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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Le traitement par les autorités françaises des naissances de Comoriens à Mayotte conduit Patrick Weil, directeur de recherche au CNRS, à rappeler dans une tribune au « Monde » qu’en France, le terme « droit du sol » relève du slogan politique plus que du droit.
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« La situation mahoraise ne doit pas servir de prétexte pour porter atteinte à l’indivisibilité de la République »

Le traitement par les autorités françaises des naissances de Comoriens à Mayotte conduit Patrick Weil, directeur de recherche au CNRS, à rappeler dans une tribune au « Monde » qu’en France, le terme « droit du sol » relève du slogan politique plus que du droit.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 16h44
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 17h34
    |

                            Patrick Weil (Historien et politologue, directeur de recherche au CNRS)








                        



                                


                            

Tribune. Depuis plusieurs années un délire inquiétant fait office de diagnostic quand on parle de Mayotte. Longtemps, il fut circonscrit aux responsables mahorais, et aux dirigeants nationaux qui se rendent dans ce département en temps de campagne électorale. Le problème posé par ces milliers de femmes qui viennent accoucher en provenance des Comores, c’est « le droit du sol », assurent-ils.
Fait exceptionnel, le Conseil d’Etat a été consulté par le Sénat. Et il a confirmé ce diagnostic. Fort de cet imprimatur, pour la première fois depuis la fin de la colonisation, le Parlement et le gouvernement s’apprêtent à créer — par un amendement au projet de loi Collomb sur l’asile et l’immigration — deux catégories de Français. Sauf que le Conseil d’Etat a tort dans son expression mais surtout dans son raisonnement.
En France le terme « droit du sol » relève du slogan politique plus que du droit. Abuser de ce terme comme le fait le Conseil, c’est conforter la méconnaissance, plutôt que d’apporter la connaissance. Car on n’est pas français par le simple fait d’être né en France. Sauf si l’un des parents est déjà né sur notre sol, on n’est pas français à la naissance si ses deux parents sont étrangers : on doit attendre au moins treize ans et prouver aussi cinq ans de séjour pour pouvoir réclamer la nationalité française.
Un problème d’entrée et de séjour irrégulier
Les enfants nés à Mayotte de mères comoriennes ne sont donc pas français, ils sont comoriens. Si pendant treize ans, ces enfants ne sont pas reconduits avec leurs parents dans leur pays de nationalité, il est alors normal que, grandis et éduqués en France, ils puissent devenir français.
C’est ainsi que cela se passe dans toutes les grandes démocraties. Aux Etats-Unis comme au Canada, la naissance sur le sol vaut attribution immédiate de la nationalité, indépendamment de la régularité du séjour des parents. Plus près de nous en Europe, au Royaume-Uni comme en Allemagne,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Pas la moindre mauvaise nouvelle qui puisse tempérer l’enthousiasme des opérateurs, observe le correspondant du « Monde » à New York. Mais la prudence s’impose : l’endettement des entreprises privées non bancaires atteint 11 000 milliards et leur taux d’endettement a augmenté de 30 % depuis la crise financière de 2007.
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Etats-Unis : « Cherche mauvaise nouvelle désespérément »

Pas la moindre mauvaise nouvelle qui puisse tempérer l’enthousiasme des opérateurs, observe le correspondant du « Monde » à New York. Mais la prudence s’impose : l’endettement des entreprises privées non bancaires atteint 11 000 milliards et leur taux d’endettement a augmenté de 30 % depuis la crise financière de 2007.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 15h32
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Marchés. Tout va très bien. Tout va très bien… madame la Marquise, serait-on tenté d’ajouter. Pour se couvrir, se protéger de ne pas avoir vu venir la tempête. Car aux Etats-Unis, le ciel est d’airain. Pas la moindre mauvaise nouvelle qui puisse tempérer l’enthousiasme des opérateurs.
La croissance va bon train, le chômage est au plus bas depuis le tournant du siècle et pourrait même tomber à 3,6 %. Et on ne peut pas accuser la Bourse de folie : les marchés se sont stabilisés depuis la mini-correction de janvier, tandis que la Réserve fédérale normalise sa politique en réduisant la taille de son bilan et en remontant progressivement ses taux.
Sous l’ère Trump, on prétend avoir aboli les crises économiques et avoir inventé la croissance éternelle, comme on croyait avoir atteint la fin de l’histoire et la paix perpétuelle après la chute du mur de Berlin. On sait qu’il n’en est rien, mais l’affaire est délicate à démontrer tant le président de la Réserve fédérale Jay Powell, qui donne le la à Wall Street, s’est montré optimiste. Pas de bulle financière chez les particuliers. Les banques ? Elles sont capables de résister à une crise comparable à celle de 2008. La guerre commerciale : zéro trace dans les chiffres. L’inflation : nous voilà revenus à la normale.
Les Cassandre avec Patrick Artus
Cherche mauvaise nouvelle désespérément : on s’est résolu à traverser l’Atlantique pour jouer les Cassandre avec l’économiste Patrick Artus. On se rappelle l’aveuglement quasi généralisé qui prévalait avant l’explosion de la bulle Internet en 2000 et celle du surendettement immobilier de 2007. Cherchons donc ce que nous ne voyons pas.
Le chômage, qui devient trop bas. A 3,6 % en 2019, les entreprises ne parviendront plus à embaucher, prédit M. Artus. Ce phénomène freinera la croissance et dopera l’inflation. Le risque est d’autant plus fort que les gesticulations de Donald Trump commencent à dissuader les étrangers de venir...




                        

                        


<article-nb="2018/06/25/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dorothée Schmid, spécialiste de la Turquie à l’Institut français des relations internationales à Paris, avertit Turcs et Européens dans une tribune au « Monde » : « La Turquie ne sortira du cycle de violence qui s’est enclenché depuis quelques années que par la violence. »
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« La Turquie s’isole, et les Européens ne la voient plus telle qu’elle est »

Dorothée Schmid, spécialiste de la Turquie à l’Institut français des relations internationales à Paris, avertit Turcs et Européens dans une tribune au « Monde » : « La Turquie ne sortira du cycle de violence qui s’est enclenché depuis quelques années que par la violence. »



Le Monde
 |    25.06.2018 à 12h05
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 12h45
    |

Dorothée Schmid (Chercheuse à l’IFRI, spécialiste de la Turquie)







                        



                                


                            

Tribune. Dimanche 24 juin, les électeurs se sont une nouvelle fois rendus aux urnes en Turquie pour des élections dominées par le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur). Il s’agissait cette fois de scrutins présidentiel et législatifs combinés, autrement dit une montée en puissance de l’outil électoral utilisé depuis 2002 par Recep Tayyip Erdogan comme le baromètre absolu de sa popularité.
Comme s’il fallait forcer le destin, dramatiser l’enjeu et guider la main des électeurs vers le résultat éternellement souhaité, puisque le baromètre est de toute façon fixé sur « beau temps ». Ainsi, lorsque l’AKP a perdu sa majorité au Parlement, en juin 2015, l’échec des négociations de coalition pour former un gouvernement a permis de rejouer le scrutin en novembre et d’obtenir le score désiré.

Pour la première fois Erdogan avait été mis en danger politiquement, et s’en était sorti de façon formellement légale. Le référendum constitutionnel tenu un an plus tard a donné lieu à de fortes rumeurs de fraudes. Celles-ci étaient jusqu’à présent considérées comme marginales en Turquie. L’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), qui a, avec d’autres organisations, de nouveau envoyé une escouade d’observateurs en Turquie, souligne pourtant désormais régulièrement l’absence d’équité des campagnes et la multiplication des incidents lors des votes.
Toile de fond chaotique
Les mauvaises habitudes sont prises et le climat d’exception actuel ne peut que les renforcer. La Turquie vit sous état d’urgence depuis la tentative de coup d’Etat de juillet 2016, ce qui donne pratiquement tout pouvoir aux autorités pour peser sur la campagne. Le scrutin a été très largement anticipé pour choisir le moment le plus favorable à l’AKP et empêcher une opposition structurellement faible de se mettre en ordre de bataille.
Le contexte intérieur reste extrêmement tendu depuis la tentative...




                        

                        


<article-nb="2018/06/25/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Editorial. Vainqueur de la présidentielle avec 52,5 % des voix, Recep Tayyip Erdogan concentre désormais la totalité du pouvoir exécutif et reste plus que jamais le « reis » de la Turquie.
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Erdogan réélu, les Turcs face à l’« hyperprésidence »

Editorial. Vainqueur de la présidentielle avec 52,5 % des voix, Recep Tayyip Erdogan concentre désormais la totalité du pouvoir exécutif et reste plus que jamais le « reis » de la Turquie.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 11h07
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 14h20
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Recep Tayyip Erdogan a gagné son pari. Sa réélection à la tête de la Turquie, dimanche 24 juin, fait de lui le dirigeant le plus puissant depuis le fondateur de la République, Mustafa Kemal.
Une situation qui tranche avec la manière dont il a été élu. Même s’il a réussi à éviter une mise en ballottage, qui aurait représenté un camouflet politique, sa victoire n’a pas été « une promenade de santé », comme il l’avait lui-même anticipé. La mobilisation de tous les rouages de l’administration, tous les réseaux de l’AKP, le parti islamo-conservateur, devenu un parti-Etat, a permis d’éviter une « mauvaise surprise », alors que les sondages le montraient à la peine face à la percée du candidat de la gauche kémaliste, Muharrem Ince.

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                Réélu, Erdogan endosse son nouvel habit d’« hyperprésident »



Au pouvoir depuis quinze ans, d’abord comme premier ministre, puis comme président, M. Erdogan remporte 52,5 % des suffrages, un score légèrement supérieur à celui de l’élection présidentielle de 2014 et à celui du référendum d’avril 2017 instaurant un régime présidentiel. Celui-ci avait été marqué par de nombreuses irrégularités dénoncées par les observateurs internationaux.
Une nouvelle fois, ceux-ci ont critiqué l’iniquité de la campagne au cours de laquelle les grands médias, en quasi-totalité contrôlés par le pouvoir, n’ont guère laissé de place à l’opposition, à commencer par Selahattin Demirtas, du parti prokurde HDP, qui a été contraint de mener campagne depuis sa cellule.

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                Selahattin Demirtas : « Je continuerai à m’opposer sans reculer d’un pas, quel qu’en soit le prix à payer »



Pour une majorité de Turcs, M. Erdogan reste plus que jamais le « reis », le chef, et nombre d’entre eux approuvent sa dérive autoritaire toujours plus affirmée. Depuis 2002 son parti a gagné toutes les élections, sauf les législatives de juin 2015. D’où son hubris, convaincu qu’il est d’avoir été désigné par Dieu pour remettre la Turquie dans la voie de l’islam et lui rendre sa grandeur passée.
Le chef de l’Etat peut arguer de son bilan. Le PIB par habitant a triplé depuis son arrivée au pouvoir, même si la dette a explosé dans les mêmes proportions. En outre, la Turquie est devenue un acteur majeur sur la scène régionale, malgré son échec syrien, et il joue du nationalisme d’une bonne partie de la population comme de ses nostalgies de grandeur ottomane.
Une alarmante radicalisation de l’électorat
Il incarne un bloc religieux conservateur, sunnite et turc, majoritaire au sein de la population, attisant la haine contre les autres : les laïcs, les alévis, courant hétérodoxe issu du chiisme, et les Kurdes. Ces élections permettent à l’AKP d’asseoir sa majorité à la Chambre, grâce à son allié de l’extrême droite nationaliste, le MHP. Celui-ci réalise le même score qu’en 2015, malgré la scission d’une bonne partie de sa base, qui a rejoint Le Bon Parti. Ce dernier, en séduisant les déçus de l’AKP, illustre une alarmante radicalisation de l’électorat.
Pendant des années, M. Erdogan a représenté à l’extérieur du pays un gage de stabilité. Mais ses volte-face, ses brouilles avec l’Europe et sa fuite en avant dans la répression depuis le coup d’Etat raté de juillet 2016, ne cessent d’inquiéter. La monnaie turque dévisse et le risque de retournement de l’économie ainsi que la grogne sociale ont été des facteurs qui l’ont incité à appeler les Turcs aux urnes un an avant la date prévue.

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                Turquie : « Dérive autoritaire et dérive de l’économie, une seule et même trajectoire ? »



Cet obstacle franchi, M. Erdogan devient un « hyperprésident » concentrant la totalité du pouvoir exécutif. Une grande partie de la société civile turque a jusqu’ici su résister avec une grande maturité. Ce renforcement du régime autocratique constitue pour elle un nouveau défi.

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                Kadri Gürsel : « En Turquie, la lame de fond nationaliste ne cesse de prendre de l’ampleur »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Le ministre allemand délégué aux affaires européennes, Michael Roth, dénonce les « provocations » de certains pays, dont l’Italie, dans le débat migratoire.
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Michael Roth : « On ne peut pas travailler en posant des ultimatums »

Le ministre allemand délégué aux affaires européennes, Michael Roth, dénonce les « provocations » de certains pays, dont l’Italie, dans le débat migratoire.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 15h08
    |

            Philippe Ricard








                        



                                


                            

Michael Roth est ministre délégué aux affaires européennes depuis décembre 2013. Il a été confirmé à ce poste dans la coalition composée de la CDU, des Bavarois de la CSU et du SPD, le parti social-démocrate, dont il est membre.

Que pensez-vous de la décision de Matteo Salvini de fermer les ports italiens aux bateaux de secours comme l’« Aquarius » ?
Les Italiens doivent pouvoir compter sur l’Europe. Mais chaque pays doit aussi assumer ses responsabilités humanitaires. La solidarité exigée avec raison par les Italiens doit aller dans les deux sens. Les provocations n’aident pas. Les débats actuels sur les réfugiés sont malheureusement dominés par des discours idéologiques et agressifs qui jouent sur les faiblesses de nos politiques migratoires et d’asile, afin d’alimenter les peurs des gens.
Qu’attendez-vous de l’Union européenne d’ici au prochain Conseil européen les 28 et 29 juin ?
Nous avons déjà beaucoup fait en commun, en particulier en matière de gestion des frontières extérieures et d’aide aux pays de départ et de transit, mais ce n’est pas suffisant. Ce qui manque encore, c’est la juste répartition des demandeurs d’asile. Nous avons besoin d’un accord mutuel car ce n’est qu’ensemble que nous pourrons régler cette question. La renationalisation est une impasse, et nous ne devons pas jouer un Etat contre les autres. N’oublions pas qu’une des raisons pour lesquelles un pays proeuropéen a porté au pouvoir une coalition populiste, c’est que les gens se sont sentis abandonnés par l’Europe sur la question migratoire. Nous devons en faire une priorité. Sinon, le coût politique pour la démocratie européenne sera très élevé.
Croyez-vous qu’un compromis soit possible avec l’Italie ?
Je note que le nouveau gouvernement italien a, au sujet de la répartition des réfugiés, des positions plus proches de celles d’Angela Merkel, en demandant une répartition juste des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde », analyse la perception des privatisations annoncées dans le cadre de la loi Pacte et les marges que celles-ci ouvrent pour l’exécutif.
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Privatisations : « Les partis de gouvernement n’en font plus un casus belli »

Dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde », analyse la perception des privatisations annoncées dans le cadre de la loi Pacte et les marges que celles-ci ouvrent pour l’exécutif.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 10h41
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Chronique. Il fut un temps où la privatisation d’entreprises publiques était un fort marqueur politique. Elle vous faisait « de droite » si vous y étiez favorable, « de gauche » si vous préfériez la nationalisation (ou le statu quo). C’était dans les années 1980-1990, quand tout dossier économique était bon pour nourrir l’affrontement partisan. La ligne de partage passe désormais entre les « progressistes-européistes » de La République en marche, des Républicains et d’une partie de la gauche, et les « populistes-souverainistes » vibrant aux critiques de La France insoumise et du Rassemblement national (ex-FN). Dans une indifférence assourdissante…
Oubliées, les fractures idéologiques ? Les partis dits « de gouvernement » n’en font plus un casus belli. Quant aux Français, méfiants à l’encontre des privatisations, ils ne semblent pas à une contradiction près : 65 % d’entre eux, y compris chez une majorité d’électeurs de droite, jugent l’Etat « dans son rôle » quand il est actionnaire de certaines sociétés, indique un sondage d’OpinionWay publié en mars par Les Echos ; mais 64 % regrettent qu’il le « joue mal », édifiés par les déboires d’Air France, d’EDF, d’Areva ou de la SNCF. Plus question de renationaliser pour autant !
Mesurer le chemin parcouru jusqu’à cette normalisation, c’est repasser le film de la saga nationalisations-privatisations. 1981 : la gauche intègre dans le giron de l’Etat 39 banques et des géants industriels comme la CGE, Rhône-Poulenc, Thomson et Saint-Gobain. 1986 : Jacques Chirac (re)privatise à tout-va – contre l’avis de François Mitterrand. 1988 : réélu, « Tonton » décrète le « ni nationalisation ni privatisation » pour s’éviter de renationaliser. 1993 : Edouard Balladur lance une nouvelle vague, suivi par Alain Juppé. 1997 : Lionel Jospin lève un tabou à gauche en ouvrant tout ou partie du capital de grands groupes (banques, France Télécom, Air France, Aérospatiale…)...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ « La marchandisation à l’extrême du football met en danger son existence », alerte l’ancienne ministre de la jeunesse et des sports dans une tribune au « Monde ».
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Marie-George Buffet : « Il faut impérativement réguler le football »

« La marchandisation à l’extrême du football met en danger son existence », alerte l’ancienne ministre de la jeunesse et des sports dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    25.06.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 10h05
    |

Marie-George Buffet (Députée de la Seine-Saint-Denis, ancienne ministre de la jeunesse et des sports de 1997 à 2002)







                        



                                


                            
Tribune. Jeudi 14 juin a commencé la Coupe du monde de football. Des millions de personnes vibreront à travers le monde. Tous les quatre ans, c’est le même refrain et les mêmes chants. Des joies simples, de beaux gestes sportifs, le football éternel.
La veille du premier coup de sifflet de cette Coupe du monde, c’est pourtant un autre volet du football qui intéressait les médias. En effet, l’instance de contrôle financier des clubs de l’UEFA rendait sa décision et choisissait de blanchir le PSG après un an de procédure ­concernant son respect, ou non, du fair-play financier. Cette décision, très commentée, illustre la difficulté des autorités footballistiques européennes à faire respecter les règles qu’elles fixent et, surtout, la complexité des structures financières utilisées par les clubs pour brouiller la lecture de leur budget.
Tout le contraste du football peut se résumer à travers ces deux événements concomitants : un sport populaire joué dans le monde entier, vecteur des émotions les plus folles, et, en même temps, le symbole du sport business, aux sommes astronomiques et aux montages financiers complexes. La marchandisation à l’extrême du football met en danger son existence. Les trop grands écarts de budget tuent le suspense et certains achats de joueurs paraissent plus marketing que sportifs.
Je plaide pour que la France soit à l’initiative et devienne le moteur de la régulation sportive au niveau européen
De plus en plus de gens ne se reconnaissent plus dans ce football et c’est pourquoi il faut impérativement le réguler, tout simplement pour qu’il puisse continuer de vivre. Les années 1980 et surtout 1990 ont vu le football changer de modèle. Les clubs sont passés d’une structure de financement reposant majoritairement sur la billetterie, les supporteurs et les sponsors locaux à un modèle reposant sur les droits télévisuels et des sponsors internationaux. L’ancrage régional est moins présent, les grands clubs sont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Dans une tribune au « Monde », des membres du think tank Démocratie vivante estiment que la politique du chef de l’Etat est « progressiste, sociale et européenne ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 24/06/2018
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« Emmanuel Macron n’est pas de droite »

Dans une tribune au « Monde », des membres du think tank Démocratie vivante estiment que la politique du chef de l’Etat est « progressiste, sociale et européenne ».



Le Monde
 |    25.06.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 14h53
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Il est de bon ton, à gauche, de dire que le président de la République aurait été élu sur un programme de gauche et pratiquerait une politique de droite. Notons au préalable que les mesures considérées de droite, comme la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), la « flat tax » de 30 %, l’augmentation de la contribution sociale généralisée (CSG), compensée pour tout le monde à l’exception de 60 % des retraités, ou les ordonnances réformant le code du travail faisaient partie du programme d’Emmanuel Macron. Donc, si sa politique était de droite, cela signifierait qu’il aurait été élu sur un programme de droite.

Si être de droite, c’est accepter l’économie de marché et ne pas être anticapitaliste, alors, oui, Emmanuel Macron est de droite, comme l’étaient François Hollande, Lionel Jospin et Michel Rocard. Mais si être de droite, c’est remettre en cause notre Etat-providence et pratiquer une politique antisociale, alors Emmanuel Macron n’est pas de droite.
Il ne supprime pas 500 000 emplois de fonctionnaires, comme le proposait François Fillon. Il n’augmente pas l’âge de départ à la retraite, alors que M. Fillon proposait de le passer à 65 ans. Il n’augmente pas non plus la TVA pour financer la baisse des cotisations pesant sur le travail, mais la CSG, comme l’avait fait Lionel Jospin. Il consolide l’assurance-chômage dans le cadre de la loi sur l’avenir professionnel. Il organise la prise en charge de 100 % des frais de dentiste ou de lunettes. Il lance un plan de lutte contre la pauvreté…
Non, la suppression de l’ISF n’est pas un cadeau aux très riches
Non, la suppression de l’ISF n’est pas un cadeau aux très riches. L’ISF pesait peu sur les plus grosses fortunes, dont l’essentiel du patrimoine (leur entreprise et les œuvres d’art) était exonéré, alors qu’il imposait en totalité les patrimoines des moins riches.
Et n’oublions pas que l’essentiel des baisses d’impôts va aux classes moyennes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le prix Goncourt 1990 revient sur l’altercation entre le chef de l’Etat et un jeune en marge des commémorations de l’appel du 18-Juin.
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Jean Rouaud : « Très cher Manu... »

Dans une tribune au « Monde », le prix Goncourt 1990 revient sur l’altercation entre le chef de l’Etat et un jeune en marge des commémorations de l’appel du 18-Juin.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 05h00
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 08h47
    |

Jean Rouaud (Ecrivain, Prix Goncourt, 1990)







                        



                                


                            

Tribune. Cher Manu,
Ou plutôt très cher Manu, si on considère la folle montée des enchères qui accompagne votre mandat, au point que le gel des aides personnalisées au logement (APL), après la ristourne de 5 euros, a un côté tirelire en céramique rose comparé aux cadeaux somptueux offerts aux puissants.
En même temps, on a compris que 5 euros, c’était du « pognon » (en gros, l’argent que les enfants économisent pour la fête des mères), et que les cadeaux fiscaux, les dividendes, les salaires pharaoniques, c’est de l’investissement, du ruissellement, comme le bouquet final du feu d’artifice du 14-Juillet, quand des ombelles étincelantes se déversent au-dessus des campeurs ébahis qui resteront un jour de moins, parce que d’année en année le budget vacances est de plus en serré. Du moins pour ceux qui ont encore la chance de partir.

Sémantiquement, « pognon » fait vieux, plus du tout utilisé, mais c’est sans doute voulu, puisque tout est passé au pesoir de votre propagande. Que les aides aux démunis coûtent du blé, une blinde ou un bras, les démunis, ça risquait de leur parler. Ce n’était donc pas à eux que le message s’adressait. En langage crypté, « pognon » vise directement les nantis, qui ont toujours, sémantiquement, un train de retard quand ils se la jouent peuple. Un peu comme ce candidat à la présidentielle qui allait toujours faire ses courses à Prisunic. Et même à « Prisu », s’il s’était vraiment lâché. Ce qui lui a coûté votre place.
Ce sont les mêmes, nantis, vieux et bien-pensants, tous honnêtes gens, c’est-à-dire gens de grands biens, qui, au nom des valeurs (sonnantes et trébuchantes), refusaient jadis catégoriquement toute idée d’impôt sur le revenu, qu’ils considéraient comme un « vol de la propriété » – « le secret des fortunes violé », s’étranglait l’ignoble Thiers –, et qui trouvent aujourd’hui insupportable, inconcevable, inenvisageable, et pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Les chorégraphies de masse sont un classique dans les représentations nord-coréennes. En les photographiant, les journalistes occidentaux qui couvrent le pays ne servent-ils pas sa propagande ?
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Corée du Nord : quand les masses paradent pour Kim

Les chorégraphies de masse sont un classique dans les représentations nord-coréennes. En les photographiant, les journalistes occidentaux qui couvrent le pays ne servent-ils pas sa propagande ?



Le Monde
 |    24.06.2018 à 07h01
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Au premier regard, on pense à un motif de papier peint ou à des pixels agrandis, à une image reproduite par un procédé mécanique. Et puis on s’aperçoit qu’il s’agit de centaines d’êtres humains concentrés sur un espace réduit, bras levés, vêtus pareillement, composant un dessin géométrique dont les lignes bien ordonnées se perpétuent hors du cadre. On comprend qu’il s’agit d’une chorégraphie de masse, destinée à composer une vaste image aux effets cinétiques, visible de loin – depuis des gradins.
Cette photo a été prise par Ed Jones, de l’AFP, en Corée du Nord, le 10 juin, soit deux jours avant que Kim Jong-un et ­Donald Trump signent à Singapour un accord dit « historique ». Que se passait-il ce jour-là, loin des journaux télévisés du monde entier, sous l’arc de triomphe de Pyongyang ? Une répétition pour les Jeux de masse d’Arirang. Cet énorme spectacle à la gloire du régime, avec abondance de tableaux vivants, se déroulera d’août à octobre dans le stade du ­Premier-Mai aux 150 000 places.
« Un concentré du pouvoir étatique »
Ces shows colossaux, basés sur des exercices de gymnastique collective inspirés par les défilés militaires, où la prouesse individuelle est abolie au profit de l’expression collective, sont devenus une des spécialités de la Corée du Nord, après l’avoir été de la plupart des pays communistes et de plusieurs mouvements patriotiques européens de la fin du XIXe siècle – les sociétés de gymnastes pangermanistes des années ­1810-1820, le Turnverein, le mouvement Sokol tchèque, fondé en 1862 pour exalter le sentiment national slave.
Ed Jones, le photographe de l’AFP, reconnaît qu’il s’agit là d’un véritable « cliché » du pays : « Demandez à n’importe qui d’imaginer à quoi ressemble la Corée du Nord. L’image qui vient spontanément à l’esprit est celle d’une parade, avec des milliers de visages et de jambes se mouvant comme un seul homme. » Dans le numéro 10 d’octobre 1966 de la revue Internationale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Les « missions de volontariat » que vendent certaines sociétés sont largement critiquées : la démarche, d’abord commerciale, peut affecter les populations locales.
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Article sélectionné dans La Matinale du 23/06/2018
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« Volontourisme » : le juteux business de l’humanitaire sur catalogue

Les « missions de volontariat » que vendent certaines sociétés sont largement critiquées : la démarche, d’abord commerciale, peut affecter les populations locales.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 08h44
    |

                            Marion Dupont








                        



                                


                            

« Volontariat international. Départ dernière minute accepté. » Les publicités de l’entreprise Projects Abroad sur Internet ont l’apparence et la mélodie des alléchantes offres all inclusive. L’entreprise, qui se définit comme une « organisation », vend, à l’instar des agences de voyages, des séjours clés en main dans des contrées exotiques pour des « missions de volontariat » sans aucun prérequis du côté des bénévoles, pas même la majorité.
Répondant à une forte demande des jeunes Occidentaux pour « partir faire de l’humanitaire » à l’étranger, Projects Abroad est un acteur d’un secteur en pleine expansion depuis les années 1990 dans les pays anglo-saxons : celui du tourisme humanitaire, ou voluntourism ­ (« volontourisme » en français), qui s’implante en France depuis 2006.
De telles entreprises envoient des jeunes Occidentaux à l’étranger dans des structures partenaires locales et, moyennant une coquette somme (en moyenne 2 000 euros la semaine), garantissent leur sécurité, des activités et un encadrement.
« Complexe du sauveur blanc »
Si l’intention des bénévoles est louable, le recours à ce genre d’offres est pourtant largement critiqué. Depuis une dizaine d’années, les associations humanitaires à but non lucratif formulent des inquiétudes.
Elles dénoncent entre autres la monétarisation du bénévolat, le peu d’impact sur les populations locales (les volontaires n’apportant généralement pas de compétences spécifiques et qui s’inscriraient dans un projet de développement à long terme), voire un impact négatif : la pratique d’actes médicaux par des personnes non diplômées, les troubles psychologiques d’orphelins nouant des liens affectifs avec des volontaires aussitôt repartis, et parfois la création pure et simple de faux orphelinats. En ligne de mire, la logique commerciale de ces entreprises : plutôt que de répondre à un réel besoin sur place, elles épouseraient la demande de leurs clients.
Par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ La façon dont François a abordé le scandale de pédophilie qui a touché l’Eglise au Chili évoque la manière pragmatique avec laquelle Léon IX, au XIe siècle, traita la question du commerce des charges ecclésiastique.
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La realpolitique papale ne date pas d’hier

La façon dont François a abordé le scandale de pédophilie qui a touché l’Eglise au Chili évoque la manière pragmatique avec laquelle Léon IX, au XIe siècle, traita la question du commerce des charges ecclésiastique.



Le Monde
 |    24.06.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 08h36
    |

                            Valérie Theis (Historienne)








                        



                                


                            
L’actualité dense de ces dernières semaines a presque fait passer inaperçu un événement pourtant rare dans l’Eglise catholique : la démission, le 18 mai, de tous les évêques chiliens, accusés d’abus sexuels, mais aussi de pouvoir et d’autorité dans un rapport accablant commandé par le pape.
Jusque-là en retrait de ce qu’on aurait pu attendre de lui dans la lutte contre la pédophilie, ce dernier a commencé à agir, mais sa réponse à la démission collective reste très limitée : trois démissions ont été acceptées. Un épisode lointain, appelé « réforme grégorienne », pourrait aider à éclairer cette décision et à replacer dans un temps plus long les problèmes de gestion de la sexualité des clercs – et pas seulement celui de la pédophilie – que l’Eglise doit aujourd’hui affronter.
Simonie et nicolaïsme
Cette réforme, qui tient son nom du pape Grégoire VII (1073-1085), a commencé en fait dès l’époque de Léon IX (1049-1054) qui, lors d’un concile tenu au Latran en 1049, décida d’interdire ce qu’il considérait comme les deux maux principaux de l’Eglise. Le premier, la simonie, était le fait de vendre ou d’acheter des charges ou sacrements ecclésiastiques, et le second, le nicolaïsme, était le mariage ou le concubinage des clercs.
Dans l’Eglise chrétienne, il est en effet interdit de se marier à partir des ordres majeurs, donc dès qu’on est ordonné sous-diacre, mais, jusqu’à cette réforme, l’application de la règle était très inégale. A Byzance, il suffisait même aux prêtres de se marier avant d’être ordonnés sous-diacres pour pouvoir garder leurs épouses. Les deux interdictions de 1049 convergeaient vers un seul objectif, le célibat n’étant qu’un des outils pour y parvenir : il s’agissait de procurer à l’Eglise une autonomie parrapport aux laïcs dont elle n’avait jamais bénéficié. Pour cela, il fallait imposer l’idée que les laïcs et les clercs étaient séparés dans leur mode de vie et que le fonctionnement de l’Eglise devait relever uniquement des seconds.
Dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans sa chronique, Annie Kahn, journaliste au « Monde », montre qu’il est préférable de s’intéresser aux qualités intrinsèques des individus, plutôt que de se focaliser sur leur âge aux dépens des plus expérimentés.
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« Plutôt que de célébrer les millennials, mieux vaut déceler les perennials »

Dans sa chronique, Annie Kahn, journaliste au « Monde », montre qu’il est préférable de s’intéresser aux qualités intrinsèques des individus, plutôt que de se focaliser sur leur âge aux dépens des plus expérimentés.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 15h04
    |

            Annie Kahn








                        



                                


                            
Ma vie en boîte. Cette manie de découper la population en rondelles, en fonction des dates de naissance, aurait-elle du plomb dans l’aile ? Le fait de nommer les générations baby-boomeurs, X, Y/millennials ou Z, et de leur attribuer des caractéristiques spécifiques, est une pratique récente, qui a commencé avec le boom des naissances de l’immédiat après-guerre. Certes, le contexte géopolitique, technologique et économique qui prévaut durant l’enfance, l’adolescence, puis l’âge adulte influe sur les comportements. Ce qui peut expliquer une certaine similitude de goûts, de rapport à l’autorité, de type de consommation au sein d’une classe d’âge.
Mais que pèsent ces prétendues constantes générationnelles vis-à-vis des qualités propres à un individu, indépendamment de sa date de naissance ? Pas grand-chose, estime Gina Pell, cofondatrice et rédactrice en chef du site The What, dans un article publié en octobre 2016, mais chaque année un peu plus d’actualité.
Quel que soit son âge, on peut être curieux de tout, rester au fait des dernières évolutions technologiques, avoir des amis de son âge, mais aussi beaucoup plus jeunes ou beaucoup plus vieux. Etre créatif et entreprenant. En bref, se renouveler chaque année, sans perdre ses qualités, à l’instar des plantes vivaces (perennial, en anglais). Plutôt que de célébrer les millennials, mieux vaut donc déceler les Perennials, estime Gina Pell.
Dans un article à paraître dans la Harvard Business Review, Avivah Wittenberg-Cox, PDG de la société de conseil 20-first, enfonce le clou. « On a longtemps considéré que les sexagénaires et septuagénaires étaient forcément des retraités […], vivant entre eux, adeptes de croisières pour le troisième âge. Alors qu’actuellement ils souhaitent au contraire s’engager pleinement dans cette troisième phase de leur vie. » Tant au plan personnel que professionnel.
Les « dé-retraités » arrivent
Les retraités sont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Le Rijksmuseum d’Amsterdam, le Centre Getty de Los Angeles ou le MET de New York diffusent leurs collections en libre accès sur Internet. Les institutions françaises se montrent réticentes. Certains appellent à un débat national.
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Open access : les musées français à la traîne

Le Rijksmuseum d’Amsterdam, le Centre Getty de Los Angeles ou le MET de New York diffusent leurs collections en libre accès sur Internet. Les institutions françaises se montrent réticentes. Certains appellent à un débat national.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 13h51
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            
Un tabou serait-il en train de tomber ? Mardi 13 mars, Emmanuel Macron reçoit pour déjeuner à l’Elysée les directeurs des grands musées français. Ils sont vingt-six, à qui il demande les points qu’il leur semble essentiel de faire évoluer. Restitution, circulation des œuvres, gratuité…
Quand vient le tour de Jean-Luc Martinez, directeur du ­Louvre, celui-ci soulève une question qui semblait inconcevable il y a peu encore : l’accès aux collections en open data – c’est-à-dire de manière gratuite et immédiate pour tous –, avec la possibilité d’imprimer les images des œuvres, de les reproduire, de les diffuser.
400 000 œuvres en haute définition
C’est ce qu’ont fait le Rijksmuseum à Amsterdam, pionnier en la matière depuis 2010, le Centre Getty à Los Angeles, la National Gallery of Art à Washington ou encore le Metropolitan Museum de New York qui a mis en ligne, en 2017, 400 000 œuvres en haute définition, téléchargeables gratuitement pour peu qu’il n’en soit pas fait d’usage commercial.
« Les travaux de recherche sont impactés par la question des images. Et il y a des domaines qui sont dans un trou noir faute de pouvoir accéder aux œuvres », affirme Martine Denoyelle, conservatrice en chef du patrimoine
Or, dans le monde d’Internet, où le libre accès est devenu l’usage, la France est à la traîne, plaident les partisans de l’open data. « Partout en Europe, il ne se passe pas une semaine sans qu’un musée, une bibliothèque ne s’y mette », affirme Martine Denoyelle, conservatrice en chef du patrimoine, qui, à l’Institut national d’histoire de l’art (INHA), a été chargée par la Fondation de France de préparer pour cet automne un livre blanc sur la question. Voire.
Ne serait-ce que l’Italie ou l’Allemagne ne sont guère plus avancées. Reste que, ici comme là-bas, « les travaux de recherche sont impactés par la question des images. Et il y a des domaines qui sont dans un trou noir faute de pouvoir accéder aux œuvres », affirme-t-elle....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Ce que les économistes sont capables de « voir » ne dépend pas seulement de leurs théories, mais aussi du contexte politique et des données qu’ils ont à leur disposition, explique dans sa chronique l’économiste Beatrice Cherrier.
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Les économistes redécouvrent « les inégalités de revenus et de richesse au sein des pays développés »

Ce que les économistes sont capables de « voir » ne dépend pas seulement de leurs théories, mais aussi du contexte politique et des données qu’ils ont à leur disposition, explique dans sa chronique l’économiste Beatrice Cherrier.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h43
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h47
    |

Beatrice Cherrier (Economiste à l’université de Cergy-Pontoise et à l’Institute for New Economic Thinking)







                        



                                


                            

Recherches. Un procès souvent fait aux économistes est que ceux-ci seraient, jusqu’à ces dernières années, restés aveugles face la montée des inégalités. La faute, dit-on, à leur étroit intérêt pour l’efficacité des politiques économiques plutôt que pour leur équité, et à leurs modèles théoriques dans lesquels tous les agents sont peu ou prou semblables.
Un article du sociologue américain Dan Hirschman (« Rediscovering the 1 % : Economic Expertise and Inequality Knowledge », SocArXiv, 2016) montre pourtant que ce que les économistes sont capables de « voir » ne dépend pas seulement de leurs théories, mais aussi du contexte politique et des données qu’ils ont à leur disposition.
Les chercheurs des années 1940 à 1980 étaient préoccupés par les inégalités, mais pas par les hauts revenus, que les deux guerres mondiales et leurs conséquences avaient sérieusement rabotés. La croissance était élevée – ce sont les « trente glorieuses » – et l’on croit, avec optimisme, que l’enrichissement qui en résulte rendra inutiles pour un temps les politiques de redistribution.
De nouvelles théories
Celles-ci sont, qui plus est, actives à l’époque : des années 1950 aux années 1980, les taux d’imposition sur les tranches les plus élevées avoisinent les 80 % puis les 70 % aux Etats-Unis. Du coup, l’attention des économistes se concentre plutôt sur l’inégalité entre capital et travail.
Qui, des capitalistes ou des travailleurs, récupère la plus grosse partie des fruits de la croissance, se demandent-ils ? Les inégalités entre pays font également l’objet de nombreuses études. La période est à la décolonisation et, en pleine guerre froide, le risque de voir basculer plusieurs pays en développement dans le giron communiste inquiète.
Les chiffres concernant les familles les plus aisées, faciles à identifier, sont supprimés avant toute mise à disposition
Plus encore que les inégalités, c’est la pauvreté absolue...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Spécialistes reconnus de l’œuvre de la philosophe, Robert Chenavier, Olivier Mongin et Jean-Louis Schlegel s’insurgent dans une tribune au « Monde » contre la récupération de l’auteur de « L’Enracinement » par la droite conservatrice et les intellectuels antimodernes.
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« Lisons donc Simone Weil sans la récupérer par de médiocres instrumentalisations ! »

Spécialistes reconnus de l’œuvre de la philosophe, Robert Chenavier, Olivier Mongin et Jean-Louis Schlegel s’insurgent dans une tribune au « Monde » contre la récupération de l’auteur de « L’Enracinement » par la droite conservatrice et les intellectuels antimodernes.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h26
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. La philosophe Simone Weil (1909-1943) serait-elle en passe de devenir la nouvelle muse des politiques conservatrices ? Au service de cette cause est souvent et presque seul cité d’elle, dans les livres et revues qui revendiquent le nouveau conservatisme, son livre posthume publié par Albert Camus en 1949, L’Enracinement (Yann Raison du Cleuziou, « Le renouveau conservateur en France », Esprit, octobre 2017).
Selon Le Monde du 16 février, M. Wauquiez, entre autres, cite volontiers dans ses interventions, outre Marcel Gauchet et Régis Debray, ce livre et son auteure. Dans Le Monde du 5 décembre 2017, Bérénice Levet faisait même de Laurent Wauquiez le « candidat de l’enracinement » ! Dans cette ligne, il emprunterait à la philosophe décédée en 1943 deux de ses thèmes préférés : le patriotisme et l’« identité française ». Cette interprétation est, selon nous, tout à fait abusive.
Quasi blasphématoire
Certes, on ne désavouera pas Levet quand elle résume la position de la philosophe en écrivant que l’« enracinement est inscription […] dans une histoire, dans des histoires même », dans des « communautés d’appartenance qui se conjuguent au pluriel » et sont « dépositaires de récits, de traditions, de significations ».
En coupant les racines, le déracinement provoque en effet la perte des « milieux naturels » – qui sont des milieux de vie pour l’homme et pas seulement des « environnements ». Pour Simone Weil, constituent de tels « milieux naturels » « la patrie, les milieux définis par la langue, par la culture, par un passé historique commun, la profession, la localité… » (Œuvres complètes, Gallimard, t. V, vol. 2, p. 104).

Sauf que L’Enracinement, livre complexe, est aussi une longue dénonciation du fait que la France précisément a, au cours de son histoire, enlevé leur sens aux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ George Orwell, Albert Camus, Simone Weil... Pour « gagner la bataille des idées », les conservateurs n’hésitent plus à piocher chez les penseurs progessistes, détaille Nicolas Truong, chef du service Débats au « Monde ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 23/06/2018
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Comment la droite récupère les intellectuels de gauche

George Orwell, Albert Camus, Simone Weil... Pour « gagner la bataille des idées », les conservateurs n’hésitent plus à piocher chez les penseurs progessistes, détaille Nicolas Truong, chef du service Débats au « Monde ».



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
24.06.2018 à 18h27
    |

Nicolas Truong (chef du service Débats au « Monde »)







                        



                                


                            

Analyse. L’actuelle recomposition du paysage politique français repose sur une ample reconfiguration idéologique. Et c’est l’une des raisons du grand concert de citations actuel. Ainsi voit-on le président du parti Les Républicains (LR) Laurent Wauquiez évoquer, de discours en tribunes, Albert Camus, George Orwell et Simone Weil.
Cette captation des intellectuels de gauche par la droite n’est pas nouvelle. Dès 2007, Nicolas Sarkozy avait ouvert la grande opération de récupération en se présentant comme « l’héritier de Jaurès ». Antonio Gramsci (1891-1937), marxiste et cofondateur du Parti communiste italien, réduit à son combat pour « l’hégémonie culturelle », est, depuis lors, devenu l’une de ses références favorites : « Au fond, j’ai fait mienne l’analyse de Gramsci : le pouvoir se gagne par les idées. C’est la première fois qu’un homme de droite assume cette bataille-là. » Serait-elle en passe d’être gagnée ?
Force est de constater que le tournant identitaire de la droite française s’adosse à une méthodique récupération des grandes figures intellectuelles de la gauche que sont notamment George Orwell, Albert Camus ou Simone Weil. Pour que la captation s’opère, il faut qu’il y ait des passages littéraires à convertir en slogans conservateurs. Intellectuels iconoclastes affranchis des orthodoxies, les auteurs de La Ferme des animaux, de L’Etranger ou de L’Enracinement s’y prêtent à merveille.
Nouveau conservatisme
C’est pourquoi une phrase de Camus (1913-1960), extraite de son discours du 10 décembre 1957 à Stockholm, est devenue la maxime du nouveau conservatisme : « Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu’elle ne le refera pas. Mais sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. » Conclusion : ne cherchons plus à transformer le monde, mais attachons-nous à le préserver....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Pour obtenir l’adhésion des Français, le gouvernement doit se fixer un calendrier précis et organiser un dialogue approfondi, rappelle l’économiste Xavier Chojnicki
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
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Retraites : « Une réforme ambitieuse sur un terrain miné »

Pour obtenir l’adhésion des Français, le gouvernement doit se fixer un calendrier précis et organiser un dialogue approfondi, rappelle l’économiste Xavier Chojnicki



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h51
    |

Xavier Chojnicki (Economiste)







                        



                                


                            

[Alors que le gouvernement vient de lancer sa consultation sur la réforme des retraites, quatre économistes, dont Xavier Chojnicki, analysent la situation.]
Tribune. Avec le lancement de la consultation citoyenne sur la réforme des retraites, le 31 mai, le temps est à présent venu de transformer une belle promesse de campagne électorale – un euro cotisé doit donner les mêmes droits à tous – en une réforme ambitieuse du système de retraite français. Mais que nous promet-on au final ?
L’objectif est clair : il faut rendre plus lisible un système actuellement jugé comme étant très complexe, caractérisé par la coexistence d’une multitude de régimes aux règles de calcul différentes, source dans l’esprit de beaucoup de Français d’un soupçon d’iniquité (pourtant relativement peu fondé), voire même pour les plus jeunes générations d’une perte de confiance dans la capacité du système actuel de leur offrir un jour une retraite décente. Le tout en garantissant de ne toucher ni à l’âge de départ à la retraite, ni au niveau des pensions.
Un beau chantier en perspective. Surtout quand on se remémore les remous qu’ont pu provoquer certaines des précédentes réformes.
En effet, cette réforme est loin d’être la première, mais l’objectif a ici clairement changé. Depuis 1993, plusieurs réformes d’importance variable se sont succédé, venant modifier quelques paramètres clés du système : durée de cotisation, calcul du salaire de référence, indexation des pensions, conditions d’âge sur le départ à la retraite. La finalité était globalement toujours la même : assurer la solvabilité des différents régimes de retraite à long terme.
Harmoniser les règles
Bien que ce problème de solvabilité ne soit pas encore totalement réglé – si l’on en croit les exercices de projection réalisés par le Conseil d’orientation des retraites (COR) – ou tout du moins reste très dépendant de la croissance économique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Obsédé par son défi de « start-up nation », Emmanuel Macron poursuit comme unique objectif de faire baisser la part des retraites dans le PIB, estime l’économiste Jean-Marie Harribey.
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Réforme des retraites : « La volonté cachée du gouvernement est d’éviter un débat sur la répartition des fruits du travail »

Obsédé par son défi de « start-up nation », Emmanuel Macron poursuit comme unique objectif de faire baisser la part des retraites dans le PIB, estime l’économiste Jean-Marie Harribey.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 15h07
    |

                            Jean-Marie Harribey (Membre des Economistes atterrés et coprésident du conseil scientifique d’Attac)








                        



                                


                            

[Alors que le gouvernement vient de lancer sa consultation sur la réforme des retraites, quatre économistes, dont Jean-Marie Harribey, analysent la situation.]
Tribune. Le gouvernement s’apprête à réformer les retraites. Les réformes précédentes n’ont-elles pas atteint leur objectif ? Le cumul des mesures (allongement continu de la durée de cotisation, report à 62 ans de l’âge de départ, calcul des pensions sur la base des 25 meilleures années de salaire, indexation sur les prix et non plus sur les salaires…) a limité le déficit global des caisses de retraites au prix d’une baisse inexorable, à l’avenir, du niveau des pensions.
Le haut-commissaire chargé par le gouvernement de préparer la réforme, Jean-Paul Delevoye, vient d’adresser aux syndicats un document de travail qui montre qu’en croisant les deux critères que sont le niveau relatif des pensions par rapport aux salaires des actifs et la part de solidarité du système, la France est à la meilleure place de tous les pays de l’OCDE. Alors pourquoi cette réforme ?
La réponse est contenue dans les rapports du conseil d’orientation des retraites (COR) de 2017. Le système de retraite représente 14 % du produit intérieur brut annuel. Ce qui est jugé trop élevé. Il faut diminuer cette part au nom de la baisse des dépenses publiques et sociales. Comme les réformes paramétriques précédentes ne sont pas parvenues à réduire cette part, le stratagème consiste à ouvrir une réforme « structurelle ». C’est là que le cynisme confine avec l’absurdité.
Il s’agit de mettre à bas le système actuel de retraite
Puisque les pensions sont désindexées de l’évolution des salaires, plus la croissance économique est forte (et donc, normalement, plus les salaires augmentent), plus les pensions seront déconnectées et représenteront une part plus faible dans le produit intérieur brut (PIB). Ainsi, d’après le COR, si la croissance économique est en moyenne de 1,8 %...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ A l’occasion du lancement de la « consultation citoyenne », dans une tribune au « Monde », treize acteurs de la finance solidaire s’adressent au gouvernement pour que celle-ci ne soit pas la grande oubliée de la réforme à venir des retraites.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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Réforme des retraites : « Pour une généralisation de l’épargne-retraite solidaire »

A l’occasion du lancement de la « consultation citoyenne », dans une tribune au « Monde », treize acteurs de la finance solidaire s’adressent au gouvernement pour que celle-ci ne soit pas la grande oubliée de la réforme à venir des retraites.



Le Monde
 |    23.06.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
23.06.2018 à 11h52
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Le gouvernement a décidé de procéder à une réforme majeure de l’épargne-retraite et d’harmoniser les produits souscrits par les particuliers comme par les entreprises, proposés par un assureur ou par un gestionnaire d’actifs. Si cette réforme tend à mieux protéger l’épargnant, elle ne peut faire l’impasse sur la solidarité, tant dans les régimes de base par répartition, qu’il faut préserver, que dans l’épargne retraite individuelle ou collective.
Il est d’autant plus essentiel d’introduire cette dimension dans la réforme que l’épargne retraite finance à long terme notre économie. Elle doit donc s’appuyer sur un projet de société et sur un projet de développement durable et solidaire.
Les produits d’épargne solidaire offrent aujourd’hui l’occasion de financer des entreprises et associations à forte utilité sociale, qui privilégient la recherche d’un impact social et environnemental positif pour la société à la seule rentabilité financière.

Ces dernières ont adopté des modèles économiques pérennes qui favorisent l’insertion des demandeurs d’emploi souhaitant créer leur activité grâce au microcrédit (ADIE), soutiennent la création d’emplois par les entrepreneurs sociaux (France active), luttent contre le mal-logement des sans-abri ou des plus fragiles (Habitat et Humanisme et Fondation Abbé Pierre), favorisent la transition écologique et énergétique citoyenne (Enercoop) ou le développement économique dans les pays du Sud (SIDI, Oikocredit).
Les pouvoirs publics doivent mieux encourager tous ces acteurs qui jouent un rôle bénéfique mais trop méconnu dans la cohésion sociale et territoriale de notre société et son orientation vers un développement soutenable.
Besoin d’un financement fléché
Les bénéficiaires d’épargne solidaire, qu’il s’agisse de très jeunes entreprises ou de projets matures en phase de changement d’échelle, ont besoin de ce surcroît d’épargne. Sans que ce soit l’intention du gouvernement,...




                        

                        

