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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Pour le président de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), Mario Stasi, qui s’exprime dans une tribune au « Monde », la présence de la « race » dans le premier article de la Constitution de 1958 constitue un dangereux archaïsme.
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« Le mot “race” doit disparaître de notre Constitution »

Pour le président de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), Mario Stasi, qui s’exprime dans une tribune au « Monde », la présence de la « race » dans le premier article de la Constitution de 1958 constitue un dangereux archaïsme.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 16h27
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 16h34
    |

Mario Stasi (Président de la Ligue internationale contre  le racisme et l'antisémitisme)







                        



                                


                            

Tribune. Les mots inscrits dans notre Constitution ne sont pas des mots comme les autres. Leur présence dans ce texte leur confère une charge et une puissance symboliques plus forte que nulle part ailleurs. Ils engagent la nation sur ce qu’elle dit d’elle-même et dessinent l’horizon des valeurs qui la fondent.
Aujourd’hui, la présence du mot « race », qui figure toujours dans l’article premier de notre loi fondamentale, fait tache au faîte de notre législation et des principes qui précisément sont érigés pour le combattre. Il a été le fondement d’idéologies qui nous ont poussés au bord de l’abîme. Il a servi de justification au crime des crimes, le crime contre l’humanité. A ce titre, il doit disparaître de notre ordre juridique.
La présence de la « race » au sein de l’édifice du droit français n’est pas nouvelle. Depuis 1939, l’utilisation de ce mot a été invariablement et alternativement l’instrument de ceux qui voulaient combattre le racisme et de ceux qui voulaient l’établir. Le décret-loi Marchandeau, du 21 avril 1939 se proposait de réprimer la diffamation commise par voie de presse envers « un groupe de personnes appartenant par leur origine à une race ou à une religion déterminée dans le but d’exciter la haine entre les citoyens et les habitants ».
Sous Vichy, le mot « race » a quitté les colonnes infernales de la presse d’extrême droite pour entrer au Journal officiel et organiser la politique antisémite de l’Etat français. A l’inverse, en 1946, le préambule de la Constitution proclame « inaliénables et sacrés » les droits de « tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance ». La Constitution de 1958 réaffirme ce principe, en rappelant dans son article premier « l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race ou de religion ».
Le mot « race » ainsi inscrit dans notre loi suprême nous dit deux choses.
Une...



                        

                        


<article-nb="2018/06/26/19-2">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Christopher Hogg, professeur affilié à HEC, explique dans une tribune au « Monde » que le procès en sorcellerie fait aux mesures protectionnistes cache la nécessité d’une véritable réflexion sur le partage des bénéfices, incontestables, du libre-échange.
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Les mauvais arguments contre la « guerre commerciale »

Christopher Hogg, professeur affilié à HEC, explique dans une tribune au « Monde » que le procès en sorcellerie fait aux mesures protectionnistes cache la nécessité d’une véritable réflexion sur le partage des bénéfices, incontestables, du libre-échange.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 15h33
    |

Christopher Hogg (Professeur affilié à HEC Paris)







                        



                                


                            

Tribune. La majorité des économistes, les marchés financiers et la plupart des chefs d’entreprise s’accordent pour dire qu’une guerre commerciale à coup d’augmentations de barrières douanières est une menace pour la croissance mondiale. Ce consensus est tel que Trump est caricaturé en vieil homme irrationnel et incontrôlable.
D’autres font valoir que cette décision relève de motifs purement électoralistes. Cette opposition, entre rationalité économique et populisme démocratique, est récurrente à chaque fois que la question de la globalisation et du protectionnisme est en débat.
Il est facile de prouver que toute tentation de protectionnisme et d’entrave à la libre circulation des biens et des hommes est destructrice de valeur. Historiquement, il existe de très nombreux cas l’illustrant, sans parler de la crise des années 1930, où le protectionnisme contribua à transformer tragiquement une crise financière en crise économique, sociale et politique.
Théoriquement, c’est une évidence que faciliter les échanges est une condition nécessaire pour créer plus de valeur. Pour que deux parties décident d’échanger, il faut que les deux parties partagent un intérêt ; en d’autres termes, que l’échange crée de la valeur pour chacun. Supprimer une possibilité d’échange revient donc à détruire de la valeur, soit par disparition pure et simple de l’échange, soit en substituant celui-ci à un autre échange moins intéressant pour les parties.
Création de valeur et partage
Mais il faut aussi se poser la question du partage et de la captation de ladite valeur. Cette question concerne à la fois les acteurs de l’échange et la répartition sociale de cette valeur. Le gain pour le consommateur est connu ; il porte sur le prix, le choix et la qualité. Le protectionnisme, à l’inverse, limite le choix du client pour favoriser des fournisseurs nationaux ou alliés.
Le gain du vendeur est également simple ; il porte soit sur les coûts, soit...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Les logiciels dont nous disposons exigent, pour fonctionner, des volumes massifs de conversations, et donc de données personnelles, en particulier pour offrir des services personnalisés. Dans des pays totalitaires, cela représente des risques pour les citoyens, explique dans sa chronique l’informaticien Serge Abiteboul.
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Assistants vocaux : « Nous ne pouvons confier nos vies à des machines »

Les logiciels dont nous disposons exigent, pour fonctionner, des volumes massifs de conversations, et donc de données personnelles, en particulier pour offrir des services personnalisés. Dans des pays totalitaires, cela représente des risques pour les citoyens, explique dans sa chronique l’informaticien Serge Abiteboul.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 15h15
    |

Serge Abiteboul (Chercheur en informatique à l’Inria et à l’ENS, membre du collège de l’Autorité de régulation des communications électroniques et ...







                        



                                


                            

Transformations. Les assistants vocaux débarquent en France avec Google Home, Echo (Amazon) et HomePod (Apple). Aux Etats-Unis, ils auraient déjà conquis 20 % du marché des requêtes sur Internet. Orange et Deutsche Telekom annoncent un produit commun, Djingo, pour cette année.
Installés dans un coin de l’appartement, ces assistants répondent à vos questions, vous permettent de lancer de la musique, de faire vos courses, de vous informer des derniers résultats de la Coupe du monde de foot… Reste à inventer des utilisations plus essentielles, comme le combat contre la perte d’autonomie de personnes âgées.
Ces objets sont le fruit de progrès techniques considérables. Au siècle dernier, la recherche a commencé par résoudre la question de la synthèse de la parole à partir de textes écrits. Puis elle s’est attaquée à la reconnaissance de la parole, un sujet plus compliqué (il est plus facile de parler anglais que de comprendre un Ecossais ou un Irlandais…), car il s’agit de comprendre le sens du texte.
Marchés « bifaces »
Des progrès en apprentissage automatique, couplés à l’accroissement des puissances de calcul et à la disponibilité massive de données, ont permis des avancées importantes, appliquées dans les moteurs de recherche ou la traduction automatique. Mais le problème est complexe et le chemin encore long, ce qui explique les limites actuelles de ces assistants vocaux plutôt benêts, d’ailleurs copieusement moqués sur les réseaux sociaux.
Surtout, les logiciels dont nous disposons aujourd’hui exigent, pour fonctionner, des volumes massifs de conversations, et donc de données personnelles, en particulier pour offrir des services personnalisés. Dans des pays totalitaires, cela représente des risques considérables pour les citoyens. En Europe, où nous sommes mieux protégés avec des lois comme le règlement général sur la protection des données (RGPD), ils n’en sont pas moins des intrusions insupportables...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Plusieurs associations, ONG et syndicats dénoncent, dans une tribune au « Monde », le fonctionnement du Conseil constitutionnel et plaident pour l’inscription de l’intérêt général dans la Constitution.
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Projet de loi constitutionnelle : « Une réforme est devant nous : saisissons-la »

Plusieurs associations, ONG et syndicats dénoncent, dans une tribune au « Monde », le fonctionnement du Conseil constitutionnel et plaident pour l’inscription de l’intérêt général dans la Constitution.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 14h55
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 15h26
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Le projet de loi constitutionnelle a été présenté en mai par le gouvernement et fait actuellement l’objet d’un examen en commissions à l’Assemblée nationale. Un tel projet de réforme dit la vision d’un président de la République sur les grands défis économiques, sociaux et environnementaux de son temps. C’est aussi l’occasion de mener une réflexion approfondie sur la répartition du pouvoir et son exercice au sein de notre société.
Nos associations, ONG et syndicats agissent pour inscrire dans la loi des réformes qui font progresser la protection des droits humains, de l’environnement et la justice sociale. Nous croyons profondément que c’est à la puissance publique de faire avancer ces droits et d’être garante de l’intérêt général qui est au cœur de nos combats.
Or ces dernières années, de nombreuses réformes défendues par des parlementaires persévérants, soutenues par nos organisations, et souvent par une majorité de citoyens, ont été censurées par le Conseil constitutionnel au nom d’une conception de plus en plus large des droits et libertés des entreprises.
Que ce soit la lutte contre l’évasion fiscale, l’accaparement des terres, la lutte contre le changement climatique ou encore les licenciements boursiers, autant de mesures et de lois pionnières qui n’ont pu voir le jour car les membres du Conseil constitutionnel ont décidé de leur opposer les motifs de liberté d’entreprendre, de droit de propriété, de proportionnalité des peines, d’intelligibilité de la loi, de vie privée ou encore d’égalité devant l’impôt.
Evasion fiscale
La lutte contre l’évasion fiscale est particulièrement symptomatique de ce problème. Depuis 2013, pas moins de seize mesures adoptées au Parlement ont été censurées par le Conseil constitutionnel pour des motifs divers.
Un des derniers exemples en date : la censure du reporting pays par pays public dans la loi Sapin 2, une mesure de transparence fiscale qui aurait...




                        

                        


<article-nb="2018/06/26/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Le pianiste Florian Pellissier publie le quatrième album de son quintet, « Bijou Caillou Voyou », aux influences aussi riches que celles de l’artiste. Rencontre.
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<filnamedate="20180626"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180626"><AAMMJJHH="2018062619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Editorial. Le bilan de M. Gattaz à la tête de l’organisation patronale , qui va élire son nouveau patron le 3 juillet, est très loin d’être positif.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Pierre Gattaz a réduit le Medef à un rôle de lobby ringard

Editorial. Le bilan de M. Gattaz à la tête de l’organisation patronale , qui va élire son nouveau patron le 3 juillet, est très loin d’être positif.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 13h52
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Mardi 3 juillet, le patronat français – à savoir le Medef, qui a pris la suite, en 1998, du CNPF – élira son dixième président depuis 1945. Geoffroy Roux de Bézieux ou Alexandre Saubot succédera à Pierre Gattaz pour un mandat de cinq ans. Au moment de quitter ses fonctions, celui dont le père, Yvon, présida le CNPF de 1981 à 1986, lui aussi en début de mandat face à un président socialiste, a livré un entretien testament au Figaro, lundi 25 juin.

        Lire aussi :
         

                Au Medef, Geoffroy Roux de Bézieux prend une longueur d’avance



Comme on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, il s’autoglorifie. « Très fier du travail accompli » entre 2013 et 2018, il se distribue les bons points. « Nous avons gagné le combat des idées », affirme-t-il en se félicitant d’avoir « réhabilité l’entreprise et l’entrepreneuriat ». Il met au crédit de François Hollande d’avoir obtenu le CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) et le pacte de responsabilité, assurant qu’il est « en passe de gagner » son pari de créer, en contrepartie, un million d’emplois sur cinq ans. Et il se réjouit d’avoir mis à terre, grâce à Emmanuel Macron, l’impôt sur la fortune (ISF).
Le bilan de M. Gattaz est pourtant très loin d’être positif. Le principal échec de ce patron pour lequel les chefs d’entreprise sont « des héros de la nation », et dont l’ambition était de « mettre l’entreprise au cœur de la politique », est de n’avoir pas changé l’image du Medef. Sous son règne, le patronat n’a jamais cessé de tendre la sébile, accusant l’Etat de dépenser toujours trop, en attendant de lui toujours plus de baisse des charges et d’allégement des contraintes.
Geignard et vindicatif
Mal aimé dans l’opinion, le Medef est apparu geignard et vindicatif. M. Gattaz, qui se plaignait d’œuvrer dans un pays où « tout est politisé », et où agissait dans l’ombre… un « trotskisme masqué », n’a jamais reconnu la responsabilité citoyenne – sociétale et environnementale – des entrepreneurs. Se livrant à un combat d’arrière-garde lors du récent débat sur « l’objet social » de l’entreprise, il a poussé à son paroxysme l’égocentrisme d’un patronat réduit à un rôle de lobby ringard.

        Lire aussi :
         

                Les mirages de Pierre Gattaz sur l’opération « Un million d’emplois »



M. Gattaz rangeait parmi les « fléaux » français « la persistance d’une lutte des classes larvée ». Mais, en voyant dans les négociations interprofessionnelles une « comedia dell’arte », en refusant d’être « englué » dans le dialogue social, en traitant les syndicats plus en adversaires qu’en partenaires, il a réactivé cette lutte des classes.
Jean-Claude Mailly, l’ancien secrétaire général de FO, voyait en M. Gattaz « le président du Medef le plus rétrograde et le plus réactionnaire qui soit ». Et, dans son livre Les Leçons du pouvoir (Stock), François Hollande relève « des comportements similaires au Medef et à la CGT » : « Cette incapacité à reconnaître un progrès même quand il est réel et cette facilité à ne l’imaginer qu’au détriment de l’autre, comme s’il n’y avait pas de gain sans perte, comme si le jeu était forcément à somme nulle. » Le « patron des patrons » a ainsi nourri la défiance de l’actuel chef de l’Etat vis-à-vis des corps intermédiaires.

        Lire aussi :
         

                Quand le Medef hésite entre deux âges



Le bilan de M. Gattaz est d’autant plus étriqué qu’il a raté sa sortie. En refusant de démissionner six mois avant la fin de son mandat pour laisser la place à Jean-Dominique Sénard, le PDG de Michelin, bloqué par les statuts à cause de son âge, il a fermé la porte à une modernisation du Medef. Quel qu’il soit, son successeur devra réinventer le patronat du XXIe siècle. Du sol au plafond.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/26/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ La victoire électorale du président sortant, Recep Tayyip Erdogan, va confirmer le processus de re-radicalisation du régime déjà aux abois, estime le sociologue Hamit Bozarslan, dans une tribune au « Monde ».
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Hamit Bozarslan : « La Turquie d’Erdogan est un exemple radical des antidémocraties du XXIe siècle »

La victoire électorale du président sortant, Recep Tayyip Erdogan, va confirmer le processus de re-radicalisation du régime déjà aux abois, estime le sociologue Hamit Bozarslan, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    26.06.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 11h41
    |

                            Hamit Bozarslan (Historien et sociologue à l'Ecole des hautes études en sciences sociales)








                        



                                


                            
Tribune. Ainsi Recep Tayyip Erdogan va pouvoir former son gouvernement, contrôler l’Assemblée et nommer les juges et les procureurs ; bref exercer pleinement les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Plus qu’un nouveau tournant autoritaire, le régime que le reis turc instaure à la faveur des élections du dimanche 24 juin représente l’un des exemples les plus radicaux des antidémocraties du XXIe siècle.

L’erdoganisme part du principe que la nation turque, bras armé de l’islam, aurait reçu de l’histoire la mission de dominer le monde pour lui apporter justice et harmonie. Cette mission aurait cependant été entravée par l’inimitié de l’Occident, la trahison des ennemis de l’intérieur essaimés à travers la vaste « mère patrie de 18 millions de km2 », et l’aliénation des élites turques occidentalisées.
Le président le rappelle, la première guerre mondiale continue avec sa seule et unique finalité : détruire la Turquie. Faire face à cette menace exige la refondation de la nation dans son essence altérée.
Paramilitarisation de l’Etat
Au-delà de cet impératif de survie, il fixe aussi un objectif à échéance à ses sujets : 2071, le millénaire de la victoire turque sur Byzance, doit témoigner de la naissance d’une nouvelle ère de domination turque. Les « amis de 2071 » admettront « naturellement » la nécessité d’une fusion charnelle entre la nation et son chef : le reis doit puiser sa légitimité dans la nation pour incarner son passé et son futur, honorer ses « martyrs » dont le sang « a transformé la terre en patrie » et le « tissu en drapeau », et doter le pays d’une puissance digne de son rang.

Cet arrière-fond idéologique, réactivé et radicalisé à chaque défi que le régime d’Erdogan a dû relever en interne et à chaque défaite qu’il a subie en externe, explique largement la trajectoire de la Turquie des années 2010. Les élections...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ La loi Pacte passe à côté des maigres innovations sociales et sociétales contenues dans le rapport Notat-Senard, estime l’économiste Thomas Coutrot dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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La « raison d’être » pour l’entreprise peut attendre

La loi Pacte passe à côté des maigres innovations sociales et sociétales contenues dans le rapport Notat-Senard, estime l’économiste Thomas Coutrot dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    26.06.2018 à 11h12
    |

                            Thomas Coutrot (Économiste, cofondateur du collectif des Economistes atterrés)








                        



                                


                            

Tribune. Nicole Notat, l’ancienne patronne de la CFDT, et Jean-Dominique Senard, l’actuel patron de Michelin, ne sont pas des révolutionnaires. Dans leur rapport sur « L’entreprise, objet d’intérêt collectif », ils ne s’attaquent pas vraiment au criant déséquilibre des pouvoirs qui prévaut au sein des entreprises.
Ils se sont efforcés seulement d’inciter les dirigeants, par des dispositions essentiellement symboliques, à prendre en compte d’autres objectifs à côté du profit. Pourtant, contrairement à la communication gouvernementale, le projet de loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) révélé le 18 juin a largement dépouillé leurs propositions de leur modeste contenu.

Le rapport Notat-Senard suggérait une très modeste augmentation du nombre d’administrateurs salariés dans les grandes entreprises, pour qu’il approche les 20 % (contre 50 % dans les grandes entreprises allemandes). L’augmentation proposée par Pacte est encore en deçà. Mais le plus étonnant est la minutie avec laquelle, suite au lobbying intensif du Medef et de l’Association française des entreprises privées (l’AFEP, qui représente plus de cent dix grands groupes privés exerçant leurs activités en France), les trois propositions qui entrouvraient la porte à un possible pluralisme des objectifs de l’entreprise ont été défigurées ou censurées.
On sait que l’entreprise n’existe pas dans le droit français, qui ne connaît que la société constituée par les actionnaires. Nombre d’acteurs de ce débat préconisent la reconnaissance juridique de l’entreprise : reconnaître qu’elle est une aventure collective qui ne se réduit pas aux apporteurs de capitaux est une condition pour qu’un véritable partage du pouvoir puisse être envisagé.
Patatras
Le rapport Notat-Senard n’allait pas si loin. Il se contentait d’évoquer « l’intérêt propre de la société » : « la société doit être gérée dans son intérêt...




                        

                        


<article-nb="2018/06/26/19-9">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’ancien secrétaire général de l’ONU et Nobel de la paix Kofi Annan s’alarme de la quasi-indifférence générale autour des ravages du venin, qui tue cinq fois plus que la dengue.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
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Kofi Annan : « La morsure de serpent est une grande crise de santé publique ignorée »

Dans une tribune au « Monde », l’ancien secrétaire général de l’ONU et Nobel de la paix Kofi Annan s’alarme de la quasi-indifférence générale autour des ravages du venin, qui tue cinq fois plus que la dengue.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 10h04
    |

Kofi Annan (Président de la Fondation Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies,  lauréat du prix Nobel de la paix)







                        



                                


                            

Tribune. Il y a quelques années, un médecin au Ghana a attiré l’attention de mon épouse, Nane, et de moi-même sur l’impact dévastateur que les morsures de serpent avaient sur sa communauté. Nous avons été choqués d’apprendre que ces morsures de serpent tuent entre 81 000 et 138 000 personnes dans le monde chaque année, et que beaucoup d’autres souffrent de déficiences mentales et physiques permanentes.
En comparaison, la fièvre de la dengue, transmise par les moustiques, fait environ 20 000 morts par an. Malgré son énorme impact, la morsure de serpent est la plus grande crise de santé publique dont vous n’avez probablement jamais entendu parler. A ce jour, elle reste largement ignorée.

La morsure de serpent est essentiellement une maladie de pauvres, affectant principalement les populations vivant dans certaines des communautés les plus rurales d’Afrique subsaharienne, d’Asie, d’Océanie et d’Amérique latine. Les petits agriculteurs, leurs familles, les bergers et les personnes déplacées sont particulièrement vulnérables.
Ces groupes manquent souvent des protections les plus élémentaires, comme des chaussures à l’épreuve des serpents ou des moustiquaires. Même si la victime survit, elle peut être incapable de subvenir aux besoins de sa famille. Par conséquent, les enfants sont souvent envoyés travailler au lieu d’aller à l’école, et les proches sont forcés de partager leurs quelques biens avec les familles touchées.
Dans de nombreuses régions éloignées, le manque de moyens de transport et le mauvais état des routes entravent le traitement rapide des victimes de morsures de serpent. Même lorsque celles-ci parviennent à l’hôpital, elles ne peuvent que constater le manque de personnel qualifié ou de médicaments pour les soigner.
Ces défis chroniques sont aggravés par la pénurie de sérum antivenimeux sûr, efficace et abordable dans les régions du monde où le risque de morsures de serpent est endémique....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Un état d’indulgence prévalait pour le chef de l’Etat depuis treize mois. Il est en train de s’estomper à vive allure, souligne dans sa chronique notre éditorialiste Gérard Courtois.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/06/2018
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« Macron insupporte ceux qu’il ne faisait qu’irriter. Il désenchante ceux qu’il avait emballés »

Un état d’indulgence prévalait pour le chef de l’Etat depuis treize mois. Il est en train de s’estomper à vive allure, souligne dans sa chronique notre éditorialiste Gérard Courtois.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 11h13
    |

            Gérard Courtois








                        



                                


                            

Chronique. Cela fait longtemps que plus personne ne croit à l’état de grâce dont bénéficierait un président de la République après son élection, comme François Mitterrand en 1981. L’impatience, la vigilance et l’expérience des Français ont ramené à la portion congrue le crédit du nouvel élu.
Pour avoir d’emblée renié sa promesse de campagne de réduire la « fracture sociale », Jacques Chirac avait vu le sien s’effondrer en six mois, en 1995. Pour avoir brutalement désacralisé la fonction présidentielle, Nicolas Sarkozy avait connu le même sort au début de 2008, huit mois après son entrée à l’Elysée. Pour François Hollande, ce fut pire encore : dès l’automne 2012, sa présidence était chahutée, son autorité contestée et sa personne brocardée.
Emmanuel Macron aura résisté plus longtemps. Mais le voilà, à son tour, entré dans cette période où le moindre mot suscite la polémique, le moindre geste la diatribe et chaque initiative la critique acide ou agressive.
Recadre-t-il sèchement – et légitimement – un adolescent trop familier ? Le voilà accusé d’abus de position dominante. Envisage-t-il de faire installer une modeste piscine au fort de Brégançon, où il va passer quelques vacances en famille ? Le tintamarre est immédiat. Commande-t-il un service de table pour l’Elysée à la Manufacture de Sèvres, fleuron de l’artisanat d’art français ? Quelle gabegie !, s’indigne la vox populi. Et quand il invite dans la Cour d’honneur de l’Elysée, le jour de la Fête de la musique, un groupe d’électro passablement provocateur et dénudé, l’on s’étrangle de tous côtés.
Une atmosphère de plus en plus lourde
Episodes dérisoires et controverses futiles, amplifiés comme des baudruches par les réseaux sociaux, c’est l’évidence. Mais tout à fait symptomatiques du changement de climat actuel. Un état d’indulgence prévalait depuis treize mois. Il est en train de s’estomper à vive allure. Désormais, le chef de l’Etat insupporte ceux qu’il ne faisait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Le député Florent Boudié (LRM), qui déposera une proposition de loi à la fin de l’année, estime, dans une tribune au « Monde », que le gouvernement doit régler dignement la rétention des étrangers les plus vulnérables.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/06/2018
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« La France a un sérieux problème avec la rétention des enfants étrangers »

Le député Florent Boudié (LRM), qui déposera une proposition de loi à la fin de l’année, estime, dans une tribune au « Monde », que le gouvernement doit régler dignement la rétention des étrangers les plus vulnérables.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 11h22
    |

Florent Boudié (Député La République en marche de la Gironde, responsable du projet de loi asile, immigration et intégration)







                        



                                


                            
Tribune. En séparant parents et enfants entrés illégalement aux Etats-Unis, Donald Trump a relancé le débat sur la rétention des mineurs étrangers, qui agite la France. Les situations sont différentes. La France ne pratique pas la séparation des familles. Quant au nombre d’enfants placés en rétention, sans proportion avec la situation américaine, il a atteint, en 2017, le chiffre de 305 en métropole, 4 200 dans le seul ­département de Mayotte, pour 50 000 étrangers retenus en instance d’expulsion.
Mais la France a été sévèrement condamnée, entre 2012 et 2016, par la Cour européenne des droits de l’homme. Les juges de Strasbourg n’ont certes pas sanctionné le principe même de la rétention. Ils ont toutefois estimé, à six reprises, que la France violait plusieurs des principes de la Convention européenne des droits de l’homme : l’interdiction des traitements inhumains (article 3), le droit à la liberté et à la sûreté (article 5) et le respect de la vie privée et familiale (article 8).

Notre pays a donc un sérieux problème avec la rétention des mineurs. Le candidat Hollande s’était engagé, s’il était élu à l’Elysée, « à mettre fin dès mai 2012 à la rétention des enfants et donc des familles avec enfants ». Une circulaire publiée à l’été 2012, puis une loi confuse adoptée quelques mois plus tard, ont bien tenté de fixer un cadre, mais sans tenir la promesse présidentielle.
Résultat : en métropole, le nombre d’enfants retenus a quadruplé entre 2013 et 2016, passant de 41 à 172, avant de bondir en 2017, tout près du record atteint sous Nicolas Sarkozy : 384 enfants en 2011.
Une politique de continuité
Il faut donc « tirer les leçons du pouvoir », puisque la politique conduite en ce domaine par les gouvernements successifs – de droite, de gauche et d’ailleurs – frappe avant tout par sa continuité. Pourquoi la France ne se désaccoutume-t-elle pas d’une forme de maltraitance contraire à l’intérêt de l’enfant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Une lecture historique, fondée sur les statuts sociaux plutôt que sur les classes.
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La Syrie, une longue histoire de conflits

Une lecture historique, fondée sur les statuts sociaux plutôt que sur les classes.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 11h49
    |

            Christophe Ayad








                        



                                


                            

Le livre. L’histoire est un éternel trompe-l’œil. Doit-elle pointer les continuités ou les ruptures ? Les événements ne sont-ils que l’écume de mouvements plus profonds, quasi tectoniques, que les guerres et coups d’Etat ne parviennent jamais vraiment à infléchir si l’on adopte l’échelle du temps long, celle de la démographie, des mouvements climatiques, économiques et sociaux ? Ou au contraire, l’historien doit-il s’attacher aux ruptures, aux hommes qui ont infléchi le cours des choses et modifié les paradigmes ?
Cela fait longtemps que l’on n’oppose plus l’histoire de Braudel à celle de Michelet et que l’on sait que les deux approches se complètent. Mais dans le cas syrien, cette dialectique est encore plus indispensable. Matthieu Rey la pratique avec brio dans Histoire de la Syrie XIXe-XXIe siècle.
Frontière entre l’empire romain et celui des Parthes
Son ouvrage comble un manque dans la littérature en français sur ce pays qui fait pourtant tous les jours l’actualité depuis plus de sept ans. Il a le mérite de démarrer de loin avant d’arriver, dans ses trois derniers chapitres, à la Syrie des Assad, père puis fils, et de la conflagration généralisée qui a débuté en 2011.
C’est à la toute fin du XVIIIe siècle que se met en place le paysage qui perdure quasiment jusqu’à aujourd’hui et structure l’ensemble de l’espace syrien. Le pays est encore loin d’être constitué en tant que tel et ses frontières ne sont pas du tout définies au sein de l’empire ottoman ; il se réduit à un ensemble de terroirs qui gravitent autour des principaux centres urbains plus ou moins liés entre eux.
Déjà, Alep, Damas, Lattaquié, Homs et Hama émergent. Et d’ailleurs, la « crise révolutionnaire » de 2011 a montré la persistance de ces terroirs. Ce n’est pas seulement pour des raisons stratégiques et de manque d’hommes que le régime a attaqué les différents bastions de la révolution les uns...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Le traitement par les autorités françaises des naissances de Comoriens à Mayotte conduit Patrick Weil, directeur de recherche au CNRS, à rappeler dans une tribune au « Monde » qu’en France, le terme « droit du sol » relève du slogan politique plus que du droit.
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« La situation mahoraise ne doit pas servir de prétexte pour porter atteinte à l’indivisibilité de la République »

Le traitement par les autorités françaises des naissances de Comoriens à Mayotte conduit Patrick Weil, directeur de recherche au CNRS, à rappeler dans une tribune au « Monde » qu’en France, le terme « droit du sol » relève du slogan politique plus que du droit.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 16h44
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 17h34
    |

                            Patrick Weil (Historien et politologue, directeur de recherche au CNRS)








                        



                                


                            

Tribune. Depuis plusieurs années un délire inquiétant fait office de diagnostic quand on parle de Mayotte. Longtemps, il fut circonscrit aux responsables mahorais, et aux dirigeants nationaux qui se rendent dans ce département en temps de campagne électorale. Le problème posé par ces milliers de femmes qui viennent accoucher en provenance des Comores, c’est « le droit du sol », assurent-ils.
Fait exceptionnel, le Conseil d’Etat a été consulté par le Sénat. Et il a confirmé ce diagnostic. Fort de cet imprimatur, pour la première fois depuis la fin de la colonisation, le Parlement et le gouvernement s’apprêtent à créer — par un amendement au projet de loi Collomb sur l’asile et l’immigration — deux catégories de Français. Sauf que le Conseil d’Etat a tort dans son expression mais surtout dans son raisonnement.
En France le terme « droit du sol » relève du slogan politique plus que du droit. Abuser de ce terme comme le fait le Conseil, c’est conforter la méconnaissance, plutôt que d’apporter la connaissance. Car on n’est pas français par le simple fait d’être né en France. Sauf si l’un des parents est déjà né sur notre sol, on n’est pas français à la naissance si ses deux parents sont étrangers : on doit attendre au moins treize ans et prouver aussi cinq ans de séjour pour pouvoir réclamer la nationalité française.
Un problème d’entrée et de séjour irrégulier
Les enfants nés à Mayotte de mères comoriennes ne sont donc pas français, ils sont comoriens. Si pendant treize ans, ces enfants ne sont pas reconduits avec leurs parents dans leur pays de nationalité, il est alors normal que, grandis et éduqués en France, ils puissent devenir français.
C’est ainsi que cela se passe dans toutes les grandes démocraties. Aux Etats-Unis comme au Canada, la naissance sur le sol vaut attribution immédiate de la nationalité, indépendamment de la régularité du séjour des parents. Plus près de nous en Europe, au Royaume-Uni comme en Allemagne,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Pas la moindre mauvaise nouvelle qui puisse tempérer l’enthousiasme des opérateurs, observe le correspondant du « Monde » à New York. Mais la prudence s’impose : l’endettement des entreprises privées non bancaires atteint 11 000 milliards et leur taux d’endettement a augmenté de 30 % depuis la crise financière de 2007.
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Etats-Unis : « Cherche mauvaise nouvelle désespérément »

Pas la moindre mauvaise nouvelle qui puisse tempérer l’enthousiasme des opérateurs, observe le correspondant du « Monde » à New York. Mais la prudence s’impose : l’endettement des entreprises privées non bancaires atteint 11 000 milliards et leur taux d’endettement a augmenté de 30 % depuis la crise financière de 2007.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 15h32
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            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Marchés. Tout va très bien. Tout va très bien… madame la Marquise, serait-on tenté d’ajouter. Pour se couvrir, se protéger de ne pas avoir vu venir la tempête. Car aux Etats-Unis, le ciel est d’airain. Pas la moindre mauvaise nouvelle qui puisse tempérer l’enthousiasme des opérateurs.
La croissance va bon train, le chômage est au plus bas depuis le tournant du siècle et pourrait même tomber à 3,6 %. Et on ne peut pas accuser la Bourse de folie : les marchés se sont stabilisés depuis la mini-correction de janvier, tandis que la Réserve fédérale normalise sa politique en réduisant la taille de son bilan et en remontant progressivement ses taux.
Sous l’ère Trump, on prétend avoir aboli les crises économiques et avoir inventé la croissance éternelle, comme on croyait avoir atteint la fin de l’histoire et la paix perpétuelle après la chute du mur de Berlin. On sait qu’il n’en est rien, mais l’affaire est délicate à démontrer tant le président de la Réserve fédérale Jay Powell, qui donne le la à Wall Street, s’est montré optimiste. Pas de bulle financière chez les particuliers. Les banques ? Elles sont capables de résister à une crise comparable à celle de 2008. La guerre commerciale : zéro trace dans les chiffres. L’inflation : nous voilà revenus à la normale.
Les Cassandre avec Patrick Artus
Cherche mauvaise nouvelle désespérément : on s’est résolu à traverser l’Atlantique pour jouer les Cassandre avec l’économiste Patrick Artus. On se rappelle l’aveuglement quasi généralisé qui prévalait avant l’explosion de la bulle Internet en 2000 et celle du surendettement immobilier de 2007. Cherchons donc ce que nous ne voyons pas.
Le chômage, qui devient trop bas. A 3,6 % en 2019, les entreprises ne parviendront plus à embaucher, prédit M. Artus. Ce phénomène freinera la croissance et dopera l’inflation. Le risque est d’autant plus fort que les gesticulations de Donald Trump commencent à dissuader les étrangers de venir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Dorothée Schmid, spécialiste de la Turquie à l’Institut français des relations internationales à Paris, avertit Turcs et Européens dans une tribune au « Monde » : « La Turquie ne sortira du cycle de violence qui s’est enclenché depuis quelques années que par la violence. »
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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« La Turquie s’isole, et les Européens ne la voient plus telle qu’elle est »

Dorothée Schmid, spécialiste de la Turquie à l’Institut français des relations internationales à Paris, avertit Turcs et Européens dans une tribune au « Monde » : « La Turquie ne sortira du cycle de violence qui s’est enclenché depuis quelques années que par la violence. »



Le Monde
 |    25.06.2018 à 12h05
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 12h45
    |

Dorothée Schmid (Chercheuse à l’IFRI, spécialiste de la Turquie)







                        



                                


                            

Tribune. Dimanche 24 juin, les électeurs se sont une nouvelle fois rendus aux urnes en Turquie pour des élections dominées par le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur). Il s’agissait cette fois de scrutins présidentiel et législatifs combinés, autrement dit une montée en puissance de l’outil électoral utilisé depuis 2002 par Recep Tayyip Erdogan comme le baromètre absolu de sa popularité.
Comme s’il fallait forcer le destin, dramatiser l’enjeu et guider la main des électeurs vers le résultat éternellement souhaité, puisque le baromètre est de toute façon fixé sur « beau temps ». Ainsi, lorsque l’AKP a perdu sa majorité au Parlement, en juin 2015, l’échec des négociations de coalition pour former un gouvernement a permis de rejouer le scrutin en novembre et d’obtenir le score désiré.

Pour la première fois Erdogan avait été mis en danger politiquement, et s’en était sorti de façon formellement légale. Le référendum constitutionnel tenu un an plus tard a donné lieu à de fortes rumeurs de fraudes. Celles-ci étaient jusqu’à présent considérées comme marginales en Turquie. L’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), qui a, avec d’autres organisations, de nouveau envoyé une escouade d’observateurs en Turquie, souligne pourtant désormais régulièrement l’absence d’équité des campagnes et la multiplication des incidents lors des votes.
Toile de fond chaotique
Les mauvaises habitudes sont prises et le climat d’exception actuel ne peut que les renforcer. La Turquie vit sous état d’urgence depuis la tentative de coup d’Etat de juillet 2016, ce qui donne pratiquement tout pouvoir aux autorités pour peser sur la campagne. Le scrutin a été très largement anticipé pour choisir le moment le plus favorable à l’AKP et empêcher une opposition structurellement faible de se mettre en ordre de bataille.
Le contexte intérieur reste extrêmement tendu depuis la tentative...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Editorial. Vainqueur de la présidentielle avec 52,5 % des voix, Recep Tayyip Erdogan concentre désormais la totalité du pouvoir exécutif et reste plus que jamais le « reis » de la Turquie.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Erdogan réélu, les Turcs face à l’« hyperprésidence »

Editorial. Vainqueur de la présidentielle avec 52,5 % des voix, Recep Tayyip Erdogan concentre désormais la totalité du pouvoir exécutif et reste plus que jamais le « reis » de la Turquie.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 11h07
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 14h20
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Recep Tayyip Erdogan a gagné son pari. Sa réélection à la tête de la Turquie, dimanche 24 juin, fait de lui le dirigeant le plus puissant depuis le fondateur de la République, Mustafa Kemal.
Une situation qui tranche avec la manière dont il a été élu. Même s’il a réussi à éviter une mise en ballottage, qui aurait représenté un camouflet politique, sa victoire n’a pas été « une promenade de santé », comme il l’avait lui-même anticipé. La mobilisation de tous les rouages de l’administration, tous les réseaux de l’AKP, le parti islamo-conservateur, devenu un parti-Etat, a permis d’éviter une « mauvaise surprise », alors que les sondages le montraient à la peine face à la percée du candidat de la gauche kémaliste, Muharrem Ince.

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                Réélu, Erdogan endosse son nouvel habit d’« hyperprésident »



Au pouvoir depuis quinze ans, d’abord comme premier ministre, puis comme président, M. Erdogan remporte 52,5 % des suffrages, un score légèrement supérieur à celui de l’élection présidentielle de 2014 et à celui du référendum d’avril 2017 instaurant un régime présidentiel. Celui-ci avait été marqué par de nombreuses irrégularités dénoncées par les observateurs internationaux.
Une nouvelle fois, ceux-ci ont critiqué l’iniquité de la campagne au cours de laquelle les grands médias, en quasi-totalité contrôlés par le pouvoir, n’ont guère laissé de place à l’opposition, à commencer par Selahattin Demirtas, du parti prokurde HDP, qui a été contraint de mener campagne depuis sa cellule.

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                Selahattin Demirtas : « Je continuerai à m’opposer sans reculer d’un pas, quel qu’en soit le prix à payer »



Pour une majorité de Turcs, M. Erdogan reste plus que jamais le « reis », le chef, et nombre d’entre eux approuvent sa dérive autoritaire toujours plus affirmée. Depuis 2002 son parti a gagné toutes les élections, sauf les législatives de juin 2015. D’où son hubris, convaincu qu’il est d’avoir été désigné par Dieu pour remettre la Turquie dans la voie de l’islam et lui rendre sa grandeur passée.
Le chef de l’Etat peut arguer de son bilan. Le PIB par habitant a triplé depuis son arrivée au pouvoir, même si la dette a explosé dans les mêmes proportions. En outre, la Turquie est devenue un acteur majeur sur la scène régionale, malgré son échec syrien, et il joue du nationalisme d’une bonne partie de la population comme de ses nostalgies de grandeur ottomane.
Une alarmante radicalisation de l’électorat
Il incarne un bloc religieux conservateur, sunnite et turc, majoritaire au sein de la population, attisant la haine contre les autres : les laïcs, les alévis, courant hétérodoxe issu du chiisme, et les Kurdes. Ces élections permettent à l’AKP d’asseoir sa majorité à la Chambre, grâce à son allié de l’extrême droite nationaliste, le MHP. Celui-ci réalise le même score qu’en 2015, malgré la scission d’une bonne partie de sa base, qui a rejoint Le Bon Parti. Ce dernier, en séduisant les déçus de l’AKP, illustre une alarmante radicalisation de l’électorat.
Pendant des années, M. Erdogan a représenté à l’extérieur du pays un gage de stabilité. Mais ses volte-face, ses brouilles avec l’Europe et sa fuite en avant dans la répression depuis le coup d’Etat raté de juillet 2016, ne cessent d’inquiéter. La monnaie turque dévisse et le risque de retournement de l’économie ainsi que la grogne sociale ont été des facteurs qui l’ont incité à appeler les Turcs aux urnes un an avant la date prévue.

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Cet obstacle franchi, M. Erdogan devient un « hyperprésident » concentrant la totalité du pouvoir exécutif. Une grande partie de la société civile turque a jusqu’ici su résister avec une grande maturité. Ce renforcement du régime autocratique constitue pour elle un nouveau défi.

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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Le ministre allemand délégué aux affaires européennes, Michael Roth, dénonce les « provocations » de certains pays, dont l’Italie, dans le débat migratoire.
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Michael Roth : « On ne peut pas travailler en posant des ultimatums »

Le ministre allemand délégué aux affaires européennes, Michael Roth, dénonce les « provocations » de certains pays, dont l’Italie, dans le débat migratoire.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 15h08
    |

            Philippe Ricard








                        



                                


                            

Michael Roth est ministre délégué aux affaires européennes depuis décembre 2013. Il a été confirmé à ce poste dans la coalition composée de la CDU, des Bavarois de la CSU et du SPD, le parti social-démocrate, dont il est membre.

Que pensez-vous de la décision de Matteo Salvini de fermer les ports italiens aux bateaux de secours comme l’« Aquarius » ?
Les Italiens doivent pouvoir compter sur l’Europe. Mais chaque pays doit aussi assumer ses responsabilités humanitaires. La solidarité exigée avec raison par les Italiens doit aller dans les deux sens. Les provocations n’aident pas. Les débats actuels sur les réfugiés sont malheureusement dominés par des discours idéologiques et agressifs qui jouent sur les faiblesses de nos politiques migratoires et d’asile, afin d’alimenter les peurs des gens.
Qu’attendez-vous de l’Union européenne d’ici au prochain Conseil européen les 28 et 29 juin ?
Nous avons déjà beaucoup fait en commun, en particulier en matière de gestion des frontières extérieures et d’aide aux pays de départ et de transit, mais ce n’est pas suffisant. Ce qui manque encore, c’est la juste répartition des demandeurs d’asile. Nous avons besoin d’un accord mutuel car ce n’est qu’ensemble que nous pourrons régler cette question. La renationalisation est une impasse, et nous ne devons pas jouer un Etat contre les autres. N’oublions pas qu’une des raisons pour lesquelles un pays proeuropéen a porté au pouvoir une coalition populiste, c’est que les gens se sont sentis abandonnés par l’Europe sur la question migratoire. Nous devons en faire une priorité. Sinon, le coût politique pour la démocratie européenne sera très élevé.
Croyez-vous qu’un compromis soit possible avec l’Italie ?
Je note que le nouveau gouvernement italien a, au sujet de la répartition des réfugiés, des positions plus proches de celles d’Angela Merkel, en demandant une répartition juste des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde », analyse la perception des privatisations annoncées dans le cadre de la loi Pacte et les marges que celles-ci ouvrent pour l’exécutif.
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Privatisations : « Les partis de gouvernement n’en font plus un casus belli »

Dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde », analyse la perception des privatisations annoncées dans le cadre de la loi Pacte et les marges que celles-ci ouvrent pour l’exécutif.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 10h41
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Chronique. Il fut un temps où la privatisation d’entreprises publiques était un fort marqueur politique. Elle vous faisait « de droite » si vous y étiez favorable, « de gauche » si vous préfériez la nationalisation (ou le statu quo). C’était dans les années 1980-1990, quand tout dossier économique était bon pour nourrir l’affrontement partisan. La ligne de partage passe désormais entre les « progressistes-européistes » de La République en marche, des Républicains et d’une partie de la gauche, et les « populistes-souverainistes » vibrant aux critiques de La France insoumise et du Rassemblement national (ex-FN). Dans une indifférence assourdissante…
Oubliées, les fractures idéologiques ? Les partis dits « de gouvernement » n’en font plus un casus belli. Quant aux Français, méfiants à l’encontre des privatisations, ils ne semblent pas à une contradiction près : 65 % d’entre eux, y compris chez une majorité d’électeurs de droite, jugent l’Etat « dans son rôle » quand il est actionnaire de certaines sociétés, indique un sondage d’OpinionWay publié en mars par Les Echos ; mais 64 % regrettent qu’il le « joue mal », édifiés par les déboires d’Air France, d’EDF, d’Areva ou de la SNCF. Plus question de renationaliser pour autant !
Mesurer le chemin parcouru jusqu’à cette normalisation, c’est repasser le film de la saga nationalisations-privatisations. 1981 : la gauche intègre dans le giron de l’Etat 39 banques et des géants industriels comme la CGE, Rhône-Poulenc, Thomson et Saint-Gobain. 1986 : Jacques Chirac (re)privatise à tout-va – contre l’avis de François Mitterrand. 1988 : réélu, « Tonton » décrète le « ni nationalisation ni privatisation » pour s’éviter de renationaliser. 1993 : Edouard Balladur lance une nouvelle vague, suivi par Alain Juppé. 1997 : Lionel Jospin lève un tabou à gauche en ouvrant tout ou partie du capital de grands groupes (banques, France Télécom, Air France, Aérospatiale…)...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ « La marchandisation à l’extrême du football met en danger son existence », alerte l’ancienne ministre de la jeunesse et des sports dans une tribune au « Monde ».
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Marie-George Buffet : « Il faut impérativement réguler le football »

« La marchandisation à l’extrême du football met en danger son existence », alerte l’ancienne ministre de la jeunesse et des sports dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    25.06.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 10h05
    |

Marie-George Buffet (Députée de la Seine-Saint-Denis, ancienne ministre de la jeunesse et des sports de 1997 à 2002)







                        



                                


                            
Tribune. Jeudi 14 juin a commencé la Coupe du monde de football. Des millions de personnes vibreront à travers le monde. Tous les quatre ans, c’est le même refrain et les mêmes chants. Des joies simples, de beaux gestes sportifs, le football éternel.
La veille du premier coup de sifflet de cette Coupe du monde, c’est pourtant un autre volet du football qui intéressait les médias. En effet, l’instance de contrôle financier des clubs de l’UEFA rendait sa décision et choisissait de blanchir le PSG après un an de procédure ­concernant son respect, ou non, du fair-play financier. Cette décision, très commentée, illustre la difficulté des autorités footballistiques européennes à faire respecter les règles qu’elles fixent et, surtout, la complexité des structures financières utilisées par les clubs pour brouiller la lecture de leur budget.
Tout le contraste du football peut se résumer à travers ces deux événements concomitants : un sport populaire joué dans le monde entier, vecteur des émotions les plus folles, et, en même temps, le symbole du sport business, aux sommes astronomiques et aux montages financiers complexes. La marchandisation à l’extrême du football met en danger son existence. Les trop grands écarts de budget tuent le suspense et certains achats de joueurs paraissent plus marketing que sportifs.
Je plaide pour que la France soit à l’initiative et devienne le moteur de la régulation sportive au niveau européen
De plus en plus de gens ne se reconnaissent plus dans ce football et c’est pourquoi il faut impérativement le réguler, tout simplement pour qu’il puisse continuer de vivre. Les années 1980 et surtout 1990 ont vu le football changer de modèle. Les clubs sont passés d’une structure de financement reposant majoritairement sur la billetterie, les supporteurs et les sponsors locaux à un modèle reposant sur les droits télévisuels et des sponsors internationaux. L’ancrage régional est moins présent, les grands clubs sont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », des membres du think tank Démocratie vivante estiment que la politique du chef de l’Etat est « progressiste, sociale et européenne ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/06/2018
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« Emmanuel Macron n’est pas de droite »

Dans une tribune au « Monde », des membres du think tank Démocratie vivante estiment que la politique du chef de l’Etat est « progressiste, sociale et européenne ».



Le Monde
 |    25.06.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 14h53
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Il est de bon ton, à gauche, de dire que le président de la République aurait été élu sur un programme de gauche et pratiquerait une politique de droite. Notons au préalable que les mesures considérées de droite, comme la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), la « flat tax » de 30 %, l’augmentation de la contribution sociale généralisée (CSG), compensée pour tout le monde à l’exception de 60 % des retraités, ou les ordonnances réformant le code du travail faisaient partie du programme d’Emmanuel Macron. Donc, si sa politique était de droite, cela signifierait qu’il aurait été élu sur un programme de droite.

Si être de droite, c’est accepter l’économie de marché et ne pas être anticapitaliste, alors, oui, Emmanuel Macron est de droite, comme l’étaient François Hollande, Lionel Jospin et Michel Rocard. Mais si être de droite, c’est remettre en cause notre Etat-providence et pratiquer une politique antisociale, alors Emmanuel Macron n’est pas de droite.
Il ne supprime pas 500 000 emplois de fonctionnaires, comme le proposait François Fillon. Il n’augmente pas l’âge de départ à la retraite, alors que M. Fillon proposait de le passer à 65 ans. Il n’augmente pas non plus la TVA pour financer la baisse des cotisations pesant sur le travail, mais la CSG, comme l’avait fait Lionel Jospin. Il consolide l’assurance-chômage dans le cadre de la loi sur l’avenir professionnel. Il organise la prise en charge de 100 % des frais de dentiste ou de lunettes. Il lance un plan de lutte contre la pauvreté…
Non, la suppression de l’ISF n’est pas un cadeau aux très riches
Non, la suppression de l’ISF n’est pas un cadeau aux très riches. L’ISF pesait peu sur les plus grosses fortunes, dont l’essentiel du patrimoine (leur entreprise et les œuvres d’art) était exonéré, alors qu’il imposait en totalité les patrimoines des moins riches.
Et n’oublions pas que l’essentiel des baisses d’impôts va aux classes moyennes...




                        

                        

