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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ L’adoption par le Parlement de la réforme ferroviaire, qui doit maintenant être promulguée, a laissé les syndicats divisés sur la suite à donner au mouvement.
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Réforme de la SNCF : SUD-Rail appelle à la grève les 6 et 7 juillet, la CFDT ne fera pas grève cet été

L’adoption par le Parlement de la réforme ferroviaire, qui doit maintenant être promulguée, a laissé les syndicats divisés sur la suite à donner au mouvement.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 17h28
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 17h40
   





                        



   


La mobilisation contre la réforme ferroviaire continue pour SUD-Rail. Le troisième syndicat de la SNCF, qui réunissait mardi 26 juin son conseil fédéral, a décidé d’appeler les cheminots à faire grève « les 6 et 7 juillet », soit au début des vacances scolaires.
« En cohérence avec notre mandat précédent, nous appelons à la poursuite de la lutte pour le retrait du pacte ferroviaire », a déclaré Fabien Dumas, secrétaire fédéral de SUD-Rail. Les vendredi 6 et samedi 7 juillet, les cheminots « débattront en assemblées générales de la suite à donner au mouvement pour gagner », a-t-il ajouté.

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                SNCF : la grève du rail en échec



De son côté, le premier syndicat de la SNCF, la CGT-Cheminots, avait déjà indiqué le 20 juin qu’il « appellera[it] régulièrement à la grève en juillet et août ». Les journées de grève « pourront être calées sur les départs en vacances, mais ne le seront pas exclusivement et majoritairement », car « ce n’est pas notre cible principale », avait précisé son secrétaire général, Laurent Brun.
« Suspension » de la grève pour la CFDT
La CFDT-Cheminots a, en revanche, décidé, mardi en conseil national, une « suspension » de la grève jeudi, à l’issue du dernier épisode de deux jours sur cinq, et « pendant toute la période estivale », a annoncé l’un de ses responsables.
« L’idée est de pouvoir garder des ressources de mobilisation à la rentrée », car « les négociations sociales à venir seront longues et complexes » au sein de la SNCF et de la branche ferroviaire, a expliqué Sébastien Mariani, secrétaire général adjoint de la CFDT-Cheminots, quatrième syndicat de la SNCF.
La France connaîtra, mercredi et jeudi, son dernier épisode de grève unitaire CGT-UNSA-SUD-CFDT en pointillé – deux jours sur cinq –, démarrée il y a trois mois, contre la réforme ferroviaire. L’adoption par le Parlement de la réforme de la SNCF, qui doit maintenant être promulguée, a, en effet, laissé les syndicats divisés sur la suite à donner au mouvement.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ L’association Ingénieurs et scientifiques de France publie une étude sur une profession qui ne connaît presque pas le chômage, mais où les femmes peinent encore à trouver leur place.
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Deux tiers des jeunes ingénieurs ont un CDI dès leur sortie d’école

L’association Ingénieurs et scientifiques de France publie une étude sur une profession qui ne connaît presque pas le chômage, mais où les femmes peinent encore à trouver leur place.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 18h06
    |

            Soazig Le Nevé








                        



   


Les deux tiers des ingénieurs fraîchement diplômés se voient offrir des CDI dès leur sortie d’école, rapporte une enquête de l’association Ingénieurs et scientifiques de France, qui rassemble 180 réseaux d’alumni ingénieurs.
Publiée mardi 26 juin sur la base de 52 000 réponses, l’étude brosse le tableau d’une profession qui ne connaît pas, ou presque, le chômage. « Déjà faible par rapport à la moyenne nationale, le taux de chômage a baissé : 3,4 % en 2017 contre 3,9 % en 2016 », relève Marie-Annick Chanel, responsable de l’observatoire des ingénieurs au sein de l’association.
En 2017, « les recrutements se sont révélés plus difficiles, ce qui induira peut-être une augmentation des salaires plus substantielle en 2018 », projette-t-elle.
Le salaire médian des ingénieurs triple au cours de la carrière
Selon cette étude, le salaire médian des ingénieurs triple au cours de la carrière : il démarre à 34 000 euros brut par an (à 23-24 ans) pour atteindre 42 000 euros au bout de cinq ans et 100 000 euros vers 60 ans. Un débutant de 2017 touchait 34 000 euros, contre 33 440 euros en 2008, mais exprimés en euros constants, hors inflation, les salaires ont diminué pour les débuts de carrière, nuance l’enquête d’Ingénieurs et scientifiques de France.
Sur un total de 40 000 nouveaux diplômés chaque année, 20 % ont poursuivi leurs études ou préparent une thèse de 3e cycle. Parmi eux, 21 % envisagent de créer leur entreprise. L’enquête ajoute que 7 % des entrepreneurs de moins de 30 ans ont intégré un incubateur, un tiers de ces incubateurs étant hébergés dans leur école.
Toutes promotions confondues, 38 % de l’ensemble des ingénieurs possèdent un second diplôme de niveau bac + 5 et au-delà. Les deux tiers de ces diplômes sont des thèses. Viennent ensuite des diplômes en gestion, management et marketing, qui représentent 11 % des formations. Les femmes représentent 31 % des ingénieurs préparant un nouveau diplôme, soit un peu plus que leur représentation dans les dernières promotions (28,5 %).
Une notoriété du diplôme parfois jugée trop faible
Chez les moins de 30 ans, 17,7 % travaillent à l’étranger (11,2 % en Europe, 3,5 % en Amérique du Nord et du Sud, 1,7 % en Asie), notamment dans les secteurs des industries extractives, l’industrie pharmaceutique et la banque/assurances. Pour la moitié d’entre eux, il s’agit de leur première expérience professionnelle.
Les avis sur la notoriété du diplôme à l’étranger sont partagés : 49,4 % la jugent insuffisante ou très insuffisante et 50,6 % suffisante ou très suffisante. Des opinions qui se répartissent différemment selon l’âge et le continent : aux extrêmes, 61 % des jeunes travaillant en Europe et 68 % en Afrique estiment que la notoriété de leur diplôme est suffisante, alors qu’ils sont seulement 33 % en Asie et 35 % en Amérique du Nord ou du Sud à être de cet avis.
Pour Hervé Biausser, président de Centrale-Supelec :
« Il y a des pays, notamment en Europe, en Afrique mais aussi en Amérique, qui comprennent très bien le système français, ce qui est moins le cas de la Chine ou de l’Inde, où nous ne sommes qu’une petite goutte d’eau ! Ces pays-là ont adopté les standards américains, ce qui fait qu’au fin fond de la Chine, la notoriété de l’X ou de Centrale-Supelec est égale à zéro… » 
L’industrie accueille moins de jeunes diplômés des cinq dernières promotions, ceux-ci étant davantage présents que leurs aînés dans les sociétés de services.
Etonnamment, les moins de 40 ans sont les plus nombreux à ne pas avoir d’avis sur l’effet de la révolution numérique sur leur métier et sur la société (12 % contre 9 % chez les plus âgés). L’opinion la plus répandue chez les moins de 40 ans est qu’il s’agit d’une évolution technologique inscrite dans la continuité, au mieux une accélération, et pour quelques jeunes, elle n’aurait même aucune importance…
Manque d’enseignants en intelligence artificielle
« Pour les moins de 30 ans, le numérique, c’est déjà leur univers », relève Hervé Biausser :  
« Je suis frappé de voir à quel point ils sont déjà dans des logiques collaboratives et de réseau. Ils font preuve d’une grande habileté à aller chercher les données. Cela contraste fortement avec la vision qu’ont les ingénieurs plus âgés d’une très grosse perturbation liée au numérique. »
Dans les deux secteurs actuellement en tension, les data et l’intelligence artificielle, les écoles butent sur une limite, selon le patron de Centrale-Supelec : le manque d’enseignants disponibles : 
« Toutes les entreprises veulent recruter des ingénieurs spécialisés dans ces domaines mais nous, ce qu’on veut, ce sont des enseignants capables de les former ! Malheureusement, le système d’enseignement a toujours un temps de réponse assez long. »
Les disparités entre hommes et femmes demeurent importantes : ces dernières ne représentent que 20 % de la profession, et 28,5 % dans la promotion 2017. Leur salaire brut médian s’élève à 47 000 euros contre 60 000 euros pour les hommes. Sur l’ensemble de leur carrière, « les femmes ont en moyenne trois ans et demi d’expérience de moins que les hommes, ce qui explique une différence moyenne de plus de 5 000 euros de salaire brut annuel en moyenne », avance l’étude.
Le choix des formations explique également des différences de salaires : 47 % des femmes ingénieures diplômées en 2016 et 2017 sont issues des filières « agronomie, sciences de la vie, agroalimentaire », « chimie » et « autres, bois, textiles, environnement ». Des formations sensiblement moins rémunératrices que les autres.

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          Grandes écoles : deux étudiants sur trois sont embauchés avant même d’être diplômés






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Christopher Hogg, professeur affilié à HEC, explique dans une tribune au « Monde » que le procès en sorcellerie fait aux mesures protectionnistes cache la nécessité d’une véritable réflexion sur le partage des bénéfices, incontestables, du libre-échange.
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Les mauvais arguments contre la « guerre commerciale »

Christopher Hogg, professeur affilié à HEC, explique dans une tribune au « Monde » que le procès en sorcellerie fait aux mesures protectionnistes cache la nécessité d’une véritable réflexion sur le partage des bénéfices, incontestables, du libre-échange.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 15h33
    |

Christopher Hogg (Professeur affilié à HEC Paris)







                        



                                


                            

Tribune. La majorité des économistes, les marchés financiers et la plupart des chefs d’entreprise s’accordent pour dire qu’une guerre commerciale à coup d’augmentations de barrières douanières est une menace pour la croissance mondiale. Ce consensus est tel que Trump est caricaturé en vieil homme irrationnel et incontrôlable.
D’autres font valoir que cette décision relève de motifs purement électoralistes. Cette opposition, entre rationalité économique et populisme démocratique, est récurrente à chaque fois que la question de la globalisation et du protectionnisme est en débat.
Il est facile de prouver que toute tentation de protectionnisme et d’entrave à la libre circulation des biens et des hommes est destructrice de valeur. Historiquement, il existe de très nombreux cas l’illustrant, sans parler de la crise des années 1930, où le protectionnisme contribua à transformer tragiquement une crise financière en crise économique, sociale et politique.
Théoriquement, c’est une évidence que faciliter les échanges est une condition nécessaire pour créer plus de valeur. Pour que deux parties décident d’échanger, il faut que les deux parties partagent un intérêt ; en d’autres termes, que l’échange crée de la valeur pour chacun. Supprimer une possibilité d’échange revient donc à détruire de la valeur, soit par disparition pure et simple de l’échange, soit en substituant celui-ci à un autre échange moins intéressant pour les parties.
Création de valeur et partage
Mais il faut aussi se poser la question du partage et de la captation de ladite valeur. Cette question concerne à la fois les acteurs de l’échange et la répartition sociale de cette valeur. Le gain pour le consommateur est connu ; il porte sur le prix, le choix et la qualité. Le protectionnisme, à l’inverse, limite le choix du client pour favoriser des fournisseurs nationaux ou alliés.
Le gain du vendeur est également simple ; il porte soit sur les coûts, soit...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Les logiciels dont nous disposons exigent, pour fonctionner, des volumes massifs de conversations, et donc de données personnelles, en particulier pour offrir des services personnalisés. Dans des pays totalitaires, cela représente des risques pour les citoyens, explique dans sa chronique l’informaticien Serge Abiteboul.
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Assistants vocaux : « Nous ne pouvons confier nos vies à des machines »

Les logiciels dont nous disposons exigent, pour fonctionner, des volumes massifs de conversations, et donc de données personnelles, en particulier pour offrir des services personnalisés. Dans des pays totalitaires, cela représente des risques pour les citoyens, explique dans sa chronique l’informaticien Serge Abiteboul.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 15h15
    |

Serge Abiteboul (Chercheur en informatique à l’Inria et à l’ENS, membre du collège de l’Autorité de régulation des communications électroniques et ...







                        



                                


                            

Transformations. Les assistants vocaux débarquent en France avec Google Home, Echo (Amazon) et HomePod (Apple). Aux Etats-Unis, ils auraient déjà conquis 20 % du marché des requêtes sur Internet. Orange et Deutsche Telekom annoncent un produit commun, Djingo, pour cette année.
Installés dans un coin de l’appartement, ces assistants répondent à vos questions, vous permettent de lancer de la musique, de faire vos courses, de vous informer des derniers résultats de la Coupe du monde de foot… Reste à inventer des utilisations plus essentielles, comme le combat contre la perte d’autonomie de personnes âgées.
Ces objets sont le fruit de progrès techniques considérables. Au siècle dernier, la recherche a commencé par résoudre la question de la synthèse de la parole à partir de textes écrits. Puis elle s’est attaquée à la reconnaissance de la parole, un sujet plus compliqué (il est plus facile de parler anglais que de comprendre un Ecossais ou un Irlandais…), car il s’agit de comprendre le sens du texte.
Marchés « bifaces »
Des progrès en apprentissage automatique, couplés à l’accroissement des puissances de calcul et à la disponibilité massive de données, ont permis des avancées importantes, appliquées dans les moteurs de recherche ou la traduction automatique. Mais le problème est complexe et le chemin encore long, ce qui explique les limites actuelles de ces assistants vocaux plutôt benêts, d’ailleurs copieusement moqués sur les réseaux sociaux.
Surtout, les logiciels dont nous disposons aujourd’hui exigent, pour fonctionner, des volumes massifs de conversations, et donc de données personnelles, en particulier pour offrir des services personnalisés. Dans des pays totalitaires, cela représente des risques considérables pour les citoyens. En Europe, où nous sommes mieux protégés avec des lois comme le règlement général sur la protection des données (RGPD), ils n’en sont pas moins des intrusions insupportables...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Trottinette, gyroroue, eskate ou hoverboard ne sont pas pris en compte par le code de la route. Leur développement impose une réflexion sur la répartition de l’espace public.
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L’essor des trottinettes électriques oblige à repenser le partage de l’espace public en ville

Trottinette, gyroroue, eskate ou hoverboard ne sont pas pris en compte par le code de la route. Leur développement impose une réflexion sur la répartition de l’espace public.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 15h05
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 15h25
    |

                            Maud Obels








                        



   


Pouvoir se déplacer librement, rapidement et sans effort… la proposition est séduisante et l’offre est désormais bien réelle, entre les trottinettes électriques, disponibles depuis peu en libre-service dans deux arrondissements parisiens et à Bruxelles, la gyroroue (monocycle électrique), l’eskate, l’hoverboard ou encore le gyropode (comme le Segway).
Ces mobilités sont regroupées sous le terme d’engins de déplacement personnel (EDP) par les pouvoirs publics ; une catégorie hybride, puisqu’elle comprend aussi bien les engins électriques que les rollers ou les trottinettes classiques. C’est la raison pour laquelle beaucoup d’acteurs du secteur préfèrent le terme de nouveaux véhicules électriques individuels (NVEI).
Trottinettes, une offre « de plus en plus large »
Encore confidentiels il y a quelques années, ces modes de déplacement se développent rapidement. « Surtout les trottinettes électriques, confirme Mathieu Lavergne, d’Eroue, boutique installée dans le 5e arrondissement de Paris depuis quatre ans. Le secteur des trottinettes évolue beaucoup, aussi bien côté ventes que côté technologies, l’offre est de plus en plus large. »
Difficile d’avoir des chiffres concernant le nombre d’utilisateurs, aucune étude sérieuse n’ayant été réalisée et les professionnels du secteur commençant tout juste à s’organiser en réseau. Sur la base d’un sondage réalisé en mars, l’assureur Aviva estime que 3 % des Français utilisent déjà des NVEI, soit 1,5 million de personnes, et que 17 % ont l’intention de les utiliser prochainement, soit 8,5 millions d’utilisateurs potentiels.
Un chiffre d’utilisateurs très largement surestimé, selon Christophe Bayart, dirigeant de Mobility Urban, enseigne de distribution de NVEI, qui, lui, estime entre 400 000 et 500 000 le nombre d’usagers. « En 2017, les ventes, en quantité, ont considérablement augmenté, précise-t-il. En valeur, la progression est de 30 %, mais des produits à bas prix et de mauvaise qualité sont arrivés sur le marché. »

        Lire :
         

          Les trottinettes électriques arrivent à Paris après avoir conquis les Etats-Unis



Cet essor ne va pas sans poser quelques questions quant au cadre réglementaire dans lequel ces nouveaux engins, et leurs propriétaires, peuvent évoluer. Situés dans un « angle mort » du code de la route, les NVEI sont dans un flou juridique : comment ces véhicules peuvent-ils circuler, sur quelles voies, à quelle vitesse et soumis à quelles règles ?
Les utilisateurs – et celles et ceux qu’ils côtoient – roulent encore à vue. Pour le moment, ils sont considérés comme des piétons. Ils sont donc supposés rouler sur les trottoirs à l’« allure du pas », soit environ 6 km/h. Ils sont tolérés sur les pistes cyclables à maximum 25 km/h, sans y être vraiment autorisés.
Ces limites de vitesse paraissent en décalage avec les technologies disponibles, puisque les magasins spécialisés vendent des trottinettes électriques pouvant atteindre 85 km/h, sans aucune obligation de port d’un casque, de présence de lumières ou encore d’immatriculation.
« Même si rien n’est obligatoire, nous donnons des consignes de sécurité, nuance Mathieu Lavergne. Nous expliquons à nos clients que le port d’un équipement de protection, d’un casque et de gants est très vivement conseillé. » 
Ces vitesses potentielles démesurées devraient par ailleurs bientôt disparaître, puisqu’une norme est en cours d’élaboration, qui bridera la capacité de ces engins. « Sans doute à 25 km/h maximum, comme les vélos à assistance électrique », selon Christophe Bayart.

   


Les pouvoirs publics vont bientôt légiférer, dans le cadre du projet de loi orientation sur les mobilités, qui devrait être votée à l’automne, après avoir été plusieurs fois retardé. Cette nouvelle législation sera issue de la réflexion menée lors des Assises de la mobilité, qui se sont déroulées d’octobre à décembre 2017.
Elle ne prend toutefois pas la mesure du bouleversement en cours dans les mobilités, estime Jérôme Monnet, chercheur au laboratoire Ville mobilité transport : « Cela fait des décennies que l’on sépare clairement les piétons, les automobiles, les transports en commun. Ces nouveaux engins viennent brouiller ces catégories. L’utilisateur est-il un piéton ou un véhicule ? Il faut observer la transformation des pratiques, car la grande différence, c’est que l’usager peut désormais transporter son véhicule. »
Selon lui, les NVEI ont le potentiel d’une profonde transformation de la manière de se déplacer en ville et dans les zones périurbaines, mais « il peut toujours y avoir un retour en arrière, avec des crispations liées au cadre réglementaire ».

        Lire :
         

          San Francisco se rebelle contre les trottinettes électriques en libre-service



Pour préciser ce cadre, un comité d’experts du Conseil national de sécurité routière a suggéré, à l’issue de ses assises, d’assimiler « les engins de déplacement à des cycles quant à l’usage des espaces publics et aux règles d’usages relativement au partage de la voirie », tandis que la Direction générale des entreprises souhaite pérenniser la circulation sur les trottoirs.
La première solution semble convenir à toutes les parties. Selon un sondage réalisé par Mobilty Urban auprès d’usagers, en janvier : 65 % d’entre eux souhaitent être assimilés aux cycles.
Pierre Hémon (EELV), conseiller délégué aux mobilités actives à la Métropole de Lyon, estime également que les NVEI « s’insèrent bien sur les pistes cyclables » : « Je suis pour sanctuariser les trottoirs, c’est le dernier espace où les piétons peuvent être tranquilles », ajoute-t-il.
Combinaison de modes de déplacement
Attention à la surchauffe, nuance Jérôme Monnet : « Les pistes cyclables, conçues pour l’ergonomie du vélo, vont très vite exploser si tous ces utilisateurs doivent les partager. » Lui prône une solution bien plus radicale : « Tous les engins roulants devraient se partager la chaussée. Evidemment, cela signe un peu la fin de la circulation automobile. »
Ce qui n’est, selon lui, pas un problème, grâce à la combinaison des trois modes de déplacement de la ville du futur : la marche, les transports en commun et les microvéhicules portables. « Je sais que ce n’est pas une recommandation de politique publique réaliste, mais je rêverais que ces nouvelles mobilités soient l’occasion d’une véritable discussion politique. Profitons-en pour innover ! »
Si les métropoles n’en sont effectivement pas encore là, elles accueillent avec bienveillance ces nouveaux usages. « Tout ce qui peut éviter de prendre la voiture, c’est très bien, estime Pierre Hémon. J’ai déjà repéré des endroits où un système de location de trottinettes électriques, mais plutôt avec des bornes, serait à sa place dans la métropole lyonnaise, pour combler les derniers mètres entre les transports publics et les lieux de travail. »
Quant à l’entreprise Lime, qui propose les trottinettes en libre-service dans la capitale, elle signera, mercredi 27 juin, ainsi que tous les acteurs des deux-roues, une charte de bonne conduite avec la Ville de Paris.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Plusieurs associations, ONG et syndicats dénoncent, dans une tribune au « Monde », le fonctionnement du Conseil constitutionnel et plaident pour l’inscription de l’intérêt général dans la Constitution.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Projet de loi constitutionnelle : « Une réforme est devant nous : saisissons-la »

Plusieurs associations, ONG et syndicats dénoncent, dans une tribune au « Monde », le fonctionnement du Conseil constitutionnel et plaident pour l’inscription de l’intérêt général dans la Constitution.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 14h55
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 15h26
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Le projet de loi constitutionnelle a été présenté en mai par le gouvernement et fait actuellement l’objet d’un examen en commissions à l’Assemblée nationale. Un tel projet de réforme dit la vision d’un président de la République sur les grands défis économiques, sociaux et environnementaux de son temps. C’est aussi l’occasion de mener une réflexion approfondie sur la répartition du pouvoir et son exercice au sein de notre société.
Nos associations, ONG et syndicats agissent pour inscrire dans la loi des réformes qui font progresser la protection des droits humains, de l’environnement et la justice sociale. Nous croyons profondément que c’est à la puissance publique de faire avancer ces droits et d’être garante de l’intérêt général qui est au cœur de nos combats.
Or ces dernières années, de nombreuses réformes défendues par des parlementaires persévérants, soutenues par nos organisations, et souvent par une majorité de citoyens, ont été censurées par le Conseil constitutionnel au nom d’une conception de plus en plus large des droits et libertés des entreprises.
Que ce soit la lutte contre l’évasion fiscale, l’accaparement des terres, la lutte contre le changement climatique ou encore les licenciements boursiers, autant de mesures et de lois pionnières qui n’ont pu voir le jour car les membres du Conseil constitutionnel ont décidé de leur opposer les motifs de liberté d’entreprendre, de droit de propriété, de proportionnalité des peines, d’intelligibilité de la loi, de vie privée ou encore d’égalité devant l’impôt.
Evasion fiscale
La lutte contre l’évasion fiscale est particulièrement symptomatique de ce problème. Depuis 2013, pas moins de seize mesures adoptées au Parlement ont été censurées par le Conseil constitutionnel pour des motifs divers.
Un des derniers exemples en date : la censure du reporting pays par pays public dans la loi Sapin 2, une mesure de transparence fiscale qui aurait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Douze laboratoires du CNRS et de l’université de Montpellier inaugurent mardi 26 juin un appartement connecté pour y étudier à la rentrée les comportements d’étudiants volontaires. La vie privée est au cœur de l’expérience.
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A Montpellier, des étudiants cobayes pour tester les limites de l’habitat connecté

Douze laboratoires du CNRS et de l’université de Montpellier inaugurent mardi 26 juin un appartement connecté pour y étudier à la rentrée les comportements d’étudiants volontaires. La vie privée est au cœur de l’expérience.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 13h53
    |

            Claire Legros








                        



   


Une entrée, une grande pièce à vivre équipée d’une cuisine, quatre chambres, des toilettes, une salle de bains… A première vue, rien ne distingue ce F5 situé au premier étage d’une résidence flambant neuf d’un quartier populaire de Montpellier.
Pourtant, sous le plancher flottant, des capteurs – seize au mètre carré – sont déjà en place pour déceler la présence et enregistrer les déplacements des personnes d’une pièce à l’autre. Bientôt un dispositif mémorisera l’ouverture et la fermeture des placards, ainsi que les mouvements des résidents. Dans quelques mois, un système de capteurs et de caméras devrait alerter les occupants quand un produit viendra à manquer dans les placards de la cuisine.
Bienvenue dans le logement du XXIe siècle. A la prochaine rentrée universitaire, deux étudiants volontaires seront sélectionnés pour habiter gratuitement cette colocation tout confort. En échange, ils devront accepter que leurs faits et gestes deviennent un objet d’étude. Chaque jour, ils auront à répondre à un questionnaire inspiré de celui que la NASA utilise lors des missions au long cours, afin d’évaluer leurs ressentis. Au bout du couloir, dans une pièce attenante à l’appartement, seront installés des serveurs pour y stocker leurs données personnelles, transmises ensuite, de l’autre côté de la ville, aux ordinateurs des laboratoires de la Maison des sciences de l’homme.
« Replacer l’humain au centre »
Il ne s’agit pas d’un nouvel épisode, version 2.0, de « Loft Story », l’émission de télé-réalité des années 2000, mais bien d’une expérience scientifique, pilotée par des chercheurs du CNRS de Montpellier. Ils inaugurent mardi 26 juin le dispositif HUman home projecT (HUT), un observatoire du logement connecté pour évaluer au jour le jour les comportements d’étudiants cobayes et leurs usages de la connexion, en partenariat avec des entreprises et la métropole de Montpellier.

   


En quelques années, l’habitat connecté a connu une transformation radicale. Oubliée la domotique à la Jacques Tati, l’heure est aux assistants personnels vocaux qui centralisent le pilotage d’équipements de plus en plus sophistiqués : ouverture et fermeture de volets roulants selon l’ensoleillement, gestion des températures et de l’aération en fonction de la présence des occupants, de la pollution, de la météo… Pour Malo Depincé, juriste et directeur adjoint du laboratoire Dynamiques du droit à Montpellier, l’un des pilotes du projet, « dès que l’on centralise, des choix sont posés. Faut-il aérer pour diminuer la pollution intérieure ou ne pas aérer pour limiter la pollution extérieure ? Qui fixe les règles ? Il y a là un champ de réflexion immense dont il faut se saisir, sinon ce sont des tiers qui le feront ». 
Parmi les douze laboratoires impliqués dans l’expérience, on trouve à la fois des ingénieurs en électronique et des architectes, des spécialistes du mouvement, mais aussi des juristes, des linguistes ou des psychologues… Un dialogue interdisciplinaire « essentiel sur les questions numériques si l’on veut replacer l’humain au centre de la réflexion », estime Alain Foucaran, directeur de l’IES (Institut d’électronique et des systèmes) à Montpellier.
Intrusion dans la vie privée
« Avec cette expérience, on quitte enfin le terrain des conjectures et des convictions pour celui de la recherche dépassionnée et objective, constate de son côté Déborah Nourrit, chercheuse en psychologie expérimentale au CNRS qui s’intéresse particulièrement au rapport au temps. On a tous des impressions, des ressentis sur les effets de l’accélération qui accompagne l’usage des objets connectés. Ce temps gagné, à quoi est-il utilisé ? Est-ce pour décélérer ? Les uns y voient un progrès, d’autres s’interrogent sur ses conséquences. On va enfin pouvoir étudier ses effets sur des individus en situation de vie normale. »
Le principal enjeu du projet reste l’étude des usages et du seuil de tolérance à l’intrusion dans la vie privée. « On a fabriqué une chimère pour s’interroger sur ce qui est techniquement possible et éthiquement envisageable, explique Malo Depincé. L’idée est d’aller le plus loin possible vers l’hyperconnexion pour évaluer ce qui est toléré, à quel moment cela devient trop intrusif. Pour certains, le smartphone est jugé plus acceptable que des capteurs dans un appartement, pour d’autres c’est l’inverse. »

   


L’expérience va faire l’objet d’une demande d’autorisation auprès de la CNIL (Commission nationale informatique et libertés) et est encadrée par un comité d’éthique. Pour Jean-Gabriel Ganascia, l’un de ses membres, qui préside aussi le Comets (comité d’éthique du CNRS), « une telle expérience est précieuse car c’est la première fois qu’elle est conduite au long cours dans des conditions de vie normale. Or l’étude des usages permet de mettre en évidence des risques éthiques que l’on n’avait pas envisagés. Notre réflexion porte à la fois sur les risques et les limites de ces dispositifs en général, et aussi sur la protection des êtres humains qui vont participer à l’étude ». 
Un « bouton d’arrêt d’urgence »
Une première réunion a conduit à la mise en place d’un « bouton d’arrêt d’urgence » selon l’équipe, si l’un des résidents souhaite faire une pause et déconnecter. Son usage représente aussi « une information précieuse », souligne Deborah Nourrit. « Ce qui nous intéresse, c’est le seuil de rupture, le moment où la personne dira “stop” », ajoute Malo Depincé.
Outre un bail de location classique, les étudiants devront signer un « diagnostic de données » leur détaillant l’usage qui sera fait de leurs informations personnelles. Une façon d’« afficher noir sur blanc et en gros caractères ce que les promoteurs des maisons connectées oublient de préciser aujourd’hui », assure Malo Depincé. Ces données personnelles ne seront pas transmises à des tiers ni utilisées hors du protocole.
L’expérience est prévue pour durer au moins trois ans, mais les étudiants resteront libres de résilier le bail à tout moment. Pour l’heure, l’appartement est encore vide. La sélection des colocataires ne démarrera qu’à la rentrée. Seuls impératifs : les candidats devront être technophiles et peu sensibles à l’anxiété. Un premier questionnaire distribué en début d’année universitaire dans les facultés de Montpellier, toutes disciplines confondues, a reçu un accueil favorable : 64 % des étudiants consultés se sont déclarés intéressés par l’expérience.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Le groupe va inaugurer le 5 juillet, à Rousset, une unité pour traiter des équipements solaires. Ce marché est appelé à un fort développement dans les décennies à venir.
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Veolia se lance dans le recyclage des panneaux photovoltaïques

Le groupe va inaugurer le 5 juillet, à Rousset, une unité pour traiter des équipements solaires. Ce marché est appelé à un fort développement dans les décennies à venir.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 12h54
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



   


Ce n’est qu’un atelier avec une poignée d’ouvriers s’affairant aux derniers réglages avant son inauguration, le 5 juillet, au sein du site de Rousset (Bouches-du-Rhône). Des membres du gouvernement ont été invités, y compris le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot. Mais pour Veolia, cette ligne consacrée au recyclage des panneaux photovoltaïques est la promesse d’une activité appelée à un fort développement dans les prochaines décennies, à mesure que les fermes solaires devront changer des équipements arrivés en fin de vie.
Ce nouveau « business » est développé par Triade Electronique, la filiale de recyclage et de valorisation des équipements électriques et électroniques (D3E) de Veolia lancée en 2006 lors de l’entrée en vigueur de la directive européenne de 2002 obligeant les fabriquants à recycler ce type de produits.
En 2017, la filiale de Veolia a passé un contrat de quatre ans avec PV Cycle, l’éco-organisme à but non lucratif créé par l’industrie photovoltaïque pour collecter et recycler les panneaux de tous types (silicium, couches minces...). Objectif de ce partenariat : traiter ces équipements selon un procédé différent des modes actuels (thermique et chimique).
Une montée en puissance progressive
« C’est une technologie unique, développée durant trois ans par une entreprise européenne » , explique Gilles Carsuzaa, directeur général France de Triade, qui se refuse à donner le nom de la société dépositaire du brevet. Elle permet de retirer le cadre en aluminium avant de cisailler, broyer et cribler leurs différents éléments.
La chaine sépare plusieurs composants, envoyés à des filières spécifiques : le verre transféré chez Saint-Gobain pour en refabriquer ou finir comme abrasif ; l’aluminium, le cuivre et les résidus d’argent de la connectique recyclés par divers professionnels des métaux ; le silicium réutilisé, le plastique, jusqu’à présent envoyé en cimenterie pour y être brûlé.
La première année, 1 000 tonnes devraient être ainsi traitées. C’est une infime quantité rapportée au volume des panneaux mis en service en France (190 000 tonnes en 2016-2017) et plus encore au niveau mondial. Le tonnage traité par le site du Rousset devrait progresser de 30 % à 40 % par an pour atteindre un total de 8 000 tonnes, selon M. Carsuzaa. Un approvisionnement provenant d’un grand quart sud-est de la France, où furent installés les premiers panneaux dans les années 1990.

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                Veolia va devoir réduire un peu plus ses coûts



La durée de vie des panneaux installés étant de l’ordre de vingt-cinq ans, la montée en puissance de l’activité sera progressive. « Mais ce marché est vraiment à très fort potentiel et le taux de valorisation des matières atteindra 95 % », poursuit le patron de Triade Electronique. L’investissement de départ est modeste pour le géant Veolia : 1 million d’euros et une aide de la région de 100 000 euros dans le cadre de son appel à projets d’économie circulaire qui travaille en outre à l’insertion de travailleurs éloignés de l’emploi.
Une activité qui se veut « verte »
L’investissement devrait être rentabilisé sur quatre ans et permettre à Veolia de « capitaliser sur ce premier retour d’expérience », avant de dupliquer le process industriel dans ses filiales étrangères. La Chine, le Japon et les Etats-Unis ont des parcs géants. Le Moyen-Orient s’équipe aussi rapidement, comme l’Europe. Il faudra traiter des dizaines de millions de tonnes à l’horizon 2050, et au moins 60 000 tonnes en France.
Le taux de recyclage des panneaux est particulièrement important pour l’image de cette activité qui se veut « verte ». Il faut quatre ans pour que l’énergie nécessaire à leur fabrication soit récupérée par la production d’électricité du panneau lui-même; et autant pour que son bilan carbone soit neutre. Avec une durée de vie au moins cinq fois supérieure, le bilan du « PV » reste largement positif.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Aux Etats-Unis, l’utilisation par des polices locales de cette technologie de reconnaissance faciale inquiète les associations de défense des libertés. Mais aussi les employés d’Amazon.
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Reconnaissance faciale : fin du contrat polémique entre Amazon et la police d’Orlando

Aux Etats-Unis, l’utilisation par des polices locales de cette technologie de reconnaissance faciale inquiète les associations de défense des libertés. Mais aussi les employés d’Amazon.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 12h04
   





                        



   


Après plusieurs semaines de critiques, la police d’Orlando (Floride) a annoncé lundi 25 juin que le programme pilote de reconnaissance faciale qu’elle menait depuis 2017 avec la technologie Rekognition d’Amazon avait pris fin la semaine précédente.
La polémique avait commencé en mai, quand l’American Civil Liberties Union (ACLU – « Union américaine pour les libertés civiles »), puissante ONG américaine de défense des libertés civiles, avait publié une série de documents, notamment des correspondances entre Amazon et plusieurs polices locales états-uniennes, sur la façon dont ces dernières utilisaient Rekognition.
Amazon explique que ce programme est en mesure d’aider les enquêteurs en reconnaissant par exemple les suspects dans des photos ou des vidéos. Mais les détracteurs de cette technologie craignent ses dérives. Elle pourrait, selon eux, être utilisée pour la surveillance de masse ou pour identifier des manifestants. Ils redoutent aussi des erreurs – des études ont montré que ces programmes étaient plus susceptibles de se tromper pour identifier les visages de personnes non blanches.
En mai, une trentaine d’associations s’étaient jointes à l’ACLU pour demander à Jeff Bezos, le patron d’Amazon, de cesser de fournir cette technologie aux autorités. En réaction à cette lettre, Amazon s’était défendu dans un communiqué cité par The Verge : « Amazon Rekognition a de nombreuses applications utiles dans le monde réel. Notre qualité de vie serait bien pire aujourd’hui si nous interdisions une nouvelle technologie parce que certaines personnes pourraient choisir d’en abuser. »
« Nous voulons avoir notre mot à dire sur ce que nous fabriquons »
Des employés d’Amazon se sont également mobilisés en juin, demandant à M. Bezos de ne plus vendre Rekognition à la police, mais aussi de ne plus travailler avec la police de l’immigration (Immigration and Customs Enforcement, ICE) et Palantir, une entreprise spécialisée dans les technologies de surveillance. « En tant qu’amazoniens soucieux d’éthique, nous voulons avoir notre mot à dire sur ce que nous fabriquons, et sur la façon dont cela est utilisé », peut-on lire dans la lettre qu’ils lui ont envoyée.
« Nous avons appris du passé, et nous savons comment les systèmes d’IBM ont été utilisés dans les années 1940 pour aider Hitler. IBM n’a pas pris ses responsabilités à l’époque, et le temps qu’on comprenne leur rôle dans tout cela, c’était trop tard. Nous ne laisserons pas ça arriver à nouveau. C’est maintenant qu’il faut agir. »
Lundi, l’ACLU de Floride avait à nouveau fait pression sur les autorités, dans une lettre adressée au maire d’Orlando, lui reprochant notamment d’avoir déployé cette technologie « sans débat public ».
A Orlando, Rekognition pourrait revenir
La police d’Orlando s’était déjà défendue, après les révélations de l’ACLU, assurant que Rekognition ne serait « jamais utilisée pour pister des citoyens quelconques, des migrants, des militants ou des personnes de couleur ». Dans une conférence de presse, elle avait alors juré que le programme pilote se limitait pour l’instant « à voir simplement si cela fonctionne » et que seuls les officiers de police volontaires avaient servi de cobayes pour être identifiés.
Bien que le programme pilote soit terminé, la police d’Orlando ne ferme pas la porte au retour de cette technologie, expliquant dans un communiqué commun avec la mairie que la réflexion continuait.
« La ville d’Orlando est constamment à la recherche de nouvelles solutions pour assurer la sécurité de nos résidents et nos visiteurs. Mener des partenariats avec des entreprises innovantes pour tester leurs dernières technologies – tout en nous assurant du respect des lois sur la vie privée – est crucial. »
D’autres départements de police, aux Etats-Unis, continuent de travailler avec cette technologie, comme dans l’Oregon. Certains, en Arizona ou en Californie, auraient aussi signifié leur intérêt, selon les documents de l’ACLU.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Editorial. Le bilan de M. Gattaz à la tête de l’organisation patronale , qui va élire son nouveau patron le 3 juillet, est très loin d’être positif.
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Pierre Gattaz a réduit le Medef à un rôle de lobby ringard

Editorial. Le bilan de M. Gattaz à la tête de l’organisation patronale , qui va élire son nouveau patron le 3 juillet, est très loin d’être positif.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 13h52
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Mardi 3 juillet, le patronat français – à savoir le Medef, qui a pris la suite, en 1998, du CNPF – élira son dixième président depuis 1945. Geoffroy Roux de Bézieux ou Alexandre Saubot succédera à Pierre Gattaz pour un mandat de cinq ans. Au moment de quitter ses fonctions, celui dont le père, Yvon, présida le CNPF de 1981 à 1986, lui aussi en début de mandat face à un président socialiste, a livré un entretien testament au Figaro, lundi 25 juin.

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Comme on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, il s’autoglorifie. « Très fier du travail accompli » entre 2013 et 2018, il se distribue les bons points. « Nous avons gagné le combat des idées », affirme-t-il en se félicitant d’avoir « réhabilité l’entreprise et l’entrepreneuriat ». Il met au crédit de François Hollande d’avoir obtenu le CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) et le pacte de responsabilité, assurant qu’il est « en passe de gagner » son pari de créer, en contrepartie, un million d’emplois sur cinq ans. Et il se réjouit d’avoir mis à terre, grâce à Emmanuel Macron, l’impôt sur la fortune (ISF).
Le bilan de M. Gattaz est pourtant très loin d’être positif. Le principal échec de ce patron pour lequel les chefs d’entreprise sont « des héros de la nation », et dont l’ambition était de « mettre l’entreprise au cœur de la politique », est de n’avoir pas changé l’image du Medef. Sous son règne, le patronat n’a jamais cessé de tendre la sébile, accusant l’Etat de dépenser toujours trop, en attendant de lui toujours plus de baisse des charges et d’allégement des contraintes.
Geignard et vindicatif
Mal aimé dans l’opinion, le Medef est apparu geignard et vindicatif. M. Gattaz, qui se plaignait d’œuvrer dans un pays où « tout est politisé », et où agissait dans l’ombre… un « trotskisme masqué », n’a jamais reconnu la responsabilité citoyenne – sociétale et environnementale – des entrepreneurs. Se livrant à un combat d’arrière-garde lors du récent débat sur « l’objet social » de l’entreprise, il a poussé à son paroxysme l’égocentrisme d’un patronat réduit à un rôle de lobby ringard.

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                Les mirages de Pierre Gattaz sur l’opération « Un million d’emplois »



M. Gattaz rangeait parmi les « fléaux » français « la persistance d’une lutte des classes larvée ». Mais, en voyant dans les négociations interprofessionnelles une « comedia dell’arte », en refusant d’être « englué » dans le dialogue social, en traitant les syndicats plus en adversaires qu’en partenaires, il a réactivé cette lutte des classes.
Jean-Claude Mailly, l’ancien secrétaire général de FO, voyait en M. Gattaz « le président du Medef le plus rétrograde et le plus réactionnaire qui soit ». Et, dans son livre Les Leçons du pouvoir (Stock), François Hollande relève « des comportements similaires au Medef et à la CGT » : « Cette incapacité à reconnaître un progrès même quand il est réel et cette facilité à ne l’imaginer qu’au détriment de l’autre, comme s’il n’y avait pas de gain sans perte, comme si le jeu était forcément à somme nulle. » Le « patron des patrons » a ainsi nourri la défiance de l’actuel chef de l’Etat vis-à-vis des corps intermédiaires.

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                Quand le Medef hésite entre deux âges



Le bilan de M. Gattaz est d’autant plus étriqué qu’il a raté sa sortie. En refusant de démissionner six mois avant la fin de son mandat pour laisser la place à Jean-Dominique Sénard, le PDG de Michelin, bloqué par les statuts à cause de son âge, il a fermé la porte à une modernisation du Medef. Quel qu’il soit, son successeur devra réinventer le patronat du XXIe siècle. Du sol au plafond.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ L’opérateur télécoms a ravi l’essentiel des droits 2019-2022 de la Ligue de football espagnole à son rival Mediapro. Au total, la Liga va empocher 3,42 milliards d’euros.
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Football : Telefonica paie trois milliards d’euros pour l’essentiel des droits de la Liga

L’opérateur télécoms a ravi l’essentiel des droits 2019-2022 de la Ligue de football espagnole à son rival Mediapro. Au total, la Liga va empocher 3,42 milliards d’euros.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 11h33
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 11h41
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            

Telefonica a ravi l’essentiel des droits du foot à son grand rival, Mediapro. Pour 3 milliards d’euros, le géant des télécommunications espagnol a remporté, lundi 25 juin, les droits d’exploitation audiovisuelle du « partidazo », le grand match de chaque journée du championnat d’Espagne, et de huit autres matchs pour la télévision payante, ainsi que les six matchs de la phase de montée en première division (play-off), et les résumés de toutes les parties de première et seconde divisions pour les trois saisons de 2019 à 2022.

Mediapro – qui vient de remporter les droits de la Ligue 1 en France pour près de 800 millions d’euros – devra se contenter de la diffusion des résumés, ainsi que celle des matchs dans des établissements publics (bars, restaurants, etc.), obtenue, en exclusivité, pour près de 450 millions d’euros. Le groupe conserve en outre la commercialisation des droits audiovisuels internationaux durant les cinq prochaines saisons, jusqu’en 2024, pour 4,5 milliards d’euros. « Avec les bars et les droits internationaux, nous sommes satisfaits, assurent des sources de Mediapro. Nous ne proposons que ce qui nous semble rentable. Cette fois, Telefonica, contrairement à ce qu’elle annonçait, a estimé les lots plus rentables que nous. »
Nouveau record pour les équipes espagnoles
Telefonica s’est félicitée d’être « celle qui décide, dessine et développe les contenus », sans recourir à un intermédiaire. Ces dernières saisons, elle devait passer par Mediapro, qui disposait des droits de huit des dix matchs de chaque journée de championnat, pour diffuser le football sur sa plate-forme de TV payante – la principale d’Espagne –, Movistar TV. Telefonica se trouve à présent en position de force pour négocier avec Mediapro la diffusion de la Champions League en Espagne, que le groupe de Jaume Roures a achetée pour 1,1 milliard d’euros et peine à commercialiser.

Des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Ethiopiens, Somaliens, Congolais, Burundais et Sud-Soudanais ont été accueillis au Kenya. Du petit artisan au grossiste fortuné, cet endroit isolé est devenu une place économique vivante. Et ce malgré de nombreux obstacles.
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Kenya : Kakuma, le camp de réfugiés aux 2 100 entreprises

Ethiopiens, Somaliens, Congolais, Burundais et Sud-Soudanais ont été accueillis au Kenya. Du petit artisan au grossiste fortuné, cet endroit isolé est devenu une place économique vivante. Et ce malgré de nombreux obstacles.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 11h26
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 11h29
    |

                            Marion Douet (camp de Kakuma, Kenya, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Lorsqu’elle étudiait « la coupe et la couture » à l’université de Goma, en République démocratique du Congo, Esperance Tabisha ne pensait pas une seconde qu’elle exercerait sa passion dans un camp de réfugiés. Voilà pourtant huit ans que la jeune Congolaise travaille à Kakuma, aux confins du Kenya, de l’Ouganda et du Soudan du Sud. Fuyant le conflit qui ravage sa région du Nord-Kivu, elle arrive seule, en 2010, dans ce camp de réfugiés. Une « maman congolaise » la prend rapidement sous son aile. « Dès la première semaine, elle a emprunté une machine à coudre et j’ai commencé à travailler », raconte la couturière de 28 ans, assise à l’ombre de l’auvent qui est à la fois son atelier et l’entrée de sa maison. A droite, une machine à coudre noire (sa troisième) fonctionnant au pied ; à gauche, un large rectangle de bois monté sur tréteaux qui tient lieu de comptoir, de table de dessin et de planche à repasser.
Ici, Esperance Tabisha confectionne pour une clientèle de réfugiés, d’humanitaires et de Kényans habitant la ville attenante – également appelée Kakuma – des chemisiers, robes et jupes sur mesure. Autant de créations consciencieusement postées sur Facebook et Instagram, sur le compte Esperanza Fashion and Designs. Les affaires tournent bien, raconte-t-elle, suffisamment en tout cas pour offrir à ses deux enfants, nés dans le camp, une « alimentation diversifiée » et « une bonne éducation ». « Les bons mois, je gagne environ 12 000 shillings [100 euros]. Cela n’augmente pas trop car je n’ai pas le temps de faire plus. Mais j’ai maintenant des gens qui m’appellent et que je ne connais même pas ! Je réfléchis à faire travailler quelqu’un », dit-elle, ses mains aux ongles peints de vert tranquillement posées sur ses genoux.
Kakuma est l’un des plus grands camps de réfugiés du monde, une succession d’allées, de tentes et d’abris de boue séchée. C’est aussi une place économique vivante, avec ses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ De l’Europe à l’Asie, entreprises, politiques et investisseurs craignent que les tensions entre les Etats-Unis et le reste du monde brisent la croissance.
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Les tensions commerciales menacent l’économie mondiale

De l’Europe à l’Asie, entreprises, politiques et investisseurs craignent que les tensions entre les Etats-Unis et le reste du monde brisent la croissance.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 11h49
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Jeu de bluff, poker menteur, voire simples rodomontades… Longtemps, les menaces du président américain Donald Trump n’ont été prises au sérieux qu’à moitié. Cette époque est révolue. Des investisseurs aux analystes en passant par les entreprises et les responsables politiques, ils sont toujours plus nombreux à s’inquiéter de tensions en passe de dégénérer en véritable guerre commerciale. Au risque d’affecter sérieusement la dynamique économique mondiale.

« La Chine et l’Union européenne s’opposent à l’unilatéralisme et au protectionnisme, et pensent que cela pourrait amener récession et turbulences dans l’économie mondiale », a déclaré Liu He, principal conseiller économique du président chinois, Xi Jinping, lors d’une réunion, lundi 25 juin, avec le vice-président de la Commission européenne Jyrki Katainen. Rien d’étonnant à cette mise au point : selon des informations de presse, les Etats-Unis seraient sur le point de dévoiler un plan visant à bloquer les investissements chinois dans le secteur technologique américain.

De quoi crisper la relation déjà très tendue entre Washington et Pékin. Et pousser l’homme de confiance de M. Xi à volontairement dramatiser la situation. Mais si l’activité planétaire demeure robuste, de premiers signaux d’alerte commencent à s’allumer. Ces derniers mois, en Europe, la production industrielle a ralenti. Le premier trimestre a surpris par sa mollesse sur fond d’érosion de la confiance.
Baisse du moral des entrepreneurs allemands
Du Vieux Continent jusqu’en Asie, les enquêtes font état d’une dégradation du climat des affaires depuis le mois de février. En Allemagne, dont le gigantesque excédent commercial alimente les critiques de la Maison Blanche, le baromètre IFO publié lundi signale une nouvelle baisse du moral des entrepreneurs en juin. Les marchés financiers se mettent aussi à prendre au sérieux le risque d’escalade : lundi, Wall Street comme les Bourses européennes et asiatiques...




                        

                        


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Commerce : face aux Etats-Unis, la Chine peaufine sa contre-attaque

Devant les menaces de hausse des droits de douane américains, Pékin promet des représailles mais cherche à ménager les entreprises étrangères.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 11h19
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 11h21
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



                                


                            

La Chine va devoir jouer serré. Face aux menaces de sanctions américaines sur des montants toujours plus élevés, les autorités chinoises ne peuvent pas paraître faibles devant leur opinion publique. Elles doivent contre-attaquer. Mais elles veulent aussi apparaître au monde comme la partie qui respecte les règles face aux agressions de l’administration Trump. Une situation compliquée par le ralentissement de l’économie chinoise et par la fébrilité des investisseurs ; la Bourse de Shanghaï a reculé de 10 % depuis un mois.
Pékin s’en tenait pour l’instant à une règle : répondre aux sanctions américaines par des mesures similaires. Une approche définie fin mars par le ministère du commerce chinois : « La Chine ne veut pas d’une guerre commerciale. Mais la Chine n’a, en aucun cas, peur d’une telle guerre. » Une politique tenable quand les Etats-Unis s’en prennent à 50 milliards de dollars (42,8 milliards d’euros) de produits chinois importés. Mais la riposte est impossible si les mesures ciblent 200 milliards de dollars de produits, voire 450 milliards, comme a menacé de le faire le président Donald Trump, lundi 18 juin. Tout simplement parce que la Chine n’importe que 130 milliards de dollars de produits américains par an… contre 505 milliards d’importations chinoises aux Etats-Unis.

Rien ne dit que les Américains mettront en application leurs sanctions. En mai, un accord semblait même avoir été trouvé entre les deux premières puissances économiques, avant que les Etats-Unis, considérant qu’ils n’avaient pas obtenu assez, ne reviennent à la charge. Pour Donald Trump, il s’agit aussi d’apparaître comme un dur, avant les élections de mi-mandat en novembre, alors que l’affaire ZTE, dans laquelle il est intervenu pour sauver l’entreprise chinoise sanctionnée par les Etats-Unis, a nui à son image.
Rassurer les investisseurs étrangers
En tout cas, la Chine a été claire. « En Occident, vous avez l’idée que...




                        

                        


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Une entreprise à missions pour des diplômés en quête de sens

Les entreprises soucieuses de leur seule rentabilité sont regardées de travers par les jeunes générations préoccupées par les inégalités sociales et le réchauffement climatique. La réforme de l’objet social de l’entreprise répondra-t-elle à leurs attentes ?



Le Monde
 |    26.06.2018 à 11h14
    |

                            Adeline Farge








                        



                                


                            

Fini le profit à tout prix ? A la demande du ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, l’ex-responsable de la CFDT, Nicole Notat, et le patron de Michelin, Jean-Dominique Senard, ont établi, dans le cadre de la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises), un rapport qui redéfinit le rôle de l’entreprise.
Le texte intitulé « L’entreprise, objet d’intérêt collectif » et remis le 9 mars à Bercy préconise ni plus ni moins que de réécrire le code civil pour pousser les sociétés à intégrer des enjeux sociaux et environnementaux dans la définition de leur objet social. Quelques entreprises pionnières avaient déjà pris les devants en inscrivant cette nouvelle mission dans leurs statuts. Un atout pour recruter de jeunes talents soucieux d’avoir un impact sur la société.

Selon Blanche Segrestin, professeure à l’Ecole des mines-ParisTech, « jusqu’à présent, seul l’intérêt des actionnaires était protégé par le code civil. Or, la responsabilité des dirigeants n’est pas uniquement de maximiser leur profit. Cette exigence de rentabilité immédiate se répercute sur la capacité des entreprises d’investir sur le long terme et les fragilise ». Au-delà de leurs ambitions économiques, les conseils d’administration et de surveillance devront formuler la raison d’être de l’entreprise, soit le fil conducteur des activités, et préciser les sujets sur lesquels ils veulent s’investir.
Retrouver la confiance
Le rapport offre la possibilité aux plus vertueuses d’entre elles de devenir des entreprises à missions, comme il en fleurit déjà aux Etats-Unis, à condition d’inscrire cette raison d’être dans leurs statuts, de l’avoir fait voter par les deux tiers des actionnaires, de se doter d’un comité des parties prenantes (ONG, salariés, clients, fournisseurs…) et de faire attester par un tiers le respect des engagements.

« Modifier les statuts est plus contraignant que les politiques...




                        

                        


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La « raison d’être » pour l’entreprise peut attendre

La loi Pacte passe à côté des maigres innovations sociales et sociétales contenues dans le rapport Notat-Senard, estime l’économiste Thomas Coutrot dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    26.06.2018 à 11h12
    |

                            Thomas Coutrot (Économiste, cofondateur du collectif des Economistes atterrés)








                        



                                


                            

Tribune. Nicole Notat, l’ancienne patronne de la CFDT, et Jean-Dominique Senard, l’actuel patron de Michelin, ne sont pas des révolutionnaires. Dans leur rapport sur « L’entreprise, objet d’intérêt collectif », ils ne s’attaquent pas vraiment au criant déséquilibre des pouvoirs qui prévaut au sein des entreprises.
Ils se sont efforcés seulement d’inciter les dirigeants, par des dispositions essentiellement symboliques, à prendre en compte d’autres objectifs à côté du profit. Pourtant, contrairement à la communication gouvernementale, le projet de loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) révélé le 18 juin a largement dépouillé leurs propositions de leur modeste contenu.

Le rapport Notat-Senard suggérait une très modeste augmentation du nombre d’administrateurs salariés dans les grandes entreprises, pour qu’il approche les 20 % (contre 50 % dans les grandes entreprises allemandes). L’augmentation proposée par Pacte est encore en deçà. Mais le plus étonnant est la minutie avec laquelle, suite au lobbying intensif du Medef et de l’Association française des entreprises privées (l’AFEP, qui représente plus de cent dix grands groupes privés exerçant leurs activités en France), les trois propositions qui entrouvraient la porte à un possible pluralisme des objectifs de l’entreprise ont été défigurées ou censurées.
On sait que l’entreprise n’existe pas dans le droit français, qui ne connaît que la société constituée par les actionnaires. Nombre d’acteurs de ce débat préconisent la reconnaissance juridique de l’entreprise : reconnaître qu’elle est une aventure collective qui ne se réduit pas aux apporteurs de capitaux est une condition pour qu’un véritable partage du pouvoir puisse être envisagé.
Patatras
Le rapport Notat-Senard n’allait pas si loin. Il se contentait d’évoquer « l’intérêt propre de la société » : « la société doit être gérée dans son intérêt...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Le projet de restriction des investissements chinois aux Etats-Unis dans les technologies critiques pénaliserait les groupes américains, doublement dépendants de la Chine, explique Philippe Escande, éditorialiste économique du « Monde ».
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« La mère de toutes les batailles entre les Etats-Unis et la Chine s’engage sur la technologie »

Le projet de restriction des investissements chinois aux Etats-Unis dans les technologies critiques pénaliserait les groupes américains, doublement dépendants de la Chine, explique Philippe Escande, éditorialiste économique du « Monde ».



Le Monde
 |    26.06.2018 à 11h11
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Un poignard made in China transperce le cœur de l’Amérique. Le sang coule. C’est ainsi que commence le film de l’économiste américain Peter Navarro. Diffusé en 2012 sur Netflix, il est tiré de son livre Death by China (« La mort par la Chine »), (Pearson Prentice Hall, 2011). On y voit des flottes de bombardiers ornés de l’étoile rouge détruire méthodiquement l’industrie américaine grâce au travail des enfants et à la pollution généralisée. « Si vous voulez aider l’Amérique et protéger votre famille, n’achetez pas chinois », prévient Peter Navarro. En janvier 2017, cet analyste tout en nuance des effets du commerce international est devenu le responsable à la Maison Blanche de la politique commerciale des Etats-Unis.
La guerre est déclarée et les premières salves de taxes ont touché l’industrie, avec dans le rôle de la victime collatérale, l’Europe. Face à la mitraille adverse, Peter Navarro et ses troupes affirment, confiants, que la victoire est proche : « Les Chinois ont plus à perdre que nous. » C’est certain à court terme, si l’on compare les quelque 450 milliards de dollars (385 milliards d’euros) d’exportations chinoises vers les Etats-Unis face aux petits 130 milliards d’exportations américaines vers l’empire du Milieu.
Mais la vraie bagarre ne se joue pas sur la taxation d’avions Boeing ou de quintaux de soja. La mère de toutes les batailles sera sur la technologie, domaine sur lequel l’Amérique dispose encore d’une domination mondiale. Les Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft, Netflix ou Nvidia, dopés par leurs résultats exceptionnels, sont même devenus, en ce début d’année troublée, une forme de valeur refuge sur la Bourse américaine. Apple tutoie les 1 000 milliards de dollars de valorisation, et, avec ses compatriotes Amazon et Google, ils valent plus cher que le produit intérieur brut de la France.
Une partie délicate
Jusqu’à ce que le général Trump lance son missile. Un projet d’interdiction...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Le constructeur américain veut échapper aux tarifs douaniers instaurés par Bruxelles en représailles à ceux de Washington.
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Taxes européennes : Harley-Davidson délocalise sa production de motos hors des Etats-Unis

Le constructeur américain veut échapper aux tarifs douaniers instaurés par Bruxelles en représailles à ceux de Washington.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 14h24
   





                        



   


Victime de la guerre commerciale lancée par Donald Trump, le constructeur emblématique de motos américaines Harley-Davidson va délocaliser une partie de sa production pour échapper aux tarifs douaniers instaurés par Bruxelles en représailles à ceux de Washington. La marque de motos, née il y a cent dix-sept ans, a déploré que les taxes douanières européennes soient passées de 6 % à 31 % sur ses produits entrant sur le marché européen, ce qui renchérit le prix au détail de chaque véhicule de 2 200 dollars (soit 1 880 euros).
Depuis le 22 juin, Bruxelles a, en effet, frappé une série de produits typiquement américains de droits de douane de 25 %, des mesures de rétorsion à la suite des taxes infligées par l’administration Trump sur l’acier (25 %) et l’aluminium (10 %) européens. Ainsi, les célèbres motos, mais aussi les jeans, le bourbon ou encore le beurre de cacahuète, sont dans le collimateur de Bruxelles.
Mardi 26 juin, l’Union européenne a réagi à l’annonce du constructeur, estimant que Washington faisait face aux « conséquences » de ses décisions commerciales.
« Il était clair pour l’administration américaine que s’ils imposaient [à l’UE] des droits de douane sur l’aluminium et l’acier, nous les considérerions comme illégaux et non conformes aux règles de l’OMC, et qu’il y aurait des conséquences », a déclaré Cecilia Malmström, commissaire européenne au commerce. « Et, oui, bien sûr que les conséquences sont que les entreprises et les consommateurs américains – que nous ne voulons pas punir, mais c’est une conséquence malheureuse – vont réagir et mettre la pression sur l’administration américaine pour dire : “Hey, attendez une minute, ce n’est pas bon pour l’économie américaine.” Et c’est ce qui se passe », a-t-elle ajouté.
« Les taxes douanières sont stupides »
Certains de ces produits semblent être savamment ciblés par l’Union européenne car fabriqués dans des Etats politiquement proches de Donald Trump. C’est le cas de Harley-Davidson, dont le siège est à Milwaukee (Wisconsin), l’Etat de Paul Ryan, le chef des républicains à la Chambre des représentants.
« Voilà une nouvelle preuve des dommages causés par l’application unilatérale de taxes. La meilleure façon d’aider les travailleurs et manufacturiers américains est de leur ouvrir de nouveaux marchés, pas d’imposer de nouvelles barrières sur leurs propres marchés », a commenté M. Ryan.
Donald Trump a réagi dans un tweet se disant « étonné » que, « de toutes les compagnies américaines », Harley-Davidson soit la première à réagir de la sorte.
« Le problème n’est pas que Harley n’est pas patriote, c’est que les taxes douanières sont stupides », a rétorqué le sénateur républicain Ben Sasse, pour qui ces nouvelles mesures « ne fonctionnent pas ».
Harley-Davidson, qui ne veut pas répercuter l’augmentation des droits de douane sur ses clients au risque de faire plonger ses ventes européennes et de « menacer la viabilité des concessionnaires », a donc annoncé qu’il allait déplacer une partie de sa production. Les motos destinées à l’exportation seront désormais fabriquées dans ses usines internationales hors du territoire américain.
Le groupe, qui vend quelque 40 000 motos par an en Europe – son deuxième marché après les Etats-Unis –, n’a pas spécifié dans quelles usines il allait transférer sa production ni si cela allait entraîner des réductions d’emplois sur le sol américain. Harley-Davidson a des usines au Brésil, en Inde, en Australie et une en cours de construction en Thaïlande.
Les ventes s’érodent chaque année
La compagnie prévoit que le coût immédiat des tarifs ainsi que les investissements liés au transfert de production affecteront ses comptes à hauteur de 90 millions et 100 millions de dollars sur un an. Son titre a chuté de 5,97 % à la Bourse de New York lundi. Non seulement le constructeur est touché par les taxes sur ses motos, mais les droits qui frappent les échanges d’acier renchérissent aussi le coût de cette matière première, avait déjà prévenu en avril le directeur financier du groupe.
Si la marque de motos apparaît comme une victime collatérale de la confrontation commerciale lancée par Donald Trump, l’essoufflement de ses ventes n’est pas nouveau, entre le vieillissement de sa clientèle et la concurrence des véhicules japonais. Le groupe compte donc beaucoup sur ses exportations pour maintenir sa production à flot alors que ses ventes ont chuté de 6,7 % l’an dernier, dont 8,5 % pour les seuls Etats-Unis.
En 2017, Harley-Davidson a vendu 242 788 motos dans le monde, contre 260 289 l’année précédente, et ne prévoit d’en vendre que 231 000 à 236 000 cette année. La compagnie a d’ores et déjà annoncé au début de l’année la fermeture d’un site à Kansas City (Missouri) et une restructuration de son unité de York, en Pennsylvanie. Le nouveau transfert de sa production à l’étranger devrait prendre entre neuf et dix-huit mois.
Ironiquement, Harley-Davidson avait été l’un des premiers groupes manufacturiers à visiter la Maison Blanche en février 2017 pour illustrer la stratégie industrielle de « l’Amérique d’abord » du président Trump, tout juste élu. Le président avait salué « ce fleuron américain » et exprimé sa confiance dans le fait que la compagnie allait augmenter sa capacité industrielle sur le territoire américain.

        Lire aussi :
         

                Harley Davidson, icône défraîchie de Trump, visée par les Européens






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Le régulateur pourrait s’arroger le droit d’étudier une opération de fusion a posteriori, en fonction de « l’enjeu concurrentiel » qu’elle représente.
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L’Autorité de la concurrence réfléchit à mieux encadrer les opérations de concentration dans le numérique

Le régulateur pourrait s’arroger le droit d’étudier une opération de fusion a posteriori, en fonction de « l’enjeu concurrentiel » qu’elle représente.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 12h26
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


Comment mieux encadrer les concentrations à l’heure de la révolution numérique ? L’Autorité de la concurrence, qui a publié, lundi 25 juin, son rapport d’activité pour l’année 2017, a annoncé s’être emparée du sujet. « Nous creusons une nouvelle piste, qui serait d’introduire le contrôle ex post des concentrations, c’est-à-dire une intervention très ciblée, chirurgicale », a déclaré sa présidente, Isabelle de Silva. Autrement dit, l’Autorité s’arrogerait le droit d’étudier une opération de fusion a posteriori, en fonction de « l’enjeu concurrentiel » qu’elle représente.
Aujourd’hui, c’est le chiffre d’affaires qui déclenche les enquêtes de l’autorité de régulation. Problème, ce critère a du mal à embrasser les nouveaux cas de figure de l’économie numérique, où des start-up ayant un très fort impact sur le public mais générant peu de revenus sont reprises à prix d’or par des géants du numérique.
En 2014, le rachat de WhatsApp par Facebook pour 22 milliards de dollars (19 milliards d’euros), avait mis en émoi le monde du numérique. De fait, le réseau social de Mark Zuckerberg, qui comptait 1,4 milliard d’utilisateurs par mois fin 2014, mettait la main sur une application de messagerie utilisée par 450 millions de personnes par mois.

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Lancement d’une consultation
Pourtant, la Commission européenne et la Federal Trade Commission (FTC), le gendarme de la concurrence américaine, avaient donné leur blanc-seing à l’opération. Preuve que, quatre ans plus tard, ce mouvement de concentration dans les données laisse encore un goût amer, un groupe d’associations anti-Facebook a demandé, début juin, à la FTC de scinder Facebook, qui possède aussi le réseau social Instagram, en plusieurs morceaux.

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Reste pour l’Autorité de la concurrence française à savoir comment procéder. Le régulateur a d’abord songé à changer la loi pour introduire un critère fondé sur le montant des transactions, « comme l’ont fait les Allemands et les Autrichiens », a précisé Isabelle de Silva. En Allemagne, toute opération supérieure à 400 millions d’euros est notifiée au gendarme de la concurrence du pays. Mais les « sages » de la rue de l’Echelle, à Paris, ont rejeté cette option, qui agirait comme « un filet qui ramasse beaucoup de poissons ». Tous les poissons ne nous intéressent pas forcément », a déclaré la présidente, qui préfère une option offrant plus de souplesse. L’Autorité a lancé une consultation auprès des entreprises et d’autres régulateurs de la concurrence. Elle rendra un avis à l’automne.



                            


                        

                        


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Défiscalisation : la vie continue après le dispositif Censi-Bouvard

Pour ceux qui ont investi dans une résidence meublée en 2009, le moment du « débouclage » arrive. Plusieurs options s’offrent à eux.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 09h26
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 11h47
    |

                            Nathalie Coulaud








                        



   


Depuis 2009, acheter un logement dans une résidence étudiante, dans une résidence senior ou de tourisme permet de bénéficier d’un avantage fiscal. Pour les personnes ayant investi en 2009, le dispositif, connu sous le nom de Censi-Bouvard, arrive à sa fin puisque sa durée est de neuf ans.
En achetant dans une résidence meublée et en confiant la gestion de celle-ci à un professionnel chargé de l’exploitation, le propriétaire obtient une réduction fiscale de 11 % du montant de l’investissement plafonné à 300 000 euros. Ce taux était même de 18 % pour les investissements réalisés en 2011 et de 25 % pour ceux réalisés en 2009 et 2010 !

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En contrepartie, le logement doit être loué pendant neuf ans. Pour les premiers investisseurs, la sortie du dispositif est donc proche et il leur faut décider de la suite à donner à leur investissement. Environ 12 000 Censi-Bouvard arriveront sur le marché en 2019.
Il est tout d’abord possible de garder le bien : certes, le propriétaire ne bénéficiera plus de la réduction d’impôts, mais les revenus issus des loyers pourront être diminués par l’amortissement du bien, ce qui n’était pas possible lorsque le régime de défiscalisation était en cours.
Prendre son temps
En fonction de la durée d’amortissement choisie, une partie du prix d’achat du logement est ainsi soustraite chaque année aux revenus issus des loyers gommant ainsi la fiscalité.

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La possibilité de déduire l’amortissement est aussi possible en cas de réinvestissement dans une résidence du même type et « le bien étant déjà construit, il procure des loyers immédiatement, à la différence d’un bien acheté en VEFA [vente en l’état futur d’achèvement] et il est assorti d’un bail avec un exploitant qui vient d’être renouvelé », précise Alexandre Teitgen, directeur général de LB2S, entreprise spécialisée dans la revente de logements acquis en Censi-Bouvard.
Comme pour tout investissement immobilier, il est important de prendre son temps pour bien vérifier si la demande locative est bien présente, si la résidence est correctement entretenue et d’examiner le contenu du bail.

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Autre possibilité : vendre le logement. Dans ce cas, revendre sans moins-value n’est toujours pas facile avec ce type de bien. Tout dépend, bien sûr, de l’endroit où la résidence est située et si elle est bien gérée par l’exploitant.
Défiscalisation pour travaux
Si tout s’est bien passé, le gain issu de l’investissement en Censi-Bouvard n’est pas négligeable. Une simulation effectuée par LB2S montre que pour un achat de 174 656 euros dans une chambre d’Ehpad à Marseille réalisée en décembre 2009, le gain peut atteindre 66 325 euros sur neuf ans.
Enfin, il est aussi possible d’utiliser le capital pour réaliser un autre investissement locatif comme le Pinel qui a été recentré sur les territoires ayant le plus besoin de logements dont la durée a été prolongée jusqu’à 2021.

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Sachez que même si, depuis 2017, il n’était plus possible de bénéficier d’avantage fiscal en investissant dans les résidences de tourisme, la loi de finances pour 2018 permet une défiscalisation pour les travaux effectués dans ces résidences.
Les travaux d’économie d’énergie, ceux destinés à faciliter l’accueil des personnes handicapées ou encore les travaux de ravalement sont concernés. Le taux de réduction d’impôts est de 20 % des dépenses engagées dans la limite de 22 000 euros par logement.

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Les dépenses engagées au-delà de cette limite peuvent ensuite entrer dans l’amortissement. Pour bénéficier de la réduction d’impôt, le propriétaire doit louer le logement pendant au moins cinq ans après les travaux. Les investisseurs en résidence de tourisme qui arrivent en fin de dispositif peuvent ainsi continuer à bénéficier d’un avantage fiscal, tout en valorisant leur bien.



                            


                        

                        

