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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ L’Italie, qui refuse désormais l’accès de ses ports aux ONG internationales, les a sommées de ne plus intervenir dans le sauvetage de migrants.
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« Aquarius », « Lifeline », « Maersk », « Open Arms », « Seefuchs » : où en sont les navires qui secourent les migrants ?

L’Italie, qui refuse désormais l’accès de ses ports aux ONG internationales, les a sommées de ne plus intervenir dans le sauvetage de migrants.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 17h49
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 18h32
   





                        



   


La confusion règne en mer Méditerranée. Les opérations de secours de plusieurs navires humanitaires ou commerciaux sont en suspens, dans l’attente de solutions. L’Italie, qui refuse, désormais, l’accès de ses ports aux ONG internationales, les a sommées, dimanche 24 juin, de ne plus intervenir dans le sauvetage de migrants et de laisser les garde-côtes libyens se charger de cette tâche.
Le « Lifeline » bloqué avec 234 migrants
Le Lifeline, de l’ONG allemande du même nom, se trouve dans les eaux internationales à environ 30 milles nautiques des côtes maltaises avec 234 migrants qu’il a recueillis mercredi à son bord, dont quatorze femmes et quatre enfants de moins de trois ans, selon le cofondateur de l’ONG, Axel Steier.
Le navire, qui bat pavillon néerlandais, s’est ainsi vu refuser l’autorisation d’accoster dans un port italien par les autorités italiennes qui lui ont demandé de s’adresser à la Libye. Un courriel adressé par le Lifeline aux garde-côtes libyens est resté lettre morte et, selon Axel Steier, il est peu probable qu’ils répondent, dans la mesure où la seule possibilité pour le navire serait de se diriger vers l’île italienne de Lampedusa, au sud de la Sicile.
De son côté, l’Italie accuse l’ONG allemande Mission Lifeline, qui l’a affrété, d’avoir agi en contravention du droit international en prenant à son bord les migrants alors que les garde-côtes libyens étaient en train d’intervenir.

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Le Lifeline, qui a été approvisionné en vivres et en médicaments en provenance de Malte, avait demandé, dans un premier temps, lundi, à être accueilli par la France. La ministre chargée des affaires européennes, Nathalie Loiseau, avait répondu peu après sur France 2, que c’était « à l’Italie » de prendre en charge le Lifeline, une semaine après la polémique sur l’Aquarius, refoulé par l’Italie et, finalement, accepté par l’Espagne.
Dans l’après-midi, M. Steier a dit que le bateau n’avait, finalement, pas l’intention de rejoindre un port français dans l’immédiat. « Nous voulions faire ça initialement, mais à cause des conditions météo, ce n’est pas possible actuellement. (…) Cela ne se passera ni aujourd’hui, ni demain, ni après-demain, car la météo est mauvaise, mais pour la suite, nous maintenons cette option possible », a-t-il ajouté.
Le porte-conteneurs « Maersk » bloqué avec 108 migrants
Selon les gardes-côtes italiens, le porte-conteneurs danois Alexander Maersk se trouve à proximité du port de Pozzallo, sur la côte sud de la Sicile, avec à son bord 108 migrants qu’il a secourus vendredi. « Nous attendons les ordres » pour décider de la suite des opérations, a fait savoir, lundi, un responsable des garde-côtes à Pozzallo.
Le navire avait changé de cap, après avoir reçu un signal de détresse vendredi matin, a précisé Mikkel Elbek Linnet, porte-parole de Maersk Line. Il avait porté secours à 113 migrants, mais cinq d’entre eux, dont quatre enfants et une femme enceinte, ont ensuite été débarqués samedi soir.
La ministre à l’immigration et à l’intégration danoise, Inger Stjøberg, a envoyé une lettre à Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur italien, pour lui demander d’agir afin que ces migrants ne restent pas sur le bateau. Depuis 2015, l’Alexander Maersk a participé à sept opérations de sauvetage et a accueilli des personnes à bord à trois reprises.
L’« Open Arms » empêché de secourir des migrants
Le navire Open Arms de l’ONG espagnole Pro Activa se trouve lui aussi dans les eaux internationales, entre 24 et 30 milles au large des côtes libyennes. L’organisation a affirmé dimanche que l’Italie avait refusé l’aide de son navire pour secourir un millier de migrants à la dérive au large de la Libye, Rome affirmant que les garde-côtes libyens allaient s’en charger.
Sa porte-parole a affirmé que l’ONG avait reçu au cours des dernières heures « sept ou huit » appels à l’aide provenant d’embarcations transportant des migrants et se trouvant au large de la Libye. Toujours, selon Pro Activa, les migrants allaient être renvoyés en Libye.
Le « Seefuchs », bloqué dans un port maltais
Le Seefuchs, de l’ONG allemande Sea-Eye et battant pavillon néerlandais, est amarré dans le port maltais de La Valette où sont en cours des vérifications sur son immatriculation, les autorités néerlandaises ayant affirmé qu’il ne figurait pas dans les registres navals du pays. Cette opération devrait prendre quelques jours.
L’« Aquarius » prêt à reprendre ses opérations de sauvetage
L’Aquarius, navire humanitaire affrété par l’ONG française SOS Méditerranée, se trouve à nouveau dans la zone de secours au large de la Libye, de retour du port de Valence, selon une porte-parole. Le 17 juin, le navire qui avait secouru 630 migrants au large de la Libye, avait accosté dans le port espagnol après les refus de l’Italie et de Malte de l’accueillir, une semaine plus tôt.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Francis Vallat se félicite que le mini-sommet de Bruxelles de dimanche 24 juin, consacré à l’immigration, ait abouti à une prise de conscience, alors qu’au moins 700 migrants auraient péri en Méditerranée depuis janvier.
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édition abonné


Le président de SOS Méditerranée : « Notre seule exigence, c’est l’humanité et la dignité »

Francis Vallat se félicite que le mini-sommet de Bruxelles de dimanche 24 juin, consacré à l’immigration, ait abouti à une prise de conscience, alors qu’au moins 700 migrants auraient péri en Méditerranée depuis janvier.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 17h29
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 17h41
    |

                            Françoise Joly (TV5 Monde), 
                            Sophie Malibeaux (RFI) et 
Christophe Ayad








                        



                                


                            

Francis Vallat est le président de SOS Méditerranée depuis février 2016. L’ONG française affrète l’Aquarius, le bateau avec 630 migrants à bord repêchés au large de la Libye que le nouveau gouvernement italien a récemment refusé de laisser accoster, déclenchant une crise au niveau européen sur la question migratoire. Le Monde l’a interrogé dimanche 24 juin, dans le cadre de l’émission Internationales, en partenariat avec TV5 Monde et RFI.
Après l’Aquarius, plusieurs autres bateaux de sauvetage sont interdits d’accoster en Italie. Etes-vous en discussion avec les autorités de différents pays pour trouver des solutions de rechange ?
Je suis obligé de rappeler qu’en vertu du droit international, qui exige d’aller dans le port le plus proche, ce doit être à l’Italie, à Malte ou à la Tunisie de les accueillir. Je mets la Libye à part car il n’est pas question pour nous de ramener des rescapés dans cet enfer, où des crimes contre l’humanité sont commis.
Les refus de l’Italie – et de Malte – nous interpellent évidemment car l’Aquarius vient d’arriver sur zone dimanche matin et risque très vite de se trouver avec de nouveaux rescapés à bord. Mais je suis confiant en même temps, car la crise de l’Aquarius – qui nous a dépassés, il faut bien l’avouer – a mis tout le monde devant ses responsabilités. Maintenant, chacun sait qu’il faut trouver des solutions. Et nous parlons avec tout le monde.
Avez-vous été étonné par l’attitude italienne ?
D’abord, il faut rappeler que l’Italie accueille très bien les migrants. Ce n’est pas contre les migrants que les Italiens en ont, mais contre l’Europe, qui les a laissés tomber. Les Italiens ont essayé par tous les moyens d’interpeller l’Europe, sans avoir de réponse. Matteo Salvini [le ministre italien de l’intérieur et chef de la Ligue] a obtenu une chose, c’est que l’Europe s’en préoccupe. Le niveau pertinent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Les armées européennes pourraient mettre en place des plans communs pour gérer les crises comme une catastrophe naturelle ou l’évacuation de civils.
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Neuf pays, dont la France, veulent coordonner leurs opérations militaires

Les armées européennes pourraient mettre en place des plans communs pour gérer les crises comme une catastrophe naturelle ou l’évacuation de civils.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 17h09
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 18h19
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Luxembourg, envoyé spécial)








                        



   


La France a signé avec huit autres pays, à Luxembourg, lundi 25 juin, l’initiative européenne d’intervention (IEI) proposée il y a quelques mois par Emmanuel Macron, désireux de créer, à l’horizon 2024, une Europe « souveraine, stratégique et autonome » dans le domaine de la défense.
L’Allemagne, le Danemark, l’Estonie, l’Espagne, le Portugal, les trois pays du Benelux ont rallié ce projet, ainsi que le Royaume-Uni, ce qui apparaît comme une tentative de préserver des liens de coopération — pas seulement bilatéraux — avec Londres au-delà de l’échéance du Brexit. Le nouveau gouvernement en place à Rome a, en revanche, demandé du temps pour examiner une éventuelle participation de l’Italie. « Une question de méthode plus qu’une objection de fond », dit-on de source française.
L’IEI vise principalement à rapprocher les états-majors des pays « militairement capables » et ayant la volonté d’intervenir ensemble dans « des scénarios variés », résumait lundi la ministre des armées française, Florence Parly, à l’issue d’une réunion avec ses homologues européens. Des scénarios qui ne seraient pas nécessairement de « haute intensité » — à savoir des conflits armés —, mais des situations nécessitant une prise de décision rapide, comme une catastrophe naturelle ou l’évacuation de civils.
La France veut éviter de se retrouver seule au front
Paris insiste, histoire de rassurer certains de ses partenaires et le service diplomatique européen de Federica Mogherini — qui n’a pas assisté à la signature — : le projet sera « complémentaire » de l’Europe de la défense, et non pas en concurrence avec les missions de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC). Chacun sait, toutefois, que le processus qui conduit à la mise en place de celles-ci est complexe et lent à vingt-huit. Avec ses groupes d’intervention, la France espère y remédier, et éviter aussi de se retrouver seule au front, comme cela a été le cas au Mali, en 2013, lors de l’opération « Serval », ou en Centrafrique, de la fin de 2013 à 2016.
Les états-majors des neuf pays signataires se réuniront une première fois en septembre et élaboreront un programme de travail, concernant une planification et des exercices de gestion de « crises potentielles pouvant menacer la sécurité européenne, selon Mme Parly. Par exemple pour préparer l’exfiltration de ressortissants ».
Le nouveau mécanisme se placera, sur insistance de l’Allemagne, dans le cadre de la coopération structurée permanente (CSP, ou Pesco, son acronyme anglais), cet autre projet assimilé à l’ébauche d’une « zone euro de la défense » visant à stimuler la coopération, la planification, le développement technologique, les investissements « intelligents » et les projets industriels en commun.
La CSP était censée rassembler, dans l’esprit de ses promoteurs — et surtout de la France — un nombre restreint de pays désireux d’avancer rapidement. Elle rassemblera finalement vingt-cinq des vingt-huit Etats membres, ce qui pose indubitablement la question de son efficacité, même si tous les signataires ne sont pas censés participer à l’ensemble des projets, dans le domaine opérationnel ou capacitaire.
Le mécanisme de la coopération structurée n’était pas censé préfigurer la naissance d’une « force européenne » — chacun s’obligeant désormais à oublier le terme d’« armée » commune, qui fait figure d’épouvantail. L’« initiative » promue par le président français prolonge toutefois ce projet en prônant une collaboration poussée entre les forces de plusieurs pays.
Relance effective des projets d’Europe de la défense
L’idée de « groupes d’intervention » n’est toutefois pas la première du genre : l’OTAN possède une force de réaction rapide — avec un « fer de lance » de 25 000 hommes — et l’UE a créé il y a une quinzaine d’années les groupements tactiques européens — ou « battle groups », jamais déployés. L’Europe avait — déjà — l’ambition de renforcer ses capacités militaires et de développer l’interopérabilité entre les armées.
Le contexte politique a cependant changé, avec une relance effective des projets d’Europe de la défense et la pression américaine pour une meilleure prise en charge par les Européens de leur propre sécurité. A cet égard, les ministres ont tenté, lundi, de convaincre le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, que leur projet de groupes d’intervention participait au « partage du fardeau » réclamé par l’administration américaine. D’autant, soulignent-ils, qu’elle est couplée à d’autres projets — le fonds européen de défense, la facilité pour la paix, censée œuvrer à la prévention des conflits, ou les projets pour faciliter la mobilité des matériels militaires sur le continent.
La réponse de Jens Stoltenberg ? « Il a reconnu que les initiatives prises par les Européens étaient des contributions réelles, très concrètes », dit Mme Parly. On attend une — éventuelle — confirmation américaine au sommet de l’Alliance atlantique, les 11 et 12 juillet.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Un site d’information italien a repris une fausse information issue des « MacronLeaks » et déjà démentie voilà un an. Mais il n’en fallait pas plus à quelques internautes pour la relayer massivement.
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Macron et Soros : l’extrême droite française s’enflamme pour une intox reprise par la presse italienne

Un site d’information italien a repris une fausse information issue des « MacronLeaks » et déjà démentie voilà un an. Mais il n’en fallait pas plus à quelques internautes pour la relayer massivement.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 16h52
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 17h05
    |

            Samuel Laurent








                        


Non, Georges Soros n’a toujours pas financé la campagne d’Emmanuel Macron. Cette fausse information est apparue en 2017, à quelques jours du premier tour de la présidentielle, dans le cadre des fameux « MacronLeaks », une série de documents issus pour partie du piratage de boîtes mail de responsables du mouvement En marche !.
Ces boîtes mail livraient un certain nombre d’informations sur les coulisses de la campagne. Mais elles ont surtout été l’objet d’un véritable concours de rumeurs et de faux : d’une part les « MacronLeaks » contenaient de faux documents ; et surtout, des militants ont fait circuler des informations prétendument issues de ces fuites, et en réalité totalement fausses.
C’est le cas de la rumeur alléguant que Georges Soros aurait donné 2,3 millions d’euros, de même que David Rothschild ou que la Banque Goldman-Sachs. Cette information était apparue sur les réseaux sociaux à la veille du premier tour en 2017, comme le racontaient déjà à l’époque nos confrères de Libération Désintox. C’et notamment le cas de ce tweet, jamais effacé par son auteur — militant d’extrême droite — et mensonger :

🆘🇫🇷 #France : Résumé global pour le #MacronLeaks 
Les donateurs
Soros: 2,3 mills €
Rothschild: 976k €
— PorteTonAme (@-₽ - 🅣 - 🅐 -)


require(["twitter/widgets"]);

Les « MacronLeaks » ne contiennent aucune trace de ces chiffres. Du reste, il faut rappeler qu’en France, les dons d’entreprise aux partis et aux candidats sont purement et simplement interdits, et les dons individuels, plafonnés à 7 650 euros. Il serait impossible à un donateur de parvenir à financer à hauteur de plusieurs millions une campagne, à moins de recourir à des « astuces », qui risqueraient de poser question ensuite.
Bête noire
L’article italien qui a relancé la polémique ne cite aucun élément nouveau. Assez court, il se contente — derrière son titre racoleur « C’est désormais officiel, il y a Georges Soros […] derrière Macron » — de trois paragraphes. Au début du second paragraphe, l’article précise : « l’authenticité [de ces documents] est toujours douteuse et nous utilisons donc le conditionnel ». 
Mais il n’en fallait pas plus pour enflammer complotistes et militants d’extrême droite qui se déchaînent depuis lundi 25 juin sur ces « nouvelles révélations », voire ce « scoop », dont la presse ne parlerait pas. Autre élément du succès de cette rumeur, le fait qu’elle crée un faux lien avec Georges Soros, milliardaire devenu la bête noire de la droite américaine et des extrêmes droites européennes.

Décodex : nos outils contre les fausses informations
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Le président turc a été réélu dès le premier tour, dimanche 24 juin, remportant plus de 52 % des voix et la majorité absolue avec l’aide de son allié, le MHP, un parti d’extrême droite nationaliste.
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Elections en Turquie : ce qu’il faut retenir

Le président turc a été réélu dès le premier tour, dimanche 24 juin, remportant plus de 52 % des voix et la majorité absolue avec l’aide de son allié, le MHP, un parti d’extrême droite nationaliste.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 16h29
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 17h22
   





                        


L’essentiel
Recep Tayyip Erdogan a été réélu président de la Turquie dimanche 24 juin. Il a obtenu, dès le premier tour, la majorité absolue, selon les chiffres communiqués, lundi, par l’agence de presse étatique Anadolu, après le dépouillement de plus de 99 % des urnes.L’AKP, le parti de M. Erdogan, obtient 290 sièges de députés (48,3 %), à l’issue des élections législatives qui avaient lieu également dimanche. Allié dans une coalition au parti nationaliste MHP, l’AKP détient, au final, 339 sièges et la majorité absolue.L’opposition a dénoncé des tentatives de fraude. Mais elle a reconnu sa défaite. « Le jour des élections, les procédures ont été généralement suivies », a déclaré la mission d’observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
 
Les chiffres
52,5 % des voix
Recep Tayyip Erdogan, au pouvoir depuis quinze ans, a donc été réélu à la présidence de la Turquie dès le premier tour avec 52,5 % des suffrages exprimés. Les autres candidats restent assez loin derrière. Le social-démocrate Muharrem Ince, son principal adversaire, qui portait les couleurs du Parti républicain du peuple (CHP), a obtenu 30,64 % des voix.
La participation s’établit à environ 88 % d’après l’agence de presse étatique Anatolie. Ce qui a conduit M. Erdogan a affirmé que « la Turquie a donné une leçon de démocratie au monde ».
En ce qui concerne les élections législatives, la coalition formée par l’AKP, le parti de M. Erdogan, et le parti ultranationaliste MHP a récolté quelque 53,6 % des voix (le MHP faisant un score de 11 %).
L’alliance anti-Erdogan, formée par plusieurs partis d’opposition pour le volet législatif du scrutin, récolte, lui, 34 %, d’après les résultats partiels, publiés par Anatolie.
Le parti prokurde HDP a, quant à lui, franchi le seuil des 10 % de suffrages permettant à un parti de siéger à l’Assemblée nationale.


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Législatives 2018 en Turquie : l'AKP obtient la majorité absolue avec son allié, le MHP
Nombre de sièges à l'Assemblée nationale turque après les élections législatives du 24 juin 2018.





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La citation
« Le jour des élections, les procédures ont été généralement suivies, même si des mesures légales importantes ont souvent été omises pendant le décompte. »
Le chef de la mission de l’OSCE, Ignacio Sanchez Amor, a mentionné, lundi, des irrégularités « sérieuses », telles que des bulletins non tamponnés, ou pas systématiquement enregistrés lors de leur livraison dans les bureaux de vote.
Dimanche soir, le CHP, qui avait envoyé des représentants dans la plupart des 180 000 bureaux de vote, a dénoncé des tentatives de fraude provenant surtout de la province de Sanliurfa (sud-est du pays) et affirmé que M. Erdogan avait obtenu moins de 50 % des voix, et qu’un second tour était nécessaire – avant de reconnaître sa défaite, lundi.
Le procureur public de Sanliurfa, dont dépend la ville de Suruç, a annoncé avoir ouvert une enquête sur ces accusations et quatre personnes ont été arrêtées, selon l’agence de presse étatique Anatolie.
L’OSCE, qui avait déployé pour les élections des observateurs internationaux, a dénoncé l’absence « d’opportunités égales » pour les candidats, tout en estimant que ceux-ci avaient pu transmettre leur message au public.
Le rapport de l’OSCE et du Conseil de l’Europe met en avant les conditions de campagne inéquitables des différents partis, notamment sur le plan médiatique, le parti au pouvoir et le président sortant bénéficiant d’une couverture « plus favorable » : « Les organes médiatiques, dont l’audiovisuel public, n’ont pas offert aux électeurs des informations équilibrées sur les différents candidats. »
MM. Orban et Poutine félicitent Erdogan
Le président turc a reçu de multiples messages de félicitation à l’occasion de sa réélection, notamment de ses alliés russes et hongrois. Dans un télégramme de félicitations, le président russe, Vladimir Poutine, « a souligné que les résultats de l’élection attestent pleinement de la grande autorité politique de Recep Tayyip Erdogan ». Sa réélection témoigne « du large soutien accordé au cap fixé sous sa direction sur les questions sociales et économiques auxquelles la Turquie est confrontée, et au renforcement de la position du pays en termes de politique étrangère », selon le Kremlin.
Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, a, quant à lui, estimé que « la stabilité de la Turquie est une bonne nouvelle » pour l’Europe. Dans une lettre au président turc, M. Orban affirme que « notre continent est confronté à de sérieux problèmes de sécurité et il est essentiel de les surmonter par une coopération prévisible et efficace avec la Turquie ».



                            


                        

                        


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Chronique

La diplomatie chinoise en Afrique passe aussi par les armes

Le premier Forum sino-africain sur la défense et la sécurité en témoigne : Pékin ne se contente pas d’aider à construire les infrastructures du continent.

Par                                            Sébastien Le Belzic (chroniqueur Le Monde Afrique, Pékin)




LE MONDE
              datetime="2018-06-25T16:27:23+02:00"

        Le 25.06.2018 à 16h27






    
Des casques bleus chinois à Nyala, au Darfour (Soudan), en juillet 2008.
Crédits : STUART PRICE / AFP


Début juin, l’Armée populaire de libération (APL) a confirmé que le premier Forum sino-africain sur la défense et la sécurité se tiendra à Pékin du 26 juin au 10 juillet. Le porte-parole de l’armée, Ren Guoqiang, a expliqué qu’il s’agissait d’« approfondir le partenariat stratégique et de répondre aux besoins de sécurité et de défense de l’Afrique ».
A quelques semaines d’un sommet Chine-Afrique aux accents politiques, en septembre à Pékin, ce forum militaire est une nouvelle preuve de l’engagement multiforme de la République populaire sur le continent. L’heure n’est plus seulement aux engagements financiers : la Chine dessine une stratégie d’influence mondiale dans laquelle l’Afrique est centrale.

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Le premier objectif de ce forum est de mettre en place des mécanismes de coopération et de financement des armées africaines. Il s’agit clairement de former les officiers du continent et d’affirmer une image de puissance mondiale. Pékin va ainsi ouvrir les portes de ses commandements terre-mer-air aux Africains, promouvoir ses armements et montrer ses muscles.
« Pour accroître son influence dans le domaine militaire, Pékin organise des formations pour les officiers africains qui peuvent suivre des cursus en Chine, en français ou en anglais. Le coût est pris en charge par Pékin. Cela permet de tisser un réseau parmi les futures élites africaines », rappelle le colonel Jérôme Pellistrandi, rédacteur en chef de la Revue défense nationale.
Une version bon marché de l’AK-47
Autre aspect de cette coopération militaire, la vente d’armes chinoises. Que ce soit en République démocratique du Congo (RDC), au Soudan ou en Centrafrique, on ne voit plus de conflit en Afrique sans armes chinoises, dont le rustique et bon marché fusil Type 56, version chinoise de l’AK-47. Depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping, en 2013, les ventes d’armes chinoises à l’Afrique ont ainsi augmenté de 55 %, selon un rapport du Stockholm International Peace Research Institute (Sipri).
« La vente récente de blindés au Sénégal a montré que Pékin devenait un concurrent sérieux, analyse le colonel Pellistrandi. Pékin ne met pas de condition politique aux ventes, alors que les pays occidentaux doivent prendre en compte une opinion publique sensible aux droits humains et donc obligeant à ne pas fournir certains Etats peu démocratiques. Pékin ne veut pas s’immiscer dans les affaires intérieures et se trouve ainsi récompensé. »

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La Centrafrique a ainsi commandé au groupe étatique chinois Poly Technologies des véhicules blindés, mitrailleuses, grenades et autres armements, mais la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis s’y sont opposés. Si Bangui affirme avoir besoin d’armements, c’est l’usage qui peut être fait de ces armes qui inquiète ces pays. C’est aussi le reflet d’une défiance grandissante des Occidentaux envers la Chine.
Pékin a ouvert sa première base militaire en Afrique en 2017, à Djibouti. Sur place, la cohabitation avec les troupes françaises et surtout américaines semble compliquée, comme l’indiquent les accusations de Washington selon lesquelles des lasers chinois auraient aveuglé des pilotes de l’US Air Force lors de manœuvres militaires en mai. La Chine maintient que cette base de Djibouti sert d’appui logistique et n’héberge que 240 militaires, alors que certaines sources en évoquent beaucoup plus.
Projets civils, ambitions militaires
A observer l’histoire récente, cette montée en puissance de l’armée chinoise sur le continent n’est guère une surprise. Une première commission de l’APL a été mise en place dès 1998 pour définir cette stratégie militaire. La même année, un « livre blanc » a été publié par le Conseil des affaires d’Etat, qui recommandait d’accroître les ventes d’armes et les formations militaires aux pays africains. Et en juillet 1999, une nouvelle organisation des services secrets a été mise en place, avec l’ouverture de cinq bureaux régionaux du Guoanbu, le ministère de la sécurité d’Etat, en Egypte, au Soudan, au Nigeria, en Angola et en Afrique du Sud.
Les grandes entreprises d’Etat, comme les pétroliers CNPC et Cnooc ou le transporteur maritime Cosco, sont également mises à contribution pour faire notamment du renseignement, dessinant une nouvelle stratégie globale d’influence. En 2015, le principe « civil puis militaire » a été mis en avant par l’Université des relations internationales, antichambre des services secrets. L’idée étant de construire des ports à l’étranger qui auront d’abord un rôle commercial puis pourront éventuellement servir à des fins militaires.

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Cette stratégie est à l’œuvre aujourd’hui avec les nouvelles « routes de la soie ». C’est d’ailleurs le Guoanbu qui a obtenu de l’Etat la sécurisation des chantiers de ce gigantesque programme d’infrastructures estimé à 1 000 milliards de dollars (plus de 850 milliards d’euros). Depuis son lancement il y a cinq ans, 34 milliards de dollars ont déjà été débloqués, notamment en Afrique, mais la protection de ces programmes est un véritable casse-tête. Le forum de Pékin sera l’occasion de passer en revue cette articulation entre projets civils et ambitions militaires.
« La France doit être vigilante face à un concurrent redoutable qui peut financer ses projets militaires et répondre aux attentes de certains leaders africains, avertit le colonel Pellistrandi. L’influence de Pékin est en train de grandir, à travers un réseau d’affidés qui soutiendront les positions chinoises sur la scène internationale. »
Sous la bannière des Nations unies
Le dernier point concerne l’engagement chinois dans des actions multilatérales. Si la Chine soutient du bout des lèvres le G5 Sahel sans y contribuer directement, elle s’engage en revanche sous la bannière de l’ONU, devenant même le premier contributeur de casques bleus parmi les membres permanents du Conseil de sécurité. Une force de 8 000 hommes est en attente, prête à intervenir sous mandat de l’ONU, et les premiers hélicoptères chinois, quatre Mi-171, ont été déployés au Soudan du Sud. Pékin a également offert une aide militaire de 100 millions de dollars à l’Union africaine.
« Cette participation permet de montrer que la Chine assume ses responsabilités internationales sous mandat de l’ONU, conclut le colonel Pellistrandi. Ce type d’opérations donne une bonne image de marque sans risque excessif. Il ne faut pas oublier que Pékin a peu d’expérience récente de la guerre et doit faire un apprentissage opérationnel. »


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ L’armée régulière s’apprête à donner l’assaut contre la province de Deraa, après la volte-face américaine interprétée comme un feu vert tacite à Moscou et à Damas.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Washington ne défendra pas les rebelles du Sud syrien face au régime Assad

L’armée régulière s’apprête à donner l’assaut contre la province de Deraa, après la volte-face américaine interprétée comme un feu vert tacite à Moscou et à Damas.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 15h58
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 17h16
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            

Il n’aura pas fallu dix jours aux Etats-Unis pour opérer un virage à 180 degrés sur la question du bastion rebelle de Deraa, dans le sud de la Syrie. Samedi 23 juin, Washington a notifié aux groupes armés de cette région, où l’armée syrienne s’apprête à donner l’assaut, qu’ils ne devaient pas s’attendre à un soutien militaire américain. Le 14 juin, pourtant, le département d’Etat avait menacé Damas de « mesures fermes et appropriées » en cas de violation de l’accord de « désescalade », conclu en juillet 2017, entre la Russie, la Jordanie et les Etats-Unis.
Cette volte-face, qui équivaut à un feu vert tacite de Washington à Moscou et à son allié syrien pour attaquer la province de Deraa, n’a pas échappé au Kremlin. Dans la soirée de samedi, en l’espace de vingt minutes, l’aviation russe, absente de la région depuis douze mois, a tiré une vingtaine de missiles contre des villages du nord de Deraa. Selon des sources pro-opposition, ces frappes n’ont pas fait de victimes, la plupart des habitants de ces localités ayant fui leur domicile ces dernières semaines, à mesure que le danger se rapprochait.
« Les Américains sont malades, fulmine Maan Abdul Salam, le coordinateur politique du Front du Sud, le « label » dont se revendiquent les insurgés de Deraa et de la région voisine de Kuneitra, plus à l’ouest. Ils disent une chose en public et, en privé, ils disent le contraire. C’est tellement puéril. Les rebelles vont à la mort. Que les Américains l’assument à haute voix, au lieu de prétendre qu’ils les protègent ! » 
« A vous de vous décider »
C’est par une note de l’ambassade des Etats-Unis à Amman que les commandants du Front du Sud ont compris qu’ils ne pourront compter que sur eux-mêmes face à l’aviation russe et aux troupes progouvernementales. « Vous ne devez pas fonder vos décisions sur l’hypothèse ou sur l’attente d’une intervention militaire américaine », prévient le message, révélé par Sam Heller,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Un ex-aviateur ayant participé à l’opération conteste son caractère strictement humanitaire dès le départ. Il s’agit du deuxième militaire français à relancer le débat, après la parution du livre de l’ex-officier Guillaume Ancel.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤         

Compte rendu

Rwanda : nouveau témoignage d’un ex-militaire contestant le caractère purement humanitaire de « Turquoise »

Un ex-aviateur ayant participé à l’opération conteste son caractère strictement humanitaire dès le départ. Il s’agit du deuxième militaire français à relancer le débat, après la parution du livre de l’ex-officier Guillaume Ancel.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 25.06.2018 à 15h32

     •
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        Mis à jour le 25.06.2018 à 15h53






    
Des réfugiés hutu saluent les officiers de marines français arrivant dans un camp, le 3 juillet 1994.
Crédits : HOCINE ZAOURAR / AFP


C’est le deuxième militaire français ayant participé à l’opération « Turquoise » en juin 1994 au Rwanda à relancer le débat. Un ex-aviateur français ayant pris part à l’opération militaro-humanitaire lancée le 22 juin 1994 sous mandat de l’Organisation des nations unies (ONU) pour tenter de mettre fin aux massacres conteste son caractère strictement humanitaire dès le départ. Il affirme que les militaires français étaient préparés à « frapper » les troupes du Front patriotique rwandais (FPR), dans un entretien lundi 25 juin au journal La Croix.
L’homme, qui a souhaité garder l’anonymat, a fait toute sa carrière dans l’armée de l’air, selon La Croix. Il s’agit du deuxième militaire français à relancer le débat, après la parution du livre Rwanda, la fin du silence, de l’ex-officier Guillaume Ancel.

        Lire notre enquête :
         

          Les secrets de la France au Rwanda : les révélations d’un officier français



Paul Kagame, le président rwandais, qui dirigeait le FPR, qui a pris le pouvoir à Kigali quelques jours avant la fin du génocide (perpétré d’avril à juillet 1994), accuse les autorités françaises d’avoir soutenu le pouvoir hutu et d’avoir été ainsi un acteur des tueries qui ont fait, selon l’ONU, quelque 800 000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsi. Paris a toujours démenti toute implication dans les massacres.
« [Ancel] n’est pas un affabulateur »
M. Ancel assure que les troupes envoyées par Paris avaient pour mission de « stopper le FPR, donc [d’]empêcher la victoire de ceux qui combattaient les génocidaires ». « Il [Ancel] n’est pas un affabulateur pour ce que j’ai vu de “Turquoise”. C’est pourquoi il m’est apparu juste d’apporter mon témoignage », déclare l’ex-aviateur français.
Prépositionné dans une base française en Afrique, il débarque à Kisangani (en République démocratique du Congo voisine) avec les premiers éléments de la chasse française, selon ses propos rapportés par La Croix.
Interrogé pour savoir s’il y avait eu, à sa connaissance, une directive pour intervenir à Kigali, il répond :
« Non. Mais pour nous, nous étions là pour faire la guerre. Nous étions sur le point de frapper les rebelles [troupes du FPR] (…) L’armement qui arrivait sur la base nous confortait dans cette perspective. »
Selon lui, les équipages sont convoqués à la nuit tombée le 30 juin 1994. « Vous allez intervenir au petit matin pour “bloquer” les rebelles, car la tension monte sur le terrain », leur dit-on, rapporte La Croix.
Le 1er juillet, « les deux premiers Jaguar décollent pour la zone de conflit, “canons armés” (…) ils s’étaient envolés pour faire leur métier : appuyer nos troupes au sol en frappant les rebelles », dit l’ex-aviateur, qui ajoute que, finalement, l’autorisation « n’a pas été donnée ». « La mission est annulée et les Jaguar rentrent à leur base. »
Pour l’ex-militaire, cette action est apparue au dernier moment aux yeux des décideurs comme contrevenant au mandat donné par les Nations unies à « Turquoise ».
Une « ineptie » pour le général Jean-Claude Lafourcade
Réagissant dans La Croix, le général français Jean-Claude Lafourcade, alors commandant de l’opération « Turquoise », qualifie d’« ineptie » ce nouveau témoignage et celui de Guillaume Ancel, affirmant que ce dernier « ne s’appuie que sur ses propres déclarations, non sur des documents, des ordres, des preuves matérielles ».
« Nous ne nous sommes pas engagés en juin dans l’optique de stopper le FPR et de rétablir le gouvernement provisoire à Kigali, comme il l’affirme. La bascule entre la mission offensive et la mission humanitaire qui aurait eu lieu sur ordre de l’Elysée, le 1er juillet, n’existe que dans son imagination », ajoute-t-il.
Selon le général, à la mi-juin, « les militaires ont échafaudé des hypothèses. (…) Elles ont été soumises à l’exécutif » français, qui a « décidé de ne pas se lancer dans une offensive mais de prendre position » en République démocratique du Congo « pour aller, en toute neutralité, le moins possible à l’intérieur du Rwanda ».
Interrogé pour savoir s’il était informé dès le début de l’opération « Turquoise », à la fin de juin, que le gouvernement intérimaire rwandais (GIR) était génocidaire, le général réplique : « Non, je ne le sais pas (…) Quand j’interviens, je sais qu’un génocide est en cours, mais je ne sais pas qui, du GIR, des unités des FAR [Forces armées rwandaises] et des miliciens, le commet. »
« Avant de partir, on aurait peut-être dû nous dire : “Attention, c’est un gouvernement génocidaire !” Mais personne ne nous l’a dit. Ni l’ONU ni la communauté internationale. »


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Pas la moindre mauvaise nouvelle qui puisse tempérer l’enthousiasme des opérateurs, observe le correspondant du « Monde » à New York. Mais la prudence s’impose : l’endettement des entreprises privées non bancaires atteint 11 000 milliards et leur taux d’endettement a augmenté de 30 % depuis la crise financière de 2007.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Etats-Unis : « Cherche mauvaise nouvelle désespérément »

Pas la moindre mauvaise nouvelle qui puisse tempérer l’enthousiasme des opérateurs, observe le correspondant du « Monde » à New York. Mais la prudence s’impose : l’endettement des entreprises privées non bancaires atteint 11 000 milliards et leur taux d’endettement a augmenté de 30 % depuis la crise financière de 2007.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 15h32
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Marchés. Tout va très bien. Tout va très bien… madame la Marquise, serait-on tenté d’ajouter. Pour se couvrir, se protéger de ne pas avoir vu venir la tempête. Car aux Etats-Unis, le ciel est d’airain. Pas la moindre mauvaise nouvelle qui puisse tempérer l’enthousiasme des opérateurs.
La croissance va bon train, le chômage est au plus bas depuis le tournant du siècle et pourrait même tomber à 3,6 %. Et on ne peut pas accuser la Bourse de folie : les marchés se sont stabilisés depuis la mini-correction de janvier, tandis que la Réserve fédérale normalise sa politique en réduisant la taille de son bilan et en remontant progressivement ses taux.
Sous l’ère Trump, on prétend avoir aboli les crises économiques et avoir inventé la croissance éternelle, comme on croyait avoir atteint la fin de l’histoire et la paix perpétuelle après la chute du mur de Berlin. On sait qu’il n’en est rien, mais l’affaire est délicate à démontrer tant le président de la Réserve fédérale Jay Powell, qui donne le la à Wall Street, s’est montré optimiste. Pas de bulle financière chez les particuliers. Les banques ? Elles sont capables de résister à une crise comparable à celle de 2008. La guerre commerciale : zéro trace dans les chiffres. L’inflation : nous voilà revenus à la normale.
Les Cassandre avec Patrick Artus
Cherche mauvaise nouvelle désespérément : on s’est résolu à traverser l’Atlantique pour jouer les Cassandre avec l’économiste Patrick Artus. On se rappelle l’aveuglement quasi généralisé qui prévalait avant l’explosion de la bulle Internet en 2000 et celle du surendettement immobilier de 2007. Cherchons donc ce que nous ne voyons pas.
Le chômage, qui devient trop bas. A 3,6 % en 2019, les entreprises ne parviendront plus à embaucher, prédit M. Artus. Ce phénomène freinera la croissance et dopera l’inflation. Le risque est d’autant plus fort que les gesticulations de Donald Trump commencent à dissuader les étrangers de venir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, est à Tripoli pour tenter de consolider la tendance à la baisse des départs de migrants vers la Sicile.
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En Libye, les réseaux de passeurs de migrants s’ajustent à la pression internationale

Le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, est à Tripoli pour tenter de consolider la tendance à la baisse des départs de migrants vers la Sicile.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 15h26
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 17h29
    |

            Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)








                        



                                


                            

Après la pause du ramadan, l’activité des garde-côtes libyens au large du littoral de la Tripolitaine (Ouest) a redoublé d’intensité ces derniers jours. Alors que le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, également vice-premier ministre, est arrivé, lundi 25 juin, à Tripoli pour des entretiens avec les autorités du gouvernement d’« accord national », la marine libyenne faisait savoir qu’elle avait intercepté la veille un millier de migrants à bord d’embarcations en partance pour l’île italienne de Lampedusa.

Cette opération porte le nombre d’interceptions de migrants dans les eaux libyennes à deux mille en dix jours, selon l’Organisation internationale des migrations (OIM). Un tel niveau d’activité est sans précédent depuis le début de l’année. Au total, 9 100 migrants arrêtés en mer auront été reconduits depuis le 1er janvier dans des centres de détention, dénoncés par les organisations de défense des droits humains, comme le champ clos de multiples abus et violences. « Laissez les autorités libyennes faire leur travail (…) sans que les navires des ONG avides les gênent ou causent des troubles », a commenté, dimanche, M. Salvini, en félicitant les garde-côtes de Tripoli.
La meilleure efficacité de la marine libyenne, dont les unités sont de plus en plus financées, équipées et entraînées par l’Union européenne (UE) et l’Italie, se traduit en aval par un tarissement des arrivées en Italie. Du 1er janvier au 20 juin, 16 228 migrants ont débarqué sur la péninsule par voie de mer — en provenance de Libye pour l’essentiel — soit une chute de 78 % par rapport à la période correspondante de 2017, selon l’OIM.

Le programme de soutien aux garde-côtes de Tripoli n’explique pas, à lui seul, un ralentissement aussi brutal des flux migratoires en provenance de Libye. Des accords occultes passés entre Rome et des milices locales — officiellement démentis mais jugés crédibles par de nombreuses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Marie Jégo, correspondante du « Monde » en Turquie, a répondu à vos questions sur la victoire dimanche de Recep Tayyip Erdogan à la présidence du pays.
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« Les relations entre la Turquie et l’Europe resteront difficiles »

Marie Jégo, correspondante du « Monde » en Turquie, a répondu à vos questions sur la victoire dimanche de Recep Tayyip Erdogan à la présidence du pays.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 15h17
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 16h48
    |

            Marie Jégo (Ankara, envoyée spéciale)








                        



   


Au cours d’un tchat, lundi 25 juin, Marie Jégo, correspondante du Monde en Turquie, a répondu aux questions d’internautes sur la réélection, dès le premier tour, de Recep Tayyip Erdogan à la présidence du pays.
Anonyme : Est-ce une victoire écrasante pour Erdogan ? Quid de l’opposant Muharrem Ince — j’avais compris qu’il était un sérieux challenger ?
Marie Jégo : Pas « écrasante », car le score de son parti est inférieur de 7 % à celui des législatives de novembre 2015. Toutefois, c’est une victoire pour Erdogan, qui a su conserver la confiance des électeurs. Il faut y voir l’aboutissement du système qu’il a mis en place ces quinze dernières années, un régime présidentiel personnifié, voire dynastique, le Parti de la justice et du développement (AKP) étant centré désormais sur sa personne.
Muharrem Ince a fait un bon score (31 %), mais il n’a pas été à la hauteur des attentes suscitées par sa campagne. Par ailleurs, Recep Tayyip Erdogan a bénéficié d’une couverture télévisée exclusive (180 heures d’audience contre 37 pour M. Ince) et des ressources de l’Etat.
Manon : Quelles sont les mesures qu’Erdogan est susceptible de prendre en premier, maintenant qu’il détient l’hyperprésidence ?
En premier lieu, il va créer son gouvernement (treize ministres au lieu de vingt-six actuellement). Lui seul choisira ses ministres et ses vice-présidents, le Parlement ne sera pas consulté. La fonction de premier ministre est supprimée. Erdogan va concentrer tous les pouvoirs entre ses mains. Il décidera, comme il l’a répété plusieurs fois pendant sa campagne, de la politique monétaire du pays.
Cette perspective est un chiffon rouge pour les investisseurs. Ils craignent que la banque centrale ne perde son indépendance, et que la politique monétaire non orthodoxe voulue par le numéro un ne plonge le pays plus avant dans la récession. La croissance est là (7,4 % en 2017) mais les déséquilibres budgétaires, l’endettement des entreprises du secteur privé et la dépréciation constante de la monnaie locale, la livre turque, n’incitent pas à l’optimisme. Lundi, la devise s’est appréciée de 2 % par rapport au dollar, mais cette embellie sera de courte durée.

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                Erdogan réélu, les Turcs face à l’« hyperprésidence »



John : Vivant à Istanbul, j’ai pu constater des personnes attendant jusqu’à plus de minuit devant les camions censés transporter les bulletins depuis leur bureau de vote jusqu’à la Cour suprême, pour que ceux-ci ne « disparaissent » pas. Pensez-vous que le nombre de fraudes est « négligeable » ?
Des irrégularités ont été recensées dans la région d’Urfa, non loin de la frontière syrienne. Toutefois, les fraudes n’ont probablement pas été massives, sinon, l’opposition, qui avait de très nombreux observateurs comme vous le soulignez, aurait réagi. Or, elle a accepté les résultats.
[La mission d’observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a souligné, lundi, l’absence « d’opportunités égales » pour les candidats. Elle a estimé que, « le jour des élections, les procédures ont été généralement suivies, même si des mesures légales importantes ont souvent été omises pendant le décompte » des voix. Ainsi, certains bulletins n’étaient pas tamponnés par les comités chargés des bureaux de vote, et les bulletins n’étaient pas systématiquement enregistrés lors de leur livraison dans les bureaux de vote, une irrégularité qualifiée de « sérieuse » dans le rapport.]
Il est intéressant de constater que la désaffection des électeurs, palpable lorsqu’on parle avec eux, y compris ceux qui disaient donner leur voix à M.Erdogan et à l’AKP, s’est exprimée envers le parti (– 7 %) mais pas envers le président. On peut donc en conclure que le système qu’il a créé, celui d’un pouvoir très personnifié, est abouti.
Abouti aussi parce qu’il a mis tous les rouages de l’Etat à son service. Ainsi à Samsun, ville des bords de la mer Noire, on a vu le préfet (kaymakam) tenir le micro du candidat de l’AKP qui faisait campagne pour la députation.
Gabin Bertrand : Le Parti d’action nationaliste (MHP), parti allié à l’AKP, dont une importante partie de la base et des cadres avait rejoint le parti nouvellement créé, Le Bon Parti, de Meral Aksener, obtient un résultat bien plus élevé que les analystes ne le prévoyaient. Est-ce la surprise de ces élections, et comment expliquer les meilleurs résultats du MPH que du Bon Parti ?
Vous avez raison, le bon score du MHP est la surprise de ces élections. Ce parti ultranationaliste, allié à l’AKP, n’a même pas vraiment fait campagne. Son chef, Devlet Bahçeli, n’a pas brillé par ses meetings, alors que Meral Aksener, une dissidente du MHP, qui a fondé Le Bon Parti à l’automne 2017, s’est éreintée à galvaniser les électeurs lors de ses meetings, plutôt bien suivis.
C’est un échec pour Meral Aksener, la « Dame de fer », une ancienne ministre de l’intérieur qui pensait chasser sur les terres de l’électorat nationaliste. Son alliance avec le Parti républicain du peuple (CHP, centre gauche) lui a peut-être coûté des voix. En général, le MHP, chantre de la « turcité », est connu pour ses vues antikurdes.
Comme le CHP a fait des pas vers l’électorat prokurde — Muharrem Ince est allé rendre visite à Selahattin Demirtas, le leadeur kurde emprisonné — et que Meral Aksener, sans trop évoquer le problème kurde pendant ses meetings, a esquissé une ouverture elle aussi en direction des Kurdes, l’électorat nationaliste ne l’a pas suivie. Selon certains analystes, Le Bon Parti a plutôt capté les voix de l’électorat CHP.

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                Turquie : Muharrem Ince, le principal rival d’Erdogan, reconnaît sa défaite



Hebert : Qu’est-ce que cela va changer pour les Syriens dans l’est de la Turquie ? Et pour les Kurdes en Syrie ?
Le thème des réfugiés syriens était très présent dans la campagne. Les opposants Muharrem Ince et Meral Aksener ont promis de les renvoyer chez eux au plus vite. Ensuite M. Erdogan lui-même a marché sur les traces de l’opposition, disant que les réfugiés finiraient par rentrer. Les Syriens sont considérés comme des « hôtes » par la population turque, pour qui cette notion est sacrée.
Toutefois, il y a une lassitude, car la présence de plus de trois millions de personnes est un fardeau. Les Turcs se plaignent souvent du prix des loyers, en augmentation constante du fait d’une forte demande alimentée par les réfugiés. Ils disent aussi que le prix du travail non qualifié a baissé. L’argent versé par l’Union européenne aux réfugiés avec un système de cartes bancaires fait des envieux.
Philippe : Quelles relations à venir entre la Turquie et l’Europe (et le reste du monde) ?
Elles resteront difficiles. Revigoré par ses pouvoirs élargis, Recep Tayyip Erdogan ne risque pas de mettre fin de sitôt à sa rhétorique agressive envers ses voisins et ses partenaires. Parmi ses électeurs nombreux sont ceux qui disent avoir voté pour lui pour empêcher sa chute, et celle de la Turquie à laquelle il s’identifie, espérée par les Occidentaux.

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Étienne : On parle d’hyperprésident, mais la nouvelle Constitution turque donne-t-elle autant de pouvoirs au président que la Constitution française ?
Bien plus. Avec le nouveau système, plus de premier ministre, le rôle du Parlement est réduit à la portion congrue et l’institution judiciaire est entre les mains du président et de son parti, qui nomment les hauts magistrats. M. Erdogan est le chef de l’Etat, le commandant en chef des armées, le chef de l’exécutif, le président du parti AKP.
Les contre-pouvoirs ne sont plus là. La justice n’est pas indépendante, les médias sont à quatre-vingt-dix pour cent sous la coupe du parti au pouvoir et de son chef.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Livrés à eux-mêmes sur des îlots au large de Karachi, les canidés dépendent de la nourriture et de l’eau apportées par les pêcheurs.
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<filnamedate="20180625"><AAMM="201806"><AAMMJJ="20180625"><AAMMJJHH="2018062519">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ La Cour suprême américaine a rendu un arrêt décisif dans l’adaptation du droit aux évolutions technologiques.
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Aux Etats-Unis, les données de géolocalisation téléphoniques désormais protégées par la Constitution

La Cour suprême américaine a rendu un arrêt décisif dans l’adaptation du droit aux évolutions technologiques.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 12h32
    |

            Martin Untersinger








                        



   


Le quatrième amendement de la Constitution américaine, qui protège la vie privée, peut s’appliquer aux données de géolocalisation générées par un téléphone portable. Et la police doit se munir d’un mandat d’arrêt pour y avoir accès. C’est la décision rendue, vendredi 22 juin, par la Cour suprême des Etats-Unis, dans un arrêt qui fera date dans la protection de la vie privée numérique et dans l’appariement du droit américain avec les évolutions technologiques récentes.
L’affaire jugée par la Cour suprême concerne Tim Carpenter, un Américain accusé d’avoir organisé plusieurs vols visant des magasins d’électronique de la région de Detroit au début des années 2010. Les autorités avaient requis ses données de géolocalisation auprès de son opérateur téléphonique, retraçant ainsi sans mandat ses déplacements pendant plusieurs mois. Il avait été condamné à cent seize ans de prison.

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                La Cour suprême des Etats-Unis se penche sur la protection du contenu des téléphones portables



Les autorités s’appuyaient pour ce faire sur la doctrine dite du « tiers parti », un concept forgé à la fin des années 1970 par la Cour suprême, qui veut que lorsqu’une personne confie volontairement des données liées à sa vie privée à une entreprise privée, par exemple sa géolocalisation à son opérateur lorsqu’il utilise son téléphone, elle les soustrait à toute protection constitutionnelle.
Si ce principe avait du sens dans un monde analogique, la numérisation des activités humaines a considérablement élargi les éléments privés confiés à des entreprises et ainsi mis hors de portée de la Constitution un nombre croissant d’informations. La Cour a donc décidé, dans ce cas d’espèce, de s’écarter de ce principe. « Nous refusons de laisser à l’Etat un accès illimité aux données de géolocalisation d’un opérateur téléphonique » a écrit le président de la Cour, John G. Roberts. Ce dernier, un conservateur nommé par George Bush en 2005, s’est rallié aux membres plus libéraux de l’instance, leur offrant une courte majorité de 5 voix contre 4.
La portée de la décision au-delà de la géolocalisation téléphonique est incertaine. La Cour a décidé que la police devra présenter un mandat dans les cas où l’individu concerné dispose d’un « intérêt légitime » à la vie privée. Ce critère a été jugé trop flou par les quatre juges minoritaires, qui prônaient une application plus stricte du texte constitutionnel.
Les téléphones, témoins de nos existences
Mais pour le président Roberts, l’évolution de la technologie a fait des téléphones mobiles les témoins intimes de nos existences :
« Cartographier la localisation d’un téléphone portable sur une période de 127 jours fournit un aperçu global des déplacements de son propriétaire. Tout comme les informations GPS, ces informations précisément datées sont une fenêtre intime dans la vie de l’individu, révélant par le truchement de ses déplacements ses relations familiales, politiques, professionnelles, religieuses et sexuelles. »
Cette décision s’ajoute à un petit corpus de décisions de la Cour suprême tendant à appliquer la Constitution à la lumière de la numérisation de la société américaine. En 2012, la Cour suprême jugeait que tracer un suspect avec une balise GPS violait ses droits constitutionnels à la vie privée. Deux ans plus tard, les juges estimaient que la police devait se munir d’un mandat pour fouiller le contenu d’un téléphone portable recueilli sur une scène de crime.

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                Pas de fouille de téléphone sans mandat, juge la Cour suprême américaine



Certaines entreprises phares de la Silicon Valley avaient soumis une motion encourageant les juges à appliquer le quatrième amendement à ces données téléphoniques. De leur côté, les ONG américaines de protection de la vie privée ont célébré cette décision. « C’est une victoire majeure » a déclaré l’Electronic Frontier Foundation. « La Cour suprême a convenu que nos outils numériques, et les données qu’ils génèrent, sont profondément enracinés dans nos vies » a déclaré Amie Stepanovich, d’Access Now. Pour l’American Civil Liberties Union, qui représentait Tim Carpenter à l’audience, il s’agit tout simplement « de la décision la plus fondamentale en matière de vie privée à l’ère numérique ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Les tests suspendus depuis des mois ont repris, pour des livraisons toujours prévues en 2021.
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Le C919, premier avion de ligne chinois, reprend ses essais en vol

Les tests suspendus depuis des mois ont repris, pour des livraisons toujours prévues en 2021.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 12h25
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 12h29
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



                                


                            

Après quelques mois sans nouvelles, le moyen-courrier chinois C919 a repris ses essais, vendredi 22 juin. L’occasion pour le constructeur chinois, Commercial Aircraft Corporation of China (Comac), d’affirmer que le programme suit son cours, sans encombre. Le magazine américain spécialisé Aviation Week avait affirmé quelques jours plus tôt que les deux prototypes du C919 restaient au garage depuis trois mois afin d’effectuer des changements sur les flaperons et la queue. Rien que de très normal dans une phase de tests, a répondu le constructeur après l’annonce des nouveaux vols d’essai. Le calendrier sera respecté, a assuré l’entreprise : certification pour le marché chinois prévue fin 2020, et livraison aux compagnies aériennes pour 2021.
Le premier avion moyen-courrier du constructeur chinois a effectué son vol d’essai en mai 2017. Avec cet appareil capable de transporter 168 passagers sur 5 550 kilomètres, le groupe espère rivaliser sur les vols régionaux avec les deux stars internationales du moyen-courrier, le B737 de l’américain Boeing et l’A320 de l’européen Airbus, qui forment un duopole.
Mais en cherchant à entrer dans la cour des grands, Comac se heurte aux difficultés inhérentes à un projet industriel ambitieux. Au moment du lancement du projet en 2008, l’entreprise prévoyait d’effectuer ses premières livraisons en 2016. Il a fallu attendre 2017 pour voir le premier appareil s’envoler pour un premier test. Ce qui ne l’empêcha pas de susciter la fierté nationale, la fabrication d’un avion de ligne symbolisant aux yeux du grand public une industrie nationale avancée et puissante. Dans un communiqué, Comac explique que l’appareil a subi des ajustements de stabilité pour le prototype 101, testé à Shanghaï, et un renforcement pour le 102, qui vole à Xi’an. Le constructeur prévoit quatre autres avions tests au cours du développement de l’appareil.
Les avantages d’une économie dirigée
Les retards ne sont pas une surprise pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Dorothée Schmid, spécialiste de la Turquie à l’Institut français des relations internationales à Paris, avertit Turcs et Européens dans une tribune au « Monde » : « La Turquie ne sortira du cycle de violence qui s’est enclenché depuis quelques années que par la violence. »
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« La Turquie s’isole, et les Européens ne la voient plus telle qu’elle est »

Dorothée Schmid, spécialiste de la Turquie à l’Institut français des relations internationales à Paris, avertit Turcs et Européens dans une tribune au « Monde » : « La Turquie ne sortira du cycle de violence qui s’est enclenché depuis quelques années que par la violence. »



Le Monde
 |    25.06.2018 à 12h05
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 12h45
    |

Dorothée Schmid (Chercheuse à l’IFRI, spécialiste de la Turquie)







                        



                                


                            

Tribune. Dimanche 24 juin, les électeurs se sont une nouvelle fois rendus aux urnes en Turquie pour des élections dominées par le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur). Il s’agissait cette fois de scrutins présidentiel et législatifs combinés, autrement dit une montée en puissance de l’outil électoral utilisé depuis 2002 par Recep Tayyip Erdogan comme le baromètre absolu de sa popularité.
Comme s’il fallait forcer le destin, dramatiser l’enjeu et guider la main des électeurs vers le résultat éternellement souhaité, puisque le baromètre est de toute façon fixé sur « beau temps ». Ainsi, lorsque l’AKP a perdu sa majorité au Parlement, en juin 2015, l’échec des négociations de coalition pour former un gouvernement a permis de rejouer le scrutin en novembre et d’obtenir le score désiré.

Pour la première fois Erdogan avait été mis en danger politiquement, et s’en était sorti de façon formellement légale. Le référendum constitutionnel tenu un an plus tard a donné lieu à de fortes rumeurs de fraudes. Celles-ci étaient jusqu’à présent considérées comme marginales en Turquie. L’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), qui a, avec d’autres organisations, de nouveau envoyé une escouade d’observateurs en Turquie, souligne pourtant désormais régulièrement l’absence d’équité des campagnes et la multiplication des incidents lors des votes.
Toile de fond chaotique
Les mauvaises habitudes sont prises et le climat d’exception actuel ne peut que les renforcer. La Turquie vit sous état d’urgence depuis la tentative de coup d’Etat de juillet 2016, ce qui donne pratiquement tout pouvoir aux autorités pour peser sur la campagne. Le scrutin a été très largement anticipé pour choisir le moment le plus favorable à l’AKP et empêcher une opposition structurellement faible de se mettre en ordre de bataille.
Le contexte intérieur reste extrêmement tendu depuis la tentative...




                        

                        


<article-nb="2018/06/25/19-16">
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Le plus sérieux adversaire de Recep Tayyip Erdogan a annoncé « accepter » sa défaite, au lendemain des élections, et exhorté le chef de l’Etat à être le président de « tous » les Turcs.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Turquie : Muharrem Ince, le principal rival d’Erdogan, reconnaît sa défaite

Le plus sérieux adversaire de Recep Tayyip Erdogan a annoncé « accepter » sa défaite, au lendemain des élections, et exhorté le chef de l’Etat à être le président de « tous » les Turcs.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 12h03
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 17h40
   





                        



   


Le principal rival du président turc Recep Tayyip Erdogan aux élections en Turquie, Muharrem Ince, a annoncé lundi 25 juin « accepter » sa défaite, lors d’une conférence de presse à Ankara, appelant M. Erdogan à être « le président de 81 millions de Turcs ».
« Monsieur Erdogan, arrêtez désormais de vous comporter comme le secrétaire général de l’AKP [le parti au pouvoir]. Soyez le président de 81 millions de Turcs. Embrassez tout le monde. »

        Sur les élections de dimanche :
         

          Réélu, Erdogan endosse son nouvel habit d’« hyperprésident »



M. Ince, un député pugnace qui a porté les couleurs du Parti républicain du peuple (CHP), le principal parti d’opposition, à la présidentielle, s’était imposé comme le principal rival de M. Erdogan. Selon l’agence étatique Anatolie, il a récolté près de 31 % des voix, loin derrière le président sortant, qui l’a emporté dès le premier tour.
Critiquant l’entrée en vigueur d’une réforme constitutionnelle voulue par M. Erdogan qui renforce considérablement les pouvoirs du président, M. Ince a estimé que la Turquie était désormais passée sous « un régime autocratique ». S’il a reconnu qu’il s’était fixé l’objectif de « 35 % des voix », il a toutefois souligné que le score réalisé par lui et par son parti était le plus élevé pour le CHP « depuis quarante et un ans ».
Il a par ailleurs estimé qu’il aurait pu pousser M. Erdogan à un second tour « si les autres candidats de l’opposition avaient recueilli plus de voix ».

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« Leçon de démocratie » pour Erdogan
Après avoir remporté les élections législatives et présidentielle, M. Erdogan s’est offert, dans les premières heures de lundi, un symbolique discours de victoire depuis le balcon du siège de son parti, l’AKP, à Ankara. « La Turquie a donné une leçon de démocratie au monde », a-t-il clamé devant plusieurs milliers de partisans qui agitaient des drapeaux et scandaient son nom.
M. Erdogan, qui règne sur la Turquie depuis 2003, d’abord comme premier ministre puis, à partir de 2014, comme président, s’est imposé comme le dirigeant turc le plus populaire, mais aussi le plus polarisateur de ces dernières décennies. D’après l’agence de presse étatique Anatolie, qui fait état d’un taux de participation d’environ 88 %, M. Erdogan est arrivé en tête de la présidentielle avec un score de 52,5 %, après dépouillement de plus de 99 % des urnes.
La coalition montée par M. Erdogan pour le volet législatif des élections récolte quelque 53,6 % des voix, selon les résultats partiels annoncés par Anatolie, grâce notamment au score inattendu de son partenaire minoritaire, le parti ultranationaliste MHP (11 %).
Le détail de la répartition des sièges au sein du nouveau Parlement, qui comptera 600 députés au lieu de 550 auparavant, sera le suivant :
290 députés AKP, le parti du président ;49 députés MHP, le parti ultranationaliste ;146 députés CHP, le parti de M. Ince ;47 députés du Bon parti, de l’ancienne ministre de l’intérieur, Meral Aksener ;68 députés HDP, le parti prokurde.
« Election injuste » selon Ince
Les observateurs ont souligné des conditions de campagne très inéquitables avec notamment une couverture médiatique largement favorable au président turc. « Cette élection a été injuste », a déploré M. Ince. Les opposants, qui avaient mobilisé une armée d’observateurs pour surveiller les urnes, ont dénoncé des irrégularités, notamment dans la province de Sanliurfa.
Sur la scène internationale, Vladimir Poutine a félicité M. Erdogan, louant lundi la « grande autorité politique » de son homologue turc. Viktor Orban, le premier ministre conservateur hongrois, a estimé que « la stabilité de la Turquie est une bonne nouvelle pour l’ensemble de l’Europe », tandis que son homologue Bulgare, Boïko Borissov, s’est dit « convaincu que nous travaillerons ensemble pour la consolidation des relations entre nos deux pays dans le domaine de la migration, ainsi que pour la paix et la stabilité dans la région ».
Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, s’est joint aux félicitations, tout en rappelant que « l’OTAN est fondée sur quelques valeurs fondamentales : la démocratie, l’Etat de droit, les libertés individuelles ». « Personnellement, j’attache beaucoup d’importance à ces valeurs et je souligne leur importance dans de nombreuses capitales de l’OTAN, dont Ankara, quand j’y rencontre des dirigeants turcs », a ajouté M. Stoltenberg à Luxembourg.
De son côté, la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini a critiqué lundi les conditions de la campagne électorale, estimant qu’elles n’avaient pas été « équitables ».



                            


                        

                        


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Compte rendu

Au Mali, les Peuls victimes d’attaques de chasseurs traditionnels

Depuis trois ans dans le centre du Mali, les violences se multiplient entre Peuls, traditionnellement éleveurs, et Dogon, majoritairement agriculteurs.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 25.06.2018 à 11h33

     •
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        Mis à jour le 25.06.2018 à 16h29






    
Le village dogon de Nomburi, dans le centre du Mali.
Crédits : Finbarr O'Reilly/REUTERS


Au moins 32 civils peuls ont été tués, samedi 23 juin, au cours d’une attaque attribuée à des chasseurs traditionnels à Koumaga, dans le centre du Mali, région touchée par les violences djihadistes souvent mêlées à des conflits intercommunautaires, a affirmé dimanche une association peule.
Selon Abdoul Aziz Diallo, le président de Tabital Pulaaku, principale association peule au Mali, des dozo, des chasseurs traditionnels, sont en outre retournés dimanche soir dans ce même village du cercle de Djenné (région de Mopti, centre), après le départ de l’armée, faisant quatre nouvelles victimes.

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Sollicitée sur ces derniers événements par l’AFP, une source du ministère de la défense a simplement déclaré : « Nous ne confirmons pas ces informations. » En revanche, le gouvernement malien, plus tôt dans la journée, avait indiqué dans un communiqué que l’armée avait découvert « 16 corps » après un « accrochage violent » entre communautés à Koumaga samedi.
Membres de l’ethnie dogon
Selon Aziz Diallo, « des gens habillés en dozo » ont « encerclé le village, isolé les Peuls des autres communautés et, froidement, tué au moins 32 civils. Dix autres sont portés disparus ». Dimanche soir, le président de Tabital Pulaaku a par ailleurs indiqué que dix Peuls avaient été enlevés dans la journée dans une localité voisine, Dorobougou, par des hommes armés également habillés en chasseurs traditionnels. Aucune source indépendante n’était joignable dans l’immédiat pour confirmer cette information.
Les violences se multiplient depuis trois ans dans le centre du Mali entre Peuls, traditionnellement éleveurs, et les ethnies bambara et dogon, pratiquant majoritairement l’agriculture. Appelés dozo en Afrique de l’Ouest, les chasseurs traditionnels sont, dans le centre du Mali, membres de la communauté Dogon. Les Peuls dénoncent régulièrement des exactions à leur encontre, au nom de la lutte contre les djihadistes, de la part de ces chasseurs armés, tolérés, voire encouragés selon eux par les autorités ou l’armée, ce que dément le gouvernement.

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« Les hommes étaient habillés en tenue de dozo, mais on se demande s’ils l’étaient tous. Il y a des dizaines de civils, dont des enfants, tués », a déclaré un élu de la région en évoquant les faits survenus samedi à Koumaga. Le gouvernement a promis que « des poursuites judiciaires seront engagées contre tous ceux qui seraient impliqués dans cet incident malheureux ».
Trois fosses communes
Ces derniers mois, les annonces par l’armée de la « neutralisation de terroristes » dans le centre ont souvent été contestées par les organisations de défense des droits humains et par des habitants, qui dénoncent des exécutions extrajudiciaires. « Ce qui se passe est très grave. Il faut éviter les amalgames. Ce n’est pas parce qu’on est peul qu’on est djihadiste », souligne Aziz Diallo, en assurant avoir prévenu les autorités de l’imminence d’une attaque.
Les Etats-Unis ont par ailleurs demandé jeudi 21 juin au Mali de mener une enquête « crédible et transparente » après la découverte récente des corps de 25 personnes, issues également de la communauté peule, dans trois fosses communes dans la région de Mopti et la reconnaissance, par le gouvernement de Bamako, de l’implication de « certains personnels » de l’armée.

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Le Canada, qui vient tout juste de débuter le déploiement de quelque 250 casques bleus au Mali, s’était également dit « profondément préoccupé » par l’implication présumée de militaires dans des exactions et a réclamé que les « responsables de ces crimes odieux soient traduits en justice ».
Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaida, en grande partie chassés ou dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement. Malgré un accord de paix signé en mai-juin 2015, les violences ont persisté et se sont propagées depuis vers le centre et le sud du pays, puis au Burkina Faso et au Niger voisins.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Rupert Stadler, le patron de la marque du groupe Volkswagen, est en détention depuis dix jours, soupçonné d’être impliqué personnellement dans la manipulation à grande échelle des moteurs diesel d’Audi.
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« Dieselgate » : Audi au cœur du scandale

Rupert Stadler, le patron de la marque du groupe Volkswagen, est en détention depuis dix jours, soupçonné d’être impliqué personnellement dans la manipulation à grande échelle des moteurs diesel d’Audi.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 13h25
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Rupert Stadler est toujours en prison. L’emblématique patron d’Audi, marque du groupe Volkswagen (VW), a dormi une fois de plus derrière les barreaux dimanche soir, après une série de dépositions jugées « insatisfaisantes » par le procureur de Munich. Depuis une semaine, M. Stadler, soupçonné d’être personnellement impliqué dans la manipulation à grande échelle des moteurs diesel d’Audi, est privé de liberté. Il avait été arrêté lundi 14 juin au matin, à son domicile d’Ingolstadt, en Bavière.
Un patron en exercice placé en détention, cela n’était jamais arrivé en Allemagne. Pour le natif de Tittin, dans le canton d’Eichstätt, à quelques kilomètres du siège d’Audi, difficile d’imaginer une fin de carrière plus humiliante. L’enfant chéri de la région est devenu le symbole d’un groupe automobile trop longtemps aveuglé par sa propre puissance.
Selon la presse allemande, le procureur a décidé de placer M. Stadler en détention après que la police judiciaire a surpris une conversation téléphonique où il discute de la possibilité de suspendre un ingénieur. Ce salarié, employé dans la « task force » mise sur pied par Audi pour faire enfin la lumière sur l’ampleur des manipulations au sein du constructeur, avait fait une longue déposition devant les magistrats où il évoquait ses difficultés à interroger certains dirigeants. Les procureurs redoutent désormais le risque de subornation de témoin et de destruction de preuve.
« Mis en danger par les magouilles d’Audi »
Rupert Stadler a jusqu’ici rejeté toutes les accusations qui pèsent contre lui. Audi rappelle qu’il bénéficie de la présomption d’innocence. Mais selon les informations du quotidien Süddeutsche Zeitung du 19 juin, qui cite des sources proches de l’enquête, tout porte à croire qu’Audi a été la cellule de développement de la fraude gigantesque orchestrée au sein du groupe Volkswagen pour contourner les contrôles antipollution. Selon les magistrats, c’est bien chez Audi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Giovanni Tria va rapidement se heurter à la difficile élaboration du budget et aux coûteuses réformes promises par les deux partis au pouvoir, la Ligue et le Mouvement 5 Etoiles.
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En Italie, un ministre des finances sur la ligne de crête

Giovanni Tria va rapidement se heurter à la difficile élaboration du budget et aux coûteuses réformes promises par les deux partis au pouvoir, la Ligue et le Mouvement 5 Etoiles.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 14h13
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Tout ça pour ça ? Des promesses mirobolantes de baisses d’impôts, l’engagement d’abroger la réforme des retraites adoptée en 2011 puis de mettre sur pied un revenu universel, et, au-delà, l’ambition de mettre un terme à la « dictature » de Bruxelles et Berlin… pour finalement nommer un très lisse et consensuel professeur d’université de 69 ans au poste de ministre de l’économie et des finances.
Mardi 19 juin, Giovanni Tria a présenté, avec deux bons mois de retard sur le calendrier prévu, crise postélectorale oblige, le document pluriannuel économique et financier fixant le cadre de l’action budgétaire que le gouvernement entendait mener.

Ce texte, crucial parce qu’il lance un chantier semé d’embûches, celui de l’élaboration du prochain budget, préconise… le respect des engagements européens de l’Italie, une réduction du déficit budgétaire à 0,9 % du PIB en 2019, et même l’équilibre en 2020. Cela revient à dire que la mise en œuvre des engagements pris par les deux forces composant la majorité, la Ligue (droite souverainiste) et le Mouvement 5 étoiles (antisystème) semble remise à des jours meilleurs.
Sa nomination est tout sauf un hasard
Pourtant ce document, qui aurait légitimement pu susciter quelques questionnements, a été adopté par les deux chambres et, dans un parfait unanimisme, par les groupes parlementaires des deux formations au pouvoir.

Dans ce gouvernement italien peu orthodoxe, la présence de Giovanni Tria peut sembler incongrue. En réalité, elle est tout sauf un hasard. D’abord parce qu’elle est le résultat d’un compromis avec le président italien Sergio Mattarella, qui avait refusé le candidat initialement choisi par la coalition, Paolo Savona, considérant que la nomination de cet économiste très antiallemand constituerait un signal désastreux envers les partenaires européens de l’Italie et les marchés financiers.
Ses déclarations ont contribué à faire baisser la tension sur les marchés...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Editorial. Vainqueur de la présidentielle avec 52,5 % des voix, Recep Tayyip Erdogan concentre désormais la totalité du pouvoir exécutif et reste plus que jamais le « reis » de la Turquie.
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Erdogan réélu, les Turcs face à l’« hyperprésidence »

Editorial. Vainqueur de la présidentielle avec 52,5 % des voix, Recep Tayyip Erdogan concentre désormais la totalité du pouvoir exécutif et reste plus que jamais le « reis » de la Turquie.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 11h07
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 14h20
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Recep Tayyip Erdogan a gagné son pari. Sa réélection à la tête de la Turquie, dimanche 24 juin, fait de lui le dirigeant le plus puissant depuis le fondateur de la République, Mustafa Kemal.
Une situation qui tranche avec la manière dont il a été élu. Même s’il a réussi à éviter une mise en ballottage, qui aurait représenté un camouflet politique, sa victoire n’a pas été « une promenade de santé », comme il l’avait lui-même anticipé. La mobilisation de tous les rouages de l’administration, tous les réseaux de l’AKP, le parti islamo-conservateur, devenu un parti-Etat, a permis d’éviter une « mauvaise surprise », alors que les sondages le montraient à la peine face à la percée du candidat de la gauche kémaliste, Muharrem Ince.

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Au pouvoir depuis quinze ans, d’abord comme premier ministre, puis comme président, M. Erdogan remporte 52,5 % des suffrages, un score légèrement supérieur à celui de l’élection présidentielle de 2014 et à celui du référendum d’avril 2017 instaurant un régime présidentiel. Celui-ci avait été marqué par de nombreuses irrégularités dénoncées par les observateurs internationaux.
Une nouvelle fois, ceux-ci ont critiqué l’iniquité de la campagne au cours de laquelle les grands médias, en quasi-totalité contrôlés par le pouvoir, n’ont guère laissé de place à l’opposition, à commencer par Selahattin Demirtas, du parti prokurde HDP, qui a été contraint de mener campagne depuis sa cellule.

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Pour une majorité de Turcs, M. Erdogan reste plus que jamais le « reis », le chef, et nombre d’entre eux approuvent sa dérive autoritaire toujours plus affirmée. Depuis 2002 son parti a gagné toutes les élections, sauf les législatives de juin 2015. D’où son hubris, convaincu qu’il est d’avoir été désigné par Dieu pour remettre la Turquie dans la voie de l’islam et lui rendre sa grandeur passée.
Le chef de l’Etat peut arguer de son bilan. Le PIB par habitant a triplé depuis son arrivée au pouvoir, même si la dette a explosé dans les mêmes proportions. En outre, la Turquie est devenue un acteur majeur sur la scène régionale, malgré son échec syrien, et il joue du nationalisme d’une bonne partie de la population comme de ses nostalgies de grandeur ottomane.
Une alarmante radicalisation de l’électorat
Il incarne un bloc religieux conservateur, sunnite et turc, majoritaire au sein de la population, attisant la haine contre les autres : les laïcs, les alévis, courant hétérodoxe issu du chiisme, et les Kurdes. Ces élections permettent à l’AKP d’asseoir sa majorité à la Chambre, grâce à son allié de l’extrême droite nationaliste, le MHP. Celui-ci réalise le même score qu’en 2015, malgré la scission d’une bonne partie de sa base, qui a rejoint Le Bon Parti. Ce dernier, en séduisant les déçus de l’AKP, illustre une alarmante radicalisation de l’électorat.
Pendant des années, M. Erdogan a représenté à l’extérieur du pays un gage de stabilité. Mais ses volte-face, ses brouilles avec l’Europe et sa fuite en avant dans la répression depuis le coup d’Etat raté de juillet 2016, ne cessent d’inquiéter. La monnaie turque dévisse et le risque de retournement de l’économie ainsi que la grogne sociale ont été des facteurs qui l’ont incité à appeler les Turcs aux urnes un an avant la date prévue.

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Cet obstacle franchi, M. Erdogan devient un « hyperprésident » concentrant la totalité du pouvoir exécutif. Une grande partie de la société civile turque a jusqu’ici su résister avec une grande maturité. Ce renforcement du régime autocratique constitue pour elle un nouveau défi.

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