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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Ce néologisme vise à différencier les groupuscules radicaux et « extraparlementaires » des formations d’extrême droite plus classiques.
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Pourquoi parle-t-on d’« ultradroite » ?

Ce néologisme vise à différencier les groupuscules radicaux et « extraparlementaires » des formations d’extrême droite plus classiques.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 18h12
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 18h32
    |

            Pierre Breteau








                        



   


Dix personnes liées à « l’ultradroite » ont été interpellées dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 juin sur tout le territoire français par les services antiterroristes. Ils sont soupçonnés d’avoir envisagé de s’en prendre à des musulmans, et une information judiciaire a été ouverte pour « association de malfaiteurs terroristes criminelle ».
Les suspects gravitaient autour d’un groupe baptisé AFO (pour Action des forces opérationnelles), qui s’était donné pour cible des imams, des lieux pour leurs liens présumés avec l’islam radical ou des personnes de confession musulmane.
Ce n’est pas la première fois puisque, en octobre 2017, un groupuscule violent d’ultradroite fédéré autour de Logan N. – ancien militant royaliste de l’Action française – était démantelé par les services antiterroristes. On retrouve les mêmes motivations dans l’attentat raté de Maxime Brunerie contre Jacques Chirac, le 14 juillet 2002.
L’ultradroite ou l’extrême droite violente
Derrière le nom d’« ultradroite » se cache, en fait, une multitude de groupuscules issus de l’extrême droite, le plus souvent à effectif très réduit, dont les actions sont violentes.
« L’ultradroite, c’est un terme utilisé par les services de police pour désigner l’extrême droite violente », comme l’explique Nicolas Lebourg, historien et spécialiste de l’extrême droite, dans un entretien au site Loopsider. Et ce faisant, la police la distingue de l’extrême droite légale.
Pour la première fois, selon l’historien, « il y a une convergence idéologique depuis 2001 (…), on l’avait bien vu avec Anders Breivik, c’était le rejet de la société multiculturelle. » Avant cette période, en Occident, les organisations violentes « sont des groupes néonazis très violemment antisémites et dont l’idéologie est complètement déconnectée de celle des masses ». Désormais, « la critique de la société multiculturelle est un produit de consommation de masse ».
Un goût commun pour l’extraparlementarisme
Et si ces groupuscules d’ultradroite peuvent entretenir des différences de fond (sur leur position par rapport à la religion chrétienne, par exemple), ils partagent un goût commun pour l’extraparlementarisme, c’est-à-dire que se présenter à des élections ne fait pas partie de leurs moyens d’action. Mais ce n’est pas le cas de toutes les organisations extraparlementaires, ainsi l’Action française – royaliste et foncièrement antiparlementaire, mais peu violente malgré quelques débordements de ses « camelots » – ne se présente pas aux élections.
En revanche, c’est le cas, par exemple, de l’Œuvre française présidée par Yvan Benedetti, organisation dissoute en 2013 après la mort du militant d’extrême gauche Clément Méric. Dans le même temps, un autre groupuscule d’ultradroite, les Jeunesses nationalistes révolutionnaires, est lui aussi dissout.
Tous ces groupuscules, qu’ils soient d’inspiration pétainiste, fasciste ou néonazie, se retrouvent tous sur le rejet de l’islam et de l’immigration. La plupart du temps antisémites et favorables à une Europe exclusivement blanche et à l’image de Logan N., ils veulent « enclencher la remigration », l’expulsion des populations d’origine maghrébine de France.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Pour le président de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), Mario Stasi, qui s’exprime dans une tribune au « Monde », la présence de la « race » dans le premier article de la Constitution de 1958 constitue un dangereux archaïsme.
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édition abonné


« Le mot “race” doit disparaître de notre Constitution »

Pour le président de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), Mario Stasi, qui s’exprime dans une tribune au « Monde », la présence de la « race » dans le premier article de la Constitution de 1958 constitue un dangereux archaïsme.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 16h27
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 16h34
    |

Mario Stasi (Président de la Ligue internationale contre  le racisme et l'antisémitisme)







                        



                                


                            

Tribune. Les mots inscrits dans notre Constitution ne sont pas des mots comme les autres. Leur présence dans ce texte leur confère une charge et une puissance symboliques plus forte que nulle part ailleurs. Ils engagent la nation sur ce qu’elle dit d’elle-même et dessinent l’horizon des valeurs qui la fondent.
Aujourd’hui, la présence du mot « race », qui figure toujours dans l’article premier de notre loi fondamentale, fait tache au faîte de notre législation et des principes qui précisément sont érigés pour le combattre. Il a été le fondement d’idéologies qui nous ont poussés au bord de l’abîme. Il a servi de justification au crime des crimes, le crime contre l’humanité. A ce titre, il doit disparaître de notre ordre juridique.
La présence de la « race » au sein de l’édifice du droit français n’est pas nouvelle. Depuis 1939, l’utilisation de ce mot a été invariablement et alternativement l’instrument de ceux qui voulaient combattre le racisme et de ceux qui voulaient l’établir. Le décret-loi Marchandeau, du 21 avril 1939 se proposait de réprimer la diffamation commise par voie de presse envers « un groupe de personnes appartenant par leur origine à une race ou à une religion déterminée dans le but d’exciter la haine entre les citoyens et les habitants ».
Sous Vichy, le mot « race » a quitté les colonnes infernales de la presse d’extrême droite pour entrer au Journal officiel et organiser la politique antisémite de l’Etat français. A l’inverse, en 1946, le préambule de la Constitution proclame « inaliénables et sacrés » les droits de « tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance ». La Constitution de 1958 réaffirme ce principe, en rappelant dans son article premier « l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race ou de religion ».
Le mot « race » ainsi inscrit dans notre loi suprême nous dit deux choses.
Une...



                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Plusieurs associations, ONG et syndicats dénoncent, dans une tribune au « Monde », le fonctionnement du Conseil constitutionnel et plaident pour l’inscription de l’intérêt général dans la Constitution.
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Projet de loi constitutionnelle : « Une réforme est devant nous : saisissons-la »

Plusieurs associations, ONG et syndicats dénoncent, dans une tribune au « Monde », le fonctionnement du Conseil constitutionnel et plaident pour l’inscription de l’intérêt général dans la Constitution.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 14h55
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 15h26
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Le projet de loi constitutionnelle a été présenté en mai par le gouvernement et fait actuellement l’objet d’un examen en commissions à l’Assemblée nationale. Un tel projet de réforme dit la vision d’un président de la République sur les grands défis économiques, sociaux et environnementaux de son temps. C’est aussi l’occasion de mener une réflexion approfondie sur la répartition du pouvoir et son exercice au sein de notre société.
Nos associations, ONG et syndicats agissent pour inscrire dans la loi des réformes qui font progresser la protection des droits humains, de l’environnement et la justice sociale. Nous croyons profondément que c’est à la puissance publique de faire avancer ces droits et d’être garante de l’intérêt général qui est au cœur de nos combats.
Or ces dernières années, de nombreuses réformes défendues par des parlementaires persévérants, soutenues par nos organisations, et souvent par une majorité de citoyens, ont été censurées par le Conseil constitutionnel au nom d’une conception de plus en plus large des droits et libertés des entreprises.
Que ce soit la lutte contre l’évasion fiscale, l’accaparement des terres, la lutte contre le changement climatique ou encore les licenciements boursiers, autant de mesures et de lois pionnières qui n’ont pu voir le jour car les membres du Conseil constitutionnel ont décidé de leur opposer les motifs de liberté d’entreprendre, de droit de propriété, de proportionnalité des peines, d’intelligibilité de la loi, de vie privée ou encore d’égalité devant l’impôt.
Evasion fiscale
La lutte contre l’évasion fiscale est particulièrement symptomatique de ce problème. Depuis 2013, pas moins de seize mesures adoptées au Parlement ont été censurées par le Conseil constitutionnel pour des motifs divers.
Un des derniers exemples en date : la censure du reporting pays par pays public dans la loi Sapin 2, une mesure de transparence fiscale qui aurait...




                        

                        


<article-nb="2018/06/26/19-4">
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Avant la « charte numérique » que 19 députés et sénateurs veulent inscrire dans le texte fondamental de la République, plusieurs responsables politiques ont proposé des mesures similaires, souvent en vain.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤                     
                                                

L’inscription dans la Constitution, une proposition régulièrement dégainée par les politiques

Avant la « charte numérique » que 19 députés et sénateurs veulent inscrire dans le texte fondamental de la République, plusieurs responsables politiques ont proposé des mesures similaires, souvent en vain.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 13h20
    |

            Samuel Laurent, 
Alexandre Pouchard et 
Pierre Breteau








                        



   


La lutte contre le réchauffement climatique, le service minimal ou la laïcité, voilà les notions que le personnel politique propose d’intégrer à la Constitution. Tout récemment, c’est la « neutralité du Net », autrement dit le fait que le trafic et la vitesse d’accès aux services de l’Internet ne sont pas discriminés, que certains proposent de faire entrer dans la Loi fondamentale de la République.
Plus tôt en 2018, c’est la restriction du droit de grève dans les transports, dont l’inscription était proposée par Laurent Wauquiez : « Ce dont on a besoin, c’est d’inscrire dans la Constitution un service minimum », à propos de la grève qui démarrait à la SNCF ; il suivait en cela la proposition du député Les Républicains Guillaume Larrivé qui proposait le même jour de « restreindre le droit de grève dans les transports publics » : « Je pense qu’il faut, dans la Constitution, assurer un principe de service garanti. » Et tant pis si la Constitution en vigueur, celle de 1958 (en intégrant le préambule de celle de 1946), évoque explicitement le droit de grève qui « s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent ».
Parmi les responsables politiques, la proposition d’inscription d’une mesure dans la Constitution, si elle obéit parfois à une réelle nécessité juridique, est aussi volontiers utilisée pour coucher une disposition symbolique ou idéologique dans la Loi fondamentale de la République.
Quel rôle pour la Constitution ?
Au niveau national, la Constitution est la norme juridique qui est supérieure à toutes les autres, autrement dit toutes les normes produites et appliquées doivent en respecter les principes.
Dans son contenu, une Constitution contient deux types de règles :
les règles relatives au fonctionnement des institutions (type d’Etat fédéral ou unitaire, le régime parlementaire ou présidentiel, le mode de désignation des dirigeants, etc.) ;les règles relatives aux droits garantis aux individus, comme la liberté d’expression par exemple (mais aussi les valeurs, comme l’égalité entre les citoyens et citoyennes, ou encore la souveraineté nationale).
Par ailleurs le préambule de la Constitution de 1958 se réfère explicitement à la celle de 1946 et à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Le préambule de la Constitution de la IVe République de 1946 est ainsi toujours « valable » en 2018.
Manifeste politique, mais aussi texte juridique
Avant celle de 1958, la « tradition française donnait à la Constitution une portée plus politique que juridique », explique le constitutionnaliste Bertrand Mathieu : le texte n’avait trait qu’au pouvoir politique et ne portait pas « de principes fondamentaux effectivement valables hors du droit public ».
Avec la Constitution de la Ve République adoptée en 1958, le fonctionnement change profondément. Désormais la Constitution « agit » dans les domaines du droit public (administratif ou fiscal), mais aussi des droits pénal ou privé. Ainsi, le Conseil constitutionnel – créé par la Ve République – peut être amené à vérifier la conformité d’une loi avec les principes énoncés dans la Constitution ou les textes qu’elle cite (comme le préambule de celle de 1946 évoqué plus haut).
Nous vous proposons ci-dessous une série (non exhaustive) de propositions récentes d’inscriptions de mesures dans la Constitution.

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Qu’inscrire dans la Constitution ?
Cette liste non exhaustive présente une série de propositions d’inscriptions à la Constitution. Elles sont regroupées par type (questions de société, environnementales, sociales, etc.). 
Faites défiler la page pour afficher les propositions depuis 2008, filtrez-les avec les boîtes ci-dessous.

Etat de la proposition :


 déjà inscrite


 en débat


 pas inscrite


Catégorie :


 questions de société (5)


 justice (4)


 social (2)


 environnement (1)


 décentralisation (1)



Total : 13 propositions




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    var data = [{ "date": "22 juin 2018", "resultat": "encours", "typo": "societe", "quoi": "la neutralité du net", "citation": "Face aux différents scandales sur les fuites de données et à l’actualité internationale, il est temps d’affirmer de nouveaux droits sur le numérique.", "contexte": "Il n'existe pas de loi qui garantisse la neutralité du net, autrement dit la circulation du trafic numérique sans discrimination. En inscrivant cette « charte numérique » dans la Constitution, la protection des données personnelles serait aussi garantie.", "qui": "19 députés et sénateurs", "parti": "Les Républicains et La République en marche", "lien": "https://www.lemonde.fr/pixels/article/2018/06/22/comment-des-parlementaires-veulent-inscrire-la-neutralite-du-net-dans-la-constitution-francaise_5319402_4408996.html" }, 
Celle de 2007 sur « la continuité du service public » impose d'informer de manière « gratuite, précise et fiable » les usagers au moins vingt-quatre heures à l'avance sur les trains qui circuleront ou ceux qui ne circuleront pas.", "qui": "Laurent Wauquiez", "parti": "Les Républicains", "lien": "https://www.challenges.fr/politique/sncf-laurent-wauquiez-souhaite-un-service-minimum-dans-le-transport-ferroviaire_583025" },
        { "date": "18 avril 2018", "resultat": "encours", "typo": "justice", "quoi": "l'égalité hommes-femmes", "citation": "Reconnaître encore davantage l’égalité entre les femmes et les hommes comme principe fondamental de l’organisation des pouvoirs publics et de notre société.", "contexte": "La Constitution inscrit déjà, dans l'article premier, l'égalité comme un des principes essentiels de la République : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens » Mais bien que des lois tentent de mettre en place l'égalité entre femmes et hommes (notamment celle du 4 août 2014), le HCE fait le constat que « les inégalités persistent », que « les droits des femmes sont souvent bafoués » et a proposé en avril 2018 d'aller plus loin avec une mention explicite.", "qui": "Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes", "parti": "HCE, institution", "lien": "http://www.liberation.fr/france/2018/04/18/egalite-femmes-hommes-et-si-la-constitution-allait-plus-loin_1644175" },
        { "date": "4 avril 2018", "resultat": "encours", "typo": "amenagement", "quoi": "la Corse", "citation": "La Corse trouvera sa place dans la Constitution.", "contexte": "Emmanuel Macron s'est engagé à inscrire dans la Constitution le statut spécifique et insulaire de la Corse, une réponse aux demandes des nationalistes de l'île, qui veulent maximiser son autonomie et souhaitent que ses particularités soient reconnues.", "qui": "Edouard Philippe", "parti": "La République en marche", "lien": "http://www.lemonde.fr/politique/article/2018/02/14/l-executif-et-les-elus-corses-renouent-le-dialogue_5256674_823448.html" },
        { "date": "2 avril 2018", "resultat": "non", "typo": "societe", "quoi": "l'interruption volontaire de grossesse (IVG)", "citation": "Aujourd’hui, le droit à l’interruption volontaire de grossesse est inscrit dans la loi à l’article L.2212-1 du code de la santé publique, qui permet à toute femme enceinte majeure ou mineure qui ne veut pas poursuivre une grossesse de demander à un médecin l’interruption de sa grossesse. Il s’agit par la présente proposition de loi d’en faire un principe fondamental en l’inscrivant expressément à l’article 34 de la Constitution.", "contexte": "L'interruption volontaire de grossesse est une simple loi, la proposition visait à en faire un principe constitutionnel afin d'empêcher toute éventuelle remise en question ultérieure de ce droit.", "qui": "Groupe communiste au Sénat", "parti": "", "lien": "https://www.la-croix.com/France/Politique/Le-Senat-penche-linscription-droit-lIVG-Constitution-2018-04-02-1200928532" },
        { "date": "8 mars 2018", "resultat": "encours", "typo": "environnement", "quoi": "la lutte contre le changement climatique", "citation": "On veut fixer un nouveau cap écologique, mais la Constitution nous en empêche. Il faut la clarifier car le monde nous regarde désormais.", "contexte": "Le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, souhaite profiter de la réforme constitutionnelle pour inscrire la lutte contre le changement climatique comme un principe essentiel. Plus précisément, il s'agirait de compléter l'article 34, qui précise simplement, pour le moment, que la loi détermine (entre autres) « les principes fondamentaux de la préservation de l’environnement ». Le gouvernement est soutenu sur ce point par plusieurs ONG, dont WWF France, dirigée par l'ancien député européen écologiste et ex-ministre délégué au développement Pascal Canfin.", "qui": "Nicolas Hulot", "parti": "", "lien": "http://www.lemonde.fr/planete/article/2018/03/06/la-constitution-pourrait-integrer-le-defi-climatique_5266311_3244.html" },
        { "date": "11 janvier 2018", "resultat": "non", "typo": "justice", "quoi": "la neutralité du net", "citation": "Reconnaître le numérique comme un droit fondamental en promouvant un accès libre, égal et universel aux réseaux numériques.", "contexte": "La neutralité du net – le fait que chaque site bénéficie d'un accès à même vitesse de la part des fournisseurs d'accès, qu'il s'agisse d'un portail de vidéos comme YouTube ou d'une encyclopédie en ligne comme Wikipédia – a été abrogée aux Etats-Unis fin 2017. Il s'agissait ici de répondre à ce geste. ", "qui": "François de Rugy", "parti": "La République en marche", "lien": "http://www.lemonde.fr/pixels/article/2018/01/11/le-president-de-l-assemblee-veut-inscrire-la-neutralite-du-net-dans-la-constitution_5240615_4408996.html" },
« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. » Mais Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes – soutenu en ce sens par plusieurs élus LR –, souhaite aller plus loin en mentionnant les « racines chrétiennes » de la France, notamment sur le plan culturel. Il s'agirait selon lui d'une reconnaissance principalement symbolique.", "qui": "Eric Ciotti", "parti": "Les Républicains", "lien": "https://www.marianne.net/politique/constitution-ciotti-veut-inscrire-la-fois-la-laicite-et-les-racines-chretiennes-de-la" },
« la Nation assure à l'individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement », et l'article 11 selon lequel « tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l'incapacité de travailler a le droit d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence ».", "qui": "Emmaüs", "parti": "", "lien": "http://emmaus-france.org/inscrire-le-droit-au-logement-dans-la-constitution/" },
        { "date": "16 novembre 2015", "resultat": "non", "typo": "justice", "quoi": "la déchéance de nationalité", "citation": "Nous devons pouvoir déchoir de sa nationalité française un individu condamné pour une atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ou un acte de terrorisme, même s'il est né français.", "contexte": "A l'heure actuelle ne peut être déchue de nationalité qu'une personne qui est française depuis moins de dix ans. François Hollande souhaitait pouvoir déchoir également des personnes nées françaises en France, par exemple pour des cas de terrorisme. Après une vive polémique, notamment dans son propre camp, le chef de l'Etat de l'époque a dû renoncer à cette mesure.", "qui": "François Hollande", "parti": "Parti socialiste", "lien": "http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/03/17/decheance-de-nationalite-le-senat-vote-un-texte-different-de-l-assemblee_4885276_823448.html" },
« chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé ».", "qui": "Cécile Duflot et Pascal Canfin", "parti": "EELV", "lien": "http://www.liberation.fr/france/2015/07/12/inscrire-la-lutte-contre-le-dereglement-climatique-dans-la-constitution_1346812" },
« d'apporter des réponses pertinentes aux enjeux actuels en matière de laïcité ».", "qui": "François Hollande", "parti": "Parti socialiste", "lien": "http://www.luipresident.fr/francois-hollande/engagement/loi-1905-sur-laicite-dans-constitution-68" },
« principes essentiels des services publics » déjà énoncés par le Conseil constitutionnel : l'égal accès de tous les citoyens, l'égal accès sur l'ensemble du territoire, la continuité et la neutralité du service.", "contexte": "Le socialiste Michel Vauzelle, alors président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, a tenté d'utiliser la procédure de référendum d'initiative populaire pour inclure une charte de défense des services publics dans la Constitution. Son idée était de lutter contre la « privatisation » de l'Etat et les réductions de postes, alors que le président de la République de l'époque, Nicolas Sarkozy, avait instauré le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.", "qui": "Michel Vauzelle", "parti": "PS", "lien": "https://www.lexpress.fr/actualite/politique/une-petition-pour-les-services-publics_781980.html" },
« la langue de la république est le français ». Il s'agirait ici de corriger ce problème. ", "qui": "Jean-Luc Warsmann, président de la commission des lois", "parti": "UMP", "lien": "http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/05/22/les-langues-regionales-entrent-dans-la-constitution_1048505_823448.html" }
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    /* la boucle */
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" + d.date + "" + premiereLettre(d.quoi) + ((d.resultat != "non") ? " (" + dico[d.resultat][1] + ")" : "") + ""
« " + d.citation + " »"
– " + d.qui
        if (d.parti) html += " (" + d.parti + ")"
"
"

" + d.contexte + ""
En savoir plus sur l\'inscription de " + d.quoi + " dans la Constitution"
"
        /* on n'envoie le html que si la valeur « afficher » est vraie */
        $("#tableau").append(html.replace("de le", "du").replace("dus", "des"))
    });

    function premiereLettre(string) {
        return string.charAt(0).toUpperCase() + string.slice(1);
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    /* filtrage selon les coches */
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                ($("#" + ca.data("type")).is(":checked"))) {
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Le président français a été reçu par le pape François, mardi, au Saint-Siège. Les deux hommes se sont quittés après une embrassade inédite.
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Emmanuel Macron au Vatican : 57 minutes d’entretien et un médaillon de saint Martin

Le président français a été reçu par le pape François, mardi, au Saint-Siège. Les deux hommes se sont quittés après une embrassade inédite.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 12h25
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 12h43
    |

            Virginie Malingre








                        



   


Cinquante-sept minutes d’entretien, des paroles échangées et surtout beaucoup de symboles. Emmanuel Macron a rencontré pour la première fois le pape François au Vatican, mardi 26 juin. Les vaticanistes, qui connaissent la valeur du temps pontifical, avaient les yeux rivés sur l’horloge. Le chef de l’Etat français a fait mieux que Barack Obama (52 minutes), Recep Tayyip Erdogan (50 minutes), François Hollande (45 minutes), Nicolas Sarkozy (44 minutes) ou encore Donald Trump (29 minutes). Pour battre le record de 90 minutes de François Mitterrand avec Jean Paul II, il faudra en revanche revenir à Rome.
Est-ce pour autant le signe d’un entretien qui s’est bien déroulé ? Les deux hommes se sont quittés après une embrassade inédite. Mais le souverain pontife avait auparavant fait passer un message assez limpide à Emmanuel Macron, en lui offrant un médaillon de saint Martin, ce légionnaire romain qui avait, selon la légende, divisé son manteau en deux pour donner la partie lui appartenant à un pauvre (l’autre moitié étant la propriété de Rome). Un symbole d’altruisme et d’aide aux plus faibles, pour un chef d’Etat parfois qualifié de « président des riches ».
Poignée de main cordiale
La visite d’Emmanuel Macron au Saint-Siège a commencé mardi 26 juin, cour Saint-Damase à 10 h 25, sous un grand soleil. Le président, en costume-cravate sombre, et son épouse, en robe noire et mantille à la main, sont arrivés à bord d’une voiture officielle, une Maserati.

        Sur les enjeux de la
         

          première rencontre entre Emmanuel Macron et le pape François



Dans la délégation devaient également être présentés au pape les ministres Gérard Collomb (intérieur) et Jean-Yves Le Drian (affaires étrangères), Philippe Zeller, ambassadeur de France près le Saint-Siège, Philippe Etienne, conseiller diplomatique du président de la République, ou encore Sylvain Fort, conseiller discours de M. Macron.
Le couple présidentiel a été accueilli par le préfet de la Maison apostolique, Georg Gänswein, qui l’a ensuite conduit auprès du pape. Ce dernier a mis quelques secondes avant d’esquisser un sourire. Mais la poignée de main entre Emmanuel Macron et le souverain pontife fut finalement cordiale. Un échange toujours scruté de près par les experts du Vatican. Donald Trump avait ainsi eu droit à un visage fermé pour l’accueillir.
« Soyez le bienvenu », a dit en français le souverain pontife au président de la République. « Merci beaucoup », lui a répondu celui-ci. Les deux hommes ont ensuite quitté la salle du petit trône pour rejoindre le bureau du pape François où était prévu l’entretien. Le père Jean Landousies, pointure de la diplomatie vaticane, a servi d’interprète. Le chef de l’Etat a offert une édition ancienne en italien du Journal d’un curé de campagne, le roman de Georges Bernanos, l’un des auteurs fétiches du pape.

        Comprendre :
         

          Pourquoi le président français devient-il chanoine de Latran ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Un site a repris au sérieux la blague d’un site parodique, lequel attribue à Brigitte Macron des dépenses très importantes en produits cosmétiques.
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L’intox des crèmes anti-âge à 78 000 euros de Brigitte Macron

Un site a repris au sérieux la blague d’un site parodique, lequel attribue à Brigitte Macron des dépenses très importantes en produits cosmétiques.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 12h13
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 14h33
    |

            Anne-Sophie Faivre Le Cadre








                        


Soixante-huit mois de smic, 24 000 repas au restaurant universitaire ou encore 260 000 stylos à bille : tel serait l’équivalent de la somme dépensée par Brigitte Macron en crèmes anti-âge. « Après la vaisselle, la facture des 78 000 euros pour des crèmes anti-âge fait polémique », titre le site Humour à gogo.
Pourquoi c’est faux
Naturellement, l’information est fausse. La rumeur provient du site parodique BMF News – lequel n’a aucun rapport avec la chaîne d’information en continu BFM-TV. Dans un article parodique publié le 15 juin, BMF News affirme que l’information proviendrait de « Merdiapart » et que le porte-parole de l’Elysée aurait réagi en justifiant que « cette crème est indispensable, car dès l’application le teint est visiblement plus lisse, les rides et ridules s’estompent, et même les peaux les plus sèches sont apaisées ». 
Dans ses mentions légales, BMF News (pour « Bonnes mais Fausses News ») affirme pourtant être un site « exclusivement dédié à la publication d’informations parodiques et décalées ». Cela n’a pas empêché 17 000 personnes de partager la rumeur sur les réseaux sociaux, en blâmant les dépenses effrénées de l’épouse du président.
Ce n’est pas la première fois que Brigitte Macron est associée à des crèmes anti-âge. En mai 2018, Le Parisien révélait qu’une marque de cosmétiques utilisait le nom et son image pour piéger des consommateurs. Plusieurs d’entre eux auraient été escroqués de plusieurs dizaines d’euros, comme le rapporte Le Figaro Madame.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Cinq jours avant la « marche des fiertés » parisienne, le tag « LGBT hors de France » a été inscrit rue des Archives, à Paris.
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La Mairie de Paris va saisir la justice à la suite d’une dégradation homophobe

Cinq jours avant la « marche des fiertés » parisienne, le tag « LGBT hors de France » a été inscrit rue des Archives, à Paris.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 12h22
   





                        



   


Dans la nuit du 25 au 26 juin, les passages piétons arc-en-ciel, créés le 14 juin rue des Archives (dans le 4e arrondissement de Paris), en prévision de la « marche des fiertés » organisée à Paris ce week-end, ont été repeints en blanc, et un tag homophobe a fait son apparition sur la voie publique (« LGBT hors de France »).
Pour la maire de Paris, Anne Hidalgo, « cette homophobie crasse nous rappelle à quel point la Marche des fiertés est un événement utile », ajoutant que « le tag homophobe sera effacé ». La Mairie de Paris va porter plainte auprès du procureur de la République pour ces faits de vandalisme.

Le tag homophobe sera effacé ce matin, après saisine du procureur de la République de Paris par la Ville. Et les pa… https://t.co/pqrrdPpR9Q— Anne_Hidalgo (@Anne Hidalgo)


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Son adjoint chargé de la culture, Bruno Julliard, a qualifié cette dégradation d’« inadmissible » et assure qu’elle « sera réparée ». « Cette nouvelle démonstration de haine hideuse ne fera que renforcer notre détermination à lutter sans faillir contre les discriminations », a-t-il poursuivi.
L’association SOS-Homophobie a réagi, condamnant « fermement ces actes LGBTphobes ». Pour l’Inter-LGBT, cette dégradation « renforce notre volonté de lutte contre les discriminations », ajoutant « nous ne nous tairons pas ».
Elise Fajgeles, députée La République en marche de Paris, a également réagi, « scandalisée par ce vandalisme homophobe. (…) L’homophobie n’est pas une opinion, c’est un délit. »

Rue des Archives #pride https://t.co/qlSFyKrzyD— rnoyes (@rnoyes)


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Plusieurs autres dégradations en France à l’approche de la « marche des fiertés »
Jeudi 14 juin, une dégradation similaire avait été constatée à Nantes. Un escalier, surnommé « marches des fiertés » avait été recouvert de peinture blanche en deux endroits de l’œuvre aux couleurs arc-en-ciel, dans le centre-ville nantais. « Il s’agit là clairement d’un acte de vandalisme homophobe », avait jugé la maire, Johanna Rolland, qui a porté plainte au nom de la ville pour dégradation. « Il n’est pas question de céder quelques millimètres à une logique d’intimidation », avait affirmé l’élue socialiste.
La nuit précédente, l’association LGBT Quazar à Angers a vu son local de nouveau couvert d’inscriptions homophobes et de menaces de mort dans la nuit de mercredi à jeudi, trois semaines après les premières dégradations.
En 2017, le nombre d’actes d’homophobie a augmenté de 15 %, selon le rapport annuel de l’association SOS-Homophobie.

        Lire les témoignages :
         

          « Finissez-le, c’est un pédé » : plus d’un millier d’actes homophobes enregistrés en 2017






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Editorial. Le bilan de M. Gattaz à la tête de l’organisation patronale , qui va élire son nouveau patron le 3 juillet, est très loin d’être positif.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤                     
                                                

Pierre Gattaz a réduit le Medef à un rôle de lobby ringard

Editorial. Le bilan de M. Gattaz à la tête de l’organisation patronale , qui va élire son nouveau patron le 3 juillet, est très loin d’être positif.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 13h52
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Mardi 3 juillet, le patronat français – à savoir le Medef, qui a pris la suite, en 1998, du CNPF – élira son dixième président depuis 1945. Geoffroy Roux de Bézieux ou Alexandre Saubot succédera à Pierre Gattaz pour un mandat de cinq ans. Au moment de quitter ses fonctions, celui dont le père, Yvon, présida le CNPF de 1981 à 1986, lui aussi en début de mandat face à un président socialiste, a livré un entretien testament au Figaro, lundi 25 juin.

        Lire aussi :
         

                Au Medef, Geoffroy Roux de Bézieux prend une longueur d’avance



Comme on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, il s’autoglorifie. « Très fier du travail accompli » entre 2013 et 2018, il se distribue les bons points. « Nous avons gagné le combat des idées », affirme-t-il en se félicitant d’avoir « réhabilité l’entreprise et l’entrepreneuriat ». Il met au crédit de François Hollande d’avoir obtenu le CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) et le pacte de responsabilité, assurant qu’il est « en passe de gagner » son pari de créer, en contrepartie, un million d’emplois sur cinq ans. Et il se réjouit d’avoir mis à terre, grâce à Emmanuel Macron, l’impôt sur la fortune (ISF).
Le bilan de M. Gattaz est pourtant très loin d’être positif. Le principal échec de ce patron pour lequel les chefs d’entreprise sont « des héros de la nation », et dont l’ambition était de « mettre l’entreprise au cœur de la politique », est de n’avoir pas changé l’image du Medef. Sous son règne, le patronat n’a jamais cessé de tendre la sébile, accusant l’Etat de dépenser toujours trop, en attendant de lui toujours plus de baisse des charges et d’allégement des contraintes.
Geignard et vindicatif
Mal aimé dans l’opinion, le Medef est apparu geignard et vindicatif. M. Gattaz, qui se plaignait d’œuvrer dans un pays où « tout est politisé », et où agissait dans l’ombre… un « trotskisme masqué », n’a jamais reconnu la responsabilité citoyenne – sociétale et environnementale – des entrepreneurs. Se livrant à un combat d’arrière-garde lors du récent débat sur « l’objet social » de l’entreprise, il a poussé à son paroxysme l’égocentrisme d’un patronat réduit à un rôle de lobby ringard.

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M. Gattaz rangeait parmi les « fléaux » français « la persistance d’une lutte des classes larvée ». Mais, en voyant dans les négociations interprofessionnelles une « comedia dell’arte », en refusant d’être « englué » dans le dialogue social, en traitant les syndicats plus en adversaires qu’en partenaires, il a réactivé cette lutte des classes.
Jean-Claude Mailly, l’ancien secrétaire général de FO, voyait en M. Gattaz « le président du Medef le plus rétrograde et le plus réactionnaire qui soit ». Et, dans son livre Les Leçons du pouvoir (Stock), François Hollande relève « des comportements similaires au Medef et à la CGT » : « Cette incapacité à reconnaître un progrès même quand il est réel et cette facilité à ne l’imaginer qu’au détriment de l’autre, comme s’il n’y avait pas de gain sans perte, comme si le jeu était forcément à somme nulle. » Le « patron des patrons » a ainsi nourri la défiance de l’actuel chef de l’Etat vis-à-vis des corps intermédiaires.

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Le bilan de M. Gattaz est d’autant plus étriqué qu’il a raté sa sortie. En refusant de démissionner six mois avant la fin de son mandat pour laisser la place à Jean-Dominique Sénard, le PDG de Michelin, bloqué par les statuts à cause de son âge, il a fermé la porte à une modernisation du Medef. Quel qu’il soit, son successeur devra réinventer le patronat du XXIe siècle. Du sol au plafond.



                            


                        

                        


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Anne Hidalgo recrute Frédéric Lenica pour diriger son cabinet à la mairie de Paris

Raphaël Chambon, actuel directeur de cabinet devrait quitter ses fonctions en juillet.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 11h55
    |

            Béatrice Jérôme








                        


Anne Hidalgo aura un nouveau directeur de cabinet fin août. Son actuel « dir cab », Raphaël Chambon a choisi de quitter l’hôtel de ville dans les prochaines semaines et de réintégrer le Conseil d’Etat. Pour lui succéder, la maire de Paris a choisi de faire appel à un autre conseiller d’Etat, Frédéric Lenica, un quadra avec une solide expérience en cabinet ministériel.
M. Lenica a dirigé le cabinet de Cécile Duflot, ministre de l’égalité des territoires et du logement sous le gouvernement de Jean-Marc Ayrault (de juillet 2013, à mars 2014). De février 2016 à mai 2017, il a été directeur du cabinet d’Audrey Azoulay, ministre de la culture du gouvernement de Manuel Valls.
Ancien directeur général du Conseil supérieur de l’audiovisuel de septembre 2014 à février 2016, M. Lenica est membre de la mission de concertation sur l’audiovisuel public, mise en place par la ministre de la culture, Françoise Nyssen. Cette mission doit rendre son rapport en juillet.
Intérim
Diplômé de l’ENA, M. Lenica est issu de la promotion Averroès (2000) comme Mme Azoulay, Fleur Pellerin, ex-ministre de la culture, mais aussi Alexis Kohler, l’actuel secrétaire général de l’Elysée. Les deux hommes ont travaillé ensemble lorsque M. Kohler était directeur du cabinet de Pierre Moscovici puis d’Emmanuel Macron au ministère des finances.
Entre l’arrivée de M. Lenica fin août et le départ de M. Chambon fin juillet, un intérim pourrait étre assuré au cabinet de la maire de Paris. M. Chambon avait été nommé « dir cab » de Mme Hidalgo, fin 2016 après le départ de Mathias Vicherat, nommé directeur général adjoint de la SNCF.
Enarque (promotion Willy Brandt, 2009), M. Chambon avait rejoint le cabinet de Mme Hidalgo au lendemain de son élection en 2014. Il était auparavant directeur adjoint de Frédéric Cuvillier ministre délégué chargé des transports sous le gouvernement Ayrault.
Directeur de cabinet adjoint de la maire de Paris de 2014 à 2016, ce trentenaire, ex-militant de l’UNEF, a notamment porté, avec M. Vicherat, la réforme du statut de Paris. Il a ensuite été en première ligne dans le dossier de la piétonnisation de la rive droite de la Seine.

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Yaël Braun-Pivet, députée appréciée, mais présidente désavouée

La patronne de la commission des lois est louée pour sa fraîcheur, mais fait face à un procès en illégitimité à ce poste prestigieux.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 16h26
    |

            Manon Rescan et 
Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            

Certains ont vu une forme de désaveu dans le fait que Yaël Braun-Pivet, la présidente de la commission des lois, ne soit pas l’unique rapporteuse du projet de loi constitutionnelle dont l’examen commence mardi 26 juin à l’Assemblée nationale. La partie la plus délicate du texte, la réforme de la procédure parlementaire, a été confiée au président du groupe MoDem, Marc Fesneau. Il fallait, justifie-t-on, laisser une place au partenaire centriste dans ce texte-clé du quinquennat. Au bout d’un an, l’élue des Yvelines demeure surtout une présidente atypique.
L’une des raisons est inscrite là, sur le mur de sa permanence parlementaire au Vésinet (Yvelines). Elle a gardé, sous cadre, une affiche de campagne signée par les militants d’En marche ! après son élection. « Tu incarnes le renouveau », l’y félicite l’un des « marcheurs ». A 47 ans, elle coche toutes les cases voulues par Emmanuel Macron pour sa nouvelle majorité : une femme, qui n’a jamais été élue, issue de la société civile.
Ce vendredi de juin, à l’heure du bilan de sa première année de mandat, cette grande blonde reçoit des associations caritatives, dont Les Restos du cœur de Sartrouville. Mme Braun-Pivet s’y était investie à plein temps à son retour en France, après plusieurs années d’expatriation avec son mari, au cours desquelles elle a élevé cinq enfants aujourd’hui âgés de 10 à 19 ans. Le 18 juin 2017, c’est donc une parfaite inconnue qui a délogé de sa circonscription des Yvelines Jacques Myard, l’un des piliers de la droite à l’Assemblée.
C’est de manière tout aussi inattendue qu’elle a été désignée présidente de la commission des lois quelques semaines plus tard. Ils sont alors trois députés LRM à briguer le poste et la nouvelle élue se place en tête du premier tour. Sur un carnet, elle a consigné les scores : 130 voix pour elle, contre 88 à Jean-Michel Clément et 58 à Alain Tourret. Il n’y aura pas de second tour, elle est désignée présidente d’office,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Le territoire de la députée Célia de Lavergne s’étend sur 200 kilomètres du nord au sud. L’élue LRM juge « possible » la couverture d’un tel périmètre à condition d’avoir les moyens humains qui vont avec.
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Réduction du nombre de parlementaires : dans la Drôme, un laboratoire de la circonscription du futur

Le territoire de la députée Célia de Lavergne s’étend sur 200 kilomètres du nord au sud. L’élue LRM juge « possible » la couverture d’un tel périmètre à condition d’avoir les moyens humains qui vont avec.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 11h32
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 13h58
    |

            Manon Rescan (Drôme, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Ce jeudi matin de juin, les CM1-CM2 de l’école primaire de Rochegude n’ont ni français ni piscine, ils ont « députée ». Célia de Lavergne, élue La République en marche (LRM) de la Drôme, est venue répondre à leurs questions sur sa vie de parlementaire. Au tableau, elle a affiché la carte de sa circonscription : 240 communes du Vercors à la Drôme provençale. Du bout du doigt, elle trace une ligne du nord, où elle réside, à l’extrême sud. Deux cents kilomètres et un peu plus de trois heures de voiture par les petites routes. Pas loin d’un record.
« Comment tu fais ? », lui a-t-on demandé il y a quelques mois à l’Elysée. Les conseillers du chef de l’Etat s’intéressent de près à son territoire, qui ressemble à la circonscription du futur. Après réduction de 30 % du nombre de parlementaires, députés et sénateurs seront élus sur des territoires beaucoup plus grands. Une perspective qui fait craindre à l’opposition que cela n’éloigne d’autant les élus des citoyens. Depuis un an, Célia de Lavergne, ingénieure élue pour la première fois en juin 2017, déploie une énergie conséquente pour prouver le contraire.
8 heures. Avant son rendez-vous à l’école, la députée s’était arrêtée prendre un café sur la terrasse d’une famille qui accueille des enfants placés et pour certains en situation de handicap, afin d’échanger sur le manque d’auxiliaires de vie scolaire (AVS). « Darmanin [le ministre de l’action et des comptes publics] a dit qu’il allait créer de postes d’AVS, mais on ne les voit pas ! Il a du tous les mettre à Tourcoing ! », plaisante, doux amer, Frédéric Maniacci, son hôte. La députée prend méticuleusement des notes. Nouvelle élue sur le territoire, il lui a fallu « six à huit mois » dit-elle, pour véritablement s’approprier cette circonscription essentiellement rurale.
« Six heures de sommeil par nuit »
La veille, Célia de Lavergne avait tenu un « apéro citoyen » jusqu’à 21 heures dans une commune proche...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Le référendum en Nouvelle-Calédonie doit tout à une poignée de main historique, il y a tout juste trente ans.
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L’histoire secrète des accords de Matignon

Le référendum en Nouvelle-Calédonie doit tout à une poignée de main historique, il y a tout juste trente ans.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 11h31
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            

Bien sûr, en cette matinée du dimanche 26 juin 1988, il y eut cette fameuse poignée de main, l’officielle, entre Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur, qui scellait devant les objectifs une réconciliation historique. C’était il y a tout juste trente ans. Mais il y eut d’abord celle, plus discrète, que les deux hommes s’échangèrent sous la table des négociations à l’issue d’un véritable marathon nocturne, alors que poignaient les premières lueurs de l’aube à travers les tentures jaunes du salon du même nom, à Matignon. Une poignée de main qui, non seulement, valait accord mais aussi engagement personnel. Et qui allait ouvrir une nouvelle page de l’histoire de la Nouvelle-Calédonie : celle d’une décolonisation négociée après que le territoire eut failli basculer dans la guerre civile.
Les accords de Matignon naissent d’un drame sanglant : l’assaut donné par les forces spéciales, le 5 mai 1988, entre les deux tours de l’élection présidentielle, contre les militants indépendantistes du FLNKS réfugiés dans la « grotte sacrée » de Wateto, à Gossanah, dans le nord de l’île d’Ouvéa, où ils détiennent seize gendarmes en otages. Dix-neuf Kanak et deux militaires sont tués lors de cette opération. Le territoire est alors sur le point de basculer dans la guerre civile. Le 8 mai, François Mitterrand est réélu. Dans la foulée, il nomme Michel Rocard premier ministre.
Les accords de Matignon naissent d’un drame sanglant : l’assaut donné contre la grotte d’Ouvéa, le 5 mai 1988
Dès son arrivée Rue de Varennes, Rocard s’enquiert auprès de Mitterrand si la Nouvelle-Calédonie doit être traitée par l’Elysée ou par Matignon. « C’est un dossier du gouvernement. Allez-y », lui répond le président de la République, pas très à l’aise sur ce sujet. En tant que chef des armées, il a quand même donné son accord à l’opération « Victor » sur Ouvéa. « Dès lors, le chef de l’Etat n’a jamais essayé d’interférer ou de compliquer les choses », assure Jean-François...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Emmanuel Macron, en visite au Vatican, reçoit mardi 26 juin ce titre honorifique qui remonte à la royauté.
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Pourquoi le président français devient-il chanoine de Latran ?

Emmanuel Macron, en visite au Vatican, reçoit mardi 26 juin ce titre honorifique qui remonte à la royauté.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 11h31
    |

            Samuel Laurent et 
Anne-Aël Durand








                        



   


Le président Emmanuel Macron est reçu mardi 26 juin par le pape François au Vatican, avant de recevoir le titre de chanoine d’honneur dans la basilique Saint-Jean-de-Latran.
Un héritage de la royauté
Le titre de « premier et unique chanoine honoraire de l’archibasilique du Latran » remonte à la royauté et à Louis XI. Il a été réactivé par le roi Henri IV, qui, après avoir abjuré sa religion protestante et reçu l’absolution du pape, a fait don au Latran de l’abbaye bénédictine de Clairac, dans le Lot-et-Garonne. En échange, il a reçu ce titre canonial, décerné par la suite aux rois de France.
Depuis, une messe est célébrée chaque année le 13 décembre en la basilique Saint-Jean-de-Latran, à Rome, en l’honneur de la France. Tous les rois de France, puis les chefs d’Etat, étaient chanoines honoraires, mais ce n’est qu’en 1957 que le président René Coty s’est déplacé à Rome pour prendre réellement possession de ce titre.
Un attribut du « package » présidentiel
Ce titre n’est pas le seul dont hérite le président de la République à sa prise de fonctions. Le chef d’Etat français devient aussi :
co-prince d’Andorre, avec l’évêque d’Urgel, en Espagne, un rôle protocolaire ;chanoine honoraire des cathédrales de Saint-Jean-de-Maurienne, Saint-Julien du Mans, Saint-Maurice d’Angers, Saint-Jean de Lyon, Saint-Etienne de Cahors et Saint-Etienne de Chalons et des églises Saint-Hilaire de Poitiers, Saint-Martin de Tours et Saint-Germain-des-Prés, à Paris, comme le détaille La Croix.proto-chanoine de la basilique Notre-Dame de Cléry et de la cathédrale d’Embrun.protecteur du domaine de Chambord et de l’Académie française, deux titres non religieux remontant aussi à la royauté.
L’Elysée précise que le titre de chanoine « fait partie du package de la fonction de président » et qu’« on ne peut le refuser ».

        Lire aussi :
         

                L’art (délicat) de préparer une visite présidentielle au Vatican



Un titre symbolique
« C’est un titre honorifique et historique, sans aucune dimension spirituelle », insiste l’entourage du chef de l’Etat, qui minimise l’enjeu en expliquant que le cérémonial « est emballé assez vite [sans] rien de majestueux ».
Etre chanoine de Latran ne s’accompagne d’aucun pouvoir ni aucune responsabilité spécifique. Il n’en reste pas moins symbolique, en rapprochant la présidence de l’Eglise catholique, et riche de sens pour les fidèles français – qui sont aussi électeurs.
Le fait de venir jusqu’à Latran pour recevoir ce titre ne doit rien au hasard. C’est ce qu’ont fait Charles de Gaulle, Valéry Giscard D’Estaing, Jacques Chirac ou Nicolas Sarkozy. Ce dernier avait à cette occasion prononcé un discours polémique, en affirmant que « les racines de la France sont essentiellement chrétiennes ».
A l’inverse, Georges Pompidou, François Mitterrand et François Hollande, qui ne souhaitaient pas marquer cet héritage, ont préféré ne pas se rendre à Latran.
Un geste politique
Le choix d’Emmanuel Macron s’inscrit dans la continuité de son discours à la conférence des évêques de France, au cours duquel il avait exprimé le souhait de « réparer » le lien « abîmé entre l’Eglise et l’Etat ».

        L’éditorial :
         

          Emmanuel Macron, l’Eglise et la politique



Comme le rappelle l’Observatoire de la laïcité, commission placée sous la responsabilité du gouvernement, « la laïcité suppose la séparation de l’Etat et des organisations religieuses ».
Le député La France insoumise Alexis Corbière estime dans La Croix qu’« en tant que président de la République laïque il n’est pas correct de recevoir ainsi un titre religieux, même de manière honorifique » et appelle Emmanuel Macron à rompre avec cette tradition.

> Retrouvez tous les articles explicatifs des Décodeurs




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ La loi Pacte passe à côté des maigres innovations sociales et sociétales contenues dans le rapport Notat-Senard, estime l’économiste Thomas Coutrot dans une tribune au « Monde ».
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La « raison d’être » pour l’entreprise peut attendre

La loi Pacte passe à côté des maigres innovations sociales et sociétales contenues dans le rapport Notat-Senard, estime l’économiste Thomas Coutrot dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    26.06.2018 à 11h12
    |

                            Thomas Coutrot (Économiste, cofondateur du collectif des Economistes atterrés)








                        



                                


                            

Tribune. Nicole Notat, l’ancienne patronne de la CFDT, et Jean-Dominique Senard, l’actuel patron de Michelin, ne sont pas des révolutionnaires. Dans leur rapport sur « L’entreprise, objet d’intérêt collectif », ils ne s’attaquent pas vraiment au criant déséquilibre des pouvoirs qui prévaut au sein des entreprises.
Ils se sont efforcés seulement d’inciter les dirigeants, par des dispositions essentiellement symboliques, à prendre en compte d’autres objectifs à côté du profit. Pourtant, contrairement à la communication gouvernementale, le projet de loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) révélé le 18 juin a largement dépouillé leurs propositions de leur modeste contenu.

Le rapport Notat-Senard suggérait une très modeste augmentation du nombre d’administrateurs salariés dans les grandes entreprises, pour qu’il approche les 20 % (contre 50 % dans les grandes entreprises allemandes). L’augmentation proposée par Pacte est encore en deçà. Mais le plus étonnant est la minutie avec laquelle, suite au lobbying intensif du Medef et de l’Association française des entreprises privées (l’AFEP, qui représente plus de cent dix grands groupes privés exerçant leurs activités en France), les trois propositions qui entrouvraient la porte à un possible pluralisme des objectifs de l’entreprise ont été défigurées ou censurées.
On sait que l’entreprise n’existe pas dans le droit français, qui ne connaît que la société constituée par les actionnaires. Nombre d’acteurs de ce débat préconisent la reconnaissance juridique de l’entreprise : reconnaître qu’elle est une aventure collective qui ne se réduit pas aux apporteurs de capitaux est une condition pour qu’un véritable partage du pouvoir puisse être envisagé.
Patatras
Le rapport Notat-Senard n’allait pas si loin. Il se contentait d’évoquer « l’intérêt propre de la société » : « la société doit être gérée dans son intérêt...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Les sénateurs devaient voter, mardi, une version durcie du projet de loi Collomb.
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Loi asile-immigration : en durcissant le texte, le Sénat permet aux députés de jouer la carte de l’humanisme

Les sénateurs devaient voter, mardi, une version durcie du projet de loi Collomb.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 10h33
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 10h53
    |

            Manon Rescan








                        


La majorité La République en marche (LRM) à l’Assemblée nationale aura le beau rôle dans les prochaines étapes de l’examen du projet de loi asile et immigration. Après avoir amendé puis voté en première lecture un texte contesté par une partie de ses membres, elle aura plusieurs occasions de donner des gages d’un humanisme dont il lui a été jusque-là reproché de manquer.
Premier élément, le lancement, mardi 26 juin au matin, du groupe de travail sur la rétention des mineurs. La majorité avait échoué à convaincre le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, d’inscrire dans la loi son interdiction. Elle avait toutefois obtenu de pouvoir travailler à des propositions en la matière. Dès mardi, les députés LRM montreront qu’ils ne comptent pas abdiquer sur le sujet. « Notre pays a un sérieux problème avec la rétention des mineurs », prévient dans une tribune au Monde l’élu LRM de Gironde Florent Boudié. Le responsable du texte asile-immigration pour la majorité animera lui-même ce groupe de travail. « Dès la fin de l’année, une proposition de loi sera portée au débat parlementaire » sur la rétention des étrangers vulnérables, promet le député, qui s’engage à ce que « le quinquennat d’Emmanuel Macron ne s’achève pas sans que sa majorité parlementaire [y] ait apporté une réponse durable ».
Cadeaux empoisonnés
L’autre occasion donnée à la majorité de montrer un visage différent leur est offerte sur un plateau par les sénateurs. Ces derniers devaient voter, mardi 26 juin, une version durcie du projet de loi Collomb. Exit, par exemple, la réunification des familles quand un mineur obtient l’asile en France ou encore la redéfinition du délit de solidarité, obtenue de haute lutte par les députés. Les sénateurs ont en outre transformé l’aide médicale d’Etat (AME) en « aide médicale d’urgence », provoquant un tollé dans la majorité. « L’amendement du Sénat (…) est contraire à une politique de santé publique responsable », a déclaré sur Twitter la ministre de la santé, Agnès Buzyn. « La majorité à l’Assemblée nationale corrigera cette aberration », a promis pour sa part Richard Ferrand, le président du groupe LRM. Dans ce contexte, la commission mixte paritaire (CMP) qui doit se tenir début juillet, probablement le 4, pour tenter de concilier les textes des deux assemblées est mal engagée. « La version du Sénat est très éloignée de la nôtre, dont l’équilibre avait été difficile à trouver », rappelle Elise Fajgeles, rapporteuse LRM du texte à l’Assemblée.
Un député LRM dénonce un texte qui « prolonge le programme de LR version Wauquiez sur la question migratoire »
En cas d’échec de la CMP, les députés auront ainsi beau jeu de se poser en garants d’une position humaniste, à l’opposé de celle des sénateurs, lors de l’examen en seconde lecture prévu la dernière semaine de juillet. « Si la droite sénatoriale avait voulu rassembler la majorité à l’Assemblée nationale, elle ne s’y serait pas prise autrement », observe déjà Florent Boudié, qui dénonce un texte qui « prolonge le programme de LR version Wauquiez sur la question migratoire ». Reste que, même s’ils gomment les modifications du Sénat, les députés ne feront que rétablir une copie contestée par un faisceau très large d’acteurs, des associations au Défenseur des droits.
Les sénateurs ont d’ailleurs réservé quelques cadeaux empoisonnés aux députés, en faisant eux aussi du « en même temps ». Tout en durcissant le texte, ils y ont introduit des dispositions protectrices des droits des demandeurs d’asile comme le rétablissement du délai de recours devant la Cour nationale du droit d’asile à un mois, quand le gouvernement voulait le réduire à quinze jours. Les sénateurs vont ainsi mettre à nouveau la majorité face à ses divisions, cette position étant partagée par une partie d’entre eux. Les sénateurs ont également inscrit dans la loi un encadrement de la rétention des enfants à cinq jours maximum. Une solution qui ne satisfait pas pour l’heure dans la majorité. Si les députés la repoussent, ils laisseront toujours possible l’enfermement des enfants dans l’attente des conclusions de leur groupe de travail. Or ces dernières restent très ouvertes.
Dans sa tribune, M. Boudié promet que « toutes les réponses [à la rétention des mineurs] seront analysées, de l’encadrement strict à l’interdiction pure et simple », sans en privilégier une, mais sans assurer qu’elle sera interdite. Si la majorité endosse la posture politique de l’« humanité », ses débats pour la mettre en œuvre sont loin d’être achevés.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ L’examen du projet de loi va débuter, mardi, à l’Assemblée. Le débat devrait se cristalliser sur la réforme controversée de la procédure parlementaire.
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Réforme constitutionnelle : la fabrique de la loi au centre des débats

L’examen du projet de loi va débuter, mardi, à l’Assemblée. Le débat devrait se cristalliser sur la réforme controversée de la procédure parlementaire.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 11h42
    |

            Alexandre Lemarié








                        


Le début d’un marathon législatif. La réforme des institutions voulue par Emmanuel Macron démarre son examen au Parlement, mardi 26 juin, avec l’examen du projet de loi constitutionnelle en commission à l’Assemblée nationale, avant d’être débattu en séance à partir du 10 juillet, au lendemain du discours du chef de l’Etat devant les parlementaires réunis en Congrès à Versailles.
Les deux autres textes (ordinaire et organique), porteurs des mesures emblématiques comme la réduction du nombre de parlementaires, la limitation des mandats dans le temps et l’introduction d’une dose de proportionnelle aux législatives, seront eux examinés à la rentrée. L’objectif du gouvernement étant de faire adopter les trois textes en 2019.
La première bataille, sur le seul volet constitutionnel, devrait se dérouler sous haute tension, en se cristallisant sur la réforme controversée de la procédure parlementaire. « La fabrique de la loi va être le cœur du débat », résume le chef de file des députés MoDem, Marc Fesneau, rapporteur pour ce volet précis du texte et les questions territoriales. Sur dix-huit articles, cinq visent à raccourcir le temps d’examen des réformes à l’Assemblée et au Sénat. Alors que l’exécutif met en avant un souci de « rationalisation » et d’« efficacité », l’opposition est vent debout contre ce projet, considéré comme « une atteinte » au pouvoir des députés et sénateurs.
Si la volonté du gouvernement de disposer d’une maîtrise accrue de l’ordre du jour et de raccourcir les navettes exacerbe les critiques, le point le plus contesté reste la restriction du droit d’amendement. Pour mettre fin à « l’obstruction » parlementaire, le texte prévoit d’étendre le pouvoir d’« irrecevabilité » du gouvernement, en lui permettant d’écarter les amendements « sans lien direct avec le texte » ou « dépourvus de portée normative ». « Certains pensent que plus les débats durent et mieux la loi est. Or, un Parlement fort et efficace, c’est un Parlement qui débat et qui décide, pas un Parlement qui parle à l’infini », fait valoir le président de l’Assemblée, François de Rugy.
Mesures consensuelles et « points durs »
Les discussions sur ce sujet promettent d’être animées. « Historiquement, les débats sur le droit d’amendement ont toujours été très violents », rappelle une source gouvernementale. En 2008, députés et sénateurs s’étaient déjà élevés contre la volonté d’encadrer la « recevabilité » des amendements, lors de la précédente révision de la Constitution. « Le droit d’amendement est sacré ! », clamait alors le président du Sénat, Gérard Larcher.
Dix ans plus tard, le discours reste le même et repris en chœur de gauche à droite et jusqu’au sein de la majorité. « Il faut trouver des mécanismes de régulation, sans porter atteinte au droit d’amendement, qui est un droit individuel et constitutionnel », souligne M. Fesneau, qui va défendre – avec les députés La République en marche (LRM) – un amendement visant à autoriser le maintien des amendements ayant un lien « indirect » avec le texte discuté.
En dehors de la fabrique de la loi, le projet de loi contient des mesures relativement consensuelles, comme la suppression de la Cour de justice de la République, la disparition du statut de membre de droit du Conseil constitutionnel pour les ex-chefs de l’Etat, ou la nomination des magistrats par le Conseil supérieur de la magistrature. Une plus grande liberté d’expérimentation pour les collectivités territoriales et la spécificité de la Corse doivent également être inscrites dans la Constitution. Sans trop de difficultés.
En revanche, les responsables de la majorité s’attendent à des débats plus compliqués sur la transformation du Conseil économique, social et environnemental, appelé à devenir la chambre de la société civile.
« Il faut clarifier sa place par rapport au Parlement. Les parlementaires sont réticents à l’idée d’en faire une troisième Chambre », explique la présidente LRM de la commission des lois, Yaël Braun-Pivet, rapporteuse sur le volet justice.
Autre « point dur » identifié : la formulation à trouver pour inscrire la défense de l’environnement dès l’article premier de la Constitution, et non à l’article 34 (qui définit le domaine de la loi). Une mesure soutenue par le gouvernement, comme l’a déjà annoncé le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot.
L’impression d’une réforme fourre-tout
L’autre enjeu principal réside dans l’attitude de la majorité. Alors que les députés LRM ont multiplié les amendements individuels ces dernières semaines, les responsables de la Macronie tentent de limiter l’inflation sur ce texte majeur du quinquennat. En particulier le chef de file des députés LRM, Richard Ferrand, qui est également rapporteur général de l’ensemble du projet de loi. « Ce n’est pas rien de modifier la Constitution », a-t-il mis en garde le 19 juin, lors de la réunion hebdomadaire de son groupe à l’Assemblée.
Le nombre d’amendements reste conséquent : 1 377 ont été déposés au total, dont plus de 300 de la majorité (247 de la part des seuls députés macronistes et 57 venus du MoDem) sur des sujets très divers. Le député LRM du Morbihan, Paul Molac, en a ainsi déposé 45 à lui seul, notamment pour « donner une reconnaissance officielle aux langues régionales ». Sa collègue de Moselle, Isabelle Rauch, en défend un visant à réécrire la Constitution en écriture inclusive, tandis que Paula Forteza, élue LRM des Français de l’étranger, va porter la proposition d’adosser à la Constitution une « charte du numérique ».
D’autres élus proposent un statut de « pays d’outre-mer », alors que des élus communistes défendent la suppression de l’article 49.3… Les idées ne manquent pas, donnant un peu l’impression d’une réforme fourre-tout. Chacun en profitant pour faire avancer sa propre revendication. Au grand dam du responsable du groupe LRM pour cette réforme, Sacha Houlié : « Que tout le monde ait des excellentes idées, c’est bien. Mais l’objectif reste d’avoir un tout cohérent. »
D’autant que ce projet de « modernisation des institutions », annoncé par M. Macron lors de son discours à Versailles en juillet 2017, est considéré comme un texte majeur au sein de la majorité. Les responsables de la Macronie n’ont pas manqué de le souligner ces derniers jours pour pousser les troupes à filer droit. « N’oubliez pas que cette réforme est le seul et unique texte de la mandature proposé par le président de la République, et pas par un ministre », a souligné le secrétaire chargé des relations avec le Parlement, Christophe Castaner, le 19 juin, lors de la réunion des députés LRM à l’Assemblée. « Cela a fait son effet, résume un participant. On a tous compris qu’on n’avait pas le droit de se louper sur ce texte. »

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Un état d’indulgence prévalait pour le chef de l’Etat depuis treize mois. Il est en train de s’estomper à vive allure, souligne dans sa chronique notre éditorialiste Gérard Courtois.
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« Macron insupporte ceux qu’il ne faisait qu’irriter. Il désenchante ceux qu’il avait emballés »

Un état d’indulgence prévalait pour le chef de l’Etat depuis treize mois. Il est en train de s’estomper à vive allure, souligne dans sa chronique notre éditorialiste Gérard Courtois.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 11h13
    |

            Gérard Courtois








                        



                                


                            

Chronique. Cela fait longtemps que plus personne ne croit à l’état de grâce dont bénéficierait un président de la République après son élection, comme François Mitterrand en 1981. L’impatience, la vigilance et l’expérience des Français ont ramené à la portion congrue le crédit du nouvel élu.
Pour avoir d’emblée renié sa promesse de campagne de réduire la « fracture sociale », Jacques Chirac avait vu le sien s’effondrer en six mois, en 1995. Pour avoir brutalement désacralisé la fonction présidentielle, Nicolas Sarkozy avait connu le même sort au début de 2008, huit mois après son entrée à l’Elysée. Pour François Hollande, ce fut pire encore : dès l’automne 2012, sa présidence était chahutée, son autorité contestée et sa personne brocardée.
Emmanuel Macron aura résisté plus longtemps. Mais le voilà, à son tour, entré dans cette période où le moindre mot suscite la polémique, le moindre geste la diatribe et chaque initiative la critique acide ou agressive.
Recadre-t-il sèchement – et légitimement – un adolescent trop familier ? Le voilà accusé d’abus de position dominante. Envisage-t-il de faire installer une modeste piscine au fort de Brégançon, où il va passer quelques vacances en famille ? Le tintamarre est immédiat. Commande-t-il un service de table pour l’Elysée à la Manufacture de Sèvres, fleuron de l’artisanat d’art français ? Quelle gabegie !, s’indigne la vox populi. Et quand il invite dans la Cour d’honneur de l’Elysée, le jour de la Fête de la musique, un groupe d’électro passablement provocateur et dénudé, l’on s’étrangle de tous côtés.
Une atmosphère de plus en plus lourde
Episodes dérisoires et controverses futiles, amplifiés comme des baudruches par les réseaux sociaux, c’est l’évidence. Mais tout à fait symptomatiques du changement de climat actuel. Un état d’indulgence prévalait depuis treize mois. Il est en train de s’estomper à vive allure. Désormais, le chef de l’Etat insupporte ceux qu’il ne faisait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Le député Florent Boudié (LRM), qui déposera une proposition de loi à la fin de l’année, estime, dans une tribune au « Monde », que le gouvernement doit régler dignement la rétention des étrangers les plus vulnérables.
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« La France a un sérieux problème avec la rétention des enfants étrangers »

Le député Florent Boudié (LRM), qui déposera une proposition de loi à la fin de l’année, estime, dans une tribune au « Monde », que le gouvernement doit régler dignement la rétention des étrangers les plus vulnérables.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 11h22
    |

Florent Boudié (Député La République en marche de la Gironde, responsable du projet de loi asile, immigration et intégration)







                        



                                


                            
Tribune. En séparant parents et enfants entrés illégalement aux Etats-Unis, Donald Trump a relancé le débat sur la rétention des mineurs étrangers, qui agite la France. Les situations sont différentes. La France ne pratique pas la séparation des familles. Quant au nombre d’enfants placés en rétention, sans proportion avec la situation américaine, il a atteint, en 2017, le chiffre de 305 en métropole, 4 200 dans le seul ­département de Mayotte, pour 50 000 étrangers retenus en instance d’expulsion.
Mais la France a été sévèrement condamnée, entre 2012 et 2016, par la Cour européenne des droits de l’homme. Les juges de Strasbourg n’ont certes pas sanctionné le principe même de la rétention. Ils ont toutefois estimé, à six reprises, que la France violait plusieurs des principes de la Convention européenne des droits de l’homme : l’interdiction des traitements inhumains (article 3), le droit à la liberté et à la sûreté (article 5) et le respect de la vie privée et familiale (article 8).

Notre pays a donc un sérieux problème avec la rétention des mineurs. Le candidat Hollande s’était engagé, s’il était élu à l’Elysée, « à mettre fin dès mai 2012 à la rétention des enfants et donc des familles avec enfants ». Une circulaire publiée à l’été 2012, puis une loi confuse adoptée quelques mois plus tard, ont bien tenté de fixer un cadre, mais sans tenir la promesse présidentielle.
Résultat : en métropole, le nombre d’enfants retenus a quadruplé entre 2013 et 2016, passant de 41 à 172, avant de bondir en 2017, tout près du record atteint sous Nicolas Sarkozy : 384 enfants en 2011.
Une politique de continuité
Il faut donc « tirer les leçons du pouvoir », puisque la politique conduite en ce domaine par les gouvernements successifs – de droite, de gauche et d’ailleurs – frappe avant tout par sa continuité. Pourquoi la France ne se désaccoutume-t-elle pas d’une forme de maltraitance contraire à l’intérêt de l’enfant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Estimé à près de 500 millions d’euros par an, le budget sera financé à 80 % par le secteur privé.
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Françoise Nyssen annonce les modalités du Pass culture

Estimé à près de 500 millions d’euros par an, le budget sera financé à 80 % par le secteur privé.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 11h53
    |

            Sandrine Blanchard








                        



   


« Des étapes majeures ont été franchies dans la conception du Pass culture », a annoncé avec assurance, lundi 25 juin, la ministre de la culture, Françoise Nyssen, lors de la deuxième réunion du comité d’orientation chargé de réfléchir et de débattre sur ce « projet phare » de la politique culturelle macronienne.
Contenu, organisation, financement : force est de constater que les modalités du Pass culture, cette application mobile qui réunira les offres culturelles à proximité et sera créditée de 500 euros pour les jeunes âgés de 18 ans, se précisent.
Un contenu exhaustif
Ni sélection ni « snobisme ». « Aucune offre ne sera exclue, insiste la ministre. Tous les acteurs culturels publics ou privés, physiques ou numériques, sont les bienvenus sur le Pass. » On y trouvera des propositions de sorties (places de concert, théâtre, musée, cinéma…), des cours de pratiques artistiques, des jeux vidéo (sans doute « labellisés »), du tourisme culturel (comme, par exemple, une semaine d’archéologie ou la découverte d’un métier d’art), des abonnements à la presse numérique ainsi qu’à des plates-formes de musique ou de vidéos en ligne.
Une image intrigante pour « susciter le désir », un tarif et une distance seront les trois éléments qui apparaîtront sur l’écran du Pass pour chaque offre proposée. L’utilisateur pourra alors pousser l’image vers le haut pour avoir davantage d’informations et réserver, ou la faire glisser vers la gauche pour passer à la proposition culturelle suivante.
Une utilisation « encadrée » des 500 euros
Parce que « l’objectif numéro un » de cette application est d’« encourager à la découverte et la diversification des activités culturelles », et non de faire la part belle aux géants du Web, l’algorithme géolocalisé du Pass mettra en avant des offres du secteur public et « des petits acteurs indépendants » (librairies, associations, etc.).

        Lire l’analyse :
         

          « Comment faire adhérer les jeunes au Pass culture de 500 euros s’il fait l’impasse sur ce qu’ils aiment ? »



La ministre souhaite également définir des « plafonds de dépenses pour certaines catégories d’offres numériques » afin que le crédit de 500 euros ne soit pas englobé par des abonnements à Netflix, Deezer ou Spotify. A quelle hauteur ? La question, posée au comité consultatif, reste, pour l’heure, en suspens. En revanche, il n’y aura pas de plafond pour la pratique culturelle. Un jeune pourra, s’il le souhaite, utiliser l’intégralité de son crédit pour se payer, par exemple, des cours de guitare.
Un financement à 80 % privé
Estimé à près de 500 millions d’euros par an, le budget du Pass culture sera financé à 20 % par l’Etat et à 80 % par le secteur privé, via « des rabais ou des gratuités des partenaires culturels » et un partenariat, en cours d’élaboration, avec des banques. « La gratuité est essentielle à l’équilibre économique du Pass, indique le document remis aux membres du comité d’orientation. Elle ne sera pas mise en avant auprès des utilisateurs de l’application – le Pass affichera les tarifs grand public – afin de garantir la visibilité des acteurs locaux et d’éviter les effets d’aubaine ou d’avantage concurrentiel. »
Ainsi, un jeune pourra être débité de 10 euros pour une place de spectacle ou un abonnement mais cet achat, s’il aura été négocié gratuitement, n’aura pas de coût pour le Pass culture.
Une association pour porter le projet
Françoise Nyssen a annoncé la création d’une association qui deviendra « la structure porteuse » du Pass culture. Composée d’une dizaine de personnes, elle aura notamment la lourde tâche de trouver les partenaires (acteurs culturels et banques) pour boucler le budget, régler les problèmes juridiques et techniques de cette nouvelle application et labelliser les offres.
« Un effort sera demandé aux géants du numérique. Ils devront venir sur la base de la gratuité. Et si Netflix est dans le Pass culture, il devra proposer davantage de contenus européens », souligne Frédéric Jousset, qui rejoint la nouvelle association. « Il est hors de question que le Pass soit une autoroute pour les GAFA [Google, Apple, Facebook et Amazon], une régulation est nécessaire », complète la ministre, qui entend aussi faire respecter, sur l’application, le prix unique du livre.
Un calendrier en trois étapes 
Jusqu’en septembre, environ 400 jeunes volontaires, répartis dans cinq départements (Seine-Saint-Denis, Bas-Rhin, Hérault, Finistère, Guyane), testent l’ergonomie de l’application. A la rentrée, ils seront 10 000 à expérimenter, en conditions réelles, le Pass culture pendant six mois, avec un crédit de 250 euros.
Cette expérimentation permettra notamment d’observer les choix d’achats des jeunes et d’améliorer l’algorithme pour inciter les utilisateurs à diversifier leurs activités culturelles. La généralisation est prévue, « dans l’idéal », au premier trimestre 2019, mais elle dépendra du « temps d’analyse de l’expérimentation », indique-t-on au ministère.

Un projet à l’« ambiance de start-up »
Le duo Eric Garandeau et Frédéric Jousset avait rallié le projet à la mi-mai dans le cadre d’une mission ; il est désormais à la tête de l’association chargée de l’ingénierie financière et juridique du Pass culture, ainsi que de la labellisation des offres. Le premier, un inspecteur des finances de 45 ans, ex-conseiller culture de Jean-Jacques Aillagon et de Nicolas Sarkozy, a présidé le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC). Le second, 48 ans, ancien de HEC et cofondateur de Webhelp, investit dans des start-up culturelles et a récemment racheté Beaux Arts Magazine. Frédéric Jousset a par ailleurs dirigé le conseil d’administration de l’Ecole nationale des beaux-arts et a été membre de la Commission des acquisitions du Louvre. Si son profil détonne, M. Jousset semble convaincu par le projet. « Je suis assez impressionné que l’Etat ait la capacité de monter des petites équipes dans une ambiance de start-up, avec une logique expérimentale, confie-t-il. Rien n’est sacrifié pour la mise en place du Pass, et il offrira un coup de pouce aux acteurs locaux. Si on réussit ça, ce sera une chance d’avoir 18 ans en France. Aux Etats-Unis, la majorité donne droit au port d’une arme… » Emmanuelle Jardonnet





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ Après quatre années de mise à l’écart depuis le coup d’Etat, le régime gagne en respectabilité en étant reçu par Paris et Londres. Au grand dam de ses opposants politiques
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Le chef de la junte militaire thaïlandaise reçu à l’Elysée

Après quatre années de mise à l’écart depuis le coup d’Etat, le régime gagne en respectabilité en étant reçu par Paris et Londres. Au grand dam de ses opposants politiques



Le Monde
 |    25.06.2018 à 21h12
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 11h30
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            Bruno Philip








                        



   


Le chef de la junte militaire thaïlandaise – qui donne les signes croissants d’une volonté de devenir le premier ministre d’un gouvernement élu à l’issue d’élections législatives prévues en 2019 – a terminé lundi 25 juin à Paris un court séjour européen destiné à renforcer une légitimité politique introuvable depuis le coup d’Etat de mai 2014. Et à donner du même coup du crédit à son possible futur avatar de chef de gouvernement d’une Thaïlande à nouveau démocratique, si le prochain scrutin, qui a déjà été repoussé à plusieurs reprises, se tient bien l’année prochaine.

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Après avoir rencontré la semaine dernière à Londres la première ministre britannique, Theresa May, le général Prayuth Chan-ocha s’est entretenu lundi à l’Elysée avec Emmanuel Macron. Selon un communiqué de l’Elysée, le président français a exprimé la « volonté de la France d’accompagner la Thaïlande, pays ami de longue date et partenaire important de la France en Asie du Sud-Est, sur le chemin du retour à la démocratie, ainsi que son attention à la situation des droits fondamentaux dans ce pays ». Il a également « noté l’engagement du premier ministre Prayuth Chan-ocha à ouvrir l’espace politique dans un très proche avenir et à tenir les élections d’ici à février 2019 ».
« Surveiller l’agriculture »
Au cours de l’entretien a été annoncé l’achat par la Thaïlande d’un satellite d’observation d’Airbus pour un coût de 200 millions d’euros. Alors que cette visite sanctionne une reprise au plus haut niveau des relations entre Paris et Bangkok, quatre ans après le putsch dont le « dictateur en chef » Prayuth Chan-ocha fut l’instigateur, des sources diplomatiques françaises avaient insisté auparavant sur le fait que le satellite vendu par Airbus à l’agence spatiale thaïlandaise « n’est pas militaire et a été développé pour surveiller l’agriculture et l’érosion du littoral ».
De source diplomatique française, on fait remarquer également que le contexte actuel justifie, au plan économique, un redémarrage de la relation franco-thaïe. « Le pays fait face à un vieillissement démographique rapide, à des évolutions politiques régionales [montée en puissance de la Chine], qu’il entend affronter grâce à une stratégie de création de valeur ajoutée [Thailand 4.0] et il a un ambitieux plan d’investissements en infrastructures de transport. » La France espère, entre autres, pouvoir profiter de la volonté du gouvernement thaïlandais de moderniser son réseau ferroviaire pour pousser ses pions dans ce secteur.
« Vers une monarchie absolue »
La rencontre Macron-Prayuth a été critiquée par la dissidence thaïlandaise en exil en France, qui s’inquiète de la nouvelle tolérance affichée par Paris à l’égard du régime militaire. Ce dernier gouverne sans partage, impose la censure et empêche toute activité politique. Depuis quatre ans, plus d’une centaine de personnes ont été arrêtées pour avoir enfreint la loi de lèse-majesté, un article du code pénal dont se servent les généraux pour museler toute opposition à leur régime.

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« La junte a mis en place une nouvelle Constitution et imposé un plan militaire national de vingt ans qui écrase la démocratie et renforce le contrôle autoritaire », accuse, dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, l’opposant Jaran Ditapichai, ancien commissaire thaïlandais aux droits de l’homme, exilé en France. Dans la même lettre, il affirme que « le régime thaïlandais est encore plus dictatorial depuis que le roi Vajiralongkorn est monté sur le trône en décembre 2016. Depuis cette date, il devient de plus en plus évident que la Thaïlande s’achemine vers une monarchie absolue ».
A Bangkok, où la parole politique est contrainte, mais où les critiques d’intellectuels restent tolérées par la junte, la visite du général Prayuth a été vertement tancée : « Nous savons tous que les gouvernements occidentaux défendent le principe de la démocratie et le principe des droits de l’homme tant que cela ne va pas à l’encontre de leurs intérêts nationaux, a réagi Puangthong Pawakapan, professeure de relations internationales à l’université Chulalongkorn de Bangkok. Mais s’ils ont trop à perdre [en défendant la démocratie], ils trouvent des arguments pour justifier l’abandon de telles politiques. » Pour elle, la visite du dictateur thaïlandais au Royaume-Uni et en France n’est ni plus ni moins la mise en application d’une « realpolitik dégoûtante ».



                            


                        

                        

