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Reportage

Au Rwanda, les exilés congolais privés d’avenir

Le pays accueille 174 000 réfugiés, dont 117 000 ressortissants de RDC, durement éprouvés par le manque de place, de perspectives et même de nourriture.

Par                                            Ghalia Kadiri (District de Gatsibo, Rwanda, envoyée spéciale)




LE MONDE
              datetime="2018-06-26T18:11:45+02:00"

        Le 26.06.2018 à 18h11






                        

Crédits : STEPHANIE AGLIETTI/AFP


                    

Régine n’a plus la force de pleurer. La main sur le ventre, elle chante de sa voix cassée pour oublier la faim, ce mal qui ronge les 14 600 réfugiés congolais du camp de Nyabiheke, dans le nord-est du Rwanda. « Ça brûle l’estomac, ensuite la tête, puis on se sent la moitié de soi-même, raconte à voix basse la mère de cinq enfants, 45 ans, le visage creusé de rides précoces. Je ne mange pas, pour tout laisser à mes enfants. » 
Régine a fui la province frontalière du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo (RDC), lors des conflits entre l’armée et les ex-rebelles du M23, soutenus par Kigali. « J’y ai laissé deux filles. Je ne sais pas si elles sont vivantes », confie-t-elle. Comme la plupart des habitants de ce camp ouvert en 2005, elle ne devait être que de passage. Les années ont passé, les enfants ont grandi… et les Congolais ont continué d’affluer.

Depuis plus de vingt ans, l’est de la RDC est déchiré par les guerres. Après le génocide des Tutsi au Rwanda, en 1994, un million de Hutu, encadrés par les forces de l’ancien régime génocidaire, se réfugièrent dans l’est de l’ex-Zaïre. Leurs camps, installés près de la frontière, servirent de bases à des opérations contre le nouveau pouvoir rwandais incarné par Paul Kagame. En 1996, ce dernier lança une opération de démantèlement de ces camps qui entraîna des centaines de milliers de morts parmi les réfugiés et aboutit à la chute du régime de Mobutu Sese Seko.
Depuis, des conflits perdurent entre groupes armés locaux, terrorisant les populations. On estime ainsi que 117 000 Congolais sont réfugiés sur le sol rwandais, sans espoir de retour.
« La situation s’embrase facilement »
Dans le camp de Nyabiheke, l’avenir a disparu. Les exilés errent dans les ruelles poussiéreuses. En dehors du camp, administré par le ministère rwandais chargé des réfugiés et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), ils n’ont pas le droit de travailler....



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Malgré de réels efforts, le personnel féminin de l’Union africaine ne représente que 35 % des 1 700 cadres et fonctionnaires de l’organisation, relève notre chroniqueuse.
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Chronique

« Beaucoup de dirigeants africains n’adhèrent pas au principe de l’égalité entre les sexes »

Malgré de réels efforts, le personnel féminin de l’Union africaine ne représente que 35 % des 1 700 cadres et fonctionnaires de l’organisation, relève notre chroniqueuse.

Par                Sarah-Jane Fouda (chroniqueuse Le Monde Afrique)



LE MONDE
              datetime="2018-06-26T17:51:45+02:00"

        Le 26.06.2018 à 17h51






    
Le siège de l’Union africaine, à Addis-Abeba, en Ethiopie, en janvier 2018.
Crédits : SIMON MAINA / AFP


Les Africains sont-ils prêts à vivre entre égaux ? Le soupçon de discriminations de genre qui pèse sur l’Union africaine (UA) rappelle le décalage entre la profusion de paroles sur l’autonomisation ou l’émancipation des femmes et le peu de concrétisation. Si étudier les élites permet de comprendre et de mieux prévoir les transformations à venir, alors reconnaissons que, parmi les dirigeants africains, beaucoup n’adhèrent pas au principe de l’égalité entre les sexes. Et de là, jouent d’équivoques autant que de ruses sur une question que nous croyions tranchée.
On ne pouvait imaginer meilleure mise en scène de ce conflit s’agissant des élites politiques et administratives. Lors du 30e sommet de l’UA, en janvier, Paul Kagame, président du Rwanda, clôturait son discours avec une injonction sur les droits des femmes. « Nous devons, prônait le nouveau président en exercice de l’UA, leur accorder sans réserve tous leurs droits et leurs rôles ».
« Apartheid professionnel »
Le président de la Commission, Moussa Faki Mahamat, ne dit pas autrement quand, s’exprimant sur l’égalité d’accès aux fonctions de haut niveau à l’UA et dans le système des Nations unies, il proclama : « La question de la promotion des femmes et de leur accès aux hautes fonctions de prise de décision au sein de la Commission de l’Union africaine n’est plus une question que l’on se pose dans notre institution. »
Mais voila, début mai, le quotidien sud-africain Mail & Guardian révélait que 37 femmes dénonçaient, dans une note interne adressée, le 25 janvier, à Moussa Faki Mahamat, un « apartheid professionnel » au sein de l’UA. Des accusations de discriminations que corroborait, le 14 février, un second mémo, signé par cinq hauts fonctionnaires.

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                « Chères Premières Dames, voici votre discours officiel aux femmes africaines ! »



Se fondant sur ces documents et des témoignages anonymes, le journal décrivait une situation « empoisonnée », notamment au sein du département Paix et sécurité (DPS), caractérisée par le refus constant de laisser des postes importants au personnel féminin expérimenté et par « la sortie systématique des femmes de haut calibre de la Commission ». On se débarrasse des plus âgées ! En plus de faire apparaître le « plafond de verre », l’affaire aura eu pour mérite de mettre en lumière cet autre frein à l’évolution professionnelle.
Au plus fort du scandale, Moussa Faki Mahamat informa que son bureau prenait les allégations « très au sérieux ». Le 19 mai, en effet, se tint une réunion extraordinaire de la Commission puis, le 1er juin, son président annonça « à titre exceptionnel » la mise en place d’une « équipe d’enquête ». Entièrement féminines et indépendantes, les enquêtrices conduites par Bineta Diop – militante des droits des femmes, actuelle envoyée spéciale de l’UA pour les femmes, la paix et la sécurité – disposaient de vingt et un jours pour investiguer et remettre leurs conclusions. De quoi gâcher la fête de Nouakchott.
« Parité à marche forcée »
Assurément, pour MM. Kagame et Faki, le temps presse. « Si nous continuons à intégrer des femmes au rythme actuel, cela va nous prendre quatre-vingts ans pour atteindre la parité », alertait en 2015 Nkosazana Dlamini-Zuma, la précédente présidente de la Commission. Or le tandem de la réforme de l’Union, fort du soutien obtenu lors du sommet des chefs d’Etat de janvier, entend réaliser l’objectif de parité à tous les niveaux d’ici à 2025. Qui connaît les difficultés, les réticences, voire les résistances, auxquelles se heurte l’institution pour l’accomplir en son sein, entrevoit les freins multiples et actifs à la marche de l’égalité dans les pays membres.
« La parité à marche forcée » imposée par la politique de recrutement sous Mme Dlamini-Zuma a concouru aux flatteuses statistiques dont se prévaut aujourd’hui l’UA. Entre 2013 et 2018, le pourcentage des directrices est passé de 29 % à 45 %, celui des directrices de bureaux de liaison de 8 % à 30 %. On compte désormais 30 % de femmes dans les bureaux de représentation contre 15 % en 2013.

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Le personnel féminin ne représente toutefois que 35 % des 1 700 cadres et fonctionnaires de l’UA. Pourtant, s’y est installée la petite musique du « il n’y en a que pour les femmes ». Il va sans dire que l’objectif des 50 % relève du défi dans des économies où l’emploi des diplômés pose problème, a fortiori, en présence de constructions sociales inégalitaires.
Comme souvent les statistiques, elles montrent tout sauf l’essentiel. Qu’en est-il de l’environnement de travail ? D’un milieu professionnel défavorable, qui contrarie les carrières ? Du harcèlement sexuel et moral ? Des conduites abusives ? Des stéréotypes ? Autant d’indices d’une culture d’entreprise hostile que s’emploie à changer la direction des ressources humaines de l’UA.
Survivre dans un environnement masculin
Parcourir son catalogue de formation permet de s’en rendre compte. Derrière l’intitulé « Programme femmes et leadership » se cache une formation réservée aux managers féminins dont la visée inavouée pourrait se résumer ainsi : assumer pleinement le rôle et survivre dans un environnement masculin. Loin de pallier à une quelconque incompétence, ce programme déconstruit avant tout les fausses représentations sur les femmes, les interactions avec les hommes. Dans le descriptif de la formation obligatoire et ouverte à tous, on cherche à « minimiser les préjugés inconscients lors de l’évaluation des candidats ». Les mentalités influent donc sur les trajectoires professionnelles.

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Evoquons enfin le programme « Code d’éthique et de conduite », dévolu à la promotion « d’un environnement de travail propice », au bien-être de chacun à travers le rappel du nouvel l’arsenal réglementaire de l’UA. Dernier texte en date : la politique contre les différentes formes de harcèlement instaurée par Moussa Faki Mahamat, non sans mal. Il faut dire qu’elle s’applique aux membres du personnel – hors des heures et du lieu de travail, missions comprises – également aux officiels. Nul n’est donc désormais censé ignorer la loi et s’oublier.
En interne, l’organisation panafricaine ne verse ni dans le déni de réalité ni dans cette pensée magique, postulant que l’accès des femmes à des postes de décision suffit au changement social. Mais mobilisera-t-on les leviers de l’évolution sociétale ?
La parité ne peut faire l’économie de la société, de la transformation active de ce qui précisément cause l’effet à corriger. A défaut, chaque nouvelle arrivante sera comme un poisson jeté sur le sable. Encore faut-il vouloir le mettre à l’eau…
Sarah-Jane Fouda est consultante en communication, spécialiste du discours et de l’argumentation. Elle enseigne la logique informelle à l’Université Paris-III Sorbonne-Nouvelle.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Ce décret interdit le territoire américain, de façon permanente, aux ressortissants de six pays majoritairement musulmans.
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Le décret migratoire controversé de Donald Trump validé par la Cour suprême des Etats-Unis

Ce décret interdit le territoire américain, de façon permanente, aux ressortissants de six pays majoritairement musulmans.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 17h24
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 18h05
   





                        



   


C’est une victoire définitive pour le président américain. La Cour suprême des Etats-Unis a validé, mardi 26 juin, le décret anti-immigration de Donald Trump, à l’issue d’une âpre bataille judiciaire autour de cette mesure extrêmement controversée.
La décision, prise à la majorité de cinq juges contre quatre, entérine donc ce décret qui interdit le territoire américain, de façon permanente, aux ressortissants de six pays majoritairement musulmans. La haute cour, dans son arrêt rédigé par le président de l’institution, John Roberts, estime que le président n’a fait qu’user de façon légitime de ses prérogatives en matière d’immigration.
Immédiatement, le président américain, Donald Trump, a salué la validation de son décret migratoire, y voyant « une fantastique victoire » pour le peuple américain après « des mois d’hystérie » de la part des médias et des démocrates :
« Tant que je serai président, je défendrai la souveraineté et la sécurité du peuple américain et je me battrai pour un système d’immigration au service de l’intérêt national des Etats-Unis et de ses citoyens. »

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Un « décret antimusulman » pour ses opposants
Le texte en cause est la troisième mouture d’un décret qui avait provoqué une onde de choc mondiale en étant abruptement mis en vigueur par la Maison Blanche le 27 janvier 2017, une semaine après l’entrée en fonction de M. Trump. Cette dernière version ferme les frontières américaines à environ 150 millions de personnes, ressortissantes des pays suivants : Yémen, Syrie, Libye, Iran, Somalie et Corée du Nord.
Les opposants au texte dénonçaient un « décret antimusulman », une accusation vivement combattue par le gouvernement.
L’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU), en pointe de la lutte contre le texte, avait tenté de prouver l’existence de préjugés anti-musulmans durables chez M. Trump, en rappelant sa promesse de campagne présidentielle d’interdire l’entrée des Etats-Unis aux musulmans. Une déclaration qui avait provoqué un émoi planétaire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Les forces gouvernementales ont intensifié ces derniers jours leur offensive dans le Sud avec le soutien de la Russie. Des violences qui ont poussé 45 000 civils à la fuite.
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Syrie : exode massif face à l’avancée des forces du régime dans le Sud

Les forces gouvernementales ont intensifié ces derniers jours leur offensive dans le Sud avec le soutien de la Russie. Des violences qui ont poussé 45 000 civils à la fuite.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 16h22
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 17h50
   





                        



   


L’armée syrienne a lancé, mardi 26 juin, une offensive pour reprendre les quartiers rebelles de la ville de Deraa, ont annoncé les médias d’Etat. Avec le soutien de la Russie, les forces du régime ont intensifié ces derniers jours leurs opérations dans le sud du pays où les violences ont poussé 45 000 civils à la fuite, un exode inédit dans cette région depuis le début de la guerre, selon l’ONU.
Secteur sensible puisqu’il borde la frontière avec la Jordanie et le plateau du Golan, en partie annexé par Israël, le Sud était resté relativement calme depuis un an grâce à un accord de « désescalade » négocié directement par la Russie, les Etats-Unis et la Jordanie. Mais le régime, qui enchaîne les reconquêtes et contrôle désormais 65 % du territoire grâce au soutien indéfectible de son allié russe, est déterminé à reprendre l’ensemble du pays.
Les groupes rebelles contrôlent 70 % de la province de Deraa et celle voisine de Qouneitra, tandis que le régime domine la région de Soueida, la troisième de ce trio qui compose le sud syrien.

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« Progression la plus importante du régime »
Dans la nuit de lundi 25 juin à mardi 26, les forces du régime ont conquis les deux localités stratégiques de Basr Al-Harir et Mlihat Al-Atach, coupant ainsi en deux les territoires rebelles dans l’est de Deraa, a annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
« C’est la progression la plus importante du régime en une semaine », a estimé le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane, précisant que « le nord-est de Deraa est désormais totalement encerclé ». Une source militaire citée par la télévision d’Etat a confirmé la reconquête par l’armée des deux localités. Le régime a souvent eu recours à cette stratégie contre des bastions rebelles, cherchant à morceler et isoler les secteurs sous contrôle des insurgés pour les affaiblir.
Au total depuis le 19 juin, 29 combattants rebelles, dont 15 à Basr Al-Harir kundi, ont été tués, tandis que 24 membres des forces du régime ont péri, selon l’OSDH. Au moins 32 civils ont, en outre, été tués dans les combats.
« Au cours des derniers jours, un très grand nombre de civils ont fui à cause des hostilités, des bombardements et des combats dans cette région », a indiqué Linda Tom, porte-parole en Syrie du bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU. « Nous n’avions pas vu jusque-là un déplacement massif de cette ampleur à Deraa », a-t-elle souligné faisant état de la fuite de 45 000 habitants.

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La Jordanie tire la sonnette d’alarme
Les forces du régime, soutenues par des frappes russes depuis samedi, ont visé au cours des dernières 48 heures des quartiers de la ville de Deraa, chef-lieu de la province. Mais les frappes restent, pour l’instant, essentiellement concentrées sur les zones rurales de l’est de la province.
Plus de cinq millions de Syriens, soit environ un quart de la population, sont devenus des réfugiés et des millions d’autres sont déplacés dans leur propre pays. Le pays comptait 22 millions d’habitants avant la guerre déclenchée en 2011.
La Jordanie a affirmé dimanche qu’elle n’était pas en mesure d’accueillir une nouvelle vague de réfugiés. L’ONU a averti que 750 000 civils vivant dans les zones rebelles du sud syrien étaient menacés par les opérations du régime et annoncé que des aides seraient envoyées à Deraa une fois que le feu vert des autorités syriennes aura été donné.
Idem pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a annoncé le prochain envoi de plus de 27 tonnes de produits médicaux en cas d’approbation par Damas.
Pour éviter une offensive meurtrière, similaire à celle menée il y a quatre mois dans la Ghouta orientale aux portes de Damas, la Russie tient des discussions avec la Syrie, la Jordanie, Israël et les États-Unis en vue d’un règlement dans le sud du pays.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Saisi par des militants portant secours aux migrants, le Conseil doit se prononcer sur la constitutionnalité de cet article de loi qui fait débat.
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Le Conseil constitutionnel appelé à se prononcer sur le « délit de solidarité »

Saisi par des militants portant secours aux migrants, le Conseil doit se prononcer sur la constitutionnalité de cet article de loi qui fait débat.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 16h19
   





                        



   


De toutes les questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) sur lesquelles le Conseil est saisi, celle-ci est particulièrement attendue. Dans un contexte où l’Union européenne se divise sur le sujet de la politique migratoire, le Conseil constitutionnel devra se prononcer sur le « délit de solidarité », cet article du code de l’entrée et du séjour des étrangers qui punit l’aide au séjour irrégulier.
Auditionnés mardi 26 juin, des défenseurs de militants portant secours aux migrants à la frontière franco-italienne ont demandé au Conseil constitutionnel d’abolir ce « délit de solidarité » au nom du principe de fraternité. « Les libertés fondamentales ne sont pas au service des garde-barrières », ont-ils témoigné.
« Que devient un pays, que devient une culture, une langue quand on peut y parler de “délit d’hospitalité” ? », a attaqué Patrice Spinosi, l’avocat de Cédric Herrou, agriculteur devenu le symbole de la défense des migrants de la vallée de la Roya, et de Pierre-Alain Mannoni, un autre militant, citant le philosophe Jacques Derrida.

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                Ce que Jacques Derrida pensait du « délit d’hospitalité » en 1996



Le débat reste brûlant au lendemain d’un mini-sommet destiné à aplanir les tensions entre Européens sur la question migratoire, après la crise de l’Aquarius, un navire humanitaire qui a erré des jours en mer avec 630 migrants à bord face au refus de l’Italie et Malte d’ouvrir leurs ports, avant d’accoster, finalement, en Espagne.

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« Ce délit n’est pas digne de notre droit »
En France, des voix se sont élevées jusque dans la majorité pour déplorer que le gouvernement n’ait pas proposé d’accueillir le bateau, passé près des côtes corses. Face aux « sages » du Conseil constitutionnel, les défenseurs des militants jonglent entre principes et jurisprudence, à quelque distance du terrain politique. « Ce délit de solidarité n’est pas digne de notre droit. Aider de manière totalement désintéressée des hommes démunis ne devrait pas être passible de poursuites » dans un pays où le principe de fraternité est intégré à la devise de la République, a plaidé Me Spinosi.
Ses clients ont été condamnés en 2017 par la cour d’appel d’Aix-en-Provence pour aide au séjour irrégulier : Cédric Herrou à quatre mois de prison avec sursis pour avoir fait passer la frontière à environ 200 migrants et Pierre-Alain Mannoni à deux mois avec sursis, pour avoir accompagné à une gare trois Erythréennes.
Ils attaquent deux articles du code de l’entrée et du séjour des étrangers : l’article 622-1 punit l’aide au séjour irrégulier, tandis que l’article 622-4 précise que cette aide ne peut donner lieu à des poursuites lorsqu’elle est le fait de la famille ou « de toute personne physique ou morale, lorsque l’acte reproché n’a donné lieu à aucune contrepartie directe ou indirecte ».
Le texte précise que cette aide autorisée consiste « à fournir des conseils juridiques ou des prestations de restauration, d’hébergement ou de soins médicaux destinés à assurer des conditions de vie dignes et décentes à l’étranger, ou bien tout autre aide visant à préserver la dignité ou l’intégrité physique de celui-ci ».

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          Cédric Herrou, défi de solidarité



Le gouvernement souhaite son maintien
Sans surprise, le représentant du premier ministre a appelé à juger ces articles « conformes à la Constitution ». Dans le projet de loi asile et immigration, adopté en avril à l’Assemblée nationale, le « délit de solidarité » a été assoupli, avec l’exemption de sanctions pour les militants qui apporteraient des soins, un hébergement et de la nourriture aux migrants sans qu’il y ait de contrepartie lucrative. Encore « très insuffisant » pour les défenseurs des droits de l’homme.
« La volonté a été de supprimer le délit de solidarité. Mais le législateur, constate Me Spinosi, n’a pas réussi à poser cette ligne de démarcation pourtant simple entre l’action de passeurs qu’il faut évidement réprimer et celle d’humanistes désintéressés. »
« Liberté, égalité, fraternité : ce sont des mots que nous avons appris à ânonner en les lisant sur le fronton des écoles », a rappelé Me Henri Leclerc, qui défend des militants qui encourent « dix ans de prison » pour avoir aidé des migrants et dont le procès à Gap a été suspendu dans l’attente de la décision du Conseil constitutionnel.
Le pénaliste mène la charge, enrôlant le penseur de la démocratie moderne Alexis de Tocqueville : « Quand je refuse d’obéir à une loi injuste, je ne dénie point à la majorité le droit de commander, j’en appelle à la souveraineté du genre humain. » « Vous avez la possibilité, dit-il aux membres du Conseil, de faire en sorte que ceux qui tendent la main puissent continuer à le faire. Rassurez-vous, ils ne seront pas très nombreux ». La décision du Conseil est attendue le 6 juillet.



                            


                        

                        


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Le Monde
 |    26.06.2018 à 15h38
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 15h39
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            Frédéric Saliba (Mexico, correspondance)








                        



                                


                            

Chez les Rodriguez, l’élection présidentielle du 1er juillet est un sujet qui fâche. Diana, 47 ans, soutient corps et âme le candidat de gauche, Andrés Manuel Lopez Obrador, que cette commerciale célibataire appelle avec affection « AMLO » (ses initiales). Sa mère et sa sœur, elles, fustigent le « populisme » de l’opposant de gauche donné largement gagnant dans les sondages. Sa victoire annoncée divise les familles mexicaines.
Attablée avec sa sœur dans son petit appartement d’un quartier de classe moyenne, au sud de Mexico, Diana rayonne : « Grâce à AMLO, le Mexique va devenir une vraie démocratie. » Cindirela, son aînée, pouffe. « Quand tes quatre neveux seront au chômage, tu pavoiseras moins », lâche-t-elle en s’inquiétant d’« une crise économique si AMLO l’emporte ».
« Il promet de rendre le pouvoir au peuple. Mais, une fois élu, il ne le quittera plus », affirme Patricia Angeles, 68 ans
Mère au foyer de 54 ans, elle se dit prête à voter pour n’importe qui d’autre, « pourvu que ce protestataire radical perde ». Le ton monte entre les deux sœurs : « Tu préfères que ces canailles continuent de détourner notre argent en toute impunité », peste Diana. Cindirela lui coupe la parole : « Tu crois vraiment le blabla de ce démagogue ? »
Ambiance moins électrique dans un restaurant de Polanco, quartier chic de Mexico, où trois générations déjeunent ensemble. Mais même polémique. « Mon fils ne s’aperçoit pas que AMLO est un égocentrique séducteur comme Hugo Chavez, déplore Patricia Angeles, 68 ans, d’origine vénézuélienne. Il promet de rendre le pouvoir au peuple. Mais, une fois élu, il ne le quittera plus. »

En face, Fred Behrens, son fils de 48 ans, soupire. « Tu t’es laissée berner par la campagne de la peur menée par ses adversaires. » Ce chef d’entreprise,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Hicham Falah, délégué général du Fidadoc, mesure le chemin parcouru depuis la création du festival d’Agadir, il y a dix ans.
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Entretien

« La création documentaire au Maroc et en Afrique a totalement explosé »

Hicham Falah, délégué général du Fidadoc, mesure le chemin parcouru depuis la création du festival d’Agadir, il y a dix ans.

Propos recueillis par                                            Dorothée Myriam Kellou (contributrice Le Monde Afrique)




LE MONDE
              datetime="2018-06-26T15:35:24+02:00"

        Le 26.06.2018 à 15h35






    
Hicham Falah, délégué général du Festival international du film documentaire d’Agadir
Crédits : Elise Ortiou Campion


La dixième édition du Festival international du film documentaire d’Agadir (Fidadoc), au Maroc, s’est achevée samedi 23 juin, décernant son Grand Prix Nouzha-Drissi à Demons in Paradise, du réalisateur sri-lankais Jude Ratnam. Un jury composé d’étudiants a remis le prix du Court-Métrage au jeune réalisateur marocain Ayoub Aït Bihi pour son film Simane, âme dans le ciel et âme sur la Terre.

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Au fil des années, le Fidadoc s’est imposé comme un rendez-vous incontournable pour tous ceux qui souhaitent créer, produire, diffuser ou voir des films documentaires dans le royaume et, plus largement, en Afrique du Nord et en Afrique de l’Ouest. Remettre sur les grands écrans un genre cinématographique quasiment disparu au Maroc, le documentaire de création, c’était en 2008 le pari un peu fou de feue Nouzha Drissi, productrice de documentaires et fondatrice du Fidadoc.
Le Franco-Marocain Hicham Falah, réalisateur et chef opérateur de formation, est depuis 2012 le délégué général du festival. Entretien avec un inlassable voyageur qui travaille à tisser des liens entre les mondes arabe, subsaharien et européen. Mais pas seulement, comme le démontre l’attribution du Grand Prix.
Quel est le bilan de ces dix années de travail au Fidadoc ?
Hicham Falah Il y a dix ans, le documentaire était pratiquement absent de notre paysage audiovisuel. A l’exception de quelques individualités, surtout des Marocains basés à l’étranger, la pratique et la diffusion du cinéma documentaire avaient disparu au Maroc. Le travail de fourmi du Fidadoc a eu impact considérable puisque le mot « documentaire », « wathai’qi », est à nouveau rentré dans le langage commun. Il y a eu une transformation totale de la place du documentaire dans notre pays. Aujourd’hui, tout le monde s’en réclame, tout le monde veut en faire, tout le monde veut en diffuser. L’avance sur recettes du Centre cinématographique marocain s’ouvre aux longs-métrages documentaires et la chaîne de télévision 2M consacre depuis 2012 une première partie de soirée à la diffusion de documentaires.
Avec les « printemps arabes » et la deuxième phase de libération en Afrique depuis les indépendances, la création documentaire sur le continent a totalement explosé. L’existence de petites caméras et de téléphones pour filmer, de YouTube et des réseaux sociaux pour diffuser, a encouragé une nouvelle génération à filmer sa réalité. Cette multiplication de films arabophones a permis au Fidadoc de développer sa mission de diffusion culturelle de proximité qu’il avait démarrée dès sa première édition, avec des projections ambulantes dans les quartiers d’une ville, Agadir, qui ne compte plus de vraie salle de cinéma.

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Quelle est la place du cinéma documentaire africain dans la sélection 2018 ?
La sélection officielle comporte une compétition internationale de longs-métrages de dix films, avec seize nationalités représentées. Alors que la sélection de 2017 comptait quatre longs-métrages d’Afrique de l’Ouest de très haut niveau, nous n’en avons choisi cette année qu’un seul : Boxing Libreville, du Gabonais Amédée Pacôme Nkoulou, qui a reçu le Prix spécial du jury. A cela s’ajoutent deux films courts concourant dans la catégorie courts-métrages africains et arabes ».
La production reste très irrégulière dans tous les pays du continent. L’année 2017 avait été exceptionnelle, avec Les Héritiers de la colline, du Malien Ousmane Samassekou, qui raconte l’état de décomposition avancée de l’université à Bamako et avait reçu le Grand Prix Nouzha-Drissi. Le Fidadoc est résolument tourné vers tout le continent, mais on ne sélectionne pas un film parce qu’il est arabe ou subsaharien. On le choisit parce qu’il est bon. Or la production de longs-métrages n’est pas toujours au niveau de qualité exigé à international, en premier lieu à cause d’un manque de formations.
Comment le Fidadoc contribue-t-il à améliorer le niveau de la création et de la production documentaire africaine ?
Depuis 2012, nous avons mis en place un programme de formation et d’accompagnement de projets, la Ruche documentaire. Nous nous sommes inspirés de ce qui existait déjà sur le continent : les résidences d’écriture organisées dans le cadre du réseau Africadoc ou les ateliers de formation à l’écriture, au tournage et au montage de Bejaïa Doc en Algérie. La Ruche documentaire apprend aux jeunes cinéastes la base du métier : écrire un projet qui réponde aux exigences des producteurs nationaux ou étrangers. C’est un programme de formation ouvert en premier lieu aux étudiants en cinéma au Maroc, quelle que soit leur nationalité.
« L’existence de petites caméras et de téléphones a encouragé une nouvelle génération à filmer sa réalité »
Nous sommes fiers d’avoir accompagné dès leur genèse des projets et des auteurs qui ont obtenu une reconnaissance internationale, à l’instar des Héritiers de la colline, mais aussi d’Amal, de l’Egyptien Mohamed Siam, qui a ouvert la dernière édition du Festival international du film documentaire d’Amsterdam, d’Atlal, de l’Algérien Djamel Kerkar, qui a été trois fois récompensé au Festival international de cinéma de Marseille en 2016, ou encore de We Could Be Heroes, de la Marocaine Hind Bensari, qui vient de remporter le Prix du meilleur documentaire international au Festival international canadien du documentaire Hot Docs.
En 2017, nous avons également créé en partenariat avec le Festival des 3 Continents, à Nantes, un atelier de formation à la coproduction internationale, Produire au Sud Agadir-Sahara, qui, pour sa deuxième édition, accueillera douze réalisateurs et producteurs marocains, tunisiens, algériens et burkinabés, encadrés par dix professionnels internationaux expérimentés en matière de coproduction internationale.

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En 2017, vous rendiez hommage à Jean Rouch, cinéaste et ethnographe de l’Afrique. Cette année, vous mettez à l’honneur le cinéma documentaire marocain. Pourquoi un tel choix ?
Alors que notre production nationale a longtemps été exclusivement documentaire, le cinéma du réel a disparu à partir des années 1970. Les pionniers du cinéma marocain étaient des fonctionnaires du Centre cinématographique marocain, mais ils ont très vite subverti la commande de l’Etat et réalisé des films critiques sur la réalité sociale, comme en témoigne l’œuvre du grand poète et cinéaste Ahmed Bouanani, que le réalisateur Ali Essafi a contribué à exhumer. Comment faire des films sans connaître son histoire et la cinématographie de son pays ? On ne peut créer une cinématographie sur le vide. C’est pourquoi nous avons invité Ali Essafi à évoquer devant les participants de notre Ruche documentaire les autres pionniers du cinéma marocain, qui sont des inconnus pour la nouvelle génération de cinéastes.
C’est aussi la raison pour laquelle nous avons choisi pour marraine de cette dixième édition la réalisatrice Fatima Jebli Ouazzani. Nous avons ouvert le festival avec son chef-d’œuvre, Dans la maison de mon père, un documentaire très personnel, oscillant entre fiction et réalité, qui interroge le mythe de la virginité dans une société musulmane. Ce film n’a pas été vu depuis vingt ans au Maroc et la jeune génération n’a pas idée qu’un tel film ait pu y être réalisé. Que bien avant eux, des cinéastes ont pris le risque de défier la censure et l’autocensure. Leur montrer ces films, leur permettre de rencontrer tous ces réalisateurs doit les nourrir, les inspirer. Le renouveau du cinéma au Maroc et en Afrique est en marche.

Le palmarès du Fidadoc 2018
Le jury de la compétition internationale a attribué...
Le Grand Prix Nouzha-Drissi à Demons in Paradise, de Jude Ratnam (Sri Lanka). Un film dans lequel le réalisateur tamoul convoque les souvenirs de ses compatriotes sur la guerre civile sri-lankaise pour ouvrir la voie à une possible réconciliation.Le Prix des droits humains à Amal, de Mohamed Siam (Egypte), qui a suivi pendant six ans la lutte d’une adolescente en rebellion qui cherche à exister en tant que femme libre dans une Egypte en transition.Le Prix spécial du jury à Boxing Libreville, d’Amédée Pacôme Nkoulou (Gabon), portrait intimiste de Christ, un jeune boxeur qui s’entraîne sans relâche le jour et est veilleur la nuit dans des discothèques pour gagner sa vie. En toile de fond, l’élection présidentielle au Gabon de 2016.Une mention spéciale à Terra Franca, de Leonor Teles (Portugal), qui filme pendant quatre saisons la vie du pêcheur portugais Albertino, entouré de sa femme Dalia et de ses filles, dont l’aînée s’apprête à se marier.




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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Christopher Hogg, professeur affilié à HEC, explique dans une tribune au « Monde » que le procès en sorcellerie fait aux mesures protectionnistes cache la nécessité d’une véritable réflexion sur le partage des bénéfices, incontestables, du libre-échange.
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Les mauvais arguments contre la « guerre commerciale »

Christopher Hogg, professeur affilié à HEC, explique dans une tribune au « Monde » que le procès en sorcellerie fait aux mesures protectionnistes cache la nécessité d’une véritable réflexion sur le partage des bénéfices, incontestables, du libre-échange.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 15h33
    |

Christopher Hogg (Professeur affilié à HEC Paris)







                        



                                


                            

Tribune. La majorité des économistes, les marchés financiers et la plupart des chefs d’entreprise s’accordent pour dire qu’une guerre commerciale à coup d’augmentations de barrières douanières est une menace pour la croissance mondiale. Ce consensus est tel que Trump est caricaturé en vieil homme irrationnel et incontrôlable.
D’autres font valoir que cette décision relève de motifs purement électoralistes. Cette opposition, entre rationalité économique et populisme démocratique, est récurrente à chaque fois que la question de la globalisation et du protectionnisme est en débat.
Il est facile de prouver que toute tentation de protectionnisme et d’entrave à la libre circulation des biens et des hommes est destructrice de valeur. Historiquement, il existe de très nombreux cas l’illustrant, sans parler de la crise des années 1930, où le protectionnisme contribua à transformer tragiquement une crise financière en crise économique, sociale et politique.
Théoriquement, c’est une évidence que faciliter les échanges est une condition nécessaire pour créer plus de valeur. Pour que deux parties décident d’échanger, il faut que les deux parties partagent un intérêt ; en d’autres termes, que l’échange crée de la valeur pour chacun. Supprimer une possibilité d’échange revient donc à détruire de la valeur, soit par disparition pure et simple de l’échange, soit en substituant celui-ci à un autre échange moins intéressant pour les parties.
Création de valeur et partage
Mais il faut aussi se poser la question du partage et de la captation de ladite valeur. Cette question concerne à la fois les acteurs de l’échange et la répartition sociale de cette valeur. Le gain pour le consommateur est connu ; il porte sur le prix, le choix et la qualité. Le protectionnisme, à l’inverse, limite le choix du client pour favoriser des fournisseurs nationaux ou alliés.
Le gain du vendeur est également simple ; il porte soit sur les coûts, soit...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Après des décennies d’hégémonie du PRI, Andres Manuel Lopez Obrador est le favori de l’élection présidentielle qui aura lieu le 1er juillet.
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Mexique : « AMLO », le vétéran de la gauche aux portes du pouvoir

Après des décennies d’hégémonie du PRI, Andres Manuel Lopez Obrador est le favori de l’élection présidentielle qui aura lieu le 1er juillet.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 15h05
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 15h08
    |

            Frédéric Saliba (Mexico, correspondance)








                        



                                


                            

« Fini la mafia au pouvoir ! », martèle à chacun de ses discours Andres Manuel Lopez Obrador, grand favori de l’élection présidentielle du 1er juillet au Mexique. A 64 ans, le candidat de gauche a fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille. Ses partisans voient en lui un homme providentiel dans un pays miné par les inégalités et la criminalité. Ses détracteurs le taxent de populiste autoritaire. Inclassable, il trace sa route, annonçant un virage politique radical et historique après des décennies d’hégémonie du Parti révolutionnaire institutionnel (Partido Revolucionario Institucional ; PRI, centre).
Celui que les Mexicains nomment par ses initiales, « AMLO », enchaîne les meetings marathons. La chanson El Necio (« le têtu »), du compositeur cubain Silvio Rodriguez, précède ses entrées sur scène. Ce titre va comme un gant à l’infatigable opposant, candidat malheureux aux deux précédents scrutins (2006 et 2012). « Le troisième sera le bon ! », répète ce veuf remarié, à l’allure bonhomme.
», Irma Sandoval, spécialiste de la corruption
Les sondages le lui promettent. Le candidat d’une coalition menée par son Mouvement Régénération nationale (Movimiento Renegacion Nacional ; Morena) rafle la moitié des intentions de vote. « Je laverai le gouvernement de la corruption, de haut en bas, comme un escalier », assure l’ancien maire de Mexico (2000-2005). Il promet de « récupérer l’argent des corrompus », qu’il évalue à 21 milliards d’euros par an, pour financer son ambitieux programme de lutte contre la pauvreté : grands travaux, santé et éducation gratuites, bourses scolaires, aides aux paysans, hausse du salaire minimum (3,70 euros par jour en 2017), réduction de ceux des hauts fonctionnaires, dont le sien… De quoi, selon lui, afficher...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ L’Italie prendra en charge une partie des 233 migrants qui se trouvent à bord, a affirmé le chef du gouvernement, Guiseppe Conte.
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Le navire humanitaire « Lifeline » accostera à Malte

L’Italie prendra en charge une partie des 233 migrants qui se trouvent à bord, a affirmé le chef du gouvernement, Guiseppe Conte.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 14h34
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 18h13
   





                        



   


Le navire humanitaire Lifeline, qui se trouve au large de Malte, pourra accoster sur l’île méditerranéenne et l’Italie prendra une partie des 233 migrants qui se trouvent à bord, a affirmé mardi 26 juin le chef du gouvernement italien, Giuseppe Conte.
« Je viens d’avoir le premier ministre [maltais] Muscat au téléphone : le navire de l’ONG Lifeline accostera à Malte », a déclaré Giuseppe Conte, cité dans un communiqué officiel, ajoutant que « l’Italie accueillera une partie des migrants ». M. Conte n’a pas précisé quand le navire serait autorisé à accoster à Malte.
Le gouvernement maltais a pour sa part annoncé que si le Lifeline entrait à Malte, il enquêterait et prendrait des mesures contre le navire « qui a ignoré les instructions données conformément aux règles internationales par les autorités italiennes ». Les efforts diplomatiques du premier ministre, Joseph Muscat, et des institutions européennes « vont conduire à un accord pour répartir les migrants du Lifeline parmi les pays membres qui le souhaitent », ajoute l’exécutif maltais dans un communiqué. Il précise que « quatre pays membres ont déjà confirmé leur participation et que deux autres sont en train d’étudier cette possibilité ».

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« L’Italie fera sa part »
Epousant la ligne dure représentée par son ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, chef de la Ligue (extrême droite), M. Conte a lui aussi annoncé que le Lifeline serait « soumis à une enquête pour s’assurer de sa nationalité et du respect des règles du droit international de la part de son équipage ».
« De manière cohérente avec le principe-clé de notre proposition sur l’immigration selon laquelle qui débarque sur les côtes italiennes, espagnoles, grecques ou maltaises débarque en Europe, l’Italie fera sa part et accueillera une partie des migrants qui sont à bord du Lifeline », a ajouté le chef du gouvernement italien. M. Conte n’a pas précisé combien de migrants l’Italie accueillerait, exprimant simplement le souhait que « d’autres pays européens fassent la même chose ».
« Et de deux ! Après l’Aquarius envoyé en Espagne, c’est désormais au tour du navire de l’ONG Lifeline d’aller à Malte avec ce navire hors-la-loi qui en définitive sera séquestré », a de son côté twitté Matteo Salvini, également vice-premier ministre de Giuseppe Conte. « Pour les femmes et les enfants qui fuient vraiment la guerre, les portes sont ouvertes, pour tous les autres, non ! », a-t-il ajouté.

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Malte refuse l’« Aquarius »
Le Portugal a également dit mardi se tenir prêt à accueillir une partie des migrants se trouvant à bord du Lifeline, suite à une demande adressée par le gouvernement maltais. Le nombre de personnes que le pays pourra accueillir reste « à définir », a précisé le ministre portugais de l’intérieur, Eduardo Cabrita.
Le Lifeline est un navire d’une trentaine de mètres de long de l’ONG allemande du même nom mais il bat pavillon néerlandais. A bord, les migrants enduraient mardi la chaleur et des conditions sanitaires qui n’ont cessé de se dégrader depuis qu’ils ont été recueillis mercredi. « Il n’y a pas de toilette chimique, [seulement] trois petits WC en mauvais état que tout le monde utilise, décrit le quotidien italien La Repubblica. Le commandant du navire a ouvert ses toilettes mais seulement pour les 44 femmes et les enfants et il faut faire une longue queue. »
Petite île méditerranéenne d’à peine plus de 400 000 habitants, Malte a en revanche refusé d’ouvrir ses ports au navire humanitaire Aquarius, pourtant sans migrant à son bord, selon l’ONG SOS Méditerranée. L’Aquarius a donc mis le cap sur Marseille pour une escale technique qu’il doit effectuer dans les prochains jours.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Sabrina Kouider et Ouissem Medouni avaient été reconnus coupables de meurtre et d’obstruction à la justice, le 24 mai.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Meurtre de Sophie Lionnet : le couple qui employait la jeune fille au pair française condamné à la perpétuité

Sabrina Kouider et Ouissem Medouni avaient été reconnus coupables de meurtre et d’obstruction à la justice, le 24 mai.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 13h47
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 15h36
   





                        


Sabrina Kouider, 35 ans, et Ouissem Medouni, 40 ans, reconnus coupables du meurtre de Sophie Lionnet, ont été condamnés à la perpétuité, mardi 26 juin, avec une peine de sûreté de trente ans.
Les peines ont été prononcées par la cour criminelle de l’Old Bailey, qui, le 24 mai, avait reconnu le couple coupable du meurtre, en septembre 2017, de la jeune femme de 21 ans, dont le corps carbonisé avait été retrouvé dans leur jardin.

        Lire le récit sur l’affaire :
         

          Le couple qui employait la jeune fille au pair reconnu coupable de son meurtre



Des mois de mauvais traitements
Aussi lourde soit-elle, cette sentence ne saurait « refléter la valeur de la vie » de Sophie Lionnet, a déclaré le juge Nicholas Hilliard, en ajoutant que sa famille « ne se remettra jamais » de sa mort. Mme Kouider et M. Medouni ont également été condamnés à cinq ans et demi de prison pour obstruction à la justice, pour avoir tenté de faire disparaître le corps de Sophie en le brûlant.
Avant de prononcer les peines, le juge a écouté les avocats des accusés et pris en compte les expertises psychiatriques du couple. Les médecins ont conclu que Sabrina Kouider souffrait de troubles mentaux et d’obsessions. Elle « retournera immédiatement à l’hôpital », a déclaré le juge.
Pendant le procès, M. Medouni et Mme Kouider avaient tous deux plaidé non coupable du chef d’accusation de meurtre, évoquant un accident et rejetant chacun la responsabilité sur l’autre, mais avaient reconnu avoir tenté de brûler le corps la jeune fille originaire de Troyes (sud-est de Paris). Selon l’accusation, le couple était persuadé d’un complot fomenté par Sophie Lionnet avec Mark Walton, l’un des fondateurs du groupe Boyzone et père d’un des enfants de Sabrina Kouider, pour droguer et abuser sexuellement des membres de leur famille. Un fantasme, sans fondement, dans lequel ils se sont enfermés, a souligné le juge mardi.
« Désir de vengeance »
Mardi, le juge s’est dit convaincu que, malgré ses troubles mentaux, les agissements de Mme Kouider étaient « attribuables à un désir de vengeance ». « Vous saviez tous les deux que ce que vous faisiez était terriblement mal », a-t-il lancé aux deux condamnés.
Le magistrat a insisté sur le fait que les accusations portées par les accusés envers Sophie étaient totalement fausses. « On peut dire en toute confiance qu’il n’y avait aucune vérité [dans les accusations selon lesquelles] Sophie a maltraité ou abusé de qui que ce soit, ou sur le fait qu’elle était de connivence avec Mark Walton (…) C’était une fiction complète », a-t-il dit.
Dans une lettre adressée à Sophie et à sa famille et lue par son avocat, Icah Peart, mardi, Sabrina Kouider affirme être « profondément désolée pour ce qui est arrivé à Sophie ». « Je pense à toi tous les jours », ajoute-t-elle.
Le corps de Sophie avait été retrouvé en septembre par les pompiers, alertés par des voisins du couple, intrigués par une importante fumée et une « horrible » odeur se dégageant de leur propriété du sud-ouest de Londres. Le corps présentait de multiples fractures, aux côtes, au sternum et à la mâchoire, mais en raison des brûlures la cause exacte de la mort n’a pas pu être déterminée.
La jeune fille s’occupait des deux enfants que Mme Kouider avaient eu avec d’anciens compagnons. Arrivée à Londres en janvier 2016, elle n’avait jamais pu rentrer en France, et vivait sous l’emprise de ses employeurs, qui la nourrissaient peu, ne la payaient quasiment pas, et la battaient, selon des voisins.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Le navire humanitaire doit faire ce type d’escale toutes les trois semaines pour se ravitailler et renouveler ses équipes.
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Malte refuse d’accueillir l’« Aquarius », qui fera une escale technique à Marseille

Le navire humanitaire doit faire ce type d’escale toutes les trois semaines pour se ravitailler et renouveler ses équipes.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 13h00
    |

                            Gilles Rof








                        


Le navire humanitaire Aquarius a quitté, dans la nuit du lundi 25 au mardi 26 juin, la zone de sauvetage où il intervient habituellement au large de la Libye pour faire cap vers Marseille, où il effectuera une escale technique en fin de semaine. Le bateau de l’ONG SOS-Méditerranée s’est vu refuser l’accès au port de La Valette, qu’il avait sollicité, par les autorités de Malte. Le navire ne peut pas non plus débarquer en Italie.
« Nous sommes très perplexes quant à ce refus [de Malte] pour lequel nous n’avons pas eu d’explications pour l’instant », a précisé Frédéric Penard, le directeur des opérations de l’ONG lors d’une conférence de presse à Marseille mardi 26 juin.
L’Aquarius effectue une escale technique toutes les trois semaines pour réapprovisionner et changer ses effectifs à bord. Une escale qui se déroule habituellement dans le port de Catane en Sicile, à proximité de la zone de patrouille que s’est fixée l’ONG. « Nous avons décidé de ne pas nous rendre en Sicile cette fois, explique M. Penard, car le climat n’est pas serein et nous ne voulons pas transformer cette escale en une question de politique intérieure italienne. C’est pourquoi nous avons sollicité Malte. » Mais « Malte nous a refusé l’accès à ses eaux territoriales », a déclaré M. Penard.
« Pas une bonne nouvelle »
Après son aller-retour à Valence en Espagne, il y a quelques jours, pour y débarquer plus de 600 rescapés, L’Aquarius est donc, en se rendant à Marseille, à nouveau contraint de quitter la zone de sauvetage pour près d’une semaine.
« Ce n’est pas une bonne nouvelle, car nous allons encore perdre de nombreux jours », a réagi Sophie Beau, la cofondatrice de SOS-Méditerranée qui a réitéré son appel aux Etats européens à quelques jours du Conseil européen des 28 et 29 juin « à mettre en place d’urgence un système de sauvetage pérenne et viable en Méditerranée ».

        Le point sur la situation :
         

          « Aquarius », « Lifeline », « Maersk », « Open-Arms », « Seefuchs » : où en sont les navires qui secourent les migrants ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Le président français a été reçu par le pape François, mardi, au Saint-Siège. Les deux hommes se sont quittés après une embrassade inédite.
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Emmanuel Macron au Vatican : 57 minutes d’entretien et un médaillon de saint Martin

Le président français a été reçu par le pape François, mardi, au Saint-Siège. Les deux hommes se sont quittés après une embrassade inédite.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 12h25
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 12h43
    |

            Virginie Malingre








                        



   


Cinquante-sept minutes d’entretien, des paroles échangées et surtout beaucoup de symboles. Emmanuel Macron a rencontré pour la première fois le pape François au Vatican, mardi 26 juin. Les vaticanistes, qui connaissent la valeur du temps pontifical, avaient les yeux rivés sur l’horloge. Le chef de l’Etat français a fait mieux que Barack Obama (52 minutes), Recep Tayyip Erdogan (50 minutes), François Hollande (45 minutes), Nicolas Sarkozy (44 minutes) ou encore Donald Trump (29 minutes). Pour battre le record de 90 minutes de François Mitterrand avec Jean Paul II, il faudra en revanche revenir à Rome.
Est-ce pour autant le signe d’un entretien qui s’est bien déroulé ? Les deux hommes se sont quittés après une embrassade inédite. Mais le souverain pontife avait auparavant fait passer un message assez limpide à Emmanuel Macron, en lui offrant un médaillon de saint Martin, ce légionnaire romain qui avait, selon la légende, divisé son manteau en deux pour donner la partie lui appartenant à un pauvre (l’autre moitié étant la propriété de Rome). Un symbole d’altruisme et d’aide aux plus faibles, pour un chef d’Etat parfois qualifié de « président des riches ».
Poignée de main cordiale
La visite d’Emmanuel Macron au Saint-Siège a commencé mardi 26 juin, cour Saint-Damase à 10 h 25, sous un grand soleil. Le président, en costume-cravate sombre, et son épouse, en robe noire et mantille à la main, sont arrivés à bord d’une voiture officielle, une Maserati.

        Sur les enjeux de la
         

          première rencontre entre Emmanuel Macron et le pape François



Dans la délégation devaient également être présentés au pape les ministres Gérard Collomb (intérieur) et Jean-Yves Le Drian (affaires étrangères), Philippe Zeller, ambassadeur de France près le Saint-Siège, Philippe Etienne, conseiller diplomatique du président de la République, ou encore Sylvain Fort, conseiller discours de M. Macron.
Le couple présidentiel a été accueilli par le préfet de la Maison apostolique, Georg Gänswein, qui l’a ensuite conduit auprès du pape. Ce dernier a mis quelques secondes avant d’esquisser un sourire. Mais la poignée de main entre Emmanuel Macron et le souverain pontife fut finalement cordiale. Un échange toujours scruté de près par les experts du Vatican. Donald Trump avait ainsi eu droit à un visage fermé pour l’accueillir.
« Soyez le bienvenu », a dit en français le souverain pontife au président de la République. « Merci beaucoup », lui a répondu celui-ci. Les deux hommes ont ensuite quitté la salle du petit trône pour rejoindre le bureau du pape François où était prévu l’entretien. Le père Jean Landousies, pointure de la diplomatie vaticane, a servi d’interprète. Le chef de l’Etat a offert une édition ancienne en italien du Journal d’un curé de campagne, le roman de Georges Bernanos, l’un des auteurs fétiches du pape.

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Analyse

Gestes de paix historiques entre l’Ethiopie et l’Erythrée

Signe de la volonté des deux pays d’aplanir leurs différends, une délégation érythréenne est attendue à Addis-Abeba, meurtrie samedi par un attentat.

Jean-Philippe Rémy (Johannesburg, correspondant régional)
    



LE MONDE
              datetime="2018-06-26T11:46:42+02:00"

        Le 26.06.2018 à 11h46

     •
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        Mis à jour le 26.06.2018 à 11h47






                        

Crédits : YONAS TADESSE/AFP


                    

Une génération entière n’avait jamais vu cela : des drapeaux érythréens, depuis plusieurs jours, font leur réapparition dans les rues d’Addis-Abeba, la capitale éthiopienne. C’est le premier signe, modeste mais concret, d’une possible fin du statut de « ni guerre ni paix » entre les deux nations, pour leur bien comme pour celui de la Corne de l’Afrique. Il a fallu attendre vingt ans pour que la paix et, semble-t-il, la raison soient tout à coup en mesure de l’emporter entre l’Ethiopie et l’Erythrée.
Les premiers coups de feu de ce conflit avaient été tirés en mai 1998 à Badmé, obscure escarmouche dans une petite ville frontalière qui avait ouvert la voie à deux ans de guerre acharnée entre ces deux voisins, ex-alliés devenus concurrents, et donc ennemis. Environ 100 000 hommes avaient été tués. Un accord de paix, signé en 2000, n’avait jamais été totalement appliqué, laissant béant un espace de tensions qui menaçait régulièrement de s’embraser.

Et puis quelque chose a changé. Il y a eu d’abord les « branches d’olivier » tendues par le nouveau premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, lors de son investiture en avril, au cours de laquelle il avait annoncé ses intentions de faire la paix. Ces idées, son prédécesseur les avait seulement caressées. M. Abiy en a fait un étendard. Il déclarait à son arrivée au pouvoir : « Avec le gouvernement d’Erythrée, nous voulons du fond de nos cœurs que les différends qui règnent depuis des années prennent fin. »
« Il faut construire la confiance »
Deux mois plus tard, l’Ethiopie entrait dans le vif du sujet en offrant d’appliquer intégralement l’accord de paix de 2000. Cela incluait la décision d’une commission frontalière internationale, rendue publique en 2002, qui estimait que Badmé devait être accordé à l’Erythrée, chose intolérable pour l’Ethiopie, qui avait sacrifié des divisions entières pour reprendre le village pendant la guerre et en avait fait depuis l’objet d’un culte national.
Cette...



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Ethiopiens, Somaliens, Congolais, Burundais et Sud-Soudanais ont été accueillis au Kenya. Du petit artisan au grossiste fortuné, cet endroit isolé est devenu une place économique vivante. Et ce malgré de nombreux obstacles.
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Kenya : Kakuma, le camp de réfugiés aux 2 100 entreprises

Ethiopiens, Somaliens, Congolais, Burundais et Sud-Soudanais ont été accueillis au Kenya. Du petit artisan au grossiste fortuné, cet endroit isolé est devenu une place économique vivante. Et ce malgré de nombreux obstacles.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 11h26
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 11h29
    |

                            Marion Douet (camp de Kakuma, Kenya, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Lorsqu’elle étudiait « la coupe et la couture » à l’université de Goma, en République démocratique du Congo, Esperance Tabisha ne pensait pas une seconde qu’elle exercerait sa passion dans un camp de réfugiés. Voilà pourtant huit ans que la jeune Congolaise travaille à Kakuma, aux confins du Kenya, de l’Ouganda et du Soudan du Sud. Fuyant le conflit qui ravage sa région du Nord-Kivu, elle arrive seule, en 2010, dans ce camp de réfugiés. Une « maman congolaise » la prend rapidement sous son aile. « Dès la première semaine, elle a emprunté une machine à coudre et j’ai commencé à travailler », raconte la couturière de 28 ans, assise à l’ombre de l’auvent qui est à la fois son atelier et l’entrée de sa maison. A droite, une machine à coudre noire (sa troisième) fonctionnant au pied ; à gauche, un large rectangle de bois monté sur tréteaux qui tient lieu de comptoir, de table de dessin et de planche à repasser.
Ici, Esperance Tabisha confectionne pour une clientèle de réfugiés, d’humanitaires et de Kényans habitant la ville attenante – également appelée Kakuma – des chemisiers, robes et jupes sur mesure. Autant de créations consciencieusement postées sur Facebook et Instagram, sur le compte Esperanza Fashion and Designs. Les affaires tournent bien, raconte-t-elle, suffisamment en tout cas pour offrir à ses deux enfants, nés dans le camp, une « alimentation diversifiée » et « une bonne éducation ». « Les bons mois, je gagne environ 12 000 shillings [100 euros]. Cela n’augmente pas trop car je n’ai pas le temps de faire plus. Mais j’ai maintenant des gens qui m’appellent et que je ne connais même pas ! Je réfléchis à faire travailler quelqu’un », dit-elle, ses mains aux ongles peints de vert tranquillement posées sur ses genoux.
Kakuma est l’un des plus grands camps de réfugiés du monde, une succession d’allées, de tentes et d’abris de boue séchée. C’est aussi une place économique vivante, avec ses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ De l’Europe à l’Asie, entreprises, politiques et investisseurs craignent que les tensions entre les Etats-Unis et le reste du monde brisent la croissance.
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Les tensions commerciales menacent l’économie mondiale

De l’Europe à l’Asie, entreprises, politiques et investisseurs craignent que les tensions entre les Etats-Unis et le reste du monde brisent la croissance.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 11h49
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Jeu de bluff, poker menteur, voire simples rodomontades… Longtemps, les menaces du président américain Donald Trump n’ont été prises au sérieux qu’à moitié. Cette époque est révolue. Des investisseurs aux analystes en passant par les entreprises et les responsables politiques, ils sont toujours plus nombreux à s’inquiéter de tensions en passe de dégénérer en véritable guerre commerciale. Au risque d’affecter sérieusement la dynamique économique mondiale.

« La Chine et l’Union européenne s’opposent à l’unilatéralisme et au protectionnisme, et pensent que cela pourrait amener récession et turbulences dans l’économie mondiale », a déclaré Liu He, principal conseiller économique du président chinois, Xi Jinping, lors d’une réunion, lundi 25 juin, avec le vice-président de la Commission européenne Jyrki Katainen. Rien d’étonnant à cette mise au point : selon des informations de presse, les Etats-Unis seraient sur le point de dévoiler un plan visant à bloquer les investissements chinois dans le secteur technologique américain.

De quoi crisper la relation déjà très tendue entre Washington et Pékin. Et pousser l’homme de confiance de M. Xi à volontairement dramatiser la situation. Mais si l’activité planétaire demeure robuste, de premiers signaux d’alerte commencent à s’allumer. Ces derniers mois, en Europe, la production industrielle a ralenti. Le premier trimestre a surpris par sa mollesse sur fond d’érosion de la confiance.
Baisse du moral des entrepreneurs allemands
Du Vieux Continent jusqu’en Asie, les enquêtes font état d’une dégradation du climat des affaires depuis le mois de février. En Allemagne, dont le gigantesque excédent commercial alimente les critiques de la Maison Blanche, le baromètre IFO publié lundi signale une nouvelle baisse du moral des entrepreneurs en juin. Les marchés financiers se mettent aussi à prendre au sérieux le risque d’escalade : lundi, Wall Street comme les Bourses européennes et asiatiques...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ La victoire électorale du président sortant, Recep Tayyip Erdogan, va confirmer le processus de re-radicalisation du régime déjà aux abois, estime le sociologue Hamit Bozarslan, dans une tribune au « Monde ».
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Hamit Bozarslan : « La Turquie d’Erdogan est un exemple radical des antidémocraties du XXIe siècle »

La victoire électorale du président sortant, Recep Tayyip Erdogan, va confirmer le processus de re-radicalisation du régime déjà aux abois, estime le sociologue Hamit Bozarslan, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    26.06.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 11h41
    |

                            Hamit Bozarslan (Historien et sociologue à l'Ecole des hautes études en sciences sociales)








                        



                                


                            
Tribune. Ainsi Recep Tayyip Erdogan va pouvoir former son gouvernement, contrôler l’Assemblée et nommer les juges et les procureurs ; bref exercer pleinement les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire. Plus qu’un nouveau tournant autoritaire, le régime que le reis turc instaure à la faveur des élections du dimanche 24 juin représente l’un des exemples les plus radicaux des antidémocraties du XXIe siècle.

L’erdoganisme part du principe que la nation turque, bras armé de l’islam, aurait reçu de l’histoire la mission de dominer le monde pour lui apporter justice et harmonie. Cette mission aurait cependant été entravée par l’inimitié de l’Occident, la trahison des ennemis de l’intérieur essaimés à travers la vaste « mère patrie de 18 millions de km2 », et l’aliénation des élites turques occidentalisées.
Le président le rappelle, la première guerre mondiale continue avec sa seule et unique finalité : détruire la Turquie. Faire face à cette menace exige la refondation de la nation dans son essence altérée.
Paramilitarisation de l’Etat
Au-delà de cet impératif de survie, il fixe aussi un objectif à échéance à ses sujets : 2071, le millénaire de la victoire turque sur Byzance, doit témoigner de la naissance d’une nouvelle ère de domination turque. Les « amis de 2071 » admettront « naturellement » la nécessité d’une fusion charnelle entre la nation et son chef : le reis doit puiser sa légitimité dans la nation pour incarner son passé et son futur, honorer ses « martyrs » dont le sang « a transformé la terre en patrie » et le « tissu en drapeau », et doter le pays d’une puissance digne de son rang.

Cet arrière-fond idéologique, réactivé et radicalisé à chaque défi que le régime d’Erdogan a dû relever en interne et à chaque défaite qu’il a subie en externe, explique largement la trajectoire de la Turquie des années 2010. Les élections...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ La « tolérance zéro » de l’administration reste en vigueur, affirme cependant la Maison Blanche, qui évoque un « manque de ressources ».
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Etats-Unis : faute de place, les familles de migrants illégaux ne sont plus poursuivies

La « tolérance zéro » de l’administration reste en vigueur, affirme cependant la Maison Blanche, qui évoque un « manque de ressources ».



Le Monde
 |    26.06.2018 à 10h59
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 13h50
   





                        



   


Faute de place pour mettre les familles en détention, l’administration américaine a annoncé, lundi 25 juin, avoir provisoirement suspendu les poursuites contre les migrants venus illégalement du Mexique avec leurs enfants.
Selon le commissaire des douanes et de la protection des frontières, Kevin McAleenan, cité par l’agence de presse Reuters, cette décision est une conséquence de la volte-face du président Donald Trump la semaine dernière, mettant fin à la séparation systématique des familles de migrants illégaux.
La politique de « tolérance zéro » de l’administration Trump face à l’immigration illégale avait abouti à la séparation de nombreux enfants de leurs parents, provoquant un tollé aux Etats-Unis, jusque dans les rangs républicains, mais aussi au niveau international, avec de vives critiques de l’Organisation des Nations unies.
« Nous ne poursuivons pas ces parents », a déclaré M. McAleenan, cité par le magazine politique Politico.

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La tolérance zéro toujours en vigueur, selon la Maison Blanche
Selon le New York Times, il a ajouté que son agence et le ministère de la justice devraient se mettre d’accord sur une politique selon laquelle « les adultes qui emmènent leurs enfants à travers la frontière – violant nos lois et risquant leurs vies à la frontière – pourraient être poursuivis sans une longue séparation d’avec leurs enfants ».
Les agents de contrôle de la frontière continueront à engager des poursuite contre les adultes traversant illégalement la frontière sans enfants. Ils sépareront les enfants de leurs parents en cas de danger pour l’enfant ou si l’adulte a un casier judiciaire, a précisé M. McAleenan, ajoutant travailler à un plan permettant de reprendre les poursuites des parents passant avec leurs enfants.
La porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders, a de son côté souligné que la politique de « tolérance zéro » restait en vigueur, du moins officiellement :
« Nous ne changeons pas de politique, nous manquons simplement de ressources. »

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Le constructeur américain veut échapper aux tarifs douaniers instaurés par Bruxelles en représailles à ceux de Washington.
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Taxes européennes : Harley-Davidson délocalise sa production de motos hors des Etats-Unis

Le constructeur américain veut échapper aux tarifs douaniers instaurés par Bruxelles en représailles à ceux de Washington.



Le Monde
 |    26.06.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
26.06.2018 à 14h24
   





                        



   


Victime de la guerre commerciale lancée par Donald Trump, le constructeur emblématique de motos américaines Harley-Davidson va délocaliser une partie de sa production pour échapper aux tarifs douaniers instaurés par Bruxelles en représailles à ceux de Washington. La marque de motos, née il y a cent dix-sept ans, a déploré que les taxes douanières européennes soient passées de 6 % à 31 % sur ses produits entrant sur le marché européen, ce qui renchérit le prix au détail de chaque véhicule de 2 200 dollars (soit 1 880 euros).
Depuis le 22 juin, Bruxelles a, en effet, frappé une série de produits typiquement américains de droits de douane de 25 %, des mesures de rétorsion à la suite des taxes infligées par l’administration Trump sur l’acier (25 %) et l’aluminium (10 %) européens. Ainsi, les célèbres motos, mais aussi les jeans, le bourbon ou encore le beurre de cacahuète, sont dans le collimateur de Bruxelles.
Mardi 26 juin, l’Union européenne a réagi à l’annonce du constructeur, estimant que Washington faisait face aux « conséquences » de ses décisions commerciales.
« Il était clair pour l’administration américaine que s’ils imposaient [à l’UE] des droits de douane sur l’aluminium et l’acier, nous les considérerions comme illégaux et non conformes aux règles de l’OMC, et qu’il y aurait des conséquences », a déclaré Cecilia Malmström, commissaire européenne au commerce. « Et, oui, bien sûr que les conséquences sont que les entreprises et les consommateurs américains – que nous ne voulons pas punir, mais c’est une conséquence malheureuse – vont réagir et mettre la pression sur l’administration américaine pour dire : “Hey, attendez une minute, ce n’est pas bon pour l’économie américaine.” Et c’est ce qui se passe », a-t-elle ajouté.
« Les taxes douanières sont stupides »
Certains de ces produits semblent être savamment ciblés par l’Union européenne car fabriqués dans des Etats politiquement proches de Donald Trump. C’est le cas de Harley-Davidson, dont le siège est à Milwaukee (Wisconsin), l’Etat de Paul Ryan, le chef des républicains à la Chambre des représentants.
« Voilà une nouvelle preuve des dommages causés par l’application unilatérale de taxes. La meilleure façon d’aider les travailleurs et manufacturiers américains est de leur ouvrir de nouveaux marchés, pas d’imposer de nouvelles barrières sur leurs propres marchés », a commenté M. Ryan.
Donald Trump a réagi dans un tweet se disant « étonné » que, « de toutes les compagnies américaines », Harley-Davidson soit la première à réagir de la sorte.
« Le problème n’est pas que Harley n’est pas patriote, c’est que les taxes douanières sont stupides », a rétorqué le sénateur républicain Ben Sasse, pour qui ces nouvelles mesures « ne fonctionnent pas ».
Harley-Davidson, qui ne veut pas répercuter l’augmentation des droits de douane sur ses clients au risque de faire plonger ses ventes européennes et de « menacer la viabilité des concessionnaires », a donc annoncé qu’il allait déplacer une partie de sa production. Les motos destinées à l’exportation seront désormais fabriquées dans ses usines internationales hors du territoire américain.
Le groupe, qui vend quelque 40 000 motos par an en Europe – son deuxième marché après les Etats-Unis –, n’a pas spécifié dans quelles usines il allait transférer sa production ni si cela allait entraîner des réductions d’emplois sur le sol américain. Harley-Davidson a des usines au Brésil, en Inde, en Australie et une en cours de construction en Thaïlande.
Les ventes s’érodent chaque année
La compagnie prévoit que le coût immédiat des tarifs ainsi que les investissements liés au transfert de production affecteront ses comptes à hauteur de 90 millions et 100 millions de dollars sur un an. Son titre a chuté de 5,97 % à la Bourse de New York lundi. Non seulement le constructeur est touché par les taxes sur ses motos, mais les droits qui frappent les échanges d’acier renchérissent aussi le coût de cette matière première, avait déjà prévenu en avril le directeur financier du groupe.
Si la marque de motos apparaît comme une victime collatérale de la confrontation commerciale lancée par Donald Trump, l’essoufflement de ses ventes n’est pas nouveau, entre le vieillissement de sa clientèle et la concurrence des véhicules japonais. Le groupe compte donc beaucoup sur ses exportations pour maintenir sa production à flot alors que ses ventes ont chuté de 6,7 % l’an dernier, dont 8,5 % pour les seuls Etats-Unis.
En 2017, Harley-Davidson a vendu 242 788 motos dans le monde, contre 260 289 l’année précédente, et ne prévoit d’en vendre que 231 000 à 236 000 cette année. La compagnie a d’ores et déjà annoncé au début de l’année la fermeture d’un site à Kansas City (Missouri) et une restructuration de son unité de York, en Pennsylvanie. Le nouveau transfert de sa production à l’étranger devrait prendre entre neuf et dix-huit mois.
Ironiquement, Harley-Davidson avait été l’un des premiers groupes manufacturiers à visiter la Maison Blanche en février 2017 pour illustrer la stratégie industrielle de « l’Amérique d’abord » du président Trump, tout juste élu. Le président avait salué « ce fleuron américain » et exprimé sa confiance dans le fait que la compagnie allait augmenter sa capacité industrielle sur le territoire américain.

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Le Monde
 |    26.06.2018 à 10h53
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26.06.2018 à 11h28
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            Sylvie Kauffmann (VARSOVIE, BUDAPEST, PRAGUE, BRATISLAVA, BRUXELLES - envoyée spéciale)








                        



                                


                            

C’est une bourgade autrichienne de 6 000 habitants, Hainburg an der Donau, au confluent du Danube et de la Morava, une de ces petites villes où se devine l’histoire de la « Mitteleuropa », l’Europe centrale. Vienne est à 50 km, Bratislava encore plus près, à 15 km. Mais ce n’est pas le château de Hainburg qui attire, si nombreux, les voisins slovaques. Ce sont ses supermarchés. Non pas que les produits en vente soient introuvables en Slovaquie, comme au temps du communisme. Non, le pot de Nutella disponible à Hainburg trône également sur les rayons des magasins de Bratislava, où on le paie aussi en euros. Simplement, vous assure-t-on encore aujourd’hui en Slovaquie, le Nutella est meilleur côté autrichien. Plus moelleux. Moins foncé. Parce que, répète-t-on devant votre incrédulité, sa composition n’est pas la même ; pour les consommateurs de l’Ouest, plus raffinés, on met davantage de noisettes. C’est la preuve, comprenez-vous, que les habitants de la partie orientale de l’Union européenne, ceux des Etats qui ont adhéré à l’UE en 2004, sont encore considérés comme des citoyens de seconde zone.
Ferrero, le fabricant de l’indispensable pâte à tartiner, a beau avoir démenti toute différence, le « syndrome Nutella » a la vie dure. Quatorze ans après l’élargissement de l’Union à dix nouveaux membres, dont huit pays ex-communistes, il illustre le sentiment – le ressentiment, surtout – de n’avoir toujours pas le même statut que les membres plus anciens. Pour Jakub Wisniewski, Polonais vivant en Slovaquie, il y a des contrôles policiers qui ne passent pas, comme ceux qu’il rencontre de temps en temps à la frontière entre Hainburg et Bratislava, alors que l’Autriche et la Slovaquie sont toutes deux membres de l’UE et de l’espace Schengen. Ce sont les policiers autrichiens qui contrôlent, relève-t-il, jamais l’inverse. Cette sensibilité-là est à fleur de peau.

Alors, lorsque l’affaire du Nutella à deux vitesses a éclaté, en février 2017, le premier...




                        

                        

