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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ L’Italie, qui refuse désormais l’accès de ses ports aux ONG internationales, les a sommées de ne plus intervenir dans le sauvetage de migrants.
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« Aquarius », « Lifeline », « Maersk », « Open Arms », « Seefuchs » : où en sont les navires qui secourent les migrants ?

L’Italie, qui refuse désormais l’accès de ses ports aux ONG internationales, les a sommées de ne plus intervenir dans le sauvetage de migrants.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 17h49
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 18h32
   





                        



   


La confusion règne en mer Méditerranée. Les opérations de secours de plusieurs navires humanitaires ou commerciaux sont en suspens, dans l’attente de solutions. L’Italie, qui refuse, désormais, l’accès de ses ports aux ONG internationales, les a sommées, dimanche 24 juin, de ne plus intervenir dans le sauvetage de migrants et de laisser les garde-côtes libyens se charger de cette tâche.
Le « Lifeline » bloqué avec 234 migrants
Le Lifeline, de l’ONG allemande du même nom, se trouve dans les eaux internationales à environ 30 milles nautiques des côtes maltaises avec 234 migrants qu’il a recueillis mercredi à son bord, dont quatorze femmes et quatre enfants de moins de trois ans, selon le cofondateur de l’ONG, Axel Steier.
Le navire, qui bat pavillon néerlandais, s’est ainsi vu refuser l’autorisation d’accoster dans un port italien par les autorités italiennes qui lui ont demandé de s’adresser à la Libye. Un courriel adressé par le Lifeline aux garde-côtes libyens est resté lettre morte et, selon Axel Steier, il est peu probable qu’ils répondent, dans la mesure où la seule possibilité pour le navire serait de se diriger vers l’île italienne de Lampedusa, au sud de la Sicile.
De son côté, l’Italie accuse l’ONG allemande Mission Lifeline, qui l’a affrété, d’avoir agi en contravention du droit international en prenant à son bord les migrants alors que les garde-côtes libyens étaient en train d’intervenir.

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Le Lifeline, qui a été approvisionné en vivres et en médicaments en provenance de Malte, avait demandé, dans un premier temps, lundi, à être accueilli par la France. La ministre chargée des affaires européennes, Nathalie Loiseau, avait répondu peu après sur France 2, que c’était « à l’Italie » de prendre en charge le Lifeline, une semaine après la polémique sur l’Aquarius, refoulé par l’Italie et, finalement, accepté par l’Espagne.
Dans l’après-midi, M. Steier a dit que le bateau n’avait, finalement, pas l’intention de rejoindre un port français dans l’immédiat. « Nous voulions faire ça initialement, mais à cause des conditions météo, ce n’est pas possible actuellement. (…) Cela ne se passera ni aujourd’hui, ni demain, ni après-demain, car la météo est mauvaise, mais pour la suite, nous maintenons cette option possible », a-t-il ajouté.
Le porte-conteneurs « Maersk » bloqué avec 108 migrants
Selon les gardes-côtes italiens, le porte-conteneurs danois Alexander Maersk se trouve à proximité du port de Pozzallo, sur la côte sud de la Sicile, avec à son bord 108 migrants qu’il a secourus vendredi. « Nous attendons les ordres » pour décider de la suite des opérations, a fait savoir, lundi, un responsable des garde-côtes à Pozzallo.
Le navire avait changé de cap, après avoir reçu un signal de détresse vendredi matin, a précisé Mikkel Elbek Linnet, porte-parole de Maersk Line. Il avait porté secours à 113 migrants, mais cinq d’entre eux, dont quatre enfants et une femme enceinte, ont ensuite été débarqués samedi soir.
La ministre à l’immigration et à l’intégration danoise, Inger Stjøberg, a envoyé une lettre à Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur italien, pour lui demander d’agir afin que ces migrants ne restent pas sur le bateau. Depuis 2015, l’Alexander Maersk a participé à sept opérations de sauvetage et a accueilli des personnes à bord à trois reprises.
L’« Open Arms » empêché de secourir des migrants
Le navire Open Arms de l’ONG espagnole Pro Activa se trouve lui aussi dans les eaux internationales, entre 24 et 30 milles au large des côtes libyennes. L’organisation a affirmé dimanche que l’Italie avait refusé l’aide de son navire pour secourir un millier de migrants à la dérive au large de la Libye, Rome affirmant que les garde-côtes libyens allaient s’en charger.
Sa porte-parole a affirmé que l’ONG avait reçu au cours des dernières heures « sept ou huit » appels à l’aide provenant d’embarcations transportant des migrants et se trouvant au large de la Libye. Toujours, selon Pro Activa, les migrants allaient être renvoyés en Libye.
Le « Seefuchs », bloqué dans un port maltais
Le Seefuchs, de l’ONG allemande Sea-Eye et battant pavillon néerlandais, est amarré dans le port maltais de La Valette où sont en cours des vérifications sur son immatriculation, les autorités néerlandaises ayant affirmé qu’il ne figurait pas dans les registres navals du pays. Cette opération devrait prendre quelques jours.
L’« Aquarius » prêt à reprendre ses opérations de sauvetage
L’Aquarius, navire humanitaire affrété par l’ONG française SOS Méditerranée, se trouve à nouveau dans la zone de secours au large de la Libye, de retour du port de Valence, selon une porte-parole. Le 17 juin, le navire qui avait secouru 630 migrants au large de la Libye, avait accosté dans le port espagnol après les refus de l’Italie et de Malte de l’accueillir, une semaine plus tôt.

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                Au cœur de l’éprouvant périple de l’« Aquarius »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Francis Vallat se félicite que le mini-sommet de Bruxelles de dimanche 24 juin, consacré à l’immigration, ait abouti à une prise de conscience, alors qu’au moins 700 migrants auraient péri en Méditerranée depuis janvier.
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édition abonné


Le président de SOS Méditerranée : « Notre seule exigence, c’est l’humanité et la dignité »

Francis Vallat se félicite que le mini-sommet de Bruxelles de dimanche 24 juin, consacré à l’immigration, ait abouti à une prise de conscience, alors qu’au moins 700 migrants auraient péri en Méditerranée depuis janvier.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 17h29
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 17h41
    |

                            Françoise Joly (TV5 Monde), 
                            Sophie Malibeaux (RFI) et 
Christophe Ayad








                        



                                


                            

Francis Vallat est le président de SOS Méditerranée depuis février 2016. L’ONG française affrète l’Aquarius, le bateau avec 630 migrants à bord repêchés au large de la Libye que le nouveau gouvernement italien a récemment refusé de laisser accoster, déclenchant une crise au niveau européen sur la question migratoire. Le Monde l’a interrogé dimanche 24 juin, dans le cadre de l’émission Internationales, en partenariat avec TV5 Monde et RFI.
Après l’Aquarius, plusieurs autres bateaux de sauvetage sont interdits d’accoster en Italie. Etes-vous en discussion avec les autorités de différents pays pour trouver des solutions de rechange ?
Je suis obligé de rappeler qu’en vertu du droit international, qui exige d’aller dans le port le plus proche, ce doit être à l’Italie, à Malte ou à la Tunisie de les accueillir. Je mets la Libye à part car il n’est pas question pour nous de ramener des rescapés dans cet enfer, où des crimes contre l’humanité sont commis.
Les refus de l’Italie – et de Malte – nous interpellent évidemment car l’Aquarius vient d’arriver sur zone dimanche matin et risque très vite de se trouver avec de nouveaux rescapés à bord. Mais je suis confiant en même temps, car la crise de l’Aquarius – qui nous a dépassés, il faut bien l’avouer – a mis tout le monde devant ses responsabilités. Maintenant, chacun sait qu’il faut trouver des solutions. Et nous parlons avec tout le monde.
Avez-vous été étonné par l’attitude italienne ?
D’abord, il faut rappeler que l’Italie accueille très bien les migrants. Ce n’est pas contre les migrants que les Italiens en ont, mais contre l’Europe, qui les a laissés tomber. Les Italiens ont essayé par tous les moyens d’interpeller l’Europe, sans avoir de réponse. Matteo Salvini [le ministre italien de l’intérieur et chef de la Ligue] a obtenu une chose, c’est que l’Europe s’en préoccupe. Le niveau pertinent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Les armées européennes pourraient mettre en place des plans communs pour gérer les crises comme une catastrophe naturelle ou l’évacuation de civils.
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Neuf pays, dont la France, veulent coordonner leurs opérations militaires

Les armées européennes pourraient mettre en place des plans communs pour gérer les crises comme une catastrophe naturelle ou l’évacuation de civils.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 17h09
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 18h19
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Luxembourg, envoyé spécial)








                        



   


La France a signé avec huit autres pays, à Luxembourg, lundi 25 juin, l’initiative européenne d’intervention (IEI) proposée il y a quelques mois par Emmanuel Macron, désireux de créer, à l’horizon 2024, une Europe « souveraine, stratégique et autonome » dans le domaine de la défense.
L’Allemagne, le Danemark, l’Estonie, l’Espagne, le Portugal, les trois pays du Benelux ont rallié ce projet, ainsi que le Royaume-Uni, ce qui apparaît comme une tentative de préserver des liens de coopération — pas seulement bilatéraux — avec Londres au-delà de l’échéance du Brexit. Le nouveau gouvernement en place à Rome a, en revanche, demandé du temps pour examiner une éventuelle participation de l’Italie. « Une question de méthode plus qu’une objection de fond », dit-on de source française.
L’IEI vise principalement à rapprocher les états-majors des pays « militairement capables » et ayant la volonté d’intervenir ensemble dans « des scénarios variés », résumait lundi la ministre des armées française, Florence Parly, à l’issue d’une réunion avec ses homologues européens. Des scénarios qui ne seraient pas nécessairement de « haute intensité » — à savoir des conflits armés —, mais des situations nécessitant une prise de décision rapide, comme une catastrophe naturelle ou l’évacuation de civils.
La France veut éviter de se retrouver seule au front
Paris insiste, histoire de rassurer certains de ses partenaires et le service diplomatique européen de Federica Mogherini — qui n’a pas assisté à la signature — : le projet sera « complémentaire » de l’Europe de la défense, et non pas en concurrence avec les missions de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC). Chacun sait, toutefois, que le processus qui conduit à la mise en place de celles-ci est complexe et lent à vingt-huit. Avec ses groupes d’intervention, la France espère y remédier, et éviter aussi de se retrouver seule au front, comme cela a été le cas au Mali, en 2013, lors de l’opération « Serval », ou en Centrafrique, de la fin de 2013 à 2016.
Les états-majors des neuf pays signataires se réuniront une première fois en septembre et élaboreront un programme de travail, concernant une planification et des exercices de gestion de « crises potentielles pouvant menacer la sécurité européenne, selon Mme Parly. Par exemple pour préparer l’exfiltration de ressortissants ».
Le nouveau mécanisme se placera, sur insistance de l’Allemagne, dans le cadre de la coopération structurée permanente (CSP, ou Pesco, son acronyme anglais), cet autre projet assimilé à l’ébauche d’une « zone euro de la défense » visant à stimuler la coopération, la planification, le développement technologique, les investissements « intelligents » et les projets industriels en commun.
La CSP était censée rassembler, dans l’esprit de ses promoteurs — et surtout de la France — un nombre restreint de pays désireux d’avancer rapidement. Elle rassemblera finalement vingt-cinq des vingt-huit Etats membres, ce qui pose indubitablement la question de son efficacité, même si tous les signataires ne sont pas censés participer à l’ensemble des projets, dans le domaine opérationnel ou capacitaire.
Le mécanisme de la coopération structurée n’était pas censé préfigurer la naissance d’une « force européenne » — chacun s’obligeant désormais à oublier le terme d’« armée » commune, qui fait figure d’épouvantail. L’« initiative » promue par le président français prolonge toutefois ce projet en prônant une collaboration poussée entre les forces de plusieurs pays.
Relance effective des projets d’Europe de la défense
L’idée de « groupes d’intervention » n’est toutefois pas la première du genre : l’OTAN possède une force de réaction rapide — avec un « fer de lance » de 25 000 hommes — et l’UE a créé il y a une quinzaine d’années les groupements tactiques européens — ou « battle groups », jamais déployés. L’Europe avait — déjà — l’ambition de renforcer ses capacités militaires et de développer l’interopérabilité entre les armées.
Le contexte politique a cependant changé, avec une relance effective des projets d’Europe de la défense et la pression américaine pour une meilleure prise en charge par les Européens de leur propre sécurité. A cet égard, les ministres ont tenté, lundi, de convaincre le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, que leur projet de groupes d’intervention participait au « partage du fardeau » réclamé par l’administration américaine. D’autant, soulignent-ils, qu’elle est couplée à d’autres projets — le fonds européen de défense, la facilité pour la paix, censée œuvrer à la prévention des conflits, ou les projets pour faciliter la mobilité des matériels militaires sur le continent.
La réponse de Jens Stoltenberg ? « Il a reconnu que les initiatives prises par les Européens étaient des contributions réelles, très concrètes », dit Mme Parly. On attend une — éventuelle — confirmation américaine au sommet de l’Alliance atlantique, les 11 et 12 juillet.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Un site d’information italien a repris une fausse information issue des « MacronLeaks » et déjà démentie voilà un an. Mais il n’en fallait pas plus à quelques internautes pour la relayer massivement.
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Macron et Soros : l’extrême droite française s’enflamme pour une intox reprise par la presse italienne

Un site d’information italien a repris une fausse information issue des « MacronLeaks » et déjà démentie voilà un an. Mais il n’en fallait pas plus à quelques internautes pour la relayer massivement.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 16h52
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 17h05
    |

            Samuel Laurent








                        


Non, Georges Soros n’a toujours pas financé la campagne d’Emmanuel Macron. Cette fausse information est apparue en 2017, à quelques jours du premier tour de la présidentielle, dans le cadre des fameux « MacronLeaks », une série de documents issus pour partie du piratage de boîtes mail de responsables du mouvement En marche !.
Ces boîtes mail livraient un certain nombre d’informations sur les coulisses de la campagne. Mais elles ont surtout été l’objet d’un véritable concours de rumeurs et de faux : d’une part les « MacronLeaks » contenaient de faux documents ; et surtout, des militants ont fait circuler des informations prétendument issues de ces fuites, et en réalité totalement fausses.
C’est le cas de la rumeur alléguant que Georges Soros aurait donné 2,3 millions d’euros, de même que David Rothschild ou que la Banque Goldman-Sachs. Cette information était apparue sur les réseaux sociaux à la veille du premier tour en 2017, comme le racontaient déjà à l’époque nos confrères de Libération Désintox. C’et notamment le cas de ce tweet, jamais effacé par son auteur — militant d’extrême droite — et mensonger :

🆘🇫🇷 #France : Résumé global pour le #MacronLeaks 
Les donateurs
Soros: 2,3 mills €
Rothschild: 976k €
— PorteTonAme (@-₽ - 🅣 - 🅐 -)


require(["twitter/widgets"]);

Les « MacronLeaks » ne contiennent aucune trace de ces chiffres. Du reste, il faut rappeler qu’en France, les dons d’entreprise aux partis et aux candidats sont purement et simplement interdits, et les dons individuels, plafonnés à 7 650 euros. Il serait impossible à un donateur de parvenir à financer à hauteur de plusieurs millions une campagne, à moins de recourir à des « astuces », qui risqueraient de poser question ensuite.
Bête noire
L’article italien qui a relancé la polémique ne cite aucun élément nouveau. Assez court, il se contente — derrière son titre racoleur « C’est désormais officiel, il y a Georges Soros […] derrière Macron » — de trois paragraphes. Au début du second paragraphe, l’article précise : « l’authenticité [de ces documents] est toujours douteuse et nous utilisons donc le conditionnel ». 
Mais il n’en fallait pas plus pour enflammer complotistes et militants d’extrême droite qui se déchaînent depuis lundi 25 juin sur ces « nouvelles révélations », voire ce « scoop », dont la presse ne parlerait pas. Autre élément du succès de cette rumeur, le fait qu’elle crée un faux lien avec Georges Soros, milliardaire devenu la bête noire de la droite américaine et des extrêmes droites européennes.

Décodex : nos outils contre les fausses informations
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Le président turc a été réélu dès le premier tour, dimanche 24 juin, remportant plus de 52 % des voix et la majorité absolue avec l’aide de son allié, le MHP, un parti d’extrême droite nationaliste.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Elections en Turquie : ce qu’il faut retenir

Le président turc a été réélu dès le premier tour, dimanche 24 juin, remportant plus de 52 % des voix et la majorité absolue avec l’aide de son allié, le MHP, un parti d’extrême droite nationaliste.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 16h29
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 17h22
   





                        


L’essentiel
Recep Tayyip Erdogan a été réélu président de la Turquie dimanche 24 juin. Il a obtenu, dès le premier tour, la majorité absolue, selon les chiffres communiqués, lundi, par l’agence de presse étatique Anadolu, après le dépouillement de plus de 99 % des urnes.L’AKP, le parti de M. Erdogan, obtient 290 sièges de députés (48,3 %), à l’issue des élections législatives qui avaient lieu également dimanche. Allié dans une coalition au parti nationaliste MHP, l’AKP détient, au final, 339 sièges et la majorité absolue.L’opposition a dénoncé des tentatives de fraude. Mais elle a reconnu sa défaite. « Le jour des élections, les procédures ont été généralement suivies », a déclaré la mission d’observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
 
Les chiffres
52,5 % des voix
Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis quinze ans, a donc été réélu à la présidence de la Turquie dès le premier tour avec 52,5 % des suffrages exprimés. Les autres candidats restent assez loin derrière. Le social-démocrate Muharrem Ince, son principal adversaire, qui portait les couleurs du Parti républicain du peuple (CHP), a obtenu 30,64 % des voix.
La participation s’établit à environ 88 % d’après l’agence de presse étatique Anatolie. Ce qui a conduit M. Erdogan a affirmé que « la Turquie a donné une leçon de démocratie au monde ».
En ce qui concerne les élections législatives, la coalition formée par l’AKP, le parti de M. Erdogan, et le parti ultranationaliste MHP a récolté quelque 53,6 % des voix (le MHP faisant un score de 11 %).
L’alliance anti-Erdogan, formée par plusieurs partis d’opposition pour le volet législatif du scrutin, récolte, lui, 34 %, d’après les résultats partiels, publiés par Anatolie.
Le parti prokurde HDP a, quant à lui, franchi le seuil des 10 % de suffrages permettant à un parti de siéger à l’Assemblée nationale.


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Législatives 2018 en Turquie : l'AKP obtient la majorité absolue avec son allié, le MHP
Nombre de sièges à l'Assemblée nationale turque après les élections législatives du 24 juin 2018.





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La citation
« Le jour des élections, les procédures ont été généralement suivies, même si des mesures légales importantes ont souvent été omises pendant le décompte. »
Le chef de la mission de l’OSCE, Ignacio Sanchez Amor, a mentionné, lundi, des irrégularités « sérieuses », telles que des bulletins non tamponnés, ou pas systématiquement enregistrés lors de leur livraison dans les bureaux de vote.
Dimanche soir, le CHP, qui avait envoyé des représentants dans la plupart des 180 000 bureaux de vote, a dénoncé des tentatives de fraude provenant surtout de la province de Sanliurfa (sud-est du pays) et affirmé que M. Erdogan avait obtenu moins de 50 % des voix, et qu’un second tour était nécessaire – avant de reconnaître sa défaite, lundi.
Le procureur public de Sanliurfa, dont dépend la ville de Suruç, a annoncé avoir ouvert une enquête sur ces accusations et quatre personnes ont été arrêtées, selon l’agence de presse étatique Anatolie.
L’OSCE, qui avait déployé pour les élections des observateurs internationaux, a dénoncé l’absence « d’opportunités égales » pour les candidats, tout en estimant que ceux-ci avaient pu transmettre leur message au public.
Le rapport de l’OSCE et du Conseil de l’Europe met en avant les conditions de campagne inéquitables des différents partis, notamment sur le plan médiatique, le parti au pouvoir et le président sortant bénéficiant d’une couverture « plus favorable » : « Les organes médiatiques, dont l’audiovisuel public, n’ont pas offert aux électeurs des informations équilibrées sur les différents candidats. »
MM. Orban et Poutine félicitent Erdogan
Le président turc a reçu de multiples messages de félicitation à l’occasion de sa réélection, notamment de ses alliés russes et hongrois. Dans un télégramme de félicitations, le président russe, Vladimir Poutine, « a souligné que les résultats de l’élection attestent pleinement de la grande autorité politique de Recep Tayyip Erdogan ». Sa réélection témoigne « du large soutien accordé au cap fixé sous sa direction sur les questions sociales et économiques auxquelles la Turquie est confrontée, et au renforcement de la position du pays en termes de politique étrangère », selon le Kremlin.
Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, a, quant à lui, estimé que « la stabilité de la Turquie est une bonne nouvelle » pour l’Europe. Dans une lettre au président turc, M. Orban affirme que « notre continent est confronté à de sérieux problèmes de sécurité et il est essentiel de les surmonter par une coopération prévisible et efficace avec la Turquie ».



                            


                        

                        


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En Libye, les réseaux de passeurs de migrants s’ajustent à la pression internationale

Le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, est à Tripoli pour tenter de consolider la tendance à la baisse des départs de migrants vers la Sicile.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 15h26
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 17h29
    |

            Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)








                        



                                


                            

Après la pause du ramadan, l’activité des garde-côtes libyens au large du littoral de la Tripolitaine (Ouest) a redoublé d’intensité ces derniers jours. Alors que le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, également vice-premier ministre, est arrivé, lundi 25 juin, à Tripoli pour des entretiens avec les autorités du gouvernement d’« accord national », la marine libyenne faisait savoir qu’elle avait intercepté la veille un millier de migrants à bord d’embarcations en partance pour l’île italienne de Lampedusa.

Cette opération porte le nombre d’interceptions de migrants dans les eaux libyennes à deux mille en dix jours, selon l’Organisation internationale des migrations (OIM). Un tel niveau d’activité est sans précédent depuis le début de l’année. Au total, 9 100 migrants arrêtés en mer auront été reconduits depuis le 1er janvier dans des centres de détention, dénoncés par les organisations de défense des droits humains, comme le champ clos de multiples abus et violences. « Laissez les autorités libyennes faire leur travail (…) sans que les navires des ONG avides les gênent ou causent des troubles », a commenté, dimanche, M. Salvini, en félicitant les garde-côtes de Tripoli.
La meilleure efficacité de la marine libyenne, dont les unités sont de plus en plus financées, équipées et entraînées par l’Union européenne (UE) et l’Italie, se traduit en aval par un tarissement des arrivées en Italie. Du 1er janvier au 20 juin, 16 228 migrants ont débarqué sur la péninsule par voie de mer — en provenance de Libye pour l’essentiel — soit une chute de 78 % par rapport à la période correspondante de 2017, selon l’OIM.

Le programme de soutien aux garde-côtes de Tripoli n’explique pas, à lui seul, un ralentissement aussi brutal des flux migratoires en provenance de Libye. Des accords occultes passés entre Rome et des milices locales — officiellement démentis mais jugés crédibles par de nombreuses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Marie Jégo, correspondante du « Monde » en Turquie, a répondu à vos questions sur la victoire dimanche de Recep Tayyip Erdogan à la présidence du pays.
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« Les relations entre la Turquie et l’Europe resteront difficiles »

Marie Jégo, correspondante du « Monde » en Turquie, a répondu à vos questions sur la victoire dimanche de Recep Tayyip Erdogan à la présidence du pays.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 15h17
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 16h48
    |

            Marie Jégo (Ankara, envoyée spéciale)








                        



   


Au cours d’un tchat, lundi 25 juin, Marie Jégo, correspondante du Monde en Turquie, a répondu aux questions d’internautes sur la réélection, dès le premier tour, de Recep Tayyip Erdogan à la présidence du pays.
Anonyme : Est-ce une victoire écrasante pour Erdogan ? Quid de l’opposant Muharrem Ince — j’avais compris qu’il était un sérieux challenger ?
Marie Jégo : Pas « écrasante », car le score de son parti est inférieur de 7 % à celui des législatives de novembre 2015. Toutefois, c’est une victoire pour Erdogan, qui a su conserver la confiance des électeurs. Il faut y voir l’aboutissement du système qu’il a mis en place ces quinze dernières années, un régime présidentiel personnifié, voire dynastique, le Parti de la justice et du développement (AKP) étant centré désormais sur sa personne.
Muharrem Ince a fait un bon score (31 %), mais il n’a pas été à la hauteur des attentes suscitées par sa campagne. Par ailleurs, Recep Tayyip Erdogan a bénéficié d’une couverture télévisée exclusive (180 heures d’audience contre 37 pour M. Ince) et des ressources de l’Etat.
Manon : Quelles sont les mesures qu’Erdogan est susceptible de prendre en premier, maintenant qu’il détient l’hyperprésidence ?
En premier lieu, il va créer son gouvernement (treize ministres au lieu de vingt-six actuellement). Lui seul choisira ses ministres et ses vice-présidents, le Parlement ne sera pas consulté. La fonction de premier ministre est supprimée. Erdogan va concentrer tous les pouvoirs entre ses mains. Il décidera, comme il l’a répété plusieurs fois pendant sa campagne, de la politique monétaire du pays.
Cette perspective est un chiffon rouge pour les investisseurs. Ils craignent que la banque centrale ne perde son indépendance, et que la politique monétaire non orthodoxe voulue par le numéro un ne plonge le pays plus avant dans la récession. La croissance est là (7,4 % en 2017) mais les déséquilibres budgétaires, l’endettement des entreprises du secteur privé et la dépréciation constante de la monnaie locale, la livre turque, n’incitent pas à l’optimisme. Lundi, la devise s’est appréciée de 2 % par rapport au dollar, mais cette embellie sera de courte durée.

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                Erdogan réélu, les Turcs face à l’« hyperprésidence »



John : Vivant à Istanbul, j’ai pu constater des personnes attendant jusqu’à plus de minuit devant les camions censés transporter les bulletins depuis leur bureau de vote jusqu’à la Cour suprême, pour que ceux-ci ne « disparaissent » pas. Pensez-vous que le nombre de fraudes est « négligeable » ?
Des irrégularités ont été recensées dans la région d’Urfa, non loin de la frontière syrienne. Toutefois, les fraudes n’ont probablement pas été massives, sinon, l’opposition, qui avait de très nombreux observateurs comme vous le soulignez, aurait réagi. Or, elle a accepté les résultats.
[La mission d’observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a souligné, lundi, l’absence « d’opportunités égales » pour les candidats. Elle a estimé que, « le jour des élections, les procédures ont été généralement suivies, même si des mesures légales importantes ont souvent été omises pendant le décompte » des voix. Ainsi, certains bulletins n’étaient pas tamponnés par les comités chargés des bureaux de vote, et les bulletins n’étaient pas systématiquement enregistrés lors de leur livraison dans les bureaux de vote, une irrégularité qualifiée de « sérieuse » dans le rapport.]
Il est intéressant de constater que la désaffection des électeurs, palpable lorsqu’on parle avec eux, y compris ceux qui disaient donner leur voix à M.Erdogan et à l’AKP, s’est exprimée envers le parti (– 7 %) mais pas envers le président. On peut donc en conclure que le système qu’il a créé, celui d’un pouvoir très personnifié, est abouti.
Abouti aussi parce qu’il a mis tous les rouages de l’Etat à son service. Ainsi à Samsun, ville des bords de la mer Noire, on a vu le préfet (kaymakam) tenir le micro du candidat de l’AKP qui faisait campagne pour la députation.
Gabin Bertrand : Le Parti d’action nationaliste (MHP), parti allié à l’AKP, dont une importante partie de la base et des cadres avait rejoint le parti nouvellement créé, Le Bon Parti, de Meral Aksener, obtient un résultat bien plus élevé que les analystes ne le prévoyaient. Est-ce la surprise de ces élections, et comment expliquer les meilleurs résultats du MPH que du Bon Parti ?
Vous avez raison, le bon score du MHP est la surprise de ces élections. Ce parti ultranationaliste, allié à l’AKP, n’a même pas vraiment fait campagne. Son chef, Devlet Bahçeli, n’a pas brillé par ses meetings, alors que Meral Aksener, une dissidente du MHP, qui a fondé Le Bon Parti à l’automne 2017, s’est éreintée à galvaniser les électeurs lors de ses meetings, plutôt bien suivis.
C’est un échec pour Meral Aksener, la « Dame de fer », une ancienne ministre de l’intérieur qui pensait chasser sur les terres de l’électorat nationaliste. Son alliance avec le Parti républicain du peuple (CHP, centre gauche) lui a peut-être coûté des voix. En général, le MHP, chantre de la « turcité », est connu pour ses vues antikurdes.
Comme le CHP a fait des pas vers l’électorat prokurde — Muharrem Ince est allé rendre visite à Selahattin Demirtas, le leadeur kurde emprisonné — et que Meral Aksener, sans trop évoquer le problème kurde pendant ses meetings, a esquissé une ouverture elle aussi en direction des Kurdes, l’électorat nationaliste ne l’a pas suivie. Selon certains analystes, Le Bon Parti a plutôt capté les voix de l’électorat CHP.

        Lire aussi :
         

                Turquie : Muharrem Ince, le principal rival d’Erdogan, reconnaît sa défaite



Hebert : Qu’est-ce que cela va changer pour les Syriens dans l’est de la Turquie ? Et pour les Kurdes en Syrie ?
Le thème des réfugiés syriens était très présent dans la campagne. Les opposants Muharrem Ince et Meral Aksener ont promis de les renvoyer chez eux au plus vite. Ensuite M. Erdogan lui-même a marché sur les traces de l’opposition, disant que les réfugiés finiraient par rentrer. Les Syriens sont considérés comme des « hôtes » par la population turque, pour qui cette notion est sacrée.
Toutefois, il y a une lassitude, car la présence de plus de trois millions de personnes est un fardeau. Les Turcs se plaignent souvent du prix des loyers, en augmentation constante du fait d’une forte demande alimentée par les réfugiés. Ils disent aussi que le prix du travail non qualifié a baissé. L’argent versé par l’Union européenne aux réfugiés avec un système de cartes bancaires fait des envieux.
Philippe : Quelles relations à venir entre la Turquie et l’Europe (et le reste du monde) ?
Elles resteront difficiles. Revigoré par ses pouvoirs élargis, Recep Tayyip Erdogan ne risque pas de mettre fin de sitôt à sa rhétorique agressive envers ses voisins et ses partenaires. Parmi ses électeurs nombreux sont ceux qui disent avoir voté pour lui pour empêcher sa chute, et celle de la Turquie à laquelle il s’identifie, espérée par les Occidentaux.

        Lire aussi :
         

                Kadri Gürsel : « En Turquie, la lame de fond nationaliste ne cesse de prendre de l’ampleur »



Étienne : On parle d’hyperprésident, mais la nouvelle Constitution turque donne-t-elle autant de pouvoirs au président que la Constitution française ?
Bien plus. Avec le nouveau système, plus de premier ministre, le rôle du Parlement est réduit à la portion congrue et l’institution judiciaire est entre les mains du président et de son parti, qui nomment les hauts magistrats. M. Erdogan est le chef de l’Etat, le commandant en chef des armées, le chef de l’exécutif, le président du parti AKP.
Les contre-pouvoirs ne sont plus là. La justice n’est pas indépendante, les médias sont à quatre-vingt-dix pour cent sous la coupe du parti au pouvoir et de son chef.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Dorothée Schmid, spécialiste de la Turquie à l’Institut français des relations internationales à Paris, avertit Turcs et Européens dans une tribune au « Monde » : « La Turquie ne sortira du cycle de violence qui s’est enclenché depuis quelques années que par la violence. »
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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« La Turquie s’isole, et les Européens ne la voient plus telle qu’elle est »

Dorothée Schmid, spécialiste de la Turquie à l’Institut français des relations internationales à Paris, avertit Turcs et Européens dans une tribune au « Monde » : « La Turquie ne sortira du cycle de violence qui s’est enclenché depuis quelques années que par la violence. »



Le Monde
 |    25.06.2018 à 12h05
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 12h45
    |

Dorothée Schmid (Chercheuse à l’IFRI, spécialiste de la Turquie)







                        



                                


                            

Tribune. Dimanche 24 juin, les électeurs se sont une nouvelle fois rendus aux urnes en Turquie pour des élections dominées par le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur). Il s’agissait cette fois de scrutins présidentiel et législatifs combinés, autrement dit une montée en puissance de l’outil électoral utilisé depuis 2002 par Recep Tayyip Erdogan comme le baromètre absolu de sa popularité.
Comme s’il fallait forcer le destin, dramatiser l’enjeu et guider la main des électeurs vers le résultat éternellement souhaité, puisque le baromètre est de toute façon fixé sur « beau temps ». Ainsi, lorsque l’AKP a perdu sa majorité au Parlement, en juin 2015, l’échec des négociations de coalition pour former un gouvernement a permis de rejouer le scrutin en novembre et d’obtenir le score désiré.

Pour la première fois Erdogan avait été mis en danger politiquement, et s’en était sorti de façon formellement légale. Le référendum constitutionnel tenu un an plus tard a donné lieu à de fortes rumeurs de fraudes. Celles-ci étaient jusqu’à présent considérées comme marginales en Turquie. L’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), qui a, avec d’autres organisations, de nouveau envoyé une escouade d’observateurs en Turquie, souligne pourtant désormais régulièrement l’absence d’équité des campagnes et la multiplication des incidents lors des votes.
Toile de fond chaotique
Les mauvaises habitudes sont prises et le climat d’exception actuel ne peut que les renforcer. La Turquie vit sous état d’urgence depuis la tentative de coup d’Etat de juillet 2016, ce qui donne pratiquement tout pouvoir aux autorités pour peser sur la campagne. Le scrutin a été très largement anticipé pour choisir le moment le plus favorable à l’AKP et empêcher une opposition structurellement faible de se mettre en ordre de bataille.
Le contexte intérieur reste extrêmement tendu depuis la tentative...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Le plus sérieux adversaire de Recep Tayyip Erdogan a annoncé « accepter » sa défaite, au lendemain des élections, et exhorté le chef de l’Etat à être le président de « tous » les Turcs.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Turquie : Muharrem Ince, le principal rival d’Erdogan, reconnaît sa défaite

Le plus sérieux adversaire de Recep Tayyip Erdogan a annoncé « accepter » sa défaite, au lendemain des élections, et exhorté le chef de l’Etat à être le président de « tous » les Turcs.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 12h03
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 17h40
   





                        



   


Le principal rival du président turc Recep Tayyip Erdogan aux élections en Turquie, Muharrem Ince, a annoncé lundi 25 juin « accepter » sa défaite, lors d’une conférence de presse à Ankara, appelant M. Erdogan à être « le président de 81 millions de Turcs ».
« Monsieur Erdogan, arrêtez désormais de vous comporter comme le secrétaire général de l’AKP [le parti au pouvoir]. Soyez le président de 81 millions de Turcs. Embrassez tout le monde. »

        Sur les élections de dimanche :
         

          Réélu, Erdogan endosse son nouvel habit d’« hyperprésident »



M. Ince, un député pugnace qui a porté les couleurs du Parti républicain du peuple (CHP), le principal parti d’opposition, à la présidentielle, s’était imposé comme le principal rival de M. Erdogan. Selon l’agence étatique Anatolie, il a récolté près de 31 % des voix, loin derrière le président sortant, qui l’a emporté dès le premier tour.
Critiquant l’entrée en vigueur d’une réforme constitutionnelle voulue par M. Erdogan qui renforce considérablement les pouvoirs du président, M. Ince a estimé que la Turquie était désormais passée sous « un régime autocratique ». S’il a reconnu qu’il s’était fixé l’objectif de « 35 % des voix », il a toutefois souligné que le score réalisé par lui et par son parti était le plus élevé pour le CHP « depuis quarante et un ans ».
Il a par ailleurs estimé qu’il aurait pu pousser M. Erdogan à un second tour « si les autres candidats de l’opposition avaient recueilli plus de voix ».

        Lire aussi :
         

                Turquie : Muharrem Ince, l’espoir des anti-AKP



« Leçon de démocratie » pour Erdogan
Après avoir remporté les élections législatives et présidentielle, M. Erdogan s’est offert, dans les premières heures de lundi, un symbolique discours de victoire depuis le balcon du siège de son parti, l’AKP, à Ankara. « La Turquie a donné une leçon de démocratie au monde », a-t-il clamé devant plusieurs milliers de partisans qui agitaient des drapeaux et scandaient son nom.
M. Erdogan, qui règne sur la Turquie depuis 2003, d’abord comme premier ministre puis, à partir de 2014, comme président, s’est imposé comme le dirigeant turc le plus populaire, mais aussi le plus polarisateur de ces dernières décennies. D’après l’agence de presse étatique Anatolie, qui fait état d’un taux de participation d’environ 88 %, M. Erdogan est arrivé en tête de la présidentielle avec un score de 52,5 %, après dépouillement de plus de 99 % des urnes.
La coalition montée par M. Erdogan pour le volet législatif des élections récolte quelque 53,6 % des voix, selon les résultats partiels annoncés par Anatolie, grâce notamment au score inattendu de son partenaire minoritaire, le parti ultranationaliste MHP (11 %).
Le détail de la répartition des sièges au sein du nouveau Parlement, qui comptera 600 députés au lieu de 550 auparavant, sera le suivant :
290 députés AKP, le parti du président ;49 députés MHP, le parti ultranationaliste ;146 députés CHP, le parti de M. Ince ;47 députés du Bon parti, de l’ancienne ministre de l’intérieur, Meral Aksener ;68 députés HDP, le parti prokurde.
« Election injuste » selon Ince
Les observateurs ont souligné des conditions de campagne très inéquitables avec notamment une couverture médiatique largement favorable au président turc. « Cette élection a été injuste », a déploré M. Ince. Les opposants, qui avaient mobilisé une armée d’observateurs pour surveiller les urnes, ont dénoncé des irrégularités, notamment dans la province de Sanliurfa.
Sur la scène internationale, Vladimir Poutine a félicité M. Erdogan, louant lundi la « grande autorité politique » de son homologue turc. Viktor Orban, le premier ministre conservateur hongrois, a estimé que « la stabilité de la Turquie est une bonne nouvelle pour l’ensemble de l’Europe », tandis que son homologue Bulgare, Boïko Borissov, s’est dit « convaincu que nous travaillerons ensemble pour la consolidation des relations entre nos deux pays dans le domaine de la migration, ainsi que pour la paix et la stabilité dans la région ».
Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, s’est joint aux félicitations, tout en rappelant que « l’OTAN est fondée sur quelques valeurs fondamentales : la démocratie, l’Etat de droit, les libertés individuelles ». « Personnellement, j’attache beaucoup d’importance à ces valeurs et je souligne leur importance dans de nombreuses capitales de l’OTAN, dont Ankara, quand j’y rencontre des dirigeants turcs », a ajouté M. Stoltenberg à Luxembourg.
De son côté, la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini a critiqué lundi les conditions de la campagne électorale, estimant qu’elles n’avaient pas été « équitables ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Rupert Stadler, le patron de la marque du groupe Volkswagen, est en détention depuis dix jours, soupçonné d’être impliqué personnellement dans la manipulation à grande échelle des moteurs diesel d’Audi.
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« Dieselgate » : Audi au cœur du scandale

Rupert Stadler, le patron de la marque du groupe Volkswagen, est en détention depuis dix jours, soupçonné d’être impliqué personnellement dans la manipulation à grande échelle des moteurs diesel d’Audi.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 13h25
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Rupert Stadler est toujours en prison. L’emblématique patron d’Audi, marque du groupe Volkswagen (VW), a dormi une fois de plus derrière les barreaux dimanche soir, après une série de dépositions jugées « insatisfaisantes » par le procureur de Munich. Depuis une semaine, M. Stadler, soupçonné d’être personnellement impliqué dans la manipulation à grande échelle des moteurs diesel d’Audi, est privé de liberté. Il avait été arrêté lundi 14 juin au matin, à son domicile d’Ingolstadt, en Bavière.
Un patron en exercice placé en détention, cela n’était jamais arrivé en Allemagne. Pour le natif de Tittin, dans le canton d’Eichstätt, à quelques kilomètres du siège d’Audi, difficile d’imaginer une fin de carrière plus humiliante. L’enfant chéri de la région est devenu le symbole d’un groupe automobile trop longtemps aveuglé par sa propre puissance.
Selon la presse allemande, le procureur a décidé de placer M. Stadler en détention après que la police judiciaire a surpris une conversation téléphonique où il discute de la possibilité de suspendre un ingénieur. Ce salarié, employé dans la « task force » mise sur pied par Audi pour faire enfin la lumière sur l’ampleur des manipulations au sein du constructeur, avait fait une longue déposition devant les magistrats où il évoquait ses difficultés à interroger certains dirigeants. Les procureurs redoutent désormais le risque de subornation de témoin et de destruction de preuve.
« Mis en danger par les magouilles d’Audi »
Rupert Stadler a jusqu’ici rejeté toutes les accusations qui pèsent contre lui. Audi rappelle qu’il bénéficie de la présomption d’innocence. Mais selon les informations du quotidien Süddeutsche Zeitung du 19 juin, qui cite des sources proches de l’enquête, tout porte à croire qu’Audi a été la cellule de développement de la fraude gigantesque orchestrée au sein du groupe Volkswagen pour contourner les contrôles antipollution. Selon les magistrats, c’est bien chez Audi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Giovanni Tria va rapidement se heurter à la difficile élaboration du budget et aux coûteuses réformes promises par les deux partis au pouvoir, la Ligue et le Mouvement 5 Etoiles.
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En Italie, un ministre des finances sur la ligne de crête

Giovanni Tria va rapidement se heurter à la difficile élaboration du budget et aux coûteuses réformes promises par les deux partis au pouvoir, la Ligue et le Mouvement 5 Etoiles.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 14h13
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Tout ça pour ça ? Des promesses mirobolantes de baisses d’impôts, l’engagement d’abroger la réforme des retraites adoptée en 2011 puis de mettre sur pied un revenu universel, et, au-delà, l’ambition de mettre un terme à la « dictature » de Bruxelles et Berlin… pour finalement nommer un très lisse et consensuel professeur d’université de 69 ans au poste de ministre de l’économie et des finances.
Mardi 19 juin, Giovanni Tria a présenté, avec deux bons mois de retard sur le calendrier prévu, crise postélectorale oblige, le document pluriannuel économique et financier fixant le cadre de l’action budgétaire que le gouvernement entendait mener.

Ce texte, crucial parce qu’il lance un chantier semé d’embûches, celui de l’élaboration du prochain budget, préconise… le respect des engagements européens de l’Italie, une réduction du déficit budgétaire à 0,9 % du PIB en 2019, et même l’équilibre en 2020. Cela revient à dire que la mise en œuvre des engagements pris par les deux forces composant la majorité, la Ligue (droite souverainiste) et le Mouvement 5 étoiles (antisystème) semble remise à des jours meilleurs.
Sa nomination est tout sauf un hasard
Pourtant ce document, qui aurait légitimement pu susciter quelques questionnements, a été adopté par les deux chambres et, dans un parfait unanimisme, par les groupes parlementaires des deux formations au pouvoir.

Dans ce gouvernement italien peu orthodoxe, la présence de Giovanni Tria peut sembler incongrue. En réalité, elle est tout sauf un hasard. D’abord parce qu’elle est le résultat d’un compromis avec le président italien Sergio Mattarella, qui avait refusé le candidat initialement choisi par la coalition, Paolo Savona, considérant que la nomination de cet économiste très antiallemand constituerait un signal désastreux envers les partenaires européens de l’Italie et les marchés financiers.
Ses déclarations ont contribué à faire baisser la tension sur les marchés...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Editorial. Vainqueur de la présidentielle avec 52,5 % des voix, Recep Tayyip Erdogan concentre désormais la totalité du pouvoir exécutif et reste plus que jamais le « reis » de la Turquie.
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Erdogan réélu, les Turcs face à l’« hyperprésidence »

Editorial. Vainqueur de la présidentielle avec 52,5 % des voix, Recep Tayyip Erdogan concentre désormais la totalité du pouvoir exécutif et reste plus que jamais le « reis » de la Turquie.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 11h07
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 14h20
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Recep Tayyip Erdogan a gagné son pari. Sa réélection à la tête de la Turquie, dimanche 24 juin, fait de lui le dirigeant le plus puissant depuis le fondateur de la République, Mustafa Kemal.
Une situation qui tranche avec la manière dont il a été élu. Même s’il a réussi à éviter une mise en ballottage, qui aurait représenté un camouflet politique, sa victoire n’a pas été « une promenade de santé », comme il l’avait lui-même anticipé. La mobilisation de tous les rouages de l’administration, tous les réseaux de l’AKP, le parti islamo-conservateur, devenu un parti-Etat, a permis d’éviter une « mauvaise surprise », alors que les sondages le montraient à la peine face à la percée du candidat de la gauche kémaliste, Muharrem Ince.

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Au pouvoir depuis quinze ans, d’abord comme premier ministre, puis comme président, M. Erdogan remporte 52,5 % des suffrages, un score légèrement supérieur à celui de l’élection présidentielle de 2014 et à celui du référendum d’avril 2017 instaurant un régime présidentiel. Celui-ci avait été marqué par de nombreuses irrégularités dénoncées par les observateurs internationaux.
Une nouvelle fois, ceux-ci ont critiqué l’iniquité de la campagne au cours de laquelle les grands médias, en quasi-totalité contrôlés par le pouvoir, n’ont guère laissé de place à l’opposition, à commencer par Selahattin Demirtas, du parti prokurde HDP, qui a été contraint de mener campagne depuis sa cellule.

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Pour une majorité de Turcs, M. Erdogan reste plus que jamais le « reis », le chef, et nombre d’entre eux approuvent sa dérive autoritaire toujours plus affirmée. Depuis 2002 son parti a gagné toutes les élections, sauf les législatives de juin 2015. D’où son hubris, convaincu qu’il est d’avoir été désigné par Dieu pour remettre la Turquie dans la voie de l’islam et lui rendre sa grandeur passée.
Le chef de l’Etat peut arguer de son bilan. Le PIB par habitant a triplé depuis son arrivée au pouvoir, même si la dette a explosé dans les mêmes proportions. En outre, la Turquie est devenue un acteur majeur sur la scène régionale, malgré son échec syrien, et il joue du nationalisme d’une bonne partie de la population comme de ses nostalgies de grandeur ottomane.
Une alarmante radicalisation de l’électorat
Il incarne un bloc religieux conservateur, sunnite et turc, majoritaire au sein de la population, attisant la haine contre les autres : les laïcs, les alévis, courant hétérodoxe issu du chiisme, et les Kurdes. Ces élections permettent à l’AKP d’asseoir sa majorité à la Chambre, grâce à son allié de l’extrême droite nationaliste, le MHP. Celui-ci réalise le même score qu’en 2015, malgré la scission d’une bonne partie de sa base, qui a rejoint Le Bon Parti. Ce dernier, en séduisant les déçus de l’AKP, illustre une alarmante radicalisation de l’électorat.
Pendant des années, M. Erdogan a représenté à l’extérieur du pays un gage de stabilité. Mais ses volte-face, ses brouilles avec l’Europe et sa fuite en avant dans la répression depuis le coup d’Etat raté de juillet 2016, ne cessent d’inquiéter. La monnaie turque dévisse et le risque de retournement de l’économie ainsi que la grogne sociale ont été des facteurs qui l’ont incité à appeler les Turcs aux urnes un an avant la date prévue.

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Cet obstacle franchi, M. Erdogan devient un « hyperprésident » concentrant la totalité du pouvoir exécutif. Une grande partie de la société civile turque a jusqu’ici su résister avec une grande maturité. Ce renforcement du régime autocratique constitue pour elle un nouveau défi.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Opposés à Merkel sur l’immigration, les conservateurs bavarois se tournent vers l’Autriche.
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En Allemagne, le couple CDU-CSU se fissure

Opposés à Merkel sur l’immigration, les conservateurs bavarois se tournent vers l’Autriche.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 10h54
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Entre Angela Merkel et Sebastian Kurz, Markus Söder a choisi : candidat à sa réélection à l’occasion des élections régionales du 14 octobre, le ministre-président de Bavière ne veut pas que la chancelière allemande s’affiche à ses côtés pendant sa campagne. En revanche, il serait ravi d’accueillir le chancelier autrichien.
Révélée, dimanche 24 juin, par le quotidien Die Welt, cette décision – que M. Söder aurait annoncée récemment à des proches – en dit long sur la gravité de la crise politique qui secoue l’Allemagne. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, jamais un candidat de l’Union chrétienne-sociale (CSU), le parti conservateur bavarois, n’a refusé le soutien de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), présente dans tout le pays sauf en Bavière.

Dans le passé, les relations entre les deux « partis frères » de la droite allemande n’ont pas toujours été harmonieuses. En novembre 1976, après que le couple ait manqué de peu la majorité absolue aux élections législatives, la CSU avait déjà envisagé de quitter le groupe qu’elle formait avec la CDU au Bundestag et de s’implanter partout en Allemagne. Elle avait toutefois vite renoncé, après que la CDU, en guise de représailles, eut menacé de créer sa propre fédération en Bavière.
La crise actuelle est plus grave. Contrairement à ce qui était le cas en 1976, la CDU et la CSU ne sont pas dans l’opposition mais au gouvernement. Les conséquences d’une rupture seraient donc bien plus importantes : sans les 46 députés de la CSU, Mme Merkel n’a plus de majorité pour gouverner. La nature du différend est également différente. En 1976, le facteur personnel était déterminant, et la clé du conflit était avant tout à chercher dans les relations exécrables qu’entretenaient Franz-Josef Strauss, le président de la CSU, et Helmut Kohl, celui de la CDU. Pour Werner Patzelt, professeur de science politique à l’université technique de Dresde, « Aujourd’hui, le désaccord est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Le ministre allemand délégué aux affaires européennes, Michael Roth, dénonce les « provocations » de certains pays, dont l’Italie, dans le débat migratoire.
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Michael Roth : « On ne peut pas travailler en posant des ultimatums »

Le ministre allemand délégué aux affaires européennes, Michael Roth, dénonce les « provocations » de certains pays, dont l’Italie, dans le débat migratoire.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 15h08
    |

            Philippe Ricard








                        



                                


                            

Michael Roth est ministre délégué aux affaires européennes depuis décembre 2013. Il a été confirmé à ce poste dans la coalition composée de la CDU, des Bavarois de la CSU et du SPD, le parti social-démocrate, dont il est membre.

Que pensez-vous de la décision de Matteo Salvini de fermer les ports italiens aux bateaux de secours comme l’« Aquarius » ?
Les Italiens doivent pouvoir compter sur l’Europe. Mais chaque pays doit aussi assumer ses responsabilités humanitaires. La solidarité exigée avec raison par les Italiens doit aller dans les deux sens. Les provocations n’aident pas. Les débats actuels sur les réfugiés sont malheureusement dominés par des discours idéologiques et agressifs qui jouent sur les faiblesses de nos politiques migratoires et d’asile, afin d’alimenter les peurs des gens.
Qu’attendez-vous de l’Union européenne d’ici au prochain Conseil européen les 28 et 29 juin ?
Nous avons déjà beaucoup fait en commun, en particulier en matière de gestion des frontières extérieures et d’aide aux pays de départ et de transit, mais ce n’est pas suffisant. Ce qui manque encore, c’est la juste répartition des demandeurs d’asile. Nous avons besoin d’un accord mutuel car ce n’est qu’ensemble que nous pourrons régler cette question. La renationalisation est une impasse, et nous ne devons pas jouer un Etat contre les autres. N’oublions pas qu’une des raisons pour lesquelles un pays proeuropéen a porté au pouvoir une coalition populiste, c’est que les gens se sont sentis abandonnés par l’Europe sur la question migratoire. Nous devons en faire une priorité. Sinon, le coût politique pour la démocratie européenne sera très élevé.
Croyez-vous qu’un compromis soit possible avec l’Italie ?
Je note que le nouveau gouvernement italien a, au sujet de la répartition des réfugiés, des positions plus proches de celles d’Angela Merkel, en demandant une répartition juste des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ A Volgograd, les habitants sont partagés entre nostalgie de l’URSS et espoirs de transformation.
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Le Mondial sur les ruines de la bataille de Stalingrad

A Volgograd, les habitants sont partagés entre nostalgie de l’URSS et espoirs de transformation.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 10h49
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 13h07
    |

            Adrien Pécout (Volgograd, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Les maillots de football, passe encore. Mais prière d’ôter sa casquette ! A heure fixe, des soldats se relaient devant la flamme éternelle. Touristes qui photographiez en cadence, levez aussi les yeux vers la statue de la Mère Patrie, l’épée en l’air. La sculpture, monumentale, veille sur le mémorial de la colline Mamaïev. Celui des héros de la célèbre bataille de Stalingrad, l’ancien nom de Volgograd.
Quelques marches plus bas, un stade de football tout juste sorti de terre pour la Coupe du monde. Sur les ruines de la seconde guerre mondiale, l’enceinte accueille quatre matchs de la compétition, dont Arabie saoudite-Egypte, lundi 25 juin.
Avant les travaux, les ingénieurs y ont trouvé « sept bombes, qu’ils ont déminées avec succès, et 300 fragments d’équipements militaires », précisent les services de l’administration régionale. Les fouilles ont aussi déterré « les restes de deux soldats de l’Armée rouge ». Leurs corps ont finalement été « enterrés avec les honneurs », sept décennies après ces six mois de combats décisifs qui virent les Soviétiques bouter les forces du IIIe Reich hors de la ville.
Les époques se télescopent
Quai de la 62e-Armée, rue de la Paix, allée des Héros : quatre kilomètres plus loin, la Coupe du monde, ses anglicismes et ses jeunes bénévoles gagnent à présent les artères principales du centre-ville. Une affaire pour les restaurants comme pour les pharmacies, prises d’assaut par les visiteurs cherchant à se protéger des moustiques. Au bout de la promenade, une fan- zone retransmet tous les matchs sur écran géant, l’eau de la Volga en arrière-plan.
Evgeni Rogov, « un enfant de 94 ans », regarde aussi les matchs. Mais chez lui, dans un appartement spacieux. Tout en bas de l’immeuble, une plaque indique qu’ici vit « un vétéran de la grande guerre patriotique, participant de la bataille de Stalingrad, décoré de l’ordre du Drapeau rouge »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Avec 11,62 % des voix, le mouvement HDP parvient à maintenir sa présence au Parlement d’Ankara.
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Elections en Turquie : un succès mais peu d’espoir pour les Kurdes

Avec 11,62 % des voix, le mouvement HDP parvient à maintenir sa présence au Parlement d’Ankara.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 10h50
    |

                            Allan Kaval (Diyarbakir, envoyé spécial)








                        



                                


                            

A Diyarbakir, les partisans du mouvement kurde ont relevé la tête. Crié leur joie. Repris leurs rues. Avec 11,62 % des voix, ils enverront au Parlement d’Ankara 68 parlementaires pour leur formation politique, le Parti démocratique des peuples (HDP). Cela se fête. Sous les détonations assourdissantes des pétards, des feux d’artifice et des tirs de joie, dans les trilles de klaxons lancées le long des avenues, à travers des chants de lutte dont les refrains sont connus de tous, une foule a pris forme pour quelques heures.
Des mères de famille aux voiles fleuris entourées de grappes enfants y croisent une jeunesse élégante et libre. Des bordées d’adolescents sortis de leurs quartiers populaires pris à crier plus fort les uns que les autres croisent en bordées enthousiastes des patriarches en chemisette, yeux plissés et sourires calmes sous leurs moustaches grises. A un croisement, trois vielles dames assises sur un muret entonnent un chant de la guérilla, en s’accompagnant au tambour. On se sourit sans se connaître, en faisant le V de la victoire.

Pourtant, au même moment, Recep Tayyip Erdogan, que nombre d’entre eux ont pris l’habitude de traiter de « dictateur », proclame depuis la capitale sa victoire à l’élection présidentielle. « Peu importe ce qui se passe à Ankara ! Peu importe qu’Erdogan reste au pouvoir ! Ce soir c’est notre victoire ! Le moment de dire qu’on existe », s’exclame Remzi Aydin, 32 ans, assis sur le toit d’une voiture, au milieu d’une foule compacte où l’on répète en chœur des slogans à la gloire du HDP. Et tant pis si Selahattin Demirtas, le candidat du parti à la présidentielle n’a obtenu que 8,3 % des suffrages.
« Cela fait trois ans que nous sommes écrasés par l’Etat. Aujourd’hui, pour la première fois depuis longtemps, on peut fêter quelque chose… », Ihsan Akcan, vendeur de véhicules d’occasion
Le HDP a préservé sa place sur l’échiquier politique turc, où ses représentants pourront continuer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Le chef de l’Etat sortant remporte la présidentielle turque dès le premier tour. Son parti conserve sa majorité parlementaire grâce à l’alliance scellée avec les ultranationalistes.
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Réélu, Erdogan endosse son nouvel habit d’« hyperprésident »

Le chef de l’Etat sortant remporte la présidentielle turque dès le premier tour. Son parti conserve sa majorité parlementaire grâce à l’alliance scellée avec les ultranationalistes.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 10h45
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 12h53
    |

            Marie Jégo (Ankara, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Contre toute attente, celle de l’opposition surtout, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a remporté la présidentielle du dimanche 24 juin avec 52,5 % des suffrages dès le premier tour, contre 31 % pour son principal rival, Muharrem Ince, le candidat du Parti républicain du peuple (CHP, social démocrate). Victoire également aux législatives qui se déroulaient le même jour et qu’il avait convoquées de manière anticipée, comme la présidentielle. Avec 42 % des voix, son Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) n’a pas à lui seul la majorité mais, grâce à l’alliance scellée avec le Parti de l’action nationaliste (MHP, droite nationaliste), lequel obtient 11 % des votes, il va pouvoir continuer à dominer le Parlement.
« Ma nation m’a confié la tâche d’assumer les fonctions présidentielles et exécutives. (…) La Turquie a donné une leçon de démocratie au monde entier. (…) Grâce à vos prières nous avons gagné », s’est félicité le chef de l’Etat depuis son palais de Tarabya sur les bords du Bosphore, à Istanbul. Il a fait ce discours avant d’avoir reçu la confirmation de sa victoire par la Haute Commission électorale. Son allusion à la « leçon de démocratie » allait au taux de participation record, 88 %, enregistré pour le double scrutin de dimanche. Vers 2 heures du matin, l’instance a enfin confirmé la victoire du président sortant, sans dévoiler les résultats officiels qui devaient être livrés lundi dans la journée.

Dès dimanche soir, M. Erdogan a fait le voyage d’Istanbul à Ankara, la capitale, pour prononcer à 3 heures du matin un nouveau discours présidentiel depuis le siège de l’AKP. « J’espère que personne n’essaiera de semer le doute sur les résultats, de nuire à la démocratie pour masquer ses échecs », a-t-il déclaré, certain qu’en le choisissant, les électeurs turcs avaient misé sur « la croissance, le développement, l’investissement ».
Muharrem...




                        

                        


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Kadri Gürsel : « En Turquie, la lame de fond nationaliste ne cesse de prendre de l’ampleur »

En dépit de sa victoire, le pouvoir sans partage d’Ergogan reste rejeté par près d’un Turc sur deux, note l’éditorialiste de « Cumhuriyet ».



Le Monde
 |    25.06.2018 à 10h39
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 10h48
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

Editorialiste de Cumhuriyet, quotidien de centre gauche et une des dernières voix indépendante en Turquie, Kadri Gürsel avait été arrêté en octobre 2016 avec dix autres responsables du journal et condamné à deux ans et demi de prison. Il est l’auteur de Turquie année zéro (Cerf, 2016).
Comment expliquez-vous la réélection de Recep Tayyip Erdogan dès le premier tour, et de la majorité dont disposent son parti et ses alliés à l’Assemblée ?
Le score électoral du Parti de la justice et du développement (AKP), qui avait remporté 49 % des voix aux élections de novembre 2015, est en nette baisse – 42 %, comme l’avaient prévu les sondages – mais la surprise de ce scrutin a été le succès de son allié du Parti d’action nationaliste (MHP), qui pèse 10 % et récupère les voix des déçus du parti du parti au pouvoir depuis 2002. La victoire d’Erdogan s’explique avant tout par cette lame de fond nationaliste qui ne cesse de prendre de l’ampleur. Quelque 70 % des Turcs votent pour un parti nationaliste, ou ultranationaliste, si l’on additionne aux voix de l’AKP et du MHP, celles recueillis par les néonationalistes de Meral Aksener, qui avait fait scission du MHP et rejoint l’opposition.
Quelles en sont les raisons ?
Il y a un aspect paradoxal que l’on ne peut expliquer seulement par le contexte régional et les clivages internes, notamment sur la question kurde, attisés par ­Recep Tayyip Erdogan. Selon toutes les enquêtes, les principales préoccupations des électeurs turcs portent sur la dégradation de l’économie, l’inflation, la montée du chômage, le dévissage de la monnaie et non pas sur les questions sécuritaires. Les résultats d’Erdogan n’en restent pas moins globalement équivalents à ceux de sa première élection à la présidence au suffrage universel en août 2014, et lors du référendum sur le régime présidentiel d’avril 2017. Mais ces élections, ni libres, ni équitables, menées dans un pays...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Le ministre de l’intérieur italien souhaite renforcer le rôle de Tripoli, pays de transit vers les côtes européennes pour des milliers de migrants africains.
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Migrants : l’Italien Salvini favorable à des « centres d’accueil » pour migrants au sud de la Libye

Le ministre de l’intérieur italien souhaite renforcer le rôle de Tripoli, pays de transit vers les côtes européennes pour des milliers de migrants africains.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 10h04
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 16h56
   





                        



   


« Mission Libye, on part ! », a annoncé, lundi 25 juin, le ministre de l’intérieur italien, en postant un « selfie » sur Twitter, juste avant de s’envoler pour évoquer avec les autorités du pays la question des migrants. Depuis Tripoli, Matteo Salvini a déclaré que l’Italie allait proposer l’installation de « centres d’accueil et d’identification » au sud de la Libye lors du sommet de l’Union européenne, jeudi à Bruxelles.
L’ouest de la Libye est actuellement le principal point de départ pour des milliers de migrants fuyant la misère et les conflits et cherchant à se rendre en Europe.
« Nous soutiendrons, d’un commun accord avec les autorités libyennes, la mise en place de centres d’accueil et d’identification [de migrants] au sud de la Libye, à sa frontière externe, pour l’aider autant que l’Italie à bloquer la migration », a déclaré M. Salvini.
Le ministre italien qui s’exprimait au cours d’une conférence de presse au côté du vice-premier ministre libyen du gouvernement d’union nationale (GNA), Ahmed Meitig, n’a pas précisé dans quel pays ces centres devraient être installés.
La France et l’Espagne avaient proposé, samedi, des « centres fermés » sur les côtes européennes, principalement en Italie, pour gérer les migrants arrivant depuis la mer Méditerranée. Mais M. Salvini avait fustigé cette proposition.
« Des hotspots d’accueil en Italie ? Ce serait un problème pour nous et pour la Libye elle-même parce que les flux de la mort ne s’interrompront pas », a écrit M. Salvini sur son compte Twitter après sa rencontre avec le ministre libyen de l’intérieur, Abdessalam Achour.
Sommet sur l’immigration à Tripoli
M. Meitig a, pour sa part, précisé que son pays « refuse catégoriquement l’installation de camps pour migrants en Libye ». Il a affirmé avoir invité les pays européens de la Méditerranée, par le biais de l’Italie, à participer à un sommet sur l’immigration en septembre à Tripoli.
Le ministre italien, premier membre du nouveau gouvernement populiste à se rendre en Libye, a remercié de nouveau les garde-côtes libyens pour leur « excellent effort de sauvetage et de récupération » des migrants en Méditerranée.
« Nous sommes absolument en accord avec votre méthode d’action », a-t-il dit, soulignant la nécessité de « renforcer la souveraineté libyenne sur l’espace (…) maritime ». M. Salvini a, par ailleurs, fustigé « l’invasion de cet espace par des organisations [ONG] qui veulent se substituer aux gouvernements ».
Comme la marine libyenne, le ministre italien critique régulièrement les ONG opérant dans le secours de migrants en Méditerranée, les accusant d’aider les trafiquants. Lors de sa brève visite dans la capitale libyenne, M. Salvini s’est aussi entretenu avec le chef du GNA, Fayez Al-Sarraj.
Selon une source du GNA, les deux hommes ont convenu de « la mise en place d’un plan global pour combattre ce phénomène [d’immigration], tenant compte de ses conséquences sur la sécurité et l’économie ainsi que sur l’aspect humanitaire ».
La question de l’accueil des migrants a été, dimanche, à Bruxelles le sujet d’un mini-sommet destiné à tenter d’apaiser les tensions au sein de l’Union européenne face au défi migratoire et s’est achevée sans avancée concrète.

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Les navires d’ONG empêchés d’accoster

   


Après le drame de l’Aquarius, ce navire affrété par l’ONG française SOS Méditerranée laissé en mer pendant plusieurs jours avec plus de 600 migrants à son bord, avant que l’Espagne n’accepte de les accueillir, Matteo Salvini avait fait savoir que plus aucun navire d’ONG humanitaire ne pourrait accoster en Italie pour y débarquer des migrants recueillis en mer.
« Laissez les autorités libyennes faire leur travail de secours, de récupération et de rapatriement [des migrants] vers leur pays, comme elles l’ont fait depuis quelque temps, sans que les navires des ONG avides ne les gênent ou causent des troubles. »

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« Les ports italiens sont et seront fermés à ceux qui aident les trafiquants d’être humains », a-t-il souligné, alors qu’un navire de l’ONG allemande Mission Lifeline est bloqué au large de Malte avec 239 migrants à son bord, l’Italie puis Malte lui ayant refusé l’accostage, comme ce fut le cas pour l’Aquarius.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Réunis dimanche, les représentants de seize pays européens n’ont pas adopté de conclusion commune, mais ont fait part de discussions « positives ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/06/2018
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Crise des migrants : à Bruxelles, un mini-sommet pour apaiser le débat

Réunis dimanche, les représentants de seize pays européens n’ont pas adopté de conclusion commune, mais ont fait part de discussions « positives ».



Le Monde
 |    25.06.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 11h04
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Pas d’éclats de voix, mais pas véritablement d’avancées. Le mini-sommet sur la migration réclamé par la chancelière allemande, Angela Merkel, et organisé à la va-vite par la Commission européenne, dimanche 24 juin, à Bruxelles, avait un but évident : dépassionner un débat qui tourne désormais à l’hystérie. Les populistes et la droite dure européenne – le ministre de l’intérieur Matteo Salvini depuis Rome, Horst Seehofer, son homologue à Berlin – en ont fait le thème d’une crise politique majeure alors même que les arrivées de migrants économiques ont chuté sous leur niveau de 2014.

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A l’issue d’une discussion de trois heures – c’est bref au regard des critères bruxellois –, Angela Merkel s’est félicitée de la « bonne volonté » et des « positions communes » affichées dimanche soir par ses quinze partenaires européens, chefs d’Etat et de gouvernement. Les membres du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, Slovaquie et République tchèque) et les trois Etats baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie) n’avaient, eux, pas répondu à l’appel de Jean-Claude Juncker, le président de la Commission. Malgré leur absence, aucun consensus n’a pu être trouvé.
« Eliminer des solutions »
A la sortie, le qualificatif le plus entendu pour caractériser le débat était « positif ». Le président français, Emmanuel Macron, se félicitait que la réunion ne se soit pas « focalisée sur un seul aspect » de la migration et ait permis « d’éliminer des solutions non conformes à nos valeurs ». A savoir les propositions avancées début juin par le Danemark et l’Autriche, qui envisageaient la création de « centres » destinés à cloîtrer les déboutés du droit d’asile, voire les naufragés sauvés en Méditerranée, dans des pays proches de l’Union européenne (UE) – ceux des Balkans occidentaux notamment.

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M. Juncker aurait aussi fermement repoussé cette idée, dimanche, même si le premier ministre danois, Lars Lokke Rasmussen, a voulu la détailler tandis que le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, insistait pour que l’agence Frontex puisse débarquer des personnes en dehors de l’UE. « Pas mal de gens soutiennent ce que nous proposons depuis 2015, à savoir que les personnes secourues en mer ne doivent pas être amenées en Europe mais dans des pays en dehors de l’UE », a affirmé M. Kurz à des journalistes autrichiens.

   


Les participants n’ont pas pour autant écarté toute idée de « centres » pour migrants. La France a défendu sa proposition commune avec l’Espagne de « centres fermés » pour le débarquement dans des ports réputés « sûrs », dans ou hors de l’UE. La prise en charge des migrants (traitement des demandes d’asile pour ceux qui peuvent y prétendre, retour vers les pays d’origine pour les autres) y serait gérée d’emblée au niveau européen (par du personnel venu d’autres pays de l’UE).
Réforme des règles européennes de l’asile
Toujours dans la logique de la seule idée vraiment consensuelle dans l’UE – limiter au maximum les arrivées de migrants sur les côtes européennes –, Paris et Berlin ont insisté sur la nécessité de multiplier les « hot spots » – centres d’enregistrement – en Afrique, dans les pays d’origine ou de transit des migrants, sur le modèle de ce qui se fait déjà depuis plusieurs années au Niger. Dans ce pays, les candidats à un voyage vers l’Europe en sont soit dissuadés, soit aidés dans leur démarche d’asile s’ils introduisent une demande.
Enfin, les participants au mini-sommet se sont accordés pour poursuivre les discussions sur la réforme des règles européennes de l’asile – afin de les unifier. Le but fixé est de décrocher un consensus à la fin juillet, sur cinq des sept textes en discussion depuis près de trois ans (renforcement et transformation de Frontex, qui deviendrait une vraie police des frontières, création d’une Agence européenne des migrations, harmonisation des procédures d’asile).
Mais aucun consensus à Vingt-Huit ne semble désormais possible sur les deux lois restantes, en raison du veto, notamment, du gouvernement hongrois. Il s’agit du texte traitant des « mouvements secondaires » de demandeurs d’asile dans l’UE – leur déplacement dans un autre pays que celui qui traite leur dossier – et d’un autre organisant la répartition des réfugiés partout dans l’UE en cas d’afflux majeur.
Des questions demeurent
Le premier ministre italien, Giuseppe Conte, était, pour sa part, arrivé à la réunion avec un plan en dix priorités qu’il a présenté comme « un nouveau paradigme », même s’il reprend des idées anciennes : le renforcement de la coopération avec les pays d’origine ou le financement du Fonds pour l’Afrique (il lui manque actuellement 1,2 milliard d’euros). M. Conte a cependant reçu l’assurance que ses pairs examineraient ses propositions avec bienveillance.

   



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L’absence des pays de l’est de l’UE a évidemment rendu les échanges plus faciles et relancé, chez certains, notamment M. Macron, l’idée de sanctions financières pour ceux qui refuseraient l’impératif de solidarité européenne. A Budapest, le premier ministre hongrois, Viktor Orban, a réagi au quart de tour, refusant que l’octroi des fonds structurels soit lié à l’accueil de migrants.
Ce rendez-vous improvisé aura-t-il calmé les ministres italien et allemand de l’intérieur, qui ont déclenché la crise actuelle ? Le vrai test sera bien en réalité celui du Conseil européen des 28 et 29 juin, au cours duquel les Vingt-Huit sont censés s’entendre – avec Viktor Orban, ainsi que son homologue polonais Mateusz Morawiecki – sur un texte commun… « Attendez-vous à une très longue nuit », prédisait déjà un diplomate.

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Quelle qu’en soit l’issue, la ligne de crête que défendait le président Macron dimanche, la « lutte contre la migration économique » sans « revenir sur nos valeurs », paraît toujours très incertaine, tant le discours populiste gagne aujourd’hui les discussions.
Pour preuve, le document de travail, lu par Le Monde, que la future présidence autrichienne de l’UE entend soumettre aux experts des Vingt-Huit, les 2 et 3 juillet, à Vienne. Par un glissement sémantique alarmant, il propose une criminalisation des personnes qui cherchent à rejoindre l’Europe. Elles sont décrites comme des « smuggled migrants » (littéralement, des migrants liés au trafic des passeurs) et, pour « un grand nombre » comme « des jeunes hommes à peine éduqués ». Sensibles, en outre, « aux idéologies hostiles à la liberté ou plus enclins à devenir des criminels ».

        Lire notre entretien avec Michael Roth :
         

          « On ne peut pas travailler en posant des ultimatums »






                            


                        

                        

