<FILE-date="2018/06/27/19">

<article-nb="2018/06/27/19-1">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Le tribunal de grande instance de Paris a décidé de suspendre la procédure en attendant que la direction de « BuzzFeed » fournisse les informations exigées par les salariés.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

La fermeture de « BuzzFeed France » est suspendue

Le tribunal de grande instance de Paris a décidé de suspendre la procédure en attendant que la direction de « BuzzFeed » fournisse les informations exigées par les salariés.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 18h03
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 18h10
    |

                            Yassine El Azzaz








                        


« Nous sommes très heureux de cette décision. » S’il n’est pas définitif, le soulagement des journalistes de BuzzFeed France est indéniable. Ils ont appris, mercredi 27 juin en fin d’après-midi, que le tribunal de grande instance de Paris leur donne gain de cause.
Il reconnaît que les documents apportés par la direction ne sont pas suffisants pour comprendre la décision de fermer la version française du pure player spécialisé dans le divertissement et l’actualité. BuzzFeed, qui peut toujours faire appel, devra fournir aux représentants des salariés des bilans comptables précis et des « documents de nature économique », dans le cadre de la consultation du comité social et économique de l’entreprise, explique une source proche du dossier. Bien que son avis soit uniquement consultatif, la fermeture est illégale tant que les salariés n’ont pas pris connaissance de la santé financière réelle de l’entreprise.

        Lire aussi :
         

                Les salariés de « BuzzFeed France » en grève à partir de lundi pour protester contre la fermeture du site



« Se poser et réfléchir »
« La balle est désormais dans le camp de la direction. De notre côté, on peut enfin se poser et réfléchir, c’est déjà une très bonne chose. Ensuite, nous verrons comment ils vont réagir », explique une journaliste. Le 7 juin, Scott Lamb, dirigeant du site américain venu spécialement des Etats-Unis, annonçait à l’équipe française de BuzzFeed la fermeture définitive du site et le licenciement des 14 membres de la rédaction.
Surpris par la rapidité et le manque de communication de la direction, les journalistes avaient décidé de se tourner vers les tribunaux en espérant convaincre la direction de conserver son activité en France. Pour eux, leur licenciement économique est illégal. « Nous estimons que nous n’avons pas été assez informés par la direction internationale du groupe. Quelque chose n’est pas clair. En privé chacun y va de son interprétation, mais la vérité, c’est que nous ne savons pas grand-chose », ajoute un journaliste.
Plusieurs points juridiques n’ont toutefois pas été étudiés lors de cette première procédure. Pour le moment, dans le but de bénéficier d’une audience rapide au tribunal, les journalistes ont simplement poursuivi la filiale française du groupe. Il s’agira ensuite de faire reconnaître une situation de co-emploi montrant qu’ils sont également salariés de l’ensemble du groupe BuzzFeed. « Chaque chose en son temps », a déclaré une journaliste du site, qui rappelle que les membres de la rédaction n’ont eu aucun contact récent avec la direction. Le flou quant à l’avenir du site n’est donc pas dissipé.

        Lire aussi :
         

                Avec la fermeture de BuzzFeed France, quel avenir pour les médias en ligne ?






                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-2">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ La société spécialiste de la saucisse cocktail, sise à Saint-André, dans le département du Nord, avait été placée en redressement judiciaire depuis décembre.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Le charcutier Jean Caby placé en liquidation judiciaire, 232 salariés licenciés

La société spécialiste de la saucisse cocktail, sise à Saint-André, dans le département du Nord, avait été placée en redressement judiciaire depuis décembre.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 16h39
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 18h41
   





                        


Mauvaise nouvelle pour l’emploi dans le Nord. Le tribunal de commerce de Lille a prononcé mercredi 27 juin la liquidation judiciaire du charcutier Jean Caby après quasi un siècle d’activité, entraînant le licenciement de 232 salariés. La société spécialiste de la saucisse cocktail, sise à Saint-André, avait été placée en redressement judiciaire depuis décembre. Elle appartenait depuis 2012 à la société américaine Foxlease Food.
Une offre de reprise avait été présentée par un Danois, qui prévoyait de reprendre 122 personnes. Mais elle n’a pas été retenue par le tribunal. « Elle n’a recueilli l’adhésion d’aucune des parties dans cette procédure », selon l’avocat des salariés, Me Ralph Blindauer. « Si on avait eu la certitude qu’il allait bien reprendre 122 salariés et qu’il allait continuer à faire tourner l’entreprise correctement, on aurait dit oui, mais le dossier n’était vraiment pas solide », a-t-il précisé.
« On n’est pas des bandits »
Alors que l’usine doit fermer vendredi, les salariés ont décidé d’arrêter de travailler immédiatement mercredi et ils organiseront une distribution gratuite de saucisses devant l’usine jeudi matin.
« On a plus de boulot et on a un stock de saucisses, plutôt que de laisser pourrir 50 tonnes de marchandises on va les donner », explique ainsi Mouloud Amara, délégué CGT.
« Nous devons désormais nous battre pour avoir des indemnités supra légales et nous voulons montrer à tous que ce combat est juste. On n’est pas des bandits, on a bossé comme des chiens et on nous a foutus dehors comme des malpropres. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-3">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Le conglomérat américain a annoncé, mardi, la vente de ses divisions santé et services parapétroliers. Il se recentre sur les moteurs d’avion, les centrales électriques et les énergies renouvelables.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Les actionnaires obtiennent le démantèlement de General Electric

Le conglomérat américain a annoncé, mardi, la vente de ses divisions santé et services parapétroliers. Il se recentre sur les moteurs d’avion, les centrales électriques et les énergies renouvelables.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 15h54
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 17h22
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



   


Les dinosaures industriels meurent aussi. Il y a quelques années, qui aurait prédit que General Electric (GE), entreprise phare de Wall Street et fierté du made in America, devrait se recentrer sur trois métiers seulement : les moteurs d’avion, les turbines de centrales électriques et les énergies renouvelables ? C’est bien cette stratégie d’attrition qu’a annoncée son PDG, John Flannery, mardi 26 juin, lors d’une conférence téléphonique, confirmant une tendance engagée depuis sa nomination expresse, en août 2017, après l’éviction de Jeffrey Immelt, en poste depuis 2001.
Pourquoi ne conserver que ces activités ? « Leur modèle économique est très similaire, a-t-il répondu. Ce sont des produits de haute technologie très différenciés, leur base d’installation est vaste et nécessite des contrats de services à long terme. » Ces trois métiers devront gagner en indépendance par rapport au siège de Boston, pour leur stratégie et son exécution, a-t-il indiqué. Cette décentralisation est, selon lui, essentielle à la relance d’un géant aux pratiques managériales trop lourdes.
Pour la France, cette stratégie n’est pas indifférente. GE y emploie 16 000 salariés (sur un total de 300 000 dans 130 pays) dans les secteurs de l’énergie (11 000), la santé, l’aviation et depuis peu le numérique. Et si les énergies renouvelables, notamment l’éolien, ont le vent en poupe, l’activité des turbines de grande puissance fabriquées à l’usine de Belfort est en berne, faute de commandes des groupes d’électricité. Non seulement GE ne parviendra pas à créer les 1 000 emplois nets à fin 2018 promis lors de l’acquisition d’Alstom Energie en 2015, mais une menace pèse sur les autres branches.

        Lire aussi :
         

                En difficulté, General Electric juge l’ex-Alstom « très décevant »



Chaque entité doit retrouver le chemin des profits
Les actionnaires, notamment l’activiste Nelson Peltz, fondateur du fonds Trian Partners, qui a investi 2,5 milliards de dollars (2,1 milliards d’euros) dans GE, sont arrivés à leurs fins. Ils avaient déjà obtenu le départ précipité de M. Immelt. Depuis, ils exercent une pression de tous les instants sur son successeur pour qu’il découpe le conglomérat et que chaque entité retrouve le chemin des profits et leurs actionnaires les dividendes d’antan. Petits et gros porteurs s’inquiètent, en effet, de l’évaporation en un an de 50 % de la capitalisation boursière, tombée à 111 milliards de dollars. La perte de plus de 6 milliards en 2017 avait obligé GE à réduire son dividende.
L’entreprise va opérer un « spin off » de sa division médicale (IRM, scanner, échographes, thérapie cellulaire…), dont la valeur est estimée entre 65 et 70 milliards de dollars (dette comprise). Après l’aéronautique, qui reste dans le giron du conglomérat de Boston, GE Healthcare est l’activité la plus rentable. Une part de 20 % sera mise sur le marché et 80 % du capital redistribués aux actionnaires. Pour son patron, Kieran Murphy, cette indépendance donnera plus de flexibilité dans une activité sans cesse bouleversée par l’innovation. Siemens a fait de même, en mars. L’introduction en Bourse de son activité médicale, en concurrence frontale avec GE, a été la deuxième plus grosse opération de ces quinze dernières années en Allemagne. Et s’est soldée par un bon parcours boursier.

        Lire aussi :
         

                General Electric : mauvais plan de vol



Par ailleurs, M. Flannery a confirmé la vente, dans les deux ou trois prochaines années, des 62,5 % détenus dans Baker Hughes, le troisième parapétrolier américain valorisé 23 milliards de dollars. Acquise en 2016, quand les cours du pétrole commençaient à se redresser, la société de Houston n’a pas dégagé les résultats attendus et, surtout, n’est plus dans le cœur de métier de GE. L’activité énergie d’Alstom demeure en revanche stratégique, même si M. Flannery a jugé l’acquisition « très décevante » sur un marché des centrales électriques déprimé.
Gagner en efficacité
Enfin, le groupe vient d’annoncer la cession de sa filiale dans les gros moteurs industriels et finalise celle de sa division locomotives de fret, une de ses premières activités avec les ampoules. L’attrition se poursuit, mais GE devrait ainsi alléger sa dette de 25 milliards de dollars. Depuis le début des années 2010, GE a vendu l’essentiel du mammouth financier GE Capital (banque, assurance, prêts…) bâti dans les années 1980-1990 par Jack Welch, les médias (NBC Universal) à l’américain Comcast, une partie des systèmes d’éclairage et les plastiques, l’électroménager (GE Appliance) au chinois Haier, l’assainissement d’eau (GE Water) à Suez, l’activité « solutions industrielles » à l’helvético-suédois ABB.
Finies, donc, les stratégies d’acquisitions de l’« ère Welch » et même de l’« ère Immelt ». Au terme de ces cessions, le chiffre d’affaires de GE sera deux fois moins important qu’il y a dix ans. Redimensionné, il doit gagner en efficacité. M. Flannery a annoncé, mardi, une nouvelle fonction pour un administrateur arrivé début 2018, Larry Culp. L’ex-PDG du groupe industriel Danaher, qu’il a piloté d’une main de maître durant quatorze ans, supervisera l’amélioration attendue de la performance opérationnelle de GE.
« C’est un jour à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire de General Electric », a indiqué M. Flannery. Si l’on veut ! Car il faisait ces annonces le jour même où l’entreprise était exclue du Dow Jones Industrial Average, le prestigieux indice de Wall Street dont elle était membre depuis sa création en 1896. GE ne fait plus partie du club fermé des trente sociétés censées représenter l’économie des Etats-Unis. Le symbole d’une modification en profondeur de l’industrie américaine.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-4">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Les deux groupes ont signé un partenariat portant notamment sur la vitrification des déchets peu radioactifs.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


EDF et Veolia s’associent pour démanteler les centrales nucléaires

Les deux groupes ont signé un partenariat portant notamment sur la vitrification des déchets peu radioactifs.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 15h30
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Les numéros un mondiaux de l’énergie nucléaire et des services à l’environnement s’associent dans la gestion et le traitement des déchets et des éléments radioactifs des centrales. EDF et Veolia ont signé, mardi 26 juin, lors du Salon mondial du nucléaire réuni à Villepinte (Seine-Saint-Denis), un accord portant sur deux grands partenariats.
Le premier prévoit le développement conjoint de solutions de télé-opération (robots) pour démanteler les six réacteurs de la filière Uranium Naturel Graphite Gaz (UNGG) de Bugey (Ain), Chinon (Indre-et-Loire) et Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher), la technologie développée dans les années 1950-1960 avant que la France ne rachète la licence des réacteurs à eau pressurisée (REP) de l’américain Westinghouse en 1970.
Technologies d’intervention à distance
Des étapes ont déjà été franchies sur ces installations complexes et EDF confirme son objectif de les démanteler « dans des délais aussi courts que possible ». Veolia va mettre à la disposition du groupe nucléaire son expérience des technologies d’interventions à distance (robotique) pour concevoir et réaliser des solutions permettant d’accéder au cœur des six réacteurs, de découper la cuve et d’extraire les composants « dans des conditions de sûreté et de sécurité optimales », assure-t-il.

Le second volet de l’accord est plus large. Veolia va mettre à disposition d’EDF une technique baptisée GeoMelt qui permet de piéger les déchets de très faible, faible et moyenne activité dans du verre afin de pouvoir les stocker et les transporter de façon plus sûre. Il pourra s’agir, par exemple, des morceaux de la cuve du premier REP démantelé par EDF sur le site de Chooz (Ardennes). Ces déchets représentent 0,1 % de la radioactivité… mais 98 % des volumes à traiter.
Les deux groupes travailleront sur cette technologie pour l’exploitation et le démantèlement futur des 58 réacteurs en service en France et les autres tranches exploitées...




                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-5">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ L’idée portée par le président Emmanuel Macron avec le soutien de la chancelière Angela Merkel rencontre l’opposition de plusieurs pays de la zone euro.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Budget de l’eurozone : première levée de boucliers contre Paris et Berlin

L’idée portée par le président Emmanuel Macron avec le soutien de la chancelière Angela Merkel rencontre l’opposition de plusieurs pays de la zone euro.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 15h06
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

A peine née, déjà menacée ? L’entourage du président Emmanuel Macron s’attendait certes à ce que la feuille de route franco-allemande sur l’avenir de l’Union européenne (UE) agréée le 19 juin à Meseberg, près de Berlin, suscite des réactions. En particulier la proposition d’un budget pour la zone euro, tant le principe d’une plus grande solidarité budgétaire entre capitales fait débat.
Mais les Français n’imaginaient peut-être pas un tel manque d’enthousiasme de la part de leurs partenaires européens. Une version préliminaire des conclusions du sommet européen de vendredi 29 juin sur l’eurozone, consultée mardi 26 juin par Le Monde, ne mentionne même pas le terme « budget de l’eurozone ». Paris espérait pourtant, a minima, que ce rendez-vous crucial entre chefs d’Etat et de gouvernement entérinerait le lancement de travaux afin de parvenir un jour à un véritable instrument de stabilisation et de convergence des économies européennes.
De « larges divergences »
« En l’état, ces conclusions sont inacceptables », assurait-on du côté français mardi soir, Paris ayant bien l’intention de peser tout son poids d’ici à vendredi pour faire aboutir un texte plus ambitieux. Cette première mouture aurait-elle été trop largement inspirée par la frange des « anti », ces gouvernements peu ou pas du tout intéressés par davantage d’intégration dans l’eurozone ?

Il faut dire que la fronde s’est vite constituée contre ce projet de budget de la zone euro, porté surtout par la France et validé in extremis par la chancelière allemande, Angela Merkel. Dès le 22 juin, le ministre des finances néerlandais, Wopke Hoekstra, a fait parvenir un courriel au président de l’Eurogroupe (les ministres des finances de la zone euro), le Portugais Mario Centeno, pointant « les larges divergences existant sur la nécessité d’un budget de l’eurozone ».
« Il n’y a clairement pas de consensus sur le fait de commencer à y travailler »...




                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-6">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ En appel, la justice vient d’annuler une autorisation d’exploiter l’usine de ciment ouverte par Holcim en 2013.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Des projets industriels contestés : à La Rochelle, le broyeur de la discorde

En appel, la justice vient d’annuler une autorisation d’exploiter l’usine de ciment ouverte par Holcim en 2013.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 14h55
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            

Ne prenez pas Frédéric Jacq pour un rebelle dans l’âme. « Nous ne sommes pas des zadistes », sourit ce rhumatologue parisien. Mais quand cet habitué de l’île de Ré (Charente-Maritime) a découvert qu’une usine de ciment, avec des tours de 70 mètres de hauteur, devait surgir juste en face, sur le port de La Rochelle, il a vu rouge. C’était en 2010. Depuis, l’installation a beau être sortie de terre et fonctionner, le médecin devenu président de l’association MAT-Ré multiplie les procédures. Avec un certain succès : le 12 juin, la cour administrative d’appel de Bordeaux a annulé à sa demande l’autorisation d’exploiter le site. Un exemple parfait des fréquents conflits autour des grands projets industriels.

Au départ, l’inquiétude des riverains porte sur l’atteinte au paysage, le bruit et la poussière. Il s’agit d’une grosse usine : le broyeur conçu par le suisse Holcim peut produire 580 000 tonnes de ciment par an, à évacuer par la route. De quoi mobiliser 150 poids lourds par jour. Parmi tous les arguments soulevés par M. Jacq, c’est pourtant un autre motif qu’a retenu la cour d’appel. Elle estime que le dossier remis à la préfecture n’était pas assez solide. Présenté par une filiale d’Holcim créée pour l’occasion, il manquait d’« éléments précis et étayés » quant aux « capacités financières » de cette coquille alors vide.
Le dossier n’est pas clos
Pour l’irlandais CRH, qui a récupéré l’usine après la fusion entre Lafarge et Holcim réalisée en 2015, l’annulation de l’autorisation initiale « ne change rien », un deuxième permis ayant été obtenu en 2016. Selon le cimentier, c’est sur ce fondement que le site tourne et va continuer à monter en puissance – il ne fonctionne encore qu’à 50 % de sa capacité. M. Jacq, lui, ne lâche pas prise. Il a attaqué en justice la seconde autorisation et déposé plusieurs plaintes auprès du parquet national financier, car il suspecte un scandale politico-financier derrière...




                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-7">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ La sortie d’un conflit collectif de travail est parfois difficile, y compris pour des raisons juridiques. Car cette négociation est plus proche d’une rapide transaction que d’un accord collectif mûrement réfléchi, explique le juriste Jean-Emmanuel Ray dans sa chronique.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Un procès-verbal de fin de conflit peut devenir une bombe à retardement »

La sortie d’un conflit collectif de travail est parfois difficile, y compris pour des raisons juridiques. Car cette négociation est plus proche d’une rapide transaction que d’un accord collectif mûrement réfléchi, explique le juriste Jean-Emmanuel Ray dans sa chronique.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 14h30
    |

                            Jean-Emmanuel Ray (Professeur à l'école de droit de Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            

Question de droit social. Sortir d’un conflit collectif de travail est parfois difficile, y compris pour des raisons juridiques. Car cette négociation à chaud vise moins à créer des normes collectives pour l’avenir qu’à mettre un terme à l’affrontement : elle est donc plus proche d’une rapide transaction que d’un accord collectif mûrement réfléchi. Or un procès-verbal de fin de conflit (PVFC) signé en dehors des clous juridiques peut devenir une bombe à retardement, qu’il s’agisse de ses acteurs comme de son contenu.
Apparaissent, par exemple, à cette occasion, des « comités de grève » composés de salariés qui mènent le mouvement sans pour autant détenir le sésame de la négociation d’un accord d’entreprise : la délégation syndicale, propre au délégué désigné par un syndicat représentatif. Le PVFC, bien que signé par les deux parties, ne constitue alors qu’un engagement unilatéral de l’employeur (exemple : augmentation de 3 %). Il ne peut ni modifier un accord antérieur, ni déroger à la convention de branche, ni donner accès à la flexibilité collectivement négociée (ex : annualisation, forfait jours).

Pourtant, l’employeur serait malavisé de refuser toute négociation avec son « comité de grève » : l’essentiel est que le texte soit finalement paraphé par des délégués syndicaux, représentant depuis le 1er mai plus de 50 % des suffrages exprimés.
Par ailleurs, le contenu du PVFC doit écarter toute source de contentieux, en respectant les règles d’ordre public : toute discrimination entre grévistes et non-grévistes, sur cette seule qualité, est illégale.
Le retrait des plaintes est l’usage
Puis, pour éviter que d’éventuelles condamnations civiles ou pénales viennent dans un an relancer le conflit, le retrait des plaintes déposées par les deux parties est l’usage. On imagine le sentiment de trahison des ex-grévistes mis en garde à vue deux mois après la fin du conflit à la gendarmerie locale…
Mais...




                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-8">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ La filiale à 100 % du groupe BPCE verra ses activités intégrées au sein de l’établissement mutualiste. Né en 1852, le Crédit foncier n’a pas résisté à la vague durable de taux d’intérêt historiquement bas.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Le Crédit foncier s’éteint sans bruit Après avoir surmonté plusieurs crises

La filiale à 100 % du groupe BPCE verra ses activités intégrées au sein de l’établissement mutualiste. Né en 1852, le Crédit foncier n’a pas résisté à la vague durable de taux d’intérêt historiquement bas.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 14h26
    |

                            Véronique Chocron








                        



   


Son histoire fut longue et chaotique. Et c’est après avoir surmonté bien des crises que le Crédit foncier va finalement s’éteindre, sans faire de bruit : le spécialiste du crédit immobilier, filiale à 100 % du groupe BPCE (Banque populaire Caisses d’épargne), verra ses activités intégrées au sein de l’établissement mutualiste.
Dans un communiqué publié mardi 26 juin, la banque mutualiste précise avoir pris cette décision après avoir fait le « constat que le modèle d’établissement spécialisé sur le seul segment du financement immobilier n’est plus adapté ni compétitif ». Le modèle du Crédit foncier n’aura pas résisté à la vague profonde et durable de taux d’intérêt historiquement bas.
L’établissement ne proposait ni compte courant, ni carte bancaire, ni produits d’épargne classiques. Aussi, lorsque les taux se sont effondrés, les marges que réalisaient les banques sur les prêts ont chuté mais, à rebours de ses concurrents, le Foncier n’a pas pu compenser ces baisses de revenus par une hausse de frais prélevés sur les services bancaires classiques. Dépourvu de dépôts, il a également pâti de son modèle de refinancement exclusif sur les marchés financiers.
La marque disparaîtra au premier semestre 2019
Une fois le projet d’intégration ficelé, au premier semestre 2019, la marque disparaîtra, sa centaine d’agences baisseront le rideau, mais une structure juridique sera maintenue pour gérer les encours de crédits et abriter l’outil de refinancement du Foncier. BPCE s’est engagé à trouver « une solution pour chaque collaborateur ».
Les salariés se verront proposer un poste « de même nature » et « dans le même bassin d’emploi » au sein du groupe. Pour ceux qui souhaiteront partir, un plan de sauvegarde de l’emploi sera ouvert. BPCE attend de l’opération « une création de valeur » de plusieurs centaines de millions d’euros d’ici à cinq ans, entre baisse des charges et revenus additionnels.
Né en 1852, le Crédit foncier contribua à la transformation de Paris lors des travaux du baron Haussmann. Il distribua des prêts aidés par l’Etat après guerre, dans une France en proie à une crise majeure du logement, avant de frôler la liquidation lors de la crise de l’immobilier des années 1990. Intégré au groupe Caisses d’épargne en 1999, le Foncier subit de plein fouet la crise de la dette grecque en 2011 et dut être renfloué à hauteur de 1,5 milliard d’euros. Depuis 2014, l’établissement était revenu à l’équilibre, au prix d’une lourde restructuration.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-9">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ L’entreprise veut optimiser les big data et le machine learning. Mais lorsque la curiosité et l’adaptabilité sont nécessaires, les « bots » montrent leurs limites, permettant à l’humain de revenir au premier plan.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les premiers ratés de l’intelligence artificielle

L’entreprise veut optimiser les big data et le machine learning. Mais lorsque la curiosité et l’adaptabilité sont nécessaires, les « bots » montrent leurs limites, permettant à l’humain de revenir au premier plan.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 14h15
    |

                            Caroline Talbot (New York, correspondance)








                        



                                


                            

Partout dans le monde, l’intelligence artificielle (IA) séduit par ses promesses d’efficacité et de progrès. Les consultants Gartner, Accenture, McKinsey… annoncent régulièrement que l’IA va révolutionner le monde du travail et remplacer des millions d’employés aux tâches de plus en plus complexes. Il s’agit de ne pas rater le train du « futur ».
Le 20 juin, le gouvernement français a ainsi annoncé le déblocage de 20 millions d’euros pour « installer durablement l’intelligence artificielle au sein de Pôle emploi comme levier de l’accélération de l’accès et du retour à l’emploi durable ». Mais les retours d’expériences invitent à la prudence.
Ainsi le projet Tay (Thinking about you), lancé par Microsoft en mars 2016, était conçu au départ pour permettre une gentille conversation entre une machine – un « bot » (agent logiciel automatique ou semi-automatique) – et des internautes. Mais l’opération a vite tourné court. Car « les internautes ont envoyé des messages racistes. Et le bot les a répétés », s’amuse Jason Hong, professeur de l’Institut des interactions entre ordinateurs et hommes à l’université Carnegie Mellon (Pennsylvanie).
« Les ordinateurs ont beaucoup de mal à comprendre les nuances », reconnaît Daniel Rodriguez, l’expert de United Data Technologies. Tay, qui était muni d’une fonction « répète après moi », envoyait « les féministes en enfer » et donnait raison à Hitler. Ce fut un des premiers ratés de l’IA.
« Mauvaises interprétations »
Ce n’est pas le seul. Car les bots peuvent aussi être trop enclins à la caricature. Kevin Kelly, chargé du développement dans l’entreprise américaine BigBuzz Marketing, sait que certaines sélections de données ne produisent pas les résultats escomptés. Lorsqu’une banque de données de propriétaires de camionnettes est automatiquement liée aux envois des publicités de fusils pour la chasse, les intéressés n’aiment pas. De même, les femmes portant des hauts...




                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-10">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Le régulateur de l’audiovisuel répond à celui des télécommunications, qui s’interrogeait sur l’avenir de la TNT, système de diffusion distancé par le satellite et la télévision par ADSL.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le CSA prend la défense de la télévision numérique terrestre

Le régulateur de l’audiovisuel répond à celui des télécommunications, qui s’interrogeait sur l’avenir de la TNT, système de diffusion distancé par le satellite et la télévision par ADSL.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 13h59
    |

            François Bougon








                        



                                


                            
Ne sonnons pas le glas de la télévision numérique terrestre ! Mardi 26 juin, le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), Olivier Schrameck, a mis en garde contre toute volonté de brader le système de diffusion lancé en 2005 et généralisé six ans plus tard à la quasi-totalité du territoire français. « La TNT n’a pas vocation à être le parent pauvre de l’audiovisuel de demain », a-t-il déclaré, à l’occasion de la présentation d’une étude sur l’avenir de l’audiovisuel d’ici à l’horizon 2030.
Une réponse du régulateur de l’audiovisuel à celui des télécommunications, l’Arcep, qui, le 20 juin, dans un document faisant le bilan de la TNT, appelait à ouvrir une consultation sur ce mode de transmission, soulignant qu’elle était distancée par le satellite et la télévision par ADSL. Au premier trimestre 2017, la consommation de télévision par les box ADSL ou fibre (IPTV), les tablettes et les smartphones a dépassé celle de la TNT.

Dans une interview aux Echos, le président de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep), Sébastien Soriano, semblait même vouloir s’orienter vers un scénario à l’américaine, où les fréquences de la TNT ont été réattribuées aux opérateurs télécoms. « On a un quasi-doublement des volumes de données tous les ans. Il est inéluctable que les fréquences TNT basculent du côté des télécoms », a-t-il expliqué.
« Protéger les publics les plus démunis »
Une perspective que refuse M. Schrameck. Se déclarant « attentif à la réflexion d’autres régulateurs », il a mis en avant la nécessité de « protéger les publics les plus fragiles et démunis, en préservant des modes de diffusion simples et universels ». Un quart de la population, a-t-il souligné, dépend encore exclusivement de la bonne vieille antenne râteau pour recevoir le signal et il n’est pas question de sacrifier ces téléspectateurs. Sans compter ceux qui utilisent à la fois la TNT...




                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-11">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Cent députés de la République en marche, parmi lesquels Jean-Charles Colas-Roy, Anthony Cellier, Barbara Pompili et Roland Lescure, estiment que la programmation pluriannuelle de l’énergie doit faire l’objet d’un rendez-vous législatif régulier et non d’un décret gouvernemental.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Le Parlement doit être en première ligne pour définir la politique énergétique »

Cent députés de la République en marche, parmi lesquels Jean-Charles Colas-Roy, Anthony Cellier, Barbara Pompili et Roland Lescure, estiment que la programmation pluriannuelle de l’énergie doit faire l’objet d’un rendez-vous législatif régulier et non d’un décret gouvernemental.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 12h58
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 13h05
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. L’année 2018 constitue un tournant pour la politique énergétique de la France : c’est l’année de la révision de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Il s’agit de définir notre feuille de route de la transition énergétique pour l’avenir. Cependant, la PPE est l’objet d’un décret : elle relève donc du pouvoir réglementaire, et plus particulièrement de celui du ministère de la transition écologique et solidaire.

Nous regrettons que la représentation nationale, le Parlement, ne soit pas réellement saisie sur le fond, à travers la rédaction d’une loi, face à des enjeux aussi stratégiques que ceux que pose la PPE pour l’avenir énergétique de notre pays. Les commissions développement durable et affaires économiques de l’Assemblée nationale ont choisi de mener des auditions communes, mercredi 13 juin, afin d’écouter les ONG, les syndicats, les associations de professionnels, les industriels du gaz, ceux de l’électricité et les représentants des énergies renouvelables. Ce n’est pas suffisant !
Nous, parlementaires, souhaitons nous engager au-delà. Le Parlement dans son ensemble, et la majorité présidentielle en particulier, doivent être en première ligne dans la définition du cap énergétique à tenir. La PPE doit être à la hauteur du « plan climat » ; elle doit refléter les engagements pris par la loi mettant fin à l’exploitation des hydrocarbures en France à l’horizon 2040, elle doit être en phase avec le plan de rénovation énergétique des bâtiments et elle doit inspirer la prochaine loi d’orientation des mobilités (LOM) afin d’assurer la réussite de la transition énergétique dans l’ensemble des secteurs énergivores.
Place de l’environnement dans la Constitution
Pour réussir à tenir ces objectifs forts pour notre avenir énergétique et démontrer notre détermination collective à agir en faveur du climat, nous proposons une loi et non un simple décret pour la PPE. Tous les cinq ans, le Parlement devrait...




                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-12">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Mine d’or, éoliennes, cimenterie, poulaillers… De très nombreux dossiers sont attaqués. L’Etat peine à limiter les recours.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


En France, des projets industriels freinés par les contestations

Mine d’or, éoliennes, cimenterie, poulaillers… De très nombreux dossiers sont attaqués. L’Etat peine à limiter les recours.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 12h02
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            

Encore une grosse semaine, et les responsables de la Montagne d’or pourront souffler un peu. Depuis le 7 mars, leur projet de gigantesque mine d’or en Guyane est soumis au feu des questions de la population, dans le cadre d’une consultation organisée par l’administration. Mais face à l’hostilité des représentants des Amérindiens, des associations locales de défense de l’environnement et d’un WWF particulièrement pugnace, les séances publiques, très houleuses, n’ont guère permis d’échanger des arguments. « Celle tenue à Cayenne s’est même achevée sur un pugilat, rapporte avec dépit Pierre Paris, le président de la compagnie minière. Dans certaines réunions, nous faisions face à des opposants cagoulés. Nous n’avons quasiment jamais pu achever notre présentation… » 
Ce spécialiste des mines n’a qu’une hâte : passer à l’étape suivante. Après le débat public, clos le 7 juillet, l’ouverture de la première mine d’or industrielle en Guyane semble pourtant bien loin encore. L’entreprise se donne un an pour finaliser son dossier. Viendra alors l’enquête publique – au moins un an d’instruction –, puis l’Etat accordera ou non son feu vert. Une décision qui n’a rien d’acquis : si le président, Emmanuel Macron, a pris fait et cause pour cette mine, son ministre Nicolas Hulot (transition écologique et solidaire) y est hostile. Pour lui, les 780 millions d’euros d’investissement évoqués et les 3 750 emplois promis ne sont qu’un « miroir aux alouettes », comme il l’a déclaré à l’Assemblée nationale le 13 juin. Dans ces conditions, le premier coup de pioche sera donné, au mieux, fin 2020. Et tout permis d’exploiter sera sans doute attaqué en justice.
Peut-on encore ouvrir des sites industriels en France ? Tous les projets ne sont pas aussi contestés que la Montagne d’or, la plus grande mine d’or jamais envisagée sur le territoire national, qui nécessite de déboiser la jungle amazonienne et de stocker des millions de tonnes de boues cyanurées....




                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-13">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Le sociologue Christian Morel étudie les conséquences néfastes de « la culture normative » que subit notre société avant d’aborder les causes profondes et les voies permettant d’en corriger les dérives.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’enfer des règles

Le sociologue Christian Morel étudie les conséquences néfastes de « la culture normative » que subit notre société avant d’aborder les causes profondes et les voies permettant d’en corriger les dérives.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 12h00
    |

                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Livre. La norme ISO 14001 réalisée par l’Organisation internationale de normalisation définit une série d’obligations en matière de management environnemental au sein d’une organisation. Un des objectifs de la certification est de « rassurer les consommateurs soucieux de l’environnement ».
Pendant qu’il trafiquait l’électronique de ses moteurs pour cacher des émissions anormales de CO2, Volkswagen était certifié respectueux de la norme ISO 14001 concernant la responsabilité environnementale. Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres de perversion de la culture normative, qui aura aussi eu raison des soirées crêpes dans les maisons de retraite : effrayés par les nombreuses obligations réglementaires concernant l’utilisation des œufs frais en coquille, les responsables d’établissement préfèrent mettre un terme à ces soirées pourtant appréciées par les résidents.
Foisonnantes et omniprésentes, les règles finissent même par en devenir comiques, à l’instar du règlement des visites au Louvre, qui comprend onze pages et trente-cinq articles et stipule, entre autres, qu’il est interdit de regarder les œuvres avec une loupe et de visiter les salles en maillot de bain. « Ce règlement est affiché sur un mur peu visible et peu éclairé et il serait nécessaire de monter sur une échelle pour lire les articles placés en tête », détaille Christian Morel qui s’attaque, dans Les Décisions absurdes III, à l’enfer des règles.
De nombreux exemples
L’inflation des règles a déjà fait couler beaucoup d’encre, mais la plupart des publications ne se concentrent que sur une fraction d’un problème – elles n’y voient qu’un mal français –, ou bien constatent plus qu’elles n’expliquent. Le sociologue souhaite « dépasser cette vision étroite et développer une vue globale de cet enfer ».
En s’appuyant sur de nombreux exemples, la première partie de l’ouvrage porte sur les dimensions et les conséquences néfastes...




                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-14">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Il était auparavant plus efficace sur les hommes blancs que sur les personnes de couleur et les femmes. Microsoft dit l’avoir amélioré.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Epinglé pour biais raciste, Microsoft modifie son logiciel de reconnaissance faciale

Il était auparavant plus efficace sur les hommes blancs que sur les personnes de couleur et les femmes. Microsoft dit l’avoir amélioré.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 11h53
    |

                            Nicolas Six








                        



   


Epinglé en février par les chercheurs du MIT Media Lab, le logiciel de reconnaissance faciale de Microsoft identifiait mal le genre des femmes et des personnes non blanches – tout comme les systèmes d’IBM et de Face++. Les chercheurs et les chercheuses du MIT (dont l’une travaille pour Microsoft) avaient soumis plus d’un millier de visages à ce logiciel, baptisé Face API : 93,6 % des erreurs impliquaient des visages à la peau sombre, qui ne représentaient pourtant qu’une petite moitié des visages étudiés.
Microsoft a finalement affirmé, mardi 26 juin sur son blog, être parvenu à améliorer son logiciel. Selon l’entreprise américaine, le taux d’erreur aurait été divisé jusqu’à vingt pour les hommes et les femmes à la peau foncée. Pour les visages de femmes, il aurait été divisé par neuf.
Comment Microsoft est-il parvenu à ces améliorations ? Son logiciel Face API « s’entraîne » en puisant dans une vaste collection de photos de visages. Or, comme c’est souvent le cas dans les bases de données utilisées pour entraîner les systèmes d’intelligence artificielle (IA), celle-ci était biaisée : elle ne comprenait pas assez de visages de femmes et de personnes non blanches pour permettre à l’algorithme de les identifier correctement. Microsoft s’est donc employé à l’élargir.

        Lire aussi :
         

                Une étude démontre les biais de la reconnaissance faciale, plus efficace sur les hommes blancs



Les biais racistes de l’IA, question centrale
Hannah Wallach, chercheuse chez Microsoft et experte en questions d’équité dans l’intelligence artificielle, citée sur le blog de l’entreprise, voit dans cet épisode « une opportunité de penser aux valeurs que nous reproduisons dans nos systèmes : sont-elles vraiment les valeurs que nous souhaitons refléter ? (…) Si nous entraînons des [logiciels] à imiter les décisions faites par une société biaisée, en employant des données générées par cette société, ces logiciels vont nécessairement reproduire ces biais ».
La question des biais, notamment racistes et sexistes, des programmes conçus à partir de bases de données humaines, est un des grands problèmes éthiques auxquels sont confrontés les ingénieurs travaillant dans le domaine de l’intelligence artificielle. Elle fait désormais l’objet de travaux de recherche, dans les universités et les entreprises du numérique. Les résultats affichés par Microsoft sur la reconnaissance faciale n’ont toutefois pas, pour le moment, été validés par un organisme tiers, comme le MIT.

        Lire aussi :
         

                Au-delà des fantasmes, quels sont les problèmes concrets que pose l’intelligence artificielle ?






                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-15">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Le fonds Atlas Merchant Bank de Bob Diamond, l’ancien patron de Barclays, prend 20 % du capital du courtier français, dont les ambitions dépassent désormais les frontières de l’Europe.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Une star de la finance entre au capital de l’intermédiaire boursier Kepler Cheuvreux

Le fonds Atlas Merchant Bank de Bob Diamond, l’ancien patron de Barclays, prend 20 % du capital du courtier français, dont les ambitions dépassent désormais les frontières de l’Europe.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 11h49
    |

            Isabelle Chaperon








                        



                                


                            

Métier sinistré, l’intermédiation boursière a vu disparaître nombre d’acteurs indépendants en Europe. Mais pas tous. L’un de ceux qui ont le mieux tiré leur épingle du jeu est français. Kepler Cheuvreux, désigné cinquième maison paneuropéenne selon le classement Extel, publié en juin 2018, a annoncé, mercredi 27 juin, une réorganisation de son capital qui illustre cette reconnaissance internationale.

A l’occasion de la sortie du fonds d’investissement français BlackFin, le courtier accueille à son tour de table, à hauteur de 20 %, le fonds Atlas Merchant Bank, créé par Bob Diamond, l’ancien patron de Barclays, grande figure de la finance. Le fonds Edmond de Rothschild Equity Strategies prend également 8 % du capital de Kepler Cheuvreux, qui reste contrôlé à hauteur de 40 % des droits de vote par ses équipes. Au premier rang desquelles, le fondateur et président du conseil de surveillance, Laurent Quirin, 53 ans, se taille la part du lion.
« Je ne suis pas maladivement indépendant, mais plus jamais je ne céderai le contrôle », confie le financier bâtisseur. Discret, l’homme fuit les dîners en ville. Il habite en Suisse, passe sa vie dans les avions. Après avoir frôlé par deux fois le krach pour cause d’actionnaire majoritaire défaillant, il confesse être « obnubilé par les coûts », gérant l’entreprise « comme une petite épicerie ». « Laurent Quirin est un vrai broker. Il a ça dans le sang. Il est réactif, attentif au détail. C’est un métier où l’on gagne de l’argent avec de toutes petites marges », souligne Patrick Soulard, chargé de la banque UniCredit en France et administrateur de Kepler Cheuvreux.
L’histoire démarre par un au revoir
Comme souvent, l’histoire démarre par un au revoir. En 1996, dans la corbeille d’Indosuez, le Crédit agricole trouve Cheuvreux, la pépite tricolore du courtage actions. Le choix est vite fait. Les dirigeants de Dynabourse – société de Bourse dans le giron de la banque verte...




                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-16">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Les cinq prochaines années, 1 500 milliards de dollars d’obligations d’entreprises non financières arriveront chaque année à échéance. Des défauts de paiement se multiplieront, prévoit l’économiste Susan Lund dans sa chronique.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« La dette d’entreprises », risque de nouvelle bulle financière

Les cinq prochaines années, 1 500 milliards de dollars d’obligations d’entreprises non financières arriveront chaque année à échéance. Des défauts de paiement se multiplieront, prévoit l’économiste Susan Lund dans sa chronique.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 11h45
    |

Susan Lund (Associée chez McKinsey & Company et directrice de recherche au McKinsey Global Institute)







                        



                                


                            

Vu d’ailleurs. Au cours des dix années écoulées depuis la crise financière mondiale, la dette détenue par les sociétés non financières (dette courante, obligations) a augmenté de 29 000 milliards de dollars (24 841 milliards d’euros) – presque autant que la dette publique –, selon une nouvelle étude du McKinsey Global Institute. Le seul marché des obligations d’entreprises a presque triplé – jusqu’à atteindre 11 700 milliards de dollars –, et sa part dans le produit intérieur brut (PIB) mondial a doublé.
Cette généralisation du financement par obligations est, par certains aspects, une évolution bienvenue. Les marchés d’emprunt de capitaux sont une importante catégorie d’actifs pour les investisseurs institutionnels, et offrent aux grandes sociétés une alternative aux prêts bancaires.
Mais il est également clair que de nombreux emprunteurs à haut risque puisent depuis des années dans le marché obligataire des crédits à coût ultrafaible. Sur les cinq années à venir, 1 500 milliards de dollars d’obligations d’entreprises non financières, un record, arriveront chaque année à échéance. Des difficultés de remboursement sont à prévoir pour certaines sociétés, et les défauts de paiement se multiplieront.
Des poches de vulnérabilité
La qualité moyenne des emprunteurs s’est en effet détériorée. Aux Etats-Unis, 22 % de la dette des entreprises en circulation se compose d’obligations « pourries » d’émetteurs de catégorie spéculative, et près de 40 % de celle-ci présente une notation « BBB ». Autrement dit, environ deux tiers des obligations concernent des sociétés présentant un risque de défaut élevé (ratio de couverture des intérêts inférieur à 1,5), parmi lesquelles de nombreuses sociétés commerciales minées par le déclin de leur chiffre d’affaires à l’heure où les consommateurs achètent de plus en plus par Internet.
Une autre source de risque est l’explosion de la dette d’entreprises des pays en développement, qui représente...




                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-17">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ L’Etat iranien a interdit l’importation de 1 300 produits de luxe pour limiter la fuite des devises.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Grève au grand bazar de Téhéran

L’Etat iranien a interdit l’importation de 1 300 produits de luxe pour limiter la fuite des devises.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 11h58
    |

            Ghazal Golshiri (Téhéran, correspondance)








                        



                                


                            

Pour le deuxième jour d’affilée, mardi 26 juin, les rideaux d’une grande partie des boutiques du grand bazar de Téhéran sont restés baissés. La veille, le 25 juin, des manifestations disparates avaient eu lieu aux alentours, en plein centre de la capitale iranienne, contre la chute drastique de la monnaie nationale et la fluctuation des devises étrangères. Des affrontements avec les forces de l’ordre ont été rapportés. « Nous ne voulons pas d’un dollar à 100 000 rials ! », ont scandé les manifestants. Le 24 juin, les commerçants d’au moins deux bazars de Téhéran, spécialisés dans l’électronique et la téléphonie, avaient cessé leurs activités, en signe de mécontentement.
Depuis février, le dollar a grimpé de presque 100 % face au rial. Alors qu’en février un dollar se vendait à presque 45 000 rials sur le marché informel, ces derniers jours, il a atteint 90 000 rials. Déjà, au début de l’année, l’Iran avait été traversé par une vague de manifestations dénonçant la vie chère et le mauvais bilan économique de l’Etat. Ces critiques s’étaient étendues à toutes les branches du pouvoir, et, de source officielle, vingt-cinq personnes ont été tuées.
Ces derniers mois, beaucoup d’Iraniens ont multiplié les achats de devises étrangères, inquiets des menaces des Etats-Unis de sortir de l’accord international sur le nucléaire iranien – devenues réalité le 8 mai. Autre raison de cette ruée : de nombreux instituts de crédit, qui proposent des taux d’intérêt élevés, ont fait faillite récemment, et les rumeurs fusent sur la fragilité accrue du secteur bancaire iranien.
Un mouvement aux origines floues
Pour tenter de juguler cette crise, le gouvernement d’Hassan Rohani a imposé un taux de change fixe (42 143 rials pour un dollar) et un montant limité d’achat de dollars pour les Iraniens voyageant à l’étranger. L’Etat a également interdit l’importation de plus de 1 300 « produits de luxe » ou « dispensables », dans le but de diminuer...




                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-18">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Le groupe H&H souhaite mettre sa marque Biostime dans les pharmacies à l’automne.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Lait infantile  : la Chine vise le marché français

Le groupe H&H souhaite mettre sa marque Biostime dans les pharmacies à l’automne.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 11h33
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            
Le scandale du lait infantile Lactalis fait bouger ses concurrents. La société chinoise Health & Happiness (H&H), qui détient la marque Biostime, a décidé d’ouvrir les portes de l’usine d’Isigny-sur-Mer (Calvados) où sont fabriqués ses produits. Ou plutôt de les entrouvrir. Pas question de voir la tour de séchage et le mélange des ingrédients. Seul le conditionnement est dévoilé.

L’opération prépare l’entrée en scène de la marque chinoise Biostime en France. Le groupe H&H souhaite la mettre en rayon dans les pharmacies françaises à l’automne 2018. Et pour se faire une place, elle mise sur le bio, sachant que le marché des laits infantiles pèse 177 millions d’euros dans les officines dont 10 millions pour le bio.
C’est un véritable changement de paradigme. Quand les entreprises chinoises de nutrition infantile sont arrivées en France, on les disait assoiffées de lait français. Désireuses d’assurer un approvisionnement et de rassurer les parents chinois traumatisés par le scandale du lait contaminé à la mélamine en 2008. C’est ainsi que le chinois Synutra a construit à Carhaix (Finistère) une usine de poudre de lait en partenariat avec la coopérative Sodiaal et signé un contrat avec Les Maîtres laitiers du Cotentin pour la fourniture de briquettes de lait.
Stratégie très offensive
H&H, qui s’appelait alors Biostime, a, lui, fait affaire avec la coopérative Isigny-Sainte-Mère, connue pour ses beurres et crèmes sous signe de qualité AOP. En 2013, le chinois entre au capital du français et prend 20 % des parts, sans quasiment bourse délier. Il octroie toutefois un prêt de 17,5 millions d’euros correspondant au tiers du financement d’un nouveau site de production de poudre infantile, faisant passer le volume de fabrication du site d’Isigny-Sainte-Mère de 20 000 à 50 000 tonnes. La nouvelle unité, inaugurée en 2015, a représenté un investissement de 50 millions d’euros.
Depuis, H&H a poursuivi sa stratégie très offensive sous la houlette...




                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-19">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Les soldes d’été débutent ce mercredi dans une majeure partie du pays, mais plusieurs départements bénéficient de dérogations.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Pourquoi les soldes ne commencent pas à la même date partout en France

Les soldes d’été débutent ce mercredi dans une majeure partie du pays, mais plusieurs départements bénéficient de dérogations.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 11h33
    |

            Anne-Aël Durand








                        


Les soldes d’été, qui débutent mercredi 27 juin et se poursuivent jusqu’au 7 août sur la majeure partie de la France, seront probablement les derniers à durer aussi longtemps : le gouvernement a annoncé vouloir les réduire de six à quatre semaines à partir de 2019.
Le but est de focaliser l’attention des consommateurs, dans un contexte de confusion croissante entre les soldes officiels et la prolifération des promotions ponctuelles, de type Black Friday. Une confusion encore augmentée par la multiplicité des dates et les dérogations départementales.
Comment sont fixées les dates des soldes ?
Ces opérations commerciales destinées à écouler les stocks sont encadrées par l’article D310-15 du code du commerce. Elles ont lieu deux fois dans l’année et durent six semaines. Les dates, qui étaient initialement décidées par arrêté préfectoral, sont fixées au niveau national par décret, depuis la loi de modernisation de l’économie (LME) entrée en vigueur en 2009 :
les soldes d’hiver débutent le deuxième mercredi du mois de janvier à 8 heures ; cette date est avancée au premier mercredi si le deuxième tombe après le 12 du mois ;les soldes d’été démarrent le dernier mercredi du mois de juin à 8 heures ; cette date est avancée à l’avant-dernier mercredi quand le dernier tombe après le 28 du mois.
En 2009, une réforme a réduit les soldes à cinq semaines, en introduisant une semaine supplémentaire de soldes « flottants », que les commerçants pouvaient répartir à leur guise au cours de l’année. Mais ce système, considéré comme complexe par les commerçants et peu lisible par les consommateurs, a été abandonné au printemps 2015.
Quels départements ont des dates différentes ?
Des dérogations ont été demandées par huit départements, dont quatre en métropole, et trois collectivités d’outre-mer. Différentes raisons sont invoquées.
Les départements du sud de la France préfèrent caler les soldes estivaux sur les périodes de forte affluence touristique : ils démarrent le premier mercredi de juillet (le 4 juillet) dans les Alpes-Maritimes et les Pyrénées-Orientales, et même une semaine plus tard (le 11 juillet) en Corse-du-Sud et Haute-Corse.Les départements et collectivités d’outre-mer se décalent encore davantage car les saisons y sont différentes. Il faudra aussi attendre le 29 septembre en Guadeloupe, le 4 octobre en Martinique et en Guyane, et même le 13 octobre à Saint-Martin et Saint-Barthélemy. A La Réunion, située dans l’hémisphère Sud, ce seront les soldes d’hiver, et non d’été, qui commenceront le 1er septembre.En revanche, les départements frontaliers du Luxembourg (Moselle, Vosges, Meurthe-et-Moselle et Meuse), qui bénéficient d’une dérogation pour les soldes d’hiver, restent alignés sur le calendrier national en été.
Quant aux sites de commerce en ligne, quel que soit leur lieu d’implantation, ils sont tenus de se conformer à la date nationale des soldes.

> Retrouvez tous les articles explicatifs des Décodeurs




                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-20">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Réuni à Amsterdam, le conseil d’administration se divise sur la future gouvernance du groupe.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Air France-KLM : vers une nouvelle répartition des pouvoirs

Réuni à Amsterdam, le conseil d’administration se divise sur la future gouvernance du groupe.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 11h24
    |

            Guy Dutheil








                        



                                


                            

Les Français vont-ils encore longtemps garder les commandes d’Air France-KLM ? Selon nos informations, le pouvoir au sein de la compagnie franco-néerlandaise serait en passe de basculer sensiblement du côté des actionnaires étrangers, américains, chinois et hollandais. « Les Américains de Delta Airlines, les Chinois de China Eastern et les Néerlandais de KLM prennent le pouvoir ! », redoute Philippe Evain, président du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL). A côté de l’Etat, qui détient 14,3 % du capital, Delta Airlines et China Eastern possèdent chacune respectivement 8,8 % des parts.

Voilà plus d’un mois que la compagnie aérienne est en pilotage automatique, depuis la démission de son PDG Jean-Marc Janaillac. Réuni mardi 26 et mercredi 27 juin à Amsterdam (Pays-Bas), le conseil d’administration de la compagnie franco-néerlandaise s’emploie à revoir la gouvernance d’Air France-KLM pour trouver rapidement un nouveau patron.

A Amsterdam, deux lignes s’affrontent. Les administrateurs ne sont pas d’accord sur la structure de la nouvelle gouvernance de la compagnie. « Il y a débat ! », fait-on savoir. Anne-Marie Couderc, présidente par intérim d’Air France-KLM, souhaiterait nommer un nouveau patron du groupe. A charge pour le nouvel arrivant de modifier la future gouvernance à sa main.
Cette proposition ne fait pas l’unanimité. D’autres administrateurs poussent pour la nomination, au sein de la holding d’Air France-KLM, de deux dirigeants en même temps : un président et un directeur général. Un duo complété par un PDG à la tête de chacune des deux compagnies. Ce type de gouvernance fait craindre au patron du SNPL « un glissement de l’activité de la compagnie de la France vers les Pays-Bas », où les taxes et les charges sont moins élevées.
Chemin de croix
Pourtant, l’idée de séparer la fonction de PDG du groupe de celle de président d’Air France semblait faire son chemin, y compris au...




                        

                        

