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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Les deux groupes ont signé un partenariat portant notamment sur la vitrification des déchets peu radioactifs.
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EDF et Veolia s’associent pour démanteler les centrales nucléaires

Les deux groupes ont signé un partenariat portant notamment sur la vitrification des déchets peu radioactifs.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 15h30
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Les numéros un mondiaux de l’énergie nucléaire et des services à l’environnement s’associent dans la gestion et le traitement des déchets et des éléments radioactifs des centrales. EDF et Veolia ont signé, mardi 26 juin, lors du Salon mondial du nucléaire réuni à Villepinte (Seine-Saint-Denis), un accord portant sur deux grands partenariats.
Le premier prévoit le développement conjoint de solutions de télé-opération (robots) pour démanteler les six réacteurs de la filière Uranium Naturel Graphite Gaz (UNGG) de Bugey (Ain), Chinon (Indre-et-Loire) et Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher), la technologie développée dans les années 1950-1960 avant que la France ne rachète la licence des réacteurs à eau pressurisée (REP) de l’américain Westinghouse en 1970.
Technologies d’intervention à distance
Des étapes ont déjà été franchies sur ces installations complexes et EDF confirme son objectif de les démanteler « dans des délais aussi courts que possible ». Veolia va mettre à la disposition du groupe nucléaire son expérience des technologies d’interventions à distance (robotique) pour concevoir et réaliser des solutions permettant d’accéder au cœur des six réacteurs, de découper la cuve et d’extraire les composants « dans des conditions de sûreté et de sécurité optimales », assure-t-il.

Le second volet de l’accord est plus large. Veolia va mettre à disposition d’EDF une technique baptisée GeoMelt qui permet de piéger les déchets de très faible, faible et moyenne activité dans du verre afin de pouvoir les stocker et les transporter de façon plus sûre. Il pourra s’agir, par exemple, des morceaux de la cuve du premier REP démantelé par EDF sur le site de Chooz (Ardennes). Ces déchets représentent 0,1 % de la radioactivité… mais 98 % des volumes à traiter.
Les deux groupes travailleront sur cette technologie pour l’exploitation et le démantèlement futur des 58 réacteurs en service en France et les autres tranches exploitées...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Cent députés de la République en marche, parmi lesquels Jean-Charles Colas-Roy, Anthony Cellier, Barbara Pompili et Roland Lescure, estiment que la programmation pluriannuelle de l’énergie doit faire l’objet d’un rendez-vous législatif régulier et non d’un décret gouvernemental.
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« Le Parlement doit être en première ligne pour définir la politique énergétique »

Cent députés de la République en marche, parmi lesquels Jean-Charles Colas-Roy, Anthony Cellier, Barbara Pompili et Roland Lescure, estiment que la programmation pluriannuelle de l’énergie doit faire l’objet d’un rendez-vous législatif régulier et non d’un décret gouvernemental.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 12h58
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 13h05
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. L’année 2018 constitue un tournant pour la politique énergétique de la France : c’est l’année de la révision de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Il s’agit de définir notre feuille de route de la transition énergétique pour l’avenir. Cependant, la PPE est l’objet d’un décret : elle relève donc du pouvoir réglementaire, et plus particulièrement de celui du ministère de la transition écologique et solidaire.

Nous regrettons que la représentation nationale, le Parlement, ne soit pas réellement saisie sur le fond, à travers la rédaction d’une loi, face à des enjeux aussi stratégiques que ceux que pose la PPE pour l’avenir énergétique de notre pays. Les commissions développement durable et affaires économiques de l’Assemblée nationale ont choisi de mener des auditions communes, mercredi 13 juin, afin d’écouter les ONG, les syndicats, les associations de professionnels, les industriels du gaz, ceux de l’électricité et les représentants des énergies renouvelables. Ce n’est pas suffisant !
Nous, parlementaires, souhaitons nous engager au-delà. Le Parlement dans son ensemble, et la majorité présidentielle en particulier, doivent être en première ligne dans la définition du cap énergétique à tenir. La PPE doit être à la hauteur du « plan climat » ; elle doit refléter les engagements pris par la loi mettant fin à l’exploitation des hydrocarbures en France à l’horizon 2040, elle doit être en phase avec le plan de rénovation énergétique des bâtiments et elle doit inspirer la prochaine loi d’orientation des mobilités (LOM) afin d’assurer la réussite de la transition énergétique dans l’ensemble des secteurs énergivores.
Place de l’environnement dans la Constitution
Pour réussir à tenir ces objectifs forts pour notre avenir énergétique et démontrer notre détermination collective à agir en faveur du climat, nous proposons une loi et non un simple décret pour la PPE. Tous les cinq ans, le Parlement devrait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Peut-on se passer d’investir dans une nouvelle usine pour brûler les ordures d’Ile-de-France ? La question est posée alors que la commission d’enquête publique s’apprête à rendre son avis.
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La reconstruction de l’incinérateur de déchets d’Ivry fait polémique

Peut-on se passer d’investir dans une nouvelle usine pour brûler les ordures d’Ile-de-France ? La question est posée alors que la commission d’enquête publique s’apprête à rendre son avis.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 12h10
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 12h19
    |

                            Alexandre-Reza Kokabi








                        



   


La reconstruction de l’usine d’incinération d’Ivry-Paris 13e, dans le Val-de-Marne, va-t-elle rejoindre la liste des « grands chantiers inutiles » voués à la contestation ? Alors que les premières consultations sur le devenir du site remontent au début des années 2000, l’échéance se rapproche pour ce futur équipement à plus d’un milliard d’euros. L’enquête publique vient de prendre fin, lundi 25 juin. C’est la dernière étape avant d’éventuelles autorisations préfectorales.
Dans la banlieue sud-est de Paris, l’actuel centre de traitement d’Ivry-sur-Seine, construit en 1969, crache sans discontinuer des nuées d’ordures brûlées : près de 700 000 tonnes de déchets ménagers sont consumées dans ses fourneaux chaque année, en provenance de 15 communes dont Paris. Il s’agit du plus grand incinérateur d’Europe. L’une de ses deux cheminées qui surplombent le boulevard périphérique dégage une traînée blanchâtre dans le ciel, l’autre non. Elle est momentanément à l’arrêt pour cause de maintenance : les périodes de contrôle de l’installation s’accroissent, à l’aube de son demi-siècle d’existence.
Le jeudi 14 juin, une réunion publique a rassemblé à l’Espace Robespierre d’Ivry, habitants, élus, associations et représentants du Syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères (Syctom), maître d’ouvrage de la future installation. « Nous avons plus que jamais besoin d’une nouvelle usine pour garantir la continuité du service public de traitement des déchets », glisse, dans son micro, Jacques Gautier (LR), maire de Garches et président du Syctom. Ce syndicat regroupe 84 communes d’Ile-de-France, il gère les déchets de 5,7 millions d’habitants – soit la moitié de la population francilienne, et 10 % des déchets ménagers du pays.
« L’impertinence d’un projet coûteux »
Une unité de valorisation énergétique (UVE) pourrait ainsi voir le jour à l’horizon 2023. Dans cette optique, le Syctom a conclu un marché avec le groupement d’entreprises IP13, composé de Suez Environnement, Vinci et Hitachi Zosen Inova. Le coût d’investissement et d’exploitation jusqu’en 2037 s’élève à 1,152 milliard d’euros, taxes comprises, d’après le Syctom. Elle permettrait d’incinérer 350 000 tonnes de déchets par an, moitié moins que l’unité actuelle, car nos habitudes dans ce domaine sont appelées à changer. « Nous nous inscrivons ainsi dans des perspectives d’évolution de tonnage volontaristes », estime Jacques Gautier.
Volontaristes ? Flore Berlingen, directrice de l’association Zero Waste France, dénonce au contraire « l’impertinence d’un projet coûteux ». Son association est loin de partager la vision de la gestion des ordures portée par le Syctom. « Nous devons réduire drastiquement la quantité de déchets incinérés en région parisienne, assure-t-elle. Actuellement, 75 % du contenu d’une poubelle envoyé à l’incinérateur est recyclable ou compostable. La marge de manœuvre est importante. Si nous accompagnons la réduction et le tri des déchets, nous n’aurons pas besoin de cette usine. » La militante rappelle en outre qu’une autre unité de tri et de préparation des déchets avant l’incinération est encore à l’étude et pourrait venir compléter le site à partir de 2027. Les deux usines pèseraient alors deux milliards d’euros de deniers publics.
Zero Waste France et le Collectif 3R, soutenus par des associations locales et nationales, proposent une voie alternative : le plan « Baisse des ordures ménagères » (B’OM), qui repose sur les principes de l’économie circulaire. L’idée ? Diminuer suffisamment la quantité d’ordures ménagères à brûler en Ile-de-France, pour qu’elles puissent être entièrement prises en charge par les deux autres usines du Syctom, en service à Issy-les-Moulineaux et à Saint-Ouen.
328 kg par habitant
« C’est certainement plus simple de construire une usine que de dépenser de l’énergie et du courage politique pour bousculer les habitudes, souffle Flore Berlingen. Mais contrairement aux apparences, l’usine n’apporte pas de solution clés en main. L’incinération n’est pas très pourvoyeuse d’emplois. » Selon les prévisions des associations, comparé à la reconstruction d’un tel équipement, le plan B’OM permettrait de créer 23 % d’emplois en plus en 2023 et 61 % en 2030.
« Grâce à cela, nous serions en phase avec les objectifs légaux de recyclage et de tri, explique Flore Berlingen. C’est loin d’être le cas pour le moment. Les actuelles prévisions de collecte sont en contradiction avec la loi de transition énergétique pour la croissance verte [LTECV], qui demande 10 % des déchets ménagers en moins d’ici 2020 et 65 % de recyclage d’ici 2025. » Actuellement sur le territoire du Syctom, la quantité de déchets non triés s’élève à 328 kg par habitant, alors que la moyenne nationale est de 261 kg.
Le syndicat envisage pour sa part un taux de recyclage avoisinant les 30 % en 2025. « Ces objectifs concernent le territoire national alors que nous nous inscrivons, nous, dans un tissu urbain particulièrement dense, soutient le directeur général des services du Syctom, Martial Lorenzo. Par ailleurs, nous n’avons que très peu recours à l’enfouissement des déchets, comme le demande la LTECV, et nous valorisons l’énergie produite dans nos usines. » 
Réseau de chaleur
La chaleur produite par l’UVE devrait en effet alimenter le réseau de chauffage urbain et d’électricité. L’usine actuelle d’Ivry-Paris 13e dessert l’équivalent de 100 000 logements, via le réseau de chaleur de la Compagnie parisienne de chauffage urbain. « Cette énergie renouvelable de récupération est préférable à l’emploi d’énergies fossiles », avance le Syctom. La directrice de Zero Waste s’oppose à « ce glissement sémantique destiné à rendre plus acceptable l’incinération. Le rôle premier du Syctom n’est pas de produire de l’énergie avec nos déchets, poursuit Flore Berlingen. Et cet argument ne justifie en rien la construction d’une nouvelle usine. »
Le 14 juin au soir, des habitants d’ivry ne cachent pas leur inquiétude quant à la nature des pollutions engendrées par l’incinérateur. « Nous ne pouvons pas accepter la présence d’une usine dont nous ne connaissons pas tous les dangers et qui risque de déglinguer la santé de la population, des enfants », s’exclame ainsi une riveraine. Les fumées contiennent-elles des microparticules potentiellement cancérigènes, des dioxines et furanes bromés et autres polluants nocifs ? « Le public manque d’information sur les pollutions », observe pour sa part Anne Connan, du Collectif 3R.
« Nos trois installations sont les plus contrôlées de France, rétorque Martial Lorenzo. Nous sommes passés au crible ! » Le syndicat tente d’apaiser les craintes en soulignant les performances technologiques de son futur incinérateur et ses capacités de captage des polluants avant rejet dans l’atmosphère. Son « look » et son intégration architecturale, vantés dans une vidéo de présentation diffusée à l’Espace Robespierre, sont accueillis avec une pointe d’ironie par l’assistance.
Au terme de la consultation, la commission d’enquête rendra son avis au préfet de Val-de-Marne, qui délivrera, ou non, l’autorisation d’exploiter l’unité de valorisation énergétique. La demande de permis de construire l’usine vaudrait alors permis de démolir l’unité d’incinération existante. Les travaux pourraient démarrer dès la fin de l’année.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ En additionnant le nucléaire, les énergies renouvelables et la biomasse, la France a produit une électricité décarbonée à 97 %.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Au cours des dernières années, une partie des salins ont été rendus à la nature, qui s’empresse de les reconquérir.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ L’Europe doit se prononcer sur la classification de cette substance comme cancérogène possible par inhalation.
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Bataille sur les nanoparticules de dioxyde de titane

L’Europe doit se prononcer sur la classification de cette substance comme cancérogène possible par inhalation.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 11h41
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 12h52
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

La France suivra-t-elle les avis de ses propres experts ? Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a rendu, lundi 25 juin, une série de recommandations destinées à « protéger les travailleurs et les personnes au voisinage de sites de production ou de manipulation de nanoparticules de dioxyde de titane [TiO2] ».
Le rapport du HCSP s’inscrit dans la continuité de plusieurs expertises officielles suggérant le caractère cancérogène du TiO2 – notamment celle de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) ou encore celle, dès 2006, du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Mais cette fois, le rapport du HCSP survient au milieu d’un bras de fer réglementaire sur la classification de cette substance comme cancérogène possible (catégorie 2), par inhalation, au niveau européen.
Une telle mesure entraînerait, en Europe, des restrictions importantes et des obligations d’étiquetage pour de nombreux produits contenant du TiO2 (peintures, matériaux de construction, cosmétiques, médicaments, aliments transformés, etc.). Les enjeux économiques et industriels sont considérables. Les Etats membres de l’Union doivent arrêter leur position d’ici au 13 juillet et dire à la Commission européenne s’ils sont favorables, ou non, à la classification du produit. Bruxelles espère pouvoir mettre au vote la décision à la rentrée.
En France, le dossier oppose le ministère de la transition écologique à ceux de l’économie et du travail
La position de Paris pourrait être déterminante. En France, le dossier oppose d’une part le ministère de la transition écologique et solidaire et, d’autre part, les ministères de l’économie et du travail. Selon nos informations, le ministère de Nicolas Hulot appuie une classification du produit sous toutes ses formes, de liquide et de poudre, tandis que Bercy et la rue de Grenelle sont plus attentifs à l’impact industriel et économique d’une mesure...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Cultivés en hydroponie, sur de vastes étagères dans des univers aseptisés, ils trouvent leur place sur les étals des supermarchés et dans les assiettes de restaurants étoilés.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/06/2018
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La culture verticale de légumes, en plein développement au Japon

Cultivés en hydroponie, sur de vastes étagères dans des univers aseptisés, ils trouvent leur place sur les étals des supermarchés et dans les assiettes de restaurants étoilés.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 08h00
    |

            Philippe Mesmer (Kameoka, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Prix stables, hygiène garantie, production à l’année sans pesticides et soutien gouvernemental. La culture verticale de légumes en usine connaît un véritable boom au Japon. « J’aime bien car il n’y a pas de risque de trouver des insectes », observe une femme d’une quarantaine d’années dans un supermarché de Tokyo, même si une personne âgée lui fait remarquer que « s’il y a des insectes, c’est que c’est bon ».
Un argument vite balayé, tant les légumes cultivés dans des univers clos et aseptisés seduisent. Dans son usine de Kameoka, à une trentaine de kilomètres de Kyoto (Ouest du Japon), la société Spread produit en hydroponie (hors-sol) sur 2 900 m² quatre variétés de salades, de la plus tendre à la plus croquante, disposées en rangs serrés sur de vastes étagères, dans un environnement à 25 degrés et à 60 % d’humidité, sous la lumière de simples néons et avec les racines trempant dans une solution riche en nutriments comme le potassium.
Pionnière dans ce secteur au Japon, Spread a tâtonné avant de trouver la bonne formule. « L’idée est née en 2006 mais nous n’avions aucune expérience, rappelle Yoshifumi Okai, des relations publiques de l’entreprise. Il a fallu faire des recherches pour trouver la bonne recette. »
Des débuts difficiles
Un pari tenté par Shinji Inada, le dirigeant de Trade, maison mère de Spread spécialisée dans le négoce des légumes, qui a constaté l’impact des changements climatiques sur l’activité maraîchère. Il a également observé l’inquiétude grandissante des consommateurs face à l’usage des pesticides et le vieillissement de la population, particulièrement sensible dans les zones rurales, qui soulève des interrogations sur l’avenir de l’agriculture. « Pour nous, la culture verticale peut jouer un rôle déterminant pour résoudre les problèmes d’accès à l’alimentation », estime M. Inada.
Les débuts furent difficiles car, explique M. Okai, « les gens, surtout les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Trottinette, gyroroue, eskate ou hoverboard ne sont pas pris en compte par le code de la route. Leur développement impose une réflexion sur la répartition de l’espace public.
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L’essor des trottinettes électriques oblige à repenser le partage de l’espace public en ville

Trottinette, gyroroue, eskate ou hoverboard ne sont pas pris en compte par le code de la route. Leur développement impose une réflexion sur la répartition de l’espace public.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 15h05
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 15h25
    |

                            Maud Obels








                        



   


Pouvoir se déplacer librement, rapidement et sans effort… la proposition est séduisante et l’offre est désormais bien réelle, entre les trottinettes électriques, disponibles depuis peu en libre-service dans deux arrondissements parisiens et à Bruxelles, la gyroroue (monocycle électrique), l’eskate, l’hoverboard ou encore le gyropode (comme le Segway).
Ces mobilités sont regroupées sous le terme d’engins de déplacement personnel (EDP) par les pouvoirs publics ; une catégorie hybride, puisqu’elle comprend aussi bien les engins électriques que les rollers ou les trottinettes classiques. C’est la raison pour laquelle beaucoup d’acteurs du secteur préfèrent le terme de nouveaux véhicules électriques individuels (NVEI).
Trottinettes, une offre « de plus en plus large »
Encore confidentiels il y a quelques années, ces modes de déplacement se développent rapidement. « Surtout les trottinettes électriques, confirme Mathieu Lavergne, d’Eroue, boutique installée dans le 5e arrondissement de Paris depuis quatre ans. Le secteur des trottinettes évolue beaucoup, aussi bien côté ventes que côté technologies, l’offre est de plus en plus large. »
Difficile d’avoir des chiffres concernant le nombre d’utilisateurs, aucune étude sérieuse n’ayant été réalisée et les professionnels du secteur commençant tout juste à s’organiser en réseau. Sur la base d’un sondage réalisé en mars, l’assureur Aviva estime que 3 % des Français utilisent déjà des NVEI, soit 1,5 million de personnes, et que 17 % ont l’intention de les utiliser prochainement, soit 8,5 millions d’utilisateurs potentiels.
Un chiffre d’utilisateurs très largement surestimé, selon Christophe Bayart, dirigeant de Mobility Urban, enseigne de distribution de NVEI, qui, lui, estime entre 400 000 et 500 000 le nombre d’usagers. « En 2017, les ventes, en quantité, ont considérablement augmenté, précise-t-il. En valeur, la progression est de 30 %, mais des produits à bas prix et de mauvaise qualité sont arrivés sur le marché. »

        Lire :
         

          Les trottinettes électriques arrivent à Paris après avoir conquis les Etats-Unis



Cet essor ne va pas sans poser quelques questions quant au cadre réglementaire dans lequel ces nouveaux engins, et leurs propriétaires, peuvent évoluer. Situés dans un « angle mort » du code de la route, les NVEI sont dans un flou juridique : comment ces véhicules peuvent-ils circuler, sur quelles voies, à quelle vitesse et soumis à quelles règles ?
Les utilisateurs – et celles et ceux qu’ils côtoient – roulent encore à vue. Pour le moment, ils sont considérés comme des piétons. Ils sont donc supposés rouler sur les trottoirs à l’« allure du pas », soit environ 6 km/h. Ils sont tolérés sur les pistes cyclables à maximum 25 km/h, sans y être vraiment autorisés.
Ces limites de vitesse paraissent en décalage avec les technologies disponibles, puisque les magasins spécialisés vendent des trottinettes électriques pouvant atteindre 85 km/h, sans aucune obligation de port d’un casque, de présence de lumières ou encore d’immatriculation.
« Même si rien n’est obligatoire, nous donnons des consignes de sécurité, nuance Mathieu Lavergne. Nous expliquons à nos clients que le port d’un équipement de protection, d’un casque et de gants est très vivement conseillé. » 
Ces vitesses potentielles démesurées devraient par ailleurs bientôt disparaître, puisqu’une norme est en cours d’élaboration, qui bridera la capacité de ces engins. « Sans doute à 25 km/h maximum, comme les vélos à assistance électrique », selon Christophe Bayart.

   


Les pouvoirs publics vont bientôt légiférer, dans le cadre du projet de loi orientation sur les mobilités, qui devrait être votée à l’automne, après avoir été plusieurs fois retardé. Cette nouvelle législation sera issue de la réflexion menée lors des Assises de la mobilité, qui se sont déroulées d’octobre à décembre 2017.
Elle ne prend toutefois pas la mesure du bouleversement en cours dans les mobilités, estime Jérôme Monnet, chercheur au laboratoire Ville mobilité transport : « Cela fait des décennies que l’on sépare clairement les piétons, les automobiles, les transports en commun. Ces nouveaux engins viennent brouiller ces catégories. L’utilisateur est-il un piéton ou un véhicule ? Il faut observer la transformation des pratiques, car la grande différence, c’est que l’usager peut désormais transporter son véhicule. »
Selon lui, les NVEI ont le potentiel d’une profonde transformation de la manière de se déplacer en ville et dans les zones périurbaines, mais « il peut toujours y avoir un retour en arrière, avec des crispations liées au cadre réglementaire ».

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Pour préciser ce cadre, un comité d’experts du Conseil national de sécurité routière a suggéré, à l’issue de ses assises, d’assimiler « les engins de déplacement à des cycles quant à l’usage des espaces publics et aux règles d’usages relativement au partage de la voirie », tandis que la Direction générale des entreprises souhaite pérenniser la circulation sur les trottoirs.
La première solution semble convenir à toutes les parties. Selon un sondage réalisé par Mobilty Urban auprès d’usagers, en janvier : 65 % d’entre eux souhaitent être assimilés aux cycles.
Pierre Hémon (EELV), conseiller délégué aux mobilités actives à la Métropole de Lyon, estime également que les NVEI « s’insèrent bien sur les pistes cyclables » : « Je suis pour sanctuariser les trottoirs, c’est le dernier espace où les piétons peuvent être tranquilles », ajoute-t-il.
Combinaison de modes de déplacement
Attention à la surchauffe, nuance Jérôme Monnet : « Les pistes cyclables, conçues pour l’ergonomie du vélo, vont très vite exploser si tous ces utilisateurs doivent les partager. » Lui prône une solution bien plus radicale : « Tous les engins roulants devraient se partager la chaussée. Evidemment, cela signe un peu la fin de la circulation automobile. »
Ce qui n’est, selon lui, pas un problème, grâce à la combinaison des trois modes de déplacement de la ville du futur : la marche, les transports en commun et les microvéhicules portables. « Je sais que ce n’est pas une recommandation de politique publique réaliste, mais je rêverais que ces nouvelles mobilités soient l’occasion d’une véritable discussion politique. Profitons-en pour innover ! »
Si les métropoles n’en sont effectivement pas encore là, elles accueillent avec bienveillance ces nouveaux usages. « Tout ce qui peut éviter de prendre la voiture, c’est très bien, estime Pierre Hémon. J’ai déjà repéré des endroits où un système de location de trottinettes électriques, mais plutôt avec des bornes, serait à sa place dans la métropole lyonnaise, pour combler les derniers mètres entre les transports publics et les lieux de travail. »
Quant à l’entreprise Lime, qui propose les trottinettes en libre-service dans la capitale, elle signera, mercredi 27 juin, ainsi que tous les acteurs des deux-roues, une charte de bonne conduite avec la Ville de Paris.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ « Tara » et « Le Monde » mettent le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique Nord.
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Goélette scientifique « Tara », journal de bord nº 3 : veillée d’armes aux abords du Great Pacific Garbage Patch

« Tara » et « Le Monde » mettent le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique Nord.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 14h27
    |

            Patricia Jolly








                        



   





#PlastiquePacifique. Le Monde met le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique nord. Embarqués sur la goélette scientifique Tara pour un périple de trois semaines entre Honolulu (Hawaï) et Portland (Oregon), notre journaliste Patricia Jolly et le photographe Samuel Bollendorff vous emmènent au cœur de cette mixture mitonnée par l’homme, qui rejette chaque année 8 millions de tonnes de plastiques en mer.

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Sixième jour de mer… Tara navigue au moteur par 46 degrés nord et 130 degrés ouest dans une mer agitée et un vent d’est-nord-est de force 5 de face qui fait valdinguer tout ce qui n’est pas arrimé. Y compris nos corps las qui collectionnent les bleus. Nous sommes théoriquement entrés dans le Great Pacific Garbage Patch, figuré par une tache orange sur l’ordinateur de la passerelle. Théoriquement… Car nous n’avons aucune certitude sur la position exacte de cette zone dont on estime qu’elle représente six fois la superficie de la France.
Tara a déterminé sa route pour la rallier à partir de l’étude scientifique la plus complète et la plus récente, publiée le 22 mars par l’océanographe Laurent Lebreton et son équipe dans Scientific Reports sous l’intitulé « Evidence that the Great Pacific Garbage Patch is rapidly accumulating plastic ». Mais les données sur lesquelles se fonde ce travail remontent à 2015, année où la « poubelle de plastiques » a été quadrillée par une vingtaine de bateaux et un avion. Il n’est donc pas exclu qu’elle ait vagabondé un peu depuis.

   


Chercheur français, Laurent Lebreton est affilié à The Ocean Cleanup, organisation néerlandaise à but non lucratif fondée en 2013, qui s’est donné la colossale mission de développer « des technologies avancées pour débarrasser les océans du plastique ». Selon son modèle, Tara devrait parvenir au cœur de la « soupe de plastiques » d’ici deux jours.
Chemin faisant, la goélette s’offre des vols planés et des atterrissages qui ne parviennent pas à assombrir la belle humeur du capitaine, Yohann Mucherie, ravi d’entretenir naturellement son « gainage ». Les mouvements brutaux du bateau ne sont pas non plus de nature à couper l’appétit de Loïc Caudan, le chef mécanicien. Chaque matin au petit déjeuner, il engloutit sans ciller les reliefs du dîner de la veille.

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                Goélette scientifique Tara, journal de bord n° 1 : cap sur la « soupe » de plastiques



Vent et vagues
Les scientifiques, eux, sont un peu moins placides. Ces dernières quarante-huit heures, ils ont enregistré une concentration de plastiques… plus faible que celles observées depuis le départ. Une aberration à la lisière du Great Pacific Garbage Patch qu’expliquent les conditions météo adverses. Impossible, en effet, de mouiller le délicat filet Manta avec un vent de face désormais établi à plus de 20 nœuds (environ 40 km/h).

   


Ses armatures d’acier ricochent sur la mer creusée, empêchant sa chaussette de soie de tamiser la surface. Seuls le High Speed Net (HSN) et le Dolphin, plus robustes et destinés aux collectes à vitesse de croisière (environ 7 nœuds, soit environ 13 km/h), ont pu être déployés.
« Le Manta est conçu pour échantillonner à allure lente [entre 2 et 3 nœuds, environ 4 km/h] la microcouche, très riche en plancton et en microplastiques, qui se trouve à la surface de l’eau. Or celle-ci est actuellement diluée par le vent et les vagues », explique Nils Haëntjens, spécialiste de l’optique océanographique à bord et doctorant à l’université du Maine, derrière ses lunettes à la Harry Potter embuées par les embruns.
Sans une météo plus calme autorisant le lancement de l’arsenal complet des filets, le risque d’une sous-estimation des quantités de microplastiques présentes dans le Great Pacific Garbage Patch est réel.

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                Goélette scientifique Tara, journal de bord n° 2 : les défis d’une navigation scientifique « propre »



A l’instar des chercheurs, Jonathan Lancelot, le « chef plongée » de Tara, guette un apaisement du vent et de la houle, et fourbit son équipement sous-marin. Il rêve de s’immerger avec son boîtier étanche pour réaliser des clichés juste au-dessous de la surface de la soupe de plastiques. Objectif ? Tordre le cou aux idées reçues. « Il faut offrir au public une image plus précise et réaliste des composantes de cette concentration de microdéchets qui suscite tant de fantasmes et d’interrogations », estime-t-il.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Le groupe va inaugurer le 5 juillet, à Rousset, une unité pour traiter des équipements solaires. Ce marché est appelé à un fort développement dans les décennies à venir.
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Veolia se lance dans le recyclage des panneaux photovoltaïques

Le groupe va inaugurer le 5 juillet, à Rousset, une unité pour traiter des équipements solaires. Ce marché est appelé à un fort développement dans les décennies à venir.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 12h54
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



   


Ce n’est qu’un atelier avec une poignée d’ouvriers s’affairant aux derniers réglages avant son inauguration, le 5 juillet, au sein du site de Rousset (Bouches-du-Rhône). Des membres du gouvernement ont été invités, y compris le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot. Mais pour Veolia, cette ligne consacrée au recyclage des panneaux photovoltaïques est la promesse d’une activité appelée à un fort développement dans les prochaines décennies, à mesure que les fermes solaires devront changer des équipements arrivés en fin de vie.
Ce nouveau « business » est développé par Triade Electronique, la filiale de recyclage et de valorisation des équipements électriques et électroniques (D3E) de Veolia lancée en 2006 lors de l’entrée en vigueur de la directive européenne de 2002 obligeant les fabriquants à recycler ce type de produits.
En 2017, la filiale de Veolia a passé un contrat de quatre ans avec PV Cycle, l’éco-organisme à but non lucratif créé par l’industrie photovoltaïque pour collecter et recycler les panneaux de tous types (silicium, couches minces...). Objectif de ce partenariat : traiter ces équipements selon un procédé différent des modes actuels (thermique et chimique).
Une montée en puissance progressive
« C’est une technologie unique, développée durant trois ans par une entreprise européenne » , explique Gilles Carsuzaa, directeur général France de Triade, qui se refuse à donner le nom de la société dépositaire du brevet. Elle permet de retirer le cadre en aluminium avant de cisailler, broyer et cribler leurs différents éléments.
La chaine sépare plusieurs composants, envoyés à des filières spécifiques : le verre transféré chez Saint-Gobain pour en refabriquer ou finir comme abrasif ; l’aluminium, le cuivre et les résidus d’argent de la connectique recyclés par divers professionnels des métaux ; le silicium réutilisé, le plastique, jusqu’à présent envoyé en cimenterie pour y être brûlé.
La première année, 1 000 tonnes devraient être ainsi traitées. C’est une infime quantité rapportée au volume des panneaux mis en service en France (190 000 tonnes en 2016-2017) et plus encore au niveau mondial. Le tonnage traité par le site du Rousset devrait progresser de 30 % à 40 % par an pour atteindre un total de 8 000 tonnes, selon M. Carsuzaa. Un approvisionnement provenant d’un grand quart sud-est de la France, où furent installés les premiers panneaux dans les années 1990.

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                Veolia va devoir réduire un peu plus ses coûts



La durée de vie des panneaux installés étant de l’ordre de vingt-cinq ans, la montée en puissance de l’activité sera progressive. « Mais ce marché est vraiment à très fort potentiel et le taux de valorisation des matières atteindra 95 % », poursuit le patron de Triade Electronique. L’investissement de départ est modeste pour le géant Veolia : 1 million d’euros et une aide de la région de 100 000 euros dans le cadre de son appel à projets d’économie circulaire qui travaille en outre à l’insertion de travailleurs éloignés de l’emploi.
Une activité qui se veut « verte »
L’investissement devrait être rentabilisé sur quatre ans et permettre à Veolia de « capitaliser sur ce premier retour d’expérience », avant de dupliquer le process industriel dans ses filiales étrangères. La Chine, le Japon et les Etats-Unis ont des parcs géants. Le Moyen-Orient s’équipe aussi rapidement, comme l’Europe. Il faudra traiter des dizaines de millions de tonnes à l’horizon 2050, et au moins 60 000 tonnes en France.
Le taux de recyclage des panneaux est particulièrement important pour l’image de cette activité qui se veut « verte ». Il faut quatre ans pour que l’énergie nécessaire à leur fabrication soit récupérée par la production d’électricité du panneau lui-même; et autant pour que son bilan carbone soit neutre. Avec une durée de vie au moins cinq fois supérieure, le bilan du « PV » reste largement positif.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Mesurer les émissions de dioxyde de carbone, suivre la déforestation, développer l’agriculture de précision… les images prises du ciel ou de l’espace ouvrent de nouvelles possibilités pour maîtriser le réchauffement climatique.
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Images satellitaires et drones, de nouveaux alliés contre le réchauffement climatique

Mesurer les émissions de dioxyde de carbone, suivre la déforestation, développer l’agriculture de précision… les images prises du ciel ou de l’espace ouvrent de nouvelles possibilités pour maîtriser le réchauffement climatique.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 11h04
    |

                            Julia Zimmerlich








                        



   


C’est une révolution qui se prépare au-dessus de nos têtes. En décembre, à l’occasion du One Planet Summit, Jean-Yves Le Gall, le président du Centre national d’études spatiales (CNES), annonçait la création d’un observatoire spatial du climat, regroupant une vingtaine d’agences. Objectif : mutualiser et harmoniser les données climatiques obtenues depuis l’espace.
Une preuve de plus que la bataille pour le climat se joue aussi dans le ciel et dans l’espace. Le CNES multiplie les projets dans cette direction. Le centre vient par exemple de lancer le nanosatellite Venus, qui doit suivre l’évolution de la végétation sur plus de cent sites, avec une résolution des images à 5 mètres. De nombreuses applications sont envisagées : construire des modèles de gestion de l’eau dans les zones sèches, prévenir les incendies de forêts… En octobre 2018, le CNES mettra sur orbite le satellite CFOSat, qui permettra d’étudier le vent et les vagues à la surface de l’océan. « C’est un indicateur qui traduit l’état d’un écosystème », explique Jean-Yves Le Gall.
Mesurer les émissions anthropiques de gaz à effet de serre, c’est l’un des plus gros enjeux de la donnée satellitaire dans les cinq prochaines années. « Aujourd’hui, les émissions de CO2 sont quantifiées par les industriels eux-mêmes, selon des réglementations nationales, explique Pascal Prunet, fondateur de Spascia, une jeune entreprise installée près de Toulouse. C’est pour l’instant la donnée la plus précise dont nous disposons. » Ce travail de collecte se révèle imparfait, avec des disparités selon les régions du monde, et l’impossibilité d’avoir une cartographie précise de la distribution des émissions de CO2 liées à l’activité de l’homme.
« L’avantage des images satellitaires, c’est que nous aurons une information indépendante, globale et répétitive, poursuit Pascal Prunet. Pour l’heure, personne n’a encore démontré que l’on est capable de mesurer les émissions de CO2 à l’échelle d’un pays ou d’une ville. Demain, en combinant les données relevées sur terre et celles obtenues depuis l’espace, on pourra produire une carte mondiale des émissions de CO2 tous les mois. » Une donnée hautement stratégique, qui pourrait à terme permettre aux Etats de définir des politiques réellement contraignantes pour limiter les émissions de CO2. Le Japon et les Etats-Unis sont déjà engagés dans la course avec des satellites spécifiques, et le CNES prévoit de mettre sur orbite en 2020 le satellite Microcarb, pour lequel Spascia développe des algorithmes d’analyse des données.

   


A partir de ces images, les scientifiques espèrent aussi une meilleure compréhension du cycle du carbone, des phénomènes d’émissions et d’absorptions par les puits de carbone – les sols, la végétation et les océans. En 2021, le CNES prévoit également de mettre sur orbite le satellite franco-allemand Merlin, pour mesurer la concentration en méthane atmosphérique.
Se préparer aux « guerres de l’eau »
L’autre rupture technologique des prochaines années se situe dans l’observation des eaux de surface : c’est la mission du satellite franco-américain SWOT (Surface Water and Ocean Topography), qui sera lancé en avril 2021. « Ce satellite va révolutionner l’hydrologie, et produira des images d’une précision chirurgicale, assure Fabien Lefèvre, ingénieur chez CLS (Collecte Localisation Satellites), une filiale du CNES, de l’Ifremer et d’Ardian. Sur un 1 km de rivière, nous serons capables de détecter 1 cm de pente, ce que l’on est incapable d’observer à l’œil nu. A partir de ces données, nos algorithmes pourront en déduire le débit par exemple. »
Ces informations sont fondamentales « pour faire face aux guerres de l’eau et gérer les stocks disponibles », poursuit cet expert. Un domaine que CLS connaît déjà bien : depuis dix ans, cette entreprise est capable, grâce à des données spatiales et des balises embarquées sur des bateaux de pêche, de fournir un état des lieux de la pêche illégale, et de suivre les stocks de poissons sur une zone donnée. « Nous déduisons ces informations à partir de la température de l’eau, du niveau de salinité et de ses caractéristiques de surface », précise Fabien Lefèvre.
Parallèlement, de nouveaux acteurs font leur entrée sur le marché de la donnée spatiale. « Il y a tout un écosystème de start-up qui est en train de se développer autour du climat et de l’intelligence artificielle, qui développent des applications concrètes à partir des besoins des utilisateurs », poursuit Jean-Yves Le Gall. En tête de file, la start-up américaine Planet – qui compte désormais 500 salariés –, installée dans la Silicon Valley et à Berlin, détient sa propre constellation de nanosatellites (200 en tout, de la taille d’une boîte à chaussures). Ses satellites volent à 500 mètres d’altitude et peuvent « fournir des images du globe à une précision de 3 à 4 mètres tous les jours », affirme Massimiliano Vitale, directeur des opérations de Planet. Leurs missions : suivre, par exemple, l’évolution de phénomènes de déforestation ou « soutenir les efforts des équipes de sauvetage en cas de catastrophe naturelle ».
L’avènement de l’agriculture augmentée
L’un des secteurs les plus prometteurs pour ces nouveaux acteurs est l’agriculture de précision. « Les images satellitaires permettent de suivre la santé des cultures et grâce au “machine learning”, de dresser des recommandations de traitement pour chaque zone. Ces données peuvent être directement téléchargées par le tracteur, qui pourra par exemple adapter la qualité de pesticides », poursuit le directeur des opérations de Planet, qui compte parmi ses clients la multinationale Bayer.
Près de Bordeaux, la start-up Telespazio a lancé en 2013 l’Earthlab, qui exploite des données des satellites, des avions et des drones pour des usages agricoles ou forestiers. Depuis 2016, l’entreprise développe par exemple pour Bonduelle une solution pour identifier la présence d’une mauvaise herbe dans ses champs de maïs et de haricots. « A J – 8 de la récolte, nos algorithmes sont capables d’identifier, à partir des images acquises par drone, les zones où cette plante indésirable est présente », détaille Lilian Valette, de Telespazio. L’Earthlab va aussi aider des vignerons à optimiser leur utilisation de pesticides et d’engrais. Les premiers tests doivent être réalisés cet été.

   


Jean-Yves Le Gall (CNES), Massimiliano Vitale (Planet) et Jean-Marc Gardin (Telespazio) interviendront lors du Festival de l’innovation Novaq.
Les 13 et 14 septembre, la région Nouvelle Aquitaine, en partenariat avec « Le Monde », organise deux jours de débats, conférences, pitchs et ateliers au H14, à Bordeaux.
Scientifiques, experts, entrepreneurs échangeront autour de trois grands thèmes : le cerveau, l’espace et l’océan. Fil rouge de cette édition : l’innovation au service de l’humain.
Programme et inscriptions ici.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Rempart contre les cyclones qui balaient le pays entre décembre et avril, les forêts de palétuviers servent de nurserie aux poissons et crevettes.
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Vitale et fragile, la mangrove de Madagascar est en danger

Rempart contre les cyclones qui balaient le pays entre décembre et avril, les forêts de palétuviers servent de nurserie aux poissons et crevettes.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 16h12
    |

            Pierre Lepidi (Masoarivo (Madagascar)








                        



                                


                            

A l’aube, dans la mangrove, seul le vol des grands hérons blancs vient troubler le calme absolu. Sur la côte ouest de Madagascar, les premiers rayons du soleil percent le ciel quand Olivier Fiadana finit de préparer ses belaroa, ses « balances à crabes ». Dans chacune d’elles, le Vezo (une ethnie de pêcheurs qui peuple la côte occidentale) accroche des morceaux de poisson qui serviront d’appât pour les crustacés.
Dans ce labyrinthe de palétuviers qui forment la mangrove autour de Masoarivo, une commune située dans la région Melaky, à environ 150 kilomètres de la ville de Morondava, Olivier Fiadana connaît les recoins de tous les canaux. Depuis toujours, ce vezo-potaka (« ceux qui affrontent la vase ») sillonne le delta formé à l’embouchure du Manambolo, un fleuve aux eaux limoneuses qui se jette dans le canal du Mozambique. « La mangrove joue un rôle important parce que nous vivons grâce à l’océan, affirme le pêcheur en remontant sa belaroa. La protéger, c’est assurer notre avenir et celui de nos enfants. »
Mais qu’elle soit fluviale ou littorale, la mangrove malgache, qui couvre environ 320 000 hectares – pour l’essentiel sur la côte ouest de l’île –, est en danger. En quarante ans, cet écosystème précieux, rempart naturel et efficace contre les cyclones qui balaient le pays entre les mois de décembre et avril, a perdu 10 % de sa superficie. Madagascar, qui abrite 2 % des mangroves du monde, est loin d’être la seule dans ce cas : 3,6 millions d’hectares de cette forêt si particulière ont disparu depuis 1980, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), soit 20 % du total. Mais, dans un pays considéré comme l’un des plus pauvres de la planète et classé parmi les plus exposés aux risques climatiques extrêmes, ce déclin est particulièrement lourd de conséquences.
La montée du niveau des océans due au réchauffement climatique ainsi que la déforestation menacent...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 25/06/2018
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Hécatombe des koalas d’Australie, emblèmes du pays

Les marsupiaux sont victimes de la destruction de leur habitat naturel. Il ne resterait plus qu’entre 46 000 et 90 000 spécimens à l’état sauvage.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 05h32
    |

                            Isabelle Dellerba (Sydney, correspondance)








                        



                                


                            

C’est l’un des emblèmes de l’Australie, qui se tient, les yeux fermés sur son cerveau abîmé, entre deux branches d’eucalyptus dans un enclos de l’organisation caritative Port Stephens Koalas. Nommée SES Maree, femelle koala de 2 ans et demi, a été percutée par une voiture, victime comme tant d’autres de l’urbanisation. En moins de vingt ans, la destruction de l’habitat naturel de cette espèce endémique de l’île-continent a causé une hécatombe : 53 % des marsupiaux ont disparu dans le Queensland et 26 % en Nouvelle-Galles du Sud, les deux Etats de la côte est où vivent les principales populations.
Parce que « ce serait tellement dommage que l’avenir de cette icône nationale ne soit pas assuré », la première ministre de Nouvelle-Galles du Sud, Gladys Berejiklian, a présenté, le 7 mai, un programme d’aide de 45 millions de dollars australiens (28,4 millions d’euros) destiné, entre autres, à sanctuariser des milliers d’hectares de forêts, à soutenir la recherche, à introduire davantage de vaccins et à construire un hôpital dans les prochains mois.

« Les travaux devraient commencer ici avant la fin de l’année », se félicite Kate King, coordinatrice hospitalière pour l’organisation Port Stephens Koalas, en désignant un lopin de terre sur le site du parc de loisirs de One Mile, à 200 kilomètres au nord de Sydney. Le nouveau bâtiment fera face aux cinq enclos déjà bâtis par l’organisation pour héberger animaux blessés et malades en cours de traitement. Depuis plus de trente ans, sa petite armée de volontaires prend en charge, grâce aux dons, les marsupiaux signalés en détresse dans la région de la Port Stephens.
Série de maux en cascade
En 2017, elle en a recueilli 58 et sauvé plus de la moitié. Mais à défaut d’une structure adaptée, les koalas nécessitant des soins intensifs étaient d’abord accueillis à domicile par des bénévoles qui multipliaient les allers-retours chez des vétérinaires des environs. « Cet hôpital...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Le plan loup 2018-2023 vise, en dépit de la colère d’éleveurs d’ovins, à porter la population à 500 individus d’ici à 2023.
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La France compte de plus en plus de loups

Le plan loup 2018-2023 vise, en dépit de la colère d’éleveurs d’ovins, à porter la population à 500 individus d’ici à 2023.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 19h44
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 07h37
   





                        



   


La France compte 430 loups, selon le bilan de suivi hivernal publié lundi 25 juin par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). « Tous les indicateurs dont dispose le réseau Loup-lynx (...) indiquent que l’espèce est en phase d’expansion rapide sur l’ensemble du territoire national », note l’ONCFS. Avant ce nouveau bilan, l’effectif était évalué à environ 360 individus à la fin de 2017.
Au sortir de l’hiver 2017-2018, l’effectif estimé était d’environ 430 individus, soit un taux de croissance annuel de près de 20 %, selon l’ONCFS. Le nombre de zones de présence permanente (ZPP) augmente aussi nettement, passant de 57 à la sortie de l’hiver 2016-2017 à 74 en 2017-2018, soit + 30 %.
Le réseau Loup/Lynx de l’ONCFS s’est fondé cette année sur plus de 750 indices : empreintes, observations, piégeage photographique, dépouilles…
Un objectif de 500 loups d’ici à 2023
Le plan loup 2018-2023 vise, en dépit de la colère d’éleveurs d’ovins, à porter la population à 500 individus d’ici à 2023.

        Lire aussi :
         

                Plan loup : le gouvernement vise une population de 500 canidés d’ici à 2023



Le plan veut fonder les quotas d’abattage annuels sur des recommandations scientifiques, selon lesquelles il ne faut pas abattre plus de 10 à 12 % de l’effectif pour assurer la viabilité de l’espèce.
En 2018, année de transition, le plafond initial a été fixé à 40 loups, mais ce nombre devait être « actualisé » une fois connus les nouveaux chiffres, et porté à 10 % de la population. A partir de 2019, le plafond sera fixé à 10 % de l’effectif, avec possibilité pour les autorités de le relever à 12 %.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Rupert Stadler, le patron de la marque du groupe Volkswagen, est en détention depuis dix jours, soupçonné d’être impliqué personnellement dans la manipulation à grande échelle des moteurs diesel d’Audi.
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« Dieselgate » : Audi au cœur du scandale

Rupert Stadler, le patron de la marque du groupe Volkswagen, est en détention depuis dix jours, soupçonné d’être impliqué personnellement dans la manipulation à grande échelle des moteurs diesel d’Audi.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 13h25
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Rupert Stadler est toujours en prison. L’emblématique patron d’Audi, marque du groupe Volkswagen (VW), a dormi une fois de plus derrière les barreaux dimanche soir, après une série de dépositions jugées « insatisfaisantes » par le procureur de Munich. Depuis une semaine, M. Stadler, soupçonné d’être personnellement impliqué dans la manipulation à grande échelle des moteurs diesel d’Audi, est privé de liberté. Il avait été arrêté lundi 14 juin au matin, à son domicile d’Ingolstadt, en Bavière.
Un patron en exercice placé en détention, cela n’était jamais arrivé en Allemagne. Pour le natif de Tittin, dans le canton d’Eichstätt, à quelques kilomètres du siège d’Audi, difficile d’imaginer une fin de carrière plus humiliante. L’enfant chéri de la région est devenu le symbole d’un groupe automobile trop longtemps aveuglé par sa propre puissance.
Selon la presse allemande, le procureur a décidé de placer M. Stadler en détention après que la police judiciaire a surpris une conversation téléphonique où il discute de la possibilité de suspendre un ingénieur. Ce salarié, employé dans la « task force » mise sur pied par Audi pour faire enfin la lumière sur l’ampleur des manipulations au sein du constructeur, avait fait une longue déposition devant les magistrats où il évoquait ses difficultés à interroger certains dirigeants. Les procureurs redoutent désormais le risque de subornation de témoin et de destruction de preuve.
« Mis en danger par les magouilles d’Audi »
Rupert Stadler a jusqu’ici rejeté toutes les accusations qui pèsent contre lui. Audi rappelle qu’il bénéficie de la présomption d’innocence. Mais selon les informations du quotidien Süddeutsche Zeitung du 19 juin, qui cite des sources proches de l’enquête, tout porte à croire qu’Audi a été la cellule de développement de la fraude gigantesque orchestrée au sein du groupe Volkswagen pour contourner les contrôles antipollution. Selon les magistrats, c’est bien chez Audi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Les orages de grêle et les pluies violentes qui se sont abattues en France ont provoqué 214 000 sinistres.
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Le coût des inondations de mai et de juin estimé à 430 millions d’euros

Les orages de grêle et les pluies violentes qui se sont abattues en France ont provoqué 214 000 sinistres.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 11h02
   





                        



   


Quatre cent trente millions d’euros. C’est le coût évalué par la Fédération française de l’assurance (FFA) pour les 214 000 sinistres provoqués par les inondations et les orages qui ont touché, entre le 25 mai et le 14 juin, une grande partie de la France.
Outre les « inondations, coulées de boue, dommages électriques, impacts sur les carrosseries, pertes d’exploitation », les agriculteurs ont été « particulièrement touchés » ; les orages de grêle ayant « détruit plusieurs milliers d’hectares de vignes ». « Les pluies torrentielles ont généré un excès d’eau dans les parcelles, affectant principalement les grandes cultures (colza, blé, orge) », détaille la FFA, qui mentionne la « diversité des dégâts » provoqués.

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                Face à la multiplication des catastrophes naturelles, avis de tempête sur les assureurs



« Développer la culture de la prévention »
Les assureurs rappellent que les sinistres concernant les dommages aux biens sont couverts par les contrats d’assurance de dommages et par la garantie dommages tous accidents du contrat d’assurance auto.
Les dommages agricoles sont, eux, couverts par les contrats multirisques climatiques sur récoltes (MRC) et les contrats grêle.
Par ailleurs, les assureurs travaillent « actuellement avec le gouvernement à une modernisation du régime des catastrophes naturelles », explique Bernard Spitz, président de la FFA, afin de « développer la culture de la prévention, de généraliser la prise en charge des frais de relogement, de simplifier le mode de fonctionnement des franchises pour les particuliers et de les plafonner pour les professionnels ». Des propositions devraient être finalisées d’ici à la fin de l’année.

        Lire aussi :
         

                En France, une succession exceptionnelle d’orages particulièrement violents






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Première mondiale par sa méthode et son ampleur, l’étude va mesurer les émissions des gaz d’échappement de 22 autobus diesel.
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L’Ile-de-France lance une vaste opération de mesure de la pollution des bus

Première mondiale par sa méthode et son ampleur, l’étude va mesurer les émissions des gaz d’échappement de 22 autobus diesel.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 09h55
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Lundi 25 juin, les usagers des lignes de bus Transdev n° 615, entre Villepinte et Bobigny (Seine-Saint-Denis), devraient avoir la surprise de constater qu’une petite dizaine de places arrière dans certains autobus sont occupées par deux gros caissons, installés pour deux semaines. Un agent, présent dans le bus pour assurer le fonctionnement et la sécurité du dispositif, aura l’occasion d’expliquer aux voyageurs que ces volumineux cubes sont là pour la bonne cause : mesurer en conditions réelles la pollution émise par le véhicule.
« J’ai décidé de lancer la première étude indépendante au monde pour améliorer la connaissance des sources d’émissions de polluants des bus, a déclaré, vendredi 22 juin, Valérie Pécresse, présidente (LR) de la région Ile-de-France et de l’entité organisatrice des transports dans la région, Ile-de-France Mobilités. Nous avons besoin de ce type de démarche scientifique pour améliorer nos politiques publiques et le niveau des émissions de notre flotte de bus actuelle, en parallèle de la modernisation du parc, qui reste la priorité absolue. »

Présentée comme une première mondiale par sa méthode et son ampleur, l’étude va mesurer, jusqu’en juin, les émissions des gaz d’échappement d’un panel de 22 autobus diesel et hybrides représentatifs du parc des 9 500 bus franciliens qui roulent principalement sous les couleurs de RATP, Transdev et Keolis dans Paris, sa banlieue et jusqu’aux frontières régionales.
Treize campagnes de deux semaines étalées sur un an

L’initiative se fait en partenariat avec Airparif, association agréée par le ministère de la transition écologique et solidaire et chargée de la surveillance et de l’information sur la qualité de l’air en Ile-de-France. C’est cet organisme qui a pris en charge la partie scientifique et technique de l’opération, en coopération avec des ingénieurs de la région. « Il nous a fallu une bonne année de mise au point, explique-t-on...




                        

                        


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La première campagne de mesure des pesticides dans l’air démarre en France

Le glyphosate et le chlordécone font partie des 90 substances qui seront recherchées pour mieux connaître l’exposition de la population



Le Monde
 |    25.06.2018 à 08h35
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 08h40
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


On sait que les Français, particulièrement dans les grandes agglomérations, respirent un air souvent trop chargé, notamment en particules fines et en dioxyde d’azote. Mais qu’en est-il des pesticides ? Les données manquent. Pour combler cette lacune, une première campagne de mesure des résidus de pesticides dans l’air est lancée lundi 25 juin par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Elle durera un an avec l’objectif de mieux connaître l’exposition de la population et de définir une stratégie de surveillance qui fait aujourd’hui défaut. Car si la présence de pesticides est contrôlée dans les aliments ou dans l’eau, elle n’est pas réglementée dans l’air.
« C’est un sujet majeur, commente Mathilde Merlo, responsable de l’unité phytopharmacovigilance à l’Anses. C’est une campagne qui n’a pas d’équivalent au niveau européen. » Au total, près de 90 substances seront recherchées. Elles ont été sélectionnées en fonction de leur persistance dans l’air, de leur degré d’utilisation et de leur danger pour la santé. Les substances ciblées, précise l’Anses, n’entrent pas seulement dans la composition des produits dits phytopharmaceutiques, elles peuvent aussi être présentes dans certains biocides, des médicaments vétérinaires ou encore des antiparasitaires à usage humain.

        Lire notre enquête sur le chlordécone :
         

          Les Antilles empoisonnées pour des générations



Sans surprise, on retrouve le chlordécone, qui contamine les Antilles, ou le glyphosate, pour lequel le gouvernement s’est engagé pour une sortie définitive d’ici trois ans. La traque de l’herbicide controversé devrait siphonner une bonne partie du budget, estimé à un peu plus de un million d’euros. « Le glyphosate nécessite un investissement lourd en termes de recherche, confirme Mathilde Merlo. Contrairement aux autres pesticides, nous avons dû développer à une technique analytique qui lui est propre. »
« Urgence à agir »
Les prélèvements seront effectués sur cinquante sites en métropole et dans les départements et territoires d’outre-mer, pour atteindre un total d’environ 1 500 échantillons sur la durée de la campagne. La répartition des sites a été choisie afin de prendre en compte les différents types de zones d’habitation (52 % urbains et 48 % ruraux) et de productions agricoles : grandes cultures (40 %), sites viticoles (22 %), arboricoles (22 %), maraîchage (14 %) et élevage (6 %).
Sur le terrain, ce sont les associations agréées pour la surveillance de la qualité de l’air, tel Airparif ou Air PACA, qui assureront les mesures. L’Institut national de l’environnement industriel et des risques pilotera l’analyse des échantillons et l’exploitation des données. Les résultats sont attendus fin 2019 ou début 2020. Ils permettront d’établir un premier état des lieux des niveaux de contamination moyen en France des résidus de pesticides dans l’air ambiant. Ce dernier sera complété par une étude ciblée sur l’exposition des riverains en zones agricoles. Pilotée par l’Anses et Santé publique France, elle devrait démarrer courant 2019.
Pour l’association Générations futures, qui se bat depuis vingt ans contre les dangers des pesticides, il n’est pas utile d’attendre de nouveaux résultats d’étude face à l’« urgence à agir ». Elle soutient la proposition de loi déposée le 13 juin par le député de Gironde Loïc Prud’homme visant à protéger les riverains en instaurant une zone tampon, non traitée aux pesticides les plus dangereux, autour des lieux de vie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Une étude pointe le lien entre ces produits industriels et des troubles digestifs, notamment le syndrome du côlon irritable.
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Les aliments ultratransformés à l’origine de maladies digestives

Une étude pointe le lien entre ces produits industriels et des troubles digestifs, notamment le syndrome du côlon irritable.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 07h00
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Gare aux aliments ultratransformés (AUT). Après une étude, publiée en février dans le British Medical Journal (BMJ), qui avait observé un lien entre la consommation de ce type d’aliments et le risque de cancer, l’association est cette fois faite avec l’augmentation des risques d’avoir des troubles gastro-intestinaux fonctionnels, principalement le syndrome du côlon irritable (SCI).

« Ce sont des troubles digestifs très fréquents, pour lesquels on ne retrouve pas de pathologie organique mais qui provoquent un inconfort digestif régulier », explique le docteur Chantal Julia (équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle, université Paris-XIII), qui a coordonné les travaux publiés vendredi 15 juin dans l’American Journal of Gastroenterology. Le plus fréquent, le syndrome du côlon irritable, touche entre 10 % et 15 % de la population. Parfois appelé colopathie fonctionnelle, il se caractérise par des malaises, des sensations douloureuses au ventre, des diarrhées ou de la constipation, en raison de la modification de la vitesse de passage des aliments dans le côlon.
Syndrome du côlon irritable
L’étude a porté sur les données alimentaires de 33 343 participants de la cohorte NutriNet-Santé. Ils ont rempli au moins trois questionnaires journaliers. Ce sont principalement des femmes (76,4 %), dont l’âge moyen était de 50,4 ans. Elles consommaient en moyenne 16 % d’aliments ultratransformés, en volume, correspondant à un apport énergétique total de 33 %. Les personnes plus jeunes, vivant seules, ayant des revenus plus faibles, un indice de masse corporel (IMC) plus élevé et un niveau d’activité physique plus faible, consommaient davantage d’aliments ultratransformés. Sur l’échantillon total, 10,5 % souffraient du syndrome du côlon irritable. « Cette étude suggère une association entre la consommation de ces aliments et cette pathologie », note le docteur Julia. Et une augmentation de la consommation de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ En 2015, 142 000 cas étaient attribuables à des facteurs de risque liés au mode de vie ou à l’environnement, au premier rang desquels le tabagisme et l’alcool.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/06/2018
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En France, quatre cancers sur dix pourraient être évités

En 2015, 142 000 cas étaient attribuables à des facteurs de risque liés au mode de vie ou à l’environnement, au premier rang desquels le tabagisme et l’alcool.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 03h30
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 09h10
    |

            Hervé Morin








                        



   


La part des cancers dits « évitables », c’est-à-dire attribuables à des facteurs de risque liés au mode de vie ou à l’environnement, vient d’être réévaluée pour la France métropolitaine : elle représenterait 41 % des tumeurs survenues en 2015 chez les adultes de plus de 30 ans, soit 142 000 cas (84 000 chez les hommes et 58 000 chez les femmes). Cette estimation est le fruit d’une vaste étude coordonnée par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), publiée lundi 25 juin dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH).
En 2000, la part des cancers évitables était évaluée en France à 35 %, tandis que les études portant sur d’autres pays donnent une fourchette variant entre 30 % et 50 %.
L’originalité de l’étude, par rapport aux évaluations antérieures, est d’avoir élargi le spectre des causes évitables à treize facteurs majeurs de risque pour lesquels un lien avec la survenue de cancer est bien établi, et pour lesquels l’exposition des Français était connue. La consommation de viande rouge et de charcuterie ou les expositions professionnelles (trichloréthylène, gaz d’échappement du diesel) n’étaient par exemple pas prises en compte auparavant.
Isabelle Soerjomataram, qui, au CIRC – agence intergouvernementale de recherche sur le cancer créée en 1965 par l’Organisation mondiale de la santé –, a coordonné l’étude, souligne que le message principal est positif : « C’est une bonne nouvelle de savoir que l’on peut agir sur 40 % des cancers, en se concentrant sur treize facteurs de risque seulement. »
Le déclenchement d’un cancer peut évidemment avoir des origines multiples et combinées. La part du hasard, c’est-à-dire liée à la survenue de mutations aléatoires dans l’ADN des cellules, fait l’objet d’âpres débats scientifiques. Elle est évaluée par certains à deux tiers des mutations susceptibles de déclencher un cancer. Le poids de l’hérédité, c’est-à-dire les prédispositions à développer certains cancers en raison de son patrimoine génétique, représenterait environ 5 % des cas.

        Lire aussi :
         

                Le débat sur le rôle du hasard dans le cancer relancé



Restent les cancers dits « évitables ». Tout l’intérêt de l’étude du BEH est donc de chiffrer le poids des déterminants sur lesquels on peut agir en modifiant des comportements (tabac, alcool, alimentation, activité physique) par la réglementation (polluants, pesticides, composants alimentaires) ou la prophylaxie (vaccins).

   


Sans surprise, le tabac et l’alcool restent les deux principaux « fauteurs évitables » de cancers, représentant 20 % et 8 % des cas, les deux sexes confondus. Chez les hommes, c’est ensuite l’alimentation qui prédomine (5,7 % des cas), tandis que chez les femmes, c’est le surpoids et l’obésité (6,8 %). « Je ne m’attendais pas à ce que ces facteurs de risque soient si élevés, commente Isabelle Soerjomataram. Il semble que la France suive dans ce domaine la trajectoire de pays comme les Etats-Unis ou le Royaume-Uni. »
Simulation
Viennent ensuite les infections, notamment celles liées au papillomavirus, responsable de plus de 6 300 cas de cancer, essentiellement du col de l’utérus, en 2015. Puis les expositions professionnelles, avant les ultraviolets (mélanomes), le radon et les radiations d’origine médicale. La pollution de l’air extérieur, puis la présence d’arsenic et de benzène ferment la liste.
Les cancers évitables les plus nombreux sont ceux du poumon (plus de 35 000 cas évitables sur quelque 40 000 cas estimés) et du sein (presque 20 000 cas évitables sur plus de 53 000 diagnostics pour cette localisation), avant le côlon-rectum (19 000 environ). Viennent ensuite lèvres-cavité orale-pharynx (12 000 cas), mélanome (plus de 10 000), foie (7 000), estomac (6 000) et rein (environ 5 000). Les autres localisations représentent moins de 5 000 cas annuels.
Certains facteurs de risque sont définis en négatif : le fait de ne pas manger suffisamment de fruits, de légumes ou de fibres pèse autant que de manger trop de viande rouge ou transformée. Le manque d’activité physique ou un allaitement inférieur à six mois, moins protecteur pour la mère vis-à-vis du risque de cancer du sein, ont aussi été pris en compte.

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En revanche, des facteurs comme le nombre d’enfants ou l’âge de la première grossesse, connus pour peser aussi sur le risque de cancer, « mais sur lesquels on ne peut agir de la même façon que pour l’allaitement, n’ont pas été retenus comme évitables », souligne Isabelle Soerjomataram.
Cette analyse représente la somme des connaissances toxicologiques et épidémiologiques concernant la population française. Elle est une simulation, car il est très rare de pouvoir attribuer à un cas individuel une origine précise, comme pour le mésothéliome lié à l’exposition à l’amiante. Les auteurs sont conscients des limites de l’étude. Elle ne prend pas en compte certains facteurs de risque dont les effets sont encore insuffisamment documentés.
« Cibler des priorités d’action »
« Cet état des lieux a permis de mettre en exergue des lacunes scientifiques (comme les expositions chimiques), mais aussi le besoin de recherche pour identifier le rôle de facteurs de risques émergents (comme les perturbateurs endocriniens) », notent ainsi Christopher Wild, directeur du CIRC, Norbert Ifrah, président de l’Institut national du cancer, et François Bourdillon, directeur général de l’agence sanitaire Santé publique France dans l’éditorial du BEH. Cela signifie que, à mesure que des données plus solides apparaîtront, la part des cancers évitables pourrait encore augmenter.
Il est aussi à noter que les outre-mer n’ont pas été inclus. Le poids du chlordécone, un pesticide longtemps utilisé dans les bananeraies, serait sans doute à prendre en compte pour les cancers de la prostate. « On aimerait poursuivre l’analyse dans ces territoires », note Isabelle Soerjomataram, pour qui les facteurs de risque seraient alors probablement différents.
Pour les signataires de l’éditorial du BEH, mesurer la part évitable a un intérêt majeur : « Cibler des priorités d’action pour la prévention du cancer. » Si l’on doit se réjouir de la baisse d’un million de fumeurs quotidiens entre 2016 et 2017, la stratégie de réduction du tabagisme à travers l’augmentation du prix doit être « maintenue et renforcée », notent-ils. L’alcool, l’alimentation, le surpoids devraient faire l’objet des mêmes efforts de prévention, avancent-ils, notant aussi l’efficacité potentielle des réglementations concernant les valeurs limites de produits cancérigènes dans l’environnement et en milieu professionnel pour diminuer les expositions. Ou des pistes cyclables pour encourager l’activité physique.
Isabelle Soerjomataram souligne que, pour le tabac et l’alcool, des messages de prévention spécifiques pour les femmes seraient bienvenus. En 2000, le tabac représentait 6 % des cas de cancer chez les femmes, contre 8 % en 2015, et pour l’alcool, ces proportions sont respectivement passées de 4 % à 7 %, tandis que chez les hommes, elles sont restées stables.
François Bourdillon, de l’agence sanitaire Santé publique France, note quant à lui que, outre les grands domaines classiques de prévention (tabac, alcool, alimentation-obésité), l’étude « interpelle toute la médecine du travail, l’exposition professionnelle n’étant pas négligeable ». Il se dit aussi surpris par la hauteur de l’impact des infections. « Il faudrait remettre l’accent sur la vaccination », souligne-t-il. En France, celle contre le papillomavirus (HPV), recommandée depuis 2007, était inférieure à 15 % chez les filles de 16 ans en 2015.
L’agence sanitaire britannique Public Health England estimait très récemment que la vaccination a fait baisser de 86 % chez les jeunes femmes les infections par les deux types d’HPV causant la majorité des cancers du col de l’utérus. Outre-Manche, 80 % des garçons et filles de 14 à 25 ans sont vaccinés.
Les nouvelles données permettent aussi de mesurer certaines distorsions dans la perception de la hiérarchie des risques par le grand public. Un baromètre de Santé publique France, à paraître, montre que, en 2015, 67 % des personnes interrogées pensaient que la pollution atmosphérique causait davantage de cancers que l’alcool. Or la pollution atmosphérique, qui a d’autres impacts sanitaires, notamment cardio-vasculaires et respiratoires, « représente 0,4 % des cas de cancer dans notre évaluation », rappelle Isabelle Soerjomataram. Soit vingt fois moins que l’alcool et cinquante fois moins que le tabac.



                            


                        

                        

