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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-1"> ¤ L’UEFA a sanctionné le club italien pour avoir enfreint les règles du fair-play financier.
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Football : le Milan AC interdit de Coupe d’Europe la saison prochaine

L’UEFA a sanctionné le club italien pour avoir enfreint les règles du fair-play financier.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 18h20
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 18h22
   





                        



   


Coup de tonnerre dans le foot italien. L’UEFA a annoncé mercredi 27 juin que le Milan AC était exclu de toute compétition européenne la saison prochaine pour avoir violé les règles du fair-play financier. Le club italien ne pourra donc pas participer à la prochaine Ligue Europa, pour laquelle il s’était qualifié.
Longtemps propriété de l’ancien premier ministre italien Silvio Berlusconi, le club italien a été racheté en avril 2017 par des investisseurs chinois pour 740 millions d’euros. Depuis lors, l’UEFA s’est inquiétée de la stabilité financière du consortium, qui a dépensé quelque 200 millions d’euros l’été dernier pour recruter de nouveaux joueurs et qui a dû contracter un prêt colossal auprès d’un fonds d’investissement américain.
Problème d’équilibre financier
La chambre de jugement de l’instance européenne de contrôle financier des clubs (ICFC), présidée par le juriste portugais José Narciso da Cunha Rodrigues, a estimé que le Milan AC avait violé les règles du fair-play financier concernant notamment la nécessité d’équilibre financier. Le club italien peut désormais faire appel devant le Tribunal arbitral du sport.
Avec cette exclusion de la Ligue Europa, l’AC Milan devient le club le plus prestigieux à subir une exclusion des Coupes européennes liée au fair-play financier. Par le passé, Malaga, l’Etoile Rouge Belgrade ou Galatasaray ont été sanctionnés d’un an sans Coupe d’Europe.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-2"> ¤ Un Brésil poussif a son destin entre les mains : s’il ne perd pas, il se qualifiera. Les Serbes et les Suisses, qui jouent un Costa Rica déjà éliminé, tenteront de les pousser à la faute. Début des matchs à 20 heures.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-3"> ¤ Les coéquipiers de Manuel Neuer ont cédé en fin de match contre la Corée du Sud (2-0) et sont éliminés. La Suède, vainqueur du Mexique (3-0), finit en tête du groupe F.
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Football : l’Allemagne, tenante du titre, éliminée de la Coupe du monde 2018

Les coéquipiers de Manuel Neuer ont cédé en fin de match contre la Corée du Sud (2-0) et sont éliminés. La Suède, vainqueur du Mexique (3-0), finit en tête du groupe F.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 17h59
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 18h23
   





                        



   


Championne du monde en titre, l’équipe d’Allemagne de football a été éliminée mercredi 27 juin dès le premier tour du Mondial 2018, à l’issue d’une défaite 2-0 contre la Corée du Sud. C’est la première fois depuis 1938 que la Mannschaft ne passe pas la phase de groupes.
Le coup franc magistral de Toni Kroos face à la Suède lors du deuxième match (2-1) l’aura maintenue en vie, mais l’Allemagne n’est pas parvenue à prendre le dessus, à Kazan, sur une Corée du Sud arc-boutée en défense. Les Sud-Coréens ont même fini par noyer les espoirs allemands en marquant dans les arrêts de jeu. Dans l’autre match du groupe, la Suède a surclassé le Mexique (3-0), condamnant ainsi l’Allemagne. La Suède termine en tête du groupe F devant les Mexicains.
C’est la quatrième fois lors des cinq dernières éditions que le champion du monde en titre ne passe pas la phase de groupes, après la France en 2002, l’Italie en 2010 et l’Espagne en 2014.
Pourtant, les hommes de Joachim Löw ont tout tenté pour faire pencher la balance en leur faveur. Löw avait effectué trois changements au coup d’envoi, titularisant notamment la jeune pépite Goretzka en lieu et place de Thomas Müller – sa première absence au coup d’envoi d’un match de Coupe du monde.
Vêtus de leur tunique verte, les Allemands ont tenté d’installer leur jeu face à une équipe de Corée du Sud qui avait des chances de qualification en cas de victoire, et était décidée à jouer les coups à fond.
Ultra dominateurs en termes de possession de balle (plus de 70 %), les coéquipiers de Mesut Özil ont ouvert des espaces aux flèches coréennes. A plusieurs reprises, le gardien de but Manuel Neuer a dû répondre présent face aux attaques sud-coréennes. La Corée du Sud a d’ailleurs fini par marquer par deux fois dans les arrêts de jeu : par le défenseur central Kim Young-gwon puis, à la 96e minute, par Son Heung-min alors que Neuer avait déserté ses cages.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-4"> ¤ Un supporteur a tenté d’embrasser une journaliste brésilienne qui était en direct à la télévision, durant la Coupe du monde. Cette séquence a fait remonter une campagne en ligne dans laquelle d’autres journalistes s’engagent contre le machisme.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-5"> ¤ L’activité physique soutenue et régulière est le meilleur moyen de lutter contre l’épuisement liée à la chimiothérapie ou à l’immunothérapie.
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Le sport, le meilleur antifatigue lors des traitements contre le cancer

L’activité physique soutenue et régulière est le meilleur moyen de lutter contre l’épuisement liée à la chimiothérapie ou à l’immunothérapie.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 17h00
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. La fatigue est l’un des premiers symptômes du cancer et l’un des premiers effets secondaires des traitements anticancer, comme la chimiothérapie ou l’immunothérapie, et ce de manière durable. Cinq ans après le diagnostic, 48,7 % des participants le décrivent comme cliniquement significatif, indique l’étude « La vie cinq ans après un diagnostic de cancer » (Vican5) réalisée par l’Institut national du cancer (INCa) et rendue publique mercredi 20 juin. Les ­répercussions dans la vie quotidienne sont multiples, et la qualité de vie peut être gravement altérée. Les femmes sont les plus touchées, et encore plus lorsque leur situation est précaire.
Cette fatigue fluctuante, différente selon les localisations, ne se récupère pas par le sommeil. Elle est d’ailleurs souvent évoquée comme frein à la pratique d’un sport… Et pourtant l’activité physique soutenue et régulière est le meilleur moyen de lutter contre cette forme d’épuisement, plus efficace que tout autre traitement. « C’est d’ailleurs le seul traitement », insiste le docteur Thierry Bouillet, oncologue à l’hôpital Avicenne (Bobigny), l’un des premiers en France à avoir évoqué le sport dans la prise en charge du cancer et qui a créé avec Jean-Marc Descotes l’association CAMI (Cancer, arts martiaux et informations), qui prend en charge 3 500 nouveaux patients chaque année.
Efficace pour lutter contre les risques de rechute et les effets secondaires des traitements anticancéreux, le sport est donc aussi « défatigant ». « En cas de fatigue persistante, plutôt que de prendre du café ou des médicaments, un patient devrait aller marcher quinze minutes », indique aussi Karen Mustian, de l’université de Rochester. « C’est en tout cas la conclusion que nous ­tirons après avoir passé en revue 113 études scientifiques » qui portaient sur 11 500 patients. Publiée en mars 2017, sa revue de la littérature scientifique montrait que l’activité physique,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-6"> ¤ L’ex-numéro 1 mondiale, de retour sur le circuit après sa grossesse, bénéficiera pour le tournoi sur gazon du statut privilégié que lui avait refusé à la fin de mai l’organisation de Roland-Garros.
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Tennis : Serena Williams disputera Wimbledon avec le statut de tête de série

L’ex-numéro 1 mondiale, de retour sur le circuit après sa grossesse, bénéficiera pour le tournoi sur gazon du statut privilégié que lui avait refusé à la fin de mai l’organisation de Roland-Garros.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 16h37
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 17h46
   





                        



   


L’Américaine Serena Williams disputera le tournoi de Wimbledon (du 2 au 15 juillet) comme tête de série numéro 25, un mois après la polémique à Roland-Garros où ce statut lui avait été refusé, ont annoncé mercredi 27 juin les organisateurs de la compétition britannique de tennis.
Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, l’ex-numéro 1 mondiale pourrait bénéficier d’un sort équivalent à l’occasion de l’US Open, qui démarre à la fin d’août.
L’étape américaine du Grand Chelem va prendre en compte la situation des joueuses de retour de grossesse pour désigner ses têtes de série, s’est engagée la présidente de la Fédération américaine de tennis, Katrina Adams, interrogée le 23 juin par le New York Times.
183e au classement de la WTA
De retour de grossesse, Serena Williams n’occupe actuellement que la 183e place mondiale au classement de la Women’s Tennis Association (WTA) et ne peut donc, en théorie, prétendre à être tête de série, le statut qui permet aux meilleures joueuses du circuit d’éviter de croiser la route des favorites dès les premières rencontres des tournois.
Lors de la dernière édition de Roland-Garros, porte d’Auteuil à Paris, l’organisation des Internationaux de France n’avait fait preuve d’aucune mansuétude envers la sportive de 36 ans, qui a donné naissance à son premier enfant en septembre 2017. Plusieurs titres de la presse américaine s’en étaient émus, à l’instar du quotidien USA Today, qui n’avait pas hésité à titrer dans son édition du 22 mai : « Roland-Garros punit Serena Williams d’avoir eu un bébé ».
Même la fille et conseillère du président Donald Trump, Ivanka, s’était fendue d’un tweet indigné : « Aucune mère ne devrait être pénalisée professionnellement. La WTA doit changer cette règle immédiatement. »

This is ridiculous. @SerenaWilliams is a formidable athlete (best ever!) and loving new mother. No person should ev… https://t.co/HpU8oiWPs2— IvankaTrump (@Ivanka Trump)


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Après trois victoires sur la terre battue parisienne, la cadette des sœurs Williams avait finalement déclaré forfait en huitièmes de finale face à une autre ancienne numéro 1 mondiale, Maria Sharapova. Blessée à l’épaule, l’Américaine, trois fois victorieuse à Roland-Garros, n’avait pu défendre ses chances, laissant la Russe filer vers les quarts de finale du tournoi, remporté par la Roumaine Simona Halep.

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                La combinaison de Serena Williams à Roland-Garros : une raison d’être médicale, politique et symbolique



« Ces mamans qui retrouvent la compétition »
La joueuse aux vingt-trois titres en Grand Chelem bénéficiera d’un tableau plus favorable sur le gazon de Wimbledon puisque les organisateurs de l’épreuve britannique ont décidé de ranger la championne parmi les têtes de série du tournoi. S’ils suivent en général le classement mondial pour les têtes de série, ils se réservent le droit d’apporter des modifications pour « un tirage équilibré ».
La direction de l’US Open – quatrième tournoi majeur de la saison internationale après l’Open d’Australie, les Internationaux de France et Wimbledon – pourrait faire de même, à en juger par les recommandations de Katrina Adams. « C’est la bonne chose à faire pour ces mamans qui retrouvent la compétition », soutient la présidente de la Fédération américaine de tennis.
L’US Open « corrigera les têtes de série si la grossesse est un facteur du classement actuel d’une joueuse », a insisté Adams, elle-même ancienne joueuse du circuit. « Nous pensons que c’est un bon message pour nos joueuses et futures joueuses. Vous pouvez très bien vous en aller, être une femme, devenir maman et revenir à votre travail, je crois que c’est un message important. »
Le circuit WTA n’offre pas de statut de tête de série aux joueuses qui reviennent de longues absences, mais il leur permet d’accéder directement au tableau principal des grands tournois, sans passer par la phase des qualifications, à la faveur d’un « classement protégé ».

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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-7"> ¤ Suspendu au début de juin, l’entraîneur phare de l’athlétisme français est accusé par une ancienne sprinteuse de son groupe de viol et « pression psychologique ».
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Accusé de viol, l’entraîneur d’athlétisme Giscard Samba placé en garde à vue

Suspendu au début de juin, l’entraîneur phare de l’athlétisme français est accusé par une ancienne sprinteuse de son groupe de viol et « pression psychologique ».



Le Monde
 |    27.06.2018 à 14h14
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 15h38
   





                        



   


Accusé de viol par une ancienne sprinteuse de son groupe, Giscard Samba, entraîneur phare de l’athlétisme français, a été placé en garde à vue mercredi 27 juin dans les locaux de la police judiciaire du Val-de-Marne. Suspendu au début de juin par la Fédération française d’athlétisme, le coach de 41 ans est entendu « pour viol et agression sexuelle », a expliqué le parquet de Créteil, confirmant une information d’Europe 1.

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Une fonctionnaire de la direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale ayant recueilli différents témoignages avait signalé l’affaire à la justice, le 19 mars 2018. L’athlète qui accuse Giscard Samba avait, elle, déjà déposé plainte au commissariat de Créteil en 2017.
La jeune femme, aujourd’hui âgée de 21 ans, souhaite rester anonyme. Entendue deux fois depuis le début des investigations, elle accuse son ex-mentor de lui avoir imposé trois relations sexuelles entre avril et juillet 2016, selon une source proche de l’enquête. Elle décrit également une « pression psychologique continue » de la part de l’entraîneur, qui visait également d’autres sportives. « C’est un soulagement pour l’athlète que je défends car sa parole est entendue », s’est félicité l’avocat de la plaignante, Me Méhana Mouhou.
« Elle est psychologiquement affectée depuis la plainte, car dénoncer Giscard Samba, qui dispose d’une certaine notoriété et d’un palmarès suppose un certain courage qu’elle a eu en poussant la porte d’un commissariat. Elle fait confiance à la police et à la justice pour que la vérité éclate pour elle et les autres athlètes. »
« Maître d’une secte »
D’autres athlètes du groupe de M. Samba, dont Dimitri Bascou, ont été entendus dans le cadre de l’enquête. Depuis le début de l’affaire, les deux athlètes phares du groupe, Dimitri Bascou et Aurel Manga, ont toujours défendu leur entraîneur. Pascal Martinot-Lagarde et Cindy Billaud, ex-protégés du technicien, s’en sont en revanche largement désolidarisés.
Cette dernière a ainsi évoqué dans la presse « quatorze ans d’humiliation et de contrainte », alors que Pascal Martinot-Lagarde a décrit son ancien entraîneur comme un « gourou », le « maître d’une secte » et un « illuminé qui vient parler à ses disciples, qui a la parole divine et a toujours raison ».
Giscard Samba est un entraîneur de premier plan sur la scène française de l’athlétisme. Il a notamment conduit Dimitri Bascou à une médaille de bronze sur 110 m haies aux derniers JO, à Rio, en 2016, et s’est également occupé jusqu’en 2014 de Cindy Billaud et de Pascal Martinot-Lagarde, détenteurs des records de France du 100 m haies et du 110 m haies. Il avait été nommé technicien de l’année en 2013 par la Fédération française d’athlétisme.

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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-8"> ¤ Les champions en titre se sont effondrés face aux Sud-Coréens (2-0) et quittent le Mondial en poules pour la première fois depuis 1938. C’est le Mexique et la Suède qui se qualifient pour les huitièmes.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-9"> ¤ Les parieurs russes, gagnés eux aussi par la fièvre du Mondial, multiplient les mises sur les équipes favorites du championnat.
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Chez les bookmakers de Moscou, les Bleus ont (encore) la cote

Les parieurs russes, gagnés eux aussi par la fièvre du Mondial, multiplient les mises sur les équipes favorites du championnat.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 12h35
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 12h46
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



   


En shorts et baskets, Sergueï se concentre. Pas sur un terrain, mais devant un écran. « Je vais miser sur Mbappé. Il va marquer aujourd’hui. » Oui, mais non : le joueur Français, entré tardivement sur le terrain pour affronter, le 26 juin, le Danemark, n’a pas fait de miracle. Deux heures avant le coup d’envoi de la rencontre, Sergueï était de toute façon déterminé à miser sur la victoire des Bleus. Quoique « Mbappé est un peu trop prétentieux ». D’ailleurs, les vedettes du ballon l’énervent. « Messi est une catastrophe ! » C’était aussi avant le but miraculeux de l’Argentin contre le Nigeria.

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Sergueï le sexagénaire se rend ici quasiment tous les jours, dans cette salle réfrigérée de l’avenue Novy Arbat, au cœur de Moscou, où les Russes viennent parier sur les résultats du Mondial. La Liga Stavok est une compagnie de « bookmakers » – en russe dans le texte, l’expression anglo-saxonne ayant été adoptée – qui a pignon sur rue depuis dix ans avec un réseau de 500 salles en Russie, dont 125 rien qu’à Moscou. Habituellement, on vient ici parier sagement sur des équipes de foot russes, ou plus sûrement pour le hockey. Mais depuis l’ouverture de la Coupe du monde, le 14 juin, la fièvre du jeu a gagné le public.
« Comme le championnat a eu lieu dans notre pays, même les femmes au foyer sont au courant », note avec pragmatisme le directeur général adjoint de Liga Stavok, Alexandre Iegorov. Ce dernier ne communique aucun chiffre, secret commercial oblige. Mais il l’assure, les « paris ont beaucoup, beaucoup, augmenté ». Tout juste nous donne-t-on la « mise la plus fascinante », enregistrée jusqu’ici lorsque, le 19 juin, un parieur a donné le tiercé gagnant en devinant le score des trois matchs du jour, Russie-Egypte (3-1), Colombie-Japon (1-2) et Pologne-Sénégal (1-2). L’heureux homme a remporté « 5 317 fois » sa mise. Le plafond des gains atteint 10 millions de roubles (136 000 euros).
Ambiance feutrée
Les premiers jours du tournoi, la côte de la Sbornaïa, l’équipe Russe, s’est envolée. Le patriotisme est ici aussi de mise, si l’on ose dire. A moins, comme le retraité Mikhaïl, de ne pas parier du tout sur son équipe nationale « pour ne pas jouer contre les siens ». Ou par superstition. Les Bleus ont la cote, au même titre que le Brésil, la Croatie ou l’Allemagne. Sergueï voit même la France en finale contre la Croatie.
Avenue Novy Arbat, les écrans alignés sur trois étages ressemblent à des cours de Bourse avec des chiffres qui clignotent et varient en permanence sur des rangées d’ordinateurs. Les caisses plongées dans une semi-pénombre, où l’on vient déposer ses mises ou empocher ses gains, sont discrètes. Au plus fort du stress, les joueurs virtuels peuvent toujours se désaltérer d’une bière, puisqu’un bar est à leur disposition. Tibek, un jeune Kirghiz de 23 ans, « cuisinier de sushis », précise-t-il, profite de son jour de congé. Encore que, « en ce moment », il vient « souvent ». « Hier, j’ai misé sur les Espagnols 3 000 roubles [41 euros], et j’ai gagné 6 000 [81 euros] », dit-il avec le sourire. « Aujourd’hui, je viens pour la France. » Pas de gain à l’horizon, cette fois, hélas.
A ce niveau, à partir de 3 000 roubles et sans doute beaucoup plus, une salle VIP garnie de gros fauteuils moelleux et d’écrans quasi géants accueille dans une ambiance feutrée les parieurs aisés. Tout à côté, la compagnie de bookmakers Baltbet située au premier étage d’un établissement partagé avec un restaurant chinois, offre les mêmes prestations avec des petits box individuels et un salon fumeurs. « Le football est imprévisible », philosophe un homme nerveux en chemise bigarrée qui préfère taire ses pronostics. Encore quelques pas dans cette même avenue Novy Arbat, et voici une troisième enseigne, grand luxe. Chez Matchpoint, dont l’entrée un brin mégalo est gardée par deux vigiles aux allures d’agents du FSB (ex-KGB) avec leurs costumes tendus sur les biceps, des hôtesses guident les parieurs qui ont réservé une table ou un divan devant des écrans de télévision, moyennant 20 000 à 40 000 roubles, repas compris.
Table réservée depuis deux ans
« Cette table-ci était hier réservée [jour des matchs Russie-Uruguay, Espagne-Maroc et Iran-Portugal] depuis deux ans », nous informe aimablement Alexandra. Le soir, l’endroit fait salle comble. Il existe plus d’une trentaine de licences de bookmakers en Russie, et la plupart des mises se font d’abord sur Internet. Ambiance Coupe du monde aidant, cependant, les amateurs sont aujourd’hui nombreux à se déplacer. Et par la grâce du Mondial, depuis un an, la publicité étant autorisée, chaque établissement, dans un décor de ballons fous, se pique désormais de publier brochures et flyers.
Dans cette grande artère touristique de Novy Arbat, fréquentée par des groupes de supporteurs du monde entier surexcités, on peut donc parier à peu près tous les trois mètres, à condition de présenter des papiers d’identité, comme l’exige depuis 2014 la réglementation imposée pour « éviter les fraudes ». Les mineurs ne sont pas admis, les étrangers, oui (sachant, vous prévient-on, que vos gains seront taxés à 30 % au lieu de 13 % pour les Russes). Un petit tour suffit néanmoins à dresser cet autre constat : les paris restent une affaire d’hommes. Les femmes russes n’ont pas encore trouvé, tant s’en faut, le chemin des bookmakers.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-10"> ¤ « Arbitrage vidéo », épisode 3. Etienne Labrunie raconte comment la qualification des Bleus pour les huitièmes de finale a plongé les télés dans une belle déprime.
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Coupe du monde 2018 : la télé sous le choc

« Arbitrage vidéo », épisode 3. Etienne Labrunie raconte comment la qualification des Bleus pour les huitièmes de finale a plongé les télés dans une belle déprime.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 11h18
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 11h35
    |

                            Etienne Labrunie








                        



   


La France a peur. L’info fait l’ouverture du JT de 20 heures de France 2. « Un match nul de la France pas très rassurant », confirme Anne-Sophie Lapix dans les titres. Et cette fois, pas question de faire des blagues sur les « millionnaires en short ». Pas dans le ton. « Que dire, c’est la désolation ! », lance un supporteur tricolore dans le sujet qui suit. « On a payé beaucoup d’argent pour voir ça », ajoute un quinqua coiffé d’un bonnet-coq. Ils sont nombreux, aux abords du stade Loujniki de Moscou, à faire part de leur colère aux micros qui se tendent après avoir assisté à l’affligeant France-Danemark de l’après-midi.
« C’est nul, on n’a pris aucun plaisir, ils nous ont pris pour des cons », lâche cette dame chez Gilles Bouleau, sur TF1, qui souligne que si les Français sont premiers, « ils se sont qualifiés sans panache lors du match le plus ennuyeux de la Coupe du monde ». Bing ! « Après, il faut positiver : on est en huitièmes et on n’a pris qu’un but en trois matchs », conclut un autre supporteur. Il ne s’agit pas non plus de complètement plomber l’ambiance à TF1, il y a un niveau d’audiences à maintenir.

        Lire aussi :
         

          Pourquoi 0-0 est le score parfait



« Remboursez, remboursez ! »
La nouvelle est tombée deux heures plus tôt. Un nervous breaking news qu’on pourrait résumer ainsi : l’équipe de France vient de terminer première de son groupe sans avoir joué au foot. Le monde entier vient d’assister à ce premier 0-0 de la compétition et le match le plus pénible du Mondial (et qui risque fort de le rester). Sous les sifflets du public, le duo de commentateurs de TF1 conclut une retransmission pas franchement guillerette. « Ce n’est pas la meilleure publicité que l’on puisse faire pour ce sport », tacle Grégoire Margotton au moment où des « Remboursez, remboursez ! », tombent des tribunes.

On va rester sur l’image de ce magnifique stade, on va oublier ce non match..., on va vous dire juste Rdv en 8 ieme… https://t.co/3MkAgBU1mw— BixeLizarazu (@Bixente Lizarazu)


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Son comparse Bixente Lizarazu tente, lui, d’exorciser : « On va arriver à des matchs à qualification directe, ne vous inquiétez pas, ça va être mieux. » Retour plateau. Denis Brogniart prend le relais, avec Pascal Obispo en guest star : « C’était un match de transition, faut laisser bosser Didier. Il y a une super ambiance dans ce groupe. » Pas sur le plateau. « Bon allez, l’essentiel est acquis, la France finit première, ça, c’est bien », essaye à son tour Denis Brogniart. Tout ce beau monde se consolera sûrement plus tard (quoique) avec l’affiche contre l’Argentine samedi après-midi, qui promet de battre des records d’audience. Pas impossible que les peintures tricolores réapparaissent sur les joues et que les écharpes refleurissent sur les plateaux.
Sur BFM, on tire la tronche
A la même heure, l’ambiance est toute autre chez les sans-droits. Pour tout dire, à chaud comme ça, c’est à peine si on a le goût du débrief habituel. On fait plutôt dans l’ironie. A l’image de L’Equipe 21, qui propose un sondage sorti des tribunes : « Vous êtes-vous ennuyés pendant cette rencontre ? », glisse malicieusement Olivier Ménard, le présentateur de « L’Equipe du soir ». « Je propose d’inviter en plateau la personne qui répond non », lance amusée Carine Galli, l’une des chroniqueuses de l’émission phare de la chaîne. Autre canal, même connexion. « Match (très) nul entre le Danemark et la France », lit-on en bandeau. « Mais le vrai vainqueur, c’est l’ennui », lâche un des participants.
Sur BFM, on tire la tronche, mais si « on gagne à la fin, on vous promet, on fera la fête », lance Eric Di Meco, l’un des anciens joueurs composant la « dream team » de consultants. « Premiers mais décevants », lit-on sous Christophe Dugarry, qui bouillonne et contient sa colère jusqu’à la déclaration de son ancien collège de 1998, Didier Deschamps (« Ce n’est pas le match de l’année mais on a fait plus qu’eux. ») : « J’en peux plus de voir cette équipe de France ; je vais me flinguer. » Il préférera finalement quitter le plateau, prétextant « les possibles bouchons sur les Champs-Elysées après la qualif ». Drôle.

📢💬 Christophe Dugarry est au bout du rouleau : "Je m'en fous de l'adversaire des Bleus en 8es, je veux me régaler !… https://t.co/klzbZZkGqx— AfterRMC (@After Foot RMC)


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Reste l’avenir et le huitième de finale contre l’Argentine de Lionel Messi qui se profile. Le débat reprend ses droits. La peur aussi, un peu. Alors avec qui ? Pas les coiffeurs (les remplaçants titularisés pour ce match du jour) tondus aussi secs. Mais avec Grizou, le chouchou, pas le Griezmann hantant les terrains russes. Ce dernier prend copieux. « Grizou (pffff) c’est fatigant de le mettre au même niveau que notre Zizou, en plus il est frit », s’agace Franck Lebœuf sur BFM. « Il m’a fait de la peine, enfonce son collègue Willy Sagnol. J’ai presque envie de le prendre dans mes bras pour lui dire allez, vas-y, joue. »
Didier Deschamps plutôt épargné
L’attaquant de l’Atlético Madrid concentre les critiques. Son absence de leadership, son vrai faux transfert mis en scène et en vidéo exclusive et même sa façon de nous raser à longueur de pubs alimentent des débats aux titres sans équivoque : « Mais où est passé Griezmann ? », interroge LCI ; « Griezmann à l’envers », assure L’Equipe, « Griezmann inquiétant », sur CNews ; « Griezmann n’y est plus », sur BFM. Mais si, il apparaît sur TF1 : « Ça ne devait pas être beau à la télé, glisse-t-il (ni au stade d’ailleurs). Les gens veulent des beaux gestes et beaucoup de buts, mais on n’est pas là pour ça, mais pour gagner. » Loupé.
Désormais, c’est sûr, il va falloir gagner. La France (et le Danemark d’ailleurs) a en outre une image à restaurer. « Après une telle tristesse, j’ai peur qu’un désamour puisse naître », avance l’ancien joueur et entraîneur Paul Le Guen (L’Equipe 21). Didier Deschamps est pour l’instant plutôt épargné par la critique. « S’il ne maîtrisait pas aussi bien sa com et que nous osions dire franchement les choses, il se ferait massacrer », explique Sébastien Tarrago, journaliste à L’Equipe 21.
Sur LCI, Patrick Chêne tente de remonter le moral des ménages : « Les joueurs ont été rejoints par leurs familles ; ce sont les proches, les femmes qui vont débloquer nos joueurs. » Mais la vraie blague suit sur la chaîne qui propose, en exclusivité, de revoir le match…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-11"> ¤ Messi s’est fait violence contre le Nigeria. Il lui reste maintenant à tuer le père, le dieu vivant des Argentins, en guidant son équipe bancale jusqu’à la victoire, estime Olivier Guez, écrivain et envoyé spécial pour « Le Monde » en Russie.
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Coupe du monde 2018 : Lionel Messi et l’ombre éternelle de Diego Maradona

Messi s’est fait violence contre le Nigeria. Il lui reste maintenant à tuer le père, le dieu vivant des Argentins, en guidant son équipe bancale jusqu’à la victoire, estime Olivier Guez, écrivain et envoyé spécial pour « Le Monde » en Russie.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 10h52
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 15h32
    |

                            Olivier Guez (écrivain)








                        



                                


                            

Chronique. Samedi 16 juin, j’ai assisté à la rencontre Argentine-Islande. Je n’avais jamais vu Leo Messi jouer, aussi, je ne l’ai pas quitté des yeux, curieux, heureux, simplement, d’observer l’un des meilleurs footballeurs de tous les temps. Mais le capitaine argentin fut méconnaissable. Ni démarrage ni gambeta (« dribble ») foudroyant, il errait sur le terrain, l’âme en peine, muselé par les défenseurs islandais.
Un frisson parcourait l’échine du stade du Spartak à chaque fois qu’il touchait la balle (comme lorsque Pelé effleurait le ballon au Mexique en 1970) mais lent et maladroit, il rata tout ce qu’il entreprit, ce jour-là. Contre la Croatie, jeudi dernier, il joua plus mal encore. Hier soir, contre le Nigeria, il a enfin marqué son premier but de la compétition, et l’Argentine s’est miraculeusement qualifiée pour les huitièmes de finale. Il n’empêche, depuis le début du Mondial, Messi ne rayonne guère et sourit rarement – j’exagère : il est radieux sur les panneaux publicitaires de la banque Alpha qui s’affichent sur les murs et dans les aéroports de la grande Russie.
Maradona galvanisait, Messi inhibe
Contre l’Islande, Messi a raté un penalty. Après avoir échoué, il remonta lentement le terrain, tête basse, en marmonnant comme Dustin Hoffman dans Rain Man. Messi savait que Dieu était au stade et que Dieu (et le pape, grand amateur de football) l’avait vu pécher une fois encore sous les couleurs albiceleste de l’Argentine. A la barbe de la FIFA qui interdit le tabagisme, même électronique, dans les enceintes de la Coupe du monde, Dieu est un fumeur de havanes replet à la larme facile. Lorsqu’il est sorti de sa loge, avant le début du match, il a été acclamé par les spectateurs argentins, une ovation du tonnerre, à donner la chair de poule. Ce samedi-là, comme à tant d’autres occasions, Maradona a dû se dire que Messi n’était pas à sa hauteur.

Sous le maillot de l’Argentine, Messi n’a jamais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-12"> ¤ Un but sublime de Lionel Messi a lancé l’Albiceleste sur la voie de la qualification face au Nigeria, finalement arrachée à la 87e minute. Les Argentins retrouveront la France en huitième.
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Coupe du monde 2018 : l’Argentine sauvée des eaux

Un but sublime de Lionel Messi a lancé l’Albiceleste sur la voie de la qualification face au Nigeria, finalement arrachée à la 87e minute. Les Argentins retrouveront la France en huitième.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 10h24
    |

            Clément Guillou








                        



                                


                            

Il était 20 h 14 et la France prenait l’apéritif, se demandant si ce qu’elle venait de voir face au Danemark était encore du football, quand Lionel Messi s’est assis à sa table en inventant un geste : un contrôle de l’extérieur de la cuisse. Le ballon, qui d’ordinaire rebondit sur ce muscle comme sur un muret, a cette fois semblé amorti, comme si le numéro 10 avait caché un coussin sous son short.
Le petit homme a ensuite emmené le ballon du cou du pied gauche, en accélérant, puis frappé du droit. Argentine 1-Nigeria 0, Diego Maradona au nirvana, yeux révulsés et bras repliés en croix sur la poitrine. Depuis l’ouverture lumineuse d’Ever Banega, un tatoué dont les passes se contemplent, ces quatre secondes remboursent des heures égarées devant des matchs quelconques, des passes trop fortes, des contrôles trop longs, des tirs trop à droite et des centres trop à gauche.
Incidemment, c’est une description parfaite de l’heure de football qui a suivi. Car cette Argentine reste laborieuse, encombrée par le ballon et désorientée sans. Les finalistes de la Coupe du monde 2014 ont pris quatre ans, à un âge où la dégénérescence s’accélère, même pour Lionel Messi. Autour de lui, Angel Di Maria est fantomatique et ni Gonzalo Higuain ni Sergio « Kun » Agüero n’ont apporté le tranchant nécessaire devant le but.
Derrière, Javier Mascherano a égaré ses jambes dans le championnat chinois et son sens du placement et son vice ne suffisent plus à compenser. A 34 ans, il lui reste son opiniâtreté dans le dialogue avec l’arbitre : c’est encore lui que Mascherano a le mieux pressé, mardi soir à Saint-Pétersbourg, sans que M. Cüneyt Çakir ne se laisse impressionner. L’ancien joueur de Barcelone a d’ailleurs été à l’origine des frayeurs des dizaines de milliers de maillots rayés ciel et blanc dans les tribunes du stade Krestovski.
Maradona, entre transe et siestes
A la 51e minute, le milieu défensif a remis tout seul dans le jeu un Nigeria qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-13"> ¤ La légende du football argentin a célébré à sa manière la victoire de son équipe en Coupe du monde face au Nigeria, mardi, entre danse, sieste et doigts d’honneur.
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Nigeria-Argentine : Diego Maradona fait le show dans les tribunes

La légende du football argentin a célébré à sa manière la victoire de son équipe en Coupe du monde face au Nigeria, mardi, entre danse, sieste et doigts d’honneur.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 10h22
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 18h17
   





                        



   


Le spectacle n’était pas que sur le terrain mardi 26 juin, lors du match Nigeria-Argentine (2-1) : la légende Diego Maradona a également assuré le show dans les tribunes, à sa manière.
Démarrant le match par une petite sieste, l’ancien joueur de 57 ans s’est subitement réveillé lors du but de Lionel Messi, à la quatorzième minute. Debout sur son siège, les bras croisés sur la poitrine et les yeux au ciel, il a même dû être retenu par des gardes du corps pour lui éviter de passer par-dessus la balustrade en verre. Il a ensuite entamé une danse avec une supportrice de l’équipe adverse.
Trop d’émotions pour « El Diez », qui a ensuite fait un malaise et a été amené, marchant avec peine, jusqu’à la salle de restauration VIP où il a pu reprendre ses esprits. Les images de ce moment, filmées depuis les tribunes, ont été largement diffusées sur les réseaux sociaux.

Se descompuso #Maradona #ElDiego https://t.co/s3zqxx14pl— AngeldebritoOk (@ANGEL)


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Sur Instagram, Diego Maradona a tenu à faire savoir qu’il se portait bien, démentant ainsi les rumeurs annonçant qu’il avait été transporté à l’hôpital. Il affirme avoir été examiné à la mi-temps en raison de douleurs au cou et d’une « décompensation », et avoir décidé de rester malgré les conseils du médecin lui recommandant de rentrer se reposer.

    Castellano | Italiano | Inglés Quiero contarles que estoy bien, que no estoy ni estuve internado. En el entretiempo del partido con Nigeria me dolía mucho la nuca y sufrí una descompensación. Me revisó un médico y me recomendó que me fuera a casa antes del segundo tiempo, pero yo quise quedarme porque nos estábamos jugando todo. ¿Cómo me iba a ir? Les mando un beso a todos, perdón por el susto y gracias por el aguante, hay Diego para rato! Voglio solo dirvi che sto bene, che non sono e non sono stato ricoverato. Durante l'intervallo della partita con la Nigeria ho avuto un forte dolore alla nuca e un mancamento. Un medico mi ha visitato e mi ha consigliato di tornare a casa prima del secondo tempo, ma ho deciso di rimanere perché ci stavamo giocando il tutto per tutto. Come sarei potuto andarmene? Un bacio a tutti e grazie per il supporto... Diego ci sarà ancora per un bel po'! I want to tell everyone that I am fine, that I am not, neither was I interned. In the halftime of the game against Nigeria, my neck hurt a lot and I suffered a decompensation. I was checked by a doctor and he recommended me to go home before the second half, but I wanted to stay because we were risking it all. How could I leave? I send a kiss to everyone, thanks for the support! Une publication partagée par  Diego Maradona Oficial (@maradona) le 26 Juin 2018 à 7 :20 PDT 

Il aurait alors manqué le but libérateur de Rojo (86e minute) et la victoire finale de son équipe, qui lui a permis de clore son spectacle par deux doigts d’honneur brandis ostensiblement face à la caméra, accompagnés d’une insulte bien grasse, facilement déchiffrable sur ses lèvres (putos).

[BUZZ] Ce geste de Maradona après le but victorieux de l'Argentine... 😕 https://t.co/xp5pn0EcVv— LifeMagazine_CI (@Life Magazine)


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Difficile de prévoir ce que nous réserve l’auteur de la célèbre « main de dieu » pour le huitième de finale, qui se déroulera contre la France, samedi 30 juin à 16 heures…




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-14"> ¤ « Roulette russe », épisode 14. Aujourd’hui, Maxime Mianat vous explique toute la grandeur d’un match sans but. Hommage donc à France-Danemark. Retrouvez aussi le programme du jour.
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Coupe du monde 2018 : pourquoi 0-0 est le score parfait

« Roulette russe », épisode 14. Aujourd’hui, Maxime Mianat vous explique toute la grandeur d’un match sans but. Hommage donc à France-Danemark. Retrouvez aussi le programme du jour.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 10h10
   





                        


Chaque jour durant la Coupe du monde, Eddy Fleck et Maxime Mianat analysent la compétition à leur façon. Attention : cette chronique peut contenir du second degré.

   


« 0-0 est le score parfait parce que cela veut dire qu’aucune erreur n’a été commise. » J’irais encore plus loin qu’Helenio Herrera, mythique apôtre du catenaccio : un bon match de football doit proscrire les centres, les dribbles, les une-deux, les contrôles orientés ; bref, tout ce qui est susceptible d’entraîner une occasion. Dans mes rêves les plus fous, les joueurs resteraient au vestiaire pour refuser le piège tendu par les spectateurs. J’ai souffert devant chacun des buts d’Espagne-Portugal, effaré par tant de médiocrité défensive.
Ce mercredi, les esthètes regarderont Suisse - Costa Rica, laissant les matchs du Brésil et de l’Allemagne aux Footix attirés par le bling-bling. Le football devrait être réservé à une élite. Dans le sport professionnel, tout comme dans notre société macroniste, l’exigence est la seule voie possible.
Avant un match, je m’isole devant ma télévision. Seul, on n’est jamais déçu par les autres. Seul, on ne subit pas les propos ignorants de ses « amis » sur le noble art. Je coupe également le son, car comme beaucoup d’entre vous, je suis allergique aux commentaires. Trop imprécis. Souvent trop enjoués. La télévision du bar de ma rue étant en avance sur la mienne, je ne peux supporter ce décalage intolérable d’une demi-seconde. Alors j’éteins l’écran. Entièrement coupé du monde par ma fenêtre double vitrage, fixant cet écran noir du coup d’envoi jusqu’au coup de sifflet final, je me remets tout entier à mon imagination. Croyez-le ou pas, je ne suis jamais déçu du résultat. Hier, la France a fait 0-0 face au Danemark au cours d’un match formidable.

Les épisodes précédents de « Roulette russe »
Episode 1 : comment concilier Coupe du monde et vie de famille
Episode 2 : pourquoi il ne faut pas critiquer l’équipe de France
Episode 3 : pourquoi on ne sait pas encore si Griezmann pourra jouer contre l’Australie
Episode 4 : pourquoi le drapeau du Brésil n’est pas ce que vous croyez
Episode 5 : pourquoi les Anglais n’ont en réalité pas inventé le football
Episode 6 : pourquoi Pologne-Sénégal est un authentique derby
Episode 7 : pourquoi la Coupe du monde est un cauchemar pour les autres sportifs
Episode 8: pourquoi France-Pérou n’aura pas lieu
Episode 9 : pourquoi il y a toujours un drapeau algérien dans un stade
Episode 10 : pourquoi l’Antarctique est le grand absent du tournoi
Episode 11 : pourquoi il n’est pas raisonnable d’aimer à la fois Lionel Messi et Cristiano Ronaldo
Episode 12 : pourquoi on peut suivre la Coupe du monde sans aimer le foot 
Episode 13 : pourquoi le dopage n’existe pas dans le football



Coupe du monde : le programme du mercredi 27 juin
Les matchs à suivre en direct sur LeMonde.fr :
Corée du Sud - Allemagne et Mexique-Suède (16 heures)
Serbie-Brésil et Suisse-Costa Rica (20 heures)
A lire sur le web
Gazette du Mondial : Messi, Brésil en danger et affaire classée
Une autre Coupe du monde commence pour des Bleus lénifiants
France-Danemark : demi-espaces et demi-match
France-Danemark, « le pire match de la Coupe du monde » pour la presse étrangère
Post de blog: Arbitrage vidéo : les tensions montent
Pour les abonnés
Pour Antoine Griezmann, le changement c’est encore maintenant





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-15"> ¤ Face au Danemark (0-0), l’attaquant des Bleus s’est montré peu inspiré et a été remplacé pour la troisième fois en trois matchs dans ce Mondial en Russie.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Coupe du monde 2018 : pour Antoine Griezmann, le changement c’est encore maintenant

Face au Danemark (0-0), l’attaquant des Bleus s’est montré peu inspiré et a été remplacé pour la troisième fois en trois matchs dans ce Mondial en Russie.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 09h28
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 15h31
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                            Alexandre Pedro








                        



   


Dans le football, l’ennui est un concept très relatif. Chacun en a sa définition et surtout son seuil de tolérance. Celui d’Antoine Griezmann se situe quelques crans au-dessus de la moyenne. Ou alors les Bleus ont accès à une réalité cachée au commun des mortels, une dimension parallèle qui fait voir « six ou sept occasions » à Didier Deschamps après ce France-Danemark qui en comptait peut-être deux, selon les âmes et les statisticiens les plus charitables. « Je ne me suis pas ennuyé », a assuré Griezmann sans se démonter face aux médias après ce 0-0 pourtant à vous dégoûter de la profession d’attaquant. Pour se justifier, le numéro 7 des Bleus a avancé un argument : l’ennui, ça le connaît. « Je suis habitué à ce jeu, on le fait souvent en club. » 

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Et visiblement, il en redemande. Le 15 juin, Griezmann a prolongé son contrat avec l’Atlético Madrid jusqu’en 2022 – documentaire à l’appui pour l’annoncer. Chez les Colchoneros, le Français répond depuis quatre ans aux ordres de Diego Simeone, un entraîneur qui ne transige pas avec les efforts défensifs et se préoccupe assez peu du spectacle proposé par son équipe. Alors ce mardi sur la pelouse du stade Loujniki à Moscou, Griezmann dit avoir fait son match, offert les efforts défensifs nécessaires. C’est peut-être vrai ; mais l’équipe de France en avait-elle vraiment besoin, contre des Danois décidés à ne pas se découvrir d’un fil ?
Les Bleus demandaient plutôt son inspiration, sa vivacité et son sens du déplacement entre les lignes adverses. Ils n’ont rien vu de tout ça. La pêche du jour a encore été maigre : une frappe sans vie en première mi-temps, une déviation astucieuse pour Olivier Giroud à la reprise – sa seule passe à destination de l’avant-centre des Bleus –, et c’est tout.

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En panne d’inspiration
Avant ce troisième match dans le groupe C, le meilleur buteur de l’Euro 2016 avait admis qu’il pouvait « mieux faire ». Placé derrière Giroud dans un 4-2-3-1, Griezmann disposait sur le papier d’une certaine liberté de mouvement. Il n’en a pas fait grand-chose. « Je me suis senti bien en première mi-temps, j’ai essayé de descendre de temps en temps, de prendre la profondeur, et après, en seconde, j’ai essayé d’être plus près de la surface donc j’ai touché moins de ballons. » On peut s’y tromper, mais le résumé de sa prestation ressemble à celui d’un joueur qui ne sait plus trop se situer dans une équipe où on lui demande d’être à la fois le créateur et le buteur. C’est peut-être un peu trop demander à son talent. 
Antoine Griezmann n’est pas un organisateur ni un dépositaire du jeu. Il carbure surtout à l’inspiration, aux fulgurances. Il est ce « facteur X » capable de changer l’équation d’un match sur quelques coups joués à fond. Les Marseillais l’ont compris, crucifiés deux fois par le Mâconnais en finale de la Ligue Europa le 16 mai. Depuis son arrivée en Russie pour cette Coupe du monde, l’étincelle ne prend plus.
Contre l’Australie, il a bien eu le mérite de provoquer et transformer un penalty, mais le fond était déjà bien pâlichon. Didier Deschamps l’a d’ailleurs remplacé 70e minute et récidivé face au Pérou, à la 80e cette fois. La première fois, le sélectionneur a plaidé « une décision ponctuelle ». Mais face au Danemark, Griezmann a encore été le premier joueur offensif à laisser sa place, remplacé par Nabil Fekir à la 68e minute. Soit Didier Deschamps veut piquer son leader d’attaque, mais à ce rythme c’est de l’acupuncture. Soit Griezmann n’est plus son leader d’attaque.
Le précédent de 2016
Sur le banc de touche, « Grizou » a beaucoup discuté avec ses voisins. Peut-être pour passer l’ennui ou comprendre ce qui clochait dans l’animation offensive des Bleus. A propos de sa nouvelle sortie prématurée, il a préféré ne rien dire, évoquant mécaniquement « le choix de l’entraîneur ». Plutôt que de revendiquer un statut particulier, il renvoie à ses états de service récents, à ce championnat d’Europe où il avait débloqué le frein à main à partir des huitièmes de finale pour finir meilleur buteur et joueur du tournoi. « J’ai été bien à partir de là en 2016 », rappelle-t-il.
Paul Pogba a déjà fait passer le message dimanche en conférence de presse (« Touchez pas à mon Grizou, vous avez oublié l’Euro ! »), Lucas Hernandez l’a redit mardi soir aux journalistes : « Il ne faut jamais mettre en doute l’un des meilleurs joueurs du monde, a défendu son coéquipier en club et en équipe de France. En espérant qu’il fasse taire en huitièmes de finale tous ceux qui parlent de lui. »
Après trois matchs sans idées mais une place de premier de leur groupe, les Bleus en sont donc là. Ils ne cherchent pas à convaincre, juste à « faire fermer des bouches » pour reprendre l’expression de Pogba. Face à l’Argentine en huitièmes de finale samedi à Kazan (16 heures), Griezmann sera surtout attendu pour ouvrir la voie. Après tout, il paraît que son Mondial commence maintenant.



                            


                        

                        


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France-Danemark : le pragmatisme impose-t-il forcément de ne pas jouer ?

Le match des Bleus est le reflet d’une philosophie de jeu prudente, basée sur le conservatisme et la limitation des risques. L’analyse tactique des « Cahiers du foot ».



Le Monde
 |    27.06.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 11h27
    |

                            Les Cahiers du Football








                        



   


« En fin de match, ils ne viennent pas. On ne va pas aller les chercher non plus. » Quelques secondes après la fin d’une rencontre sans but face au Danemark, au moment de son passage rituel au micro de TF1, Didier Deschamps lâche, sous forme d’évidence, ce qui n’en est pas forcément une. L’objectif, terminer premier et éviter un quart de tableau très relevé (Croatie, Espagne), était effectivement rempli si le score restait à 0-0. Et se découvrir pour marquer un but anecdotique au classement, c’était aussi risquer d’en encaisser un. Mais il y a derrière ce discours le reflet d’une philosophie de jeu prudente, basée sur le conservatisme et la limitation des risques. Une idée du football qui, si l’adversaire refuse de jouer le jeu, c’est-à-dire essayer de construire ses actions, offre une situation de statu quo. Peut-on abattre un mur avec une fourchette ?

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On dit de Didier Deschamps qu’il est pragmatique, associant alors le pragmatisme avec la défense, comme si le choix le plus rationnel au début d’un match était systématiquement de ne pas prendre de buts plutôt que d’essayer d’en marquer. Comme si aller de l’avant représentait un quitte ou double permanent bien plus risqué que l’attente. Après tout, tant qu’on n’encaisse pas, on ne peut pas perdre – au pire risque-t-on d’être éliminé aux tirs au but… Le raisonnement se tient, et c’est celui-là qui a guidé le Portugal de Fernando Santos en 2016. Après avoir débuté avec ambition mais sans résultats probants faute de solidité défensive, le sélectionneur amena le Portugal au titre en densifiant son milieu et en calmant les ardeurs offensives de ses latéraux. « La beauté et la laideur sont des concepts subjectifs, confia-t-il ensuite à El Pais. Tout dépend des yeux qui regardent. »
Le demi-espace, élément essentiel de la phase d’attaque placée
Mais on peut prendre le problème à l’envers : n’est-ce pas en prenant le jeu en main, en attaquant pour ne pas avoir à défendre et emballer des matchs où leur talent offensif faisait la différence, que l’Ajax des années 70, le Milan de Sacchi ou le Barça de Cruyff décrochèrent de nombreux titres ? N’est-ce pas en marchant dans les traces du Barça de Guardiola que l’Espagne domina le monde six ans durant ?
Pep Guardiola, venons-y. Lui qui, dans une interview à SFR Sport, lâcha « je ne connais personne de plus pragmatique que moi », théorise que sa façon de jouer est la plus propice pour gagner des titres. Vu son palmarès et son influence sur le football du XXIe siècle, difficile de l’accuser de faire fausse route. Quand on regarde les talents offensifs d’une équipe de France qui n’a jamais eu un tel matériel à disposition, la comparaison avec Barcelone, le Bayern ou Manchester City, qui ne se posent jamais la question d’aller chercher ou non leur adversaire, est probablement plus pertinente qu’avec France 98. Avec Blanc-Desailly protégés par Karembeu, Deschamps et Petit d’un côté du terrain et Guivarc’h de l’autre, les forces n’étaient alors pas tout à fait les mêmes…

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Mais revenons à Guardiola, entraîneur dont l’amitié avec Garry Kasparov se retrouve dans la manière de préparer ses matchs. Le Catalan, qui veut la balle pour être maître du jeu, développe des plans très précis pour arriver dans les trente derniers mètres adverses, où le talent individuel doit alors s’exprimer. Sa mission : mettre ses éléments offensifs dans les meilleures conditions, en leur donnant de l’espace pour faire la différence par le dribble ou la passe. Pour cela, il utilise majoritairement des circuits de construction dans les demi-espaces, une zone située entre le milieu et la touche des deux côtés du terrain. « Quatre-vingt-dix pour cent des buts de Manchester City viennent de là », dira même Steve Sidwell, milieu de Brighton qui passe ses diplômes de coach.

   


Le demi-espace est devenu un élément essentiel de la phase d’attaque placée face à une équipe défendant en zone, puisqu’il se situe naturellement dans l’intervalle entre le joueur central et latéral de chaque ligne adverse. C’est donc dans cet espace que les Français ont essayé d’opérer face au Danemark avec un schéma simple : le défenseur latéral offre une solution en courant le long de la ligne de touche, le milieu axial et l’attaquant restent au cœur du jeu et l’ailier, placé entre les deux, doit trouver l’espace entre le latéral et l’un des défenseurs centraux adverses. En pratique, si les Bleus attaquent à gauche, Hernandez doit occuper le latéral danois et Griezmann le défenseur central droit, ouvrant un espace pour que Lemar, soutenu par N’Zonzi, joue entre les lignes.
L’intelligence du plan danois
Ce plan de jeu, le principal observé lors d’une rencontre soporifique face à des Danois qui étaient venus prendre le point de la qualification, s’est heurté à deux problèmes. Le manque de qualité devant, d’abord : Sidibé et Hernandez, l’un en petite forme et l’autre à vocation défensive, n’ont jamais représenté une menace obligeant le Danemark à les prendre à deux et laisser des trous ailleurs.
Au milieu, N’Zonzi, premier relanceur en tant que milieu reculé à Séville, est un excellent passeur capable de casser des lignes, mais a l’habitude d’être un point d’ancrage qui ne se projette jamais. A ses côtés, Kanté, superbe récupérateur, ne devient relayeur que quand il a du champ, et son association avec N’Zonzi devient redondante si l’adversaire refuse d’attaquer ou de presser.
Enfin, plus haut sur le terrain, Lemar tarde à retrouver ses sensations de la saison dernière ; Griezmann « dézone » beaucoup mais prend le risque de marcher sur les pieds de ses partenaires et s’extrait souvent du bloc défensif adverse plutôt que de trouver des espaces en son sein ; et Dembélé a des qualités d’explosivité pour l’instant plus utiles sur l’aile qu’au cœur du jeu, où la densité de joueurs oblige à une finesse de passe de meneur de jeu.

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Mais imputer la stérilité des attaques à la seule faiblesse de Tricolores à l’implication et à l’intensité toute relative, ce serait négliger l’intelligence du plan danois. Renforcée au milieu, l’équipe d’Age Hareide a laissé le ballon avancer jusque dans l’entrejeu pour mieux couper les circuits de passes. Sisto-Delaney d’un côté, Braithwaite-Eriksen de l’autre, les paires ailier-milieu excentré ont fait un choix simple : donner du temps au porteur de balle adverse mais le priver de solutions dans l’axe, avant de coulisser pour aller enfermer en nombre les latéraux tricolores.
Sans milieu axial capable de renverser le rapport de force, en trouvant une passe en profondeur tranchante ou en éliminant un adversaire par le dribble pour mettre fin à l’énorme supériorité numérique de la défense, la France a tourné en rond. Passe simple qui ne fait pas avancer le jeu ou passe risquée qui peut créer un décalage mais aussi lancer une attaque adverse ?
Dans le doute, les Bleus, qui finissent à 62 % de possession, ont préféré faire tourner, tentant de contourner le bloc adverse plutôt que de le pénétrer (32 passes de Varane à Sidibé, record du match). Cela confirme un vieux problème : en difficulté face aux blocs bas, ils dépendent alors d’inspirations individuelles. On se rappelle alors des mots de Didier Deschamps à SFR Sport il y a quelques mois. « [Face à un bloc regroupé] Il y a moins de temps, moins d’espaces, donc il faut beaucoup plus de justesse, de déplacements, et voir plus vite pour créer des décalages. C’est là où c’est le plus difficile. » Et, sans un Pogba en accélérateur de particules dans l’entrejeu, cette équipe peut vite sembler à court d’idées.
Christophe Kuchly



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-17"> ¤ L’Argentine est qualifiée grâce à son Messi et retrouvera la France en huitièmes. Les Brésiliens, eux, vont trembler jusqu’au bout.
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La gazette de la Coupe du monde : Messi, Brésil en danger et affaire classée

L’Argentine est qualifiée grâce à son Messi et retrouvera la France en huitièmes. Les Brésiliens, eux, vont trembler jusqu’au bout.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 06h52
    |

            Maxime Goldbaum et 
Alexandre Pouchard








                        


Le Tsar du jour
« Un joueur à surveiller », nous avait prévenus le commentateur de TF1, Christian Jeanpierre. Nous aurions dû l’écouter. L’ambiance de fin de règne qui s’était installée chez les Argentins n’incitait pas particulièrement à l’optimisme. Et le principal espoir – le seul ? – s’appelait comme d’habitude Lionel Messi, qui avait déjà qualifié l’Albiceleste presque à lui tout seul au bout d’un horrible parcours qualificatif. Problème, le génie argentin n’avait rien montré de probant en Russie, renforçant encore sa réputation de « meilleur joueur du monde sauf en Coupe du Monde ».

   


Jusqu’à ce match face au Nigeria, où il a grandement contribué à la qualification de son équipe. C’est lui qui donne l’avantage à l’Argentine sur un superbe contrôle suivi d’une belle frappe du droit. C’est lui qui donne une superbe ouverture à Gonzalo Higuain qui aurait pu conduire à un deuxième but argentin. Lui encore qui frappe un coup franc détourné de peu par le gardien nigérian. Les Argentins n’ont pas réglé tous leurs problèmes, ont souffert face au Nigeria et devront affronter la dangereuse équipe de France, mais enfin, on a vu Lionel Messi.
La mère partie
Et si le Brésil passait à la trappe dès le premier tour ? La question n’est pas si improbable avant de voir les Brésiliens opposés aux Serbes dans le dernier match du groupe E, mercredi 27 juin à 20 heures. Les premiers ont été accrochés par les Suisses (1-1) avant de péniblement battre le Costa Rica en toute fin de match (2-0). Ils pourraient bien se voir entravés par de solides Serbes, défaits vendredi par la Suisse (1-2) et plus précisément par son attaquant vedette, Xherdan Shaqiri.
Pour se qualifier, les Brésiliens devront se montrer plus solides et constants que ce qu’ils ont montré jusqu’à maintenant. Ils compteront pour cela sur un retour à son meilleur niveau de leur « star », Neymar, qui s’est davantage illustré par ses simulations et ses larmes que par ses coups d’éclat. Si cela venait à se reproduire, certains supporteurs brésiliens pourront boire pour oublier : un pub de Rio de Janeiro a proposé à ses clients… un shot à chaque chute de l’attaquant de la Seleçao.

   


Un match nul suffit malgré tout aux Brésiliens pour se qualifier. En revanche, une défaite, combinée à un match nul ou une victoire de la Suisse contre le Costa Rica, les entraînerait à la troisième place, synonyme d’élimination.
Au pays de Vlad
« Ils sont là pour témoigner de tous les sacrifices consentis et de toutes les épreuves traversées. Partager cette expérience avec eux est quelque chose dont je me souviendrai toute ma vie. » Le gardien de l’Australie, Mathew Ryan, s’est montré généreux avec ses proches : il a permis à 27 d’entre eux de venir en Russie pendant la Coupe du monde, tous frais payés, pour suivre le parcours des Socceroos – et encore, ils auraient pu être deux fois plus nombreux si tout le monde avait accepté l’invitation, a-t-il précisé. Il arrête de toute façon là les frais puisque l’Australie a quitté la compétition après sa défaite contre le Pérou (0-2).
L’œil de Moscou
« L’affaire est classée »
Le vice-capitaine de la Suisse Valon Behrami a voulu clore le chapitre polémique des célébrations de ses coéquipiers d’origine albano-kosovare Granit Xhaka et Xherdan Shaqiri, qui ont ravivé le débat identitaire au pays. Contre la Serbie vendredi, les deux joueurs ont célébré leur but en mimant des doigts l’aigle à deux têtes qui orne le drapeau de l’Albanie.

   


Ce geste leur a valu une amende de la FIFA, qui interdit les messages politiques dans les stades, de 8 660 euros chacun, ainsi que de 4 330 euros pour Stephan Lichtsteiner qui les a imités. « Nous sommes heureux que personne n’a été suspendu », s’est réjoui Behrami, qui lui-même a des racines au Kosovo. « Cela ne va pas se répéter dans l’avenir, parce qu’il n’y aura plus de match comme celui-là », a-t-il poursuivi.
Komintern
La Coupe du monde est surtout l’occasion pour les journalistes de recevoir une flopée de communiqués sans intérêt. Mais ce serait bête qu’ils meurent oubliés dans nos spams.
Pendant le Mondial, on aime se grimer, c’est bien connu. Une entreprise propose donc un bracelet du supporteur, vendu pour la modique somme de 1,50 euro, « pour montrer au quotidien son soutien à l’équipe de France, dont on espère beaucoup en Russie. » Accessoire indispensable, le bracelet du supporter est pour les enfants et les adultes, à porter au quotidien. Même sous la douche.
Pouchkine Ball
La Gazette est toujours poète. Aujourd’hui, des mots d’Alexandre Pouchkine résonnent particulièrement après France-Danemark et son 0-0 :

   


« Ai-je perdu le goût des choses ? Tout ce qui donne joie et vie, Tout ce qui brille, qui jubile, Ne m’inspire plus que l’ennui. »
Alexandre Pouchkine – Eugène Onéguine
Russia Today

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Une autre Coupe du monde commence pour des Bleus lénifiants

Piteusement neutralisée (0-0) par le Danemark, l’équipe de France se tourne vers son prochain adversaire, l’Argentine, en huitièmes de finale.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 00h34
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 18h18
    |

            Rémi Dupré








                        



   


Le public du stade Loujniki de Moscou a eu bien des raisons de se sentir floué. Alors que les moins patients de spectateurs se sont empressés de quitter les tribunes avant le coup de sifflet final, la piteuse prestation livrée par les joueurs français et danois, mardi 26 juin, leur a valu un tombereau de sifflets. Une bronca justifiée à l’aune du résultat – le premier 0-0 de cette Coupe du monde en Russie – et du contenu insipide de la rencontre.

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« Bouillie », « négation du football », « non-match » : les formules ne manquaient pas pour qualifier ce sommet de l’ennui entre des Bleus déjà qualifiés pour les huitièmes de finale, désireux de conserver leur première place au sein du groupe C, et leurs dauphins scandinaves, passés maîtres dans l’art d’édifier un mur en béton armé devant leurs cages.
« C’était une purge »
Dans la touffeur du Loujniki, majestueux vaisseau spatial planté près de la rivière Moskova, le malheureux qui avait payé sa place aura donc assisté au plus mauvais match, jusqu’à présent, de ce Mondial. Ce ne fut qu’une succession de passes mal ajustées, de dégagements ratés et autres interventions rugueuses. Le public a doucement basculé vers une forme de somnolence à mesure que le Danemark verrouillait la partie à triple tour, bien content de signer pour un résultat nul qui lui garantissait la deuxième place et son billet pour les huitièmes de finale. Vêtus de blanc, les Bleus ont peiné à combiner, incapables de jouer dans les intervalles. « On n’a pas fait notre meilleur match, a euphémisé l’attaquant Olivier Giroud. On a envie de l’oublier. En deuxième mi-temps, c’était une purge. »
Certes, comme l’a reconnu Didier Deschamps, la titularisation de six « coiffeurs » (le gardien Steve Mandanda, les défenseurs Presnel Kimpembé, Djibril Sidibé, les milieux Thomas Lemar et Steven N’zonzi, l’attaquant Ousmane Dembélé) a sans doute « nui à la cohésion » de l’équipe de France. Mais ces nombreux changements ne doivent pas masquer la prestation indigne des Tricolores, abonnés aux sinistres 0-0 lors de leurs ultimes matchs de groupe. Au Mondial brésilien de 2014 et à l’Euro 2016, ils avaient déjà été mis sous l’éteignoir par l’Equateur et la Suisse.
Sceptique sur son banc, Deschamps ne s’est toutefois pas départi de son légendaire pragmatisme en conférence de presse et rappelait qu’il faut être deux pour proposer un spectacle de qualité. « L’objectif est atteint et c’était le plus important, a estimé le sélectionneur français, satisfait d’avoir conservé la tête de son groupe, avec deux points d’avance sur les Scandinaves. Cela n’a pas été un non-match. Plus le match avançait, plus le nul allait bien aux Danois. On n’avait pas à prendre de risques inconsidérés. » 

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Face à l’Argentine en huitièmes
Son homologue danois, Age Hareide, l’a volontiers admis : son équipe s’est contentée de « gérer » son match, campant sur ses bases. « Nous avions besoin d’un point, en affrontant une des meilleures équipes du monde, en particulier en contre, cela aurait été stupide de leur laisser des espaces. Un 0-0 ? Cela nous va très bien », a ironisé le technicien.
Age Hareide a même rétropédalé après avoir déclaré, en mai, que les Bleus n’avaient « rien de spécial ». La bouche en cœur, le sélectionneur danois les voient désormais « aller très loin, peut-être même jusqu’au titre ». Avant de songer à revenir au stade Loujniki pour la finale du Mondial, le 15 juillet, l’équipe de France devra d’abord passer l’obstacle des huitièmes de finale, samedi 30 juin, à Kazan. Si les joueurs de Deschamps peuvent se réjouir d’éviter la Croatie de Luka Modric, véritable épouvantail du groupe D (trois victoires), ils auront droit à un duel spectaculaire contre l’Argentine de Lionel Messi, double championne du monde (en 1978 et 1986) et finaliste malheureuse de l’édition 2014 (défaite après prolongations contre l’Allemagne).
Un autre tournoi commence donc pour les Bleus, qui pourraient retrouver, en quarts, le vainqueur du match entre l’Uruguay de Luis Suarez et le Portugal de Cristiano Ronaldo, champion d’Europe en titre. Les Tricolores sont-ils suffisamment armés pour faire mieux qu’au Brésil (élimination en quarts par l’Allemagne) et ainsi se hisser dans le dernier carré du tournoi, l’objectif minimal fixé par Noël Le Graët, président de la Fédération française de football ? La phase de poule n’a guère permis de lever les doutes et interrogations.
« C’est compliqué pour tout le monde »
A l’exception de la première mi-temps du match remporté (1-0) contre le Pérou, le 21 juin à Iekaterinbourg, les Bleus ont « ramé » pour imprimer un style qu’on ne devine toujours pas. Outre les scories dans la circulation du ballon, ils ont souvent « manqué de liant », comme l’admet Deschamps, et éprouvé des difficultés à trouver des espaces pour faire parler leur vitesse, leur qualité première en théorie. Peu créatifs, les Tricolores n’ont marqué que sur un penalty litigieux et grâce à un but inscrit contre son camp lors de la victoire inaugurale (2-1) face à l’Australie, le 16 juin. En trois rencontres, ils ne sont jamais parvenus à centrer avec précision devant la cage adverse.
Avant d’aborder cette phase de matchs à élimination directe, Deschamps peut toutefois trouver plusieurs motifs de satisfaction comme l’émergence du jeune Lucas Hernandez (22 ans), touché au fessier contre le Danemark, ou les bonnes prestations de ses « piliers » Raphaël Varane, N’Golo Kanté et d’un Paul Pogba, mis au repos face au Danemark, et dont l’absence s’est fait sentir.
Mais selon Didier Deschamps, la tendance serait à la galère pour les grandes équipes supposées dans ce tournoi. « C’est compliqué pour tout le monde, tente de rassurer le sélectionneur. Regardez l’Argentine [victorieuse sur le fil du Nigeria], l’Allemagne qui s’en est sortie à la dernière minute [contre la Suède]. On est évidemment perfectibles, mais même pour des équipes qui ont de l’expérience et du vécu comme le Brésil, l’Allemagne ou l’Espagne, ce n’est pas simple. Tout le monde a des difficultés. » Et la pente va être encore plus raide, samedi, contre l’Argentine.




                            


                        

                        


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Coupe du monde 2018 : miraculée, l’Argentine valide son ticket pour affronter la France en huitièmes

Les coéquipiers de Lionel Messi, buteur, se sont imposés in extremis face au Nigeria, et, deuxième du groupe D derrière la Croatie, se qualifient pour la phase finale.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 22h56
    |

            Clément Martel








                        



   


« L’important, ce n’est pas la destination, c’est le voyage », écrivait Robert Louis Stevenson. Au sortir du troisième match de leur groupe C qui a mérité son surnom « de la mort », les Argentins d’un Lionel Messi retrouvé doivent estimer le contraire. Malmenée par un Nigeria décidé à lui mener la vie dure, l’Albiceleste s’impose in extremis (2-1) et valide son ticket pour les huitièmes de finale. Second du groupe à la faveur de la victoire de la Croatie sur l’Islande (2-1), ils affronteront l’équipe de France samedi à 16 heures.

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Après la déroute face à la Croatie (0-3), les hommes de Sampaoli ont entamé la rencontre de manière volontaire. Dos au mur, l’Argentine se devait de s’imposer, et espérer un mauvais résultats des volcaniques Islandais face au leader croate du groupe. Critiqué pour son apathie lors des deux premiers matchs, Lionel Messi tentait de faire la différence dès le début de la rencontre. Après quelques tentatives avortées, la Pulga trouvait la faille sur une merveille d’ouverture de Banega – absent lors du match précédent – au quart d’heure de jeu (1-0, 14e).

#CM2018 #NGAARG 14è, 0-1
🇦🇷 BUT ARGENTIN
⚽ LIONEL MESSI BIEN SÛR 

— telefoot_TF1 (@Téléfoot)


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Dominateurs, les Argentins tentaient de doubler la mise, mais leurs efforts étaient repoussés par une équipe nigeriane bien regroupée. Sans doute l’équipe de Gernot Rohr se souvenait que lors du match face à l’Islande, elle n’avait tiré aucune fois au but en première période, ce qui ne l’avait pas empêchée de l’emporter 2-0 au terme d’une seconde période bien plus allante. Le gardien Uzoho s’interposait en fin de première mi-temps à plusieurs reprises, notamment devant Messi – sur coup franc – puis Higuain – écopant au passage d’un coup de l’attaquant turinois.
Rojo, héros après avoir frôlé la débâcle
Dès l’entame de la seconde période, l’arbitre turc de la rencontre signalait un pénalty généreux en faveur du Nigeria après que Mascherano a agrippé un joueur adverse dans la surface de réparation avant un corner. Une faute rarement sifflée dans le football moderne, que Victor Moses se chargeait d’exécuter. A 1-1 (51e), tout était à refaire pour l’Argentine, qui voyait son adversaire lui passer devant au classement, et se hisser en huitièmes de finale.

#CM2018 #NGAARG 51è, 1-1 
🇳🇬 PENALTY POUR LE NIGERIA
⚽ MOSES TRANSFORME

— telefoot_TF1 (@Téléfoot)


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Balbutiant leur football et hésitant entre attaquer à tout va et ne pas encaisser de second but, les coéquipiers de Messi ont commencé à douter. D’autant que les Super Eagles s’envolaient en contre-attaque, profitant des changements ultra-offensifs de l’Albiceleste. Au terme d’une action construite, un puissant tir de Ndidi aux 25 mètres manquait le cadre de peu. Même sentence pour Ighalo un peu plus tard. Mais sur l’action, l’attaquant nigérian réclamait un pénalty après un dégagement de Rojo de la tête... directement sur son bras. Après consultation de la VAR, l’arbitre de la rencontre estimait que la main était involontaire et laissait le jeu se poursuivre.
Dans les dix dernières minutes, la balle allait d’un but à l’autre, obligeant les gardiens à assurer, alors que la partie pouvait basculer d’un côté comme de l’autre. Servi en retrait, Higuain envoyait dans les nuages une frappe pouvant assurer la qualification aux siens. Mais il était écrit que l’Argentine ne pleurerait pas ce soir. A quatre minutes de la fin du match, le défenseur Marcos Rojo – le même qui aurait pu coûter un pénalty à son équipe – reprenait parfaitement un centre de Mercado et trompait Uzoho (2-1, 86e).

#CM2018 #NGAARG 86è, 1-2 
 🇦🇷 BUT ARGENTIN
⚽ VOLEE DE ROJO 

— telefoot_TF1 (@Téléfoot)


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Les Argentins pouvaient exulter, alors que Maradona dans les tribunes perdait son calme et envoyait des bras d’honneur aux supporteurs adverses. Au terme d’un match haletant, à défaut d’un niveau technique impressionnant, les coéquipiers de Messi sont encore en lice pour tenter de remporter le titre.
Leur adversaire samedi en huitième de finale à Novgorod (16 heure) est prévenu. L’équipe de France devra se méfier d’une Albiceleste revenue des enfers pour poursuivre sa route. Le Nigeria, lui, pourra regretter ses occasions manquées. Comme l’Islande, battue par la Croatie (2-1), les hommes de Gernot Rohr rentrent chez eux au terme d’une phase de groupe ayant assuré le suspense jusqu’à l’ultime seconde.
Huitième de finale : France - Argentine, samedi 30 juin à 16 heures

CLASSEMENT // #CM2018 // GROUPE D

#NGA 1-2 #ARG
— fifaworldcup_fr (@Coupe du Monde 🏆)


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-20"> ¤ Les médias internationaux fustigent le premier match sans but de ce Mondial 2018, après quatre-vingt-dix minutes pénibles entre la France et le Danemark. Revue de presse de « Courrier international ».
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France-Danemark, « le pire match de la Coupe du monde » pour la presse étrangère

Les médias internationaux fustigent le premier match sans but de ce Mondial 2018, après quatre-vingt-dix minutes pénibles entre la France et le Danemark. Revue de presse de « Courrier international ».



Le Monde
 |    26.06.2018 à 22h41
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 06h38
    |

                            Corentin Pennarguear (Courrier international)








                        





Coupe du monde 2018 vue d’ailleurs


Une revue de presse de





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Comme tous ses collègues chargés de commenter en direct le match France-Danemark, mardi 26 juin, le journaliste du Daily Telegraph n’a pu s’empêcher d’écrire au coup de sifflet final : « Dieu merci, c’est fini. » Au Brésil, O Globo a même sondé ses lecteurs afin de savoir « ce qu’ils ont bien pu faire pendant ces quatre-vingt-dix minutes de torture ». 
Côté portugais, le quotidien Publico estime avoir vu « le pire match de la Coupe du monde jusqu’à présent, un match sans spectacle, zéro ». Le journal allemand Die Zeit va encore plus loin en surnommant ce match « la honte de Moscou » :
« Pendant quatre-vingt-dix minutes, la France et le Danemark ont gentiment poussé la balle de l’arrière vers l’avant, puis dans l’autre sens. »
Le premier 0-0 de ce Mondial 2018 a marqué les esprits à l’étranger par la piètre performance des deux équipes, « qui semblaient conserver de l’énergie pour les matchs à élimination directe », souligne The Times outre-Manche, davantage habitué aux 6-1 de l’équipe d’Angleterre.
« Pendant 37 matchs, une seule chose était constante à chaque rencontre : des buts, écrit The New York Times. Une tête puissante, une talonnade en finesse, un coup franc bien enroulé… Des buts mexicains, des buts brésiliens, et beaucoup, beaucoup de buts russes, belges et anglais. » Mais cette série, la plus longue sans 0-0 dans l’histoire de la Coupe du monde, a pris fin « quand la France et le Danemark ont trimé à travers quatre-vingt-dix minutes de torpeur au stade Loujniki », relate le quotidien américain.
Sifflets contre les deux équipes
Un spectacle si pénible que les supporters se sont retournés contre l’ensemble des joueurs, « la foule de plus de 78 000 personnes sifflant d’abord la France puis, un peu plus tard, le Danemark à chaque toucher de balle sans ambition au milieu du terrain », détaille The New York Times.
En Espagne, La Vanguardia compatit avec ces supporters « qui espéraient sans doute un spectacle plus digne que ce pacte de non-agression ». « Chaque équipe pensait davantage à ce qu’elle avait déjà et à ce qu’elle pouvait perdre, avant même de penser à risquer une défaite qui lui aurait bien compliqué la vie en Russie », analyse le quotidien espagnol.
La France, déjà qualifiée avant le match, a sécurisé sa première place du groupe et affrontera donc l’Argentine en huitièmes de finale, samedi. Dans cette optique, Didier Deschamps avait laissé de nombreux titulaires au repos, « mais aucun nouveau joueur n’a été capable de porter l’attention sur lui », observe le quotidien allemand Die Welt. Pour The Irish Times, « ce match a permis à certains joueurs de préserver leur énergie, mais a empêché le groupe de trouver son rythme. »
Le quotidien irlandais estime d’ailleurs que « si ce match a été si mauvais, c’est davantage à cause de la France que du Danemark, qui lui au moins n’a pas surpris ». Pour les Français en revanche, « il n’y avait là rien à reconnaître », poursuit le journal de Dublin, qui juge qu’après leur prestation face au Danemark, « les Bleus seront vulnérables contre n’importe qui ».
Vu du Danemark, un match « merveilleusement ennuyeux »
A Londres, The Times constate que, « jusqu’à présent, la France a vécu un drôle de tournoi » :
« Ils ont ramé pour jouer avec une quelconque fluidité ou puissance, et ils finissent pourtant premiers de leur groupe confortablement. »
Le verdict est plus simple à établir du côté de Copenhague, où le tabloïd Ekstra Bladet appose le « tampon succès » à la sélection nationale : « les joueurs ont obtenu le meilleur de ce qu’ils pouvaient s’offrir lors de cette Coupe du monde. »
Le quotidien Politiken a trouvé ce match « merveilleusement ennuyeux », puisqu’il assure la deuxième place du groupe au Danemark. Soit « le résultat parfait » selon le journal danois. « Les Danois ont tellement pris leur temps pour gérer les situations faciles que le match a dû, de temps en temps, être littéralement ennuyeux pour les amateurs de football neutres », admet Politiken. C’est le moins que l’on puisse écrire.


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