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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-1"> ¤ Hicham Falah, délégué général du Fidadoc, mesure le chemin parcouru depuis la création du festival d’Agadir, il y a dix ans.
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Entretien

« La création documentaire au Maroc et en Afrique a totalement explosé »

Hicham Falah, délégué général du Fidadoc, mesure le chemin parcouru depuis la création du festival d’Agadir, il y a dix ans.

Propos recueillis par                                            Dorothée Myriam Kellou (contributrice Le Monde Afrique)




LE MONDE
              datetime="2018-06-26T15:35:24+02:00"

        Le 26.06.2018 à 15h35






    
Hicham Falah, délégué général du Festival international du film documentaire d’Agadir
Crédits : Elise Ortiou Campion


La dixième édition du Festival international du film documentaire d’Agadir (Fidadoc), au Maroc, s’est achevée samedi 23 juin, décernant son Grand Prix Nouzha-Drissi à Demons in Paradise, du réalisateur sri-lankais Jude Ratnam. Un jury composé d’étudiants a remis le prix du Court-Métrage au jeune réalisateur marocain Ayoub Aït Bihi pour son film Simane, âme dans le ciel et âme sur la Terre.

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Au fil des années, le Fidadoc s’est imposé comme un rendez-vous incontournable pour tous ceux qui souhaitent créer, produire, diffuser ou voir des films documentaires dans le royaume et, plus largement, en Afrique du Nord et en Afrique de l’Ouest. Remettre sur les grands écrans un genre cinématographique quasiment disparu au Maroc, le documentaire de création, c’était en 2008 le pari un peu fou de feue Nouzha Drissi, productrice de documentaires et fondatrice du Fidadoc.
Le Franco-Marocain Hicham Falah, réalisateur et chef opérateur de formation, est depuis 2012 le délégué général du festival. Entretien avec un inlassable voyageur qui travaille à tisser des liens entre les mondes arabe, subsaharien et européen. Mais pas seulement, comme le démontre l’attribution du Grand Prix.
Quel est le bilan de ces dix années de travail au Fidadoc ?
Hicham Falah Il y a dix ans, le documentaire était pratiquement absent de notre paysage audiovisuel. A l’exception de quelques individualités, surtout des Marocains basés à l’étranger, la pratique et la diffusion du cinéma documentaire avaient disparu au Maroc. Le travail de fourmi du Fidadoc a eu impact considérable puisque le mot « documentaire », « wathai’qi », est à nouveau rentré dans le langage commun. Il y a eu une transformation totale de la place du documentaire dans notre pays. Aujourd’hui, tout le monde s’en réclame, tout le monde veut en faire, tout le monde veut en diffuser. L’avance sur recettes du Centre cinématographique marocain s’ouvre aux longs-métrages documentaires et la chaîne de télévision 2M consacre depuis 2012 une première partie de soirée à la diffusion de documentaires.
Avec les « printemps arabes » et la deuxième phase de libération en Afrique depuis les indépendances, la création documentaire sur le continent a totalement explosé. L’existence de petites caméras et de téléphones pour filmer, de YouTube et des réseaux sociaux pour diffuser, a encouragé une nouvelle génération à filmer sa réalité. Cette multiplication de films arabophones a permis au Fidadoc de développer sa mission de diffusion culturelle de proximité qu’il avait démarrée dès sa première édition, avec des projections ambulantes dans les quartiers d’une ville, Agadir, qui ne compte plus de vraie salle de cinéma.

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Quelle est la place du cinéma documentaire africain dans la sélection 2018 ?
La sélection officielle comporte une compétition internationale de longs-métrages de dix films, avec seize nationalités représentées. Alors que la sélection de 2017 comptait quatre longs-métrages d’Afrique de l’Ouest de très haut niveau, nous n’en avons choisi cette année qu’un seul : Boxing Libreville, du Gabonais Amédée Pacôme Nkoulou, qui a reçu le Prix spécial du jury. A cela s’ajoutent deux films courts concourant dans la catégorie courts-métrages africains et arabes ».
La production reste très irrégulière dans tous les pays du continent. L’année 2017 avait été exceptionnelle, avec Les Héritiers de la colline, du Malien Ousmane Samassekou, qui raconte l’état de décomposition avancée de l’université à Bamako et avait reçu le Grand Prix Nouzha-Drissi. Le Fidadoc est résolument tourné vers tout le continent, mais on ne sélectionne pas un film parce qu’il est arabe ou subsaharien. On le choisit parce qu’il est bon. Or la production de longs-métrages n’est pas toujours au niveau de qualité exigé à international, en premier lieu à cause d’un manque de formations.
Comment le Fidadoc contribue-t-il à améliorer le niveau de la création et de la production documentaire africaine ?
Depuis 2012, nous avons mis en place un programme de formation et d’accompagnement de projets, la Ruche documentaire. Nous nous sommes inspirés de ce qui existait déjà sur le continent : les résidences d’écriture organisées dans le cadre du réseau Africadoc ou les ateliers de formation à l’écriture, au tournage et au montage de Bejaïa Doc en Algérie. La Ruche documentaire apprend aux jeunes cinéastes la base du métier : écrire un projet qui réponde aux exigences des producteurs nationaux ou étrangers. C’est un programme de formation ouvert en premier lieu aux étudiants en cinéma au Maroc, quelle que soit leur nationalité.
« L’existence de petites caméras et de téléphones a encouragé une nouvelle génération à filmer sa réalité »
Nous sommes fiers d’avoir accompagné dès leur genèse des projets et des auteurs qui ont obtenu une reconnaissance internationale, à l’instar des Héritiers de la colline, mais aussi d’Amal, de l’Egyptien Mohamed Siam, qui a ouvert la dernière édition du Festival international du film documentaire d’Amsterdam, d’Atlal, de l’Algérien Djamel Kerkar, qui a été trois fois récompensé au Festival international de cinéma de Marseille en 2016, ou encore de We Could Be Heroes, de la Marocaine Hind Bensari, qui vient de remporter le Prix du meilleur documentaire international au Festival international canadien du documentaire Hot Docs.
En 2017, nous avons également créé en partenariat avec le Festival des 3 Continents, à Nantes, un atelier de formation à la coproduction internationale, Produire au Sud Agadir-Sahara, qui, pour sa deuxième édition, accueillera douze réalisateurs et producteurs marocains, tunisiens, algériens et burkinabés, encadrés par dix professionnels internationaux expérimentés en matière de coproduction internationale.

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En 2017, vous rendiez hommage à Jean Rouch, cinéaste et ethnographe de l’Afrique. Cette année, vous mettez à l’honneur le cinéma documentaire marocain. Pourquoi un tel choix ?
Alors que notre production nationale a longtemps été exclusivement documentaire, le cinéma du réel a disparu à partir des années 1970. Les pionniers du cinéma marocain étaient des fonctionnaires du Centre cinématographique marocain, mais ils ont très vite subverti la commande de l’Etat et réalisé des films critiques sur la réalité sociale, comme en témoigne l’œuvre du grand poète et cinéaste Ahmed Bouanani, que le réalisateur Ali Essafi a contribué à exhumer. Comment faire des films sans connaître son histoire et la cinématographie de son pays ? On ne peut créer une cinématographie sur le vide. C’est pourquoi nous avons invité Ali Essafi à évoquer devant les participants de notre Ruche documentaire les autres pionniers du cinéma marocain, qui sont des inconnus pour la nouvelle génération de cinéastes.
C’est aussi la raison pour laquelle nous avons choisi pour marraine de cette dixième édition la réalisatrice Fatima Jebli Ouazzani. Nous avons ouvert le festival avec son chef-d’œuvre, Dans la maison de mon père, un documentaire très personnel, oscillant entre fiction et réalité, qui interroge le mythe de la virginité dans une société musulmane. Ce film n’a pas été vu depuis vingt ans au Maroc et la jeune génération n’a pas idée qu’un tel film ait pu y être réalisé. Que bien avant eux, des cinéastes ont pris le risque de défier la censure et l’autocensure. Leur montrer ces films, leur permettre de rencontrer tous ces réalisateurs doit les nourrir, les inspirer. Le renouveau du cinéma au Maroc et en Afrique est en marche.

Le palmarès du Fidadoc 2018
Le jury de la compétition internationale a attribué...
Le Grand Prix Nouzha-Drissi à Demons in Paradise, de Jude Ratnam (Sri Lanka). Un film dans lequel le réalisateur tamoul convoque les souvenirs de ses compatriotes sur la guerre civile sri-lankaise pour ouvrir la voie à une possible réconciliation.Le Prix des droits humains à Amal, de Mohamed Siam (Egypte), qui a suivi pendant six ans la lutte d’une adolescente en rebellion qui cherche à exister en tant que femme libre dans une Egypte en transition.Le Prix spécial du jury à Boxing Libreville, d’Amédée Pacôme Nkoulou (Gabon), portrait intimiste de Christ, un jeune boxeur qui s’entraîne sans relâche le jour et est veilleur la nuit dans des discothèques pour gagner sa vie. En toile de fond, l’élection présidentielle au Gabon de 2016.Une mention spéciale à Terra Franca, de Leonor Teles (Portugal), qui filme pendant quatre saisons la vie du pêcheur portugais Albertino, entouré de sa femme Dalia et de ses filles, dont l’aînée s’apprête à se marier.




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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-2"> ¤ Yann Gonzalez rend hommage aux « giallos » des années 1970, avec un thriller se déroulant dans le milieu du cinéma.
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« Un couteau dans le cœur » : l’assassin au godemiché qui tue

Yann Gonzalez rend hommage aux « giallos » des années 1970, avec un thriller se déroulant dans le milieu du cinéma.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 08h04
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 08h08
    |

                            Jean-François Rauger








                        



                                


                            

L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
D’où vient Un couteau dans le cœur, le deuxième long-métrage de Yann Gonzalez ? De loin, d’un inframonde social et cinématographique, ancien et peut-être oublié, d’un monde qui ne se souciait pas d’appartenir à la culture et même à la société, mais qui aura peut-être incarné le cœur saignant de son époque. De près, tant il paraît être le produit, strictement contemporain malgré son aspect « rétro », d’un long mûrissement nourri d’expériences et d’inspirations diverses, parvenues enfin à maturité. C’est un film nourri du passé mais qui ne pouvait pourtant se concevoir qu’aujourd’hui. C’est aussi un changement de regard que propose Un couteau dans le cœur, dont la singularité repose tout autant dans l’hybridation de ses inspirations que dans le refus de tout naturalisme. Cette mutation est sans doute celle que propose un jeune cinéaste qui aura trouvé le carburant de son œuvre dans la part la plus pulsionnelle, tout autant que dans la plus abstraite, du cinéma, rejetant la vieille psychologie pour puiser à la source triviale de ce qui s’opposerait à l’idée d’art elle-même.

A travers ce récit ponctué de meurtres ritualisés (l’assassin est masqué et son arme est un ­godemiché doté d’une lame rétractable) dans le milieu du cinéma porno gay de la fin des années 1970, Yann Gonzalez invite le spectateur à participer à un très singulier trip. Un voyage au cœur d’un imaginaire insolite, comme une plongée dans un passé qu’il se garde bien de vouloir reconstituer pieusement, comme si de rien n’était, comme s’il ne fallait que se contenter d’une nostalgie des hédonistes années 1970. Les victimes de l’assassin à la cagoule de latex sont des comédiens de films pornographiques homosexuels produits par Anne Pareze (Vanessa Paradis), que le film découvre en plein désespoir amoureux, hurlant sa douleur ­alcoolisée au téléphone à son ­ex-amante Loïs (Kate Moran), la monteuse de ses films.
A...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-3"> ¤ La chanteuse et actrice incarne une productrice de films pornos gay dans « Un couteau dans le cœur », de Yann Gonzalez.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/06/2018
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Cinéma : l’oiseau Paradis fait son nid

La chanteuse et actrice incarne une productrice de films pornos gay dans « Un couteau dans le cœur », de Yann Gonzalez.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 08h09
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

Premier rôle d’Un couteau dans le cœur, de Yann Gonzalez, Vanessa Paradis y interprète Anne, une productrice de films pornos gay, en 1979, à Paris. Dans ce film maniériste, pop et provocateur, l’actrice détonne, étonne. Sans être inédit, ce genre d’écart n’est pas si fréquent dans une carrière tripartite (chanteuse, actrice, mannequin) qui roule si bien et depuis si longtemps qu’elle semble dépourvue d’aspérités, onto­logiquement ­inté­grée au paysage de la renommée nationale.

Sans être nécessairement fan, sans s’intéresser particuliè­re­ment ni à la chanson ni au cinéma, on se remémore sans mal les étapes de cette ascension. En 1981, « L’Ecole des fans », de Jacques Martin, où elle interprète, à 7 ans, Emilie Jolie, de Philippe ­Chatel. Joe le taxi, mégatube (3 millions de disques vendus), à 14 ans. Premier rôle au cinéma à 16 ans au côté de Bruno Cremer, dans le sulfureux Noce blanche, chef-d’œuvre et succès populaire (près de 2 ­millions d’entrées) de Jean-Claude Brisseau. Ne lui reste plus, à 18 ans, qu’à devenir l’égérie du parfum Coco de Chanel, dans un clip de Jean-Paul Goude qui la ­représente moulée de noir, sifflotant dans une cage dorée, sous les yeux d’un matou blanc.

Une star près de chez vous
Dès lors, cela ne s’arrête plus. Côté chanson, Serge Gainsbourg, Lenny Kravitz, Matthieu Chedid, Alain Bashung, Alain Chamfort, Brigitte Fontaine écrivent pour elle. Côté cinéma, elle tourne sous la direction de Jean Becker (Elisa, 1995), de Patrice Leconte (La Fille sur le pont, 1999), de Pascal Chaumeil (L’Arnacœur, 2010). Un même tropisme régit apparemment sa vie privée, qui navigue entre Florent Pagny, Lenny Kravitz, Stanislas Merhar, Johnny Depp, Benjamin Biolay ou Samuel Benchetrit. D’acteur en chanteur, de chanteur en acteur, l’oiseau Paradis fait son nid. Il n’est pas jusqu’à sa fille, Lily-Rose Melody Depp, qui ne se destine à son tour à la carrière.

On...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-4"> ¤ L’institution phare d’Hollywood a convié un nombre record de femmes et de personnes de couleur à rejoindre ses rangs.
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Après les critiques, l’Académie des Oscars continue à s’ouvrir à la diversité

L’institution phare d’Hollywood a convié un nombre record de femmes et de personnes de couleur à rejoindre ses rangs.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 05h03
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 08h27
   





                        



Elle s’était engagée à diversifier l’origine de ses membres. L’Académie des arts et sciences du cinéma, surtout connue pour remettre chaque année les Oscars du cinéma, a annoncé lundi 25 juin qu’elle avait convié un nombre record d’artistes à rejoindre ses rangs. Dans un communiqué, l’instance américaine précise :
49 % des 928 nouveaux membres potentiels sont des femmes, ce qui porterait leur taux à 31 %, contre 25 % il y a trois ans ;38 % sont des personnes de couleur, ce qui porterait la part à 16 % du total des membres de l’Académie, contre 8 % en 2015.
Parmi les conviés, l’actrice et humoriste Mindy Kaling (la série The Mindy Project, Ocean’s 8), la jeune Quvenzhané Wallis (14 ans, la plus jeune à avoir été nommée pour l’Oscar de la meilleure actrice en 2013 pour Les Bêtes du Sud sauvage), l’acteur Daniel Kaluuya (Get Out, Black Panther), l’humoriste Dave Chappelle et les musiciens Nitin Sawhney, Kendrick Lamar ou Carlinhos Brown.
L’actrice américaine Ann Dowd (The Handmaid’s Tale : La Servante écarlate) fait aussi partie de ce cru tout comme les Britanniques Emilia Clarke (Game of Thrones) et Daisy Ridley (l’héroïne de la dernière série de films Star Wars), l’égérie de Pedro Almodovar Rossy de Palma, ou encore l’Allemande Diane Kruger (prix d’interprétation à Cannes en 2017 pour In the Fade). La réalisatrice libanaise Nadine Labaki (prix du jury du Festival de Cannes 2018 avec Capharnaüm) a également été conviée, tout comme l’auteure de la série des Harry Potter, J. K. Rowling.
« Les portes sont grandes ouvertes »
Emmanuelle Seigner, la femme de Roman Polanski, est elle aussi conviée à rejoindre l’institution phare d’Hollywood quelques mois après l’exclusion du cinéaste, reconnu coupable de détournement de mineure il y a quarante ans.
Toujours chez les Français, les acteurs Tahar Rahim, Saïd Taghmaoui et Timothée Chalamet (Call Me by Your Name), les réalisateurs Bertrand Bonello, Emmanuel Bourdieu, Laurent Cantet, Arnaud Desplechin, Michel Gondry, Alain Guiraudie, Jean-Pierre Jeunet, et Rebecca Zlotowski, le compositeur Eric Serra, la productrice Sylvie Pialat font aussi partie de la « promo 2018 », avec les comédiennes Léa Seydoux et Sofia Boutella.
Si tous les invités acceptent de rejoindre l’Académie, le nombre de ses membres passerait à 9 226 personnes. L’année 2017 avait déjà marqué une forte augmentation du nombre de personnes conviées, avec 774 nouveaux membres, contre 684 en 2016.
Le message de l’instance, qui avait promis en 2016 de doubler le nombre de femmes et représentants des minorités ethniques d’ici à 2020, est dorénavant clair, estime le magazine Variety : « Les portes sont grandes ouvertes. » L’Académie avait été contrainte de réagir à la suite de la polémique « Oscars so white » sur le manque de diversité parmi les personnes et œuvres nommées pour la précieuse statuette.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-5"> ¤ Grande figure de la revue de cinéma « Positif », citoyen engagé à gauche, Paul-Louis Thirard est décédé le 24 juin à l’âge de 85 ans.
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Paul-Louis Thirard, critique de cinéma et militant anticolonialiste, est mort

Grande figure de la revue de cinéma « Positif », citoyen engagé à gauche, Paul-Louis Thirard est décédé le 24 juin à l’âge de 85 ans.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 15h58
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 17h49
    |

                            Paulo A. Paranagua








                        



                                


                            
Pilier de la revue de cinéma Positif pendant un demi-siècle, fin connaisseur du polar, Paul-Louis Thirard, mort le 24 juin à Clichy (Hauts-de-Seine), à l’âge de 85 ans, était un militant engagé dans la lutte anticolonialiste et dans les combats de l’extrême gauche. Habité par une véritable passion pour l’Italie, il a contribué à faire connaître en France les films de maîtres comme Antonioni, Visconti ou Fellini, mais aussi la comédie italienne.
Paul-Louis Thirard était né le 30 octobre 1932 à Lyon, comme Bernard Chardère, le fondateur de Positif, revue née en 1952 qui s’est rapidement fait une réputation d’irrévérence, d’anticonformisme et d’antimilitarisme, en pleine guerre d’Algérie. Dans ce cocktail détonnant de la gauche antistalinienne, de surréalistes, d’anarchistes, de communistes peu orthodoxes et de socialistes en rupture de ban, la nouvelle recrue lyonnaise, présent dès le numéro 13 (1955), apporte une touche militante non dénuée d’esprit. Ainsi, il est l’auteur de deux canulars qui révèlent un mélange de pataphysique et d’humour d’Europe de l’Est : le réalisateur Maurice Burnan et le cinéma « dubrovien », qu’il a inventés de toutes pièces.
Tropisme italien
Plus sérieusement, il défend les films polonais d’Andrzej Wajda ou de Jerzy Kawalerowicz et suit de près ce qui se passe dans les pays socialistes. Avec Michèle Firk, qu’il accompagne à La Havane en 1963, il se fait l’écho des premiers pas du cinéma castriste. Catholique dans une revue qui pratique l’anticléricalisme comme sport de combat, il est sensible aux premières œuvres de Federico Fellini, où le spiritualisme prédomine encore sur l’éclosion des désirs. L’auteur d’Amarcord finira par être en tête des préférences des « positivistes » assagis.
Le tropisme italien de Thirard le porte vers la comédie populaire, héritière du néoréalisme d’après-guerre et de la commedia dell’arte, mais aussi vers les cinéastes qui expriment une modernité en constante...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-6"> ¤ Anthropologue d’origine colombienne, il montre, par une critique radicale, à quel point le récit de la modernité est centré sur l’Occident.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Arturo Escobar, pourfendeur du développement

Anthropologue d’origine colombienne, il montre, par une critique radicale, à quel point le récit de la modernité est centré sur l’Occident.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 07h33
    |

            Nicolas Bourcier








                        



                                


                            

Un prophète aux cheveux longs. Une voix étonnamment douce, un regard fixe, une pensée complexe et contagieuse. Au milieu des années 1970, dans une chambrée quelque part du côté du campus de l’université Cornell, dans l’Etat de New York, un jeune homme originaire de Colombie s’interroge. Ses études en biochimie ne l’intéressent plus. L’époque est à la contre-culture. On parle de Nord et de Sud, de démocratie et d’impérialisme, d’activisme aussi. Et puis il y a cette famine au Sahel qui revient dans toutes les discussions.
Arturo Escobar écrit trente pages, son premier texte en anglais. Un jet nourri contre la « révolution verte », cette politique de transformation des agricultures des pays dits en développement, fondée sur l’intensification et l’utilisation de céréales à haut rendement. « Il n’y avait pas encore cette radicalité de la critique », dira-t-il plus tard. Elle viendra avec le temps et les lectures. Mais déjà l’étudiant dénonce, par une étourdissante mise en abyme du système, les politiques de lutte contre la faim et les aides au développement : « Ces politiques ne résolvent pas le problème, elles le perpétuent. »
Des indigènes du sud aux ZAD
Sa plume sera son viatique et sa boussole. Grâce à elle, il construit une grammaire de luttes, un corpus de combat. Une structure, diront les spécialistes, à la fois théorique et pratique. Lui s’engage, change de cursus et de curseur, de focale aussi, en nous rappelant d’où il vient et d’où nous venons. Il interroge la modernité, observe les relations entre les peuples, entre les anciennes colonies et les anciens colons, questionne et décompose les rapports entre dominants et dominés.
« Il est un passeur de sens », dit l’ethnologue Irène Bellier, directrice de recherches au CNRS
Aujourd’hui, à 66 ans, Arturo Escobar a solidement planté son élégante et fine silhouette dans le milieu de la pensée critique globale. Il a écrit une dizaine de livres, collaboré...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-7"> ¤ Le compositeur de la bande originale du film « 120 battements par minute » se produit samedi au festival parisien organisé par Solidarité sida.
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Solidays : Arnaud Rebotini, l’électro libre

Le compositeur de la bande originale du film « 120 battements par minute » se produit samedi au festival parisien organisé par Solidarité sida.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 09h38
    |

            Bruno Lesprit








                        



                                


                            

Les téléspectateurs ont découvert Arnaud Rebotini le 2 mars, lors de la 43e cérémonie des ­ Césars, quand il a reçu la ­compression dorée récompensant la meilleure musique de film pour 120 battements par ­minute. Une première pour un compositeur issu de l’électronique. Sur l’écran est ­apparu un ­colosse de près de 2 mètres à face de boxeur, portant banane et moustache. Un physique de ­videur plutôt que d’as des platines.
Le géant n’a pu retenir ses larmes en remerciant son épouse, avant d’évoquer « la voix de ceux qui sont morts, de ceux qui ont perdu des proches, qui se sont battus, qu’on n’a pas voulu entendre », et de ­dédier « ce prix à ces héros oubliés d’hier et d’aujourd’hui : Act Up existe toujours et le sida n’est pas qu’un film ». Un message conforme à celui du festival Solidays, organisé par Solidarité sida, qui ­célèbre ses 20 ans du 22 au 24 juin à l’hippodrome de Paris-Longchamp. Rebotini y est ­attendu avec ses claviers et ses ­machines le samedi, jour d’une « cérémonie contre l’oubli » des victimes d’une pandémie qui a fait 35 millions de morts, selon les ­estimations d’Onusida.

Pour Act Up, le succès (plus de 600 000 entrées en France) du film de Robin Campillo s’est traduit par un afflux de nouveaux militants, qui a provoqué une crise de gouvernance. A Rebotini, il a apporté « de la notoriété et de l’intérêt pour [s] a musique ». Du prestige aussi, puisque la Philharmonie de Paris l’a convié à jouer la bande originale, en avril 2019, avec une formation acoustique. De la house dans la salle Pierre-Boulez ? « Il aurait détesté, j’en suis sûr », glisse en souriant le laborantin, qui reçoit sur son lieu de labeur, où il s’astreint à des horaires réguliers.
Solide culture musicale
Niché dans un immeuble de Montmartre, l’appartement, aux murs couverts de vinyles, comporte une cave transformée en studio, encombré d’instruments analogiques et de séquenceurs....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-8"> ¤ Philippe Mechelen et Julien Hervé, scénaristes des « Tuche », signent un premier film inégal.
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Article sélectionné dans La Matinale du 21/06/2018
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« Le Doudou » : un tandem comique sur la piste d’un ourson

Philippe Mechelen et Julien Hervé, scénaristes des « Tuche », signent un premier film inégal.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 14h30
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 07h50
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Intouchables (Eric Tolédano, Olivier Nakache, 2011) et ses dix neuf millions de spectateurs a façonné l’archétype cinématographique d’une cohabitation harmonieuse entre Français de plus ou moins longue extraction, riches et pauvres, gens des villes et gens des cités. Le cinéma étant par ailleurs une industrie, il était fatal qu’une litanie de films, eu égard à un succès aussi considérable, se mettent au diapason. Philippe Mechelen et Julien Hervé – qui ne sont pas des bleus en matière de succès puisqu’ils sont les scénaristes des Tuche – se sont donc mis sur les rangs pour leur baptême de réalisation.
La séquence d’ouverture invite ainsi à une petite sémiologie accessible à tous. Plaque de scooter 93 en gros plan, musique funky sur l’engin qui se faufile dans la circulation, Malik Bentalha dessus en Gavroche issu de l’immigration et responsable des chariots à Roissy 3, drague malicieuse de deux hôtesses, fine fleur du charme français, qui débarquent d’un aérogare voisin. Tout est dit. L’enfant de l’immigration qui rame avec une tchatche sans pareille, l’aspiration à séduire les beautés du cru, le groove américain pour mettre tout le monde d’accord.
Le principe du « marabout de ficelle »
L’action va toutefois se nouer autour d’un autre couple. Michel (Kad Merad), responsable de la voirie à Poissy, passe une annonce pour retrouver, contre récompense, le doudou de sa fille perdu à Roissy. Sofiane (Malik Bentalha), qui voit une belle occasion de mettre du beurre dans les épinards, l’appelle en prétendant avoir trouvé ce qui n’est qu’un ourson neuf grossièrement maquillé. Le coup ne marche pas mais constitue la pierre de touche d’un récit qui va mener les deux hommes, partant d’une vidéo qui montre l’objet embarqué par une grand-mère, sur la piste du doudou selon le principe du « marabout de ficelle ».
Un film inégal, bridé, entre la tentation de la folie et la peur de lui laisser le champ libre
Argument délibérément ténu et principe d’écriture réglé sur une volonté de fantaisie donnent ici un film inégal, bridé, comme souvent dans la comédie française, entre la tentation de la folie et la peur de lui laisser le champ libre. Ce film de tandem, formule comique éprouvée, est surtout l’occasion de confronter à travers ce couple de héros positifs deux générations de stand-uppers franco-maghrébins (quand bien même Kad Merad camperait ici un édile provincial) à tout ce que la France compte de forces plus ou moins rassises. Une grand-mère anciennement collabo, un châtelain dégénéré, un vigile sadique, un escroc de l’action caritative, une congrégation de bourgeois catholiques bon teint, on en passe et des meilleures.

        Lire l’entretien avec Kad Merad :
         

          « Aujourd’hui, je sais que je suis capable de jouer n’importe quoi »



Tout cela, on l’aura compris, offre un spectacle plutôt bon enfant et optimiste (voir le happy end), dans un contexte européen de montée des intolérances qui devient quant à lui franchement inquiétant. Le « doudou » n’est ainsi pas seulement le titre du film, il en qualifie la fonction.

Film français de Philippe Mechelen et Julien Hervé. Avec Kad Merad, Malik Bentalha, Guy Marchand (1 h 22). Sur le Web : www.facebook.com/pathefilms et www.pathefilms.com/film/ledoudou



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-9"> ¤ Avec son deuxième long-métrage, Liu Jian réussit un tableau féroce de son pays et un film de gangsters à la Tarantino.
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« Have a Nice Day » : un polar en ombres de Chine

Avec son deuxième long-métrage, Liu Jian réussit un tableau féroce de son pays et un film de gangsters à la Tarantino.



Le Monde
 |    20.06.2018 à 07h17
 • Mis à jour le
20.06.2018 à 07h28
    |

            Clarisse Fabre








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
L’expression « Have a nice day » (et sa traduction française, « bonne journée »), sorte de service minimum de la relation humaine, n’est plus qu’une formule automatique dans le va-et-vient des échanges quotidiens. Personne n’est dupe mais ça aide à tenir – et à vendre. Que le cinéaste chinois et artisan de l’animation, Liu Jian, 49 ans, ait choisi ce titre pour nous donner des nouvelles de son pays est sans doute un signe avancé de mélancolie : la Chine est un prince marchand, pas vraiment charmant.

        Lire l’entretien avec le réalisateur Denis Walgenwitz :
         

          « Liu Jian dépeint le réel sur le mode de l’enluminure »



Ce film d’animation démarre lentement, comme la boule de flipper qui remonte le corridor avant d’être secouée dans tous les sens (pour finir dans un trou noir). Have a Nice Day, ou son acronyme HAND, a le ton désinvolte et délirant d’un film de gangsters revisité par Quentin Tarantino, façon Pulp Fiction. Après le réaliste ­Piercing 1 (2010), ancré dans la crise de 2008, Liu Jian signe un deuxième long-métrage plus proche du rêve et de l’absurde. Tous les coups sont permis dans ces faubourgs du sud de la Chine, du moment que les protagonistes peuvent sortir de leur misère ou préserver leurs gains acquis de haute lutte mafieuse. Le jeune Xiao Zhang, chauffeur d’un truand local, décide un soir de voler son patron. Il part avec un sac rempli de billets. L’argent doit lui servir à payer une nouvelle chirurgie esthétique à sa fiancée, sa première opération du visage ayant raté.
La trame sociale du film est entrelardée de bagarres au fil d’un scénario ordonné en quatre parties
La trame sociale du film est entrelardée de bagarres au fil d’un scénario ordonné en quatre parties et traversé de subites accélérations. Beaucoup de rebondissements dans la machine… Des personnages douteux surgissent de l’ombre pour tenter de récupérer le magot, tels des chats de gouttière se disputant la poubelle du restaurant chic. Il faut retrouver l’argent avant l’aube.
Le petit peuple fantasmé de la Chine contemporaine défile sous le crayon du réalisateur, le temps d’une nuit bleu pétrole : le patron d’une cantine aux gadgets diaboliques se rêve en inventeur ; le responsable d’un billard et sa copine voudraient bien filer à Shanghaï ; la réceptionniste d’un morne hôtel attend que chaque nuit passe… Quant à Skinny, découpeur de viande et homme de main du bandit floué, il ne va pas lâcher l’affaire. Have a Nice Day est saignant et « à poings ».
Déprogrammé à Annecy
Evidemment, le message n’est pas des plus touristiques. Sélectionné au Festival international du film d’animation d’Annecy, en 2017, HAND avait finalement été déprogrammé à la suite de pressions des autorités chinoises. Cette année-là, la Chine était justement invitée à Annecy pour présenter un panorama du film d’animation et le polar de Liu Jian faisait tâche. Have a Nice Day a pu en revanche figurer en compétition officielle à la Berlinale 2017.

        Lire le reportage :
         

          La peinture shanshui s’anime au Festival d’Annecy



On sait peu de chose de Liu Jian. Diplômé en peinture chinoise de l’Institut d’art de Nankin, il évolue aussi bien dans le milieu de l’art contemporain que dans le cinéma. Il fabrique ses films au sein d’une toute petite équipe – entre autres sa compagne, la peintre Lynne Wang, qui est aussi la productrice du film. Il enseigne l’animation à l’Académie des arts de Chine et ses contraintes professionnelles l’empêchent d’assurer la promotion de Have a Nice Day à l’occasion de sa sortie en France, mercredi 20 juin.
Il y aurait pourtant beaucoup à dire, sur son style d’animation ou sa philosophie du pas de côté. Pour développer ses scénarios, Liu Jian accumule des photos de paysages urbains, de campagnes ou d’intérieurs d’appartements. Ce fonds documentaire lui sert à fabriquer ses décors. Est-ce un tel travail, quasi artisanal et solitaire, qui a fini par imposer cette esthétique minimaliste ? La virtuosité de l’animation n’est pas la priorité de l’auteur. Du moins pas celle que l’on entend au sens technique du mot. Parfois le réalisateur a recours au dessin « pur », presque sans mouvement, pour installer le spectateur dans la ville, toujours à une certaine distance : une ruelle mal éclairée la nuit, deux hommes autour d’une mobylette, un homme endormi sur un banc…
Comme sur une grande tapisserie
Le réalisateur nous livre quelques clés dans le dossier de presse du film. « Have a Nice Day est à envisager dans son entièreté et aucun des personnages ne peut être décrit comme le personnage principal, même si le sac rempli d’argent est souvent vu comme tel », explique-t-il. Il s’intéresse, dit-il, aux humains qui vivent dans ces villages des faubourgs du sud de la Chine, transformés par des vagues d’urbanisation et d’industrialisation. « Mon principal objectif est de rester proche de ces gens, d’observer les vies de ces différents groupes, d’écouter leurs voix et d’être capable de partager leurs histoires. »
Liu Jian part du réel et brode. Comme sur une grande tapisserie, il isole un détail, un arrière-plan au sens parfois caché – une métaphore pour échapper à la censure ? Un crocodile s’avance sur la ligne de chemin de fer, à l’approche du train. Ou bien est-ce un homme métamorphosé en animal, qui attend son heure ? Il y a aussi ces personnages secondaires, tapis dans un coin, déconnectés de l’intrigue principale, qui deviennent des conteurs de la Chine contemporaine. A l’heure de la pause, un gardien de sécurité d’un chantier se plaint d’être un peu moins libre que lorsqu’il était chauffeur. Son collègue le « rassure » et lui fait un topo sur la liberté : est libre celui ou celle qui peut acheter sans se soucier du prix, que ce soit dans le marché du village, à l’hyper­marché ou en ligne…
Le vague à l’âme peut se diluer dans les flots d’une mer sombre. Ou s’exprimer dans quelques secondes d’écran vide de toute image, lesquelles paraissent une éternité. Chez Liu Jian, le polar reste un film noir.



Film d’animation chinois de Liu Jian (1 h 17). Sur le Web : www.rouge-distribution.com/2018/03/03/have-a-nice-day.html

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 20 juin)
Have a Nice Day, film d’animation chinois de Liu Jian (à ne pas manquer)Sans un bruit, film américain de John Krasinski (à voir)Une prière avant l’aube, film britannique, cambodgien et français de Jean-Stéphane Sauvaire (à voir)Bécassine !, film français de Bruno Podalydès (pourquoi pas)How to Talk to Girls at Parties, film américain de John Cameron Mitchell (pourquoi pas)Jerico. L’envol infini des jours, documentaire colombien et français de Catalina Mesa (pourquoi pas)A genoux les gars, film français d’Antoine Desrosières (on peut éviter)
A l’affiche également :
Le Doudou, film français de Philippe Mechelen et Julien HervéKuzola. Le chant des racines, documentaire français d’Hugo BacheletRose piment, film français de Cédric Malzieu





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-10"> ¤ Collaborateur et ami du cinéaste chinois, dont il est le « passeur » en Occident, le réalisateur décrit son esthétique singulière.
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Denis Walgenwitz : « Liu Jian dépeint le réel sur le mode de l’enluminure »

Collaborateur et ami du cinéaste chinois, dont il est le « passeur » en Occident, le réalisateur décrit son esthétique singulière.



Le Monde
 |    20.06.2018 à 07h16
 • Mis à jour le
20.06.2018 à 07h18
    |

            Clarisse Fabre








                        



                                


                            

Réalisateur, Denis Walgenwitz a rencontré Liu Jian en 2010, dans le cadre du Festival international du film d’animation d’Annecy, où le premier long-métrage de Liu Jian, Piercing 1, était en compétition. Devenu un peu le « passeur » en Occident du cinéaste chinois, très investi dans son travail d’enseignant en Chine, Walgenwitz a ­présenté Have a Nice Day lors de l’édition 2018 du Festival d’Annecy, quelques jours avant sa sortie en salles. Il travaille à un projet de film sur la mafia chinoise en collaboration avec Liu Jian.

Comment présenteriez-vous le cinéma de Liu Jian ?
J’ai été très impressionné lorsque j’ai découvert son travail en 2010. Dans Piercing 1, un jeune homme se retrouve au chômage : l’usine de chaussures dans laquelle il travaille ferme ses portes. Jusque-là, j’avais cette vision de la Chine qui nous prive de nos emplois en Occident. Et là, je me rendais compte que les Chinois eux-mêmes subissaient une situation comparable. Sans travail, certains n’avaient même plus d’argent pour prendre les transports et rentrer dans leur village. On les voyait comme des adversaires. En fait, ils étaient aussi comme nous. Liu Jian nous rapproche ainsi de la Chine. Son esthétique est minimaliste. Il ne montre pas le mouvement mais l’énergie qu’il insuffle à ses personnages. Il travaille beaucoup ses décors, de même que les paysages dans lesquels évoluent ses protagonistes. Il dépeint le réel sur le mode de l’enluminure.
Comment parvient-il à mener un film d’animation de façon quasi artisanale ?
Liu Jian est hors normes. J’ai collaboré à différents postes sur des films d’animation comme Persépolis (2007), de Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi, Le Congrès (2013), d’Ari Folman, ou encore La Tortue rouge (2016), de Michael Dudok de Wit. C’est un vrai combat d’emmener ce type de film vers un public adulte. Je sais la charge que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-11"> ¤ Notre chroniqueur a encore frappé : après les vestiaires de Benjamin Biolay et de Roger Federer, Marc Beaugé scrute celui du comédien qui est à l’affiche de « Bécassine ! », en salle 20 juin. Et il a fière allure.
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<article-nb="2018/06/26/19-12">
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-12"> ¤ Coécrit avec ses deux actrices, le film d’Antoine Desrosières dérange plus qu’il n’amuse.
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« A genoux les gars » : sexe, tchatche et désolation

Coécrit avec ses deux actrices, le film d’Antoine Desrosières dérange plus qu’il n’amuse.



Le Monde
 |    20.06.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
20.06.2018 à 07h51
    |

            Véronique Cauhapé








                        



   


L’avis du « Monde » – on peut éviter
En 2015, avec Haramiste, le réalisateur-scénariste Antoine Desrosières s’était payé le culot d’aller voir ce qui se cachait sous le voile de deux adolescentes, lesquelles bouleversaient les idées reçues par la malice dont elles usaient pour contourner les interdits et satisfaire leurs désirs. Trois ans plus tard, le cinéaste prolonge son exploration avec un long-métrage qui met en scène, dans une cité de banlieue, quatre jeunes gens aux prises avec une sexualité empêchée par les conventions culturelles et religieuses.
Abrupt dans son propos, rustre dans ses dialogues logorrhéiques, économe dans sa forme, le long-métrage,qui a été présenté au Festival de Cannes dans la sélection Un certain regard, met à rude épreuve. Et crée un réel malaise.
Yasmina et Rim sont deux sœurs dont la complicité se mesure aux interminables heures qu’elles passent à discuter autour de rien. Chacune, flanquée d’un petit ami – aussi crétin l’un que l’autre –, va devoir répondre à la demande pressante et obsessionnelle des garçons. A savoir, se plier à la fellation. Cet acte sexuel, moins objet de désir que de revendication et de pouvoir pour les mecs, de soumission ou de refus émancipateur pour les filles, se pose comme sujet central et omnipotent du film. Jusqu’à fournir matière à une intrigue. Après avoir accepté de faire une « gâterie » au petit ami de sa sœur absente, Yasmina va devenir la victime d’un chantage qui va tout bouleverser.
Une grande vacuité
Répété durant quatre mois, coécrit par ses interprètes féminines, Souad Arsane et Inas Chanti, filmé en dix-huit jours, A genoux les gars déroule une tchatche ininterrompue, fruit d’une écriture mêlée d’improvisations dont l’écho ne fait que renvoyer une grande vacuité. Dotés d’un vocabulaire qui ne comprend pas plus d’une quarantaine de mots, les protagonistes – servis par des acteurs dont le jeu flotte parfois autant que leur discours – privent le film du relief auquel on ne cesse d’espérer.
En attente d’un positionnement là où tout est mis au même niveau, d’un comique revendiqué plutôt que soumis à l’indulgence du langage pratiqué, de ruptures qui modulent ce chant monocorde. Amputé de ces qualités, le film installe une gêne qui ne relève pas tant du sujet traité que de la complaisance à laquelle il s’assujettit pour en rendre compte.

Film français d’Antoine Desrosières. Avec Souad Arsane, Inas Chanti, Sidi Mejai, Mehdi Dahmane (1 h 38). Sur le Web : www.rezofilms.com/distribution/a-genoux-les-gars



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-13"> ¤ Sur le schéma usé de la chute puis de la résurrection, Jean-Stéphane Sauvaire réussit à se distinguer brillamment.
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« Une prière avant l’aube » : le martyre d’un jeune boxeur dans une prison thaïlandaise

Sur le schéma usé de la chute puis de la résurrection, Jean-Stéphane Sauvaire réussit à se distinguer brillamment.



Le Monde
 |    20.06.2018 à 07h14
    |

                            Jean-François Rauger








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Le récit d’Une prière avant l’aube épouse la structure très éprouvée de la chute et de la renaissance. Tiré d’un ouvrage autobiographique, le film de Jean-Stéphane Sauvaire décrit le martyre d’un jeune boxeur toxicomane britannique jeté dans une prison thaïlandaise et parvenant, en participant aux championnats de boxe thaï de l’établissement, à améliorer son sort.
Caméra à l’épaule
Le cinéaste jette le spectateur dans une plongée immersive, exprimée par les choix d’une mise en scène privilégiant les longs plans caméra à l’épaule, au centre d’un lieu infernal, collant à un personnage soumis à un calvaire absurde et brutal. Le spectacle est âpre, le personnage principal une force brute, incontrôlable et obtuse (la performance de l’acteur principal est remarquable) qui devra parvenir, au terme d’une longue et douloureuse épreuve, à une forme de renaissance.
Sur un schéma très usé, Une prière avant l’aube se distingue brillamment par le refus obstiné de toute sentimentalité et de tout effet emphatique.

Film britannique, cambodgien et français de Jean-Stéphane Sauvaire. Avec Joe Cole, Vitaya Pansringarm, Panya Yimmumphai (2 h 02). Sur le Web : unepriereavantlaube-lefilm.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-14"> ¤ La réalisatrice Catalina Mesa est revenue dans le village natal de sa grand-mère pour y filmer huit récits au féminin.
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« Jerico » : portraits de femmes solitaires en Colombie

La réalisatrice Catalina Mesa est revenue dans le village natal de sa grand-mère pour y filmer huit récits au féminin.



Le Monde
 |    20.06.2018 à 07h13
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Catalina Mesa, qui a fui la violence de son pays natal, pour se former au cinéma aux Etats-Unis et en France, est retournée en Colombie pour y filmer Jerico, le village de sa grand-mère. Elle a choisi un panel de huit femmes de l’ancienne génération pour évoquer tout à la fois des destins individuels marqués par le sceau de la souffrance et du stoïcisme, de la dévotion charnelle sud-américaine, dans un monde où les hommes sont absents, morts ou partis, victimes eux-mêmes d’une violence sociale qui est ainsi suggérée en creux.
Haute solitude
Le film, qui alterne dialogues arrangés et mis en situation entre personnages et moults tunnels musicaux évoquant une atmosphère locale haute en couleurs et signes ostentatoires de la religion, repose pour l’essentiel sur les récits de ces femmes solitaires et dignes. A la fois édifiants et pathétiques, ils retracent des expériences très différentes, souvent dramatiques, dont le point commun serait le niveau de haute solitude qui les conclut.
Le nombre des personnages, le caractère qu’on ressent comme fabriqué de leurs rencontres, l’arbitraire de ce monde féminin soustrait à une réalité plus diverse, le point de vue subjectif qui nous prive de la moindre information d’ordre socio-historique sur la ville, la longueur des passages d’ambiance, tout cela, qui relève d’un choix de mise en scène, ôte toutefois beaucoup à la valeur qu’aurait pu à l’évidence avoir ce film.

Jerico. L’envol infini des jours. Documentaire colombien et français de Catalina Mesa (1 h 17). Sur le Web : www.arizonafilms.fr/jr_bio.html



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-15"> ¤ John Krasinski met en scène une famille américaine confrontée à des créatures anthropophages.
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« Sans un bruit » : terreur à la ferme cernée par des crustacés géants

John Krasinski met en scène une famille américaine confrontée à des créatures anthropophages.



Le Monde
 |    20.06.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
20.06.2018 à 15h11
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Quelques mois avant le début de l’histoire que conte Sans un bruit, les Abbott, papa Lee (John Krasinski), ­maman Evelyn (Emily Blunt) et leurs trois enfants, étaient en tête de toutes les listes alphabétiques. Depuis que la terre a été envahie par des créatures anthropophages, indestructibles, hypersensibles au bruit, les Abbott sont l’alpha et l’oméga de l’espèce humaine. Ils ne sont pas sûrs que d’autres qu’eux ont survécu, et si eux y sont arrivés c’est que Regan (Millicent Simmonds, que l’on avait découverte dans Le Musée des merveilles, de Todd Haynes), leur aînée, est malentendante. Toute la famille communique en langue des signes, ce qui leur donne un avantage certain sur leurs concitoyens plus bruyants.

        Lire l’analyse sur le cinéma d’horreur :
         

          « La terreur se partage en famille, sur l’écran et dans la salle »



De ce postulat, développé par deux scénaristes débutants, Scott Beck et Bryan Woods, John Krasinski, réalisateur et interprète, a tiré un film si américain qu’il fédère, sous la bannière du film d’horreur, le thriller, la chronique familiale et le western. Il le fait avec une remarquable économie de moyens, pour le meilleur (un rythme dramatique serré, dont témoigne la durée du film) et pour le moins bon : alors que les personnages enfantins s’épanouissent en personnalités complexes, les parents restent des silhouettes qui synthétisent des générations de fermiers américains, de la conquête de l’Ouest à la débâcle agricole des années 1980 – un homme énergique et bienveillant, une mère nourricière qui sait aussi se servir d’un fusil à pompe.
Efficace et concis, « Sans un bruit » est un nouvel exemple de ­l’épanouissement d’une nouvelle génération de longs-métrages horrifiques américains
Efficace et concis, Sans un bruit est un nouvel exemple de l’épanouissement d’une nouvelle génération de longs-métrages horrifiques américains. Mais le film de Krasinski, contrairement à Get Out ou Hérédité, n’a aucune autre ambition que de faire peur, et encore, en observant certaines règles. Le réalisateur et le producteur Michael Bay (maître d’œuvre de la série Transformers) ont veillé à ce que leur long-métrage soit coté « PG13 » lors de sa sortie aux Etats-Unis, ce qui permet aux adolescents de le voir sans être accompagnés de leurs parents (dont ils auront besoin s’ils veulent prendre un billet pour Hérédité ou Get Out).

   


Les créatures qui peuplent les environs de la ferme Abbott sont ­affreuses mais on ne verra pas les sévices qu’elles infligent à leurs victimes. Cette contention de l’horreur n’est pas pour rien dans le charme du film qui recourt aussi – puisque les dialogues sont limités au strict nécessaire – à des procédés narratifs aujourd’hui oubliés : depuis quand n’avions-nous pas vu une situation géopolitique (la destruction de l’humanité) expliquée à la « une » d’un journal (vous savez, ces grandes feuilles de papier recouvertes de caractères d’imprimerie) plutôt que par un montage de journaux télévisés du monde entier ?
Menace omniprésente
Adroitement, John Krasinski joue du contraste entre cette désuétude calculée et l’horreur de la situation des Abbott. La séquence d’ouverture met en scène une expédition au supermarché qui vire à la tragédie. Plus tard, ce ­seront les gestes quotidiens des travaux des champs qui seront déréglés jusqu’à l’absurde par la menace omniprésente.
Pour y parvenir, le réalisateur ne recule pas devant l’incohérence. Alors que l’essentiel du film est situé un an après le drame évoqué plus haut, la ferme des Abbott se dresse au milieu d’acres de maïs aux rangs parfaitement rectilignes sans qu’il soit précisé si le travail a été effectué à la main ou avec des machines agricoles silencieuses. Pour ne rien dire de la séquence de l’accouchement, qui amusera sûrement tous les professionnels de l’obstétrique. A moins que l’on rende les armes devant les efforts d’Emily Blunt et de son mari de metteur en scène pour rendre muet un moment qui depuis la nuit des temps est le plus bruyant de l’existence. Ces réflexions, on se les fera à la sortie de la salle. Parce que, sur le moment, tout va si vite et si ­efficacement qu’on n’a d’autre préoccupation que le sort des Abbott, et celui qu’ils réserveront à ces horribles crustacés de l’espace.

Film américain de et avec John Krasinski. Avec Emily Blunt, Millicent Simmonds, Noah Jupe (1 h 30). Sur le Web : Paramountpictures.fr/film/sans-un-bruit et Aquietplacemovie.com

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 20 juin)
Have a Nice Day, film d’animation chinois de Liu Jian (à ne pas manquer)Sans un bruit, film américain de John Krasinski (à voir)Une prière avant l’aube, film britannique, cambodgien et français de Jean-Stéphane Sauvaire (à voir)Bécassine !, film français de Bruno Podalydès (pourquoi pas)How to Talk to Girls at Parties, film américain de John Cameron Mitchell (pourquoi pas)Jerico. L’envol infini des jours, documentaire colombien et français de Catalina Mesa (pourquoi pas)A genoux les gars, film français d’Antoine Desrosières (on peut éviter)
A l’affiche également :
Le Doudou, film français de Philippe Mechelen et Julien HervéKuzola. Le chant des racines, documentaire français d’Hugo BacheletRose piment, film français de Cédric Malzieu





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-16"> ¤ Chaque mardi, « La Matinale du Monde » propose un choix de longs-métrages à voir sur grand écran.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-16"> ¤                     


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Mélancolie, terreur et retour à l’enfance : une semaine au cinéma

Chaque mardi, « La Matinale du Monde » propose un choix de longs-métrages à voir sur grand écran.



Le Monde
 |    20.06.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 12h39
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Entre deux épreuves du bac ou pour égayer un dimanche soir, faites votre choix : la Bécassine ! de Podalydès attendrit sans convaincre, Have a Nice Day fascine par sa mélancolie, Sans un bruit terrifie avec une grande efficacité et Une prière avant l’aube renouvelle particulièrement bien le film de boxe.
« Have a Nice Day » : polar à la noirceur d’encre

L’expression « Have a nice day » (et sa traduction française, « bonne journée »), sorte de service minimum de la relation humaine, n’est plus qu’une formule automatique dans les échanges quotidiens. Personne n’est dupe, mais ça aide à tenir – et à vendre. Que le cinéaste chinois et artisan de l’animation, Liu Jian, 49 ans, ait choisi ce titre pour nous donner des nouvelles de son pays est sans doute un signe avancé de mélancolie : la Chine est un prince marchand, pas vraiment charmant.
Tous les coups sont permis dans ces faubourgs du sud de la Chine, du moment que les protagonistes peuvent sortir de leur misère ou préserver leurs gains acquis de haute lutte mafieuse. Le jeune Xiao Zhang, chauffeur d’un truand local, décide un soir de voler son patron afin de pouvoir payer une nouvelle chirurgie esthétique à sa fiancée. Ordonné en quatre parties, le film est traversé de subites accélérations, de bagarres et de multiples rebondissements.
Pour développer ses scénarios, Liu Jian accumule des photos de lieux réels. Ce fonds documentaire lui sert à fabriquer ses décors. Est-ce ce travail quasi artisanal, et solitaire, qui a fini par imposer cette esthétique minimaliste? Le vague à l’âme peut s’exprimer dans quelques secondes d’écran vide de toute image, lesquelles paraissent une éternité. Chez Liu Jian, le polar reste un film noir. Clarisse Fabre
« Have a Nice Day », film d’animation chinois de Liu Jian (1 h 17 min).
« Sans un bruit » : terreur à la ferme

Quelques mois avant le début de l’histoire que conte Sans un bruit, les Abbott, papa Lee, maman Evelyn et leurs trois enfants, étaient en tête de toutes les listes alphabétiques. Depuis que la Terre a été envahie par des créatures anthropophages, indestructibles, hypersensibles au bruit, les Abbott sont l’alpha et l’oméga de l’espèce humaine. Ils ne sont pas sûrs que d’autres qu’eux ont survécu, et si eux y sont parvenus, c’est que Regan, leur aînée, est malentendante. Toute la famille communique en langage des signes, ce qui leur donne un avantage certain sur leurs concitoyens plus bruyants.
De ce postulat, développé par deux scénaristes débutants, Scott Beck et Bryan Woods, Krasinski, réalisateur et interprète, a tiré un film si américain qu’il fédère, sous la bannière du film d’horreur, le thriller, la chronique familiale et le western. Efficace et concis, Sans un bruit est un nouvel exemple de l’épanouissement d’une nouvelle génération de longs-métrages horrifiques américains.
Adroitement, John Krasinski joue du contraste entre une désuétude calculée et l’horreur de la situation des Abbott. La séquence d’ouverture met en scène une expédition au supermarché qui vire à la tragédie. Plus tard, ce ­seront les gestes quotidiens des travaux des champs qui seront déréglés jusqu’à l’absurde par la menace omniprésente. Thomas Sotinel
« Sans un bruit », film américain de et avec John Krasinski. Avec Emily Blunt, Millicent Simmonds, Noah Jupe (1 h 30).
« Une prière avant l’aube » : le martyre d’un jeune boxeur

Le récit d’Une prière avant l’aube épouse la structure éprouvée de la chute et de la renaissance. Tiré d’un livre autobiographique, le film de Jean-Stéphane Sauvaire décrit le martyre d’un jeune toxicomane britannique jeté dans une prison thaïlandaise et parvenant, en participant aux championnats de boxe thaï de l’établissement, à améliorer son sort.
Le cinéaste jette le spectateur dans une plongée immersive, exprimée par les choix d’une mise en scène privilégiant les longs plans caméra à l’épaule, au centre d’un lieu infernal, collant à un personnage soumis à un calvaire absurde et brutal. Le spectacle est âpre, le personnage principal une force brute, incontrôlable et obtuse (la performance de l’acteur principal est remarquable) qui devra parvenir, au terme d’une longue et douloureuse épreuve, à une forme de renaissance.
Sur un schéma très usé, Une prière avant l’aube se distingue brillamment par le refus obstiné de toute sentimentalité et de tout effet emphatique. Jean-François Rauger
« Une prière avant l’aube », film britannique, cambodgien et français de Jean-Stéphane Sauvaire. Avec Joe Cole, Vitaya Pansringarm, Panya Yimmumphai (2 h 02).
« Bécassine ! » : dans le coffre à jouets

Astérix, le Marsupilami, Iznogoud, Lucky Luke, Boule et Bill, Spirou, Gaston Lagaffe… Où s’arrêtera donc la grande lessiveuse cinématographique qui ­essore impitoyablement nos héros de bande dessinée préférés ?
On reconnaîtra à Bruno Poda­lydès, qui adapte aujourd’hui ­Bécassine, la vertu de n’être pas un faiseur, de préserver en lui, comme son œuvre le prouve ­suffisamment (Liberté-Oléron, Adieu Berthe, Comme un avion…), un esprit d’enfance, de choisir une héroïne qui, contrairement aux précédents, remonte si loin dans le temps que son souvenir s’estompe.
On retrouve donc ici l’attrait du réalisateur pour les rémanences enfantines et les univers de pure fantaisie. Le problème est que la candeur du personnage, la ­découpe délibérément grossière et statique des caractères, la ligne ténue de l’intrigue, l’humour plutôt daté – autant de traits qui ne dérangent pas le plaisir de la lecture imagée – passent assez mal au cinéma. Restent des joliesses, des interprétations plaisamment outrées, une litanie de petites inventions comme sorties d’un coffre à jouets. C’est mieux que rien, ce n’est toutefois pas suffisant. Jacques Mandelbaum
« Bécassine ! », film français de Bruno Podalydès. Avec Emeline Bayart, Karin Viard, Denis Podalydès (1 h 31).

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 20 juin)
Have a Nice Day, film d’animation chinois de Liu Jian (à ne pas manquer)Sans un bruit, film américain de John Krasinski (à voir)Une prière avant l’aube, film britannique, cambodgien et français de Jean-Stéphane Sauvaire (à voir)Bécassine !, film français de Bruno Podalydès (pourquoi pas)How to Talk to Girls at Parties, film américain de John Cameron Mitchell (pourquoi pas)Jerico. L’envol infini des jours, documentaire colombien et français de Catalina Mesa (pourquoi pas)A genoux les gars, film français d’Antoine Desrosières (on peut éviter)
A l’affiche également :
Le Doudou, film français de Philippe Mechelen et Julien HervéKuzola. Le chant des racines, documentaire français d’Hugo BacheletRose piment, film français de Cédric Malzieu


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-17"> ¤ Un seul dispositif va désormais offrir, sur le temps scolaire, trois fois par an, des projections de films choisis dans un catalogue qui reste à étoffer.
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« Ecole et cinéma » veut proposer davantage de films d’auteur aux collégiens

Un seul dispositif va désormais offrir, sur le temps scolaire, trois fois par an, des projections de films choisis dans un catalogue qui reste à étoffer.



Le Monde
 |    19.06.2018 à 10h48
 • Mis à jour le
19.06.2018 à 10h49
    |

            Clarisse Fabre








                        



                                


                            

Cinéphiles en herbe, tous au cinéma. Rangez les tablettes, les films se découvrent et se partagent en salle. Voilà pour l’affiche. La nouvelle, quant à elle, pourrait paraître purement administrative : les dispositifs « Ecole et cinéma » et « Collège au cinéma », qui permettent à des élèves de découvrir au moins trois films d’auteur chaque année durant le temps scolaire, vont fusionner pour ne former qu’une seule entité. Celle-ci sera pilotée par l’association Les Enfants de cinéma, dont le délégué général est Eugène Andréanszky. L’annonce doit être officialisée mercredi 20 juin.
Plusieurs raisons expliquent cette « reprise » en main qui n’en est pas vraiment une, analyse Eugène Andréanszky : « Notre mission consiste à transmettre le goût du cinéma d’art, en salles. Au seuil de l’adolescence, la question de la transmission est plus délicate. Les élèves veulent affirmer leurs choix et les prescriptions des professeurs passent moins bien. Il est donc très important d’accompagner les collégiens et les enseignants dans ce passage », souligne l’ancien exploitant, qui pilote, depuis 1994, « Ecole et cinéma ».
Or, le dispositif « Collège au cinéma » a connu une baisse de régime ces dernières années, entre autres du fait d’une diminution des moyens. En effet, sur les 94 départements impliqués dans « Collège au cinéma », seize d’entre eux se sont désengagés – les autres financeurs sont essentiellement le ministère de la culture (par le biais du Centre national du cinéma et de l’image animée) et celui de l’éducation nationale. « Il y a des territoires exemplaires comme à Paris et dans les départements périphériques. Mais parfois, les conseils départementaux ont l’impression d’être la vache à lait, qui sont juste là pour payer le transport en bus. Ils pourraient être davantage associés au dispositif, y compris à la programmation », poursuit Eugène Andréanszky.
Les œuvres sont sélectionnées par un comité de quatorze personnalités, composé...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-18"> ¤ Bruno Podalydès fait vivre à l’écran le personnage de bande dessinée sans convaincre, malgré de jolies inventions.
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Article sélectionné dans La Matinale du 18/06/2018
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« Bécassine ! » : dans le coffre à jouets

Bruno Podalydès fait vivre à l’écran le personnage de bande dessinée sans convaincre, malgré de jolies inventions.



Le Monde
 |    19.06.2018 à 06h15
 • Mis à jour le
20.06.2018 à 07h51
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Astérix, le Marsupilami, Iznogoud, Lucky Luke, Boule et Bill, Spirou, Gaston Lagaffe… Où s’arrêtera donc la grande lessiveuse cinématographique qui ­essore impitoyablement nos héros de bande dessinée préférés ? On reconnaîtra à Bruno Poda­lydès, qui adapte aujourd’hui ­Bécassine, la vertu de n’être pas un faiseur, de préserver en lui, comme son œuvre le prouve ­suffisamment (Liberté-Oléron, Adieu Berthe, Comme un avion…), un esprit d’enfance, de choisir une héroïne qui, contrairement aux précédents, remonte si loin dans le temps que son souvenir s’estompe.
La naïve servante bretonne est née en 1905 de la plume de Jacqueline Rivière et du pinceau de Joseph Pinchon
Née en 1905 de la plume de Jacqueline Rivière et du pinceau de Joseph Pinchon, la naïve servante bretonne aura eu le succès vif et la vie longue, prolongeant jusqu’à la fin des années 1950 ses aventures, et jouissant dans la mémoire nationale d’une aura similaire à ses trois affreux (et infiniment plus croquignolesques) contemporains que sont les Pieds nickelés.

   


Au sujet de la brave fille, deux camps s’affrontent clairement. Les premiers, parmi lesquels quelques fiers Bretons qui défendent bec et ongles l’honneur régional à chaque résurgence du personnage (le film de Bruno Podalydès n’y fait pas exception), tiennent que c’est une gourde, que ses histoires sont à dormir debout, qu’elle est l’illustration du mépris de classe que les bourgeois parisiens de la Belle Epoque concevaient pour les émigrés provinciaux venant chercher pitance dans la capitale.
Une femme forte avant l’heure
Un second camp tient qu’elle est moins bête qu’elle n’en a l’air, qu’elle a le sens pratique, qu’elle subvertit l’ordre existant, qu’elle participe aux combats de son temps, qu’elle est en un mot une femme forte avant l’heure, en même temps que la bande dessinée qui l’héroïse annonce la fameuse ligne claire du grand Hergé. Il va de soi que Bruno Podalydès se situe dans ce camp-là. Sa Bécassine (interprétée par Emeline Bayart) est certes épaisse ce qu’il faut, mais c’est une bonne fille, qui débrouille les problèmes là où les autres s’y noient et qui a le cœur sur la main. Partie de sa Bretagne natale pour Paris, elle tombe en chemin sur le convoi de la marquise de Grand-Air (Karin Viard), qui ne sait que faire du nourrisson qu’elle a recueilli après la mort de ses jardiniers. Le talent avec lequel Bécassine calme la fillette la fait embaucher au château.
On retrouve l’attrait du réalisateur pour les rémanences enfantines et les univers de pure fantaisie
Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si la marquise, en dépit de la vigilance de ses proches (Denis Podalydès en compagnon équivoque, ­Josiane Balasko en gouvernante de style militaire), ne tombait sous la coupe de Rastaquoueros (Bruno Podalydès), un marionnettiste grec vaguement aigrefin, qui ­devient son amant et la ruine en deux coups de cuillère à pot.
On retrouve donc ici l’attrait du réalisateur pour les rémanences enfantines et les univers de pure fantaisie. Le problème est que la candeur du personnage, la ­découpe délibérément grossière et statique des caractères, la ligne ténue de l’intrigue, l’humour passablement daté – autant de traits qui ne dérangent pas le plaisir de la lecture imagée – passent assez mal au cinéma. Restent des joliesses, des interprétations plaisamment outrées, une litanie de petites inventions comme sorties d’un coffre à jouets. C’est mieux que rien, ce n’est toutefois pas suffisant.

Film français de Bruno Podalydès. Avec Emeline Bayart, Karin Viard, Denis Podalydès, Michel Vuillermoz (1 h 31). Sur le Web : Whynotproductions.fr/film3.php?id=164 et Ugcdistribution.fr/film/becassine



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-19"> ¤ Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. La plus bilingue des actrices françaises a soif de discrétion et d’eau gazeuse.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-19"> ¤                
                                       
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Un apéro avec Clémence Poésy : « Les gens doivent penser que j’ai inventé mon nom »


                      Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. La plus bilingue des actrices françaises a soif de discrétion et d’eau gazeuse.



Le Monde
 |    18.06.2018 à 18h15
    |

            Mustapha Kessous








                              

                        

Le photographe est aux anges : son modèle du jour pose sans rechigner et se plie presque naturellement à ses directives. « Baisse la tête. » « Mets tes bras comme ça. » « Ah ouais, c’était bien, ça. » « Garde la paille. » Clémence Poésy ne craint pas l’objectif. Comment pourrait-il en être autrement pour l’égérie d’une marque de parfum ?
Blockbusters et films d’auteur
Actrice à la renommée internationale, cette trentenaire navigue avec aisance, depuis une vingtaine d’années, entre des rôles très différents, de blockbusters en films d’auteur : la saga Harry Potter, Bons baisers de Bruges (Martin McDonagh, 2008), 127 heures (Danny Boyle, 2010), Jeanne captive (Philippe Ramos, 2011) et, plus récemment, Genius (2018), une série produite par Ron Howard où elle donne la réplique à Antonio Banderas qui joue Picasso.
Elle est aussi l’héroïne de Tunnel (dont Canal+ diffuse la troisième saison depuis le 4 juin), une série franco-britannique dans laquelle elle incarne Elise Wassermann, un flic de la police criminelle de Calais. Froide, un peu perchée, quasi autiste, psychorigide et totalement dévouée à son travail, la jeune femme est incapable de mentir et suit scrupuleusement les règles.

Habituée des studios anglais, français et aussi américains, Clémence Poésy n’est pourtant pas très connue du grand public. Ce bout de femme de 35 ans est discret, presque (trop) réservé. Elle ne laisse pas un journaliste « entrer » dans son univers, pour ne pas dire intimité : l’actrice a tout verrouillé. « En même temps, on me pose toujours les mêmes questions », précise-t-elle.
« J’ai très soif, ce sera un apéro sage. On va faire croire qu’il y a de la vodka dedans. »
Mercredi 13 juin, 17 h 04. Rendez-vous au Wood, un café branché situé au cœur du Marais dans le 3e arrondissement de Paris. La comédienne n’a pas choisi ce lieu, mais celui qu’elle avait en tête (juste à deux...




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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-20"> ¤ Les deux villes se sont livrées une guerre sans merci pour accueillir le festival consacré aux séries du petit écran. Perdante, Cannes a lancé sa manifestation dissidente. Les dessous d’une compétition qui dépasse largement le cadre culturel.
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Lille et Cannes déroulent le tapis rouge aux séries

Les deux villes se sont livrées une guerre sans merci pour accueillir le festival consacré aux séries du petit écran. Perdante, Cannes a lancé sa manifestation dissidente. Les dessous d’une compétition qui dépasse largement le cadre culturel.



Le Monde
 |    17.06.2018 à 17h00
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                            Catherine Quignon








                        



                                


                            
C’est finalement la capitale des Flandres qui a été choisie pour accueillir le festival Séries Mania, dont la première édition s’est tenue du 27 avril au 5 mai. Pas moins de cinq villes avaient postulé – Paris, Lille, Cannes, Nice et Bordeaux – pour remporter l’appel d’offres lancé par le ministère de la culture visant mettre sur pied un festival d’envergure consacré aux séries du petit écran. Candidate malheureuse, Cannes n'en est pas restée là. Son maire, David Lisnard (LR), avait annoncé bien avant la fin de l’appel à projet qu’il comptait de toute manière lancer son propre festival des séries. Parole tenue : la première édition de CanneSéries s’est déroulée début avril, quelques semaines avant sa concurrente lilloise.
à l’échelle mondiale, aucune métropole ne propose véritablement un festival des séries de renommée internationale
Bien sûr, ce n’est pas l’amour du petit écran qui motive cet affrontement entre les deux villes. Alors que l’engouement pour les séries bat son plein, il y a un vrai créneau à prendre : à l’échelle mondiale, aucune métropole ne propose véritablement un festival des séries de renommée internationale. D’où ce projet hexagonal, soutenu par les pouvoirs publics par le biais du Centre national du cinéma (CNC).
Ce n’est pas la seule raison qui a poussé Martine Aubry et Xavier Bertrand, respectivement maire (PS) de Lille et président (LR) de la région, à soutenir main dans la main la candidature de la capitale des Flandres. Le territoire a l’ambition de développer une véritable filière audiovisuelle, dont le clou serait un festival international des séries. Selon la chambre de commerce et d’industrie des Hauts-de-France, la filière image représentait déjà 2 560 emplois en 2016 dans la région, enregistrant une progression de 35 % depuis 2008.
Redynamiser son image
A l’instar du film Dunkerque, de Christopher Nolan, qui aurait rapporté 19 millions d’euros au territoire selon le CNC, la région veut attirer davantage...




                        

                        

