<FILE-date="2018/06/27/19">

<article-nb="2018/06/27/19-1">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Les partis de droite néerlandais ont permis l’adoption mercredi par le Sénat d’un projet de loi anti-niqab d’abord proposé par le dirigeant d’extrême droite Geert Wilders.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Les Pays-Bas veulent sanctionner, prudemment, le port du voile intégral

Les partis de droite néerlandais ont permis l’adoption mercredi par le Sénat d’un projet de loi anti-niqab d’abord proposé par le dirigeant d’extrême droite Geert Wilders.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 18h29
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



   


Ce sera peut-être sa seule vraie victoire politique : en 2005, le député Geert Wilders déposait, à la chambre des députés de La Haye, une proposition pour interdire le port du niqab et de la burqa dans l’espace public aux Pays-Bas. Il aura fallu treize ans (4 571 jours très exactement) et cinq gouvernements successifs pour que cette « loi Wilders » soit finalement votée par les deux assemblées.
Le Sénat l’a définitivement adoptée mardi 28 juin, à l’issue d’un vote droite contre gauche. L’un des partis de la majorité actuelle, D66 (centristes réformateurs), a continué de s’opposer au texte, alors même que celle qui sera chargée de surveiller son application, la ministre de la justice, Kajsa Ollongren, appartient à cette formation.
« Hypocrite », « lâche », « inutile »… on aura tout dit de ce texte dont le dirigeant d’extrême droite lui-même n’imaginait pas qu’il serait approuvé, notamment par le parti libéral du premier ministre Mark Rutte. Approuvé, mais nuancé, il n’aurait rien à voir, paraît-il, avec la religion mais ne viserait qu’à faciliter l’intégration des femmes et la communication dans l’espace public. Pour éviter toute critique sur le thème de la liberté religieuse – très chère à la société néerlandaise – la loi précisera que le port de la… cagoule et du casque intégral est également interdit dans les transports publics, les écoles, les hôpitaux et les bâtiments publics.
Un texte qui ne changera « pas grand-chose »
Même si six partis ont fini par rallier la proposition du PVV de M. Wilders, ils voulaient absolument éviter de focaliser les discussions sur l’islam. Un ancien ministre de la justice a toutefois osé affirmer que « la liberté religieuse doit pouvoir être limitée dans l’intérêt général ». Et le sénateur indépendant Henk ten Hoeve a bien résumé la situation en déclarant que le texte ne changerait « pas grand-chose » dans la pratique, mais délivrait le message qu’« une certaine forme de l’islam ne cadre pas avec notre société, car elle a un rôle perturbateur ».
Combien de femmes sont concernées ? Quatre cents, selon une estimation du gouvernement. Il reste cependant à savoir comment s’appliquera la législation. Les exemples français, belge ou danois ont montré la difficulté d’appliquer d’éventuelles sanctions.
La ministre néerlandaise de la justice entend, semble-t-il, demander aux institutions de régler elle-même le problème. Elle veut permettre à celles qui portent le voile intégral de « s’adapter », la police ne devant, selon Mme Ollongren, n’intervenir qu’en cas d’« escalade ». Les personnels des chemins de fer, des écoles ou du secteur de la santé seront, en tout cas, formés en quelques semaines et les usagers « informés », promet l’administration.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-2">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Amnesty, la Cimade, Médecins du monde, Médecins sans frontières, le Secours catholique et l’Anafé avaient déployé une vingtaine d’observateurs durant quarante-huit heures à la frontière franco-italienne.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Les droits des migrants ne sont pas respectés à la frontière franco-italienne, selon six ONG

Amnesty, la Cimade, Médecins du monde, Médecins sans frontières, le Secours catholique et l’Anafé avaient déployé une vingtaine d’observateurs durant quarante-huit heures à la frontière franco-italienne.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 18h02
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 18h32
   





                        



   


Refoulement illégal de mineurs, privation de liberté prolongée, impossibilité de demander l’asile… les droits des migrants ne sont toujours pas respectés par la France près de Vintimille, ont déploré mercredi 27 juin six ONG, après une nouvelle mission d’observation du 24 au 26 juin.
Amnesty, la Cimade, Médecins du monde, Médecins sans frontières, le Secours catholique et l’Anafé avaient déployé une vingtaine d’observateurs durant quarante-huit heures à la frontière franco-italienne, où la préfecture des Alpes-Maritimes assure que tout est fait dans le respect de la légalité.
Selon ces ONG, en réalité, « le rétablissement des contrôles à la frontière depuis 2015 est devenu le prétexte à la banalisation de nombreuses pratiques illégales de la part des autorités françaises, malgré les interventions de la justice et de nombreuses autorités indépendantes ».

        Lire aussi :
         

                Migrants : cacophonie européenne avant le mini-sommet de crise à Bruxelles



« Pratiques illégales généralisées »
Ainsi, en deux jours, elles ont vu des migrants enfermés dans un local de la police aux frontières de Menton jusqu’à quatorze heures d’affilée avant leur reconduite en Italie, « dépassant largement la durée de quatre heures jugée admissible par le Conseil d’Etat en juillet 2017 », selon leur communiqué.
« Les forces de police n’ont pas pris en compte la minorité de 11 jeunes personnes, qui ont été refoulées illégalement vers l’Italie et ont ensuite été raccompagnées par les forces de police italienne en France », ajoutent-elles.
Elles ont aussi constaté « des contrôles au faciès », pourtant prohibés, dans les trains en provenance de Vintimille et « le refoulement de 157 personnes en Italie sans possibilité de demander l’asile ou que leur situation individuelle soit étudiée, alors que ces pratiques ont été jugées illégales par le tribunal administratif de Nice ».
Renvoyant dos à dos les gouvernements italien et français, à la veille d’un sommet européen, ces associations ont appelé Rome à « cesser la surenchère verbale contre les migrants et à ne pas renoncer aux valeurs d’hospitalité de l’Italie » et Paris à « porter un coup d’arrêt aux pratiques illégales généralisées qui se produisent à la frontière ».

        Lire aussi :
         

                Crise migratoire : les navires de sauvetage acculés en Méditerranée






                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-3">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ L’idée portée par le président Emmanuel Macron avec le soutien de la chancelière Angela Merkel rencontre l’opposition de plusieurs pays de la zone euro.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Budget de l’eurozone : première levée de boucliers contre Paris et Berlin

L’idée portée par le président Emmanuel Macron avec le soutien de la chancelière Angela Merkel rencontre l’opposition de plusieurs pays de la zone euro.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 15h06
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

A peine née, déjà menacée ? L’entourage du président Emmanuel Macron s’attendait certes à ce que la feuille de route franco-allemande sur l’avenir de l’Union européenne (UE) agréée le 19 juin à Meseberg, près de Berlin, suscite des réactions. En particulier la proposition d’un budget pour la zone euro, tant le principe d’une plus grande solidarité budgétaire entre capitales fait débat.
Mais les Français n’imaginaient peut-être pas un tel manque d’enthousiasme de la part de leurs partenaires européens. Une version préliminaire des conclusions du sommet européen de vendredi 29 juin sur l’eurozone, consultée mardi 26 juin par Le Monde, ne mentionne même pas le terme « budget de l’eurozone ». Paris espérait pourtant, a minima, que ce rendez-vous crucial entre chefs d’Etat et de gouvernement entérinerait le lancement de travaux afin de parvenir un jour à un véritable instrument de stabilisation et de convergence des économies européennes.
De « larges divergences »
« En l’état, ces conclusions sont inacceptables », assurait-on du côté français mardi soir, Paris ayant bien l’intention de peser tout son poids d’ici à vendredi pour faire aboutir un texte plus ambitieux. Cette première mouture aurait-elle été trop largement inspirée par la frange des « anti », ces gouvernements peu ou pas du tout intéressés par davantage d’intégration dans l’eurozone ?

Il faut dire que la fronde s’est vite constituée contre ce projet de budget de la zone euro, porté surtout par la France et validé in extremis par la chancelière allemande, Angela Merkel. Dès le 22 juin, le ministre des finances néerlandais, Wopke Hoekstra, a fait parvenir un courriel au président de l’Eurogroupe (les ministres des finances de la zone euro), le Portugais Mario Centeno, pointant « les larges divergences existant sur la nécessité d’un budget de l’eurozone ».
« Il n’y a clairement pas de consensus sur le fait de commencer à y travailler »...




                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-4">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le premier ministre maltais a confirmé que le navire humanitaire, bloqué en mer depuis une semaine avec 233 migrants, allait être autorisé à accoster sur l’île.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Migrants : le navire « Lifeline » attendu à Malte dans la soirée

Le premier ministre maltais a confirmé que le navire humanitaire, bloqué en mer depuis une semaine avec 233 migrants, allait être autorisé à accoster sur l’île.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 13h42
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 15h38
   





                        



Est-ce la fin d’une longue et difficile attente pour le Lifeline ? Le premier ministre maltais Joseph Muscat a annoncé, mercredi 27 juin, que le navire humanitaire avec 233 migrants à son bord allait être autorisé à accoster sur l’île. « Je pense que le navire va rejoindre nos côtes ce soir », a précisé M. Muscat lors d’une conférence de presse, mettant ainsi un terme à une odyssée de près d’une semaine.
« Des procédures d’identification et de redistribution des personnes parmi les Etats membres [de l’UE] seront engagées en garantissant les soins médicaux nécessaires », a poursuivi M. Muscat. Au total, huit pays européens devraient accueillir les migrants recueillis il y a une semaine par le navire : Malte, l’Italie, la France, l’Espagne, le Portugal, le Luxembourg, la Belgique et les Pays-Bas.

        Lire aussi :
         

                « Lifeline » : la France accueillera une partie des migrants, mais Macron critique l’ONG



Le navire sera mis sous séquestre
Le premier ministre maltais a précisé que le navire serait mis sous séquestre à son arrivée pour les besoins de l’enquête, estimant que son capitaine « a violé les lois internationales ». « La situation a été causée par les décisions du capitaine du navire qui a agi contre les lois internationales et ignoré les directives des autorités italiennes, a assuré M. Muscat. Le Lifeline sera retenu pour lancer les enquêtes nécessaires selon les lois internationales et nationales. »
L’opération de sauvetage réalisée par le Lifeline n’a pas été diligentée par le Centre de coordination des recherches de Rome (MRCC), comme le prévoit la procédure ordinaire. Mais l’ONG allemande a répondu aux critiques par le biais d’un communiqué publié mercredi matin. « Le seul ordre auquel le bateau a refusé d’obéir est celui de remettre ces personnes [les migrants] aux prétendus garde-côtes libyens, car cela aurait été en contravention avec la convention de Genève sur les réfugiés et donc criminel », a expliqué Lifeline. Selon elle, obéir à l’ordre reçu de « désembarquer à Tripoli aurait constitué une violation du principe de non-refoulement ».
Le navire, battant pavillon néerlandais, était en quête d’un port d’accueil depuis six jours en Méditerranée. Malgré un accord entre plusieurs pays européens, annoncé mardi par l’Italie et la France, il restait jusqu’ici bloqué dans les eaux internationales. Le navire avait renouvelé dans la nuit sa demande d’entrer à Malte et avait fait savoir que « de nombreuses personnes à bord souffrent de mal de mer » et que trois se trouvent dans son hôpital.

        Lire aussi :
         

                « Aquarius », « Lifeline », « Maersk », « Open-Arms », « Seefuchs » : où en sont les navires qui secourent les migrants ?






                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-5">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Deux militants condamnés pour avoir secouru des migrants ont déposé une question prioritaire de constitutionnalité pour protester contre la répression de l’aide au séjour.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ 
<article-nb="2018/06/27/19-6">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Le gouvernement conservateur polonais a annoncé que les peines de prison prévues pour quiconque incriminerait l’Etat ou la nation polonaise pour les crimes nazis seraient supprimées, après que le texte a été vivement critiqué.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

La Pologne recule sur sa loi controversée sur la Shoah

Le gouvernement conservateur polonais a annoncé que les peines de prison prévues pour quiconque incriminerait l’Etat ou la nation polonaise pour les crimes nazis seraient supprimées, après que le texte a été vivement critiqué.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 13h01
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 15h55
    |

                            Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance)








                        



   


En un temps record de deux heures, le Parlement polonais a amendé, mercredi 27 juin en fin de matinée, la loi controversée sur l’Institut de la mémoire nationale (IPN) qui pénalisait « l’attribution à la nation ou à l’Etat polonais, en dépit des faits, de crimes contre l’humanité », dans le contexte de la seconde guerre mondiale. Ce texte, censé défendre la « réputation de la Pologne », avait été adopté début février. Il était perçu comme une entorse à la liberté d’expression face aux faits historiques qui attribuent à une partie des populations locales une participation à la Shoah, et avait provoqué une crise diplomatique aiguë avec Israël et les Etats-Unis.
La proposition d’amendement a été mise inopinément à l’ordre du jour de la session de la Diète, la Chambre basse du Parlement polonais, tôt dans la matinée, à l’initiative du premier ministre, Mateusz Morawiecki. « Nous voulons apporter une correction en nous retirant de la partie de la loi qui prévoit des poursuites pénales, qui pourraient détourner l’attention de l’objectif premier de la loi », expliquait le chef de chancellerie du premier ministre, Michal Dworczyk.
« Nous prenons en compte le contexte international »
« Notre but fondamental est la lutte pour la vérité au sujet de la seconde guerre mondiale, une vérité qui a souvent fait l’objet de mensonges, a pour sa part argumenté, devant les députés, le premier ministre, Mateusz Morawiecki. Ceux qui disent que la Pologne pourrait être responsable des crimes de la deuxième guerre mondiale méritent des peines de prison. Mais nous agissons dans un contexte international et nous le prenons en compte. »
À 388 voix pour, 25 contre et 5 abstentions, les députés ont ainsi supprimé les articles qui prévoyaient notamment des peines jusqu’à trois ans d’emprisonnement pour l’évocation publique « de responsabilité ou de coresponsabilité » de Polonais dans « les crimes du IIIe Reich allemand », « indépendamment de la législation en vigueur sur le lieu du délit ».

        Lire aussi :
         

                Histoire. L’ornière antisémite polonaise



Le vote s’est déroulé dans une atmosphère houleuse. Un député d’extrême droite a bloqué la tribune de l’Hémicycle, accusant la majorité ultraconservatrice du PiS (Droit et justice) de « ramper devant les milieux juifs. » Tous les amendements de l’opposition ont été rejetés, et cette dernière a dénoncé un passage en force.
« Commande politique »
« Il est dommage qu’un projet de loi aussi important soit passé en urgence comme une commande politique, au lieu de susciter un vrai débat transpartisan, s’indigne Borys Budka, député de la Plate-forme civique (PO, centre droit). Malheureusement, le mal est fait. Il faudra des années pour reconstruire la réputation de la Pologne sur la scène internationale. Pourquoi le ministère de la justice à l’origine du texte, qui a provoqué la plus grave crise diplomatique depuis 1989, n’est pas mis devant ses responsabilités ? »

        Lire l’édito du « Monde » :
         

          Un regrettable projet de loi en Pologne



Il est vrai que la Pologne s’est retrouvée sous une pression diplomatique considérable d’Israël, mais aussi des Etats-Unis, que Varsovie considère comme le premier garant de sa sécurité. Le département d’Etat américain avait laissé entendre officieusement qu’aucun contact diplomatique au plus haut niveau ne serait entretenu tant que la loi mémorielle sur la Shoah resterait sous sa forme actuelle. Le président Andrzej Duda, en visite aux Etats-Unis en mai, s’était ainsi retrouvé persona non grata à la Maison Blanche, une première depuis la chute du communisme.

        Lire aussi :
         

                En Pologne, une libération du discours antisémite



En Israël, le centre Yad Vashem pour le souvenir de l’Holocauste s’est félicité de l’évolution du texte, estimant qu’il s’agissait d’un « développement positif ». 
« Nous estimons que la bonne manière de combattre les déformations historiques est de renforcer la recherche, ouverte et libre, et les actions pédagogiques », ajoute le centre Yad Vashem.
La porte-parole du gouvernement, Joanna Kopcinska, a pour sa part minimisé la portée de l’amendement. Selon elle, « ce qui est dans la loi suffit pour combattre efficacement le mensonge et pour punir ceux qui iront à l’encontre de la vérité historique ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-7">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Depuis une semaine, le navire humanitaire était bloqué en mer avec 233 migrants à son bord. Il devrait finalement accoster à Malte.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ 
<article-nb="2018/06/27/19-8">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Si les arrivées reculent, l’UE n’a pas surmonté tous les défis liés à l’afflux record de migrants de 2015.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Intégrer, expulser : les deux pôles de la politique migratoire européenne

Si les arrivées reculent, l’UE n’a pas surmonté tous les défis liés à l’afflux record de migrants de 2015.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 12h17
    |

            Jean-Baptiste Chastand (avec nos correspondants)








                        



                                


                            

Une nouvelle fois, l’immigration sera au cœur des discussions d’un Conseil européen. Après des semaines de tensions déclenchées par l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir en Italie, les vingt-huit chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne (UE) devraient débattre pendant de longues heures, jeudi 28 et vendredi 29 juin, de la façon de stopper les flux de migrants vers le Vieux Continent. Pourtant, si l’Europe a vécu, entre 2014 et 2017, le plus grand afflux migratoire depuis la seconde guerre mondiale, le nombre d’arrivées a considérablement chuté depuis l’été 2017. Loin des saillies médiatiques du ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, le principal enjeu migratoire pour les pays européens est désormais de gérer les centaines de milliers de migrants arrivés ces dernières années.

Deux objectifs sont largement partagés : intégrer le plus vite possible les personnes autorisées à rester, et expulser les déboutées tout aussi rapidement. Le premier des deux sujets devrait pourtant à peine être abordé à Bruxelles. Est-ce un signe qu’il est finalement assez peu problématique ? Le rapport annuel sur les perspectives des migrations internationales, rendu public par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le 20 juin, s’est de facto voulu plutôt rassurant. Selon l’OCDE, les quatre millions de demandeurs d’asile arrivés entre 2014 et 2017 devraient déclencher un accroissement d’à peine 0,3 % de la population européenne en âge de travailler, à l’horizon 2020.
Manque de données pour la France
Principal pays d’accueil d’Europe, actuellement en situation de plein-emploi, l’Allemagne verrait le nombre de ses chômeurs légèrement augmenter d’ici à 2020. L’Agence fédérale de l’emploi allemande a révélé, mi-juin, qu’unquart du million et demi de réfugiés arrivés depuis 2015 ont déjà trouvé un emploi. « C’est un chiffre très satisfaisant », a commenté Detlef Scheele, le directeur de l’agence.
Fortes...




                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-9">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Editorial. Alors qu’une partie de la droite allemande regarde davantage vers les « démocraties illibérales », la chancelière incarne une autre Europe.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Bien que conservatrice, Merkel a toujours su éviter la politique du pire

Editorial. Alors qu’une partie de la droite allemande regarde davantage vers les « démocraties illibérales », la chancelière incarne une autre Europe.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 11h59
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 16h16
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Angela Merkel laisse volontiers aux autres les mots qui frappent et les phrases qui claquent. Ce fut le cas lors du sommet franco-allemand de Meseberg, près de Berlin, le 19 juin. Ce jour-là, selon une répartition des rôles qui commence à devenir habituelle, ce n’est pas elle mais Emmanuel Macron qui a trouvé les formules destinées à marquer les esprits : « Ce sommet intervient à un moment de vérité pour l’Europe, a déclaré le président français. C’est aujourd’hui un vrai choix de société qui est en discussion, un choix de civilisation entre ceux qui disent que l’Europe est bonne à détricoter et ceux qui croient – comme nous – que nous pouvons faire avancer l’Europe en la rendant plus souveraine et plus unie. »

        Lire aussi :
         

                Crise des migrants : à Bruxelles, un mini-sommet pour apaiser le débat



Ces mots, Mme Merkel aurait pu les reprendre tels quels pour les appliquer à son propre pays. Car l’Allemagne, ces jours-ci, est bel et bien à un « moment de vérité ». Les yeux rivés sur les élections régionales du 14 octobre, les conservateurs bavarois de la CSU cherchent à imposer à la chancelière une batterie de mesures qui, si elles étaient appliquées, reviendraient quasiment à fermer le pays aux demandeurs d’asile.
« L’islam ne fait pas partie de l’Allemagne »
Mais leur projet politique va au-delà. En janvier, le chef de file des députés CSU au Bundestag a prôné l’avènement d’une « révolution conservatrice », expression chère à l’extrême droite allemande depuis l’entre-deux-guerres. Depuis, le chef du gouvernement bavarois a imposé l’accrochage de crucifix dans tous les bâtiments publics du Land. Quant à Horst Seehofer, le président de la CSU, il a déclaré dans sa première interview en tant que ministre fédéral de l’intérieur, en mars, que « l’islam ne fait pas partie de l’Allemagne ».

        Lire aussi :
         

                En Allemagne, le couple CDU-CSU se fissure



Les choses sont aujourd’hui très claires. Une partie de la droite allemande regarde davantage vers Vienne, Budapest ou Rome que vers Paris ou Bruxelles. Ses alliés s’appellent Viktor Orban, le premier ministre hongrois, et Sebastian Kurz, son homologue autrichien, à la tête d’une coalition avec l’extrême droite. Son idéal est celui d’une Europe blanche, chrétienne et refermée sur elle-même. Le modèle vers lequel elle lorgne est celui de ces régimes d’un nouveau type, les « démocraties illibérales ».
Les apprentis sorciers de la CSU
Mme Merkel, elle, incarne une autre Europe. Elevée à l’est du rideau de fer, elle connaît trop le prix de la liberté pour pouvoir accepter que des murs ne s’élèvent à nouveau sur le continent européen. Bien que conservatrice et peu visionnaire, elle a toujours su, aux heures décisives, éviter la politique du pire.
En juillet 2015, elle a finalement fait le choix d’un compromis avec la France permettant d’éviter un « Grexit », une sortie de la Grèce de la zone euro. Deux mois plus tard, elle a refusé de fermer les frontières de l’Allemagne, au moment où des centaines de milliers de réfugiés fuyant le Moyen-Orient en guerre arrivaient par la route des Balkans. Dans les deux cas, l’aile dure de sa majorité le lui a reproché. Mais elle a tenu bon.

        Lire aussi :
         

                Angela Merkel a du mal à faire oublier son « Wir schaffen das »



Face aux apprentis sorciers de la CSU, mais soutenue par la majorité de l’opinion, la chancelière allemande doit, aujourd’hui encore, ne pas céder. Usée comme jamais, fragilisée comme elle l’a rarement été au cours de sa longue carrière, elle est un rempart à la tête d’un pays qui ne peut basculer à son tour dans le populisme et le nationalisme, à moins d’enterrer définitivement le rêve européen. Quelle que soit l’importance des élections bavaroises, ce n’est pas à Munich que se décide l’avenir de l’Europe.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-10">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ La fermeture des ports italiens, imposée par Matteo Salvini, entrave l’action des bateaux affrétés par les ONG.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Crise migratoire : les navires de sauvetage acculés en Méditerranée

La fermeture des ports italiens, imposée par Matteo Salvini, entrave l’action des bateaux affrétés par les ONG.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 11h42
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 13h41
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        


Plus de deux semaines après la décision italienne d’interdire l’accès de ses ports aux ONG opérant des secours de migrants en Méditerranée, la confusion reste totale dans le canal de Sicile. Les 234 migrants à bord du navire de l’organisation humanitaire allemande Lifeline, qui devaient rejoindre Malte pour y être débarqués au terme d’un accord avec divers pays européens – dont la France, qui s’est engagée à accueillir une partie des demandeurs d’asile –, restent bloqués en mer, dans des conditions de plus en plus difficiles.
Naviguant jusqu’ici dans les eaux internationales, le navire a finalement été autorisé a accoster à Malte mercredi soir, a affirmé le premier ministre maltais Joseph Muscat. Le gouvernement maltais avait fait savoir auparavant que si le Lifeline arrivait sur l’île, il enquêterait et prendrait des mesures contre le navire « qui a ignoré les instructions données conformément aux règles internationales par les autorités italiennes ».
Menacés de poursuites par le gouvernement italien, les membres de cette ONG allemande ont été attaqués de toutes parts ces derniers jours. Interrogé sur le sujet mardi, en marge de sa visite au Vatican, le président français, Emmanuel Macron, a vivement critiqué l’action de Lifeline, qui, selon lui, « fait le jeu des passeurs ». Un reproche « indicible dans l’émotion collective ».

        Sur le sujet :
         

          « Lifeline » : la France accueillera une partie des migrants, mais Macron critique l’ONG



Apparue à l’automne 2017, cette ONG allemande très militante s’est trouvée confrontée, dès sa première opération de secours, aux gardes-côtes libyens, qui, après un échange très tendu, sont même brièvement montés à bord de leur bateau. L’organisation est accusée de ne pas s’en tenir au code de conduite imposé aux ONG par le précédent ministre de l’intérieur italien, Marco Minniti.
De fait, l’opération au cours de laquelle le Lifeline a secouru les 234 migrants n’était pas diligentée par le Centre de coordination des recherches de Rome (MRCC), comme le prévoit la procédure ordinaire. « Le seul ordre auquel le bateau a refusé d’obéir est celui de remettre ces personnes aux prétendus garde-côtes libyens car cela aurait été en contravention avec la Convention de Genève sur les réfugiés et donc criminel, » a régi l’ONG dans un communiqué mercredi matin. Selon elle, obéir à l’ordre reçu de « désembarquer à Tripoli aurait constitué une violation du principe de non-refoulement ».
« Climat pas favorable aux ONG »
Dans le même temps, l’Aquarius, affrété par SOS Méditerranée et Médecins sans frontières, qui demandait à s’arrêter à Malte le temps d’une pause technique après son passage forcé à Valence, s’est vu refuser, sans explication, l’autorisation de faire escale. Préférant éviter d’accoster à Catane, son port d’attache habituel, l’Aquarius a annoncé mardi qu’il devait se diriger vers Marseille, où il devrait arriver vendredi. « Le climat n’est pas du tout favorable aux ONG », a déclaré son directeur des opérations, Frédéric Penard, lors d’une conférence de presse.
Les autorités italiennes ont tout de même fini par accepter, lundi soir, que les 108 migrants secourus en mer par le porte-conteneurs Alexander-Maersk soient débarqués dans le port de Pozzallo (sud de la Sicile), après plusieurs jours d’atermoiements. Ce navire commercial danois, qui s’était dérouté, vendredi 22 juin, afin de porter assistance à des migrants en détresse sur les instructions du MRCC de Rome, en respectant donc parfaitement les procédures, aura dû patienter plus de quatre jours au large des côtes siciliennes avant d’être autorisé à accoster, démontrant bien malgré lui toute l’absurdité de la situation.
Bien sûr, le surcoût engendré par ces cinq journées perdues en mer sera sans doute couvert par les assurances, mais les navires commerciaux, très souvent mis à contribution depuis que la plupart des ONG ont été éloignées de la zone, supporteront-ils longtemps de se trouver pris en otage par les gesticulations du gouvernement italien ?
« Rhétorique de la torture »
Responsables des secours dans la zone du canal de Sicile, les autorités maritimes italiennes semblent vouloir tout mettre en œuvre pour se soustraire à leurs obligations. Le vice-premier ministre et ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini (Ligue, extrême droite), l’a clairement affirmé lundi, à son retour de Libye, en déclarant dans une conférence de presse tenue au ministère de l’intérieur qu’il « donnerait son entier soutien » au ministre des transports, Danilo Toninelli (Mouvement 5 étoiles), autorité ayant théoriquement la tutelle sur les gardes-côtes, si celui-ci ordonnait de ne plus répondre aux SOS. Une menace difficile à mettre ouvertement à exécution, tant elle contrevient aux obligations les plus élémentaires du droit de la mer.
Plus crédible paraît, en revanche, l’intention, soutenue par l’ensemble des partenaires européens de l’Italie, d’accroître les moyens des gardes-côtes libyens afin de leur confier l’ensemble des opérations. Peut-on parler de « sauvetage en mer » s’agissant d’opérations dans lesquelles les candidats à l’exil, selon plusieurs témoignages, sont mis en joue, capturés puis ramenés dans des camps de détention, dans des conditions inhumaines, au mépris du droit de la mer qui commande de déposer les personnes secourues en mer dans un « port sûr » ?
Matteo Salvini évoquait, lundi, en marge de sa visite éclair à Tripoli, la possibilité d’implanter des camps européens sur le sol libyen – aussitôt écartée par le vice-premier ministre Ahmed Miitig –, afin de combattre la « rhétorique de la torture ». D’après les innombrables témoignages, les tortures, viols systématiques et exécutions auxquels sont confrontés les 300 000 à 700 000 personnes actuellement détenues en Libye semblent plus relever du crime contre l’humanité que de la « rhétorique ».

        Lire aussi :
         

                Migrants : un pays a-t-il le droit de fermer ses ports aux bateaux secourant les migrants ?






                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-11">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Le chancelier et son allié d’extrême droite multiplient les mesures pour éviter toute nouvelle vague migratoire.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


En Autriche, Sebastian Kurz durcit les conditions d’accueil des réfugiés

Le chancelier et son allié d’extrême droite multiplient les mesures pour éviter toute nouvelle vague migratoire.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 12h55
    |

            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

En marge de la Marche des fiertés, le grand défilé des minorités sexuelles, le 16 juin, Luciana D. (les noms ont été modifiés) découvre un monde. Elle a quitté le Daghestan il y a quelques mois et c’est un peu par hasard qu’elle se retrouve à Vienne. Sa famille la recherche, parce qu’elle est lesbienne. Impossible pour elle de retourner dans le Caucase. Pas vraiment réaliste de rester en Autriche non plus.
« Ici, le ministère de l’intérieur est tenu par un parti d’extrême droite qui a des liens avec la Russie. Cela me terrifie », explique cette jeune femme qui survit grâce à des dons privés. Même si elle a des chances d’obtenir une protection, car l’Autriche accorde encore souvent l’asile aux citoyens russes, elle ne veut pas déposer de demande d’asile : elle ne fait pas confiance aux autorités de ce pays d’Europe centrale. Elle n’a pas non plus assez d’argent pour tenter sa chance vers des cieux plus cléments. Elle est en stand-by, comme des milliers de migrants.
Les associations sont unanimes : l’étau se resserre, inexorablement. On ne compte plus ceux qui comme Luciana ne tentent même pas de faire valoir leurs droits. « Ils sont souvent découragés par toutes les réponses négatives, explique Cécile Balbous, qui aide les réfugiés depuis 2015 au sein d’une ONG nommée Queer Base. Ces derniers mois, nombreux sont les demandeurs d’asile à avoir vu leur dossier rejeté. La plupart du temps, on juge leurs récits peu crédibles. Pour nous qui les accompagnons, c’est la sidération. »

« Cynisme incroyable »
Même sentiment d’impuissance chez Sonia Feiger, de Shalom Alaikum, une association juive de soutien aux migrants. « Pour moi qui suis venue comme réfugiée en Autriche étant enfant, ce qui se passe en ce moment est d’une violence inouïe. Les Irakiens et les Afghans sont massivement déboutés en première instance. Les décisions sont à peine motivées. On ne croit plus les gens. C’est d’un cynisme incroyable. »
Et...




                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-12">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ « Nous y arriverons », avait lancé la chancelière allemande, en 2015, à propos de l’accueil des migrants. Depuis, l’opinion publique s’est retournée.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Angela Merkel a du mal à faire oublier son « Wir schaffen das »

« Nous y arriverons », avait lancé la chancelière allemande, en 2015, à propos de l’accueil des migrants. Depuis, l’opinion publique s’est retournée.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 11h19
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Le Tweet date du 22 juin. Il a été posté par Steffen Seibert, le porte-parole d’Angela Merkel. Sous la forme d’un graphique reprenant les données de l’Office fédéral de l’immigration et des réfugiés, ce dernier rappelait que 68 400 demandes d’asile ont été déposées en Allemagne entre janvier et mai 2018, alors qu’il y en avait eu 302 200 sur les cinq premiers mois de 2016. Le Tweet était accompagné de ce commentaire : « Vu que beaucoup se posent la question : “Combien de demandeurs d’asile arrivent en Allemagne ?” Un coup d’œil sur les chiffres actuels, qui continuent de baisser. »
Est-ce avec ce genre de messages qu’Angela Merkel pourra contenir la poussée de l’extrême droite et faire taire ceux qui, dans sa majorité, la CSU bavaroise de son ministre de l’intérieur, Horst Seehofer, en tête, affirment que sa politique migratoire a conduit l’Allemagne au bord du chaos ? On peut en douter, et ce pour deux raisons. La première est qu’une majorité d’Allemands pensent que le pays accueille encore trop d’étrangers. Selon un sondage de l’institut Kantar pour le Spiegel, paru samedi 23 juin, 57 % des personnes interrogées estiment ainsi qu’« il devrait être plus difficile, pour les migrants et les réfugiés, de venir en Allemagne ». D’après cette étude, 61 % des sondés souhaitent que « les réfugiés dont les empreintes ont été enregistrées ailleurs en Europe [soient] reconduits à la frontière allemande », une mesure réclamée par Horst Seehofer, mais que Mme Merkel refuse de prendre sans concertation avec ses partenaires, ce qui devait être au cœur des discussions du conseil européen, à Bruxelles, jeudi 28 et vendredi 29 juin.
« En trois ans, l’atmosphère a changé »
Présidente du conseil à l’intégration du Land de Brême, Libuse Cerna confirme cette tendance : « En trois ans, l’atmosphère a changé. En 2015, les gens étaient fiers d’accueillir et d’aider les réfugiés. Aujourd’hui,...




                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-13">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Emmanuel Macron a pris possession, mardi, de ce titre honorifique qui revient à tous les chefs d’Etat français.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
      

Le « moment particulier » du président devenu chanoine de Latran

Emmanuel Macron a pris possession, mardi, de ce titre honorifique qui revient à tous les chefs d’Etat français.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 11h18
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 11h28
    |

            Virginie Malingre (Rome, envoyée spéciale)








                        



   


Emmanuel Macron a été fait chanoine de Latran, mardi 26 juin. A l’occasion de sa visite au Vatican, le président de la République a pris possession de ce titre honorifique et laïc qui revient d’office à tous les présidents français mais que tous ses prédécesseurs ne sont pas allés chercher. Et la cérémonie, qui s’est tenue à la basilique papale de Saint-Jean-de-Latran, « mère de toutes les églises de la ville et du monde », peut-on lire sur sa façade, avait de quoi flatter le goût du président pour le sacré et la tradition.

        Lire aussi :
         

                Pourquoi le président français devient-il chanoine de Latran ?



Les orgues ont retenti, Emmanuel Macron a traversé d’un pas lent l’assemblée, entouré d’ecclésiastiques en robe mauve et blanc, avant d’aller s’asseoir devant l’autel. Notre Père en latin, chants liturgiques, bénédiction pour la France… Ce n’était pas une messe, a martelé l’Elysée, mais ça y ressemblait.
« Liberté de croire ou de ne pas croire »
C’est une tradition « aux racines lointaines et obscures », a expliqué M. Macron au moment des remerciements à Mgr Angelo De Donatis, l’archiprêtre qui a présidé à l’office. Une demi-heure plus tard, le président chanoine, qui reçoit la communauté catholique française dans le salon de l’Empereur, au premier étage de la basilique, a évoqué « ce moment un peu particulier » et en a profité pour parler de sa conception de la laïcité à la française.
« C’est parfois un mystère pour nos interlocuteurs étrangers. Nous en avons longuement parlé avec le pape, commence cet ancien élève d’un lycée jésuite d’Amiens. La laïcité à la française, la loi de 1905, ce n’est pas une lutte contre la religion. C’est une liberté de croire ou de ne pas croire. » Et d’ajouter à ceux qui pourraient être tentés de critiquer le protocole qui l’a fait chanoine : « Le lien particulier qu’a la France avec l’Eglise catholique est compatible avec cette cérémonie. »

        Lire aussi :
         

                Au Vatican, Macron et le pape font front uni face à la poussée populiste en Europe






                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-14">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez veut retirer sa médaille du Mérite à Antonio Gonzalez Pacheco, un agent franquiste particulièrement sadique, égratignant ainsi l’un des symboles de l’impunité accordée aux piliers de la dictature.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤                
                                    

« Billy el Niño », tortionnaire franquiste, pourrait (enfin) perdre ses privilèges


                      Le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez veut retirer sa médaille du Mérite à Antonio Gonzalez Pacheco, un agent franquiste particulièrement sadique, égratignant ainsi l’un des symboles de l’impunité accordée aux piliers de la dictature.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 08h45
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








   


Antonio González Pacheco est un petit vieillard qui vit dans un immeuble du centre de Madrid, en Espagne. C’est un septuagénaire qui court encore le marathon et cherche autant que possible à se maintenir loin des photographes et des caméras de télévision. C’est aussi et surtout un ancien inspecteur de la brigade politico-sociale, spécialisée naguère dans la répression contre les opposants au franquisme. Surnommé « Billy el Niño » (soit « Billy the Kid ») pour ses méthodes brutales, il réveille chez les anciens étudiants madrilènes qui ont lutté pour l’avènement de la démocratie des souvenirs douloureux de coups et de tortures, et provoque chez une partie des Espagnols un profond sentiment de dégoût.
Antonio González Pacheco, dont les victimes relatent le caractère sadique, les coups acharnés dans l’estomac et sur la plante des pieds, les simulations d’étouffement avec des serviettes mouillées, les cigarettes écrasées sur la tête et les humiliations physiques et psychologiques, a été jusqu’à présent un symbole : celui de l’impunité accordée aux piliers de la dictature lors de la transition démocratique.
Le chef de file du parti de la gauche radicale Podemos, Pablo Iglesias, avait versé des larmes au Parlement espagnol en relatant les actes de torture dénoncés par les victimes de «Billy el Niño».
Mais il pourrait devenir à présent l’un des emblèmes de la « régénération démocratique » que mène le nouveau gouvernement espagnol du socialiste Pedro Sánchez, qui a pris le pouvoir le 1er juin après une motion de censure contre le conservateur Mariano Rajoy. La première mesure du ministre de l’intérieur, l’ancien juge Fernando Grande-Marlaska, consiste à étudier la possibilité légale de lui retirer la médaille du Mérite qui lui a été attribuée en 1977, pour le priver de cet honneur et du principal bénéfice qu’il comporte : une majoration de 15 % de sa retraite. Le 10 mai, l’Association pour la récupération de la mémoire historique (ARMH) avait porté cette requête devant le Parlement espagnol, estimant que « les citoyens qui croient, pratiquent et défendent la démocratie » ne doivent pas « payer avec leurs impôts ce prix à un tortionnaire ». Le chef de file du parti de la gauche radicale Podemos, Pablo Iglesias, avait versé des larmes au Parlement espagnol en relatant les actes de torture dénoncés par ses victimes. Mais, en face, l’ancien ministre de l’intérieur du Parti populaire (PP), Juan Ignacio Zoido, avait expliqué que les actes dénoncés ne figurent dans aucun verdict judiciaire et qu’il n’avait reçu « aucune sollicitude officielle » du Parlement pour retirer l’insigne. Le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez a pour sa part décidé de reprendre le témoin, d’autant plus qu’il entend soigner l’image de l’Espagne, mise à mal par la crise catalane et les accusations de post-franquisme portées par les indépendantistes. L’exécutif espagnol vient d’ailleurs de frapper un grand coup, en annonçant sa volonté de retirer les restes du dictateur Franco de son mausolée près de Madrid.
Puni… d’une simple amende
Ce n’est pas la première fois que Billy el Niño revient sous les feux de l’actualité. En 2013, la justice argentine, qui a ouvert une enquête sur les assassinats et disparitions forcées durant la guerre d’Espagne (1936-1939) et le franquisme, a essayé de le juger pour treize délits de torture présumés commis entre 1971 et 1977, dans les bureaux de la direction générale de sécurité, situés alors sur la Puerta del Sol, au premier étage du bâtiment qui abrite actuellement le siège du gouvernement régional. Mais, en 2014, l’Audience nationale, le haut tribunal espagnol en charge notamment des faits de terrorisme et de crime organisé, avait refusé d’extrader l’ancien commissaire, estimant les faits prescrits.
Billy el Niño n’a jamais eu à payer pour ses tortures, à l’exception d’une amende pour les mauvais traitements infligés en 1974 à un journaliste. Au contraire. En 1977, il fut transféré à la Brigade centrale d’information où son travail contre le mouvement d’extrême gauche Grapo lui a valu sa médaille. Puis à la brigade antiterroriste, où les rumeurs l’associent aux groupes parapoliciers engagés dans la lutte contre les séparatistes basques d’ETA, tel que le Bataillon basque espagnol (BVE). En 1982, il a quitté la police pour devenir chef de sécurité dans des entreprises privées. Trente-cinq ans plus tard, l’Espagne lui demande des comptes.

        Lire aussi :
         

                Les papys du franquisme font de la résistance






<article-nb="2018/06/27/19-15">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Vents d’est sur l’Union (3/3). En Europe de l’Est, la crise migratoire de 2015 a provoqué un choc culturel, devenu hostilité quand l’UE a voulu imposer des quotas obligatoires.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Sur la route des Balkans, la bombe migratoire

Vents d’est sur l’Union (3/3). En Europe de l’Est, la crise migratoire de 2015 a provoqué un choc culturel, devenu hostilité quand l’UE a voulu imposer des quotas obligatoires.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 08h28
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 11h57
    |

            Sylvie Kauffmann (VARSOVIE, BUDAPEST, PRAGUE, BRATISLAVA, BRUXELLES - envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Il existe, au nord de Gdansk, sur la mer Baltique, un endroit idyllique : la presqu’île de Hel. Un banc de sable long d’une trentaine de kilomètres, composé de plages somptueuses de chaque côté. En ce week-end de juillet 2014, les familles polonaises y profitent de la mer et du soleil. Des enfants blonds à la peau dorée s’ébattent dans l’eau et jouent au cerf-volant sous les yeux attendris de leurs grands-parents, pendant que leurs parents déballent les victuailles du pique-nique préparé à la maison.
Pour le touriste ouest-européen présent sur la plage, ce spectacle a quelque chose d’inhabituel, un peu hors du temps. On ne comprend pas tout de suite pourquoi. Puis, en continuant à marcher et à regarder la répétition de ces images de bien-être dominical, on est frappé par le classicisme de ces familles traditionnelles, que l’on imagine difficilement recomposées ou homosexuelles, et surtout par l’absence totale de gens de couleur ou d’origines différentes. On se pince pour ne pas se croire dans un film des années 1950. Mais non, nous sommes bien en Pologne, Union européenne, au XXIe siècle. Comme les habitants de plusieurs autres pays postcommunistes de l’ancien bloc soviétique, les 38 millions de Polonais ont rejoint le monde libre de l’économie de marché depuis vingt-cinq ans. A certains égards cependant, comme celui de la diversité, la société est restée à l’écart des grandes évolutions européennes. C’est une disparité dont, en 2014, on est encore peu conscient, autant à l’Est qu’à l’Ouest. Sauf lorsqu’elle saute aux yeux, comme sur la presqu’île de Hel.

Quelques mois plus tard, au printemps 2015, cette disparité explose au visage des dirigeants de l’Union européenne. Loin de Hel, sur la rive sud de l’Europe, bordée par une autre mer, la Méditerranée, l’île italienne de Lampedusa accueille malgré elle une tout autre population, à un rythme qui s’accélère depuis un an. Chaque jour, des milliers de réfugiés arrivent de Syrie...




                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-16">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ François a rappelé au président français que « la vocation des gouvernants » est « de protéger les pauvres » au cours d’une visite chaleureuse.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 26/06/2018
Découvrir l’application


                        

Au Vatican, Macron et le pape font front uni face à la poussée populiste en Europe

François a rappelé au président français que « la vocation des gouvernants » est « de protéger les pauvres » au cours d’une visite chaleureuse.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 11h23
    |

            Virginie Malingre (Rome, envoyée spéciale)








                        



   


Faire front contre l’Italie de Matteo Salvini, le groupe de Visegrad et tous les pays européens qui tirent le Vieux Continent vers le repli sur soi. Avant le Conseil européen prévu jeudi 28 et vendredi 29 juin, le pape François et le président de la République, Emmanuel Macron, ont voulu se montrer unis face à la montée des populismes, même si les choses n’ont jamais été dites en ces termes.
Il y a eu les images d’abord. Le souverain pontife a accueilli son hôte au Vatican, mardi 26 juin, avec un sourire engageant, quand il avait réservé un visage plus fermé à François Hollande. A la fin de leur entrevue, Emmanuel Macron lui a pris le bras et les deux hommes se sont longuement étreints. La rencontre elle-même a duré cinquante-sept minutes, ce qui, pour les experts du Vatican, représente une performance, alors que le pape n’avait consacré que vingt-neuf minutes à Donald Trump et cinquante-deux minutes à Barack Obama.
« Il y a eu une réflexion commune sur les perspectives du projet européen », a commenté le Saint-Siège. « Nous avons évoqué la crise politique que traverse l’Europe, mais à aucun moment la situation spécifique de l’Italie n’a été abordée », a précisé M. Macron. Pas plus que celle de l’Allemagne ou le projet de loi asile et immigration en France, adopté en première lecture au Sénat ce même mardi et sans conteste contraire aux valeurs du pape argentin.

        Lire aussi :
         

                Le « moment particulier » du président devenu chanoine de Latran



Quatre concepts
Les élections italiennes et l’affaiblissement d’Angela Merkel sur la scène allemande ont fait converger les deux chefs d’Etat ces derniers jours. Si le pape François a souvent trouvé trop timide la réaction européenne face à l’afflux de migrants en 2015, le risque de voir l’Europe se diviser et se bloquer sous l’effet des souverainismes a pris le dessus. D’ailleurs, jeudi 21 juin, il avait rééquilibré son discours sur les migrants : « on doit », disait-il en rentrant de Suisse, mettre en œuvre quatre concepts, « accueillir, accompagner, organiser, intégrer », mais avec « la prudence » qui est la vertu du gouvernement.
Paris est ainsi devenu un allié naturel. Et puis Emmanuel Macron n’est pas arrivé les mains vides. A ce chef spirituel qui se veut détaché des biens matériels, il a offert une édition en italien de 1949 du Journal d’un curé de campagne, de Georges Bernanos, un écrivain très apprécié du pape. Mais surtout, le souverain pontife savait, quand le président est arrivé, que le cas du Lifeline et de ses 234 migrants, bloqué au large de Malte, était réglé.
La veille au soir, M. Macron avait eu une « visite privée » avec Giuseppe Conte, le président du conseil italien, au cours de laquelle des contacts ont été pris avec Berlin et La Valette qui ont permis de ne pas rééditer l’affaire de l’Aquarius. La France, comme cinq autres pays européens, accueillera une partie des migrants qui étaient sur le navire humanitaire.
« Aucun rapport de force »
Parmi les signaux adressés au Vatican, le chef de l’Etat français avait également choisi de prendre son petit déjeuner au palais Farnèse – l’ambassade – avec la communauté Sant’Egidio, qui organise des couloirs humanitaires pour les réfugiés syriens et irakiens. Il avait surtout invité Véronique Fayet à l’accompagner. La présidente du Secours catholique, qui a eu des mots très durs contre la politique du gouvernement dans le domaine de l’immigration, a même été la seule personnalité de la délégation à avoir été conviée à partager le Falcon présidentiel lundi. « Le président veut dépasser les tensions, non pas les masquer », commente l’avocat Jean-Pierre Mignard, qui était également du voyage.
« Le pape est un chef d’Etat différent, a commenté M. Macron. Mais sa plus grande singularité, c’est qu’il ne cherche aucun rapport de force. C’est très rare, je fais moi-même partie de ces jeux de rapport de force. » 
Pour autant, le souverain pontife n’hésite pas à faire passer des messages quand il le juge nécessaire. A son hôte français, il a offert un médaillon de saint Martin, ce légionnaire romain qui avait, selon la légende, divisé son manteau en deux pour donner la partie lui appartenant à un pauvre (l’autre moitié étant la propriété de Rome). Un symbole d’altruisme et de solidarité avec les plus faibles, pour un chef d’Etat parfois accusé d’être le « président des riches ». « C’est la vocation des gouvernants de protéger les pauvres, lui a fait remarquer le pape, avec un regard appuyé, en remettant son présent. Nous sommes tous pauvres. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-17">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Dans un rapport, la Cimade souligne la hausse en 2017 des « non-admissions » aux frontières en France : 85 408 contre 15 849 en 2015.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Migrants : « l’Europe s’enferme », selon la Cimade

Dans un rapport, la Cimade souligne la hausse en 2017 des « non-admissions » aux frontières en France : 85 408 contre 15 849 en 2015.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 05h22
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 10h10
   





                        



   


Le nombre de migrants refusés aux frontières françaises a bondi depuis 2015, notamment dans les Alpes, affirme, mercredi 27 juin, la Cimade qui s’est procurée des chiffres officiels. Dans un rapport, l’association dénonce ainsi « un détournement de la lutte antiterroriste pour contrôler la migration » au sein d’« une Europe qui s’enferme ».

        Lire l’éditorial du « Monde » :
         

          Accueil des migrants, l’honneur de la France est en jeu



Le nombre de « non-admissions » s’est élevé l’an dernier à 85 408, soit 34 % de plus qu’en 2016 (63 845 refus d’entrées), assure-t-elle sur la base des données de la police aux frontières. En 2015, année du rétablissement des contrôles aux frontières, 15 849 non-admissions avaient été prononcées.
L’essentiel de ces décisions pour 2017 concerne la frontière franco-italienne, avec 44 433 non-admissions dans les Alpes-Maritimes (+ 42 % en un an) où les migrants tentent de gagner l’Hexagone en passant par Vintimille. Dans les Hautes-Alpes, qui ont vu une route se développer via Briançon, elles ont bondi de 700 % à 1 899 au total l’an dernier.

        Lire le reportage :
         

          A la frontière franco-italienne, « il est illusoire de penser qu’on peut les empêcher de passer »



Un phénomène comparable est perceptible en Savoie (6 036) et en Haute-Savoie (2 074), mais aussi à la frontière franco-espagnole : dans les Pyrénées-Orientales, les refus d’entrée sont passés de 26 en 2015 à 4 411 en 2017.
La « politique du pire »
La France a réintroduit les contrôles à ses frontières intérieures après les attentats djihadistes du 13 novembre 2015, qui ont fait 130 morts, et les a depuis reconduits par période de six mois, rappelle la Cimade.
Mais pour l’association, il y a là un « détournement de la lutte antiterroriste », puisque « le rétablissement des contrôles aux frontières a principalement permis une augmentation de pratiques existantes liées aux contrôles migratoires bien plus que l’identification ou l’interdiction d’entrée de personnes suspectées de terrorisme ».
Les plus concernés par les non-admissions l’an dernier ont été les Soudanais (11 000) suivis des Guinéens (5 900), des Marocains (5 372) et des Ivoiriens (5 205). La Cimade s’inquiète aussi de voir que parmi les personnes à qui la France a refusé l’accès se trouvaient, en 2017, 17 036 mineurs – dont 13 500 dans les Alpes-Maritimes.

        Lire aussi :
         

          Quelle prise en charge pour les mineurs sans papiers en France ?



Le rapport, publié à la veille d’un sommet difficile sur les questions migratoires qui divisent l’Union européenne, s’inquiète de la « politique du pire » et de la « compétition entre Etats » où chacun veut « dissuader les personnes migrantes d’entrer sur son territoire national ».




                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-18">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Le processus ne sera pas lancé avant les élections européennes de mai 2019. Plusieurs conditions ont été posées aux deux candidats par Bruxelles.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 26/06/2018
Découvrir l’application


                        

L’UE donne son accord, sous conditions, au processus d’adhésion de l’Albanie et de la Macédoine

Le processus ne sera pas lancé avant les élections européennes de mai 2019. Plusieurs conditions ont été posées aux deux candidats par Bruxelles.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 22h55
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 12h16
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


La France a obtenu ce qu’elle voulait. Si l’Union européenne (UE) s’est engagée, mardi 26 juin à Luxembourg, à ouvrir un processus officiel d’adhésion de l’Albanie et de la Macédoine, cela ne se fera pas avant les élections européennes de mai 2019. Et pas avant que les deux pays aient progressé dans leur lutte contre la criminalité et la corruption, ainsi que dans l’amélioration du fonctionnement de leurs systèmes judiciaires.
« Nous avons choisi une voie réaliste étant donné que les questions liées à l’élargissement sont délicates dans de nombreux pays », a affirmé Frans Timmermans, le premier vice-président de la Commission européenne. La décision officielle d’ouverture des négociations se fera sur la base d’une évaluation par la Commission et un entérinement, à la fin de 2019, par une conférence intergouvernementale qui devra se prononcer à l’unanimité des Vingt-Sept – le Royaume-Uni aura normalement quitté l’Union. C’est alors seulement que pourra être ouverte la négociation sur les trente-cinq chapitres de « l’acquis communautaire », le corpus qui contient les droits et les obligations des Etats membres.
Pour Paris, en tout cas, il n’était pas question que ce sujet de l’élargissement, très controversé dans l’Hexagone, fasse perdre des points au président Emmanuel Macron. Les Pays-Bas, où l’opinion se montre également hostile à tout élargissement – notamment à la Turquie –, ont appuyé la position française. D’où le climat très tendu dans lequel s’est déroulée la réunion des ministres des affaires européennes et la « naissance difficile », selon la formule du ministre allemand, Michael Roth, d’un consensus. Le ministre luxembourgeois, Jean Asselborn, a joué les médiateurs pour éviter l’étalement de nouvelles divisions européennes et forcer une négociation de dix heures.
« Nous devons prendre nos responsabilités. Je considère que ce serait une faute politique de ne pas prendre une décision claire et nette aujourd’hui », avait déclaré M. Asselborn, soulignant qu’un signal négatif de l’Union risquait de compromettre le tout récent accord « historique » entre Skopje et Athènes sur le nom de la Macédoine. Jusqu’ici uniquement reconnu sous le nom « d’ancienne République yougoslave de Macédoine » du fait de l’opposition grecque, le pays devrait être prochainement renommé « Macédoine du Nord ».
L’accord doit toutefois être d’abord entériné par un référendum au résultat incertain, compte tenu de l’opposition du camp nationaliste. Or si le gouvernement macédonien ne parvient pas à faire passer la révision constitutionnelle, « l’invitation de l’OTAN [sera] annulée et les négociations avec l’UE ne [bougeront] pas », a prévenu le premier ministre grec, Alexis Tsipras.
« Des efforts énormes »
Reste la question posée par la France et les Pays-Bas : la simple allusion à un éventuel feu vert pour de nouvelles adhésions qui créerait une Europe à vingt-neuf membres ne risque-t-elle pas d’alimenter davantage le discours populiste ? En France, en tout cas, la droite a jusqu’à présent été plutôt hostile à tout élargissement et tout le débat sur le travail détaché a montré que l’opinion publique n’a pas encore complètement digéré les élargissements précédents. Ces vagues, mal préparées, ont, de l’avis de beaucoup, contribué à bien des difficultés que connaît aujourd’hui l’Union.
Paris résiste depuis plusieurs années déjà aux tentatives d’élargissement, considérant qu’à vingt-huit, l’Europe est déjà largement ingouvernable. M. Macron a réclamé, par ailleurs, une réforme de la Commission, suggérant que le nombre de ses commissaires (un par pays) devait être réduit. « Je ne défendrai un prochain élargissement que lorsque il y aura un approfondissement et une amélioration de notre Europe », avait affirmé le président en avril, à Strasbourg. L’idée d’une réduction du nombre des commissaires a été reprise ensuite par la chancelière Merkel.
« Nous devons reconnaître que l’Albanie et la Macédoine ont accompli des efforts énormes. J’appelle la France et les Pays-Bas à faire preuve de bonne volonté (…). La stabilité, la paix et la démocratie dans les Balkans occidentaux sont un enjeu crucial pour nous tous », avait cependant insisté le ministre allemand des affaires européennes avant la réunion de Luxembourg. Berlin, comme beaucoup d’autres capitales, plaide pour le processus d’adhésion qu’elle voit comme un facteur de stabilisation pour une région restée fragile après les guerres en ex-Yougoslavie, dans les années 1990. Une région soumise, par ailleurs, aux influences contradictoires de la Russie, des Etats du Golfe et de la Turquie.
Cette dernière ne devrait d’ailleurs pas tarder à se manifester : le président Recep Tayyip Erdogan, réélu dimanche, a confirmé, en février, qu’il réclamait une « pleine adhésion » à l’Europe. Il ne verra sans doute pas d’un bon œil ce nouveau signal adressé aux Balkans alors que le processus d’adhésion de la Serbie et du Monténégro se poursuit – il a été ouvert en 2012 – et qu’une « perspective » est désormais offerte aux Albanais et aux Macédoniens, tandis que l’Europe propose, au mieux, un « partenariat » ou une « coopération » à son pays.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-19">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Saisi par des militants portant secours aux migrants, le Conseil doit se prononcer sur la constitutionnalité de cet article de loi qui fait débat.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Le Conseil constitutionnel appelé à se prononcer sur le « délit de solidarité »

Saisi par des militants portant secours aux migrants, le Conseil doit se prononcer sur la constitutionnalité de cet article de loi qui fait débat.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 16h19
   





                        



   


De toutes les questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) sur lesquelles le Conseil est saisi, celle-ci est particulièrement attendue. Dans un contexte où l’Union européenne se divise sur le sujet de la politique migratoire, le Conseil constitutionnel devra se prononcer sur le « délit de solidarité », cet article du code de l’entrée et du séjour des étrangers qui punit l’aide au séjour irrégulier.
Auditionnés mardi 26 juin, des défenseurs de militants portant secours aux migrants à la frontière franco-italienne ont demandé au Conseil constitutionnel d’abolir ce « délit de solidarité » au nom du principe de fraternité. « Les libertés fondamentales ne sont pas au service des garde-barrières », ont-ils témoigné.
« Que devient un pays, que devient une culture, une langue quand on peut y parler de “délit d’hospitalité” ? », a attaqué Patrice Spinosi, l’avocat de Cédric Herrou, agriculteur devenu le symbole de la défense des migrants de la vallée de la Roya, et de Pierre-Alain Mannoni, un autre militant, citant le philosophe Jacques Derrida.

        Lire aussi :
         

                Ce que Jacques Derrida pensait du « délit d’hospitalité » en 1996



Le débat reste brûlant au lendemain d’un mini-sommet destiné à aplanir les tensions entre Européens sur la question migratoire, après la crise de l’Aquarius, un navire humanitaire qui a erré des jours en mer avec 630 migrants à bord face au refus de l’Italie et Malte d’ouvrir leurs ports, avant d’accoster, finalement, en Espagne.

        Lire aussi :
         

                Immigration : qu’est-ce que le « délit de solidarité » ?



« Ce délit n’est pas digne de notre droit »
En France, des voix se sont élevées jusque dans la majorité pour déplorer que le gouvernement n’ait pas proposé d’accueillir le bateau, passé près des côtes corses. Face aux « sages » du Conseil constitutionnel, les défenseurs des militants jonglent entre principes et jurisprudence, à quelque distance du terrain politique. « Ce délit de solidarité n’est pas digne de notre droit. Aider de manière totalement désintéressée des hommes démunis ne devrait pas être passible de poursuites » dans un pays où le principe de fraternité est intégré à la devise de la République, a plaidé Me Spinosi.
Ses clients ont été condamnés en 2017 par la cour d’appel d’Aix-en-Provence pour aide au séjour irrégulier : Cédric Herrou à quatre mois de prison avec sursis pour avoir fait passer la frontière à environ 200 migrants et Pierre-Alain Mannoni à deux mois avec sursis, pour avoir accompagné à une gare trois Erythréennes.
Ils attaquent deux articles du code de l’entrée et du séjour des étrangers : l’article 622-1 punit l’aide au séjour irrégulier, tandis que l’article 622-4 précise que cette aide ne peut donner lieu à des poursuites lorsqu’elle est le fait de la famille ou « de toute personne physique ou morale, lorsque l’acte reproché n’a donné lieu à aucune contrepartie directe ou indirecte ».
Le texte précise que cette aide autorisée consiste « à fournir des conseils juridiques ou des prestations de restauration, d’hébergement ou de soins médicaux destinés à assurer des conditions de vie dignes et décentes à l’étranger, ou bien tout autre aide visant à préserver la dignité ou l’intégrité physique de celui-ci ».

        Lire aussi le portrait :
         

          Cédric Herrou, défi de solidarité



Le gouvernement souhaite son maintien
Sans surprise, le représentant du premier ministre a appelé à juger ces articles « conformes à la Constitution ». Dans le projet de loi asile et immigration, adopté en avril à l’Assemblée nationale, le « délit de solidarité » a été assoupli, avec l’exemption de sanctions pour les militants qui apporteraient des soins, un hébergement et de la nourriture aux migrants sans qu’il y ait de contrepartie lucrative. Encore « très insuffisant » pour les défenseurs des droits de l’homme.
« La volonté a été de supprimer le délit de solidarité. Mais le législateur, constate Me Spinosi, n’a pas réussi à poser cette ligne de démarcation pourtant simple entre l’action de passeurs qu’il faut évidement réprimer et celle d’humanistes désintéressés. »
« Liberté, égalité, fraternité : ce sont des mots que nous avons appris à ânonner en les lisant sur le fronton des écoles », a rappelé Me Henri Leclerc, qui défend des militants qui encourent « dix ans de prison » pour avoir aidé des migrants et dont le procès à Gap a été suspendu dans l’attente de la décision du Conseil constitutionnel.
Le pénaliste mène la charge, enrôlant le penseur de la démocratie moderne Alexis de Tocqueville : « Quand je refuse d’obéir à une loi injuste, je ne dénie point à la majorité le droit de commander, j’en appelle à la souveraineté du genre humain. » « Vous avez la possibilité, dit-il aux membres du Conseil, de faire en sorte que ceux qui tendent la main puissent continuer à le faire. Rassurez-vous, ils ne seront pas très nombreux ». La décision du Conseil est attendue le 6 juillet.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/27/19-20">
<filnamedate="20180627"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180627"><AAMMJJHH="2018062719">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Le navire humanitaire bloqué en mer avec 233 migrants devrait finalement accoster à Malte. Le président français accuse l’ONG allemande de « faire le jeu des passeurs ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 26/06/2018
Découvrir l’application


                        

« Lifeline » : la France accueillera une partie des migrants, mais Macron critique l’ONG

Le navire humanitaire bloqué en mer avec 233 migrants devrait finalement accoster à Malte. Le président français accuse l’ONG allemande de « faire le jeu des passeurs ».



Le Monde
 |    26.06.2018 à 14h34
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 07h29
   





                        



   


La France sera un des six pays européens à accueillir des migrants qui se trouvent sur le navire humanitaire Lifeline, bloqué au large de Malte, a annoncé, mardi 26 juin, le président français, Emmanuel Macron, dans la foulée des gouvernements italien et portuguais, qui s’y sont eux aussi engagés plus tôt dans la journée.
Mais le chef de l’Etat a également formulé des critiques à l’encontre de l’ONG allemande.
Le navire pourra accoster à Malte
Le navire humanitaire, qui attendait depuis une semaine un port pour l’accueillir, pourra, finalement, accoster à Malte, a annoncé le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte. « Je viens d’avoir le premier ministre [maltais] Muscat au téléphone : le navire de l’ONG Lifeline accostera à Malte », a-t-il déclaré à la mi-journée, sans préciser quand le navire serait autorisé à accoster.
Le gouvernement maltais a, pour sa part, annoncé que si le Lifeline entrait à Malte, il enquêterait et prendrait des mesures contre le navire « qui a ignoré les instructions données conformément aux règles internationales par les autorités italiennes ». Epousant la ligne dure représentée par son ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, chef de la Ligue (extrême droite), M. Conte a lui aussi annoncé que le Lifeline serait « soumis à une enquête pour s’assurer de sa nationalité et du respect des règles du droit international de la part de son équipage ».
Le Lifeline est un navire d’une trentaine de mètres de long de l’ONG allemande du même nom mais il bat pavillon néerlandais. A bord, les migrants enduraient mardi la chaleur et des conditions sanitaires qui n’ont cessé de se dégrader depuis qu’ils ont été recueillis mercredi. « Il n’y a pas de toilette chimique, [seulement] trois petits W.-C. en mauvais état que tout le monde utilise, décrit le quotidien italien La Repubblica. Le commandant du navire a ouvert ses toilettes mais seulement pour les 44 femmes et les enfants et il faut faire une longue queue. »
France, Italie et Portugal prêts à accueillir des migrants
La France sera l’un des six pays européens à accueillir les migrants du navire humanitaire, a annoncé Emmanuel Macron en fin de journée. Il s’agira de « quelques dizaines d’individus par pays » d’accueil, a-t-il précisé lors d’une conférence de presse, à l’issue de sa visite au pape François.
Avant lui, le gouvernement portugais s’était dit prêt à accueillir une partie des migrants qui se trouvent à bord du Lifeline. Le ministre de l’intérieur, Eduardo Cabrita, a déclaré que le nombre de personnes que son pays pourrait accueillir restait « à définir ». Alors que l’Union européenne est dans l’impasse pour réformer son système commun d’asile, le Portugal a plusieurs fois affiché son ouverture à l’accueil de migrants et de réfugiés.
« De manière cohérente avec le principe clé de notre proposition sur l’immigration selon laquelle qui débarque sur les côtes italiennes, espagnoles, grecques ou maltaises débarque en Europe, l’Italie fera sa part et accueillera une partie des migrants qui sont à bord du Lifeline », a indiqué de son côté le chef du gouvernement italien.

        Lire aussi :
         

                Sommet sur les migrants à Bruxelles : des dirigeants européens « satisfaits » mais sans conclusion commune



Pour Macron, l’ONG « a agi contre toutes les règles »
Emmanuel Macron a adressé de vives critiques à l’ONG allemande Lifeline, lui reprochant de « faire le jeu des passeurs ». Pour lui, l’ONG « a coupé le signal et elle est intervenue en contravention de toutes les règles et des garde-côtes libyens » ; elle « fait le jeu des passeurs », un reproche selon lui « indicible dans l’émotion collective ».
Le président français rejoint ainsi certaines des critiques du gouvernement italien sur le rôle des ONG en Méditerranée. Et de poursuivre :
« On ne peut pas accepter durablement cette situation car au nom de l’humanitaire cela veut dire qu’il n’y plus aucun contrôle. A la fin on fait le jeu des passeurs en réduisant le coût du passage pour les passeurs. C’est d’un cynisme terrible »
Il a aussi rappelé que l’Europe veut « renforcer sa coopération avec les garde-côtes » libyens pour « limiter les mouvements » de migrants car, selon lui, « la capacité à fermer cette route est la plus efficace et aussi la plus humaine ».
« L’Europe peut prendre sa part mais elle ne peut pas prendre plus que sa part », a-t-il poursuivi. « Cette jeunesse part car elle n’a plus d’espoir ». « Nous serons là pour être à la hauteur de nos principes mais sans dire que tout est possible et que l’Europe est un nouvel eldorado ».
Malte refuse l’Aquarius
Petite île méditerranéenne d’à peine plus de 400 000 habitants, Malte a, en revanche, refusé d’ouvrir ses ports au navire humanitaire Aquarius, pourtant sans migrant à son bord, selon l’ONG SOS Méditerranée. L’Aquarius a donc mis le cap sur Marseille pour une escale technique qu’il doit effectuer dans les prochains jours.

        Lire aussi :
         

                Malte refuse d’accueillir l’« Aquarius », qui fera une escale technique à Marseille







                            


                        

                        

