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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Rupert Stadler, le patron de la marque du groupe Volkswagen, est en détention depuis dix jours, soupçonné d’être impliqué personnellement dans la manipulation à grande échelle des moteurs diesel d’Audi.
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« Dieselgate » : Audi au cœur du scandale

Rupert Stadler, le patron de la marque du groupe Volkswagen, est en détention depuis dix jours, soupçonné d’être impliqué personnellement dans la manipulation à grande échelle des moteurs diesel d’Audi.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 13h25
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Rupert Stadler est toujours en prison. L’emblématique patron d’Audi, marque du groupe Volkswagen (VW), a dormi une fois de plus derrière les barreaux dimanche soir, après une série de dépositions jugées « insatisfaisantes » par le procureur de Munich. Depuis une semaine, M. Stadler, soupçonné d’être personnellement impliqué dans la manipulation à grande échelle des moteurs diesel d’Audi, est privé de liberté. Il avait été arrêté lundi 14 juin au matin, à son domicile d’Ingolstadt, en Bavière.
Un patron en exercice placé en détention, cela n’était jamais arrivé en Allemagne. Pour le natif de Tittin, dans le canton d’Eichstätt, à quelques kilomètres du siège d’Audi, difficile d’imaginer une fin de carrière plus humiliante. L’enfant chéri de la région est devenu le symbole d’un groupe automobile trop longtemps aveuglé par sa propre puissance.
Selon la presse allemande, le procureur a décidé de placer M. Stadler en détention après que la police judiciaire a surpris une conversation téléphonique où il discute de la possibilité de suspendre un ingénieur. Ce salarié, employé dans la « task force » mise sur pied par Audi pour faire enfin la lumière sur l’ampleur des manipulations au sein du constructeur, avait fait une longue déposition devant les magistrats où il évoquait ses difficultés à interroger certains dirigeants. Les procureurs redoutent désormais le risque de subornation de témoin et de destruction de preuve.
« Mis en danger par les magouilles d’Audi »
Rupert Stadler a jusqu’ici rejeté toutes les accusations qui pèsent contre lui. Audi rappelle qu’il bénéficie de la présomption d’innocence. Mais selon les informations du quotidien Süddeutsche Zeitung du 19 juin, qui cite des sources proches de l’enquête, tout porte à croire qu’Audi a été la cellule de développement de la fraude gigantesque orchestrée au sein du groupe Volkswagen pour contourner les contrôles antipollution. Selon les magistrats, c’est bien chez Audi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Les orages de grêle et les pluies violentes qui se sont abattues en France ont provoqué 214 000 sinistres.
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Le coût des inondations de mai et de juin estimé à 430 millions d’euros

Les orages de grêle et les pluies violentes qui se sont abattues en France ont provoqué 214 000 sinistres.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 11h02
   





                        



   


Quatre cent trente millions d’euros. C’est le coût évalué par la Fédération française de l’assurance (FFA) pour les 214 000 sinistres provoqués par les inondations et les orages qui ont touché, entre le 25 mai et le 14 juin, une grande partie de la France.
Outre les « inondations, coulées de boue, dommages électriques, impacts sur les carrosseries, pertes d’exploitation », les agriculteurs ont été « particulièrement touchés » ; les orages de grêle ayant « détruit plusieurs milliers d’hectares de vignes ». « Les pluies torrentielles ont généré un excès d’eau dans les parcelles, affectant principalement les grandes cultures (colza, blé, orge) », détaille la FFA, qui mentionne la « diversité des dégâts » provoqués.

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                Face à la multiplication des catastrophes naturelles, avis de tempête sur les assureurs



« Développer la culture de la prévention »
Les assureurs rappellent que les sinistres concernant les dommages aux biens sont couverts par les contrats d’assurance de dommages et par la garantie dommages tous accidents du contrat d’assurance auto.
Les dommages agricoles sont, eux, couverts par les contrats multirisques climatiques sur récoltes (MRC) et les contrats grêle.
Par ailleurs, les assureurs travaillent « actuellement avec le gouvernement à une modernisation du régime des catastrophes naturelles », explique Bernard Spitz, président de la FFA, afin de « développer la culture de la prévention, de généraliser la prise en charge des frais de relogement, de simplifier le mode de fonctionnement des franchises pour les particuliers et de les plafonner pour les professionnels ». Des propositions devraient être finalisées d’ici à la fin de l’année.

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                En France, une succession exceptionnelle d’orages particulièrement violents






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Première mondiale par sa méthode et son ampleur, l’étude va mesurer les émissions des gaz d’échappement de 22 autobus diesel.
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L’Ile-de-France lance une vaste opération de mesure de la pollution des bus

Première mondiale par sa méthode et son ampleur, l’étude va mesurer les émissions des gaz d’échappement de 22 autobus diesel.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 09h55
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Lundi 25 juin, les usagers des lignes de bus Transdev n° 615, entre Villepinte et Bobigny (Seine-Saint-Denis), devraient avoir la surprise de constater qu’une petite dizaine de places arrière dans certains autobus sont occupées par deux gros caissons, installés pour deux semaines. Un agent, présent dans le bus pour assurer le fonctionnement et la sécurité du dispositif, aura l’occasion d’expliquer aux voyageurs que ces volumineux cubes sont là pour la bonne cause : mesurer en conditions réelles la pollution émise par le véhicule.
« J’ai décidé de lancer la première étude indépendante au monde pour améliorer la connaissance des sources d’émissions de polluants des bus, a déclaré, vendredi 22 juin, Valérie Pécresse, présidente (LR) de la région Ile-de-France et de l’entité organisatrice des transports dans la région, Ile-de-France Mobilités. Nous avons besoin de ce type de démarche scientifique pour améliorer nos politiques publiques et le niveau des émissions de notre flotte de bus actuelle, en parallèle de la modernisation du parc, qui reste la priorité absolue. »

Présentée comme une première mondiale par sa méthode et son ampleur, l’étude va mesurer, jusqu’en juin, les émissions des gaz d’échappement d’un panel de 22 autobus diesel et hybrides représentatifs du parc des 9 500 bus franciliens qui roulent principalement sous les couleurs de RATP, Transdev et Keolis dans Paris, sa banlieue et jusqu’aux frontières régionales.
Treize campagnes de deux semaines étalées sur un an

L’initiative se fait en partenariat avec Airparif, association agréée par le ministère de la transition écologique et solidaire et chargée de la surveillance et de l’information sur la qualité de l’air en Ile-de-France. C’est cet organisme qui a pris en charge la partie scientifique et technique de l’opération, en coopération avec des ingénieurs de la région. « Il nous a fallu une bonne année de mise au point, explique-t-on...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Le glyphosate et le chlordécone font partie des 90 substances qui seront recherchées pour mieux connaître l’exposition de la population
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La première campagne de mesure des pesticides dans l’air démarre en France

Le glyphosate et le chlordécone font partie des 90 substances qui seront recherchées pour mieux connaître l’exposition de la population



Le Monde
 |    25.06.2018 à 08h35
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 08h40
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


On sait que les Français, particulièrement dans les grandes agglomérations, respirent un air souvent trop chargé, notamment en particules fines et en dioxyde d’azote. Mais qu’en est-il des pesticides ? Les données manquent. Pour combler cette lacune, une première campagne de mesure des résidus de pesticides dans l’air est lancée lundi 25 juin par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Elle durera un an avec l’objectif de mieux connaître l’exposition de la population et de définir une stratégie de surveillance qui fait aujourd’hui défaut. Car si la présence de pesticides est contrôlée dans les aliments ou dans l’eau, elle n’est pas réglementée dans l’air.
« C’est un sujet majeur, commente Mathilde Merlo, responsable de l’unité phytopharmacovigilance à l’Anses. C’est une campagne qui n’a pas d’équivalent au niveau européen. » Au total, près de 90 substances seront recherchées. Elles ont été sélectionnées en fonction de leur persistance dans l’air, de leur degré d’utilisation et de leur danger pour la santé. Les substances ciblées, précise l’Anses, n’entrent pas seulement dans la composition des produits dits phytopharmaceutiques, elles peuvent aussi être présentes dans certains biocides, des médicaments vétérinaires ou encore des antiparasitaires à usage humain.

        Lire notre enquête sur le chlordécone :
         

          Les Antilles empoisonnées pour des générations



Sans surprise, on retrouve le chlordécone, qui contamine les Antilles, ou le glyphosate, pour lequel le gouvernement s’est engagé pour une sortie définitive d’ici trois ans. La traque de l’herbicide controversé devrait siphonner une bonne partie du budget, estimé à un peu plus de un million d’euros. « Le glyphosate nécessite un investissement lourd en termes de recherche, confirme Mathilde Merlo. Contrairement aux autres pesticides, nous avons dû développer à une technique analytique qui lui est propre. »
« Urgence à agir »
Les prélèvements seront effectués sur cinquante sites en métropole et dans les départements et territoires d’outre-mer, pour atteindre un total d’environ 1 500 échantillons sur la durée de la campagne. La répartition des sites a été choisie afin de prendre en compte les différents types de zones d’habitation (52 % urbains et 48 % ruraux) et de productions agricoles : grandes cultures (40 %), sites viticoles (22 %), arboricoles (22 %), maraîchage (14 %) et élevage (6 %).
Sur le terrain, ce sont les associations agréées pour la surveillance de la qualité de l’air, tel Airparif ou Air PACA, qui assureront les mesures. L’Institut national de l’environnement industriel et des risques pilotera l’analyse des échantillons et l’exploitation des données. Les résultats sont attendus fin 2019 ou début 2020. Ils permettront d’établir un premier état des lieux des niveaux de contamination moyen en France des résidus de pesticides dans l’air ambiant. Ce dernier sera complété par une étude ciblée sur l’exposition des riverains en zones agricoles. Pilotée par l’Anses et Santé publique France, elle devrait démarrer courant 2019.
Pour l’association Générations futures, qui se bat depuis vingt ans contre les dangers des pesticides, il n’est pas utile d’attendre de nouveaux résultats d’étude face à l’« urgence à agir ». Elle soutient la proposition de loi déposée le 13 juin par le député de Gironde Loïc Prud’homme visant à protéger les riverains en instaurant une zone tampon, non traitée aux pesticides les plus dangereux, autour des lieux de vie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Une étude pointe le lien entre ces produits industriels et des troubles digestifs, notamment le syndrome du côlon irritable.
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Les aliments ultratransformés à l’origine de maladies digestives

Une étude pointe le lien entre ces produits industriels et des troubles digestifs, notamment le syndrome du côlon irritable.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 07h00
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Gare aux aliments ultratransformés (AUT). Après une étude, publiée en février dans le British Medical Journal (BMJ), qui avait observé un lien entre la consommation de ce type d’aliments et le risque de cancer, l’association est cette fois faite avec l’augmentation des risques d’avoir des troubles gastro-intestinaux fonctionnels, principalement le syndrome du côlon irritable (SCI).

« Ce sont des troubles digestifs très fréquents, pour lesquels on ne retrouve pas de pathologie organique mais qui provoquent un inconfort digestif régulier », explique le docteur Chantal Julia (équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle, université Paris-XIII), qui a coordonné les travaux publiés vendredi 15 juin dans l’American Journal of Gastroenterology. Le plus fréquent, le syndrome du côlon irritable, touche entre 10 % et 15 % de la population. Parfois appelé colopathie fonctionnelle, il se caractérise par des malaises, des sensations douloureuses au ventre, des diarrhées ou de la constipation, en raison de la modification de la vitesse de passage des aliments dans le côlon.
Syndrome du côlon irritable
L’étude a porté sur les données alimentaires de 33 343 participants de la cohorte NutriNet-Santé. Ils ont rempli au moins trois questionnaires journaliers. Ce sont principalement des femmes (76,4 %), dont l’âge moyen était de 50,4 ans. Elles consommaient en moyenne 16 % d’aliments ultratransformés, en volume, correspondant à un apport énergétique total de 33 %. Les personnes plus jeunes, vivant seules, ayant des revenus plus faibles, un indice de masse corporel (IMC) plus élevé et un niveau d’activité physique plus faible, consommaient davantage d’aliments ultratransformés. Sur l’échantillon total, 10,5 % souffraient du syndrome du côlon irritable. « Cette étude suggère une association entre la consommation de ces aliments et cette pathologie », note le docteur Julia. Et une augmentation de la consommation de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ En 2015, 142 000 cas étaient attribuables à des facteurs de risque liés au mode de vie ou à l’environnement, au premier rang desquels le tabagisme et l’alcool.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/06/2018
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En France, quatre cancers sur dix pourraient être évités

En 2015, 142 000 cas étaient attribuables à des facteurs de risque liés au mode de vie ou à l’environnement, au premier rang desquels le tabagisme et l’alcool.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 03h30
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 09h10
    |

            Hervé Morin








                        



   


La part des cancers dits « évitables », c’est-à-dire attribuables à des facteurs de risque liés au mode de vie ou à l’environnement, vient d’être réévaluée pour la France métropolitaine : elle représenterait 41 % des tumeurs survenues en 2015 chez les adultes de plus de 30 ans, soit 142 000 cas (84 000 chez les hommes et 58 000 chez les femmes). Cette estimation est le fruit d’une vaste étude coordonnée par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), publiée lundi 25 juin dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH).
En 2000, la part des cancers évitables était évaluée en France à 35 %, tandis que les études portant sur d’autres pays donnent une fourchette variant entre 30 % et 50 %.
L’originalité de l’étude, par rapport aux évaluations antérieures, est d’avoir élargi le spectre des causes évitables à treize facteurs majeurs de risque pour lesquels un lien avec la survenue de cancer est bien établi, et pour lesquels l’exposition des Français était connue. La consommation de viande rouge et de charcuterie ou les expositions professionnelles (trichloréthylène, gaz d’échappement du diesel) n’étaient par exemple pas prises en compte auparavant.
Isabelle Soerjomataram, qui, au CIRC – agence intergouvernementale de recherche sur le cancer créée en 1965 par l’Organisation mondiale de la santé –, a coordonné l’étude, souligne que le message principal est positif : « C’est une bonne nouvelle de savoir que l’on peut agir sur 40 % des cancers, en se concentrant sur treize facteurs de risque seulement. »
Le déclenchement d’un cancer peut évidemment avoir des origines multiples et combinées. La part du hasard, c’est-à-dire liée à la survenue de mutations aléatoires dans l’ADN des cellules, fait l’objet d’âpres débats scientifiques. Elle est évaluée par certains à deux tiers des mutations susceptibles de déclencher un cancer. Le poids de l’hérédité, c’est-à-dire les prédispositions à développer certains cancers en raison de son patrimoine génétique, représenterait environ 5 % des cas.

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                Le débat sur le rôle du hasard dans le cancer relancé



Restent les cancers dits « évitables ». Tout l’intérêt de l’étude du BEH est donc de chiffrer le poids des déterminants sur lesquels on peut agir en modifiant des comportements (tabac, alcool, alimentation, activité physique) par la réglementation (polluants, pesticides, composants alimentaires) ou la prophylaxie (vaccins).

   


Sans surprise, le tabac et l’alcool restent les deux principaux « fauteurs évitables » de cancers, représentant 20 % et 8 % des cas, les deux sexes confondus. Chez les hommes, c’est ensuite l’alimentation qui prédomine (5,7 % des cas), tandis que chez les femmes, c’est le surpoids et l’obésité (6,8 %). « Je ne m’attendais pas à ce que ces facteurs de risque soient si élevés, commente Isabelle Soerjomataram. Il semble que la France suive dans ce domaine la trajectoire de pays comme les Etats-Unis ou le Royaume-Uni. »
Simulation
Viennent ensuite les infections, notamment celles liées au papillomavirus, responsable de plus de 6 300 cas de cancer, essentiellement du col de l’utérus, en 2015. Puis les expositions professionnelles, avant les ultraviolets (mélanomes), le radon et les radiations d’origine médicale. La pollution de l’air extérieur, puis la présence d’arsenic et de benzène ferment la liste.
Les cancers évitables les plus nombreux sont ceux du poumon (plus de 35 000 cas évitables sur quelque 40 000 cas estimés) et du sein (presque 20 000 cas évitables sur plus de 53 000 diagnostics pour cette localisation), avant le côlon-rectum (19 000 environ). Viennent ensuite lèvres-cavité orale-pharynx (12 000 cas), mélanome (plus de 10 000), foie (7 000), estomac (6 000) et rein (environ 5 000). Les autres localisations représentent moins de 5 000 cas annuels.
Certains facteurs de risque sont définis en négatif : le fait de ne pas manger suffisamment de fruits, de légumes ou de fibres pèse autant que de manger trop de viande rouge ou transformée. Le manque d’activité physique ou un allaitement inférieur à six mois, moins protecteur pour la mère vis-à-vis du risque de cancer du sein, ont aussi été pris en compte.

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En revanche, des facteurs comme le nombre d’enfants ou l’âge de la première grossesse, connus pour peser aussi sur le risque de cancer, « mais sur lesquels on ne peut agir de la même façon que pour l’allaitement, n’ont pas été retenus comme évitables », souligne Isabelle Soerjomataram.
Cette analyse représente la somme des connaissances toxicologiques et épidémiologiques concernant la population française. Elle est une simulation, car il est très rare de pouvoir attribuer à un cas individuel une origine précise, comme pour le mésothéliome lié à l’exposition à l’amiante. Les auteurs sont conscients des limites de l’étude. Elle ne prend pas en compte certains facteurs de risque dont les effets sont encore insuffisamment documentés.
« Cibler des priorités d’action »
« Cet état des lieux a permis de mettre en exergue des lacunes scientifiques (comme les expositions chimiques), mais aussi le besoin de recherche pour identifier le rôle de facteurs de risques émergents (comme les perturbateurs endocriniens) », notent ainsi Christopher Wild, directeur du CIRC, Norbert Ifrah, président de l’Institut national du cancer, et François Bourdillon, directeur général de l’agence sanitaire Santé publique France dans l’éditorial du BEH. Cela signifie que, à mesure que des données plus solides apparaîtront, la part des cancers évitables pourrait encore augmenter.
Il est aussi à noter que les outre-mer n’ont pas été inclus. Le poids du chlordécone, un pesticide longtemps utilisé dans les bananeraies, serait sans doute à prendre en compte pour les cancers de la prostate. « On aimerait poursuivre l’analyse dans ces territoires », note Isabelle Soerjomataram, pour qui les facteurs de risque seraient alors probablement différents.
Pour les signataires de l’éditorial du BEH, mesurer la part évitable a un intérêt majeur : « Cibler des priorités d’action pour la prévention du cancer. » Si l’on doit se réjouir de la baisse d’un million de fumeurs quotidiens entre 2016 et 2017, la stratégie de réduction du tabagisme à travers l’augmentation du prix doit être « maintenue et renforcée », notent-ils. L’alcool, l’alimentation, le surpoids devraient faire l’objet des mêmes efforts de prévention, avancent-ils, notant aussi l’efficacité potentielle des réglementations concernant les valeurs limites de produits cancérigènes dans l’environnement et en milieu professionnel pour diminuer les expositions. Ou des pistes cyclables pour encourager l’activité physique.
Isabelle Soerjomataram souligne que, pour le tabac et l’alcool, des messages de prévention spécifiques pour les femmes seraient bienvenus. En 2000, le tabac représentait 6 % des cas de cancer chez les femmes, contre 8 % en 2015, et pour l’alcool, ces proportions sont respectivement passées de 4 % à 7 %, tandis que chez les hommes, elles sont restées stables.
François Bourdillon, de l’agence sanitaire Santé publique France, note quant à lui que, outre les grands domaines classiques de prévention (tabac, alcool, alimentation-obésité), l’étude « interpelle toute la médecine du travail, l’exposition professionnelle n’étant pas négligeable ». Il se dit aussi surpris par la hauteur de l’impact des infections. « Il faudrait remettre l’accent sur la vaccination », souligne-t-il. En France, celle contre le papillomavirus (HPV), recommandée depuis 2007, était inférieure à 15 % chez les filles de 16 ans en 2015.
L’agence sanitaire britannique Public Health England estimait très récemment que la vaccination a fait baisser de 86 % chez les jeunes femmes les infections par les deux types d’HPV causant la majorité des cancers du col de l’utérus. Outre-Manche, 80 % des garçons et filles de 14 à 25 ans sont vaccinés.
Les nouvelles données permettent aussi de mesurer certaines distorsions dans la perception de la hiérarchie des risques par le grand public. Un baromètre de Santé publique France, à paraître, montre que, en 2015, 67 % des personnes interrogées pensaient que la pollution atmosphérique causait davantage de cancers que l’alcool. Or la pollution atmosphérique, qui a d’autres impacts sanitaires, notamment cardio-vasculaires et respiratoires, « représente 0,4 % des cas de cancer dans notre évaluation », rappelle Isabelle Soerjomataram. Soit vingt fois moins que l’alcool et cinquante fois moins que le tabac.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Tara et « Le Monde » mettent le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique Nord.
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Goélette scientifique Tara, journal de bord n° 2 : les défis d’une navigation scientifique « propre »

Tara et « Le Monde » mettent le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique Nord.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 18h36
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 06h46
    |

            Patricia Jolly








                        



   





#PlastiquePacifique. Le Monde met le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique nord. Embarqués sur la goélette scientifique Tara pour un périple de trois semaines entre Honolulu (Hawaï) et Portland (Oregon), notre journaliste Patricia Jolly et le photographe Samuel Bollendorff vous emmènent au cœur de cette mixture mitonnée par l’homme, qui rejette chaque année 8 millions de tonnes de plastiques en mer.

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Au quatrième jour de mer, après le petit-déjeuner, Yohann Mucherie, magnanime capitaine, a offert à nos nez et à nos oreilles saturés quelques heures de félicité. Sous voiles uniquement, Tara a brièvement progressé au près serré, c’est-à-dire presque face au vent, donc au ralenti. « On n’avance pas et on n’est plus tout à fait sur la bonne route, mais on se rattrapera plus tard », a décidé le maître du bord.

   


De corvée de ménage, Justine « Juju » Jacquin, doctorante passionnée de biodégradation des plastiques mais en sous-régime depuis le départ pour cause de mal de mer persistant, a saisi l’occasion pour… passer l’aspirateur dans le carré et la coursive. Dopée par ces retrouvailles avec une navigation au naturel, elle se serait même collée à la lessive si la plongée en cale arrière – où lave-linge, sèche-linge et étendoir côtoient moteurs et vérins de pilote automatique – n’était contre-indiquée dans son état.
Vents contraires
Notre collectif de treize âmes s’efforce d’observer une hygiène acceptable à défaut d’être rigoureuse, mais Tara n’est pas ce qu’on appelle un navire « propre ». Ses flancs arrondis en aluminium contiennent 40 000 litres de gazole pour alimenter les moteurs, sans l’assistance desquels cette étape Honolulu-Portland, dominée par des vents contraires, durerait six semaines au lieu des trois prévues.
« Tout est compromis, plaide Daniel Cron, le second. Les instruments des chercheurs nécessitent l’utilisation d’un groupe électrogène ; et ils ne peuvent s’absenter indéfiniment de leur labo, il faut donc fixer un calendrier qui permet également d’organiser les rotations des équipages et qui serait impossible à respecter en ne navigant qu’à la voile. Nous devons aussi pouvoir pallier un éventuel problème technique ».

   


Tara s’efforce d’être bonne élève dans d’autres domaines. Produite à partir d’eau de mer par un dessalinisateur et renouvelée à un rythme d’environ 250 litres par heure, sa réserve d’eau douce de 6 000 litres alimente les deux douches, l’évier de la cuisine et les douchettes utilisées par les scientifiques pour rincer leurs filets de prélèvement sur l’arrière-pont.
Et l’on s’efforce de ne pas utiliser plus de 500 litres par jour au total. Pour la toilette, la vaisselle, le ménage et la lessive, on utilise des produits 100 % biodégradables. Et l’unique crème solaire tolérée à bord a été développée en partenariat avec une marque selon une formule qui n’a pas d’impact sur la vie aquatique.
La gastronomie n’est pas sacrifiée
Pour limiter les emballages et les déchets à bord, la cuisinière intendante, Sophie Bin, gère un stock de produits frais ou secs embarqués à Honolulu. Pour autant, cette Alsacienne de 33 ans, habituée des expéditions mer-montagne en Scandinavie et formée à la voile sur le Rhin entre France et Allemagne ne sacrifie pas la gastronomie.
A partir de bidons de farine, sucre, noix, quinoa, semoule et müesli et de fruits et légumes, elle concocte salades, gâteaux et autres préparations maison et est intraitable sur le tri sélectif des quelques conserves et cannettes du bord.
Les scientifiques peuvent donc s’activer sans trop culpabiliser. Les rets du « Manta » – un collecteur de surface de 60 cm de large, similaire à la raie éponyme et déployé deux fois une demi-heure chaque après-midi – livrent leur quota de microplastiques mais aussi d’insolites macrodéchets. Telle cette brosse à dents déplumée et délavée, colonisée par des algues et de petits crabes… Est-elle « tombée » d’un bateau ou issue d’un fleuve chinois charriant des monceaux de déchets ?

   


Le photographe Samuel Bollendorff immortalise religieusement chaque étape de cette « pêche ». A l’évidence soucieux de se fondre dans le décor, il arbore une chemise hawaïenne à dominante rouge orangée et des « solaires » à monture jaune qui lui ôteraient toute crédibilité sur le plancher des vaches.

   


Abus de langage
En prévision de notre entrée prochaine dans le Great Pacific Garbage Patch (GPGP), Maria Luiza Pedrotti, chercheuse en biologie marine au laboratoire océanographique de Villefranche-sur-Mer (Alpes-Maritimes) et cheffe de mission scientifique sur cette étape, s’autorise une mise au point. « Appeler cette zone “continent” ou même “île” de plastique est un abus de langage », dit-elle. « Pour ma part, j’attends de la voir pour lui donner un nom plus approprié. »
Etendu comme six fois la France selon les dernières observations, le GPGP recèle encore nombre de secrets. On le sait cependant essentiellement composé de microplastiques d’une taille inférieure à celle d’un grain de riz. Estimés au nombre d’environ 1,8 trillion de pièces flottant à la surface, ils sont à peine visibles à l’œil nu et ne forment pas une masse continue. Mais le GPGP est aussi un piège à macrodéchets ; ils représentent la plus grande partie de sa masse totale estimée à 80 000 tonnes.

   



   



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                Goélette scientifique Tara, journal de bord n° 1 : cap sur la « soupe » de plastiques






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Portant des t-shirts rouges et brandissant des drapeaux de la même « couleur viande », les manifestants, formant une nuée rouge, ont répondu à l’appel de l’association L214.
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A Paris, des milliers de manifestants ont réclamé la fermeture des abattoirs

Portant des t-shirts rouges et brandissant des drapeaux de la même « couleur viande », les manifestants, formant une nuée rouge, ont répondu à l’appel de l’association L214.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 13h14
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 14h41
   





                        



   


Des centaines de défenseurs des animaux et de militants végans ont défilé samedi 23 juin dans les rues de Paris. Formant une nuée rouge ils ont répondu à l’appel de l’association L214, qui réclame la fermeture de tous les abattoirs.
Les manifestants étaient au nombre de 3 500 selon les organisateurs et 2 500 selon la police. Portant des t-shirts rouges et brandissant des drapeaux de la même « couleur viande » et des pancartes avec des photos d’animaux enfermés ou dépecés, les militants sont partis de la place de la République scandant, au rythme de tambours, « stop au cauchemar, fermons les abattoirs » derrière une large banderole portée en tête de cortège.

Du monde du monde et très motivé au rassemblement pour la fermeture des abattoirs avec @L214 les vegans et les écol… https://t.co/4dOWchlhtA— julienbayou (@Julien Bayou)


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Septième marche
« C’est une manifestation revendicative pour attirer l’attention sur le sort réservé aux plus de 3 millions d’animaux tués par jour dans les abattoirs en France et les dizaines de millions de poissons qu’on met à mort », a déclaré Brigitte Gothière, une des fondatrices de l’association L214.
L’examen de la loi agriculture et alimentation fin mai a été une « grosse déception », selon elle. Les politiques « n’ont pas avancé d’un pouce en disant qu’ils font confiance aux filières. Les filières ce sont les filières d’élevage intensif qui les mènent et qui ont tout intérêt à faire consommer un maximum et à continuer à entasser les animaux », a-t-elle ajouté.
La styliste et créatrice de parfums Lolita Lempicka, membre de l’association, a défilé aux côtés des manifestants pour cette septième marche depuis 2012. Des actions similaires ont été ou seront organisées cette année dans 35 villes de 16 pays dans le monde, selon l’association opposée à la consommation de tous les types de chair animale.

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                Enquête chez les forçats des abattoirs



L’association L214, fondée en 2008, met régulièrement en ligne des images choc tournées en cachette dans des élevages ou abattoirs, et organise des campagnes contre l’exploitation animale. En mai, une vidéo montrant des poules pondeuses côtoyant des cadavres fossilisés de volatiles dans un élevage des Côtes-d’Armor avait été diffusée juste avant l’examen parlementaire du projet de loi agriculture et alimentation.
Le nom de cette organisation fait référence à l’article L. 214 du code rural, selon lequel « tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Le garçon, né avec de graves malformations, a déjà subi à l’âge de 11 ans cinquante-trois opérations.
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Glyphosate : la famille de Théo, 11 ans, exposé in utero, poursuit Monsanto

Le garçon, né avec de graves malformations, a déjà subi à l’âge de 11 ans cinquante-trois opérations.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h05
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 18h53
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Théo Grataloup est ce petit garçon de 11 ans né avec de graves malformations des appareils digestif et respiratoire et qui a, depuis sa naissance, le 2 mai 2007, été opéré à cinquante-trois reprises. Son histoire a été racontée par Marie-Monique Robin, dans son livre Le Roundup face à ses juges, (La Découverte, 2017) et dans un documentaire portant le même nom. En dépit de ces nombreuses interventions chirurgicales, il ne parle et ne respire que grâce à une trachéotomie. Début juin, ses parents ont assigné la société Monsanto devant le tribunal de grande instance de Vienne (Isère).
Sabine Grataloup, la mère de Théo, avait désherbé une carrière d’équitation au Glyper – un désherbant à base de glyphosate – alors qu’elle ignorait encore être enceinte. Elle attribue les handicaps graves de son fils à son exposition in utero au produit. En passe d’être absorbée par l’allemand Bayer, la firme de Saint-Louis (Missouri) est actuellement poursuivie aux Etats-Unis par des personnes atteintes de cancers du sang qu’elles attribuent à leur exposition passée au glyphosate, mais c’est la première fois que la société américaine est poursuivie pour de tels effets allégués, dits « tératogènes » (capable d’induire des malformations), de son produit phare.

Commission d’enquête
« Les éléments déclencheurs de la plainte, explique William Bourdon, l’avocat de la famille, ont été le Tribunal Monsanto ainsi que les révélations des “Monsanto Papers” [des milliers de documents internes de la firme rendus publics par la justice fédérale américaine], qui montrent que la société s’inquiétait de certains effets du glyphosate à une époque bien antérieure à la grossesse de Mme Grataloup. » Le Tribunal Monsanto, une initiative citoyenne, a rassemblé, en octobre 2016, à La Haye (Pays-Bas), des organisations non gouvernementales, des juristes, des médecins et des victimes venus de nombreux pays témoigner des dégâts environnementaux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Editorial. La Mairie de Paris n’a pas tenu compte des alertes sur la rentabilité du projet d’autopartage ; le groupe Bolloré n’a été assez attentif à sa dimension de service public.
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Autolib’ : un fiasco aux responsabilités partagées

Editorial. La Mairie de Paris n’a pas tenu compte des alertes sur la rentabilité du projet d’autopartage ; le groupe Bolloré n’a été assez attentif à sa dimension de service public.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 10h25
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 12h12
   





                        



   


Editorial du « Monde ». La liberté a un prix. Les partenaires d’Autolib’, le service d’autopartage électrique qui devait « libérer » les déplacements des Franciliens, viennent d’en faire l’amère expérience. L’exploitant, le groupe Bolloré, et l’un des principaux concédants, la Mairie de Paris, se sont rendu compte qu’ils n’étaient pas prêts à assumer les 293,7 millions de pertes que le parc de petites voitures grises aurait générées d’ici à 2023. Alors que les deux parties se rejettent la responsabilité de ce fiasco, le Syndicat mixte Autolib’ Velib’ Metropole (SAVM) a décidé, jeudi 21 juin, de résilier le contrat qui les liait.

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                Autolib’ va s’arrêter, mais à une date encore inconnue



L’accord présenté en 2011 comme « gagnant-gagnant » s’est transformé sept ans plus tard en « perdant-perdant ». Pour Bolloré, Autolib’ devait constituer une vitrine mondiale pour sa technologie de batteries, qu’il essaye d’imposer face aux autres constructeurs de véhicules électriques. Pour la Mairie de Paris, il s’agissait de se doter d’un service de transport alternatif à la fois innovant et peu polluant, au moment où la voiture n’est plus en odeur de sainteté en milieu urbain.
Au mauvais moment
L’échec du projet, qui met à mal ces deux stratégies, arrive au plus mauvais moment pour les deux partenaires. Vincent Bolloré est en difficulté sur tous les fronts. Mis en examen pour les conditions d’attribution de concessions portuaires en Afrique, l’industriel breton vient de subir un revers dans la prise de contrôle de Telecom Italia, tandis que Canal+ se vide de ses abonnés.

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Quant à Anne Hidalgo, la maire de Paris, elle accumule les déboires avec ses différents prestataires. La gestion des PV, devenus des « forfaits post-stationnement », confiée aux sociétés privées Streeteo et Moovia, a connu une série de bugs. Surtout, le changement de prestataires de Vélib’, les vélos en libre-service, a tourné à l’accident industriel. Un peu plus d’un an après l’attribution du contrat à Smovengo, il est toujours impossible d’utiliser normalement le service, alors que son déploiement se heurte à des obstacles techniques et sociaux.
Tandis que Mme Hidalgo a tout fait pour décourager les Parisiens de posséder leur propre voiture, l’échec de ces solutions de transport individuel partagé est une mauvaise nouvelle, à moins de deux ans des élections municipales. Si son combat pour réduire la pollution urbaine va dans le bon sens, celui-ci ne pourra surmonter les réticences qu’en proposant des modes de déplacement alternatifs efficaces et abordables.

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                Comment Hidalgo veut sortir de l’impasse Autolib’



Avec un contrat qui s’est révélé mal ficelé, avec une gouvernance et un contrôle de l’exploitation déficients, le modèle économique retenu pour Autolib’ a conduit à une impasse, dont les responsabilités sont largement partagées. Pourtant, à maintes reprises, des alertes ont été lancées sur le manque de rentabilité du projet. Des solutions avaient été proposées, comme le fait de réduire le service en banlieue, où le taux d’utilisation des véhicules n’était pas assez élevé, ou comme la possibilité d’emprunter à Paris les voies de bus et de taxi. En vain.
De son côté, Bolloré, focalisé sur l’aspect industriel du projet, n’a pas été suffisamment attentif à sa dimension de service public. Chacun a préféré faire l’autruche jusqu’au clash final. Celui-ci jette dans l’incertitude les 267 salariés de la société, qui risquent de se retrouver au chômage. Il frustre également les 150 000 clients qui avaient adopté le service et irrite les contribuables franciliens, qui s’interrogent sur le montant final des pertes qu’ils devront éponger. Bref, un beau gâchis.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », rappelle que diverses études et données suggèrent un déclin récent de nos capacités cognitives.
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La dégradation ou les changements de notre environnement font-ils vraiment baisser notre QI ?

Dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », rappelle que diverses études et données suggèrent un déclin récent de nos capacités cognitives.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 19h58
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Chronique. La dégradation ou les changements de notre environnement nous rendent-ils plus bêtes ? Ou, à tout le moins, peuvent-ils faire baisser notre quotient intellectuel (QI) ? Une récente étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences, et dont Le Monde a rendu compte sous la signature de Nathaniel Herzberg, a remis cette idée en lumière.
Selon Ole Rogeberg et Bernt Bratsberg (Centre for Economic Research, Oslo), les deux auteurs de cette analyse, l’érosion du QI des conscrits norvégiens depuis le milieu des années 1990, qui intervient après des décennies de croissance, est due à l’environnement au sens large (éducation, nutrition, pollutions diffuses, écrans, etc.) et n’est pas explicable par d’autres facteurs, liés à des dynamiques sociales.
A notre connaissance, la Norvège et la Finlande sont les deux seuls pays disposant de données solides sur l’évolution du QI de l’ensemble de leur population, génération après génération. Tous les jeunes conscrits passent en effet, chaque année, des évaluations standardisées de leurs capacités cognitives. Et, dans ces deux pays, on note une érosion significative du QI depuis le milieu des années 1990. D’autres données, bien plus fragiles car réalisées sur de petits échantillons, suggèrent aussi un déclin récent du QI en France, et dans quelques autres pays.
Pourquoi un tel déclin, s’il est avéré ? Une très grande diversité de facteurs (éducation, taille des familles, etc.) entrent en ligne de compte dans l’augmentation ou le déclin du QI. Mais la conversation publique s’est récemment focalisée sur des causes chimiques. Certains métaux lourds (plomb, mercure…) ou perturbateurs endocriniens (pesticides, retardateurs de flamme…) imprégnant à bas bruit la population générale, pourraient altérer la construction cérébrale, assurent certains chercheurs.
Argumentaire trompeur
Cette alerte serait fantaisiste, rien de moins qu’une « fake...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Atteint d’un cancer après avoir manipulé intensivement le pesticide Roundup de Monsanto, le jardinier Dewayne Johnson poursuit la firme pour avoir dissimulé les risques.
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Premier procès du glyphosate aux Etats-Unis

Atteint d’un cancer après avoir manipulé intensivement le pesticide Roundup de Monsanto, le jardinier Dewayne Johnson poursuit la firme pour avoir dissimulé les risques.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 07h23
    |

            Corine Lesnes (San Francisco, correspondante)








                        



                                


                            

Conformément à la législation de Californie, le procès a été avancé pour permettre au plaignant, en phase terminale, de suivre les audiences. Dewayne Johnson, 46 ans, père de deux garçons, poursuit Monsanto, le premier producteur de semences génétiquement modifiées du monde et de leur herbicide associé, le Roundup. Il affirme que ce produit l’a rendu malade. C’est le premier procès, aux Etats-Unis, sur les possibles effets cancérigènes de ce produit phytosanitaire à base de glyphosate, commercialisé par le géant de l’agrochimie, racheté fin mai pour 63 milliards de dollars (54 milliards d’euros) par le groupe allemand Bayer.
La première audience a eu lieu lundi 18 juin devant la cour supérieure de l’Etat de Californie, à San Francisco. Dewayne Johnson est apparu vêtu d’un polo gris, le visage marqué de lésions qui couvrent 80 % de son corps. Employé de 2012 à 2014 à l’entretien des jardins du district scolaire de Benicia, une localité située à 65 km à l’est de San Francisco, il a mélangé et répandu des centaines de litres de Roundup, le pesticide phare de Monsanto, deux fois par mois en moyenne pendant deux ans. En 2014, les médecins lui ont annoncé qu’il était atteint d’un lymphome, un cancer qui affecte les globules blancs. Il a dû quitter son travail. Après sa chimiothérapie, l’oncologue lui a donné six mois à vivre.
Dissimulation de preuves
Le malade, qui a porté plainte en 2016, reproche à la firme de ne pas avoir prévenu les utilisateurs du danger présenté par le glyphosate, alors qu’elle en était informée, et, accusation lourde de conséquences, d’en avoir dissimulé les preuves. A la veille de l’audience, le vice-président de Monsanto chargé de la stratégie, Scott Partridge, a publié un communiqué affirmant sa « sympathie » pour « toute personne atteinte de cancer » mais réfutant tout lien avec le pesticide. « Les preuves scientifiques montrent clairement que le glyphosate n’en est pas la cause, a-t-il assuré....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ « Le Monde » a embarqué sur le navire scientifique pour un périple dans le Pacifique Nord entre Hawaï et Portland, à la recherche des microplastiques qui contaminent les océans.
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Goélette scientifique Tara, journal de bord n° 1 : cap sur la « soupe » de plastiques

« Le Monde » a embarqué sur le navire scientifique pour un périple dans le Pacifique Nord entre Hawaï et Portland, à la recherche des microplastiques qui contaminent les océans.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 19h34
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 18h36
    |

            Patricia Jolly








                        



   





#PlastiquePacifique. Le Monde met le cap sur le Great Pacific Garbage Patch, la « soupe » de microplastiques du gyre du Pacifique nord. Embarqués sur la goélette scientifique Tara pour un périple de trois semaines entre Honolulu (Hawaï) et Portland (Oregon), notre journaliste Patricia Jolly et le photographe Samuel Bollendorff vous emmènent au cœur de cette mixture mitonnée par l’homme, qui rejette chaque année 8 millions de tonnes de plastiques en mer.

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Quarante-huit heures de navigation et 250 milles nautiques couverts (environ 460 km) sur les 2 255 prévus jusqu’à Portland (Oregon)… Mardi 19 juin à 21 h 12, heure locale, la goélette Tara a quitté le quai 9 du port de Honolulu (Hawaï) pour faire route vers le Great Pacific Garbage Patch (GPGP).

   


Juste avant le départ avait eu lieu le briefing « vie à bord et sécurité » du capitaine Yohann « Yo » Mucherie et de son second Daniel « Dan » Cron. Un huis clos à treize, à ciel ouvert, sur un voilier de 36 mètres, ça s’organise. Les marins sont connus pour leur manie de faire des phrases et les maîtres de notre bord ne dérogent pas à cette règle.
Le menu de la « croisière » est copieux : tableau des tâches à bord – de la vaisselle à la corvée de toilettes sans oublier le service de table –, planning des quarts de nuit – le plus cauchemardesque, c’est le 3 heures-6 heures –, répartition dans les deux Zodiac de sauvetage en cas de naufrage, et essayage des combinaisons d’immersion orange. Aussi seyantes que flottantes, elles prolongeraient au mieux nos agonies respectives de quelques heures. Depuis notre départ, nous n’avons en effet croisé qu’une poignée d’oiseaux marins égarés, et nous ne reverrons la terre qu’aux environs du 8 juillet.

   


Le fait d’œuvrer pour la planète ne nous affranchit pas des paradoxes. Depuis le départ, Tara a le vent dans le nez – quand il y en a – ; aussi, malgré ses deux mâts gigantesques et ses 400 mètres carrés de surface potentielle de voilure, la goélette monte à l’assaut du gyre de plastiques… au moteur. Vacarme assourdissant et relents de gazole entre deux nuances de bleu – du ciel et de l’océan –, tel est notre lot.
Séparer le plancton du plastique
Pour les cinq scientifiques du bord, experts en plancton et en plastique, ça n’est donc pas la vie de paquebot. Les « manips » débutent à 7 h 30 pétantes. A encore trois jours de navigation du GPGP, des microplastiques se laissent déjà prendre à leurs filets.
Dolphin, HSN ou Manta ressemblent à des chaussettes géantes équipées d’un collecteur qu’on traîne en surface entre trente minutes et deux heures. Il faut l’aide de deux membres de l’équipage pour les immerger à l’arrière de Tara qui doit adapter sa vitesse entre 7 et 3 nœuds (13 et 5,5 km/h) pour assurer des prélèvements efficaces. On les remonte pour entamer un travail de bénédictin : séparer le plancton du plastique à l’aide d’une pince à épiler géante. A l’abri de cryotubes, ces petites choses seront ensuite stockées dans les congélateurs ou les réfrigérateurs de la cale avant.

   


Malgré le beau temps et la mer calme, Justine Jacquin, doctorante spécialiste de la dégradation des plastiques à l’Observatoire océanologique de Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales), n’a même pas pu faire un de ces allers-retours entre le pont arrière et les flancs du navire. Le premier jour, à peine éveillée, cette Bretonne s’est mise à nourrir les poissons. Elle n’a repris des couleurs, une alimentation légère et une vie sociale que trente-six heures plus tard, pour célébrer l’été et la Fête de la musique.
Mélanie Billaud, la Niçoise, s’est rebiffée. A 21 ans, cette étudiante en master 1 sciences de la vie à Sophia-Antipolis, est actuellement en stage avec Maria Luiza Pedrotti, chercheuse en biologie marine au Laboratoire océanographique de Villefranche-sur-Mer (Alpes-Maritimes) et cheffe de mission scientifique sur Tara. La benjamine du bord, qui doit son embarquement au désistement d’un chercheur senior, est bien décidée à vivre pleinement ce rêve éveillé. Jamais on n’avait vu quelqu’un plonger la tête dans un vilain seau marron puis le vider dans l’océan avec un sourire aussi radieux, avant de se remettre au travail comme si de rien n’était.

   


Daurade coryphène
Au coucher du soleil, Maria Luiza Pedrotti philosophait en briscard : « Il y a deux sortes de malades en mer, ceux qui sont “out” pour deux jours et qui n’y peuvent rien, et ceux qui, après avoir vomi, réussissent à vaquer à leurs occupations. »
J’appartiens donc à un troisième type, celui de la migraineuse barbouillée bien en peine de remplir son office. Comment le photographe Samuel Bollendorff est-il aussi à l’aise sur l’eau ? Ses bracelets antinausée ou ses origines luxembourgeoises ?
Mon questionnement existentiel attendra. La ligne de pêche qui traîne dans l’eau à bâbord couine, provoquant un branle-bas de combat. Une daurade coryphène de taille à améliorer notre ordinaire – un mètre pour 5 kg – se débat au bout de l’hameçon. Jonathan « Jon » Lancelot, le chef-plongeur, porte l’estocade d’un coup de couteau expert à l’arête dorsale. Taillé en filet et mis en marinade, l’infortuné mahi-mahi – comme on l’appelle dans ce coin du Pacifique – figure déjà au menu du déjeuner du lendemain.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ L’accord trouvé vendredi à Vienne pourrait correspondre à une augmentation d’un million de barils par jour à partir de juillet.
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Pétrole : l’OPEP, sous la pression de Trump, décide d’une modeste augmentation de la production

L’accord trouvé vendredi à Vienne pourrait correspondre à une augmentation d’un million de barils par jour à partir de juillet.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 15h41
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 16h58
    |

                            Nabil Wakim (Vienne, envoyé spécial)








                        



   


C’est un petit monde feutré, qui se réunit deux fois par an dans des locaux vieillots de la Helferstorferstrasse, dans l’un des quartiers les plus cossus de Vienne. Vendredi 22 juin, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a finalement trouvé un accord très attendu qui vise à augmenter la production pour faire baisser les prix au niveau mondial.
Fruit d’une intense négociation entre les Saoudiens, les Iraniens et les autres pays membres de l’organisation, le « deal » est un modèle d’opacité. Récit d’un marchandage en coulisses.
La difficile mission de Khalid Al-Falih
« Trump n’est pas là, mais on ne voit que lui, c’est comme s’il était dans la pièce ! », plaisante Helima Croft, analyste chez RBC Capital. Ces dernières semaines, le président des Etats-Unis ne s’est pas privé de tweeter son mécontentement face à des prix du pétrole qu’il juge trop élevés, et qui font perdre du pouvoir d’achat aux électeurs américains.
Il y a quelque temps, les Saoudiens plaidaient encore pour un prix du baril élevé, autour de 90 dollars, contre 75 dollars aujourd’hui. Mais, pour satisfaire Donald Trump et soutenir ses sanctions contre l’Iran, le ministre du pétrole, Khalid Al-Falih, s’est soudainement mis à défendre une hausse de la production de 1 million de barils par jour. Comment faire accepter ce revirement à un cartel qui se réjouit chaque jour d’avoir fait remonter les prix ?
« Trump n’est pas là, mais on ne voit que lui, c’est comme s’il était dans la pièce ! »
Mercredi 20 juin au soir, c’est le ministre du pétrole d’Abou Dhabi, Souhail Al-Mazroui, qui reçoit, pour le dîner de gala dans le somptueux hôtel de ville de Vienne. Mais le secrétaire général de l’OPEP, le Nigérian Mohammed Barkindo, a autre chose en tête que le délicieux style gothique de l’architecte Friedrich von Schmidt. Il s’adresse directement au ministre saoudien et lui confie son inquiétude. S’il veut parvenir à un accord et rassurer les marchés, Khalid Al-Falih doit être plus explicite. M. Barkindo a son idée : il peut modifier en dernière minute le programme des débats publics du lendemain matin, pour y faire parler M. Al-Falih, qui ne devait pas s’exprimer.

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Jeudi 21 juin dans la matinée, personne n’est au courant de cet arrangement. Et pour cause : ce que va dire le ministre saoudien n’a qu’un seul objectif. S’adresser directement à Donald Trump, pour lui faire comprendre que l’Arabie saoudite se préoccupe de ses clients et ne laissera pas les prix monter trop haut. « Il ferait mieux de se faire inviter directement sur le plateau de “Fox & Friends”, l’émission préférée de Trump », raille un analyste. Mais M. Al-Falih reste sur une ligne de crête, et envoie des messages d’apaisement aux Iraniens.
Mélodrame à la viennoise
Dans la soirée a lieu la réunion du comité technique qui doit préparer les contours d’un deal. Le secrétaire général décide de l’ouvrir à tous, y compris à l’Iran, qui n’en fait pas partie. Las ! Vers 21 heures, au bout de trente minutes de réunion, le ministre iranien du pétrole claque la porte et part retrouver les caméras qui font le pied de grue devant le bâtiment. Bijan Zanganeh joue la fermeté devant les journalistes : il n’y aura pas d’accord.
« C’est pire qu’un drame égyptien »
Une grande partie des observateurs est alors persuadée que l’Iran n’a plus rien à perdre et fera tout pour empêcher un deal. « C’est pire qu’un drame égyptien », lâche un analyste proche-oriental.
Mais, à l’intérieur de la grande salle sans charme du premier étage, les conseillers du ministre iranien sont restés, et le travail continue. Vers 23 heures, le ministre nigérian du pétrole sort et se montre optimiste. Vendredi matin, les choses s’accélèrent : les ministres saoudien et iranien se voient en tête-à-tête et trouvent un terrain d’entente.
Avant le début de la réunion officielle, la salle est brièvement ouverte aux journalistes, qui se ruent dans une gigantesque mêlée autour des dirigeants saoudiens et iraniens. « Nous avons quelque chose sur le feu », confirme Bijan Zanganeh, sans donner plus de détails.

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« Tout le monde peut dire qu’il a gagné ! » 
Les ministres s’enferment de nouveau et tentent de trouver la formule qui conviendra à tout le monde. Les Saoudiens veulent pouvoir afficher que la production augmentera de 1 million de barils par jour dès juillet, même si cette hausse devait être en partie fictive. Les Iraniens acceptent de voir la production augmenter, mais n’assument pas de monter à un tel niveau.
Pour résoudre ce dilemme, les délégations finissent par trouver une astuce. En novembre 2016, l’OPEP, la Russie et plusieurs autres pays producteurs de pétrole s’étaient mis d’accord pour réduire la production de 1,8 million de barils par jour, pour faire remonter les prix, qui s’étaient effondrés.
Mais la déroute du Venezuela, ainsi que les difficultés en Libye et en Angola, ont poussé le cartel à largement dépasser ces quotas de réduction, passant à 2,8 millions de barils par jour de baisse.
Résultat : ce nouvel accord de juin 2018 consiste surtout… à respecter celui de novembre 2016. C’est le président en exercice de l’OPEP, l’Emirati Souhail Al-Mazroui, qui vient l’annoncer aux journalistes et aux analystes. « Nous avons collectivement décidé que nous devons atteindre cet objectif à 100 % », répète-t-il, refusant de donner le moindre détail sur la répartition de cette hausse.
Il a raison de rester prudent : dans les couloirs, le ministre saoudien promet que la hausse de la production sera donc de 1 million de barils par jour, comme il s’y était engagé. Tandis que, de son côté, le ministre iranien répète que ce strict respect du texte initial de 2016 aboutira à une hausse de 460 000 barils, tout au plus.
« Tout le monde peut dire qu’il a gagné, tout en défendant l’accord », s’amuse un observateur. Concrètement, les Saoudiens vont pouvoir produire plus, pendant que ceux qui ne peuvent produire plus – comme le Venezuela ou l’Iran – n’auront pas à le faire. D’autant que l’OPEP ne s’est dotée d’aucun instrument spécifique de contrôle du respect de ses engagements…
Dimanche, la Russie - à la manoeuvre pendant toute la négociation - et ses partenaires se sont engagés à suivre la même stratégie que l’OPEP.
Pour tenter de satisfaire tout le monde, le texte final préfère l’opacité à la clarté. Il n’est pas certain que cela soit du goût du président américain. « Espérons que l’OPEP va accroître sa production de manière significative. Il faut faire baisser les prix ! », a immédiatement écrit sur Twitter Donald Trump. Comme s’il était dans la pièce voisine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Les ministres de l’agriculture et de l’écologie ont réuni à Paris une soixantaine d’acteurs concernés par la suppression, dans les trois ans, de l’utilisation du glyphosate en France.
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Sortie du glyphosate : Stéphane Travert et Nicolas Hulot veulent des « engagements » à la mi-juillet

Les ministres de l’agriculture et de l’écologie ont réuni à Paris une soixantaine d’acteurs concernés par la suppression, dans les trois ans, de l’utilisation du glyphosate en France.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 14h24
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 14h54
   





                        


Le gouvernement a annoncé vendredi 22 juin la création d’un groupe de travail chargé de piloter la suppression, sous trois ans, de l’utilisation du glyphosate en France, afin d’en préciser les modalités. Syndicats agricoles, industriels, distributeurs, services de l’Etat, coopératives, chambres d’agriculture et instituts de recherche et d’innovation se sont retrouvés en terrain neutre, à l’hôtel de Cassini, une annexe de Matignon, en présence de parlementaires, sous l’égide de Stéphane Travert et de Nicolas Hulot, les ministres de l’agriculture et de la transition écologique.
« Nous allons missionner une “task force” pilotée par les deux ministères, avec l’appui de l’INRA [Institut national de recherche agronomique], de l’ACTA [Association de coordination technique agricole] et de l’APCA [Assemblée permanente des chambres d’agriculture] avec un compte rendu trimestriel », a déclaré M. Travert.
« La démarche de progrès doit s’appliquer partout et à tous et même si, selon les modes de production, chacun ne part pas du même endroit, nous allons maintenant dans la même direction, et ce n’est pas qu’une formule, avec cet objectif de sortie en trois ans », a ajouté M. Hulot. « On est passé dans une véritable démarche de confiance, de volonté et de détermination partagée », selon lui.
Les ministres ont précisé qu’ils attendent des acteurs l’identification des leviers du changement, filière par filière. Ils souhaitent disposer, d’ici à trois semaines, de premiers engagements précis de réduction et de suppression des usages du glyphosate.
Création d’un centre de ressources
Ils ont en outre annoncé à cette occasion la création d’un centre de ressources « d’ici à la fin de l’année » afin de rendre accessible à l’ensemble de la profession agricole les solutions existantes pour sortir du glyphosate, un herbicide controversé encore massivement utilisé en France. Les actions d’accompagnement vont être renforcées afin de « diffuser les solutions et trouver de nouvelles alternatives pour les usages pour lesquels il demeurerait des impasses », peut-on lire dans un communiqué commun.
Les réseaux territoriaux des chambres d’agriculture et l’enseignement agricole vont être, quant à eux, mobilisés « pour faire connaître et promouvoir les alternatives au glyphosate ». La « task force » devra pour sa part « rendre des comptes » tous les trois mois aux ministres et aux parlementaires « des actions engagées et des progrès accomplis ».

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                Les alternatives au glyphosate mises en œuvre par les communes



« Une transition agroécologique majeure »
« Le président de la République a fixé un cap, et nous devons apprendre à nous passer du glyphosate dans les trois ans, tout en précisant que les agriculteurs ne seront pas laissés dans une impasse », a dit Stéphane Travert à la presse à l’issue de la rencontre.
« Il s’agit d’une transition agroécologique majeure d’autant plus marquante que le glyphosate est la substance phytosanitaire la plus utilisée, et la France veut se donner une ambition forte. »
L’Assemblée nationale a rejeté à la fin de mai des amendements, y compris LRM, qui visaient à graver dans la loi agriculture et alimentation cette sortie du glyphosate en 2021, le gouvernement voulant trouver d’abord une solution de rechange pour les agriculteurs.

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Les pays de l’Union européenne ont voté de justesse en novembre le renouvellement pour cinq ans de l’autorisation de cet herbicide, jugé dangereux par les défenseurs de l’environnement, mais que les agriculteurs veulent pouvoir continuer à utiliser. La France a, quant à elle, fait savoir que le produit serait interdit sur son sol d’ici à trois ans et n’a pas exclu une dérogation pour les « 10 % » de cas où il n’y aurait pas d’alternative pour les agriculteurs français. 

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                Dangerosité, toxicité, utilité : le débat sur le glyphosate résumé en discussion pour/contre







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Koko était un gorille connu dans le monde entier. Ce grand primate femelle, élevé par l’éthologue « Penny » Patterson, est mort, mercredi 20 juin, à l’âge de 46 ans.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Une étude inédite associe l’exposition in utero aux polluants à des modifications épigénétiques pouvant présenter un risque pour la mère et l’enfant.
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La pollution de l’air met en danger le fœtus en altérant le placenta

Une étude inédite associe l’exposition in utero aux polluants à des modifications épigénétiques pouvant présenter un risque pour la mère et l’enfant.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 12h01
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 12h25
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


La littérature scientifique regorge d’études démontrant les effets délétères de la pollution de l’air sur le développement du fœtus et de l’enfant. On sait désormais qu’une exposition aux particules fines pendant la grossesse augmente le risque de donner naissance à des bébés de petits poids, et plusieurs travaux suggèrent qu’elle pourrait aussi être à l’origine d’un fonctionnement dégradé des poumons ou de troubles neuro-développementaux.
L’étude publiée jeudi 21 juin dans la revue Environment international apporte une première réponse sur les mécanismes expliquant ces effets. Ils pourraient passer par une altération du placenta. « Nous nous sommes intéressés au placenta car c’est un tissu très important lors de la grossesse. C’est lui qui est responsable de la bonne santé de la maman et du développement du fœtus », explique au Monde Johanna Lepeule, auteure principale de l’étude et épidémiologiste à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).
Ces résultats inédits ont été obtenus par une équipe de chercheurs de l’Inserm, du CNRS et de l’université Grenoble-Alpes regroupés au sein de l’institut pour l’avancée des biosciences. Ils se fondent sur une cohorte de 668 mères (et de leurs enfants) recrutées entre 2003 et 2006 à Nancy et Poitiers.
L’équipe s’est intéressée aux effets du dioxyde d’azote (NO2), ce gaz très toxique majoritairement émis par le trafic automobile et en particulier par les motorisations diesel. Les chercheurs ont constaté que les mères les plus exposées au NO2 pendant leur grossesse présentaient des modifications épigénétiques au niveau du placenta. A savoir des modifications des mécanismes qui régulent l’expression des gènes.
« Accentuer la lutte »
Pour comprendre ce qu’est l’épigénétique, Johanna Lepeule recourt à une métaphore musicale : « Le code génétique, c’est la partition. L’épigénétique, c’est quand elle est jouée par l’orchestre avec les instruments. Il n’y a qu’une partition mais, à chaque fois, l’interprétation est différente. »
A la différence des travaux précédents sur les polluants atmosphériques, qui se concentraient sur des gènes particuliers, l’originalité de l’étude réside dans le fait qu’elle se base sur l’analyse de données épigénétiques à grande échelle : plus de 400 000 localisations épigénétiques. Cela a permis aux chercheurs d’associer l’exposition au NO2 à des modifications épigénétiques au niveau de cinq gènes, en particulier sur le gène ADORA2B.
« Des défauts dans l’expression de ce gène ont été associés dans d’autres études à la pré-éclampsie, une maladie de la grossesse fréquente et grave si elle n’est pas prise en charge », commente Johanna Lepeule. La pré-éclampsie est une pathologie qui se caractérise par une hypertension artérielle et s’accompagne d’une élévation de la présence de protéines dans les urines. Elle est responsable d’un tiers des naissances des grands prématurés.
« Cette étude est une première étape, juge la chercheuse. Il en faudra désormais d’autres pour confirmer notre hypothèse et associer ces modifications épigénétiques avec d’autres effets sanitaires pour la mère et l’enfant », explique Mme Lepeule.
Ces résultats sont d’autant plus inquiétants que toutes les mères de la cohorte étaient soumises à des concentrations de dioxyde d’azote inférieures aux limites annuelles fixées par la réglementation européenne et recommandées par l’Organisation mondiale de la santé, à savoir 40 µg/m³. Faut-il dès lors durcir ces limites ? « C’est aux politiques et aux citoyens de se saisir de la question de la réglementation, répond Johanna Lepeule. En tant que chercheuse, ce que je peux recommander, c’est d’accentuer la lutte contre la pollution atmosphérique. » 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ La qualité de l’air se dégrade, et pas seulement dans les métropoles : du fait du réchauffement des océans, le taux d’oxygène dans l’atmosphère pourrait avoir baissé de 2 % en un siècle. Une catastrophe écologique négligée.
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Pollution : la vie ne tient qu’à un souffle

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Le Monde
 |    22.06.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 16h39
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            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
En cette chaude journée du 10 juin, j’ai consulté Airparif, qui analyse l’état de l’air sur la capitale. L’indice de pollution était jaune, c’est-à-dire « moyen » sur une échelle qui va du bleu (très faible) au rouge sang (très élevé). La présence de particules fines nocives (PM10) était estimée à 73 g/m3, soit plus du double de la valeur guide d’un air acceptable : 30 g/m3. Rien d’étonnant à cela : le 17 mai, la Commission européenne a renvoyé la France devant la Cour de justice de l’Union pour non-respect des normes de qualité de l’air. Sont incriminés les PM10 et le NO2, gaz émis par les moteurs diesel.
Nous, les humains, sommes dans l’air comme le poisson dans l’eau. Nous y baignons, nous sommes tellement habitués à ce qu’il nous soit donné, depuis toujours, en tout lieu, à un taux d’oxygène constant vital pour nos organismes, que nous oublions qu’il est menacé. Il faut pourtant savoir que cet air miraculeux, le premier des biens communs, n’a pas toujours enveloppé la Terre pour y soutenir la vie. Un journaliste scientifique américain, Sam Kean, nous le rappelle dans un livre récent : Caesar’s Last Breath. Decoding the Secrets of the Air Around Us (« Le dernier souffle de César. Décoder les secrets de l’air autour de nous », Little, Brown and ­Company, 2017, non traduit).
Études inquiétantes
Il y a quelque 4,5 milliards d’années, la première atmosphère de la Terre était composée de dioxyde de carbone (CO2), de soufre, de sulfure d’hydrogène, d’ammoniaque, de méthane – des gaz qui suintaient des fissures du sol et des volcans. Puis, il y a 3,8 milliards d’années, certaines bactéries ont inventé la photosynthèse, extrayant l’oxygène (O) du CO2.
Peu à peu, une partie de cet oxygène a formé la couche de trioxygène, ou ozone, ce formidable bouclier qui protège la biosphère du rayonnement solaire : il a permis que, il y a entre – 541 et – 530 millions d’années, le vivant s’épanouisse. C’est ce qu’on a appelé l’« explosion...




                        

                        


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édition abonné


Inscrire le climat dans la Constitution « aura un impact réel »

Le juriste Yann Aguila estime que l’environnement a toute sa place dans l’article 1, « socle des valeurs communes  ». Selon lui, inscrire le principe de non-régression dans la Constitution serait intéressant.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h54
 • Mis à jour le
22.06.2018 à 14h41
    |

            Simon Roger








                        



                                


                            

La réforme des institutions engagée par le gouvernement suppose d’« adapter notre droit, notre démocratie, nos institutions, aux vrais enjeux du XXIe siècle », martèle le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot. Mais comment intégrer les enjeux environnementaux et climatiques dans le texte constitutionnel, quels en seraient les effets ? Analyse de l’avocat et professeur de droit public, Yann Aguila, qui préside par ailleurs la commission environnement du Club des juristes, le premier think tank juridique français.
L’environnement et le climat ont-ils leur place dans la Constitution ?
La Constitution est tout à fait le lieu où inscrire la protection de l’environnement en général et la lutte contre le réchauffement climatique en particulier. Que doit-on inclure dans une Constitution, sinon le socle des valeurs communes de long terme qu’on souhaite mettre à l’abri des changements de majorité politique, pour les générations présentes mais aussi pour les générations futures.
La réforme des institutions offre aujourd’hui une fenêtre de tir pour obtenir un texte qui consacre explicitement, et pas entre les lignes, l’environnement et le climat. C’est au constituant de désigner les objectifs. Si le jour venu, le juge constitutionnel est amené, par exemple, à censurer une loi au motif qu’elle est contraire aux objectifs de lutte contre le réchauffement climatique, il aura un texte clair à l’appui de sa décision.

La protection de la biodiversité n’est-elle pas, elle aussi, un enjeu de long terme ?
En effet, dans la rédaction proposée par Nicolas Hulot figurent à la fois l’action contre le changement climatique et la protection de la diversité biologique. C’est important de rappeler ces deux objectifs, d’autant que l’interdépendance entre ces deux problématiques est de plus en plus évidente. On voit bien que le dérèglement climatique est une cause...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Les quelque 100 élus du comité du Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole ont voté, jeudi, la résiliation du contrat les liant au groupe Bolloré.
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Autolib’ va s’arrêter, mais à une date encore inconnue

Les quelque 100 élus du comité du Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole ont voté, jeudi, la résiliation du contrat les liant au groupe Bolloré.



Le Monde
 |    22.06.2018 à 11h16
    |

            Béatrice Jérôme








                        



   


« Hidalgo fiasco !, Hidalgo fiasco ! » : devant la mairie du 12e arrondissement, jeudi 21 juin, une petite centaine de salariés d’Autolib’ scandaient ce slogan. Tandis que sur les marches, devant eux, Philippe Brillault, maire (Les Républicains) du Chesnay (Yvelines), leur expliquait, micro en main, qu’il comptait faire échec à « la décision de la maire de Paris d’arrêter Autolib’ ». Avec la bénédiction du groupe Bolloré, un petit bataillon d’élus de banlieue de droite a tenté de s’opposer au vote de la résiliation, jeudi, par le Syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole (SAVM). Leur mobilisation n’a pas empêché la sentence de tomber.
Réuni dans la salle des fêtes de la mairie du 12e, le comité du SAVM, qui compte une centaine d’élus, a donné son feu vert à l’arrêt – non encore effectif – du service d’autopartage concédé au groupe Bolloré par le précédent maire de Paris, Bertrand Delanoë, en 2011. Le scrutin était dénué de suspense. La Mairie de Paris est majoritaire avec 55 % des voix (606 sur 1 208, réparties entre une centaine de communes). Chaque ville a autant de voix que de stations Autolib’ sur son territoire. Et la capitale était favorable à la résiliation.
Clivage droite-gauche
Ce vote découle de la bataille financière entre les communes et Autolib’, qui dure depuis des mois. Le 15 juin, la présidente du SAVM, Catherine Baratti-Elbaz, maire (PS) du 12e, a annoncé qu’elle proposerait au comité syndical de refuser de payer la somme, « abracadabrantesque » selon Mme Hidalgo, exigée par le groupe Bolloré pour combler le déficit d’Autolib’. Par courrier du 25 mai au SAVM, l’industriel réclamait 233,7 millions d’euros aux communes d’ici à 2023. L’acceptation ou le refus de payer sont censés, selon le contrat, lui être notifiés par le SAVM avant le 25 juin. Sur la foi de plusieurs expertises juridiques, la Mairie de Paris a estimé qu’elle avait avantage à assortir le refus de verser la somme d’une demande concomitante de résiliation du contrat. Cette stratégie devrait lui permettre, selon les juristes consultés, d’espérer contrer les exigences financières de Bolloré au titre de l’arrêt du service, en cas de contentieux devant le tribunal administratif. Des exigences qui, selon l’industriel, pourraient s’élever à près de 300 millions d’euros.
Jeudi, Mme Baratti-Elbaz a estimé à « moins de 100 millions d’euros » le coût de la résiliation. « C’est un engagement que je prends devant vous au vu des analyses juridiques dont nous disposons », a-t-elle déclaré. Peu précise, cette évaluation n’a visiblement pas été le premier critère pris en compte par les élus. Le vote sur l’arrêt d’Autolib’ a surtout fait apparaître un clivage droite-gauche.
Les représentants des villes de gauche ont majoritairement voté pour la résiliation en reprenant l’argumentaire de la maire socialiste de Paris et du SAVM. « C’est Bolloré qui prend la responsabilité de l’arrêt du service par l’ultimatum financier qu’il nous pose », a fait valoir Gilles Gauché Cazalis, l’élu (Gauche citoyenne) représentant la ville de Nanterre au syndicat.
En coulisses, les ponts ne sont pas rompus
Les élus de droite et du centre se sont pour la plupart abstenus ou ont voté contre la résiliation. « Nous, les maires de banlieue, sommes les dindons de la farce, s’est emporté Philippe Ribatto, adjoint à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine). Hidalgo a voulu interrompre le service et a pris le syndicat pour une chambre d’enregistrement », expliquait l’élu pour justifier son vote contre la fin d’Autolib’. « Nous voulons voir perdurer un service qui donne satisfaction aux usagers et qui pourrait même se développer considérablement », assurait le maire du Chesnay, M. Brillault. Ce proche de Valérie Pécresse, présidente (LR) de la région Ile-de-France, a annoncé son intention de saisir le tribunal administratif sur la légalité du vote de la délibération et de certaines décisions du SAVM. « Le syndicat n’a pas fait preuve de suffisamment de transparence envers les élus et n’a pas pris la mesure du risque de déficit assez à temps en 2015 et 2016, et ce malgré les alertes successives de Bolloré », déplorait Xavier Caron, adjoint (LR) à Enghien-les-Bains (Val-d’Oise) qui a refusé de prendre part au vote.
Plusieurs élus de droite ont demandé une suspension de séance pour pouvoir entendre Marie Bolloré, patronne du pôle mobilité électrique de Bolloré, et Gilles Alix, directeur général du groupe, assis discrètement dans le public de la salle des fêtes. Mais leur requête a été rejetée par Mme Baratti-Elbaz. « On va continuer à se battre. Ne croyez surtout pas les balivernes du syndicat, La Ville de Paris a pris la décision de résilier le service pour des raisons électoralistes ! », s’est indigné M. Alix. « Nous irons au tribunal administratif et nous obtiendrons beaucoup d’argent », assurait-il en s’engouffrant avec fracas dans le vestibule de la mairie.

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Le groupe Bolloré et la Mairie de Paris ont chacun voulu éviter de perdre la face ces derniers jours et se renvoient la responsabilité de la mort du service d’autopartage. Mais, en dépit de la bataille de communication autour de l’enterrement d’Autolib’, en coulisses, les ponts ne sont pas rompus. Vendredi, les représentants de Bolloré et le SAVM avaient rendez-vous. Le sort des 267 salariés d’Autolib’ et la date précise d’arrêt du service sont en débat. Les négociations financières, elles aussi, se poursuivent.



                            


                        

                        

