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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Trottinette, gyroroue, eskate ou hoverboard ne sont pas pris en compte par le code de la route. Leur développement impose une réflexion sur la répartition de l’espace public.
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L’essor des trottinettes électriques oblige à repenser le partage de l’espace public en ville

Trottinette, gyroroue, eskate ou hoverboard ne sont pas pris en compte par le code de la route. Leur développement impose une réflexion sur la répartition de l’espace public.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 15h05
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 15h25
    |

                            Maud Obels








                        



   


Pouvoir se déplacer librement, rapidement et sans effort… la proposition est séduisante et l’offre est désormais bien réelle, entre les trottinettes électriques, disponibles depuis peu en libre-service dans deux arrondissements parisiens et à Bruxelles, la gyroroue (monocycle électrique), l’eskate, l’hoverboard ou encore le gyropode (comme le Segway).
Ces mobilités sont regroupées sous le terme d’engins de déplacement personnel (EDP) par les pouvoirs publics ; une catégorie hybride, puisqu’elle comprend aussi bien les engins électriques que les rollers ou les trottinettes classiques. C’est la raison pour laquelle beaucoup d’acteurs du secteur préfèrent le terme de nouveaux véhicules électriques individuels (NVEI).
Trottinettes, une offre « de plus en plus large »
Encore confidentiels il y a quelques années, ces modes de déplacement se développent rapidement. « Surtout les trottinettes électriques, confirme Mathieu Lavergne, d’Eroue, boutique installée dans le 5e arrondissement de Paris depuis quatre ans. Le secteur des trottinettes évolue beaucoup, aussi bien côté ventes que côté technologies, l’offre est de plus en plus large. »
Difficile d’avoir des chiffres concernant le nombre d’utilisateurs, aucune étude sérieuse n’ayant été réalisée et les professionnels du secteur commençant tout juste à s’organiser en réseau. Sur la base d’un sondage réalisé en mars, l’assureur Aviva estime que 3 % des Français utilisent déjà des NVEI, soit 1,5 million de personnes, et que 17 % ont l’intention de les utiliser prochainement, soit 8,5 millions d’utilisateurs potentiels.
Un chiffre d’utilisateurs très largement surestimé, selon Christophe Bayart, dirigeant de Mobility Urban, enseigne de distribution de NVEI, qui, lui, estime entre 400 000 et 500 000 le nombre d’usagers. « En 2017, les ventes, en quantité, ont considérablement augmenté, précise-t-il. En valeur, la progression est de 30 %, mais des produits à bas prix et de mauvaise qualité sont arrivés sur le marché. »

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Cet essor ne va pas sans poser quelques questions quant au cadre réglementaire dans lequel ces nouveaux engins, et leurs propriétaires, peuvent évoluer. Situés dans un « angle mort » du code de la route, les NVEI sont dans un flou juridique : comment ces véhicules peuvent-ils circuler, sur quelles voies, à quelle vitesse et soumis à quelles règles ?
Les utilisateurs – et celles et ceux qu’ils côtoient – roulent encore à vue. Pour le moment, ils sont considérés comme des piétons. Ils sont donc supposés rouler sur les trottoirs à l’« allure du pas », soit environ 6 km/h. Ils sont tolérés sur les pistes cyclables à maximum 25 km/h, sans y être vraiment autorisés.
Ces limites de vitesse paraissent en décalage avec les technologies disponibles, puisque les magasins spécialisés vendent des trottinettes électriques pouvant atteindre 85 km/h, sans aucune obligation de port d’un casque, de présence de lumières ou encore d’immatriculation.
« Même si rien n’est obligatoire, nous donnons des consignes de sécurité, nuance Mathieu Lavergne. Nous expliquons à nos clients que le port d’un équipement de protection, d’un casque et de gants est très vivement conseillé. » 
Ces vitesses potentielles démesurées devraient par ailleurs bientôt disparaître, puisqu’une norme est en cours d’élaboration, qui bridera la capacité de ces engins. « Sans doute à 25 km/h maximum, comme les vélos à assistance électrique », selon Christophe Bayart.

   


Les pouvoirs publics vont bientôt légiférer, dans le cadre du projet de loi orientation sur les mobilités, qui devrait être votée à l’automne, après avoir été plusieurs fois retardé. Cette nouvelle législation sera issue de la réflexion menée lors des Assises de la mobilité, qui se sont déroulées d’octobre à décembre 2017.
Elle ne prend toutefois pas la mesure du bouleversement en cours dans les mobilités, estime Jérôme Monnet, chercheur au laboratoire Ville mobilité transport : « Cela fait des décennies que l’on sépare clairement les piétons, les automobiles, les transports en commun. Ces nouveaux engins viennent brouiller ces catégories. L’utilisateur est-il un piéton ou un véhicule ? Il faut observer la transformation des pratiques, car la grande différence, c’est que l’usager peut désormais transporter son véhicule. »
Selon lui, les NVEI ont le potentiel d’une profonde transformation de la manière de se déplacer en ville et dans les zones périurbaines, mais « il peut toujours y avoir un retour en arrière, avec des crispations liées au cadre réglementaire ».

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          San Francisco se rebelle contre les trottinettes électriques en libre-service



Pour préciser ce cadre, un comité d’experts du Conseil national de sécurité routière a suggéré, à l’issue de ses assises, d’assimiler « les engins de déplacement à des cycles quant à l’usage des espaces publics et aux règles d’usages relativement au partage de la voirie », tandis que la Direction générale des entreprises souhaite pérenniser la circulation sur les trottoirs.
La première solution semble convenir à toutes les parties. Selon un sondage réalisé par Mobilty Urban auprès d’usagers, en janvier : 65 % d’entre eux souhaitent être assimilés aux cycles.
Pierre Hémon (EELV), conseiller délégué aux mobilités actives à la Métropole de Lyon, estime également que les NVEI « s’insèrent bien sur les pistes cyclables » : « Je suis pour sanctuariser les trottoirs, c’est le dernier espace où les piétons peuvent être tranquilles », ajoute-t-il.
Combinaison de modes de déplacement
Attention à la surchauffe, nuance Jérôme Monnet : « Les pistes cyclables, conçues pour l’ergonomie du vélo, vont très vite exploser si tous ces utilisateurs doivent les partager. » Lui prône une solution bien plus radicale : « Tous les engins roulants devraient se partager la chaussée. Evidemment, cela signe un peu la fin de la circulation automobile. »
Ce qui n’est, selon lui, pas un problème, grâce à la combinaison des trois modes de déplacement de la ville du futur : la marche, les transports en commun et les microvéhicules portables. « Je sais que ce n’est pas une recommandation de politique publique réaliste, mais je rêverais que ces nouvelles mobilités soient l’occasion d’une véritable discussion politique. Profitons-en pour innover ! »
Si les métropoles n’en sont effectivement pas encore là, elles accueillent avec bienveillance ces nouveaux usages. « Tout ce qui peut éviter de prendre la voiture, c’est très bien, estime Pierre Hémon. J’ai déjà repéré des endroits où un système de location de trottinettes électriques, mais plutôt avec des bornes, serait à sa place dans la métropole lyonnaise, pour combler les derniers mètres entre les transports publics et les lieux de travail. »
Quant à l’entreprise Lime, qui propose les trottinettes en libre-service dans la capitale, elle signera, mercredi 27 juin, ainsi que tous les acteurs des deux-roues, une charte de bonne conduite avec la Ville de Paris.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ « Tara » et « Le Monde » mettent le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique Nord.
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Goélette scientifique « Tara », journal de bord nº 3 : veillée d’armes aux abords du Great Pacific Garbage Patch

« Tara » et « Le Monde » mettent le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique Nord.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 14h27
    |

            Patricia Jolly








                        



   





#PlastiquePacifique. Le Monde met le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique nord. Embarqués sur la goélette scientifique Tara pour un périple de trois semaines entre Honolulu (Hawaï) et Portland (Oregon), notre journaliste Patricia Jolly et le photographe Samuel Bollendorff vous emmènent au cœur de cette mixture mitonnée par l’homme, qui rejette chaque année 8 millions de tonnes de plastiques en mer.

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Sixième jour de mer… Tara navigue au moteur par 46 degrés nord et 130 degrés ouest dans une mer agitée et un vent d’est-nord-est de force 5 de face qui fait valdinguer tout ce qui n’est pas arrimé. Y compris nos corps las qui collectionnent les bleus. Nous sommes théoriquement entrés dans le Great Pacific Garbage Patch, figuré par une tache orange sur l’ordinateur de la passerelle. Théoriquement… Car nous n’avons aucune certitude sur la position exacte de cette zone dont on estime qu’elle représente six fois la superficie de la France.
Tara a déterminé sa route pour la rallier à partir de l’étude scientifique la plus complète et la plus récente, publiée le 22 mars par l’océanographe Laurent Lebreton et son équipe dans Scientific Reports sous l’intitulé « Evidence that the Great Pacific Garbage Patch is rapidly accumulating plastic ». Mais les données sur lesquelles se fonde ce travail remontent à 2015, année où la « poubelle de plastiques » a été quadrillée par une vingtaine de bateaux et un avion. Il n’est donc pas exclu qu’elle ait vagabondé un peu depuis.

   


Chercheur français, Laurent Lebreton est affilié à The Ocean Cleanup, organisation néerlandaise à but non lucratif fondée en 2013, qui s’est donné la colossale mission de développer « des technologies avancées pour débarrasser les océans du plastique ». Selon son modèle, Tara devrait parvenir au cœur de la « soupe de plastiques » d’ici deux jours.
Chemin faisant, la goélette s’offre des vols planés et des atterrissages qui ne parviennent pas à assombrir la belle humeur du capitaine, Yohann Mucherie, ravi d’entretenir naturellement son « gainage ». Les mouvements brutaux du bateau ne sont pas non plus de nature à couper l’appétit de Loïc Caudan, le chef mécanicien. Chaque matin au petit déjeuner, il engloutit sans ciller les reliefs du dîner de la veille.

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                Goélette scientifique Tara, journal de bord n° 1 : cap sur la « soupe » de plastiques



Vent et vagues
Les scientifiques, eux, sont un peu moins placides. Ces dernières quarante-huit heures, ils ont enregistré une concentration de plastiques… plus faible que celles observées depuis le départ. Une aberration à la lisière du Great Pacific Garbage Patch qu’expliquent les conditions météo adverses. Impossible, en effet, de mouiller le délicat filet Manta avec un vent de face désormais établi à plus de 20 nœuds (environ 40 km/h).

   


Ses armatures d’acier ricochent sur la mer creusée, empêchant sa chaussette de soie de tamiser la surface. Seuls le High Speed Net (HSN) et le Dolphin, plus robustes et destinés aux collectes à vitesse de croisière (environ 7 nœuds, soit environ 13 km/h), ont pu être déployés.
« Le Manta est conçu pour échantillonner à allure lente [entre 2 et 3 nœuds, environ 4 km/h] la microcouche, très riche en plancton et en microplastiques, qui se trouve à la surface de l’eau. Or celle-ci est actuellement diluée par le vent et les vagues », explique Nils Haëntjens, spécialiste de l’optique océanographique à bord et doctorant à l’université du Maine, derrière ses lunettes à la Harry Potter embuées par les embruns.
Sans une météo plus calme autorisant le lancement de l’arsenal complet des filets, le risque d’une sous-estimation des quantités de microplastiques présentes dans le Great Pacific Garbage Patch est réel.

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A l’instar des chercheurs, Jonathan Lancelot, le « chef plongée » de Tara, guette un apaisement du vent et de la houle, et fourbit son équipement sous-marin. Il rêve de s’immerger avec son boîtier étanche pour réaliser des clichés juste au-dessous de la surface de la soupe de plastiques. Objectif ? Tordre le cou aux idées reçues. « Il faut offrir au public une image plus précise et réaliste des composantes de cette concentration de microdéchets qui suscite tant de fantasmes et d’interrogations », estime-t-il.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Le groupe va inaugurer le 5 juillet, à Rousset, une unité pour traiter des équipements solaires. Ce marché est appelé à un fort développement dans les décennies à venir.
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Veolia se lance dans le recyclage des panneaux photovoltaïques

Le groupe va inaugurer le 5 juillet, à Rousset, une unité pour traiter des équipements solaires. Ce marché est appelé à un fort développement dans les décennies à venir.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 12h54
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



   


Ce n’est qu’un atelier avec une poignée d’ouvriers s’affairant aux derniers réglages avant son inauguration, le 5 juillet, au sein du site de Rousset (Bouches-du-Rhône). Des membres du gouvernement ont été invités, y compris le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot. Mais pour Veolia, cette ligne consacrée au recyclage des panneaux photovoltaïques est la promesse d’une activité appelée à un fort développement dans les prochaines décennies, à mesure que les fermes solaires devront changer des équipements arrivés en fin de vie.
Ce nouveau « business » est développé par Triade Electronique, la filiale de recyclage et de valorisation des équipements électriques et électroniques (D3E) de Veolia lancée en 2006 lors de l’entrée en vigueur de la directive européenne de 2002 obligeant les fabriquants à recycler ce type de produits.
En 2017, la filiale de Veolia a passé un contrat de quatre ans avec PV Cycle, l’éco-organisme à but non lucratif créé par l’industrie photovoltaïque pour collecter et recycler les panneaux de tous types (silicium, couches minces...). Objectif de ce partenariat : traiter ces équipements selon un procédé différent des modes actuels (thermique et chimique).
Une montée en puissance progressive
« C’est une technologie unique, développée durant trois ans par une entreprise européenne » , explique Gilles Carsuzaa, directeur général France de Triade, qui se refuse à donner le nom de la société dépositaire du brevet. Elle permet de retirer le cadre en aluminium avant de cisailler, broyer et cribler leurs différents éléments.
La chaine sépare plusieurs composants, envoyés à des filières spécifiques : le verre transféré chez Saint-Gobain pour en refabriquer ou finir comme abrasif ; l’aluminium, le cuivre et les résidus d’argent de la connectique recyclés par divers professionnels des métaux ; le silicium réutilisé, le plastique, jusqu’à présent envoyé en cimenterie pour y être brûlé.
La première année, 1 000 tonnes devraient être ainsi traitées. C’est une infime quantité rapportée au volume des panneaux mis en service en France (190 000 tonnes en 2016-2017) et plus encore au niveau mondial. Le tonnage traité par le site du Rousset devrait progresser de 30 % à 40 % par an pour atteindre un total de 8 000 tonnes, selon M. Carsuzaa. Un approvisionnement provenant d’un grand quart sud-est de la France, où furent installés les premiers panneaux dans les années 1990.

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La durée de vie des panneaux installés étant de l’ordre de vingt-cinq ans, la montée en puissance de l’activité sera progressive. « Mais ce marché est vraiment à très fort potentiel et le taux de valorisation des matières atteindra 95 % », poursuit le patron de Triade Electronique. L’investissement de départ est modeste pour le géant Veolia : 1 million d’euros et une aide de la région de 100 000 euros dans le cadre de son appel à projets d’économie circulaire qui travaille en outre à l’insertion de travailleurs éloignés de l’emploi.
Une activité qui se veut « verte »
L’investissement devrait être rentabilisé sur quatre ans et permettre à Veolia de « capitaliser sur ce premier retour d’expérience », avant de dupliquer le process industriel dans ses filiales étrangères. La Chine, le Japon et les Etats-Unis ont des parcs géants. Le Moyen-Orient s’équipe aussi rapidement, comme l’Europe. Il faudra traiter des dizaines de millions de tonnes à l’horizon 2050, et au moins 60 000 tonnes en France.
Le taux de recyclage des panneaux est particulièrement important pour l’image de cette activité qui se veut « verte ». Il faut quatre ans pour que l’énergie nécessaire à leur fabrication soit récupérée par la production d’électricité du panneau lui-même; et autant pour que son bilan carbone soit neutre. Avec une durée de vie au moins cinq fois supérieure, le bilan du « PV » reste largement positif.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Mesurer les émissions de dioxyde de carbone, suivre la déforestation, développer l’agriculture de précision… les images prises du ciel ou de l’espace ouvrent de nouvelles possibilités pour maîtriser le réchauffement climatique.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Images satellitaires et drones, de nouveaux alliés contre le réchauffement climatique

Mesurer les émissions de dioxyde de carbone, suivre la déforestation, développer l’agriculture de précision… les images prises du ciel ou de l’espace ouvrent de nouvelles possibilités pour maîtriser le réchauffement climatique.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 11h04
    |

                            Julia Zimmerlich








                        



   


C’est une révolution qui se prépare au-dessus de nos têtes. En décembre, à l’occasion du One Planet Summit, Jean-Yves Le Gall, le président du Centre national d’études spatiales (CNES), annonçait la création d’un observatoire spatial du climat, regroupant une vingtaine d’agences. Objectif : mutualiser et harmoniser les données climatiques obtenues depuis l’espace.
Une preuve de plus que la bataille pour le climat se joue aussi dans le ciel et dans l’espace. Le CNES multiplie les projets dans cette direction. Le centre vient par exemple de lancer le nanosatellite Venus, qui doit suivre l’évolution de la végétation sur plus de cent sites, avec une résolution des images à 5 mètres. De nombreuses applications sont envisagées : construire des modèles de gestion de l’eau dans les zones sèches, prévenir les incendies de forêts… En octobre 2018, le CNES mettra sur orbite le satellite CFOSat, qui permettra d’étudier le vent et les vagues à la surface de l’océan. « C’est un indicateur qui traduit l’état d’un écosystème », explique Jean-Yves Le Gall.
Mesurer les émissions anthropiques de gaz à effet de serre, c’est l’un des plus gros enjeux de la donnée satellitaire dans les cinq prochaines années. « Aujourd’hui, les émissions de CO2 sont quantifiées par les industriels eux-mêmes, selon des réglementations nationales, explique Pascal Prunet, fondateur de Spascia, une jeune entreprise installée près de Toulouse. C’est pour l’instant la donnée la plus précise dont nous disposons. » Ce travail de collecte se révèle imparfait, avec des disparités selon les régions du monde, et l’impossibilité d’avoir une cartographie précise de la distribution des émissions de CO2 liées à l’activité de l’homme.
« L’avantage des images satellitaires, c’est que nous aurons une information indépendante, globale et répétitive, poursuit Pascal Prunet. Pour l’heure, personne n’a encore démontré que l’on est capable de mesurer les émissions de CO2 à l’échelle d’un pays ou d’une ville. Demain, en combinant les données relevées sur terre et celles obtenues depuis l’espace, on pourra produire une carte mondiale des émissions de CO2 tous les mois. » Une donnée hautement stratégique, qui pourrait à terme permettre aux Etats de définir des politiques réellement contraignantes pour limiter les émissions de CO2. Le Japon et les Etats-Unis sont déjà engagés dans la course avec des satellites spécifiques, et le CNES prévoit de mettre sur orbite en 2020 le satellite Microcarb, pour lequel Spascia développe des algorithmes d’analyse des données.

   


A partir de ces images, les scientifiques espèrent aussi une meilleure compréhension du cycle du carbone, des phénomènes d’émissions et d’absorptions par les puits de carbone – les sols, la végétation et les océans. En 2021, le CNES prévoit également de mettre sur orbite le satellite franco-allemand Merlin, pour mesurer la concentration en méthane atmosphérique.
Se préparer aux « guerres de l’eau »
L’autre rupture technologique des prochaines années se situe dans l’observation des eaux de surface : c’est la mission du satellite franco-américain SWOT (Surface Water and Ocean Topography), qui sera lancé en avril 2021. « Ce satellite va révolutionner l’hydrologie, et produira des images d’une précision chirurgicale, assure Fabien Lefèvre, ingénieur chez CLS (Collecte Localisation Satellites), une filiale du CNES, de l’Ifremer et d’Ardian. Sur un 1 km de rivière, nous serons capables de détecter 1 cm de pente, ce que l’on est incapable d’observer à l’œil nu. A partir de ces données, nos algorithmes pourront en déduire le débit par exemple. »
Ces informations sont fondamentales « pour faire face aux guerres de l’eau et gérer les stocks disponibles », poursuit cet expert. Un domaine que CLS connaît déjà bien : depuis dix ans, cette entreprise est capable, grâce à des données spatiales et des balises embarquées sur des bateaux de pêche, de fournir un état des lieux de la pêche illégale, et de suivre les stocks de poissons sur une zone donnée. « Nous déduisons ces informations à partir de la température de l’eau, du niveau de salinité et de ses caractéristiques de surface », précise Fabien Lefèvre.
Parallèlement, de nouveaux acteurs font leur entrée sur le marché de la donnée spatiale. « Il y a tout un écosystème de start-up qui est en train de se développer autour du climat et de l’intelligence artificielle, qui développent des applications concrètes à partir des besoins des utilisateurs », poursuit Jean-Yves Le Gall. En tête de file, la start-up américaine Planet – qui compte désormais 500 salariés –, installée dans la Silicon Valley et à Berlin, détient sa propre constellation de nanosatellites (200 en tout, de la taille d’une boîte à chaussures). Ses satellites volent à 500 mètres d’altitude et peuvent « fournir des images du globe à une précision de 3 à 4 mètres tous les jours », affirme Massimiliano Vitale, directeur des opérations de Planet. Leurs missions : suivre, par exemple, l’évolution de phénomènes de déforestation ou « soutenir les efforts des équipes de sauvetage en cas de catastrophe naturelle ».
L’avènement de l’agriculture augmentée
L’un des secteurs les plus prometteurs pour ces nouveaux acteurs est l’agriculture de précision. « Les images satellitaires permettent de suivre la santé des cultures et grâce au “machine learning”, de dresser des recommandations de traitement pour chaque zone. Ces données peuvent être directement téléchargées par le tracteur, qui pourra par exemple adapter la qualité de pesticides », poursuit le directeur des opérations de Planet, qui compte parmi ses clients la multinationale Bayer.
Près de Bordeaux, la start-up Telespazio a lancé en 2013 l’Earthlab, qui exploite des données des satellites, des avions et des drones pour des usages agricoles ou forestiers. Depuis 2016, l’entreprise développe par exemple pour Bonduelle une solution pour identifier la présence d’une mauvaise herbe dans ses champs de maïs et de haricots. « A J – 8 de la récolte, nos algorithmes sont capables d’identifier, à partir des images acquises par drone, les zones où cette plante indésirable est présente », détaille Lilian Valette, de Telespazio. L’Earthlab va aussi aider des vignerons à optimiser leur utilisation de pesticides et d’engrais. Les premiers tests doivent être réalisés cet été.

   


Jean-Yves Le Gall (CNES), Massimiliano Vitale (Planet) et Jean-Marc Gardin (Telespazio) interviendront lors du Festival de l’innovation Novaq.
Les 13 et 14 septembre, la région Nouvelle Aquitaine, en partenariat avec « Le Monde », organise deux jours de débats, conférences, pitchs et ateliers au H14, à Bordeaux.
Scientifiques, experts, entrepreneurs échangeront autour de trois grands thèmes : le cerveau, l’espace et l’océan. Fil rouge de cette édition : l’innovation au service de l’humain.
Programme et inscriptions ici.



                            


                        

                        


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Rempart contre les cyclones, les forêts de palétuviers servent de nurserie aux poissons et crevettes.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 11h11
    |

            Pierre Lepidi (Masoarivo (Madagascar)








                        



                                


                            

A l’aube, dans la mangrove, seul le vol des grands hérons blancs vient troubler le calme absolu. Sur la côte ouest de Madagascar, les premiers rayons du soleil percent le ciel quand Olivier Fiadana finit de préparer ses belaroa, ses « balances à crabes ». Dans chacune d’elles, le Vezo (une ethnie de pêcheurs qui peuple la côte occidentale) accroche des morceaux de poisson qui serviront d’appât pour les crustacés.
Dans ce labyrinthe de palétuviers qui forment la mangrove autour de Masoarivo, une commune située dans la région Melaky, à environ 150 kilomètres de la ville de Morondava, Olivier Fiadana connaît les recoins de tous les canaux. Depuis toujours, ce vezo-potaka (« ceux qui affrontent la vase ») sillonne le delta formé à l’embouchure du Manambolo, un fleuve aux eaux limoneuses qui se jette dans le canal du Mozambique. « La mangrove joue un rôle important parce que nous vivons grâce à l’océan, affirme le pêcheur en remontant sa belaroa. La protéger, c’est assurer notre avenir et celui de nos enfants. »
Mais qu’elle soit fluviale ou littorale, la mangrove malgache, qui couvre environ 320 000 hectares – pour l’essentiel sur la côte ouest de l’île –, est en danger. En quarante ans, cet écosystème précieux, rempart naturel et efficace contre les cyclones qui balaient le pays entre les mois de décembre et avril, a perdu 10 % de sa superficie. Madagascar, qui abrite 2 % des mangroves du monde, est loin d’être la seule dans ce cas : 3,6 millions d’hectares de cette forêt si particulière ont disparu depuis 1980, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), soit 20 % du total. Mais, dans un pays considéré comme l’un des plus pauvres de la planète et classé parmi les plus exposés aux risques climatiques extrêmes, ce déclin est particulièrement lourd de conséquences.
La montée du niveau des océans due au réchauffement climatique ainsi que la déforestation menacent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Les marsupiaux sont victimes de la destruction de leur habitat naturel, les forêts d’eucalyptus.
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Hécatombe des koalas d’Australie, emblèmes du pays

Les marsupiaux sont victimes de la destruction de leur habitat naturel, les forêts d’eucalyptus.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 06h32
    |

                            Isabelle Dellerba (Sydney, correspondance)








                        



                                


                            

C’est l’un des emblèmes de l’Australie, qui se tient, les yeux fermés sur son cerveau abîmé, entre deux branches d’eucalyptus dans un enclos de l’organisation caritative Port Stephens Koalas. SES Maree, femelle koala de 2 ans et demi, a été percutée par une voiture, victime comme tant d’autres de l’urbanisation. En moins de vingt ans, la destruction de l’habitat naturel de cette espèce endémique de l’île-continent a causé une hécatombe : 53 % des marsupiaux ont disparu dans le Queensland et 26 % en Nouvelle-Galles du Sud, les deux Etats de la côte est où vivent les principales populations.
Parce que « ce serait tellement dommage que l’avenir de cette icône nationale ne soit pas assuré », la première ministre de Nouvelle-Galles du Sud, Gladys Berejiklian, a présenté, le 7 mai, un programme d’aide de 45 millions de dollars australiens (28,4 millions d’euros) destiné, entre autres, à sanctuariser des milliers d’hectares de forêts, à soutenir la recherche, à introduire davantage de vaccins et à construire un hôpital dans les prochains mois.

« Les travaux devraient commencer ici avant la fin de l’année », se félicite Kate King, coordinatrice hospitalière pour l’organisation Port Stephens Koalas, en désignant un lopin de terre sur le site du parc de loisirs de One Mile, à 200 kilomètres au nord de Sydney. Le nouveau bâtiment fera face aux cinq enclos déjà bâtis par l’organisation pour héberger animaux blessés et malades en cours de traitement. Depuis plus de trente ans, sa petite armée de volontaires prend en charge, grâce aux dons, les marsupiaux signalés en détresse dans la région de la Port Stephens.
Série de maux en cascade
En 2017, elle en a recueilli 58 et sauvé plus de la moitié. Mais à défaut d’une structure adaptée, les koalas nécessitant des soins intensifs étaient d’abord accueillis à domicile par des bénévoles qui multipliaient les allers-retours chez des vétérinaires des environs. « Cet hôpital va nous...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Le plan loup 2018-2023 vise, en dépit de la colère d’éleveurs d’ovins, à porter la population à 500 individus d’ici à 2023.
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La France compte de plus en plus de loups

Le plan loup 2018-2023 vise, en dépit de la colère d’éleveurs d’ovins, à porter la population à 500 individus d’ici à 2023.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 19h44
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 07h37
   





                        



   


La France compte 430 loups, selon le bilan de suivi hivernal publié lundi 25 juin par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). « Tous les indicateurs dont dispose le réseau Loup-lynx (...) indiquent que l’espèce est en phase d’expansion rapide sur l’ensemble du territoire national », note l’ONCFS. Avant ce nouveau bilan, l’effectif était évalué à environ 360 individus à la fin de 2017.
Au sortir de l’hiver 2017-2018, l’effectif estimé était d’environ 430 individus, soit un taux de croissance annuel de près de 20 %, selon l’ONCFS. Le nombre de zones de présence permanente (ZPP) augmente aussi nettement, passant de 57 à la sortie de l’hiver 2016-2017 à 74 en 2017-2018, soit + 30 %.
Le réseau Loup/Lynx de l’ONCFS s’est fondé cette année sur plus de 750 indices : empreintes, observations, piégeage photographique, dépouilles…
Un objectif de 500 loups d’ici à 2023
Le plan loup 2018-2023 vise, en dépit de la colère d’éleveurs d’ovins, à porter la population à 500 individus d’ici à 2023.

        Lire aussi :
         

                Plan loup : le gouvernement vise une population de 500 canidés d’ici à 2023



Le plan veut fonder les quotas d’abattage annuels sur des recommandations scientifiques, selon lesquelles il ne faut pas abattre plus de 10 à 12 % de l’effectif pour assurer la viabilité de l’espèce.
En 2018, année de transition, le plafond initial a été fixé à 40 loups, mais ce nombre devait être « actualisé » une fois connus les nouveaux chiffres, et porté à 10 % de la population. A partir de 2019, le plafond sera fixé à 10 % de l’effectif, avec possibilité pour les autorités de le relever à 12 %.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Rupert Stadler, le patron de la marque du groupe Volkswagen, est en détention depuis dix jours, soupçonné d’être impliqué personnellement dans la manipulation à grande échelle des moteurs diesel d’Audi.
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« Dieselgate » : Audi au cœur du scandale

Rupert Stadler, le patron de la marque du groupe Volkswagen, est en détention depuis dix jours, soupçonné d’être impliqué personnellement dans la manipulation à grande échelle des moteurs diesel d’Audi.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 13h25
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Rupert Stadler est toujours en prison. L’emblématique patron d’Audi, marque du groupe Volkswagen (VW), a dormi une fois de plus derrière les barreaux dimanche soir, après une série de dépositions jugées « insatisfaisantes » par le procureur de Munich. Depuis une semaine, M. Stadler, soupçonné d’être personnellement impliqué dans la manipulation à grande échelle des moteurs diesel d’Audi, est privé de liberté. Il avait été arrêté lundi 14 juin au matin, à son domicile d’Ingolstadt, en Bavière.
Un patron en exercice placé en détention, cela n’était jamais arrivé en Allemagne. Pour le natif de Tittin, dans le canton d’Eichstätt, à quelques kilomètres du siège d’Audi, difficile d’imaginer une fin de carrière plus humiliante. L’enfant chéri de la région est devenu le symbole d’un groupe automobile trop longtemps aveuglé par sa propre puissance.
Selon la presse allemande, le procureur a décidé de placer M. Stadler en détention après que la police judiciaire a surpris une conversation téléphonique où il discute de la possibilité de suspendre un ingénieur. Ce salarié, employé dans la « task force » mise sur pied par Audi pour faire enfin la lumière sur l’ampleur des manipulations au sein du constructeur, avait fait une longue déposition devant les magistrats où il évoquait ses difficultés à interroger certains dirigeants. Les procureurs redoutent désormais le risque de subornation de témoin et de destruction de preuve.
« Mis en danger par les magouilles d’Audi »
Rupert Stadler a jusqu’ici rejeté toutes les accusations qui pèsent contre lui. Audi rappelle qu’il bénéficie de la présomption d’innocence. Mais selon les informations du quotidien Süddeutsche Zeitung du 19 juin, qui cite des sources proches de l’enquête, tout porte à croire qu’Audi a été la cellule de développement de la fraude gigantesque orchestrée au sein du groupe Volkswagen pour contourner les contrôles antipollution. Selon les magistrats, c’est bien chez Audi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Les orages de grêle et les pluies violentes qui se sont abattues en France ont provoqué 214 000 sinistres.
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Le coût des inondations de mai et de juin estimé à 430 millions d’euros

Les orages de grêle et les pluies violentes qui se sont abattues en France ont provoqué 214 000 sinistres.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 11h02
   





                        



   


Quatre cent trente millions d’euros. C’est le coût évalué par la Fédération française de l’assurance (FFA) pour les 214 000 sinistres provoqués par les inondations et les orages qui ont touché, entre le 25 mai et le 14 juin, une grande partie de la France.
Outre les « inondations, coulées de boue, dommages électriques, impacts sur les carrosseries, pertes d’exploitation », les agriculteurs ont été « particulièrement touchés » ; les orages de grêle ayant « détruit plusieurs milliers d’hectares de vignes ». « Les pluies torrentielles ont généré un excès d’eau dans les parcelles, affectant principalement les grandes cultures (colza, blé, orge) », détaille la FFA, qui mentionne la « diversité des dégâts » provoqués.

        Lire aussi :
         

                Face à la multiplication des catastrophes naturelles, avis de tempête sur les assureurs



« Développer la culture de la prévention »
Les assureurs rappellent que les sinistres concernant les dommages aux biens sont couverts par les contrats d’assurance de dommages et par la garantie dommages tous accidents du contrat d’assurance auto.
Les dommages agricoles sont, eux, couverts par les contrats multirisques climatiques sur récoltes (MRC) et les contrats grêle.
Par ailleurs, les assureurs travaillent « actuellement avec le gouvernement à une modernisation du régime des catastrophes naturelles », explique Bernard Spitz, président de la FFA, afin de « développer la culture de la prévention, de généraliser la prise en charge des frais de relogement, de simplifier le mode de fonctionnement des franchises pour les particuliers et de les plafonner pour les professionnels ». Des propositions devraient être finalisées d’ici à la fin de l’année.

        Lire aussi :
         

                En France, une succession exceptionnelle d’orages particulièrement violents






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Première mondiale par sa méthode et son ampleur, l’étude va mesurer les émissions des gaz d’échappement de 22 autobus diesel.
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L’Ile-de-France lance une vaste opération de mesure de la pollution des bus

Première mondiale par sa méthode et son ampleur, l’étude va mesurer les émissions des gaz d’échappement de 22 autobus diesel.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 09h55
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Lundi 25 juin, les usagers des lignes de bus Transdev n° 615, entre Villepinte et Bobigny (Seine-Saint-Denis), devraient avoir la surprise de constater qu’une petite dizaine de places arrière dans certains autobus sont occupées par deux gros caissons, installés pour deux semaines. Un agent, présent dans le bus pour assurer le fonctionnement et la sécurité du dispositif, aura l’occasion d’expliquer aux voyageurs que ces volumineux cubes sont là pour la bonne cause : mesurer en conditions réelles la pollution émise par le véhicule.
« J’ai décidé de lancer la première étude indépendante au monde pour améliorer la connaissance des sources d’émissions de polluants des bus, a déclaré, vendredi 22 juin, Valérie Pécresse, présidente (LR) de la région Ile-de-France et de l’entité organisatrice des transports dans la région, Ile-de-France Mobilités. Nous avons besoin de ce type de démarche scientifique pour améliorer nos politiques publiques et le niveau des émissions de notre flotte de bus actuelle, en parallèle de la modernisation du parc, qui reste la priorité absolue. »

Présentée comme une première mondiale par sa méthode et son ampleur, l’étude va mesurer, jusqu’en juin, les émissions des gaz d’échappement d’un panel de 22 autobus diesel et hybrides représentatifs du parc des 9 500 bus franciliens qui roulent principalement sous les couleurs de RATP, Transdev et Keolis dans Paris, sa banlieue et jusqu’aux frontières régionales.
Treize campagnes de deux semaines étalées sur un an

L’initiative se fait en partenariat avec Airparif, association agréée par le ministère de la transition écologique et solidaire et chargée de la surveillance et de l’information sur la qualité de l’air en Ile-de-France. C’est cet organisme qui a pris en charge la partie scientifique et technique de l’opération, en coopération avec des ingénieurs de la région. « Il nous a fallu une bonne année de mise au point, explique-t-on...




                        

                        


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La première campagne de mesure des pesticides dans l’air démarre en France

Le glyphosate et le chlordécone font partie des 90 substances qui seront recherchées pour mieux connaître l’exposition de la population



Le Monde
 |    25.06.2018 à 08h35
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 08h40
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


On sait que les Français, particulièrement dans les grandes agglomérations, respirent un air souvent trop chargé, notamment en particules fines et en dioxyde d’azote. Mais qu’en est-il des pesticides ? Les données manquent. Pour combler cette lacune, une première campagne de mesure des résidus de pesticides dans l’air est lancée lundi 25 juin par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Elle durera un an avec l’objectif de mieux connaître l’exposition de la population et de définir une stratégie de surveillance qui fait aujourd’hui défaut. Car si la présence de pesticides est contrôlée dans les aliments ou dans l’eau, elle n’est pas réglementée dans l’air.
« C’est un sujet majeur, commente Mathilde Merlo, responsable de l’unité phytopharmacovigilance à l’Anses. C’est une campagne qui n’a pas d’équivalent au niveau européen. » Au total, près de 90 substances seront recherchées. Elles ont été sélectionnées en fonction de leur persistance dans l’air, de leur degré d’utilisation et de leur danger pour la santé. Les substances ciblées, précise l’Anses, n’entrent pas seulement dans la composition des produits dits phytopharmaceutiques, elles peuvent aussi être présentes dans certains biocides, des médicaments vétérinaires ou encore des antiparasitaires à usage humain.

        Lire notre enquête sur le chlordécone :
         

          Les Antilles empoisonnées pour des générations



Sans surprise, on retrouve le chlordécone, qui contamine les Antilles, ou le glyphosate, pour lequel le gouvernement s’est engagé pour une sortie définitive d’ici trois ans. La traque de l’herbicide controversé devrait siphonner une bonne partie du budget, estimé à un peu plus de un million d’euros. « Le glyphosate nécessite un investissement lourd en termes de recherche, confirme Mathilde Merlo. Contrairement aux autres pesticides, nous avons dû développer à une technique analytique qui lui est propre. »
« Urgence à agir »
Les prélèvements seront effectués sur cinquante sites en métropole et dans les départements et territoires d’outre-mer, pour atteindre un total d’environ 1 500 échantillons sur la durée de la campagne. La répartition des sites a été choisie afin de prendre en compte les différents types de zones d’habitation (52 % urbains et 48 % ruraux) et de productions agricoles : grandes cultures (40 %), sites viticoles (22 %), arboricoles (22 %), maraîchage (14 %) et élevage (6 %).
Sur le terrain, ce sont les associations agréées pour la surveillance de la qualité de l’air, tel Airparif ou Air PACA, qui assureront les mesures. L’Institut national de l’environnement industriel et des risques pilotera l’analyse des échantillons et l’exploitation des données. Les résultats sont attendus fin 2019 ou début 2020. Ils permettront d’établir un premier état des lieux des niveaux de contamination moyen en France des résidus de pesticides dans l’air ambiant. Ce dernier sera complété par une étude ciblée sur l’exposition des riverains en zones agricoles. Pilotée par l’Anses et Santé publique France, elle devrait démarrer courant 2019.
Pour l’association Générations futures, qui se bat depuis vingt ans contre les dangers des pesticides, il n’est pas utile d’attendre de nouveaux résultats d’étude face à l’« urgence à agir ». Elle soutient la proposition de loi déposée le 13 juin par le député de Gironde Loïc Prud’homme visant à protéger les riverains en instaurant une zone tampon, non traitée aux pesticides les plus dangereux, autour des lieux de vie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Une étude pointe le lien entre ces produits industriels et des troubles digestifs, notamment le syndrome du côlon irritable.
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Les aliments ultratransformés à l’origine de maladies digestives

Une étude pointe le lien entre ces produits industriels et des troubles digestifs, notamment le syndrome du côlon irritable.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 07h00
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Gare aux aliments ultratransformés (AUT). Après une étude, publiée en février dans le British Medical Journal (BMJ), qui avait observé un lien entre la consommation de ce type d’aliments et le risque de cancer, l’association est cette fois faite avec l’augmentation des risques d’avoir des troubles gastro-intestinaux fonctionnels, principalement le syndrome du côlon irritable (SCI).

« Ce sont des troubles digestifs très fréquents, pour lesquels on ne retrouve pas de pathologie organique mais qui provoquent un inconfort digestif régulier », explique le docteur Chantal Julia (équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle, université Paris-XIII), qui a coordonné les travaux publiés vendredi 15 juin dans l’American Journal of Gastroenterology. Le plus fréquent, le syndrome du côlon irritable, touche entre 10 % et 15 % de la population. Parfois appelé colopathie fonctionnelle, il se caractérise par des malaises, des sensations douloureuses au ventre, des diarrhées ou de la constipation, en raison de la modification de la vitesse de passage des aliments dans le côlon.
Syndrome du côlon irritable
L’étude a porté sur les données alimentaires de 33 343 participants de la cohorte NutriNet-Santé. Ils ont rempli au moins trois questionnaires journaliers. Ce sont principalement des femmes (76,4 %), dont l’âge moyen était de 50,4 ans. Elles consommaient en moyenne 16 % d’aliments ultratransformés, en volume, correspondant à un apport énergétique total de 33 %. Les personnes plus jeunes, vivant seules, ayant des revenus plus faibles, un indice de masse corporel (IMC) plus élevé et un niveau d’activité physique plus faible, consommaient davantage d’aliments ultratransformés. Sur l’échantillon total, 10,5 % souffraient du syndrome du côlon irritable. « Cette étude suggère une association entre la consommation de ces aliments et cette pathologie », note le docteur Julia. Et une augmentation de la consommation de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ En 2015, 142 000 cas étaient attribuables à des facteurs de risque liés au mode de vie ou à l’environnement, au premier rang desquels le tabagisme et l’alcool.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/06/2018
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En France, quatre cancers sur dix pourraient être évités

En 2015, 142 000 cas étaient attribuables à des facteurs de risque liés au mode de vie ou à l’environnement, au premier rang desquels le tabagisme et l’alcool.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 03h30
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 09h10
    |

            Hervé Morin








                        



   


La part des cancers dits « évitables », c’est-à-dire attribuables à des facteurs de risque liés au mode de vie ou à l’environnement, vient d’être réévaluée pour la France métropolitaine : elle représenterait 41 % des tumeurs survenues en 2015 chez les adultes de plus de 30 ans, soit 142 000 cas (84 000 chez les hommes et 58 000 chez les femmes). Cette estimation est le fruit d’une vaste étude coordonnée par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), publiée lundi 25 juin dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH).
En 2000, la part des cancers évitables était évaluée en France à 35 %, tandis que les études portant sur d’autres pays donnent une fourchette variant entre 30 % et 50 %.
L’originalité de l’étude, par rapport aux évaluations antérieures, est d’avoir élargi le spectre des causes évitables à treize facteurs majeurs de risque pour lesquels un lien avec la survenue de cancer est bien établi, et pour lesquels l’exposition des Français était connue. La consommation de viande rouge et de charcuterie ou les expositions professionnelles (trichloréthylène, gaz d’échappement du diesel) n’étaient par exemple pas prises en compte auparavant.
Isabelle Soerjomataram, qui, au CIRC – agence intergouvernementale de recherche sur le cancer créée en 1965 par l’Organisation mondiale de la santé –, a coordonné l’étude, souligne que le message principal est positif : « C’est une bonne nouvelle de savoir que l’on peut agir sur 40 % des cancers, en se concentrant sur treize facteurs de risque seulement. »
Le déclenchement d’un cancer peut évidemment avoir des origines multiples et combinées. La part du hasard, c’est-à-dire liée à la survenue de mutations aléatoires dans l’ADN des cellules, fait l’objet d’âpres débats scientifiques. Elle est évaluée par certains à deux tiers des mutations susceptibles de déclencher un cancer. Le poids de l’hérédité, c’est-à-dire les prédispositions à développer certains cancers en raison de son patrimoine génétique, représenterait environ 5 % des cas.

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                Le débat sur le rôle du hasard dans le cancer relancé



Restent les cancers dits « évitables ». Tout l’intérêt de l’étude du BEH est donc de chiffrer le poids des déterminants sur lesquels on peut agir en modifiant des comportements (tabac, alcool, alimentation, activité physique) par la réglementation (polluants, pesticides, composants alimentaires) ou la prophylaxie (vaccins).

   


Sans surprise, le tabac et l’alcool restent les deux principaux « fauteurs évitables » de cancers, représentant 20 % et 8 % des cas, les deux sexes confondus. Chez les hommes, c’est ensuite l’alimentation qui prédomine (5,7 % des cas), tandis que chez les femmes, c’est le surpoids et l’obésité (6,8 %). « Je ne m’attendais pas à ce que ces facteurs de risque soient si élevés, commente Isabelle Soerjomataram. Il semble que la France suive dans ce domaine la trajectoire de pays comme les Etats-Unis ou le Royaume-Uni. »
Simulation
Viennent ensuite les infections, notamment celles liées au papillomavirus, responsable de plus de 6 300 cas de cancer, essentiellement du col de l’utérus, en 2015. Puis les expositions professionnelles, avant les ultraviolets (mélanomes), le radon et les radiations d’origine médicale. La pollution de l’air extérieur, puis la présence d’arsenic et de benzène ferment la liste.
Les cancers évitables les plus nombreux sont ceux du poumon (plus de 35 000 cas évitables sur quelque 40 000 cas estimés) et du sein (presque 20 000 cas évitables sur plus de 53 000 diagnostics pour cette localisation), avant le côlon-rectum (19 000 environ). Viennent ensuite lèvres-cavité orale-pharynx (12 000 cas), mélanome (plus de 10 000), foie (7 000), estomac (6 000) et rein (environ 5 000). Les autres localisations représentent moins de 5 000 cas annuels.
Certains facteurs de risque sont définis en négatif : le fait de ne pas manger suffisamment de fruits, de légumes ou de fibres pèse autant que de manger trop de viande rouge ou transformée. Le manque d’activité physique ou un allaitement inférieur à six mois, moins protecteur pour la mère vis-à-vis du risque de cancer du sein, ont aussi été pris en compte.

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En revanche, des facteurs comme le nombre d’enfants ou l’âge de la première grossesse, connus pour peser aussi sur le risque de cancer, « mais sur lesquels on ne peut agir de la même façon que pour l’allaitement, n’ont pas été retenus comme évitables », souligne Isabelle Soerjomataram.
Cette analyse représente la somme des connaissances toxicologiques et épidémiologiques concernant la population française. Elle est une simulation, car il est très rare de pouvoir attribuer à un cas individuel une origine précise, comme pour le mésothéliome lié à l’exposition à l’amiante. Les auteurs sont conscients des limites de l’étude. Elle ne prend pas en compte certains facteurs de risque dont les effets sont encore insuffisamment documentés.
« Cibler des priorités d’action »
« Cet état des lieux a permis de mettre en exergue des lacunes scientifiques (comme les expositions chimiques), mais aussi le besoin de recherche pour identifier le rôle de facteurs de risques émergents (comme les perturbateurs endocriniens) », notent ainsi Christopher Wild, directeur du CIRC, Norbert Ifrah, président de l’Institut national du cancer, et François Bourdillon, directeur général de l’agence sanitaire Santé publique France dans l’éditorial du BEH. Cela signifie que, à mesure que des données plus solides apparaîtront, la part des cancers évitables pourrait encore augmenter.
Il est aussi à noter que les outre-mer n’ont pas été inclus. Le poids du chlordécone, un pesticide longtemps utilisé dans les bananeraies, serait sans doute à prendre en compte pour les cancers de la prostate. « On aimerait poursuivre l’analyse dans ces territoires », note Isabelle Soerjomataram, pour qui les facteurs de risque seraient alors probablement différents.
Pour les signataires de l’éditorial du BEH, mesurer la part évitable a un intérêt majeur : « Cibler des priorités d’action pour la prévention du cancer. » Si l’on doit se réjouir de la baisse d’un million de fumeurs quotidiens entre 2016 et 2017, la stratégie de réduction du tabagisme à travers l’augmentation du prix doit être « maintenue et renforcée », notent-ils. L’alcool, l’alimentation, le surpoids devraient faire l’objet des mêmes efforts de prévention, avancent-ils, notant aussi l’efficacité potentielle des réglementations concernant les valeurs limites de produits cancérigènes dans l’environnement et en milieu professionnel pour diminuer les expositions. Ou des pistes cyclables pour encourager l’activité physique.
Isabelle Soerjomataram souligne que, pour le tabac et l’alcool, des messages de prévention spécifiques pour les femmes seraient bienvenus. En 2000, le tabac représentait 6 % des cas de cancer chez les femmes, contre 8 % en 2015, et pour l’alcool, ces proportions sont respectivement passées de 4 % à 7 %, tandis que chez les hommes, elles sont restées stables.
François Bourdillon, de l’agence sanitaire Santé publique France, note quant à lui que, outre les grands domaines classiques de prévention (tabac, alcool, alimentation-obésité), l’étude « interpelle toute la médecine du travail, l’exposition professionnelle n’étant pas négligeable ». Il se dit aussi surpris par la hauteur de l’impact des infections. « Il faudrait remettre l’accent sur la vaccination », souligne-t-il. En France, celle contre le papillomavirus (HPV), recommandée depuis 2007, était inférieure à 15 % chez les filles de 16 ans en 2015.
L’agence sanitaire britannique Public Health England estimait très récemment que la vaccination a fait baisser de 86 % chez les jeunes femmes les infections par les deux types d’HPV causant la majorité des cancers du col de l’utérus. Outre-Manche, 80 % des garçons et filles de 14 à 25 ans sont vaccinés.
Les nouvelles données permettent aussi de mesurer certaines distorsions dans la perception de la hiérarchie des risques par le grand public. Un baromètre de Santé publique France, à paraître, montre que, en 2015, 67 % des personnes interrogées pensaient que la pollution atmosphérique causait davantage de cancers que l’alcool. Or la pollution atmosphérique, qui a d’autres impacts sanitaires, notamment cardio-vasculaires et respiratoires, « représente 0,4 % des cas de cancer dans notre évaluation », rappelle Isabelle Soerjomataram. Soit vingt fois moins que l’alcool et cinquante fois moins que le tabac.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Tara et « Le Monde » mettent le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique Nord.
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Goélette scientifique Tara, journal de bord n° 2 : les défis d’une navigation scientifique « propre »

Tara et « Le Monde » mettent le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique Nord.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 18h36
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 00h44
    |

            Patricia Jolly








                        



   





#PlastiquePacifique. Le Monde met le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique nord. Embarqués sur la goélette scientifique Tara pour un périple de trois semaines entre Honolulu (Hawaï) et Portland (Oregon), notre journaliste Patricia Jolly et le photographe Samuel Bollendorff vous emmènent au cœur de cette mixture mitonnée par l’homme, qui rejette chaque année 8 millions de tonnes de plastiques en mer.

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Au quatrième jour de mer, après le petit-déjeuner, Yohann Mucherie, magnanime capitaine, a offert à nos nez et à nos oreilles saturés quelques heures de félicité. Sous voiles uniquement, Tara a brièvement progressé au près serré, c’est-à-dire presque face au vent, donc au ralenti. « On n’avance pas et on n’est plus tout à fait sur la bonne route, mais on se rattrapera plus tard », a décidé le maître du bord.

   


De corvée de ménage, Justine « Juju » Jacquin, doctorante passionnée de biodégradation des plastiques mais en sous-régime depuis le départ pour cause de mal de mer persistant, a saisi l’occasion pour… passer l’aspirateur dans le carré et la coursive. Dopée par ces retrouvailles avec une navigation au naturel, elle se serait même collée à la lessive si la plongée en cale arrière – où lave-linge, sèche-linge et étendoir côtoient moteurs et vérins de pilote automatique – n’était contre-indiquée dans son état.
Vents contraires
Notre collectif de treize âmes s’efforce d’observer une hygiène acceptable à défaut d’être rigoureuse, mais Tara n’est pas ce qu’on appelle un navire « propre ». Ses flancs arrondis en aluminium contiennent 40 000 litres de gazole pour alimenter les moteurs, sans l’assistance desquels cette étape Honolulu-Portland, dominée par des vents contraires, durerait six semaines au lieu des trois prévues.
« Tout est compromis, plaide Daniel Cron, le second. Les instruments des chercheurs nécessitent l’utilisation d’un groupe électrogène ; et ils ne peuvent s’absenter indéfiniment de leur labo, il faut donc fixer un calendrier qui permet également d’organiser les rotations des équipages et qui serait impossible à respecter en ne navigant qu’à la voile. Nous devons aussi pouvoir pallier un éventuel problème technique ».

   


Tara s’efforce d’être bonne élève dans d’autres domaines. Produite à partir d’eau de mer par un dessalinisateur et renouvelée à un rythme d’environ 250 litres par heure, sa réserve d’eau douce de 6 000 litres alimente les deux douches, l’évier de la cuisine et les douchettes utilisées par les scientifiques pour rincer leurs filets de prélèvement sur l’arrière-pont.
Et l’on s’efforce de ne pas utiliser plus de 500 litres par jour au total. Pour la toilette, la vaisselle, le ménage et la lessive, on utilise des produits 100 % biodégradables. Et l’unique crème solaire tolérée à bord a été développée en partenariat avec une marque selon une formule qui n’a pas d’impact sur la vie aquatique.
La gastronomie n’est pas sacrifiée
Pour limiter les emballages et les déchets à bord, la cuisinière intendante, Sophie Bin, gère un stock de produits frais ou secs embarqués à Honolulu. Pour autant, cette Alsacienne de 33 ans, habituée des expéditions mer-montagne en Scandinavie et formée à la voile sur le Rhin entre France et Allemagne ne sacrifie pas la gastronomie.
A partir de bidons de farine, sucre, noix, quinoa, semoule et müesli et de fruits et légumes, elle concocte salades, gâteaux et autres préparations maison et est intraitable sur le tri sélectif des quelques conserves et cannettes du bord.
Les scientifiques peuvent donc s’activer sans trop culpabiliser. Les rets du « Manta » – un collecteur de surface de 60 cm de large, similaire à la raie éponyme et déployé deux fois une demi-heure chaque après-midi – livrent leur quota de microplastiques mais aussi d’insolites macrodéchets. Telle cette brosse à dents déplumée et délavée, colonisée par des algues et de petits crabes… Est-elle « tombée » d’un bateau ou issue d’un fleuve chinois charriant des monceaux de déchets ?

   


Le photographe Samuel Bollendorff immortalise religieusement chaque étape de cette « pêche ». A l’évidence soucieux de se fondre dans le décor, il arbore une chemise hawaïenne à dominante rouge orangée et des « solaires » à monture jaune qui lui ôteraient toute crédibilité sur le plancher des vaches.

   


Abus de langage
En prévision de notre entrée prochaine dans le Great Pacific Garbage Patch (GPGP), Maria Luiza Pedrotti, chercheuse en biologie marine au laboratoire océanographique de Villefranche-sur-Mer (Alpes-Maritimes) et cheffe de mission scientifique sur cette étape, s’autorise une mise au point. « Appeler cette zone “continent” ou même “île” de plastique est un abus de langage », dit-elle. « Pour ma part, j’attends de la voir pour lui donner un nom plus approprié. »
Etendu comme six fois la France selon les dernières observations, le GPGP recèle encore nombre de secrets. On le sait cependant essentiellement composé de microplastiques d’une taille inférieure à celle d’un grain de riz. Estimés au nombre d’environ 1,8 trillion de pièces flottant à la surface, ils sont à peine visibles à l’œil nu et ne forment pas une masse continue. Mais le GPGP est aussi un piège à macrodéchets ; ils représentent la plus grande partie de sa masse totale estimée à 80 000 tonnes.

   



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                Goélette scientifique Tara, journal de bord n° 1 : cap sur la « soupe » de plastiques






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Portant des t-shirts rouges et brandissant des drapeaux de la même « couleur viande », les manifestants, formant une nuée rouge, ont répondu à l’appel de l’association L214.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

A Paris, des milliers de manifestants ont réclamé la fermeture des abattoirs

Portant des t-shirts rouges et brandissant des drapeaux de la même « couleur viande », les manifestants, formant une nuée rouge, ont répondu à l’appel de l’association L214.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 13h14
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 14h41
   





                        



   


Des centaines de défenseurs des animaux et de militants végans ont défilé samedi 23 juin dans les rues de Paris. Formant une nuée rouge ils ont répondu à l’appel de l’association L214, qui réclame la fermeture de tous les abattoirs.
Les manifestants étaient au nombre de 3 500 selon les organisateurs et 2 500 selon la police. Portant des t-shirts rouges et brandissant des drapeaux de la même « couleur viande » et des pancartes avec des photos d’animaux enfermés ou dépecés, les militants sont partis de la place de la République scandant, au rythme de tambours, « stop au cauchemar, fermons les abattoirs » derrière une large banderole portée en tête de cortège.

Du monde du monde et très motivé au rassemblement pour la fermeture des abattoirs avec @L214 les vegans et les écol… https://t.co/4dOWchlhtA— julienbayou (@Julien Bayou)


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Septième marche
« C’est une manifestation revendicative pour attirer l’attention sur le sort réservé aux plus de 3 millions d’animaux tués par jour dans les abattoirs en France et les dizaines de millions de poissons qu’on met à mort », a déclaré Brigitte Gothière, une des fondatrices de l’association L214.
L’examen de la loi agriculture et alimentation fin mai a été une « grosse déception », selon elle. Les politiques « n’ont pas avancé d’un pouce en disant qu’ils font confiance aux filières. Les filières ce sont les filières d’élevage intensif qui les mènent et qui ont tout intérêt à faire consommer un maximum et à continuer à entasser les animaux », a-t-elle ajouté.
La styliste et créatrice de parfums Lolita Lempicka, membre de l’association, a défilé aux côtés des manifestants pour cette septième marche depuis 2012. Des actions similaires ont été ou seront organisées cette année dans 35 villes de 16 pays dans le monde, selon l’association opposée à la consommation de tous les types de chair animale.

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                Enquête chez les forçats des abattoirs



L’association L214, fondée en 2008, met régulièrement en ligne des images choc tournées en cachette dans des élevages ou abattoirs, et organise des campagnes contre l’exploitation animale. En mai, une vidéo montrant des poules pondeuses côtoyant des cadavres fossilisés de volatiles dans un élevage des Côtes-d’Armor avait été diffusée juste avant l’examen parlementaire du projet de loi agriculture et alimentation.
Le nom de cette organisation fait référence à l’article L. 214 du code rural, selon lequel « tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Le garçon, né avec de graves malformations, a déjà subi à l’âge de 11 ans cinquante-trois opérations.
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Glyphosate : la famille de Théo, 11 ans, exposé in utero, poursuit Monsanto

Le garçon, né avec de graves malformations, a déjà subi à l’âge de 11 ans cinquante-trois opérations.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h05
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 18h53
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Théo Grataloup est ce petit garçon de 11 ans né avec de graves malformations des appareils digestif et respiratoire et qui a, depuis sa naissance, le 2 mai 2007, été opéré à cinquante-trois reprises. Son histoire a été racontée par Marie-Monique Robin, dans son livre Le Roundup face à ses juges, (La Découverte, 2017) et dans un documentaire portant le même nom. En dépit de ces nombreuses interventions chirurgicales, il ne parle et ne respire que grâce à une trachéotomie. Début juin, ses parents ont assigné la société Monsanto devant le tribunal de grande instance de Vienne (Isère).
Sabine Grataloup, la mère de Théo, avait désherbé une carrière d’équitation au Glyper – un désherbant à base de glyphosate – alors qu’elle ignorait encore être enceinte. Elle attribue les handicaps graves de son fils à son exposition in utero au produit. En passe d’être absorbée par l’allemand Bayer, la firme de Saint-Louis (Missouri) est actuellement poursuivie aux Etats-Unis par des personnes atteintes de cancers du sang qu’elles attribuent à leur exposition passée au glyphosate, mais c’est la première fois que la société américaine est poursuivie pour de tels effets allégués, dits « tératogènes » (capable d’induire des malformations), de son produit phare.

Commission d’enquête
« Les éléments déclencheurs de la plainte, explique William Bourdon, l’avocat de la famille, ont été le Tribunal Monsanto ainsi que les révélations des “Monsanto Papers” [des milliers de documents internes de la firme rendus publics par la justice fédérale américaine], qui montrent que la société s’inquiétait de certains effets du glyphosate à une époque bien antérieure à la grossesse de Mme Grataloup. » Le Tribunal Monsanto, une initiative citoyenne, a rassemblé, en octobre 2016, à La Haye (Pays-Bas), des organisations non gouvernementales, des juristes, des médecins et des victimes venus de nombreux pays témoigner des dégâts environnementaux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Editorial. La Mairie de Paris n’a pas tenu compte des alertes sur la rentabilité du projet d’autopartage ; le groupe Bolloré n’a été assez attentif à sa dimension de service public.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Autolib’ : un fiasco aux responsabilités partagées

Editorial. La Mairie de Paris n’a pas tenu compte des alertes sur la rentabilité du projet d’autopartage ; le groupe Bolloré n’a été assez attentif à sa dimension de service public.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 10h25
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 12h12
   





                        



   


Editorial du « Monde ». La liberté a un prix. Les partenaires d’Autolib’, le service d’autopartage électrique qui devait « libérer » les déplacements des Franciliens, viennent d’en faire l’amère expérience. L’exploitant, le groupe Bolloré, et l’un des principaux concédants, la Mairie de Paris, se sont rendu compte qu’ils n’étaient pas prêts à assumer les 293,7 millions de pertes que le parc de petites voitures grises aurait générées d’ici à 2023. Alors que les deux parties se rejettent la responsabilité de ce fiasco, le Syndicat mixte Autolib’ Velib’ Metropole (SAVM) a décidé, jeudi 21 juin, de résilier le contrat qui les liait.

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                Autolib’ va s’arrêter, mais à une date encore inconnue



L’accord présenté en 2011 comme « gagnant-gagnant » s’est transformé sept ans plus tard en « perdant-perdant ». Pour Bolloré, Autolib’ devait constituer une vitrine mondiale pour sa technologie de batteries, qu’il essaye d’imposer face aux autres constructeurs de véhicules électriques. Pour la Mairie de Paris, il s’agissait de se doter d’un service de transport alternatif à la fois innovant et peu polluant, au moment où la voiture n’est plus en odeur de sainteté en milieu urbain.
Au mauvais moment
L’échec du projet, qui met à mal ces deux stratégies, arrive au plus mauvais moment pour les deux partenaires. Vincent Bolloré est en difficulté sur tous les fronts. Mis en examen pour les conditions d’attribution de concessions portuaires en Afrique, l’industriel breton vient de subir un revers dans la prise de contrôle de Telecom Italia, tandis que Canal+ se vide de ses abonnés.

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                Démêlés judiciaires, gouvernance contestée, concurrence accrue : l’empire de Vincent Bolloré accumule les déconvenues



Quant à Anne Hidalgo, la maire de Paris, elle accumule les déboires avec ses différents prestataires. La gestion des PV, devenus des « forfaits post-stationnement », confiée aux sociétés privées Streeteo et Moovia, a connu une série de bugs. Surtout, le changement de prestataires de Vélib’, les vélos en libre-service, a tourné à l’accident industriel. Un peu plus d’un an après l’attribution du contrat à Smovengo, il est toujours impossible d’utiliser normalement le service, alors que son déploiement se heurte à des obstacles techniques et sociaux.
Tandis que Mme Hidalgo a tout fait pour décourager les Parisiens de posséder leur propre voiture, l’échec de ces solutions de transport individuel partagé est une mauvaise nouvelle, à moins de deux ans des élections municipales. Si son combat pour réduire la pollution urbaine va dans le bon sens, celui-ci ne pourra surmonter les réticences qu’en proposant des modes de déplacement alternatifs efficaces et abordables.

        Lire aussi :
         

                Comment Hidalgo veut sortir de l’impasse Autolib’



Avec un contrat qui s’est révélé mal ficelé, avec une gouvernance et un contrôle de l’exploitation déficients, le modèle économique retenu pour Autolib’ a conduit à une impasse, dont les responsabilités sont largement partagées. Pourtant, à maintes reprises, des alertes ont été lancées sur le manque de rentabilité du projet. Des solutions avaient été proposées, comme le fait de réduire le service en banlieue, où le taux d’utilisation des véhicules n’était pas assez élevé, ou comme la possibilité d’emprunter à Paris les voies de bus et de taxi. En vain.
De son côté, Bolloré, focalisé sur l’aspect industriel du projet, n’a pas été suffisamment attentif à sa dimension de service public. Chacun a préféré faire l’autruche jusqu’au clash final. Celui-ci jette dans l’incertitude les 267 salariés de la société, qui risquent de se retrouver au chômage. Il frustre également les 150 000 clients qui avaient adopté le service et irrite les contribuables franciliens, qui s’interrogent sur le montant final des pertes qu’ils devront éponger. Bref, un beau gâchis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », rappelle que diverses études et données suggèrent un déclin récent de nos capacités cognitives.
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La dégradation ou les changements de notre environnement font-ils vraiment baisser notre QI ?

Dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », rappelle que diverses études et données suggèrent un déclin récent de nos capacités cognitives.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 19h58
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Chronique. La dégradation ou les changements de notre environnement nous rendent-ils plus bêtes ? Ou, à tout le moins, peuvent-ils faire baisser notre quotient intellectuel (QI) ? Une récente étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences, et dont Le Monde a rendu compte sous la signature de Nathaniel Herzberg, a remis cette idée en lumière.
Selon Ole Rogeberg et Bernt Bratsberg (Centre for Economic Research, Oslo), les deux auteurs de cette analyse, l’érosion du QI des conscrits norvégiens depuis le milieu des années 1990, qui intervient après des décennies de croissance, est due à l’environnement au sens large (éducation, nutrition, pollutions diffuses, écrans, etc.) et n’est pas explicable par d’autres facteurs, liés à des dynamiques sociales.
A notre connaissance, la Norvège et la Finlande sont les deux seuls pays disposant de données solides sur l’évolution du QI de l’ensemble de leur population, génération après génération. Tous les jeunes conscrits passent en effet, chaque année, des évaluations standardisées de leurs capacités cognitives. Et, dans ces deux pays, on note une érosion significative du QI depuis le milieu des années 1990. D’autres données, bien plus fragiles car réalisées sur de petits échantillons, suggèrent aussi un déclin récent du QI en France, et dans quelques autres pays.
Pourquoi un tel déclin, s’il est avéré ? Une très grande diversité de facteurs (éducation, taille des familles, etc.) entrent en ligne de compte dans l’augmentation ou le déclin du QI. Mais la conversation publique s’est récemment focalisée sur des causes chimiques. Certains métaux lourds (plomb, mercure…) ou perturbateurs endocriniens (pesticides, retardateurs de flamme…) imprégnant à bas bruit la population générale, pourraient altérer la construction cérébrale, assurent certains chercheurs.
Argumentaire trompeur
Cette alerte serait fantaisiste, rien de moins qu’une « fake...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Atteint d’un cancer après avoir manipulé intensivement le pesticide Roundup de Monsanto, le jardinier Dewayne Johnson poursuit la firme pour avoir dissimulé les risques.
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Premier procès du glyphosate aux Etats-Unis

Atteint d’un cancer après avoir manipulé intensivement le pesticide Roundup de Monsanto, le jardinier Dewayne Johnson poursuit la firme pour avoir dissimulé les risques.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 07h23
    |

            Corine Lesnes (San Francisco, correspondante)








                        



                                


                            

Conformément à la législation de Californie, le procès a été avancé pour permettre au plaignant, en phase terminale, de suivre les audiences. Dewayne Johnson, 46 ans, père de deux garçons, poursuit Monsanto, le premier producteur de semences génétiquement modifiées du monde et de leur herbicide associé, le Roundup. Il affirme que ce produit l’a rendu malade. C’est le premier procès, aux Etats-Unis, sur les possibles effets cancérigènes de ce produit phytosanitaire à base de glyphosate, commercialisé par le géant de l’agrochimie, racheté fin mai pour 63 milliards de dollars (54 milliards d’euros) par le groupe allemand Bayer.
La première audience a eu lieu lundi 18 juin devant la cour supérieure de l’Etat de Californie, à San Francisco. Dewayne Johnson est apparu vêtu d’un polo gris, le visage marqué de lésions qui couvrent 80 % de son corps. Employé de 2012 à 2014 à l’entretien des jardins du district scolaire de Benicia, une localité située à 65 km à l’est de San Francisco, il a mélangé et répandu des centaines de litres de Roundup, le pesticide phare de Monsanto, deux fois par mois en moyenne pendant deux ans. En 2014, les médecins lui ont annoncé qu’il était atteint d’un lymphome, un cancer qui affecte les globules blancs. Il a dû quitter son travail. Après sa chimiothérapie, l’oncologue lui a donné six mois à vivre.
Dissimulation de preuves
Le malade, qui a porté plainte en 2016, reproche à la firme de ne pas avoir prévenu les utilisateurs du danger présenté par le glyphosate, alors qu’elle en était informée, et, accusation lourde de conséquences, d’en avoir dissimulé les preuves. A la veille de l’audience, le vice-président de Monsanto chargé de la stratégie, Scott Partridge, a publié un communiqué affirmant sa « sympathie » pour « toute personne atteinte de cancer » mais réfutant tout lien avec le pesticide. « Les preuves scientifiques montrent clairement que le glyphosate n’en est pas la cause, a-t-il assuré....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ « Le Monde » a embarqué sur le navire scientifique pour un périple dans le Pacifique Nord entre Hawaï et Portland, à la recherche des microplastiques qui contaminent les océans.
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Goélette scientifique Tara, journal de bord n° 1 : cap sur la « soupe » de plastiques

« Le Monde » a embarqué sur le navire scientifique pour un périple dans le Pacifique Nord entre Hawaï et Portland, à la recherche des microplastiques qui contaminent les océans.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 19h34
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 18h36
    |

            Patricia Jolly








                        



   





#PlastiquePacifique. Le Monde met le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique nord. Embarqués sur la goélette scientifique Tara pour un périple de trois semaines entre Honolulu (Hawaï) et Portland (Oregon), notre journaliste Patricia Jolly et le photographe Samuel Bollendorff vous emmènent au cœur de cette mixture mitonnée par l’homme, qui rejette chaque année 8 millions de tonnes de plastiques en mer.

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Quarante-huit heures de navigation et 250 milles nautiques couverts (environ 460 km) sur les 2 255 prévus jusqu’à Portland (Oregon)… Mardi 19 juin à 21 h 12, heure locale, la goélette Tara a quitté le quai 9 du port de Honolulu (Hawaï) pour faire route vers le Great Pacific Garbage Patch (GPGP).

   


Juste avant le départ avait eu lieu le briefing « vie à bord et sécurité » du capitaine Yohann « Yo » Mucherie et de son second Daniel « Dan » Cron. Un huis clos à treize, à ciel ouvert, sur un voilier de 36 mètres, ça s’organise. Les marins sont connus pour leur manie de faire des phrases et les maîtres de notre bord ne dérogent pas à cette règle.
Le menu de la « croisière » est copieux : tableau des tâches à bord – de la vaisselle à la corvée de toilettes sans oublier le service de table –, planning des quarts de nuit – le plus cauchemardesque, c’est le 3 heures-6 heures –, répartition dans les deux Zodiac de sauvetage en cas de naufrage, et essayage des combinaisons d’immersion orange. Aussi seyantes que flottantes, elles prolongeraient au mieux nos agonies respectives de quelques heures. Depuis notre départ, nous n’avons en effet croisé qu’une poignée d’oiseaux marins égarés, et nous ne reverrons la terre qu’aux environs du 8 juillet.

   


Le fait d’œuvrer pour la planète ne nous affranchit pas des paradoxes. Depuis le départ, Tara a le vent dans le nez – quand il y en a – ; aussi, malgré ses deux mâts gigantesques et ses 400 mètres carrés de surface potentielle de voilure, la goélette monte à l’assaut du gyre de plastiques… au moteur. Vacarme assourdissant et relents de gazole entre deux nuances de bleu – du ciel et de l’océan –, tel est notre lot.
Séparer le plancton du plastique
Pour les cinq scientifiques du bord, experts en plancton et en plastique, ça n’est donc pas la vie de paquebot. Les « manips » débutent à 7 h 30 pétantes. A encore trois jours de navigation du GPGP, des microplastiques se laissent déjà prendre à leurs filets.
Dolphin, HSN ou Manta ressemblent à des chaussettes géantes équipées d’un collecteur qu’on traîne en surface entre trente minutes et deux heures. Il faut l’aide de deux membres de l’équipage pour les immerger à l’arrière de Tara qui doit adapter sa vitesse entre 7 et 3 nœuds (13 et 5,5 km/h) pour assurer des prélèvements efficaces. On les remonte pour entamer un travail de bénédictin : séparer le plancton du plastique à l’aide d’une pince à épiler géante. A l’abri de cryotubes, ces petites choses seront ensuite stockées dans les congélateurs ou les réfrigérateurs de la cale avant.

   


Malgré le beau temps et la mer calme, Justine Jacquin, doctorante spécialiste de la dégradation des plastiques à l’Observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales), n’a même pas pu faire un de ces allers-retours entre le pont arrière et les flancs du navire. Le premier jour, à peine éveillée, cette Bretonne s’est mise à nourrir les poissons. Elle n’a repris des couleurs, une alimentation légère et une vie sociale que trente-six heures plus tard, pour célébrer l’été et la Fête de la musique.
Mélanie Billaud, la Niçoise, s’est rebiffée. A 21 ans, cette étudiante en master 1 sciences de la vie à Sophia-Antipolis, est actuellement en stage avec Maria Luiza Pedrotti, chercheuse en biologie marine au Laboratoire océanographique de Villefranche-sur-Mer (Alpes-Maritimes) et cheffe de mission scientifique sur Tara. La benjamine du bord, qui doit son embarquement au désistement d’un chercheur senior, est bien décidée à vivre pleinement ce rêve éveillé. Jamais on n’avait vu quelqu’un plonger la tête dans un vilain seau marron puis le vider dans l’océan avec un sourire aussi radieux, avant de se remettre au travail comme si de rien n’était.

   


Daurade coryphène
Au coucher du soleil, Maria Luiza Pedrotti philosophait en briscard : « Il y a deux sortes de malades en mer, ceux qui sont “out” pour deux jours et qui n’y peuvent rien, et ceux qui, après avoir vomi, réussissent à vaquer à leurs occupations. »
J’appartiens donc à un troisième type, celui de la migraineuse barbouillée bien en peine de remplir son office. Comment le photographe Samuel Bollendorff est-il aussi à l’aise sur l’eau ? Ses bracelets antinausée ou ses origines luxembourgeoises ?
Mon questionnement existentiel attendra. La ligne de pêche qui traîne dans l’eau à bâbord couine, provoquant un branle-bas de combat. Une daurade coryphène de taille à améliorer notre ordinaire – un mètre pour 5 kg – se débat au bout de l’hameçon. Jonathan « Jon » Lancelot, le chef-plongeur, porte l’estocade d’un coup de couteau expert à l’arête dorsale. Taillé en filet et mis en marinade, l’infortuné mahi-mahi – comme on l’appelle dans ce coin du Pacifique – figure déjà au menu du déjeuner du lendemain.



                            


                        

                        

