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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Marie Jégo, correspondante du « Monde » en Turquie, a répondu à vos questions sur la victoire dimanche de Recep Tayyip Erdogan à la présidence du pays.
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« Les relations entre la Turquie et l’Europe resteront difficiles »

Marie Jégo, correspondante du « Monde » en Turquie, a répondu à vos questions sur la victoire dimanche de Recep Tayyip Erdogan à la présidence du pays.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 15h17
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 16h48
    |

            Marie Jégo (Ankara, envoyée spéciale)








                        



   


Au cours d’un tchat, lundi 25 juin, Marie Jégo, correspondante du Monde en Turquie, a répondu aux questions d’internautes sur la réélection, dès le premier tour, de Recep Tayyip Erdogan à la présidence du pays.
Anonyme : Est-ce une victoire écrasante pour Erdogan ? Quid de l’opposant Muharrem Ince — j’avais compris qu’il était un sérieux challenger ?
Marie Jégo : Pas « écrasante », car le score de son parti est inférieur de 7 % à celui des législatives de novembre 2015. Toutefois, c’est une victoire pour Erdogan, qui a su conserver la confiance des électeurs. Il faut y voir l’aboutissement du système qu’il a mis en place ces quinze dernières années, un régime présidentiel personnifié, voire dynastique, le Parti de la justice et du développement (AKP) étant centré désormais sur sa personne.
Muharrem Ince a fait un bon score (31 %), mais il n’a pas été à la hauteur des attentes suscitées par sa campagne. Par ailleurs, Recep Tayyip Erdogan a bénéficié d’une couverture télévisée exclusive (180 heures d’audience contre 37 pour M. Ince) et des ressources de l’Etat.
Manon : Quelles sont les mesures qu’Erdogan est susceptible de prendre en premier, maintenant qu’il détient l’hyperprésidence ?
En premier lieu, il va créer son gouvernement (treize ministres au lieu de vingt-six actuellement). Lui seul choisira ses ministres et ses vice-présidents, le Parlement ne sera pas consulté. La fonction de premier ministre est supprimée. Erdogan va concentrer tous les pouvoirs entre ses mains. Il décidera, comme il l’a répété plusieurs fois pendant sa campagne, de la politique monétaire du pays.
Cette perspective est un chiffon rouge pour les investisseurs. Ils craignent que la banque centrale ne perde son indépendance, et que la politique monétaire non orthodoxe voulue par le numéro un ne plonge le pays plus avant dans la récession. La croissance est là (7,4 % en 2017) mais les déséquilibres budgétaires, l’endettement des entreprises du secteur privé et la dépréciation constante de la monnaie locale, la livre turque, n’incitent pas à l’optimisme. Lundi, la devise s’est appréciée de 2 % par rapport au dollar, mais cette embellie sera de courte durée.

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John : Vivant à Istanbul, j’ai pu constater des personnes attendant jusqu’à plus de minuit devant les camions censés transporter les bulletins depuis leur bureau de vote jusqu’à la Cour suprême, pour que ceux-ci ne « disparaissent » pas. Pensez-vous que le nombre de fraudes est « négligeable » ?
Des irrégularités ont été recensées dans la région d’Urfa, non loin de la frontière syrienne. Toutefois, les fraudes n’ont probablement pas été massives, sinon, l’opposition, qui avait de très nombreux observateurs comme vous le soulignez, aurait réagi. Or, elle a accepté les résultats.
[La mission d’observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a souligné, lundi, l’absence « d’opportunités égales » pour les candidats. Elle a estimé que, « le jour des élections, les procédures ont été généralement suivies, même si des mesures légales importantes ont souvent été omises pendant le décompte » des voix. Ainsi, certains bulletins n’étaient pas tamponnés par les comités chargés des bureaux de vote, et les bulletins n’étaient pas systématiquement enregistrés lors de leur livraison dans les bureaux de vote, une irrégularité qualifiée de « sérieuse » dans le rapport.]
Il est intéressant de constater que la désaffection des électeurs, palpable lorsqu’on parle avec eux, y compris ceux qui disaient donner leur voix à M.Erdogan et à l’AKP, s’est exprimée envers le parti (– 7 %) mais pas envers le président. On peut donc en conclure que le système qu’il a créé, celui d’un pouvoir très personnifié, est abouti.
Abouti aussi parce qu’il a mis tous les rouages de l’Etat à son service. Ainsi à Samsun, ville des bords de la mer Noire, on a vu le préfet (kaymakam) tenir le micro du candidat de l’AKP qui faisait campagne pour la députation.
Gabin Bertrand : Le Parti d’action nationaliste (MHP), parti allié à l’AKP, dont une importante partie de la base et des cadres avait rejoint le parti nouvellement créé, Le Bon Parti, de Meral Aksener, obtient un résultat bien plus élevé que les analystes ne le prévoyaient. Est-ce la surprise de ces élections, et comment expliquer les meilleurs résultats du MPH que du Bon Parti ?
Vous avez raison, le bon score du MHP est la surprise de ces élections. Ce parti ultranationaliste, allié à l’AKP, n’a même pas vraiment fait campagne. Son chef, Devlet Bahçeli, n’a pas brillé par ses meetings, alors que Meral Aksener, une dissidente du MHP, qui a fondé Le Bon Parti à l’automne 2017, s’est éreintée à galvaniser les électeurs lors de ses meetings, plutôt bien suivis.
C’est un échec pour Meral Aksener, la « Dame de fer », une ancienne ministre de l’intérieur qui pensait chasser sur les terres de l’électorat nationaliste. Son alliance avec le Parti républicain du peuple (CHP, centre gauche) lui a peut-être coûté des voix. En général, le MHP, chantre de la « turcité », est connu pour ses vues antikurdes.
Comme le CHP a fait des pas vers l’électorat prokurde — Muharrem Ince est allé rendre visite à Selahattin Demirtas, le leadeur kurde emprisonné — et que Meral Aksener, sans trop évoquer le problème kurde pendant ses meetings, a esquissé une ouverture elle aussi en direction des Kurdes, l’électorat nationaliste ne l’a pas suivie. Selon certains analystes, Le Bon Parti a plutôt capté les voix de l’électorat CHP.

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Hebert : Qu’est-ce que cela va changer pour les Syriens dans l’est de la Turquie ? Et pour les Kurdes en Syrie ?
Le thème des réfugiés syriens était très présent dans la campagne. Les opposants Muharrem Ince et Meral Aksener ont promis de les renvoyer chez eux au plus vite. Ensuite M. Erdogan lui-même a marché sur les traces de l’opposition, disant que les réfugiés finiraient par rentrer. Les Syriens sont considérés comme des « hôtes » par la population turque, pour qui cette notion est sacrée.
Toutefois, il y a une lassitude, car la présence de plus de trois millions de personnes est un fardeau. Les Turcs se plaignent souvent du prix des loyers, en augmentation constante du fait d’une forte demande alimentée par les réfugiés. Ils disent aussi que le prix du travail non qualifié a baissé. L’argent versé par l’Union européenne aux réfugiés avec un système de cartes bancaires fait des envieux.
Philippe : Quelles relations à venir entre la Turquie et l’Europe (et le reste du monde) ?
Elles resteront difficiles. Revigoré par ses pouvoirs élargis, Recep Tayyip Erdogan ne risque pas de mettre fin de sitôt à sa rhétorique agressive envers ses voisins et ses partenaires. Parmi ses électeurs nombreux sont ceux qui disent avoir voté pour lui pour empêcher sa chute, et celle de la Turquie à laquelle il s’identifie, espérée par les Occidentaux.

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Étienne : On parle d’hyperprésident, mais la nouvelle Constitution turque donne-t-elle autant de pouvoirs au président que la Constitution française ?
Bien plus. Avec le nouveau système, plus de premier ministre, le rôle du Parlement est réduit à la portion congrue et l’institution judiciaire est entre les mains du président et de son parti, qui nomment les hauts magistrats. M. Erdogan est le chef de l’Etat, le commandant en chef des armées, le chef de l’exécutif, le président du parti AKP.
Les contre-pouvoirs ne sont plus là. La justice n’est pas indépendante, les médias sont à quatre-vingt-dix pour cent sous la coupe du parti au pouvoir et de son chef.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Après une plainte d’élus de droite, le parquet a ouvert une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics.
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Campagne présidentielle de Macron : une enquête ouverte sur le rôle des collectivités lyonnaises

Après une plainte d’élus de droite, le parquet a ouvert une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 17h52
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 18h27
   





                        


La métropole et la ville de Lyon, fief du ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, ont-elles financé la campagne d’Emmanuel Macron ? Après une plainte d’élus de droite, le parquet a ouvert une enquête préliminaire pour détournement de fonds publics.
Celle-ci, confiée à la police judiciaire, vise également des faits présumés de financement irrégulier de campagne électorale, abus de biens sociaux et recel, a précisé une source proche de l’enquête.
Le maire de Caluire, Philippe Cochet, président du groupe Les Républicains (LR) à la métropole, et son homologue à la ville, Stéphane Guilland, avaient annoncé la semaine dernière avoir saisi le procureur de la République après plusieurs mois d’opposition avec l’exécutif LRM local.
Selon leur plainte déposée contre X, « des moyens publics [humains, matériels et financiers] sous le contrôle de la ville et de la métropole de Lyon », que dirigeait M. Collomb avant d’entrer au gouvernement, auraient été « indûment détournés et mis à disposition » du futur président.
« Il n’y a rien de nouveau dans ces informations dont le seul objet est de jeter le discrédit. La plainte des élus Les Républicains de Lyon reprend une polémique que l’opposition locale tente d’alimenter depuis plusieurs mois. La collectivité a eu l’occasion de leur répondre dans le détail à plusieurs reprises », avait-on rétorqué dans l’entourage du ministre la semaine dernière.

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« Une opération de “fundraising” »
Les réponses apportées par le successeur de M. Collomb à la métropole, David Kimelfeld, n’ont pas convaincu les plaignants, dont les griefs remontent à une importante réception organisée le 2 juin 2016 à l’hôtel de ville de Lyon, où l’actuel ministre de l’intérieur avait reçu le ministre de l’économie d’alors, Emmanuel Macron, deux mois après le lancement d’En marche !.
La veille, M. Cochet avait dénoncé « une opération de “fundraising” en vue de la prochaine présidentielle » et souligné que les élus d’opposition n’avaient pas été conviés à cette rencontre avec les « forces économiques et créatives » du territoire.
« Tout le monde savait déjà que Macron serait candidat, des gens de chez nous avaient été reçus à Bercy pour discuter d’un grand rassemblement de la droite et du centre. Et Collomb avait dit qu’il voulait lui donner “un coup de main” », abonde aujourd’hui une source LR.
La mairie mit de fait les petits plats dans les grands et on se bouscula dans ses salons pour voir M. Collomb accueillir son « cher Emmanuel » : un millier d’invités et presque autant de participants, dont les plaignants n’ont jamais pu obtenir la liste ; plus de 19 000 euros de frais, principalement pour le buffet et la sonorisation des lieux, confiés à un traiteur et à une société d’événementiel — GL Events — bien connus sur la place.

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« Mise à disposition gratuite » de locaux publics
Dans leur plainte, les élus estiment que M. Macron a bénéficié « d’une mise à disposition gratuite » de locaux publics « à des fins électorales et partisanes », alors que la campagne présidentielle était « juridiquement ouverte » ; et que les collectivités lyonnaises, en payant les factures, ont financé un candidat, alors que le code électoral l’interdit aux personnes morales, à l’exception des partis et groupements politiques.
Mise en cause également, « la situation particulière » de Jean-Marie Girier, ancien chef de cabinet de M. Collomb à Lyon, qui a joué un rôle actif dans la campagne de M. Macron avant de rejoindre le ministère de l’intérieur.
M. Girier a bénéficié d’un temps partiel au cabinet de la métropole à partir d’octobre 2016, puis il a mis fin à ses fonctions en décembre pour devenir directeur de campagne en janvier 2017.
Mais les plaignants affirment, documents à l’appui, que son implication au sein d’En marche ! a commencé bien avant : un cumul de fonctions « juridiquement interdit » selon eux, qui masquerait un emploi « partiellement ou totalement fictif » au sein de la collectivité « selon les périodes ». L’enquête devrait notamment se pencher sur les prises de congés de M. Girier.
Les élus LR s’interrogent enfin sur une utilisation des locaux parisiens de la métropole lyonnaise durant la campagne de M. Macron et entre les deux tours.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Confrontés à une pénurie de médecins urgentistes et aux congés des titulaires, des services craignent de voir leur fonctionnement perturbé durant les vacances.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/06/2018
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Aux urgences hospitalières, la menace d’un été en sous-effectif

Confrontés à une pénurie de médecins urgentistes et aux congés des titulaires, des services craignent de voir leur fonctionnement perturbé durant les vacances.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 15h52
    |

            François Béguin








                        



                                


                            

Après la surchauffe hivernale, le sous-effectif estival. Confrontés à une pénurie de médecins urgentistes et aux congés annuels des titulaires, de nombreux services d’accueil des urgences en France craignent de voir leur fonctionnement perturbé cet été. En plein bras de fer avec les médecins intérimaires, qui s’opposent au plafonnement de leur rémunération, les autorités n’écartent aucune piste pour répondre aux situations les plus critiques.
En région parisienne, quinze sites – hors Paris – sont jugés « en difficulté » par l’Agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France. Une « enquête flash » menée par cette préfecture sanitaire auprès des hôpitaux – et que Le Monde s’est procurée – révèle l’ampleur du problème : au 19 juin, 531 plages de douze heures n’étaient toujours pas pourvues pour juillet, et 711 pour août parmi les quelque 76 % d’établissements ayant répondu. Ce qui représente lors des deux mois d’été près de 600 journées de vingt-quatre heures où il manquera un médecin dans un service d’urgence.
« De plus en plus de démissions »
« Ça risque de coincer beaucoup plus que les étés précédents », alerte Christophe Prudhomme, porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF), qui se dit « inquiet » d’un « allongement des délais d’intervention » et d’une « multiplication des incidents »…
A l’origine du problème : des services d’urgences de moins en moins attractifs. Parmi les hôpitaux franciliens qui ont répondu à l’enquête de l’ARS, 73 médecins urgentistes ont démissionné en 2017 contre 43 en 2015. Le nombre de postes vacants est passé de 103 en 2016 à 148 au 1er janvier 2018. Les heures d’intérim, elles, ont doublé, passant de 15 429 heures à 33 780 heures entre 2015 et 2017.
« Il y a de plus en plus de démissions car de nombreux médecins n’en peuvent plus de faire de l’abattage et préfèrent prendre des postes mieux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Depuis la journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, des pochoirs apparus dans les rues de la capitale semblent être l’œuvre du street artiste britannique.
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Banksy prend Paris pour cible et comme terrain de jeu

Depuis la journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, des pochoirs apparus dans les rues de la capitale semblent être l’œuvre du street artiste britannique.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 17h05
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 17h47
    |

            Emmanuelle Jardonnet








                        



   


Et de huit ! Le mystère reste entier sur l’ordre d’apparition à Paris de pochoirs attribués à Banksy, mais les yeux les plus affûtés de la capitale ont identifié, depuis vendredi 22 juin, une série de pochoirs qui semblent clairement porter la patte du street artiste britannique, figure de proue d’une pratique qu’il a contribué à populariser depuis une quinzaine d’années. Voici, sous forme de questions-réponses, ce que l’on sait sur ce qui ressemble à une nouvelle intervention-surprise du maître du pochoir contestataire.
Comment cette chasse au trésor visuelle, qui a fait le tour des réseaux sociaux ce week-end, Instagram en tête a-t-elle commencé ?

    Bansky maybe @bansky_official #streetart #photooftheday #paris #art #bansky #urbanart #streetarteverywhere #streetartist #streetartaddicted Une publication partagée par @ xavrs78 le 22 Juin 2018 à 7 :08 PDT 

Le tout premier pochoir à avoir éveillé des soupçons est celui représentant une petite fille noire hissée sur une cagette en train de recouvrir une croix gammée taguée sur un mur de motifs décoratifs roses. Un tableau de Banksy datant de 2009 (intitulé Go Flock Yourself, il avait été présenté lors de son exposition au Musée de Bristol) montrait un jeune garçon en train de taguer ce même motif rose, version coulante du damas, type de tissage précieux aux formes florales originaire de… Syrie. Le parallèle avec l’actualité migratoire et le lieu de réalisation de cette fresque — la porte de la Chapelle, près de l’ancien centre de premier accueil des réfugiés, en bordure du périphérique — offre un faisceau de signes laissant supposer une intervention de Banksy. Indice supplémentaire : le pochoir est apparu dans la foulée de la journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, l’un des sujets au cœur du travail de l’artiste engagé ces dernières années.
Quels sont les pochoirs attribués à Banksy depuis ?

    Another bansky maybe @bansky_official #streetart #art #paris #urbanart #photooftheday #streetarteverywhere #streetartist #champagne #rat Une publication partagée par @ xavrs78 le 22 Juin 2018 à 11 :27 PDT 

Ils sont désormais au nombre de huit : quatre grandes pièces et quatre petites, plus discrètes. Deux des grands formats ressemblent à des allégories : l’une du capitalisme, l’autre des migrants morts en traversant les Alpes vers la France cet hiver. La première représente un homme en costume qui fait mine de proposer un os à un chien. Or, cet os semble être celui même de la patte manquante du canidé, tandis que l’homme cache dans son dos une scie, laissant supposer que son intention est d’amputer à nouveau l’animal. La deuxième composition, la plus sophistiquée de la série, détourne un portrait de Napoléon franchissant les Alpes vers l’Italie, par Jacques-Louis David (l’une des versions de ce tableau du XIXe siècle est visible au château de Versailles). A l’attitude conquérante du Français, dressé sur son cheval blanc, a été substituée une figure plus ambiguë : la cape-couverture rouge s’est rabattue sur la silhouette, qui semble inerte, et évoque un linceul écarlate. Enfin, une figure féminine recueillie est apparue sur une porte à l’arrière du Bataclan, hommage aux victimes du 13 novembre 2015.
Les petits formats sont des rats, devenus dans la culture urbaine les symboles des graffeurs. L’un fait référence aux 50 ans de Mai 1968 : la date a été taguée sur le mur, mais le 8 semble avoir été découpé pour être porté comme des oreilles de Mickey par un rongeur arborant le nœud rouge à pois blancs de Minnie, allusion ironique à EuroDisney. Deux autres rats décollent, assis chacun sur un bouchon de champagne, tandis que la bouteille est posée dans un seau à glace. Enfin, un dernier rat bandit, un bandana sur le nez, semble installer un détonateur sur un panneau.

    New bansky @banksy #bansky #art #paris #photooftheday #urbanart #streetarteverywhere merci @stefaub article à lire sur libé.fr Une publication partagée par @ xavrs78 le 25 Juin 2018 à 6 :58 PDT 

Est-on sûr qu’il s’agit d’œuvres de Banksy ?

    Bansky or not bansky @bansky_official #streetartaddicted #streetart #photooftheday #paris #streetart #bansky #art #streetarteverywhere Une publication partagée par @ xavrs78 le 23 Juin 2018 à 2 :11 PDT 

L’approche sérielle, le style, les couleurs, le calendrier, les thèmes, les personnages : tout y est. Banksy ne signant plus ses œuvres depuis longtemps, le fait que ces nouveaux pochoirs ne soient pas signés correspond également à son modus operandi. En revanche, aucune allusion à cette incursion parisienne n’a pour l’instant été faite sur son site, Banksy.co.uk, ni sur son compte Instagram. Mais l’artiste, qui gère avec brio sa communication, sait ménager ses effets. On peut imaginer qu’il laisse Paris et ses habitants identifier ses interventions et déchiffrer ses messages avant, éventuellement, de commenter l’opération. D’autant que la série n’est peut-être pas terminée.
Etait-il déjà intervenu en France ?

   


C’est une première dans les rues de Paris. Mais pas en France, puisque Banksy avait réalisé en une nuit quatre interventions à Calais en décembre 2015. Le plus emblématique : un portrait de Steve Jobs portant un baluchon sur l’épaule, venait rappeler aux abords de « la jungle » que le fondateur d’Apple, gloire américaine, était lui-même fils d’un émigré syrien. Et déjà une référence à la peinture classique française, avec un Radeau de la Méduse recouvert de migrants et ignoré par un ferry. Quelques semaines plus tard, c’est l’ambassade de France à Londres qui se voyait adresser, à travers une œuvre sur un mur voisin, une dénonciation de la politique migratoire française, avec une Cosette aveuglée par des gaz lacrymogènes sur fond de drapeau français en lambeaux.

        Lire le récit :
         

          De Lesbos à Calais, Ai Weiwei et Banksy œuvrent pour les migrants



Banksy est-il à Paris en personne ?

   


On sait que Banksy, roi du camouflage, prend le moins de risques possible dans ses déplacements pour ne pas se faire démasquer après avoir réussi à rester anonyme jusqu’à présent. Il est même fort probable que ce ne soit pas lui directement qui ait peint les fresques, pour ne pas courir le risque d’être arrêté, et donc identifié, par la police. Ses interventions supposées se sont produites au cours d’une Fashion Week historique à Paris, avec les premiers défilés de l’Américain Virgil Abloh chez Louis Vuitton et du Britannique Kim Jones chez Dior, qui ont drainé de très nombreuses stars américaines et britanniques (Rihanna, Kanye West, Kim Kardashian, Kate Moss, Victoria Beckham, Kid Cudi, Robert Pattinson…). Le bon moment pour se fondre dans la masse des visiteurs. D’autant qu’une autre figure de l’art urbain, le New-Yorkais KAWS, réalisait exceptionnellement le décor et des pièces pour le défilé Dior. D’où ces énigmatiques bouteilles de champagne, images de cette actualité des plus fortunés ?
Où trouver ces fresques ?

   


Deux des huit pochoirs identifiés étaient déjà en partie détruits lundi 25 juin : la petite fille de la porte de la Chapelle (18e) a été recouverte de peinture bleue, un des deux rats à califourchon sur un bouchon de champagne a été volé à même le mur (rue du Mont-Cenis, 18e). Restent Napoléon au 41, avenue de Flandre (19e), Mai 68 dans le Quartier latin, près de la Sorbonne (rue Maître-Albert, 5e) et le rat bandit sur un panneau de la rue Rambuteau (3e). Et la silhouette fantomatique du Bataclan, passage Saint-Pierre-Amelot, dans le 11e.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Réduits à 10, les Russes ont perdu 3-0 et terminent deuxièmes du groupe A, derrière l’Uruguay. L’Arabie saoudite a battu l’Egypte (2-1).
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Le onze des Bleus devrait être à moitié renouvelé pour le dernier match de poules du Mondial : Djibril Sidibé, Steve Mandanda, Steven N’Zonzi, Presnel Kimpembe et Thomas Lemar pourraient connaître leur première titularisation.
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France-Danemark : Deschamps va faire tourner

Le onze des Bleus devrait être à moitié renouvelé pour le dernier match de poules du Mondial : Djibril Sidibé, Steve Mandanda, Steven N’Zonzi, Presnel Kimpembe et Thomas Lemar pourraient connaître leur première titularisation.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 16h12
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 17h32
   





                        



   


Conserver la première place de la poule, reposer les jambes des titulaires et éviter les suspensions pour le futur huitième de finale : l’équilibre est délicat à trouver pour l’équipe de France de football, opposée au Danemark pour son troisième match de poule, mardi 26 juin, à Moscou (16 heures).
Si l’on en croit la mise en place tactique effectuée, dimanche, par Didier Deschamps et dévoilée par la presse spécialisée, le sélectionneur s’apprête à faire une revue d’effectif conséquente, comme il l’avait fait lors de ses précédents tournois.

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Le résultat, pourtant, comptera. Une victoire ravirait les statisticiens francophiles, qui rappellent que chaque fois que la France a battu le Danemark en phase de groupes, elle s’est imposée (Mondial 1998 et championnats d’Europe 1984 et 2000). Un simple nul suffirait au bonheur des Bleus, qui finiraient premiers de la poule et éviteraient très probablement la Croatie en huitièmes de finale.
L’équipe de Luka Modric a fait forte impression lors de ses deux premiers matchs, mais même en cas de première place pour la France, l’adversaire au prochain tour ne sera pas à prendre à la légère : il pourrait s’agir à nouveau du Nigeria (comme au Brésil en 2014, victoire 2-0) ou de l’Islande (comme en quarts de finale de l’Euro 2016, victoire 5-2). Ou encore des vice-champions du monde argentins de Lionel Messi.

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Avant eux, il y a le Danemark et les remplacements de Didier Deschamps. A la Coupe du monde 2014 et l’Euro 2016, il avait respectivement changé six et cinq titulaires entre le deuxième et le troisième match de poule. La qualité s’en était toujours ressentie, les « coiffeurs » étant incapables de marquer face à l’Equateur et la Suisse (0-0 à chaque fois).
Six changements
Cette fois, ils seraient donc six. Steve Mandanda dans les buts, autant pour reposer Hugo Lloris que pour offrir un premier match de Coupe du monde au vétéran des Bleus, âgé de 33 ans, dont le rôle est décrit comme important dans le vestiaire.

   


Presnel Kimpembe en défense centrale, davantage parce que Samuel Umtiti soigne une béquille à la cuisse gauche qu’en raison des performances mitigées du Barcelonais sur les deux premiers matchs.
Djibril Sidibé retrouvera son poste d’arrière droit, sa doublure Benjamin Pavard ayant été discret offensivement depuis le début de la Coupe du monde et les séances d’entraînement confirmant que le Monégasque est remis de sa blessure au genou droit. Benjamin Mendy aurait pu lui aussi ambitionner un retour comme arrière gauche titulaire, mais Didier Deschamps a maintenu sa confiance à Lucas Hernandez ; au risque de devoir confier le poste à un Mendy en manque de rythme, en cas de blessure ou de suspension du jeune joueur de l’Atlético de Madrid lors de ce troisième match.
Au milieu de terrain, les cartons jaunes ont aidé Deschamps à trancher : pas question de prendre le risque d’une suspension de Corentin Tolisso, Paul Pogba ou Blaise Matuidi, déjà avertis.
Didier Deschamps opterait donc pour Steven N’Zonzi aux côtés de N’Golo Kanté dans un milieu à deux sentinelles.

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Devant eux, Ousmane Dembele remplacerait Kylian Mbappé, unique joueur titularisé lors des cinq rencontres disputées depuis le début du rassemblement. Thomas Lemar aurait, enfin, sa chance sur l’aile gauche tandis qu’Antoine Griezmann pourrait peaufiner ses automatismes avec Olivier Giroud.
Pour Florian Thauvin, Adil Rami et Benjamin Mendy, il faudra espérer une entrée en jeu en deuxième période. Sans quoi la perspective d’une Coupe du monde à zéro minute – comme pour le troisième gardien Alphonse Areola – deviendra subitement plus concrète.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Leur sélection n’est pas au Mondial, mais des amateurs viennent de toute l’Asie pour voir jouer le Portugais.
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Coupe du monde 2018 : pour les beaux yeux de Ronaldo

Leur sélection n’est pas au Mondial, mais des amateurs viennent de toute l’Asie pour voir jouer le Portugais.



Le Monde
 |    21.06.2018 à 10h01
 • Mis à jour le
21.06.2018 à 11h40
    |

            Anthony Hernandez (envoyé spécial à Moscou)








                        



                                


                            

Bonne nouvelle pour les supporteurs italiens : il n’est pas obligatoire d’être qualifié pour la Coupe du monde pour se rendre en Russie. On en a eu la preuve mercredi 20 juin au stade Loujniki de Moscou, où les Portugais n’ont pas été les seuls à célébrer le but de Cristiano Ronaldo contre le Maroc (1-0), son quatrième en deux matchs. Partout dans les tribunes, de nombreux amateurs asiatiques n’avaient d’yeux que pour le numéro 7, quintuple Ballon d’or et symbole, comme Lionel Messi, d’un sport mondialisé.
On retrouve en Russie les supporteurs qui, depuis plusieurs années, gonflent les recettes des grands clubs européens en faisant du passage dans leur stade une étape touristique obligatoire. Ils se recrutent dans des pays où le football a été longtemps ignoré, particulièrement en Asie, où les ventes de droits télévisuels et le merchandising explosent. Les Chinois, qui n’ont participé à la compétition qu’en 2002, étaient ainsi présents en nombre impressionnant au stade Loujiniki. Près de 40 000 billets ont été vendus dans l’empire du Milieu pour ce Mondial, 60 % de plus que pour les supporteurs français, et on attend au total 100 000 visiteurs venus de Chine.
Communication périlleuse
C’est à chaque fois le même attroupement, curieux en ces lieux : un groupe de quelques dizaines de personnes, suivant le drapeau blanc agité par un guide et portant des chasubles distinctives, qui représentent souvent l’entreprise pour laquelle travaillent ces supporteurs. Après trois échecs, on parvient à prendre langue avec un groupe venu de Shenzhen, dans le sud de la Chine. Ils sont salariés d’un fabricant de boisson sans alcool, un drôle de breuvage orangé. Esprit d’entreprise oblige, ils prennent la pose avec une fausse bouteille publicitaire de leur produit phare puis expliquent, par la voix de Yao Lin Chao, désignée porte-parole car anglophone : « On est ici pour neuf jours. En plus de Moscou, on visite aussi Saint-Pétersbourg. On ne voit qu’un match....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Le nombre de véhicules électriques en libre-service et de stations disponibles à Paris diminuera progressivement à partir du 2 juillet.
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Autolib’ : arrêt progressif du service d’ici au 31 juillet

Le nombre de véhicules électriques en libre-service et de stations disponibles à Paris diminuera progressivement à partir du 2 juillet.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 16h11
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 16h49
   





                        



   


Autolib’ s’arrêtera le 31 juillet après une diminution progressive du nombre de véhicules et de stations disponibles à partir du 2 juillet, a-t-on appris lundi 25 juin auprès du service parisien de voitures électriques en libre-service.
Cette solution permettra ainsi une « extinction progressive » du service plutôt qu’un « arrêt brutal », a-t-on souligné chez Autolib’, dont le contrat avec le syndicat mixte Autolib’ Vélib’, réunissant 103 communes dont Paris, a été résilié jeudi.
Ce délai permettra ainsi de gérer la fin du service par rapport aux employés, aux abonnés et à la question des transferts d’actifs, notamment le devenir des bornes et pour la récupération de 4 000 voitures, selon Autolib’.
Le syndicat mixte, qui rassemble les élus partenaires, a confirmé que le service s’arrêterait progressivement « comme les élus le souhaitaient dans l’intérêt des abonnés et des salariés », en rappelant que « l’injonction du groupe Bolloré » lui demandant de payer la facture du déficit par courrier, le 25 mai, avait entraîné la résiliation du contrat.
Le groupe « s’est également engagé, comme il en a la responsabilité, à travailler au reclassement des 254 salariés », ajoute le syndicat d’élus.

        Lire notre reportage:
         

          « Un gâchis humain » : les salariés d’Autolib’ témoignent



Changement des façons de se déplacer, image dégradée
Le syndicat mixte, où la Ville de Paris est majoritaire, et le groupe Bolloré se renvoient depuis des semaines la responsabilité du déficit, estimé par Bolloré à un total de 293,6 millions et dont il accepte de ne prendre en charge que 60 millions. Le syndicat s’est refusé à acquitter une « facture démesurée ».

        Lire l’analyse:
         

          Autolib’ : un fiasco aux responsabilités partagées



Lancé en fanfare en 2011 sous Bertrand Delanoë, le dispositif fort de 150 000 abonnés a dû faire face à un changement des façons de se déplacer, avec le vélo électrique, le VTC et la location de véhicules privés, sans compter une image dégradée et des voitures souvent sales.
Le service devait, pourtant, au départ dégager un bénéfice d’au moins 56 millions d’euros par an, mais Bolloré avait rapidement annoncé un léger, puis un lourd déficit, déclenchant un audit et une procédure de conciliation rompue fin mai.
Sans attendre la rupture effective, la maire de Paris, Anne Hidalgo, avait reçu à la mi-juin des constructeurs désireux de reprendre le marché parisien, sous d’autres formes, qui pourraient commencer avant la fin de l’année.
Autolib’ a été en son temps « une belle invention, avec une vision révolutionnaire qui a offert et offre un service apprécié aux Parisiens et métropolitains », avait-elle néanmoins salué.
Il y a six jours, une pétition a été lancée sur Change.org pour demander le « maintien du service public Autolib’ ». Elle avait rassemblé plus de 33 000 personnes lundi matin.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Gérard Collomb reçoit dans l’après-midi les représentants du Conseil français du culte musulman (CFCM).
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Interpellations dans la mouvance ultradroite : le CFCM dit sa « profonde préoccupation »

Gérard Collomb reçoit dans l’après-midi les représentants du Conseil français du culte musulman (CFCM).



Le Monde
 |    25.06.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 12h39
   





                        


L’interpellation de dix individus liés à l’ultradroite soupçonnés de préparer des attaques contre des personnes de confession musulmane provoque la « profonde préoccupation » du Conseil français du culte musulman (CFCM), qui sera reçu lundi 25 juin par le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb.
Dans son communiqué, le CFCM, chargé depuis 2003 de représenter la religion musulmane auprès des pouvoirs publics, « appelle tous les responsables politiques afin qu’ils dénoncent avec la plus grande fermeté les actions violentes dirigées contre les musulmans de France ». Il invite les fidèles et « les associations gérant des lieux de culte musulman à la plus grande vigilance » après ces arrestations, menées par les policiers de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).
La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, a par ailleur salué sur Franceinfo ces arrestations, mettant en garde contre tout « lien » qui pourrait être établi entre les personnes interpellées dans la nuit de samedi à dimanche et les militants identitaires ou son parti.
Information judiciaire ouverte
Deux suspects ont été arrêtés en Corse, et des interpellations ont également eu lieu en région parisienne, dans la Vienne et en Charente-Maritime. Parmi les interpellés figure Guy S., retraité de la police nationale et habitant de Charente-Maritime, chef de file présumé d’Action des forces opérationnelles, un groupe d’extrême droite.
Une information judiciaire a été ouverte le 14 juin pour « association de malfaiteurs terroristes criminelle ». L’enquête devra déterminer le degré d’avancement et de maturité du projet. Comme le prévoient les textes en matière de lutte antiterroriste, les gardes à vue des suspects peuvent d’étendre jusqu’à quatre-vingt-seize heures.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ L’Italie, qui refuse désormais l’accès de ses ports aux ONG internationales, les a sommées de ne plus intervenir dans le sauvetage de migrants.
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« Aquarius », « Lifeline », « Maersk », « Open Arms », « Seefuchs » : où en sont les navires qui secourent les migrants ?

L’Italie, qui refuse désormais l’accès de ses ports aux ONG internationales, les a sommées de ne plus intervenir dans le sauvetage de migrants.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 17h49
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 18h32
   





                        



   


La confusion règne en mer Méditerranée. Les opérations de secours de plusieurs navires humanitaires ou commerciaux sont en suspens, dans l’attente de solutions. L’Italie, qui refuse, désormais, l’accès de ses ports aux ONG internationales, les a sommées, dimanche 24 juin, de ne plus intervenir dans le sauvetage de migrants et de laisser les garde-côtes libyens se charger de cette tâche.
Le « Lifeline » bloqué avec 234 migrants
Le Lifeline, de l’ONG allemande du même nom, se trouve dans les eaux internationales à environ 30 milles nautiques des côtes maltaises avec 234 migrants qu’il a recueillis mercredi à son bord, dont quatorze femmes et quatre enfants de moins de trois ans, selon le cofondateur de l’ONG, Axel Steier.
Le navire, qui bat pavillon néerlandais, s’est ainsi vu refuser l’autorisation d’accoster dans un port italien par les autorités italiennes qui lui ont demandé de s’adresser à la Libye. Un courriel adressé par le Lifeline aux garde-côtes libyens est resté lettre morte et, selon Axel Steier, il est peu probable qu’ils répondent, dans la mesure où la seule possibilité pour le navire serait de se diriger vers l’île italienne de Lampedusa, au sud de la Sicile.
De son côté, l’Italie accuse l’ONG allemande Mission Lifeline, qui l’a affrété, d’avoir agi en contravention du droit international en prenant à son bord les migrants alors que les garde-côtes libyens étaient en train d’intervenir.

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Le Lifeline, qui a été approvisionné en vivres et en médicaments en provenance de Malte, avait demandé, dans un premier temps, lundi, à être accueilli par la France. La ministre chargée des affaires européennes, Nathalie Loiseau, avait répondu peu après sur France 2, que c’était « à l’Italie » de prendre en charge le Lifeline, une semaine après la polémique sur l’Aquarius, refoulé par l’Italie et, finalement, accepté par l’Espagne.
Dans l’après-midi, M. Steier a dit que le bateau n’avait, finalement, pas l’intention de rejoindre un port français dans l’immédiat. « Nous voulions faire ça initialement, mais à cause des conditions météo, ce n’est pas possible actuellement. (…) Cela ne se passera ni aujourd’hui, ni demain, ni après-demain, car la météo est mauvaise, mais pour la suite, nous maintenons cette option possible », a-t-il ajouté.
Le porte-conteneurs « Maersk » bloqué avec 108 migrants
Selon les gardes-côtes italiens, le porte-conteneurs danois Alexander Maersk se trouve à proximité du port de Pozzallo, sur la côte sud de la Sicile, avec à son bord 108 migrants qu’il a secourus vendredi. « Nous attendons les ordres » pour décider de la suite des opérations, a fait savoir, lundi, un responsable des garde-côtes à Pozzallo.
Le navire avait changé de cap, après avoir reçu un signal de détresse vendredi matin, a précisé Mikkel Elbek Linnet, porte-parole de Maersk Line. Il avait porté secours à 113 migrants, mais cinq d’entre eux, dont quatre enfants et une femme enceinte, ont ensuite été débarqués samedi soir.
La ministre à l’immigration et à l’intégration danoise, Inger Stjøberg, a envoyé une lettre à Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur italien, pour lui demander d’agir afin que ces migrants ne restent pas sur le bateau. Depuis 2015, l’Alexander Maersk a participé à sept opérations de sauvetage et a accueilli des personnes à bord à trois reprises.
L’« Open Arms » empêché de secourir des migrants
Le navire Open Arms de l’ONG espagnole Pro Activa se trouve lui aussi dans les eaux internationales, entre 24 et 30 milles au large des côtes libyennes. L’organisation a affirmé dimanche que l’Italie avait refusé l’aide de son navire pour secourir un millier de migrants à la dérive au large de la Libye, Rome affirmant que les garde-côtes libyens allaient s’en charger.
Sa porte-parole a affirmé que l’ONG avait reçu au cours des dernières heures « sept ou huit » appels à l’aide provenant d’embarcations transportant des migrants et se trouvant au large de la Libye. Toujours, selon Pro Activa, les migrants allaient être renvoyés en Libye.
Le « Seefuchs », bloqué dans un port maltais
Le Seefuchs, de l’ONG allemande Sea-Eye et battant pavillon néerlandais, est amarré dans le port maltais de La Valette où sont en cours des vérifications sur son immatriculation, les autorités néerlandaises ayant affirmé qu’il ne figurait pas dans les registres navals du pays. Cette opération devrait prendre quelques jours.
L’« Aquarius » prêt à reprendre ses opérations de sauvetage
L’Aquarius, navire humanitaire affrété par l’ONG française SOS Méditerranée, se trouve à nouveau dans la zone de secours au large de la Libye, de retour du port de Valence, selon une porte-parole. Le 17 juin, le navire qui avait secouru 630 migrants au large de la Libye, avait accosté dans le port espagnol après les refus de l’Italie et de Malte de l’accueillir, une semaine plus tôt.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Les armées européennes pourraient mettre en place des plans communs pour gérer les crises comme une catastrophe naturelle ou l’évacuation de civils.
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Neuf pays, dont la France, veulent coordonner leurs opérations militaires

Les armées européennes pourraient mettre en place des plans communs pour gérer les crises comme une catastrophe naturelle ou l’évacuation de civils.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 17h09
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 18h19
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Luxembourg, envoyé spécial)








                        



   


La France a signé avec huit autres pays, à Luxembourg, lundi 25 juin, l’initiative européenne d’intervention (IEI) proposée il y a quelques mois par Emmanuel Macron, désireux de créer, à l’horizon 2024, une Europe « souveraine, stratégique et autonome » dans le domaine de la défense.
L’Allemagne, le Danemark, l’Estonie, l’Espagne, le Portugal, les trois pays du Benelux ont rallié ce projet, ainsi que le Royaume-Uni, ce qui apparaît comme une tentative de préserver des liens de coopération — pas seulement bilatéraux — avec Londres au-delà de l’échéance du Brexit. Le nouveau gouvernement en place à Rome a, en revanche, demandé du temps pour examiner une éventuelle participation de l’Italie. « Une question de méthode plus qu’une objection de fond », dit-on de source française.
L’IEI vise principalement à rapprocher les états-majors des pays « militairement capables » et ayant la volonté d’intervenir ensemble dans « des scénarios variés », résumait lundi la ministre des armées française, Florence Parly, à l’issue d’une réunion avec ses homologues européens. Des scénarios qui ne seraient pas nécessairement de « haute intensité » — à savoir des conflits armés —, mais des situations nécessitant une prise de décision rapide, comme une catastrophe naturelle ou l’évacuation de civils.
La France veut éviter de se retrouver seule au front
Paris insiste, histoire de rassurer certains de ses partenaires et le service diplomatique européen de Federica Mogherini — qui n’a pas assisté à la signature — : le projet sera « complémentaire » de l’Europe de la défense, et non pas en concurrence avec les missions de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC). Chacun sait, toutefois, que le processus qui conduit à la mise en place de celles-ci est complexe et lent à vingt-huit. Avec ses groupes d’intervention, la France espère y remédier, et éviter aussi de se retrouver seule au front, comme cela a été le cas au Mali, en 2013, lors de l’opération « Serval », ou en Centrafrique, de la fin de 2013 à 2016.
Les états-majors des neuf pays signataires se réuniront une première fois en septembre et élaboreront un programme de travail, concernant une planification et des exercices de gestion de « crises potentielles pouvant menacer la sécurité européenne, selon Mme Parly. Par exemple pour préparer l’exfiltration de ressortissants ».
Le nouveau mécanisme se placera, sur insistance de l’Allemagne, dans le cadre de la coopération structurée permanente (CSP, ou Pesco, son acronyme anglais), cet autre projet assimilé à l’ébauche d’une « zone euro de la défense » visant à stimuler la coopération, la planification, le développement technologique, les investissements « intelligents » et les projets industriels en commun.
La CSP était censée rassembler, dans l’esprit de ses promoteurs — et surtout de la France — un nombre restreint de pays désireux d’avancer rapidement. Elle rassemblera finalement vingt-cinq des vingt-huit Etats membres, ce qui pose indubitablement la question de son efficacité, même si tous les signataires ne sont pas censés participer à l’ensemble des projets, dans le domaine opérationnel ou capacitaire.
Le mécanisme de la coopération structurée n’était pas censé préfigurer la naissance d’une « force européenne » — chacun s’obligeant désormais à oublier le terme d’« armée » commune, qui fait figure d’épouvantail. L’« initiative » promue par le président français prolonge toutefois ce projet en prônant une collaboration poussée entre les forces de plusieurs pays.
Relance effective des projets d’Europe de la défense
L’idée de « groupes d’intervention » n’est toutefois pas la première du genre : l’OTAN possède une force de réaction rapide — avec un « fer de lance » de 25 000 hommes — et l’UE a créé il y a une quinzaine d’années les groupements tactiques européens — ou « battle groups », jamais déployés. L’Europe avait — déjà — l’ambition de renforcer ses capacités militaires et de développer l’interopérabilité entre les armées.
Le contexte politique a cependant changé, avec une relance effective des projets d’Europe de la défense et la pression américaine pour une meilleure prise en charge par les Européens de leur propre sécurité. A cet égard, les ministres ont tenté, lundi, de convaincre le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, que leur projet de groupes d’intervention participait au « partage du fardeau » réclamé par l’administration américaine. D’autant, soulignent-ils, qu’elle est couplée à d’autres projets — le fonds européen de défense, la facilité pour la paix, censée œuvrer à la prévention des conflits, ou les projets pour faciliter la mobilité des matériels militaires sur le continent.
La réponse de Jens Stoltenberg ? « Il a reconnu que les initiatives prises par les Européens étaient des contributions réelles, très concrètes », dit Mme Parly. On attend une — éventuelle — confirmation américaine au sommet de l’Alliance atlantique, les 11 et 12 juillet.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, est à Tripoli pour tenter de consolider la tendance à la baisse des départs de migrants vers la Sicile.
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En Libye, les réseaux de passeurs de migrants s’ajustent à la pression internationale

Le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, est à Tripoli pour tenter de consolider la tendance à la baisse des départs de migrants vers la Sicile.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 15h26
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 17h29
    |

            Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)








                        



                                


                            

Après la pause du ramadan, l’activité des garde-côtes libyens au large du littoral de la Tripolitaine (Ouest) a redoublé d’intensité ces derniers jours. Alors que le ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, également vice-premier ministre, est arrivé, lundi 25 juin, à Tripoli pour des entretiens avec les autorités du gouvernement d’« accord national », la marine libyenne faisait savoir qu’elle avait intercepté la veille un millier de migrants à bord d’embarcations en partance pour l’île italienne de Lampedusa.

Cette opération porte le nombre d’interceptions de migrants dans les eaux libyennes à deux mille en dix jours, selon l’Organisation internationale des migrations (OIM). Un tel niveau d’activité est sans précédent depuis le début de l’année. Au total, 9 100 migrants arrêtés en mer auront été reconduits depuis le 1er janvier dans des centres de détention, dénoncés par les organisations de défense des droits humains, comme le champ clos de multiples abus et violences. « Laissez les autorités libyennes faire leur travail (…) sans que les navires des ONG avides les gênent ou causent des troubles », a commenté, dimanche, M. Salvini, en félicitant les garde-côtes de Tripoli.
La meilleure efficacité de la marine libyenne, dont les unités sont de plus en plus financées, équipées et entraînées par l’Union européenne (UE) et l’Italie, se traduit en aval par un tarissement des arrivées en Italie. Du 1er janvier au 20 juin, 16 228 migrants ont débarqué sur la péninsule par voie de mer — en provenance de Libye pour l’essentiel — soit une chute de 78 % par rapport à la période correspondante de 2017, selon l’OIM.

Le programme de soutien aux garde-côtes de Tripoli n’explique pas, à lui seul, un ralentissement aussi brutal des flux migratoires en provenance de Libye. Des accords occultes passés entre Rome et des milices locales — officiellement démentis mais jugés crédibles par de nombreuses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Une lettre de la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs déplore des « intimidations » récentes.
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Les bouchers-charcutiers demandent à être protégés face à « la violence » végane

Une lettre de la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs déplore des « intimidations » récentes.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 13h47
   





                        


Confrontés à des « violences physiques, verbales, morales » de la part de groupuscules végans, les bouchers-charcutiers ont demandé la protection de la police au ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, apprend-on lundi 25 juin.
« Les 18 000 artisans bouchers-charcutiers » en France « s’inquiètent des conséquences de la surmédiatisation du mode de vie végan », selon une lettre adressée à Beauvau signée du président de la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs (CFBCT), Jean-François Guihard. Il déplore les « intimidations » récentes dont ont fait l’objet des boucheries-charcuteries, une « violence » qui s’exerce « tant à visage découvert que masqué » selon la lettre.
Dans les Hauts-de-France, sept boucheries ont été aspergées de faux sang en avril, une boucherie et une poissonnerie ont été vandalisées, leurs vitrines brisées et les façades taguées de l’inscription « stop au spécisme », a constaté l’Agence France-Presse. La maire de Lille, Martine Aubry, a fait savoir que la mairie allait se constituer partie civile.
Selon la CFBCT, des précédents « ont été signalés en région Occitanie » aussi.

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« Semer la terreur »
A la fin de mars, une militante végane de la cause animale qui avait publié un message injurieux à l’égard d’un boucher tué dans un supermarché à Trèbes lors d’un attentat djihadiste, a été condamnée à sept mois de prison avec sursis pour « apologie du terrorisme ». « Ben quoi, ça vous choque un assassin qui se fait tuer par un terroriste ?! Pas moi, j’ai zéro compassion pour lui, il y a quand même une justice », avait publié la militante sur les réseaux sociaux après l’attentat.
« Face à cette escalade de la violence, quelle sera la prochaine étape ? », s’interroge la fédération professionnelle de la boucherie, qui estime que « quelques individus ou organisations » cherchent à « semer la terreur ».
La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) s’était aussi émue au début de juin de « comportements extrémistes » de militants antispécistes. Les antispécistes (du latin species, l’« espèce ») s’opposent à toute hiérarchie entre espèces, notamment entre l’être humain et les autres animaux.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Un ex-aviateur ayant participé à l’opération conteste son caractère strictement humanitaire dès le départ. Il s’agit du deuxième militaire français à relancer le débat, après la parution du livre de l’ex-officier Guillaume Ancel.
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Compte rendu

Rwanda : nouveau témoignage d’un ex-militaire contestant le caractère purement humanitaire de « Turquoise »

Un ex-aviateur ayant participé à l’opération conteste son caractère strictement humanitaire dès le départ. Il s’agit du deuxième militaire français à relancer le débat, après la parution du livre de l’ex-officier Guillaume Ancel.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-06-25T15:32:39+02:00"

        Le 25.06.2018 à 15h32

     •
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          datetime="2018-06-25T15:53:41+02:00"

        Mis à jour le 25.06.2018 à 15h53






    
Des réfugiés hutu saluent les officiers de marines français arrivant dans un camp, le 3 juillet 1994.
Crédits : HOCINE ZAOURAR / AFP


C’est le deuxième militaire français ayant participé à l’opération « Turquoise » en juin 1994 au Rwanda à relancer le débat. Un ex-aviateur français ayant pris part à l’opération militaro-humanitaire lancée le 22 juin 1994 sous mandat de l’Organisation des nations unies (ONU) pour tenter de mettre fin aux massacres conteste son caractère strictement humanitaire dès le départ. Il affirme que les militaires français étaient préparés à « frapper » les troupes du Front patriotique rwandais (FPR), dans un entretien lundi 25 juin au journal La Croix.
L’homme, qui a souhaité garder l’anonymat, a fait toute sa carrière dans l’armée de l’air, selon La Croix. Il s’agit du deuxième militaire français à relancer le débat, après la parution du livre Rwanda, la fin du silence, de l’ex-officier Guillaume Ancel.

        Lire notre enquête :
         

          Les secrets de la France au Rwanda : les révélations d’un officier français



Paul Kagame, le président rwandais, qui dirigeait le FPR, qui a pris le pouvoir à Kigali quelques jours avant la fin du génocide (perpétré d’avril à juillet 1994), accuse les autorités françaises d’avoir soutenu le pouvoir hutu et d’avoir été ainsi un acteur des tueries qui ont fait, selon l’ONU, quelque 800 000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsi. Paris a toujours démenti toute implication dans les massacres.
« [Ancel] n’est pas un affabulateur »
M. Ancel assure que les troupes envoyées par Paris avaient pour mission de « stopper le FPR, donc [d’]empêcher la victoire de ceux qui combattaient les génocidaires ». « Il [Ancel] n’est pas un affabulateur pour ce que j’ai vu de “Turquoise”. C’est pourquoi il m’est apparu juste d’apporter mon témoignage », déclare l’ex-aviateur français.
Prépositionné dans une base française en Afrique, il débarque à Kisangani (en République démocratique du Congo voisine) avec les premiers éléments de la chasse française, selon ses propos rapportés par La Croix.
Interrogé pour savoir s’il y avait eu, à sa connaissance, une directive pour intervenir à Kigali, il répond :
« Non. Mais pour nous, nous étions là pour faire la guerre. Nous étions sur le point de frapper les rebelles [troupes du FPR] (…) L’armement qui arrivait sur la base nous confortait dans cette perspective. »
Selon lui, les équipages sont convoqués à la nuit tombée le 30 juin 1994. « Vous allez intervenir au petit matin pour “bloquer” les rebelles, car la tension monte sur le terrain », leur dit-on, rapporte La Croix.
Le 1er juillet, « les deux premiers Jaguar décollent pour la zone de conflit, “canons armés” (…) ils s’étaient envolés pour faire leur métier : appuyer nos troupes au sol en frappant les rebelles », dit l’ex-aviateur, qui ajoute que, finalement, l’autorisation « n’a pas été donnée ». « La mission est annulée et les Jaguar rentrent à leur base. »
Pour l’ex-militaire, cette action est apparue au dernier moment aux yeux des décideurs comme contrevenant au mandat donné par les Nations unies à « Turquoise ».
Une « ineptie » pour le général Jean-Claude Lafourcade
Réagissant dans La Croix, le général français Jean-Claude Lafourcade, alors commandant de l’opération « Turquoise », qualifie d’« ineptie » ce nouveau témoignage et celui de Guillaume Ancel, affirmant que ce dernier « ne s’appuie que sur ses propres déclarations, non sur des documents, des ordres, des preuves matérielles ».
« Nous ne nous sommes pas engagés en juin dans l’optique de stopper le FPR et de rétablir le gouvernement provisoire à Kigali, comme il l’affirme. La bascule entre la mission offensive et la mission humanitaire qui aurait eu lieu sur ordre de l’Elysée, le 1er juillet, n’existe que dans son imagination », ajoute-t-il.
Selon le général, à la mi-juin, « les militaires ont échafaudé des hypothèses. (…) Elles ont été soumises à l’exécutif » français, qui a « décidé de ne pas se lancer dans une offensive mais de prendre position » en République démocratique du Congo « pour aller, en toute neutralité, le moins possible à l’intérieur du Rwanda ».
Interrogé pour savoir s’il était informé dès le début de l’opération « Turquoise », à la fin de juin, que le gouvernement intérimaire rwandais (GIR) était génocidaire, le général réplique : « Non, je ne le sais pas (…) Quand j’interviens, je sais qu’un génocide est en cours, mais je ne sais pas qui, du GIR, des unités des FAR [Forces armées rwandaises] et des miliciens, le commet. »
« Avant de partir, on aurait peut-être dû nous dire : “Attention, c’est un gouvernement génocidaire !” Mais personne ne nous l’a dit. Ni l’ONU ni la communauté internationale. »


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ En visite en Chine, Edouard Philippe a annoncé que les exportations de bœuf français reprendront à la faveur de la signature d’un protocole sanitaire.
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Après dix-sept ans d’embargo, la France pourra de nouveau exporter sa viande bovine en Chine

En visite en Chine, Edouard Philippe a annoncé que les exportations de bœuf français reprendront à la faveur de la signature d’un protocole sanitaire.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 06h14
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 14h28
   





                        



   


Reçu lundi 25 juin à Pékin par le président chinois Xi Jinping, le premier ministre Edouard Philippe a annoncé la signature attendue d’un protocole sanitaire entre la France et la Chine qui permettra à la première d’exporter à nouveau sa viande bovine vers la seconde, après un embargo long de dix-sept ans. « Ces accords sur lesquels les deux chefs d’Etats s’étaient engagés permettront aux consommateurs chinois d’apprécier l’excellence du terroir français », a estimé M. Philippe.
La Chine avait mis un embargo sur les viandes bovines françaises en 2001 à la suite du scandale de la vache folle. Les autorités chinoises ont annoncé le 3 mars 2017 qu’ils lèveraient l’embargo après l’inspection sanitaire des installations françaises. Ce qui prend généralement plusieurs années n’a mis que quelques mois à se réaliser après la visite d’Emmanuel Macron en Chine en janvier 2018, qui a accéléré le processus.
« 30 000 tonnes » par an
L’accord sur le bœuf porte sur la viande bovine désossée de moins de trente mois et permettra d’avoir du bœuf français dans les assiettes chinoises d’ici septembre, selon le président de la filière (Interbev) Dominique Langlois. Il est complété par un protocole pour l’exportation de semence bovine française, des agréments pour deux abattoirs porcins (Bigard et Tradival) et deux établissements de lait infantile (Baby Drink et Candia).
« C’est une très, très grande nouvelle », « une date historique », s’est félicité M. Langlois, en précisant que « sept entreprises » françaises avaient « été auditées par les autorités chinoises, qui vont remettre leur rapport ». « Il y aura des allers-retours quelques jours, quelques semaines » avant de déclencher les premières exportations. « On a déjà des contacts avec des acheteurs chinois en attente », a-t-il ajouté en visant un objectif de « 30 000 tonnes » par an, ce qui « serait déjà formidable ». Quatorze pays exportent déjà pour 1,5 million de tonnes de viande bovine par an vers la Chine.
« Il faut qu’on se différencie », a plaidé M. Langlois, en vantant « la qualité de nos races, le fait que nous ayons un système de traçabilité remarquable, que nous n’avons pas un mode d’élevage extensif mais à taille humaine ». « Nous avons aussi la perspective d’apporter du savoir-faire dans la découpe de la viande pour les boucheries ou la restauration », a-t-il ajouté.
Relations « plus stables et saines »
Autre dossier abordé lors de la visite de quatre jours d’Edouard Philippe : Airbus, six mois après les propos d’Emmanuel Macron affirmant qu’une commande par Pékin de 184 Airbus A320 serait « bientôt finalisée ». « Je me réjouis également que la Chine ait confirmé sa volonté forte de concrétiser prochainement les engagements pris en janvier s’agissant des acquisitions d’Airbus et d’en envisager de nouvelles », a affirmé M. Philippe. Le premier ministre chinois a de son côté exprimé la volonté de la Chine d’acheter de « nombreux avions » cette année et de poursuivre les discussions avec la France sur des acquisitions d’Airbus.
Arrivé en Chine dimanche après s’être rendu à Shenzhen et Shanghaï, le premier ministre a souligné que cette visite avait pour but de « poursuivre la conversation, la discussion, le travail engagés il y a cinq mois par le président de la République à l’occasion de sa visite, dont il s’est beaucoup réjoui ».

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M. Xi a pour sa part estimé que, depuis la visite d’Emmanuel Macron, « les relations sino-françaises connaissent un point de départ plus stable et plus sain », plaidant pour continuer à « travailler ensemble pour enrichir le partenariat stratégique ».
« Quand vous étiez maire du Havre, vous êtes venu plusieurs fois en Chine, a encore souligné Xi Jinping lors de son entretien avec Edouard Philippe, qui a duré cinquante minutes. Vous connaissez bien la Chine, c’est favorable à nos échanges dans l’avenir. Je suis convaincu qu’en tant que premier ministre vous améliorerez encore la relation sino-française. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Les BET Awards, qui honorent chaque année des personnalités noires, ont salué la bravoure du jeune homme qui a sauvé un enfant en escaladant un immeuble à Paris.
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Compte rendu

Mamoudou Gassama, super-héros malien primé aux Etats-Unis

Les BET Awards, qui honorent chaque année des personnalités noires, ont salué la bravoure du jeune homme qui a sauvé un enfant en escaladant un immeuble à Paris.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-06-25T17:55:37+02:00"

        Le 25.06.2018 à 17h55






    
De gauche à droite : Mamadou Gassama, Naomi Wadler et Shaun King sur la scène des BET Awards, à Los Angeles, le 24 juin 2018.
Crédits : Leon Bennett / AFP


Mamoudou Gassama, le jeune migrant malien qui a sauvé un enfant en escaladant la façade d’un immeuble parisien fin mai, a été récompensé à Los Angeles lors de la cérémonie des BET Awards, qui honorent chaque année des personnalités noires.
Mamoudou Gassama, 22 ans, qui a vu sa situation régularisée en raison de son acte de bravoure, a reçu le prix de « héros humanitaire » aux côtés de cinq autres lauréats. « Nous distinguons ces héros et les remercions de nous donner de l’espoir et de nous rappeler que tout le monde a l’opportunité de faire quelque chose d’extraordinaire », a déclaré le chanteur John Legend, dimanche 24 juin, en remettant les six prix.



Outre Mamoudou Gassama, qui a salué le public en souriant, Naomi Wadler a notamment été récompensée. Cette toute jeune fille avait livré un discours poignant contre les violences par armes à feu lors du rassemblement « Marchons pour nos vies », en mars, à Washington. Le courage d’Anthony Borges, un lycéen blessé durant la fusillade de Parkland, en Floride, qui fut la genèse de cette manifestation, a également été salué. Un autre lauréat, James Shaw Jr., a lui aussi sauvé des vies en parvenant à désarmer un tireur dans un restaurant Waffle House près de Nashville (Tennessee), en avril.
Le Nigérian Davido, meilleur artiste étranger
La soirée des BET Awards a par ailleurs été marquée par la victoire attendue de Black Panther, film de super-héros noirs au succès phénoménal. « Nous n’avons pas besoin d’un président en ce moment, parce que nous avons un roi », a commenté l’acteur Jamie Foxx en référence au monarque de Black Panther, pendant la remise du prix du meilleur film, alors que la cérémonie a été émaillée de critiques envers Donald Trump.
Le trio hip-hop Migos l’a emporté dans la catégorie du meilleur groupe, tandis que la chanteuse SZA a été sacrée meilleure nouvelle artiste. La star nigériane de l’afro-pop Davido, qui concourrait notamment contre les artistes français Booba, Dadju et Niska, a quant à lui décroché le prix du meilleur artiste étranger. « Venez en Afrique, mangez de la nourriture, portez des vêtements » africains, a lancé le chanteur de 25 ans, enjoignant l’auditoire à plus de collaborations artistiques entre les Etats-Unis et l’Afrique.

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La rappeuse Nicky Minaj a livré une prestation remarquée dans une robe en latex rouge, tout comme Meek Mill, dont l’incarcération récente avait nourri le débat sur la discrimination raciale aux Etats-Unis. Pour son retour sur scène lors de cette cérémonie diffusée en direct à la télévision, le rappeur a présenté une nouvelle chanson, « Stay Woke », dans laquelle il dénonce avec force les violences policières.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Le photographe, qui n’avait cessé d’observer son pays avec passion et rage, notamment pendant l’apartheid, s’est éteint lundi à Johannesburg, à l’âge de 87 ans.
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David Goldblatt, père de la photographie sud-africaine, est mort

Le photographe, qui n’avait cessé d’observer son pays avec passion et rage, notamment pendant l’apartheid, s’est éteint lundi à Johannesburg, à l’âge de 87 ans.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 15h23
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 15h47
    |

            Claire Guillot








                        



                                


                            

David Goldblatt avait l’Afrique du Sud dans la peau. Pendant près de soixante-dix ans, ce photographe à la peau tannée et aux yeux bleus perçants a photographié son pays avec passion et rage. Depuis l’injustice criante du régime d’apartheid de séparation des races, jusque dans les nouvelles contradictions d’une société post-coloniale. « Je suis un critique social autoproclamé et sans permis, résumait-t-il au Monde. L’Afrique du Sud coule dans mon sang. Elle me démange, m’irrite, m’inquiète. » Le « père de la photographie sud-africaine », comme on le surnommait, est mort lundi 25 juin à 87 ans, à Johannesburg, sans avoir jamais reposé son appareil, laissant derrière lui une oeuvre subtile et variée, où chaque image explore la complexité des relations humaines.
Né dans une ville minière d’une famille juive émigrée de Lituanie, David Goldblatt a très tôt conscience du racisme du régime d’apartheid. « Le matin, je pouvais voir la police menotter des Noirs, les mettre en file indienne et leur faire traverser ainsi la ville, devant tout le monde, jusqu’au tribunal. L’humiliation était terrible. Les Blancs, eux, étaient emmenés en voiture. J’ai su très tôt que je vivais dans une société déchirée, totalement contradictoire dans ses idées sur la démocratie et la justice. » Ses débuts dans la photographie, territoire inexploré dans son pays, sont difficiles. Le jeune homme attendra la mort de son père, en 1963, pour larguer la boutique de vêtements familiale et se lancer. Il invente un style documentaire subtil, loin des images choc de la presse magazine.
« Je me suis très vite rendu compte que je n’étais pas intéressé par les événements eux-mêmes, mais par les conditions profondes qui y mènent. Je voulais photographier les valeurs de mon pays. »
Une approche non militante de l’apartheid
Son premier projet personnel est ainsi un livre consacré aux Afrikaners (Some Afrikaners photographed, 1975), ces...




                        

                        


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La première campagne de mesure des pesticides dans l’air démarre en France

Le glyphosate et le chlordécone font partie des 90 substances qui seront recherchées pour mieux connaître l’exposition de la population



Le Monde
 |    25.06.2018 à 08h35
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 08h40
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            Stéphane Mandard








                        



   


On sait que les Français, particulièrement dans les grandes agglomérations, respirent un air souvent trop chargé, notamment en particules fines et en dioxyde d’azote. Mais qu’en est-il des pesticides ? Les données manquent. Pour combler cette lacune, une première campagne de mesure des résidus de pesticides dans l’air est lancée lundi 25 juin par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Elle durera un an avec l’objectif de mieux connaître l’exposition de la population et de définir une stratégie de surveillance qui fait aujourd’hui défaut. Car si la présence de pesticides est contrôlée dans les aliments ou dans l’eau, elle n’est pas réglementée dans l’air.
« C’est un sujet majeur, commente Mathilde Merlo, responsable de l’unité phytopharmacovigilance à l’Anses. C’est une campagne qui n’a pas d’équivalent au niveau européen. » Au total, près de 90 substances seront recherchées. Elles ont été sélectionnées en fonction de leur persistance dans l’air, de leur degré d’utilisation et de leur danger pour la santé. Les substances ciblées, précise l’Anses, n’entrent pas seulement dans la composition des produits dits phytopharmaceutiques, elles peuvent aussi être présentes dans certains biocides, des médicaments vétérinaires ou encore des antiparasitaires à usage humain.

        Lire notre enquête sur le chlordécone :
         

          Les Antilles empoisonnées pour des générations



Sans surprise, on retrouve le chlordécone, qui contamine les Antilles, ou le glyphosate, pour lequel le gouvernement s’est engagé pour une sortie définitive d’ici trois ans. La traque de l’herbicide controversé devrait siphonner une bonne partie du budget, estimé à un peu plus de un million d’euros. « Le glyphosate nécessite un investissement lourd en termes de recherche, confirme Mathilde Merlo. Contrairement aux autres pesticides, nous avons dû développer à une technique analytique qui lui est propre. »
« Urgence à agir »
Les prélèvements seront effectués sur cinquante sites en métropole et dans les départements et territoires d’outre-mer, pour atteindre un total d’environ 1 500 échantillons sur la durée de la campagne. La répartition des sites a été choisie afin de prendre en compte les différents types de zones d’habitation (52 % urbains et 48 % ruraux) et de productions agricoles : grandes cultures (40 %), sites viticoles (22 %), arboricoles (22 %), maraîchage (14 %) et élevage (6 %).
Sur le terrain, ce sont les associations agréées pour la surveillance de la qualité de l’air, tel Airparif ou Air PACA, qui assureront les mesures. L’Institut national de l’environnement industriel et des risques pilotera l’analyse des échantillons et l’exploitation des données. Les résultats sont attendus fin 2019 ou début 2020. Ils permettront d’établir un premier état des lieux des niveaux de contamination moyen en France des résidus de pesticides dans l’air ambiant. Ce dernier sera complété par une étude ciblée sur l’exposition des riverains en zones agricoles. Pilotée par l’Anses et Santé publique France, elle devrait démarrer courant 2019.
Pour l’association Générations futures, qui se bat depuis vingt ans contre les dangers des pesticides, il n’est pas utile d’attendre de nouveaux résultats d’étude face à l’« urgence à agir ». Elle soutient la proposition de loi déposée le 13 juin par le député de Gironde Loïc Prud’homme visant à protéger les riverains en instaurant une zone tampon, non traitée aux pesticides les plus dangereux, autour des lieux de vie.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ « Les Aventures extraordinaires de Captain Spirit » aborde la question de l’enfance, de l’émerveillement et de l’ennui en jeu vidéo. Ses créateurs expliquent sa genèse.
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Jeu vidéo : « L’émotion est plus dure à amener, mais l’interactivité peut la décupler »

« Les Aventures extraordinaires de Captain Spirit » aborde la question de l’enfance, de l’émerveillement et de l’ennui en jeu vidéo. Ses créateurs expliquent sa genèse.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 09h22
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 15h36
    |

            William Audureau








                        



   


Lors du Salon du jeu vidéo de Los Angeles du 12 au 14 juin, Pixels s’est entretenu avec Michel Koch et Raoul Barbet, cocréateurs du jeu vidéo narratif Life is Strange, dont un chapitre spin-off gratuit, Les Aventures extraordinaires de Captain Spirit, sort le 25 juin. Il place le joueur dans la peau d’un enfant de 10 ans, seul avec un père dépressif, confronté à des scènes du quotidien, d’un petit déjeuner aux œufs brouillés aux rêveries de super-héros.

Si vous deviez comparer votre jeu à une boisson, laquelle ce serait ?
Michel Koch : Je dirais une tisane. Ma maman m’en préparait quand j’étais petit, c’est ma madeleine de Proust à moi.
Raoul Barbet : Je dirais le chocolat chaud. C’est ce que tu bois quand tu es seul, que dehors il pleut, il fait froid. Ce jeu essaie de raconter ce qu’il se passe quand à 10 ans on se retrouve avec du temps à passer, qu’on s’ennuie, qu’on se retrouve à jouer aux Transformers sur la moquette. Ce sont des moments uniques qu’on peut retrouver en tant que parent, mais plus en tant qu’enfant.
Etes-vous vous-mêmes papas ?
R. B. : Nous deux, non, mais notre scénariste a une petite fille et a mis énormément de sa propre expérience dedans. Mais on a tous des souvenirs de nos 10 ans. Chacun dans l’équipe a pu participer, du scénariste à l’artiste dans la reconstitution d’une chambre, dans les souvenirs des jouets qu’on aurait aimé avoir, etc. Après, Michel et moi sommes tous les deux fils uniques et on s’est bien fait chier dans notre enfance [rires]. Il faut savoir se raconter des histoires et faire travailler son imagination.
M. K. : J’ai été fils unique, avec parent unique. Forcément dans ce cas-là tu te retrouves plus souvent tout seul, alors tu te fais ton monde, ta manière d’occuper ton temps. Même si le jeu ne se déroule pas dans les années 1990, il y a beaucoup de concepts et de souvenirs de l’enfance qui pour nous viennent de là.
Question à choix multiple : voulez-vous une question idiote, ou sérieuse ?
R. B. : A cette heure-là [il s’agit de leur dernière interview de la journée], j’ai bien envie de prendre la question idiote !
D’accord. Comment modélise-t-on une omelette en 3D ?
M. K. : Il y a une bonne anecdote. Nous avons fait une première version de l’omelette, qui avait ses défauts. Alors, notre lead environnement [le responsable de la création des décors en 3D] a conçu une seconde omelette. Pour cela, il a fait des œufs brouillés chez lui, il les a amenés au travail, il en a fait 70 photos pour avoir la base de l’omelette et la scanner. C’est le seul élément 3D de tout le jeu qui a eu droit à un traitement photo avec scan.
R. B. : Ce n’est pas n’importe quelle omelette. Elle a suscité de longues discussions dans l’équipe !
Passons à la question sérieuse. Vous parlez d’un jeu sur l’ennui mais c’est aussi un jeu sur l’acceptation, sur le deuil. Il y a une figure manquante, la mère. Jusqu’à quel point était-ce nécessaire ?
R. B. : C’est un élément très important dans cette histoire, on ne veut pas trop en dire. Nous voulions parler de deux choses, de la situation difficile de son père et de sa vie familiale, et de l’autre l’aspect coloré, le fait d’être un enfant de 10 ans qui vit sa vie. On veut mixer les deux. Ce n’est pas parce que tu t’échappes que les choses sombres disparaissent. Les deux se répondent, et tout fait sens.
Quand on travaille au jour le jour en équipe, comment faire pour ressentir l’émotion que l’on veut que le joueur ressente ?
R. B. : A titre personnel je m’occupe beaucoup de cinématographie, de tout ce qui relève du cadrage, de la mise en scène. On s’isole souvent avec Michel, et comme pour un film, il arrive qu’il y ait ce moment où on sent que ça marche. C’est difficile à expliquer, mais on sent qu’on parvient à toucher ce que l’on cherche à atteindre. On se dit que si on commence à avoir les larmes, alors les joueurs aussi.
Il vous arrive lors du développement d’être ému aux larmes ?
R. B. : Parfois, oui. Sur certaines scènes de Life is Strange. Je suis très sensible à la musique. Quand celle-ci est là, que la scène est forte, que l’on a amené le joueur à ce qu’elle se produise, alors quelque chose se passe. Après, sur Captain Spirit, on cherche plus à toucher la corde nostalgique. On espère que ça va marcher.

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                « Life is Strange », éloge de la lenteur



M. K. : Au jour le jour, la personne qui modélise des omelettes, pour reprendre cet exemple, elle ne va pas forcément vivre l’émotion que l’on recherche. Mais on prend régulièrement des journées entières dans l’équipe pour jouer au jeu et se partager nos sentiments sur ce qui marche, ce qui ne marche pas. Je m’occupe un peu plus des voix, et lors des sessions d’enregistrement avec les acteurs, c’est souvent là que des lignes de dialogue qui jusque-là étaient juste des notes d’intention prennent corps, et que soudain quelque chose peut se produire.
R. B. : D’ailleurs ce sont souvent des séances pleines d’émotion. Ce qui est compliqué, c’est que tout cela n’arrive qu’à la toute fin du développement, quand on met tout en place. Il faut y croire jusqu’au bout pour l’équipe, car on n’est jamais sûr.
Sachant qu’en jeu vidéo, contrairement, au cinéma, le metteur en scène ne maîtrise pas le rythme, puisque c’est le joueur qui en décide…
R. B. : Tout à fait. Je trouve ça beaucoup plus dur de faire un jeu qu’un film, car il faut garder ça en tête : l’interactivité complique les choses.
M. K. : Mais elle peut aussi décupler les effets. Quand on découvre par exemple des secrets familiaux, cela a d’autant plus d’impact qu’on a été l’auteur de la découverte.
Ne pas avoir de certitude sur l’émotion suscitée, est-ce que cela n’incite pas parfois à avoir la main un peu lourde sur le violon, pour forcer les réactions ?
R. B. : C’est une histoire de mise en scène. En tant que spectateur je ne suis pas touché par ce genre de cinéma, donc j’espère qu’on ne sort pas trop les violons. Il y a plusieurs manières d’avoir de l’émotion. Même au sein de l’équipe, parfois on peut être tenté d’avoir un personnage en larmes. Mais qu’il ait juste les yeux rouges, cela sera largement suffisant.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ En 2015, 142 000 cas étaient attribuables à des facteurs de risque liés au mode de vie ou à l’environnement, au premier rang desquels le tabagisme et l’alcool.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/06/2018
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En France, quatre cancers sur dix pourraient être évités

En 2015, 142 000 cas étaient attribuables à des facteurs de risque liés au mode de vie ou à l’environnement, au premier rang desquels le tabagisme et l’alcool.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 03h30
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 09h10
    |

            Hervé Morin








                        



   


La part des cancers dits « évitables », c’est-à-dire attribuables à des facteurs de risque liés au mode de vie ou à l’environnement, vient d’être réévaluée pour la France métropolitaine : elle représenterait 41 % des tumeurs survenues en 2015 chez les adultes de plus de 30 ans, soit 142 000 cas (84 000 chez les hommes et 58 000 chez les femmes). Cette estimation est le fruit d’une vaste étude coordonnée par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), publiée lundi 25 juin dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH).
En 2000, la part des cancers évitables était évaluée en France à 35 %, tandis que les études portant sur d’autres pays donnent une fourchette variant entre 30 % et 50 %.
L’originalité de l’étude, par rapport aux évaluations antérieures, est d’avoir élargi le spectre des causes évitables à treize facteurs majeurs de risque pour lesquels un lien avec la survenue de cancer est bien établi, et pour lesquels l’exposition des Français était connue. La consommation de viande rouge et de charcuterie ou les expositions professionnelles (trichloréthylène, gaz d’échappement du diesel) n’étaient par exemple pas prises en compte auparavant.
Isabelle Soerjomataram, qui, au CIRC – agence intergouvernementale de recherche sur le cancer créée en 1965 par l’Organisation mondiale de la santé –, a coordonné l’étude, souligne que le message principal est positif : « C’est une bonne nouvelle de savoir que l’on peut agir sur 40 % des cancers, en se concentrant sur treize facteurs de risque seulement. »
Le déclenchement d’un cancer peut évidemment avoir des origines multiples et combinées. La part du hasard, c’est-à-dire liée à la survenue de mutations aléatoires dans l’ADN des cellules, fait l’objet d’âpres débats scientifiques. Elle est évaluée par certains à deux tiers des mutations susceptibles de déclencher un cancer. Le poids de l’hérédité, c’est-à-dire les prédispositions à développer certains cancers en raison de son patrimoine génétique, représenterait environ 5 % des cas.

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Restent les cancers dits « évitables ». Tout l’intérêt de l’étude du BEH est donc de chiffrer le poids des déterminants sur lesquels on peut agir en modifiant des comportements (tabac, alcool, alimentation, activité physique) par la réglementation (polluants, pesticides, composants alimentaires) ou la prophylaxie (vaccins).

   


Sans surprise, le tabac et l’alcool restent les deux principaux « fauteurs évitables » de cancers, représentant 20 % et 8 % des cas, les deux sexes confondus. Chez les hommes, c’est ensuite l’alimentation qui prédomine (5,7 % des cas), tandis que chez les femmes, c’est le surpoids et l’obésité (6,8 %). « Je ne m’attendais pas à ce que ces facteurs de risque soient si élevés, commente Isabelle Soerjomataram. Il semble que la France suive dans ce domaine la trajectoire de pays comme les Etats-Unis ou le Royaume-Uni. »
Simulation
Viennent ensuite les infections, notamment celles liées au papillomavirus, responsable de plus de 6 300 cas de cancer, essentiellement du col de l’utérus, en 2015. Puis les expositions professionnelles, avant les ultraviolets (mélanomes), le radon et les radiations d’origine médicale. La pollution de l’air extérieur, puis la présence d’arsenic et de benzène ferment la liste.
Les cancers évitables les plus nombreux sont ceux du poumon (plus de 35 000 cas évitables sur quelque 40 000 cas estimés) et du sein (presque 20 000 cas évitables sur plus de 53 000 diagnostics pour cette localisation), avant le côlon-rectum (19 000 environ). Viennent ensuite lèvres-cavité orale-pharynx (12 000 cas), mélanome (plus de 10 000), foie (7 000), estomac (6 000) et rein (environ 5 000). Les autres localisations représentent moins de 5 000 cas annuels.
Certains facteurs de risque sont définis en négatif : le fait de ne pas manger suffisamment de fruits, de légumes ou de fibres pèse autant que de manger trop de viande rouge ou transformée. Le manque d’activité physique ou un allaitement inférieur à six mois, moins protecteur pour la mère vis-à-vis du risque de cancer du sein, ont aussi été pris en compte.

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En revanche, des facteurs comme le nombre d’enfants ou l’âge de la première grossesse, connus pour peser aussi sur le risque de cancer, « mais sur lesquels on ne peut agir de la même façon que pour l’allaitement, n’ont pas été retenus comme évitables », souligne Isabelle Soerjomataram.
Cette analyse représente la somme des connaissances toxicologiques et épidémiologiques concernant la population française. Elle est une simulation, car il est très rare de pouvoir attribuer à un cas individuel une origine précise, comme pour le mésothéliome lié à l’exposition à l’amiante. Les auteurs sont conscients des limites de l’étude. Elle ne prend pas en compte certains facteurs de risque dont les effets sont encore insuffisamment documentés.
« Cibler des priorités d’action »
« Cet état des lieux a permis de mettre en exergue des lacunes scientifiques (comme les expositions chimiques), mais aussi le besoin de recherche pour identifier le rôle de facteurs de risques émergents (comme les perturbateurs endocriniens) », notent ainsi Christopher Wild, directeur du CIRC, Norbert Ifrah, président de l’Institut national du cancer, et François Bourdillon, directeur général de l’agence sanitaire Santé publique France dans l’éditorial du BEH. Cela signifie que, à mesure que des données plus solides apparaîtront, la part des cancers évitables pourrait encore augmenter.
Il est aussi à noter que les outre-mer n’ont pas été inclus. Le poids du chlordécone, un pesticide longtemps utilisé dans les bananeraies, serait sans doute à prendre en compte pour les cancers de la prostate. « On aimerait poursuivre l’analyse dans ces territoires », note Isabelle Soerjomataram, pour qui les facteurs de risque seraient alors probablement différents.
Pour les signataires de l’éditorial du BEH, mesurer la part évitable a un intérêt majeur : « Cibler des priorités d’action pour la prévention du cancer. » Si l’on doit se réjouir de la baisse d’un million de fumeurs quotidiens entre 2016 et 2017, la stratégie de réduction du tabagisme à travers l’augmentation du prix doit être « maintenue et renforcée », notent-ils. L’alcool, l’alimentation, le surpoids devraient faire l’objet des mêmes efforts de prévention, avancent-ils, notant aussi l’efficacité potentielle des réglementations concernant les valeurs limites de produits cancérigènes dans l’environnement et en milieu professionnel pour diminuer les expositions. Ou des pistes cyclables pour encourager l’activité physique.
Isabelle Soerjomataram souligne que, pour le tabac et l’alcool, des messages de prévention spécifiques pour les femmes seraient bienvenus. En 2000, le tabac représentait 6 % des cas de cancer chez les femmes, contre 8 % en 2015, et pour l’alcool, ces proportions sont respectivement passées de 4 % à 7 %, tandis que chez les hommes, elles sont restées stables.
François Bourdillon, de l’agence sanitaire Santé publique France, note quant à lui que, outre les grands domaines classiques de prévention (tabac, alcool, alimentation-obésité), l’étude « interpelle toute la médecine du travail, l’exposition professionnelle n’étant pas négligeable ». Il se dit aussi surpris par la hauteur de l’impact des infections. « Il faudrait remettre l’accent sur la vaccination », souligne-t-il. En France, celle contre le papillomavirus (HPV), recommandée depuis 2007, était inférieure à 15 % chez les filles de 16 ans en 2015.
L’agence sanitaire britannique Public Health England estimait très récemment que la vaccination a fait baisser de 86 % chez les jeunes femmes les infections par les deux types d’HPV causant la majorité des cancers du col de l’utérus. Outre-Manche, 80 % des garçons et filles de 14 à 25 ans sont vaccinés.
Les nouvelles données permettent aussi de mesurer certaines distorsions dans la perception de la hiérarchie des risques par le grand public. Un baromètre de Santé publique France, à paraître, montre que, en 2015, 67 % des personnes interrogées pensaient que la pollution atmosphérique causait davantage de cancers que l’alcool. Or la pollution atmosphérique, qui a d’autres impacts sanitaires, notamment cardio-vasculaires et respiratoires, « représente 0,4 % des cas de cancer dans notre évaluation », rappelle Isabelle Soerjomataram. Soit vingt fois moins que l’alcool et cinquante fois moins que le tabac.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Nous mettons en ligne en PDF les sujets des dernières épreuves du bac S et L 2018 : sciences de la vie et de la terre (SVT), sciences de l’ingénieur (SI), écologie, agronomie et territoires (EAT) ansi que les spécialités arts, latin et grec.
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Bac 2018, SVT, SI, latin, grec, arts : découvrez les sujets en PDF

Nous mettons en ligne en PDF les sujets des dernières épreuves du bac S et L 2018 : sciences de la vie et de la terre (SVT), sciences de l’ingénieur (SI), écologie, agronomie et territoires (EAT) ansi que les spécialités arts, latin et grec.



Le Monde
 |    25.06.2018 à 14h15
 • Mis à jour le
25.06.2018 à 17h51
   





                        



   


Les dernières épreuves du bac S 2018 et du bac L 2018 ont eu lieu lundi 25 juin : sciences de la vie et de la terre (SVT), sciences de l’ingénieur (SI), ou écologie, agronomie et territoires (EAT) pour les candidats au bac S ; spécialités arts, latin et grec pour les candidats au bac L ayant choisi ces options. Nous en publions ci-dessous les sujets originaux, au format PDF, tels que rendus publics par le ministère, à 15 h 15.
Nous avons publié des corrigés vidéo complets de l’épreuve de SVT (en partenariat avec Les Bons Profs) dans cet autre article :

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Le sujet de SVT du bac S 2018 (enseignement de spécialité) :

Bac S 2018Sujet SVT Spécialité publié par LeMonde.frCampus

Le sujet de SI du bac S 2018 :

Bac S 2018 Sujet Sciences de l'ingénieur publié par LeMonde.frCampus

Le sujet d’EAT du bac S 2018 :

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Le sujet d’histoire de l’art du bac L 2018 :

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Bac 2018 : retrouvez les sujets, corrigés et l’actualité de l’examen sur « Le Monde Campus »
Le Monde Campus accompagne les élèves de 1re et de terminale candidats au bac S, bac ES, bac L et bac STMG, jusqu’aux résultats, le 6 juillet, en publiant les sujets et les corrigés des épreuves, des conseils pour celles à venir, l’actualité de l’examen et des directs (voici celui sur l’épreuve de sciences économiques et sociales, avant celui sur les résultats de l’examen, le 6 juillet). Retrouvez tous nos articles sur www.lemonde.fr/bac, la page Facebook Le Monde Campus et le compte Twitter @lemonde_campus , et une sélection ci-dessous :
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