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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Les industriels du médicament n’étudient pas les éventuels effets indésirables apparaissant après l’arrêt des thérapies, comme ceux observés dans le cas du Prolia contre l’ostéoporose.
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Ostéoporose : l’arrêt des traitements ignoré par les études

Les industriels du médicament n’étudient pas les éventuels effets indésirables apparaissant après l’arrêt des thérapies, comme ceux observés dans le cas du Prolia contre l’ostéoporose.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 15h48
    |

                            Lise Barnéoud








                        


Pour mettre un médicament sur le marché, on étudie son efficacité et son innocuité. Mais personne ne se soucie de ce qu’il se passe après l’arrêt du traitement. Pour Prolia, la question se pose plus que tout autre médicament du fait de sa spécificité : il s’agit d’une protéine humaine (un anticorps) capable d’inhiber l’action d’une autre ­protéine impliquée dans le grignotage des os. Administré par voie sous-cutanée, le Prolia agit durant six mois en moyenne. Passé ce ­délai, l’ensemble des protéines impliquées dans le remodelage osseux connaissent une profonde réorganisation, avec ­notamment une hausse d’activité marquée pour les acteurs de la ­résorption osseuse.

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                Ostéoporose : le piège du Prolia, médicament miracle



L’arrêt du Prolia s’accompagne ainsi systématiquement d’une chute transitoire de la densité ­minérale osseuse. Or, les conséquences cliniques de cet effet ­rebond n’ont jamais fait l’objet d’une recherche particulière.
Intêret des laboratoires
« C’est l’immense défaut des études cliniques, elles sont commanditées par l’industriel en vue d’une commercialisation. Les laboratoires n’ont aucun intérêt à étudier l’impact de l’arrêt de leur traitement ni à allonger la durée d’observation car cela augmente le taux rapporté d’événements indésirables, non ­nécessairement reliés aux produits. Et cela nuit ensuite à la commercialisation du produit », reconnaît ­Jacques Brown, du Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval, qui a participé aux études d’Amgen sur le Prolia.
Pour Michel Laroche, rhumatologue au CHU de Toulouse et membre du Groupe de recherche et d’information sur les ostéoporoses (GRIO), cette affaire révèle « l’incapacité des sociétés savantes à faire des études hors industrie pharmaceutique. Les laboratoires n’étudieront jamais l’impact des arrêts des traitements. C’est à nous de le faire sans eux ! ». Il y a du pain sur la planche.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Prescrit à 90 000 Françaises pour contrer la fragilisation des os survenant à la ménopause, ce traitement efficace engendre un redoutable « effet rebond » quand on l’interrompt : des fractures vertébrales multiples surviennent chez une partie des patientes. Une équipe suisse a sonné l’alarme.
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Ostéoporose : le piège du Prolia, médicament miracle

Prescrit à 90 000 Françaises pour contrer la fragilisation des os survenant à la ménopause, ce traitement efficace engendre un redoutable « effet rebond » quand on l’interrompt : des fractures vertébrales multiples surviennent chez une partie des patientes. Une équipe suisse a sonné l’alarme.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 15h47
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 16h26
    |

                            Lise Barnéoud








                        



                                


                            
Au début, l’histoire était belle. Aucun traitement n’était aussi efficace que le Prolia pour combattre l’ostéoporose, ce lent mais inéluctable grignotage des os qui touche un quart des femmes de plus de 65 ans. Christine faisait partie des quelque 90 000 patientes françaises à bénéficier de ce nouveau traitement du laboratoire Amgen en 2017. En juin de cette année-là, après trois années de traitement, cette jeune retraitée de 64 ans sort heureuse de sa consultation avec son rhumatologue : les examens radiologiques de ses os sont excellents. « J’étais comme une ­gamine, je me sentais guérie. » Fini les injections tous les six mois, le traitement peut être stoppé. Mais quatre mois plus tard, soit dix mois après sa dernière ­injection, elle souffre de violentes douleurs au dos : un examen révèle deux fractures sur la ­colonne. C’est le début d’un cauchemar. Trois mois plus tard, en janvier 2018, sa colonne s’est fracturée à six endroits différents.
« Personne ne comprenait ce qu’il m’arrivait, retrace Christine. Aujourd’hui, les douleurs plombent ma vie et je plonge dans une grande dépendance… »
Même histoire pour Michèle, 80 ans. Son ostéoporose, elle l’a d’abord traitée avec le Protelos, un médicament du laboratoire Servier retiré du ­marché en 2017 en raison notamment d’effets ­secondaires graves. Du Protelos, elle est ensuite passée au sport, « 800 mètres de natation chaque jour », précise-t-elle. Puis, à l’automne 2015, sa ­généraliste l’a convaincue d’essayer le Prolia. « Elle ­disait que c’était miraculeux. J’ai fait deux injections, puis j’ai arrêté, car je les supportais mal. » Quinze mois après sa dernière injection, une première fracture vertébrale survient en nageant. Un mois plus tard, la vertèbre située juste au-dessus casse également. Deux mois s’écoulent encore et, en décembre 2017, nouvelle douleur aiguë. ­« Retour à l’hôpital et, là,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ D’où viendra la prochaine pandémie meurtrière ? Un récent colloque à l’Institut Pasteur de Paris a tenté de cerner la menace, multiforme et très élusive.
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Peut-on prédire les futurs fléaux épidémiques ?

D’où viendra la prochaine pandémie meurtrière ? Un récent colloque à l’Institut Pasteur de Paris a tenté de cerner la menace, multiforme et très élusive.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 15h07
    |

                            Florence Rosier








                        



                                


                            
Qui sera le prochain virus tueur en série ? Où, quand, comment frappera-t-il l’humanité ? Quels seront ses complices – mammifères, moustiques ? Quelle sera l’ampleur de son crime ? Un panel choisi de vingt experts s’est réuni à l’Institut Pasteur de Paris, les 21 et 22 juin, pour débattre de ces questions devant un public de chercheurs et d’acteurs de la santé publique, avec le soutien de la Fondation SCOR pour la science. Le défi : mieux se préparer à cette menace diffuse, à la lumière des leçons du passé, mais aussi des promesses qu’apportent les outils les plus pointus.
« La grippe reste notre pire cauchemar », confie Arnaud Fontanet, responsable de l’unité épidémiologie des maladies émergentes à l’Institut Pasteur, coorganisateur de ce colloque. Quand un nouveau mutant du virus grippal arrive, il infecte un tiers de l’humanité. Sa transmissibilité, par éternuement, est phénoménale. Les malades sont contagieux avant même l’apparition des premiers symptômes : les isoler ne sert à rien. Le virus, avec un temps de génération de trois jours, se propage comme une traînée de poudre. « Rien ne peut l’arrêter. Tout dépendra du taux de mortalité du virus mutant. » Seule piste : la perspective d’un vaccin « pan-grippal », adapté à toutes les souches de virus grippal. « Une équation jamais résolue », pourtant, malgré des décennies de recherche.
Le mystère de la grippe espagnole
Concernant le virus de la grippe espagnole, Lone Simonsen, de l’université de Roskilde (Danemark), a estimé qu’il a tué, en 1918-1919, 1 % à 2 % des personnes infectées, soit 50 millions de personnes à travers le monde. Mais pourquoi a-t-il décimé des sujets jeunes (de 20 à 40 ans) ? Pourquoi a-t-il épargné les personnes âgées ? Le mystère reste entier. Quant à la pandémie grippale de 2009, sa « sévérité » a été « 100 fois surestimée ».
Les chercheurs ont ensuite passé au crible de l’analyse biologique, écologique, anthropologique… une flopée...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ En 2015, 142 000 cas étaient attribuables à des facteurs de risque liés au mode de vie ou à l’environnement, au premier rang desquels le tabagisme et l’alcool.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/06/2018
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En France, quatre cancers sur dix pourraient être évités

En 2015, 142 000 cas étaient attribuables à des facteurs de risque liés au mode de vie ou à l’environnement, au premier rang desquels le tabagisme et l’alcool.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 03h30
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 09h10
    |

            Hervé Morin








                        



   


La part des cancers dits « évitables », c’est-à-dire attribuables à des facteurs de risque liés au mode de vie ou à l’environnement, vient d’être réévaluée pour la France métropolitaine : elle représenterait 41 % des tumeurs survenues en 2015 chez les adultes de plus de 30 ans, soit 142 000 cas (84 000 chez les hommes et 58 000 chez les femmes). Cette estimation est le fruit d’une vaste étude coordonnée par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), publiée lundi 25 juin dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH).
En 2000, la part des cancers évitables était évaluée en France à 35 %, tandis que les études portant sur d’autres pays donnent une fourchette variant entre 30 % et 50 %.
L’originalité de l’étude, par rapport aux évaluations antérieures, est d’avoir élargi le spectre des causes évitables à treize facteurs majeurs de risque pour lesquels un lien avec la survenue de cancer est bien établi, et pour lesquels l’exposition des Français était connue. La consommation de viande rouge et de charcuterie ou les expositions professionnelles (trichloréthylène, gaz d’échappement du diesel) n’étaient par exemple pas prises en compte auparavant.
Isabelle Soerjomataram, qui, au CIRC – agence intergouvernementale de recherche sur le cancer créée en 1965 par l’Organisation mondiale de la santé –, a coordonné l’étude, souligne que le message principal est positif : « C’est une bonne nouvelle de savoir que l’on peut agir sur 40 % des cancers, en se concentrant sur treize facteurs de risque seulement. »
Le déclenchement d’un cancer peut évidemment avoir des origines multiples et combinées. La part du hasard, c’est-à-dire liée à la survenue de mutations aléatoires dans l’ADN des cellules, fait l’objet d’âpres débats scientifiques. Elle est évaluée par certains à deux tiers des mutations susceptibles de déclencher un cancer. Le poids de l’hérédité, c’est-à-dire les prédispositions à développer certains cancers en raison de son patrimoine génétique, représenterait environ 5 % des cas.

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                Le débat sur le rôle du hasard dans le cancer relancé



Restent les cancers dits « évitables ». Tout l’intérêt de l’étude du BEH est donc de chiffrer le poids des déterminants sur lesquels on peut agir en modifiant des comportements (tabac, alcool, alimentation, activité physique) par la réglementation (polluants, pesticides, composants alimentaires) ou la prophylaxie (vaccins).

   


Sans surprise, le tabac et l’alcool restent les deux principaux « fauteurs évitables » de cancers, représentant 20 % et 8 % des cas, les deux sexes confondus. Chez les hommes, c’est ensuite l’alimentation qui prédomine (5,7 % des cas), tandis que chez les femmes, c’est le surpoids et l’obésité (6,8 %). « Je ne m’attendais pas à ce que ces facteurs de risque soient si élevés, commente Isabelle Soerjomataram. Il semble que la France suive dans ce domaine la trajectoire de pays comme les Etats-Unis ou le Royaume-Uni. »
Simulation
Viennent ensuite les infections, notamment celles liées au papillomavirus, responsable de plus de 6 300 cas de cancer, essentiellement du col de l’utérus, en 2015. Puis les expositions professionnelles, avant les ultraviolets (mélanomes), le radon et les radiations d’origine médicale. La pollution de l’air extérieur, puis la présence d’arsenic et de benzène ferment la liste.
Les cancers évitables les plus nombreux sont ceux du poumon (plus de 35 000 cas évitables sur quelque 40 000 cas estimés) et du sein (presque 20 000 cas évitables sur plus de 53 000 diagnostics pour cette localisation), avant le côlon-rectum (19 000 environ). Viennent ensuite lèvres-cavité orale-pharynx (12 000 cas), mélanome (plus de 10 000), foie (7 000), estomac (6 000) et rein (environ 5 000). Les autres localisations représentent moins de 5 000 cas annuels.
Certains facteurs de risque sont définis en négatif : le fait de ne pas manger suffisamment de fruits, de légumes ou de fibres pèse autant que de manger trop de viande rouge ou transformée. Le manque d’activité physique ou un allaitement inférieur à six mois, moins protecteur pour la mère vis-à-vis du risque de cancer du sein, ont aussi été pris en compte.

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                Les aliments ultratransformés à l’origine de maladies digestives



En revanche, des facteurs comme le nombre d’enfants ou l’âge de la première grossesse, connus pour peser aussi sur le risque de cancer, « mais sur lesquels on ne peut agir de la même façon que pour l’allaitement, n’ont pas été retenus comme évitables », souligne Isabelle Soerjomataram.
Cette analyse représente la somme des connaissances toxicologiques et épidémiologiques concernant la population française. Elle est une simulation, car il est très rare de pouvoir attribuer à un cas individuel une origine précise, comme pour le mésothéliome lié à l’exposition à l’amiante. Les auteurs sont conscients des limites de l’étude. Elle ne prend pas en compte certains facteurs de risque dont les effets sont encore insuffisamment documentés.
« Cibler des priorités d’action »
« Cet état des lieux a permis de mettre en exergue des lacunes scientifiques (comme les expositions chimiques), mais aussi le besoin de recherche pour identifier le rôle de facteurs de risques émergents (comme les perturbateurs endocriniens) », notent ainsi Christopher Wild, directeur du CIRC, Norbert Ifrah, président de l’Institut national du cancer, et François Bourdillon, directeur général de l’agence sanitaire Santé publique France dans l’éditorial du BEH. Cela signifie que, à mesure que des données plus solides apparaîtront, la part des cancers évitables pourrait encore augmenter.
Il est aussi à noter que les outre-mer n’ont pas été inclus. Le poids du chlordécone, un pesticide longtemps utilisé dans les bananeraies, serait sans doute à prendre en compte pour les cancers de la prostate. « On aimerait poursuivre l’analyse dans ces territoires », note Isabelle Soerjomataram, pour qui les facteurs de risque seraient alors probablement différents.
Pour les signataires de l’éditorial du BEH, mesurer la part évitable a un intérêt majeur : « Cibler des priorités d’action pour la prévention du cancer. » Si l’on doit se réjouir de la baisse d’un million de fumeurs quotidiens entre 2016 et 2017, la stratégie de réduction du tabagisme à travers l’augmentation du prix doit être « maintenue et renforcée », notent-ils. L’alcool, l’alimentation, le surpoids devraient faire l’objet des mêmes efforts de prévention, avancent-ils, notant aussi l’efficacité potentielle des réglementations concernant les valeurs limites de produits cancérigènes dans l’environnement et en milieu professionnel pour diminuer les expositions. Ou des pistes cyclables pour encourager l’activité physique.
Isabelle Soerjomataram souligne que, pour le tabac et l’alcool, des messages de prévention spécifiques pour les femmes seraient bienvenus. En 2000, le tabac représentait 6 % des cas de cancer chez les femmes, contre 8 % en 2015, et pour l’alcool, ces proportions sont respectivement passées de 4 % à 7 %, tandis que chez les hommes, elles sont restées stables.
François Bourdillon, de l’agence sanitaire Santé publique France, note quant à lui que, outre les grands domaines classiques de prévention (tabac, alcool, alimentation-obésité), l’étude « interpelle toute la médecine du travail, l’exposition professionnelle n’étant pas négligeable ». Il se dit aussi surpris par la hauteur de l’impact des infections. « Il faudrait remettre l’accent sur la vaccination », souligne-t-il. En France, celle contre le papillomavirus (HPV), recommandée depuis 2007, était inférieure à 15 % chez les filles de 16 ans en 2015.
L’agence sanitaire britannique Public Health England estimait très récemment que la vaccination a fait baisser de 86 % chez les jeunes femmes les infections par les deux types d’HPV causant la majorité des cancers du col de l’utérus. Outre-Manche, 80 % des garçons et filles de 14 à 25 ans sont vaccinés.
Les nouvelles données permettent aussi de mesurer certaines distorsions dans la perception de la hiérarchie des risques par le grand public. Un baromètre de Santé publique France, à paraître, montre que, en 2015, 67 % des personnes interrogées pensaient que la pollution atmosphérique causait davantage de cancers que l’alcool. Or la pollution atmosphérique, qui a d’autres impacts sanitaires, notamment cardio-vasculaires et respiratoires, « représente 0,4 % des cas de cancer dans notre évaluation », rappelle Isabelle Soerjomataram. Soit vingt fois moins que l’alcool et cinquante fois moins que le tabac.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ La sonde japonaise se prépare à prélever des poussières sur ce petit objet carboné, tandis qu’un engin américain, Osiris-Rex, s’approche d’un objectif du même type.
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Hayabusa-2 à portée de l’astéroïde Ryugu

La sonde japonaise se prépare à prélever des poussières sur ce petit objet carboné, tandis qu’un engin américain, Osiris-Rex, s’approche d’un objectif du même type.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 18h00
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            
Après la saga de la sonde européenne Rosetta et de son atterrisseur Philae, dont l’aventure autour de la comète « Tchouri » avait tenu en haleine les amoureux de l’exploration spatiale, un nouveau feuilleton robotisé commence dans l’espace, à 285 millions de kilomètres de la Terre.
Lancée en décembre 2014, la mission japonaise Hayabusa-2, qui emporte le mini-atterrisseur franco-allemand Mascot, doit arriver le 27 juin dans les parages immédiats de sa « cible », l’astéroïde 162173, d’un diamètre d’environ 900 mètres. Voilà pour le casting. Quant au scénario, il reprend la trame d’un mythe nippon. Dans cette légende, un pêcheur voyageant sur le dos d’une tortue se rend dans le Ryugu-jo, le palais sous-marin d’un dragon, et s’en retourne en emportant avec lui une boîte mystérieuse. De la même manière, Hayabusa-2 a pour objectif ultime de prélever de minuscules échantillons de cet astéroïde – rebaptisé Ryugu – et de les rapporter sur Terre en 2020, dans une capsule de rentrée atmosphérique…
Astéroïde de type C
Alors que la première mission Hayabusa (2003-2010) avait subi une ribambelle de problèmes – la sonde ayant en partie été « grillée » par une énorme éruption solaire –, sa réplique se déroule pour le moment sans encombre. Depuis quelques semaines, elle a Ryugu en ligne de mire, un astéroïde de type C (comme carboné), alors que la cible de la première mission était de type S (comme silicaté). Pour les astronomes qui s’intéressent aux petits corps du Système solaire, la différence est importante. Directeur de recherches au CNRS à l’Observatoire de la Côte d’Azur et membre de l’équipe scientifique d’Hayabusa-2, Patrick Michel est de ceux-là : « Les astéroïdes de type C sont plus intéressants parce qu’ils sont plus primitifs. On pense que leur composition a peu évolué depuis leur formation et qu’ils contiennent les briques, les ingrédients, qui ont constitué les planètes. C’est un peu comme une recette de cuisine : ces astéroïdes sont les jaunes d’œufs...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ La créativité africaine dopée par l’intelligence artificielle (7/7). Le bio-informaticien Abdoulaye Baniré Diallo appelle les Etats du continent à investir dans la recherche.
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Entretien

« Des formations en intelligence artificielle émergent en Afrique, mais ce n’est pas suffisant »

La créativité africaine dopée par l’intelligence artificielle (7/7). Le bio-informaticien Abdoulaye Baniré Diallo appelle les Etats du continent à investir dans la recherche.

Laure Belot
    



LE MONDE
              datetime="2018-06-24T17:00:28+02:00"

        Le 24.06.2018 à 17h00






    
Abdoulaye Baniré Diallo est directeur du laboratoire de bio-informatique de l’Université du Québec à Montréal
Crédits : DR


Lauréat en mars du Next Einstein Forum à Kigali, au Rwanda, le Guinéen Abdoulaye Baniré Diallo est directeur du laboratoire de bio-informatique de l’Université du Québec à Montréal. Ses travaux portent sur la classification des virus et microbes et la prédiction de leurs mutations génétiques. Il est le cofondateur de My Intelligent Machines, une start-up intégrant génomique, bio-informatique et intelligence artificielle (IA).

        Présentation de la série
         

          La créativité africaine dopée par l’intelligence artificielle



Dans la santé, l’environnement ou l’éducation, des applications d’intelligence artificielle se développent en Afrique. Qu’est-ce que cela raconte ?
Abdoulaye Baniré Diallo C’est la suite naturelle des choses. Le développement technologique en Afrique permet de faire de l’innovation à faible coût sans avoir besoin de moyens très sophistiqués. L’accès simplifié au cloud [stockage de données en ligne] est un outil merveilleux dans les mains des jeunes développeurs de génie qui peuvent, partout sur le continent, innover sur des applications simples et apporter des solutions nouvelles.
L’intelligence artificielle est un terme à la mode. Comment caractériseriez-vous les applications qui émergent ?
La majorité des applications d’intelligence artificielle qui se développent ne sont pas fondées sur une technologie forte et une recherche profonde. Ces applications utilisent souvent des outils clé en main, des interfaces de programmation applicatives (API) qui existent et sur lesquelles sont ajoutés des services. Pour développer réellement de nouveaux concepts, il faut que l’Afrique se dote de formations universitaires sérieuses, d’infrastructures plus robustes que celles qui sont accessibles actuellement, mais aussi de capacités de financement, car souvent ces technologies nécessitent des recherches sur plusieurs années.

        Episode 1
         

          « Le risque de captation de valeur existe », décrypte Cédric Villani



Pour l’instant, les étudiants africains en IA se forment et travaillent à l’étranger, comme vous au Canada.
Effectivement, il faut partir du continent pour se former. Des programmes commencent à émerger : une maîtrise en « apprentissage machine » à Kigali, en collaboration avec l’université américaine Carnegie-Mellon, des programmes à l’université du Cap, en Afrique du Sud, ou dans quelques universités au Maghreb. L’Institut africain des sciences mathématiques [AIMS] va aussi se lancer dans cette direction. Mais ce n’est pas suffisant. Ce ne sont en aucun cas des lieux au cœur de la recherche, qui permettent à des étudiants et des chercheurs de trouver de nouvelles pistes qui amèneraient à des services plus poussés.
Que manque-t-il pour pérenniser cette créativité africaine en intelligence artificielle ?
Il faut une volonté étatique, une implication majeure des Etats, une compréhension que la recherche fait partie de l’investissement des pays et qu’une partie doit être consacrée à faire décoller les universités et permettre à plusieurs chercheurs en sciences des données et en IA, qui sont basés un peu partout dans le monde, de revenir sur le continent pour faire de la recherche sérieuse.
Regardez l’exemple du Québec. La réussite de l’IA découle de l’excellence des recherches qui ont été faites à Montréal par des instituts qui ont eu un soutien majeur du gouvernement. Des programmes pour valoriser les recherches universitaires et les transférer en milieu industriel ont été créés. J’ai pu en bénéficier : l’entreprise que j’ai cofondée [My Intelligent Machines] est ainsi passée d’une déclaration d’invention en milieu universitaire à une start-up. Ces leviers-là ne peuvent être actionnés par de la débrouillardise mais par l’Etat et une excellente organisation des acteurs privés. Le récent plan français sur l’IA est d’ailleurs un exemple intéressant.

        Episode 6
         

          En Tunisie, un algorithme met de l’huile dans les systèmes d’irrigation



Des services publics en Afrique utilisent votre start-up dans le domaine de la santé. Que proposez-vous ?
Notre plate-forme veut faciliter le travail de ceux qui souhaitent mener des recherches en intelligence artificielle sur les sciences de la vie. Surveiller l’évolution des virus ou maladies nécessite par exemple de gros moyens financiers et beaucoup de ressources de calculs. Notre plate-forme gère ces ressources, le stockage des données, et une intelligence artificielle intègre toutes les connaissances et les résultats d’analyse effectués sur le terrain.
Depuis le virus Ebola, j’ai commencé à collaborer en tant que chercheur avec l’Institut de recherche en santé, de surveillance épidémiologique et de formation [Iressef] du Sénégal, pour la surveillance de plusieurs virus. Notre start-up a récemment signé un contrat avec ce même institut en vue d’un projet plus ambitieux. Nous finalisons en Guinée un accord concernant l’analyse des génomes des virus associés à plusieurs maladies infectieuses et sommes actuellement en discussion avec le ministère rwandais de la santé.
Les données massives issues du continent africain, carburant des algorithmes d’IA, sont au centre des convoitises, notamment de grands groupes privés d’Internet ou de téléphonie. Que préconisez-vous ?
Le sujet n’est pas encore central en Afrique. Il faut favoriser une prise de conscience générale en informant, par exemple, les différents législateurs que l’Union européenne vient d’adopter le RGPD [règlement général sur la protection des données].
Je travaille, avec Hamidou Tembine, autre lauréat du Next Einstein Forum [un chercheur malien, spécialiste de la théorie des jeux, professeur à l’Université de New York], à la création d’un centre de recherche à but non lucratif pour accompagner les Etats et les entreprises africaines qui ont besoin de prendre des décisions fondées sur l’analyse massive de leurs données. Nous pensons qu’il sera opérationnel d’ici un an. L’idée est de mettre en place un outil d’« empowerment » afin que ces acteurs africains puissent profiter de leurs données sans que ce soient les autres qui décident à leur place.

Sommaire de la série La créativité africaine dopée par l’intelligence artificielle
Le Monde Afrique propose une série de sept épisodes pour mieux comprendre les enjeux et usages autour de l’intelligence artificielle, à travers cinq histoires entrepreneuriales en Ethiopie, au Kenya, en Tunisie, au Nigeria et au Cameroun, ainsi que les interviews du mathématicien et député français Cédric Villani, auteur du récent rapport gouvernemental sur l’intelligence artificielle, et du chercheur guinéen Abdoulaye Baniré Diallo, lauréat du dernier Next Einstein Forum à Kigali, au Rwanda.  Episode 7 Abdoulaye Baniré Diallo : « Des formations en intelligence artificielle émergent en Afrique, mais ce n’est pas suffisant »  Episode 6 En Tunisie, un algorithme met de l’huile dans les systèmes d’irrigation  Episode 5 La respiration des bébés scrutée au smartphone dans les maternités nigérianes  Episode 4 Des SMS « intelligents » au secours des écoliers kényans  Episode 3 Apprendre le français avec son téléphone en buvant un café à Addis-Abeba, au Caire ou à Alger  Episode 2 Un robot pour répondre aux questions des futures mamans camerounaises  Episode 1 « Le risque de captation de valeur existe », décrypte Cédric Villani  Présentation La créativité africaine dopée par l’intelligence artificielle




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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Pour guider ses immenses migrations, ce lépidoptère australien nocturne s’appuie sur le champ magnétique terrestre. Une première chez les insectes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/06/2018
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L’étrange sens magnétique du papillon bogong

Pour guider ses immenses migrations, ce lépidoptère australien nocturne s’appuie sur le champ magnétique terrestre. Une première chez les insectes.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 06h40
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

Zoologie. La vue, l’ouïe, l’odorat, le toucher, le goût : chacun connaît les cinq principaux sens à travers lesquels nous percevons le monde. Pour chacun d’eux, nous autres humains apparaissons assez performants, même s’il se trouve toujours un animal pour nous surpasser. L’œil des rapaces, la truffe des chiens, l’oreille des chouettes ou encore la langue des cochons…
Il existe pourtant un sens dont nous semblons totalement dépourvus et que plusieurs animaux maîtrisent, au point de lui confier une partie de leur destin : la perception du champ magnétique terrestre. C’est en effet guidé par cette propriété de l’environnement que les saumons retrouvent leur rivière pour se reproduire. Les anguilles et les homards, les pigeons, les rousserolles et de nombreux oiseaux migrateurs, les tortues de mer et les rats-taupes profitent, eux aussi, des lignes de champ créées par la structure interne de la Terre, et plus particulièrement son noyau de fer liquide.
Chez les insectes, certaines abeilles et une espèce de fourmi du désert alimentaient déjà le soupçon. Les travaux de l’équipe d’Eric Warrant, de l’université de Lund, en Suède, viennent d’apporter la preuve que nos minuscules et lointains cousins peuvent, eux aussi, nous en remontrer. Dans la revue Current Biology, ils ont établi que pour accomplir leur migration, les papillons de nuit bogongs s’appuient bien sur la magnétoréception.
« Une migration d’un millier de kilomètres »
Né et grandi en Australie, le biologiste avoue avoir toujours éprouvé une fascination pour les bogongs. Pendant l’hiver et le début du printemps, l’insecte occupe plusieurs régions de l’ouest de l’Australie où ses larves, puis ses pupes, dévorent l’herbe disponible. Mais les mois passant, la température monte et la nourriture se fait rare.
« Des nuages de bogongs se lancent alors dans une migration d’un millier de kilomètres et convergent vers une petite zone des Alpes australiennes...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Au menu : tempête géante sur Mars, un singe inconnu dans une tombe chinoise antique, pourquoi certains buveurs deviennent alcooliques et d’autres pas, etc.
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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Grâce à la technique du time-lapse, passez une nuit en accéléré dans les Cévennes à admirer l’éclat des planètes, les étoiles filantes, les avions, la Voie lactée…
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤ 
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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Une équipe de chercheurs explore le cimetière médiéval chrétien d’Atlit, en Israël, pour reconstituer les pratiques funéraires au temps des croisades.
<filname="PROF-env_sciences-10"> ¤ 
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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ François Yvon, chercheur en informatique, dans une tribune au « Monde », souligne l’importance des technologies de traduction, nécessaires au développement international des entreprises et à l’affirmation de la souveraineté nationale.
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La traduction automatique, « enjeu technologique, économique et culturel »

François Yvon, chercheur en informatique, dans une tribune au « Monde », souligne l’importance des technologies de traduction, nécessaires au développement international des entreprises et à l’affirmation de la souveraineté nationale.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 15h00
    |

François Yvon (Professeur au département d’Informatique de l’université Paris-Sud)







                        



                                


                            

Tribune. Le président Macron a récemment prononcé deux grands discours, en apparence sans lien l’un avec l’autre : le premier, le 20 mars pour affirmer devant l’Académie française sa volonté de rétablir la place du français parmi les grandes langues mondiales du XXIe siècle ; le second, le 29 mars, devant la fine fleur de la recherche en sciences du numérique, pour annoncer un plan d’action pour développer l’intelligence artificielle (IA) en France et en Europe.
Le premier, truffé de citations littéraires, prône comme mesure phare le renforcement de l’apprentissage du français pour tous (les écoliers français, les migrants, les étrangers dans les instituts français). Le second, mâtiné de franglais, promet le développement d’une nouvelle filière industrielle : soutien aux « talents » et à l’innovation, libération des « datas », etc.
Les motifs pour lier les deux sujets – langue et IA – ne manquent pourtant pas. L’enjeu de la traduction automatique (TA) permet de le démontrer.
Le discours sur l’IA insiste sur les opportunités de développement économique qu’offrent ces technologies. Or, grâce à la TA, il devient possible aux entreprises françaises de bénéficier pleinement du grand marché européen unifié, en traduisant dans les 23 autres langues officielles de l’Union européenne (UE) leurs manuels techniques, contrats, catalogues et sites Internet.
Citoyens de seconde zone
Car se limiter à traduire vers l’anglais n’est pas suffisant : moins d’un Européen sur deux parle anglais, et plus de 70 % des Européens font plus confiance aux sites rédigés dans leur langue pour commercer en ligne. L’utilisation d’une TA de haute qualité pour traduire depuis le français vers les langues de l’UE – mais aussi vers le mandarin, l’hindi, l’arabe… – est la seule solution économiquement viable.
Dans le sens inverse, les consommateurs et les citoyens français doivent pouvoir accéder à des contenus (bien)...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ La créativité africaine dopée par l’intelligence artificielle (5/7). En analysant leurs pleurs, l’application Ubenwa veut prévenir l’asphyxie des nouveau-nés.
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Décryptage

La respiration des bébés nigérians bientôt scrutée au smartphone

La créativité africaine dopée par l’intelligence artificielle (5/7). En analysant leurs pleurs, l’application Ubenwa veut prévenir l’asphyxie des nouveau-nés.

Laure Belot
    



LE MONDE
              datetime="2018-06-21T11:10:32+02:00"

        Le 21.06.2018 à 11h10

     •
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        Mis à jour le 21.06.2018 à 12h35






    
Dans un hôpital d’Abuja, la capitale du Nigeria, en mai 2011.
Crédits : Akintunde Akinleye / REUTERS


« Cri de bébé ». C’est de ce nom – « ubenwa », en langue igbo – qu’a été baptisée une application unique en son genre. Ce programme d’intelligence artificielle utilisable sur smartphone veut analyser les sons émis par un nourrisson afin de détecter de possibles signes de détresse respiratoire, cause de 900 000 décès chaque année dans le monde selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Son premier test clinique, prévu en juillet au centre universitaire de santé McGill, à Montréal (Canada), sera suivi d’un autre à l’hôpital universitaire de Port Harcourt, au Nigeria.

        Présentation de la série
         

          La créativité africaine dopée par l’intelligence artificielle



« Le risque d’asphyxie des nouveau-nés est particulièrement important en Afrique, et plus généralement dans tous les pays en développement, où la majorité des naissances ne se font pas dans l’environnement médicalisé d’une maternité », explique Peace Opara, spécialiste en néonatologie à l’hôpital de Port Harcourt. Pour un nourrisson, le moment crucial réside dans ses soixante premières secondes, ce qu’on appelle la « golden minute », poursuit-elle. « Le bébé peut ne pas crier. Il s’agit de savoir si ses poumons fonctionnent bien », explique cette praticienne qui va coordonner les tests médicaux de l’application au Nigeria.
Histoire d’une obstination
La première finalité d’Ubenwa est d’« alerter les personnes présentes lors de l’accouchement si quelque chose ne va pas », raconte Peace Opara. Second bénéfice, selon elle, de ce programme qui ambitionne d’être utilisable dans tout dispensaire : suivre le bon développement respiratoire du nouveau-né dans les premières semaines de vie afin d’inciter, si besoin, les parents à consulter un spécialiste.

        Episode 1
         

          « Le risque de captation de valeur existe », décrypte Cédric Villani



« Une mauvaise oxygénation peut entraîner un grave handicap, comme une infirmité motrice cérébrale, explique la néonatologiste. Près de 30 % des consultations dans notre service de néonatologie à Port Harcourt concernent des bébés en insuffisance respiratoire. » Pour l’instant, l’application reconnaît « dans 86 % des cas » une situation d’asphyxie et « dans 89 % des cas » que le bébé respire bien.
Cette application, qui concourt actuellement parmi 62 projets mondiaux pour le prix d’intelligence artificielle « IBM Watson AI XPrize » doté de 5 millions de dollars (4,3 millions d’euros), est avant tout l’histoire d’une obstination.

Des Africains de plus en plus connectés
L’Afrique a définitivement basculé dans l’ère du mobile. « Le taux d’équipement avoisine désormais les 100 %, et dans de multiples endroits du continent le mobile est la seule façon de communiquer », constate Karim Koundi, associé chez Deloitte Afrique. Les Africains, de plus en plus habitués à être connectés en tout lieu et instantanément, plébiscitent le smartphone, dont l’essor est exponentiel. « Le nombre d’appareils, 350 millions actuellement, devrait doubler d’ici à 2020 », poursuit l’expert.
Tous les habitants du continent ne sont pas encore logés à la même enseigne. Les usages mobiles sont différents « entre les pays côtiers, où la qualité de connexion est meilleure et les prix des communications moins élevés, et les autres, tels le Tchad et le Niger, plus enclavés ; mais la différence diminue », analyse Karim Koundi. Désormais, selon lui, « 80 % du territoire habité » est désormais couvert par les réseaux de téléphonie mobile.
Les citoyens africains adoptent des habitudes similaires aux usagers des autres continents. « Pour se parler par portable interposé, ils utilisent de moins en mois la voix et préfèrent se connecter par des applications telles que Facebook Messenger, WhatsApp et Skype. » Une évolution dont les conséquences économiques sont directes : « Les opérateurs télécoms sont menacés de ne devenir que des fournisseurs de tuyaux. L’intelligence se déplace vers les services et les applications », note Karim Koundi. Les applications plébiscitées, Facebook Messenger, WhatsApp et Skype appartiennent, elles, respectivement à Facebook et Microsoft.


Son créateur, le Nigérian Charles Onu, 28 ans, qui s’était déjà très impliqué dans l’association humanitaire Enactus, a longtemps hésité entre des études médicales et d’informatique, avant de choisir la seconde option. C’est la nuit, après son travail de programmeur à Port Harcourt, qu’il a commencé en 2012 à élaborer cet algorithme d’intelligence artificielle. Le déclic ? « J’ai entendu, démuni, le bébé d’un ami crier longuement sans savoir que faire. En fait il avait juste faim, se souvient-il. Cet ami m’a suggéré de concevoir une application détectant les émotions des nourrissons. C’est en y travaillant que j’ai découvert des études cliniques suggérant qu’une analyse des cris pourrait déceler une asphyxie. » 
1300 cris analysés
L’informaticien se met alors en quête d’une base de données de pleurs de bébé… et la trouve en 2013 sur un site créé par des chercheurs mexicains. « Plus de 1 300 cris émis par 69 bébés présentant des problèmes médicaux avaient été enregistrés », explique-t-il. Cette base va lui permettre de concevoir, « en utilisant les deux petites heures d’électricité par jour accessibles à cette époque », un premier modèle prédictif. Telle une bouteille à la mer, Charles Onu envoie alors ses travaux au prestigieux Institute of Electrical and Electronics Engineers, aux Etats-Unis… qui accepte de les publier. Depuis, l’histoire s’accélère.

        Episode 4
         

          Des SMS « intelligents » au secours des écoliers kényans



Charles Onu est invité en 2014 dans la Silicon Valley californienne pour parler de son projet lors de la conférence « Global Humanitarian Technology » ; puis à Lausanne, en Suisse, dans le cadre du sommet Tech4Dev de l’Unesco. Lauréat en 2015 d’une bourse de la fondation canadienne Jeanne-Sauvé, il est désormais chercheur en intelligence artificielle appliquée à la santé à l’université McGill, qui lui a « ouvert ses laboratoires », explique-t-il. « Un des défis techniques est que l’application puisse fonctionner en tout point du territoire nigérian, quelle que soit la qualité du réseau. » La start-up Ubenwa, créée en 2017 et qui possède la double nationalité nigériane et canadienne, est désormais dans le giron de l’accélérateur montréalais District 3.

Sommaire de la série La créativité africaine dopée par l’intelligence artificielle
Le Monde Afrique propose une série de sept épisodes pour mieux comprendre les enjeux et usages autour de l’intelligence artificielle, à travers cinq histoires entrepreneuriales en Ethiopie, au Kenya, en Tunisie, au Nigeria et au Cameroun, ainsi que les interviews du mathématicien et député français Cédric Villani, auteur du récent rapport gouvernemental sur l’intelligence artificielle, et du chercheur guinéen Abdoulaye Baniré Diallo, lauréat du dernier Next Einstein Forum à Kigali, au Rwanda.  Episode 7 Abdoulaye Baniré Diallo : « Des formations en intelligence artificielle émergent en Afrique, mais ce n’est pas suffisant »  Episode 6 En Tunisie, un algorithme met de l’huile dans les systèmes d’irrigation  Episode 5 La respiration des bébés scrutée au smartphone dans les maternités nigérianes  Episode 4 Des SMS « intelligents » au secours des écoliers kényans  Episode 3 Apprendre le français avec son téléphone en buvant un café à Addis-Abeba, au Caire ou à Alger  Episode 2 Un robot pour répondre aux questions des futures mamans camerounaises  Episode 1 « Le risque de captation de valeur existe », décrypte Cédric Villani  Présentation La créativité africaine dopée par l’intelligence artificielle




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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Certaines personnes peuvent nommer immédiament les notes qu’elles entendent lorsqu’elles écoutent de la musique. Mais leurs cas sont très rares. Pourquoi ?
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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Dans son livre,  Alexis Rosenbaum dévoile les dessous scientifiques des citations célèbres.
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Ces petites phrases qui font l’histoire des sciences

Dans son livre,  Alexis Rosenbaum dévoile les dessous scientifiques des citations célèbres.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 09h49
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            
Le livre. C’est la phrase la plus courte et la plus célèbre de toute l’histoire des sciences : « Eurêka ! » « J’ai trouvé ! », se serait exclamé, en grec ancien, le non moins Grec antique Archimède, en bondissant de sa baignoire, en courant dans les rues de Syracuse nu comme un ver et en montrant sa joie ainsi que son anatomie à tous les passants. Mais qu’avait-il trouvé au juste, dans ce moment d’illumination aquatique ?
Ce sont les dessous scientifiques de ce « Eurêka ! » que dévoile Alexis Rosenbaum dans le premier chapitre de son dernier ouvrage. Ce philosophe a en effet choisi de s’attaquer à l’histoire des sciences par le versant des citations et non par celui, plus classique, des équations, car les chercheurs ont le sens de la formule, dans toute l’acception du terme. Il ne faut donc pas négliger l’impact des mots, des boutades, des maximes dans la façon dont nous nous représentons l’histoire de la science. Parfois à tort…
Un sens parfois erroné
Alexis Rosenbaum note dans son avant-propos que, « si des explications s’avèrent ­nécessaires, c’est que la célébrité ne garantit pas la clarté, loin de là. Le sens que nous prêtons spontanément à ces grandes citations est parfois erroné. Nombre d’entre elles ne sont pas mémorables pour les raisons que l’on croit ou doivent leur popularité à une ­interprétation fantaisiste ».
Ainsi, le fameux « Dieu ne joue pas aux dés » d’Albert Einstein sur la mécanique quantique mérite-t-il que l’on précise certaines choses. Tout d’abord que le dieu auquel se réfère le père (non religieux) de la relativité générale n’est pas une divinité mais un raccourci pour désigner l’ordre cosmique. Ensuite qu’Einstein n’était pas un véritable « adversaire » de la mécanique quantique comme on le présente souvent : il estimait simplement que devait exister une manière plus fondamentale – qu’il ne trouva jamais – de décrire le réel, sans recourir à des probabilités (les dés...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Aux Etats-Unis, des scientifiques cherchent à développer des foies et des pancréas humains dans des animaux, dans l’espoir de pouvoir les transplanter aux demandeurs de greffes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 20/06/2018
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En Californie, un élevage de moutons et de cochons avec des organes humains

Aux Etats-Unis, des scientifiques cherchent à développer des foies et des pancréas humains dans des animaux, dans l’espoir de pouvoir les transplanter aux demandeurs de greffes.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 05h07
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 16h30
    |

            Chloé Hecketsweiler (Davis et Palo Alto, Californie, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Rien ne distingue cette ferme des propriétés voisines. Un bâtiment ocre posé au milieu des pâturages, une série d’enclos ombragés par de grands arbres et sous un auvent en bois, une vingtaine de moutons grisâtres broutant nonchalamment leur fourrage. Ce paisible coin de Californie est cependant l’un des terrains d’expérimentations les plus intrigants des Etats-Unis.
Dans cette exploitation, propriété de l’université de Californie à Davis (UC Davis), près de Sacramento, des scientifiques ambitionnent de créer des « chimères ». Dans la mythologie grecque, ce mot désigne des monstres mi-lion, mi-chèvre, mi-serpent. Les créatures fantastiques qui sont inventées ici sont des moutons et des cochons dotés d’organes humains. Grâce à de nouveaux « outils » comme Crispr, le célèbre « ciseau » à ADN, et aux progrès de la recherche sur les cellules souches, cultiver des foies et des pancréas humains semble une piste prometteuse pour faire face à la pénurie d’organes dans le monde.
Rien qu’aux Etats-Unis, 118 000 patients sont sur liste d’attente, et 8 000 ne vivront pas assez longtemps pour bénéficier d’une greffe. En France, la liste compte près de 24 000 personnes, pour environ 6 000 greffes annuelles, comme le rappelle l’Agence de la biomédecine à l’occasion du lancement vendredi 22 juin d’une campagne de sensibilisation au don.
Arpentant la ferme en tenue décontractée, pantalon de toile et chemise à carreaux, le docteur Pablo Ross se fond dans le paysage agricole. Vétérinaire d’origine argentine, il a piloté les premières expériences de chimères « homme-animal », en collaboration avec deux équipes californiennes, celle de l’Espagnol Juan Carlos Izpisua Belmonte au Salk Institute, près de San Diego, et celle du Japonais Hiromitsu Nakauchi, à l’université Stanford, près de San Francisco. « Les moutons que vous voyez ici ne sont pas des chimères », tient-il à préciser en souriant.
Créer des animaux « humanisés » apparaît simple sur...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Un nouveau traitement des cancers de la prostate peu évolués réduit le recours à l’ablation totale de la glande, mais reste encore peu prodigué en France.
<filname="PROF-env_sciences-16"> ¤                     
                                                   
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La prostate soignée par photothérapie

Un nouveau traitement des cancers de la prostate peu évolués réduit le recours à l’ablation totale de la glande, mais reste encore peu prodigué en France.



Le Monde
 |    20.06.2018 à 14h00
    |

                            Florence  Rosier








                        



                                


                            
Comment une innovation thérapeutique peut-elle trouver sa place ? Telle est la question que pose la photothérapie dynamique, réservée aux cancers de la prostate peu évolués. Approuvée fin 2017 par l’Agence européenne du médicament, son utilisation reste en suspens, en France et dans de nombreux pays d’Europe, dans l’attente de son remboursement par les systèmes de santé nationaux.
Quel en est le principe ? Couché sur le dos, les jambes en l’air, le patient est sous anesthésie générale. Les contours de la tumeur sont repérés par IRM puis redéfinis, en temps réel, par échographie. Le chirurgien-urologue positionne, à travers le périnée, 7 à 17 fines aiguilles creuses qui ciblent, dans la prostate, la zone tumorale. Dans chaque aiguille, une fibre optique est insérée.
Illumination laser
Après avoir plongé le bloc dans l’obscurité, recouvert le patient d’une couverture de survie et de lunettes teintées, le praticien injecte un produit photo-sensibilisant, le Tookad Soluble, dans les veines du patient. Puis vient la phase cruciale de l’intervention : l’illumination laser. Le chirurgien active les fibres laser dans une longueur d’onde proche de l’infrarouge, ce qui active le Tookad Soluble dans les vaisseaux sanguins irriguant la tumeur. Il s’ensuit une libération de radicaux libres, toxiques, qui provoquent la dilatation puis la contraction et enfin l’occlusion des vaisseaux. Asphyxiées, les cellules tumorales se nécrosent.
L’intervention dure une heure. Après quelques heures sous observation, le patient peut rentrer chez lui le soir même. Principal avantage : une réduction des risques de séquelles – troubles de l’érection ou incontinence urinaire. « Près de 80 % des patients souffrent de troubles de l’érection après une ablation totale de la prostate ; ils ne sont que 15 % après cette photothérapie active », précise le professeur Abdel-Rahmène Azzouzi, du CHU d’Angers. Ce chirurgien-urologue a acquis, depuis 2008, la plus vaste expérience...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Des chercheurs ont cherché à savoir pourquoi vivre en milieu rural a un effet protecteur sur certains troubles psychologiques comme la dépression ou l’anxiété.
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Marchons dans l’herbe pour ne pas ruminer ?

Des chercheurs ont cherché à savoir pourquoi vivre en milieu rural a un effet protecteur sur certains troubles psychologiques comme la dépression ou l’anxiété.



Le Monde
 |    20.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 17h18
    |

                            Sylvie Chokron (Directrice de recherches au CNRS, Laboratoire de psychologie de la perception, université Paris-Descartes et Fondation ophtalmologique Rothschild)








                        



                                


                            
Carte blanche. Nous n’avons jamais vécu aussi éloignés de la nature qu’à notre époque. Aujourd’hui, on estime que 50 % de la population mondiale vit dans un environnement urbain, et ce chiffre pourrait même atteindre 70 % en 2050. Bien qu’être citadin procure de nombreux bénéfices, ­vivre en milieu rural pourrait avoir un effet protecteur sur certains troubles psychologiques comme la dépression ou l’anxiété.
Comment expliquer ce phénomène ? Est-ce dû au rythme de vie, moins stressant à la campagne qu’en ville ? Sans doute, mais une autre raison, liée à nos perceptions et non seulement à notre mode de vie, est peut-être à l’origine du bénéfice moral que représente le temps passé dans la nature.
En effet, alors qu’en ville nous sommes exposés à des angles droits, du fait des immeubles, et à des quadrillages, typiques des rues et des carrefours, les environnements naturels se composent d’angles irréguliers et de bordures non linéaires. Dans une étude très récente, Kathryn Schertz, de l’université de Chicago, a ainsi tenté de savoir si les caractéristiques des informations visuelles dans la nature, plus aléatoires et moins linéaires, pouvaient influencer le cours de nos pensées.
Pour ce faire, les participants devaient décrire le contenu de leurs pensées grâce à des mots-clés (joie, peine, vie, santé, mort…) lorsqu’ils se promenaient dans un parc, s’imaginaient dans celui-ci, ou encore lorsqu’ils étaient confrontés à des images de parcs dans lesquels étaient contrôlés différents paramètres tels que la couleur, la luminance, la linéarité ainsi que la quantité ­d’informations contenue dans l’image.
Préserver sa santé mentale
L’étude montre que la présence d’angles ­irréguliers et de bordures non linéaires ­induit clairement plus de pensées en lien avec la nature, et génère également plus de pensées spirituelles et positives sur le cours de la vie. Si voir la nature nous met en joie, est-il suffisant d’insérer des photographies...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Le 5 juin, un canal à houle a été inauguré à Caen. Cette installation, unique en France, servira à simuler et à quantifier l’effet des vagues sur les infrastructures côtières.
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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Le musée fermera ses portes en  2020 pour quatre ans de travaux. Une opportunité pour transformer ce lieu unique en « un temple de la science et de la recherche du XXIe siècle », expliquent plusieurs sociétés savantes.
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« La mutation du Palais de la découverte ne doit pas altérer son ADN »

Le musée fermera ses portes en  2020 pour quatre ans de travaux. Une opportunité pour transformer ce lieu unique en « un temple de la science et de la recherche du XXIe siècle », expliquent plusieurs sociétés savantes.



Le Monde
 |    19.06.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
20.06.2018 à 10h41
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Le Palais de la découverte, au cœur de Paris, est un lieu unique. Mais ce n’est pas qu’un lieu, c’est aussi une démarche. Il montre la science, telle qu’elle se fait, en s’appuyant sur l’observation et la démonstration expérimentale. De profondes mutations s’annoncent, liées à la rénovation du Grand Palais, qui abrite le musée scientifique. Il est essentiel qu’au cours de ce processus cet esprit du Palais demeure.
Le Palais de la découverte est né en 1937 d’une initiative de Jean Perrin, lauréat en 1926 du prix Nobel de physique pour la mise en évidence expérimentale de l’existence des atomes, et alors sous-secrétaire d’Etat à la recherche. Jean Perrin propose au public de voir « la science en train de se faire », selon son expression, à travers des démonstrations menées par des médiateurs qualifiés.
Approche unique en France
Ces animations concernent essentiellement les sciences fondamentales et nécessitent parfois la mise en place d’expériences imposantes, dont les plus emblématiques sont sans doute celles de la salle d’électrostatique, avec par exemple l’expérience des cheveux qui se dressent sur la tête.
Cette approche est, à son échelle, unique en France. Chaque jour, le Palais propose plusieurs dizaines d’exposés et d’ateliers permettant au public de découvrir, à travers des expériences scientifiques réalisées en direct par les médiateurs, des facettes des sciences fondamentales hors de portée des expositions traditionnelles.
La fréquentation annuelle est de l’ordre de 500 000 visiteurs, dont 30 % de scolaires venant de toute la France, et même de Belgique et de Suisse. Pendant quatre-vingts ans, le Palais de la découverte a marqué des générations de visiteurs et souvent déclenché un intérêt, voire une vocation, pour la démarche scientifique, notamment auprès des jeunes, en éveillant leur curiosité.
« Le Palais 2024 doit rester un endroit qui met les citoyens en contact avec les sciences...



                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Un club parisien permet à une vingtaine d’enfants atteints de troubles moteurs, cognitifs et des apprentissages, d’apprendre à nager. Une activité qui développe aussi leur confiance en eux.
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Se mouiller pour faire face au handicap

Un club parisien permet à une vingtaine d’enfants atteints de troubles moteurs, cognitifs et des apprentissages, d’apprendre à nager. Une activité qui développe aussi leur confiance en eux.



Le Monde
 |    19.06.2018 à 11h57
 • Mis à jour le
19.06.2018 à 14h46
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            Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. Dans le petit bassin, ils sont une dizaine d’enfants, équipés de shorty bleu, lunettes et bonnet de bain assortis. Certains enchaînent des allers et retours avec une planche, d’autres des galipettes. Moins à l’aise, une brunette marche en tenant la main d’une adulte. Encouragée par Eduardo, un maître-nageur, une fille à l’air timide s’écarte progressivement du bord. Séance ordinaire de natation d’une classe élémentaire du quartier ? Pas tout à fait.
Tous les lundis de 13 h 30 à 15 h 30, les deux bassins de la piscine parisienne Bertrand-Dauvin, près de la porte de Clignancourt, sont réservés à l’ASMF Association Handisport de Paris. Depuis la rentrée de septembre 2017, le club accueille gratuitement deux groupes d’élèves en ULIS (unité localisée pour l’inclusion scolaire) de deux écoles de la capitale. Sans ce dispositif, la plupart de ces 22 gamins, atteints de troubles moteurs, cognitifs ou des apprentissages, n’apprendraient pas à nager.
Des besoins particuliers
« Dans les créneaux scolaires ordinaires, cela ne fonctionnait pas, leurs besoins sont trop particuliers », résume une enseignante. Un garçon en excès de poids ne voulait pas entendre parler de piscine ; d’autres étaient affolés au moment d’entrer dans l’eau…
Dix mois plus tard, leur peu d’empressement à en sortir en fin de séance est éloquent, tout comme leur sourire. Les encadrants – maîtres-nageurs spécialisés salariés du club, enseignants, assistantes de vie scolaire (AVS) – sont eux aussi ravis. « J’ai vu plusieurs enfants se métamorphoser. Ils deviennent plus ouverts aux autres, dans l’eau et dans la classe aussi », témoigne une AVS. « La plupart ont peu d’activités à l’extérieur pour diverses raisons. Ici, la bienveillance fait que tout le monde y trouve son compte », souligne un autre encadrant.
La bienveillance, et l’individualisation du programme aussi. « L’objectif est que ces enfants soient en...




                        

                        

