<FILE-date="2018/06/25/19">

<article-nb="2018/06/25/19-1">
<filnamedate="20180625"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180625"><AAMMJJHH="2018062519">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. Un documentaire rappelle la trajectoire de l’actrice, son alcoolisme, ses frasques mais aussi son long séjour en Espagne franquiste (sur Arte à 22 h 50).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

TV – « Ava Gardner, la Gitane d’Hollywood »

Notre choix du soir. Un documentaire rappelle la trajectoire de l’actrice, son alcoolisme, ses frasques mais aussi son long séjour en Espagne franquiste (sur Arte à 22 h 50).



Le Monde
 |    25.06.2018 à 17h45
    |

            Renaud Machart








                        


Documentaire sur Arte à 22 h 50



Ava Gardner (1922-1990), la fille des champs de Caroline du Nord, n’avait pas le ­talent dramatique d’une Bette ­Davis ou d’une Katharine Hepburn. Mais son visage et son corps sublimes avaient ce don mystérieux et irréfragable d’attirer la lumière et la caresse de la caméra.
Sa vie, que narre le documentaire de Sergio G. Mondelo, attira beaucoup l’attention du public et de la presse (d’autant qu’elle n’accordait pas d’entretiens à cette dernière), fascinés par la lente chute de cette icône qui se noya dans l’alcool et dans le tourbillon d’une vie sentimentale et sexuelle haute en couleur.

Une grande partie de l’intérêt de ce film tient dans son évocation assez fouillée du séjour de la « brune latine incendiaire » en ­Espagne, où elle s’installe en 1955, à la surprise générale, en plein régime franquiste. Elle y échappe certes aux paparazzis d’Hollywood, mais elle y reste surtout parce qu’elle est tombée amoureuse de Madrid – et du flamenco qu’elle aime tant – à l’occasion du tournage de Pandora (1951), ­d’Albert Lewin.
Le pays est verrouillé, mais les Etats-Unis protègent la dictature et un territoire qui est le principal importateur de films américains en Europe. Si aucun document n’atteste qu’Ava Gardner ait rencontré le général Franco, qui était cinéphile et se faisait projeter beaucoup de films, il est probable qu’elle l’ait croisé au cours de nombreuses soirées officielles.
Luxe et débauche
Si elle fut d’évidence protégée par le régime, rien n’échappait cependant aux services de sécurité espagnols, qui surveillèrent ses faits et gestes pendant son long séjour. Ils savaient qu’elle terminait ses nuits dans les bars de ­Madrid où elle n’hésitait pas à se comporter de manière outrageuse, comme le rapporte une historienne espagnole.
Celle-ci raconte aussi qu’on pouvait, il y a peu encore, rencontrer de vieux chauffeurs de taxi madrilènes qui avaient dû déposer chez elle ou à l’hôtel une Ava Gardner ivre morte, voire inconsciente, qui dira dans les souvenirs de ses virées éthyliques : « Si vous connaissiez le circuit, les nuits étaient sans fin… »
Par cynisme ou par égoïste légèreté, Ava Gardner ignorera les réalités sociales d’un pays où l’on crevait de faim tandis qu’elle ­vivait une vie de luxe et de débauche (dont la presse espagnole rendra compte, notamment au sujet de ses torrides liaisons avec des toreros…).

Ce documentaire ressemble, pour la partie images d’archives commentées, aux portraits par Frédéric Mitterrand de grandes figures du cinéma ou de l’histoire. Le destin mélancolique de la sublime Ava s’y prête on ne peut mieux. Les propos de la ­comédienne sont dits par la voix élégamment exténuée d’Anna Mouglalis.
Beaucoup de témoignages intéressants s’y ajoutent, dont ceux de l’essayiste et biographe Frédéric Martinez, auteur de Portraits d’idoles ­ (Perrin, 2015), et d’Antoine Sire, auteur de Hollywood, la Cité des Femmes : histoires des actrices de l’âge d’or d’Hollywood 1930-1955 (Actes Sud, 2016). Leurs analyses et formules sont bien trouvées et donnent du relief à un texte de commentaires en voix off qui n’évite pas les formules téléphonées (« Elle consomme, elle se consume ») mais rend cependant compte assez justement de la trajectoire de cette « Vénus des champs de tabac qui fait peur à force d’être belle », comme le dit si joliment Frédéric Martinez.
Ava Gardner, la Gitane d’Hollywood, de Sergio G. Mondelo (Fr, 2017, 52 minutes.)



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/25/19-2">
<filnamedate="20180625"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180625"><AAMMJJHH="2018062519">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Depuis la journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, des pochoirs apparus dans les rues de la capitale semblent être l’œuvre du street artiste britannique.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Banksy prend Paris pour cible et comme terrain de jeu

Depuis la journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, des pochoirs apparus dans les rues de la capitale semblent être l’œuvre du street artiste britannique.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 17h05
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 17h47
    |

            Emmanuelle Jardonnet








                        



   


Et de huit ! Le mystère reste entier sur l’ordre d’apparition à Paris de pochoirs attribués à Banksy, mais les yeux les plus affûtés de la capitale ont identifié, depuis vendredi 22 juin, une série de pochoirs qui semblent clairement porter la patte du street artiste britannique, figure de proue d’une pratique qu’il a contribué à populariser depuis une quinzaine d’années. Voici, sous forme de questions-réponses, ce que l’on sait sur ce qui ressemble à une nouvelle intervention-surprise du maître du pochoir contestataire.
Comment cette chasse au trésor visuelle, qui a fait le tour des réseaux sociaux ce week-end, Instagram en tête a-t-elle commencé ?

    Bansky maybe @bansky_official #streetart #photooftheday #paris #art #bansky #urbanart #streetarteverywhere #streetartist #streetartaddicted Une publication partagée par @ xavrs78 le 22 Juin 2018 à 7 :08 PDT 

Le tout premier pochoir à avoir éveillé des soupçons est celui représentant une petite fille noire hissée sur une cagette en train de recouvrir une croix gammée taguée sur un mur de motifs décoratifs roses. Un tableau de Banksy datant de 2009 (intitulé Go Flock Yourself, il avait été présenté lors de son exposition au Musée de Bristol) montrait un jeune garçon en train de taguer ce même motif rose, version coulante du damas, type de tissage précieux aux formes florales originaire de… Syrie. Le parallèle avec l’actualité migratoire et le lieu de réalisation de cette fresque — la porte de la Chapelle, près de l’ancien centre de premier accueil des réfugiés, en bordure du périphérique — offre un faisceau de signes laissant supposer une intervention de Banksy. Indice supplémentaire : le pochoir est apparu dans la foulée de la journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, l’un des sujets au cœur du travail de l’artiste engagé ces dernières années.
Quels sont les pochoirs attribués à Banksy depuis ?

    Another bansky maybe @bansky_official #streetart #art #paris #urbanart #photooftheday #streetarteverywhere #streetartist #champagne #rat Une publication partagée par @ xavrs78 le 22 Juin 2018 à 11 :27 PDT 

Ils sont désormais au nombre de huit : quatre grandes pièces et quatre petites, plus discrètes. Deux des grands formats ressemblent à des allégories : l’une du capitalisme, l’autre des migrants morts en traversant les Alpes vers la France cet hiver. La première représente un homme en costume qui fait mine de proposer un os à un chien. Or, cet os semble être celui même de la patte manquante du canidé, tandis que l’homme cache dans son dos une scie, laissant supposer que son intention est d’amputer à nouveau l’animal. La deuxième composition, la plus sophistiquée de la série, détourne un portrait de Napoléon franchissant les Alpes vers l’Italie, par Jacques-Louis David (l’une des versions de ce tableau du XIXe siècle est visible au château de Versailles). A l’attitude conquérante du Français, dressé sur son cheval blanc, a été substituée une figure plus ambiguë : la cape-couverture rouge s’est rabattue sur la silhouette, qui semble inerte, et évoque un linceul écarlate. Enfin, une figure féminine recueillie est apparue sur une porte à l’arrière du Bataclan, hommage aux victimes du 13 novembre 2015.
Les petits formats sont des rats, devenus dans la culture urbaine les symboles des graffeurs. L’un fait référence aux 50 ans de Mai 1968 : la date a été taguée sur le mur, mais le 8 semble avoir été découpé pour être porté comme des oreilles de Mickey par un rongeur arborant le nœud rouge à pois blancs de Minnie, allusion ironique à EuroDisney. Deux autres rats décollent, assis chacun sur un bouchon de champagne, tandis que la bouteille est posée dans un seau à glace. Enfin, un dernier rat bandit, un bandana sur le nez, semble installer un détonateur sur un panneau.

    New bansky @banksy #bansky #art #paris #photooftheday #urbanart #streetarteverywhere merci @stefaub article à lire sur libé.fr Une publication partagée par @ xavrs78 le 25 Juin 2018 à 6 :58 PDT 

Est-on sûr qu’il s’agit d’œuvres de Banksy ?

    Bansky or not bansky @bansky_official #streetartaddicted #streetart #photooftheday #paris #streetart #bansky #art #streetarteverywhere Une publication partagée par @ xavrs78 le 23 Juin 2018 à 2 :11 PDT 

L’approche sérielle, le style, les couleurs, le calendrier, les thèmes, les personnages : tout y est. Banksy ne signant plus ses œuvres depuis longtemps, le fait que ces nouveaux pochoirs ne soient pas signés correspond également à son modus operandi. En revanche, aucune allusion à cette incursion parisienne n’a pour l’instant été faite sur son site, Banksy.co.uk, ni sur son compte Instagram. Mais l’artiste, qui gère avec brio sa communication, sait ménager ses effets. On peut imaginer qu’il laisse Paris et ses habitants identifier ses interventions et déchiffrer ses messages avant, éventuellement, de commenter l’opération. D’autant que la série n’est peut-être pas terminée.
Etait-il déjà intervenu en France ?

   


C’est une première dans les rues de Paris. Mais pas en France, puisque Banksy avait réalisé en une nuit quatre interventions à Calais en décembre 2015. Le plus emblématique : un portrait de Steve Jobs portant un baluchon sur l’épaule, venait rappeler aux abords de « la jungle » que le fondateur d’Apple, gloire américaine, était lui-même fils d’un émigré syrien. Et déjà une référence à la peinture classique française, avec un Radeau de la Méduse recouvert de migrants et ignoré par un ferry. Quelques semaines plus tard, c’est l’ambassade de France à Londres qui se voyait adresser, à travers une œuvre sur un mur voisin, une dénonciation de la politique migratoire française, avec une Cosette aveuglée par des gaz lacrymogènes sur fond de drapeau français en lambeaux.

        Lire le récit :
         

          De Lesbos à Calais, Ai Weiwei et Banksy œuvrent pour les migrants



Banksy est-il à Paris en personne ?

   


On sait que Banksy, roi du camouflage, prend le moins de risques possible dans ses déplacements pour ne pas se faire démasquer après avoir réussi à rester anonyme jusqu’à présent. Il est même fort probable que ce ne soit pas lui directement qui ait peint les fresques, pour ne pas courir le risque d’être arrêté, et donc identifié, par la police. Ses interventions supposées se sont produites au cours d’une Fashion Week historique à Paris, avec les premiers défilés de l’Américain Virgil Abloh chez Louis Vuitton et du Britannique Kim Jones chez Dior, qui ont drainé de très nombreuses stars américaines et britanniques (Rihanna, Kanye West, Kim Kardashian, Kate Moss, Victoria Beckham, Kid Cudi, Robert Pattinson…). Le bon moment pour se fondre dans la masse des visiteurs. D’autant qu’une autre figure de l’art urbain, le New-Yorkais KAWS, réalisait exceptionnellement le décor et des pièces pour le défilé Dior. D’où ces énigmatiques bouteilles de champagne, images de cette actualité des plus fortunés ?
Où trouver ces fresques ?

   


Deux des huit pochoirs identifiés étaient déjà en partie détruits lundi 25 juin : la petite fille de la porte de la Chapelle (18e) a été recouverte de peinture bleue, un des deux rats à califourchon sur un bouchon de champagne a été volé à même le mur (rue du Mont-Cenis, 18e). Restent Napoléon au 41, avenue de Flandre (19e), Mai 68 dans le Quartier latin, près de la Sorbonne (rue Maître-Albert, 5e) et le rat bandit sur un panneau de la rue Rambuteau (3e). Et la silhouette fantomatique du Bataclan, passage Saint-Pierre-Amelot, dans le 11e.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/25/19-3">
<filnamedate="20180625"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180625"><AAMMJJHH="2018062519">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Grande figure de la revue de cinéma « Positif », citoyen engagé à gauche, Paul-Louis Thirard est décédé le 24 juin à l’âge de 85 ans.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Paul-Louis Thirard, critique de cinéma et militant anticolonialiste, est mort

Grande figure de la revue de cinéma « Positif », citoyen engagé à gauche, Paul-Louis Thirard est décédé le 24 juin à l’âge de 85 ans.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 15h58
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 17h49
    |

                            Paulo A. Paranagua








                        



                                


                            
Pilier de la revue de cinéma Positif pendant un demi-siècle, fin connaisseur du polar, Paul-Louis Thirard, mort le 24 juin à Clichy (Hauts-de-Seine), à l’âge de 85 ans, était un militant engagé dans la lutte anticolonialiste et dans les combats de l’extrême gauche. Habité par une véritable passion pour l’Italie, il a contribué à faire connaître en France les films de maîtres comme Antonioni, Visconti ou Fellini, mais aussi la comédie italienne.
Paul-Louis Thirard était né le 30 octobre 1932 à Lyon, comme Bernard Chardère, le fondateur de Positif, revue née en 1952 qui s’est rapidement fait une réputation d’irrévérence, d’anticonformisme et d’antimilitarisme, en pleine guerre d’Algérie. Dans ce cocktail détonnant de la gauche antistalinienne, de surréalistes, d’anarchistes, de communistes peu orthodoxes et de socialistes en rupture de ban, la nouvelle recrue lyonnaise, présent dès le numéro 13 (1955), apporte une touche militante non dénuée d’esprit. Ainsi, il est l’auteur de deux canulars qui révèlent un mélange de pataphysique et d’humour d’Europe de l’Est : le réalisateur Maurice Burnan et le cinéma « dubrovien », qu’il a inventés de toutes pièces.
Tropisme italien
Plus sérieusement, il défend les films polonais d’Andrzej Wajda ou de Jerzy Kawalerowicz et suit de près ce qui se passe dans les pays socialistes. Avec Michèle Firk, qu’il accompagne à La Havane en 1963, il se fait l’écho des premiers pas du cinéma castriste. Catholique dans une revue qui pratique l’anticléricalisme comme sport de combat, il est sensible aux premières œuvres de Federico Fellini, où le spiritualisme prédomine encore sur l’éclosion des désirs. L’auteur d’Amarcord finira par être en tête des préférences des « positivistes » assagis.
Le tropisme italien de Thirard le porte vers la comédie populaire, héritière du néoréalisme d’après-guerre et de la commedia dell’arte, mais aussi vers les cinéastes qui expriment une modernité en constante...




                        

                        


<article-nb="2018/06/25/19-4">
<filnamedate="20180625"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180625"><AAMMJJHH="2018062519">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Le photographe, qui n’avait cessé d’observer son pays avec passion et rage, notamment pendant l’apartheid, s’est éteint lundi à Johannesburg, à l’âge de 87 ans.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


David Goldblatt, père de la photographie sud-africaine, est mort

Le photographe, qui n’avait cessé d’observer son pays avec passion et rage, notamment pendant l’apartheid, s’est éteint lundi à Johannesburg, à l’âge de 87 ans.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 15h23
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 15h47
    |

            Claire Guillot








                        



                                


                            

David Goldblatt avait l’Afrique du Sud dans la peau. Pendant près de soixante-dix ans, ce photographe à la peau tannée et aux yeux bleus perçants a photographié son pays avec passion et rage. Depuis l’injustice criante du régime d’apartheid de séparation des races, jusque dans les nouvelles contradictions d’une société post-coloniale. « Je suis un critique social autoproclamé et sans permis, résumait-t-il au Monde. L’Afrique du Sud coule dans mon sang. Elle me démange, m’irrite, m’inquiète. » Le « père de la photographie sud-africaine », comme on le surnommait, est mort lundi 25 juin à 87 ans, à Johannesburg, sans avoir jamais reposé son appareil, laissant derrière lui une oeuvre subtile et variée, où chaque image explore la complexité des relations humaines.
Né dans une ville minière d’une famille juive émigrée de Lituanie, David Goldblatt a très tôt conscience du racisme du régime d’apartheid. « Le matin, je pouvais voir la police menotter des Noirs, les mettre en file indienne et leur faire traverser ainsi la ville, devant tout le monde, jusqu’au tribunal. L’humiliation était terrible. Les Blancs, eux, étaient emmenés en voiture. J’ai su très tôt que je vivais dans une société déchirée, totalement contradictoire dans ses idées sur la démocratie et la justice. » Ses débuts dans la photographie, territoire inexploré dans son pays, sont difficiles. Le jeune homme attendra la mort de son père, en 1963, pour larguer la boutique de vêtements familiale et se lancer. Il invente un style documentaire subtil, loin des images choc de la presse magazine.
« Je me suis très vite rendu compte que je n’étais pas intéressé par les événements eux-mêmes, mais par les conditions profondes qui y mènent. Je voulais photographier les valeurs de mon pays. »
Une approche non militante de l’apartheid
Son premier projet personnel est ainsi un livre consacré aux Afrikaners (Some Afrikaners photographed, 1975), ces...




                        

                        


<article-nb="2018/06/25/19-5">
<filnamedate="20180625"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180625"><AAMMJJHH="2018062519">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Deux initiatives récentes redonnent un élan au système des prêts d’œuvres d’art.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Jouir d’une œuvre d’art sans la posséder

Deux initiatives récentes redonnent un élan au système des prêts d’œuvres d’art.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 12h45
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 13h00
    |

                            Roxana Azimi








                        



                                


                            

Vivre avec une œuvre originale chez soi sans la posséder. En jouir sans que cela pèse sur le porte-monnaie. Ce rêve est depuis longtemps devenu réalité grâce au réseau des artothèques municipales lancées dans les années 1970 en France.
Deux initiatives récentes, montées par l’Ecole des beaux-arts de Nantes et le Centre national édition art image (CNEAI), à Pantin, redonnent un élan au système des prêts d’œuvres d’art.
La location s’adresse avant tout à ceux qui n’ont pas encore sauté le pas de l’achat. « Lorsqu’un collectionneur visite une exposition, il se pose cette question : “Avec quelle œuvre aimerais-je vivre ?”, indique Sylvie Boulanger, directrice du CNEAI. On a voulu transmettre cette disposition d’esprit à ceux qui ne peuvent acheter d’œuvres d’art ou qui n’y ont pas pensé. »
Aussi le centre d’art a-t-il lancé en septembre 2017 le programme « Le collectionneur ». Moyennant une adhésion annuelle de 25 euros et 5 euros par location, particuliers et entreprises peuvent piocher dans un fonds de 800 œuvres. Plus qu’une simple location, il s’agit de monter une exposition chez soi, dans son appartement ou dans le hall de sa société.

Lorsque l’Ecole des beaux-arts de Nantes a hérité voilà trois ans de 500 œuvres de l’artothèque municipale qui venait de fermer ses portes, son directeur, Pierre-Jean Galdin, fut d’abord embarrassé. Avant de décider de relancer le système de location.
« Les prêts pratiqués par l’artothèque avaient baissé les dernières années, sans doute parce qu’elle n’avait pas réussi à toucher un autre public, remarque Pierre-Jean Galdin. Le public “cible” préfère acheter plutôt qu’emprunter. Les choses ont changé quand on a numérisé les œuvres qu’on peut désormais voir en ligne. »
En avril est née la formule Art Delivery, sur le modèle de Deliveroo, avec un coût de 60 euros par œuvre empruntée sur une durée de trois mois. Petit...




                        

                        


<article-nb="2018/06/25/19-6">
<filnamedate="20180625"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180625"><AAMMJJHH="2018062519">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ La 21e édition du rendez-vous culturel et musical marocain a tenu ses promesses de métissage et de création.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤         

Reportage

Au Festival d’Essaouira, la culture gnaoua plus vivante que jamais

La 21e édition du rendez-vous culturel et musical marocain a tenu ses promesses de métissage et de création.

Par                                            Emile Costard (Essaouira, Maroc, envoyé spécial)




LE MONDE
              datetime="2018-06-25T11:46:32+02:00"

        Le 25.06.2018 à 11h46






    
Le « maalem » Hamid El-Kasri au Festival gnaoua et musiques du monde, à Essaouira, le 21 juin 2018.
Crédits : Emile Costard


Jeudi 21 juin, à Essaouira. Sur la place Moulay-Hassan, l’une des plus belles esplanades de la ville marocaine, entre le port et l’entrée de la médina, des techniciens s’affairent sur la grande scène et terminent leurs derniers ajustements, sous les cris des goélands et l’œil curieux de chats maigrelets. Dans quelques heures débute la 21e édition du Festival gnaoua et musiques du monde, qui s’est tenu jusqu’au 23 juin, et les ruelles de cette petite cité fortifiée se remplissent peu à peu.
Harnachés d’un sac de randonnée surmonté d’une tente, Taha et Nizar, 18 ans, sont partis de Marrakech en stop, tôt le matin, pour venir fêter la fin de leurs études à Essaouira. « On vient de passer le bac et on a décidé de commencer nos vacances par le Festival gnaoua. La programmation musicale est super, tout est gratuit, mais on vient surtout pour l’ambiance, car ici tout le monde est ensemble », expliquent-ils.
Comme eux, des milliers de jeunes Marocains viennent assister chaque année à ce festival qui met à l’honneur la culture gnaoua. En 2017, pour les 20 ans de l’événement, près de 300 000 personnes étaient venues au rendez-vous.
Un patrimoine importé par les esclaves
Deux heures avant le concert d’ouverture, l’avenue Oqba-Ben-Nafia, artère centrale de la médina, se transforme en forteresse bordée de barrières métalliques. Sur les trottoirs et les terrasses des restaurants, la foule attend avec impatience la parade des confréries gnaoua. Les maalem, les chefs des différentes troupes, encadrés de leurs choristes et percussionnistes, défilent au rythme des tambours et des qraqeb (sorte de castagnettes en métal), sous les acclamations. Le festival peut commencer.



Longtemps marginalisés, cantonnés à leur rôle spirituel, les gnaoua se produisent désormais devant des dizaines de milliers de personnes. Mais si leur musique a acquis une reconnaissance internationale, leurs rituels aux vertus thérapeutiques restent au cœur de la tradition et se pratiquent encore à Essaouira, dans l’intimité des zaouïa, les confréries religieuses.
« Je me rappelle de cette époque où nous étions confinés dans des maisons pour les cérémonies. Avant, beaucoup de Marocains ne connaissaient pas les gnaoua. Ils nous voyaient comme des hommes de la rue. Le festival a montré notre musique au public marocain et au monde. Les maalem sont devenus des artistes reconnus, ils ont fait de leur musique un métier », explique Abdeslam Alikkane, maalem originaire d’Essaouira et directeur artistique du festival.
Difficile de retracer avec précision l’origine exacte de la culture gnaoua, mais ce patrimoine musical aurait été importé par les esclaves capturés au sud du Sahara. Un héritage que de nombreuses confréries revendiquent dans les paroles de leurs chants.

        Lire aussi :
         

                « La culture gnaoua est devenue le visage musical du Maroc »



Si cette année Hamid El-Kasri, 57 ans, une légende du genre, a ouvert les festivités sur la scène Moulay-Hassan pour un concert « fusion » avec le groupe américain Snarky Puppy, cette édition 2018 a été marquée par la présence d’une nouvelle génération de maalem, preuve que ce style musical se renouvelle et séduit les jeunes.
La popularité du festival vient en réalité du chemin emprunté par Neila Tazi, sa directrice, qui a su exploiter une voie ouverte par les stars du jazz et du rock des années 1970. Jimi Hendrix, Robert Plant (le chanteur de Led Zeppelin) ou encore Randy Weston sont venus à Essaouira se frotter aux musiciens locaux ; leurs expériences communes ont contribué à attirer les regards extérieurs vers la ville et sa culture.
La ville ne dort jamais
Le deuxième soir, la foule est encore plus dense. Vu depuis les terrasses qui surplombent la place Moulay-Hassan, le public forme une masse sombre et compacte qui ondule au rythme de la musique comme la surface d’un lac sous des rafales de vent. Les phénomènes de la soirée s’appellent Asmaa Hamzaoui et Fatoumata Diawara.
Originaire d’Essaouira, Asmaa Hamzaoui, l’une des rares femmes maalem, joue pour la première fois sur la grande scène du festival qui l’a révélée, devant des dizaines de milliers de spectateurs. La soirée connaît son apothéose lorsque, à 3 heures du matin, la Malienne Fatoumata Diawara la rejoint sur scène.
Pendant le festival, Essaouira ne dort jamais. La grande scène tire ses rideaux, mais dans les ruelles et dans certains riads, des groupes amateurs gardent la ville éveillée jusqu’à ce que les festivaliers s’en emparent de nouveau au petit jour. Des scènes plus intimistes proposent des concerts pour initiés et mélomanes avides de pénétrer plus en profondeur l’univers gnaoua. Cependant, le festival n’est pas que musical. Tous les jours, des tables rondes sont organisées en différents lieux.

        Lire aussi :
         

                Bataclan : le message de paix et de fraternité des Gnaouas du Maroc



« Nous avons rapidement pris conscience qu’il fallait aller au-delà d’un rendez-vous musical et œuvrer à la préservation du patrimoine gnaoua. Notre objectif est aussi de préserver et de perpétuer cette tradition orale », explique Neila Tazi, qui espère que l’art gnaoua sera inscrit en 2019 sur la liste du patrimoine oral et immatériel de l’humanité de l’Unesco.
Le festival, qui s’est clos samedi par un concert fusionnant les univers du jeune maalem Houssam Guinea, du saxophoniste Shabaka Hutchings, du batteur Karim Ziad et du guitariste Nguyen Le, aura incarné, cette année encore, cette capacité d’adaptation et d’ouverture à l’autre.


<article-nb="2018/06/25/19-7">
<filnamedate="20180625"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180625"><AAMMJJHH="2018062519">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ La société de perception et de distribution des droits d’artistes-interprètes fait face à des conflits internes.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La gestion de la société d’auteurs Spedidam contestée

La société de perception et de distribution des droits d’artistes-interprètes fait face à des conflits internes.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 11h19
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            
Un vent de contestation souffle au sein de la Spedidam, la Société de perception et de distribution des droits de 36 000 artistes-interprètes. « Les conflits d’intérêt n’ont que trop duré à la direction de la Spedidam », écrivent dans un communiqué Philippe Gautier, secrétaire général du bureau exécutif de l’Union nationale des syndicats d’artistes musiciens CGT (SNAM-CGT) et Jean-Luc Bernard, secrétaire général du bureau du Syndicat national des musiciens Force ouvrière (SNM-FO).
Tous deux militent pour que Jean-Paul Bazin, un ancien président, reprenne les rênes de cet organisme de gestion de droits, lors de l’assemblée générale du 28 juin. Ils mettent en cause « le mélange des genres, l’opacité (…) et les emplois familiaux » mis en place par l’équipe dirigeante actuelle. Principal grief des deux syndicalistes, la Spedidam sert à financer, sans aucune transparence, les salaires de la fille du président, François Nowak.

En effet, 65 structures choisies par la société d’auteurs perçoivent d’importantes aides de la Spedidam, à condition d’être inscrites à une formation de l’association L’Action musicale. Cette dernière a reçu 265 000 euros de la Spedidam cette année. Or, MM. Gautier et Bernard soulignent qu’« une partie est affectée aux salaires que l’association verse à la fille du président de la Spedidam ».
Une autre partie sert à louer des locaux au Syndicat des artistes-interprètes et enseignants de la musique et de la danse de Paris Ile-de-France (Samup), dont François Nowak est secrétaire général et Guillaume Damerval, le gérant de la Spedidam, trésorier.
Accusation de conflits d’intérêts
Les opposants accusent surtout François Nowak de n’avoir pas indiqué, dans sa déclaration relative aux conflits d’intérêts, que sa fille est administratrice et salariée de L’Action musicale et qu’elle a été, en 2017, salariée de deux festivals, financés et labellisés par la Spedidam, dont M. Nowak est vice-président.
Le...




                        

                        


<article-nb="2018/06/25/19-8">
<filnamedate="20180625"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180625"><AAMMJJHH="2018062519">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le festival Les Etés de la danse rend hommage au chorégraphe américain pour les 100 ans de sa naissance.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Danse : dans les pas de Jerome Robbins

Le festival Les Etés de la danse rend hommage au chorégraphe américain pour les 100 ans de sa naissance.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 10h11
    |

                            Rosita Boisseau (New York)








                        



                                


                            

« Easy, baby ! » La formule tourne telle une ritournelle. Répétée comme un sésame par les danseurs du New York City Ballet (NYCB), elle donne un code d’accès à l’œuvre d’un illustre méconnu : le chorégraphe Jerome Robbins (1918-1998), père de West Side Story (1957), et créateur de soixante ballets bien plus confidentiels que le hit absolu de la comédie musicale. « Easy ! » On se croirait presque au milieu des Jets et des Sharks. Sauf qu’on est en train de parler de haute virtuosité avec le gratin des interprètes classiques new-yorkais. Autrement dit, « Vas-y mollo, n’en fais pas trop, relax… » Une cool attitude qui caresse dans le sens du poil les exploits techniques pour ne laisser infuser qu’une apparente facilité. L’essence de Robbins !

Jerome Robbins, dont on fête cette année le centième anniversaire de la naissance, était à l’affiche, du 3 au 20 mai, du Koch Theater, au Lincoln Center, avec vingt-deux ballets, par le New York City Ballet. Salles combles, ferveur des fans, youyous au plus chaud des soirées, le public new-yorkais est là. La fête continue à Paris où Robbins est en vedette pendant deux semaines, jusqu’au 7 juillet, aux Etés de la danse. Le festival met les petits chaussons dans les grands avec cinq troupes internationales. En tête, le NYCB, entouré du Joffrey Ballet, du Miami City Ballet, du Pacific Northwest Ballet des Etats-Unis, et du Perm Opera Ballet de Russie. Une première dans le cadre de cette manifestation estivale créée en 2005.
Jean-Pierre Frohlich, ancien assistant du chorégraphe : « Robbins est plus proche d’un homme de la Renaissance que d’un artiste typiquement américain »
Au total, cent cinquante danseurs sont distribués dans un répertoire Robbins de premier plan mais aussi des pièces signées William Forsythe ou Christopher Wheeldon. « Robbins est toujours très demandé, assure Jean-Pierre Frohlich, interprète et assistant...




                        

                        


<article-nb="2018/06/25/19-9">
<filnamedate="20180625"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180625"><AAMMJJHH="2018062519">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Babx, Minvielle et Thomas de Pourquery ont célébré l’artiste aux Nuits de Fourvière, le 24 juin.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Chanson : tout l’univers de Nougaro à Lyon

Babx, Minvielle et Thomas de Pourquery ont célébré l’artiste aux Nuits de Fourvière, le 24 juin.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 10h39
    |

                            Francis Marmande (Lyon)








                        



                                


                            

Convié en 2014 par le Marathon des mots à célébrer Nougaro à Toulouse, Babx, auteur-compositeur-interprète, commence par inviter Minvielle et Thomas de Pourquery. Troubadour à l’amiable, Minvielle est un « vocalchimiste » occitan qui travaille du chapeau, et Thomas de Pourquery, un chef de bande supersonique à succès qui ose embarquer dans le vaisseau spatial de Sun Ra (compositeur futuriste, 1914-1993).
Qu’ils soient invités à se produire aux Nuits de Fourvière, à Lyon, tient des équations gigognes et de la « circulature du cercle ». La quadrature, on le sait, n’est pas possible. Pris chacun par sa propre trajectoire, les trois électrons assez libres se retrouvent quatre ou cinq fois par an. Pur plaisir.

Ce dimanche 24 juin, vers 20 h 32, il faut du cran et y croire, pour commencer comme ils le font. Placé à mi-chemin de Babx (piano et voix) et Thomas de Pourquery (sax alto et voix), Minvielle se lance à voix nue sur fond de chœur d’oiseaux, dans l’un des sites magiques des Nuits de Fourvière, le petit amphithéâtre qu’on appelle l’Odéon.
Voix de baryton Martin, comme Nougaro et Pourquery, Minvielle connaît le génie du lieu. Ses camarades aussi. Ils célèbrent Nougaro sans emphase. Ils l’évoquent, le spiritisent. Du Pommier de paradis, Pourquery enchaîne sur une séquence coltranienne. Les partitions de Minvielle volent au vent. Babx glisse sur la pluie, elle fait des claquettes.
Enchantement du réel
Dans la foulée, A bout de souffle (Pourquery), Les Rimes (la mélodie d’Aldo Romano, dont la sobriété de Babx restitue l’élégance) et une première séquence irrésistible : comme toute star, les trois zèbres esquissent leur projet, remercient tout un chacun. Robinet de clichés bien connus. Mais ils le font ensemble, leurs voix se chevauchent, avec les gestes. Feinte trinité. Gag parfait. On n’est qu’à mi-parcours.

Tout ira, comme on dit dans les quartiers espagnols de Toulouse, « a mas » :...




                        

                        


<article-nb="2018/06/25/19-10">
<filnamedate="20180625"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180625"><AAMMJJHH="2018062519">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le Musée Guimet a réuni des planisphères et des objets d’art qui décentrent le regard du visiteur.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Exposition : sur les cartes d’Asie, l’Occident perd le nord

Le Musée Guimet a réuni des planisphères et des objets d’art qui décentrent le regard du visiteur.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 09h45
    |

            Sylvie Kerviel








                        



                                


                            

Alors que la question migratoire suscite d’intenses débats, l’exposition « Le Monde vu d’Asie », présentée au Musée Guimet, à Paris, arrive à point nommé. A travers un riche choix de cartes, d’estampes et d’objets d’art, elle montre combien les contacts entre les peuples ont enrichi leurs visions respectives du monde et de « l’autre », et stimulé autant la recherche que la création.
Rien d’austère dans cette présentation : qu’elles soient d’origine chinoise, indienne, japonaise ou afghane, les cartes exposées explosent de couleurs et sont peuplées de dessins, figurines et personnages qui en animent les tracés. On est ainsi fasciné par la Carte complète du grand empire des Qing unifié et éternel, chef-d’œuvre de la cartographie chinoise, réalisé en 1811 sur un modèle daté de 1767, et ses couleurs émeraude et bleu intense. Ou encore par la Carte géographique monumentale de l’Empire chinois au temps des Ming, peinte sur papier de mûrier au Japon dans la seconde partie du XVIIIe siècle, trésor de l’exposition. Le dégradé de couleurs comme la finesse d’exécution en font une œuvre d’art autant qu’un précieux document pour les chercheurs.
« Une Asie-Monde » et « les limbes »
Dès l’entrée de l’exposition, le visiteur est prévenu, non sans humour, du « choc » qu’il risque d’éprouver. Une inscription sur le mur indique : « Avertissement : certaines cartes présentées ne sont pas orientées vers le nord. Elles nous invitent à une autre représentation du monde. » En effet, difficile de ne pas se sentir bousculé face à des schémas qui balaient nos repères occidentaux et dessinent, comme le soulignent les commissaires, l’historien Pierre Singaravélou et le géographe Fabrice Argounès, dans le beau catalogue accompagnant l’exposition, « une Asie-Monde », le reste se retrouvant relégué « dans les limbes ».
Ce n’est que peu à peu, à partir de la fin du XVIe siècle,...




                        

                        


<article-nb="2018/06/25/19-11">
<filnamedate="20180625"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180625"><AAMMJJHH="2018062519">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ La fondation privée du collectionneur Antoine de Galbert tire le rideau avec « L’Envol ou le rêve de voler ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Exposition : dernier vol pour La Maison rouge

La fondation privée du collectionneur Antoine de Galbert tire le rideau avec « L’Envol ou le rêve de voler ».



Le Monde
 |    25.06.2018 à 09h27
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 10h34
    |

                            Philippe Dagen








                        



                                


                            

« L’Envol ou le rêve de voler » est la dernière exposition que nous verrons à La Maison rouge à Paris. Fin octobre, c’en sera fini du lieu inventé par le collectionneur Antoine de Galbert, auquel aucun autre établissement parisien n’était comparable. Le bâtiment est vendu. A la place des salles et du patio, il y aura sans doute des bureaux, ce qui n’est pas très réjouissant.
On a vu en cet endroit des expositions remarquables, particulièrement celles qui considéraient la création artistique dans ses relations avec ce qu’on appelle les « maladies mentales », les psychotropes, les marginalités sociales, les combats politiques ; et celles qui allaient voir au loin, à Johannesburg, à Winnipeg ou en Tasmanie. On se souviendra des rétrospectives de Louis Soutter et d’Eugène Gabritschevsky, des ­collections de Jean-Jacques Lebel et de Marin Karmitz. Depuis juin 2004, La Maison rouge, fondation privée, a joué un rôle majeur dans la vie artistique parisienne, inventive dans ses programmations et rapide dans ses réactions face à l’art en train de se faire.
Autodérision
« L’Envol », donc. Sujet et titre sont allégoriques, avec ce qu’il faut d’autodérision, un genre dans lequel Antoine de Galbert est très à son aise : finir, c’est aller au Ciel. L’exposition rassemble donc différentes réalisations du rêve d’Icare, prises dans l’art contemporain et actuel, toutes disciplines réunies. L’idée n’est pas tout à fait neuve : il y a eu, pour s’en tenir aux manifestations françaises, l’exposition « La Conquête de l’air » à Toulouse en 2002 et l’excellente « Vues d’en haut » au Centre Pompidou-Metz en 2013. Les commissaires d’« Envol » n’ont pas cherché à se mesurer à cette dernière : ni assez de surface au sol, ni assez de moyens. Mais ils n’ont pas résisté à la tentation de l’inventaire iconographique : bonds et plongeons, fées et anges, lévitations et ascensions, oiseaux et papillons, danseuses et acrobates, fusées et hélicoptères… Près de 200 œuvres d’une cinquantaine...




                        

                        


<article-nb="2018/06/25/19-12">
<filnamedate="20180625"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180625"><AAMMJJHH="2018062519">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Le grand rendez-vous français du metal, vu et dessiné par le collectif Croque & Roll Live.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ 
<article-nb="2018/06/25/19-13">
<filnamedate="20180625"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180625"><AAMMJJHH="2018062519">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ L’exposition « L’Envol ou le rêve de voler » clôture quatorze ans d’activités culturelles menées sous la direction de son fondateur, Antoine de Galbert.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ 
<article-nb="2018/06/25/19-14">
<filnamedate="20180625"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180625"><AAMMJJHH="2018062519">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Entretien avec la nouvelle présidente de la Cité de l’architecture et du patrimoine.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Marie-Christine Labourdette : « Il nous faut réincarner les grands monuments »

Entretien avec la nouvelle présidente de la Cité de l’architecture et du patrimoine.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 08h18
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 10h34
    |

            Jean-Jacques Larrochelle








                        



                                


                            

Marie-Christine Labourdette a été nommée, en mars, ­présidente de la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris, abritée par le Palais de Chaillot. L’institution regroupe des ­espaces d’exposition temporaires et l’Ecole de Chaillot, qui prépare notamment à la formation d’architecte du patrimoine. Elle est aussi un lieu de débats permanents sur les enjeux du monde bâti d’aujourd’hui. L’ancienne directrice des Musées de France expose au Monde les changements qu’elle souhaite voir s’appliquer au pilier méconnu de la Cité : le Musée des monuments français, créé par Eugène Viollet-le-Duc, dont les collections souffrent d’un déficit de fréquentation.
Comment redonner de l’attrait au Musée des monuments français ?
Ce musée est un endroit exceptionnel, mais trop peu ou trop mal connu. Si nous disons que nous avons un musée de moulages grandeur nature, personne ne voudra venir. Nous voulons dire aux futurs visiteurs : venez faire un voyage imaginaire dans une France de l’architecture, représentative à la fois de l’histoire du pays et de celle de ses styles. Tout cela en vous promenant sur 1 000 m², et en une heure. L’objectif semble assez simple, à première vue.
La chose compliquée est que nous avons des fragments de ­monuments remarquables, mais que l’échelle un, dans laquelle ils sont reproduits, ne donne aucune information sur leurs contextes. Pour des questions d’ordre matériel, il serait trop difficile de remodeler, physiquement, dans les ­salles, l’implantation des moulages de très grandes dimensions. On peut, en revanche, tisser un autre fil de récit, réenchanter le parcours, donner envie aux gens de déambuler. A partir de l’automne, nous allons lancer un appel à idées auprès de jeunes ­architectes et de jeunes artistes pour qu’ils s’emparent de ces monuments et les recontextualisent.
La médiation a-t-elle aussi un rôle à jouer dans cette transformation ?
Notre travail de médiation...




                        

                        


<article-nb="2018/06/25/19-15">
<filnamedate="20180625"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180625"><AAMMJJHH="2018062519">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 24/06/2018
Découvrir l’application


                        

Le Festival de Paris, du jazz et McCartney : notre sélection musicale

Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…



Le Monde
 |    25.06.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 14h31
    |

            Franck Colombani et 
Sylvain Siclier








                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Du jazz, encore du jazz, toujours du jazz… à Besançon, Vitrolles et Segré-en-Anjou-Bleu, un baryton en récital au premier étage de la tour Eiffel et trois chansons figurent au menu de notre sélection musicale.
UN RÉCITAL : Ludovic Tézier, à la Tour Eiffel, le 27 juin, pour le Festival de Paris

   


Paris vaut bien une messe, mais aussi un festival. C’est en tout cas le credo de Michèle Reiser, qui s’emploie à recevoir dans des lieux prestigieux ou secrets de la capitale le public le plus large possible autour de musiciens de très haut talent. Le Festival de Paris, qui dure jusqu’au 28 juin, passe ainsi de la Tour Eiffel à la Sainte Chapelle, de l’Olympia au très raffiné Hôtel de Lauzun sur l’Ile Saint-Louis.
Lyrique et instrumentale, la musique se décline dans des répertoires qui couvrent quatre siècles, de Monteverdi à Gershwin. Après l’organiste « pop » Cameron Carpenter, et le ténor espagnol qui monte, Xabier Anduaga, c’est notre baryton national, Ludovic Tézier qui sera en récital au premier étage de la tour Eiffel, mercredi 27 juin. Une façon de l’entendre « à la bonne franquette » dans Schumann, Schubert, Fauré, Ibert (et Charles Aznavour), loin des scènes lyriques internationales, où il passe le plus clair de son temps. Marie-Aude Roux
Récital de Ludovic Tézier avec Thuy Anh Vuong (piano), Festival de Paris, Tour Eiffel, salon Gustave-Eiffel, Paris 7e. Tél. : 08-92-68-36-22 (Fnac). Mercredi 27 juin, à 20 h 30. De 30 € à 60 €.
TROIS FESTIVALS : 
Jazz et musique improvisée en Franche-Comté, à Besançon, du 26 au 29 juin

   


Par son propos, l’attention aux musiques improvisées, que seuls deux ou trois manifestations estivales mettent majoritairement en avant et son choix de ne présenter que des solos, le festival Jazz et musique improvisée en Franche-Comté, organisé du 26 au 29 juin à Besançon, sort du lot. « Histoire de nous singulariser singulièrement, nous vous présentons un festival bien singulier », indique dans la présentation son directeur artistique Philippe Romanoni.
Au programme deux concerts par jour, l’un à 18 heures, l’autre à 21 heures, avec dans l’ordre d’apparition de ces seuls en scène : mardi 26 juin, le guitariste Jérôme Lefebvre puis le saxophoniste Daunik Lazro ; le 27 juin, le trompettiste et manipulateur de machines Louis Laurain puis le tromboniste Jean Lucas ; le 28 juin, deux batteurs, Peter Orins puis Yann Joussein ; et le 29 juin, deux guitaristes, Alain Blesing puis Jan Vanek. Sylvain Siclier
Grand Kursaal, place du Théâtre, Besançon (Doubs). Du mardi 26 au vendredi 29 juin. Entrée libre aux concerts de 18 heures, 5 € aux concerts de 21 heures.
Saveurs Jazz Festival, à Segré-en-Anjou-Bleu, du 5 au 9 juillet 

   


En 2017, le Saveurs Jazz Festival, organisé à Segré-en-Anjou-Bleu (Maine-et-Loire), au nord-ouest d’Angers, avait quitté son lieu d’origine depuis 2010, le Parc des expositions, pour les jardins du Parc de Bourg Chevreau. Le site avec ses deux scènes – dont l’une sous chapiteau –, un espace boisé, de la pelouse et des espaces d’accueil et de restauration conviviaux est à nouveau celui de la 9e édition de la manifestation.
Y sont attendus : le contrebassiste Kyle Eastwood, la saxophoniste Sophie Alour et le batteur Mark Guiliana jeudi 5 juillet ; le duo Otis Stacks, la chanteuse Sandra Nkaké et le groupe Morcheeba pour une soirée plus proche de la soul et la pop vendredi 6 ; le duo Binker & Moses, les chanteuses Sarah McCoy et Selah Sue, cette dernière en trio acoustique avec claviers et violoncelle, samedi 7 ; le claviériste Roberto Fonseca et le groupe Electro Deluxe, dimanche 8 et une soirée consacrée à la voix avec Michele Hendricks et Gregory Porter lundi 9 juillet. Parmi les formations à découvrir dans l’après-midi, l’Ellinoa Quintet, samedi 7, et le groupe Hoarse dimanche 8. S. Si.
Parc de Bourg Chevreau, à Segré-en-Anjou-Bleu (Maine-et-Loire). Du jeudi 5 au samedi 9 juillet. De 30 € à 40 €, forfait trois jours week-end 80 €, forfait cinq jours 135 €. Accès libre aux concerts de la Scène de la marmite l’après-midi.
Charlie Jazz Festival, à Vitrolles, du 6 au 8 juillet

   


Lieu idyllique, annonce le communiqué. De fait, le domaine de Fontblanche, à Vitrolles (Bouches-du-Rhône), est l’un des plus agréables écrins du circuit des festivals d’été avec ses espaces arborés, ses platanes tricentenaires, son aspect oasis de quiétude près d’un lac. C’est là que, du 6 au 8 juillet, sera organisée la 21e édition du Charlie Jazz Festival, émanation de l’association Charlie Free, et sorte de vitrine de son activité à l’année. Programme toujours très étudié, avec chaque soir une formation à découvrir (Pulcinella le 6, Elodie Pasquier le 7, le trio Ikui Doki le 8), une fanfare et deux groupes « vedettes ».
Ouverture donc vendredi 6 juillet avec une création du batteur Don Moye (Art Ensemble of Chicago, The Leaders…) TarTARtar Brass Embassy, en compagnie d’un trio trompette, tuba et guitare puis le trompettiste Paolo Fresu en compagnie de Daniele di Bonaventura au bandonéon et l’ensemble vocal A Filetta. Samedi 7 juillet ce sera la formation de la trompettiste Yazz Ahmed puis celle du vibraphoniste Mulatu Astatké. Enfin dimanche 8 juillet, les cordes sont au programme, avec le guitariste Pat Metheny en quartette, son seul concert en France avec celui de Marciac fin juillet dans le cadre d’une tournée européenne, puis le groupe Freaks mené par le violoniste Théo Ceccaldi. S. Si.
Domaine de Fontblanche, à Vitrolles (Bouches-du-Rhône). Tél. : 04-42-79-63-60. Du vendredi 6 au dimanche 8 juillet. De 20 € à 27 €, forfait deux jours 50 €, forfait trois jours 70 €.
TROIS CHANSONS : 
Ruen Brothers, « All My Shades of Blue »

Ils ont vingt ans d’âge moyen, les cheveux gominés à l’ancienne et cultivent un look rockabilly. Contrairement aux apparences, les Ruen Brothers ne sont pas originaires de Memphis mais de Scunthorpe, ville ouvrière du North Lincolnshire en Angleterre.
Biberonné par les disques de leur paternel, Rupert et Henry Stansall – Ruen est en fait l’amalgame des premières syllabes de leurs prénoms – vénèrent les harmonies vocales enchanteresses des Everly Brothers et Roy Orbison, mais aussi The Rolling Stones. Plutôt jukebox que Spotify donc. Révélé par la BBC en 2013 alors qu’ils ne sont encore qu’adolescents, le duo de multi-instrumentistes et compositeurs a sagement appris le métier plutôt que de se brûler les ailes trop tôt.
Cinq ans plus tard et quelques singles remarqués, leur premier album All My Shades of Blue (Ramseur Records/Modulor) vient de paraître, enregistré à l’ancienne dans les règles analogiques de l’art et produit par le légendaire Rick Rubin (Johnny Cash, Tom Petty, Beasty Boys…). Le gourou californien a éprouvé un véritable coup de foudre pour leur son vintage au souffle singulier : « J’ai aimé que leur écriture semble venir d’une autre époque. Ils font quelque chose de nouveau avec ces influences traditionnelles. » Morceau choisi, la chanson qui donne son titre à l’album ne manque pas d’atouts : une composition virevoltante et gracieuse, avec en point d’orgue ce vibrato vocal capable d’atteindre les cimes émotionnelles d’un Jeff Buckley. Franck Colombani
Paul McCartney : « Come On To Me » et « I Don’t Know »

Au lendemain de l’anniversaire de Paul McCartney, le 18 juin, souhaité dans le monde entier via les réseaux sociaux, l’ex-bassiste des Beatles âgé de 76 ans a remercié ses fans de fort belle manière en dévoilant deux morceaux inédits. Come On To Me et I Don’t Know, le premier plutôt rock et lumineux, l’autre une ballade mélancolique au piano, sont présentés par son auteur comme formant une double face A. Si le concept « double single » peut sembler illusoire à l’heure d’Internet, le format n’en demeure pas moins symbolique, car initié par les Beatles en 1965 avec le 45 tours Day Tripper/We Can Work It Out.
Les deux titres préfigurent la sortie de son prochain album, intitulé Egypt Station attendue pour le 7 septembre chez Capitol Records. Ce dix-septième opus solo est son premier depuis NEW paru en 2013, en écartant ses collaborations avec Kanye West et Rihanna en 2015 sur le titre FourFiveSeconds, ainsi qu’une musique composée pour le jeu vidéo Destiny, Hope for the Future en 2014. F. C.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/25/19-16">
<filnamedate="20180625"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180625"><AAMMJJHH="2018062519">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Avec son milliard d’utilisateurs, le réseau social est plébiscité par plus des trois quarts des acteurs du marché de l’art.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 24/06/2018
Découvrir l’application


                        

Les jeunes artistes se révèlent sur Instagram

Avec son milliard d’utilisateurs, le réseau social est plébiscité par plus des trois quarts des acteurs du marché de l’art.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 05h36
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 10h19
    |

                            Roxana Azimi








                        


Diplômée, en 2013, des Beaux-Arts de Nantes, Ariane Yadan, 30 ans, n’est pas encore représentée par une galerie. Mais la jeune artiste a déjà vendu une photo par le biais d’Instagram… Après les comiques youtubeurs, place aux artistes « instagrameurs ».
L’enseigne parisienne Semiose a découvert sur le réseau social les peintures d’Oli Epp, raillant gentiment notre monde surconnecté. Ce Londonien de 24 ans ne sort pas d’une école branchée. Il n’a pas d’antécédents d’expositions dans des centres réputés. Mais 11 000 personnes le suivent sur Instagram, parmi lesquels de nombreux collectionneurs. Lorsque Semiose l’a exposé en mai, ses toiles se sont vendues comme des petits pains.
Même emballement pour Jean-Baptiste Boyer, autodidacte de 27 ans présenté pour la première fois en 2017 chez Laure Roynette, à Paris. « Avant l’exposition, des ventes se sont concrétisées grâce à Instagram. Dès que Jean-Baptiste poste une œuvre, elle se vend, s’étonne encore la galeriste. Ce réseau nous permet de toucher de jeunes amateurs d’art qui n’ont pas l’habitude de faire le tour des galeries et n’osent pas venir nous voir. La communication est directe. On a pu ainsi vendre aux Etats-Unis et à Londres. »
Ces collectionneurs harponnés sur Instagram sont jeunes. Accros aux réseaux sociaux, ces millennials se suivent, se « likent », commentent leurs achats et se retrouvent parfois. Et le virus est tel que les seniors s’y sont mis.

        Lire aussi :
         

                Instagram cède à la mode du e-commerce



« Puissant levier de communication »
D’après une étude d’Artsy, publiée en 2015, 51,5 % des collectionneurs interrogés ont acheté des œuvres d’artistes découverts sur Instagram. Avec 1 milliard d’utilisateurs dans le monde, ce réseau est plébiscité par plus des trois quarts des acteurs du marché de l’art, selon l’Observatoire du Web social dans l’art contemporain. Quelque « 83 % des discussions portant sur la Foire Art Basel se sont faites sur Instagram, soit une progression de 28 % par rapport à 2017 », constate Alexia Guggémos, fondatrice de l’Observatoire.
C’est devenu un vecteur si crucial que la galerie Perrotin, à Paris, a confié sa stratégie à l’agence de publicité BETC. En un an, l’enseigne a doublé le nombre de ses abonnés (plus de 200 000). « C’est un levier de communication ultrapuissant, abonde Vanessa Clairet, directrice de la communication chez Perrotin. On a pris le contre-pied de ne pas trop y montrer les expositions, mais plutôt le public face à l’art en lançant les hashtags #backtogalleries #backtoart. » Des hashtags qui font mouche : une œuvre de l’Italienne Paola Pivi s’est vendue illico après le post d’une photo. Même effet sur les œuvres de deux autres artistes de la galerie, Kaws et Daniel Arsham.
Gare, au panurgisme et à l’enfermement algorithmique ! « Les sujets les plus populaires sont systématiquement mis en avant, admet Alexia Guggémos. Au risque de donner une image stéréotypée des tendances : les visages générant 38 % plus de “likes” qu’un paysage, ou les visuels à dominante bleue l’emportant sur le rouge (+ 24 %), ce sont les œuvres répondant à ces critères qui pourraient ainsi jouir de plus de visibilité… Mais cela reste toutefois à prouver. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/25/19-17">
<filnamedate="20180625"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180625"><AAMMJJHH="2018062519">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Né sur l’île de Mozambique, l’homme au destin exceptionnel est arrivé au pays du Soleil-Levant en tant qu’esclave à la fin du XVIe siècle.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤         

Récit

La légende retrouvée de Yasuke, le premier samouraï noir du Japon

Né sur l’île de Mozambique, l’homme au destin exceptionnel est arrivé au pays du Soleil-Levant en tant qu’esclave à la fin du XVIe siècle.

Pierre Lepidi
    



LE MONDE
              datetime="2018-06-24T18:30:32+02:00"

        Le 24.06.2018 à 18h30

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-06-25T06:39:57+02:00"

        Mis à jour le 25.06.2018 à 06h39






    
Yasuke, le samouraï noir, lors d’un bain pour vérifier l’aspect naturel de sa peau.
Crédits : CREATIVE DIGITAL


C’est l’histoire d’un homme qui fut engloutie par le temps. Au point que même son nom de naissance a été perdu. De lui, on ne connaît que le surnom japonais qui lui a été attribué : Yasuke. Ancien esclave né sur la côte est-africaine au milieu du XVIe siècle, Yasuke est devenu le premier samouraï étranger de l’histoire du Japon.
Il aura fallu attendre près de cinq siècles pour que ce destin hors du commun refasse surface. Pourquoi maintenant ? Personne ne peut le dire.
Au pays du Soleil-Levant, cet homme fort et courageux animé d’une passion pour l’art de la guerre apparaît aujourd’hui dans une publicité. Au Cameroun, une exposition lui est consacrée à partir de mardi 26 juin au Palais des congrès de Yaoundé ; et elle migrera dans quelques mois au Japon. En Espagne, au Portugal, en Italie ou en Roumanie, des dizaines d’articles ont été publiés pour raconter les exploits de ce guerrier. Aux Etats-Unis enfin, la société de production Lionsgate, qui a notamment produit le film Highlander, a annoncé qu’elle travaillait sur son biopic.

        Lire aussi :
         

                Une semaine à pied sur les traces des esclaves du Dahomey



La vie de Yasuke se lit comme un roman. « Un lecteur martiniquais, passionné d’arts martiaux, m’a contacté un jour pour me dire que lors d’un voyage au Japon, on lui avait parlé de cet Africain devenu l’un des premiers étrangers à intégrer l’élite guerrière nippone, explique Serge Bilé, journaliste et auteur de la biographie Yasuke, le samouraï noir (Owen Publishing, mars 2018). J’ai creusé la piste en m’appuyant sur des historiens, des ethnologues, des spécialistes de l’Inde et du Japon. »
« Dévisagé comme une bête curieuse »
Yasuke est né sur l’île de Mozambique, au large du pays du même nom, dans les années 1530 ou 1540. Comme tous les membres de la communauté makua à laquelle il appartient, il pêche et chasse avec dextérité. C’est en recherchant la trace d’un lion blessé par sa sagaie qu’il est capturé par des trafiquants d’esclaves. Le jeune homme est alors arraché à son île.

        Lire aussi :
         

                Le « Clotilda », dernier navire négrier arrivé aux Etats-Unis, refait surface en Alabama



« L’un des deux marins s’empare de lui et l’entraîne brutalement sous les ponts où s’amassent un tas d’hommes noirs, enchaînés les uns aux autres, prostrés, accablés, découragés, peut-on lire dans la biographie. Yasuke est effrayé par ce tableau et saisi par l’odeur nauséabonde qui se dégage du lieu. C’est un mélange répugnant d’urine, de selles et de sueur. L’air est irrespirable. » La traversée jusqu’à Goa, en Inde, un port portugais à l’époque, va durer un mois et quelques jours.

    
Arrivée au XVIIe siècle de bateaux étrangers à Nagasaki, ville japonaise située sur la côte nord-ouest de l’île de Kyushu.
Crédits : CC 2.0


Yasuke est conduit sous bonne escorte à un endroit baptisé Leilao, qui signifie « enchères ». « Il enrage de se voir dévisagé comme une bête curieuse, écrit Serge Bilé. Il maudit tous ces gens pour leur indépendance. Ils l’ont palpé de haut en bas. Ils ont également tâté le sexe et les seins de la femme à côté de lui. Quoi de plus normal à leurs yeux ? Les esclaves sont leur “chose” et ils s’accordent le droit, avant d’enchérir, de vérifier la marchandise. »
Le jeune Africain est acheté par un gentilhomme et conduit jusqu’à une bâtisse appartenant à des jésuites. Son travail va alors consister à aller chercher toute la journée de l’eau à une source et à la ramener dans de grandes cruches. La tâche n’est pas épuisante, mais elle est répétitive et dévolue aux femmes chez les Makua, ce que Yasuke ressent comme une humiliation. Les mois s’enchaînent, il souffre de l’exil et du déracinement. « Il songe au suicide mais ne veut pas s’y résoudre. Pour sa maman, pour la revoir, il est prêt à vivre et il est prêt à tout. »
Un voyage de près de deux ans
Le 6 septembre 1574, son destin bascule une nouvelle fois après le débarquement de quarante-quatre ecclésiastiques à Goa. Parmi eux se trouve Alessandro Valignano, un prêtre élégant chargé d’inspecter les missions jésuites de sa juridiction. Après plusieurs mois, ce dernier décide de poursuivre son travail au Japon. Il cherche un homme puissant et fort pour le servir et assurer sa protection. Il choisit Yasuke. Le 20 septembre 1577, les deux hommes embarquent pour un voyage qui durera près de deux ans. Après des escales à Malacca, l’actuelle Malaisie, et Macao (Chine), ils arrivent au Japon le 25 juillet 1579.

    
Le prêtre jésuite Alessandro Valignano.
Crédits : CC 2.0


Sur l’île de Kyushu, le siège de la mission jésuite se situe dans la petite localité d’Arima, à quelques encablures de Nagasaki. Au pays du Soleil-Levant, la vue de cet homme à la peau noire provoque l’hystérie de la population. « Ils aiment voir les Noirs, spécialement les Africains, écrit à l’époque le père Organtino Gnecchi-Soldo. Les Japonais sont même prêts à parcourir une centaine de kilomètres rien que pour les voir et se distraire en leur compagnie pendant trois ou quatre jours. » L’idée d’exhiber un esclave africain pour en tirer profit et gagner de l’argent est courante chez les prêtres jésuites.
Le 8 mars 1581, Yasuke et Alessandro Valignano quittent l’île de Kyushu pour Kyoto, où règne Oda Nobunaga, un puissant seigneur de guerre. Lorsqu’il rencontre le jeune Makua, le daimyo (gouverneur de province) est subjugué par sa force, sa taille (plus de 1,90 m), son intelligence, qui lui a notamment permis d’apprendre le japonais, et sa peau. Au point de lui faire prendre un bain pour vérifier si le noir est bien sa couleur naturelle. Pris d’empathie pour Yasuke, Oda Nobunaga demande à Alessandro Valignano, qui doit quitter le Japon, de laisser son serviteur auprès de lui. Le jésuite accepte.

        Lire aussi :
         

                Les samouraïs oubliés de la guerre du Pacifique



Le jeune esclave est vite libéré et élevé au rang de samouraï. En devenant l’un des gardes du corps du seigneur de guerre, Yasuke entre dans son premier cercle. En plus des deux sabres qu’il a le droit de porter, le Japonais lui confie sa propre lance.
« C’est un privilège exceptionnel pour l’époque, écrit Serge Bilé. Seuls les guerriers ont le droit de porter ces deux sabres en même temps. C’est dire la confiance que Nobunaga place en Yasuke. Pour le jeune Makua, c’est le rêve d’une vie qui se réalise. Il est le premier étranger à porter les attributs des célèbres chevaliers nippons. Personne avant lui, pas même un Européen, n’avait eu cet honneur ! » Il se voit aussi offrir une maison et même la fille adoptive du seigneur de guerre comme épouse.
« Yasuke n’est pas un homme »
Yasuke devient un guerrier. Il en est fier et heureux. En 1582, il s’illustre lors de la bataille de Tenmokuzan livrée contre Takeda Katsuyori, un autre seigneur de guerre, grand rival d’Oda Nobunaga. La victoire est belle, Yasuke savoure. Mais sa proximité avec le grand seigneur suscite des jalousies dans la province.
Parmi les plus envieux, Akechi Mitsuhide, qui accuse Oda Nobunaga d’être responsable de la mort de sa mère. Il rassemble des hommes et lance une attaque contre le seigneur, qui se retrouve vite en infériorité numérique. Plutôt que de se rendre, le daimyo se fait hara-kiri sous les yeux de Yasuke, qui n’a pas le courage de s’enfoncer un sabre dans le ventre. Lui préfère mourir au combat. Alors il prend ses armes et part se battre, mais il est arrêté.

        Lire aussi :
         

                En Côte d’Ivoire, le taekwondo n’est pas pris par-dessus la jambe



Il aura la vie sauve. Dans une lettre écrite le 5 novembre 1582, le père Luis Frois écrit : « Pour Akechi Mitsuhide, Yasuke n’est pas un homme, c’est un animal. Il n’est donc pas la peine de le tuer. Il faut le renvoyer en Inde chez les prêtres. »
Le premier samouraï étranger est-il retourné à Goa ? En Afrique ? Sa trace se perd dans les limbes de l’histoire. « Il est aujourd’hui impossible de connaître la fin de Yasuke, explique Julien Peltier, auteur de Samouraïs, dix destins incroyables (éd. Prisma, 2016). Yasuke était un homme respecté et on peut aussi envisager qu’il soit resté au Japon. Mais c’est spéculatif. »
La fin de l’histoire est-elle importante après une vie aussi riche ? « Pas vraiment, même si on préférerait évidemment savoir », répond Anne-Sophie Omgba, directrice de Subsahara Group, la société qui organise l’exposition de Yaoundé : « Nous rendons hommage à Yasuke parce qu’il était un esclave africain et qu’il est devenu un héros. »


<article-nb="2018/06/25/19-18">
<filnamedate="20180625"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180625"><AAMMJJHH="2018062519">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Le chanteur franco-ougandais, surnommé le « Leonard Cohen africain », s’est éteint à l’âge de 65 ans.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 24/06/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Geoffrey Oryema, voix célèbre de la bande-son afro-européenne, est mort

Le chanteur franco-ougandais, surnommé le « Leonard Cohen africain », s’est éteint à l’âge de 65 ans.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 18h19
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 09h23
    |

                            Patrick Labesse








                        



                                


                            

Chanteur, guitariste, auteur-compositeur, le Franco-Ougandais Geoffrey Oryema était l’une des voix qui ont compté dans la vogue des musiques et artistes issus du continent africain, en Europe, au cours des années 1980 et 1990. Il est mort vendredi 22 juin à Lorient (Morbihan), des suites d’un cancer. Il avait 65 ans.
Né en 1953 à Soroti, en Ouganda, d’un père professeur d’anglais et d’une mère directrice d’une compagnie de danse, Geoffrey Oryema grandit à Kampala, la capitale, en apprenant à jouer de la guitare, de la flûte, du lukeme (piano à pouces) de la harpe nanga.
Au début des années 1970, il exprime également le désir de devenir acteur, entre dans une école de théâtre, puis va créer sa propre compagnie. « Fou de Brecht, il va d’ailleurs s’inspirer des techniques chères à Stanislavski et Grotowski pour écrire des pièces avant-gardistes. Un théâtre de l’absurde griffé de sons tribaux et d’improvisations, serti d’allégories, nourri de rumeurs et d’onomatopées, dont on retrouvera les influences, plus tard, dans ses chansons », écrit Frank tenaille dans son ouvrage Le Swing du Caméléon (Actes Sud, 2000).
En 1977, après l’assassinat de son père, alors ministre de l’eau et des ressources, commandité par le dictateur Amin Dada (dirigeant le pays depuis 1971), Geoffrey Oryema fuit vers le Kenya, caché dans un coffre de voiture. Il rejoint Paris, où il va vivre plusieurs années avant de s’installer dans l’Ouest de la France.
Sa carrière internationale démarre en 1990, avec son premier album, Exile, qui paraît sur le label Real World, fraîchement créé par Peter Gabriel, étoile du rock progressif britannique et ancien leader du groupe Genesis, pour, résume celui-ci, « des musiques qu’on n’entend pas habituellement à la radio et à la télévision ».
Un côté rock
Exile, ses univers mélancoliques et dépouillés (dont le fameux Yé Yé Yé, qui sera choisi en France pour la musique de...




                        

                        


<article-nb="2018/06/25/19-19">
<filnamedate="20180625"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180625"><AAMMJJHH="2018062519">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Notre choix du soir. Ce numéro de la collection « Une maison, un artiste » s’intéresse plus à l’artiste qu’à la maison louée par le compositeur de « Carmen » (sur France 5 à 22 h 35).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

TV – « Georges Bizet, Carmen sur les bords de Seine »

Notre choix du soir. Ce numéro de la collection « Une maison, un artiste » s’intéresse plus à l’artiste qu’à la maison louée par le compositeur de « Carmen » (sur France 5 à 22 h 35).



Le Monde
 |    24.06.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 19h31
    |

            Renaud Machart








                        


Documentaire sur France 5 à 22 h 35

   


On a peine à croire que Carmen, de Georges Bizet (1875), fut un échec à sa création et que le compositeur, mort trois mois plus tard d’un refroidissement contracté après s’être ­baigné dans la Seine en face de la maison qu’il avait louée à Bougival (Yvelines), n’ait jamais su que son ouvrage allait devenir l’opéra le plus populaire au monde.
Certes, le directeur de l’Opéra-Comique s’est ému de cette ­histoire très immorale selon les canons bourgeois de l’époque ; certes, le public a goûté les ­premiers actes et ses scènes « pittoresques ». Mais, au moment de la mort de la cigarière croqueuse d’hommes, c’en fut trop.
Non, comme l’affirme l’écrivain Eric-Emmanuel Schmitt (dont on se demande pourquoi on l’interroge si longuement alors que, à ses propos ordinaires, on ­préfère ceux de l’excellent Hervé Lacombe, spécialiste reconnu et patenté de Bizet), qu’on « ne meur[e] pas sur la scène de l’Opéra-Comique » (l’année précédente, en 1874, on y avait vu la fin tragique de Mireille, l’héroïne provençale de Charles Gounod). Mais la mort de Carmen lança la vogue, sur cette scène parisienne, des héroïnes sacrificielles – Lakmé (Léo Delibes), Manon (Jules Massenet), Mélisande (Claude Debussy) – qu’on voyait auparavant ailleurs, notamment sur la scène ­ « sérieuse » de l’Opéra.
La revanche posthume viendra vite, à l’Opéra de Vienne puis partout dans le monde. On a même découvert une Carmen en chinois, montée par le metteur en scène français René Terrasson à Pékin, en 1982. Un disque assez exotique a immortalisé ce moment. Parmi les contemporains de Bizet, Nietzsche fait de Carmen l’antidote aux noirceurs toxiques des opéras de Wagner. Brahms, qui le déchiffre à quatre mains avec la grande cantatrice Pauline Viardot (voisine de Bizet à Bougival), y voit un chef-d’œuvre. Tchaïkovski ­annonce prophétiquement que « Carmen sera l’opéra le plus ­célèbre de toute la planète ».
Une façade et deux pièces
Si le portrait de cette villégiature d’artistes qu’était Bougival est bien fait, ce numéro d’« Une ­maison, un artiste » s’attache ­davantage à l’artiste qu’à sa maison, dont seules la façade et deux pièces sont filmées. Bizet était-il seul dans cette location ? Partageait-il un étage avec d’autres ?
Il est par exemple évoqué que Meilhac et Halévy, les librettistes de Carmen, étaient installés au rez-de-chaussée tandis que le compositeur travaillait à l’étage. Pourquoi ne montre-t-on pas ce rez-de-chaussée ? N’est-il plus aménagé comme à l’époque ? Etait-il inondé par une crue de la Seine le jour du tournage ? Y a-t-on installé une boutique de ­babioles et souvenirs ?
Pourquoi le lit de Bizet est-il à une place ? Ses relations matrimoniales sont évoquées. Mais où dormait sa femme ? Lui rendait-elle seulement visite ou le laissait-elle travailler seul (d’autant que, ainsi que le dit Jorge Chaminé, président de l’association des Amis de Georges Bizet, le compositeur sortait de son lit en pleine nuit pour se mettre à son piano d’étude installé dans sa chambre) ?
Pourquoi le piano était-il dans la chambre, et non dans le bureau attenant ? Bizet faisait-il partie des compositeurs qui écrivent à la table et ne se servent du piano que pour vérifier tel ou tel passage ? On pourrait multiplier les questions à la Jean-Jacques Bourdin, parodié par « Les Guignols de l’info » sur Canal+ : en effet, « les Français ont le droit de savoir ! »
Georges Bizet, Carmen sur les bords de Seine, un film de Jean Rousselot, dans le cadre de Ia série documentaire « Une maison, un artiste » sur une idée originale de Patrick Poivre d’Arvor (Fr., 2018, 30 min).



                            


                        

                        


<article-nb="2018/06/25/19-20">
<filnamedate="20180625"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180625"><AAMMJJHH="2018062519">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Porte de la Chapelle, avenue de Flandre ou dans le 5e arrondissement, plusieurs œuvres évoquent la crise des migrants et la politique française face à cette question.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 24/06/2018
Découvrir l’application


                        

Banksy peint les murs de Paris pour illustrer la crise des migrants

Porte de la Chapelle, avenue de Flandre ou dans le 5e arrondissement, plusieurs œuvres évoquent la crise des migrants et la politique française face à cette question.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 16h12
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 11h10
   





                        



   


Banksy par-ci, Banksy par-là. Depuis quelques jours, la rumeur enfle, comme le raconte Télérama : l’artiste de rue le plus célèbre du monde, mais dont l’identité demeure inconnue, est à Paris. Plutôt que sa présence, qui reste insaisissable, ce sont les murs de la capitale qui attestent de son passage.
La première œuvre de Banksy à Paris a été repérée à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés. A proximité du périphérique, porte de la Chapelle, près de l’ancien centre de premier accueil (CPA) des réfugiés dans le 18e arrondissement, fermé le 31 mars, une petite fille repeint à la bombe à peinture une croix gammée.

Bansky Paris Invasion ! Venu incognito comme toujours, le célèbre street artist a déjà laissé deux œuvres qui témoi… https://t.co/t302gOpZri— Telerama (@Télérama)


require(["twitter/widgets"]);

Dans le 19e arrondissement, avenue de Flandre, l’artiste s’approprie Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard, tableau de Jacques-Louis David de 1801. Il montre un Napoléon emberlificoté dans son manteau qui le fait ressembler à une femme voilée…
A Calais, déjà, en 2015
Dans le 5e arrondissement, un autre pochoir montre un homme avec une scie dans le dos donnant à manger un os à un chien à qui on vient de couper une patte, comme a pu le voir l’un de nos journalistes, dimanche 24 juin, aux alentours de la Sorbonne.
D’autres peintures avec des rats, sa marque de fabrique, ont également été repérées : des photos en attestent sur le site de Libération. Des œuvres peintes au moment où Paris et Rome sont engagés dans un bras de fer autour des migrants et où les dirigeants de seize pays membres de l’Union européenne (UE) participent à un mini-sommet, improvisé et « informel » à Bruxelles pour évoquer des « solutions européennes » à la question migratoire. En France, des voix se sont élevées jusque dans la majorité pour dénoncer l’attitude du gouvernement français dans la crise de l’Aquarius.
A la fin de l’année 2015, Banksy avait réalisé quatre œuvres en soutien aux migrants de la « jungle » de Calais, dont un portrait de Steve Jobs, pour illustrer la crise des migrants.

        Lire aussi :
         

          Banksy, « génie » ou « imposteur » ?




        Lire aussi :
         

                Migrants : cacophonie européenne avant le mini-sommet de crise à Bruxelles






                            


                        

                        

