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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Il faut réformer la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique et inscrire son rôle dans la Constitution, estime le juriste Jean-François Kerléo dans une tribune au « Monde ».
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« La déontologie, grande absente de la révision constitutionnelle »

Il faut réformer la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique et inscrire son rôle dans la Constitution, estime le juriste Jean-François Kerléo dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    27.06.2018 à 14h39
    |

Jean-François Kerléo (Directeur scientifique de l’Observatoire de l’éthique publique)







                        



                                


                            

Tribune. Grande absente de la révision constitutionnelle, la déontologie est pourtant exigée par une partie de l’opinion publique, pour laquelle les « affaires » à répétition sont autant de raisons de nourrir défiance et déception envers les gouvernants. Cette réforme [dont l’examen a démarré en commission des lois à l’Assemblée nationale le 26 juin] aurait été l’occasion de proposer des avancées en la matière, afin de hisser la France au premier rang des Etats s’engageant en faveur de la transparence politique.
Depuis 2013, la succession des lois relatives au contrôle des responsables publics a contribué à une multiplication des autorités déontologiques, aux compétences mal coordonnées, dont la portée des décisions reste parfois très faible. Or, les obligations déontologiques, à l’instar des règles sur les déclarations de patrimoine et d’intérêt ou l’encadrement des représentants d’intérêts, n’ont aucun sens si l’on n’installe pas un contrôle efficace pour en garantir l’application.
Insuffisance des moyens de contrôle
Les récentes polémiques quant à la vérification des comptes de campagne des candidats à la présidentielle, par la Commission nationale des comptes de campagne (CNCCFP), atteste cette insuffisance des moyens de contrôle instaurés pour garantir le respect des lois. Une rationalisation des structures et des procédures existantes doit être réalisée, et la Constitution aurait pu être un support intéressant pour y procéder.

En effet, la déontologie mérite désormais une reconnaissance constitutionnelle lui attribuant une identité propre à travers la définition d’un champ normatif et d’un interprète qualifié.
À l’instar du Défenseur des droits, dont les pouvoirs sont d’ailleurs trop restreints, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) pourrait être inscrite dans un titre à part au sein de la Constitution. Cette autorité deviendrait ainsi en France la superstructure déontologique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ La sortie d’un conflit collectif de travail est parfois difficile, y compris pour des raisons juridiques. Car cette négociation est plus proche d’une rapide transaction que d’un accord collectif mûrement réfléchi, explique le juriste Jean-Emmanuel Ray dans sa chronique.
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« Un procès-verbal de fin de conflit peut devenir une bombe à retardement »

La sortie d’un conflit collectif de travail est parfois difficile, y compris pour des raisons juridiques. Car cette négociation est plus proche d’une rapide transaction que d’un accord collectif mûrement réfléchi, explique le juriste Jean-Emmanuel Ray dans sa chronique.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 14h30
    |

                            Jean-Emmanuel Ray (Professeur à l'école de droit de Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            

Question de droit social. Sortir d’un conflit collectif de travail est parfois difficile, y compris pour des raisons juridiques. Car cette négociation à chaud vise moins à créer des normes collectives pour l’avenir qu’à mettre un terme à l’affrontement : elle est donc plus proche d’une rapide transaction que d’un accord collectif mûrement réfléchi. Or un procès-verbal de fin de conflit (PVFC) signé en dehors des clous juridiques peut devenir une bombe à retardement, qu’il s’agisse de ses acteurs comme de son contenu.
Apparaissent, par exemple, à cette occasion, des « comités de grève » composés de salariés qui mènent le mouvement sans pour autant détenir le sésame de la négociation d’un accord d’entreprise : la délégation syndicale, propre au délégué désigné par un syndicat représentatif. Le PVFC, bien que signé par les deux parties, ne constitue alors qu’un engagement unilatéral de l’employeur (exemple : augmentation de 3 %). Il ne peut ni modifier un accord antérieur, ni déroger à la convention de branche, ni donner accès à la flexibilité collectivement négociée (ex : annualisation, forfait jours).

Pourtant, l’employeur serait malavisé de refuser toute négociation avec son « comité de grève » : l’essentiel est que le texte soit finalement paraphé par des délégués syndicaux, représentant depuis le 1er mai plus de 50 % des suffrages exprimés.
Par ailleurs, le contenu du PVFC doit écarter toute source de contentieux, en respectant les règles d’ordre public : toute discrimination entre grévistes et non-grévistes, sur cette seule qualité, est illégale.
Le retrait des plaintes est l’usage
Puis, pour éviter que d’éventuelles condamnations civiles ou pénales viennent dans un an relancer le conflit, le retrait des plaintes déposées par les deux parties est l’usage. On imagine le sentiment de trahison des ex-grévistes mis en garde à vue deux mois après la fin du conflit à la gendarmerie locale…
Mais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ On pensait que toutes les cellules d’un organisme avaient la même séquence d’ADN. De multiples mutations font que nous n’avons pas un génome unique, mais plusieurs, répartis dans différentes cellules du corps, expliquent les généticiens Nicolas Gompel et Benjamin Prud’homme.
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Nous et tous nos génomes

On pensait que toutes les cellules d’un organisme avaient la même séquence d’ADN. De multiples mutations font que nous n’avons pas un génome unique, mais plusieurs, répartis dans différentes cellules du corps, expliquent les généticiens Nicolas Gompel et Benjamin Prud’homme.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 14h51
    |

                            Nicolas Gompel (Généticien, LMU de Munich) et 
                            Benjamin Prud'homme (Généticien,  Institut de biologie du développement de Marseille-Luminy CNRS)








                        



                                


                            
Carte blanche. En 1962, à l’aube de l’analyse des premières séquences d’ADN, le biologiste John Gurdon réalisa une expérience décisive pour comprendre la relation entre notre génome et l’utilisation qu’en fait chacune de nos cellules. Gurdon transplanta le noyau, et donc le génome, d’une cellule de peau de crapaud adulte dans une cellule œuf dépourvue de noyau, une sorte de coquille vide. L’œuf au noyau greffé se développa en un beau crapaud.
Cette première expérience de clonage, qui valut à John Gurdon un prix Nobel de médecine et physiologie en 2012, prouva que le génome d’une cellule de peau contenait toute l’information nécessaire à la formation d’un organisme entier. Gurdon en conclut que toutes les cellules du corps devaient avoir le même génome.
Depuis cette expérience, on a appris à ­établir la séquence complète des lettres ­chimiques qui composent les génomes, ­petits ou grands. Lorsque dans les années 2000 fut publiée la première séquence du ­génome humain, il s’agissait d’une ­séquence moyenne obtenue à partir d’un grand nombre de cellules, provenant de plusieurs individus ; une nécessité technique alors pour avoir assez d’ADN à séquencer.
Aujourd’hui, les techniques de séquençage ont fait de tels progrès que le matériel de départ n’est plus limitant, et c’est le génome de cellules individuelles qu’on peut déterminer. Après l’expérience de John Gurdon sur les crapauds, on s’attendait à trouver la même séquence d’ADN dans chaque cellule du corps. Eh bien ce n’est pas le cas ! Les génomes des différentes cellules séquencées, pourtant toutes descendantes d’une même cellule œuf contenant une séquence génomique particulière, se distinguent par des centaines, voire des milliers de différences.
Mosaïques génétiques
La présence de mutations génétiques dans les cellules du corps – les cellules somatiques – n’est pas une surprise en soi. Les cancers, en effet, reposent sur l’apparition et l’accumulation de mutations dans...




                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Un lycéen lyonnais contestait que deux IUT aient répondu « non » à ses demandes d’admission. Le tribunal administratif de Lyon a estimé que la procédure d’urgence n’était pas justifiée, les préinscriptions sur Parcoursup n’étant pas terminées.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Parcoursup : la justice rejette le recours d’un candidat refusé dans des formations sélectives

Un lycéen lyonnais contestait que deux IUT aient répondu « non » à ses demandes d’admission. Le tribunal administratif de Lyon a estimé que la procédure d’urgence n’était pas justifiée, les préinscriptions sur Parcoursup n’étant pas terminées.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 13h44
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 14h01
    |

                            Service Campus








                        



   


Le tribunal administratif de Lyon a rejeté, mardi 26 juin, la requête des parents d’un lycéen STI2D, qui contestaient les réponses négatives formulées le 22 juin sur la plate-forme Parcoursup, à l’encontre de leur fils par deux IUT. Il s’agit probablement de l’une des premières décisions de justice dans le cadre de la nouvelle procédure d’orientation vers les études supérieures, qui a succédé cette année à Admission post-bac (APB), selon l’agence spécialisée AEF qui l’a révélée.
Les parents du candidat, élève de terminale au lycée lyonnais La Martinière-Montplaisir, avaient, en effet, utilisé une procédure d’urgence, le référé, pour que le « non » opposé à leur fils par les IUT des universités Claude-Bernard Lyon-I et Jean-Moulin Lyon-III soit suspendu, et qu’une préinscription lui soit accordée. Les parents soulignaient notamment que leur fils « effectu[ait] une formation à caractère technologique » – il vient de passer un bac technologique STI2D et est donc « prioritaire pour accéder » aux IUT – et qu’« il [avait] été admis dans une école privée Epitech, ce qui démontre ses compétences » mais qu’« il ne [pouvait] que refuser cette inscription pour des raisons financières ».
Le tribunal a estimé qu’il n’avait pas à intervenir d’urgence :
« Pour justifier de l’urgence, M. et Mme A. font valoir que le nombre de places est limité et que leur fils risque de ne pas avoir de place à l’IUT. Toutefois, il résulte des textes précités que, d’une part, la procédure de préinscription Parcoursup est en cours et que, d’autre part, les inscriptions définitives sont conditionnées par l’obtention du baccalauréat. »
L’avocat spécialisé Jean Merlet-Bonnan, qui conseille notamment l’association Droits des lycéens, a commenté la décision sur Twitter, en recommandant aux candidats déçus des réponses à leurs vœux sur Parcoursup d’attendre les résultats du bac, le 6 juillet, pour lancer une action en justice :

Nos conseils pour un recours en référé Parcoursup comme pour APB : attendre d'avoir le bac👨‍🎓, appuyer sur le critè… https://t.co/X3mmdr9YJu— MeMerletBonnan (@Jean Merlet-Bonnan)


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Cent députés de la République en marche, parmi lesquels Jean-Charles Colas-Roy, Anthony Cellier, Barbara Pompili et Roland Lescure, estiment que la programmation pluriannuelle de l’énergie doit faire l’objet d’un rendez-vous législatif régulier et non d’un décret gouvernemental.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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« Le Parlement doit être en première ligne pour définir la politique énergétique »

Cent députés de la République en marche, parmi lesquels Jean-Charles Colas-Roy, Anthony Cellier, Barbara Pompili et Roland Lescure, estiment que la programmation pluriannuelle de l’énergie doit faire l’objet d’un rendez-vous législatif régulier et non d’un décret gouvernemental.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 12h58
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 13h05
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. L’année 2018 constitue un tournant pour la politique énergétique de la France : c’est l’année de la révision de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Il s’agit de définir notre feuille de route de la transition énergétique pour l’avenir. Cependant, la PPE est l’objet d’un décret : elle relève donc du pouvoir réglementaire, et plus particulièrement de celui du ministère de la transition écologique et solidaire.

Nous regrettons que la représentation nationale, le Parlement, ne soit pas réellement saisie sur le fond, à travers la rédaction d’une loi, face à des enjeux aussi stratégiques que ceux que pose la PPE pour l’avenir énergétique de notre pays. Les commissions développement durable et affaires économiques de l’Assemblée nationale ont choisi de mener des auditions communes, mercredi 13 juin, afin d’écouter les ONG, les syndicats, les associations de professionnels, les industriels du gaz, ceux de l’électricité et les représentants des énergies renouvelables. Ce n’est pas suffisant !
Nous, parlementaires, souhaitons nous engager au-delà. Le Parlement dans son ensemble, et la majorité présidentielle en particulier, doivent être en première ligne dans la définition du cap énergétique à tenir. La PPE doit être à la hauteur du « plan climat » ; elle doit refléter les engagements pris par la loi mettant fin à l’exploitation des hydrocarbures en France à l’horizon 2040, elle doit être en phase avec le plan de rénovation énergétique des bâtiments et elle doit inspirer la prochaine loi d’orientation des mobilités (LOM) afin d’assurer la réussite de la transition énergétique dans l’ensemble des secteurs énergivores.
Place de l’environnement dans la Constitution
Pour réussir à tenir ces objectifs forts pour notre avenir énergétique et démontrer notre détermination collective à agir en faveur du climat, nous proposons une loi et non un simple décret pour la PPE. Tous les cinq ans, le Parlement devrait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Editorial. Alors qu’une partie de la droite allemande regarde davantage vers les « démocraties illibérales », la chancelière incarne une autre Europe.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Bien que conservatrice, Merkel a toujours su éviter la politique du pire

Editorial. Alors qu’une partie de la droite allemande regarde davantage vers les « démocraties illibérales », la chancelière incarne une autre Europe.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 11h59
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 16h16
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Angela Merkel laisse volontiers aux autres les mots qui frappent et les phrases qui claquent. Ce fut le cas lors du sommet franco-allemand de Meseberg, près de Berlin, le 19 juin. Ce jour-là, selon une répartition des rôles qui commence à devenir habituelle, ce n’est pas elle mais Emmanuel Macron qui a trouvé les formules destinées à marquer les esprits : « Ce sommet intervient à un moment de vérité pour l’Europe, a déclaré le président français. C’est aujourd’hui un vrai choix de société qui est en discussion, un choix de civilisation entre ceux qui disent que l’Europe est bonne à détricoter et ceux qui croient – comme nous – que nous pouvons faire avancer l’Europe en la rendant plus souveraine et plus unie. »

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Ces mots, Mme Merkel aurait pu les reprendre tels quels pour les appliquer à son propre pays. Car l’Allemagne, ces jours-ci, est bel et bien à un « moment de vérité ». Les yeux rivés sur les élections régionales du 14 octobre, les conservateurs bavarois de la CSU cherchent à imposer à la chancelière une batterie de mesures qui, si elles étaient appliquées, reviendraient quasiment à fermer le pays aux demandeurs d’asile.
« L’islam ne fait pas partie de l’Allemagne »
Mais leur projet politique va au-delà. En janvier, le chef de file des députés CSU au Bundestag a prôné l’avènement d’une « révolution conservatrice », expression chère à l’extrême droite allemande depuis l’entre-deux-guerres. Depuis, le chef du gouvernement bavarois a imposé l’accrochage de crucifix dans tous les bâtiments publics du Land. Quant à Horst Seehofer, le président de la CSU, il a déclaré dans sa première interview en tant que ministre fédéral de l’intérieur, en mars, que « l’islam ne fait pas partie de l’Allemagne ».

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Les choses sont aujourd’hui très claires. Une partie de la droite allemande regarde davantage vers Vienne, Budapest ou Rome que vers Paris ou Bruxelles. Ses alliés s’appellent Viktor Orban, le premier ministre hongrois, et Sebastian Kurz, son homologue autrichien, à la tête d’une coalition avec l’extrême droite. Son idéal est celui d’une Europe blanche, chrétienne et refermée sur elle-même. Le modèle vers lequel elle lorgne est celui de ces régimes d’un nouveau type, les « démocraties illibérales ».
Les apprentis sorciers de la CSU
Mme Merkel, elle, incarne une autre Europe. Elevée à l’est du rideau de fer, elle connaît trop le prix de la liberté pour pouvoir accepter que des murs ne s’élèvent à nouveau sur le continent européen. Bien que conservatrice et peu visionnaire, elle a toujours su, aux heures décisives, éviter la politique du pire.
En juillet 2015, elle a finalement fait le choix d’un compromis avec la France permettant d’éviter un « Grexit », une sortie de la Grèce de la zone euro. Deux mois plus tard, elle a refusé de fermer les frontières de l’Allemagne, au moment où des centaines de milliers de réfugiés fuyant le Moyen-Orient en guerre arrivaient par la route des Balkans. Dans les deux cas, l’aile dure de sa majorité le lui a reproché. Mais elle a tenu bon.

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Face aux apprentis sorciers de la CSU, mais soutenue par la majorité de l’opinion, la chancelière allemande doit, aujourd’hui encore, ne pas céder. Usée comme jamais, fragilisée comme elle l’a rarement été au cours de sa longue carrière, elle est un rempart à la tête d’un pays qui ne peut basculer à son tour dans le populisme et le nationalisme, à moins d’enterrer définitivement le rêve européen. Quelle que soit l’importance des élections bavaroises, ce n’est pas à Munich que se décide l’avenir de l’Europe.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Les cinq prochaines années, 1 500 milliards de dollars d’obligations d’entreprises non financières arriveront chaque année à échéance. Des défauts de paiement se multiplieront, prévoit l’économiste Susan Lund dans sa chronique.
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« La dette d’entreprises », risque de nouvelle bulle financière

Les cinq prochaines années, 1 500 milliards de dollars d’obligations d’entreprises non financières arriveront chaque année à échéance. Des défauts de paiement se multiplieront, prévoit l’économiste Susan Lund dans sa chronique.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 11h45
    |

Susan Lund (Associée chez McKinsey & Company et directrice de recherche au McKinsey Global Institute)







                        



                                


                            

Vu d’ailleurs. Au cours des dix années écoulées depuis la crise financière mondiale, la dette détenue par les sociétés non financières (dette courante, obligations) a augmenté de 29 000 milliards de dollars (24 841 milliards d’euros) – presque autant que la dette publique –, selon une nouvelle étude du McKinsey Global Institute. Le seul marché des obligations d’entreprises a presque triplé – jusqu’à atteindre 11 700 milliards de dollars –, et sa part dans le produit intérieur brut (PIB) mondial a doublé.
Cette généralisation du financement par obligations est, par certains aspects, une évolution bienvenue. Les marchés d’emprunt de capitaux sont une importante catégorie d’actifs pour les investisseurs institutionnels, et offrent aux grandes sociétés une alternative aux prêts bancaires.
Mais il est également clair que de nombreux emprunteurs à haut risque puisent depuis des années dans le marché obligataire des crédits à coût ultrafaible. Sur les cinq années à venir, 1 500 milliards de dollars d’obligations d’entreprises non financières, un record, arriveront chaque année à échéance. Des difficultés de remboursement sont à prévoir pour certaines sociétés, et les défauts de paiement se multiplieront.
Des poches de vulnérabilité
La qualité moyenne des emprunteurs s’est en effet détériorée. Aux Etats-Unis, 22 % de la dette des entreprises en circulation se compose d’obligations « pourries » d’émetteurs de catégorie spéculative, et près de 40 % de celle-ci présente une notation « BBB ». Autrement dit, environ deux tiers des obligations concernent des sociétés présentant un risque de défaut élevé (ratio de couverture des intérêts inférieur à 1,5), parmi lesquelles de nombreuses sociétés commerciales minées par le déclin de leur chiffre d’affaires à l’heure où les consommateurs achètent de plus en plus par Internet.
Une autre source de risque est l’explosion de la dette d’entreprises des pays en développement, qui représente...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Analyse. La dernière victoire syndicale remonte à 2006, quand les confédérations, toutes unies, ont avec le renfort du mouvement étudiant fait reculer Jacques Chirac et Dominique de Villepin sur le contrat première embauche, rappelle le journaliste du « Monde », Michel Noblecourt.
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CGT-FO, impuissances syndicales en tandem

Analyse. La dernière victoire syndicale remonte à 2006, quand les confédérations, toutes unies, ont avec le renfort du mouvement étudiant fait reculer Jacques Chirac et Dominique de Villepin sur le contrat première embauche, rappelle le journaliste du « Monde », Michel Noblecourt.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 11h15
    |

            Michel Noblecourt








                        



                                


                            

Analyse. Comme venue de nulle part, elle a été annoncée presque en catimini par la CGT le 13 juin. Jeudi 28 juin, une mobilisation interprofessionnelle est organisée à l’appel de la CGT, de Force ouvrière, de l’UNEF et des syndicats lycéens UNL et FIDL. Son but est de contester « la politique idéologique menée par le gouvernement », qui relève d’une « logique d’individualisation au prix de la casse des statuts et des droits collectifs à tous les niveaux, dès les études ».
Une manif de fin de saison, dont la date coïncidera, à la veille des premiers grands départs en vacances, avec le terme du calendrier des grèves à la SNCF – avant que la CGT prenne le relais avec SUD-Rail en juillet et août – et qui verra la CGT et FO défiler en tandem pour la première fois depuis le 16 novembre 2017. Emmanuel Macron se voit accusé de remettre en question « le modèle social et républicain » et de « mettre à mal la solidarité et la justice sociale, valeurs essentielles de la cohésion sociale ». Rien de moins.
Cette mobilisation a toutes les chances d’être de faible ampleur, voire invisible. Face à un président qui a fait adopter ses grandes réformes – du code du travail à la SNCF, en passant par l’apprentissage, la formation professionnelle et l’assurance-chômage –, elle ne peut être qu’un coup d’épée dans l’eau dont le seul résultat sera, une nouvelle fois, de démontrer l’impuissance syndicale.
« Vous ne passerez pas ! »
En 2016, la CGT et FO, qui avaient organisé main dans la main quatorze journées d’action pour le retrait de la loi El Khomri, ont été tenues en échec. En 2017, la même mésaventure est arrivée à la CGT qui, abandonnée par une FO ayant préféré jouer la concertation plutôt que la rue, n’a pas empêché M. Macron de marquer le point sur les ordonnances sur le code du travail. La dernière victoire syndicale remonte à 2006, quand les confédérations, toutes unies, ont avec...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », deux personnalités yéménites jugent que, par ses bonnes relations avec l’Arabie saoudite, les Emirats et l’Iran, la France a une réputation moins entachée que d’autres grandes puissances auprès des factions yéménites et doit rompre avec sa diplomatie discrète qui a ses limites.
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« La France est la candidate parfaite » pour mettre fin à la guerre du Yémen

Dans une tribune au « Monde », deux personnalités yéménites jugent que, par ses bonnes relations avec l’Arabie saoudite, les Emirats et l’Iran, la France a une réputation moins entachée que d’autres grandes puissances auprès des factions yéménites et doit rompre avec sa diplomatie discrète qui a ses limites.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 09h28
    |

Farea Al-Muslimi (président du Centre d’études stratégiques de Sanaa et chercheur associé à Chatham House) et Rafat Al-Akhali (ancien ministre yémé...







                        



                                


                            
Tribune. Depuis plus de trois ans, le peuple yéménite subit la plus grave crise humanitaire au monde. Il est victime des bombardements et du blocus imposé par la coalition militaire menée par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, avec le soutien des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de la France ; des crimes de guerre commis en toute impunité par les rebelles houthis et les autres belligérants ; de l’effondrement de l’économie et des services publics.
Toutes les tentatives de médiation des Nations unies ont été infructueuses, et les violences n’ont fait que s’intensifier. Le conflit vient d’entrer dans une nouvelle phase avec le déclenchement de la bataille pour la ville de Hodeidah, où se situe le plus grand port du Yémen. ­Hodeidah est le principal point d’entrée pour les importations commerciales et l’aide humanitaire.
Après plus de trois ans de guerre, un nouveau front est la dernière chose dont les Yéménites ont besoin. Ce qu’il leur faut, c’est une puissance internationale qui se saisisse de leur cause, fasse du Yémen une priorité diplomatique et promeuve une solution politique qui mette fin au conflit.
Ambition revue à la baisse
En décembre 2017, le président français Emmanuel Macron a fait preuve d’un grand courage politique lorsqu’il a dénoncé le blocus imposé par l’Arabie saoudite et demandé au roi Salman Ben Abdelaziz Al Saoud d’y mettre fin. En avril dernier, l’annonce, lors de la visite du prince héritier saoudien Mohamed Ben Salman à Paris, de la tenue d’une conférence humanitaire sur le Yémen le 27 juin en France, a laissé penser qu’Emmanuel Macron pourrait devenir ce champion dont le Yémen a besoin.
Mais l’ambition a été revue à la baisse, et l’initiative française est désormais ­réduite à une simple réunion d’experts. Cela démontre clairement qu’il faut plus que de bons mots et de louables intentions pour que le président français obtienne de son allié saoudien les concessions nécessaires pour mettre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Sur les premiers mois de 2018, le nombre de donneurs recensés en France a diminué de 8 %, et le nombre de foies prélevés de 15 %. Pour pallier la pénurie de dons d’organes, il faut que chacun exprime  sa volonté auprès de ses proches, rappelle l’équipe de transplantation hépatique de Strasbourg dans une tribune au « Monde ».
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Greffe de foie: « Une situation de pénurie aiguë nous alerte aujourd’hui »

Sur les premiers mois de 2018, le nombre de donneurs recensés en France a diminué de 8 %, et le nombre de foies prélevés de 15 %. Pour pallier la pénurie de dons d’organes, il faut que chacun exprime  sa volonté auprès de ses proches, rappelle l’équipe de transplantation hépatique de Strasbourg dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    27.06.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 09h37
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Quelques jours après la Journée nationale de réflexion sur le don d’organes, le 22 juin, nous, équipe de transplantation hépatique de Strasbourg, souhaitons attirer l’attention sur l’aggravation récente de la pénurie de greffons qui met en péril la vie de nos patients.
Depuis trente ans, notre service de transplantation a déjà réalisé plus de 2 000 greffes de foie, 900 patients sont en cours de suivi. A ce jour, plus de 100 patients sont en attente de greffe. Les bénéfices apportés par la transplantation ne sont plus à démontrer, la chaîne de vie représentée par le don d’organes reste tributaire du nombre de donneurs et de leur famille.
Le don d’organes représente la source unique d’une nouvelle vie pour ces patients. A l’instar de la greffe cardiaque et pulmonaire, la greffe de foie est souvent le seul moyen de sauver la vie des quelque 1 300 patients transplantés du foie chaque année en France. On estime à 700 000 le nombre de patients atteints de maladies chroniques du foie (données Inserm, décembre 2017), potentiellement mortelles, susceptibles de se compliquer de cancer, de saignements digestifs ­cataclysmiques, de jaunisse, de troubles de la mémoire et du comportement. Lorsque la maladie est parvenue à un stade avancé, seule la greffe permet de guérir les patients.
Le prélèvement n’est en pratique jamais réalisé en cas d’opposition ou même de doute quant à la volonté du défunt exprimés par la famille
Alcool, infection par les virus des ­hépatites B et C, maladie du « foie gras » (stéatohépatite non alcoolique dite « NASH », associée à l’obésité et au diabète) et maladies auto-immunes sont les principales causes de maladies ­chroniques du foie et d’indications à la greffe. L’avènement des nouveaux ­traitements antiviraux contre l’hépatite C a fait reculer les inscriptions sur liste d’attente pour cette indication.
A l’inverse, les indications de transplantation pour maladie alcoolique du foie et pour...




                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-11">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ A ceux qui comparent 2018 aux heures sombres de la montée du fascisme, l’historien Robert Paxton apporte quelques utiles précisions, souligne dans sa chronique Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/06/2018
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« Sommes-nous dans un de ces moments dont l’Histoire nous apprend à présent qu’ils étaient précurseurs de la tragédie des années 1930 ? »

A ceux qui comparent 2018 aux heures sombres de la montée du fascisme, l’historien Robert Paxton apporte quelques utiles précisions, souligne dans sa chronique Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    27.06.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 08h18
    |

            Sylvie Kauffmann








                        



                                


                            
Chronique. C’est une petite musique qui s’installe depuis quelque temps parmi les commentateurs politiques. Celle-là est plutôt funèbre : nous sommes, nous disent-ils, en train de revivre les années 1930. Le retour en force du nationalisme, la montée de l’extrême droite en Europe, de l’antisémitisme, l’ostracisme à l’égard des migrants, l’hostilité du président des Etats-Unis à l’égard de ses alliés traditionnels, le spectre d’une guerre commerciale, les signes d’effondrement de l’ordre international qui régit la planète depuis la seconde guerre mondiale, tout concourt à créer une ambiance de fin d’un monde. Commode, la comparaison avec la montée du fascisme en Allemagne et en Italie, au siècle dernier, fleurit.
C’est le magazine allemand Stern qui offre cette semaine en couverture un montage photo représentant Donald Trump faisant le salut nazi, enveloppé dans la bannière étoilée, sous le titre « Sein Kampf  » (« son combat »). C’est le Financial Times qui décrypte sur une page entière « Le manuel des années 1930 », sous la photo de Trump, entouré de celles du chancelier autrichien, Sebastian Kurz, et du chef de la Ligue italienne, Matteo Salvini. C’est le Guardian, à Londres, qui titre que « sous l’impulsion de Trump, le monde pourrait retourner aux années 1930 ». 
La France n’est pas en reste. Bernard Henri-Lévy jugeait, dimanche 24 juin sur Europe 1, qu’il y a, « comme dans les années 1930, deux conceptions de l’Europe, celle des démocrates contre celle des dictateurs ». A Quimper quelques jours plus tôt, Emmanuel Macron a dénoncé « la lèpre qui monte », à propos du nationalisme en Europe. Le choix du mot « lèpre », évoquant la « peste brune » du parti nazi, n’est pas anodin.
Les nuages noirs s’accumulent
A Los Angeles, un autre président, celui de la République fédérale d’Allemagne, Frank-Walter Steinmeier, est venu inaugurer, le 18 juin, la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Le démantèlement d’un réseau d’activistes d’extrême droite prêts à frapper des cibles musulmanes en France constitue un nouveau défi pour les services de police, estime l’universitaire Stéphane François dans une tribune au « Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/06/2018
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Terrorisme d’extrême droite : « Le risque majeur ne viendra pas de membres de groupuscules constitués »

Le démantèlement d’un réseau d’activistes d’extrême droite prêts à frapper des cibles musulmanes en France constitue un nouveau défi pour les services de police, estime l’universitaire Stéphane François dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    27.06.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 11h57
    |

Stéphane François (Docteur en science politique, chercheur associé au CNRS et historien des idées spécialiste de l’extrême droite)







                        



                                


                            

Tribune. L’arrestation le 24 juin 2018 d’une dizaine de militants de la droite radicale a remis en lumière les liens entre l’extrême droite et la violence. Qu’en est-il réellement ? Est-ce une action isolée ou le regain d’une vieille pratique ? Depuis la fin de la guerre d’Algérie, on peut déterminer trois grandes périodes de cette violence : 1962-1985 ; 1985-2000 ; depuis les années 2000.

De la fin de la guerre d’Algérie, avec le démantèlement de l’Organisation armée secrète (OAS), à l’émergence électorale du Front national (FN) en 1985, on peut même distinguer deux périodes. Dans la première, les groupes activistes, composés majoritairement d’étudiants, s’opposent physiquement aux communistes et aux gauchistes dans des rixes de rue à la violence de moins en moins contrôlée, provoquant la dissolution d’Occident et d’Ordre Nouveau en 1968 et en 1973. En octobre 1972 naît le FN qui reste, avec ses 1 % de votants, un groupuscule jusqu’en 1983. Il est d’ailleurs fréquent que ses membres appartiennent également à une autre formation d’extrême droite.
Durant cette période, la France connaît une quinzaine d’actes violents visant les immigrés algériens et les symboles de la présence algérienne en France. Ils font cinq morts, revendiqués par un énigmatique groupe « Charles-Martel ». Les liens entre le jeune FN et cette violence doivent être mis en perspective.
Deux faits sont marquants : François Duprat, cofondateur du FN et membre d’Ordre Nouveau, a été à l’origine du thème « Halte à l’immigration sauvage », lors d’un meeting le 21 juin 1973 ; le second fait a été l’utilisation, lors de la campagne du FN pour les élections municipales de 1977, encore à l’initiative de Duprat, du slogan « Un million de chômeurs, c’est un million d’immigrés de trop ! La France et les Français d’abord ! ».
Ces slogans créent un climat de violence raciste, déjà identitaire, dans une société française cherchant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Pour le président de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), Mario Stasi, qui s’exprime dans une tribune au « Monde », la présence de la « race » dans le premier article de la Constitution de 1958 constitue un dangereux archaïsme.
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« Le mot “race” doit disparaître de notre Constitution »

Pour le président de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), Mario Stasi, qui s’exprime dans une tribune au « Monde », la présence de la « race » dans le premier article de la Constitution de 1958 constitue un dangereux archaïsme.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 16h27
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 16h34
    |

Mario Stasi (Président de la Ligue internationale contre  le racisme et l'antisémitisme)







                        



                                


                            

Tribune. Les mots inscrits dans notre Constitution ne sont pas des mots comme les autres. Leur présence dans ce texte leur confère une charge et une puissance symboliques plus forte que nulle part ailleurs. Ils engagent la nation sur ce qu’elle dit d’elle-même et dessinent l’horizon des valeurs qui la fondent.
Aujourd’hui, la présence du mot « race », qui figure toujours dans l’article premier de notre loi fondamentale, fait tache au faîte de notre législation et des principes qui précisément sont érigés pour le combattre. Il a été le fondement d’idéologies qui nous ont poussés au bord de l’abîme. Il a servi de justification au crime des crimes, le crime contre l’humanité. A ce titre, il doit disparaître de notre ordre juridique.
La présence de la « race » au sein de l’édifice du droit français n’est pas nouvelle. Depuis 1939, l’utilisation de ce mot a été invariablement et alternativement l’instrument de ceux qui voulaient combattre le racisme et de ceux qui voulaient l’établir. Le décret-loi Marchandeau, du 21 avril 1939 se proposait de réprimer la diffamation commise par voie de presse envers « un groupe de personnes appartenant par leur origine à une race ou à une religion déterminée dans le but d’exciter la haine entre les citoyens et les habitants ».
Sous Vichy, le mot « race » a quitté les colonnes infernales de la presse d’extrême droite pour entrer au Journal officiel et organiser la politique antisémite de l’Etat français. A l’inverse, en 1946, le préambule de la Constitution proclame « inaliénables et sacrés » les droits de « tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance ». La Constitution de 1958 réaffirme ce principe, en rappelant dans son article premier « l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race ou de religion ».
Le mot « race » ainsi inscrit dans notre loi suprême nous dit deux choses.
Une...



                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-14">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Christopher Hogg, professeur affilié à HEC, explique dans une tribune au « Monde » que le procès en sorcellerie fait aux mesures protectionnistes cache la nécessité d’une véritable réflexion sur le partage des bénéfices, incontestables, du libre-échange.
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Les mauvais arguments contre la « guerre commerciale »

Christopher Hogg, professeur affilié à HEC, explique dans une tribune au « Monde » que le procès en sorcellerie fait aux mesures protectionnistes cache la nécessité d’une véritable réflexion sur le partage des bénéfices, incontestables, du libre-échange.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 15h33
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Christopher Hogg (Professeur affilié à HEC Paris)







                        



                                


                            

Tribune. La majorité des économistes, les marchés financiers et la plupart des chefs d’entreprise s’accordent pour dire qu’une guerre commerciale à coup d’augmentations de barrières douanières est une menace pour la croissance mondiale. Ce consensus est tel que Trump est caricaturé en vieil homme irrationnel et incontrôlable.
D’autres font valoir que cette décision relève de motifs purement électoralistes. Cette opposition, entre rationalité économique et populisme démocratique, est récurrente à chaque fois que la question de la globalisation et du protectionnisme est en débat.
Il est facile de prouver que toute tentation de protectionnisme et d’entrave à la libre circulation des biens et des hommes est destructrice de valeur. Historiquement, il existe de très nombreux cas l’illustrant, sans parler de la crise des années 1930, où le protectionnisme contribua à transformer tragiquement une crise financière en crise économique, sociale et politique.
Théoriquement, c’est une évidence que faciliter les échanges est une condition nécessaire pour créer plus de valeur. Pour que deux parties décident d’échanger, il faut que les deux parties partagent un intérêt ; en d’autres termes, que l’échange crée de la valeur pour chacun. Supprimer une possibilité d’échange revient donc à détruire de la valeur, soit par disparition pure et simple de l’échange, soit en substituant celui-ci à un autre échange moins intéressant pour les parties.
Création de valeur et partage
Mais il faut aussi se poser la question du partage et de la captation de ladite valeur. Cette question concerne à la fois les acteurs de l’échange et la répartition sociale de cette valeur. Le gain pour le consommateur est connu ; il porte sur le prix, le choix et la qualité. Le protectionnisme, à l’inverse, limite le choix du client pour favoriser des fournisseurs nationaux ou alliés.
Le gain du vendeur est également simple ; il porte soit sur les coûts, soit...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Les logiciels dont nous disposons exigent, pour fonctionner, des volumes massifs de conversations, et donc de données personnelles, en particulier pour offrir des services personnalisés. Dans des pays totalitaires, cela représente des risques pour les citoyens, explique dans sa chronique l’informaticien Serge Abiteboul.
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Assistants vocaux : « Nous ne pouvons confier nos vies à des machines »

Les logiciels dont nous disposons exigent, pour fonctionner, des volumes massifs de conversations, et donc de données personnelles, en particulier pour offrir des services personnalisés. Dans des pays totalitaires, cela représente des risques pour les citoyens, explique dans sa chronique l’informaticien Serge Abiteboul.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 15h15
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Serge Abiteboul (Chercheur en informatique à l’Inria et à l’ENS, membre du collège de l’Autorité de régulation des communications électroniques et ...







                        



                                


                            

Transformations. Les assistants vocaux débarquent en France avec Google Home, Echo (Amazon) et HomePod (Apple). Aux Etats-Unis, ils auraient déjà conquis 20 % du marché des requêtes sur Internet. Orange et Deutsche Telekom annoncent un produit commun, Djingo, pour cette année.
Installés dans un coin de l’appartement, ces assistants répondent à vos questions, vous permettent de lancer de la musique, de faire vos courses, de vous informer des derniers résultats de la Coupe du monde de foot… Reste à inventer des utilisations plus essentielles, comme le combat contre la perte d’autonomie de personnes âgées.
Ces objets sont le fruit de progrès techniques considérables. Au siècle dernier, la recherche a commencé par résoudre la question de la synthèse de la parole à partir de textes écrits. Puis elle s’est attaquée à la reconnaissance de la parole, un sujet plus compliqué (il est plus facile de parler anglais que de comprendre un Ecossais ou un Irlandais…), car il s’agit de comprendre le sens du texte.
Marchés « bifaces »
Des progrès en apprentissage automatique, couplés à l’accroissement des puissances de calcul et à la disponibilité massive de données, ont permis des avancées importantes, appliquées dans les moteurs de recherche ou la traduction automatique. Mais le problème est complexe et le chemin encore long, ce qui explique les limites actuelles de ces assistants vocaux plutôt benêts, d’ailleurs copieusement moqués sur les réseaux sociaux.
Surtout, les logiciels dont nous disposons aujourd’hui exigent, pour fonctionner, des volumes massifs de conversations, et donc de données personnelles, en particulier pour offrir des services personnalisés. Dans des pays totalitaires, cela représente des risques considérables pour les citoyens. En Europe, où nous sommes mieux protégés avec des lois comme le règlement général sur la protection des données (RGPD), ils n’en sont pas moins des intrusions insupportables...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Plusieurs associations, ONG et syndicats dénoncent, dans une tribune au « Monde », le fonctionnement du Conseil constitutionnel et plaident pour l’inscription de l’intérêt général dans la Constitution.
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Projet de loi constitutionnelle : « Une réforme est devant nous : saisissons-la »

Plusieurs associations, ONG et syndicats dénoncent, dans une tribune au « Monde », le fonctionnement du Conseil constitutionnel et plaident pour l’inscription de l’intérêt général dans la Constitution.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 14h55
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 15h26
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Le projet de loi constitutionnelle a été présenté en mai par le gouvernement et fait actuellement l’objet d’un examen en commissions à l’Assemblée nationale. Un tel projet de réforme dit la vision d’un président de la République sur les grands défis économiques, sociaux et environnementaux de son temps. C’est aussi l’occasion de mener une réflexion approfondie sur la répartition du pouvoir et son exercice au sein de notre société.
Nos associations, ONG et syndicats agissent pour inscrire dans la loi des réformes qui font progresser la protection des droits humains, de l’environnement et la justice sociale. Nous croyons profondément que c’est à la puissance publique de faire avancer ces droits et d’être garante de l’intérêt général qui est au cœur de nos combats.
Or ces dernières années, de nombreuses réformes défendues par des parlementaires persévérants, soutenues par nos organisations, et souvent par une majorité de citoyens, ont été censurées par le Conseil constitutionnel au nom d’une conception de plus en plus large des droits et libertés des entreprises.
Que ce soit la lutte contre l’évasion fiscale, l’accaparement des terres, la lutte contre le changement climatique ou encore les licenciements boursiers, autant de mesures et de lois pionnières qui n’ont pu voir le jour car les membres du Conseil constitutionnel ont décidé de leur opposer les motifs de liberté d’entreprendre, de droit de propriété, de proportionnalité des peines, d’intelligibilité de la loi, de vie privée ou encore d’égalité devant l’impôt.
Evasion fiscale
La lutte contre l’évasion fiscale est particulièrement symptomatique de ce problème. Depuis 2013, pas moins de seize mesures adoptées au Parlement ont été censurées par le Conseil constitutionnel pour des motifs divers.
Un des derniers exemples en date : la censure du reporting pays par pays public dans la loi Sapin 2, une mesure de transparence fiscale qui aurait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Le pianiste Florian Pellissier publie le quatrième album de son quintet, « Bijou Caillou Voyou », aux influences aussi riches que celles de l’artiste. Rencontre.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Editorial. Le bilan de M. Gattaz à la tête de l’organisation patronale , qui va élire son nouveau patron le 3 juillet, est très loin d’être positif.
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Pierre Gattaz a réduit le Medef à un rôle de lobby ringard

Editorial. Le bilan de M. Gattaz à la tête de l’organisation patronale , qui va élire son nouveau patron le 3 juillet, est très loin d’être positif.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 13h52
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Mardi 3 juillet, le patronat français – à savoir le Medef, qui a pris la suite, en 1998, du CNPF – élira son dixième président depuis 1945. Geoffroy Roux de Bézieux ou Alexandre Saubot succédera à Pierre Gattaz pour un mandat de cinq ans. Au moment de quitter ses fonctions, celui dont le père, Yvon, présida le CNPF de 1981 à 1986, lui aussi en début de mandat face à un président socialiste, a livré un entretien testament au Figaro, lundi 25 juin.

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                Au Medef, Geoffroy Roux de Bézieux prend une longueur d’avance



Comme on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, il s’autoglorifie. « Très fier du travail accompli » entre 2013 et 2018, il se distribue les bons points. « Nous avons gagné le combat des idées », affirme-t-il en se félicitant d’avoir « réhabilité l’entreprise et l’entrepreneuriat ». Il met au crédit de François Hollande d’avoir obtenu le CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) et le pacte de responsabilité, assurant qu’il est « en passe de gagner » son pari de créer, en contrepartie, un million d’emplois sur cinq ans. Et il se réjouit d’avoir mis à terre, grâce à Emmanuel Macron, l’impôt sur la fortune (ISF).
Le bilan de M. Gattaz est pourtant très loin d’être positif. Le principal échec de ce patron pour lequel les chefs d’entreprise sont « des héros de la nation », et dont l’ambition était de « mettre l’entreprise au cœur de la politique », est de n’avoir pas changé l’image du Medef. Sous son règne, le patronat n’a jamais cessé de tendre la sébile, accusant l’Etat de dépenser toujours trop, en attendant de lui toujours plus de baisse des charges et d’allégement des contraintes.
Geignard et vindicatif
Mal aimé dans l’opinion, le Medef est apparu geignard et vindicatif. M. Gattaz, qui se plaignait d’œuvrer dans un pays où « tout est politisé », et où agissait dans l’ombre… un « trotskisme masqué », n’a jamais reconnu la responsabilité citoyenne – sociétale et environnementale – des entrepreneurs. Se livrant à un combat d’arrière-garde lors du récent débat sur « l’objet social » de l’entreprise, il a poussé à son paroxysme l’égocentrisme d’un patronat réduit à un rôle de lobby ringard.

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                Les mirages de Pierre Gattaz sur l’opération « Un million d’emplois »



M. Gattaz rangeait parmi les « fléaux » français « la persistance d’une lutte des classes larvée ». Mais, en voyant dans les négociations interprofessionnelles une « comedia dell’arte », en refusant d’être « englué » dans le dialogue social, en traitant les syndicats plus en adversaires qu’en partenaires, il a réactivé cette lutte des classes.
Jean-Claude Mailly, l’ancien secrétaire général de FO, voyait en M. Gattaz « le président du Medef le plus rétrograde et le plus réactionnaire qui soit ». Et, dans son livre Les Leçons du pouvoir (Stock), François Hollande relève « des comportements similaires au Medef et à la CGT » : « Cette incapacité à reconnaître un progrès même quand il est réel et cette facilité à ne l’imaginer qu’au détriment de l’autre, comme s’il n’y avait pas de gain sans perte, comme si le jeu était forcément à somme nulle. » Le « patron des patrons » a ainsi nourri la défiance de l’actuel chef de l’Etat vis-à-vis des corps intermédiaires.

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                Quand le Medef hésite entre deux âges



Le bilan de M. Gattaz est d’autant plus étriqué qu’il a raté sa sortie. En refusant de démissionner six mois avant la fin de son mandat pour laisser la place à Jean-Dominique Sénard, le PDG de Michelin, bloqué par les statuts à cause de son âge, il a fermé la porte à une modernisation du Medef. Quel qu’il soit, son successeur devra réinventer le patronat du XXIe siècle. Du sol au plafond.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ La victoire électorale du président sortant, Recep Tayyip Erdogan, va confirmer le processus de re-radicalisation du régime déjà aux abois, estime le sociologue Hamit Bozarslan, dans une tribune au « Monde ».
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Hamit Bozarslan : « La Turquie d’Erdogan est un exemple radical des antidémocraties du XXIe siècle »

La victoire électorale du président sortant, Recep Tayyip Erdogan, va confirmer le processus de re-radicalisation du régime déjà aux abois, estime le sociologue Hamit Bozarslan, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    26.06.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 11h41
    |

                            Hamit Bozarslan (Historien et sociologue à l'Ecole des hautes études en sciences sociales)








                        



                                


                            
Tribune. Ainsi Recep Tayyip Erdogan va pouvoir former son gouvernement, contrôler l’Assemblée et nommer les juges et les procureurs ; bref exercer pleinement les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Plus qu’un nouveau tournant autoritaire, le régime que le reis turc instaure à la faveur des élections du dimanche 24 juin représente l’un des exemples les plus radicaux des antidémocraties du XXIe siècle.

L’erdoganisme part du principe que la nation turque, bras armé de l’islam, aurait reçu de l’histoire la mission de dominer le monde pour lui apporter justice et harmonie. Cette mission aurait cependant été entravée par l’inimitié de l’Occident, la trahison des ennemis de l’intérieur essaimés à travers la vaste « mère patrie de 18 millions de km2 », et l’aliénation des élites turques occidentalisées.
Le président le rappelle, la première guerre mondiale continue avec sa seule et unique finalité : détruire la Turquie. Faire face à cette menace exige la refondation de la nation dans son essence altérée.
Paramilitarisation de l’Etat
Au-delà de cet impératif de survie, il fixe aussi un objectif à échéance à ses sujets : 2071, le millénaire de la victoire turque sur Byzance, doit témoigner de la naissance d’une nouvelle ère de domination turque. Les « amis de 2071 » admettront « naturellement » la nécessité d’une fusion charnelle entre la nation et son chef : le reis doit puiser sa légitimité dans la nation pour incarner son passé et son futur, honorer ses « martyrs » dont le sang « a transformé la terre en patrie » et le « tissu en drapeau », et doter le pays d’une puissance digne de son rang.

Cet arrière-fond idéologique, réactivé et radicalisé à chaque défi que le régime d’Erdogan a dû relever en interne et à chaque défaite qu’il a subie en externe, explique largement la trajectoire de la Turquie des années 2010. Les élections...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ La loi Pacte passe à côté des maigres innovations sociales et sociétales contenues dans le rapport Notat-Senard, estime l’économiste Thomas Coutrot dans une tribune au « Monde ».
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La « raison d’être » pour l’entreprise peut attendre

La loi Pacte passe à côté des maigres innovations sociales et sociétales contenues dans le rapport Notat-Senard, estime l’économiste Thomas Coutrot dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    26.06.2018 à 11h12
    |

                            Thomas Coutrot (Économiste, cofondateur du collectif des Economistes atterrés)








                        



                                


                            

Tribune. Nicole Notat, l’ancienne patronne de la CFDT, et Jean-Dominique Senard, l’actuel patron de Michelin, ne sont pas des révolutionnaires. Dans leur rapport sur « L’entreprise, objet d’intérêt collectif », ils ne s’attaquent pas vraiment au criant déséquilibre des pouvoirs qui prévaut au sein des entreprises.
Ils se sont efforcés seulement d’inciter les dirigeants, par des dispositions essentiellement symboliques, à prendre en compte d’autres objectifs à côté du profit. Pourtant, contrairement à la communication gouvernementale, le projet de loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) révélé le 18 juin a largement dépouillé leurs propositions de leur modeste contenu.

Le rapport Notat-Senard suggérait une très modeste augmentation du nombre d’administrateurs salariés dans les grandes entreprises, pour qu’il approche les 20 % (contre 50 % dans les grandes entreprises allemandes). L’augmentation proposée par Pacte est encore en deçà. Mais le plus étonnant est la minutie avec laquelle, suite au lobbying intensif du Medef et de l’Association française des entreprises privées (l’AFEP, qui représente plus de cent dix grands groupes privés exerçant leurs activités en France), les trois propositions qui entrouvraient la porte à un possible pluralisme des objectifs de l’entreprise ont été défigurées ou censurées.
On sait que l’entreprise n’existe pas dans le droit français, qui ne connaît que la société constituée par les actionnaires. Nombre d’acteurs de ce débat préconisent la reconnaissance juridique de l’entreprise : reconnaître qu’elle est une aventure collective qui ne se réduit pas aux apporteurs de capitaux est une condition pour qu’un véritable partage du pouvoir puisse être envisagé.
Patatras
Le rapport Notat-Senard n’allait pas si loin. Il se contentait d’évoquer « l’intérêt propre de la société » : « la société doit être gérée dans son intérêt...




                        

                        

