalité, appartenance à un certain groupe social ou opinions politiques. Les « migrants économiques » ne sont pas protégés à l’instar des réfugiés.
Par ailleurs, la notion de « migrant économique » est trompeuse. Dans le discours, il s’agit du migrant subsaharien qui est entré irrégulièrement sur le territoire des Etats européens. Or, un migrant économique, c’est aussi l’ingénieur informatique indien qui est embauché par une grande entreprise du secteur.
Louiza : la fin du règlement de Dublin est-elle inéluctable ?
Yves Pascouau : S’il n’y a certainement pas d’accord aujourd’hui sur un règlement Dublin IV, le règlement Dublin III continuera à s’appliquer. Juridiquement, le règlement Dublin va survivre, dans l’immédiat. La difficulté repose davantage sur sa survie en pratique. On peut imaginer que si l’Italie n’obtient pas satisfaction pour une plus grande solidarité, alors elle cessera d’appliquer le règlement Dublin de facto. A ce moment-là, on pourra alors douter de la survie du texte.
Curieux : bonjour, je souhaiterais savoir si le phénomène migratoire actuel se traduira en une hausse de la démographie européenne, ou bien sans répercussion significative.
Yves Pascouau : L’édition du journal Le Monde datée d’aujourd’hui donne quelques éléments de réponse. Selon l’OCDE, les 4 millions de demandeurs d’asile arrivés entre 2014 et 2017 devraient déclencher un accroissement d’à peine 0,3 % de la population européenne en âge de travailler à l’horizon 2020.

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Jeanne : y a-t-il des chevauchements ou articulations entre les points discutés aujourd’hui au Conseil européen et certaines dispositions du projet de loi français « asile et immigration » ?
Yves Pascouau : Les questions discutées ce jour par les chefs d’Etat et de gouvernement concernent les orientations politiques nouvelles que doit prendre la politique européenne. La loi asile et immigration discutée devant les Assemblées a pour objectif d’adapter le droit français et notamment au sujet des procédures d’asile et du retour des personnes en situation irrégulière. Une discussion porte sur des orientations politiques, l’autre sur des adaptations législatives.
Blandine : comment se fait-il que certains pays, comme l’Allemagne, arrivent à accueillir un grand nombre de migrants et que la France semble incapable de mettre en place une politique d’intégration d’un nombre de migrants infiniment plus petit ?
Yves Pascouau : L’Allemagne a une grande tradition d’accueil des réfugiés dans les faits et dans la Loi fondamentale (Constitution). Lors du conflit yougoslave, elle avait déjà accueilli plusieurs centaines de milliers de personnes déplacées. Par ailleurs, et à la différence de la France, en 2015, l’Allemagne n’était pas en prise avec le phénomène de l’extrême droite. Ce dernier joue un rôle très grand dans la manière dont les gouvernements français successifs abordent la question de l’asile et de l’immigration.
LMn : réfugiés politiques, économiques, climatiques… Nous allons tous être confrontés à de forts mouvements migratoires. Nous entendons souvent la fameuse phrase : « nous ne pouvons pas accueillir tout le monde ». Mais pouvons-nous vraiment refuser le droit à la vie ? Quelles sont les options possibles en Europe, pour accueillir autant de personnes ? Comment pouvons-nous répondre positivement à ce besoin ?
Yves Pascouau : Jusqu’à présent, l’UE et ses Etats membres n’ont pas abordé la question de l’asile et de l’immigration dans sa globalité. Depuis 1999, les Etats membres de l’UE construisent une politique migratoire commune essentiellement « intérieure », c’est-à-dire la gestion des frontières et le sort des demandeurs d’asile qui sont arrivés sur le territoire européen. C’est une vision de type « affaires intérieures » ou plus simplement « ministère de l’intérieur ». L’UE et ses Etats membres n’ont en réalité plus d’option. Ils doivent désormais construire une politique migratoire qui prenne en considération les aspects extérieurs du phénomène migratoire, c’est-à-dire de lui adjoindre une dimension « politique étrangère ». Ils commencent à le faire, mais c’est insuffisant.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ La Colombie, qui a battu le Sénégal (1-0), et le Japon, malgré sa défaite contre la Pologne (1-0), passent en huitièmes. Le Sénégal, à égalité avec le Japon, est éliminé.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Le député LR Gilles Carrez propose d’accroître de 50 % les recettes fiscales de la Société du Grand Paris, dont les effectifs devraient tripler.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
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250 millions d’euros par an de taxes en plus pour sécuriser le Grand Paris Express

Le député LR Gilles Carrez propose d’accroître de 50 % les recettes fiscales de la Société du Grand Paris, dont les effectifs devraient tripler.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 10h35
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 18h42
    |

            Grégoire Allix








                        



                                


                            

Après neuf mois de crise et un douloureux allongement de calendrier, l’horizon se dégage pour le Grand Paris Express. Alors que le deuxième tunnelier appelé à creuser le super-métro de l’agglomération a été baptisé, mardi 26 juin, la Société du Grand Paris (SGP), l’établissement public chargé de le réaliser, pourrait voir ses recettes annuelles bondir de 50 % et ses effectifs tripler en deux ans.
Le député LR du Val-de-Marne Gilles Carrez s’apprête à remettre à Matignon le rapport commandé par le premier ministre, Edouard Philippe, pour renforcer les finances et les moyens de la SGP et lui permettre de mener à bon port ce « chantier du siècle », dont le coût prévisionnel a été réévalué à 35 milliards d’euros en 2017, alors même qu’il était censé coûter 25 milliards en 2013.
Ce « dérapage » d’une dizaine de milliards d’euros est expliqué pour moitié par des provisions pour risques et aléas sous-estimées au départ, et, pour l’autre moitié, par la réévaluation du coût des travaux après la passation des premiers marchés, qui ont révélé des prix plus chers que prévu. Si l’on y ajoute le fait que l’Etat a puisé 3,5 milliards d’euros dans la trésorerie de la SGP pour financer des chantiers de RER et de métro, c’est une facture de 38,5 milliards d’euros qu’il faut désormais acquitter, avec un plan de financement conçu pour 25 milliards… Un constat qui a conduit la Cour des comptes, dans un rapport commandé par Gilles Carrez lorsqu’il présidait la commission des finances de l’Assemblée nationale, à s’inquiéter, en décembre 2017, d’« une trajectoire financière non maîtrisée », qui pourrait « faire entrer la SGP dans un système de dette perpétuelle ».
« Ce sera relativement indolore »

Les ressources propres de la SGP, qui lui permettent de recourir massivement à l’emprunt, proviennent de trois taxes payées par les entreprises d’Ile-de-France : principalement, la taxe sur les bureaux et les locaux commerciaux et, dans une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ L’Association des maires de France, l’Assemblée des départements de France et Régions de France devraient ne pas participer à cette réunion le 12 juillet.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Les collectivités locales au bord du boycott de la conférence des territoires

L’Association des maires de France, l’Assemblée des départements de France et Régions de France devraient ne pas participer à cette réunion le 12 juillet.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 18h37
    |

            Patrick Roger








                        


Rien ne va plus – de nouveau – entre le gouvernement et les trois principales associations représentant les collectivités territoriales : l’Association des maires de France (AMF), l’Assemblée des départements de France (ADF) et Régions de France. Alors que doit avoir lieu une dernière concertation, le 4 juillet, au sein de l’instance de dialogue chargée de préparer la prochaine conférence nationale des territoires, fixée au 12 juillet, l’ADF a annoncé, dans un communiqué publié mardi 26 juin à l’issue d’un bureau extraordinaire, qu’elle avait décidé de ne pas y participer.
Selon nos informations, cette décision n’est pas isolée. L’AMF et Régions de France devraient, elles aussi, selon toute probabilité, signifier dans les prochains jours, à l’occasion d’une conférence de presse commune des trois associations, leur refus de prendre part à cette conférence associant gouvernement, élus locaux et parlementaires, qui se réunit deux fois par an sous la présidence du premier ministre. De quoi sérieusement fragiliser le dialogue, aujourd’hui au bord de la rupture, entre l’Etat et les collectivités, alors qu’approche la date butoir, le 30 juin, pour la signature des « pactes financiers » par lesquels les 322 plus grosses collectivités s’engagent à modérer leurs dépenses de fonctionnement. Et, surtout, alors que s’ouvre le périlleux chantier de la refonte de la fiscalité locale.

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Cause de ce brusque accès de fièvre : la décision du gouvernement de ne pas donner suite à sa proposition de revalorisation de 4,5 % à 4,7 % des taux plafonds des « frais de notaire », à la suite de la position prise par 77 % des départements, lors de leur assemblée générale du 20 juin, de rejeter les contrats de maîtrise de la dépense locale. Ces deux dixièmes de point de hausse du taux plafond des droits de mutation à titre onéreux perçus par les départements à chaque transaction immobilière auraient rapporté à ces derniers quelque 490 millions d’euros.
Oui, mais, pour le gouvernement, cette concession était associée à une acceptation de principe, de la part des départements, de la contractualisation financière sur les dépenses de fonctionnement. Dans un courrier adressé le 24 juin à l’ensemble des présidents de département, dont Le Monde s’est procuré une copie, Edouard Philippe recense les dispositions prises par son gouvernement tant en ce qui concerne la prise en charge des mineurs non accompagnés que sur les allocations individuelles de solidarité (AIS), deux charges qui grèvent lourdement les budgets des départements, estimant qu’il a déjà fait un effort considérable pour répondre à leurs difficultés. « Le gouvernement ne peut donc que prendre acte d’un désaccord, écrit le premier ministre. Il formulera (…) des propositions aux départements qui souhaiteront s’engager à ses côtés. » En clair, les autres devront repasser.
Front du refus
Les départements dénoncent un « chantage ». « Le gouvernement s’est dédit sans nous en prévenir, s’insurge l’ADF. Les départements sont punis car ils sont, par respect de la décentralisation, contre les pactes financiers avec l’Etat. (…) Des relations avec l’Etat seront rétablies dès lors que le gouvernement rouvrira le dialogue sur les AIS et remettra sur la table les propositions qu’il a brutalement retirées. » Hervé Morin, le président de Régions de France, fait état de « pressions » exercées par les préfets sur certaines collectivités pour les inciter à signer les contrats de modération. « Le gouvernement joue avec les nerfs des collectivités locales », estime Alain Rousset, le président de la région Nouvelle-Aquitaine, qui s’apprête à signer bien qu’il juge « le texte proposé diabolique et humiliant ».

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Le 17 juillet 2017, lors de son discours prononcé au Sénat devant les élus locaux, Emmanuel Macron disait souhaiter « que cette conférence nationale des territoires puisse nous permettre de réussir ce pari de la confiance, de l’efficacité, du respect ». Un an après, la méfiance semble l’emporter entre le gouvernement et une partie des associations d’élus. « Les leçons de l’Etat, ça commence à bien faire », s’emporte M. Morin. « On est aux antipodes du pacte girondin annoncé par le président de la République », déplore Gilles Simeoni, le président nationaliste du conseil exécutif de la collectivité territoriale de Corse. « Ces pactes financiers s’apparentent plus à des lettres de cadrage qu’à des contrats », estime Dominique Bussereau, le président de l’ADF.
Ce front du refus, toutefois, est loin de faire l’unanimité. Le gouvernement fait valoir qu’une majorité des collectivités concernées, en définitive, auront signé, d’ici au 30 juin, les pactes de modération. « Il vaut mieux une limitation de la hausse qu’une baisse des dotations », insistait lundi 25 juin le ministre des comptes publics, Gérald Darmanin, fustigeant « ceux qui font de la politique politicienne ». Edouard Philippe devait se rendre en personne à Lille, jeudi, pour signer plusieurs contrats avec des collectivités du Nord, et notamment avec la région Hauts-de-France présidée par Xavier Bertrand.
Jean-Luc Moudenc, le président de France urbaine, qui regroupe les grandes villes et métropoles, indique que, sur les 103 membres de son association, 95 % auront contractualisé. L’Association des collectivités de France, pour les intercommunalités, et Villes de France, pour les villes moyennes, se sont également engagées dans le processus. M. Moudenc souligne que 98 % des communes membres de l’AMF ne sont pas soumises à la contractualisation. « En clair, ceux qui sont concernés y sont favorables et ceux qui ne sont pas concernés sont contre. Il y a là comme un déphasage », note le maire de Toulouse, mettant en garde contre les « postures ».

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Jugés pour une intrusion dans la centrale nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche) en 2017, 22 militants ont été condamnés à quatre mois de prison avec sursis.
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Les militants de Greenpeace évitent la prison ferme

Jugés pour une intrusion dans la centrale nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche) en 2017, 22 militants ont été condamnés à quatre mois de prison avec sursis.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 18h11
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 18h21
    |

            Rémi Barroux








                        



   


La sanction aurait pu être beaucoup plus sévère. Le tribunal de grande instance de Privas (Ardèche) a condamné, jeudi 28 juin, 19 des 22 militants poursuivis pour une intrusion, le 27 novembre 2017, dans la centrale nucléaire de Cruas-Meysse, à quatre mois de prison avec sursis. Trois des militants, qui avaient déjà été condamnés avec du sursis lors d’autres opérations de Greenpeace, ont aussi obtenu une peine de quatre mois avec sursis, assortie de dix-huit mois de mise à l’épreuve ainsi que d’une amende de 500 euros. Le « salarié » de Greenpeace, aussi poursuivi « pour complicité », Yannick Rousselet, directeur de la campagne nucléaire, a été relaxé.
Quant à l’organisation Greenpeace France, représentée lors du procès par son directeur général Jean-François Julliard, elle devra s’acquitter d’une amende de 25 000 euros, plus 50 000 euros au profit d’EDF pour préjudice moral. L’avocat d’EDF, Thibault de Montbrial, avait demandé lors de l’audience du 17 mai, que l’association soit condamnée à verser à son client la somme de 1,2 million d’euros, soit 500 000 euros pour le préjudice moral et 700 000 pour le préjudice matériel. Le préjudice matériel sera lui, évalué, par un expert et décidé lors d’une audience en décembre.
Le procureur avait, lui, requis 30 000 euros d’amende, six mois de prison avec sursis pour vingt des vingt-trois prévenus et quatre mois ferme pour les trois prévenus déjà sous le coup de peines avec sursis.
Satisfaction de Greenpeace… et d’EDF
En ne suivant pas les réquisitions du parquet, le tribunal de Privas allège donc l’addition pour les militants et l’organisation Greenpeace. Ce que ne manque pas de relever Jean-François Julliard : « On aurait préféré que nos militants soient relaxés, mais on est soulagés de ne pas avoir de prison ferme et que Yannick soit, lui, relaxé ». Quant aux amendes auxquelles son organisation a été condamnée, le directeur tente un trait d’humour : « Si au moins, cet argent était investi pour renforcer la sécurité des centrales… »
De son côté, EDF a réagi par l’intermédiaire de son avocat, exprimant sa satisfaction de voir l’ONG condamnée à 50 000 euros au profit de son client. « C’est un début de reconnaissance du préjudice qui découle des intrusions dans les centrales. Ces initiatives ont vocation à faire croire que la sécurité n’est pas suffisante, mais c’est une escroquerie intellectuelle, car c’est justement parce qu’il s’agit de Greenpeace que la réponse est graduée. Cette organisation dispose d’un budget annuel de 20 millions d’euros, recueillis par des donateurs privés qui sont, notamment, séduits par ce type d’opération », juge Thibault de Montbrial.
Si le jugement de Privas se montre plus clément que les réquisitions, il n’en a pas été de même quatre mois plus tôt. Le 27 février, le tribunal correctionnel de Thionville (Moselle) condamnait huit militants de l’organisation à des peines allant de cinq mois de prison avec sursis à deux mois de prison ferme pour une intrusion dans la centrale de Cattenom, le 12 octobre 2017. Yannick Rousselet, était condamné, lui, à cinq mois avec sursis tandis que le directeur général de Greenpeace France, Jean-François Julliard, se voyait infliger pour sa part une amende de 20 000 euros. L’organisation a fait appel.
Durcissement de la confrontation judiciaire
Ce durcissement des peines a été rendu possible par le changement du cadre législatif. « Avant, les actions dans une centrale nucléaire se terminaient devant des tribunaux à compétence militaire, parce que l’accusation portait sur une intrusion dans un site intéressant la défense nationale, et la peine encourue était de six mois de prison, soit les militants étaient poursuivis pour violation de domicile, et risquaient un an », rappelle l’avocat Alexandre Faro. Mais le contexte sécuritaire qui succéda aux attentats, dont celui de Charlie Hebdo en janvier 2015, a changé la donne.
La loi 2 juin 2015 relative au renforcement de la protection des installations civiles abritant des matières nucléaires prévoit de punir d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende toute personne s’introduisant sans autorisation dans l’enceinte d’une centrale. Mais un article de cette loi alourdit à cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende l’addition, si l’intrusion est « commise en réunion » et qu’elle est « précédée, accompagnée ou suivie d’un acte de destruction, de dégradation ou de détérioration ». « Ce sont clairement les actions de Greenpeace qui sont visées par ce texte », estime l’avocat Alexandre Faro.
Pour autant, ce nouveau contexte judiciaire et la première condamnation à de la prison ferme, à Thionville, ne semblent pas de nature à faire reculer les militants antinucléaires. « Avec de la prison ferme, EDF et la justice sont complètement hors sujet. Cela ne règle en rien le problème de la dangerosité des centrales, on casse juste le thermomètre », estime ainsi Titouan Billon, jeune activiste montpelliérain, de 27 ans, l’un des prévenus de Privas. Si EDF vise Greenpeace aussi durement, c’est bien qu’on les menace, qu’en ciblant la vulnérabilité des piscines de combustibles usagés, qui ne sont pas suffisamment protégées – si tu fais un trou dans les 30 cm de béton qui les entoure, c’est le drame –, on a touché un problème très sensible. » La France compte 63 piscines de stockage du combustible usé, dont 58 pour les réacteurs en activité. En octobre 2017, Greenpeace publiait un rapport établi sur la base d’une étude menée par sept experts internationaux indépendants, concluant à la vulnérabilité de ces piscines. « Si le bâtiment réacteur est lui protégé par une enceinte de confinement renforcée, les piscines de combustible usé, elles, ne sont pas protégées », dénonce l’organisation.
Des militants toujours volontaires
Pour Yannick Rousselet, il ne fait aucun doute qu’EDF, atteint par la campagne de Greenpeace sur les piscines de stockage, veut qu’elle cesse : « C’est un point qui leur fait mal dans le contexte actuel. Ils sont en difficulté financière, et le renforcement de la sécurité de ces piscines, indispensable vu la situation de menace terroriste maintenue, coûte très cher : entre 700 millions d’euros et 1,4 milliard par piscine, selon l’agence WISE [World Information Service on Energy, une agence qui a réalisé des rapports sur l’énergie nucléaire pour l’Unesco, le Parlement européen, le CNRS…]. »
Le directeur de Greenpeace France ne doute pas non plus qu’EDF veuille durcir le ton. « Ils ont changé de stratégie juridique, ils veulent par tous les moyens nous dissuader de continuer l’action, avec des peines de prison ferme pour les militants et des sommes astronomiques à payer pour l’organisation », dénonce Jean-François Julliard.

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Pas sûr pour autant que la gravité des peines réduise les velléités des militants antinucléaires qui, chaque fois, prennent le risque de ces intrusions dans des enceintes, censées être hautement surveillées. « Mais, c’est sûr qu’avec une famille, des enfants, on se posera la question différemment, ajoute le chanteur occitan Titouan Billon. La loi prévoit cinq ans d’emprisonnement, alors, au pire, dans cinq ans, ce sera un mauvais souvenir, mais une catastrophe nucléaire serait bien plus grave qu’un mauvais souvenir. »

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Même constat pour Lina Nekipelov, autre militante s’étant introduite dans l’enceinte de la centrale de Cruas. « Si on prend des peines de prison, c’est sûr que l’on réfléchira individuellement avant de faire des actions. On n’exposera pas quelqu’un déjà condamné, mais d’autres militants prendront le relais pour soulager ceux qui ont du sursis », avance cette militante de Chambéry, architecte de 46 ans, qui a découvert, avec l’action de Cruas, les joies de la garde à vue.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ La filiale du cimentier franco-suisse LafargeHolcim a été mise en examen jeudi dans l’enquête visant des soupçons de financement du terrorisme.
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Syrie : l’entreprise Lafarge mise en examen pour « complicité de crimes contre l’humanité »

La filiale du cimentier franco-suisse LafargeHolcim a été mise en examen jeudi dans l’enquête visant des soupçons de financement du terrorisme.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 13h40
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 16h38
    |

            Soren Seelow








                        


Il s’agit d’un coup de semonce dans le monde préservé des multinationales. La société Lafarge SA, filiale du cimentier franco-suisse LafargeHolcim, a été mise en examen, jeudi 28 juin, en tant que personne morale, des chefs de « violation d’un embargo », « mise en danger de la vie d’autrui », « financement d’une entreprise terroriste » et « complicité de crimes contre l’humanité ». La personne morale a été placée sous contrôle judiciaire avec une obligation de cautionnement de 30 millions d’euros, selon une source judiciaire.
Ce développement semblait inéluctable après que huit anciens cadres du groupe ont été mis en examen ces derniers mois pour « financement du terrorisme » et « mise en danger de la vie d’autrui » dans l’enquête visant des soupçons de financement de groupes terroristes en Syrie. La surprise est venue du quatrième chef d’inculpation retenu par les juges d’instruction : celui de « complicité de crimes contre l’humanité ». LafargeHolcim a annoncé jeudi par communiqué que le groupe ferait appel des infractions reprochées, « qui ne reflètent pas équitablement les responsabilités de Lafarge SA ».
En visant la « complicité de crimes contre l’humanité », les magistrats ont suivi la logique développée par l’organisation non gouvernementale de lutte contre les crimes économiques Sherpa et le Centre européen pour les droits constitutionnels et humains (ECCHR), dont la plainte avait déclenché l’ouverture de cette information judiciaire en juin 2017. Dans un communiqué, les deux associations se sont félicitées de cette mise en examen, qualifiée d’« historique ».
« C’est la première fois qu’une entreprise est mise en examen pour complicité de crimes contre l’humanité dans le monde, ce qui marque un pas décisif dans la lutte contre l’impunité des multinationales opérant dans des zones de conflits armés », déclarent Sherpa et l’ECCHR, qui appellent Lafarge « à prendre ses responsabilités » en ouvrant un fonds d’indemnisation pour les anciens employés de sa filiale syrienne, « afin que les victimes voient leurs préjudices rapidement réparés ».
Une note, un argumentaire
Dans une note datée du 9 mai, dont Le Monde a pris connaissance, les deux associations avaient présenté aux juges d’instruction les arguments permettant, selon elles, de poursuivre Lafarge en vertu de l’article 212-1 du code pénal relatif aux crimes contre l’humanité.
En préambule, elles rappelaient que de tels crimes sont imputables à l’organisation Etat islamique (EI), comme en atteste une résolution du Parlement européen de mars 2016 : « L’EI et les autres mouvements djihadistes commettent des atrocités et de graves violations du droit international [qui] constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. »
Des « atrocités » auxquelles Lafarge est soupçonné d’avoir indirectement contribué en versant plusieurs millions de dollars entre 2012 et 2014 à plusieurs groupes armés pour maintenir ses activités en Syrie. Le cimentier est notamment accusé de s’être acquitté d’une taxe à l’EI afin de faciliter la circulation de ses employés, mais aussi d’avoir acheté des matières premières provenant de carrières contrôlées par le groupe et d’avoir vendu du ciment à des distributeurs en lien avec les djihadistes.

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La question de l’intentionnalité
Ces flux d’argent – motivés par un calcul financier et non par une adhésion idéologique – suffisent-ils à faire du cimentier un complice de l’EI ? En droit français, la complicité suppose un élément matériel et un élément intentionnel.
L’élément matériel – en l’occurrence ici le financement – a été établi par l’enquête. « La vente de ressources naturelles constitue 82 % des ressources de l’EI », notent Sherpa et l’ECCHR, et « les diverses sources de financement de l’EI ont largement contribué au renforcement de ses capacités humaines, matérielles et opérationnelles et, par voie de conséquence, à la commission des crimes contre l’humanité ».
Le groupe Lafarge peut-il pour autant être accusé d’avoir intentionnellement financé ces crimes ? « La Cour de cassation n’exige pas du complice de crimes contre l’humanité qu’il “adhère à la politique d’hégémonie idéologique des auteurs principaux”, poursuit la note. Il n’est pas non plus nécessaire que le complice “connaisse le crime précis qui est projeté”. » 
L’élément intentionnel « se limite » donc à la connaissance que pouvait avoir Lafarge des crimes perpétrés par le groupe EI, et du fait que « son comportement contribuerait » à leur commission. En suivant ce raisonnement, les juges d’instruction ont estimé que Lafarge n’avait pu ignorer la réalité des exactions commises par l’EI et les avait donc facilitées en connaissance de cause.
Les actionnaires dans la ligne de mire
Avec cette mise en examen, l’étau se ressert un peu plus sur le cimentier. En octobre 2017, la justice belge s’était déjà associée à l’information judiciaire ouverte en France pour s’intéresser au rôle du Groupe Bruxelles Lambert (GBL), qui détenait 20 % des actions de Lafarge à l’époque des faits.
A la fin de 2017, la police belge a perquisitionné le siège de la holding et entendu quatre de ses responsables : Gérald Frère, président du conseil d’administration de GBL, Ian Gallienne, administrateur délégué, ainsi que Gérard Lamarche et Paul Desmarais, les deux représentants de GBL au conseil d’administration de Lafarge.

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Les enquêteurs belges ont justifié sur procès-verbal cet intérêt pour GBL par « l’importance de l’investissement » de l’usine syrienne de Jalabiya (680 millions d’euros), dont la construction avait été achevée à la fin de 2010, quelques mois avant le début des troubles syriens.
Ils soulignent surtout le contexte dans lequel s’inscrit cette affaire, celui de la fusion en cours entre Lafarge et Holcim, qui sera finalisée en juillet 2015 : « La question du maintien de l’activité de l’usine syrienne constituait un enjeu majeur dans un contexte de rapprochement boursier [puisque] l’arrêt de l’activité de l’usine aurait nécessité la comptabilisation d’une dépréciation de cet actif. »
Le spectre d’une enquête américaine
La justice américaine s’intéresse également aux déboires de Lafarge et de son actionnaire. Selon le quotidien belge L’Echo, le FBI et le ministère de la justice états-unien ont demandé à la justice belge « l’accès à toutes les pièces des dossiers syriens Lafarge/GBL ».
Selon les informations du Monde, une requête similaire a été adressée à la justice française, laissant augurer l’ouverture d’une enquête outre-Atlantique, dont les conséquences pourraient se révéler plus lourdes pour LafargeHolcim.
S’il est encore trop tôt pour anticiper toutes les répercussions de cette affaire sur le géant franco-suisse, le dossier syrien a déjà contribué à accentuer la perte d’influence des dirigeants français du groupe et sa reprise en main par les cadres issus du suisse Holcim.
Deux anciens responsables de Lafarge, mis en examen dans ce dossier, ont dû abandonner leurs fonctions au sein de la nouvelle entité en 2017 : Bruno Lafont, ancien PDG de Lafarge, a renoncé à la vice-présidence de LafargeHolcim puis quitté le groupe, tandis qu’Eric Olsen, ancien directeur des ressources humaines de Lafarge, a été contraint de quitter son poste de numéro un opérationnel. Le dernier épisode en date de cette prise de pouvoir a été l’annonce, très symbolique, de la fermeture du siège parisien du groupe le 25 mai.
« Nous regrettons profondément ce qui s’est passé dans notre filiale syrienne et, dès que nous en avons été informés, nous avons immédiatement pris des mesures fermes, s’est défendu Beat Hess, le président du conseil d’administration de LafargeHolcim, dans le communiqué diffusé jeudi. Aucune des personnes mises en examen n’est aujourd’hui dans l’entreprise. »

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Ville hôte de la compétition, l’enclave russe, située entre la Pologne et la Lituanie, rompt avec ferveur son isolement.
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A Kaliningrad, la Coupe du monde entrouvre les frontières

Ville hôte de la compétition, l’enclave russe, située entre la Pologne et la Lituanie, rompt avec ferveur son isolement.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 10h27
    |

            Adrien Pécout (Kaliningrad, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Il en faut du courage pour aller parler à ces trois messieurs. « Comment vous vous appelez ? D’où venez-vous ? » Elle, c’est Sofia, 6 ans à peine et une barrette accrochée à ses cheveux blonds. La petite commence à peine l’anglais. « Son école lui a conseillé de profiter de chaque occasion pour essayer de dire quelques mots, alors voilà », sourit la maman, Irina Kukushkina, douanière de son état. Ce mois-ci, la ville de Kaliningrad propose un stage accéléré : d’ordinaire si isolée, l’enclave russe accueille la Coupe du monde et des visiteurs d’un peu partout.
Les trois messieurs viennent de Belgique. Bière à la main, Tom, Nils et Jonas portent le maillot des Diables rouges. Ils s’apprêtent à encourager leur pays contre l’Angleterre, jeudi 28 juin, pour finir en beauté la phase de poule. Le quatrième et dernier match prévu ici, dans cette région coincée entre les frontières de la Pologne et de la Lituanie, à 600 kilomètres de la ville russe la plus proche. « Aucun problème pour venir ici, ça reste la ville russe du Mondial la moins éloignée de chez moi, et il suffisait d’un visa », assure un Anglais venu de Londres, via Varsovie.
Une bâche bleue souhaite en anglais la « bienvenue » aux voyageurs. A côté de l’écran géant de la fan-zone, l’inscription s’affiche sur l’austère Maison des Soviets. Un grand parallélépipède construit sur l’emplacement de l’ancien château, détruit pendant la seconde guerre mondiale, sous les bombardements des forces alliées : la ville s’appelait encore Königsberg et appartenait à la province allemande de Prusse-Orientale.
« Avant-poste de la Russie »
Premier enseignement de la journée, il y a donc encore des habitants de Kaliningrad qui habitent cette ville pendant le Mondial, et qui veulent y exercer leur anglais. Leur maire, Alexandre Iarochouk, les avait pourtant incités à fuir l’événement. « Il vaut mieux prévoir de quitter la ville pour aller se reposer à la campagne »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Les deux parties sont parvenues à cet accord, mercredi, à l’occasion de la visite à Moscou de John Bolton, conseiller américain à la sécurité nationale.
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Article sélectionné dans La Matinale du 27/06/2018
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Un premier sommet Trump-Poutine aura lieu le 16 juillet à Helsinki

Les deux parties sont parvenues à cet accord, mercredi, à l’occasion de la visite à Moscou de John Bolton, conseiller américain à la sécurité nationale.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 20h57
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 14h12
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant) et 
Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


Le principe d’une rencontre exclusive entre Vladimir Poutine et Donald Trump, qui ne se sont vus jusqu’à présent qu’à deux reprises en marge de réunions internationales – la dernière fois en novembre 2017, au Vietnam –, est acquis. Les deux hommes se rencontreront le 16 juillet à Helsinki, en Finlande, un territoire neutre et « très pratique pour la Russie comme pour les Etats-Unis ». « Ce sera le sommet international le plus important de cet été », a promis Iouri Ouchakov, conseiller diplomatique du Kremlin.
Les deux parties sont parvenues à cet accord, mercredi, à l’issue de plusieurs heures de discussions avec John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale du président américain. Sa présence à Moscou, malgré son profil de nationaliste partisan d’une ligne dure sur tous les sujets internationaux, y compris sur la Russie, était attendue. La dernière visite d’un officiel américain, en l’occurrence l’ancien secrétaire d’Etat Rex Tillerson, remontait à avril 2017. Depuis, plus rien.
Donald Trump n’a pourtant cessé de proclamer sa volonté de « s’entendre avec la Russie » de Vladimir Poutine, pendant la campagne présidentielle comme après son arrivée à la Maison Blanche. Une volonté d’ouverture qui rompait avec le climat glacial en vigueur auparavant et avec la défiance traditionnelle du Parti républicain. Mais le président des Etats-Unis a pourtant dû patienter.
Son dessein a en effet été contrarié par les interférences prêtées à la Russie par le renseignement américain pendant la campagne présidentielle de 2016. Des accusations qui s’étaient traduites par une première vague d’expulsions de diplomates russes en poste aux Etats-Unis à la veille de son intronisation, auxquelles Moscou avait choisi de ne pas riposter.
« Premiers pas »
Vladimir Poutine a eu beau nier, lors de leur rencontre au Vietnam selon Donald Trump, la moindre implication de son pays, l’enquête du procureur spécial nommé pour ce dossier, Robert Mueller, s’est pourtant traduite par la mise en cause d’agents russes présumés, ainsi que celle d’un proche du président, Paul Manafort, même si le locataire de la Maison Blanche a traîné les pieds pour appliquer parallèlement des sanctions votées par le Congrès.
Une série d’initiatives américaines a également rappelé les principaux contentieux qui opposent les deux pays. Tout d’abord des attaques, à deux reprises, en 2017 et en 2018, contre le régime syrien allié de Moscou en représailles à des bombardements chimiques imputés à l’armée syrienne.
Prenant le contre-pied de son prédécesseur, qui s’y était toujours refusé, Donald Trump a également autorisé en 2017 la livraison d’armes létales à l’Ukraine, où des forces séparatistes prorusses continuent de défier Kiev. En mars, à la suite de la tentative d’empoisonnement au Royaume-Uni d’un ancien agent russe, et en coordination avec ses alliés européens, le président des Etats-Unis a enfin expulsé des dizaines de Russes présentés officiellement comme des diplomates par la Russie. Qui a répliqué par des expulsions similaires.
« Votre venue à Moscou nous donne l’espoir que nous serons en mesure de faire des premiers pas pour rétablir des relations complètes entre nos Etats, a déclaré mercredi Vladimir Poutine en accueillant son hôte. Malheureusement, je suis obligé de constater que les relations russo-américaines ne sont pas au meilleur de leur forme. » « Mais, comme je l’ai déjà dit, et je le répète ici, c’est en grande partie le résultat d’une lutte interne acharnée aux Etats-Unis. La Russie n’a jamais cherché la confrontation », a-t-il affirmé.
« Le faucon s’est fait pigeon »
En plein déroulement de la Coupe du monde de football sur son territoire, le chef du Kremlin n’a pu s’empêcher de conclure ces propos préliminaires par un conseil aux Etats-Unis, futur pays hôte, avec le Canada et le Mexique, du Mondial 2026. « Nous partagerons avec plaisir notre expérience avec vous », a-t-il glissé avec le sourire. « Même dans le passé, lorsque nos pays connaissaient des divergences, nos dirigeants et leurs conseillers se rencontraient et je pense que c’était bénéfique pour les deux pays, bénéfique pour la stabilité mondiale et le président Trump a cela à cœur », a opiné M. Bolton sans se départir de sa raideur sous sa légendaire moustache. « Le faucon s’est fait pigeon », relevait, non sans humour, TV Dojd, une chaîne indépendante russe.

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          John Bolton, un « faucon » pour Donald Trump en politique étrangère



Comme l’a assuré avec irritation M. Bolton lors d’une conférence de presse, « toute la gamme » des sujets sensibles devraient être abordés lors du futur sommet qui devrait comporter, selon les détails fournis par M. Ouchakov, un tête-à-tête, un repas de travail, une conférence de presse commune et une déclaration conjointe des deux parties. Mais rien de ce qui fâche, des sanctions américaines à l’Ukraine en passant par les accusations d’ingérence dans les élections aux Etats-Unis, n’a réellement compté mercredi.
« Pour Poutine, il est important de sonder l’état d’esprit de son interlocuteur et de positionner la Russie comme un partenaire incontournable des Etats-Unis », souligne Fiodor Loukianov, président du Conseil russe pour la politique étrangère et de défense, cité par l’agence Interfax. Selon cet expert, toutefois, « il n’y aura aucune percée et il ne peut pas y en avoir ». « Des changements qualitatifs nécessitent du temps, explique-t-il, et ces derniers ne sont possibles que si la volonté des dirigeants se combine avec [celle] des élites politiques. »
Tentatives de réchauffement
Les tentatives de réchauffement entre Moscou et Washington n’en sont pas, il est vrai, à leur premier essai. Les deux dernières tentatives, dans les derniers mois de la présidence de George W. Bush, puis après l’élection de Barack Obama, ont tourné court.
Très actif, l’ambassadeur américain en Russie, John Huntsman, un républicain nommé par Donald Trump, s’emploie désormais à faire venir, prochainement, des sénateurs en Russie. En décembre 2017, la dernière tentative, ici aussi, s’était soldée par un fiasco. Dans le groupe pressenti, la sénatrice démocrate du New Hampshire, Jeanne Shaheen, s’était vu refuser son visa par Moscou. Cette fois, cependant, les élus ne devraient comprendre que des républicains.
En dépit des contentieux, le bilan des premiers mois passés par Donald Trump à la Maison Blanche n’est pas entièrement négatif pour son homologue russe. Car le président des Etats-Unis ne cesse de multiplier les tensions avec ses alliés européens. Tout d’abord en affichant sa tiédeur vis-à-vis de l’OTAN, présentée comme un fardeau financier injustement supporté par son pays. Ensuite en ouvrant les hostilités contre ces mêmes alliés dans le domaine du commerce international.

Donald Trump recevra Giuseppe Conte le 30 juillet
Le président des Etats-Unis Donald Trump recevra le 30 juillet à la Maison Blanche le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, a annoncé mercredi 27 juin l’exécutif américain.
« L’Italie est un important allié de l’Otan, un partenaire éminent en Afghanistan et en Irak et est cruciale pour amener la stabilité dans la région méditerranéenne », a indiqué la Maison Blanche, dans un communiqué. « Ensemble, les Etats-Unis et l’Italie chercheront à approfondir la coopération en vue de faire face aux conflits dans le monde et à promouvoir la prospérité économique des deux côtés de l’Atlantique », a ajouté l’exécutif américain.
En marge du dernier G7 au Canada, M. Trump avait qualifié le nouveau premier ministre italien de « super ». « Il est très ferme sur l’immigration, comme moi », avait déclaré Donald Trump peu après l’avoir rencontré. « Il va faire du bon boulot - le peuple italien a bien choisi ! », avait par ailleurs tweeté le président américain.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Sur Franceinfo, la ministre de la santé a affirmé avoir obtenu des alcooliers l’apposition d’un logo prévenant des dangers pendant la grossesse… signalisation déjà obligatoire depuis 2007.
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Agnès Buzyn s’emballe autour d’un logo anti-alcool

Sur Franceinfo, la ministre de la santé a affirmé avoir obtenu des alcooliers l’apposition d’un logo prévenant des dangers pendant la grossesse… signalisation déjà obligatoire depuis 2007.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 15h49
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 16h27
    |

            Jérémie Baruch








                        


Invitée, mardi 26 juin, de l’émission « 8 h 30 Toussaint Aphatie » sur la chaîne Franceinfo pour parler de l’action qu’elle mène à la tête du ministère de la santé, Agnès Buzyn s’est attardée sur la politique gouvernementale « très ferme sur l’alcoolisation des femmes enceintes », ayant pour cible une mesure préconisée par le corps médical : « Zéro alcool pendant la grossesse ». Pour se faire, elle veut faire apposer un logo sur les bouteilles d’alcool d’ici la fin de l’année. Pourtant cette pratique est déjà obligatoire.
Ce qu’elle a dit : 
« Nous avons obtenu des alcooliers qu’il y ait un logo qui explique bien qu’on ne doit boire aucun alcool pendant la grossesse, c’est très mauvais pour le fœtus. On est en train de travailler sur la taille et la couleur. »
Pourquoi c’est déjà le cas
L’annonce de Mme Buzyn peut pourtant étonner : l’article L. 3322-2 du code de la santé publique vise à faire figurer un « message à caractère sanitaire préconisant l’absence de consommation d’alcool par les femmes enceintes » sur les bouteilles, cubis et autres conditionnements de boisson dont le degré alcoolique dépasse 1,2 °. Et c’est un arrêté d’octobre 2006 qui en fixe les modalités pratiques. En clair, voilà déjà plus de dix ans qu’un logo est obligatoire sur les contenants d’alcool.
Entre autres clauses obligatoires, « le message sanitaire doit figurer dans le même champ visuel que l’indication obligatoire relative au titre alcoométrique volumique ». Ou encore que le logo ou le message doit être « inscrit sur fond contrastant de manière à être visible, lisible, clairement compréhensible » et ne peut « en aucune façon être dissimulé ».
Ainsi donc, on retrouve sur toutes les bouteilles de vin, de bière ou d’alcool fort, ce logo de femme enceinte sur l’étiquette, « dans le même champ visuel » que le degré d’alcool de la boisson. Cette mesure, obligatoire depuis le 3 octobre 2007, s’applique sur tout le territoire français.

   


Néanmoins, aucune mention, dans la loi ou l’arrêté ministériel, d’une quelconque forme graphique : une taille minimale n’est pas exigée, le logo peut être en noir et blanc ou en couleur, tant qu’il respecte la réglementation concernant l’intelligibilité. Agnès Buzyn, en expliquant qu’elle travaille avec les fabricants d’alcool sur la taille et la couleur, fait en réalité référence au projet d’une uniformisation, probablement plus claire, du logo. Sans pour autant préciser si ce nouveau logo serait inscrit dans un texte de loi.
En début 2017, la filière viticole était vent debout contre un premier projet d’agrandissement du logo, annoncé le 2 décembre 2016, le ministère voulant imposer un pictogramme d’une taille d’« un centimètre au moins ». Pour la Fédération des grands vins de Bordeaux, « l’étiquette n’a pas vocation à apporter des indications médicales détaillées ».
Le syndrome d’alcoolisation fœtal en ligne de mire
Pour la ministre, le message n’est pas assez mis en valeur. « Il ne faudrait pas boire pendant qu’on est enceinte, et ça je crois qu’il y a beaucoup de femmes qui ne le savent pas. Ça n’est pas suffisamment dit », a-t-elle dit sur le plateau de l’émission. Plusieurs enquêtes, en 2004, 2007 et plus récemment en 2015 et 2017, ont été menées pour s’assurer des connaissances sur les risques liés à la consommation d’alcool pendant la grossesse.
Plusieurs enseignements, notamment sur l’évolution des connaissances, en ressortent. Ainsi, selon l’étude, près d’un Français sur deux déclare « spontanément qu’il n’existe pas de consommation d’alcool sans risque pour l’enfant » à naître. Par ailleurs, 87 % des personnes interrogées estimaient juste « l’idée selon laquelle il ne faut pas boire du tout d’alcool pendant la grossesse ».
La corrélation entre l’alcool et les risques pour le fœtus est donc plutôt bien assimilée, même si 37 % des sondés pensaient, encore en 2007, qu’un verre pour les grandes occasions n’était pas risqué pour le bébé. Pourtant, la communauté scientifique estime dans son immense majorité que l’exposition prénatale à l’alcool – même un seul verre – présente d’importants risques de troubles causés par l’alcoolisation fœtale, qui peuvent se manifester – aussi bien à la naissance qu’à l’âge adulte – par des troubles de l’apprentissage ou du comportement.
Ainsi, « en France, le syndrome d’alcoolisation fœtale [SAF] concerne au moins 1 % des naissances, soit environ 8 000 nouveau-nés par an », estime l’Académie française de médecine. La SAF, dans sa forme la plus grave, touche chaque année 800 bébés nés en France, et associe une dysmorphie cranio-faciale à un retard de croissance et un déficit mental : c’est la première cause non génétique de handicap mental chez l’enfant.
Reste qu’il faudra attendre la fin de l’année et l’aboutissement des négociations pour savoir quel sera le changement concret apporté au logo existant.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Nombre d’experts pensent que les opérateurs seront peu nombreux à s’aventurer sur le terrain du TGV après 2020.
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SNCF : la réforme n’entraînera pas forcément une arrivée massive de concurrents

Nombre d’experts pensent que les opérateurs seront peu nombreux à s’aventurer sur le terrain du TGV après 2020.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 12h03
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 16h17
    |

                            Éric Béziat








                        



   


Flanqué de Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, et d’Elisabeth Borne, sa ministre des transports, le président de la République, Emmanuel Macron, a promulgué, mercredi 27 juin, la loi « pour un nouveau pacte ferroviaire » devant les caméras des chaînes d’info. Au même moment, la grève unitaire des syndicats de cheminots contre cette réforme connaissait sa 18e et ultime séquence, marquée par un amenuisement du mouvement. Pour le 37e jour d’une grève historique par sa durée et ses modalités, la direction de la SNCF a annoncé, mercredi, le plus bas taux de grévistes – 8,4 % – depuis le début du conflit.
La mise en scène indique bien que M. Macron entend faire de la réforme de la SNCF l’un des marqueurs de sa capacité à transformer la France en profondeur. Le pacte ferroviaire ainsi promulgué bouleverse la vieille organisation du rail français. Il renverse des institutions qui semblaient immuables, comme le très protecteur statut des cheminots (qui prendra fin pour les nouvelles embauches en 2020) ou l’organisation sociale de la SNCF. Surtout, il met fin au monopole du groupe public dans le transport ferroviaire intérieur de voyageurs et orchestre la venue de sociétés concurrentes de droit privé dans ce qui est, depuis quatre-vingts ans, la chasse gardée de la SNCF.
Un « risque trop élevé »
Au fond, la réforme prend sa source dans cette question de l’ouverture à la concurrence ferroviaire, inscrite dans la loi européenne et que la France s’est engagée à transposer dans son droit. C’est de cette obligation – contestée par la CGT-Cheminots – d’ouvrir le rail à la concurrence que découle le reste des changements. C’est l’ouverture à la concurrence qui, disent les tenants de la réforme en s’appuyant sur les exemples allemands ou italiens, améliorera l’offre de trains. D’après un sondage de l’institut OpinionWay, publié mercredi 27 juin et commandé par Trainline, plate-forme de distribution de billets, 68 % des Français se disent d’ailleurs convaincus des bienfaits de la concurrence ferroviaire.
Petit souci, lorsque l’on interroge des sommités du ferroviaire, nombre d’entre elles pensent que cette réforme est loin de garantir que la concurrence, théoriquement effective dès 2020, existera massivement. Sur le TGV d’abord, les experts se montrent quasiment unanimes pour estimer que peu d’opérateurs alternatifs iront titiller la SNCF. « On l’a vu en Allemagne, dit l’un d’eux, compte tenu du niveau des investissements [il faut acheter les rames], et de la position dominante de l’opérateur historique, le risque est considéré comme trop élevé par les concurrents potentiels. En plus, en France, les négociations à venir dans la branche vont probablement ajouter des garanties sociales aux travailleurs du rail et rendre plus incertaine la rentabilité de l’opération. »
La question du prix des péages
Il existe pourtant le cas de l’Italie, qui a réussi cette concurrence dans la grande vitesse, avec une baisse des prix à la clé. « Cette réussite a été possible parce que l’autorité de régulation ferroviaire italienne a exigé que le gestionnaire d’infrastructure diminue fortement le prix des péages ferroviaires. Ils ont baissé de 30 % environ entre 2013 et 2016 », explique Michel Quidort, président de la Fédération européenne des voyageurs. Une option qui n’est pas du tout dans le schéma de trajectoire financière du système ferroviaire français.
Pour ce qui concerne la concurrence dans les trains régionaux, les avis sont plus partagés. « Les entreprises ferroviaires vont être nombreuses à postuler aux appels d’offres dans les TER, estime l’un des experts les plus écoutés par le gouvernement. Le risque est minime [pas de matériel à acheter, pas de centre de maintenance à créer], le revenu est garanti par la région. »
Pourtant, là aussi, les doutes existent. La question du prix des péages – 20 euros du kilomètre en France contre 9 en Allemagne – en est une. Tout dépendra, en fait, de l’appétit des régions. Seuls Provence-Alpes-Côte d’Azur, les Hauts-de-France, Grand-Est et Pays de la Loire semblent motivés. « Plusieurs élus chargés des transports dans leur région viennent de m’appeler à l’aide pour que j’explique à leurs collègues que la concurrence est une bonne chose, raconte Yves Crozet, économiste des transports. Il ne faut pas s’attendre à un big bang. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Le prêtre, accusé d’atteintes sexuelles sur mineurs, et l’évêque, soupçonné de non-dénonciation, seront jugés vingt-cinq ans après les faits.
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Pédophilie : un prêtre et un évêque d’Orléans renvoyés devant le tribunal

Le prêtre, accusé d’atteintes sexuelles sur mineurs, et l’évêque, soupçonné de non-dénonciation, seront jugés vingt-cinq ans après les faits.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 16h13
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 17h10
    |

            Soren Seelow








                        


Un prêtre du diocèse d’Orléans, le père Pierre de Coye de Castelet, et l’ancien évêque de la ville, Mgr André Fort, ont été renvoyés devant le tribunal correctionnel, mardi 26 juin, pour une affaire de pédophilie datant des années 1990, a-t-on appris jeudi auprès du parquet d’Orléans, confirmant une information de Mediapart. Le prêtre, âgé de 69 ans, sera jugé vingt-cinq ans après les faits pour « atteintes sexuelles sur mineurs de 15 ans », l’évêque, qui a aujourd’hui 82 ans, pour « non-dénonciation » des agissements de l’abbé.

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Le renvoi devant le tribunal de Mgr Fort est une première pour l’épiscopat français depuis le procès de Mgr Pierre Pican, l’ancien évêque de Bayeux et Lisieux, condamné en 2001 à trois mois de prison avec sursis pour des faits similaires. Il est surtout le fruit de l’acharnement des parties civiles, qui se battent depuis le dépôt de leur plainte, il y a six ans, pour que le prêtre ne soit pas jugé seul.
L’affaire remonte au début des années 1990. A l’occasion d’un camp de vacances organisé par le Mouvement eucharistique des jeunes (MEJ) à Arthez-d’Asson (Pyrénées-Atlantiques), durant l’été 1993, l’abbé Pierre de Castelet, aumônier du camp, est accusé par de jeunes garçons d’avoir profité de visites médicales improvisées dans son bungalow pour pratiquer des attouchements sexuels, comme l’avait raconté Le Monde dans son édition du 15 avril 2017.

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                Journal crypté d’un prêtre pédophile



Pendant deux décennies, personne, au sein de sa hiérarchie, n’a songé à alerter la justice. L’aumônier national du MEJ s’était bien rendu sur le camp en catastrophe, au cours de ce fameux été 1993, pour enquêter sur les « rumeurs ». Mais il s’était contenté de déplacer le prêtre vers un autre camp, avant d’informer par courrier l’ancien évêque d’Orléans, Mgr René P. Ce dernier, mort en 1997, n’alertera pas la justice, pas davantage que son successeur entre 1998 et 2002, Mgr Gérard D.
Le secret bien gardé de l’Eglise
Au fil des années, plusieurs témoignages de parents de victimes sont remontés à l’évêché : ils ont été soigneusement documentés, archivés et enterrés. Les trois évêques qui se sont succédé jusqu’en 2011 n’ont pas jugé utile de les porter à la connaissance de la justice. Pendant deux décennies, les démons du prêtre sont demeurés le secret bien gardé de l’Eglise. Jusqu’au jour où le nouvel évêque d’Orléans, Mgr Jacques Blaquart, se décide à informer le parquet, déclenchant l’ouverture d’une enquête en janvier 2012, dix-neuf ans après les faits.
Dans les semaines qui suivent, trois anciennes victimes du prêtre, âgées de 12 ans à l’époque des faits, se décident à porter plainte. L’abbé est mis en examen en novembre 2012, mais aucun des évêques qui se sont succédé dans son diocèse n’est inquiété. Mgr René P. est décédé, son successeur, Mgr Gérard D., est sauvé par la prescription, tandis que Mgr Fort est placé sous le statut de témoin assisté.
Décidés à obtenir sa mise en examen pour « non dénonciation », les avocats des parties civiles, Mes Martin Pradel et Edmond Fréty, avaient demandé en mars 2017 que Mgr Fort soit de nouveau entendu. L’évêque avait finalement été mis en examen deux mois plus tard, le 8 juin 2017. Le procès pourrait se tenir à la fin de l’année ou début 2019.
« On voit ici aboutir six années de travail pour passer peu à peu d’une culture de silence à une culture de transparence et de responsabilité, a réagi Me Fréty après l’annonce de ce renvoi. Nous savons qu’il y a encore d’autres victimes et d’autres agresseurs, probablement au sein de mouvements de jeunesse ou de scoutisme traditionalistes, et nous voulons qu’ils sachent que l’on peut aller au bout du processus judiciaire. La culture du déni est une bombe à retardement qui n’apaise rien, qui ne permet aucun pardon et qui viole la loi ». 

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Le chef de l’Etat n’a pas ménagé sa peine pour séduire les acteurs de la technologie. Mais son projet de faire de l’Hexagone la deuxième « start-up nation » mondiale, à la place d’Israël, peine à devenir réalité.
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Article sélectionné dans La Matinale du 27/06/2018
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Macron et la tech, un coup de foudre et quelques doutes

Le chef de l’Etat n’a pas ménagé sa peine pour séduire les acteurs de la technologie. Mais son projet de faire de l’Hexagone la deuxième « start-up nation » mondiale, à la place d’Israël, peine à devenir réalité.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 16h13
    |

            Sandrine Cassini et 
Alexandre Piquard








                        



                                


                            

Le 28 mars, sous les ors de la République, Emmanuel Macron recevait le gratin de l’intelligence artificielle (IA) mondiale. Parmi les convives, Fei-Fei Li, ingénieure chez Google et professeure à l’université Stanford en Californie, Yann LeCun, chef d’un laboratoire de Facebook, Demis Hassabis, cofondateur de Deepmind (Google), ou Noriko Arai, roboticienne de l’université de Tokyo.
Loin de se laisser démonter, le président a impressionné son auditoire. Les échanges ont duré trois heures. « Ses interventions n’étaient pas prémâchées par ses conseillers. Il avait des opinions. Les débats ont été passionnants », s’enthousiasme Justine Cassell, professeure à l’université Carnegie Mellon de Pittsburgh (Pennsylvanie). Cette habituée du Forum économique mondial de Davos, le sommet des puissants, a même trouvé au chef de l’Etat français une « ouverture d’esprit » proche de celle de Barack Obama.
N’en jetez plus ! En France ou aux Etats-Unis, les acteurs de la technologie évoquent un « moment Macron ». Depuis son élection, le chef de l’Etat n’a pas ménagé sa peine pour mettre en scène son implication dans le domaine, avec plusieurs sommets aux noms anglais dans l’air du temps : Choose France, le 22 janvier, organisé dans le faste du château de Versailles pour attirer les investissements des grands groupes étrangers – dont Facebook, Google ou SAP ; AI for Humanity, le 29 mars au Collège de France, pour mettre Paris sur la carte de l’IA mondiale ; Tech for Good, le 23 mai, à Matignon, pour faire plancher les « chief executive officer » (CEO) – comme Mark Zuckerberg, de Facebook, ou Satya Nadella, de Microsoft – sur des projets à visée sociale.
« Macron se positionne en “CEO” de la maison France. Au déjeuner de Tech for Good, on sentait une proximité culturelle entre l’Elysée et les patrons de la tech », raconte Alex Dayon, chargé de la stratégie du groupe américain de logiciels...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Une période de maintenance dans les usines d’Europe du Nord a coïncidé avec une baisse de la demande d’ammoniac, dont est majoritairement tiré le gaz carbonique industriel.
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La production ralentie de gaz carbonique fait craindre une pénurie de bulles dans les boissons

Une période de maintenance dans les usines d’Europe du Nord a coïncidé avec une baisse de la demande d’ammoniac, dont est majoritairement tiré le gaz carbonique industriel.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 18h15
   





                        



   


La revue spécialisée Gas World a été la première à rapporter la pénurie de gaz carbonique, le 19 juin, évoquant « la situation la plus difficile d’approvisionnement à toucher le marché européen du dioxyde de carbone depuis plusieurs décennies ».
Elle a expliqué le phénomène par une coïncidence entre l’entretien programmé des usines en Europe du Nord et une tendance à la baisse du marché de production de l’ammoniac, composant majeur des engrais – le dioxyde de carbone industriel (CO2) est produit en grande quantité lors de la transformation de méthane et de vapeur d’eau en ammoniac liquide, puis revendu notamment à l’industrie agroalimentaire.
Les usines ont profité du fait que les agriculteurs avaient déjà planté leurs cultures au printemps dernier et d’une faible demande en engrais pour réaliser leurs travaux d’entretien. Mais ces derniers ont coïncidé avec des températures inhabituellement chaudes pour un mois de mai en Europe qui ont provoqué une hausse de la demande en boissons gazeuses.
Au même moment, d’après Gas World, l’approvisionnement moins cher en ammoniac en dehors de l’Europe a encouragé les industriels à garder leurs usines hors-service plus longtemps.
La glace pourrait aussi venir à manquer
La filiale britannique de Coca-Cola a annoncé de son côté qu’elle « répondait actuellement à un problème industriel qui affecte l’approvisionnement en CO2 en Grande-Bretagne » en suspendant temporairement une partie de sa chaîne de production de boissons. Elle a toutefois assuré qu’il n’y aurait pas d’impact sur l’approvisionnement.
Le groupe néerlandais Heineken dit travailler « vingt-quatre heures sur vingt-quatre » pour répondre à une hausse de la demande, étant donné les températures chaudes et la compétition de football, en s’approvisionnant en gaz dans tout son réseau européen.
Une pénurie de dioxyde de carbone industriel affecte également les producteurs de viande et les entreprises de l’agroalimentaire, dont le réfrigérant est composé de glace carbonique. La glace est un autre produit qui pourrait donc venir à manquer, alors que les températures ont atteint les 30 °C dans certaines régions d’Europe du Nord.
Tandis que les industriels privilégient l’approvisionnement en ammoniac depuis l’Europe du Sud et au-delà, la Grande-Bretagne a été particulièrement touchée en raison des routes de transbordement plus longues et de la fermeture de toutes ses usines de transformation d’ammoniac, à l’exception d’une.
Dans les abattoirs, le CO2 est utilisé pour étourdir les animaux avant qu’ils ne soient tués pour leur viande. La pénurie a ainsi contraint la plus importante usine de transformation de viande de porc d’Ecosse à suspendre les abattages cette semaine.
Si cette semaine est une « semaine critique » pour l’industrie, la situation devrait s’arranger dès que les usines d’ammoniac seront relancées, a rapporté Gas World.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ La décision du tribunal correctionnel allège un peu la pression sur l’association en crise.
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L’ex-trésorier de la SPA relaxé en correctionnelle

La décision du tribunal correctionnel allège un peu la pression sur l’association en crise.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 16h57
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 17h28
    |

            Denis Cosnard








                        



   


Un souci de moins pour la Société protectrice des animaux (SPA). Epinglé par la Cour des comptes pour son comportement manquant d’« exemplarité », Thierry Courrault, ancien trésorier de l’association, a été relaxé par le tribunal correctionnel de Paris, lundi 25 juin. Une bonne nouvelle pour la SPA qui risquait d’être éclaboussée par cette affaire, alors que la maison traverse déjà une crise assez violente et que sa présidente Natacha Harry a annoncé sa démission, le 17 juin.
Elu administrateur de la SPA en 2013 sur la même liste que Natacha Harry, Thierry Courrault était poursuivi pour abus de confiance, à la suite des plaintes de quatre adhérents. Il était mis en cause pour avoir perçu des sommes significatives de la SPA, alors qu’il était en principe bénévole. En 2013-2014, cet amoureux des chats s’était fait rembourser 12 074 euros de frais de déplacement en neuf mois, essentiellement entre son domicile de Megève (Haute-Savoie) et Paris, siège de la SPA, sans fournir le moindre justificatif.
« Ces remboursements avaient été préalablement validés par un conseil d’administration d’avril 2014, alors que, déjà, ils n’étaient pas accompagnés de justificatifs, soulignait la Cour des comptes dans son rapport de mars 2017 consacré à la SPA. Cette double anomalie (absence de justificatifs et validation sans pièce par le conseil d’administration) entache à la fois les procédures mises en place à la SPA, dont l’effectivité est sujette à caution, et le comportement du trésorier, dont l’exemplarité ne devrait pas pouvoir être mise en défaut. »
Rendre l’argent n’a pas stoppé les investigations
A la suite du contrôle de la Cour des comptes et à la demande de Natacha Harry, Thierry Courrault avait rendu l’argent en novembre 2016. Cela n’a pas stoppé pour autant les plaintes ni les investigations de la justice. Selon Henri Barbe, président de l’association Les Vrais amis de la SPA, présent au procès, cette affaire cache un petit scandale. Thierry Courrault résidait en réalité à Paris, affirme-t-il. « Il n’avait donc pas à se faire rembourser des déplacements inexistants entre Megève et Paris. » 
Lors de l’audience tenue lundi au palais de justice de Paris, Thierry Courrault a maintenu que, tout en étant trésorier bénévole de la SPA parisienne et, à titre professionnel, responsable de JCDecaux pour le nord de l’Ile-de-France, il habitait bien à Megève. Il a expliqué que l’organisation de JCDecaux lui permettait de diriger depuis la Haute-Savoie l’activité commerciale du groupe dans l’Oise, le Val-d’Oise et les Hauts-de-Seine, tout communiquant par les e-mails et le téléphone : « Le télétravail, c’est quelque chose qui se pratique très couramment », a-t-il rappelé.
Seule la SPA payait les déplacements
« Et pour vos déplacements de Megève à Paris pour JCDecaux, vous étiez remboursé ? », l’a interrogé la procureure. « Non », a-t-il répondu. La SPA, elle, payait ses déplacements, sans exiger de justificatif. Thierry Courrault aurait d’autant moins pu en fournir qu’il avait pour habitude de payer tous les péages en liquide.
A l’époque, les statuts de l’association prévoyaient pourtant des règles strictes : les remboursements de frais « doivent faire l’objet d’une décision expresse du conseil d’administration statuant hors la présence des intéressés ; des justifications doivent être produites qui font l’objet de vérifications », selon l’article 19.
En réalité, il n’y avait que des contrôles « a posteriori et aléatoires », ont indiqué plusieurs personnes. « Les statuts ont été parfaitement respectés », a répliqué l’avocate de Thierry Courrault, en affirmant que ce dernier avait été remboursé de façon tout à fait classique en fonction d’indemnités kilométriques.
L’abus de confiance n’étant pas constitué, et la qualification d’escroquerie n’ayant pas été retenue, l’ex-trésorier a été relaxé.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Temps de chien à la SPA






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Bourse au mérite, place sur Parcoursup, primes de la région ou d’une banque… Tour d’horizon des récompenses prévues pour de bons résultats au bac, le 6 juillet.
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Résultats bac 2018 : que rapporte une mention ?

Bourse au mérite, place sur Parcoursup, primes de la région ou d’une banque… Tour d’horizon des récompenses prévues pour de bons résultats au bac, le 6 juillet.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 17h14
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 17h24
    |

                            Service Campus








                        


Vendredi 6 juillet, l’ensemble des candidats au bac 2018 connaîtront leurs résultats. A la joie de pouvoir ainsi débuter des études supérieures s’ajoutera, pour certains d’entre eux, celle de décrocher une mention. Et parfois de découvrir que l’Etat, leur région, leur département, leur ville – et parfois des banques – prévoient de récompenser ces bons résultats, par des bourses, des primes, ou encore une place sur Parcoursup.
Une bonne partie de ces gratifications concerne en priorité les bacheliers obtenant la mention très bien (TB) mais pas seulement. C’est pourquoi, il est important de se renseigner, à l’obtention de ses résultats, afin de faire les différentes demandes.
Cet article permettra d’avoir une vision globale des propositions. A chacun ensuite d’effectuer des recherches plus précises selon son lieu d’habitation.
Bourse au mérite
Les étudiants ayant obtenu la mention très bien et qui poursuivent leurs études supérieures sont concernés par l’aide au mérite, à condition de bénéficier d’une bourse sur critères sociaux. La liste est transmise automatiquement au Crous, il n’y a aucune démarche à faire. Son montant est de 900 euros par an, soit deux fois moins que lors de sa création, en 2008, par le gouvernement de François Fillon. Elle est versée en neuf mensualités, dès le début de l’année universitaire. La bourse au mérite peut être perçue pendant trois ans maximum, sous réserve de ne pas manquer les cours, et de ne pas redoubler.
Primes des régions
La région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) a dupliqué la bourse au mérite en accordant une aide annuelle de 900 euros aux étudiants boursiers, pour une durée de trois ans maximum, et de 400 euros pour les étudiants non boursiers mais seulement l’année de l’obtention du bac.
La région des Pays de la Loire octroie 400 euros pour un bachelier mention TB bénéficiaire d’une bourse d’enseignement supérieur, et 200 euros pour un bachelier mention TB non boursier. Ces bourses régionales sont effectives la première année d’étude universitaire. Elles peuvent se cumuler à la bourse au mérite et, si elles existent, aux primes départementales et municipales : les Alpes-Maritimes et la ville de Nice versent chacune à toutes les mentions TB 200 euros sans critère de ressources.
En Ile-de-France, les bacheliers boursiers qui obtiennent la mention très bien et qui continuent leurs études dans la région peuvent bénéficier d’une aide ponctuelle de 1 000 euros. En région Auvergne-Rhône-Alpes, la récompense sera de 500 euros et peut également être accordée, sur proposition des chefs d’établissement, à des bacheliers n’ayant pas reçu la mention la plus élevée mais qui ont connu au cours de leur scolarité des difficultés particulières, liées à leur situation familiale, à des problèmes de santé ou à un handicap.
Pour les autres régions, nous vous invitons à consulter les sites Web de leur conseil régional.
Les départements et communes
Des départements et communes prévoient également des gratifications pour les meilleurs bacheliers. En Indre, une mention très bien est récompensée d’un chèque de 200 euros et une mention bien, de 150 euros. En 2017, 366 bacheliers de l’Indre toutes séries confondues ont pu obtenir ces récompenses.
Certaines municipalités mettent également la main à la poche pour leurs lycéens. A Montrouge (Hauts-de-Seine), une subvention de 400 et 800 euros est accordée aux bacheliers mention bien et très bien. A Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine) sont distribués des bons d’achat de 80 euros (mention TB) et de 50 euros (mention B).
Dans la commune d’Ollioules (Var), cela fait vingt ans qu’une récompense est accordée aux bacheliers qui poursuivent leurs études supérieures et en font la demande, sans critère de mention requis. Le montant était de 180 euros en 2017. La mairie indique que cette prime est reconduite cette année, sans en connaître encore le montant. Pour les bacheliers de Saint-Priest (métropole de Lyon), la prime augmente avec la mention : 100 euros pour assez bien, 150 euros pour bien et 200 euros pour très bien.
La mairie de Cannes a, elle, mis en place le prix d’excellence Jacqueline-de-Romilly. Il s’agit d’une bourse ponctuelle allant de 500 à 3 000 euros et s’adresse aux détenteurs d’un baccalauréat général ou technologique ayant obtenu la mention TB, domiciliés à Cannes et qui poursuivent leurs études dans « une filière post-bac dite “d’excellence”, longue, onéreuse et très sélective de type classes préparatoires aux grandes écoles », précise la municipalité.
Les banques
Les publicités vantant la générosité des banques envahissent les rues et les téléphones en cette période de baccalauréat. Au CIC, les bacheliers mention TB se voient virer 160 euros (80 euros pour la mention bien et 40 euros pour la mention assez bien), sur leur compte épargne existant ou à ouvrir avant la fin de l’offre. Mêmes montants chez Axa banque, à la différence que la mention AB rapporte 50 euros et qu’un bachelier sans mention se voit offrir 40 euros. Côté BNP Paribas, 50 euros sont versés à l’ouverture d’un compte et après souscription d’Esprit libre découverte ou Esprit libre initiative (offres bancaires destinées aux 18-24 ans) ainsi que d’autres avantages.
Les « primes » bancaires étant une pratique ancienne et connue, certains bacheliers ouvrent même plusieurs comptes pour cumuler leurs montants.

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Le dispositif « meilleurs bacheliers »
Mis en œuvre pour la première fois à l’issue du bac 2014, le dispositif « meilleurs bacheliers » avait pour objectif de permettre aux 10 % d’élèves ayant obtenu les meilleurs résultats au bac de leur filière et de leur lycée d’accéder à des places réservées, dans des filières sélectives (BTS, IUT, classes prépas…). Il s’agissait de lutter contre l’auto-censure mais également contre les inégalités de traitement des dossiers en fonction du lycée d’origine.
Cette année, le dispositif change de nature. En effet, il ne permet plus d’obtenir une place dans une filière où l’on n’avait pas postulé – il ne s’agit donc plus d’un dispositif de lutte contre l’auto-censure. En plus de faire partie des 10 % des meilleurs de la filière de son lycée, une nouvelle condition est également posée : obtenir une mention.
En revanche, le dispositif est considérablement élargi, permettant d’obtenir une place dans une filière non sélective (licence à l’université, première année de médecine…), ce qui augmente le nombre de bacheliers potentiellement intéressés.

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Bac 2018 : retrouvez les sujets, corrigés et résultats de l’examen sur « Le Monde Campus »
Le Monde Campus accompagne les candidats au bac jusqu’aux résultats, le 6 juillet, en publiant les sujets et les corrigés des épreuves, et des directs (le prochain sera consacré aux résultats de l’examen, vendredi 6 juillet). Retrouvez tous nos articles sur www.lemonde.fr/bac, la page Facebook Le Monde Campus et le compte Twitter @lemonde_campus , et une sélection ci-dessous :
Résultats bac 2018 : à quelle date et à quel endroit est prévue leur publication ?
Une pétition dénonce le sujet de maths « trop difficile » du bac S
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Deux Allemands condamnés il y a vingt-cinq ans voulaient que soient supprimés leurs noms d’archives de presse en ligne.
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La justice européenne refuse le « droit à l’oubli » numérique à deux condamnés pour assassinat

Deux Allemands condamnés il y a vingt-cinq ans voulaient que soient supprimés leurs noms d’archives de presse en ligne.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 17h58
    |

            Martin Untersinger








                        



   


La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a débouté, dans un arrêt rendu jeudi 28 juin, deux Allemands condamnés pour meurtre et qui souhaitaient que des médias retirent leur nom de leurs archives accessibles sur Internet.
Le site d’une radio publique allemande, l’hebdomadaire Der Spiegel et le Mannheimer Morgen, un journal local, avaient été assignés en justice par ces deux Allemands, condamnés en 1993 pour l’assassinat d’une célébrité. Ces derniers réclamaient que les articles les concernant, archivés, soient anonymisés, afin que leur condamnation ne les poursuive pas une fois leur peine purgée. Les deux plaignants ont mis en avant le fait qu’avec l’émergence des moteurs de recherche, il était très facile en saisissant leur nom d’aboutir sur les articles incriminés.
La justice leur a d’abord donné raison
Après avoir vu la justice leur donner raison en première instance et en appel, les deux protagonistes ont essuyé une défaite devant la Cour fédérale de justice, l’équivalent de la Cour de cassation, et porté leurs demandes devant la CEDH. Cette dernière a estimé que la Cour allemande n’avait pas méconnu le droit à la vie privée des deux demandeurs, ou plutôt que la liberté de la presse, dans ce cas, prévalait.
Pour la cour, dans ce cas précis, demander à un organe de presse d’anonymiser ses archives enfreint à la fois le droit du public à « faire des recherches sur des événements passés », mais aussi la liberté de la presse, estimant que la simple décision de maintenir ou non un nom dans un article est une prérogative journalistique pleine et entière.
La cour s’est bornée à avaliser l’analyse faite par la Cour fédérale de justice allemande, estimant que les Etats disposaient « d’une marge d’appréciation » pour juger des faits similaires. Elle a ainsi noté les cas particuliers de l’affaire qui lui était soumise : les deux plaignants avaient tout fait, en 2004 lors d’une tentative de révision de leur procès, pour médiatiser à nouveau leur affaire ; les articles incriminés étaient payants et donc difficilement accessibles ; et les deux demandeurs n’avaient pas dit à la cour s’ils avaient demandé aux moteurs de recherche de supprimer les articles de leurs résultats. Et qu’à ce titre, la justice allemande avait bien équilibré les deux principes que sont la liberté de la presse et le droit à la vie privée.
Responsabilité particulière des moteurs de recherche
La cour a insisté sur la responsabilité particulière des moteurs de recherche, dont l’« effet amplificateur » justifie que leur responsabilité soit « différente de l’éditeur », qui publie l’article. Autrement dit, la justice allemande aurait pu donner raison aux demandes de ses citoyens si cette dernière avait été dirigée vers les moteurs de recherche plutôt que vers les médias.
Cette approche épouse la forme de « droit à l’oubli numérique » déjà reconnu par l’Union européenne. Il s’agit du droit au déréférencement, reconnu par la Cour de justice de l’Union européenne en 2014. Ce dernier prévoit que les internautes puissent retirer des moteurs de recherche des liens vers certaines informations personnelles, et a conduit les principaux acteurs du secteur à mettre en place des procédures en ce sens. Google a depuis reçu un peu moins de 700 000 demandes. Le règlement général sur la protection des données personnelles, appliqué depuis la fin mai, a inscrit explicitement ce droit dans les textes européens.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Le club est lancé par Gilles Clavreul, cofondateur du Printemps républicain.
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édition abonné


Le think tank L’Aurore fait « le pari d’une gauche républicaine »

Le club est lancé par Gilles Clavreul, cofondateur du Printemps républicain.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 12h00
    |

            Abel Mestre








                        



                                


                            

Ancien délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, de 2014 à 2017, préfet en disponibilité, Gilles Clavreul lance, vendredi 29 juin, le think tank L’Aurore, dont le nom est une référence au journal dans lequel écrivait Georges Clemenceau. Avec un objectif pour ce proche de Manuel Valls et cofondateur du Printemps républicain : nourrir intellectuellement la gauche sociale-démocrate.
Pourquoi fondez-vous L’Aurore ?
Cela fait longtemps que je couve cette idée, au moins une dizaine d’années. Je fais le constat d’un chaînon manquant entre la décision politique et la réflexion. Il y a une très faible voie de communication entre le monde politique et le monde intellectuel. Les deux en pâtissent. Les débats sont très théoriques, très peu ancrés dans le réel et, à l’inverse, la décision politique devient de plus en plus technique, sans être soutenue par une vision. Il faut décloisonner le débat politique, qui est très captif d’un petit microcosme parisien. Je veux donner la parole à des praticiens.
Ce think tank sera-t-il ancré à gauche ?
Il y a une perte d’identité politique de la gauche sociale-démocrate qui aspire à gouverner, quand la gauche protestataire, aujourd’hui principalement La France insoumise, se réinvente. On veut expliquer les tendances lourdes qui font que le discours social-démocrate prend moins. Ou encore expliquer pourquoi il se dénature en évoluant vers un libéralisme teinté de préoccupations sociales. Il y a une crise très profonde qui peut aboutir à la quasi-disparition de la gauche de gouvernement ou à une transmutation de cette dernière qui empêche de dire si elle est encore de gauche.
Par exemple ?
Le macronisme s’est donné à voir, au départ, comme l’aboutissement ultime du projet de la deuxième gauche. On voit bien que les électeurs se demandent si cela a encore à voir avec la gauche.
La social-démocratie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Deux textes, que « Le Monde » s’est procurés, circulent sous le manteau à la CGT en vue du 52e congrès, en mars 2019. L’un défend une ligne réformiste. L’autre est un plaidoyer pour un syndicalisme radical « de classe et de masse ».
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Dans le noir absolu, ces animaux survivent avec un régime alimentaire particulier, sans poissons ni crustacés. Ils se nourrissent de chauves-souris, de criquets ou de grillons.
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Au Gabon, des crocodiles orange vivent dans des grottes depuis trois mille ans

Dans le noir absolu, ces animaux survivent avec un régime alimentaire particulier, sans poissons ni crustacés. Ils se nourrissent de chauves-souris, de criquets ou de grillons.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 09h56
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 11h01
   





                        



   


Au Gabon, connu pour sa diversité géologique et sa faune, des scientifiques ont eu la surprise de découvrir des crocodiles de couleur orange, uniques au monde, vivant au milieu d’excréments de chauves-souris dans des grottes obscures.
« Quand je me suis approché avec la lampe torche dans la grotte, j’ai vu des yeux rouges... de crocodiles ! C’était en 2008. Deux ans plus tard, nous avons sorti un premier spécimen de la grotte et nous avons remarqué qu’il était orange », se souvient le géoarchéologue (spécialiste des sédiments archéologiques) Richard Oslisly.
Cette double découverte a été faite alors qu’avec une équipe de chercheurs, il essayait de trouver des traces humaines, dans les grottes d’Abanda, dans le sud du pays.
Ce « crocodile orange cavernicole », qui peut atteindre 1,70 m, est unique au monde et n’a été observé que dans ces grottes du Gabon, selon M. Oslisly. « Au début, nous avions pensé que la couleur pouvait venir de leur alimentation, car nous avons remarqué que ces reptiles mangent des chauves-souris orange », explique le chercheur français.

   


L’urine des chauves-souris
Mais, après des études plus poussées, les chercheurs ont avancé d’autres hypothèses : une « dépigmentation » due au manque de lumière dans ces grottes ou encore la nocivité du « guano », une substance faite d’excréments de chauves-souris dans laquelle ces animaux marinent tout au long de leur vie souterraine. « L’urine des chauves-souris a commencé à attaquer leur peau et transformé leur couleur », explique Olivier Testa, spéléologue et membre de l’équipe scientifique.
Depuis 2010, Richard Oslisly, Olivier Testa et le chercheur américain Matthew Shirley ont multiplié les expéditions scientifiques pour en savoir plus sur ces crocodiles hors du commun. En cartographiant les grottes, ils ont à ce jour recensé quatre crocodiles orange sur une quarantaine de cette espèce « cavernicole ».
Des dizaines de crocodiles avec une coloration « normale » vivent dans des grottes voisines connectées à la surface, explique M. Testa, alors que les crocodiles orange croupissent dans des grottes accessibles uniquement par des puits verticaux.
« On pense que ces dizaines de crocodiles se seraient installés dans les grottes d’Abanda il y a environ 3 000 ans, ce qui correspond relativement bien avec une période où le niveau de la mer avait baissé et où cette zone côtière est redevenue terrestre », explique M. Shirley.
Les crocodiles orange, bloqués dans la grotte, se seraient « retrouvés piégés après être entrés par des couloirs quand ils étaient petits, puis ils ont grossi », selon Richard Oslisly.
Plusieurs couloirs plus ou moins étroits et interconnectés forment un réseau de grottes à Abanda où ils se bouchent parfois avec la montée de la nappe phréatique.
Crocodiles nains Osteolaemus tetraspis « en mutation »
Selon Matthew Shirley, les crocodiles se sont installés dans leur grotte parce qu’ils y trouvent leur compte et ils n’y sont peut-être pas tous bloqués depuis trois mille ans.
Dans le noir absolu, ces animaux survivent avec un régime alimentaire particulier. Dans les grottes, pas de poissons ni de crustacés. Ils se nourrissent de chauves-souris, de criquets, de grillons. « C’est un environnement particulièrement exigeant », indique M. Shirley.
Selon les chercheurs, cette population cavernicole – animaux orange et de couleur normale – appartient au groupe des crocodiles nains Osteolaemus tetraspis et est « en mutation ».
L’ADN de cette population cavernicole n’est pas assez différent de son cousin nain de la surface pour en faire une nouvelle espèce, explique Matthew Shirley, mais ces animaux ont développé leur propre « signature génétique ».
Les crocodiles des grottes sont en effet dotés d’un groupe de gènes unique transmis de génération en génération, ont constaté les chercheurs, après comparaison de leur ADN avec celui de leurs cousins nains vivant exclusivement en surface au Gabon.
Bien que le crocodile soit déjà une espèce protégée au Gabon, Richard Oslisly plaide pour que le site des grottes d’Abanda devienne un « sanctuaire », « intégralement protégé ». « Il reste encore beaucoup à découvrir dans les grottes d’Abanda », estime le géoarchéologue, qui espère y développer le « tourisme scientifique ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Plusieurs carrefours du quartier du Marais avaient été ornés de ces passages piétons temporaires avant la marche des fiertés parisienne, qui se tiendra ce week-end. L’un d’entre eux avait été dégradé en début de semaine.
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Contre l’homophobie, Paris va pérenniser les passages piétons aux couleurs de l’arc-en-ciel

Plusieurs carrefours du quartier du Marais avaient été ornés de ces passages piétons temporaires avant la marche des fiertés parisienne, qui se tiendra ce week-end. L’un d’entre eux avait été dégradé en début de semaine.



Le Monde
 |    28.06.2018 à 12h24
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 12h30
   





                        


Après dégradations et insultes homophobes dans le Marais et à quelques jours de la marche des fiertés parisienne, Anne Hidalgo, la maire PS de Paris, a annoncé, mercredi 27 juin, que des passages piétons aux couleurs arc-en-ciel seront permanents à Paris.
« La lutte pour l’égalité des droits et contre les discriminations se tient pendant la quinzaine des fiertés mais aussi toute l’année », a lancé la maire de Paris devant la conférence de l’European LGBT Police Association qui se tient jeudi et vendredi à l’hôtel de Ville. En plus des « nombreuses actions que nous conduisons avec les associations, je prends aujourd’hui une décision symbolique : nous allons rendre permanents les passages piétons arc-en-ciel que nous avons installés dans le Marais », a ajouté Mme Hidalgo mettant en avant un « signal résolument positif et bienveillant » et un « message de bienvenue » pour les visiteurs du quartier.
Deux passages supplémentaires
Plusieurs carrefours du quartier du Marais, où sont concentrés la majorité des bars et boîtes de nuit gays de Paris, avaient été ornés de ces passages piétons temporaires avant la gay pride. L’un d’entre eux a été dégradé et recouvert d’insultes homophobes en début de semaine. Mme Hidalgo a annoncé avoir saisi le procureur de la République de Paris et les inscriptions ont été effacées.

        Lire :
         

          La Mairie de Paris va saisir la justice à la suite d’une dégradation homophobe



Pour répondre à ces dégradations, Mme Hidalgo a annoncé mercredi sa décision de créer deux passages supplémentaires, toujours dans le même quartier, et qui seront réalisés dans la nuit de jeudi à vendredi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Ce néologisme vise à différencier les groupuscules radicaux et « extraparlementaires » des formations d’extrême droite « légalistes ».
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Pourquoi parle-t-on d’« ultradroite » ?

Ce néologisme vise à différencier les groupuscules radicaux et « extraparlementaires » des formations d’extrême droite « légalistes ».



Le Monde
 |    26.06.2018 à 18h12
 • Mis à jour le
28.06.2018 à 13h14
    |

            Pierre Breteau








                        



   


Dix personnes liées à « l’ultradroite » ont été interpellées dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 juin sur tout le territoire français par les services antiterroristes. Elles sont soupçonnées d’avoir envisagé de s’en prendre à des musulmans, et une information judiciaire a été ouverte pour « association de malfaiteurs terroristes criminelle ».
Les suspects gravitaient autour d’un groupe baptisé AFO (pour Action des forces opérationnelles), qui s’était donné pour cible des imams, des lieux pour leurs liens présumés avec l’islam radical ou des personnes de confession musulmane.
Ce n’est pas la première fois puisque, en octobre 2017, un groupuscule violent d’ultradroite fédéré autour de Logan N. – ancien militant royaliste de l’Action française – était démantelé par les services antiterroristes. On retrouve les mêmes motivations dans l’attentat raté de Maxime Brunerie contre Jacques Chirac, le 14 juillet 2002.
L’ultradroite ou l’extrême droite violente
Derrière le nom d’« ultradroite » se cache, en fait, une multitude de groupuscules issus de l’extrême droite, le plus souvent à effectif très réduit, dont les actions sont violentes.
« L’ultradroite, c’est un terme utilisé par les services de police pour désigner l’extrême droite violente », comme l’explique Nicolas Lebourg, historien et spécialiste de l’extrême droite, dans un entretien au site Loopsider. Et ce faisant, la police la distingue de l’extrême droite légale.
Pour la première fois, selon l’historien, « il y a une convergence idéologique depuis 2001 (…), on l’avait bien vu avec Anders Breivik, c’était le rejet de la société multiculturelle. » Avant cette période, en Occident, les organisations violentes « sont des groupes néonazis très violemment antisémites et dont l’idéologie est complètement déconnectée de celle des masses ». Désormais, « la critique de la société multiculturelle est un produit de consommation de masse ».
Un goût commun pour l’extraparlementarisme
Et si ces groupuscules d’ultradroite peuvent entretenir des différences de fond (sur leur position par rapport à la religion chrétienne, par exemple), ils partagent un goût commun pour l’extraparlementarisme, c’est-à-dire que se présenter à des élections ne fait pas partie de leurs moyens d’action. Mais ce n’est pas le cas de toutes les organisations extraparlementaires, ainsi l’Action française – royaliste et foncièrement antiparlementaire, mais peu violente malgré quelques débordements de ses « camelots » – ne se présente pas aux élections.
En revanche, c’est le cas, par exemple, de l’Œuvre française présidée par Yvan Benedetti, organisation dissoute en 2013 après la mort du militant d’extrême gauche Clément Méric. Dans le même temps, un autre groupuscule d’ultradroite, les Jeunesses nationalistes révolutionnaires, est lui aussi dissout.
Tous ces groupuscules, qu’ils soient d’inspiration pétainiste, fasciste ou néonazie, se retrouvent sur le rejet de l’islam et de l’immigration. La plupart du temps antisémites et favorables à une Europe exclusivement blanche et à l’image de Logan N., ils veulent « enclencher la remigration », l’expulsion des populations d’origine maghrébine de France.



                            


                        

                        

