<FILE-date="2018/06/26/19">

<article-nb="2018/06/26/19-1">
<filnamedate="20180626"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180626"><AAMMJJHH="2018062619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Saisi par des militants portant secours aux migrants, le Conseil doit se prononcer sur la constitutionnalité de cet article de loi qui fait débat.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Le Conseil constitutionnel appelé à se prononcer sur le « délit de solidarité »

Saisi par des militants portant secours aux migrants, le Conseil doit se prononcer sur la constitutionnalité de cet article de loi qui fait débat.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 16h19
   





                        



   


De toutes les questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) sur lesquelles le Conseil est saisi, celle-ci est particulièrement attendue. Dans un contexte où l’Union européenne se divise sur le sujet de la politique migratoire, le Conseil constitutionnel devra se prononcer sur le « délit de solidarité », cet article du code de l’entrée et du séjour des étrangers qui punit l’aide au séjour irrégulier.
Auditionnés mardi 26 juin, des défenseurs de militants portant secours aux migrants à la frontière franco-italienne ont demandé au Conseil constitutionnel d’abolir ce « délit de solidarité » au nom du principe de fraternité. « Les libertés fondamentales ne sont pas au service des garde-barrières », ont-ils témoigné.
« Que devient un pays, que devient une culture, une langue quand on peut y parler de “délit d’hospitalité” ? », a attaqué Patrice Spinosi, l’avocat de Cédric Herrou, agriculteur devenu le symbole de la défense des migrants de la vallée de la Roya, et de Pierre-Alain Mannoni, un autre militant, citant le philosophe Jacques Derrida.

        Lire aussi :
         

                Ce que Jacques Derrida pensait du « délit d’hospitalité » en 1996



Le débat reste brûlant au lendemain d’un mini-sommet destiné à aplanir les tensions entre Européens sur la question migratoire, après la crise de l’Aquarius, un navire humanitaire qui a erré des jours en mer avec 630 migrants à bord face au refus de l’Italie et Malte d’ouvrir leurs ports, avant d’accoster, finalement, en Espagne.

        Lire aussi :
         

                Immigration : qu’est-ce que le « délit de solidarité » ?



« Ce délit n’est pas digne de notre droit »
En France, des voix se sont élevées jusque dans la majorité pour déplorer que le gouvernement n’ait pas proposé d’accueillir le bateau, passé près des côtes corses. Face aux « sages » du Conseil constitutionnel, les défenseurs des militants jonglent entre principes et jurisprudence, à quelque distance du terrain politique. « Ce délit de solidarité n’est pas digne de notre droit. Aider de manière totalement désintéressée des hommes démunis ne devrait pas être passible de poursuites » dans un pays où le principe de fraternité est intégré à la devise de la République, a plaidé Me Spinosi.
Ses clients ont été condamnés en 2017 par la cour d’appel d’Aix-en-Provence pour aide au séjour irrégulier : Cédric Herrou à quatre mois de prison avec sursis pour avoir fait passer la frontière à environ 200 migrants et Pierre-Alain Mannoni à deux mois avec sursis, pour avoir accompagné à une gare trois Erythréennes.
Ils attaquent deux articles du code de l’entrée et du séjour des étrangers : l’article 622-1 punit l’aide au séjour irrégulier, tandis que l’article 622-4 précise que cette aide ne peut donner lieu à des poursuites lorsqu’elle est le fait de la famille ou « de toute personne physique ou morale, lorsque l’acte reproché n’a donné lieu à aucune contrepartie directe ou indirecte ».
Le texte précise que cette aide autorisée consiste « à fournir des conseils juridiques ou des prestations de restauration, d’hébergement ou de soins médicaux destinés à assurer des conditions de vie dignes et décentes à l’étranger, ou bien tout autre aide visant à préserver la dignité ou l’intégrité physique de celui-ci ».

        Lire aussi le portrait :
         

          Cédric Herrou, défi de solidarité



Le gouvernement souhaite son maintien
Sans surprise, le représentant du premier ministre a appelé à juger ces articles « conformes à la Constitution ». Dans le projet de loi asile et immigration, adopté en avril à l’Assemblée nationale, le « délit de solidarité » a été assoupli, avec l’exemption de sanctions pour les militants qui apporteraient des soins, un hébergement et de la nourriture aux migrants sans qu’il y ait de contrepartie lucrative. Encore « très insuffisant » pour les défenseurs des droits de l’homme.
« La volonté a été de supprimer le délit de solidarité. Mais le législateur, constate Me Spinosi, n’a pas réussi à poser cette ligne de démarcation pourtant simple entre l’action de passeurs qu’il faut évidement réprimer et celle d’humanistes désintéressés. »
« Liberté, égalité, fraternité : ce sont des mots que nous avons appris à ânonner en les lisant sur le fronton des écoles », a rappelé Me Henri Leclerc, qui défend des militants qui encourent « dix ans de prison » pour avoir aidé des migrants et dont le procès à Gap a été suspendu dans l’attente de la décision du Conseil constitutionnel.
Le pénaliste mène la charge, enrôlant le penseur de la démocratie moderne Alexis de Tocqueville : « Quand je refuse d’obéir à une loi injuste, je ne dénie point à la majorité le droit de commander, j’en appelle à la souveraineté du genre humain. » « Vous avez la possibilité, dit-il aux membres du Conseil, de faire en sorte que ceux qui tendent la main puissent continuer à le faire. Rassurez-vous, ils ne seront pas très nombreux ». La décision du Conseil est attendue le 6 juillet.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/26/19-2">
<filnamedate="20180626"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180626"><AAMMJJHH="2018062619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ L’Italie prendra en charge une partie des 233 migrants qui se trouvent à bord, a affirmé le chef du gouvernement, Guiseppe Conte.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Le navire humanitaire « Lifeline » accostera à Malte

L’Italie prendra en charge une partie des 233 migrants qui se trouvent à bord, a affirmé le chef du gouvernement, Guiseppe Conte.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 14h34
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 18h13
   





                        



   


Le navire humanitaire Lifeline, qui se trouve au large de Malte, pourra accoster sur l’île méditerranéenne et l’Italie prendra une partie des 233 migrants qui se trouvent à bord, a affirmé mardi 26 juin le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte.
« Je viens d’avoir le premier ministre [maltais] Muscat au téléphone : le navire de l’ONG Lifeline accostera à Malte », a déclaré Giuseppe Conte, cité dans un communiqué officiel, ajoutant que « l’Italie accueillera une partie des migrants ». M. Conte n’a pas précisé quand le navire serait autorisé à accoster à Malte.
Le gouvernement maltais a pour sa part annoncé que si le Lifeline entrait à Malte, il enquêterait et prendrait des mesures contre le navire « qui a ignoré les instructions données conformément aux règles internationales par les autorités italiennes ». Les efforts diplomatiques du premier ministre, Joseph Muscat, et des institutions européennes « vont conduire à un accord pour répartir les migrants du Lifeline parmi les pays membres qui le souhaitent », ajoute l’exécutif maltais dans un communiqué. Il précise que « quatre pays membres ont déjà confirmé leur participation et que deux autres sont en train d’étudier cette possibilité ».

        Lire aussi :
         

                « Aquarius », « Lifeline », « Maersk », « Open-Arms », « Seefuchs » : où en sont les navires qui secourent les migrants ?



« L’Italie fera sa part »
Epousant la ligne dure représentée par son ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, chef de la Ligue (extrême droite), M. Conte a lui aussi annoncé que le Lifeline serait « soumis à une enquête pour s’assurer de sa nationalité et du respect des règles du droit international de la part de son équipage ».
« De manière cohérente avec le principe-clé de notre proposition sur l’immigration selon laquelle qui débarque sur les côtes italiennes, espagnoles, grecques ou maltaises débarque en Europe, l’Italie fera sa part et accueillera une partie des migrants qui sont à bord du Lifeline », a ajouté le chef du gouvernement italien. M. Conte n’a pas précisé combien de migrants l’Italie accueillerait, exprimant simplement le souhait que « d’autres pays européens fassent la même chose ».
« Et de deux ! Après l’Aquarius envoyé en Espagne, c’est désormais au tour du navire de l’ONG Lifeline d’aller à Malte avec ce navire hors-la-loi qui en définitive sera séquestré », a de son côté twitté Matteo Salvini, également vice-premier ministre de Giuseppe Conte. « Pour les femmes et les enfants qui fuient vraiment la guerre, les portes sont ouvertes, pour tous les autres, non ! », a-t-il ajouté.

        Lire aussi :
         

                Sommet sur les migrants à Bruxelles : des dirigeants européens « satisfaits » mais sans conclusion commune



Malte refuse l’« Aquarius »
Le Portugal a également dit mardi se tenir prêt à accueillir une partie des migrants se trouvant à bord du Lifeline, suite à une demande adressée par le gouvernement maltais. Le nombre de personnes que le pays pourra accueillir reste « à définir », a précisé le ministre portugais de l’intérieur, Eduardo Cabrita.
Le Lifeline est un navire d’une trentaine de mètres de long de l’ONG allemande du même nom mais il bat pavillon néerlandais. A bord, les migrants enduraient mardi la chaleur et des conditions sanitaires qui n’ont cessé de se dégrader depuis qu’ils ont été recueillis mercredi. « Il n’y a pas de toilette chimique, [seulement] trois petits WC en mauvais état que tout le monde utilise, décrit le quotidien italien La Repubblica. Le commandant du navire a ouvert ses toilettes mais seulement pour les 44 femmes et les enfants et il faut faire une longue queue. »
Petite île méditerranéenne d’à peine plus de 400 000 habitants, Malte a en revanche refusé d’ouvrir ses ports au navire humanitaire Aquarius, pourtant sans migrant à son bord, selon l’ONG SOS Méditerranée. L’Aquarius a donc mis le cap sur Marseille pour une escale technique qu’il doit effectuer dans les prochains jours.

        Lire aussi :
         

                Malte refuse d’accueillir l’« Aquarius », qui fera une escale technique à Marseille






                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/26/19-3">
<filnamedate="20180626"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180626"><AAMMJJHH="2018062619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Adopté la semaine dernière par le Parlement britannique, le texte a été signé par la reine Elizabeth II, ce qui constitue la dernière étape de la procédure législative.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

La loi sur le Brexit a été promulguée

Adopté la semaine dernière par le Parlement britannique, le texte a été signé par la reine Elizabeth II, ce qui constitue la dernière étape de la procédure législative.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 14h17
   





                        



   


C’est la fin d’un long parcours. La loi organisant le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne a été promulguée mardi 26 juin après plusieurs mois d’âpres débats au Parlement britannique, réjouissant les eurosceptiques pour qui le Brexit, prévu dans neuf mois, est désormais « irrévocablement » lancé.
Adopté la semaine dernière par le Parlement britannique, le texte, présenté en juillet 2017 par le gouvernement conservateur de Theresa May, a été signé par la reine Elizabeth II, a annoncé mardi matin le président de la Chambre des communes, John Bercow, déclenchant les acclamations des députés conservateurs. L’« assentiment royal » est au Royaume-Uni l’ultime étape de la procédure législative.
Rouage essentiel de la mise en œuvre du Brexit, cette loi doit permettre au Royaume-Uni de continuer à fonctionner normalement lorsqu’il aura coupé le cordon avec le bloc européen. Concrètement, elle mettra fin à la suprématie du droit européen sur le droit national et intégrera dans le droit britannique les lois communautaires que Londres souhaite conserver.
Elle confirme également au 29 mars 2019, à 23 heures (heure de Londres, soit minuit à Bruxelles), la date officielle de la sortie de l’Union européenne.
Le Brexit devient « irrévocable »
Le texte a connu un tortueux parcours au Parlement depuis le début de son examen en septembre, et le gouvernement a essuyé plusieurs camouflets, illustrant les divisions persistantes sur les orientations à donner au Brexit.
C’est en lâchant à la dernière minute, la semaine dernière, une concession sur le rôle du Parlement dans le processus du Brexit que Theresa May a réussi à faire rentrer dans les rangs les députés conservateurs europhiles réclamant que le dernier mot sur l’accord final avec Bruxelles – s’il y en a un – revienne au Parlement.
Les brexiters purs et durs ont célébré son adoption comme une garantie que le Royaume-Uni quitterait bien l’Union européenne (UE), malgré l’incertitude qui pèse sur les négociations avec Bruxelles.
Les chances d’un éventuel retour sur la décision des Britanniques de quitter l’UE sont « maintenant nulles », a estimé l’eurosceptique ministre du commerce international, Liam Fox, selon qui l’adoption de la loi a lancé « irrévocablement » la mise en œuvre du Brexit.
Pour l’influent député conservateur Jacob Rees-Mogg, partisan d’un Brexit sans concession, la fin de ce processus législatif houleux signifie que Theresa May pourra poursuivre les négociations avec Bruxelles dans une position « beaucoup plus forte ».

Notre sélection d’articles pour comprendre le Brexit
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr sur le Brexit :
six questions sur la situation au 29 mars 2018, soit un an jour pour jour avant la date de sortie du Royaume-Uni de l’Union européennele décryptage de l’accord trouvé entre Londres et Bruxelles sur la période de transitionl’analyse de deux ans de reculs et de concessions britanniques face à l’UEl’analyse du correspondant du Monde au Royaume-Uni, selon qui les Britanniques ne regrettent pas le Brexitle zoom sur la City de Londres, qui se rêve en terre d’accueil des capitaux d’Asie ou du Moyen-Orientles conséquences en Irlande, où le Brexit ébranle vingt années de paixla tribune de l’économiste Nicolas-Jean Brehon pour qui le Brexit pourrait poser autant de problèmes aux autres Etats membres qu’au Royaume-Uni lui-mêmecomprendre les arguments pour et contre la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenneretour sur trente ans d’histoire tumultueuse entre le Royaume-Uni et l’UE





                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/26/19-4">
<filnamedate="20180626"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180626"><AAMMJJHH="2018062619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Sabrina Kouider et Ouissem Medouni avaient été reconnus coupables de meurtre et d’obstruction à la justice, le 24 mai.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Meurtre de Sophie Lionnet : le couple qui employait la jeune fille au pair française condamné à la perpétuité

Sabrina Kouider et Ouissem Medouni avaient été reconnus coupables de meurtre et d’obstruction à la justice, le 24 mai.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 13h47
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 15h36
   





                        


Sabrina Kouider, 35 ans, et Ouissem Medouni, 40 ans, reconnus coupables du meurtre de Sophie Lionnet, ont été condamnés à la perpétuité, mardi 26 juin, avec une peine de sûreté de trente ans.
Les peines ont été prononcées par la cour criminelle de l’Old Bailey, qui, le 24 mai, avait reconnu le couple coupable du meurtre, en septembre 2017, de la jeune femme de 21 ans, dont le corps carbonisé avait été retrouvé dans leur jardin.

        Lire le récit sur l’affaire :
         

          Le couple qui employait la jeune fille au pair reconnu coupable de son meurtre



Des mois de mauvais traitements
Aussi lourde soit-elle, cette sentence ne saurait « refléter la valeur de la vie » de Sophie Lionnet, a déclaré le juge Nicholas Hilliard, en ajoutant que sa famille « ne se remettra jamais » de sa mort. Mme Kouider et M. Medouni ont également été condamnés à cinq ans et demi de prison pour obstruction à la justice, pour avoir tenté de faire disparaître le corps de Sophie en le brûlant.
Avant de prononcer les peines, le juge a écouté les avocats des accusés et pris en compte les expertises psychiatriques du couple. Les médecins ont conclu que Sabrina Kouider souffrait de troubles mentaux et d’obsessions. Elle « retournera immédiatement à l’hôpital », a déclaré le juge.
Pendant le procès, M. Medouni et Mme Kouider avaient tous deux plaidé non coupable du chef d’accusation de meurtre, évoquant un accident et rejetant chacun la responsabilité sur l’autre, mais avaient reconnu avoir tenté de brûler le corps la jeune fille originaire de Troyes (sud-est de Paris). Selon l’accusation, le couple était persuadé d’un complot fomenté par Sophie Lionnet avec Mark Walton, l’un des fondateurs du groupe Boyzone et père d’un des enfants de Sabrina Kouider, pour droguer et abuser sexuellement des membres de leur famille. Un fantasme, sans fondement, dans lequel ils se sont enfermés, a souligné le juge mardi.
« Désir de vengeance »
Mardi, le juge s’est dit convaincu que, malgré ses troubles mentaux, les agissements de Mme Kouider étaient « attribuables à un désir de vengeance ». « Vous saviez tous les deux que ce que vous faisiez était terriblement mal », a-t-il lancé aux deux condamnés.
Le magistrat a insisté sur le fait que les accusations portées par les accusés envers Sophie étaient totalement fausses. « On peut dire en toute confiance qu’il n’y avait aucune vérité [dans les accusations selon lesquelles] Sophie a maltraité ou abusé de qui que ce soit, ou sur le fait qu’elle était de connivence avec Mark Walton (…) C’était une fiction complète », a-t-il dit.
Dans une lettre adressée à Sophie et à sa famille et lue par son avocat, Icah Peart, mardi, Sabrina Kouider affirme être « profondément désolée pour ce qui est arrivé à Sophie ». « Je pense à toi tous les jours », ajoute-t-elle.
Le corps de Sophie avait été retrouvé en septembre par les pompiers, alertés par des voisins du couple, intrigués par une importante fumée et une « horrible » odeur se dégageant de leur propriété du sud-ouest de Londres. Le corps présentait de multiples fractures, aux côtes, au sternum et à la mâchoire, mais en raison des brûlures la cause exacte de la mort n’a pas pu être déterminée.
La jeune fille s’occupait des deux enfants que Mme Kouider avaient eu avec d’anciens compagnons. Arrivée à Londres en janvier 2016, elle n’avait jamais pu rentrer en France, et vivait sous l’emprise de ses employeurs, qui la nourrissaient peu, ne la payaient quasiment pas, et la battaient, selon des voisins.

        Lire aussi :
         

                Procès Lionnet : la jeune fille au pair a été battue avant sa mort






                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/26/19-5">
<filnamedate="20180626"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180626"><AAMMJJHH="2018062619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Le navire humanitaire doit faire ce type d’escale toutes les trois semaines pour se ravitailler et renouveler ses équipes.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Malte refuse d’accueillir l’« Aquarius », qui fera une escale technique à Marseille

Le navire humanitaire doit faire ce type d’escale toutes les trois semaines pour se ravitailler et renouveler ses équipes.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 13h00
    |

                            Gilles Rof








                        


Le navire humanitaire Aquarius a quitté, dans la nuit du lundi 25 au mardi 26 juin, la zone de sauvetage où il intervient habituellement au large de la Libye pour faire cap vers Marseille, où il effectuera une escale technique en fin de semaine. Le bateau de l’ONG SOS-Méditerranée s’est vu refuser l’accès au port de La Valette, qu’il avait sollicité, par les autorités de Malte. Le navire ne peut pas non plus débarquer en Italie.
« Nous sommes très perplexes quant à ce refus [de Malte] pour lequel nous n’avons pas eu d’explications pour l’instant », a précisé Frédéric Penard, le directeur des opérations de l’ONG lors d’une conférence de presse à Marseille mardi 26 juin.
L’Aquarius effectue une escale technique toutes les trois semaines pour réapprovisionner et changer ses effectifs à bord. Une escale qui se déroule habituellement dans le port de Catane en Sicile, à proximité de la zone de patrouille que s’est fixée l’ONG. « Nous avons décidé de ne pas nous rendre en Sicile cette fois, explique M. Penard, car le climat n’est pas serein et nous ne voulons pas transformer cette escale en une question de politique intérieure italienne. C’est pourquoi nous avons sollicité Malte. » Mais « Malte nous a refusé l’accès à ses eaux territoriales », a déclaré M. Penard.
« Pas une bonne nouvelle »
Après son aller-retour à Valence en Espagne, il y a quelques jours, pour y débarquer plus de 600 rescapés, L’Aquarius est donc, en se rendant à Marseille, à nouveau contraint de quitter la zone de sauvetage pour près d’une semaine.
« Ce n’est pas une bonne nouvelle, car nous allons encore perdre de nombreux jours », a réagi Sophie Beau, la cofondatrice de SOS-Méditerranée qui a réitéré son appel aux Etats européens à quelques jours du Conseil européen des 28 et 29 juin « à mettre en place d’urgence un système de sauvetage pérenne et viable en Méditerranée ».

        Le point sur la situation :
         

          « Aquarius », « Lifeline », « Maersk », « Open-Arms », « Seefuchs » : où en sont les navires qui secourent les migrants ?






                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/26/19-6">
<filnamedate="20180626"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180626"><AAMMJJHH="2018062619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Le président français a été reçu par le pape François, mardi, au Saint-Siège. Les deux hommes se sont quittés après une embrassade inédite.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Emmanuel Macron au Vatican : 57 minutes d’entretien et un médaillon de saint Martin

Le président français a été reçu par le pape François, mardi, au Saint-Siège. Les deux hommes se sont quittés après une embrassade inédite.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 12h25
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 12h43
    |

            Virginie Malingre








                        



   


Cinquante-sept minutes d’entretien, des paroles échangées et surtout beaucoup de symboles. Emmanuel Macron a rencontré pour la première fois le pape François au Vatican, mardi 26 juin. Les vaticanistes, qui connaissent la valeur du temps pontifical, avaient les yeux rivés sur l’horloge. Le chef de l’Etat français a fait mieux que Barack Obama (52 minutes), Recep Tayyip Erdogan (50 minutes), François Hollande (45 minutes), Nicolas Sarkozy (44 minutes) ou encore Donald Trump (29 minutes). Pour battre le record de 90 minutes de François Mitterrand avec Jean Paul II, il faudra en revanche revenir à Rome.
Est-ce pour autant le signe d’un entretien qui s’est bien déroulé ? Les deux hommes se sont quittés après une embrassade inédite. Mais le souverain pontife avait auparavant fait passer un message assez limpide à Emmanuel Macron, en lui offrant un médaillon de saint Martin, ce légionnaire romain qui avait, selon la légende, divisé son manteau en deux pour donner la partie lui appartenant à un pauvre (l’autre moitié étant la propriété de Rome). Un symbole d’altruisme et d’aide aux plus faibles, pour un chef d’Etat parfois qualifié de « président des riches ».
Poignée de main cordiale
La visite d’Emmanuel Macron au Saint-Siège a commencé mardi 26 juin, cour Saint-Damase à 10 h 25, sous un grand soleil. Le président, en costume-cravate sombre, et son épouse, en robe noire et mantille à la main, sont arrivés à bord d’une voiture officielle, une Maserati.

        Sur les enjeux de la
         

          première rencontre entre Emmanuel Macron et le pape François



Dans la délégation devaient également être présentés au pape les ministres Gérard Collomb (intérieur) et Jean-Yves Le Drian (affaires étrangères), Philippe Zeller, ambassadeur de France près le Saint-Siège, Philippe Etienne, conseiller diplomatique du président de la République, ou encore Sylvain Fort, conseiller discours de M. Macron.
Le couple présidentiel a été accueilli par le préfet de la Maison apostolique, Georg Gänswein, qui l’a ensuite conduit auprès du pape. Ce dernier a mis quelques secondes avant d’esquisser un sourire. Mais la poignée de main entre Emmanuel Macron et le souverain pontife fut finalement cordiale. Un échange toujours scruté de près par les experts du Vatican. Donald Trump avait ainsi eu droit à un visage fermé pour l’accueillir.
« Soyez le bienvenu », a dit en français le souverain pontife au président de la République. « Merci beaucoup », lui a répondu celui-ci. Les deux hommes ont ensuite quitté la salle du petit trône pour rejoindre le bureau du pape François où était prévu l’entretien. Le père Jean Landousies, pointure de la diplomatie vaticane, a servi d’interprète. Le chef de l’Etat a offert une édition ancienne en italien du Journal d’un curé de campagne, le roman de Georges Bernanos, l’un des auteurs fétiches du pape.

        Comprendre :
         

          Pourquoi le président français devient-il chanoine de Latran ?






                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/26/19-7">
<filnamedate="20180626"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180626"><AAMMJJHH="2018062619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ De l’Europe à l’Asie, entreprises, politiques et investisseurs craignent que les tensions entre les Etats-Unis et le reste du monde brisent la croissance.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les tensions commerciales menacent l’économie mondiale

De l’Europe à l’Asie, entreprises, politiques et investisseurs craignent que les tensions entre les Etats-Unis et le reste du monde brisent la croissance.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 11h49
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Jeu de bluff, poker menteur, voire simples rodomontades… Longtemps, les menaces du président américain Donald Trump n’ont été prises au sérieux qu’à moitié. Cette époque est révolue. Des investisseurs aux analystes en passant par les entreprises et les responsables politiques, ils sont toujours plus nombreux à s’inquiéter de tensions en passe de dégénérer en véritable guerre commerciale. Au risque d’affecter sérieusement la dynamique économique mondiale.

« La Chine et l’Union européenne s’opposent à l’unilatéralisme et au protectionnisme, et pensent que cela pourrait amener récession et turbulences dans l’économie mondiale », a déclaré Liu He, principal conseiller économique du président chinois, Xi Jinping, lors d’une réunion, lundi 25 juin, avec le vice-président de la Commission européenne Jyrki Katainen. Rien d’étonnant à cette mise au point : selon des informations de presse, les Etats-Unis seraient sur le point de dévoiler un plan visant à bloquer les investissements chinois dans le secteur technologique américain.

De quoi crisper la relation déjà très tendue entre Washington et Pékin. Et pousser l’homme de confiance de M. Xi à volontairement dramatiser la situation. Mais si l’activité planétaire demeure robuste, de premiers signaux d’alerte commencent à s’allumer. Ces derniers mois, en Europe, la production industrielle a ralenti. Le premier trimestre a surpris par sa mollesse sur fond d’érosion de la confiance.
Baisse du moral des entrepreneurs allemands
Du Vieux Continent jusqu’en Asie, les enquêtes font état d’une dégradation du climat des affaires depuis le mois de février. En Allemagne, dont le gigantesque excédent commercial alimente les critiques de la Maison Blanche, le baromètre IFO publié lundi signale une nouvelle baisse du moral des entrepreneurs en juin. Les marchés financiers se mettent aussi à prendre au sérieux le risque d’escalade : lundi, Wall Street comme les Bourses européennes et asiatiques...




                        

                        


<article-nb="2018/06/26/19-8">
<filnamedate="20180626"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180626"><AAMMJJHH="2018062619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Vents d’est sur l’Union (2/3). A l’approche du Conseil européen des 28 et 29 juin, « Le Monde » revient sur l’évolution des pays de l’ex-bloc communiste.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


En Europe centrale, le malentendu de l’intégration

Vents d’est sur l’Union (2/3). A l’approche du Conseil européen des 28 et 29 juin, « Le Monde » revient sur l’évolution des pays de l’ex-bloc communiste.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 11h28
    |

            Sylvie Kauffmann (VARSOVIE, BUDAPEST, PRAGUE, BRATISLAVA, BRUXELLES - envoyée spéciale)








                        



                                


                            

C’est une bourgade autrichienne de 6 000 habitants, Hainburg an der Donau, au confluent du Danube et de la Morava, une de ces petites villes où se devine l’histoire de la « Mitteleuropa », l’Europe centrale. Vienne est à 50 km, Bratislava encore plus près, à 15 km. Mais ce n’est pas le château de Hainburg qui attire, si nombreux, les voisins slovaques. Ce sont ses supermarchés. Non pas que les produits en vente soient introuvables en Slovaquie, comme au temps du communisme. Non, le pot de Nutella disponible à Hainburg trône également sur les rayons des magasins de Bratislava, où on le paie aussi en euros. Simplement, vous assure-t-on encore aujourd’hui en Slovaquie, le Nutella est meilleur côté autrichien. Plus moelleux. Moins foncé. Parce que, répète-t-on devant votre incrédulité, sa composition n’est pas la même ; pour les consommateurs de l’Ouest, plus raffinés, on met davantage de noisettes. C’est la preuve, comprenez-vous, que les habitants de la partie orientale de l’Union européenne, ceux des Etats qui ont adhéré à l’UE en 2004, sont encore considérés comme des citoyens de seconde zone.
Ferrero, le fabricant de l’indispensable pâte à tartiner, a beau avoir démenti toute différence, le « syndrome Nutella » a la vie dure. Quatorze ans après l’élargissement de l’Union à dix nouveaux membres, dont huit pays ex-communistes, il illustre le sentiment – le ressentiment, surtout – de n’avoir toujours pas le même statut que les membres plus anciens. Pour Jakub Wisniewski, Polonais vivant en Slovaquie, il y a des contrôles policiers qui ne passent pas, comme ceux qu’il rencontre de temps en temps à la frontière entre Hainburg et Bratislava, alors que l’Autriche et la Slovaquie sont toutes deux membres de l’UE et de l’espace Schengen. Ce sont les policiers autrichiens qui contrôlent, relève-t-il, jamais l’inverse. Cette sensibilité-là est à fleur de peau.

Alors, lorsque l’affaire du Nutella à deux vitesses a éclaté, en février 2017, le premier...




                        

                        


<article-nb="2018/06/26/19-9">
<filnamedate="20180626"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180626"><AAMMJJHH="2018062619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ L’AKP sauve sa majorité au Parlement grâce à son alliance avec les nationalistes, opposés à toute concession envers les Kurdes.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


En Turquie, le parti d’Erdogan bénéficie du succès inattendu des nationalistes du MHP

L’AKP sauve sa majorité au Parlement grâce à son alliance avec les nationalistes, opposés à toute concession envers les Kurdes.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 10h45
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

Les politologues et les instituts de sondages disaient du Parti d’action nationaliste (MHP, droite nationaliste) qu’il serait le grand perdant des législatives du dimanche 24 juin. Pourtant, le MHP a suscité la surprise en recueillant 11 % des voix.
Une aubaine pour son partenaire de coalition, le Parti de la justice et du développement (AKP islamo-conservateur) de M. Erdogan, ainsi tiré d’un bien mauvais pas. Sans cette alliance, l’AKP, avec 42 % des voix, était assuré de perdre sa majorité parlementaire.

Le chef du MHP, Devlet Bahçeli, 70 ans, a salué lundi le « succès historique » de l’Alliance du peuple, qui est venu déjouer les plans de ceux qui misaient sur un scénario de crise. « C’est avec stupéfaction que nous assistons au succès et à l’essor du peuple », a déclaré M. Bahçeli.
Avec cinq partis représentés, le Parlement turc est diversifié et très polarisé, à l’image de la société
Son étonnement est compréhensible. Lui-même n’a guère fait campagne, il n’affichait pas de programme. Son unique revendication était la libération d’Alaattin Cakici, un ancien chef de la pègre qui purge actuellement une peine de prison. « Est-il juste de laisser nos frères moisir derrière les barreaux ? », avait-il interrogé en vain le 23 mai après lui avoir rendu visite à la prison de Kirikkale. Le président turc n’a pas voulu entendre parler d’amnistie.
Etonnamment, le score du MHP est le même que celui réalisé aux législatives de novembre 2015 alors qu’entre-temps un schisme s’est produit au sein du parti, quand Meral Aksener, l’une de ses égéries, a fait défection pour créer son propre parti (Iyi Parti, Le Bon Parti) à l’automne 2017, entraînant avec elle une partie de la base.
La « dame de fer » de la politique turque pensait chasser sur les terres de l’électorat nationaliste. Elle a mené sa campagne tambour battant, malgré les obstacles placés en travers de sa route par le pouvoir islamo-conservateur :...




                        

                        


<article-nb="2018/06/26/19-10">
<filnamedate="20180626"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180626"><AAMMJJHH="2018062619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Malgré des tensions entre Paris et Pékin autour de la mer de Chine, les deux pays renforcent leur coopération économique, notamment autour des Nouvelles routes de la soie.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Edouard Philippe plaide la cause du multilatéralisme à Pékin

Malgré des tensions entre Paris et Pékin autour de la mer de Chine, les deux pays renforcent leur coopération économique, notamment autour des Nouvelles routes de la soie.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 10h28
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 10h43
    |

Frédéric Lemaître (Pékin, envoyé spécial)







                        



                                


                            

Six mois après la visite d’Etat d’Emmanuel Macron, le premier ministre, Edouard Philippe, s’est, à son tour, rendu en Chine, du 22 au 25 juin, pour poursuivre « le dialogue sur les orientations stratégiques du partenariat » entre les deux pays et faire un point sur les engagements pris en janvier dans trois secteurs : l’agroalimentaire, l’aéronautique et l’énergie.
Effectuant là son premier grand voyage à l’étranger depuis sa nomination, Edouard Philippe était accompagné par pas moins de 230 personnes, un chiffre exceptionnel pour Matignon. En revanche, la moisson des accords est plutôt maigre. Si la filière bovine se félicite de voir l’embargo imposé par les Chinois en 2001 en partie levé, Airbus devra encore attendre pour voir la Chine lui commander 184 nouveaux Airbus A320 et l’accord pour une usine de retraitement des déchets nucléaires attendra. Tout juste, la Chine, qui vient de signer un nouveau partenariat avec le russe Rosatom, s’est engagée à donner un « nouvel élan politique » à la coopération avec la France dans le nucléaire civil.
« Consensus avec l’Union européenne »
Mais l’essentiel n’est pas là. Edouard Philippe voulait surtout vérifier que l’actuelle guerre commerciale que se livrent les Etats-Unis et la Chine n’allait pas déboucher sur un accord bilatéral enterrant de fait l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Devant tous ses interlocuteurs – du président Xi Jinping aux étudiants de l’université pékinoise de Tsinghua –, Edouard Philippe a martelé le même message : il faut préserver le multilatéralisme et le rénover.
Sur ce point fondamental, le premier ministre peut s’estimer satisfait. Son homologue Li Keqiang a insisté sur la nécessité de « protéger le multilatéralisme ». Le premier ministre chinois a même évoqué un « consensus avec l’Union européenne » sur le sujet même s’il est peu probable que l’Europe et la Chine mettent exactement la même chose derrière l’expression « multilatéralisme...




                        

                        


<article-nb="2018/06/26/19-11">
<filnamedate="20180626"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180626"><AAMMJJHH="2018062619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ La police évoque un acte délibéré. Aucun blessé n’est à déplorer.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Amsterdam : un véhicule a foncé dans le bâtiment de la rédaction du journal « De Telegraaf »

La police évoque un acte délibéré. Aucun blessé n’est à déplorer.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 08h39
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 12h34
    |

                            Le Monde.fr (avec Jean-Pierre Stroobants)








                        



   


Une fourgonnette a foncé, mardi 26 juin autour de 4 heures du matin, dans le bâtiment abritant la rédaction du quotidien néerlandais De Telegraaf, à Amsterdam. Le véhicule a pris feu après avoir percuté la façade en verre du journal, mais le début d’incendie a pu être maîtrisé par les pompiers, arrivés très rapidement sur les lieux. A l’aube, le site était tout de même calciné. Il n’y a pas eu de blessé et le conducteur du véhicule, qui s’est enfui immédiatement, n’a pas été interpellé.
La police a confirmé qu’il s’agissait d’un acte délibéré visant clairement le quotidien populaire qui, malgré une chute vertigineuse de son tirage au cours des dix dernières années, reste l’un des principaux titres du royaume, avec une diffusion quotidienne de quelque 400 000 exemplaires.
« Nous ne nous laisserons pas intimider »
« Tout indique qu’il s’agit d’un attentat. Nous ne nous laisserons pas intimider », a déclaré le rédacteur en chef, Paul Jansen.

Aanslag op De Telegraaf: Wij laten ons niet intimideren! https://t.co/4108bKTbLK— telegraaf (@De Telegraaf)


require(["twitter/widgets"]);

Le premier ministre, Mark Rutte, a estimé qu’en dépit des nombreuses zones d’ombre, l’épisode est une « gifle au visage de la presse libre et de la démocratie néerlandaises ». Le gouvernement est « sur ses gardes et vigilant », a-t-il dit sur Twitter.
De Telegraaf est réputé pour ses enquêtes criminelles, et certains de ses journalistes affirment faire l’objet de menaces régulières. Au cours des derniers mois, plusieurs rédactions du pays ont réclamé une protection accrue pour la profession.
Une responsable du journal explique qu’une bonne partie du bâtiment de De Telegraaf était entouré de blocs de béton, la fourgonnette s’est faufilée entre deux de ces blocs.
Il y a quelques jours, une grenade avait été lancée contre les locaux du magazine Panorama, situés dans le même quartier. Un homme de 41 ans a été appréhendé.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/26/19-12">
<filnamedate="20180626"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180626"><AAMMJJHH="2018062619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ La France, l’Espagne et l’Allemagne défendent ce projet, à la veille du sommet européen des 28 et 29 juin. Mais, en 2015, les « hot spots » en Italie et en Grèce avaient échoué.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les centres fermés pour migrants, une solution possible mais complexe à mettre en œuvre

La France, l’Espagne et l’Allemagne défendent ce projet, à la veille du sommet européen des 28 et 29 juin. Mais, en 2015, les « hot spots » en Italie et en Grèce avaient échoué.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 06h35
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 06h48
    |

            Julia Pascual








                        



                                


                            
Des centres fermés permettront-ils de débloquer la crise politique qui secoue l’Europe ? C’est la proposition qu’essayent de pousser la France, l’Espagne et l’Allemagne, à la veille du sommet européen des 28 et 29 juin. La situation des migrants secourus en mer serait examinée dans ces centres de rétention. Ceux relevant du droit d’asile se verraient ensuite répartis dans les Etats membres et les migrants économiques reconduits dans leur pays d’origine. Cette proposition fait son chemin, tandis que d’autres Etats membres plaident pour des plates-formes de débarquement des migrants en dehors de l’Union européenne (UE).
Du point de vue du droit, la rétention des personnes relevant de l’asile n’est pas interdite. « C’est légalement possible mais c’est complexe, confirme Serge Slama, professeur de droit public à l’université de Grenoble. Cela ressemble aux zones d’attente en France. » Un étranger qui souhaite demander l’asile peut ainsi être placé à son arrivée à la frontière dans ces zones pour une durée de quatre jours et jusqu’à vingt-six jours maximum, sous le contrôle d’un juge.
Lors d’une conférence de presse avec le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez, Emmanuel Macron a assuré samedi que les centres fermés seraient « conformes » aux règles du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Or, celui-ci s’est constamment opposé à la détention systématique et obligatoire. En 2016, il avait ainsi suspendu ses activités dans les « hot spots » (lieux de regroupement des migrants) des îles grecques, devenus des centres de rétention.
Le retrait du HCR était également dû à l’accord UE-Turquie qui permettait à la Grèce de refouler des migrants relevant du droit d’asile, en considérant que leur demande pouvait être examinée en Turquie, pays par lequel ils avaient transité et qualifié de « sûr ».
Un risque « d’externalisation sauvage »
« Face au risque d’externalisation sauvage vers des...




                        

                        


<article-nb="2018/06/26/19-13">
<filnamedate="20180626"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180626"><AAMMJJHH="2018062619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Le député Florent Boudié (LRM), qui déposera une proposition de loi à la fin de l’année, estime, dans une tribune au « Monde », que le gouvernement doit régler dignement la rétention des étrangers les plus vulnérables.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 25/06/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


« La France a un sérieux problème avec la rétention des enfants étrangers »

Le député Florent Boudié (LRM), qui déposera une proposition de loi à la fin de l’année, estime, dans une tribune au « Monde », que le gouvernement doit régler dignement la rétention des étrangers les plus vulnérables.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 11h22
    |

Florent Boudié (Député La République en marche de la Gironde, responsable du projet de loi asile, immigration et intégration)







                        



                                


                            
Tribune. En séparant parents et enfants entrés illégalement aux Etats-Unis, Donald Trump a relancé le débat sur la rétention des mineurs étrangers, qui agite la France. Les situations sont différentes. La France ne pratique pas la séparation des familles. Quant au nombre d’enfants placés en rétention, sans proportion avec la situation américaine, il a atteint, en 2017, le chiffre de 305 en métropole, 4 200 dans le seul ­département de Mayotte, pour 50 000 étrangers retenus en instance d’expulsion.
Mais la France a été sévèrement condamnée, entre 2012 et 2016, par la Cour européenne des droits de l’homme. Les juges de Strasbourg n’ont certes pas sanctionné le principe même de la rétention. Ils ont toutefois estimé, à six reprises, que la France violait plusieurs des principes de la Convention européenne des droits de l’homme : l’interdiction des traitements inhumains (article 3), le droit à la liberté et à la sûreté (article 5) et le respect de la vie privée et familiale (article 8).

Notre pays a donc un sérieux problème avec la rétention des mineurs. Le candidat Hollande s’était engagé, s’il était élu à l’Elysée, « à mettre fin dès mai 2012 à la rétention des enfants et donc des familles avec enfants ». Une circulaire publiée à l’été 2012, puis une loi confuse adoptée quelques mois plus tard, ont bien tenté de fixer un cadre, mais sans tenir la promesse présidentielle.
Résultat : en métropole, le nombre d’enfants retenus a quadruplé entre 2013 et 2016, passant de 41 à 172, avant de bondir en 2017, tout près du record atteint sous Nicolas Sarkozy : 384 enfants en 2011.
Une politique de continuité
Il faut donc « tirer les leçons du pouvoir », puisque la politique conduite en ce domaine par les gouvernements successifs – de droite, de gauche et d’ailleurs – frappe avant tout par sa continuité. Pourquoi la France ne se désaccoutume-t-elle pas d’une forme de maltraitance contraire à l’intérêt de l’enfant...




                        

                        


<article-nb="2018/06/26/19-14">
<filnamedate="20180626"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180626"><AAMMJJHH="2018062619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Près de 1 200 Français étudient dans le Land et à Munich, où la France dispose d’un attaché de coopération scientifique et universitaire.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La Bavière, une terre d’accueil pour les étudiants français

Près de 1 200 Français étudient dans le Land et à Munich, où la France dispose d’un attaché de coopération scientifique et universitaire.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 13h59
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            
Berlin, Correspondant

Il est beaucoup question de la Bavière, ces temps-ci, dans les journaux. A cause de son ministre-président, le très droitier Markus Söder, qui, depuis son élection en mars, a pris une série de décisions controversées, comme l’installation de crucifix à l’entrée de tous les bâtiments publics. A cause aussi de Horst Seehofer, président du puissant parti conservateur bavarois (CSU) et nouveau ministre fédéral de l’intérieur, qui souhaite imposer un durcissement sans précédent de la politique migratoire de l’Allemagne, au risque de faire éclater la coalition d’Angela Merkel.
Une région réactionnaire, repliée sur ses traditions et hantée par la peur de l’étranger ? Si ses élites politiques cherchaient à cultiver une telle image, elles ne s’y prendraient pas autrement. Mais la Bavière ne se réduit pas à cette caricature. Des seize Länder allemands, c’est celui qui affiche le taux de chômage le plus bas (2,7 % en mai, soit 2,4 points de moins que la moyenne nationale), le troisième en termes de PIB par habitant.
Région européenne ayant déposé le plus grand nombre de brevets en 2017, elle se distingue aussi sur le plan universitaire. Sur les quatre universités allemandes qui figurent dans le top 100 du classement de Shanghaï, deux sont en Bavière, l’Université technique (TUM, 50e) et l’université Louis-et-Maximilien (57e), toutes deux à Munich, situées juste derrière celle de Heidelberg (Bade-Wurtemberg, 42e), mais devant celle de Göttingen (Basse-Saxe, 95e).
« Universités d’excellence »
Signe de cette attractivité bavaroise : Munich est la seule ville d’Allemagne, avec Berlin, où la France dispose d’un attaché de coopération scientifique et universitaire. « Il y a ici un alignement des planètes assez exceptionnel, explique l’actuel titulaire du poste, Paul Alibert, enseignant-chercheur à l’université de Bourgogne. Rien qu’à Munich se trouvent deux des onze “universités...




                        

                        


<article-nb="2018/06/26/19-15">
<filnamedate="20180626"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180626"><AAMMJJHH="2018062619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Premier membre de la famille royale à se rendre en Israël depuis 1948, le duc de Cambridge visitera également les territoires palestiniens.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Proche-Orient : une visite du prince William pour sortir Londres de son isolement post-Brexit

Premier membre de la famille royale à se rendre en Israël depuis 1948, le duc de Cambridge visitera également les territoires palestiniens.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 23h53
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 15h13
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant) et 
Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



   


Purement symbolique, la visite de cinq jours qu’a commencée le prince William, dimanche 24 juin en Jordanie, en Israël et dans les territoires palestiniens est cependant qualifiée d’« historique » par le palais de Kensington. L’événement réside moins dans les nombreuses visites protocolaires inscrites au programme du duc de Cambridge, que dans la présence dans l’ancienne « Palestine mandataire » contrôlée par les Britanniques entre 1920 et 1948, de cet héritier de la Couronne, âgé de 36 ans, deuxième dans l’ordre de succession de la reine Elizabeth II. Depuis la création d’Israël, aucun membre de la famille royale n’y avait effectué de visite officielle.
Arrivé en Jordanie dimanche, William, qui voyage sans son épouse Kate, a visité lundi le site archéologique romain de Jerash en compagnie du prince héritier Hussein Ben Abdallah. Il a loué « une société jordanienne ouverte et stable » et qualifié de « remarquable [son] engagement de longue date envers les réfugiés palestiniens ». Lundi après-midi, le prince est arrivé à Tel Aviv avant de s’installer à Jérusalem à l’hôtel King David, ancien quartier général de l’administration britannique avant la création de l’Etat d’Israël.
Neutralité dont se prévaut la monarchie
Mardi, il doit visiter le mémorial de la Shoah Yad Vashem et s’entretenir avec le premier ministre Benyamin Nétanyahou dans sa résidence officielle à Jérusalem, rue Balfour, du nom de l’ancien secrétaire au Foreign office britannique. En 1917, dans une lettre passée à la postérité, Arthur Balfour avait apporté le soutien de Londres à la création d’un « foyer national » pour les juifs en Palestine, trahissant la promesse faite aux chefs arabes de soutenir leur indépendance. En 1947, le Royaume-Uni a été l’un des rares pays occidentaux à s’abstenir lors du vote aux Nations Unies sur le plan de partage de la Palestine. Après l’établissement de l’Etat d’Israël en 1948, la couronne britannique a d’une certaine façon boycotté le pays.

        Lire aussi :
         

                La Nakba palestinienne, un enjeu politique et une bataille mémorielle



Mercredi, William visitera des start-ups à Tel Aviv avant de se rendre à Ramallah où il déjeunera avec Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, puis participer à une rencontre « avec des jeunes Palestiniens ». Enfin, jeudi, il se rendra dans la vieille ville de Jérusalem située dans « les territoires palestiniens occupés », comme le rappelle le programme officiel, au grand dam des officiels israéliens. Le voyage est partagé à trois périodes égales, comme pour rappeler la neutralité dont se prévaut la monarchie britannique.
Depuis 70 ans, la volonté de ne pas interférer dans un conflit en cours servait de motivation officielle aux multiples refus opposés par Londres aux invitations à la reine périodiquement lancées par les autorités israéliennes. Première dirigeante du Royaume-Uni à visiter Israël en 1986, Margaret Thatcher fut interrogée sur les raisons pour lesquelles la reine Elizabeth, n’avait jamais trouvé de temps pour Israël. « Mais je suis là ! », avait rétorqué la Dame de fer en toute simplicité.
Curiosité des commentateurs locaux
Le Foreign office contrôle strictement l’agenda des déplacements « royaux » à l’étranger. Les raisons de son changement d’attitude renvoient à la volonté de Londres de rompre son isolement diplomatique consécutif au Brexit et de s’attirer les bonnes grâces de Donald Trump (qui dont effectuer en juillet sa première visite au Royaume-Uni après plusieurs rebuffades) sans pour autant paraître provoquer les Palestiniens. En langage diplomatique de communiqué royal, cela conduit le prince William à l’ambition assez surréaliste de rencontrer des jeunes Jordaniens, Israéliens et Palestiniens « de sa génération » afin de « construire une relation véritable et durable avec les peuples de la région » et « s’informer de leurs ambitions partagées et de leurs espoirs pour l’avenir ». 
« Lundi, un pilote d’hélicoptère de 36 ans sans emploi dont le seul rôle dans la vie consiste à attendre le décès de son père et de sa grand-mère pour hériter de l’affaire familiale arrivera en Israël pour une visite historique », a résumé abruptement le journaliste Anshel Pfeffer, dans le quotidien de centre gauche Haaretz. L’arrivée du prince William en Israël suscite la curiosité des commentateurs locaux. Non pas en raison de la personnalité lisse du visiteur et de son devoir de réserve classique, mais de la charge symbolique de l’événement.
Directeur de l’Institut Abba-Eban pour la diplomatie, au Centre interdisciplinaire d’Herzliya et ancien ambassadeur à Londres, Ron Prosor soulignait lundi, dans le quotidien Maariv, à quel point cette visite royale s’était longtemps faite désirer : « Aujourd’hui, alors qu’Israël, l’Arabie Saoudite et d’autres Etats du Golfe persique ont des intérêts communs en partage, en vertu desquels Israël fait partie de la solution et pas du problème, alors que la guerre contre le terrorisme et l’islam extrémiste change les rues de Londres et Manchester, alors que la Grande-Bretagne et l’Arabie Saoudite se donnent la main dans la bataille contre le Hezbollah, les buveurs de thé sur les bords de la Tamise se sont réveillés, même tardivement, et ont réalisé que les intérêts du royaume réclamaient une visite en Israël. »
Détour par la vieille ville de Jérusalem
L’attention de Benyamin Nétanyahou n’est guère focalisée sur cette visite princière. Mais les symboles aussi ont du sens. Dans le programme officiel, il est fait mention d’un détour par la vieille ville, à Jérusalem Est, soit en « territoires occupés », selon l’expression consensuelle de la communauté internationale depuis des décennies. Mais son usage, après la reconnaissance unilatérale de la ville comme capitale d’Israël par les Etats-Unis, a du sens. Elle rappelle que le statut final de Jérusalem ne doit être tranché, selon le consensus international, qu’au terme des négociations finales de paix avec les Palestiniens.

        Lire aussi :
         

                L’UE désunie sur la reconnaissance de Jérusalem



Or cette visite intervient alors qu’une grande agitation diplomatique s’observe dans la région, en raison des intentions américaines. L’administration Trump compte toujours présenter son plan de paix. Le gendre et conseiller du président, Jared Kushner, et l’avocat Jason Greenblatt, qui pilotent les contacts plus ou moins publics avec les pays arabes depuis un an, mettent la pression sur Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, pour qu’il prenne le plan à venir en considération.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/26/19-16">
<filnamedate="20180626"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180626"><AAMMJJHH="2018062619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Depuis le 20 juin, des pochoirs attribués à l’artiste britannique sont apparus sur les murs de la capitale française. Deux ont été vandalisés, et un autre volé.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ 
<article-nb="2018/06/26/19-17">
<filnamedate="20180626"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180626"><AAMMJJHH="2018062619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Mardi après-midi, le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, a annoncé que le « Lifeline » accosterait à Malte, et que l’Italie accueillerait « une partie des migrants ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

« Aquarius », « Lifeline », « Maersk », « Open-Arms », « Seefuchs » : où en sont les navires qui secourent les migrants ?

Mardi après-midi, le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, a annoncé que le « Lifeline » accosterait à Malte, et que l’Italie accueillerait « une partie des migrants ».



Le Monde
 |    25.06.2018 à 17h49
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 14h38
   





                        



   


La confusion règne en mer Méditerranée. Les opérations de secours de plusieurs navires humanitaires ou commerciaux sont en suspens, dans l’attente de solutions. L’Italie, qui refuse, désormais, l’accès de ses ports aux ONG internationales, les a sommées, dimanche 24 juin, de ne plus intervenir dans le sauvetage de migrants et de laisser les garde-côtes libyens se charger de cette tâche.
Malte refuse d’accueillir l’« Aquarius »
Le navire humanitaire Aquarius a mis le cap sur Marseille pour une escale technique qu’il doit faire dans les prochains jours, l’ONG SOS-Méditerranée, qui l’affrète, affirmant avoir essuyé un refus de Malte et ne pas pouvoir non plus débarquer en Italie.
L’Aquarius, qui doit procéder à ce type d’escale toutes les trois semaines pour se ravitailler et renouveler ses équipes, le fait d’habitude à Catane, en Sicile. Mais l’association, fondée il y a deux ans dans la cité phocéenne et qui se consacre au secours des migrants en mer, considère que « le climat [n’est] pas du tout favorable aux ONG » en Italie, a déclaré son directeur des opérations Frédéric Penard, lors d’une conférence de presse.

        Lire :
         

          Malte refuse d’accueillir l’Aquarius, qui fera une escale technique à Marseille



Situation débloquée pour le « Lifeline », qui accostera à Malte
Le Lifeline, de l’ONG allemande du même nom, devrait être autorisé à accoster dans un port maltais, d’après le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte, qui s’est entretenu avec Joseph Muscat, le premier ministre maltais. Il a également annoncé que l’Italie accueillerait « une partie des migrants ».
Le Lifeline, qui bat pavillon néerlandais, s’est vu, en premier lieu, refuser l’autorisation d’accoster dans un port italien par les autorités italiennes qui lui ont demandé de s’adresser à la Libye. Un courriel envoyé par le Lifeline aux garde-côtes libyens est resté lettre morte et, selon Axel Steier, il est peu probable qu’ils répondent, dans la mesure où la seule possibilité pour le navire serait de se diriger vers l’île italienne de Lampedusa, au sud de la Sicile.
Le navire se trouve dans les eaux internationales à environ 30 milles nautiques des côtes maltaises avec 234 migrants à son bord qu’il a recueillis mercredi, dont 14 femmes et quatre enfants de moins de 3 ans, selon le cofondateur de l’ONG, Axel Steier.
L’Italie accuse l’ONG allemande Mission Lifeline, qui l’a affrété, d’avoir agi en contravention du droit international en prenant à son bord les migrants alors que les garde-côtes libyens étaient en train d’intervenir. M. Conte a assuré mardi après-midi que le navire « sera[it] soumis à une enquête pour s’assurer de sa nationalité et du respect des règles du droit international de la part de son équipage ».

        Lire aussi :
         

                Migrants : l’Italien Salvini favorable à des « centres d’accueil » pour migrants au sud de la Libye



Le Lifeline, qui a été approvisionné en vivres et en médicaments en provenance de Malte, avait demandé, dans un premier temps, lundi, à être accueilli par la France. La ministre chargée des affaires européennes, Nathalie Loiseau, avait répondu peu après sur France 2, que c’était « à l’Italie » de prendre en charge le Lifeline, une semaine après la polémique sur l’Aquarius, refoulé par l’Italie et, finalement, accepté par l’Espagne.
Un peu plus tard, Matteo Salvini a taclé, sans jamais la nommer, Mme Loiseau : « Le ministre français est ignorant, dans le sens qu’il ignore la situation de ce navire qui a agi en ignorant les signalisations des garde-côtes italiens et libyens : c’est un navire hors la loi qui doit être saisi. » « Je suis surpris par la méchanceté des Français, l’ouverture du port de Marseille à ce navire serait un beau geste et on ne voit pas pourquoi il devrait arriver en Italie, vu qu’il n’a rien à voir avec notre pays », a-t-il ajouté, confirmant que le navire ne serait pas autorisé à entrer dans un port italien.
De son côté, le cofondateur de l’ONG Lifeline, Axel Steier, a dit que le bateau n’avait, finalement, pas l’intention de rejoindre un port français dans l’immédiat. « Nous voulions faire ça initialement, mais à cause des conditions météo, ce n’est pas possible actuellement. (…) Cela ne se passera ni aujourd’hui, ni demain, ni après-demain, car la météo est mauvaise, mais pour la suite nous maintenons cette option possible », a-t-il ajouté.
Dans la soirée, le président nationaliste de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, s’est dit « disposé à porter secours » aux migrants recueillis sur le Lifeline. Il a toutefois ajouté sur France Inter que, « juridiquement, il faut évidemment l’accord de l’Etat [français] pour que les choses se fassent ».
Le porte-conteneurs « Maersk » accoste en Sicile
Le porte-conteneurs danois Alexander-Maersk transportant 108 migrants, secourus vendredi au large de la Libye, a finalement été autorisé, dans la nuit de lundi 25 à mardi 26 juin, à accoster à Pozzallo en Sicile. Ses passagers ont débarqué mardi matin.
Le navire avait changé de cap, après avoir reçu un signal de détresse vendredi matin, a précisé Mikkel Elbek Linnet, porte-parole de Maersk Line. Il avait porté secours à 113 migrants, mais cinq d’entre eux, dont quatre enfants et une femme enceinte, ont ensuite été débarqués samedi soir.
La ministre à l’immigration et à l’intégration danoise, Inger Stojberg, a envoyé une lettre à Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur italien, pour lui demander d’agir afin que ces migrants ne restent pas sur le bateau. Depuis 2015, l’Alexander-Maersk a participé à sept opérations de sauvetage et a accueilli des personnes à bord à trois reprises.
L’« Open-Arms » empêché de secourir des migrants
Le navire Open-Arms de l’ONG espagnole Pro Activa se trouve lui aussi dans les eaux internationales, entre 24 et 30 milles au large des côtes libyennes. L’organisation a affirmé dimanche que l’Italie avait refusé l’aide de son navire pour secourir un millier de migrants à la dérive au large de la Libye, Rome affirmant que les garde-côtes libyens allaient s’en charger.
Sa porte-parole a assuré que l’ONG avait reçu au cours des dernières heures « sept ou huit » appels à l’aide provenant d’embarcations transportant des migrants et se trouvant au large de la Libye. Toujours, selon Pro Activa, les migrants allaient être renvoyés en Libye.
Le « Seefuchs », bloqué dans un port maltais
Le Seefuchs, de l’ONG allemande Sea-Eye et battant pavillon néerlandais, est amarré dans le port maltais de La Valette, la capitale, où sont en cours des vérifications concernant son immatriculation, les autorités néerlandaises ayant affirmé qu’il ne figurait pas dans les registres navals du pays. Cette opération devrait prendre quelques jours.

        Lire aussi :
         

                Au cœur de l’éprouvant périple de l’« Aquarius »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/26/19-18">
<filnamedate="20180626"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180626"><AAMMJJHH="2018062619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Francis Vallat se félicite que le mini-sommet de Bruxelles de dimanche, consacré à l’immigration, ait abouti à une prise de conscience, alors qu’au moins 700 migrants auraient péri en Méditerranée depuis janvier.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Le président de SOS Méditerranée : « Notre seule exigence, c’est l’humanité et la dignité »

Francis Vallat se félicite que le mini-sommet de Bruxelles de dimanche, consacré à l’immigration, ait abouti à une prise de conscience, alors qu’au moins 700 migrants auraient péri en Méditerranée depuis janvier.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 17h29
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 10h26
    |

                            Françoise Joly (TV5 Monde), 
                            Sophie Malibeaux (RFI) et 
Christophe Ayad








                        



   


Francis Vallat est le président de SOS Méditerranée depuis février 2016. L’ONG française affrète l’Aquarius, le bateau avec 630 migrants à bord repêchés au large de la Libye que le nouveau gouvernement italien a récemment refusé de laisser accoster, déclenchant une crise au niveau européen sur la question migratoire. Le Monde l’a interrogé dimanche 24 juin, dans le cadre de l’émission Internationales, en partenariat avec TV5 Monde et RFI.
Après l’Aquarius, plusieurs autres bateaux de sauvetage sont interdits d’accoster en Italie. Etes-vous en discussion avec les autorités de différents pays pour trouver des solutions de rechange ?
Je suis obligé de rappeler qu’en vertu du droit international, qui exige d’aller dans le port le plus proche, ce doit être à l’Italie, à Malte ou à la Tunisie de les accueillir. Je mets la Libye à part car il n’est pas question pour nous de ramener des rescapés dans cet enfer, où des crimes contre l’humanité sont commis.
Les refus de l’Italie – et de Malte – nous interpellent évidemment car l’Aquarius vient d’arriver sur zone dimanche matin et risque très vite de se trouver avec de nouveaux rescapés à bord. Mais je suis confiant en même temps, car la crise de l’Aquarius – qui nous a dépassés, il faut bien l’avouer – a mis tout le monde devant ses responsabilités. Maintenant, chacun sait qu’il faut trouver des solutions. Et nous parlons avec tout le monde.
Avez-vous été étonné par l’attitude italienne ?
D’abord, il faut rappeler que l’Italie accueille très bien les migrants. Ce n’est pas contre les migrants que les Italiens en ont, mais contre l’Europe, qui les a laissés tomber. Les Italiens ont essayé par tous les moyens d’interpeller l’Europe, sans avoir de réponse. Matteo Salvini [le ministre italien de l’intérieur et chef de la Ligue] a obtenu une chose, c’est que l’Europe s’en préoccupe. Le niveau pertinent de réponse est européen. On a vu la déclaration franco-espagnole [vendredi 23 juin, Emmanuel Macron a proposé la mise en place de centres d’accueil fermés dans les pays de l’EU]. Si cette solution doit voir le jour, on ira où on nous dira. Nous sommes exclusivement dans le sauvetage.

        Lire aussi :
         

                Michael Roth : « On ne peut pas travailler en posant des ultimatums »



De quand date la dégradation de vos rapports avec les autorités italiennes ?
Cela a commencé à l’été 2017, au moment où un bateau de Génération identitaire [groupuscule d’extrême droite] est venu faire de l’agitation près de la Libye et où les autorités italiennes nous ont demandé de signer un code de bonne conduite. Nous l’avons signé, mais après avoir apporté trois amendements majeurs : pas d’opération de police à bord pendant les vingt-quatre premières heures ; pas d’armes à bord, sauf dans certains cas ; et le fait de permettre les transbordements. Mais je comprends que les Italiens en aient eu marre : ils ont cherché par tous les moyens à alerter les Européens, sans succès. Le règlement de Dublin [qui rend les pays de premier accueil responsables du sort des demandeurs d’asile] est totalement injuste par les pays du Sud.
Je tiens à rappeler que nous travaillons exclusivement sous l’ordre des autorités maritimes nationales, italiennes ou maltaises. Nous n’avons jamais eu de problème avec le MRCC [centre italien de sauvetage en mer]. Mais ce dernier est aux ordres d’un gouvernement élu et il obéit, même si on sent bien qu’ils sont malheureux. Une seule fois en deux ans et demi, j’ai donné l’ordre d’intervenir car un naufrage se passait sous nos yeux. Le reste du temps, ce sont les autorités italiennes qui nous préviennent et nous intervenons à sa demande.

   


On vous reproche de faire appel d’air en sauvant les naufragés…
Je rappelle qu’on travaille hors des eaux territoriales libyennes. Contrairement à ce qu’on dit, nous n’avons jamais été appelés par des passeurs. Et si c’était le cas, on raccrocherait.
Les départs n’ont pas lieu parce que nous sommes là. Regardez « Mare Nostrum », l’opération de sauvetage menée par le gouvernement italien en 2014 : elle a sauvé 150 000 migrants en un an. Mais au nom de la théorie de l’appel d’air, l’Europe a fait pression pour qu’elle s’arrête. Que s’est-il passé ? Les flux ont continué à monter, le nombre de morts, lui, a explosé.
Comment expliquez-vous que la crise de l’Aquarius ait éclaté alors que le flux de migrants en provenance de Libye est en forte diminution ?
On est sur une base annuelle de 30 000 passages cette année, alors qu’on était à 180 000 en 2016 et 120 000 en 2017. Mais je rappelle que, depuis le début de l’année, nous avons sauvé 2 000 personnes et qu’on est à près de 700 morts. Ce n’est pas rien, et ça va continuer.
Les raisons de cette baisse sont la mauvaise météo sur les cinq premiers mois de l’année et l’intervention des gardes-côtes libyens, équipés par l’Italie, qui ont intercepté plus de 6 000 personnes rien qu’en dehors de leurs eaux territoriales. Qu’on équipe et qu’on forme ces gens, c’est très bien. Mais, que cela leur serve à faire du business, ce n’est pas possible. Il faut savoir que, pour la première fois, le Conseil de sécurité de l’ONU a mis sous sanction, le 8 juin, six individus liés au trafic de migrants dont quatre Libyens, l’un d’entre eux étant commandant de secteur des gardes-côtes libyens…

        Lire aussi :
         

                Migrants : l’équipe du navire « Lifeline » répond aux provocations de Salvini



Avez vous observé une hausse ou une baisse des dons depuis la crise déclenchée par l’Italie ?
Nous avons reçu plus de 500 000 euros de la part de particuliers – nous ne recevons de dons que de particuliers – dans la semaine qui a suivi l’affaire de l’Aquarius. C’est plus que jamais.
Est-ce que la France a failli dans la crise de l’Aquarius en ne l’accueillant pas ?
Je ne veux pas entrer dans le débat politique, au nom de la pureté de notre engagement humanitaire. Mais oui, je suis déçu. Quand même Marseille et la Corse étaient plus proches que l’Espagne, alors qu’on avait à bord des gens épuisés, qui avaient subi deux transbordements et qu’on traversait une tempête… Néanmoins, les autorités françaises avaient mis en place tous les moyens s’il avait fallu évacuer.
Que pensez-vous du mini-sommet de Bruxelles de dimanche 24 juin ?
D’abord, le fait qu’il se tienne est déjà bien : c’est une prise de conscience. Ensuite, avant la proposition franco-espagnole, il n’y avait rien sur la table. Notre seule exigence, c’est que les choses soient faites de manière humaine et dans la dignité. Emmanuel Macron a parlé de centres aux normes du HCR [Haut Commissariat de l’ONU aux réfugiés], cela nous convient.

        Lire aussi :
         

                Après l’« Aquarius », Pedro Sanchez veut replacer l’Espagne dans le jeu européen



Emmanuel Macron établit une différence entre migrants économiques et demandeurs d’asile fuyant une situation de guerre ou de persécution. Est-ce que ce distinguo a un sens ?
Sur l’Aquarius, vous avec ceux qui viennent de guerre ou quasi-guerre comme le Soudan, l’Erythrée, la Syrie ou le nord du Nigeria. Par exemple, un tiers des 630 personnes débarquées à Valence sont des Soudanais. Et puis il y a ceux qui viennent de pays en capilotade, essentiellement d’Afrique de l’Ouest. J’avoue que j’ai du mal à répondre. Comme tout le monde ne peut pas être accueilli, il faut donner priorité aux demandeurs d’asile, ensuite à ceux qui peuvent exercer un travail recherché et non pourvu en Europe.
Les responsables politiques exploitent de manière anxiogène leur incapacité à apporter des réponses au phénomène migratoire. Ce qui nous importe, à SOS Méditerranée, c’est que des solutions soient trouvées et qu’elles respectent la dignité. Le fait que des personnes en danger de mort doivent être sauvées ne se discute pas, c’est un devoir sacré. Je comprends que les choses soient complexes, qu’il y ait des peurs, mais dans tout cela, il y a une chose simple : sauver des vies.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/26/19-19">
<filnamedate="20180626"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180626"><AAMMJJHH="2018062619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Les armées européennes pourraient mettre en place des plans communs pour gérer les crises comme une catastrophe naturelle ou l’évacuation de civils.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Neuf pays européens, dont la France, veulent coordonner leurs opérations militaires

Les armées européennes pourraient mettre en place des plans communs pour gérer les crises comme une catastrophe naturelle ou l’évacuation de civils.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 17h09
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 15h07
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Luxembourg, envoyé spécial)








                        



   


La France a signé avec huit autres pays, à Luxembourg, lundi 25 juin, l’initiative européenne d’intervention (IEI) proposée il y a quelques mois par Emmanuel Macron, désireux de créer, à l’horizon 2024, une Europe « souveraine, stratégique et autonome » dans le domaine de la défense.
L’Allemagne, le Danemark, l’Estonie, l’Espagne, le Portugal, les trois pays du Benelux ont rallié ce projet, ainsi que le Royaume-Uni, ce qui apparaît comme une tentative de préserver des liens de coopération — pas seulement bilatéraux — avec Londres au-delà de l’échéance du Brexit. Le nouveau gouvernement en place à Rome a, en revanche, demandé du temps pour examiner une éventuelle participation de l’Italie. « Une question de méthode plus qu’une objection de fond », dit-on de source française.
L’IEI vise principalement à rapprocher les états-majors des pays « militairement capables » et ayant la volonté d’intervenir ensemble dans « des scénarios variés », résumait lundi la ministre des armées française, Florence Parly, à l’issue d’une réunion avec ses homologues européens. Des scénarios qui ne seraient pas nécessairement de « haute intensité » — à savoir des conflits armés —, mais des situations nécessitant une prise de décision rapide, comme une catastrophe naturelle ou l’évacuation de civils.
La France veut éviter de se retrouver seule au front
Paris insiste, histoire de rassurer certains de ses partenaires et le service diplomatique européen de Federica Mogherini — qui n’a pas assisté à la signature — : le projet sera « complémentaire » de l’Europe de la défense, et non pas en concurrence avec les missions de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC). Chacun sait, toutefois, que le processus qui conduit à la mise en place de celles-ci est complexe et lent à vingt-huit. Avec ses groupes d’intervention, la France espère y remédier, et éviter aussi de se retrouver seule au front, comme cela a été le cas au Mali, en 2013, lors de l’opération « Serval », ou en Centrafrique, de la fin de 2013 à 2016.
Les états-majors des neuf pays signataires se réuniront une première fois en septembre et élaboreront un programme de travail, concernant une planification et des exercices de gestion de « crises potentielles pouvant menacer la sécurité européenne, selon Mme Parly. Par exemple pour préparer l’exfiltration de ressortissants ».
Le nouveau mécanisme se placera, sur insistance de l’Allemagne, dans le cadre de la coopération structurée permanente (CSP, ou Pesco, son acronyme anglais), cet autre projet assimilé à l’ébauche d’une « zone euro de la défense » visant à stimuler la coopération, la planification, le développement technologique, les investissements « intelligents » et les projets industriels en commun.
La CSP était censée rassembler, dans l’esprit de ses promoteurs — et surtout de la France — un nombre restreint de pays désireux d’avancer rapidement. Elle rassemblera finalement vingt-cinq des vingt-huit Etats membres, ce qui pose indubitablement la question de son efficacité, même si tous les signataires ne sont pas censés participer à l’ensemble des projets, dans le domaine opérationnel ou capacitaire.
Le mécanisme de la coopération structurée n’était pas censé préfigurer la naissance d’une « force européenne » — chacun s’obligeant désormais à oublier le terme d’« armée » commune, qui fait figure d’épouvantail. L’« initiative » promue par le président français prolonge toutefois ce projet en prônant une collaboration poussée entre les forces de plusieurs pays.
Relance effective des projets d’Europe de la défense
L’idée de « groupes d’intervention » n’est toutefois pas la première du genre : l’OTAN possède une force de réaction rapide — avec un « fer de lance » de 25 000 hommes — et l’UE a créé il y a une quinzaine d’années les groupements tactiques européens — ou « battle groups », jamais déployés. L’Europe avait — déjà — l’ambition de renforcer ses capacités militaires et de développer l’interopérabilité entre les armées.
Le contexte politique a cependant changé, avec une relance effective des projets d’Europe de la défense et la pression américaine pour une meilleure prise en charge par les Européens de leur propre sécurité. A cet égard, les ministres ont tenté, lundi, de convaincre le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, que leur projet de groupes d’intervention participait au « partage du fardeau » réclamé par l’administration américaine. D’autant, soulignent-ils, qu’elle est couplée à d’autres projets — le fonds européen de défense, la facilité pour la paix, censée œuvrer à la prévention des conflits, ou les projets pour faciliter la mobilité des matériels militaires sur le continent.
La réponse de Jens Stoltenberg ? « Il a reconnu que les initiatives prises par les Européens étaient des contributions réelles, très concrètes », dit Mme Parly. On attend une — éventuelle — confirmation américaine au sommet de l’Alliance atlantique, les 11 et 12 juillet.

        Lire aussi :
         

                « Pour Merkel, adhérer à la nouvelle initiative militaire européenne est un véritable saut »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/26/19-20">
<filnamedate="20180626"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180626"><AAMMJJHH="2018062619">
<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Un site d’information italien a repris une fausse information issue des « MacronLeaks » et déjà démentie voilà un an. Mais il n’en fallait pas plus à quelques internautes pour la relayer massivement.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Macron et Soros : l’extrême droite française s’enflamme pour une intox reprise par la presse italienne

Un site d’information italien a repris une fausse information issue des « MacronLeaks » et déjà démentie voilà un an. Mais il n’en fallait pas plus à quelques internautes pour la relayer massivement.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 16h52
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 17h05
    |

            Samuel Laurent








                        


Non, Georges Soros n’a toujours pas financé la campagne d’Emmanuel Macron. Cette fausse information est apparue en 2017, à quelques jours du premier tour de la présidentielle, dans le cadre des fameux « MacronLeaks », une série de documents issus pour partie du piratage de boîtes mail de responsables du mouvement En marche !.
Ces boîtes mail livraient un certain nombre d’informations sur les coulisses de la campagne. Mais elles ont surtout été l’objet d’un véritable concours de rumeurs et de faux : d’une part les « MacronLeaks » contenaient de faux documents ; et surtout, des militants ont fait circuler des informations prétendument issues de ces fuites, et en réalité totalement fausses.
C’est le cas de la rumeur alléguant que Georges Soros aurait donné 2,3 millions d’euros, de même que David Rothschild ou que la Banque Goldman-Sachs. Cette information était apparue sur les réseaux sociaux à la veille du premier tour en 2017, comme le racontaient déjà à l’époque nos confrères de Libération Désintox. C’et notamment le cas de ce tweet, jamais effacé par son auteur — militant d’extrême droite — et mensonger :

🆘🇫🇷 #France : Résumé global pour le #MacronLeaks 
Les donateurs
Soros: 2,3 mills €
Rothschild: 976k €
— PorteTonAme (@-₽ - 🅣 - 🅐 -)


require(["twitter/widgets"]);

Les « MacronLeaks » ne contiennent aucune trace de ces chiffres. Du reste, il faut rappeler qu’en France, les dons d’entreprise aux partis et aux candidats sont purement et simplement interdits, et les dons individuels, plafonnés à 7 650 euros. Il serait impossible à un donateur de parvenir à financer à hauteur de plusieurs millions une campagne, à moins de recourir à des « astuces », qui risqueraient de poser question ensuite.
Bête noire
L’article italien qui a relancé la polémique ne cite aucun élément nouveau. Assez court, il se contente — derrière son titre racoleur « C’est désormais officiel, il y a Georges Soros […] derrière Macron » — de trois paragraphes. Au début du second paragraphe, l’article précise : « l’authenticité [de ces documents] est toujours douteuse et nous utilisons donc le conditionnel ». 
Mais il n’en fallait pas plus pour enflammer complotistes et militants d’extrême droite qui se déchaînent depuis lundi 25 juin sur ces « nouvelles révélations », voire ce « scoop », dont la presse ne parlerait pas. Autre élément du succès de cette rumeur, le fait qu’elle crée un faux lien avec Georges Soros, milliardaire devenu la bête noire de la droite américaine et des extrêmes droites européennes.

Décodex : nos outils contre les fausses informations
Utilisez les outils des Décodeurs pour éviter les fausses informations :
Installez en quelques clics notre extension pour les navigateurs Chrome (à télécharger ici) et Firefox (à télécharger ici) pour savoir en un clin d’oeil si les sites que vous consultez sont fiables ;Testez les sites que vous consultez sur notre moteur de recherche (cliquez ici pour y accéder) ;Vous voulez apprendre à vérifier l’information en ligne ? Lisez nos conseils pour éviter les fausses informations ;Besoin d’aide pour vérifier une info ? Interrogez notre robot Facebook (cliquez ici pour y accéder).





                            


                        

                        

