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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Les partis de droite néerlandais ont permis l’adoption mercredi par le Sénat d’un projet de loi anti-niqab d’abord proposé par le dirigeant d’extrême droite Geert Wilders.
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Les Pays-Bas veulent sanctionner, prudemment, le port du voile intégral

Les partis de droite néerlandais ont permis l’adoption mercredi par le Sénat d’un projet de loi anti-niqab d’abord proposé par le dirigeant d’extrême droite Geert Wilders.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 18h29
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



   


Ce sera peut-être sa seule vraie victoire politique : en 2005, le député Geert Wilders déposait, à la chambre des députés de La Haye, une proposition pour interdire le port du niqab et de la burqa dans l’espace public aux Pays-Bas. Il aura fallu treize ans (4 571 jours très exactement) et cinq gouvernements successifs pour que cette « loi Wilders » soit finalement votée par les deux assemblées.
Le Sénat l’a définitivement adoptée mardi 28 juin, à l’issue d’un vote droite contre gauche. L’un des partis de la majorité actuelle, D66 (centristes réformateurs), a continué de s’opposer au texte, alors même que celle qui sera chargée de surveiller son application, la ministre de la justice, Kajsa Ollongren, appartient à cette formation.
« Hypocrite », « lâche », « inutile »… on aura tout dit de ce texte dont le dirigeant d’extrême droite lui-même n’imaginait pas qu’il serait approuvé, notamment par le parti libéral du premier ministre Mark Rutte. Approuvé, mais nuancé, il n’aurait rien à voir, paraît-il, avec la religion mais ne viserait qu’à faciliter l’intégration des femmes et la communication dans l’espace public. Pour éviter toute critique sur le thème de la liberté religieuse – très chère à la société néerlandaise – la loi précisera que le port de la… cagoule et du casque intégral est également interdit dans les transports publics, les écoles, les hôpitaux et les bâtiments publics.
Un texte qui ne changera « pas grand-chose »
Même si six partis ont fini par rallier la proposition du PVV de M. Wilders, ils voulaient absolument éviter de focaliser les discussions sur l’islam. Un ancien ministre de la justice a toutefois osé affirmer que « la liberté religieuse doit pouvoir être limitée dans l’intérêt général ». Et le sénateur indépendant Henk ten Hoeve a bien résumé la situation en déclarant que le texte ne changerait « pas grand-chose » dans la pratique, mais délivrait le message qu’« une certaine forme de l’islam ne cadre pas avec notre société, car elle a un rôle perturbateur ».
Combien de femmes sont concernées ? Quatre cents, selon une estimation du gouvernement. Il reste cependant à savoir comment s’appliquera la législation. Les exemples français, belge ou danois ont montré la difficulté d’appliquer d’éventuelles sanctions.
La ministre néerlandaise de la justice entend, semble-t-il, demander aux institutions de régler elle-même le problème. Elle veut permettre à celles qui portent le voile intégral de « s’adapter », la police ne devant, selon Mme Ollongren, n’intervenir qu’en cas d’« escalade ». Les personnels des chemins de fer, des écoles ou du secteur de la santé seront, en tout cas, formés en quelques semaines et les usagers « informés », promet l’administration.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ L’homme fort de la Cyrénaïque a décidé de transférer la gestion du Croissant pétrolier aux autorités de Benghazi, rivales du gouvernement de Tripoli.
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Décryptage

En Libye, le maréchal Haftar relance la bataille du pétrole

L’homme fort de la Cyrénaïque a décidé de transférer la gestion du Croissant pétrolier aux autorités de Benghazi, rivales du gouvernement de Tripoli.

Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
              datetime="2018-06-27T18:29:09+02:00"

        Le 27.06.2018 à 18h29






                        

Crédits : Stringer . / REUTERS


                    

Une nouvelle fois, la bataille autour du pétrole menace de faire dérailler la recherche d’une solution politique en Libye, sept ans après l’insurrection anti-Kadhafi de 2011. Lundi 25 juin, le porte-parole de l’Armée nationale libyenne (ANL), commandée par le maréchal Khalifa Haftar, a annoncé que la gestion du Croissant pétrolier, principale plate-forme d’exportation du brut, relèverait désormais des autorités de Benghazi (est) et non plus de Tripoli (ouest).

Une telle décision constitue un revers pour le dialogue qui semblait s’esquisser dans le sillage de la « feuille de route » agréée fin mai à Paris, sous l’égide d’Emmanuel Macron, par les protagonistes de la crise libyenne. En approfondissant la fracture entre l’est et l’ouest, le défi lancé par l’homme fort de la Cyrénaïque hypothèque ce processus politique censé aboutir à des élections présidentielle et législatives avant le 10 décembre.
Deux compagnies pétrolières rivales
L’annonce du camp de Haftar survient quelques jours après la reconquête par l’ANL du Croissant pétrolier, arc de terminaux en bordure du golfe de Syrte où transitent près de 60 % des exportations de pétrole libyen. La zone avait été attaquée le 14 juin par la milice du très controversé Ibrahim Jadhran, ancien protecteur du lieu (en sa qualité d’ex-chef de la branche locale de la Garde des installations pétrolières) qui en avait été délogé par Haftar en septembre 2016. Depuis lors, Jadhran, qui avait imposé un blocus du Croissant pétrolier quand il le contrôlait – afin d’exercer un chantage sur Tripoli –, avait tenté à plusieurs reprises de reprendre ses positions perdues. Il avait mené ses contre-attaques avec le soutien de groupes armés anti-Haftar. A chaque fois, il avait été repoussé.

Sa dernière tentative a toutefois conduit l’ANL de Haftar à durcir son attitude. Après sa première conquête du Croissant en 2016, le maréchal avait permis à la Compagnie nationale de pétrole (NOC), basée à Tripoli,...



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Amnesty, la Cimade, Médecins du monde, Médecins sans frontières, le Secours catholique et l’Anafé avaient déployé une vingtaine d’observateurs durant quarante-huit heures à la frontière franco-italienne.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Les droits des migrants ne sont pas respectés à la frontière franco-italienne, selon six ONG

Amnesty, la Cimade, Médecins du monde, Médecins sans frontières, le Secours catholique et l’Anafé avaient déployé une vingtaine d’observateurs durant quarante-huit heures à la frontière franco-italienne.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 18h02
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 18h32
   





                        



   


Refoulement illégal de mineurs, privation de liberté prolongée, impossibilité de demander l’asile… les droits des migrants ne sont toujours pas respectés par la France près de Vintimille, ont déploré mercredi 27 juin six ONG, après une nouvelle mission d’observation du 24 au 26 juin.
Amnesty, la Cimade, Médecins du monde, Médecins sans frontières, le Secours catholique et l’Anafé avaient déployé une vingtaine d’observateurs durant quarante-huit heures à la frontière franco-italienne, où la préfecture des Alpes-Maritimes assure que tout est fait dans le respect de la légalité.
Selon ces ONG, en réalité, « le rétablissement des contrôles à la frontière depuis 2015 est devenu le prétexte à la banalisation de nombreuses pratiques illégales de la part des autorités françaises, malgré les interventions de la justice et de nombreuses autorités indépendantes ».

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« Pratiques illégales généralisées »
Ainsi, en deux jours, elles ont vu des migrants enfermés dans un local de la police aux frontières de Menton jusqu’à quatorze heures d’affilée avant leur reconduite en Italie, « dépassant largement la durée de quatre heures jugée admissible par le Conseil d’Etat en juillet 2017 », selon leur communiqué.
« Les forces de police n’ont pas pris en compte la minorité de 11 jeunes personnes, qui ont été refoulées illégalement vers l’Italie et ont ensuite été raccompagnées par les forces de police italienne en France », ajoutent-elles.
Elles ont aussi constaté « des contrôles au faciès », pourtant prohibés, dans les trains en provenance de Vintimille et « le refoulement de 157 personnes en Italie sans possibilité de demander l’asile ou que leur situation individuelle soit étudiée, alors que ces pratiques ont été jugées illégales par le tribunal administratif de Nice ».
Renvoyant dos à dos les gouvernements italien et français, à la veille d’un sommet européen, ces associations ont appelé Rome à « cesser la surenchère verbale contre les migrants et à ne pas renoncer aux valeurs d’hospitalité de l’Italie » et Paris à « porter un coup d’arrêt aux pratiques illégales généralisées qui se produisent à la frontière ».

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Une nouvelle militante féministe, l’universitaire Hatoon Al-Fassi, a été arrêtée, alors que les Saoudiennes viennent d’obtenir le droit de conduire.
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édition abonné


Le pouvoir saoudien accroît la pression sur les défenseurs des droits des femmes

Une nouvelle militante féministe, l’universitaire Hatoon Al-Fassi, a été arrêtée, alors que les Saoudiennes viennent d’obtenir le droit de conduire.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 17h21
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 17h48
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            

L’universitaire saoudienne Hatoon Al-Fassi est la nouvelle victime de la campagne menée par les autorités de Riyad pour bâillonner les défenseurs des droits des femmes dans le royaume. Plusieurs figures de ce mouvement ont annoncé, mercredi 27 juin, l’arrestation de cette quinquagénaire, à la pointe de la revendication féministe en Arabie saoudite.
L’annonce, qui survient trois jours après l’entrée en vigueur du décret autorisant les Saoudiennes à conduire, contredit à nouveau le message de modération et d’ouverture porté par le prince héritier, Mohammed Ben Salman, dit « MBS », l’homme fort de la monarchie. A la mi-mai, six femmes et quatre hommes, très impliqués dans la lutte pour lever l’interdiction faite aux femmes de prendre le volant, avaient déjà été arrêtés, semant la consternation parmi les observateurs du royaume.
Pour la couronne saoudienne, le choix d’emprisonner ces militants, qualifiés de « traîtres » dans les médias locaux, au moment même où ils obtiennent gain de cause, répond à un double objectif : d’une part apaiser les milieux ultraconservateurs, qui voient d’un mauvais œil le programme de réformes de MBS ; et d’autre part dissuader les féministes saoudiennes de poursuivre leurs combats.
« Un état de peur permanent »
« Le pouvoir veut maintenir les militants dans un état de peur permanent, dit Yahya Assiri, membre de l’ONG de défense des droits de l’homme ALQST, basé à Londres. Aujourd’hui, Hatoon est arrêtée, demain, ce pourrait être eux. Tout est fait pour que l’on renonce à demander de nouveaux droits, comme l’abolition de la tutelle », ce système qui fait des femmes d’éternelles mineures, soumises à l’autorité d’un tuteur masculin (père, mari ou frère).
Professeure d’histoire à l’université du roi Saoud, à Riyad, Hatoon Al-Fassi a été particulièrement active dans le mouvement pour autoriser les Saoudiennes à voter aux élections municipales, un droit qui leur a été accordé en 2015. Elle était...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ En gagnant les primaires démocrates à New York face à un baron du parti, l’ex-serveuse de 28 ans, née dans le Bronx, concentre les espoirs de la presse libérale.
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Etats-Unis : Alexandria Ocasio-Cortez, novice en politique et figure émergente des anti-Trump

En gagnant les primaires démocrates à New York face à un baron du parti, l’ex-serveuse de 28 ans, née dans le Bronx, concentre les espoirs de la presse libérale.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 17h16
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 17h55
    |

                            Simon Auffret








                        



   


C’est le type de victoire politique dont la presse américaine se délecte. Alexandria Ocasio-Cortez, 28 ans, latino-américaine du Bronx a remporté, mardi 26 juin, les primaires démocrates de la 14e circonscription de New York face au très installé Joseph Crowley, 56 ans, élu à la Chambre des représentants depuis 1999.
« Un renversement titanesque », titre CNN dès l’annonce des résultats, quand le New York Times décrit la nouvelle candidate aux élections de mi-mandat, en novembre, comme une « tueuse de géants ».
« C’est une candidate issue de la minorité dans une circonscription constituée majoritairement de minorités », souligne sur CNN le journaliste Harry Enten : les importantes communautés afro-américaines, asiatiques et latino-américaines du quartier ont été séduites par le discours militant d’Alexandria Ocasio-Cortez, membre des socialistes démocrates américains, née d’une mère portoricaine et d’un père du Bronx.
En doublant l’un des parlementaires les plus progressistes du congrès par sa gauche, l’ancienne serveuse – dont la photo apparaît encore sur le site de son dernier employeur, un bar à cocktails de Manhattan – s’inscrit pleinement dans les divisions internes au Parti démocrate, vives entre Bernie Sanders et Hillary Clinton lors de la présidentielle de 2016.
Assurance santé accessible à tous, aides à l’accès à l’université, développement de l’emploi public, abolition de l’agence d’immigration : toutes les thématiques de campagne d’Alexandria Ocasio-Cortez rappellent celles du sénateur du Vermont, dont elle a organisé une partie de la campagne à New York.
« Elle pourrait être le futur du Parti démocrate »
Dans cette circonscription de 600 000 habitants reliant City Island au Sunny Side new-yorkais, celle qui pourrait devenir la plus jeune élue à la Chambre des représentants aurait « réalisé le plus grand retournement des primaires démocrates depuis des années », note le site d’information Mother Jones. « Elle pourrait être le futur du Parti démocrate », pariait déjà, dans un portrait de la candidate en campagne, le magazine Vogue. La chaîne conservatrice Fox News note de son côté l’apparition, rare, d’une figure rattachée au socialisme dans le paysage politique américain.
Face à Joseph Cowley, alors annoncé comme le futur président de la chambre des représentants en cas d’alternance, Alexandria Ocasio-Cortez a surtout tiré tous les leviers d’une opposition sans compromis face à Donald Trump : le 24 juin, elle se présente par exemple devant un centre de détention pour enfants migrants, près de la frontière mexicaine, et interpelle devant les caméras les officiers de l’autre côté des grilles, visiblement embarrassés.

   


Dans une vidéo de promotion vue par plus de trois millions de personnes, elle développe son opposition entre les classes moyennes inférieures et le monde des affaires : « Nous avons les gens, ils ont l’argent », lâche la démocrate, très présente sur les réseaux sociaux, où elle apparaît fréquemment prise en photo dans les rues de sa circonscription.
Joseph Cowley lui a rapidement accordé son soutien, dans la soirée du 26 juin. Le président Donald Trump en a, lui, profité pour commenter la défaite de l’un de ses plus virulents opposants dans un des tweets narquois dont il a le secret : « Peut-être aurait-il dû être plus sympathique, et montrer plus de respect à son président ! »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Un supporteur a tenté d’embrasser une journaliste brésilienne qui était en direct à la télévision, durant la Coupe du monde. Cette séquence a fait remonter une campagne en ligne dans laquelle d’autres journalistes s’engagent contre le machisme.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Le conglomérat américain a annoncé, mardi, la vente de ses divisions santé et services parapétroliers. Il se recentre sur les moteurs d’avion, les centrales électriques et les énergies renouvelables.
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Les actionnaires obtiennent le démantèlement de General Electric

Le conglomérat américain a annoncé, mardi, la vente de ses divisions santé et services parapétroliers. Il se recentre sur les moteurs d’avion, les centrales électriques et les énergies renouvelables.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 15h54
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 17h22
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



   


Les dinosaures industriels meurent aussi. Il y a quelques années, qui aurait prédit que General Electric (GE), entreprise phare de Wall Street et fierté du made in America, devrait se recentrer sur trois métiers seulement : les moteurs d’avion, les turbines de centrales électriques et les énergies renouvelables ? C’est bien cette stratégie d’attrition qu’a annoncée son PDG, John Flannery, mardi 26 juin, lors d’une conférence téléphonique, confirmant une tendance engagée depuis sa nomination expresse, en août 2017, après l’éviction de Jeffrey Immelt, en poste depuis 2001.
Pourquoi ne conserver que ces activités ? « Leur modèle économique est très similaire, a-t-il répondu. Ce sont des produits de haute technologie très différenciés, leur base d’installation est vaste et nécessite des contrats de services à long terme. » Ces trois métiers devront gagner en indépendance par rapport au siège de Boston, pour leur stratégie et son exécution, a-t-il indiqué. Cette décentralisation est, selon lui, essentielle à la relance d’un géant aux pratiques managériales trop lourdes.
Pour la France, cette stratégie n’est pas indifférente. GE y emploie 16 000 salariés (sur un total de 300 000 dans 130 pays) dans les secteurs de l’énergie (11 000), la santé, l’aviation et depuis peu le numérique. Et si les énergies renouvelables, notamment l’éolien, ont le vent en poupe, l’activité des turbines de grande puissance fabriquées à l’usine de Belfort est en berne, faute de commandes des groupes d’électricité. Non seulement GE ne parviendra pas à créer les 1 000 emplois nets à fin 2018 promis lors de l’acquisition d’Alstom Energie en 2015, mais une menace pèse sur les autres branches.

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Chaque entité doit retrouver le chemin des profits
Les actionnaires, notamment l’activiste Nelson Peltz, fondateur du fonds Trian Partners, qui a investi 2,5 milliards de dollars (2,1 milliards d’euros) dans GE, sont arrivés à leurs fins. Ils avaient déjà obtenu le départ précipité de M. Immelt. Depuis, ils exercent une pression de tous les instants sur son successeur pour qu’il découpe le conglomérat et que chaque entité retrouve le chemin des profits et leurs actionnaires les dividendes d’antan. Petits et gros porteurs s’inquiètent, en effet, de l’évaporation en un an de 50 % de la capitalisation boursière, tombée à 111 milliards de dollars. La perte de plus de 6 milliards en 2017 avait obligé GE à réduire son dividende.
L’entreprise va opérer un « spin off » de sa division médicale (IRM, scanner, échographes, thérapie cellulaire…), dont la valeur est estimée entre 65 et 70 milliards de dollars (dette comprise). Après l’aéronautique, qui reste dans le giron du conglomérat de Boston, GE Healthcare est l’activité la plus rentable. Une part de 20 % sera mise sur le marché et 80 % du capital redistribués aux actionnaires. Pour son patron, Kieran Murphy, cette indépendance donnera plus de flexibilité dans une activité sans cesse bouleversée par l’innovation. Siemens a fait de même, en mars. L’introduction en Bourse de son activité médicale, en concurrence frontale avec GE, a été la deuxième plus grosse opération de ces quinze dernières années en Allemagne. Et s’est soldée par un bon parcours boursier.

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Par ailleurs, M. Flannery a confirmé la vente, dans les deux ou trois prochaines années, des 62,5 % détenus dans Baker Hughes, le troisième parapétrolier américain valorisé 23 milliards de dollars. Acquise en 2016, quand les cours du pétrole commençaient à se redresser, la société de Houston n’a pas dégagé les résultats attendus et, surtout, n’est plus dans le cœur de métier de GE. L’activité énergie d’Alstom demeure en revanche stratégique, même si M. Flannery a jugé l’acquisition « très décevante » sur un marché des centrales électriques déprimé.
Gagner en efficacité
Enfin, le groupe vient d’annoncer la cession de sa filiale dans les gros moteurs industriels et finalise celle de sa division locomotives de fret, une de ses premières activités avec les ampoules. L’attrition se poursuit, mais GE devrait ainsi alléger sa dette de 25 milliards de dollars. Depuis le début des années 2010, GE a vendu l’essentiel du mammouth financier GE Capital (banque, assurance, prêts…) bâti dans les années 1980-1990 par Jack Welch, les médias (NBC Universal) à l’américain Comcast, une partie des systèmes d’éclairage et les plastiques, l’électroménager (GE Appliance) au chinois Haier, l’assainissement d’eau (GE Water) à Suez, l’activité « solutions industrielles » à l’helvético-suédois ABB.
Finies, donc, les stratégies d’acquisitions de l’« ère Welch » et même de l’« ère Immelt ». Au terme de ces cessions, le chiffre d’affaires de GE sera deux fois moins important qu’il y a dix ans. Redimensionné, il doit gagner en efficacité. M. Flannery a annoncé, mardi, une nouvelle fonction pour un administrateur arrivé début 2018, Larry Culp. L’ex-PDG du groupe industriel Danaher, qu’il a piloté d’une main de maître durant quatorze ans, supervisera l’amélioration attendue de la performance opérationnelle de GE.
« C’est un jour à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire de General Electric », a indiqué M. Flannery. Si l’on veut ! Car il faisait ces annonces le jour même où l’entreprise était exclue du Dow Jones Industrial Average, le prestigieux indice de Wall Street dont elle était membre depuis sa création en 1896. GE ne fait plus partie du club fermé des trente sociétés censées représenter l’économie des Etats-Unis. Le symbole d’une modification en profondeur de l’industrie américaine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Deux personnes ont été tuées par l’explosion d’un engin non identifié lors d’un meeting du chef de l’Etat, en pleine campagne électorale.
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Compte rendu

Attentat au Zimbabwe : le président Mnangagwa accuse les partisans de Grace Mugabe

Deux personnes ont été tuées par l’explosion d’un engin non identifié lors d’un meeting du chef de l’Etat, en pleine campagne électorale.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-06-27T15:08:58+02:00"

        Le 27.06.2018 à 15h08






    
Le président zimbabwéen, Emmerson Mnangag, en meeting électoral à Bulawayo, dans le sud du pays, juste avant l’attentat, le 23 juin 2018.
Crédits : ZINYANGE AUNTONY / AFP


Le chef de l’Etat zimbabwéen, Emmerson Mnangagwa, a accusé les partisans de l’ancienne première dame, Grace Mugabe, d’avoir fomenté l’attentat dont il est sorti indemne, ce week-end, en pleine campagne électorale pour la présidentielle du 30 juillet. Samedi 23 juin, deux personnes ont été tuées et des dizaines blessées lors de l’explosion d’un engin non identifié à la fin d’un discours prononcé par M. Mnangagwa devant des milliers de ses partisans réunis dans un stade de Bulawayo (sud). L’attentat n’a pas été revendiqué.



« Il s’agit d’une action politique de la part de personnes qui sont mécontentes de l’actuel gouvernement démocratique du pays », a estimé M. Mnangagwa dans une interview à la BBC diffusée mercredi. « Mon intuition, sans avoir de preuve, est que les personnes qui sont mécontentes du nouveau gouvernement sont le G40 », a-t-il poursuivi, en référence au groupe Génération 40, une faction au sein du parti au pouvoir, la ZANU-PF, favorable à Grace Mugabe. « C’est la conclusion logique et raisonnable qu’on peut tirer », a estimé M. Mnangagwa, promettant de « traquer ces criminels ». « Une fois qu’on les aura arrêtés, on pourra déterminer l’étendue de leur réseau », a-t-il encore précisé.
Fantasque et autoritaire Grace Mugabe
M. Mnangagwa a succédé en novembre 2017 au président Robert Mugabe, contraint de démissionner après trente-sept ans au pouvoir. M. Mugabe s’est résigné à quitter le pouvoir après avoir été lâché par l’armée et son parti, la ZANU-PF, au pouvoir depuis l’indépendance en 1980.
Quelques jours avant l’intervention de l’armée, Grace Mugabe avait obtenu de son mari qu’il démette de ses fonctions de vice-président M. Mnangagwa, dauphin de longue date du chef de l’Etat, mais devenu un encombrant adversaire pour l’ambitieuse première dame. C’est pour empêcher la fantasque et autoritaire Grace Mugabe de prendre, le moment venu, la succession de son mari nonagénaire que l’armée avait décidé d’agir.

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« Comment pourrais-je faire confiance [à Grace Mugabe], une personne qui a été utilisée par une cabale pour dire des choses sans fondement ? », a lancé M. Mnangagwa dans son interview à la BBC. « J’ai de la compassion pour elle, a-t-il toutefois ajouté. Parce qu’à mon avis, elle était politiquement immature […], elle a été utilisée par ceux qui voulaient se débarrasser de moi. »
Le Zimbabwe est appelé à élire le 30 juillet son président et ses députés, les premiers scrutins depuis la chute de M. Mugabe. Agé de 75 ans, M. Mnangagwa est donné grand favori de la présidentielle.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Le conflit, dont le premier enjeu est l’accès aux terres fertiles, prend une tournure ethnique et religieuse, opposant Peuls musulmans et Berom chrétiens.
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Compte rendu

Plus de 200 morts dans des affrontements entre éleveurs et agriculteurs au Nigeria

Le conflit, dont le premier enjeu est l’accès aux terres fertiles, prend une tournure ethnique et religieuse, opposant Peuls musulmans et Berom chrétiens.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-06-27T14:45:56+02:00"

        Le 27.06.2018 à 14h45






    
Un jeune vacher dans l’Etat de Nasarawa, dans le centre du Nigeria, en janvier 2018.
Crédits : PIUS UTOMI EKPEI / AFP


Les violences entre éleveurs peuls (musulmans) et agriculteurs berom (chrétiens) qui ont éclaté au cours du week-end dans le centre du Nigeria ont fait « plus de 200 morts », selon le gouverneur de l’Etat du Plateau, Simon Bako Lalong. Une escalade meurtrière qui est « allée trop loin », selon de nombreux observateurs.
Dans un discours publié mercredi 27 juin et adressé au président Muhammadu Buhari, M. Lalong a dit regretter la « perte douloureuse de plus de 200 personnes », tuées par des membres présumés de l’ethnie peule : un chiffre bien supérieur aux 86 morts précédemment annoncés par les forces de police locales.

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Le week-end a été particulièrement sanglant : en représailles, des jeunes de l’ethnie berom ont élevé des barricades sur la route entre Jos et Abuja, la capitale fédérale, attaquant tous ceux qui avaient « l’air peul ou musulman », d’après des témoins. Au moins six personnes ont été tuées, selon l’un d’eux.
Récupérations à des fins politiques
Le gouverneur de l’Etat du Plateau recevait mardi le président Buhari, fortement critiqué depuis plusieurs mois pour son inaction face à la crise qui cristallise toutes les tensions dans le pays. M. Buhari, ancien général originaire du nord du pays, a rejeté toutes les accusations selon lesquelles il soutenait la communauté peule et musulmane et a déployé l’armée et des forces de sécurité supplémentaires dans la zone.
Le président Buhari a déclaré mardi que son « administration avait eu des succès notables dans le secteur de la sécurité ». Mais force est de constater que le Nigeria, géant de 192 millions d’habitants, est en proie à de nombreux conflits et que la situation sécuritaire s’est aggravée au cours des trois dernières années.

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« Ces tueries sont allées trop loin », alertait mercredi le journal local Business Day, qui appelait le chef de l’Etat à démissionner : « Si le président ne peut garantir la sécurité à ses citoyens […] il devrait quitter ses fonctions, peut-on lire dans le quotidien. Dans une telle situation, il ne devrait même pas aborder le sujet de sa réélection. »
Les prochaines élections générales et présidentielle se tiendront en février 2019. Beaucoup s’inquiètent des récupérations de groupes criminels à des fins politiques, mais aussi de la tournure ethnique et religieuse que prend ce conflit, dont le premier enjeu est l’accès aux terres fertiles.
Pillage, banditisme et contrebande
Historiquement, l’Etat du Plateau est l’une des zones explosives entre chrétiens et musulmans, qui représentent environ chacun la moitié de la population nigériane. Le gouverneur, au pouvoir depuis trois ans, était parvenu jusqu’à présent à maintenir une paix relative. Il s’inquiète désormais « des attaques répétées qui donnent l’occasion à des éléments criminels engagés dans le vol de bétail, le pillage, le banditisme ou la contrebande d’armes de commettre ces crimes parmi les citoyens » du Plateau.
De pareils groupes ont fait des dizaines de morts et ont kidnappé des dizaines de personnes en échange de rançons dans les Etats de Kaduna ou Zamfara. Des milliers de personnes vivent terrées chez elles depuis des semaines ou ont dû quitter leur foyer, craignant ces groupes meurtriers. Selon M. Lalong, les dernières attaques ont été menées avec « des armes sophistiquées » : « Cela nécessite une réponse digne de celle dont nous usons dans le conflit contre Boko Haram », a-t-il déclaré.



Selon un rapport de septembre 2017 de l’International Crisis Group, plus de 2 500 personnes ont ainsi été tuées en 2016. Ces chiffres devraient être largement dépassés pour l’année en cours.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ La procédure d’examen de la plainte de Doha contre les Emirats, l’Arabie saoudite, Bahreïn et l’Egypte, qui l’ont ostracisé depuis un an, démarre mercredi à La Haye.
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Le conflit entre le Qatar et ses voisins devant la Cour internationale de justice

La procédure d’examen de la plainte de Doha contre les Emirats, l’Arabie saoudite, Bahreïn et l’Egypte, qui l’ont ostracisé depuis un an, démarre mercredi à La Haye.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 13h57
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 15h17
   





                        



   


Tous les efforts diplomatiques, notamment ceux du Koweït et des Etats-Unis, ayant échoué, le conflit entre le Qatar et ses voisins se retrouve devant la Cour internationale de justice (CIJ).
Depuis le 5 juin 2017, les Emirats, l’Arabie saoudite, Bahreïn et l’Egypte ont coupé tous leurs liens avec le Qatar, en l’accusant de soutenir des mouvements « terroristes », de se rapprocher de l’Iran et de saper la stabilité de la région. La seule frontière terrestre de la petite nation péninsulaire avait alors été fermée, sa compagnie aérienne publique interdite d’emprunter l’espace aérien des pays voisins, et ses citoyens expulsés de ces mêmes pays.
Demande de compensations financières
Le Qatar a donc saisi la CIJ, mercredi 27 juin, et lui demande d’ordonner aux Emirats « de suspendre et d’abroger immédiatement les mesures discriminatoires actuellement en vigueur », « de condamner publiquement la discrimination raciale à l’égard » des Qataris et de les rétablir « dans leurs droits ». Rejetant les accusations de soutien au terrorisme, il dénonce un « blocus » aérien, maritime et terrestre, ainsi que l’expulsion de ses citoyens par les autres pays. Il exige aussi des compensations financières de la part d’Abou Dhabi pour le préjudice qu’il estime avoir subi.

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« Les EAU ont entretenu un tel environnement de haine contre le Qatar et les Qataris que des personnes aux EAU ont peur ne serait-ce que de parler à des membres de leur famille vivant au Qatar », a déclaré l’avocat du Qatar, Mohammed Abdulaziz Al-Khulaifi, devant la cour de La Haye.
En réponse, les EAU, l’Arabie saoudite, Bahreïn et l’Egypte vont eux aussi déposer plainte devant la CIJ, ont-ils annoncé, mercredi, selon des médias officiels. Ils reprochent au Qatar une violation de leur espace aérien, menaçant le trafic de l’aviation civile.
Une cour sans moyens coercitifs
Des responsables émiratis ont accusé le Qatar d’envoyer des avions de chasse pour intercepter des vols commerciaux et un hélicoptère civil émiratis dans l’espace aérien bahreïni, ce que Doha a démenti.
La procédure lancée par le Qatar a démarré mercredi, et durera trois jours. La date d’examen de la nouvelle plainte issue des autres pays n’est, en revanche, pas encore connue. La CIJ juge les différends entre Etats mais ne dispose pas de moyens coercitifs pour faire appliquer ses décisions.
Le différend remet en cause l’existence même du Conseil de coopération du Golfe qui regroupe depuis 1981 les six pétromonarchies arabes de la région.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Le premier ministre maltais a confirmé que le navire humanitaire, bloqué en mer depuis une semaine avec 233 migrants, allait être autorisé à accoster sur l’île.
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Migrants : le navire « Lifeline » attendu à Malte dans la soirée

Le premier ministre maltais a confirmé que le navire humanitaire, bloqué en mer depuis une semaine avec 233 migrants, allait être autorisé à accoster sur l’île.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 13h42
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 15h38
   





                        



Est-ce la fin d’une longue et difficile attente pour le Lifeline ? Le premier ministre maltais Joseph Muscat a annoncé, mercredi 27 juin, que le navire humanitaire avec 233 migrants à son bord allait être autorisé à accoster sur l’île. « Je pense que le navire va rejoindre nos côtes ce soir », a précisé M. Muscat lors d’une conférence de presse, mettant ainsi un terme à une odyssée de près d’une semaine.
« Des procédures d’identification et de redistribution des personnes parmi les Etats membres [de l’UE] seront engagées en garantissant les soins médicaux nécessaires », a poursuivi M. Muscat. Au total, huit pays européens devraient accueillir les migrants recueillis il y a une semaine par le navire : Malte, l’Italie, la France, l’Espagne, le Portugal, le Luxembourg, la Belgique et les Pays-Bas.

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Le navire sera mis sous séquestre
Le premier ministre maltais a précisé que le navire serait mis sous séquestre à son arrivée pour les besoins de l’enquête, estimant que son capitaine « a violé les lois internationales ». « La situation a été causée par les décisions du capitaine du navire qui a agi contre les lois internationales et ignoré les directives des autorités italiennes, a assuré M. Muscat. Le Lifeline sera retenu pour lancer les enquêtes nécessaires selon les lois internationales et nationales. »
L’opération de sauvetage réalisée par le Lifeline n’a pas été diligentée par le Centre de coordination des recherches de Rome (MRCC), comme le prévoit la procédure ordinaire. Mais l’ONG allemande a répondu aux critiques par le biais d’un communiqué publié mercredi matin. « Le seul ordre auquel le bateau a refusé d’obéir est celui de remettre ces personnes [les migrants] aux prétendus garde-côtes libyens, car cela aurait été en contravention avec la convention de Genève sur les réfugiés et donc criminel », a expliqué Lifeline. Selon elle, obéir à l’ordre reçu de « désembarquer à Tripoli aurait constitué une violation du principe de non-refoulement ».
Le navire, battant pavillon néerlandais, était en quête d’un port d’accueil depuis six jours en Méditerranée. Malgré un accord entre plusieurs pays européens, annoncé mardi par l’Italie et la France, il restait jusqu’ici bloqué dans les eaux internationales. Le navire avait renouvelé dans la nuit sa demande d’entrer à Malte et avait fait savoir que « de nombreuses personnes à bord souffrent de mal de mer » et que trois se trouvent dans son hôpital.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Deux militants condamnés pour avoir secouru des migrants ont déposé une question prioritaire de constitutionnalité pour protester contre la répression de l’aide au séjour.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Le gouvernement conservateur polonais a annoncé que les peines de prison prévues pour quiconque incriminerait l’Etat ou la nation polonaise pour les crimes nazis seraient supprimées, après que le texte a été vivement critiqué.
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La Pologne recule sur sa loi controversée sur la Shoah

Le gouvernement conservateur polonais a annoncé que les peines de prison prévues pour quiconque incriminerait l’Etat ou la nation polonaise pour les crimes nazis seraient supprimées, après que le texte a été vivement critiqué.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 13h01
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 15h55
    |

                            Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance)








                        



   


En un temps record de deux heures, le Parlement polonais a amendé, mercredi 27 juin en fin de matinée, la loi controversée sur l’Institut de la mémoire nationale (IPN) qui pénalisait « l’attribution à la nation ou à l’Etat polonais, en dépit des faits, de crimes contre l’humanité », dans le contexte de la seconde guerre mondiale. Ce texte, censé défendre la « réputation de la Pologne », avait été adopté début février. Il était perçu comme une entorse à la liberté d’expression face aux faits historiques qui attribuent à une partie des populations locales une participation à la Shoah, et avait provoqué une crise diplomatique aiguë avec Israël et les Etats-Unis.
La proposition d’amendement a été mise inopinément à l’ordre du jour de la session de la Diète, la Chambre basse du Parlement polonais, tôt dans la matinée, à l’initiative du premier ministre, Mateusz Morawiecki. « Nous voulons apporter une correction en nous retirant de la partie de la loi qui prévoit des poursuites pénales, qui pourraient détourner l’attention de l’objectif premier de la loi », expliquait le chef de chancellerie du premier ministre, Michal Dworczyk.
« Nous prenons en compte le contexte international »
« Notre but fondamental est la lutte pour la vérité au sujet de la seconde guerre mondiale, une vérité qui a souvent fait l’objet de mensonges, a pour sa part argumenté, devant les députés, le premier ministre, Mateusz Morawiecki. Ceux qui disent que la Pologne pourrait être responsable des crimes de la deuxième guerre mondiale méritent des peines de prison. Mais nous agissons dans un contexte international et nous le prenons en compte. »
À 388 voix pour, 25 contre et 5 abstentions, les députés ont ainsi supprimé les articles qui prévoyaient notamment des peines jusqu’à trois ans d’emprisonnement pour l’évocation publique « de responsabilité ou de coresponsabilité » de Polonais dans « les crimes du IIIe Reich allemand », « indépendamment de la législation en vigueur sur le lieu du délit ».

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Le vote s’est déroulé dans une atmosphère houleuse. Un député d’extrême droite a bloqué la tribune de l’Hémicycle, accusant la majorité ultraconservatrice du PiS (Droit et justice) de « ramper devant les milieux juifs. » Tous les amendements de l’opposition ont été rejetés, et cette dernière a dénoncé un passage en force.
« Commande politique »
« Il est dommage qu’un projet de loi aussi important soit passé en urgence comme une commande politique, au lieu de susciter un vrai débat transpartisan, s’indigne Borys Budka, député de la Plate-forme civique (PO, centre droit). Malheureusement, le mal est fait. Il faudra des années pour reconstruire la réputation de la Pologne sur la scène internationale. Pourquoi le ministère de la justice à l’origine du texte, qui a provoqué la plus grave crise diplomatique depuis 1989, n’est pas mis devant ses responsabilités ? »

        Lire l’édito du « Monde » :
         

          Un regrettable projet de loi en Pologne



Il est vrai que la Pologne s’est retrouvée sous une pression diplomatique considérable d’Israël, mais aussi des Etats-Unis, que Varsovie considère comme le premier garant de sa sécurité. Le département d’Etat américain avait laissé entendre officieusement qu’aucun contact diplomatique au plus haut niveau ne serait entretenu tant que la loi mémorielle sur la Shoah resterait sous sa forme actuelle. Le président Andrzej Duda, en visite aux Etats-Unis en mai, s’était ainsi retrouvé persona non grata à la Maison Blanche, une première depuis la chute du communisme.

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En Israël, le centre Yad Vashem pour le souvenir de l’Holocauste s’est félicité de l’évolution du texte, estimant qu’il s’agissait d’un « développement positif ». 
« Nous estimons que la bonne manière de combattre les déformations historiques est de renforcer la recherche, ouverte et libre, et les actions pédagogiques », ajoute le centre Yad Vashem.
La porte-parole du gouvernement, Joanna Kopcinska, a pour sa part minimisé la portée de l’amendement. Selon elle, « ce qui est dans la loi suffit pour combattre efficacement le mensonge et pour punir ceux qui iront à l’encontre de la vérité historique ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Depuis une semaine, le navire humanitaire était bloqué en mer avec 233 migrants à son bord. Il devrait finalement accoster à Malte.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Si les arrivées reculent, l’UE n’a pas surmonté tous les défis liés à l’afflux record de migrants de 2015.
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édition abonné


Intégrer, expulser : les deux pôles de la politique migratoire européenne

Si les arrivées reculent, l’UE n’a pas surmonté tous les défis liés à l’afflux record de migrants de 2015.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 12h17
    |

            Jean-Baptiste Chastand (avec nos correspondants)








                        



                                


                            

Une nouvelle fois, l’immigration sera au cœur des discussions d’un Conseil européen. Après des semaines de tensions déclenchées par l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir en Italie, les vingt-huit chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne (UE) devraient débattre pendant de longues heures, jeudi 28 et vendredi 29 juin, de la façon de stopper les flux de migrants vers le Vieux Continent. Pourtant, si l’Europe a vécu, entre 2014 et 2017, le plus grand afflux migratoire depuis la seconde guerre mondiale, le nombre d’arrivées a considérablement chuté depuis l’été 2017. Loin des saillies médiatiques du ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, le principal enjeu migratoire pour les pays européens est désormais de gérer les centaines de milliers de migrants arrivés ces dernières années.

Deux objectifs sont largement partagés : intégrer le plus vite possible les personnes autorisées à rester, et expulser les déboutées tout aussi rapidement. Le premier des deux sujets devrait pourtant à peine être abordé à Bruxelles. Est-ce un signe qu’il est finalement assez peu problématique ? Le rapport annuel sur les perspectives des migrations internationales, rendu public par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le 20 juin, s’est de facto voulu plutôt rassurant. Selon l’OCDE, les quatre millions de demandeurs d’asile arrivés entre 2014 et 2017 devraient déclencher un accroissement d’à peine 0,3 % de la population européenne en âge de travailler, à l’horizon 2020.
Manque de données pour la France
Principal pays d’accueil d’Europe, actuellement en situation de plein-emploi, l’Allemagne verrait le nombre de ses chômeurs légèrement augmenter d’ici à 2020. L’Agence fédérale de l’emploi allemande a révélé, mi-juin, qu’unquart du million et demi de réfugiés arrivés depuis 2015 ont déjà trouvé un emploi. « C’est un chiffre très satisfaisant », a commenté Detlef Scheele, le directeur de l’agence.
Fortes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Une simple réunion d’experts se tient au Quai d’Orsay sur une des plus graves crises humanitaires, selon l’ONU.
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édition abonné


A Paris, une conférence « a minima » sur le Yémen

Une simple réunion d’experts se tient au Quai d’Orsay sur une des plus graves crises humanitaires, selon l’ONU.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 12h12
    |

            Louis Imbert et 
Marc Semo








                        



                                


                            

L’annonce d’une conférence internationale sur la situation humanitaire au Yémen avait été faite solennellement par le président Emmanuel Macron, le 10 avril, aux côtés du prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salman, lors de sa visite en France. Paris entendait peser d’une façon singulière sur la résolution de ce conflit, dans lequel Riyad s’est engagé en mars 2015 contre la rébellion houthiste, alliée à l’Iran, et où le royaume se trouve embourbé depuis trois ans.
Deux mois plus tard, il ne reste plus grand-chose de cette initiative franco-saoudienne organisée par Paris. Aucune « conférence » des ministres des affaires étrangères ne se sera tenue le 27 juin au Quai d’Orsay, mais une simple réunion d’experts internationaux et de diplomates, dont la diversité masque mal l’agenda réduit. Parmi les participants, des représentants des membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, les organisations humanitaires des Nations unies, l’Union européenne, la Ligue arabe et des pays membres de la coalition saoudienne, ainsi que le gouvernement yéménite en exil à Riyad. Ni la rébellion houthiste ni son allié iranien ne sont représentés.
« L’objectif est avant tout humanitaire, et il ne faut pas de mélange des genres », explique une source diplomatique. Pour Paris, la priorité est de proposer des mesures techniques pour alléger le sort des quelque 20 millions de Yéménites qui ont besoin d’une aide humanitaire – soit l’immense majorité de la population – et dont plus de 8 millions sont menacés de famine, selon les Nations unies. Les autorités françaises envisagent encore de tenir, après l’étape préparatoire du 27 juin, une conférence politique plus ambitieuse, sans avancer de date.
« La position française est claire : plein soutien à la sécurité de l’Arabie saoudite, condamnation de l’activité balistique venant des houthistes [dont les missiles visent régulièrement le territoire saoudien], volonté de trouver une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Editorial. Alors qu’une partie de la droite allemande regarde davantage vers les « démocraties illibérales », la chancelière incarne une autre Europe.
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Bien que conservatrice, Merkel a toujours su éviter la politique du pire

Editorial. Alors qu’une partie de la droite allemande regarde davantage vers les « démocraties illibérales », la chancelière incarne une autre Europe.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 11h59
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 16h16
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Angela Merkel laisse volontiers aux autres les mots qui frappent et les phrases qui claquent. Ce fut le cas lors du sommet franco-allemand de Meseberg, près de Berlin, le 19 juin. Ce jour-là, selon une répartition des rôles qui commence à devenir habituelle, ce n’est pas elle mais Emmanuel Macron qui a trouvé les formules destinées à marquer les esprits : « Ce sommet intervient à un moment de vérité pour l’Europe, a déclaré le président français. C’est aujourd’hui un vrai choix de société qui est en discussion, un choix de civilisation entre ceux qui disent que l’Europe est bonne à détricoter et ceux qui croient – comme nous – que nous pouvons faire avancer l’Europe en la rendant plus souveraine et plus unie. »

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Ces mots, Mme Merkel aurait pu les reprendre tels quels pour les appliquer à son propre pays. Car l’Allemagne, ces jours-ci, est bel et bien à un « moment de vérité ». Les yeux rivés sur les élections régionales du 14 octobre, les conservateurs bavarois de la CSU cherchent à imposer à la chancelière une batterie de mesures qui, si elles étaient appliquées, reviendraient quasiment à fermer le pays aux demandeurs d’asile.
« L’islam ne fait pas partie de l’Allemagne »
Mais leur projet politique va au-delà. En janvier, le chef de file des députés CSU au Bundestag a prôné l’avènement d’une « révolution conservatrice », expression chère à l’extrême droite allemande depuis l’entre-deux-guerres. Depuis, le chef du gouvernement bavarois a imposé l’accrochage de crucifix dans tous les bâtiments publics du Land. Quant à Horst Seehofer, le président de la CSU, il a déclaré dans sa première interview en tant que ministre fédéral de l’intérieur, en mars, que « l’islam ne fait pas partie de l’Allemagne ».

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Les choses sont aujourd’hui très claires. Une partie de la droite allemande regarde davantage vers Vienne, Budapest ou Rome que vers Paris ou Bruxelles. Ses alliés s’appellent Viktor Orban, le premier ministre hongrois, et Sebastian Kurz, son homologue autrichien, à la tête d’une coalition avec l’extrême droite. Son idéal est celui d’une Europe blanche, chrétienne et refermée sur elle-même. Le modèle vers lequel elle lorgne est celui de ces régimes d’un nouveau type, les « démocraties illibérales ».
Les apprentis sorciers de la CSU
Mme Merkel, elle, incarne une autre Europe. Elevée à l’est du rideau de fer, elle connaît trop le prix de la liberté pour pouvoir accepter que des murs ne s’élèvent à nouveau sur le continent européen. Bien que conservatrice et peu visionnaire, elle a toujours su, aux heures décisives, éviter la politique du pire.
En juillet 2015, elle a finalement fait le choix d’un compromis avec la France permettant d’éviter un « Grexit », une sortie de la Grèce de la zone euro. Deux mois plus tard, elle a refusé de fermer les frontières de l’Allemagne, au moment où des centaines de milliers de réfugiés fuyant le Moyen-Orient en guerre arrivaient par la route des Balkans. Dans les deux cas, l’aile dure de sa majorité le lui a reproché. Mais elle a tenu bon.

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Face aux apprentis sorciers de la CSU, mais soutenue par la majorité de l’opinion, la chancelière allemande doit, aujourd’hui encore, ne pas céder. Usée comme jamais, fragilisée comme elle l’a rarement été au cours de sa longue carrière, elle est un rempart à la tête d’un pays qui ne peut basculer à son tour dans le populisme et le nationalisme, à moins d’enterrer définitivement le rêve européen. Quelle que soit l’importance des élections bavaroises, ce n’est pas à Munich que se décide l’avenir de l’Europe.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Mariée de force à 16 ans, Noura Hussein avait tué son époux alors qu’il tentait de la violer, selon la défense. Sa peine a été commuée en appel à cinq ans de prison.
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Compte rendu

Peine de mort annulée pour une jeune Soudanaise

Mariée de force à 16 ans, Noura Hussein avait tué son époux alors qu’il tentait de la violer, selon la défense. Sa peine a été commuée en appel à cinq ans de prison.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 27.06.2018 à 11h48

     •
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        Mis à jour le 27.06.2018 à 16h17






    
La jeune Soudanaise Noura Hussein. Source : compte twitter d’Amnesty International.
Crédits : Amnesty International


Une cour d’appel a annulé, mardi 26 juin, la sentence de mort contre une jeune Soudanaise condamnée pour avoir tué son mari qu’elle accuse de l’avoir violée, a annoncé son avocat. En mai, un tribunal soudanais avait condamné à mort Noura Hussein, reconnue coupable du « meurtre intentionnel » de l’homme que son père l’avait forcée à épouser à l’âge de 16 ans et qui, selon elle, l’avait violée.

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La condamnation à mort de la jeune femme, aujourd’hui âgée de 19 ans, a déclenché l’indignation internationale, notamment de l’ONU et de groupes de défense des droits humains. Son avocat, Al-Fateh Hussein, avait interjeté appel de cette décision.
Poignardé à mort
« La cour d’appel a annulé la sentence de mort et a condamné la [jeune femme] à cinq ans de prison » et à une amende de 337 500 livres soudanaises (16 000 euros), a précisé mardi M. Hussein à l’AFP. La peine de prison court depuis la date de son arrestation, en mai 2017.
Des militants avaient lancé une campagne intitulée « Justice pour Noura » après sa condamnation à mort. Selon Amnesty International, Noura Hussein a été mariée de force à l’âge de 16 ans. Lorsqu’elle a refusé de consommer le mariage, en mai 2017, son mari a appelé deux de ses frères et un cousin pour qu’ils l’aident à la violer. Quand il a essayé de la violer une deuxième fois, elle l’a poignardé à mort, selon l’ONG.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ La fermeture des ports italiens, imposée par Matteo Salvini, entrave l’action des bateaux affrétés par les ONG.
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Crise migratoire : les navires de sauvetage acculés en Méditerranée

La fermeture des ports italiens, imposée par Matteo Salvini, entrave l’action des bateaux affrétés par les ONG.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 11h42
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 13h41
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        


Plus de deux semaines après la décision italienne d’interdire l’accès de ses ports aux ONG opérant des secours de migrants en Méditerranée, la confusion reste totale dans le canal de Sicile. Les 234 migrants à bord du navire de l’organisation humanitaire allemande Lifeline, qui devaient rejoindre Malte pour y être débarqués au terme d’un accord avec divers pays européens – dont la France, qui s’est engagée à accueillir une partie des demandeurs d’asile –, restent bloqués en mer, dans des conditions de plus en plus difficiles.
Naviguant jusqu’ici dans les eaux internationales, le navire a finalement été autorisé a accoster à Malte mercredi soir, a affirmé le premier ministre maltais Joseph Muscat. Le gouvernement maltais avait fait savoir auparavant que si le Lifeline arrivait sur l’île, il enquêterait et prendrait des mesures contre le navire « qui a ignoré les instructions données conformément aux règles internationales par les autorités italiennes ».
Menacés de poursuites par le gouvernement italien, les membres de cette ONG allemande ont été attaqués de toutes parts ces derniers jours. Interrogé sur le sujet mardi, en marge de sa visite au Vatican, le président français, Emmanuel Macron, a vivement critiqué l’action de Lifeline, qui, selon lui, « fait le jeu des passeurs ». Un reproche « indicible dans l’émotion collective ».

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Apparue à l’automne 2017, cette ONG allemande très militante s’est trouvée confrontée, dès sa première opération de secours, aux gardes-côtes libyens, qui, après un échange très tendu, sont même brièvement montés à bord de leur bateau. L’organisation est accusée de ne pas s’en tenir au code de conduite imposé aux ONG par le précédent ministre de l’intérieur italien, Marco Minniti.
De fait, l’opération au cours de laquelle le Lifeline a secouru les 234 migrants n’était pas diligentée par le Centre de coordination des recherches de Rome (MRCC), comme le prévoit la procédure ordinaire. « Le seul ordre auquel le bateau a refusé d’obéir est celui de remettre ces personnes aux prétendus garde-côtes libyens car cela aurait été en contravention avec la Convention de Genève sur les réfugiés et donc criminel, » a régi l’ONG dans un communiqué mercredi matin. Selon elle, obéir à l’ordre reçu de « désembarquer à Tripoli aurait constitué une violation du principe de non-refoulement ».
« Climat pas favorable aux ONG »
Dans le même temps, l’Aquarius, affrété par SOS Méditerranée et Médecins sans frontières, qui demandait à s’arrêter à Malte le temps d’une pause technique après son passage forcé à Valence, s’est vu refuser, sans explication, l’autorisation de faire escale. Préférant éviter d’accoster à Catane, son port d’attache habituel, l’Aquarius a annoncé mardi qu’il devait se diriger vers Marseille, où il devrait arriver vendredi. « Le climat n’est pas du tout favorable aux ONG », a déclaré son directeur des opérations, Frédéric Penard, lors d’une conférence de presse.
Les autorités italiennes ont tout de même fini par accepter, lundi soir, que les 108 migrants secourus en mer par le porte-conteneurs Alexander-Maersk soient débarqués dans le port de Pozzallo (sud de la Sicile), après plusieurs jours d’atermoiements. Ce navire commercial danois, qui s’était dérouté, vendredi 22 juin, afin de porter assistance à des migrants en détresse sur les instructions du MRCC de Rome, en respectant donc parfaitement les procédures, aura dû patienter plus de quatre jours au large des côtes siciliennes avant d’être autorisé à accoster, démontrant bien malgré lui toute l’absurdité de la situation.
Bien sûr, le surcoût engendré par ces cinq journées perdues en mer sera sans doute couvert par les assurances, mais les navires commerciaux, très souvent mis à contribution depuis que la plupart des ONG ont été éloignées de la zone, supporteront-ils longtemps de se trouver pris en otage par les gesticulations du gouvernement italien ?
« Rhétorique de la torture »
Responsables des secours dans la zone du canal de Sicile, les autorités maritimes italiennes semblent vouloir tout mettre en œuvre pour se soustraire à leurs obligations. Le vice-premier ministre et ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini (Ligue, extrême droite), l’a clairement affirmé lundi, à son retour de Libye, en déclarant dans une conférence de presse tenue au ministère de l’intérieur qu’il « donnerait son entier soutien » au ministre des transports, Danilo Toninelli (Mouvement 5 étoiles), autorité ayant théoriquement la tutelle sur les gardes-côtes, si celui-ci ordonnait de ne plus répondre aux SOS. Une menace difficile à mettre ouvertement à exécution, tant elle contrevient aux obligations les plus élémentaires du droit de la mer.
Plus crédible paraît, en revanche, l’intention, soutenue par l’ensemble des partenaires européens de l’Italie, d’accroître les moyens des gardes-côtes libyens afin de leur confier l’ensemble des opérations. Peut-on parler de « sauvetage en mer » s’agissant d’opérations dans lesquelles les candidats à l’exil, selon plusieurs témoignages, sont mis en joue, capturés puis ramenés dans des camps de détention, dans des conditions inhumaines, au mépris du droit de la mer qui commande de déposer les personnes secourues en mer dans un « port sûr » ?
Matteo Salvini évoquait, lundi, en marge de sa visite éclair à Tripoli, la possibilité d’implanter des camps européens sur le sol libyen – aussitôt écartée par le vice-premier ministre Ahmed Miitig –, afin de combattre la « rhétorique de la torture ». D’après les innombrables témoignages, les tortures, viols systématiques et exécutions auxquels sont confrontés les 300 000 à 700 000 personnes actuellement détenues en Libye semblent plus relever du crime contre l’humanité que de la « rhétorique ».

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Le chancelier et son allié d’extrême droite multiplient les mesures pour éviter toute nouvelle vague migratoire.
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En Autriche, Sebastian Kurz durcit les conditions d’accueil des réfugiés

Le chancelier et son allié d’extrême droite multiplient les mesures pour éviter toute nouvelle vague migratoire.



Le Monde
 |    27.06.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
27.06.2018 à 12h55
    |

            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

En marge de la Marche des fiertés, le grand défilé des minorités sexuelles, le 16 juin, Luciana D. (les noms ont été modifiés) découvre un monde. Elle a quitté le Daghestan il y a quelques mois et c’est un peu par hasard qu’elle se retrouve à Vienne. Sa famille la recherche, parce qu’elle est lesbienne. Impossible pour elle de retourner dans le Caucase. Pas vraiment réaliste de rester en Autriche non plus.
« Ici, le ministère de l’intérieur est tenu par un parti d’extrême droite qui a des liens avec la Russie. Cela me terrifie », explique cette jeune femme qui survit grâce à des dons privés. Même si elle a des chances d’obtenir une protection, car l’Autriche accorde encore souvent l’asile aux citoyens russes, elle ne veut pas déposer de demande d’asile : elle ne fait pas confiance aux autorités de ce pays d’Europe centrale. Elle n’a pas non plus assez d’argent pour tenter sa chance vers des cieux plus cléments. Elle est en stand-by, comme des milliers de migrants.
Les associations sont unanimes : l’étau se resserre, inexorablement. On ne compte plus ceux qui comme Luciana ne tentent même pas de faire valoir leurs droits. « Ils sont souvent découragés par toutes les réponses négatives, explique Cécile Balbous, qui aide les réfugiés depuis 2015 au sein d’une ONG nommée Queer Base. Ces derniers mois, nombreux sont les demandeurs d’asile à avoir vu leur dossier rejeté. La plupart du temps, on juge leurs récits peu crédibles. Pour nous qui les accompagnons, c’est la sidération. »

« Cynisme incroyable »
Même sentiment d’impuissance chez Sonia Feiger, de Shalom Alaikum, une association juive de soutien aux migrants. « Pour moi qui suis venue comme réfugiée en Autriche étant enfant, ce qui se passe en ce moment est d’une violence inouïe. Les Irakiens et les Afghans sont massivement déboutés en première instance. Les décisions sont à peine motivées. On ne croit plus les gens. C’est d’un cynisme incroyable. »
Et...




                        

                        

